Le Soylent : la boisson du futur “au goût fade” pour remplacer tous les aliments

Pour gagner du temps et de l’argent, Rob Rhinehart, un développeur informatique américain, a conçu (au gré de “ses recherches autodidactes”) en 2013 une boisson nutritive destinée, selon lui, à remplacer les repas. Car manger, c’est connu, est une activité chronophage et coûteuse…

Le “Soylent” (référence au film de science-fiction “Soleil Vert”) est une boisson beige fabriquée à base d’une poudre nutritive, censée contenir tous les nutriments dont notre organisme a besoin. Déjà sur la table de nombre de travailleurs de la Silicon Valley qui n’ont pas le temps de manger à midi, ce substitut alimentaire a été testé par Rob Rhinehart lui-même, à la place de tout autre aliment.

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“Désintoxification” contre dépression

“Je ne m’étais jamais senti aussi bien. Je ne sais pas s’il y a une science de la désintoxification, mais c’est à peu près comme ça que je me suis senti. C’est comme si j’avais la gueule de bois depuis des années, et tout d’un coup, je ne l’avais plus. Il faut dire que mon alimentation était assez mauvaise avant”, raconte l’informaticien à The Atlantic.

En 2014, un journaliste américain, Brian Merchant, a tenté l’expérience pour Motherboard. Dans son documentaire, “comment j’ai cessé de manger pendant 30 jours« , il reconnaissait avoir perdu du poids en buvant cette boisson “au goût fade de crème sans sucre”, et ne jamais avoir eu faim… mais indiquait aussi s’être senti très fatigué, déconcentré, sans forces. Pire, il se serait senti déprimé (à force de manger “sans plaisir”), à cran, au point de connaître quelques accrochages avec sa femme.

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“Tous les composants nutritifs d’un régime équilibré”

Selon Rob Rhinehart, le Soylent pourrait être un substitut alimentaire de premier choix dans les pays du Sud, où la nourriture constitue le gros des dépenses, mais aussi dans les cuisines de “ceux qui ont peu de temps et qui n’ont pas le temps de réfléchir à ce qu’ils vont manger”. Son invention serait aussi la solution à la surpopulation galopante et à la faim dans le monde, promet l’ingénieur.

Et peu importe si les nutritionnistes pointent du doigt le manque de variété d’aliments ingérés : pour Rob Rhinehart, sa “boisson du futur” est sans danger pour la santé. Elle contient même “tous les composants nutritifs d’un régime équilibré”, avec 3 fois moins de calories.

Concrètement, le Soylent contient de la farine d’avoine, de la maltodextrine, des protéines de riz et de soja, de l’huile de colza, des fibres. Dans cette poudre (à dissoudre soi-même dans de l’eau, en utilisant un mixeur), “il y a tout ce dont on a besoin, des vitamines, les minéraux, les macronutriments comme les acides aminés, les hydrates de carbone et les lipides (huile d’olive et de tournesol), ainsi que les glucides (des oligosaccharides)”, expique Rob Rhinehart à VICE.

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Soylent 2.0

Mais le Soylent coûte tout de même un peu cher – 54 $ par mois. Alors l’informaticien a lancé durant l’été 2015 une version “2.0”, qui ne nécessite aucune préparation (“plus de blender bruyant”, garantit Rob Rhinehart), et qui coûte entre 29 et 34 $ par mois. Cette mixture prête à l’emploi, embouteillée, a une durée de vie d’un an, et n’a donc pas besoin d’être conservée au frigo.

Soylent 2.0: Use Less. Do More. from Soylent on Vimeo.

Selon Rob Rhinehart, une bouteille de Soylent 2.0 contient “20% des apports journaliers” en vitamines et en minéraux, avec “un indice glycémique bas et des ingrédients uniquement végétaliens”. Parmi ces ingrédients, on retrouve des protéines de soja.

La farine d’avoine et l’huile de tournesol de la version 1.0 ont cédé la place à de l’huile d’algue, et à de  l’isomaltulose, un sucre présent dans le miel – “ce qui permettra de réduire l’impact écologique de la production alimentaire”, et “d’aller vers un monde où la nutrition optimale est la nouvelle norme”, promet l’ingénieur. Mais à la différence de la poudre originelle, le Soylent 2.0 est considéré par Rob Rhinehart comme “un complément alimentaire, plus que comme un remplacement de repas”.

Par Fabien Soyez

Les réseaux bas débit veulent innerver l’Internet des objets

L’accélération des réseaux cellulaires qui nourrissent nos smartphones se compte elle-aussi en «G» : 1G, 2G, 3G, 4G et bientôt 5G. Cette cinquième génération annoncée pour 2020 promet un débit de l’ordre de plusieurs gigabits par seconde, histoire de satisfaire notre appétence pour des médias de plus en plus volumineux, vidéos en tête.

Mais tous les objets et appareils communicants, présents dans les bâtiments, les villes, les industries, n’en demandent pas tant. Pour la plupart, ces contributeurs de l’Internet des objets et du «Machine to machine» (M2M) n’ont besoin d’échanger que des petits messages, parfois juste un chiffre de temps à autre. Il s’agit d’un index de consommation, dans le cas d’un compteur d’eau ou de gaz, de coordonnées, d’une alerte, etc. Les réseaux évoqués plus haut sont souvent inadaptés car disproportionnés. A partir de 2012 se sont donc développées des nouvelles technologies qui combinent bas débit, grande autonomie, longue portée et faible coût. Elles sont regroupées sous l’acronyme LPWA (Low Power Wide Area) et surnommées «0G» ou «SIMless». La startup française Sigfox est l’une des plus emblématiques du secteur.

«Les réseaux cellulaires sont optimisés pour le haut débit, explique Thomas Nichols, responsable marketing de Sigfox. Le prix à payer, c’est la complexité. Par conséquent le silicium embarqué est cher à fabriquer. En outre, même si le réseau est désactivé sur un téléphone portable, il continue d’interroger le téléphone pour maintenir un lien. Ce sont des données inutiles qui consomment de l’énergie. Avec les réseaux longue portée, c’est l’objet qui se réveille et décide d’amorcer une communication.» Résultat : l’autonomie d’un objet fonctionnant sur batterie dépasse une dizaine d’années, ce qui répond à de nombreux besoins de l’industrie des services dont le smart metering (télérelève de compteurs). Un résultat hors d’atteinte du WiFi, qui épuiserait la même batterie en quelques jours.

Un débit de quelques centaines de bits par seconde

Quant à la question économique, équiper un produit d’un émetteur-récepteur LPWA revient à quelques euros, contre 10 à 20 euros pour une technologie de type GPRS qui nécessite en supplément une carte SIM. En ce qui concerne l’abonnement à l’année, l’écart est du même ordre de grandeur. Le réseau LPWA a l’avantage d’utiliser les bandes de fréquences ISM (industrielle, scientifique et médicale) à usage libre, qui ne requièrent pas de coûteuses licences d’exploitation. Ces bandes de fréquence sont multiples – le WiFi utilise celle à 2,4 GHz notamment – mais les communications LPWA sont essentiellement acheminées en 868 MHz en Europe (902 MHz aux Etats-Unis). A cette fréquence, la portée s’élève à plusieurs kilomètres en champ libre, moyennant un très faible débit : « celui du réseau Sigfox est fixé à 100 bits par seconde dans les pays européens et à 600 bits/s aux Etats-Unis» précise Thomas Nicholls. Un réseau dédié est bien entendu nécessaire mais la portée est telle que sa densité est relativement faible. Sigfox couvre par exemple 93 % du territoire français à l’aide de 1500 stations de base (ou antennes) seulement, chacune étant susceptible de prendre en charge un million d’objets, selon Thomas Nicholls.

Le réseau LPWA n’est pas unique car plusieurs approches coexistent : celle de Sigfox, à spectre étroit, et LoRa (pour Long Range), à spectre étalé, qui entre parenthèses est aussi d’origine française. Sigfox et l’alliance LoRa, qui regroupe entre autres Cisco, IBM, Sagemcom et Bouygues Telecom, ne manquent pas une occasion d’opposer leurs arguments. Ainsi, le réseau Sigfox est-il régulièrement accusé d’être monodirectionnel. Ce qui est faux, bien qu’un spectre étroit ne soit pas la panacée pour des communications bidirectionnelles. Mais un spectre étroit serait moins affecté par les interférences propres aux bandes ISM, à en croire Thomas Nicholls. Les querelles devraient se poursuivre à mesure que de nouveaux concurrents font irruption sur ce marché naissant : l’angevin Qowisio, qui exploite une technologie à spectre étroit, l’anglais Neul acquis l’an dernier par Huawei…

Ce n’est forcément la technologie elle-même qui est décisive, mais plutôt le modèle économique. Sigfox a pris de l’avance et se hâte de déployer son réseau un peu partout dans le monde. La société se positionne en tant que véritable opérateur et propose des forfaits de connexion par an et par objet. Les réseaux de type LoRa avaient une vocation plus privative jusqu’à présent. Illustration avec la start-up toulousaine Actility, qui vend du service d’efficacité énergétique aux industries en se basant sur des capteurs et son réseau LoRa. Mais la donne change puisque Bouygues Telecom a annoncé en mars dernier le lancement d’un réseau national LoRa dédié à l’Internet des objets. S’il fallait mesurer l’enjeu, la société d’études de marché Machina Research prévoit que les réseaux LPWA s’arrogeront 14% du total des communications M2M en 2024, dans un marché mondial qui pèsera 1600 milliards de dollars.

Par Frédéric Monflier

En combien de morceaux un ballon éclate-t-il ?

Sébastien Moulinet et Mokhtar Adda-Bedia du Laboratoire de physique statistique (CNRS/UPMC/ENS/Université Paris Diderot) viennent d’expliquer ce phénomène : lorsqu’une fissure se propage à la surface d’un ballon, si elle atteint une vitesse limite, elle se déstabilise et se sépare en deux nouvelles fissures. C’est par ce mécanisme de multiplication des fractures que le ballon vole en morceaux. Ces travaux, publiés dans Physical Review Letters, contribuent à une meilleure compréhension des phénomènes de fragmentation de matériaux soumis à des impacts ou à des explosions.

Le processus de fragmentation implique de grandes vitesses de déformation et des échelles de temps courtes entre la rupture initiale et la propagation des fissures. Ce processus se retrouve dans tous les types de matériaux, du verre aux métaux, en passant par les roches. L’explosion d’un ballon en caoutchouc étant simple à filmer au ralenti, il est un parfait modèle pour comprendre cette physique particulière de la fragmentation. Il présente deux régimes d’explosion : soit en deux parties distinctes quand il est peu tendu, soit en dizaines de morceaux sous forte tension.

Les physiciens Sébastien Moulinet et Mokhtar Adda-Bedia ont cherché à identifier et à décrire les conditions dans lesquelles chacun de ces mécanismes se produit. Plutôt que d’utiliser des ballons de baudruche, ils ont construit un dispositif dédié permettant de filmer, à des fréquences allant jusqu’à 60 000 images par seconde, l’explosion de feuilles de latex qu’ils gonflent comme des ballons.

Les chercheurs ont observé que tant que la membrane reste modérément tendue, une fracture unique se propage et coupe le ballon en deux. D’autre part, ils ont également observé que la vitesse à laquelle progresse la fissure croît avec la tension du ballon. Lors de l’explosion d’un ballon gonflé à son maximum, les fissures atteignent une vitesse limite à laquelle elles deviennent instables. Cette instabilité se traduit par la division successive des pointes de fissures qui forment ainsi un vaste réseau arborescent, initialement né d’une fracture unique. La vitesse limite à laquelle se produisent ces embranchements, d’environ 570 m/s, pourrait correspondre à la vitesse du son dans la membrane.

Bien que ces résultats partent d’un questionnement ludique, ils permettent une meilleure compréhension des phénomènes génériques de fragmentation de matériaux soumis à des impacts ou à des explosions. Les chercheurs espèrent ainsi contribuer à la mise au point de matériaux innovants dont les processus de fragmentation seront parfaitement maîtrisés.

Source : CNRS

Vols de données : un fléau pour les entreprises

Réseau wi-fi, objets connectés, imprimantes réseau, salariés travaillant avec leur propre ordinateur… Pour les pirates et les officines spécialisées dans l’espionnage économique, les multiples connexions des entreprises sont du pain béni. Ce sont autant de pistes pour récupérer des données.

Tout le monde a encore en mémoire les vols dont a été victime Orange l’année dernière. En mai 2014, l’opérateur téléphonique avait reconnu un nouveau vol de données personnelles chez quelque 1,3 million de clients et prospects, trois mois après une intrusion qui avait touché près de 800 000 d’entre eux. Quinze jours plus tard, c’était au tour d’eBay de reconnaître le piratage d’une de ses bases de données en février et début mars.

Or, ces piratages peuvent avoir un impact (en terme économique, mais aussi en terme d’image) sur les entreprises. Selon l’entreprise française CybelAngel, le coût moyen par employé d’une cyberattaque touchant une entreprise de grande taille s’élève à 324 €.

Cette situation inquiétante est confirmée par l’édition 2015 de l’étude annuelle « State of Data Security Intelligence » réalisée par le Ponemon Institute et parrainée par Informatica. 15 600 DSI et professionnels de la sécurité IT européens ont été interrogés. Résultat, 44 % des entreprises indiquent avoir été victimes d’un vol de données, qui aurait pu être évité, sur les douze derniers mois.

Un aveu de faiblesse, car 70 % des répondants reconnaissent que la mise en place de solutions permettant de détecter des fuites de données sensibles serait une solution efficace. Et bien sûr, c’est la faute aux autres ! La moitié des personnes interrogées estiment que les fuites sont dues à des erreurs commises par des intérimaires, des sous-traitants et des sociétés spécialisées dans la gestion des données (dans le Cloud).

C’est un peu vite oublier que la principale source de piratage et de vol de données se trouve à l’intérieur de l’entreprise elle-même. Très souvent, leur politique de sécurité n’est pas assez contraignante : contrôles des accès pas assez surveillés, absence de chiffrement des données, utilisation de solutions pas assez sécurisées, qu’il s’agisse de logiciels de messagerie, mais aussi des périphériques connectés.

Une autre étude de Ponemon Institute, menée l’été dernier auprès de plus de 2 000 professionnels internationaux de la sécurité, indique en effet que seulement « 44 % des personnes interrogées disent que les imprimantes connectées, pourtant tout aussi intelligentes que les PC, sont aujourd’hui couvertes par la politique de sécurité de leurs entreprises ».

Or, pour améliorer sa sécurité informatique, il est essentiel de récupérer des preuves du piratage pour connaître les techniques employées et les faiblesses du réseau informatique. Mais pour l’instant, très peu d’entreprises appliquent cette méthode connue par les spécialistes sous le terme de Forensic (techniques d’investigation et d’analyse de supports numériques).

« En France, la législation n’incite pas trop les entreprises à acquérir des preuves. Elles recherchent principalement des solutions de réponses à un incident ou permettant de détecter un piratage. Aux États-Unis, la collecte de preuves numériques s’est considérablement développée et démocratisée. Les lois obligent de plus en plus les entreprises à avoir recours à ce type d’investigations. Et c’est en train d’arriver en France », déclare Solal Jacob, président d’ArxSys, une entreprise française spécialisée dans le Forensic.

Par Philippe Richard

Qwant : une alternative européenne à Google

Les Gaulois aiment tenir tête aux empires. En matière de recherche sur le web, Qwant ambitionne de résister au rouleau compresseur de l’empire Google. Avec 93,5 % des requêtes effectuées en France (selon AT Internet) Google règne en maître dans la vie des internautes. La concurrence est très loin derrière avec Yahoo ! (2,6 %), Bing (2,4 %), Orange (0,4 %) et Ask (0,3 %).

Pour faire mieux que les concurrents et attaquer le marché européen avec des déclinaisons en différentes langues, Qwant bénéficie d’un nouvel actionnaire de poids. La Banque Européenne d’Investissement a en effet décidé d’investir environ 25 millions d’euros. Selon Qwant, « ce Financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative Horizon 2020 et notamment du Programme « InnovFin – financement européen de l’innovation » qui offre des produits sur mesure pour le financement de projets de recherche et d’innovation (R-I), menés par des entreprises de petite, moyenne et grande dimension et par les promoteurs d’infrastructures de recherche ». La BEI rejoint ainsi le second actionnaire de Qwant, Axel Springer. En 2014, le groupe allemand avait décidé de prendre une participation de 20 % dans la start-up en y injectant cinq millions d’euros.

A cette époque, Eric Leandri expliquait que l’accord avec le Groupe Springer représentait « un super tremplin pour l’international. Cet important groupe allemand connait très bien les médias, l’Internet, les droits d’auteurs et il a un grand respect de la presse. Nous allons leur apporter nos compétences en sécurité informatique, en recherche… ».

« Tenter de faire la même chose que Google est un échec assuré »

Fondé en 2011 par Jean Manuel Rozan et Eric Leandri et officiellement lancé en 2013, Qwant est devenu aujourd’hui une sérieuse alternative à Google et aux autres moteurs de recherche américains. Avec un mot d’ordre : le respect de la vie privée des internautes. A la différence des géants du Web, l’Européen ne récolte pas de données sur les requêtes et la navigation des particuliers et des professionnels. Autre point fort : il assure la neutralité des résultats de recherche. Le principal reproche formulé par de nombreux sites à l’égard de Google est que ce dernier ne se prive pas de mettre en avant ses autres services comme Google Shopping.

« Tenter de faire la même chose que Google est un échec assuré. Avec Qwant, les internautes peuvent trouver des informations publiées sur des réseaux sociaux qu’ils n’auraient pas découvertes avec un moteur de recherche classique. Nous ne disons pas que nous fournissons des résultats plus pertinents que ceux de Google par exemple. Mais nous fournissons, grâce à notre interface, plus d’informations qui proviennent de différentes sources. Cela permet à l’internaute d’ouvrir ses options de recherche et d’être plus efficace », insiste Eric Leandri.
Annoncé lors d’une conférence franco-allemande sur le numérique, ce financement « démontre que les acteurs français, allemands et européens considèrent que Qwant a une place à prendre dans le panorama numérique européen. Cela ne fait pas de Qwant un succès planétaire en soi, nous en sommes bien conscients, mais c’est un signal très encourageant et cela va nous aider à grandir », a expliqué Eric Leandri.

Mais la route est encore longue avant que Qwant n’inquiète le géant Google. L’Européen revendique 6,1 millions de visiteurs uniques en septembre 2015 et se place à la porte des 5000 premiers sites les plus visités au monde.
Il faut espérer qu’il n’ait pas le même sort que Quaero. Présenté à l’époque comme l’Airbus du numérique, ce moteur de recherche réunissait entre autres Thales, Thomson, Deutsche Telekom et France Télécom. Malgré 198 millions d’euros de fonds, dont une large part de subventions, Quaero n’a jamais percé. Mais sa R&D a néanmoins été bénéfique à l’Europe.

Par Philippe Richard

Bacillus F, la bactérie qui aide à vivre plus longtemps

Responsable du département de géo-cryologie (l’étude des sols éternellement gelés des zones froides) de l’Université d’État de Moscou, Anatoli Brouchkov a isolé une bactérie vieille de plusieurs millions d’années, « Bacillus F », et l’a testée sur des souris et des mouches. Puis il a décidé de se l’inoculer lui-même. Afin de “vivre plus longtemps”.

Selon le chercheur, la bactérie serait bénéfique pour l’organisme sur de nombreux points, donnant une meilleure fertilité et une plus grande longévité. Brouchkov serait dorénavant capable de « travailler plus longtemps », et n’aurait plus eu de grippe « depuis 2 ans », indique-t-il  au Siberian Times.

“Il y a peut-être des effets secondaires”

Inoculer ‎la Bacillus F ne serait en outre pas dangereux, la bactérie se trouvant déjà dans l’eau consommée par l’homme. Toutefois, le scientifique reconnaît que son expérience n’était pas « scientifique », mais personnelle, réalisée sans observateurs. Et qu’une étude rigoureuse menée en laboratoire reste à mener.

Au Siberian Times,‎ Anatoli Brouchkov explique qu’il ‎y a « peut-être des effets secondaires ». Mais il indique, avec espoir, qu’il doit sûrement « exister des équipements médicaux pour les repérer ».

La bactérie anti-vieillissement Bacillus F avait déjà été examinée, mais pas vraiment en profondeur, par l’Académie russe des sciences, en 2012. L’expérience avait été menée ‎en laboratoire, et testée sur  des souris. Selon les scientifiques de l’époque, le vieillissement des cobayes aurait été ralenti et le métabolisme, augmenté.

Par Fabien Soyez

Qualité de l’air intérieur : étiquetage pour les produits d’ameublement

Depuis 2013, l’étiquetage des produits de construction et de décoration vendus en France est devenu obligatoire et le 3ème plan National Santé Environnement prévoit l’extension de cette mesure aux produits d’ameublement. Dans ce cadre, l’Anses a été saisie par les ministères en charge de la santé et de l’écologie afin d’identifier puis de sélectionner une liste de substances chimiques prioritaires. L’Anses publie ce jour la liste de 31 substances qu’elle juge prioritaires en vue d’appuyer les pouvoirs publics dans la mise en œuvre future de l’étiquetage des produits d’ameublement relatifs aux polluants volatils.

Les matériaux de construction, les produits de décoration et les produits d’ameublement sont régulièrement cités comme des sources de pollution des environnements intérieurs du fait de leurs émissions en polluants volatils, voire semi-volatils. L’article L. 221-10 du Code de l’Environnement prévoit que les produits de construction et d’ameublement soient soumis à une obligation d’étiquetage des polluants volatils.

En 2009, l’Agence a proposé une procédure de qualification des émissions de composés organiques volatils (COV) issues des produits de construction et de décoration.

A la suite de ces travaux, et depuis le 1erseptembre 2013, l’étiquetage des produits de construction et de décoration vendus en France est devenu obligatoire en application du Code de l’Environnement.

Limiter les expositions aux substances émises par les meubles

Le Plan de la qualité de l’air intérieur (2013), repris dans l’action 49 du Plan national santé environnement 3 (PNSE 3) (2015-2019), préconise de développer l’étiquetage pour les produits susceptibles d’émettre des polluants dans l’air intérieur, intégrant les produits d’ameublement. Dans l’attente de l’entrée en vigueur de l’étiquetage obligatoire à l’horizon 2020, »un accord volontaire pourrait être négocié avec les fabricants et distributeurs de meubles, les principaux metteurs sur le marché du mobilier de bureau pour les institutions publiques […] et les collectivités, avec comme objectif que 80 % des meubles pour enfants soient étiquetés ».

Dans ce contexte, l’Agence a été saisie par les ministères en charge de la santé et de l’écologie afin d’identifier et de sélectionner une liste de substances chimiques prioritaires dans le cadre de la mise en place future d’un étiquetage des produits d’ameublement.

Une exposition à de multiples substances, 31 considérées comme prioritaires

Les produits d’ameublement sont constitués de multiples matériaux qui peuvent être traités, décorés ou protégés. Ils peuvent émettre de multiples substances volatiles ou semi-volatiles auxquelles peut être exposée la population générale.

Sur la base de la dangerosité des substances et de leur possibilité d’être émises par des produits d’ameublement, 41 substances ont été identifiées comme substances d’intérêt, dont 31 prioritaires. Ces substances sont toutes classées cancérogènes, mutagènes et/ou reprotoxiques par le Règlement (CE) no1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges (CLP), et/ou ont été classées cancérogènes des groupes 1, 2A ou 2B selon la classification proposée par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC).

Par ailleurs, parmi ces 31 substances, 21 d’ores et déjà mesurables par la norme ISO 16000 utilisée dans le cadre de la procédure d’étiquetage des produits de construction et de décoration, ont fait l’objet d’une proposition de concentrations limites d’intérêt (CLI), dont l’objectif est de prévenir la survenue d’effets sanitaires lors d’une exposition à long terme, qui devrait permettre d’appuyer les décideurs sur les mesures de gestion à mettre en place.

Les recommandations de l’Agence

Au vu de la présence potentielle de substances classées cancérogènes, mutagènes, et/ou reprotoxiques à l’émission des produits d’ameublement, l’Agence souligne la nécessité notamment :

de limiter l’exposition de la population à ces substances et de tendre à terme vers une interdiction de ces substances à l’émission, dans l’objectif d’éviter la mise sur le marché de tout produit d’ameublement pouvant induire une exposition à ces polluants, quelle qu’en soit la concentration ;

d’assurer la traçabilité des substances présentes dans les produits d’ameublement, des fabricants jusqu’aux distributeurs, en se dotant d’outils permettant de recenser les substances entrant dans la composition des produits et celles qui sont émises ;

de faire évoluer les méthodes de prélèvement et d’analyse afin d’améliorer leur performance en termes de niveaux de détection et de représentativité (répartition entre la phase gazeuse et la phase particulaire) ;

Enfin, l’Anses rappelle l’intérêt d’étudier de façon complémentaire les émissions en polluants issus de l’ensemble des produits de consommation (produits désodorisants tels que bougies parfumées, encens et autres masquant d’odeurs, produits d’entretien) en vue d’un futur étiquetage de ces produits, comme le prévoit le Plan d’action sur la qualité de l’air intérieur (2013), intégré au Plan national Santé-Environnement de 2015-2019 (PNSE 3).

Source : anses

Qui va construire le train futuriste Hyperloop ?

Elon Musk, le fondateur et dirigeant de Tesla Motors et SpaceX a beau mener trente-six vies en parallèle… Il a ses limites, comme tout le monde. Aussi, lorsqu’il lance le projet de train Hyperloop en 2013, il le lance sur la « place publique », pour que ceux qui le souhaitent se l’approprient et le développent pour lui.

Deux ans plus tard, deux sociétés se sont accaparées les plans d’Elon Musk et oeuvrent à sa réalisation. Il s’agit d’Hyperloop Transportation Technologies (HTT) et d’Hyperloop Technologies. Deux sociétés bien distinctes malgré un nom très analogue qui, il faut le reconnaître, pourrait générer une certaine confusion.

Dirk Ahlborn, est à la tête d’Hyperloop Transportation Technologies – qu’il a d’ailleurs fondé. Cet américain a mis en place un système de travail unique en son genre. Grâce au site participatif JumpStartFund, il a attiré dans son giron des collaborateurs volontaires de tous horizons (étudiants, professeurs, ingénieurs de Boeing, du CERN, d’Airbus, de la NASA, de Tesla) qui se sont engagés à fournir au moins dix heures de travail, sur leur temps libre, pour réfléchir aux différentes problématiques liées à la concrétisation d’Hyperloop et faire avancer les choses. Ces travailleurs bénévoles des quatre coins du monde seraient environ 450 aujourd’hui. Et si l’argent n’est pas leur motivation – ils n’en touchent pas actuellement – ils se verront attribuer des stock-options qui pourraient s’avérer très fructueuses un jour prochain.

Cet aspect collaboratif a beau surprendre, HTT avance. La prochaine étape consiste en la réalisation d’une piste de 8 kilomètres pour l’Hyperloop, au sein de la future ville éco-technologique Quay Valley, située entre San Francisco et Los Angeles. HTT aurait déjà l’autorisation à défaut d’avoir obtenu complètement les fonds nécessaires. Entre 100 et 150 millions de dollars sont espérés d’ici au début 2016. Période à laquelle Dick Ahlborn escompte d’ailleurs démarrer les travaux.

L’un des objectifs de la société HTT, avoué, est de faire rentrer des bénéfices. Là où certains y voient un moyen de transport futuriste capable d’atteindre plus de 1 000 kilomètres par heure, Dirk Ahlborn, lui, y voit un business. De ses propres mots, l’homme d’affaires souhaite concevoir un service rentable : « pour la première fois, un moyen de transport va produire de l’énergie, donc des revenus ». Les panneaux photovoltaïques installés à la surface du tunnel devraient en effet produire plus d’énergie que l’hyperloop n’en aurait besoin. Cela sera un avantage pour les pouvoirs publics ainsi que pour les usagers qui auront plus de chance d’avoir un transport bien entretenu. Dans le futur, Dick Ahlborn pourrait voguer vers les mégalopoles asiatiques pour offrir ses services.

La seconde start-up, Hyperloop Technologies, fondée par Shervin Pishevar, opte pour une approche plus traditionnelle. C’est-à-dire qu’une équipe composée d’une trentaine de permanents planche sur l’élaboration d’un prototype de capsule qu’il veut tester en juin 2016 à Hawthorne. Lieu qu’à choisi SpaceX pour construire un premier tronçon d’1,2 kilomètres pour effectuer les tests grandeur nature mais surtout challenger les candidats. Arrivée bien plus tard dans la compétition, nous avons moins entendu parler d’Hyperloop Technologies mais il nous tarde d’avoir davantage de ses nouvelles.

Par Sébastien Tribot

De forts champs magnétiques cachés au coeur des étoiles

En étudiant les ondes générées à la surface de centaines d’étoiles géantes rouges, les scientifiques ont pu sonder l’intérieur des astres et reconstituer leurs structures (c’est le principe de l’astérosismologie), caractérisant en particulier les phénomènes magnétiques internes. Ils ont pu découvrir ainsi l’existence d’un champ magnétique interne jusqu’à 10 millions de fois plus élevé que celui généré au coeur de la Terre. Ces résultats permettront aux chercheurs de mieux comprendre l’évolution des étoiles où le champ magnétique joue un rôle fondamental. Ils sont publiés dans Science le 23 octobre 2015.

Les géantes rouges sont des étoiles plus âgées et plus grosses que notre Soleil. Les mouvements convectifs agitant leurs régions externes génèrent des ondes sonores qui interagissent avec des « ondes de gravité », lesquelles pénètrent profondément dans les coeurs stellaires. De forts champs magnétiques peuvent perturber la propagation des ondes de gravité, qui restent alors piégées dans les couches internes de l’étoile selon un phénomène d’« effet de serre magnétique ». Étudier les caractéristiques des ondes permet ainsi de reconstituer les propriétés magnétiques de l’intérieur de l’étoile.

Jusqu’à présent, les astrophysiciens ne pouvaient étudier que les champs magnétiques de la surface des étoiles et devaient recourir aux supercalculateurs pour tenter de simuler le champ magnétique interne et les comportements magnétiques sous-jacents. « Le champ magnétique interne de ces étoiles était totalement inconnu. Grâce aux mesures du satellite Kepler2, nous venons d’ouvrir une nouvelle fenêtre sur le comportement magnétique dans le coeur des étoiles », explique Rafael García, chercheur au service d’Astrophysique du CEA-Irfu (Saclay), qui a participé à toutes les analyses sismiques de l’étude.

Les travaux qui viennent d’être publiés ont mis en évidence que le champ magnétique à l’intérieur des étoiles géantes rouges peut atteindre des valeurs 10 millions de fois plus importantes que celle du champ magnétique terrestre.

Bien qu’il s’agisse d’une technique d’observation indirecte des champs magnétiques internes, cette approche devrait à terme permettre de clore le débat animant la communauté scientifique sur l’origine des champs magnétiques intenses observés à la surface de certaines naines blanches et étoiles à neutrons, des corps stellaires qui se forment après la mort d’une étoile.

Source : CNRS (http://www2.cnrs.fr/presse/communique/4275.htm)

COP21 : les 100 milliards de dollars de la discorde

La plupart des pays en développement qui ont rendu leurs contributions pour la COP21 qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain conditionnent une partie ou la totalité de leurs engagements  à l’existence d’un mécanisme de solidarité, notamment la consolidation des 100 milliards de dollars promis lors du sommet de Copenhague.

Où en est-on des financements?

L’OCDE a fait le point sur les questions de financement climatiques. Elle estime à 62 milliards de dollars en 2014 les financements climat publics et privés existants, en hausse de 10 milliards de dollars par rapport à 2013. « Les financements publics bilatéraux et multilatéraux ont représenté plus de 70 % des apports durant la période 2013-14, tandis que les financements privés mobilisés ont représenté plus de 25 % et les crédits à l’exportation, la part restante », fait savoir l’OCDE. Il reste donc 38 milliards de dollars à trouver.

Plus des trois quarts du total estimé des financements climatiques ont soutenu des activités d’atténuation, un sixième environ a été consacré à l’adaptation et une faible proportion a appuyé les deux objectifs. Pour la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNHNH), « les financements climat publics devraient être constitués dans une plus grande proportion de subventions pour pouvoir financer ladaptation des pays les plus vulnérables » et « les financements publics manquants ne devront pas provenir du transfert de budgets existants sur d’autres enjeux de l’aide publique au développement ».

Où trouver les milliards manquants ?

Plusieurs pistes portant sur de nouveaux mécanismes financiers sont à l’étude, en particulier la mise en place d’une taxe sur les transactions financières (TTF). 11 pays européens – l’Autriche, la Belgique, l’Estonie, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, et l’Espagne – travaillent sur cette question. Ils représentent environ 90 % du PIB de la zone euro. La Commission européenne a estimé que cette TTF pourrait rapporter annuellement au sein de ces 11 pays entre 24 et 30 milliards d’euros, dont 6 à 10 milliards d’euros en France. La majeure partie de cette taxe serait affectée à la lutte contre le changement climatique, ainsi qu’à la lutte contre les pandémies (sida, paludisme, tuberculose…).

Les ONG proposent aussi de taxer la pollution des transports maritimes et aériens internationaux. Ces deux secteurs bénéficient en effet d’exemptions particulières dans le cadre du Protocole de Kyoto, alors qu’ils sont fortement émetteurs de GES. Plusieurs acteurs proposent également de mettre fin aux subventions aux énergies fossiles. Selon le Fonds Monétaire International (FMI), ces subventions s’élèvent à 4740 milliards d’euros par an dans le monde, soit 6,5 % du PIB mondial. L’institution financière estime que leur suppression permettrait de réduire de 20 % les émissions mondiales de GES, et permettraient aussi de révolutionner le monde de l’énergie en finançant pleinement l’adaptation au changement climatique de tous les pays en développement.

Longue requête des écologistes, la création d’une taxe carbone mondiale semble avoir été évacuée des négociations. Malgré son efficacité pour se détourner des énergies fossiles les plus polluantes et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, elle ne sera pas à l’agenda de la COP 21.

100 milliards de dollars, est-ce suffisant?

Selon les estimations de la FNHNH, sur la base de 39 pays qui ont chiffré leur besoin, les 100 milliards de dollars couvriront un peu moins de la moitié des besoins d’investissements identifiés nécessaires aux pays en voie développement (PVD) et aux pays les moins avancés (PMA). « Le reste devra provenir d’investissements nationaux, d’investissements du secteur privé non comptés dans les 100 milliards ou provenant d’autres pays du Sud, comme la Chine », estime la Fondation. Il faudra donc que les contributions financières soient réévaluées, « par exemple tous les cinq ans », propose la FNHNH.

100 milliards de dollars, cela ne représent que 0,2 % du PIB des pays de l’Annexe 1 de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Mais les investissements qu’ils rendront possibles dans les PVD et PMA représentent en moyenne 8 % du PIB actuel des 39 pays qui ont chiffré leurs besoins, selon les calculs de la FNHNH. On comprend mieux que les pays en développement conditionnent leurs engagements au versement de ces aides.

par Matthieu Combe

ArtCOP21 : la culture au secours du climat à Paris

Plus de 100 institutions culturelles ont inscrit l’un des 294 évènements déjà prévus à l’agenda ArtCOP21. « Imaginé comme une plateforme qui stimule et encourage la mobilisation des artistes et des acteurs culturels sur les enjeux climatiques, ArtCOP21 programme des actions et relaie les meilleurs initiatives culturelles engagées autour de la COP21 », expliquent les associations COAL et Cape Farewell, à l’initiative du projet.

Lors de la COP21, des oeuvres seront installées sur les lieux officiels des négociations, mais aussi partout dans Paris, pour sensibiliser les citoyens. Les institutions culturelles, les artistes et de simples citoyens bouillonnent d’initiatives pour faire de la COP21 un moment culturel capital.

Les temps forts d’ArtCOP21

Trois rencontres décisives sont inscrites à l’agenda d’ArtCOP21 d’ici décembre. La Conférence des Parties Créatives réunira de grands artistes et intellectuels du monde entier à la Gaîté lyrique, du 1er au 11 décembre, afin de développer « l’imaginaire d’un monde possible, positif et durable ». En parallèle se dérouleront les quartiers généraux de la culture à la Gaîté lyrique. Au menu : rencontres, débats, projections, concerts, jeux vidéo sur le climat, ateliers, brunchs… « pour échanger, se rencontrer et réfléchir ensemble aux grands enjeux culturels du climat et de l’écologie ». Les 3 et 4 décembre, un atelier professionnel à la Gaîté lyrique réunira les acteurs culturels et du développement durable pour favoriser l’intégration du développement durable et de ses enjeux dans le secteur culturel.

Rien qu’à Paris, une centaine d’évènements sont inscrits à l’agenda d’ArtCOP21. Ils sont à découvrir au Centre Pompidou, au Musée de l’Homme, à la Gaîté Lyrique, à la Fondation Cartier, au Musée de la Chasse et de la Nature, à l’Institut Culturel Suédois, au 104, à Universcience, au Museum national d’Histoire naturelle, sur les Berges de la Seine, au Grand Palais, à la Sorbonne, à la Tour Eiffel, dans les grandes gares parisiennes, etc.

L’association COAL Art et Écologie et l’agence LEMOAL&LEMOAL Architectes a développé la COPBox qui permet à tout citoyen d’enregistrer un message vidéo personnalisé destiné aux négociateurs de la COP21. Elle s’installera sur la place du Village de la Société Civile du Bourget prendant toute la COP21 et auparavant dans une dizaine de lieux d’Île-de-France.  

par Matthieu Combe

> Retrouvez l’ensemble des programmations près de chez vous jusqu’en décembre sur http://artcop21.com.

La trajectoire des 2°C mise à mal !

En amont de la COP-21, les Etats-Parties doivent publier leur contribution nationale (INDC), qui présente les plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) à partir de 2020 et éventuellement un programme d’adaptation au changement climatique. Seules des lignes directrices souples et non contraignantes ont été fixées lors de la COP-20, ce qui fait que les INDC rendues par les pays sont très différentes.

Par exemple, les INDC peuvent comprendre un objectif de réduction en pourcentage d’émissions totales par rapport à une année de référence (1990, 2000, 2005 ou bien par rapport au scénario tendanciel à l’horizon temporel visé), ou en réduction de GES par unité de PIB. L’échéance est soit 2025, soit 2030. Les objectifs peuvent concerner les les 6 GES du Protocole de Kyoto, les 7 GES du Protocole de Kyoto 2, ou seulement 3 GES (CO2, CH4 et N2O). Les pays peuvent recourir aux mécanismes de flexibilité créés par le Protocole de Kyoto, à savoir les mécanismes de développement propres ou des crédits d’émission internationaux, intégrer ou non les forêts de leur territoire comme puits de carbone. Ces contributions sont publiques et disponibles au fur et à mesure de leur publication sur un site internet.

Ce manque d’homogénéité rend difficile leur comparaison. Néanmoins, un rapport de synthèse mesurant l’ambition de toutes les contributions rendues avant le 1er octobre sera publié le 1er novembre prochain par le Secrétariat de la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). En attendant, des ONG comme la Fondation Nicolas Hulot, avec son thermomètre des engagements, réalisent régulièrement des points d’étapes sur le niveau d’engagement des différents Etats.

Des INDC insuffisantes pour limiter le réchauffement à 2°C

Au 9 octobre, date du dernier thermomètre réalisé par la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme (FNHNH), 148 pays sur les 195 pays ayant signé la CCNUCC avaient rendu leurs contribution nationale. Ces 148 pays représentent plus de 85 % des émissions mondiales de GES en 2012.

En analysant ces contributions et en estimant les contributions attendues à partir des premières informations disponibles, la FNHNH estime que les émissions de GES mondiales atteindront 60 gigatonnes de CO2 équivalent (GTe CO2) en 2030. « Plusieurs gros émetteurs, notamment l’Inde et la Chine ont rendu des INDC avec des hypothèses de croissance très optimistes et des objectifs de réduction de leurs émissions inférieurs à ce qu’ils pourraient atteindre avec les politiques déjà mises en place, analyse néanmoins la Fondation. Des hypothèses plus réalistes sur ces deux pays conduiraient à 56 GTe CO2 en 2030 ». La décarbonisation de l’économie tant prônée par les Etats sera malgré tout que relative dans la trajectoire actuelle. La future croissance mondiale s’accompagnera inévitablement d’une hausse globale des émissions de GES.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), pour avoir 2 chances sur 3 de limiter le réchauffement climatique à +2°C en 2100, les émissions mondiales de GES doivent être comprises entre 30 et 50 GteCO2/an en 2030, avec une valeur moyenne de 40 GteCO2/an. En 2010, les émissions mondiales étaient de 49 GTe CO2. Les INDC actuellement transmises ne sont donc pas en adéquation l’objectif des pays du G7 d’atteindre « le haut de la fourchette » préconisée par le GIEC. Ce surplus d’émission compris entre 6 et 26 GTe CO2/an en 2030 pour limiter le réchauffement est « non négligeable puisqu’il nous met sur la route d’une hausse des températures de 3 voire 4°C » en 2100, estime la FNHNH.

Quel budget CO2 est disponible par habitant ?

Dans les scénarios du GIEC, avec 8,4 milliards d’humains en 2030, chaque individu devra émettre au maximum entre 3,6 et 5,9 tonnes équivalent CO2 par an (moyenne de 4,8 teCO2/hab) pour limiter le réchauffement climatique à 2°C en 2100. Les trajectoires actuelles ne nous parviennent pas de parvenir à ces chiffres. « Les engagements des 148 pays correspondent à une augmentation de 22 % du total de leurs émissions à l’horizon 2030 [par rapport à 2010], relève la FNHNH. Pour ces pays, cela amène à des émissions d’environ 7,2 teCO2/habitant. »

Néanmoins, les contributions actuelles sont d’ambitions diverses. Elles vont de 1,1 teCO2 /habitant pour l’Ethiopie à 16 teCO2/habitant pour l’Australie en 2030. Tous les pays du G20 (sauf l’Union européenne, le Mexique et le Brésil) ont des engagements insuffisants « puisque leurs engagements les mènent vers des émissions supérieures à 6 teqCo2/habitant voir 10 teCO2/hab pour certains », prévoit la FNHN qui « appelle les pays les plus émetteurs du G20 à montrer l’exemple et à rehausser dès maintenant, leurs engagements de 10 à 15 points afin de respecter l’objectif adopté à Copenhague par les 195 Etats signataires de limiter la hausse des températures à 2°C ».

Parmi les pays en voie de développement ayant rendu leur contribution, 28 se sont engagés à avoir des émissions par habitant inférieures à 2 tonnes équivalent CO2 par habitant en 2030, dont le Bhutan et le Costa Rica. Mais une partie ou la totalité de leurs engagements sont conditionnés à l’existence d’un mécanisme de solidarité (moyens financiers, transferts de technologies…). Certains Etats particulièrement émetteurs n’ont pas rendu leur contribution dont notamment les pays riches en hydrocarbures (l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’EAU, le Venezuela, l’Iran, Oman, le Nigeria, l’Angola…) mais aussi des pays fortement peuplés comme l’Egypte ou encore le Pakistan.

Les pays ont jusqu’au début de la COP21 le 30 novembre pour réhausser leurs objectifs de réduction. Mais puisque le niveau d’ambition de l’accord risque fortement de ne pas être compatible avec l’objectif des 2°C, les négociateurs prévoient que les engagements des Etats puissent être revus à la hausse par la suite afin d’être finalement compatibles avec cet objectif. Il devront créer un mécanisme obligeant les États à réviser leurs objectifs à la hausse tous les 5 ans.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le changement climatique vu par les pétroliers et gaziers

Dans leur déclaration commune, 10 grandes compagnies pétrolières et gazières – Total, BP, Eni, Shell, Saudi Aramco, Statoil, Repsol, Reliance, Pemex et BG Group -, regroupées depuis 2014 au sein de l’Oil and Gas Climate Initiative (OGCI) affirment avoir diminué leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 20 % au cours des 10 dernières années. « Nous avons également réalisé des investissements significatifs dans le gaz naturel, le captage et le stockage de CO2 (CSC) et les énergies renouvelables, ainsi que dans la R&D pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et l’innovation », défendent-ils.

Ils s’engagent à renforcer leurs actions et investissements pour réduire l’intensité en GES du mix énergétique mondial. Pour ce faire, ils visent notamment l’amélioration de l’efficacité énergétique de leurs opérations et carburants, veulent augmenter la part du gaz naturel par rapport au charbon, déployer la technologie CSC et favoriser les énergies renouvelables.

Les pétroliers et gaziers auraient donc pris conscience de l’importance du réchauffement climatique et décidé d’adapter leurs process. Malheureusement, derrière ces beaux discours, l’association britannique InfluenceMap dénonce un double discours. Cette association s’est employée à recenser, analyser et noter l’influence – positive ou négative – sur les politiques climatiques des cent plus grandes multinationales et de trente associations patronales. L’objectif était de montrer l’écart entre les déclarations officielles et leurs lobbying en coulisse.

Elle en conclut que 45 % de ces 100 plus grandes entreprises mondiales font obstruction aux législations permettant de lutter contre le changement climatique. Et 95 % d’entre elles sont membres d’associations professionnelles faisant obstruction aux politiques climatiques, dont, au niveau européen, Business Europe, CEFIC (chimie) ou ACEA (automobile). Les mieux notés récoltent un B, les pires un F.

Le double discours des pétroliers et gaziers

Le classement d’InfluenceMap est sans appel. Parmi les 10 compagnies ayant signé cette déclaration commune, Shell et Eni récoltent un D, Total un E+, BP un E et Reliance un F. Les autres groupes n’ont pas été considérés.

Le 16 octobre, InfluenceMap a également publié le rapport « Les supermajors du pétrole et l’obstruction aux réglementations climatiques ». En analysant 10 000 données (déclarations publiques, consultations publiques…) portant sur 3 réformes politiques clés – la taxe carbone, le marché carbone et la régulation des émissions de gaz à effet de serre -, l’ONG montre l’opposition systématique entre les déclarations de ces entreprises et les activités de lobbying des associations professionnelles qu’elles financent.

Si l’on s’intéresse au géant pétrolier français, Total a un engagement « actif et largement négatif » sur les politiques climatiques, selon InfluenceMap L’association remarque de « fréquentes contradictions dans le message ». Bien que Total s’affiche comme activement engagé dans la lutte contre le changement climatique, « il a milité contre une réduction drastique des émissions lors de la consultation des objectifs européens pour 2030 ». D’un côté, il « a pris part à des initiatives soutenant la transition énergétique et la suppression des subventions aux énergies fossiles ». De l’autre, « il semble ausi soutenir l’utilisation future de toutes les sources d’énergie et sa campagne publicitaire 2014-2015  présentait le pétrole comme une « énergie meilleure » ». 

Les entreprises pétrolières et gazières « semblent avoir transféré leur opposition directe aux législations climatiques à certaines associations professionnelles clés », note Dylan Tanner, directeur exécutif d’InfluenceMap dans un communiqué de l’ONG. « Les investisseurs et décideurs doivent être conscients que ces puissantes organisations professionnelles des secteurs de l’énergie et de la chimie sont financées par, et agissent sur instruction de, leurs membres clés et devraient donc être considérés comme des extensions des activités et positions de leurs entreprises membres », souligne-t-il.

Pour limiter le réchauffement climatique à 2°C en 2100, les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estiment qu’il faudrait laisser  les deux tiers des réserves en énergies fossiles enfouies dans le sous-sol. Si les entreprises pétrolières et gazières communiquent beaucoup sur leurs engagements, aucune n’est prête à se retirer entièrement de l’extraction des hydrocarbures. Limiter l’exploitation des gisements pour limiter le réchauffement climatique? Cela n’est pas à leur programme.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

De la COP-1 à la COP-21 : 20 ans de négociations !

« COP », voici un acronyme bien mystérieux faisant référence à une « Conférence des Parties ». « 21 » signifie simplement qu’il s’agit de la 21e édition. Mais qu’est-ce qu’une Conférence des Parties ? C’est une conférence annuelle se déroulant sur 15 jours, généralement entre novembre et décembre. Elle réunit l’ensemble des « Parties » ayant signé la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC), lors du sommet de Rio en 1992. Cette convention reconnaît les causes anthropiques du changement climatique et la nécessité d’agir pour en minimiser les effets sur les générations futures. Elle est signée par 195 Etats et l’Union européenne en tant qu’espace d’intégration économique qui négocie pour l’ensemble des ses pays membres (28 Etats à ce jour).
La première COP (COP-1) a eu lieu en mars 1995 à Berlin et la dernière en date est la COP-20 (fin 2014 à Lima). La COP- 21 qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015 sera décisive, car elle doit permettre d’adopter un accord incluant tous les pays du monde dans la lutte contre le changement climatique à partir de 2020. Elle devra permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), s’adapter au changement climatique, définir des transferts de technologie, financer l’adaptation et l’atténuation des émissions. Le seuil de réchauffement à ne pas dépasser retenu par les scientifiques est de 2°C en 2100 par rapport à la période pré-industrielle, soit 1750. Or, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les températures mondiales ont augmenté de +0,85°C entre 1880 et 2012. Il faudra donc que l’accord limite le réchauffement à +1,15°C entre 2012 et 2100.

Une COP traditionnelle réunit entre 10 000 et 20 000 participants. Lors de la COP-21, plus de 40 000 participants sont attendus : les négociateurs, les ministres et délégations des Etats parties, des entreprises, des ONG, des syndicats, des journalistes…

Être « Partie » à la Convention, c’est accepter des devoirs !

En signant la CCNUCC, les Parties ont accepté un certain nombre d’engagements. Elles doivent par exemple rédiger et soumettre périodiquement des rapports, ou communications nationales. Celles-ci contiennent des informations sur leurs émissions de GES et les mesures prévues pour s’adapter aux impacts des changements climatiques. Les Parties doivent aussi promouvoir le développement et l’utilisation de technologies bas-carbone, sensibiliser et éduquer aux changements climatiques et à leurs impacts. Elles doivent gérer durablement les forêts et autres écosystèmes qui peuvent capter les GES dans l’atmosphère, et coopérer avec d’autres Parties dans ces domaines.

Dès 1992, la CCNUCC a prévu de diviser le monde en deux types de pays. D’une part, on trouve les pays les plus développés à l’époque, historiquement responsables des émissions de GES. Au nombre de 43 Parties, ils sont énumérés à son annexe I. On y trouve 28 pays industrialisés, 14 pays européens en transition vers une économie de marché et l’UE en tant qu’organisation régionale d’intégration économique.D’autre part, on retrouve l’ensemble des autres pays du monde, soit les pays en développement, dont les grands pays émergents d’aujourd’hui. Ils sont regroupés sous la dénomination « Parties hors annexe I ».

Les pays industrialisés, listés à l’Annexe I de la Convention, ont pris des engagements supplémentaires. Ces Parties ont initialement accepté d’entreprendre des politiques et mesures ayant pour objectif de ramener, en 2000, leurs émissions de GES aux niveaux de 1990. Les Parties à l’Annexe I devaient aussi fournir des communications nationales plus fréquentes et des rapports annuels séparés sur leurs émissions nationales de GES.

De Kyoto I…

Le Protocole de Kyoto peut renfermer des concepts flous pour beaucoup de non-initiés. Celui-ci a été adopté le 11 décembre 1997 au terme de la COP-3 à Kyoto et est entré en vigueur le 16 février 2005. Toutes les Parties de la CCNUCC ont accepté de poursuivre la mise en œuvre des engagements pris au titre de la Convention. Mais le Protocole de Kyoto fixait des objectifs contraignants de réduction d’émissions des GES pour 39 Parties (38 Etats et l’UE), énumérés à l’annexe B du Protocole. Seules 4 Parties de l’Annexe I ne sont pas Parties au Protocole de Kyoto : Belarus, Chypre, Malte et la Turquie. Si les Etats-Unis sont bien dans l’annexe B du Protocole de Kyoto, ils n’ont jamais ratifié ce traité. Le Canada, qui l’avait ratifié, s’en est retiré en 2011. Les pays en développement ont été déchargés de toute action de réduction contraignante. Etaient visées les émissions agrégées de six GES : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), oxyde nitreux (N2O), hydrofluorocarbones (HFC), hydrocarbures perfluorés (PFC) et hexafluorure de soufre (SF6). L’objectif global de réduction des GES était de 5,2 % sur la période d’engagement 2008-2012 par rapport aux niveaux de 1990.

Pour réduire les émissions, les mesures mises en oeuvre par les Parties devaient en priorité être prises sur le territoire nationale. Mais pour aider les pays industrialisés à atteindre ces objectifs juridiquement contraignants et promouvoir le développement durable des pays en développement, le Protocole de Kyoto a adopté trois mécanismes de flexibilités permettent aux Etats d’acquérir des crédits carbone supplémentaires au cas où ces mesures se révèleraient insuffisantes : le mécanisme de développement propre ou MDP, la mise en œuvre commune (MOC) et l’échange d’émissions.

Comme de nombreux accords internationaux, l’entrée en vigueur du Protocole a été conditionnée à un processus distinct et officiel de signature et de ratification par les gouvernements. La condition arrêtée pour l’entrée en vigueur du Protocole était sa ratification par 55 Parties à la Convention au minimum, parmi lesquelles les Parties visées à l’annexe I dont le total des émissions de dioxyde de carbone représentait en 1990 au moins 55 % du volume total de ce groupe. La ratification par la Fédération de Russie le 18 novembre 2004 a permis l’entrée en vigueur du Protocole le 16 février 2005. Aujourd’hui, le Protocole de Kyoto est ratifié par 192 Parties. A l’heure du bilan, le protocole de Kyoto aura permis une baisse des émissions des pays de l’Annexe B de 4 %, proche de l’objectif de 5,2 %.

… à Kyoto II

Lors de la COP-13 à Bali en 2007, la « Feuille de route de Bali » a été adoptée. Elle prévoyait un processus de deux ans avec des négociations devant s’achever en 2009 pour aboutir à un accord mondial de lutte contre les changements climatiques s’appliquant fin 2012. Mais en 2009, le sommet de Copenhague a échoué sur ce point. Après une phase de latence de deux ans, les pays ont fixé à Durban (COP-17) une nouvelle date pour la signature de cet accord : décembre 2015, à Paris, pour une entrée en vigueur cinq ans plus tard, en 2020. L’accord de Paris aurait ainsi dû être adopté à Copenhague, il y a déjà 6 ans !
A la COP-18 à Doha, fin 2012, faute d’un nouvel accord mondial, il a fallu miser sur l’existant. Un amendement au Protocole de Kyoto a été formellement adopté par plus de 190 Parties pour acter une deuxième période d’engagements, allant de 2013 à 2020. Là encore, seulement 37 Parties ont pris des objectifs contraignants de réduction des émissions de GES : l’UE des 28, l’Australie, le Belarus, l’Islande, le Kazakhstan, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège, la Suisse et l’Ukraine. Les États-Unis n’y participent toujours pas ; pas plus que le Canada, le Japon et la Nouvelle-Zélande.
Un nouvel objectif global de réduction des émissions de GES a été fixé pour ces 37 Parties à atteindre sur la période 2013-2020 : au moins -18% par rapport au niveau de 1990. L’annexe A du Protocole de Kyoto a été amendée pour ajouter un septième GES aux six visés jusque-là, le gaz fluoré NF.
Les 37 Parties engagées ne représentent plus que 15% au maximum des émissions mondiales de GES, car les émissions des pays émergents ont littérallement explosé depuis 1992. De ce fait, la deuxième période d’engagement n’aura qu’un impact très limité sur la réduction des émissions mondiales de GES d’ici 2020. Les pays émergents et en développement, y compris le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, sont Parties prenantes au protocole mais ne sont pas concernés par l’engagement de réduction d’émissions. La Chine et les Etats-Unis sont pourtant les plus grands émetteurs de CO2 de la planète : ils représentent à eux deux 35% des émissions mondiales.
Désormais, la COP-21 prévoit un accord global incluant tous les pays du monde pour une application en 2020. La codification Parties à l’annexe I/hors annexe I étant dépassée,l’accord devra faire évoluer cette division binaire.

Ratifier Kyoto II avant la COP-21 serait un message fort

A l’heure actuelle, 195 Parties ont déposé leurs instruments de ratification, d’accession, d’approbation ou d’acceptation du protocole de Kyoto. Mais concernant Kyoto II, c’est une autre paire de manche. Les gouvernements portant leur attention sur les préparatifs pour trouver un accord post-2020 et d’autres questions plus pressantes, le taux de ratification national pour valider pleinement la deuxième période d’engagement est très lent.

Au 1er septembre 2015, seules 43 Parties l’avaient ratifié, dont uniquement 4 des 37 Parties ayant souscrit à des engagements de réduction, à savoir le Liechtenstein, Monaco, la Norvège et la Suisse. Cet amendement ne pourra entrer en vigueur que lorsque 144 Parties l’auront ratifié. Espérons que cela arrive 2020.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

PCA, le logiciel de Hitachi qui prédit les crimes

Minority Report, plus si loin ? Après Predpol, le logiciel de prédiction algorithmique utilisé par la police new-yorkaise pour prédire à quel endroit les risques de délits sont les plus probables, voici le dernier programme de Hitachi.

L’algorithme de l’entreprise niponne ‎prétend aller plus loin. Son système, “Visualization Predictive Crime Analytics” (PCA), permettrait de prédire le lieu et l’heure des crimes – et pas simplement d’en avoir une estimation statistique.

Selon le site ‎Quartz,‎ le logiciel puise “dans les données des réseaux de transport, les conversations sur les réseaux sociaux, les bulletins météo, et plus encore”. Selon Hitachi, interrogé par Fast Company, les messages postés sur le réseau social Twitter sont particulièrement utiles, car ils augmentent la précision du PCA de 15%, grâce à la géolocalisation des tweets et aux hashtags (mots-clés). Car c’est bien connu, les criminels sont aussi sur Twitter, et parlent en public de leurs forfaits.

Une “zone à risque” de 200 m2

Le logiciel japonais est bien sûr loin d’être un programme « miracle ». Comme Predpol, en réalité, il ne fait que donner un « pourcentage de risque », avec la nature du crime probable. Mais les résultats seront plus précis, Predpol ne se basant que sur des données de la police, et non sur des données collectées un peu partout sur le Web. Une zone à risque de 200 m2 est constituée, avec un pourcentage de risque.

Selon l’un des responsables du projet, cité par Fast Company, PCA permettra de faire gagner du temps à la police, car “un humain ne peut pas gérer quand il y a des dizaines ou des centaines de variables qui pourraient influer un crime”. Le logiciel n’aurait, en outre, pas besoin d’intervention humaine. Et cerise sur le gâteau, « il apprend tout seul », selon le principe du Machine Learning.

‎Subsiste hélas l’éternel problème des faux positifs. Ainsi, le risque reste grand de patrouiller dans une zone où il ne se passera en réalité rien, et d’interpeller à tort un innocent, suivant les préjugés des policiers, pendant les fameux « contrôles au faciès ».

Selon Hitachi, “une demi-douzaine” de villes américaines, dont Washington, devraient tester ce programme prochainement.

par Fabien Soyez 

Revue du Web #85 : les vidéos les plus étonnantes d’octobre 2015

La fabuleuse machine à construire des ponts en Chine

On ne perd pas de temps en Chine. L’empire du Milieu n’en finit pas de construire des routes, des ponts, des villes, afin de parfaire le maillage de son gigantesque territoire, peuplé par plus d’1,3 milliards d’habitants. Pour débuter notre quatre-vingt-cinquième Revue du Web, concentrons-nous sur la fantastique machine de la Beijing Wowjoint Machinery Company, un molosse de 580 tonnes pour 92 mètres de long, capable d’assembler un pont de la plus belle des manières.
Plutôt que d’utiliser une classique grue de chantier ou une grue sur chenilles, les Chinois se servent ici du SLJ 900/32 pour acheminer puis soulever et enfin déposer minutieusement une gigantesque portion de tablier sur deux piles d’un pont en construction. Une fois en position sur le pont, le mastodonte étend son bras horizontalement jusqu’à la prochaine pile pour y prendre appui, puis fait lentement coulisser le segment de tablier avant de le faire descendre très précautionneusement sur les deux piles en place. Il ne reste plus alors à l’engin qu’à rétracter son bras, une fois le travail accompli.

« Petit » bémol néanmoins, six ponts se sont effondrés en Chine en 2012… Bien que ces constructions n’aient à priori aucun rapport avec notre méga-machine – la mauvaise qualité des matériaux, le manque de fiabilité des fondations et la corruption des apparatchiks du régime seraient à pointer du doigt – il serait dommage de ne pas réussir à maîtriser toutes les étapes avec autant de brio que l’assemblage présenté dans la vidéo ci-dessus.

Le ballet des quadricoptères autonomes, construisant un pont de corde

On reste dans la thématique des ponts avec l’école polytechnique fédérale de Zurich et son projet de construction d’un « pont de singe » en corde par une petite flottille de drones autonomes. Reliant deux échafaudages distants de 7,4 mètres, le pont suspendu est constitué de neuf segments de corde pour une longueur totale de corde utilisée de 120 mètres. Le matériau composant la corde n’est pas anodin : commercialisé sous le nom de « Dyneema », ce polyéthylène de masse molaire très élevée a un excellent rapport poids/résistance.
Une fois les rudiments concernant la construction de structures suspendues bien « appris » (et codés sous forme d’algorithmes) les quadricoptères réalisent seuls les connexions, liens, tressages et nœuds divers entre la structure et les cordes, puis entre les segments de corde eux-mêmes. Équipés de bobines motorisées leur permettant de contrôler la tension du cordage durant son déploiement, les quadricoptères déroulent leur petite chorégraphie sans accroc, aidés par un système vidéo de capture de mouvements, offrant à chaque instant le positionnement exact de chaque drone, ainsi qu’une évaluation comportementale de chacun des appareils volants.

Un moteur V6 en papier complètement fonctionnel

Aliaksei Zholner est doué avec ses mains. Le jeune prodige du « do it yourself » n’hésite pas à le prouver régulièrement sur sa chaîne youtube, exclusivement dédiée à son hobby, la miniaturisation, et à ses nombreuses réalisations. Féru de mécanique, le biélorusse s’est mis en tête de réaliser un moteur V6 complètement fonctionnel… mais en papier ! Tout est bien là, bielles, pistons et cylindres de papier, actionnés d’abord avec précaution manuellement, puis par un ballon de baudruche, ersatz cheap mais efficace d’un système à air comprimé. Seules les surfaces des pistons sont renforcées à l’aide de ruban adhésif.

Le gadget (inutile?) de la semaine : le retour de Colin Furze

Vous vous souvenez de Colin Furze, l’inventeur le plus dangereusement enthousiaste du monde ? Nous vous parlions déjà de son univers loufoque ici et , réalisant sur sa chaîne Youtube un grand écart inquiétant entre l’univers Marvel et le « Jet Bicyle », qu’il définit lui-même, non sans fierté, comme le vélo le plus dangereux au monde. La bonne nouvelle, c’est qu’il a survécu, envers et contre tout. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il continue de faire des doigts d’honneur à sa bonne étoile, garantissant ainsi un bel avenir à notre rubrique du gadget (inutile?) de la semaine qui, vous l’aurez compris, lui est consacrée.
Le jeune inventeur s’est cette fois-ci mis en tête de concevoir un propulseur de grappin ainsi qu’une lame de couteau rétractable, tout droit tirés de la franchise de jeux vidéos à succès « Assassin’s Creed », développée par le géant français Ubisoft. Alors que le sixième opus vient de sortir un peu partout dans le monde, Colin Furze se fend la poire avec ses nouveaux joujoux ultra-dangereux. Il ne fait aucun doute que la bonne étoile du jeune Anglais a encore du pain sur la planche.

Bonus : on frôle les Darwin Awards à l’aide d’un airbag (et d’un pneu)

Pour conclure cette quatre-vingt-cinquième Revue du Web, on touche au génie avec ce groupe de trentenaires américains qui a eu la – très – lumineuse idée de poser un pneu de voiture sur un airbag, au beau milieu d’un petit carré de pelouse entouré par des voitures, des maisons, la route à proximité et… leurs têtes, non protégées. Une fois l’airbag actionné, la magie opère. Sans surprise, le pneu est littéralement propulsé à plusieurs mètres de hauteur sous la puissance du déclenchement du dispositif de sécurité, pneu que les principaux protagonistes semblent même perdre de vue.
Après un suspense insoutenable, le pneu revient dans le champ de la vidéo… en s’écrasant lourdement sur le toit d’une voiture à proximité, provocant l’hilarité consternée des expérimentateurs en herbe. On frôle ici un Darwin award – prix satirique venant récompenser des personnes décédées suite à un comportement stupide, remerciées ainsi d’avoir « contribué à l’amélioration globale du patrimoine génétique humain » – somme toute bien mérité.

Par Moonzur Rahman

L’ADEME publie ses scénarios 100% renouvelables

L’ADEME a étudié une dizaine de mix électriques potentiels à l’horizon 2050, présentant une part d’énergies renouvelables (ENR) de 40 %, 80 %, 95 % ou 100 %. Suivant un cas de référence, différentes hypothèses ont été testées en fonction de divers critères d’appropriation sociétale, de coûts des énergies, d’accès au financement ou encore de maîtrise de la demande.

Dans son scénario de référence à 100 % d’ENR, le parc électrique français aurait une puissance de 230 gigawatts (GW), à comparer aux 128,9 GW de fin 2014. L’évolution du mix électrique reposerait avant tout sur le développement de l’éolien, du solaire et des moyens de stockage. Entre 2014 et 2050, l’éolien passerait de 9,1 GW à 96 GW, l’éolien en mer de 0 à 10 GW et le solaire de 5,3 GW à 63 GW. Pour répondre à l’intermittence, il faudrait alors une capacité de stockage de 36 GW par des moyens hydrauliques (station de transfert d’énergie par pompage), des batteries, des stockages à air comprimé et du « power to gas to power » (stockage de la surproduction électrique grâce à sa transformation en gaz, puis à nouveau en électricité). Ces nouvelles capacités qui viendraient en remplacement des réacteurs nucléaires et des centrales thermiques à énergie fossile permettraient de produire 481 térawattheures (TWh) en 2050, pour une consommation nationale de 422 TWh. La production électrique serait ainsi assurée à 63 % par l’éolien terrestre et en mer, 17 % par le solaire, 13 % par l’hydraulique et 7 % par la géothermie et la biomasse.

Quel coût pour les scénarios majoritairement renouvelables ?

Mettre en place un mix électrique à 100 % renouvelable nécessiterait des adaptations très importantes du système électrique, mais le coût global serait vraisemblablement du même ordre de grandeur qu’un mix à 40 % d’ENR et 50% de nucléaire, un scénario proche des objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, promulguée cet été, pour l’horizon 2030.

Dans son scénario de référence à 100 % d’ENR, l’ADEME estime que chaque mégawattheure (MWh) d’électricité coûterait 119 euros hors taxe. 65 % des coûts sont dus aux moyens de production, 27 % au développement du réseau et 8 % au stockage et à la flexibilité de la demande. Ce coût est quasiment identique à un mix énergétique composé à 40 % de renouvelables (117 euros/MWh). Il est intéressant de noter que dans les scénarios à 80 % et 95 % d’ENR, le MWh d’électricité revient moins cher que dans le scénario à 40 %. Dans ces deux premiers cas, les tarifs s’élèvent respectivement à 113 € et 116 €, contre 117 € pour le scénario à 40 %.

Dans cette étude, l’ADEME estime que les paramètres influençant le plus le coût de l’électricité à base de renouvelables sont l’acceptabilité sociale des énergies renouvelables, les progrès technologiques d’ici 2050 et la maîtrise de la demande d’énergie. « Des valeurs défavorables pour ces différents paramètres génèrent des surcoûts de l’électricité compris entre 5 % et 14 %, note l’ADEME. A contrario, l’accès à un financement à faible taux d’intérêt permet une baisse de 14 % de ce coût. » Suivant les scénarios étudiés, les coûts varient donc de 103 € à 138 € par MWh. Sur la base des hypothèses retenues, le scénario de référence à 100 % renouvelables est estimé à seulement 2 % de surcoût par rapport à un mix 40 % renouvelable. En cas de faible maîtrise de la demande, le surcoût est évalué à 5 %.

Le mix électrique serait-il robuste ? 

Plusieurs conditions ont été retenues pour assurer l’équilibre offre-demande sur le réseau et maîtriser les coûts tout au long de l’année. Pour y parvenir, il faudrait développer des outils de pilotage de la demande à hauteur de 60 TWh pour maîtriser la pointe, développer les solutions de stockage, continuer à faire baisser le prix des technologies les moins matures grâce au progrès technologique et mettre en place des conditions de financement appropriées. Dans ces conditions, les mix ont été testés sur 7 années de température, d’ensoleillement et de vent. Résultat : l’équilibre offre-demande est assuré à toute heure.

Cette étude s’appuie sur un développement décentralisé des énergies renouvelables pour exploiter au mieux les gisements par filière et par région. La robustesse de ce mix renouvelable repose donc également sur le développement de lignes inter-régionales. Celles-ci augmenteraient de 36 %. « Même si les moyens de production du mix 100% ENR sont très décentralisés, le réseau permet d’acheminer l’électricité parfois produite en surplus localement au gré de la météo pour compenser des déficits de production ailleurs sur le territoire », projette l’ADEME. C’est la notion de « foisonnement » sur le territoire des moyens de production, qui va à l’encontre de l’héritage centralisé des réacteurs nucléaires et des centrales thermiques. Outre les interconnexions inter-régions, les interconnexions existantes avec les pays voisins seraient exploitées. Dans les modélisations, nos voisins européens ont des mix électriques à 80 % renouvelables. « Toutes les importations d’électricité sont compensées par des exports d’électricité renouvelable produite en France », insistent les auteurs. 

Bruno Lechevin, président de l’ADEME, signale que cette étude n’est pas un « scénario politique » mais bien « une étude scientifique à caractère prospectif et exploratoire ». De leurs côtés, les auteurs de l’étude sont clairs : ce travail n’est qu’un début. « La modélisation du réseau évalue précisément les besoins de renforcement du réseau de transport, mais est moins précise pour le réseau de distribution. Ainsi, si d’autres travaux devront être menés pour consolider ce travail, cette étude alimente utilement la réflexion pour identifier les mesures qui permettront d’accompagner une politique de croissance des énergies renouvelables électriques. »

par Matthieu Combe

La géopolitique de l’Arctique, entre fantasmes et réalité

L’Arctique est généralement décrite comme la région entourant le pôle Nord mais plusieurs  définitions existent. La limite généralement admise est donnée par le cercle Arctique, où lors des solstices la nuit ou le jour durent 24 heures. Une autre définition s’appuie sur la courbe isotherme des 10 C°, qui marque la limite au-delà de laquelle la végétation mue. L’Arctique est une zone stratégique en raison de sa position géographique mais pendant longtemps, les conditions météorologiques hostiles et l’épaisse banquise ont empêché son exploitation. Depuis, la réduction de la calotte glacière en été s’est accélérée, et d’aucuns n’hésitent pas à annoncer déjà que la région, avec ses 4 millions d’habitants essentiellement autochtones, va devenir le prochain Eldorado. Si la réduction de la banquise est certes un changement de paradigme majeur, plusieurs indices incitent à la retenue.

Peuples indigènes et zones protégées de l'Arctique
Peuples indigènes et zones protégées de l’Arctique

Génèse

Le dépôt du dossier russe auprès de la commission des Nations-Unies chargée de valider les limites du plateau continental n’est pas une surprise. Cela fait déjà 15 ans que Moscou tente d’élargir sa souveraineté sur le Grand Nord, en vain. « Pour revendiquer ces espaces maritimes en Arctique, la Russie doit prouver par des preuves géologiques le prolongement de son plateau continental. C’est ce qu’elle a essayé de faire en 2001 avant d’être déboutée par manque de bases scientifiques », rappelle Frédéric Lasserre, directeur du Conseil québécois d’études géopolitiques à l’Université de Laval. Depuis, le Kremlin a relancé des études géologiques pour étayer son dossier.

Plus récemment, en 2007, les images d’un bathyscaphe de la marine russe plantant à la verticale du pole, à 4 261 mètres de profondeur, un drapeau en acier inoxydable, ont fait le tour du monde. Pour les médias, la course à l’Arctique et à ses potentielles richesses était lancée. 

Objet de tous les fantasmes

Longtemps considéré comme un espace gelé, peuplé par d’éparses communautés, l’intérêt pour l’Arctique a grandi. Si durant la Guerre Froide, elle a été l’un des terrains de jeu favoris des sous-marins américains et soviétiques, la région attire désormais tous les regards en raison des importantes ressources naturelles inexploitées qu’elle recèlerait. Au premier rang desquelles de nombreux minerais. Au Canada, la région du Nunavut abrite des ressources en plomb, zinc, diamant, argent, or et cuivre. L’Arctique russe présente de fortes concentrations d’or, d’étain, de cuivre, de diamant, et de nickel.

Le Groenland est dans une situation atypique. Sous domination danoise, le territoire dispose d’une certaine autonomie. Il a été décidé en 2009 qu’il serait le bénéficiaire direct des revenus issus de l’exploitation minière. De nombreuses licences d’exploration ont été concédées, notamment au sud-ouest, ouvrant la voie à la production d’uranium (jusque-là interdite) et de terres rares. Le Groenland pourrait représenter 13% des réserves de ces métaux précieux que l’on trouve essentiellement en Chine et qui servent aux hautes technologies. A terme, les revenus miniers pourraient dépasser la dotation de 450 millions d’euros que le Danemark verse chaque année à l’île glacée, ouvrant la voie à une probable indépendance.

Autres ressources naturelles : les hydrocarbures. L’Arctique abriterait quelque 100 milliards de barils de pétrole et 40 000 milliards de mètres cube de gaz techniquement récupérables. Cela représente 3,5 années de consommation pétrolière et 15 années de gaz au rythme actuel, et respectivement 13% et 30% des réserves de pétrole et de gaz non découvertes. Un potentiel important qui se révèle chaque année un peu plus avec la réduction de la banquise. Certains gisements ont déjà commencé à être exploités notamment en Russie (Yamal) et aux Etats-Unis (Prudhoe Bay).

Carte des ressources naturelles en Arctique
Carte des ressources naturelles de l’Arctique

Mais ces chiffres sont à prendre avec précaution sachant que les rares estimations proviennent soit de l’US Geological Survey, soit du gouvernement russe. Les compagnies pétrolières qui ont lancé des campagnes d’exploration afin de confirmer le potentiel de la région ont eu des résultats décevants. La compagnie Shell a ainsi annoncé en septembre l’abandon des opérations d’exploration au large de l’Alaska, après avoir dépensé pas moins de 7 milliards de dollars. Opérer une plateforme en Arctique représente en effet un défi technique considérable pour résister aux conditions climatiques, aux glaces dérivantes et aux mouvements de la banquise. Cela induit des surcoûts importants que les cours actuels du baril ne peuvent couvrir. Le secteur estime qu’il faudrait un prix plancher de 110-120$ le baril pour que l’exploitation soit rentable. Avec un baril oscillant actuellement entre 45 et 50$, la volte-face des compagnies pétrolières n’est pas une surprise.

Raccourcis maritimes

La réduction de la banquise se traduit de deux manières. La première est l’augmentation du trafic maritime local qui entraîne une croissance des échanges et du développement économique en général. La deuxième a une portée internationale. Certains passages maritimes qui étaient jusque-là impraticables deviennent accessibles. Ainsi la route du Nord-Est longe les côtes russes, et permet de relier les ports de Rotterdam et de Tokyo sur seulement 14 000 kilomètres contre 21 200 km par le canal de Suez et 23 300 km par le canal de Panama. Le passage du Nord-Ouest, qui longe le Canada et les Etats-Unis, serait lui plus court pour les navires quittant Yokohama (Japon) pour rejoindre la Méditerranée en reliant Marseille par exemple. La libération de ces routes maritimes par les glaces offrirait une alternative intéressante pour les transporteurs qui s’affranchiraient ainsi de certains goulets d’étranglement comme Suez ou Panama. Ces liaisons ne sont pour l’instant navigables que deux à trois mois par an, en été. Dans les prochaines années cette période pourrait s’étendre de 3 à 6 mois, leur permettant ainsi de devenir de véritables « routes maritimes saisonnières ».

Pour autant, F. Lasserre ne voit pas la région devenir le hub maritime que certains prédisent : « En 2014, quelque 40 navires ont emprunté la route du nord dont un seul commercial. L’essentiel du trafic est à usage local (pêche, transport, exploitation). La structure de l’activité maritime commerciale correspond mal à l’Arctique. Elle a besoin d’un haut degré de fiabilité (moins pour le vrac) et de ponctualité. Ainsi contrairement aux autres routes, impossible de connaître 6 mois à l’avance l’état des passages arctiques. C’est une importante contrainte pour ce secteur. Par ailleurs, il existe finalement peu de lignes directes rentables telle que Rotterdam-Singapour. Dans les faits, les navires font beaucoup d’escales rendant l’alternative arctique moins pertinente ».

Intérêt international

Les Etats riverains ne sont pas les seuls à s’intéresser à l’Arctique. La France et l’Allemagne ont ainsi été les premiers à demander et obtenir le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique, institution créée en 1996, dédiée à la protection de l’environnement, et depuis peu, à la coopération économique des huit nations du cercle arctique. Le couple franco-allemand a depuis été rejoint par l’Italie, le Japon, la  Corée du Sud, Singapour, l’Inde et la Chine. Cette dernière est perçue avec méfiance par les Etats-Unis qui la voient multiplier des accords de partenariat avec certains pays de la région. L’Islande est ainsi devenue un partenaire de choix pour Pékin. Lors de la visite officielle du Premier ministre chinois de l’époque, Wen Jiabao, à Reykjavík, en avril 2012, la Chine a signé six accords de coopération dans les domaines de l’énergie et des sciences et technologies.

Cette diplomatie économique s’accompagne désormais de mouvements militaires. Des navires de combat chinois ont ainsi été vus en septembre dernier croisant dans la région. Il s’est avéré que des opérations d’entraînement étaient menées conjointement par les marines russe et chinoise. Une coopération qui n’est pas sans déplaire à Barack Obama qui a annoncé son intention d’augmenter la flotte de brise-glace (se résumant actuellement à deux) pour renforcer sa présence dans le Grand Nord. Une annonce qui a eu lieu quelques jours après le retour de mission du sous-marin nucléaire américain USS Seawolf sous le Pôle Nord.

Les Etats-Unis ont, en l’occurrence, une position ambiguë car s’ils veulent montrer ainsi leur détermination à défendre leurs intérêts en Arctique, ils sont en revanche exclus du processus onusien de reconnaissance de souveraineté. Et pour cause, « ils sont le seul pays à ne pas avoir ratifié le droit de la Mer. Une frange conservatrice du Congrès conserve depuis des années une minorité de blocage. Or, seul un pays signataire de la convention peut prétendre bénéficier de ses règles pour étendre sa souveraineté maritime. Les présidents Bush et Obama ont sondé le terrain, en vain. Il est donc peu probable de voir Washington déposer un dossier à l’ONU avant 15 ou 20 ans », estime F. Lasserre. D’ici là, il y a fort à parier que les autres Etats de l’Arctique auront pris un train d’avance.

Négociation

Entre les potentiels pétrolier, gazier, minier et les nouvelles routes maritimes qui s’ouvrent, on comprend mieux l’insistance de Moscou à voir reconnaître sa souveraineté sur une partie aussi vaste de l’Arctique. Mais la Russie n’est pas la seule sur les rangs. « La Norvège a déposé son dossier en 2006. Il a été validé l’année suivante. Le Danemark a lui tenté sa chance récemment, en 2013, mais la chronologie n’a pas d’importance. Car en cas de chevauchement entre les revendications, il revient aux Etats concernés de négocier une solution. En aucun cas la Commission de l’ONU ne trace de frontière », indique F. Lasserre.  Un détail d’importance car il impliquera logiquement la tenue de négociations bilatérales voire trilatérales pour un même espace maritime.

Malgré les énormes enjeux, les revendications des Etats riverains semblent favoriser la négociation. Ainsi, Moscou et Oslo ont signé en 2010 un accord qui règle définitivement le différend frontalier en mer de Barents qui durait depuis plus de quarante ans. Ce type de tractations devrait se multiplier dans les prochaines années, notamment autour de la dorsale de Lomonossov.

Autre litige, le pôle Nord. Il est très prisé par les Etats riverains. F. Lasserre s’en amuse : « C’est purement symbolique, il n’y a rien là-bas. Mais l’opération sous-marine russe en 2007 a marqué les esprits. Son but était électoraliste avant tout. Au Canada, l’ex-Premier ministre Harper a quant à lui demandé aux fonctionnaires en charge du dossier de prolonger les revendications jusqu’au pôle. Là encore, seule le symbole motivait cette demande ».

Stratégie de long terme

Ces négociations et la relative stabilité politique qui en découle pourrait surprendre en raison des enjeux. « L’Arctique n’est pas une région conflictuelle comme on l’entend parfois, au contraire, elle est très stable », confirme Joël Plouffe, chercheur à l’Observatoire de la politique et la sécurité de l’Arctique (OPSA). Il y a en effet un décalage entre le traitement médiatique de l’Arctique depuis 2007, et la réalité des faits. Si l’intérêt des Etats pour la région est réel, on est loin de la « bataille pour l’Arctique », et ce, pour plusieurs raisons. Comme on l’a vu, l’exploitation des ressources naturelles reste un enjeu technique et économique. Par ailleurs, selon les estimations, entre 90% et 95% des potentielles réserves d’hydrocarbures se situeraient à l’intérieur de la zone économique exclusive (ZEE) des pays riverains. Les richesses que recèle l’Arctique seraient donc en grande partie déjà partagées et la conquête de nouveaux espaces ne changera probablement pas la donne en la matière.

L’Arctique ne devrait pas non plus devenir à court terme la zone de fort transit maritime internationale comme on l’entend parfois. Car bien que des passages s’ouvrent, la navigation reste  complexe. La zone est encore mal connue, mal cartographiée selon les zones. Il faudra du temps pour dompter cette région en pleine mutation écologique. La Russie et les autres puissances régionales devront consentir des investissements colossaux pour mettre en place un système cohérent de stations météo, de satellites de navigation, de communication et de surveillance. Tel est le prix à payer pour disposer, demain, des moyens nécessaires pour étendre son influence dans cette région assurément géostratégique.

par Romain Chicheportiche

Facebook et Google veulent connecter l’Afrique

Le monde des télécoms est en pleine ébullition sur le continent africain qui est passé de zéro connexion à la téléphonie mobile, en zappant l’étape téléphone fixe. Résultat, le nombre d’utilisateurs des services mobiles croît deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Avec environ 1,1 milliard d’habitants, l’Afrique est la deuxième région du globe la plus connectée après l’Asie-Pacifique.

Mais le développement des nouvelles technologies se heurte au manque d’infrastructures dans de nombreux pays. La construction de réseaux à haut débit (ADSL), voire à très haut débit (fibre optique), est un investissement colossal. Désirant attaquer ce marché à très fort potentiel, les géants du web ont décidé d’employer les gros moyens.

Selon un accord pluriannuel conclu avec l’Israélien Spacecom, Facebook et l’opérateur européen Eutelsat vont exploiter les capacités haut débit du futur satellite AMOS-6. Mis sur orbite d’ici la fin de l’année, il couvrira une large part de l’Afrique subsaharienne.
« Nous ferons en sorte d’offrir des solutions Internet fiables et à des prix avantageux, pour que davantage d’usagers puissent surfer et bénéficier ainsi de l’économie de la connaissance », s’est enthousiasmé Michel de Rosen, PDG d’Eutelstat.

L’accès à Internet par satellite n’est pas le seul projet de Facebook. Début 2015, il avait testé son projet Ascenta qui consistait à déployer Internet pour tous grâce à des drones.
Autre preuve de l’intérêt de Facebook pour l’Afrique : l’ouverture de son premier bureau africain à Johannesbourg. Objectif : renforcer ses liens avec les entreprises afin d’augmenter ses recettes publicitaires provenant de plus en plus de l’internet mobile. « Au premier trimestre 2015, 52 % de nos recettes publicitaires totales provenaient des régions extérieures aux États-Unis et au Canada. Mais ce n’est qu’un début », précise Nicola Mendelsohn, vice-présidente de Facebook pour la région Europe/Moyen-Orient/Afrique (EMEA). En Afrique, plus de 80 % de ses utilisateurs se connectent depuis leur smartphone.

Mais le réseau social n’est pas le seul à s’intéresser à ce continent. Google envisage de développer les réseaux à haut débit sans fil en Afrique subsaharienne grâce à des ballons dirigeables. Envoyés à haute altitude (jusqu’à 30.000 mètres), ils peuvent transmettre des signaux à travers des centaines de kilomètres carrés. Baptisé Loon, ce projet prévoyait au départ de servir de relais en Wi-Fi vers des stations de base à terre. Aujourd’hui, Google opterait pour une version « light » de la 4G. Une alternative moins coûteuse que le déploiement d’antennes-relais classiques. Selon le moteur de recherche, les smartphones pourraient bénéficier d’un débit de 5 mégabits par seconde tandis que des antennes fixes profiteraient d’un débit de 22 Mbit/s.

Pourquoi les géants comme Google et Facebook soutiennent-ils de tels projets d’internet gratuit ? Parce que le continent présente un potentiel énorme. Selon une autre étude de McKinsey réalisée fin 2014, l’Afrique a certes en moyenne moins de personnes connectées à Internet (21 internautes pour 100 personnes) que la Russie (61), le Brésil (52) ou la Chine (46). Mais les pays africains les plus avancés (Maroc, Égypte, Afrique du Sud) ont des taux nettement plus élevés (jusqu’à 56).

par Philippe Richard

Cybersécurité : forte augmentation des cyber-attaques dans les entreprises

Selon cette enquête, les attaques ont progressé de 38 % dans le monde en 2015. La France n’est pas épargnée. C’est d’ailleurs le pays le plus touché ! Dans l’Hexagone,« les entreprises ont subi en moyenne 21 incidents par jour en 2015. Les incidents de cybersécurité ont donc augmenté de 51 % au cours des 12 derniers mois en France, tandis qu’au niveau mondial, ils ont enregistré une hausse de 38 % », explique Philippe Trouchaud, associé PwC spécialiste de cybersécurité.

Où se trouvent ces attaquants ? A l’intérieur des entreprises elles-mêmes ! Cette année encore, c’est la principale source des compromissions de données. Mais cette étude révèle aussi que la responsabilité des fournisseurs et des prestataires de service actuels est de plus en plus importante. Elle a augmenté d’environ 32 % pour les fournisseurs et de 30 % pour les prestataires de services.

De nombreuses entreprises françaises du CAC40 ont été victimes de fuites de données sensibles qui se trouvaient en effet chez leurs avocats (contrats confidentiels), leur agence de communication (plan de com’) ou leur architecte (plan du réseau de vidéosurveillance par exemple).

« Nous constatons depuis quelques mois une prise de conscience des entreprises du CAC40. C’est peut-être dû à l’effet Sony (en décembre 2014, des hackers avaient pénétré le système informatique de Sony Pictures, NDLR). Cette affaire a fait prendre conscience aux PDG de ces grandes sociétés qu’ils pouvaient sauter après une attaque informatique. Ce fut d’ailleurs le cas après le piratage de Target. L’un des plus gros distributeurs américains a été victime en janvier 2014 d’une attaque informatique qui aurait touché près de 70 millions de clients. Certains patrons nous ont avoué qu’ils ne voulaient pas être les prochains éjectés ! Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, cette prise de conscience a un impact : elle se généralise à toute la structure de l’entreprise », explique Erwan Keraudy, CEO de CybelAngel, une entreprise de détection de fuites de données et de piratages informatiques.

Cette prise de conscience se traduit notamment par une augmentation (en moyenne de 29 %) des budgets de Sécurité des entreprises françaises. Ces investissements budgétaires visent à réduire l’impact des attaques sur les résultats des entreprises. En effet, selon PWC, les pertes financières liées à des incidents de cybersécurité sont estimées en moyenne à 3,7 millions d’euros par entreprise en France, soit une augmentation de 28 % par rapport à 2014.

Ces investissements se portent sur l’intégration de solutions classiques (pare-feu, analyses de risques, contrôle des identités…) mais sur le Cloud. Selon l’étude, 69 % des répondants ont déclaré utiliser des services de sécurité basés sur le Cloud pour protéger les données sensibles, les informations consommateurs et assurer le respect de la vie privée. Mais l’intérêt pour le Cloud pourrait être pénalisé après la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’invalider une décision prise par la Commission européenne le 26 juillet 2000.

Mais la situation ne sera certainement pas aussi facile à contrôler avec l’explosion de l’internet des objets (plus de 30 milliards d’ici 2020), c’est-à-dire tous les appareils et capteurs (grand public et industriel) connectés au web. L’internet des objets démultiplie les enjeux en termes de sécurisation des réseaux basés sur le Cloud rappelle PWC. Certes, les investissements destinés à répondre à ces enjeux ont doublé en 2015. Mais seuls 36 % des répondants ont une stratégie dédiée à l’internet des objets.

par Philippe Richard

En Belgique, pénurie d’ingénieurs dans la chimie, la construction et les technologies

La Belgique francophone manque d’ingénieurs, avertissent jeudi trois fédérations d’entreprises, regroupant les secteurs de l’industrie technologique (Agoria Wallonie), de la construction (Confédération Construction Wallonne) et de l’industrie chimique et des sciences de la vie (essenscia Wallonie-essenscia Bruxelles). Les trois organisations estiment que 500 diplômés de plus sont nécessaires. Elles avancent différentes mesures pour lutter contre une telle pénurie.

La pénurie d’ingénieurs est réelle en Belgique et risque même de s’aggraver : ces profils sont en effet de plus en plus recherchés sur le marché du travail alors que le nombre de diplômés n’a fait que diminuer depuis 20 ans (ingénieurs civils, industriels et bio-ingénieurs). « Avec 1.277 diplômés en 2015, on estime qu’il faudrait 500 diplômés de plus pour satisfaire la demande annuelle, soit revenir au niveau de 1995 », déclarent les responsables régionaux des fédérations, Thierry Castagne (Agoria), Francis Carnoy (CCW) et Bernard Broze (essenscia). Les défis en matière d’environnement, d’énergie, de communication, de santé, de mobilité, de construction… seront résolus par les innovations scientifiques et techniques, plaident-ils.

Les organisations proposent plusieurs mesures pour combler ce manque. Celles-ci reposent sur l’information à donner aux jeunes à propos des nombreux débouchés des études d’ingénieurs et sur la formation elle-même qui doit, entre autres, renforcer ses liens avec le monde économique et la réalité du milieu professionnel. Sept mesures sont détaillées dans une brochure intitulée « Ingénieur, l’atout majeur », disponible en ligne, qui sera distribuée à tous les acteurs concernés par la formation des ingénieurs. Les trois fédérations affirment représenter près de 33.000 entreprises et plus de 175.000 emplois en Wallonie et à Bruxelles.

Source : diplomatie.gouv

Hinkley point : Un coup de billard à trois bandes

Les sourires étaient de mise ce 21 octobre à Londres. En présence du Président chinois Xi Jinping et du Premier Ministre David Cameron, EDF et la China General Nuclear Power Corporation (CGN) ont signé un Accord Stratégique d’Investissement pour la construction et l’exploitation de la centrale nucléaire à Hinkley Point C dans le Somerset (sud-ouest). Il s’agit d’une étape clé dans le renouveau du nucléaire outre-Manche, mais pas seulement. Hinkley Point est un projet déterminant pour les filières nucléaires chinoise et française. La première espère enfin poser un pied en Europe tandis que la deuxième cherche un second souffle pour l’EPR.

Renouveau nucléaire

Cet accord revêt une importance capitale pour le gouvernement britannique qui compte beaucoup sur le nucléaire pour lui fournir de l’énergie et réduire son empreinte carbone. En effet, le parc électrique de Sa Majesté est vieillissant (20% des capacités devraient fermer d’ici 5 ans) et très émetteur de CO2 (les centrales thermiques représentent 70% de la production d’électricité). C’est pourquoi Albion a décidé, il y a quelques années, de mettre en place un cadre réglementaire favorable pour la construction de nouvelles centrales nucléaires (16 réacteurs sont toujours en activité). L’atome est perçu comme un des moyens efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en assurant une production électrique fiable. « Je suis heureux d’annoncer la signature de cet accord historique (…) qui apportera une énergie sûre et abordable à quelque six millions de foyers, créera 25 000 emplois et nous permettra de travailler ensemble vers un futur bas-carbone », s’est félicité David Cameron.

Londres peut également se féliciter de ne pas avoir a déboursé un shilling pour la construction de ces nouvelles centrales. « C’est un excellent deal pour l’Angleterre et les consommateurs. Pour la première fois, une centrale nucléaire va être construite dans ce pays sans l’argent des contribuables », expliquait Edward Davey, secrétaire d’Etat à l’Energie et au Changement climatique. En contrepartie, ces derniers devront payer £92, 50 par MWh (en valeur de 2012). Un montant qui sera réduit à £89,50/MWh si le consortium valide la décision d’investissement sur Sizewell C (voir plus bas). Ce strike price élevé sera fixe pour les consommateurs, ce qui signifie que si le prix de marché venait à être supérieur à ce niveau, ils n’auront pas à payer plus. S’il se situe en-dessous du prix d’exercice, l’exploitant recevra un paiement complémentaire. Ce contrat, d’une durée de 35 ans, est protégé d’éventuels changement législatifs et réglementaires qui pourraient impacter le taux de retour équitable du projet évalué par EDF à 10%. Le prix d’exercice sera par ailleurs indexé sur l’indice de référence britannique de la consommation. Autre détail d’importance, le démantèlement des installations sera à la charge de l’exploitant.

EPR made in UK

Selon l’Accord Stratégique d’Investissement signé la semaine dernière, EDF et la China General Nuclear Power Corporation (CGN) vont s’associer pour construire puis exploiter la future centrale de Hinkley Point C. La participation de la compagnie dirigée par Jean-Bernard Lévy sera de 65,5% et celle de CGN de 33,5%. Une répartition que le français aurait voulu plus équilibrée. C’est pourquoi le groupe a annoncé : « Sans réduire cette participation initiale en dessous de 50%, EDF envisage en temps voulu d’impliquer d’autres investisseurs dans le projet ». Le consortium franco-chinois a par ailleurs confirmé le nom de ses fournisseurs.  L’ingénierie civile sera réalisée par Bouygues TP/ Laing O’Rourke, les travaux maritimes par Costain, les turbines et la maintenance par Alstom, enfin Areva NP (donc bientôt EDF) se chargera de la chaudière et des systèmes de contrôle-commande. Hinkley Point représente une nouvelle chance pour la filière nucléaire française de promouvoir son dernier né : le European Pressurized reactor (EPR). Seuls quatre réacteurs de type EPR sont aujourd’hui en cours de construction : un à Flamanville (Manche), un à Olkiluoto (Finlande), et deux à Taïshan (Chine). Les deux premiers chantiers français et finlandais accusent d’importants retards et surcoûts qui ont quelque peu entaché l’image de marque de la filière française, en pleine restructuration suite à la faillite d’Areva. Seuls ceux de Taïshan, que EDF construit déjà avec CGN, semblent tenir coûts et délais. Pour EDF, l’objectif est de montrer que l’EPR est sûr mais aussi compétitif.

General Nuclear International

Pour la filière nucléaire chinoise, le contrat anglais doit être le début d’une grande aventure. Avec Hinkley Point C, la Chine lance sa nouvelle compagnie, la General Nuclear International (GNI), qui joue le rôle de bras armé de la filière nucléaire chinoise à l’exportation. Car le contrat Hinkley Point pose les bases pour la construction non pas d’un, mais de plusieurs réacteurs au Royaume-Uni. EDF et CGN ont ainsi convenu des termes principaux d’un plus large partenariat visant au co-développement de nouvelles centrales nucléaires à Sizewell dans le Suffolk (est) et à Bradwell dans l’Essex (près de Londres). Si dans la première région, le projet prévoit que le groupe français et son partenaire chinois construisent de deux autres EPR, la deuxième devrait abriter quant à elles des réacteurs au design chinois. En effet, pour Bradwell, le consortium sera mené par CGN avec 66,5 %, contre 33,5 % pour EDF. Mais le rôle du français sera déterminant pour aider la compagnie chinoise à faire certifier son réacteur de grande puissance (HPR1000). Ces termes doivent être finalisés avant la décision finale d’investissement sur Hinkley Point C.

Win-Win-Win ?

Présenté comme un accord gagnant pour les trois parties, la stratégie d’EDF n’en reste pas moins très risquée. Le groupe supporte en grande partie les risques liés à un chantier de cette ampleur et ce, en refusant la garantie proposée par le gouvernement britannique, préférant faire appel aux marchés financiers pour financer le projet. Mais surtout, en accompagnant la certification du HPR1000, EDF ouvre la voie grande à ce qui sera son principal concurrent sur le marché mondial. Un réacteur qui aura intégré les retours d’expérience de l’EPR, les surcoûts en moins…

Par Romain Chicheportiche

Big Data : bienvenue dans l’ère de la prédiction

Ce n’est plus un secret pour personne : les données permettent de prédire nos comportements. Réellement.

Les services de renseignement et les forces de police développent des systèmes permettant de détecter les comportements suspects sur Internet, ou de brasser une grande quantité de données, afin de prédire (ou presque) les crimes. C’est par exemple le cas de PredPol, utilisé par la police américaine.

Prédire le crime et détecter les suspects

Basé sur des algorithmes, ce logiciel permet de prédire les lieux où surviendront des crimes, en temps réel. Et les résultats sont là : en 2014, en moins d’un an, la criminalité de la ville de Santa Cruz avait déjà baissé de 27%.

Développé par un mathématicien, un criminologue et un anthropologue américain, PredPol est aussi utilisé en Europe, par la police du Kent, en Grande-Bretagne, qui le teste depuis un an. Se présentant sous la forme d’une carte, actualisée en permanence, PredPol existe aussi en version « mobile », pour smartphone ou tablette, et permet aux policiers de se rendre sur les lieux d’un crime… avant qu’il ne soit commis.

PredPol est inspiré des programmes de prévention des séismes. Il utilise des algorithmes, mais aussi une base de données qui recense toutes les infractions passées dans un lieu donné. PredPol a déjà conquis plusieurs villes américaines : Los Angeles, Memphis (Tennessee), Charleston (Caroline du Sud) et New York.

Autre exemple d’analyse prédictive grâce aux données : Indect. Impossible de savoir ce que les scientifiques de l’Union européenne ont fait des recherches effectuées dans le cadre de ce projet, entre 2009 et 2013, mais il y a fort à parier que l’on retrouve quelques uns de ses algorithmes dans le système utilisé par les services de renseignement, une fois la loi de surveillance définitivement actée.

Grâce à une compilation de comportements suspects et d’algorithmes, les caméras de surveillance deviennent “intelligentes” et permettent de détecter un comportement “anormal”. Sur Internet, des outils de reconnaissance optique de caractères, de reconnaissance faciale et de reconnaissance audio permettent de détecter des suspects virtuels.

Les RH prédictives

Mais au delà de cette utilisation par les forces de l’ordre, le big data peut aussi permettre de prédire nos comportements dans un tout autre domaine, celui de l’entreprise.

Comme le note Jean-Baptiste Audrerie, spécialiste du marketing canadien, sur son blog, l’analyse d’une masse gigantesque de données permettra à terme aux “DRH” (directeurs des ressources humaines) d’en savoir beaucoup sur les candidats à un poste, sans même consulter de CV ou sans avoir besoin de les rencontrer.

Il existe déjà des tests, comme le célèbre questionnaire de personnalité PAPI, qui consiste à vous faire répondre à une longue série de questions, qui croisées, créent une sorte d’organigramme reflétant votre comportement en entreprise.

Mais le big data et le machine learning (en français, “apprentissage automatique”, un champ de l’intelligence artificielle) permettent d’aller plus loin. Ainsi, le service Watson Developer Cloud BlueMix d’IBM permet d’analyser votre personnalité, et d’en dresser là aussi une carte, mais d’une façon bien plus fine que PAPI.

Comme le note Jean-Baptiste Audrerie, en Chine, L’Oréal recrute déjà de jeunes diplômés grâce à la reconnaissance du langage : “le géant des cosmétiques a développé une technologie mobile (application sur smartphone) qui permet d’enregistrer et d’analyser les réponses verbales de candidats à trois questions”.

Ainsi, cette application développée par l’entreprise Seedlink Tech, permet de “prédire sur la base d’un modèle scientifique la corrélation du langage avec les aptitudes de ventes. La pré-sélection indique quel candidat a les meilleurs aptitudes et le meilleur pronostic de performance dans l’emploi”, explique Jean-Baptiste Audrerie.

En outre, les algorithmes peuvent même permettre de prédire le départ d’un salarié. Ainsi, comme l’explique le Wall Street Journal, WallMart et Crédit Suisse utilisent de gros paquets de données pour prédire quel employé est susceptible de quitter l’entreprise, en fonction de ses performances, de son lieu de vie, de ses traits de personnalité, ou encore de ses interactions sociales. Objectif : détecter les “talents” qui risquent de partir, afin de les garder au moyen de primes et d’augmentations de salaires. Bref, l’avenir semble définitivement radieux.

Par Fabien Soyez

Cultiver des fraises qui ont du goût dans des containers

Guillaume et Gonzague arrivent sur Paris pour accomplir leurs études et goûtent aux fruits et légumes de la ville… Et sont déconcertés. Fils d’agriculteurs, ils ont toujours pu manger des produits naturels. Là, ils ne retrouvent pas les saveurs qu’ils ont connues. Partant de ce constat, les deux compères se demandent comment proposer aux citadins des fruits et légumes avec du goût ?

La solution : rapprocher les lieux de production du consommateur ! Dans le cas de la fraise, l’argument est que ce fruit n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est mangé sitôt cueilli. Or, à l’heure actuelle, il provient surtout d’Espagne où il a été récolté encore blanc et parcours entre 1 500 et 2 000 kilomètres.

Ils ont donc décidé de produire localement en reconvertissant un container long de 12 mètres en serre agricole bio. Ce qui réduit considérablement le temps de transport et la pollution qui en découle.

À l’intérieur du container, l’espace est confiné mais les fraises ne manquent de rien… Si ce n’est, peut-être, d’un peu de soleil. Tout est contrôlé pour qu’elles poussent dans des conditions optimales. De la température aux nutriments, de l’hydratation à la luminosité (éclairage à LED), au taux d’humidité… Tout est réfléchi et dispensé dans de justes proportions. L’air est filtré pour préserver les fraises de la pollution. La pollinisation elle-même a été prévue. Elle est assurée par des bourdons, logeant dans une caisse.

Bien sûr, la culture se fait sans ajout de pesticides ou d’autres produits. Mieux encore, elle nécessite 90% moins d’eau qu’une culture classique. Le résultat serait satisfaisant. D’après les fondateurs d’Agricool, les fraises issues des containers Agricool ont conservé toutes leurs vitamines, et tout aussi important, elles sont bonnes. Niveau efficacité, ce n’est pas mal du tout. D’un container, 7 tonnes de fraises pourraient sortir chaque année.

Pour le moment, Guillaume et Gonzague se consacrent à la culture des fraises pour tester leurs containers. Par la suite, il n’est pas incertain qu’ils s’essayent à d’autres produits. Mais comme l’enjeu est de faciliter l’accès aux produits frais et locaux en zones urbaines, il y a des chances pour qu’Agricool commercialise un jour les containers afin que d’autres producteurs puissent à leur tour produire et alimenter les villes en fruits et légumes sains et savoureux.

Maintenant que les technologies rendent possible la culture en milieu urbain, nous allons peut-être assister à l’ultime mutation de l’agriculture.

Par Sébastien Tribot

Quand la route devient créatrice d’énergie

Le revêtement en question se nomme « Wattway » et fait figure d’avancée technologique remarquable dans le paysage des énergies propres. Il est développé par l’entreprise française Colas, filiale de Bouygues, spécialisée dans la construction et l’entretien d’infrastructures de transport, d’aménagements urbains et de loisirs en collaboration avec l’institut national de l’énergie solaire (INES).

Des cellules photovoltaïques de 15 centimètres de côté dans un enrobage « multicouche fait de résines et de polymères » composent le matériau. Sa transparence – « l’énergie solaire est captée à travers une feuille de silicium polycristallin » – permet aux cellules d’être exposées à la lumière, et ainsi de produire de l’électricité. Cette dernière est ensuite conduite par un réseau de connexions souterraines jusqu’à des onduleurs ERDF avant d’être redistribuée.

En outre, une dalle « Wattway » dispose de caractéristiques similaires à un revêtement routier classique; d’un point de vue tenue de route, usure au temps qui passe ainsi qu’à la météo, résistance au poids des véhicules… C’est d’ailleurs le tour de force de Colas quand on sait que les panneaux photovoltaïques ne sont pas réputés pour être très solides. L’entreprise a déposé deux brevets pour protéger cette technologie.

Le matériau mis au point par Colas présente un autre avantage indéniable : il n’est pas nécessaire de refaire les infrastructures, comme l’assure le PDG Hervé Le Bouc. Il suffit de coller les dalles aux routes existantes.

Dans un premier temps, ce sont les éclairages des abribus, les feux rouges situés en ville qui seront alimentés grâce aux dalles Wattway. Mais par la suite, elles devraient trouver d’autres applications et cibler les zones urbaines où la demande en électricité est en croissance. D’autant que leur potentiel n’est pas des moindres. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un kilomètre de route permettrait d’alimenter une ville de 5 000 habitants. Et selon Hervé Le Bouc, « si on recouvrait un quart des routes, on assurerait l’indépendance énergétique de la France ». L’intérêt est de taille donc !

C’est une affaire qui semble bien partie. La visite du président de la République François Hollande auprès de l’un des trois démonstrateurs mis en place (Grenoble, Chambéry et Magny-les-Hameaux) le 20 août dernier, aurait piqué la curiosité de nombreuses collectivités locales. La phase industrielle est en cours et la commercialisation des dalles Wattway est prévue pour le 1er janvier 2016. Le prix n’a toutefois pas été précisé, si ce n’est qu’il ne devrait pas dépasser celui d’une ferme solaire, afin de rester compétitif.

Par Sébastien Tribot

Après un report polémique, l’Ademe publie son étude sur une électricité 100% verte en France

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a finalement dévoilé jeudi son scenario d’une France avec une électricité 100% issue des énergies renouvelables, sept mois après le report de la publication d’une version provisoire, malgré tout dévoilée dans la presse.

Le report de la publication initialement prévue début 2015, soit en plein débat parlementaire de la loi sur la transition énergétique, avait suscité la polémique.

L’un des points de frictions pendant les débats a en effet porté sur la trajectoire de réduction de la part du nucléaire (75% aujourd’hui) dans le mix-électrique du pays et la montée en puissance des renouvelables (40% du mix-électrique en 2030, selon la loi).

L’étude avait finalement été publiée par le site Mediapart en avril et les écologistes l’avaient mise en avant pour pousser le gouvernement à aller plus loin dans la loi.

L’Ademe s’était défendu de ce report, évoquant « des hypothèses à retravailler ».

Dans la présentation de sa version finale, le président de l’Ademe Bruno Lechevin insiste très fortement sur le fait que cette étude n’est pas un « scenario politique » mais « une étude scientifique à caractère prospectif et exploratoire ».

Ce scenario de mix-électrique 100% renouvelable en France en 2050 fait qu' »une hypothèse jusqu’ici impensable pour la majorité des acteurs en France devienne une hypothèse techniquement possible », estime-t-il toutefois.

L’étude présente donc 14 variantes de mix-électriques avec une part des énergies renouvelables qui oscille entre 40%, 80%, 95% et 100% en fonction de critères d’appropriation sociétale, de coûts des énergies, d’accès au financement ou encore de maîtrise de la demande.

Dans son cas de référence à 100%, l’étude répartit la consommation d’énergie entre 63% d’éolien, 17% de solaire, 13% d’hydraulique et 7% de géothermie et thermique renouvelable, comme dans sa version provisoire révélée en avril.

Dans ce scenario, le mégawattheure consommé coûte 119 euros, contre 117 euros pour celui avec 40% d’énergies renouvelables, associé à 55% de nucléaire et 5% d’énergies fossiles.

L’étude conclut que pour atteindre un maximum d’énergies renouvelables, une meilleure maîtrise de la demande d’électricité est une « condition essentielle ».

De même, le coût des technologies « doit continuer à baisser » et « l’acceptabilité est cruciale », prévient l’Ademe.

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Vidéo : repérer de nouvelles exoplanètes

Instrument de pointe, SPHERE utilise des technologies avancées telles que l’optique adaptative, qui permet de compenser en temps réel les effets de la dégradation due aux turbulences atmosphérique et la coronographie, technique rendant visible des objets orbitant près d’une étoile. Dernier des instruments de seconde génération qui ont pris place sur le VLT, il offre aux chercheurs une imagerie directe de ces planètes extrasolaires et permet d’en apprendre plus sur leurs conditions de formation.

  • Réalisation : Claude Delhaye et Christophe Gombert
  • Production : CNRS Images

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Notre battement cardiaque s’aligne sur celui d’une personne en qui nous avons confiance

Comment améliorer l‘esprit d’équipe ? Depuis quelques années les patrons, chefs et autres dirigeants misent sur le Team building, à savoir des expériences vécues à plusieurs permettant de renforcer la cohésion d’un groupe. Mais comment mesurer cette cohésion ?

Des scientifiques danois ont peut-être trouvé un début de réponse. Ils ont proposé à 74 personnes de construire des voitures à partir de petites briques danoises bien connues par équipes de deux.

Une moitié à été confronté au jeu de montage directement tandis que la deuxième moitié jouaient à un jeu de simulation d’investissements entre chaque séance, le Public goods game. Ce jeu consiste à décider si oui ou non il faut investir une certaine somme d’argent. Cette décision concerne un budget commun. Les gains sont eux-aussi mis en commun.

En étudiant les constantes physiologiques de leurs cobayes, ils ont observé que les binômes ayant participé au jeu de coopération présentaient une plus grande synchronisation de leurs rythmes cardiaques.

La confiance nécessaire à une évolution positive des profits virtuels aurait donc grandit au fil des séances, jusqu’à faire battre les cœurs de chacun des individus au même rythme que celui de leur partenaire. Ainsi, d’après ces travaux, avoir des cœurs qui battent à l’unisson témoigne d’une confiance mutuelle solide. Bientôt un détecteur de confiance ?

Par Audrey Loubens

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Batterie transparente Li-ion rechargeable à la lumière du jour

Un groupe de chercheurs japonais a conçu un prototype de batterie lithium-ion transparent et pouvant se recharger grâce à la lumière du jour.

Ce groupe de recherche, dirigé par Mitsunobu Sato, président de l’université de Kogakuin et professeur au département de physique appliquée de la School of Advanced Engineering de l’université, a pour objectif de d’utiliser cette batterie pour faire des « vitres intelligentes ». De plus lorsque la lumière du soleil est appliquée sur cette la batterie, elle se pigmente, réduisant ainsi le flux lumineux passant.

Le prototype a été exposé au forum Innovation Japan 2015 qui s’est déroulé les 27 et 28 août derniers à Tokyo.

En 2013, une première batterie transparente avait été dévoilée. Ses électrodes respectivement positive et négative avaient une épaisseur de 80 et 90nm, permettant une assez haute transmittance. Le voltage de la batterie était de 3,6V et la batterie pouvait réaliser environ 20 cycles de charge et décharge.

La batterie qui a été exposée cette année a subi quelques modifications par rapport à la version de 2013, notamment dans les matériaux.

Source : diplomatie.gouv