Découverte record de pétrole aux Texas

20 mds de barils

Le schiste de Wolfcamp dans la partie du bassin Midland au Texas contient une moyenne estimée de 20 milliards de barils de pétrole, 453 mds m3 de gaz naturel associé, selon l’USGS. L’estimation du pétrole continu dans l’évaluation des schistes de Wolfcamp du bassin Midland est près de trois fois plus grande que celle de Bakken-Three Forks évaluée par l’USGS de 2013, ce qui en fait la plus grande accumulation de pétrole continue découverte aux États-Unis à ce jour. « Le fait qu’il s’agisse de la plus grande évaluation du pétrole continu que nous ayons jamais découverte montre simplement que, même dans les régions qui ont produit des milliards de barils de pétrole, il y a toujours le potentiel d’en trouver des milliards de plus », a déclaré Walter Guidroz, Coordinateur du Programme des ressources énergétiques de l’USGS. «Les changements technologiques et les pratiques de l’industrie peuvent avoir des effets importants sur les ressources qui sont techniquement récupérables, et c’est pourquoi nous continuons à effectuer des évaluations des ressources partout aux États-Unis et dans le monde », explique-t-il.

Midland Basin Map
Légende : L’image montre un aperçu du bassin Midland et des unités d’évaluation sur une carte du comté du Texas

Un bassin riche en hydrocarbures

Depuis les années 1980, le pétrole a été produit en utilisant la technique traditionnelle des forages verticaux. Cependant, plus récemment, les sociétés pétrolières et gazières ont utilisé le forage horizontal et la fracturation hydraulique, et plus de 3 000 puits horizontaux ont été forés dans la section Wolfcamp du bassin Midland. Le schiste de Wolfcamp est également présent dans le bassin du Delaware mais n’a pas été inclus dans cette évaluation ce qui pourrait signifier à terme de nouvelles découvertes. La province du bassin permien comprend une série de formations géologiques dans le Texas occidental et le sud du Nouveau-Mexique. C’est l’une des zones les plus productives d’hydrocarbures des États-Unis.

Le pétrole et le gaz continus sont dispersés dans toute la formation géologique plutôt que comme des occurrences discrètes et localisées, comme dans les accumulations classiques. De ce fait, les ressources continues exigent généralement des techniques spéciales de forage et de récupération, telles que la fracturation hydraulique. Cependant, l’USGS précise qu’il n’a pas été évalué s’il est rentable de produire ces ressources au cours actuel du baril de brut.

Romain Chicheportiche

Un enduit à base d’aérogel pour protéger les façades haussmanniennes

L’amélioration de l’isolation des bâtis anciens

Respecter la réglementation concernant l’isolation énergétique lors du ravalement apparaît toujours difficile à réaliser quand il s’agit d’immeubles anciens. Cet obstacle est toutefois en passe d’être géré grâce aux solutions désormais proposées. C’est le cas d’un nouvel enduit mis au point par la société Fixit et qui vient d’être expérimenté sur un bâti haussmannien à Paris. L’immeuble parisien a ainsi testé cette solution sur une partie de sa façade, sous le contrôle d’un architecte des Monuments historiques.

L’enduit a été créé pour être projeté sur les façades classées ne permettant pas la mise en place d’une isolation par l’extérieur. Son premier atout est de conserver tous les détails architecturaux.

Une isolation à base de granulats d’aérogel

Le produit se compose de granulats d’aérogel, d’agrégats légers minéraux, de chaux hydraulique naturelle, de ciment blanc et d’hydroxyde de carbone. Cet ensemble est projeté sur la façade jusqu’à une épaisseur de 8 cm.

L’isolant présente des qualités équivalentes à une solution traditionnelle, permettant de protéger le bâtiment en lui offrant de nouvelles performances thermiques et environnementales. Les déperditions sont limitées, garantissant des économies d’énergie. Dans le même temps, il dispose d’une structure perspirante pour laisser passer la vapeur d’eau. Ainsi, la surface en pierre est protégée, grâce au maintien de bonnes conditions hygrométriques.

Source : eti-construction

Silent Space, anti-bruit mobile et connecté pour les open spaces

Quiconque a déjà travaillé dans un open space connaît les affres du bruit ambiant et des conversations menées par les collègues à voix (trop) haute : difficulté de concentration, stress… Silent Space se propose de mettre en sourdine ces phénomènes perturbateurs. Ce dispositif a été conçu par la société Orféa Acoustique, basée à Brive, dont le domaine d’activité depuis 1997 se réfère à l’étude et au traitement du bruit dans l’industrie, le bâtiment ou encore les transports.

IMG_6009m«Brouiller» le bruit régnant dans les espaces de travail ouverts est une technique éprouvée depuis les années 70, en particulier en Amérique du Nord. Silent Space n’innove pas en l’espèce car il respecte le même principe de masquage sonore : il émet un son neutre, un «bruit rose», qui réduit ce qu’Orféa Acoustique appelle le rayon de distraction, autrement dit la zone où la parole humaine est intelligible. Et quand un employé ne comprend plus ce qui se dit dans les conversations distantes, sa concentration s’améliore. La solution peut être utilisée en complément d’autres procédés. «Les matériaux absorbants diminuant la réverbération du son, que nous-mêmes prescrivons, montrent en effet leur limite car les employés se disent toujours gênés par les conversations, explique Frédéric Lafage, le fondateur. Si l’environnement acoustique est trop dégradé, notre produit n’accomplit pas de miracles toutefois. »

Là où Silent Space se démarque, c’est qu’il est capable de s’adapter aux transformations éventuelles de l’espace de travail. «Les bureaux sont susceptibles d’être réorganisés – déménagement des services d’un étage à l’autre, cloisonnement ou décloisonnement – ou le nombre de salariés peut varier, précise Frédéric Lafage. Le système de masquage sonore existant, fixé dans le faux plafond, ne correspond plus au nouvel agencement. D’autre part, l’entreprise, la plupart du temps locataire, ne peut engager ces travaux de réaménagement. D’où l’idée de créer un système mobile qui évolue en fonction des besoins.» En l’occurrence, les diffuseurs de Silent Space s’installent sur des pieds-supports et s’alimentent via une prise électrique standard. La consommation électrique n’est que de 2 watts par unité. L’intensité et le spectre du signal sont modulés automatiquement, en fonction de l’horaire et du bruit ambiant, et peuvent aussi être individualisés, si un employé porte une prothèse auditive par exemple.

Bientôt dans les hôpitaux ou les logements ?

L’indicateur lumineux est un autre attribut différenciant qui se veut un outil de prévention. «Nous souhaitions que les employés puissent être conscients du bruit qu’ils produisent, commente Frédéric Lafage. Nous avons donc ajouté une LED dans chaque diffuseur, dont les codes-couleur (bleu, jaune, orange), visibles par tous, sont représentatifs d’une situation acceptable ou d’une situation gênante.» Enfin, et ce n’est pas une surprise à notre époque, Silent Space est connecté, via Bluetooth. «L’application mobile enregistre un historique des niveaux sonores et rend compte de l’évolution sur une période d’une semaine, d’une trimestre ou d’une année, décrit Frédéric Lafage. Cette mesure objective favorise le dialogue entre les managers, les salariés ou leurs représentants, le CHSCT, le médecin du travail… Elle permet d’anticiper et d’agir, comme de cloisonner en partie l’espace.»

La première version de Silent Space a été mise en œuvre à partir de 2014. La deuxième version, complétée avec la LED et l’application mobile, est déployée depuis septembre 2016 chez quelques clients, dont des grands groupes comme Auchan et Enedis, et aussi à l’international. Dans sa brochure, Orféa Acoustique estime que le retour sur investissement est inférieur à 5 mois, sur la base d’un budget de 5000 € HT (15 éléments pour 20 personnes) et d’un gain de productivité de 2%. Les entreprises ne sont pas les seuls débouchés possibles. «Nous avons des pistes dans le milieu hospitalier et dans le marché résidentiel, qui pourraient se concrétiser en 2017/2018» déclare Frédéric Lafage. D’autres sont plus pressés : Cambridge Sound Management, spécialiste américain du masquage sonore, a déjà financé via Kickstarter son produit Nightingale, prévu pour la chambre à coucher.

Frédéric Monflier

L’environnement en campagne électorale ?

« Les chiffres sont assez clairs : il y a une majorité culturelle aujourd’hui en France pour mettre en place les politiques nécessaires à la transition, assure Pascal Canfin, Directeur du WWF France.

C’est le socle qui permet d’avancer dans la bonne direction ». Et pour cause, contrairement à ce que les débats partisans laisseraient penser, les Français partagent une sensibilité aux problématiques environnementales, quelle que soit leur sensibilité politique.

Le sondage, réalisé du 18 au 24 octobre 2016 sur un échantillon représentatif de la population française de 1.005 personnes, montre que certains sujets rencontrent un véritable consensus. C’est notamment le cas des engagements pris par la France lors de la COP21 en matière de réduction des gaz à effet de serre. Mais aussi des grands objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Ainsi, quelle que soit leur orientation politique, 70% des Français souhaitent que les objectifs de la COP21 soient respectés, 87% souhaitent que l’objectif de 30% d’énergies renouvelables d’ici 2030 soit atteint et 86% veulent réduire la consommation d’énergie de 20% en France. Le consensus est également fort concernant le gaz de schiste et les OGM. Ainsi, 78% des Français sont contre les gaz de schistes et 84% contre les OGM.

Deux sujets font moins consensus : nucléaire et diesel

Sur la question sensible du nucléaire, le consensus est moins net. Au global, 72% des personnes interrogées sont favorables à l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% en 2025. Mais seulement 66% des sympathisants de droite sont pour, contre 83% pour les sympathisants de gauche. Une position qui se vérifie lors de la primaire Républicaine. En effet, le nucléaire a été le seul sujet environnemental abordé lors du troisième débat : François Fillon s’est clairement positionné contre la réduction de la part du nucléaire. En revanche, dans le contexte budgétaire actuel, 77% des Français, toutes couleurs politiques confondues, veulent que le prochain gouvernement développe en priorité les énergies renouvelables, contre 11% pour le nucléaire.

Enfin, seulement 53% des Français sont pour des restrictions supplémentaires contre le diesel. Au-delà des considérations partisanes, les positions dépendent avant tout de la zone géographique. 68% des Parisiens y sont favorables, contre 52% des habitants de villes de province et 45% des ruraux.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Revue de presse anglophone #3 : Trump, réalité virtuelle et architecture, données privées et cancer du poumon…

Trump vu par les Américains

trumpComment Donald Trump va-t-il se saisir de la problématique énergétique ? Eléments de réponse dans cet article : COP21, Apple, Silicon Valley.
Source : Techcrunch

 

La réalité augmentée, mine d’or pour les architectes

realite-augmentee-ecran-transparent

Quel est l’intérêt pour les architectes d’utiliser la réalité virtuelle pour développer leurs projets ? Une des réponse, développée dans cet article, est la possibilité nouvelle pour les architectes de proposer à leurs clients des supports mieux adaptés à la compréhension qu’ils ont desdits projets.
Source : Wired

 

Le cerveau « lit » le portugais et l’anglais de la même façon

brain-decodes

Une équipe de recherche internationale dirigée par la Carnegie Mellon University a constaté que lorsque le cerveau « lit » ou décode une phrase en anglais ou en portugais, ses motifs d’activation neuronale sont les mêmes.
Source : Sciencedirect

 

Repérer le cancer du poumon grâce à votre historique de recherche

téléchargement

Vos recherches sur internet pourraient aider les chercheurs à détecter de manière précoce, chez vous, un développement du cancer des poumons. En effet, l’apparition des premiers symptômes, corrélés à des recherches web faites par le patient pour y remédier, pourrait permettre de repérer les malades un an avant la mise en évidence actuelle de ce cancer.
Source : Engadget

 

La réalité virtuelle pour lutter contre l’obésité ?

obese

La réalité virtuelle pour lutter contre l’obésité ? La capacité de la VR à leurrer le cerveau en termes d’appétit et de goût des aliments pourrait aider les personnes atteintes d’obésité à mener à bien leurs régimes avec plus de réussite.
Source : CNN

Revue du web #97 : les vidéos les plus étonnantes du mois

Hyperloop : simulation d’un voyage

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi pourrait ressembler un voyage en Hyperloop ? C’est l’occasion ! Hyperloop One nous propose une simulation d’un voyage dans son train subsonique.

Ce que perçoit l’autopilot d’une Tesla

Elon Musk, encore lui, a annoncé que ses voitures Tesla seraient 100% autonomes dès 2018. Mais comment l’intelligence artificielle appréhende-t-elle son environnement ?

La voiture électrique la plus rapide du monde

Une start-up chinoise (NextEV) lance sa première supercar électrique : la Nio EP9 ! Avec ses 1300 chevaux et sa vitesse de pointe de 313 km/h, elle a déjà battu deux records de vitesse (circuit du Nürburgring en Allemagne, et circuit Paul Ricard en France).

Que se passe-t-il quand on chatouille un rat ?

Les chercheurs ont parfois des lubies étranges… Mais cette expérience est très sérieuse. Le but : mieux comprendre le mécanisme cérébral.

Visiter Mars en 27 secondes

L’astronome Damian Peach a compilé une série d’images prises entre le 4 et le 18 juin qui permettent d’admirer 70% de la planète rouge. On peut apercevoir notamment le volcan Syrtis Major, les calottes polaires et l’immense volcan Olympus Mons, le plus imposant du système solaire.

 

Des singes paralysés qui peuvent à nouveau marcher

Voilà des travaux très prometteurs. Grâce à une « interface cerveau-moelle épinière », des singes ont retrouvé le contrôle de leurs pattes.

Sur la vidéo, vous pourrez observer que durant les 5 premières secondes, le dispositif BSI n’est pas activé et le singe ne parvient pas à bouger sa patte droite. Dès que les implants sont activés, l’animal recouvre instantanément toutes ses capacités.

