Appel d’offres éolien offshore de Dunkerque : les géants sont dans les starting-blocks

Et avec des machines géantes, elles aussi, très probablement, puisque l’éolien offshore est en passe de faire un bond quantitatif, sautant la barre des 10 MW (mégawatt) par éolienne. Ainsi, on retrouve toute la fine fleur des énergéticiens européens, des pétroliers Total et Shell, en passant par EDF, Engie, le portugais EDPR, le danois Ørsted, le suédois Vattenfall, le néerlandais Eneco, peut-être l’allemand E.ON… Sans oublier les spécialistes du développement offshore éolien que sont WPD Offshore, Quadran énergies marines, ou encore les armateurs spécialisés que sont DEME et Van Oord. Des entreprises qui se sont associées au sein de consortia. Au total, dix candidats sélectionnés en avril 2017 ont entamé la dernière ligne droite et affûtent leurs arguments, puisque le dépôt des offres doit avoir lieu le 15 mars pour répondre au cahier des charges définitif annoncé en novembre 2018. Résultat des courses en juin 2019, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire. En janvier dernier à l’occasion des assises européennes de la transition énergétique, dans la patrie de Reuze, le ministre François de Rugy l’avait souligné, « Dunkerque sera le premier parc éolien en mer français à produire de l’électricité au prix de marché sans subvention. »
Tour d’horizon des cinq consortia qui ont déjà annoncé leurs intentions, dans le désordre.

Ainsi, depuis un an déjà, le consortium « Vents de Dunkerque » s’est annoncé. Il est mené par Boralex (1er producteur indépendant d’éolien terrestre en France, avec 898 MW), qui en est le mandataire, et regroupe Eneco, Van Oord et Diamond Generating Europe Limited (DGE). Ces quatre acteurs des énergies renouvelables ont décidé une équipe d’une trentaine de collaborateurs qui ont travaillé ou travaillent sur le projet depuis la désignation de la zone en avril 2016.
Eneco est pionnier aux Pays-Bas et en Belgique de cette énergie. Dunkerque lui permettrait de prolonger « sa ligne de parcs » au large du littoral sur la façade orientale. Son dernier succès en date est le projet phare belge de Borssele III + IV (prix record des offres à la baisse, à 54,5€/MWh), déjà avec DGE, filiale à 100% du japonais Mitsubishi Corporation et basée au Royaume-Uni. Van Oord dispose d’une flotte spécialisée et d’une grande capacité d’innovation dans l’équipement éolien offshore, ainsi qu’une connaissance approfondie de la réglementation maritime et des risques en mer. Hormis Boralex, très présent dans le Hauts de France, Eneco, Van Oord et DGE ont déjà travaillé ensemble sur 3 parcs éoliens offshore en Belgique et aux Pays-Bas.

Eliade, porté par Vattenfall, WPD Offshore et la Banque des Territoires, est le consortium qui cumule le plus d’expérience en matière d’implantations en mer… et qui a fait chuter les prix de l’offshore éolien, à l’étranger. Vattenfall a été le premier énergéticien européen à sérieusement faire baisser les coûts de l’énergie éolienne en mer avec l’annonce, en 2016, d’un prix historiquement bas de 49€/MWh pour le parc éolien en mer danois de Kriegers Flak.Projet pour lequel le groupe suédois vient d’engager une décision finale d’investissement, ouvrant la porte à la construction. WPD est de son côté bien implanté en France, puisque présent dans deux projets accordés lors des premiers rounds français d’appels d’offres, avec Courseulles-sur-mer et Fécamp. WPD déjà partenaire dans 447 MW éoliens en mer en Europe, dispose d’un pipe de 5 300 MW en cours de développement. Les deux partenaires industriels ont réussi à adosser leur expérience sur la Banque des Territoires filiale récemment créée de la Caisse des dépôts, l’investisseur institutionnel français de long terme au service de l’intérêt général, déjà actionnaire de trois des six parcs offshore issus des deux premiers appels d’offres en France.

Moulins de Flandre ensuite, consortium regroupant Deme, Shell et Quadran Energies Marines mise résolument sur l’ancrage territorial, comme ses concurrents, mais dans le cadre d’un l’appel d’offres qui se concentre beaucoup autour du « prix » du MWh produit. Moulins de Flandre souhaite ainsi contribuer à la dynamique engagée par le Dunkerquois en faveur d’une transition énergétique innovante et exemplaire, et son projet s’intègre complètement dans la dynamique de la Troisième Révolution industrielle, engagée par la Région Hauts de France.

Engie et EDPR, qui se sont déclarés candidats en mars 2017, mèneraient depuis plusieurs semaines des négociations avec l’un des deux grands énergéticiens allemands E.ON. Engie et EDPR sont déjà partenaires pour les projets de parcs éoliens en mer de Dieppe-Le Tréport (500 MW) et d’Yeu et de Noirmoutier (500 MW). Ils sont aussi présents dans l’éolien flottant, partenaires avec la Caisse des dépôts dans le cadre du projet pilote (24 MW) de Leucate-Le Barcarès en Méditerranée, dans le golfe du Lion.

Enfin, Total, Ørsted et Elicio ont annoncé mi-février la création d’un consortium industriel pour soumettre une offre commune pour autour d’une puissance pouvant atteindre 600 MW. Pour Total, la participation à cet appel d’offres pour un projet éolien offshore s’inscrit dans sa « stratégie de développement dans l’électricité bas carbone en Europe. » Le pétrolier s’appuie sur son « savoir-faire reconnu dans l’offshore pétrolier et gazier ». Elicio, filiale de Nethys, bâtie sur la reprise des actifs d’Electrawinds, apporte notamment l’ensemble du portefeuille éolien offshore, qui comprend les projets belges Norther, Rentel et SeaMade. Total a frappé fort en s’adossant à l’expertise sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’éolien en mer du leader mondial du secteur, le danois Ørsted. Ce dernier est en effet à la tête du quart du parc éolien mondial en mer, lequel vient d’atteindre les 23 GW.

L’atmosphère terrestre s’étend bien au-delà de la Lune

Une équipe internationale, comprenant deux chercheurs du CNRS1, vient de découvrir que notre atmosphère s’étend ainsi jusqu’à 630 000 km, soit presque deux fois plus loin que la Lune, six fois plus loin que la limite supposée jusqu’ici ! En réalité, l’atmosphère terrestre devient très vite extrêmement ténue : à 60 000km, elle n’est déjà plus composée que de 70 atomes par centimètre cube… et à mi-chemin, au niveau de la Lune, seulement 0,2 atome par centimètre cube. Autant dire le vide… ou presque. L’atmosphère terrestre était donc sans impact pour les astronautes des missions lunaires Apollo, il y a cinquante ans. Mais elle pourrait interférer avec les observations des télescopes placés aujourd’hui en orbite terrestre, ou demain sur la Lune.

Une découverte d’autant plus étonnante qu’elle a été réalisée à partir de données de l’instrument Swan de l’observatoire spatial SOHO (ESA/NASA), récoltées… il y a près de vingt ans, entre 1996 et 1998, et que ces chercheurs ont souhaité ré-analyser de façon plus approfondie.

@NASA

Source : cnrs

L’usine du futur peut-elle rapprocher les citoyens de leur industrie ?

L’industrie française a perdu 1,4 million d’emplois en 25 ans. Le constat est traumatisant, et les explications nombreuses.

Au-delà du chiffre, c’est l’image de l’outil industriel français qui s’est dégradée chez tous nos concitoyens. Cependant, depuis quelques années, des sondages laissent penser que les Français se “réconcilient” avec leur industrie. Soit.

L’usine du futur présente pour l’Hexagone une réelle occasion de rapprocher les Français de leur industrie. Mais pas que.

Les enjeux se situent essentiellement sur deux plans : l’emploi et le social

Concernant l’emploi, l’occasion est belle pour l’industrie française de dépoussiérer une panoplie de métiers aujourd’hui peu attirants pour les jeunes. Les compétences recherchées pour travailler dans les smart factories vont être de plus en plus pointues. D’où la nécessité de se former tout au long de sa carrière.

Numérique, fabrication, informatique, robotique, CAO, intelligence artificielle… Les domaines de compétences indispensables à la mise en place des usines du futur sont populaires auprès des jeunes, valorisées intellectuellement et également au niveau salarial. A partir de là, il est facile de percevoir tous les bénéfices que l’industrie française pourrait tirer de ce virage technologique, en termes d’image des “emploi industriels”.

Côté social, l’usine du futur pourrait avoir une influence très importante. En effet, les compétences requises pour travailler dans une smart factory sont importantes. On pourrait donc penser que ces métiers seront réservés à une élite d’ingénieurs. Eh bien non. Pour deux raisons.

D’abord, En admettant que les usines du futur se généralisent dans les années à venir, les besoins métiers seront très importants. Difficile d’imaginer cet avènement sans une implication au niveau national sur les besoins de formation. Pour résumer, il faudra former beaucoup de futurs salariés, et cela sera impossible sans que l’Etat n’en soit en partie à l’initiative.

Ensuite, on sait que les technologies qui permettent d’imaginer l’usine du futur sont sans cesse en évolution. D’où le besoin de formation continue, tout au long de la carrière. Cette nécessité va bouleverser les carrières, et notamment donnera la possibilité à des candidats ayant une formation initiale éloignée des métiers de l’usine du futur d’y converger.

A condition de relever les défis de formation liés à l’usine du futur, la France pourrait réussir à recentrer l’industrie plus près du quotidien de ces concitoyens, via les emplois suscités et la formation continue, ce qui accentuerait la relation entre le salarié et l’usine.

Au-delà, l’aspect “social” de l’usine du futur, avec le concours de l’Etat, pourrait être majeur, comme on l’a dit. Même s’il est impossible aujourd’hui de se projeter sur les conséquences sociales de l’avènement de l’usine du futur, on peut imaginer deux scénarii très distincts : soit un fossé grandissant entre les salariés formés sur ces nouvelles technologies et les autres, soit un mouvement général de montée en compétences sur ces technologies.

La deuxième option paraît presque naïve dans son énoncé. Pourtant les besoins, eux seront là. Il semble bien que le chemin que nous prendrons dépend en grande partie de l’impulsion que l’Etat donnera pour former ses nouvelles générations, ou pour laisser l’industrie se charger seule de cette très – trop – lourde tâche.

Qui décidera quoi dans une usine du futur ?

La prise de décision dans une usine revêt des dimensions verticales (hiérarchiques)  et horizontales (selon les activités réalisées dans l’usine).

Dans les faits, depuis plusieurs années déjà, on laisse des machines prendre des décisions en lieu et place des humains.

Ainsi, la robotique qui a remplacé la main-d’œuvre “humaine” sur les chaînes de montage se perfectionne inlassablement. Ces machines nécessitent plus de maintenance, mais accomplissent aussi de plus en plus de tâches de manière autonome. Elles ont absorbé la prise de décision sur des tâches pour lesquelles leur compétence est supérieure (rapidité de choix, d’exécution…) à celle des hommes.

Difficile d’imaginer une autre voie qu’une prise en main progressive et irréversible de l’ensemble des tâches dans l’usine pour lesquelles le “jugement” de la machine dépasse celui de l’homme. Cette assertion ne gênait personne tant qu’on parlait des choix standardisés sur une chaîne de montage, ou par exemple de maintenance prédictive, mais aujourd’hui la puissance de calcul permet à des ordinateurs de traiter rationnellement des quantités de données ahurissantes à des vitesses inaccessibles par l’homme.

