La lutte contre le réchauffement climatique commence au niveau des microprocesseurs

Toute entreprise responsable se doit de lutter contre le réchauffement climatique. Il y a, bien sûr, plusieurs manières de le faire : encourager le télétravail, réduire les émissions de gaz à effet de serre sur les différents sites de l’entreprise, réduire aussi la consommation d’énergie ou encore acheter de l’électricité « verte » lorsque cela est possible. Agir en faveur d’un changement environnemental implique de collaborer avec de nombreux partenaires, et notamment les pouvoirs publics régionaux ou nationaux.

 

S’engager en faveur de l’environnement est essentiel pour chaque entreprise. Cependant, pour significatives que soient ces actions, elles ne représentent qu’une toute petite contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Les fabricants de microprocesseurs, eux, ont un pouvoir d’action bien plus étendu : concevoir des produits capables de traiter des données extrêmement volumineuses, de prendre en charge les éléments graphiques sur des ordinateurs et des serveurs de plus en plus puissants et économes en énergie à la fois – et qui soient parfaitement adaptés au Cloud Computing, dont l’importance s’accroît chaque jour.

 

L’expression « Cloud Computing » désigne le stockage, la manipulation et le traitement de données à distance par le biais d’Internet, qui connecte des serveurs situés dans des centres de données à des utilisateurs répartis dans le monde entier. Selon le cabinet IDC, en 2020, une part significative de l’environnement numérique sera hébergé, géré ou stocké de manière centralisée dans des centres publiques ou privés que nous désignons aujourd’hui sous le terme de « services Cloud ». Selon toute vraisemblance, même les données qui ne se trouvent pas en environnement Cloud y transiteront à un moment ou à un autre.

 

Soulignant la vitesse à laquelle la demande croît, IDC prévoit que les services Cloud publics, c’est-à-dire ceux qui sont vendus aux particuliers et aux entreprises, progresseront de 34 % au niveau mondial en 2010 pour dépasser les 22 milliards de dollars, suivis d’une croissance supplémentaire de 98 % d’ici 2013. Ces chiffres n’intègrent pas les Clouds privés qui sont la propriété des gouvernements et des entreprises. Les microprocesseurs constituent des composantes clés de cette transformation de l’informatique.

 

En associant sur une seule puce deux capacités distinctes – celles du processeur central (CPU) et celle du processeur graphique (GPU) – la technologie « Accelerated Processing Unit » (APU) représente une modification importante de l’architecture des microprocesseurs. Cela permet de gérer simultanément des tâches graphiques et des tâches de traitement de données intensif pour atteindre des performances énergétiques jamais atteintes jusqu’à présent.

 

Ce développement prend une signification encore plus importante dans la croissance du Cloud Computing pour les particuliers, les entreprises et les gouvernements. Par exemple, la vidéo représente aujourd’hui près d’un tiers de tout le trafic des particuliers sur Internet. Dès lors, les processeurs capables de traiter de la vidéo et des données de manière plus performante sont une aide précieuse pour les particuliers, comme pour les opérateurs des centres de données qui diffusent ce contenu vidéo sur Internet.

La technologie au service de la lutte contre le réchauffement climatique

Ces découvertes intéressent également les pouvoirs publics. Vivek Kundra, responsable fédéral des systèmes d’information aux États-Unis, a évoqué cette réalité dans un discours prononcé en avril 2010, en soulignant que le Cloud Computing promettait des économies conséquentes. Il a cité l’exemple d’un département dans lequel la migration vers un environnement Cloud de 80 000 comptes de messagerie allait réduire les coûts de 66 %.

« L’Agenda numérique » de la Commission européenne, adopté en mai 2010, indique qu’il est nécessaire de mettre en oeuvre une stratégie pour le Cloud à l’echelle de l’Europe, qui mette l’accent sur les pouvoirs publics et la science : « L’économie du futur sera une économie de la connaissance centrée sur Internet et fondée sur des réseaux. » Cet agenda reconnaît notamment que les technologies de l’information constituent une composante essentielle de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il est très vraisemblable que chaque internaute utilise le Cloud Computing plusieurs fois par jour sur Internet, en effectuant une recherche, en envoyant un courrier électronique, en téléchargeant un livre, en lisant le journal, en achetant un produit, en regardant une vidéo ou en vous connectant à réseau social. La croissance du future sera tirée par l’utilisation accrue de serveurs distants permettant d’améliorer la performance énergétique des bâtiments, de faire fonctionner les réseaux de transport et de livraison et de gérer les réseaux et les compteurs électriques.

Une consommation électrique maîtrisée

La croissance des centres de données, nécessaire pour gérer la demande, signifie que de petites améliorations au niveau des processeurs multiplieront les économies : près de la moitié de l’énergie consommée dans un centre de données sert à assurer son refroidissement. Les derniers développements permettent désormais de prévoir la consommation électrique des processeurs, et de gérer la consommation énergétique même pendant les pics d’activité : certains processeurs à coeurs multiples sont programmés pour mettre hors tension les composants non utilisés afin de mieux maîtriser la consommation électrique et le dégagement de chaleur.

Pour permettre d’améliorer les performances énergétiques des processeurs, leurs fabricants doivent rester en permanence à la recherche de nouvelles solutions, inventer de nouveaux outils et faire preuve de créativité. Il s’agit d’une nécessité qui doit être intégrée à leurs stratégies d’entreprise. Ce doit être leur principale contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Par Jérôme Carpentier, Président Directeur Général d’AMD France

Un internet plus rapide grâce à un nouveau laser

Les diodes miniatures pourraient faire souffler un vent révolutionnaire dans le domaine du transfert d’informations. Pourtant, elles ont souvent fait face à un taux d’échecs relativement grand, car elles ne fonctionnaient pas de manière optimale (cessant parfois même de fonctionner) lorsqu’elles faisaient face à une charge de travail trop lourde. Les diodes lasers miniatures du Professeur Dennis Deppe, de l’université américaine de Central Florida, permettent de pallier ce travers, résistant bien mieux aux situations de tension critique. Elles émettent une lumière beaucoup plus intense que celles utilisées habituellement, qui n’étaient pas entièrement composées de semi-conducteurs.

Leur taille encore plus réduite, la présence des semi-conducteurs, et l’émission sur une seule longueur d’onde les rend parfaites pour le transfert lourd de données, premier pas vers l’avènement d’un internet encore plus rapide. En effet, ces diodes laser, une fois embarquées dans les câbles servant à la transmission de données, permettent un transfert d’une très grande quantité d’informations, quasi-instantanément, et sur une très grande distance.

Outre les énormes perspectives dans le domaine du transfert de données standard par câble, ces diodes peuvent améliorer les dispositifs de lecture laser, tout comme les souris optiques ou le transfert de données sans fil, par exemple. Elles offrent également quelques débouchés dans la conception des horloges optiques, rendant la technologie GPS significativement plus précise.

 

M.R.

 

Découvez la formation Techniques de l’Ingénieur : SÉCURITÉ LASER

La fracture numérique existe : elle est dans les usages

L’INSEE révèle que les sans diplôme ne sont que 29,1 % à avoir accès à Internet à leur domicile, alors que le taux d’équipement est de 87 % à partir du baccalauréat et au-delà. Par ailleurs, les écarts demeurent importants selon les catégories socio-professionnelles et l’âge : 96 % des cadres et professions libérales et 70 % des ouvriers sont équipés, mais seulement 50 % des 60 ans et plus le sont.

À la réflexion sur l’équipement des cibles visées, il faut aussi ajouter celle – essentielle – sur les usages qu’elles ont d’Internet. Quelles parts des cibles se connectent plusieurs fois par jour ? Les connexions se font-elles au bureau, au domicile ou en mobilité et à partir de quels supports ? Leurs objectifs sont-ils privés ou professionnels ? Les connexions ont-elles uniquement pour but d’échanger des courriels, ou aussi de s’informer, de se distraire, d’acheter en ligne ou de fréquenter les réseaux sociaux ?

Le « cas Facebook » illustre bien l’importance des disparités en termes de comportements. Selon l’Ifop, 36 % des Français de 15 ans et plus ont un compte Facebook, mais ils sont 83 % dans la tranche des 15-24, 62 % chez les 25-34 ans, 31 % chez les 35-49 ans et 16 % seulement chez les 50-64 ans. Ainsi, Facebook est un outil hyper puissant pour toucher les jeunes, mais pas du tout incontournable pour toucher les décideurs.

Pour les éditeurs et les directeurs de la communication, la première leçon à tirer de ces enquêtes est qu’elles peuvent enrichir leur culture générale mais pas les aider dans leurs stratégies numériques, car les cibles qu’ils visent ont leurs propres caractéristiques.

La seconde leçon est que la connaissance fine des équipements numériques ainsi que des comportements et attitudes à l’égard d’Internet des cibles visées est la clé d’une stratégie numérique gagnante. Sans cette connaissance quasi « ethnologique » qui ne s’acquiert qu’avec des études ad hoc, le risque de fracture de la communication numérique est réel.

 

Par Bernard Petitjean, fondateur de Seprem Etudes & Conseil

Un thermoplastique conçu à base de plumes de poulet

Difficile de se fier du premier coup à une information qui sort autour du premier avril. Et pourtant, une équipe de chercheurs et de doctorants affiliés à l’Institut d’Agriculture et des Ressources Naturelles de l’Université de Nebraska-Lincoln, dirigée par une sommité concernant les questions de matériaux d’origine naturelle, Mme Yiqi Yang, a fait un pas de géant dans l’élaboration d’un plastique à partir de déchets organiques, plus précisément des plumes de poulets. Pas n’importe quel type de plastique, puisqu’il s’agit ici d’un thermoplastique.

Une matière thermoplastique est une matière qui, à la différence d’une matière thermodurcissable, peut ramollir lorsqu’elle est chauffée au dessus d’une certaine température, mais qui retrouvera sa solidité en dessous. Cette qualité la rend donc potentiellement recyclable, car la « thermoplasticité » est réversible, et elle a une très bonne aptitude au moulage. On retrouve parmi les thermoplastiques le nylon, le polystyrène, le polychlorure de vinyle (PVC) ou bien encore le polyéthylène. Ils sont donc très présents dans notre vie de tous les jours, et assez gourmands en matières premières et en énergie, sous forme de chaleur.

Alternative aux hydrocarbures

Habituellement à base d’hydrocarbures (de pétrole ou de gaz naturel), Yiqi Yang a donc réussi à trouver une technique pour créer une matière thermoplastique à partir des très abondantes, peu onéreuses et  évidemment « renouvelables » plumes de poulets, dont la seule utilité jusqu’ici était d’être un ingrédient de base de nourriture de basse qualité pour animaux (rappelons-nous la maladie de la vache folle…). Les plumes, elles, sont essentiellement constituées de kératine, cette molécule présente dans nos cheveux et nos ongles, et qui pourrait conférer à ce plastique une certaine résistance et une durabilité limitée.

Ce thermoplastique est issu d’une polymérisation (qui est la réaction chimique créant de grosses molécules plus ou moins identiques, sous forme de chaines) à l’aide de produits chimiques, dont l’acrylate de méthyle, qui est un composant incolore des vernis à ongles. « D’autres ont déjà essayé de développer des thermoplastiques à base de plumes, mais aucun n’était vraiment performant une fois en contact avec de l’eau », explique Yiqi Yang. « En utilisant cette nouvelle technique, nous pensons être les premiers à démontrer que l’on peut créer des thermoplastiques à base de plumes de poulets stables dans l’eau, tout en conservant des propriétés mécaniques élevées », précise-t-elle encore.

Le résultat, sous forme de film, a donc d’excellentes propriétés, et est même plus résistant aux déchirements que les plastiques fabriqués à base de protéines de soja ou d’amidon. En plus de revenir moins cher que le très stratégique pétrole, le but est donc aussi de réaliser un matériau issu de déchets agricoles, et plus ou moins recyclable une fois dispersé dans la nature. L’approche est donc louable, bien qu’on puisse tout de même y ajouter un bémol : l’acrylate de méthyle utilisé pour la polymérisation est dangereux et assez polluant. Il reste pour le moment impossible de se débarrasser des risques et des pollutions engendrés pas la présence de produits chimiques lors de l’élaboration d’un plastique.

M.R.

Facebook : un canal d’e-commerce viable ?

Avec 500 millions d’utilisateurs, Facebook est une communauté dont l’envergure ne peut être ignorée. Cependant pour en faire un canal d’e-commerce viable, certains obstacles techniques et moraux devront être franchis. Toutefois il ne fait aucun doute que Facebook est devenu un point de contact, tout comme le téléphone portable à une autre époque. Aujourd’hui Facebook est un outil d’influence, et peut influencer les utilisateurs de diverses manières, notamment sur le lieu et le choix de l’entreprise auprès desquelles ils effectuent leurs achats. De plus, son anodin bouton « Like » est une source d’informations incommensurable pour les entreprises car nombreux sont les consommateurs qui ne connaissent pas les diverses utilisations faites avec les données de leurs profils.  Pourtant selon une récente étude du cabinet Forrester, les réseaux sociaux n’ont, pour le moment, pas permis aux entreprises de générer un revenu significatif ces deux dernières années.

Cependant cela ne les empêche pas d’essayer car elles ne  résistent pas à l’attrait et à l’exposition que représente Facebook. Elles recherchent donc les meilleurs procédés pour collecter le plus d’informations possible sur les utilisateurs pour mieux cibler leurs campagnes marketing et donc générer des ventes.

Oubliant que Facebook est avant tout un réseau social et non une plateforme d’e-commerce, certaines entreprises, Milyoni et Payment pour ne citer qu’elles, proposent déjà des offres d’e-commerce sur Facebook. Dans la réalité, leur offre ressemble à celle que proposait déjà hybris il y a dix ans : un chariot. Les entreprises souhaitent-elles faire une marche arrière de dix ans ? Toutes les données que ces entreprises collectent sont enregistrées dans des bases de données opérant en silos, ce qui rend difficile leur sauvegarde et leur synchronisation. De plus leur système étant simple et limité, il laisse peu de place au développement de nouveaux processus commerciaux et ne facilite pas l’interaction avec les autres canaux de distribution online, mobile et les points de vente. Il y a également les exigences pour l’opérateur de générer des profits, ce qui ce traduit par la prise d’un pourcentage sur chaque transaction faite par l’entreprise.

Les plateformes multicanales modernes peuvent héberger plusieurs sites au même endroit permettant ainsi au contenu d’être présenté différemment sans compromettre la fonctionnalité de la plateforme. Les entreprises avant-gardistes peuvent ainsi tirer profit des deux « mondes » en reliant à une plateforme multicanale certains outils de Facebook. L’annonce faite récemment par Facebook du support par iFrames des onglets Facebook, permet aux plateformes multisites telles qu’hybris de proposer des sites à « thématique » Facebook à l’intérieur de Facebook, avec toutes (ou du moins certaines) fonctionnalités développées et proposées par la boutique en ligne originale. Les transactions sont gérées par l’entreprise, ce qui signifie qu’aucune marge n’est redistribuée, et créer sa page Facebook devient facile car il suffit juste de modifier la mise en page du contenu. Un accès immédiat aux options Facebook telles que le moteur de recherche, la navigation et les données utilisateurs, est donc utilisable rapidement.

Les entreprises peuvent également utiliser Facebook pour accroître la visibilité des offres qu’elles font sur leur propre site web. Comme mentionné auparavant, le bouton « Like » peut-être une mine d’or pour ces entreprises qui pourront ainsi rattacher le profil d’un utilisateur à un produit ou service qu’elle propose. Il y a deux principaux avantages à ce procédé : le premier est que l’entreprise connaît les envies des utilisateurs et peut veiller à ce que toutes les offres ultérieures et les informations produits qu’elle leur proposera correspondent à ces envies. Deuxièmement, grâce à cela l’entreprise a aussi un accès direct aux nombreux contacts de l’utilisateur. Ainsi les amis en cliquant sur le lien mis sur le mur de l’utilisateur deviennent de facto de nouvelles « cibles » pour l’entreprise, donnant ainsi àl’entreprise l’occasion de les convertir en acheteurs.

Parmi tous les « logins », le bouton « Login » de Facebook est celui dont les utilisateurs se souviennent le plus car c’est le premier site d’interaction de leur choix. Et c’est parce que cela leur convient qu’ils ne s’inquiétent pas du fait que cela donne accès à de précieuses informations sur eux et leurs amis ; informations que pourraient utiliser des entreprises afin de les influencer inconsciemment dans leurs achats. Il y a une ironie à cela, moralement douteuse, car les consommateurs peuvent considérer cette « influence » pertinente car elle répond à ce qu’ils aiment et ce qu’ils recherchent.

Se pose également la question des systèmes de paiement. Des entreprises telles que Google et Apple, disposant d’une renommée mondiale, pourraient mettre en place des systèmes de paiement qui seront de facto acceptés comme des standards, et ainsi, permettre de rassembler plus d’informations indispensables sur les utilisateurs. PayPal y est parvenu, mais elle ne dispose pas  du matériel et de la base de données d’utilisateurs nécessaires, pour en faire un outil vraiment puissant pour les autres entreprises. Néanmoins l’idée est là et elle est sans aucun doute dans la tête des plus grands acteurs du web.

Selon une étude du cabinet Forrester, les promotions et autres offres sur Facebook proposées par certaines entreprises ont généré des résultats. Cependant, selon cette étude, Forrester doute que les clients à forte valeur ajoutée puissent être ciblés via Facebook. De mon point de vue, Facebook est surtout un point de contact et un canal non négligeable pour les entreprises, tout en posant une question morale au fait d’accéder à des informations personnelles et à l’utilisation qu’elles en font. Actuellement il n’existe pas de législation qui régisse le secteur, bien que je m’attende à ce que cela change dans peu de temps. D’ici là les entreprises doivent réfléchir à la façon dont elles peuvent intégrer Facebook à leurs stratégies multicanales, tout en établissant leur propres règles morales.

Par Eric Chemouny, Vice-président Europe du sud d’hybris / ITRnews

 

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La Chine se dote de deux centrales nucléaires alternatives

Ceux que l’on appelle déjà les liquidateurs japonais de la centrale de Fukushima Daiichi ont beau se tirer les cheveux pour solutionner une situation qui semble pour le moment inextricable, cela n’a pas empêché la Chine d’annoncer sa volonté de toujours se munir de deux centrales nucléaires à réacteurs à lit de boulets sur les côtes d’une péninsule léchant la Mer Jaune, censés être moins dangereux que les réacteurs fautifs au Japon.

Ce type de réacteur a déjà été à l’essai aux États-Unis, en Allemagne ou en Afrique du Sud, mais aucune n’est à ce jour en activité (pour causes d’abandon, de ratés ou de difficultés financières).

Contrairement à la majorité des réacteurs, qui utilisent des « crayons » de combustible, en fait des pastilles d’oxyde d’uranium empilées dans des tubes, des gaines d’alliage de zirconium, ce qui représente 2 kilos de combustible radioactif, les réacteurs à lit de boulets utilisent des unités d’uranium, chacune enrobée dans un boulet de graphite pyrolitique. Le refroidissement du réacteur est assuré par un gaz semi-inerte, le plus souvent de l’hélium, en lieu et place à l’eau utilisée habituellement. L’enrobage et le gaz limiteraient la fusion en cas de pépin, et la réaction serait plus facile à juguler dans le cas d’un arrêt volontaire ou non de la centrale. Ce système produit plus de déchets, mais significativement moins radioactifs.

Il y a tout de même un potentiel point positif à l’obstination chinoise à rester dans la voie du nucléaire : la Chine, qui est maintenant le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète (devant les États-Unis depuis 2006), de par son utilisation du charbon et des autres énergies fossiles, s’est toujours montrée très réfractaire à tout type de discussion concernant le réchauffement de la planète. Mais ces moindres émissions se feront donc au prix d’un large engagement en faveur du nucléaire en Chine, à l’heure où la communauté internationale tend à penser que le jeu du nucléaire n’en vaut peut-être pas la chandelle. Si les essais sont concluants, la Chine pourrait bien généraliser cette technologie aux 50 réacteurs qu’elle prévoit toujours de construire dans les cinq prochaines années…

M.R.

 

Déjà publié :

Centrale nucléaire de Fukushima : Le point

Accident nucléaire de Fukushima : Causes et conséquences

Un audit va être réalisé sur le parc nucléaire français

« L’état des piscines contenant les combustibles usés est devenu le point le plus préoccupant »

« Il y a un décalage entre la réalité économique des acteurs et une population de candidats très motivés »

Nicolas Leroy est directeur de la division Ingénieurs et Techniciens du cabinet de recrutement Michael Page. Il est en charge des activités concernant le recrutement des ingénieurs, en CDI (Michael Page International) et sur l’intérim management (MPIM) dans le secteur industriel, et encadre une dizaine de consultants.

Techniques de l’ingénieur : Quelles sont les perspectives d’emploi dans les énergies renouvelables ?

On constate un fort ralentissement par rapport à l’an dernier. Notamment en raison de la dépendance de la filière à l’État, qui décide de la soutenir, ou non. Les perspectives d’endettement de l’État posent un certain nombre de questions par rapport à la pérennité du secteur. Dans l’éolien, notamment offshore, l’emploi reste très dynamique. Par contre, le photovoltaïque a subi un véritable « coup de massue » avec le rachat de l’énergie à un tarif inférieur. Les EnR constituent une filière très « perfusée », qui dépend de la confiance qu’on lui accorde et des perspectives. Les récents évènements concernant le photovoltaïque ont bouleversé pas mal de choses.

Le photovoltaïque faisait pourtant partie des secteurs les plus porteurs en termes d’emploi, non ?

Bien sûr, notamment sur la partie commerciale. Depuis deux ans, le secteur était très dynamique. Des structures se construisaient très rapidement. L’intérêt de cette redistribution va consister dans un « assainissement » du secteur. Jusqu’à maintenant, il y avait beaucoup de petits acteurs parfois plus spéculatifs que porteurs d’un réel projet. De petites structures se sont montées sur le photovoltaïque, pour spéculer sur le décalage entre le prix de rachat par EDF de ce type d’énergie et les énergies dites « classiques ». Ces structures n’avaient pas de projets à long terme. La baisse du prix de rachat par le gouvernement va permettre d’assainir le marché au sens où ses structures basées quasiment exclusivement sur cette spéculation ne pourront résister à cette baisse. Il ne devrait rester sur le marché du photovoltaïque que des structures solides et saines portant un vrai projet industriel et technique avec une vision à long terme.

Quels sont les secteurs des EnR qui recrutent le plus ?

L’éolien, la biomasse, la méthanisation, même si le fort ralentissement sur le photovoltaïque a généré une méfiance générale autour des EnR. L’éolien offshore, en particulier, continue de bien marcher et il y a actuellement de gros projets engagés dans ce secteur. Je pense que l’avenir se situe plutôt là.

Quelles sont les fonctions les plus en vue dans les EnR ?

Les fonctions techniques et commerciales. Pour le photovoltaïque, il s’agit surtout de commerciaux terrain. S’agissant de l’éolien, ce sont surtout des fonctions techniques-ingénieur qui sont recherchées, que ce soit de la construction, de l’électricité, ou de la mécanique.

Quels sont les types de profils recherchés par les entreprises ?

Surtout des profils expérimentés. En fait, il y a deux cas de figure : soit les petites structures donnent leur chance aux jeunes, aux jeunes ingénieurs essentiellement, et elles les forment ; soit elles ont besoin d’une expertise particulière sur certains postes, auquel cas elles privilégient les profils possédant une première expérience.

S’agit-il de créer des emplois ou d’adapter des métiers qui existent déjà ?

Il s’agit plus d’adapter des métiers qui existent déjà. Par exemple, un prospecteur foncier qui cherchait auparavant des terrains pour établir des carrières va désormais réfléchir à l’installation d’éoliennes. Mais si l’entreprise ne dispose pas des moyens d’engager des gens expérimentés, elle fera appel à des jeunes diplômés.

Cette adaptation passe-t-elle par des formations spécifiques ?

Non, il suffit d’avoir des compétences spécifiques. Beaucoup de gens pensent à tort qu’il est nécessaire de faire une formation « green ». Pour l’instant, je ne connais pas de formations qui soient réellement significatives. Les entreprises ont besoin aujourd’hui essentiellement d’une compétence, et surtout d’une motivation. C’est plus une expérience qu’une formation qu’elles vont rechercher. Le secteur des EnR est un secteur très jeune, où les gens se forment sur le terrain, et c’est ce qui rend aussi l’aventure sympathique.

Le Grenelle de l’Environnement a-t-il eu une influence sur le recrutement ?

Il s’agit surtout d’un effet d’annonce… Les demandes continuent d’affluer car l’activité était assez dynamique il y a deux ans. Mais aujourd’hui, le recrutement est nettement ralenti.

Donc, il y a eu un véritable changement ces derniers temps ?

Oui, on a eu deux années très dynamiques en termes de recrutement mais aujourd’hui, c’est l’expectative complète. Je ne dis pas que le marché s’écroule. Les gens s’arrêtent et regardent.

Comment cela se passe pour les grandes entreprises ayant des secteurs dédiés aux EnR ?

Ces entreprises sont aussi dans une phase d’attente.

Les 600 000 emplois annoncés entre 2009 et 2020 par Jean-Louis Borloo sont surestimés selon vous ?

Bien sûr. La réalité n’est pas celle-là.

Quels sont, selon vous, les vrais chiffres ?

Je ne travaille que sur la partie cadres, qui doit représenter 10 ou 15 % de notre recrutement. Sachant qu’on recrute environ 400-500 ingénieurs par an, si on en recrute 50 ou 60 dans le secteur des EnR, c’est bien. Le problème aujourd’hui est qu’on a beaucoup plus de gens intéressés par le secteur que de places disponibles.

Pensez-vous qu’un changement soit à prévoir ?

Cela déprendra uniquement de la volonté politique et des subventions qui seront accordées à la filière. L’éolien commence à être intéressant avec la mise en place de grosses structures, mais le photovoltaïque, essentiellement constitué de petites structures, peut ralentir fortement.

Il y a un décalageentre ce qui a été annoncé et la réalité des faits. Ces métiers étaient recherchés il y a deux ans, mais depuis six mois ce n’est plus le cas. Il s’agit d’acteurs très jeunes, de structures qui peuventdifficilement se permettre de recruter par anticipation. Ce n’est pas la même chose que pour le nucléaire ou le pétrole, où les investissements se font sur du long terme, auquel cas il faut que vous anticipiez beaucoup plus. Là on est vraiment sur du spontané.

Pensez-vous que l’activité soit amenée à reprendre à un moment ?

C’est envisageable, si le gouvernement décide de consacrer à la filière un budget important, en en faisant réellement une priorité. Le photovoltaïque vient de subir un coup de frein préjudiciable. J’ai vu des commerciaux arriver dans une entreprise spécialisée dans le photovoltaïque, et décider de partir à la seule vue du business plan. Le secteur est rattrapé par la réalité économique, et la reprise ne dépend que de la volonté de l’État.

Sentez-vous de la part des jeunes un engouement pour ces métiers-là ?

Oui, et c’est là le décalage entre la réalité économique des acteurs, plutôt fragile, et toute une population de candidats, surtout des ingénieurs, très motivés pour intégrer ce secteur.

 

Propos recueillis par Carole Hamon

 

POSTULEZ À UN EMPLOI VERT SUR RÉSEAU & EMPLOI ET/OU REJOIGNEZ LE GROUPE ENVIRONNEMENT

Croissance verte : réalité ou effet d’annonce ?

Le volume de création d’emploi annoncé dans les énergies renouvelables est très variable selon les rapports. Quelques dizaines d’emplois selon l’étude Syndex commandée par la CFDT à plusieurs centaines de milliers selon le gouvernement. Difficile de faire le tri dans cette profusion de chiffres pas toujours cohérents.

Les chiffres clés :

  • 134 000 emplois dans les énergies renouvelables prévus en 2020, selon une étude de juin 2009 sur les effets du Grenelle de l’environnement sur l’emploi, réalisée par Boston Consulting Groupe (BCG) à la demande de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie. L’étude suppose la pleine réalisation des programmes du Grenelle, qui doivent permettre une réduction de 25 % des émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2020 et générer environ 450 milliards d’euros d’activité sur 12 ans ;
  • 684 000 emplois dans les énergies renouvelables attendus en 2020, selon l’étude réalisée en 2008 pour le WWF. À la différence de l’étude de BCG, celle-ci prend en compte les emplois détruits dans les filières polluantes (138 000 dans l’énergie, 107 000 dans l’automobile) mais aussi les emplois induits par les économies réalisées par les ménages dans leur consommation énergétiques ;
  • 300 000 emplois dans les énergies renouvelables annoncés pour 2020, selon le SER (Syndicat des Energies Renouvelables) ;
  • 120 000 emplois directs dans les énergies renouvelables prévus en 2012, selon une étude de l’ADEME, soit plus du double du chiffre de 2007. 35 000 seraient consacrés à la production d’énergie marchande ou à l’entretien des équipements de chauffage domestique et 85 000 à la production, la distribution et l’installation des équipements ;
  • 60 000 emplois attendus dans l’éolien en 2020, selon le SER ;
  • 5 000 emplois crées en 2012 et 19 000 emplois crées en 2020 dans la biomasse, selon la société Dalkia France ;
  • 9 000 emplois prévus dans l’éolien en 2010, selon le SER.

 

Scénarios de déploiement des énergies renouvelables : éolien, solaire thermique et photovoltaïque

Scénario Tendanciel 2006 2007 2012 2020
Eolien MW installés 1567 2455 2200 2012,5
Solaire thermique M2 isntallés dans l’année 298000 320000 1438000 2250000
Solaire photovoltaïque MW installés 14,4 37,5 300 537,5
Scénario Crise 2006 2007 2012 2020
Eolien MW installés 1567 2455 1760 1610
Solaire thermique M2 installés dans l’année  298000 320000 1150400 1800000
Solaire photovoltaïque MW installés 14,4 37,5 240 430
Source Syndex

Hors installation, l’effet sur l’emploi dans l’industrie, quel que soit le scénario (tendanciel ou crise), compte tenu des hypothèses retenues du taux d’ouverture des marchés, est loin d’être négligeable, notamment pour le solaire thermique et photovoltaïque.

Sur la période 2012-2020, en moyenne annuelle, les emplois dans l’industrie s’élèveraient à 22 275 emplois à taux plein, soit 49 % des emplois liés aux investissements dans l’éolien et le solaire, hors exportation, en croissance de 25 % par rapport à la période 2007-2012. Par rapport à 2007, année de référence, les emplois dans l’industrie décollent véritablement sur la période 2007-2012, passant ainsi de 2 912 emplois à taux plein à 14 435 emplois à taux plein. Toutefois, cette estimation ne tient pas compte de l’effet de la crise sur les investissements dans le secteur des énergies renouvelables. Ainsi, si l’on tient compte d’une hypothèse de recul de 20 % des investissements, les emplois dans l’industrie seraient ramenés à 8 347 emplois à taux plein sur la période 2007-2012 et à 12 393 emplois à taux plein sur la période 20012-2020.

 

Source Syndex

Comme le montre l’histogramme ci-dessus, cette croissance des emplois dans l’industrie bénéficie surtout à l’industrie de fabrication des composants électroniques actifs et à l’industrie de fabrication des équipements domestiques non électriques. Sur la période 2012-2020, ces deux industries représentent 72 % des emplois des emplois directs liés aux investissements dans les équipements.

 

Impact emploi par types d’industrie (emploi direct)

  2006 2007 2012 2020
Industries des équipements mécaniques 541 643 1591 1456
Fabrication d’équipements domestiques non électriques 900 1234 5469 8557
Fabrication de composants électroniques actifs 298 759 5889 9983
Ingénierie 263 400 1732 2503
Total emplois dans l’industrie 2008 3036 14681 22500

Ces emplois directs recouvrent pour la plupart des métiers traditionnels de l’industrie (mécanique, chaudronnerie, électronique, électrique), pour lesquels l’offre de formation existe aujourd’hui. Toutefois, il n’en est pas de même pour les métiers liés à l’ingénierie, pour lesquels les besoins d’une offre de formation d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans les technologies des renouvelables apparaissent déterminants pour porter le développement de ce type d’énergie. Il en est de même pour les métiers liés à l’installation et à la maintenance de ses équipements, dont l’offre de formation apparaît sans commune mesure avec les besoins.

 

Croissance verte : des chiffres dans le rouge

Moteur hybride

La CFDT et la CGT ont demandé au cabinet Syndex d’explorer le revers de la médaille verte : la destruction d’emplois dans les filières traditionnelles, générée par le durcissement des obligations environnementales. Dans le secteur automobile, l’essor des moteurs hybrides causerait la perte en France de 4 000 à 8 000 spécialistes du moteur thermique à l’horizon 2020. La réglementation plus sévère dans la sidérurgie détruirait pour la filière fonte entre 3 000 et 6 000 emplois. « Résultat, le solde net de créations d’emplois pour 2020 serait plus proche des 60 000 que des 60 0000 annoncés en fanfare », déplore Jean-Pierre Bompard, délégué à l’environnement pour la CFDT.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Étude réalisée en juin 2010 pour le compte du Commissariat général au développement durable – ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM)

 

C.H.

 

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Energies renouvelables, emploi et conjoncture

Au-delà des décisions du Grenelle, les chiffres liés à la création d’emplois dans les secteurs des énergies renouvelables au sein des grands groupes doivent être pondérés avec d’autres facteurs. La crise économique mondiale en est un. La volonté des entreprises de s’engager dans des processus longs pour faire évoluer leurs pratiques en est un autre.

On distinguera les entreprises considérées comme « vertes », qui se sont constituées dans le but de produire des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien…) de celles qui font évoluer leur activité vers une production ou/et des pratiques plus renouvelables. En ce qui concerne ces entreprises, voyons secteur par secteur quels vont être les acteurs concernés.

Au niveau énergétique, des grands groupes producteurs d’énergie ont, depuis le Grenelle, diversifié leurs moyens de production. C’est le cas d’EDF par exemple. Dans d’autres secteurs, les entreprises doivent remettre en cause tout ou partie de leur outil de production. C’est le cas du secteur des matériaux, dont l’empreinte écologique est désormais pointée du doigt (le béton en est le meilleur exemple). L’industrie chimique, elle, via Reach par exemple, opère une remise à plat de ses pratiques.

Autre exemple, le secteur de l’automobile. Les constructeurs travaillent déjà depuis plusieurs années sur la consommation des véhicules. Depuis quelques temps, le véhicule électrique est un défi technologique qui concentre les secteurs R&D des plus grands constructeurs. Les batteries représentent notamment un enjeu crucial.
Il est important de remarquer que pour les constructeurs automobiles par exemple (mais la grande majorité des grands groupes est soumis aux mêmes contraintes), les enjeux sont désormais multiples. En effet, au-delà de l’innovation en termes de consommation des véhicules, c’est le véhicule en lui-même qui doit évoluer :

  • Au niveau des matériaux ;
  • Au niveau des substances utilisées dans la fabrication des véhicules ;
  • Au niveau du suivi des pratiques des prestataires.

De nouvelles pratiques métiers plutôt que de nouveaux métiers

Par delà, ce sont donc les métiers eux-mêmes, du début à la fin de la chaine de production, qui doivent évoluer. L’ensemble des familles professionnelles ainsi que tous les niveaux d’emploi, de l’opérateur au manager, sont impactés. En ce qui concerne l’automobile, voici un panorama de l’évolution des métiers observée :

  • les transports ferroviaires et guidés : l’ingénierie vers de l’éco-conception, l’exploitation des réseaux vers une vision plus systémique du transport vue sous l’angle de la mobilité ;
  • une maintenance plus intégrée : les responsables de sites et de maintenance, les opérateurs de maintenance et les techniciens, les services fonctionnels avec une approche du travail plus transversale ;
  • le transport de marchandises : le développement durable devient un vecteur de promotion du service vendu. Perfectionner les conducteurs en conduite rationnelle, développer la prévention des risques, sur les aspects comportementaux de l’exercice du métier, relationnels commerciaux ;
  • l’exploitation des transports : conduite économe, déménagement durable, chauffeur livreur en milieu urbain, rationalisation des transports ;
  • les voies d’eau : polyvalence, nouveaux modèles d’exploitation, fonction d’accueil, manutention et logistique ;
  • la logistique : maximisation du remplissage des camions, meilleure organisation des tournées de livraison pour regrouper en un seul trajet les livraisons à plusieurs clients, intermodalité… ;
  • les travaux publics : gestion des déchets, droit de l’environnement, propreté des chantiers, respect de la faune et de la flore sur chantier (préparation avant réalisation du chantier, pendant et après – ces actions sont souvent à réaliser en concertation avec le maître d’ouvrage), réduction des nuisances sonores (chantiers furtifs, …), pollution des sols, préservation de la qualité de l’air, protection de l’eau, l’ingénierie écologique du paysage…

On le voit donc, les considérations des entreprises en termes d’utilisation des énergies renouvelables impliquent des changements en profondeur dans toute la chaîne de production de valeur. L’exemple du secteur de l’automobile est à ce titre frappant.
Mais les exemples du secteur du bâtiment, de la chimie, ou encore de la production et de la distribution d’énergie révèlent, on l’a vu, les mêmes particularités. Dans ces secteurs également, il faut reconsidérer, verticalement et transversalement, les implications induites par ces changements.
L’évolution des métiers eux-mêmes implique des besoins en termes de compétences et de formation. Mais pas tant que cela. Comme le soulignent souvent les responsables des grandes entreprises, il s’agit avant tout d’une prise de conscience collective sur des thèmes qui sont devenus importants depuis quelques années. Le changement opéré l’est donc autant au niveau des mentalités que des process métiers.

Quels sont les facteurs qui ont ou vont influencer le virage énergétique ?

L’évolution des pratiques dans les grandes entreprises, liée à la prise en compte de la problématique environnementale et énergétique, se heurte aujourd’hui à la réalité des marchés… Réalité qui depuis deux ans n’a qu’un mot à la bouche pour éclairer sa situation : la crise. Si la crise freine bien évidemment les grands projets non vitaux pour les entreprises, elle a aussi tendance à ralentir les transitions opérées par les entreprises vers de grands investissements « verts », destinés à améliorer leurs pratiques, leur production ou simplement leur bilan carbone.

C’est pour cela qu’il est vital que l’état soutienne les investissements à caractère durable, et surtout tant que les répercussions de la crise financière se font sentir sur les entreprises.

Au final, les opportunités pour les entreprises françaises impliquées dans ces processus de changement des pratiques sont grandes. À terme, les retombées économiques et industrielles attendues sont les suivantes :

  • Tout d’abord la création d’environ 450 M d’euros d’activité sur la période 2009/2020 ;
  • La création de « champions » industriels avec une capacité d’export dans des secteurs durables (éolien offshore, voiture électrique) ;
  • Réduction des temps de transports, avec le développement des TCSP et du LGV ;
  • Substitution de la production d’énergie d’environ 200 TWh final/an, par de l’énergie renouvelable (dans le détail : 64 par le fonds de chaleur renouvelable, 57 par l’éolien, 42 par la biomasse) ;
  • Réduction de la consommation d’énergie d’environ 180 TWh final/an ;
  • Désenclavement de la Seine par le canal Seine Nord Europe : ouverture sur le réseau européen de voies navigables.

Ainsi, on voit bien que pour le entreprises évoluant dans les secteurs que nous avons évoqués plus haut, le virage énergétique voulu lors du Grenelle représente une opportunité de faire évoluer leurs pratiques, et pourquoi pas gagner de nouveaux marchés.

Par Pierre THOUVEREZ

 

Sources : developpement-durable.gouv, CRE, BCG

 

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Le gaz de schiste, au premier plan de l’actualité

La ministre de l’écologie française Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas changé le cap du gouvernement ce mardi 29 mars, dans un débat à l’Assemblée Nationale, rappelant qu’ « il n’est pas question d’avoir recours à des procédés d’extraction ayant une incidence écologique désastreuse », répondant ainsi à la motion parlementaire signée par des députés de toutes tendances confondues (passée de 80 à 100 signataires ce mardi). Un rapport devra être rendu le 8 juin pour décider de la levée du moratoire ou non, qui s’était vu prolongé de deux mois, et qui suspend sur le sol français la prospection du gaz de schiste (3 permis dans le sud de la France). L’enjeu sera donc de décider si oui ou non le gouvernement considère que l’extraction du gaz de schiste a « une incidence écologique désastreuse ».

Les Polonais, eux, se posent beaucoup moins de questions. Le premier ministre polonais, Donald Tusk, annonce qu’il est « déterminé à ce que les recherches et l’exploitation du gaz de schiste deviennent un fait », ce même 29 mars. La Pologne, dont le sous-sol serait riche en cette ressource, s’est lancée depuis plus d’un an dans une collaboration avec de grands gaziers américains et internationaux, et elle bénéficie du « savoir-faire » américain, on ne peut plus décrié en France comme dans tous les pays concernés.

C’est ce que nous rappelle la sortie le 6 avril sur nos écrans du film-choc « Gasland », de l’Américain Josh Fox, où se mêlent les images d’animaux perdant leurs poils, d’eau du robinet marron, ainsi que la désormais tristement célèbre scène où un homme réussit à enflammer l’eau qui sort de son robinet. Ce film, outre le fait de dénoncer ce qui est pour le réalisateur une « aberration écologique », aura surtout pour vocation de provoquer des débats, dont de nombreux sont prévus après les projections.

En réponse à sa diffusion, les industriels du pétrole se réfugient derrière le fait que les accidents seraient « presque toujours liés à une mauvaise cimentation des cuvelages dans les puits et non à la technique de fracturation »

Gageons que la France y verra plus clair d’ici juin sur ce dossier plus qu’épineux…

M.R.

 

Déjà publié :

Le point sur les gaz de schistes

Gaz de schiste : un moratoire, et après ?

Révélations inquiétantes aux Etats-Unis sur les Gaz de schiste

90 hectares dédiés à l’éco-construction

Aux portes de Nantes, face au futur aéroport Notre-Dame-des-Landes, la Communauté de communes Cœur d’Estuaire vient de réaliser deux parcs d’entreprises de très haute qualité environnementale dédiés exclusivement aux entreprises de l’éco-construction. Les Parcs du Bois de la Noue et de La Folaine déploient sur 90 hectares une nouvelle logique de parc avec des aménagements de pointe, une stratégie thématique d’avenir et un mode de gestion qui devrait faire école en terme de montage public-privé à long terme.

Une stratégie thématique

Vouloir rassembler des entreprises sur une seule thématique, l’éco-construction, constitue l’un des volets de cette démarche innovante « made in Cœur d’Estuaire ». Ce positionnement exclusif est audacieux, surtout en période de crise économique, autant que judicieux. En phase d’émergence de nouvelles pratiques du secteur de la construction,  il s’agit là, non de procéder par exclusion mais de rassembler les acteurs d’une nouvelle filière. L’objectif est de réunir les acteurs économiques de l’éco-construction, de leur permettre de bénéficier d’un terrain d’accueil adapté à leurs exigences et de favoriser leur visibilité par un effet d’adresse unique.

Premier pôle par la taille avec 300 000 m2 de locaux d’entreprises envisagés mais aussi par le service que ces deux Parcs va assurer à la filière émergente de la construction durable, c’est-à-dire visibilité et synergies, favorables à l’innovation et à leur développement. Enfin, c’est offrir à terme au public et aux professionnels du bâtiment une adresse de référence, véritable « vitrine » de l’éco-construction, unique en France, où ils trouveront toutes les réponses et prestataires nécessaires à leurs projets.

Une logique de parc mettant en valeur la nature préexistante

Avec ses parcs, Cœur d’Estuaire donne naissance à une nouvelle vision de l’aménagement du territoire sans voiries bétonnées sur des kilomètres, ni de parcelles arasées, sans aménagements standardisés, plaqués en pleine campagne à grand renfort d’éclairages, de grillages et d’architectures désordonnées…

Tout au contraire, les Parcs répondent à une logique de territoire où l’aménagement sur mesure prend corps sur la trame bocagère, où les voies de dessertes utilisent le parcellaire ancien et les chemins existants, où le découpage des parcelles est fixé par les haies, les prairies humides conservées, les bois classés ou préservés. Résultat : deux véritables parcs paysagers, ordonnancés, avec un impact minimum sur leurs terrains d’accueil et mettant en valeur la nature préexistante, deux grands jardins d’inspiration anglaise dans lesquels les entreprises vont implanter leurs bâtiments, respectant des règles strictes, un code visuel cadré et des obligations paysagères valorisantes.

Des choix d’aménagement innovants

Chaque parc s’articule autour d’un axe central structurant, voie de desserte de l’ensemble du site, intégrant les réseaux techniques. Ce parti d’aménagement simple et fort assure une rationalisation de fonctionnement à chaque site, permet une lecture simple et immédiate de leur organisation et leur confère une grande élégance. Le tracé central est souligné par l’ordonnancement des différents matériels d’éclairage et les alignements d’arbres, de noues plantées et de haies. Viendront se connecter sur cet axe central des antennes de distribution, qui seront construites au fur et à mesure de l’implantation des bâtiments d’entreprises et selon leurs besoins, pour irriguer l’ensemble.

Pour assurer une parfaite cohérence aux sites, les aménagements sont poussés jusque dans les détails, avec un langage commun aux deux parcs d’entreprises : signalétique unique, intégration des enseignes, boîtes à lettres et autres coffrets techniques dans des murets en bois, recul des bâtiments, paysagement collectif et enfin un cahier de prescriptions assurant le respect des objectifs du projet éco-construction et une harmonie architecturale.

Un mode de gestion nouveau

Cœur d’Estuaire qui reste maîtresse de ses sites, va maintenant s’appuyer sur un opérateur immobilier spécialisé dans la construction des locaux des entreprises.

Pour les entreprises, c’est l’occasion de bénéficier rapidement de locaux, sans la charge du management d’une opération de construction lourde et chronophage. C’est aussi éviter de bloquer leur capacités d’investissement financier dans l’acquisition de terrains et de bâtis, pour la concentrer sur le développement des affaires. Elles bénéficieront d’un service clef en main réalisé par l’opérateur qui va assurer pendant 35 ans le développement, la gestion et l’entretien des deux parcs. 

La fin de l’enfouissement pour les sommiers et matelas

Environ 95 % des matières d’un matelas et d’un sommier sont recyclables. Pourtant, aucune alternative n’était proposée en France pour valoriser ces déchets. Ces derniers sont actuellement enterrés dans des « Centres d’Enfouissement Technique » lorsqu’ils arrivent en fin de vie. Or la biodégradation des produits s’effectue sur plus de 100 ans et le volume enfouit chaque année correspond au volume de la Tour Eiffel…

Fort de ce constat, l’entreprise française Recyc-Matelas Europe, née d’une joint venture avec Recyc-Matelas Canada, a ouvert sa première usine-pilote au port autonome de Limay, dans les Yvelines (78) en octobre 2010. Quelques 350 000 unités seront traitées chaque année sur ce premier site de déconstruction de matelas et sommiers usagés et de revalorisation des matériaux. Coton, feutre, bois, métal, mousse de polyuréthane… pourront ainsi être réutilisés notamment pour l’industrie automobile, la fabrication de tapis, l’isolation thermique, l’énergie biomasse, la sidérurgie, l’aciérie, le ferraillage…

Au bout de trois mois, l’entreprise recycle déjà 10 000 pièces par mois, soit 220 tonnes de matières qui jusqu’ici étaient traités comme des déchets et non des matières valorisables, notamment grâce à la mise de en place de partenariats stratégiques avec La Compagnie du Lit, des magasins indépendants et des sociétés de traitement de déchets qui récupèrent les matelas et les sommiers en Ile-de-France dans le cadre des encombrants.

« Ces partenaires sont conscients de la nécessité de modifier les comportements. Cinq millions de matelas et sommiers sont enfouis chaque année en France, soit l’équivalent de 110 000 tonnes de déchets qui pourraient à terme être traités par des solutions innovantes écologiques. Avec le renforcement des partenariats stratégiques, les industriels, les opérateurs de la collecte, les collectivités, nous envisageons sur le site de Limay de traiter 15 000 unités par mois à courte échéance », explique Jérémy Settbon, Président de Recyc-Matelas Europe.

Priorité aux zones fluviales

Cette initiative arrive à temps pour les fabricants de literie. En effet, dans le prolongement de ce qui a été mis en place pour les DEEE et suite aux décisions du Grenelle de l’environnement, l’Assemblée nationale a voté en mai dernier, dans le cadre de la loi Grenelle 2, la mise en place d’une « REP Ameublement » afin que les fabricants et les distributeurs soient responsables de leurs déchets issus des biens d’ameublement, dont la literie. Selon les pouvoirs publics, ce décret d’application serait effectif courant juillet 2011.

Pour répondre aux politiques éco-environnementales, les prochains sites de production de Recyc-Matelas Europe seront implantés, à l’instar de Limay, à proximité de voies navigables permettant ainsi l’acheminement des matelas et sommiers usagés par péniches. Il en sera de même pour le transport des matières, afin de limiter l’émission de CO2 et d’améliorer ainsi le bilan carbone de l’entreprise.

Le choix du modèle économique fondé sur la multiplication des sites de production, situés en priorité dans des zones fluviales (une dizaine d’ouvertures est prévue en France) a été fait pour maîtriser l’impact écologique lié à la logistique de transport d’unités. L’entreprise envisage aussi de se développer sur le continent européen et de générer, d’ici trois années,  un millier d’emplois dans cette nouvelle filière de revalorisation des déchets.
 

La difficile progression de la fibre optique en France

Tout d’abord, il faut considérer que l’Europe est déjà en retard par rapport au reste du monde. Aujourd’hui, le seul pays qui tire son épingle du jeu est la Russie qui a un taux de pénétration très important, du même niveau que le Japon ou les États-Unis.

La France est à la fin du tableau, avec le 26e taux de pénétration sur 35 en Europe. Tous les pays émergents plus dynamiques nous sont passés devant… Le taux de pénétration de la fibre en Europe est de 17,5 %, sachant que la France n’est qu’à 8 %… Nous sommes moitié moins dynamiques par rapport à l’ensemble de nos voisins. À première vue, c’est inquiétant. Mais considérons aussi que la France a une position particulière.

En effet, la répartition géographique de la France pose problème, avec une majorité de son territoire peu dense en termes de démographie. Ce qui explique qu’aujourd’hui les opérateurs se posent clairement la question de savoir s’ils ont intérêt à amener la fibre optique jusque dans les zones non denses, sachant que justement la population y étant faible, le retour sur investissement semble plus incertain. Alors pourquoi s’engageraient-ils seuls sur des dépenses aussi importantes sur certaines régions ?

Des raisons plus historiques qu’économiques

Cette problématique qui a occupé les débats en 2010 est loin d’être résolue. La mesure pour y remédier que propose le Grand Emprunt est déjà un pas en avant : en finançant différents projets locaux de certaines zones non denses, comme la Manche, la France sera en mesure de déterminer les solutions les plus efficaces. Mais le constat des premières collectivités à se lancer est inquiétant : même sur ces projets soutenus par le gouvernement, les Délégations de Services Publics (DSP) en charge de mettre en œuvre le génie civil nécessaire, ne semblent pas se bousculer… Le coût n’est donc peut-être pas le problème principal en France.

La véritable problématique en France est peut-être plutôt historique. En effet, tous les supports ADSL, XDL… fonctionnent très bien et sont encore largement exploitables aux vues de la demande nationale actuelle. C’est ce qui explique que France Télécom ait mis beaucoup de temps à réagir par rapport à la fibre optique. Les réseaux ADSL, XDSL sont plus intéressants pour l’opérateur historique. France Telecom n’étant pas moteur par rapport à la fibre, ce sont plutôt les opérateurs alternatifs qui tentent de promouvoir ces technologies plus innovantes.

La conférence annuelle FTTH Council Europe qui s’est tenue a Milan, en février dernier, a été l’occasion de partager les expériences. D’autres pays y ont révélés des soucis particuliers, comme le marché belge par exemple, qui souffre de l’absence de gouvernement ou du fait qu’aucun opérateur alternatif ne se risque à proposer des technologies novatrices par rapport à Belgacom.

Un acteur est ressorti comme étant réellement moteur pour le déploiement de la fibre optique en 2011, en tout cas pour la France. Ce sont les municipalités, collectivités locales, et autres communautés de communes, qui semblent vraiment s’investir dans le domaine et cherchent à se faire entendre.

Répertorier des infrastructures existantes

Le constat que nous avons fait au FTTH Council Europe, est qu’il y a un gros développement fibre sur les pays de l’Est, notamment la Hongrie, la Slovénie, la Bulgarie… Ils sont venus au FTTH Council Europe, avec des projets précis. Ils savaient véritablement ce qu’ils souhaitaient faire. En revanche, tous les pays proches de la France semblent connaître un véritable ralentissement au niveau des investissements, que ce soit la Belgique, l’Italie, L’Espagne, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Quel va donc être le moteur pour relancer les installations fibres sur ces pays ? C’est ce que nous dira 2011…

La France, pour sa part, a lancé le Grand emprunt pour l’installation des zones non denses afin de développer des zones de test qui seront ensuite suivies. Mais certaines collectivités ont déjà des réseaux télécoms fibre qui dorment depuis plusieurs années, et leur souci clairement annoncé aujourd’hui est de savoir comment rentabiliser leurs infrastructures.

Cette démarche typiquement française, qui consiste à investir sur un secteur d’avenir sans se poser la question de savoir si, à un moment donné, il va être utile de justifier ces dépenses, est aujourd’hui un frein pour ces collectivités alors visionnaires. Dans les autres pays, avant d’investir, chacun pense d’abord à la rentabilité. En France, à partir du moment où le gouvernement met 70 % de l’investissement sur la table, on considère cela comme des financements publics et on ne réfléchit plus à comment rentabiliser… Répertorier des infrastructures existantes est aujourd’hui nécessaire pour faciliter à court terme le développement de l’accès au réseau fibre.

Le rôle fondamental des municipalités

En revanche, les 30 % d’investissements, réalisés par les DSP, sont véritablement réfléchis. Elles décident de travailler sur une région plutôt qu’une autre, en ayant préalablement étudié le terrain afin de confirmer qu’elles peuvent s’implanter avec un retour sur investissement à plus ou moins long terme.

Aujourd’hui, les récents acteurs, comme Free, développent leur propre infrastructure, et sont en train de faire bouger le marché occupé par les DSP ou opérateurs. Ils vont provoquer la réaction de tous ces acteurs historiques qui ont besoin d’une réelle concurrence pour relancer ces installations, entre autre dans les zones peu dense. Car tous ces acteurs ont considéré en priorité les grandes villes où le ROI (Return On Investment) semblait rapide.

La question qui se pose maintenant, c’est comment vont-ils se partager le marché des zones moins denses et peu denses ? Par exemple, sur les quelques régions cibles, pour le moment on n’a aucune idée de quelles vont être les DSP retenues sur la région… Pourquoi choisir plus l’une que l’autre ?  Même si chacune a ses terrains de prédilections, rien ne permet d’affirmer qu’elles vont continuer à se positionner régionalement…

Le véritable moteur va donc être le choix des communautés de communes et des collectivités locales. Beaucoup commencent à dénoncer la situation, n’admettant pas de payer autant d’impôts locaux que les villes qui bénéficient déjà de ces infrastructures fibre. La véritable impulsion en 2011 va venir de ces acteurs incontournables, investisseurs et décideurs, que sont les municipalités et leur regroupement.

 

par Florianne Duguay, Vice Présidente Ventes et Marketing Kleverage de P&T Consulting

 

 

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Rédiger un cahier des charges ITSM

Dédié aux problématiques de l’ITSM (Information Technology Service Management), une approche de gestion des SI orientée « services » s’appuyant sur les bonnes pratiques de la bibliothèque ITIL (Information Technology Infrastructure Library), le Centre de ressources ITSM rassemble, à ce jour, différents acteurs complémentaires comme EasyVista (Staff&Line), l’EXIN, ORSYP Consulting, ITIL France et ITIL.FR.

Son unique vocation est de proposer des ressources et des informations indépendantes sur le marché de l’IT (Information Technology) et de sensibiliser les entreprises et les structures publiques sur l’ensemble des aspects que couvre l’IT Service Management.

Cette association d’expertises et de savoir-faire a donc pour finalité d’offrir gratuitement un ensemble de ressources complémentaires, jusqu’alors uniquement proposées de manière commerciale par les différents acteurs du marché.

Jouant la carte des bonnes pratiques et de la sensibilisation, le Centre vient d’annoncer la disponibilité d’un modèle de cahier des charges permettant aux entreprises et aux administrations d’exprimer au mieux leurs attentes en matière d’IT Management et de se poser les bonnes questions. Le cahier des charges est le fruit d’une réflexion commune associant éditeur, cabinet de conseil, intégrateur et utilisateur final. En ce sens, il fait ressortir des points stratégiques qu’il est indispensable d’aborder afin de transformer son projet d’ITSM en un succès opérationnel de long terme.

À ce jour, aucune initiative de ce type n’avait été proposée. Il s’agit donc d’une véritable innovation qui permettra aux entreprises de prendre en compte à la fois leurs besoins techniques et organisationnels. À partir de cette synthèse, ils prendront donc de la hauteur sur leur projet et pourront entrer sereinement dans sa préparation. Ce document est disponible gratuitement sur le site Internet du Centre.

« Notre nouveau cahier des charges de l’ITSM se positionne comme un outil stratégique pour les DSI souhaitant déployer un projet d’IT Service Management. Véritable synthèse d’expertises complémentaires, ce nouvel outil va compléter les ressources d’ores et déjà présentes. Nous annoncerons sous peu le lancement de nouvelles initiatives de ce type qui contribueront activement à mieux comprendre les tendances du marché de l’IT Service Management et les démarches utiles à connaître pour lancer un projet. La complétude de nos outils est un véritable facteur générateur de succès », affirment les membres du Centre de ressources. 

« De nouveaux métiers sont en train d’émerger »

Pascal Lesage est responsable Énergie chez Bureau Veritas. Il anime une équipe de 300 consultants sur les évaluations réglementaires et  volontaires de projets d’optimisation énergétiques.

Techniques de l’ingénieur : Comment s’intègrent les métiers des EnR dans les entreprises ?

Il s’agit surtout d’adapter les compétences. Passer du gaz à la biomasse n’est pas la même chose. Les dimensionnements d’installation sont différents, de même que les contraintes réglementaires et celles d’exploitation. De nouveaux métiers sont en train d’émerger.

Comment s’opère la transition vers ces nouveaux métiers ?

D’abord dans les écoles, où l’on voit apparaître de plus en plus d’options « énergies renouvelables ». Après, concernant les compétences déjà existantes, il s’agit surtout de s’adapter, par l’autoformation ou des formations en interne. Chez Bureau Veritas, nous disposons d’un système de partage de l’information. Nous organisons par ailleurs des formations, des conférences téléphoniques, et avons des lieux d’échange de documents. Des gens qui travaillaient sur les cogénérations, ou d’importants projets de chaufferie, travaillent désormais sur des problématiques de biomasse. Mais nous avons aussi été chercher à l’extérieur quelques compétences sur les énergies renouvelables.

Pascal Lesage « Il s’agit surtout d’adapter les compétences. Passer du gaz à la biomasse n’est pas la même chose. Les dimensionnements d’installation sont différents, de même que les contraintes réglementaires et celles d’exploitation. »

De quelles compétences s’agit-il ?

De gens possédant une expérience dans des ingénieries ou chez des fournisseurs d’énergies renouvelables, avec des connaissances des procédés et de l’exploitation des installations.

Quels types de services apportez-vous à vos clients ?

Notre métier de base, c’est l’inspection et le contrôle. Par exemple, dans le cas des panneaux photovoltaïques, nous nous rendons à l’usine de production en Chine pour vérifier les panneaux. Nous contrôlons la qualité, la quantité de panneaux, leur transport, puis le chantier en France, le montage, la réception ainsi que l’exploitation. Nous intervenons à toutes les étapes du projet.  

Nous réalisons également des missions autour de la réglementation des bâtiments, des missions d’assistance et de conseil autour de l’optimisation des process dans les audits énergétiques, des inspections type DPE (Diagnostic de Performance Énergétique)

Plus globalement, nous accompagnons nos clients dans leurs projets neufs ou de rénovation.

Quels types de métiers constituent Bureau Veritas Energie ?

Nous avons des techniciens et des ingénieurs qui interviennent à tous les stades de projets.

Quels sont les métiers porteurs des EnR ?

La biomasse, assurément. Nous sommes d’ailleurs en train de monter une offre biomasse dans sa globalité, nous accompagnons nos clients dans la préparation des documents de consultation jusqu’à la réception et l’exploitation d’une installation.

Avez-vous un exemple d’un projet en cours concernant la biomasse ?

Nous sommes en train de réceptionner une installation de biomasse. Nous sommes actuellement dans la phase de préparation des essais. Nous établissons les protocoles d’essai, définissons les méthodologies de mesure de la performance. La mission consiste à aller vérifier que les garanties prises par le constructeur sont bien présentes. Garanties en termes de performance énergétique mais aussi environnementales. Cela concerne la performance énergétique, les rejets atmosphériques, les rejets aqueux et les niveaux sonores. Nous sommes en train de travailler avec les constructeurs pour se mettre d’accord sur la méthodologie de mesure de la performance afin de vérifier les engagements contractuels. Ensuite, nous instrumenterons l’installation pour procéder aux essais. Par ailleurs, nous pouvons identifier actuellement une forte augmentation de la demande sur des projets Biomasse.

Quels types de profils recherchez-vous ?

Nous embauchons beaucoup de stagiaires, que nous recrutons par la suite. Nos ingénieurs viennent plutôt d’écoles généralistes proposant une option autour de l’énergétique. Actuellement, nous avons un stagiaire venant de l’ENSTA, deux stagiaires venant de Centrale-Paris, et des stagiaires venant d’écoles régionales. Concernant les techniciens, nous privilégions les formations spécialisées en mesure physique, génie thermique, énergie, type BTS ou DUT. Nous formons les techniciens de manière à ce qu’ils puissent traiter toutes ces problématiques. Sur des problématiques particulières ou sur des technologies innovantes, nous allons chercher des compétences à l’extérieur de l’entreprise.

 

Propos recueillis par Carole Hamon

« Notre présence dans l’éolien nécessite d’acquérir à l’extérieur des compétences spécifiques »

« Au sein d’Alstom Power, les activités thermiques restent prédominantes mais la part Hydro et Wind est chaque année plus significative, il s’agit donc d’une mutation progressive. »

François Roquebrune est Directeur des Ressources Humaines des business Hydro & Wind chez Alstom Power. Il accompagne le développement de ces activités en matière d’organisation, de gestion des ressources, de recrutement, de formation, de gestion des mobilités, d’anticipation des compétences et métiers, de support aux acquisitions, d’animation des équipes RH (DRH de Régions et de Communautés), et de gestion des cadres dirigeants.

Techniques de l’ingénieur : Quelle est la démarche d’Alstom Power vis-à-vis des métiers des énergies renouvelables ? S’agit-il de créer de nouveaux emplois ou d’adapter des métiers déjà existant ?

Il s’agit d’une combinaison des deux. Nous sommes présents dans les métiers de l’hydraulique depuis de nombreuses années et nous avons pu développer des expertises mondialement reconnues. Lorsque cela s’avère possible, nous opérons quelques transferts de personnel du thermique vers l’hydraulique. En revanche, notre présence dans le Wind (éolien) est plus récente et nécessite d’acquérir à l’extérieur certaines compétences spécifiques comme pour les activités Wind Offshore par exemple.

Comment s’est déroulée cette mutation au cours des cinq dernières années ?

Au sein d’Alstom Power, les activités thermiques restent prédominantes mais la part Hydro et Wind est chaque année plus significative, il s’agit donc d’une mutation progressive.

Comment les métiers des énergies renouvelables sont-ils assimilés dans les équipes existantes ?

Nous sommes présents dans les métiers de l’hydraulique depuis très longtemps. Il n’y a donc pas de souci d’intégration. En revanche, nous sommes présents dans le Wind depuis un peu plus de trois ans au travers d’une acquisition. Le processus d’intégration s’est déroulé de façon fluide avec un programme spécifique d’intégration reposant sur plusieurs leviers : communication, formation, mobilités.

« Le rendement financier d’un investissement dans le photovoltaïque est plus qu’incertain »

Philippe Gensana est Directeur Général adjoint de KP1 Bâtiment. Sa mission principale consiste à développer les activités clos couvert et clés en main de bâtiments non résidentiels (industrie, commerce, logistique, bureaux) et parkings en superstructure, auprès des acteurs clés du marché (maîtres d’ouvrage et/ou maîtres d’oeuvre).

Techniques de l’ingénieur : Comment est né le concept KP Solar ?

Suite à l’engouement qu’a connu un temps le photovoltaïque, nous avons crée KP Solar en partenariat avec Urba Solar. KP Solar propose d’intégrer des panneaux photovoltaïques à des bâtiments de type industriel ou commercial. Nous construisons le bâtiment sur lequel notre partenaire va ensuite installer une centrale photovoltaïque.

Quels changements ce partenariat a-t-il engendrés pour vous ?

La conception de la structure du bâtiment. Nous avons réalisé une étude sur les charpentes de béton pour adapter notre système constructif afin d’optimiser le rendement énergétique. Nos bâtiments sont principalement constitués de pattes de toiture de 3 %. Le concept KP Solar exige que nous travaillions sur des toitures avec des pentes de 10 %. L’assemblage de poutres a dû être complètement repensé.

Avez-vous dû suivre une formation ?

Notre partenaire Urba Solar nous a formé sur le fonctionnement du photovoltaïque, le calcul des rendements… Nous disposons désormais en interne de techniciens-ingénieurs capables de calculer et d’adapter nos produits aux exigences du photovoltaïques.

Quelle est la situation actuelle du bâtiment photovoltaïque depuis l’adoption du moratoire ?

Les choses se sont compliquées, l’activité s’est ralentie. Le premier coup de frein remonte à septembre, quand les dépôts de projet se sont retrouvés bloqués et que le tarif d’achat a baissé de 0,42 à 0,37 €/KW. Depuis mars, nous sommes dans l’expectative. Nous travaillons sur des bâtiments avec des surfaces minimum de 3 000-3 500 m², c’est-à-dire avec des centrales photovoltaïques au-delà de 250 KW. Le rendement financier d’un investissement est plus qu’incertain avec les nouveau tarifs. Aujourd’hui, nous étudions beaucoup moins de projets impliquant du photovoltaïque en toiture lorsqu’il y a une recherche de rentabilité financière du maitre d’ouvrage.

Quelles sont les conséquences sur votre activité ?

Notre activité de base est le bâtiment. Le photovoltaïque est pour nous un moyen de dynamiser la construction de bâtiments. Actuellement, le marché du bâtiment tertiaire n’a toujours pas redémarré. Ce genre de mesure ne va certainement pas y contribuer.

Vous pensez qu’une reprise est envisageable ?

La nouvelle réglementation thermique de 2012 (RT 2012) va rendre obligatoire l’utilisation du photovoltaïque en toiture de bâtiments. Mais aujourd’hui, la réglementation est encore floue en ce qui concerne les bâtiments tertiaires, sauf pour les bureaux. Mais à terme, tous les bâtiments seront à « énergie positive », et le photovoltaïque sera un outil parmi d’autres d’y arriver.

Comment définiriez-vous le concept d’« énergie positive » ?

Un bâtiment devra produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Grâce à des solutions constructives moins énergivores, du type panneaux photovoltaïques et récupération des eaux de pluie, mais également grâce au comportement des utilisateurs.

 

Propos recueillis par Carole Hamon

Les métiers de la chaîne de fabrication et de conception évoluent

Instantanés Techniques : Quelle sont, au niveau des ressources humaines, les conséquences des choix stratégiques de Renault en matière énergétique et environnementale ?

La prise en compte de l’environnement par Renault n’est pas nouvelle. Cela fait plusieurs années que nous prenons en compte de façon globale dans nos différents métiers, cette variable. En fait, on pourrait même dire qu’il n’y a pas un seul métier dans la chaîne de conception et de fabrication de nos véhicules qui n’ait pas intégré ces problématiques.

Comment cela s’illustre-t-il en matière de recrutement ?

Nos recrutements ne sont pas nécessairement ciblés sur des profils d’expert en environnement ou en développement durable. Nous recrutons en majorité des ingénieurs généralistes attirés par l’automobile. C’est pour quelques postes très ciblés, comme par exemple les responsables environnement dans les usines que nous avons besoin de spécialistes qui ont suivi des cursus dédiés à l’environnement.

Et en termes de chiffres ?

Les chiffres correspondent aux choix stratégiques de Renault, qui s’est fortement investi dans le domaine des véhicules électriques depuis deux ans. Ainsi, en 2010, nous avons effectué 186 recrutements dans le domaine de l’électronique et 124 recrutements plus spécifiquement pour le développement du véhicule électrique. Pour 2011, 500 recrutements sont prévus dans le domaine de l’ingénierie, dont 20 % d’ingénieurs expérimentés : 80 dans la filière mécatronique, et une vingtaine dans le domaine de la simulation numérique entre autres. Le développement de ces compétences est important pour nous, même si nous nous y investissons de manière raisonnée.

Parlez-nous des « experts » de Renault.

Renault a développé la filière expertise. Cette filière doit permettre un développement des compétences dans les domaines qui nous paraissent stratégiques. Nous nommons des experts pour ces domaines d’expertise stratégiques, et des spécialistes dans chacun des sous-domaines. Cela nous permet d’être toujours à la pointe, en termes de compétences, dans les domaines que nous avons définis comme stratégiques pour nous, notamment par une veille externe essentielle. A titre indicatif, nous avons identifié 27 domaines d’expertises stratégiques. Le rôle de l’expert est important pour nous, en termes de prise de décisions par exemple. C’est lui qui peut être la caution quand des équipes travaillent sur, des projets pour lesquels il faut recentrer les approches.

Que pensez-vous des formations qui existent aujourd’hui dans le domaine des énergies renouvelables et de l’environnement ?

Les formations qui existent sont plutôt des formations complémentaires que généralistes. Aujourd’hui, le développement de formations spécialisées dans les filières plus courtes pourrait être une idée à creuser.

Propos recueillis par Pierre Thouverez

News Environnement / Sécurité / Energie de mars

La catastrophe de Fukushima occupe l’actualité depuis plus de deux semaines. Le point sur les dernières informations.

Le nuage

Les poussières radioactives s’infiltrent partout dans la nature, quand passe un nuage nucléaire comme celui de Tchernobyl : dans les plantes, dans les rivières et les plans d’eau, dans les animaux. Tous les organismes vivants sont concernés. Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité précise qu’il faut éviter d’ingérer des produits laitiers et des légumes : « Les particules transportées par les nuages radioactifs se fixent prioritairement sur les légumes à larges feuilles comme les salades et les épinards, mais aussi les champignons (les cèpes en particulier) et le thym ». « Vingt-quatre ans après l’accident de Tchernobyl, on mesure toujours la présence de césium 137 dans les zones contaminées. On en trouve également en France en très faible quantité, dans les zones les plus touchées par le nuage radioactif ukrainien, principalement dans l’Est et le Sud-Est », affirme encore Roland Desbordes.

Conséquences directes sur l’environnement au Japon

Selon les dernières informations de l’IRSN sur l’évaluation de la radioactivité dégagée par la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima I) jusqu’au 22 mars 2011, les principaux éléments radioactifs rejetés au cours des différents épisodes de rejet entre le 12 et le 23 mars seraient :

  • des gaz rares (éléments radioactifs chimiquement peu réactifs, restant dans l’atmosphère sans se déposer au sol), notamment le xénon 133 dont la période radioactive est de 5,3 jours ;
  • des éléments volatils, principalement des isotopes radioactifs de l’iode, du césium radioactif, du tellure radioactif. Ces éléments forment de fines particules en suspension dans l’air (aérosols) qui se déposent progressivement sur les surfaces au sol, au fur et à mesure de leur dispersion dans l’air ;

Les résultats de mesure dans l’environnement dont dispose l’IRSN, venant du Japon, confirme la présence principalement :

  • d’iode 131 (période radioactive de 8 jours), d’iode 132 (période radioactive de 2,3 heures) et d’iode 133 (période radioactive de 20,8 heures) ;
  • de tellure 132 (période radioactive de 3,2 jours) dont la décroissance radioactive produit de l’iode 132, ainsi que du tellure 129m (période radioactive de 33,6 jours) associé à du tellure 129 de période plus courte (1,16 heures) ;
  • de césium 137 (période radioactive de 30 ans) et de césium 134 (période de 2,1 ans).

Conséquences des rejets dans l’environnement au Japon

Les éléments radioactifs sous forme de particules se déposent progressivement sur les différentes surfaces au sol, notamment sur les feuilles de plantes cultivées, sur l’herbe des pâtures, sur l’eau stagnante à l’air libre ou l’eau des rivières, sur les milieux urbains…

Les légumes à feuilles (épinards, salades, poireaux…) sont particulièrement sensibles à ces retombées radioactives et sont rapidement contaminés après l’accident. Les résultats des mesures effectuées au Japon, à plus de 100 kilomètres de la centrale de Fukushima, sur cette catégorie de produit le confirment. Ces résultats indiquent que pour l’iode 131 dans les épinards, le niveau maximal admissible au Japon pour la commercialisation et la consommation des denrées (2000 Bq/kg) sont systématiquement dépassés dans ces territoires. Il en est de même pour les césiums radioactifs, mais dans une moindre mesure (niveau maximal admissible au Japon de 500 Bq/kg). Les poireaux, qui offrent une surface foliaire plus faible au contact de l’air ambiant, semblent moins contaminés. La contamination des légumes à feuilles est certainement plus importante en se rapprochant du site de Fukushima, en fonction de l’importance des retombées radioactives.

D’une manière générale, la contamination de ces légumes peut rester importante dans les prochains jours. Au cours des semaines à venir, si de nouveaux rejets importants ne se produisent pas, une nette diminution de la contamination des légumes à feuilles devrait être observée, à cause de la décroissance radioactive des radionucléides à vie courte (iode 131) et de l’effet de la croissance végétale qui dilue la contamination initiale dans la masse de la plante.

AREVA reporte la livraison de combustible MOX au Japon

Autre effet collatéral de la catastrophe de Fukushima : le groupe de technologie nucléaire Areva SA a confirmé vendredi 25 mars que la livraison de combustible nucléaire MOX à des groupes énergétiques japonais qui devait être effectuée dans les jours qui viennent avait été reportée. Areva devait livrer du MOX, un combustible nucléaire produit à partir de plutonium et d’uranium appauvri, aux groupes énergétiques japonais Kensai Electric Power et Chubu Electric Power Co. Inc. (9502.TO) au cours des prochains jours. Un porte-parole d’Areva n’a pas été en mesure de préciser jusqu’à quand était reportée cette livraison. Le groupe écologiste Greenpeace a déclaré dans un communiqué de presse que les deux groupes japonais prévoyaient de repousser cette livraison à 2013, au plus tôt.

Le nucléaire… en Inde

L’Inde veut commercialiser des réacteurs à eau lourde et investit dans des mines d’uranium à l’étranger 

La Nuclear Power Corporation of India Limited est désormais prête a commercialiser des réacteurs à eau lourde pressurisée (PHWR) de capacités allant de 220 MWe à 540 Mwe. Selon Srikumar Banerjee, Directeur de l’Atomic Energy Commission (AEC), ces réacteurs, qui utilisent comme carburant de l’uranium naturel et l’eau lourde en tant que modérateur et liquide de refroidissement, représentent des alternatives intéressantes pour les pays désirants mettre en place des réacteurs de taille petite et moyenne à coût limité.

Le Dr. Banerjee a annoncé que quatre réacteurs à eau lourde pressurisée développés par l’Inde sont actuellement en cours de mise en place. La production électrique totale des 19 réacteurs actuellement mis en place est de 4 560 MW. Selon lui, deux réacteurs d’une puissance de 1000 MWe dans le Tamil Nadu développés avec la Russie sont actuellement en cours de finalisation. Le prototype de réacteur reproducteur rapide de Kalpakkam d’une puissance de 500 Mwe est lui à un stade avancé de construction. Le Dr. Banerjee a aussi annoncé que l’Inde allait renforcer ses capacités d’enrichissement d’uranium déjà bien implantées et mettre en place une structure de retraitement des déchets radioactifs.

Aussi, on a appris que l’Inde prévoit d’acheter des mines d’uranium à l’étranger afin d’alimenter ses réacteurs. Pour se faire, le Ministre à la Science et la Technologie, Prithviraj Chavan prévoit de créer une entreprise sur le modèle de l’ONGC Videsh (International Petroleum Company of India). Selon lui, il faudra encore du temps avant que l’Inde puisse entrer dans la phase 3 de son programme nucléaire imaginé par Homi Bhabha, considéré comme père du programme nucléaire indien. L’Inde ne peut encore utiliser du thorium dans ses réacteurs avant d’avoir des réserves de plutonium suffisantes. L’Inde possède de vastes réserves de thorium qui lui permettront d’assurer sa sécurité énergétique. Le ministre a annoncé la mise au point d’un réacteur a combustible métallique d’un puissance de 1000-MW d’ici 2022. En attendant, elle doit continuer à importer des réacteurs étrangers afin de subvenir à ses besoins en plutonium.

Zoom sur… l’Inde

L’Inde doit s’intéresser aux biocarburants de seconde génération

La production durable de biocarburants et les technologies de production de biocarburants de seconde génération devraient permettre à l’Inde d’atteindre les objectifs de développement écologique qu’elle s’est fixé. Selon le rapport de l’IISc (Indian Institute of Science) , l’Inde doit minimiser les effets indésirables de la production de biocarburants et développer des synergies afin de favoriser la reconquête des terres agricoles dégradées, l’amélioration des conditions de vie en milieu rural et la promotion de l’indépendance énergétique.

Les biocarburants de première génération étaient produits à partir de récoltes de sucre de canne de céréales et de végétaux. Les biocarburants de seconde génération sont eux produits grâce à la biomasse, aux végétaux et aux déchets agricoles. L’Inde importe les trois quarts du pétrole qu’elle consomme, soit environ 56 millions de mètres cubes en 2007. Selon l’IEA (International Energy Agency), d’ici à 2030, l’Inde sera le troisième plus gros importateur au monde avec une consommation estimée à 6 millions de barils par jour.

En 2009, l’Inde a annoncé un plan national pour les biocarburants dont l’objectif est de remplacer 20 % des énergies fossiles consommées par des biocarburants produits à partir de semences non comestibles. Le plan national assure aussi la promotion de la production de biocarburants en favorisant par exemple les opérations de plantation de jatropha dans les zones inadaptées aux pratiques agricoles.

Le centre de R&D Renault Nissan lance un programme de recherche sur les batteries Lithium en Inde

Renault Nissan Technology et le Business Centre India Pvt Ltd ont commencé leur travail de recherche sur les batteries. Le Centre, hébergé à proximité de Chennai au Mahindra World City Industrial Zone, va travailler sur la mise au point de batteries lithium selon les propos de Mr Haruyoshi Kumura, Directeur de la Fondation Scientifique Nissan.

Le centre collabore déjà avec Nissan et Renault dans des domaines variés allant jusqu’à la R&D. Ce centre emploie 1 500 personnes travaillant principalement dans trois domaines, l’ingénierie numérique, l’électronique, et la recherche. Le travail réalisé dans ce centre de R&D est employé dans toutes les filiales mondiales de Renault Nissan. Mr Kumura était à Chennai dans le but de signer deux MoU (accords cadres) avec l’IIT Madras ; l’un destiné à ouvrir la voie à un plan de soutien de la recherche, l’autre concernant la Nissan Foundation Scholar grâce à laquelle des élèves sélectionnés se verront invités à suivre un stage au siège de Nissan Japon.

Le gouvernement indien assure la promotion des véhicules hybrides

Le gouvernement indien va mettre en place un nouvel organisme doté d’un budget de 2 milliards de roupies, soit 33,2 millions d’euros afin d’assurer la promotion des technologies écologiques durables pour les véhicules hybrides et électriques. Le National Electric Mobility Mission tentera d’améliorer le taux de pénétration des véhicules hybrides et électriques sur le marché automobile et deux roues indien, largement dominé par les véhicules à combustible fossile, ce qui permettrait par la même occasion d’améliorer la qualité de l’air des villes indiennes.

Selon Ambuj Sharma secrétaire au Ministre des Industrie Lourdes, de nombreuses alternatives sont déjà disponibles sur le marché indien mais le manque d’infrastructures spécifiques (point de charge) et le surcoût à l’achat des véhicules hybrides nuisent à leur développement en Inde malgré des politiques d’incitation fiscale.

L’industrie des deux roues électriques compte en Inde plus de 36 acteurs avec une capacité de production d’1 million d’unités par an. Toutefois, les ventes annuelle ne s’élèvent pas à plus de 100 000 unités. L’entreprise Mahindra Reva Electric Vehicles, basée à Bangalore, a uniquement vendu quelques centaines d’unités sur le marché indien mais les véhicules hybrides ont un coût d’achat deux fois plus important que les véhicules traditionnels. Toyota et Honda qui ont tenté de diffuser leurs modèles sur le marché indien ont difficilement vendu une centaine d’unités. La mission National Electric Mobility rassemblera des représentants de différents ministères allant des Routes au Ministère à la Science et à la Technologie, afin d’apporter une réponse globale et transversale aux problèmes de développement du marché des véhicules respectueux de l’environnement.

Les piles à combustibles du futur mises au point en Inde

Les piles à combustibles convertissent l’énergie chimique d’une oxydation entre un combustible réducteur et une électrode, en énergie électrique. De nombreuses recherches sont menées sans réelles avancées. La venue d’une délégation anglaise à Chennai dans le but de développer un programme de recherche conjoint a cependant relancé le débat en Inde.

Chennai héberge le Centre for Fuel Cell Technology, centre autonome de R&D du Department of Science and Technology. De nombreux groupes de recherches couvrant divers aspects des technologies liées aux piles à combustibles sont représentés au sein de l’IIT Madras. Jason Green, Directeur de l’UK Energy Programme Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC) a annoncé, en collaboration avec le DST, un appel à projet à hauteur de 7 millions d’euros. Le marché des générateurs diesel alimentant les antennes relais téléphonique représentent en Inde un marché de 1,4 milliards d’euros par an, l’efficacité énergétique étant une priorité. Murali Arikara, Vice Président exécutif d’ Emerging Markets, Intelligent Energy U.K., a annoncé que quelques installations avaient été mises en place afin d’étudier les potentialités de ce marché.

Selon David Book, chercheur de l’Université de Birmingham, l’Inde, les États-Unis et le Royaume Uni sont les premiers pays, en ce qui concerne le nombre de publications dans le domaine des piles à combustible. Mais l’une des principales difficultés liées au développement à grande échelle de ce type de technologie reste le coût. Une voiture équipée d’une pile à combustible à base d’hydrogène coûterait 10 fois plus qu’une voiture traditionnelle.

Les scientifiques doivent maintenant se concentrer sur l’étude de nouveaux oxydants qui permettraient de développer des piles à combustible à moindre coût.

Sources : Bulletins électroniques, CNRS, LeMonde.fr, Ademe

Une cagoule physio-communicante au service des professions à risques

Deux des alpinistes français qui ont réalisé récemment l’ascension par la face nord de l’Aconcagua qui culmine à 6 962m, en Argentine, étaient équipés d’une cagoule à l’intérieur de laquelle des capteurs communicants mesuraient à la fois les évolutions de leurs fréquences cardiaques, leurs taux d’oxymétrie, la température dans la cagoule et leur température de peau durant l’ascension. Ces données physiologiques étaient transmises en temps réel à Nîmes où elles étaient analysées.

Pour la  cagoule équipée d’un boîtier télémétrique APPI  (Active Protection Personal Instrument ou Instrument personnel de protection active), ce fût le baptême du froid. A partir de 6 000 m d’altitude, les températures sont, en effet,  proches des -30°C et les vents, souvent très violents, rendent le milieu totalement inhospitalier pour l’homme. Toutefois cette aventure sportive et technologique a permis de prouver qu’il devenait possible de suivre à distance, à partir de bureaux situés en France, la physiologie d’alpinistes lors de leur ascension. Mais ce n’est qu’un début puisqu’une deuxième expédition est prévue pour mai 2012, à l’Everest (8 848 mètres).

Cette cagoule physio-communicante mise au point par BodySens, une société née dans Innov’Up, l’incubateur de l’Ecole des Mines d’Alès, si elle a fait ses preuves en milieu extrême, elle a, en fait, été développée pour renforcer la sécurité des professionnels travaillant en milieux confinés ou  à risques (nucléaire, pétrochimie…). Les premiers concernés sont les pompiers exposés quotidiennement à la chaleur, aux flammes, aux fumées toxiques, éboulis… L’un des problèmes fréquemment rencontré par ces professionnels est la détection de situation à risque lors des opérations. Un suivi en temps réel de leur état physiologique permet d’anticiper les problèmes et donc de garantir une meilleure sécurité. Aujourd’hui, c’est possible grâce au module APPI qui permet, en suivant la physiologie de ces professionnels, de prévenir le dépassement des limites d’engagement, de savoir en temps réel si la personne se met en danger et d’intervenir avant que l’accident ne survienne.

Des applications potentielles dans les domaines de la santé et du sport

De même, dans les centres de formation de la sécurité civile ou militaire, les instructeurs qui ont fréquemment des difficultés à faire admettre aux stagiaires que le corps humain a des limites, peuvent mesurer puis montrer aux stagiaires les contraintes physiologiques subies lors des opérations. Cela permet une meilleure prise de conscience de ses propres limites, une éventuelle prévention des accidents lors des exercices et une amélioration des processus opérationnels en fonction des paramètres mesurés.

Dotée de différents capteurs amovibles (mesure de la fréquence cardiaque, du taux d’oxymétrie, de températures, détection de mouvement, localisation par GPS…), d’une batterie et d’une centrale, la cagoule de BodySens transmet par radio (1GHz) les données à une station qui peut être distante de plusieurs centaines de mètres, elle-même reliée à un micro-ordinateur où les paramètres recueillis sont affichés en temps réel. Des alarmes peuvent même être déclenchées.

Cette innovation brevetée connaîtra d’autres applications, dans la santé notamment (télé-monitoring et mesures à distance des constantes physiologiques des personnes isolées) mais pourrait aussi équiper les sportifs et randonneurs car le système APPI peut être intégré à une casquette ou un bandeau..

BodySens qui va produire ces capteurs communicants à l’échelle industrielle, a été fondée fin 2009, après avoir passé 2 ans à l’incubateur de l’Ecole des Mines d’Ales dont l’aide a été déterminante, notamment en matière de prototypage électronique et mécanique ainsi que de soutien logistique.

 

M.C.
 

News Informatique / Electronique / Télécoms de mars

La situation, après le séisme du 11 mars dernier près de la centrale de Fukushima, est toujours incertaine : les réacteurs n° 2 et 3 focalisent l’attention et les inquiétudes ; Les réacteurs 5 et 6 sont sous tension ; des vérifications sont en cours pour les réacteurs 1 et 2 ; le réacteur 4 a été relié ; une alimentation externe assure l’électricité dans la salle de contrôle du réacteur 3.

Ainsi, l’électricité a en partie été rétablie dans la salle de contrôle du réacteur 3 de la centrale, affirmait mardi soir (heure locale) la chaîne de télévision publique NHK. Il s’agit de la première salle de contrôle à être partiellement remise sous tension grâce à une alimentation externe, a précisé par la suite l’agence de presse Jiji. Selon le point matinal de l’Agence de sûreté nucléaire du mardi 22 mars 2011, « les masses d’air très faiblement contaminées, avec des niveaux de l’ordre de 1 000 à 10 000 fois inférieurs à ceux relevés suite à l’accident de Tchernobyl, ont atteint mercredi (23 mars) la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes. »

Le rétablissement du réseau électrique de la centrale est un enjeu majeur, puisque c’est le premier pas vers le rétablissement des circuits de refroidissement (en supposant que ces derniers soient en état de marche).

Selon Tepco, les mesures prises le matin du dimanche 27 mars étaient si inquiétantes que l’employé qui en était chargé a pris la fuite sans même une contre-vérification. Il a ainsi déclenché l’évacuation immédiate de ses collègues. Mais l’après-midi même, les opérateurs ont expliqué que si l’eau était bien effectivement contaminée, les niveaux extrêmement hauts annoncés étaient inexacts. “Ce chiffre n’est pas crédible”, a déclaré le porte-parole de Tokyo Electric Power Co, Takashi Kurita, en présentant les excuses de la compagnie d’électricité.

En revanche, l’annonce d’un taux mesuré de “1 000 millisieverts par heure” dans l’eau retrouvée au sous-sol de la salle de la turbine est exact, a assuré Tepco. Le vice-président de Tepco, Sakae Muto, a expliqué que des éléments radioactifs avaient été confondus au cours d’analyses sur les échantillons prélevés dans la nappe, a rapporté l’agence de presse Jiji : “Il s’est produit une confusion entre l’iode 134 et le cobalt 56”. La volte-face de Tepco est intervenue après que la Commission de sûreté nucléaire du Japon, a demandé à l’exploitant de Fukushima de revoir ses calculs.

Fukushima: le Japon décline l’offre française de robots spécialisés

Le 21 mars dernier, les autorités japonaises ont décliné l’offre française d’envoi de robots spécialisés pour intervenir dans la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, jugeant ces engins « inadaptés » à la situation, a indiqué lundi l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). L’AFP a recueilli le témoignage du président de l’ASN, André-Claude Lacoste : « Jusqu’à présent, les demandes japonaises d’aide ont été extrêmement réduites. Par exemple, le Japon n’a pas donné suite à l’offre d’aide française d’envoyer des robots, en disant que les robots étaient inadaptés ».

EDF avait annoncé auparavant l’envoi sur place de robots pilotés à distance capables d’intervenir à la place de l’homme en cas d’accident nucléaire. Ces matériels du Groupement d’Intérêt Économique d’INTervention Robotique sur les Accidents nucléaires (GIE INTRA) sont capables d’évoluer en milieu irradiant, en intérieur comme en extérieur, et de réaliser des travaux publics sur site (pelle mécanique, bulldozer) ou des gestes techniques complexes, comme la récupération de débris, du balisage ou des prélèvements, selon EDF. Mais ce n’est pas tout. Ces robots peuvent également enregistrer des vidéos et les transmettre. Après l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986, la France est le seul pays à « avoir conçu et réalisé la flotte d’engins spécialisés dans les situations extrêmes et à former le personnel capable de les utiliser », affirmait l’électricien français dans un communiqué de presse.

Gros plan sur le Japon

Des robots pour la vidéoconférence

NEC, un des géants mondiaux de l’électronique et des télécommunications, a développé une nouvelle méthode de vidéoconférence utilisant son robot PaPeRo en tant qu’intermédiaire de discussion. Les recherches concernant l’utilisation d’un robot piloté à longue distance sont assez courantes, mais celles spécifiquement destinées à de simples réunions sont plutôt rares.

Les systèmes de vidéoconférence actuels se limitent pour la plupart à une caméra, un microphone et un écran. Néanmoins, NEC a souhaité améliorer ces dispositifs et gommer certains défauts inhérents à leur utilisation. Par exemple, un simple écran ne permet pas de transmettre certains éléments habituellement perceptibles lors d’une réunion physique. Notamment, les attitudes non verbales ainsi que la sensation des participants de se trouver dans le même espace physique que leur interlocuteur sont totalement absentes des visioconférences. L’accent est donc mis principalement sur le contenu de la discussion.

Dans le système développé par NEC, le robot PaPeRo dispose sur sa tête d’une caméra dont l’angle de vue change en fonction des mouvements du robot, comme dans le cas d’un être humain. Le robot fait partie de l’environnement physique d’une réunion : il peut hocher la tête et garder un contact oculaire avec un interlocuteur grâce à son aptitude à différencier les êtres humains. Selon NEC, les expériences réalisées utilisant ce prototype se sont révélées satisfaisantes, les vidéoconférences utilisant ce système étant « plus faciles à suivre » et permettant de dialoguer « plus naturellement ».

Actuellement, l’utilisateur distant peut piloter le robot depuis son ordinateur. Dans le futur, les réseaux mobiles ultra-rapides LTE (Long Term Evolution) permettront à l’utilisateur de commander le robot depuis un téléphone portable, rendant l’utilisation du système possible à n’importe quel endroit. NEC compte d’abord peaufiner les fonctions de vidéoconférence du robot avant de commercialiser le système complet.

Le Japon mise aussi sur les nanotechnologies

Une équipe de chercheurs de l’Université de Nagoya (Japon), en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’Université d’Aalto (Finlande), a réussi à fabriquer sur un substrat plastique un circuit imprimé en nanotubes de carbone.

Le développement de circuits imprimés souples suscite un grand intérêt de la part des industriels, notamment pour la fabrication de papier électronique. Plusieurs techniques visant à fabriquer des TFT (transistors à couches minces) souples existent à ce jour. L’une consiste à utiliser des semi-conducteurs en silicium ou en oxyde de zinc, mais les procédés de fabrication sont complexes (traitement thermique, procédé sous vide). L’utilisation de matériaux organiques est également à l’étude mais ces derniers présentent encore une faible mobilité des électrons. Une autre solution très prometteuse est l’emploi de nanotubes de carbone, connus pour leur haute mobilité des électrons.

Jusqu’à présent, les scientifiques pouvaient produire des transistors avec des nanotubes de carbone par une méthode d’enrobage, à partir d’une solution liquide de nanotubes. Il est néanmoins difficile, selon les chercheurs, d’obtenir par cette méthode de fines couches uniformes. De plus, il est difficile de se débarrasser entièrement du solvant.

L’équipe nippo-finlandaise a donc développé un nouveau procédé de fabrication de nanotubes de carbone par dépôt chimique en phase vapeur. Ceux-ci sont ensuites filtrés puis transposés sur le substrat plastique. Cette technique permet d’obtenir des couches uniformes et pures (sans solvant). De plus, elle peut être utilisée dans un procédé roll-to-roll, une méthode rapide et économique d’impression de circuits électriques sur un substrat flexible, qui consiste à déposer un circuit électrique sur un substrat enroulé sous forme de bobine que l’on déroule au fur et à mesure de l’opération.

Les transistors obtenus par cette méthode présentent de meilleures caractéristiques que ceux obtenus par la méthode par enrobage. Ainsi, dans le procédé habituel par enrobage, les nanotubes de carbone sont dispersés par ultrason, ce qui a tendance à réduire leur taille. De plus, la présence du solvant augmente la résistance électrique au niveau des connections entre les nanotubes. La mobilité des électrons dans les TFT obtenus s’en retrouve réduite (1 cm2/V.s). Avec la nouvelle méthode, les nanotubes de carbone, purs, conservent une taille plus longue. Les chercheurs ont ainsi obtenus une mobilité de 35 cm2/V.s. De même, les transistors se caractérisent par un rapport Ion/Ioff  plus élevé (6.10^6) que le rapport des transistors fabriqués en utilisant la méthode précédente (10^4 à 10^5).

La réalité augmentée dans les entreprises japonaises

La société japonaise NS Solutions Corporation et la société américaine Vuzix Corporation ont co-développé une solution de réalité augmentée destinée au travail en entreprise. Le but de cette solution est d’être capable de transmettre des informations sur des procédés de fabrication à un nouvel employé plus efficacement que l’actuel processus de formation. En effet, tout employé doit être formé à son nouveau poste et, compte-tenu du manque à venir de personnel très expérimenté, le remplacement du personnel formateur par des méthodes électroniques d’apprentissage est envisagé.

L’idée de NS Solutions est donc de créer une méthode de formation simple utilisant la réalité augmentée et permettant de guider les nouveaux employés dans leurs nouvelles tâches. Par exemple, un ouvrier pourrait apprendre de lui-même son nouveau métier, directement à son poste de travail, grâce aux indications données par le logiciel de réalité augmentée et sans l’aide d’une autre personne.

NS Solutions a fait appel à Vuzix, un fabricant américain de lunettes vidéos et de réalité augmentée, pour mettre en place son idée. Les lunettes utilisées (nom de code : Raptyr) ont obtenu le Prix de l’Innovation 2011 du CES (Consumers Electronics Show) car malgré leur apparence de simples lunettes de soleil, elles intègrent un projecteur d’images holographiques miniature, capable d’ajouter des images par superposition dans le champ visuel de l’utilisateur. Ces lunettes sont les premières au monde, dans le cadre d’applications de réalité augmentée, à utiliser un système de transmission optique (c’est-à-dire capable de rajouter par superposition des objets graphiques à la vue réelle, en opposition aux systèmes à transmission vidéo, qui bloquent le champ de vision de l’utilisateur et le remplacent par l’utilisation d’un signal vidéo). La luminance de l’image superposée est de 240 cd/m2, ce qui est suffisant pour une utilisation dans une pièce normalement éclairée. Néanmoins, une fonction permettant de bloquer électroniquement une partie de la lumière est également disponible pour une utilisation dans des endroits plus lumineux (par exemple, en lumière naturelle). La résolution des images est de 800 x 600 pixels pour chaque oeil (les images pouvant être combinées pour réaliser des superpositions en 3D).

Il est pour l’instant nécessaire que les lunettes soient connectées à un serveur, ce qui suppose qu’elles soit physiquement reliées (par un câble USB) à un ordinateur situé dans un sac à dos porté par l’utilisateur. Les lunettes intègrent une caméra, et les objets, personnes ou images peuvent être utilisés par les lunettes pour l’ajout de contenu graphique en temps réel. La reconnaissance et le suivi des objets sont réalisés, d’après Nikkei Electronics, par l’utilisation d’un logiciel de la société française Total Immersion, spécialisée dans les applications de réalité augmentée.

Sources : Ademe, CEA, ASN, LeMonde.fr, Bulletins électroniques, Les Echos

Priorité à l’optimisation des processus métiers

L’amélioration et l’automatisation des processus figurent parmi les préoccupations majeures tant des dirigeants que des décideurs métiers et des responsables informatiques. En effet, sur 100 décideurs interrogés sur ce sujet par Markess International, société d’études spécialisée dans l’analyse de la modernisation des entreprises et administrations avec les technologies de l’information, un sur cinq considère que son organisation est engagée au plus haut niveau stratégique dans de tels projets, et la moitié estime qu’il s’agit d’un engagement significatif impliquant des processus clés de leur organisation.

De multiples facteurs incitent à conduire de tels projets : les décideurs en avancent en moyenne entre 7 et 8 (efficacité opérationnelle, productivité, réactivité, traçabilité, satisfaction client…). Il s’agit aussi bien de facteurs internes à leur organisation que de catalyseurs en lien avec les clients ou partenaires externes. Selon le profil des décideurs et le secteur d’activité de leur organisation, certains facteurs ressortent plus que d’autres. Les projets d’amélioration et d’automatisation des processus sont en effet des leviers non seulement pour gagner en agilité opérationnelle et en efficience dans les prises de décision, mais aussi pour mieux maîtriser, voire réduire, les coûts (de traitement d’un dossier, d’une demande, d’un suivi client, de gestion d’événements complexes…).

L’optimisation et l’automatisation des processus métiers avant tout

Selon les décideurs interrogés, ce sont les processus métiers qui sont ciblés en priorité par leurs programmes ou projets d’amélioration et d’automatisation. Près de quatre processus métiers sont cités en moyenne par les décideurs. Au-delà des besoins propres à la DSI en lien avec la recherche d’agilité et la mise en place de nouveaux modèles de développement applicatif et de gestion des ressources, ces projets se concentrent avant tout sur les processus internes, qu’ils soient dédiés à un métier (finance/comptabilité, RH, relation client, vente, achats, production) ou transverses à l’organisation (pilotage, gestion documentaire, collaboration…).

Selon 57 % des décideurs, il existe par ailleurs des liens étroits entre ces différents processus métiers qui peuvent, par conséquent, de moins en moins être gérés en silos, ce qui est pourtant encore le cas de la majorité des organisations. « L’intégration de processus tiers externes reste encore marginale ou est sinon très ciblée et centrée sur des processus précis, dans le cadre de relations client-fournisseur étroites ou s’appuyant sur des systèmes standardisés, tel que l’EDI dans la chaîne logistique par exemple » note Emmanuelle Olivié-Paul, Directrice Associée de Markess International.

Des visions différentes entre dirigeants, décideurs métiers et responsables informatiques

Un autre constat ressort de cette étude : les visions et approches de l’amélioration et de l’automatisation des processus semblent résolument différentes entre :

  • le dirigeant qui a une vision orientée vers la performance, l’amélioration continue et le respect de la conformité. Il donne la priorité aux axes de progrès et aux tableaux de bord. Il a besoin de solutions de pilotage et de mesure de la performance ;
  • le décideur métier qui a une vision opérationnelle. Il donne la priorité à la modélisation et à la méthodologie et fait porter son choix plutôt sur une solution « sur mesure » ;
  • le responsable informatique qui a une vision technique afin de satisfaire ses propres problématiques (automatisation, industrialisation, EAI, SOA, intégration, maintenance…). Il donne la priorité au choix technologique et à l’utilisation d’outils évolutifs.

Des processus en permanente évolution nécessitant des solutions adaptées

Pour 64% des décideurs interrogés, et indépendamment des visions partagées de chacun, les solutions en place ne couvrent que partiellement les besoins liés à l’amélioration et à l’automatisation des processus. Le plus souvent, les décideurs indiquent qu’ils gèrent ces aspects par le biais d’applications spécifiques, de leur PGI/ERP de solutions dédiées de type BPM (Business Process Management) ou liées à la dématérialisation ou encore à la gestion de contenu ou d’information (de type ECM ou EIM). La plupart de ces solutions intègrent la gestion de workflow et des fonctionnalités collaboratives, fortement demandées par les décideurs interrogés. Dans l’ensemble, il ressort une demande de plus en plus forte en solutions répondant à des besoins propres aux métiers.

L’un des enjeux clés aujourd’hui pour les décideurs interrogés est de comprendre aussi comment ces solutions épousent les besoins actuels et à venir de leurs directions fonctionnelles et comment les nouveaux processus vont y être intégrés et gérés. Cette démarche introduit la notion d’amélioration continue des processus, sachant que les systèmes et applications en place n’ont, pour la plupart, pas été prévus pour accueillir ainsi en dynamique et sans développement spécifique complémentaire de nouvelles demandes, ni par ailleurs pour intégrer des processus gérés dans des applications en ligne à la demande de type SaaS (Software as a Service). Il semblerait par ailleurs que les besoins des décideurs évoluent et s’orientent vers des solutions évolutives et flexibles activant, entre autres, des services web.

Des décideurs faisant appel à des offreurs aux profils variés et en quête de ROI

Fort de ce constat, il s’avère que le marché de l’amélioration et de l’automatisation de processus voit intervenir des acteurs spécialisés des processus qui côtoient des offreurs généralistes ou spécialistes métiers (RH, CRM…), aux côtés d’autres prestataires dont les solutions sont dédiées à des domaines plus transverses comme la gestion d’information (ECM, EIM, document management), la dématérialisation, ou encore le pilotage (analytique, reporting…) et le décisionnel.

Du côté des offreurs de solutions, des mouvements se dessinent afin de mieux répondre aux attentes évoquées. Ils sont marqués du sceau du développement de modèles métiers, de la consolidation entre solutions (contenus, dossiers, processus, interactions humaines, middleware…) et de l’essor de suites ou de plates-formes unifiées dédiées à la gestion de processus et de dossiers (notion anglo-saxonne de « case management »). Il faut également prendre en compte le développement du « cloud computing » et d’applications proposées en mode SaaS (Software as a Service) avec les nouveaux enjeux d’intégration et d’interopérabilité qu’elles engendrent.

Quoiqu’il en soit et indépendamment des diverses solutions existantes sur le marché, la réussite des projets d’amélioration et d’automatisation des processus reste avant tout fortement conditionnée à l’implication du top management et aux retours sur investissement (ROIs) générés. C’est justement de tels ROIs que les offreurs de solutions doivent mettre en avant.

 

M.C.

Production d’énergie électrique par sources renouvelables

L’électricité, forme propre de l’énergie par excellence, est aujourd’hui produite, à près de 80 % , grâce à la combustion des carburants fossiles ou de l’uranium 235 (fission nucléaire), ressources épuisables [D 3 900]. Elle contribue ainsi abondamment à la production de déchets nuisibles pour l’environnement. Les ressources énergétiques renouvelables sont pourtant considérables et parfaitement capables, à long terme, de satisfaire la majeure partie de nos besoins. Mais outre l’hydroélectricité, technologie parfaitement mature, les solutions de conversion des ressources renouvelables, que sont le soleil, le vent, la houle, la biomasse, etc., sont encore en phase de décollage industriel et ne représentent qu’une faible part dans le bilan global.

Après de nombreux soubresauts, les contraintes environnementales, le rapprochement de l’échéance d’épuisement des ressources fossiles et fissiles ainsi que les soucis d’indépendance énergétique conduisent depuis les années 1990 à un décollage significatif des filières de production d’électricité d’origine renouvelable, qualifiées de nouvelles, c’est-à-dire hors « grande hydroélectricité ».

Le présent article a pour objectif principal de faire prendre conscience, au lecteur, des évolutions des « filières nouvelles » ainsi que de leur potentiel énergétique et économique. Enfin, il est loin d’être exhaustif, notamment dans les domaines les plus émergents dans lesquels la « nature économique » n’a pas encore opéré de sélection.

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Développement durable : implications pour l’industrie

Le lecteur doit garder à l’esprit que le développement durable est aujourd’hui une notion en cours de construction. Comme l’explique Olivier Godard : « On peut regretter que le développement durable ne fasse pas l’objet d’une définition rigoureuse, voire scientifique. Le malaise ne peut être nié, mais il faut se garder de le rejeter au profit d’une gestion technocratique. Le développement durable ne s’impose pas comme expression d’une objectivité scientifique ou d’une norme éthique incontestable. Il est d’abord l’affaire d’interprétation et de projets. Il faut accepter le temps de l’hésitation et de la recherche que nécessite la maturation des conceptions ».

Dans une première partie, cet article reprend les idées de chercheurs, pour la plupart économistes, qui ont travaillé dans ce domaine, puis fait l’inventaire des pressions existantes contribuant à amener l’entreprise à s’intéresser au développement durable. Dans une deuxième partie, il explicite, en s’appuyant sur des exemples, les différentes composantes d’une stratégie de développement durable pour une entreprise. Cette approche correspond au point de vue développé par l’APDD, résumée dans 17 fiches thématiques [23], vade mecum donnant à l’entreprise des moyens opérationnels pour mettre en œuvre une stratégie de développement durable.

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Activités internationales de l’entreprise : la nouvelle donne

Aborder aujourd’hui le nouveau contexte international, revient inévitablement à évoquer les thèmes de la mondialisation et de la globalisation, notions génériques qui se sont affirmées ces dernières années pour rendre compte de l’évolution du système international. Il s’agit de termes de plus en plus employés et sujets à de nombreuses polémiques. La globalisation a souvent une image soit très polémique et négative, soit réductrice et limitée à la simple expansion du « commerce ». Pourtant, le processus de globalisation ne saurait se réduire au libre-échange et englobe une libération des restrictions sur les mouvements des capitaux à une échelle globale. Il s’agit en effet de faciliter la circulation des hommes, des marchandises, des idées, et de prolonger l’accès aux investissements, aux ressources naturelles autrefois domaine exclusif des États. C’est pourquoi la vision globale de ce nouveau contexte donne naissance à de nouveaux risques, à de nouvelles opportunités et à de nouveaux enjeux aussi bien au niveau micro et macro-économique que politique ou social. Les inégalités par exemple sont, aussi bien à l’échelle du globe qu’au niveau individuel et des États, au centre des préoccupations. L’évolution du contexte global les augmente-t-elle ? Faut-il continuer à développer les échanges pour les réduire ? Ou au contraire s’enfoncer dans le repli, le protectionnisme et le « patriotisme économique » ?

Tout comme l’ont été le capital, le travail et les ressources naturelles, les progrès technologiques des télécommunications, des transports sont indiscutablement les moteurs de ce nouveau contexte international en perpétuelle et rapide mutation. Ils sont les moteurs d’une économie fondée sur le savoir. Si l’on souhaite aujourd’hui être un acteur de l’économie globale, il est indispensable de maîtriser tous les aspects liés à la connaissance. Il s’agit en partie de savoir la gérer, la produire, l’acquérir ; et ce, aussi bien pour la petite PME exportatrice, que pour l’État français par exemple qui, par son action ou inaction, influe sur la compétitivité des entreprises françaises et sur la place de la France au plan mondial.

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« Créer un réseau de jeunes »

Instantanés Techniques : La Fondation Renault fête ses dix ans…

Hélène MAIRESSE : En effet. Nous existons depuis une dizaine d’années. Depuis 2001, nous sommes très centrés sur nos activités d’éducation. Nous avons deux piliers : la mobilité durable et le management multiculturel. Ce sont les deux axes autour desquels nous travaillons pour monter de nouvelles formations et pour attribuer des bourses à environ 70 étudiants par an pour suivre ces programmes.

Parlez-nous des deux programmes mis en place sur le thème « mobilité durable ».

Nous avons accueilli, en septembre dernier, les premiers étudiants du nouveau master « mobilité et Véhicule électrique », lancé en 2010. Nous proposons aussi le master « transport et développement durable », depuis 2004. Nous collaborons avec des écoles d’ingénieurs pour ces formations.
Le fait de travailler avec des réseaux d’écoles permet également à l’entreprise de se questionner continuellement sur ses propres choix stratégiques. On réfléchit, avec les écoles, sur nos besoins relatifs à cette thématique, pour être au plus près des attentes du marché.
Ensuite, l’objectif de ces formations est aussi de créer un réseau de jeunes qui ont des fonctions dans des grandes entreprises internationales. Pour créer ce réseau, il est nécessaire d’établir des liens forts, c’est dans ce sens que nous offrons ces bourses pour permettre aux étudiants qui le souhaitent d’intégrer nos programmes.

Au niveau du recrutement, suivre ces formations peut-il être un plus ?

L’objectif premier n’est pas lié à une éventuelle embauche. Il n’y a aucun engagement réciproque. Nous suivons bien sûr le parcours de nos étudiants avec intérêt, mais comme je vous l’ai dit, les échanges et le tissage de liens forts avec l’enseignement sont notre priorité.

Propos recueillis par Pierre Thouverez.

225 000 emplois pour la filière électrique d’ici 2015 ?

Les entreprises qui évoluent dans les secteurs liés à la production ou à la distribution d’énergie sont très nombreuses, et avec des spectres d’activités larges. Cette filière, mal connue, représente plus de 400 000 emplois. Les défis des entreprises qui constituent cette filière vont être nombreux dans les années qui arrivent.

 

Il ne faut pas oublier que durant de nombreuses années, dans le secteur de l’énergie, les choix de politiques industrielles de la France ont très largement favorisé la filière nucléaire depuis de nombreuses années. Mais ce n’est pas tout. En effet, il est incontestable que la France accuse un retard certain dans le domaine des énergies renouvelables, que ce soit dans la production à proprement dite mais aussi et surtout dans l’innovation et le développement de technologies permettant de les produire. Si la France rattrape partiellement son retard en matière de production d’énergies renouvelables, il n’en est rien dans le domaine des équipements permettant de produire ces énergies.

Alors que la production d’énergies renouvelables en France augmente fortement, les biens d’équipements dans ce secteur doivent être importés. Les filières du solaire photovoltaïque et des pompes à chaleur sont les principaux contributeurs à ce déficit. Le secteur de l’éolien est dominé par des entreprises danoises, allemandes et espagnoles qui subissent une forte concurrence chinoise. Le domaine du solaire est largement dominé par les entreprises allemandes, là encore menacées par les entreprises chinoises. Dans ces secteurs la bataille fait rage pour le leadership et la France ne fait pas partie des compétiteurs. Au niveau du secteur du photovoltaïque, cela est encore pus vrai depuis l’annonce du moratoire, début 2011.Les estimations sur les cinq années à venir, en ce qui concerne la filière, sont plutôt positives. En effet, ce sont 225 000 emplois qui devraient être créés entre 2010 et 2015, dans les domaines d’activités suivants :

  • Conception / études (R&D)

  • Chargé d’affaires / Technico commercial

  • Production / fabrication

  • Essais / tests de qualification

  • Maintenance

Etant donné l’aspect transversal évident des activités qui constituent ce secteur, le Comité de filière a décidé de diviser ce secteur en sept sous-secteurs, pour analyser les problématiques de manière plus cohérente. Voici ces sept sous-secteurs : 

 

 

La filière « Construction électrique, électromagnétique et réseaux » constitue une filière globalement centrée sur les différentes technologies liées à l’électricité, à travers sa production, son transport, sa distribution, son stockage, son utilisation et sa transformation. Les sociétés actuelles, complètement dépendantes de l’électricité, le savent : sécuriser l’approvisionnement en électricité est vital. Il suffit de voir les chaos provoqués par les récents black out survenus aux Etats-Unis pour s’en convaincre.

Aujourd’hui, l’ « énergie électrique » fait bien entendu partie intégrante des réflexions dans le Grenelle de l’environnement en termes de maîtrise de l’énergie et de réduction des émissions de CO2. L’Energie électrique, dans le cadre de la croissance verte, constitue un enjeu majeur du siècle à venir. Un certain nombre de technologies sont mises en avant pour réduire notre dépendance au pétrole et pour s’attaquer aux problèmes liés au CO2. 

Les métiers d’avenir

L’électricien est un métier d’avenir, il s’en trouve renforcé désormais par les nouveaux besoins résultant de la croissance verte. Après, certains secteurs ont des mutations à préparer. Notamment, dans le cas des métiers de la filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux », le profil type de l’électricien évolue à travers une sensibilisation aux problèmes de l’Eco-conception et du recyclage, à travers également une initiation à l’économie verte et enfin par la maîtrise des TICs. Cependant, ce nouveau profil d’emploi vert n’a de sens qui si les compétences du cœur de métier restent inchangées, voire renforcées dans certains cas.

Toujours selon le comité de filière, les trois défis majeurs à relever par la filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux », déclinée suivant un certain nombre de secteurs activités, sont les suivants :

  • Le soutien à l’émergence de nouveaux métiers ou activités ;

  • L’accompagnement de mutations que devront connaître les métiers de certains secteurs ;

  • L’orientation et la qualification de main d’œuvre vers les secteurs bénéficiant de gisements d’emplois du fait notamment des dispositions du Grenelle de l’environnement. 

Par Pierre THOUVEREZ

 

Sources : developpement-durable.gouv.fr, BCG

Chimie verte, la nouvelle formule magique

Les secteurs des carburants et de la chimie sont emblématiques des enjeux du développement durable. L’un représente une source considérable d’émission de gaz à effet de serre, via notamment leur utilisation dans les transports, et l’autre est émetteur de nombreuses espèces chimiques pouvant entraîner des pollutions. À côté de cela, ces secteurs industriels constituent un vivier considérable en termes d’activité économique et d’emploi. Les produits fabriqués sont universellement utilisés et sont constitutifs d’une grande part des progrès des autres industries, des transports, du bâtiment, de la santé et de l’agriculture.

À travers le développement des biocarburants et le développement d’une nouvelle chimie dite « verte » ou durable, ces secteurs sont en bouleversement. Le Grenelle a fixé comme objectif de passer, entre 2005 et 2015, la part de matières premières renouvelables pour ces industries de 5,3 à 15 %. La directive européenne REACH, succédant à d’autres règlements internationaux a créé un nouveau cadre d’exercice des industries de la chimie. Enfin, la hausse des coûts de l’énergie, la mise en place du marché des crédits d’émission ETS, les contraintes financières et réglementaires sur le traitement des déchets, le besoin de minimiser les impacts externes ont conduit à un regain d’activité au plan des procédés industriels. Un vent nouveau d’innovation s’est levé.

L’enjeu est capital en termes d’innovation, de maintien de filières de production de carburants nationales et de création de produits nouveaux d’une chimie française qui reste la deuxième en Europe et la cinquième mondiale. Une part importante des progrès attendus dans les secteurs des transports et du bâtiment ne seront possibles que si le secteur des carburants et de la chimie arrive à s’ajuster aux nouvelles exigences. Si l’on élargit le regard vers les « clean-tech » dans le monde, on constate un fourmillement de recherches, de créations d’entreprises, de nouveaux concepts qui seront la source des emplois de demain, dans les grands groupes comme dans des start-up.

Un enjeu capital et transversal

400 000 emplois sont reliés, de manière plus ou moins directe, à ces secteurs et à leur évolution : peu de nouveaux métiers, mais des compétences en évolution, un rôle clé de l’innovation, des déficits de main d’oeuvre locaux et des risques sectoriels La prise en compte du développement durable affectera un certain nombre de compétences et de conditions d’exercice de ces compétences : attitudes, prise en compte plus large de l’environnement (amont, aval, parties prenantes, certification) d’un produit ou d’un procédé. Ces aspects transversaux doivent être enseignés à tous les niveaux. De plus, les personnes en formation doivent se trouver dans un milieu de formation lui même exemplaire. Ces secteurs, peu attractifs en raison d’une image dévalorisée, bénéficieraient d’une plus forte mise en avant de leur contribution au développement d’une croissance verte.

Gérer au mieux les évolutions

Les principales évolutions à prévoir :

  • Biogaz : son utilisation comme carburant de véhicule est en expérimentation. En cas de développement du parc de véhicules roulant au gaz, il faudra développer des compétences spécifiques autour de la sécurité/certification. De même, des unités de bio-méthanisation individuelles, dans des exploitations agricoles, pourront se développer. Il faudra veiller à ce que la technicité des artisans installateurs locaux soit suffisante ;

  • Biocarburants : le développement actuel des biocarburants de première génération est limité. Le nombre estimé d’emplois générés, quelques milliers, reste modeste et la compétition avec les utilisations alimentaires limiteront son expansion. Une évolution plus significative concernera les biocarburants de deuxième et de troisième génération ; avec une intensité capitalistique plus faible et plus de main d’oeuvre à l’unité d’oeuvre qu’une raffinerie ; si les biocarburants se substituent aux carburants classiques dans les proportions prévisibles, cela créera des emplois ;

  • Hydrogène : à ce stade, l’utilisation d’hydrogène carburant de piles à combustibles est un enjeu de recherche, mais n’est pas identifié comme déjà porteur d’emplois en dehors des laboratoires à court ou même moyen terme ;

  • Transports : Les transports de carburants ne paraissent pas devoir connaître d’évolutions importantes ;

  • Distribution : si le mix énergétique se diversifie, le schéma de la distribution évoluera. En particulier, l’éventuelle co-existence sur un site de distribution de carburants liquides, gazeux, et d’électricité de puissance peut amener des enjeux de sécurité et déboucher sur un nouveau métier de « gestionnaire de distribution d’énergie » ;

  • Installation et procédés : les métiers de l’engineering seront fortement sollicités par les révisions et intensification de procédés nécessaires à l’évolution des sites européens ;

  • Chimie verte : l’identification de 4 technologies clé en développement : procédés catalytiques, biotechnologies industrielles, chimie analytique, et nanotechnologies.

Les possibilités d’évolution sont réelles, mais il leur sera nécessaire d’inclure largement et mobiliser sur le développement durable, favoriser l’esprit d’innovation et d’entreprise… En effet, une partie significative de la croissance liée à la chimie verte devant se faire par l’innovation et la création d’entreprise, développer des formations mixtes techniques/managériales. Ensuite, il faut maintenir les formations techniques centrées sur des coeurs de métier large (chimie, procédés, conduite d’installation), dont les contenus sont considérés satisfaisants, et ne pas développer de formations « environnementales » trop spécifiques. Enfin, intégrer dans les cursus des modules spécifiques aux notions de chimie verte (principes, analyse de cycle de vie, éco-conception, toxicologie, responsabilité, procédés propres, matières premières naturelles, éthique) qui ne devraient pas dépasser 10 % des enseignements et doivent intégrer des aspects comportementaux d’intégration du développement durable dans les pratiques professionnelles.

Par P.Thouverez

Sources : ECHA, ADEME, Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

 

Exposition Science et Fiction – Aventures croisées

Le monde de la SF est présenté sous toutes ses formes culturelles et artistiques : littérature, cinéma, bande dessinée, art graphique, jeux vidéos… Extraits de films, objets issus des tournages de séries et de films cultes, affiches de cinéma, planches de BD, manuscrits anciens, galeries de robots et d’extraterrestres, maquettes de vaisseaux, etc., invitent le visiteur à découvrir les thèmes majeurs de la SF tels que l’exploration de l’espace, le voyage dans le temps, les robots, les civilisations futures ou alternatives, les sociétés extraterrestres…

L’exposition propose aussi de s’interroger sur l’influence réciproque de la SF et de la science. Les auteurs de SF ont toujours mêlé avec talent, fiction, spéculations scientifiques, exploration des futurs ou des mondes possibles, en partant des connaissances scientifiques et des technologies de leur époque. Ils nous donnent les clés pour anticiper l’impact des nouvelles technologies sur nos comportements et nos sociétés, et mettent l’accent sur les dérives et les dangers possibles.

Pour rendre compte du dialogue permanent entre science et SF, certaines notions scientifiques et technologies actuelles – exploration de l’espace, exobiologie, nanotechnologies, concept de l’homme augmenté, réalité virtuelle, etc. – sont abordées tout au long de l’exposition au milieu des oeuvres de SF.

Lieu : Cité des Sciences et de l’Industrie, 30 avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris

Date : du 21 octobre 2010 au 3 juillet 2011

Site Internet

 

Auteur : C.C.

Vers des systèmes de cryptographie quantique plus sûrs

La cryptographie quantique permet de sécuriser la transmission de données en utilisant des clefs générées et échangées à l’aide de particules quantiques, les photons. Comme la mécanique quantique stipule que toute observation de l’état quantique d’une particule modifie cet état, toute tentative d’interception de la clef par un espion peut en principe être repérée par les utilisateurs. La sécurité des protocoles de cryptographie quantique est donc absolue et garantie par les lois mêmes de la physique. En théorie oui, mais en pratique ?

La sécurité d’un protocole de cryptographie quantique repose sur le fait que les appareils quantiques mesurent bien les bonnes propriétés physiques des photons, celles qui permettent de détecter un espion éventuel. Or, des défauts d’implémentation ou des failles du système peuvent compromettre la sécurité d’un système de cryptographie quantique sans laisser de trace visible aux utilisateurs. De tels défauts d’implémentation (corrigés depuis) ont été exploités l’année dernière par des « hackers quantiques » pour casser complètement les principaux systèmes de cryptographie quantique actuellement commercialisés.

Depuis quelques années, suivant une approche initiée par Jonathan Barrett alors postdoc à l’Université libre de Bruxelles (ULB), les chercheurs s’intéressent à des protocoles de cryptographie quantique dont la sécurité, si elle se base toujours bien sur les lois de la physique quantique, ne repose en revanche sur aucune hypothèse sur le fonctionnement interne des appareils quantiques.

Première preuve complète de sécurité de nouveaux systèmes de cryptographie

Les appareils quantiques sont décrits comme des « boîtes noires » qui reçoivent des données à l’entrée et produisent en réponse des données à la sortie. Pourvu que les deux utilisateurs observent certaines corrélations particulières entre les données produites par leurs boîtes
noires respectives, le caractère secret des clefs générées par les appareils quantiques est garanti indépendamment de toute hypothèse sur leur fonctionnement interne. En principe, les appareils quantiques pourraient même avoir été conçus par l’espion lui-même.

En dehors de son intérêt pratique, qui rend toute tentative d’attaque du système futile, cette approche représente sur un plan plus conceptuel, le niveau ultime de sécurité permis par nos connaissances physiques actuelles. Il restait cependant encore à prouver que cette nouvelle approche était en effet sûre, ceci n’avait été fait jusqu’à présent que pour certaines attaques restreintes. Il fallait aussi montrer que cette nouvelle approche permettait de générer des clefs à un taux raisonnable.

C’est ce qu’ont démontré Stefano Pironio de la Faculté des Sciences de l’ULB et Lluis Masanes et Antonio Acín de l’Institut des Sciences Photoniques à Barcelone qui, dans un article paru le 16 mars dans la revue Nature Communications, établissent la première preuve complète de sécurité de ces nouveaux systèmes de cryptographie pour des taux de génération de clefs comparables à ceux des systèmes actuels. Bien que leur preuve de sécurité repose sur une petite hypothèse sur le fonctionnement des appareils quantiques, qui peut se justifier dans certaines implémentations, leurs résultats démontrent que cette nouvelle approche est en principe possible et représentent une avancée vers des systèmes de cryptographie quantique plus sûrs.