Il est temps de visiter l’ISS !

Offrez-vous une visite complète de la Station spatiale internationale (ISS).

Un robot en forme de ballon (qui marche sur l’eau)

Et un nouveau robot, un ! Ce mois-ci, il a une allure inhabituelle. Ballu est un robot bipède dont le corps se résume à 3 ballons remplis d’helium. Capable de monter et descendre des marches, de danser et même de marcher sur l’eau, il cache une faiblesse. Nous vous laissons deviner.

Non, vous ne voyez pas ?
Il déteste le vent.

Par Iris. T

Trump menace la neutralité d’Internet

La neutralité d’Internet veut que tout le trafic soit également traité, sans discrimination, limitation ni interférence, qu’importe l’expéditeur, le destinataire, le type, le contenu, l’appareil, le service ou l’application utilisée. Les géants du web défendent cette position, face aux fournisseurs d’accès à Internet, qui souhaiteraient faire payer les éditeurs pour moduler leur bande passante. Donald Trump s’est clairement positionné contre le concept de neutralité du net, en contradiction avec les positions de Barack Obama, qui s’est toujours prononcé en faveur de ce principe.

Sa sortie la plus remarquée remonte au moment où il était candidat à l’investiture républicaine. Il avait alors appelé à « fermer les parties d’Internet utilisées par l’EI ». Affichant son ignorance du fonctionnement d’Internet, il avait proposé de demander à « Bill Gates et d’autres gens qui comprennent vraiment ce qu’il se passe […] peut-être dans certains endroits, de fermer Internet en partie, d’une manière ou d’une autre ». Mais une coupure à distance, opérée des Etats-Unis, semble peu vraisemblable, en raison de la gouvernance d’Internet et de la nature décentralisée du réseau.

Contrôlée par les Etats-Unis depuis 1998, l’Icann, la Société pour l’attribution des noms de domaine et des adresses IP dans le monde, n’est plus liée au gouvernement américain depuis le 1er octobre 2016. Le nouveau modèle prévoit une gouvernance multipartite internationale, composée de quatre collèges du secteur privé, de la communauté technique, des gouvernements et de la société civile. Mais pour Donald Trump, ce modèle risque de permettre à la Chine et à la Russie d’avoir un plus grand contrôle sur Internet. Reste à savoir s’il pourra revenir sur cette décision.

Le futur président des Etats-Unis pense aussi que son pays doit rivaliser avec les pirates chinois, russes, ainsi que les terroristes. Sur son site de campagne, il promet un réexamen complet des infrastructures, des défenses et des capacités « cyber » du pays. Cette mission serait confiée à une équipe constituée « d’individus issus de l’armée, des forces de l’ordre et du secteur privé ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Trump inquiète les géants du numérique

Le futur locataire de la Maison Blanche veut mettre fin à l’immigration illégale, mais aussi réduire le nombre de visas H-1B délivrés aux immigrants « qualifiés ou spécialisés » qui veulent travailler aux Etats-Unis. Une perspective inquiétante pour les grandes entreprises du web qui cherchent à attirer les ingénieurs et développeurs du monde entier.

Les géants du web sont aussi directement dans le collimateur de Donald Trump, en particulier Apple et Amazon. Le futur président appelait au boycott des produits d’Apple lorsque la société refusait d’aider le FBI à casser le chiffrement de l’iPhone d’un des auteurs de la tuerie de San Bernardino. Il plaide donc pour une plus grande collaboration entre les géants du web et les forces de sécurité en cas de besoin. Lors de ses meetings, Donald Trump a régulièrement interpelé Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon. Il l’accuse d’avoir racheté le Washington Post dans l’unique but de peser sur la politique américaine et de payer moins d’impôts.

Trump veut également forcer Apple et consorts à relocaliser la production de leurs produits aux Etats-Unis. Pour y parvenir, il compte revoir les accords de libre échange passés avec les pays d’Asie et d’Amérique centrale. Trump compte ainsi se retirer du traité Transpacifique de libre-échange, signé le 4 février 2016, mais pas encore ratifié par les Etats-Unis. Cela permettra d’éviter les importatations incontrôlées de nombreux pays : l’Australie, le Chili, le Japon, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, le Viêt-Nam et le Brunei. Il veut par ailleurs renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain avec le Canada et le Mexique. En cas de désaccord, il menace tout simplement de l’abolir également. Dans cette perspective, les négociations sur le traité de libre échange Transatlantique (TAFTA) devraient rester en suspens.

En parallèle, Trump veut augmenter les taxes sur les produits importés, électroniques et chinois en particulier. Il estime que ces dispositions pourraient rapatrier des millions d’emplois dans le pays. Mais la révision des accords de libre-échange entre les États-Unis et d’autres pays, risque aussi probablement de faire chuter leurs ventes à l’étranger.

Plus globalement, Trump estime que les géants du web ne sont pas les moteurs de la croissance de demain. Digne de sa casquette de conservateur, il mise plutôt sur la relance de l’extraction des combustibles fossiles et des industries traditionnelles pour « restaurer la grandeur de l’Amérique ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Trump : Vers une nouvelle donne géopolitique ?

L’isolationnisme version Trump

« Promouvoir les intérêts nationaux fondamentaux de l’Amérique, la stabilité régionale et réduire les tensions dans le monde ». Tel est la doctrine présentée par Trump sur son site de campagne. Si elle reprend le concept d’ « America First », elle inclut également un volet extérieur peu en phase avec l’isolationnisme déclaré du candidat, mais qui n’est pas sans déplaire au complexe militaro-industriel américain, très écouté dans la majorité Républicaine. Ainsi, Donald Trump propose une augmentation sensible du budget militaire pour « augmenter la taille de l’armée américaine à 540 000 soldats actifs (contre 475 000 aujourd’hui), celle des marines à 36 bataillons et fournir à l’US Air Force les 1 200 avions de combat dont elle a besoin », explique-t-il.

Ces moyens nouveaux doivent permettre au 45ème président des Etats-Unis de « détruire Daech en s’aidant des alliés arabes », sans préciser de qui il s’agit. En revanche, un partenaire est clairement désigné dans cette quête : Vladimir Poutine. Donald Trump a répété qu’il entamerait un dialogue pragmatique avec le chef du Kremlin pour conjuguer leurs efforts en Syrie et en Irak. Un changement radical par rapport à l’administration Obama. Dans cette optique, le maintien au pouvoir de Bachar-El-Asad serait très probable.

A l’heure où étaient écrites ces lignes, Donald Trump commençait à constituer l’équipe qui formera son administration avec la nomination du général Michael Flynn, comme conseiller du Président sur les affaires de sécurité nationale. Un poste stratégique. Cet ancien chef de la Defense Intelligence Agency, remercié par Barack Obama, est connu pour son obsession de la menace islamiste qui le pousse parfois à l’amalgame avec la communauté musulmane. Par ailleurs, le général à la retraite James Mattis serait pressenti pour occuper le poste de Secrétaire à la Defense. Responsable en 2010 de toutes les forces au Moyen-Orient, il a été très critique à l’égard de l’accord nucléaire signé avec l’Iran. Sur ce point, malgré ses déclarations (« l’Iran est le plus grand sponsor mondial du terrorisme », selon lui), il est peut probable qu’il puisse revenir sur cet accord international validé de surcroît pas le Congrès américain.

Une Europe fragilisée

Les leaders européens n’ont pas anticipé un éventuel retrait américain du Vieux Continent. Donald Trump a sévèrement critiqué le bilan de l’Otan et les trop faibles contributions des Etats européens à cette dernière (les Etats-Unis financent à hauteur de 70% l’organisation). Le nouveau Président-élu devrait logiquement exiger des pays européens de revoir à la hausse leur budget sous peine de réduire le contingent américain en Europe. Une perspective assez réaliste pour que le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, sorte de sa réserve dans un plaidoyer publié dans la presse anglo-saxonne. Il y rappelle l’importance de la coopération transatlantique et la nécessité de garder une présence en Europe pour faire face à la Russie : « Il s’agit de dissuasion, pas d’agression. Nous ne cherchons pas à provoquer un conflit, mais à prévenir un conflit. Les bataillons de l’OTAN, qui comptent des milliers de troupes, ne peuvent être comparés à des divisions russes de dizaines de milliers de soldats. Notre réponse est défensive et proportionnée. Mais elle envoie un message clair et sans équivoque: une attaque contre l’un des membres sera suivie d’une réponse de tous ». Une doctrine appliquée par les administrations précédentes, notamment la présidence Bush et son bouclier anti-missiles qui avait provoqué la fureur du Kremlin. La Russie estime en effet que depuis la chute du l’URSS, l’intégration continue dans l’OTAN de nouveaux membres issus de l’ancienne sphère soviétique constitue une provocation. Difficile de savoir quelle attitude adoptera Donald Trump sur le dossier européen mais les pays de l’Est sont logiquement les plus inquiets de voir les Etats-Unis se rapprocher de la Russie alors que cette dernière est plus active que jamais sur cette partie du continent (cf. l’annexion de la Crimée en 2014). Selon l’ancien ambassadeur américain en Russie Michael McFaul, l’Ukraine est la « grande perdante » des élections américaines.

Quid de l’Asie ?

map-island-dispute-624La présidence Obama s’était caractérisée par un intérêt accru vers la zone Asie-Pacifique, devenue la priorité stratégique des Etats-Unis. Il existe bien sûr la menace historique nord-coréenne qui multiplie les essais nucléaires, au grand dam de son frère ennemi au sud. Mais une autre guerre souterraine, potentiellement plus étendue, est actuellement en gestation. Durant ses deux mandats, l’administration Obama a élaboré une stratégie de pivot visant à endiguer la présence chinoise croissante dans cette région du monde. Se joue en effet une compétition acharnée pour le contrôle d’îles (ex : îles Spraleys, îles Paracels) mers et des détroits stratégiques. Pékin multiplie la construction d’ilôts artificiels en mer de Chine méridionale pour y installer des bases navales, revendiquer par la suite sa souveraineté et s’assurer à terme une position incontournable dans le trafic maritime (voir carte). Un activisme condamné l’été dernier par la cour permanente d’arbitrage de La Haye saisi par les Philippines. Une sentence totalement ignorée par la Chine et qui inquiète au plus haut point ses principaux voisins : Japon, Corée du sud, des alliés historiques des Etats-Unis. Donald Trump va-t-il poursuivre le bras de fer avec la Chine pour tenter de maintenir la « liberté de navigation » dans cette région ? Cela fait partie des nombreuses interrogations qui restent à l’heure actuelle sans réponse. Il reviendra à Donald Trump de préciser quels choix stratégiques il entend adopter pour parvenir à son fameux « America First ».

Romain Chicheportiche

La stratégie énergétique de Trump se heurte au pragmatisme économique

Les grands axes

Donald Trump considère à juste titre l’énergie comme un maillon essentiel de la chaîne économique. Pour rendre sa grandeur aux Etats-Unis (« Make America great again »), le candidat a promis de lever toutes les barrières administratives à l’exploitation des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) sur le territoire américain. En effet, durant les 8 dernières années de présidence, Barack Obama s’est efforcé d’amorcer au niveau fédéral un semblant de transition énergétique en élevant les contraintes environnementales ce qui mécaniquement défavorise les énergies polluantes. Donald Trump estime quant à lui qu’il faut libérer ces énergies du sous-sol de l’Oncle Sam pour créer des emplois et baisser le coût de l’énergie pour les ménages américains.

Cette stratégie énergétique repose également sur un climato-scepticisme avancé : le concept de changement climatique ? Un « canular inventé par les Chinois » pour affaiblir l’économie américaine selon le nouveau président élu qui a promis de sortir de l’accord de Paris sur le climat (voir notre article dédié). De fait, le milliardaire propose une révolution énergétique dans laquelle les Américains retrouveront par l’exploitation tous azimuts de leurs réserves naturelles sur terre ou en mer leur indépendance énergétique. Dans son programme électoral, Donald Trump évaluait que l’abolition des mesures prises par l’administration Obama permettrait de recréer un demi-million d’emplois et baisser sensiblement le prix de l’énergie.

Dans cet pensée, une organisation cristallise les critiques du New-Yorkais : l’Environmental Protection Agency (EPA). Créée par Richard Nixon en 1970, c’est sur cette agence que repose la lourde tâche de protéger les Hommes et l’Environnement en faisant appliquer des réglementations contraignantes sur l’air, l’eau, etc. Donald Trump a annoncé qu’élu Président, il démantèlerait ou plus probablement quitterait les prérogatives de cette agence dont Obama s’est beaucoup servi pour orienter le modèle énergétique américain.

Ce qu’il va pouvoir (dé)faire

Le nouveau président élu devrait avoir une marge d’action relativement confortable sur les thématiques énergétiques. D’abord parce que son élection s’accompagne d’une majorité Républicaine au Sénat et à la Chambre des Représentants, indispensable pour faire voter des lois importantes. « Toutes les mesures d’ordre fiscal devront obtenir l’aval du Congrès mais les décrets présidentiels couvrent un spectre suffisamment large pour influencer la politique énergétique des Etats-Unis. Le nouveau président pourra en particulier réorienter les priorités de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) qui a développé ces dernières années un grand nombre de standards pour l’exploitation des énergies fossiles, l’industrie électrique ou encore le transport routier », explique Carole Mathieu, chargée de recherche à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Par ailleurs, plusieurs lois introduites par le gouvernement précédant sont suspendues à des décisions des nombreux contre-pouvoirs présents aux Etats-Unis. C’est le cas de l’emblématique Clean Power Plan qui prévoit une réduction de 32% des émissions de gaz à effet de serre liées à la production électrique d’ici 2030. « L’abrogation du Clean Power Plan semble désormais très probable. Ce programme a été développé par l’EPA, sur instruction du Président Obama, et vise à réduire les émissions de CO2 des centrales électriques existantes. Aujourd’hui, la légalité de ce programme est contestée par des entreprises charbonnières et un certain nombre d’Etats. Sa mise en œuvre est suspendue jusqu’à l’épuisement des recours juridiques et donc une probable décision de la Cour suprême. La nomination d’un nouveau juge républicain risque de faire pencher la balance en défaveur du Clean Power Plan. Par ailleurs, même dans l’hypothèse où la légalité du plan serait confirmée, le Président pourrait empêcher sa mise en œuvre du fait de son contrôle indirect sur l’Agence de protection de l’environnement », explique Carole Mathieu.

Les infrastructures énergétiques seront l’autre levier que le nouveau président élu pourra rapidement activé. En effet, Barack Obama s’est attirés les foudres de l’industrie de l’Oil&Gas pour avoir systématiquement refusé, lorsqu’il le pouvait (si le tracé passait par des terres fédérales), les nouveaux projets de construction d’oléoducs et de gazoducs. Techniques de l’ingénieur s’en était d’ailleurs fait l’écho lors des décisions prises pour Keystone XL et Dakkota Access. Les promoteurs de ces infrastructures sont confiants de voir le nouveau locataire de la Maison-Blanche leur donner rapidement le feu vert.

Ce qu’il ne pourra faire

Si les marges de manœuvre du nouveau président élu semblent importantes, les Etats-Unis restent un pays fédéral et à ce titre, les prérogatives énergétiques restent encore largement du ressort des Etats. « La sortie des Etats-Unis du traité de Kyoto en 2001 à l’initiative du président Bush Jr n’a pas été suivie à l’époque par les Etats de New York et de Californie qui ont conservé leur plan environnemental et qui représentent près de 60 millions de personnes » rappelle Thomas Porcher, docteur en économie à l’université Paris Panthéon-Sorbonne. De fait, si les Etats poursuivent leur engagement vers la transition énergétique – la Californie s’est fixé comme objectif d’intégrer 40% d’Enr d’ici 2030, New-York 50% en 2030 et l’Orégon 50% en 2040 — l’Etat fédéral ne pourra rien y faire, tout au plus ralentir le mouvement. « Il est évident que cette élection aura un impact certain en mettant le gouvernement fédéral hors-jeu, mais cela n’empêchera pas la tendance de fond à l’économie verte », déclarait Alden Meyer, directeur de la stratégie et de la politique de l’Union des scientifiques concernés lors de la COP22 au Maroc.

Même son de cloche du côté des entreprises leaders des énergies renouvelables. Interrogé par la rédaction, l’espagnol Iberdrola, bien que très exposé à travers sa filiale américaine Avangrid, ne considère pas que l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche puisse affecter sensiblement les plans d’investissements de la compagnie. Cette dernière prévoit toujours d’investir dans le pays plus de 2,8 milliards d’euros pour construire des parcs éoliens. « Le cadre de rémunération des revenus éoliens aux Etats-Unis est en grande partie garanti grâce aux contrats de vente signés à long terme et aux crédits fiscaux à la production validés par les chambres parlementaires jusqu’en 2020 ». Un avis prolongé par Carole Matthieu : « Sans inverser la tendance de fond, ces mesures peuvent très certainement ralentir le rythme de la transition vers un modèle énergétique sobre en carbone, sauf si elles sont contrebalancées par des politiques environnementales plus volontaristes à l’échelle des Etats fédérés ».

Zones d’ombre et logique économique

L’élection de Donald Trump a poussé un grand nombre d’acteurs dans une forte incertitude. Si les outrages verbaux du milliardaire avaient pour vocation de séduire un électorat anti-système, il n’en reste pas moins un pur produit de celui-ci. Par ailleurs, le candidat a déjà reculé sur certaines promesses qu’il avait fait comme renvoyer de force des millions de Mexicains dans leur pays. Cette question se pose naturellement sur l’industrie charbonnière que Trump a promis de ressusciter. Or, ses difficultés sont davantage issues d’une autre énergie fossile, en l’occurrence le gaz naturel, qu’aux contraintes environnementales imposées par l’ancienne administration : « Le candidat Trump appelait à mettre un terme à la « guerre contre le charbon », mais prônait dans le même temps la libre concurrence entre sources énergies et marquait son soutien à la technique de la fracturation hydraulique, à l’origine du boom des gaz de schiste. Or, les difficultés actuelles de l’industrie charbonnière sont avant tout liées à la concurrence du gaz, devenu très bon marché aux Etats-Unis. Le Président Trump devra nécessairement préciser son programme car il semble difficile de concilier les intérêts gaziers et charbonniers dans ce cas précis », indique Carole Mathieu. Une équation d’autant plus insoluble que l’U.S. Geological Survey a annoncé le 15 novembre dernier une découverte majeure de gaz et pétrole de schiste au Texas. Selon les premières estimations de l’institut dépendant du département de l’Intérieur, Wolfcamp shale abriterait pas moins de 453 milliards de mètres cube de gaz naturel, soit trois fois plus que Bakken-Three Forks, le plus gros gisement continu découvert jusqu’à maintenant. De quoi faire encore sérieusement pencher la balance en faveur des petites molécules bleues.

D’autres propositions de Trump devraient sans doute pâtir de la réalité économique. C’est le cas des forages pétroliers en mer que le nouveau président-élu souhaite voir se multiplier six ans après l’accident de Deepwater Horizon/Macondo, le pire connu par les Etats-Unis avec quelque 4,9 millions de barils de pétrole relâchés en mer. Au-delà des risques pour l’environnement, les opérations offshores coûtent chères et ne sont pas rentable avec un prix du baril sous les 80$ comme c’est le cas aujourd’hui. Ainsi, le feu vert du gouvernement ne sera pas suffisant pour convaincre les pétroliers de forer au large. Enfin, quelle place Donald Trump accordera-t-il finalement aux énergies renouvelables jugées à tort trop chères ? L’US Wind Association s’est dite prête à travailler avec le nouveau président pour le convaincre que l’éolien est devenu une des énergies les moins coûteuses et les plus pourvoyeuses d’emplois et d’impôts dans le pays. Reste à savoir si le pragmatisme économique l’emportera face au lobby pétrolier fort bien représenté derrière les vitres tintées de la Trump Tower.

Romain Chicheportiche

Trump : Vers un nouveau paradigme économique ?

C’est par une vidéo de 2 minutes 30 que Donald Trump a balayé le 22 novembre les principales mesures qu’il comptait prendre lors des 100 premiers jours de sa présidence.

Relance économique

Donald Trump l’a répété tout le long de sa campagne électorale, une de ses premières décisions sera le lancement d’un grand plan d’investissement dans les infrastructures pour rénover « les routes, les ponts, les ports et les aéroports ». Ce plan de relance – « Make America Great Again » – doit faire repartir la machine économique et reposer les bases du cercle vertueux de la croissance. Sur son site de campagne, le candidat calculait que pour chaque point de PIB investi, l’économie crée 1,2 millions d’emplois, estimant ainsi pouvoir généré pas moins de 18 millions de nouveaux emplois sur 10 ans (2 mandats présidentiels). Pour financer ce plan d’investissement massif (estimé au bas mot à 1 000 milliards de dollars), le Président mise sur des partenariats public-privé et des baisses d’impôts aux entreprises. C’est l’autre pilier de sa politique économique interne.

Baisses d’impôts

Le Tax Plan est l’un des sujets sur lequel Donald Trump a donné le plus de détails. Il consiste en une baisse massive d’impôts pour les entreprises et les particuliers. Les Américains n’auront plus que trois tranches d’impôts (voir tableau) et tout revenu annuel inférieur à 30 000 dollars (28 269 €) sera non-imposable. L’impôt sur les successions devrait également être supprimé.

Les entreprises devraient quant à elles voir leur taux d’imposition chuter de 35% à 15%, afin de convaincre les multinationales pratiquant l’optimisation fiscale de revenir au pays. Donald Trump propose d’accorder une seule grâce fiscale pour permettre de « rapatrier les profits détenus à l’étranger à un taux de 10% seulement ». Ce choc fiscal s’accompagnera de remise en cause des traités de libre-échange en vigueur ou en négociations.

TPP mort-né

Le Partenariat trans-pacifique (TPP, en initiales anglaises) sera le premier à faire les frais du changement d’administration américaine. « Dès mon premier jour à la Maison Blanche, je notifierai ma volonté de sortir du TPP », a expliqué Donald Trump dans sa vidéo. Ce traité de libre-échange a été signé en février 2016 par douze pays ayant une façade sur le Pacifique (Etats-Unis, Canada, Mexique, Chili, Pérou, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Singapour, Vietnam, Malaisie et Bruneï) à l’exception notable de la Chine. Il représentait 40% de l’économie mondiale et visait à harmoniser les normes administratives, fiscales, et environnementales pour favoriser les échanges. Le chef du gouvernement japonais, Shinzo Abe, premier chef d’Etat à rencontrer Trump après son élection avait prévenu qu’un retrait des Etats-Unis rendrait le TPP vide de sens. Au risque de favoriser le projet concurrent porté par la Chine : le Regional Comprehensive Economic Partnership (RCEP). Il s’agit également d’un traité de libre-échange entre une organisation existante : l’Asean (Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thailande, Vietnam) et l’Australie, Chine, Inde, Japon, Corée du sud et Nouvelle-Zélande.

Le nouveau Président-élu souhaite remplacer ces traités de libre-échange par des accords commerciaux « équitables ». Faute de quoi Donald Trump a prévenu qu’il était prêt à rétablir des barrières douanières, « jusqu’à 45% pour les produits chinois ». Une promesse qui dépendra du Congrès très divisé sur la question. Les prérogatives du Président des Etats-Unis ne l’autorisent pas à imposer un taxe supérieure à 15%, et ce pendant 150 jours. Prolonger ce délai nécessiterait l’instauration de l’état d’urgence. Par ailleurs, il est plus que probable que de telles mesures seraient suivies des mêmes mécanismes de rétorsion en Chine contre les produits américains. Une perspective qui n’enchante guère les officiels chinois convertis au libéralisme économique. Le Président chinois, Xi Jinping, a d’ailleurs tenu a réaffirmé à Lima le 20 novembre la volonté de son pays « de continuer son intégration dans la mondialisation (…) en apportant plus d’ouverture à l’économie Asie-Pacifique ». La grande inconnue réside dans l’attitude du Congrès américain où les Républicains, majoritaires, sont très divisés entre partisans d’une ligne libérale d’une part et d’une ligne protectionniste d’autre part.

Inflation

La politique économique présenté par Donald Trump n’est pas sans risque. Le premier est qu’en augmentant fortement les investissements (plan de relance) tout en diminuant les recettes fiscales (baisse d’impôts), le budget risque de devenir fortement déficitaire et que la dette se creuse encore davantage — elle est estimée à 20 000 milliards de dollars, soit 106% du PIB. Un équilibre d’autant plus compliqué qu’avec l’instauration possible de droits de douane, les importations verront leur prix renchéri tirant l’inflation à la hausse. Se posera alors la question de la politique monétaire qu’adoptera la Réserve fédérale. La présidente de la FED, Janet Yellen, devrait être évincée par le Président qui n’a eu de cesse de critiquer les taux faibles qui alimentent la bulle économique. Pourtant, dans la stratégie de Trump, adepte du crédit, une hausse des taux directeurs semble très improbable selon les experts de Wall Street. Elle aurait comme conséquence une appréciation du dollar qui irait à l’encontre de l’objectif de réindustrialisation du nouveau Président. Une perspective d’argent bon marché visiblement appréciée par les marchés financiers en grande forme depuis l’annonce de l’élection de Trump. Le Dow Jones a ainsi pris 1 000 points en dix jours.

Romain Chicheportiche

En direct : Thomas Pesquet depuis l’ISS répond à nos questions

Il s’agit de la neuvième mission de longue durée d’un astronaute de l’ESA. Elle tire son nom de l’étoile la plus proche du Soleil, comme les missions précédentes d’astronautes français, qui reçoivent des noms d’étoiles et de constellations.

Thomas conduira plus de 50 expériences scientifiques pour le compte de l’ESA et du CNES (l’agence spatiale française) et participera à de nombreuses activités de recherche pour les autres partenaires de la Station.

Participer à des projets éducatifs et susciter des vocations chez les plus jeunes sont deux autres objectifs importants de la mission de Thomas ; ce dernier a bien l’intention de faire de Proxima une mission passionnante pour tous ceux qui le suivront sur les réseaux sociaux et de permettre au grand public de mieux connaître les métiers des domaines scientifique et spatial.

Conférence de presse en direct

Mercredi 23 novembre, Thomas appellera le Centre des astronautes européens depuis la Station spatiale internationale pour participer en direct à une vidéo-conférence avec les médias, qui durera de 13h00 à 15h00 TU (14h00-16h00 heure de Paris).

Les médias sont invités à y prendre part et à visiter les installations ESA d’entraînement des astronautes à Cologne (Allemagne).

Cet événement sera retransmis en direct sur Internet : www.esa.int/ProximaLive

Source : thomaspesquet.esa.int

Quand le solaire photovoltaïque devient sexy : les ardoises françaises clonées par Tesla

Avec 84,5 millions de visiteurs internationaux en 2015, dont 2 millions de Chinois, la France est la première destination touristique du monde, devant les USA et l’Espagne. De la baie du Mont-Saint-Michel  jusqu’à la Côte d’Azur la diversité paysagère de la Gaule est attractive.

Dans un pays fier de son parc de centrales nucléaires, fleuron industriel national, le solaire et l’éolien sont souvent critiqués, parfois avec violence et y compris par d’anciens présidents de la République, pour leur impact paysager. Des projets photovoltaïques sont interdits par les architectes des bâtiments de France (ABF) dans de nombreuses villes françaises aux somptueux patrimoines architecturaux, empêchant ainsi de riches propriétaires fonciers d’épanouir leurs désirs écologiques.

Cette situation conflictuelle a poussé certaines entreprises à imaginer des solutions de camouflage aux bilans énergétiques douteux, comme par exemple les « arbres à vent » urbains et les « routes solaires » dont l’ardoise est particulièrement salée pour les contribuables. Le porte-parole de l’association négaWatt, Thierry Salomon, estime qu’il s’agit de « miroirs aux alouettes énergétiques ».

Mais s’il devenait possible d’être parfaitement intégré dans le paysage sans trop perdre d’efficacité sur le plan énergétique ? Voire même sans en perdre du tout ? L’ingénieur multimilliardaire Elon Musk a, de nouveau, fait preuve de « l’esprit de pionnier » prôné par le psychothérapeute suisse Bertrand Piccard, initiateur du projet « Solar Impulse », un avion qui a fait le tour du monde sans brûler une seule goutte de carburant fossile. Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.

« Notre proposition de base sera : voulez-vous un toit qui a un meilleur aspect qu’un toit classique, qui a une durée de vie deux fois supérieure, qui coûte moins cher et qui, en outre, produit de l’électricité ? » a déclaré Elon Musk le sourire aux lèvres et les yeux rayonnant d’enthousiasme lucide. Alors « pourquoi iriez-vous voir ailleurs ? ».

Tesla part d’un constat simple : les ardoises françaises et les tuiles toscanes sont aujourd’hui particulièrement lourdes et volumineuses. Une partie substantielle de leur coût est lié au transport. Le poids élevé conduit à faire appel à des charpentes très robustes, et donc coûteuses. Une partie des ardoises et des tuiles sont de plus cassées lors de leur manipulation. « L’ensemble de la chaîne est terriblement inefficient » a déclaré Elon Musk. « Jusqu’à présent, les toits ont manqué d’amour » a-t-il ajouté. Ils ont peu suscité l’attention.

Scotch, post-it et tuileries solaires

Selon Elon Musk les ardoises solaires sont 3 à 5 fois plus légères que les ardoises naturelles. En quoi consiste l’innovation de Tesla ? Recouvrir les minces cellules photovoltaïques d’une couche camouflante très fine obtenue par la technologie du computational hydrographic printing. Ceci dans le cadre d’une collaboration avec le conglomérat américain 3M connu du grand public pour les marques emblématiques Scotch et Post-it.

Tesla a présenté son concept aux experts de 3M et ces derniers ont été capables de répondre à la demande « tout à fait rapidement » a déclaré au magazine Fortune le scientifique Andrew Ouderkirk, membre de l’académie nationale américaine d’ingénierie. Le résultat est vraiment bluffant (des photos sont disponibles ICI). Selon Victoria Hydrographics, une entreprise canadienne spécialisée basée en Colombie britannique, « le produit final est incroyable, et il s’agira probablement du premier produit obtenu par les technologies hydrographiques délivré en masse ».

Elon Musk est étonné. « Je ne sais pas pourquoi personne ne l’a fait avant » s’est-il exclamé à l’occasion d’une séance Q&A (Vidéo) qui a suivi l’annonce de la fusion Tesla-SolarCity auprès des actionnaires le 17 novembre 2016.  « Ce n’est pas si difficile que ça ! » (« It’s not that crazy hard ! So…beat me »).  Cet ingénieur estime qu’aucune entreprise concurrente s’étant aventurée dans le domaine des toitures solaires n’a jusqu’à présent été capable de faire le travail « proprement » et jusqu’au bout.

Quand l’ardoise solaire Tesla posée sur un toit est vue depuis le sol, des « micro-persiennes » intégrées au micro-film offrent la couleur et l’aspect de l’ardoise. « C’est comme un store vénitien » souligne Andrew Ouderkirk expliquant que cela marche comme les filtres d’ordinateurs privatifs conçus pour empêcher que les voisins puissent voir ce qu’il y a à l’écran. Les micro-persiennes (« micro-louvers ») sont constituées de matière plastique à haute durabilité. 3M fabrique dès à présent de nombreux films solaires dans une perspective d’optimisation de la résistance ou de la flexibilité.

Elon Musk aime les ardoises françaises

« Le toit de ma maison est à base d’ardoises françaises, c’est l’un des styles de couverture que je voulais réaliser » a expliqué Elon Musk. Pari réussi. Chaque ardoise Tesla est unique, son motif est généré par ordinateur. Un caméléon solaire.

Une forme de « géomimétisme », par analogie au biomimétisme. « Si à Toulouse ils veulent des panneaux solaires roses, et bien ils auront des panneaux roses ! » s’exclame l’ingénieur André Joffre du bureau d’étude Tecsol. « Il n’y a pas de facteur matériel limitant à la production des cellules PV. Et le prix de l’énergie, grâce au solaire PV, va se rapprocher de zéro » ajoute ce spécialiste. En fait l’approche Tesla permettra d’imiter la plupart des styles de toitures du monde. Peut-être même celui du château de Versailles. Louis XIV, dit le « Roi Soleil », en aurait été, n’en doutons point, honoré.

tuile-teslaUn premier style de toiture Tesla sera disponible dès l’été 2017, celui qui sera le plus demandé par les consommateurs. Puis trois autres seront commercialisés tous les trois mois qui suivront : « Tuscan », « Slate », « Textured » et « Smooth ». Il est possible que le style toscan, très apprécié en Californie, soit le premier commercialisé.

La couche additionnelle « ardoise-mimétique » interfère bien entendu avec une partie de la lumière solaire incidente. Mais Tesla annonce une perte de rendement de seulement -2% comparativement au solaire standard. Ce chiffre devra bien entendu être validé par des experts indépendants mais Tesla n’a pas l’habitude de raconter des bobards sur le plan technologique. C’est une entreprise très sérieuse en matière de développement durable, elle veut vraiment changer le monde de l’énergie. Encore mieux, Tesla pense que cette perte de -2% pourrait être annulée dans le futur en utilisant la couche additionnelle comme une épuisette à photons. Transformer un léger handicap en un avantage.

Tesla ajoute à son ardoise high-tech une autre couche protectrice à base de verre ultra-résistant (animation). Selon Elon Musk, avec ce verre la durée de vie de la toiture d’une maison sera supérieure à celle de la maison elle-même.  Une nouvelle division spécialisée dans le verre a d’ailleurs été créé au sein de Tesla et une option de toit entièrement en verre sera proposée pour les voitures électriques du groupe.

Il est possible qu’une couche inférieure isolante soit ajoutée à l’ardoise solaire de Tesla (Elon Musk a fait écho de propriétés isolantes), permettant alors d’éviter de payer des ouvriers pour réaliser des travaux d’isolation (pose de laine de verre etc.), d’où un nouveau gain économique.

Certains experts, comme par exemple Barry Cinnamon de GreenTech Media, pensent que les ardoises et tuiles solaires Tesla seront commercialisées pré-assemblées (et pré-câblées) en modules d’une surface comparable (ou supérieure) aux modules PV standards. Un pré-assemblage probablement automatisé par robots. Cela conduira mécaniquement à un temps de pose écourté et donc à un coût de main d’œuvre « couvreur solaire » réduit d’autant.

SolarCity ouvrira dès l’année prochaine à Buffalo, tout près des chutes du Niagara, une gigantesque usine de production de cellules PV à haute efficacité (22 à 24%) de technologie Silevo. Le groupe estime pouvoir délivrer l’ensemble (cellules PV + couche camouflante + verre protecteur) pour un coût de 0,4 dollars le Watt dans un futur proche, par effet d’échelle. Soit 72 dollars le mètre-carré dans l’hypothèse d’une densité de puissance de 180 W/m2.  Le verre, c’est du sable, et « le sable c’est très bon marché » a souligné Elon Musk. La technologie de Computational Hydrographic Printing est également peu onéreuse.

Selon le site Travaux.Mondevis.com, « une toiture en ardoise naturelle a un prix compris entre 100 € et 140 € le mètre carré ». Cela monte même parfois au-delà de 160 €. Le prix des ardoises synthétiques est en revanche deux fois inférieur (50 à 70€). Pour les tuiles en argile la gamme s’étend entre 25 et 40 €. Une toiture végétalisée peut coûter plus de 200 €. Le tarif horaire d’un couvreur professionnel pour les travaux de pose est compris entre 60 et 110 euros en moyenne. Enfin le coût d’une toiture complète est estimé à 200-300 euros le mètre-carré en France. Il y a donc de la marge.

« Je sors d’une réunion avec l’équipe d’ingénierie de SolarCity. A ce stade je ne peux pas révéler tous les secrets mais il s’avère que c’est prometteur : le toit solaire Tesla aura le même prix, voire même à un prix légèrement inférieur à celui d’un toit classique » a déclaré Elon Musk, ce qui a stupéfait les analystes. Et ceci sans prendre en compte la valeur de la production électrique, qui sera « un bonus ». La batterie Powerwall 2 de Tesla intègre un onduleur.

L’expression « toit classique » peut prêter à confusion. Il s’agit manifestement d’un toit revêtu d’ardoises naturelles, autrement dit une toiture luxueuse. Tout comme Tesla s’est dans un premier temps  focalisé sur les voitures électriques haut de gamme (Roadster, Model S et X), puis dans un deuxième temps sur un produit davantage grand public (Model 3), la très innovante entreprise californienne procède de la même manière avec les toitures solaires. C’est la meilleure façon de lancer un marché puis de baisser peu à peu les prix et ainsi démocratiser le produit.

Une beauté inespérée au potentiel français véritablement colossal

« Personne n’avait vu venir ces toits Tesla » a déclaré Tom Randal de l’agence Bloomberg résumant l’offre Tesla synergique par la formule : « Sexy Solar, Massive Batteries and Fast Cars ». Elon Musk a présenté (vidéo) ses toits solaires à Hollywood, utilisant les décors de « Desperate Housewives » (« Beautés désespérées » au Québec). En déclarant lors d’un dîner de gala à la Maison-Blanche « I am a desperate housewife », Laura Bush a assuré le succès de cette série aux 180 épisodes signée Marc Cherry.

L’ADEME a estimé à plus de 400 TWh le potentiel du solaire en toiture en France. Auquel on peut ajouter un potentiel presque équivalent pour les ombrières solaires de parking. L’enquête Teruti 2004 a révélé que la France dispose de 3590 kilomètres carrés (un tiers de million d’hectares) de parkings nus. Les ombrières peuvent bien entendu être réalisées avec des ardoises ou des tuiles solaires. La demande électrique française totale est de 500 TWh et l’université Stanford estime qu’un peu moins du triplement de cette valeur sera suffisant pour répondre à la totalité de la demande énergétique de 2050 en France (y compris transport et chauffage) dans le cadre d’un mix 100% Wind Water Sun intrinsèquement efficient.

Design, performance et écologie ne sont pas incompatibles

L’alliance Renault-BetterPlace avait comme objectif de rendre d’emblée la voiture électrique accessible aux masses. En sacrifiant l’autonomie (160 km) et en louant la batterie pour faire baisser le prix d’appel de la voiture. BetterPlace a fait faillite.

La stratégie de Tesla a été à l’inverse de viser dans un premier temps le segment luxe de l’automobile électrique, sans sacrifier l’autonomie. La Roadster, la Model S et la Model X sont trois succès époustouflants. La Model S P100D est la plus puissante du monde, elle passe de 0 à 100 km/h en 2,4 secondes et dispose d’une autonomie de 613 kilomètres. Avec une voiture de sport sexy et hyper-puissante, la Roadster, l’objectif de Tesla était de faire sortir la voiture électrique de l’image de voiturette de golf, autrement dit de pot de yaourt, qui lui collait à la carrosserie. Dans un second temps, grâce à la baisse des coûts obtenue durant la première phase, Tesla va commercialiser la Tesla 3 à un prix de base de 35 000 dollars, soit deux fois moins que celui la Model S. La mission que s’est donnée l’équipe Tesla n’est pas de produire des voitures de luxe mais d’accélérer l’électrification du parc automobile mondial.

Elon Musk a adopté la même approche avec les batteries. Elles étaient vilaines, encombrantes et coûteuses. Il les a rendues très design, les a accrochées aux murs des maisons et a baissé massivement leurs prix. C’est le concept de Powerwall (« mur électrique »). Le Powerwall 2 intègre un onduleur, sa capacité de stockage est de 14 kWh et il ne coûte que 6500 dollars (dont 1000 $ de frais d’installation et divers). Soit 464 dollars par kWh de stockage, onduleur et installation comprise (393 $ sans l’installation).  Aucun concurrent ne propose des prix aussi bas. La batterie sud-coréenne « RESU » de LG Chem coûte 923 $/kWh (sans l’onduleur et hors installation). Et la batterie allemande « éco compact » de SonnenBatterie coûte 1488 $/kWh (sans l’onduleur et hors installation), soit trois fois plus. Le Powerwall 1 présenté au printemps 2015 avait une capacité de stockage de 7 kWh et coûtait 500 dollars par kWh, installation comprise mais sans onduleur. L’intégration de l’onduleur dans la batterie elle-même permet de simplifier l’installation et aussi de faire taire les critiques qui avaient émergé il y a un an.

La commercialisation du Powerwall 2 commencera dès le printemps 2017 en France. Tesla estime avec l’appli disponible sur la page www.tesla.com/fr_FR/powerwall  qu’en France métropolitaine une maison équipée de 2 chambres et consommant 10 kWh par jour requiert un seul Powerwall 2 (14 kWh) et que couplé à une toiture solaire de 2 kW le niveau d’indépendance énergétique est alors de 59%. De 83% avec 3 kW, de 96% avec 4 kW et de 100% avec 5 kW. Sans batterie il est difficile de dépasser le niveau des 30%.

A Hawaï Tesla et SolarCity construisent actuellement un parc solaire de 12 MW couplé à un ensemble de batteries Tesla totalisant une capacité de stockage de 52 MWh. 13 MW x 4 heures. Les Powerpacks de seconde génération ont une capacité de stockage de 200 kWh l’unité. Ils permettront à l’île de Kauai d’augmenter son niveau d’autonomie énergétique: 50% dès 2023, 100% en 2045.

Après les voitures électriques et les batteries stationnaires Elon Musk veut à présent rendre le solaire lui aussi sexy. Le consommateur veut en effet des produits plus performants, plus beaux, plus excitants et aussi aux prix plus attractifs. Si l’on veut vraiment protéger l’environnement alors il faut tenir compte de la psychologie humaine et des lois du marché, et ne surtout pas chercher à aller contre elles. Sinon, échec garanti. Il convient donc d’être extrêmement innovant, voir grand (facteur d’échelle) et donc avoir une grande confiance en soi afin que le coût des produits écologiques devienne inférieur à celui des produits polluants, sans sacrifier ni la performance, ni le design. C’est la grande leçon de l’écologie pragmatique made in America.

Dans le documentaire « Before The Flood » (Avant le déluge) diffusé gratuitement par National Geographic, Leonardo Di Caprio rend visite à Elon Musk au cœur d’une usine Tesla remplie de robots et celui-ci lui explique que 100 GigaFactories suffiront pour que le monde entier passe au 100% renouvelable. Elon Musk est l’un des écologistes les plus efficaces au monde face aux crises environnementales et sanitaires que nous affrontons. La fondation Leonardo Di Caprio soutient notamment The Solution Project de l’université Stanford et de l’Université de Californie à Davis. Autrement dit le plan 100% Wind Water Sun proposé par le professeur Mark Jacobson et ses collègues.

Elon Musk vient d’annoncer que Tesla proposera une option « toit solaire » pour ses modèles de voitures à la fois électriques et 100% autonomes dans le futur. Les routes deviendront ainsi solaires. « Tourne ton visage vers le soleil et tu laisseras l’ombre derrière toi » dit un proverbe Maori (Nouvelle-Zélande). Tesla, à l’occasion du rachat de la société allemande Grohman Engineering, a annoncé souhaiter construire une Gigafactory 2 en Europe capable de produire à la fois des batteries et des Tesla Model 3.

Solar Electric Economy

L’approche « Solar Electric Economy », selon les propres mots d’Elon Musk, constitue une clé dans une perspective d’efficience et donc de durabilité. Patrick Pouyanné, PDG de Total qui va couvrir 5000 de ses stations-services de panneaux solaires, l’a bien compris : « le futur de l’énergie, c’est l’électricité ». Tout comme Isabelle Kocher, CEO d’Engie : « notre génération doit agir maintenant pour faire du Soleil le futur de notre Terre » a déclaré cette ingénieure lors de la COP22 à Marrakech.

« Make America great again ». Tel était le slogan de campagne de Donald Trump aux USA. Lors du lancement de l’alliance mondiale des technologies propres dans le cadre de la COP22 Bertrand Piccard a lancé cette invitation : « Si vous voulez qu’un pays devienne de nouveau grand, vous pouvez le faire avec des technologies propres et efficientes ». A bon entendeur.

Olivier Daniélo

Primaire à droite: l’environnement en prend un coup

Si les Etats-Unis dénoncent l’accord de Paris, Nicolas Sarkozy propose une taxe carbone  de 1 à 3 % à l’entrée de l’Europe pour les produits provenant des Etats-Unis.

Plus globalement,Jean-François Copé est pour une taxe carbone à la frontière de l’Europe. Une proposition épluchée par le think-thank la Fabrique Ecologique qui note que cette proposition est recevable, mais devra être décidée par le Conseil des ministres à la majorité qualifiée puisqu’elle relève de négociations commerciales internationales.

Nathalie Kosciusko-Morizet estime que pour imposer une telle politique, « il faut être crédible, c’est-à-dire avoir une politique nationale interne de qualité » et « ne pas professer des opinions climato-sceptiques ». La candidate tacle alors Sarkozy sur ses déclarations récentes où il remettait en cause la part de l’Homme dans le réchauffement climatique.

Contre-vérités sur le nucléaire

Nicolas Sarkozy et François Fillon distillent des contre-vérités et imprécisions sur le nucléaire. Pour Sarkozy,  la filière nucléaire est une filière « propre », « qui fait notre honneur » et qui permet à la France d’être « le pays d’Europe qui émet le moins de gaz à effet de serre». Une filière qui a fait consensus sous la Ve République, à l’exception de François Hollande. «Honte» à lui, attaque l’ancien Président. Malheureusement, selon l’Insee, chaque français émettait 7,35 tonnes de  CO2 en 2013, contre 5,9 tonnes pour un suédois et 6,02 tonnes pour un Roumain. Nous ne sommes pas les meilleurs, bien qu’il y ait pire : par exemple, les allemands émettent 11,43 tonnes de  CO2 par habitant.  Par ailleurs, pour lui, « les Allemands viennent de rouvrir toutes leurs centrales à charbon, qui envoient leurs particules jusqu’à Paris qui nous inondent » suite à la sortie du nucléaire programmée pour 2022. Une contre-vérité évidente analysée dans l’article 4 idées reçues sur la transition énergétique allemande.

François Fillon ne compte pas plus respecter les objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte que Nicolas Sarkozy sur le nucléaire. La loi prévoit de diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% en 2025. S’il est élu, la part du nucléaire à la fin de son mandat sera de «75% ». Car « le nucléaire est un avantage compétitif pour l’économie française ». Une approximation encore hasardeuse. « Certaines installations d’énergies renouvelables ont aujourd’hui des coûts inférieurs à ceux des nouveaux réacteurs nucléaires et comparables à ceux des réacteurs existants », recense une autre note de la Fabrique écologique. « On ne ferme pas Fesseinheim, on ne ferme aucune centrale tant que l’Autorité de Sûreté nucléaire ne demande pas la fermeture de ces centrales, il n’y a aucune raison de le faire », affirme François Fillon. Tout au plus, sa priorité sera de fermer toutes les centrales à énergies fossiles et de les remplacer par des énergies renouvelables.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Comment un PC non connecté peut-il être piraté ?

Les attaques informatiques se multiplient. Devenues hyper connectées, les entreprises éprouvent de plus en plus de difficultés à endiguer ce fléau. À leur décharge, il faut reconnaître que les pistes pour infiltrer un réseau informatique sont multiples et que le périmètre à surveiller ne cesse d’augmenter : terminaux mobiles, périphériques connectés comme les imprimantes et les caméras, capteurs…

De nombreuses infections sont dues à un code malveillant caché dans la pièce jointe d’un email ou une clef USB. Pour limiter les risques, des entreprises travaillant pour des secteurs sensibles sont tentées d’isoler certains postes de travail. On a coutume de dire que le piratage d’un ordinateur, ou de toute autre machine, est en effet favorisé par sa connexion permanente (ou momentanée) à un réseau et en particulier à l’Internet.

D’où l’idée de mettre en place des ordinateurs « air-gapped », c’est-à-dire physiquement déconnectés d’Internet et de tout type de réseau.

Mais différentes démonstrations ont révélé les limites de cette option… La majorité repose sur un code malveillant (de toute petite taille, autour de quelques Ko) développé spécifiquement pour agir sur le comportement des composants d’un PC. Comme ces postes ne sont pas connectés, la principale difficulté est d’insérer le virus. Il n’y a que deux options possibles : disposer d’un accès physique (grâce à un complice par exemple) ou injecter le malware dès la chaîne de montage de l’ordinateur.

Beaucoup de travaux sont théoriques, mais rien ne dit que certains États ne les ont pas appliqués… En décembre 2014, plusieurs chercheurs de l’université Ben-Gourion en Israël ont démontré  qu’il était possible d’exfiltrer des informations d’un tel ordinateur en récupérant les ondes électromagnétiques émises par la carte graphique !
Toujours en Israël, des scientifiques avaient démontré qu’il était possible de pirater un PC « air-gapped » en utilisant les fréquences GSM et un téléphone mobile bas de gamme. Ils avaient conçu un code malveillant qui force le bus mémoire de l’ordinateur à fonctionner comme une antenne cellulaire 2 G. Ces informations pouvaient être reçues jusqu’à 6 mètres. Avec une antenne plus puissante, la réception pouvait se faire sur une distance de 30 mètres. Même si les débits étaient faibles, ils étaient suffisants pour obtenir des mots de passe ou une clé de chiffrement en une minute ou deux.

Plus récemment, en juin 2016, la même équipe a développé un code malveillant capable de dérober les données en exploitant le bruit émis par les ventilateurs de PC. Capable de réguler la vitesse des ventilateurs internes pour adapter le son émis par l’ordinateur, leur virus Fansmitter envoyait des données sensibles.

Les Américains ne sont pas en reste. Il y a quelques années, le New York Times avait révélé que la National Security Agency (NSA) était capable de pirater des données en s’appuyant sur des émetteurs-récepteurs spéciaux intégrés dans des éléments aussi anodins que les cartes logiques ou les câbles USB. Selon le quotidien américain, cette agence de renseignement pouvait capter ces signaux à une distance de 12 kilomètres. « La NSA utilise cette technologie pour surveiller un panel de cibles étrangères assez large », avait indiqué le journal.

Philippe Richard

Qubes, le système d’exploitation très sécurisé

Diffusée le 18 octobre sur France 2, l’émission Cash Investigation avait pointé du doigt le contrat entre Microsoft et le Ministère de la Défense portant sur l’installation de Windows et de différents logiciels de l’éditeur américain sur 200 000 ordinateurs et des serveurs.

Quelques jours plus tard, dans une interview accordée à Securiteoff, Éric Filiol, Directeur du Laboratoire Confiance Numérique et Sécurité à l’ESIEA de Laval, avait affirmé que « Windows était une boite noire que connaît très bien la NSA ». Pour cet ancien Lieutenant-Colonel spécialisé dans la sécurité informatique, cette agence de renseignement américaine connaît tous les rouages du système d’exploitation de Microsoft et peut donc l’infiltrer à sa guise pour lancer une opération d’espionnage ou de piratage.

Face à cette menace (qui ne doit pas être limitée à Windows, mais aussi à MacOS), de plus en plus de dissidents politiques, d’ONG, de lanceurs d’alerte et de journalistes décident d’utiliser d’autres systèmes d’exploitation (OS – Operating system) respectant leur vie privée et surtout leur anonymat. Les plus connus s’appellent SubGraph, Tails ou  Qubes. Ce dernier repose sur des techniques de virtualisation qui renforcent son niveau de sécurité, tandis que les deux autres privilégient l’absence de traces.

Imaginé dès 2009 par l’équipe du Invisible Things Lab (fondé par Joanna Rutkowska et Rafal Wojtczuk, deux hackers reconnus sur la scène mondiale), cet OS (basé sur des briques GNU/Linux) a été rendu public dans sa première version en septembre 2012. C’est un projet très actif puisqu’il en est à sa version 3.2 depuis septembre dernier.

Qubes présente plusieurs particularités. La principale est qu’il repose sur la virtualisation des applications qui sont toutes isolées les unes des autres. Il est possible d’en créer par thèmes : travail, achat, communication… Cependant, ce cloisonnement n’empêche pas les échanges entre ces applications virtuelles. Il est possible de partager des fichiers ou encore de faire un copier-coller.

Ce cloisonnement et ces univers virtuels visent un seul objectif : limiter les risques d’infection virale et de vols de données sur un tel poste de travail, car selon Joanna Rutkowska les antivirus et les pare-feu présentent de sérieuses limites. Pour expliquer ce concept de cloisonnement, cette experte cite l’exemple d’un PDF, format de fichier exploité pour cacher un code malveillant : « vous créez un environnement propre grâce à une machine virtuelle, dans le simple but de voir le PDF. Puis, une fois que vous avez terminé, vous vous en débarrassez tout simplement. Si le fichier PDF était malveillant, il ne pourrait compromettre que la machine virtuelle, qui ne contient rien d’autre que… le fichier PDF. Dans le même temps, la machine virtuelle à usage unique est toujours démarrée dans un état sûr, afin il n’y ait aucun moyen que qui que ce soit puisse dérober le document ».

Autre spécificité fondamentale de Qubes : « c’est l’utilisateur qui a la lourde responsabilité de prendre toutes les décisions concernant la sécurité », explique-t-elle. Tout en précisant que « cela offre une grande flexibilité aux utilisateurs les plus avancés, mais le prix à payer est que Qubes OS nécessite certaines compétences en informatique. C’est la façon dont ils vont utiliser l’OS qui pourrait rendre leurs actions beaucoup plus sûres ».

Néanmoins, « l’utilisation de Qubes a été simplifiée au maximum », explique Benjamin Sonntag, cofondateur de la Quadrature du Net, une association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. « Chaque utilisateur est amené à attribuer une couleur à chacune de ses activités, en fonction du niveau de sécurité requis. Une personne choisissant d’attribuer le vert à son activité la plus sécurisée verra donc apparaître les rubriques liées à cette activité dans un cadre à la bordure verte », indique-t-il.

Par Philippe Richard

Eolien flottant : 4 technologies sur le banc d’essai

SBM_IFPEN_-EDM_05_07_17 (1)Le premier lauréat de l’appel à projet est la filiale renouvelables du plus grand électricien de l’Hexagone : EDF EN. Il mène un consortium qui installera, sur la zone de Faraman en Méditerranée, 3 éoliennes de 8 MW conçues par Siemens, installées sur des flotteurs élaborés par SBM/IFPEN (Institut français du pétrole et des énergies nouvelles). Le duo a imaginé un dispositif d’amarrage à inclinaison qui minimiserait les mouvements au niveau de la nacelle. L’intérêt du secteur parapétrolier à ces débouchés n’a rien d’étonnant, les besoins technologiques étant similaires à l’industrie pétrolière.

