News informatique : mars 2012

IPv6, le Royaume-Uni n’est pas prêt

Le 6 juin 2012 a été désigné par l’Internet Society « Jour mondial de lancement de l’IPv6 ». A cette date, les principales entreprises de l’Internet adopteront le nouveau système d’adressage IPv6 qui doit remplacer l’IPv4 dont les adresses seront bientôt toutes utilisées. Selon la Brisish Computer Society, à quelques mois de ce changement, la plupart des entreprises britanniques ignorent toujours les enjeux et modalités du passage à l’IPv6.

L’Internet fonctionne actuellement sur un système d’adressage 32 bits, l’IPv4. Ce qui signifie qu’il existe environ 4,3 milliards adresses possibles. Avec l’expansion du nombre de terminaux connectés à Internet, il n’y aura bientôt plus aucune adresse disponible. C’est pourquoi les équipes de l’Internet Engineering Task Force ont mis au point en 1998 le protocole IPv6, censé succéder à l’IPv4. Les adresses en IPv6 sont codées sur 128 bits – soit 3,4×1038 adresses possibles – autrement dit, plus de risque de saturation.

Pour Nigel Titley, responsable de 6UK, l’organisme chargé de la promotion de l’IPv6 au Royaume-Uni, le passage au nouveau protocole est une démarche complexe qui impactera l’ensemble d’une organisation, du fonctionnement de la messagerie à la gestion de la paye : « il y a un certain nombre de différences à considérer entre IPv4 et IPv6 et la transition ne se fera pas d’un simple clic ».

Le principal problème technique est l’incompatibilité entre les protocoles IPv4 et IPv6. Les sites qui passent en IPv6 devront donc conserver une adresse en IPv4 s’ils souhaitent rester accessible à l’ensemble des internautes. Les serveurs DNS (Domain Name Server) qui assurent la correspondance entre l’adresse IPv4 d’un site et son nom de domaine devront également relier ce nom de domaine à une adresse IPv6. Et l’ensemble des intermédiaires dans le réseau, les fournisseurs d’accès et les routeurs, devront également être capables de supporter les deux systèmes d’adressage.

Le passage à l’IPv6 pourrait également poser un problème de sécurité pour les organisations. Dans un rapport publié en juin 2011, la société Gartner notait que les solutions de sécurisation des réseaux IPv6 disponibles sur le marché étaient aujourd’hui en deçà des offres pour l’IPv4.

Le passage à l’IPv6 n’est en rien obligatoire. C’est pourquoi la plupart des organisations ne l’ont toujours pas adopté. Cependant, avec l’expansion d’Internet, via les terminaux mobiles et l’Internet des objets notamment, les entreprises n’auront bientôt plus le choix si elles désirent continuer à se développer. Il reste encore 5 milliards de personnes à connecter au réseau Internet, et cela ne sera pas possible avec l’IPv4.

Avec moins de 5 % de ses sites disponibles en IPv6, le Royaume-Uni se classe en 21e position en termes d’adoption du nouveau protocole. C’est la France qui arrive en tête de ce classement avec près de 60 % des sites prêts pour l’IPv6. Ce résultat est dû aux deux principaux hébergeurs français, Gandi et OVH, qui affectent systématiquement une adresse IPv6 aux sites qui s’enregistrent chez eux.

L’urgence du passage à l’IPv6 est devenue plus tangible encore en février 2011, lorsque l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority), organisation sous la tutelle de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), chargée de l’octroi des adresses IPv4, a distribué ses derniers lots d’adresses aux 5 Registres Internet Régionaux (RIR), eux mêmes chargés ensuite de vendre les adresses aux organisations. Le RIR de la région Asie, l’APNIC, est le premier à avoir vendu tous ses lots en avril 2011. Le RIR de la région Europe, RIPENCC, devrait vendre ses dernières adresses IPv4 d’ici juillet 2012. Enfin selon les prévisions, et dans l’hypothèse où la politique d’assignement des adresses IPv4 reste inchangée, le RIR de la région Afrique, l’AFRINIC, devrait distribuer les dernières adresses IPv4 disponibles en octobre 2014.

En savoir plus : Bulletins Electroniques

Ouverture du premier laboratoire asiatique consacré aux médias sociaux

Le département d’Electronique et d’Informatique de l’Université de Sciences et Technologies de Hong Kong (HKUST) a inauguré le 15 février 2012 le « HKUST NIE Social Media Laboratory », premier laboratoire asiatique spécialisé dans l’étude des technologies relatives aux médias sociaux. Les médias sociaux occupent actuellement une place très importante sur le web à travers les réseaux sociaux, le partage de vidéo, les blogs ou les podcasts. Les missions de ce nouveau laboratoire seront de développer de futurs systèmes pour ces modes de communication sur le web et de renforcer les partenariats entre le monde de la recherche et le secteur commercial.

Le « HKUST NIE Social Media Laboratory » travaillera en étroite collaboration avec Cyberport, un parc technologique créé par le gouvernement hongkongais et dédié aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Les étudiants pourront ainsi bénéficier d’un soutien technique de la part des entreprises localisées dans le parc technologique. Ils seront aussi encouragés à participer à des formations, des ateliers, des séminaires et des forums afin de suivre les dernières évolutions en matière de technologies numériques. Le laboratoire travaillera également en partenariat avec le géant de la télécommunication  » PCCW « .

En savoir plus : Bulletins Electroniques

Un logiciel libre pour des robots toujours plus intelligents

La conception de logiciels pour robots est une tâche particulièrement complexe qui nécessite de gros investissements. Difficile donc pour de petites structures de se lancer dans ce type d’aventure.

L’Institut National des Sciences et des Techniques Industrielles Avancées (AIST) a créé un ensemble logiciel open-source dénommé « OpenRTC-aist », ouvert à tous les développeurs, permettant de simplifier le développement de robots dits intelligents. OpenRTC-aist constitue une brique d’un grand projet de mise à disposition d’outils pour le développement logiciel de robots, appelé ROBOSSA (ROBOt Software Suite, AIST). Ce projet est financé par le METI (Ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie) et la NEDO (Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles). OpenRTC-aist complète ainsi la plateforme logicielle OpenRTM-aist (publiée en 2010) et la « toolchain » OpenRTP-aist.

OpenRTC-aist est composé plusieurs modules, remplissant chacun une fonction élémentaire (travailler, se déplacer et communiquer). Ces fonctions sont en effet nécessaires à la fabrication de robots dits intelligents. D’autres fonctions spécifiques aux robots intelligents sont également intégrées à cette plateforme : la reconnaissance d’objets et la reconnaissance vocale, ou encore la détection du positionnement du robot dans une pièce. Chacune de ces briques logicielles peut être facilement assemblée par le développeur comme bon lui semble afin de créer son programme personnalisé. Il est même possible d’installer ces programmes sur des robots déjà commercialisés afin par exemple d’en élaborer des versions plus intelligentes.

De par sa gratuité, l’AIST espère rendre service aux universités effectuant des recherches sur la robotique ainsi qu’aux PME souhaitant intégrer plus facilement le marché de la robotique.

En savoir plus : Bulletins Electroniques

Publié par C.H.

Les mashups d’entreprise et le Cloud

A la croisée du Web 2.0 et des problématiques d’intégration des données et des processus métier, les mashups d’entreprise fournissent une solution pratique pour la composition rapide de nouvelles applications personnalisées.

Un mashup d’entreprise permet de connecter ensemble des parties d’applications existantes, tels qu’un CRM, un ERP ou un SCM, des applications mainframe ou AS400 (écrans verts) avec des widgets Web 2.0 (géo-localisation, outils de communication et réseau sociaux) et des services Web. Plus avancé qu’un simple portail, le mashup permet aux différents composants de communiquer les uns avec les autres et fournit de nouvelles expériences utilisateurs riches basées sur l’approche RIA (rich Internet application), disponibles dans un browser, un poste de travail et même sur les smartphones.

Toutefois, si la création d’un mashup grand public, combinant des widgets bien connus tels que Google Maps est quasiment à la portée de tout utilisateur Internet, la réalisation et le déploiement d’un mashup d’entreprise reste un tout autre challenge.

Tout d’abord, il faut pouvoir se connecter aux applications de l’entreprise. Le plus souvent, celles-ci n’ont pas été conçues pour être intégrées facilement. Quelques rares plateformes de mashups permettent de capturer les écrans et logiques métiers des applications critiques sur mainframe ou sur le Web et de les publier ensuite sous forme de widgets ou de services Web. Cette capture reste une tâche complexe et nécessite de comprendre les contraintes d’une architecture informatique. C’est pourquoi certaines plateformes de mashup fournissent deux environnements de développement : un pour les informaticiens qui auront en charge la production des widgets (aussi appelés mashables) et un autre beaucoup plus simple, à destination des utilisateurs métier, pour assembler les widgets au sein de mashups.

Tester et maintenir leurs mashups sans complexité additionnelle

Restent alors les étapes de déploiement et d’administration des mashups en production. Si les utilisateurs qui ont mis au point leurs propres mashups doivent ensuite demander l’acquisition, la configuration et l’administration de nouveaux serveurs, ils risquent de se retrouver dans une situation de dépendance vis-à-vis de la DSI, ce qui annule en partie l’intérêt des mashups. C’est là qu’une solution de type Cloud apporte une réponse nouvelle à ce besoin. Si la plateforme de mashup est disponible en version Cloud, les utilisateurs peuvent alors directement déployer, tester et maintenir leurs mashups sans complexité additionnelle.

Pour les mêmes raisons, le Cloud est une formidable plateforme d’évaluation des mashups pour les entreprises, puisqu’il suffit uniquement de downloader un environnement de développement, prototyper quelques mashups et les déployer dans le Cloud, juste en quelques clics, et sans avoir à provisionner des serveurs spécifiques.

En production, l’élasticité du Cloud (capacité à adapter dynamiquement les ressources aux besoins) fournit une excellente opportunité pour les startups et les PME. Il est possible de démarrer l’exploitation de mashups avec juste les ressources nécessaires, puis de monter en charge progressivement, en accompagnant le succès commercial. Il n’est donc plus besoin d’anticiper une possible montée en puissance ou des pics de fréquentation par de lourds investissements initiaux. A l’inverse, en cas de problème (une situation pas si rare en période de crise), il sera toujours possible de faire machine arrière en allouant simplement moins de ressources dans le Cloud et ne pas avoir à gérer la réassignation, technique et financière, de serveurs devenus inutiles.

Les grands comptes préfèreront quant à eux une solution mixte qui permette un déploiement des mashups à la fois dans le Cloud mais aussi sur des serveurs locaux. Ceci facilite l’intégration des mashups dans une politique globale de gouvernance IT, tout en conservant l’avantage de la simplicité d’évaluation. Cela permet aussi de donner du temps aux grands comptes pour bien maîtriser les enjeux de sécurité du Cloud et les aspects contractuels.

A noter qu’une véritable plateforme Cloud Mashup est plus qu’un simple déploiement manuel de mashups dans Amazon EC2. Tout d’abord, la plateforme Cloud Mashup évite d’avoir à découvrir puis maîtriser le déploiement dans le Cloud, mais surtout elle apporte des mécanismes d’administration propres aux mashups qui renforcent le SLA (Service Level Agreement) par défaut du fournisseur de Cloud.

Par Eric Samson, Product Marketing chez Convertigo&

L’essentiel de Reach (mars) 2/2

Evaluation des substances : les entreprises ont une obligation de communication

(15/03/2012)
Un avis paru au Journal Officiel du 15 mars rappelle aux entreprises leur obligation de communication auprès de l’Anses concernant les substances à évaluer définies par le plan d’action triennal de l’ECHA (CoRAP). A ce stade, la seule obligation qui pèse sur les entreprises fabricantes ou importatrices est de transmettre les données concernant les substances inscrites au CoRAP et pour lesquelles elles sont déclarantes.

Elles doivent alors prendre contact avec le déclarant principal afin de participer aux discussions techniques concernant l’évaluation faite par un Etat membre. Pour les substances évaluées par la France, les déclarants peuvent se rapprocher directement de l’Anses – direction des produits réglementés. Le CoRAP indique que la France doit évaluer 10 substances sur 3 ans.  ’avis est disponible sur :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000025510861&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

 

REACH : la restriction du chrome hexavalent dans les articles en cuir en projet

 

(16/03/2012)
L’ECHA lance une consultation de six mois sur une proposition danoise de restriction de la mise sur le marché des articles en cuir contenant du chrome hexavalent. Elle souhaite toutefois recueillir le maximum de remarques avant le 1er juin 2012. Le chrome hexavalent est connu pour causer des dermatites de contact graves chez l’homme, à des concentrations mêmes faibles. Ce risque existe en particulier lorsque cette substance est présente dans les chaussures et autres articles en cuir. Plus d’information sur :
http://echa.europa.eu/en/view-article/-/journal_content/a19f3846-4158-4351-8304-39de35c35f1b

Substances enregistrées

(16/03/2012)
La base de données de l’ECHA contient, à ce jour, 4 326 substances et des informations provenant de 25 307 dossiers d’enregistrement REACH.
http://echa.europa.eu/web/guest/information-on-chemicals/registered-substances

Revue 2012 de REACH

(19/03/2012)
L’article 138(6) du règlement REACH prévoit que la Commission européenne procède, au plus tard le 1er juin 2012, à un examen afin d’évaluer si le champ d’application du règlement doit ou non être modifié en vue d’éviter que celui-ci n’empiète sur d’autres dispositions communautaires applicables. La Direction générale de la prévention des risques (DGPR), autorité compétente nationale pour la mise en œuvre du règlement REACH, a souhaité procéder à cet examen en prenant en compte le contexte, notamment industriel, français. L’examen s’appuie sur des cas concrets collectés auprès d’industriels et de fédérations d’industriels (fabricants, importateurs, utilisateurs en aval).

Registre d’intention pour la classification et l’étiquetage harmonisé

(20/03/2012)
Sept nouvelles intentions ont été ajoutées au registre d’intention pour la classification et l’étiquetage harmonisés. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/web/guest/registry-current-classification-and-labelling-intentions

Nouvelle version du « Guide pour l’identification et la désignation des substances dans le cadre de REACH et du CLP

(22/03/2012)
L’ECHA a publié la version 1.2 du guide pour l’identification et la désignation des substances dans le cadre de REACH et du CLP. Ce guide est disponible en 22 langues. La version française est disponible sur :
http://echa.europa.eu/documents/10162/13643/substance_id_fr.pdf

Webinar pour les utilisateurs en aval : 23/04/2012

(22/03/2012)
L’ECHA a annoncé qu’un webinar s’adressant aux utilisateurs en aval qui reçoivent des scénarios d’exposition aura lieu le 23 avril prochain. Une partie de ce webinar sera également consacrée à la question de la communication des usages pour les enregistrements de 2013.
http://echa.europa.eu/support/training-material/webinars (en bas du tableau)

Analyses de COV : la norme est modifiée

(23/03/2012)
La norme d’analyse des composés organiques volatils (COV) des peintures et vernis est modifiée (norme ISO 11890, parties 1 et 2). Cette modification résulte d’un arrêté paru le 23 mars au Journal officiel et qui entre en vigueur le 1er avril prochain. L’arrêté du 27 février 2012 modifie l’arrêté du 29 mai 2006 relatif à la réduction des émissions de composés organiques volatils dues à l’utilisation de solvants organiques dans certains vernis et peintures et dans les produits de retouche de véhicules. L’arrêté est disponible :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025554251&dateTexte=&categorieLien=id

Webinar

27/03/2012
L’ECHA a publié les présentations et vidéo relatives au Webinar organisé le 27 mars et portant sur l’identité des substances et le partage des données dans un SIEF. Ces éléments sont disponibles sur : http://echa.europa.eu/web/guest/support/training-material/webinars

Modification de l’inventaire classifications & étiquetage

(29/03/2012)
L’ECHA a mis à jour l’inventaire C&L (modifications mineures). Avec cette mise à jour, l’inventaire comporte les notifications provenant de  96 425 substances. Cet inventaire public est disponible sur : http://echa.europa.eu/information-on-chemicals/cl-inventory
News de l’ECHA : http://echa.europa.eu/web/guest/view-article/-/journal_content/872361ec-86d0-418d-84ed-775ac6c0d507

 

Par Céline Nectoux, ingénieur environnement CNRI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dernières NEWS REACH :

Et aussi :

News Environnement : mars 2012

Climat : de nouvelles simulations françaises pour le prochain rapport du GIEC

A l’automne 2013, le GIEC qui, rappelons-le, est le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat, publiera le premier volet de son nouveau rapport d’évaluation, le cinquième, les quatre premiers ayant été publiés respectivement en 1990, 1995, 2001 et 2007. Trois groupes et une équipe spéciale composent le GIEC. Le premier traite des éléments scientifiques de l’évolution du climat, à savoir son observation, sa compréhension et son estimation future. Le second s’intéresse aux questions concernant la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et naturels aux changements climatiques, les conséquences de ces changements et les mesures d’adaptation. Enfin, le troisième et dernier groupe s’occupe des mesures d’atténuation.

Quant à l’équipe spéciale du GIEC, elle est en charge des inventaires nationaux de gaz à effet de serre. Or pour établir leurs conclusions, les auteurs de ce 5ème rapport vont s’appuyer notamment sur les résultats de l’exercice de simulations du climat passé et futur (CMIP-5), réalisé dans le cadre du Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC), dont la réalisation mobilise une large communauté scientifique internationale dans laquelle sont impliqués de nombreux chercheurs français essentiellement du CNRS, du CEA, de Météo-Fance, de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) et l’UVSQ (Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

Par rapport aux exercices précédents, plusieurs innovations sont à noter dans le CMIP-5 : la prise en compte de scénarios incluant des politiques climatiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation de modèles plus complexes et plus précis, une évaluation approfondie de la capacité des modèles à reproduire le climat passé et les mécanismes qui sous-tendent son évolution, enfin la réalisation d’une série de prévisions rétrospectives du climat des cinquante dernières années et d’un exercice de prévision pour la période 2010-2035. Précisons que lors des précédents exercices, les simulations avaient été effectuées de manière linéaire.

Pour commencer, les chercheurs établissaient des scénarios d’émissions de gaz à effet serre à partir d’hypothèses concernant les évolutions démographiques, sociales, économiques et technologiques à l’échelle du globe. Aussi les projections climatiques étaient-elles les réponses des modèles numériques à ces scénarios d’émissions. Or dans le cadre du CMIP-5, les groupes de travail ont donc retenu une nouvelle approche, dans laquelle modélisateurs du climat et économiste ont travaillé en parallèle, les premiers pour effectuer des projections climatiques, les seconds pour élaborer des scénarios socio-économiques. Ceux-ci ont travaillé à partir de « trajectoires » d’évolution des concentrations de gaz à effet de serre, ce que les spécialistes appellent les « Representative Concentration Pathways », les RCP.

Rappelons que ces trajectoires proviennent des résultats des recherches les plus récentes menées à partir de modèles intégrant les évolutions socio-économiques et climatiques. Cette démarche permet ainsi aux économistes d’établir des scénarios qui explorent toutes les possibilités d’évolutions technologiques et socio-économiques permettant de rendre compte de ces RCP, notamment ceux qui prennent en compte des politiques climatiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, une hypothèse qui n’avait pas été explorée lors des précédents exercices.

C’est donc dans ce cadre que la communauté climatique française vient d’achever un nouvel exercice majeur de simulations du climat passé et futur à l’échelle globale. « Les nouvelles données dont nous disposons confirment les conclusions du dernier rapport du GIEC sur les changements de températures et de précipitations à venir », résume Jean Jouzel, chercheur CEA au sein du Laboratoire des Sciences du Climat de l’Environnement (CNRS/CEA/UVSQ) et membre du GIEC. Ainsi une tendance à l’augmentation des températures est observée à l’horizon 2100 pour tous les scénarios. Cela dit, celle-ci est évidemment plus ou moins marquée selon le scénario envisagé. Pour le plus sévère, la hausse est de 3,5 à 5° C, alors qu’elle n’est que de 2° C pour le plus optimiste. Notons cependant que ce dernier scénario ne peut être atteint que par l’application de politiques climatiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les résultats obtenus par les simulations françaises confirment également une intensification du cycle hydrologique, cycle qui, rappelons-le, met en jeu les précipitations et l’évaporation à l’échelle planétaire.

Autre confirmation, la fonte de la banquise Arctique qui, dans le scénario le plus pessimiste, disparaît en été, vers 2040, voire 2060, selon le modèle utilisé. Parallèlement, de nouvelles réponses sont apportées par les simulations couplant le climat au cycle du carbone. Celles-ci montrent en particulier qu’il faudrait rapidement diminuer les émissions anthropiques et atteindre des émissions « négatives » d’ici la fin du XXIème siècle. L’analyse de cet ensemble de simulations réalisées par la communauté climatique française combiné aux simulations des autres groupes internationaux devrait apporter à terme un nouveau regard sur le lien entre les activités humaines et le climat, à la fois au cours des dernières décennies et, surtout, dans les décennies et les siècles à venir.

En savoir plus : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69533.htm

Catastrophe des boues rouges : la commission d’enquête accuse l’usine d’alumine et les autorités

Le responsable de la commission d’enquête parlementaire, Lajos Kepli, a indiqué Mardi 28 février 2012 que le déversement de boue rouge ayant frappé trois villes de l’ouest hongrois en octobre 2010 pouvait être attribué en premier lieu à la négligence de l’usine d’alumine Mal dont le réservoir a éclaté, mais également aux autorités. Il explique que la catastrophe a été causée par une série d’erreurs ainsi que l’approche négligente et irresponsable du propriétaire des lieux.

En octobre 2010, la rupture d’un réservoir d’une usine de production de bauxite-aluminium avait provoqué le déversement d’1,1 millions de mètres cube de boues rouges dans la région de Devecsera (voir BE Hongrie 30, « Catastrophe des boues rouges : évaluation des risques » [1]). Le déversement de produits toxiques avait alors tué dix personnes, blessé près de 300 autres, détruit des centaines de bâtiments, anéanti toute vie dans deux petites rivières de la région et pollué plus de 1000 hectares de terres. L’ensemble des dommages causés avait alors été évalué à des dizaines de milliards de forints.

Lajos Kepli, député du Jobbik (parti nationaliste radical), a qualifié d’absurde le fait que le réservoir n’ait jamais obtenu de licence, et que son contenu n’ait pas été classé matière dangereuse. Il a également accusé les gouvernements précédents pour leur incapacité à adopter des directives de l’Union Européenne qui auraient pu empêcher la catastrophe. Le secrétaire d’Etat de l’Intérieur Mr András Tallai a quant à lui indiqué que le gouvernement approuvait les principales conclusions de l’enquête.

En savoir plus : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69494.htm

Publié par P.T

Les entreprises et internet : l’enquête

Malgré l’essor constant de l’achat en ligne depuis plusieurs années, les TPE et PME françaises ne se sont pas encore majoritairement orientées vers la vente en ligne comme nouveau canal de vente : c’est à partir de ce constat que la Commission « Ventes et Marketing » de l’ADEN (Association Nationale pour le Développement Numérique) a décidé de mener cette enquête.

« Nous avons pour objectif d’évaluer l’adhésion des professionnels français à l’économie numérique, et cette enquête montre clairement qu’un nombre important d’entre eux restent encore sourds au potentiel commercial que représente un site internet et la possibilité de toucher des dizaines de millions d’internautes français », explique Stéphane Escoffier, Directeur général de Doyousoft et Président de la Commission « Ventes et Marketing » de l’ADEN.

« Malgré tout, nous constatons une accélération significative du nombre de sites internet créés ces derniers mois, et ce sur l’ensemble du territoire national : un professionnel sur cinq interrogé indique d’ailleurs être soit en phase de création d’un site, soit avoir le projet d’en avoir un », ajoute-t-il.

Des indicateurs encourageants…

Plus de la moitié des entreprises interrogées (51%) déclarent avoir un site Internet : elles sont majoritairement équipées en site vitrine, les sites marchands représentant moins du tiers des sites créés.

Si l’équipement ne cesse d’augmenter, le rythme s’est fortement accéléré sur les dernières années, comme en témoigne la courbe d’ancienneté des sites : ainsi le nombre de sites créés a connu une croissance de 69% en 2009-2010, avec un quasi doublement des sites e-commerce sur la même période (+91%).

Quelles sont les principales raisons qui motivent les professionnels à créer un site Internet pour leur entreprise ? De très loin, l’objectif est clairement de doper l’activité commerciale de leur entreprise : gagner, sur le web, de nouveaux clients et de nouvelles commandes. Les TPE-PME attendent en effet autre chose que de la simple visibilité sur la toile : le gain de notoriété est un objectif secondaire par rapport à celui de gains de clients, talonné de près par l’objectif d’augmenter le chiffre d’affaires.

Autre question posée par l’enquête : les sites marchands s’avèrent-il contributeurs de chiffre d’affaires ? La réponse est oui, puisque les deux tiers des sites e-commerce créés génèrent plus de 5% du chiffre d’affaires total des entreprises équipées. Et un tiers enregistre entre 6% et 50% de leurs ventes avec leur site marchand.

Si l’on regarde plus précisément les sites vitrines, contrairement à une idée reçue, ceux-ci ne représentent pas une étape intermédiaire vers un site marchand. Certes 21% des sites vitrines ont d’ores et déjà prévu de passer ultérieurement à la vente en ligne sur leur site. Mais deux gérants de sites vitrines sur trois affirment n’avoir aucune intention de le faire. Et parmi les sites e-commerce existants, ils sont une minorité à avoir démarré sous forme de site vitrine.

« Les dirigeants de TPE & de PME sont bien conscients aujourd’hui que la vente à distance par le biais d’un site e-commerce ne constitue pas l’aboutissement obligatoire d’une stratégie Internet motivée par des ambitions commerciales », commente Stéphane Escoffier.

…mais aussi des freins et des réticences

Si près de la moitié des entreprises interrogées indiquent avoir un site internet, à l’inverse la même proportion avoue ne pas en avoir. Elles sont même  31% à n’avoir aucun projet de création de site. Parmi ces « neto-sceptiques », une forte majorité affirme ne pas voir l’utilité de créer un site Internet pour leur activité. Cependant, seulement 13% de ces entreprises ont réellement essayé d’en créer un pour en évaluer les bénéfices commerciaux.

Pour les 18 % de TPE-PME souhaitant se doter d’un site internet, plusieurs freins existent, et les deux tiers de ces entreprises déclarent rencontrer des difficultés pour réaliser ce projet.

