Un robot avec des muscles et des os

L’Eccerobot est un projet européen qui date d’il y a trois ans et qui réunit un consortium d’ingénieurs de cinq pays : France, Suisse, Angleterre, Allemagne et Serbie. Ce prototype humanoïde est considéré comme le premier vrai robot « anthropomimétique » car il s’inspire très largement du corps humain. Il possède des muscles artificiels animés, un squelette en thermoplastique et des articulations.

La création d’un tel robot poursuit évidemment plusieurs objectifs. Notamment, celui de reproduire le comportement humain afin que les robots puissent évoluer dans notre environnement. Les mouvements seront plus naturels, plus humains et prendront en compte des gestuelles plus complexes.

Le second but, essentiel, touche à la santé. Grâce à l’Eccerobot, des prothèses ou d’autres applications seront peut-être créées. En tout cas, il s’agit d’un pas supplémentaire dans l’aide aux personnes âgées et aux personnes handicapées : rendre l’autonomie à ceux qui l’ont perdue.

Pour l’heure, seule la partie haute est finalisée, l’Eccerobot étant dépourvu de membres inférieurs. Le torse en question, supporté par un socle mobile, est capable avec ses bras de tenir des objets et de serrer des mains. Des micros remplaçeront les oreilles – le tout, accompagné de puces visant à faire progresser la recherche sur l’intelligence artificielle. Une paire de jambes de trente kilos est prévue et devrait naître de la collaboration avec la société Acroban.

En attendant, si vous trouvez la ressemblance avec l’être humain perturbante et que vous vous demandez dans combien de temps la distinction entre un robot et un humain deviendra impossible, soyez rassuré, car si l’aspect intérieur ressemble à celui du corps humain, l’Eccerobot ne dispose toujours pas d’enveloppe corporelle réaliste.

Par Sébastien Tribot

 

Voir l’Eccerobot en action :

Découvrez en images comment le sable se transforme en verre

Pour la première fois, une équipe de chercheurs pilotée par le laboratoire Surface du verre et interfaces (CNRS/Saint-Gobain) est parvenue à visualiser la formation du verre à partir du sable en temps réel et de l’intérieur même de l’échantillon ! Cette prouesse a été réalisée à l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility) via de la tomographie X, technique d’imagerie 3D. Les chercheurs ont ainsi pu observer quels contacts s’opèrent entre les éléments présents, et la transformation de matériaux granulaires en verre fondu.

Ces travaux, parus sur le site de The Journal of the American Ceramic Society ont mis en lumière l’importance des contacts entre grains d’espèces différentes, déterminants dans la production du verre liquide.

Autre surprise : la haute réactivité du carbonate de sodium à l’état solide dont la grande mobilité avant la fonte des matériaux augmente le nombre de contacts avec les autres grains, ce qui favorise les réactions.

Ces résultats sont un début dans la maîtrise des phénomènes mis en jeu, avec comme objectif à long terme d’abaisser la température utilisée à l’échelle industrielle tout en conservant une bonne qualité du verre obtenu.

Explications en vidéo :

(Photo et vidéo : Emmanuelle Gouillart)

Par Audrey Loubens

De nouveaux biopolymères

Le premier biopolymère est constitué de polyacétal renforcé par des fibres de cellulose, est destiné à être utilisé comme matériau pour les pièces coulissantes en raison de son faible coefficient de friction et son faible poids, plus faible que celui du polyacétal renforcé par des fibres de verre qui est utilisé actuellement.

Le second biopolymère est constitué d’un mélange de polyoléfine d’origine naturelle et de polybutylène térephtalate (PBT). Il est bien plus léger, plus résistant aux chocs et d’une plus faible permittivité électrique que le PBT renforcé aux fibres de verre. Ces propriétés ouvrent à ce matériau de nombreuses applications, comme par exemples la protection aux impacts ou une utilisation dans des environnements de champs électriques à haute fréquence.

Enfin le dernier polymère est un mélange entre le PBT et l’acide polylactique. Il est aussi dotée d’une importante résistance mécanique équivalente au PBT renforcé aux fibres de verre.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69848.htm)

La convergence croissante entre les RSE et les Intranet

Dans ce contexte, différentes approches semblent se démarquer et s’imposer comme étant les plus répandues : les espaces Intranet et les réseaux sociaux d’entreprise. Complémentaires, ces deux approches se sont développées chacune de leur côté et ont largement contribué à favoriser le travail collaboratif. Pour autant, on constate que le marché évolue et tend à réunir ces deux approches.

Au regard de ce constat confirmé par nombre de cabinets d’analyste, il apparaît clairement qu’Intranet et RSE ne s’opposent plus et vont se réunir pour former les espaces collaboratifs de demain. Cette évolution traduit la maturité d’un marché qui se rationalise et se dote de standards lisibles et générateurs de productivité pour l’ensemble des collaborateurs. Ainsi, le traditionnel Intranet, répertoriant souvent exclusivement des ressources textuelles et documentaires, semble intégrer massivement des systèmes RSE de nouvelle génération plus ouverts, permettant des interactions autour de ces contenus grâce aux fonctionnalités de partage et de communication dérivées des réseaux sociaux grand public. Les espaces Intranet évoluent donc et se modernisent largement.

Ainsi, selon la dernière étude réalisée par l’observatoire de l’Intranet, les projets d’espaces collaboratifs déployés d’ici un an sont toujours importants (20 %) ; de plus 85 % des Intranets devraient en disposer en 2012. Au travers de cette donnée, il apparaît donc que la collaboration 2.0 s’impose. A cela, l’étude ajoute également que le réseau social d’entreprise prend sa place progressivement. Ainsi, les outils de mise en relation se déploient, ils devraient équiper 20 % des intranets d’ici un an.

Au-delà de ces éléments, on notera également que l’approche RSE tend à s’intégrer en douceur et de manière progressive et donc maîtrisée. Ainsi, les fonctionnalités provenant des RSE, comme les fiches annuaires enrichies, connaissent une très forte croissance et viennent compléter les traditionnels annuaires internes proposés par les Intranets. Tisser du lien et animer des communautés est également un facteur qui a largement contribué à réunir les espaces Intranet et les réseaux sociaux d’entreprise. L’apport de la couche « RSE » a donc favorisé la communication 2.0 au sein des espaces et Intranet en les rendant plus conviviaux et ouverts et en permettant de gérer des communautés aisément. De plus, dans certains cas, les RSE ont également favorisé l’ouverture vers les partenaires externes.

Les nouveaux espaces Intranet doivent donc prendre en compte deux notions clés pour réussir leur transformation : les personnes d’un côté et les « documents ou ressources » de l’autre. Ils doivent également prendre en compte la dimension culturelle des nouvelles générations qui arrivent sur le marché et qui seront plus rapidement productives si elles retrouvent des usages qui leur sont familiers dans leur mode de communication. Les RSE sont une des composantes clés à intégrer dans cette approche. Il ne faut donc pas opposer les espaces Intranets et réseaux sociaux qui tireront parti de leurs apports réciproques. Il est nécessaire de les réunir et de capitaliser sur leurs apports respectifs pour promouvoir un espace unique où la communication 2.0 prendra tout son sens.

Par Alexandre Mermod / CEO Calinda Software

 

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Pour aller plus loin :

Participez à la formation Techniques de l’Ingénieur :

Comprendre la crise et prévoir la prochaine

L’auteur (professeur en classe préparatoire des écoles de commerce) se livre à une analyse très documentée sur les événements qui ont déclenché ou accompagné les diverses crises ayant frappé l’économie mondiale depuis 2008. Il est ainsi conduit à retracer la crise immobilière, le dérèglement du système bancaire, la récession économique, puis la crise en cours de la dette de la zone euro.

Une première originalité du livre, au sein de la « grande bibliothèque » des ouvrages inspirés par les dernières crises, réside dans les parallèles – parfois saisissants – dressés par l’auteur entre les crises récentes et anciennes. Une seconde originalité porte sur  les nombreuses et utiles références aux théories et concepts de crise. Une troisième est perceptible dans les rappels des commentaires – plus ou moins pertinents – effectués dans la presse par les protagonistes et les observateurs (politiques, managers, universitaires, journalistes…) des crises.

L’ouvrage est ainsi illustré par de  nombreux encadrés, un lexique économique et une bibliographie. Sa lecture met clairement en perspective les crises d’hier et d’aujourd’hui, et contribue ainsi à leur meilleure compréhension par cet « acteur de crise » qu’est devenu l’homme du XXI e siècle. 

 

Comprendre la crise et prévoir la prochaine

Alain Lenoir

Ed. L’Harmattan, 2012, 263 pages.

 

Jean-Jacques Pluchart

Jean-Jacques Pluchart est professeur des Universités en sciences de gestion et responsable du Master GMDE (Gestion et Méthode de Décision d’Entreprise) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est co-auteur de nombreux ouvrages d’économie et de gestion dont Master stratégie (Eska,2009), Euro-gouvernance et euro-management (Eska, 2010), Le management durable de l’entreprise (SEFI, 2011), Repenser la planète finance (Eyrolles, 2009) et La confiance en gestion (de Boeck, 2011).

Aux Techniques de l’Ingénieur, il est l’auteur de la base documentaire Management stratégique et gouvernance d’entreprise  :

Mesure du 1er mètre : une erreur qui changea le monde

[Cet article a été publié initialement sur le blog MyScienceWork]

Il y a quelques années, Ken Alder, professeur d’histoire des sciences à l’université de Northwestern près de Chicago, a retrouvé les notes écrites de ces deux scientifiques français, Méchain et Delambre. Ces manuscrits présumés disparus depuis longtemps se trouvaient pour l’un dans les archives de l’Observatoire de Paris, pour l’autre dans une bibliothèque de l’état de l’Utah aux Etats-Unis. Dans son livre « Mesurer le Monde, l’incroyable histoire de l’invention du mètre » publié en 2004, Ken Alder relate ce voyage tant historique que scientifique ponctué de tragédies humaines. Grâce à son regard d’épistémologue, nous redécouvrons la Science sous les traits d’une aventure avant tout humaine. L’histoire et le contexte social de ce récit proposent aussi de questionner certains « outils » communs de notre quotidien comme le mètre, l’erreur et l’incertitude scientifique.

En 1792, Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain, deux astronomes de renom, partirent de Paris dans deux directions opposées afin de mesurer la taille de la Terre. Le gouvernement révolutionnaire français (Convention Nationale) fraîchement élu leur avait confié la mission de mesurer précisément la partie du méridien terrestre reliant Dunkerque à Barcelone et passant par la capitale française. Dans quel but ? Pour réformer le système de mesure « pour tous pour toujours ». Dans cette ambiance révolutionnaire, leur ambition était de transformer la vie du peuple français et de les libérer du joug social de la monarchie. La monnaie, le calendrier, la semaine de sept jours et même l’heure de 60 minutes n’y coupèrent pas. Ils avaient en outre besoin de définir une nouvelle unité unique afin d’harmoniser les systèmes de mesure et d’ouvrir le marché du commerce. « Lors de transactions, les gens dépendaient d’une tierce personne qui calculait les quantités qu’ils vendaient et achetaient. Condorcet aurait dit à propos du mètre que [je cite] : « Le peuple ne sera jamais libre tant que les gens ne pourront calculer. » A l’époque, il existait environ 250 000 unités de poids et de longueur : le pied, le point, le pouce, la ligne, la perche… Certaines différaient même d’une province à l’autre, souvent pour accommoder les intérêts des seigneurs locaux. D’ailleurs, la plupart des « cahiers de doléances » de l’époque demandaient l’établissement d’une unité de mesure unique.

The Borda circle was the instrument used by Delambre and Méchain to estimate
the latitudes. Source : Abbé J. Loridan, Voyages des Astronomes français à la
recherche de la figure de la terre et de ses dimensions

La mission de ces deux astronomes avait donc une importance philosophique et éthique. Dans son livre, Ken Alder décrit le voyage des deux hommes, les difficultés qu’ils durent surmonter, les rencontres effectuées… Alors qu’ils gravissaient avec d’étranges instruments des volcans éteints, des tours d’églises et de cathédrales, les obstacles que les hommes leur opposèrent furent les plus contraignants. Ils ont été parfois emprisonnés et accusés d’être des espions, des royalistes ou des sorciers. Lors de son périple, Méchain fut aussi grièvement blessé. Lorsque Ken Alder parcouru les notes des deux scientifiques, il découvrit un élément des plus surprenants. Méchain séjournait à Barcelone dont il venait de mesurer la latitude lorsque, le 7 Mars 1793, l’Espagne déclara la guerre à la France. Méchain fut alors sommé de rester sur la péninsule ibérique. Il mit à profit cette détention pour recalculer la latitude de la ville catalane. Malheureusement pour lui, sa seconde mesure ne coïncidait pas avec la première. Il ne put par la suite jamais renouveler cette mesure et rentra en France dans un état de stress qui vira à la dépression. Le moral de cet homme intègre en fut affecté au point de ne plus vouloir finir la mission qui lui avait été confiée. Il refusa de rendre public ses mesures.

Jean-Baptiste Delambre, French mathematician and astronomer. source : Wikipédia

« Méchain ne possédait aucun concept pour évaluer les erreurs scientifiques. Il savait que les mesures n’étaient jamais parfaites mais les scientifiques de l’époque ne pouvaient pas faire la distinction entre précision et exactitude. Il pensait avoir fait une erreur qu’il considérait comme une défaillance morale, » explique Alder. Finalement, Méchain dévoila son premier lot de mesure mais garda le silence sur les secondes mesures. Le mètre fut ainsi calculé comme étant une fraction (un dix millionième) de la distance entre le Pôle Nord et l’Equateur.* Ceci fut effectué par le plus important rassemblement de scientifiques de l’époque dont Laplace, Legendre et Lagrange. Ceci fut certainement le premier congrès scientifique international de l’histoire des sciences. Un mètre-étalon en platine fut alors fabriqué pour servir de référence pour un système de mesure universel. Après la Révolution, Napoléon Bonaparte aurait dit à propos du mètre : « Les conquêtes viennent et repartent mais ceci perdurera. »

C’est une petite note manuscrite rédigée par Delambre dans le carnet de Méchain, après la mort de celui-ci, qui permit la découverte de l’erreur commise dans son calcul de la latitude de Barcelone. « Delambre, explique Alder, a écrit dans la marge qu’il avait choisi une des deux versions des données de Méchain mais qu’il n’en informerait pas le public car il n’avait pas besoin de le savoir. »

« Parce qu’après tout, est-ce important si cette mesure est fausse ? Le mètre peut-il être faux ? »

En découvrant cette erreur, nous pouvons questionner l’intérêt du voyage des deux scientifiques. Dans son ouvrage, Ken Alder nous livre une réponse contemporaine à cette interrogation. Car en effet, il semblerait que cette période ait vu l’éclosion de nouveaux concepts scientifiques en lien avec cette histoire. Les scientifiques ont par exemple réalisé que la Terre n’était pas une sphère parfaite et qu’elle était aussi plus petite que prévu.

Pierre Méchain, French astronomer. source : Stoyan R. et al. Atlas of the Messier Objects: Highlights of the Deep Sky

Après la mort de Méchain, Delambre prit possession de ces carnets. Il fit alors face à un sérieux dilemme. Mais entre-temps, des mathématiciens comme Legendre et Gauss avaient développé de nouvelles méthodes pour traiter les données, notamment la « méthode des moindres carrés » qui permet de comparer des données expérimentales entachées d’erreurs de mesure à un modèle mathématique. Cette méthode permet de minimiser l’impact des imprécisions d’une mesure. L’expédition pour ‘la mesure de la Terre’ a ainsi accentué l’importance de la méthode scientifique à une époque où les statistiques n’existaient pas encore. Le hasard joue en effet souvent un rôle prépondérant dans la découverte scientifique. Cette entreprise généra plusieurs avancées scientifiques majeures. Elle servit aussi d’outil politique efficace. Elle permit de modifier la manière de penser des gens et prépara une nouvelle ère du commerce ouvert et international.

Ken Alder évoque un exemple frappant : « En 1999, la NASA a perdu son orbiteur Mars Climate. Il semblerait que la cause de cet accident soit une discordance entre les unités de longueur utilisées par deux équipes travaillant sur le projet. Le système de contrôle des erreurs a échoué dans la détection de celle-ci et l’orbiteur a foncé à grande vitesse contre la surface de Mars. » Depuis 1983, le mètre est défini comme « la distance parcourue par la lumière dans le vide pendant une durée de temps de 1/299 792 456ième de seconde. » Mais il est resté plus court de 0.2 millimètre que le dix millionième d’un quart de méridien du mètre ‘initial’. Il existe donc une erreur scientifique historique qui fait encore aujourd’hui part de notre système de longueur. Une découverte scientifique n’est jamais aussi simple qu’elle le paraît. Elle est construite à partir d’approximations et d’erreurs. Avec cette notion, nous prenons alors conscience que tout ce qui pour nous est un standard, ne l’est pas forcément, ou ne l’a pas toujours été.

Le livre de Ken Alder a été traduit en de nombreuses langues dont le français (voir l’encadré ci-dessous). Il a reçu de nombreux prix et des critiques très positives de la part de la Société de l’Histoire des Sciences et des revues littéraires.

* Finalement, les scientifiques en charge de la définition du mètre choisirent d’utiliser des mesures d’un méridien plus long effectuées 50 ans auparavant. En effet, si la Terre n’est pas sphérique, les méridiens diffèrent alors tous. Ainsi, plus la mesure sera longue plus elle sera précise et meilleure sera l’approximation faite.

Par Laurence Bianchini / Blog MyScienceWork

 

My ScienceWork

Le blog My ScienceWork est dédié à l’actualité multidisciplinaire de la recherche. L’équipe MyScienceWork vous invite à découvrir ses articles d’actualité/recherche/portrait/opinion en français et en anglais.

Fukushima inquiète toujours autant

Chaque bulletin d’information, parvenant désormais au compte-gouttes, apporte systématiquement son lot de mauvaises nouvelles. Le mois dernier, la compagnie d’électricité japonaise TEPCO a rendu public les résultats d’une inspection interne, ayant eu lieu au sein même de l’un des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi.

La société tokyoïte, exploitant entre autres les centrales nucléaires de Fukushima Daiichi et de Fukushima Daini, a introduit un dosimètre de radioactivité, une jauge pour vérifier le niveau d’eau de refroidissement du réacteur, ainsi qu’une petite caméra à l’intérieur du réacteur numéro deux, afin de pouvoir analyser les données recueillies.

Mauvaises nouvelles : les taux de radiation observés sont extrêmement importants, bien plus importants que prévu. Avec plus de 70 sieverts par heure, le taux de radiation est suffisamment élevé pour tuer un homme en seulement sept minutes d’exposition. Le niveau d’eau au sein du réacteur, estimé à trois mètres, est retombé à une soixantaine de centimètres.

C’est dans ce contexte peu rassurant que TEPCO devrait révéler son plan d’économie sur dix ans, dont la pierre angulaire ne serait autre que le départ programmé de près de 7 400 salariés, des réductions salariales ainsi que des coupes drastiques sur les primes de retraite.

Par Moonzur Rahman

 

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Vers un béton auto-régénérant ?

Oubliées, les fissures apparaissant avec le temps et affectant les constructions en béton ? Une équipe de chercheurs et d’universitaires travaille actuellement sur un béton dont les qualités d’auto-régénération pourraient bien révolutionner le secteur. Les travaux, dirigés par le professeur Alan Richardson, enseignant le génie civil à l’université britannique de Northumbria, près de Newcastle, ont pour base une des espèces bactériennes les plus grosses et les plus répandues dans le sol, « Bacillus megaterium », plus généralement utilisée comme amendement en agriculture et horticulture.

Cette bactérie est utilisée ici pour créer de la calcite, une forme cristalline du carbonate naturel de calcium, qui peut alors servir à boucher les pores du béton, le protégeant des dégâts infligés par l’eau comme par d’autres substances nuisibles pour le matériau, et prolongeant ainsi sa durée de vie. Les chercheurs, qui cultivent « Bacillus megaterium » à partir d’un bouillon de culture composé de levure, de minéraux et d’urée, ont tout simplement amalgamé la bactérie au béton, bactérie qui y trouve sa source principale de nourriture. La bactérie se reproduit et se multiplie, faisant office de bouche-pores et prévenant la moindre détérioration.

La trouvaille, qui devrait pouvoir déboucher sur une solution rentable au « cancer » du béton, a un fantastique potentiel commercial. Des tests complémentaires seront nécessaires, et l’équipe dirigée par le professeur Richardson espère même pouvoir utiliser cette bactérie a posteriori, sur des structures existantes.

Par Moonzur Rahman

 

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Fissures dans les matériaux fragiles : elles sont moins rapides que prévu !

Pour bâtir «développement durable»

Le Grenelle de l’environnement RT 2012 après la RT 2005 bouleverse considérablement les bases de la construction mais aussi les règles de l’urbanisme.

La nouvelle manière d’aborder la construction comprend l’environnement immédiat et le cycle de vie de tous les éléments constructifs avec leur déconstruction et leur recyclage.

Sommaire :

  • Tous les concepts et informations nécessaires pour un «acte de construire responsable» dans le cadre des nouvelles contraintes réglementaires et sociétales,

  • Comment «construire avec le site», en tenant compte de l’emplacement de la construction; optimiser l’emplacement des pièces,

  • Une aide à l’amélioration de l’efficacité énergétique : maîtrise de l’énergie et énergies renouvelables.

 

En savoir plus

Interview – Quelles sont les contraintes liées à l’application des nouvelles normes ?

Techniques de l’Ingénieur : Les nouvelles normes et les matériaux  innovants vont révolutionner la construction dans les années à venir. Cela peut-il tourner au casse-tête pour les directeurs de chantier ?

Williams Pauchet : La base de la direction de chantier consiste à la  mise en œuvre des produits et des matériaux. A partir d’un cahier des charges précis, le maître d’œuvre doit diriger son chantier pour qu’au final, il n’y ait pas de problèmes de réalisation, pas d’erreurs techniques, et donc pas de surcoût.

Par contre, en termes de réduction des dépenses énergétiques et des nouveaux labels, il va falloir se préoccuper de la mise en œuvre de ces produits et matériaux  que les Maître d’Œuvre connaissent peu. Leur rôle va essentiellement être de vérifier de la bonne mise en œuvre et de la conformité de leur installation par rapport aux clauses techniques du chantier.

On se trouve aussi très souvent face à des architectes ayant la double casquette de concepteur et maître d’œuvre. Pour ces derniers, les évolutions sont plus importantes.

Oui, cela arrive très souvent. Dans ce cas de figure, l’architecte a alors la responsabilité au niveau de la conception et de la mise en œuvre des nouveaux matériaux, dans le respect du cahier des clauses techniques et des nouvelles normes.

Il s’agit donc, en termes de formation, de leur expliquer comment on doit gérer un chantier du début à la fin : gestion, mise en œuvre, cohérence avec le CCTP, vérifications, réception…

Les chantiers de construction sont tous très spécifiques. Comment adapter vos formations à cette réalité ?

Il est effectivement nécessaire pour nous d’adapter les formations à la spécificité des chantiers. Mais plus généralement, c’est tout l’enjeu qui entoure l’activité de direction de chantier : il faut s’adapter en permanence.

L’important est que les gens qui sortent de nos formations soient capables de diriger un chantier, avec une méthodologie, ce qui n’est pas toujours le cas, et de faire appliquer la réglementation et les normes de construction. Ce sont ces manquements qui entrainent des surcoûts de chantiers et des contentieux parfois très importants.

Justement, quelles sont les causes de surcoût sur un chantier ?

La plupart du temps, les surcoûts viennent de cahiers des clauses techniques particulières (CCTP) qui ne sont pas bien réalisés (oublis, erreurs, recopiages d’anciens cahiers des charges…). Si le CCTP est mal conçu, le Maître d’Œuvre est contraint de s’adapter en permanence, et cela entraine irrémédiablement des surcoûts.

C’est d’ailleurs le travail essentiel de cette formation et de celle sur les CCTP, qui se fait au niveau de la méthodologie, de façon à ce qu’on arrive au terme de la formation en ayant supprimé les problèmes techniques, les soucis d’approvisionnement, de gestion… qui engendrent tous des surcoûts en partie évitables.

Les nouvelles normes sont aussi à l’origine de difficultés pour les architectes et les maîtres d’œuvre.

Oui. Notamment les nouvelles normes sur les économies d’énergie et le label BBC. Il y a beaucoup de nouveaux produits qui se mettent en place et les acteurs n’ont pas forcément connaissance de la mise en œuvre de ces nouveaux produits.

Et la mauvaise mise en œuvre de ces produits pose énormément de problèmes …

Bien sûr. Par exemple, considérons les maisons de bois. Les mauvaises utilisations de certains types de bois ou mélanges de bois entrainent des problèmes, pas forcément tout de suite, mais au bout de deux ou trois ans : déformations de structure, de façade…

La méconnaissance des nouveaux matériaux fait que les architectes ont une tendance lourde à se restreindre à prescrire des matériaux et des techniques ayant fait leurs preuves depuis longtemps, le choix récurrent du béton (blocs de) étant un bon exemple de cette « timidité » dans le choix des matériaux.

Le coût induit par le choix des matériaux reste un facteur de décision important non ?

Il y a évidemment un problème de coût. Si on considère les nouvelles normes type RT2012, et les « règles handicapés » et les contraintes réglementaires, on arrive à un surcoût global de 17 à 20 %, ce qui constitue clairement un obstacle à la construction.

Par ailleurs les explications fournies pour la RT 2012 au niveau de l’ensemble de sa mise en œuvre ne permettent pas aux architectes d’avoir une vue claire quant aux moyens à mettre en place en fonction du résultat à obtenir, ce qui est très problématique.

Mais ces surcoûts peuvent-ils être compensés par la durabilité des matériaux ou leurs nouvelles fonctionnalités ? 

Il est encore trop tôt pour évoquer ces économies, puisque ces amortissements s’effectuent sur le long terme. Il est bien évident que l’attente d’un propriétaire lorsqu’il fait construire avec des matériaux innovants et donc chers, c’est de voir drastiquement chuter sa facture de consommation énergétique. Pour le moment, les amortissements sont trop longs : en moyenne plus de 20 ans à l’heure actuelle.

Selon vous, est ce que la mise en place des nouvelles normes et des nouveaux matériaux va entrainer à long terme la généralisation de l’utilisation de ces matériaux au détriment du béton par exemple ?

Des matériaux vont avoir tendance à disparaître pour laisser leur place à des matériaux plus performants et qui deviendront de moins en moins chers. Au niveau des bétons par exemple, ceux utilisés aujourd’hui sont de moins en moins énergivores à leur fabrication et les nouvelles textures des bétons techniques vont progressivement remplacer les bétons classiques.

Mais ces nouveaux matériaux resteront chers pendant un long moment, tant que l’on n’aura pas de recul par rapport à leur utilisation.

Par exemple en ce qui concerne les matériaux isolants, la multiplication de ces matériaux et de leur efficacité pose des problèmes, puisque on se retrouve face à des bâtiments qui ne réagissent plus que thermiquement et non plus réellement en matière de confort de vie puisqu’ils sont devenu hermétique en été (chauffage) comme en hiver (climatisation).

L’adoption généralisée d’un nouveau matériau nécessite donc d’avoir du recul sur les pathologies associées ?

Les pathologies apparaissent au fur et à mesure de l’utilisation des nouveaux matériaux mais aussi de leurs mises en œuvre.

On connaît certaines pathologies très bien. Les anciennes, qui persistent d’ailleurs toujours, et certaines pour des raisons de réduction des coûts, et les nouvelles sur lesquelles on continue d’apprendre. Mais les retours de pathologies sur les nouveaux matériaux se font au compte-goutte. Il va falloir du temps pour avoir une réelle connaissance sur le comportement de ces matériaux sur le long terme.

Propos recueillis par Pierre Thouverez

 

 

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Gaz de schiste : Fillon veut « tout remettre à plat »

[Publié le 15 avril 2011]

Alors ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo avait signé en mars 2010 trois contrats autorisant trois grandes compagnies pétrolières à explorer les ressources potentielles en gaz de schiste à Villeneuve-de-Berg, Nant et Montélimar.

Devant la contestation populaire quant à l’exploitation des gaz de schiste, c’est d’abord la mise en place d’un moratoire, puis, plus récemment la présentation d’un projet de loi qui tendent désormais à inverser la tendance. François Fillon, devant l’Assemblée nationale, a évoqué sans détour la position du gouvernement sur le sujet : « Les autorisations qui ont été données l’ont été dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. Il n’y a pas eu assez de concertation, pas assez d’information, j’en prends en tant que chef du gouvernement ma part de responsabilité. Je considère qu’aujourd’hui, pour qu’il n’y ait aucun doute dans le débat entre les Français et le gouvernement sur le sujet, il faut tout remettre à plat, et donc il faut annuler les autorisations qui ont déjà été données ».

Une position qui, c’est assez rare pour être souligné, a fait l’unanimité sur les bancs de l’Assemblée. Du côté des industriels, on estime que « cette décision avait quelque chose de tout à fait précipité ».

Jean-Louis Borloo, lui, a reconnu son « manque de vigilance », et s’est déclaré contre l’exploitation du gaz de schiste. Un revirement de situation que les mauvaises langues attribuent aux supposées velléités présidentielles de l’ancien ministre de l’Écologie, qui a quitté le parti majoritaire il y a peu.

Quoi qu’il en soit, le chef du gouvernement ne ferme pas la porte définitivement à l’exploitation de ces gaz non conventionnels, puisqu’il a décidé de prolonger la mission de recherche scientifique explorant les différentes techniques permettant l’exploitation des gisements. L’objectif est bien sûr de mettre au point des techniques d’exploitation les moins polluantes possibles.

Concensus à l’assemblée

En effet, François Fillon s’est voulu prudent, mais pas catégorique : « Il n’est pas question de sacrifier notre environnement, mais il n’est pas question non plus de fermer la porte à des progrès technologiques qui permettraient demain d’accéder à de nouvelles ressources énergétiques. »

Pour mémoire, le New York Times a publié, début 2011, un dossier contenant des informations recueillies par l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement. Ces informations font état des conséquences de l’intensification de l’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis depuis 2008.

Les rapports de l’EPA, que s’est procuré le journal, indiquent dans les eaux usées un taux de radioactivité 100 à 1 000 fois supérieur au niveau maximum autorisé. Toujours selon une étude de l’EPA datant de 2009, jamais divulguée, les eaux usées, qui sont parfois transportées jusqu’à des stations d’épuration non conçues pour les traiter et qui sont ensuite déversées dans des rivières qui fournissent de l’eau potable, présentent des niveaux de radioactivité plus élevés que ceux connus auparavant et bien plus hauts que les niveaux considérés comme sûrs par les réglementations fédérales pour le traitement par ces stations d’épuration.

L’EPA prépare un rapport plus complet sur ces problèmes, qui sera publié en 2012.

Le gouvernement français quant à lui a décidé de ne pas attendre si longtemps avant de statuer, au grand soulagement des populations proches des sites d’exploration, dans le sud de la France.

Par P.T

 

Déjà publié :

Le gaz de schiste, au premier plan de l’actualité

Le point sur les gaz de schistes

Gaz de schiste : un moratoire, et après ?

Révélations inquiétantes aux Etats-Unis sur les Gaz de schiste

Présidentielles 2012 et nucléaire : ma parole contre la tienne

[Publié le 2 février 2012]

A quelques mois de l’élection présidentielle, les certitudes sont peu nombreuses. Le président sortant n’a pas encore annoncé ses intentions, même si sa candidature laisse peu de doutes. Sans tirer de plan sur la comète, il ne paraît pas très risqué de considérer que quatre candidats se dégagent en tête des sondages. On peut raisonnablement penser que deux d’entre eux se retrouveront au deuxième tour de l’élection, en mai prochain.

Ces candidats sont :

  • Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire)
  • François Hollande (Parti Socialiste)
  • Marine Le Pen (Front National)
  • François Bayrou (MOuvement DEMocrate)

Voyons quelle position ces candidats ont affiché sur la thématique à la mode du nucléaire : coût, sécurité, transport et gestion des déchets, mix énergétique… les interrogations des citoyens sont nombreuses.

Nicolas Sarkozy : « Sortir du nucléaire aurait des conséquences désastreuse pour la France »

Le Président de la république avait déjà donné la mesure lors du Grenelle de l’environnement : Promouvoir les énergies renouvelables, oui, remettre en cause le nucléaire, non ! Nicolas Sarkozy a gardé la même ligne, et défend l’industrie nucléaire française avec beaucoup de volontarisme, surtout depuis la catastrophe de Fukushima. Mettant en avant l’aspect indispensable de l’industrie nucléaire dans ces temps de crise, le Président, suppléé par son ministre de l’industrie Eric Besson, rejette l’idée d’une sortie du nucléaire, qu’il a qualifié plusieurs fois de « folie », et de « démarche irresponsable ».

L’argumentaire du président tient en trois points :
•   Le nucléaire est sûr sur le territoire français
•   Le nucléaire permet de produire l’électricité la moins chère d’Europe
•   Le nucléaire est un vivier d’emplois pour la France

Ces trois arguments ont été battus en brèche par les écologistes, mais pas seulement. Ainsi, sans préjuger du côté indispensable ou pas du nucléaire en France, quelques chiffres avancés par le gouvernement laissent perplexe.

L’argument du coût n’est pas valable tel quel

Au niveau du coût du nucléaire : le Président a reconnu à demi-mot, lors de sa visite de l’usine Isover à Orange, que le prix de l’ « électricité nucléaire » était sous-évalué. C’est pourtant l’argument choc du gouvernement : le nucléaire permet de payer son électricité moins chère.  On sait aujourd’hui que c’est en partie faux : certains coûts ne sont pas pris en compte pour calculer ce coût :
•   des dépenses vont être réalisées pour améliorer la sécurité ans les centrales
•   le coût du démantèlement n’a pas été chiffré, mais une chose est sûre : il sera exorbitant. Aujourd’hui, la fourchette d’estimation se situe entre 15 et 750 milliards d’euros ! Petite précision, les scientifiques ne savent toujours pas comment on démantèle une centrale. Et pour cause, à l’heure actuelle jamais une centrale n’a été démantelée.
•   Enfin, chose peu connue, l’industrie nucléaire est une des seules au monde à ne pas être assurée : ce sont donc les français qui ont payé la construction des centrales.

La filière nucléaire et l’emploi : chacun ses chiffres

•   Le gouvernement, via Eric Besson, a estimé que la sortie du nucléaire entrainerait la perte de quelques  400 000 emplois.
•   Henri Proglio, le patron d’EDF, a lui estimé que cette perte serait plus proche des 1 000 000 !

Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que 120 000 personnes travaillent directement pour la filière nucléaire en France. Aussi, il faut bien avoir à l’esprit que l’hypothétique sortie du nucléaire s’accompagnerait de créations d’emplois dans les filières vertes. On ne parle donc pas de pertes d’emplois sèches.

La sûreté du nucléaire français

La France n’a jamais été victime d’un accident nucléaire grave. Pour le gouvernement, c’est le signe que la sûreté du nucléaire en France est une réalité bien gérée. Pour les anti-nucléaire, c’est uniquement une question de temps. Il est difficile de trancher sur le sujet, puisque les deux « camps » se renvoient sans cesse la balle. Par exemple, quand des militants de green peace se sont introduits dans les centrales françaises. Pour l’association écologiste, c’est le signe des faiblesses de la sécurité…  Les responsables des centrales ont quant à eux affirmé avoir laissé entrer ces militants, sachant qu’ils ne représentaient aucun danger…

Le rapport de l’ASN prête également à confusion, puisqu’il conclut que toutes les centrales françaises sont sûres, mais prône des investissements à hauteur de 10 milliards d’euros pour en améliorer la sécurité.

François Hollande : 50 % de nucléaire en 2025

En ce qui concerne la thématique nucléaire, le candidat socialiste à l’élection présidentielle a surtout marqué les esprits via le cafouillage autour de l’accord avec le parti écologiste (EELV). Retoqué plusieurs fois, l’accord a été signé amputé de cette phrase, sous forme de promesse : « une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du MOX, et des moyens de stockage des différents types de déchets notamment le laboratoire de Bure, en centres d’excellence du traitement des déchets et du démantèlement. »

Depuis, le candidat a également promis qu’il organiserait un « débat sur l’avenir de l’énergie en France ». Il a réitéré son engagement à baisser « la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2025 », mais n’a pas évoqué les fermetures de réacteurs, sujet de querelles avec les écologistes…

François Hollande évoque par contre une modularité au niveau des prix de l’énergie en cas d’élection en mai prochain : « Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte pour inventer les technologies de demain, mais aussi des énergies renouvelables. » Il promet également l’instauration d’un « tarif progressif de l’eau, du gaz et de l’électricité » pour fixer les prix au bénéfice des ménages les plus modestes.

Marine Le Pen : « Sortir du nucléaire serait une folie »

Dans son programme de 2007, Jean-Marie Le Pen prônait une accélération des investissements dans l’atome. Indiquant la volonté de « poursuivre l’effort sur le nucléaire », le FN entendait développer « les filières de 3e et 4e générations », relancer « la construction du surgénérateur ». Sur les filières de retraitement et de production de combustible, qui ont été au coeur du débat ces derniers jours, Jean-Marie Le Pen affirmait : « Toutes les recherches permettant de transformer les produits de fission (déchets haute-activité issus des anciennes et actuelles filières) en produits de période courte seront accélérées ». « Le projet ITER sur la thermofusion nucléaire contrôlée sera bien sûr largement encouragé et soutenu », concluait le paragraphe consacré au sujet.

A l’époque, le nucléaire était donc une évidence pour le FN. Ce n’est manifestement plus le cas. Mais Marine Le Pen, qui veut « continuer à investir » dans le nucléaire, doit encore expliquer comment elle entend prendre en compte la « nécessité » de sortir du nucléaire, qu’elle évoque elle-même. D’autant que, interrogée sur la question en juin dernier lors de son passage à l’émission Des paroles et des actes, elle avait simplement indiqué vouloir « dépasser le nucléaire », sans plus de précisions sur la méthode et en critiquant le choix fait par l’Allemagne de fermer ses centrales. Quoiqu’il en soit, la candidate frontiste utilise les mêmes termes que ses homologues de l’UMP, en qualifiant une sortie rapide du nucléaire de pure folie.

A la suite de l’accident survenu à Marcoule, la présidente du FN a précisé son projet en ce qui concerne le nucléaire : « L’accident qui a fait un mort et quatre blessés dans l’installation nucléaire Centraco, située près du site de Marcoule illustre la dangerosité de cette énergie et la nécessitée d’envisager une sortie progressive et réfléchie du nucléaire. Comme l’avait déjà demandé le Front National après la catastrophe du Fukushima au Japon, il appartient à l’Etat de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour sécuriser les 58 centrales nucléaires françaises et d’investir dans les recherches pour traiter les déchets nucléaires, recherches arrêtées sous la pression des Verts. Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle, rappelle la volonté du Front National d’engager la diversification énergétique de la France notamment par un programme ambitieux de recherche sur l’hydrogène ».

François Bayrou veut plus de transparence

François Bayrou milite activement pour une plus grande transparence du secteur nucléaire en France. On ne pourra pas lui reprocher une quelconque posture, puisque telle était déjà sa position dans son programme de 2007. Le candidat centriste, surprise des élections cette année-là, estime que le nucléaire est un ingrédient indispensable au mix énergétique français, à court comme à moyen terme : « Actuellement, et à moyen terme, nous ne remplirons pas nos engagements concernant la réduction de gaz à effet de serre sans le nucléaire. Je ne suis pas favorable à un modèle fondé sur le tout-nucléaire. Le nucléaire ne doit être qu’une énergie parmi d’autre, et c’est pourquoi je propose un modèle de croissance sobre. Mais nous devons accompagner les efforts de recherche en faveur d’un nucléaire sûr, et qui produise moins de déchets ».

En ce qui concerne le futur, le candidat MODEM s’inquiète du renouvellement des vielles centrales, sans évoquer une éventuelle sortie du nucléaire : « Il se posera dans ce laps de temps [2050], à la fois la question des fermetures des centrales en fin de vie, et celle de leur renouvellement. »

Enfin, en ce qui concerne le MOX, Mr Bayrou juge les hésitations de François Hollandes suprenantes, et ne comprend pas pourquoi la France devrait se priver de l’avantage compétitif qu’elle possède dans ce secteur :  « Quant à la question du retraitement, au centre de la polémique, si vous l’interrompez, vous bloquez la production d’énergie nucléaire. Et donc, c’était incroyablement léger de signer une phrase comme celle-là. Et c’était en plus, pour la France, perdre quelque chose d’infiniment précieux pour elle, une compétence qu’elle a parmi les nations et qui fait que, dans ce secteur nous ne sommes pas écrasés, comme dans tous les autres secteurs ».

Par Pierre Thouverez

Sources : lemonde, liberation, site de l’UMP, site du PS, lexpress, lefigaro, site du Modem, site de Greenpeace

Difficile d’avancer sur les dossiers énergétiques en période électorale

[Publié le 12 mars 2012]

Lors d’une conférence organisée par Carnegie Europe, M. Oettinger a reconnu que les prix de l’énergie et notamment le prix de vente au détail de l’essence, avaient atteint des niveaux record en Europe. « Peu importe ce que nous faisons, l’énergie coûte de plus en plus cher et à l’échelle mondiale, les prix restent volatiles », a déploré le commissaire.

En Belgique, le litre de Sans Plomb 95 a atteint 1,74 euro, un prix sans précédent. En France, le sujet fait irruption dans la campagne présidentielle. François Hollande a déjà fait savoir qu’il souhaitait bloquer le prix de l’essence s’il était élu. Cette proposition n’est qu’une « plaisanterie », avait rétorqué Nicolas Sakozy fin février, soulignant que ce prix était déterminé par « un marché mondial ».

A l’occasion du débat télévisé du 5 mars, sur TF1, Marine Le Pen a de son côté affirmé qu’elle baisserait non seulement le prix du carburant si elle était élue, mais qu’elle réduirait aussi de 5% le prix du gaz, de l’électricité et des transports ferroviaires. Les élections à venir en France et aux Etats-Unis, ainsi que les récentes élections en Russie, créent un contexte défavorable à l’avancement des politiques énergétiques, a reconnu le commissaire européen. « Je ne pense pas que la politique énergétique soit au cœur des campagnes électorales. Nous devrions nous garder de prendre des décisions pour l’instant. Je pense que l’année prochaine, quel que soit le vainqueur des présidentielles américaines, nous serons en mesure de revenir à des relations normales dans le débat mondial sur le changement climatique. C’est pour l’instant impossible », a-t-il affirmé. « Les républicains sont agressifs »

Qualifiant le Parti républicain américain d’« agressif », M. Oettinger a affirmé que Barack Obama devrait faire preuve de prudence lors du débat électoral actuel. Le mouvement politique populiste et conservateur américain, le Tea Party, ne voit quant à lui « aucune corrélation entre les émissions de CO2 et le changement climatique », a rappelé M. Oettinger, soulignant cette fracture profonde dans les relations entre l’UE et les Etats-Unis.

Les « tests de résistance » menés sur les centrales nucléaires au lendemain de la catastrophe de Fukushima au Japon il y a un an ont servi de base à des discussions objectives sur l’énergie nucléaire. En France, cependant, ce débat ne sera lancé qu’en juin, après les élections, quel que soit le vainqueur du scrutin, a-t-il déclaré.

Contrairement à Nicolas Sarkozy qui soutient pleinement le secteur nucléaire français, M. Hollande souhaite réduire de moitié la consommation d’énergie nucléaire d’ici 2025.  Dans le pays natal de M. Oettinger, l’Allemagne, le gouvernement de coalition de la chancelière, Angela Merkel, a décidé en mai dernier de fermer la totalité des centrales nucléaires du pays d’ici 2022.

Source : EurActiv.fr

Twitter peut-il fausser les élections présidentielles ?

[Publié le 16 avril 2012]

Tout est parti de la possibilité de rendre public le 22 avril dès 18h30, date du premier tour de l’élection présidentielle, les résultats des sondages dits « sorties des urnes » par les réseaux sociaux et en particulier Twitter. Les médias s’enflamment alors que les autorités redoutent que la divulgation des résultats avant l’heure finale de clôture des bureaux de vote « n’altère la sincérité du scrutin ».

En effet, en apprenant les premières tendances, le comportement des électeurs pourrait s’en trouver modifié, ainsi que le choix du candidat auquel se rallier. Les abstentionnistes se rendraient peut-être aux urnes s’ils découvraient un résultat loin de leurs attentes. Il est cependant impossible de préciser dans quelle mesure cela pourrait bouleverser le résultat final. En effet, combien d’électeurs votent en fin de journée ?

L’estimation des résultats peut-elle galvaniser les dernières heures de vote ? Peu de chances que cela se produise, la majorité des électeurs ayant déjà voté à cet instant. Pour ceux qui n’auraient pas encore voté, une telle information parvenue dans les dernières minutes ne remplacera sûrement pas un choix mûrement réfléchi.

Et d’un point de vue égalitaire? A priori, il n’y a pas grande injustice entre les électeurs qui devront s’acquitter de leur devoir électoral avant 18 heures et ceux des zones urbaines. Avant d’obtenir une estimation fiable, il faut au moins patienter jusqu’à 18h45. Rajoutez à cela, le temps de diffusion de l’information sur la toile, peu de temps est donc laissé aux électeurs pour modifier leur choix.

Alors, Twitter peut-il fausser l’élection? Une telle question nécessite de connaître le poids réel de Twitter. Une part minime de la population (entre 2 et 5 millions d’utilisateurs), possède un compte twitter et l’utilise régulièrement. Or, parfois, il suffit de bien peu. Seulement 200 000 voix séparaient Jean-Marie Le Pen de Lionel Jospin au premier tour en 2002. Un faible pourcentage de tweets relayés ensuite sur Facebook suffirait pour amplifier l’information, jusqu’à – pourquoi pas – se retrouver sur une chaîne de télévision.

Toutefois, une loi existe pour contrecarrer cet effet : « En France, la diffusion de sondages et d’estimations est interdite à partir du vendredi soir minuit qui précède le dimanche du vote. Les diffuseurs s’exposent à des poursuites pénales et à des amendes allant de 3 500 à 75 000 euros. »

Cette question ne touche-t-elle que les médias ? L’enjeu des chaînes TV est de ne pas perdre le monopole de révélation du résultat. Twitter mettra-t-il fin au suspense élaboré par les grandes chaînes lors des soirées électorales ? En tout cas, les craintes émises par certains médias mettent en exergue la concurrence des journalistes Web face à l’information en temps réel.

Ne pouvant déterminer l’impact sur l’élection que pourrait avoir la révélation des premiers résultats avant l’heure de fermeture des bureaux de vote, la crainte des pouvoirs publics ne peut être ni approuvée ni rejetée, même si de nombreux spécialistes estiment que l’influence de Twitter relève plus du fantasme que d’une réalité concrète. Le gouvernement demandera-t-il à Twitter de déconnecter les comptes sur la zone française ? À suivre le 22 avril…

Par Sébastien Tribot

Le PS veut suspendre la loi sur l’ouverture du marché de l’électricité

La loi, qui vise à achever l’ouverture du marché de l’électricité en France, provoquera l’augmentation des prix et favorisera la spéculation, selon le député socialiste François Brottes. Dans un communiqué, jeudi 19 avril 2012, le conseiller de François Hollande chargé de l’énergie prône donc la suspension de ce texte sur la nouvelle organisation du secteur de l’électricité (Nome).

La fin du monopole d’EDF

Pendant deux ans, le monde de l’énergie en France a passé un temps fou à négocier cette législation, proposée par le gouvernement de François Fillon pour rassurer la Commission européenne sur la volonté de la France d’ouvrir réellement son marché de l’électricité à la concurrence. La loi est finalement entrée en vigueur en juillet 2011.

Parmi les principales mesures, le texte impose à EDF de vendre une partie de sa production à ses concurrents. Des opérateurs comme Poweo, Direct Energie ou GDF Suez peuvent maintenant acheter, à un tarif régulé (Arenh), jusqu’à 25% de l’énergie d’origine nucléaire produite par l’opérateur historique. Malgré des critiques nombreuses sur l’absence de réelle concurrence créée par le texte, la Commission européenne a fini par s’en contenter.

La création d’« un marché de capacité »

La loi Nome prévoit aussi l’instauration d’un « marché de capacité ». Ce dispositif vise à encourager l’investissement dans des moyens de production supplémentaires lors des périodes de pointe. Dans un avis rendu le 12 avril 2012, l’autorité de la concurrence s’est dite « réservée » sur l’instauration d’un tel système. « Ce dispositif va (…) constituer une source de coûts supplémentaires pour les fournisseurs alternatifs et pour les consommateurs, sans pour autant que sa nécessité pour assurer un bon fonctionnement des marchés de l’électricité soit démontrée », écrit l’autorité. « La loi Nome renforcera le caractère spéculatif de ce marché, et fera encore augmenter les prix de l’électricité », avertit M. Brottes en s’appuyant sur cette conclusion.

L’énergie, un bien public

Le député, qui est aussi un ancien membre de la commission Champsaur chargée d’examiner les tarifs de l’électricité, également co-président du groupe énergie à l’Assemblée nationale, demande aux Français de faire un choix entre « deux conceptions de l’énergie : de bien public ou spéculative ». A partir de 2013, le prix de l’Arenh sera fixé par la commission de régulation de l’énergie (CRE). Les tarifs, jusqu’à présent déterminés par l’Etat, resteront donc encadrés. La suspension de cette loi pourrait provoquer des tensions entre la Commission européenne et la France. Ann-Laure Bourgeois

Publié par P.T

Source : EurActiv.fr

Présidentielles 2012 : quelles ambitions pour l’industrie française ?

Selon François Hollande :

La création d’une banque publique d’investissement est nécessaire pour développer les PME et soutenir les filières d’avenir. Il faut participer à la conversion écologique de l’industrie. Pour financer les PME, il souhaite créer un livret d’épargne industrie.

La production et l’emploi en France doivent être favorisés par la fiscalité et les aides publiques en fonction des investissements réalisés. Un contrat avec les entreprises visant à la relocalisation des usines en France doit être créé. Et pour les entreprises qui se délocalisent, le remboursement des aides publiques reçues est prévu.

Le taux d’imposition sur les sociétés sera différent selon leur taille : 35 % pour les grandes, 30 % pour les petites et moyennes, 15 % pour les très petites.

Selon Nicolas Sarkozy :

La création d’une banque de l’industrie, avec une dotation d’un milliard d’euros de fonds propres, est prévue pour prêter aux PME.

Il prévoit aussi l’instauration d’une TVA anti-délocalisation, ainsi que de nouveaux accords de compétitivité emploi par entreprises (temps de travail, salaire…). Il faut, selon lui, accorder le label « Origine France Garantie » quand 50 % de la valeur ajoutée d’un produit est réalisée en France.

La CSG sur les revenus financiers sera relevée de deux points. Tout cela doit compenser une baisse de 13 milliards d’euros des charges patronales. « C’est une arme contre les délocalisations. Depuis 10 ans, nous avons perdu 500 000 emplois industriels à cause des délocalisations », a réaffirmé Nicolas Sarkozy.

[Pour rappel, les propositions des autres candidats]

Selon Marine Le Pen :

Pour endiguer la désindustrialisation de l’économie française, Marine Le Pen entend défiscaliser les PME/PMI, taxer les entreprises qui délocalisent à hauteur de 33 % et décomplexifier l’administration.

La création d’une loi « Achetons français » doit inciter les administrations publiques, les cantines et les restaurants d’entreprises, à consommer des produits français.

Selon François Bayrou :

Le « produire en France » s’adresse à la fois aux entreprises et aux consommateurs et concerne les produits industriels comme les services et l’agroalimentaire. Il s’agit de créer un « label France » gradué.

« Je créerai un commissariat national », indique le candidat centriste.

Concernant le réseau grandes entreprises-PME, François Bayrou est pour le partage des savoir-faire, l’amélioration de la sous-traitance et l’essaimage ˗˗ favorables à l’innovation et à l’exportation.

Pour mieux associer les laboratoires et les entreprises, un crédit impôt innovation viendra compléter le crédit impôt recherche « qui profite encore trop peu aux PME ».

Selon Jean-Luc Mélenchon :

La réindustrialisation doit porter sur des secteurs stratégiques comme la métallurgie/sidérurgie, la chimie des matériaux, l’électronique, l’électroménager. Il faut organiser la relocalisation à l’aide de taxes kilométriques et de visas écologiques et sociaux sur les importations – et interdire les licenciements économiques. Il prévoit la création d’un établissement public de l’industrie à l’échelle territoriale.

Selon Nicolas Dupont-Aignan :

La sortie de l’euro et l’instauration d’un protectionnisme « intelligent » sont indispensables à la réindustrialisation. Il faut stimuler l’innovation. Pour ce faire, il prévoit la création d’un Commissariat au Plan chargé de définir les filières à développer en priorité puis de les porter par de nouveaux pôles de compétitivité, mêlant public et privé. Les filières seront soutenues par la Caisse des Dépôts. Soit, une politique industrielle et d’innovation volontariste mais à la condition qu’elle soit écologique.

Selon Nathalie Arthaud :

Le protectionnisme n’est pas intéressant pour la France. Il signifie taxes, augmentations des prix et renchérissement de la vie pour les travailleurs. L’urgence est de combattre les licenciements qui se multiplient. « Les banquiers et les grands groupes du CAC40 doivent être expulsés afin de mettre en main des travailleurs, les leviers pour organiser la production. »

Selon Eva Joly :

Le renforcement des industries passe par la transition écologique de l’économie. Les secteurs du bâtiment, des transports collectifs, des énergies renouvelables ou encore des éco-matériaux ont besoin d’une main-d’œuvre nombreuse. Des aides d’État seront accordées aux projets bénéfiques pour l’environnement. C’est par ce biais que la création d’emploi sur le territoire doit se faire. Le renforcement du développement industriel régional est prévu.

Selon Philippe Poutou :

L’opposition aux délocalisations responsables des licenciements et l’interdiction des licenciements ainsi que la réduction du temps de travail, agiront dans le sens d’une relance industrielle.

Selon Jacques Cheminade :

La politique industrielle rime avec recherche scientifique. La part du PIB accordée à la science augmenterait de 0,9 % et serait orientée vers la maîtrise de la physique nucléaire et l’exploration de l’espace. Les retombées de ces deux domaines seraient importantes pour l’industrie de pointe.

Par Sébastien Tribot

Innovation et R&D : les propositions des candidats

Selon Nicolas Sarkozy :

Il faut favoriser l’émergence d’une dizaine de grands pôles universitaires de rang mondial. « Une convention entre les représentants de l’enseignement supérieur et de la recherche et les fédérations du secteur du numérique » prévoit un rapprochement universités-entreprises.

Nicolas Sarkozy souhaite créer une Agence de l’innovation numérique et mobiliser davantage de moyens à l’open data. Pour aider à la création de start-up, en « rassemblant les organismes d’aide d’accompagnement, de financement ou d’investissement, en un guichet unique », il souhaite créer « Start up France ».

Par ailleurs, il souhaite encourager le développement des PME.

Selon François Hollande :

Le soutien à l’innovation est synonyme de soutien à la recherche fondamentale. Un lien enseignement supérieur/recherche et innovation/valorisation et transfert de technologies doit être favorisé. Il est nécessaire d’apporter plus de moyens aux universités. Les PME-PMI bénéficieront davantage du crédit impôt recherche.

Le crédit impôt innovation viendra compléter le crédit impôt recherche, qui a pour but d’aider les jeunes entreprises à se développer. L’accès au crédit, la diffusion de l’innovation, le lien entre les entreprises innovantes et les laboratoires doivent être facilités. La croissance des PMI-PME doit être renforcée, grâce à la mise en place d’une banque publique d’investissement qui permettra de renforcer les fonds-propres.

Concernant l’innovation, il estime que son origine n’est pas toujours prévisible, bien qu’elle trouve en partie sa source dans la recherche fondamentale. Néanmoins, l’industrie peut apporter sa pierre à l’édifice, notamment dans la phase de développement où son expertise est indispensable.

La simplification des structures et des procédures permettra de gagner du temps pour se consacrer à l’enseignement et à la recherche.

L’erreur, ou l’échec d’un travail scientifique ne doit pas être sanctionné, mais perçu comme le cheminement logique qui conduira vers la réussite.

[Pour rappel, les propositions des autres candidats]

Selon Marine Le Pen :

Il faut bien distinguer les aspects quantitatif et qualitatif concernant la recherche et le développement. Bien que la part du PIB allouée soit moindre par rapport à celle du Japon, des États-Unis, ou encore de la Suisse, ce qui compte réellement, c’est la capacité des entreprises à innover et la qualité du continuum enseignement supérieur/recherche fondamentale/recherche industrielle/exploitation commerciale. La réussite tient dans l’organisation de ce continuum.

Pour que les PME puissent développer leurs ambitions technologiques, il faut leur faciliter la tâche en les laissant libres de développer leurs projets, de nouer les partenariats qu’elles entendent et de dégager les contraintes d’ordre administratif qui pèsent sur elles. Elle entend pour ce faire, mettre sur pied un Commissariat au plan/Haut conseil, en lui pourvoyant d’importants moyens.

Il est nécessaire de joindre harmonieusement les universités et le tissu industriel en un partage sain des tâches, tirer le meilleur de chaque partie, en s’inspirant éventuellement du modèle suisse. La recherche ne doit pas nécessairement venir des universités, mais bien de l’organisme le plus approprié. La création d’une recherche d’État doit consolider les recherches en apportant du soutien aux entreprises.

Il faut mettre en place un système de bourses de recherches afin de récompenser les initiatives fécondes et d’augmenter la fréquence et le montant des prix accordés aux chercheurs.

Selon Jean-Luc Mélenchon :

En prenant en compte les lois de finance successives, trois milliards d’euros de financement public sont alloués chaque année à la recherche des entreprises, un milliard provenant du seul crédit d’impôt recherche. En plus d’augmenter les subventions pour la recherche publique, il s’agit d’orienter son contenu et d’élargir les recherches – ce qu’il nomme, « l’appui à l’innovation », conditionné à des critères de développement social et écologique durable.

L’État doit apporter davantage de soutien aux PME-PMI. Le développement d’un tissu de PME technologique ne peut se faire que par la création d’un grand pôle financier visant notamment à faciliter l’obtention de prêts à taux très bas. En parallèle de la planification écologique, le pôle financier soutiendra les politiques d’investissement des entreprises vers les innovations industrielles aux productions utiles.

La RetD doit avoir pour ambition de financer les technologies synonymes d’avancées sociales et environnementales. Jean-Luc Mélenchon se démarque avec son grand projet de recherche sur la biodiversité et l’écosystème marins. Ce projet prévoit l’exploitation des immenses gisements énergétiques des mers.

Les pôles de compétitivité seront remplacés par des pôles de coopération. Un établissement public de recherche technologique et industrielle sera crée sur le modèle du CNRS.

Selon François Bayrou :

L’innovation mérite d’être amplifiée et la recherche doit conserver une visée internationale. L’enseignement supérieur doit poursuivre sa modernisation, notamment concernant l’autonomie des universités, le recrutement des enseignants. Il est nécessaire d’assurer un fonctionnement sain basé sur la coopération.

L’innovation se fait en amont, par la formation de la jeunesse. Par une concertation, l’organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, doit être repensée. La préparation des étudiants au marché de l’emploi, doit envisager sérieusement la possibilité de formation en alternance. Les universités doivent prendre en considération la formation continue.

Pour la recherche, l’adoption d’une loi d’orientation est nécessaire pour préciser le rôle et les priorités des organismes de recherche. En outre, il faut rééquilibrer le financement public de la recherche afin de soutenir les laboratoires, diminuer le poids des contraintes administratives et valoriser le parcours doctoral.

Selon Eva Joly :

Le développement de l’innovation écologique au sein du tissu industriel est indispensable. Il faut donc augmenter les dépenses de RetD. Pour ce faire, l’effort public de recherche civile doit être plus élevé, financé en partie par une réorientation du crédit d’impôt recherche.

Il faut favoriser l’émergence des PME innovantes et créer des conditions pour un développement de la RetD privée. Eva Joly prévoit de lancer des concours d’innovation, de proposer une fiscalité incitative et d’ouvrir le dialogue entre recherche et industrie.

Les PME doivent être accompagnées financièrement, ce ne doit plus être l’apanage des grandes entreprises.

Les régions doivent tenir un rôle plus important dans la RetD et être plus actives dans l’accompagnement de l’économie locale.

Le rôle des universités tient dans la formation des cadres et dans l’exploration des frontières des connaissances. Cependant, il ne doit pas être confondu avec celui des entreprises, bien que des relations ou des accompagnements entre les deux ne soient pas exclus.

Selon Nathalie Arthaud :

La recherche doit être une priorité, de fait, il est indispensable d’injecter des fonds importants dans la recherche. Des sommes non plus soumises à la « loi du marché » et aux spéculateurs mais en réponse aux défis humanitaires et environnementaux que nous devons affronter. Et c’est l’État, plutôt que les PME privées, au travers d’un travail collectif, qui doit en être garant.

Selon Nicolas Dupont-Aignan :

Dans un premier temps, dans le but de favoriser la RetD, il faut encourager les bons élèves à choisir des métiers scientifiques en valorisant ces métiers dans la société et en termes de salaire.

Il faut renforcer la dynamique de partenariat entre les acteurs de la recherche, des entreprises et de l’enseignement. Pour soutenir les initiatives des laboratoires de recherche, une Agence de RetD, en remplacement de l’Agence Nationale de Recherche, doit être créée, tout en conservant une part du budget pour la recherche de projets innovants.

Une séparation entre la recherche et l’enseignement doit avoir lieu. L’université doit conserver son rôle de transmission de la connaissance. Les organismes de recherche doivent oeuvrer au service de l’État. Aussi, les chercheurs et les enseignants doivent être fonctionnaires.

Selon Jacques Cheminade :

Les capacités créatrices de chacun doivent être prises en compte dans l’enseignement. Il faut revaloriser les postes de sciences physiques et améliorer le salaire des doctorants.

Pour développer un tissu de PME technologiques, la création d’une banque publique d’investissement ou d’un pôle financier public comprenant un secteur spécialisé dans les PME innovantes, est prévue.

Les PME seront soulagées de 3 % sur l’impôt sur les sociétés. Pour les PME de moins de 50 salariés, l’obligation des 35 heures sera levée, les déclarations fiscales simplifiées.

Les chercheurs devront pouvoir se consacrer à l’enseignement et inversement. Un lien CNRS – universités – entreprises devra être établi : l’ensemble CNRS – universités centré sur la recherche fondamentale et les entreprises sur la recherche appliquée.

Une journée par semaine, les professeurs d’université et les chercheurs du CNRS pourront intervenir en tant que consultants dans les entreprises. Le CNRS devra par ailleurs être rajeuni.

(Source : www.votonspourlascience.fr/blog/)

Par Sébastien Tribot

 

 

Pour aller plus loin :

Découvez les fiches pratiques Techniques de l’Ingénieur :

Revue du Web #24 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du web :

 

  • Faire exploser un pétard dans un ballon de baudruche, sans faire exploser le ballon ;
  • Une vidéo en slow-motion d’un homme s’amusant avec un lance-pierre sur un service à thé ;
  • Présentation de « PAL-V One », compromis entre une voiture de sport et un autogire ;
  • Morphex, le robot sphérique hexapode ;
  • SWITL, la magie au service de la ménagère ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : la machine de Rube Goldberg la plus complexe au monde

Exploser un pétard à l’intérieur d’un ballon de baudruche

Pour débuter cette vingt-quatrième revue du web, voici une vidéo mise en ligne par un scientifique amateur américain, Scott A. Stevenson, dont la spécialité semble être l’utilisation de différents lasers dans des expériences plus ou moins scientifiques. Ici, Scott parvient à faire exploser un pétard se trouvant à l’intérieur d’un ballon de baudruche, sans faire exploser le ballon lui-même, à l’aide d’un rayon laser de couleur bleue. Dans la deuxième partie de la vidéo, plusieurs ballons de couleur différentes sont alignés, et sont soumis eux-aussi au feu du laser. Ils finissent tous par exploser rapidement, bien que le timing soit légèrement différent.
L’explication est simple : le premier ballon contenant le pétard est transparent, il n’y a donc aucun pigment pour arrêter et absorber l’énergie du rayon laser. C’est donc logiquement que la mèche du pétard prend feu, sans que le ballon n’explose au préalable. En revanche, les pigments des ballons colorés changent la donne : ceux possédant des tons bleus (les ballons violet, bleu, et vert) réfléchissent la lumière bleue du laser, et n’en absorbent pas l’énergie, alors que les ballons possédant des pigments jaunes et rouges absorbent cette lumière bleue. Ces derniers ballons chauffent plus vite, et donc éclatent plus vite que les ballons avec du pigment bleu.

L’heure du thé ?

Le time-lapse et le slow motion (ralenti) ont la particularité de pouvoir montrer les choses sous un aspect souvent totalement neuf, que ce soit dans la progression ou dans le côté descriptif / décomposition d’un mouvement. Ici, une magnifique vidéo prise en slow-motion, oscillant de 3200  images 6900 images par seconde, d’un homme utilisant un lance-pierre sur un service à thé, plusieurs œufs ainsi que quelques autres objets tous plus fragiles les uns que les autres. Le lance-pierre est chargé avec des billes et ne laisse aucune chance aux tasses et petites assiettes prenant place dans ce cadre bucolique. La vidéo a été tournée avec la désormais incontournable « Phantom Flex », une caméra numérique haute-définition dont la capture se fait à grande vitesse.

PAL-V One, compromis entre voiture et autogire :

Alors que la voiture volante « Transition » de la société américaine Terrafugia (dont nous vous parlions déjà ici) est sur le point d’être commercialisée, les Hollandais de la société PAL-V ont présenté la semaine dernière PAL-V One, véhicule semblant être le compromis entre une voiture de sport à trois roues et un autogire. L’autogire diffère de l’hélicoptère par son rotor libre qui, contrairement à l’hélicoptère, n’est pas actionné par le moteur mais est entraîné par le vent relatif qui vient de l’avant lorsque l’appareil est en translation.
Appartenant à la catégorie des ADAC (Avion à Décollage et Atterrissage Court), ce véhicule de près de 700 kilos, d’une longueur de 4 mètres pour une largeur d’1,60 mètre, a la particularité d’être plus stable qu’un hélicoptère, comme tous les autogires, car le rotor tourne à une vitesse moins élevée que celui d’un hélicoptère, le rendant ainsi moins sensible aux diverses turbulences. D’une autonomie en vol de 350 à 500 kilomètres, de 1200 kilomètres sur terre, sa vitesse maximale serait de 180 km/h qu’il soit en mode avion ou autogire. Sa commercialisation, d’après le PDG de PAL-V Robert Dingemanse, pourrait peut-être avoir lieu courant 2014, pour un prix avoisinant les 300.000 euros.

MorpHex, le robot sphérique hexapode :

L’ingénieur norvégien Kare Halvorsen a mis au point un robot hexapode télécommandé baptisé « MorpHex », réussissant à prendre différentes formes en fonction de l’usage ou du terrain. Capable de se transformer en sphère, puis de retrouver sa forme de robot hexapode à l’envi, MorpHex réussit la prouesse de pouvoir se déplacer sur ses six pattes, tel un insecte, ou de pouvoir rouler (bien que laborieusement) lorsqu’il adopte sa forme sphérique asymétrique légèrement aplatie aux pôles, comme la Terre. La structure centrale du robot est modulable, permettant au robot d’occuper plus ou moins de surface lorsqu’il est en mouvement.
Bien que très perfectible, de l’aveu même de son inventeur, la performance reste néanmoins tout à fait remarquable pour un robot « amateur ». Travaillant déjà sur la prochaine version améliorée, le Norvégien participe avec son robot au concours d’innovation organisé par la société Boca Bearing, le « Boca Bearings 2012 Innovation Competition ».

SWITL, la magie au service de la ménagère

Un an après sa présentation, le plus grand mystère plane toujours autour de l’invention de la société japonaise Furukawa Kikou, le SWITL. L’appareil serait capable de transporter des matériaux semi-liquides, d’en conserver la forme, pour les déposer sur un autre support, quasi-intacts. La vidéo, bluffante, montre l’appareil en pleine action, « soulevant » littéralement des taches de condiments tels que du ketchup, de la mayonnaise ou les deux mélangés, étalées sur un support. La société Furukawa Kikou n’a rien laissé filtrer quant aux caractéristiques et à la technologie utilisée, peut-être dans l’attente d’un dépôt de brevet.
Le principe semble simple : un plateau télescopique muni d’un petit tapis roulant réussit à se placer sous la tache, puis la soulève telle quelle, probablement grâce à la synchronisation des vitesses du plateau et du « tapis roulant », composé de téflon hydrophobe. Jugez plutôt :

Le gadget (inutile ?) de la semaine : la machine de Rube Goldberg la plus complexe au monde

Pour conclure cette vingt-quatrième revue du web, voici encore une fois un gadget totalement inutile mais particulièrement inventif mis au point par les étudiants de l’université américaine Purdue, dans l’Indiana. S’inspirant de l’œuvre prolifique et inventive de Rube Goldberg, un dessinateur et artiste américain mort en 1970, dont les installations avaient pour leitmotiv la transformation d’une tâche excessivement simple en une série de tâches complexes, impliquant la plupart une réaction en chaîne, l’équipe de Purdue a construit une machine dite « de Rube Goldberg » extrêmement complexe. Tellement complexe qu’elle a battu le record de la machine de Rube Goldberg possédant le plus d’étapes, en totalisant pas moins de 300. L’université américaine bat ainsi… son propre record. La qualité de la vidéo est, elle, plutôt médiocre.

Par Moonzur Rahman

 

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Calculer et réduire son empreinte carbone

Polluer moins, diminuer ses émissions de CO2, autant d’objectifs motivés par le grenelle de l’environnement, notamment pour les prestataires de transports.

En effet, ses derniers ont pour obligation de réaliser un bilan GES tous les trois ans, idem pour plusieurs centaines de collectivités.

Mais comment convertir une activité en kilogramme équivalent CO2 ? Pour y arriver, l’ADEME a créé une base de données recensant plus de 1300 facteurs d’émissions de CO2 (acheter une tonne de papier ou effectuer un trajet en bus par exemple), complété par un millier de données sources comme la consommation moyenne des logements ou le taux de recyclage de l’acier.

Cette base de données commune doit servir de référence à tous les acteurs de la comptabilité carbone (entreprises, collectivités, fédérations, bureaux d’études… et permettre deux objectifs. D’une part elle facilite la réalisation des bilans GES, d’autre part cette harmonisation des données permet de comparer les bilans. Pour utiliser cet outil, rendez-vous sur www.basecarbone.fr. Il suffit de s’inscrire pour accéder aux informations nécessaires à la réalisation d’un bilan GES.

Enfin, cet outil se veut participatif, et chacun peut y contribuer, sous le contrôle du comité de gouvernance de la Base Carbone® présidé par l’ADEME.

Par Audrey Loubens

Modéliser un circuit intégré en graphène, à l’aide d’un crayon ionique

Plus que jamais au centre de très nombreuses recherches et études scientifiques ces dernières années, le graphène, matériau « miracle » par excellence, est un cristal bidimensionnel de carbone composé d’une simple couche sans défaut, dont les atomes sont arrangés sous la forme d’un treillage hyper-régulier, de type rayons de nid d’abeille.

L’empilement de ces couches constitue le graphite, existant dans la nature. Le graphène est un des matériaux les plus résistants testés jusqu’à présent, il possède de remarquables qualités de conductivité et d’imperméabilité à la plupart des gaz, ce qui pourrait rendre son utilisation à l’échelle nano très intéressante. Son seul vrai défaut, et pas des moindres : sa production reste encore très problématique, et est particulièrement onéreuse.

Ce sont les fantastiques propriétés électriques de ce cristal bidimensionnel qui ont amené les scientifiques de tous bords à imaginer le futur des circuits intégrés, futur dans lequel le graphène aurait donc une place de choix. Une équipe de chercheurs de l’université de Floride a donc décidé dans cette optique de s’attaquer à l’un des obstacles majeurs à l’utilisation de ces feuilles d’un atome d’épaisseur dans la conception des circuits intégrés, à savoir comment produire le graphène de manière parfaitement fiable et à grande échelle.

Carbure de silicium (SiC)

L’équipe de scientifiques américains aurait récemment développé une nouvelle technique prometteuse de création de modèles de graphène, dont la précision du tracé pourrait se prêter idéalement à la conception et au dessin complexe d’un circuit intégré, technique s’appuyant sur un minéral presque exclusivement artificiel, le carbure de silicium (SiC). La forme monocristalline du carbure de silicium peut être considérée comme un semi-conducteur, alors que sa forme polycristalline est rangée dans la catégorie des céramiques.

L’obtention du graphène à partir du SiC, que l’on appelle graphène « épitaxié », n’a en soi rien de bien nouveau. Il suffit de chauffer sous vide le carbure de silicium, à 1300 degrés, pour que les atomes de silicium composant les couches externes du SiC s’évaporent, ne laissant alors plus que les atomes de carbone, qui finissent par se réorganiser en fines couches de graphène pur.

Ions Or et « crayon ionique »

Idéale pour créer de grandes feuilles de graphène, cette décomposition thermique présente toutefois des limites lorsqu’il s’agit d’imprimer une forme, un circuit ou un dessin précis après évaporation. Le processus de gravure ou de découpe habituellement utilisé pour la mise en forme a pour inconvénient de réduire la mobilité des électrons dans le matériau, une de ses qualités les plus précieuses.

L’idée de génie de l’équipe américaine pour limiter la croissance du graphène, et ainsi le cantonner dans les limites d’un tracé précis d’une épaisseur d’à peine une vingtaine de nanomètres, fut d’ajouter des ions Or au carbure de silicium, à l’aide d’un « crayon ionique ». Les ions Or ont la particularité de baisser d’une centaine de degrés la température à laquelle le graphène se forme, l’amenant à se former autour de 1200 degrés Celsius au lieu des 1300 degrés requis. Les ions Or laissent donc la possibilité à une fine couche de graphène de se former partout où elle est désirée, une fois le carbure de silicium porté à 1200 degrés (à cette température, le carbure de silicium pur ne forme pas de graphène), respectant ainsi le tracé exact voulu pour le circuit intégré, tracé esquissé par le crayon ionique.

Croissance sélective à plus faible température

L’utilisation de cette technique par l’équipe de l’université de Floride a permis à de créer, avec succès, des nanofils de graphène, et ce à plusieurs reprises. En affinant encore cette technique, les scientifiques espèrent pouvoir faciliter la formation et la croissance sélective du matériau miracle, mais à des températures encore moins élevées. Ces travaux ont fait l’objet d’une publication dans le journal de l’Institut Américain de Physique, « Applied Physics Letters ».

Par Moonzur Rahman

L’actualité du Graphène :

Equip’Usine, un salon pour doper le fonctionnement d’une usine

Les 18 et 19 septembre prochain se tiendra au parc des expositions EUREXPO de Chassieu (69) le salon Equip’Usine. Ce salon réunit en un seul lieu les fournisseurs de tous les secteurs d’activité utiles aux besoins quotidiens d’une usine.

On y retrouvera ainsi tous les équipements permettant de faire tourner de manière optimale l’usine, mais aussi les fournitures nécessaires à son fonctionnement quotidien, son informatique industrielle, sa logistique, sa maintenance, ainsi que tout ce qui a trait à la protection des salariés.

Equip’Usine cible l’ensemble des acteurs de l’industrie ayant un rôle décisif dans l’équipement industriel et le négoce. Il s’adresse donc aux décisionnaires et prescripteurs en achats d’équipements et de consommables pour les usines et sites industriels en recherche de solutions concrètes et immédiates, pour des investissements à court terme. Pour sa première édition, ce salon devrait rassembler environ 200 exposants.

Toutes les informations sur http://www.equipusine.com/

Par Audrey Loubens

Gaz non conventionnels

La production de gaz aux États-Unis est en croissance continue depuis 2005 alors qu’il était admis depuis une dizaine d’années que les ressources domestiques s’épuisaient. Cela a été possible par l’accès massif à des ressources dites non conventionnelles, principalement celles des gaz de schistes, à des coûts réduits par l’emploi de nouvelles technologies et de gros efforts de productivité. La recherche et l’exploitation de gaz non conventionnel sont en cours de développement dans de nombreux autres pays. Dans ce dossier, on propose une revue rapide des différents types de gaz non conventionnels : leur origine et leurs caractéristiques, leurs modes de production et les aspects environnementaux de cette production. Une synthèse des estimations actuelles de ressources de gaz non conventionnels techniquement récupérables est également proposée.

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Approche de la sûreté des réacteurs nucléaires de génération III en France

La nécessité d’une amélioration du niveau de sûreté des futurs réacteurs par rapport à celui des réacteurs existants a été progressivement actée au cours des vingt dernières années, au moins au niveau national et dans le cadre européen, avec la définition d’objectifs volontairement ambitieux concernant notamment la réduction de la probabilité de fusion du cœur et la réduction des rejets dans l’environnement. Cet article présente les objectifs et l’approche de sûreté retenus pour les réacteurs nucléaires de génération III en France. Si les grands objectifs de sûreté pour ces réacteurs font aujourd’hui l’objet d’un large consensus, leur déclinaison en termes de choix techniques de conception et d’exploitation diffère fortement en fonction des projets des constructeurs. La démonstration de la capacité de ces projets à répondre à ces grands objectifs de sûreté fait également débat. En effet, les exigences et les approches de sûreté diffèrent selon les pays en fonction de la règlementation et des pratiques historiques notamment. Sans remettre en cause le principe de souveraineté nationale, une harmonisation des pratiques en matière de sûreté nucléaire est recherchée.

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Électricité photovoltaïque – Filières et marché

Avant la fin de la première moitié de ce siècle, la conversion directe de la lumière du soleil en électricité grâce au photovoltaïque (PV) devrait franchir le seuil qui le rendra compétitif par rapport aux autres sources de production d’électricité.

Dans le dossier Électricité photovoltaïque- Principes, les principes de la conversion photovoltaïque ont été donnés. Ils incluent des notions relatives à l’énergie transmise par le soleil, des éléments de physique des semi-conducteurs, les mécanismes de conduction de charges électriques, les caractéristiques électriques fondamentales du dispositif photovoltaïque et son usage en tant que générateur de courant. En conclusion, une application pratique donne une évaluation rapide du dimensionnement d’une installation photovoltaïque.

Dans les pages suivantes, on s’intéresse aux différentes filières d’élaboration du dispositif photovoltaïque. En effet, il reste des verrous technologiques à lever relatifs à la fabrication des cellules solaires, qui sont trop gourmandes en énergie et qui ont des répercussions sur l’environnement : si la cellule photovoltaïque produit de l’électricité sans aucun rejet dans l’atmosphère, beaucoup de procédés actuels de fabrication sont proches de ceux de la microélectronique et mettent en jeu trop d’opérations qui nécessitent l’usage de produits chimiques et de gaz extrêmement toxiques. La dernière partie est consacrée à des exemples d’applications du photovoltaïque en sites isolés ou connectés à des réseaux, ainsi qu’à l’évolution du marché et des prix du kilowattheure photovoltaïque à l’horizon 2040.

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Feu à éclat ATEX

Le feu à éclats XB15 est conforme aux directives ATEX pour zones 1, 2, 21 et 22.
Il répond aux exigences pour les atmosphères explosibles et convient aux applications de signalisation lumineuse industrielle, de sécurité pour l’incendie, l’extinction, installation de Public Adress / General Alarm, PPI-POI, sonorisation et tout autre besoin de sécurité.
Son mode de protection est l’antidéflagrant (EExd), un des plus reconnus pour les zones ATEX.
Fabriquée en GRP (polyester renforcé de fibre de verre), le feu à éclats XB15 dispose d’une très grande résistance mécanique, aux produits chimiques et d’une très faible corrosion.
D’une puissance lumineuse de 15 Joules, il répond à vos besoins de signalisation lumineuse industrielle de sécurité en installation à l’intérieur, extérieur des bâtiments / unités.

Les 5 principales erreurs à ne pas commettre lorsqu’on adopte le Cloud

Pourtant, alors que chaque organisation veut une partie du cloud, toutes n’obtiendront pas les résultats qu’elles désirent. Voici les cinq principales erreurs à éviter :

1.       Ne pas opter pour le bon modèle de cloud

Les entreprises migrant vers le cloud peuvent choisir parmi les clouds publics, clouds privés, clouds communautaires ou clouds hybrides.

  1. Le cloud public : Il appartient à un fournisseur cloud et est accessible à un large public. Le principe est de payer à l’utilisation et la plateforme est partagée avec d’autres utilisateurs.
  2. Le cloud privé : Il appartient et est déployé par une organisation pour sa propre utilisation puisqu’elle en est la seule et unique propriétaire.
  3. Le cloud communautaire : Il est partagé en coopération par plusieurs organisations, souvent de la même industrie.
  4. Le cloud hybride : Il mixe les modèles de déploiement cloud énumérés ci-dessus, permettant aux applications et données de passer facilement d’un cloud à l’autre.

Chaque type de déploiement en matière de cloud a ses avantages. Les facteurs à considérer avant l’adoption sont : le niveau de criticité des applications que l’entreprise veut basculer dans le cloud ; les questions de réglementation et de conformité ; les niveaux de services (SLA) nécessaires ; les modes d’utilisation selon les charges de travail ; et la manière dont les applications doivent être intégrées aux autres fonctions de l’entreprise.

2.       Ne pas intégrer la sécurité cloud dans sa politique de sécurité d’entreprise

Vos politiques de sécurité cloud et sécurité d’entreprise doivent être intégrées. Au lieu decréer une nouvelle politique de sécurité pour le cloud, renforcez plutôt vos politiques de sécurité existantes en considérant cette plateforme supplémentaire. Pour modifier vos politiques cloud, vous devez tenir compte des facteurs suivants: où sont stockées les données, comment elles sont protégées, qui en a accès, mais aussi la conformité avec les règlementations, et les niveaux de services SLA.

Lorsqu’elle est correctement effectuée, l’adoption du cloud computing peut être une occasion d’améliorer vos politiques de sécurité et votre position globale de sécurité.

3.       Compter sur la sécurité de son fournisseur de services cloud

Ne pensez pas que vos données soient automatiquement sécurisées parce que vous utilisez un fournisseur de services. Vous devez faire un examen complet de la technologie et des processus de sécurité du fournisseur, et vérifiez la manière dont ils sécurisent vos données et leurs infrastructures. Plus précisément, vous devriez examiner :

  • La transportabilité des données et applications : votre fournisseur vous permet-il d’exporter  les applications, données et processus existants dans le cloud ? Pouvez-vous  les importer de nouveau aussi facilement ?
  • La sécurité physique des centres de données : Comment les fournisseurs de services protègent leurs centres de données physiques ? Utilisent-ils des centres de données certifiés aux normes SAS 70 Type II? Comment  leurs opérateurs de centres de données sont-ils formés et qualifiés ?
  • La sécurité des accès et des opérations : Comment votre fournisseur contrôle l’accès aux machines physiques? Qui est en mesure d’accéder à ces machines, et comment sont-elles gérées ?
  • La sécurité du centre de données virtuel : L’architecture cloud est la clé de l’efficacité. Sachez comment les parties individuelles telles que les nœuds de traitement, nœuds du réseau et nœuds de stockage sont architecturés, et comment elles sont intégrées et sécurisées.
  • La sécurité des données et des applications : Pour mettre vos politiques en application,  la solution cloud doit vous permettre de définir des groupes et rôles avec un contrôle d’accès basé sur le rôle précis, des règles de mots de passe et une encryption des données appropriées (en transit et à l’arrêt).

4.       Supposer que vous n’êtes plus responsable de la sécurisation des données

Ne pensez jamais que l’externalisation de vos applications ou systèmes signifie que vous n’êtes plus responsable en cas de violation de données. Certaines PME ont cette fausse idée mais sachez que votre entreprise est toujours au bout du compte responsable  vis à vis de ses clients et de tout autre partie prenante lorsqu’il s’agit d’inviolabilité des données. Autrement dit, c’est votre CEO qui risque d’aller en prison, et non le fournisseur cloud.

5.       Ne pas savoir quelles lois locales s’appliquent

Les données qui sont en sécurité dans un pays peuvent ne pas l’être dans un autre. Cependant, dans de nombreux cas, les utilisateurs des services cloud ne savent pas où sont stockées leurs informations. Actuellement dans le processus d’harmonisation des lois sur les données de ses états membres, l’Union Européenne favorise la protection très stricte de la vie privée, tandis que les lois américaines, telles que l’US Patriot Act, permettent au gouvernement et autres organismes d’avoir un accès quasi illimité aux informations appartenant aux entreprises.

Sachez toujours où sont vos données. Si nécessaire, stockez vos données dans plusieurs endroits. Il est conseillé de choisir une juridiction qui vous permet d’accéder à vos données même si votre contrat avec votre fournisseur cloud se termine de manière inattendue. Le fournisseur de services devrait également vous donner l’option de choisir l’endroit où vos données seront stockées.

Par Christophe Auberger, Responsable Technique chez Fortinet

L’invisibilité, bientôt à la portée du monde scientifique ?

L’étude la plus récente et la plus significative dans ce domaine a récemment été publiée par la prestigieuse revue scientifique Science [1] et a été menée en collaboration par des chercheurs espagnols (responsables de la partie théorique) et slovaques (responsables de la partie expérimentale). L’équipe de scientifique a en effet réussi à rendre un cylindre « invisible » pour un champ magnétique donné. Le matériel disposé à l’intérieur de ce cylindre était donc indétectable dans les limites imposées par l’expérience.

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques arrivent à rendre un objet indétectable, cependant les résultats atteints jusqu’ici étaient incomplets, exacts d’un point de vue théorique mais imparfaits dans leur réalisation. Alvaro Sánchez, chercheur du groupe Electromagnétisme du département de Physique de l’Université Autonome de Barcelone (UAB) explique en détail le principe de l’expérience réalisée à l’Institut d’Ingénierie Electrique de l’Académie des Sciences de Slovaquie.

L’instrument expérimental est un cylindre constitué de deux couches concentriques. Lorsque ce cylindre est placé dans un champ magnétique, il ne perturbe pas les lignes du champ, ne crée pas d’ombre ni de réflexion, ce qui rendrait un objet situé à l’intérieur de ce cylindre indétectable. Le champ magnétique utilisé est un champ magnétique statique comme celui que peut créer un aimant. Le cylindre ne procure ainsi la soi-disant invisibilité que pour un champ magnétique donné.

Les deux couches utilisées – l’une supraconductrice, l’autre ferromagnétique permettent de compenser réciproquement les distorsions que chacune produit sur le champ magnétique extérieur. L’effet global est un champ magnétique complètement nul à l’intérieur du cylindre et aucune distorsion du champ magnétique à l’extérieur.

Le cylindre utilisé dans l’expérience mesure un centimètre mais le chercheur assure que le résultat ne dépend pas de la taille et qu’il est théoriquement possible de reproduire cette expérience à l’échelle du mètre. Cette « cape d’invisibilité magnétique » relativement facile à fabriquer pourrait se développer pour différentes applications comme par exemple servir de bouclier magnétique à un stimulateur cardiaque ou des implants auditifs lorsqu’une personne doit se soumettre à des examens de résonance magnétique.

Il reste encore un grand pas à franchir avant de construire une cape d’invisibilité à la Harry Potter. Ce cylindre ne fonctionne que pour un champ magnétique bien particulier. Or, l’invisibilité, telle qu’elle s’entend, doit s’effectuer sur une multitude de champs électromagnétiques, de fréquences variables, simultanément. De quoi ajouter de très nombreuses composantes au problème ! Il faudrait trouver des matériaux permettant de généraliser les effets mis en avant dans l’expérience présentée ici. S’il existe des possibilités théoriques pour concevoir un tel matériau, sa réalisation pratique semble pour le moment toujours largement hors de portée.

[1] Experimental Realization of a Magnetic Cloak, Fedor Gömöry, Mykola Solovyov, Carles Navau, Jordi Prat-Camps, Alvaro Sanchez, Science 23 March 2012, Vol. 335 no. 6075 pp. 1466-1468 , DOI: 10.1126/science.1218316 – http://redirectix.bulletins-electroniques.com/OYhxz

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69799.htm)

Les vraies leçons de management de Steve Jobs

Dans son article, Walter Isaacson revient sur la manière dont Steve Jobs a géré ses affaires. Pour lui, sa réussite ne tient pas seulement à sa personnalité mais à quelques principes de base que Steve Jobs a développés et appliqués tout au long de sa carrière d’innovateur et de manager. Je vous livre une synthèse des 14 principes énoncés par Walter Isaacson.

  • FOCALISATION SUR L’ESSENTIEL

Quand Steve Jobs est retourné chez Apple en 1997, la société produisait une multitude d’ordinateurs et de périphériques. Steve Jobs a simplifié les catalogues en deux gammes de produits, portable et ordinateur de bureau, pour deux types d’utilisateurs, grand public et professionnels.  Pour Steve Jobs « décider de ce qu’il ne faut pas faire est aussi important que décider de ce qu’il faut faire ». Chaque année, Steve Jobs réunissait les cent personnes les plus importantes d’Apple et demandait quelles seraient les dix choses à faire prochainement. Une fois les dix sélectionnées, Steve demandait de n’en garder que trois.

  • SIMPLIFICATION

Pour Steve Jobs, les produits devaient être simples à utiliser et simples à comprendre. Steve Jobs a appris à aimer la simplicité quand il a travaillé sur le premier jeu d’ATARI, deux instructions suffisaient alors pour apprendre à utiliser le jeu. Néanmoins, la simplicité ne s’acquière qu’à l’issue d’un énorme travail de conception. Durant la conception de l’interface de l’iPod, Steve Jobs essayait de couper des fonctionnalités à chaque réunion. Pour lui, tout devait être accessible en trois clics. Quand il a suggéré de supprimer le bouton on/off, tout le monde a d’abord été choqué, pour finalement se rendre à l’évidence de l’inutilité de ce bouton. En élaborant un écosystème technique, Steve Jobs a pu reléguer les fonctions les plus complexes sur itunes avec l’ordinateur pour simplifier l’iPod.

  • PRENDRE EN CHARGE TOUTE L’EXPÉRIENCE UTILISATEUR

Pour Steve Jobs, le producteur doit prendre toute la responsabilité de l’expérience utilisateur. De la vente de ses produits en passant par le matériel, les logiciels et les périphériques, toutes ces composantes doivent être soigneusement liées ensemble pour procurer une expérience utilisateur optimale. « Les gens n’ont pas le temps, ils ont autre chose à faire que de penser comment intégrer leurs appareils ensemble », disait Steve Jobs. Cette prise en charge de l’expérience utilisateur était liée à sa personnalité très autoritaire mais aussi à sa passion pour la perfection et les produits élégants.

  • ÊTRE EN AVANCE DE PHASE

Il ne s’agit pas seulement pour une entreprise de développer les nouvelles idées mais aussi de sauter à la prochaine quand celles-ci sont dépassées. Lors de la conception de l’iMac, Steve Jobs a développé les logiciels utiles pour gérer la vidéo et la photographie en négligeant la musique, allant même jusqu’à omettre la fonction gravure de CD. Il ne s’est pas contenté de rattraper son retard à la version suivante mais il a inventé une nouvelle façon de gérer la musique avec l’association de itunes et du ipod. Par la suite, il a été beaucoup plus loin dans la téléphonie, n’associant pas seulement l’ipod et le téléphone, mais créant un véritable compagnon numérique avec les Apps.

  • METTRE LE PRODUIT AVANT LES PROFITS

Seve Jobs ne recherchait pas dans un premier temps le profit. La recherche de l’optimisation financière à tout prix tue l’innovation. Lors de la conception du Macintosh, il écrivait sur le tableau blanc « pas de compromis ».  Cela a abouti a une machine très coûteuse, difficilement vendable, mais elle a marqué son époque et a positionné clairement Apple dans la révolution de la micro-informatique. Pour Steve Jobs, quand le marketing et les ventes prennent le pouvoir dans une entreprise, les profits sont condamnés à long terme. La priorité est de faire des bons produits innovants et les profits suivent.

  • NE PAS ÊTRE ESCLAVE DE SON CLIENT

Pour Steve Jobs, « le consommateur ne sait pas ce qu’il veut tant qu’il n’a pas vu le produit ». Les études de marché et les focus groupes sont inutiles. Il préfère aux études l’observation et l’intuition de ce que les clients veulent. Steve Jobs se considère comme un focus groupe à lui tout seul : il a fait les produits qu’il voulait et que ses amis voulaient. Dans les années 2000, Steve Jobs sentait bien que les appareils de musique portable étaient en décalage avec les vrais besoins des clients. Il voulait pour lui un appareil simple qui pouvait contenir des milliers de musique dan la poche. Il l’a fait et on connaît le succès de l’iPod.

  • TORDRE LA RÉALITÉ

Steve Jobs avait le don (ou la malédiction) de mettre les gens dans des situations impossibles. Phénomène que ses collègues ont appelé « champ de distorsion de réalité », en référence à un épisode de Star Trek. Et ça marche. Quand Steve Jobs a embarqué Steve Wozniak dans l’aventure de la création du jeu Breakout, Wozniak demandait un mois de délai. Sous la pression de Jobs, il l’a développé en 4 jours. Steve Jobs pensait que les règles ordinaires de la vie ne pouvaient s’appliquer à lui-même et ses équipes. Il poussait ses collaborateurs à faire l’impossible car ils ne réalisaient pas que c’était impossible. En cas de contestation, il trouvait les arguments. Lors de la conception du Macintosh, il a poussé Larry Kenyon a faire démarrer le système d’exploitation en moins de 30 secondes au prétexte que pour l’ensemble des utilisateurs, cela ferait économiser un siècle de vie d’attente chaque année.

  • IMPUTER UNE SENSATION GLOBALE

Le troisième principe de la doctrine Steve Jobs après Focus et Empathy, était Impute. Pour lui, la première impression d’un produit est essentielle, d’où l’importance d’investir dans le design, le packaging et la présentation sur le point de vente. Tout doit contribuer à donner l’impression que la machine est accessible, « friendly », le design de la machine, le design du système et le packaging qui est aussi une expérience tactile.

  • POUSSER A LA PERFECTION

La recherche de la perfection doit conduire la conception de tout produit. Steve Jobs était capable de mettre en pause la conception et le lancement d’un produit s’il sentait que ce n’était pas parfait. Il a fait refaire tout le design de l’iphone, mettant à la poubelle des mois d’effort, car les premières versions intégraient un bord en aluminium autour de l’écran, trop masculin selon Steve Jobs. De même, il a été jusqu’à faire redessiner la carte mère du Macintosh pour qu’elle soit belle alors que la machine ne pouvait pas être ouverte. Cela semble excessif pour la majorité des personnes, mais la perfection se voit, se ressent, et finalement, cela a contribué aux succès des produits d’Apple. Steve Jobs agissait comme un artiste, ses produits étaient ses créations.

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(Source : Isaacson Walter, The real leadership lessons of Steve Jobs, Harvard Business Review n°90 (4), Avril 2012)

 

Par Guy Parmentier, TheInnovation.eu

 

Guy Parmentier

Chercheur en management de l’innovation, Guy Parmentier effectue des recherches sur la gestion de l’innovation avec les communautés d’utilisateurs et l’entreprise face aux mondes virtuels.

Passionné d’innovation, avant de passer à la recherche et au conseil à l’innovation, il a géré successivement des projets éditoriaux dans l’édition de beaux-livres, la production de jeu vidéo et une start-up sur la conception et la gestion des personnages virtuels.

Aujourd’hui, il apporte ces multiples compétences au service de la recherche sur le terrain, de l’enseignement et de l’accompagnement de projets d’innovation.

Ce blog lui permet aussi de contribuer au Web 2.0 en publiant réflexions et analyses sur le management de l’innovation.

 

 

Pour aller plus loin :

Découvez les fiches pratiques Techniques de l’Ingénieur :

 

 

 

Lithographie par laser appliquée à des structures 3D

Le DiLL. C’est le nom choisit par le nouveau procédé de prototypage mis au point par la société allemande Nanoscribe GmbH, plus précisément le Dip-in Laserlithografie. Protégé par un brevet, ce dispositif de lithographie fonctionnant par écriture laser directe permet de fabriquer des structures complexes en trois dimensions, avec une précision atteignant l’ordre du nanomètre.

Classiquement, lorsque l’intensité du laser dépasse un certain seuil, un processus d’absorption à deux photons prend place, déclenchant une réaction de photopolymérisation dans le volume focal du faisceau. Mais Nanoscribe repousse encore les limites de la photolithographie avec son nouveau système qui ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine des réalisations 3D à l’échelle nanométrique : désormais il devient possible de créer des structures de grande hauteur.

En effet,  maintenant la lentille baigne dans un liquide photorésistant qui sert aussi de matériau photosensible. De nouvelles géométries deviennent enfin accessibles, via un simple pilotage par ordinateur. Cette nouvelle prouesse technique trouve des applications  en photonique, microfluidique ou encore en biologie cellulaire.

A découvrir en image (en anglais) :

Par Audrey Loubens