Principle Power (1)Le deuxième lauréat est le projet EFGL porté par Engie/EDPR (Energias de Portugal Renewables)/CDC (Caisse des Dépôts et Consignations), avec 4 éoliennes Haliades de 6 MW de General Electrics (anciennement Alstom) et des flotteurs Eiffage/PPI, sur la zone de Leucate. Le concept, développé par Principle Power dans son centre d’ingénierie d’Aix-en-Provence, conserve le principe du tripode mais l’éolienne est installée sur l’un trois des sommets. C’est l’une des technologies de flotteur avec le plus grand retour d’expérience. Un prototype est testé depuis 2011 au large du Portugal et aurait injecté quelque 16 GWh sur le réseau.

Investissements d’avenir

Ils rejoignent les deux premiers lauréats de l’appel à projets lancé en août 2015 dans le cadre du programme des investissements d’avenir désignés le 22 juillet 2016.

Quadran (1)Le projet EolMed à Gruissan en Occitanie est mené par le spécialiste des énergies renouvelables Quadran. Il installera 4 éoliennes Senvion totalisant 24 MW. Pour cela, il sera épaulé de Bouygues Travaux Publics et Ideol pour l’ingénierie, la construction et l’installation du flotteur Damping Pool en béton.

Eolfi (1)Enfin, le projet Eolfi/CGN à Groix en Bretagne prévoit l’installation de quatre éoliennes GE/DCNS d’une puissance unitaire de 6 MW. Il bénéficiera d’une aide exceptionnelle de 85 millions d’euros selon la préfecture d’Ile et Vilaine.

Au final, le gouvernement a largement laissé sa chance à chaque acteur en validant quatre projets aux technologies distinctes. Les études, demandes d’autorisations et la construction devraient durer 4 ans, soit une mise en service en 2020 au plus tôt.

La France fait office de précurseur dans le domaine aux côtés du Portugal, de l’Ecosse et du Japon qui eux aussi ont lancé des projets pilotes. L’enjeu est grand car la technologie flottante pourrait affranchir les promoteurs éoliens des difficultés liées à l’installation des turbines sur terre ou près des côtes. On considère qu’à partir de 15 kilomètres, le parc éolien devient quasiment invisible. De plus, les vents sont plus fort et plus régulier au large, donc la productivité potentielle plus importante. Enfin, l’éolien flottant offre une alternative aux zones où les fonds marins sont rapidement profonds proches des côtes, comme c’est le cas en Méditerranée ou sur des îles, dont la France est largement pourvues. C’est également un débouché du savoir-faire français dans le secteur de la mer et ne potentielle source d’emplois qualifiés si cette filière connaît le succès commercial.

Par Romain Chicheportiche

Un cadre juridique pour la robotique

Qui est capable aujourd’hui de répondre précisément à cette question : si un robot commet une erreur, qui est responsable ? Son programmeur ? Son fabricant ? Son propriétaire ? Chacun des trois peut avoir une part de responsabilité ! Mais elles ne sont pas encore précises et écrites dans des textes de loi.

Il y a urgence, car les ventes de robots sont en constante progression, à la faveur notamment de l’activité des constructeurs automobiles, qui développe de voitures intuitives sans chauffeur, et de l’industrie électrique/électronique. En 2014, il y avait déjà près de 1,5 million de robots industriels en activité dans le monde.

Pour l’instant, les juristes et les experts s’appuient sur la norme ISO 8373:2012 qui définit le robot comme « un mécanisme programmable actionné sur au moins deux axes avec un degré d’autonomie, se déplaçant dans son environnement, pour exécuter les tâches prévues ».

Selon cette définition, il s’agit d’une machine dotée d’une certaine autonomie. En fonction des informations recueillies auprès de multiples capteurs, elle peut donc prendre des initiatives. Mais cette définition n’est pas suffisante pour déterminer un cadre de confiance permettant à l’homme d’utiliser le robot de façon sécurisée. D’où la nécessité de définir ces machines comme des « personnes électroniques ». Proche du statut juridique d’une personne morale, il leur permettrait de posséder des droits, mais d’avoir aussi des obligations.

Quid de la responsabilité civile des robots

Ces questions juridiques liées au développement de la robotique et de l’intelligence artificielle sont notamment étudiées par un groupe de travail créé en janvier 2015 par la Commission des affaires juridiques (JURI). Pour ce groupe, qui a remis en juin dernier son projet de rapport, « la responsabilité civile des robots est une question cruciale à laquelle il importe de répondre au niveau de l’Union ». Il s’agit de « garantir le même niveau de transparence, de cohérence et de sécurité juridique dans toute l’Union » ; et ce, « dans l’intérêt tant des consommateurs que des entreprises ».

« Le développement de caractéristiques cognitives – telle la capacité d’apprendre de l’expérience et de prendre des décisions indépendantes – les a rendus de plus en plus similaires à des agents qui interagissent avec leur environnement et sont capables de le modifier significativement. Il faut de nouvelles règles qui se concentrent sur comment une machine peut être tenue pour – partiellement ou entièrement – responsable de ses actes ou oublis », lit-on dans le rapport.

Il y a encore des « discussions tendues », notamment avec les constructeurs automobiles qui ne veulent pas assumer la responsabilité, par exemple, pour les automobiles intuitives sans chauffeur, fait savoir Mady Delvaux  (l’eurodéputée luxembourgeoise S&D qui a présenté ce projet de rapport). Ainsi, le rapport suggère-t-il la possibilité d’une obligation d’assurance des robots par les producteurs, semblable au fonctionnement de l’assurance des voitures.

Le domaine de la protection de la vie privée et des données personnelles constitue « un des sujets les plus difficiles », déclare également Mady Delvaux puisque le robot a besoin d’un accès à des données pour fonctionner. Ainsi, des applications vont communiquer ensemble et avec des bases de données sans intervention humaine, et même parfois sans qu’aucun être humain ne soit au courant. Mady Delvaux signale que le groupe de travail a retenu que les principes de précaution, de nécessité et de proportionnalité soient pris en compte dans l’accès aux données. « Le robot ne doit prendre que ce dont il a besoin et les conserver pour une durée qui ne soit pas illimitée », dit-elle.

Autre problématique : la sécurité physique, dès lors que les robots interagissent avec les hommes. « Un robot, par définition, est dangereux », dit l’eurodéputée. Il est lourd et puissant, et peut causer des dommages par exemple en cas de programmation défaillante ou de piratage.

Il y a enfin les questions de droits d’auteur puisque ces machines seront en mesure de créer elles-mêmes.

Pour répondre à toutes ces problématiques, des juristes estiment qu’il faut créer un régime spécial de responsabilité et une responsabilité de l’homme envers les robots.

Philippe Richard

COP22 : quel rôle pour la science ?

Toutes les délégations présentes à la COP22 de Marrakech jusqu’au 18 novembre sont convaincues de la réalité du réchauffement climatique. Ce n’était pas le cas lors des toutes premières COP. « Cette prise de conscience a été obtenue grâce à la communauté scientifique », estime Thierry Lebel, hydrologue à l’IRD et contributeur au 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

L’ Accord de Paris étant entré en vigueur le 4 novembre 2016, tout l’enjeu de la COP22 et des prochaines COP sera de s’assurer de sa mise en oeuvre. Et pour cela, il existe encore de nombreux enjeux scientifiques à surmonter. En tout premier lieu, les modèles climatiques dessinent pour la plupart des scénarios à l’échelle mondiale. « On a désormais besoin de scénarios régionaux, afin d’avoir une compréhension plus fine des impacts du changement climatique et pouvoir accompagner les politiques publiques », prévient Thierry Lebel. La communauté scientifique doit également diminuer les incertitudes liées à l’intégration de tous les engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (INDC) à l’échelle mondiale. Il faudra pouvoir évaluer au plus vite quelle sera la réalité du réchauffement climatique à la fin du siècle pour pouvoir s’adapter au mieux.

Quoi qu’il advienne, le réchauffement climatique est déjà à l’oeuvre. La complexité du problème impose de construire une approche interdisciplinaire sur ses grands enjeux « socio-scientifiques ». Il s’agira notamment d’évaluer les migrations environnementales, les interactions environnement-santé et la sécurité alimentaire. Mais aussi de prévoir l’évolution des océans, de la biodiversité et de la désertification.

Enfin, derrière l’enjeu des 100 milliards de dollars en 2020 pour financer l’adaptation et l’atténuation dans les pays en développement, se trouve une question de fond : qui sont les pays les plus « vulnérables » au réchauffement climatique, à aider en priorité ? « Mesurer la vulnérabilité au changement climatique est un sujet qui divise les communautés des politiques et les chercheurs, car la vulnérabilité n’est pas quelque chose de mesurable, assure Thierry Lebel. Finalement, beaucoup de spécialistes disent qu’un indicateur de vulnérabilité pour des systèmes complexes n’existe pas ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Trump, au royaume des énergies fossiles !

Si Trump n’a pas donné de détails concrets sur la politique énergétique qu’il compte mener, ses différentes déclarations durant la campagne donnent des idées sur ses intentions. Il adoptera certainement des politiques visant à augmenter l’extraction et la production des énergies fossiles et à assouplir les normes sur l’industrie. Il compte bien annuler plusieurs réglementations prises par l’administration Obama. Contrairement à son prédécesseur, Trump pourra compter sur le soutien du Congrès, à majorité républicaine, pour ne pas freiner ses réformes.

Priorité aux énergies fossiles

Durant la campagne, Trump a annoncé qu’il dérégulerait le secteur énergétique et assouplirait la réglementation qui pèse sur l’extraction des énergies fossiles aux Etats-Unis. L’objectif : exploiter au maximum les énergies fossiles présentes dans le sous-sol terrestre, mais aussi sous les eaux fédérales, y compris en Arctique. « Trump, largement considéré comme un partisan important de l’industrie du pétrole et du gaz naturel, rejettera probablement toute tentative écologiste de freiner la production nationale de combustibles fossiles », estime le cabinet d’analyses S&P Global Platts. Le futur président américain devrait finalement autoriser TransCanada à construire le pipeline Keystone XL, alors que l’administration Obama l’a rejeté fin 2015, après des années de débat. Ce pipeline reliera le Canada au Golfe du Mexique pour transporter les sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries américaines.

Par ailleurs, Trump annulera probablement les efforts visant à instaurer de nouvelles normes d’émissions de gaz à effet de serre pour les raffineries de pétrole. Il pourrait également affaiblir les normes futures de consommation de carburant pour les voitures et les camions. Malgré tous ses efforts futurs pour faire rebondir la demande en pétrole, la transition est néanmoins en marche. « Les gains d’efficacité déjà en place dans le parc automobile américain devraient déjà réduire la demande d’essence de 500 000 barils par jour d’ici 2020 », tempère S&P Global Platts.

Dans son objectif de stimuler la demande de combustibles fossiles à court-terme, Trump pourrait aussi mettre fin aux aides qui accompagnent le développement des énergies renouvelables. « Par exemple, une réduction du crédit d’impôt à l’investissement à 10%, contre 30% actuellement, réduirait la demande d’installation solaire de 60% », estime S&P Global Platts.

Revenir sur la politique d’Obama

Trump a promis de démanteler, ou du moins réduire très fortement le pouvoir de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) qui, selon lui, crée « des normes à tout-va » et freine l’économie. Il devrait, par exemple, abandonner ou au moins affaiblir les efforts de l’EPA pour réglementer les émissions de méthane provenant des activités pétrolières et gazières. Il compte aussi annuler les règlements de l’administration Obama qui visent à freiner la pollution de l’industrie du charbon.

Trump aura le pouvoir de nommer entre un et trois juges à la Cour suprême pour influencer les décisions concernant les règlements environnementaux, si le Sénat approuve ces nominations. « Cela pourrait façonner l’équilibre idéologique de la cour pendant des décennies », prévient S&P Global Platts, car ces juges sont nommés à vie. Trump affectera aussi des postes clés à la tête de l’EPA, du Département de l’Energie et d’autres agences qui prennent des décisions touchant l’énergie.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Web Summit 2016 : la connexion première brique vers l’autonomie des véhicules

Une chose est sûre : la voiture du futur sera connectée. Connectée  à l’intérieur de l’habitacle, pour permettre aux occupants de pouvoir gérer les affaires courantes : regarder ses mails, visionner des vidéos, partager ses trajets avec d’autres personnes… Mais la voiture de demain sera également connectée à l’extérieur : la voiture interagira avec son environnement pour simplifier la vie du conducteur et in fine se déplacer de manière autonome.

C’est dans ce sens que Carlos Ghosn suit de près la tendance BlaBlaCar : « le partage des véhicules est pour nous une opportunité, car les services connectés sont une part de plus en plus importante de notre business. La seule question que nous nous posons aujourd’hui est : jusqu’où cela va-t-il aller ? ».

La connectivité, un enjeu our tous les acteurs

Le patron de Renault-Nissan voit dans le partage des véhicules une externalité extrêmement positive, au-delà du partage lui-même : l’amélioration de la connectivité des voitures. Et cette étape est cruciale pour le développement du véhicule autonome.

Nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, faire de la voiture – connectée – un lieu de vie, de partage, est l’objectif. Objectif à l’origine de la création de BlaBlaCar : « Nous avons fondé BlaBlaCar et mis en place ce système de partage, simplement car cela semblait très logique. Et c’est pour cela que ça a marché, les gens attendaient ce genre de service depuis longtemps », précise Nicolas Brusson.

Les positions respectives de BlaBlaCar et Renault-Nissan, qui peuvent paraître éloignées, et elles le sont sur le plan commercial, ne le sont finalement pas tant que ça, dans une perspective d’innovation : « il y a de la place pour tout le monde, et nous développons de nouveaux services pour se différencier », explique Carlos Ghosn.

L’avènement du véhicule autonome est certain

Car la tendance n’est pas pas prête de s’inverser. Aujourd’hui le succès croissant du véhicule électrique, première brique vers le véhicule connecté, est imparable :  les exemples chinois et norvégiens, où la croissance des véhicules électriques dépasse les prévisions les plus optimistes, en témoignent.

Et l’objectif des COP 21, 22 et à venir va effectivement dans ce sens.

Au final, même si les business de BlaBlaCar et de Renault-Nissan sont éloignés, ils participent tous deux à l’avènement de ce que sera la voiture du futur : connectée et autonome.

Reste à savoir à quel terme, et qui seront les gagnants. Comme le précise Carlos Ghosn, Uber investit déjà aux Etats)Unis sur la voiture autonome. Nicolas Brusson n’envisage pas la même chose pour BlaBlaCar : « Ce sont deux business très différents. Blabla car est une communauté… l’enjeu futur pour nous est  : comment on met des personnes dans la même voiture le plus efficacement possible ? ».

Dont acte. Pour Renault-Nissan, mastodonte du secteur, tout en innovant sur la connectivité des véhicules, il s’agit de développer la conduite autonome et du coup collaborer avec les régulateurs, travail en cours et qui prendra encore de nombreuses années.

Pierre Thouverez

Trump dénoncera-t-il l’Accord de Paris ?

Durant la campagne électorale américaine, Donald Trump n’a pas caché sa défiance envers l’Accord de Paris entré en vigueur le 4 novembre. Il n’a pas hésité à qualifier le réchauffement climatique de « canular ». Prochainement à la tête d’un pays émettant 17,9% des gaz à effet de serre de la planète, Donald Trump a affiché son intention d’annuler cet accord. Car pour lui, « cet accord donne à des bureaucrates étrangers le contrôle sur la façon et la quantité d’énergie que nous pouvons consommer dans notre pays » et sa mise en oeuvre tuerait l’emploi et le commerce. Mais cela ne sera pas si facile. « Il ne peut pas, contrairement à ce qu’il a dit, dénoncer l’Accord de Paris » et « il ne peut pas empêcher sa mise en oeuvre », a affirmé Ségolène Royal sur RTL ce mercredi matin.

Dans les faits, bien que la procédure soit longue et compliquée, les Etats-Unis peuvent sortir de l’Accord de Paris. La durée du préavis est de 3 ans et le mandat de Trump sera de 4 ans. S’il veut s’assurer que son pays sorte réellement de l’Accord, il devra donc notifier son intention durant la première année de son mandat. David Levaï, chercheur en coopération internationale sur le climat à l’IDDRI et ancien membre de l’équipe française de négociations chargé du suivi du Gouvernement américain, veut rester optimiste. « Lorsque l’on dit quelque chose en campagne, on ne le concrétise pas forcément. On voit bien que toute l’économie s’est tournée vers les énergies renouvelables. Ce n’est pas dit qu’une administration Trump veuille vraiment remettre ça en cause », analyse-t-il.

Les Etats-Unis et la Chine ont joué un rôle moteur dans l’Accord de Paris en avançant main dans la main. Cette dynamique peut changer, mais suffirait-elle à remettre l’ensemble du processus? « Il va falloir redoubler de combativité pour gagner la bataille contre le climat, prévient la ministre de l’environnement. Il va falloir être extrêmement vigilant et riposter à chaque fois que des tentatives seront faites pour affaiblir cet accord ». « Pendant les négociations de la COP21, l’ambassadeur de France à Washington estimait qu’en cas d’administration Trump, les Etats-Unis seraient sur un strapontin pendant quatre ans dans les négociations, confie David Levaï. Ils se marginaliseraient comme le Canada l’a fait avec le Gouvernement Harper pendant un certain nombre d’années, mais cela n’empêcherait pas le reste du monde de se mettre en ordre de bataille ». La situation est donc complexe, mais la lutte contre le changement climatique devrait continuer, avec les Etats-Unis, de près ou de loin.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Web Summit 2016 : Nissan lance la Get and Go Micra, une voiture « partagée »

Révélé par le PDG de Nissan Carlos Ghosn lors du Web Summit à Lisbonne, la nouvelle Nissan Intelligent Get & Go Micra permettra à ses utilisateurs d’utiliser une voiture sans en être propriétaire. Où bien d’en être propriétaire à plusieurs, c’est selon.

Un véritable virage pour Nissan ?

nissan-micraLe fabricant prévoit d’utiliser les réseaux sociaux  pour permettre aux clients potentiellement intéressés de se trouver la solution de partage qui leur correspondra le mieux.

La facturation sera mensuelle et comprendra l’assurance, l’entretien, l’accès à l’outil de jumelage en ligne, l’application smartphone et la connectivité du véhicule.

Commentant le lancement, Carlos Ghosn a déclaré: « Nous nous dirigeons vers un avenir où l’utilisation de la voiture sera peut être plus flexible, social et partagé. C’est quelque chose que nous prenons de plus en plus en compte. »

Pour Nissan, il s’agit d’un premier pas vers la fameuse mobilité intelligente, dans une direction que les grandes firmes automobiles rechignent à emprunter, puisque le partage des véhicules ne constitue pas leur modèle économique de base… loin de là. Mais cette tendance, dont la croissance ces trois dernières années est très importante, a fini par convaincre Carlos Ghosn et Nissan de tenter l’expérience.

web summit 2016 : l’avenir de la voiture connectée, par Carlos Ghosn

Invité à s’exprimer à l’occasion du Web Summit 2016 sur les prochaines étapes du développement des véhicules autonomes, Carlos Ghosn a profité de l’opportunité pour rappeler que Renault-Nissan a été la première entreprise à proposer des véhicules entièrement électriques. Depuis, d’autres grands groupes ont développé leurs propres modèles et proposent aujourd’hui des véhicules électriques bas prix : « le but pour Renault-Nissan, dans l’immédiat, est de rattraper son retard en termes de prix. Quand on sait qu’en Chine on trouve des véhicules entièrement électriques à moins de 8000 dollars… l’enjeu commence ici et nous nous devons de proposer des produits similaires à ce prix le plus rapidement possible », précise le PDG de Renault-Nissan. Le plus rapidement possible, c’est à dire dans quelques années. La chute du prix des batteries est une tendance – parmi d’autres – qui devrait permettre de mener cet objectif à bien.

« Ajouter une par une les briques de l’autonomie »

IMG_4236« l’enjeu est aujourd’hui de développer de nouvelles briques de technologiques pour la connectivité, l’autonomie… pour cela, une entreprise comme Renault-Nissan se doit de collaborer avec des partenaires : start-ups, universités, instituts de recherche. Nous avons même des projets en cours avec la NASA ». Carlos Ghosn identifie ainsi l’enjeu pour le véhicule autonome : réussir à collaborer avec des partenaires diverses, aux structures très différentes, pour implémenter les fameuses « briques » qui permettront l’avènement des véhicules autonomes.

Quels obstacles à l’avènement du véhicule autonome ?

Selon Carlos Ghosn, la difficulté principale pour arriver à une généralisation des voitures autonomes est de les faire fonctionner dasn tous les environnements : « Le contexte n’est pas le même à Tokyo et au Caire. C’est toute la difficulté. Si nous développons un véhicule autonome qui fonctionne parfaitement dans une ville donnée, mais dont l’implantation est impossible ailleurs – à cause des conditions de circulation, de l’architecture du réseau routier, de la connectivité… – nous courrons à l’échec. L’immense variété des situations que l’on peut trouver de part le monde est la raison pour laquelle l’implémentation du véhicule autonome prendra du temps. »

Le défi de la connectivité

Interrogé sur les prochains défis que Renault-Nissan va devoir relever, Carlos Ghosn a insisté sur la nécessité pour l’entreprise de faire évoluer drastiquement ses compétences, notamment en termes de développement de softwares : « un secteur hyper innovant sur lequel nous devons absolument développer des compétences en interne.

Tout ceci dans le but, entre autres, de développer la connectivité des véhicules, pierre de voûte des véhicules autonomes.

Pour conclure, Carlos Ghosn a précisé les enjeux autour du partage des véhicules, une tendance dont la croissance explose depuis quelques années, via des acteurs comme Blablacar par exemple : « Nous développons des solutions de partage de notre côté, mais cette tendance ne remplacera pas la situation actuelle dans la décennie qui vient, à savoir que chacun est propriétaire de son véhicule ».

Par Pierre Thouverez

La France double ses capacités expérimentales en physique nucléaire

Étudier le noyau atomique est primordial car il concentre l’essentiel de la masse de l’atome qui constitue toute matière. L’installation Spiral2 permettra donc de sonder le cœur de la matière. Destinée à produire en abondance des noyaux dits « exotiques » (car n’existant pas à l’état naturel sur Terre), elle autorisera la réalisation d’expériences inédites en physique et en astrophysique nucléaires.

À Spiral2 seront également menées des recherches appliquées pluridisciplinaires, dans les domaines de la santé (radiothérapie, diagnostic et recherche biomédicale), des matériaux pour la microfiltration (membranes pour l’agroalimentaire et la santé), de l’électronique, de l’aérospatiale et du nucléaire de fission et de fusion.

Spiral2 s’inscrit parmi les six plus importants projets de recherche en physique nucléaire dans le monde. Sa mise en service prévue en 2017 permettra à la France de continuer à occuper le devant de la scène internationale dans ce domaine. Actuellement le Ganil, très grande infrastructure de recherche commune au CNRS et au CEA, attire chaque année plus de 700 chercheurs à Caen qui proviennent de 30 pays différents.

D’un coût de plus de 138 millions d’euros, le projet, mené par le CNRS et le CEA, bénéficie notamment du soutien de l’Etat français, de la ville de Caen, de la communauté d’agglomération Caen-la-mer, du département du Calvados, de la région Normandie et de l’Union européenne. Spiral2, dont la construction a débuté en 2011, est inauguré le jeudi 3 novembre 2016, en présence de M. le Président de la République, François Hollande.

Sa conception et sa construction ont impliqué de nombreux laboratoires de recherche publics (notamment du CEA et du CNRS) et d’entreprises de haute technologie en France et en Europe.

Source : cnrs

COP22: les négociations climatiques continuent!

« L’élan politique lancé à la COP21, contrairement à beaucoup d’attentes, se poursuit bien », estime David Levai, chercheur en coopération internationale sur le climat à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Grâce à une ratification rapide, l’Accord de Paris est entré en vigueur le 4 novembre dernier, soit 11 mois après sa signature. A titre de comparaison, le protocole de Kyoto était entré en vigueur huit ans après sa signature ! Cela permet d’aborder cette nouvelle édition avec une bonne dynamique.

La COP22 se veut être une COP de l’action et de la mise en oeuvre de l’Accord de Paris. Car les négociateurs ont encore du pain sur la planche. La COP22 s’attachera à avancer sur les questions d’adaptation, priorité des pays du Sud, confrontés de plein fouet aux conséquences du changement climatique.« Il reste des enjeux techniques avancés, soutient David Levai. Trois sujets clés sont au coeur des préoccupations marocaines et de l’ensemble des pays en développement : l’adaptation, les finances et le renforcement des capacités de formation et d’éducation ». Il faudra en effet assurer un transfert de compétences pour  former les pays en développement au reporting environnemental, au calcul des niveaux d’émissions et à la prise en compte de l’environnement dans les politiques publiques (énergies renouvelables, transports, habitats, agriculture…).

Transformer les INDC

En amont de la COP21, les pays avaient transmis des contributions nationales d’engagement de réduction de gaz à effet de serre (INDC, selon le sigle en anglais). Pour le moment, il s’agit simplement d’objectifs, sans mesures concrètes pour les atteindre. « Par rapport aux engagements pris, il va falloir voir quelles sont les politiques publiques et les incitations que les pays doivent mettre en oeuvre, explique David Levai. Concrètement, quels sont les efforts qu’un pays donné doit mettre en place sur son secteur énergétique, sur son offre de transport, sur son agriculture… pour atteindre ses engagements ? ». Il s’agira aussi de définir les règles de transparence pour répondre à ces questions : comment les pays rapporteront-ils leurs émissions, comment pourra-t-on les vérifier et à quelle fréquence ? Quels instruments de coopération internationale mettre en place?

Il est par ailleurs nécessaire de clarifier la manière dont les pays doivent améliorer leurs contributions pour parvenir à l’objectif défini dans l’Accord. Car tous les 5 ans, les pays devront soumettre une nouvelle contribution nationale, la somme des engagements actuels mettant la planète sur un trajectoire de +3°C en 2100, contre un objectif de 2°C, voire 1,5°C selon l’accord de Paris. Suite à l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, la première réunion des parties à l’accord de Paris (la CMA) sera convoquée le 15 novembre à la COP22. Une soixantaine de chefs d’Etat et de Gouvernement, dont François Hollande, et plus de soixante-dix ministres chefs de délégation y sont attendus. Comme proposé par Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la CCNUC, il y sera question que les règles de transparence soient définies au plus tard en 2018, pour qu’elles puissent être prises en compte pour la première révision des INDC prévue en 2018.

Financements et Agenda des solutions

A Copenhague en 2009, les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. L’objectif : financer l’atténuation et l’adaptation au changement climatique dans les pays en développement. Mais les pays tardent à définir une feuille de route précise. Selon un rapport de l’OCDE paru en octobre, 67 milliards seraient assurés par les financements publics en 2020. Par effet de levier, l’OCDE estime que, grâce aux financements privés, le montant total pourrait atteindre entre 77 et 133 milliards de dollars en 2020. A la fin de la COP22, une feuille de route claire devra avoir été adoptée.

A l’occasion de la COP21, l’Agenda des solutions a connu un fort engouement. Il regroupe l’ensemble des actions et engagements des acteurs non étatiques – villes, régions, entreprises, investisseurs, organisations de la société civile – pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre et favoriser l’adaptation. Environ 12 000 engagements et 77 initiatives collaboratives ont été pris. Citons par exemple l’alliance solaire internationale, l’initiative africaine pour les énergies renouvelables, la coalition pour le prix du carbone, la coalition pour les transports propres, l’alliance mondiale pour la géothermie… Pour dresser un bilan de ces initiatives, un dispositif de suivi devrait être proposé à la COP22.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La Chine suspend la construction d’une trentaine de centrales charbon

Pékin semble avoir pris la mesure des défis qui l’attendent pour répondre à sa demande d’énergie croissante tout en réduisant son impact carbone. Première source d’énergie en Chine (64% de l’énergie primaire consommée), le charbon est le combustible le plus abondant, le moins cher, mais aussi le plus polluant. Or, le gouvernement s’est lancé dans une politique de réduction drastique des autorisations de construction pour privilégier des énergies plus vertueuses.

chinacoalmap1

Changement de stratégie énergétique

La décision des autorités chinoises intervient quelques mois l’annulation de 100 GW de projets de centrales charbon en avril dernier, rapporte l’Energy Desk de Greenpeace. Ces mesures semblent indiquer un changement de braquet dans la stratégie énergétique du pays. Elle reposait sur de grandes installations de production (charbon, gaz ou nucléaire) et la construction de milliers de kilomètres de lignes haute tension pour alimenter les grands centres urbains. Mais le développement rapide des énergies renouvelables et surtout la baisse des coûts ont poussé Pékin à revoir sa copie. Ainsi, la production électrique d’origine éolienne terrestre a dépassé celle du nucléaire en Chine dès 2012. Tim Buckley, directeur de l’Institut des études sur l’économie de l’énergie et l’analyse financière, a indiqué que la consommation de charbon de la Chine en 2015 avait baissé de 3,7%, tandis que la capacité solaire et éolienne avait augmenté respectivement de 74% et 34%.

Ces dynamiques montrent bien la montée en puissance des énergies renouvelables au détriment du charbon. Mais malgré la « déclaration de guerre » du gouvernement contre la pollution qui affecte sa population, le chemin est encore long. Selon les dernières données du BP Statistical Review, les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) continuaient en 2015 de représenter 88% de l’énergie primaire consommée dans l’Empire du Milieu, contre seulement 0,02% pour les énergies renouvelables…

Romain Chicheportiche

Fukushima : Le coût du démantèlement sous-estimé

Le démantèlement de Fukushima concerne 4 des 6 réacteurs qu’abrite la centrale. Les unités 5 et 6 n’ont pas été autant endommagées car leur alimentation de secours a continué à fonctionner après le tsunami qui a ravagé le Japon en 2011.

Récupérer le combustible usé

Après l’accident, la priorité des équipes de Tepco a été de maintenir sous contrôle la chaleur dégagée par la fusion des cœurs des réacteurs par l’injection continue d’eau pour refroidir le corium. La gestion de cette eau contaminée a été, et reste un enjeu fondamental depuis les premiers mois de gestion de crise. La compagnie montre toutes les difficultés du monde à empêcher la fuite d’eau contaminée dans la mer. Selon Tepco, la chaleur générée par les débris de combustible diminue néanmoins progressivement et est maintenu entre 25 et 40 C°. Cela a permis à l’électricien d’entamer un autre chantier d’importance pour réduire les risques sur le site : retirer les combustibles usés des piscines des réacteurs. Ces derniers font en effet peser un risque certain sur le site et les équipes qui y travaillent. La piscine du réacteur 4 et ses 1 533 assemblages de combustibles usés ont été la priorité de Tepco qui a achevé leur retrait en décembre 2014. Reste encore 1 573 assemblages de combustibles usés à retirer des piscines des trois autres bâtiments-réacteur. Viendra alors le temps des débris des installations et de la gestion du combustible fondu extrêmement radioactif.

Un devis impossible

Calculer le montant d’un tel démantèlement s’apparente à un véritable casse-tête car les Japonais avancent en terres inconnues. Les équipes de Tepco ont basé leurs estimations en prenant comme référence l’accident nucléaire américain de Three Miles Island en 1979. Pour autant, ce retour d’expérience est loin d’être suffisant pour pouvoir calculer avec précision les besoins techniques, technologiques et financiers pour retirer le corium des réacteurs 1, 2 et 3. « Il est difficile de calculer le coût entier d’un tel démantèlement », admet au Japan Today, Shinichi Nakakuki porte-parole de Tepco.

Cinq ans après la catastrophe, l’exploitant de Fukushima est exsangue. La compagnie japonaise, qui produisait avant l’accident un tiers de l’électricité du pays, a payé des milliards de yens pour dédommager les populations locales et pour commencer les opérations de démantèlement. L’entreprise a été en partie nationalisée (l’Etat y détient 50,1% du capital) pour éviter une faillite suicidaire. Mais face à l’ampleur des dépenses à venir, le gouvernement japonais cherche des solutions : « le comité étudie les moyens par lesquels Tepco peut sécuriser des fonds tout en évitant une augmentation de la charge publique », a déclaré Yoshihide Suga, secrétaire général du cabinet du ministre de l’Industrie lors d’une conférence de presse. Une des options étudiée par Tokyo consisterait à scinder en deux l’entreprise pour concentrer les fonds sur le démantèlement. « La question est toujours en débat », indique-t-il.

Au Japon, seul 2 réacteurs nucléaires sur les 42 existants ont repris le service depuis la catastrophe de 2011.

Par Romain Chicheportiche

Expérience#9: « Licenciement : échéance de fin de moi »

Après plusieurs années de pure complicité avec Pierre Vezelay, le Directeur Général d’une grande entreprise industrielle qui l’avait pourtant recruté, Antoine fut confronté à la plus décevante épreuve de sa longue carrière professionnelle. Trahi, abandonné, manipulé, utilisé, Antoine avait mille raisons d’éprouver colère, tristesse et écœurement. Comment Pierre, qui lui avait divulgué tant de confidences, avec qui il avait si souvent effectué de longs et prolifiques voyages professionnels, avec qui il avait réussi tant de projets innovants ; comment ce bon père de famille, cet homme qui avait l’air si simple, si sincère ; comment ce manager qui avait toujours été si bienveillant à son égard, qui l’avait toujours encensé auprès des autres, qui l’avait toujours couronné d’exceptionnelles évaluations professionnelles, comment, en ce début de cinquième année d’une si exemplaire collaboration, pouvait-il aujourd’hui annoncer aussi cyniquement :

« Bonjour Antoine, je suis confus de débuter cette nouvelle année de la sorte, mais je suis dans l’obligation de vous annoncer que l’entreprise souhaite que vous la quittiez… Rassurez-vous, nous n’avons rien à vous reprocher, mais nous souhaitons réorganiser notre département et nous ne pouvons pas vous proposer de nouvelles fonctions correspondant à vos compétences. Bien entendu, nous saurons assumer les responsabilités de cette décision douloureuse et vous négocierez les conditions matérielles de votre départ avec notre directeur des ressources humaines ».

Qui était en réalité ce personnage soudainement si distant, cyniquement capable d’adopter un langage si « aérien » pour virer un proche suppléant qu’il avait porté aux nues jusqu’alors ? Comment une entreprise – économiquement à l’aise –  peut-elle à la fois glorifier et congédier un de ses plus précieux et plus dévoués collaborateurs ? Comment un être humain normalement constitué peut-il se faire le porte-parole zélé d’une telle schizophrénie ? Comment peut-on à ce point faire coexister deux naturels tellement contraires ?

Les ruptures sont de douloureuses épreuves humaines car elles nous confrontent au sentiment de finitude. Les ruptures de contrat dans les entreprises ne font pas exception à la règle. De nombreux conflits prennent naissance à cause de finitudes mal gérées. Les plans sociaux traités selon une approche technocratique sont les plus violents. Il n’est pas difficile, dans de telles conditions, de comprendre la colère des salariés.

En effet, après de longues années passées dans l’entreprise et faute de recevoir le moindre signe de reconnaissance – ne serait-ce que pour leur fidélité – ces derniers éprouvent alors le douloureux sentiment d’être des choses que l’on jette à la poubelle. Les entreprises qui négligent cette phase de reconnaissance, se rendent coupables de « grossièreté managériale ». Les salariés, se sentant offensés par tant d’irrespect et de goujaterie, exigent alors, tout aussi violemment, une réparation « sonnante et trébuchante » à la hauteur de la maltraitance qu’ils subissent. Seules les entreprises humanistes semblent se rendre compte à quel point il est approprié, et accessoirement plus profitable, d’accompagner le deuil de salariés plongés dans l’angoissante insécurité de nébuleux impératifs de gestion.

Les dispositifs mis en œuvre pour accompagner un salarié licencié nous renseignent explicitement sur les orientations culturelles d’une entreprise. Si vous voulez savoir où vous mettez les pieds, commencez par vous renseigner sur la manière dont cette entreprise se sépare de ses membres… En tout état de cause, les dispositifs en place, s’ils témoignent du respect de votre entreprise pour la souffrance qu’elle vous inflige, ne pourront pas vous éviter la confrontation avec cette angoisse de finitude.

Finitude

L’angoisse découlant de toute situation irréversible est un signal qui vous informe de l’expérience de la finitude. La mort est la plus angoissante des situations irréversibles. Cette conscience angoissante du bornage de la durée de votre vie, vous la devez à votre valeur de finitude.

Un divorce, une séparation, un licenciement, un départ à la retraite, un anniversaire, la clôture d’un projet, un sentiment d’incompétence (conscience de la limite de vos capacités), etc.… sont d’autres instances de la finitude.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de comportements liés à l’angoisse de finitude dans les organisations :

  • Difficultés à jeter (une tâche non importante, un document inutile, de vieux vêtements, le contenu d’une armoire…).
  • Difficulté à DIRE NON.
  • Déni des points forts de la concurrence.
  • Résistance au développement personnel, à la formation, au recours à une aide
  • Refus de sortir d’une dépendance (drogue, tabac, alcool, nourriture, travail…).
  • Déni de ses limites personnelles (stress, concentration, résilience, compétence…).
  • Mauvaise gestion des ressources (déni de conscience que les ressources (aussi) sont limitées).

Le processus de deuil est un outil précieux pour permettre la naissance de quelque chose de nouveau et notamment pour accompagner les organisations vers le changement.

Sachant ce que vous savez : quelle est la meilleure façon de réussir une séparation lorsqu’un certain niveau d’attachement s’est développé entre deux contractants ?

  1. A la manière de Pierre Vezelay : déconnecté et sans états d’âmes.
  2. Avec tact ainsi qu’une empathie concrétisée par une solide compensation.
  3. En apportant du soutien jusqu’à l’acceptation de celui ou celle qui subit la rupture
  4. Autre suggestion ?

N’hésitez pas à nous donner votre avis via le post d’un commentaire dans la zone prévue à cet effet à la suite de l’article . Racontez-nous également vos propres expériences analogues.

Par Dino Ragazzo

12 expériences de management réelles

  1. Expérience #1 : « Je ne vaux plus rien »
  2. Expérience #2 : « Je sais ! Je sais ! Du savoir à la compétence »
  3. Expérience#3: « ça ne marche pas« 
  4. Expérience#4 : Managers attention : le succès rend aveugle !
  5. Expérience#5 : Passe-droits, privilèges et courage
  6. Expérience#6 : Justice pour les collaborateurs, solitude pour les managers
  7. Expérience#7 : Le soi du Gestalt consultant comme outil d’observation des processus
  8. Expérience#8 : Perfectionnisme : une coûteuse erreur de management

Deux éoliennes toutes les heures ont été installées en Chine durant l’année 2015

Les énergies renouvelables ont représenté plus de la moitié de la capacité électrique nouvellement installée en 2015 souligne l’AIE dans son Medium-Term Renewable Market Report qui est paru le 25 octobre 2016.

153 GW d’EnR ont été mis en place durant ces 12 mois, et le solaro-éolien se taille la part du lion: 66 GW d’éolien (dont la moitié en Chine) et 49 GW de solaire photovoltaïque. On ne peut donc plus parler d’une simple « transition énergétique » mais d’une véritable révolution énergétique, un séisme planétaire.

Selon le Directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, « nous sommes les témoins d’une transformation du marché global de l’électricité menée par les renouvelables, et comme dans d’autres domaines le centre de gravité de la croissance des renouvelables se déplace vers les marchés émergents ».

Pour les spécialistes de l’AIE la thématique climatique n’est pas le seul moteur de ce changement. Dans de nombreux pays la pollution de l’air par la combustion de charbon, de pétrole ou de biomasse constitue un problème sanitaire majeur. Tous ceux qui se sont rendus à Pékin ou à New-Delhi récemment peuvent témoigner de la gravité de la situation.

Par ailleurs nombreux sont les pays qui cherchent à diversifier leur mix énergétique pour des raisons géostratégiques. Enfin, le coût du solaro-éolien est de plus en plus attractif, ce qui suffit pour attirer des investisseurs dont la motivation n’est ni environnementale, ni sanitaire.

« Durant les 5 années à venir les renouvelables resteront la source d’électricité qui va croître le plus vite » estime l’AIE. 60% de la hausse de la consommation électrique sera couverte par les renouvelables sur le moyen-terme.

En 2021 la production électro-renouvelable atteindra 7600 TWh selon l’AIE, soit autant que ce que consomment les USA et l’Europe réunis.

Les progrès dans le domaine de la chaleur et du transport sont bien moins rapides et une croissance anarchique du solaro-éolien peut poser localement quelques problème d’adaptation au niveau des réseaux électriques. Les outils pour résoudre ces problèmes sont disponibles dès à présent, comme l’a montré l’AIE dans un autre rapport.

Pour le directeur de l’AIE, ces prévisions à la hausse du solaro-éolien sont modestes comparativement à leur énorme potentiel. « L’AIE travaillera avec les gouvernements du monde pour maximiser le développement des renouvelables dans les années à venir » .