Une première depuis Fukushima: un tribunal nippon maintient l’arrêt d’une centrale nucléaire

Le jugement du tribunal régional de Fukui (ouest du Japon) est une première depuis l’accident de la centrale de Fukushima, provoqué par le séisme et le tsunami de mars 2011, et constitue un sérieux revers pour le gouvernement qui s’efforce, malgré une opinion devenue sceptique voire très réticente, de relancer la filière nucléaire. 

La société exploitante, Kansai Electric Power, a aussitôt indiqué qu’elle ferait appel de ce jugement.

Le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe a indiqué pour sa part que cette décision ne changerait rien à sa politique de relance du secteur nucléaire.

Nous redémarrerons les réacteurs si leur sûreté est établie de manière strictement objective, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

Actuellement, la totalité des 48 réacteurs japonais est à l’arrêt à la suite de la fermeture pure et simple de centrales ou de la mise en oeuvre de contrôles de sécurité.

Les conclusions des contrôles effectués à la centrale d’Oi ont conduit le tribunal à trancher pour le statu quo en raison des risques spécifiques qu’induirait une remise en service pour les populations installées autour du site dans l’hypothèse d’un nouveau séisme.

L’interdiction imposée par le tribunal de Fukui répond ainsi à une plainte collective de 189 personnes, dont 166 vivent dans un rayon de 250 km de la centrale.

Après la mise à l’arrêt des 48 réacteurs que compte le Japon, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) doit confirmer la sûreté des unités jugées exploitables dans le pays avant qu’un feu vert politique ne soit donné à une reprise des installations.

En mars, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) avait indiqué qu’elle allait s’occuper en priorité de la validation de sûreté de deux réacteurs du sud-ouest du Japon, Sendai 1 et 2, qui pourraient être les premiers à redémarrer

 

(©AFP / 21 mai 2014 15h54)

La production de biocarburants et d’intermédiaires de plus en plus sophistiqués révolutionne l’industrie de la biologie synthétique

Dans les faits, une recherche attentive  montre que l’équation technologique et économique dans ce domaine est beaucoup plus complexe. Elle comporte deux grands volets : l’un, largement commenté dans les médias, qui consiste à diversifier et élargir les ressources de biomasse à divers résidus lignocellulosiques tels que les déchets issus de l’industrie du bois, l’autre, moins grand-public, qui consiste à obtenir des produits finis de plus grande valeur ajoutée qui permettent de financer des projets beaucoup plus sophistiqués que de simples distilleries cantonales que sont les raffineries de bioéthanol actuelles. 

Une remarque préalable importante : toutes ces recherches, ces développements, ces industrialisations sur les biocarburants, quoiqu’en pensent ou déclarent certains,  n’ont pas pour objet premier de réduire de quelques misérables tonnes les émissions mondiales de CO2, ce qui serait un objectif ridicule par rapport aux milliards de tonnes relargués annuellement dans le monde. Elles ont pour objet essentiel de produire des ersatz ou des additifs aux produits pétroliers dont les prix sont appelés à poursuivre leur inexorable progression, sous la pression d’une demande mondiale croissante, tirée essentiellement par la progression des transports routiers, maritimes ou aériens, composants de la croissance des échanges économiques dans le monde.

L’apport à bons prix de biocarburants ou d’intermédiaires de la pétrochimie participe au bilan onéreux de consommation d’énergie de la planète et limite l’appel aux dérivés du pétrole.

Si les industriels en France disposaient de la capacité de produire de façon rentable des biocarburants à partir de cultures locales ou de résidus forestiers, ils participeraient au bien-être des habitants de ce pays grâce aux emplois créés et surtout grâce à la réduction de la facture énergétique portant sur les importations de pétrole et de produits pétroliers.

Je voudrais ici illustrer ces propos à l’aide de quelques exemples des progrès industriels les plus significatifs, qui viennent bien-sûr des Etats-Unis,  pays où l’avance des sciences et des technologies a encore et plus que jamais, son mot à dire.

Le premier exemple, le plus original et le plus avancé, concerne la société californienne Amyris dans laquelle le pétrolier Total est actionnaire et partenaire industriel. Cette société, à l’aide d’une plateforme de biologie synthétique a su sélectionner des souches de microorganismes capables de transformer du sucre de cane en farnésène (FIG.) qui est un produit chimique insaturé (oléfine)  en C15 (sesquiterpène insaturé vous diront les vieux chimistes, isoprénoïde vous diront les adeptes plus jeunes du « globish » scientifique international).

  • Figure 1 : structure du farnésène (nommé biofene chez Amyris) et de ses dérivés (Remarque : les stéréochimies de l’artémisine et de son ester présentées ici ne sont pas homogènes sur un carbone lié au groupe peroxyde, l’une des représentations stériques, au moins, risque d’être erronée) 

Cette molécule de Farnésène présente l’intérêt d’être un intermédiaire de synthèse de l’artémisine qui est un médicament très efficace contre le paludisme, parfois associé  à son éther méthylique (voir fig.1).

Le farnésène peut être également hydrogéné pour conduire au farnésane saturé, alcane en C15, qui peut entrer dans la composition de kérosène ou de gazole. 

Formidable exemple de biologie synthétique qui conduit à un produit intermédiaire très précis qui peut, à son tour, conduire à diverses gammes de médicaments, de produits chimiques complexes comme les parfums ou des carburants. Pour en savoir plus sur cette aventure industrielle on pourra se reporter aux pages très-bien faites du site Total sur le sujet

Un autre exemple plus simple mais tout aussi intéressant est celui de l’entreprise américaine de biotechnologie Genomatica. Cette société a développé un procédé de biologie synthétique capable de produire à partir de nombreuses ressources de biomasse ou de gaz de synthèse du butanediol : 

HO-CH2-CH2-CH2-CH2-OH

Qui peut être utilisé dans la synthèse de nombreux polyester  ou  en passant par le butadiène dérivé CH2=CH-CH=CH2, dans la composition de nombreux élastomères dont les monomères proviennent bien souvent de la pétrochimie ou de la carbochimie. Cette entreprise a lié des relations de collaboration industrielles avec de nombreux chimistes et utilisateurs dans le monde. 

Citons également l’américain GEVO qui sur les unités de production de bioéthanol propose de produire de l’isobutanol qui peut être utilisé comme solvant ou comme biocarburant et qui transformé en isobutylène peut être utilisé dans de nombreuses synthèses de polymères.

  • Figure 2

Les affaires pour GEVO semblent être difficiles puisque dans sur son unité de Luverne (Minnesota) cette société aurait repris les anciennes productions d’éthanol.

En conclusion, ces quelques exemples montrent que la biologie synthétique, science encore jeune, va nous conduire vers la production de produits chimiques de plus en plus complexes et dont la valorisation sera suffisamment élevée pour pouvoir amortir les investissements de recherches, de développements et d’industrialisations. Les cas examinés ici montrent que la réussite de ces projets repose sur des adossements des structures innovantes à des entreprises industrielles solides. L’association du pétrolier Total au californien Amyris illustre parfaitement ce propos.

Les positions critiques de la Commission Européenne sur les biocarburants, qui voudraient en limiter l’usage, ignorent cette partie innovatrice de la biologie synthétique…et c’est bien dommage.

Par Raymond Bonnaterre

 

EDF déclare une anomalie sur la tenue au séisme de matériaux dans plusieurs centrales

Selon cette note, des analyses ont révélé que « la tenue au séisme de certaines protections n’a pas pu être démontrée de manière satisfante ».

44 réacteurs sont concernées, selon EDF, qui précise qu' »un risque d’endommagement des matériels importants pour la sûreté situés à proximité existe, plus spécifiquement sur le circuit permettant de faire des prélèvements sur le circuit primaire ».

Ces protections sont des matelas en plomb et servent à « protéger les personnels réalisant des interventions » à proximité du circuit primaire, précise EDF dans sa note.

D’abord détecté en 2012 dans 7 centrales (Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Le Blayais, Saint-Laurent et Tricastin), cet « écart de conformité », concerne finalement 44 réacteurs, indique la note datée du 19 mai.

Il a été signalé à l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) et EDF a déclaré le 15 mai cet évènement comme « évènement significatif sûreté » dit « générique » de niveau 1 sur les 7 que compte l’échelle internationale INES.

EDF précise que « cet évènement n’a aucune conséquence réelle sur la sûreté et le fonctionnement des installations » et que « l’ensemble des écarts sera résorbé d’ici la fin de l’année 2015 ».

Pour l’association Sortir du nucléaire, « cette anomalie ne saurait être minimisée » car selon elle, « le bon fonctionnement de la centrale nucléaire risquerait d’être perturbé » en cas de chute de ces matériaux de protection.

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La Suède poursuit l’UE qu’elle juge soumise au lobby des chimistes

« Tout cela est dû au lobby européen des chimistes qui a exercé des pressions sur différents commissaires », a affirmé à l’AFP la ministre de l’Environnement, Lena Ek.

La Commission devait définir en décembre au plus tard des critères sur l’identification de ces éléments, présents dans des milliers de produits antibactériens, que l’on retrouve dans des vêtements, des chaussures ou encore des produits d’hygiène.

Ces produits sont soupçonnés de perturber le système endocrinien et de provoquer cancers, malformations congénitales et retards de développement chez les enfants.

Ils « sont en train de devenir un gros problème. Dans certains endroits en Suède on voit des poissons hermaphrodites. Il existe des études scientifiques concernant leur impact sur la fertilité des jeunes filles et garçons, et d’autres effets graves », a ajouté Mme Ek.

La Suède et le Danemark avaient déjà insisté auprès de Bruxelles pour hâter ce travail, en vain, tout comme des groupes de défense de l’environnement ou des consommateurs, ainsi que des scientifiques.

« Ce qui me met le plus en colère, c’est qu’en faisant cela ils font courir un risque aux gens et en particulier aux enfants […] La Commission nous empêche d’améliorer les choses », a estimé la ministre.

Interrogé par l’AFP, Joe Hennon, porte-parole du commissaire à l’Environnement Janez Potocnik, a répondu que les retards se justifiaient par « la complexité du problème, l’évolution de la science et les points de vue divergents entre scientifiques et entre parties prenantes ».

« Nous prenons la question très au sérieux et faisons de notre mieux pour la régler », a-t-il insisté, rappelant les mesures de santé publique provisoires mises en place par l’UE.

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Les abeilles meurent dans toute l’Europe

Chacun des 17 pays européens a suivi quelques centaines de ruches, selon un protocole reprenant les lignes directrices émises par le laboratoire Anses de Sophia Antipolis. Au total, ce sont 31 832 colonies provenant de 3 284 ruchers qui ont été suivies entre l’automne 2012 et l’été 2013. L’objectif de ce programme de surveillance était de relever les taux de mortalités des colonies d’abeille et la prévalence des principales maladies infectieuses et parasitaires en hiver et en saison des colonies d’abeilles dans l’ensemble des pays participants. Les scientifiques disposent désormais de chiffres fiables représentatifs de la situation obtenus pour la première fois à l’aide d’un protocole harmonisé à l’échelle européenne.

Les résultats sont importants pour mieux comprendre le déclin des abeilles: les taux de mortalité hivernaux, basés sur des mesures avant et après l’hiver 2012-2013, varient considérablement. Ils s’échelonnent suivant les pays de 3,5 % à 33,6 %. Les taux de mortalité des colonies pendant la saison apicole sont  quant à eux plus faibles et sont compris entre 0,3 % et 13,6 %.

Des différences géographiques importantes

Le taux de mortalité hivernale considéré comme acceptable et normal par la communauté scientifique en Europe est de 10 %. Il a été déterminé par des études scientifiques publiées sur le sujet. Les résultats montrent que ce taux est largement dépassé dans les pays du Nord de l’Europe, pays connaissant la plus forte mortalité des abeilles en hiver. La mortalité hivernale est particulièrement importante au Danemark (20,2 %), en Finlande (23,3%), en Estonie (23,4 %), en Suède (28,7 %), au Royaume-Uni (28,8 %) et en Belgique (33,6 %).

A l’opposé, les pertes hivernales sont les plus faibles dans les pays du Sud de l’Europe : en Grèce, en Hongrie, en Italie, en Lituanie, en Slovaquie et en Espagne, les pertes sont inférieures à 10 % et donc acceptables. Une zone de transition, avec des taux  de mortalité variant de 13,6 à 15,3 % se dessine. Elle comprend la Lettonie, la Pologne, la France, l’Allemagne et le Portugal. 

Néanmoins, durant la saison apicole le tableau devient beaucoup plus flou, avec des mortalités très différentes : 2,4 % en Norvège, 9,7 % au Royaume-Uni, 2,3 % en Italie et 6,8 % en Espagne. Alors que l’ensemble des pays présente un taux de mortalité inférieur à 10 %, la France remporte la triste palme d’or avec son taux de 13,6 % ! Notons que pour la mortalité des colonies au cours de la saison, il n’existe pas de taux considéré comme acceptable par les scientifiques.

En additionnant la mortalité hivernale à la mortalité de la saison apicole, c’est la Belgique qui arrive en tête de ce lugubre classement, avec un taux de mortalité de 42,5 %. Viennent ensuite le Royaume-Uni (38,5 %), la Suède (31,1 %), la Finlande (29,8 %) et la France (27,7 %). Ainsi, chaque année, près d’une abeille domestique sur trois mourra dans les ruches de ces pays.

Les principales maladies suivies

Le projet a également étudié la prévalence des principales maladies infectieuses et parasitaires des abeilles. Les principales maladies des abeilles ont été diagnostiquées dans l’ensemble des ruches à chaque visite. La prévalence clinique de la varroase (due au parasite Varroa destructor), de la loque américaine, de la loque européenne, de la nosémose et de la paralysie chronique a été enregistrée. 

La varroase a été observée dans presque tous les pays. Les résultats montrent que la loque américaine et la loque européenne ont peu d’impact sur la mortalité. Par ailleurs, seuls quelques cas cliniques de paralysie due au virus de la paralysie chronique ont été observés dans 5 des 17 Etats membres et seul un pays avait un taux atteignant plus de 2 % des abeilles. Enfin, le taux de colonies touchées par la nosémose a dépassé 10 % dans 4 Etats membres.

Au cours du projet, les analyses montrent l’absence de deux arthropodes exotiques, responsables de maladies en dehors de l’Europe: le petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) et l’acarien parasite de la ruche (Tropilaelaps).

Quelles sont les causes de mortalité ?

« Cette étude ne permet pas d’établir de lien de causalité direct entre des agents pathogènes et des mortalités observées, mais elle identifie des facteurs de risque », précise Magali Chabert, chef d’unité Pathologie de l’Abeille du laboratoire de l’Anses de Sophia-Antipolis et Responsable du laboratoire de référence de l’Union européenne pour  la santé des abeilles. Une analyse statistique sera réalisée pour dégager ces facteurs de risques. « Les maladies font évidemment partie de ces facteurs mais elles ne sont pas seules. Les conditions environnementales parmi lesquelles l’exposition à des facteurs toxiques (les pesticides, médicaments, …), les conditions climatiques mais aussi la gestion apicole des colonies et les ressources alimentaires sont autant d’autres facteurs de risques. » ajoute la chercheuse. 

De nombreuses autres informations ont été collectées durant le projet, notamment concernant l’environnement des ruchers, les traitements vétérinaires et les actions conduites par l’apiculteur pour maintenir son cheptel (achat ou production de reines, d’essaims …). L’analyse de ces données sera conduite et permettra de suivre les actions sur le cheptel et la force des colonies notamment leur évolution entre la visite de printemps et celle d’été. Cela permettra d’estimer, au-delà de la mortalité, l’affaiblissement potentiel des colonies.

Et les pesticides dans tout ça ?

Suite à la publication de ce rapport, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’absence de suivi des pesticides et notamment le fait que le mot « pesticide » est totalement absent du rapport. Nous ne saurons pas, par exemple, quels résidus de pesticides se trouvaient dans les colonies les plus touchées. Et ce, alors même que plusieurs études montrent les effets délétères de plusieurs pesticides la santé des abeilles.

« La question de la détection des pesticides a été envisagée par l’Anses et la Commission européenne. Mais il a été jugé techniquement difficile et coûteux d’intégrer ce paramètre dans le premier volet de cette étude, les méthodes de recherche des résidus de pesticides n’étant pas harmonisées au sein des pays européens participant à l’étude. Ce paramètre sera donc traité dans un autre volet du programme, lorsqu’une une méthode harmonisée aura pu être développée et mise en place dans tous les pays participants. », affirme Magali Chabert.

Le Laboratoire de référence de l’Union européenne de l’Anses-Sophia-Antipolis développe  d’ailleurs actuellement des méthodes de détection et de quantification des pesticides dans les différentes matrices apicoles (abeilles, larves, pain d’abeille, pollen, miel). « Une fois développées et validées, ces méthodes seront transférables aux autres laboratoires européens », insiste Magali Chabert.

Parallèlement à cette étude, l’Anses s’est auto-saisie de la problématique des abeilles et a chargé un groupe de travail d’établir un bilan sanitaire du rucher en France métropolitaine. L’agence sanitaire veut notamment dresser un état des connaissances sur les « co-expositions des abeilles aux facteurs de stress » : agents pathogènes, produits phytosanitaires, médicaments vétérinaires, etc.), et aux possibles conséquences de ces co-expositions et interactions sur la santé des abeilles. De plus, des résultats sur la prévalence des agents biologiques et des pesticides issues de  plusieurs études françaises, ainsi que leur lien éventuel avec des mortalités d’abeilles, seront analysés. Les conclusions seront rendues d’ici la fin de l’année 2014.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans l’actualité :

Consommation en carburants des voitures neuves commercialisées aux Etats-Unis ou en Suisse

Par exemple, les véhicules légers américains dont chaque conducteur parcourt 12500 miles par an, ont consommé en 2012 l’équivalent de 8,4 millions de barils de carburants par jour, soit plus de 9% des consommations mondiales de produits pétroliers.

L’université du Michigan, par l’intermédiaire de son Transportation Research Institute (UMTRI) publie chaque mois le résultat du calcul des consommations nominales moyennes des véhicules neufs commercialisés aux Etats-Unis, exprimées en autonomie, selon l’unité courante américaine que sont les miles par gallon. C’est son « eco-driving » index.

Pour une meilleure compréhension, j’ai transformé ces miles/gallon en litres aux cent kilomètres par la formule : 

Consommation = 235/ Autonomie

La consommation étant exprimée en litres aux cent kilomètres et l’autonomie en miles/gallon.

La consommation moyenne nominale des véhicules neufs commercialisés aux Etats-Unis était de 11,7 litres/100 en Octobre 2007, elle était de 9,3 litres/100 en Avril 2014. Ceci correspond à une réduction moyenne des consommations de 3,2% par an en moyenne (Figure ci-dessous).

Il est intéressant de comparer cette performance à celle des consommations moyennes des véhicules commercialisés en Suisse dont l’Office Fédéral de l’Energie tient à jour des statistiques annuelles de ce type. Les consommations des véhicules neufs helvétiques  ressortaient en moyenne en 2012 à 6,21 litres/100, contre 6,39 litres en 2011, soit une baisse de 2,8%.

Une voiture neuve américaine consomme en moyenne 50% de plus de carburant en volume qu’une voiture Suisse.

Les données détaillées de l’OFEN montrent que ces consommations sont étroitement liées à la masse du véhicule et à la cylindrée du moteur. 

Cette comparaison, entre deux populations aux niveaux de vie voisins,  illustre combien peuvent être lents les progrès d’amélioration d’efficacité énergétique des processus dans le domaine grand-public. La tradition américaine de possession d’un véhicule imposant et lourd, réputé plus sûr et affichant ouvertement le profil statutaire de son propriétaire, prime sur la réduction des consommations en carburant du véhicule. Le véhicule « smart & green » n’a pas encore une image assez virile.

Ce résultat doit nous convaincre qu’un éventuel doublement ou un triplement des prix des carburants aux Etats-Unis, durant la décennie à venir, sera économiquement supportable. Il suffira pour cela, que chaque citoyen américain réduise le gâchis énergétique en place pour accroitre l’efficacité des processus, à qualité de prestations conservées.

L’exemple de sobriété des véhicules modernes hybrides nous montre que les technologies existent et que c’est la grille de choix du consommateur qu’il reste à faire évoluer avec l’aide bienvenue des constructeurs et de leurs puissantes équipes de marketing.

Par Raymond Bonnaterre

Puissance électrique intermittente éolienne et photovoltaïque en Allemagne : Simulation simplifiée d’écrêtage des pointes

Les deux générations combinées conduisent à un profil de puissance à très forte variabilité (FIG.I) qui est amorti aujourd’hui lors des pointes de génération par de très fortes exportations (7,5 TWh au mois de Janvier 2014) vers les pays limitrophes ou directement connectés (Autriche, Suisse, Tchéquie, Danemark,  France, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Suède) et, lors des creux de production et de fortes demandes, par de copieuses importations d’énergie (3,2 TWh au mois de Janvier 2014).

L’Allemagne, bien implantée au sein du réseau électrique ouest-européen, met à profit sa situation géographique pour réguler ses excès de productions électriques intermittentes et subventionnées par le consommateur allemand. Les centrales nucléaires locales (12GW), les centrales au lignite (21,5 GW), celles au charbon (27,8 GW) ou au gaz naturel (27,9 GW) en concurrence directe avec les générations solaires (37,5 GW) et éoliennes (33,3 GW) prioritaires à l’emploi, assurent la stabilité du réseau allemand de façon, bien souvent, économiquement non satisfaisante, situation qui conduit certains à envisager de subventionner à leur tour ces centrales en secours (« subventions de capacités »).

Les acteurs allemands concernés (producteurs, régulateurs, consommateurs) mesurent les conséquences, pas toujours agréables, de règles de gestion du réseau anticoncurrentielles et subventionnées.

Les dispositifs de pompage-turbinage allemands qui pourraient efficacement réguler cette génération par écrêtage des pointes et apport de puissance à la demande présentent aujourd’hui une puissance limitée à 8,8 GW qu’il faut comparer aux puissances maximales générées qui dépassent parfois les 30 GW. Nul doute que les stations de pompage helvètes ou autrichiennes (3,1GW) doivent profiter de l’aubaine d’une puissance disponible à bon prix. Ceci justifie par exemple, la construction de la station de Nant de Drance dans le Valais pour un budget de 2 milliards de CHF, avec une puissance de pompage-turbinage de 900 MW (Ce qui conduit à mémoriser un investissement nécessaire autour de 1,8 milliard d’euros par GW). Elle sera opérationnelle en 2018 et délivrera sa pleine puissance électrique 7 à 8 heures par jour (2,5 GWh/an), aux heures de pointe. Cependant l’effondrement observé des prix de gros de l’électricité en Europe risque de refroidir nombre de projets d’investissements à venir dans ce genre de station. 

La demande de capitaux en infrastructures (réseau renforcé, stations de fortes puissances), comparée au prix de gros du MWh, nécessaire pour réguler les puissances des énergies intermittentes et assurer la pérennité de l’offre sera la principale limitation de montée en puissance de ces énergies en Europe.

Curieuse Europe, en surcapacité de production d’énergie électrique, continuant malgré-tout à investir massivement dans les énergies renouvelables subventionnées, où les prix de gros de l’électricité baissent et les prix de détail augmentent pour financer les subventions tarifaires aux énergies renouvelables de plus en plus abondantes, faisant fuir les entreprises électro-intensives utilisatrices et créant de ce fait encore plus de surcapacités. Boucle destructrice, inhérente à une règlementation qui méprise les règles élémentaires d’un marché concurrentiel.

L’utilisation prioritaire par le réseau ouest-européen, des ressources intermittentes subventionnées incite les acteurs financiers à investir sans se soucier des besoins d’un marché en déclin et met en péril les modes de générations traditionnelles d’électricité ; formes bannies et pourtant indispensables, là réside tout le paradoxe germanique de la primauté proclamée des énergies intermittentes subventionnées.

  • Figure1

Pour illustrer ces propos il est utile d’examiner les profils de puissance électrique générés en Allemagne durant le mois d’Avril, publiées quotidiennement par EEX (Fig.1).

La variabilité des puissances générées atteint les 81% (sigma/moyenne = 8,1 GW/ 10 GW) alors que celle des seules générations éoliennes dépasse les 100% (sigma/moyenne = 5GW/4,9GW). Procédé industriel diabolique dont l’écart type peut être supérieur à la moyenne.

Afin de simuler l’effet tampon de dispositifs de turbinage-pompage et en l’absence de la connaissance heure après heure des consommations allemandes, j’ai supposé un écrêtage systématique des pointes de puissance examinées ici à partir de 18 GW et une utilisation de cette énergie en stock pour combler les creux de puissance, avec pour contrainte, tenant compte de rendements de pompage et de turbinage de 95%, que le bilan énergétique en fin de mois soit nul. Il apparaît alors un minimum de puissance disponible de 5,1 GW pour une puissance installée théorique de 70 GW (Fig.2).

Bien sûr, cette simulation simplifiée d’une Allemagne isolée électriquement et disposant de puissance de pompage illimitée est assez théorique, mais je crois qu’elle donne une idée assez proche de ce qui se passerait si ce grand voisin germanique assurait lui-même la mise en stock et la régulation de ses productions anormales de puissances électriques, en investissant dans le doublement des dispositifs de pompage-turbinage. 

Bien-sûr, grâce à la solidarité du réseau électrique ouest-européen, il est pour l’Allemagne, moins onéreux aujourd’hui d’exporter ses surproductions aléatoires chez ses voisins. Ceci mériterait d’être plus souvent rappelé.

Par Raymond Bonnaterre

Un homme devient un génie des maths suite à une violente agression

Touché par le syndrome du savant, il observe des formes géométriques dans tous les objets qui l’entourent, des lignes reliées entre elles, il voit des fractales dans les écoulements d’eau ou encore des triangles dans des cercles. En plus de cette nouvelle façon de voir le monde, Jason se retrouve avec des capacités mathématiques décuplées.

Alors que s’est-il passé ? Pour tenter de comprendre comment un individu  n’ayant pas fait d’études scientifiques pouvait se retrouver avec des telles compétences, une équipe de neuroscientifiques lui a fait passer une IRM. Celle-ci a révélé que l’hémisphère gauche, celui où siègent les capacités mathématiques, était très actif. Idem pour  son cortex pariétal, partie du cerveau investie dans la gestion des informations provenant des différents sens.  Ce dont « souffre » Jason s’appelle de la synesthésie, la capacité d’associer plusieurs sens entre eux. Ce phénomène neurologique est finalement assez répandu, touchant environ 4% de la population. Mais la forme la plus commune consiste à associer les lettres et les nombres à des couleurs. En revanche, la capacité de Jason est extrêmement rare, seule une vingtaine de cas ont été recensés par la littérature scientifique. Car Jason a développé un don exceptionnel. Les mesures effectuées sur son cerveau ont aussi montré que deux autres parties du cerveau sont très actives, il s’agit du lobe temporal, mis en jeu dans le mémoire visuelle et les émotions, et le lobe frontal, gérant la planification et l’attention.

Si dans la majorité des cas une commotion cérébrale nuit à nos capacités, cette fois le coup porté à la tête de cet américain l’a doté d’un super pouvoir. Pour tenter de le contrôler, les neuroscientifiques ont stimulé de façon magnétique son cortex cérébral, ce qui a eu pour conséquence de faire varier l’importance de sa synesthésie. De telles mesures suggèrent qu’il serait possible d’activer de telles compétences pour n’importe quel individu, et qu’un génie sommeille en chacun de nous. Reste à frotter au bon endroit…

Pour en savoir plus sur l’histoire de Jason Padgett : struckbygenius.com/

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Reach/CLP : toute l’actualité de mai 2014 1/2

Modification du règlement REACH

09/05/2014

Le règlement européen n°474/2014 du 8 mai 2014 modifie l’annexe XVII du règlement REACH concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques ainsi que les restrictions applicables à ces substances, en ce qui concerne le 1,4-dichlorobenzène.

 

Modèle de lettre pour la présence/absence des SVHC

12/05/2014

Deux modèles de lettres attestant de la présence ou d’absence de SVHC dans les articles sont mis à votre disposition. Les fournisseurs peuvent les compléter et les envoyer à leurs clients. Les clients peuvent également les envoyer à leurs fournisseurs pour que ces derniers s’engagent par écrit (sur la présence ou l’absence de SVHC).

 

Protocole d’entente avec l’Agence européenne des médicaments

14/05/2014

L’ECHA a signé un protocole d’entente avec l’Agence européenne des médicaments. Le protocole définit les modalités de collaboration visant à assurer la cohérence et l’uniformité des avis scientifiques des agences à travers l’échange d’information.

 

Consultation publique sur les alternatives à l’hexabromocyclododécane (HBCDD)

14/05/2014

L’ECHA a lancé une consultation publique sur les alternatives à l’hexabromocyclododécane (HBCDD). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leurs commentaires et ce avant le 9 juillet 2014.

 

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

16/05/2014

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. 45 propositions sont concernées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 30 juin 2014.

Par Céline GABORIAUD, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Royal lance un parc solaire produisant de l’électricité à prix garanti pendant 30 ans

« Nous avons là une réalisation exemplaire que je vais pouvoir généraliser à l’échelon national », a-t-elle déclaré lors d’un discours sur place en estimant que le projet permettrait à terme de produire une « électricité propre, de proximité et abordable ».

Selon la ministre, le projet Tiper-3 est « unique en France » car l’un de ses piliers est la « vente de gré à gré d’électricité solaire à un prix très compétitif et garanti sur trente ans ».

Le parc solaire, qui devrait être achevé en octobre, couvre une surface de 16 hectares, un ancien terrain militaire, et ses panneaux photovoltaïques permettront la production de 10.300 MWh/an soit la consommation électrique de quelque 2.360 foyers, hors chauffage.

A terme, il devrait s’étendre sur 30 hectares, et produire le double d’électricité, à un prix (105 euros par MWh) « inférieur au coût de la plupart des autres sources de production d’électricité renouvelable », explique la Région Poitou-Charentes dans un communiqué. Le solaire est environ à 11 centimes et le nucléaire à 10,5 le KWh, ils sont donc en parité, nous on reste à 12 centimes, mais nous n’irons pas au-delà », a expliqué à l’AFP Georges Stupar, vice-président de la région, en charge de la maîtrise de l’Energie et du Développement des énergies renouvelables. Il a rappelé que la hausse du prix de l’électricité devrait atteindre 35% d’ici à 2015 par rapport au début des années 2000.

Le projet est le fruit d’un partenariat entre la région, deux entreprises locales de distribution d’électricité et d’un producteur d’énergie solaire. Il comprend aussi une unité de méthanisation et deux parcs éoliens.

« Ce modèle est parfaitement généralisable au niveau des territoires », a déclaré la ministre en précisant qu’elle lancerait à terme, dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, « un label de transition énergétique ».

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Développement Durable et Equation de Kaya

Le responsable « santé+sécurité+environnement » de mon employeur nous a présenté les 3 piliers du « développement durable » (Ecologique, Economique et Social) avec ce joli graphique :

J’ai trouvé très judicieux d’intégrer ainsi le développement durable aux logiques économique et sociale plutôt que de le promouvoir dans un cadre purement écologiste.

En y réfléchissant, je me demande s’il n’existe pas un parallèle avec la fameuse équation de Kaya dont j’ai déjà parlé et que je rappelle ci-dessous :

En effet, minimiser le facteur CO2/TEP représente le souci écologique de limiter la pollution. Réduire TEP/PIB est un objectif économique : rendre la production moins coûteuse en énergie. PIB/POP est lié à l’objectif social de répartir les richesses, si possible plutôt en enrichissant les pauvres que le contraire …

Reste le 4ème facteur de Kaya : la POPulation. Ne manquerait-il pas dans le joli diagramme coloré du développement durable ? A quoi ressemblerait ce diagramme si nous étions beaucoup plus ou beaucoup moins ?

Plus j’y pense plus je suis persuadé que la distance entre les 3 piliers dépend de la population : avec quelques millions d’humains, le monde serait plus facilement viable et vivable, et peut-être même plus équitable. Mais avec des milliards, existe-t-il encore une intersection entre les 3 piliers qui permette un « développement durable » ? Et les intersections « viable, vivable et équitable », à quels niveaux de population disparaissent-elles ?

En plus de nos louables efforts sur les 3 piliers, ne devrions-nous pas favoriser une importante baisse de la population mondiale (progressive, non violente et contrôlée, je le précise…) ?

Dr Goulu (blog Pourquoi Comment Combien)

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Gaz de schiste : dédommagement de 3 millions de dollars

La famille Parr vivait tranquillement dans son ranch jusqu’au jour où des entreprises ont installé des puits pour extraire des gaz de schiste à côté de chez eux. En quelque temps, pas moins de 62 puits creusés à moins de 3 kilomètres du ranch ont vu le jour. 21 de ces puits étaient exploités par Aruba Petroleum, les autres étant la propriété de diverses entreprises.

En 2008, la mère de famille et femme de foyer, Lisa, commence à développer les premiers signes cliniques dus à une pollution de l’air par ces puits. Ce sont d’abord des saignements de nez, des maux de têtes et d’estomac, des vomissements, puis des éruptions cutanées, des vertiges et des pertes de mémoire. En 2009, son mari Bob et sa fille Emma développent les mêmes symptômes. C’est ensuite au tour des veaux de naître avec des malformations, et aux animaux domestiques de tomber malades avant de mourir. Ces phénomènes ont poussé la famille à quitter le ranch pendant plusieurs mois.

Prouver que la fracturation hydraulique est le problème

Des prélèvements d’air ont alors été réalisés sur la propriété. De nombreux composés toxiques liés à l’exploitation gazière, tels que le benzène, le toluène et le xylène, ont été décelés. La famille a alors décidé de porter plainte en septembre 2011 contre neuf sociétés exploitant des gaz de schiste dans la région. En avril 2013, les Parr ont trouvé des accords avec toutes les sociétés, à l’exception d’Aruba Petroleum.

La famille demandait à l’entreprise 8 millions de dommages et intérêts. Le 22 avril 2014, le jury de la cour de justice du comté de Dallas a finalement condamné Aruba Petroleum à leur verser 2,925 millions de dollars. Cette condamnation comprend 2 millions de dollars pour compenser les souffrances physiques endurées par les membres de la famille entre 2008 et 2011, 250 000 dollars pour celles à venir, 400 000 dollars pour les souffrances psychologiques et 275 000 dollars pour la dévaluation de la valeur de leur propriété. Cela en fait le premier jugement rendu sur la fracturation hydraulique aux Etats-Unis.

Mais la bataille judiciaire n’est pas finie : Aruba Petroleum a fait part de son intention de faire appel. Selon l’entreprise, il est impossible de prouver qu’elle est à l’origine des problèmes de la famille, vu qu’il y a plusieurs dizaines d’autres puits dans la région.

Malgré tout, cette action pourrait faire des petits. Elle montre que les entreprises gazières et pétrolières peuvent être condamnées pour pollution et intoxication. A travers le pays, plusieurs class actions pourraient éclore vu que les contestations contre la fracturation hydraulique sont nombreuses.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Des astronomes réalisent une mesure de référence du taux d’expansion de l’univers

Une équipe internationale incluant des chercheurs du CEA et du CNRS vient de réaliser la mesure la plus précise à ce jour du taux de l’expansion de l’Univers. En combinant deux analyses, l’une portant sur la distribution de gaz d’hydrogène d’où découle la mesure des distances dans l’Univers jeune et l’autre comparant la répartition des quasars avec cette distribution du gaz d’hydrogène, les scientifiques ont établi que l’expansion de l’univers il y a 10,8 milliards d’années possédait un taux équivalent à celui d’aujourd’hui.

Ce résultat, qui vient d’être présenté lors de la précédente réunion de la société américaine de physique, prouve que la décélération de l’expansion de l’Univers dans sa jeunesse a été compensée par une accélération.

Les astronomes ont utilisé comme outil d’observation le baryon oscillation spectroscopic survey (BOSS), grâce auquel l’analyse de 14 000 quasars avait abouti à des cartographies 3D de l’Univers, puis celle de 48 000 quasars avait révélé l’existence d’inhomogénéités de l’Univers primordial. En considérant 140 000 quasars, les scientifiques ont franchi une étape de plus dans la connaissance de notre passé. Le principe de la mesure repose sur le fait que la lumière des quasars très éloignés est absorbée par les régions de l’Univers  les plus denses en hydrogène gazeux. L’instrument BOSS est alors capable de détecter les pics d’absorption correspondants pour déterminer la position des nuages d’hydrogène et ainsi définir une carte. En répétant cette mesure pour différents âges de l’Univers, il devient possible de calculer les taux d’expansion.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Comment infecter un ordinateur à l’aide des ondes sonores

Des chercheurs allemands ont présenté une méthode pour espionner  des ordinateurs  et récupérer des données sensibles comme des codes, mots de passe et autres informations confidentielles. L’originalité de leur méthode réside dans l’utilisation du réseau acoustique. En effet, les informations piratées sur le terminal sont envoyées via les haut-parleurs à l’aide d’ondes sonores. Ce signal est ensuite récupéré par le microphone d’un ordinateur voisin. Les données peuvent ainsi se transmettre d’ordinateur en ordinateur sans jamais utiliser le réseau ! De quoi pénétrer n’importe quel ordinateur, même s’il n’est pas connecté à internet. L’utilisation de sons situés en dehors de la gamme de fréquence audible par les hommes assure la furtivité de la méthode.

Rien d’étonnant à ce que Michael Hanspach, coauteur de l’étude, tire la sonnette d’alarme : « Le réseau acoustique utilisé comme technologie de communication furtive représente une menace considérable pour la sécurité informatique ». Pour démontrer la faisabilité d’une telle méthode d’espionnage, les chercheurs de l’Institut Frauhofer ont fabriqué un virus  spécifique, un keylogger capable d’enregistrer tous ce qui est tapé sur le clavier, qui a contaminé un ordinateur isolé de tout réseau. Une fois les données voulues récupérées, elles ont été transmises par la voie des airs à un ordinateur voisin. Ce dernier a servi d’intermédiaire en retransmettant à son tour les informations, toujours à l’aide de sons. Et ainsi de suite sur près de 20m de distance, jusqu’à atteindre un ordinateur relié à internet capable d’envoyer les informations n’importe où dans le monde. 

Publiés dans la revue Journal of Communications, cette pratique est néanmoins soumise à plusieurs contraintes. Tout d’abord, pour assurer la transmission d’un ordinateur à un autre, il faut que ceux-ci soient en vis-à-vis. Dans le cas contraire, le signal n’est pas assez performant pour survivre à des rebonds contre le mobilier, les portes ou mêmes des individus. Cela sous-entend que cette méthode ne peut être appliquée dans un open space où les bureaux sont séparés par des  cloisons. De plus, pour l’instant le taux de transfert reste bas avec 20 bits par seconde.

Néanmoins, une telle approche n’en reste pas moins une menace sérieuse. D’autant que si le virus permet de pénétrer un ordinateur, il est aussi capable d’en prendre le contrôle. Un espion malveillant serait alors en mesure d’infliger des dégâts  physiques à une installation.

Alors un conseil, n’oubliez pas d’éteindre les haut-parleurs de votre ordinateur, seule façon sûre de se prémunir de ce type d’attaque !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Airinov, le drone au service de l’agriculture de précision

Afin d’aider les agriculteurs à traiter au mieux leurs cultures, la start-up Airinov a conçu un drone de 2 mètres d’envergure et de moins de 2kg.

En 2013, 1000 agriculteurs ont utilisé le drone sur une surface d’environ 10 000 hectares. Si pour l’instant, 10 drones font le tour des exploitations, progressivement, Airinov’ espère équiper ses clients pour ne plus avoir à se déplacer à chaque vol et gagner ainsi en puissance.

A quoi sert ce drone ?

Lancé à la main, le drone va commencer son vol automatique et est programmé pour photographier et enregistrer la lumière reflétée par le feuillage (réfléctance). Pour ce faire, il est équipé d’un capteur quadri-bandes qui mesure le pourcentage d’énergie solaire réfléchie par la culture par rapport à l’énergie solaire incidente. 

Une fois ces données enregistrées, elles sont entrées dans un modèle agronomique qui va les traduire en cartographie de besoins de la culture. Ce modèle varie en fonction de la culture. La carte est délivrée en 3 jours maximum, après analyse et vérification par un ingénieur agronome. Elle résume les mesures et constitue un véritable « scan » de l’exploitation. Elle fournit des préconisations pratiques pour traiter au mieux les cultures et éviter faire ainsi des économies d’engrais. Cela permet de répondre au mieux à la Directive Nitrates.

En 2014, le diagnostic de besoins en azote (et donc en engrais) pour les agriculteurs sur colza est proposé pour la deuxième année consécutive. Pour la première fois, le même diagnostic sera proposé sur blé dès fin mars.

Ce drone est également utilisé par les chercheurs, notamment en collaboration avec l’Inra, des coopératives et des semenciers. « Pour les chercheurs, on travaille sur plus de cultures [Colza, Blé, Orge et Maïs], avec des résultats qui ne sont pas directement exploitables par les agriculteurs : le taux de chlorophylle, la surface de feuilles, des paramètres de stress hydrique de la végétation », explique Florent Mainfroy, Président d’Airinov.

Quel avantage par rapport aux satellites ?

Les satellites ne voient pas à travers les nuages, ce qui peut empêcher certaines cartographies, lorsque les nuages sont persistants. De plus, ils font le tour de la terre et ne passent pas toujours au-dessus de la parcelle lorsque l’agriculteur en a le plus besoin. « Les avantages du drone par rapport au satellite sont que le drone vole en dessous des nuages et qu’il peut être sur la parcelle à n’importe quel moment et surtout au moment le plus propice pour l’analyse de la végétation en vue de la définition des apports azotés », confie Florent Mainfroy.

Un autre avantage notable est à noter pour les chercheurs : c’est la résolution des photos. Si la résolution des images satellites ne permet pas de différencier les pousses, le drone le permet pour les chercheurs, avec une résolution qui peut atteindre 1,5cm par pixel. Néanmoins, « pour l’agriculteur, on va travailler à une résolution de 1 m2 par pixel, c’est largement suffisant pour ses besoins », note Florent Mainfroy.

Enfin, la solution est abordable. « Le prix est de 15€ par hectare pour l’agriculteur sur le colza. On fait deux cartographies : une en décembre et une en janvier, qui vont donner une cartographie de préconisations d’engrais à apporter ». Du côté des économies réalisées, Airinov soutient un gain financier de 73 €/ha. L’agriculteur serait donc à un gain net d’environ 58 €/ha.

Et en plus, le drone peut être utilisé sur toute taille d’exploitation. « On regroupe les agriculteurs par coopératives ou par Chambres d’agriculture, donc la taille d’exploitation importe peu. On regroupe les parcelles proches ensemble pour les analyser dans un même vol », précise Florent Mainfroy.

Comme toute bonne start-up, Airinov mise sur l’innovation. Si l’optimisation des traitements phytosanitaires est encore en recherche et développement, l’entreprise espère pouvoir proposer rapidement une offre commerciale pour optimiser également l’épandage de ces produits.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Nouvelle croissance du marché automobile européen en avril

Le mois dernier, 1.089.226 voitures neuves ont été immatriculées dans l’Union européenne (hors Malte), ce qui reste un niveau bas, a précisé l’ACEA dans un communiqué.

Les constructeurs français profitent de cette situation. Les ventes du groupe Renault ont bondi de 16,1%, grâce à sa marque à bas coûts Dacia, tandis que celles de PSA Peugeot Citroën sont en hausse de 5,2%.

Certains groupes connaissent des taux de croissance supérieurs à 20%, à l’image de Mazda (+30,1%), Jaguar Land Rover (+27,7%) ou Nissan (+22,1%). Les ventes de Ford sont en hausse de 9,1%, tandis que celles du groupe Toyota (+4,8%) ou du groupe Volkswagen (+4,4%) sont dans la moyenne européenne.

Le groupe GM en revanche voit ses ventes baisser de 5,2%, essentiellement du fait de sa marque Chevrolet (-75,3%), qu’il retire du marché européen. L’objectif, avait-il annoncé en décembre, est de supprimer la concurrence entre ses marques, et donc de laisser le champ libre en Europe à ses filiales allemande Opel et britannique Vauxhall.

La croissance des ventes du mois d’avril, qui restent à un niveau faible, s’explique par la bonne tenue des principaux marchés européens. Seule l’Allemagne connaît un recul de ses immatriculations neuves (-3,6%).

La croissance est de 1,9% en Italie, de 5,8% en France, de 8,2% au Royaume-Uni, et jusqu’à 28,7% en Espagne, grâce à la prime à la casse.

Sur les quatre premiers mois de l’année, par rapport aux quatre premiers mois de 2013, la hausse des ventes de voitures dans l’Union Européenne est de 7,4%.

Là aussi, les principaux marchés tirent cette croissance: +2,9% en Allemagne, +3,7% en France, +5% en Italie, +12,5% au Royaume-Uni et +16,2% en Espagne.

Après une mauvaise année 2013, le marché automobile européen est reparti, s’accordent à dire constructeurs. Mais depuis 2007, il a fondu de plus de 3 millions de voitures. Par conséquent, les marques devraient continuer à faire des promotions très importantes pour pousser leurs ventes.

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Croissance du PIB et émissions de CO2 sont étroitement liées

Le résultat de cette démarche volontaire chinoise, vers plus de compétitivité économique, s’est concrétisé par un développement de nombreuses activités nécessitant soit un fort apport de main d’œuvre, soit un fort apport d’énergie entraînant un puissant développement économique local (PIB de la Chine multiplié par 2 entre 2004 et 2011) mais aussi mondial, et ceci  malgré le passage d’une profonde crise financière puis économique dans le monde occidental, durant cette période.

Les données de la Banque Mondiale sur la croissance du PIB mondial, à dollar constant, montrent qu’entre 2004 et 2012 ce PIB s’est accru de 22%, équivalents à une croissance annuelle moyenne de 2,5% durant ces 8 années passées. 

Les données sur les émissions mondiales de CO2, publiées par l’Administration néerlandaise (pbl.nl) montrent que durant cette même période ces émissions industrielles sont passées de 28,6 milliards de tonnes en 2004 à 34,5 milliards de tonnes en 2012 (voir tableau ci-dessous), ce qui représente un accroissement de 21%.

Un examen plus détaillé de ces données, année après année, montre que les valeurs d’accroissements des émissions mondiales de CO2 sont quasiment identiques à celles de la croissance du PIB mondial (tableau et figure ci-dessous).

Devant ce constat simple qui neutralise certains biais tels que les transferts d’activités polluantes d’une région à l’autre,  plusieurs types de réflexions peuvent être conduits :

  1. Le premier consiste à acter avec fatalisme ce lien entre développement et consommation d’énergie et de dire qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Les faibles progressions de consommations énergétiques occidentales et de rejets de GHG sont compensées par les fortes progressions asiatiques, dont une part provient des transferts par délocalisation. L’industrie de l’aluminium de première fusion, devenue largement localisée en Chine, est un exemple de ces transferts énergétiques.
  2. Le deuxième est de développer diverses versions de la théorie de la décroissance et de conclure que seul un monde plus frugal nous permettra de limiter les émissions de gaz à effets de serre (GHG). Mais encore faudrait-il définir les contours de cette frugalité collective. Elle suppose en particulier qu’un monde conduit dans un état volontaire de pénurie généralisée de ressources conserverait ses Etats démocratiques. Pensez-vous que les plus forts laisseraient leur part du gâteau rabougri aux plus faibles ? Permettez-moi d’en douter.
  3. Le troisième, celui que je défends, consiste à remarquer que ces transferts de dépenses énergétiques vers la Chine ont été réalisés à moindre coût, mais sans se soucier des fortes externalités négatives, conséquences de ces décisions. C’est la croissance chinoise et asiatique des consommations d’énergie à faible coût, émettrices de grandes quantités de gaz à effet de serre (croissance de 90% des émissions asiatiques de CO2 entre 2004 et 2012), qui est la cause essentielle de ce lien étroit entre PIB et émissions de GHG. Sur les 35 milliards de CO2 relargués en 2012, la moitié était en provenance d’Asie. Cette remarque qui constate l’absence globale de gains sur les émissions mondiales de CO2,  appelle soit à un effort massif d’investissement, sur une ou plusieurs décennies, de la part des Chinois pour stabiliser puis réduire leurs émissions. Les centrales hydroélectriques, les centrales nucléaires et un zeste d’énergies renouvelables couplées à des centrales de pompage-turbinage devraient constituer un mix plus performant que celui mis en œuvre aujourd’hui dans ce pays. Soit accepter et amorcer, en parallèle,  une relocalisation en Occident de certaines productions de biens consommatrices d’énergie. Le processus paraît être en cours aux Etats-Unis dont les ressources en gaz naturel et en condensats semblent être considérables. Cette saine concurrence énergétique mondiale ne pourra que persuader les acteurs à agir pour essayer de conserver ou d’accroitre leurs parts de Marché.

Par Raymond Bonnaterre

Quelles écoles forment les meilleurs développeurs ?

Stratégie, dextérité algorithmique, efficacité du code, adaptabilité, résolution de problèmes, maîtrise des langages « atypiques » (Haskell, Python, Go, Dart, Scala, Groovy…) : parmi les différentes compétences mesurées à travers les challenges de programmation on retrouve des critères qui vont au-delà des acquis purement scolaires et révèlent d’autant mieux la maturité des jeunes talents.

Chaque mois, CodinGame accueille entre 600 et 1000 étudiants en informatique sur ses challenges de code. Issus de plus de 500 universités dans le monde, ces derniers sont loin d’être en reste aux côtés de participants « plus expérimentés » et se placent régulièrement dans le top 50 du classement final. 

Le diagramme ci-dessus est issu de l’analyse des résultats de 1380 étudiants d’écoles françaises, qui ont participé à 6 éditions des challenges CodinGame conduites entre juillet 2013 et avril 2014. Telecom Nancy truste le haut du classement avec une moyenne de 82% des scores : une performance quand on sait que la moyenne générale d’un challenge oscille autour de 40%. Non loin derrière, l’INSA de Lyon s’affirme, talonnée par l’ISIMA de Clermont-Ferrand et l’Ensimag (Grenoble INP). Challenger des écoles spécialisées comme Epitech ou le réseau public Polytech, l’Université Lyon 1 Claude Bernard se classe devant devant Supinfo, l’ISEP et l’ESGI.

A propos de CodinGame
CodinGame, startup basée à Montpellier, organise des challenges de code en ligne depuis 2012. Plus de 15 000 développeurs passionnés ont été séduits par sa plate-forme et ses évènements à l’interface entre le jeu vidéo et la programmation. Les challenges donnent aussi aux participants l’opportunité de mettre en avant leurs compétences auprès d’entreprises sponsors qui recrutent, sur une autre base que le CV. Le prochain évènement « Skynet Revolution » aura lieu le 26 avril 2014 : www.codingame.com

Les contrecoups de l’affaire Snowden sur le cloud !

Les contrecoups de l’affaire Snowden : Comment le scandale sur la NSA a modifié l’attitude des décideurs envers le cloud !

Cette enquête est basée sur une étude menée auprès de 1 000 décideurs informatiques d’Allemagne, de France, d’Hong Kong,du Royaume-Uni et des Etats-Unis. L’étude met en évidence neuf contrecoups suite à ces révélations, qui obligent les entreprises à sérieusement revoir leurs positions vis-à-vis du cloud.

  • Près de neuf dixième (88 pour cent) des décideurs IT sont en train de changer leur comportement d’achat de solutions de cloud, avec plus d’un tiers (38%) qui modifient les modalités de passation de marchés auprès des fournisseurs de cloud,

  • Seulement 5%des répondants pensent que la localisation du stockage des données n’est pas cruciale,

  • Plus de 30% (31%) des décideurs IT ont déplacé leurs données à des endroits, où l’entreprise sait qu’elles seront en sécurité,

  • Autour de 60% (62 %) de ceux qui n’utilisent pas encore actuellement des solutions cloud affirment que ces révélations les ont empêchés de migrer leur informatique vers le cloud, 

  • Les décideurs IT préfèrent maintenant acheter une solution cloud qui se trouve dans leur propre région, en particulier les européens (97 %) et les américains (92 %),

  • Un peu plus de la moitié (52 %) exigent plus de leurs fournisseurs de cloud,

  • Une personne sur six (16%) annule – ou retarde – la signature des contrats avec des fournisseurs de cloud computing,

  • Plus des quatre cinquièmes (84 %) estiment qu’ils ont besoin de plus de formation sur les lois de protection des données,

  • 82 % de ces décideurs IT approuvent les propositions d’Angela Merkel pour séparer les réseaux de données.

Len Padilla , vice-président de la stratégie Produit chez NTT Communications en Europe , a déclaré: « Nos résultats montrent que les allégations d’Edward Snowden concernant la cyber-surveillance de la NSA ont entaîné de la part des décideurs IT envers le cloud computing un durcissement des politiques d’achat , une hausse des exigences envers les fournisseurs potentiels et une attention très forte porté sur les lieux de stockage des données ».

Len Padilla ajoute : « Malgré ce scandale « NSA »et malgré les menaces de sécurité, les dirigeants d’entreprises doivent se rappeler que les plates-formes de cloud computing aident les entreprises à devenir plus agiles et à favoriser  l’innovation technologique, même dans les sociétés les plus réticentes au risque. Les DSI travaillent dur pour trouver des moyens de conserver ces avantages tout en protégeant les entreprises contre tous les types d’attaques et de risques. Il y a lieu de rester optimiste car l’industrie IT va résoudre ces problèmes en permettant la localisation des données et le cryptage des données. »

Pour télécharger le rapport « Les contrecoups de l’affaire Snowden ou comment le scandale de la NSA a changé l’approche des décideurs envers le cloud », allez sur le site : http://bit.ly/ContrecoupsaffaireSnowden.

Cliquez sur cette infographie des répercussions de l’affaire Snowden pour la visualiser en grand format :

Méthodologie :
NTT Communications a commandité une enquête auprès de la société d’études de marché Vanson Bourne pour mener à bien une vaste enquête auprès de 1000 décideurs informatiques d’Allemagne ( 200 répondants ), de France (200 répondants) ,d’Hong Kong ( 100 répondants ), des Etats-Unis (300 répondants ) et du Royaume-Uni ( 200 répondants ) en Février et Mars 2014. Soixante pour cent des répondants ont été choisis parmi les entreprises de 1000 salariés et plus, représentant les secteurs de la finance, de la distribution, de l’industrie, des services, de l’informatique et de l’énergie.

À propos de NTT Communications :
NTT Communications fournit des services de conseils, d’architecture , de sécurité et de cloud computing pour optimiser l’ informatique et les télécoms des environnements d’entreprises.

Les gens aimables et consciencieux se soumettent plus facilement à l’autorité (étude)

Les auteurs de l’étude ont interrogé 66 participants du « jeu de la mort », un documentaire diffusé en mars 2010 sur France 2, qui avait transposé à l’écran l’expérience menée à Yale par Stanley Milgram en 1963 pour sonder les mécanismes de la soumission aux nazis.

Pour ce documentaire, les volontaires avaient été recrutés pour, leur a-t-on dit, tourner l’émission test d’un nouveau divertissement, « La Zone Xtrême ».

Le but était de soumettre un candidat – en fait un comédien – à une série de questions. La punition se traduisait par une décharge électrique allant crescendo, de 20 à… 460 volts. A certains moments, le public, également recruté sans avoir été prévenu de l’expérience, exhorte au « châtiment » pour inciter le questionneur à administrer une décharge.

Le faux candidat, invisible aux yeux des questionneurs, exprime sa douleur au fur et à mesure de la gradation du dispositif, d’abord par des cris modérés, puis des hurlements, des supplications demandant de cesser le jeu, avant de ne plus donner signe de vie.

80% des questionneurs sont allés jusqu’au bout du jeu malgré la violence des décharges électriques qu’on leur demandait d’infliger au cobaye. Seulement 16 des candidats ont abandonné le jeu.

Huit mois plus tard, les participants ont été soumis par téléphone à un test de personnalité validé scientifiquement au niveau international, et présenté comme un sondage d’opinion sans rapport avec l’expérience. Leur orientation politique a aussi été mesurée à cette occasion.

Les chercheurs ont montré que l’intensité des décharges électriques administrées par les participants ne variait pas significativement en fonction de leur religion, leur classe sociale, leur sexe ou leur âge.

En revanche, les résultats de l’étude ont montré que les participants administrant les chocs électriques les plus élevés étaient aussi ceux qui étaient considérés comme les plus consciencieux et les plus aimables dans le test de personnalité.

A l’inverse, les participants se définissant comme le plus à gauche sur l’échiquier politique étaient aussi ceux qui avaient tendance à davantage contrecarrer l’ordre en infligeant des décharges électriques moins fortes.

« Le paradoxe, c’est que ce sont des traits de personnalité considérés comme socialement désirables qui conduisent à des comportements socialement indésirables dans les circonstances de l’expérience », a commenté Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble et coauteur de l’étude.

Par ailleurs, l’étude tend à montrer qu’au-delà d’un environnement particulièrement contraignant, les traits de personnalité des participants ont eux aussi de l’importance dans la soumission à l’autorité.

L’étude doit être publiée dans la revue scientifique américaine Journal of Personality.

L’étude en intégralité (en anglais):

http://www.researchgate.net/publication/262077560_Personality_Predicts_Obedience_in_a_Milgram_Paradigm

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Nanomatériaux, des matériaux très petits et potentiellement dangereux (rapport)

Les nanomatériaux sont des matériaux naturels ou manufacturés constitués de particules dont la taille se situe entre 1 et 100 nanomètres, soit 1 à 100 milliardièmes de mètre.

Cette taille intermédiaire entre la taille des atomes et celle des matériaux classiques leur confère des propriétés physiques, chimiques et biologiques particulières.

« Les nanomatériaux représentent un domaine de la recherche scientifique et technique en pleine expansion » en raison de ces propriétés et de leurs applications industrielles, explique dans un rapport l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) .

« L’utilisation des nanomatériaux est en plein essor et désormais, ils entrent dans la composition de nombreux produits de la vie courante disponibles sur le marché : cosmétiques, textiles, aliments, peintures, etc », indique l’agence.

Mais les effets de ces nanomatériaux sur l’homme restent encore largement méconnus, faute d’étude. « Il n’existe pas à l’heure actuelle de données » sur la toxicité directe de ces produits sur l’homme « en raison de l’absence d’études épidémiologiques », relève l’Agence.

Plusieurs éléments plaident pour la prudence vis-à-vis de ces nouveaux matériaux. En premier lieu, la petitesse de leurs particules leur permet de franchir les barrières physiologiques, comme la peau ou les muqueuses qui constituent les protections naturelles du corps.

Ensuite, des tests in vitro et in vivo sur l’animal indiquent une toxicité pour certains d’entre eux.

En particulier, des nanotubes de carbone, utilisés comme additifs ou revêtements dans l’industrie, peuvent entraîner le développement anormal d’embryons, causer des cancers ou bien des maladies respiratoires, souligne le rapport.

Ces mêmes nanotubes de carbone peuvent aussi avoir des effets toxiques sur l’environnement avec par exemple un effet antimicrobien lorsqu’ils sont dispersés dans le sol.

Des études plus approfondies sur ces nanotubes de carbone et sur leurs effets à long terme seraient donc nécessaires, souligne l’Agence.

De manière générale, l’Anses « recommande la mise en oeuvre de projets pluridisciplinaires permettant de développer les connaissances sur les caractéristiques des nanomatériaux et de leurs dangers, tout au long du cycle de vie des produits ».

En attendant, l’Agence recommande la prudence et « appelle, dès à présent, à un encadrement réglementaire renforcé des nanomatériaux manufacturés au niveau européen, afin de mieux caractériser chaque substance et ses usages, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie des produits ».

La règlementation européenne en matière de classification et d’étiquetage (CLP) et celle sur les produits chimiques (REACh) devrait s’appliquer au nanomatériaux afin d’en « renforcer la traçabilité » et de mieux contrôler l’exposition de la population, estime l’Anses.

Selon un premier recensement officiel pour ce type de matériaux, publié en novembre, 282.000 tonnes de nanomatériaux ont été produites en France en 2012 et 222.000 tonnes ont été importées.

Le parti écologiste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a « salué la position responsable de l’Anses ».

Michèle Rivasi, élue au Parlement européen et tête de liste pour EELV dans le sud-est de la France aux élections européennes du 25 mai, appelle dans un communiqué à « l’application du principe de précaution pour les nanotechnologies ».

« Face aux nombreuses inconnues scientifiques sur les nanomatériaux, nous avons deux certitudes : ces particules sont déjà présentes dans notre quotidien et l’innovation technologique devance largement l’encadrement réglementaire », souligne l’élue européenne .

« Avec l’amiante, nous avons un précédent technologique qui a tourné à la catastrophe sanitaire (…) Il s’agit de ne pas recommencer », ajoute-t-elle.

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Management : comment rendre votre équipe plus efficace ?

Gérer l’efficacité de l’équipe

Le chef de projet veille, au quotidien, à ce que les ressources qui sont utilisées sur le projet soient les mieux gérées possible. L’économie des ressources humaines a, bien entendu, des conséquences sur le coût du projet mais aussi sur le moral des troupes. En effet, si le chef de projet évite à ses membres de perdre du temps dans des réunions inutiles, par exemple, cela leur permet de se consacrer à d’autres tâches. Les personnes dédiées au projet passent à de nouvelles actions. Les personnes qui travaillent à temps partiel sur le projet, se consacrent alors à leurs autres activités. Dans tous les cas, ces personnes sont reconnaissantes au chef de projet de leur avoir fait gagner du temps et de leur avoir évité, in fine, une surcharge de travail.

Le temps d’une équipe se répartit entre le temps consacré à la partie opérationnelle du projet, à celui employé pour la régulation de l’équipe (voir étape précédente) et à celui investi dans la formation (voir étape précédente). Le temps d’une équipe s’organise comme les autres tâches du projet, selon les besoins réels.

Tirer le meilleur du groupe lorsqu’il est réuni

Il est important de savoir pour quelle raison l’équipe se réunit. Il existe trois grands types de réunion :

  • la réunion d’information ;
  • la réunion de travail ;
  • la réunion de décision.

La réunion d’information

Le groupe est réuni pour être informé. Il n’y a pas de débat. Seules les questions en vue d’éclaircir la compréhension de l’information donnée sont acceptées. La personne en charge de communiquer cette information veille à ce que son message soit bien compris. Il le vérifie au fur et à mesure de son intervention. C’est le cas de la réunion de lancement des tâches opérationnelles, par exemple.

La réunion de travail

Quelques experts se sont regroupés pour travailler à la résolution d’un problème. L’utilisation du partage des représentations, vue à l’étape précédente, est une façon très efficace de résoudre une problématique. Le brainstorming est une alternative pour générer un maximum d’idées. Dans tous les cas, ces personnes font preuve de créativité. C’est le cas des groupes de travail.

La réunion de décision

Une personne rapporte une problématique ET des solutions à un groupe de personnes qui a la capacité de décider. Le rapporteur a l’expertise nécessaire pour trouver des solutions mais il n’a pas le pouvoir de décider. Les décideurs ne se sont pas réunis pour trouver des solutions au problème car ils ne sont plus experts ou sont moins experts que le rapporteur vis-à-vis du problème à solutionner. C’est le cas du comité de pilotage, par exemple. Au-delà des objectifs premiers de ces types de réunions, se réunir permet notamment de :

  • forger l’identité du groupe ;
  • maintenir la cohésion ;
  • développer les sentiments d’appartenance et de paternité de certaines solutions ;
  • renforcer les synergies ;
  • libérer l’énergie créatrice des forces vives qui travaillent sur le projet ;
  • fêter les réussites tout au long du projet et pas seulement à la fin de celui-ci.

Conseils :

  •  Il n’est pas efficace de mélanger plusieurs types de réunion au sein d’une même réunion.
  • Dans une réunion d’information, il faut veiller à ce que le processus de communication ne se fasse pas que dans un sens, de l’émetteur vers le récepteur. L’émetteur doit être impérativement à l’écoute des messages de compréhension ou d’incompréhension émis, en retour, par le récepteur.
  • Une personne qui a un problème ne vient jamais voir son décideur sans solutions (au moins deux, pour que le décideur ait le choix de la solution). Cette règle s’applique à n’importe quel niveau de l’équipe du projet. Ceci permet notamment au chef de projet de ne pas se retrouver noyé par tous les problèmes du projet apportés par les experts alors qu’ils ont les solutions (mais pas le pouvoir de décision).

Rendre les réunions productives

Pour être productive, une réunion est :

  • préparée ;
  • structurée.

Préparée

L’animateur de la réunion veille à ce que les participants soient informés de la date, de l’heure, de la durée, du lieu, des thèmes abordés et de la durée qu’il leur est alloué, du type de réunion et des prérequis. Il vérifie aussi que chacun comprend clairement ce qu’on attend de lui. À partir de ces éléments, chacun des participants prépare sa contribution.

Structurée

Trois rôles doivent être assurés lors de la réunion en plus du rôle de participant : un rôle d’animation, un rôle de gardien du temps et un rôle de rapporteur. Ces trois rôles sont distribués à des personnes distinctes. Cette organisation procure des avantages : meilleure tenue des rôles en comparaison d’une personne « multicasquette » ; responsabilisation des participants ; développement des savoir-faire des individus.

L’animateur stimule l’implication, l’engagement et la responsabilité des participants. Il encourage la réflexion avant de s’exprimer et la concision des propos. Il distribue la parole de façon équitable, reste centré sur l’objectif pour éviter de se disperser, s’assure du niveau de compréhension de tous et effectue une régulation du groupe si nécessaire. Il métacommunique.

Le gardien du temps lance la réunion à l’heure prévue. Il gère le temps alloué à chaque thème en informant régulièrement le groupe du temps restant. Il réserve un temps pour la validation du compte rendu et la prise de dates des prochaines réunions.

Le rapporteur rédige le compte rendu au fur et à mesure de la réunion en y inscrivant les décisions prises, les responsables de celles-ci ainsi que les délais de réalisation. En fin de réunion, il présente son travail à l’ensemble du groupe (vidéoprojecteur ou simple photocopie d’un compte rendu manuscrit) pour validation. Ainsi, chacun en quittant la réunion sait à quoi s’en tenir. Le gain de temps est énorme, comparé à un compte rendu fait après coup notamment s’il y a plusieurs versions du document avant validation unanime. En outre, ceci évite que le compte rendu soit fait juste avant la réunion suivante, ou qu’il ne soit pas rédigé. Enfin, cette façon de procéder démontre une bonne dynamique dans la prise de décisions et permet l’exécution de celles-ci, par les membres du groupe, dès la sortie de réunion.Conseils :

Poser vous la question de savoir si la réunion que vous organisez est réellement nécessaire.

  • Préférer joindre les documents présentés lors de la réunion plutôt que d’essayer de « recopier » ceux-ci dans le compte rendu.
  • Faire endosser chacune des trois responsabilités indispensables à une réunion efficace, à chaque personne du groupe et à tour de rôle.
  • Le chef de projet n’est pas systématiquement l’animateur de la réunion.
  • Une réunion dure une heure et demie au maximum. Au-delà, la fatigue des participants est trop importante pour qu’ils soient productifs et efficaces.

Être efficace avec des équipes à distance

Lorsque les membres du groupe repartent à distance, chacun d’entre eux a bien compris quelles actions il doit mener, dans quels délais et avec quelles ressources. Les relations sont nettoyées. La loyauté et l’engagement de chacun vis-à-vis du projet sont assurés.

Une fois l’équipe dispersée, le chef de projet les défend contre les éléments extérieurs au projet qui détournent leur attention de l’objectif fixé ensemble. Dans le cas de ressources à temps partiel sur le projet, il intervient d’une part, auprès de leur « patron » afin qu’il leur laisse l’espace suffisant pour se consacrer aux tâches prévues. D’autre part, auprès d’eux-mêmes en les stimulant sur le bénéfice qu’ils tirent personnellement du projet.

Lorsque des personnes se réunissent à nouveau après un éloignement physique de quelque temps, leur laisser le temps de se retrouver, de se reconnecter, de se réinclure. C’est un investissement très rentable pour la suite de la rencontre. Les questions suivantes peuvent les y aider :

  • Que s’est-il passé d’important pour vous depuis la dernière fois ?
  • Qu’avez-vous retenu de notre dernière rencontre ?
  • Qu’avez-vous mis en oeuvre depuis ce moment ?
  • Quelles sont vos attentes pour cette réunion ?
  • Comment voyez-vous votre contribution ?

Après quelques instants de réflexion individuelle pour répondre à ces interrogations, chacun partage ses réponses devant le groupe. Conseils :

  • Dans le cadre défini, développez au maximum l’autonomie des équipiers à distance et déléguer des pouvoirs dès que possible.
  • Développez l’autostimulation, l’automotivation envers le projet en fixant des objectifs réalistes. Mettez en valeurs les réussites.
  • Aidez les membres du groupe à distance à définir leurs priorités.
  • Générez du plaisir à se retrouver.

Créer, maintenir et contrôler la communication

Le chef de projet investit une partie de son temps pour construire son réseau d’information auprès de toutes les parties prenantes au projet. Ce réseau est formel et informel.

Le chef de projet exploite les réunions officielles pour créer et entretenir les liens interpersonnels. Il profite de rencontres informelles autour de la machine à café, par exemple. Il entretient ce réseau en saisissant toutes les occasions pour échanger de l’information sur son projet.

Comme l’araignée tissant sa toile, le chef de projet est toujours au centre mais il fait constamment le lien entre un point et un autre.

Le secret de la réussite du fonctionnement d’un bon réseau est d’aller vers l’autre ET de donner. Si vous ne donnez rien, vous ne recevez rien d’utile pour mener à bien votre mission. Même s’il n’est pas certain que cette information est pertinente à son contact, il lui donne. L’interlocuteur est suffisamment « grand » pour savoir s’il peut s’en servir ou non.

En oeuvrant de cette manière, le chef de projet échange des informations utiles au bon déroulement de son projet, des conseils, des noms d’experts ou de ressources disponibles auxquels il n’a peut-être pas pensé.

Le chef de projet s’assure que l’information circule bien au sein de son équipe. Il encourage le développement de ce réseau de communication au niveau de tous les membres du groupe. Conseils :

  • Pour faire vivre un réseau, il faut commencer par donner avant de commencer à recevoir.
  • Au cours du projet, réexaminer l’efficacité du réseau et modifier si nécessaire sa forme et les processus de communication à adopter.
  • Remercier toujours l’interlocuteur qui vous donne de l’information.
  • Rester en contact avec chacun et transmettre de l’information.

Créer des systèmes d’alerte préventive

Lorsque le bilan du projet est réalisé, une des causes de dysfonctionnement ou d’échec relevé est « nous aurions pu éviter ou minimiser les conséquences de ce problème si nous avions été avertis à temps ». En clair, les personnes qui ont détecté les premières le problème n’ont pas osé, pu ou voulu dire ce qui se passait. C’est ce que nous appelons le syndrome du « tout va bien Madame la marquise10 » tiré de la chanson du même nom.

Madame la marquise quitte son château et part en voyage. Quinze jours plus tard, elle téléphone à son valet resté au château, pour prendre des nouvelles. Il lui répond que « tout va très bien » hormis un tout petit rien, un incident, une bêtise : la mort de sa jument grise. Mais, à part ça « tout va très bien ». Au fil de la conversation, la marquise l’interroge pour en savoir un peu plus. Le majordome lui répond inlassablement que « tout va très bien, Madame la marquise » en finissant par préciser que la jument a péri dans l’incendie qui a détruit ses écuries. Mais à part ça, « tout va très bien ». Au fil de la conversation, les précisions sont de plus en plus nombreuses. Madame la marquise finit par apprendre que si l’écurie a brûlé, c’est que le château était en flammes suite au suicide de son mari. Hormis tout ceci, « tout va très bien, Madame la marquise » !

Pour éviter de se trouver dans la situation de Madame la marquise, le chef de projet doit créer un environnement protégé afin que les membres du groupe n’aient pas peur de représailles s’ils s’expriment pour faire remonter une difficulté. Ils ont la permission de faire part de leurs difficultés, de demander de l’aide, de dire qu’ils sont bloqués DÈS que l’événement survient. Cela permet au chef de projet de donner au groupe la puissance nécessaire afin « d’éteindre le feu » et ainsi d’éviter que tout le projet soit « réduit en cendres ».

Une fois que le chef de projet rend possible la remontée d’alertes, si une personne de son équipe l’informe qu’elle n’a pas réalisé, ou que partiellement, la tâche confiée, il doit se poser la question du pourquoi elle ne l’a pas faite. En effet, il est important de prendre conscience que chacun d’entre nous a la volonté de bien faire son travail, sauf à de rares exceptions, et pourtant le résultat n’est pas toujours au rendez-vous ! La cause vient généralement :

  • soit d’une communication imparfaite qui a généré de l’incompréhension. Dans ce cas, reprenez les éléments de communication vus précédemment ;
  • soit la personne ne sait pas accomplir la tâche. Formez-la ou faites-la accompagner par un tuteur qui a le savoir et l’expérience.

Le chef de projet se doit d’être exemplaire sur ce point et montrer qu’il ne laisse jamais un équipier avec ses problèmes. Conseils :

  • Réagir dès que la première alerte survient.
  • Chercher à comprendre pourquoi une personne échoue en totalité ou partiellement dans la réalisation de la tâche confiée.
  • Laisser tomber un membre du groupe est une faute grave.

L’essentiel

  • Il existe trois grands types de réunions pour les projets : les réunions, d’information, de travail et de décision.
  • Les réunions ont des buts secondaires notamment dans le domaine du développement du groupe.
  • Une réunion se doit d’être préparée et structurée pour être productive.
  •  L’animateur de la réunion s’assure de la contribution de chacun. Le gardien du temps le gère du début à la fin de la réunion. Le rapporteur relève les actions à entreprendre au fil de la réunion afin qu’elles soient validées avant le départ des participants de la réunion.
  • Au début de la réunion, offrez un temps pour que l’équipe se reconnecte entre elle.
  • Avant qu’une équipe distante, en réunion, ne se disperse, vérifier que tout soit compris donc sans zone d’ombre aussi bien dans le domaine opérationnel que dans le domaine des relations interpersonnelles.
  • Une fois à distance, aider votre équipe à rester concentrée sur les objectifs sur lesquels elle s’est engagée.
  • Créer et animer un réseau partagé entre chacune des parties prenantes du projet afin de maintenir le sentiment d’appartenance au projet.
  • Donner d’abord pour recevoir ensuite.
  • Ce réseau permet de communiquer et notamment d’alerter immédiatement en cas de problème.
  • Pour que ce réseau performe, ses membres doivent être ouverts, solidaires et faire preuve à la fois d’exigence et de bienveillance.

 

« Management d’équipe projet » par Yves Sotiaux (Gereso Edition)

S’appuyant sur une méthodologie en huit étapes, illustrée de nombreux schémas et documents à personnaliser, l’auteur vous apprend à mobiliser, impliquer et motiver tous les acteurs pour atteindre l’objectif fixé.
Vous découvrirez comment établir des relations positives, révéler les potentiels, et dénouer les situations conflictuelles à l’aide d’une approche simple (mais pas simpliste) et pragmatique, qui repose sur des principes essentiels adaptables à tous types de projets.

Alstom: GE discute avec des investisseurs français de l’éolien et l’hydroélectricité (source proche)

« Des discussions sont en cours » avec « des investisseurs potentiels français », a indiqué cette source à l’AFP, en précisant qu’elles portaient notamment sur la possible cession d’une « participation minoritaire ».

GE a proposé récemment au fabricant français de turbines électriques et de TGV d’acquérir pour 12,35 milliards d’euros sa branche énergie, également convoitée par l’allemand Siemens, mais le gouvernement lui a demandé d’améliorer cette offre qu’il juge insuffisante.

Selon Les Echos de vendredi dernier, qui citait une source gouvernementale, le gouvernement français souhaiterait que les activités d’éoliennes en mer soient récupérées par Areva en cas de succès de l’offre de GE.

Dans une lettre adressée fin avril au président François Hollande, le PDG de General Electric, Jeff Immelt, s’était dit prêt à « accueillir des investisseurs français » au capital de son activité hydroélectrique, et à « étudier toute proposition d’acquisition de la part d’investisseurs français pour les activités éolien onshore et offshore d’Alstom ».

Concernant Alstom Transport, l’activité sur laquelle l’industriel français entend se concentrer, GE avait dit avoir « décidé d’étudier avec Alstom la possibilité de créer une joint-venture avec l’activité mondiale de signalisation de GE ».

L’entreprise américaine soulignait également la complémentarité des activités et du positionnement géographique d’Alstom et de GE, qui compte 10.000 salariés dans l’Hexagone, contre 18.000 pour le groupe français.

Le conseil d’administration d’Alstom s’est donné jusqu’à la fin mai pour étudier des offres de rachat de sa branche énergie, même s’il a déjà marqué sa préférence pour celle de GE.

Dans une proposition préliminaire, Siemens évalue à un montant compris entre 10,5 et 11 milliards d’euros le portefeuille énergie d’Alstom et propose de lui céder en plus la plupart de ses activités de transport, une option qui a la faveur du ministre français de l’Economie Arnaud Montebourg.

mpa/ih/ei

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Ces substances du quotidien favorisent le cancer du sein

C’est la première fois qu’une telle liste est dressée. 17 substances sont clairement identifiées comme à risque pour les femmes car à l’origine d’un risque accru de développer un cancer du sein. C’est la première fois que le risque chimique est pris en compte dans la probabilité de développer un cancer du sein. Parue dans Environmental Health Perspectives, l’étude prouve que les produits chimiques qui induisent des tumeurs mammaires chez les rats sont impliqués dans le cancer du sein chez l’homme.

Or, comme le déplore Julia Brody, directrice générale du Silent Spring Institute et co-auteure de l’étude, « Toutes les femmes […] sont exposées à des substances chimiques qui pourraient accroître leur risque de cancer du sein mais malheureusement ce lien est très largement ignoré ».

Si la toxicité de différents produits est connue, la particularité de ces substances est qu’elles font partie de notre quotidien. Les femmes y sont donc exposées de manière chronique, répétée et multiple. Ces produits cancérigènes sont présents dans les échappements des véhicules, les produits ignifugés, les textiles antitache, les dissolvants, les décapants à peinture ainsi que dans les dérivés de désinfectants utilisés pour le traitement de l’eau.  Il y a donc urgence à informer les femmes pour qu’elles apprennent les  bons gestes pour limiter leur exposition. Le cancer du sein est le cancer le plus diagnostiqué dans le monde chez les femmes avec 2,89 millions de cas selon l’Institut National du Cancer. On sait aussi qu’ 1 femme sur 9 développera un tel cancer, et 1 femme sur 27 en mourra. 

Suite à cette étude, les auteurs ont établi une liste de 7 conseils de prévention : éviter de respirer les émanations de carburant, ne pas acheter de mobilier en mousse de polyuréthane ou ayant subi un traitement ignifugé, cuisiner avec la hotte en marche, limiter la consommation d’aliments carbonisés comme ceux cuits au barbecue, filtrer l’eau avec un filtre à charbon, ne pas posséder de tapis résistant aux tâches, s’assurer que son teinturier n’utilise pas de perchloroéthylène, investir dans un aspirateur avec filtre HEPA à particules. Autant de nouvelles habitudes qui protégeront les femmes.

Par Audrey Loubens

L’élément 117 fait son apparition dans le tableau de Mendeleïev

Son nom est 1,1,7, mais ce n’est pas un agent secret. Même s’il a su rester discret de longues années. L’existence de ce nouvel élément vient seulement d’être confirmée par la communauté scientifique, grâce à une expérience menée au GSI Helmotz Center à Darmstadt en Allemagne. Parus dans Physics Review Letters, les travaux de 72 scientifiques, pas moins, décrivent la synthèse de quatre échantillons de 117, deux ans après sa découverte. 

Car si la case 117 du tableau de Mendeleïev prédisait son existence, ce n’est qu’en 2010 que l’Ununseptium a été découvert, en projetant des ions calcium sur du berkélium 249. Menée au Flerov Laboratory of Nuclear Reactions en Russie, cette expérience avait permit de produire des nucléides de l’élément 117. C’est d’ailleurs exactement la même réaction qui a été utilisée pour synthétiser l’élément 117. Cette confirmation devrait permettre d’officialiser son existence puisque l’Union internationale de chimie pure et appliquée ne l’avait pas encore formellement fait. Son nom temporaire Ununseptium pourrait donc être modifié.

L’Ununseptium est un atome extrêmement lourd, il pèse 40% de plus que le plomb ! Cet élément est particulièrement instable, avec une durée de vie inférieure à la seconde, et introuvable à l’état naturel. Les effets relativistes du noyau modifieraient les propriétés chimiques telles qu’elles sont attendues, et l’élément 117 pourrait avoir des comportements métalloïdes, c’est-à-dire à mi-chemin entre les métaux et les non-métaux. Reste à pouvoir analyser ces atomes et en découvrir les nombreux secrets.

Suite à cette deuxième observation de l’Ununseptium, les scientifiques vont s’intéresser à des éléments encore plus lourds, comme l’astate, l’élément 118  (déjà synthétisé) et les éléments 119 et 120. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Et aussi dans l’actualité :

Astuce du Web #8 : comment retrouver un document supprimé par erreur

Après avoir supprimé un fichier un peu trop rapidement, le premier réflexe est d’aller voir s’il n’est pas stocké dans la corbeille. Son icône est sur le bureau, double-cliquez dessus pour accéder à son contenu. Si votre fichier s’y trouve, un clic droit et la sélection de l’action « restaurer » le renverront à son emplacement initial.  En revanche, si votre document n’y est pas, il va falloir redoubler d’efforts. Une solution réside dans l’utilisation d’un logiciel expert pour débusquer les fichiers perdus. Il s’agit de PC Inspector Recovery que vous pouvez télécharger gratuitement.

Attention : installez ce logiciel sur un autre lecteur que celui sur lequel porte la recherche.

Une fois le logiciel installé, laissez vous guider dans son interface très intuitive. Dans un premier temps, intéressez-vous à  « rechercher des fichiers effacés ». Sélectionnez le disque à balayer et allez voir si le document recherché n’apparait pas dans  la liste des fichiers retrouvés. Il ne vous reste plus qu’à effectuer un clic droit sur le fichier voulu pour accéder à l’option « enregistrer ».

PC Inspector Recovery peut faire mieux que retrouver un fichier effacé par mégarde, il peut s’intéresser aux fichiers perdus (bug, formatage…). Dans ce cas, il faut procéder comme précédemment mais en sélectionnant initialement « Retrouver des fichiers perdus ». Pour que la recherche soit la plus large possible, positionnez le curseur de « premier cluster » au minimum, et celui de « dernier cluster » au maximum. La liste des fichiers retrouvés s’affiche dans le dossier « Perdu(s) ». Un « enregistrer sous » en cliquant droit sur le fichier retrouvé clôt les retrouvailles.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’océan Austral battu par les vents les plus forts depuis mille ans (étude)

Les vents de l’océan Austral, dont les 40e rugissants ont terrifié des générations de marins chevronnés, sont « aujourd’hui plus forts que jamais depuis 1.000 ans », indique l’étude de l’Australian National University (ANU).

« Le renforcement de ces vents a été particulièrement net au cours des 70 dernières années, et en combinant nos observations avec les modèles climatiques, nous pouvons clairement lier ce phénomène à la hausse des gaz à effet de serre », note Nerilie Abram, rapporteur de la recherche publiée dans la revue Nature Climate Change.

Les vents d’ouest, qui évitent les côtes est de l’Antarctique en le contournant, emportent de plus en plus d’air froid à mesure qu’ils forcissent, privant l’Australie — île-continent en proie à une montée constante de ses températures avec les sécheresses et les feux corrélés — de précieuses pluies.

« L’Antarctique défie la tendance. Tous les autres continents se réchauffent et l’Arctique est celui qui se réchauffe le plus vite », s’alarme la scientifique.

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont prélevé des carottes de glace en Antarctique, analysé les anneaux de croissance d’arbres en Amérique du Sud, ainsi que l’évolution d’eaux lacustres sur ce continent. Les données ont ensuite été traitées par le super-ordinateur Raijin de l’ANU.

L’évolution climatique est toutefois contrastée en Antarctique, résultat de l’influence complexe entre les vents et les courants.

Tandis que le centre de l’Antarctique reste froid, les vents d’ouest réchauffent la péninsule à un rythme inquiétant, bouleversant l’écosystème local avec par exemple la forte diminution des populations de manchots Adélie.

L’activité humaine est essentiellement responsable de ces changements, explique Steven Phipps, de l’univeristé de Nouvelle-Galles du Sud.

A partir des années 1970, la situation a été aggravée par l’élargissement du trou dans la couche d’ozone due aux chlorofluorocarbures (CFC) utilisés dans l’industrie.

« Même dans l’hypothèse d’un scénario (d’impact climatique) moyen, la tendance va se poursuivre au 21e siècle », prévient Steven Phipps.

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L’expédition 7e continent dans les déchets de l’Atlantique Nord !

Après le Pacifique Nord en 2013, l’expédition 7e continent, menée par Patrick Deixone était en route vers la Mer des Sargasses à bord d’un catamaran de 18 mètres. Les 9 membres d’équipage sont arrivés dans le gyre à la fin de ce week-end. Ils ont une semaine pour étudier les déchets plastiques et localiser les zones les plus polluées. L’équipage fera plusieurs prélèvements et mesures afin de mieux connaître l’impact de cette pollution sur les écosystèmes marins. Le retour au port est prévu vers le 25 mai.

Mieux caractériser la pollution du gyre Atlantique

La Gyroplastic est une bouée dérivante élaborée par les élèves-ingénieurs de l’ICAM Toulouse. Elle permettra de suivre les paramètres environnementaux des 30 premiers mètres de la colonne d’eau. Elle comprend notamment des capteurs de fluorimétrie, de luminosité, de températures et de conductimétrie à 1 m, 15 m et 30 m de profondeur. La bouée sera mise à l’eau environ une heure par jour pour faire les mesures. Les données collectées seront directement transmises au Centre national d’études spatiales (CNES) via Argos.

Les élèves de l’ICAM Toulouse ont aussi travaillé sur l’élaboration d’un capteur spécifique « plastique », qui est intégré à la bouée Gyroplastic. En différenciant les micro-déchets plastiques du plancton, il permettra de calculer la concentration des fragments de plastiques dans les zones de prélèvement. 

Trois autres bouées dérivantes du programme de suivi des océans Oceansites seront larguées sur le parcours et en particulier dans la zone du gyre. Elles permettront de mieux connaître les courants de surface dans la zone.

L’analyse des polluants présents dans la chaire des poissons et dans l’eau sera faite grâce aux capteurs de polluants du laboratoire des IMRCP de Toulouse. Il s’agit d’organogels microporeux qui ont la propriété de concentrer rapidement de grande quantité de polluants organiques : hydrocarbures, bisphénol A, phtalates, etc.

En parallèle de ces mesures, l’équipage quantifiera et caractérisera la grande faune marine rencontrée sur le parcours, mais aussi les macro-déchets ! L’équipe réalisera un documentaire tout au long de l’expédition pour ramener un témoignage. 

Enfin, l’expédition évaluera le potentiel des micro-ondes radar en bande.
Ce projet sera la première étude des macro-déchets en utilisant des systèmes radar. Si les résultats sont concluants, ces instruments seront envisagés pour surveiller les cinq gyres de la planète. 

Des actions pédagogiques importantes

L’expédition se veut pédagogique pour sensibiliser le grand public à la problématique des déchets en mer. Elle fait notamment participer de nombreux étudiants en France et aux Etats-Unis. Ceux-ci pourront s’impliquer grâce à l’exploitation de véritables données satellites fournies par le CNES dans le cadre du projet Argonautica. Le bateau est notamment équipé d’une balise Argos pour suivre sa progression en direct dans le gyre. L’expédition diffuse en plus régulièrement des contenus photos et vidéos dans son journal de bord pour faire vivre au jour le jour le trajet en Atlantique Nord sur www.septiemecontinent.com.

Cette année, l’Agence Seine Normandie s’associe à l’association pour faire passer le message. Elle organisera de nombreux événements locaux de ramassage et de comptage de déchets le long de la Seine. Pendant le temps de l’expédition, une équipe animera aussi des actions pédagogiques impliquant les collèges et lycées agricoles le long de la Seine pour lutter contre la pollution sur le long terme.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Interview : une nouvelle façon de produire de l’hydrogène avec des pierres et de l’eau

Apparemment la révolution de l’hydrogène est en marche. La voiture à hydrogène serait prévue pour 2015 et de nouveaux procédés de production voient le jour, tel que celui consistant à créer un catalyseur pour produire de l’hydrogène à partir du soleil et de l’eau (des matières premières, donc). 

Après une formation de base mixte physique-chimie/sciences de la Terre et avoir obtenu un doctorat en « sciences de la Terre », à l’université de Grenoble 1, Muriel Andreani a fait 4 années de postdoctorat (CDD de recherche) avant de réussir le concours de « maitre de conférences » a l’université Lyon 1 en 2008. Elle enseigne aujourd’hui en sciences de la Terre, au sein de « l’Observatoire des Sciences de l’Univers » (OSU), qui est une unité de l’université Lyon 1 et est rattachée, pour sa recherche, au Laboratoire de Géologie de Lyon (lgltpe.ens-lyon.fr), qui possède 3 tutelles: Lyon 1, l’ENS de Lyon et le CNRS.

  • Pouvez-vous présenter l’équipe qui travaille avec vous ?

Nous sommes une équipe spécialisée en minéralogie/pétrologie expérimentale, nous possédons un savoir-faire pour étudier les propriétés et la réactivité des roches sous haute pression et haute température. Ces conditions sont représentatives des environnements allant de la subsurface (ex. réservoirs, fond des océans) jusqu’au manteau terrestre.

Les personnes qui ont participé à l’étude qui nous concerne aujourd’hui sont: Isabelle Daniel, professeur de minéralogie à Lyon 1et directrice adjointe de l’OSU ainsi que Marion Pollet-Villard, étudiante de master 2, qui est désormais en thèse à Strasbourg, dans sa région d’origine.

 

 Quelles sont vos missions au sein du Laboratoire de Géologie de Lyon ?

Je m’intéresse de manière générale aux « interactions entre fluides et roches* » dans différents contextes géologiques. Ces interactions ont essentiellement lieu dans les premiers kilomètres de l’écorce terrestre, là ou l’eau liquide peut percoler. Cela peut donc concerner aussi bien des processus d’érosion des surfaces continentales que des problèmes liés au stockage de déchets ou de CO2. Bien sûr, la nature des réactions et leurs conséquences dépendent de la nature des roches et des fluides mis en présence.

Je travaille principalement sur les réactions qui ont lieu au fond des océans, à l’endroit où se situent les dorsales. C’est à ce niveau que l’on observe les plus belles manifestations d’interactions entre l’eau de mer et les roches du plancher océanique. C’est-à-dire au niveau des systèmes hydrothermaux océaniques (fumeurs). Les fumeurs sont de grandes cheminées de sulfures pouvant faire plusieurs mètres de haut. Elles se forment au niveau des dorsales, là où se localisent les sorties de fluides chauds après leur circulation dans le plancher océanique.

 

 Dans quel but ?

Notre objectif est de mieux comprendre ces réactions naturelles qui ont de nombreuses implications, fondamentales et sociétales. En voici quelques-unes :

  • Elles pourraient être a l’origine des premières molécules organiques, précurseurs de la vie.
  • Elles produisent en continue des minéralisations métalliques (sulfures) et des gaz (H2, CH4) d’intérêt économique.
  • Elles sont le lieu de stockage naturel du CO2 sous forme minérale (précipitation de carbonates minéraux).

*Il s’agit d’étudier les réactions chimiques qui ont lieu lorsque des roches rencontrent des fluides, c’est à dire des liquides comme H2O et/ou des gaz (ex : CO2, H2O vapeur).

 

 Comment procédez-vous ?

Mon approche est double : 

  • Je participe a des campagnes océanographiques qui étudient ces sites naturels et qui permettent de récupérer des échantillons de roches et de fluides à proximité des sources. Il peut s’agir de campagne en mers nationales, avec les moyens de la flotte française, principalement gérée par l’IFREMER. Dans ce cas, nous avons les moyens de faire des relevés géophysiques ainsi que des prélèvements d’échantillons rocheux et de fluides en sortie des cheminées hydrothermales. Pour cela, nous utilisons soit le Nautile et ses bras articulés, soit un petit robot nommé Victor. Il existe également des campagnes océanographiques internationales, gérées par le programme International Ocean Discovery Program (IODP); dont la devise est d’explorer la terre sous la mer. Dans ce cas, il s’agit le plus souvent de missions de forage du plancher océanique jusqu’à des profondeurs de l’ordre de 1,5 kilomètres maximum. De cette manière, des carottes de roches sont récupérées et peuvent être analysées.
  • J’essaie de reproduire ces réactions en laboratoire, pour mieux les comprendre, mieux prédire leurs conséquences et éventuellement les optimiser en vue d’applications sociétales. Cela nécessite une simplification du système au départ, pour aller vers des systèmes chimiques de plus en plus proches de la réalité. Au départ, nous avons juste de l’olivine et de l’eau, chauffée entre 200 et 300°C. Ensuite nous pouvons complexifier ce système en utilisant une eau dont la composition chimique est plus proche de la réalité. Dans notre cas, nous avons ajouté du Sel (NaCl) pour se rapprocher de l’eau de mer et nous avons rajouté une source d’Aluminium (Al), qui est un élément abondant des minéraux associés à l’olivine dans la nature.

Puis je compare en permanence les résultats obtenus avec ces deux approches pour avancer.

 

« De l’hydrogène produit avec des pierres et de l’eau » Pouvez-vous nous expliquer cette nouvelle méthode de production d’hydrogène ?

C’est au niveau des dorsales que cette réaction est la plus efficace. En effet, l’olivine réagit avec l’eau de mer chauffée en profondeur par l’activité magmatique sous-jacente (les dorsales étant des rides volcaniques). Cela produit un nouveau minéral à la place de l’olivine, la serpentine (verte, avec une texture maillée, de peau de serpent), en plus d’oxydes de fer et d’un dégagement de dihydrogène. On appelle cette réaction la « serpentinisation ».

Cela signifie que le Fer (Fe2+) contenu dans l’olivine s’oxyde au contact de l’eau de mer (un peu comme quand le fer rouille). Cela entraine la dissociation de la molécule d’eau (H2O) responsable de cette oxydation. Elle se réduit en Dihydrogène (H2) et en oxygène. Cet oxygène rejoint le fer pour former des oxydes de fer.

Cette méthode est directement inspirée des réactions naturelles observées depuis plus de 20 ans à certains endroits sur terre: le long des dorsales (au niveau des fumeurs), ou sur le continent là où des fragments de roches océaniques (roches de la lithosphère océanique) ont été exhumées par la tectonique des plaques. C’est le cas par exemple en Oman, ou en Nouvelle Calédonie. En bref, partout où des roches du manteau (péridotites, roches riches en olivine) sont mises en contact avec de l’eau chaude.

Cela suggère que cette réaction est très répandue, et qu’elle peut avoir lieu dans des conditions P-T assez variables. Il semble que la réaction soit efficace avec des températures comprises entre 200 et 350°C et des pressions allant de quelques centaines de bars à quelques kilobars. Cela a été reproduit expérimentalement.

Sur le continent, on observe des dégazages d’hydrogène que nous attribuons à cette même réaction pour des pressions de quelques dizaines de bars, et pour des températures qui seraient autour de 100°C. Mais cela n’a pas encore été reproduit expérimentalement.

 

 Comment l’idée est-elle née ?

Nous avons essayé de reproduire les réactions naturelles de production de Dihydrogène (H2), à partir des composants naturels. Les expériences précédentes ont été réalisées avec des systèmes chimiques plus ou moins simplifiés, et ont toujours abouti à des vitesses de réactions très lentes (de plusieurs semaines à plusieurs mois pour faire totalement réagir l’olivine).

Nous avons eu l’idée d’introduire de l’Aluminium (Al) dans notre réacteur car c’est un élément abondant dans les systèmes naturels, qui se trouve dans des minéraux fréquemment associés aux roches à olivine (dans des silicates comme le feldspath ou les pyroxènes par exemple).

Ce simple ajout d’Al accélère la réaction de 1 à 2 ordres de grandeur, ce qui la rend, pour la première fois, intéressante et envisageable à une échelle de temps industrielle.

 

 Quels sont ses avantages ? (source d’énergie propre…)

Cette réaction demande juste des pierres et de l’eau. Elle ne nécessite pas de réactif carboné, contrairement aux procédés actuels qui dominent la production de H2 : reformage de gaz naturels, ou d’hydrocarbures, et qui rejettent donc du CO2

La serpentinisation a lieu dans des conditions de températures relativement basses par rapport à la température normalement nécessaire à la décomposition de l’eau (>700°C). Les roches à olivine sont abondantes en mer mais aussi à la surface de la Terre. Pour donner une idée, en Oman, il existe environ 21 000 km³ de peridotites. Or la serpentinisation produit théoriquement 3 kilogrammes de H2 (soit 36 m³ en conditions ambiantes, standards) à partir d’1 m³ d’olivine. (soit 1g de H2 produit par Kg de roche).

 

 Comment ce procédé est-il susceptible de se développer dans un futur proche ? (utilisation industrielle ?)

Il est encore difficile d’identifier avec certitude des champs d’applications. Nous n’en sommes qu’au tout début. En effet, nous venons juste de trouver un moyen de rendre cette réaction envisageable, grâce à son accélération. La prochaine étape est de changer d’échelle – c’est-à-dire de reproduire cette réaction avec de plus gros volume – notamment dans un réacteur pilote, d’échelle intermédiaire entre nos expériences préliminaires de laboratoire et un réacteur d’échelle industrielle. Cela permettra aussi une meilleure estimation des aspects techniques et économiques – le « coût » étant un facteur déterminant à l’éventuelle exploitation de cette réaction. C’est pour cette raison que nous devrons nous entourer de spécialistes du domaine.

 

 Par quelles actions se traduit la coopération du CNRS et de l’École Nationale normale supérieure avec le Laboratoire de géologie de Lyon ?

Le laboratoire de Géologie de Lyon possède 3 tutelles: CNRS, ENS de Lyon et université Lyon 1. Cela se manifeste par 3 dotations de base et par du personnel affilié à une de ces 3 tutelles au sein du laboratoire. Le laboratoire possède également des locaux sur le campus de l’université et sur l’ENS de Lyon. les personnels se répartissant en fonction de leurs activités et de la disposition du matériel de recherche dont ils ont besoin.

Pour le présent travail, nous avons été en partie financé par une fondation américaine, qui finance un gros projet international pour la recherche sur le carbone, au sens large. Notre travail a été mis en avant sur leur site internet, où vous pourrez peut-être trouver des informations complémentaires :

deepcarbon.net/feature/scientists-discover-quick-recipe-producing-hydrogen

deepcarbon.net/feature/aluminum-catalyzes-serpentinization

 

 Ce procédé pourrait permettre de mieux comprendre l’origine de la vie. Pourquoi ?

Car l’origine de la vie nécessite la formation « abiotique » (cad. purement à partir de procédés non biologiques) de composés organiques (carbonés), précurseurs des molécules du vivant (ARN, ADN, etc..). Une source principale de carbone sur la terre primitive est le dioxyde de carbone (CO2 magmatique). Une façon de réduire ce CO2 en composés organiques (C-O-H-…) est de le faire réagir avec un puissant réducteur comme le dihydrogène.

La serpentinisation fournit ce dihydrogène, dans des zones océaniques, protégées des rayons UV, et ou le dioxyde de carbone est abondant. Les roches à olivine étaient aussi très abondantes sur la Terre à ses origines. Les conditions sont donc favorables à la production et à la préservation de composés organiques précurseurs. Ensuite, le passage de ces composés organiques aux molécules du vivant plus complexes n’est pas encore bien compris, mais les surfaces minérales pourraient jouer un rôle.

Par ailleurs, des écosystèmes (bactéries) primitifs, qui ont un métabolisme basé sur le dihydrogène, ont été observés au niveau des zones de serpentinisation. La vie peut donc perdurer dans ces environnements.

Un autre point intéressant, est que l’olivine est l’un des minéraux les plus abondants du système solaire. Il est notamment présent sur Mars, tout comme la serpentine. Une meilleure compréhension de ces réactions peut donc permettre de mieux comprendre l’évolution de planètes comme Mars, et en particulier la possibilité d’apparition de la vie, qui est peut-être similaire à celle de la Terre ?

Par Sébastien Tribot

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