Eolien offshore : où en est-on à l’été 2017 ?

Dans un communiqué, le collectif estime que tous ces projets sont « en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin ». Les éoliennes mèneraient inexorablement à la « destruction des habitats et espèces protégées ». «Des centaines d’éoliennes vont constituer une barrière aux oiseaux migrateurs et industrialiser un littoral dont l’économie est basée sur la pêche et le tourisme », ajoutent-ils. Selon eux, ces éoliennes menaceraient aussi « des dizaines de milliers […] dans la pêche maritime côtière et l’activité touristique littorale ».

Cette destruction a pourtant un prix élevé. Le collectif dénonce des prix « exorbitants » : de 220 € à 227 €/MWh hors raccordement, nécessitant la construction de centrales à gaz pour contrer leur intermittence.  A cela s’ajouterait une « parodie de concertation démocratique ».

La plainte vise l’ensemble des 9 projets sur la façade Manche-Atlantique. Si aucun chantier n’a encore commencé, quatre appels d’offres lancé par le Gouvernement Hollande ont déjà permis de lancer la planification de 8 parcs éoliens offshore, pour une puissance totale de plus de 3.000 MW. Le dernier projet résulte d’un appel à projets lancé par l’ADEME.

Quatre parcs pour le premier appel d’offre en 2012

En 2012, le consortium Eolien Maritime France porté par EDF Energies Nouvelles a remporté trois champs : les 480 MW du banc de Guérande de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les 450 MW de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et les 498 MW du Fécamp (Seine-Maritime). Pour l’occasion, EDF Energies Nouvelles s’est associé à Enbridge et WPD Offshore pour installer l’éolienne de 6 MW de General Electric (ex-Alstom). Ces  parcs entreront progressivement en service entre 2021 et 2023.

« Les autorisations obtenues pour nos parcs éoliens en mer français au titre de la Loi sur l’eau font actuellement l’objet de recours qui retardent le démarrage des travaux. Pour chaque projet, le calendrier de réalisation sera réactualisé en fonction de la date du jugement de ces recours » fait savoir EDF Energies Nouvelles. Bonnes nouvelles pour l’énergéticien: le dernier recours lancé par les associations de défense de l’environnement contre le parc du de Fécamp a été rejeté le 21 juin par la cour administrative d’appel de Nantes. Le 28 juillet, le même tribunal a rejeté le dernier recours contre le parc de Saint-Nazaire. Reste un ultime recours contre le parc de Courseulles-sur-Mer sur lequel la cour devrait prochainement se prononcer.

Le premier appel d’offres a aussi attribué le champs de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) au consortium Ailes Marines SAS, porté par l’énergéticien espagnol Iberdrola et son allié Areva. L’installation de 100 éoliennes de 5 MW devrait commencer en 2018, jusqu’en 2020.

EDF Energies nouvelles et GE avancent !

En attendant la fin des recours, EDF Energies Nouvelles se prépare. « Nous sommes aujourd’hui en phase de négociation avancée avec les industriels en compétition qui ont remis leurs offres pour les principaux appels d’offres : sous-stations électriques en mer, installation en mer, câbles et fondations », fait savoir l’entreprise.

Aussi, la première pierre de l’usine de fabrication de pales d’éoliennes de LM Wind Power / General Electric a été posée le 23 mars 2017 sur le port de Cherbourg. Elle permettra de produire à partir de 2018 les mats des éoliennes et les plus grandes pales du monde, jusqu’à 88,4 mètres. 550 emplois sont prévus à la clé. Au-delà des trois projets français dont GE est partenaire, l’usine de Cherbourg souhaite tirer parti de sa position géographique afin de fournir les projets éoliens en mer actuellement en développement au Royaume-Uni et en Europe du Nord.

Dans le même temps, les deux usines d’assemblage de nacelles et d’alternateurs de GE à Saint-Nazaire produisent déjà. Dans ces deux usines, GE fabriquera les alternateurs et les nacelles des éoliennes des trois parcs. En attendant le début des travaux en mer, les usines fabriquent actuellement les 66 éoliennes qui seront installées sur le parc éolien en mer de Merkur en Allemagne.

Deux parcs pour le deuxième appel d’offre en 2014

En mai 2014, c’est le consortium réunissant Engie (ex GDF-Suez) et Areva qui a remporté les deux champs éoliens présents dans le deuxième appel d’offre du Gouvernement. Le premier, de 496 MW, est prévu au large du Tréport (Seine-Maritime). Le second, de 496 MW, se dressera en Atlantique, entre l’île d’Yeu et Noirmoutier. La construction de ces deux parcs comprenant chacun 62 éoliennes de 8 MW devraient s’échelonner de 2019 à 2021 pour le premier et de 2021 à 2023 pour le second.

Des  demandes d’autorisations administratives ont été déposées cette année par les sociétés. L’enquête publique à venir sera certainement rythmée par plusieurs nouveaux recours.

Trois autres projets lancés en 2016

En avril 2016, Ségolène Royal a lancé un troisième appel d’offres pour l’implantation d’éoliennes en mer au large de Dunkerque. Pas de calendrier précis, pas de puissance définie pour le moment : les lauréats devraient être annoncés début 2018. En novembre 2016, un autre appel d’offres a été lancé pour l’île d’Oléron (Charente-Maritime) pour une mise en service d’ici 2023. Les lauréats ne sont pas non plus connus.

Enfin, au large de l’île de Groix (Morbihan) est mené un projet de ferme pilote d’éoliennes flottantes. Il est porté par CGN Europe Energy et des partenaires industriels français, en réponse à un appel à projets lancé en août 2015 par l’ADEME. La ferme pilote sera composée de quatre éoliennes de 6 MW, ancrées à 15km de la côte la plus proche. Celles-ci devraient être installées en 2019 pour une mise en service en 2020.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route de la transition énergétique française prévoit 3.000 MW d’éolien en mer posé d’ici 2023. Entre 500 MW et 6.000 MW supplémentaires pourraient être prévus en fonction des concertations sur les zones propices, du retour d’expérience de la mise en oeuvre des premiers projets et sous condition de prix.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les jeunes informaticiens restent en Europe

Un quart des jeunes Français rêvent d’aller faire carrière à l’étranger. Pourtant, dans leur majorité, les étudiants des Grandes écoles restent en France. Seuls 15,2 % décident de franchir les frontières selon la vingt-cinquième édition de l’enquête sur l’insertion des jeunes diplômés des Grandes écoles réalisée par l’École nationale de la statistique et de l’analyse de l’information (Ensai), en collaboration avec la Conférence des grandes écoles (CGE), soit près de 175 grandes écoles.

Néanmoins, les nouveaux diplômés sont attirés par l’étranger et en particulier le Royaume Uni. 13 % des ingénieurs ayant répondu à cette enquête ont en effet indiqué ce pays en premier, suivi par l’Allemagne (10,4 %) et la Suisse (9,7 %). « Globalement, un expatrié sur deux choisit l’Union européenne », peut-on lire dans le rapport. En dehors de l’Union européenne, la Chine (8,2 %), comprenant Macao et Hong Kong, est la première destination devant la Suisse (7,5 %) et les États-Unis (6,3 %).

Pour revenir à l’hexagone, cette enquête fait apparaître un contraste. La plupart des ingénieurs ont débuté leur carrière en province alors que près de 59 % des managers ont commencé leur activité professionnelle en Île-de-France. Autre différence : la rémunération. « Les ingénieurs, pris dans leur ensemble, gagnent moins que les managers. Et pourtant, si l’on croise le sexe et la localisation de l’emploi, les ingénieurs perçoivent les meilleures rémunérations : à sexe et lieu de travail donnés, les ingénieurs ont l’avantage des rémunérations, cela à l’exception des hommes à l’étranger. »

Mais, quels que soient leur profit et métier, ces étudiants ne rencontrent pas de difficultés pour trouver un emploi. « Sur la promotion 2016, le taux net d’emploi des jeunes diplômés progresse à 86,5 %. L’entrée dans la vie active est rapide puisque plus de 60 % de nos étudiants ont trouvé un emploi avant même leur sortie d’école, et ce taux s’élève à 81, 4 % moins de deux mois après la sortie » révèle cette étude.

Philippe Richard

La sécurité des objets connectés : une menace supplémentaire pour les entreprises

Coup de chaud en perspective pour certains secteurs industriels. Lors de la conférence DEFCON 2016, la grand-messe des hackers, des experts de Pen Test Partners ont pris le contrôle à distance d’un thermostat intelligent. On passera sur les détails techniques de cette infiltration. Le plus inquiétant est sa conséquence :  après avoir pris le contrôle de ce dispositif ils ont contacté la victime en lui indiquant qu’elle devait payer une rançon sinon ils augmenteraient des fortement la température de la salle en question…

Heureusement, il s’agissait d’un captif fictif visant à démontrer les lacunes en termes de sécurité de la majorité des capteurs et autres objets connectés.

Pour les entreprises, la multiplication de ce type de démonstration complique leurs problématiques de sécurité. Mal protégé, voire pas du tout conçu pour résister à, la moindre infiltration logicielle ou physique, un objet connecté peut se transformer en point d’accès au réseau informatique de l’entreprise. Il est aisé d’imaginer la suite…

Pour mémoire, Target (l’équivalent de Carrefour aux États-Unis) a été victime d’un important piratage de carets bancaires de ses millions de clients. Pour arriver à leurs fins, les pirates ont étudié minutieusement la cartographie du réseau informatique de cette de magasins. Ils ont fait une surprise étonnante : le système de ventilation et de climatisation était relié aux… caisses enregistreuses, celles là même où étaient stockées des données bancaires.

Former les salariés

Il est donc urgent de se préoccuper de la sécurité de l’IoT (Internet of Things), car en 2020, 20,8 milliards d’objets connectés devraient être répartis dans le monde. Quatre fois plus qu’en 2016 ! « Le problème, c’est que le marché des objets connectés est concurrentiel, et que les entreprises veulent aller vite. Dès qu’ils sentent qu’un produit peut faire un carton, le marketing devient la priorité et la sécurité des systèmes passe au second plan. Et malheureusement, les industriels attendent souvent de subir des cyberattaques pour se pencher sur le problème », explique Vincent Roquet, qui travaille dans la branche cybersécurité d’EY, un cabinet spécialisé en audits et conseils.

De son côté, Évelyne Raby, à la tête de la start-up française CybelAngel, précise : « avec l’augmentation du nombre d’objets connectés et leur diversité, se mettre à la page est très compliqué pour des entrepreneurs déjà perdus. Cette complexité retarde l’ensemble de la prise de conscience et le moment où l’on se penche dessus. »

A contrario, si demain une entreprise devient le Microsoft de l’IoT ce sera aussi pain bénit pour les pirates ; ils ne devront focaliser leur attention que sur une cible.

« L’erreur est humaine et les humains sont souvent le point faible de la sécurité informatique, explique Évelyne Raby. Il faut apporter une attention particulière aux prestataires extérieurs. Ils sont les plus à même de compromettre la sécurité des objets connectés de par leur manque d’encadrement par l’entreprise. »

Philippe Richard

Mâcher un chewing-gum pour produire de l’électricité

Faire de chaque mastiqueur une petite centrale électrique, telle était l’idée un peu excentrique d’Aidin Delnavaz et Jérémie Voix, chercheurs canadiens. Pour cela, ils ont exploité le phénomène de piézoélectricité, la propriété que possèdent certains corps de se polariser électriquement sous l’action d’une contrainte mécanique, en l’espèce le mouvement de la mâchoire.

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Nanofibre de céramique

Sur un substrat élastique, les chercheurs ont déployé une couche nanofibre de céramique en pointillé avec des électrodes en cuivre le tout revêtus de matériau isolant. La mentonnière est attachée à un casque audio. Un ingénieur s’est prêté à l’expérience, en mâchant pendant 60 secondes, suffisante pour s’assurer que le dispositif fonctionne avec une production de l’ordre du microwatt. « Pour l’instant, le niveau de puissance que nous avons obtenu ne suffit pas à alimenter des appareils électroniques » admet Aidin Delnavaz. Mais il explique à nos confrères de Materia qu’il est possible « de multiplier la puissance de sortie en ajoutant plusieurs couches sur la mentonnière. Par exemple 20 couches d’une épaisseur totale de 6 mm, seraient capables d’alimenter un dispositif auditif intelligent d’une puissance de 200 milliwatt (mW) », estime-t-il.

La publication scientifique des chercheurs peut-être téléchargée ci-dessous :

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Par Romain Chicheportiche

Les écrans OLED s’affichent sur les smartphones

Les écrans OLED (Organic Light Emitting Diode -Diodes Electroluminescentes Organiques) se font désirer ! En 1987, des travaux menés par deux chercheurs d’Eastman-Kodak démontrent qu’on peut obtenir une émission intense de lumière sous une faible tension. Trois ans plus tard, en 1990, des chercheurs de l’Université de Cambridge mettent en évidence le phénomène d’électroluminescence en étudiant un polymère spécifique (le polyparaphénylène vinylène).

Mais aujourd’hui, ils se font encore assez rares dans les appareils grand public. L’un des tout premiers écrans OLED (2,2 pouces) sur le marché a été produit par Kodak pour l’un de ses appareils photo numériques. Philips, Motorola, LG et Samsung ont chacun sorti un téléphone mobile équipé de ce genre d’écran. Apple pourrait néanmoins donner un coup d’accélérateur à ce type d’affichage. La marque aurait décidé d’équiper en OLED l’un des modèles de son futur iPhone. D’autres constructeurs devraient lui emboîter le pas. Selon Digitimes Research, plus d’un smartphone sur deux écoulé en 2020 dans le monde arborera ce type d’écran.

Les écrans OLED présentent en effet des atouts impressionnants : haute résolution (chaque pixel peut être activé indépendamment), angle de vision jusqu’à 165°, faible consommation électrique (entre 2 et 10 V), temps de réponse très court, épaisseur réduite à celle d’une carte de crédit, légèreté, etc. Ses différents avantages reposent sur une triple rupture technologique. Premièrement, l’écran n’est plus constitué d’une plaque de verre, mais d’un substrat. Deuxièmement, il repose sur des composants qui s’éclairent lorsqu’on les soumet à un courant électrique. À la différence des écrans rétro éclairés (LCD notamment), c’est l’écran lui-même (plus précisément les molécules qui le composent) qui « crée » la lumière. Il s’agit de matériaux organiques spécifiques. Leur électroluminescence est étudiée depuis une quarantaine d’années, mais il y a eu deux étapes décisives.

Dernière rupture majeure : le procédé de fabrication. Les usines d’OLED pourraient ressembler à des imprimeries ! Après avoir dévoilé il y a quelques mois un prototype d’écran OLED de 40 pouces, le japonais Seiko Epson a présenté à la presse européenne, il y a quelques années, un procédé de fabrication basé sur la technique d’impression par jet d’encre.

Toutes les fantaisies ou innovations pourraient être réalisées avec les OLED. En mai dernier, Samsung a annoncé être en train de mettre au point un écran OLED étirable de 9,1 pouces. Il pourrait aussi être utilisé dans de nombreux secteurs, comme l’automobile, les vêtements ou encore l’Internet des objets.

De son côté, LG Display a présenté il y a quelques semaines un écran OLED 4K doté d’une diagonale de 77 pouces (près de 195 centimètres). Avec une telle diagonale d’écran, la marque vise en priorité le marché professionnel et plus précisément les commerces et la publicité.

Par Philippe Richard

Taiwan veut renforcer son secteur aérospatial

Le premier ministre Lin Chuan a récemment visité l’Agence Spatiale Taïwanaise (NSPO) à Hsinchu, afin de s’informer sur la préparation du lancement de Formosat-5, premier satellite entièrement conçu à Taïwan. Formosat-5 représente une étape significative dans l’industrie aérospatiale Taïwanaise. Le prochain objectif sera de renforcer la capacité du pays à développer des technologies spatiales et à améliorer sa compétitivité internationale.
Le développement de l’industrie satellitaire ne peut pas uniquement dépendre du Laboratoire Nationale de Recherche Appliquée et de l’Organisation Nationale de l’Espace (NAR Labs – National Applied Research Laboratories) et du NSPO. Il ne reste qu’à espérer que les entreprises du secteur privé se joindront à ces efforts. Formosat-5 devrait être lancé depuis la base militaire Vandenberg en Californie le 25 août. Développé sous la houlette de l’Organisation Nationale de l’Espace, il aura fallu près de six ans et un investissement de 5,7 million de dollars taiwanais (163 million d’euros) pour développer ce satellite optique de 450 kg, équipé d’un instrument de télédétection, qui assurera le relai de Formosat-2.

Source  : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/taiwan/article/taiwan-veut-renforcer-son-secteur-aerospatial

Les Rendez-Vous CARNOT 2017

RDV Carnot 2017

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Episode # 4: Marc Bristow

Janvier 2086 — Terre

Depuis quelques jours, le jeune Marc Bristow tentait de venir à bout de sa besogne. Ingénieur de formation et colonel de l’armée, il devait, avec l’aide de confrères, mener à son terme l’un des derniers chantiers de l’humanité : le village lunaire et sa station de décollage interplanétaire. Cela faisait déjà quelques décennies que les humains songeaient à retourner sur leur petit, mais pas si anodin, satellite. Force était de constater que le projet pour Mars était également extrêmement récent. On n’avait simplement pas pu ignorer la Terre bien longtemps, et l’explosion démographique avait conduit à faire réagir la haute sphère en revoyant les priorités humaines. L’implémentation d’une économie circulaire partielle dans l’alimentation notamment, avait permis de réaménager les zones agricoles. Les pays avaient ainsi créé de véritables régions urbaines futuristes sur une bonne moitié d’entre elles en moyenne, tandis que la nature avait repris ses droits sur les hectares restants. Ces mesures instaurèrent un équilibre certes imparfait, mais relativement efficace dans cette ère anthropocène.

Dans deux mois, M. Bristow devait se rendre sur la lune, d’où décollerait la première navette qui ferait un arrêt sur Mars, avant de partir en expédition. Parmi les différents cadres scientifiques de l’agence mondiale de l’exploration spatiale, issue de la fusion de plusieurs entités gouvernementales spécialisées dans ce domaine, c’est lui qui avait été choisi. D’un premier abord, c’était un honneur d’être l’ambassadeur de ce moment aussi important que la mission Apollo 11 ou aussi marquant que les voyages de Christophe Colomb. Il aurait droit à sa page dans l’Histoire… oui, mais c’était la théorie. Marc savait que les livres oubliaient les parties parfois bien moins trépidantes de la vie de ces figures. Il lui fallait certes décoller avec ce bijou de technologies qu’était le Leif Erikson ; hommage aux Vikings qui furent les premiers Européens à fouler le sol américain ; mais aussi participer à la conférence.

Pour ce jour particulier, les organisateurs avaient décidé de retracer l’histoire de l’homme et plus particulièrement des technologies. Depuis que la science-fiction existait et que l’être humain cultivait une fascination pour l’avenir, c’était devenu un exercice commun. L’un des plus notables remontant à la comparaison de l’année 2016 avec le très célèbre « Retour vers le futur ». La fédération choisit ainsi non pas un film, mais un événement particulier datant de 2016. Cette année-là, des éditions scientifiques avaient décidé pour leur anniversaire de réaliser un concours. Le thème ? Imaginer le monde de 2086 et son façonnage par les sciences et techniques. Marc Bristow devait analyser les textes lauréats ainsi que les illustrations qui ne manquèrent pas de l’amuser pour certaines. Il se souviendrait longtemps de l’image d’un univers futuriste, ou se mêlait des formes design avec des navettes dans chaque recoin, un monde de verdure et de glace… pourtant en regardant sa fenêtre il ne se trouvait toujours pas dans une scène du « Cinquième Élément », mais la végétation était bien là.

Mars 2086 – Terre

Il restait un peu plus d’une semaine pour parfaire son discours. Marc allait bientôt devoir quitter son appartement terrien pour son logement lunaire. Le dépaysement n’était pas si grand, les locaux ressemblaient tous à ceux sur Terre. Seules quelques différences en matière d’alimentation étaient notables. Sur Terre, l’autosuffisance énergétique et alimentaire était aujourd’hui un acquis pour tout un chacun. Marc se leva ainsi comme à son habitude, réveillé par son alarme, tandis que la baie vitrée qui occupait la façade extérieure changeait d’apparence. La vitre connectée générait une partie de l’électricité de la maison par le biais des cellules photovoltaïques transparentes recouvrant la quasi-totalité des surfaces électriques.

Cet écran géant qui permettait d’obtenir l’ambiance de son choix modula petit à petit son opacité pour laisser entrevoir les rayons lumineux ainsi que les zones d’affichage standards et personnalisables. Marc accéda ainsi rapidement à la météo du jour, ses rendez-vous et son planning qui lui rappelèrent bien vite qu’il n’avait pas le loisir de rêvasser, il partait dans une semaine, et devait finir son étude de textes pour la cérémonie. Ses dernières journées avaient été tellement occupées par la vérification des calculs pour les réacteurs à fusion de la fusée qu’il n’avait pas eu le temps de beaucoup avancer. Il mit ses lentilles bioniques, venues remplacer les lunettes de réalité augmentée. L’optique et le génie des matériaux biocompatibles couplés aux systèmes d’affichage avaient fait des miracles. Arrivé dans son salon, les détecteurs activèrent son rituel matinal ; bien que cette automatisation ne soit pas sa préférence en temps normal. Il était de ceux qui aimaient encore se procurer leurs denrées eux-mêmes. Plusieurs appareils étaient en place dans son logement, devenu abordable pour tout : systèmes d’aquaponie connectés, bioréacteurs personnels de spiruline, d’insecte… Lorsqu’il n’avait vraiment pas le cœur à cuisiner, mais souhaitait garder la main sur son menu, il lui restait toujours son imprimante alimentaire. Chaque aliment, qu’il soit cueilli ou bien fabriqué, était disposé sur un plateau électronique qui les scannait et lui permettait de conserver un régime équilibré, comme tout bon sportif et militaire en activité. Depuis quelques semaines, alors que les heures supplémentaires étaient de mise, il ne se refusait pas la chance d’utiliser ses robots ménagers. Ce qui lui donnait la possibilité de programmer son petit-déjeuner. Le gain de temps n’était pas un ennemi à la diversité. Il pouvait modifier son menu à tout moment en étant connecté par le biais de ses lentilles et autres dispositifs portables. Mais ça restait loin de son goût pour la cuisine qu’il pratiquait lorsqu’il en avait le temps.

Il s’installa dans la salle à manger devant son petit-déjeuner, tout en faisant apparaître les textes sur la surface de la table, fragmentant la zone en affichant une partie pour la prise de notes à reconnaissance vocale.

Sirotant tranquillement son café, il parcourut les quelques pages d’une nouvelle tout droit sortie de la publication des Éditions Techniques de l’Ingénieur 2016.

– Alors, comme ça les gens prévoyaient déjà que les surfaces tactiles et souples révolutionneraient le monde… l’imagination est bien la source du savoir.

Il continua sa lecture et découvrit beaucoup de petits détails qui le firent sourire. Les technologies qui forgèrent son enfance et sa vie d’adulte trouvaient leur origine dans bon nombre de projets du début du siècle. Il constata que la domotique avait maintenant sa place dans chaque foyer. Qui n’avait pas de robots d’assistance personnelle ? Certes, les travers de l’intelligence artificielle étaient contenus en ne donnant pas plus d’importance à ces automates qu’à un balai, mais ils étaient bien utiles ! C’en était fini des travaux pénibles tels que : l’usine, le ménage… les androïdes s’en chargeaient. Mais il restait bien sûr des emplois pour les concevoir !

Le second point qui attira son attention fut lorsqu’il arriva sur les créations graphiques et illustrations. Elles étaient toutes indéniablement magnifiques. Les lauréats n’avaient pas volé leur place. Ce fut le contenu, plus que la forme, qui l’interpella. Si certaines, utopies, le firent rêver avec des stations de téléportation, d’autres étaient criantes de réalisme. L’une d’elles dépeignait l’ancêtre de la médecine de son époque. Sur l’image, un système de production en temps réel d’organes était représenté aux côtés de prosthétiques bioniques. Ce n’était pas si loin de la vérité. Les parties humaines étaient remplacées et les personnes pouvaient avoir accès à des augmentations bio électroniques. Ces dernières restaient peu démocratisées du fait de leur prix. Toutefois, l’armée en était friande grâce aux interfaces neuronales issues des découvertes réalisées à l’aide de technologies telles que les memristors. Enfin, lorsque les troupes humaines étaient encore de mise entre les machines en tout genre qui peuplaient les fronts. De ce côté, Marc lui-même avait déjà remplacé un rein défectueux et subit une greffe neuronale pour son bras, perdu en servant la patrie. Le bénéfice majeur de cette évolution médicale était la fin des listes d’organes. Se remémorant ces détails qui lui paraissaient acquis, il réalisa sa chance en comparant sa vie avec celle du début du millénaire. Pensif, il sortit une fiche électronique translucide de sa poche. Il posa ce petit système sur l’image de la table avec les prothèses. Objet qui lui avait permis de profiter si facilement d’une autogreffe lors de son opération des reins.

– L’être humain sait faire des merveilles en fin de compte, s’avoua le jeune officier.

En effet, depuis longtemps le génome humain était maîtrisé : chacun possédait cette carte cryptée ainsi qu’un matricule pour, entre autres, les banques génomiques et de cellules-souches. Ce système de santé permettait d’utiliser les informations du patient dans les outils d’impression des hôpitaux. Matériel indispensable qui serait embarqué sur la navette spatiale pour mars.

En se levant pour se rendre dans son bureau, il fit tomber sa tasse.

– Non… pas encore… se plaignit-il voyant sa tasse, vide, brisée sur le sol.

Un des robots se dirigea immédiatement sur la zone sinistrée pour ramasser les débris.

– Souhaitez-vous remplacer la tasse ?

– Oui, fit Marc las d’acheter des matières premières faute d’attention.

Les hologrammes qui utilisaient la technologie de réalité augmentée de sa lentille couplée à des capteurs environnementaux s’activèrent. Plusieurs objets grandeur nature ou avec zoom étaient visibles, dont celui qui venait d’être cassé, proposé par défaut. Le colonel fit défiler les modèles avant de se rabattre sur un design original, d’une nouvelle couleur et en céramique, soulagé de constater sur l’affichage que la quantité de matière en stock était suffisante. Après validation du prototype, la tasse imprimée en 3d fit son entrée dans les placards vitrés de la cuisine. Rangements qui n’accueillaient que le strict minimum. S’assurant cette fois que tout était parfait il rejoignit son bureau pour rédiger son discours en parcourant les quelques récits et illustrations restants.

Mars 2086 – Village Lunaire

Après un voyage entre la Terre et la Lune, Marc était enfin arrivé dans ses quartiers. Il avait pris place dans la base militarisée, à quelques mètres de la zone où il donnerait son discours, avant le décollage.

Après une vérification, qui dura plusieurs jours, des différentes équipes qui partiraient à bord du Leif Erikson, le colonel prit le temps de se poser. Le jour de son allocution était proche. Plus que 24 heures avant de déclamer, aux yeux du monde, son analyse des technologies du 21e siècle… lui qui n’était ni écrivain ni historien.

Le jour J. le colonel Marc Bristow se dirigea solennellement vers son dressing numérique. Il choisit un uniforme de circonstance parmi les hologrammes affichés. Une fois sélectionnés, les vêtements, pliés et immaculés, étaient acheminés par une trappe. La numérisation intégrée à ce dressing avait permis de fournir un uniforme adapté à sa physionomie parmi les stocks de la station, même si la fabrication en temps réel sur mesure était également possible. Ces options étaient bien utiles dans la vie de tous les jours, d’autant que, depuis son dernier séjour sur la lune, le colonel avait augmenté sa stature grâce à ses entraînements. Tout en se préparant il fit défiler ses messages et le planning de sa journée en connectant sa montre d’un simple contact avec le mur.

Tout était en ordre.

Il enfila une paire de chaussures, mit ses lentilles et se rendit dans la salle de cérémonie. En entrant dans l’arrière-salle, le colonel jeta un œil à son discours en activant ses lentilles. L’avantage certain de ces verres de contact était de ne plus avoir l’air de lire bêtement des notes… personne ne les voyait, maintenant.

Tout était prêt. Un présentateur lui fit signe de monter sur l’estrade. Les télévisions présentes retransmettaient en direct sur Terre. Ce n’était pas tous les jours qu’on lançait la première mission humaine d’une telle ampleur. L’avancée technologique et l’endiguement des effets anthropiques néfastes sur le climat n’y étaient pas pour rien. Il remercia la foule : entre dirigeants, militaires, civils sélectionnés pour Mars, communautés scientifiques… l’audience était variée.

– Bonjour à tous, aujourd’hui… il s’arrêta brusquement l’air affolé.

Il scruta les personnes présentes, personne ne semblait entendre la sirène stridente qui s’était soudainement mise à résonner. C’était l’alarme d’urgence. Il tenta de se ressaisir. Il était le seul à paniquer.

Le bruit continua de plus belle. Aucun doute possible : leur vie était en jeu.

– Évacuez sur le champ ! s’écria-t-il face à des spectateurs interloqués.

Sa tête fit non pas un, mais deux tours… il saisit ses oreilles. Ce bruit lui était insupportable et rien ne semblait en expliquer la cause. Il devait y mettre un terme… Seul, il ferma les yeux, désespéré.

Le noir complet l’enveloppa. L’alarme résonnait encore dans la pénombre. Telle une sirène qui cherchait à réveiller les morts. Tout devint noir.

Dans une chambre, quelque part sur Terre en 2016, un jeune garçon se réveilla en trombe et éteignit son alarme d’un coup sec. Il était 7 h 30. Le son aigu qui avait marqué la fin de son escapade imaginaire dans le futur s’arrêta enfin. Les yeux à peine ouverts, il n’avait pas encore perdu le fil de ses pensées, mais elles se dissipèrent peu à peu…

– Ah… où j’ai mis mon crayon ? se lamenta-t-il, à peine réveillé.

L’auteur amateur venait une fois de plus de rêver son récit. Le sommeil : véritable muse et fléau pour tant d’artistes qui peinaient à retranscrire sur le papier ces péripéties et pépites qui se perdaient dans leur esprit embrumé du matin.

L’écrivain, ayant trouvé son stylo, s’empressa de noter sur une feuille son songe durant lequel il avait incarné le rôle d’un jeune ingénieur, ambassadeur des humains lors du premier voyage par-delà Mars.

Le temps jouait contre lui s’il souhaitait soumettre son texte au concours de nouvelles, afin de partager le regard qu’il portait sur le monde de 2086.

C. M. Lewden

La reconnaissance faciale cherche le bon profil

Le procédé mis au point par Hitachi Kokusai Electric pourrait intéresser de nombreux pays dans leur lutte contre le terrorisme. À partir d’une photo ou d’images prises par une caméra de vidéosurveillance, il serait capable d’identifier en temps réel une personne parmi 36 millions !

Le constructeur n’a pas dévoilé ses secrets. Il a par contre confirmé que son système n’était pas encore optimisé. Pour obtenir une bonne détection il faut que les visages mesurent 40 x 40 pixels et qu’ils se présentent sous un angle maximal de 30° verticalement et horizontalement par rapport à la caméra (seules des images en 3D permettent de contourner cet obstacle). Sans parler bien sûr de l’exposition du visage à la luminosité. Selon son intensité, la détection est plus ou moins pertinente.

Malgré tout, Hitachi Kokusai Electric annonce sa commercialisation d’ici un an. Il vise en priorité les domaines des chemins de fer, des centrales électronucléaires et des grandes surfaces. Utilisée principalement pour l’identification (contrôle aux frontières) et la délivrance de documents d’identité, la biométrie faciale a connu un essor suite aux événements du 11 septembre 2001.

La plus grande expérience a eu lieu en janvier 2001… au Raymond James Stadium de Tampa en Floride. À l’occasion du Super Bowl, la police de la ville a filmé, à leur insu, le visage de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui entraient dans le stade. Un système de reconnaissance de la forme du visage a ensuite comparé tous ces portraits aux images contenues dans des bases de données. Objectif : identifier des terroristes et des criminels dans la foule. Mais aucune arrestation n’a été menée.

À ce jour, aucun traitement informatique n’a réussi à égaler le couple œil humain + mémoire. Les premiers travaux ont été réalisés par le professeur Teuvo Kohonen en 1989, chercheur en réseaux neuronaux de l’Université d’Helsinki, et ceux de Kirby et Sirovich (1989) de l’Université Brown du Rhode Island. Celui-ci avait mis au point au Massachusetts Institute of Technology of Boston (MIT) un système de reconnaissance du visage nommé eigenface.

La reconnaissance faciale consiste notamment à extraire des caractéristiques du visage qui sont conservées dans une base de données. Par exemple, le eigenface décompose l’image bidimensionnelle capturée en une série d’images teintées avec des nuances de gris différentes. Quant au feature analysis, son dérivé, il est un peu plus souple puisqu’il permet de mieux prendre en compte les déformations du visage, l’éclairage et les angles horizontaux et verticaux.

Début 2014, des chercheurs de l’université de Hong Kong avaient présenté leur algorithme nommé GaussianFace. Il était capable de gérer différentes composantes parfois mal analysées par certains systèmes : un mauvais éclairage ou des changements physiques (maquillage, coupe de cheveux) ne seraient pas un problème pour ce super-système.

Mais la théorie ne correspond pas à la réalité. Et c’est sur ce point que bute cette solution. Sa performance est liée à plusieurs paramètres essentiels et en particulier la qualité de l’image. Elle dépend en grande partie du contexte dans lequel la biométrie faciale est captée. « Il faut bien distinguer les usages qui relèvent de l’authentification en situation dite “coopérative”, c’est-à-dire lorsque la personne se prête volontairement à la captation de son visage (et suit les consignes qui lui sont données) et ceux pour lesquels la captation s’effectue de façon “non coopérative” à des fins d’identification », avait précisé Claude Bauzou, chef de produit chez Morpho (groupe Safran, leader mondial des technologies de reconnaissance biométrique) au site securiteoff.com.

Par ailleurs, la fiabilité de la reconnaissance faciale dépend de l’étendue et de la qualité des bases de données accessibles.

Philippe Richard

Episode #3: Energie

Ce fut dans la plus grande intimité que l’inauguration de la première rame de métro fonctionnant à la chaleur humaine eut lieu. Après un discours du Ministre des Nouvelles technologies, on procéda au premier lancement de la rame. Grâce au dur labeur d’une équipe d’ingénieurs, ce procédé élaboré à une plus petite échelle au tout début des années deux mille, put enfin voir le jour. C’est avant tout dans un but écologique et économique qu’il fut mis au point. Chaque wagon de la rame est équipé, du sol au plafond, de matériaux récepteurs de chaleur dont la fonction est de capturer la chaleur humaine émise par les passagers puis de la transformer en énergie. Des générateurs placés dans des coffres au plafond, permettent de stocker l’énergie recueillie. En cas de panne, des batteries de secours prennent le relais.

«Mouais» se dit Anton à la lecture de l’article.  «Manquait plus que ça. Se faire du pognon sur notre dos, en plus de l’abonnement mensuel aux Transports Urbains. Encore si c’était gratuit 
Il déposa le journal sur la pile des autres quotidiens et continua son chemin.

Le mec du kiosque le héla : «Si tu lis, tu paies ! Ce n’est pas la bibliothèque ici !»

Anton ne daigna même pas se retourner, et continuant sa marche, il pointa son majeur en l’air.

L’apostrophe du commerçant, l’ayant quelque peu agacé, eut pour conséquence l’émergence d’une foule de pensées s’enchâssant les unes dans les autres : pourquoi voulait-on qu’il paie une information que l’on trouvait gratuitement partout ? De nos jours, les actualités, les publicités, tout était diffusé en boucle sur les écrans géants qui inondaient la ville, au cas où on aurait loupé un truc. La fameuse ère du numérique, Les grandes marques, avaient envahi les écrans, défilant les unes après les autres, invitant chacun de nous à leur soumettre leurs idées. Ils appelaient ça «La boîte à idées» suivie de l’argument «aider nous à nous améliorer» délester les clients de leurs inspirations, devenait beaucoup moins cher que de payer des collaborateurs pour leur créativité. Le beurre et l’argent du beurre. Un peu dans la même veine que ce qu’il venait de lire à l’instant. Et il n’y avait pas à chercher bien loin pour en connaître leur source d’inspiration. C’était là sous leurs yeux.

Les générations passées ne s’étaient souciées que d’elles-mêmes. L’individualisme régnait, s’élargissant au maximum à la sphère familiale, ce qui au final revenait au même puisqu’en dehors de ce cercle les autres n’existaient pas. Tous voulaient profiter, assouvir leurs envies. Comment leur en vouloir, lorsque, à chaque coin de rue, les panneaux publicitaires vous invitaient de manière provocante à profiter de la vie, de l’unique vie qui s’offrait à vous ? La population ne voulait pas s’éduquer à économiser les ressources ! Et ce, malgré les efforts des organisations nationales dont les campagnes d’information et de prévention avaient eu très peu d’impact, la majeure partie étant dépourvue de conscience écologique.

Et maintenant il fallait faire preuve d’un monstre d’ingéniosité pour produire de l’énergie. Durant des décennies, l’état dépensa des sommes folles pour acheminer l’énergie nécessaire à l’ensemble des activités : éclairage public, transports, chauffage. Le territoire étant peu fourni en énergie fossile, il lui fallait tout importer : uranium, pétrole, gaz naturel et la seule matière dont il disposait à profusion avait été frappée d’interdiction d’exploitation en raison de sa forte nocivité et de la mauvaise gestion de ses déchets radioactifs. Puis les réserves en énergie fossiles des pays exportateurs s’étaient épuisées d’années en années, à une vitesse fulgurante. Les estimations concernant ces réserves s’avéraient erronées, elles avaient fondu comme neige au soleil. Ajouté à cela, des hivers de plus en plus rigoureux qui en avaient accéléré la consommation : de cent ans prévu, on était passé à une cinquantaine d’années. Sans compter que la population avait quadruplé en cinquante ans et que les progrès en médecine entravaient l’autorégulation de la population terrestre : ceux qui devaient mourir, ne mourraient plus…

D’autres mesures avaient été mises en place au début du millénaire avec la loi Réduction énergétique : tout bâtiment public ou privé, tout véhicule terrestre ou maritime, sur le sol national, devait se doter de panneaux photovoltaïques. Les rayons solaires ainsi captés étaient transformés par la suite en courant électrique ce qui permettait de réduire considérablement les dépenses de l’état en électricité tout en produisant l’intégralité des besoins énergétiques d’un foyer et cela gracieusement, grâce au soleil. D’une pierre deux coups, la face des bâtiments qui recevait le moins de soleil devait être recouverte de végétaux. La pluie qui battait les bâtiments était récupérée par la végétation, filtrée, puis stockée dans les sous-sols en attendant d’être puisée à des fins sanitaires.

La fin du pétrole arrivait et la transition énergétique devenait urgente. L’état versait même une subvention à titre d’aide pour la pose des panneaux solaires et du matériel de filtrage. Il ne restait plus qu’à produire le reste. Et pour le reste, on comptait depuis fin 2020, sur l’ingéniosité des scientifiques. On parlait de révolution nucléaire. Ils étaient pressés comme des citrons pour mettre les bouchées doubles afin de mettre au point la centrale nucléaire dernière génération, celle qui permettrait d’exploiter l’uranium dans son intégralité, sans production de déchets, ce qui garantirait à l’humanité entière de l’énergie pour plusieurs siècles. Et pour ceux qui étaient insensibles au stress, la fin toute proche du pétrole et du gaz naturel avaient créé entre eux une sorte d’émulation.

En ce matin d’hiver, le froid régnait en souverain, gelant la moindre parcelle de chair découverte. Le visage mordu par le froid, Anton, tout à ses ruminations internes, était bien heureux de s’engouffrer dans le Souterrain, havre de chaleur éphémère. Il passa les portillons en apposant son empreinte digitale sur le lecteur. Celle-ci était désormais le seul et unique sésame. Garante de votre identité, l’usurpation en était impossible, quant aux pertes improbables. Chaque paiement, chaque réclamation, chaque contrôle se faisait par celle-ci.

Accroché à la barre métallique du métro, en mode autopilote, toute pensée constructive avait déserté son cerveau, seul régnait le vide, vide identique à celui qui l’entourait, malgré la présence des autres passagers. Tous arboraient un visage figé, tel un masque, regardant dans le vide comme si les autres n’existaient pas. Ils n’étaient que de passage, des passagers. La chaleur de la barre métallique dont il en savourait inconsciemment la chaleur le sortit de sa torpeur. Fallait y penser, quand même ! s’exclama-t-il. C’était une évidence, la barre métallique capturait la chaleur. Il vérifia la ligne, non ce n’était pas celle dont la rame venait d’être mise en service. Manquait plus que ça, qu’on lui pompe son énergie sans son consentement !

Durant la fin de son trajet, Anton se laissa submerger par le souvenir de la conversation qu’il avait eu avec son boss. Son travail de détective privé le missionnait pour les jours à venir dans un coin perdu du pays : «Voilà le topo, lui dit-il, on raconte que l’une des anciennes grande compagnie pétrolière mène des expériences un peu spéciales. Le PDG, non remis de la chute de son empire, a engagé des chercheurs afin de produire du pétrole de synthèse. Des rumeurs courent sur le PDG : on aurait vu ce dernier à plusieurs reprises se vanter à qui voudrait l’entendre sur le succès de ses recherches et que les affaires allaient bientôt reprendre. On a besoin de ses formules de synthèse, et tout ce que tu trouveras sur l’avancée de ses recherches. Son laboratoire est en pleine campagne, tu ne pourras pas le manquer il domine sur des lieux à la ronde perché sur un bloc rocheux au-dessus d’un ancien tunnel ferroviaire.» Puis lui remettant une enveloppe : «À l’intérieur, tes frais. Tu commences demain en tant que technicien de surface

Technicien de surface, pff ! Son boss lui trouvait toujours comme couverture le job le plus pourri de la hiérarchie, paraîtrait que ça éveille moins les soupçons !

La route jusqu’au bâtiment se déroula sans encombres et son immersion dans l’entreprise fut des plus simples : «Voilà vos outils de travail, lui dit l’homme qui l’accueillit en lui ouvrant le placard à balais, vous ferez en sorte que la propreté règne

Muni de ses balais, chiffons et serpillières, il mit deux jours pour se repérer dans ce labyrinthe. Une fois ses repères en place, pénétrer dans le laboratoire fut un jeu d’enfant. La première fois, il y resta à peine quelques minutes de peur de se faire surprendre : des pas résonnaient dans le couloir annonçant l’approche de leur propriétaire. Mais la deuxième fois, Bingo, les informations s’étalaient sous ses yeux sur un long tableau blanc. Le temps lui était compté. Il regarda les informations, se dit qu’il devait y avoir une erreur. Regarda de plus près. Non, pas d’erreur. C’était le projet d’un fou. Et que ce fou en question devait rapidement être interné. Il lui était impossible de se concentrer. Son cerveau était en ébullition. Sa découverte lui emplissait la tête de questions. C’était un brouhaha sans cesse dans son esprit, comme s’ils étaient plusieurs à prendre la parole en même temps, une véritable cacophonie. Comment pouvait-on en arriver là ? Qu’est-ce qui pouvait bien animer les hommes pour les conduire à de tels actes ? Anton respira profondément, tout en essayant de ramener le calme dans son esprit. «Expire, Inspire, Expire, Inspire» s’imposait-il à haute voix. OK. Bon. De son doigt, il fit une légère pression sur son tragus gauche activant ainsi sa puce cellulaire, articula le nom de son chef et fut mis en relation directe avec ce dernier : «Salut Bob, je vais faire vite, ne m’interromps pas. Ce mec est complètement taré ! La matière première qu’il utilise est plongée dans un bassin où sont cultivés des organismes qui la digèrent. Ce qu’il en reste, est mélangé à des matières minérales. Puis le tout est tassé par d’énormes pistons où s’amoncellent par-dessus de nouvelles matières premières qui sous l’effet du poids enfoncent les premières. Le processus de formation du pétrole est reproduit ici en accéléré, mais sans utiliser de matière organique d’origine marine ! Je ne sais comment, ils en obtiennent une roche dure qu’ils chauffent progressivement pour atteindre les températures géothermiques. De là se forme une substance qu’ils appellent «pétrole synthétique» . Je t’ai gardé le meilleur pour la fin : la matière première qu’ils utilisent est constituée de : cadavres !!! Ne me demande pas comment ils font pour l’obtenir, je ne sais pas. Faut que j’y aille

Anton sortit rapidement du laboratoire, cherchant une issue à l’enfer qui prenait forme sous ses yeux. Complètement troublé, il ne retrouvait pas l’entrée par laquelle il avait pénétré dans l’enceinte du laboratoire. Merde, se disait-il, comment je vais faire pour sortir d’ici ? Sous la panique, il franchit la première porte sur sa droite. Un escalier. Il le descendit à toute allure, cela lui parut interminable. Il finit par déboucher sur un long tunnel. Les paroles de son chef lui revinrent en mémoire : «le laboratoire est situé sur un bloc rocheux au-dessus d’un ancien tunnel ferroviaire…».

Soulagé, content d’avoir trouvé la sortie, il se dirigea vers la lumière. Mais plus il se rapprochait, et moins cela ressemblait à la lumière naturelle du soleil. Quelque chose était entreposée au milieu du tunnel, on aurait dit un véhicule. C’était bien ça. Un wagon. Un wagon gisait au milieu du tunnel abandonné ! Des lamentations en sortaient. Plus il s’en approchait, plus les voix étaient suppliantes. Que pouvait-il bien avoir à l’intérieur ? Pourquoi ces plaintes ? Son instinct lui disait que ça sentait le roussi, qu’il devait partir le plus vite possible s’il souhaitait rester en vie. Malgré ça, il ouvrit la porte du wagon.

Une énorme bouffée d’air chaud aux relents de transpiration, de rance, et d’odeurs corporelles s’immisça dans ses narines. Il eut un haut-le-cœur. Jamais, il n’avait senti odeur pareille. Les gémissements s’intensifièrent. De longues plaintes, dont toutes forces avaient abandonné depuis longtemps les voix, suffocantes, présageaient du pire. La curiosité l’emporta sur son dégoût. Il se hissa sur la marche à hauteur de la porte. Foudroyé par le spectacle qui s’offrait à ses yeux, il en fut pétrifié. Le wagon était rempli d’hommes et de femmes dénudés, à la peau rougie par la chaleur régnante, couverte de plaies ruisselantes de gouttes de sang, leurs cheveux suintant se collant à leur crâne, à leur peau. Tous étaient entassés, debout, les uns contre les autres, dégoulinant de sueur. Le wagon en lui-même avait été conçu exclusivement à cet effet. Des barres métalliques se dressaient tous les vingt centimètres, le sol et les parois du wagon étaient recouverts du même alliage que les barres, de sorte que toutes les parties du corps était ainsi en contact avec le métal : mains, pieds, dos, poitrines, fesses et cuisses. À chaque barre son corps. Les mains étaient insérées dans des menottes accrochées au plafond, de part et d’autre de la barre, celle-ci enlacée par un corps nu pour recueillir la moindre source de chaleur. Des hottes aspirantes avaient été installées pour recueillir le surplus de chaleur produit par le surnombre des corps.

Comme du bétail. Anton eut un flash : l’article du journal.

Il ne vit rien venir. Il encaissa un coup sur la tête qui le fit vaciller puis fut violemment poussé à l’intérieur du wagon. Son bourreau lui lacéra ses vêtements. Sur les visages se lisaient la terreur et le désespoir. Il allait devenir comme eux, voilà où le menait sa curiosité. Les gémissements lui devenaient insupportables, il aurait voulu leur crier de se taire, mais nulle force n’habitait sa voix. Il n’émit aucune objection, ne fit aucun mouvement de contestation. Il était à présent nu. Son corps vidé en apparence de toute vie, avait pris l’aspect d’une poupée de chiffon. On entrava ses mains aux menottes suspendues. Sa vie allait-elle se terminer ainsi, en servant de combustible ? Dans un ultime effort, il rassembla ce qu’il lui restait de force, il banda tous ses muscles et dans un cri digne d’un superhéros, essaya d’arracher les menottes du plafond. Les autres virent en ce mouvement une lueur d’espoir. Tous se joignirent à lui, tel des vers gesticulant, couinant.

« Vos gueules » aboya le bourreau. L’union fut vaine. En guise de récompense pour le courage qu’il eut, on l’électrocuta jusqu’à l’évanouissement.

Tout en regagnant la porte, le bourreau dicta à son collègue : « Éteins, s’te plaît, le Boss va pas être content si on gaspille de l’énergie ».

Nouara Bouchenna

Est-on prêts à se sevrer du pétrole ?

D’un point de vue technologique et organisationnel, de nombreuses études montrent qu’il devient réellement possible de se passer massivement des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) sans pour autant se passer du confort que leur emploi pour l’énergie ou les produits manufacturés a apporté. Depuis quelques années, les ONG environnementales appellent les autorités à opposer une réelle volonté politique et à mettre en place des actions fortes pour amener la France et l’Europe vers un sevrage des énergies fossiles. Le plan climat présenté par Nicolas Hulot et le plan national de bioéconomie sont-il les marquants d’un changement de paradigme ?

La facture des énergies fossiles

Selon les données du ministère la facture énergétique de la France s’élevait en 2016 à plus de 30 Md d’euros. Un chiffre encore élevé même s’il est à la moitié de son niveau de 2012/2013 où il a atteint entre 65 et 70 milliards d’euros. Ceci essentiellement grâce à une baisse du cours des produits pétroliers (-70%) plus que d’une baisse de la consommation (-2%). Les exportations d’électricité ne suffisent pas à compenser cette dépense puisque l’excédent est à peine d’1 Md euros pour 2015-2016. Réduire cette dépendance aux produits fossiles pourrait permettre de substantielles économies, une amélioration de la balance commerciale et un impact carbone moindre. En tout état de cause, ces motivations permettent de justifier la pression accrue vers une sortie de la dépendance aux énergies fossiles.

La bioéconomie, solution miracle ?

La bioéconomie, économie fondée sur l’exploitation optimale des ressources biologiques (principalement biomasse qu’elle soit agricole, forestière, maritime ou issue de co-produits et de déchets) est en plein essor. De nombreuses avancées permettent aujourd’hui la fabrication de produits et substances biosourcées rentables et innovantes (voir dossier du mois de juin). Officiellement lancée en janvier 2017, la stratégie nationale pour la bioéconomie a fait entrer la France dans le cercle des nombreux pays européens qui s’inscrivent dans une volonté politique forte de diminuer leur dépendance au pétrole via un appel massif à la biomasse. L’originalité d’une telle politique tient au fait qu’elle doit unifier et construire une politique en la matière avec toutes les parties prenantes : des producteurs de biomasse aux transformateurs et utilisateurs ainsi qu’à la société civile (ONG environnementales notamment) afin de construire une économie sans pétrole, durable et circulaire. Le plan concret issu de cette stratégie est actuellement en discussion et une version finale doit être présentée mi-septembre.

Cependant, la bioéconomie n’est pas sans risque notamment celui de surexploitation des ressources naturelles ou d’atteinte à la sécurité alimentaire. Comme le soulignait le CESE dans son évaluation présentée en mars 2017 : elle nécessite un contrôle des autorités publiques pour assurer une vision à long terme, des règles stables d’accès aux ressources et d’affectation des sols, l’établissement de critères d’évaluation de la durabilité (environnementale, économique et sociale) tant au niveau local que national.

Un plan climat complémentaire

Le plan climat présenté par Nicolas Hulot le 6 juillet dernier doit donner le ton de ce quinquennat : faire entrer la France dans une économie décarbonée et qui met fin à l’appel massif aux énergies fossiles en cohérence avec les objectifs de l’Accord de Paris. Parmi les axes marquants de ce plan on peut ainsi noter : la fin de la commercialisation des véhicules essences et diesel pour 2040 et une production d’électricité sans énergies fossiles poursuivant une réduction de la part du nucléaire et la mise en place d’outils de finance verte et un soutien accru à la recherche scientifique.

Ces différents éléments sont des signes forts d’une volonté politique d’entrer dans une transition écologique. Reste à transformer ces objectifs en actions concrètes. Avec les budgets qui vont avec. Sachant que les « pays du pétrole » et les multinationales de l’énergie sont des lobbyistes puissants qui feront tout pour freiner cette transition tant qu’ils ne seront pas prêts à y trouver leur compte.

Sophie Hoguin

Recrutements de cadres : des niveaux inégalés entre 2017 et 2019

L’Association pour l’emploi des cadres a élaboré un modèle économétrique qui permet de déterminer des prévisions de recrutements de cadres à un horizon de 3 ans. Celui-ci met en évidence la relation étroite existant entre les recrutements de cadres, les investissements, la croissance et les départs à la retraite de cadres en poste. Le scénario retenu par l’Apec, dans le cadre de ce modèle est celui d’une « croissance soutenue ».

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Les conditions d’une reprise économique soutenue semblent enfin réunies après plusieurs années d’une croissance française atone ou au mieux bridée. En effet, dans la lignée d’un dernier trimestre 2016 bien orienté, elle devrait s’accélérer avec une hausse prévue du PIB de 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2017. Cette performance se rééditerait en 2018 et s’amplifierait jusqu’en 2019 pour atteindre +1,8 %.

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L’amélioration serait liée à différents facteurs au premier rang desquels, on retrouve l’investissement des entreprises. Portés par des perspectives d’activités bien orientées, ainsi que par le faible coût du capital et la progression du taux d’utilisation des capacités de production, les agents économiques devraient intensifier leurs dépenses d’investissement. Ceci malgré la fin de la mesure fiscale de suramortissement effective en avril 2017. Dans le même temps, l’investissement des ménages en biens immobiliers devrait se montrer dynamique, favorisé par des facteurs temporaires tels que l’assouplissement du prêt à taux zéro, la loi Pinel, et les taux d’intérêt bas.

Au total, la Formation Brute de Capital Fixe pourrait progresser de +2,3 % en 2017. Cette hausse gagnerait en intensité en 2018 (+2,9 %) et en 2019 (+3,3 %). Le secteur de la construction devrait également retrouver des couleurs, au même titre que l’industrie manufacturière, avec des carnets de commandes fournis.

La croissance française pourrait également s’appuyer sur une contribution positive du commerce extérieur. En effet, le millésime 2016 a été marqué par des contre-performances à l’exportation liées, d’une part à des événements exceptionnels (baisse de l’attractivité touristique, mauvaises récoltes, défaillance dans les chaînes de production d’Airbus) et d’autre part, à la faiblesse de la demande extérieure adressée à la France. En 2017, les entreprises exportatrices devraient tirer profit de la bonne tenue du commerce mondial et profiter de contrats d’envergure signés dans l’aéronautique. Mais surtout, les gains de compétitivité engrangés grâce au CICE et au Pacte de Responsabilité et de Solidarité pourraient leur permettre de reconquérir des parts de marché.

Seul bémol : la progression des dépenses de consommation des ménages pourrait se tasser. En cause, la baisse de leur pouvoir d’achat liée à la remontée des prix de l’énergie. Phénomène qui pourrait se traduire par la constitution d’une épargne de précaution.

Les créations nettes d’emplois devraient s’intensifier : 203 000 emplois salariés marchands seraient créés en 2017, selon l’Insee. Elles contribueraient à faire reculer le taux de chômage, dans un contexte où la progression de la population active devrait être moins soutenue. Néanmoins, la trajectoire de réduction du chômage pourrait s’avérer lente : le taux de chômage au sens du BIT s’établirait à 9,4 % (y compris DOM) à fin 2017, soit – 0,6 point sur un an (fin 2016, le taux de chômage des cadres calculé par l’Insee au sens du BIT s’élevait à 3,5%).

Les cadres pourraient tirer bénéfice de cette croissance soutenue. La part des cadres en poste au moment de leur départ à la retraite pourrait, dans cette configuration, se consolider et s’établir à 53 % en 2019.

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Si ces prévisions font l’objet d’un consensus fort de la part de différents instituts de conjoncture, il n’en demeure pas moins que l’ensemble des observateurs fait mention d’aléas importants :

Au niveau national : ceux-ci concernent la capacité de rebond des exportations françaises toujours potentiellement affectées par le déficit chronique de compétitivité du tissu productif français ainsi que par l’évolution de la consommation des ménages.  Au niveau international : l’impact à venir du Brexit, la situation géopolitique tendue au Moyen-Orient, les tentations isolationniste et protectionniste de l’administration Trump ou encore les menaces terroristes extrêmes sur le sol européen pourraient contrarier l’enchaînement vertueux qui se profile.

Enfin, selon le baromètre trimestriel de l’Apec, la confiance des entreprises est largement de mise. Elles sont ainsi 58% à avoir l’intention de recruter au moins un cadre au cours du 3ème trimestre 2017. Cette proportion est en hausse de 6 points par rapport à la même période il y a un an. Autre point fort de cet indicateur : si la proportion d’entreprises ayant recruté au deuxième trimestre 2017 est stable par rapport à 2016, c’est à un niveau élevé. Enfin, ces perspectives favorables devraient profiter à tous les profils de cadres, les entreprises se montrant notamment plus ouvertes aux embauches de jeunes diplômés et de cadres très expérimentés qu’il y a un an. (cf. Baromètre No 60 –3e trimestre 2017)

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En 2017, le nombre de recrutements de cadres augmenterait de 5 % et approcherait du seuil des 215 000. Cette prévision est proche de la médiane de prévision établie à partir de la dernière enquête annuelle de l’Apec menée auprès des entreprises fin 2016. Si ce chemin de croissance et d’investissement se confirmait, le volume de recrutements de cadres atteindrait en 2019 un niveau inégalé : il s’établirait à près de 237 000, après un peu plus de 225 000 en 2018.

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Source : Apec

Un monde bas carbone nécessitera beaucoup de ressources

Signer et ratifier l’accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100 était une très bonne chose. Désormais, la transition énergétique va nécessiter d’extraire une quantité record de minerais et de métaux. La Banque Mondiale s’est intéressée aux ressources nécessaires pour répondre à trois scénarios : un réchauffement limité à + 2°C, un autre s’envolant à + 4°C et un dernier à + 6°C. Évidemment, plus l’objectif est ambitieux, plus le besoin en métaux et minerais sera important.

Le rapport explore les ressources nécessaires pour répondre à l’explosion de trois technologies qui seront au cœur de la transition énergétique : l’éolien, le solaire et les batteries. Ainsi, les métaux et minerais concernés sont nombreux. Aluminium, cobalt, cuivre, fer, plomb, lithium, nickel, manganèse, terres rares (notamment néodyme), argent, acier, titane et zinc… tous sont concernés. Leur demande pourrait doubler. « L’exemple le plus significatif sont les batteries pour le stockage de l’électricité, pour lesquelles l’augmentation de la demande en métaux – aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel – est relativement modeste dans le scénario +4°C, mais prend plus de 1.000 % dans le scénario +2°C », préviennent les auteurs.

Ce constat s’applique aussi aux autres technologies. « Les technologies supposées alimenter le passage à une énergie propre – éolien, solaire, hydrogène et systèmes électriques – sont en fait significativement PLUS intensifs en matériaux dans leur composition que les centrales à énergie fossile traditionnelles », observe le rapport.

Des opportunités pour les pays riches en ressources?

Pour tirer profit de cette hausse de la demande sans saccager la planète, la Banque Mondiale incite les pays riches en ressources à l’anticiper. Notamment, elle les invite à adopter des stratégies de long terme pour investir judicieusement. Et définir des mécanismes appropriés pour préserver les populations locales et l’environnement.

«S’ils développent leur secteur minier de façon durable, les pays qui disposent des capacités et des infrastructures pour fournir les minéraux et les métaux nécessaires aux technologies propres auront une occasion unique de dynamiser leur économie », prévient Riccardo Puliti, directeur du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives de la Banque mondiale. Pour se positionner, ces pays devront parfaitement connaître le marché, et utiliser ces données pour élaborer des plans de développement, planifier des investissements et concevoir des activités durables. Pour que l’intensification des activités d’extraction et de production aient le moins d’impacts sur l’eau, les écosystèmes et les populations.

Quelle région pour quels métaux ?

Selon les auteurs, l’Amérique Latine pourrait jouer un rôle essentiel pour fournir le cuivre, le fer, l’argent, le lithium, l’aluminium, le nickel, le manganèse et le zinc nécessaires. L’ Afrique australe et la Guinée joueraient leur rôle pour le platine, le manganèse, la bauxite et le chrome.

Les sols de la Chine sont riches pour l’ensemble de ces métaux essentiels. Le pays restera un acteur de premier plan. L’Inde jouerait un rôle majeur pour le fer, l’acier et le titane. De leurs côtés, l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines auraient des opportunités pour la bauxite et le nickel. Les réserves découvertes en Nouvelle-Calédonie pourraient aussi fournir du nickel en quantité.

Des évolutions avant tout liées aux technologies

L’évolution de la demande en différents matériaux dépendra des politiques menées. Et ainsi du nombre d’éoliennes, de panneaux solaires et de véhicules électriques fabriqués. Mais elle sera avant tout menée par les choix technologiques qui seront retenus au niveau mondial. Ces derniers définiront le marché des matières premières sur les cinquante prochaines années, prévient l’étude. Par exemple, les trois principales catégories de véhicules alternatifs ont des impacts différents sur la demande de métaux. Si les véhicules électriques ont besoin de lithium, les véhicules hybrides préfèrent le plomb et les véhicules à hydrogène le platine.

Les auteurs notent que cette étude est un premier pas pour sensibiliser les différents acteurs à travailler ensemble. Ils évoquent bien évidemment d’autres secteurs à prendre en compte pour de futures études, notamment les transports, les bâtiments, l’industrie et l’usage des sols.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le miscanthus, pour du béton biosourcé

Un bon béton nécessite du sable, des granulats, de l’eau et du ciment pour lier les constituants entre eux. Pour économiser les ressources naturelles non renouvelables, Ciments Calcia et Alkern ont substitué les granulats par une version renouvelable à base de miscanthus. Ce nouveau matériau de construction est constitué en moyenne à 60% de broyats de miscanthus en substitution des granulats traditionnels. Ils ont ainsi obtenu un prototype de bloc de béton de 20x50x20 cm pesant 17 kg, un poids comparable au bloc classique. Le béton de miscanthus aura bientôt toute sa gamme : bloc standard, bloc poteau, planelle isolée et éléments de chaînage horizontal.

De nombreux essais de caractérisation du bloc en béton de miscanthus ont été validés ou sont toujours en cours, avec une étape clé à venir : le dépôt de la demande d’ATEx auprès du CSTB à l’automne. Pour une obtention prévue fin 2017. Cette procédure rapide d’évaluation technique est nécessaire pour son utilisation expérimentale en février 2018. Le béton de miscanthus sera alors déployé sur les 1.700 m2 de façade de 46 logements sociaux à Chanteloup-en-Brie (77). Ce permier chantier nécessitera 50 tonnes de miscanthus.

Structurer une nouvelle filière

Ce nouveau bloc en béton s’inscrit dans le projet de constitution d’une filière complète autour du miscanthus en tant que matériau biosourcé en Île-de-France. Un projet piloté par l’association Biomis G3 qui oeuvre depuis 4 ans à réunir partenaires institutionnels, coopératives agricoles, acteurs de la recherche et industriels. Avec pour objectif de produire et transformer localement la plante de miscanthus. A l’instar de ce qui a été fait dans la région châlonnaise où 450 hectares sont déjà cultivés.

Après transformation, le miscanthus peut être utilisé comme bioénergie, mais surtout dans le cas échéant comme biomatériau. « La culture du miscanthus sera possible si tous les acteurs des filières naissantes de production de matériaux agro-sourcés s’entendent pour construire une chaîne de valeur permettant une rentabilité partagée, au bénéfice d’une économie locale nouvelle », prévient Jérôme Mat, vice-président de Châlons-en-Champagne Agglo, délégué au développement économique.

Vous avez dit « miscanthus »?

Le miscanthus est une plante idéale, à l’instar du chanvre. Il pousse sans pesticides et sans irrigation sur tous les sols. « Le fait que sa culture s’adapte idéalement aux terres polluées, dégradées ou délaissées, s’avère un atout phare, note Ciments Calcia. Elle n’entre pas ainsi en concurrence avec l’agriculture alimentaire ; la production de miscanthus s’inscrit au contraire en complément de ressources et débouchés économiques pour les agriculteurs ».

La production s’échelonne sur une durée de 15 à 20 ans sans ressemer ni engrais. Par ailleurs, elle est stérile, à rhizome et non invasive. Chaque hectare cultivé produit jusqu’à 10 tonnes de miscanthus par an. En développant sa culture sur chaque territoire, il réduirait l’empreinte carbone du bâtiment en économisant le transport de granulats sur de longues distances.

Un matériau performant ?

La résistance thermique du bloc en béton de miscanthus s’élève à 0,7 mètres carrés-kelvins par watt (m2.K/W) contre 0,2 pour les blocs traditionnels. Le matériau obtenu est donc trois fois plus isolant que le béton classique. Il répond ainsi aux spécificités de la RT 2012 et de la future réglementation environnementale RE 2018. Un avantage certain, alors que le surcoût ne serait que de 2%.

Ce biomatériau a aussi démontré son efficacité en matière de confort acoustique avec une atténuation des bruits de 54 décibels lorsqu’un mur est enduit sur une face. Sa tenue au feu est également exceptionnelle : 4 heures.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Paris mise sur le réemploi dans le bâtiment

Le réemploi se développe doucement dans le bâtiment. Objectif: diminuer les déchets, dans un secteur qui produit environ 50 millions de tonnes de déchets par an en France, dont 14 millions en Ile-de-France.

Dans ce cadre, la Ville de Paris fait figure de pionnier en France. En témoigne notamment la volonté de la mairie de Paris de s’engager dans le développement de filières de réemploi et de recyclage pour ses bâtiments publics, dans le cadre de son premier Plan d’économie circulaire 2017-2020. Paris devient ainsi la première collectivité française à définir une telle stratégie.

  • Le réemploi dans les bâtiments à Paris
  • La feuille de route du Plan économie circulaire de Paris vise notamment à développer l’économie circulaire dans le bâtiment et les travaux publics. « L’objectif dans le BTP est de passer de la démolition à la déconstruction », prévient  Antoinette Guhl, adjointe à la Maire de Paris chargée de l’économie sociale et solidaire, de l’innovation sociale et de l’économie circulaire. D’ici 2020, l’idée est d’entreprendre une dizaine de chantiers de déconstruction, dans le public. Certains sites sont déjà identifiés: la caserne de Reuilly, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, la crèche Max Jacob, l’école d’Alembert à Montévrain…  Avec pour objectif d’obliger tout porteur de projet à réaliser un diagnostic de réemploi, via les permis de construction ou de démolition, dès 2020.
  • Ce développement nécessite un atelier municipal du réemploi de matériaux pour les travaux de construction, de maintenance ou de réhabilitation des 3.600 bâtiments municipaux parisiens. Avec ses 2.000 m2, ce sera le rôle de l’atelier Bédier. « Ce sont des ateliers de menuiseries, d’électricité, des lieux de stockage et qui permettent aux agents de la ville de récupérer tous ces matériaux pour les remettre en l’état afin qu’ils soient réutilisés dans d’autres bâtiments de la ville », résume Antoinette Guhl. L’administration parisienne aura de son côté à travailler aux normes d’intégration du réemploi et de sécurité avec les pouvoirs publics. Avec pour objectif de systématiser le recours au réemploi et à la réutilisation en 2019.

Mailler le territoire parisien

Le réemploi peut s’envisager à plusieurs échelles. In-situ, à l’échelle d’un éco-quartier où déconstruction, tri, reconditionnement, transformation, stockage et réutilisation sont menés de front. Mais aussi en trouvant  des chantiers dont la date et la durée correspondent à l’opération. Cela impose, très en amont du chantier, l’identification des gisements de matériaux de réemploi dans l’environnement du site. Enfin, lorsque cela n’est pas possible, il convient de regrouper les matériaux sur des plateformes locales de reconditionnement et de stockage. Ces dernières pourront aussi accueillir les surplus de chantier ou les invendus de négoce.

Pour organiser cette construction circulaire, Paris va déjà recenser et cartograpier les espaces disponibles qui pourraient être utilisés comme plateforme de conditionnement et stockage, sur une ou deux zones expérimentales. Plateformes existantes, en cours de création ou programmées, entreprises disponibles pour un temps fini (pour des plateformes éphémères) seront recensées. Avec pour objectif de cartographier l’offre de stockage et de reconditionnement sur tout le territoire parisien d’ici 2020.

Un tissu à construire pour changer d’échelle

En juillet 2016, l’ADEME a rendu un rapport sur les principaux freins au réemploi. Ils sont d’ordre technique, juridique, économique, liés à l’environnement et à la santé ou encore aux perceptions et pratiques des acteurs. Les principaux freins sont la structuration des pratiques et l’organisation logistique. Le réemploi nécessite aussi une adaptation des contrats de garantie.

En attendant que le cadre juridique soit bien défini, Paris souhaite construire l’offre. La Ville va ainsi répertorier les possibilités de réemploi et identifier les gisements de produits réemployables. Mais aussi mettre en relation les acteurs du réemploi. Le réemploi pourra alors trouver sa place dans des marchés de commandes publiques ou privée, pour des opérations de réhabilitation, voire de construction neuve, d’habitats ou de bureaux.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Nano-électronique : un monde plein d’exotisme

L’électronique nanométrique n’en est qu’à ses balbutiements. Elle revisite les moyens de stocker et déplacer de l’information numérique. Elle s’appuie sur des matériaux déjà connus dont on découvre de nouvelles propriétés en explorant les changements d’états de la matière et leur transition au niveau nanométrique et sur des matériaux plus récents comme les matériaux bidimensionnels. Elle fait intervenir une physique quantique qui va certainement offrir un avenir radieux, mais pour l’instant imprévisible, à l’électronique.

Le spin est idéal !

Toute une nouvelle électronique s’appuie aujourd’hui sur la notion de spin dans les électrons. On est donc passé d’une électronique fondée uniquement sur des déplacements de charges électriques liés aux électrons -principalement dans des matériaux semi-conducteurs – à une électronique qui s’appuie sur des propriétés magnétiques. En effet, le spin quantique des électrons est l’équivalent quantique du moment cinétique en physique classique. Et pour l’électron son spin est responsable aussi de son moment magnétique. Quand on applique un champ magnétique spécifique, le spin de l’électron bascule d’une orientation à l’autre. Cette propriété est à la base de la spintronique. Les recherches en spintronique sur des matériaux multicouches somme toute assez simples (alternance de couches ferrogmagnétiques et de couches isolantes) ont mené à la découverte en 1988 de l’effet de magnétorésistance géante (GMR) par les équipes d’Albert Fert (Paris-Sud) et Peter Grünberg (Université de Cologne) qui leur a valu un prix nobel en 2007. La GMR (via l’introduction d’une magnétorésistance à effet tunnel) a permis de multiplier par 1000 la capacité des disques durs des ordinateurs courants et est à la base des mémoires MRAM (Magnetoresistive random-access memory). Ce type de mémoire informatique a été pour l’instant réservée à des secteurs de haute technologie (aéronautique, spatial et militaire ou automobile) car très fiable y compris dans des conditions extrêmes mais encore très chère. Ses performances et la maîtrise de leurs productions commencent à en faire de réel composants compétitifs face aux autres technologies support de l’informatique. Notamment via le développement de nouveaux types de commandes des MRAM (pour créer des STT-RAM – spin-transfer torque) qui devrait aboutir d’ici 2018 à des intégrations dans des secteurs plus grand publics.

Des ondes de spin aux skyrmions

A côté de ce travail sur la spintronique, les physiciens se sont intéressés aux ondes de spin. En effet, dans des matériaux magnétiques ordonnés chaque spin est en interaction avec les spins voisins et quand on en modifie un, ses voisins le sont de proche en proche provoquant une onde de spins. Ces ondes transportent de l’énergie par petites quantités bien définies, les magnons. La magnonique est donc l’électronique des ondes de spin qui, à l’instar d’autres types d’ondes, peuvent coder de l’information par modulation de leur phase, de leur amplitude ou de leur fréquence. Les physiciens ont donc commencé à travailler sur les cristaux magnoniques qui consistent en des empilements périodiques de couches magnétiques qui selon leur structure et leur composition ne laissent se propager que certaines fréquences d’ondes de spins. Parmi les autres matériaux qui sont étudiés comme support à la magnonique, on trouve des matériaux multiferroïques (présentant des propriétés de ferromagnétisme, ferroélectricité et/ou ferroélasticité), redécouverts dans les années 2000. Le composé le plus étudié est le ferrite de bismuth, un oxyde de fer et de bismuth (BiFeO3), abrégé en BFO qui présente, à température et pression ambiantes, des propriétés ferroélectriques et ferromagnétiques couplées.

Dans la continuité de l’étude des spins, les chercheurs se sont intéressés aux skyrmions. Ces derniers sont des tourbillons de spins qui ont la particularité d’être stables, lisibles, déplaçables effaçables « assez facilement » et avec très peu d’énergie. Ils pourraient donc être de bons candidats pour le stockage de données ultra miniature (un disque dur de la taille d’une pièce de 1 centime). Ils ont été observés à la surface de matériaux aussi divers que des supraconducteurs, des couches minces magnétiques, des cristaux liquides.

Les isolants topologiques, ces nouveaux métaux

Les isolants topologiques sont des matériaux dont certains étaient connus pour leurs propriétés thermoélectriques mais qui ont été dévoilés comme matériaux conducteurs en 2005. Ces matériaux ont une structure de type isolante mais présentent pourtant à leur surface des états « métalliques ». Ils sont donc isolants en volume et conducteurs en surface. L’antimoine via l’antimoniure de bismuth (qui sera le premier isolant topologique 3D a être réalisé) ou encore le mercure ont été à la base du développement de tels matériaux. Mais leur manipulation dangereuse a conduit à se tourner vers d’autres composant tels que des cristaux à base de bismuth. En 2012, de nouveaux matériaux topologiques sont détectés dans des sels de plomb et d’étain (étain+tellure par exemple). Quel intérêt pour l’électronique ? Le couplage entre direction du spin et courant. En effet, à la surface de ces matériaux tous les électrons se propageant dans une direction ont un spin identique, ce qui permet de contrôler des courants de spins sans avoir recours à des matériaux magnétiques.

Quand la lumière fait l’électronique

D’un côté les scientifiques jouent avec les interactions électricité/magnétisme et d’un autre avec électricité et lumière. C’est le domaine de l’opto-électronique.  Parmi les différentes voies explorées actuellement, on peut citer la plasmonique et et les propriétés particulières des dichalcogénures de métaux de transition (DMT).

La première concerne l’étude des plasmons de surface. Les plasmons sont des ondes de densité d’électrons ressemblant à des vagues qui sont générées dans certaines conditions par un rayonnement électromagnétique (la lumière notamment) à l’interface entre un métal (ou de certains composés bidimensionnels comme le graphène) et un matériau diélectrique comme l’air ou le verre. Les possibilités ouvertes par l’étude des plasmons sont assez vertigineuses allant de l’augmentation du rendement de diodes électroluminescentes ou de la résolution des microscopes à la transmission de données de circuits intégrés via des nanofils.

Assimilé aux matériaux 2D, les dichalcogénures de métaux de transition (DMT), dont le plus étudié est le disulfure de molybdène (MoS2), ont des propriétés très particulières pour l’optoélectronique. Ils ont en effet la capacité de transformer la lumière en électricité et vice-versa. Leur potentiel pourraient donc se développer dans des sources de lumière miniature, des systèmes d’affichages souples dont les premiers prototypes ont d’ailleurs déjà été testés.

Non les oxydes ne sont pas rouillés

Depuis une dizaine d’années, on a redécouvert un intérêt aux oxydes métalliques, composés d’un atome d’oxygène couplé à des atomes de métal de transition comme le cuivre ou le zinc. Leurs atouts pour l’électronique ? L’instabilité de leur structure cristalline particulière (structure pérovskite) lors de baisse de température par exemple qui engendrent chez eux des états possibles très différents : isolants, conducteurs, magnétiques, ferroélectriques, piézoélectrique etc. En variant les métaux utilisés on peut en faire des capteurs sensibles. Le BFO dont on a parlé précédemment en est un. Mais on a aussi découvert, une propriété inattendue, deux oxydes isolants mis en sandwichs créent à leur jonction une interface conductrice voire supraconductrice. Le phénomène a été mis en évidence en 2004 entre un oxyde de lanthane et d’aluminium (LaAlO3) et un oxyde de strontium et de titane (SrTiO3). Aujourd’hui on est capable de fabriquer de petits transistors utilisant des oxydes. L’oxytronique étudie les très nombreuses possibilité des ces structures que l’on peut empiler et combiner pour donner encore de nouveaux matériaux.

Où l’on retrouve encore les métaux de transition

Dans la catégorie matériaux bidimensionnels, le graphène et ses cousins (voir cet article) présentent de nombreuses potentialités, même si elles ont encore du mal à se concrétiser.

Assimilé aux matériaux 2D, les DMT et notamment le disulfure de molybdène évoqué plus haut,  sont aujourd’hui à l’origine de quelques avancées dans l’électronique à base de matériaux bidimensionnels. Ainsi, le MoS2 a servi au premier transistor à base de DMT et vient d’être le support au premier microprocesseur de l’électronique bidimensionnelle : un microprocesseur d’un bit intégrant 115 transistors à base de MoS2. Même si on est loin des capacités d’un microprocesseur standard en silicium cette réalisation est une percée importante dans ce champ de recherche. Et tout comme avec les oxydes, ces DMT peuvent être associés entre eux ou avec du graphène et d’autres matériaux 2D pour donner des matériaux aux propriétés très performantes qu’il reste à découvrir et à maîtriser.

Un travail de fourmi titanesque

Le constant va-et-vient entre la découverte de la physique nanométrique d’un côté et la découverte de matériaux aux propriétés inattendues donnent un foisonnement de la recherche qui ouvrent de nombreuses voies pour le développement d’une électronique nanométrique. Mais la concrétisation vers des productions industrielles prend et prendra encore du temps. Les techniques de fabrication des matériaux et les outils pour leurs études sont encore extrêmement récents. Et l’exploration de ce nouveau monde constitue un travail de fourmi titanesque…

Sophie Hoguin

Electronique : dans la famille 2D, je voudrais les cousins du graphène

Le graphène commence à tenir ses promesses pour de nombreuses applications : électrodes, nouveaux dispositifs médicaux, isolation thermique ou magnétique… Mais pour l’électronique, ça coince un peu. Cependant, la recherche est très active pour pallier les défauts du graphène ou lui trouver un cousin qui pourrait remplacer l’électronique à base de silicium.

De la haute couture en terre inconnue

Même si l’on peut égrener les impressionnantes propriétés du graphène ou de ses cousins, les matériaux dits en deux dimensions (2D), les applications commencent tout juste à émerger et en électronique on très loin du compte. Pourquoi ? D’une part, il faut bien avoir à l’esprit que l’on travaille sur des nanomatériaux et qu’à l’échelle de l’atome la matière a des propriétés et des capacités très différentes qu’à l’échelle micro ou macroscopique. On évolue donc dans un domaine encore mal connu, doté d’une mécanique quantique relativiste, compliquée et souvent onéreuse à mettre en œuvre et où la production tient plus de la haute couture que du process industriel. Et pour compliquer le tout, si l’on prend l’exemple du graphène c’est un matériau anisotrope, c’est-à-dire que les propriétés à la surface ne sont pas les mêmes que sur les bords et qu’un graphène en feuille se comportera différemment d’un graphène en paillette (qui aura beaucoup plus de bords). Les dix dernières années ont donc servi à caractériser les différentes propriétés dans de nombreux environnements différents, dans des configurations différentes et à chercher les moyens de produire du graphène le plus pur possible dans des conditions acceptables pour l’industrie.

Electroniquement pas viable !

Le graphène est un champion pour transporter les électrons rapidement. Mais le problème, c’est qu’il ne possède pas de bande interdite, il n’est pas semi-conducteur donc on ne peut pas arrêter le transport à la demande. Du coup, difficile de fabriquer des composants électroniques dont le fonctionnement de base est de pouvoir alterner allumé/éteint (des 1 et des zéros). De nombreuses recherches visent à changer le graphène en semi-conducteur. Et, Les scientifiques ne mettant pas tous leurs œufs dans le même panier, ont, en parallèle, commencé à chercher des cousins du graphène semi-conducteurs.

Du silicène aux faux 2D

Parmi les nombreux cousins du graphène, le silicène a fait naître de grands espoirs. Dans ce composé, les atomes de carbone sont remplacés par des atomes de silicium. Mais lui, il est semi-conducteur. Le hic : il n’existe pas à l’état naturel et sa synthèse n’est pas aisée. En outre, quand en 2015, on a réussi à fabriquer le premier transistor en silicène, il n’a vécu que 2 minutes, car ce matériau s’oxyde extrêmement vite… Encore quelques années de recherche en perspective !

Sur le même modèle de nombreux autres cousins ont été synthétisés et sont actuellement testés : germanène (à base de germanium), stanène (étain), phosphorène (phosphore)… mais tous ces matériaux ont des propriétés inconnues et leur synthèse ne date que de 2014/2015. Reste donc à les caractériser avant de pouvoir en faire des composants électroniques. C’est aussi le cas, pour d’autres composés, alliant cette fois des atomes différents, qui dérivent directement du graphène ou qui sont basés sur le bore par exemple.

Graphane & co et composés borés

A partir du graphène, on a commencé à fabriquer du graphane, par hydrogénation du graphène. Le graphane présente un très bon potentiel pour le stockage de l’énergie sous forme d’hydrogène et offre aussi des potentialités en électronique car sa valeur de gap (bande interdite) est variable selon l’hydrogénation, processus que l’on maîtrise assez bien. D’autres composés sont nés en cherchant à fonctionnaliser le graphène : sur le modèle du graphane, le fluorographène (carbone + fluor), le chlorographène (carbone + chlore) qui sont des semi-conducteurs. Là encore, les chercheurs n’en sont qu’au début de la caractérisation de ces composés. Les recherches portent aussi beaucoup sur des matériaux 2D à base d’atomes de bore car celui-ci est proche du carbone dans la classification atomique et les borures sont souvent très stables. Cela a abouti par exemple à la fabrication de feuillets monocouche de diborure de magnésium ou encore d’un composé organique 2D à base de bore-carbone-azote. Chacun de ces composés offre des propriétés électroniques, thermiques, magnétiques, optiques particulières et souvent performantes. Mais on est encore loin d’une fabrication industrielle.

Aussi, aujourd’hui, une seule conclusion semble s’imposer  : bien malin sera celui qui pourra prédire si l’un de ces composés finira par être le grand gagnant d’une nouvelle électronique basée ou inspirée du graphène !

Sophie Hoguin

La turbulence des noyaux planétaires excitée par les marées

Les scientifiques s’accordent à dire que la formation et le maintien des champs magnétiques résultent d’écoulements de fer dans le noyau liquide. Les discussions se compliquent quand il s’agit de déterminer ce qui permet à ces masses colossales de se mouvoir. Le modèle dominant se base sur le lent refroidissement des astres, qui entraîne une convection, qui crée à son tour de grands tourbillons de fer fondu parallèles à l’axe de rotation du corps céleste. Or, les petites planètes et les lunes se refroidissent trop vite pour qu’un champ magnétique puisse encore s’y maintenir par convection, plusieurs milliards d’années après leur formation. Des chercheurs de l’IRPHE (CNRS/Aix Marseille Université/Centrale Marseille) et de l’université de Leeds ont donc présenté un modèle alternatif où ce sont les interactions gravitationnelles entre les astres qui agitent le noyau.

Les marées, produites par ces interactions gravitationnelles, déforment en effet le noyau périodiquement et amplifient les mouvements ondulatoires naturellement présents dans le fer liquide en rotation. Ce phénomène finit par produire un écoulement complètement turbulent, dont la nature n’est pas encore bien comprise. Afin de l’étudier, les chercheurs ont utilisé un modèle numérique d’une petite parcelle d’un noyau planétaire, plutôt qu’une simulation du noyau dans son ensemble, qui serait bien trop gourmande en puissance de calcul. Cette approche permet de caractériser finement les mouvements créés dans les régimes géophysiques extrêmes, tout en gardant les ingrédients physiques essentiels. Les chercheurs ont ainsi montré que la turbulence résulte d’une superposition d’un très grand nombre de mouvements ondulatoires qui échangent entre eux en permanence de l’énergie. Cet état particulier, appelé turbulence d’ondes, peut être vu comme un analogue en trois dimensions du mouvement de la surface de la mer, loin des côtes.

Ces travaux ouvrent la voie à de nouveaux modèles permettant de mieux comprendre et prédire les propriétés du champ magnétique des astres. Ce modèle de marées s’appliquerait à tous les corps en orbite, suffisamment déformés par les étoiles, planètes ou lunes voisines.

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© Thomas Le Reun / Institut de recherche sur les phénomènes hors équilibre (IRPHE, CNRS/Aix Marseille Université/Centrale Marseille) Gauche : simulation d’une parcelle cubique située au sein du noyau liquide d’une planète déformée par les effets de marées. En concentrant leurs efforts numériques sur ce domaine réduit, les chercheurs ont accédé à des régimes proches des régimes planétaires. L’écoulement prend alors la forme d’une superposition d’ondes qui interagissent non-linéairement jusqu’à former une turbulence tridimensionnelle d’ondes inertielles (cf. champ de vorticité verticale au centre), en opposition aux modèles classiques où l’écoulement évolue vers des structures tourbillonnaires à plus grande échelle, alignées avec l’axe de rotation (cf. champ de vorticité verticale à droite).

Source : cnrs

Reach 2018 : tous concernés !

En réalité, la date du 31 mai 2018 tient plus du couperet que de la date butoir. En effet, pour être sûr qu’une substance chimique puisse être mise sur le marché européen ou continuer à l’être après cette date, il faut qu’elle ait été enregistrée auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Un processus qui peut prendre un an et dont le coût doit être provisionné (en moyenne 70 000 euros). Depuis plus de 10 ans que le règlement Reach est entré en vigueur, les obligations d’enregistrements des substances ont été progressives : d’abord celles produites dans les plus grands volumes et celles identifiées comme étant cancérogènes, reprotoxiques ou mutagènes (CMR) et maintenant celles produites à partir d’une tonne par an. Cette troisième phase est certainement la plus critique car elle concerne nombre de petites et moyennes entreprises formulateurs, fabricants et importateurs de substances chimiques et surtout tous leurs clients utilisateurs ou distributeurs menacés d’une rupture d’approvisionnement si l’enregistrement n’a pas été fait à temps.

« Pas de données, pas de marché »

« Pas de données, pas de marché », c’est le principe de base qui régit le règlement Reach. Après la phase d’inventaire qui s’achève le 31 mai 2018, toute nouvelle substance qui veut être mise sur le marché doit être enregistrée. C’est-à-dire que le metteur sur le marché doit fournir les informations sur les risques qu’elle présente pour les travailleurs, les utilisateurs ou l’environnement avant d’être autorisée à la commercialisation. Ce travail de recensement phénoménal a pour l’instant donné lieu à la publication par l’Echa de 15 000 fiches de produits sur son site. Avec cette troisième phase qui concerne toutes les substances produites à partir d’une tonne par an, l’Echa s’attend à recevoir quelque 60000 dossiers d’enregistrement. Mais en juillet, seuls 10 000 ont été soumis.

Vigilance pour tous les utilisateurs

Les autorités ont une réelle crainte que les plus petites entreprises ne comprennent pas à quel niveau elles sont concernées et qu’elles omettent les démarches nécessaires. En effet, tous les types de substances sont concernées : naturelles, organiques, métaux qu’elles soient utilisées seules ou en mélange et incorporées ou non dans des produits finis comme des meubles, de l’électro-ménager ou des produits de nettoyage. Ainsi, si l’obligation d’enregistrement concerne à peu près 50 000 entreprises françaises, les entreprises utilisatrices, elles sont au nombre d’1,7 million. Ces dernières doivent absolument s’assurer auprès de leurs fournisseurs que les substances chimiques qu’elles utilisent sont bien enregistrées. Cela nécessite donc un inventaire des substances utilisées et dans le cas où l’enregistrement ne serait pas fait à temps, la nécessité de trouver une solution de rechange (reformulation par exemple). En cas d’utilisation d’une substance non enregistrée les utilisateurs seront dans l’illégalité tout comme le distributeur ou le fabricant.

Des ressources à tous les étages

Afin de s’assurer que le maximum d’acteurs se sentent concernés et prennent les bonnes dispositions à temps, toutes les ressources sont mobilisées : le service d’assistance gratuit Helpdesk de l’Ineris qui fait depuis 2016 des journées d’intervention dans toute la France, les différentes chambres consulaires et d’agriculture qui proposent différents services allant de journées d’information à des formations aux outils et au processus liés à Reach, les fédérations professionnelles qui alertent leurs adhérents sur les risques et les obligations… Le ministère lui fait le battage médiatique et organise deux journées à la rentrée, les 4 et 5 septembre, pour accentuer encore la prise de conscience des TPE et PME françaises.

Par Sophie Hoguin

Revue de presse anglophone #8

  • Google va faire évoluer sa page d’accueilgoogle200

Source : The Guardian

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  • Investir dans le Bitcoin, oui mais comment ?bitcoin200

Source : The Guardian

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  • Apple, Alphabet, Amazon, Facebook, Microsoft pèsent gafa200ensemble 3000 milliards de dollars

Source : Techcrunch

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  • Donald Trump a-t-il vraiment dit au revoir aux accords de Paris ?trump200

Source : Scienceblogs

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  • A quoi ressemble une éclipse solaire vue de l’espace ?eclipse200

Source : New York Times

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Le secret des cycles magnétiques des étoiles

Le champ magnétique des étoiles est engendré par les mouvements convectifs turbulents du fluide conducteur présent dans leur cœur (par effet dynamo¹ ). Celui du Soleil se renverse tous les onze ans, phénomène qui s’accompagne de phénomènes éruptifs très énergétiques, pouvant dégrader des systèmes électriques et de communicationssur Terre ou à bord de satellites. D’autres étoiles présentent aussi des cycles magnétiques, d’une année à plusieurs dizaines d’années.

Une collaboration internationale incluant le CEA, le CNRS et l’Université Paris Diderot² a simulé en 3D l’intérieur d’étoiles semblables au Soleil afin d’expliquer l’origine des cycles de leur champ magnétique. Les scientifiques ont mis en évidence l’existence d’une rétroaction forte entre le champ magnétique de l’étoile et les écoulements qui l’animent, dont un important « profil de rotation interne ». Les modulations temporelles de cette rotation interne déterminent en définitive la période du cycle. La découverte de cette loi d’échelle sur la période du cycle magnétique d’une étoile à partir de simulations 3D turbulentes auto-cohérentes (voir encadré) est une première mondiale. Ces résultats, obtenus grâce aux grands calculateurs GENCI, PRACE et ComputeCanada, sont publiés dans la revue Science.

La force des simulations auto-cohérente

En physique, une simulation auto-cohérente, ou modèle ab initio, garantit un modèle basé sur les principes premiers de la physique ne faisant intervenir aucun paramétrage ad-hoc. En particulier, les champs magnétiques et les écoulements à l’intérieur de l’étoile évoluent ici de façon conjointe et sont interdépendants, ce qui a permis aux chercheurs de mettre en lumière ce mécanisme nouveau à l’origine des cycles magnétiques stellaires.

Les simulations du magnétisme des étoiles de type solaire permettront de préparer l’exploitation scientifique des missions Cosmic Vision de l’ESA Solar Orbiter et PLATO, dont les lancements sont respectivement prévus en 2018 et 2024. Elles renouvellent l’interprétation théorique des cycles magnétique stellaires et replacent l’étude du Soleil au cœur de notre compréhension de la dynamique des étoiles.

Une dynamo fondamentalement non-linéaire

Si on zoome sur le cœur du Soleil, on observe aussi au sein du fluide conducteur, en plus de mouvements à grande échelle, un écoulement turbulent multi-échelles, issu de l’instabilité de la convection. Celui-ci est localisé dans la coquille sphérique externe de notre étoile, de 0,7 rayon solaire jusqu’à la surface. L’ensemble de ces deux types d’écoulements, à grande échelle et multi-échelles, joue un rôle essentiel dans la restructuration périodique du champ magnétique via ses composantes poloïdales³ et toroïdales. Un mécanisme complexe, aujourd’hui bien compris, permet ainsi « d’auto-entretenir » un champ magnétique global de grande échelle. Dans certains cas, comme pour le Soleil, ce champ magnétique global oscille sur une période décennale. Grâce à leurs simulations, les chercheurs ont pu montrer que la rotation de l’étoile influence l’efficacité du transfert d’énergie (non-linéaire) entre certains écoulements à grande échelle et le champ magnétique. Ce phénomène détermine ultimement la période du cycle, qui décroit avec le nombre de Rossby, un nombre sans dimension très utilisé en dynamique des fluides géophysiques.

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Observation du champ magnétique azimutal, en fonction de la latitude et du temps. On observe que le champ magnétique se renverse régulièrement et oscille entre des phases symétriques (même signe de part et d’autre de l’équateur par exemple entre 100 et 140 ans) et antisymétriques (signe opposé par exemple entre 240 et 320 ans) par rapport à l’équateur. @DAp/CEA-AIM-Université de Montréal

Le cycle magnétique des étoiles de type solaire

Grâce à différents programmes d’observations, les chercheurs disposent aujourd’hui d’informations sur la durée des cycles magnétiques d’étoiles de type solaire, dont ils connaissent souvent la luminosité avec une bonne précision, en plus de leur rotation et de leur cycle magnétique. En observant de plus en plus d’étoiles, les astrophysiciens espèrent affiner ce nouveau scénario de l’origine du cycle magnétique des étoiles.

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Ratio de la période du cycle magnétique et de la période de rotation en fonction du nombre de Rossby dans les simulations 3D turbulentes (à gauche). Une loi de puissance qui décroit avec le nombre de Rossby est obtenue du fait de la forte non-linéarité de la dynamo opérant dans ces simulations. A droite, on observe le même ratio en fonction de la luminosité de l’étoile (normalisée à la période de rotation de l’étoile). Dans ce diagramme sont ajoutés le Soleil (cercle mauve avec un point en son centre) et d’autres étoiles de type solaire (étoiles cyan, losanges orange) pour lesquelles un cycle magnétique a été observé. Les étoiles jumelles du Soleil sont surlignées en mauve. Les simulations (disques bleu) croisent le point solaire sans ajustement de paramètres. Les lignes brisées verticales correspondent à des étoiles pour lesquelles deux périodicités magnétiques ont été identifiées. @DAp/CEA-AIMUniversité de Montréal

1 L’effet dynamo consiste en la génération spontanée d’un champ magnétique au sein d’un liquide conducteur en mouvement.
2 Au sein du laboratoire Astrophysique, instrumentation, modélisation (AIM) à Paris-Saclay.
3 C’est-à-dire le long des méridiens.
4 C’est-à-dire le long des parallèles.
5 Le nombre de Rossby mesure le rapport entre les forces d’inertie et la force de Coriolis qui s’applique à un fluide dans un repère tournant. Un faible nombre de Rossby correspond à une situation où l’effet de la rotation (Coriolis) domine l’advection du fluide, comme dans le cas par exemple de la circulation océanique globale sur Terre.

Références : Reconciling solar and stellar magnetic cycles with nonlinear dynamo simulations. Strugarek A., Beaudoin P., Charbonneau P., Brun A.S., Do Nascimento Jr J.D. Publié dans la revue Science (2017)

Source : cnrs

Pétrole : La stratégie de l’OPEP tend vers l’échec

D’ordinaire, les membres de l’OPEP s’entendent sur des quotas, et pour certains ne les respectent pas toujours. Cette fois-ci, l’Equateur joue carte sur table et a annoncé cette semaine publiquement par le biais de son ministre de l’Energie, Carlos Perez, que la réduction de 26 000 barils jour (bj) ne pourra être mise en œuvre pour des raisons fiscales. En juin, le pays sud-américain a extrait 527 000 bj.

Surabondance

La décision de l’Equateur n’a pas un grand impact face aux 32,5 millions de barils jour que pèse l’OPEP, mais elle pourrait inciter d’autres pays membres en mal d’argent (Venezuela, Algérie, notamment) à ne pas remplir leurs engagements. Une réflexion liée au faible impact de l’ambitieux accord signé en décembre dernier entre l’Organisation et la Russie visant à donner un signal fort au marché. Il prévoyait une réduction de 1,2 Mb  à partir du 1er janvier 2017, grâce notamment à la Russie qui avait accepté de baisser de 600 000 bj ses exportations, soit à elle seule, la moitié de l’effort consenti. Cela a provoqué dans un premier temps une remontée des cours qui n’a pas durée.

Sept mois plus tard, le prix du baril est toujours au même niveau (48$). Pire, l’élection du très pro-hydrocarbures Donald Trump à la présidence des Etats-Unis laisse présager que l’Oncle Sam va tout faire pour maintenir son rang de premier producteur mondial, devant l’Arabie Saoudite et la Russie.

Romain Chicheportiche

Le parlement européen veut renforcer la vie privée des citoyens

Les députés du parlement européen sont peut-être sur la liste noire des agences de renseignement ! Alors que le texte de la Commission européenne reste très vague sur le niveau de sécurité que doivent respecter les fournisseurs de services de communication, ces parlementaires affirment vouloir imposer le chiffrement de bout en bout qui rend impossible d’intercepter en clair les messages ! « Les fournisseurs d’un service de communication électronique doivent veiller à ce qu’il y ait une protection suffisante contre les accès non autorisés ou les modifications apportées aux données des communications électroniques, et que la confidentialité et la sécurité de la transmission soient également garanties par la nature des moyens de transmission utilisés ou par du chiffrement de bout en bout dernier cri ».

« De plus, ajoute le texte, lorsque le chiffrement des communications électroniques est employé, le déchiffrement, l’ingénierie inverse ou la surveillance de ces communications sont interdits. Les États membres n’imposent aucune obligation aux fournisseurs de services de communications électroniques qui entraîneraient un affaiblissement de la sécurité et du chiffrement de leurs réseaux et de leurs services ».

Le chiffrement : une solution contre l’espionnage économique

Pas de quoi satisfaire la DGSI qui affirme que le chiffrement entrave ses actions. Par exemple, ses services ne peuvent pas consulter certains messages (ceux qui sont chiffrés) de la messagerie sécurisée russe Telegram. Évidemment, certains députés prétendent que ce service n’est utilisé que par les terroristes, oubliant un peu vite de préciser que des hommes politiques l’utilisent eux-mêmes !

Autre bête noire : WhatsApp. Ce logiciel de messagerie instantanée utilisé par plus de 600 millions de personnes, et propriété de Facebook, a aussi adopté le protocole de TextSecure. Développé par Whisper Systems et conseillé par Edward Snowden, il permet un chiffrement de bout en bout des messages.

Mais en France tout le monde n’est pas contre le chiffrement. Guillaume Poupard, le patron de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), estime même qu’il faut au contraire l’encourager, « voire réglementairement l’imposer dans les situations les plus critiques ». Pour cet expert, le chiffrement garantit la protection des données sensibles des entreprises. Il permet de limiter les risques d’espionnage économique.

Philippe Richard

Episode #2: La sélection

Au centre d’un des aéroparkings de la tour, Will attendait l’aéronef qui allait peut-être l’emmener vers son nouveau destin en compagnie de onze autres personnes, toutes quasiment aussi jeunes que lui. S’il trépignait d’impatience, ses nouveaux compagnons semblaient anxieux, inquiets, et certains étaient même particulièrement bizarres. Détournant le regard du désolant spectacle que lui renvoyaient ses voisins, Will se concentra sur le coucher de Soleil. Sur un fond de ciel brunâtre et changeant, il ornait les tours de verre de courbes iridescentes, tandis qu’encore quelques centaines d’aéronefs volaient vers de mystérieuses destinations. Un aéronef multicolore et imposant amorça sa descente dans leur direction. L’antigravité quantique se résorba progressivement, et les bras d’atterrissage se déployèrent. Un son lourd coupa le silence, et une rampe métallique se déplia jusqu’au sol de l’aéroparking. Un homme la descendit, progressa d’un pas assuré jusqu’au groupe et analysa les jeunes gens de haut en bas, avant de prendre la parole :

– Bonsoir et merci à vous d’avoir répondu à l’appel, je vois que vous êtes tous présents et je vous en félicite. Montez à bord, je vous prie

Les jeunes gens avancèrent d’un pas hésitant vers la rampe d’accès et se mirent spontanément en file indienne. Le sas était fortement éclairé et formait un large couloir sur les parois duquel se trouvaient plusieurs portes en plexigraphène semi-opaque.

Une des femmes de l’équipage se présenta à eux et les guida vers une des portes de gauche, qui s’ouvrit sur leur passage. Will et les autres furent invités à prendre place sur des sièges dans ce qui semblait être une salle d’attente. Les murs et les deux portes qui la composaient étaient saturés de propagande holographique de la célèbre compagnie Googapple. Une fois que chacun fut installé, la lumière de la salle se mit à faiblir jusqu’à laisser place à une obscurité totale. Puis immédiatement, un hologramme lumineux, représentant un homme âgé, apparut au centre de la pièce. Sa fine barbe blanche s’anima légèrement quand sa voix retentit et résonna dans toutes les directions à la fois.

– Mesdames et Messieurs, bonjour et bienvenue à bord. Je m’appelle Edward Page. Vous êtes ici car vous avez répondu à notre première grande campagne de recrutement dans la Blind Zone pour obtenir la possibilité d’intégrer la « Sight Zone », réservée jusqu’à présent à l’élite des pays les plus riches de la planète. Vous êtes moins d’une vingtaine à avoir réussi nos tests de présélection, sur plus de mille postulants. Vous allez aujourd’hui subir un dernier test qui ne retiendra probablement qu’un candidat parmi vous, voire aucun. Bonne chance.

L’hologramme disparut et la lumière envahit de nouveau la salle.

Tandis que Will commençait à se ronger les ongles jusqu’au sang, la deuxième porte s’ouvrit brusquement. Une voix informatisée invita une première personne à se rendre dans la pièce suivante. Le voisin assis à la droite de Will se leva tant bien que mal et s’y rendit en traînant les pieds. Avant que la porte ne se ferme derrière lui, les jeunes gens entrevirent une grande salle sombre au centre de laquelle trônait une grande sphère de trois mètres de diamètre. Autour d’elle, des dizaines d’holo-écrans frétillaient de lumières et de clignotements, sous l’œil expert d’une poignée d’hommes et de femmes qui semblaient superviser le tout.

Will attendit que la porte se referme pour sortir son holoport de son sac et tenter de se connecter au réseau. Il voulait dénicher des informations sur cette espèce de sphère, mais constatant que le réseau n’était pas disponible à bord de l’aéronef, il rangea son holoport et prit son mal en patience.

– Will Tyler, je répète, Will Tyler vous êtes prié de vous rendre dans la salle d’épreuve s’il vous plaît.

La voix informatisée, plus forte que d’habitude réveilla Will en sursaut. Il scruta les alentours et réalisa qu’il était seul dans la salle d’attente. La porte menant à la sphère était ouverte. Il se leva et entra.

Quand la porte se referma derrière lui et que ses yeux s’habituèrent peu à peu à la semi obscurité ambiante, il réalisa que les experts le détaillaient avec insistance et impatience. Alors qu’il s’approchait de la sphère, qui était en fait un genre de cockpit, un des hommes se présenta et l’invita à y entrer. Le jeune homme prit place sur l’unique siège de la machine, tandis que l’expert s’installa dans un fauteuil en face de lui, ajusta son holo-écran, et activa quelques fonctions qui refermèrent la vitre en plexigraphène de la sphère et firent retentir autour de Will l’écho caractéristique d’une communication. :

– Will, avant de commencer, je dois te poser une question. Prends-tu actuellement des médicaments ?

La question surprit Will. Il hésita avant de finalement répondre :

– Oui, j’ai un implant médicamenteux dans le bras gauche.

– De quel médicament s’agit-il ?

– Pourquoi voulez-vous le savoir ? C’est privé.

– C’est tout à fait ton droit de refuser de le dire. Dans ce cas, tu peux garder cette information confidentielle et nous allons interrompre l’épreuve.

– Non ! Non, je vais vous le dire. C’est un neuroleptique, un implant de Lepsychodal.

– De quelle maladie souffres-tu ?

– Je… Je suis schizophrène. Mais je suis sous traitement depuis plus de quatre ans et je suis tout à fait stabilisé.

– Je n’en doute pas. Cependant, pour la nécessité de l’épreuve, je vais te demander l’autorisation de te retirer l’implant et de t’administrer une forte dose d’antidote. Comprend bien que cette épreuve est fondamentale et requiert de la part du candidat une parfaite intégrité de sa personne, et ton médicament modifie tes sensations, tes impressions, même tes pensées.

– Mais vous délirez ! C’est hors de question !

– Vous n’avez pas le choix si vous voulez poursuivre l’épreuve, M. Tyler.

Ce brusque passage au vouvoiement déstabilisa Will. Il commençait à être envahi de doutes, d’angoisses. Il était inconcevable d’arrêter son traitement. Il était encore plus inconcevable d’abandonner l’épreuve maintenant, après tant de travail et de temps :

– Très bien, allez-y, faites votre travail.

– Bien ! Merci Will.

Une trappe s’ouvrit dans le plafond de la machine. Un petit ensemble mécanique, composé d’une micro-caméra et de plusieurs petits bras robotiques repliés, en sortit lentement. L’un des bras se déplia et se dirigea vers le biceps du jeune homme, puis attendit. Will remonta la manche de son pull et ferma les yeux. L’opération n’avait duré que quelques secondes. Lorsqu’il rouvrit les yeux, un second bras équipé d’une seringue se dirigeait vers la veine du pli de son coude. L’injection fut courte et indolore. Le dispositif retourna dans la trappe qui se referma.

– Bien ! Maintenant Will, l’épreuve va pouvoir commencer. Tu as une sensostation chez toi ?

– Oui.

– Le principe ici est presque le même. Tu dois placer l’inducteur neuro-magnétique contre ta tempe, mais au lieu de sélectionner toi-même tes propres programmes, c’est nous qui allons te les imposer. L’expérience que tu vivras sera bien plus réaliste. Les programmes que tu vas utiliser sont des mises en situations bien particulières auxquelles tu devras réagir selon ton instinct. Tu as bien compris ?

Pendant que Will écoutait, des sensations et des impressions familières lui revenaient progressivement. L’homme qui lui parlait avait la voix qui basculait dans les graves, la scène s’assombrissait sans que la qualité de sa vue n’en pâtisse, des murmures presque imperceptibles envahissaient ses oreilles.

– Oui, j’ai compris, je suis prêt

L’homme pianota sur son holo-écran.

La surface interne de la sphère scintilla et fit apparaître une scène tridimensionnelle panoramique de ville animée. Le réalisme était saisissant. Will ne voyait là rien de comparable avec sa sensostation. Il se trouvait sur le trottoir d’une rue passante de ce qui semblait être une grande mégalopole. Des centaines de gens déambulaient et le croisaient sans lui accorder le moindre regard. L’espace entre les tours était saturé d’aéronefs de toutes les couleurs et de toutes les formes. Soudain, un aérobus dévia de sa trajectoire et fonça droit sur lui. Les passants se regroupèrent subitement en hurlant autour de Will et formèrent un mur humain compact et circulaire, lui coupant toute retraite. Will avait l’impression que son cerveau saturé d’angoisse allait exploser. Il perdit presque conscience.

Quand il parvint enfin à se ressaisir, il rouvrit les paupières. Ce qu’il voyait était absolument déroutant. Dans ses yeux, il voyait se superposer distinctement plus d’une centaine de points de vue différents de la catastrophe. L’épave de l’aérobus était à la fois proche et lointaine, de face et de profil, même vue de dessus. Les cadavres éparpillés et démembrés qu’il put identifier avaient tous son visage. Les gens autour de lui, loin devant, et même aux fenêtres des tours, avaient tous son visage. Will hurlant d’épouvante leva et serra les poings, et ce faisant, toutes ses copies firent de même. Ce concert de hurlements parfaitement synchronisés et accordés devint vite insupportable et dépassa les limites de la tolérance auditive. L’angoisse fut telle qu’il perdit connaissance.

 

À son réveil, Will était allongé sur un lit automatisé, seul dans une petite chambre. Il secoua la tête pour essayer de raviver sa mémoire, et finit par se rappeler l’épreuve de la sphère. Il analysa son corps, se pinça, se leva et marcha, pour s’assurer qu’il était bien dans le monde réel. Il observa attentivement la pièce à la recherche de possibles copies de lui-même. Non, il était bien seul. Il se dirigea vers la porte. Elle ne s’ouvrit pas. Il n’y avait rien de perceptible sur sa surface qui pût supposer qu’elle puisse s’ouvrir de l’intérieur, pas même un simple détecteur de mouvement ou une archaïque poignée. Will la frappa du poing, mais cessa vite, les os de sa main commençaient à chauffer douloureusement. La porte était supraconductrice et émettait des ultrasons ostéo-algiques. Il se sentit piégé. Il retroussa sa manche et découvrit un nouvel implant sous sa peau. La cicatrice, encore fraîche, était visible, Will commençait sérieusement à paniquer quand il aperçut Edward Page dans un coin sombre de la chambre :
– Bonjour Will

– Qu’est-ce que j’ai dans le bras !

– Ah oui, évidemment. C’est un implant de Lepsychodal, ton médicament, auquel a été ajoutée une interface implant-cellules. Plus tard, tu pourras contrôler ton implant depuis ton holoport et décider du dosage, voire arrêter temporairement son effet.

– Pourquoi ferais-je une chose pareille ?

– Parce que les symptômes de ta schizophrénie, bien qu’ils te rendent la vie impossible dans la « Blind Zone », vont devenir bien plus intéressants dans la « Sight Zone ».

– Vous voulez dire que j’ai réussi l’épreuve ? !

– Tu as réussi, Will. Tu es même le seul au monde, à avoir réussi l’épreuve, au-delà de nos espérances. Les symptômes de ta maladie sont si spécifiques ! Tu es capable de dissocier ton esprit quasiment sans limites… tu étais déjà le candidat parfait.

– Tous les candidats étaient schizophrènes ? !

– Exact.

– Mais qu’est-ce que vous attendez de moi ?

– Que sais-tu de la « Sight Zone », Will ?

– Je sais que sa population peut vivre dans des mondes virtuels magnifiques et paradisiaques.

– Tu as une opinion très optimiste sur la question. Tu crois que notre monde est idéal ?

– Bien sûr ! C’est notre rêve à tous ! Nous, ici, nous vivons dans un monde dur, difficile à supporter, esclaves de nos besoins, de notre condition, alors que vous, vous avez réussi à dépasser tout ça !

Edward s’assit à côté de Will au bord du lit, soupira lentement en fixant le plafond, puis reprit la parole :

– Notre monde se meurt, Will. Nos populations décroissent à une vitesse inimaginable. Quand un consommateur acquiert sa Sphère et découvre l’étendue de ses possibilités, il revient de plus en plus rarement dans le monde réel, et finit un jour par ne plus revenir du tout. Will, la Sphère offre à chacun la possibilité de se créer un monde sensoriel personnel idéal. L’utilisateur est totalement déconnecté de la réalité. Chaque consommateur peut se créer un empire à la vitesse de la pensée, peut se créer des millions de sujets, peut jouir de tous les plaisirs de la vie autant de fois qu’il le désire, dans les conditions qu’il désire. La vie réelle est devenue sans aucun intérêt. Renoncer temporairement au statut de Dieu tout-puissant dans sa Sphère pour redevenir un simple être humain dans une société dépérissante, est systématiquement vécu comme une régression insupportable. Les gouvernements sont impuissants. Il n’existe qu’une seule solution pour stopper la chute démographique. Will, si on connecte au réseau de Sphères quelqu’un comme toi, capable de dissocier son esprit à loisir…

– Je vais mourir d’angoisse…

– Tu vas être aidé. Imagine, toutes tes parties morcelées d’esprit, toutes tes « copies » vont être matérialisées dans le réseau, tu l’as démontré pendant l’épreuve avec une sphère traditionnelle. Et nos calculs sont formels : Tes fractions morcelées d’esprit vont petit à petit envahir le réseau, comme tu as envahi notre programme. Les paradis personnels de nos chers consommateurs vont se trouver saturés de tes copies, qui elles-mêmes vont prendre le pas sur l’omnipotence virtuelle du propriétaire. Tu vas pouvoir transformer leur idylle en cauchemar… Les gens n’auront plus qu’une hâte, se débrancher ! Tu vas rendre le monde réel plus vivable que le monde virtuel.

– Pourquoi je ferais une chose pareille. Je ne veux pas de mal aux gens, et je doute d’être capable de faire tout ce que vous dîtes.

– Je t’ai déjà dit que tu seras aidé, j’ai une équipe prête à t’assister dans ton « voyage ». En outre, sache que le mal est déjà là, le monde se meurt, les gens ne vivent plus. Tu vas les ramener à la vie…

 

Will emplit ses poumons d’air et expira lentement. Un frisson agréable lui parcourut l’échine. Il se concentra sur ses muscles et essaya de les détendre un par un. Il sortit son holoport de sa poche, fit apparaître le module de gestion de son neuroleptique, et interrompit le mode automatique. Le module lui demanda de saisir un dosage. Le doigt de Will effleura le « 0 », et il sentit immédiatement un léger fourmillement dans le bras. Il rangea son holoport, s’empara du module à induction neuro-magnétique et le plaça sur sa tempe. Il fit un signe du pouce à l’opérateur de sa Sphère et ferma les yeux.

Kevin Gallot

 

Les premières Tesla Model 3 sortent d’usine!

La Tesla Model 3 est le modèle qui pourrait faire décoller la voiture électrique chez les classes moyennes. C’est du moins l’intention d’Elon Musk. Avec ses 345 kilomètres d’autonomie, cette voiture électrique est vendue à partir de 35.000 dollars, avant primes et bonus écologiques. L’annonce des prix en euros est attendue d’ici la fin de l’année. Elon Musk a annoncé le début de la production via Twitter, en postant deux photos dévoilant le design final du véhicule le 9 juillet dernier. Un modèle sorti de l’usine Tesla à Fremont, en Californie.

Les trente premiers exemplaires devraient être livrés aux Etats-Unis le 28 juillet prochain. Puis, une centaine en août. Ensuite, le rythme de production va augmenter progressivement pour atteindre 20.000 exemplaires en décembre. Il faudra toujours faire plus : l’objectif de l’entreprise est de produire 500.000 véhicules (tous modèles confondus) par an à partir de 2018 et un million en 2020.  Le carnet de commande est d’ores et déjà plein : plus de 325.000 pré-commandes seraient déjà enregistrées. Si vous souhaitez acquérir la Tesla Model 3, vous devrez désormais attendre mi-2018. Mais vous pouvez d’ores et déjà la réserver pour 1.000 euros.

tesla-model-3

La Tesla Model 3 est une voiture de 5 places. Elle accélère de 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes et est conçue pour atteindre un niveau de sécurité 5 étoiles. Elle est rechargeable sur borne ou en 30 minutes gratuitement via le réseau de superchargeurs développé par Tesla.

Par Matthieu Combe

Revue du web #104 : les vidéos scientifiques les plus étonnantes du mois

La future armure de combat des soldats russes

Vous aimez Star Wars ? La future armure de combat russe devrait beaucoup vous plaire ! Ce prototype, équipé d’un exosquelette qui améliore les performances, fait penser aux Stormstroopers, les soldats clonés du côté obscur de la Force… (On ignore encore si cette ressemblance était intentionnelle)

 

Le drone solaire de Facebook : second vol d’essai

Second vol d’essai réussi ! Pour le plus grand soulagement de l’entreprise américaine et de ses ingénieurs, le drone solaire est parvenu à décoller et atterrir sans encombres. Mieux : sa vitesse ascensionnelle aurait été plus importante que prévu.

 

Un cœur en silicone imprimé en 3D

Belle prouesse que ce cœur 100 % silicone imprimé en 3D par des chercheurs suisses ! Même s’il ne peut, pour le moment, battre que 30 minutes, il représente un véritable espoir pour les 26 millions de personnes qui souffrent d’insuffisance cardiaque à travers le monde.

 

Le drone le plus rapide du monde

Et le drone le plus rapide du monde est… RacerX, avec une vitesse moyenne de 263 km/h ! Capable de pointes à 290 km/h, ce drone quadricoptère télécommandé conçu par la Drone Racing League  embarque deux batteries lithium-polymère de 1.300 mAh chacune, quatre rotors qui assurent 46.000 tours/minute et un chassis imprimé en 3D. Le tout en 800 grammes.

 

Le logiciel qui fait dire ce qu’il veut à Barack Obama

A Barack Obama et n’importe qui d’autre !
Les amateurs de fake news vont s’en donner à cœur joie grâce à ce logiciel créé par des chercheurs américains. Cet outil de montage vidéo permet de superposer une bande audio sur une bande vidéo tout en modifiant les expressions et les mouvements des lèvres du protagoniste. Exemple avec ce discours de Barack Obama légèrement manipulé…

 

Un robot qui bouge sans… moteur ni système mécanique

Une équipe de chercheurs coréens a conçu un robot qui marche sur la terre comme sous l’eau alors qu’il n’a ni moteur ni système mécanique.

Son secret ? Sa fabrication : un matériau souple (le polydiméthylsiloxane), huit modules reliés entre eux par des aimants, un câble à mémoire de forme en alliage métallique qui traverse l’intégralité du cadre.

Les câbles chauffent en réaction à un champ électrique, ce qui a pour effet de déformer les modules. En variant l’intensité, les pattes avancent !

 

Un matériau découvert par erreur qui lutte contre les marées noires

Son inventeur, le chimiste allemand Günter Hufschmid, a reçu le Prix européen de l’inventeur 2017.

Découvert par erreur, l’ouate de polyéthylène, matériau encore  mystérieux, se révèle très efficace pour absorber  le pétrole et ainsi nettoyer l’eau.

Contrairement aux agglutinants en poudre, utilisés jusqu’à présent lors des marées noires, qui laissent des résidus chimiques peu compatibles avec la préservation de l’environnement, ce matériau est facilement récupérable et affiche un pouvoir d’absorption supérieur grâce à une réaction chimique étonnante.

 

Par I. T.

 

Lever de rideau sur les 14 start-ups finalistes du challenge « Industrie du futur »

Cette première édition vise à encourager les start-ups françaises à soumettre un projet disruptif et innovant pour accompagner la transformation digitale des usines de SKF en France. Pari réussi avec près de 80 candidatures soumises au total dans les 3 catégories piliers de l’industrie 4.0 ; les procédés & matériaux du futur, la cybersécurité & data science et l’usine connectée & son écosystème.

Les 14 start-ups et innovations retenues dans les 3 catégories distinctes pour la phase d’approfondissement du 17 juillet au 8 novembre :

Catégorie Procédés & Matériaux du futur

  • Enovasense a conçu une innovation technologique permettant la mesure de l’épaisseur des revêtements sur tous les matériaux.
  • OptimData optimise le temps de fonctionnement des lignes de production, en connectant les équipements industriels aux services numériques.
  • Scortex a mis au point une solution d’inspection visuelle automatisée pour le contrôle qualité basée sur l’auto-apprentissage.
  • Spin-off Leti offre une nouvelle technologie de détecteurs de rayons X pour les contrôles non-destructifs.

Catégorie Cybersécurité & data science

  • CYM offre des algorithmes de maintenance prédictive en contrôlant et en analysant le comportement des machines.
  • I-Guard a conçu un système d’intelligence artificielle au service de la protection des sites et de la sécurité informatique.
  • Tellmeplus a mis au point une plate-forme de « Predictive objects » pour automatiser la création de modèles prescriptifs en milieu industriels.
  • Skeyetech a développé un drone intelligent avec une station d’accueil connectée pour sécuriser les sites industriels.

Catégorie Industrie 4.0

  • Energiency a mis au point un logiciel d’analyse de la performance énergétique de l’usine.
  • HoloMake offre des systèmes de réalité augmentée ergonomiques et intégrés aux postes de travail dans l’usine.
  • Itris Automation Square industrialise une approche innovante de programmation d’automates.
  • Picomto propose une solution collaborative de gestion documentaire de fiches d’instruction de travail dynamique.
  • Expert Teleportation (Singularity Insight) intègre une solution de lunettes connectées adaptée aux opérateurs en milieu industriel.
  • Sysnav propose une solution de géolocalisation de précision pour les applications indoor, totalement autonome et indépendante.

En route pour la finale le 8 novembre 2017

Tous les finalistes verront leur projet accompagné par des « experts – métiers » SKF et Atos jusqu’à la finale. Durant toute cette phase d’approfondissement, les 14 start-ups finalistes pourront ainsi moduler leur projet et l’adapter au contexte industriel de SKF et digital d’Atos.

Lors de la finale, tous les candidats feront leur présentation devant les dirigeants de SKF en France, d’Atos et de Techniques de l’Ingénieur. A la clé, des prix seront décernés pour les start-ups gagnantes.

Une tour verte en forme de double hélice va dépolluer Taipei

Pour amener un peu de nature dans Taipei, Vincent Callebaut a imaginé l’Agora Garden (ou Tao Zhu Yin Yuan Tower), une tour de logements de 20 étages en forme de spirale directement inspirée de la double hélice d’ADN.

Cette structure particulière, où chaque étage est décalé de 4,5° par rapport au précédent, permet de créer une cascade de jardins à ciel ouvert ! Au total, 23 000 arbres seront plantés sur ses terrasses. Ils absorberont 130 tonnes de CO2par an.

Outre cette absorption de CO2, la tour Agora Garden sera autonome en énergie. Vincent Callebaut explique que cette tour se veut « un concept pionnier d’écoconstruction résidentielle durable qui vise à limiter l’empreinte écologique de ses habitants en recherchant une symbiose parfaite entre l’être humain et la nature ». C’est pourquoi il l’a dotée de potagers, d’un système de récupération des eaux de pluie et d’une grande pergola photovoltaïque sur le toit. Par ailleurs, l’immeuble a été pensé comme une forêt urbaine placée au milieu de la ville.

L’ Agora Garden Tower devrait être livrée et accueillir ses premiers habitants en septembre 2017.

Rédacteurs  : Morgane Schuhmann & Emmanuelle Platzgummer (Bureau Français de Taipei)

Source : Ministère des Affaires étrangères et du Développement international de Taïwan  / www.diplomatie.gouv.fr/une-tour-verte-en-forme-de-double-helice-va-depolluer-taipei

Vers une production de « carburant solaire »

Une photosynthèse « artificielle » pour recycler le CO2

Aujourd’hui considéré comme un déchet, le recyclage du CO2, utilisé en tant que matière première, est un défi majeur pour la recherche scientifique et un enjeu politique de premier plan. Marc Robert et Julien Bonin ont mis au point un procédé capable de le convertir en méthane, principal composant du gaz naturel qui est la troisième source d’énergie la plus utilisée au monde après le pétrole et le charbon.

Au cours de ce processus, la molécule de CO2 perd progressivement ses atomes d’oxygène qui sont remplacés par des atomes d’hydrogène, stockant au passage de l’énergie sous forme de liaisons chimiques. Cette transformation, dite « réaction de réduction », permet d’obtenir une variété de composés allant du monoxyde de carbone et de l’acide formique (des matières premières clés pour l’industrie chimique) au méthanol (un carburant liquide), jusqu’au méthane, forme la plus réduite ayant concentré le plus d’énergie.

Si la plupart des processus connus utilisent des catalyseurs basés sur des métaux rares et précieux, les deux chercheurs ont développé un catalyseur à base de fer, un métal abondant, accessible et peu coûteux sur Terre. Aucun autre catalyseur moléculaire n’avait permis à ce jour de réaliser la réduction complète du CO2 en CH4. Ce processus catalytique fonctionne à pression et température ambiantes, en utilisant la lumière solaire comme seule source d’énergie, et ouvre la voie à une utilisation circulaire du CO2.

Un nouveau pas vers une transition énergétique

En démontrant que la combinaison de la lumière solaire et d’un catalyseur à base de fer est capable de transformer le CO2 en une molécule à fort contenu énergétique, le Laboratoire d’électrochimie moléculaire montre qu’il est possible de stocker l’énergie solaire renouvelable en une forme de carburant compatible avec les infrastructures industrielles et les réseaux d’énergie existants.

BIBLIOGRAPHIE
Visible-light driven methane formation from CO2 with a molecular iron catalyst. Nature, le 17 juillet 2017 Heng Rao, Luciana C. Schmidt, Julien Bonin, Marc Robert

Source : cnrs

Des défaillances d’entreprises en net recul !

Le cabinet Altares a publié début juillet son observatoire des défaillances d’entreprises en France au 2e trimestre. Le pays engistre un « recul très sensible des défaillances d’entreprises dans la plupart des activités et des territoires, pour les PME comme pour les TPE », note Thierry Millon, Directeur des études Altares. Pour être exact, le nombre de jugements est passé de 14.026 au 2e trimestre 2016 à 12.925 en 2017. « L’amélioration s’accélère », juge l’étude d’Altares.

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Dans le détail, 8.724 entreprises (- 9,8 %) ont été placées en liquidation judiciaires. 3.913 sont en redressement judiciaire (- 2,9 %) et 288 (- 12,2 %) sont en sauvegarde. Pour la première fois depuis 2012, les redressements judiciaires représentent plus de 30 % des jugements prononcés permettant d’envisager une solution de rebond par continuation ou cession. Une bonne nouvelle donc.

Par ailleurs, le nombre d’emplois encore menacés au 2e trimestre 2017 s’élève à 40.500, contre 61.900 en 2013 et 47.000 en 2016. Soit une baisse de 13,8% en un an. « Il s’agit du meilleur chiffre sur la décennie », observe Altares.

Quels régions et secteurs sont concernés ?

Les régions observant les meilleures dynamiques de reprise sont l’Île-de-France, la Normandie, la Bretagne et le Grand Est. La baisse du nombre de défaillances demeure très faible en Pays-de-la-Loire (-0,5%). À l’opposé, celles-ci augmentent à la Réunion (+20,3%), en Martinique (+5%) et en PACA (+5,3%).

Certains secteurs profitent de la reprise économique. Les défaillances d’entreprises baissent fortement dans le secteur de la construction (-17%), les services aux entreprises (-10%) et la restauration (-9%). Mais le tableau n’est pas blanc pour tout le monde. Certains secteurs restent fortement menacés. Notamment, les services de transport (+21%), la santé humaine (+49%), les professionnels de l’enseignement de la conduite (+85%) et les éleveurs (+55%).

Plus l’entreprise est petite, plus elle est vulnérable

Globalement, les défaillances reculent à un rythme proportionnel à la taille de l’entreprise. Les plus touchées sont toujours les plus petites : 9.397 entreprises de moins de 3 salariés sont concernées. La baisse est de 6,7%. Pour les TPE de 3 à 9 salariés, la baisse est de 11% (2.735 entreprises). Elle atteint 13% pour les PME de 10 à 49 salariés (727 entreprises) et même 35% pour celles de 50 à 99 salariés (36 entreprises). Seules les plus grandes sociétés, de plus de 100 salariés voient leurs défaillances augmenter de 11%. Mais elles ne sont que 30 concernées, soit 3 de plus qu’au 2e trimestre 2016.

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Sur 12 mois, le nombre de détaillances d’entreprises atteint en 2017 le niveau de 2008. SOURCE: Altares.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique