Cloud : l’État soutient le projet Andromède porté par SFR et Bull

Le cloud computing français révèle bien des surprises. Quelques temps auparavant, Orange, Thalès et la Caisse des Dépôts confirmaient la création d’une co-entreprise dédiée à l’infrastructure de cloud computing. Sous le nom de « projet Andromède », cette société française bénéficiait du soutien de l’État, via le Fonds national pour la Société Numérique (FSN), à hauteur de 75 millions d’euros. À présent, c’est au tour de son concurrent, le tandem SFR-Bull, de toucher cette aide. La raison de ce double investissement de l’État ? Laisser toutes ses chances au cloud computing à la française. Il faut dire qu’à l’heure actuelle, la France a presque dix ans de retard sur les États-Unis.

Les deux projets disposeront d’un financement propre de 225 millions d’euros chacun, soit un cumul de 450 millions d’euros dédié au cloud français.

Concernant la répartition du capital, SFR en détiendra 47 %, contre 20 % pour Bull et 33 % pour la Caisse des Dépôts. Quant au projet concurrent, la répartition est plus ou moins la même :  Orange 44,4 %, Thalès 22 % et la Caisse des Dépôts 33 %. Le projet Andromède prévoit la création de 400 emplois, dont 300 ingénieurs en R&D et techniciens supérieurs, contre 1 000 pour le consortium privé Orange-Thalès.

L’objectif est de permettre aux entreprises et administrations qui le souhaitent, d’accéder à « une gamme de services de cloud computing sécurisés couvrant les besoins en ressources informatiques, des plus courants aux plus critiques ». Les questions de sécurité sont au premier plan, notamment en ce qui concerne la souveraineté des données dans le secteur de la défense.

Les deux partenaires ont annoncé leur volonté d’un écosystème « ouvert » pensé pour s’adapter aux systèmes d’information des entreprises et organisations afin de faciliter leur transition vers le cloud. Au travers d’un réseau de partenaires étendu, la société fonctionnerait en indirect. Dans les 18 mois qui viennent, des data centers de nouvelle génération devraient être construits. De sorte que « l’énergie numérique soit produite par tous les types de partenaires : intégrateurs, éditeurs, industriels du hardware comme HP ou IBM, mais aussi pour les opérateurs télécoms », précise Pierre Barnabé, directeur général de SFR Business Team.

D’ici 2015, SFR-Bull espère détenir 15 % du marché français, estimé à 2,5 milliards d’euros. Au-delà du simple marché français, les ambitions sont européennes, voire internationales, puisque la volonté affichée est clairement de concurrencer des entreprises telles que Google, Amazon, ou encore Microsoft. Il s’agit d’un enjeu majeur pour le gouvernement, d’un point de vue compétitivité dans le domaine du stockage de données, directement associé à l’économie et au développement durable.

Par Sébastien Tribot

 

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NI présente son nouveau contrôleur NI PXIe-8115

Voici donc un nouveau contrôleur embarqué. Le PXI Express 3U se veut en effet deux fois plus performant en terme de puissance de traitement mais propose aussi de nouveaux périphériques : six ports USB 2.0, deux ports dédiés à l’affichage pour la connexion de plusieurs écrans, deux ports Gigabit Ethernet, ainsi que des ports GPIB, série et parallèles, permettent par exemple d’optimiser l’utilisation des emplacements d’un châssis PXI pour les modules de mesure.

Le NI PXIe-8115  possède aussi une mémoire DDR 3 1333 de 2 Go extensible jusqu’à 8 Go pour des applications nécessitant beaucoup de mémoire. Combiné au châssis NI PXIe-1082, ce contrôleur convient particulièrement à l’analyse intensive, au traitement de signaux et d’images et à l’acquisition de données haute vitesse. Le NI PXIe-8115 possède encore un atout : la technologie Turbo Boost d’Intel. Elle permet d’augmenter automatiquement la fréquence d’horloge en fonction du type d’application.

Sa capacité à fonctionner en mode double cœur ou monocœur hautes performances en fait un outil idéal pour le contrôle industriel et les tests automatiques hautes performances notamment. Enfin, le contrôleur NI PXIe-8115 permet d’effectuer des diagnostics de la mémoire ROM et du disque dur, d’où une maintenance facilité et un temps d’immobilisation réduit.

Par Audrey Loubens

Nouvelle norme sur l’aménagement durable des quartiers d’affaires

La philosophie de la future norme : De l’amélioration du cadre de travail et de vie jusqu’à la lutte contre le changement climatique, via une meilleure intégration des Quartiers d’affaires dans le tissu urbain et le territoire environnant, la future norme se veut de qualité. Elle définit ce qu’est un Quartier d’affaires et précise les questions de gouvernance en présentant concrètement comment élaborer une politique d’aménagement durable. Diagnostic initial, identification des enjeux, élaboration d’un plan d’action, mise en œuvre et fonctionnement puis évaluation : toutes les étapes clés, complétées des bonnes questions à se poser, sont présentées dans une approche d’amélioration continue.
 
Cette norme, qui pourra faire l’objet d’une évaluation de la part d’un organisme tierce partie, permettra de comparer les performances des Quartiers d’affaires en matière d’aménagement durable et de renforcer ainsi leur attractivité économique.
Le Quartier d’affaires, existant ou à venir, est analysé tout au long de son cycle de vie d’un point de vue environnemental, économique et social. Les impacts peuvent ainsi être évalués selon des critères précis.

Qui peut intervenir dès aujourd’hui ?

Aménageurs, investisseurs, constructeurs, promoteurs et bailleurs sont particulièrement concernés par la norme, mais également les collectivités locales et les entreprises situées dans les Quartiers d’affaires, ou leur fournissant des services. Tous sont invités dès maintenant à consulter le texte, afin de l’enrichir de leurs commentaires :
Pour découvrir la future norme et donner son avis (jusqu’au 30 juillet 2012)

Petit historique

La norme, aujourd’hui proposée en enquête publique, a été réalisée sur la base d’un guide, publié par l’ISO en 2011, proposant des principes généraux de gestion du développement durable dans les Quartiers d’affaires et une méthode pour les mettre en œuvre et améliorer leur performance.
Des aménageurs et des entreprises ont sollicité AFNOR en avril 2011.

Leur volonté était de disposer d’un document contribuant à l’harmonisation des référentiels existants afin de disposer d’une base commune pour améliorer, évaluer et comparer les performances des Quartiers d’affaires. Plusieurs grands acteurs* sont engagés depuis pour élaborer une famille de normes répondant aux besoins spécifiques des Quartiers d’affaires. Ces travaux sont présidés par Anne-Marie Roméra, Directrice du Département Economie et Développement Local à l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile-de-France.
 
L’enquête publique est la dernière étape avant la publication de la norme. Tout un chacun peut émettre son avis sur le contenu de la norme en cours de définition. Les commentaires seront remis à la commission en charge du projet qui en étudiera la pertinence en septembre, à l’occasion d’une réunion où tous les contributeurs seront invités.
 

Des lobbyistes demandent plus d’efforts sur l’efficacité énergétique des bâtiments

Les normes sur l’efficacité énergétique en Europe font l’objet de débat depuis un an. Dans ces discussions, l’adaptation des constructions aux normes environnementales est centrale. Selon la Commission, les bâtiments représentent 40 % de la consommation d’énergie et génèrent 36 % des gaz à effet de serre.

Des déchets comme matériaux de construction

Rendre les habitations et les entreprises plus efficaces, et l’énergie qui les alimente plus durable, sont deux objectifs mentionnés dans nombre de textes européens. L’objectif de l’UE est de réduire la demande énergétique des constructions résidentielles et commerciales de plus de 80 % d’ici 2050.

Ceci passe par une meilleure isolation, et par des conceptions écologiques (l’utilisation de déchets comme matériau de construction, par exemple). Bruxelles souhaite ainsi réduire l’empreinte environnementale des nouvelles constructions. Pour Adrien Joyce, directeur d’EuroACE, un lobby bruxellois d’entreprises pour l’efficacité énergétique des bâtiments, l’Europe doit faire des efforts « de toute urgence ». Lors d’une conférence sur la construction durable, qui s’est déroulé à Amsterdam à la mi-mai, il a appelé à l’accélération des améliorations pour les constructions, qu’elles soient neuves ou anciennes.

1,2% des bâtiments rénovés chaque année

« En faisons-nous assez pour relever les défis de la durabilité ? La réponse est non », s’est interrogé M. Joyce, qui est aussi architecte. Cependant, les bâtiments ne sont que très lentement rénovés en Europe. Seuls 1,2 % des bâtiments sont modernisés chaque année. Le taux de nouvelles constructions est encore moins élevé. Il atteint 1 %, selon les chiffres du secteur. Près de 9 structures existantes sur 10 seront encore debout en 2050.

Objectifs contraignants

En juin 2011, la Commission a fait une proposition de directive qui présente des mesures contraignantes. Pour M. Joyce, ces dernières sont impératives. L’UE manque l’occasion de faire de l’efficacité une « mine » énergétique du futur, a-t-il affirmé. Sans ces objectifs contraignants en faveur de la conservation par exemple, l’Europe n’atteindra pas ses objectifs pour 2050. Les gouvernements qui ont décidé de supprimer les subventions destinées aux énergies renouvelables sous le coup de l’austérité ont commis une erreur, a-t-il ajouté.

Occasions manquées

De plus, d’autres occasions de réduire l’empreinte environnementale des habitations et des bâtiments commerciaux tout en développant les énergies renouvelables ont peut-être été manquées. D’après Oliver Rapf, dirigeant du BPIE, une organisation qui évalue les constructions en Europe, le cadre réglementaire de l’UE sur la construction durable a eu des résultats mitigés, notamment en raison du grand nombre de règles et de normes, contraignantes ou non, et de leur non-respect. « C’est l’un des grands points faibles de ces normes : leur respect n’est pas dûment contrôlé », a expliqué M. Rapf à EurActiv. Une meilleure intégration des politiques qui relèvent à présent des lois et des objectifs sur l’utilisation des terres et l’efficacité des bâtiments (notamment la directive européenne relative à la performance énergétique des bâtiments, les règles de construction et les normes régissant les marchés publics) pourraient combler certaines lacunes en matière de mise en oeuvre, selon M. Rapf.

Fonds européen pour la rénovation

« Il est clair que nous avons besoin d’un cadre politique intégré pour que toutes les pièces du puzzle s’emboîtent de manière intégrée », a-t-il expliqué. L’organisation de M. Rapf a publié l’année dernière un rapport (en anglais) qui explique que le pétrole et le gaz naturel restent les sources d’énergie dominantes pour les habitations en Europe du Sud, du Nord et de l’Est. Le charbon, dont l’exploitation génère des gaz à effet de serre, est la première source utilisée en Europe centrale et orientale. A elles seules, les habitations représentent 68 % de la consommation d’énergie finale des bâtiments. Le rapport préconise la création d’un fonds européen visant à encourager la rénovation, et à établir des exigences contraignantes. Le cadre réglementaire de l’UE devrait être réorienté et plus ambitieux. « Il faut faire des efforts importants pour transposer la réglementation européenne dans les droits nationaux et l’appliquer, afin d’encourager une rénovation profonde des bâtiments », peut-on encore lire dans ce rapport.

Source : EurActiv.fr

Ouverture du premier restaurant certifié HQE Construction

Le restaurant de Revel en Haute-Garonne est un exemple de la politique ambitieuse menée par McDonald’s en matière d’environnement depuis plus de 15 ans. Eau, énergie, déchets, biodiversité, confort et qualité sanitaire – tous les grands enjeux ont été pris en compte dans cette construction.

Cette certification intervient après la première certification HQE™ Exploitation d’un restaurant, également attribuée à McDonald’s, pour le restaurant de Plaisance-du-Touch. Il s’agit de la première fois en France qu’un restaurant obtient la certification NF Bâtiments Tertiaires – Démarche HQE™ (Haute Qualité Environnementale) Construction, attribuée par Certivéa, filiale du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment. Cette certification, qui récompense la réduction des impacts environnementaux de l’ensemble du projet en prenant en compte les différentes étapes de la vie du bâtiment et de ses utilisateurs, vient formaliser le très haut niveau de performance du restaurant, ce dernier étant aligné sur les critères du référentiel HQE™ d’octobre 2011, à la fois le plus récent et particulièrement exigeant.

« La certification HQE™ Construction est une grande fierté pour mes équipes et moi-même, et nous sommes très heureux de recevoir ce certificat, tant pour l’action en faveur de l’environnement de vie de nos clients qu’en récompense de notre mobilisation », a déclaré Didier Ragot, franchisé du restaurant de Revel.

Un cahier des charges particulièrement exigeant

Pendant le chantier, afin d’atteindre un faible impact environnemental, McDonald’s s’est engagé à réduire les nuisances sonores et visuelles, et la quasi-totalité des déchets, eux-mêmes fortement diminués, a été recyclée. Une vérification des performances thermiques du gros oeuvre a été par ailleurs réalisée, de manière à déceler à temps les éventuelles défaillances et ainsi à y remédier. Le choix des produits, matériaux et procédés de construction a été également pensé dans l’objectif d’optimisation des impacts environnementaux (bilan Carbone® des matériaux de construction, des COV (Composés Organiques Volatils)) et formaldéhyde des matériaux de construction en contact avec l’air intérieur et utilisation de bois certifié non toxique et provenant de forêts gérées durablement.

Afin de préserver la ressource en eau, des urinoirs, dits « secs », ont été installés dans les toilettes hommes ; ce dispositif permet une économie d’eau équivalente à la consommation d’une famille de 4-5 personnes par an. La récupération des eaux de pluie contribue par ailleurs pour moitié aux besoins en eaux des sanitaires et l’arrosage des espaces verts. L’ensemble de ces mesures a permis de réduire la consommation en eau du bâtiment de 50% (par rapport à un bâtiment standard). Le restaurant dispose des technologies les plus efficaces en matière d’approvisionnement en énergie : le toit du restaurant est équipé de 81 m2 de panneaux photovoltaïques qui produiront assez d’électricité pour couvrir 60% des besoins de l’éclairage de l’ensemble du restaurant, extérieurs inclus.

Les équipements de chauffage et de climatisation des locaux par air pulsé utilisent des pompes à chaleur de haute performance, intégrant les derniers progrès de cette technologie. A noter en particulier l’usage d’une pompe à chaleur géothermique pour l’eau chaude sanitaire. La totalité des dispositifs d’éclairage, intérieurs ou extérieurs, est à haut rendement lumineux (ampoules basse consommation ou LEDs fonctionnant au regard de la luminosité extérieure). En complément, un système sophistiqué de sous-comptage, qui permet une analyse détaillée des consommations par type d’usage, optimise le fonctionnement des équipements et réduit encore les dépenses inutiles, tout en détectant les éventuelles défaillances et consommations anormales.

un bilan électromagnétique complet réalisé

Concernant la préservation de la biodiversité, toutes les surfaces hors bâti, voiries, terrasses et parking ont été agrémentées d’une végétation locale, non invasive, non allergène et propice au développement de la biodiversité locale. En parallèle, des fossés de réinjection pour les eaux pluviales dans les nappes phréatiques ont été creusés, et aménagés en zones de biodiversité protégée. Enfin, pour nos clients et le personnel, la qualité sanitaire de l’air intérieur a fait l’objet d’une attention particulière avec notamment le contrôle des teneurs en formaldéhyde et COV des revêtements intérieurs.

Par ailleurs, un bilan électromagnétique complet a été réalisé. Celui-ci démontre que les normes et recommandations usuelles sont largement respectées, et, notamment que les équipements de cuisine émettent peu, de part une conception très étudiée. C’est après l’audit des 14 cibles du référentiel que le restaurant McDonald’s de Revel a reçu la certification NF Bâtiments Tertiaires – Démarche HQE™ – Construction.

« Cette certification vient récompenser les efforts entrepris par McDonald’s France pour réduire l’empreinte environnementale de ses restaurants. En relevant ce défi technique nous dressons notre feuille de route pour nos futurs restaurants », a souligné Alain Velut, Directeur Construction nationale de McDonald’s France.

Patrick Nossent, Président de Certivéa a par ailleurs salué cet engagement : « cette première Certification HQE obtenue en phase réalisation sur la base du référentiel dit « Générique » publié fin 2011, démontre la pertinence de celui-ci pour des bâtiments jusqu’alors non couverts par la certification. Elle ouvre la voie aux acteurs des secteurs de la restauration qui souhaitent comme McDonald démontrer leur engagement environnemental. »

Bâtiment et environnement

Chaque mois, la rédaction de la Veille Actualité vous propose de redécouvrir les bases documentaires des Techniques de l’Ingénieur.

Le Grenelle de l’environnement RT 2012 après la RT 2005 bouleverse considérablement les bases de la construction mais aussi les règles de l’urbanisme. La nouvelle manière d’aborder la construction comprend l’environnement immédiat et le cycle de vie de tous les éléments constructifs avec leur déconstruction et leur recyclage.

Dans cette base documantaire spécial construction, découvrez :

  •     Tous les concepts et informations nécessaires et utiles pour un «acte de construire responsable» dans le cadre des nouvelles contraintes réglementaires et sociétales,
  • Comment «construire avec le site», en tenant compte de l’emplacement de la construction; optimiser l’emplacement des pièces,
  • Une aide à l’amélioration de l’efficacité énergétique : maîtrise de l’énergie et énergies renouvelables.

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Nanotechnologies et nanomatériaux pour la construction – Génie civil — ouvrages d’art

La France compte environ 7 000 km d’autoroutes et 12 000 km de routes nationales. Le réseau de routes départementales et communales – dit « réseau secondaire » – avoisine, pour sa part, le million de kilomètres. Le réseau ferré de lignes à grande vitesse (LGV) approche désormais les 2 000 km, tandis que le réseau ferroviaire électrifié classique avoisine les 15 000 km. Ces infrastructures linéaires s’enchevêtrent grâce à 230 000 ponts routiers et 50 000 ponts ferroviaires. Elles requièrent plus de 50 000 murs de soutènement et sont rendues plus directes grâce au percement de près de 1 000 km de tunnels, routiers ou ferroviaires.

Avec 10 % de notre électricité d’origine hydraulique et près de 80 % d’origine nucléaire, nous possédons également plus d’un millier de barrages de toute taille et une soixantaine de centrales nucléaires. Et le réseau d’assainissement de nos eaux usées, quasi-totalement enfoui, est aussi dense que la France de surface.

Ce patrimoine énorme, essentiel pour la bonne marche du pays, repose essentiellement, à l’exception de la route, sur l’utilisation du béton et de l’acier (le premier contenant d’ailleurs une bonne dose du second). La place du béton pourrait encore augmenter avec son introduction éventuelle dans la construction de lignes ferroviaires à très grande vitesse (LTGV), en substitut du ballast. Ce patrimoine demande à être surveillé, entretenu et réparé. La tendance à la prolongation de la durée de vie des ouvrages ne fait que renforcer ce besoin de durabilité. Par ailleurs, le béton est l’objet d’une quête de performances mécaniques de plus en plus élevées – évolution justifiée par les défis à relever et aussi par le gain de matière et, dans certaines circonstances, de surface utile que cette amélioration permet – et de mise en œuvre de plus en plus rapide. Compte tenu de la nature physico-chimique du béton ou, plus exactement, de son liant – le ciment Portland – la maîtrise de ces questions relève dans une large mesure des nanosciences.

Le patrimoine routier repose pour sa part, du moins dans notre pays, sur un béton particulier dans lequel le liant n’est autre que du bitume. Ce béton particulier, qualifié d’« enrobé bitumineux », peut prendre des formes variées, plus ou moins compactes, comme son homologue cimentaire. Le bitume est lui-même, et de plus en plus, un produit formulé. Sa mise en œuvre et ses propriétés dépendent de la maîtrise de la matière à l’échelle moléculaire et supramoléculaire.

Ce dossier est consacré aux évolutions que les nanosciences et les nanotechnologies (« NS & NT ») peuvent apporter, non seulement aux deux liants – ciment Portland et bitume – qui viennent d’être mentionnés – et à leurs bétons, mais aussi, plus généralement, à la conception, à l’auscultation et au suivi des ouvrages, y compris de la route.

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Performance énergétique des bâtiments existants – Études de cas

Cet article se situe dans le contexte de la directive européenne de décembre 2002 traitant de la performance énergétique des bâtiments neufs et existants, ainsi que dans le contexte renouvelé de la réduction drastique de la consommation énergétique des bâtiments consécutif au Grenelle de l’environnement.

La directive européenne 2002/91/CE sur la performance énergétique des bâtiments a été adoptée par le Parlement européen et le Conseil de l’union européenne le 16 décembre 2002 et publiée au Journal officiel des communautés européennes le 4 janvier 2003. Cette directive impose aux états membres l’adaptation de leur réglementation énergétique aux bâtiments existants et aux spécificités régionales.

L’article s’inscrit dans le cadre des travaux de transposition de la directive dans la réglementation française, pour ce qui concerne les bâtiments anciens, en référence au considérant n° 10 de la Directive. Par ailleurs, à la suite du Grenelle de l’Environnement, le comité opérationnel « Rénovation des bâtiments existants » a proposé des objectifs et des perspectives d’action de niveau d’exigences élevées.

L’objectif de cet article est de proposer deux études de cas permettant d’appréhender la caractérisation de la performance énergétique des bâtiments existants. Il expose un outil d’aide à la décision développé par l’Agence Internationale de l’Energie pour la caractérisation et la réhabilitation énergétique des bâtiments d’enseignement. Puis, il présente une autre étude visant à la caractérisation de la performance énergétique des bâtiments anciens. Cet article sera complété par un article décrivant le modèle numérique en cours d’élaboration, pour approcher la performance énergétique du bâti ancien et illustré par des suivis expérimentaux sur sites.

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Le nombre : la construction de notre réel

[Cet article a été publié initialement sur le blog MyScienceWork]

On peut imaginer que lorsque les hommes des premières civilisations sortaient leurs bêtes pour les faire paître, ils mettaient dans un sac un galet pour chacune d’entre elles. Ainsi, de retour au village, ils pouvaient s’assurer qu’aucune ne manquait à l’appel en retirant du sac un galet pour chaque bête. Cette méthode, dite de bijection, dénote une certaine notion de la quantité et de l’égalité, mais nous sommes encore loin du nombre au sens où on l’entend, car avant d’acquérir une intelligibilité indépendante de sa représentation physique, un grand travail d’abstraction a été nécessaire.

Comme beaucoup d’animaux, l’homme possède dès l’enfance une notion innée du nombre : il sait comparer deux quantités, et comprend qu’en ajoutant quelque chose à un ensemble celui-ci sera plus grand. Mais si la compréhension du nombre et l’acquisition d’un langage sont innées, l’expression du nombre relève en revanche de la construction linguistique. Par exemple, le point commun entre deux oiseaux et deux gouttes d’eau est leur quantité, mais pour préciser cette quantité et inventer le mot «deux», il faut d’abord faire abstraction de la nature des quantités mises en jeu. Dénombrer deux oiseaux comme deux gouttes d’eau n’a donc rien d’évident.

OU on the BBC: The Search For Life – The Drake Equation (cc)

L’homme a développé un langage propre capable d’exprimer le nombre. Il a fallu des millénaires à l’humanité pour passer de la notion de quantité aux nombres. En tant que langage, celui-ci est une création pratique motivée par la nécessité de communiquer sur les quantités. Les nombres entiers en sont l’exemple le plus simple : ils permettent le dénombrement des bêtes d’un troupeau ou de faire l’inventaire des ressources, deux activités vitales pour la survie des premiers hommes. Or, comme tout langage, les nombres véhiculent une certaine vision du monde. Ils révèlent et conditionnent notre rapport au réel. Les pythagoriciens avaient bâti toute leur représentation du monde sur les entiers et les rapports d’entiers. Ils virent leur univers s’effondrer lorsqu’il fut démontré qu’aucun entier ou rapport d’entiers ne pouvait mesurer la longueur de la diagonale d’un carré de côté 1 (c’est-à-dire la racine carrée de deux). En effet, le travail d’abstraction ne s’est jamais arrêté, et aujourd’hui, plus personne n’est choqué par la racine de deux. A chaque nouveau problème, c’est en fournissant un effort d’abstraction supplémentaire que l’homme a fait progresser sa conception du nombre, et donc du réel.

Les nombres négatifs furent introduits en occident vers l’an 1000 pour rendre possible n’importe quelle soustraction. Aujourd’hui couramment utilisés, ils ne furent pourtant pas facilement acceptés. Comment une quantité d’oiseaux ou de gouttes d’eau pourrait-elle être négative? Et que dire des nombres complexes, apparus au XVI ème siècle, qui font intervenir la racine carrée de nombres négatifs ? Pendant longtemps, ils ont été considérés comme des artifices calculatoires sans réalité physique. Pourtant en physique quantique, leur usage s’avère indispensable, car certains objets, comme la fonction d’onde, ne peuvent être décrits sans leur concours. Les nombres complexes ont alors acquis à nos yeux une réalité physique.

Ainsi, à chaque nouvelle étape de la construction du nombre, l’homme s’est interrogé sur leur nature et sur leur réalité. Par exemple, les sumériens ne connaissaient pas le chiffre zéro, et les grecs anciens ne considéraient pas le 1 comme un nombre, car pour eux, un, c’était « l’être » lui-même, et non une quantité. C’est en faisant fi de la nature des quantités qu’ils posent alors la question de leur réalité. Des nombres négatifs aux nombres réels, la capacité d’abstraction de l’homme lui a permis de transcender cette question et d’accomplir de nombreux progrès, à tel point que l’homme utilise maintenant des nombres si loin de notre expérience quotidienne qu’ils semblent au profane totalement contraires au bon sens. Aujourd’hui, les sciences cognitives nous offrent un regard inédit sur la question : il ne s’agit plus de philosopher, mais d’étudier directement notre rapport au nombre et à la réalité. Nous avons d’ores et déjà certaines pistes mais ces explorations n’en sont qu’à leurs débuts,  et les prochains développements devraient s’avérer passionnants.

par Flavien Decarreaux / Blog MyScienceWork

[Cet article a été publié simultanément sur le blog MyScienceWork et sur le blog Naked science du collectif d’étudiants du club de journalisme du CRI qui publie mensuellement un numéro regroupant des articles, un portrait de thésard, une interview dans un laboratoire, un micro-trottoir…]

My ScienceWork

Le blog My ScienceWork est dédié à l’actualité multidisciplinaire de la recherche. L’équipe MyScienceWork vous invite à découvrir ses articles d’actualité/recherche/portrait/opinion en français et en anglais.

Cas d’étude : Microsoft ou comment une multinationale américaine a su se « franciser » ?

A l’initiative du club Communication & Marketing de l’Adetem, Constance Parodi, directrice de la communication corporate de Microsoft France, a expliqué le 4 mai la stratégie enclenchée depuis plusieurs années pour passer d’une perception compliquée à une intégration harmonieuse dans l’écosystème français. Synthèse des faits saillants d’un renversement d’image réussi.

Du Microsoft « yankee » au Microsoft à la « française »

Au fil du temps, Microsoft a été perçu comme une entreprise impéraliste. Particulièrement en France.

Lorsqu’est tombé le verdict du classement Viavoice pour Ogilvy et Le Monde sur l’utilité sociétale des grandes entreprises en France, la filiale française de Microsoft a esquissé un large sourire. Non seulement elle pénétrait dans le Top 10 avec 76% d’opinions la jugeant utile à la société française mais elle était en plus la seule compagnie d’origine étrangère à intégrer le haut du classement. Toutes les autres étaient en effet tricolores, La Poste, EDF et SNCF trustant le podium aux côtés de la RATP, Michelin, GDF Suez, Auchan, Air France et Caisse d’Epargne. Excusez du peu !

Pourtant, ce résultat très satisfaisant ne doit rien au hasard mais à un engagement de longue haleine engagé au milieu des années 2000. A l’époque, Microsoft n’est guère en odeur de sainteté en France comme dans le monde. L’image disruptive des « tennis shoes billionaires » incarnés par des gamins géniaux férus d’informatiques ayant envie de changer le monde comme Bill Gates et Paul Allen appartient désormais à un passé révolu. Terminé aussi l’engouement médiatique pour Microsoft qui avait fait vaciller la domination sans partage de l’immense corporation d’IBM au début des années 90.

Microsoft est dorénavant une multinationale enregistrant une croissance époustouflante et accumulant des milliards de dollars grâce à ses systèmes d’exploitation et ses logiciels informatiques propriétaires sur le marché du numérique. Cette puissance ne tarde guère à cristalliser les critiques les plus acerbes.

« En France, Microsoft a atteint un fort niveau d’adversité tant dans l’opinion publique que chez les influenceurs et les décideurs » se souvient Constance Parodi, « Un niveau exacerbé de surcroît par l’allergie française à tout ce qui peut être interprêté comme une mainmise américaine sur les richesses des autres pays. Autant dire que tous les ingrédients étaient réunis pour être perçu comme une entreprise uniquement obsédée par ses propres bénéfices ».

S’ouvrir et dialoguer

Le siège d’Issy-les-Moulineaux témoigne de l’ancrage français de Microsoft.

Implanté depuis quasiment 30 ans dans l’Hexagone, Microsoft affrontait donc des vents contraires d’une ampleur inédite affectant chaque fois un peu plus la réputation du géant originaire de Seattle. Plutôt que de s’arquebouter sur son credo corporate et se retrancher derrière sa puissance inégalée de n°1, Microsoft a alors décidé d’amorcer une politique d’ancrage local encore plus prononcé pour souligner progressivement sa contribution à l’écosystème numérique, économique et culturel français.

Un pari audacieux tant les grandes corporations mondiales ont généralement plutôt tendance à privilégier le marteau à messages pour imposer leurs vues qu’écouter leur environnement proche et bâtir des territoires d’expression et de dialogue communs. « Dès le milieu des années 2000, nous avons donc engagé un programme d’actions pour nous rapprocher de l’écosystème tricolore et approfondir notre ancrage local » explique Constance Parodi.

C’est ainsi qu’un gros dispositif de soutien aux start-ups nationales a été mis sur pied en 2005. L’initiative a rencontré un tel succès en France que très vite le concept a été décliné par la maison-mère à travers le programme mondial baptisé BizSpark et animé dans les premiers temps par … un microsoftee français, Julien Codorniou (passé depuis chez Facebook).

Dans le même registre, Microsoft a lancé dès 2002 « Imagine Cup », une compétition aujourd’hui internationale, qui s’adresse à des étudiants informatiques et des élèves ingénieurs pour concevoir des produits numériques innovants. Là aussi, le succès est au rendez-vous et les participants affluent au fil des ans au point de révéler des talents comme Kobojo, une start-up hexagonale devenue un des leaders européens actuels de l’industrie des jeux numériques sur différentes plateformes sociales. Kobojo rassemble aujourd’hui plus de 10 millions de joueurs sur la planète chaque mois.

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Par Olivier Cimelière / Le blog du Communicant 2.0

 

Olivier Cimelière

Après avoir été reporter en presse écrite et en radio à la sortie de son école de journalisme (CELSA), Olivier s’est orienté vers la communication d’entreprise au sein de grandes entreprises internationales dans successivement le secteur pharmaceutique (Bœhringer Ingelheim), le secteur alimentaire (Nestlé Waters) et le secteur des technologies de l’information et de la communication (Ericsson & Google). Olivier compte plus de 20 ans d’expérience professionnelle en communication, relations presse et réseaux sociaux. Il anime en outre un blog personnel sur la communication, l’information, la réputation et la distorsion d’image : www.leblogducommunicant2-0.com. Il est l’auteur d’un essai intitulé « Journalistes, nous avons besoin de vous ! « 

A quelles expositions professionnelles sommes-nous confrontées ?

Développés par l’INVS et ses partenaires (Direction générale du travail, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, Centre de recherche et de développement en informatique médicale et Laboratoire santé travail environnement), le portail Exp-Pro est destiné à toutes les personnes concernées par la prévention et la surveillance des risques professionnels, comme les médecins du travail.

Elles pourront donc consulter des tableaux associant les expositions aux emplois pour une période donnée, accéder aux bases documentaires spécifiques des expositions professionnelles aux fibres du programme Ev@lutil (amiante et fibres minérales artificielles), se familiariser avec le codage des professions et des secteurs d’activité grâce à l’outil CAPS (détermine le code le plus pertinent à associer à un intitulé de profession ou de secteur d’activité), ainsi qu’utiliser des tables de correspondance entre les codes issus de nomenclatures différentes.

Les tableaux ou matrices emplois-expositions sont issus de deux programmes, Matgéné  et Sumex2. Le premier concerne la réalisation de matrices emplois-expositions adaptées à la population générale française, prenant en compte tous les secteurs d’activité et toutes les professions depuis les années 1950 jusqu’à aujourd’hui et recensant les expositions aux poussières minérales (ciment, silice) et organiques (cuir, farine), aux solvants (pétroliers et chlorés) et aux fibres (amiante, laines minérales). Le deuxième s’est focalisé sur les expositions de 50 000 salariés français en 2003 pour 71 agents chimiques, 18 familles de nuisances chimiques et 3 nuisances physiques.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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Un poisson robot capable de guider les bancs de poissons

Les chercheurs de l’Institut pour l’environnement marin côtier du Conseil national des recherches d’Oristano en Sardaigne (Iamc-Cnr), en collaboration avec l’Institut polytechnique de l’Université de New York (Nyu-Poly), ont pensé et créé un poisson robot, puis testé la réaction comportementale des poissons lors de sa présence. Les résultats de l’étude ont démontré que, dans des conditions déterminées, le robot est accepté comme leader par les poissons, qui le suivent dans ses mouvements. La recherche conduite par Stefano Marras (Iamc-Cnr) et Maurizio Porfiri (Nyu-Poly), a été publiée dans la revue  » Journal of the Royal Society Interface « .

 » Le robot, réalisé par la Nyu-Poly, a été testé alors qu’il nageait avec des poissons dans un tunnel à différentes vitesses de flux’, explique Stefano Maras.  » En utilisant des techniques de vélocimétrie d’images de particules numériques, nous avons démontré comment le mouvement biomimétique du robot réussissait à créer des conditions de turbulence telles que les poissons tendent à se positionner dans son sillage, de manière à profiter de l’avantage hydrodynamique et réduire ainsi les coûts énergétiques liés à la nage « .

Les études conduites jusqu’à aujourd’hui sur les interactions entre robotique et biologie marine avaient utilisé un poisson robot entrainé mecaniquement dans un environnement statique.  » Le coté innovant de cette recherche consiste à avoir fait interagir les poissons avec un robot qui imite artificiellement les caractéristiques des organismes vivants, aussi bien dans leurs fonctions que dans leurs mouvements, dans un environnement similaire à celui naturel « , poursuit le chercheur.  » La possibilité de contrôler le poisson artificiel, en modulant son mouvement, permet d’observer les réactions du banc de poissons et d’en tirer des informations utiles sur les comportements de groupe suivis par les espèces ».

La validation de l’expérience en milieu naturel, et suivi du robot dans divers contextes environnementaux, ouvriraient de nouvelles perspectives de protection et de conservation des espèces marines en danger.  » L’éloignement des bancs de poissons des zones contaminées par des fuites de pétrole, ou le contournement des digues qui empêchent le parcours migratoire pour la reproduction sont seulement quelques exemples de nuisances dont les poissons pourraient s’acquitter en suivant les robots « , explique Stefano Marras.

Télécharger la video :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/uQO3D/

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69944.htm)

Nanos : un plombage qui tue les bactéries et reminéralise la dent

Régénérer la structure d’une dent abîmée par une carie, tout en se débarrassant des bactéries nocives qui pourraient encore se nicher dans la dent cariée : c’est le pari ambitieux que s’est lancé une équipe de chercheurs du département dentaire de l’université américaine du Maryland, à Baltimore, dont la trouvaille pourrait bien révolutionner le milieu de la dentisterie.

Dirigée par le professeur Huakun Hockin Xu, PhD, enseignant et directeur du département bio-matériaux et ingénierie tissulaire de l’université du Maryland, spécialiste en régénération osseuse et en restaurations dentaires, l’équipe de chercheurs a choisi pour ce faire de s’orienter vers un nouveau composite, en lieu et place du conventionnel plombage qui ne sert en général qu’à limiter la propagation de la carie. Lorsqu’il prend place dans la cavité dentaire, le composite limite non seulement la propagation de la carie, mais permet aussi de contrôler la flore bactérienne coexistant naturellement dans les colonies de micro-organismes à l’intérieur même de la bouche.

Carie dentaire

Une carie dentaire est une maladie infectieuse de la dent extrêmement courante chez l’homme, caractérisée par une lésion de l’émail et de la dentine. Elle résulterait « d’un déséquilibre dans la flore bactérienne du biofilm présent à la surface de la dent suite à un changement brutal de l’environnement local », d’après Laurence Brousseau et Camille LeGoff et leur livre « Les déterminants de la carie ». La carie s’attaque d’abord à l’émail, puis en fonction de son degré d’avancement, s’attaque à la dentine puis à la pulpe, faisant évoluer l’ensemble vers une pulpite, puis vers une nécrose pure et simple de la pulpe.

« Une carie signifie que le contenu minéral de la dent a été partiellement dissous par les acides organiques sécrétés par les bactéries résidant dans le biofilm à la surface de la dent », précise le professeur Huakun Xu. « Ces micro-organismes convertissent les glucides en acides altérant les minéraux formant la structure dentaire », ajoute-t-il.

Apprêt et adhésif

Après qu’un dentiste ait nettoyé une dent cariée à l’aide d’une fraise, la cavité dentaire contiendrait encore et toujours du résidu bactérien. D’après le professeur Xu, il est souvent presque impossible pour un dentiste d’enlever tout la partie infectée d’une dent, rendant la neutralisation des bactéries et de leurs effets nocifs particulièrement importante. « C’est le rôle que joue ici le nanocomposite », explique-t-il.

L’équipe de chercheurs a donc conçu un apprêt dentaire contenant des agents antibactériens, utilisé par les dentistes pour préparer une cavité nettoyée, combiné à un adhésif permettant au plombage une adhésion optimale aux tissus dentaires. « La raison pour laquelle nous voulions des agents antibactériens au sein de l’apprêt et de l’adhésif est qu’ils forment la première couche couvrant la surface interne de la dent et les très nombreux tubules dentinaires », perpendiculaires à la surface, et contenant un fin prolongement cytoplasmique des odontoblastes. Selon le professeur Xu, la principale raison d’un échec lors d’une restauration dentaire serait l’apparition de caries secondaires à la marge de la restauration dues aux bactéries restantes, problème a priori résolu par l’application de l’apprêt et de l’adhésif que son équipe aurait mis au point.

Nanocomposite à base de phosphate de calcium

L’élément clé du nanocomposite et de l’apprêt-adhésif nanostructuré serait le phosphate de calcium, composant la partie minérale des os et des dents, ici sous forme de nanoparticules qui régénèrent les minéraux de la dent. Le composant antibactérien est composé d’une base d’ammonium quaternaire, dérivé de l’atome d’azote et connu pour être bactéricide et fongicide, ainsi que de nanoparticules d’argent, le tout à un pH élevé. En effet, un pH alcalin neutralise l’excès d’acidité engendré par les bactéries présentes dans la flore buccale.

Le plombage en nanocomposite élaboré par l’université du Maryland, combiné à l’apprêt et à l’adhésif antibactériens, devrait pouvoir avoir une durée de vie bien plus longue que les habituels dix années observées pour un plombage traditionnel, selon une estimation de l’équipe du professeur Wu. Leur découverte, bien que nécessitant des travaux complémentaires, a néanmoins été testée en laboratoire, à l’aide de biofilms provenant de la salive de quelques volontaires. La prochaine étape devrait amener les scientifiques à tester le plombage et l’apprêt sur des animaux et des volontaires humains, en partenariat avec l’université fédérale de Ceara, au Brésil.

Par Moonzur Rahman, journaliste scientifique

La base Biotox dédiée à la surveillance biologique vient d’être mise à jour

L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a actualisé sa base de données Biotox. Celle-ci dresse l’inventaire des dosages biologiques disponibles en France et des laboratoires susceptibles de les réaliser.

Cet outil est une synthèse facilement accessible élaborée sous forme d’une base de données, indispensable aux médecins du travail désireux de mettre en place une surveillance biologique des expositions aux agents chimiques.

La mise à jour concerne principalement les valeurs de référence de la population générale et de la population professionnellement exposée, la notion d’accréditation pour les dosages de la plombémie et les données scientifiques des monographies substances et dosages de Biotox.

Pour consulter la base Biotox : http://www.inrs.fr/accueil/produits/bdd/biotox.html

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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Les mines abandonnées, au service de la géothermie

Travailler à la mine était, et est toujours, un travail harassant, non seulement parce que creuser et tirer le précieux minerai de la terre, pour enfin le transporter à la surface était un travail extrêmement physique et fatigant, mais aussi à cause de la température ambiante, relativement élevée en raison de la chaleur émise naturellement par les roches à une telle profondeur. S’emparant d’une idée qui n’a rien de nouveau, un groupe de chercheurs canadiens de l’université McGill, à Montréal, a décidé d’avoir une approche systématique quant à la quantité de chaleur pouvant être tirée des mines de charbons abandonnées, afin de servir de complément de chauffage en période normale, voire même de chauffer complètement de nombreux foyers canadiens en période creuse.

Selon leurs travaux, publiés dans la dernière édition du Journal of Renewable and Sustainable Energy, lié au prestigieux Institut Américain de Physique, chaque kilomètre de mines fermées ou abandonnées pourrait fournir environ 150 kilowatts de chaleur, suffisamment pour chauffer par exemple de cinq à dix foyers canadiens en période creuse.

« Potentiel d’énergie géothermique »

Notant qu’un certain nombre de communes au Canada ou en Europe utilisaient d’ores et déjà l’énergie géothermique provenant de mines en tous genres, les chercheurs de l’université canadienne se sont efforcés à développer un modèle générique qui pourrait être utilisé par les ingénieurs afin de prédire ce qu’ils appellent le « potentiel d’énergie géothermique » d’une mine en fonction de sa localisation, de sa profondeur, de sa longueur, ainsi que du type de terrain et de si elle est inondée ou non. Aucune approche systématique de cette envergure n’avait encore été entreprise à ce jour.

Mines inondées

Le gros de leurs travaux concerne l’analyse de la quantité de chaleur générée par les mines inondées. Dans de telles situations, l’eau naturellement chaude présente dans les profondeurs de la mine peut être pompée à la surface et, une fois la chaleur utilisée, on laisse l’eau « rafraichie » s’y engouffrer à nouveau. Afin de rendre le système viable et pérenne, les chercheurs canadiens ont tenu compte du temps nécessaire aux roches de la mine pour réchauffer à nouveau l’eau déjà utilisée. Leur modèle peut aussi être utile pour déterminer le comportement thermique d’une mine en fonction de plusieurs scénarios d’extractions.

« Les mines abandonnées requièrent un contrôle constant et onéreux. L’utilisation géothermique de ces mines pourrait compenser leurs coûts tout en aidant l’industrie minière à redevenir viable. », explique Seyed Ali Ghoreishi Madiseh, à la tête de l’équipe universitaire. Il estime que près d’un million de Canadiens pourraient bénéficier de l’énergie géothermique, soulignant qu’un pays plus densément peuplé, tel que le Royaume-Uni -ou la France-, pourrait en tirer un bénéfice encore plus grand.

L’utilisation de l’énergie géothermique aide à réduire les émissions de dioxyde de carbone, et n’est pas dépendante des conditions climatiques. Elle permet également de réhabiliter des installations existantes, ne pollue pas l’environnement immédiat de la mine, et devrait pouvoir être rentable à terme.

Par Moonzur Rahman

Des défis de sécurité apparaissent avec le lancement de l’IPv6

Le monde a déjà eu un avant-goût du nouveau protocole en Juin dernier, lors de la Journée Mondiale IPv6. Mené par l’Internet Society, plus de 1 000 sites Internet, entreprises high-tech et FAI ont été encouragés à passer collectivement à l’IPv6 durant une période de 24 heures pour “tester” le protocole et essayer d’anticiper les problèmes techniques qui pourraient se produire lors du lancement officiel.

Le 6 Juin 2012, les principales organisations high-tech et leaders du Web tels que Google, Facebook et Yahoo!, entre autres, basculeront vers le nouveau protocole Internet lors du lancement mondial officiel.

Et la transition devient de plus en plus nécessaire. Le protocole actuel IPv4, qui supporte environ 3,7 milliards d’adresses, a simplement épuisé le stock d’adresses disponibles, en partie du fait de l’explosion des appareils mobiles. Mais l’IPv6, de son côté, a une capacité illimitée d’adresses ce qui lui permet de s’adapter à une infrastructure mobile et Internet mondiale en pleine croissance.

Cependant, avec le lancement imminent du protocole mondial IPv6, les chercheurs et professionnels de l’IT anticipent certains défis, en particulier en matière de sécurité

L’aspect novateur et le manque de connaissances relatifs au protocole IPv6 feront qu’il y aura forcément des erreurs de configuration, des problèmes de compatibilité et autres maladresses d’implémentation. Il n’existe pas les connaissances institutionnelles sur l’IPv6 que l’on a sur l’IPv4, qui a été utilisé depuis des décennies et offre une vaste base de connaissances.

Mais peut être que le plus important défi en matière de sécurité est que de nombreux appareils de sécurité réseau sont capables de transférer le trafic IPv6, mais pas de l’inspecter. Et, comme l’IPv6 est activé par défaut sur de nombreuses plateformes réseaux actuelles – tel que Windows 7 – ces systèmes sont déjà installés sur le réseau.

Gérer le risque

La plupart des systèmes qui n’ont pas l’IPv6 activé ont la capacité de contourner ce problème en encapsulant les paquets IPv6 d’en-têtes IPv4. Ils lisent l’en-tête, mais ne peuvent pas lire le contenu du paquet en lui-même. Ils ne peuvent donc pas faire l’inspection approfondie habituelle des paquets, et transfèrent donc juste les paquets. C’est seulement quand ils ont une implémentation dual stack, qu’ils peuvent autoriser les fonctions de sécurité réseau à simultanément traiter et inspecter les paquets provenant à la fois des protocoles IPv4 et IPv6.

Plusieurs constructeurs de sécurité offrent cette fonctionnalité – mais pas tous – et c’est justement l’un des risques auxquels sont confrontés les professionnels de la sécurité réseau aujourd’hui. Ils doivent s’assurer que leurs produits de sécurité peuvent inspecter le trafic IPv6. S’ils peuvent seulement transférer le trafic IPv6, ces produits pourraient également transférer le contenu malveillant.

Même avec une implémentation dual stack, les organisations ont néanmoins besoin de vérifier si elles ont les mêmes fonctionnalités de sécurité activées pour le protocole IPv4 que pour l’IPv6. Dans le cas contraire, les appareils de sécurité réseau sont susceptibles de laisser passer des éléments critiques du trafic malveillant qui pourraient potentiellement compromettre le réseau.

Certaines des politiques et technologies sur lesquelles vous comptez peuvent uniquement fonctionner en IPv4 et non en IPv6, et créent ainsi les déficits de votre couverture de sécurité. Cependant, mettre à jour l’infrastructure de sécurité réseau pour permettre le transfert à l‘IPv6 n’est pas un projet simple et prendra probablement des années pour être complètement abouti. C’est pourquoi de nombreuses organisations, faisant face à des mises à jour matérielles qui sont potentiellement longues et onéreuses, n’ont pas prévues d’adopterl’IPv6 de si tôt.

Pourtant, les entreprises ne vont pas pouvoir éviter l’IPv6 encore trop longtemps. Suite au lancement du 5 Juin, beaucoup plus de trafic IPv6 atteindra leurs réseaux. Lorsque l’IPv6 représentera 5 à 10 pourcents de vos données – plutôt qu’une fraction de pourcent comme a l’heure actuelle – éviter les mises à jour nécessaires va devenir beaucoup plus difficile à justifier. Les DSI vont donc devoir se pencher sur ce problème rapidement.

Par Christophe Auberger, Responsable Technique chez Fortinet

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AGENDA : Colloque « Ingénieurs et scientifiques artisans du futur » le 22 juin 2012

Quelle voix les ingénieurs et les scientifiques doivent-ils apporter dans les débats de société ? Avec quelles exigences ? Dans quel cadre doivent-ils se positionner et agir ? Quel impact ont leurs valeurs et leur éthique dans l’interaction entre technique, économie, société et environnement ?

A travers deux tables rondes, les intervenants illustreront, par leur expérience, comment et pourquoi ils se sont engagés, et quelle place tient l’éthique dans leur appréhension des responsabilités et de la prise modérée de risques, caractéristiques de l’exercice du métier d’ingénieur et inhérentes à sa formation.

Face à un monde en constante évolution, la science, la technologie et l’éthique restent des points solides d’ancrage. A l’aide de témoignages, de retour d’expériences vécues sur le terrain, avec de nombreux échanges entre intervenants et participants, ce colloque souhaite proposer aux ingénieurs et aux scientifiques, jeunes ou moins jeunes, une approche qui les aide à prendre conscience des enjeux et à y réagir.

Programme :

– 8h : Accueil

Colloque animé par Jean-Yves Cashgha, journaliste à RFI

– 8h30 : Ouverture du colloque par Julien Roitman, Président du Conseil National Ingénieurs et Scientifiques de France

Introduction par Jean Paul Delevoye, Président du Conseil Economique Social et Environnementale

– 9h : Table ronde numéro 1 « Ingénieurs et scienfiques : des acteurs engagnés »
La campagne électorale a souligné l’importance de trois enjeux : l’entreprise, l’innovation et le futur énergétique. Adresser ces enjeux nécessite une implication forte des ingénieurs et des scientifiques, certains d’entre eux s’engageant dans les différentes instances décisionnelles du pays. La mobilisation générale des ingénieurs et des scientifiques, comme leur intelligence collective au service de la société, sont décisives pour réussir ce rendez-vous avec l’Histoire !
Au travers d’expériences personnelles d’engagement bénévole ou professionnel, chacun des intervenants illustrera comment, avec leurs compétences, les ingénieurs peuvent s’engager au service de la société et accompagner son évolution.

Intervenants :

Fabienne KELLER Sénatrice
Nicolas MOVIO Bureau BNEI Expérience humanitaire
François GOULARD Député, Président du CG du Morbihan Ancien Ministre
Pierre COUVEINHES CGIET-MEIE Rédacteur en Chef Annales des Mines
Roland VARDANEGA Président Société des Ingénieurs Arts et Métiers

– 10h : Questions/Echanges avec la salle

– 10h30-11h : Pause

– 11h : Table ronde numéro 2 « Ingénieurs et scienfiques à la barre »

Portés par ce nouvel élan politique, les ingénieurs et les scientifiques deviennent des acteurs clés dans la définition et la mise en oeuvre des grandes stratégies industrielles, éducatives, environnementales… Maintenant à la manoeuvre, à eux de se donner les moyens d’exercer leurs responsabilités, de mettre l’éthique au coeur des décisions et de l’action, de démontrer qu’on peut conjuguer réussite et progrès.
Au travers de leurs parcours, les intervenants exposeront les moyens nécessaires à la mise en oeuvre de leur savoir-faire, afin de pouvoir agir au service de la Cité.

Intervenants :

Claudie HAIGNERE Présidente UNIVERSCIENCES Ancien Ministre
Jean Yves ROSSI Président CANTON-Consulting
Jacques LEWINER Directeur scientifique honoraire ESPCI ParisTech
Ambroise FAVRIE Président BNEI
Jean-François MINSTER Directeur scientifique TOTAL

– 12h : Questions/Echanges avec la salle

– 12h30 : Conclusion du colloque avec Anne Lauvergeon

Clôture du colloque avec Julien Roitman

La manifestation sera suivie d’un cocktail.

Informations pratiques :

Inscription en ligne (obligatoire) sur le site www.cnisf.org (rubrique agenda)

Lieu : Palais d’Iéna au siège du Conseil Economique Social et Environnemental – 9 place d’Iéna – 75016 Paris.
L’accès au CESE étant soumis à un contrôle, votre inscription en ligne est donc obligatoire (après vous être identifié par le site). Nous vous remercions par avance de vous munir d’une pièce d’identité.

Attention, le nombre de places est limité.

Pour en savoir plus :

http://www.cnisf.org/upload/pdf/colloque_iesf_au_cese_22.06.2012_programme_preliminaire_v22.pdf

Organisateurs :

INGENIEURS ET SCIENTIFIQUES DE FRANCE
Organe représentatif de la profession – Reconnu d’Utilité Publique depuis 1860
7 rue Lamennaiis
www.cnisf.org

BUREAU NATIONAL DES ELEVES INGENIEURS
Fédération des BDE des écoles d’ingénieurs
14 passage Dubail – 75010 PARIS
75008 PARIS
www.bnei.org

 

 

 

 

 

 

Le graphène, bientôt détrôné par un nouveau matériau

Des travaux menés au MIT parus dans Nano Letters révèlent qu’un film mince de bismuth-antimoine présenterait des similitudes, en termes de propriétés électroniques, avec le graphène. L’enjeu est de taille car le graphène, matériau récent, possède des propriétés exceptionnelles très convoitées en électronique : c’est un semi-conducteur de gap nul avec une mobilité électronique impressionnante ainsi qu’une capacité d’auto-refroidissement.

Seul problème, la fabrication du graphène est très coûteuse. Or, un film mince de bismuth-antimoine serait moins onéreux, tout en proposant les avantages du graphène. Avec un flux d’électron des dizaines de fois plus rapide que dans des puces de silicium, ces films minces pourraient donc trouver des applications dans les prochaines générations de puces électroniques, pour des générateurs thermoélectriques ou encore des refroidisseurs.

Néanmoins, tous ces résultats sur les films bismuth-antimoine dérivent uniquement de simulations et de modélisations théoriques. Il est donc nécessaire de tester ces films en réel avant de valider officiellement leur potentiel.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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Un revêtement fonctionnel et innovant par arc plasma

Dans le processus de conception d’un produit, le revêtement possède désormais une place clé, tout autant que la technologie utilisée, et se trouve être un moteur d’innovation permanent. Ces différents revêtements peuvent offrir une protection durable contre la rouille, les rayures, et contre l’humidité. Ils peuvent aussi améliorer les qualités d’adhérence du produit ou protéger une surface contre les bactéries. Les nano-revêtements, qui ont le vent en poupe, proposent un très large panel d’applications nouvelles et variées qui ne manquent pas d’intéresser les industriels.

Les méthodes d’application des nano-revêtements se sont peu à peu améliorées, glissant doucement vers des techniques de dépôt toujours plus puissantes, faciles et polyvalentes. La technique initiale impliquait la succession de très nombreux trempages dans différentes solutions, impliquant également des temps de dépôt relativement importants.

L’évolution de ces méthodes vers une vaporisation du revêtement « couche par couche » a été vécue comme un tournant décisif, permettant un gain de temps important et de fantastiques avantages logistiques, réduisant les coûts de production et la pollution engendrée. Le dépôt de nano-matériaux, sous forme de couches minces dont l’empilement se fait avec une précision nanométrique et dont le séquençage et la nature des matériaux pulvérisés influent sur les propriétés du produit, a à son tour évolué vers la pulvérisation plasma.

Conditions de pression atmosphérique

Le professeur Jörg Ihde et son confrère Uwe Lommatzsch, de l’institut allemand IFAM de Brême (Technologie de production et recherche appliquée sur les matériaux ), affilié au prestigieux Fraunhofer-Gesellschaft, se sont concentrés sur cette dernière technique de pulvérisation et ont développé un nouveau procédé fonctionnel à des conditions de pression atmosphérique, compatible avec une production à l’échelle industrielle. Les techniques sous vide étaient limitées par le prix exorbitant des unités, la taille réduite des composants à traiter et par le temps d’application relativement long.

Persuadés qu’il devait y avoir une alternative, ils se sont associés avec la société allemande Plasmatreat GmbH, spécialistes en traitement de surface par plasma, pour faire face aux problèmes survenant dans des conditions de pression atmosphérique, notamment empêcher les particules indésirables de s’incruster dans le revêtement.

Diffuseur pour torche plasma

L’élément central de leurs travaux est un diffuseur plasma, pas plus grand qu’une bombe aérosol, mais bourré de technologies et autorisant un travail d’une grande précision, rapide et peu onéreux. « Nous maitrisons suffisamment cette méthode, ce qui nous permet d’utiliser le même diffuseur pour appliquer des revêtements aux propriétés diverses », explique Jörg Ihde. La petite quantité de matériau nécessaire, ainsi que la possibilité d’utiliser cette technique pour une très grande variété de surface font partie des avantages évidents, tout comme la facilité d’intégration du procédé à une chaîne de production.

Pulvérisation plasma

Le mode opératoire de la pulvérisation plasma est assez simple : le matériau servant au revêtement, ici sous forme de poudre, est soufflé dans la flamme plasma (le terme « plasma » désigne un gaz conducteur, dissocié et partiellement ionisé) par le biais d’un gaz vecteur. Le matériau est alors fondu et projeté à très grande vitesse et avec une très grande énergie sur la pièce à traiter, qui ne reçoit alors que la phase gazeuse du matériau, d’une épaisseur variant généralement de quelques nanomètres à quelques micromètres.

La destruction de la molécule de départ dans le plasma en de nombreux fragments hautement énergétiques, réagissant les uns avec les autres sur la surface de la pièce, finit par former une couche plus ou moins réticulée alors que le matériau de base ne fond pas. L’adhérence du revêtement résulte des liaisons physiques telles que l’adhésion et les interactions électriques (forces de van der Waals). Le gaz utilisé contient des éléments capables de former des chaines, tels que le carbone, le silicium ou encore le soufre.

Les travaux des deux chercheurs allemands ont été sanctionnés par l’un des prix Joseph-von-Fraunhofer.

Par Moonzur Rahman

 

 

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Un filtre en membrane de silicium

Plus qu’un simple filtre, la technologie développée par les équipes du CEA* permet de détecter la présence d’une molécule grâce à une simple mesure de courant ! En effet, lorsque la molécule est emprisonnée dans le pore, la conductivité du système diminue et la présence de la molécule devient donc détectable.

Pour fabriquer ce détecteur, les chercheurs commencent par fabriquer la membrane en amincissant le silicium. Une fois cette étape effectuée, ils trouent la membrane de façon contrôlée, c’est-à-dire que les pores ne sont pas créés de façon aléatoire mais à des endroits voulus, au nombre de quatre ou neuf par zone (2×2 ou 3×3). Les trous servent ensuite d’interface entre deux milieux liquides.

La taille des pores peut varier de quelques dizaines de nanomètres à une vingtaine de microns suivant la technologie utilisée pour trouer la membrane. Jusqu’ici, la membrane agit comme une passoire en filtrant toute particule au diamètre supérieure à celui des pores. Mais l’originalité du système vient du fait que l’on peut attribuer une fonction aux pores. « Il est possible de placer des molécules biologiques comme de l’ADN ou des anticorps à l’intérieur du pore, uniquement sur sa paroi et non pas à la surface », détaille Thierry Livache, directeur du CREAB, UMR SPRAM (CEA, CNRS, UJF).

Ainsi, les pores ne servent plus seulement à filtrer les particules en fonction de leur taille, mais en fonction de leur nature. A partir du moment où le diamètre du pore est du même ordre que la taille de l’objet à piéger, la mesure de la conductivité permet de savoir si le pore est libre ou occupé. A moyen terme, ce système pourrait servir au tri de cellules humaines ou pour la détection de bactéries.

*Direction des sciences de la matière, Direction des sciences du vivant

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du Web #25 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Une éolienne volante, à plus de 300 mètres d’altitude ;
  • Un robot humanoïde au fantastique mimétisme anatomique ;
  • Inkling, la manière la plus simple et inventive de numériser ce que l’on dessine ;
  • Smart Inversion, objet volant non identifié ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : Grappa, qui permet de faire son marché en toute sécurité au Japon.

Une éolienne volante, à plus de 300 mètres d’altitude :

Pour débuter cette vingt-cinquième revue du Web, voici le prototype d’une éolienne volante conçue par Altaeros Energies, qui devrait être capable de produire de l’énergie à près de 300 mètres d’altitude. L’éolienne, dont le prototype présenté dans la vidéo ne se trouve qu’à une centaine de mètres d’altitude, est emmenée à cette hauteur par un ballon gonflé à l’hélium, et est reliée au sol par des attaches qui devraient permettre de transmettre et stocker l’énergie via une unité au sol.

D’après ses concepteurs, cette éolienne gonflable devrait avoir un rendement deux fois plus élevé qu’une éolienne traditionnelle, profitant des vents plus réguliers et plus puissants en altitude. Altaeros Energies avance également que son éolienne n’engendre aucune pollution sonore et que très peu de pollution visuelle.

Mobiles, ces éoliennes pourraient être idéales pour des opérations plus ou moins ponctuelles loin de tout réseau électrique, tels que les grands chantiers ou des opérations militaires, tant elles sont faciles à déployer et tant elles peuvent bénéficier aisément de conditions favorables. En recherche de partenariat, Altaeros Energies compte sur son prototype pour attirer les financements.

Un robot humanoïde au fantastique mimétisme anatomique :

La vidéo suivante nous présente « ECCEROBOT », le premier robot présenté comme « anthropomimétique » par le mathématicien Marcus du Sautoy dans le cadre d’un documentaire tourné pour la BBC, c’est-à-dire un robot dont le mimétisme anatomique est poussé jusqu’à l’extrême. Non seulement le mimétisme anatomique est fascinant, mais l’acuité et la justesse des mouvements rendent ECCEROBOT criant de vérité. Il est doté de simili-tendons, simili-muscles et os artificiels, lui permettant de décomposer au maximum les mouvements afin de les rendre aussi naturels que possible.

L’université du Sussex, à l’origine d’ECCEROBOT (pour Embodied Cognition in a Compliantly Engineered ROBOT) souhaite remplir trois objectifs : prouver qu’il est possible de créer un robot « anthropomimétique », trouver un moyen de le contrôler, et enfin explorer l’influence d’un physique de type humain sur des fonctions cognitives propre aux humains.

Inkling, la manière la plus simple et inventive de numériser ce que l’on dessine :

Dessiner sur papier et numériser son dessin, en gardant toutes les nuances ? Inkling, des Américains de Wacom, permet à tout un chacun de dessiner sur n’importe quel support, puis de transférer les dessins et croquis sur un ordinateur, sous forme d’images matricielles ou d’images vectorielles. Plutôt destiné à une clientèle de graphistes, Inkling se compose d’un stylet électronique hybride et d’un récepteur à placer en haut du support, transcrivant les mouvements du stylet en dessin vectoriel au moyen d’ultrasons, et les stockant instantanément dans sa mémoire interne.

La mine, interchangeable, serait sensible à 1 024 niveaux de pression, garantissant un rendu des nuances de bonne qualité. Une gestion des calques est également possible, à l’aide d’un simple bouton, séparant ainsi le dessin numérique en différents calques superposables. Le récepteur est à même de couvrir une page de type A4 avec une précision d’environ 2,5 millimètres, ce qui est plutôt faible mais le trait serait facilement ajustable grâce au vectoriel. Jugez plutôt :

Smart Inversion, objet volant non identifié :

Conçue par la société Festo, spécialisée dans le développement et dans l’innovation des mouvements robotiques, « Smart Inversion » est une structure dont le mode de propulsion est pour le moins étonnant. Gonflée d’hélium lui permettant de se maintenir en l’air, la structure avance grâce à un mouvement pulsé de façon rythmique appelé « inversion », la structure se retournant alors sur elle-même, donnant l’impression de se plier ou d’être aspirée en son sein, comme le décrivent les concepteurs.

L’apparente aisance du mouvement est en partie due à l’extrême légèreté de « Smart Inversion », ainsi qu’aux unités électriques de pilotage, n’entravant en rien le faible poids de la structure volante et autorisant un pilotage et un contrôle d’une grande précision. Selon les ingénieurs de Festo, « l’inversion cinématique [pourrait] indéfiniment produire du mouvement dans l’air. »

Le gadget (inutile ?) de la semaine : Grappa, faire son marché en toute sécurité :

Pour conclure cette vingt-cinquième revue du Web, rien de tel qu’un petit tour au marché, mais en toute sécurité. « Grappa » est un sac à provisions réutilisable, mais dont ce n’est pas la seule et unique fonction. Dans un Japon habitué aux tremblements de terre, encore sous le choc du séisme et du tsunami de l’année dernière ayant engendré la catastrophe que l’on sait, « Grappa » reflète bien les peurs de toute une nation. En effet, ce sac à provisions, de la taille d’un parapluie lorsqu’il est plié, peut très bien servir… de casque en cas de tremblement de terre.

Une fois Grappa sur la tête, le fond du sac, doublé de mousse polystyrène (EPS) tout comme certains casques de chantier, permet d’encaisser tous types de chocs ainsi que l’expliquent très sérieusement les concepteurs, mettant en avant le côté pratique de l’objet, mais précisant néanmoins que l’utilisateur peut emmener Grappa partout… dans son sac.

Par Moonzur Rahman

 

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Revue du Web #21

La guerre des smartphones peut continuer avec l’arrivée du Samsung Galaxy S3

Apple n’a qu’à bien se tenir. Son plus sérieux concurrent dans la gamme des smartphones, le Samsung Galaxy S3 va faire de l’ombre à l’Iphone 4S. Choisi comme téléphone officiel des Jeux Olympiques de Londres, le Galaxy S3 vient remplacer le Galaxy S2. La taille de l’écran passe à 4.8 pouces avec 2.4 fois plus de pixels, et il fonctionne sous la dernière version d’Androïd, Ice Cream Sandwich.

Le processeur choisi est le Samsung Exynos quadruple cœur cadencé à 1,4 GHz, avec 1 Go de RAM, et 16, 32  ou 64 Go de stockage, extensible avec une carte microSD. Parmi les nouveautés, ce smartphone bénéficie du Smart Stay, c’est-à-dire que la caméra frontale de près de 2 millions de pixels détecte si l’utilisateur regarde son téléphone, évitant une mise en veille importune.

Le S Voice donne accès au contrôle du téléphone par reconnaissance vocale, le S beam permet de transférer des fichiers de 1G en moins de 3 minutes et le Pop up play de regarder des vidéos tout en utilisant d’autres applications simultanément.

L’autonomie du S3 est aussi très satisfaisante. Bien que moins performant pour Internet avec un temps de navigation de 5h17 contre 6h56 pour l’Iphone4S, d’après un comparatif effectué par GSMArena, le Galaxy S3 est le meilleur pour les visioconférences avec une autonomie de plus de 10h !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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AGENDA : Séminaire « Management en situation de crise »

On entend par « situation de crise dans un projet » une situation inattendue et extrême qui met en péril le déroulement du projet. Cette situation couvre par exemples les cas :

  • où les moyens sont apparus insuffisants en cours de projet ;
  • où les délais sont fortement contraints ;
  • où une situation imprévue met en péril l’achèvement du projet (accident majeur, abandon d’un partenaire, etc.).

Le séminaire portera sur l’analyse de la prise de décision en situation exceptionnelle et imprévue, et ce sur quoi elle se base, en s’intéressant à des projets en phase de développement et à des activités opérationnelles. Le séminaire aura une composante sciences humaines et sociales, et portera sur la manière dont le management réagit face à ces situations.

Le séminaire aura lieu le 1er Juin 2012 au CNES, 2 Place Maurice Quentin, 75001 Paris.

Programme :

– 8h45 Accueil
– 9h00 Introduction du séminaire CNES (intervenant à préciser)
– 9h05 Présentation du déroulement du séminaire Comité d’Organisation
– 9h15 Management en situation de crise : exemple d’une catastrophe industrielle (intervenant à confirmer)
– 9h45 Tactique et thérapeutique de la résolution des crises dans les projets – Paul THERON, Thales communications & Security, Vélizy-Villacoublay
– 10h15 Management en situation de crise dans le domaine du nucléaire – Frédéric MARIOTTE ou Xavier PECTORIN, CEA Fontenay aux Roses
– 10h45 Pause
– 11h15 Retour d’expérience projet spatial (développement base de lancement SOYOUZ à Kourou) – Marie JASINSKI, CNES/DLA Paris
– 11h45 Retour d’expérience du projet HERMES Patrice BRUDIEU, CNES/DGA Paris
– 12h15 Déjeuner
– 14h00 Les simulateurs de projets peuvent-ils aider les chefs de projets à faire face aux crises ? – Alastair GIFFIN, Prendo Paris
– 14h30 La sortie de crise dans le transport aérien Pierre Olivier KERBEC, Air France Paris (à confirmer)
– 15h00 Retour d’expérience d’opérations spatiales – Eric ZEIS, Astrium Toulouse
– 15h30 Débat Intervenants
– 16h30 Clôture

Entrée libre

Pour vous inscrire : http://cct.cnes.fr/cctinfo/programme.htm

Plus d’infos : http://cct.cnes.fr/cctinfo/accueil.htm

La fin de Google et Facebook d’ici 5 ans ?

Pour l’heure, l’idée semble impensable, tant les deux géants du Web monopolisent le terrain Internet. Facebook et ses plus de 900 millions d’utilisateurs dans le monde, connaît une actualité forte en raison de son entrée en bourse – celle de Google, déjà effective depuis 2004, est aujourd’hui valorisée à presque 200 milliards de dollars. Selon les chiffres publiés par Nielsen, les deux leaders réunissaient 290 millions d’utilisateurs uniques par mois en moyenne, en 2011. Malgré ce chiffre colossal, Eric Jackson, prévoit la disparition de ces deux poids lourds.

En cause, la date de création des entreprises,1998 pour le moteur de recherche et 2004 pour le site communautaire. « De plus en plus, sur Internet, il semble que la viabilité à long terme d’une entreprise dépende de sa date de création ». Ce qui signifie que dans le cycle de vie des sites Web, toujours poussés par l’évolution technologique, une génération prend le pas sur une autre.

Il y a eu le Web 1.0, créé entre 1994 et 2001 par des sociétés telles que Netscape, Yahoo!, AOL, Google, Amazon ou encore Ebay. Puis, le Web 2.0, dit « social », apparu entre 2002 et 2009, dont Facebook, Groupon et Linkedln sont les dignes représentants. En 2010, les nouveaux supports numériques ont initié l’ère du « Web mobile ». Pas d’autre choix, donc, pour Google et Facebook que de devoir s’adapter à cette nouvelle génération.

Adaptation difficile, selon Eric Jackson, qui compare l’échec rencontré par les sociétés du Web 1.0 à se tourner vers le 2.0, à celui que pourrait connaître les deux géants avec l’Internet mobile, – prenant aussi en exemple Google et son réseau social Google + qui peine à décoller.

Pourtant, Facebook ne cesse d’évoluer. Le réseau social a fait l’acquisition récemment de deux applications, Instagram et Glancee, ainsi que d’un lot de brevets. Toujours pas suffisant selon le spécialiste de Forbes qui répond : « cela montre qu’ils ont peur d’être détrônés par une start-up mobile ».

En somme, le temps fait son oeuvre. Eric Jackson va même jusqu’à dire « qu’on n’aura jamais de Web 3.0 parce que le Web est mort. » L’enjeu est de taille pour Google et Facebook, qui doivent faire face aux évolutions technologiques afin de ne pas perdre leurs utilisateurs. Ces entreprises, tellement bien ancrées dans le système, peuvent-elles vraiment disparaître ?

Par Sébastien Tribot

 

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Des nano-fibres plastiques faciles à fabriquer

Les travaux de deux équipes du CNRS menées respectivement par Nicolas Giuseppone et Bernard Doudin sur la fabrication de nano-fibres plastiques pourraient bien bousculer le monde de la nanoélectronique. En effet, ces nanofils possèdent de nombreux avantages, à la fois en termes de propriétés et en terme de facilité de fabrication.

Publiée le 22 avril 2012 dans l’édition en ligne avancée de la revue Nature Chemistry, cette étude révèle que ces nano-fibres allient les avantages des métaux et des polymères organiques plastiques, les deux matériaux utilisés à ce jour pour conduire le courant électrique : des propriétés électriques proches des métaux et une légèreté et une souplesse propres aux plastiques.

Plus précisément, les chercheurs ont mesuré que ces structures étaient capables de transporter des densités de courant supérieures à 2.106 A.cm-2, approchant celles des fils de cuivre. Le tout avec des résistances d’interfaces avec les métaux très faibles, près de 10 000 fois inférieures à celles des meilleurs polymères organiques actuels.

Enfin, dernier atout de taille : ces nanofils présentent la particularité de se créer spontanément sous la simple action d’un flash lumineux. L’avenir de ces nano-fibres semble prometteur, surtout si elles peuvent être intégrées industriellement dans des appareils électroniques à l’échelle micro et/ou nanométrique tels que des écrans souples, des cellules solaires, des transistors ou encore des nano-circuits imprimés.

Par Audrey Loubens

(Crédit photo : CNRS)

Vers des cathodes de batteries lithium-ion sans cobalt

Le Centre de recherche sur les batteries (MEET) de l’Université Wilhelm de Westphalie (WWU) de Münster (Rhénanie du Nord-Westphalie) lance un projet de recherche qui vise à étudier des composés chimiques alternatifs aux oxydes de cobalt pour les cathodes de batteries lithium-ion. Le projet dénommé « KaLiPat » est financé à hauteur totale de 2,5 millions d’euros par le Ministère fédéral allemand de l’enseignement et la recherche (BMBF) sur une durée de cinq ans.

Les matériaux employés dans les cathodes de batteries lithium-ion sont majoritairement basés sur des oxydes de cobalt, qui, outre un coût élevé, possèdent des inconvénients de nature électrochimique pour un fonctionnement à long terme. Ainsi, les nouveaux composés chimiques développés doivent être peu coûteux, industrialisables à grande échelle tout en permettant une durée de vie élevée de la cathode ainsi qu’une capacité importante de stockage.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69960.htm)

 

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Substances enregistrées

(26/04/2012)
La base de données de l’ECHA contient, à ce jour, 4 402 substances et des informations provenant de 25 396 dossiers d’enregistrement REACH.
http://echa.europa.eu/web/guest/information-on-chemicals/registered-substances

Mise à jour du guide sur l’enregistrement

(02/05/2012)
The European Chemicals Agency (ECHA) has published an updated version of the Guidance on registration following the conclusion of the consultation process. The Guidance is now available in the ‘Guidance on REACH’ section of the ECHA website.
News de l’ECHA : http://echa.europa.eu/web/guest/view-article/-/journal_content/041ca561-7fb4-40a0-91c1-4d0a1b934a03
Guide sur l’enregistrement :
http://echa.europa.eu/documents/10162/13632/registration_en.pdf

Notification C&L par des tiers

(03/05/2012)
La Commission européenne a précisé que l’ECHA peut permettre à des tiers, tels que les représentants exclusifs nommés en vertu du règlement REACH, de soumettre une notification de classification et d’étiquetage (C&L) en vertu de l’article 40 du règlement CLP, à condition que les importateurs demeurent responsables de la notification. L’ECHA a donc d’adapter l’interface de soumission dans son système REACH-IT.
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/75169683-efce-4bbe-b3a8-e4e2b39a332b

Consultation publique sur un projet de rapport scientifique sur les phtalates DINP et le DIDP

(07/05/2012)
L’ECHA soumet à consultation publique un rapport publié à la suite de la réalisation d’une revue scientifique sur les risques posés par les articles contenant des phtalates DINP et le DIDP. Dans son rapport, l’ECHA estime que l’interdiction déjà effective de ces substances dans les jouets et les articles de puériculture pouvant être mis en bouche par les enfants est justifiée mais qu’aucune autre mesure de réduction des risques n’est nécessaire pour réduire l’exposition des enfants. L’ECHA précise que si cette interdiction n’est pas correctement respectée, il existe un risque de toxicité hépatique pour les enfants de 0 à 12 mois. L’agence estime qu’il n’y a pas de risque pour une exposition des enfants par voie alimentaire ou dans l’environnement intérieur. Le Danemark a déjà soumis à l’Union Européenne une demande de restriction pour les phtalates DEHP, BBP, DBP et DIBP dans des articles destinés à un usage intérieur ou pouvant être mis en contact direct avec la peau ou les muqueuses. L’ECHA a prévu de rendre un avis final en septembre 2012, sauf pour le DIBP qui a été inscrit le 15 février dernier sur la liste des substances désormais soumises à autorisation.
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/9fd62806-c985-42f2-8f99-15008659e4eb

De nouvelles valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP)

(09/05/2012)
Deux textes, un décret et un arrêté, portant sur les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) à des agents chimiques dangereux sont parus au Journal officiel du 10 mai. Ils permettent de transposer une directive de 2009 et de prendre en compte des expertises menées par l’Anses.
Vingt-cinq substances nouvelles sont concernées, dont 23 par des VLEP contraignantes. Les substances concernées sont les suivantes : N,N Diméthylformamide, Disulfure de carbone, Bisphénol A (poussières inhalables), Méthacrylate de méthyle, Acrylate de méthyle, Acétate de vinyle, Phénol, 2-Méthoxyéthanol, Acétate de 2-méthoxyéthyle, 2-Éthoxyéthanol, Acétate de 2-éthoxyéthyle, 1,4 Dioxane, Acrylate d’éthyle, Isocyanate de méthyle, Oxyde tert-butyle et de méthyle, Mercure et composés inorganiques bivalents du mercure, y compris l’oxyde de mercure et le chlorure mercurique, Sulfure d’hydrogène.
Décret du 9 mai 2012 :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025836934&dateTexte=&categorieLien=id
Arrêté du 9 mai 2012
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025837370&dateTexte=&categorieLien=id

Cinq nouvelles demandes de classification et d’étiquetage harmonisés

(14/05/2012)
L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation de la classification et de l’étiquetage de cinq nouvelles substances :

  • Isoxaflutole (N° CAS : 141112-29-0)
  • Tembotrione, (N° CAS : 335104-84-2)
  • Metosulam (N° CAS : 139528-85-1)
  • Sorbate de potassium (N° CAS : 24634-61-5 et N° CE : 246-376-1)
  • Tetrakis(2,6-dimethylphenyl)-m-phenylene biphosphate (N° CAS : 139189-30-3 et N° CE : 432-770-2)

Les commentaires sont à soumettre avant le 28 juin 2012.
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/dc583d2f-839f-4244-9f7d-5d8d4e1020b3
Consultations C&L en cours : http://echa.europa.eu/web/guest/harmonised-classification-and-labelling-consultation

11/06/2012 : webinar pour les PME

L’ECHA organise le 11 juin 2012 un webinar dédié aux PME et REACH. Le webinar vise à couvrir le processus de vérification des PME et des outils disponibles et de soutien pour les PME dans la préparation de leurs dossiers d’enregistrement.
Pour s’inscrire à cette conférence en ligne :
http://echa.europa.eu/web/guest/support/training-material/webinars (en bas de la page)
 

Par Céline Nectoux, ingénieur environnement CNRI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Parlement a opté pour un commerce des produits chimiques plus encadré

Les propositions de la Commission en matière d’encadrement des exportations de produits chimiques dangereux ont été jugées trop libérales par les eurodéputés.

Le Parlement a voté, jeudi 10 mai, en faveur d’un rapport du député socialiste Dan Jørgensen, proposant des procédures très encadrées pour l’exportation des produits. Consentement informé préalable L’initiative de la Commission visait à modifier un règlement sur les exportations et les importations de produits chimiques dangereux. Le texte transpose la Convention de Rotterdam au niveau européen.

Celle-ci exige l’accord d’un Etat lorsqu’un produit dangereux est exporté vers son territoire, selon le principe de procédure de consentement informé préalable (PIC). Elle vise à protéger les personnes et l’environnement contre les éventuels effets néfastes liés au commerce de produits chimiques. Selon la Commission, dans 30% des cas, on ne constatait aucune réponse des autorités nationales du pays où le produit doit être envoyé.

Bruxelles proposait donc que la substance chimique puisse être exportée au bout de 60 jours, à deux conditions. Elle devait avoir été importée ou utilisée dans le pays de destination au cours des cinq années précédentes. De plus, elle ne devait faire l’objet d’aucune prohibition sur le territoire de ce dernier. Deux autres conditions Après délibération avec le Conseil, Le Parlement a voté en faveur de deux autres conditions, contenues dans le rapport de M. Jørgensen.

Pour être expédié, le produit ne doit pas figurer sur la liste noire de Rotterdam, qui recense les substances chimiques considérées comme particulièrement nocives. De plus, s’il est interdit dans l’UE, il ne pourra pas être envoyé vers d’autres pays.

Par Ann-Laure Bourgeois

Source : EurActiv.fr

L’Europe a installé davantage de solaire que d’éolien et de gaz en 2011

Sur la base de la puissance cumulée fin 2011, le PV délivre à présent 2 % de l’électricité de l’Union européenne à 27 (4 % en période de pointe de la demande) : le PV, dont le bilan sanitaire et environnemental est excellent d’après les études scientifiques multicritères, est vraiment sorti de la marginalité en Europe et permet au continent de tirer profit d’une ressource locale et inépuisable.

Un niveau record d’électricité d’origine solaire est atteint en Italie (5,39 %), en Allemagne (4,19 %), en République tchèque (3,15 %), en Espagne (3,04 %) et en Belgique (2,33 %), ceci en fort contraste avec le niveau français (0,71 %).

Au sein de l’UE27, 21,9 GW de PV ont été installés durant l’année 2011, soit davantage que le total des nouvelles capacités nettes d’éolien (+ 9,4 GW), de centrales à gaz naturel (+ 8,8 GW) et de centrales à charbon (+ 1,3 GW) installées durant la même année. En parallèle, le nucléaire a décliné de 5,9 GW et les centrales au fioul de 0,4 GW. L’Italie a été le premier marché du PV à l’échelle mondiale en 2011, avec 9,3 GW de connectés durant l’année, suivi de l’Allemagne (7,5). L’Italie et l’Allemagne ont représenté à elles seules 60 % de la croissance du marché mondial l’année dernière.

En Bavière, grande région du sud de l’Allemagne, le niveau d’équipement PV s’élève au niveau impressionnant de 646 Watts par habitant, c’est-à-dire à 3 panneaux PV par habitant en moyenne, suivi au nord par le Brandebourg (607) et la Saxe-Anhalt (350). L’Extremadure (508) et la Puglia (534), respectivement dans le sud de l’Espagne et de l’Italie, font également partie des régions championnes en Europe.

Le niveau d’équipement de la France (40 Watts par habitant), pays relativement bien ensoleillé, est deux fois plus bas que celui de la moyenne européenne (79), 7 fois et demi plus faible que celui de l’Allemagne (303), 5 fois plus faible que celui de l’Italie (213) et 4 fois et demi plus faible que celui de la Belgique (184). Cinq régions sont cependant championnes à l’échelle nationale, la Corse (195), le Midi-Pyrénées (100), le Languedoc-Roussillon (96), la Picardie (77), et Provence-Alpes-Côte d’Azur (75). Toutes les autres régions françaises sont bien en dessous de la moyenne européenne. Les experts de l’EPIA indiquent que « le mix énergétique national a été très débattu pendant la campagne électorale présidentielle en France. Mais l’état d’esprit prégnant en France ne devrait pas conduire à d’importants changements dans la façon dont sont développées les énergies renouvelables. Pour la plupart des hommes politiques français, le nucléaire reste la technologie bas carbone préférée ».

François Hollande s’est engagé à « réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2025 », mais en annonçant la fermeture d’une seule centrale nucléaire, celle de Fessenheim (1,8 GW), en 2017. Et en ouvrant parallèlement une nouvelle centrale nucléaire à Flamanville, l’EPR (1,6 GW), ce qui, selon Greenpeace-France est « incohérent » avec l’objectif affiché.

Selon les différents scénarii étudiés par l’EPIA, le PV pourrait représenter en 2020 entre 2,4 % et 12 % du mix électrique de l’UE27. Le développement vigoureux du PV en Europe ces dernières années pourrait être difficile à soutenir si des politiques inadaptées étaient mises en place, les investisseurs ayant besoin d’un cadre réglementaire clair, stable et attractif. « Les politiques de type stop-and-start, avec par exemple des changements fréquents et brutaux dans les tarifs d’achat, peuvent menacer la croissance du PV en détruisant la confiance des investisseurs » soulignent les auteurs. Les politiques de tarifs d’achat, qui n’ont par construction aucun impact sur les finances publiques, constituent un levier clé pour booster la croissance de la filière PV fortement génératrice d’emplois non délocalisables, les deux tiers de la chaîne de valeur portant sur la partie aval.

A l’échelle mondiale, la puissance PV installée cumulée fin 2011 est de 69 GW, produisant 85 TWh d’électricité par an, soit 0,5 % de la demande électrique mondiale, assez pour alimenter 11 millions de personnes vivant selon les standards français. Les trois-quarts (51 GW) de la puissance PV cumulée mondiale concerne l’Europe. Viennent ensuite le Japon (5 GW), les USA (4,4 GW), la Chine (3,1 GW), l’Australie (1,3 GW) et l’Inde (0,46 GW). La Chine, qui produit aujourd’hui plus de la moitié des panneaux solaires à l’échelle mondiale, a installé sur son sol 2,2 GW durant la seule année 2011 et a décidé récemment de mettre en place une politique de tarif d’achat pour booster son marché intérieur. Le Japon, suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, a mis en place la politique la plus incitative du monde en matière d’énergies renouvelables.
Hors d’Europe, dans le reste du monde, la croissance du PV a été de 100 % en 2011. Les marchés extra-européens existants (Chine, USA, Japon, Inde),  sont loin d’avoir atteint leur plein potentiel. Et de nouveaux marchés sont en plein émergence, dans des secteurs géographiques très ensoleillés, notamment en Afrique, au Moyen-Orient, dans le sud-est asiatique et en Amérique du sud, du fait de la prise de conscience progressive de l’énorme potentiel que représente le PV.  « Globalement, le marché du PV continuera de croître » estiment les auteurs du rapport. Ceci indépendamment des politiques européennes.

Par Olivier Daniélo

 

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La Maison de la simulation, dédiée à l’apprentissage du calcul intensif, a été labellisée « PRACE Advanced Training Center »

Labellisé « PRACE Advanced Training Center », centre de formation avancé en calcul intensif pour la communauté scientifique européenne, la maison de la simulation va proposer des formations couvrant l’ensemble des techniques indispensables au calcul intensif et participer ainsi à l’essor d’une communauté d’utilisateurs capable d’exploiter scientifiquement les supercalculateurs déployés dans le cadre de PRACE.

Les formations proposées seront de différents niveaux, allant des concepts de base (MPI, OpenMP, algorithmique) à des aspects plus spécifiques et techniques (programmation des GPU : cartes graphiques utilisées pour du calcul, etc.), ainsi qu’une introduction à l’utilisation du supercalculateur CURIE de GENCI.

La formation dans le domaine du calcul haute performance (HPC) est devenu un enjeu fondamental puisque le HPC est un outil indispensable dans des domaines comme les sciences du climat, les sciences de la vie ou des matériaux, ou encore l’astrophysique. D’où l’intérêt de former le plus grand nombre de scientifiques à la programmation de supercalculateurs de façon à les exploiter au maximum de leurs performances et d’en optimiser le retour scientifique.

Par Audrey Loubens

 

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