Et du coup le rôle de la machine change : les capacités des ordinateurs rendent les robots intelligents et capables d’accomplir routinièrement des tâches extrêmement complexes. Voire des tâches que l’homme ne sait pas appréhender.

La machine devient intelligente. L’addition de la robotique, de l’intelligence artificielle et du deep learning, ensemble ou séparément, fournit des outils qui permettent de maximiser dans tous les sens du terme le rendement des usines. L’essor des objets/capteurs connectés donne un coup d’accélérateur supplémentaire à ce processus.

Un plafond de verre fragile

Pour le moment, le plafond de verre de cette évolution se situe au niveau des décisions stratégiques : celles pour lesquelles la substance des informations à mettre en cohérence pour aboutir à une décision n’est pas pondérable objectivement. Et pour cause, si ce n’était pas le cas, les chefs d’entreprises auraient un travail facile !

Mais là aussi, l’augmentation des capacités de calcul informatique risque de briser ce plafond de verre. Et plus vite qu’on ne le croit.

Aujourd’hui, plus rien ne permet de dire que l’agrégation d’informations disparates et complexes – voire subjectives – dans le but d’aboutir à la meilleure décision possible est hors de portée d’une machine.

Si l’homme arrive à prendre ces décisions, c’est qu’elles sont paramétrables. Et donc qu’on peut programmer un ordinateur pour les générer.

En fait, ce que révèle aujourd’hui notre incapacité à transférer cette capacité de décision à des machines réside en deux points :

D’abord, nous ne sommes pas prêts à le faire pour des raisons éthiques. Il est aujourd’hui inconcevable qu’une machine décrète un plan social dans une entreprise. Aussi, la peur – peur à l’origine de beaucoup d’œuvres de science-fiction – d’une intelligence artificielle qui échapperait au contrôle de l’homme aide à maintenir le plafond de verre évoqué plus haut.

Ensuite, le second point est plus lié au fait que certaines décisions stratégiques prises dans une usine font appel à un moment ou l’autre à des choix subjectifs (on pourrait dire “orientés”), c’est-à-dire non motivés par des arguments indiscutables, “numérisables” a priori.

Ce second point est très important parce qu’il révèle l’incapacité de l’homme à justifier certains choix de manière purement objective. D’où la construction verticale de la prise de décision, car il faut bien “trancher”.

Mais ce que cela implique également, c’est que l’incapacité à rationaliser certaines décisions, parce que les données sont trop nombreuses, rend impossible le projet de paramétrer un ordinateur pour le faire, par définition.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle associée au deep learning nous laissent à penser que si l’homme est incapable de rationaliser totalement tous les critères à prendre en compte dans une décision, l’ordinateur, lui, peut.

A ce titre, on voit mal pourquoi ces technologies ne supplanteraient pas également l’homme dans ces tâches décisionnaires, à terme.

D’ailleurs, les études se multiplient, expliquant que les chefs d’entreprise pourraient être parmi les premiers humains totalement remplacés par des machines. Ce n’est plus de la science-fiction.

Une vie professionnelle à réinventer

D’abord, les évidences. Les métiers de l’usine du futur vont être très différents de ceux que l’on a connus il y a quelques décennies mais aussi de ceux que l’on connaît aujourd’hui.

On entend beaucoup que l’usine du futur est plus une révolution industrielle qu’une révolution technologique. Quand on liste les nouvelles technologies qui envahissent les sites industriels, cela peut paraître contre-intuitif. Et pourtant, tous ces changements auront in fine des conséquences qui vont aboutir à une nouvelle façon de penser et de “pratiquer” l’industrie.

Ainsi, robots, automates, impression 3D, intelligence artificielle, maintenance prédictive… sont des technologies qui vont rendre les besoins en main-d’œuvre quasi nuls sur les chaînes de montage, la maintenance des appareils, le transport… C’est une certitude : tous les métiers à faible valeur ajoutée vont disparaître des usines, petit à petit.

Pour résumer, l’automatisation de toutes ces tâches à faible valeur obligera les salariés des usines du futur à se former à ces technologies.

Se former sans cesse

Mais ce n’est pas tout. Les technologies évoluent très vite aujourd’hui. Prenons l’exemple de l’informatique : aujourd’hui les développeurs informatiques sont rarement compétents sur tous les langages informatiques. Ainsi, durant leur carrière, ils vont devoir se former sur tout un panel de langages pour être compétents et compétitifs sur le marché de l’emploi. Souvent d’ailleurs, ils peuvent être recrutés et formés sur de nouveaux langages une fois en poste.

Il en sera exactement de même pour le salarié lambda de l’usine du futur : il va devoir se former tout au long de sa carrière professionnelle. Il s’agit de la révolution la plus importante au niveau professionnel depuis des décennies.

Nous vivons aujourd’hui déjà les préludes de cette future réalité. Sauf qu’aujourd’hui, les besoins de formation sont extrapolés à partir de besoins de compétences non pourvus sur le marché de l’emploi. Cette réalité va s’amplifier sans commune mesure avec celle que l’on connaît aujourd’hui.

Pour le dire vite, il est impératif que l’écosystème constituée par l’usine du futur propose des plans d’apprentissage et de formation spécifiques tout au long de leur carrière pour ses salariés. Cela est une condition à l’existence même des smart factories.

Récemment, l’Institut Montaigne évaluait à 100 000 le nombre de chefs de projets d’ETI et de PME à former dans les trois ans qui viennent. Sacré défi.

Au final, que demande-t-on à un salarié de nos jours ? On exige de lui qu’il soit mobile, qu’il sache s’adapter, développer de nouvelles compétences… Aujourd’hui, ces capacités constituent un réel plus pour décrocher un travail dans n’importe quel secteur industriel. Dans l’usine du futur, ces capacités seront des prérequis incontournables.

Le plus que pourra apporter le salarié avec lui, c’est une capacité à toujours innover dans une usine du futur où l’environnement sera bientôt plus intelligent que l’homme à tous les niveaux.

A quoi ressemblera la consommation 4.0 ?

Impossible de séparer usine du futur et processus de production : en effet, automatisation, robotisation, intelligence artificielle, toutes ces technologies permettront aux usines de demain de profiter d’outils de production plus performants et compétitifs.

Cela dit, quels seront les curseurs qui guideront ces nouveaux modes de production ? La volonté de personnalisation des produits ? Des modes de production moins énergivores ? L’avènement des pièces détachées pour réparer nos produits et augmenter leur durabilité ?

Un peu de tout ça en fait. Mais il ne faut pas s’y tromper, au-delà des toutes les contraintes qui pèsent sur la production et que l’usine du futur permettra de faire mieux cohabiter, le nerf de la guerre restera évidemment la consommation de ces produits au sens économique du terme.

Depuis un siècle, nous sommes passés d’un mode de production où la demande surpassait l’offre, à un système où c’est l’offre qui prédomine. Aujourd’hui, la production de masse constitue le mode de production majoritaire et entraîne les conséquences que nous connaissons :

  • nécessité d’écouler les produits sur un territoire de plus en plus vaste ; c’est la mondialisation des échanges ;
  • uniformisation des produits, directement liée au point précédent.

Casser les codes

Les smart factories cassent ces codes en brèche. Aujourd’hui, les attentes des consommateurs évoluent rapidement. Non seulement nous ne voulons plus acheter des produits uniformisés voire aseptisés, mais nous attendons également que le marché réponde de manière quasi immédiate à des besoins qui évoluent sans cesse.

En ce sens, l’usine du futur paraît armée. En automatisant les chaînes de production et en généralisant l’impression 3D, l’industrie se donne les moyens de proposer des produits ultra-personnalisés et disponibles dans des laps de temps très réduits.

C’est là qu’apparaît une nouvelle façon de consommer pour les clients finaux : la possibilité de posséder un produit parfaitement adapté à leurs besoins, au moment où ils en ont besoin.

L’usine du futur s’est parfaitement armée pour répondre à cet enjeu, en séparant conception (ex : CAO) et production (ex : impression 3D). Cette fragmentation permet également de corréler parfaitement la production à la demande. Et de disperser les centres de production de par le monde. Tout le monde est gagnant.

Partant de là, qu’est ce qui change pour le consommateur ? Au-delà de l’ultra-personnalisation, c’est aussi la durée de vie du produit qui va révolutionner les habitudes. On a beaucoup parlé d’obsolescence programmée ces dernières décennies. Cette pratique industrielle qui a permis pendant longtemps de financer l’innovation dans les entreprises n’est aujourd’hui plus acceptable, à l’heure où le pouvoir d’achat stagne et où l’homme prend conscience que la production de masse pose des problèmes écologiques critiques au niveau mondial.

Le consommateur, ayant la possibilité d’investir dans un produit qu’il a personnalisé selon ses attentes, est plus enclin à le faire durer dans le temps. Cette tendance émerge car la production via des imprimantes 3D permet beaucoup plus facilement de de réparer des produits en ne fabriquant, à l’unité, que les pièces détachées nécessaires.

Un rôle nouveau pour le consommateur

Le consommateur va donc avoir un rôle nouveau. Aujourd’hui encore cible d’une industrie qui l’inonde de produits dans le but de déclencher un acte d’achat, le voilà désormais acteur d’une “relation” où il va devoir s’investir pour évaluer ce qu’il attend du produit qu’il veut acheter, à court et moyen termes.

Dans ce nouveau paradigme, le consommateur développe un rapport plus “affectif” envers le produit, car il est impliqué dans sa conception. C’est cette affection qui va l’amener à tout faire pour prolonger sa durée de vie.

Cela dit, ne rêvons pas : l’obsolescence programmée ne va pas disparaître, elle va muter. La consommation à outrance que nous connaissons actuellement ne va pas disparaître non plus, puisqu’elle constitue aujourd’hui le socle de notre économie de marché.

Ce qui va changer par contre, c’est que le consommateur, par ses choix de consommation, avec l’avènement de l’usine du futur, jouera un rôle de régulateur plus en amont dans la chaîne de production, donc plus impactant.

Innovation en agroalimentaire en région : l’initiative de la CCI de Rouen

La qualité et la guerre des prix sont au cœur de tous les débats sur l’avenir de l’industrie agroalimentaire française.

Pour supporter la croissance de ce secteur, des solutions marché sont possibles, comme par exemple l’export. Mais l’industrie 4.0 est également un axe sur lequel la CCI de Rouen entend faire échanger les industriels.

La réussite de la transition digitale est un prérequis de cette industrie du futur et c’est également une problématique qui sera abordée.

Autant de questions qui seront posées lors de cette journée à ne pas manquer…

Pour aller plus loin : Signes d’identification de la qualité et de l’origine et autres identifiants

Challenge Industrie du futur : quelles startups peuvent postuler au prix Atos ?

Pour la deuxième année, le leader mondial de transformation digitale Atos coorganise le Challenge Industrie du Futur, en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur. Le concours a pour vocation de mettre en lumière et d’accompagner les startups qui innovent dans le monde de l’industrie, afin de créer une usine du futur plus performante, connectée, et écoresponsable.

Les 12 startups finalistes sélectionnées présenteront leur projet face à des industriels lors de la finale du 6 juin, au Campus de l’Espace. Cinq prix seront décernés selon des thématiques précises, avec des récompenses allant de 3 000 à 6 000€.

Le Prix Atos récompensera les startups qui innovent dans la cybersécurité et la data science. Selon Steve Péguet, innovation director à Atos, « apprendre à ajouter de la valeur aux données des industriels et à les sécuriser est la clé vers l’excellence opérationnelle ».

Toute startup qui s’intéresse à la protection des données dans le monde du numérique, aux domaines de la blockchain, de la sécurité dans l’IoT ou qui travaille dans l’univers du big data ou de l’intelligence articifielle appliqué à l’industrie peut postuler à ce prix.

La startup sélectionnée gagnera un chèque de 3 000€, en plus de l’accompagnement des entreprises partenaires offert pour tous les finalistes.

« L’Affaire du siècle » : la réponse de l’État ne convainc pas

Le temps passe, et la détermination de faire aboutir l’Affaire du siècle se renforce. En cause : la trop grande timidité de l’État face à l’urgence climatique dénoncée par les ONG réunies au sein de l’association Notre affaire à tous. En marge du succès de la pétition qui compte plus de 2,1 millions de signataires, ces défenseurs du climat sont allés échanger avec Édouard Philippe. Leur volonté est claire : que l’État propose des mesures concrètes pour sortir de sa torpeur, qualifiée par ces associations d’« inaction climatique ». Les ONG ont été reçues par le Premier ministre dans l’espoir de voir des actions concrètes mises en place sans délai.

Quelques jours plus tard, François de Rugy a publié en plus d’une lettre ouverte, un mémo faisant état des nombreuses actions de la France en faveur du climat. Mais les annonces faites par le ministre de la Transition écologique ont fait chou blanc. Dans ce document d’une dizaine de pages, le ministre rappelle à quel point la France est « pionnière » dans la lutte contre le réchauffement climatique, et ce depuis les années 1990. Selon lui, les Français doivent comprendre que objectifs à atteindre ne se feront qu’au prix de nombreux efforts, qu’ils ne semblent pas être prêts à consentir.

« Des résistances et des hostilités franches »

En tout état de cause, François de Rugy semble se sentir désarmé face aux ONG qui menacent d’intenter un procès à un État qu’ils estiment être en quasi léthargie. Le ministre de la Transition est effectivement conscient de l’urgence d’agir, mais dit être confronté à « des résistances et des hostilités franches ». « La taxe carbone est un outil nécessaire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Mais, vous le savez, la fiscalité écologique rencontre de nombreuses oppositions ». L’allusion aux gilets jaunes est à peine cachée. En clair, le gouvernement répond aux ONG que l’État fait déjà de son mieux pour le climat, et que désormais la balle est dans le camp des concitoyens.

François de Rugy invite donc, par le biais de sa lettre, les Français signataires de la pétition l’Affaire du siècle à participer au Grand débat national. Il rappelle que « la transition écologique est l’un des quatre grands thèmes de ce débat ». Mais l’invitation à la mise en place d’une action collective de cet acabit est loin de satisfaire Notre affaire à tous. Les associations regrettent que ces annonces « laissent peu d’espoir quant à l’intention du gouvernement d’être à la hauteur de l’enjeu climatique. Aucune nouvelle mesure, ni changement de cap ne sont clairement annoncés ». C’est dans ce contexte que les associations confirment leur volonté d’assigner l’État en justice.

Que deviennent les nanoparticules magnétiques dans les cellules ?

Des chercheurs du CNRS, de Sorbonne Université, et des universités Paris Diderot et Paris 13, ont mis en évidence une dégradation importante de ces nanoparticules, suivie dans certains cas par une « re-magnétisation » des cellules. Ce phénomène est le signe d’une biosynthèse de nouvelles nanoparticules magnétiques, à partir du fer libéré dans le milieu intracellulaire par la dégradation des premières nanoparticules. Publiés dans PNAS le 11 février 2019, ces travaux pourraient expliquer la présence d’un magnétisme « naturel » dans les cellules humaines, tout en permettant d’envisager de nouveaux outils pour la nanomédecine, grâce à ce magnétisme produit par les cellules elles-mêmes.

Les nanoparticules magnétiques sont aujourd’hui au cœur de la nanomédecine : elles servent d’agents de diagnostic en imagerie, d’agents thermiques anti-cancéreux, d’agents de ciblage de médicaments, ou encore d’agents pour l’ingénierie tissulaire. La question de leur devenir dans les cellules, après accomplissement de leur mission thérapeutique, restait cependant à éclaircir.

Pour suivre le parcours de ces nanoparticules dans la cellule, les chercheurs du laboratoire Matière et systèmes complexes (CNRS/Université Paris Diderot) et du Laboratoire de recherche vasculaire translationnelle (Inserm/Université Paris Diderot/Université Paris 13), en collaboration avec des scientifiques de Sorbonne Université1 ont mis au point une approche originale de nanomagnétisme en milieu vivant : ils ont d’abord incorporé, in vitro, des nanoparticules magnétiques dans des cellules souches humaines, qu’ils ont ensuite laissé se différencier et se développer sur un mois, afin de les observer dans l’environnement intracellulaire sur le long terme et suivre leurs transformations.

En suivant « l’empreinte magnétique » de ces nanoparticules au sein des cellules, les chercheurs ont montré qu’elles commençaient par être détruites (l’aimantation des cellules diminue), ce qui libère du fer dans l’environnement intracellulaire. Ensuite, ce fer « libre » peut soit être stocké sous forme non magnétique dans la ferritine, la protéine responsable du stockage du fer, soit servir de base à la biosynthèse de nouvelles nanoparticules magnétiques, au sein même de la cellule.

Phénomène connu chez certaines bactéries, une telle biosynthèse n’avait jamais été mise en évidence dans des cellules de mammifères. Cela pourrait pourtant expliquer la présence de cristaux magnétiques chez l’homme, observés dans les cellules de divers organes, en particulier le cerveau. De plus, ce stockage du fer sous forme magnétique pourrait également être une façon pour la cellule de se « détoxifier » sur le long terme en cas d’excès de fer. Du point de vue de la nanomédecine, cette biosynthèse ouvre la voie à un possible marquage magnétique purement biologique des cellules.

 

Synthèse de nanoparticules magnétiques au sein de cellules souches, à partir du produit de dégradation de nanoparticules précédemment internalisées. Ces nanoparticules « biologiques » sont produites in situ, au sein des endosomes (flèches blanches), et mesurent en moyenne 8 nm. © laboratoire MSC (CNRS/Université Paris Diderot)

 

 

Bibliographie
Biosynthesis of magnetic nanoparticles from nano-degradation products revealed in human stem cells. Aurore Van de Walle, Anouchka Plan Sangnier, Ali Abou-Hassan, Alberto Curcio, Miryana Hémadi, Nicolas Menguy, Yoann Lalatonne, Nathalie Luciani, and Claire Wilhelm. PNAS, le 11 février 2019. https://doi.org/10.1073/pnas.1816792116

 

Source : cnrs

Creux dans l’éolien européen en 2018

Le recul est particulièrement net dans l’éolien terrestre, qui atteint son point bas depuis 2008, avec « seulement » 9,0 GW (9 000 MW) installés en 2018 contre 13,9 GW en 2017, notamment à cause d’une chute des implantations de 49% en Allemagne. Le pays phare de l’éolien européen a en effet, malgré cette contre-performance due à des freins réglementaires et des « enchères mal conçues », représenté 29% des nouvelles éoliennes en Europe en 2018. Côté éolien en mer, le retrait est moins net, avec 2,7 GW installés l’an dernier contre 3,2 GW en 2017. Deux pays se distinguent en 2018 dans cette catégorie offshore, puisque la Belgique et le Royaume-Uni ont immergé plus d’éolien en mer que de terrestre, respectivement 309 MW (contre 204 MW) et 1 312 MW (contre 589 MW).

Parallèlement 0,4 GW ont été retirés du service l’an dernier, signale WindEurope.

Ainsi, l’Europe a accueilli, en 2018, 32% de capacité en moins par rapport à 2017 portant le total installé en éolien à 189 GW, dont 170 GW terrestres et 19 GW en mer. L’éolien représente ainsi désormais 18,4% de la capacité installée en Europe. L’association européenne de la filière souligne cependant que l’éolien a représenté la première source d’implantations de capacités en Europe l’an dernier, puisqu’il a compté pour 48% des additions de capacités de production électrique.

Ces 189 GW ont permis à l’éolien de produire 362 TWh (térawatts-heure) et de couvrir 14% de la demande de l’Union européenne en courant en 2018. La demande totale de la seule Union européenne s’établit à 2 645 TWh.

L’Allemagne reste le leader incontesté en Europe, avec 59,3 GW installés, devant l’Espagne (23,5 GW), le Royaume-Uni (21 GW), la France prenant la quatrième position, en passant le cap des 15 GW à fin 2018. En outre, six pays dispose d’une capacité éolienne supérieure à 5 GW : Italie, Suède, Turquie (dans le scope du rapport), Pologne, Danemark et Portugal.

Le Danemark demeure de son côté le pays où la part de l’éolien dans la consommation électrique est la plus élevée, avec 41% des apports, indique le lobby européen de l’éolien. Loin devant l’Irlande (28%), le Portugal (24%), l’Allemagne (21%) et l’Espagne (19%). La progression la plus spectaculaire est enregistrée outre-Manche, la part de l’éolien dans la demande passant en un an de 13,5% à 18%, grâce à une météo particulièrement favorable et à la forte implantation de l’éolien offshore, dont la disponibilité est largement supérieure à celle de l’éolien terrestre.

En revanche, le rebond est d’ores et déjà présent, indique WIndEurope, puisque 2018 a été une année record en termes de prises de décision d’investissement finale (FID, en anglais). Quelque 16,7 GW de projets ont atteint le stade de la FID l’an dernier (contre 11,5 GW en 2017), dont 12,5 GW en terrestre et 4,2 GW en mer. A noter que c’est en Suède que le plus grand nombre de prises de décisions d’investissement est enregistré, avec 3,2 GW dans le pipe. Le Royaume-Uni consolide sa position dans l’éolien offshore, avec 1,9 GW de FID adoptés dans ce secteur en 2018. En termes d’investissements dans la filière (donc incluant les usines de production de machines et les installations dans les ports), l’éolien a vu en revanche un bond de 20% par rapport à 2017, à 26,7 milliards d’euros (mds€). L’offshore éolien compte pour 10,3 mds€ dans ce total investi, le terrestre représentant 16,4 mds€, indique WindEurope.

La taille des machines installée à été en moyenne de 2,7 MW pour le terrestre, mais atteint les 6,8 MW pour l’offshore. C’est en 2018 qu’a été installée la plus grande éolienne, pour l’heure, les deux V164-8,8 MW de MHI Vestas, avec un rotor de 164 mètres.

Le Brexit fragilise tous les pans du nucléaire

Comment le Royaume-Uni va-t-il gérer ses recherches nucléaires hors de l’UE ? Sous quelles règles fonctionnera l’importation d’équipements scientifiques et de réactifs liés au nucléaire ? Quel avenir pour le JET (Joint European Torus) ? Quel avenir et quel niveau de sécurité pour le nucléaire britannique ? Autant de questions qui sont posées par le Brexit. Alors que l’espoir d’une sortie en douceur avec une période de transition de deux ans s’estompe, la filière nucléaire britannique se prépare au mieux. Essayant d’anticiper tous les scénarios possibles.

La sortie d’Euratom entérinée

Les industriels et les chercheurs de la filière nucléaire espéraient il y a peu un arrangement pour rester dans le cadre du traité Euratom. Mais le gouvernement britannique a tranché pour une sortie franche en annonçant en parallèle la mise en place d’un plan de développement de l’énergie, d’un plan d’organisation de sa filière nucléaire, ainsi que des négociations pour rester un partenaire privilégié d’Euratom. Le traité Euratom encadre le développement de l’énergie nucléaire en Europe depuis plus de 60 ans. Il s’occupe notamment des normes de sécurité, de la libre circulation des capitaux, des combustibles et des compétences autour du nucléaire, et gère les relations avec les tiers de l’UE sur ce sujet, notamment avec l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique). Le Royaume-Uni s’est donc attelé depuis près d’un an à construire un cadre à sa filière nucléaire en espérant être prêt à temps en cas de sortie immédiate au 29 mars 2019, sans période de transition. L’autorité de régulation du nucléaire affirme avoir entraîné ses personnels et développé l’infrastructure nécessaire au travail hors du traité Euratom. Le gouvernement a aussi travaillé sur les traités avec les pays tiers qui ont dû être revus (Australie, Canada, Japon et Etats-Unis notamment). Mais si le travail a bien avancé en la matière, il reste de nombreux points de détails à régler et à construire les modalités de fonctionnement avec les signataires d’Euratom justement. Les négociations doivent surtout porter sur les éventuels apports financiers du Royaume-Uni en contrepartie d’un fonctionnement quasi à l’identique d’aujourd’hui pour des infrastructures majeures comme le réacteur de recherche sur la fusion du JET (voir ci-après).

Mais la sortie d’Euratom n’a pas que des impacts directs outre-Manche. Elle risque de chambouler aussi l’équilibre des forces entre nations pronucléaires et anti-nucléaires au sein de l’UE. En effet, Le Royaume-Uni était un partenaire de poids pour les pronucléaires comme la France qui risque de se trouver bien esseulée pour réussir à capter les fonds d’Euratom afin de poursuivre des efforts de développements et de recherches, et non pas seulement des actions de sécurité ou de démantèlement.  Une sortie qui pourrait donc voir se réorienter une partie des fonds alloués au nucléaire en Europe vers d’autres énergies.

Quand la fission menace la fusion

Côté infrastructures et recherche, le sort du JET reste assez flou. Employant près de 550 chercheurs, le plus grand tokamak du monde, dédié à la recherche sur la fusion nucléaire, est en panne d’espoir depuis le Brexit. Près de la moitié de son budget provient de l’Europe via Euratom (à peu près 60 millions d’euros) et le résultat de ses recherches constituent des données essentielles à l’avènement d’ITER, le réacteur expérimental de Cadarache dont le Royaume-Uni est un partenaire essentiel. Le contrat du JET se terminait en décembre 2018, il a été prolongé jusqu’à fin 2020, date de fin du cycle des programmes de recherches européens – les Britanniques ayant confirmé qu’ils continueraient de verser leur part concernant le JET. Pour la suite, rien n’est encore fixé. Cependant cet accord de prolongation fait partie de la sortie négociée de l’UE. En cas de sortie sans accord, les positions des deux parties sont encore floues. Dans une interview de Nature, Ian Chapman, directeur exécutif du JET et directeur exécutif de l’autorité nucléaire britannique, a affirmé avoir passé la moitié de son temps de ces deux dernières années à traiter des questions du Brexit. Dès mars 2017, il témoignait que sans qu’il y ait d’hémorragie dans les effectifs, certaines personnes commençaient à accepter des postes ailleurs et des candidats refusaient les offres qu’on leur faisait. Il appelait alors le gouvernement à donner des signes concrets rapidement pour rassurer les équipes. Il aura fallu attendre octobre 2018 pour que le ministre de la recherche vienne annoncer un plan d’extension du site de Culham grâce à un partenariat avec le Princeton Plasma Physics Laboratory aux Etats-Unis et la visite du nouveau ministre fin janvier 2019, venu insister sur l’importance que le gouvernement britannique accordait à la recherche, la science et l’innovation, pour qu’un peu d’espoir revienne. Reste que si la Grande- Bretagne veut afficher des ambitions fortes en matière nucléaire et d’excellence scientifique, beaucoup se demandent si elle aura les moyens de ses ambitions.

Le nucléaire britannique a-t-il encore un avenir ?

En effet, malgré les ambitions du gouvernement britannique de devenir une réelle nation leader en matière nucléaire, la réalité a un peu du mal à suivre. Ainsi, la Grande-Bretagne possède aujourd’hui huit centrales nucléaires en fonctionnement pour une capacité totale de 9GW. En 2017, elles ont produit 70 TWh soit plus d’un cinquième de l’énergie électrique annuelle du pays et elles participent aussi aux 2/5eme de la production bas carbone d’énergie. Mais toutes sont vieillissantes et devraient fermer dans les 10 ans, à part Sizewell B. Le gouvernement a prévu de remplacer cette perte de capacité de production en lançant six grands projets. En novembre 2018, Toshiba s’est retiré du projet de Moorside ; en janvier 2019, Hitachi a fait de même pour les projets Wylfa Newydd et Oldbury. Deux ans après cette annonce, il ne reste donc plus qu’un seul des projets à avoir réellement démarré, celui d’Hinkley Point C mené par EDF avec une participation chinoise. Mais le chantier a pris un retard énorme et affiche déjà des surcoûts. La mise en service prévue pour 2017 a été retardée à 2025… Le Brexit, surtout en cas de sortie sans accord, pourrait encore retarder le chantier. Sur tous les projets nucléaires, les investisseurs semblent se retirer un à un. Ne reste pour l’instant que des chinois en lice. En parallèle, et même si ce n’est pas le discours officiel, les Anglais réfléchissent concrètement à remplacer la production d’électricité nucléaire en fin de vie par des énergies renouvelables dont le prix ne cesse de décroître.

Une médecine nucléaire au rabais ?

En matière nucléaire, le Brexit inquiète aussi les acteurs de la santé. En effet, chaque année près d’un million de patients britanniques sont soumis à des traitements utilisant des radioisotopes, notamment en cancérologie. Le Royaume-Uni en importe près de 80 %, principalement des Pays-Bas, de Belgique et de France. Mais ces isotopes radioactifs ne peuvent être stockés. Dès qu’ils sont produits ils commencent leur désintégration. Dans la filière médicale, on utilise des générateurs à Technetium 99m (99mTc), l’isotope le plus couramment utilisé. Ce sont des boîtes contenant du Molybdenum 99 (99Mo). Celui-ci se décompose en 99mTc avec une demi-vie de 6 jours. Toute la filière d’approvisionnement est sécurisée tant pour la radioprotection que pour assurer un transport rapide à travers les pays. Avec le Brexit, surtout en cas de Hard Brexit, il y a un fort risque de retard dans les livraisons. Et tout retard entraînerait une perte de doses utiles importantes. Les conséquences pourraient être dramatiques pour le système de santé : moins de patients soignés, moins d’hôpitaux livrés, une priorisation des patients et un surcoût puisque le même prix serait payé pour moins de doses. L’alternative d’un transport par les airs a été évoqué, mais il faudrait pour cela que de nombreuses personnes soient formées aux procédures de sécurité dans le fret aérien. Cela n’est pas le cas aujourd’hui. Par ailleurs, même si le gouvernement britannique assure que tout sera mis en place pour assurer les transports des produits de santé, les négociations avec Euratom qui gère les conditions de transports de ces éléments ne sont pas encore finalisées. Et le flou demeure sur de nombreux points de détails qui pourraient créer des retards ou des blocages. Reste à se tourner vers d’autres pays pour s’approvisionner, mais il s’agit alors de pays plus lointains et les coûts seront majorés là encore. La filière espère donc que des accords de dernière minute, comme ceux que l’Europe est en train de voter*, permettront d’assurer la continuité des soins dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Au moins pour quelques mois encore.

*Les institutions européennes discutent en ce moment de plusieurs textes permettant d’assurer une connectivité basique pour les transports aériens, maritimes et terrestres en cas de Brexit sans accord.

Le Togo veut atteindre 100% d’électrification pour 2030

« La transition énergétique est une obligation pour tous, et surtout pour nous les pays africains parce que nous sommes plus frappés par le réchauffement climatique ». Ces mots prononcés par le ministre togolais des Mines et de l’Énergie, Marc Dédériwé Ably-Bidamon, lors du vingtième colloque du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) qui s’est tenu à Paris, montrent la détermination du Togo.

Bannir le fioul du pays

Le ministre a montré à quel point ce pays situé dans le Golfe de Guinée est préoccupé par les défis énergétiques qui l’attendent dans les années à venir. Dans ce Togo aux huit millions d’habitants, le gouvernement a l’intime conviction qu’il faut avoir une politique sur les énergies renouvelables solide.

Depuis juillet 2018, une loi est en vigueur pour assurer la production d’électricité à base des sources d’énergies renouvelables. La pierre angulaire de cette politique est la décarbonisation et la sécurisation des accès au gaz pour arrêter l’usage des centrales au fioul. Notons que depuis septembre 2018, 100 % de la production thermique domestique se fait au gaz naturel. Mais cette nouvelle, aussi bonne soit-elle, n’est pas une fin en soi. En effet, le réel objectif du Togo est de tendre vers l’électrification la plus globale, jusqu’à atteindre l’objectif de l’électrification pour tous à l’horizon 2030.

Énergies renouvelables se conjuguent au Togo avec Cizo

L’extension du réseau de distribution a permis de passer de 23 % d’électrification en 2010 à 38 % en 2017. L’optimisme est relatif car même si les efforts sont réels, ils sont, en l’état, insuffisants. « À ce rythme-là, l’objectif ne pourrait même pas être atteint en 2050 » affirme Marc Dédériwé Ably-Bidamon. Donc, pour atteindre les objectifs d’ici 2030, le pays prévoit de continuer l’extension du réseau, mais également de développer des mini-réseaux.

Ceci est exactement ce que prévoit le projet Cizo, créé en 2017 et qui ambitionne d’apporter en cinq ans l’électricité à deux millions de Togolais. Dans le cadre de ce projet, le village d’Awagomé, qui compte 2.500 habitants, a été le premier à être équipé de kits solaires individuels. Le gouvernement togolais a sollicité l’aide de BBOX, une société venue du Royaume-Uni et spécialisée dans l’électrification solaire décentralisée. Cette dernière s’est par ailleurs engagée à installer 300 000 dispositifs du même genre dans le pays d’ici la fin de l’opération. La mise en place d’une telle initiative, qui coûte au Togo 68 millions de franc CFA (environ 104 000 euros), n’aurait pas été possible sans partenariat public-privé.

Tripler la capacité énergétique du pays

Grâce au développement de la production d’énergies renouvelables, en particulier le solaire et l’hydroélectricité, la capacité énergétique du pays devrait passer de 100 mégawatts (MW) actuellement à 300 MW en 2022. La question du coût est, elle aussi, capitale. En ce sens, le Togo fait en sorte qu’aussi bien les kits solaires individuels que l’énergie produite soient financièrement abordables pour les personnes les plus modestes.

De plus, Marc Dédériwé Ably-Bidamon a annoncé la mise en place prochaine d’un compte solaire universel, « un appui à chaque ménage s’équipant d’une installation solaire notamment dans les zones rurales ». C’est ainsi que que le Togo veut prévenir au maximum les futurs mouvements migratoires liés au réchauffement climatique.

L’Anses veut mieux protéger les abeilles

En Europe, tous les indicateurs virent au rouge concernant les insectes pollinisateurs. Ces dernières décennies, leurs populations ont largement été décimées, laissant planer les plus grandes inquiétudes pour l’écosystème européen. Selon l’AFP, la moitié des hyménoptères, familles d’insectes dont font partie les abeilles, sont menacés d’extinction. Et la France est loin de faire figure d’exception. Selon les chiffres d’une enquête menée par le ministère de l’Agriculture, 29,4 % des insectes pollinisateurs sont morts durant l’hiver 2017-2018.

Pourtant, les gouvernements successifs n’ont pas manqué de prendre des mesures dans le but d’endiguer ce déclin. Depuis 2003, il est interdit d’épandre des insecticides et des acaricides durant les périodes de floraison, notamment sur les cultures attractives pour les abeilles. Depuis septembre 2018, l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes a été proscrite en France ; des dérogations sont possibles jusqu’en juillet 2020. Malgré ces mesures, la tendance peine très fortement à s’inverser.

L’Anses recommande que les pesticides soient épandus… la nuit !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) préconise donc que la législation en matière de pesticides soit encore davantage encadrée. Dans un nouvel avis, l’Anses s’attaque aux pesticides nuisibles aux abeilles bénéficiant d’une dérogation pour continuer d’être utilisés. Elle reprend une idée défendue de longue date par les apiculteurs. En partant du principe que les abeilles butinent le jour, l’agence souhaiterait que l’épandage de pesticides ne se fasse que durant la nuit. L’Anses propose donc que le calendrier de pulvérisation de produits phytosanitaires soit établi en fonction de l’éphéméride et trois heures après le coucher du soleil. L’épandage de pesticides persistants dans les cultures avant la période de floraison n’est également pas souhaité par l’Anses.

Ces préconisations viennent du fait que diverses familles de pesticides sont retrouvées dans les ruches. Il y a « les insecticides et les acaricides dans les ruches » qui sont déjà réglementés, mais aussi les autres, « notamment des fongicides et des herbicides, et ces produits peuvent aussi avoir des effets nocifs sur les abeilles », a expliqué à l’AFP Françoise Weber, directrice générale déléguée de l’Anses en charge des produits réglementés.

Guillaume et De Rugy protégeront-ils mieux les abeilles ?

Malheureusement, il n’est vraiment pas certain que cette recommandation, qui n’est pas nouvelle, soit mieux entendue aujourd’hui qu’en 2014. L’Anses avait, en effet, déjà suggéré que tous les produits phytosanitaires, soient épandus uniquement la nuit dans le but de protéger les abeilles et tous les insectes pollinisateurs. Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture s’était alors montré favorable à une telle mesure. Mais, comme le rappelle l’Union nationale des apiculteurs (Unaf), la FNSEA n’a pas du tout envisagé d’un aussi bon œil que le ministre cette idée. Résultat, la proposition est mort-née.

Suite à cette communication de l’Anses, les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture ont annoncé qu’un groupe de travail consacré à cette problématique serait rapidement créé. L’objectif annoncé sera de « définir les mesures permettant de limiter les risques liés aux produits phytosanitaires pour les pollinisateurs, tout en prenant en compte les contraintes techniques pour les agriculteurs ». Le programme laisse de lui-même entendre que les négociations seront encore une fois très musclées et les décisions lointaines. Il est en effet très peu probable que les agriculteurs acceptent sans rechigner que les interdictions d’utilisation de pesticides soient élargies et les dérogations accordées moins facilement.

La route solaire toujours en test

La route solaire Wattway est en test en conditions réelles grâce à 23 démonstrateurs dans le monde. Des tests majoritairement compris entre 24 et 100 m² en France métropolitaine. Le plus grand test est mené à Tourouvre (61), avec 2 800 m², de revêtement Wattway installés, soit 1 km de route. Mais la route produit deux fois moins que prévu et les résultats déçoivent. La production moyenne journalière pour la route normande se situe à 0,14 kilowattheure par mètre carré (kWh/m²).

Colas continue d’améliorer sa technologie et à fonder des espoirs importants dans cette dernière. Sur le site de son siège au Port, GTOI, la filiale de Colas dédiée aux grands travaux de l’Océan Indien teste la route solaire depuis février 2017. Ce démonstrateur de Wattway sur l’île de la Réunion alimente une borne de recharge pour véhicule électrique. Ce démonstrateur produit en moyenne 9,9 kilowattheures d’électricité par jour. Soit une production journalière de 0,4 kWh ou près de trois fois plus que la route solaire normande. Depuis février 2017, la production cumulée dépasse les 7 000 kWh. De quoi faire plus de 230 tours de l’île en véhicule électrique.

Une route solaire qui interroge

Sur l’île de la Réunion, 25 m² de route solaire produisent ainsi environ 3500 kilowattheures par an. Un foyer français standard consomme en moyenne 4 710 kWh d’électricité chaque année, soit 12,9 kWh par jour. Il faudrait donc près de 34 m² de route solaire réunionnaise pour fournir l’électricité annuelle à un foyer français.

Selon l’agence régionale énergie réunion (arer), environ 8 m² de capteurs photovoltaïque produisent en moyenne 1300 kWh par an à la Réunion. 29 m² de toitures photovoltaïques suffiraient donc pour alimenter un foyer en électricité sur l’île. C’est 5 m² de moins que pour la route solaire.

Puisque la route solaire coûte plus chère et produit moins d’électricité que des panneaux installés sur toiture, il semble peu probable que cette première devienne une solution globale pour répondre aux besoins électriques français. La route solaire servira plutôt localement pour alimenter en électricité des bornes électriques, de l’éclairage public, du mobilier urbain, et des bâtiments, principalement dans des zones isolées.

Depuis janvier 2019, GTOI teste la cinquième version de la technologie Wattway. Nouveau substrat multicouche composé de résines polymères composites et de granulés transparents, réduction du bruit, amélioration du câblage électrique… Colas promet des améliorations substantielles et espère entrer en phase de commercialisation en 2019. Affaire à suivre…

La « petite » loi sur l’énergie au CESE

Le gouvernement a en effet présenté le 4 février dernier au Conseil économique, social et environnemental (CESE) un texte législatif pour consultation. Ce document, qui a fuité en fin de semaine dernière, contient au final cinq articles, notamment pour prendre en compte les nouvelles orientations définies par l’exécutif dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

L’article premier de cette brève loi entérine le report à 2035 (contre 2025) de la date butoir pour atteindre les 50 % de nucléaire dans le mix électrique français, mais aussi des modifications issues de la PPE présentée fin janvier dernier. Ainsi, la consommation énergétique finale ne sera réduite que de 17 % en 2030 par rapport à 2012, au lieu des 20 % prévus en 2015. En outre, la consommation énergétique primaire des énergies fossiles baissera plus vite que prévu, de 40 % en 2030 par rapport à 2012 au lieu de 30 %. Enfin, et c’est un sujet qui fait déjà polémique, l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990 est remplacé par un objectif de « neutralité carbone » à cette même échéance. Le gouvernement précise, dans l’exposé des motifs de la « petite loi », que la neutralité carbone est définie comme « l’atteinte de l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et les absorptions anthropiques (c’est-à-dire les absorptions par les écosystèmes gérés par l’homme tels que les forêts, les prairies, les sols agricoles et les zones humides, et par certains procédés industriels, tels que la capture et le stockage de carbone) ». C’est la dernière partie de cette assertion « procédés industriels » qui a fait réagir nombre d’ONG environnementalistes, qui jugent que cette définition est imprécise et ouvre la porte à la capture et au stockage du CO2 (CCS) pour pallier les potentielles déficiences du recul des émissions.

La nouvelle loi énergie-climat crée également dans son article deux, comme annoncé en novembre 2018 par le Président de la République, un Haut conseil pour le climat (HCC). Organisme indépendant, placé auprès du Premier ministre et siégeant au sein de France Stratégie, ce HCC devra réaliser et rendre chaque année un rapport « portant sur le respect de la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre eu égard aux budgets carbone définis en application de l’article L 222-1 A, la bonne mise en œuvre des politiques et mesures pour réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre, développer les puits de carbone, réduire l’empreinte carbone et développer l’adaptation au changement climatique, y compris leurs déclinaisons territoriales en s’appuyant sur les documents de planification territoriale. Le Haut Conseil pourra également émettre un avis sur les conséquences économique, sociale et environnementale, y compris pour la biodiversité, de ces actions ».

Il est « composé d’au plus 13 personnalités qualifiées choisies en raison de leur expertise scientifique, technique et économique dans le domaine des sciences du climat et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. »

Dans son article trois, visant à des mesures de simplification en faveur du développement des énergies renouvelables, la loi remet sur pied l’Autorité environnementale. Un sujet qui gêne depuis près d’un an les autorisations de parcs éoliens notamment. L’article quatre s’attaque quant à lui à la fraude aux certificats d’économie d’énergie (CEE), renforçant le contrôle du dispositif mis en œuvre à l’occasion de la loi POPE de 2005.

Enfin, l’article cinq vise à autoriser le gouvernement à transposer par ordonnances les directives et règlements liés au paquet énergie propre pour tous les européens (ou encore paquet hiver énergie-climat) en cours d’adoption.

Des matériaux qui s’endurcissent

En imitant le mécanisme qui permet aux muscles vivants de croître et de se renforcer après un exercice physique, l’équipe dirigée par Jian Ping Gong de l’université d’Hokkaido a mis au point un polymère qui se décompose sous l’effet d’un stress mécanique. Il se régénère ensuite en une configuration plus forte, en se nourrissant d’un bain nutritif.

L’équipe d’Hokkaido a utilisé ce qu’on appelle des hydrogels à double réseau. Comme les autres hydrogels (des réseaux polymères tridimensionnels capables de gonfler dans l’eau ou un liquide biologique tout en conservant leur forme), il s’agit de polymères qui contiennent 85 % d’eau en poids. Mais dans ce cas, le matériau est constitué à la fois d’un polymère rigide et cassant et d’un polymère souple et extensible.

Exosuits souples

 De cette façon, le produit fini est à la fois souple et résistant. Dans des conditions de laboratoire, l’hydrogel a été immergé dans un bain de monomères. Il s’agit de substances le plus souvent organiques utilisées dans la synthèse des oligomères et des polymères. Ces liaisons moléculaires individuelles remplissent la même fonction dans le matériau imitant les muscles que les acides aminés dans les tissus vivants.

Lors des tests, l’hydrogel a agi un peu comme les muscles lors d’une séance d’entraînement. Il est devenu 1,5 fois plus solide, 23 fois plus rigide et son poids a augmenté de 86 %.

Selon Jian Ping Gong, ce procédé pourrait être utilisé pour concevoir des matériaux convenant à diverses applications, comme les exosuits souples pour les patients présentant des lésions osseuses qui deviennent plus résistantes à l’usage. D’autres usages moins pacifiques pourraient être envisagés.  En 2016, le laboratoire de biodesign de Harvard avait présenté son modèle d’exosquelette léger. Son Soft ExoSuit avait été développé dans le cadre d’un contrat de 2,9 millions de dollars avec la DARPA (programme Warrior Web).

Le RGPD : bientôt un « standard » mondial ?

Les principes du Règlement général sur la protection des données (RGPD) sont repris par de nombreux pays. « Aux États-Unis, tous les regards seront tournés vers la Californie avec son “California Consumer Privacy Act”, la loi la plus sévère (aux USA, Ndlr) en matière de protection de la vie privée. Cette loi amènera probablement d’autres États à adopter leurs propres lois dans ce domaine.  Par ailleurs, le NIST (National Institute of Standards and Technology) prépare un cadre de protection de la vie privée », explique Michael Magrath, directeur de la réglementation et des normes mondiales chez OneSpan (une entreprise spécialisée dans la signature électronique).

Le RGPD s’exporte aussi à l’Est avec la décision d’adéquation récemment adoptée par la Commission Européenne. Il s’agit d’’un des outils prévus par le règlement général sur la protection des données pour transférer des données à caractère personnel de l’UE vers des pays tiers.

Une meilleure définition des données sensibles

L’adéquation n’exige pas que le système de protection des données du pays tiers soit identique à celui de l’UE. Elle est basée sur le standard de l’équivalence essentielle. Pour que cet accord puisse être mis en œuvre, le Japon s’est engagé à introduire des garanties additionnelles dans ses règles de protection des données. Les données personnelles des Européens au Japon ne pourront être utilisées que dans des mesures « nécessaires et proportionnelles ».

Des garanties ont été définies afin de combler certaines différences entre les deux systèmes de protection des données. Par exemple, la définition japonaise des données sensibles a été élargie. L’exercice des droits individuels sera facilité et le transfert ultérieur des données des Européens du Japon vers un autre pays tiers sera soumis à un niveau de protection supérieur.

« Cette décision d’adéquation va créer le plus grand espace de flux de données sécurisées au monde », affirme Vera Jourova, la commissaire européenne à la Justice et aux Consommateurs. « Il permettra aux entreprises européennes d’avoir un accès privilégié à un marché de 127 millions de consommateurs. Cet accord servira de modèle pour les futurs partenariats et aidera à fixer des normes mondiales ».

Dans deux ans, les autorités des deux zones procéderont à une évaluation du système.

La Commission a adopté des décisions appropriées pour les pays et territoires suivants : Andorre, Argentine, Canada, États-Unis, îles Féroé, Guernesey, Israël, île de Man, Jersey, Nouvelle-Zélande, Suisse, Uruguay et États-Unis (bouclier de protection de la vie privée UE-USA).

Mais la décision d’adéquation du Japon est la première adoptée depuis l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données le 25 mai 2018.

Avec les États-Unis, il s’agit d’une décision d’adéquation « partielle ». En l’absence d’une loi générale sur la protection des données privées outre-Atlantique, seules les entreprises qui s’engagent à respecter les principes contraignants de protection de la vie privée bénéficient des transferts gratuits de données.

Techniques de l’Ingénieur partenaire d’Ingénieuses’19

Comme l’année dernière, Techniques de l’Ingénieur s’associe à la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) pour souligner le rôle des femmes dans le monde de l’ingénierie et les encourager à choisir les voies scientifiques et techniques.

L’opération Ingénieuses prend la forme d’un concours mettant en valeur différents parcours, expériences et projets menés par des femmes. L’objectif d’Ingénieuses est de susciter des vocations et de défendre des valeurs d’ouverture sociale, de diversité et d’égalité.

La neuvième édition du concours, qui a été officiellement lancée le 8 janvier 2019, est composée de plusieurs catégories :

  •  Les écoles d’ingénieur-e-s, pour présenter un projet répondant à un des objectifs de l’événement
  • Les élèves-ingénieures en formation au sein d’une école d’ingénieur-e-s (France et Maghreb), pour récompenser un parcours, une ambition, un investissement associatif
  • Les femmes ingénieures en activité, pour valoriser un parcours professionnel, des engagements et devenir ambassadrice de la profession d’ingénieur auprès de collégiennes.

Techniques de l’ingénieur étant un partenaire majeur d’Ingénieuses’19, nous vous invitons à rejoindre le concours. Vous pouvez télécharger les dossiers de candidature pour les différentes catégories du concours ici. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’événement, rendez vous directement sur le site de la CDEFI.

Prochainement, un jury composé d’experts se réunira et sélectionnera les nominé-e-s dans chaque catégorie. Techniques de l’Ingénieur annoncera ces nommé-e-s et vous tiendra informé à chaque nouvelle étape du concours.

Fabrication d’hydrogène combustible à partir de cyanobactéries

Un processus naturel détourné pour produire de l’hydrogène

Le soleil est une source d’énergie inépuisable qui est utilisée de façon récurrente dans la nature. La photosynthèse est ainsi un processus bioénergétique ancien, apparu il y a plus de 3,7 milliards d’années avec les bactéries sulfato-réductrices. Ce processus a ensuite évolué avec l’apparition des cyanobactéries, pour devenir la photosynthèse oxygénique, responsable de la création de notre atmosphère riche en oxygène.

Le mécanisme photochimique qui a lieu au sein de ces cyanobactéries (et autres membranes thylakoïdes) est appelé « schéma en Z de la photosynthèse ». Ce nom vient d’une représentation du transfert acyclique des électrons, depuis la molécule d’eau, en passant par deux ensembles formés par des protéines et des pigments (comme la chlorophylle), appelés « photosystèmes ».

Les travaux de l’équipe du docteur Lisa M. Utschig-Johnson consistaient ainsi à tester différents catalyseurs capables de « détourner » cette production d’électrons en production d’hydrogène gazeux.

Le mécanisme de réaction détourné est le suivant :

  • Les photons absorbés par le photosystème II (PSII) sont utilisés pour oxyder l’eau.
  • Les électrons produits sont absorbés par le photosystème I (PSI).
  • Le PSI transfère les électrons de la partie luminale vers la partie stromale de la membrane.
  • Le catalyseur détourne ces électrons pour produire du H2.
Schéma en Z du transfert des électrons dans les membranes thylakoïdes pour la production de H2 par photosynthèse

Rendement et modularité : les clés de l’industrialisation

L’équipe de chercheurs a ainsi prouvé que des cyanobactéries pouvaient produire du H2, en présence de soleil et de nanoparticules de platine agissant comme catalyseur. Mais pour être commercialisable, un tel système devra gagner en efficacité et être économiquement rentable. Dans ce but, ils ont également exploré d’autres pistes, en utilisant des catalyseurs organométalliques à base de Nickel (Diphosphine de nickel) et de Cobalt (Cobaloxime) qui ont la capacité de se fixer aux membranes par interaction hydrophobe.

Un pas de plus vers le développement durable

L’enjeu de la production d’hydrogène gazeux est bien entendu de l’utiliser comme combustible, ce qui permettrait de se passer des énergies fossiles, mais aussi d’éviter au passage la production de CO2. En outre, les cyanobactéries, tout comme les métaux de transition utilisables comme catalyseur, se trouvent en abondance sur terre. Une telle solution, si elle était industrialisée, pourrait ainsi alimenter les piles à combustible et résoudre le problème du stockage de H2 sous pression, un gaz hautement explosif et très volatil.

Note : Une membrane thylakoïde est une membrane sur laquelle se déroule la phase photochimique de la photosynthèse.

Source : https://pubs.rsc.org/en/Content/ArticleLanding/2018/SC/C8SC02841A#!divAbstract

Pour en savoir plus : https://rnbio.upmc.fr/physio_veg_photosynthese_11_PSI_1

Techniques de l’Ingénieur partenaire des JNI 2019

Les Journées Nationales de l’Ingénieur, organisées par l’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France), réunissent chaque année plus de 10 000 participants, entre étudiants, jeunes diplômés, professeurs, acteurs économiques, décideurs politiques et grand public dans une vingtaine des plus grandes villes de France.

Cette année, le thème qui animera les JNI 2019 sera : « Les ingénieurs en évolution : entre diversité et innovation ». Cette thématique devra encourager la communauté scientifique à intégrer les préoccupations sociales, environnementales et éthiques à leurs actions.

Ces journées ont plusieurs objectifs :

  • Rassembler les membres d’un métier qui comporte de multiples facettes
  • Encourager chacun à innover et entreprendre
  • Promouvoir les métiers des filières d’ingénieurs auprès du public et des décideurs
  • Valoriser les réalisations remarquables

A travers le territoire français, plusieurs événements seront organisés, afin de pouvoir échanger lors de tables rondes, conférences, colloques et visites d’entreprises. Comme depuis la première édition des JNI, Techniques de l’Ingénieur s’associe à l’IESF, afin de mettre en avant la capacité à innover et à faire progresser le pays des ingénieurs français.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les Journées Nationales de l’Ingénieur et assister à un des nombreux événements repartis sur le territoire, rendez-vous sur le site officiel des JNI 2019.

Le Portugal récompensé pour sa politique de transition énergétique

Le trophée des énergies renouvelables est habituellement décerné à une personnalité pour son engagement personnel. Pour la première fois, il est décerné à un pays. Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables justifie ce choix par le fait que le Portugal est un « pays exemplaire » dans la politique d’énergies renouvelables. Il faut dire que le pays est particulièrement ambitieux et en avance par rapport à ses voisins européens.

De plus en plus d’énergies renouvelables

La part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie primaire est passée de 19 % à 28 % entre 2004 et 2016. Le pays vise les 31 % dès 2020. Notons que le Portugal couvre déjà 53 % de sa consommation électrique grâce aux énergies renouvelables. En mars 2018, le pays avait particulièrement fait parler de lui. Il avait alors produit 103,6 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables, soit plus que sa consommation.

Le pays mise également sur l’innovation. Par exemple, le groupe Energias de Portugal (EDP) teste actuellement l’association d’un barrage hydroélectrique avec un parc solaire photovoltaïque flottant sur le réservoir d’Alto Rabagão. « Ce trophée reconnaît les efforts du gouvernement, des entreprises et des associations pour promouvoir les ENR », se félicite João Pedro Matos Fernandes, ministre de l’environnement et de la transition énergétique du Portugal.

Des objectifs ambitieux pour 2030 et 2050

Le Portugal a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 22 % depuis 2005. En 2017, les émissions de CO2 du pays étaient de 68 millions de tonnes. Depuis 2016, le pays ambitionne d’être neutre en carbone d’ici 2050. Il se dote ainsi d’un plan pour l’énergie et le climat à l’horizon 2030, aligné sur les recommandations du rapport du GIEC pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. D’ici 2030, cela implique de réduire les émissions du pays de 45 à 50 % d’ici 2030, contre un engagement européen de 40 %.

Les énergies renouvelables devraient couvrir 47 % de la consommation énergétique portugaise en 2030. La production d’électricité serait alors à 80 % d’origine renouvelable. « Au cours de la décennie prochaine, nous devons doubler la puissance installée pour atteindre ces objectifs », estime le ministre. Les capacités installées dans le pays passeraient alors de 11,8 gigawatts (GW) en 2015 à 28,8 GW. Une politique « ambitieuse, mais réaliste », considère João Pedro Matos Fernandes.

Le climat au secours des émissions de CO2 du secteur électrique

Un résultat essentiellement dû aux bonnes conditions climatiques qui ont boosté la production hydraulique et celle des autres énergies renouvelables (éolien et solaire) et ont fait régresser le recours aux capacités thermiques fossiles (charbon, fioul et gaz). Les barrages et hydraulique au fil de l’eau ont ainsi représenté 68,3 TWh en 2018 des 548,6 TWh (+3,7%) produits par l’ensemble du parc installé en France, contre 53,6 TWh l’année précédente, grâce à un excédent pluviométrique qui a atteint plus de 40% sur les cinq premiers mois de l’année. C’est ainsi la deuxième meilleure année de production hydraulique depuis 2007, après 2013. De même, à la fois grâce à la météo et au développement de nouvelles capacités installées en solaire (+873 MW) et en éolien (+1 558 MW), le solaire photovoltaïque progresse de 11,0 %, à 10,2 TWh tandis que l’éolien, uniquement terrestre pour l’heure, atteint les 27,8 TWh (+15,3%).

Le nucléaire a également retrouvé un niveau conforme aux attentes de l’exploitant EDF, avec +3,7% à 393,2 TWh sur l’année 2018, ajoutant ainsi 14 TWh au score de l’année 2017 particulièrement mauvais, à l’aune des arrêts imprévus de réacteurs nucléaires.

Dans le même temps, la consommation d’électricité étant quasi-stable, légèrement en retrait de 0,3% à 474 TWH, en données corrigées des variations saisonnières (météo et nombre de jours sur l’année), le recours aux centrales thermiques classiques (charbon, fioul et gaz) a reculé fortement. Alors qu’en 2016 et 2017, elles avaient été mises largement à contribution pour palier la défaillance du nucléaire et de l’hydraulicité, en 2018, la production du thermique dit classique recule de 26,8%. En 2018, les centrales au charbon, appelées à sortir du parc en 2022, selon le désir du gouvernement, ont délivré 40,3% d’électricité en moins, tandis que celles au fioul baissaient en production de 26,6% et que le recours au gaz régressait de 23,6%.

Des exportations au rendez-vous

Conséquence des mouvements sur la production, avec une consommation stable, la France a retrouvé en 2018 son leadership sur les exportations en Europe. Le pays a ainsi un solde positif net (exportations 86,3 TWh moins importations 26,1 TWh) de 60,2 TWh sur l’ensemble des frontières. Sur la zone incluant l’Allemagne et le Benelux, le pays est aussi à nouveau exportateur net, de 6,1 TWh. RTE signale également que les exportations dépendent largement des prix de marché sur la zone européenne. Ainsi si les exportations sont à la hausse cela signifie également que le prix moyen du courant sur le marché en France sur l’année a été inférieur à celui des pays voisins. Et même si ce prix a progressé de 5 euros par MWh par rapport à 2017, pour atteindre les 50,2 €/MWh.

Ce solde exportateur largement positif en volume sur l’année, rappelle RTE, n’indique pas une surcapacité de production en France. En effet, c’est aussi la capacité disponible au moment de pointe qui compte, insiste RTE, faisant remarquer que les 96,6 GW ont été atteints le 28 février 2018. C’est ainsi que le nombre de situations tendues sur le mécanisme d’ajustement, l’un des grands outils du maintien de l’équilibre offre-demande à tout moment (donc en MW et pas en MWh), a augmenté en 2018, et tout au long de l’année (pas seulement en hiver). La cause principale, selon RTE, des mouvements sociaux dans le parc de production, notamment charbon et fioul, avec les arrêts annoncés par les pouvoirs publics, et quelques contraintes environnementales. Une bonne démonstration, juge RTE, pour affirmer que, malgré les 133 GW installés à fin 2018, le système électrique français est à « l’optimum » et loin d’être surcapacitaire…

Challenge Industrie du futur : 4 conseils pour réussir sa candidature

Le 15 février, les candidatures au Challenge Industrie du Futur seront closes. Le concours à l’initiative des leaders mondiaux ArianeGroup, SKF et Atos, et en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur, encourage et récompense les startups qui innovent dans le monde de l’industrie. Les jeunes entreprises intéressées ont encore quelques jours pour postuler sur la plateforme Agorize.

Agorize est une plateforme de challenges d’open innovation qui connecte les grands groupes avec les startups et PME dans le but de favoriser l’entrepreneuriat. Elle organise entre 30 et 50 challenges par an, et a donc un point de vue expert sur les attentes des entreprises.

Afin d’aider les startups à déposer un dossier de qualité, Elodie Danilof, Communication Manager  et chargée des relations avec les startups chez Agorize, donne quatre conseils pour réussir sa candidature.

  1. S’assurer d’envoyer une candidature complète.
    Regardez bien quels sont les documents attendus car une candidature incomplète peut vite être écartée. Participer au Challenge vous prend peu de temps et peut vous apporter beaucoup en termes d’opportunités business donc soyez rigoureux.
  2. Envoyer des documents concis et précis.
    N’envoyez pas des présentations de 20 pages. Le jury doit pouvoir comprendre votre concept en quelques slides car il épluche un grand nombre de candidatures. Allez  à l’essentiel.
  3. Mettre en avant les valeurs ajoutées de la solution par rapport aux thématiques données.
    Plus les organisateurs voient que le candidat a essayé de personnaliser ses livrables, plus ils seront sensibles à la candidature.
  4. Envoyer des annexes visuelles
    Les annexes doivent être attractives et surtout permettre de bien comprendre le concept et/ou la solution proposés par la startup. N’hésitez pas à partager vidéos, site démo, mock ups, etc.

 

Vous êtes une startup intéressée par le monde de l’industrie ? Déposez vite votre candidature au Challenge Industrie du futur jusqu’au 15 février.

PPE : Le Gouvernement prêt à quelques concessions, le SER à l’offensive

Notamment interpellé par Jean-Louis Bal, le président du SER, sur le sujet du biogaz et de l’éolien en mer, deux énergies renouvelables avec le vent en poupe mais parmi les plus maltraitées dans la PPE actuelle, François de Rugy a concédé être prêt « à évoluer sur certains points » ; la concertation en cours pouvant servir comme plate-forme afin d’ajuster les propositions sur la table depuis le 28 janvier dernier.

Néanmoins, il a ajouté qu’« on ne peut pas se disperser à l’infini, surtout s’il y a un coût, cela entraînera un impact sur le budget. »

Sur le gaz renouvelable, ou biogaz, l’ambition fixée dans la PPE fin janvier dernier, est inférieure à celle prévue par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015. L’objectif fixé est de 7% de biogaz injecté dans le réseau, contre 10% prévus. Le ministre a indiqué que « , oui, le gaz renouvelable a un rôle à jouer, notamment pour éliminer le gaz naturel émetteur de CO2», néanmoins, « aujourd’hui, sa part est de à peine 1% dans le mix gazier. La PPE a peut-être une ambition en baisse en la matière, mais il faut être concret sur la question du coût et du prix, » a insisté François de Rugy. Sur le biogaz, la profession se fixe un objectif expliquant que les coûts vont baisser, mais « je constate aujourd’hui qu’à ce jour nous sommes autour de 90€/MWh, contre 20 €/MWH pour le gaz naturel importé. » Nous sommes favorables à une augmentation du prix du gaz fossile, via la taxe carbone, mais ce ne sera pas suffisant, il faut a minima un croisement des courbes, » juge le ministre. Néanmoins, il est prêt à en discuter avec son homologue de l’Agriculture, tout en rappelant que d’ores et déjà, avec un prix cible de 67 €/MWh à terme, cela signifie un coût pour la collectivité de 9 milliards d’euros.

Sur l’éolien offshore, le ministre a souligné que : « On l’a vu avec l’éolien offshore, si c’est trop cher, la tentation est de tout arrêter, at-il insisté, et cette tentation a existé. » « Tout mettre sur le budget du MTES a ses limites », a-t-il martelé.

Cependant, F. de Rugy a indiqué que si « les coûts sont maîtrisés » et « si cette tendance est affirmée, on pourrait revoir les volumes » contenus actuellement dans la PPE. Et le ministre de conclure : « le propre d’un syndicat (lire, le SER, ndlr) est de porter beaucoup de revendications, mais nous ne pouvons pas répondre à toutes, même si sur certains points, j’y suis prêt et nous y travaillons ensemble. »

Le SER toujours vent debout

Un discours loin d’avoir convaincu ses interlocuteurs du SER, comme l’a montrée la conférence de presse organisée en mi-journée, même si, a souligné J-L. Bal, la réponse du ministre montre une ouverture sur l’éolien en mer, contrairement au biogaz. Pour le biogaz, le président du SER reste confiant, rappelant que « nous avons des alliés dans le mode agricole et dans les régions maritimes ». « Le gouvernement doit donc revoir sa copie, en particulier sur l’éolien flottant. » D’autant qu’entre-temps, il y aura eu les résultats de l’appel d’offres en cours sur Dunkerque, a insisté Bruno Bensasson, PDG d’EDF Renouvelables et vice-président du SER.

J-L. Bal a en effet rappelé que « la PPE souhaitée par le SER pour l’éolien posé et flottant était de 1 000 MW/an, alors qu’actuellement la PPE tourne autour de 600 MW/an avec des années blanches ». Et d’insister : « avec les six parcs déjà engagés lors des deux premiers appels d’offres, cela représente pour la filière un potentiel d’emplois d’environ 15 000 personnes. « En outre, avec Dunkerque, on va tutoyer les prix du marché, et le tarif cible indiqué dans la PPE est de 70€/MWh. Il n’y a donc pas de raison de restreindre le volume sur l’éolien posé ! »

Le flottant est à un niveau d’émergence certes, « mais il va suivre la même courbe de progrès que le posé, martèle J-L. Bal, et on a besoin des volumes des appels d’offre et de prix cibles », sans attendre… au risque que l’avance actuelle de la France en la matière soit récupérée par d’autres à l’international…

Quant au biogaz, Alexandre Troesch, délégué général du SER, a rappelé que le prix de 67€/MWh, cible de la profession, est celui des appels d’offres que le SER appelle de ses vœux, et non le prix final potentiel de cette technologie. J-L. Bal a par ailleurs noté dans son propos introductif de la matinée que sur le dossier du gaz renouvelable, la PPE ne prenait « pas en compte les externalités positives », et la forte dynamique qui entoure ce sujet, qu’il serait dommageable de briser, alors que les acteurs sont mobilisés.

L’Autorité de sûreté nucléaire met en garde contre la perte de compétences

C’est le message le plus stratégique et le plus structurant pour le secteur, qu’a voulu faire passer le président de l’ASN. Il faut en effet « mobiliser l’ensemble du secteur nucléaire autour de la perte de compétences ». Non pas une perte de compétence liée à l’incapacité des ingénieurs et des designers à concevoir ou à exploiter des usines ou des réacteurs, mais des « difficultés industrielles » à faire réaliser des travaux basiques tels que les soudures, le génie civil, les interventions électro-mécaniques ou même des opérations de contrôles non-destructifs (sans prélèvement sur les équipements). Le président de l’ASN signale ainsi que les difficultés rencontrées lors de la construction du réacteur EPR à Flamanville-3 ou même lors de grands travaux majeurs, tels que le programme Grand Carenage d’EDF qui vise à améliorer les réacteurs du parc nucléaire pour leur permettre de dépasser les 40 ans de durée de vie, sont concernés par cette perte de compétences de base.

Lors de la séance de questions/réponses du 29 janvier 2019 à l’issue de la conférence de presse de l’ASN, son président a pris l’exemple de l’affaire des soudures sur le circuit principal de transfert de vapeur vers les turbines sur l’EPR de Flamanville 3 en construction. Il signale en effet que les contrôles non-destructifs réalisés sur les huit soudures, traversant l’enceinte de confinement, n’ont pas détecté la non-conformité aux exigences de haute qualité (dites d’exclusion de rupture) que s’est imposé l’opérateur EDF. Notamment, ces contrôles n’ont pas permis de détecter que l’une des soudure, située entre les deux enveloppes de béton composant l’enceinte de confinement (donc difficiles d’accès), présentait un défaut. Ce qui constitue, pour le président de l’ASN, ancien élève de l’Institut de soudure, la preuve d’une perte de compétence sérieuse qui mérite qu’on s’en préoccupe.

En ce qui concerne la résolution de ces « écarts » sur les soudures, il a ajouté que le groupe d’experts ad hoc sur les équipements sous pression auprès de l’ASN (constitué d’experts de l’industrie, du gouvernement, mais aussi d’ONG) serait consulté d’ici avril 2019 et que l’ASN rendrait sa décision finale en mai sur le programme proposé par EDF pour permettre la mise sous pression des équipements.

Cette perte de compétences a suscité un doute dans l’opinion publique sur la capacité du secteur à réaliser de nouvelles constructions et des projets de modernisation majeurs. Pour Doroszczuk, le secteur devait remédier à cette situation en améliorant la formation de la main-d’œuvre qualifiée, se félicitant sur ce point de la création en juin 2018 du groupe français de l’énergie nucléaire, ou GIFEN, qui commence à répondre à cette question.

Deux autres messages importants ont été délivrés par Doroszczuk. D’abord, la nécessaire anticipation dans le secteur et la cohérence de la filière. Il estime que l’ASN doit stimuler la cohérence du cycle du combustible, dans le cadre de la préparation du nouveau plan national de traitement des déchets et des matières nucléaires, ou PNGMDR, qui sera débattu cette année. Mais qui doit aussi être cohérent avec la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui vient d’être présentée le 25 janvier et ses implications pour le cycle nucléaire. Par exemple, a-t-il insisté, l’utilisation de MOX (mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium) dans le parc de 1 300 MW prendrait au moins dix ans, et cela doit donc être anticipé. Ensuite, il a insisté sur la nécessité pour les opérateurs de maintenir des marges de sécurité, dans le contexte de vieillissement des installations, mais aussi pour les constructions neuves, ajoutant que l’ASN serait attentif à ce sujet.

Londres veut se doter d' »escadrons de drones » après le Brexit

Lors d’un discours à Londres devant le centre de réflexion RoyalUnited Services Institute (RUSI), William Gavinson a estimé que la sortie de l’UE offrait au Royaume-Uni « la meilleure opportunité depuis 50 ans de redéfinir (son) rôle » sur la scène internationale.

« Nous devons être la nation vers laquelle les peuples se tournent que le monde a besoin de leadership », a-t-il affirmé.

Il a annoncé un plan d’investissement de 7 millions de livres (8 millions d’euros) dans des drones, visant à créer des escadrons « capables de tromper et de déborder les défenses aériennes ennemies », qui devraient être opérationnels « à la fin de l’année » 2019.

Il a également annoncé le déploiement de deux nouveaux navires militaires « polyvalents », pouvant assurer des missions « de guerre ou d’assistance », et le renforcement des capacités « cyber-offensives » grâce à une enveloppe de 65 millions de livres (74 millions d’euros).

Mais la rhétorique utilisée par le ministre a fait l’objet de critiques des partis d’opposition.

« L’idée que notre appartenance à l’UE nous impose des limites est une pure absurdité », a déclaré le député travailliste Chris Leslie. « En réalité, les dégâts économiques que laisse présager le Brexit affaibliront très rapidement nos forces » armées, a estimé cet europhile convaincu.

A moins de 50 jours du divorce avec l’UE, prévu le 29 mars, aucun accord n’a encore été conclu entre Londres et Bruxelles pour permettre un Brexit ordonné.

Enfin, Gavin Williamson a dévoilé que la première mission du nouveau porte-avion britannique, le HMS Queen Elizabeth, aura notamment lieu « en Méditerranée, au Moyen-Orient et dans la région pacifique ».

Cette affirmation, considérée comme une « provocation » à l’égard de la Chine par le parti libéral-démocrate, a été minimisée par les services de la Première ministre Theresa May.

« Les détails complets de ce déploiement seront approuvés par la Première ministre en temps voulu », a déclaré un porte-parole, qui a précisé que la première mission du navire aurait lieu en 2021.

« C’est à la Première ministre qu’il revient de prendre les décisions finales », a-t-il souligné.

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Brexit et science : les incertitudes minent les chercheurs

Pour ce qui est de la mobilité de courte durée, il n’y a désormais plus d’inquiétudes majeures. Du côté de l’Union européenne, pour des voyages de tourisme ou professionnels de moins de trois mois, cela semble acquis, les ressortissants britanniques n’auraient pas besoin de visas comme c’est le cas pour une soixantaine de pays tels que le Canada, l’Ukraine, le Japon etc. Mais l’UE attend tout de même une condition de réciprocité. La circulation pour les conférences ou le partage du travail ne semble donc pas compromise.

En outre, des deux côtés de la Manche, les autorités ont assuré que les citoyens vivants déjà sur place (Européens au Royaume-Uni et Britanniques en UE) pourront rester moyennant le paiement d’un droit modique. En UK, il a déjà été fixé à 65 livres. Côté européen, chaque pays décidera pour son territoire. Rien n’a encore été annoncé. Certaines universités britanniques ont d’ores et déjà décidé de payer pour leurs personnels. Et la plupart a commencé à mettre en place un service d’assistance pour l’immigration et les voyages pour leurs travailleurs européens.

Incertitudes pour les nouveaux émigrants

Le gouvernement britannique n’a pas caché qu’il souhaitait faire entrer les migrants européens sous le même statut que les migrants du reste du monde et voulait en profiter pour revoir entièrement sa politique de visas, notamment pour les « hauts potentiels ». Mais cette refonte demandera du temps. Aussi, il a promis que dans l’intervalle, les travailleurs et chercheurs européens qui voudraient émigrer en UK n’auraient pas besoin de visas. Mais, sans garantie formelle, les universités essayent d’embaucher au maximum avant la date fatidique du 29 mars. Dans l’autre sens, les incertitudes sont aussi très fortes. Les chercheurs britanniques devront demander des permis de travail dans les pays qu’ils visent et les réglementations varient selon les pays. Les délais d’obtention pouvant atteindre parfois plusieurs mois… Même si là aussi, la plupart des pays devraient rester très souples pendant un an ou deux vis-à-vis des ressortissants britanniques.

Reste la question de certains fonctionnaires européens comme les experts scientifiques britanniques qui travaillent au sein des institutions européennes comme le JRC (Joint Research Centre) qui conseille et émet des expertises pour mettre en place les politiques, les législations et les réglementations dans des domaines aussi divers que l’environnement ou l’émigration. Difficile pour l’Europe de s’en passer du jour au lendemain, mais avec certitude, ils devront à terme quitter leur emploi.

Les étudiants européens boudent la recherche britannique

Dans les universités du Royaume-Uni, le nombre d’étudiants de troisième cycle et de jeunes chercheurs en provenance des pays européens a chuté depuis l’annonce du Brexit, selon les dernières données de l’agence statistique de l’enseignement supérieur publiées le 17 janvier 2019.

Et la tendance semble se confirmer encore pour l’année 2018-2019 selon les estimations provisoires du Russell Group (l’association de plusieurs universités prestigieuses), voire même s’accentuer maintenant que les incertitudes liées au Brexit sont à leur comble. Une situation qui marquerait alors la fin d’une dizaine d’années de croissance qui a vu les étudiants de troisième cycle passer de 12700 à 15000 entre 2008 et 2016. Dans un article de Nature, Robertus de Bruin, un biologiste moléculaire de l’UCL (University College of London) témoignait ainsi que dans son groupe, les candidatures d’Européens avaient chuté de 90 % depuis 2015. Les acteurs de la recherche académique s’inquiètent. Tim Bradshaw, directeur exécutif du Russell Group expliquait ainsi que ces étudiants européens sont essentiels tant pour la recherche académique que dans l’industrie. « Nous les perdons deux fois : tout d’abord pour les recherches qu’ils ne mèneront plus chez nous et ensuite parce qu’ils risquent de prolonger leur carrière ailleurs que chez nous ».

Les incertitudes sur leur droit à l’immigration, leurs droits d’entrée dans les universités, la provenance et quantité des fonds alloués à la recherche en cas de Brexit dur sont désormais autant de freins à la venue des étudiants et chercheurs de l’UE au Royaume-Uni, qui préfèrent se tourner vers d’autres destinations européennes

Chercheur cherche alternatives

Dans un article paru dans Nature en septembre 2018, la chercheuse britannique Edith Heard, qui vit et travaille en France depuis plus de 10 ans à l’Institut Curie de Paris, exprimait bien l’état d’anxiété et de démoralisation du monde de la recherche. Comme nombre d’autres scientifiques britanniques sur le continent, qui ne sont plus sûrs de leur futur, elle essaye d’obtenir la double nationalité et a fait une demande de citoyenneté française. « Les scientifiques britanniques auxquels je parle cherchent à avoir une autre nationalité sur le continent ou y réfléchissent ». Et clairement, plusieurs témoignages illustrent que depuis le vote, les chercheurs britanniques n’arrivent plus à avoir un rôle proéminent dans les projets européens. Des deux côtés, on a peur que si le leadership est attribué à un Britannique, le projet n’aboutisse pas et n’accède pas aux fonds européens. Cette incertitude et cette anxiété sont déjà un frein à la science en général. Pas seulement pour le Royaume-Uni. Les témoignages affluent aussi de ceux qui, depuis deux ans, scrutent les opportunités d’emplois sur le continent. Ou en Irlande. Au sud. Là, où on est presque au Royaume-Uni et où on bénéficiera des facilités de l’UE. Même si les chercheurs irlandais, du Nord comme du Sud, s’interrogent plus que tout autre sur le fonctionnement des nombreux partenariats, partage de données, de personnels et de matériels construits depuis 20 ans entre les deux parties de l’île. Dans tous les cas, les cerveaux fuient. Le constat est sans appel. Et c’est une perte pour toute la communauté scientifique.

La synthèse des MOFs passe à l’ère industrielle

Les MOFs – metallic organic framework – présentent des capacités bien supérieures à celles des charbons actifs ou des zéolithes. Mais la plupart d’entre eux, en raison de leur structure hybride organique / inorganique sont instables. C’est l’un des obstacles majeurs à leur industrialisation ou à leur utilisation de manière courante. C’est pourquoi, les partenaires du projet ProDIA se sont intéressés plus particulièrement aux MOFs de la famille UiO-66 à base de zirconium. En effet, brevetés par le CNRS et l’Université d’Oslo, ils présentent une très bonne stabilité thermique, chimique et mécanique et ne posent pas de problème de toxicité. Les chercheurs ont réussi à trouver une voie de synthèse qui permet une production à l’échelle industrielle à des coûts raisonnables. Pour cela ils ont trouvé des matières premières facilement disponibles, à la fois sûres pour la production et non toxiques lors de la fabrication et de l’emploi. Le procédé final fourni des composés très purs en milieu aqueux, sans utilisation de solvants organiques et sans sels. C’est Axel’One, la plate-forme d’innovation collaborative dédiée au secteur chimie-environnement à Lyon, qui a validé le process de cette synthèse sur une ligne pilote préindustrielle. Le projet a permis de produire, avec un rendement de 95 %, un lot pilote de 150 kg d’une poudre cristalline qui peut être extrudée sous forme de pastilles sans perte de propriétés poreuses.

Des produits compétitifs

De ces recherches est née une start-up, MOFapps, qui commercialise maintenant des adsorbants MOFs à base de zirconium pour la purification de l’air, notamment sous forme de cartouches pour des masques de protection individuelle contre l’ammoniac. Ces cartouches présentent des temps d’utilisation doublés par rapports aux autres cartouches du marché.

Le second procédé proposé par ces chercheurs concerne la synthèse par atomisation du MOF « HKUST-1 », un MOF à base de cuivre. L’outil d’atomisation est un pilote, unique en Europe, hébergé par Axel’One : 10,5 mètres de hauteur, la possibilité de fonctionner en atmosphère contrôlée sous azote, il permet de pulvériser des gouttelettes du mélange des réactifs sous forme aqueuse à haute vitesse pour former et sécher dans un même temps le solide nanoporeux. Il a notamment permis la fabrication d’un premier lot de 30 kg de poudre de grande pureté en quelques heures avec un rendement supérieur à 95 %. Cet essai à l’échelle semi-industrielle permet, là encore, d’envisager une production de 300kg/jour en continu à un prix compétitif comparé aux zéolithes ou aux charbons actifs.