Environ 10% du territoire français est « saturé » et ne peut plus accueillir de nouvelles capacités de production d’énergies renouvelables en l’état, a-t-on appris mercredi auprès des gestionnaires des réseaux électriques.
Le raccordement des énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque) a connu une forte accélération ces dernières années: 6,6 GW ont ainsi été raccordés au réseau de distribution Enedis en 2025, contre 5,5 GW en 2024 et 4,2 GW en 2023, notamment du fait des productions d’énergie solaire dans les exploitations agricoles.
Cette accélération dans certains territoires, notamment ruraux, a parfois dépassé le développement des infrastructures.
« On a un développement essentiellement du photovoltaïque, plutôt dans les zones rurales », a expliqué Cédric Boissier, directeur raccordement chez Enedis, lors d’un point presse conjoint avec le gestionnaire du réseau de transport RTE.
Ces zones rurales, où la consommation n’est pas forcément la plus importante, représentent « à peu près deux tiers du développement des énergies renouvelables » ces dernières années, ce qui « peut effectivement, dans la gestion du réseau, amener un certain nombre de difficultés », notamment en matière de distribution de cette production énergétique, a-t-il ajouté.
Enedis a mis en ligne sur son site internet une carte de France où sont répertoriées en rouge des zones saturées, comme le sud de la région Centre-Val-de-Loire, ou des départements du sud-ouest comme le Lot-et-Garonne ou du Grand-Est comme le département des Vosges.
Il s’agit de zones nécessitant « plus de cinq ans pour se raccorder », du fait de la nécessité de développer de nouvelles infrastructures, comme des postes-sources, qui permettent de relier le réseau RTE au réseau Enedis, en transformant une très haute tension en haute tension.
Le Lot-et-Garonne a ainsi vu la puissance d’énergies renouvelables raccordées au réseau plus que tripler en six ans.
Avec cette carte, Enedis et RTE informent les producteurs et porteurs de projets d’énergies renouvelables, comme les hangars agricoles, les petits industriels, les parkings ou encore les petits centres commerciaux.
Enedis, qui compte actuellement quelque 2.300 postes-sources sur l’ensemble du territoire, prévoit d’en construire une centaine de nouveaux d’ici 2030, « dont les deux tiers » seront dédiés aux énergies renouvelables.
Le gestionnaire du réseau de distribution souligne toutefois « la chance d’avoir en France un réseau qui est bien dimensionné historiquement », avec « 90% du territoire » sur lequel « il y a de la capacité à raccorder des énergies renouvelables », contrairement à des pays voisins comme l’Espagne ou les Pays-Bas, majoritairement saturés.
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