Le monde s’éloigne d’un réchauffement à +2°C

En 2017,  le PIB mondial a augmenté de 3,8 %, poussé par la croissance rapide des économies émergentes comme la Chine et l’Inde. La demande énergétique a également augmenté de 2,1 %. Et les émissions de gaz à effet de serre ont crû de 1,1 %. « L’objectif fixé par l’Accord de Paris sur le climat, de limiter le réchauffement climatique à 2°C semble encore un peu plus hors d’atteinte », estiment les experts de PwC.

L’intensité carbone de l’économie mondiale ne baisse pas assez vite

L’intensité carbone de l’économie représente les émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie  par million de dollars de PIB. Les contributions nationales actées par l’Accord de Paris demandent une décarbonisation mondiale de l’ordre de 3 % par an. Mais en 2017, l’intensité carbone de l’économie mondiale n’a diminué de 2,6 %. Ce taux est identique à celui de 2016.

Ces résultats nous mènent ainsi droit vers un réchauffement d’au moins 3°C. En effet, pour limiter le réchauffement climatique à 2°C, il faudrait décarboner l’économie mondiale de 6,4 % par an dès aujourd’hui, jusqu’en 2100. Cette année, aucun pays n’atteint ce taux. Le fossé entre le taux de décarbonisation actuel et celui nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 2°C se creuse. « Sans un redoublement des efforts en la matière, le budget carbone du scénario 2 °C sera épuisé en 2036 », prévient PwC. Une alerte en accord avec les prévisions récentes du GIEC.

Le G20, loin de respecter ses engagements

En 2016, deux pays du G20 étaient en accord avec l’objectif des 2°C: le Royaume-Uni et la Chine. Le taux de décarbonisation de leur économie est respectivement passé de 7,7 % et 6,5 % en 2016 à 4,7 % et 5,2 % en 2017. Le Mexique, l’Argentine et le Brésil ont pour leur part réduit leur intensité carbone de 5 %, 4,9 % et 4,5 %. Ces pays en haut du podium ont tous été en mesure de réduire leurs émissions tout en assurant la croissance de leurs économies. À l’opposé, les pires élèves du G20 sont la Turquie et l’Arabie Saoudite. Leur intensité carbone a respectivement augmenté de 3,6 % et 1,7 %.

Cette année, la France compte parmi les bons élèves. Après une hausse de son intensité carbone inférieure à 1 % en 2016, le pays connait un taux de décarbonisation d’1,2 % en 2017. Son intensité carbone atteint 115 tonnes de CO2 par million de dollars de PIB (tCO2 / M$PIB), la plus basse du G20. À titre de comparaison, celle de la chine atteint 402 tCO2/M$PIB, celle du Mexique 197 tCO2/M$PIB.

Quelles solutions pour réagir?

Les efforts pour diminuer le charbon dans certains pays sont contrebalancés par l’augmentation de la demande dans d’autres pays, comme l’Inde, l’Indonésie ou la Turquie. En 2017, la consommation charbon est repartie à la hausse de 1 %. Et si la production des énergies renouvelables a augmenté de 17% en 2017, avec une hausse de 35 % pour le photovoltaïque, elle ne représente toujours qu’une petite part du système énergétique mondial.

PwC estime cependant que les nouvelles technologies seraient à même d’entraîner des changements suffisants pour atteindre les taux de décarbonisation nécessaires. Ces technologies incluent les systèmes intelligents de chauffage et d’alimentation dans les bâtiments, les véhicules électriques autonomes, les biocarburants avancés et l’impression 3D. PwC estime que le déploiement à large échelle de véhicules électriques autonomes pourrait  combler un tiers de l’écart d’émissions nécessaire limiter le réchauffement à 2°C. Mais cela nécessiterait également un changement de paradigme dans les modèles de propriété des véhicules. D’autres technologies telles que la blockchain auraient le potentiel d’entraîner d’importantes réductions d’émissions.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Sup’Biotech et Ipsos lancent le premier observatoire des métiers des biotechnologies

Ce premier « Observatoire des métiers des biotechnologies », mis en place par Sup’Biotech et l’institut de sondage Ipsos, sera désormais reconduit tous les deux ans.

Les résultats, présentés fin septembre, révèlent notamment que le secteur est conforme aux tendances actuelles de la demande des entreprises envers les ingénieurs : le niveau académique et la capacité d’apprentissage sont ainsi des prérequis qui ne se suffisent plus, les dirigeants d’entreprises interrogés recherchant des jeunes diplômés capables d’adaptation, de travail en équipe et d’esprit d’initiative. Par ailleurs, les chefs d’entreprises, qu’ils soient du secteur de la santé, de l’industrie pharmaceutique, de la cosmétique, de l’agroalimentaire ou de l’environnement, s’accordent à exprimer leur satisfaction vis-à-vis des jeunes diplômés embauchés dans leurs entreprises, qui sont décrits comme capables de s’intégrer dans les équipes et de progresser au sein de leur entreprise. Pour Vanessa Proux, directrice générale de Sup’Biotech, cet Observatoire conforte le positionnement de l’école dans son approche des compétences transversales à apporter aux jeunes ingénieurs, compte tenu « de l’importance accrue accordée par les professionnels aux compétences, allant bien au-delà des indispensables connaissances ».

La R&D recrute particulièrement

L’optimisme règne dans le secteur des biotechnologies : 84 % des dirigeants sont confiants dans l’avenir et pensent que le secteur se porte bien ou très bien. Beaucoup envisagent de recruter dans l’année à venir. Ingénieurs, techniciens supérieurs, chercheurs ou assistants ingénieurs sont visés et parmi les dix premiers métiers mentionnés, un seul n’est pas rattaché à l’ingénierie : celui de chargé d’affaires réglementaires, placé à la 4ème position (29 % d’avis favorables), au coude-à-coude avec le poste d’ingénieur qualité et loin derrière les deux premiers cités, à savoir le métier d’ingénieur en bio-informatique (34 %) et celui d’ingénieur R&D (39 %). Pour plus d’un dirigeant sur deux (53%, et même 60% des entreprises de 200 salariés et plus), le domaine qui recrutera le plus d’ingénieurs dans les années à venir sera la R&D, devant la bio-production (36%). Parmi les évolutions technologiques qui devraient créer des emplois, les entreprises citent en premiers lieux la médecine personnalisée, les dispositifs médicaux, la bio-production (qui atteint 40 % dans l’agroalimentaire) et les produits biosourcés.

On peut noter que contrairement aux secteurs de l’informatique, des services numériques ou du bâtiment, les biotechnologies ne sont pas un secteur pour lesquelles les sociétés d’étude en ingénierie sont très présentes. Les postes sont donc plutôt directement intégrés au sein d’un laboratoire R&D d’une grande entreprise ou dans une PME dédiée à la recherche ou à la production de produits spécifiques.

Sophie Hoguin

Clean Oceans : 2 milliards d’euros contre la pollution plastique

La Banque européenne d’investissement (BEI), l’agence française de développement (AFD) et le groupe KfW mutualisent leurs savoir-faire pour lutter contre la pollution plastique. Avec ses 2 milliards d’euros, l’initiative Clean Oceans financera en priorité des projets améliorant la collecte et le recyclage des déchets, leur gestion dans les ports et des installations de traitement des eaux usées. Cette annonce a été faite en marge des assemblées annuelles du groupe FMI/Banque mondiale, qui se sont tenues à Bali en Indonésie du 12 au 13 octobre 2018.

Priorité aux zones les plus polluées

Selon une étude allemande de référence parue en 2017, entre 88 % et 95 % des déchets plastiques pénètrent dans l’océan via dix grands fleuves. Huit sont situés en Asie et deux en Afrique : le Nil et le Niger. Dans les pays émergents ou en développement de ces continents, la collecte et le traitement des déchets fait souvent défaut. Les eaux usées ne sont pas mieux traitées, puisque la majorité ne subit aucun traitement. D’après l’ONU-Environnement, c’est le cas pour 80 % des eaux usées mondiales.

Les institutions sont parties de ces informations pour décider de mettre l’accent en priorité sur les zones où la pollution est la plus importante. Elles concentreront ainsi leurs financements vers l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient. Les financements seront accordés à des entreprises privées de toutes tailles, y compris les micro-entreprises, mais aussi à des projets de recherche ou d’innovation.

Se regrouper pour financer des projets concrets

« La BEI, la KfW et l’AFD ont un rôle essentiel à jouer : notre implication peut apporter une contribution fondamentale à la canalisation des fonds et à la mobilisation des investissements du secteur privé qui développeront des solutions innovantes pour nettoyer les océans pour les générations futures », estime Werner Hoyer, président de la BEI. « Les activités financées dans le cadre de cette initiative de 2 milliards d’euros sont menées en collaboration avec des acteurs sur le terrain : autorités locales, secteur privé, organisations de la société civile et gouvernements », complète Rémy Rioux, directeur général de l’AFD.

Plus de trois milliards de personnes dépendent de la biodiversité marine et côtière pour vivre. La valeur marchande des ressources et des industries marines et côtières est évaluée à 2 600 milliards d’euros par an, soit environ 5 % du PIB mondial. Entre 4 et 12 millions de tonnes de plastiques rejoignent chaque année les océans. Elles menacent l’équilibre et la croissance de ces activités.

Cette initiative est très bien accueillie par les acteurs luttant contre la pollution plastique. Toutefois, ne pensons pas que le combat est gagné grâce à cette annonce. Pour résoudre cette problématique, il faudra trouver de nombreux fonds supplémentaires. Rien qu’en France, le coût de la modernisation des centres de tri d’ici 2022 est estimée à près d’un milliard d’euros par l’Ademe. Cette modernisation vise notamment à mieux recycler les plastiques des ménages et éviter ainsi qu’ils se retrouvent dans l’environnement, en décharge ou en incinérateur.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Une nouvelle course à la Lune est lancée

A l’occasion du dernier International Astronautical Congress (IAC), qui s’est déroulé à Brême en Allemagne début octobre, Airbus Defence and Space et plusieurs partenaires internationaux ont annoncé le lancement de « The Moon Race », une course à la Lune qui vise à accélérer et soutenir l’exploration lunaire. Cette compétition internationale s’adresse aux PME, étudiants, start-up qui veulent développer des technologies pouvant servir à l’installation sur notre satellite.

Alors que le Google Lunar Xprize s’est finalement soldé par un échec, aucun candidat n’ayant réussi à faire décoller son rover en direction de notre satellite dans les temps, cette nouvelle course à la Lune se fait cette fois avec des partenaires expérimentés : Airbus Defence and Sacae, l’Agence spatiale européenne (ESA), Vinci Constructions, l’Agence spatiale mexicaine ainsi que Blue Origin. Et la prouesse n’est pas le centre de la compétition, puisqu’il s’agit de faire émerger des technologies qui seront réellement utiles et viables à l’exploration et l’exploitation durable de la Lune. En outre, les candidats sélectionnés à chaque étape pourront disposer des ressources des laboratoires et équipements des différents partenaires pour s’assurer de leur réussite. Quant aux vols finaux, ils sont garantis par l’ESA et Blue Origin.

Une compétition sur cinq ans

Initiée par des ingénieurs d’Airbus, cette idée a pris la forme d’une entité juridique à part, The Moon Race Team NPO Gmbh – une organisation sans but lucratif en charge de l’organisation de la compétition. Les partenaires qui la soutiennent sont déjà de taille et d’autres devraient rallier l’aventure d’ici la fin de l’année.

Les candidatures, qui seront ouvertes dès le début 2019, pourront se faire dans quatre catégories : Production, Energie, Ressources et Biologie. La compétition doit ensuite s’étaler sur cinq ans, entre 2019 et 2024. L’année prochaine sera consacrée à la formation des équipes et à leur sélection. Les heureux élus de cette première phase seront annoncés à l’occasion de l’IAC de 2019 à Washington DC du 21 au 25 octobre. A partir de là, la compétition démarrera réellement. Les candidats auront un an pour mettre au point leurs prototypes. Ceux qui pourront passer à la phase suivante auront accès aux infrastructures pour le tester en conditions lunaires. A l’étape suivante, les candidats sélectionnés auront les moyens de construire leur projet grandeur nature pour qu’il soit prêt à être envoyé sur la Lune. Enfin, en 2024 les finalistes verront leurs technologies lancées et testées in situ sur notre satellite naturel. Dans les mois qui viennent, The Moon Race précisera les montants et les conditions exactes des prix et récompenses financières attribuées à chaque étape et les détails pour pouvoir candidater.

Quatre catégories de recherches

Les équipes peuvent candidater dans plusieurs catégories, chacune présentant des défis différents qui correspondent à ceux qu’il faut réussir à passer pour s’installer durablement sur la Lune. En premier lieu, il faut pouvoir construire et fabriquer des objets avec des matériaux se trouvant sur place ; c’est l’objet de la première catégorie « Production ». Typiquement, les projets pourront ressembler à des briques en poussière de Lune. Ensuite, il faut avoir à disposition de l’énergie, notamment pour faire face à la nuit lunaire : lumière et chauffage sont ainsi essentiels pour survivre ; c’est ce à quoi doivent s’atteler les candidats de la seconde catégorie. Les troisième et quatrième catégories sont consacrées aux ressources, minérales et biologiques. Dans un cas, il s’agit de réussir à installer des bactéries, plantes ou êtres vivants sur place, et dans l’autre il faut trouver comment exploiter les ressources disponibles pour créer de l’oxygène et de l’eau en particulier.

Ce projet s’inscrit donc à la fois dans l’esprit du village lunaire voulu par l’ESA et dans un modèle moderne de course à la technologie qui s’inspire des Google XPrize ou encore des courses d’Hyperloop de Space X.

Sophie Hoguin

L’Usine Extraordinaire, une « usine grandeur nature » du 22 au 25 novembre 2018

Une exposition à visiter

Installée au Grand Palais, au cœur de Paris, l’Usine Extraordinaire propose de vivre l’expérience d’une « usine grandeur nature » (du 22 au 25 novembre 2018).

A travers des expériences immersives, des échanges avec des techniciens, ingénieurs et chefs d’ateliers ; petits et grands partent à la découverte de lignes de production recréées sur place, ou simulée grâce à la réalité virtuelle.

Un projet fédérateur

L’Usine Extraordinaire est un projet d’intérêt général, porté par la Fondation Usine Extraordinaire, abritée par FACE – Agir Contre l’Exclusion, qui a pour objet de retisser les liens entre l’usine et la société.

La Fondation a vocation à rassembler l’ensemble des parties prenantes : industriels du made in France engagés et responsables, partenaires sociaux, monde de l’éducation et de la formation professionnelle, monde de la recherche, décideurs institutionnels… pour démontrer que l’usine aujourd’hui est un lieu de production moderne, connecté, inspirant, un acteur engagé pour une société responsable et créatrice d’emplois.

Dans la continuité des actions de Techniques de l’Ingénieur pour accompagner la mutation de l’industrie

Depuis toujours, Techniques de l’Ingénieur s’investit dans le soutien à l’innovation, en étant par exemple partenaire du startup challenge Industrie du Futur SKF Atos.

Yves Valentin Directeur général des Editions TI explique cette démarche comme étant inhérente à la vocation première de Techniques de l’Ingénieur : recueillir et promouvoir les meilleures pratiques pour accompagner l’essor de l’industrie.
A ce titre, l’Usine Extraordinaire, lieu de promotion des métiers par la mise en valeur de dynamisme de l’industrie est une formidable vitrine de l’innovation.

« L’usine du futur doit renforcer la position de l’homme dans l’usine. »

4 questions à Laurent COUILLARD, Fondateur et CEO de InUse (anciennement Optimdata), startup qui permet aux industriels de faire parler leurs machines.

 

1/ Vous avez été finaliste du Start-up challenge SKF Atos 2017, dans la catégorie « Usine 4.0 ». S’en est suivi un travail avec un mentor. Quel retour d’expérience pouvez-vous en faire ?

Grâce à ce challenge, nous avons entamé des démarches pour réaliser des pilotes avec SKF. Pour différentes raisons, ce projet a pris un peu de retard. Par ailleurs, nous avons pu renforcer nos relations avec Atos, notamment sur des projets communs liés à l’énergie et au transport. Cet écosystème est pour nous très intéressant à construire.

Nous sommes toujours ravis de pouvoir participer à ce type de challenge, à la fois bénéfique pour les entreprises organisatrices et pour les start-ups. C’est un moyen de rendre visibles les innovations. Il faut motiver d’autres entreprises à entreprendre de tels challenges.

 

2/ Un an après, où en êtes-vous ?

Nous avons récemment repositionné le nom de la marque (désormais InUse), avec un objectif clair : se recentrer sur les usines en digitalisant les connaissances des experts pour faire parler les machines.

Quelques chiffres pour 2018 : nous comptons désormais 650 objets industriels connectés, et comptabilisons 37 000 variables toutes les 30 secondes en moyenne !

Ces objets sont présents chez des clients de secteurs variés : de l’agroalimentaire aux centrales hydro-électriques. Nous avons d’ailleurs débuté une collaboration avec Engie pour améliorer la productivité de leurs barrages hydro-électriques grâce à une maintenance plus efficace.

 

3/  Votre parcours montre que l’esprit d’innovation est moteur. Avec le recul, qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel, a motivé cette créativité ?

Bien que j’ai eu l’idée de base, c’est surtout l’équipe InUse qui contribue à la créativité au quotidien. Nous venons tous du monde de la technologie ou des usines. Nos regards croisés et nos expériences différentes nous permettent donc de bien comprendre les besoins et comment y répondre. L’alignement des technologies ouvre des possibilités inatteignables jusqu’alors.

 

4/ Quelle vision avez-vous de cette Usine 4.0 ?

L’usine du futur doit renforcer la position de l’homme dans l’usine.

L’industrie est un secteur qui a perdu l’avantage qu’il avait il y a vingt ans. On était fier à l’époque de travailler avec des machines avec écran tactile, d’augmenter les cadences… Mais aujourd’hui les machines industrielles n’ont pas autant évolué que le monde qui nous entoure. L’industrie doit évoluer vers un autre type d’interaction, elle doit être mise à disposition de manière plus ludique, plus jeune. Cela permettra également de replacer la position de l’humain au centre de cette usine.

 

Sécuriser les sites industriels : le credo d’une start-up française

3 questions à Antoine Lecestre, directeur R&D de SKEYTECH, startup qui propose des drones totalement automatisés permettant de sécuriser les sites industriels.

 

1/ Vous avez été finaliste du Start-up challenge SKF Atos 2017, dans la catégorie «CYBERSÉCURITÉ & DATA SCIENCE ». Quel retour d’expérience pouvez-vous en faire ?

Le Start-up challenge a été très bénéfique car il a permis de confronter notre concept de drone de surveillance automatisé avec les besoins réels des grands groupes. Le produit SKEYETECH étant toujours en développement au moment du concours, nous avons pu le modifier suite à des retours sur des fonctionnalités attendues.

Le challenge a également renforcé notre visibilité et notre crédibilité grâce aux 2 prix remportés.

 

2/ Un an après, où en êtes-vous ?

Juste après le concours, nous avons rejoint le groupe Azur Drones, ce qui nous a offert la possibilité d’accélérer le développement de notre produit. Ainsi, nous avons depuis finalisé la R&D sur notre drone automatisé, ainsi que son industrialisation. Un an après, nous lançons officiellement la commercialisation de notre produit SKEYETECH. Fabriqué en France, dans nos locaux, nous sommes en mesure de l’installer dans de nombreux pays du monde.

Azur Drones est aujourd’hui le leader européen du drone de surveillance et nous avons bien l’intention de révolutionner le marché de la sécurité avec la solution SKEYETECH.

 

3/ Votre parcours montre que l’esprit d’innovation est moteur. Avec le recul, qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel, a motivé cette créativité ?

J’ai toujours aimé innover. Dès le plus jeune âge, je démontais et détournais déjà toutes sortes d’objets. Je me suis très vite pris de curiosité pour l’électronique, la mécanique, le code… Puis j’ai découvert le drone au cours de mes études et j’ai eu envie de mettre ma créativité au service de ce secteur. En effet, il y a une dizaine d’années, le drone était encore de l’ordre du modélisme. Mon ambition est très tôt devenue de transformer les drones en robots industriels complètement autonomes.

« Nous souhaitons aider les industriels à se réinventer »

3 questions à Guillaume Le Vézouët, Co-fondateur de CYM, startup qui propose un service unique de maintenance prédictive.

 

1/ Vous avez été finaliste du Start-up challenge SKF Atos 2017, dans la catégorie «PROCÉDÉS & MATÉRIAUX DU FUTUR ». S’en est suivi un travail avec un mentor. Quel retour d’expérience pouvez-vous en faire ?

Ce challenge, qui s’est déroulé il y a bientôt un an, nous a permis de concrétiser nos relations avec ces deux acteurs clés de l’Industrie 4.0. Atos nous a mis à disposition son expertise technique et orienté vers des contacts concrets ; SKF nous a reçu de nombreuses fois dans ses usines pour que l’on partage nos retours d’expérimentations et que nous accompagnions les réflexions du groupe. Nous avons donc pu initier des rendez-vous commerciaux avec Atos & SKF, identifier les niveaux de maturité des équipes opérationnelles et identifier les problématiques.
Ces deux acteurs ont bien compris que la mutation numérique est en train de chambouler le paysage industriel. De par les complexités des technologies, la multiplication des plateformes, des contraintes, des méthodes d’approche, de la captation des données à la restitution métier, ce n’est pas toujours facile de garder le fil des innovations. L’envie est grande d’être plus efficace, d’améliorer la performance industrielle, mais il y a une appréhension des impacts sur les process existants. Notre premier rôle est donc de rassurer, de partager nos réalisations, et de faciliter l’accès à ces nouvelles technologies pour que les industriels se réinventent par étapes et puissent sortir de leur zone de confort. En somme, assurer la transition entre les idées et le concret.

 

2/ Un an après, où en êtes-vous ?

Notre société va sur sa quatrième année ; depuis un an nous avons encore agrandi l’équipe et finalisé le développement de nouveaux algorithmes. Laval Jacquin, notre CTO, PhD issu du monde de la recherche en mathématiques fondamentales et appliquées, est notamment l’auteur de deux nouveaux algorithmes de Maintenance Prédictive :
– “Early Anomaly Detection System”, permettant de détecter des dérives du système industriel et identifier les causes en vue d’assurer l’identification des dérives,
– “Early Failure Prediction System”, utilisant un historique de signaux critiques avérés afin de calculer les probabilités de réalisation de divers types de pannes, assurant une attention toute particulière sur les données déjà identifiées.
Nous avons également développé un modèle mathématique répondant à des problématiques de “Manufacturing Intelligence”, “Classification and Regression for Industrial Systems”, permettant de modéliser la quantité ou la qualité de fabrication d’un produit en temps réel dans le cadre d’un système industriel multivarié, afin de réduire le taux de rebut d’une ligne de production.
Nous fournissons des statistiques sur les premières causes qui reviennent le plus souvent, via les notifications automatiques avec des mises à jour communiquées par email et push API. Notre plateforme, la Maintenance Factory, abrite toujours nos applications en SaaS et permet à nos clients d’accéder aux résultats de calculs depuis leurs navigateurs web.
Concernant notre dynamique, au-delà de nos nouvelles références clients, nous avons été ambassadeurs de la French Fab, collectif regroupant l’ensemble des industriels désirant accéder aux innovations lors de la semaine de l’industrie, en mars 2018, et répondu aux nombreuses sollicitations médias à cette occasion.
Cette année écoulée a également renforcé nos convictions du besoin d’accompagnement des industriels. Les responsables opérationnels côté métiers ne demandent qu’à être accompagnés, à apprendre toujours plus. Il faut savoir inspirer et donner envie en partageant les connaissances et les réalisations, en démontrant et en répondant aux problématiques précises.

 

3/ Votre parcours montre que l’esprit d’innovation est moteur. Avec le recul, qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel, a motivé cette créativité ?

Nous avons pris le parti dès la création de CYM d’écouter et de répondre aux problématiques des opérateurs, des métiers, du terrain chez nos clients industriels. Les technologies évoluent tellement rapidement qu’une solution déployée hier est déjà obsolète ; donc autant répondre à une problématique concrète, définir le retour sur investissement et mettre en œuvre une solution pérenne et utile. Il est primordial pour nous d’utiliser la technologie pour répondre à un problème concret et pas seulement pour faire de l’innovation. Il faut que cela aboutisse à un déploiement industriel qui donne de l’efficacité et qui ait du sens pour les opérationnels terrain.
Enfin, cette créativité est basée sur nos nombreuses visites d’usines et de sites de production, sur tous ces cas concrets étudiés depuis bientôt 4 ans. Il est important de souligner nos expériences et raisonnements par analogies afin de qualifier et faire la part des choses entre le réalisable et ce qui tient du fantasme concernant la maintenance et les algorithmes prédictifs. Nous sommes motivés par l’aide apportée aux opérateurs terrain, afin qu’ils puissent réaliser des actions de maintenance plus efficaces et plus utiles car optimisées grâce aux résultats de nos algorithmes.
Le défi d’aujourd’hui pour CYM et pour les industriels est de rendre opérationnelle cette mutation numérique, menant à une meilleure performance industrielle.

 

 

 

Internet des objets : un trafic croissant et des scénarios de plus en plus sophistiqués

Le M2M, « Machine to Machine », et « machine communiquant avec une autre machine » en français, encore appelé « Machine Type Communication » (MTC) dans 3GPP, peut être vu comme la première génération d’objets connectés (« Chose » permettant d’échanger des informations avec un autre objet connecté ou un autre élément d’un réseau de communication (M2M)). Par opposition au H2H, Human to Human, ou communication « personne à personne », qui en télécom est associé aux communications des mobiles et smartphones par exemple, le M2M est caractérisé par un nombre de scénarios différents relatifs à la santé, la sécurité, le transport, l’industrie etc. avec potentiellement un grand nombre de machines ou d’objets, des problématiques de coût et de consommation d’énergie peu élevés, et des échanges de données parfois sporadiques et de très faible volume.

Une progression spectaculaire des objets connectés

Certaines estimations évoquent 20 à 100 × 109 objets connectés en 2020 et plus de 5 × 106 nouveaux objets connectés au réseau par jour dans le monde. Avec le nombre croissant de machines connectées, 8 % des 7 milliards de connections cellulaires dans le monde aujourd’hui, et 26 % en 2020 (source : Cisco VNI 2016), ainsi que de nouveaux scénarios avec des objets de plus en plus petits et autonomes sur batterie, communiquant entre eux, la notion d’Internet des objets (IoT : ensemble d’objets physiques ou virtuels communiquant directement ou indirectement (IoT)) est apparue.

Un capteur ou une machine ne se comporte pas comme un téléphone mobile. Tout d’abord, il y a une multitude de capteurs, certains communiquent directement, d’autres via des boîtiers intermédiaires, des passerelles. Ils utilisent différents type de radio pour communiquer avec le réseau (wifi, LoRa, 2,5G, 3G, 4G, etc.), se connectent plus ou moins fréquemment, transmettent plus ou moins de données, utilisent plus ou moins de bande passante. Contrairement au téléphone mobile qui est associé à un abonné via une SIM card et répertorié avec un identifiant constructeur (EMEI), les objets connectés sont associés à un fournisseur de solutions qui vend un produit intégré, par exemple une voiture, inconnu de l’opérateur, qui se connectera un jour, à un endroit de la planète, de manière non prédictible. Initialement, la plupart des opérateurs utilisaient leur réseau traditionnel pour le marché des objets connectés, mais le risque de compromettre la qualité de service ou l’intégrité du réseau est aujourd’hui trop grande. De plus, la flexibilité requise pour anticiper ou réagir par rapport à des pics de trafic ou de nouveaux types de trafic nécessite de nouveaux équipements et nouvelles solutions de gestion de réseau plus dynamiques. Pour cette raison, les opérateurs déploient progressivement des infrastructures dédiées à l’IoT et de nouvelles technologies sont introduites, les standards évoluent, les métiers changent, de nouveaux modèles de business sont envisagés. Au-delà des problèmes technologiques, il faut pallier le problème de coût, de rentabilité et s’adapter à un monde qui change de plus en plus vite : après la 4G, le M2M, maintenant l’IoT, demain la 5G avec de nouveaux usages et un nouveau réseau en préparation.

M2M et IoT : exemples de scénarios de communication

Il existe de nombreux scénarios M2M ou IoT, notamment dans l’agriculture, la ville intelligente, l’automobile et le transport, le commerce, etc. Pour illustrer la problématique de communication, nous prendrons deux exemples caractéristiques : les véhicules connectés et la communication objet à objet.

De manière générale, quatre types de scénarios de communication sont envisagés autour des véhicules :

  • communication Véhicule à Véhicule (V2V) qui permet à deux véhicules de communiquer indépendamment de l’infrastructure réseau, par exemple pour éviter une collision ;
  • communication Véhicule à Piéton (V2P) qui permet à un véhicule de communiquer avec un piéton, par exemple pour échanger des informations du véhicule au téléphone du piéton pour utiliser ce dernier comme un relais ou une passerelle vers un réseau cellulaire ou wifi ;
  • communication de Véhicule à Infrastructure (V2I) qui permet à un véhicule de communiquer avec l’infrastructure, typiquement un module sur le bord de la route (RSU : road side unit) pour communiquer par exemple ces identifiants de paiement à une station de péage ;
  • communication de Véhicule au réseau (V2N : Vehicule to Network) qui permet à un véhicule de communiquer avec le réseau, c’est-à-dire une application ou un serveur dans le réseau, pour transférer par exemple des données de capteur vers une passerelle LoRa et un serveur d’application, ou charger une vidéo stockée sur un serveur depuis une station de réseau cellulaire ou un point d’accès wifi.

La communication objet à objet, appelé Device to Device (D2D) permet à deux objets de communiquer entre eux indépendamment de l’infrastructure réseau. Ces divers scénarios peuvent permettre à des drones de communiquer entre eux, ou à des robots, des machines industrielles, différents compteurs, etc. Un objet peut également communiquer avec un téléphone mobile par exemple.

Standardisation : Google, Facebook, Amazon, les grands absents

Le nombre d’objets à connecter est donc grandissant. De nombreuses technologies sont à l’étude ou expérimentées pour absorber un trafic croissant et des cas d’usage de plus en plus sophistiqués. Les institutions telles que 3GPP, ETSI et autres organismes de standardisation sont actifs pour définir un réseau de 5e génération. Ces organismes regroupent les acteurs principaux du monde des télécommunications tels qu’opérateurs et vendeurs.

Toutefois, les grands absents de ces travaux sont les Google, Facebook, Amazon et autres internet providers. Par ailleurs, il existe peu d’initiative, voire aucune, sur un réseau réellement convergeant fixe-mobile de nouvelle génération pour gérer des milliards d’objets évoluant de manière transparente entre le réseau fixe et mobile. D’autre part, les verticaux, automobile, santé, industriel, villes intelligentes, sont peu associés à ces travaux, soit par manque d’expertise communication pour participer, soit pour des raisons structurelles qui font que les industries continuent à travailler en silo et communiquent peu entre elles.

En parallèle, des solutions propriétaires sont développées pour répondre aux besoins du marché à court et moyen terme. Les exemples de Sigfox et LoRa développés en France sont une illustration de la dynamique des startups pour stimuler l’innovation dans ce domaine.

Exclusif ! L’article complet dans les ressources documentaires en accès libre jusqu’au 8 novembre !

 Objets connectés : enjeu de la 5G- Évolution des réseaux M2M et IoT, un article de Marie-Paule ODINI

Industrie du futur : des instructions visuelles de travail connectées et intelligentes.

Sébastien Chevalier, co-fondateur et directeur produit de Picomto

1/ Votre solution de digitalisation des instructions de travail et modes opératoires pour capturer et
diffuser le savoir-faire opérationnel vous a permis d’être finaliste du challenge Industrie du Futur
SKF Atos 2017, dans la catégorie « Usine 4.0 ». En quoi cette participation au challenge a-t-elle pu
changer le cours du développement de votre start-up ?

Cette participation nous a permis de démontrer la pertinence de notre solution sur un cas d’usage concret avec SKF pour les opérateurs et responsables mais également de montrer toute la valeur ajoutée qu’on pouvait apporter à des entreprises comme Atos et leur client sur la problématique qu’on adresse et l’expertise que nous avons développée.

2/ La solution développée par Picomto participe à la transformation des métiers de l’industrie, en
rendant l’opérateur « digital » et augmenté ».
Quelle vision avez-vous de l’usine du futur ? Comment y contribuez-vous ?

Chez Picomto, nous sommes convaincus que l’opérateur doit être au cœur de l’usine du futur. C’est lui qui détient le savoir-faire. Nous développons notre solution afin de lui donner tous les outils pour favoriser sa performance opérationnelle : l’accompagner dans l’exécution de ses tâches avec des modes opératoires visuels et digitaux, la collecte de données simplifiée pour l’amélioration des processus et une aide au diagnostic de problèmes.

3/ Vous êtes toujours actif sur les challenges, vous êtes lauréat du « Digital Industry Award » 2018, dans la catégorie « Smart plant ». Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?

Le meilleur qu’on puisse nous souhaiter serait de continuer à convaincre les industriels que Picomto est la solution à leur problématique de perte de savoir-faire et de digitalisation de leurs instructions de travail.

Les capteurs sont les yeux de l’usine du futur

Jean INARD-CHARVIN et Geoffrey BRUNO, deux jeunes ingénieurs diplômés notamment de l’Institut d’Optique ParisTech sont à l’origine de cette innovation. Ils ont su transformer une idée en solution industrielle pour l’usine 4.0, capable de séduire le leader mondial de fourniture de technologies de roulements pour équipements tournants.

Retour sur leur parcours avec Geoffrey BRUNO, directeur général d’Enovasense, Ingénieur de l’Institut d’Optique ParisTech

Votre procédé de contrôle a séduit SKF. Dès lors que vous avez été sélectionné comme finaliste du concours, vous avez travaillé avec un mentor, collaborateur de SKF France. La participation a nécessité un réel investissement tant pour vous que pour SKF, quel retour d’expérience pouvez-vous en faire ?

Le travail avec notre mentor a été très productif : dès les premières discussions, nous avons identifié avec lui des dizaines d’applications potentielles de la technologie dans le groupe SKF. Une des difficultés a même été de choisir la plus importante et la plus porteuse pour commencer à travailler pour le Challenge. Par la suite, notre mentor a réuni les échantillons nécessaires à la réalisation d’une première étude de faisabilité. Une fois les premiers résultats obtenus, il a organisé une visite de la ligne avec les responsables du sujet où nous avons commencé à imaginer les possibilités d’implantation de la technologie. Le challenge a donc permis de créer le contact et d’allouer du temps de notre mentor au sujet, qui sont deux éléments cruciaux dans le démarrage de ce type de projets. Par ailleurs, la perspective de la date de la finale a permis d’accélérer encore plus cette étape de notre côté, comme du côté de SKF.

Un an après, quelles relations avez-vous gardées avec SKF et en quoi cette participation au challenge a-t-elle changé le cours du développement de votre start-up ?

À la suite du Challenge et de la communication qui en a été faite, nous avons reçu plusieurs sollicitations en interne chez SKF de différentes usines sur d’autres sujets que celui développé pour le concours dont un qui a bien avancé et pour lequel une usine est équipée actuellement d’un capteur de test. Sur le sujet même du concours, SKF nous a commandé une étude plus avancée, que nous sommes en train de finaliser actuellement. Indépendamment de ces nouvelles perspectives, nous avons intégré à notre communication cette reconnaissance d’un grand industriel comme SKF, ce qui a apporté de la crédibilité pour obtenir d’autres références.

Votre technologie brevetée de mesure par laser permet aux industriels de gagner du temps et des matières premières en créant le revêtement optimal pour leur produit. Nous sommes ici au cœur du manufacturing et des usines. Comment percevez-vous cette usine dite « du futur » à laquelle vous offrez de nouvelles perspectives ?

Avec les robots qui sont les bras de l’usine, les algorithmes avancés qui en sont le cerveau, les capteurs doivent être considérés comme les yeux de cette usine du futur, nécessaires pour qu’elle puisse fonctionner pleinement. D’un point de vue général, il est très excitant de voir le niveau des technologies qui sont maintenant accessibles pour l’industrie et la production. Il ne faut cependant pas que ces nouvelles perspectives ne restent justement que des perspectives théoriques qui n’existent que dans les salons et les articles. Nous constatons que les industriels qui ont le courage de vraiment accélérer le déploiement effectif de ces technologies de production prennent des parts de marché considérables dans la compétition internationale.

A moins de trente ans, vous avez déjà porté votre pierre à l’édifice de l’industrie 4.0. Votre parcours est assez exemplaire : prise de risque, innovation puis reconnaissance par des industriels « historiques ». Quels sont vos prochains défis ?

En très peu de temps, notre produit a été choisi et installé par des grands industriels, leaders mondiaux dans les domaines de l’automobile, de l’aéronautique, du verre, etc. Nous venons de déposer un brevet révolutionnaire avec Renault pour mesurer des revêtements au cœur des moteurs automobiles. Nos prochains défis sont de déployer ces premiers succès au sein de ces groupes, de développer de nouveaux marchés pour notre technologie et de l’enrichir et la faire évoluer pour lui permettre de toucher toujours plus d’applications.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’industrie est le lieu de l’épanouissement des talents

Yves VALENTIN  Directeur général Editions TI

En 1946, un ingénieur Centralien, s’est inspiré des bulletins scientifiques des sociétés savantes pour décliner une version « industrielle », propre à accompagner la reconstruction de l’appareil productif détruit ou démantelé pendant la guerre. Il fallait recueillir les meilleures pratiques mais aussi proposer aux industriels de quoi construire des solutions innovantes pour faire face à une consommation croissante alors que les ressources et les moyens techniques ou humains étaient encore fragiles.

Depuis lors, crises et troisième révolution industrielle sont passées, la quatrième est en cours, anticipée par les plus innovants mais ne devant pas être subie par les autres.

Techniques de l’Ingénieur garde sa vocation, reste le support de formation des étudiants, nourrit l’idéation, sécurise les process.

L’Industrie du futur se prépare avec ceux qui sont aujourd’hui en poste, mais en s’ouvrant à l’agilité des startups, en sachant collaborer avec elles sans en briser la dynamique, ce qu’ont parfaitement réussi par exemple SKF et ATOS avec les finalistes du challenge Industrie du Futur.

L’industrie du futur existera parce qu’elle intégrera les étudiants d’aujourd’hui, armés de nouvelles compétences, parce qu’elle favorisera l’intrapreunariat.

Techniques de l’Ingénieur est partie prenante de cet écosystème, et aujourd’hui, moi-même ancien « industriel », je suis fier de pouvoir fournir les clés de cette usine 4.0, tant par les articles produits par nos 3500 auteurs, que par le rôle de « passeur » que nous jouons, entre les étudiants et le monde de l’entreprise comme entre les industriels installés et les startups ou encore en étant partenaire d’événements tel que l’Usine Extraordinaire.

Yves Valentin
Directeur général Editions TI

IA : conserver l’humain au coeur de la décision

3 questions à Jean-Michel Cambot, Founder & Chief Evangelist de Tellmeplus, pour comprendre comment d’une idée on peut faire une startup à succès, comment tirer avantage de sa participation à un startup challenge organisé par des industriels et se projeter dans l’avenir.

Jean-Michel Cambot Founder & Chief Evangelist de Tellmeplus

Vous êtes à l’origine d’une technologie brevetée de Machine Learning (le Meta Active Machine Learning) ; fondateur d’une startup qui attire des partenaires et investisseurs de renom. Qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel, a motivé cette créativité et cet esprit d’entreprendre ?

Lorsque j’ai inventé Business Objects il y a 30 ans, je voulais redéfinir les outils de prise de décision grâce à l’intelligence artificielle. Je me suis alors appuyé sur la technologie émergente du « Client/Serveur », pour ainsi ouvrir la voie de la Business Intelligence. Avec Predictive Objects, j’ai voulu cette fois utiliser l’IA pour révolutionner la prise de décision des experts métiers du secteur industriel. Grâce à l’analyse prédictive et à l’IA, nous sommes désormais capable chez Tellmeplus de déporter l’intelligence dans les objets connectés industriels (IoT) de nos clients pour une prise de décision en local et quasi temps réel. C’est ce que nous appelons l’Asset Intelligence at the Edge. Nous utilisons également l’IA symbolique qui sait expliquer ses décisions et permet ainsi aux experts métiers industriels de bénéficier de recommandations explicables et immédiatement actionnables.

A partir du moment où la liste des finalistes a été dévoilée, vous avez travaillé avec un mentor, collaborateur d’Atos. Steve Péguet, le directeur innovation d’Atos France, continue à faire vivre cette collaboration. Concrètement, quels bénéfices avez-vous pu tirer de cette expérience ?

Nous n’avons cessé depuis 2015, date de ma rencontre avec Steve Peguet lors du Big Data Paris, de développer notre collaboration et multiplier les occasions de partager sur diverses scènes nos convergences. Nous avons également participé à plusieurs challenges et adressé des entreprises et prospects ensemble. Nous sommes aujourd’hui partenaires stratégiques. Nous serons d’ailleurs ensemble sur scène avec Steve lors du panel « Direction la maintenance prédictive” qui se tient à l’occasion du Digital Industry Summit Atos. Nous avons, j’en suis sûr, encore de belles collaborations à venir !

Predictive Objects utilise l’Intelligence Artificielle pour créer les modèles prédictifs. Vous êtes au cœur des “Technologies clés 2020”, les technologies identifiées comme stratégiques pour la compétitivité des entreprises françaises et qui font basculer le tissu industriel vers “l’industrie du futur”.

Comment imaginez-vous cette usine 4.0 à laquelle l’IA et les applications que vous en faites offrent de nouvelles perspectives ?

L’IA est présente depuis les années 60 dans les usines, ce n’est donc pas une nouveauté en tant que telle. Ce qui est différent aujourd’hui dans l’industrie 4.0, c’est le volume de données générées par des capteurs connectés dans l’usine, tous reliés au cloud ou à une plateforme. Grâce à l’IA, l’usine du futur peut simplement collecter et utiliser les données afin de mieux coordonner la chaîne d’approvisionnement, les équipes de conception, la chaîne de production et le contrôle qualité, … dans le but de proposer des produits ou des services personnalisés à ses clients et d’en assurer la disponibilité, la livraison et la conformité.

En tant que nation industrielle, la France se doit de maintenir son industrie à la pointe des nouvelles technologies ! L’IA est bien évidemment au cœur du processus et la clé pour ce voyage. Pour passer à la maintenance prescriptive tant convoitée, la technologie sera certes obligatoire, mais il faudra néanmoins conserver l’humain au cœur de la décision. Il sera nécessaire d’utiliser des technologies d’IA capables d’expliquer ses décisions aux experts. Plutôt disruptive par rapport à la vague du Deep Learning, cette IA symbolique issue de l’Ecole de mathématiques Française permettra à la France de se démarquer. Nous y travaillons déjà avec de nombreux partenaires à l’image d’Atos, Cisco, Microsoft,..

En conclusion, que pouvons-nous maintenant vous souhaiter ?

Que Tellmeplus devienne le leader européen du « Edge Symbolic AI for Industrial IoT » et accompagne ainsi les groupes industriels au sommet de l’art pour leur apporter une vraie valeur ajoutée.

Industrie du futur : les briques de la 4e révolution industrielle

La transformation des entreprises signifie l’intégration de nouveaux outils numériques et technologiques mais aussi de compétences et de culture en dehors de leur cœur de métier. A travers de nouveaux modèles économiques plus proches des consommateurs et de nouveaux process plus responsables, l’industrie du futur a pour objectif de repenser la place de l’humain au sein de l’entreprise. Robotique, impression 3D, intelligence artificielle, biomimétisme, personnalisation de masse… les entreprises ont besoin de comprendre les enjeux et les opportunités de ces nouveaux modèles pour identifier ceux qui peuvent leur être réellement utiles et bénéfiques.

Retrouvez les principales briques – technologiques, numériques, environnementales, économiques – de l’industrie du futur en infographie.

Des lunettes connectées pour communiquer à distance avec les techniciens

Finaliste en 2017 du challenge Industrie du Futur organisé par ATOS et SKF, en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur, Expert Téléportation est une jeune société dont le cœur de métier est d’éditer et développer une solution qui place l’expert aux côtés du technicien, dans l’usine.

Interview de Frédéric Pedro, CEO et cofondateur de la startup, premier et le seul intégrateur mondial sur lunettes connectées.

1/ Vous avez été finaliste du start-up challenge SKF Atos 2017, dans la catégorie « Usine 4.0 ». S’en est suivi un travail avec un mentor. Quel retour d’expérience pouvez-vous en faire ?

Nous avons remporté près de 20 prix industriels, nous avons vu de nombreuses approches. Celle de SKF était très intéressante. Le mentor SKF avait pour objectif de nous ouvrir son carnet d’adresse dans son entreprise. Nous avons pu ainsi organiser près de 30 interviews auprès d’opérationnels. Notre étude démontrait que 9 responsables techniques SKF sur 10 avaient des pertes d’exploitation chaque année car ils doivent attendre le déplacement d’un expert, souvent déjà très sollicité et basé dans une autre ville avant de pouvoir de réparer les équipements de l’usine. Nous avions trouvé de nombreux cas d’usages, fait des dizaines de meetings sur place, des opérationnels étaient motivés mais ils ont eu des refus d’obtention de budget innovation.
La démarche innovation est encore nouvelle dans les grands comptes, il y a souvent un décalage important entre la théorie et la réalité. La plupart des concours industry 4.0 servent en général de première étape d’acclimatation à l’existence d’innovations, montrer qu’il est possible de travailler autrement. Sans budget, voire de service achat spécialement dédié, les initiatives s’arrêtent vite.

2/ Un an après, où en êtes-vous ?

Nous avons remporté plusieurs autres concours : EDF Pulse, La Tribune Industry 4.0 Sud Ouest ou encore Shell Industry 4.0 (LiveWire), qui a détaché des ressources pendant plusieurs mois (RH, juridique, commerciale, etc.) pour nous structurer. Notre offre a continué à s’enrichir : nous supportons des milieux très complexes (jusqu’à des atmosphères explosives), avons eu une labellisation de la Direction Générale de l’Armement, avons mis en place des démarches qualités ISO, etc.
Surtout, nous avons développé notre chiffre d’affaire dans plusieurs pays, avec notamment des clients dans l’énergie et l’aéronautique, deux secteurs très concernés par la disponibilité du matériel. Nous sommes très fiers d’accompagner dans leur transition digitale des sociétés comme Caterpillar (Eneria, Bergerat Monnoyeur, Aprolys), Airbus, Safran ou encore EDF.

3/ Quelle vision avez-vous de cette Usine 4.0 ?

Dans un monde où les innovations de service deviennent un enjeu stratégique de différenciation et d’amélioration de la performance, l’industrie du futur permet de passer de technologies permettant de faire un « constat » (téléphone, email, photo, Skype…) à des technologies d’action immédiate et préventive. Comme d’autres solutions nouvelle génération, Expert Teleportation est une innovation de rupture, similaire à l’arrivée des téléphones portables, GPS et d’internet dans les entreprises.
Les cas d’usages sont spectaculaires : productivité accrue, réduction de coûts, disponibilité du matériel, outil de formation en continue, amélioration des conditions de travail, etc. En une seule opération à Sendou (Sénégal), EDF a ainsi économisé plus de 40.000€ de salaire, près de 10.000€ de frais logistique et l’équivalent de 2600 arbres sauvés en équivalent carbone.

L’industrie du futur, c’est à la fois repenser l’usine pour être plus productive mais aussi avec un impact social. Une autre manière de travailler. Ce n’est pas qu’une opportunité, il n’y a plus vraiment le choix. 260 entreprises du Fortune 500 ont disparu les 15 dernières années ! Si les industriels étaient un des derniers bastions épargnés, aujourd’hui il y a des startups qui fabriquent des fusées beaucoup moins chères et réutilisables ! La dernière étude de la Banque Publique d’Investissement indiquent qu’un quart des ETI industrielles françaises vont disparaître d’ici 3 à 5 ans car elles n’auront pas réussi leur transformation digitale.

La France a clairement un terreau de startups et de technologies disruptives les plus impressionnants au monde. Les industriels français ont une carte à jouer. Ceux qui vont prendre un avantage décisif sont ceux qui vont privilégier la collaboration et développer l’innovation. Nous, la collaboration grand compte et startup, non seulement on y croit mais on sait que c’est possible !

Challenge Industrie du futur : les industriels s’unissent pour l’usine de demain

SKF, le leader mondial dans la conception et fabrication de roulements et Atos, l’un des plus grands acteurs de la transformation numérique, organisateurs du challenge « Industrie du futur », ont relevé les défis de la transformation numérique dans l’industrie en donnant à des startups l’opportunité de promouvoir leurs solutions.

Les 14 startups finalistes ont été encadrées, tutorées, conseillées et accompagnées par des mentors, experts SKF ou Atos, spécialistes du développement de projets innovants. Ceux-ci les ont aidées à finaliser et à mettre en valeur leurs réalisations.

Ce mode d’intégration de l’innovation dans des entreprises « installées » a permis à tous les protagonistes de tirer profit de cette expérience. L’industrie du futur n’est pas une vue de l’esprit, les partenariats noués montrent comment elle devient réalité.

Un an après, un bilan avec les startups s’imposait. Cym, Enovasense, Expert Téléportation, Optimdata, Picomto, Skeyetech et Tellmeplus se sont prêtés au jeu.

Bilan complet de l’édition 2017 du challenge Industrie du Futur

Challenge « Industrie du Futur » : les innovations des finalistes

RV Carnot, Robot4Manufacturing, Biomim’expo ou Enova Paris, nous vous attendons !

Chargés d’affaires, éditeurs ou chef de produits seront heureux de vous rencontrer. Ce sera l’occasion de vous montrer la nouvelle application du Magazine d’Actualité, les nouvelles offres Industrie du Futur et Smart City – Ville Intelligente ou encore de vous faire découvrir le magazine Engine.
Pour en savoir plus :

Enova : 23/24 octobre, Paris
Robot4Manufacturing : 24/25 Octobre, Roche-sur-Yon
Biomem’expo : 23 octobre, Paris

ENOVA PARIS, pour donner vie aux projets alliant électronique, mesure, vision et optique

Ce rendez-vous comprend une partie salon avec plus de 260 exposants avec 3 villages thématiques (embarqué et objets connectés, photonics & IoT ; prototypage impression 3D) et des parcours de visite : aéronautique/militaire ; agroalimentaire/agricole ; automobile/transport ; industrie 4.0 ; médical ; smart cities/smart building.

Il est utilement complété d’un service de rendez-vous d’affaires pour le business et propose un programme de 30 conférences sur des thèmes tels que intelligence artificielle, LTE-M, NB-IOT, 5G, métrologie du futur, incertitude et instrument de mesure, mesure 3D, fabrication additive, véhicule autonome, contrôle, qualité et lutte anti contrefaçon, deep tech for smart manufacturing.

Enfin, ARMIR et CAP’TRONIC y organisent une animation « technologies pour la lutte anti contrefaçon » présentant les mesures performantes de nouvelles protections mises en place dans le domaine Optique, Infra Rouge et Térahertz.

Programme complet et demande de badge sur Enova

Bruno Grandjean: « La France doit rattraper le bon wagon industriel grâce à l’usine du futur »

Techniques de l’ingénieur: En quoi la rupture technologique que constitue l’usine du futur peut-elle être une aubaine pour la France ?

Bruno Grandjean: La France est à la traîne industriellement, on le sait. Nous avons décroché par rapport à un pays comme l’Allemagne. Le développement de l’usine du futur est l’occasion pour l’industrie française de raccrocher le bon wagon. Nous, les industriels, devons mettre en place une politique volontariste pour être, sinon leaders, du moins extrêmement compétitifs sur ces nouveaux marchés. Aujourd’hui, il s’agit pour l’industrie française de prendre son destin en main.

Bruno Grandjean est Ingénieur, Dirigeant du Groupe REDEX, Président de l’Alliance pour l’Industrie du Futur (AIF) et de la Fédération des Industries Mécaniques (FIM).

Comment s’y prendre concrètement ?

D’abord, il me semble que l’Europe doit tirer les leçons de ce qui se passe autour d’elle en se protégeant économiquement. La Chine et les USA le font, cela doit nous faire réfléchir. Après, il faut la volonté d’investir, de former, et de structurer l’industrie autour de cette grande rupture que constitue l’usine du futur. Le retour vers une hausse des capacités de production industrielle en France passe par là.

On entend souvent dire que l’avènement de l’usine du futur avec son lot d’IA, de robotique, d’automatisation, va tuer l’emploi industriel…

C’est aujourd’hui un débat un peu dépassé. Au contraire, de nouvelles compétences sont recherchées. Les emplois actuels en usine ne vont pas disparaître, ils vont évoluer. L’enjeu ici n’est pas de savoir si la modernisation des usines va créer de l’emploi, mais plutôt si nous saurons accompagner les besoins de formation nécessaires pour prendre ce virage technologique.

Justement, la notion de travail à l’usine pâtit en France d’une image plutôt négative. Comment cela peut-il évoluer ?

Il y a un gros travail à effectuer en direction des jeunes pour démystifier ce qu’est le travail à l’usine. Aujourd’hui, le numérique a fait son entrée dans nos usines, on ne travaille plus à la chaîne. Les profils recherchés pour les nouveaux métiers liés à l’usine du futur sont hautement qualifiés. La numérisation des métiers est une transformation importante qui doit profiter à tous les travailleurs en termes de formation. Cette montée en compétence des métiers du numérique doit servir de tremplin pour faire venir toute une catégorie de travailleurs très qualifiés dans les usines.

L’AIF est partenaire de l’Usine Extraordinaire. Quelles sont vos attentes par rapport à cet événement ?

L’Usine Extraordinaire et une formidable occasion de montrer à quel point le travail à l’Usine peut être une aventure professionnelle formidable. Nous voulons faire aimer aux jeunes les métiers d’usine et leur montrer que cette voie est aujourd’hui pleine d’opportunités. Le fonctionnement d’une usine est très méritocratique: on peut gravir les échelons tout au long d’une carrière. C’est important pour les jeunes de pouvoir se projeter dans ce type d’évolution à long terme, en sachant également qu’ils auront l’occasion de monter en compétence régulièrement.

Cet événement est aussi destiné à montrer que l’usine de demain est une mine d’innovations technologiques…

Les défis dans les usines sont permanents: L’Usine Extraordinaire permettra au grand public de découvrir les process incroyables que les technologies de l’usine du futur permettent de mettre en place. Il doit s’agir aussi de faire comprendre que toutes ces innovations ne sont possibles qu’avec des humains pour les développer et les faire fonctionner. L’usine du futur doit être une volonté collective.

Propos recueillis par la rédaction

Les objets connectés prennent de la hauteur

En 1998, Iridium lançait ses premiers satellites. Son réseau permettait de téléphoner au milieu du désert ! A cette époque, les smartphones n’existaient pas encore ; il n’y avait que des téléphones mobiles.

Aujourd’hui, l’entreprise renforce sa position en misant sur l’Internet des objets. Avec environ 630 000 dispositifs actifs au 30 juin 2018, le nombre d’abonnés IoT (Internet des objets) d’Iridium a bénéficié d’un taux de croissance annuel d’environ 19 % au cours des trois dernières années. Mais les ambitions d’Iridium ne s’arrêtent pas là.

L’entreprise s’est donc associée à Amazon web services (AWS) pour le développement d’Iridium CloudConnect for Internet of Things. Cette solution est la première et la seule dans le cloud qui offre une couverture mondiale pour les applications reposant sur l’Internet des objets. Le réseau CloudConnect se concentrera sur les zones où les technologies cellulaires ne le sont pas déployées ou optimisées.

75 satellites Iridium NEXT

Avec ce partenariat, le duo espère ainsi répondre aux besoins du marché. Selon IHSMarkit Inc., l’IoT mondial devrait continuer à croître rapidement pour atteindre environ 75 milliards de dispositifs d’ici 2025.

Grâce à cette entente, chaque partenaire actuel d’Iridium sera en mesure d’adopter rapidement les services SSFE (services sans fil évolués), grâce à la traduction automatisée des protocoles exclusifs du réseau Iridium et des protocoles IoT standards pris en charge par AWS IoT.

Les clients professionnels d’Amazon seront en mesure de réduire les efforts d’ingénierie, les coûts d’exploitation fixes et le temps nécessaire au développement de nouveaux produits et services, grâce à la puissance et aux capacités de AWS IoT.

De son coté, Iridium a entamé un renouvellement de sa flotte de satellites. Initialement prévue pour une mise en service opérationnelle en 2017, le calendrier avait été décalé après l’explosion d’une fusée Falcon 9 au cours du remplissage de carburant, sur sa rampe de lancement.

Sept lancements ont eu lieu avec SpaceX (la société d’Elon Musk, patron aussi de Tesla), qui a livré 65 nouveaux satellites. Au total, 75 satellites construits par Thales Alenia Space (66 pour la constellation active et 9 en tant que pièces de rechange) seront mis sur orbite (à 780 km d’altitude). Ce service offrira aussi des services à haut débit, ainsi que le suivi des avions et bateaux.

Mais Iridium n’est plus le seul à proposer des services IoT par satellite. Au moins vingt start-up utilisent les nanosatellites pour en fournir (reposant notamment sur les solutions  LoRaWAN et LPGAN pour « Low Power Global Area Network ») à moindre coût.

C’est le cas, surtout, de CLS (Collecte Localisation Satellites), opérateur mondial du système de localisation et de collecte de données Argos, qui a décidé de lancer une constellation de nanosatellites (opérationnels en 2030) via sa nouvelle filiale, Kinéis, et avec le concours du CNES.

Philippe Richard

L’Usine 4.0 pourra-t-elle devenir propre ?

Toujours plus ! Jusqu’à présent, les entreprises étaient incitées à produire toujours plus pour réduire le coût de chaque produit à mesure que la quantité augmente. Mais des déchets sont produits à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement : l’énergie utilisée pour produire et expédier les marchandises, les emballages, les déchets dans les décharges…

Demain, le paradigme pourrait être (devrait être…) « l’usine durable ». Mais cette industrie du futur sera-t-elle réellement « propre » ou déplacera-t-elle simplement les enjeux environnementaux vers les pays du sud (extraction des terres rares, recyclage, traitement des déchets, etc.) ?

Des experts et des organisations militent en faveur de ce paradigme. Pour eux, l’industrie 4.0 apporte de nouvelles promesses. Certes, dans toutes les conférences, on met principalement l’accent sur les réductions des coûts d’exploitation, une meilleure visibilité, une meilleure efficacité globale de l’équipement, des mises sur le marché plus rapides… Les références explicites à la durabilité écologique des systèmes de production restent rares !

Des robots moins gloutons

Pourtant, la numérisation et l’automatisation pourraient permettre d’optimiser l’énergie utilisée dans les procédés de fabrication, d’augmenter l’utilisation des énergies renouvelables et le recours à des sources d’énergie alternatives.

Reposant sur l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle (IA), des programmes pourraient aussi assurer l’optimisation énergétique. C’est le cas avec des robots. Une étude menée en 2016 par Lennartson et Bengtsson (projet AREUS de l’UE) a confirmé qu’en minimisant leur accélération, leur consommation d’énergie peut être réduite d’un tiers sans pour autant augmenter le temps de production global.

Les technologies numériques peuvent également remplacer des procédés de fabrication conventionnels, souvent énergivores. La production de prototypes ou de petites pièces à la demande peut être parfaitement assurée par l’impression 3D. Grâce à la fabrication additive et à un matériau composite, General Electric a réduit considérablement le nombre d’éléments du moteur LEAP (développé par Safran Aircraft Engines et GE au sein de CFM, ce moteur est destiné à équiper les avions monocouloirs de nouvelle génération).

Les tuyères de carburant imprimées en 3D ne comptent plus qu’une pièce contre 18 auparavant ! Autres avantages de l’impression 3D : une réduction de 25 % du poids et une optimisation de l’utilisation de l’énergie (et une réduction des émissions de CO2).

Choc culturel

Mais les exemples sont encore très rares. Les industriels n’associent pas ou peu les évolutions numériques aux enjeux environnementaux. « l’amélioration des connaissances sur les impacts environnementaux de ces technologies numériques semble un prérequis. Étant donné le peu de données actuellement disponibles ; puis vient la nécessité d’embarquer les entreprises dans une transition numérique durable, que ce soit les acteurs de l’offre numérique (réduction de l’empreinte environnementale de leurs produits

et services) comme les industriels et les financeurs (intégration de critères environnementaux dans les dispositifs existants de soutien à la digitalisation de l’industrie), tout en veillant à accompagner la mutation des emplois (formation) », reconnaît l’ADEME dans son rapport « Usine du futur : comment allier transition numérique et transition énergétique et écologique ».

Philippe Richard

Stocker de l’énergie mécanique grâce aux matériaux auxétiques

A l’instar des aigles qui peuvent garder leurs serres fermées sur leurs proies sans faire travailler leurs muscles, des chercheurs ont mis au point des matériaux qui stockent de l’énergie mécanique en adoptant une position « verrouillée » et qui peuvent ensuite la relâcher sur commande. Leurs travaux constituent une approche originale des matériaux auxétiques.

Les matériaux auxétiques sont des matériaux dont le coefficient de Poisson est négatif. Cela signifie que lorsque l’on les étire, ils deviennent plus épais perpendiculairement à la force d’étirement. Cette propriété, qui s’explique par leur structure interne, se retrouve tant au niveau microscopique dans des molécules simples ou des cristaux par exemple que dans des structures macroscopiques – certaines mousses ou fibres notamment. Ces matériaux présentent des capacités supérieures pour absorber l’énergie, amortir les chocs et résister à la fracture. Leur étude est assez récente et ils sont surtout utilisés comme antichocs (emballages, armures, protège-genoux etc.).

Les scientifiques de l’Université Queen Mary de Londres et de l’Université de Cambridge les abordent d’une autre manière. Leurs travaux, publiés dans Frontiers in Materials, proposent des outils pour créer des matériaux et des structures imprimables en 3D aux propriétés élastiques prometteuses.

Adoucir les angles

Dans leurs applications actuelles, les matériaux auxétiques sont conçus avec des angles vifs pour que le matériau, lors d’un choc, se replie rapidement et efficacement sur lui-même, augmentant ainsi localement la densité de matière. Il assure de la sorte un blindage léger ainsi qu’’un amorti du choc. Le problème est que ces angles concentrent les forces et engendrent une fragilité du matériau qui se casse facilement après quelques chocs. Dans le cas d’une armure, c’est peu gênant puisqu’elle est généralement prévue pour être changée après un impact de balles. Mais pour d’autres applications, cette fragilité est un réel frein. Les chercheurs ont donc ici conçu des matériaux aux courbes lisses qui répartissent les forces et permettent des déformations répétées sans altération du matériau ; le matériau peut alors servir pour stocker de l’énergie ou pour des applications nécessitant des changements de forme. Parmi les applications envisageables : le remplacement de certains appareils ou de robots par un matériau intégrant en lui-même l’intelligence du mouvement désiré. Les chercheurs pensent notamment à des outils de préhension qui serait ainsi particulièrement économes en énergie pour l’industrie. Ces matériaux pourraient aussi servir à résoudre certains problèmes d’adaptation aux variations de température. En effet, les matériaux se dilatent et se contractent sous l’effet de la température et ces changements de formes empêchent certaines applications. En travaillant avec des matériaux auxétiques, on pourrait inventer des structures qui s’adaptent aux différentes variations en faisant évoluer leurs structures internes de manière réversible.

Ces matériaux ont été imaginés pour des processus de fabrication additive laissant beaucoup de liberté dans les formes et permettent notamment la création de structures lattices – c’est-à-dire des structures en treillis de type nid d’abeille.

Les illustrations sont tirées de Low Fatigue Dynamic Auxetic Lattices With 3D Printable, Multistable, and Tuneable Unit Cells / Eesha Khare, Stephen Temple, Ivan Tomov, Fenghua Zhang, Stoyan K. Smoukov / Frontiers in Material août 2018.

Les outils pour le faire

Grâce à ces travaux, les chercheurs ont développés des outils de calcul et de conception qui peuvent servir bien d’autres recherches. Et leur système de verrouillage à clips (voir illustration) n’en est qu’une démonstration parlante. Derrière cet objet, les chercheurs ont dû travailler sur la répartition des forces et des contraintes au sein du matériau afin de créer des structures lattices légères, dynamiques et résistantes à la fatigue. En s’inspirant de systèmes naturels qui se composent de structures articulées délocalisant les forces plutôt que de les concentrer dans de petites zones, les chercheurs peuvent assembler des éléments unitaires élastiques par l’intermédiaire de charnières en forme de S, permettant des structures en 2D ou 3D auxétiques, réglables localement et présentant plusieurs états stables de répartition des forces. Cet assemblage permet, par exemple, des déformations élastiques réversibles macroscopiques de l’ordre de 30 % alors que la déformation intrinsèque des matériaux utilisés est de 6 %. Les chercheurs en ont tiré un modèle semi-analytique des déformations qui prédit les propriétés mécaniques des structures avec moins de 5 % d’erreur. Ces outils de modélisations sont transposables pour des conceptions 3D complexes, pour des matériaux imprimables divers tels que métaux, céramiques, polymères.

Par Sophie Hoguin

Des capteurs à l’écoute des machines

Anticiper la panne qui paralysera la production ou un dysfonctionnement pouvant entraîner des défauts de fabrication, voire un risque pour des techniciens. Ce sont les deux objectifs des techniques de maintenance prédictive.

Cette surveillance permanente favorisera la planification des interventions. Les opérateurs chargés de la maintenance ne sont pas obligés de travailler dans l’urgence parce qu’un problème vient de se déclarer sur un équipement.

À condition de disposer de la bonne information au bon moment ! Ce postulat repose sur trois éléments-clés :

Par exemple, de nombreux paramètres d’un robot industriel peuvent être surveillés : température du processeur et du boîtier, erreurs de positionnement, surcharge…

  • Des protocoles de communication : la transmission en temps réel de données entre les machines et les ingénieurs chargés de la maintenance ne doit pas être pénalisée par une trop forte latence. Mais elle implique aussi de s’appuyer sur des protocoles sécurisés afin d’éviter des prises de contrôle malveillantes.

La maintenance préventive présente deux avantages principaux :

  • Une meilleure productivité : un mauvais entretien peut réduire la productivité d’une usine de 5 à 20 %. L’optimisation des tâches de maintenance maximise la durée de vie des équipements et évite des interruptions coûteuses.
  • Une réduction des coûts : les temps d’arrêt imprévus coûtent en effet aux industriels américains environ 50 milliards de dollars chaque année. La maintenance prédictive peut réduire ou même éliminer les temps d’arrêt imprévus en prédisant quand une machine a besoin d’un contrôle ou quand elle peut devenir défectueuse.

Mais « que cela soit internalisé ou externalisé, le passage par des data scientists est à minima probable, pour ne pas dire obligatoire. Ces coûts induits doivent être mis en regard des coûts de non-qualité. Le choix du prédictif face au préventif doit être systématiquement comparé pour éviter les dérives économiques », rappellent André Montaud, directeur de Thesame Tech et innovation et Guillaume Lecuyer, directeur marketing produit Visiativ, dans un article publié dans l’Usine nouvelle.

Philippe Richard

Intelligence artificielle et systèmes multi-agents

La résolution distribuée de problèmes et, plus généralement, l’IA distribuée est un courant de pensée déjà ancien. L’idée de résolution distribuée de problèmes remonte au milieu des années 1970 avec d’une part, les langages d’acteurs et d’autre part, le modèle d’architecture de tableau noir ou blackboard, initialement proposé pour la compréhension automatique de la parole et largement repris par la suite. Dans un système d’IA distribuée, un ensemble d’entités autonomes, appelées agents, interagissent pour mener à bien une tâche contribuant à la résolution d’un problème complexe. Le concept d’agent a été l’objet d’étude, non seulement en IA, mais aussi en philosophie ou en psychologie. Avec le développement de l’Internet, on a assisté à l’apparition de nombreuses dénominations, françaises ou anglaises : agent ressource, agent courtier, assistant personnel, agent mobile, agent web, agent interface, chatbot, softbot, knowbot, avatar, etc.

De façon générale, un agent est une entité informatique, située dans un environnement, et qui agit d’une façon autonome pour atteindre les objectifs pour lesquels elle a été conçue. Ces agents peuvent être aussi des entités physiques (machines, robots manipulateurs, etc.) : le domaine est alors celui des systèmes multirobots.

On peut définir deux grandes catégories d’agents :

  • les agents réactifs dotés de simples réflexes stimulus-action. Dans ce modèle, d’inspiration notamment biologique (abeilles, fourmis, termites, araignées sociales…), des comportements intelligents peuvent émerger des interactions par échanges de signaux entre les agents d’un système ;
  • les agents cognitifs, plus complexes et dotés de capacités de raisonnement sur une base de connaissances (représentation du monde, des autres agents, etc.) et de mécanismes élaborés d’interaction entre agents. Nous nous limitons ici à ce type d’agents.

La figure montre la structure d’un agent cognitif. Un tel agent doit posséder les propriétés suivantes :

  • l’autonomie, la capacité à prendre des initiatives et à agir sans intervention de l’utilisateur final ;

cap-structure-agent-cognitif

  • la perception de l’environnement ;
  • l’aptitude à communiquer, à échanger et à coopérer avec d’autres agents, des serveurs de données ou des utilisateurs humains ;
  • le raisonnement fondé sur les connaissances disponibles ;
  • l’adaptation à l’environnement et à son évolution.

La communication entre agents, garant de l’efficacité de leur collaboration, ressortit à deux grands mécanismes : le partage d’informations et l’envoi de messages caractéristique des systèmes à objets et des systèmes multiagents.

Ces deux mécanismes de base résultent en des architectures très différentes. Dans les systèmes à partage d’informations, il existe une zone de mémoire commune (base de faits généralisée ou tableau noir, blackboard ) qui centralise toutes les communications entre agents. De ce fait, ces communications sont implicites : les agents s’ignorent mutuellement, il n’existe pas de lien direct entre eux. Initialement proposé pour la compréhension automatique de la parole et la vision par ordinateur dans les années 1970, ce modèle a été largement repris par la suite. Il est maintenant abandonné au profit de systèmes dans lesquels les agents communiquent entre eux de façon explicite en s’envoyant des messages de complexité très variable selon les systèmes et relevant de différents types d’interaction, compétition, coopération et négociation, avec modification dynamique des liens entre agents. Citons comme exemple le réseau de contrat (Contract Net ) permettant de mettre en relation plusieurs agents de façon analogue à un appel d’offres. La communication entre agents nécessite un partage de connaissances et une préservation de la sémantique des entités manipulées par les agents. Cela est assuré par l’utilisation d’ontologies.

Les applications des agents sont nombreuses et diverses :

  • la robotique : systèmes multirobots ;
  • la simulation : les systèmes multiagents sont bien adaptés à la simulation car ils permettent de représenter séparément les rôles et les connaissances d’entités autonomes et de modéliser leurs interactions. Plusieurs plates-formes logicielles permettent de développer de telles applications, par exemple Cougar, Jade, Madkit ;
  • la modélisation de phénomènes complexes : dans des domaines tels que les sciences de la vie (colonies d’insectes, écosystèmes, etc.), la défense, l’économie ;
  • Internet : de très nombreuses applications relèvent de ce domaine. Il existe une grande variété d’agents sur Internet : moteurs et métamoteurs de recherche d’informations généraux ou spécialisés par domaines, surveilleurs de sites Web, agents commerciaux, agents de loisirs, agents de recommandation (ces agents constituent un type de filtrage collaboratif permettant de proposer à un client potentiel des produits susceptibles de l’intéresser en se fondant sur trois types de connaissances : les propriétés de l’objet recherché, le comportement passé du client et le comportement de clients jugés semblables. Un exemple type est le système Amazon) ;
  • l’assistance aux personnes : assistants virtuels, agents domotiques… ;
  • les avatars : ces agents d’un nouveau type aident l’utilisateur à naviguer sur un site complexe (musées, grands magasins, opérateurs téléphoniques, etc.).

Le modèle d’agent est désormais central en IA et plus généralement en Informatique. Les agents intelligents et les systèmes multiagents ont un rôle important dans la recherche et dans la gestion des connaissances. L’évolution vers le Web sémantique passe aussi par une meilleure exploitation par des agents des informations disséminées sur la toile. Parmi beaucoup d’initiatives, on peut signaler la méthode Linked Data (ou Web des données) proposée T. Berners-Lee pour poster sur Internet des données pouvant être reliées entre elles et facilement exploitées par des agents ou des êtres humains. L’objectif est de favoriser la publication de données structurées sur le Web, non pas sous la forme de sources isolées, mais en les reliant entre elles pour constituer un réseau global d’informations. Les principes de base du projet sont simples :

  • utiliser d’une part le modèle de données RDF pour publier des données structurées sur le Web ;
  • utiliser d’autre part des liens RDF pour interconnecter les données provenant de sources différentes.

 

Exclusif ! L’article complet dans les ressources documentaires en accès libre jusqu’au 4 novembre !

Systèmes à bases de connaissances, un article de Jean-Paul HATON, Marie-Christine HATON

Revue de presse anglophone #21 : cloud, blockchain, voitures autonomes et reconnaissance faciale

Cloud ou blockchain: qu’est-ce qui consomme le plus d’énergie ?

Source : The Guardian

 

Jeux vidéo : la reconnaissance faciale pour vérifier l’âge du joueur

Les créateurs de l’un des jeux vidéos les plus populaires en Chine testent l’utilisation de la reconnaissance faciale pour vérifier l’âge des utilisateurs.

jeu-video

Source : The BBC

 

Voitures autonomes : la 5G deviendra-t-elle indispensable ?

Les partisans de la 5G affirment qu’elle offrira des connexions et des téléchargements de données ultrarapides,  et sera capable de gérer des millions de connexions supplémentaires.

ERICSSON
ERICSSON

Source : The BBC

 

Des abeilles robotisées pourraient polliniser les plantes à la place des abeilles si ces dernières disparaissaient

Des scientifiques hollandais ont annoncé pouvoir créer des nuées de drones ressemblant à des abeilles pour prendre le relais si les insectes venaient à disparaître

Source : The Guardian

 

Les employés, ingénieurs et experts en technologies sont de plus en plus nombreux à demander des comptes à leur employeur : comment les produits qu’ils contribuent à créer sont -ils utilisés ?

Source : The Wall Street Journal

 

Par I. B.

Le Big Data au service de la production

Les machines et les systèmes de fabrication produisent de grandes quantités de données depuis des années. Mais jusqu’à présent, elles n’étaient pas étudiées ni partagées entre différents métiers. Résultat, ces importants volumes d’informations ne produisaient aucune valeur.

Désormais, les machines industrielles et les robots de l’Usine 4.0 intègrent des capteurs qui signalent en continu des anomalies, potentiellement à l’origine de défaillances techniques, voire même de dangers pour les techniciens ou les utilisateurs finaux des produits manufacturés.

Avec l’Usine 4.0, la maintenance prédictive sera généralisée. Les industriels peuvent ainsi anticiper des dysfonctionnements probables ou des pannes et envoyer des équipes de maintenance en prévision.  Les interventions des équipes techniques sont désormais planifiées selon des informations données en temps réel par les machines.

Analyse prédictive

Ces données peuvent être également partagées entre des sites de fabrication d’un même groupe industriel et des métiers. Les données des capteurs embarqués seront utilisées non seulement à l’intérieur des industries pendant les processus de fabrication, mais aussi dans les procédés de fabrication. En croisant les données collectées sur les machines tout au long de la fabrication, on peut analyser les facteurs qui affectent la qualité d’une pièce.

L’analyse prédictive de ses données permet de détecter et de corriger les défauts avant que les nouveaux produits ne soient lancés sur le marché. Cela permet d’éviter les problèmes avant la production de série. La chaîne industrielle sera optimisée dès la conception.

Mais la collecte de millions de données et la mise en réseau des actifs industriels posent immanquablement la question de la protection des systèmes d’information (SI) face aux menaces de toutes sortes.

Sécurité des données

La multiplication des technologies (IoT, robots, automates, logiciels, fabrication additive) expose en effet l’industrie 4.0 à des cyberattaques. Les industriels et les fabricants de machines en sont conscients. Mais la sécurité informatique des industries est plus complexe. Les mises à jour logicielles sont plus délicates : on ne peut pas arrêter une chaîne de production comme on peut le faire pour des ordinateurs de bureau. Cette politique de sécurité industrielle exige des process très précis et une hygiène numérique sans failles.

Plus facile à dire qu’à faire ! Dans une notification à ses clients, Schneider Electric a reconnu fin août 2018 que « certains supports USB amovibles livrés avec les produits Conext Combox (équipement de communications et de surveillance à distance pour les systèmes photovoltaïques Conext )et Conext Battery Monitor (surveillance de l’état des batteries connectées à ces systèmes) ont été contaminés par un virus durant la production, par l’un de nos fournisseurs ».

Philippe Richard

Revue du web #118 : les vidéos les plus étonnantes

MIT : un système de reconnaissance visuelle par apprentissage automatique

Les chercheurs du MIT ont mis au point une intelligence artificielle qui reconnaît les changements d’état d’un objet : couchée sur le côté, remplie de papiers… une tasse reste une tasse pour ces neurones artificiels !

 

Un robot capable de peler une laitue

Nous restons dans le monde de l’automatisation avec ce robot développé par l’Université de Cambridge. Travail délicat, la récolte des laitues était jusqu’à présent souvent assistée par des robots très peu autonomes.

 

Impression 3D à partir de vidéos : des sculptures mouvantes

Des chercheurs du MIT ont créé un moyen particulièrement esthétique d’analyser le mouvement grâce à un algorithme qui filme en 2D et transforme les images en « sculptures de mouvement » imprimées en 3D.

 

 

Amazon : des micro-ondes contrôlés par Alexa

Amazon a dévoilé un micro-ondes qui peut être contrôlé à l’aide de son assistant vocal Alexa.

 

Un robot miniature biodégradable qui soigne… de l’intérieur

Des chercheurs ont créé un robot qui pénètre dans le corps humain dans le but de délivrer le médicament  directement à l’endroit infecté.

 

Un robot qui saute à cloche-pied

Voici la nouvelle version du robot sauteur des chercheurs de Berkeley : plus petit mais surtout plus précis !

Par I. B.

La réalité virtuelle et augmentée au service des industriels

En 1985, Mercedes-Benz présente à Berlin le premier simulateur de conduite virtuel au monde. Une voiture était placée sur une plate-forme mobile et les projecteurs transformaient les murs environnants en un paysage généré par ordinateur. Grâce à cet appareil, le département de recherche et développement (R&D) a pu analyser le comportement d’un conducteur dans des situations difficiles ou dangereuses, sans risque de blessure.

33 ans plus tard, les enfants explorent les environnements virtuels en portant des casques de RV raccordés à leurs smartphones ou à leur console de jeu vidéo. Les entreprises aussi se sont inspirées de Mercedes-Benz. Et elles en tirent des bénéfices.

Publiée le 7 septembre, une étude de Capgemini indique que 82% des entreprises ayant déployé des technologies AR ou VR ont obtenu des résultats qui atteignent ou dépassent leurs attentes. Certes, la majorité des entreprises interrogées sont des grands comptes avec un chiffre d’affaires supérieur au milliard de dollars.

Prototypage numérique

Loin d’être des gadgets, ces solutions sont de plus en plus utilisées dans l’industrie pétrolière, gazière et chimique, mais aussi dans l’habillement, l’ameublement, l’automobile et l’aérospatiale. En Europe de l’Ouest, l’industrie manufacturière, le commerce de détail et l’industrie de transformation sont les secteurs qui devraient le plus investir dans la RV dans les prochaines années selon une étude d’IDC.

Usinage, production, collaboration entre les équipes à distance, essais et prototypage numérique… Les usages industriels de la RV et de la RA sont très variés. À la clé, des gains de temps et un taux d’erreurs moins élevé.

« Notre expérience a confirmé que la réalité virtuelle est un outil précieux sur la totalité du cycle de production, à commencer par la conception et le design, suivis par le développement de l’environnement industriel, de même que pour la formation, le SAV et la maintenance, » explique Nicolas Lepape, le responsable du projet  de Recherche et Technologie pour la réalité virtuelle et la réalité augmentée chez Safran Nacelles.

3 jours à la place de 3 semaines

Par exemple, la réalité augmentée s’avère très utile dans la phase industrielle (approche qualitative) et dans la maintenance (limitation de l’interruption de service, bases de données actualisées). Chez Airbus, la vérification des 120 000 « brackets » (petites pièces servant à fixer les parois intérieures d’un aviron) nécessitait trois semaines pour trois inspecteurs. Avec la réalité augmentée, cette vérification ne dure plus que trois jours pour deux personnes.

Autre exemple, lors d’opérations de maintenance complexes, un ingénieur en aéronautique à Toulouse pourrait guider le technicien d’une compagnie aérienne à Singapour.  Équipé d’une paire de lunettes connectée, il travaillerait plus efficacement, car l’information arriverait plus facilement et au bon moment en toute sécurité.

« Nous avons constaté que le caractère intuitif de la réalité augmentée réduit fortement la résistance au changement », précise Philippe Meleard, vice-président marketing & Communication chez Sogeti High Tech.

Entraînements immersifs 

Autre intérêt : une réduction des coûts. « Le coût de création d’une salle de réalité virtuelle est de l’ordre de 100 000 à 200 000 euros (soit le coût moyen d’un seul poste de travail sur la ligne d’assemblage). Mais faire en sorte que chaque outillage soit bien conçu dès le départ évite d’avoir à le modifier en cours de route, ou pire, de devoir mettre au rebut un outil de production coûteux », explique Nicolas Lepape. Résultat, l’entreprise a rentabilisé son investissement de réalité virtuelle pour l’A330neo en moins d’un an.

Dans l’Usine 4.0, la RV et la RA seront également de plus en plus utilisées pour la formation et la sécurité. Elles permettent notamment des « entraînements immersifs ». La réalité virtuelle permet en effet de recréer des situations réelles pour former des opérateurs à l’exécution de tâches complexes ou dangereuses (produits chimiques/ électricité).

Philippe Richard

Des membranes en graphène pour contrôler des flux d’eau

En utilisant des membranes d’oxyde de graphène parcourues par des filaments conducteurs, les chercheurs créent des champs électriques autour des filaments, qui ionisent les molécules d’eau et entravent leur transport. Selon que le courant est sur « On » ou « Off », la membrane devient perméable ou imperméable aux molécules d’eau.

Jusqu’à maintenant, les recherches concernant la perméation de l’eau à travers des membranes s’est surtout intéressée aux membranes de polymères et a tourné ses efforts « vers la modulation de la structure de la membrane ou les propriétés physico-chimique de sa surface pour faire varier le pH, la température ou la force ionique », expliquent les chercheurs dans le résumé de leur article paru dans Nature. On ne maîtrise pas aujourd’hui les phénomènes qui peuvent se produire aux abords d’une membrane soumise à des champs électriques. Le contrôle électrique de la perméation d’une membrane a, pour le moment, donné des résultats contradictoires, tant d’un point de vue théorique que dans les expériences de simulation. Par exemple, certains résultats prédisent que le champ électrique devrait générer des phénomènes de congélation et d’autres de fonte de glace.

Test grandeur nature

Les chercheurs ont testé, sur des membranes d’oxyde de graphène d’épaisseur de l’ordre du micromètre, la création de champs électriques locaux via des nano-filaments conducteurs intégrés à la membrane et dans lesquels on peut faire circuler un courant électrique à la demande. Les membranes d’oxyde de graphène ont déjà montré des propriétés de passage ultra-rapide de l’eau ou de filtrage moléculaire – notamment pour la désalinisation (cf. cet article, cet article ou encore cet article ) – et ont ouvert de nouvelles perspectives pour des systèmes de filtration, y compris à l’échelle industrielle. Les chercheurs expliquent que lorsque le champ électrique est créé, il se concentre autour des nano-filaments et ionise les molécules d’eau qui sont alors bloquées au sein de la membrane. Le phénomène s’arrête dès que l’on arrête le courant. Ce contrôle du passage du flux d’eau ouvre la voie au développement de membranes contrôlables pour des systèmes biologiques artificiels, pour l’ingénierie tissulaire et pour la filtration. A partir de ce principe, on pourrait aussi imaginer des systèmes de stockage de l’eau dans des membranes sous forme d’éponge et qui relarguerait l’eau sur commande

Un grand centre de recherche sur le graphène

Ces travaux menés au sein du National Graphene Institute de l’université de Manchester, en collaboration avec des universités iranienne et belge, sont le fruit des nombreuses recherches que cet institut a entamé sur le graphène. Déjà implanté sur près de 8 000 m², l’institut va encore s’enrichir de nouveaux équipements dont la construction a débuté en mai dernier afin de bâtir le Graphene Engineering Innovation centre (GEIC). Un projet à 60 millions de livres (plus de 65M€) qui doit poursuivre l’ambition de faire de Manchester une capitale mondiale de la recherche sur le graphène et les matériaux 2D à travers le concept de « Graphene City® ».

Par Sophie Hoguin