Parmi les principaux freins évoqués, le temps arrive en 1ère  position avec près de 40% de réponses.

Vient ensuite la question des compétences : la moitié des entreprises désirant s’équiper indiquent que leur manque de compétences informatiques ou techniques constitue une difficulté pour la réalisation de leur projet. Un sentiment également partagé par la moitié des entreprises sans projet de création de site.

Pourtant, une fois le site créé, le constat est tout autre. Chez les e-commerçants : ils sont plus de 9 sur 10 à considérer que la création d’un site marchand est davantage un projet commercial qu’informatique. 87% affirment que leur entreprise gère elle-même le site marchand, et seul un tiers estime que la gestion quotidienne n’est pas simple et exige une expertise informatique.

Autre  frein mentionné par les entrepreneurs interrogés, et non des moindres : le coût, qui refroidit clairement les velléités de nombre d’entre eux :

  • ainsi, parmi les entreprises sans projet, les deux tiers estiment qu’un site Internet coûte trop cher,
  • l’aspect financier est aussi la 2ème difficulté annoncée pour plus de la moitié des entreprises porteuses d’un projet.

Interrogées sur le budget de création de leur site, les entreprises équipées indiquent un budget médian de 2500€ pour un site marchand et de 900€ pour un site vitrine, ce qui constitue une vision assez juste de la réalité actuelle du marché.

« Pour les 49% de TPE et de PME qui n’en sont pas encore dotées, créer et gérer ensuite au quotidien son site internet est le plus souvent assimilé à un véritable parcours du combattant, compliqué, générateur de temps, nécessitant des connaissances voire des compétences spécifiques, sans oublier un investissement financier, dont ils ne parviennent pas toujours à évaluer le retour et les bénéfices ».

« Un accompagnement semble clairement leur manquer, comme le confirment les 17% de porteurs de projets qui peinent à trouver un interlocuteur sur le marché… ainsi que le quart des entreprises qui ont pour projet un site marchand et qui avouent être perdues pour comparer les devis des différents prestataires internet…  », ajoute Stéphane Escoffier.

Publié par P.T

Réputation 2.0 : Un patron peut-il et doit-il bloguer librement ?

À l’heure où les questions de l’identité numérique et de la présence en ligne sont désormais d’incontournables critères constitutifs de la réputation globale d’un individu, la démarche entreprise par Jean-Bernard Lévy marque-t-elle l’amorce d’un virage dans la communication des patrons plus généralement adeptes de la traditionnelle conférence de presse, de la tribune encadrée dans un journal reconnu, voire de l’ascèse médiatique pour les plus discrets d’entre eux ? Bloguer n’est effectivement pas neutre pour un dirigeant d’entreprise mais peut-il raisonnablement en faire l’impasse aujourd’hui, a fortiori si celui-ci évolue lui-même dans l’univers de la communication, de la technologie et du digital ? Eléments (non-exhaustifs !) de réflexion.

Avec ou sans eux, la conversation est déjà active

Selon les sources et les études, les chiffres de l’activité des médias sociaux français peuvent légèrement varier. Mais une chose est acquise : la conversation est bel et bien prolixe avec plus de 10 millions de blogueurs actifs, 23 millions de comptes Facebook et 1,6 millions de fils Twitter en l’espace de quelques années seulement. Si une vaste majorité ne se soucie guère de la vie des entreprises et des prises de position de ses dirigeants, d’autres au contraire scrutent, dissèquent, interpellent et parfois critiquent avec virulence. ONG, activistes de tous bords, syndicats, influenceurs ayant pignon sur rue ou même simples citoyens engagés ont bien saisi la nouvelle donne. Révolu le temps d’un patron indéboulonnable que l’on pouvait uniquement contester en comité d’entreprise ou en déployant des banderoles sous les fenêtres de ses bureaux. Aujourd’hui, ce dernier peut se retrouver sous la mitraille numérique à l’instar des élus politiques et des journalistes de renom.

Pourtant, dès l’émergence des réseaux sociaux, quelques patrons n’ont guère hésité à investir ce nouveau mode de communication. Le plus pionnier et emblématique d’entre eux est sans nul doute Pierre Bilger (décédé en mars 2011). Ancien haut-fonctionnaire puis PDG du groupe industriel Alstom jusqu’en 2003, Pierre Bilger se lance dès janvier 2005 dans ce qui était encore à l’époque une terra incognita défriché par quelques précurseurs férus d’Internet et de débats d’idées. Dans un de ses premiers billets, il explique le sens de sa démarche (1) : « L’opportunité qu’offrent les blogs à ceux qui en prennent l’initiative ou y participent est de pouvoir s’exprimer et échanger sans que les opinions formulées déclenchent immédiatement des protestations autres que verbales ou des mouvements de révolte ou des grèves conduisant à la paralysie totale ou partielle des institutions qui sont l’objet du débat. Cette situation d’irresponsabilité permet d’aborder les sujets difficiles sans faux semblants. C’est l’envie qui me prend à un moment où une nouvelle fois notre système éducatif fait l’objet d’une réforme ».

Certes libéré de son « devoir de réserve » d’ex-dirigeant d’un des fleurons de l’industrie hexagonale, l’homme n’en utilise pas moins sa notoriété et son bouillonnement d’idées pour alimenter avec vigueur son nouvel espace d’expression numérique tout en confessant humblement qu’il apprend à mesure qu’il avance (2) : « Je ne sais pas si le blog est le « nouveau mythe du web », comme l’a écrit dans Le Monde Luc Fayard ; mais ce dont je suis certain qu’il ne faut pas lui demander plus qu’il ne peut donner : le blog ne va pas révolutionner la démocratie, pas plus que les sites Internet d’ailleurs ; il constitue simplement un instrument de transmission des informations des opinions en concurrence ou/et en complément avec les autres médias, son avantage compétitif étant la simplicité et l’instantanéité ».

Loin des yeux, loin du blog

En dépit de hérauts patentés incitant les patrons à s’impliquer dans la blogosphère comme le célébrissime Loïc Le Meur ou encore le consultant Jacques Froissard, peu de grands dirigeants osent cependant franchir le pas. Même si dès août 2004 sous l’impulsion du communicant Guillaume du Gardier, se crée pourtant dans cette optique le « CEO Bloggers Club » qui entend précisément (3) « réunir des chefs d’entreprise bloggers et leur permettre d’échanger leur expérience dans l’utilisation du blog comme vecteur de communication d’entreprise ». L’association comptera jusqu’à 90 membres avant de disparaître quelques années plus tard.

Parmi les convertis de la première heure, d’aucuns poursuivent encore aujourd’hui l’aventure du blog. C’est le cas par exemple de Louis Le Duff. Fondateur du groupe éponyme qui compte en son sein des enseignes connues comme la Brioche Dorée, Pizza Del Arte, Fournil de Pierre, il ouvre en 2006 un blog intitulé « En toute franchise ». Avec un objectif affiché d’emblée : promouvoir l’entrepreneuriat sous la bannière d’une franchise et souligner son apport à la croissance économique du pays. Aujourd’hui encore, le blog est régulièrement mis à jour avec notamment des billets où Louis Le Duff partage la substance de ses rencontres et discussions avec des acteurs économiques.

Néanmoins, à la différence de leurs homologues d’Outre-Atlantique, les patrons français n’ont guère manifesté jusqu’à présent un tropisme affirmé à l’égard des blogs. Dans l’Hexagone, difficile de trouver un équivalent à John Chambers, ancien PDG de Cisco ou Jonathan Schwartz, ancien PDG de Sun dont le blog était traduit en 11 langues et les billets guettés comme le lait sur le feu par la communauté geek. Un « désert des Tartares » numérique que confirme une étude menée par l’agence TBWA Corporate en septembre 2011 sur la présence des grandes entreprises françaises sur Twitter.

Les enseignements sont édifiants ! Parmi les patrons du CAC 40, quatre d’entre eux seulement disposent d’un compte Twitter mais avec des statistiques frôlant l’inactivité. Lakshmi Mittal (Arcelor Mittal) compte par exemple 1732 abonnés mais n’a publié que … 3 tweets ! Pas de quoi rassasier les suiveurs. Plus bavard est Henri Proglio, PDG d’EDF avec 92 tweets émis vers ses 200 abonnés mais ceux-ci sont en fait des re-tweets issus du compte officiel de l’entreprise. A croire que ce compte Twitter a transformé Henri Proglio en super attaché de presse numérique !

Si Ben Verwaayen, PDG d’Alcatel Lucent, compte quasiment autant de fidèles que son homologue d’EDF, il n’est en revanche pas vraiment prolifique en matière de tweets avec un seul et unique tweet en octobre 2010 au compteur pour promouvoir … le blog officiel de l’entreprise. PDG d’Essilor, Hubert  Sagnières ne recueille qu’une centaine de followers. Et pour cause ! Le compte est muet depuis octobre 2009. Depuis l’étude de TBWA, un 5ème PDG du CAC 40 s’est posé sur Twitter : Jean-Paul Chifflet. Posé mais figé puisque les stats sont toutes à zéro !

PDG et blogueur, le mariage de la carpe et du lapin ?

Devant ce peu d’entrain numérique, on peut s’interroger sur cette désertion de la blogosphère par les patrons. Dans un livre paru en janvier 2011 intitulé « Les médias sociaux expliqués à mon boss », les deux auteurs et blogueurs chevronnés, Yann Gourvennec et Hervé Kabla, ont pointé plusieurs éléments qui nourrissent la réticence des dirigeants d’entreprise à investir l’agora numérique. Il y a d’abord les freins de la culture managériale avec notamment la peur de la perte de contrôle du discours et le champ de mines juridique que les réseaux sociaux recèlent à leurs yeux.

Autre argument souvent brandi pour ne pas sauter le pas : l’adage « Time is money ». En d’autres termes, un blog est perçu comme chronophage dans son écriture et aléatoire dans son retour sur investissement. Comme si toutes les réunions auxquelles sont contraints d’assister par ailleurs les patrons étaient en revanche des investissements toujours fructueux en termes de retombées et d’opportunités !

Ce qui fait dire avec humour aux deux auteurs (4) : « Lorsque vous demanderez à votre propre patron d’écrire pour vos blogs d’entreprise (…), vous solderez ainsi définitivement la question du retour sur investissement car votre patron comprendra ainsi que les blogs d’entreprise permettent de faire des choses qui étaient impensables avant. En effet, quel autre moyen a-t-il à sa disposition qui lui permettre de partager sa vision stratégique avec le monde entier en appuyant simplement sur un bouton ? ».

La remarque est d’autant plus pertinente que les patrons, qu’ils le veuillent ou non, sont l’objet de discussions régulières par des tierces personnes issues de leur écosystème professionnel. Exemples piochés au gré de l’actualité récente : Paul Hermelin, PDG de Cap Gemini, Lars Olofsson, PDG de Carrefour et Philippe Varin, PDG de PSA. Lorsque vous faites une recherche sur les moteurs, vous tombez invariablement sur les incontournables biographies officielles et … les commentaires plus ou moins acides d’observateurs du secteur sur leur gouvernance d’entreprise dans la presse et … les blogs. En revanche, on ne trouve nulle trace d’une expression émanant d’eux-mêmes hormis des interviews accordées çà et là dans les médias.

Et si un président bloguait ?

C’est exactement la question que s’est appliqué à lui-même Nicolas Bordas, président de l’agence de communication et de publicité TBWA France. Dans la foulée de son livre « L’Idée qui tue » sur les idées qui ont changé la face du monde, il décide d’ouvrir son blog personnel en mai 2009. Dans son premier billet, il explique clairement sa motivation (5) : « Mon seul regret est d’être obligé de figer les exemples  illustrant mon propos alors que je vois passer chaque jour dans tous les domaines des idées fraiches, anticonformistes ou simplement réjouissantes, qui s’opposent à la pensée unique, conservatrice et conventionnelle, et qui mériteraient  d’être relevées. D’où l’idée de ce blog, modeste contribution au grand bouillon de culture que constitue Internet, partant du principe que cette matière bouillonnante est la source même de l’inspiration. Le principe de ce blog ? Des petites et des grandes idées “disruptives”,  qui remettent en cause des idées reçues préexistantes. Elles commencent toutes par “Et si ?”, et pourront faire l’objet d’un vote des internautes pour déterminer dans chaque secteur, “l’idée qui tue”, c’est à dire celle qui a le plus de chance de devenir une opinion dominante dans le futur. Merci de votre contribution ! ».

Pratiquement trois années plus tard, le blog de Nicolas Bordas est devenu un must en la matière pour qui passionne pour la création publicitaire, la communication innovante et les réflexions sur l’air du temps. Un investissement que ne regrette nullement son auteur comme il s’en explique dans cette vidéo.

Des patrons influenceurs, ça existe

Outre le contact avec la « vraie vie » de la communauté et la possibilité de mieux maîtriser sa réputation numérique,  le blog constitue également pour un patron l’opportunité de clarifier ses prises de position, d’expliciter ses décisions, voire faire part de ses humeurs et/ou de ses combats. L’illustration la plus aboutie réside sans conteste dans le blog du célèbre patron de l’enseigne de distribution éponyme, Michel-Edouard Leclerc. On aime ou on déteste le personnage mais force est d’admettre qu’il manie son blog à la perfection. Ouvert en janvier 2005, il s’en sert activement comme caisse de résonnance pour faire connaître et justifier les défis qu’il mène dans la libre concurrence, le pouvoir d’achat, le développement durable, etc.

