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«Une société peut commencer avec deux satellites pour tester un modèle»

Posté le par Pierre Thouverez dans Espace

Nicolas Capet est le fondateur et CEO d’Anywaves, une start-up qui développe deux types d’antennes, à destination des constellations de nanosatellites. Il a répondu aux questions de la rédaction sur la spécificité des équipements développés pour les nanosatellites mais aussi sur le développement de la filière française dans ce secteur.

Anywaves fournit deux types d’antennes, avec pour chacune un usage bien spécifique.

L’antenne Band-S est destinée à piloter le satellite. Il s’agit donc d’être en lien permanent avec le satellite et de proposer une couverture tout autour de ce dernier, en continu.

L’antenne Band-S ©Anywaves. Reproduction interdite sans accord.

La seconde antenne, la Band-X, sert uniquement à rapatrier les données de la mission, provenant de la charge utile.

L’antenne Band-X ©Anywaves. Reproduction interdite sans accord.

Pour répondre aux défis de la miniaturisation Anywaves a choisi de développer – via l’impression 3D – des antennes à base de métamatériaux en céramique. Une spécialisation qui correspond au développement de cette filière hyper spécifique, comme nous l’explique Nicolas Capet.

E.T.I : Comment émerge la filière autour de la miniaturisation des satellites?

Nicolas Capet : L’apparition des cubsats s’est faite au Japon et aux Etats-Unis dans un premier temps, dans les années 2000. Il s’agissait alors de projets étudiants. L’idée était de concevoir des petits satellites, afin de permettre aux étudiants de se former sur ce qu’est le spatial, ses contraintes… La visée était donc principalement pédagogique.

Plusieurs universités ont donc développé des petits satellites. Certains ont été assemblés et envoyés vers l’ISS quand cela était possible, d’autres sont restés au sol. Les universités continuant à proposer des projets de satellites toujours plus performants, force a été de constater : plutôt que d’utiliser un gros satellite ultra performant, on peut également choisir un ensemble de petits satellites, moins performants mais offrant des services complémentaires. Et ces services intéressent des acteurs économiques.

Quels acteurs ?

Par exemple, cela peut concerner les acteurs de l’observation de la Terre en temps réel. Là où un gros satellite va avoir un taux de revisite de 4 à 5 jours, les constellations vont permettre des survols beaucoup plus fréquents. Cela va intéresser tout ce qui touche aux interventions en urgence, le suivi de la végétation, des activités industrielles…

Partant de là, on a vu apparaître des spin-offs issues des universités, qui ont commencé à exister sur ce nouveau marché et à proposer des services commerciaux.

Comment a évolué le marché des nanosatellites ?

Aujourd’hui je dirais que nous sommes dans une seconde phase, où le marché s’est développé et est en attente de services performants, de qualité et de retour sur investissement. Or, si les projets des universités ont permis de développer des satellites à des coûts compétitifs, les problématiques de qualité n’étaient pas suffisamment prises en compte. C’est cette seconde phase dans laquelle nous sommes : la professionnalisation de la filière, et dans ce domaine, la France dispose d’atouts redoutables. Si l’émergence d’une filière française s’est faite un peu tard, le pays dispose d’un savoir-faire dans le spatial qui va lui permettre de revenir rapidement dans la compétition.

On assiste aujourd’hui à une véritable montée en gamme en termes de qualité et de performance des équipements. Les acteurs commerciaux du secteur qui au début faisaient tout eux-mêmes commencent aujourd’hui à se concentrer sur leur métier d’intégrateurs. C’est ce que font des groupes comme Airbus ou Thales aujourd’hui, pour les satellites ou les avions, en achetant les équipements dont ils ont besoin chez des sociétés expertes.

Anywaves s’inscrit dans cette catégorie des équipementiers experts, en proposant spécifiquement des antennes pour les constellations de satellites.

Va-t-on assister à une compétition entre petits et grands satellites ?

Les constellations vont plutôt proposer un service de couverture globale en temps réel, là où un gros satellite sera beaucoup plus performant mais sur un temps donné. Donc on est plus sur de la complémentarité que de la compétition. Le choix d’un gros satellite plutôt que d’une constellation va vraiment dépendre de l’usage.

Quels autres avantages voyez-vous au développement des projets de constellations de satellites ?

Un avantage réel de ce type de solution est que l’on n’est pas obligé d’avoir une constellation complète pour commencer à proposer des services commerciaux. Cela permet de développer des business models complètement différents.

Une société peut commencer avec deux satellites pour tester un modèle et vendre une solution commerciale. Au fur et à mesure de l’avancement de la constellation, les satellites mis en orbite profitent des retours d’expériences réalisés sur les premiers lancers, pour offrir un service continuellement amélioré.

Qu’est-ce que la Newspace Factory ?

Anywaves fait partie de ce que nous avons appelé la Newspace Factory. Nous nous sommes regroupés avec plusieurs PME françaises du spatial, notamment pour développer des démarches beaucoup plus percutantes à l’export.

L’idée est de pouvoir proposer tout un catalogue de produits sur étagère auprès de tous les acteurs qui se mettent à développer des nanosatellites. Nous pensons notamment à des pays comme l’Inde, la Chine et beaucoup d’autres qui, devant les coûts relativement faibles, ont développé des projets de petits satellites.

Propos recueillis par P.T

Pour aller plus loin

Posté le par Pierre Thouverez

Les derniers commentaires

  • ça a l’air sympa ton affaire. mais pourquoi DEUX satellites, j’ai connu des entreprises qui sont devenues puissante et ont commencé avec UN satellite (ex. Panamsat qui a commencé avec UN SEUL satellite de télécom géo d’occasion (récupéré en orbite par la navette et redescendu puis refurbishé)
    good luck


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