Dix mois de prison avec sursis ont été requis, vendredi à Bobigny, à l’encontre d’un influenceur franco-iranien pour apologie du terrorisme après des propos diffusés sur ses réseaux sociaux le 7 octobre 2023, jour de l’attaque sanglante du Hamas.
Shahin Hazamy, 30 ans, s’est présenté vendredi comme « journaliste indépendant », avec des centaines de milliers d’abonnés, devant le tribunal correctionnel pour un message publié sur Instagram le matin de l’attaque du Hamas: « Allahou Akbar ce qu’il se passe actuellement en Palestine est incroyable (…). Save the date (…). C’est le début de la fin pour l’entité sioniste ».
A l’audience vendredi, qui avait déjà été renvoyée par deux fois, il a soutenu ne pas être l’auteur de ce message, sans donner l’identité de la personne qui l’aurait posté, car les comptes de ses réseaux (Telegram, Instagram, X, TikTok notamment), qui partagent de nombreux contenus sur l’actualité du Moyen-Orient, sont « dirigés par plusieurs journalistes indépendants comme moi ». Entre « sept, huit » personnes, a-t-il dit, qui se partagent ses mots de passe.
Les messages publiés le 7 octobre 2023 sur les comptes à son nom « ne viennent pas de moi », a-t-il insisté, des messages qu’il n’avait ni « lus » ni « contrôlés », affirme-t-il. « Je condamne, je ne peux pas partager ce genre de propos, je suis journaliste, il y a eu des morts, c’est un jour triste », a-t-il ensuite dit, assurant « ignorer » encore aujourd’hui qui les avait postés.
« Je suis directeur de la rédaction, donc je suis responsable », a concédé l’influenceur, placé sous contrôle judiciaire et dont les avoirs ont été gelés depuis le mois d’août 2025 par un arrêté publié au Journal officiel.
« Vous avez dit que vous étiez journaliste 7 jours sur 7, sauf le 7-Octobre », a cinglé le procureur, qui a réclamé 10 mois de prison avec sursis pour des propos « graves ». « Ce sont des armes qu’il met dans les mains d’autres individus », a-t-il ajouté.
Son avocat, Antoine Pastor, a mis en avant le fait que le 7 octobre au matin, en général, des messages « à chaud » ont pu être publiés par des militants propalestiniens, avec « un sentiment humain, d’euphorie, qu’on ne peut effacer » avant de constater la réalité « des massacres ». Il a aussi longuement plaidé la qualité de « journaliste » de Shahin Hazamy afin que le tribunal déclare nulle la perquisition et toute la procédure. « On l’a mis au pas pour le faire taire », a-t-il avancé.
La décision sera rendue le 10 septembre.
L’attaque surprise des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles. En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza qui a fait plus de 73.000 morts en deux ans, d’après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, jugés fiables par l’ONU.
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