Dans l’éditorial de présentation de son blog baptisé « De quoi je me MEL », le trublion de la grande distribution est sans équivoque sur ses motivations (6) : « L’évolution du traitement de l’information par les grands médias permet de moins en moins de développer des arguments à l’appui des prises de position. C’est trois minutes à la télévision pour traiter le problème des OGM ou quelques lignes dans la presse sur le pouvoir d’achat. Il est des sujets qui ne peuvent se limiter à des effets d’annonce, un titre « slogan » ou une « photo choc ». Plus frustrant encore, l’absence de dialogue. Internet ouvre dans ce domaine de nouvelles possibilités d’information et d’échange que je souhaite explorer. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de créer « De quoi je me M.E.L » simplement pour permettre à ceux qui le désirent, d’en savoir plus et de pouvoir donner leur point de vue ». Et même s’ils ne le reconnaîtront pas spontanément, les journalistes couvrant le secteur ont les yeux rivés sur ce blog au ton volontiers décapant !

Dans un autre registre mais tout aussi abouti en termes de contenu, on peut signaler le blog de Françoise Gri, présidente de Manpower France. Lancé en février 2009, celle qui mène la destinée de la fameuse entreprise de travail temporaire en France, mise également sur le principe d’un blog pour alimenter le débat sur les thématiques de l’emploi comme elle l’écrit en préambule du blog (7) : « Si je souhaite ouvrir aujourd’hui cet espace de réflexions et de dialogues autour des questions sociétales inhérentes aux problématiques de l’Emploi et du Travail, c’est que je suis persuadée que nous assistons depuis quelques mois, à l’émergence d’un paradigme nouveau en la matière, dont on ne mesure vraiment ni l’ampleur des changements qu’il induit, ni le rythme qu’il impose, ni même le temps nécessaire à sa gestation (…) Je souhaite donc que ce blog soit un espace d’expression et de dialogue. C’est avec le plus grand intérêt que nous accueillerons ici le débat, aussi vif soit-il, tant qu’il s’y mène de manière ouverte et constructive, dans le respect de ses participants ».

Le ton y est certes plus policé mais Françoise Gri publie très régulièrement des billets contenant d’authentiques réflexions et regards qui contribuent à la positionner comme une dirigeante désireuse de faire avancer les choses et pas seulement focalisée sur le « bottom line » de son compte d’exploitation. En ces temps où la réputation s’établit aussi sur des dimensions autres que l’excellence à manier les bilans financiers dans les roadshows pour analystes, cet espace de communication est un atout indéniable. A condition de le nourrir avec honnêteté, conviction et ne pas l’encombrer de cette « novlangue » qui a tendance à souvent métastaser à travers les éléments de discours que des communicants zélés emboîtent comme des briques de Lego.

Conclusion – Encore un effort, Monsieur Lévy !

En libérant un peu plus sa parole, Jean-Bernard Lévy pourrait disposer d’une plateforme de communication réellement influente et lue.

S’il a l’incontestable mérite d’exister et de se livrer à un exercice qu’aucun de ses confrères n’a accepté jusque-là, le blog de Jean-Bernard Levy laisse un peu sur sa faim. Il n’en est certes qu’à ses premiers pas et évoluera probablement au regard du retour d’expérience mais force est de constater que l’initiative sent encore un peu trop l’amidon corporate. La tonalité des billets est plus proche des classiques communiqués de presse que de l’expression d’une veine personnelle. Il est évident que Jean-Bernard Lévy ne peut pas tout dire d’autant que son groupe est coté en Bourse et qu’à ce titre, certains écrits peuvent avoir des répercussions non négligeables sur le cours de l’action de l’entreprise.

Néanmoins, on aimerait en avoir plus de la part d’un des acteurs majeurs de l’industrie de la communication, des contenus et du divertissement. A cet égard, Jean-Bernard Lévy aurait toute légitimité pour y exprimer sa vision du marché, partager des choses vues lors de ses déplacements et ses échanges avec d’autres dirigeants dans le monde entier. Au lieu de cela, les billets postés jusqu’à présent ont plus le goût de compte-rendus quelque peu corsetés de conférences et événements auxquels le PDG de Vivendi a participé. Je reste persuadé qu’en libérant un peu plus sa parole et en donnant plus de profondeur à ses posts, Jean-Bernard Lévy pourrait disposer d’une plateforme de communication réellement influente et lue.

Ainsi, dans son billet du 25 octobre, il évoque Blizzcon, un événement mondial s’adressant aux gamers adeptes des jeux vidéos. Plutôt que de lire un billet très factuel, le lecteur aurait aimé en savoir plus sur la vision de Jean-Bernard Levy sur ce secteur, voire livrer quelques chiffres symptomatiques. Bref, quelque chose qui aille au-delà de l’exercice un peu compassé. Gagner ses galons de patron blogueur suppose qu’on en donne plus. Sinon la démarche risque d’être perçue au mieux comme sans intérêt par la blogosphère, au pire comme une imposture qui peut alors revenir comme un boomerang désagréable !

Par Olivier Cimelière / Le blog du Communicant 2.0 / Le Plus, Le Nouvel Observateur

 

Sources

(1) – Blog de Pierre Bilger
(2) – Blog de Pierre Bilger
(3) – CEO Bloggers Club
(4) – Hervé Kabla & Yann Gourvennec – « Les médias sociaux expliqués à mon boss » – Editions Kawa – Janvier 2011
(5) – Blog de Nicolas Bordas
(6) – Blog de Michel-Edouard Leclerc
(7) – Blog de Françoise Gri

Pour en savoir plus

– Edouard Laugier – « Je blogue donc j’influence » – Le Nouvel Economiste – 22 octobre 2010
– Hervé Kabla & Yann Gourvennec – « Les médias sociaux expliqués à mon boss » – Editions Kawa – Janvier 2011
– Agence Hopscotch – « Deuxième baromètre de l’e-réputation des patrons français » – Septembre 2010
– Agence Reputation Squad – Interview du consultant Minter Dial : « Comment convertir les grands patrons au Web social » – 31 mai 2010

 

 

Olivier Cimelière

Après avoir été reporter en presse écrite et en radio à la sortie de son école de journalisme (CELSA), Olivier s’est orienté vers la communication d’entreprise au sein de grandes entreprises internationales dans successivement le secteur pharmaceutique (Bœhringer Ingelheim), le secteur alimentaire (Nestlé Waters) et le secteur des technologies de l’information et de la communication (Ericsson & Google). Olivier compte plus de 20 ans d’expérience professionnelle en communication, relations presse et réseaux sociaux. Il anime en outre un blog personnel sur la communication, l’information, la réputation et la distorsion d’image : www.leblogducommunicant2-0.com. Il est l’auteur d’un essai intitulé « Journalistes, nous avons besoin de vous !  »

« Les réseaux sociaux d’entreprise transcendent la hiérarchie et ont tendance à aplatir la pyramide »

Techniques de l’Ingénieur : Comment définit-on les réseaux sociaux ? Quels sont ceux existant, publics et professionnels ?

Anthony Poncier : Généralement, on distingue trois types de réseaux sociaux. Les réseaux sociaux grand public comme Facebook ou Twitter, bien que la frontière ait tendance à se diluer étant donné que de plus en plus de professionnels sont présents sur Facebook avec des pages « fan » pour du e-commerce. Après, il y a les réseaux qualifiés de « professionnels » (Viadeo, LinkedIn) qui sont accessibles à tout le monde. Et puis il y a ce qu’on appelle les « réseaux sociaux d’entreprise », qui sont eux limités à la sphère de l’entreprise.

Même si l’entreprise peut les ouvrir à ses clients, ces réseaux sont contrôlés intégralement par l’entreprise qui les met en place. On ne peut y accéder que via un login et un mot de passe. La frontière est davantage fermée. L’idée de ces réseaux sociaux est de faire travailler ensemble les collaborateurs et les partenaires, de produire de la valeur à travers la coproduction, le travail en commun et notamment le conversationnel.

David Fayon : Les réseaux sociaux sur Internet ont des caractéristiques communes avec les réseaux sociaux dans la vie. Toutefois, ils possèdent des singularités propres : rapidité des contacts, connaissance des contacts de ses contacts, vision instantanée du réseau et de ce qu’il s’y passe. Ils servent à communiquer autour d’une marque, de ses produits, de ses services, à générer du buzz, nouer des contacts, recruter, améliorer la gestion de la relation client, innover, développer son chiffre d’affaires. Parmi les réseaux sociaux internes aux entreprises, on distingue des outils variés (Sharepoint, Yammer, Chatter, Bluekiwi, etc.).

Comment sont-ils utilisés ?

A.P. : Cela dépend des entreprises, chacune va déployer des usages particuliers. Mais les usages que l’on va retrouver le plus souvent sont la gestion des connaissances, la manière de capitaliser sur un certain nombre de savoirs. Tout en sachant que pendant très longtemps, dans les années 90, la gestion des connaissances était orientée vers les documents alors qu’aujourd’hui elle se tourne plus vers les personnes. La question étant de « trouver la bonne personne, qui va me donner la bonne information au bon moment. » D’où le côté conversationnel.

De cette manière, les gens sont mis en réseau et peuvent ainsi mieux se connaître. On va avoir des profils enrichis au travers d’un nombre d’informations à la fois personnelles et professionnelles. Cela va permettre de comprendre « qui fait quoi, qui est qui dans l’entreprise ». Cela revient à emprunter la démarche de Social CRM, où l’on va coproduire avec les parties prenantes externes pour améliorer un produit ou un service. L’idée est de mettre les gens en réseau pour les amener à travailler ensemble et produire plus de valeur ajoutée pour eux comme pour l’organisation au sein de laquelle ils travaillent.

D.F. : Des entreprises comme Google ont su utiliser les concepts tels que la mise en place d’une démarche collaborative pour partager le savoir entre des communautés identifiées et des experts. En décloisonnant les directions de l’entreprise afin de valoriser le savoir, l’esprit d’entreprise et d’équipe s’en trouve renforcé.

Que changent les réseaux sociaux en termes de méthode et d’organisation du travail ?

A.P. : Cela remet, en partie, en question les silos. Avant, chacun travaillait « dans son coin ». Même si ce n’est pas l’outil qui va changer radicalement la donne, le RSE permet de travailler avec des gens à l’autre bout du monde et de transcender plus facilement la hiérarchie : « Je suis au marketing, je vais pouvoir m’adresser plus facilement au N+2 de quelqu’un qui serait au RH, au même niveau que moi ». Cela a tendance à aplatir la pyramide. Que ce soit d’un point de vue géographique, organisationnel ou au niveau hiérarchique, cet outil est un facilitateur pour mettre les gens en réseau.

Peut-on considérer le RSE comme une nouvelle manière d’envisager le recrutement ?

A.P. : Énormément de jeunes qui vont se faire recruter, s’interrogent sur les outils utilisés par l’entreprise. Ils se demandent : « Est-ce que je vais retrouver ce que j’ai en externe, dans l’entreprise ? ». Les entreprises mettent leurs réseaux sociaux en valeur, dans le sens où elles aussi sont jeunes et dynamiques. Cela donne une autre image de l’entreprise et ça peut avoir un impact sur le recrutement.

Quelles sont les opportunités liées à ces réseaux sociaux ?

A.P. : Les entreprises choisissent de mettre en place des RSE car cela permet de joindre l’ensemble des salariés, de renforcer le lien social et de créer de la cohésion. Le but est d’accélérer l’innovation au sein de l’entreprise, d’éviter de répéter une erreur. Avec l’idée d’éviter de réinventer la route de façon permanente. On sait que dans 60 % des cas, alors que le livrable existe, on a tendance à repartir de zéro au lieu de le reprendre et de l’améliorer. On espère ainsi accroître la performance.

D.F. : Au préalable, la mise en place d’un RSE suppose une certaine taille critique pour l’entreprise ou l’organisation. Pour une petite PME de moins de 20 salariés, l’intérêt est peu évident. Des entreprises françaises ont la possibilité de se démarquer, dans le cadre de la mise en place de RSE, par rapport aux entreprises qui ne s’inspirent pas de ces évolutions.

Quelle est la rentabilité pour les RSE ?

A.P. : Avec l’obligation de rentabilité inévitable, on a tendance à calculer forcément le retour sur investissement. Mais ce n’est pas parce qu’une chose ne se mesure pas, qu’elle n’a pas de valeur. Et l’erreur qui est principalement faite, c’est de vouloir mesurer le RSE. Le RSE est un outil. Ce qu’il faut mesurer, c’est l’impact du RSE sur les processus business. « Je réduis mon temps sur un projet grâce à l’aspect collaboratif, je rends un travail de meilleure qualité et le client est plus satisfait dans un temps moindre ». Là, je mesure l’impact de mon processus business.

Quels sont les risques liés à ces réseaux sociaux, en termes de vie privée, confidentialité des données, productivité ?

D.F. : L’utilisation d’un réseau social comme Facebook peut engendrer une forme de distraction, une baisse de productivité… Pour un marketeur, le fait d’être sur Facebook peut s’avérer utile pour faire du profiling, des sondages ou différentes opérations marketing. En revanche, pour un salarié lambda, cela peut être vu comme un gadget s’il y passe trop de temps sachant qu’il s’agit aussi d’un juste milieu à trouver.

S’il y passe quelques minutes, cela peut s’avérer bénéfique pour l’entreprise. On passe d’une pause cigarette à une pause Web. Des études ont même montré que les salariés qui surfaient le plus étaient également ceux qui avaient le plus de productivité, qui communiquaient plus facilement, qui étaient les plus créatifs…

Toutefois, il est bon de se déconnecter de temps en temps afin de se consacrer deux heures à l’avancement d’un dossier de fond ou pour échanger physiquement sans être dérangé. Et contrairement à la machine à café où les échanges sont oraux, il n’existe pas d’oubli dans la vie numérique, les écrits restent. Une vigilance s’impose donc. L’utilisation d’informations sur l’activité des salariés peut également constituer un risque de « flicage ».

A.P. : Déjà, les gens ne sont pas obligés de remplir leur profil intégralement. Ils choisissent les informations qu’ils vont partager, au travers de conversations, de mails au sein de l’entreprise. Alors qu’une fois que le mail est lancé, on ne peut plus modifier son contenu. Dans le cas du RSE, on s’adresse à une communauté donc la perte de données est limitée. La frontière est fermée.

Sur la question des risques liés aux RSE, il y a plus une part de fantasme que de réalité. Quand on voit Dassault System qui travaille sur des systèmes pointus de l’innovation du secteur de la défense, mettre en place un RSE, c’est bien parce que ce risque est secondaire. Le RSE est un espace clos, fermé. Un collaborateur peut utiliser d’autres moyens de communication pour échanger. La question pourra se poser le jour où l’on considérera que l’on peut utiliser des informations personnelles pour évaluer les performances d’un employé. Là, il y aura une discussion qui se fera avec les IRP (Institutions Représentatives du Personnel) ou la CNIL.

Y’a-t-il un réel engouement pour les RSE ? Sont-ils sur le point de devenir une réalité ?

A.P. : On considère que c’est seulement depuis l’année dernière et cette année qu’il y a un vrai décollage des RSE. Au début, il a fallu que certains se projettent et prennent des risques pour lancer ce mode de communication. Or, ces derniers temps, il y a de plus en plus de retours d’expérience positifs. Le sujet est un peu plus mature, les entreprises s’aperçoivent qu’il y a un vrai enjeu, un vrai lien. Et surtout, il y a une demande de plus en plus forte de la part de leurs collaborateurs parce qu’ils le voient dans d’autres entreprises. Ce que l’on trouve au sein des réseaux externes est en train de rentrer au sein de l’entreprise. À défaut de se transformer en organisations 2.0, les entreprises créént des RSE. En cela, les RSE deviennent une réalité car ils sont toujours plus nombreux.

Pour quelles raisons, selon vous, l’introduction des réseaux sociaux dans les grandes entreprises connaît une très forte accélération depuis 2010 ?

D.F. : Plusieurs facteurs l’expliquent. D’une part, l’apparition de nombreux outils en réseau avec des fonctionnalités répondant à des usages. D’autre part, la direction intègre progressivement le fait que les réseaux sociaux ne constituent pas une mode, mais un phénomène durable avec des sources d’opportunité pour fluidifier sa communication, interagir, développer ses produits et services. Enfin, c’est également lié à la génération Y (les « digital natives » nés entre le début des années 1980 et 1995, qui frappent aux portes de l’entreprise) qui exerce une pression forte afin de travailler de manière collaborative avec des outils ou des services proches dans l’interface homme-machine de ceux qu’ils utilisent à des fins personnels.

Puisque cette génération est appelée à devenir omniprésente dans les prochaines années, l’entreprise doit être consciente de ces phénomènes structurants, notamment pour fidéliser ses salariés qui ont en moyenne un attachement moins fort à l’entreprise que leurs aînés.

A.P. : Les outils, en effet, progressent rapidement et deviennent toujours plus performants. Il suffit de regarder les médias sociaux d’entreprise, les outils d’il y a deux ans comparés à ceux actuels. Mais fondamentalement, il n’y a pas de rupture complète. On s’aperçoit plutôt qu’il y a un vrai retour positif et donc les gens s’engagent dans la brèche.

Quelles sont les innovations futures concernant les RSE ?

A.P. : On parle de plus en plus de « digital workplace », un environnement virtuel qui va être accessible par l’ensemble des collaborateurs, où qu’ils se trouvent. L’espace de travail est en voie de se redéfinir, ce qui fait que la frontière entre la vie personnelle et la vie professionnelle est en train de se flouter.

De même, il y a un certain nombre d’informations que l’on doit aller chercher soi-même au sein du RSE. On va voir que les réseaux sociaux  vont devenir de plus en plus intelligents. En rapport à ce que j’ai pu publier, à ce que j’ai mis sur mon profil, je vais avoir des informations qui « vont être poussées vers moi ». C’est l’ère du Big data. L’information qui se trouve sur le net, tout un tas de données extrêmement importantes sont en train de nourrir les systèmes d’information, y compris ces réseaux sociaux d’information. Ce qui veut dire que les flux business, les différents flux du reste d’Internet, vont faire remonter des informations, triées, analysées pour m’aider à prendre des décisions, à construire des choses avec mes collègues, mes partenaires, mes clients. Les interactions seront démultipliées, en temps réel. Ce qui va me permettre de produire de l’intelligence collective.

D.F. : On sera plus dans une gestion du temps événementielle avec un mode off ou online. Être connecté au réseau social tout étant visible de ses contacts, ou être connecté sans être visible si je ne veux pas être dérangé. Le rapport aux données sera crucial dans les technologies émergentes. Les stockages de données dans le Cloud, que ce soit le Cloud public ou Cloud privé, vont se généraliser. L’aspect évolution législative ne sera pas à occulter, notamment par rapport aux données et à leur utilisation. La réalité augmentée sera intégrée dans les réseaux sociaux, nous aurons la généralisation des QR codes.

Propos recueillis par Sébastien Tribot

 

David Fayon est directeur de projets SI à La Poste, et co-auteur des ouvrages « Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques », (2011, éd. Pearson) et « Facebook, Twitter et les autres…» (2010, éd. Pearson).

Anthony Poncier est directeur/consultant chez Lecko en management et entreprise 2.0 et l’auteur du livre « Les réseaux sociaux d’entreprise : 101 questions ».

 

Pour aller plus loin :

Participez à la formation Techniques de l’Ingénieur :

La boîte à idées 2.0 est maintenant offerte gratuitement

L’entreprise considère alors avoir franchi une étape importante en permettant à ses employés de s’exprimer et de participer. Elle croit qu’en peu de temps, elle pourra faire de grandes économies en appliquant les suggestions de ses employés. Toutefois, la réalité est parfois un peu différente.

Un problème, une réfléxion, une idée !

En effet, l’entreprise, même si elle est remplie de bonnes intentions, oublie parfois qu’il ne faut pas se limiter à mettre en place un endroit où les gens peuvent s’exprimer, il faut aussi faire quelque chose de ces idées! Et le plus souvent, il y en a beaucoup à gérer suite à l’implantation. Effectivement, les employés peuvent enfin s’exprimer et toutes idées (ou même réquisitions) seront tentées par cette nouvelle voie de communication avec la direction. Les idées et commentaires déferlent donc à un rythme effréné!

Mais a-t-on pensé à la façon dont on procèderait pour analyser toutes ces idées et mettre en place les idées retenues ? Il faudra discerner les bonnes idées, des réquisitions insensées ou farfelues, et ceci n’est pas toujours une mince tâche. Il faut assurer un suivi et informer les gens de l’analyse, de la faisabilité ou non et de la décision qui a été prise concernant leurs idées.

Quoi de pire que de donner la parole à quelqu’un, mais ne pas être prêt à l’écouter. C’est comme dire à quelqu’un ton point de vue est important pour nous, mais on ne changera rien de toute façon ! Tu as beau avoir les meilleurs idées au monde, on n’a pas le temps de les écouter de toute façon ! C’est la pire chose à faire pour démotiver les gens et les rendre craintifs face à d’autres tentatives ultérieures. Combien de fois j’ai rencontré des entreprises très fières d’avoir entrepris des initiatives d’amélioration continue, mais dont la boîte de suggestion était couverte de poussière ? Plusieurs fois…

Augmenter l’estime des employés

La boîte à idées sera un levier pour augmenter la participation et l’estime des employés. De cette façon, il paraît plus réaliste d’espérer retirer le meilleur d’eux même et préparer une culture qui est propice à l’amélioration et au changement.

Par Pascal Veilleux

Source : NSI Solutions

Microsoft propose un système permettant d’accéder à ses données, sans recourir au Cloud

Cette solution logicielle se base sur le « Somniloquy », un périphérique matériel dévoilé en 2009 par des chercheurs de Microsoft et de l’Université de Californie à San Diego. Ce dernier vient se placer entre la machine hôte et son contrôleur réseau. Il se présente pour l’instant sous la forme d’une clef USB qui intègre un processeur ARM, un espace de stockage sur carte SD et une interface réseau Ethernet et Wifi.

En 2009, le « Somniloquy » était présenté comme un proxy matériel permettant d’économiser de l’énergie tout en étant capable de répondre à des requêtes depuis l’extérieur sans réveiller entièrement le système hôte. Cette nouvelle application développée par les chercheurs, ZZFS, peut se décrire comme une sorte de système de fichiers distribué entre plusieurs équipements. Le logiciel installé sur le « Somniloquy » synchronise le système de fichiers du système hôte sur son espace de stockage (la carte SD). Les utilisateurs peuvent ensuite naviguer de manière transparente dans l’arborescence des fichiers sans réveiller le système hôte. Lorsque l’utilisateur souhaite charger un fichier qui ne se trouve pas dans la zone de stockage du « Somniloquy » qui sert de mémoire tampon, le réveil du système hôte est alors déclenché.

Dans le cadre de cette étude, les auteurs ont réalisé un sondage auprès des utilisateurs pour mieux connaître leurs usages liés à la gestion de leurs données et à l’utilisation des services de synchronisation dans le nuage. Selon cette enquête, les utilisateurs estiment que le partage et l’accessibilité des données est plus importante que la sécurité de ces dernières. Autrement dit, de nombreux utilisateurs ont recours à des solutions de synchronisation dans le nuage qui consomment des ressources de stockage et de calcul, alors qu’ils souhaitent seulement pouvoir y avoir accès au moment où ils en ont besoin.

Fort de ce constat, les chercheurs estiment que leur solution pourrait permettre la mise en oeuvre d’une politique de gestion des données plus saine. Les utilisateurs pourraient ne synchroniser sur un serveur tiers que les données jugées critiques.

Les auteurs reconnaissent toutefois quelques limites. La plus gênante d’entre elle est la latence. En effet, le réveil du système hôte peut prendre de 1 à 25 secondes. Les chercheurs notent toutefois que le temps de réveil des systèmes a tendance à se réduire (moins de 3 secondes pour la dernière version de Mac, moins de 10 secondes pour Windows 7). Les chercheurs ajoutent que certaines applications peuvent intégrer des fonctionnalités permettant de pré-charger les données. Par exemple, dans le cadre de la lecture de musiques, l’effet gênant de la latence peut être atténué si le logiciel de lecture intègre une fonction de pré-chargement du morceau musical suivant.

Enfin, pour l’instant une telle solution reste réservée aux utilisateurs ayant un certain bagage technique puisqu’il faut tout de même être capable de configurer sa connexion Internet (routeur) pour que l’équipement que l’utilisateur souhaite synchroniser puisse être accessible depuis l’extérieur rendre accessible leurs équipements depuis l’Internet.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69454.htm)

Management des nouvelles technologies et e-Transformation

Le management des Technologies de l’information et de la communication (TIC) prend en compte, à travers la notion de « webisation », l’extension du e-business à tous les domaines de l’entreprise. Cette approche systémique nécessite d’analyser les liens croisés de l’entreprise avec ses clients, ses partenaires et ses fournisseurs.

La notion de « e-Transformation » considère que les technologies de l’information et de la communication sont un dispositif, technologique et humain, plutôt qu’un simple outil. Elle nécessite de déterminer l’organisation interne en relation avec ces technologies, à travers les processus, les procédures et le management pour apprécier l’efficience du système d’ensemble.

La qualité de la réponse apportée aux utilisateurs devient plus importante que la performance technique. De même, les impacts et les effets de ces technologies sur l’entreprise sont mesurés avec précision.

Lire la suite ici

Mashups – Architecture des applications Web tactiques d’entreprise

Les « mashups » sont une nouvelle forme d’applications représentative de l’appropriation par l’informatique d’entreprise des standards, protocoles et usages rendus populaires par le développement généralisé du Web. Elles se caractérisent par la prise en main de l’architecture technique du Web, navigateurs modernes et Cloud Computing, par des utilisateurs-développeurs pour réaliser des applications tactiques propres à leurs besoins.

Lire la suite ici

Veille sur Internet – Facebook, Google et curation

La complexité croissante du monde exige une capacité d’anticipation, d’écoute et d’action accrue pour accompagner les transitions, orienter les mutations et faire évoluer les comportements, les valeurs humaines et les relations vers une société humaniste. Les grandes transitions mondiales que nous vivons redessinent peu à peu un nouveau monde avec des changements de paradigmes, la fin de l’abondance, les ruptures structurelles, les nouvelles concurrences, les transitions démographiques, les mutations électroniques et l’entrée dans la société de la connaissance. Et peut-être passerons-nous d’un modèle de croissance quantitative à un modèle de croissance qualitative. La société de la connaissance dans laquelle nous nous trouvons transforme les rapports de l’Homme face à l’information, aux outils de communication et aux rapports entre humains. Cette société redéfinit les nouvelles caractéristiques du capital humain qui devient la valeur clé des organisations, qui représentent les yeux et les oreilles collectives de l’entreprise centrale et transforment les compétences et les périmètres des entreprises. Ainsi, les « acquis immatériels » des entreprises deviennent de plus en plus importants et la maîtrise collective et individuelle des outils numériques, des méthodes de recherche, d’échange et de partage d’information sont une des clés de voûte des entreprises du futur.

Dans cette boîte à outils numériques, la veille sur internet a pour objectif de mieux appréhender les tendances, les signaux faibles et les ruptures possibles pour les entreprises.

Les entreprises ont à faire évoluer les compétences des salariés afin de surveiller l’environnement économique, concurrentiel, technologique et à faire interagir ses salariés sur des réseaux sociaux externes et sur des réseaux sociaux d’entreprise.

L’internet, territoire numérique de surveillance, d’échange et de partage, nécessite une définition des périmètres de la veille et impose la maîtrise d’outils et de méthodes spécifiques à cet espace. L’espace internet est régi par des nouvelles lois physique, numérique et juridique, et les échanges d’information sont des vecteurs d’images et de E-réputation que les entreprises doivent aujourd’hui maîtriser. Dans cet espace, les « guerres de l’information » existent et imposent aux entreprises de mettre en place des stratégies d’attaque ou de défense en vue de leur pérennité. Il est donc stratégique de savoir comment les rumeurs se construisent pour savoir comment s’en protéger.

La surveillance de l’internet est donc aujourd’hui vitale pour les entreprises et si elles maîtrisent totalement leurs environnements informationnels, alors cette surveillance est un facteur de développement.

Avec l’évolution de l’internet, la multiplicité des protocoles, des technologies et des usages, l’enjeu pour les entreprises est de participer à la surveillance interactive du web social et donc de maîtriser les méthodes, les outils et les usages des blogs, des microblogs (Twitter), des moteurs de recherches, des agrégateurs de flux, du « social bookmarking », de la curation et des réseaux sociaux que nous proposons de voir dans ce dossier.

Lire la suite ici

 

Une nouvelle technologie pour le stockage de l’énergie houlomotrice

En 2010, Björn Gotthardsson a effectué sa thèse de master à l’Université d’Uppsala à partir de l’idée de Richard Nilsson, diplômé de l’Université de Norrköping, qui a conçu une nouvelle technologie d’énergie houlomotrice : le Wavebox Wave Energy Converter ou Wavetube. L’objectif était de déterminer la capacité réelle du système à produire de l’énergie. Ce travail a été supervisé par Richard Bensow de l’Université technologique Chalmers et Ingvar Rask de SSPA Sweden AB, une société proposant des conseils dans le domaine maritime. L’étude a été financée par l’énergéticien public suédois, Vattenfall, complétée par une aide financière de Richard Nilsson.

Le Wavetube consiste en une bouée formée d’un tube central contenant 5 turbines hydroélectriques, relié à 2 plateaux extérieurs par des « pontons » permettant la circulation de l’eau. L’énergie est transférée lorsque la vague percute la bouée et l’incline suffisamment pour que, dans un premier temps, l’eau circule de la partie centrale inférieure vers un des plateaux extérieurs. Dans un deuxième temps et sous réserve d’un angle de tangage suffisamment important, l’eau va circuler du plateau extérieur vers la partie centrale et à travers les turbines hydroélectriques. Des clapets sont installés afin d’éviter la circulation de l’eau en sens inverse.


 

Pour une puissance de 300 kW, le Wavetube doit mesurer 24 mètres de long, 23 mètres de large et pèse 150 tonnes à vide. Il est ensuite rempli de 400 mètres cube d’eau répartis dans les trois plateaux. Les résultats de l’étude montrent que le système proposé pourrait produire 0,9 kW d’électricité dans un environnement équivalent à celui présent au large des côtes de Hanstholm, au Danemark, et 1,6 kW dans un environnement équivalent à celui trouvé au large des côtes de San Diego, aux États-Unis. L’étude économique montre que la puissance électrique fournie doit être améliorée par un facteur 5 pour avoir une chance d’être économiquement viable.

Avec la création, en 2011, du cluster « Ocean Energy Center » à Göteborg, toute nouvelle initiative dans le domaine de l’énergie houlomotrice est la bienvenue. Richard Nilsson a obtenu un brevet pour son invention du Wavetube en février 2012. En 2013, la construction d’un modèle à l’échelle 1:20 pour un coût évalué entre 200 000 et 250 000 couronnes suédoises est prévue en partenariat avec l’Université technologique Chalmers et SSPA Sweden AB.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69461.htm)

À lire aussi :

Searaser rend l’énergie des vagues disponible à la demande

Une nouvelle vague d’énergies renouvelables

Des chercheurs ont mis au point un robot capable de détruire les mauvaises herbes

Mais lorsque plantes de culture et adventices sont mélangées? Des chercheurs de Gembloux Agro-Bio Tech ont mis au point une méthode de reconnaissance basée sur la hauteur des plantes.

Responsable du service Mécanique et construction au sein de Gembloux Agro-Bio Tech, le Professeur Marie-France Destain, situe d’emblée les recherches que son laboratoire mène aujourd’hui :  » Le service s’est toujours occupé de la mécanisation de l’agriculture. Mais depuis quelques années, nous avons mis l’accent sur les capteurs et les systèmes automatiques. La vision artificielle prend évidemment une place importante dans ce contexte. Mais c’est une vision artificielle un peu particulière puisque située dans un environnement extérieur, très différent d’un milieu industriel où il y a toujours le même éclairage par exemple. Ici, nous sommes en présence d’un éclairage fluctuant, d’un sol qui est très variable, etc. Les conditions environnementales changent constamment. Nous avons commencé par le contrôle de qualité de fruits et légumes et une spin off (Visar) qui propose des machines de tri en temps réel de carottes ou de pommes de terre a été créée. Nous avons aussi fait du contrôle de semences. Dans le cadre d’un nouveau master en sciences et technologies de l’environnement, notre expérience en vision a été réorientée vers des aspects environnementaux et nous sommes ainsi arrivés à la reconnaissance des adventices, c’est-à-dire les mauvaises herbes. C’est un challenge important puisqu’à l’heure actuelle, on utilise beaucoup d’herbicides avec les conséquences que l’on sait. Or, en agriculture biologique, les règlementations sont très strictes et, aujourd’hui, il faut presque toujours travailler de manière manuelle! Une société nous a donc contactés pour étudier l’idée d’un robot qui pourrait reconnaître et détruire les mauvaises herbes automatiquement. « 

Qu’il faille détruire les  » mauvaises herbes  » ou adventices, tout jardiner le sait: elles prennent la lumière, l’eau, les nutriments et l’espace au détriment des plantes qu’on veut cultiver. Sans parler des semences qu’elles ne manqueront pas de semer à tout vent. Chacun sait aussi qu’il existe plusieurs méthodes pour s’en débarrasser : chimiques, non chimiques, intégrées ou, le plus souvent, une combinaison de ces moyens. L’idée d’essayer de faire détruire ces adventices pas des robots n’est pas neuve. Il en existe déjà sur le marché mais ils ne sont utilisables que quand on connaît a priori l’écartement entre les lignes et entre les plantes (et que celui-ci est conservé bien sûr !).

La hauteur des plantes

Mais le défi relevé par les chercheurs gembloutois est d’une toute autre nature: comment faire lorsque plantes de culture et mauvaises herbes sont mélangées? Dans ce cas, évidemment, l’étape la plus importante est celle de la reconnaissance: comment le robot va-t-il être capable de distinguer les plantes qu’il doit détruire de celles auxquelles il ne doit pas toucher ?

La première idée a été la plus naturelle car la plus  » humaine « : différencier les plantes par leur couleur. Mais cela s’est vite avéré être un échec car c’est une caractéristique qui n’est pas assez discriminante, en tous cas pas avec la technologie actuelle, l’illumination non uniforme, tant en intensité qu’en longueur d’onde de la lumière, venant troubler la reconnaissance. Une deuxième possibilité, tout aussi naturelle, est de différencier les plantes par leur morphologie, leurs formes. Mais ici aussi, on se heurte à deux difficultés: la variabilité du feuillage même au sein d’une même espèce et le fait que les feuilles sont souvent superposées, ce qui ne permet pas aux systèmes de vision de distinguer correctement les feuilles.  » Nous nous sommes alors basés sur une idée simple, explique le Professeur Destain. En principe, les bonnes plantes, puisqu’elles sont semées le même jour, poussent à la même vitesse. Les adventices, elles, ont des vitesses de croissance différentes. Donc, à un jour donné, elles auront des tailles différentes!  » Idée simple en effet, mais compliquée à réaliser. Car faire mesurer des hauteurs de plantes en temps réel et en continu par un système pose tout de même quelques problèmes.

Pour y arriver, l’équipe de Marie-France Destain a eu recours à la vision stéréoscopique. Le système le plus connu et le plus simple est la stéréoscopie passive. Dans ce cas, on utilise deux caméras qui doivent viser le même point; le système calcule la hauteur à partir de ces deux points. Mais vu la grande variabilité des cas, cela s’est avéré insuffisant.  » Nous avons donc, explique Marie-France Destain, utilisé une méthode de stéréoscopie active: un projecteur vidéo projette sur la plante une série de franges lumineuses noires et blanches codées, un peu comme un code-barre. La scène perçue par les caméras laisse apparaître des distorsions de lignes, information de relief. Bien sûr, nous ne nous contentons pas d’un seul cliché, il faut en prendre un grand nombre; chaque image est donc formée de plusieurs images intermédiaires. Le principe de décodage repose sur la corrélation entre signaux émis et signaux reçus. « 

Si cette méthode permet des mesures de grande précision, elle présentait cependant un inconvénient: ce qu’elle mesure est la distance plante-caméra et non la hauteur de la plante. Or si le relief est inégal (ce qui est toujours le cas dans les champs!), ce n’est pas parce que la distance plante-caméra est la même pour deux plantes (conditions pour ne pas les détruire) que ces deux plantes ont la même hauteur depuis le sol!  » Il a donc fallu, poursuit Marie-France Destain, corriger les distances caméra-objet en modélisant le relief du sol. Nous reconstituons le sol qui est sous les plantes par une interpolation à partir de pixels de sol visibles sur les images.  » Le système, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet, a été intégré dans un prototype de laboratoire qui a donné toute satisfaction, la reconnaissance étant correcte dans plus de 80% des cas. Le taux n’est évidemment pas de 100%, mais s’il est implémenté sur un robot, celui-ci peut circuler tout le temps dans le champ, à l’instar des robots tondeurs de pelouses.

Intervenir lors d’une période précise

Il reste cependant un point à régler: comment le robot va-t-il savoir qu’il doit intervenir ? Faut-il introduire des données sur les hauteurs de plantes par exemple?  » Non, répond Marie-France Destain. Au départ, on se disait qu’il fallait introduire la date de semis, à partir de laquelle le système allait déterminer la hauteur la plus probable des plantes en fonction de cette date. Mais il y a les aléas climatologiques, etc. Nous avons donc choisi de travailler en tenant compte d’aspects statistiques liés à la croissance des plantes. « 

Sur les courbes présentées ici, on voit qu’à une certaine période, les carottes sont vraiment beaucoup plus grandes que le reste. On isole ainsi une période pendant laquelle le travail du robot sera optimal. Autrement dit aussi, on sait que le système ne fonctionnera pas, par exemple, si on intervient trop tard: comme le montrent les courbes de distribution de probabilité, la différence de hauteur entre plantes et mauvaises herbes ne sera plus discriminante. C’est aussi l’intérêt d’avoir un robot qui passe sans arrêt pour intervenir le plus tôt possible. Le système mis au point à Gembloux l’a été pour la détection des plantes dans la bande semée; en-dehors, on peut intervenir par des solutions existantes, également mécaniques puisque des robots sont déjà commercialisés pour ce type d’intervention. La suite des recherches porte actuellement sur le système de destruction sélective. L’idée est de trouver le système optimal pour détruire les mauvaises herbes en sachant qu’elles sont petites: il pourrait donc s’agir soit d’une destruction thermique (brûler par la chaleur), soit électrique (une faible décharge suffit) ou éventuellement mécanique (arrachage).

Publié par P.T

Source : Bulletins électroniques

Innovation et nanotechnologies : l’OMNT fait le point

Ce document constitue pour les professionnels du secteur une mine d’informations, puisqu’au-delà du travail de veille réalisé, les experts proposent leur évaluation sur les perspectives de développement pressenties, ou encore sur l’évolution comparée des domaines étudiés.

Stéphane Fontanell, le directeur de l’OMNT, résume les objectifs de cette synthèse annuelle : « Notre objectif est de faire de la veille scientifique dans le domaine des micro et nanotechnologies, bien sûr, en proposant également une synthèse sur les avancées majeures de l’année écoulée et une vision du futur, sur le long terme ».

