Ce rapport de l’Efsa est basé sur l’analyse des données provenant de 84.341 échantillons, issus des programmes nationaux de contrôle de chaque pays membres de l’Union Européenne (UE), de l’Islande et de la Norvège. 774 résidus de pesticides différents ont été recherchés.
Selon les résultats de l’agence sanitaire européenne, sur l’ensemble des échantillons analysés, 53,3% ne contiennent pas de résidus de pesticides quantifiables. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’aucun résidu n’a été détecté. A côté, si 43,9 % des échantillons contiennent des résidus quantifiés, les valeurs sont inférieures aux limites légales. Seulement 2,8% des produits analysés dépassent donc les limites légales de résidus. « Ces chiffres sont similaires à ceux de 2014 », se félicite l’Efsa, avec 97,1% de taux de conformité l’année précédente. Les dépassements sont nettement plus importants pour les produits importés de pays tiers. 5,6 % des échantillons sont au-dessus des limites légales dans ce cas, contre 1,7 % pour les produits européens.
Un panier témoin passé au crible
Le deuxième volet du rapport s’intéresse au programme de contrôle coordonné par l’UE (EUCP). Son but est d’étudier le taux de dépassement des limites maximales de résidus (LMR) pour un un « panier témoin » d’aliments trouvés sur le marché commun européen. Pour 2015, il était constitué de 11 produits: aubergines, bananes, brocoli, huile d’olive vierge, jus d’orange, petits pois, poivrons, raisin, blé, beurre et œufs. Un panier identique à celui analysé en 2012.
Dans le cadre de ce programme, 10.884 échantillons ont été analysés par les 30 pays déclarants, couvrant 164 pesticides. Au total, seulement 0,8% des échantillons ont dépassé les LMR. 38,1% étaient quantifiés en dessous de ces limites légales et 61,1% étaient en dessous des limites de quantification. Des résultats proches de 2012 où les LMR avaient été dépassées dans 0,9% des échantillons.
Par ailleurs, les pays ont aussi analysé au moins un échantillon provenant de la production biologique pour chacun des 11 produits alimentaires. Pour ce panier, seulement 0,7% des échantillons dépassent les LMR. Les pesticides sont quantifiés en dessous des LMR dans 13,5% des cas. 85,8% des échantillons se situent en dessous des limites de quantification. Le programme a enfin testé des échantillons de céréales destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge: 3,5% dépassaient les LMR.
De faibles dépassements mais de multiples résidus
Dans le panier témoin, les dépassements les plus importants ont été observés pour les brocolis, avec 3,4 % des échantillons. Suivis du raisin (1,7%) et des poivrons (0,8%). Peu de dépassements ont été enregistrés pour l’huile d’olive, le jus d’orange et les œufs. Aucun dépassement n’a été enregistré pour le beurre.
Le fait qu’un produit ne dépasse pas les LMR ne signifie pas pour autant qu’il est sans risque. D’autant plus que la plupart des produits contiennent plusieurs résidus, entre 2 et 5 ou plus. Ainsi, 58,4% des bananes, 58,3% du raisin et 24,4% des poivrons présentent de multiples résidus. Sur la base de ces résultats, l’Efsa conclut toutefois que le risque pour les consommateurs est faible, tant pour l’exposition à court terme qu’à long terme.
Avec une masse de près d’une tonne, Pilot utilise les plus gros ballons lancés par le CNES. Elle a été développée par l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/CNES/Université Paul Sabatier) et l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud) et l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’univers (CEA-Irfu). Pilot a déjà volé une première fois en septembre 2015 depuis le Canada : il s’agira donc de son premier vol sous le ciel de l’hémisphère sud, plus riche en sources d’intérêt pour Pilot.
L’émission des grains de poussières présents dans le milieu interstellaire de notre Galaxie et des galaxies proches est faiblement polarisée car les grains de poussière sont allongés et alignés avec le champ magnétique qui baigne le milieu interstellaire. Les mesures de Pilot renseigneront les scientifiques sur la nature des grains de poussière et les processus qui les alignent ainsi. Elles permettront également de cartographier la géométrie du champ magnétique, qui joue un rôle fondamental dans la contraction du gaz présent dans le milieu interstellaire conduisant à la formation de nouvelles étoiles.
Cette émission étant par ailleurs une nuisance pour les expériences qui mesurent précisément la polarisation du fond diffus cosmologique, les mesures de Pilot permettront également une meilleure connaissance de cette émission, et ainsi de mieux interpréter les résultats obtenus par ces expériences.
L’expérience Pilot observera cette émission dans l’infra-rouge lointain. Elle est équipée de 2048 détecteurs individuels, refroidis à une température de 300 millikelvins, soit proche du zéro absolu. La polarisation est mesurée grâce à une lame rotative et à un polariseur séparant deux polarisations orthogonales sur les deux plans focaux de l’expérience. A l’exception du miroir primaire du télescope, l’ensemble de l’optique est maintenu à une température cryogénique (2°Kelvin ou -271°C) à l’intérieur d’un cryostat refroidi à l’hélium liquide, de façon à limiter l’émission propre de l’instrument.
L’expérience a été imaginée et réalisée par les scientifiques et ingénieurs du CNRS à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/CNES/Université Paul Sabatier) et à l’IAS (CNRS/Université Paris-Sud) avec des contributions importantes de la division ballon du CNES (Toulouse), de l’ESA, du CEA (Saclay), qui a développé le plan focal et son électronique de lecture, et des universités de La Sapienza à Rome (Italie) et de Cardiff (Royaume-Uni). L’ensemble du projet est soutenu par les laboratoires du CNRS et par le financement du CNES.
Pilot sera lancé dans quelques jours par le CNES dans le cadre d’une campagne comportant trois vols de nacelles différentes depuis Alice Springs, au centre de l’Australie. La masse de Pilot approche la tonne et devra atteindre une altitude de presque 40 km, ce qui nécessite d’utiliser un ballon stratosphérique ouvert d’environ 100 m de diamètre (le plus gros ballon ouvert lancé par le CNES), et une chaine de vol aussi haute que la tour Eiffel.
Le vol aura lieu durant l’une des deux inversions annuelles des vents stratosphériques, condition nécessaire pour espérer réaliser des observations pendant plus de 30 heures au plafond. Si Pilot a déjà été lancé une première fois depuis le Canada en septembre 2015, ce vol depuis l’hémisphère sud permettra d’observer cette fois des sources astrophysiques exceptionnelles comme les nuages de Magellan, galaxies satellites de la nôtre, ou les régions internes de la Voie lactée, inaccessibles depuis l’hémisphère nord.
En complément d’une zone d’exposition regroupant plus d’une centaine d’acteurs et experts, cet événement professionnel repose sur un programme complet de conférences, d’ateliers thématiques et de rendez-vous business. L’objectif n°1 de ce Salon est d’apporter des solutions concrètes aux problématiques rencontrées par les acteurs de la filière eau.
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La piste explorée est d’utiliser le thorium dans des réacteurs à sels fondus (RSF). Au lieu d’être solide comme dans les réacteurs français actuels, le combustible y est liquide. La matière fissile est mélangée à un sel fondu. Cette piste est explorée par le projet européen SAMOFAR qui regroupe une dizaine de laboratoire publics européens, dont le CNRS. Il développe le concept MSFR qui utilise un fluorure de lithium, associé à du thorium. La Chine, les Etats-Unis et le Canada soutiennent d’autres projets pour développer des réacteurs nucléaire à sels fondus (RSF). La France n’est néanmoins pas très impliquée. EDF et Areva cherchent avant tout à rentabiliser les infrastructures industrielles de la filière uranium. Le CEA mise surtout ses cartes sur un prototype de surgénérateur au sodium (Astrid).
Le thorium est un élément chimique qui serait quatre fois plus répandu que l’uranium (U) sur Terre. On le trouve presque toujours dans les gisements de minerais d’uranium, de terres rares ou dans des formations granitiques. Ses ressources sont plutôt bien réparties sur la planète.
Obtenir un combustible fissile avec du thorium
Les réacteurs nucléaires nécessitent un combustible pour fonctionner ! Celui-ci peut être fissile : il contient des atomes dont les noyaux se fractionnent sous l’action d’un neutron. Ou être fertile : frappé par un neutron, le noyau l’absorbe. Il donne alors un nouveau noyau qui est fissile. A l’état naturel, on trouve l’U-235 qui est fissile, l’U-238 et le thorium 232 qui sont fertiles.
Lorsqu’un noyau lourd se fissionne, il se brise en deux nouveaux éléments plus légers : les produits de fission (Cesium 135, Iodine 131, Strontium 90…). Mais lorsqu’un noyau absorbe un neutron, il se transforme en un nouvel élément plus lourd, désigné sous le nom d’« actinide mineur ».
Les principaux atomes fissiles utilisés dans la filière nucléaire sont l’U-233, l’U-235, le plutonium 239 et le plutonium 241. L’ensemble du parc nucléaire français actuel recoure à la technologie de réacteurs à eau pressurisée (REP). Elle utilise l’U-238 enrichi en U-235 comme combustible. Dans un RSF, les noyaux de thorium 232 bombardés par des neutrons se transforment d’abord en Protactinium 233, puis en U-233 fissile.
Quelles différences entre un REP et un RSF ?
Dans un REP, il y a deux circuits d’eau pour extraire la chaleur issue de la réaction nucléaire. Le circuit primaire va extraire la chaleur depuis le cœur du réacteur. Un échangeur de chaleur la transfère ensuite du circuit primaire à l’eau du circuit secondaire. La température du réacteur tourne autour des 300°C, sous une pression de 155 bars, pour maintenir l’eau du circuit primaire à l’état liquide. Dans un RSF, la température du coeur monte à 750°C, mais le sel fondu reste à la pression atmosphérique. Le même liquide circule dans le cœur du réacteur et dans le circuit primaire. Le sel combustible circule directement dans les échangeurs de chaleur pour transmettre la chaleur à l’eau du circuit secondaire.
Le RSF est un surgénérateur : il génère plus d’U-233 qu’il n’en consomme. Une fois amorcé, il ne dépend pas d’autres réacteurs pour lui fournir la matière fissile. Mais puisqu’il n’existe pas à l’état naturel, il faut le fabriquer pour démarrer le réacteur. C’est l’étape la plus compliquée. Soit la totalité de l’U-233 nécessaire au démarrage est fabriquée dans un REP par irradiation de thorium. Soit une partie de cet U-233 est produite de la même façon et associée à un mix d’U-235 ou de plutonium et d’actinides mineurs extraits des REP. Dans ce dernier cas, du thorium est injecté progressivement pour former l’U-233 grâce aux neutrons libérés par les réactions nucléaires précédentes.
Le RSF aurait une puissance d’environ 1000 mégawatts électriques, contre 900 MW pour un REP et 1650 MW pour l’EPR. Précisons que l’U-233 est fortement irradiant. Son utilisation nécessiterait des blindages plus performants pour respecter les règles de radioprotection lors de certaines étapes de préparation, de transport, de manipulation des combustibles ou de retraitement du combustible usé.
Moins de déchets radioactifs
Dans tout réacteur, deux types de déchets sont produits : les produits de fission et les actinides mineurs. Ce sont les actinides mineurs qui posent le plus problème, à cause de leur grande durée de vie.
Dans les REP qui sont des réacteurs dits à neutrons lents, les actinides mineurs ne sont pas fissionnés. Ils sont vitrifiés avec les produits de fission dans des conteneurs en inox. Ils attendent d’être entreposés en couche géologique profonde, certainement à Cigéo. Les actinides mineurs principalement produits par cette technologie sont le Neptunium-237 (période de 2,15 millions d’années), l’Américium (période de 432 ans) et le Curium-244 (période de 18 ans).
Mais la fission des actinides mineurs est possible dans un réacteur à neutrons rapides. Ce qui est le cas des RSF. Dans un REP, les barres de combustible restent dans le coeur du réacteur environ 4 ans, avant d’être retirées. Mais un RSF n’a pas besoin de pause pour recharger le combustible ; les produits de fission sont retirés en continu. Ce traitement permet aussi de réinjecter les actinides mineurs et extraire l’U-233 produit en excès. Les actinides sont donc réinjectés dans le coeur du réacteur jusqu’à ce qu’ils fissionnent. Un RSF pourrait donc « brûler » le plutonium militaire entassé, les actinides mineurs issus des REP et non vitrifiés.
Les produits de fission ne sont plus radiotoxiques au bout de 350 ans. Le projet européen MSFR permettrait ainsi une réduction de 80% du volume des déchets par rapport aux réacteurs actuels. Mais il n’y a pas de solution miracle ! Même avec le thorium, il resterait toujours un très faible pourcentage d’actinides mineurs à stocker, n’ayant pu être séparés des produits de fission. Le thorium produit par exemple le protactinium 231 dont la durée de demi-vie est de 33 000 ans.
Une sécurité accrue pour les RSF
Avec un réacteur au thorium, les catastrophes de Tchernobyl ou de Fukushima n’auraient pas eu lieu. Le point d’ébulition des sels fondus est supérieur à 1800°C et ils ne peuvent donc pas se vaporiser dans l’atmosphère. Le RSF n’est pas sous pression : dans tous les cas, les produits radioactifs restent dans le sel fondu. Ils se solidifient quand la température passe sous les 600°C. Si du sel combustible s’échappait de la cuve, il se solidifierait donc et ne pourrait pas former de nuage radioactif. Les sels fondus sont stables, ils ne réagissent ni avec l’air, ni avec l’eau. Enfin, plus la température du coeur monte, plus le sel se dilate, et plus la réaction en chaîne s’affaiblit. Il n’y a donc pas d’emballement possible.
Les partisans du thorium précisent que cette technologie est assez flexible pour compenser l’intermittence de la production éolienne et solaire. En jouant sur la température du réacteur, il est possible de contrôler la réaction en chaîne. Il pourrait ainsi doubler sa puissance en quelques minutes et la réduire tout aussi rapidement.
On sait depuis quelque temps que les déchets plastiques s’accumulent dans les 5 gyres : Atlantique nord et sud, Pacifique nord et sud, océan Indien. Autour du globe, près de 270.000 tonnes de plastiques flottent dans les océans. On sait aussi que les mers semi-fermées, comme la Méditerranée, et les côtes sont polluées par des tonnes de micro-fragments de plastique. Cette étude dévoile que la pollution s’étend même jusqu’au pôle Nord, dans les zones les plus reculées.
« Les concentrations en plastique dans les eaux arctiques étaient faibles, comme nous nous y attendions, mais nous avons découvert un secteur au nord des mers du Groenland et de Barents [la partie nord de l’Atlantique Nord] présentant des teneurs relativement élevées », dévoile Andrès Cózar, professeur à l’Université espagnole de Cadix et directeur de l’étude. Dans cette zone, jusqu’à 63.000 fragments ont été mesurés par kilomètre carré. Cet écosystème reculé est menacé. Et si le plastique entrait dans la chaîne alimentaire ?
Les chercheurs estiment que cette zone contiendrait déjà entre 100 et 1.200 tonnes de plastiques flottants. L’estimation moyenne se situe à 400 tonnes, constituées de 300 milliards de fragments. 95% de ces fragments de plastique se concentrent dans la zone d’accumulation des mers du Groenland et de Barents. Mais rappelons-nous que si tant de plastiques flottent, cela signifie que les fonds arctiques doivent regorger encore davantage de plastiques.
Du plastique transporté d’Atlantique Nord vers l’Arctique
La taille des fragments et leur typologie suggère qu’ils sont issus de sources éloignées. Les modèles de circulation de surface et les données de terrain montrent que la branche polaire de la circulation dite « thermohaline » transfère des débris flottants de l’Atlantique Nord aux mers du Groenland et de Barents. Celles-ci formeraient un cul-de-sac favorable à l’accumulation des débris flottant.
Ces micro-fragments flottants ne sont donc pas majoritairement produits par la faible population locale. Une petite partie provient de l’augmentation de l’activité maritime dans cette zone. Mais la plupart est transportée par les courants océaniques à grande échelle. Elle est issue du gyre de l’Atlantique Nord, de la côte est des États-Unis, des côtes du nord-ouest de l’Europe et du Royaume-Uni. La zone d’accumulation située en Arctique se nourrit donc du plastique libéré à des latitudes plus basses.
Ces résultats découlent de l’exploitation des données issues de l’expédition Tara autour de l’Océan Arctique en 2013. La goélette Tara a réalisé des prélèvements de microplastiques sur 42 sites autour du bassin Arctique pendant cinq mois. Des filets Manta ont été tirés à 15 cm de profondeur pendant 20 minutes pour prélever les fragments supérieurs à 0,3 mm.
Là où M.Fillon ne s’est pas exprimé sur les sujets de la progression prévue de la Contribution Climat Energie vers 100€/t en 2030 ou de la taxation du diesel, Le Pen et NDA ont clairement exprimé leur désaccord à l’encontre de ces taxes permettant au gouvernement de financer ses actions en matière environnementale. Par ailleurs, aucune proposition des nationalistes ou de la droite ne remet en cause la niche fiscale dont bénéficient les compagnies aériennes et les énergies sales en matière de TVA et TICPE réduites, pour environ 10 milliards d’Euros par an.
