Paraplégique, il peut à nouveau marcher grâce à une transplantation de cellules du nez

Lorsqu’il se fait poignarder dans le dos, Darek Fidyka voit sa vie basculer. Sa moelle épinière est sectionnée, rendant le pompier polonais paraplégique. A l’époque, Darek ne se doute pas un seul instant que sa vie va à nouveau  connaitre un tournant décisif en 2012, mais dans le bon sens cette fois.  En effet, Darek va être choisi pour tester une nouvelle technique censée « réparer » la moelle épinière. Découverte par l’Université College de Londres, cette méthode consiste à prélever des cellules du nez du patient pour les mettre en culture puis les implanter dans la moelle épinière.

Pourquoi le nez ? Parce que les cellules olfactives dites « engainantes »  ont la propriété de se régénérer en permanence pour lutter contre leur exposition à l’air et tout son cortège de particules, poussières, microbes qu’il draine.

L’opération a eu lieu en Pologne, à l’université médicale de Wroclaw. L’équipe du Docteur Pawel Tabakow a pratiqué une centaine de micro-injections de ces cellules à l’endroit de la lésion. Grâce à leur propriété régénérative, les cellules olfactives ont formé des filaments sur lesquels les cellules nerveuses de la moelle épinière du patient ont pu prendre appui et se reconstituer. Les cellules olfactives constituent une sorte de pont au dessus de la lésion, un lien nécessaire pour permettre aux fibres nerveuses abîmées de se réparer.

Avant l’opération, Darek s’est plié à une rééducation pré-opératoire intensive. 5 heures par jours, 5 jours par semaine, le premier paraplégique à retrouver l’usage de ses jambes a fait des exercices locomoteurs, sensoriels et de nombreux étirements. L’objectif de ces séances était double : préparer le corps à la rééducation post-opératoire et écarter toute guérison spontanée.

Les résultats sont exceptionnels puisque 6 mois plus tard Darek est déjà plus stable au niveau du haut du corps et ses muscles se sont renforcés. Il peut avancer en se tenant à des barres parallèles. Au bout de 11 mois, ses jambes sont suffisamment solides pour lui permettre de marcher sur plusieurs mètres. 19 mois après l’opération, Darek est capable de marcher à l’aide d’un simple déambulateur et peut même conduire. Des progrès incroyables grâce à une technique qui semble facilement reproductible et à moindre coût comparativement à des techniques mettant en œuvre des cellules souches par exemple.

Cette aventure a fait l’objet d’un reportage, To walk again,  qui a été diffusé pour la première fois sur BBC one le 21 octobre 2014.

Voici des extraits du reportage To walk again :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Chine: un drone privé provoque le déploiement d’avions de chasse et de 1.200 soldats

Trois hommes ont été inculpés par la justice suite à l’incident, survenu en décembre dernier mais révélé récemment, a précisé le China Daily.

Selon les procureurs ayant instruit l’affaire, 1.226 membres de l’armée, 123 véhicules militaires, 26 techniciens spécialisés, deux hélicoptères et deux avions de chasses, avaient été rapidement dépêchés sur les lieux pour intercepter cet aéronef non identifié apparu sur les écrans radars.

La police a arrêté les deux hommes qui manipulaient le drone, tandis qu’un troisième a confessé ultérieurement sa part de responsabilité, selon le journal.

Tous trois travaillaient pour une entreprise de technologie aéronautique, et le drone de 2,6 mètres d’envergure qu’ils faisaient voler ce jour-là était destiné à des usages d’études topographiques et de cartographie, a ajouté le China Daily.

En raison de ce drone et de la mobilisation qui avait suivi, 10 vols au départ de l’aéroport de Pékin avait été retardés, provoquant des pertes financières de quelque 18.000 yuans (2.300 euros) pour la compagnie Air China, à en croire le quotidien.

La Chine interdit strictement tout vol d’aéronef –avec personne à bord ou télécommandé depuis le sol– sans autorisation préalable de l’armée, des autorités de l’aviation civile et du bureau local de contrôle du trafic aérien.

Ainsi, un photographe néozélandais avait réussi à prendre au printemps des images aériennes spectaculaires de la Cité interdite grâce à un petit drone… ce qui lui a valu d’être interpellé par les forces de police et conduit au poste pour s’expliquer.

Il avait été arrêté alors qu’il manoeuvrait l’appareil à proximité de Zhongnanhai, complexe ultra-sécurisé qui abrite le siège du gouvernement chinois. Il avait été remis en liberté le lendemain, mais son drone avait été confisqué.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 Agence France-Presse. »

La comète Tchourioumov-Guérassimenko ne sent pas bon

Parmi ses instruments, Rosetta dispose en effet d’un spectromètre, « Rosina », capable d’étudier la composition de la chevelure de la comète, constituée des gaz et poussières éjectés du noyau sous l’effet du rayonnement solaire.

Même si la comète est encore à plus de 400 millions de kilomètres du Soleil, l’instrument a déjà pu reconnaître toute une série de molécules. Dans un premier temps, elle a détecté de l’eau, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, de l’ammoniaque, du méthane et du méthanol.

Elle a ensuite trouvé du formaldéhyde, de l’hydrogène sulfuré, du cyanure d’hydrogène, du dioxyde de soufre et du sulfure de carbone, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA) sur le blog de la mission Rosetta.

« Le parfum de la comète Tchourioumov-Guérassimenko est plutôt fort, avec une odeur d’oeufs pourris (hydrogène sulfuré), d’écurie (ammoniaque) et l’odeur âcre, suffocante du formaldéhyde », décrit Kathrin Altwegg, principale responsable de l’instrument Rosina. « Tout ça mélangé avec l’arôme d’amande amère du cyanure d’hydrogène ».

« Ajoutez un relent d’alcool (méthanol) à ce mélange, associé à l’arôme vinaigré du dioxyde de soufre, et un soupçon du parfum doux et aromatique du sulfure de carbone, et vous arrivez au +parfum+ de votre comète », explique Kathrin Altwegg.

Au-delà de l’aspect anecdotique, « tout ça fait un mélange extrêmement intéressant d’un point de vue scientifique pour étudier l’origine des matériaux de notre Système solaire, la formation de notre Terre et l’origine de la vie », souligne-t-elle.

La sonde Rosetta doit accompagner la comète au moins jusqu’à son passage au plus près du Soleil, en août 2015.

Le 12 novembre prochain, l’ESA tentera de faire atterrir sur le noyau de la comète un robot laboratoire, Philae, une première dans l’histoire de l’exploration spatiale.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 Agence France-Presse. »

Le Robot Poppy, la première plateforme humanoïde open source

Dans le cadre d’un projet européen de recherche sur les mécanismes d’apprentissage et de développement cognitif de l’enfant, des chercheurs du Flowers Lab de l’Inria de Bordeaux ont conçu Poppy, un robot humanoïde leur permettant, notamment, d’étudier les mécanismes de la marche et de la locomotion, en les modélisant. Ainsi, Poppy permet d’étudier le rôle de la morphologie du corps dans le développement cognitif, et en particulier dans la génération de mouvements d’adaptation, ainsi que l’interaction physique et sociale avec l’environnement.

Poppy, 84 cm de haut pour 3,5 kilos, est particulier : les parties de son corps (bras, jambes, articulations, capteurs), sa morphologie et ses composantes mécaniques et électroniques peuvent être changées, comme autant de “modules”. Il ne s’agit donc pas d’un simple robot, mais d’une “plateforme” robotique, tel un “ensemble de briques hardware/software”, permettant d’inventer son propre robot – à partir d’une imprimante 3D et de pièces Arduino (un circuit imprimé en matériel libre). 

Programmable en langage python (un langage de programmation libre), Poppy est open source – ses plans sont disponibles en ligne, téléchargeables sur le site du projet.  “Changer le corps d’un robot prend du temps et de l’argent, il faut mobiliser toute une équipe, mais avec notre plateforme, cela ne prend que 2 ou 3 jours”, indique Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche à l’Inria, qui coordonne le projet. 

Une plateforme de prototypage

Pour les scientifiques et les laboratoires, “cela représente une chance pour pouvoir prototyper et expérimenter leurs idées rapidement et à bas coût, puisque ce robot, dans sa version actuelle, ne coûte que 7000 euros – un coût relativement bas comparé aux plateformes robotiques classiques”, note Matthieu Lapeyre, ingénieur de recherche au Flowers Lab. Des accessoires peuvent être ajoutés au robot, tels que des LEDs, des caméras ou des capteurs lui permettant, par exemple, d’interagir avec son utilisateur.

Poppy a dépassé le contexte scientifique de départ, pour inspirer des artistes (sculpteurs), des entreprises, mais aussi le monde de l’éducation. Ainsi, les écoles d’ingénieurs et les lycées peuvent-ils utiliser cette plateforme robotique modulaire, qui leur permet de combiner plusieurs disciplines (mécanique, informatique, électronique, impression 3D) en un seul outil pédagogique. 

Depuis septembre, Poppy, première plateforme de robotique humanoïde open source au monde, est utilisée par des lycées, des écoles d’ingénieurs (notamment l’ENSAM (École nationale supérieure d’arts et métiers – Arts et Métiers ParisTech), et des Fab Lab, qui veulent créer un robot leur permettant de mieux comprendre l’autisme. Le projet Poppy a aussi mis en place un forum permettant aux écoles, aux chercheurs et aux artistes de partager leurs idées, pour améliorer le robot.

Par Fabien Soyez, journaliste scientifique

5 voitures hybrides croisées au salon de l’auto

Toyota Yaris Hybride Essence-électrique

La première hybride Toyota, la Prius, a été commercialisée en France en 2000. Aujourd’hui, la marque japonaise propose six modèles hybrides : Yaris, Auris, Auris Touring Sports, Prius, Prius Rechargeable et Prius+. Toyota a lancé en septembre  un modèle restylisé, la Toyota Yaris 2014, qui porte encore le label « Origine France Garantie ». La Yaris reste la seule citadine full hybride du marché et est la voiture hybride la plus vendue du marché. En mode 100% électrique, l’autonomie est de 3-4 km pour une vitesse maximale de 50 km/h. La pointe est de 165 km/h en mode thermique. Consomme 3,6L/100 km et émet 82gCO2/km. A partir de 19 032 €, bonus écologique non déduit.

 

Ford Mondeo Hybride Essence-électrique

La Ford Mondeo est disponible aux Etats-Unis depuis 2012, mais n’a débarqué en France qu’en septembre 2014. Elle offre 177 chevaux grâce à son moteur 2,0 litres essence et un bloc électrique avec des batteries de 1,4 kWh. Elle consomme 4,2L/100 km et émet 99 gCO2/km. Vendue à partir de 33 700 € euros, bonus écologique non déduit. Une version hybride rechargeable est également prévue mais sa commercialisation en Europe n’est pas encore annoncée.

 

Peugeot Nouvelle 3008 Hybrid 4 Diesel-électrique

Entre berline et monospace, ce crossover hybride associe le moteur électrique d’une capacité maximum de 27 kW (37 ch) et un moteur Diesel, 2.0 l HDi FAP de 120 kW (163 ch). Ils fonctionnent alternativement ou simultanément selon les modes de conduite. Le mode électrique permet de rouler à 120 km/h maximum. Une molette de sélection située sur la console centrale permet au conducteur de choisir entre quatre modes de conduite : ZEV pour rouler en tout électrique, Auto pour optimiser la consommation, Sport pour rendre disponible les 200 ch et 4WD pour rouler en tout terrain. Pour cette nouvelle édition 2014, son esthétique a été améliorée. Elle consomme 3,3L/100 km et émet 85 gCO2/km. A partir de 36 450 €, bonus écologique non déduit.

 

Volkswagen Nouvelle Golf GTE Hybride Essence-électrique Rechargeable

La Golf GTE Hybride de Volkswagen sera commercialisée en Décembre 2014. Son moteur électrique de 75 kW est associé à un moteur essence turbo de 110 kW. Selon les choix du conducteur et/ou les conditions de circulation, la voiture fonctionne soit en mode thermique, soit en mode tout électrique, soit en combinant les deux motorisations. L’autonomie en mode tout électrique est de 50 km et sa vitesse maximale de 130 km/h. En mode hybride, la vitesse maximale est alors de 222 km/h et l’autonomie maximum théorique peut atteindre 939 km ! Cette voiture hybride consomme 1,7L/100 km et émet 39 gCO2/km. A partir de 34 500 euros, bonus écologique de 4 000 euros pour un véhicule hybride rechargeable déduit.

 

Mercedes Benz Classe S500 Hybride Essence-électrique Rechargeable

Il s’agit du premier véhicule hybride rechargeable du constructeur allemand. Son autonomie électrique est de 33 km. Sa puissance maximale thermique est de 245 kW et sa puissance électrique de 85 kW, pour une vitesse maximale de 250 km/h (thermique) et de 140 km/h (électrique). Cette voiture peut consommer 2,8L/100 km et 65gCO2/km. Affichée au prix de 112 800 euros, elle bénéficie d’un bonus écologique de 3 300 euros. Cette berline  devrait être suivie chez le constructeur par 9 autres modèles hybrides rechargeables d’ici 2017.

Par Matthieu Combe

« Ig Nobel » 2014, le palmarès de l’absurde scientifique

« On récompense des écrivains parfois pour leur œuvre. Pourquoi n’en punit-on jamais ? » écrivait Jules Romain dans Amitiés et Rencontres. Les prix Ig Nobel ne sont pas vraiment une punition, mais ils viennent chaque année, en marge des véritables prix Nobel, récompenser (sanctionner ?) des travaux, des découvertes de scientifiques et chercheurs relevant souvent du cocasse, de l’inutile, de l’absurde voire même de l’improbable ou du nuisible. C’est la revue scientifique et humoristique américaine Annals of Improbable Research qui est chaque année à l’instigation de ces prix, touchant des sujets qui « font d’abord rire les gens, puis les font réfléchir ».

La saison des prix Nobel vient de se terminer, les récompenses ont toutes été décernées dans le vacarme médiatique habituel – et mérité :

  • prix Nobel de physique aux Japonais Isamu Akasaki, Hiroshi Amano et à l’Américain Shuji Nakamura pour l’invention de la diode électroluminescente bleue, dont nous vous parlions ici.

  • prix Nobel de chimie à Eric Betzig et William Moerner (Etats-Unis), ainsi qu’à Stefan Hell (Allemagne) pour le développement de la microscopie en épifluorescence à très haute résolution ;

  • prix Nobel de médecine attribué au trio John O’Keefe (États-Unis/Grande-Bretagne), May-Britt Moser et Edvard Moser (Norvège) pour leurs travaux sur les « cellules constituant un système de géoposition dans le cerveau » ;

  • prix Nobel de littérature pour le Français Patrick Modiano ;

  • prix Nobel d’économie pour le Français Jean Tirole (cocorico !) pour ses travaux sur « le pouvoir des marchés et la régulation » ;

  • prix Nobel de la paix à Kailash Satyarthi (Inde) et à Malala Yousafzai (Pakistan).

Les prix Ig Nobel ont eux été décernés beaucoup plus discrètement à la fin du mois de septembre, pour notre plus grand plaisir à la lecture du palmarès de cette vingt-quatrième édition.

Palmarès de l’édition 2014

  • Ig Nobel de Physique : remis aux Japonais Kiyoshi Mabuchi, Kensei Tanaka, Daichi Uchijima et Rina Sakai, pour être parvenus à quantifier le frottement entre une chaussure et une peau de banane, ainsi qu’entre la peau de banane et le sol, lorsqu’une personne marche malencontreusement sur la sus-dite peau de banane.

  • Ig Nobel de Neuroscience : décerné à Jiangang Liu, Jun Li, Lu Feng, Ling Li, Jie Tian et Kang Lee (Chine et Canada), pour s’être attelé à comprendre ce qu’il pouvait bien se passer dans le cerveau des personnes qui voient apparaître le visage du Christ sur une tartine grillée.

  • Ig Nobel de Psychologie : remis à l’Australien Peter Jonason, à la Britannique Amy Jones et à Minna Lyons pour avoir démontré que les couche-tard sont en moyenne plus narcissiques, plus enclins à être manipulateurs et possèdent une personnalité plus psychopathique que les couche-tôt.

  • Ig Nobel de Santé Publique : décerné à Jaroslav Flegr, Jan Havlíček, Jitka Hanušova-Lindova et David Hanauer, Naren Ramakrishnan et Lisa Seyfried pour s’être demandés si posséder un chat pouvait être dangereux pour la santé mentale de son propriétaire.

  • Ig Nobel de Biologie : attribué collectivement à Vlastimil Hart, Petra Nováková, Erich Pascal Malkemper, Sabine Begall, Vladimír Hanzal, Miloš Ježek, Tomáš Kušta, Veronika Němcová, Jana Adámková, Kateřina Benediktová, Jaroslav Červený et Hynek Burda, pour avoir patiemment collecté des données précises sur l’orientation du corps d’un chien lorsqu’il fait la petite ou la grosse commission. Puisque cela vous intéresse, les chiens préféreraient aligner leur corps le long d’un axe Nord-Sud du champ magnétique terrestre.

  • Ig Nobel d’Art : remis aux Italiens Marina de Tommaso, Michele Sardaro et Paolo Livrea, pour avoir mesuré la souffrance relative d’une personne lorsqu’elle se trouve face à un tableau horrible plutôt que devant un « joli tableau », tout en leur envoyant sur la main un puissant rayon laser.

  • Ig Nobel d’Économie : décerné à l’Institut National de Statistiques du gouvernement italien, pour avoir intégré les revenus de la prostitution, du marché de la drogue, de la contrebande, ainsi que toutes autres transactions financières illégales entre participants volontaires, afin de gonfler artificiellement la taille de l’économie nationale de nos voisins transalpins.

  • Ig Nobel de Médecine : remis à Ian Humphreys, Sonal Saraiya, Walter Belenky et James Dworkin (États-Unis, Inde) pour le traitement des saignements de nez incontrôlables, utilisant la fameuse méthode du « bourrage de narines avec des tranches de bacon ».

  • Ig Nobel des « Sciences Arctiques » : décerné à l’Allemand Eigil Reimers et au Norvégien Sindre Eftestøl, pour avoir étudié la réaction des rennes apercevant des êtres humains… déguisés en ours polaires.

  • Ig Nobel de Nutrition : décerné aux Espagnols Raquel Rubio, Anna Jofré, Belén Martín, Teresa Aymerich et Margarita Garriga pour leur étude titrée « Analyse des propriétés des bactéries lactiques, isolées dans les selles de bébés et destinées au démarrage de cultures probiotiques potentielles de saucisses fermentées ».

A noter que mis à part le prix d’Économie et le prix de Nutrition, toutes les récompenses ont pu être remises en main propre aux scientifiques qui avaient eu le bon goût de faire le déplacement. L’Institut National de Statistiques du gouvernement italien ne s’était à priori pas manifesté, alors que l’équipe espagnole, dans sa grande mansuétude, avait tout de même enregistré un discours de remerciement.

Espérons que l’année prochaine sera un aussi grand cru !

Par Rahman Moonzur

Parapluie invisible : un flux d’air pour dévier la pluie

Ce nouvel accessoire arrivera-t-il à détrôner le parapluie connu de tous, avec des baleines et une toile de protection ? Le dispositif pliable avec son anneau coulissant permettant de déplier ou de replier les tiges le long du manche est-il bientôt obsolète ? C’est en tout cas le pari d’inventeurs chinois à l’origine de l’Air Umbrella. Leur produit est un parapluie d’un nouveau genre composé uniquement d’un manche, sans baleine ni toile. Mais dans le manche se cache un système de propulsion d’air, capable de générer une sorte de dôme d’air à son extrémité, suffisamment stable pour dévier les gouttes de pluie et maintenir son porteur au sec. Ce parapluie invisible n’est pas encore commercialisé. Une levée de fond sur ce projet est actuellement en cours sur le site de crowfunding kickstarter.com.

L’Air Umbrella est composé d’un manche cylindrique, avec à son extrémité supérieure une demi-sphère à travers laquelle transite l’air. Cette demi-sphère dissimule un petit ventilateur capable d’attirer l’air par la partie basse de la tête du parapluie pour le chasser vers le haut et ainsi créer un bouclier d’air.

Parmi les trois versions prévues, le premier prototype concerne l’Air Umbrella de 30 cm de long pour un poids de 500g. Sa batterie permet une autonomie de 15 mn. La version intermédiaire fait 50 cm de long pour 800g et le plus grand propose un manche à la longueur ajustable, entre 50 cm et 80 cm, pour 800g. Ces deux versions possèdent une autonomie de 30 mn.

A quelques jours de la fin de la levée de fond, les créateurs du parapluie futuriste ont récolté plus de 90 000$, bien plus que les 10 000 espérés. De quoi optimiser le système et le design et pouvoir proposer un produit fini à faire tester dès le mois de décembre 2015. Qui sait, Rihanna (chanteuse du tube Umbrella, ndlr) est peut-être intéressée …

Découvrir le fonctionnement de l’Air Umbrella en vidéo :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

« L’éthique de l’ingénieur, une compétence au cœur du professionnalisme »

Christelle Didier, comment en êtes-vous venue à vous spécialiser dans l’étude de l’éthique chez les ingénieurs ?

Christelle DidierChristielle Didier. D’abord, j’ai failli être ingénieur. J’avais entamé un cursus en école d’ingénieur après la prépa, mais j’ai abandonné après un an en école ingénieur, n’y trouvant pas mon compte. L’enseignement y manquait selon moi de sens, alors que j’ai toujours été sensible à la question du sens des actions.

Après un début de carrière dans le domaine social, plus précisément dans l’insertion professionnelle, j’ai commencé à travailler en science de l’éducation, puis à donner des cours d’éthique en école d’ingénieur, tout en réalisant une thèse sur l’éthique et l’identité professionnelle des ingénieurs.

Comment est perçue la question de l’éthique chez les ingénieurs ?  Y a-t-il des spécificités propres aux ingénieurs ? Sont-ils plus déconnectés des enjeux éthiques que d’autres professions ?

Christelle Didier. Dans le monde anglo-saxon, c’est un aspect du métier communément admis, même si c’est dans une approche un peu particulière qu’on ne peut pas transposer telle quelle.  Tandis qu’en France et dans d’autres pays, cette réflexion n’a pas connu de si grand développement. Il y a vingt ans, cela suscitait l’incompréhension, il y a dix ans, la curiosité. Aujourd’hui, c’est un peu à la mode, mais sous des formes pas toujours satisfaisantes.

Disons que la société ne conçoit pas les ingénieurs comme une population ayant une responsabilité sociale particulière à jouer. Donc eux-mêmes ne la perçoivent pas. Les jeunes, arrivant en école d’ingénieur ne voient donc pas toujours l’intérêt d’un enseignement en éthique. Et puis, ils pensent qu’on va leur faire la morale ! Ce qui est paradoxal dans un pays qui sait se passionner pour les débats et controverses techniques, mais cela se fait sans les ingénieurs.

Au Québec par exemple, il existe un ordre des ingénieurs, qui peut radier ceux-ci en cas de manquement à la déontologie. Les ingénieurs y sont responsabilisés au même titre que les médecins le sont chez nous. Ce qui peut sembler logique pour une population détenant un savoir et un pouvoir particulier, limité certes, mais souvent exclusif. Ceci dit il ne suffit pas d’avoir un ordre pour éviter les scandales comme on l’a vu récemment.

De plus en plus les financements de projet de recherche scientifico-technique par l’Union Européenne exigent la présence d’un volet éthique associant très en amont des projets des experts des sciences humaines. Aux Pays-Bas de nombreuses méthodes de collaboration ont été inventées et testées sur de vrais projets. Bien que réfractaires au départ, les ingénieurs considèrent souvent au final comme fructueuse cete confrontation des perspectives.

A l’inverse, ignorer l’aspect éthique du travail de l’ingénieur amène à des situations de dilemme éthique, lorsque l’ingénieur se retrouve en hésitation professionnelle, sur ce qui est la bonne décision. L’enquête qui a suivi l’explosion de la navette Challenger en 1986 en est l’exemple le plus frappant : le fait que le joint à l’origine de l’accident – ou plutôt l’incident – ne résistait pas au froid était connu de certains ingénieurs de la NASA, qui hésitant à retarder le projet en signalant cette faiblesse de la navette, ont condamné, sans en avoir réellement conscience, l’équipage.

Car il faut garder à l’esprit que l’éthique de l’ingénieur ne relève pas de la morale. C’est une compétence qui est au cœur du professionnalisme : or, les ingénieurs diplômés constituent le corps professionnel le plus cher à former pour la société française. Celle-ci est donc en droit d’attendre d’eux qu’ils fassent correctement leur travail, soit soucieux de l’intérêt public.

C’est pour cela que vous avez collaboré à la base « Ingénierie et responsabilité », parue chez Techniques de l’Ingénieur ?

Christelle Didier. Cette base documentaire proposée par Techniques de l’Ingénieur s’inscrit dans la mon souci d’aborder les questions du sens de la technique en lien avec les premiers concernés par mes réflexions : les ingénieurs. Mon implication comprend la révision des articles, la rédaction de certains, notamment relatifs aux questions d’éthique vous l’aurez compris, dont certains sur des points précis, tels la question des dilemmes éthiques au cœur de l’activité professionnelle.

Un océan gigantesque se cache-t-il sous la surface de la Terre ?

Le volume d’eau contenue dans cette réserve présente dans le manteau terrestre serait colossal : jusqu’à trois fois la quantité d’eau de tous les océans de la surface ! Toutefois il ne s’agirait pas véritablement d’un océan, comme on pourrait se le représenter et l’eau ne serait pas sous forme liquide mais prisonnière des roches du manteau.

Une des preuves découlerait de la découverte au Brésil d’un diamant contenant de la ringwoodite, un minéral qui absorbe des molécules d’eau. Cette capacité de stockage de roches rares expliquerait la présence d’une aussi grande quantité d’eau. C’est en tout cas l’hypothèse que formule le minéralogiste et professeur Steve Jacobsen en charge du projet : « si seulement un pour cent du poids des roches du manteau situées dans la zone de transition est constituée d’eau ce serait l’équivalent de près de trois fois la quantité d’eau dans les océans ».

Pour le vérifier, le minéralogiste s’est servi d’un réseau de 2 000 sismographes aux États-Unis afin d’analyser les ondes sismiques provoquées par plus de 500 tremblements de terre. Puis, en partant du principe que les ondes traversent la Terre, en passant par le noyau, il a étudié leur vitesse de propagation selon le niveau de profondeur dans le but d’en déduire le type de roches qu’elles traversent. Il s’est ainsi aperçu d’un ralentissement qu’il a associé au passage des ondes dans la roche humide. En effet, le professeur avait conçu en amont de la ringwoodite synthétique pour observer son comportement lors de la traversée des ondes sismiques.

L’expérience indique donc que, potentiellement, une large surface du manteau renfermerait de la ringwoodite. Pour Jacobsen et son équipe, cela signifie qu’il y a fort à parier que cette couche rocheuse soit à l’origine de l’eau sur Terre. L’eau serait remontée par l’activité géologique et la Terre régulerait elle-même les niveaux d’eau à sa surface et en souterrain par un système de cycle. De fait, l’hypothèse éclaircirait le pourquoi du comment les océans conservent plus ou moins le même volume et permettrait de mieux comprendre notre planète. Car n’oublions pas, en ces temps de prospection de l’Univers et de ses mécanismes profonds, que notre planète garde encore quelques mystères !

Par Sébastien tribot

L’ascenseur spatial en 2050 : chimère ou future réalité ?

Les projets d’ascenseur spatial seraient-ils en vogue ? Nous évoquions déjà dans ces pages, il y a à peine quelques semaines, le projet d’ascenseur spatial des laboratoires Google X, avorté par manque de moyens financiers.

Présentement, c’est au tour de l’entreprise de construction Obayashi de s’y mettre et d’indiquer son intention de rendre accessibles les voyages spatiaux via un ascenseur plutôt qu’en fusée. Son objectif : transporter des marchandises et/ou des hommes (30 maximum) dans des navettes « propulsées par des moteurs magnétiques ». Ces voyages dureront sept jours selon l’entreprise.

Si l’idée a de quoi séduire, elle paraît toujours aussi extraordinaire! Tout comme sa mise en oeuvre, extrêmement compliquée, qui semble toujours autant relever de la science-fiction. Yoji Ishikawa, le responsable Recherche et Développement d’Obayashi, y croit pourtant. Et bien que conscient des difficultés d’un tel ouvrage, il ne semble pas découragé pour autant. Sûrement par égard pour les infrastructures gigantesques déjà réalisées par Obayashi. Car au cas où vous n’en auriez pas entendu parler, sachez qu’elle est en charge de nombreux projets aux proportions impressionnantes : centres commerciaux, usines colossales, le laboratoire national Lawrence Berkeley… En outre, c’est elle qui est responsable de la construction du pont Hoover Dam Bypass, du métro de Dubaï, de la tour Skytree à Tokyo… Voilà pour la situer.

Deux contraintes demeurent néanmoins très embarrassantes!

Premièrement, un matériau assez solide pour résister aux pressions gravitationnelles auxquelles sera soumis l’ascenseur spatial n’existe pas sur Terre à l’état naturel. Et même si les chercheurs comptent beaucoup sur les nanotubes de carbone  – qui seraient cent fois plus résistant que l’acier – ce n’est encore qu’un espoir car le développement de cette technologie n’en est qu’à ses balbutiements. Le plus grand nanotube de carbone, à ce jour, n’excède pas 3 centimètres. Alors imaginez maintenant couvrir la distance faramineuse de 96 000 kilomètres avec ce matériau. Inconcevable ? Là encore, Yoji Ischiwa prétend que la contrainte n’est que temporaire et devrait être résolue autour de 2030.

Il y a aussi la dimension financière, non négligeable. Si aucun chiffre n’est avancé, le coût total de l’opération doit être au moins aussi impressionnant que le travail à accomplir… Il s’agit clairement d’un projet à envergure internationale, que ne peut porter sur ses épaules seules une grande entreprise. Yoji Ishiwa le dit d’ailleurs lui-même, «ce n’est pas un pays ou une entreprise seule qui pourra faire naître ce projet fou ». Les universités japonaises ont tout de même été mises à contribution pour rechercher des solutions. Mais si le projet voit le jour, le trajet pour se rendre jusqu’à la station spatiale serait « low-cost » : 200 euros.

Ce qui est sûr, c’est que l’ascenseur spatial soulève diverses questions. Ce scénario est-il plausible compte tenu du timing annoncé ? La compagnie Obayashi fait-elle preuve de réalisme ou d’optimisme ? N’est-ce pas qu’un coup de projecteur ? Et pire, le projet présente-t-il un intérêt alors que les fusées ont fait leurs preuves ? Les réponses devrait survenir dans quelques années. D’ici là, on peut souhaiter à Obayahi bien du courage.

Par Sébastien Tribot

La particule de Majorana observée pour la première fois

En 1937, le physicien Ettore Majorana s’intéresse aux travaux de Dirac qu’il réinterprète en postulant l’existence d’une particule un peu particulière. De type fermion, elle serait aussi son antiparticule. Un double jeu resté longtemps au rang de simple théorie, jusqu’à ce que des physiciens de l’Université de Princeton (USA) réussissent à l’observer.

Se basant sur les travaux d’Alexei Kitaev qui indiquait qu’une particule de Majorana pourrait apparaitre à l’extrémité d’un fil fait d’un superconducteur, l’équipe d’Ali Yazdani a réalisé une expérience de supraconductivité en choisissant comme matériau du fer et du plomb. Ainsi, une chaine d’atomes de fer est déposée à la surface d’un cristal de plomb supraconducteur.  Les chercheurs ont ensuite scruté le bout de ce fil d’un unique atome d’épaisseur grâce à un microscope à effet tunnel.  Bingo ! Ils observent des états liés caractéristiques d’une particule de Majorana.

Comment savoir qu’une particule est aussi sa propre anti-particule ? Deux propriétés l’attestent. Tout d’abord la particule est neutre puisqu’elle cumule sa charge et son opposée. Ensuite, dans la même logique, ses moments dipolaires sont nuls.

C’est la première fois que cette particule est mise en évidence de façon formelle. En 2012, une équipe de l’université de technologie de Delft (Pays-Bas) avait tenté de dénicher la particule de Majorana. Les scientifiques avaient opté pour un alliage indium/antimoine et avaient pu observer la formation de quasi-particules au comportement similaire à celles de Majorana, sans pour autant valider le résultat à 100%.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Dropbox est la dernière victime des hackers avec 7 millions de comptes piratés

Encore une affaire de piratage ! Cette fois, ce ne sont pas les photos sexy d’actrices américaines qui ont été dérobées, mais les identifiants de 7 millions de comptes Dropbox, société qui propose un service de stockage cloud de fichiers. Moins glamour, certes, mais cette nouvelle ne devrait pas faire plaisir aux quelques 100 millions d’utilisateurs, contraints de réinitialiser leur mot de passe de toute urgence. Si la parade à cette captation massive d’informations privées, à savoir la modification de ses identifiants, est facile à mettre en œuvre, la réussite du piratage est inquiétante pour la société californienne. La publication d’une partie des données hackées  via l’application web Pastebin par un internaute anonyme permet de vérifier que les identifiants/mots de passe concernent effectivement le service Dropbox.

Dropbox est-il un site fiable ? Oui, assure Tom Cook, ingénieur fiabilité de Dropbox. Si les codes permettent bien de se connecter à Dropbox, ils auraient été obtenus par l’intermédiaire d’une autre application. Dropbox n’aurait donc pas été piraté mais serait une victime collatérale. La sécurité de la firme n’est donc pas remise en cause directement, aucune faille n’étant à l’origine de la fuite. En revanche, cet épisode est une piqûre de rappel à tous les utilisateurs d’internet sur la nécessité de renouveler son mot de passe régulièrement et d’utiliser des identifiants différents pour chaque service. Ainsi, même si une de vos combinaisons est piratée, elle ne pourra pas être utilisée pour un autre service. Car c’est la première chose que font les hackers avec vos données, les tester sur d’autres sites tels que les messageries et les réseaux sociaux.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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L’homme ne survivrait pas plus de 68 jours sur Mars

68. C’est le nombre de jours au bout desquels les hommes partis coloniser la planète rouge commenceront à mourir par manque d’air. Autant dire que l’établissement d’une base humaine sur Mars est voué à l’échec.  Cette conclusion terrible pour les ambitions spatiales humaines découle de l’analyse des techniques existantes et la faisabilité de subvenir aux besoins des colons, d’un point de vue biologique comme technique. En effet, l’étude mise en ligne sur le site du MIT indique que les plantes prévues pour produire de l’oxygène en rejetteront en trop grande quantité, sans qu’il soit possible de réguler ce taux. De façon plus général,  le modèle développé pour le projet Mars One repose sur l’utilisation des ressources in-situ (ISRU), dénoncé comme immature par les cinq auteurs. La production d’azote, d’oxygène et d’eau ne serait pas viable.

Autre écueil, la problématique des pièces de rechange. D’après ces travaux, il en faudrait une quantité astronomique pour maintenir le bon fonctionnement de la colonie. Au bout de 130 mois, elles représenteraient 62% de tout ce qui aura été envoyé depuis la Terre. De quoi exploser le budget de la mission puisque cela représente le recours à 15 lanceurs Falcon, pour la modique somme de 4,5 milliards de dollars. D’autant qu’à l’envoi de marchandise s’ajoute celui d’hommes, accroissant d’autant plus les dépenses.

Alors, enterrée Mars One ? Pas du tout. Bas Lansdorps, l’ingénieur néerlandais à l’initiative du premier projet de colonisation de Mars a réfuté les conclusions pessimistes des scientifiques du MIT, précisant que la technologie censée assurer la production d’oxygène existait bel et bien et était en cours de tests. En revanche, la gestion des pièces de rechange reste à préciser. Il y a fort à parier que Bas Lansdorps suivra de très près le fonctionnement de la première imprimante 3D acheminée à bord de l’ISS le mois dernier. Cette technologie pourrait bien être la solution miracle pour fabriquer in situ et en temps réel  les pièces dont les colons auront besoin.

En attendant, le projet Mars One reste plus que jamais d’actualité. La campagne de recrutement ayant été un succès avec plus de 200 000 volontaires, le calendrier prévoit le lancement du premier module de stockage en janvier 2016. Avec à son bord 2500kg de nourriture et de matériel, le module arrivera à destination en octobre de la même année. S’ensuivront la recherche de l’endroit optimal pour établir la base, l’envoi de 5 autres modules en 2021, puis le départ de l’astronef avec 4 personnes à bord en septembre 2023.

Lire le rapport : dspace.mit.edu

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

La plasturgie s’approprie la question de l’impression 3D

La nouvelle Commission prospective sur l’impression 3D lancée par la Fédération de la Plasturgie et des Compositesaimerait apporter des éléments de réponses aux questions que le secteur se pose. « L’impression 3D est-elle une  alternative à la délocalisation  par les  avantages qu’elle offre ? Va-t-elle nous conduire à repenser les business model futurs des entreprises ? Va-t-on voir notre modèle industriel évoluer vers des fablabs ? », relève comme exemples Jean Martin, Délégué Général de la Fédération.Cette commission souhaite « construire une vision sur cette technologie et les évolutions qu’elle peut entraîner pour les plasturgistes », résume-t-il.

Cette nouvelle commission souhaite aussi mettre au point des projets pilotes avec des entreprises volontaires.  « D’autres objectifs peuvent apparaître au fil de nos travaux, par exemple le choix de matériaux et machines (aujourd’hui très limité) pour réaliser de l’impression 3D, ou répondre à des inconnues juridiques (droits d’auteur, responsabilités des différents acteurs impliqués dans la chaîne de production… », précise le Délégué Général de la Fédération.

Cette commission réunira des industriels (dirigeants, responsables R&D), ainsi que des experts de grands centres scientifiques français (Mines, CEA…), afin d’être en prise avec la réalité du terrain, mais aussi  d’être en pointe sur le sujet. « Cela nous permettrait de nous propulser parmi les leaders européens voire mondiaux de l’impression 3D », espère Jean Martin. Côté calendrier, le groupe de travail étudiera en profondeur le sujet et construira sa vision jusqu’à fin 2015. Dès 2016, les premiers projets pilotes verront le jour et la Fédération diffusera son travail sur la vision développée au sein de ses entreprises.

Quels nouveaux business models imaginer ?

Aujourd’hui, avec la possibilité de prototypage rapide, la réalisation de pièces en petites séries et les fonctionnalités qu’elle apporte, l’impression 3D bouleverse les habitudes de production. Mais, « le sujet n’est pas encore assez mûr pour répondre en détail sur son impact réel en termes de business pour nos entreprises, d’autant plus que l’impression 3D évolue rapidement », prévient Jean Martin. « Ce que nous pouvons dire à ce stade, c’est que l’impression 3D mêle notamment : des caractéristiques de production (rapidité, personnalisation, mais limitée à la petite série), le numérique, une adoption a priori facile et rapide pour un usage basique, mais qui requiert un savoir-faire de plasturgiste dès lors qu’il faut travailler plus avant sur le choix de matériau et de structure », ajoute-t-il.  Ainsi, « les business existants qui correspondent à ces caractéristiques sont susceptibles de l’adopter très vite. Et de nouveaux peuvent être créés sur cette base. L’important pour un plasturgiste est d’envisager cette activité comme une activité en soi, et non pas comme un business additionnel à son activité classique », conclut-il.

Pourquoi une telle commission ?

« L’impression 3D est évidemment un horizon de la plasturgie : globalement, l’impression 3D consiste majoritairement à transformer des matières plastiques, c’est donc une activité de plasturgiste », rappelle Jean Martin. La Fédération de la Plasturgie et des Composites représente le secteur de la transformation des matières plastiques, de la conception à la fabrication de produits en matière plastique. Ellerassemble et représente plus de 3 800 entreprises,  principalement des PME, et définit la politique professionnelle de la branche. Elle ne pouvait donc pas passer à côté de ce sujet. « Un de nos rôles premiers de fédération est de mener la prospective de notre secteur, et de veiller à ce que nos entreprises soient préparées le mieux possible aux évolutions futures », explicite Jean Martin.

L’impression 3D touche désormais tous les secteurs : automobile, aéronautique, électroménager,  médical, bricolage… Certains de ces secteurs ont aussi récemment des commissions 3D, à l’instar du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS). « Comme l’impression 3D est une activité de plasturgiste, nous avons naturellement vocation à échanger avec tous les secteurs intéressés par le sujet, et à faire collaborer nos groupes de travail respectif lorsque le timing sera opportun, c’est-à-dire après la première phase d’appropriation du sujet »,  affirme Jean Martin.

Par Matthieu Combe

Mondial de l’Auto : 5 véhicules électriques pour la ville

L’i-road de Toyota 

Avec l’i-road, Toyota souhaite concurrencer la Twizy de Renault. Véhicule biplace à trois roues (contre 4 roues pour la Twizy), ses deux batterie lithium-ion alimentent deux moteurs électriques de 2 kW montés dans les deux roues avant. Sa vitesse maximale est de 60 km/h. Son autonomie est de 50 Km (Autonomie visée en roulant à une vitesse fixe de 30 km/h). En vente à partir de l’autmone 2014, son prix n’est pas encore communiqué ; il tournera probablement autour de 10 000 €. Pour l’anecdote, signalons que 70 i-road seront prochainement proposés à Grenoble par le réseau d’autopartage Cité Lib. 

 

La Classe B de Mercedes

Développé avec Tesla Motors, la Mercedes Classe B est le premier véhicule électrique proposé par Mercedes. Sa batterie lithium-ion d’une capacité de 28 kWh autorise une autonomie de 136 km (norme EPA) et 200 km (norme ECE) . Son moteur de 132 kW lui assure une vitesse de pointe de 160 km/h.En vente aux Etats-Unis à 30 460 euros, hors aide fédérale de 7 500 dollars et aides locales, cette nouvelle Mercedes devrait arriver en Europe à la fin de l’année.

 

L’e-up! de Volkswagen  

Il s’agit de la première voiture électrique mise en vente par Volkswagen. Citadine de 4 places, sa batterie lithium-ion dispose d’une capacité de 18.7 kWh et autorise une autonomie d’environ 160 km. Son moteur de 60 kW lui assure une vitesse de pointe de 130 km/h. En vente depuis septembre 2013 à  partir de 19 950 € TTC, bonus écologique de 6 300 € déduit.  

 

L’e-Golf de Volkswagen

L’e-Golf est la deuxième voiture électrique vendue par Volkswagen. Sa batterie lithium-ion d’une capacité de 24,2 kWh autorise une autonomie comprise entre 130 et 190 km. Son moteur de 85 kW lui assure une vitesse de pointe de 140 km/h. En vente en France depuis septembre 2014 à  partir de 30 490 € TTC, bonus écologique de 6 300 € déduit. 

 

La C-Zen de Courb

Ce véhicule électrique de 2 places présente une allure originale. La batterie lithium-ion d’une capacité de 12,1 kWh autorise une autonomie de 120 km en cycle standard européen. Son moteur de 15 kW lui assure une vitesse de pointe de 110 km/h. Il s’agit du premier véhicule électrique possédant le label « Origine France garantie » ! En vente depuis novembre 2013 à partir de 18 700 €, bonus écologique de 6 300 € déduit. Voir une présentation complète parue sur Techniques-ingenieur.fr

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Science sans conscience… La fin justifie-t-elle les moyens ?

Moralité des armes et de la guerre

La contribution de l’homme à la conception et à la fabrication des armes pour son pays lorsque celui-ci est en guerre est une attitude difficile à apprécier sur le plan moral. Celle-ci peut susciter des jugements fondés mais contradictoires. D’un coté, les pacifistes ne manquent pas d’arguments pour condamner le recours à la violence et dénoncer catégoriquement l’usage et la fabrication d’armes. De leur côté, les militaires, ont développé au fil des âges des critères leur permettant de distinguer les actes moralement défendables des actes de barbarie. En ce qui concerne la guerre elle-même, tandis que le premier traité sur l’Art de la guerre (rédigé par un certain Sun Tsé au Ve siècle avant notre ère) est considéré en Asie depuis longtemps comme une référence, des critères permettant de qualifier une guerre «juste» ont été proposés dans le monde chrétien, depuis le XIIIe siècle avec les travaux de Thomas d’Aquin.
A notre époque, le droit international humanitaire a mis en place des règles, en particulier lors de l’établissement des conventions de Genève. Les premiers objectifs visés étaient de protéger les militaires blessés ou malades (la création de la Croix Rouge date de la première convention de 1864). Ces droits ont été élargis à d’autres catégories au cours des conventions suivantes, en faveur des prisonniers de guerre, et plus récemment, des populations civiles. Certaines armes aussi, comme les mines antipersonnel, ont fait l’objet de conventions visant à en limiter l’utilisation ou à les interdire.
La question qui est posée ici est la suivante : si on ne condamne pas sans appel le recours aux armes, peut-on porter un jugement moral sur l’inventeur des fusées V2 ? Rappelons qu’à l’époque des faits, ces missiles (les premiers au monde) étaient particulièrement imprécis. Leur but ne pouvait donc pas être de détruire des cibles militaires clairement identifiées: les V2 étaient des armes qui tuaient indistinctement.

La fin justifie-t-elle les moyens ?

La question se pose, si on examine la biographie de l’ingénieur Wernher Von Braun, qui a détourné son rêve de voyage spatial, pendant le seconde guerre mondiale, en dirigeant les études de la conception de la fusée V2. Non seulement la finalité de son travail mais aussi les conditions de réalisation des objectifs et les moyens employés peuvent faire l’objet d’un jugement moral.
En effet, les conséquences de cette arme de représailles en terme de victimes dépasse de loin les huit mille morts et les trente mille blessés causés par les deux mille V2 lancés sur Anvers et Londres entre octobre 1944 et mai 1945 En fait, pour chaque fusée fabriquée, quatre hommes sont morts dans l’usine souterraine où ils travaillaient et où ils dormaient sans jamais voir le jour. Plus de vingt mille détenus sont ainsi morts de faim, de froid, ou sommairement exécutés, ou torturés, entre janvier 1944 et avril 1945 dans l’usine du camp de Dora-Northausen, « l’enfer des camps de concentration » dont on a peu entendu parler pendant longtemps. C’était pourtant un des plus grands camp de travail forcé alors.
Certes, en tant qu’ingénieur, Wernher Von Braun n’était pas le décideur final, son pouvoir comme celui de bien des ingénieurs était limité. Mais, il connaissait les conditions de vie et de travail des détenus de Dora. Ainsi, Wernher Von Braun a été complice, comme beaucoup d’autre peut-être, d’actes de barbarie. Mais, contrairement à beaucoup d’autres, alors qu’il était membre du parti nazi, il a échappé à tous les procès. Et cela pose une autre question, tout aussi grave. 

Une deuxième chance

En effet on constate avec étonnement que, bien que le scientifique se soit trouvé dans le camp des vaincus, l’évolution de sa carrière ne semble pas avoir pâti de la guerre et des actes dont il s’était rendu complice, bien au contraire. En effet, après s’être rendu le 2 mai 1945, Wernher Von Braun entame la seconde partie de sa carrière, mais cette fois «dans le camp des vainqueurs», comme il le déclarera avec une ironie teintée de cynisme à son biographe Bernard Ruland. En fait il est récupéré ainsi que des centaines d’autres savants, dans le plus grand secret, par l’armée américaine. En 1955, naturalisé américain, il est même nommé directeur du centre des missiles balistiques de l’armée, à Huntsville en Alabama. En 1956, il met au point une fusée qui s’élève à 1100 km du sol et retombe à 5780 km de son point de départ : c’est le premier tir du nouveau missile Jupiter-C. Mais, le 4 octobre 1957, les soviétiques mettent en orbite le premier satellite artificiel de la Terre, Spoutnik 1 : c’est un choc pour l’Amérique. Wernher Von Braun annonce alors qu’il est capable d’envoyer un satellite dans l’espace si on lui en donne les moyens. 

Le blame après le succès

Le 31 janvier 1958, une fusée Jupiter réussit la mise sur orbite du premier satellite américain, Explorer 1. Ce succès vaut à Wernher Von Braun une immense renommée aux Etats-Unis. La NASA est créée, il est nommé directeur du Centre spatial Georges Marshall. Le vaisseau Apollo 11 qui permet le débarquement du premier homme sur la Lune le 20 juillet 1969 est propulsé par une fusée Saturn V conçue par son équipe : c’est la gloire ! En réaction, la presse qui désapprouve sa présence dans le programme spatial américain, titre « Von Braun vise la Lune… et touche Londres ». C’est le premier blâme infligé au savant.
Alors, que penser, aujourd’hui de ce héros de la conquête spatiale : peut-on encenser le génie sans être gêné par son passé ? peut-on admirer l’exploit américain du premier pas sur la Lune sans penser au long silence de l’histoire sur le camp de Dora et sur ses prisonniers ? Car parler de Dora, ce n’était pas seulement ternir l’image d’un héros, mais aussi rappeler que les service secret américain avaient préféré s’emparer des savants allemands avant les russes plutôt que les laisser répondre de leurs actes devant la justice.

Par Christelle Didier

« Supraconductivité » par Julien Bobroff, professeur à l’Université Paris Sud

Unisciel, l’Université des Sciences en Ligne, et l’Université Lille 1 ont surfé sur la vague des MOOC (Massive Open Online Course) et ont lancé leur propre dispositif intitulé : EUREKA ! dont l’objectif est de faire le tour d’horizon des phénomènes de notre quotidien et plus largement comprendre le monde qui nous entoure.
Le MOOC EUREKA ! s’est organisé autour de ressources choisies d’Unisciel et notamment de la série qu’elle produit Kézako ? Enrichie de nombreux compléments, ce MOOC encourageait l’échange autour de 9 thématiques étalées sur 9 semaines. Le principe du MOOC EUREKA ! reposait sur la génération du savoir par les apprenants placés dans une démarche de tutorat entre pairs. 

Julien Bobroff fait partie de l’équipe « La Physique Autrement », Laboratoire de Physique des Solides, Université Paris-Sud et CNRS. Dans cette conférence, il s’interroge sur  la supraconductivité et ses applications présentes et futures.

Qu’est-ce que la supraconductivité ? Dans quels objets quotidiens apparaît-elle ? 

Quelles sont ses applications ?

Source : kezako.unisciel.fr/live

5 Concept Cars incontournables du Mondial de l’Auto

Divine DS Concept

DS dévoile son concept car : des portes papillons, un intérieur tout cuir plus que luxueux et intégralement informatisé. Sur la vitre arrière, des écailles se lèvent ou se baissent pour améliorer l’aérodynamisme. Résultat : un écran relié à une caméra fait guise de rétroviseur. Sous le capot, il n’y a pas de moteur hybride, mais un bloc bien connu : un quatre cylindres 1.6 litre essence turbo de 270 chevaux.Cette voiture préfigure-t-elle des tendances pour la prochaine DS4?

 

Renault Eolab Concept

Eolab se veut être une réponse au projet lancé par Jean-Marc Ayrault de proposer un véhicule consommant 2 litres aux 100 km pour tous d’ici 2020, dans le cadre du plan « Nouvelle France industrielle ». Selon Renault, l’Eolab affiche même une consommation inféirueure, autour de 1 litre aux 100 km. Pour y parvenir, Renault a équipé son véhicule de matériaux légers pour atteindre un poids total de 955 kg, a soigné son aérodynamisme et choisi une motorisation hybride essence-électricité. Les principales innovations techniques présentées pour ce véhicule pourraient rapidement être transposées aux véhicules de série de la marque. Renault semble donc prendre le virage de l’hybride, après avoir misé sur le véhicule électrique.

 

Peugeot Exalt

Ici, il s’agit d’un réel concept-car qui laisse une grande liberté à ses concepteurs. Peugeot Exalt est composée de matières brutes et naturelles divers et variés : tissu composite Shark Skin, bois, textile à base laine chinée, fibre de basalte à la place de la fibre de carbone … L’intérieur est équipé d’un nouveau système de traitement de l’air, baptisé « Pure blue ». Résultat : ce concept-car pèse 1,7 tonnes et fait 4,7 mètres de long. On est loin des 955 kg de l’Eolab de Renault !  Côté motorisation, la Peugot Exalt est propulsée par une chaîne de traction Hybrid4 Plug-in d’une puissance totale de 340 ch, répartie entre les 4 roues.

 

Toyota CHR Concept

Il s’agit d’un concept-car de petit 4×4 coupé, un peu écrasé et haut perché. Le constructeur ne donne aucune indication quand à la fiche technique du C-HR, si ce n’est que la propulsion est hybride. Notez l’absence de poignées de porte et de rétroviseurs, sans doute remplacés par des caméras, comme sur la Divine DS Concept. Toyota ne dévoile pour le moment que l’extérieur du véhicule.

 

Mini Superleggera Vision Concept

Ce concept de mini volerait presque la vedette à la nouvelle Cooper 5 portes au Mondial de l’Automobile. Elle a été réalisée par le carrossier milanais Touring Superleggera, à qui l’on doit l’Aston Martin DB5 ou encore la Maserati 5000 GT. Cette Mini Superlegerra adopte une ligne néo-rétro épurée et agréable.

Au niveau de ses caractéristiques techniques, rien n’a encore été annoncé par la marque Mini, si ce n’est que la voiture est équipée d’un moteur électrique. Ce modèle n’est pas encore prévu en série, mais la marque y réfléchit et devrait annoncer sa décision finale dans les 6 prochains mois.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
 

Un drone équipé d’une GoPro, le must have des sportifs de l’extrême

Hexo+ suscite déjà de nombreuses attentes du côté des sportifs de l’extrême. Grâce à lui, ils pourront se filmer en pleine action et réaliser des films aériens de leurs performances. Il leur faudra toutefois patienter encore jusqu’en mai 2015 avant de faire le show. La startup Squadrone Systems vient seulement de récolter les financements nécessaires à la fabrication de son drone autonome. Hexo+ se présente sous la forme d’un petit hélicoptère muni de 6 branches avec hélices. Ces dernières sont capables de s’incliner de façon indépendante les unes des autres, assurant ainsi la trajectoire du drone.

Mais l’innovation se cache aussi dans le logiciel de pilotage. Relié au smartphone par une application dédiée, le drone interagit en temps réel avec l’individu. Basé sur le protocole Mavlink, le système développé par la société grenobloise permet au drone de calculer la position de la caméra embarquée fixée sur lui relativement au drone lui-même. Cet ajustement en permanence alimente des algorithmes  calculant les mouvements de la personne et sa position dans l’avenir. Cette information permet au drone de se positionner en temps réel de façon à trouver le meilleur angle de vue. Ceci donne des images à la qualité HD remarquable. Hexo+ peut ainsi suivre le sportif tout en le maintenant dans le champ jusqu’à une vitesse de 70 km/h pendant environ 15 minutes. Pour la première fois, les sportifs équipés seulement de leur smartphone, du drone e et sa GoPro, pourront se filmer seuls. Ce petit bijou  de technologie devrait être vendu sans caméra GoPro à 899$. Mais une version DiY sera commercialisée à seulement 299$ avec les plans pour imprimer les pièces du drone soi-même avec une imprimante 3D.

Découvrir l’Hexo+ en action :

Par Audrey Loubens, journalise scientifique

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique adopté par l’Assemblée

Il s’agit de la traduction financière d’une mesure du projet de loi sur la transition énergétique voté mardi en première lecture.

Ce dispositif, qui concernera le montant des travaux engagés entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2015, aura un coût estimé à 930 millions d’euros pour l’Etat au cours des deux prochaines années.

« Compte tenu du marasme dans ce secteur économique et de raisons environnementales, le gouvernement a souhaité donner une opportunité, sur une durée pour l’instant limitée, jusqu’à la fin 2015. Les expériences passées nous conduisent à surveiller la dépense fiscale et nous pourrons éventuellement y revenir », a déclaré le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert.

Il porte à 30% l’allègement fiscal pour des travaux de rénovation énergétique ou pour l’acquisition d’équipements permettant des économies d’énergie (chaudières à condensation, appareils de régulation du chauffage, etc.). L’abattement actuel, dans le cadre du CIDD (crédit d’impôt développement durable), est compris entre 15% et 25%.

Comparé à l’actuel CIDD, l’aide de l’Etat sera élargie à l’achat de compteurs individuels d’eau chaude ou de chauffage pour les ménages en copropriété, ainsi qu’à l’acquisition de bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Pour répondre à des problèmes d’isolation des logements principalement dans les départements d’outre-mer, en Corse et dans les zones méridionales de la métropole, les équipements ou matériaux de protection des parois vitrées ou opaques contre les rayonnements solaires seront aussi concernés, en vertu d’un amendement de dernière minute du gouvernement voté jeudi.

Les écologistes ont échoué à retoucher encore le crédit d’impôt, soit pour en exclure les 10% de foyers les plus aisés par souci d’éviter « un risque d’effet d’aubaine pour ces ménages qui auraient de toute façon fait des travaux » mais aussi de « redéployer une partie de la dépense sur d’autres budgets écologiques ».

Leur tentative d’inclure les systèmes de pilotage et de contrôle de la consommation énergétique « pas très coûteux » s’est heurté à une fin de non recevoir notamment du secrétaire d’Etat au Budget.

Jugeant important de soutenir la capacité de « faire des économies d’énergie sans attendre l’isolation du bâtiment » grâce à ces systèmes « pas très coûteux » installés dans les bâtiments, l’ex-ministre de l’Ecologie Cécile Duflot a clamé que « ce serait un très mauvais signal de retirer ce dispositif du nouveau panel de réduction d’impôt ».

« L’amendement est inutile. Il n’y a pas de restriction du champ du crédit d’impôt puisque les appareils éligibles sont exactement les mêmes » qu’au CIDD, a notamment rétorqué M. Eckert.

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Les futures capsules fabriquées par SpaceX et Boeing pour mettre fin à la dépendance russe

Pour se rendre jusqu’à l’ISS, la station spatiale internationale, les États-Unis font actuellement appel aux services russes, et utilisent leurs capsules Soyouz. Une dépendance, qui semble-t-il ne dure que depuis trop longtemps à leur goût. D’autant que le voyage pour un astronaute est onéreux : il en coûte 70 millions. C’est donc pour y remédier que la NASA a sollicité Boeing et SpaceX, deux acteurs emblématiques américains dans le domaine de l’astronautique. Les deux entreprises ont ainsi signé deux contrats dont le montant s’élève à 6,8 milliards de dollars, divisé comme suit: 4,2 milliards de dollars pour Boeing et de 2,6 milliards de dollars pour SpaceX.

Avec leurs contrats respectifs, les deux industriels se sont engagés pour deux à six missions habitées vers l’ISS ainsi qu’un vol test avec un astronaute. Si tout se passe bien, c’est-à-dire une fois que la capsule aura accompli correctement l’aller-retour et que l’astronaute de la NASA aura pu vérifier leurs pleines capacités, ses six missions pourront être validées. Les premiers vols sont prévus pour 2017.

En attendant, Boeing et SpaceX ont pour tâche la construction de capsules de transport spatial d’une capacité de sept passagers. SpaceX prévoit de modifier sa capsule Dragon, utilisée lors des missions d’approvisionnement, afin d’intégrer ce paramètre. Cette nouvelle capsule sera baptisée Dragon V2. En ce qui concerne Boeing, elle planifie la réalisation de CST-100. La capsule devrait être manufacturée dans le Kennedy Space Center, un complexe de lancement spatial situé en Floride.

La NASA souhaite poursuivre l’exploration spatiale en envoyant des hommes au-delà de l’orbite basse, notamment pour effectuer le premier survol de la Lune depuis 1972. À ses fins, et en collaboration avec l’Agence spatiale européenne, ils conçoivent le vaisseau spatial lourd Orion. Mais l’étape suivante semble bel et bien être Mars. Et bien que l’échéance de ce défi semble reculer toujours un peu plus, compte tenu des défis, à la fois financiers et technologiques que cela représente, cela n’a jamais été aussi proche et accessible qu’aujourd’hui. L’arrivée de nouveaux acteurs, tel que SpaceX, redynamise en effet la course vers la planète rouge – son fondateur, Elon Musk, ambitionne d’ailleurs de construire une base permanente sur Mars. Le fait de déléguer le transport des astronautes jusqu’en orbite basse à des compagnies privées n’est donc évidemment pas anodin puisqu’il permet à la NASA de consacrer plus de temps à ses autres projets, comme celui d’Orion.

Par Sébastien Tribot

Reach/CLP : toute l’actualité d’octobre (1/2)

Le Comité sur les produits biocides adopte 10 avis

06/10/2014

Le Comité sur les produits biocides a adopté 10 avis. Le champ d’application couvre les produits biocides utilisés dans les désinfectants, les préservatifs et les insecticides.
Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article/

 

La page web REACH 2018 dévoilé

13/10/2014

L’ECHA invite toutes les entreprises à se préparer dès maintenant à la date limite d’enregistrement REACH du 31 mai 2018. Cette date limite d’enregistrement concerne les substances fabriquées ou importées en faibles volumes, de 1 à 100 tonnes par an.
Plus d’informations sur : echa.europa.eu/reach-2018/

 

Nouvelle proposition de classification et d’étiquetage harmonisé

14/10/2014

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé d’une nouvelle substance : triadimenol (ISO); α-tert-butyl-β-(4-chlorophenoxy)-1H-1,2,4-triazole-1-ethanol. Les parties intéressées sont invitées à soumettre leurs commentaires sur le site de l’ECHA, et ce avant le 28 novembre 2014.
Plus d’informations sur : echa.europa.eu/harmonised-classification-and-labelling-consultation

 

Appel à contribution (restriction)

15/10/2014

Un appel à contribution est l’occasion pour les parties intéressées de signaler leur intérêt et d’exprimer leurs vues et préoccupations dans la phase préparatoire de la proposition de restriction. L’information recueillie sera l’entrée dans la préparation par l’ECHA d’un dossier de restriction (annexe XV). Avec un appel à contribution, l’ECHA espère recevoir des informations des parties qui, autrement, n’auraient pas été identifiées et consultées à un stade précoce. Un appel à contribution ne prend pas la place de la consultation publique sur les propositions de restriction développé par l’ECHA, qui forme une partie intégrante de la procédure de restriction. Les substances concernées par cette restriction sont : Decamethylcyclopentasiloxane (D5), Octamethylcyclotetrasiloxane (D4). La date limite pour apporter une contribution est fixée au 29/11/2014.
Plus d’informations sur : echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Une bactérie pour éliminer la pollution pétrolière en Colombie

« Nous avons commencé dans les années 90 à étudier cette bactérie et cela fait trois ans que nous l’expérimentons avec de très bons résultats sur le terrain avec les industries pétrolières », a indiqué à l’AFP Jenny Dussan, directrice du Centre d’investigations en microbiologie (Cmit) de l’Université des Andes à Bogota.

Ce micro-organisme, de son nom scientifique « Lysinibacillus sphaericus », a la particularité d’agréger les hydrocarbures et les métaux lourds grâce à une protéine. Une faculté qui lui permet de réduire la molécule de pétrole.

Les recherches sont d’autant plus d’actualité en Colombie que le pays latino-américain, secoué par un demi-siècle de conflit interne, subit une recrudescence de catastrophes pétrolières provoquées par des actes de sabotage de mouvements de guérillas.

Depuis le début de l’année, l’équivalent de quelque 42.000 barils de brut a ainsi été déversé dans la nature, selon des chiffres officiels.

La bactérie, cultivée par les scientifiques colombiens, devrait contribuer à décontaminer l’eau et les sols et y permettre le retour de la vie végétale et animal.

« Les essais avec ce micro-organisme ont donné des résultats surprenants sur des terrains affectés cette année par des attentats contre l’industrie pétrolière », assure Mme Dussan. Selon la directrice du Cmit, « l’efficacité est de 95% au bout de deux à trois mois ».

Autre avantage du « Lysinibacillus sphaericus »: il s’attaque aux moustiques porteurs de maladies tropicales comme la malaria, la dengue, le chikungunya ou la fièvre jaune, en produisant des toxines mortelles pour les larves de ces insectes.

C’est d’ailleurs l’usage initial de cette bactérie découverte au début du XXe siècle puis popularisée à cette fin depuis les années 80 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Une vidéo montrant une goutte d’alcool se déplacer dans un labyrinthe fait le buzz

Ne cherchez pas, il n’y a pas de trucage. En revanche, la mise en scène est habile et met en valeur le phénomène chimique.

De quoi s’agit-il ? Des chercheurs tchèques ont réalisé une vidéo montrant un petit labyrinthe de quelques centimètres de large, légèrement immergé dans une eau savonneuse. Une goutte d’alcool est déposée à une extrémité du parcours. Lorsqu’une seconde goutte de sel est placée à l’autre bout du labyrinthe, la première goutte commence à se déplacer, suivant un chemin invisible jusqu’à la goutte de sel.

Quand la goutte d’alcool atteint une intersection, elle choisit toujours la bonne direction. Son cheminement si parfait a suscité de nombreuses réactions des internautes, nombreux étant ceux croyant à un canular ! 

Et pourtant, tout est vrai. L’expérience est d’ailleurs aisée à reproduire chez soi puisqu’il suffit d’un peu d’eau, de savon, d’un alcool coloré et de sel pour observer le déplacement de la goutte d’alcool. Lorsque le sel rentre en contact avec l’eau savonneuse, celui-ci se dissout, jusqu’à ce qu’un peu de sel atteigne la goutte d’alcool. Celle-ci va alors se déplacer le long du gradient de sel, ce qui va la mener droit sur la position de dépôt de la goutte de sel, où la concentration de sel est la plus importante. Une fois arrivée, la goutte d’alcool se stabilise.

Ce phénomène plutôt simple mais illustré de façon très efficace par l’auteur J. Cejkova a très vite suscité un buzz inattendu. En moins de 2 semaines, la vidéo a été vue plus de 250 000 fois, un record pour un phénomène chimique. Le plus surprenant sont les commentaires suscités, entre admiration et dénonciation de canular, les discussions sont très vives entre internautes.

Comme quoi, une mise en scène habile permet de promouvoir la science et de susciter le débat sur les déplacements d’une goutte de décanol !

  • Découvrez la vidéo d’une goutte d’alcool cheminant à travers un labyrinthe :

Par Audrey Loubens

Les centres d’affaires : une nouvelle manière de travailler

La mentalité des travailleurs évoluent également et le travail déporté, auparavant considéré comme un facteur d’isolement par beaucoup, est aujourd’hui vu comme synonyme d’une qualité de vie accrue et d’une productivité professionnelle renforcée.
De nombreux salariés se sont donc engagés, de façon informelle, sur le chemin du télétravail. Pourquoi doncse déplacer au bureau pour travailler alors que de nombreux outils informatiques existent aujourd’hui et permettent de faciliter le travail à distance ?

Conscient de cela, les centres d’affaires ont été parmi les premiers à prendre ce virage en se dotant des outils techniques et des technologies de communication leur permettant de s’adapter aux besoins de leurs clients,travailleurs indépendants, créateurs d’entreprise ou télétravailleurs, qui représentent aujourd’hui un peu plus de 10% des salariés français.

L’offre de télétravail en plein développement

Bien que le marché français du télétravail soit en retard en comparaison avec les pays scandinaves et anglo-saxon, où deux à trois plus de salariés sont concernés, de plus en plus d’entreprises ont déjà amorcées en leur sein une politique de télétravail. Cette dernière présente en effet de nombreux avantages non seulement pour les salariés, qui adhérent de plus en plus à la tendance, mais également pour ces entreprises. En effet, selon le Synaphe, le télétravail entraînerait entre 20 et 40% d’économies de surface ». Des économies substantielles quand on sait qu’en moyenne 40 % des bureaux ne sont pas occupés à plein temps.

Les centres d’affaires et de domiciliation évoluent pour suivre au plus près les nouvelles tendances de travailet de la mutation du marché. Désormais, nombreux sont ceux à proposer un réel accompagnement des entreprises clientes. En effet, les centres d’affaires offrent de nombreuses opportunités de bureau modulables et temporaires aux télétravailleurs.
Cette nouvelle offre est actuellement l’un des axes de développement des professionnels de l’hébergementd’entreprise. Outre le service immobilier classique représenté par « les bureaux équipés », les centres d’affaires diversifient leur positionnement et proposent désormais de nouveaux services à forte valeur ajoutée. (Accueil téléphonique personnalisé ; services de téléphonie déporté ; hébergements de serveurs ;interconnexions à très haut débit ; téléphonie Vo IP de haut niveau…). Les porteurs de projets ambitieux peuvent ainsi gagner du temps et être plus efficace dans la création ou le développement de leur activité, quel que soit leur stade de maturité.
En réponse aux besoins des cadres et managers nomades, Le Synaphe, qui compte aujourd’hui plus 250centres d’affaires affiliés, appartenant pour la plupart d’entre eux à de gros réseaux, met en avant l’excellent maillage existant sur le territoire national.
Ou que se trouvent les travailleurs nomades, ils peuvent compter sur la proximité d’un centre d’affaires, et cela représente une alternative séduisante pour les entreprises souhaitant offrir à certaines catégories de leurs salariés la possibilité de pratiquer le travail déporté.

De plus, les liens entre l’entreprise et son collaborateur sont facilités par la fourniture d’équipements bureautiques et de télécommunication tels qu’une connexion internet avec débit fibre optique, la possibilité d’attribuer un numéro de téléphone spécifique ou encore l’utilisation de systèmes de visio-conférence.

Une Multiplication des espaces de Coworking

Les centres d’affaires sont aujourd’hui très nombreux à proposer des espaces de coworking où se côtoient des entrepreneurs ou salariés évoluant dans des secteurs d’activité différents, ce qui leur permet d’élargir leurs réseaux professionnels tout en intégrant un lieu d’échange et de réseautage.
Parallèlement, les centres d’affaires sont en relation avec des professionnels et experts de différents domaines (avocat, expert-comptable, secrétariat professionnel, conciergerie d’entreprise, coursier…) dont les entreprises clientes peuvent bénéficier afin de se faire accompagner dans leur développement.

Ces nouveaux services font des centres d’affaires et de domiciliation des leviers de croissance pour les entreprises car ils répondent aux nouveaux besoins de ces dernières en matière d’informations, d’optimisation des coûts et de conquête de clients potentiels.
Grâce au coworking, les sociétés d’un même centre de d’affaire et de domiciliation peuvent créer entre ellesune synergie, voire trouver de nouvelles opportunités de business.

Les centres d’affaires répondent de manière qualitative et productive à cette nouvelle demande et aux contraintes spécifiques que rencontrent très souvent les entrepreneurs, la Start-up en création, le travailleur indépendant et le télétravailleur à domicilie.
De la simple location de bureaux équipés à des prestations haut de gamme proposant des espaces d’affaires, de restauration, de fitness ou encore de détente, les offres proposées par les centres d’affaires répondent à la plupart des demandes des entreprises. Selon Bruno Rébillé, Président du Synaphe:« l’innovation au sein des centres d’affaires est un axe de développement prioritaire, aussi bien au niveau de nos prestations que sur un plan technologique. »

Source : SYNAPHE (Syndicat National des Professionnels de l’Hébergement d’Entreprises)

Emissions de CO2: les entreprises françaises s’améliorent mais pas suffisamment

En 2014, les émissions de CO2 rapportées par une centaine d’entreprises, dont toutes celles du CAC 40, ont diminué de 15,8 millions de tonnes par rapport à 2013, selon le rapport 2014 France du CDP, l’ex-Carbon Disclosure Project.

98 des 250 plus grandes entreprises françaises sollicitées ont répondu à cette organisation indépendante.

Preuve de ces progrès, dix entreprises – Atos, Cap Gemini, Danone, Groupe Steria, Kering, L’Oréal, Orange, Renault, Schneider Electric et Thales – ont obtenu la note de performance la plus élevée et font partie des « leaders de performance » 2014.

« Il y en a 11 en Allemagne, 3 en Belgique, 4 en Italie et 19 au Royaume-Uni », a comparé pour l’AFP Steven Tebbe, directeur général du CDP pour la zone Europe.

« La bonne nouvelle c’est qu’il y a une réduction substantielle des émissions mais ce n’est pas assez », a-t-il nuancé.

Car de l’autre côté du spectre, ArcelorMittal, GDF Suez, Lafarge, EDF et Total sont les cinq plus gros émetteurs et sont responsables de 76% du total des émissions.

Et parmi les 20 plus grosses entreprises émettrices de CO2, 14 n’ont pas réduit leurs émissions, et 8 d’entre elles les ont même augmentées.

Globalement, l’étude constate « une meilleure intégration de la performance durable » dans les entreprises.

L’essentiel de leurs actions porte sur l’amélioration de leur efficacité énergétique, l’achat d’énergie à faible impact carbone et des efforts liés au transport.

Certaines ont également intégré un prix interne du carbone à leurs calculs de retour sur investissement, même si le mécanisme européen de marché du carbone est toujours au point mort.

2014 a enfin vu l’émergence de l’émission d’obligations vertes (green bonds) par les entreprises. GDF Suez et Unibail-Rodamco ont respectivement émis pour 2,5 milliards et 750 millions d’euros, destinées à financer des projets qui respectent des critères environnementaux stricts, détaille le CDP.

Cependant, Steven Tebbe regrette que la plupart des entreprises « n’aient pas de cible de réduction des émissions au delà 2016 ou 2017, ce qui veut dire qu’elles n’ont toujours pas de vision de long terme » sur le sujet.

mhc/cb/ei

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Google Street View s’invite sur un chameau

Que de chemins parcourus depuis le lancement de Google Street View en mai 2007… Le service de Google, controversé en raison de nombreuses accusation d’atteintes à la vie privée, couvre aujourd’hui une grande partie du globe, ainsi que la quasi-totalité du territoire français. Coutumière des coups de publicité particulièrement bien orchestrés, la firme américaine s’était fait remarquer en arpentant les rues de Venise ainsi que les canaux de la « Sérénissime » il y a près d’un an. Avide de nouveaux territoires à conquérir, Google quitte la Cité des Doges pour investir… les sables inhospitaliers du désert de Rub al-Khali !

Premier chameau embauché par Google

L’inutilité d’une Google Street Car dans les dunes émiraties n’étant pas à prouver, la firme américaine a trouvé une solution « low-tech », en embauchant… un chameau. Baptisée Raffia, la bête est devenue le premier animal à emmener sur son dos le « Trekker » – un sac à dos surmonté du fameux système de captation d’images à 360 degrés labellisé Google – habituellement transporté par un de nos congénères. Selon les responsables du projet, le chameau semblait être le moyen le plus pertinent et le plus adapté pour explorer les gigantesques dunes de sable entourant l’oasis de Liwa, à 150 kilomètres au sud-ouest d’Abou Dabi, dans les Émirats arabes unis, en plein désert de Rub al-Khali.

Pour ajouter au charme de la balade, il est même possible d’apercevoir l’ombre du chameau sur certaines vues, tout en restant assis confortablement dans votre canapé.

Évolution rapide et expansionniste de Google Street View

Cette annonce, en apparence assez clairement anecdotique, vient en fait illustrer l’évolution rapide de la plateforme du géant américain, dont le cheptel ne se limite plus aujourd’hui à la classique « Google Street View Car » (la célébrissime voiture surmontée d’un dispositif photographique panoramique, couplé à des capteurs lasers et à un GPS), ni du « Trike » (la version gros tricycle, spécialement conçue pour embarquer le module photographique Street View). Désormais, le « Trekker » permet d’accéder aussi bien à l’entrelacs de rues étroites de Venise qu’au réseau de canaux de la ville italienne à travers une excursion pittoresque en gondole, en passant maintenant par les spectaculaires dunes entourant Liwa, le Grand Canyon américain et les sublimes temples khmères du site d’Angkor, au Cambodge.

Venus également s’ajouter à l’équipe, le « Chariot Street View » permet de s’inviter dans certains musées – le Metropolitan Museum of Art (MOMA) à New-York – ainsi que dans quelques bâtiments « remarquables » (avec notamment la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa de Dubaï, ou encore la Tout Eiffel), et la « Motoneige Street View » qui laisse la possibilité aux skieurs et snowboarders de tout poil d’explorer les pentes enneigées de la station de ski de leur choix.

Le « trekker » a déjà permis de défricher certains chemins de randonnée, ainsi que de visiter un nombre toujours croissant de monuments, temples et châteaux, un peu partout dans le monde.

Par Rahman Moonzur

Copyright photos : Google

Faire baisser le nombre de collisions entre oiseaux et baies vitrées

Il est difficile d’évaluer le nombre d’oiseaux victimes de collision avec des fenêtres ou des baies vitrées un peu partout dans le monde, mais les experts s’accordent pour dire que c’est une véritable hécatombe. «Plusieurs centaines de milliers de volatiles seraient victimes de ces chocs chaque année» s’alarme Madline Reynaud, directrice de l’ASPAS (l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages). Paradoxalement, la très large vision des oiseaux (jusqu’à 360 degrés, selon les espèces) serait responsable des collisions, perturbant la concentration de ces derniers sur un angle de vue plutôt réduit.

Pour limiter l’une des plus importantes causes de mortalité aviaire liées à l’homme, quelques solutions existent déjà : diminution de la transparence des vitres (dépolies, nervurées, sablées, teintées), utilisation de stickers – représentant notamment des oiseaux de proie – ou de bandes autocollantes, jouer sur l’ouverture des stores et des rideaux. Malheureusement, ces solutions viennent limiter l’intérêt même de posséder une ouverture sur le ciel.

Pour rendre les vitres visibles sans que cela ne soit trop envahissant, il est également possible d’incruster des motifs réfléchissant ou absorbant les rayons ultraviolets. Dans une étude publiée le 9 octobre, deux chercheurs suédois ont testé ce marquage, et ont découvert qu’il pouvait être efficace pour les oiseaux possédant une vision UV, tels que les passereaux, les mouettes ou les perroquets.

Par contre, pour ce qui est des oiseaux de proie en tout genre, des pigeons, des oies ou encore des corbeaux, ces motifs ne seraient pas très efficaces, puisqu’ils ne peuvent voir les marquages UV que dans des circonstances très précises comme un contraste parfait, et des motifs qui doivent se détacher sur une scène avec peu de variations de couleur mais un fort rayonnement ultraviolet (un ciel bleu parfait, par exemple).

Par Moonzur Rahman

Crédit photo : Damian Hevia

Schwarzenegger : les régions sauveront-elles la COP21 ?

A l’occasion du premier Sommet mondial des régions pour le climat, de nombreuses personnalités politiques françaises se sont succédées à la tribune : Laurent Fabius, Anne Hidalgo, Serge Lepeltier, Michel Rocard, Nicolas Hulot... mais aussi : Arnold Schwarzenegger, le célèbre héros de films d’action et fervent militant de la lutte contre le changement climatique.

Arnold Schwarzenegger a fondé le R20, Regions of Climate Action, suite à l’échec du Sommet de Copenhague en 2009. Il s’agit d’une organisation internationale à but non lucratif engagée pour aider les Etats, les provinces, les régions, mais aussi les villes à développer et mettre en oeuvre des projets bas carbone. Cette ONG les aide aussi à mettre en oeuvre des politiques et des projets à même de stimuler la croissance verte au niveau mondial. »Les gouvernements subnationaux ont le pouvoir de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 80%, c’est pourquoi j’ai créé le R20″, a rappelé Arnold Scharzenegger à l’occasion de ce Sommet.

L’ambition de ce Sommet était de mobiliser tous les secteurs en partant du terrain, fédérer les régions, villes, entreprises et investisseurs autour d’une déclaration commune : la « Déclaration de Paris ». L’objectif? Les engager à oeuvrer concrètement pour le climat et presser les gouvernements nationaux à parvenir à un accord à Paris en 2015.

A présent, cette déclaration sera portée à travers le monde par le R20 et les organisations partenaires jusqu’à la COP21 pour collecter d’autres signatures. « Près de 2 900 régions membres de nos organismes vont, pendant un an, se mobiliser pour faire signer cette alliance des régions et des villes pour Paris-Climat 2015 », prévient Michèle Sabban, Présidente du R20. Cela représente « plus de 700 millions d’hommes et de femmes dans le monde », précise-t-elle. Cet appel sera remis aux chefs d’Etats et de gouvernements à l’ouverture de la COP21. Il s’agit d' »une démarche bottom-up pour influer sur l’avenir de notre planète », insiste Michèle Sabban.

Arnold Schwarzenegger, un « Visionnator »

En tant qu’ex-gouverneur de Californie, le constat d’Arnold Shwarzenegger est sans appel : il faut que toutes les régions entrent en action. « En Californie, on n’attend jamais le gouvernement fédéral ou un accord international : on ne croit pas en l’attente, on croit en l’action permanente », défend-il. »La Californie est devenue 40 % plus efficace en énergie que le reste des Etats-Unis, ce qui signifie que si le pays suivait notre chemin, nous pourrions fermer 75 % des centrales à charbon », prévient-il.  L’Etat californien prévoit encore de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 85% d’ici 2050.

« Les derniers rapports des Nations Unies prédisent que le réchauffement climatique ralentira la croissance économique, accroîtra le pauvreté et menacera la sécurité alimentaire autour du monde. C’est plus inquiétant que n’importe quel film, c’est le défi de notre époque. C’est pour cela que je suis dans cette croisade pour créer un futur énergétique durable et annihiler le changement climatique une fois pour toute », insiste l’ex-gouverneur.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a quant à lui tenu à saluer l’engagement de l’acteur. « Le gouverneur Shwarzenegger, et il l’a dit lui-même, on le connait comme Terminator. Mais il est assez rare qu’un Terminator puisse être en même temps un Initiator et un Visionnator », a-t-il plaidé.

Mettre en mouvement les régions pour lutter contre le réchauffement

Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez a insisté sur le « rôle déterminant de l’échelon territotorial des régions dans la lutte contre le changement climatique ». « Les entreprises souhaitent ardemment que la Conférence de Paris soit un grand succès […], les entreprises ont besoin de cadre, de savoir où l’on va », a-t-il précisé.

Serge Lepeltier, ambassadeur français chargé des négociations sur le changement climatique, met néanmoins en garde les dirigeants. « Attention au « bottom-up », qui peut être une véritable excuse, avec pas de véritables engagements des Etats, mais simplement des exemples donnés, il faut un véritable accord global contraignant », a-t-il alterté. « Si l’on veut absolument aboutir à un accord, quelquefois on se donne une ambition minimale pour que cet accord soit pris et il y aura là un vrai risque ». « C’est peut-être quelque chose qui ne devrait pas être dit : prenons le risque d’un non accord, car si nous ne le prenons pas, nous ferons un accord minima qui ne luttera pas réellement contre les changements climatiques », a prévenu l’actuel Maire de Bourges.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique