La centrale nucléaire du Bugey (Ain) va bénéficier jusqu’au 20 juillet d’une dérogation environnementale concernant les températures de ses rejets d’eau en raison des chaleurs caniculaires qui touchent le pays, pour assurer « la sécurité du réseau électrique », malgré des impacts possibles pour l’environnement.
Bercy a publié samedi au Journal officiel un arrêté homologuant une décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) « modifiant de manière temporaire les limites de rejets thermiques applicables à la centrale nucléaire du Bugey ».
Les 57 réacteurs français, qui assurent environ 70% de la production d’électricité, sont tous installés au bord d’un fleuve ou de la mer afin d’utiliser leur eau pour le refroidissement des installations nucléaires. Pour réduire l’impact sur les écosystèmes aquatiques, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe pour chaque site des limites de température et d’échauffement des cours d’eau.
EDF a adressé mercredi une demande de « modifier temporairement les prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire relatives aux rejets thermiques applicables à la centrale nucléaire du Bugey afin d’assurer la sécurité du réseau électrique », indique l’arrêté.
L’énergéticien a invoqué « une situation exceptionnelle », en l’occurrence la vague de chaleur qui touche le pays, pour modifier temporairement certaines prescriptions, comme le permet une disposition du code de l’environnement, pour « la poursuite du fonctionnement d’une installation nucléaire de base ».
« En l’absence de modification temporaire des limites actuelles pour les rejets thermiques de la centrale nucléaire du Bugey, EDF devrait diminuer la production électrique des réacteurs, voire arrêter leur fonctionnement, afin de limiter l’échauffement du Rhône », précise-t-on de même source.
« Le maintien à un niveau minimum de production électrique des réacteurs n° 4 et n° 5 (…) requis par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) jusqu’au 20 juillet 2026 constitue, au regard de la sécurité du réseau électrique, une nécessité publique confirmée par le ministère chargé de l’énergie » par un courrier en date de jeudi, selon l’arrêté.
Dans sa demande, « EDF propose une limite temporaire de 1°C en matière d’échauffement de l’eau du Rhône entre l’amont et l’aval de la centrale nucléaire pendant cette situation exceptionnelle, assortie d’un programme de surveillance renforcée de l’environnement en rapport avec ces rejets ».
La présente décision « est applicable jusqu’au 20 juillet 2026 inclus », précise l’arrêté, conformément à la demande d’EDF.
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