Système énergétique : le nucléaire avant tout
Les FN s’engage à « développer massivement les filières françaises des énergies renouvelables » mais ne donne pas d’objectif chiffré. NDA semble quant à lui plutôt opposé aux ENR en avançant le coût de leur développement pour les consommateurs comme rédhibitoire : cette posture est pourtant mise à mal aujourd’hui par les chiffres. En effet, les tarifs de soutien sont passés de parfois plus de 500€/Mwh en 2006 à 62,5€ et 82€ en solaire et éolien aujourd’hui, là où le nouvel EPR nucléaire coutera 116€/Mwh.
Le nucléaire bénéficie quant à lui du soutien des candidats nationalistes et de François Fillon.Marine Le Pen veut moderniser la filière avec les EPR, refuser la fermeture de Fessenheim et prolonger l’exploitation des centrales existantes de 40 à 60 ans. Nicolas Dupont-Aignan va plus loin en proposant de développer des réacteurs fonctionnant au Thoriumpour prendre ensuite le relai des centrales fonctionnant à l’uranium.Les réacteurs au Thorium présentent effectivement l’avantage de ne pas pouvoir entrer en fusion comme ce fut le cas à Fukushima et les déchets qu’ils produisent ne seront radioactifs « que » pour quelques siècles (contre des centaines de milliers d’années avec l’uranium).
Pour rappel, le coût induit par le stockage des déchets radioactifs n’est pas pris en compte dans les estimations du coût du nucléaire, ni celui de la nécessaire protection militaire des sites face aux menaces terroristes.
En ce qui concerne les énergies fossiles, aucun des deux candidats nationalistes n’a affiché l’objectif de François Fillon de fermer les dernières centrales à charbon. Nicolas Dupont-Aignan s’est déclaré fermement opposé au gaz de schiste, là où François Fillon est plutôt ambigu. Marine Le Pen propose d’en interdire l’exploitation « tant que des conditions satisfaisantes en matière d’environnement, de sécurité et de santé ne seront pas réunies », ce qui laisse une porte entrouverte.
Des engagements pour la rénovation énergétique des bâtiments
Le FN s’engage à faire de l’isolation une priorité budgétaire du quinquennat. Comme l’a constaté L’UFC–que choisir, les aides actuellement accordées pour la rénovation thermique des bâtiments n’ont pas toujours orienté les consommateurs vers les travaux les plus efficaces comme l’isolation (avec seulement 34% des dépenses), la proposition apparaît donc particulièrement pertinente.
Les candidats souverainistes font preuve de pertinence sur la rénovation énergétique mais sans plan d’investissement ou engagement chiffré, il n’est pas possible de déterminer s’ils augmenteront – comme Emmanuel Macron ou Jean Luc Mélenchon – les efforts considérables déjà déployés par le gouvernement sortant.
Les propositions en matière de mobilité électrique
Nicolas Dupont-Aignan visele remplacement des 10 millions de véhicules les plus énergivores en 10 ans en améliorant le dispositif de bonus-malus existant. Il promet un investissement d’un milliard par an quand cette dépense de l’état était de 225 million en 2015 et vise un objectif d’une borne de recharge électrique installée dans chacune des 11000 stations-service d’ici la fin du quinquennat. Le candidat de Debout-La-République propose une accélération du développement des véhicules électriques dans la droite ligne du gouvernement d’Hollande, qui avait soutenu le déploiement d’environ 16 000 points de recharge entre 2012 et 2017. Avec aujourd’hui une autonomie dépassant souvent les 250km, des temps de recharge de 30 minutes et le plein pour 2-3€, ce soutien de l’état a pour objectif d’aider les Français à « moins hésiter » sur le passage à l’électrique.
Marine Le Pen n’a pas pris d’engagements sur la mobilité électrique mais n’a pas annoncé de remise en cause des dispositifs d’aide déjà existants. Elle n’accélèrera donc pas l’effort actuel alors que les véhicules électriques représentent toujours moins de 1% des ventes et que les importations de pétrole sont toujours aussi importantes. Le FN déclare néanmoins vouloir soutenir le développement de l’hydrogène afin de « réduire notre dépendance au pétrole ».
Problème, pour des raisons de coûts, aujourd’hui 95% de l’hydrogène est produit à partir d’énergie sales (pétrole, charbon, gaz), son développement aurait donc tendance à maintenir la dépendance aux fossiles. Par ailleurs, lorsqu’il est produit avec une électricité décarbonée, il faut ensuite le comprimer, le transporter, l’injecter dans le réservoir des voitures, puis qu’il se retransforme via la pile à hydrogène en électricité, pour enfin entrainer le moteur.
Les pratiques respectueuses de l’environnement en agriculture ont pour effet d’augmenter la concentration en matière organique des sols et la quantité de carbone qu’ils stockent par la même occasion. Les candidats de la droite proposent plusieurs mesures pour les agriculteurs, mais aucun n’affiche un soutien direct à l’agriculture biologique ou agro-écologique. A l’inverse, ils promettent tous deux de mettre fin à une accumulation de normes, notamment environnementales. Seul Nicolas Dupont-Aignan propose par ailleurs d’encourager une agriculture raisonnableet de rémunérer les agriculteurs pour leurs services écosystémiques comme l’entretien de haies, mais contrairement à Emmanuel Macron, Benoit Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, le candidat n’annonce pas de budget concret sur cette proposition.
La question européenne
Les candidats souverainistes basent en grande partie leur programme sur une sortie de l’Union Européenne. Cette position de repli national n’est pas une réponse adaptée au réchauffement climatique, qui est international et demande une action globale, au moins au niveau européen. Ce problème se pose également sur les autres enjeux environnementaux, comme la préservation de la biodiversité. La France n’étant pas la seule responsable de ces problèmes globaux, seule une action internationale peut apporter une réponse pertinente.
En conclusion, les candidats souverainistes sont les seuls à donner la priorité au nucléaire par rapport aux renouvelables avec François Fillon, mais ils freinent en plus sur les dispositifs de soutien à l’éolien. Ils font preuve de pertinence sur le chantier de la rénovation énergétique des bâtiments, mais sans prendre d’engagement fort. Le front national est muet sur la transition vers la mobilité électrique, préférant soutenir la solution – moins efficace énergétiquement parlant – de l’hydrogène. Debout-La-France annonce au contraire un objectif chiffré ambitieux, dépassant les promesses d’En Marche sur le sujet. Globalement, aucun des deux candidats ne semble prendre sérieusement en compte la transition énergétique. Bien que le programme de Nicolas Dupont-Aignan fait preuve d’une plus forte détermination que celui de Marine Le Pen, une sortie de l’UE et le repli national vont à l’encontre de toute réelle volonté de combattre le réchauffement climatique, qui demande une action internationale.
Par Gabriel Brezet
Gabriel Brézet est ingénieur de formation. Il a suivi un double cursus avec un mastère spécialisé en économie de l’énergie. Il travaille aujourd’hui dans le secteur des énergies renouvelables.
M.Fillon se félicite de la COP21 mais regrette qu’elle ne s’est « pas encore traduite par des plans d’action contraignant » et lui assène une critique cinglante : « on ne peut pas se contenter d’un discours ou d’intention généreuse ». Pourtant, la lecture de son programme énergétique laisse apparaître des doutes sur l’ambition réelle du candidat Fillon sur l’énergie et le climat.
Une politique fiscale sans ambition sur le carbone
Avec un prix actuel de 7 à 10€/tCo2 sur les marchés du carbone européen, un objectif de 30€ semble téméraire. Mais le candidat reprend ici la recommandation basse d’une étude de RTE (Réseau Transport d’électricité), sans intention de viser à plus long terme 50 ou 100€ comme elle le recommande pourtant vivement.De plus, le marché de carbone européen ETS (European Trading Scheme) est déjà entré dans sa 3e phase de réforme avec l’objectif clair de relever le prix du carbone, tandis que le dernier gouvernement a entériné la progression de la Contribution Climat Energie (CCE), qui passera de 22€/tCo2 à 56€ et 100€/tCo2 en 2020 et 2030. Le programme de M Fillon n’est donc ici que l’expression de son accord vis-à-vis d’un processus déjà engagé.
Solaire au sol et éolien terrestre : moins chers que le nucléaire
François Fillon est convaincu que la lutte contre le réchauffement climatique ne peut se faire sans le nucléaire, qui est selon lui une énergie moins chère que celles dites renouvelables.
Il propose ainsi de prolonger la durée d’exploitation des 58 réacteurs nucléaires tout en reculant sur les subventions aux énergies renouvelables (ENR), qui pèseraient trop lourd sur la facture d’électricité des Français. Le candidat justifie cette position en comparant les 55 Milliards (Mds) d’euros que coutera le programme de prolongation de vie des centrales (d’après EDF) aux 73 Mds de la CSPE (une taxe qui finance les ENR) prévus entre 2014 et 2025. Monsieur Fillon oublie de préciser que la cour des comptes a chiffré à 100 Mds ce programme de prolongation ou qu’environ 64% de la Contribution au Service Public de l’Electricité était consacré aux ENR en 2015, une proportion qui représenterait moins de 55 Milliards d’euros, appliquée aux 73 Mds de CSPE pour les ENR.
Le raisonnement qui conduit le candidat Fillon à ces propositions est discutable. Plutôt que de comparer des prévisions de taxes à l’évaluation d’un programme d’investissement, il apparaît plus pertinent d’évaluer le coût d’un MWh d’électricité produit par différentes technologies.
Le groupe de conseil financier LAZARD, connu pour son sérieux, a publié son analyse du cout du MWh d’électricité le 15 décembre 2016;
Le solaire au sol est à 55 $/MWh (49$/MWh à 61 $/Mwh)
Les centrales à gaz sont à 84€/MWh (68 – 101 $/Mwh)
Les centrales à gaz à cycle combiné sont à 63$/MWh (48 – 78 $/Mwh)
Les centrales à charbon sont à 101 $/MWh (60 – 143 $/MWh)
Les centrales à fioul sont à 246$/MWh (212 – 281 $/Mwh)
L’intermittence des ENR entraine un coût de stockage. La France dispose déjà d’importants moyens de stocker l’électricité, mais le cabinet Lazard a aussi chiffré le coût des systèmes ENR avec stockage :
D’après la cours des comptes, le coût du MWh des centrales plus anciennes que l’EPR est quant à lui passé de 49,6€/Mwh en 2010 à 59,8€/MWh en 2013 suite aux investissements dus aux normes de sécurité post-Fukushima et à la maintenance des centrales . Ce coût continuera donc encore d’augmenter avec le programme de prolongation d’exploitation des centrales évalué à 100 milliard d’ici 2030, alors qu’il dépasse déjà les niveaux indiqués par Lazard en solaire au sol.
Monsieur Fillon estime que « notre politique énergétique doit se fonder de manière raisonnée sur des critères objectifs ». Il est vrai que le critère économique ne doit pas être le seul, concernant la sureté par exemple, les ENR ne présentent aucun risque d’accident majeur nécessitant de déplacer des milliers de personnes. Un tel évènement dans le nucléaire français pourrait couter entre 120 et 450 Milliards d’euros d’après la cour des comptes.
Des propositions contradictoires sur les énergies renouvelables
François Fillon propose de viser un objectif de 0% d’électricité fossile le plus rapidement possible, de supprimer la CSPE ainsi que les tarifs d’obligation d’achat pour les nouvelles installations ENR, de privilégier les appels d’offres pour les grosses unités et d’autoriser l’autoconsommation.
Les seules nouveautés que propose le candidat sont de supprimer la CSPE en reportant le financement des ENR sur la CCE, et de remplacer les tarifs d’obligation d’achat restants par un crédit d’impôt. Cette dernière mesure, beaucoup moins incitative qu’un tarif d’achat, menace le secteur du PV en toiture, tandis que le candidat prône paradoxalement l’autoconsommation.
Certes, le PV en toiture est plus coûteux que le solaire au sol : le tarif d’obligation d’achat fin 2016 est de 123€/Mwh contre 62,5€/Mwh en solaire au sol. Mais cette performance approche celle du nucléaire de type EPR et cette technologie a fait des progrès considérables. Il y a 5 ans, le tarif était encore de plus de 400€/Mwh !
Un manque d’ambition pour réduire les émissions de CO2 françaises
En France, les émissions de carbone proviennent principalement du transport, puis de l’habitat et enfin de l’agriculture. Le candidat républicain dit viser une « ambitieuse stratégie de transfert d’usage du pétrole et du charbon vers des énergies décarbonées », mais concrètement, ses propositions sont au nombre de neuf en ce qui concerne l’électricité, qui est déjà à 90% décarbonée, contre quatre pour l’habitat et quatre autres pour la mobilité électrique. L’agriculture BIO et l’agroécologie, dont les sols sont de véritables puits de carbone, sont totalement absentes de son programme « environnement et transition énergétique ».
Au niveau de l’habitat, les propositions de M.Fillon consistent à prolonger le dispositif de crédit d’impôt déjà existant pour les travaux de rénovation, à instaurer une franchise de TVA pour les artisans, à aligner les conditions du prêt à taux zéro des bâtiments anciens sur celles des bâtiments neufset àfaire progresser le niveau de qualification des artisans de la construction. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique comme le prêt à taux 0 sont des processus dont la lourdeur administrative est décourageante et sont surtout réservés aux classes aisées. François Fillon ne propose pas ici de mesure simplificatrice pour recourir à ces aides, ni de moyen de les orienter vers l’isolation, qui est l’intervention la plus efficace en terme d’économies d’énergie.De plus, aucun grand programme de rénovation des bâtiments n’est proposé, notamment sur le parc de bâtiment publics. Or, la franchise de TVA et la formation des artisans de la construction sont surtout avantageuses si un marché existe pour leur activité. Il est peu probable que les propositions du candidat accélèreront significativement l’effort de l’Etat dans ce domaine.
Concernant le transport, François Fillon propose d’engager la mise en concurrence de la SNCF, de moderniser et remettre à niveau le réseau ferroviaire,de confier aux régions le rôle d’autorités organisatrices pour lancer des appels d’offres, de donner aux régions toutes les compétences sur leur territoire pour la meilleure organisation du transport et d’inciter au développement des véhicules à énergie propre.
Le secteur particulièrement émetteur de l’aviation n’est pas une seule fois mentionné. L’ouverture du marché du transport ferroviaire à la concurrence est actée par une directive européenne, l’organisation du transport régional est déjà grandement géré par les régions et il n’est pas précisé si les subventions aux véhicules électriques seront augmentées ou non. Le candidat LR exprime la volonté de recourir à la commande publique pour privilégier l’électrique et de jouer un rôle majeur dans la mise en place des infrastructures de recharges rapides, mais dans quelle mesure cette intention va-t-elle se concrétiser ? On ne sait pas, puisque qu’aucun de ces objectifs n’est chiffré.
Le gouvernement Fillon s’engage-t-il à convertir progressivement à l’électrique la flotte de véhicules publics? Trouvera-t-on d’ici 2020-2025 un équipement complet en infrastructure de recharge le long de plusieurs autoroutes? Verra-t-on de grands projets soutenus par l’état de nouvelles lignes de TGV pouvant porter concurrence à l’avion ou aux camions? Ce genre de proposition est absent du programme des républicains.
En conclusion, on remarquera que la transition énergétique version Fillon reste floue. Peu de propositions chiffrées, un choix du nucléaire assumé et des mesures en faveur des énergies renouvelables dont l’impact sur ces nouvelles filières reste insondable. Les propositions pour l’habitat et le transport, elles aussi, semblent cosmétiques au regard des enjeux actuels de la décarbonisation de ces secteurs.
Par Gabriel Brézet
Gabriel Brézet est ingénieur de formation. Il a suivi un double cursus avec un mastère spécialisé en économie de l’énergie. Il travaille aujourd’hui dans le secteur des énergies renouvelables.
Les déclarations des deux candidats indiquent qu’ils sont favorables à la fiscalité carbone (ici pour Hamon, là pour Mélenchon)La progression de la Contribution Climat Energie vers 100€/Tco2 en 2030 ne devrait donc pas être remise en cause par la gauche, à l’instar de tous les autres candidats sauf de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan.Ils s’engagent également à supprimer l’avantage fiscal du diesel, comme Emmanuel Macron, mais vont plus loin en fixant un objectif clair : sortir du diesel.
La gauche est la seule à déclarer s’opposer aux niches fiscales environnementales.Le traitement favorable en termes de TICPE et TVA, dont bénéficie l’aviation et les énergies sales pour plus de 10,8 Mds d’€ par an, pourrait disparaitre avec les Socialistes ou la France Insoumise. Benoit Hamon propose d’ailleurs de moduler la TVA en fonction de l’empreinte environnementale du produit.
Système énergétique
Les deux candidats se sont engagés, comme tous les autres, àinterdire l’exploitation du gaz de schiste, à l’exception de François Fillon qui ne s’est pas exprimé sur le sujet. Ils sont par contre les seuls à proposer unesortie du nucléaire. Benoit Hamon veut l’effectuer en 25 ans pour 2042, tandis que Jean-Luc Mélenchon s’engage à ne pas prolonger l’exploitation des centrales au-delà de 40 ans, ce qui revient à 2042 pour le dernier réacteur. Hamon vise par contre un objectif de 50% de nucléaire en 2025 qui implique de fermer plusieurs réacteurs avant leurs 40 ans. La France insoumise veut aussi abandonner le projet d’EPR de Flamanville tandis que le PS ne s’est pas exprimé sur le sujet.
Les candidats s’accordent également sur un objectif de 100% d’ENR en 2050. La question de la faisabilité technique d’un tel objectif se pose, mais elle apparait comme un défi que les technologies actuelles, sinon futures, peuvent résoudre.Un consortium de recherche européen a par exemple récemment annoncé une percée dans les matériaux supraconducteurs qui pourrait « révolutionner les renouvelables », permettant de doubler la puissance d’une éolienne. Des études comme celle de l’ADEME, de Negawatt ou de l’université de Standfordont montré qu’un mix 100% ENR est théoriquement réalisable et de nombreuses technologies innovantes permettent de gérer l’intermittence des ENR.Des solutions de stockage sont par exemple déjà disponibles (station de pompage, batteries) et de nouvelles émergent, comme le stockage écologique en mer porté par la start-up française « MGH-energy ».Les outils de prévisions de production d’énergie solaire et éolienne sont fiables, tout comme les solutions d’effacement de consommation électrique.
Au-delà des difficultés techniques, l’enjeu de ce type de proposition se situe donc plutôt sur son financement, et c’est là que les candidats se distinguent. Benoit Hamon prévoit 3,5Mds/an pour l’ensemble de son programme de transition environnementale tandis que Jean Luc Mélenchon veut consacrer 25 milliards exclusivement aux ENR, soit 5 Mds/an. Le parti socialiste propose donc d’atteindre le même objectif que la France insoumise avec beaucoup moins de moyens. A titre de comparaison, Emmanuel Macron prévoit 15 Mds d’investissement publiques dans la transition environnementale, soit 3 Mds/an, la fermeture de Fessenheim à ses 40 ans et souhaite attendre l’avis de l’ASN pour décider de la prolongation des centrales. La droite dans son ensemble souhaite quant à elle soutenir le nucléaire et ne vise en aucune façon sa réduction.
L’Institut Montaigne a évalué à 217 milliards le coût de sortie du nucléaire d’Hamon, dont 10 Mds/an sur le quinquennat. On y trouve 179 milliards pour le développement des ENR (montant financé par les charges de CSPE, une taxe payée par le consommateur d’électricité) et 25 milliards d’indemnités à EDF pour la sortie anticipée de l’atome. Néanmoins, l’institut a surestimé le montant car il a considéré une sortie en 18 ans au lieu des 25 proposés par Hamon. Il a aussi compté les charges de CSPE liées aux parcs ENR déjà existants, qui seront payées indépendamment de toute stratégie de sortie du nucléaire. Cela pourrait représenter une surestimation d’au moins 40 Mds, sans oublier que la prolongation d’exploitation des centrales est estimée à 100 Mds d’ici 2030 par la cour des comptes. Un calcul plus optimiste donnerait donc 77 milliards sur 25 ans soit 3 Mds de dépense supplémentaire par an.
L’étude de l’Institut Montaigne montre surtout que l’on peut réduire la dépense en choisissant une sortie plus souple de l’atome. Cela permettrait de mieux profiter des futures réductions de coûts dans les ENR et de diminuer les indemnités dues à EDF.
Lors du prochain quinquennat, 19 des 58 réacteurs auront 40 ans. Cela signifie que la gauche propose de remplacer en 5 ans environ 20 % de l’électricité par les ENR, qui n’en représentent aujourd’hui que 17,5% : une tâche ambitieuse. En s’engageant auprès des électeurs à ne prolonger l’exploitation d’aucune centrale, les candidats se coupent d’une importante marge de manœuvre et de négociation.En effet, accepter des prolongations de quelques années sur un petit nombre de réacteurs n’empêche en théorie ni de sortir du nucléaire d’ici 2042 ni d’atteindre 100% d’ENR en 2050.
La rénovation énergétique des bâtiments
Hamon prévoit un plan d’efficacité et de sobriété énergétique portant entre autres sur l’isolation et un budget de 100 milliards sur 5 ans dans la rénovation urbaine et thermique. Le candidat n’a pas donné plus de précisions sur la forme que prendrait la mise en œuvre de ce chantier. Lors d’une conférence organisée le 17 mars, le parti socialiste a indiqué que la transition environnementale représentera 3,5Milliards de nouvelles dépenses par an et les investissements dans les infrastructures et le logement 5,3 Milliards. Cela ne semble pas correspondre au plan de 100 milliards sur 5 ans inscrit dans son programme.
La France Insoumise prévoit un plan d’investissement de 4 Mds/an dans l’isolation thermique des bâtiments.Le parti compte augmenter notablement les moyens de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) en lui confiant la coordination de ce plan d’isolation et souhaite la mise en place de « guichets uniques » qui accompagneront de manière complète les ménages dans leurs travaux.
Le bilan de la rénovation énergétique sous le quinquennat Hollande est nuancé. En 2014, près de 400 000 rénovations ont été efficaces sur un objectif de 500 0000 mais sur les 3,5 millions de travaux de rénovations, 3,1 peuvent être qualifiés de faibles ou moyens. L’isolation des murs est l’un des postes qui fut des moins fréquents malgré son efficacité. Parallèlement, le programme « Habiter Mieux » de l’ANAH a concerné 70% de ménages précaires et a réalisé un gain d’énergie d’en moyenne 40%. Ces résultats excellents en font une référence reconnue, avec une offre d’accompagnement complète en guichet unique.
La gauche fait donc preuve de pertinence en se concentrant sur l’isolation. Le FN le propose aussi, mais contrairement à ce dernier la France insoumise propose des mesures concrètes et chiffrées tirées des enseignements passés.
Les propositions en matière de mobilité électrique
Les candidats de la gauche préfèrent tous deux se concentrer sur les alternatives à la voiture individuelle (ferroviaire, transport en commun) plutôt que sur la voiture électrique. Benoit Hamon mentionne un effort de déploiement de bornes de recharges et de recherche dans l’autonomie des batteries, son plan d’efficacité énergétique évoque les véhicules propres, mais le candidat dit vouloir donner la priorité au ferroviaire. Ces ambitions sont positives mais ne sont pas accompagnées d’objectifs concrets ou de plan d’investissement chiffré. La France insoumise prévoit 1 milliard d’investissement par an dans le ferroutage avec comme objectif que tous les camions traversant la France entre la frontière belge et la frontière espagnole passent sur des trains. Les insoumis veulent aussi développer plus intensément le maillage ferroviaire, bloquer son ouverture à la concurrence, nationaliser les autoroutes et revenir sur la loi Macron qui a développé des liaisons par autocars privés.
Le plan de ferroutage de Mélenchon aurait un impact très positif sur la réduction des émissions de CO2 par les poids lourds, mais un budget d’un milliard par an est peut-être trop court si la France Insoumise compte également développer le réseau national. D’après la SNCF 4,9 Mds€ ont été investis dans la modernisation du réseau en 2015. Autre exemple, la future ligne Poitiers-Limoge est chiffrée par la SNCF à 1,62 milliards pour 112km de nouveaux rails.
Le parti veut remettre en cause l’utilisation de la voiture individuelle tout en se montrant hostile à l’égard de la concurrence dans les transports publics. Pourtant, en baissant les coûts la concurrence permet d’attirer plus de voyageurs et de réduire l’utilisation de la voiture. De même, le bilan concernant les autocars privés n’est pas mauvais : 1 350 emplois ont été créés, et sur 5,2 millions de passagers en 2015, 17 % n’auraient pas voyagé sans ce mode de transport, 19 % auraient utilisé la voiture et 2% l’avion, le reste se partageant entre train et covoiturage. Cela correspond à 1 million de trajets en voiture économisés et 100 000 passagers en avion soit 200 airbus A380 restés au sol.
26 millions de véhicules particuliers et utilitaires sont actuellement en circulation, la France insoumise laisse ce problème presque entier en ne centrant aucune proposition sur la voiture électrique. Le parti a cela dit indiqué vouloir mettre en place une politique nationale en faveur du vélo et du vélo à assistance électrique et n’a pas déclaré vouloir revenir sur les actuels dispositifs d’incitations à l’achat de véhicule électrique mis en place par le PS
Sur l’agro-ecologie
Benoit Hamon veut instaurer un minimum de 50 % de repas Bio ou issus des circuits courts dans la restauration collective, une proposition partagée avec Emmanuel Macron, mais il propose aussi de réduire la TVA sur ces produits. Le candidat partage également avec En Marche une volonté de s’opposer aux perturbateurs endocriniens.
Jean-Luc Mélenchon présente quant à lui un plan de transition écologique de l’agriculture qui vise à fortement restreindre l’utilisation des pesticides et des engrais. Il partage également l’idée de soutenir la restauration collective pour qu’elle distribue plus de produits biologiques locaux. Ce plan implique de s’extraire de la logique de libre-échange européenne en agriculture et de ré-instaurer un protectionnisme pour garantir un revenu aux agriculteurs.
Appui européen
L’approche de la question européenne est un point différenciant les deux candidats de la Gauche. Hamon souhaite faire une Europe de l’énergie, visant à adopter un plan d’investissement de 1 000 milliards d’euros pour la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
La France Insoumise souhaite proposer une renégociation radicale de plusieurs traités européens. En cas d’accord partiel, le résultat sera soumis à un referendum donnant le choix entre une sortie de la France ou son maintien au sein de l’UE. L’échec des négociations mènera par contre à la sortie, sans consultation par referendum.
Les insoumis souhaitent entre autres la fin du libre-échange, la fin de l’indépendance de la Banque Centrale Européenne, une annulation partielles des dettes souveraines, la fin de la libéralisation de plusieurs secteurs au sein de l’union européenne et l’abandon du marché carbone. L’ambition de ces demandes laisse croire qu’aucun accord ne sera obtenu et qu’une sortie de l’Union Européenne rime avec la France Melenchonienne.
Simultanément, les insoumis veulent organiser le passage de la France à une 6e république, en proposant un référendum pour engager la convocation d’une assemblée constituante citoyenne. En cas de résultat positif, le parti lui soumettra ses propositions afin d’aboutir à un projet de nouvelle constitution. Ce projet sera alors soumis à référendum. Cette réorganisation de la France doublée d’une probable sortie de l’Europe, conditionnées par plusieurs référendums, génère de l’incertitude.
Les deux candidats de la Gauche présentent des politiques énergétiques très similaires. Les objectifs qu’ils proposent d’atteindre dans ce seul domaine sont particulièrement ambitieux et donc difficiles à tenir. Hamon donne moins de propositions concrètes que son rival mais affiche l’ambition d’entrainer l’Europe dans son action, tandis que Jean-Luc Mélenchon adopte une position qui mènera probablement à la sortie de l’UE. Les problèmes environnementaux étant mondiaux, il semble contreproductif de vouloir faire de la France un élève modèle en matière de transition si elle l’effectue seule, comme l’illustre l’abandon du marché carbone.
Par Gabriel Brezet
Gabriel Brézet est ingénieur de formation. Il a suivi un double cursus avec un mastère spécialisé en économie de l’énergie. Il travaille aujourd’hui dans le secteur des énergies renouvelables.
Dans ce contexte, et sachant qu’il faudra fermer entre 10 et 20 réacteurs (sur 58) pour réduire à 50% la part de l’atome, En Marche devrait donc s’être engagé à ne pas prolonger l’exploitation d’un minimum de centrales en plus de Fessenheim, ce qui n’est pas le cas.
Des engagements pour la rénovation énergétique des bâtiments
Le projet de loi de finance de 2016 montre que de 2014 à 2016, la dépense publique dans la rénovation énergétique a représenté 3,5 Mds d’euros par an en moyenne (à travers le CITE et la TVA réduite), soit 17,5 Mds d’euros en 5 ans. En Marche ne remettant pas en cause ces dispositifs, un investissement de 8 Mds correspond donc à une augmentation de 45% de l’effort de l’Etat en la matière.
Les marcheurs pourraient bien entendu proposer plus et surtout plus efficace. L’UFC–que choisir a montré que le CITE n’avait pas orienté les consommateurs vers les travaux les plus efficaces, avec seulement 34% des dépenses concentrées sur l’isolation. Le FN propose par exemple d’en faire une priorité budgétaire, mais cette proposition est faite sans engagements concrets de programme d’investissement, tout comme chez Les Républicains.
Les propositions en matière de mobilité électrique
Afin d’évaluer ces engagements, il est nécessaire de les comparer aux incitations et investissement existants. Actuellement, les particuliers ont accès à un système de bonus de 6 000€ pour l’achat d’une voiture électrique (1000€ pour les deux roues), tandis qu’un malus allant jusqu’à 10 000 € s’applique sur les véhicules polluants. S’ajoute à ce dispositif une prime pour le remplacement d’un vieux véhicule Diesel qui porte l’aide à un maximum de 10 000€ pour l’achat d’un véhicule électrique.
D’après la cour des comptes le système bonus-malus s’est autofinancé en 2015, avec 225M d’€ de bonus versés et 300 M d’€ de malus perçus. 3 milliards d’aide sur le quinquennat correspond à 600M par an. Les marcheurs s’engagent donc sur une augmentation de 200% des bonus versés. La prime exceptionnelle appliquée également à l’occasion augmentera l’intérêt des consommateurs, mais ne sera peut-être pas suffisante pour induire une telle accélération. Le chiffre de 3 milliards d’€ d’aide reste donc de l’ordre de la prévision.
Les propositions d’EM ne sont pas anodines, mais on peut douter qu’elles permettront d’atteindre l’objectif de 0 véhicule thermique vendus en 2040. La loi de transition énergétique visant 7 millions de point de charge en 2030, beaucoup reste à faire. Par exemple, étendre à 100% l’obligation d’acquisition de véhicules électrique lors du renouvellement des flottes publiques au lieu des 50% actuels, ou aider les programmes d’électrification des lignes de bus ou des flottes de taxis-VTC … aurait été plus en cohérence avec l’ambition affichée par le candidat d’EM.
Il n’est pas possible de déterminer si les propositions des marcheurs sont suffisantes pour atteindre les objectifs qu’ils affichent. D’autant que la manière dont les 1,2 milliards par an seront dépensés n’est pas détaillée dans le programme.
La volonté affichée de soutenir l’agroécologie est néanmoins une nouvelle positive car les sols cultivés en agroécologie peuvent stocker une quantité significative de carbone en comparaison à une agriculture industrielle intensive. Une étude de l’INRA a par exemple montré que l’équivalent de 9% des émissions de l’agriculture pourrait être stocké dans les sols, avec la mise en œuvre de pratiques agricoles à impact positif, sans changement majeur de l’orientation des systèmes de production.
En conclusion, les propositions et les valeurs d’En Marche en matière énergétique et climatique se situent dans la ligne droite de la loi de transition énergétique du PS, elles en accentuent même l’effort et font preuve d’une ambition plus forte que les républicains. Néanmoins, on note que certains objectifs ne sont pas accompagnés des engagements nécessaires : la réduction à 50% du nucléaire ou le zéro véhicule thermique vendus en 2040 ou qu’En marche aurait pu faire de la transition énergétique une priorité plus importante dans ses propositions.
Par Gabriel Brézet
Gabriel Brézet est ingénieur de formation. Il a suivi un double cursus avec un mastère spécialisé en économie de l’énergie. Il travaille aujourd’hui dans le secteur des énergies renouvelables.
Nathalie Arthaud fait le constat du désengagement financier de l’Etat dans l’Education supérieure et la Recherche et pointe du doigt la loi sur l’indépendance des universités (loi LRU) votée en 2007.
« Plutôt que de financer la recherche publique et les universités, l’État préfère consacrer des milliards au CIR (Crédit Impôt Recherche), dont 80 % va aux grandes firmes multinationales. L’ensemble du CIR, 6 milliards d’euros, représente plus de deux fois ce que l’État alloue annuellement à tout le CNRS. L’industrie pharmaceutique s’est octroyée deux milliards de CIR entre 2008 et 2012 tout en détruisant 2 400 emplois de recherche et développement. Renault, qui touche 140 millions d’euros de CIR par an, avait créé des filiales fantômes, tout en réduisant ses investissements et ses effectifs en recherche et développement. 140 millions d’euros, c’est ce qui est nécessaire pour faire fonctionner une université de 20 000 étudiants. »
Nathalie Arthaud se propose de remettre en cause la loi LRU et d’augmenter le financement public de la Recherche.
François Asselineau – Union Populaire Républicaine (UPR)
François Asselineau fait le constat d’une recherche précarisée financièrement et dont l’indépendance est remis en cause : « Le modèle de l’université française, lieu de savoir et de réflexion, temps essentiel dans la formation de tout citoyen, qui se caractérise par son indépendance à l’égard du pouvoir, risque ainsi de disparaître. L’indépendance même des universitaires, leur liberté de pensée et l’orientation de leurs travaux sont de plus en plus remises en question par le pouvoir politique en faveur d’intérêts économiques guidés par l’idéologie néolibérale ».
