Quel est le système électrique bas-carbone le plus pertinent sur le plan économique ?

Le dernier rapport du groupe III du GIEC met en avant trois technologies bas-carbone: les énergies renouvelables, les centrales thermiques fossiles avec séquestration du carbone et enfin le nucléaire.

Ne focaliser que sur le seul critère CO2 est très réducteur et il est préférable, comme le conseille par exemple le département énergie et atmosphère de l’université Stanford, d’adopter une approche environnementale et sanitaire multicritère.

Les ONG environnementales, comme par exemple Greenpeace, le WWF ou les Amis de la Terre sont bien conscientes des limites d’une analyse carbocentrique, raison pour laquelle ils font beaucoup de lobbying concernant le problème environnemental et sanitaire que constitue le nucléaire. Bien entendu sans sous-estimer la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le nucléaire est au contraire défendu par exemple bec et ongles par l’UFE, lobby des grands producteurs d’électricité français (EDF et GDF-Suez). Il est présenté comme un outil qui serait « indispensable » face au défi climatique. Il est d’ailleurs curieux que l’UFE, qui semble si soucieuse de protection de l’environnement quand celle-ci est compatible avec la logique du tout-nucléaire, fasse complètement l’impasse sur les autres problématiques environnementales et sanitaires incompatibles avec cette logique.

Un pays comme la Pologne, très dépendant du charbon qui lui permet d’échapper au gaz Russe, est de son côté très favorable à la technologie de capture et séquestration du CO2 (CCS, Carbone Capture and Sequestration).

Malgré les limites intrinsèques à une approche monocritère, quelle est la solution la plus pertinente sur le plan purement économique parmi les trois options bas-carbone retenues par le GIEC ? C’est à cette question que répond le dernier rapport que vient de publier le think tank Agora Energiewende, dont l’ancien directeur, Rainer Baake est devenu l’actuel secrétaire d’État à l’énergie du gouvernement fédéral Allemand.

Aller plus loin qu’une simple analyse du coût des différentes technologies et adopter un comparatif de systèmes électriques complets

Agora a comparé les trois options. Nucléaire nouvelle génération et gaz CCS ont le même coût et servent de référence (112 € de 2013 par MWh, selon l’accord britannique Hinckley Point C). Sur la base des tarifs d’achat (FIT) en vigueur actuellement en Allemagne, l’éolien terrestre est 50% meilleur marché que cette référence, et le solaire PV 34%. Le charbon CCS (plus de 126 €/MWh) est l’option la plus coûteuse.  Il s’agit pour Agora d’aller au-delà de ce constat et d’effectuer un comparatif intégrant les outils de flexibilité nécessaires pour une adaptation à la demande variable. D’un côté de la production fluctuante des EnR et de l’autre de la production en ruban du nucléaire.

Un mix électrique à base d’éolien et de solaire est 21% meilleur marché qu’un mix équivalent à base de nucléaire nouvelle génération

Agora a comparé deux mix électriques. Le premier est 50% éolien-solaire et 50% gaz. Le second est 50% nucléaire nouvelle génération et 50% gaz. Il s’agit dans les deux cas de turbines à gaz à cycle combiné. Résultat ? Le premier système, à base d’EnR, est 21% meilleur marché que le second, à base de nucléaire.

Ce résultat est le fruit de deux tendances. En premier lieu de la baisse très rapide des coûts du solaire PV ces dernières années et de la baisse corrélative des tarifs d’achat en Allemagne durant la même période. Ils ont chuté de 80% en 5 ans. En second lieu de la hausse des coûts du nucléaire afin d’atteindre les standards de sécurité exigés par les citoyens. Qui peut remettre en cause le bien-fondé d’une approche visant à ce que le nucléaire soit le moins dangereux possible ?

On peut faire le pari que le coût du nucléaire EPR baissera dans le futur. Mais alors, il faut aussi intégrer le fait que les coûts du solaire PV et de l’éolien vont également baisser. Le kWh éolico-solaire est et restera meilleur marché que le kWh nucléaire de 3ème génération.

Selon la Société Française de l’Energie Nucléaire (SFEN), « pour le CEA, les réacteurs de quatrième génération n’arriveront pas à maturité technique avant 2030 et seuls les réacteurs de génération 3, dont l’EPR, sont disponibles pour les besoins à court terme. » Même si la 4ème génération devrait permettre de résoudre le problème du franchissement du peak uranium 235, rien ne permet d’affirmer aujourd’hui que le kWh de 4ème génération sera meilleur marché que celui de la 3ème.

Des ressources éoliennes et solaires très abondantes, non limitantes

D’un point de vue théorique le potentiel technique du solaire et de l’éolien est très largement suffisant pour répondre intégralement aux demandes électriques Allemandes et Françaises.

Comme démontré dans l’étude « Studie zum Potenzial der Windenergienutzung an Land – Kurzfassung » réalisée par l’Institut Fraunhofer et le BWE, l’association allemande de l’énergie éolienne, 2% de la surface allemande en parc éolien terrestre, surface comprenant les espaces cultivables entre les éoliennes, est suffisante pour répondre aux 65% de la demande électrique totale du pays.

Quelle surface de panneaux solaires faudrait-il pour répondre intégralement à la demande électrique française ? Suite à la diffusion d’un reportage France 2 au contenu gravement erroné (la chaîne s’est ensuite officiellement excusée), Daniel Lincot, Directeur de recherche au CNRS et spécialiste du solaire photovoltaïque a effectué le calcul. Ceci pour le média indépendant ReporTerre fondé par Hervé Kempf, ex-journaliste environnement emblématique du journal Le Monde qui ne travaille plus pour ce grand quotidien suite à une polémique sur le dossier du gaz de schiste.

« La production électrique française s’élève annuellement à environ 550 TWh » rappelle Daniel Lincot. « L’énergie solaire qui arrive en moyenne par mètre carré et par an en France est de 1 à 1,3 MWh. La production électrique annuelle correspond donc à ce que reçoit en France une surface d’environ 500 km2 soit un carré de 25 km de côté » poursuit le scientifique. « Rappelons que la surface de la France est d’environ 550 000 km2. L’énergie solaire correspondant à la production électrique est donc reçue sur environ un millième de la surface du territoire français. Maintenant, si l’on considère des systèmes photovoltaïques présentant un rendement de conversion énergétique de 10%, ce qui est ce qui se fait couramment actuellement, la surface qui doit être mobilisée pour produire la même quantité d’électricité est de 5000 km2 soit un peu moins de 1% de la surface du territoire ! » affirme l’expert.

Une campagne visant à dénigrer les énergies renouvelables

1% de la surface française. Et non pas la totalité de la surface de l’Europe comme l’affirmait le journal de 20H de France 2 en présence d’une personne présentée pourtant comme un « expert énergie indépendant » et qui n’a pas réagit.

Daniel Lincot constate qu’il y a en France « une campagne inimaginable sur la question de l’énergie avec un dénigrement systématique du potentiel des énergies renouvelables. Je suis profondément bouleversé par un tel aveuglement » a confie ce véritable expert des EnR pour qui « un nouveau seuil dans la gravité a été franchi avec la communication de données SCIENTIFIQUEMENT FAUSSES » avec ce fameux 20H de France 2.

L’association Observ’ER, dans sa dernière Newsletter d’avril 2014, fait un constat similaire: « les critiques et commentaires en France sur la transition énergétique allemande sont souvent caricaturaux, quand ils ne sont pas tout simplement mensongers.»

Les atouts du nucléaire nouvelle génération (fleuron technologique national, production en continu, bon bilan carbone, réduction de la dépendance envers les combustibles fossiles importés, consommation d’uranium 235 inférieure à celle des réacteurs antérieurs par unité d’énergie électrique délivrée, faible consommation surfacique par unité de puissance installée) ne seraient-ils pas suffisants pour qu’il faille en venir à propager volontairement des réflexions biaisées ou complètement mensongères à propos des EnR ? Une véritable problématique de démocratie énergétique émerge alors. Est-ce aux citoyens ou aux grandes multinationales, complètement privées ou semi-privées, de décider de l’avenir énergétique d’un pays ?

Etant donné que l’on sait à présent construire des centrales solaires flottantes, s’inquiéter d’un manque éventuel de ressources solaire et éolienne relève en réalité de l’absurde. Dans le contexte post-Fukushima le groupe Kyocera vient d’inaugurer au Japon en novembre 2013 une centrale photovoltaïque offshore d’1,27 kilomètres-carrés, la plus grande du monde.

« Certains argueront encore que 5000 km2, c’est toujours trop » anticipe Daniel Lincot. « Pourtant sait-on que la surface couverte d’infrastructures en France (toitures, routes…) correspond à environ 30 000 km2, soit à peu près 5 fois plus que la surface nécessaire ? » interroge le scientifique.

L’éolien, le solaire, parfaitement complémentaires et déployables en masse très rapidement, ont un brillant avenir devant eux. A moindre coût pour le consommateur.

D’ailleurs, selon le quotidien de l’énergie Enerpresse, « l’Ademe devrait présenter début juin un scénario 100 % ENR en 2050. »

Par Olivier Daniélo

En savoir plus :

Les ressources pétrolières nord-américaines sont-elles compétitives ?

Il en résulte que les ressources nouvelles de pétrole que constituent les sables bitumineux de l’Athabaska canadien ou les condensats de gaz de schistes du Nord Dakota (Bakken), sont très éloignées du Golfe du Mexique, de la côte Ouest et de la côte Est américaines. Leur acheminement au mieux par oléoduc, parfois et dangereusement par rail, au sein du Continent altère profondément leur compétitivité.

L’AFP, après traduction d’un simple communiqué de la Société Transcanada, nous annonce laconiquement que les premières livraisons de pétrole dans le Golfe du Mexique en provenance de Cushing (Oklahoma) par l’oléoduc Keystone. Pour comprendre l’importance de cette nouvelle il me semble indispensable de situer cette étape au sein d’un ensemble beaucoup plus ample que constitue l’acheminement des ressources pétrolières abondantes du Nord du Continent américain vers le Golfe du Mexique. 

Le projet Keystone XL est en concurrence avec le réseau d’oléoducs d’Enbridge qui devrait atteindre Cushing cette année avec le pipeline Flanagan Sud provenant de l’Illinois. Ce projet Keystone XL a pour objet d’accroitre les capacités d’acheminement vers le Golfe des bitumes canadiens dilués ou transformés par hydrocracking, mais aussi de pouvoir collecter les condensats du Nord Dakota (Bakken) grâce à un itinéraire différent de celui du pipeline existant (Carte ci-dessous) et passant par Baker dans le Montana pour charger ces condensats.

