Rénover le dépistage du mélanome cutané avec « Gigapixel »

Parmi les différentes formes de cancer de la peau – les sarcomes, les mélanomes et autres carcinomes – le mélanome cutané est celui présentant le taux de mortalité le plus élevé. Pourtant, s’il est dépisté suffisamment tôt, le mélanome est presque toujours guérissable. Une équipe de chercheurs américains a mis au point un nouvel outil photographique capable de fournir des images à très haute résolution de la peau d’un patient, afin d’aider les médecins dans leur travail de dépistage, et peut-être ainsi permettre d’inverser la courbe du nombre de décès en France et dans le monde, en constante augmentation.

Le mélanome cutané en quelques chiffres

Les chiffres ont de quoi faire frémir : avec 1620 décès pour 9780 nouveaux cas répertoriés dans l’hexagone en 2011, et 1672 décès pour 11 176 nouveaux en 2012, le mélanome cutané est un véritable problème de santé publique. Sa progression est effarante, le nombre de cas ayant plus que triplé ces trente dernières années – l’incidence en France est même passée de 2,5 à 10,8 pour 100 000 hommes entre 1980 et 2012, et de 4 à 11 pour 100 000 femmes sur la même période.
Aux États-Unis, le mélanome est le cinquième type de cancer le plus répandu, mais c’est également le cancer de la peau présentant la mortalité la plus élevée, totalisant à lui tout seul plus de 75 % des cas de décès dus à un cancer de la peau.

Derrière « Gigapixel », l’université Duke… et la DARPA

Développé par une équipe de chercheurs de l’université américaine de Duke, en Caroline du Nord, le « Gigapixel » est un appareil à la trajectoire étonnante. Conçu sous la houlette de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires, le « Gigapixel » devait venir grossir les rangs des outils mis à la disposition de l’armée américaine. Il n’en est pourtant rien : le dispositif devrait pouvoir aider à dépister plus tôt certains cancers de la peau, et ainsi sauver des vies, en fournissant une image exploitable en haute définition de la peau d’un patient.

Un objectif pour 34 micro-caméras disposées en dôme

Au premier abord, l’appareil semble n’être pourvu que d’un gros objectif tout simple, encastré dans un imposant caisson métallique. Mais l’objectif cache bien son jeu, puisqu’il dissimule sous son capot l’équivalent de trente-quatre petites caméras, dont la disposition pourrait rappeler un télescope et ses oculaires. L’agencement de ces 34 micro-caméras ne doit rien au hasard : l’organisation en dôme vient corriger les imperfections et les irrégularités dues à l’objectif, tout en fournissant une image continue du sujet photographié. Le temps d’exposition et la mise au point de chaque mini-caméra peuvent se régler de manière indépendante, et un ordinateur réalise un examen préliminaire des images afin de déterminer si certaines zones pourraient nécessiter une plus grande attention de la part d’un spécialiste.
« L’appareil est conçu pour débusquer des lésions qui pourraient être indicatrices d’un cancer de la peau, ces lésions pouvant se trouver à un stade moins avancé que celles dépistées par les techniques actuelles d’examen », explique Daniel Marks, l’un des co-responsables du projet. « Normalement, un dermatologue examine soit une une petite région de la peau avec force détails, ou une plus grande région avec des images basse résolution », continue-t-il. Ici, « Gigapixel » devrait offrir bien plus qu’un simple compromis.

Encourager la télémédecine avec une alternative à la dermatoscopie digitale

Bien que l’utilisation de la photographie d’un corps entier pour différencier les mélanomes des lésions dites stables ne présente pas en soi une nouveauté, l’approche est généralement limitée par la résolution de la caméra utilisée. Un simple grand angle est insuffisant pour ensuite permettre au dermatologue de zoomer là où il le désire. Le spécialiste se replie donc souvent sur la dermatoscopie digitale, une technique qui va révéler – sur une très petite zone de peau – les microstructures et les couleurs invisibles à l’œil nu. Bien que la résolution de Gigapixel soit inférieure à celle du meilleur dermatoscope, elle reste bien supérieure à celle d’un appareil standard ; autre avantage, cet appareil encourage la pratique de la télémédecine, le spécialiste n’ayant pas nécessairement besoin d’être présent pour établir un diagnostic.

Par Moonzur Rahman

Facebook prépare son propre site réservé aux relations professionnelles

Cela s’appellerait « Facebook at work ». Le nouveau réseau social sur lequel travailleraient les équipes de Facebook s’adresse uniquement aux professionnels. L’objectif est de leur procurer un outil leur permettant de discuter entre eux et de travailler collectivement sur des documents. Une sorte d’intranet mais à la sauce Facebook, avec un affichage similaire présentant un fil d’actualités. Cette version doit aussi permettre de développer son réseau et d’interagir avec d’autres professionnels. De quoi rentrer en concurrence directe avec LinkedIn dont c’est le cœur de métier. Mais fort de ses 1.35 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, Facebook n’a pas peur de la compétition. D’autant que ce copié/collé de Facebook en mode « Pro » permettrait de maintenir une activité tout au long de la journée, ce qui n’est pas le cas puisque de nombreux salariés ne peuvent accéder à Facebook sur leur lieu de travail, le réseau social étant souvent bloqué pour éviter que les travailleurs ne perdent trop de temps à liker telle ou telle actu. Une baisse d’activité qui pourrait être efficacement compensée par Facebook at work.

Toutefois, le créateur de Facebook Mark Zuckerberg n’a pas encore confirmé ce projet dont le secret a été éventé par nos confrères du Financial Times. Pourtant, d’après les journalistes, Facebook at work serait fonctionnel. Pour preuves, les employés de Facebook l’utiliseraient déjà en interne.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’empreinte carbone des Français peut être réduite sensiblement d’ici à 2030 (étude)

Ce résultat correspond à l’émission d’environ sept tonnes de gaz à effet de serre par personne et par an en 2030, précise l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans une étude consacrée aux moyens d' »alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030″.

Selon l’agence, l’empreinte carbone (émission de CO2) liée à notre consommation peut être sensiblement allégée dans « les deux secteurs les plus impactants, le bâtiment et la mobilité, avec une baisse supérieure à 35% en 2030 (par rapport à 2007) pour le premier et supérieure à 25% pour le second ».

L’Ademe constate que « les dépenses des ménages français ont connu une hausse sans précédent depuis plus de cinquante ans » et que « ce niveau élevé de consommation » s’accompagne d’une augmentation de notre empreinte environnementale (énergie, carbone, eau, consommation de ressources, recul de la biodiversité…).

Pour l’alléger, il faut « faire évoluer notre système de +production-consommation+ et changer nos habitudes et routines de citoyens-consommateurs », souligne-t-elle.

Concrètement, elle recommande notamment d' »améliorer le confort et l’efficacité thermique » des logements, de réduire la part des maisons individuelles dans les constructions neuves au profit du petit collectif (50/50 en 2030 contre 58/42 aujourd’hui).

En matière de mobilité, l’Ademe préconise de développer l’usage des transports en commun pour qu’ils représentent 28% des déplacements en 2030 contre 21% actuellement, mais aussi d’encourager le vélo, la marche, l’autopartage et le covoiturage. Elle suggère en 2030 « une part de marché pour les véhicules neufs de 10% de véhicules électriques et 22% d’hybrides rechargeables ».

L’agence appelle à « réduire drastiquement le gaspillage alimentaire, à chaque étape de la chaîne alimentaire, en visant une baisse de 60% de 2007 à 2030 ».

Elle recommande aussi d’allonger la durée de vie des équipements électriques et électroniques tout en améliorant leur efficacité énergétique. Dans le cadre d’une « économie circulaire », il faudrait développer « des filières de récupération et de valorisation » de ces équipements, souligne-t-elle.

Globalement, il s’agit de « passer d’une société de la quantité à une société de la qualité », au moment où « le souhait de changer la société en profondeur n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui » et où « de nouveaux modes de consommation prometteurs émergent ».

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La première piste cyclable solaire testée aux Pays-Bas

Connus pour être adeptes du vélo, les Hollandais vont désormais pouvoir tester leurs deux-roues sur une piste d’un nouveau genre, une chaussée solaire. La  SolaRoad située au nord d‘Amsterdam a été inaugurée le 12 novembre. Il s’agit en réalité d’un tronçon de route et non une route entière, mais les 70 m recouverts de panneaux solaires vont permettre de confronter le concept à la réalité. Ce sont donc des éléments rectangulaires de 2,5 m sur 3,5 m de béton recouverts de capteurs photovoltaïques qui vont produire de l’énergie.  D’après le porte parole du projet Jannemieke van Dieren, le rendement obtenu sur 16 jours de fonctionnement correspond à 140 kWh. Cette électricité est injectée dans le réseau électrique public mais pourrait très bien servir à alimenter les éclairages publics ou recharger les batteries des véhicules électriques.

Au cours des prochains mois, les ingénieurs du projet vont tout particulièrement s’intéresser à la durée de vie des panneaux solaires. Avec une fréquentation de 2000 vélos par jours, la route va être fortement sollicitée. La piste cyclable est recouverte de verre trempée et d’anti-dérapant, mais rien n’est prévu pour la protéger de l’accumulation de poussières et autres débris susceptibles d’altérer le fonctionnement des capteurs solaires en cachant les rayons du soleil.

Le projet a coûté près de 3 millions d’euros. Si le test est concluant, d’autres pistes solaires pourraient bien fleurir aux Pays-Bas.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du web #70 : les vidéos les plus étonnantes de novembre 2014

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Découper du marbre ? Un jeu d’enfant !
  • Faire tomber une boule de bowling et une plume dans une chambre à vide ;
  • Un fluide non-newtonien sur une baffle, en slow-motion ;
  • Course de drones : crash session ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : une machine de Goldberg lumineuse ;
  • Bonus : une sublime aurore boréale en Norvège.

Découper du marbre ? Un jeu d’enfant !

Rentrer dans du marbre comme si c’était du beurre ? Pour débuter cette soixante-dixième Revue du Web, penchons-nous sur le travail de Lucas Ter Hall et de Jelle Feringa, deux jeunes Hollandais derrière « Carrara Robotics », un projet soumis lors du Rob|Arch 2014, la conférence internationale sur la fabrication robotique dans l’architecture, l’art et le design. De la même manière que pour l’acier ou pour n’importe quel autre matériau fragile et/ou très dur, les scies à fil ou à ruban diamanté se jouent du marbre comme s’il était prédécoupé.

La procédure est très simple : il suffit de modéliser au préalable les formes et les courbes souhaitées pour que le logiciel de guidage de la scie fasse le reste. Idéale pour réaliser une découpe millimétrée, cette technique permet de laisser libre cours à sa fibre artistique en repoussant un peu plus loin les limites du réalisable.

Faire tomber une boule de bowling et une plume dans une chambre à vide :

Brian Cox possède plusieurs cordes à son arc : physicien britannique travaillant au CERN à Genève, il est également connu pour avoir été clavier du groupe D:Ream dans les années 1990, et est toujours présentateur d’émissions scientifiques pour la BBC Two. C’est cette dernière casquette qui nous intéresse ici, puisqu’on le retrouve au Space Power Facility de la NASA, dans l’Ohio, pour un programme court diffusé sur la chaîne anglaise. Sa présence dans cet État du Nord-Est américain ne doit rien au hasard, puisque s’y trouve la plus grande chambre à vide du monde, une chambre de simulation d’environnement spatial de plus de 30 mètres de diamètre pour une hauteur de 37,2 mètres, soit un volume avoisinant les 23 000 mètres cubes.

L’équipe anglaise va se servir de ce gigantesque terrain de jeu pour comparer la chute d’une boule de bowling avec celle de quelques plumes suspendues, libérées au même instant t, d’abord dans des conditions normales, puis dans le vide « presque » absolu. Notons qu’il faut pas moins de trois heures pour faire le vide dans cette colossale construction d’aluminium et d’acier. On vous laisse admirer la chute, un joli moment de poésie suspendue… Bien que le résultat soit connu à l’avance, on se retrouve le sourire aux lèvres, tout comme ces scientifiques à qui il est donné de voir pour la première fois une chose attendue mais absolument fascinante.

Un fluide non-newtonien sur une baffle, en slow-motion

Le réalisateur anglais Gavin Free et son ami Daniel Gruchy sont monomaniaques. Les deux « Slow-Mo Guys » se sont faits un nom sur la toile en se lançant dans toutes sortes d’expériences (impliquant souvent des destructions en tout genre) qu’ils ont pris la très bonne habitude de filmer, juste pour le plaisir de décomposer la scène au ralenti. Pour ce faire, rien de tel qu’une « Phantom Flex », l’incontournable caméra numérique très haute définition capable de filmer jusqu’à 18 000 images par seconde.

Les deux compères rigolards s’attaquent cette fois-ci à un morceau de choix, en filmant le comportement d’un fluide non-newtonien sur une baffle. La viscosité de ce type de fluide, variable, change notamment en fonction de la vitesse et des contraintes qui leur sont appliquées. Par exemple, un fluide non-newtonien aura tendance à se solidifier si on lui applique une pression suffisamment élevée. Il devient alors possible de « marcher sur l’eau », tel un Christ de pacotille, si l’on remplace l’eau par ce blob d’apparence visqueuse. Ici, les contraintes exercées par les ondes acoustiques du haut parleur sur le fluide entraînent ce dernier dans une danse suave et organique, magnifiée par la beauté étrange du ralenti. A voir !

Course de drones : crash session

Les courses de Pod Racers à la sauce « Guerre des Étoiles », ça vous rappelle quelque chose ? Nous vous présentions dans la précédente Revue du Web l’association « Airgonay », de sympathiques pilotes de drones amateurs laissant libre cours à leur passion dans une forêt de la petite commune de Haute-Savoie, un cadre idéal pour pouvoir en découdre en bonne intelligence. On pouvait alors entrevoir le calme olympien de ces talentueux pilotes du dimanche, un contraste saisissant avec la nervosité de ces drôles de petits bolides, capables d’effacer sans douleur les très nombreux obstacles jalonnant le parcours boisé. Les pilotes sont assistés par une caméra embarquée et par un dispositif vidéo… offrant un rendu génial assez proche d’un jeu en FPV (« First Person View », ou vol en immersion).

Conscients que la première vidéo de leur rassemblement aurait pu laisser croire que des courses de ce type pourrait se faire sans aucun raté, les dronistes ont publié une autre vidéo baptisée « crash session », dont le titre a le mérite d’annoncer la couleur. S’y succèdent anicroches en tous genres et arrêts au stand, rappelant si besoin que ces petits bolides sont particulièrement coriaces et que piloter l’un d’entre eux n’est pas une mince affaire.

 

Le gadget (inutile ?) de la semaine : une machine de Goldberg lumineuse

Notre gadget (inutile?) de la semaine vient réinventer la désormais classique machine de Goldberg… Les Japonais de « au Hikari », un fournisseur d’accès à internet via fibre optique, se sont fendus d’un petit clip publicitaire viral baptisé « The power of Optics », venant dépoussiérer l’œuvre de Rube Goldberg avec force loupes, miroirs et autres dispositifs optiques. On y suit le cheminement héroïque d’un seul et unique rayon lumineux à travers de multiples obstacles, un rayon qui se débarrasse tour à tour de quelques ficelles, d’un ballon ou allant jusqu’à faire fondre un peu de glace. Un plaisir pour les yeux !

Ce type d’installation s’inspire, on le rappelle, de l’œuvre prolifique et inventive de Rube Goldberg, un dessinateur et artiste américain mort en 1970, dont les installations avaient pour leitmotiv la transformation d’une tâche excessivement simple en une série de petites tâches complexes, impliquant la plupart du temps une réaction en chaîne. Chaque élément de la machine vient se frotter d’une manière ou d’une autre à l’élément suivant, remplissant humblement sa fonction, jusqu’à déclencher de fil en aiguille l’action finale, le but initial de la machine de Rube Goldberg.

Bonus : une sublime aurore boréale en Norvège

Pour conclure notre soixante-dixième Revue du Web, allons faire un petit tour dans l’une des contrées les plus septentrionales de notre planète. Située au nord du cercle polaire arctique, la ville norvégienne de Tromsø est connue pour être l’une des très nombreuses « Paris du nord » – oui, l’expression est quelque peu galvaudée. Mais pas seulement : sa position géographique extrême en fait un point d’observation privilégié pour les plus grosses aurores boréales.

La preuve ? Filmées le 18 octobre dernier, ces images montrent une aurore boréale d’une rare intensité, dont les ondulations et les teintes successives offrent un spectacle absolument fascinant.

Par Moonzur Rahman

Deux nouvelles particules découvertes au Cern

L’existence de ces particules baptisées Xi_b’- et Xi_b*- est prédite par la théorie, mais jusqu’à présent, elles n’avaient jamais pu être observées.

Ces nouvelles particules sont des baryons, famille dont les membres les plus célèbres sont le proton et le neutron.

Les baryons sont constitués de trois quarks, des constituants élémentaires liés entre eux par ce qu’on appelle « la force forte ».

L’existence de ces deux nouvelles particules a été mise en évidence grâce à des expériences menées en 2011 et 2012 sur le grand accélérateur de particules LHC, situé à la frontière entre la Suisse et la France.

L’étude a été menée notamment par Matthew Charles, du Laboratoire de physique nucléaire (CNRS/UPMC/Université Paris Diderot), en collaboration avec un chercheur américain.

La mesure des propriétés des deux nouvelles particules « contribue à une meilleure connaissance de la théorie d’interaction forte dans le cadre du Modèle standard de la physique des particules », souligne le CNRS français (Centre national de la recherche scientifique) dans un communiqué.

Les interactions fortes sont responsables de la cohésion de la matière nucléaire.

Pendant longtemps, la description théorique de ces interactions a présenté un défi pour les physiciens.

Puis, un progrès décisif a été accompli lorsqu’on a compris qu’elles sont toutes liées à un principe géométrique. Autour de 1970, est né le schéma théorique du Modèle standard, qui décrit les particules fondamentales de la matière, la manière dont elles interagissent et les forces qui s’exercent entre elles.

Une particule de la même famille, Xi_b*0, avait déjà été observée en 2012 grâce au grand collisionneur LHC, le plus grand du monde.

C’est lui également qui a permis de découvrir le célèbre Boson de Higgs, considéré par les physiciens comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière, la particule élémentaire qui donne leur masse à nombre d’autres, selon la théorie du Modèle standard.

Le LHC se trouve actuellement en phase de préparation, après un long arrêt, en vue d’un fonctionnement à des énergies plus élevées et avec des faisceaux plus intenses. Son redémarrage est prévu au printemps 2015.

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Un pulsar remettrait en cause la limite d’Eddington

Il a fallu combiner trois télescopes pour le déceler – dont le Nuclear Spectroscopic Telescope Array (NuStar) – dans la galaxie que l’on surnomme la galaxie du Cigare. Il faut dire que sa découverte n’était pas préméditée. C’est en étudiant une supernova dans un voisinage « proche » que Fiona Harrison et l’équipe de chercheurs ont découvert cette source extrêmement lumineuse. 

C’est d’ailleurs la caractéristique qui a frappé les scientifiques. L’astre dégage une énergie incroyable et a immédiatement été considéré comme une source x ultralumineuse (ULX). À tel point qu’ils l’ont tout d’abord pris pour un trou noir, l’hypothèse la plus courante dans ce genre de cas. Sauf que l’objet émet un rayonnement périodique, toutes les 1,37 secondes.

Les chercheurs l’ont donc placé dans la catégorie des pulsars, qui se trouvent être par définition des « étoiles à neutrons en rotation rapide ». Plus précisément, ce sont les résidus compacts agglomérés, issus de l’explosion d’une étoile massive; ce phénomène est appelé supernova à effondrement de coeur. 

Ce qui est fascinant, c’est que jamais auparavant, un pulsar de cette taille n’avait montré un tel condensé d’énergie. Il brillerait 100 fois plus que les pulsars déjà répertoriés. L’étoile à neutrons défie même la limite théorique dite  « limite d’Eddington » qui fixe le rapport masse / luminosité d’une étoile. « C’est la plus extrême violation de cette limite que nous ayons jamais vue », a déclaré Dom Walton, co-auteur avec Fiona Harrison de l’étude parue sur la revue Nature.

Les scientifiques n’ayant pas encore d’explication à ce phénomène, voilà un nouveau sujet qui devrait les maintenir en haleine et peut-être apporter davantage de connaissance sur certains mystères de l’Univers.

Par Sébastien Tribot

Pyrénées: pas un seul facteur de surmortalité des abeilles (expertise)

Les services de l’Etat ont « conduit leurs investigations chez 52 apiculteurs, parmi les 58 ayant déclaré des pertes de cheptel (dans les Pyrénées orientales et l’Ariège, ndlr), et dans 25 élevages à proximité des ruchers touchés », indique la préfecture des Pyrénées orientales, dans un communiqué publié à Perpignan.

Les apiculteurs soulevaient l’hypothèse d’une exposition des colonies aux substances chimiques utilisées en élevage.

Mais « les résultats d’analyses ne permettent pas, en l’état, de conclure à une origine commune et unifactorielle pour l’ensemble des départements touchés », a fait savoir la préfecture, citant des experts scientifiques apicoles.

Selon la responsable de la Direction départementale de la protection de la population, Chantal Berton, jointe par l’AFP, « cette enquête a permis de mettre en évidence, à l’état de traces, la présence d’agents pathogènes et de substances chimiques connues pour des usages divers: utilisation phytosanitaire, usage sanitaire et biocide en élevage, usage apicole ».

Jean-Philippe Antoine, porte-parole du Collectif des apiculteurs sinistrés des Pyrénées-Orientales, s’est félicité que les experts aient « enfin reconnu la présence de pesticides » dans les ruches. « Or nous apiculteurs, nous n’utilisons pas de pesticides, à la différence des éleveurs », a-t-il déclaré.

Les produits chimiques utilisés par les apiculteurs, eux, « n’ont jamais tué les abeilles », a-t-il assuré.

Le porte-parole a cependant regretté que les experts « noient le poisson en essayant de minimiser » l’impact des pesticides. « Ils sont sous l’emprise du lobby phytochimique », a-t-il accusé.

« Ca ne s’arrêtera pas là », a ajouté le porte-parole, regrettant qu' »aucune aide financière supplémentaire » n’ait été proposée, tandis que les apiculteurs des Pyrénées-Orientales seules ont chiffré à « un million d’euros » le budget nécessaire pour relancer localement la filière.

M. Antoine s’est malgré tout félicité de l’annonce par les experts de la mise en place d’un protocole de surveillance spécifique afin de poursuivre les études.

Cette surveillance, menée sur des ruchers-tests, devrait être réalisée dans des zones ciblées, dans les Pyrénées et les Alpes, dès cet hiver et sur deux saisons.

« Plus de 5.000 ruches ont été déclarées comme mortes » au cours de l’hiver dans les Pyrénées orientales et l’Ariège, selon M. Antoine.

La surmortalité des abeilles touche l’ensemble de la France et l’Europe, relançant le débat sur l’usage des pesticides. En 2013, Bruxelles a interdit pour deux ans l’usage de trois d’entre eux jugés en partie responsables de cette situation.

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Présentation d’Ariane Mizrahi – Journée professionnelle Techniques de l’Ingénieur du 6 novembre 2014

Revivez l’intégralité la présentation du 06/11/14 d’Ariane Mizrahi, directrice éditoriale de Techniques de l’Ingénieur, concernant les évolutions récentes et à venir de l’offre éditoriale de Techniques de l’Ingénieur.

Au programme :

1/Les ressources documentaires de Techniques de l’Ingénieur

2/ Les acteurs de la production éditoriale chez Techniques de l’Ingénieur

3/ Le processus éditorial chez Techniques de l’Ingénieur

4/ Nouveautés éditoriales 2012-2014 chez Techniques de l’Ingénieur

5/ A venir chez Techniques de l’Ingénieur d’ici 2017

6/ Questions/réponses à propos de l’offre éditoriale de Techniques de l’Ingénieur

Comment surfer sur le web incognito

Surfer sur le web de façon anonyme, c’est possible. Et même souhaitable, face aux sites web qui collectent de plus en plus de données sur les internautes, via des cookies publicitaires, les historiques de navigation et les adresses IP. Il existe plusieurs outils permettant de masquer son adresse IP, de barrer la route aux cookies, et de surfer sans craindre d’être surveillé.

Tout d’abord, utilisez le mode “navigation privée” de votre navigateur web. La navigation privée vous permet d’aller sur Internet sans enregistrer la moindre information au sujet des sites et des pages que vous avez visités (pages web visitées, formulaires et requêtes de recherche, mots de passe, cookies). Sous Firefox et Chrome, il vous suffit de cliquer sur “fichier”, puis “nouvelle fenêtre de navigation privée”.  

La navigation privée ne vous garantit pas toutefois un anonymat total, puisque votre fournisseur d’accès et les sites web pourront toujours récupérer des traces des pages que vous aurez visitées. D’où l’utilité de passer par un VPN (réseau privé virtuel). Généralement utilisable sous la forme d’un petit logiciel à télécharger, ce réseau vous de chiffrer votre connexion, et de cacher votre adresse IP, en utilisant un serveur proxy (un proxy est un intermédiaire entre l’ordinateur, qui fait une requête, et le site internet) situé à l’étranger. Privilégiez les VPN payants, comme Toonux VPN ou Strong VPN. Et si vous devez vraiment utiliser un VPN gratuit, choisissez Freedom-IP, le plus fiable à l’heure actuelle.

Tor, ou le routage en oignons

Finalement, l’outil le plus efficace reste le réseau décentralisé Tor – il ne s’agit pas à proprement parler d’un VPN, mais plutôt d’une chaîne de serveurs proxys. Contrairement à un VPN, Tor n’est pas centralisé : il n’utilise pas qu’un seul serveur proxy, mais plusieurs. Ce qui ralentit un peu la connexion, comparé à un VPN, mais ce qui renforce davantage la protection de la vie privée.

Ce logiciel, gratuit et plutôt simple d’utilisation, a été conçu par des hackers militants, et défend l’idée d’un Internet libre. Tor n’établit pas une connexion directe entre votre PC et un serveur proxy : il passe par un système de serveurs relais aléatoires. Selon le principe du “routage en oignons”, Tor crée une cascade de connexions sécurisées chiffrées (des “tunnels”), en construisant un circuit au sein duquel chaque nœud a une clef secrète. 

Votre adresse IP est cachée, puisque votre connexion passe par différents relais, qui ne connaissent que l’adresse du relais précédent. Votre IP change toutes les dix minutes, et votre connexion est chiffrée. Le système est tel qu’il est impossible de remonter jusqu’à votre adresse IP, donc jusqu’à vos données. Tor empêchera donc les sites d’enregistrer les pages sur lesquelles vous surfez, et à fortiori, ceux qui tenteraient, pour des raisons malveillantes, de pénétrer dans votre ordinateur via la reconnaissance de votre adresse IP.

Par Fabien Soyez

Des étudiants fabriquent un purificateur d’eau pour moins de 50€

Voilà un projet d’étude utile. Les élèves en génie mécanique de l’université australienne d’Adélaïde ont relevé le défi de fabriquer un dispositif capable de rendre l’eau potable. Ces étudiants ont brillamment réussi puisque le dispositif créé fonctionne parfaitement. Il s’agit d’un tube en verre d’1,50 m placé dans une tranchée tapissée d’emballages de paquets de chips. La réflexion des rayons du soleil sur la face brillante des sachets amplifie le phénomène de désinfection solaire bien connu et reconnu par l’OMS comme une méthode de traitement de l’eau. Comment cela fonctionne ? Les UVA réagissent avec l’oxygène de l’eau pour produire des peroxydes d’hydrogène capables de détruire les agents pathogènes. Les UVA agissent aussi en détruisant la structure de la cellule des bactéries.

Enfin, les radiations infrarouges augmentent la température de l’eau, ce qui accélère le processus de désinfection. Ainsi, ces trois actions du rayonnement solaire purifient l’eau de façon à ce qu’elle puisse être bue.

Le gros avantage de cette approche est son faible coût, les seuls accessoires étant un gros cylindre en verre et des emballages de chips  récupérés. Le dispositif coûte en tout et pour tout à peine 50€ et permet de purifier 40L en 4 heures. Une quantité qui peut être accrue en rajoutant un autre tube en verre par exemple.

L’association ChildFunf Australia est très enthousiaste face à ce purificateur d’eau et prévoit déjà de le déployer en Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’objectif étant de fournir aux populations locales un moyen de traiter l’eau sur place facilement. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

L’éolienne flottante commence à se dresser au large de Fos-sur-mer

Vertiwind est un projet d’éolienne innovant. Fini l’éolienne avec un mât vertical surplombé d’un moteur avec trois pâles. Cette nouvelle éolienne offshore, développée par la start-up lilloise Nenuphar en partenariat avec EDF Energies nouvelles et Technip, doit apporter un second souffle au développement de l’éolien en France. L’objectif du Grenelle de l’environnement vise les 8000 éoliennes en service d’ici 2020, soit 25 000 MW dont 6 000 MW fournis par des éoliennes installées en mer. Un objectif ambitieux sachant qu’en 2012, les sources d’énergies renouvelables dont l’éolien  (hors hydraulique) atteignaient péniblement 4,6% de la production totale. Toutefois, l’éolien est l’énergie renouvelable qui progresse le plus. 

L’éolien offshore devrait aider à respecter les engagements du Grenelle. Surtout que la limite maximale des 35m de profondeurs d’eau est en passe d’être levée. En effet, Vertiwind a été conçu justement pour pouvoir être implantée quelle que soit la profondeur. Pour y parvenir, le secret de cette éolienne réside dans son architecture avec un axe vertical et le moteur positionné « en bas ».Ce faisant, le centre de gravité est abaissé en comparaison d’une éolienne classique, le système est moins haut et plus compact, de quoi assurer une stabilité suffisante pour laisser flotter l’éolienne à la surface de l’eau. Du coup, plus besoin de fixer l’éolienne au fond. Cela ouvre des perspectives d’implantations nouvelles. Autre avantage, les ouvriers de maintenance n’auront plus à grimper aussi haut pour travailler sur les pâles ou le moteur.

Fos-sur-Mer, commune des Bouches-du-Rhône située à 40 km à l’Ouest de Marseille,  est plutôt connue pour ses industries et les activités liées au raffinage. Pourtant, depuis quelques années, des sources d’énergie renouvelables s’imposent dans le paysage et des éoliennes fleurissent parmi les cuves et les cheminées. Une évolution cohérente avec l’implantation d’un démonstrateur d’éolienne flottante au large des côtes fosséennes.

D’après le calendrier de Vertiwind, les premiers essais de l’éolienne flottante s’effectueront dès 2015. Les premiers tests se feront proche de rivage puis de plus en plus loin, jusqu’à 20 km au large. Si le succès est au rendez-vous, c’est tout un parc de 13 éoliennes flottantes qui sera bâti au large de Fos-sur-mer, chacune avec une puissance allant jusqu’à 3 MW.

Par Audrey Loubens

Le Laser Anti-drone chinois a été testé avec succès

Les drones ont du souci à se faire. Désormais, il existe une arme capable de les dézinguer sans pitié avec une efficacité redoutable : le laser anti-drone.

Car si la France semble indécise et impuissante face à la multiplication de petits drones dans des espaces interdits de survol, les chinois n’ont pas tant d’états d’âmes et ont développé un laser spécialement dédié à la destruction de drones en plein vols. Révélé par l’agence de presse chinoise Xinhua, le projet menée  par la China Academy of Engineering Physics (CAEP) est un succès. 

L’arme fabriquée est capable de neutraliser des drones se déplaçant jusqu’à 180 km/h, à une altitude de 500 mètres tout en restant à une distance de 2 km. Testée la semaine dernière, le laser aurait abattu 30 drones affichant un taux de réussite de 100%. La Chine développe ce système pour se créer un bouclier anti-drone mobile. Le Laser peut être placé sur un véhicule et servir pour différentes missions comme la sécurisation de manifestations sportives par exemple, même si en France on imagine déjà comment un tel système pourrait protéger l’espace aérien des centrales nucléaires récemment survolées à plusieurs reprises par des drones.

Si un laser dédié aux drones civils de petite taille et volant à basse altitude est une première, les Etats-Unis ont déjà élaboré un laser anti-drones mais pour les aéronefs militaires à haute altitude. Les lasers de la société Raytheon testés l’année dernière au large des côtes californiennes ont carbonisé leurs cibles en quelques secondes.

Gros ou petits, à basse ou haute altitude, civils ou militaires, les drones vont devoir se faire discrets s’ils ne veulent pas finir explosés en vol.

Par Audrey Loubens

Exposition : Portraits d’ingénieurs singuliers

Les deux protagonistes de ce travail nous présentent leur projet en vidéo :

« Le  projet de recherche dont cette exposition constitue un des fruits – le plus visible sans doute – a pour ambition de répondre à  certaines questions restées en suspens dans mes travaux  passés. […] Dans cette nouvelle recherche, je me suis intéressée à l’éthique en actes plutôt  qu’en paroles ou opinions, j’ai analysé des destins  et  des trajectoires d’individus plutôt que la culture et les valeurs de  leur groupe », explique Christelle Didier, docteure en sociologie.

« Que perçoit-on d’une personne lorsqu’on met de côté son statut social,  son métier ? Comment tenter de se définir en-dehors  de ces critères ? Je cherche, à travers ses images, à rendre compte de la réalité sensible de chaque rencontre, de la réalité de l’échange qui s’est opéré entre moi et la personne photographiée. D’après Gilles Deleuze, l’élaboration d’un «percept» permet de créer «un  ensemble de perceptions et de sensations qui survivent à celui qui les éprouve». C’est ici le moteur de mon travail », commente Delphine Lermite, photographe.

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Bilan inédit de l’éolien en France

On se souvient que dans le cadre de la transition énergétique, les professionnels de la filière éolienne en France s’étaient engagés à développer le secteur en proposant aux pouvoirs publics un « Pacte Éolien pour la Compétitivité et l’Emploi ». C’est dans ce cadre que France Énergie Éolienne (FEE), association qui regroupe la très grande majorité des acteurs de l’éolien en France, a lancé son « Observatoire de l’Éolien » en partenariat avec le cabinet de conseil BearingPoint. Cet observatoire se veut être un instantané à la fois précis et ambitieux de la filière en France jusqu’à la fin de l’année 2013, s’appuyant sur un recensement à grande échelle inédit auprès des professionnels du secteur. Des chiffres donc, mais aussi des cartes et des graphiques pour y voir plus clair et faire de cet Observatoire « un outil de pilotage annuel pour le développement industriel français ».

Stabilisation des effectifs

Première information de ce tableau de bord, la stabilisation des emplois éoliens malgré le net ralentissement de l’activité depuis 2010. Le secteur comptait fin 2013 10840 emplois répartis sur près de 760 entreprises, dont l’implantation en région se fait à travers plus de 1600 établissements. La FEE et Bearing Point dépeignent une filière mure qui devrait connaître un regain d’activités en 2014, notamment grâce à de nouveaux chantiers et à la structuration de la filière éolienne offshore.
Le secteur remonterait effectivement la pente, à en croire le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), laissant espérer une croissance des effectifs pour l’année en cours.

Une répartition homogène selon les différents secteurs

Autre enseignement, la répartition des emplois se fait de manière relativement homogène : en tête arrive le secteur « Études et développement », qui réunit presque 30 % des emplois répartis sur 340 entreprises (du bureau d’étude au bureau de contrôle en passant par les développeurs). Quelques 170 entreprises se partagent la fabrication de composants, générant 2810 emplois (représentant 26 % du total). Le secteur de l’ingénierie et de la construction n’arrive pas loin derrière avec ses 2670 emplois (24 %) répartis sur environ 230 entreprises actives maîtrisant l’assemblage, le génie civil, le génie électrique, le montage ou encore le raccordement au réseau. Enfin, 2230 personnes travaillent à l’exploitation et à la maintenance du réseau (21 % du total), un secteur appelé à croître avec l’expansion de la filière et du parc éolien.

Création d’emplois un peu partout en France

La carte de France de l’éolien laisse entrevoir un pays plutôt bien quadrillé, avec cinq principaux bassins d’emplois qui se dessinent : un axe Nord-Est au fort développement, le Grand-Ouest qui bénéficie de la forte implantation sur la façade Atlantique, les régions Rhône-Alpes et Bourgogne qui tirent leur épingle du jeu dans la fabrication de composants, le Bassin parisien qui aimante la part la plus importante des sièges d’entreprise, et enfin la Méditerranée, cœur historique de l’industrie éolienne.

(crédits : FEE / Bearing Point)

Un dynamisme retrouvé…

L’Observatoire de l’Éolien réalise également un état des lieux du marché de l’éolien en France, et force est de constater que le secteur reprend du poil de la bête en 2014. Les trois dernières années furent placées sous le signe de la morosité, qui était intimement liée au durcissement du cadre juridique (zones de développement, loi Littoral, loi Grenelle 2) et à l’incertitude qui planait sur le tarif de rachat de l’électricité produite par les éoliennes – un tarif de rachat supérieur à celui du marché, un temps contesté par l’Union Européenne, qui a finalement considéré que le dispositif de soutien était compatible avec les règles de l’UE en matière d’aide d’État. La levée de cette incertitude ainsi que l’assouplissement du cadre juridique entrepris depuis 2012 semblent faire mouche, avec le raccordement de pas moins de 410 MW éoliens au premier semestre 2014, portant la capacité éolienne cumulée dans l’hexagone à 8,2 GW.

En violet la capacité installée dans l’année, en rouge la capacité cumulée (crédits : FEE / Bearing Point).

… dans un secteur hautement concurrentiel

Les quatre constructeurs principaux – trois entreprises allemandes, Enercon, Senvion, Nordex, et le géant danois Vestas –se partagent aujourd’hui 75 % de la puissance éolienne cumulée, mais leurs plus petits concurrents devraient redoubler d’efforts pour s’octroyer une plus grosse part du gâteau, rendant à nouveau plausibles les objectifs fixés au niveau national, pour l’horizon 2020 : 19 GW en éolien terrestre et 6 GW en éolien offshore.

La France compte actuellement 730 parcs pour près de 4800 éoliennes. L’expansion de ce parc éolien représente évidemment une aubaine pour la petite centaine d’exploitants actifs répartis sur notre territoire, avec en tête GDF et ses filiales, qui gèrent ensemble plus de 1000 MW, suivi par EDF Énergies Nouvelles (650 MW) et EoleRES (380 MW gérés).

Une production dopée par les progrès technologiques et par la croissance du parc

En 2013, une éolienne installée en France a une puissance unitaire moyenne de 2,2 MW, pour un mât de 85 mètres de hauteur et un rotor de 90 mètres de diamètre. Les mensurations et les caractéristiques des éoliennes ont bien sûr beaucoup évolué, contribuant à toujours baisser les coûts de production du MW, ainsi qu’à rendre exploitable des sites où le vent est plus faible.

Le profil des parcs a lui aussi évolué : alors que la moitié des parcs actuellement raccordés ont une puissance moyenne comprise entre 10 et 15 MW, la moitié des parcs en cours d’instruction peuvent tabler sur une puissance moyenne comprise entre… 15 et 30 MW. Ce nouveau profil, ainsi que la croissance du parc hexagonal et les progrès technologiques, ont dopé la production éolienne, qui a atteint 15,9 TWh en 2013, soit près de 3,4 % de la consommation électrique en France.

Nul doute que le prochain état des lieux sera très instructif… et très attendu.

Par Moonzur Rahman

Best of des IG Nobels… de la paix

La cérémonie des Ig Nobel vient chaque année bousculer avec beaucoup d’humour la très conventionnelle et poussiéreuse saison des Nobel, en mettant sur le devant de la scène les découvertes scientifiques les plus absurdes, les plus décalées, voire les plus nuisibles d’entre elles. La cuvée 2014 – dont nous vous avons parlé ici – fut un excellent cru, et nous encourage à nous replonger dans vingt-quatre années de prix parodiques, et ce de manière très exhaustive tant les palmarès regorgent de pépites hilarantes.

Mettez les pieds sous la table, nous avons compilé pour vous la crème de la crème des Ig Nobel, classés par catégories. Pour commencer, gros plan sur les IG Nobel… de la paix.

  • 1993 : pour avoir lancé dans l’archipel une campagne promotionnelle complètement ratée en 1992, l’Ig Nobel 1993 de la paix revint à Pepsi-Cola Philippines. Une loterie à succès dans un pays où la fièvre du jeu est grande, des numéros sous chaque capsule, des prix allant jusqu’à un million de pesos… Près de 31 millions de personnes auraient participé au jeu, soit plus de la moitié de la population. Problème : plus de 800 000 vainqueurs, à cause d’un gros cafouillage. Les émeutes qui suivirent firent trois morts, plus de 40 camions de la compagnie américaine furent incendiés et un grand nombre des dirigeants locaux durent quitter le pays.

Quelques capsules du jeu concours

 

  • 1996 : c’est un de nos anciens présidents de la République qui remporte l’Ig Nobel de la paix, pour avoir eu la bonne idée de célébrer le cinquantième anniversaire des bombardements américains sur Hiroshima et Nagasaki en autorisant une dernière campagne d’essais nucléaires sur les atolls de Moruroa et de Fangataufa, en Polynésie Française. Oui, Jacques Chirac a bien eu droit à son (Ig) Nobel.

 

  • 1999 : les Sud-Africains Charl Fourie et Michelle Wong ont reçu la récompense parodique pour avoir mis au point Blaster, un antivol pour voitures tout à fait particulier. Face aux problèmes grandissants d’insécurité et de car-jacking que connaît le pays, rien de tel qu’un bon coup de lance-flammes pour se mettre en confiance, surtout lorsque le bouton-gâchette se trouve tout près de la pédale d’accélérateur. Dans un pays où l’usage de la « force mortelle » est autorisé dans le cadre de la légitime défense, plusieurs centaines d’exemplaires ont été vendus (chiffres datant de 2001), et seulement quelques Blasters seraient encore en circulation.

 

  • 2002 : cette édition a couronné les Japonais Keita Sato (président du fabricant de jouet Takara), Matsumi Suzuki (président du laboratoire acoustique du Japon) et Norio Kogure (responsable de l’hôpital vétérinaire Kogure), pour avoir développé un appareil de traduction chien – homme, assurant ainsi « la paix et l’harmonie entre espèces ». Le nom du gadget ? Le « Bow-lingual », dont le fonctionnement suivrait (selon les dires des concepteurs) le principe d’un analyseur émotionnel, classant les aboiements de nos chers animaux de compagnie en six catégories émotionnelles standardisées et distinctes. Pour savoir si notre ami à quatre pattes est heureux, triste, frustré ou encore s’il est en manque d’affection, « Bow-lingual » enregistre l’aboiement et le compare avec un bon millier d’autres aboiements présents dans la banque de données de l’appareil.

Une version pour chat, le « Meowlingual », toujours développée par le fabricant japonais Takara, est même sortie en 2003 :

 

  • 2006 : cette année, c’est le Britannique Howard Stapleton qui peut se targuer d’avoir remporté l’Ig Nobel de la paix, pour avoir mis au point le tristement célèbre « Mosquito », ce dispositif de harcèlement acoustique émettant des sons à très hautes fréquences, destinés à disperser les attroupements indésirables. Selon le concepteur, le son serait insupportable pour toute personne de moins de 25 ans (y compris pour un fœtus dans le ventre de sa mère, ainsi que pour les bébés…), du fait de la dégradation de l’audition avec l’âge. Howard Stapleton aurait d’ailleurs confessé avoir utilisé ses cinq enfants comme cobayes, puisqu’il était incapable d’entendre seul l’appareil…

Ce « répulsif sonore anti-jeunes » divise toujours autant aujourd’hui :

 

  • 2008 : l’Ig Nobel de la paix est venu récompenser le comité d’éthique sur la biotechnologie non-humaine de la Confédération suisse, ainsi que les citoyens suisses, pour avoir adopté légalement l’idée que les plantes avaient une dignité. Un temps d’avance, les Suisses.

 

  • 2011 : c’est ensuite au sémillant maire de Vilnius, Arturas Zuokas, que reviennent ces parodiques lauriers de la paix. Le maire de la capitale lituanienne est récompensé pour sa gestion extrêmement intelligente et mesurée du problème de stationnement illégal en ville. En effet, il avait été filmé à bord d’un char d’assaut, hilare, écrasant littéralement une voiture mal garée pour mener à bien sa campagne médiatique. Jugez plutôt :

 

  • A venir : le best of des IG Nobels… de médecine

Par Rahman Moonzur

Revue du web #69 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • La Royal Institution de Londres nous offre une petite lévitation quantique d’Halloween ;
  • La guerre des étoiles n’aura pas lieu (ou alors à Argonay) ;
  • 24 machines qui façonnent notre quotidien ;
  • La mitrailleuse qui tire des avions en papier ;
  • Le gadget (inutile?) de la semaine : la deuxième vie de Ratjetoe, alias le rat volant ;
  • Et en bonus : la joueuse de tympanon, merveilleux automate hors du temps.

Lévitation quantique d’Halloween

Halloween, ses bonbons, ses citrouilles et… ses Jack-o’-Lantern en lévitation quantique ! Pour débuter notre soixante-neuvième Revue du Web, célébrons la fête païenne avec un petit groupe de chercheurs de la Royal Institution de Londres qui s’est fendu d’une petite vidéo où l’on peut voir l’une de ces fameuses têtes de citrouille en pleine lévitation quantique au-dessus d’un circuit circulaire composé d’aimants. Le disque est composé d’un demi-millimètre de verre saphir, un saphir synthétique notamment utilisé comme verre de montre, recouvert d’une couche de céramique d’environ un micron. Ce disque est ensuite placé dans son petit écrin-citrouille, grimé comme une Jack-o’-Lantern.

Le disque n’a pas de propriété supraconductrice à température ambiante, mais la donne change une fois qu’il est immergé dans de l’azote liquide, laissant à la supraconductivité tout le loisir de s’exprimer. Le disque peut alors conduire l’électricité sans résistance ni déperdition d’énergie.

Contrairement à l’effet Meissner (exclusion totale de tout flux magnétique à l’intérieur d’un supraconducteur), le champ magnétique pénètre le supraconducteur en raison de sa grande finesse, sous forme de tubes de flux magnétique. À l’intérieur de chacun de ces tubes, la supraconductivité est détruite localement, raison pour laquelle les tubes sont circonscrits au niveau des points faibles du disque. Chaque mouvement du disque fait bouger les tubes, ce que le supraconducteur essaie d’éviter en restant bloqué, piégé en l’air, donnant cette impression de lévitation.

La guerre des étoiles n’aura pas lieu (ou alors à Argonay)

Vous possédez de bons réflexes, vous êtes fans de modélisme et vous ne jurez que par Star Wars ? Alors la course organisée dans la commune d’Argonay est faite pour vous ! Dans l’esprit des courses poursuites effrénées de Pod-Racer de la célèbre saga américaine imaginée par George Lucas, la première édition de cette course organisée par l’association « Airgonay » a réuni plus d’une vingtaine de compétiteurs en Haute-Savoie le mois dernier, dont le seul objectif était d’en découdre coûte que coûte sur le terrain.

Assis bien confortablement dans leurs quartiers, la tranquillité des pilotes contraste quelque peu avec le rythme endiablé qu’impriment les petits bolides, taillés pour les 150 mètres de la course. Alors qu’habituellement un pilote de drone ne doit pas le quitter du regard, ici le pilote ne voit plus sa machine, qu’il est obligé de suivre à l’aide d’un dispositif vidéo et d’une caméra embarquée… avec un rendu génial assez proche d’un jeu vidéo en FPV (« First Person View », ou vol en immersion). Truffé d’obstacles, le parcours représente un vrai challenge pour ces pilotes pourtant aguerris.

24 machines qui façonnent notre quotidien

Ce n’est un secret pour personne : la majeure partie des denrées alimentaires transformées l’est de manière industrielle. Sans nécessairement se positionner par rapport à la qualité des produits finis, qui ne s’est jamais demandé comment sont fabriqués les bretzels ? Comment sont fourrés certains biscuits ? Comment sont fabriquées les pâtes industrielles ? En parallèle, qui ne s’est jamais demandé comment est fabriqué un ressort de suspension ? Comment sont réalisées les dalles de carrelage ? Comment est « imprimé » le pas de vis sur un bocal ?

La vidéo qui suit ne répondra pas vraiment à toutes ces questions, mais vient seulement nous montrer à travers l’enchaînement d’une vingtaine de séquences le degré de perfectionnement et d’ingéniosité atteint par certaines machines, le plus souvent pour réaliser une tâche en apparence facile.

La mitrailleuse qui tire des avions en papier

Alors que la possibilité d’imprimer en 3D des armes à feu est légitimement sujette à de nombreuses controverses et inquiétudes, voici une « arme » qui risque de ne pas troubler la sécurité intérieure et de satisfaire le plus grand nombre. Le Youtuber « Papierfliegerei », en bon bricoleur du dimanche, est parvenu à réaliser un dispositif de pliage d’avions en papier à la chaîne, qu’il a décidé de sobrement baptiser « mitrailleuse à avions en papier ».

La plus grande partie des pièces nécessaires à la construction de cette arme inoffensive sort d’une imprimante 3D, le reste des composants aurait été acheté en ligne ou proviendrait d’une quincaillerie de quartier. La mitrailleuse dispose d’un magasin pour stocker les munitions, à savoir un paquet de feuilles de papier au format A4. Un système ingénieux permet de faire avancer la feuille tout en la pliant étape par étape, jusqu’à son envol et la propulsion hors du canon, le tout en seulement quelques secondes. Seul bémol : le bruit, désagréable au possible.

Le gadget (inutile?) de la semaine : la deuxième vie de Ratjetoe, alias le rat volant

Lorsqu’un animal de compagnie vient à mourir, certaines personnes sont prêtes à tout pour perpétuer la mémoire de leur défunt compagnon poilu. Le gadget (inutile?) de la semaine vient de « l’autre pays du fromage », les Pays-Bas, où habite Pepeijn Bruins. Atterré par la perte de Ratjetoe (« Ratatouille » en batave…), son rat de compagnie, le jeune Hollandais s’est mis en tête de lui offrir une seconde vie, une vie à la hauteur de l’estime et de l’amour qu’il portait pour son rat domestique, décédé d’un cancer il y a peu.

Épaulé par deux inventeurs et artistes hollandais, le jeune Pepeijn Bruins a accompagné Ratjetoe dans sa dernière mue, transformant le petit rongeur en un tricoptère téléguidé du meilleur goût.

Personne ne sera surpris d’apprendre que les deux inventeurs qui se cachent derrière ce rat volant ne sont autres que Arjen Beltman et Bart Jansen, déjà tristement célèbres pour avoir transformé le chat de Jansen en… « chatcoptère », il y a plus de deux ans.

Ce n’est d’ailleurs pas leur unique fait d’arme. Les deux compères s’étaient déjà retrouvés l’année dernière pour mettre au point quelque chose de plus gros, une « autruchecoptère », puisque l’idée du chat-volant leur avait semblé franchement bonne. Le gros oiseau, incapable de voler de son vivant, a eu droit à un baptême de l’air posthume. Les deux loustics seraient en train de peaufiner leur « Sharkjet »… on vous laisse deviner ce que cela peut bien être.

Bonus : la joueuse de tympanon, merveilleux automate hors du temps

Si vous êtes un lecteur assidu de notre Revue du Web, le patronyme « Roentgen » ne devrait pas vous être complètement étranger. Pour conclure cette soixante-neuvième Revue, jetons un œil dans le rétroviseur avec l’une des créations emblématiques de David Roentgen, ébéniste émérite ayant notamment fait ses armes à la cour du roi Louis XVI, artisan jalousé par toute la corporation pour son travail inventif et soigné dont nous vous avions déjà parlé ici pour son fabuleux secrétaire aux rangements escamotables.

Cette fois-ci, place à la « joueuse de tympanon », un merveilleux automate du XVIIIe siècle, passé entre les mains de Marie-Antoinette avant qu’elle ne finisse par en faire don à l’Académie des Sciences. Conçu en collaboration avec l’horloger allemand Peter Kinzing, cet automate emprunte ses traits et son accoutrement à une élégante musicienne dont la robe ample vient ici cacher le mécanisme, un cylindre en laiton entraîné par un remontoir à ressort. La rotation du cylindre permet d’actionner des cames qui contrôlent à la fois les mouvements de la tête et des bras. Conservée au musée des arts et métiers à Paris, la joueuse de tympanon se porterait plutôt bien pour son âge, bien qu’elle ait quelque peu perdu de sa virtuosité.

Par Moonzur Rahman

Philae: « trois bonnes nouvelles » et un « check up » en cours

« Philae a passé la nuit sur la comète et nous avons eu trois bonnes nouvelles: la première, c’est que Philae est posé sur le noyau de la comète. Deuxièmement, Philae reçoit de l’énergie, ses panneaux solaires sont allumés et lui permettent donc d’envisager un futur. Et troisièmement, nous sommes en contact permanent avec Philae puisque Philae émet et envoie des informations à Rosetta et ensuite Rosetta, qui est en orbite, nous les retransmet », a déclaré le président du CNES (Centre national d’études spatiales) Jean-Yves Le Gall sur Europe 1.

« La liaison radio fonctionne, on est en direct avec Philae », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’arrimage du robot sur le sol de la comète « Tchouri » et le fonctionnement des harpons, M. Le Gall a souligné que « l’information la plus importante, c’est qu’on est bien posé. Ensuite, on va voir ce qu’on fait sur les harpons. On est en train de faire une sorte de check up de Philae. On est en contact, et c’est ça le plus important ».

« Et surtout, on a de l’énergie », a souligné M. Le Gall. « On avait la pile qui permettait de vivre de façon autonome pendant quelques dizaines d’heures mais maintenant, les panneaux solaires fonctionnent », a -t-il ajouté, précisant que « les panneaux solaires laissent envisager une vie beaucoup plus longue, au-delà des 60 heures ».

« Tous les systèmes fonctionnent bien », a-t-il assuré.

Concernant la forme du noyau de la comète, « toutes les théories » disaient que c’était « une boule de neige sale, plutôt compacte. On s’est rendu compte que ce n’est pas du tout sphérique, avec une surface totalement tourmentée », a-t-il dit.

« Là où on a attendait du mou, on a eu de la glace », a encore indiqué M. Le Gall

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Les dermatologues dénoncent une épidémie d’allergies provoquée par la méthylisothiazolinone

Allergène de l’année  2013. Voilà le titre peu glorieux décroché par la méthylisothiazolinone (MIT) aux Etats-Unis. En effet, cette substance chimique est responsable de nombreuses allergies de contacts, un phénomène qui prend une ampleur inquiétante. Dans un communiqué du 23 octobre, la Société française de dermatologie (SFD) s’alarme de la recrudescence des cas d’allergie, une explosion des cas étant visible en France mais aussi dans d’autres pays européens.

La MIT est un biocide et un conservateur. On le retrouve dans les produits cosmétiques pour lesquels il permet de contrôler la croissance microbienne, ainsi que dans les produits ménagers et professionnels comme les peintures à l’eau ou des enduits.

Depuis quelques années, la MIT est utilisée dans les cosmétiques en remplacement du paraben, substance chimique servant de conservateur mais identifié comme toxique.

Le 3 mai 2011, l’Assemblée nationale  avait d’ailleurs adopté une proposition de loi visant à interdire l’utilisation du paraben en France, loi qui n’est toutefois pas encore entrée en vigueur. 

La SFD s’alerte du fait que les premières victimes sont les bébés et les jeunes enfants. En effet,  la MIT est souvent présente dans les lingettes, les laits ou encore les gels douches à destination des tout-petits.  Des publications scientifiques ont pourtant mis en évidence l’aspect allergisant de la MIT, révélant « […] des cas de sensibilisation chez de jeunes enfants, principalement à type d’eczéma du visage et du siège déclenché par l’utilisation de lingettes nettoyantes, avec parfois une réactivation lors de l’exposition aéroportée à la MI des peintures à l’eau murale. ». 

L’étude REVIDAL-GERDA (Réseau de Vigilance en Dermatologie Allergologie rattaché au Groupe d’Etude et de Recherche en Dermatologie Allergologie)  a montré le triplement des tests positifs à la MIT entre 2010 et 2012, ce qui représente un taux de sensibilisation de 5.6%. Une situation comparable à l’Allemagne et au Royaume unis où les taux de sensibilisation sont passée respectivement de 1.9% à 6% et de 0.5% à 5.7%.

Face à ce qu’elle qualifie de véritable épidémie, la SFD regrette qu’aucun texte officiel de recommandations n’existe et  invite les autorités à se saisir du cas de la MIT.

Par Audrey Loubens

Arkema mise sur son polyamide bio

Arkema est le seul à produire un polyamide d’origine renouvelable à partir d’huile de ricin. Il s’agit de sa gamme nommée Rilsan, dont le PA 11 est le fer de lance.  Depuis, la gamme s’est étendue et Arkema commercialise plusieurs dérivés comme l’adhésif Platamid®, le Pebax Renew®, version bio du Pebax fabriqué à partir du pétrole, ou encore le Rilsan G120 qui a la propriété d’être transparent et trouve des applications en lunetterie. Dernier né des polyamides verts, le Rilsan HT® tire son nom de sa résistance aux hautes températures puisqu’il reste opérationnel jusqu’à 220°C, bien mieux que les 150°C intermittents supportés par le reste de la gamme.

Le Rilsan HT peut donc être utilisé au plus près des moteurs automobiles, comme vanne EGR par exemple. De plus, le Rilsan HT est à 70% renouvelable. « Le Rislan HT tient vraiment bien la température tout en étant flexible, ce qui en facilite grandement le montage » précise José Teixeira Pires, General manager pour les polyamides longues chaines à Arkema. Ainsi, malgré un coût à l’achat supérieur au métal, il permet des économies de process significatives.

Aujourd’hui, Arkema mise clairement sur le biosourcé et poursuit des efforts pour étendre son leadership dans le domaine.  En effet, un tel PA répond aux besoins des marchés, à savoir des matériaux de plus en plus techniques, respectueux de l’environnement et permettant d’abaisser les coûts. 

Les polyamides techniques représentent « seulement » 200 000 tonnes produites chaque année, à comparer aux quelques 8 millions de tonnes de polyamides au total. Les PA biosourcés bénéficient d’une forte demande dans les secteurs du transport et de l’exploration pétrolière. Côté automobiles et camions, ils permettent de gagner en poids, en performance et en coût. Les PA techniques représentent une solution alternative au métal. En revanche, pour la recherche de pétrole ces polyamides sont la seule solution pour explorer au large des côtes, sur des plateformes de type « bateau » et donc mobiles. Les tubes métalliques ne permettent pas  de suivre les mouvements du navire, d’où l’utilisation de tubes mixtes associant métal et plastique. Ainsi, tels les tuyaux de douche, ils acquièrent la flexibilité nécessaire à l’exploration pétrolière sur plateforme mobile.

En parallèle, le chimiste français cherche à s’imposer dans les pays émergents. En 2012, Casda Biomaterials et Hipro Polymers tombent dans son escarcelle. Le premier est leader de l’acide sébacique, un acide issu de l’huile de ricin, tandis qu’Hipro est producteur de polyamides bio-sourcés, plus particulièrement du PA 10.10.

En pratique, Casda achetait l’huile de ricin et Hipro lui achètait le monomère nécessaire pour fabriquer des polymères biosourcés. « Cette acquisition […] présente de formidables relais de croissance pour nos polyamides de haute technicité et nous positionne comme le seul producteur au monde disposant de la gamme complète des polyamides 10, 11 et 12 »s’est alors félicité Thierry Le Hénaff, Président-Directeur général d’Arkema. 

Dans cette même  logique, les frenchies se rapprochent aussi de l’Inde, premier producteur mondial d’huile de ricin, et viennent de prendre une participation de 25% dans le capital de la société Ihsedu Agrochem, producteur indien d’huile de ricin.

Par Audrey Loubens

Le robot Philae en route pour la comète « Tchouri »

L’atterrisseur a été largué par la sonde européenne Rosetta vers 10H00 (heure locale, 09H00 GMT). « Ca a bien marché. Nous sommes tous heureux. Cela s’est passé sans problème », a déclaré Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta au Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) de l’ESA à Darmstadt.

« Philae est parti – il est en train de descendre vers la comète », a-t-il ensuite tweeté.

L’annonce de la séparation a été saluée par des applaudissements et des embrassades.

Les responsables de la sonde européenne Rosetta, qui navigue depuis 10 ans dans l’espace, avaient donné tôt mercredi matin le dernier feu vert au largage de son petit robot laboratoire de 100 kg.

Lâché à environ 20 km de la surface de la comète, Philae va mettre sept heures de chute libre avant de tenter de se poser sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko. Le site retenu pour cet atterrissage périlleux, baptisé Agilkia, est une zone d’environ 1 km2 située sur le petit lobe du noyau de la comète.

Cet atterrissage représente un véritable défi technologique. Le petit robot va devoir se poser sur une comète très peu « coopérative », à la forme torturée et au relief accidenté, et alors même que la nature du sol reste une inconnue.

Si Philae arrive à s’ancrer comme prévu sur le noyau de la comète, et s’il parvient à communiquer avec Philae, la confirmation du premier atterrissage jamais réalisé sur une comète devrait parvenir sur Terre vers 16H02 GMT (17H02 heure de Paris), avec une plage d’incertitude d’une quarantaine de minutes.

« Maintenant il faut s’en remettre aux lois de la physique (…) Je n’ai plus d’ongles à ronger de toute façon », a lancé Mark Mc Caughrean, conseiller scientifique à l’ESA.

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Un million d’humains pour peupler Mars d’ici 100 ans ?

Le phénomène Elon Musk, a fait part dans une interview accordée pour le magazine digital Aeon d’une envie que l’on pourrait aisément qualifier d’inhabituelle et d’ahurissante. En effet, le cofondateur de Paypal, SpaceX, Tesla Motors et initiateur du projet de train subsonique Hyperloop verrait bien un million d’êtres humains sur Mars d’ici une centaine d’années. Rien que ça. Un projet hors du commun, bien sûr, mais qui ne surprend qu’à moitié vu que l’idée vient de lui et qu’elle est à la hauteur de sa réputation.

Mais avant de se questionner sur la faisabilité d’envoyer un million de personnes sur Mars, et de les y faire vivre – un voyage retour étant exclu – voyons déjà les raisons exposées par M. Musk expliquant l’intérêt, ou plutôt le besoin impérieux, de fonder une colonie martienne. En fait, il s’agit ni plus ni moins de la survie de l’humanité qui est en jeu. Parce que l’homme d’affaires a confiance en l’humanité et foi dans la civilisation, il pense qu’il est « crucial d’aller sur Mars ». En prévision de catastrophes potentielles, qu’elles soient naturelles (objets spatiaux venant percuter la Terre) ou liées au facteur humain (conflits,  pollution, pillage des ressources, épidémies…).

Ce genre de projet provoque invariablement scepticisme, hypothèses et controverses. D’après une étude réalisée par des scientifiques du MIT, il serait impossible de survivre plus de 68 jours sur Mars. En tout cas, dans les conditions affichées dans le cadre du projet Mars One de l’ingénieur Néerlandais Bas Lansdorp. Les ressources en oxygène feraient défaut et conduiraient à l’asphyxie pure et simple des « colons ». D’un point de vue technique, également, une telle mission ne serait pas envisageable actuellement. Il faudrait une quantité de matériel énorme pour poser les bases d’une colonie et assurer sa maintenance, et en conséquence de très nombreux voyages pour les pièces nécessaires. La facture est estimée à 4,5 milliards de dollars.

Elon Musk compte sur le développement de SpaceX, les progrès technologiques à venir et ceux dont les tests doivent encore confirmer leurs capacités. Selon ses dires, il aurait les plans d’un engin spatial capable de transporter une centaine de personnes. Donc si l’on s’en tient à sa volonté d’emmener un million de personnes sur la planète Mars, cela donne pas moins de 10 000 voyages… Qu’il faudra multiplier par 10 pour les effets personnels des futurs « colons » ainsi que tous les autres équipements.

Musk fait-il preuve de trop d’optimisme selon vous ? Son discours est-il défendable ou n’est-il qu’une rêverie digne d’un film de science-fiction ? Si on peut légitimement  se poser ce genre de question, l’homme témoigne pourtant d’un certain réalisme en ce qui concerne la faisabilité, conscient que fonder une colonie sur Mars ne se fera à priori pas de son vivant. Et avec les moyens dont disposent le milliardaire et la pugnacité dont il fait preuve, on se demande tout de même si on peut le prendre au sérieux.

Par Sébastien Tribot

Tecknisolar présente son drone maritime autonome !

La nouvelle invention de Tecknisolar, entreprise de recherche et développement française, est un drone complètement autonome. Il fonctionne avec des capteurs solaires innovants, développés en interne, qui lui permettent d’avancer, qu’il y ait de la pluie ou du brouillard. Pour être sûr qu’il ne tombe pas en panne et qu’il continue à avancer la nuit, il est également doté de deux batteries qui se rechargent en mouvement, comme dans les voitures, lui assurant une autonomie parfaite.

Avec ses 2,5 mètres de long, ses 44 cm de large et ses 10 kg à vide, le drone peut embarquer jusqu’à 30 kg d’équipements et se déplacer entre 8 et 10 noeuds. Sa taille est optimisée au maximum : les panneaux solaires couvrent 2,2 m de sa longueur et ses 44 cm de large. Il est composé de carbone et de fibres d’aramide pour réduire au maximum l’épaisseur de sa coque et son poids. S’il chavire à cause d’une tempête trop importante, il retrouvera sa position initiale une fois le calme revenu, grâce à sa quille de 60 cm de longueur et d’un poids précis confidentiel. Il repartira ensuite automatiquement vers son cap programmé.

Du côté des applications en vue, Tecknisolar voit grand. « Ce drone peut embarquer des équipements électroniques pour faire de la surveillance maritime ou du brouillage radio, embarquer une antenne-relai, des émetteurs pour envoyer des images de caméra thermique ou numérique, des charges explosives, ou même faire de la détection accoustique sous-marine, des contrôles anti-pollution, de la recherche d’épaves... », prévient Pascal Barguirdjian, gérant de l’entreprise Tecknisolar.

Une véritable sentinelle maritime

Dans un premier temps, le drone serait particulièrement intéressant pour des applications militaires et des missions de surveillance maritime. Il s’agira d’une véritable « sentinelle maritime« , annonce Pascal Barguirdjian. Piloté et programmé à distance via un ordinateur relié à un satellite, il permettra notamment de lutter contre le pillage des poissons par les bateaux usines asiatiques en Afrique de l’Ouest. « Les pays pauvres qui n’ont pas les moyens d’avoir des frégates ou des patrouilleurs pourront en mettre quelques dizaines sur l’eau et dès qu’ils détecteront un bateau, prévenir les gardes côtes », imagine le gérant. Le prix reste confidentiel,« mais ce n’est pas très cher« , assure-t-il.

Grâce à ses charges explosives, le drone pourra également protéger une zone d’infiltration en cas  de guerre. « Comme il est indétectable et au ras de l’eau, il est capable de faire office de missile ou d’arme dissuasive », divulgue-t-il.

Il pourra aussi être utilisé par les civils pour vérifier la qualitéde l’eau au large. « Si un pétrolier dégaze en mer, il pourra aller prélèver de l’eau et l’analyse se fera àterre« , prévient Pascal Barguirdjian. Le drone enregistrera la positions exacte du prélèvement et pourra aussi ramener des images.

Présenté pour la première fois il y a une dizaine de jours, puis exposéau salon Euroval, du 27 au 31 octobre, plusieurs négociations sont d’ores et déjà en cours. Le ministère français de la défense serait d’ailleurs intéressé. La commercialisation devrait débuter d’ici mars 2015.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Et les 7 minéraux les plus toxiques sont…

Chalcantite

Sous des aspects bleutés séduisants parfois nuancés de vert, la chalcantite est en fait du sulfate de cuivre hydraté. Translucide, ce minéral est souvent sous forme d’agrégats, stalactitiques ou fibreux. Attention, le sulfate de cuivre est nocif en cas d’ingestion et irritant en cas de contact.  Cette dangerosité lui a valu le surnom de vitriol de Chypre. 

Cinabre

La formule du Cinabre est simple : HgS. Vous aurez reconnu du sulfure de mercure, le minerai de mercure le plus commun dont les gisements sont malgré tout exploités depuis des millénaires. La présence du mercure, métal neurotoxique et néphrotoxique en font un poison redoutable. Pas étonnant qu’il soit aussi rouge que la pomme croquée par Blanche-neige.

Orpiment

Après le mercure, voilà l’arsenic. L’orpiment n’est rien d’autre que du trisulfure d’arsenic, avec des traces de mercure, de germanium et d’antimoine. De couleur jaune, les cristaux peuvent atteindre 10 cm. Véritable cocktail de minéraux toxiques, il n’est plus utilisé comme pigment. L’industrie s’en sert dans les semi-conducteurs.

Pharmacolite

Ce cristal blanc est un arséniate de potassium et de fer hydraté. Le nom de ce gypse signifie « pierre-poison », en référence à l’arsenic qu’elle contient. 

Réalgar

Encore de l’arsenic dans ce sulfure de formule  As4S4.  Sous l’effet de la lumière, le réalgar devient du pararéalgar, parfois confondu avec de l’orpiment (As2S3) du fait d’une structure similaire. La teinte de ce minéral est rouge et il était utilisé comme pigment jusqu’à la fin du 19ème. Le réalgar tient son nom de son autre utilisation plus radicale en tant que mort-aux-rats.

Hutchinsonite

Non, le nom de ce minéral n’est pas un hommage à la série américaine Starsky et Hutch mais au minéralogiste anglais Arthur Hutchinson. L’hutchinsonite est composée de sulfure de plomb, thallium et arsenic avec des traces d’argent et d’étain. Sous forme de cristaux, on en trouve dans des veines hydrothermales, ces circulations de fluides chauds en lien avec la cristallisation d’un magma ou une fin d’éruption volcanique.

Kryptonite

Cette pierre d’origine extra-terrestre peut prendre différentes couleurs, mais les plus dangereuses sont les vertes, rouges, bleues et dorées. Cette roche peut même être mortelle en cas d’exposition prolongée. Heureusement, sa toxicité n’affecte que les kryptoniens.

Par Audrey Loubens

L’évaluation de la toxicité des pesticides repose quasi-exclusivement sur les données des industriels

Et si les industriels écartaient sciemment de leurs dossiers les études publiques portant sur les pesticides dont ils demandent la mise sur le marché ? C’est le doute posé par l’ONG Pesticides Action Network (PAN) et l’association française Générations futures. Elles viennent de publier un rapport sur la façon dont les autorisations de mise sur le marché tiennent compte de l’ensemble des travaux existant. D’après leur étude, il apparait que les évaluations européennes reposent majoritairement sur les données fournies par l’industriel lui-même.

Un conflit d’intérêt évident qui devait être limité par l’article 8 du règlement 1107/2009 du 21/10/09 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques précisant que « L’auteur de la demande joint au dossier la documentation scientifique accessible, […], validée par la communauté scientifique et publiée au cours des dix dernières années […], concernant les effets secondaires sur la santé, sur l’environnement et sur les espèces non visées de la substance active et de ses métabolites pertinents. ».

Depuis 5 ans, les travaux scientifiques ayant fait l’objet d’une publication récente doivent donc faire partie du dossier et participer à la décision. Pourtant, l’enquête pointe deux défaillances majeures du processus d’évaluation. Tout d’abord, l’obligation de joindre les publications publiques n’est pas systématiquement respectée par les industriels, sans que cela soit sanctionné ou même seulement corrigé. Concernant les 7 cas de pesticides ciblés par l’ONG et l’association, 434 études publiques sont accessibles via PubMed, le site de référence des publications scientifiques en ligne, mais seuls 23% d’entre elles ont effectivement été présentées dans les dossiers. Pire, aucune n’a été jugée pertinente. En effet, l’évaluation de la toxicité d’un pesticide hiérarchise la pertinence des données connues, il s’agit de la classification Klimish. Celle-ci attribue un coefficient compris entre 1 et 4 selon que l’étude est jugée fiable ou non.

Pour les auteurs du rapport il s’agit ni plus ni moins d’une façon habile d’écarter les résultats potentiellement gênants des études publiques.  D’autant que pour les 7 cas étudiés, les seuils de toxicité recommandés dans ces publications sont inférieurs de 20 à 1500 fois ceux validés dans le cadre de l’autorisation de mise sur le marché.

Des résultats qui ont le mérite de poser la question de l’efficacité du protocole d’évaluation de toxicité des pesticides, des substances dont on sait aujourd’hui qu’une faible exposition chronique présente un danger pour la santé.

Par Audrey Loubens

Japon: feu vert local au redémarrage de 2 réacteurs nucléaires (officiel)

Le plus haut responsable des autorités locales, qui a le dernier mot, a approuvé cette relance dans l’après-midi (heure du Japon) sur la base des garanties offertes par la compagnie exploitante, Kyushu Electric Power, et par le gouvernement disposé à relancer toutes les installations jugées sûres.

« Tenant compte de divers facteurs dans leur ensemble, j’ai jugé que le redémarrage des unités 1 et 2 de Sendai était inévitable », a déclaré le gouverneur Yuichiro Ito lors d’une conférence de presse.

Avant qu’il ne prenne la décision finale, l’assemblée préfectorale réunie vendredi matin avait suivi l’orientation favorable donnée la veille au soir par un comité spécial.

La municipalité de Satsumasendai, qui héberge la centrale, avait auparavant aussi donné son accord et le gouverneur avait décidé de ne pas consulter les autres agglomérations alentour, la loi ne l’y obligeant pas.

Pour Sendai, la prochaine étape sera le « oui » du gouvernement de droite de Shinzo Abe, approbation assurée qui sera suivie de quelques procédures techniques encore inachevées mais qui devraient avoir lieu début 2015.

Les écologistes avaient dénoncé par avance la décision de Kagoshima.

Quelque 16.000 personnes avaient manifesté en septembre à Tokyo contre le redémarrage de réacteurs nucléaires et les sondages indiquent que la majorité de la population y est opposée.

kap/anb/jr

 

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La Nasa va effectuer le 4 décembre le premier vol d’essai de la capsule Orion

« Il s’agit du premier pas dans notre voyage vers Mars », a lancé William Hill, administrateur adjoint de la NASA, lors d’une conférence de presse.

Le premier vol d’Orion avec des astronautes à bord n’est pas prévu avant 2021.

La capsule qui rappelle la forme du vaisseau Apollo de la conquête de la Lune en 1969, est construite par le groupe aérospatial américain Lockheed Martin.

C’est le premier vaisseau spatial développé depuis trente ans aux Etats-Unis. Le précédent, la navette avait volé pour la première fois avec des astronautes en 1981 et effectué son dernier vol en juillet 2011.

Le lancement est prévu à bord d’une fusée Delta 4 de la société United Launch Alliance (ULA) depuis la station de l’US Air Force de Cap Canaveral en Floride (sud).

Pour ce premier vol d’essai de 4,5 heures, Orion effectuera un périple de 5.800 kilomètres au-dessus de la Terre de façon à pouvoir effectuer un retour dans l’atmosphère à plus de 32.000 km/h avant de se poser dans l’océan Pacifique, freinée par des parachutes.

Ce vol est destiné à tester principalement le bouclier thermique de la capsule qui doit résister à des températures de 2.200 degrés, ses parachutes et ses ordinateurs de bord.Il y a aussi 1.200 capteurs pour mesurer les vibrations, le niveau de bruit et la température.

William Hill a précisé que ce vol d’essai d’Orion coûtait environ 375 millions de dollars sans compter le coût de la capsule.

Le coût du programme Orion devrait atteindre 15 milliards de dollars sans compter le système de lancement, « Space Launch System » actuellement en développement, également estimé à quinze milliards.

Ce vol d’essai est annoncé une semaine après deux accidents impliquant deux sociétés spatiales privées américaines. Le 28 octobre, une fusée Antares de la firme Orbital Sciences transportant une capsule non-habitée avec du fret à destination de la Station spatiale internationale pour le compte de la Nasa, a explosé quelques secondes après le lancement du centre spatial Wallops sur la côte de Virginie.

Vendredi dernier, l’avion sub-orbital SpaceShipTwo de la firme Virgin Galactic fondée par le milliardaire britannique Richard Branson s’est disloqué en vol tuant le co-pilote et infligeant un sérieux revers au tourisme spatial naissant dont Virgin est le leader.

« Nous n’avons rien changé à nos plans…ces accidents nous rappellent le risque des activités spatiales », a lancé Mark Geyer, le responsable du programme Orion lors de cette même conférence de presse au Centre spatiale Kennedy près de Cap Canaveral.

« Les activités spatiales sont difficiles comme l’a montré ce qui s’est passé la semaine dernière », a aussi déclaré William Hill.

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Les découvertes les plus inutiles et absurdes en… biologie

La cérémonie des Ig Nobel vient chaque année bousculer avec beaucoup d’humour la très conventionnelle et poussiéreuse saison des Nobel, en mettant sur le devant de la scène les découvertes scientifiques les plus absurdes, les plus décalées, voire les plus nuisibles d’entre elles. La cuvée 2014 – dont nous vous avons parlé ici – fut un excellent cru, et nous encourage à nous replonger dans vingt-quatre années de prix parodiques, et ce de manière très exhaustive tant les palmarès regorgent de pépites hilarantes.

Mettez les pieds sous la table, nous avons compilé pour vous la crème de la crème des Ig Nobel, classés par catégories. Pour commencer, gros plan sur la biologie…

  • 1991 : le tout premier Ig Nobel de biologie fut décerné au généticien américain Robert Klark Graham, pour avoir été à l’origine de la « Repository of Germinal Choice » (le « dépôt pour le choix germinal »), une banque du sperme fleurant bon l’eugénisme. Cette banque avait pour mission de n’accepter que les dépôts de lauréats de Prix Nobel, de champions olympiques, ou de n’importe quel autre « surhomme ». La banque ferma en 1999, mais 218 enfants auront tout de même pu naître sous cette drôle d’étoile.
  • 1998 : c’est Peter Fong, de l’école technique de Gettysburg, Pennsylvanie, qui remporte ce prix très convoité pour avoir découvert que le Prozac avait une influence positive sur les comportements reproductifs des palourdes et des moules zébrées. Pas un mot sur une éventuelle dépression qui toucherait ces deux espèces. L’année suivante, l’Ig Nobel vint récompenser le docteur Paul Bosland, directeur de l’Institut du piment (université de l’État du Nouveau-Mexique, à Las Cruces), qui peut se vanter d’être l’heureux papa d’un piment jalapeño – une fameuse variété mexicaine de piment – qui respecte les papilles des plus sensibles d’entre nous. Un piment non pimenté, vous avez bien compris.
  • 2001 : l’ingénieux Buck Weimer, de Pueblo, dans le Colorado, put être fier d’avoir remporté un Ig Nobel cette année pour avoir conçu une gamme de sous-vêtements non seulement étanches, mais également équipés d’une poche à charbon, dont la fonction première est de venir à bout des mauvaises odeurs qui pourraient avoir la mauvaise idée de se faire la malle.

  • 2003 : l’heureux vainqueur du prix cette année est C.W. Moeliker du Natuurmuseum de Rotterdam, pour son rapport sur le premier cas scientifiquement observé de nécrophilie homosexuelle chez le canard colvert. Pour ne rien gâcher – et pour la science – il a pensé à prendre quelques photos.

  • 2004 : le prix fut décerné aux Canadiens Ben Wilson et Lawrence Dill, à l’Écossais Robert Batty, au Danois Magnue Wahlberg et au Suédois Hakan Westenberg, pour avoir démontré que les pets étaient l’un des vecteurs de communication des harengs.
  • 2008 : cette édition a vu la victoire des Français Marie-Christine Cadiergues, Christel Joubert et Michel Franc, de l’École nationale vétérinaire de Toulouse, pour avoir comparé les performances de saut de Ctenocephalides canis – la puce du chien – avec celles de Ctenocephalides felis – la puce… du chat. Les puces du chien l’emportent haut la main.
  • 2010 : ce sont Libiao Zhang, Min Tan, Guangjian Zhu, Jianping Ye, Tiyu Hong, Shanyi Zhou, Shuyi Zhang et Gareth Jones qui raflent cette fois la mise, pour avoir publié une étude sur la pratique de la fellation chez certaines espèces de chauves-souris.

 

  • A venir : le best of des IG Nobels… de la paix

Par Rahman Moonzur

Vidéo : le projet Ara se dévoile un peu plus

De l’eau a coulé sous les ponts depuis ce mois d’octobre 2013, date à laquelle nous parlions pour la première fois du projet « Phonebloks » du designer néerlandais Dave Hakkens. Rappelez-vous, il s’agissait de ce smartphone évolutif et modulaire, fonctionnant un peu comme un jeu lego.

À l’époque, l’idée originale du jeune homme avait suscité un emballement remarquable, tant sur les réseaux sociaux que sur la plateforme de crowdspeaking Thunderclap. La vidéo de présentation postée sur Youtube avait même atteint 20 millions de vues en un temps record. Si bien que la branche de Motorola (appelée Motorola Mobility) rachetée en 2011 par Google s’était emparé du projet pour continuer de le développer. Devenant alors le « projet Ara » de Google.

Or depuis ce rachat, l’avancement du fameux smartphone révolutionnaire, censé lutter contre l’obsolescence programmée et tenir toute la vie comme le titrait Arion McNicoll pour CNN, semble s’accélérer. Dans une nouvelle vidéo mise en ligne, on peut en effet voir un prototype fonctionnel du « phonebloks » conçu par la société d’ingénierie NK Labs. On y découvre un design quelque peu changé, assez coloré. Mais surtout on apprend que les modules ne sont plus clipsables comme prévu originellement mais qu’ils s’emboîtent par un système de glissement; et ce même lorsque l’appareil est allumé. Désormais, on sait que l’ossature du « phonebloks » se compose d’au moins huit éléments dont une batterie, un micro-processeur, un écran LED, un port de charge USB, des haut-parleurs et un appareil photo. La base étant de concevoir selon ses goûts le smartphone idéal.

De nombreux détails restent encore à parfaire. Pour l’heure, le mobile fonctionne avec « l’ancienne » version du système d’exploitation Android Jelly Bean. À priori, il n’est donc pas aussi puissant que les prochains smartphones disposant de Lollipop. La modularité quant à elle présenterait également un défaut que les ingénieurs de NK Labs souhaitent corriger : celui de prendre la moitié de l’espace du prototype. Le but serait donc de rendre ces composants moins encombrants tout en améliorant leurs performances.

À en croire Paul Eremenko, en charge de l’avancée du projet, les objectifs devraient être respectés selon le calendrier fixé. Ainsi Google devrait normalement dévoiler une nouvelle mouture du prototype fonctionnel, appelé Spiral 2 avec probablement de nouveaux modules lors d’une conférence prévue pour le 14 janvier prochain à Mountain View. Et la commercialisation pourrait avoir lieu en avril 2015. Nous devrions donc en savoir plus à ce moment au sujet de la viabilité du modèle économique…

Par Sébastien Tribot

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