Son programme contient 9 propositions sur la Recherche :
Proposition 151 : Restaurer l’indépendance et la liberté des chercheurs et des enseignants-chercheurs.
P 152 : Suppression de l’Agence nationale de la recherche.
P 153 : Mettre fin à la complexification administrative croissante.
P 154 : Suppression du crédit d’impôt recherche (CIR) et redéploiement des financements.
P 155 : Réduire la précarité dans l’enseignement et la recherche en lançant une politique de recrutement ambitieuse.
P 156 : Revaloriser le doctorat et les grilles salariales des acteurs de l’enseignement et de la recherche.
P 157 : Sauvegarder le faible coût des études et l’accès à l’université pour tous.
P 158 : Favoriser la diffusion de la culture humaniste et des connaissances techniques issues du monde universitaire et de la recherche.
P 159 : Refuser les grilles d’évaluation anglo-saxonnes et le monopole de l’anglais.
Jacques Cheminade
Jacques Cheminade s’intéresse à la Recherche, surtout celle dédiée à l’espace qu’il considère comme le fer de lance de son engagement politique. Il est de loin le candidat qui parle le plus d’Espace et de projets spatiaux.
Les propositions de Jacques Cheminade sur l’Espace :
Un vaste programme d’exploration robotisée, d’observation radio-astronomique et de veille spatiale depuis la Terre s’impose avant d’en arriver à la présence permanente de l’homme.
Veille accrue contre les menaces spatiales, géologiques et climatiques : renforcement des programmes Neo et Copernicus, création d’une Agence mondiale de décision sous l’égide des Nations unies.
Ouvrir une nouvelle fenêtre du cosmos en participant au projet chinois visant à installer un observatoire par radio-interférométrie sur la face cachée de la Lune.
Lancer une exploration robotique lunaire de grande ampleur suivie de l’implantation de centres industriels et scientifiques sur la Lune. Soutenir le projet de « village lunaire » de l’ESA.
Au-delà d’Ariane 6, développer un véritable lanceur lourd européen capable de propulser 60 à 140 T en orbite basse.
Développer de nouveaux systèmes de propulsion, notamment nucléaires.
Renforcer le contrôle public sur l’industrie spatiale, sans exclure de vastes coopérations avec le secteur privé.
Création d’un ministère de l’Exploration et de la Recherche spatiale.
Fondation d’un nouvel Institut européen de la recherche lunaire et spatiale.
Consacrer au moins 3 % de notre produit intérieur brut à la recherche, pour contribuer selon nos capacités aux objectifs communs de l’humanité.
Nicolas Dupont-Aignan – Debout la France
Nicolas Dupont-Aignan s’engage à « faire de la France le paradis des chercheurs ». Pour cela, il a plusieurs propositions :
1 – Former les futurs ingénieurs et chercheurs à la question du brevet (brevetabilité d’un sujet, savoir rédiger un brevet, connaître les étapes pour le déposer).
2 – Valoriser et motiver au sein des laboratoires et entreprises les chercheurs et ingénieurs déposant des brevets de qualité par le versement de royalties sur leur exploitation industrielle.
3 – Autofinancer partiellement la recherche par un circuit de transfert technologique de brevets de qualité vers des start-ups prêtes à les mettre en application avec versement de royalties à l’exploitation.
4 – Protéger les brevets qui ont été subventionnés par le CIR, par des subventions ou allocations.
5 – Favoriser les liens entre les centres de recherche, les universités et les entreprises.
6- Diversifier l’évaluation des chercheurs et intégrer le nombre de citations de leurs travaux et l’exploitation de leurs brevets.
7- Développer de nouvelles sources d’énergie fusion/fission nucléaire et le stockage.
8 – Développer les nouveaux systèmes informatiques : les supercalculateurs, les ordinateurs quantiques.
9 – Développer les nouvelles technologies de médecine et de santé : diagnostic automatisé & biologie synthétique.
10 – Développer les nouvelles technologies de transport : Télé-présence au travail & véhicules autonomes.
Pour cela, Nicolas Dupont-Aignan souhaite franchir le seuil des 3% de ratio de dépenses en R&D/PIB dès 2019 (contre 2,2% à l’heure actuelle). L’Etat investirait 4 milliards d’€ supplémentaires par an pour relancer la recherche.
François Fillon – Les Républicains
François Fillon soutient la réforme sur l’autonomie des universités et souhaite « faire confiance à l’excellence des chercheurs » dans le domaine de la Recherche. Il considère également que le numérique doit être une priorité et que « le pétrole du XXIe siècle est la data ».
Les 3 propositions de François Fillon sur la Recherche :
1 – Remettre la créativité et les équipes au cœur de la politique de la recherche. Redonner à l’agence nationale de la recherche (ANR) les moyens de financer des projets à caractère original et innovant et donner une nouvelle impulsion aux investissements d’avenir et au soutien dans la durée des projets d’excellence.
2 – Faciliter la vie des chercheurs en simplifiant les procédures administratives qui leur sont imposées. Revaloriser la fonction de chercheur. Aider les chercheurs à préparer des réponses aux appels à projet européens.
3 – Promouvoir les liens avec l’industrie : développement du label « Carnot » et des laboratoires communs, renforcement du dispositif des thèses CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche).
Benoit Hamon – Parti Socialiste
Benoit Hamon veut faire de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche une priorité budgétaire en y investissant un milliard d’euros supplémentaire par an.
Les propositions de Benoit Hamon sur la Recherche :
1- Les universités accueilleront 25 % d’étudiants internationaux supplémentaires, et soutien de l’asile scientifique et universitaire en France pour les chercheurs et étudiants en danger.
2 – Création de 7 500 emplois dans les universités et les laboratoires, revalorisation de 10 % la rémunération des universitaires et chercheurs en début de carrière, et fin aux thèses non financées notamment en doublant les doctorats préparés en entreprise.
3 – Augmentation des moyens des laboratoires.
Jean Lasalle
Jean Lasalle s’intéresse à la Recherche, notamment celle sur l’humain. Il souhaite également renforcer la recherche sur les énergies décentralisées, en phase avec son projet d’aménagement de l’ensemble du territoire.
Les 6 propositions de Jean Lasalle sur la Recherche :
12.33 : Fédérer des scientifiques des différents pays pour la recherche d’autres mondes habités.
12.34 : Développer la R&D sur l’énergie de la houle et les hydroliennes.
12.35 : Accroître la recherche sur la biodiversité marine et le milieu océanique.
12.36 : Lancer des appels d’offres pour la recherche pharmaceutique, et sur les maladies orphelines, au lieu de la financer par crédit d’impôt.
12.37 : Développer la recherche sur l’humain, la transformation de l’humanité.
12.38 : Garantir l’accès en ligne, gratuit, au savoir produit par la recherche publique.
Emmanuel Macron – En Marche
Emmanuel Macron soutient l’autonomie des universités et met en garde contre le risque de « relégation de la Recherche française face à une concurrence mondiale inédite ».
Les propositions d’Emmanuel Macron sur la Recherche :
1 – Soutenir la constitution d’universités de niveau mondial, sur la base de regroupements volontaires d’universités et de grandes écoles avec le soutien des organismes de recherche.
2 – Allouer des moyens supplémentaires au financement de projets en priorité.
3 – Faire de la France le leader mondial de la recherche sur le réchauffement climatique et la transition environnementale.
4 – Donner aux universités la possibilité de déployer librement leur offre de formation, à condition d’offrir une palette suffisamment large de filières et d’orientations et de favoriser les aménagements de cursus aux étudiants en stage, en alternance ou en activité professionnelle. Développer les licences professionnelles en alternance sur les 3 ans.
5 – Donner aux universités et aux grandes écoles la liberté de recruter elles-mêmes leurs enseignants-chercheurs suivant les standards internationaux de qualité et d’indépendance. Le recrutement des dirigeants des organismes de recherche et des grandes universités se fera suivant les normes internationales.
6 – Sanctuariser le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche.
7 – Attribuer des moyens publics supplémentaires aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche sur des bases contractuelles.
8 – Permettre aux universités et aux grandes écoles de diversifier leurs sources de financement.
Jean-Luc Mélenchon – La France Insoumise
La mer, l’espace, le monde du numérique et du virtuel sont les domaines sur lesquels Jean-Luc Mélenchon souhaite concentrer les efforts de Recherche.
1 – Développer les énergies marines renouvelables (EMR) dans le cadre du plan de transition énergétique et d’une maîtrise publique des installations et réseaux.
2 – Faire de la France le leader mondial de la recherche et de l’éducation dans le secteur maritime, en ouvrant au moins un lycée professionnel maritime dans chaque département littoral en métropole et dans chaque département ou territoire d’Outre-mer, et développer les formations d’enseignement supérieur liées au maritime, en renforçant les moyens de recherche de l’Inserm et de l’Inra liés aux ressources marines, ainsi que les moyens de l’Ifremer.
3 – Soutenir la recherche publique sur la réalité et l’humanité augmentées dans le cadre d’une concertation éthique et citoyenne constante.
4 – Sur l’espace : Garantir le lancement de la fusée Ariane 6 en 2020 et renforcer les recherches pour Ariane 7, notamment la recherche pour un lanceur réutilisable en 2025 et la maîtrise des technologies nécessaires à un vol habité. Revenir sur la privatisation d’Arianespace et la filière de lancement de satellites, renforcer les moyens du Centre national d’études spatiales. Instaurer un protectionnisme pour favoriser le développement d’Arianespace pour les lancers européens. Garantir l’achèvement du programme Galileo de radio-navigation par satellites. Renforcer la contribution française à la présence humaine permanente dans l’espace en lien notamment avec la Russie, la Nasa, la Chine et l’Inde. Renforcer la recherche sur les propulseurs nécessaires aux expéditions les plus lointaines et avancer dans la maîtrise des vols suborbitaux. Doter la France des moyens de neutralisation des actions hostiles menées contre elle depuis l’espace.
Marine Le Pen – Front National
Marine Le Pen souhaite renforcer la recherche en française par une augmentation du budget public et en redirigeant les crédits d’impôts.
Les propositions de Marine Le Pen sur la Recherche :
1 – Promouvoir les secteurs stratégiques de la recherche et de l’innovation, en augmentant la déductibilité fiscale des dons. Augmenter de 30 % le budget public de la recherche (pour le porter à 1 % du PIB).
2 – Recentrer le Crédit Impôt Recherche vers les PME et les startups, diriger une part de l’assurance-vie (2 %) vers le capital-risque et les startups et inciter les grands groupes à créer leur propre fonds dans les entreprises innovantes.
3 – Soutenir une filière française de l’hydrogène (énergie propre), par un appui de l’État en matière de recherche et développement, afin de réduire notre dépendance au pétrole.
Philippe Poutou – Nouveau Partie Anticapitaliste (NPA)
La Recherche ne fait l’objet d’aucun traitement dans le programme de 48 pages de Philippe Poutou. Liée à ce thème, la rédaction n’a relevé que la proposition de rendre l’université gratuite et sans sélection.
Eraole, l’avion du futur photovoltaïque et endurant
Les véhicules du futur souffrent souvent d’un cruel manque d’autonomie.
Ce ne sera pas le cas d’Eraole selon le laboratoire français Ocean Vital qui travaille à la conception d’un avion, alimenté par des panneaux solaires et des biocarburants, capable d’effectuer de longs trajets sans escales.
Le premier vol transatlantique sans escale est prévu pour 2018 !
Un taxi, sur terre et dans les airs
Les ingénieurs d’Airbus ont imaginé Pop.up, une capsule de deux mètres dans laquelle deux personnes peuvent s’installer.
En cas d’embouteillages, ce véhicule du futur est capable de se placer sous un module aérien, à cinq mètres du sol.
Le plus grand avion du monde
Le projet avance ! Dévoilé en 2011, Stratolaunch est actuellement en cours de construction en Californie.
72 mètres de long, 6 réacteurs, 28 roues, il ressemble à deux avions reliés par une aile géante. Cette aile mesurerait 117 mètres, la longueur d’un terrain de football. Mais ce n’est pas le plus impressionnant : il serait capable d’envoyer en orbite un satellite…
Entrée en service prévue en 2020 !
Double Bubble : quand un nouveau design permet de consommer moins d’essence
C’est le pari de l’Aurora D8. Surnommé Double Bubble, il pourrait un jour se faire une place aux côtés d’Airbus et Boeing, les deux mastodontes qui dominent actuellement le marché.
Si son allure est très proche de ce que l’on connaît déjà, quelques innovations discrètes pourraient changer la donne.
Plus large et plus court, doté de plusieurs couloirs et d’ailes plus courtes, il afficherait un meilleur aérodynamisme.
Résultat promis : une consommation d’essence divisée par deux.
Voler grâce à une combinaison
Richard Browning, un inventeur anglais, vient de mettre au point un nouveau jet pack particulièrement sportif qui lui permet de s’élever dans les airs.
Il s’agit de trois réacteurs fixés dans le dos et sur les bras dont la puissance est contrôlée par le pilote, un « dispositif pionnier entièrement nouveau dans l’histoire de l’aviation » selon lui.
Un drone capable d’encaisser les chocs
Si vous avez déjà essayé de piloter un drone, vous connaissez bien le problème : il s’élève dans les airs, plane doucement et… rencontre un obstacle.
Si ses hélices ont la chance d’être dotées d’une cage protectrice, votre drone devrait survivre. Mais loin de constituer une solution idéale, cette cage l’alourdit et lui fait perdre en aérodynamisme.
La solution ? Une armature en mousse élastique selon ces chercheurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL).
Bonus insolite : une piste d’atterrissage circulaire !
Des chercheurs du centre aérospatial des Pays-Bas ont imaginé une alternative aux pistes d’atterrissage classiques.
La convention d’affaires MICM se tiendra les 10 & 11 mai prochains à la Cité Mondiale de Bordeaux.
Organisé par le pôle Aquitaine Chimie Durable en partenariat avec la région Nouvelle Aquitaine, MICM réunira pendant 2 jours plus de 600 décideurs de la filière des matériaux et de la chimie des matériaux autour de rendez-vous d’affaires concrets, ciblés et programmés à l’avance. Lors de cette 4ème édition, les grands donneurs d’ordres et fournisseurs seront regroupés autour de 5 villages sectoriels : transport et aéronautique, sport et nautisme, emballage, énergie et environnement, bâtiment et construction.
Autour de ces thématiques, vous pourrez aussi assister aux conférences et tables rondes pour vous tenir informer des enjeux actuels et innovations au sein de ces filières.
MICM 2017 a aussi pour objectif de soutenir les jeunes entreprises innovantes. En plus de leurs rendez-vous préprogrammés, les start-up, sélectionnées par un comité d’experts, concourront pour remporter l’un des prix du Start-up challenge.
Dans la perspective de répondre à ces interrogations s’est tenu à Düsseldorf les 14, 15 et 16 mars 2017 l’International Energy Storage Conference, évènement organisé par le World Council for Renewable Energy (WCRE) rassemblant de nombreux spécialistes mondiaux de cette thématique.
Plusieurs études stratégiques, reposant sur une passionnante et très riche bibliographie, ont notamment été révélées par Dr Christian Breyer, professeur de Solar Economy au sein de la Lappeenranta University of Technology (LUT), le MIT finlandais. Ce scientifique est aussi Chairman EnR de l’Energy Watch Group, organisation dont la devise est « les politiques énergétiques ont besoin d’information objective ».
La complémentarité du solaire et de l’éolien permet de réduire massivement les besoins en stockage et en back-up
La première étude s’intitule « Exploiting resource complementarities to reduce energy storage need » (« Exploiter les complémentarités pour réduire les besoins en stockage »). Elle repose sur l’analyse des données solaires et éoliennes d’Israël, d’Arabie Saoudite, de Californie et de Finlande, et montre que focaliser uniquement sur l’éolien (ou le solaire) n’est pas pertinent car cette approche réductrice conduit à augmenter massivement les besoins en stockage et en back-up.
Complémentarité de l’éolien et du solaire en Californie
Un mix 50% solaire + 50% éolien (VRE = Variable Renewable Energy) est plus performant qu’un mix 100% éolien (0% solaire) ou 100% solaire. En effet dans l’hypothèse d’une non acceptation de pertes de production (energy loss), le taux de pénétration maximal des VRE est de 58% avec l’approche symbiotique 50/50, mais seulement de 38% dans le cas du 100% éolien, et enfin de 52% dans le cas du 100% solaire. Les résultats sont similaires dans les différents pays étudiés.
Les chercheurs de la LUT concluent : « Nous avons trouvé que la complémentarité solaro-éolienne conduit à une pénétration des VRE significativement plus élevée, ceci tout en réduisant les besoins en stockage et en balancing ».
Accepter de perdre (energyloss) 15% de la production solaro-éolienne permet de réduire massivement les besoins en stockage (storage) et en back-up ( = balancing). Avec un mix solaro-éolien 50/50 (optimal) le taux de pénétration du solaro-éolien dans le mix global monte de 58% à 81% dans le cas d’une acceptation d’un taux de pertes de 15%.
Parallèlement les besoins en stockage s’effondrent de 38% et les besoins en back-up de 34%. Accepter de perdre 15% de la production solaro-éolienne a donc des conséquences très positives sur l’ensemble de l’écosystème énergétique.
« Comprendre les équations physiques et économiques du futur système énergétique est impératif pour le construire et le gérer de manière optimale » soulignent Breyer et ses collègues. « Un dimensionnement pertinent du stockage, tant en puissance qu’en volume de stockage, requiert la capacité de saisir les dynamiques temporelles du stockage compte-tenu de leur rôle pour faire correspondre une production temporellement variable à une demande également temporellement variable » ajoutent les scientifiques.
Influence du niveau de pertes accepté sur les besoins en puissance de back-up
Quand on accepte de perdre une partie de la production solaro-éolienne, alors les besoins en puissance de back-up diminuent fortement. Dans l’exemple californien choisi par les auteurs de l’étude, avec une non-acceptation des pertes la puissance de back-up requise est de 55 GW. Elle tombe à 45 GW dans le cas d’une acceptation d’un taux de perte de 5%, et à 40 GW pour 10%.
Accepter de perdre une partie de la production solaro-éolienne conduit à une baisse appréciable des besoins en stockage et en back-up. Pour construire les batteries et les générateurs d’appoint, il faut consommer de l’énergie. Dans une perspective d’efficience il convient donc de trouver le meilleur compromis. Si, pour ne pas perdre un seul kWh de production solaro-éolien on est contraint de mettre en place d’importantes capacités de stockage et de back-up, alors le résultat final sera une perte d’énergie bien plus importante que les kWh que l’on voulait absolument sauver. Les systèmes de stockage ont d’ailleurs eux-mêmes des pertes intrinsèques et pour certaines technologies ces pertes peuvent être massives. C’est le cas du Power-to-Methane.
« Une capacité de stockage correspondant à environ une journée de demande moyenne est suffisant pour parvenir à un taux de pénétration solaro-éolien de 90%, ceci si l’on accepte un taux de perte de 20% » affirment les chercheurs. Ce taux de perte consiste en la somme de la production non consommée et des pertes liées au rendement du stockage.
90%, c’est déjà très bien, mais comment faire pour parvenir aux 100% d’énergies renouvelables ? Plutôt que d’augmenter le taux de perte et/ou la capacité de stockage dans l’espoir de parvenir au 100% solaro-éolien, les scientifiques estiment qu’il vaut mieux faire appel à d’autres sources d’énergie pour les 10% résiduels : « Dans un système 100% renouvelable le back-up peut provenir d’un mix diversifié de générateurs : hydroélectricité, biomasse, générateurs conventionnels fonctionnant avec du gaz de synthèse, et les ressources marines, si elles sont co-optimisées ».
Les chercheurs finlandais insistent : « L’optimisation grâce à ces autres sources renouvelables sera nécessaire pour parvenir au 100% renouvelable, au lieu de pousser pour parvenir à un taux de pénétration solaro-éolien de 100%, ce qui nécessiterait de grandes capacités de stockage avec un faible taux d’utilisation »
Il semble donc particulièrement important de ne pas gaspiller le biogaz dans des applications où il n’est pas indispensable, pour le réserver à cette fonction de back-up. Et ainsi réduire autant que possible les besoins en électro-méthane complémentaire dont la production est peu efficiente.
Gâcher le biométhaneen le brûlant dans des voitures au BioGNV semble peu pertinent car elles peuvent être remplacées par des voitures à batterie. Ces dernières peuvent d’ailleurs équiper aussi les bus (Exemple : Proterra) et les camions semi-remorques (Exemple : Mercedes et Tesla) qui complèteront le réseau Hyperloop de transport des marchandises sur de longues distances. L’Hyperloop est un véhicule 100% électrique à batterie.
La production d’électro-méthane (P2G), si le biogaz et les lacs de barrage ne suffisent pas, pourra de son côté être réalisée dans les régions de la planète jouissant à la fois de fortes ressources solaire et éolienne, ce qui permet d’atteindre des facteurs de charge élevés et par conséquent un coût optimisé de l’électro-méthane.
Recourir au Power-to-gas pour valoriser les surplus de production solaro-éolienne n’est pas viable
Utiliser les surplus de production solaro-éolienne pour alimenter des systèmes Power-to-gas n’est pas viable, même si l’électricité solaro-éolienne a un coût égal à zéro. Car avec un faible taux d’utilisation le retour sur investissement n’est pas assuré.
« Le coût de production de l’hydrogène par électrolyse de l’eau dépend moins du prix de l’électricité que de sa disponibilité » souligne Cédric Philibert, expert EnR au sein de l’Agence Internationale de l’Energie, dans un billet de blog d’importance hautement stratégique à l’heure des grands choix énergétiques. « Même avec des hypothèses plutôt favorables sur les coûts des électrolyseurs à 500 ou 1000 heures par an on est très loin du coût de l’hydrogène par reformage vapeur du gaz naturel même assorti de capture et stockage du CO2. Pour parvenir au même niveau il faut au moins 3000 heures et plutôt 4000 ou 5000. Il ne peut s’agir de « surplus » de renouvelables variables : il faut des équipements additionnels ou dédiés. »
Source : IEA
Une électricité 100% solaire dans une région française est théoriquement possible en recourant au Power-to-Methane. Mais alors les électrolyseurs et méthanateurs ne fonctionnent que durant 6 mois de l’année, et seulement durant la journée, ce qui fait sombrer le facteur de charge.Et il faut alors consommer d’importantes surfaces en centrales solaires compte-tenu de l’inefficience globale Power-to-Methane x Methane-to-Power. Avec à la clé une pression sur les ressources en métaux (cuivre, aluminium, fer etc.) pour construire les centrales solaires. Cette approche n’est pas du tout optimale dans une perspective écologique et économique.
Le réseau de gaz déjà en place sera utile pour le back-up
L’argumentation selon laquelle le volume de stockage avec les batteries ou les STEP (« batterie gravitaire ») est trop faible pour parvenir au 100% Renouvelable et qu’il faudrait donc obligatoirement faire appel au Power-to-gaz compte-tenu du fait que le réseau de gaz déjà en place permet d’avoir plusieurs mois d’autonomie ne tient pas la route. Il y a dans ce raisonnement une confusion entre stockage au sens strict et back-up.
Le stockage de courte durée (intra-day), pilier du système énergétique à dominante solaro-éolienne, permet d’atteindre de très hauts niveaux d’EnR variables quand on accepte de perdre une faible partie de la production. L’approche du back-up permet de combler le reste.
Les lacs de barrage (à ne pas confondre avec les STEP), le biogaz, et si ces deux premiers ne suffisent pas, l’électro-méthane (syngas) importé depuis des sites de productions entièrement dédiés, joueront le rôle de boucheurs de trous pour assurer la continuité. Le réseau de gaz jouera donc le rôle d’une bouée de sauvetage dans le système énergétique 100% renouvelable. Un rôle de back-up, pas de stockage au sens strict.
Les batteries des voitures électriques : un important potentiel
« Nous n’avons pas réalisé l’analyse pour la Finlande toute entière, mais il est hautement probable que les résultats seraient comparables à ceux d’Åland » a déclaré Breyer dans un message électronique à Techniques-ingénieur.fr.
Si les 32 millions de voitures du parc automobile français étaient électrifiées et équipés d’une batterie de 50 kWh, alors le volume de stockage obtenu serait de 1600 GWh. La demande électrique française est d’environ 1300 GWh par jour en moyenne.
Une étude récente financée par le groupe BMW et Stanford GCEP (Global Climate and Energy Project), étude intitulée « Evaluating co-benefits of battery and fuel cell vehicles in a community in California» (« Evaluer les co-bénéfices des véhicules à batterie et des voitures à hydrogène dans une communauté en Californie »), a montré qu’une Electron Economy est bien plus efficiente qu’une Hydrogen Economy, dans une perspective à la fois économique et écologique.
« En termes de coûts globaux, nous avons trouvé que les véhicules électriques à batterie sont meilleurs que les véhicules équipés de piles à combustible pour réduire les émissions » a déclaré l’auteur principal, Markus Felgenhauer.
« L’analyse montre que pour être compétitifs au niveau des coûts, les véhicules à hydrogène devraient être vendus à un prix bien inférieur à celui des véhicules à batterie. Cependant les véhicules à hydrogène seront vraisemblablement plus coûteux que les véhicules à batterie dans un futur prévisible » a ajouté ce chercheur de la Technical University of Munich. L’étude intègre en effet l’ensemble des coûts, y compris celui de l’infrastructure de charge.« Un autre supposé bénéfice de l’Hydrogène, stocker les surplus d’énergie solaire, ne s’est pas avéré concluant non plus dans notre étude. Nous avons trouvé qu’en 2035, seulement une petite portion de systèmes de stockage à base d’hydrogène seront utilisés pour chauffer ou éclairer les bâtiments. »
Une course pour préserver l’eau douce, le sang de la biosphère
Les cerveaux de l’entreprise californienne Tesla ont calculé que 100 Gigafactories de production de batterie comparables à celle qui est en construction dans le Nevada suffiront pour que le monde passe au 100% Renouvelable. Pour tous les usages.
Cette approche où la pile 2170 de Tesla (21 mm x 70 mm) est le pilier central du système énergétique a un avantage majeur comparativement à celle où c’est l’hydrogène qui prend cette place : une très grande efficience hydrique.
L’eau douce est la ressource la plus précieuse sur Terre. Un nombre croissant de régions dans le monde sont dès à présent confrontées à sa raréfaction. Les systèmes de dessalement de l’eau de mer sont énergétivores et les saumures résiduelles impactent de manière inquiétante les écosystèmes littoraux en augmentant la salinité des eaux.
L’eau douce est une ressource hautement stratégique. Le Tibet est par exemple un réservoir majeur pour la Chine. Les voitures à Hydrogène rejettent par leur pot d’échappement de l’eau sur les routes, eau qui a été consommée en amont pour l’électrolyse.
Le volet mobilité du concept d’Hydrogen Economy porte ainsi le germe d’une aggravation de la pression préoccupante sur cette ressource indispensable à l’épanouissement de l’être humain (d’où le risque de guerres de l’eau) et plus généralement à celui de l’ensemble des êtres vivants.
Car Homo sapiens n’est pas seul sur la planète Terre.
S’inspirer du fonctionnement du cerveau pour concevoir des machines de plus en plus intelligentes, telle est l’idée du biomimétisme. Le principe est déjà à l’œuvre en informatique via des algorithmes pour la réalisation de certaines tâches comme la reconnaissance d’image. C’est ce qu’utilise Facebook pour identifier des photos par exemple. Mais le procédé est très gourmand en énergie. Vincent Garcia (Unité mixte de physique CNRS/Thales) et ses collègues viennent de franchir une nouvelle étape dans ce domaine en créant directement sur une puce électronique une synapse artificielle capable d’apprentissage. Ils ont également développé un modèle physique permettant d’expliciter cette capacité d’apprentissage. Cette découverte ouvre la voie à la création d’un réseau de synapses et donc à des systèmes intelligents moins dépensiers en temps et en énergie.
Le processus d’apprentissage de notre cerveau est lié à nos synapses, qui assurent la connexion entre les neurones. Plus la synapse est stimulée, plus cette liaison se renforce, et plus l’apprentissage s’améliore. Les chercheurs se sont inspirés de ce mécanisme pour concevoir une synapse artificielle, le memristor. Celui-ci, un nano composant électronique formé d’une fine couche ferroélectrique prise en sandwich entre deux électrodes, peut ajuster sa résistance sous l’action d’impulsions électriques similaires à celles des neurones. Si la résistance est faible, la liaison synaptique est forte, si la résistance est forte, la liaison est faible. C’est cette capacité de la synapse à adapter sa résistance qui permet l’apprentissage.
Si les travaux sur ces synapses artificielles sont au centre des préoccupations de nombreux laboratoires, jusqu’à présent le fonctionnement de ces dispositifs restait largement incompris. Pour la première fois, les chercheurs ont réussi à élaborer un modèle physique permettant d’anticiper son fonctionnement. Cette compréhension du processus va permettre de créer des systèmes plus complexes, comme un ensemble de neurones artificiels interconnectés par ces memristors.
Dans le cadre du projet européen ULPEC H2020, cette découverte va ainsi être exploitée pour la reconnaissance de forme en temps réel issue d’une caméra innovante: les pixels sont inactifs sauf s’ils voient quelque chose qui change dans l’angle de vision. Le procédé du traitement de l’information sera moins coûteux en énergie et plus rapide pour déceler les objets recherchés. Les travaux présentés impliquent des chercheurs de l’Unité mixte de physique CNRS/Thales, du Laboratoire de l’intégration du matériau au système (CNRS/Université de Bordeaux/Bordeaux INP), de l’Université d’Arkansas, du Centre de nanosciences et nanotechnologies (CNRS/Université Paris-Sud), de l’Université d’Evry et de Thales.
Sans comparaison à d’autres dépenses nationales, la somme représente une charge impressionnante de 12 milliards d’euros (=Mds €) par an. Sachant que le déficit de l’état était de 73 Mds € en 2016, soit 3.3% du PIB (qui était de 2 200 Mds €), cette dépense le ferait passer à 3,9%. En 2015, son niveau était de 3,8% contre 7,5% en 2009. L’effet est donc significatif mais représente toutefois un déficit supporté par le passé.
Plus catastrophique, le bilan de Fukushima serait de 188 Mds € et 2 000 victimes, principalement des suicides et maladies dues au stress parmi les 160 000 personnes déplacées. D’après la cour des comptes, un tel accident couterait en France entre 120 et 450 milliards d’euros (Cf « Le coût de production de l’électricité nucléaire » – Actualisation 2014 – Cours des comptes – p156). Un montant similaire à l’estimation de 217 Mds € de l’Institut Montaigne, dont il convient d’examiner le calcul.
L’estimation de l’institut Montaigne se divise en trois postes :
179 Mds € de remboursements en CSPE (*) (Contribution pour le Service Public de l’Electricité);
25 Mds € d’indemnisations aux actionnaires d’EDF, pour la sortie du nucléaire ;
13 Mds € pour l’adaptation du réseau électrique aux ENR (Energies Renouvelables) venant en remplacement du nucléaire.
S’ajoute également une indemnisation de 30 Mds € en cas d’abandon de l’EPR de Flamanville.
(*) Qu’est-ce que les remboursements en CSPE ? EDF s’est engagée à acheter l’électricité renouvelable à des Tarifs fixes alors qu’elle pourrait l’obtenir pour moins cher sur le marché de l’électricité, la CSPE est une taxe que l’état utilise pour rembourser la différence à EDF.
L’Institut Montaigne a alors simulé un remplacement du nucléaire par de l’électricité renouvelable, pour calculer le montant des remboursements en CSPE que l’opération entrainerait : 179 milliards.
Cette estimation de CSPE comporte cela dit quelques biais significatifs
La sortie du nucléaire proposée par Hamon n’est pas en 18 ans
L’Institut a basé son calcul sur une sortie pour 2035 soit en 18 ans, alors que l’objectif de Benoit Hamon est en réalité de 25 ans. Le cap de 2035 était défendu par l’écologiste Yannick Jadot. Avec des fermetures moins rapides que dans le modèle de l’Institut, l’opération pourrait mieux profiter de la baisse des coûts des ENR. Une baisse que l’institut a établie à 30% en 10 ans, ce qui est peut-être une sous-estimation : le solaire au sol est passé de 82 € en décembre 2015 à 62,5 € en mars 2017, soit 24% de baisse en un peu plus d’un an. Ce biais surévalue aussi les 25 milliards d’indemnités dues à EDF, puisque l’institut explique que « Plus la sortie du nucléaire sera précipitée, plus le manque à gagner d’EDF sera important et plus les indemnisations seront importantes ».
Une proportion importante des remboursements en CSPE ne devrait pas être comptée
L’institut a comptabilisé la CSPE des contrats engageant EDF sur les parcs ENR déjà existants. Or ces contrats s’appliqueront et donneront lieu à des remboursements en CSPE que l’on choisisse de sortir du nucléaire ou non. Il faut donc distinguer la CSPE déjà existante de celle liée à ce choix.
L’exercice est difficile sans disposer du modèle de l’Institut. Néanmoins, ce dernier a précisé qu’il avait tenu compte de la fin des premiers contrats ENR à partir de 2026. Comme le niveau de CSPE de 5 Mds € en 2017 est forcément lié aux contrats déjà existants, on peut donc évaluer la CSPE déjà existante à au moins 5 Mds €/an de 2018 à 2025 dans le modèle de l’institut, soit 40 Mds €.
Le coût du choix de rester dans le nucléaire
Le journaliste du journal Le Monde, Pierre le Hir, a rappelé dans un article que le choix de rester dans le nucléaire a aussi un coût. La prolongation d’exploitation des centrales est évaluée à 100 Mds € d’ici 2030 par la cour des comptes. Au bout de 60 ans, remplacer ces réacteurs par des E.P.R serait aussi onéreux, une facture que le journaliste évalue à 150 Mds €.
L’institut Montaigne n’a pas manqué de répondre à juste titre que leur calcul ne porte pas sur la même période : horizon 2035 tandis que le remplacement par des E.P.R s’effectuerait plus tard. Il a aussi avancé que son évaluation concerne un surcout par MWh d’électricité, payé par le contribuable, tandis que la prolongation d’exploitation des centrales est un investissement, payé par EDF.
Mais cet investissement sera aussi financé par le contribuable puisque l’Etat devra probablement apporter à EDF le capital. Considérant qu’il porte de plus sur la même période que la proposition d’Hamon, il n’est pas si absurde de considérer qu’une sortie du nucléaire permettrait d’économiser cette dépense de 100 Mds €.
On peut estimer que les biais ont induit une surévaluation d’au moins 140 Mds € du coût de la sortie du nucléaire. Il convient à présent d’examiner les hypothèses prises par l’Institut pour déterminer comment la facture pourrait être diminuée.
Les hypothèses concernant le calcul des remboursements en CSPE à EDF
La CSPE sert à rembourser la différence entre le Tarif d’Achat des ENR et le prix qu’EDF aurait pu obtenir en achetant cette électricité sur les marchés. Cependant, si le prix de marché est supérieur aux Tarifs d’Achat des ENR, EDF réalise une économie. L’Etat n’a alors rien à rembourser. Cette situation s’est produite en 2008, donnant une CSPE négative pour la part des ENR.
Le montant de 179 Mds € a été calculé à partir de trois hypothèses :
Un prix de marché qui augmente faiblement ;
Un remplacement en totalité de l’électricité nucléaire par du renouvelable ;
Une consommation nationale d’électricité qui stagne par rapport au niveau actuel ;
Ces hypothèses peuvent être remises en cause :
Il n’est pas indispensable de remplacer tous les réacteurs nucléaires ; d’octobre 2016 à janvier 2017, 20 réacteurs étaient à l’arrêt sans qu’aucune coupure n’ait été observée. Le phénomène fut très problématique, mais il permet de penser que quelques réacteurs en moins et non remplacés est supportable ;
La consommation d’électricité est censée augmenter ; la transition énergétique consiste à remplacer les énergies fossiles par de l’électricité (par exemple, voitures électriques et pompes à chaleur électriques pour le chauffage).
Entre une offre d’électricité qui baisse et une demande qui augmente, le prix de l’électricité peut augmenter rapidement, voire dépasser les tarifs d’achat de l’électricité renouvelables. Les remboursements en CSPE à EDF en seraient alors significativement diminués. Si la sortie du nucléaire se fait en le remplaçant en grande partie mais pas en totalité par des ENR, le prix de marché peut augmenter suffisamment pour faire fondre les charges de CSPE comme neige au Solaire.
L’indemnisation de 25 milliards aux actionnaires d’EDF
Ces indemnités diminuent si la sortie du nucléaire est moins précipitée. S’engager à ne pas prolonger l’exploitation de toutes les centrales et acter qu’aucune nouvelle ne sera construite après l’EPR diminuerait donc significativement ces indemnités. L’état pourrait alors négocier la facture en acceptant des prolongations de 2 à 5 ans pour quelques centrales.
L’impact d’un prix de marché plus élevé
Laisser le prix de l’électricité monter sur les marchés a de potentiels impacts négatif ; exportations d’électricité moins volumineuses, perte de compétitivité pour les entreprises et de pouvoir d’achat pour les ménages.
Néanmoins, les Tarifs Règlementés de Vente dont bénéficient encore les ménages sont fixés par les ministres, qui peuvent choisir de ne pas les augmenter. Le contexte désormais concurrentiel de la vente d’électricité peut aussi pousser les fournisseurs d’électricité à renoncer à une partie de leur marge plutôt que de répercuter en totalité la hausse de l’électricité sur leurs prix de vente.
Les entreprises comme les ménages peuvent aussi limiter le problème en installant eux-mêmes les ENR en remplacement du nucléaire. Un contexte de prix hauts de l’électricité et de promotion accélérée des ENR est une incitation claire à produire et consommer son électricité soit même. Le soutien du solaire en toiture et la poursuite des appels d’offre en Autoconsommation peuvent donc permettre de limiter l’effet néfaste d’une hausse des prix.
Les travaux de l’Institut Montaigne montrent qu’en jouant prudemment sur une hausse des prix de l’électricité et sur ces autres aspects, un équilibre est à déterminer pour limiter le surcoût d’une sortie progressive du nucléaire.
En conclusion, l’institut Montaigne a pris en compte les remboursements en CSPE qui devront de tout manière être assurés, sortie du nucléaire ou non. Il a aussi effectué ses calculs sur une période de 18 ans alors que le candidat en propose 25. Ces aspects conduisent à une surestimation qui pourrait représenter au moins 40 milliards d’euros, sans oublier que le programme de prolongation des centrales est estimé à 100 milliards d’euros d’ici 2030.
Le travail de l’Institut Montaigne illustre néanmoins l’intérêt pour l’Etat de renoncer à fermer des centrales de manière anticipée pour négocier le montant des indemnités versées à EDF, en acceptant des prolongations réduites sur certaines centrales. Cela permettrait aussi de diminuer les charges de CSPE en profitant mieux de la réduction des coûts des ENR. Une baisse qui pourrait être plus rapide que ce qu’anticipe l’Institut.
Il serait aussi intéressant de ne pas remplacer en totalité la production d’électricité nucléaire ; les remboursements en CSPE seraient nettement moins élevés avec moins de parcs ENR et un prix de marché de l’électricité plus haut. Un prix plus élevé aurait certes des impacts négatifs, mais un équilibre entre ces différents effets rétroactifs est surement à trouver pour réduire la dépense. Enfin, un montant hypothétique de 217 Mds € n’est en réalité pas impossible à assurer pour un pays comme la France, et doit être comparé au coût d’un possible accident nucléaire, qui serait probablement supérieur.
Par Gabriel Brézet
Gabriel Brézet est ingénieur de formation. Il a suivi un double cursus avec un mastère spécialisé en économie de l’énergie. Il travaille aujoud’hui dans le secteur des énergies renouvelables.
Les systèmes d’assistance au stationnement – caméras, alertes de proximité… – font le bonheur des automobilistes allergiques au créneau et autres manœuvres parfois délicates. Ils se perfectionnent et s’automatisent, au point que le conducteur n’a même plus besoin d’être dans l’habitacle et peut superviser l’opération à l’aide de son smartphone. C’est le principe du système développé conjointement par Clarion et Hitachi Automative Systems (filiale d’Hitachi, qui détient aussi Clarion).
Cependant, il n’est pas question de piloter le véhicule de la même manière qu’une voiture radio-commandée. Par exemple, Jaguar/Land Rover a déjà présenté un concept de 4×4 dont les commandes sont répliquées sur le smartphone. Le conducteur dispose d’une vue d’ensemble extérieure, ce qui peut faciliter le franchissement d’obstacle à très basse vitesse. «Dans notre cas, le véhicule reste autonome, précise Sébastien Meyer, directeur marketing et nouveaux produits Europe chez Clarion. Le conducteur n’a pas accès à la direction, au freinage et à l’accélération, mais il a la possibilité d’interrompre la manœuvre. Le véhicule s’arrête aussi de lui-même si un piéton est détecté.» Le système d’aide au stationnement de la série 7 de BMW est moins automatisé.
Avec l’application mobile mise au point par Clarion, le conducteur ne conduit pas, donc, et ne voit que le retour-vidéo transmis par les caméras. Celles-ci sont au nombre de quatre et sont positionnées sur les deux pare-chocs, avant et arrière, et sous les rétroviseurs gauche et droit. Cette même configuration équipe déjà des séries Infiniti chez Nissan et produit une vue à 360° autour du véhicule, éliminant les angles morts. Cherchant à innover, Clarion et Hitachi Automative Systems ont donc ajouté le contrôle via application mobile. «La connexion utilise du WiFi point à point, explique Sébastien Meyer. La bande passante requise est de l’ordre de quelques centaines de kilooctets par seconde. » Mais quel est l’intérêt de sortir du véhicule avant de se garer ? «Au cas où la place disponible est très étroite, répond Sébastien Meyer. C’est aussi utile pour sortir le véhicule s’il est difficile de se faufiler à l’intérieur.» Les personnes à mobilité réduite et leur voiture adaptée pourraient également en tirer profit.
Commercialisation prévue en 2020
L’intérêt pour Clarion est aussi de faire la démonstration de ses progrès en matière d’analyse d’image, dans l’espoir de convaincre les constructeurs automobiles. «Nous concevons des systèmes d’aide à la conduite depuis une dizaine d’années, confie Sébastien Meyer, et nous avons beaucoup travaillé sur la détection d’objets, d’individus, de lignes blanches… Notre solution est capable de déterminer si la place est libre et si l’espace est suffisant. Mieux encore, elle le fait avant le passage du véhicule et pas après. Tous les types de places sont pris en compte – épi, créneau, perpendiculaire… – du moment que la place est délimitée par une ligne blanche, un mur, etc. C’est plus difficile en Europe, car de nombreuses spécificités locales existent. Nous prévoyons aussi d’identifier les places de stationnement pour les handicapés.» Ce projet pourrait aboutir à une commercialisation vers 2020. Dans la version définitive, les caméras seront couplées à des émetteurs d’ultra-sons.
Sur la base de ce stationnement assisté, les applications sont nombreuses, dont le « valet parking » automatisé . «L’idée serait de descendre du véhicule, que celui-ci se gare seul, et de partir faire ses courses, imagine Sébastien Meyer. Quand on revient, il suffirait d’appeler sa voiture avec son smartphone.» Mais, avant même d’en arriver jusque là, qui paiera les dégâts en cas d’incident ? «Nous système est classé au niveau 2 dans le référentiel SAE (Society of Automotive Engineers), qui définit 5 niveaux mesurant le degré d’autonomie d’un véhicule.» Et jusqu’au niveau 3, le conducteur est considéré comme responsable…
Pour Håkan Samuelsson, le PDG du groupe suédois Volvo, la stratégie est limpide: «Bien sûr nous ne devrions jamais dire jamais, mais il est important pour nous d’être clairs. L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté et il y a toujours quelque chose de nouveau, mais l’électrification avec les batteries est ce en quoi nous croyons» a déclaré ce dirigeant dans le cadre d’une interview pour le média WardAuto le 20 mars 2017. «Avec l’hydrogène vous auriez besoin, une nouvelle fois, d’une nouvelle infrastructure, donc je pense qu’il y a une limite aux efforts d’investissement que les gens peuvent consacrer. Nous pensons que nous devons nous focaliser sur une seule technologie énergétique principale, et nous pensons que c’est l’électrification car elle est plus flexible.» Avec modestie ce dirigeant conclue: «Bien sûr, nous pouvons nous tromper».
Un projet de gigafactory de batteries mené par des anciens dirigeants de Tesla et nommé NorthVolt est en cours en Suède, ceci avec le soutien de l’ADEME suèdoise et de l’énergéticien suédois Vattenfall. L’énergéticien Fortum, basé en Finlande, met de son côté en place une autoroute de superchargeurs hyper-rapides nouvelle génération entre Oslo, Stockholm et Helsinki.
Le PDG de Tesla, le multi-entrepreneur à succès Elon Musk, dit exactement la même chose que le PDG de Volvo, mais dans une communication plus directe et vraiment percutante. Pour lui, sur la base d’une analyse très rationnelle de l’efficience énergétique, vouloir commercialiser la voiture à hydrogène est «mind-bogglingly stupid» (d’une stupidité époustoufflante), «incredibly Dumb» (incroyablement débile), et pour celles et ceux qui n’auraient pas encore compris et pour résumer en un seul mot, «bullshit» (foutaise). Elon Musk n’est pas un ignorant dans le domaine de l’Hydrogène: il est aussi le PDG de SpaceX.
Pour Daimler, dont Mercedes-Benz est une filiale, la communication est en revanche plus complexe, car le groupe a beaucoup investi dans la R&D sur la pile à combustible ces dernières années. Dans un article publié sur le site spécialisé Smart2Zero le journaliste Christoph Hammerschmidt fait écho de propos tenus le 27 mars 2017 par le PDG de Daimler:
«Lors d’un congrès automobile à Stuttgart le PDG de Daimler Dieter Zetsche a dit que la pile à combustible ne joue plus un rôle central pour l’entreprise. Bien que Daimler soit toujours en possession d’une technologie de pile à combustible haut de gamme, l’avantage de cette technologie sur l’approche reposant sur les batteries se réduit a déclaré Zetsche. Au départ, les véhicules équipés de pile à combustible offraient une bien meilleure autonomie (range) et un meilleur temps de recharge comparativement aux batteries. Cependant les technologies ultra-modernes de batterie ont conduit à la fonte de cet avantage, en particulier si le coût est pris en compte. «Le coût des batteries s’effondre rapidement tandis que que la production d’hydrogène demeure très coûteuse» a déclaré Zetsche».
L’Hydro gène ? Revue de presse
Cet article de Smart2.0 a eu un important écho dans les médias internationaux qui ont tous bien compris le message essentiel: Daimler met à présent le focus sur les batteries. Ce choix technologique de Daimler est hautement stratégique et très révélateur sur la révolution en cours dans l’ensemble de l’industrie automobile.
Pour CleanTechnica, premier média mondial dans le domaine des CleanTechs (repris par Gas2), «Mercedes laisse tomber les piles idiotes»(Fool cell, jeu de mot popularisé par Elon Musk avec Fuel cell, pile à combustible). «Peu de temps après avoir rejoint Toyota et BMW dans une campagne à 10 milliards de dollars pour développer la technologie des piles à combustible (le «Conseil de l’hydrogène» NDLR), Mercedes a renversé la vapeur (…) Il est difficile de dire ce qui a bien pu se passer pour qu’il (le PDG de Daimler NDLR) change son avis en seulement 6 semaines (…) Manifestement Dieter Zetsche est à présent d’accord avec le redoutable Mr. Musk. Mercedes a annoncé cette semaine investir 10 milliards de dollars pour produire 10 nouveaux modèles de voitures électriques à horizon 2022». Soit 3 ans d’avance avec ce qui avait été annoncé peu de temps avant.
Pour Fortune «Daimler fait marche arrière sur son programme de voitures équipées de pile à combustible» et pour CNET «Daimler se découple consciencieusement de l’Hydrogène. Il ne s’agit peut-être pas d’une rupture totale, mais l’hydrogène n’occupe plus une place centrale». Selon HydrogenFuelNews «l’intérêt de Daimler’s envers la pile à hydrogène est en déclin» et selon TopAuto «Daimler tourne la page de l’Hydrogène et bascule vers les voitures électriques». Ce que confirment Autoblog, The Manufacturer, HybridCars, TheLibertyEagle, InAutoNews, Motor1,GoCar, CarAdvice, GreenCarReport et Movilidad Eléctrica.
Pour The Drive «Daimler pourrait réduire la voilure de ses plans sur la voiture équipée de pile à combustible (…) La décision de Daimler de réduire l’échelle de son plan sur la voiture à hydrogène fait suite à l’annonce de Toyota relative au lancement d’un projet de construction d’une voiture électrique à batterie parrallèlement à la Mirai, voiture à hydrogène. Toyota était l’un des moteurs de la promotion des piles à combustible, et auparavant considèrait que les batteries étaient inexploitables». C’est effectivement ce virage majeur de Toyota qui semble avoir conduit Daimler à revoir sa stratégie. Pour le média allemand Die Presse ces turbulences pourraient conduire à la remise en cause de l’alliance formée en 2013 entre Daimler, Renault et Ford sur la pile à combustible.
Selon le média d’ingénierie norvégien de référence Teknisk Ukeblad «Daimler a mis au rebut la quasi-totalité de son programme hydrogène». La Norvège est la championne du monde de la voiture électrique à batterie. Le magazine d’ingénierie danois Ingeniøren a publié un article au titre identique. En France le site spécialisé Automobile Propre a titré «Hydrogène: Daimler lève le pied» et AutoJournal (repris par AutoMotorBuzz), «Daimler dit au revoir à la pile à combustible. (…) Daimler aurait quasiment arrêté le développement de ses voitures à pile à combustible hydrogène. Seuls certains projets seraient conservés comme le Mercedes GLC F-Cell Plug-In, qui est d’ailleurs attendu dès cette année. Cependant, le groupe allemand ne proposera qu’une production limitée et réservée à des flottes d’entreprises.»
Non, ce n’est pas une « fake news »: Daimler met bel et bien le focus sur les batteries
Sur HydrogenToday, site de promotion de la filière Hydrogène, un journaliste engagéaffiche son scepticisme: «Mercedes qui renonce à l’hydrogène : fake news ? (…) C’est d’autant plus surprenant qu’il n’a en fait jamais dit ça (…) L’auteur de l’article, qui est le rédacteur en chef, Christoph Hammerschmidt, a pu mal interpréter les propos de M. Zetsche (…) A l’heure des réseaux sociaux et des sites qui propagent des informations erronées, il faut faire attention. C’est à ce genre de détail que l’on mesure l’intérêt de privilégier les sites animés par des journalistes professionnels, plutôt que des sites alternatifs». Smart2.0 est un média d’European Business Press qui diffuse 44 publications dans 24 pays, dont Les Echos, L’Expansion et Capital en France, ainsi qu’Euractiv et The Wall Street Journal Europe.
Contacté par Techniques-ingénieur.fr le service communication de Daimler estime que le titre de l’article Smart2.0 est exagéré et peut éventuellement induire en erreur (« misleading ») les personnes peu attentives qui se limitent à lire ce titre. Mais Daimler estime que le contenu de l’article est en revanche correct: si le groupe n’abandonne pas son programme de R&D sur la voiture à hydrogène, le PDG a en revanche bel et bien tenu les propos rapportés, il a bien dit cela.
Christoph Hammerschmidt a titré: «Daimler dit adieu à la technologie Hydrogène», tout en précisant dans son chapeau introductif: «Après une longue phase de course en zig-zag le constructeur automobile Daimler a décidé de ne pas continuer le développement des voitures équipées de piles à combustible, au moins pas avec une haute priorité (…) Le bon chemin est à présent le développement des voitures électriques à batterie». Si le titre est effectivement incomplet, un brin provocateur et à fort potentiel de buzz (cela a bien fonctionné), le chapeau introductif est en revanche très clair, tout comme le reste de l’article.
En réponse à une demande de Techniques-ingénieur.fr, Madeleine Herdlitschka, responsable de la communication globale de Mercedes-Benzrelative à la R&D et à la mobilité durable, rappelle le contexte dans un mail qu’elle a envoyé au nom du groupe Daimler: «Lors du dernier congrès auto motor und sport (27.03.2017) Dr. Zetsche a fait quelques déclarations concernant le status quo de nos activités sur la pile à hydrogène, ceci suite à une demande provenant de l’audience. Malheureusement il n’existe pas d’enregistrement ou de choses similaires, mais je résume l’essentiel des propos qui ont été tenus (j’étais sur place)».
Cette professionnelle de la communication est dans son rôle en corrigeant les titres de presse exagérés et en expliquant que Daimler, qui fait partie du Conseil de l’Hydrogène créé fin janvier 2017, n’a pas abandonné son programme de R&D sur l’Hydrogène: «Le plus important d’abord: il n’y a pas de changement dans nos plans sur la technologie des piles à combustible. Cette technologie fait intégralement partie de notre stratégie à long terme sur les chaînes de propulsion. La présentation de notre véhicule de nouvelle génération, la Mercedes Benz GLC F-CELL, est planifiée pour cette année». Christoph Hammerschmidt fait précisément écho de ce nouveau modèle dans son article, modèle qui sera produit en petites quantités.
Madeleine Herdlitschka ajoute les bémols inévitables: «Compte-tenu en particulier du faible nombre de stations de charge à hydrogène, mais aussi en raison des coûts encore relativement élevés, l’introduction dans le marché sera sélective.» Autrement dit les ventes, à petite échelle, ne concerneront que des îlots, comme par exemple le Japon, certaines parties de la Californie et de l’Allemagne, ou encore Londres. Autrement dit Christoph Hammerschmidt a raison de souligner que Daimler renonce à un développement commercial massif de la voiture à hydrogène.
La représentante de Mercedes poursuit: «Il n’y a aucun doute concernant le potentiel de la technologie de la pile à combustible et de l’hydrogène comme une solution de stockage énergétique à l’échelle du système énergétique dans son ensemble. Avec une part croissante des énergies renouvelables, l’Hydrogène jouera certainement un rôle à importance grandissante pour l’ensemble du système énergétique et par conséquent deviendra de plus en plus attractif pour le secteur de la mobilité». Ce joli enrobage, en recourant à des promesses pour le long-terme, est un grand classique chez ceux qui cherchent à verdir l’image de l’Hydrogène.
En réalité une analyse rigoureuse (comme celle-ci de la part d’un expert de l’Agence Internationale de l’Energie) permet de montrer que le Power-to-Gas à partir de surplus de production solaire et éolienne n’a aucune chance de devenir compétitif. L’Hydrogène demeurera donc d’origine fossile (reformage du méthane) et ne s’inscrira donc pas dans une perspective de développement durable compte-tenu de la nature non infinie des ressources fossiles.
Madeleine Herdlitschka termine son message électronique par une information de haute importance stratégique: «Cependant la batterie est actuellement meilleure que la pile à combustible en ce qui concerne un lancement commercial complet, pas seulement à cause de l’équation des coûts et de la construction de l’infrastructure. Mais aussi en termes de densité énergétique, la technologie batterie a réalisé de grands bonds en avant et a ainsi réduit l’avantage de la pile à combustible sur le plan de l’autonomie. Dans les années à venir notre focus sera sur les voitures électriques à batterie et l’expansion de notre plateforme EQ. En dépit de ce focus actuel nous continuons nos activités dans le domaine de la technologie des piles à combustible.» Le contenu de l’article de Christoph Hammerschmidt est donc parfaitement exact.
Voilà des propos pour le moins en contraste avec ceux de Pierre-Etienne Franc, directeur marchés et technologies avancés du groupe Air Liquide, qui a déclaré en septembre 2016 (Minute 9’25 » de cette vidéo): « Il y a des débats sur les technologies. Il y en a qui disent on pourra donner des Tesla a tout le monde et puis cela sera merveilleux. Je ne suis pas sûr que tout le monde sera capable de se payer des Tesla. Et puis faire des voitures à des prix compétitifs avec des batteries, il va y avoir un certain nombre d’endroits où cela va être plus difficile. Donc il faut porter le sujet en débat ». Le groupe Daimler affirme au contraire que les voitures à batterie sont davantage compétitives que les voitures à hydrogène, d’où le focus sur les premières.
Le PDG de BMW, Harald Krueger, a une analyse similaire: «Jusqu’en 2025, les coûts resteront trop élevés et l’infrastructure hydrogène trop rare pour permettre une large pénétration du marché ». BMW investira « lorsque les fondamentaux seront en place». BMW, tout comme Daimler, fait partie du«Conseil de l’Hydrogène» lancé en janvier 2017 à Davos.
Le groupe Volkswagen, embourbé dans le scandale de la fraude sur les voitures diesel, vient de son côté de lancer un grand programme de voitures 100% électriques baptisé «I.D.» Le géant allemand veut commercialiser 30 modèles 100% électriques d’ici 2025 et va mettre en place un réseau de charge similaire à celui de Tesla.
Focus sur le focus…
Le rédacteur en chef de Smart2.0 a choisi de mettre le focus… précisément sur le focus stratégique que Daimler a choisi de mettre sur la voiture électrique à batterie. Ce qui relève du bon sens. Focaliser sur une technologie marginale, très inefficiente et coûteuse serait comme mettre la charrue avant les boeufs.
Ce bousculement des plans initiaux de Daimler est très significatif: il illustre la panique des constructeurs traditionnels face à la puissance de la vague Tesla qui se prépare. Inquiétude bien entendu non avouable. Tencent, géant chinois de l’internet, a rejoint le capital de Tesla. Etape majeure de l’histoire automobile Tesla a dépassé il y a quelques jours Ford dans sa valorisation boursière et tutoie à présent celle du premier constructeur américain General Motors.
Tesla vaut à présent davantage que la somme ENGIE + EDF + AREVA.Cette valorisation est la marque de la confiance que portent les investisseurs envers la stratégie de Tesla qui est celle du 100% batterie. Ceux qui ont le regard tourné vers le passé et non pas vers le futur ont du mal à comprendre le phénomène.
C’est en réalité un véritable tsunami qui se prépare. Dans le segment haut de gamme Tesla, avec ses Modèles S et X, a devancé Mercedes et BMW au niveau des ventes en Amérique du nord. Avec l’arrivée de la Tesla Model 3, au prix deux fois moins élevé, ces groupes allemands ont beaucoup à perdre. La nouvelle stratégie à 10 milliards d’euros de Daimler de proposer une gamme de 10 voitures diversifiées (100% électriques à batterie) permettra d’affronter Tesla qui ne proposera que 4 modèles: S, 3, X et Y. Se disperser dans des méandres hydrogénés aussi douteux que coûteux pourraît à l’inverse être fatal. Daimler vient d’annoncer une alliance avec Bosh dans le domaine de la voiture autonome, manifestement là aussi dans la perpective de faire face au rouleau compresseur Tesla.
Dans une interview récente pour le média HybridCars le PDG de Daimler a déclaré que «Tesla a certainement donné une image positive à la voiture électrique en faisant comprendre que l’électro-mobilité ne consiste pas en un renoncement à la puissance et qu’elle n’a pas une « image granola », mais le contraire: c’est à la fois de la puissance et de l’enthousiasme. Et c’est la bonne voie à prendre».
Stratégie Hydrogène: une motivation véritablement écologique ?
Selon le Financial Times, si Toyota mise autant sur la pile à combustible, ce n’est pas vraiment pour contribuer à libèrer le monde de sa dépendance envers les combustibles fossiles. Les stratèges du Ministère de l’écononomie japonais (METI), en accord avec Elon Musk, estiment que l’Hydrogène produit par électrolyse à partir de surplus d’électricité solaire ou éolienne n’est pas du tout viable et qu’il proviendra en réalité dans son énorme majorité d’hydrocarbures fossiles. Au Japon, l’hydrogène sera produit à partir de charbon australien. Le METI envisage de produire de l’hydrogène à partir de «vastes dépôts de charbon de basse qualité en Australie, avec séquestration du CO2 dans le sous-sol» révèle le Financial Times. «Ils envisagent des navires-tankers chargés d’hydrogène et navigant depuis l’Australie, apportant le combustible tout comme maintenant, mais laissant le CO2 derrière».
Le journaliste Daniel Cooper (Engadget) a une analyse similaire:«L’industrie du pétrole et automobile veut utiliser l’hydrogène contre la voiture électrique à batterie (…) La raison pour laquelle ces entreprises s’unissent autour de l’hydrogène ce n’est pas de sauver la planète».
Selon le Financial Times «Toyota ne le dit pas trop fort mais la grande difficulté de construire des piles à combustibles explique en partie l’attirance du Japon concernant cette technologie. Le business de la voiture électrique ressemble à celui des téléphones portables: simple, modulaire, facile à assembler et vulnérable aux nouveaux entrants provenant de Chine et de la Silicon Valley.» Si l’industrie automobile suit le chemin de l’hydrogène, le Japon sera bien positionné. Mais dans le cas contraire Tokyo aura commis «une erreur majeure» estime un expert du METI.
Selon un rapport récent du cabinet Lux Research «l’Hydrogen economy évolue d’une façon isolée, spécifiquement japonaise, et manque de soutien de la part d’autres acteurs, ce qui met en question la viabilité du concept».Lux Research estime qu’il s’agit du « syndrome de Galapagos ».
Il semble que les groupes automobiles allemands ont compris ces dernières semaines que le Japon prend un bien trop grand risque: le bouclier hydrogéné est bien fragile dans la bataille face aux batteries qui sont de plus en plus redoutables. Au Japon un point de charge à hydrogène coûte 4,5 millions de dollars. Soit un ordre de grandeur de plus qu’un superchargeur Tesla. Travailler à 700 bars (une pression énorme) est un véritable défi.
Le magazine américain AutoWeek a publié un édito dont le titre s’inscrit dans un style à la Elon Musk: «It’s time to bash hydrogen» (Il est temps de faire de l’Hydrogène-bashing), estimant que la voiture à hydrogène, du fait de son ineficience, est «kafkaïenne». «L’hydrogène c’est du grand n’importe quoi. Encore davantage que des foutaises (bunk), en fait» tonne sans ambages l’éditorialiste. Le média Transport Evolved a réalisé une vidéo véhiculant exactement le même message: vous voulez être écolo ? Mettez des panneaux solaires sur votre toit pour charger la batterie de votre véhicule électrique.
Dans un article intitulé «l’Hydrogène refuse de mourrir» (puis «L’hydrogène n’est pas encore mort») la MIT Technology Review estime que «L’hydrogène a été un flop dans le marché grand public, mais il est encore porteur d’un petit espoir dans les domaines industriel et militaire (…) Les tentatives pour convaincre le public ont échoué. Si certains constructeurs continuent de faire pression, d’autres, de manière croissante, se dirigent vers d’autres pensées». Pour Rembrandt Koppelaar, expert énergie de l’Imperial College London contacté par Techniques-ingénieur.fr et qui a été dans le passé l’animateur de The Oil Drum, si l’hydrogène offre effectivement très peu d’intérêt pour les véhicules légers, «le marché des camions, des bus et des avions reste potentiellement intéressant, pour les longues distances». Mais les bus à hydrogène seront-ils vraiment compétitifs face aux bus électriques comme par exemple ceux du californien Proterra dont l’autonomie peut dépasser les 500 kilomètres ?
Même sur ce marché là, la bataille s’annonce rude pour les inconditionnels afficionados du gaz. L’étrange hype franco-nippon sur l’hydrogène, auquel l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) contribuent, est en décalage avec les fondamentaux du monde physique et économique et prend de plus en plus la sonorité d’un chant du cygne face à la puissance des industries chinoises et californiennes.
Le concept de prolongateur d’autonomie embarqué devient obsolète
Le concept de prolongateur d’autonomie embarqué (moteur diesel ou pile à combustible, en plus d’une batterie de taille modeste) conduit à des coûts élevés. Il faut équiper chaque voiture avec ce «range extender». Le concept de prolongateur d’autonomie stationnaire (superchargeur permettant de capturer 300 kilomètres en 20 minutes), compte-tenu de sa nature mutualisée, partagée, est une option bien plus pertinente dans une perspective à la fois écologique et économique. Dans une logique d’économie des ressources il vaut mieux placer les générateurs diesels ou les piles à combustible au pied des superchargeurs, en version stationnaire.
Les trajets automobiles quotidiens font dans leur grande majorité moins de 300 kilomètres et il est possible de recharger à la maison ou sur le lieu de travail la batterie de la voiture: pas besoin de perdre son temps pour aller faire le plein. L’argument d’un plein d’hydrogène entre 3 et 5 minutes n’a donc aucun intérêt pour ce type d’usage très largement majoritaire. A fortiori s’il faut consommer 15 minutes pour aller à la station hydrogène et de nouveau 15 minutes pour la quitter.
Pour les (rares) trajets annuels supérieurs à 300 kilomètres la sécurité routière conseille fortement de faire une pause de 20 minutes toutes les deux heures. Le temps de prendre un café ou une tasse de thé…Mais pas avec l’eau sortant des pots d’échappement des voitures à hydrogène. Une autonomie de 300 kilomètres suffira par conséquent pour réaliser la totalité des trajets en voiture 100% électrique à batterie. Game over.
Selon la banque Morgan Stanley le marché de la batterie stationnaire (parrallèle à celui de la batterie embarquée) va croître bien davantage que ne le pensent de nombreux acteurs, favorisant la baisse des coûts. «Quelle est la nouvelle menace pour l’industrie pétrolière ?» interroge le New York Times. Réponse: «la croissance globale des voitures électriques». En février 2017 The Guardian a fait écho d’une étude de l’Imperial College London dont la conclusion est que «les voitures électriques et le solaire bon marché pourraient stopper la croissance des combustibles fossiles dès 2020».
« Les stratégies qui ont été soumises sont de qualité très inégale », juge le WWF. La France arrive en haut du podium, grâce à une note de 78%. Devant le Royaume Uni (71%), la Finlande (68%), la Lituanie (58%) et les Pays-Bas (54%). Chypre se place en dernière position, avec une note de 25%. « La France arrive en tête du classement des pays de l’UE et de leurs stratégies bas carbone grâce à sa loi sur la transition énergétique et les dispositifs associés, estime Pascal Canfin directeur général du WWF France . Cela renforce l’idée que le prochain gouvernement doit appliquer cette loi et non la remettre en cause ».
Pour juger la stratégie bas carbone des pays d’ici 2050, le WWF a pris en compte l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le caractère réaliste, le niveau d’ambition des objectifs climat et énergie, la transparence des procédures, l’engagement politique, le suivi des progrès réalisés et le périmètre. Sur ces points, la France se démarque de ses voisins européens grâce à une stratégie claire, précise, intégrée, suivie, transparente et avec un large périmètre. L’ONG note toutefois deux points d’amélioration. D’une part, augmenter les objectifs climat et énergie, notamment l’objectif de réduction des émissions de 75% d’ici 2050. D’autre part, améliorer la transparence des procédures.
Notons que l’Allemagne est classée neuvième, à 38%, malgré la mise en place de sa transition énergétique (Energiewende). Le WWF ne prend en compte que les stratégies bas-carbone remises avant fin 2015. Entre temps, l’Allemagne, tout comme d’autres pays, a présenté une stratégie plus ambitieuse. L’organisation mettra à jour ce classement sur la base de ces nouvelles contributions qui devraient au moins être alignées sur les objectifs de l’Accord de Paris.