Ce projet sur fond de chamailleries avec les élus républicains, vient d’être retoqué par l’Administration américaine et le Président Obama.

Dans une étude, publiée par Valero en Septembre 2013, de ces coûts de transport ramenées au baril de pétrole et comparativement au prix du baril de Brent, apparait l’importance des charges de transport sur le prix de revient rendu sur les cotes américaines (voir ci-dessous).

Par exemple, cette publication estime les coûts de transport par rail d’un baril de condensats de Bakken autour des 9 dollars par baril pour l’acheminer vers la cote Ouest ou vers l’Oklahoma et à 17 dollars par baril pour atteindre la cote Est, ce qui rend ici le produit rendu non compétitif par rapport à un pétrole livré au cours du Brent.

Ces données permettent de chiffrer l’importance financière de mise à disposition d’un réseau d’oléoducs sur l’ensemble du territoire américain, chargé d’acheminer les nouvelles ressources pétrolières vers les lieux d’utilisation.

Par Raymond Bonnaterre

Astuce du Web #7 : comment maîtriser les applications qui peuvent accéder à vos comptes

Contrôler l’accès à votre messagerie Gmail

Allez sur : google.com/accounts/

La liste des applications ayant accès à votre compte Gmail apparait. Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur la droite sur « révoquer l’accès » pour bloquer les accès à l’appli.

Contrôler l’accès à votre messagerie Yahoo

Allez sur : yahoo.com/WSLogin/

Une liste des applications ayant le droit d’accéder à vos informations personnelles apparait. Il vous suffit de cliquer sur « Remove » pour annuler cet accès

Contrôler l’accès à votre compte Facebook

Allez sur : facebook.com/settings/

Idem, la liste des applications ayant accès à votre profil s’affiche.  Pour supprimer cet accès, cliquez sur « modifier » à droite en face de l’application visée puis sélectionnez « supprimer l’application » en bas, au niveau de la partie des mentions légales. Cochez enfin « supprimer toute votre acticité » et cliquez sur « Supprimer ».

Contrôler l’accès à vos tweet

Allez sur : twitter.com/settings/

La liste des applications s’affiche et comme pour Gmail, vous pouvez alors révoquer l’accès aux applications indésirables. 

Contrôler l’accès à Dropbox

Allez sur dropbox.com/account

Ouvrez l’onglet « Mes applications » pour accéder à la liste. Cliquez sur la croix en face de l’application à bannir.

Contrôler l’accès à Linkedin

Allez sur : linkedin.com/secure/

Les applications apparaissent et vous n’avez plus qu’à cliquer sur « Supprimer ».
Désormais, vous savez comment reprendre le contrôle sur toutes ces autorisations données. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans l’actualité :

Les trous noirs sont-ils des portails vers d’autres Univers ?

Comment se forment les trous noirs ?

Le célèbre physicien Albert Einstein réfutait l’existence de trous noirs bien que ses calculs en admettent la possibilité. Désormais, la communauté scientifique s’accorde quasi-intégralement à reconnaître leur présence au sein du Cosmos. Mais, si les observations permettent de mieux les comprendre, ils continuent d’intriguer et de questionner autant qu’ils fascinent. 

De nos jours, on recense plusieurs types de trous noirs: le supermassif que l’on retrouve au centre même de chaque galaxie, l’intermédiaire, le stellaire et le primordial dont les physiciens estiment qu’il se serait formé dans les premiers temps de la formation de l’Univers. On les distingue par leur masse, qui peut atteindre plusieurs milliards de fois celle du Soleil. 

Celui dont on parle le plus communément est le trou noir stellaire. Il se forme lorsqu’une étoile – disons une dizaine de fois plus importante que le Soleil – n’a plus de combustible (hydrogène) à brûler. Son coeur est alors soumis à une gravité telle qu’il s’effondre sur lui-même, en un point appelé singularité gravitationnelle. La matière y est confinée avec une densité incroyable.

Détecter une singularité gravitationnelle et donc un trou noir est proprement impossible. En revanche, on peut observer ses effets, mesurer son influence sur son environnement au niveau de l’horizon du trou. 

Une nouvelle théorie

Actuellement et avec les données à disposition, les scientifiques estiment que ce qui rentre dans un trou noir se disloque automatiquement. À l’entrée d’un trou noir, la matière s’effondre. Ou plutôt la matière – y compris la lumière – capturée par les trous noirs ne peut s’échapper à cause de l’attraction gravitationnelle extrêmement  élevée.

Deux scientifiques, Jorge Pullin de l’Université de Louisiane et Rodolfo Gambino de l’Université de la République d’Uruguay ont formulé une nouvelle hypothèse. Publiée dans Physical Review Letter, la théorie défend que tout ce qui rentre à l’intérieur d’un trou noir arrive autre part, vraisemblablement dans un autre Univers. Selon eux, les trous noirs ne seraient que des passages. 

Ils l’expliquent simplement: « comme des poupées russes à l’échelle cosmique, notre Univers peut être niché dans un trou noir qui est lui-même un élément d’un Univers plus grand. En retour, tous les trous noirs trouvés jusqu’à aujourd’hui dans notre univers  – les microscopiques comme les massifs – peuvent être des portes vers des réalités alternatives ».

Songez que notre Univers contient des centaines de milliards de galaxies et probablement autant de trous noirs, et vous aurez une vague idée de l’étourdissement que cela peut provoquer. Car notre Univers ne serait qu’une bulle microscopique parmi une infinité de mondes.

Un trou noir peut-il donner naissance à un Univers ?

Là encore, l’idée a de quoi donner le vertige. Pourtant l’explication derrière ce phénomène paraît cohérente. On sait que les trous noirs emmagasinent la matière qui rentre dans leurs filets. Mais du fait même de leur nature – ce sont des espèces de tourbillons en ce sens qu’ils tournent sur eux-même – ils en expulsent aussi une grande quantité. 

Des jets de particules chauffés parcourent ainsi l’Univers sur des millions d’années-lumière à une vitesse proche de celle de la lumière. Puis vient le moment où ceux-ci refroidissent, c’est alors qu’ils constituent de nouvelles étoiles.

Le reste de la matière se condense dans la singularité. Un espace minuscule, invisible. Comme le dit l’article de Michael Finkel sur le site du National Geographic, « agrandissez-en une un billion de billion de fois, et le plus puissant microscope du monde ne parviendra aucunement à la voir. Pourtant, au moins au sens mathématique, quelque chose est là, qui n’est pas seulement petit mais dont la masse dépasse l’imagination. »

Et si l’on songe à la création de notre Univers suite au big bang il y a 13,8 milliards d’années et son expansion à partir d’une « singularité », il ne paraît pas si inconcevable que des trous noirs naissent des Univers.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Habiter près d’un aéroport augmente le tour de taille (étude)

L’étude a porté sur la relation entre la santé de 5.000 habitants de la région de Stockholm, suivis pendant huit à dix ans, et le niveau sonore à leur domicile.

Six chercheurs du Karolinska Institute, spécialisés en médecine environnementale, médecine moléculaire et endocrinologie ont déterminé que plus ils subissaient le bruit des avions au quotidien, plus ils risquaient de gagner du ventre.

« Il s’agit d’une augmentation correspondant à 1,5 cm pour chaque hausse de 5 décibels du niveau sonore », a précisé la chercheuse qui a coordonné l’enquête, Charlotta Eriksson, dans un communiqué de son université.

Cette accumulation de graisse serait due aux hormones du stress, principalement le cortisol, produites en quantité d’autant plus grande que le bruit environnant est élevé.

Or « l’obésité abdominale est un facteur de risque aussi bien pour les maladies cardiovasculaires que pour le diabète, et comme une part importante de la population est exposée quotidiennement à des niveaux sonores élevés venus des transports, le bruit pourrait avoir des effets sur la santé plus forts qu’on ne le pensait jusque-là », a ajouté Mme Eriksson.

En revanche, habiter près de l’aéroport de Stockholm-Arlanda n’augmente pas le risque d’obésité (mesuré par l’indice de masse corporelle) ni de diabète, ont remarqué les chercheurs.

L’étude, la première qui ait tenté d’établir cette corrélation, a été publiée lundi dans le journal américain « Environmental Health Perspectives ».

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Cinq nouveaux perturbateurs endocriniens évalués par l’Anses

Durant les trois prochaines années, le Gouvernement demande à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) d’expertiser au moins une quinzaine de substances chimiques suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Dès 2014, les risques liés à au méthyl-parabènes, hydroxyanisole butylé (BHA), acide orthoborique, DINCH et DEHTP seront évalués.

Ces travaux s’ajoutent aux évaluations déjà en cours sur les perturbateurs endocriniens au sein de l’agence. Elle doit notamment rendre cette année ses résultats d’évaluation sur le méthyl tert-butyl éther (MTBE), le toluène, le n-hexane, le cis-CTAC et l’O-phénylphénol.

Les effets suspectés des perturbateurs endocriniens sur l’homme sont nombreux. On citera pêle-mêle : malformations des appareils reproducteurs, diminution de la distance ano-génitale, baisse du sex ratio et de la fertilisé. Ils seraient aussi à l’origine de pubertés précoces, de troubles du comportement, de troubles de la fonction thyroïdienne et du développement de cancers hormono-dépendants. Environ 500 substances sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens…

Que sait-on sur ces cinq substances ?

Les parabènes sont des conservateurs utilisés dans des aliments, des boissons, des cosmétiques et des produits d’hygiène (shampooings, crèmes hydratantes, mousses à raser, gels nettoyants, etc.). Ils sont suspectés d’affecter le système reproducteur, diminuer la fertilité et jouer un rôle dans l’obésité. L’INRS note le manque d’études sur l’homme et l’animal concernant la fertilité, l’exposition durant la grossesse,  puis durant l’allaitement. « Chez l’animal, aucune étude de reproduction sur une ou plusieurs générations n’est disponible. Les effets sur l’appareil reproducteur des jeunes mâles se limitent à une augmentation du nombre de spermatozoïdes anormaux, une baisse de poids des testicules », relève l’INRS dans sa fiche Demeter. Pour le traquer dans son alimentation, il suffit de chercher l’additif E218 ou son sel de sodium E219. Notons que le méthylparabène est le parabène qui a l’effet perturbateur endocrinien le moins élevé, comparé à l’éthylparabène, au propylparabène, à l’isopropylparabène, au butylparabène, à l’isobutylparabène et au benzylparabène.

Le BHA est un additif alimentaire utilisé comme conservateur dans des aliments et des emballages alimentaires, des  cosmétiques et des produits d’hygiène. On le retrouve notamment dans les cosmétiques riches en matières grasses : crèmes, lotions, baumes à lèvres, rouge à lèvre, etc. Il est suspecté d’avoir des effets cancérigènes et de perturber les hormones sexuelles. Une diminution de la fertilité est documentée sur plusieurs espèces animales. Pour l’éviter, on traquera ici l’E320 dans la liste des ingrédients.

L’acide orthoborique a de nombreuses utilisations industrielles et est utilisé dans des produits de consommation courante en tant que biocide, notamment dans les produits d’hygiène corporelle et les cosmétiques. Il est rarement utilisé dans les produits alimentaires, mais peut se retrouver comme conservateur dans le caviar et il porte alors le code E284. Il est aussi présent dans des jouets en plastiques, des adhésifs et des lubrifiants. « Le fœtus en développement et les testicules sont les principales cibles de l’acide borique chez de nombreuses espèces » note l’INRS dans sa fiche toxicologique.

Le DINCH et du DEHTP sont des substances utilisées pour fabriquer des plastiques dans des produits de consommation courante (jouets, articles de puériculture, etc.). Ils sont utilisés en replacement de trois phtalates qui sont des perturbateurs endocriniens avérés et dont l’utilisation est fortement réglementée: les DEHP, DBP et BBP. Ces deux substances ne sont pas suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. II apparaît néanmoins indispensable à la ministre Ségolène Royale de vérifier que ces substituts ne présentent pas de risque.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Parlement interdit définitivement la culture du maïs transgénique en France

172 sénateurs -PS, écologistes, CRC (Communistes, républicains et citoyens) et une grande partie du RDSE (à majorité PRG)- ont voté conforme cette proposition de loi PS, 147, dont les UMP, s’y opposant. 23 sénateurs ne se sont pas exprimés. Au sein du groupe UDI-UC, 4 ont voté pour, dont l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Ecologie de Nicolas Sarkozy, Chantal Jouanno, 8 contre et 20 se sont abstenus.

L’objectif de ce texte du député PS Bruno Le Roux est de « conforter, à travers un geste politique fort », la décision de la France d’interdire le MON 810, prise en urgence par arrêté à la mi-mars, avant la période des semis, ont souligné les orateurs de la majorité. « Je vous demande donc de l’adopter sans modification », a lancé le rapporteur de la commission des Affaires économiques, Daniel Raoul (PS).

En même temps qu’était examinée au Sénat cette proposition de loi, le Conseil d’Etat a rejeté une requête des producteurs de maïs, confirmant ainsi l’arrêté gouvernemental sur l’interdiction du MON 810.

L’article unique de la proposition de loi stipule que « la mise en culture des variétés de maïs génétiquement modifié est interdite sur le territoire national ». Il interdit ainsi par avance le maïs TC1507 (Pioneer-DuPont) qui pourrait être autorisé par l’UE. Si les Etats ont été majoritairement opposés à ce feu vert, ils n’ont pas atteint la majorité qualifiée, ce qui a relancé le débat sur le mécanisme européen d’autorisation des OGM.

Elle est identique à un texte du sénateur socialiste Alain Fauconnier, rejeté le 17 février au Sénat par une motion d’irrecevabilité UMP qui avait été soutenue par 171 sénateurs de droite, mais aussi du RDSE.

« L’intime conviction des membres du groupe RDSE n’est pas unanime », a reconnu lundi Robert Tropéano. « Nous pensons tous qu’il faut encourager la recherche pour avoir au plus vite des certitudes, il en va des OGM comme de tous les autres sujets ». « Mais en attendant, certains dont je suis voteront ce texte non sans avoir exprimé quelques réserves de droit », a-t-il ajouté.

En revanche, pour Joël Labbé (écologiste), « il y a bien lieu de légiférer sur cette question ». « J’y vois là un signe encourageant, entérinant la volonté de la France d’engager la transition de son modèle agricole et alimentaire vers l’agroécologie ».

« Le gouvernement essaie d’intervenir au nom d’une urgence et d’un risque non démontrés; cela l’entraîne sur une voie qui ne respecte pas entièrement la légalité », a accusé Jean Bizet (UMP) en annonçant que son groupe déposera devant le Conseil constitutionnel une saisine reposant sur ces arguments.

Le MON 810 est le seul OGM actuellement cultivé dans l’Union européenne. Son renouvellement d’autorisation est actuellement en cours d’examen par l’Union européenne, avec en parallèle des discussions pour revoir le processus d’évaluation des OGM. Les Etats de l’UE ont la possibilité d’interdire sur leur territoire un OGM autorisé par l’Union européenne.

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Transcendence : Hollywood adore quand les machines prennent le pouvoir

Une intelligence artificielle qui surpasse le cerveau humain ?  Transcendence fait mieux en imaginant un ordinateur rassemblant l’intelligence de toute l’humanité réunie, et capable d’émotions. Johnny Deep joue le scientifique à l’initiative du projet,  dont l’esprit est « transcendé » dans un ordinateur hors normes. L’homme devenu machine  devient capable de contrôler tous les réseaux en lien avec internet. Détenteur de ce pouvoir colossal, l’entité mi-homme/mi-machine pourrait bien se prendre pour Dieu. 

Credit : Warner Brothers

Ce film, en salle dès le 25 juin, ouvre plusieurs débats. Tout d’abord, les machines deviendront-elles un jour suffisamment intelligentes pour surpasser l’homme ? Cette question est déjà obsolète puisque la réponse est positive. Pour preuve la victoire de l’ordinateur Deep Blue contre le champion d’échec Garry Kasparov en 1997.  Deuxième question. Sera-t-il possible un jour de télécharger un cerveau humain dans un ordinateur ? Cette fois, ceci reste de la science-fiction, même si les recherches sur le cerveau sont intenses. L’Europe a beaucoup investi dans le Human Brain Project, dont l’ambition est de modéliser le cerveau humain d’ici 2023 pour le simuler sur un super ordinateur. Nul ne peut prédire si ce cerveau virtuel aura une conscience, la notion même de conscience relevant de la philosophie plus que de la science. Troisième question. Comment fonctionnerait un tel ordinateur ? Agirait-il de façon raisonnée, ou les émotions prendraient-elles part aux prises de décision ? 

La question de l’homme-machine n’est pas nouvelle, et le cinéma s’est inspiré à de nombreuses reprises de ce sujet. Une thématique qui réussit au 7ème art avec des films cultes comme Robocop, Terminator ou encore Matrix.

Voir la bande annonce de Transcendence : 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Des agaves pour booster la production des panneaux solaires dans les déserts

Avec les biotechnologies actuelles, presque la totalité de la biomasse de l’agave, et d’autres plantes soigneusement sélectionnées, peut être convertie en éthanol cellulosique. Les scientifiques de Stanford ont réalisé une modélisation informatique de la co-production d’agave et d’électricité photovoltaïque en région désertique.

De l’eau partagée 

Les centrales photovoltaïques ont l’énorme avantage, comparativement aux centrales solaires thermodynamiques, de consommer très peu d’eau douce pour produire de l’électricité. Juste de quoi ôter la poussière des panneaux afin qu’ils produisent avec une efficacité maximale.

L’eau, au lieu d’être perdue, arroserait les agaves poussant juste en dessous. Et les agaves recouvrant le sol diminueraient la quantité de poussières soulevées par le vent et salissant les panneaux PV. Une belle synergie.

L’ombre des panneaux PV permet d’envisager l’installation de ces centrales symbiotiques bio-solaires au niveau de régions particulièrement arides.

« Cette approche serait particulièrement pertinente pour des régions comme le sud-ouest des USA » a déclaré Sujith Ravi qui réalise un post-Doc sous la houlette des professeurs David Lobell et Chris Field du Stanford Woods Institute for the Environment.

« Cela peut être un système gagant-gagnant » ajoute le chercheur . « L’eau est très limitée dans de très nombreuses régions du monde et cette resource va devenir une véritable contrainte dans le future. Cette approche permet de produire en même temps de produire de l’énergie et de faire de cultiver, avec la même eau. »

L’agave, appelée maguey au Mexique, est une plante qui était au cœur de la religion mésoaméricaine compte-tenu de sa capacité à croître dans des milieux très pauvres en eau douce et à offrir une sève sucrée (aguamiel) permettant de produire différentes boissons alcoolisées, dont le Mezcal.

Les paysages de cultures d’agave de l’état de Jalisco au Mexique, célèbres dans le monde entier pour la production du Tequila, ont d’ailleurs été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Demain le Tequila sera peut-être solaire.

Par Olivier Daniélo

  • En savoir plus :

Tradeoffs and Synergies between Biofuel Production and Large Solar Infrastructure in Deserts : http://pubs.acs.org/doi/abstract/10.1021/es404950n

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Accord franco-américain sur un satellite d’étude des étendues d’eau sur Terre

Dans le cadre la mission SWOT (Surface Water and Ocean Topography), ce satellite permettra également de cartographier la surface des océans et de mesurer leur niveau avec une précision sans précédent.

Les deux agences spatiales ont commencé les études sur la mission SWOT en 2009 et prévoient de conclure la conception du satellite en 2016 pour un lancement prévu en 2020.

« Cette mission (…) va permettre de développer de nouvelles façons d’observer et de comprendre notre climat qui change et les ressources en eau », a déclaré le patron de la Nasa Charles Bolden dans un communiqué. « Les données obtenues par le satellite SWOT aideront les décideurs à mieux analyser, anticiper et agir face aux événements qui affecteront les générations actuelles et futures », a-t-il ajouté.

Le satellite étudiera les lacs, les rivières, les réservoirs d’eau et les océans pour aider à gérer l’eau douce partout dans le monde et améliorer les modèles de circulation de l’énergie dans les océans, de météorologie et des projections d’évolution du climat.

La mission SWOT permettra de mesurer le niveau des océans avec une précision 10 fois supérieure à ce que permettent les technologies actuelles. Les scientifiques pourront ainsi étudier des phénomènes à petite échelle qui sont des composants clé de l’échange de la chaleur et du dioxyde de carbone (CO2) entre les océans et l’atmosphère.

La Nasa et le CNES ont commencé à collaborer sur des missions d’étude des changements à la surface des océans dans les années 1980.

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L’expérience la plus longue du monde

Démarrée en 1927 par le professeur Thomas Parnell à l’université du Queensland de Brisbane, en Australie, l’expérience de la goutte de poix avait pour but de montrer aux étudiants dudit professeur que la poix était un fluide de très haute viscosité, bien qu’elle semble être tout à fait solide et qu’elle puisse être cassante. N’importe quel liquide très visqueux semblant solide peut ici être considéré comme étant de la poix. Toujours en cours au sein de l’université australienne, cette expérience est la plus longue expérience en laboratoire, fonctionnant en continu, au monde.

Le protocole expérimental est relativement simple : le professeur Parnell a fait remplir un entonnoir (dont l’extrémité a été préalablement bouchée) avec du goudron chaud qu’il a laissé reposer trois ans, avant de retirer le bouchon de manière à ce que la poix puisse (ou non) s’écouler. Il aura fallu pas moins de huit ans pour que la première goutte ne tombe de l’entonnoir, et à peu près autant pour voir la seconde goutte tomber. L’expérience fut par la suite remisée dans un coin poussiéreux du laboratoire à la mort de Parnell, en 1954.

Réhabilitée et remise au goût du jour par John Mainstone (qui reçut le prix Ig Nobel pour cette expérience, ainsi que Thomas Parnell à titre posthume), l’expérience se déroule à température ambiante, bien que les conditions atmosphériques ne soient contrôlées que depuis 1988, année depuis laquelle la température est désormais stable. Les scientifiques estiment la viscosité de la poix de l’entonnoir à près de 230 milliards de fois celle de l’eau.

La huitième et dernière goutte est tombée le 28 novembre 2000 sans qu’aucun témoin ne puisse l’observer, le système de surveillance en continu par webcam étant alors tombé en panne. La neuvième goutte devrait tomber en 2013 ou 2014…

Par Moonzur Rahman

Appel pressant de l’ONU à agir pour réduire l’effet de serre

« Je les invite à annoncer de courageux engagements et actions qui catalyseront le changement dont nous avons besoin », a déclaré M. Ban à l’ouverture à Abou Dhabi d’une réunion ministérielle qui doit préparer un sommet sur le réchauffement climatique prévu le 23 septembre à New York.

« Si nous n’entreprenons pas une action urgente, tous nos plans pour accroitre la prospérité et la sécurité mondiales n’aboutiront pas », a-t-il prévenu devant un parterre de représentants des pays membres de l’ONU, réunis pendant deux jours dans la capitale des Emirats.

Un Groupe intergouvernemental d’experts sur le Climat (GIEC) a averti dans un rapport publié en avril à Berlin que limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle est encore possible, mais implique d’agir vite pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici 2050.

Sans changement majeur et rapide dans le mix énergétique mondial très dépendant du charbon et du pétrole, la hausse du thermomètre mondial sera de 3,7 à 4,8°C à l’horizon 2100, avertit le GIEC.

« La première priorité de l’ONU est maintenant de rendre ce monde durable non seulement économiquement et socialement mais aussi au plan de l’environnement », a rappelé M. Ban lors d’une conférence de presse.

En prévision du sommet de septembre, « j’invite les dirigeants (des pays membres) à venir à des objectifs courageux et ambitieux, et à catalyser et accélérer les actions sur le terrain », a-t-il ajouté.

De difficiles négociations internationales, impliquant les grands pollueurs dont les Etats-Unis et la Chine, doivent aboutir en 2015 à Paris à un accord ambitieux et contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et financer les actions d’adaptation.

« Je suis confiant » quant à la possibilité d’aboutir à un accord en décembre 2015 à Paris, tout en avertissant que « plus nous tardons, plus nous payerons » le prix du réchauffement climatique.

La conférence d’Abou Dhabi, à laquelle participent des ministres, des chefs d’entreprises et de représentants de la société civile, doit clore ses travaux lundi, avec la mission de concevoir des mesures concrètes à soumettre au sommet de New York, prévu à la veille de l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU.

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Etats-Unis: mise en garde contre une faille de sécurité d’Internet Explorer

Une agence fédérale chargée de cybersécurité a affirmé avoir connaissance « d’exploitation active » de la faille de sécurité dans les versions 6 à 11 du navigateur de Microsoft.

Cette agence, qui dépend du ministère de la Sécurité intérieure, a conseillé aux internautes de prendre des mesures de sécurité et « d’utiliser d’autres navigateurs internet le temps qu’une nouvelle version officielle soit disponible ».

Les utilisateurs dont le PC fonctionne sous Windows XP pourraient être particulièrement affectés par le problème, car Microsoft a cessé au cours du mois de fournir des correctifs de sécurité pour ce système d’exploitation.

Microsoft a affirmé au cours du week-end que des pirates informatiques pouvaient, via cette faille, prendre le contrôle d’un ordinateur.

« Un assaillant pourrait créer une page internet spécialement pour exploiter cette vulnérabilité à travers Internet Explorer et convaincre ensuite un utilisateur de se rendre sur cette page », a expliqué Microsoft sur son blog spécialisé dans les questions de sécurité.

La firme spécialisée dans la cybersécurité FireEye, qui a revendiqué la découverte de la faille, a assuré de son côté que des pirates tentaient de l’utiliser via une campagne surnommée « Operation Clandestine Fox ».

Un faille de sécurité sur la protection des données cryptées, baptisée « Heartbleed », avait été découverte début avril. « Heartbleed » peut permettre à des pirates de récupérer dans la mémoire des serveurs informatiques des données fournies lors de connexions protégées.

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Le sort du Soleil observé à travers une étoile en fin de vie

 Ce résultat, obtenu par une équipe internationale dirigée par un astronome de l’Observatoire de Paris, au Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Observatoire de Paris / CNRS / Université Pierre et Marie Curie / Université Paris Diderot) donne un aperçu du sort réservé à notre Soleil, une fois parvenu au stade terminal de son évolution. Il parait dans la revue « Astronomy and & Astrophysics », le 10 avril 2014.

L2 Puppis est une étoile géante rouge observable depuis l’hémisphère Sud, dont la masse est environ deux fois celle du Soleil. Formée il y a environ 1,5 milliards d’années, elle est bien plus jeune que le Soleil (âge de 4,6 milliards d’années). Mais du fait de sa masse plus importante, elle a brillé beaucoup plus intensément durant son existence, et a donc consommé plus rapidement son hydrogène. Son rayon, mesuré par les chercheurs à l’occasion de ces travaux grâce à l’interféromètre du Very Large Telescope (Cerro Paranal, Chili), est très grand, environ 120 fois la taille du Soleil. Sa luminosité est aussi très élevée, estimée à plus de 2 000 fois la valeur solaire. Une grande taille et une luminosité élevée sont deux propriétés typiques des étoiles qui, ayant épuisé la réserve d’hydrogène dans leur cœur, sont parvenues en fin de vie.

L2 Pup entre donc actuellement dans le “quatrième âge” stellaire. Par comparaison, le Soleil entrera dans cette phase dans 4 milliards d’années. Située à 210 années-lumière, elle est la plus proche des “vieilles” étoiles, ce qui en fait une cible de choix pour l’observation détaillée de son environnement proche.

Les chercheurs ont utilisé pour cela l’optique adaptative NACO du VLT, assortie d’une technique de traitement d’image dite d’imagerie sélective pour corriger les perturbations introduites sur les images par l’atmosphère terrestre. Plusieurs milliers d’images ont été enregistrées sur l’étoile en quelques minutes, chacune avec un temps de pose très court, de l’ordre d’un centième de seconde. Les images les moins affectées par les résidus de la turbulence atmosphérique ont été sélectionnées, recentrées précisément et combinées pour former une seule image, qui présente alors un bien meilleur niveau de détail qu’une seule longue pose. Elles atteignent pratiquement la limite théorique de résolution d’un télescope de 8 mètres, soit environ 40 millisecondes d’angle. Cela correspond à la taille apparente d’un ballon de football vu à une distance de 1 000 km.

La qualité exceptionnelle de ces images en infrarouge (longueurs d’onde entre 1 et 4 µm) a permis à l’équipe de découvrir un disque de poussière autour de L2 Pup, vu pratiquement par la tranche, ainsi qu’une boucle également constituée de poussière s’étendant jusqu’à une distance de plus de 800 millions de kilomètres de l’étoile.

La découverte du disque de poussière de L2 Pup est un pas important dans la compréhension de la fin de vie des étoiles de masses faibles et intermédiaires comme notre Soleil. Les mécanismes en jeu dans cette phase complexe sont encore mal connus, notamment la manière dont ces étoiles restituent leur matière au milieu interstellaire pour former des nébuleuses planétaires, ces enveloppes de gaz en expansion éjectées de l’étoile en fin de vie. La présence de ce disque de poussière, très probablement constitué de matière éjectée par L2 Pup, indique que l’environnement des étoiles évoluées est structuré spatialement. L’interaction du vent stellaire émis par une étoile comme L2 Pup avec le disque de poussière qui l’entoure, pourrait notamment expliquer la forme en “sablier” des nébuleuses planétaires bipolaires.

Au nord-est de l’étoile, une boucle de poussière a également été observée. Son origine est encore mal comprise. Elle pourrait être due à l’influence gravitationnelle d’une seconde étoile en orbite près de L2 Pup, qui a aussi pu jouer un rôle dans la formation du disque. Du fait de la très grande luminosité de l’étoile principale, ce compagnon reste pour l’instant caché. La deuxième génération d’optiques adaptatives à hautes performances comme l’instrument SPHERE du VLT permettra dès la fin de cette année de rechercher ce compagnon.

Référence
Ce travail de recherche fait l’objet d’un article intitulé « An edge-on translucent dust disk around the nearest AGB star, L2 Puppis », publié en ligne dans la revue européenne Astronomy and Astrophysics le 10 avril 2014

Collaboration
Ce résultat, fruit d’une collaboration internationale, implique la participation de cinq chercheurs de l’Observatoire de Paris : Pierre Kervella, Miguel Montargès, Guy Perrin, Sylvestre Lacour et Xavier Haubois.

Et aussi de :
Stephen T. Ridgway (National Optical Astronomy Observatories, Tuscon, USA)
Olivier Chesneau (Observatoire de la Côte d’Azur)
Andrea Chiavassa (Observatoire de la Côte d’Azur)
Alexandre Gallenne (Universidad de Concepcion, Chili).

Vidéo : l’astrophysicien François Bouchet commente la nouvelle théorie du Big Bang

C’était il y a un peu plus de quinze jours, pour la première fois, des observations du rayonnement fossile apportait la preuve de la théorie d’Einstein. Le bloggueur scientifique Dr Goulu nuançait cependant ces déclarations en faisant le point sur les ondes gravitationnelles.

François Bouchet, Directeur de recherche à l’Institut d’astrophysique de Paris, revient sur cette découverte lors d’une interview réalisée par universcience.tv

 

Réalisation : Olivier Boulanger
Production : Universcience

Avec la Fire TV, Amazon part à la conquête des salons américains

Depuis le 2 avril, le boîtier connecté conçu par Amazon, la célèbre plate-forme de vente en ligne, est disponible sur le sol américain pour 99 dollars. Il permet à son utilisateur d’accéder au service de streaming sur son téléviseur et ainsi retrouver parmi un catalogue respectable de 200 000 titres, les films, séries et musiques qu’il souhaite.

Le marché était déjà occupé par quelques acteurs bien connus. Alors pour se tailler une place parmi ses concurrents que sont Google (avec le Chromecast), Apple (avec l’Apple Tv) et Roku (avec son décodeur), Amazon mise sur plusieurs points:

  • Un usage aisé est primordial comme l’affirme le vice-président Peter Larsen « nous voulons offrir une expérience simplifiée aux utilisateurs ». Cela se traduit par différentes petites choses. Par exemple, pour la mise en route, il suffit de relier la box à la télévision via le port HDMI. La télécommande livrée avec le boîtier peut être utilisée vocalement grâce à un micro intégré, afin de fluidifier la recherche. La classification se fait par titre, genre, réalisateur… Qui plus est, vos goûts sont cernés. 
  • Des performances trois fois supérieures aux autres solutions sur le marché, d’après Peter Larsen. À cet effet, le boîtier dispose d’un processeur quad-core ainsi que deux gigaoctets de RAM. Ce qui est censé épargner le temps de chargement parfois long avant la lecture d’un film.
  • L’aspect ludique. Contrairement aux autres services, il est possible de jouer, moyennant 40 dollars pour l’achat de la manette Fire Game Controller. Car Amazon développe ses propres jeux à travers Amazon Game Studios « nous avons embauché quelques-uns des meilleurs designers et artistes du monde » et s’est entouré d’éditeurs prestigieux tels qu’Electronic Arts, Disney, Ubisoft…
  • Un contenu important et parfois exclusif, via Prime Instant Video. Le service de streaming, en plus de bénéficier d’un catalogue bien fourni, se met à la production. Autre avantage, les détenteurs de la box d’Amazon seront les seuls à pouvoir visionner sur internet la série 24 Heures Chrono ainsi que sa nouvelle saison, diffusée à partir du 5 avril. Mais le point d’orgue de leur argumentation vient, évidemment, du fait que la Fire TV « repose sur un écosystème ouvert »; autorisant l’accès à YouTube, Netflix (à condition d’y être abonné), Hulu, Pandora et d’autres. 

On aurait pu croire la télévision obsolète, voire HS, remplacée progressivement par internet, mais voilà, c’était sans compter ces pointures précitées plus haut. Amazon, au même titre que Google et Apple, a su faire évoluer la télévision par le biais des boîtiers connectés et lui apporte du même coup une fraîcheur dont elle avait grandement besoin. 

Par Sébastien Tribot

La photonique recrute sur la Côte d’Azur

Ce pôle du sud-est (Provence Alpes Côte d’Azur et Languedoc –Roussillon) a pour rôle de développer un écosystème de croissance favorable au développement de PME innovantes dans les domaines de l’optique, de la photonique et des systèmes embarqués. Il regroupe 135 entreprises, et a déjà permis l’embauche de 1600 emplois directs ces six dernières années.  

Forte d’un taux de croissance de 8%, la filière optique/photonique se développe bien dans le sud-est, profitant entre autres d’une importante demande dans les domaines de l’éclairage, la sûreté/défense ou encore le médical. « Le potentiel industriel de notre région rivalise avec celui de la région Rhône-Alpes » se félicite Katia Mirochnitchenko, Directrice Générale du pôle de compétitivité Optitec.  Excellente croissance, taux d’embauche important, nombreux programmes R&D, autant de  données macroéconomiques favorables sur lesquelles se repose Optitec pour anticiper le besoin de 24 000 postes à pourvoir d’ici la fin de la décennie. Cela concerne tous les niveaux de qualifications : techniciens, techniciens supérieurs, ingénieurs, chercheurs…

Optitec mise beaucoup sur les projets de recherche en termes d’embauche, à l’image du projet DROP (Détection Robotisée d’Objets sur les Pistes d’atterrissage) dont l’objectif est de développer des  caméras ultra-sensibles  qui pourront être positionnées sur les tours de contrôle et assurer la détection d’éventuels débris sur les pistes des aéroports. Jusqu’ici ce contrôle se fait de manière visuelle alors que l’automatisation via des caméras permettrait d’abaisser les couts de surveillance tout en optimisant la qualité du contrôle. Ce projet de plus de 2 millions d’euros vient de s’achever et représente à lui seul la création de 15 emplois. « Depuis 2001, 70 Start-Up ont été créées dans le sud-est, avec un taux de survie de 82% au bout de 5 ans » se félicité Katia Mirochnitchenko, rappelant l’importance des Start-up qui représentent un tiers des embauches.

Optitec met à disposition une Bourse pour l’emploi, c’est-à-dire un portail d’annonces d’offres d’emploi mais aussi de demandes d’emploi. Que vous cherchiez du travail ou en proposiez, vous pouvez les solliciter pour diffuser votre annonce.

Plus d’informations sur pole-optitec.com

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Des chercheurs ont réussi à cloner des cellules adultes pour en faire des cellules souches

Il n’aura pas fallu longtemps pour franchir un second pas dans la fabrication de cellules souches via la technique du clonage. Le premier avait été réalisé en 2013 par l’équipe du Docteur Shoukhrat Mitalipov, grâce à qui des cellules souches embryonnaires avaient été produites en clonant des cellules de peau d’un bébé de huit mois. Moins d’un an plus tard, la même procédure s’applique à des cellules adultes.

Publiés dans Cell Stem Cell, ces travaux révèlent comment le Docteur Lanza, responsable scientifique de la société Advanced Cell Technology,  et ses collègues ont travaillé sur les cellules de deux hommes âgés de 35 et 75 ans.  Ils ont pris le noyau de leurs cellules de peau pour le transférer dans des ovocytes préalablement énuclées. Mais cette fois, les scientifiques américains et coréens ont laissé le noyau et l’ovocyte en contact pendant deux heures, contre seulement 30 minutes habituellement. Une différence qui pourrait sembler anodine, sauf que ce seul délai supplémentaire avant la stimulation devant aboutir à la division cellulaire suffit à basculer de l’échec à la réussite. 

Procédant ainsi, l’équipe du Docteur Lanza a obtenu des cellules souches embryonnaires à partir du patrimoine génétique de ces deux donneurs adultes. Bien que l’expérience n’ait réussi que deux fois sur les 39 ovocytes stimulés, cette expérience prouve la possibilité de fabriquer des cellules souches embryonnaires à partir de donneurs adultes. 

Cette première mondiale suscite un espoir aussi fort que les attentes thérapeutiques liées aux cellules souches embryonnaires sont importantes : remplacement d’organe, traitement de maladies neurologiques, guérison de handicaps…Le clonage thérapeutique fait en effet partie des techniques les plus prometteuses pour apporter des solutions à des pathologies aujourd’hui incurables.

Par Audrey Loubens

Et aussi dans l’actualité :

Les projets fous de google

Visionnaire et ambitieux, Google n’a pas peur d’envisager des projets encore très futuristes. Malgré des moyens colossaux, un laboratoire high tech et une armada de chercheurs et d’ingénieurs ultra-Geek, le géant américain sait aussi se montrer pragmatique et abandonner certains travaux. Parmi les projets mis de côté, certains présentent un caractère ludique alors que d’autre sont tellement fous que l’on se demande pourquoi avoir même commencé à s’y atteler. 

SkateBoard à lévitation

Ainsi, Google X a planché sur un skateboard volant, reposant sur la même technologie que les trains à lévitation existants en Asie. Problème : les équipes de Google n’ont jamais réussi à donner la maniabilité nécessaire pour envisager une commercialisation du produit. Ils ont quand même réussi à fabriquer un prototype miniature, sans pouvoir toutefois transposer ce succès à un skate volant de taille humaine. Ne s’appelle pas Doc qui veut. 

Ascenseur spatial

Un projet pourtant régulièrement évoqué est celui de l’ascenseur spatial, qu’il s’agisse de relier la Terre à la Lune ou la Terre à une plateforme orbitale, l’idée de rallier l’espace en appuyant sur un bouton est séduisante. Mais malgré tous leurs efforts, les ingénieurs de Google n’ont pas réussi. Leurs tentatives de fabriquer un tel système à base de nanotubes de carbone n’a pas été concluante, du fait qu’à ce jour personne n’est capable de fabriquer des nanotubes de qualité  de plus d’un mètre de long. Comme aucun autre matériau actuel ne se montre assez solide, le projet est mis de côté.

Capture d’astéroïde

Larry Page, à la tête du Google X  Lab, est aussi actionnaire de la société Planetary Resources, dont l’objectif est de développer un procédé pour récupérer sur les astéroïdes du minerai extrêmement précieux. La NASA avait d’ailleurs mis en ligne une vidéo montrant comment y arriver. Mais pour l’heure, malgré les gains soi-disant espérés, les investissements pour y parvenir sont tels que même Google en est dissuadé.

Téléportation

Décidément, la créativité de Google n’a pas de limite. Pour preuve ce projet un temps envisagé de réussir à téléporter l’homme. Après quelques temps d’étude, les ingénieurs ont convenu qu’aucune technologie actuelle ne permettrait de réaliser ce qui, en théorie pourtant, devrait être possible.

Mais Google n’a pas délaissé tous ses projets, aussi futuristes puissent-ils paraitre. Ainsi, ses têtes chercheuses planchent sérieusement sur la possibilité de transcender un esprit dans un ordinateur, à produire de la viande artificielle (le premier burger a été présenté en 2013), ou encore à concevoir le Brinbot, un robot capable de reproduire tous vos gestes à distance. 

Par audrey Loubens

Ne ratez pas la chute de la goutte de poix

L’expérience de la goutte de poix menée à l’université du Queensland en Australie depuis 1927 est sur le point d’aboutir pour la neuvième fois. Son objectif initial était de démontrer que certaines substances ayant l’apparence d’un solide sont en réalité des fluides, mais à très haute viscosité. Pour illustrer ce propos, le Professeur Thomas Parnell de l’université du Queensland a mis en place une expérience : dans un entonnoir bouché, il a versé de la poix chaude.

Trois ans plus tard, une fois la poix enfin refroidie, le bouchon de l’entonnoir est ôté, laissant ainsi à la poix toute possibilité de s’écouler.

Connue sous le nom de « l’expérience de la goutte de poix », cette mesure est célèbre pour sa longévité. Elle est d’ailleurs référencée dans le Livre Guiness des records comme la plus longue expérience en laboratoire continue.

En effet, il faut environ une dizaine d’années pour qu’une goutte se forme puis tombe, la chute elle-même ne durant que quelques dixièmes de secondes.

Autant dire que malgré une expérience presque centenaire, seules huit gouttes se sont écoulées à ce jour. Un évènement tellement rare que l’université a braqué une webcam sur l’entonnoir, retransmettant en live l’expérience et l’évolution de la poix au sein de l’entonnoir.

Ainsi, n’importe qui peut se connecter et espérer assister à la chute de la neuvième goutte de poix, à condition de regarder au bon moment car personne ne peut prédire quand celle-ci tombera. En revanche, on sait que la chute est imminente et attendue pour les semaines à venir.

Par Audrey Loubens

Comment « décarboner » la Chine, les USA ou l’Afrique du Sud d’ici à 2050 ?

L’ambition de cette initiative est d’aider la communauté internationale à progresser dans la lutte contre le changement climatique. La mobilisation, très insuffisante aujourd’hui, doit monter en puissance d’ici la conférence de Paris fin 2015.

A cette date, la communauté internationale s’est donné comme objectif de parvenir à l’accord le plus ambitieux jamais conclu sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2025 ou 2030.

Le Deep Decarbonization Pathways Project (DDPP), lancé par l’Institut du développement durable (Iddri) et le Sustainable development solutions network (créé par l’ONU) en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE), mobilise 30 institutions dans 15 pays représentant 75% des émissions totales de GES.

Il s’agit de l’Afrique du Sud, Australie, Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, France, USA, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, Royaume-Uni et Russie.

Les chercheurs doivent répondre à la question: à quelles conditions tel ou tel pays peut parvenir, à l’horizon 2050, à plus ou moins 2 tonnes de GES par habitant et par an?

Cette moyenne permettrait de contenir le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, l’objectif que s’est fixé la communauté internationale.

Il s’agit alors de préciser les modalités de cette transition énergétique comme les changements techniques, le style de production, ou les modes de consommation, ainsi que les contraintes et obstacles rencontrés par chaque pays.

En 2010, un Américain émettait un peu de plus de 17 tonnes de CO2 par an, un Chinois plus de 6 tonnes, un Français 5,7 et un Indien, 1,6.

L’idée est « de faire réfléchir chaque pays à sa trajectoire de décarbonation » et ancrer les négociations sur le climat dans « une logique à long terme », a expliqué mardi lors d’une conférence de presse Laurence Tubiana, présidente de l’Iddri.

En présentant les scenarios « les plus ambitieux possibles », ce projet pourrait aussi aider à tirer vers le haut les ambitions des différents pays en matière de réduction ou limitation d’émissions de GES.

Même si, précise Laurence Tubiana, ce projet relève de la « recherche » et « n’est pas destiné à préparer les soumissions des pays » dans le cadre des négociations climat, « les résultats préliminaires seront communiqués avant le sommet de Ban Ki-moon (secrétaire général de l’ONU) en septembre à New York » sur le climat.

Le rapport final sera lui transmis courant 2015 à la présidence française de la conférence de Paris.

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Le gouvernement s’attaque aux perturbateurs endocriniens

Une stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques capables de modifier le fonctionnement hormonal et d’avoir des impacts sur la santé, a été adoptée dans la matinée par le Conseil national de la transition énergétique (CNTE), une instance réunissant experts, associations, syndicats, entreprises et élus.

Cette stratégie, promise lors de la première conférence environnentale du quinquennat en septembre 2012, prévoit notamment de « soutenir la recherche », « développer l’innovation dans l’industrie » en promouvant des produits de substitution non toxiques ou « améliorer l’information des citoyens ».

Avant même la publication de cette stratégie « dans les tout prochains jours », Mme Royal a par ailleurs mis en avant des mesures qu’elle souhaiterait être rapidement mises en oeuvre.

Elle va demander aux entreprises de distribution et aux banques d’éliminer le bisphénol A dans les tickets de caisse et reçus de carte bancaire, « sans attendre des normes ou des lois ». La France doit? par ailleurs, « dans les prochaines semaines » proposer à l’Union européenne de « demander la substitution du bisphénol A » dans ces tickets.

La ministre souhaite aussi un renforcement des contrôles concernant l’éventuelle présence dans les jouets de phtalates, une substance interdite pour tous les jouets destinés aux enfants de moins de trois ans au niveau européen.

Mme Royal a enfin demandé à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) une expertise ciblée sur cinq substances « suspectées d’être des perturbateurs endocriniens », dont les methyl-parabènes, utilisés comme conservateurs dans les aliments ou des produits pharmAceutiques.

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Et aussi en
formation :

Reach/CLP : toute l’actualité d’avril 2014 2/2

FAQ sur les huiles essentielles

Le Helpdesk a mis en ligne les questions les plus fréquemment posées relatives aux huiles essentielles sur REACH et CLP.

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

15/04/2014

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. 34 propositions sont concernées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 30 mai 2014.

Nouvelle version de REACH-IT disponible

16/04/2014

La dernière version de REACH-IT (Version 2.7) est maintenant disponible. Celle-ci présente de nouvelles conditions d’utilisation.

L’ECHA encourage les utilisateurs à se connecter régulièrement à leur compte afin de ne pas laisser de messages importants sans réponse. Avec cette mise à jour, une nouvelle version de IUCLID (Version 5.6) est également proposée.

R4BP 3.1 : logiciel d’application pour les biocides

16/04/2014

La nouvelle version R4BP 3.1 prévoit quatre nouvelles fonctionnalités pour faciliter le processus de soumission pour les biocides aussi bien pour l’industrie que pour les autorités compétentes.

Newsletter de l’ECHA disponible

22/04/2014

Le numéro d’Avril de la Lettre de l’ECHA est maintenant en ligne. Il met l’accent sur ​​la substitution de produits chimiques dangereux et l’innovation. Sont inclus dans cette newsletter : des études de cas, des interviews et des chroniques qui montrent comment l’industrie, les autorités et les organisations travaillent pour l’utilisation de produits plus sûrs et l’innovation verte.

CLP 2015 : agissez maintenant !

22/04/2014

La Commission Européenne organise, le 16/09/14 à Bruxelles, un workshop sur « L’Utilisation des produits chimiques en toute sécurité par les PME ». Ce workshop vise à aider les entreprises, en particulier les PME, à se conformer aux nouvelles règles de classification, d’étiquetage et d’emballage des mélanges qui seront introduites par le règlement CLP à partir de juin 2015. Programme et inscription à venir. 

Modifications sur le règlement Biocides BPR

25/04/2014

Le règlement (UE) n° 334/2014 du 11/03/14 modifiant le règlement n° 528/2012 concernant la mise à disposition sur le marché et l’utilisation des produits biocides, en ce qui concerne certaines conditions d’accès au marché. Ce règlement est entré en vigueur le 25 avril 2014.

Décision de non-approbation de substances actives biocides

25/04/2014

La Commission a décidé en date du 24 avril 2014 la non-approbation de certaines substances actives biocides en vertu du règlement (UE) n  528/2012 du Parlement européen et du Conseil.

Nouvelles propositions de classification et d’étiquetage harmonisé

29/04/2014

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé de deux nouvelles substances (benzovindiflupyr (ISO); N-[9-(dichloromethylene)-1,2,3,4-tetrahydro-1,4-methanonaphthalen-5-yl]-3-(difluoromethyl)-1-methyl-1H-pyrazole-4-carboxamide et Pencycuron (ISO); 1-[(4-chlorophenyl)methyl]-1-cyclopentyl-3-phenylurea). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 13 juin 2014.

Par Céline GABORIAUD, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

« Comprendre les paramètres importants des énergies innovantes »

Entretien avec Mireille Defranceschi, experte en électrochimie, qui anime la formation Spécialiste projet énergies innovantes

Techniques de l’Ingénieur : Vous animez chez Techniques de l’Ingénieur la formation Spécialiste projet énergies innovantes.  A qui s’adresse-t-elle ?

enr1_3Mireille Defranceschi : Principalement aux petites entreprises du secteur de l’énergie, qui cherchent à déployer leurs activités, à répondre aux demandes de leurs clients sensibles aux énergies renouvelables, qu’ils soient particuliers ou entreprises. Ils viennent donc découvrir les derniers prototypes, les derniers dénouements en panneaux solaires, en stockage de l’énergie ou en diversification des sources d’énergie.

Techniques de l’Ingénieur : Qu’apporte-t-elle à l’offre de formation déjà existante ?

Mireille Defranceschi : Elle offre un aperçu général du domaine, mais surtout, s’adapte au public. Lors de l’inscription, les stagiaires sont invités à préciser les points qu’ils souhaitent voir particulièrement développés, et à l’inverse, ceux qu’ils maitrisent et sur lesquels il est donc inutile de trop s’attarder. On peut ainsi survoler l’aspect électrique des batteries pour s’attarder sur les propriétés des métaux qui les composent, où au contraire passer rapidement sur l’électrochimie afin de mieux appréhender les performances de tel ou tel type de batterie.essai

Techniques de l’Ingénieur : Qu’auront acquis les stagiaires à l’issue de la formation ?

Mireille Defranceschi : Après trois journées de formation intensive – mais en effectifs limités – ils comprendront les paramètres importants des énergies innovantes, des batteries au lithium ou à combustible au panneaux photovoltaïques de dernière génération, auront intégré le fond de théorique essentiel à leurs utilisations actuelles ou à venir, et sauront ainsi faire par la suite les choix pertinents.

L’éolien, le solaire et le nucléaire. Le débat

Un article du quotidien de référence finlandais à propos du coût du Nucléaire EPR, dont ont fait écho les rédactions du média indépendant Médiapart, qui ose parler de « gouffre financier », et de Techniques de l’ingénieur, a suscité des remous chez quelques lecteurs.

« Eolien et PV sont des énergies intermittentes, qui ne fonctionnent que suivant les caprices de la météo, et seulement 20% du temps en moyenne. Elles doivent être secourues par des centrales à gaz ou au charbon de même puissance, qui produisent « à leur place » les 80% du temps restant (en émettant du CO2 voire des particules dangereuses pour le charbon). Donc, économiquement parlant, il faut additionner leur coût de production à celui des centrales qu’elles soutiennent pour comparer le résultat à celui du nucléaire : et là, ce dernier reste imbattable, même avec l’EPR tête de série de Finlande. Vos conclusions sont donc erronées, et je souhaite que par honnêteté pour vos lecteurs vous les corrigiez » écrit un internaute. « Il faut intégrer dans le coût des renouvelables celui des énergies fossiles sur lesquelles ils sont adossés » renchérit un autre.

« Étude très intéressante et fouillée » écrit un autre lecteur suite à l’article « Non, le solaire ne pousse pas à la consommation de charbon en Allemagne ». Mais il ajoute : « L’arbre cache t-il la forêt ? Y aura t-il enfin un débat scientifique enfin sur le sujet ? Comment nier qu’une éolienne n’est active que 30% du temps sur le continent (marge supérieure) et donc pour le temps restant nécessité un apport équivalent ! Ce constat simple, et qui ne dépend que du lieu d’installation, permet t-il d’en faire un prédicat pour avancer plus loin ? ».

La demande de cet internaute est légitime, un débat scientifique, sur le fond, est utile.

En 2013 le Danemark a répondu à 33 ,2% de sa demande électrique avec l’éolien ceci avec un facteur de capacité moyen de l’éolien sur l’année de l’ordre de 25%. L’éolien répondra en 2020 à environ 50% de la demande, toujours avec un facteur de capacité proche de 25%. Une éolienne reste active quand elle délivre une puissance inférieure à sa puissance nominale, y compris inférieure au quart de cette puissance. Le prédicat de ce lecteur est erroné. En France, selon RTE, le facteur de capacité de l’éolien est 90% du temps supérieur à 6%.

L’analyse de Agence Internationale de l’Energie

L’Agence Internationale de l’Energie a publié récemment une étude permettant de mettre les points sur les i. Techniques de l’ingénieur a fait écho de ce rapport dans cet article :
Intégrer de hauts niveaux de solaire et d’éolien n’est pas un problème (AIE)Ni sur le plan technique, ni sur le plan économique.

Pour Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l’AIE, « un système électrique transformé avec 45% d’éolien et de solaire dans la consommation annuelle – et donc 10 fois plus que dans la plupart des systèmes actuels – est un système qui est seulement 15% plus coûteux qu’un système qui ne possède pas du tout de solaire et d’éolien. Et cette petite augmentation de coût est estimée sur la base des coûts actuels des technologies et d’un prix modéré du carbone à 30 dollars la tonne. Dans le future l’éolien et le solaire auront un coût plus faible. Combiné avec une augmentation du prix de la tonne de carbone le surcoût du système pour des niveaux aussi élevé d’ENR-V peut être ramené à zéro. »

Le solaire PV et l’éolien, outils de flexibilité compris, sont meilleurs marché que le nucléaire nouvelle génération

Voici trois études en complément qui viennent de paraître :

  1. Le think tank Agora Energiewende démontre par A+B dans cette étude que les nouvelles centrales éoliennes et solaires de 2013 délivrent un kWh bien meilleur marché que le nucléaire nouvelle génération de 2023 ceci en intégrant les outils de flexibilité nécessaires.
  2. Une étude du gouvernement Belge montre qu’« en faisant appel à l’éolien plutôt qu’au nucléaire, les Wallons gagneront 3,6 milliards d’€ sur la durée de vie estimée d’une centrale nucléaire dernière génération, grâce à l’objectif de 3.800 GWh/an d’énergie éolienne que s’est fixé la Wallonie. En termes d’emploi, l’éolien c’est 4 fois plus de jobs que la filière nucléaire. Ces conclusions sont le résultat d’une analyse fouillée réalisée par les experts du cabinet du Ministre de l’Energie, basée sur une revue complète de littérature (…) En matière d’énergie, les choix posés aujourd’hui déterminent notre réalité de demain et des décennies à venir (…)». La synthèse de l’étude est disponible ici. L’étude complète .
  3. Une étude intitulée « Coûts et bénéfices réels des énergies conventionnelles et renouvelables » du cabinet du bureau 3E commanditée par Eneco et WWF analyse notamment les subventions en Belgique. « La production d’électricité à partir de sources traditionnelles est soutenue depuis des décennies : le charbon et le nucléaire ont été financés à hauteur de presque 44 milliards d’euros entre 1950 et 2013 par l’Etat. Ce montant va continuer à augmenter à cause de la rente nucléaire pour s’élever à 50 milliards d’euros en 2025 » résume Eneco dans ce communiqué.

Pour Joseph Stiglitz, ex-Directeur de la Banque Mondiale, Prix Nobel d’économie : « Je pense que le risque de prolifération nucléaire est l’une des pires externalités qui soit pour cette énergie. Selon ce que je sais, jusqu’à présent le nucléaire vit surtout grâce aux subventions publiques, ce qui est totalement anti-économique. A cet égard, la France, est un cas d’école. Mais même aux Etats-Unis, c’est au gouvernement fédéral de garantir les prêts faits à l’industrie, d’aider les assureurs à couvrir les risques d’accident, de financer les solutions pour le retraitement des déchets, il existe 1001 façons de subventionner le nucléaire (…) Au vu des problèmes que pose l’industrie nucléaire, je pense qu’il faut se tourner, d’abord et avant tout, vers les énergies renouvelables ».

La légende urbaine la plus répandue au sujet de l’éolien et du photovoltaïque

Marc Fontecave, de la fondation Ecologie d’avenir crée par Claude Allègre, et Philippe Aghion  ont écrit dans le journal Le Monde: « pour stabiliser la puissance du réseau il faut du stockage et des générateurs conventionnels à base de combustibles carbonés fossiles en backup ».

Voici la réponse d’un expert EnR de l’Agence Internationale de l’Energie: « C’est la légende urbaine la plus répandue au sujet de l’éolien et du solaire (PV). Un lecteur en donne quelques jours après une version plus caricaturale – mais introduisant une nuance importante: « Pour chaque kWh produit de cette manière, il faut en produire quatre avec d’autres centrales: nucléaire, charbon ou gaz, au choix. » (Le Monde, 30-31 mars). Alors non, il ne faut pas produire 4 kWh autres pour 1 kWh éolien – il n’y a aucune équivalence de ce genre. Outre que les plus récentes éoliennes ont plutôt des facteurs de capacité de 30 à 35% que de 20%, il faut avec les variables des capacités totales plus importantes, mais cela ne dit rien sur le rapport des énergies produites. La nuance intéressante que ce lecteur introduit, ignorée de nos deux professeurs, c’est que le nucléaire n’est pas incompatible avec les renouvelables variables ». 

Chacun est libre d’avoir le point de vue qu’il veut en matière de politiques énergétiques. Par contre, il convient que l’argumentaire soit solide sur le fond. Les études mentionnées ci-dessus, en particulier celle de l’AIE, devraient enfin permettre d’élever le niveau du débat scientifique, technique et économique à ce sujet en France. Sauf pour ceux qui refuseront de la lire.

Errare humanum est, perseverare diabolicum.

Par Olivier Danielo

Les britanniques sont 3 fois plus nombreux à préférer l’éolien terrestre au gaz de schiste

« Pourquoi le gouvernement ignore-t-il ses propres résultats ? » interroge Dale Vince, fondateur d’Ecotricity, numéro un de la fourniture d’électricité verte en Grande-Bretagne.

Le département à l’énergie et au changement climatique (DECC) a en effet réalisé une enquête en juillet 2012 montrant que 64% des citoyens sont favorables à l’éolien terrestre, et seulement 28% au gaz de shiste. Malgré cette enquête il s’avère que le gouvernement offre un cadre très favorable au développement à cette énergie fossile au bilan environnemental et sanitaire très débattu, et en revanche réduit celui de l’éolien terrestre.

Dans le cadre d’une dynamique favorable à une autre filière non durable, le nucléaire, et ceci depuis Margaret Thatcher, le gouvernement de David Cameron a accepté un tarif d’achat de 109 euros le MWh pour les projets nucléaires EPR du français EDF outre-Manche.

Même les intellectuels anglais pro-nucléaires ont été très critiques concernant ce tarif très élevé.  Pour Dale Vince « sacrifier l’éolien terrestre et encourager l’éolien maritime et le solaire est un non sens économique, spécialement en période d’austérité et de coupes budgétaires.

L’éolien terrestre est la forme d’EnR la plus économique dont nous disposons. Les grands projets solaires coûteront [en Grande-Bretagne ndlr] 50% de plus par unité d’électricité délivrée, et l’éolien offshore 100% plus cher. »

L’éolien terrestre, surtout au Grande-Bretagne, île balayée par les vents de l’Atlantique et de la Mer du nord, est effectivement bien meilleur marché que le solaire photovoltaïque. La Grande-Bretagne n’est pas particulièrement réputée comme destination pour passer ses vacances au soleil.

Dale Vince estime que « nous avons besoin des trois formes d’EnR pour notre sécurité énergétiques à long-terme, et soutenir l’éolien terrestre permettra de faire baisser le coût global du mix EnR. Il est illogique de payer davantage pour de l’électricité verte que ce qui est nécessaire, cela permet simplement au gouvernement de blamer les EnR et de les tenir responsables de la hausse du prix de l’énergie ».

Est-ce aux citoyens ou aux grands groupes énergétiques de décider de l’avenir énergétique d’un pays ?  Les citoyens britanniques sont favorables à l’éolien terrestre mais le gouvernement freine cette filière pour encourager celles qui sont plus coûteuses. La situation est problématique tant sur le plan démocratique que sur le plan financier.

Le kWh nucléaire EPR est plus cher que l’éolien terrestre mais meilleur marché que l’éolien offshore. Encourager les EnR coûteuses tout en freinant volontairement les EnR bon marché permet de créer un climat favorable au nucléaire et au gaz de schiste. Une stratégie particulièrement perverse.

Publié par Pierre Thouverez

Les consommations mondiales de produits pétroliers

Durant les six dernières années entre fin 2007 et fin 2013 les consommations mondiales de liquides sortant des raffineries, constituées de produits raffinés du pétrole, de condensats de gaz et d’ajouts de biocarburants, se sont accrues de 4,4 millions de barils par jour affirme l’administration américaine (EIA) pour atteindre en moyenne en 2013 un flux moyen de 90,4 millions de barils par jour.

Durant ces six années, traversées par une crise financière et économique occidentale, mais  également par une forte croissance des économies en Asie et au Moyen-Orient, cette croissance globale des consommations pétrolières est le résultat de deux mouvements contradictoires : une décroissance des consommations des pays de l’OCDE de 3,3 millions de barils par jour et une croissance des celles des pays NON-OCDE de 7,7 millions de barils par jour.

La crise économique occidentale et les restrictions des populations concernées, durant cette période, ont mis à disposition des pays asiatiques et du Moyen-Orient une part de leurs consommations pétrolières. Cette conjoncture particulière a permis d’enregistrer une hausse annuelle raisonnable des consommations de pétrole dans le monde (autour de 0,75 million de barils par jour) et d’assister en fin de période, malgré de multiples péripéties politiques en pays producteurs (Libye, Egypte, Syrie, Iran, Iraq) à une remarquable stabilité des cours du baril de Brent, benchmark mondial, autour des 110 US dollars.

Il semblerait que cet alignement parfait des consommations, les unes décroissantes au profit des autres en croissance, soit à ce jour dépassé.

La reprise économique dans le monde occidental, observée aux Etats-Unis, imminente en Europe, semble vouloir stabiliser, sinon faire croître, les consommations de produits pétroliers des pays OCDE autour des 46 millions de barils (FIG., courbe bleue) alors que les consommations des pays NON-OCDE tirées par les consommations asiatiques (Chine, Inde, Indonésie, Malaisie, etc.) semblent vouloir poursuivre leur croissance quasi-linéaire (courbe rouge).

Ceci conduit l’Administration américaine (EIA), dans son Short Term Energy Outlook, à prévoir une croissance moyenne globale des consommations pétrolières mondiales de 1,23 million de barils par jour en 2014 et d’extrapoler ces flux à 1,35 million de barils par jour supplémentaires en 2015. Bien sûr, une telle croissance pourrait éventuellement être freinée par un accroissement des cours du pétrole brut, éventualité cohérente avec la baisse programmée des investissements des grands groupes pétroliers mondiaux dans l’exploration-production de la ressource.

Nous laisserons pour l’instant dans leur placard  les théories de la pénurie qui affirment qu’il y aurait en ce moment pénurie de ressources pétrolières alors que les acteurs industriels, directement concernés, ne jugent pas utile de se lancer dans l’élaboration de liquides à partir des réserves abondantes de gaz naturel par procédé Fischer Tropsch ou équivalent (passant par la synthèse du Méthanol par exemple). S’il y avait, en ce moment, une demande non satisfaite, les prix des produits pétroliers grimperaient et les industriels concernés investiraient afin de produire  les carburants ou les produits intermédiaires nécessaires pour répondre à la demande. Ils disposent, pour cela, d’une large palette de solutions techniques économiquement viables et de larges ressources de gaz naturel, de charbon et de biomasse. Pour l’instant nous avons appris la décision de Royal Dutch Shell d’abandonner un tel projet d’investissement en Louisiane, signe d’un équilibre actuel entre offre et demande.

Il semble raisonnable de penser que la demande mondiale de pétrole, de plus en plus orientée vers les transports va poursuivre et accélérer sa croissance dans les années à venir. Ceci est cohérent avec la croissance de l’économie mondiale faite d’échanges de biens et de services qui mobilisent les divers modes de transports. La croissance urbaine, le développement des réseaux routiers, les investissements vigoureux dans l’aéronautique  participent à ce mouvement général. En pays en fort développement comme la Chine, la consommation de certaines matières premières comme le pétrole, largement liée au développement des transports individuels, arrive chronologiquement après celle de granulats, de ciment, d’acier ou d’aluminium, (…au bitume près).

Tout ceci milite, au cours de la décennie à venir,  pour pronostiquer une croissance graduelle des cours des produits pétroliers et pour anticiper l’arrivée sur le marché de biocarburants sophistiqués de nouvelle génération (rentables et performants) et, ultérierement, de carburants de synthèse issus du gaz naturel ou du charbon enrichi de biomasse.

Par Raymond Bonnaterre

Netflix développe un programme pour anticiper vos envies de films

Le deep learning est un ensemble de techniques informatiques permettant à un ordinateur d’apprendre sans professeur. Inspiré de la neurobiologie, un tel système est comparable à un cerveau humain. Netflix, chaîne de télévision en ligne, vient donc d’intégrer du deep learning dans son logiciel Netflix Prize, dont le rôle est de simuler les programmes télé qui vous plairont le plus. Idéal pour ceux qui ne savent jamais quoi choisir dans la grille TV.  Grâce au deep learning, Netflix Prize évolue, apprenant au fil du temps en fonction des choix successifs du spectateur. Ses propositions s’affinent et se personnalisent.

Classée comme une des 10 technologies majeures par le MIT, le deep learning n’est pas l’exclusivité de Netflix. Facebook et Google se concurrencent aussi à propos du deep learning, de façon à mieux anticiper les besoins de l’internaute et ainsi optimiser les suggestions publicitaires…

Dès l’automne prochain, la France va affronter une révolution télévisuelle avec le débarquement de Netflix, et profiter de ce nouveau service, inexistant actuellement sur les plateformes de VOD françaises.  Comment fonctionne Netflix ? La chaîne, productrice de la série House of cards, met à disposition de l’internaute l’intégralité d’une saison de telle ou telle série, mettant fin à l’interminable attente d’une semaine avant de connaitre la suite de l’histoire. L’accès illimité en streaming à la totalité des 11 000 programmes disponibles ne coutera que 6€ environ. Une formule à succès outre Atlantique puisque le site capte un tiers du flux internet consommé entre 20h et 23h. L’arrivée imminente du géant américain est une aubaine pour les Français, qui pourraient bien  être les grands gagnants de cette nouvelle concurrence. Pour preuve Canal+ qui a lancé sa propre plateforme de VOD vient d’abaisser son prix à 6,99€/mois. Netflix sera-t-il à la télévision ce que Free est à la téléphonie mobile ? Réponse à la rentrée 2014.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Astuce du Web #6 : comment rouvrir un onglet fermé par erreur

Certains travaillent avec de nombreux onglets ouverts en même temps, à tel point qu’il y en a plus que la fenêtre ne peut en contenir et qu’il faut faire défiler les en-têtes pour accéder aux derniers onglets. D’autres oublient de fermer les onglets devenus inutiles. Mais tous, à un moment, commettent l’irréparable : fermer l’onglet qu’il ne fallait pas. Sachant qu’aller fouiller dans l’historique est compliqué, la fermeture de cet onglet est source de rage. Pourtant, il y a plus rapide que de reproduire tous le processus de navigation qui vous a mené à votre précieuse page internet. Cette astuce vaut pour les différents navigateurs :

  • Sous Explorer, rouvrez un onglet vierge et scrutez en bas les précédents sites consultés.
  • Sous Firefox, on utilise le raccourci clavier Ctrl + Shift +T sur PC et Commande + Majuscule + T sur Mac. Idem sous Chrome.
  • Sous Safari, un simple Pomme + Z rouvrira l’onglet perdu.  

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Faire pleuvoir ou créer de la foudre grâce à deux lasers ?

Des chercheurs du Collège d’optique et de photonique de l’Université centrale de Floride et de l’Université d’’Arizona veulent pouvoir déclencher la pluie quand bon leur semble. Comme dans les nuages, la pluie et les éclairs sont provoquées par une forte accumulation d’électricité statique, il serait possible de stimuler ces particules chargées avec le bon laser pour déclencher la pluie au « bon » endroit et au « bon » moment.

Des chercheurs ont auparavant tenté leur chance dans la quête de « faire pleuvoir à la demande ». Globalement, tous les projets reposaient sur l’émission d’une seule impulsion laser très puissante, pendant un temps très court. « Quand un faisceau laser devient assez intense, il se comporte différemment qu’habituellement – il s’effondre sur lui-même », explique Matthew Mills, étudiant ayant participé à cette nouvelle étude sur le site de l’Université centrale de Floride. « L’effondrement devient si intense que les électrons dans l’oxygène et l’azote de l’air sont arrachés créant un plasma – une sorte de soupe d’électrons », poursuit-il. 

Le plasma nouvellement créé tente alors de propager le faisceau, provoquant une lutte entre sa diffusion et son effondrement. Cette dualité provoque un « filament » de lumière, une sorte de « guirlande lumineuse » constituée d’air ionisé (c’est-à-dire constituée de particules chargées), qui conduit l’électricité. Cependant, ce filament ne se propage que sur de faibles distances, le faisceau laser s’effondrant trop rapidement. D’où l’objectif jusque-là non atteint de maîtriser la formation de ce filament pour créer de la foudre ou de pluie de façon contrôlée !

Pour résoudre le problème, les chercheurs proposent dans leur étude d’entourer le faisceau principal à haute puissance d’un second faisceau, moins puissant, qui agirait comme un réservoir d’énergie permettant d’alimenter continuellement la première impulsion. Ce second faisceau permettrait de maintenir le faisceau principal sur de plus grandes distances. 

Emettre sur de longues distances pour ne pas se faire foudroyer

Si l’on veut provoquer des éclairs à distance, il faut que le faisceau laser puisse être émis d’une distance suffisamment éloignée pour ne pas risquer de se faire foudroyer. « Ce qui serait bien, c’est d’avoir une manière détournée qui nous permet de produire un filament arbitrairement long. Il s’avère que si vous enveloppez le filament d’un faisceau creux, en forme de donut, de faible intensité et que vous le faites avancer doucement vers l’avant, vous pouvez obtenir cette extension arbitraire », explique à nouveau Matthew Mills.

 « Comme nous pouvons contrôler la longueur du filament avec notre méthode, on pourrait provoquer les conditions requises pour provoquer une averse à distance. Au final, vous pourriez contrôler artificiellement la pluie et les éclairs à grande échelle grâce à ces idées », ajoute-t-il.

Si l’équipe a réussi à multiplier la longueur de son faisceau par sept, celui-ci ne dépasse pour l’instant les deux mètres de long. Mais ces filaments habillés pourraient se propager sur 50 mètres ou plus ! Le ministère de la Défense américaine s’intéresse donc fortement au projet aux vues de ses applications géostratégiques et a accordé une subvention de 7,5 millions de dollars au projet pour développer cette technologie.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique