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Cloud Gaming : Shadow met “l’ordinateur du pro-gamer dans le cloud”

Posté le par Séverine Fontaine dans Informatique et Numérique

Avec le lancement récent de Google Stadia, tous les projecteurs sont mis sur le cloud gaming, qui prend ainsi une plus grande ampleur. Une tendance permettant à une entreprise française, Shadow, spécialisée dans le cloud PC, de se faire connaître du grand public. Nous avons échangé avec Florian Giraud, responsable stratégie et développement chez Shadow, sur sa solution.

Techniques de l’ingénieur : Google, Microsoft, Sony… les géants de la tech se sont lancés dans le « cloud gaming », proposant l’accès à des jeux vidéo à distance et ce, sur n’importe quel dispositif. Comment Shadow se positionne-t-il ?

Florian Giraud : Il y a une vraie tendance vers le cloud gaming qui confirme notre intuition initiale : celle que le gaming n’échappera pas à la révolution du streaming malgré les défis technologiques. Aujourd’hui, les grandes entreprises de la tech (Google, Amazon) ou du gaming (Microsoft, Sony) voient aussi l’avenir du jeu vidéo dans le cloud. Elles mettent la lumière sur le cloud gaming et montrent au plus grand nombre qu’il est possible de streamer son jeu sans forcément posséder de machines puissantes… et surtout coûteuses. Leur force de frappe en matière de communication est un accélérateur pour Shadow. Tandis que tous les services s’articulent autour de catalogues restreints, Shadow permet de jouer à n’importe quel jeu, même ceux déjà possédés par le joueur, n’importe où, sur n’importe quel écran, avec la puissance du PC.

Qu’est-ce qui vous différencie ?

Nous ne faisons pas seulement du cloud gaming, mais du cloud computing. C’est-à-dire que nous mettons l’ordinateur dans le cloud. Concrètement, nous prenons les meilleurs composants du moment d’un PC (carte graphique, processeur, disque dur, etc.) et les déplaçons dans nos data centers. L’utilisateur dispose d’un PC complet dans le cloud, avec sa session Windows, son mot de passe, son espace de stockage, etc. qu’il “streame” sur n’importe quel appareil.

Comment Shadow fonctionne-t-il exactement ?

Techniquement, c’est du streaming pur. Sauf qu’au lieu de streamer un film, vous streamez votre ordinateur. Contrairement au streaming classique, il n’y a pas de place pour le préchargement (ou “buffer”) : à chaque instant, vous envoyez des informations à votre ordinateur – via votre souris, clavier, webcam, micro, etc. – et vous recevez le résultat par un flux d’image instantané. Ce besoin de réactivité est un défi, qui atteint son paroxysme dans le jeu vidéo, où les gestes sont si rapides que quelques millisecondes font la différence. C’est pourquoi Shadow a choisi de s’attaquer d’abord au marché du gaming, en faisant le pari que si le service fonctionnait pour les joueurs, il fonctionnerait pour tous ! Premier problème à résoudre : la latence. Si nous atteignons aujourd’hui ce niveau de performance qui fait que les joueurs ne font plus la différence entre un PC local et un Shadow, c’est parce que nous avons développé notre produit pour et avec les gamers, développé notre propre protocole de communication, optimisé l’encodage et le décodage, mais aussi travaillé avec les fournisseurs d’accès à Internet pour optimiser le trafic réseau.

Quel est l’apport de votre solution pour le jeu vidéo ?

Shadow permet de démocratiser l’accès au jeu vidéo en cassant les limites des PC gaming actuels, à savoir le prix et l’obsolescence. Un PC gaming coûte souvent plus de 1500 euros. Quand on regarde l’engouement autour de quelques free-to-play, qui deviennent de véritables phénomènes culturels, on réalise que, si le jeu en lui-même est gratuit, le hardware ne l’est pas. Il est très cher, trop cher pour beaucoup, ce qui empêche une bonne partie des joueurs de rejoindre la partie. De plus, le hardware est de plus en plus cher, mais il devient aussi de plus en plus vite obsolète. Shadow permet donc de disposer d’un ordinateur toujours à jour, sans avoir à se soucier de l’assemblage de ses composants ou de savoir si on pourra faire tourner tel ou tel nouveau jeu.

Vous parlez également de solution écologique…

Notre projet est de centraliser toute la puissance technologique de nos objets dans le cloud, afin de la mutualiser. Très concrètement, cela signifie qu’au lieu de produire 4 ordinateurs utilisés 6 heures par jour, par exemple, nous pouvons n’en produire qu’un seul, utilisé successivement par 4 personnes différentes. Bien sûr, le streaming n’est pas la panacée en matière environnementale. La consommation requise est équivalente, puisque l’énergie qui est utilisée pour les calculs dans les data centers est autant d’énergie en moins utilisée par les joueurs chez eux. Mais nous travaillons pour que cela consomme moins, tout en nous assurant d’ores et déjà que l’énergie utilisée soit verte.

Quel est votre business model ?

Jusqu’à fin octobre, nous commercialisions une offre unique utilisée par plus de 70 000 utilisateurs dans 8 pays, qui constituent le cœur de notre communauté et qui co-construisent avec nous l’avenir du produit. Depuis, nous avons souhaité ouvrir notre solution à un public plus large en proposant trois offres de souscription différentes de 12,99 à 34,99€ par mois, en fonction de l’ordinateur et du stockage dont l’utilisateur a besoin. Dès la première offre, notre promesse est de proposer un ordinateur suffisamment puissant pour chaque sortie de nouveau jeu. La deuxième, est une configuration parmi les plus puissantes (RTX 2080 avec ray-tracing) : seulement 1 % des joueurs sur Steam ont une configuration équivalente ou supérieure. La troisième propose une configuration que tous les joueurs chevronnés rêvent d’avoir sans pouvoir se l’offrir, notamment avec la carte graphique Titan RTX coûtant à elle seule près de 3000 euros.

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Posté le par Séverine Fontaine


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