Une centrale solaire sans photovoltaïque

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61457.htmL’énergie solaire est l’une des énergies renouvelables ayant donné lieu à d’importants investissements, notamment dans le domaine des panneaux photovoltaïques. Cependant, l’utilisation de l’énergie solaire ne se restreint pas à ces cellules convertissant photons en électrons.Le prototype d’une centrale solaire bien différente vient d’être inauguré par la firme Airlight Energy à Biascadans le canton du Tessin. Le principe de cette centrale est simplement de concentrer la chaleur du soleil. Les rayons du soleil incidents traversent la première paroi du concentrateur en ETFE (EthyleneTetraFluoroethylene).Cette paroi, transparente, transmet près de 85 % de l’énergie incidente. A l’intérieur du concentrateur, la surpression est de quelques millibars. Les rayons sont ensuite réfléchis par un miroir de Mylar (PolyethylèneTéréPhtalate) d’une ouverture de 9,5 m. Cette paroi est constituée de 4 plans distincts de Mylar, supportés par une structure en fibre de verre. La différence de pressions entre les zones situées de part et d’autre des plans de Mylar permet d’ajuster exactement la forme de ceux-ci, jusqu’à obtenir une parabole quasi-parfaite.Les rayons, 80 % de l’énergie incidente, sont ainsi concentrés sur un récepteur, cavité cylindrique située au sommet d’un pilier de béton. L’air surchauffé, jusqu’à 600 °C, est ensuite transféré au sein de la cavité, puis dans le circuit du caloporteur. Qui est donc ici de l’air, qui bien qu’ayant une basse chaleur spécifique, présente l’avantage de ne pas être corrosif comme les sels fondus ou polluants comme l’huile. Cette technique permet également d’importantes économies d’eau.Via un échangeur de chaleur, l’air chaud permet d’alimenter une turbine en vapeur et de générer ainsi de l’électricité. Autre originalité de cette centrale d’Airlight Energy : le jour, outre la génération d’électricité, l’air chaud sert également à chauffer le réservoir qui est constitué de pierres. La nuit, la mise en circulation d’un ventilateur évacue cette chaleur des pierres vers l’échangeur, permettant ainsi la génération d’électricité. Selon Airlight Energy, le stockage atteint ainsi un peu plus de 24 heures.Le concentrateur, d’un poids de près de 200 tonnes et de 50 mètres de long, a été conçu par Airlight Energy en collaboration avec l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich (ETHZ) et la Haute école de la Suisse italienne (Supsi). Il est le troisième et dernier prototype lancé par Airlight. 
Origine :
BE Suisse numéro 23 (7/12/2009) – Ambassade deFrance en Suisse / ADIT –http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61457.htmGaël Robert est chargé de mission scientifique à l’ambassade de France en Suisse.

Les processeurs multi-coeurs vont s’imposer aussi dans le segment des mobiles

Très largement présents dans les ordinateurs portables, les processeurs multi-coeurs vont progressivement s’imposer dans le secteur des mobiles estime In-Stat. Objectif : augmenter leurs performances, notamment en matière de transfert et de traitement des données, sans pour autant accroître leur consommation d’énergie.Ce virage devrait s’amorcer dès 2010, considère la société d’études. Il concernera en premier lieu le segment des Netbooks (ordinateur de très petite taille équipé d’une connexion Internet haut débit et de logiciels de bureautique) et des Smartphones (téléphone mobile couplé à un PDA fournissant des fonctionnalités d’agenda, de navigation Web, de boîte mail, de messagerie instantanée, de GPS, etc).En 2011, ce sera au tour des UMPC (Ultra mobile personnal Computer c’est-à-dire des portables très compacts incluant un ordinateur complet et une connexion sans fil) et des MID (Mobile Internet Devices, petits ordinateurs portables conçus pour un public de non-professionnels et principalement destinés à la navigation Web et au multimédia), tirés dans ce sens par le développement des applications graphiques et multimédias. Les processeurs multi-coeurs se généraliseront ensuite à l’ensemble de la famille des mobiles entre 2012 et 2013, pour équiper, à cette date, 88 % des appareils de ce segment.De même, si les processeurs multi-coeurs sont aujourd’hui essentiellement présents dans des produits, comme les PC portables, qui utilisent une architecture x86, ils devraient rapidement se développer pour des articles utilisant l’architecture ARM. L’apparition fin 2009 début 2010, d’un nouveau processeur multi-coeurs spécifique à chaque architecture, ARM et x86, devrait d’ailleurs relancer la bataille pour la plus forte croissance sur le marché des semi-conducteurs mobiles. Affaire à suivre donc, sur un marché, celui des mobiles, qui devrait croître selon In-Stat de 22,3 % par an jusqu’en 2013 pour atteindre 775 millions d’unités dans le monde.A.L B

Elles bougent pour faire connaître les métiers d’ingénieurs

(Cet article a été initialement publié le 07/12/09 sur Maviepro.fr) Le forum Elles bougent pour le ferroviaire se tient demain à Paris et invite 40 étudiantes à découvrir les métiers de cette filière, à laquelle elles n’ont peut-être jamais pensé. Une première pour l’association Elles bougent concernant ce secteur d’activité, qui a bien compris que pour féminiser ces métiers scientifiques, il faut aussi et surtout sensibiliser les jeunes filles encore en phase d’orientation. Une matinée bien chargée en partenariat avec la SNCF, Altom Transport ou encore Systra. 17 femmes issues de ce secteur feront office de marraines et partageront leur expérience professionnelle en deux temps. A partir d’un exemple de projet ferroviaire, tous les métiers seront étudiés à la loupe. Puis, sous la forme de tables rondes et en petits groupes, les étudiantes pourront approfondir le sujet avec leurs marraines.

Participer à cette opération
Pour Martine Sallé, responsable enseignement supérieur à la direction des cadres de la SNCF,  » Promouvoir les femmes dans les métiers ingénieurs et techniques (…) est un enjeu de société, une mission d’intérêt général « . Selon Anne Geneviève Gariel, directrice des ressources humaines de Systra, participer à cette opération est aussi l’occasion de  » convaincre les femmes que les métiers d’ingénieurs ne doivent pas leur rester étrangers, qu’elles peuvent s’y épanouir (…) sans que cela soit au détriment de la construction de leur vie personnelle « . A noter que l’action menée par Elles bougent ne se résume pas seulement au secteur ferroviaire, mais vise aussi l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, le maritime et le spatial. 
Pour Marie-Sophie Pawlak, la présidente de Elles bougent et directrice des relations extérieures de l’Estaca,  » L’initiative de l’association est également motivée par un changement radical des comportements et des métiers « , avant d’expliquer sur le site Internet de l’association :  » Aujourd’hui, les filles privilégient des distractions plus diversifiées que les générations précédentes. Par ailleurs, on ne conçoit plus une voiture comme il y a vingt ans et la génération croissante de l’ingénierie assistée par ordinateur change grandement la donne « .

 Par Fanny Bonnin, Journaliste du site Maviepro.fr (article publié initialement le 7/12/09)

48 coeurs pour un processeur made in Intel

Repousser toujours un peu plus loin les limites en matière de performances des processeurs, et plus largement du matériel informatique. Une course dans laquelle Intel vient de marquer un point important. Les chercheurs des Intel Labs de Bangalore (Inde), des Etats-Unis et d’Allemagne viennent d’annoncer la mise au point d’un processeur expérimental qui regroupe 48 coeurs de traitement totalement programmables. Baptisée  » Single-chip cloud computer « , cette puce de silicium possède ainsi dix à vingt fois plus de moteurs de traitement que la plupart des processeurs Intel qui existe actuellement. Un record pour la société. Au delà, elle dispose également d’un réseau intégré à haute vitesse qui relie les coeurs pour optimiser le partage d’informations et d’un système de gestion électrique qui permettent à l’ensemble du processeur de travailler très efficacement avec une puissance d’à peine 25 watts au ralenti et de 125 watts à pleine puissance, soit l’équivalent des processeurs actuels.  

Voir la vidéo
Bien sûr, ces équipes n’en sont qu’au stade du prototype. Mais cette innovation ouvre de nouvelles perspectives. L’objectif, à long terme, est de doter les futurs ordinateurs d’applications logicielles inédites et de transformer les interfaces homme- machine. Ainsi, un ordinateur doté de ce processeur pourrait avoir les capacités de traitement nécessaires à l’intégration d’une fonction  » vision « . Plus besoin de clavier, de télécommandes ou de manettes pour interagir avec la machine. Les gestes pourraient suffirent et pourraient être reproduits à l’identique dans un univers virtuel (achat de vêtements, jeux) ou dans un autre lieu via un robot (chirurgie à distance).De même, grâce à leur réseau intégré à haute vitesse et à leur système de gestion électrique, ces puces permettent d’imaginer des centres de données virtuels plus économes et surtout, plus efficaces en matière de traitement des informations. Au lieu de se déplacer de plusieurs dizaines de mètres, les paquets de données n’ont qu’à se déplacer de quelques millimètres sur la puce.Afin d’approfondir les recherches nécessaires au développement de ce prototype, Intel prévoit de fabriquer une centaine de ces puces expérimentales qu’il devrait distribuer, pour leurs usages, à des centres de recherche privés et universitaires. L’objectif étant l’élaboration d’applications logicielles et de modèles de programmation pour les futurs processeurs multi-coeurs. L’un des premiers bénéficiaires de ce programme est d’ailleurs l’école polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ).  Lien utileToutes les informations sur le site d’Intel A.L B

Saena Technologies propose un code-barre spectral à base de nanoparticules

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61380.htmExploitant une technologie issue des travaux de recherche de l’équipe Spectroscopie et Nanomatériaux de l’Institut des Nanotechnologies de Lyon (CNRS/Ecole Centrale de Lyon/INSA de Lyon/Université Claude Bernard de Lyon), SAENA Technologies, créée officiellement le 19 novembre dernier par Mehdi Medjaoui, un jeune ingénieur de l’INSA, est une start-up qui souhaite utiliser certaines propriétés, notamment de luminescence, de nanoparticules de semi-conducteurs, afin d’élaborer un code-barre spectral pour le marquage et l’authentification des matériaux. A plus long terme, ces nanoparticules pourraient également servir de combustible pour les piles à combustible ou encore être utilisées comme traitement thérapeutique du cancer. Lauréat de la 11ème édition du Concours National d’Aide à la Création d’Entreprises de Technologie Innovantes en juin dernier, SAENA Technologies, installée dans l’incubateur d’entreprise CREALYS, est soutenue par INSAVALOR, la filiale de valorisation de l’INSA de Lyon et FIST, filiale de transfert et de commercialisation de technologies innovantes du CNRS et d’OSEO INNOVATION. »J’ai toujours eu l’envie de créer une entreprise « , confie d’emblée Mehdi Medjaoui. C’est donc tout naturellement, lorsque l’occasion se présente, durant son cycle d’ingénieur au sein de l’INSA de Lyon, en science et génie des matériaux, qu’il s’engage dans cette aventure. Il est alors en stage de cinquième année qu’il réalise à l’Institut des Nanotechnologies de Lyon (INL), une jeune Unité Mixte de Recherche dans laquelle travaille notamment Vladimir Lysenko, chargé de recherche au CNRS, qui l’accompagne dans ce projet de création de start-up. Les chercheurs de l’INL mènent notamment des travaux sur les nanoparticules de silicium et de carbure de silicium.  » Entre 1 et 10 nanomètres de diamètre, ces particules présentent des propriétés très intéressantes, notamment de luminescence, leurs propriétés spectrales dépendant de leur taille. Ainsi, en réussissant à contrôler leur distribution en taille il est alors possible d’élaborer un code-barre spectral. Intégrer dans un matériau, ce code-barre permet alors de marquer celui-ci et de l’authentifier « , explique Mehdi Medjaoui.Brevetée, à terme cette technologie devrait permettre à SAENA Technologies de produire des nanopoudres destinées au marquage et à l’authentification des matériaux, mettant ainsi sur le marché un nouvel outil pour accroître leur contrôle qualité, leur traçabilité et lutter ainsi contre leur contrefaçon.  » Jusqu’à présent, nous travaillons sur un pilote installé à l’INL qui ne permet pas de produire ces nanopoudres en quantité suffisante. Mais nous devrions disposer dès février d’une installation pré-industriellle qui nous permettra d’en produire de 1 à 10 kilos par mois « , précise-t-il. Autre préoccupation de SAENA Technologies, l’approvisionnement en matières premières, à savoir silicium et carbure de silicium non conventionnels. Car si l’industrie de la microélectronique utilise des wafers toujours très sophistiqués à la valeur ajoutée sans cesse plus importante, la start-up lyonnaise a besoin de matériaux massifs dont les surfaces sont importantes. Aussi collabore-t-elle avec des entreprises de l’industrie du photovoltaïque pour s’approvisionner.

1 tonne par mois à l’horizon 2011

Mais là ne s’arrête pas les ambitions de SAENA Technologies. Car ces nanoparticules, en fonction de leur taille, pourraient être utilisées également pour d’autres applications, aussi brevetées, en particulier dans des piles à combustible où, mélangées dans une solution, elles serviraient alors de combustible. Mais comme ces nanoparticules sont fluorescentes, les chercheurs ont essayé aussi de les utiliser pour marquer des cellules cancéreuses.  » Or les résultats des tests in vitro ont montré qu’une grande majorité des cellules cancéreuses avaient été tuées, ce qui était inattendu. D’où le lancement de tests in vivo qui sont en cours « , indique Medhi Medjaoui qui précise que cette dernière application n’est encore que dans la phase de recherche.Ainsi pour SAENA Technologies, il s’agit d’abord de se positionner solidement comme une entreprise spécialisée dans le marquage et l’authentification des matériaux à l’aide de code-barre spectral à base de nanoparticules.  » A plus long terme, nous devrions proposer d’autres technologies de marquage, en particulier deux d’entre elles que nous sommes en train de breveter, l’une pour le marquage des métaux, qui représente un problème de plus en plus important pour les industriels, l’autre destinée au secteur de l’agroalimentaire. » Mais pour l’heure, il s’agit de produire à l’échelle industrielle, l’objectif que s’est fixée SAENA Technologies étant d’une tonne par mois fin 2010. En savoir plus : Saena Technologies – Mehdi Medjaoui : tél. +33 (0)6 14 94 59 03 – email : [email protected]Rédacteur : ADIT – Jean-François Desessard – email : [email protected]Origine : BE France numéro 235 (30/11/2009) – ADIT / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61380.htm

Icera ouvre en France un centre de R&D sur la LTE

Icera, société britannique spécialisée dans la fabrication de puces de communication cellulaire configurables par logiciel, devrait finalement ouvrir en France, à Sophia Antipolis, un centre de recherche et développement consacré à la technologie LTE (Long Term Evolution) qui est au coeur de la future quatrième génération de téléphone mobile. C’est du moins ce qu’annonce un communiqué de presse émanant du ministère de l’Industrie sans préciser toutefois la date exacte de l’inauguration du centre. Seule précision, mais non des moindres, cette structure devrait embaucher 50 ingénieurs dans les trois prochaines années afin d’améliorer les performances des puces fabriquées par la société. Des puces modem qui, aujourd’hui, ont adopté une architecture multi-coeur et un fonctionnement en parallèle afin d’augmenter leurs performances sans multiplier leur consommation d’énergie.Afin de faciliter la mise en oeuvre de ce projet, Icera va bénéficier d’un Crédit Impôt Recherche. Une incitation fiscale qui viendra compléter les dernières levées de fonds que la société a réalisées ces deux dernières années. En avril 2008, Icera a levé 40 millions de dollars (27 millions d’euros) auprès de ses investisseurs historiques, à savoir Accel Partners, Atlas Venture, Amadeus Capital Partners, Balderton Capital ( ex Benchmark Capital Europe) and 3i Group plc, auxquels est venu s’ajouter Tudor Investment Corp (Boston, Mass). Huit mois plus tard, elle clôturait à nouveau un tour de table de 70 millions de dollars (47,2 millions d’euros) auprès de ces mêmes investisseurs historiques auxquels est venu s’ajouter cette fois-ci ETV Capital SA and MMV Financial Inc.Icera n’est toutefois pas un nouveau venu sur la Côte d’Azur. Elle est implantée à Sophia Antipolis depuis janvier 2005 et en janvier 2009, elle comptait quelques 95 salariés en charge du développement d’éléments spécifiques pour les logiciels de communications ainsi que du  » Customer Engineering and Validation « . Un nouveau projet qui bénéficiera du pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées (SCS) et qui devrait accroître les compétences du pôle français. Liens utiles

  • Le site d’Icera
Qu’est-ce que la LTE ?La LTE est un projet mené par l’organisme de standardisation 3GPP visant à rédiger les normes techniques de la future quatrième génération en téléphonie mobile. Elle permet le transfert de données à très haut débit, avec une portée plus importante, un nombre d’appels par cellule supérieur (zone dans laquelle un émetteur de téléphonie mobile peut entrer en relation avec des terminaux) et une latence plus faible. En théorie, elle permet d’atteindre des débits de l’ordre de 50 Mbps en lien ascendant et de 100 Mbps en lien descendant, à partager entre les utilisateurs mobiles d’une même cellule. A.L B

Mobile et santé : l’incertitude prévaut chez les Français

La téléphonie mobile fait désormais partie de la vie quotidienne des Français. 79 % d’entre eux disposent de cet appareil à titre personnel ou professionnel en septembre 2009 selon l’Observatoire sociétal du téléphone mobile réalisé par TNS Sofres pour le compte de l’Association française des opérateurs mobiles (AFOM). Pour autant, ils s’interrogent toujours sur l’impact éventuel du mobile sur leur santé (voir méthodologie de l’étude). Début novembre 2009, soit quelques semaines après la publication, le 15 octobre, de l’avis de l’Afsset sur les conséquences des radiofréquences sur la santé et qui, au vu des incertitudes qui demeurent, recommande de développer la recherche afin de lever les ambiguïtés encore existantes et de réduire les expositions du public (lire le communiquer de presse de l’Afsset), 36 % des Français de 12 ans et plus estiment que les téléphones mobiles sont dangereux pour la santé.   Un chiffre à prendre toutefois avec beaucoup de précautions car il est très fluctuant et étroitement lié à l’actualité. En effet, en août 2009, c’est-à-dire en plein coeur de l’été, les Français n’étaient que 29 % à estimer que les téléphones mobiles sont dangereux pour la santé. Alors qu’en juin 2009, soit juste après la table ronde sur le Grenelle des Ondes organisée par le ministère de la Santé, mais également par deux sous-secrétariats d’État (Écologie et Développement de l’économie numérique), ils étaient 41 % à exprimer cette opinion. Concernant les antennes relais, en revanche, c’est l’incertitude qui prévaut. 32 % des Français déclarent ne pas savoir vraiment quels sont les effets de ces équipements sur la santé car certains scientifiques disent qu’ils sont dangereux alors que d’autres affirment le contraire. A cela s’ajoute 31 % de personnes qui déclarent que l’on n’a pas la preuve aujourd’hui d’un danger, mais que l’on manque de recul sur le sujet.Au vu de ces résultats, on ne peut dire qu’une chose : que la recherche doit donc continuer pour apporter de nouveaux éléments et quels que soient les résultats, qu’un effort de pédagogie et de clarté de l’information doit être fait sur la durée et non pas ponctuellement. Méthodologie de l’étudeCette enquête a été réalisée les 28, 31 août et 1er septembre 2009 auprès d’un échantillon national de 1.200 personnes représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 12 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et selon une stratification par région et par catégorie d’agglomération. Ces personnes ont été interrogées en face à face à leur domicile par le réseau des enquêteurs TNS Sofres. Cet échantillon est identique à celui utilisé en 2006, 2007 et 2008. En 2005, l’étude portait sur un échantillon national représentatif des Français âgés de 15 ans et plus. )Liens utiles

  • L’étude sur le site de l’AFOM
  • Le communiqué de presse de l’Afsset sur les radiofréquences

 A.L B

Seuls 12 % des mobiles professionnels sont des smartphones

La téléphonie mobile s’est imposée dans la société française, mais sa diffusion tend à se stabiliser en 2009. Telle est l’une des premières conclusions de la 5ème édition de l’observatoire du téléphone mobile réalisée par TNS Sofres pour le compte de l’Association française des opérateurs mobiles (AFOM) (voir la méthodologie).En 2009, 79 % des personnes interrogées déclarent disposer d’un téléphone mobile personnel ou professionnel, soit le même chiffre qu’en 2008. Un équipement qui va d’ailleurs souvent de pair avec une ligne fixe (69 % des interviewés). Seuls 10 % d’entre eux disent n’avoir qu’un téléphone mobile, soit deux point de moins qu’en 2008 (12 %). Le taux d’équipement de la population active en mobile professionnel s’élève quant à lui à 21 %.   Mais de quelle nature sont ces téléphones ? Diffèrent-ils selon qu’il s’agit d’un appareil personnel ou professionnel ? La réponse est clairement positive. La majorité des mobiles personnels (54 %) permettent, en plus des fonctions de base, de prendre des photos ou d’écouter de la musique, contre 38 % pour les téléphones professionnels. A contrario, les mobiles professionnels sont soit proportionnellement beaucoup plus frustres, 50 % d’entre eux n’offrent que les fonctions de base (téléphoner et envoyer des SMS), soit beaucoup plus complets en permettant d’accéder à l’Internet mobile (12 % contre 9 % pour les téléphones à usage personnel). D’ailleurs, au global, la proportion de mobinautes dans la population des français équipés d’un mobile continue de progresser. En 2009, 23 % déclarent utiliser leur mobile comme un accès à Internet, soit 1 point de plus qu’en 2008. Un chiffre bien supérieur chez les 12-24 ans (41 % en hausse de 7 points) ainsi que chez les 25-39 ans (31 % en hausse de 8 points). Mais cette pratique reste essentiellement confiné à l’espace de la maison (59 %). Seuls 38 % des mobinautes déclarent se connecter dans la rue, 36 % dans un salle d’attente, 35 % au travail ou en cours, 35 % dans un café ou au restaurant et 32 % dans les transports en commun. L’Internet mobile a donc encore des progrès à faire.Sans doute faut-il attendre les nouveaux standard qui permettront de débrider les débits. Méthodologie de l’étudeCette enquête a été réalisée les 28, 31 août et 1er septembre 2009 auprès d’un échantillon national de 1.200 personnesreprésentatif de l’ensemble de la population française âgée de 12 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et selon une stratification par région et par catégorie d’agglomération. Ces personnes ont été interrogées en face à face à leur domicile par le réseau des enquêteurs TNS Sofres. Cet échantillon est identique à celui utilisé en 2006, 2007 et 2008. En 2005, l’étude portait sur un échantillon national représentatif des Français âgés de 15 ans et plus. )Liens utiles

  • L’étude sur le site de l’AFOM

 A.L B

Prix des Techniques Innovantes pour l’Environnement 2009 : l’audace récompensée

Le mardi 1er décembre, à l’occasion du salon Pollutec Horizons étaient remis les Prix des Techniques Innovantes pour l’Environnement, sur le plateau de Pollutec TV, installé au cœur du parc des expositions. Ces prix récompensent les laboratoires de recherche publique effectuant des recherches pouvant faire l’objet, à court terme, d’applications concrète ou de développement industriel. Cette année, 32 projets ont été soumis à un jury de cinq journalistes spécialisés dans des domaines tels que la chimie, l’eau ou l’environnement. Voici, par catégorie, les projets récompensés :

Maîtrise de l’énergie /énergies renouvelables
Valorisation du CO2 par voie thermochimique solaire pour la production de combustible synthétiqueCe projet, très ambitieux, pourrait permettre la production de carburant à partir du CO2. Stéphane Abanades, qui dirige le projet, nous explique les avantages de ce type de valorisation du CO2 : « l’utilisation d’un procédé solaire permet d’effectuer la dissociation du CO2 à des températures relativement basses, loin des 2.500 °C théoriques. Cela remet en courses les infrastructures déjà existantes pour la production de carburant à partir du CO2 ».
Eau / dépollution de l’eau
Reconditionnement de l’eau des stations d’épuration viti-vinicoles par procédés membranairesCristèle Delsart et son équipe du laboratoire de la faculté d’œnologie de la faculté de Bordeaux ont travaillé sur de couplage d’un procédé de filtration membranaire aux stations d’épuration viti-vinicoles pour permettre un reconditionnement de l’eau traitée.Nanoparticules métalliques supportées pour la dégradation de perturbateurs endocriniens dans l’eauL’équipe de chimie organique et supramoléculaire de l’ENSC Rennes utilise des nanoparticules métalliques supportées dans les systèmes catalytiques aqueux, dans le but de trouver une alternative aux procédés usuels utilisant des solvants organiques.Séquestrants macrocycliques supportés du plomb : de la molécule à l’épuration de l’eau potable par extraction solide/liquideCe projet, mené par Michel Meyer, de l’Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne. Le projet s’appuie sur le développement de séquestrants tétraazamacrocycliques fonctionnalisés présentant une excellente affinité pour le plomb et une sélectivité vis-à-vis des ions alcalins (sodium, potassium) et alalino-terreux (calcium, magnésium) ainsi que du fer, du manganèse et de l’aluminium trivalents. Le greffage de ces agents à la surface d’un minéral actif, le gel de silice, ayant permis de mettre en oeuvre les matériaux ainsi obtenus dans un procédé d’extraction solide/liquide. Les possibilités pour ces systèmes granulaires de remplissage de cartouches épuratoires pouvant être directement installées en amont d’un robinet chez le consommateur. Les essais d’épuration d’eau du robinet contaminée au contact d’un tuyau en plomb mettant en évidence des teneurs résiduelles après écoulement au travers de la cartouche prototype inférieures à la valeur guide de 10 microgrammes par litre.
Sols pollués
Quand la dépollution naturelle devient productive…Le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive a été récompensé à travers Claude Grison pour des recherches sur le développement d’une nouvelle génération de biotechnologie blanche reposant sur l’utilisation d’une biomasse développée sur des sites miniers comme catalyseurs naturels de transformations chimiques d’applications très générales. Les capacités de développement de certaines plantes sur des sols contaminés telle que Thiaspi caerulescens ayant acquis des seuils de tolérance et des propriétés d’accumulation des métaux de transition importantes. A la clé, comme le souligne Claude Grison, « la possible utilisation de cette biomasse végétale dans des procédés de synthèse propres et sobres grâce à l’effet catalytique des matériaux de transition ».La dégradation biologique des Polychlorobiphényles par Phanerochaete chrysosporium – Etude du potentiel technologiqueLe lauréat, Matthieu Sangely, de l’INP Toulouse, a porter ses recherches sur les capacités de dégradation des PCB par un champignon lignolytique également appelé « pourriture blanche », le Phanerochaete chrysosporium, présentant la particularité de pouvoir dégrader un large éventail de xénobiotiques.
Déchets
Dispositif de traitement de biomasse humide par fritureBruno Lavedie, du laboratoire Rapsodée, a étonné le jury avec son idée de mettre des boues en friture ! Les résultats obtenus mettent en évidence un produit chimiquement stable, exempt d’éléments pathogènes et sans odeur désagréable. Procédé innovant de désencrage réactif à l’ozone des fibres cellulosiques de récupérationMarc Aurousseau, et son équipe du Laboratoire de Génie des Procédés Papetiers de Grenoble ont effectué des recherches sur l’effet de l’ozone introduit directement lors de l’étape de désencrage des fibres cellulosiques de récupération par flottation, et sur l’optimisation de son action, afin d’améliorer les propriétés optiques des fibres recyclées et réduire l’impact environnemental des rejets. Les résultats obtenus mettant en évidence l’amélioration de l’élimination de l’encre des fibres, une légère diminution de la production de boues de désencrage et pour des concentrations optimales en ozone variant entre 0,6 et 1,2 g O3/g de matière sèche désencrée une amélioration de la sélectivité pour les deux types de papier traité.
Analyse / mesure
Développement d’un analyseur en ligne de concentration d’ammoniac atmosphérique multicanauxBenjamin Loubet et son équipe du laboratoire UMR de l’INRA développent une technique d’analyse de la concentration d’ammoniac atmosphérique. Ce projet s’appuie sur le développement du système ROSAA (RObust and Sensitive Ammonia Analyser), analyseur d’ammoniac très sensible, robuste (entretien bi-hebdomadaire ou mensuel/contrôle hebdomadaire), avec étalonnage automatisé. Le système ROSAA repose sur le couplage de capteurs (« denuders » verticaux) piégeant l’ammoniac gazeux sous forme d’ammonium, à une analyse en ligne de la concentration en ammonium piégé.Estimation du potentiel éolienC’est le Laboratoire de Traitement d’Images et Rayonnement de la ville d’Alger qui est primé, à travers sa représentante Fatiha Youcef Ettoumi, qui a profité de la remise de ce prix pour appeler les laboratoires francophones à « plus collaborer, échanger, et mutualiser les moyens et les connaissances », surtout en ce qui concerne la recherche sur les énergies renouvelables. Son projet s’appuie sur le développement et la mise au point d’un logiciel permettant l’extrapolation de la vitesse du vent dans le temps et dans l’espace en 3 D (rayon, hauteur, temps) à base de réseaux de neurones pour un apprentissage de quelques jours, ou une exploitation des données temps réel.Mesure rapide du potentiel méthane (Biochemical Methane Potential) d’ordures ménagères et interprétation de leur biodégradabilité par spectroscopie proche infrarouge pour l’optimisation des procédés de digestion anaérobieMatthieu Lesteur, qui représentait la Plateforme Technologique Régionale Ecotechnologies pour les agro-Bioprocédés-INRA-Cemagref-EMA-CIRAD-Montpellier Supagro, a présenté un projet qui pourrait assez rapidement avoir des retombées en termes d’instrumentation, de chimiométrie et de traitement des déchets. La réalisation de ces objectifs est basée sur le développement d’une méthode de détermination rapide du potentiel méthane (BMP) de déchets pour optimiser les procédés industriels de production de méthane par utilisation de la spectroscopie proche infrarouge (SPIR).

Quand Nheolis reinvente l’éolienne compacte

Cette année, le prix européen de l’innovation environnementale, le Gold EEP-Award, a été attribué mercredi 2 décembre 2009 sur le salon Pollutec Horizons, à Nheolis, une jeune entreprise française. Basée à Aix en Provence, cette start-up technologique a été créée en 2005 pour développer une éolienne compacte, adaptée à une utilisation urbaine. Son originalité : un nouveau concept de voilure volumique à axe horizontal qui augmente le rendement de l’appareil. Nordine Haddjeri, président et fondateur de la société revient sur cette technologie et sur ses atouts.

Techniques de l’ingénieur : Vous venez de recevoir le Gold EEP-Award pour votre éolienne Nheowind 3D. Pouvez revenir rapidement sur la genèse de ce projet ?

Nordine Haddjeri : En fait, ce projet est né en 2005. J’étais alors directeur marketing d’un laboratoire pharmaceutique, mais aussi un passionné de voile et de mécanique et je m’intéressais énormément à tous ce qui touche l’environnement. Un de mes amis mathématicien m’a alors parlé du principe de Bernoulli [NDLR : principe qui stipule que l’augmentation de la vitesse d’un fluide se produit simultanément à la diminution de la pression], en ajoutant qu’il n’avait jamais été exploité dans le domaine de la rotation. J’ai donc essayé de le faire en l’appliquant à un nouveau concept d’éolienne et j’ai construit un premier prototype dont les premiers tests se sont avérés concluants. J’ai alors créé Nheolis en décembre 2005 et j’ai rapidement cherché deux choses : des fonds et une crédibilité. J’ai trouvé le premier en la personne de Marc Lassus, le fondateur de Gemplus. Ce qui m’a permis de réaliser un deuxième prototype et de le présenter au CNRS pour qu’ils fassent l’étude de puissance et apposent leur label. Ce qui était fait à la fin de l’année 2006. Dès lors, nous avons recherché de nouveaux investisseurs. Au final, quatre business angels ont investi 2,5 millions d’euros dans la société ce qui nous a permis en un an de passer d’un effectif de 1 personne à 14.

Sur quelle technologie repose cette éolienne et quels sont ses atouts ?

En fait, il s’agit d’une éolienne volumique à axe verticale, où la concentration du flux d’air dans un conduit entraîne une augmentation de la vitesse. Ce qui la rend très efficace. A encombrement équivalent, elle produit trois à quatre fois plus d’électricité qu’une autre éolienne. Par ailleurs, elle peut commencer à fonctionner avec des vents dont la vitesse atteint 2,5 m/s, mais peut aller bien au delà. Grâce à une structure renforcée via un haubanage des pales, elle peut résister à des vents allant jusqu’à 45 m/s. Elle est donc très robuste. Enfin, elle est auto-directionnelle et comme ses pales sont incurvées, elle ne cisaille pas le vent et est donc plus silencieuse qu’une éolienne classique.

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Quels sont vos objectifs à présent à court et moyen terme ?

Pour l’instant, nous commercialisons un modèle d’éolienne qui est destiné aux collectivités locales ou aux administrations au tarif d’environ 20.000 euros. Mais nous allons sortir, dès le début de l’année 2010, deux nouveaux modèles dont nous avons optimisé les performances techniques avec l’ONERA. Ces derniers sont, quant à eux, destinés aux particuliers et aux sites isolés ou aux exploitations agricoles. En revanche, pour l’instant, nous n’avons pas arrêté de grille tarifaire. Voici pour le court terme. Pour le plus long terme, nous visons le marché international. Pour l’instant, en deux mois d’exploitation commerciale, nous avons vendu nos produits dans trois pays européens : l’Italie, l’Irlande et le Royaume-Uni.

En savoir plus

Le prix européen de l’innovation environnementale est organisé par l’European Environmental Press (EEP) qui regroupe 17 magazines leaders en Europe dédié à l’environnement, en partenariat avec le salon Pollutec Horizons et l’EFAEP (Association des fédérations de professionnels de l’environnement en Europe). Ce prix, organisé cette année pour la 7ème fois, vise à récompenser les meilleures innovations environnementales. Ces dernières sont jugées d’après les critères suivants :

  • Innovation et degré d’amélioration ;
  • Problème environnemental et incidence européenne ;
  • Coût, qualité et fiabilité ;
  • Bonus : l’originalité.

Outre le Gold EEP-Award, deux autres prix ont été attribués.

  • Le Silver EEP-Award est revenu à la société portugaise A4F-AlgaFuel pour la réalisation d’u prototype de réacteur utilisant la photosynthèse d’algues pour capter le CO2 produit par une cimenterie.
  • Le Bronze EEP-Award a été attribué quant à lui à la société danoise Grundfos pour son système NoNox permettant, grâce à la réduction catalytique sélective (SCR) qui utilise l’urée, de réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx) des véhicules diesels et de les transformer en azote.

Propos recueillis par Anne-Laure Béranger

Prix Entreprises et Environnement : le palmarès est…

Premier jour du salon Pollutec Horizons et première remise de prix. A l’honneur en ce début de matinée, mardi 1er décembre 2009, les prix Entreprises et Environnement. Organisés par le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDEM) et par l’Agence de l’environnement et la maîtrise de l’Energie (ADEME), ces prix récompensent des entreprises ayant engagé des démarches exemplaires afin de maîtriser et de réduire l’impact de leurs activités et/ou de leurs produits et services sur l’environnement.Au total, 174 dossiers ont été déposés, mais seules 8 entreprises ont été récompensées au sein de 4 catégories.  » Nous constatons toutefois que l’innovation entre dans tous les domaines, y compris la logistique, résume Michèle Pappalardo, Commissaire générale au Développement durable du MEEDDEM. Ces prix ont au final relativement peu une couleur énergétique. « Le prix Ecoproduit pour le développement durable revient à la société Bio Création pour la mise au point d’une palette logistique. Réalisée en matériaux composites et équipée d’une puce RFID, ce produit beaucoup plus léger qu’une palette en bois, a également une durée de vie bien supérieure. Ce qui offre à la fois un avantage en termes de coût mais aussi en termes de gestion des ressources en bois. Enfin, ce produit ce déclinant en deux versions, dynamique pour le transport et statique pour le stockage, il permet de limiter les contaminations liés aux flux logistiques. Dans cette même catégorie, la mention spéciale du jury renvient quant à elle à Aubrillam S.A.S pour la conception d’un mât d’éclairage public en bois, baptisé Moshi.La catégorie Management et initiatives pour le développement durable récompense quant à elle la société Euro-Nat pour sa politique globale de développement durable. Transformateur et distributeur de produits biologiques d’épicerie sèche depuis 1988, Euro-Nat joue dans ce domaine sur divers tableaux : utilisation des énergies renouvelables pour couvrir 25 % de ses besoins, construction de nouveaux locaux répondant aux normes environnementales Iso 14001, tri sélectif et recyclage des déchets, utilisation de produits d’entretien bio, filière biosolidaire, réduction de l’impact carbone de l’entreprise via le reboisement autour des axes routiers, etc… La mention spéciale du jury revient elle au distributeur de plantes Botanic.Le prix des Technologies économes et propres a pour sa part été attribué aux ateliers de l’Argoat. Producteur d’andouilles et d’andouillettes, cette entreprise d’Ille et Vilaine a réussi, grâce à un nouveau procédé, à transformer les graisses animales qui résultent de sa production et qui sont pour elle autant de déchets polluants, en biocombustible. Au delà, ce procédé lui a également permis de réduire de 12 % les accidents du travail associés aux projections de graisses sur le sol. La mention spéciale du jury revient quant à elle à Lanxess Elastomères pour sa réduction des composés organiques volatils dans l’atmosphère grâce aux Zéolithes, ainsi qu’au Club Méditerranée pour la mise en place d’un traitement écologique de ses eaux usées.Enfin, le prix coopération internationale pour le développement durable revient à Signaléthique pour le développement d’une offre de cadeaux d’affaires issus du commerce équitable.A.L B

CO2 supercritique : mais pour quelles applications industrielles ?

C’est un des thèmes spécifiques abordés par l’édition 2009 du salon Pollutec Horizons : les fluides supercritiques. Et en particulier le CO2 qui, grâce à l’augmentation conjointe de sa pression et de sa température, ouvre la voie à de nouvelles applications dans de nombreux domaines. Oui, mais lesquels ? Voici quelques éléments de réponses présentés mardi 1er décembre 2009 sur le salon par Michel Perrut, président directeur général de Separex, une société spécialisée dans le développement de technologies autour des fluides supercritiques.En fait, le CO2 est intéressant à plus d’un titre pour les industriels, car à l’état supercritique, il devient un solvant naturel, certes très spécifique, puisque c’est un solvant non polaire, mais dont les propriétés lui permettent, à une température et à une pression relativement faibles (à partir de 31°C et 74 barres) de devenir une alternative aux solvants chimiques et toxiques.

Un domaine d’application très large
De fait, cette technologie est aujourd’hui de plus en plus employée par l’industrie pour des applications technologiques.  » Au total dans le monde, il existe environ 300 unités qui utilisent cette technologie dont une centaine sont des entreprises chinoise,  » précise Michel Perrut. Et le champ de ces applications est très large.En ce qui concerne l’extraction de solide, le CO2 supercritique est essentiellement utilisé par l’industrie alimentaire. L’exemple le plus connu dans ce domaine est l’extraction de la caféine dans le café, mais il est également employé pour extraire des arômes comme la baie rose, le gingembre, la vanille ou encore le houblon. Le secteur de la santé se sert également de ce procédé pour extraire les principes actifs des plantes. Dans un autre registre, le CO2 supercritique peut également permettre une extraction sélective des pesticides sans détruire les propriétés d’un végétal, ou encore, servir à stériliser une pièce ou un milieu.Autres applications du CO2 supercritique : l’extraction de monomères ou le fractionnement de polymères, mais aussi le recyclage des huiles de coupe sur les lignes de fabrication de métaux, ou le nettoyage de surfaces sur des textiles à la place du perchloréthylène, ou sur des pièces très fines comme les puces électroniques ou les pièces optoélectroniques. En revanche, s’il existe également des applications pour dépolluer des sols imprégnés par exemple de PCB, ces techniques ne sont à l’heure actuelle pas encore suffisamment mûres, estime Michel Perrut.

Mais quid d’un traitement en continu ?
Toutefois, la plupart de traitements fonctionnent par « batch », c’est-à-dire par lots. Est-il possible de les utiliser en continu ? Oui, mais pas pour tous les produits. Les liquides se prêtent en particulier très bien à ce procédé. C’est le cas notamment de l’extraction des arômes des boissons telles que le rhum, le cognac, le whisky, le vin, la bière, le cidre ou encore, les essences de citrus. Mais il est possible également d’utiliser ce procédé pour fractionner des lipides tels que des huiles de poisson ou encore pour recycler des huiles de friture, ou enfin, pour fractionner des polymères à l’état liquide.

Les autres applications
Enfin, outre l’extraction de solide, le CO2 supercritique peut également être employé en imprégnation, par exemple pour diminuer l’apport de solvants dans une peinture. Mais il est également possible de faire de l’expansion pour la fabrication de mousses de polymères ou d’aérogels, des matériaux semblables à un gel où le composant liquide est remplacé par du gaz et qui s’avèrent être d’excellents isolants, malheureusement encore très chers pour l’instant. Pour finir, le CO2 supercritique peut être utilisé dans le secteur de la santé pour produire des poudres sur-mesure ou fabriquer des nanoparticules qui seront collées à un autre produit, par exemple du lactose, pour éviter leur dispersion. Pour autant, le CO2 supercritique est-il merveilleux. La réponse de Michel Perrut est sans appel : non ! Par contre, s’il est vrai qu’il nécessite des investissements lourds, les coûts d’exploitation son proportionnellement faibles et l’effet de taille est considérable, ce qui favorise le développement de très grandes installations.A.L B 

De nouveaux champs d’application grâce aux cellules solaires flexibles

Le professeur John Rogers, chercheur à l’Université de l’Illinois, a mis au point avec son équipe des cellules solaires flexibles. Il nous explique le défi technologique que représente cette innovation, et les champs d’application potentiels.

Quelle méthode avez-vous utilisée ?
Nous avons des méthodes de gravure pour le silicium (Si) et l’arsénure de gallium (GaAs), qui nous permettent de « trancher » dans l’épaisseur de la surface d’une wafer, des couches ultra-minces (c’est-à-dire d’une épaisseur comprise entre 2 et 20 microns) qui peuvent être utilisées pour des micro cellules solaires. La chimie de la gravure est différente pour ces deux matériaux mais le concept reste le même. 

Dans quelle mesure cela va-t-il étendre le champ d’application des cellules solaires photovoltaïques ?
La géométrie fine représente une manière efficace d’utiliser les matériaux et les wafers de support (dans le cas du GaAs), et est ainsi à l’origine d’une réduction des coûts. La taille minime des cellules rend la dissipation thermale passive beaucoup plus efficace que pour les cellules volumiques conventionnelles. Cet aspect est particulièrement important pour les systèmes de concentrateurs (par exemple GaAs) et simplifie la forme des optiques de focalisation. De plus, la géométrie fine suppose un degré de flexibilité mécanique qui peut non seulement faciliter le transport et l’installation des modules, mais ouvre également la voie à de nouvelles applications. Enfin, nous sommes en mesure de contrôler les espaces entre les micro cellules individuelles dans les modules finis, ce qui nous permet de définir, à l’étape du montage, un niveau donné de transparence optique qui peut s’avérer important pour certaines utilisations. 

Est-ce exagéré de parler d’une révolution en cours dans l’industrie solaire photovoltaïque ?
Il existe de nombreux groupes de recherche sur les nouvelles technologies solaires. On peut distinguer ceux qui développent de nouveaux matériaux (dominés par les organiques et les polymères) et ceux qui développent de nouvelles façons d’utiliser les matériaux anciens. Nous tombons dans la seconde catégorie. 

Avez-vous bon espoir de voir commercialiser des cellules solaires ultra-minces et flexibles d’ici la fin de l’année comme l’annonce l’entreprise de semi-conducteurs Semprius ?
Oui, Semprius possède aujourd’hui des prototypes qui fonctionnent et a l’intention d’améliorer ces systèmes pour les distribuer cette année à des groupes clés pour des tests sur le terrain. Toutefois, ils ne seront pas encore en mesure de les fabriquer en grande quantité. Cette étape devrait, nous l’espérons, être franchie l’année prochaine. Il est important de souligner que Semprius ne fabrique pas de modules flexibles. Ils fabriquent des systèmes de micro concentrateurs GaAs dont le substrat est le verre. John Rogers est professeur de science et d’ingénierie des matériaux à l’Université de l’Illinois.

Dématérialisation des factures en France : un marché de 400 millions d’euros en 2009

Comment la dématérialisation de factures a-t-elle évolué en France depuis 2004, date à laquelle le format électronique a commencé à se substituer au format papier ? Selon la récente enquête menée par Markess International auprès de 190 responsables et décisionnaires d’organisations publiques et privées de l’Hexagone, ce marché continue à progresser (voir l’encadré pour la méthodologie). En 2009, le cabinet d’études estime en effet que le marché français des logiciels et services IT associés à ces projets a atteint 400 millions d’euros, soit une croissance de 21 % par rapport à 2008. Ce qui représente une performance non négligeable au vue du contexte économique actuel. Cette bonne santé devrait d’ailleurs perdurer dans les années à venir, voire même s’accélérer. Markess International estime en effet que ce segment devrait continuer à progresser pour atteindre 670 millions d’euros en 2011, soit une croissance annuelle de 29 % entre 2009 et 2011, contre 20 % entre 2007 et 2009. Un dynamisme que la société d’études impute à deux principaux facteurs.

  • Le premier tient au nombre croissant d’organisations qui s’impliquent dans cette démarche. En 2007-2008, la dématérialisation de factures était surtout le fait de précurseurs qui se trouvaient essentiellement dans le monde de la distribution et de l’industrie. En 2008-2009, ces grands donneurs d’ordre ont eux-mêmes fait des émules parmi leurs fournisseurs, accroissant de fait le marché. Entre 2009 et 2011, du fait de la mise en application de certaines mesures telles que la dématérialisation des marchés publics, ce rôle d’entraînement devrait revenir aux organismes publics.
  • Le second tient à la maturité de ce marché. Markess International estime en effet que les acteurs qui pour l’essentiel aujourd’hui, utilisent la dématérialisation simple et la dématérialisation de factures papier, devraient passer progressivement entre 2009 et 2011 à la dématérialisation fiscale qui est la seule forme pouvant se substituer aux factures papier (voir encadré)
Pourtant, certains freins subsistent.
  • Au niveau européen, le principal écueil réside dans l’absence d’harmonisation des pratiques de dématérialisation fiscale au niveau des Etats membres. Certes, la Directive européenne 2001/115/CE reconnaissant la validité de la facturation électronique existe. Mais en l’absence d’harmonisation des pratiques dans les différents Etats membres, l’exercice est pour le moins complexe, voire dissuasif. Conscient de cette lacune, l’Union européenne tente d’ailleurs de modifier cette Directive pour aller vers davantage de simplification.
  • Enfin, force est de constater qu’il n’existe pas de standard technique en la matière : les formats sont multiples, il n’existe pas de standard de dématérialisation européen, et l’interopérabilité des solutions de dématérialisation est perfectible.
En un mot, le marché est loin d’être figé. Et outre l’Union européenne qui travaille actuellement à harmoniser les pratiques tant au niveau légal que technique, les prestataires s’efforce également de lever les principaux écueils pour faire dialoguer les machines.  Méthodologie de l’étudeCette enquête a été réalisée auprès de 190 responsables et décisionnaires au sein d’organisations publiques et privées entre août et octobre 2009 par Markess International. Cet échantillon n’est toutefois pas représentatif de l’univers des organisations françaises (statistiques non redressées). Il est constitué à 48 % de sociétés appartenant au secteur de l’industrie, à 30 % d’entreprises de distribution ou de négoce, à 8 % d’entreprises du secteur public, à 7 % d’opérateurs de services, les 7 autres pourcents provenant d’autres secteurs. 39 % des entreprises interrogées ont moins de 249 salariés, 18 % oscillent entre 500 et 1.999 salariés, 18 % affichent entre 2.000 et 9.999 employés, 13 % ont entre 250 et 499 salariés et 12 % ont plus de 10.000 collaborateurs. Ce premier volet a parallèlement été complété par 34 entretiens de prestataires IT, dont 47 % sont des opérateurs de services d’externalisation (plates-formes de dématérialisation, d’échange, EDI, tiers d’archivage), 38 % sont des éditeurs de logiciel, 6 % des cabinets de conseil, 6 % des intégrateurs et 3 % des professionnels appartenant à d’autres segments.Qu’entend on par dématérialisation des factures ?La dématérialisation des factures peut se faire sous diverses formes, pouvant être menées conjointement dans lesorganisations. 3 formes de dématérialisation sont communément admises :– Dématérialisation de factures papier  » fournisseurs  » : mise sous forme numérique des factures reçues au format papier(scanning, LAD (Lecture Automatique des Documents), RAD (Reconnaissance Automatique des Documents) ;– Facturation électronique ou dématérialisation  » simple  » de factures : échange électronique de factures sous forme defichiers via des systèmes de télétransmission (EDI conventionnel…) ou de simples fichiers (PDF, jpg…) non signésélectroniquement ;– Dématérialisation fiscale de factures : échange électronique de factures sous forme :
  1. Soit de fichiers structurés (EDI, XML, csv, Idocs…) devant respecter les modalités imposées par le Code général des impôts (CGI) ;
  2. Soit de fichiers non structurés (PDF…) obligatoirement signés au moyen d’une signature électronique et dans le respect des modalités imposées par le CGI.
En France, les 2 premières formes de dématérialisation ne permettent pas de s’affranchir de l’échange de la facture au format papier (seul document ayant une valeur légale) alors que la 3ème forme donne à la facture dématérialisée une valeur légale.
 A.L B

Signature électronique : où en est-on ?

Le développement du commerce électronique en Europe promettait un bel avenir à la signature électronique. L’Europe a d’ailleurs très tôt légiféré pour créer un cadre légal harmonisé à sa mise en œuvre au sein des pays membres de l’Union européenne. Il s’agit de la fameuse directive n°1999/93/CE du 13 décembre 1999. Transposée en droit français par la loi n°2000-230 du 13 mars 2000 et son décret d’application (décret n°2001-272 du 30 mars 2001), elle pose le principe de la validité juridique de la signature électronique grâce à deux principes clés, l’authentification de l’émetteur et l’intégrité du document, qui permettent via un certificat d’en garantir l’authenticité. Au-delà, elle définit deux autres notions. La signature électronique qualifiée qui, pour être équivalente à une signature manuscrite, doit satisfaire aux exigences suivantes :

  • être liée uniquement au signataire ;
  • permettre d’identifier le signataire ;
  • être créée par des moyens que le signataire puisse garder sous son contrôle exclusif ;
  • être liée aux données auxquelles elle se rapporte de telle sorte que toute modification ultérieure des données soit détectable.
Le certificat qualifié qui doit être délivré par une autorité de certification qualifiée et qui doit comporter :
  • une mention indiquant que le certificat est délivré à titre de certificat qualifié ;
  • l’identification du prestataire de service de certification ;
  • le nom du signataire ;
  • la possibilité d’inclure une qualité spécifique du signataire, en fonction de l’usage auquel le certificat est destiné ;
  • des données afférentes à la vérification de la signature qui correspondent aux données pour la création de signature sous le contrôle du signataire ;
  • l’indication du début et de la fin de la période de validité du certificat;
  • le code d’identité du certificat ;
  • la signature électronique avancée du prestataire de service de certification qui délivre le certificat.
Autant de critères qui doivent permettre :
  • d’identifier l’auteur de la signature de manière sûr et certaine ;
  • de garantir que le document auquel elle se rapporte soit établi et conserver dans des conditions qui garantissent son intégrité ;
  • dans le cas de la signature électronique avancée, de garantir la non-répudiation d’un document, c’est-à-dire d’empêcher qu’une personne puisse dire que ce n’est pas elle qui a signé tel document ;
  • une reconnaissance transfrontière des signatures et des certificats dans la Communauté européenne et le développement des échanges électroniques.

Une adoption lente
Toutefois, la directive ne préconise aucune technologie en particulier. Dans la pratique, l’authentification de la signature électronique repose sur l’utilisation d’un algorithme qui garantit que le signataire est bien l’auteur et que le message est bien celui qu’il a signé.Une procédure qui apparaît très vite aux yeux des entreprises comme étant complexe et coûteuse à mettre en œuvre. Autres freins de taille : les problèmes d’interopérabilité entre pays auxquels il faut ajouter la découverte de failles liées à la fonction de hachage cryptographique via l’algorithme MD5 (celui permettant notamment l’attribution d’une signature spécifique à un seul et unique document).Résultat, le développement de la signature électronique est quelque peu freiné en Europe. En 2007, selon une étude conduite par Statec et Eurostat, seules 13 % des entreprises de 10 salariés et plus en Europe déclaraient avoir utilisé un certificat électronique comme technologie d’authentification en ligne. Un taux de pénétration pour le moins modeste.

Les prochaines évolutions
Une situation qui décidément ne laisse pas indifférente la Commission européenne. Lors de la 9ème édition de la conférence  » European Forum on Electronic Signature  » qui s’est déroulée en Pologne en juin 2009, celle-ci a demandé à ce que chaque Etat membre établisse une liste de confiance des autorités de certification d’ici le 28 décembre 2009 et à lancer une étude pour évaluer la faisabilité d’un système fédéré de validation des signatures. L’objectif de tout ceci étant, in fine, de lever le problème de l’interopérabilité entre les pays. Car certaines mesures, telles que la dématérialisation des marchés publics, la facturation électronique (dans certains pays, les factures doivent être signées), la carte d’identité électronique ou encore la directive service qui stipule dans son article 8 que les procédures et formalités relatives à l’enregistrement d’une activité de service doivent pouvoir être effectuées facilement à distance et par voie électronique (ce qui suppose une ou des signatures), ont besoin de conditions favorables pour pouvoir véritablement se déployer au niveau européen.Mais la normalisation de la signature reste très compliquée et la question du format reste entier. D’ailleurs, ce thème n’a pas encore été vraiment abordé par la Commission européenne. Aujourd’hui, les formats reconnus par l’Etsi (European telecommunications standards institute) sont :
  • le CAdES (CMS Advanced electronic signatures) ;
  • le XAdES (XML Advanced electronic signatures) ;
A cela, il faut ajouter le PADES qui est une norme ISO basée sur le format PDF. Afin de simplifier les choses et d’anticiper d’éventuels changements qui surviendront avec la norme ISO 32000-2, des travaux sont d’ailleurs actuellement en cours à l’Etsi en synergie avec l’ISO, pour combiner ces trois formats de signature. Enfin, l’Etsi a récemment émis une recommandation pour changer l’algorithme de hachage, l’algorithme SHA-1 (Secure hash algorithm) ayant été cassé. Un concours public organisé par le NIST (National Institute of Standards and Technology) est d’ailleurs en cours aux Etats-Unis pour sélectionner un nouvel algorithme constitutif du nouveau standard SHA-3 (lire l’article La compétition SHA-3 du NIST : où en est-on ?).Mais cela suffira-t-il à encourager le déploiement de la signature électronique ?  Vocabulaire et pour aller plus loinLe hachage permet de réduire un long texte en un code significatif, un peu comme une clé RIB pour un compte en banque. Pour un document volumineux, cela permet de signer uniquement le hash et cela limite les problèmes de confidentialité lors d’une certification par un tiers.Consulter la directive n°1999/93/CE du 13 décembre 1999La rédaction

MD5 : une bombe sur la sécurité de l’Internet

Cliquez sur le lien : https://i.broke.the.internet.and.all.i.got.was.this.t-shirt.phreedom.org/ .
Si vous avez au préalable mis la date de votre ordinateur en août 2004 (on verra pourquoi plus tard), vous accèderez de manière sécurisée par SSL et sans aucun avertissement de sécurité à une page qui aurait pu être construite par un pirate ! Heureusement, il n’est est rien. Cette page a été rédigée par de brillants chercheurs dont l’objectif est au contraire d’avertir les utilisateurs d’Internet d’un grave problème de sécurité.

Examinons, comme on devrait le faire pour toute page sécurisée par SSL, le certificat et la chaîne de certification. Il suffit pour cela de cliquer sur le fameux petit cadenas jaune dont la présence assure, ou du moins devrait assurer, la sécurité de la navigation.

  • L’autorité racine est :  » Equifax Secure Global eBusiness CA-1  » qui est reconnue par Internet Explorer et par tous les navigateurs. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’avertissement de sécurité.
  • La chaîne de certification comporte une autorité intermédiaire :  » MD5 Collisions Inc.  » dont le nom est pour le moins curieux…
  •  Le certificat serveur est délivré à :  » i.broke.the.internet.and.all.i.got.was.this.t-shirt.phreedom.org  » ce qui correspond bien à la page en question. Ce certificat expire en septembre 2004. C’est pour cela qu’il faut modifier la date de l’ordinateur.

Ce qui est extraordinaire, c’est que mis à part le nom bizarre de l’autorité intermédiaire et la date d’expiration, maladresses qu’un vrai pirate n’aurait certainement pas commises, un utilisateur même averti ne détecte rien d’inquiétant en utilisant les outils standards de visualisation de certificat fournis par MicroSoft par exemple.

De quoi s’agit-il ?

Dans les faits, le certificat de l’autorité intermédiaire n’a jamais été délivré par Equifax ! Il s’agit d’un faux certificat qui est l’aboutissement d’un travail, long, délicat et particulièrement astucieux, accompli par les auteurs de la communication citée [1].Ce certificat permet de délivrer à son tour des certificats qui, par transitivité, sont eux même reconnus par les navigateurs.

Dans les mains d’un pirate, le faux certificat intermédiaire (et sa clé privée associée) permet de créer des certificats utilisateurs, des certificats serveurs et même de signer du code, malversations qui pourraient avoir des conséquences dévastatrices. Mais rassurez-vous la clé privée est gardée en lieu sûr et, de toutes façons, le choix d’une date de validité dépassée rend le dispositif inoffensif.

Quelles conséquences ?

C’est une grande part de la sécurité de l’Internet qui pourrait être mise à mal par un pirate disposant d’un tel certificat, car un principe fondamental a été violé : une autorité de certification ne doit délivrer des certificats qu’à des individus ou à des entreprises en qui on peut avoir confiance :

  • Les services de non répudiation et de confidentialité sont atteints : en construisant un faux certificat pour une victime, on peut signer à sa place n’importe quel message ou n’importe quelle déclaration et en fournissant ce certificat à ses interlocuteurs, déchiffrer tous les documents qui lui sont destinés.
  • Il est possible de créer des sites Web malveillants sécurisé par SSL. Leur visite ne produira aucun avertissement de sécurité et sera même encouragée par la présence rassurante du petit cadenas. Pire, les attaques en coupure sur des serveurs sécurisés deviennent faciles : le pirate peut s’interposer entre l’internaute et un site de paiement par exemple, il pourra ainsi récupérer les coordonnées bancaires de l’internaute sans que celui-ci ne se rende compte de rien !
  • Enfin, en signant une mise à jour ou une distribution d’un logiciel largement utilisé, il devient possible d’infecter un nombre incalculable d’ordinateurs et là encore, l’utilisateur malheureux sera totalement abusé par le logiciel d’installation qui, au lieu de l’avertir d’un danger, lui indiquera qu’il installe un logiciel signé par l’éditeur adéquat.

Comment se protéger ?

La gravité du problème soulevé nous amène naturellement à examiner quelles contre mesures peuvent être envisagées :

  • Coté utilisateur : comme on vient de le voir, il y a peu de choses à faire car, et c’est là, toute la puissance du procédé, il n’y a pas d’avertissement de sécurité. Cliquer sur le cadenas n’est pas une pratique courante et même un utilisateur averti ne pourra que remarquer l’utilisation suspecte de MD5 dans le champ  » algorithme de signature « .
  • Coté éditeur de navigateur, on peut imaginer d’avertir l’utilisateur de l’utilisation de MD5. Mais cela génèrera énormément de fausses alertes qui troubleront plus l’utilisateur qu’elles ne l’aideront, car dans les faits, MD5 est encore utilisée ! Repérer le faux certificat par sa construction particulière est simple pour une méthode de construction donnée, mais il n’est pas évident que cela fonctionne pour une autre construction…
  • Coté autorité de certification, il y a évidemment une mesure qui s’impose : ne plus utiliser MD5 ! Mais il faut gérer le passé et le présent. Heureusement la méthode de construction du faux certificat est tellement acrobatique (voir l’encadré et la note 1) que de légers changements dans la manière de délivrer des certificats peuvent la mettre en échec. Verisign, propriétaire de la marque, RapidSSL affirme que des contre mesures sont déjà prises et qu’il est désormais impossible de construire à nouveau un faux certificat. A voir… et rien ne dit que cette contre mesure ne soit pas contournable.

Ce qui choque le plus, c’est que la fonction de condensation MD5 est considérée comme non sûre par les cryptanalystes depuis 1996 [3]. D’autres attaques dévastatrices sur cette fonction ont eu lieu en 2005 [4] et en 2006 [5] par une partie des auteurs de cette communication. Le lecteur pourra utilement se reporter à un précédent article sur les fonctions de condensation paru dans cette lettre [2].L’attitude des autorités de certification qui utilisent encore MD5 est incompréhensible et irresponsable. La potentialité du problème est connue depuis plus de 10 ans – il existe des fonctions de condensation sûres – et le remplacement de MD5 ne coûte rien !Il y a un parallèle intéressant à faire avec l’affaire Humpich [6]. Cet informaticien a révélé en 1998 que les clés RSA utilisées dans les cartes bancaires faisaient 320 bits ; or dès 1990, on savait casser de telles clés. Serge Humpich a tenté de prévenir les banques et, devant leur fin de non recevoir, a construit une fausse carte bancaire qui lui a permis d’acheter 2 carnets de métro. Comme pour notre faux certificat, la seule manière de convaincre est la démonstration ! Suite à une plainte des banquiers, Serge Humpich a reçu pour cet exploit la visite du GIGN et fait de la prison. Depuis, la taille des clés est passée de 320 à 768 puis 1.024 (ce qui est encore considéré comme insuffisant). Là, s’arrête le parallèle : Verisign n’a pas porté plainte et a fait une réponse polie… [7]

Comment ont-ils fait ?

Un certificat est constitué de 2 parties :

  • le  » to be signed  » : tbs qui comporte essentiellement l’identité, la clé publique, des dates de validité et un n° de série.
  • la signature de ce tbs par l’autorité de certification : s = SAuth(H(tbs)) où SAuth est la fonction de signature secrète de l’autorité et H une fonction de condensation MD5 en l’occurrence.

Les auteurs de la communication ont construit un tbs1 correspondant à un certificat de serveur SSL classique et un tbs2 correspondant à une autorité intermédiaire qui réalise une collision MD5 avec tbs1. Puis, ils ont demandé à Equifax de signer tbs1 et obtenu s = SEquifax(MD5(tbs1)). Alors comme MD5(tbs1) = MD5(tbs2), s est la signature de tbs2 et le couple (tbs2, s) constitue un faux certificat intermédiaire valide !Deux difficultés ont dû être surmontées :

  • La réalisation de la collision, les travaux [5] sont à l’origine de ce premier exploit.
  • Le fait que dans un certificat dates de validité et n° de série sont déterminés par l’autorité de certification au moment de la signature, donc non connus. Or la connaissance de ces deux éléments est essentielle pour réaliser la collision. Ces deux éléments sont cependant prévisibles (dans Equifax, les n° de série sont séquentiels). Les auteurs de l’article ont réussi à obtenir d’Equifax, un certificat ayant une date de validité et un n° de série donnés en effectuant plusieurs tentatives et en bénéficiant d’un peu de chance.

Par David Artitti, ingénieur des Télécom

Notes
[1] MD5 considered harmful today – Creating a rogue CA certificate. Alexander Sotirov, Marc Stevens, Jacob Appelbaum, Arjen Lenstra, David Molnar, Dag Arne Osvik, Benne de Weger. 25th Annual Chaos Communication Congress :
[2] Quand la cryptanalyse rencontre les fonctions de condensation. David ARDITTI. Lettre TI n°9 octobre 2007.
[3] Cryptanalysis of MD5 Compress (1996) by Hans Dobbertin In Rump Session of EuroCrypt ’96 : [4] Xiaoyun Wang and Hongbo Yu : How to Break MD5 and Other Hash Functions[5] Marc Stevens, Arjen Lenstra, and Benne de Weger : Target Collisions for MD5 and Colliding X.509 Certificates for Different Identities
[6] L’affaire Serge Humpich
[7] La réponse de Verisign

Fonctions de hachage : ce que le NIST prépare

Les fonctions de hachage constituent un élément essentiel des infrastructures de sécurité. Une fonction de hachage calcule une chaîne de bits de longueur fixe à partir d’une chaîne de bits de longueur arbitraire. Une bonne fonction de hachage (au sens cryptographique) possède un certain nombre de propriétés et peut-être utilisée dans des contextes très variés. Les fonctions de hachage interviennent en effet fréquemment dans les mécanismes de sécurité, ce qui implique que ces mécanismes reposent directement sur la sécurité d’une primitive unique. Pire : seul un très petit nombre de fonctions de hachage se trouve actuellement déployé dans l’industrie. Pour simplifier, les trois propriétés fondamentales qu’une fonction de hachage doit vérifier sont :

  • Sens-unique. Etant donnée la sortie d’une fonction de hachage, trouver une entrée qui donne cette sortie doit être difficile.
  • Résistance à la deuxième pré-image. Etant donnée une entrée, trouver une autre entrée qui donne la même sortie doit être difficile.
  • Résistance aux collisions. Trouver deux entrées distinctes qui donnent la même sortie doit être difficile.
Une quatrième propriété qui pourrait être ajoutée à cette liste est que la sortie d’une fonction de hachage doit  » avoir l’air aléatoire « . Ces notions ont bien sûr été formalisées de façon plus rigoureuse par les cryptologues (voir le livre Handbook of Applied Cryptographie).Une des applications classiques des fonctions de hachage est la signature électronique où il est souhaitable de pouvoir signer le haché d’un document plutôt que le document lui-même. La vérification de la signature s’effectue en appliquant la même fonction de hachage au document afin de vérifier la signature du haché. Cette approche n’est bien entendu valable que si les deux primitives cryptographiques (fonction de hachage et signature) sont sûres.La résistance aux collisions est, par exemple, nécessaire pour garantir la non-répudiation, un attaquant étant en effet capable de produire de multiples variations (même infîmes comme faire varier imperceptiblement les espaces entre caractères) de deux documents donnés et à l’aide du paradoxe des anniversaires de trouver une collision beaucoup plus rapidement qu’une pré-image. En obtenant la signature d’un des deux documents, l’attaquant dispose simultanément d’une signature du second document à l’insu du signataire. Une fonction de hachage utilisée lors de l’authentification d’un utilisateur d’un système d’exploitation doit en revanche être résistante aux secondes pré-images. Il est donc important de garder à l’esprit qu’utilisée dans des contextes différents, une fonction de hachage fait souvent appel à des propriétés différentes.

NIST et SHA-3
Le National Institute of Standards and Technology (NIST) est en charge de l’édition et de la mise à jour des standards pour la sécurité des systèmes d’information. La fonction de hachage originalement proposée par le NIST, SHA, a été remplacée par SHA-1 en 1995. Très proche des constructions MD4 et MD5 de Rivest, SHA-1 a depuis lors été rejointe par deux autres standards de hachage, les fonctions de la famille SHA-2 (voir le site du NIST). De récentes avancées en cryptanalyse ont démontré que trouver des collisions pour SHA-1 est beaucoup plus facile qu’espéré. Bien que personne n’ait encore réussi à produire une telle collision, le très large déploiement dont SHA-1 a fait l’objet montre qu’il est nécessaire de migrer rapidement pour une alternative plus robuste. Bien qu’il existe de telles alternatives au sein de la famille SHA-2, le NIST prépare un algorithme alternatif entièrement nouveau : SHA-3.La quête de SHA-3 a débuté le 23 janvier 2007. Après un an de design et d’implémentation, 64 soumissions ont été reçues par le NIST le 31 octobre 2008. Sur ces soumissions, 51 ont été retenues pour le premier tour d’évaluations. A partir de ces évaluations, et afin de concentrer ses efforts sur un nombre de candidats plus restreint, le NIST a sélectionné ce 24 juillet 14 soumissions pour évaluation lors du second tour ; trois des soumissions en lice sont françaises, deux américaines, les autres provenant de divers pays.Ceux qui ont assisté au processus de sélection de l’AES se souviennent peut-être la diversité des soumissions. Dans le cas de la compétition SHA-3, la situation est encore plus marquée. BLAKE, BMW, CUBEHASH, KECCAK, LUFFA, SHABAL, SIMD et SKEIN n’utilisent que des opérations telles que les additions, les  » ou exclusifs  » et les rotations de bits. Les candidats HAMSI et JH utilisent des briques un peu plus complexes, et les autres sont basés sur l’AES. Les candidats reposant sur des techniques utilisées pour le design de l’AES peuvent être divisés en deux groupes : FUGUE et GRØSTL d’une part et ECHO et SHAvite-3 d’autre part qui peuvent utiliser les nouvelles instructions AES disponibles dès la prochaine génération de processeurs d’Intel. Il est probable que le second tour dure plus d’un an. Cette année fournira certainement son lot d’avancées en cryptanalyse et d’intéressantes discussions sur les compromis adéquats entre sécurité et performance. Les finalistes seront probablement annoncés au troisième trimestre 2010 et au second trimestre 2012, le NIST aura certainement sélectionné le(s) gagnant(s) de la compétition SHA-3. Compte tenu de la chute de plusieurs favoris durant le premier tour, il nous semble beaucoup trop tôt pour faire des pronostics. Ceux qui souhaitent suivre le processus de sélection de SHA-3 trouveront un certain nombre d’informations sur cette page du NIST. L’outil eBASH fournit quant à lui des informations très détaillées sur les performances des candidats (ainsi que de nombreuses autres fonctions de hachage) sur un très grand nombre de plate-formes, et le SHA-3 Zoo maintient un ensemble de pages avec des liens sur les dernières cryptanalyses ainsi que sur les diverses implémentations hardware disponibles. Par O. Billet et M. Robshaw

Black Hat 2009 : ce qu’il faut en retenir

Black Hat est LA conférence la plus importante dans le domaine de la sécurité informatique. Cette année, la treizième édition américaine s’est déroulée comme d’habitude à Las Vegas (Nevada) du 29 juillet au 2 août. Elle a rassemblé plus de 3.500 personnes (venant des 5 continents et autour de 80 présentations techniques organisées en 8 sessions parallèles) durant deux jours. Trois journées beaucoup plus  » underground  » de DEFCON 17, une sorte de grande messe  » hacker « , ont clôturé la conférence. Elles ont réuni plus de 8.500 personnes venues assister à cent trente présentations techniques.Toute la force de ces conférences, organisées par la même personne, Jeff Moss, tient au fait qu’elle couvre de nombreux aspects de la sécurité informatique et en offre deux facettes très différentes : la conférence officielle, Black Hat, qui reste très professionnelle et est le lieu de rencontre des grands acteurs du domaine ; et DEFCON ou l’esprit hacker très présent. Pas moins de deux cents présentations ont ainsi été faites durant ces conférences, avec des sujets très variés. Certaines ont lieu d’ailleurs à la fois à Black Hat et à DEFCON, et touchent ainsi un public important. Parmi les grands thèmes de cette édition 2009, citons :

  • Le fuzzing (technique pour tester des logiciels). Même si le sujet peut sembler un peu galvaudé, cette technique permet toujours d’obtenir d’excellents résultats pour du test en boîte noire. Cette année, les téléphones portables évolués (smartphone de type Android, Windows Mobile et Apple iPhone) en ont fait les frais, avec plusieurs présentations montrant comment l’envoi de SMS malformés sur certains équipements peut, dans le meilleur des cas, entraîner un plantage du terminal, et dans le pire, une compromission distante ! Certes, ces attaques sont généralement complexes à mener, mais les résultats déjà obtenus sont extrêmement prometteurs… L’actualité dans le domaine pourrait être riche prochainement.
  • Des problèmes liés à l’authentification sur Internet, et plus précisément aux certificats SSL (X509v3). En effet, plusieurs présentations (Moxie Marlinspike et Dan Kaminsky) ont abordé ce sujet sensible. Il apparaît qu’il est possible, sous certaines conditions, de fabriquer de faux certificats qui seront vus comme valides par les navigateurs Web se connectant aux sites piégés. Suivant le cas, l’attaque peut reposer sur un problème cryptographique (utilisation de MD2 ou MD5 comme algorithme de signature), ou sur des problèmes de codage dans un certificat (et l’utilisation du caractère nul, , dans le nom du certificat).
  • Du Web 2.0 et du Cloud Computing… Quelques présentations techniques ont encore abordé les classiques XSS, CSRF… Plus nouveau, la sécurité des plates-formes de type EC2 a aussi fait l’objet de présentations très intéressantes. Ces technologies n’ont semble-t-il pas encore atteint un niveau de maturité élevé, et pas mal de soucis sont encore présents.
  • Et bien sûr, un bon nombre de présentations très techniques sur le reverse engineering, l’analyse de malware, les rootkits, la fuite d’information (privacy)…
 Où trouver de l’information sur les conférences Black Hat et DEFCON ? Black Hat
  • Le programme
  • Le présentation
 DEFCON
  • Le programme
  • Le présentation

 Par Franck Veysset, Expert en sécurité

L’avenir de l’Ultra Large Bande passera par DAA

La technologie Ultra Large Bande (UWB), acronyme désignant tout signal de communication sans fil [1] dont la bande passante est supérieure à 500 mégahertz où représente 20 % de la fréquence centrale, a tout pour avoir un bel avenir. En tant que solution à faible puissance, elle peut fournir de très hauts débits de données sur des courtes portées. Elle est d’ailleurs déjà utilisée pour des solutions d’USB sans fil (Wireless USB avec le forum USB-IF) ou est étudiée dans de futures évolutions par le Bluetooth SIG (Specific Interest Group). Pourtant, malgré son avance technologique et scientifique indéniable, cette technologie a fait l’objet de nombreux débats en particulier auprès des régulateurs. Et ceci pendant plusieurs années, accumulant ainsi des retards sur les autorisations de mise sur les marchés européens et asiatiques des produits et empêchant un réel décollage industriel. Ces discussions portaient notamment sur les risques d’interférence avec les systèmes de communication conventionnels, avec lesquels des systèmes UWB pourraient partager les bandes de fréquences due à son large spectre d’émission. Pourtant, des systèmes de communication conventionnels comme GSM/UMTS ou le WiMax sont habituellement autorisés sous-licence et leurs fournisseurs ont donc payé pour l’usage du spectre de fréquences. Par conséquent, les technologies même innovatrices comme UWB ne peuvent pas nuire ou dégrader la qualité de ces systèmes de communication autorisés. D’autre part, les bandes de fréquences disponibles étant différentes suivant les pays, les industriels étaient confrontés à la difficulté de trouver une solution globale, acceptée à un niveau mondial, garantissant la masse critique nécessaire au déploiement d’une technologie visant également un usage de masse sur le « tout sans fil, haut débit, courte portée ».

Les apports de DAA et les avancées en terme de régulation

Il semble que la technique appelée DAA pour Detect And Avoid apporte une solution à ces problèmes et permette enfin un déploiement mondial. Un pays comme la Chine vient d’ailleurs d’autoriser l’UWB avec DAA et affiche une grande ambition sur cette technologie en soutenant des programmes de recherche dédiés à l’UWB.Cette technique de limitation de brouillage pour des dispositifs UWB est en effet proposée comme une solution potentielle pour diminuer les risques d’interférence radio. Les régulateurs radio ont proposé l’adoption du DAA dans certains domaines de normalisation et pour des bandes spécifiques de radiofréquences. En Europe, les conditions d’utilisation de la technique de limitation de brouillage d’UWB DAA sont présentées dans le rapport 120 [4] de CCE édité en juin 2008.Au-delà, le DAA est également considéré comme une première avancée vers une approche dynamique pour utiliser le spectre de radiofréquences et pourrait donc avoir des répercussions dans d’autres domaines. Le DAA peut être considéré une forme simple de radio cognitive, où les dispositifs d’UWB sondent la présence de systèmes de communication autorisés (tel que WiMax ou un Radar) et émettent uniquement s’il n’y a pas d’émissions de ces autres systèmes. Principal avantage : un dispositif d’UWB peut ainsi augmenter sa puissance d’émission quand aucun autre système de communication n’est ni dans les mêmes secteurs, ni sur les mêmes bandes de fréquences.

Le DAA est donc une technique innovante qui permet la cohabitation des différents réseaux sans fils. Elle divise la puissance d’émission en zones dans lesquelles on peut transmettre un signal UWB. Pour cela, les dispositifs DAA UWB détectent les changements de la configuration RF (i.e. modification de la zone d’opération) et basculent au nouveau niveau d’émission dans un temps maximal [ETSI EN 302 065].Les constructeurs d’UWB ont d’ailleurs commencé à déployer les premiers prototypes ces derniers mois. Trois zones (Zone 1,2 et 3) ont été définies pour les BWA (Broadband Wireless Access) dans la bande 3.4-4.2 GHz et seulement deux zones (Zone A et B) pour la radiolocalisation dans la bande 3.1-3.4 GHz et 8.5-9 GHz.Pour éviter les risques d’interférences produits par l’UWB vis-à-vis d’autres services, les régulateurs ont défini des limites sur la puissance d’émission des dispositifs d’UWB. Dans la plupart des cas, la limite est décrite comme masque d’émission d’EIRP (Equivalent Isotropically Radiated Power). Les masques d’émissions d’EIRP ont été définis par la FCC en 2002, l’Union européenne en 2006, la Chine en 2008, le Japon et la Corée en 2006. Le schéma suivant décrit le comportement d’un dispositif UWB avec DAA. Quand il détecte la présence d’un signal de BWA (Broadband Wireless Access comme WiMax) dans le spectre de fréquences, le dispositif UWB cesse de transmettre dans la bande BWA et déplace son émission dans bande adjacente (voir les flèches pointillées) ou se maintient simplement dans la même bande BWA mais arrête d’émettre (voir les flèches pleines).

Les défis à venir

Reste un défi significatif à relever : comme les régulateurs radio du monde entier définissent différents bandes de fréquences et masques d’émission pour l’activation du DAA, il faut concevoir des méthodes d’essais flexibles permettant d’évaluer les diverses configurations DAA à travers le monde. Or, le fait que DAA soit une forme de radio cognitive avec des paramètres de transmissions pouvant changer, que les niveaux de puissance soient extrêmement faibles, certains spécialistes parlent d’impossibilité de tester le DAA dans son concept global. Des approches pragmatiques et réalistes devront donc être mises en œuvre tant au niveau de la technique DAA elle-même que pour l’évaluation de conformité, étape incontournable avant de mettre un produit sur le marché. C’est précisément un des sujets étudié dans le cadre du projet de recherche européen WALTER [5], cofinancé dans le cadre du 7ème programme-cadre de la Commission européenne. Son principal objectif est de développer un réseau de services d’essais UWB avec des moyens en Chine (TMC du Ministère MII), en Espagne (AT4Wireless) et en Italie (le Centre Commun de Recherche de la Commission européenne) , le tout étant au service de la recherche, de la régulation et de l’industrie. Plus concrètement, le projet WALTER définit des procédures d’essais et des campagnes de mesures pour valider les techniques de limitation de brouillage UWB ainsi que des mécanismes de coexistence utilisant des protocoles de DAA. L’expérience acquise dans la définition d’un banc d’essai d’UWB DAA pourra aider l’étude d’autres essais de radios cognitives. Les défis liés aux essais DAA seront d’ailleurs abordés dans un second article.

Par Philippe Cousin, ETSI (Institut Européen de Normalisation des Télécommunications), chef du projet de recherche européen WALTER

Notes
[1] Il faut noter des différences sur la définition précise UWB entre ETSI[2] et FCC[3] ainsi que sur les techniques utilisés comme MB-OFDM (Multi-Band Orthogonal Frequency division) ou la version impulsion DS-UWB (Direct Sequence Ultra Wideband)
[2] ETSI EN 302 065 v1.1.1, “Electromagnetic compatibility and Radio spectrum Matters (ERM); Ultra WideBand (UWB) technologies for communication purposes; Harmonized EN covering the essential requirements of article 3.2 of the R&TTE Directive”. European Standard Telecommunication Institute (ETSI), February 2008.
[3] FCC CFR Title 47 Part 15 Subpart C, “Intentional Radiators”. Federal Communications Commission, October 2007.[4] ECC Report 120 ( June 2008) on Technical requirements for UWB DAA (Detect And Avoid) devices to ensure the protection of Radiolocation in the bands 3.1 – 3.4 GHz and 8.5 – 9 GHz and BWA terminals in the band 3.4 – 4.2 GHz.[5] FP7 WALTER (Wireless Alliance for Testing, Experiment and Research) project. http://www.walter-uwb.eu/

LTE : nous avons besoins de garanties en matière de performance

La technologie 3G a eu du mal à démarrer mais depuis 18 mois, elle connaît une croissance exceptionnelle. D’ailleurs, dans les zones où le taux de pénétration est faible (Amérique du Sud et Afrique), la pénurie de lignes fixes en haut débit devrait servir à accélérer la demande de services haut débit sans fil. Côté technologie, l’avenir de l’industrie repose sur la solution de dernière génération, le LTE. Long Term Evolution (LTE) de 3GGP annonce un changement majeur dans la connexion mobile : des vitesses de connexion équivalentes à 100/50Mbps, davantage de services, une latence plus faible, une expérience de meilleure qualité (QoE), une structure simplifiée et une optimisation du réseau pour les échanges de données sans séparation du canal audio à commutation de circuit. Deux éléments plaident en faveur d’une développement du LTE. Le premier relève de la performance : bande passante massive pour les appareils mobiles et meilleure qualité d’expérience grâce à une latence plus faible du réseau IP fixe de bout-en-bout. Le deuxième concerne la flexibilité de l’application, autre avantage d’une structure orientée vers un service IP de bout-en-bout. Le LTE peut également déployer de nouveaux services en lien avec la vitesse et la flexibilité, comme s’y attendent les internautes. L’intelligence du système LTE se loge en début de réseau (les décisions liées à la mise en application de la politique sont prises en début de réseau au lieu de les renvoyer au centre comme dans les technologies précédentes) et le LTE travaille indépendamment de la technologie d’accès, ce qui ouvre un champ plus large pour les futurs appareils et applications révolutionnaires.

De nouvelles opportunités mais aussi un casse tête
Une telle flexibilité fait la joie de l’utilisateur mais représente un casse-tête pour les fournisseurs de services. Anticiper les besoins et mettre en place des solutions pour y répondre est déjà une tâche suffisamment complexe, même pour les clients titulaires de contrats fixes. Or les analystes prévoient un avenir encore plus chargé. Les appareils photo, les consoles de jeux, les appareils de navigation et autres appareils mobiles seront tous vendus avec des puces LTE intégrées, tout comme les processeurs doubles intégrés dans les ordinateurs portables haut de gamme, qui représentaient une véritable innovation et qui font désormais partie intégrante des smartphones tels que le Motorola Q9H. Le réseau est-il capable de gérer autant d’appareils puissants, sans parler des milliers de téléphones-appareils photo qui se déclenchent subitement lors d’événements sportifs majeurs ? Comme on pouvait s’y attendre, de nombreux débats ont été engagés sur la nécessité des réseaux  » backhaul  » pour gérer la forte croissance du trafic et sur leur capacité à faire face aux pics de demande. L’utilité du réseau  » backhaul  » Ethernet est acquise pour un service IP de bout-en-bout. Mais pour les structures sur fibre, en cuivre ou sans fil, elle soulève la question du coût et des fonctionnalités. D’où le besoin de tests approfondis basés sur une simulation répétitive et réaliste du trafic et sur leur capacité à tracer un flux de trafic au-delà des attentes.

Mettre en place de nouveaux tests
Les critères de tests du LTE ne sont pas si différents des critères requis pour les services 2 ou 3G. Mais en tant que nouvelle technologie, le LTE requiert des tests plus rigoureux qui révéleront des failles inattendues et permettront de gagner la confiance du marché. La mise en place de tests préalables assurera une qualité d’expérience optimale dès le premier jour. Puisque le nombre d’utilisateurs ne cesse de croître, de même que la pression qui pèse sur le système, ces mêmes tests seront par la suite maintenus afin de s’assurer que les normes liées au parc d’utilisateurs sont les mêmes et de contrôler les causes de détérioration du service. De même que l’opérateur teste, entre autres, la performance du haut débit, du débit, de la fiabilité, de la reprise et de la perte de paquets, il doit anticiper les zones à problème et effectuer ces tests dans des conditions difficiles telles qu’une surcharge du réseau, une transmission vers et à partir d’un train grande vitesse, un environnement urbain encombré et une détérioration du signal sous faible couverture RF.De même, s’il est nécessaire de tester l’infrastructure et de s’assurer qu’elle sera capable de gérer la demande à venir, il ne faut pas négliger de tester les appareils actuellement mis en place pour accéder aux services LTE. Sur ce thème, signalons l’apport du récent rapport rédigé par Broadband-Testing, un laboratoire d’analyse européen basé à Andorre. Six des smartphones haut de gamme les plus prisés d’Europe y ont été testés. Or les résultats montrent clairement que tous les téléphones portables ne jouissent pas d’une  » fabrication égale  » lorsqu’il s’agit d’établir un appel vocal ou de ne pas couper un appel vocal dans certaines conditions d’utilisation.Les tests ont été menés dans des conditions de réseau en début de cellule, pendant le transfert intercellulaire et le transfert entre réseaux 2G et 3G. Ils comprenaient notamment une émulation des conditions réelles représentant le combiné en position stationnaire, mais également en mouvement, à la vitesse d’un piéton et à la vitesse d’un véhicule. De grandes différences ont été relevées au niveau de la fiabilité des appels vocaux et les résultats ont montré qu’aucun combiné ne pouvait offrir une performance optimale dans toutes les conditions. Enfin, certains avaient du mal à s’adapter aux conditions de réseau pourtant courantes dans la vie quotidienne, telles que passer un appel professionnel depuis un train en circulation par exemple.Ce rapport retiendra certainement l’intérêt du responsable des achats d’une société qui déploiera des téléphones portables pour les cadres. Les smartphones sont de plus en plus reconnus comme étant des outils commerciaux productifs. Les négociations commerciales ne sont pas moins importantes parce qu’elles s’effectuent en mouvement, et si la ligne vient à couper lors d’une conversation, cela est préjudiciable aussi bien pour la négociation que pour l’état d’esprit de l’appelant. Les sociétés peuvent s’en trouver affectées et la réputation endommagée !Dans ses commentaires sur le rapport de Broadband-testing, l’analyste Dean Bubley, de Disruptive Analysis, suggère que les tests de performance effectués sur les combinés seront dans l’avenir une condition de plus en plus importante, la conformité actuelle à la certification ne mettant pas la barre suffisamment haute en termes de tests :  » Le développement d’une méthodologie qui permettrait aux opérateurs (ou aux utilisateurs finaux) d’évaluer les performances des téléphones et de les différencier est très largement justifié. « Le LTE propose bien d’autres fonctions et services. Mais les utilisateurs professionnels ne souhaitent pas uniquement connaître ces fonctions ; ils souhaitent également savoir en quoi ces téléphones leur seront vraiment utiles dans des conditions normales et quel type de conditions exceptionnelles sont susceptibles de se produire lorsqu’ils travaillent sous pression. Une enquête récente a démontré que cinq fois plus de recherches sur Google étaient effectuées à partir de l’iPhone plutôt qu’à partir de téléphones 3G standard, ce qui met l’accent sur le rôle essentiel de l’interface utilisateur et du facteur de forme lorsqu’il s’agit d’influencer la façon dont le téléphone est déployé. En ce qui concerne les fonctions, ce qui compte n’est  » pas ce que vous faites, mais la façon dont vous le faites  » et les plus grandes décisions liées aux achats des effectifs mobiles de demain devront se justifier par des tests rigoureux, réalistes et renouvelables. Les tests de conformité ne suffisent plus, nous avons besoin de garanties en matière de performance. Par Nigel Wright, vice-président de la commercialisation des produits, Spirent Communications

La cogénération trouve une large application parmi les industriels

L’offre d’installations de cogénération est en augmentation constante et active la tendance à la décentralisation de l’approvisionnement électrique. Même si les moteurs à combustion sont encore au centre des intérêts, bientôt pourraient se développer de nouvelles solutions associées aux moteurs à cycle Stirling [1], générateurs linéaires ou piles à combustible.

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61115.htm

L’offre d’installations de cogénération est en augmentation constante et active la tendance à la décentralisation de l’approvisionnement électrique. Même si les moteurs à combustion sont encore au centre des intérêts, bientôt pourraient se développer de nouvelles solutions associées aux moteurs à cycle Stirling, générateurs linéaires ou piles à combustible.Dans ce contexte, les entreprises Lichtblick et Volkswagen ont signé un partenariat énergétique en septembre 2009. Volkswagen livre des centrales de chauffage à distance (Blockheizkraftwerke, BHKW) sur la base de ses propres moteurs à gaz, avec une puissance électrique de 20 kW (kWe) et une puissance thermique de 34 kW (kWt). Lichtblick commercialise ces « centrales à domicile » pour un approvisionnement combiné en électricité et chaleur.

Produire du courant en quasi-simultané

« Il faut se représenter les centrales à domicile comme un banc de poisson : de nombreuses petites unités forment une grande communauté performante qui produit de l’électricité en masse », explique Christian Friege, directeur général de Lichtblick. Ainsi 100.000 mini-centrales thermiques décentralisées représentent quasiment une centrale au gaz d’une puissance électrique de 2 GW.Pour compenser l’énergie en provenance des éoliennes ou de panneaux photovoltaïques, fluctuante en fonction de la météorologie, les installations électriques doivent produire du courant en quasi-simultané selon la demande et l’injecter sur le réseau. Un accumulateur de chaleur doit ainsi permettre d’adapter l’activité à la demande sur le marché électrique et de la découpler de la consommation en chaleur actuelle des bâtiments. Grâce à la cogénération, le rendement de l’accumulateur s’élève à 92 %, selon Lichtblick. Face à la production habituellement découplée de chaleur et d’électricité, l’installation de gaz naturel produira jusqu’à 60 % de CO2 en moins. Le gaz naturel « à haute neutralité climatique » devrait être de plus en plus employé.Les centrales de chauffage à distance ne sont pas nouvelles. Un millier d’entre elles sont commandées chaque année. Cependant, les installations sont habituellement de taille plus grande. Des petites installations de puissance électrique comprise entre 3 kWe et 5 kWe sont proposées à des habitations collectives et des exploitations industrielles. Afin d’ouvrir des débouchés auprès des habitations particulières, l’entreprise Vaillant a conclu une coopération avec Honda, pour développer des micro-installations de cogénération pour le marché européen.

Un rendement électrique de 60 %

L’entreprise australienne Ceramic Fuel Cells Limited (CFCL) a ouvert dans le parc industriel d’Oberbruch à Heinsberg une unité de production en série de piles. Dans un premier temps, 10.000 piles devraient être produites annuellement, puis leur nombre devrait s’élever jusqu’à 160.000. Les piles produites en série par CFCL constituent le cœur des mini-centrales de chauffage à distance, destinées à des habitations collectives et individuelles, elles atteignent des puissances de 2 kWe et seulement 1,2 kWt, avec un rendement électrique de 56 %.

En fonctionnement optimal (1,5 kWe, 0,7 kWt), le rendement électrique pourrait atteindre 60 %. Le rendement du système atteint jusqu’à 85 % grâce à la cogénération. Le produit principal est l’électricité, la chaleur n’étant qu’un sous-produit.

D’autres solutions utilisables dans les habitations particulières sont par exemple l’appareil de chauffage producteur d’électricité basé sur la technologie Stirling, qui sera produit en série en 2011 grâce à la technique thermique de Bosch, ou la micro-centrale à cogénération d’Otag, qui combine une chaudière à gaz à condensation avec un générateur linéaire, commandé par un circuit fermé de vapeur d’eau. La puissance atteint 2 kWe et 19 kWt.

La part de cogénération dans l’électricité doit augmenter en Allemagne de sa valeur actuelle de 12 % à 25 % d’ici 2020.

[1] Le moteur Stirling est un moteur à combustion externe, le fluide principal étant un gaz soumis à un cycle comprenant 4 phases : chauffage isochore, détente isotherme, refroidissement isochore puis compression isotherme. Informations supplémentaires sur Wikipédia.

Claire Vaille est rédactrice pour la rubrique énergie des bulletins électroniques de l’ambassade de France en Allemagne

Origine :

BE Allemagne numéro 458 (5/11/2009) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61115.htm

L’impact de la politique photovoltaïque allemande

Dans une précédente tribune, j’appelais les responsables politiques à baisser très rapidement les aides au solaire photovoltaïque (PV), celles-ci risquant de provoquer une « bulle » incontrôlable comme ce fut le cas en Espagne l’an passé. Avec les aides actuelles, les flux financiers correspondant risquent en effet de se chiffrer en dizaines de milliards d’euros pour les seuls engagements des 3 prochaines années.

Un rapport du très sérieux Rheinisch-Westfälisches Institut fûr Wirtschaftsforchung (RWI) sur les conséquences réelles du soutien massif apporté au solaire PV (et à l’éolien) en Allemagne depuis quelques années vient compléter et conforter cette analyse. Après avoir rassemblé les données sur les coûts engagés et sur la réduction des émissions de CO2 dus au développement du solaire, l’étude analyse les impacts de la politique allemande (telle que définie par la loi dite EEG [1]) dans cinq domaines :

  •  La protection du climat ;
  •  Le prix de l’électricité ;
  •  Les emplois ;
  •  La sécurité énergétique ;
  •  La promotion de technologies innovantes.

Aucune des vertus supposées du système allemand n’échappe à sa critique. Nous en résumons ci-après les points essentiels :

1. La protection du climat

Le paradoxe allemand : alors que les ENR remplacent effectivement des énergies fossiles pour la production d’électricité, le « bilan carbone » est quasi nul. Ceci est dû à la coexistence du système d’aides et du European Trading System (ETS) [2] : les producteurs d’électricité renouvelable peuvent vendre leurs permis d’émissions à d’autres « pollueurs », avec comme résultat un transfert des émissions vers ceux-ci [3]. Pire, selon l’étude, l’abondance des permis fait chuter les cours et incite les industriels européens à acheter des permis plutôt qu’à réduire leurs émissions.

2. Le prix de l’électricité

L’étude RWI calcule le coût sur 20 ans de la promotion du solaire photovoltaïque (PV) pour les engagements 2000/2010 (en €, 2007) : 53 milliards d’euros (et de 11 à 18 milliards d’euros pour l’éolien). Elle en déduit un surcoût de l’électricité vendue aux consommateurs de 3 % [4].

3. Les emplois

L’étude souligne le nombre élevé d’emplois créés par le développement massif des ENR : 280.000 en 2008, 400.000 prévus d’ici 2020 selon le ministère de l’industrie allemand (BMU). Mais elle note que ces bilans omettent systématiquement les pertes d’emploi liées à la baisse de pouvoir d’achat des ménages et des profits des industriels.

Elle cite un certain nombre d’études qui laissent penser que le bilan net ne pourrait être légèrement positif, que si l’industrie allemande arrivait à exporter massivement ses produits [5], ce qui est loin d’être le cas du fait de la très vive concurrence des pays asiatiques, au premier rang desquels la Chine. Elle critique particulièrement la politique de promotion du PV, qui reviendrait, pour la seule année 2008, à créer 48.000 emplois subventionnés à hauteur de 175.000 € chacun.

4. La sécurité énergétique

Les ENR devraient normalement réduire les besoins d’énergies fossiles. L’étude conteste cet atout, du fait du caractère intermittent du vent et du soleil. Les centrales thermiques nécessaires en « back up » entraînent des surcoûts de maintenance non négligeables (évalués à 590 millions d’euros en 2006) et, paradoxalement, une augmentation des importations de gaz naturel [6] (dont 36 % provient de Russie, « qui n’a pas convaincu au cours des dernières années qu’elle était un partenaire fiable »).

5. La promotion des technologies innovantes

Le soutien aux ENR est censé favoriser les progrès technologiques. L’étude est extrêmement sévère sur ce chapitre, considérant que les tarifs d’achat très élevés, particulièrement pour le solaire PV, favorisent des effets d’aubaine pour les « gros » industriels, et pas du tout pour les « start ups ». Elle note également que la dégressivité des tarifs d’achat, définie dans la loi EEG et destinée à inciter à l’innovation, a l’effet contraire et encourage le développement massif à court terme des technologies éprouvées. Ceci « permet aux industriels de s’assurer pendant 20 ans des revenus aux tarifs favorables actuels, sans avoir à rechercher de nouvelles technologies ».

Conclusions de l’étude

Après avoir montré les graves défauts du système allemand, l’étude conclut sur trois recommandations :

  •  Eviter la coexistence de deux systèmes, tels que l’ETS et le système EEG.
  •  Privilégier le système ETS, car celui-ci crée une situation permettant aux différents acteurs de rechercher l’optimum économique [7], ce qui n’est pas le cas du système allemand actuel.
  •  Investir dans la recherche et développement : « dans les phases de démarrage de technologies non compétitives, il est plus efficace d’investir dans la R&D que de promouvoir la production de masse ».

De toute évidence, les mêmes recommandations sont valables pour la France. Les avatars espagnol et allemand doivent nous permettre d’éviter de commettre les mêmes erreurs. Il est urgent que nos responsables politiques en prennent conscience.

 

[1] Cette loi régissant le développement des énergies renouvelables a été révisée en octobre 2008 par des amendements, notamment pour l’éolien et le PV, d’application au 1er janvier 2009.

[2] Rappelons que les rejets de CO2 par les industries les plus polluantes font l’objet de « permis de rejets » négociables sur un « marché carbone » européen, l’ETS.

[3] Paradoxe déjà relevé dans un article de Der Spiegel dans son numéro du 10 février 2009.

[4] Selon nos recoupements, environ 5 €/MWh

[5] Les auteurs citent une étude commanditée par le BMU qui conclut que le bilan net pourrait être de 56.000 emplois créés d’ici 2020, à condition que l’exportation joue à plein.

[6] Cet argument n’est pas expliqué : peut-être est-ce dû au fait que les centrales au charbon se prêtent mal à la reprise en secours rapide nécessaire pour faire face aux caprices de l’éolien ?

[7] L’étude cite le rapport 2007 de l’Agence Internationale de l’Energie (OCDE), qui recommande à l’Allemagne de chercher d’autres moyens que les tarifs d’achat élevés pour promouvoir le solaire PV, et rappelle « que le gouvernement devrait toujours rechercher les moyens les plus efficaces... »

 

Pierre Bacher, ancien élève de polytechnique, est l’auteur de « L’énergie en 21 questions » – édition Odile Jacob (2007), membre du conseil scientifique de Sauvons le Climat et éditorialiste à l’Espace Veille de Techniques de l’ingénieur.

Premier hangar photovoltaïque en tôle solaire de France

Le premier hangar agricole de France équipé de tôles spécialement conçues pour produire de l’énergie solaire grâce à une membrane photovoltaïque a été inauguré jeudi à Vaudrey dans le Jura.Le bâtiment, est constitué d’une structure métallique et d’un toit composé de tôles spécialement profilées pour permettre d’y poser une membrane souple et fine de silicium amorphe, ont indiqué les fabricants. « L’innovation est d’avoir conçu, avec l’entreprise Ravoyard SA de Vaudrey (spécialiste européen des constructions métalliques), le profilage de la tôle pour y coller des panneaux », a déclaré Roland Barthez, PDG de Photon Technologies, filiale d’EDF ENR (Energies nouvelles réparties).Financé par EDF ENR, ce hangar est destiné au stockage de matériel agricole. En échange de son financement, EDF ENR exploite la centrale, encaisse les revenus générés et assure la maintenance pendant 20 ans (durée du bail). « A la fin du bail, l’agriculteur devient propriétaire du hangar et des retombées financières de la centrale photovoltaïque qui a une durée de vie de 25 à 40 ans », a précisé EDF ENR. La puissance du hangar de Vaudrey (700 m2), qui permet d’économiser 16,2 tonnes de CO2 par an, est d’environ 38 kilowatts-crête (kWc, puissance fournie sous un ensoleillement-standard), pour une recette annuelle estimée à 22.600 euros. Cette nouvelle technique n’est pas adaptée aux particuliers qui possèdent une surface de toiture limitée et pour qui les panneaux solaires habituels à base de silicium cristallin sont plus rentables, a précisé M. Barthez.EDF ENR, qui souhaite garder le coût de l’investissement confidentiel, estime néanmoins la revente d’un tel hangar entre 250.000 et 350.000 euros. 

Source :
environnement-info

13 ème édition du guide de Greenpeace pour une high-tech responsable

Greenpeace a publié le mois dernier la treizième édition de son classement « Pour une high-tech responsable » qui classe les dix-huit plus importants constructeurs mondiaux d’électronique en fonction de leur politique et de leurs pratiques environnementales.Ce guide attribue une note sur 10 aux dix-huit plus gros fabricants mondiaux de téléphones mobiles, d’ordinateurs, de téléviseurs et de consoles de jeu, selon trois critères : consommation énergétique des appareils, politique en matière de substances chimiques et gestion des déchets/recyclage.Pour cette nouvelle édition, Apple et Hewlett Packard ont gagné des points : le premier grâce à une plus grande transparence concernant ses émissions de gaz à effet de serre, le second grâce à la mise sur le marché d’un PC pratiquement exempt de PVC (chlorure polyvinylique ou de plastique vinyle) et de RFB (retardateurs de flamme bromés).

Les entreprises concernées… et les autres
Nokia reste toujours en tête du classement, avec une note de 7,5 sur 10, suivi de Samsung avec 6,9, de Sony Ericsson avec 6,5 et de Philips qui grimpe de la 7ème à 4ème place avec 5,9 points. Sony progresse également dans le classement passant de la 12 ème à la 8 ème place.Parmi les mauvais élèves du classement, on retrouve LG qui chute de la 4ème à la 11ème position pour avoir retardé la suppression des substances dangereuses de ces produits.Fujitsu n’obtient que 2,7/10 et rattrape Lenovo aux dernières places du classement.Nintendo demeure bon dernier avec un score de 1,4/10. Il faut dire que ses émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter depuis 2 ans… la prise en compte de son impact environnemental ne semble pas encore être sa priorité ! 

Source :
environnement-info

Quels financements pour le Plan Stratégique pour les Technologies Energétiques ?

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61258.htmDans le cadre de la présidence suédoise de l’Union européenne, la Commission européenne et l’Agence suédoise de l’énergie (ASE) ont organisé une conférence dédiée au Plan Stratégique pour les Technologies Energétiques (SET-Plan) à Stockholm les 21 et 22 octobre 2009. Outre les plans d’actions, ce sont les questions posées par le financement qui ont été abordées.1. La conférence sur le Plan Stratégique pour les Technologies EnergétiquesInaugurée par la ministre suédoise de l’énergie, des entreprises et des communications et Vice-premier ministre, Mme Maud Olofsson, en présence du Commissaire européen en charge de l’énergie, M. Andris Pielbalgs, et du Commissaire européen chargé de la recherche, M. Janez Potocnik.La conférence a porté principalement sur la compétitivité européenne en matière de technologies énergétiques à faible émission de carbone. La session de Stockholm était principalement axée sur la question du financement. Leurs interventions faisaient suite à la communication présentée par la commission au parlement le 7 octobre dernier sur ce sujet.Elle avance notamment le chiffre de 50 milliards d’euros pour financer la nécessaire transition énergétique de l’Europe d’ici à 2020. La commission a proposé dans ce document une répartition de ces investissements par secteur technologique.Les quelques 250 participants se sont repartis l’après-midi en huit groupes de travail : bioénergies, solaire photovoltaïque, solaire à concentration, capture et stockage du CO2, éolien, nucléaire, réseaux intelligents, villes intelligentes. Au sein de chacun des groupes, les intervenants sont revenus sur les objectifs, et les moyens et les feuilles de route proposées ont été présentés plus en détail. Lors de la dernière demi-journée, chaque groupe a rendu compte des travaux et avancées faits lors de la séance de travail. Des propositions et suggestions originales sont apparues mais le cœur du processus reste maintenant la décision de financement de ces feuilles de route.2. Atelier bilatéral : une large mobilisation côtés français et suédoisEn marge du sommet du SET-Plan, un atelier franco-suédois portant sur les enjeux de la recherche dans le domaine des énergies bas carbone s’est tenu a Stockholm le vendredi 23 octobre. Afin de développer la coopération entre la France et la Suède dans un domaine scientifique et technologique jugé stratégique, l’Ambassade de France en Suède et le délégué régional du CEA basé a Helsinki ont organisé un atelier bilatéral sur le thème des technologies énergétiques faiblement émettrices de dioxyde de carbone.Préparée en partenariat avec l’ASE, cette rencontre scientifique, qui a réuni une centaine de participants, a permis aux chercheurs et aux acteurs de la R&D d’échanger afin de développer les réseaux et d’identifier des possibilités de collaboration. Du côté français, l’ADEME et l’IFP se sont également associés à cet évènement. Un des objectifs de cet atelier était de permettre aux acteurs des deux pays de développer des synergies dans le cadre des feuilles de route définies par le SET-Plan.3. Des politiques énergétiques française et suédoise tournées vers la réduction des émissions de GESLes acteurs français et suédois de la recherche ont par ailleurs présenté des priorités technologiques assez similaires dont le développement doit être accéléré pour créer une société « décarbonée ». Il en ressort naturellement que les possibilités de coopération sont nombreuses. Chacun des deux pays a ainsi mis en place un programme spécial pour aider au développement et à la construction de démonstrateurs industriels. Ces fonds sont gérés par l’ADEME (400 millions d’euros dans le cadre du Grenelle de l’environnement) et l’ASE (environ 85 millions d’euros).Le message qu’a fait passer le professeur Styring, spécialiste de la photosynthèse artificielle à l’Université d’Uppsala, est aussi à souligner. La recherche fondamentale ne doit pas être délaissée, car c’est elle qui fournira les nouvelles solutions énergétiques de demain.La matinée du 23 octobre a été consacrée à des exposés généraux avec en particulier une intervention de Hervé Bernard, administrateur général adjoint du CEA et de Lars Guldbrand, directeur R&D de l’ASE. La Suède a depuis longtemps une politique très volontariste dans le domaine de l’énergie. De nouveaux objectifs ont cette année encore renforcé les ambitions suédoises. l’ASE est en charge de leur réalisation.4. Quatre types de technologies offrant des possibilités de synergiesLes travaux de l’après-midi se sont articulés autour de quatre thèmes : bioénergies, solaire, réseaux intelligents, capture et stockage du CO2 (CCS). Ces thématiques ont été choisies parmi les huit thématiques du sommet SET-Plan en considérant les spécificités énergétiques de nos deux pays. Les discussions ont permis des échanges très fructueux. En guise de conclusion, les modérateurs de chaque table ronde ont présenté les résultats des discussions à la résidence de l’Ambassadeur et en sa présence : Le directeur de l’ASE a estimé que les acteurs du domaine des bioénergies se connaissaient peu. Une liste de points de contact que l’ASE pourrait identifier en Suède, permettrait de développer ensuite des projets communs.En outre, la France aurait beaucoup à apprendre de la Suède en matière de gestion des ressources et de collecte de biomasse telle que le bois. Les deux pays pourraient également mieux coordonner leurs efforts pour les biocarburants de seconde génération, en particulier dans le domaine de la gazéification.Dans le groupe de travail sur l’énergie solaire animé par Mans Lönnroth, ancien secrétaire d’état à l’environnement et ancien directeur de la fondation suédoise pour la recherche environnementale stratégique (MISTRA), les participants suédois ont été impressionnés par l’étendue des possibilités de l’INES (Institut national de l’énergie solaire) situé à Chambery. Côté suédois, les industriels comme Solibro AB se sont montrés intéressés par les possibilités de test de panneaux. L’approche « carburants solaires », développée à KTH (Ecole royale polytechnique de Stockholm), peut être une voie de développement en synergie à explorer entre nos deux pays.En France et en Suède, l’augmentation de production d’électricité renouvelable, souvent intermittente et décentralisée, oblige à repenser et moderniser nos réseaux électriques conçus pour distribuer l’énergie produite par les centrales nucléaires ou les grands barrages hydroélectriques. Rajeev Thottappillil, professeur à KTH et modérateur de cette session, a donc insisté sur l’importance des réseaux intelligents pour rendre plus efficace notre utilisation de l’énergie.La technologie CCS est habituellement présentée comme une solution pour rendre propre la production électrique à base de charbon. La France et la Suède sont deux cas particuliers de par leur mix énergétique. François Kalaydjian, directeur de la direction des technologies de développement durable de l’IFP, a ainsi insisté sur l’application du CCS pour les bioénergies ou pour les industries comme la sidérurgie. L’énergéticien suédois Vattenfall AB, représenté par Bjarne Korshoj, Vice-president en charge du CCS, compte beaucoup sur cette technologie pour atteindre son objectif de neutralité en carbone en 2050.De manière plus large, les panélistes ont souligné qu’il était important d’envisager des programmes conjoints de formation des futurs ingénieurs et chercheurs dans le domaine des énergies renouvelables et d’accorder une importance accrue au dialogue avec la société civile pour mieux faire comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés et les solutions qui se dessinent (cas du CCS).

Pour en savoir plus :

– Les présentations des intervenants sont accessibles sur les pages scientifiques du site internet de cette ambassade : http://ambafrance-se.org/france_suede/spip.php?article2645- Site de l’Agence suédoise de l’énergie : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qyoCP

Origine :

BE Suède numéro 9 (18/11/2009) – Ambassade deFrance en Suède / ADIT -http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61258.htmAntoine Baudoin est chargé de mission scientifique/CEA à l’ambassade de France en Suède

Test de circulation de particules réussi au LHC

Après plus d’un an d’inactivité, le grand collisionneur de hadrons (protons ou ions de plomb), situé entre la France et la Suisse et exploité par le CERN, a été redémarré dans la nuit du 20 au 21 novembre 2009. Sur ces trois derniers jours, deux injections de particules ont eu lieu dans les deux sens dans les anneaux du Large hadron collider (LHC). Objectif à moyen termes : parvenir à faire entrer en collision, à une vitesse proche de la lumière, les particules de ces deux faisceaux afin de faire jaillir des particules élémentaires encore jamais observées. Comment ? Grâce à un puissant champ magnétique, généré par des électroaimants supraconducteurs baignés dans un froid intense de – 271degrés Celsius. En fait, ce redémarrage était préparé depuis la fin de l’été. Le 8 octobre dernier, le LHC atteignait sa température de fonctionnement de 1,9 Kelvin, soit environ – 271 degrés Celsius. Le 23 octobre, des particules étaient injectées dans la machine, sans circuler toutefois. Le 7 novembre, un faisceau était amené dans trois octants de la machine, mais ce n’est que le 20 novembre, que des faisceaux ont de nouveau circulé dans l’anneau.Prochaine étape : les collisions à basse énergie. Elles devraient se dérouler dans une semaine et livreront les premières données qui permettront de mener à bien un travail d’étalonnage. Cette étape sera marquante, car, jusqu’à présent, toutes les données enregistrées par les détecteurs viennent des rayons cosmiques. Il s’agira ensuite de faire monter en énergie les faisceaux, afin de préparer, en 2010, des collisions à 7 TeV (3,5 TeV par faisceau).

Tenter de répondre à des questions fondamentales
D’une circonférence de 26.659 mètres, le LHC qui est composé de structures accélératrices qui augmentent l’énergie des particules qui y circulent et qui contient au total 9.300 aimants, dont 1.234 aimants dipolaires de 15 m de long utilisés pour courber la trajectoire des faisceaux, et 392 aimants quadripolaires de 5 à 7 m de long qui concentrent les faisceaux, est à ce jour le plus grand accélérateur de particules au monde. Les expériences qui y seront menées tentent de répondre à des questions fondamentales telles que :
  • Comment les particules acquièrent-elles leur masse ? Pourquoi certaines n’en ont-elles pas ? Les expériences ATLAS (Toroidal LHC ApparatuS) et CMS (Compact Muon Solenoid) traqueront à cette fin les signes de l’existence du Boson de Higgs, une particule essentielle à la cohérence du modèle standard mais que personne n’a jamais pu observer jusqu’à ce jour.
  • De quoi sont constitués les 96 % de l’Univers invisible ? Encore une fois, les expériences ATLAS et CMS entrent en jeu. Elles chercheront des particules supersymétriques afin de tester une hypothèse plausible sur la nature de la matière noire.
  • Pourquoi la nature préfère-t-elle la matière au détriment de l’antimatière ? L’expérience LHCb, pour Large Hadron Collider beauty, cherchera les différences entre matière et antimatière et contribuera à répondre à cette question.
  • Comment la matière a-t-elle évolué au tout début de l’existence de l’Univers ? L’expérience ALICE pour Large Ion Collider Experiment tentera de répondre à cette question en étudiant les particules qui n’existent plus. Comment ? En recréant, grâce au LHC, des conditions similaires à celles qui régnaient juste après le Big Bang.
Le LHC a fait circuler ses premiers faisceaux le 10 septembre 2008. Mais neuf jours plus tard, en raison d’une connexion électrique défaillante ayant entraîné des dommages majeurs sur 53 de ses aimants, le CERN a été contraint d’arrêter l’accélérateur. Par la suite, il a consacré plus d’un an à réparer et à consolider la machine afin qu’un tel incident ne puisse se reproduire.  En savoir plusLe site du CERN consacré au LHC Photo © CERNA.L.B

Préparer le virage énergétique : quelles alternatives ?

L’isolation est le centre névralgique d’une habitation, puisque c’est à ce niveau là que les plus importantes économies d’énergies peuvent être réalisées. Mais comme le rappelle Didier Roux, directeur recherche et développement chez Saint-Gobain, il est vital de préparer la transition énergétique en consommant dès aujourd’hui des énergies renouvelables. Trois exemples permettent de comprendre que l’utilisation des énergies renouvelables n’est pas uniquement un sacerdoce. En effet, des techniques anciennes, utilisant des énergies propres, ont fait la preuve de leur efficacité, et reviennent aujourd’hui au goût du jour. Ces trois exemples sont le puits canadien, la pompe à chaleur et la pile à combustible.

L’efficacité dans la simplicité
Le puits canadien : il a une fonction de régulateur. Dès que l’on descend à quelques mètres sous terre (deux mètres suffisent), la température est à peu près constante, de l’ordre de 12 à 14 °C, en hiver comme en été. Le but est d’utiliser les propriétés de réservoir thermique inerte du sol pour prendre l’air extérieur et le faire passer par le sol avant de le faire rentrer dans l’habitation. Ainsi, en été, le puits canadien agit comme un climatiseur, et l’hiver le puits a une fonction de chauffage. Ce système est bien sûr tout à fait naturel.Les calculs font état d’une baisse potentielle de la température d’une habitation individuelle de l’ordre de 5 à 8 °C lors des jours de canicule. Le coût d’installation d’un tel système est dérisoire, mais une contrainte persiste. L’installation d’un puits canadien est beaucoup plus facile si sa conception est prévue avant la construction effective de l’habitation. Cela permet de rendre le système de répartition et de distribution de l’air dans l’habitation optimal. La pompe à chaleur fonctionne « comme un réfrigérateur à l’envers ». Couplée avec un puits canadien, la pompe à chaleur permet de récupérer de la chaleur, de façon mécanique, mais avec un rendement tout à fait exceptionnel. Ainsi, pour 1 Kwh consommé, la pompe va produire entre trois et cinq Kwh. Ces performances, tout à fait remarquables, ont permis au marché des pompes à chaleur de se faire une place au sein du secteur ultra concurrentiel de la climatisation. Ainsi, la France était l’année dernière le second marché européen pour ce type d’appareils, derrière la Suède. De plus, jusqu’à la fin de l’année 2009, un crédit d’impôt (à hauteur de 16.000 euros pour les couples mariés) a été mis en place pour favoriser encore plus cette tendance. Cependant, la France fait (une fois n’est pas coutume) état d’un retard dans ce domaine par rapport à certains de ses voisins européens. Un chiffre permet de réaliser le retard français. Dans les pays nordiques, 95 % des maisons neuves sont équipées de pompes à chaleur. En France, ce sont seulement 10 % des maisons neuves qui en sont équipées (voir ci-dessous).

La pile à combustible : une technologie à fort potentiel
La pile à combustible fonctionne à partir d’une combustion contrôlée. Cette combustion provoque de la chaleur, mais aussi de l’électricité. Ainsi, l’idée est de récupérer à la fois l’électricité et la chaleur. Les rendements peuvent donc être très intéressants. Mais la maîtrise de cette technique, notamment au niveau de la récupération de l’énergie, n’est pas au point. Les piles à combustible restent cependant un sujet sur lequel la recherche travaille activement, et des solutions innovantes sortent des laboratoires de recherche régulièrement. Il n’y a aucun doute sur le fait que cette technologie, dans un avenir proche, constituera une solution efficace et à fort potentiel commercial. Au-delà des solutions utilisant des énergies renouvelables, la question de la production d’électricité à partir de ces mêmes énergies renouvelables se pose. Des technologies existent, qui doivent absolument accroître leur efficacité et savoir se rendre concurrentiel pour se faire une place le plus vite possible sur le marché des énergies. La recherche est à pied d’œuvre depuis des années pour rendre les énergies renouvelables concurrentielles, et les résultats sont déjà probants. De plus, il convient de souligner que les énergies renouvelables basent leur technologie sur la transformation d’énergies naturelles, et donc inépuisables. Voyons quelles sont ces énergies, et les performances des technologies mises en place pour transformer cette énergie en électricité. Les énergies hydroélectriques, qui représentent en France 12 % de l’électricité produite, sont depuis longtemps une technologie maîtrisée. Le processus est simple, puisqu’il s’agit de transformer l’énergie cinétique de l’eau (cette énergie cinétique est maximisée en acheminant l’eau à la centrale hydroélectrique par chute) en énergie mécanique. Cette énergie mécanique est ensuite transformée en électricité. De plus l’avantage de cette technique est la possibilité de stocker l’électricité pour la rendre disponible selon la demande.

L’énergie solaire : vers des projets d’exploitation gigantesques
L’énergie solaire, est certainement la seule énergie qui soit à la hauteur, potentiellement, des besoins, en termes de consommation, de la planète. En effet, aujourd’hui, la consommation de la planète en énergie correspond à 0,1 % de l’énergie solaire reçue par la terre. Il s’agit donc d’un réservoir immense, le problème est de la capturer efficacement. Mais on peut également produire de l’électricité à partir de cette énergie. Les centrales à concentrateur sont les systèmes de récupération de l’énergie les plus prometteurs, et des projets très importants sont à l’étude, notamment dans les pays du Maghreb. Par exemple, le projet « Desertec » (voir photo ci dessous) prévoit de couvrir le Sahara de panneaux solaires, sur une superficie équivalente à celle de l’Autriche.L’énergie photovoltaïque, enfin, transforme directement l’énergie solaire en électricité, par l’intermédiaire de « l’effet photovoltaïque ». L’énorme avantage de l’énergie photovoltaïque est qu’elle est diffuse, et peut être transportée directement et facilement. C’est pour cette raison que les panneaux solaires sont une solution d’avenir, notamment dans l’équipement des habitations. Le problème persistant, pour l’instant, du photovoltaïque reste son coût. « Il faudrait diviser les coûts de fabrication et de pose par deux pour rendre cette énergie vraiment compétitive, » ajoute Didier Roux. Au niveau visuel, les progrès sont constants, et les fabricants proposent désormais des solutions intégrées aux bâtiments de plus en plus esthétiques.La biomasse, enfin, fait partie des solutions à l’étude, bien que de nombreux obstacles se dressent encore devant une généralisation de son utilisation. En transformant l’alcool à partir du sucre, on obtient des substances directement utilisables comme carburant. Mais les surfaces à cultiver, la compétition avec l’agriculture restent des contraintes pour l’instant trop fortes.Au final, les solutions existent. Bien sûr, elles ne sont encore ni assez compétitives, économiquement, ni assez aisées à produire pour pouvoir en généraliser l’usage. Pourtant, ces énergies, dont les sources sont inépuisables à l’échelle humaine, sont les seules dont nous disposerons quand les ressources fossiles auront disparu. Au final, la rapidité des progrès faits dans le domaine des énergies renouvelables au niveau de l’exploitation et la quantité de projets lancés depuis quelques années, pourraient rendre les énergies propres rapidement concurrentielles économiquement, au-delà des subventions étatiques qui boostent aujourd’hui un peu artificiellement la consommation d’énergies propres. Par Pierre Thouverez

L’habitat du futur : un retour aux recettes les plus simples ?

Didier Roux, directeur recherche et développement chez Saint-Gobain, le résume très bien : « l’habitat du futur sera très sophistiqué, même si les techniques utilisées seront très anciennes. » Car en raison de l’épuisement des ressources fossiles, la problématique est la même aujourd’hui qu’hier. Il s’agit en fait de copier des techniques qui ont été développées par des populations qui n’avaient pas accès à une énergie peu chère et facile d’emploi. « Par exemple, les maisons troglodytes se servaient déjà de la technique du puits canadien. Construites contre la montagne, qui a une inertie thermique énorme, ces maisons profitent de cette inertie, qui régule la température intérieure de l’habitation en hiver comme en été », explique Didier Roux. Il s’agit là d’un avantage énorme. Le principe des maisons enterrées est similaire et il est encore plus efficace car la terre, en quantité suffisante, est le meilleur isolant thermique et phonique qu’il soit. En fait, l’aspect thermique va bien au delà de la simple isolation.

Des technologies anciennes très efficaces
Le mot isolation, souvent, implique (en hiver) qu’un système de chauffage produit de la chaleur, et que l’habitat est conçu pour la conserver, en gaspiller le moins possible. Dans le cas des maisons enterrées (voir illustration ci-dessous), la couche superficielle de terre de la croûte terrestre a une propriété extrêmement intéressante : à une certaine profondeur (variable selon les régions), sa température est constante, elle agit donc comme un système de chauffage propre !Autre avantage, elle agit comme un système de climatisation durant les chaleurs de l’été. Une maison enterrée est de plus quasi-invulnérable aux tornades et autres évènements climatiques, autrefois « exceptionnels », mais qu’il faut s’attendre à voir devenir de plus en plus violents avec le réchauffement climatique. En Afrique, les habitations en argiles utilisent le principe des matériaux à transition de phase. Ainsi, l’eau, pendant la nuit, se condense à l’intérieur de l’argile, et pendant la journée, lorsque le soleil tape, l’eau s’évapore en rafraichissant l’intérieur de l’habitation. Cette technique fait les preuves de son efficacité depuis des milliers d’années. Aujourd’hui, les connaissances que nous avons sur les matériaux à transition de phase nous permettent, en copiant ces techniques, de les rendre beaucoup plus efficaces énergétiquement.

Le meilleur exemple : l’igloo
Enfin, l’exemple le plus sophistiqué, et de loin, est l’igloo. Sa conception met en avant plusieurs principes très intéressants. Tout d’abord, l’igloo est une habitation isolante. La couche de neige immobilise de l’air et permet d’avoir à l’intérieur une température viable, alors que la température extérieure est souvent proche des -40 °C.Mais cela ne suffit pas, car les propriétés poreuses de la neige ont un défaut, elles permettent au vent de passer à travers la couche isolante. Il faut donc ajouter une membrane « coupe vent » : en fait, quand l’igloo est habité, la chaleur dégagée par les occupants fait fondre légèrement la paroi interne de l’igloo. Ainsi, la neige se transforme en glace et empêche le vent de pénétrer à l’intérieur de l’igloo. « Les techniques d’isolations novatrices d’aujourd’hui utilisent ce principe de membrane », précise Didier Roux. Ce n’est pas tout. Notre corps émet un rayonnement à 37°C. Les parois blanches de l’igloo réfléchissent ce rayonnement, ainsi que les rayons infrarouges. La forme ronde de l’igloo fait le reste, en renvoyant ce rayonnement directement sur les occupants.Dans un igloo, on peut donc dire que l’occupant est son propre radiateur. Le principe en cause ici est celui utilisé pour les fenêtres équipées de couches d’argent qui empêchent le rayonnement de s’échapper. Dans un igloo, même si l’air est à 0°C, le corps a l’impression de subir une température de 15°C, uniquement à cause du rayonnement, ce système est donc des plus efficaces.

Trouver des solutions alternatives concurrentielles
Au final, on remarque que des techniques assez simples permettent, avec une efficacité remarquable, de limiter sa consommation d’énergie. Mais il faut aller au-delà. Les énergies fossiles sont de plus en plus rares, et même si les questions d’approvisionnement ne se posent pas pour le moment, l’homme doit penser sa consommation énergétique différemment, pour mieux préparer l’avenir. Mais le problème ne concerne pas que l’épuisement des ressources fossiles. Les rejets de CO2 dans l’atmosphère, inhérents à la consommation des énergies fossiles, sont à la base d’un processus biologique qui voit la température terrestre moyenne augmenter avec une rapidité jamais observée auparavant. Ainsi, il ne s’agit plus uniquement de préparer la transition énergétique, mais de limiter au maximum les émissions de CO2 liées à l’activité humaine. La compétitivité des énergies propres n’est pas encore optimale. Et malgré la bonne volonté affichée par les Etats, il est certain que la consommation des énergies fossiles ne diminuera pas tant qu’une solution propre alternative, compétitive économiquement, et au rendement comparables à celui obtenu grâce au pétrole, ne sera pas généralisée.Par Pierre Thouverez

Prévoir l’évolution du climat

Les modèles informatiques de prévision du climat sont nombreux. Souvent appliqués à un écosystème particulier, ils sont de plus en plus précis, mais sur une échelle de temps les résultats sont souvent peu fiables. Dès qu’une nouvelle version est élaborée et avant qu’elle ne soit utilisée pour simuler les changements climatiques futurs, elle est soumise à une batterie de tests d’évaluation, qui consistent à confronter ses résultats aux observations. Pour ce faire, on intègre le modèle sur quelques décennies en séparant ses différentes composantes ou en les couplant. L’un des tout premiers tests est la vérification de l’équilibre radiatif au site calculé au sommet de l’atmosphère et la comparaison des différentes composantes radiatives (dans les domaines visible et infrarouge) à des données issues de satellites. Les moyennes des variables atmosphériques ou océaniques calculées sur la période simulée sont aussi comparées aux moyennes des données fournies par les réseaux d’observations in situ ou satellitaires.Des analyses plus poussées permettent de vérifier si le modèle reproduit les principales caractéristiques des variations connues, telles que les épisodes El Niño, les moussons ou les oscillations de pression aux moyennes latitudes. On tente aussi de reproduire une chronologie en contraignant le modèle par des conditions aux limites. Dès lors, on peut analyser finement la variabilité interannuelle, comme le contraste entre le climat de l’année 1987, marquée par un épisode El Niño important, et l’année 1988, qui a connu un épisode froid dans le Pacifique Est-équatorial. Par ailleurs, au niveau international, on compare les modèles entre eux et aux mêmes observations. Cela permet de multiplier les analyses et de mieux identifier l’origine des erreurs.

Différents scénarios de changement climatique
Pour répondre aux questions posées par le changement climatique et ses impacts, le GIEC utilise les modèles du système climatique et des études économiques et démographiques. Ils composent, non pas des prévisions, irréalisables à l’échelle de plusieurs décennies, mais des scénarios d’évolution du climat, supposés couvrir un large éventail d’évolutions possibles.Dans un premier temps, on élabore des scénarios d’émissions anthropiques des principaux gaz à effet de serre (gaz carbonique, méthane, protoxyde d’azote, etc.) entre 1990 et 2100. On propose aussi des scénarios d’émissions de particules dans l’atmosphère dont les conséquences sur le climat sont inverses de celles des gaz à effet de serre : ils sont en effet responsables d’une absorption du rayonnement solaire, de l’augmentation du pouvoir réfléchissant des nuages et de la durée de vie de ces derniers, effets allant dans le sens du refroidissement du climat.Grâce à des modèles de transport et d’échanges à la surface terrestre, ces scénarios d’émissions sont transformés en scénarios de concentration de gaz à effet de serre et d’aérosols sulfatés dans l’atmosphère. Ces derniers servent alors d’entrée aux modèles du système climatique qui calculent leurs impacts sur le climat. Partant de ces résultats, le GIEC a réalisé en 2001 une synthèse qui évalue le réchauffement climatique entre 1990 et 2100 dans une fourchette de 1,4°C à 5,8°C. La largeur de la fourchette est due quant à elle aux incertitudes inhérentes à ces évaluations, d’une part, les différences entre les scénarios d’émission de gaz et de particules utilisés dans les projections climatiques et, d’autre part, les incertitudes de la modélisation climatique elle-même. On classe ces dernières en trois catégories.
  • Dans la première se trouvent les incertitudes sur les paramètres d’entrée des modèles ;
  • La deuxième catégorie comporte les incertitudes liées à la conception des modèles, qu’elles proviennent des équations utilisées, ou du traitement numérique de ces données. On y inclut aussi l’absence de représentations de certains processus, négligés ou mal connus ;
  • Une troisième source d’incertitude est le caractère en partie chaotique du climat qui se traduit par le fait qu’un même modèle partant de deux états climatiques proches calcule deux évolutions climatiques notablement différentes.

Les dernières simulations
Un nouvel exercice de simulation du climat futur, coordonné au niveau international, a été réalisé dans le cadre de la préparation d’un rapport du GIEC. Une quinzaine de groupes, mettant en œuvre une vingtaine de modèles différents, ont simulé le climat du XXe et du XXIe siècles suivant les scénarios recommandés par le GIEC. Pour la première fois, on a considéré des scénarios de stabilisation de la concentration des gaz à effet de serre à partir de 2100, préfigurant les conséquences du protocole de Kyoto et de ses suites éventuelles. Deux groupes français de recherches climatiques, le Centre national de recherches météorologiques (CNRM) de Météo-France et l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL) du CNRS et du CEA ont participé à cet exercice.Malgré les différences entre les modèles utilisés, le réchauffement planétaire moyen calculé est voisin de 4°C en 2100 pour le scénario le plus pessimiste présenté. Les scénarios de stabilisation indiquent que le système climatique continuerait à se réchauffer de 0,5°C à 0,7°C entre 2100 et 2300, ce qui souligne l’inertie du système. Les répartitions des changements de température ou de précipitation calculées par les deux modèles sont comparables à très grande échelle spatiale. Cependant les différences sont sensibles à l’échelle d’une région particulière de la planète (par exemple les régions de mousson ou l’Atlantique Nord).Cela montre l’intérêt d’utiliser plusieurs modèles et d’en analyser les résultats de manière combinée pour mieux interpréter l’origine des incertitudes sur les changements climatiques simulés. Les modèles du système climatique ne sont qu’un maillon d’une longue chaîne d’études du changement climatique et de ses impacts socio-économiques. Les progrès de la modélisation du système climatique dans son ensemble sont essentiels pour améliorer notre compréhension des observations récentes, et pour affiner les scénarios d’évolution future. Ces progrès ont permis au GIEC d’être plus affirmatif en 2001 qu’il ne l’était quelques années auparavant concernant l’influence humaine sur le réchauffement climatique des 50 dernières années.

Des modélisations qui progressent sans cesse
Les voies de progrès de ce type de modélisation sont multiples. Une première voie consiste à introduire dans le modèle des processus dont l’impact sur le changement climatique a été jusque-là négligé ou pour lesquels les connaissances étaient insuffisantes : l’effet des aérosols carbonés, le rôle des processus biologiques dans le cycle du carbone, entre autres. Le caractère multidisciplinaire de la construction des modèles du système climatique est donc encore appelé à se renforcer. Une deuxième voie de progrès est l’amélioration de la résolution des composantes, en particulier atmosphériques et océaniques, afin de mieux représenter les phénomènes extrêmes.On utilise actuellement des modèles climatiques de plus forte résolution sur des régions d’étendue limitée, pour étudier les impacts régionaux du changement climatique. Une troisième voie devrait consister à élargir l’ensemble des simulations réalisées pour un même scénario afin de mieux prendre en compte les incertitudes de la modélisation. L’objectif est d’affecter une probabilité aux changements climatiques calculés sur les différentes régions de la planète. Il nous faudra pour cela progresser dans la connaissance du fonctionnement du système climatique, et accroître les moyens de calcul alloués à la modélisation.

Source :
Revue Pour la science (numéro de juillet/septembre)

L’isolation : trouver les réponses dans l’innovation

Certes, il faut améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, car un tiers de la facture énergétique mondiale s’y raccroche. Mais quels sont les principaux réservoirs d’économie d’énergie ?

« Un des premiers axes de travail concerne l’isolation des bâtiments. C’est une des voies privilégiées », explique Didier Roux, directeur recherche et développement chez Saint Gobain.

Cependant, il est indispensable de garder à l’esprit qu’adopter des techniques d’isolation a un coût. En effet, les travaux sont en général conséquents pour refaire l’isolation d’un bâtiment, « mais les économies postérieures en termes de chauffage sont souvent si importantes que l’équilibre financier est assez rapidement atteint », insiste le directeur recherche et développement de Saint-Gobain.

Le futur passe par l’utilisation d’isolants minces

Le bois est un matériau intéressant. Mais les solutions d’isolation pour la rénovation se révèlent insuffisantes, au regard des contraintes imposées lorsqu’on travaille sur un bâtiment ancien. Les solutions actuelles, comme la laine de verre par exemple, font en effet appel à des épaisseurs importantes, afin de créer une couche d’air suffisante pour être efficace. Or, diminuer cette épaisseur est très difficile. C’est pourquoi, les chercheurs travaillent aujourd’hui sur de nouveaux matériaux. Ces solutions mettent la plupart du temps en œuvre des isolants minces dont les performances sont similaires aux matériaux d’isolation plus conventionnels.

Mais isoler les murs ne suffit pas. Il faut également isoler les vitrages et pour cela, plusieurs techniques existent. Ainsi, il est possible d’apposer une série de fines (quelques nanomètres) couches d’argent, qui empêche les radiations émises par la chaleur de s’échapper du bâtiment. Un double vitrage couplé à de fines couches d’argent (souvent 17 ou 18 couches sont apposées les unes sur les autres, sans altérer la transparence de la vitre), permet déjà d’avoir des performances d’isolation intéressantes.

La meilleure solution reste néanmoins le triple vitrage (toujours avec des couches d’argent), qui permet également de chauffer l’habitat, et dont les performances isolantes sont supérieures à celles d’un mur.

Inventer des systèmes d’isolation nouveaux

Mais inventer des matériaux nouveaux ne suffit pas toujours. Il faut également inventer de nouveaux systèmes. En effet, il est très difficile de rénover l’isolation de certains bâtiments. C’est le cas, par exemple, des immeubles d’habitations. « On ne peut pas demander aux habitants de refaire totalement l’ensemble de leur intérieur, rappelle Didier Roux. Des nouvelles technologies, venues des pays nordiques, permettent d’isoler les bâtiments par l’extérieur, sans rien modifier de l’intérieur. »

C’est la solution qui a été adoptée pour rénover la gare de Strasbourg (photo ci-dessous). Une coque de verre, entoure désormais l’édifice et améliore fortement l’efficacité énergétique du bâtiment, tout en en augmentant la capacité au sol.

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Les matériaux plastiques permettent aussi de recouvrir des surfaces importantes. Cette technique a été notamment utilisée pour recouvrir la piscine olympique des JO de Pékin avec des polymères fluorés :

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Enfin, les murs végétaux, même si leur utilisation est et restera exceptionnelle, constituent également une méthode d’isolation pertinente et efficace, même si elle est plus complexe à mettre en œuvre et donc à généraliser.

Passer de l’isolation statique à l’isolation dynamique

Côté recherche, la période est charnière, puisque d’une isolation statique, nous sommes en train de passer à une isolation dynamique. Dans le détail, les scientifiques n’essaient plus de protéger un système en l’isolant, mais privilégient plutôt « des systèmes dits réactifs, jouant un rôle actif dans l’isolation du bâtiment », précise Didier Roux.

Deux évolutions vont dans ce sens. La première intègre l’utilisation des matériaux à transition de phase. L’eau, par exemple est un matériau à transition de phase, car elle peut passer d’un état liquide à un état solide ou gazeux. Les changements de phase s’accompagnent d’un stockage d’énergie. La phase inverse restituera cette énergie. Les matériaux à transition de phase sont donc utilisés pour stocker de l’énergie.

Un système mis en place à Vienne permet de cette manière d’isoler des murs de façon dynamique. Concrètement, il s’agit d’un mur constitué d’une plaque de verre, avec un système optique qui filtre les rayons du soleil selon leur angle d’impact sur la plaque de verre.

Derrière ce dispositif, côté intérieur, se trouve une couche constituée de matériaux à transition de phase. En été, les rayons du soleil ne pénètrent pas jusqu’à la couche de matériau en transition de phase (à cause de leur angle d’impact). En revanche, l’hiver, en raison d’une inclinaison différente de ces mêmes rayons, c’est le contraire qui se produit. Les matériaux en transitions de phase sont alors chauffés par les rayons du soleil, passent de l’état solide à l’état liquide, et diffusent cette chaleur accumulée pendant la nuit, dès que la température baisse. Ce système, complètement naturel, est tout à fait innovant.

Deuxième évolution, remarquable d’ingéniosité, le verre électrochrome (voir exemple sur la photo ci-dessous), qui change de teinte selon le courant électrique qui le traverse, grâce à des capteurs. Ainsi, en fonction de l’intensité lumineuse, on peut doser la teinte du verre et ainsi la quantité de lumière qui traverse la vitre.

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Ces deux exemples ne constituent pas une liste exhaustive des solutions innovantes en matière d’isolation, mais elles montrent que l’alternative à la consommation d’énergies fossiles existe. L’isolation est un enjeu majeur pour l’habitat du futur, et même si les contraintes sont multiples, notamment en ce qui concerne la rénovation des anciens bâtiments, aujourd’hui les réponses existent.

L’éclairage, un secteur à réviser dans son ensemble

Dans une moindre mesure, l’éclairage est un domaine où les économies d’énergies sont réalisables en masse et qui aujourd’hui est en pleine transformation. « Historiquement, l’éclairage est une technique peut économe au niveau énergétique : en effet, 98 % de l’énergie produite par une ampoule à incandescence l’est sous forme de chaleur, seulement 2 % de l’énergie produite sert à l’éclairage à proprement parler. Cet état de fait devient problématique aujourd’hui, devant l’augmentation continue des besoins en électricité », glisse Didier Roux.

De fait, un nouveau type d’éclairage est apparu : l’éclairage électronique. Le principe reprend à l’inverse celui du photovoltaïque. L’électricité, en traversant un matériau luminophore, va produire de la lumière. On trouve deux types d’éclairage électronique : les LED, de plus en plus répandues, qui équipe entre autres les éclairages automobiles, produisent de la lumière grâce à des cristaux.

Le deuxième, qui n’existe pas encore dans le commerce, est l’OLED. Au lieu des cristaux, c’est de la peinture qui va permettre de produire de la lumière. Grâce à l’application de couches de peintures luminophores entre deux couches d’un matériau permettant de faire la jonction électronique, on obtient des surfaces éclairantes.

Bien sûr, les applications pour l’habitat sont légions. On peut tout à fait imaginer des sols, ou des murs éclairants. La possibilité d’intégrer l’éclairage aux matériaux de construction, et celle de choisir les couleurs voulues, à volonté, offrent des perspectives esthétiques novatrices.

Par Pierre Thouverez