Le décret relatif à la PPE de la Guyane a été publié au Journal officiel le 1er avril, alors que la collectivité connaît le plus grand mouvement social de son histoire. Et côté énergie, beaucoup reste à faire. La Guyane importe environ 80% des ressources énergétiques qu’elle consomme. Et les transports représentent 56% de l’énergie finale qui y est consommée. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte fixe des objectifs propres aux territoires d’outre-mer : 50% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020 et autonomie énergétique pour 2030.
Pour atteindre ces objectifs, la PPE fixe les orientations stratégiques sur deux périodes (2017-2018 et 2019-2023). Pour la première période, la PPE se consacre avant tout à l’évolution du système électrique. L’enjeu est important : environ 48% des logements ne sont pas électrifiés dans les communes de l’intérieur !
Quelle organisation du réseau électrique ?
Le réseau électrique guyanais est constitué d’un réseau de transport organisé le long du littoral, depuis Saint-Laurent-du-Maroni, jusqu’à Cayenne. Il est complété de systèmes indépendants les uns des autres pour les communes de l’intérieur et les écarts. Ces systèmes isolés sont constitués d’une ou plusieurs unités de production dont la puissance maximale n’excède pas 2 mégawatts (MW). Le réseau du littoral n’est pas connecté aux réseaux des pays voisins.
Plusieurs actions expérimentales sont prévues par la PPE pour électrifier le territoire. Il s’agira notamment d’évaluer l’intérêt de l’autoconsommation ou du stockage. Des appels d’offres seront lancés pour encourager le développement de solutions locales d’électrification à partir d’énergies renouvelables à Maripasoula, Grand Santi, Régina et Papaïchton. Des études technico-économiques sont aussi prévues sur de possibles interconnexions, l’extension du réseau électrique littoral à l’est, le doublement de la ligne électrique vers Saint Laurent du Maroni…
La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité atteignait déjà 64% en 2014. L’essentiel de cette production renouvelable provient du barrage de Petit-Saut (113 MW). Le reste de l’électricité est essentiellement produit par des centrales thermiques diesel. L’objectif est de dépasser les 85% d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2023.
Schéma du système électrique guyanais à décembre 2014. Réseau et modes de production. source: EDF, repris dans la PPE.
Quelle évolution du mix électrique d’ici 2023 ?
Sur une zone non interconnectée, coupler les énergies renouvelables intermittentes à des moyens de production de pointe et des moyens de stockage est capital. Et un mix renouvelable diversifié est essentiel. En 2014, le mix électrique du réseau littoral avait une puissance nominale 301 MW. Sa production était de 863 gigawattheures (GWh), avec 57% d’hydraulique, 6% de solaire, 1% de biomasse et 36% de thermique. Pour les communes de l’intérieur non raccordées au réseau, la production était de 17 GWh.
La diversification du mix électrique passera par l’installation d’énergies renouvelables sur le réseau électrique du littoral. 40 MW de biomasse locale, 16,5 MW de petite hydraulique, 20 MW d’éolien avec stockage et 8 MW de déchets. Côté photovoltaïque, il y aura 25 MW avec stockage et 26 MW sans stockage, comprenant l’autoconsommation. Dans l’Ouest de la région française, 20 MW supplémentaires de puissance garantie seront installés, «privilégiant les moyens de production à partir de sources renouvelable», sans plus de détails. Ajoutés aux 20 MW déjà installés à Saint-Laurent-du-Maroni, cela portera la capacité de production électrique à l’Ouest à 40 MW.
La plus grosse centrale thermique au diesel et les deux turbines à combustion de Dégrad-des-Cannes devrait être remplacée d’ici fin 2023 par une nouvelle centrale thermique de 120 MW (dont 40 MW réservés à la production de pointe). Elle pourra fonctionner aussi bien au fioul léger qu’au gaz naturel. Elle sera associée à une centrale photovoltaïque de 10 MW sans stockage et complétée de 20 MW de moyens de production à partir de sources renouvelables à puissance garantie. Une étude doit être menée pour évaluer l’intérêt d’un plan d’approvisionnement en gaz du territoire d’ici 2023.
L’efficacité énergétique dévoile aussi tout son intérêt dans cette situation. Les objectifs sont de réduire la consommation d’énergie de 151 GWh en 2023. Pour cela, des efforts sont notamment à faire sur l’eau chaude solaire. Des objectifs dans le résidentiel, le secteur tertiaire et industriel éviteront 36 GWh de production électrique.
Le secteur des transports sera plus développé lors de la révision de la PPE prévue en 2018. Sur la mobilité, la PPE prévoit pour le moment simplement la mise en place d’un projet de transport en commun en site propre. Et l’installation de 5 bornes de recharge pour les véhicules électriques en 2018. Un objectif qui sera accompagné d’un schéma régional des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques cette même année.
Les réseaux sociaux, et en particulier Twitter, ont acquis une place centrale comme moyen de communication pour les partis politiques et leurs communautés ces dernières années. Certaines personnalités politiques ont plusieurs centaines de milliers de « followers », ces internautes qui les suivent. Twitter est devenue non seulement une plateforme de diffusion d’information à grande échelle mais elle a transformé la manière de faire campagne. Plus directe et interactive, elle permet de réagir aux prises de positions des acteurs politiques, de les relayer, de les commenter, d’interpeller et de citer les personnalités politiques.
Comment traiter ces données et les transformer en connaissances utilisables ? Depuis août 2016, les chercheurs de l’Institut des systèmes complexes du CNRS et du Centre d’analyse et de mathématiques sociales (CNRS/EHESS) ont récolté près de 35 millions de tweets publiés par 3689 personnalités politiques (députés, maires, candidats), 25 millions de tweets de plus de 3000 comptes officiels de médias et journalistes et ont identifié 1,5 million de comptes d’utilisateurs uniques et anonymisés.
Ce « macroscope social » a pour objectif de contextualiser les flux d’informations, de l’évolution temporelle de l’utilisation d’un terme, par exemple lié à des évènements récents, jusqu’à sa popularité dans les différentes communautés sur Twitter. L’évolution de ces communautés révèle notamment certaines stratégies politiques, les différents ralliements ou les campagnes de dénigrement ainsi que l’émergence d’une information, fausse ou non, et sa propagation. Cette étude permet de répondre aux questions : qui interagit avec qui, avec quoi, et pourquoi ?
L’outil en ligne donne à voir l’organisation du paysage politique français autour des candidats à la présidentielle. Une vue thématique permet d’explorer de manière comparée les prises de position et débats sur différents thèmes (éducation, immigration, Europe, sécurité…) et d’observer les réactions des médias et de la twittosphère vis-à-vis de ces thèmes. L’analyse du corpus médiatique permettra de mesurer l’attention suscitée dans les médias par les différents candidats ainsi que les thématiques qui leur sont associées.
L’installation de cette plateforme à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris (dans le cadre de l’exposition « Terra Data »), proposera aux visiteurs une approche différente du déroulement de la campagne et de la diversité des thèmes discutés sur le réseau social. La plateforme sera accessible et actualisée en temps réel sur un site dédié, à partir du 4 avril : politoscope.iscpif.fr
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Au programme de la journée, 4 webinars animés par des experts sur les sujets qui vous concernent :
« La campagne de mesure réalisée par l’Anses ne montre aucun dépassement des seuils d’audibilité dans les domaines des infrasons et basses fréquences sonores (< 50 Hz) », affirme l’agence. Autrement dit, dans les habitations situées à 500 mètres minimum des éoliennes, conformément à la réglementation, les riverains ne peuvent pas entendre d’infrasons. Le bruit qui peut entraîner une gêne est audible, à des fréquences supérieures à 50 Hz.
Ce bruit est-il dangereux pour la santé des riverains? L’Anses a relevé des situations de réel mal-être chez certains riverains de parcs éoliens qui les attribuent aux infrasons. Mais ce lien n’est pas évident. Cet effet sur la santé ne peut pas être isolé du bruit audible, des lumières clignotantes, des vibrations, de l’effet visuel ou du champ électromagnétique.
Quels effets constatés chez les riverains ?
Les données expérimentales et épidémiologiques portant sur les effets potentiels sur la santé des éoliennes sont très faibles. L’agence relève seulement « la gêne liée au bruit audible et un effet nocebo ». Cet effet, opposé à l’effet placebo, engendre des effets et ressentis négatifs ches les riverains « pensant être exposés à des infrasons inaudibles alors qu’ils ne le sont pas forcément ». Cela peut expliquer l’existence de symptômes liés au stress chez ces communautés.
En revanche, des découvertes récentes chez l’animal montrent aussi l’existence d’effets biologiques induits par l’exposition à des niveaux élevés d’infrasons. Ces effets n’ont pour l’heure pas été décrits chez l’homme, encore moins pour des expositions à de faibles niveaux.
Mieux informer et mieux contrôler
Pour l’agence, les résultats de cette expertise ne justifient ni de modifier les valeurs limites d’exposition au bruit existantes, ni d’étendre les fréquences sonores actuellement considérées dans la réglementation aux infrasons et basses fréquences sonores.
L’avis recommande néanmoins de renforcer l’information des riverains lors de l’implantation de parcs éoliens. Et de systématiser les contrôles des émissions sonores des éoliennes avant et après leur mise en service. Ou encore de mesurer en continu du bruit autour des parcs éoliens, comme c’est déjà le cas pour les aéroports. L’agence recommande aussi de poursuivre les recherches, notamment en étudiant la faisabilité d’une étude épidémiologique. Celle-ci viserait à observer l’état de santé des riverains de parcs éoliens et à identifier une signature objective d’un effet physiologique.
L’Agence rappelle par ailleurs que la réglementation actuelle prévoit que la distance d’une éolienne à la première habitation soit évaluée au cas par cas, en tenant compte des spécificités des parcs. Le minimum de 500 mètres peut être étendu suite à l’étude d’impact, afin de respecter les valeurs limites d’exposition au bruit.
Pour arriver à ces résultats, l’Agence a compilé les données issues de la littérature scientique et a fait réaliser des campagnes de mesure sur trois parcs éoliens (la Motelle, Val de Noye et Énergie du Porcien). Entre 541 et 1.000 mesures de 10 minutes ont été exploitées pour chacun de ces parcs. Elles couvrent l’ensemble des classes de vent et 4 points de mesure simultanés : à proximité de l’éolienne, à la distance minimale d’éloignement réglementaire (500 m), ainsi qu’en façade et à l’intéreur d’une habitation située la plus proche de la source.
Le bureau de contrôle des chaudières nucléaires (BCCN) – ancien nom de la direction des équipements sous pression nucléaires de l’ASN – a réalisé 8 inspections dans l’usine Creusot Forge en 2005. Le 16 décembre 2005, l’ASN écrivait à EDF pour lui signaler de « nombreux écarts concernant le forgeron ».
Des problèmes qui « mettent en cause la qualité des travaux et de la surveillance de ses sous-traitants ». En somme, le fournisseur d’EDF ne respecte pas les règles de qualité.
Le 30 janvier 2006, lors d’une réunion entre l’ASN et EDF, il est assuré que l’électricien a renforcé sa surveillance des opérations réalisées dans l’usine. Le lendemain, le directeur de l’ASN rend visite au forgeron. Il en ressort qu’en 2005, l’usine a connu « un nombre significatif de rebuts de grosses pièces ». L’ASN met en évidence « certaines déviances » et trouve étrange que le fabricant ou son commanditaire ne les aient pas remarquées. Elle signale que ces derniers doivent assurer une « surveillance adaptée à la qualité attendue des fabrications ».
Anomalies en chaîne chez Creusot Forge
Face à l’absence de réaction d’EDF, les inspecteurs du BCCN et de la DRIRE Bourgogne se rendent chez Creusot Forge les 26 et 27 avril 2006. Ils réalisent 16 constats. Le 11 août 2006, EDF souligne dans une lettre que « des actions préventives et correctives ont été mises en place » et qu’il « ne partage pas l’appréciation de l’ASN sur l’absence de réaction de sa part ». Le 22 septembre, l’ASN répond pour sa part que les plans d’actions de surveillance mis en place par EDF ne suffisent pas à dire que « la surveillance d’EDF sur l’ensemble des constructeurs et de leurs sous-traitants est satisfaisante ». L’agence souligne également que « les réponses de Creusot Forge ne sont pas satisfaisantes ».
Il faudra attendre le 24 mai 2007 pour qu’EDF assure que l’ensemble des actions menées apportent une amélioration de la situation de Creusot Forge. EDF transmet le compte-rendu d’un nouvel audit à l’ASN le 21 décembre 2007. Il n’identifie pas de problèmes qualité. En parallèle, le 8 septembre 2006, Areva écrit à l’ASN pour lui indiquer que l’entreprise acquiert le groupe Sfarsteel. Areva souligne notamment que son plan de progrès a pour objectif « d’améliorer la qualité des productions et de développer la culture de qualité au sein de Creusot Forge ».
C’est durant cette période difficile, entre septembre 2006 et décembre 2007, que la cuve de l’EPR de Flamanville est forgée dans l’usine. L’ASN avait bien mis en garde EDF contre les risques de défauts. Mais aucune analyse n’est pratiquée entre 2007 et 2014 pour vérifier la qualité de la cuve.
Des anomalies aux falsifications
Entre 2008 et 2012, la situation semble s’améliorer. L’ASN ne partage aucun document pour cette période. En mars 2012, plusieurs pièces sont mises au rebut pour des problèmes de défauts dus à l’hydrogène. En juin, l’agence montre qu’Areva ne peut garantir l’homogénéité des fours utilisés pour le traitement thermique chez Creusot Forge.
En janvier 2014, la cuve est installée dans le bâtiment réacteur de l’EPR de Flamanville. 7 ans après sa fabrication et après installation, Areva vérifie enfin la qualité de la pièce. Et les résultats sont mauvais. En octobre, Areva notifie à l’ASN l’anomalie de composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. Il y a aussi des zones d’hétérogénéité dans les dômes elliptiques des générateurs de vapeur. En avril 2015, Areva détecte encore des anomalies dans la conduite d’essais de traction à chaud entre 2009 et 2014. La qualité ne s’était donc pas améliorée dans l’usine.
La réponse de l’ASN à Areva est claire: « ces différents écarts, qui font suite à d’autres constatés depuis plusieurs années, mettent à nouveau en évidence un défaut de maîtrise de la qualité des fabrications nucléaires réalisées chez Creusot Forge ». L’ASN rend alors public les anomalies concernant la cuve de l’EPR. Fin juin 2015, Bureau Veritas est mandaté par l’ASN pour une surveillance renforcée de Creusot Forge. L’historique finit en avril 2016, lorsqu’ Areva informe l’ASN que des pratiques irrégulières ont été identifiées. Les anomalies qualité sont dues à des falsifications dans le suivi de fabrication. L’ASN doit désormais valider ou non la qualité de la cuve. Son verdict est attendu pour septembre 2017.
Les scientifiques aiment bien les séries TV avec des espions. Dans Mission impossible, la série culte des années 60, les scénaristes avaient imaginé de nombreux gadgets dont certains avaient la faculté de s’autodétruire. Elle n’appartient plus à la fiction.
Une équipe de scientifiques de la King Abdullah University of Science and Technology (Arabie Saoudite) a mis au point un dispositif repose sur une feuille en polymère dont la taille peut être multipliée par sept lorsqu’elle est chauffée au-delà de 80 °C. Ce matériau est composé de microsphères qui renferment un hydrocarbure passant d’un état liquide à gazeux sous l’effet de la chaleur.
Cette solution pourrait être intégrée à de nombreux modèles, car elle ne coûte que 15 euros environ si elle est produite en grands volumes. Ce dispositif pourrait être activable à distance ou se lancer automatiquement en cas de pression exercée sur l’appareil (tentative d’ouvrir le boîtier) ou d’éloignement d’une zone restreinte et géolocalisée par GPS. Il pourrait intéresser toutes les entreprises, organisations et administrions échangeant des données confidentielles depuis ces appareils mobiles.
Un bouton tueur…
Ces velléités de destruction d’appareils ne sont finalement pas nouvelles. En 2014, la Corée du Sud avait exigé que les opérateurs et les constructeurs nationaux de smartphones intègrent un bouton tueur, baptisé aussi « kill switch ». Là aussi, l’objectif était d’empêcher le vol de données critiques, mais aussi de réduire le vol de téléphones qui avait quintuplé entre 2009 et 2012. Samsung l’avait intégré à son Galaxy S5.
Aux États-Unis, deux procureurs avaient demandé à la même époque que les grands noms du secteur trouvent aussi une parade technologique aux vols de smartphones. La même année, BlackBerry et Boeing avaient conclu un partenariat pour le développement d’une fonction d’autodestruction destinée à un smartphone ultra-sécurisé sous Android et destiné au gouvernement. De son côté, IBM avait signé un accord avec l’armée américaine pour concevoir une fonction d’autodestruction sur commande pour les appareils électroniques.