« Eclairer le paysage sur les sujets qui commencent à monter »

C’est grâce à la réunion d’un collège de plus de 350 experts (issus entre autres du CEA, du CNRS, de l’université…), plusieurs fois par an, que l’équipe de l’OMNT élabore cette synthèse. Découpée en quatre thèmes (sciences de la vie, procédés et dispositifs amont, technologies de l’information et de la communication et énergie) et 15 thématiques :

  • Micro et nano systèmes pour la biologie
  • Micro et nano médecine
  • Nanoparticules, nanomatériaux : effets sur la santé et l’environnement
  • Electronique moléculaire
  • Nanoconstruction
  • Nanotechnologies bio-insipirées
  • NEMS
  • Electronique organique
  • Spintronique et nanomagnétisme
  • Nanoélectronique
  • Matériaux et composants pour l’optique
  • Photovoltaïque
  • Batterie et supercacité
  • Thermoélectricité
  • Piles à combustible

« L’idée de ce rapport est de faire sélectionner et commenter par les experts les principales ruptures et tendances scientifiques de l’année écoulée. Ruptures et tendances qui sont illustrées avec les publications clés et les équipes en pointe sur le sujet , ajoute Stéphane Fontanell, le but est de réaliser un véritable document de référence pour le lecteur. Le coté confrontation expert permet de plus d’avoir la vision de l’ensemble de la communauté. »

Depuis le premier rapport publié en 2004, la synthèse annuelle de l’OMNT est devenue un document de référence  indispensable pour les professionnels du secteur, d’autant qu’il n’y a pas vraiment de concurrence pour le moment.

Au-delà de cette synthèse annuelle, l’OMNT a également tenu, le 8 février dernier,  son séminaire annuel. L’occasion, pour l’observatoire, de revenir sur les évolutions marquantes du secteur des micro et nanotechnologies. Cette année, neuf sujets, choisis par les experts de l’OMNT,  ont permis aux participants de se pencher sur les faits marquants de l’année en termes d’innovation et de recherche :

  • Leçon de la photosynthèse pour les nanotechnologies
  • Les premiers pas de l’électronique de spin moléculaire : principes et  résultats récents
  • Parois de domaines dans les nanostructures magnétiques : nouvelles avancées en électronique de spin
  • La recherche de nouveaux matériaux pour la nanoélectronique : « more carbon or beyond graphene ? »
  • Photonique et Optoélectronique THz : Développement récents et applications
  • Microscopie électronique résolue en temps : étude des phénomènes dynamiques à l’échelle nanométrique
  • Pour un développement maitrisé des nanomatériaux : l’approche « Safe by design »
  • Du développement à l’évaluation clinique des nanomédicaments : réalités et contraintes
  • Solaire photovoltaïque : quelles filières pour demain ?

La rédaction de la « veille Actualité » reviendra sur certains de ces sujets dans le détail prochainement, avec la participation des intervenants de l’OMNT.

 

Par Pierre Thouverez

« Créer de la valeur en respectant les exigences du développement durable »

Présentation d’une mission :

Pour le compte d’un client dans le secteur de l’agroalimentaire, sur le segment goûters et desserts, déploiement et éco-conception d’un programme de transformation sous l’angle développement durable composé de 17 initiatives et visant à améliorer significativement l’impact environnemental de l’entreprise tout en dégageant des économies significatives.

Par exemple, des initiatives d’écoconception de produits, de réduction de consommation d’eau et d’énergie des usines ou la mise en place d’une filière d’approvisionnement bas carbone.

Publié par P.T

En savoir plus sur la société Auriverde

Créé en 2008, Auriverde est un Cabinet de Conseil en Stratégie Opérationnelle.

La stratégie : Le Développement Durable.
Devenu un catalyseur de performance pour l’entreprise : facteur d’innovation, source d’économies, moteur de croissance et d’avantage concurrentiel.

Le rôle : Dépasser la simple production de rapports, d’audits techniques ou de calculs scientifiques pour obtenir des résultats tangibles et chiffrés. Définir et déployer des initiatives stratégiques sur le terrain pour concrétiser la performance.
 

En savoir plus siur la société Auriverde

Web 2.0 : Bad buzz, vous avez dit bad buzz ?

Durant la 2e édition du Hub Forum qui s’est tenu les 6 et 7 octobre à Paris, une table ronde a rassemblé plusieurs experts du digital pour décortiquer le phénomène, exemples à l’appui. Le Blog du Communicant 2.0 vous propose une synthèse de ce riche débat. Le « bad buzz » est-il autant à craindre, qui est-il, pourquoi surgit-il et peut-il être évité ? Autant de questions que les panelistes ont évoquées très directement sous la houlette de Thierry Wellhoff, président du Syntec RP.

Un petit clic et tout s’écroule

Pour Warren Buffet, richissime homme d’affaires américain, le constat est sans détours à l’heure des médias sociaux : « Il faut vingt ans pour construire une réputation, il faut cinq minutes pour la détruire ». C’est un fait. Le « bad buzz » peut enflammer la blogosphère (et par ricochets les médias traditionnels) et générer des dommages collatéraux pouvant aller très loin si la posture idoine n’est pas adoptée ou si le temps de latence pour réagir est beaucoup trop lent.

Pour les panélistes de la table ronde du Hub Forum intitulée « #Fail : Bad Buzz & valeurs de l’organisation », l’unanimité est totale. Les risques réputationnels sont montés d’un cran depuis que le Web 2.0 permet à quiconque de s’emparer de la parole et de la diffuser à vitesse éclair pour s’attaquer à une marque, une entreprise ou une personnalité publique. Tous ont cité d’intéressants cas d’étude pour souligner la multiplicité des formes et des impacts qu’un « bad buzz » peut revêtir. En les écoutant, on peut distinguer 6 catégories majeures de « bad buzz ».

Catégorie n°1 : le « bad buzz » réputationnel

Pour quiconque à pignon sur rue, c’est probablement le type de « bad buzz » qui peut durablement affecter l’image d’une entreprise ou d’une marque, rompre la confiance ou l’empathie des parties prenantes, voire dans les pires cas, impacter lourdement les ventes. Ceci est d’autant plus vrai que l’empreinte numérique est la plus puissante des mémoires. Comme cas d’école emblématique, les experts ont spontanément cité les mésaventures de Nestlé et sa marque KitKat qui ont été attaqués en 2010 par l’ONG Greenpeace. Au lieu d’engager la conversation avec ses opposants, la firme helvétique a réagi de façon psycho-rigide soufflant ainsi à ses dépens sur les braises d’un « bad buzz » qui n’en demandait pas temps pour s’embraser (lire à ce propos le billet publié par le Blog du Communicant 2.0, « Nestlé/Greenpeace : pas de pause KitKat sur le Web »).

Dans le même registre, les participants de la table ronde ont évoqué le cas Monoprix. L’enseigne de distribution avait en juillet dernier mis à pied un salarié suspecté d’avoir pris des légumes dans les poubelles du magasin. Une sanction qui a déclenché un torrent de fureur chez les internautes. Les médias s’en étaient d’abord fait l’écho mais la polémique a fortement rebondi sur la toile au point d’amener Monoprix à s’investir dans le débat et de réussir à estomper ce qui aurait pu être un piège létal. Pour une analyse plus complète de ce cas, je vous conseille de visionner le bon billet vidéo de Guy Birenbaum dans sa chronique quotidienne « Deux minutes Net » sur Europe 1.

Catégorie n°2 : le « bad buzz » controverse

Dans cette catégorie, la Toile regorge de polémiques qui éclatent à intervalles réguliers parce que des contenus tendancieux, osés ou tout simplement provocateurs viennent heurter des opinions  fortement ancrées, adverses et peu décidées à passer l’éponge sur ce qu’elles considèrent comme une offense ou un contenu de « très mauvais goût ». Les experts de la table ronde ont cité deux cas récents ayant défrayé la chronique pour la virulence qu’ils ont engendrée sur le Web.

Pour le premier, il s’agit de la nouvelle campagne publicitaire d’Eram. Comme thématique de communication, la célèbre marque de chaussures à petits prix a choisi d’appuyer son plan promo autour de la notion de la famille mais en adoptant un ton volontiers trublion à l’instar de ses pubs un brin déjantées qui ont fait son succès d’antan. Dans les visuels de cette année, étaient en effet présentées des familles qui sortent du sacro-saint tryptique traditionnel « papa-maman-enfant » au profit de familles nettement moins conventionnelles. Le résultat ne s’est pas fait attendre et a déclenché un tollé sur la page Facebook de la marque, notamment de la part d’associations catholiques outrées que l’on puisse ainsi jouer avec des valeurs fondamentales.

Dans une veine assez semblable, la marque épilatoire Veet pensait probablement avoir décroché la martingale publicitaire en lançant sa nouvelle campagne baptisée « Mon minou tout doux » et en misant sur une tonalité sexy et décalée. Question bruit médiatique, le résultat a été effectivement au rendez-vous mais pas forcément en termes de qualité des retombées. Devant les remarques outrées des consommateurs sur Facebook, Twitter et le site Web de Veet, l’entreprise a préféré mettre rapidement un terme à la controverse en remisant définitivement au placard la contestée campagne.

Catégorie n°3 : le « bad buzz » résistance au changement

Pour les experts, cette catégorie est plus impalpable et aléatoire. Elle surgit sans prévenir alors que rien ne laisse vraiment présager de l’émergence d’un « bad buzz ». C’est précisément ce qui est arrivé en mars 2011 avec le mythique bubble-gum Malabar. Cadbury, l’entreprise détentrice de la marque décide en effet de changer le logo de son produit. Exit le blondinet aux gros biscottos et place à un petit chat taquin qui serait plus proche du cœur de cible de la marque (les enfants de 8 ans) que le bodybuildé peroxydé de ces 40 dernières années.

A priori, pas de quoi fouetter un chat sauf que c’est un torrent de commentaires virulents et de critiques négatives qui se déverse sur la Toile et les canaux numériques de la marque avec des slogans du style « Vous avez tué ma jeunesse » !  Un déferlement qui n’est pas sans rappeler la fureur digitale que l’enseigne d’habillement américaine Gap avait générée en son temps en voulant modifier de fond en combler son logo.

Toutefois, François Vogel, directeur général de TBWA Smarts, (et qui a géré le cas Malabar) a tenu à relativiser l’attitude à tenir dans ce genre de situation. La réaction de la blogosphère a certes a été violente mais elle a été sans conséquences particulières sur les ventes de la marque. Dans ce type de « bad buzz », il convient à ses yeux de savoir distinguer les simples fans, les consommateurs avérés et les influenceurs notoires avant d’envisager une réplique ou pas. En écho, Lucille Merra, consultante et chercheur en médias sociaux, souligne que le cas Malabar est une manifestation symptomatique de la résistance au changement émanant probablement d’ « aduslescents » nostalgiques de leur costaud blond.

Catégorie n°4 : le « bad buzz » comme arme militante

Sans doute moins fréquent que les premières catégories évoquées ci-dessus, ce « bad buzz » n’en est pas moins redoutable. Il est fréquemment l’apanage d’associations et d’ONG militant pour une cause et n’hésitant pas à recourir à la mécanique extrêmement virale de la Toile pour attaquer ou mettre sous pression une cible désignée. A ce jeu particulièrement machiavélique, l’organisation écologiste Greenpeace est devenue orfèvre en la matière. Depuis sa passe d’armes particulièrement réussie avec Nestlé et KitKat, Greenpeace multiplie les coups d’éclats en offrant à chaque internaute qui veut, toute une panoplie prête à employer (envoi d’e-mails préprogrammés, pages de pétition, fil Twitter dédiée, logos détournées, etc).

Cet été, la marque automobile allemande Volkswagen en a fait l’amère expérience. Alors que la firme de Wolfsbourg menait en coulisses un intension contre le durcisssement de certaines normes environnementales européennes, elle s’est retrouvée assaillie par l’ONG à travers une campagne Web bien huilée et dont on peut lire le descriptif détaillé dans le billet de la blogueuse MadMoizelle.

Depuis, la mobilisation n’est pas retombée. Durant le salon de l’Automobile de Francfort, Volkswagen a dû une nouvelle fois subir les assauts des militants de Greenpeace dans ses concessions automobiles. Feuilleton « bad buzz » à suivre !

Catégorie n°5 : le « bad buzz » fausse rumeur

C’est peut-être le « bad buzz » le plus vicieux à gérer car il éclate subrepticement et peut prendre d’astronomiques proportions s’il n’est pas enrayé à bon escient. Récemment, l’on a ainsi vu des milliers de lycéens et collégiens manifester spontanément par la simple rediffusion d’un message Twitter alarmiste leur disant qu’un projet de réduction d’un mois des vacances scolaires estivales était sur le point d’aboutir. L’info était un tuyau percé mais elle n’en a pas moins précipité les jeunes manifestants dans la rue.

Les experts de la table ronde se sont attardés sur un autre cas qui aurait également pu tourner au désastre s’il n’avait pas été jugulé prestement. Le 11 mai 2011, un incident voyageur se produit sur la ligne 11 de la RATP à la station Porte des Lilas. La RATP informe très vite les voyageurs mais une personne croit malin de tweeter aussitôt sur une collision grave entre deux rames. En l’espace de quelques minutes, la blogosphère s’échauffe en conjonctures et les médias ne tardent guère à se préoccuper de l’affaire. Grâce au monitoring en temps réel, la RATP parviendra à stopper la rumeur en diffusant à son tour des rectificatifs et en identifiant aussitôt celui qui n’était que « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu » ! Pour en savoir plus, lire l’excellent article de Rue89.

Catégorie n°6 : le « bad buzz » salariés

Aux cas développés par les experts du panel, je voudrais ajouter une sixième catégorie sans doute plus sporadique mais qui là aussi, peut-être vecteur de dégâts réputationnels sans commune mesure. Qu’on le veuille ou non et pour diverses raisons, des salariés mécontents peuvent devenir de redoutables machines à « bad buzz » si elles décident de véhiculer des informations négatives ou très sensibles et peu flatteuses sur leur entreprise. Pour bien cerner les enjeux, on peut se référer à ce propos au billet publié sur le blog du cabinet Altaïde.

Le phénomène n’est pas nouveau mais pour les employeurs qui ne sauront pas déployer une communication interne consistante et ouverte, il est fort à parier que les cas de « bad buzz » issus d’employés se multiplieront à l’avenir. En 2006, Nestlé Suisse avait dû affronter un salarié blogueur anonyme qui avait créé un blog baptisé « Nestlé Suisse Real News » pour dénoncer le management totalitaire et irrespectueux de la nouvelle directrice générale. L’affaire avait fait grand bruit car elle mettait au grand jour des comportements inadmissibles et à mille lieues des valeurs managériales prônées par le géant suisse. Après plusieurs mois de billets accusateurs, la directrice générale a fini par être démissionnée et renvoyée à ses chères études.

Conclusion – Le « bad buzz » n’est pas une fatalité

Tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité impérative d’intégrer les médias sociaux dans leur stratégie de communication en insistant notamment sur deux points particuliers :

  1. la veille numérique pour écouter, repérer et anticiper les signaux faibles pouvant amener une crise ;
  2. un dispositif pour répondre en temps réel. Or, il n’est nul besoin d’être un grand clerc pour constater qu’une majorité de grandes entreprises demeure encore réticente à l’idée de devenir une « entreprise conversationnelle » et préfère fréquemment rester rivée aux bons vieux canons incantatoires « top-down ».

Il y a encore du chemin en effet avant que les entreprises, communicants, dirigeants et marketeurs en tête, ne s’affranchissent de ces réflexes pourtant obsolètes. Au-delà d’une culture orientée vers les médias sociaux encore globalement faible ou alors restreinte à une vision très descendante, bon nombre d’acteurs notoires ont du mal à se faire à l’idée que les internautes participent désormais pleinement à l’alimentation de leur réputation. En bien ou en mal, ils sont devenus avec le Web 2.0 des vecteurs de réputation tout aussi clés que les beaux messages et les sublimes campagnes ciselés par leurs agences. Le « bad buzz » n’est pas une fatalité et peut même être évité. Encore faut-il avoir la volonté d’écouter et de nourrir la conversation en faisant valoir son point de vue tout en tolérant que d’autres puissent avoir une vue différente ou divergente.

Pour en savoir plus sur les intervenants de la table ronde

– Thierry Wellhoff, président du Syntec RP et l’agence Wellcom (Twitter : @ThierryWellhoff) – Voir son interview vidéo sur le « Bad Buzz »
– Bruno Clément, directeur général adjoint Planning stratégique créatif & digital de l’agence Public Système/Hopscotch (Twitter : @brunoclement)
– Lucille Merra, consultante Médias Sociaux Eurêka et chercheur en sociologie (Twitter : @lucileeureka)
– William Ory, responsable E-réputation de l’agence Wellcom (Twitter : @mr_william)
– François Vogel, directeur général TBWA Smarts (Twitter : @francoisvogel)

– A lire et à télécharger également, le guide « e-reputation et identité numérique des organisations » édité par le Groupement français de l’industrie de l’information »

 

Par Olivier Cimelière / Le blog du Communicant 2.0 / Le Plus, Le Nouvel Observateur

 

Olivier Cimelière

Après avoir été reporter en presse écrite et en radio à la sortie de son école de journalisme (CELSA), Olivier s’est orienté vers la communication d’entreprise au sein de grandes entreprises internationales dans successivement le secteur pharmaceutique (Bœhringer Ingelheim), le secteur alimentaire (Nestlé Waters) et le secteur des technologies de l’information et de la communication (Ericsson & Google). Olivier compte plus de 20 ans d’expérience professionnelle en communication, relations presse et réseaux sociaux. Il anime en outre un blog personnel sur la communication, l’information, la réputation et la distorsion d’image : www.leblogducommunicant2-0.com. Il est l’auteur d’un essai intitulé « Journalistes, nous avons besoin de vous !  »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Festival du Film de Chercheur 2012

La devise du festival : « faire comprendre, connaître et aimer la démarche des chercheurs ».

Cette manifestation annuelle permet de rendre visible la recherche en cours à travers des films et de soutenir la production des chercheurs à travers les prix attribués.

Chaque film étant projeté en présence du chercheur, c’est un lieu d’échanges riches et denses entre les chercheurs, les réalisateurs, les producteurs et le grand public.Pour l’édition 2012, du mercredi 6 au dimanche 10 juin, la manifestation s’installe au cœur de la ville, sous 300 m² de chapiteaux, au Parc de la Pépinière de Nancy. 12 films seront en compétition, sélectionnés parmi 123 films inscrits. Le palmarès sera composé comme suit :- le prix « Film de chercheur », dotation de 5000 euros- le prix « Coup de pouce du festival», dotation de 3000 euros.

Le jury est composé de membres de l’organisation, de professionnels de l’audiovisuel et de scientifiques. Les 12 films retenus seront projetés pendant trois journées complètes sous les chapiteaux en présence des auteurs et réalisateurs.

Enfin, une soirée d’ouverture avec un film en avant-première, des soirées projection-débat, des spectacles scientifiques grand-public, une journée de rencontres professionnelles et un concours des chercheurs en herbe viendront accompagner la compétition.

Par Céline.C

« La tribologie permet d’économiser de la matière et de l’énergie »

Techniques de l’Ingénieur : Depuis quand la tribologie existe-t-elle ?

La tribologie existe depuis toujours. À l’âge de pierre, l’homme des cavernes frottait déjà des silex pour se fabriquer des outils et faire du feu. Le terme « tribologie », date lui, de 1966. Il a été proposé par Peter Jost, actuellement président de l’ITC (International Tribology Council) et construit à partir de deux termes grecs : « tribos » qui signifie « frottement », et « logos » qui signifie « lois».  Mais en réalité, le mot semble avoir déjà été évoqué par Leonard de Vinci dans l’un de ses carnets récemment découvert. De Vinci dessinait des schémas de mécanisme et aurait constaté qu’il pouvait y avoir des résistances mécaniques, des frottements.

Quelles sont les causes de détérioration les plus fréquentes des matériaux en tribologie ?

L’usure, dont il existe plusieurs familles : l’usure par adhésion, lorsqu’il y a collage et arrachement des matériaux ; l’usure par abrasion, lorsqu’il y a une particule intrusive qui s’introduit entre les matériaux et qui va enlever de la matière ; l’usure par érosion, où des particules viennent agresser les surfaces ; l’usure par fatigue, dont l’action répétée de contraintes à la surface va fatiguer le matériau et provoquer une émission de particules ou la rupture des composants ; et l’usure par tribocorrosion où la corrosion s’ajoute à l’usure par exemple.

Comment mesure-t-on l’usure d’un matériau ?

Par la perte de dimensions du matériau, la perte de masse, ou la perte de matière.

À quelles disciplines scientifiques la tribologie fait-elle appel ?

À la mécanique des solides et des fluides, à la connaissance des matériaux, à la physique, à la chimie, car il y a beaucoup d’actions physico-chimiques en surface.

Dans quels secteurs industriels la tribologie se révèle-t-elle utile ?

Dans tous les domaines d’activité, dès que des solides ou des fluides sont mis en contact. On en trouve aussi bien en mécanique qu’en transport, qu’en biomécanique (usure des dents, des articulations)…

Quelles solutions existent pour remédier aux phénomènes d’usure et de frottement ?

Les solutions les plus classiques consistent à éviter ou limiter le contact des matériaux en introduisant un lubrifiant entre les surfaces, il s’agit alors de lubrification hydrodynamique, hydrostatique, élastohydrodynamique… D’autres solutions consistent à utiliser des matériaux résistants aux différents types d’usure. On joue sur la structure des matériaux, leurs caractéristiques mécaniques et physico-chimiques pour limiter l’usure. Troisième solution : on introduit des matériaux à structure spécifique entre les solides. On peut, par exemple, utiliser des lubrifiants de type solide, certains composés lamellaires (graphite, bisulfure de molybdène…), qui abaissent les frottements et limitent l’usure. On peut aussi, dans le cas d’engins de travaux publics ou de matériels agricoles, mettre en œuvre des techniques de rechargements avec des métaux durs pour limiter l’abrasion des outils par les particules dures contenues dans le sol.

Quelles sont les techniques les moins classiques ?

Les techniques qui consistent, par champ magnétique, à faire une sustentation magnétique. Ce sont des techniques utilisées dans des circonstances très particulières.

Les nanotechnologies peuvent-elles servir à la tribologie ?

Effectivement, on peut utiliser les nanotechnologies pour limiter l’usure dans certaines circonstances. Par exemple, en renforçant les matériaux par des nanoparticules, que l’on disperse dans une matrice pour former un composite plus résistant. C’est actuellement l’application la plus courante des nanotechnologies dans la tribologie. Inversement, les connaissances en nanotribologie permettent de mieux comprendre certains phénomènes de tribologie tels que l’établissement des liaisons, qui se produisent par exemple dans le cas d’usure adhésive. Ainsi, les modèles de nanotribologie permettent de mieux analyser les phénomènes mis en jeu.

La tribologie peut-elle contribuer à la protection de l’environnement ?

Oui. Prenons l’exemple d’un moteur de voiture. Dans un moteur, une partie importante de l’énergie est dissipée par frottement. Si l’on abaisse les frottements, on optimise l’énergie dissipée, on réduit les pertes et on améliore par conséquent le rendement du moteur. Autre exemple : si l’on conçoit un pneumatique qui dure deux fois plus longtemps qu’un pneumatique classique, on limite l’apparition de particules d’usure. On économise ainsi de la matière, de l’énergie et on réduit la présence de particules polluantes dans l’environnement.

Propos recueillis par Carole Hamon

 

Pour aller plus loin :

Découvrez la base documentaire Techniques de l’Ingénieur : Tribologie

 

 

 

 

 

 

 

 

Le saviez-vous ?

René Gras, ancien dirigeant du groupe tribologie de l’institut supérieur de mécanique de Paris (SUPMECA), docteur ès sciences physiques de l’Université Pierre-et-Marie-Curie Paris-VI, fait partie de l’équipe d’experts Techniques de l’Ingénieur mettant leurs compétences à votre disposition à travers notre activité de conseil. Il anime également la formation Tribologie, diagnostic et solutions techniques.

Pour en savoir plus, cliquez-ici.

« Les porphyrines sont vraiment des molécules enthousiasmantes »

Des chercheurs de l’Indian Association for the Cultivation of Science (Calcutta) travaillent à l’élaboration de matériaux à base de porphyrines. Plus précisément, ils ont synthétisé des polymères organiques poreux contenant du fer et présentant une surface spécifique très importante, avec des micropores de grand diamètre. Ce nouveau matériau a montré une excellente capacité de capture du CO2. Interview du professeur Asim Bhaumik  :

En quoi consiste votre projet et quels en sont les principaux objectifs ?

Nous développons de nouvelles stratégies pour la conception de polymères organiques, micro et mésoporeux, et nous explorons leurs applications potentielles pour la recherche sur les énergies et l’environnement (stockage du dihydrogène, capture du dioxyde de carbone, dépollution de l’eau, etc.).

  Dans quel but développez-vous des polymères contenant du fer ?  

Nous avons tenté de développer des polymères organiques poreux contenant d’autres métaux ou n’en contenant pas du tout, mais leurs surfaces spécifiques étaient beaucoup plus faibles. Par ailleurs, le fer(III) peut lier les sites donneurs d’azote de façon très efficace et stabiliser la nanostructure du matériau.

  Pourquoi avez-vous choisi d’utiliser des porphyrines pour ce projet ?   

Les porphyrines sont vraiment des molécules enthousiasmantes pour les chercheurs en chimie organique synthétique. Mais concevoir des matériaux organiques poreux à base de porphyrines et de fer, à partir de sa brique élémentaire – le pyrrole – et d’une substitution aromatique avec des molécules de para-dialdéhyde, est une première.

 Qu’est-ce qui rend les porphyrines intéressantes pour l’adsorption du CO2 ?

Les porphyrines sont des molécules très riches en azote. Or, les sites azotés sont des bases de Lewis et le CO2 est un acide de Lewis. Nous nous attendions donc à ce que des matériaux poreux à base de porphyrines, avec d’importantes surfaces spécifiques, présentent un excellent potentiel de capture du CO2. Et c’est justement ce que nous avons découvert avec ce projet.

Quelles propriétés espériez-vous que ces nouveaux matériaux possèdent ?

Les sites azotés basiques peuvent être utilisés pour catalyser des réactions, tandis que les sites contenant du fer peuvent être exploités pour des réactions d’oxydation partielle en phase liquide. Ces matériaux pourront donc avoir de multiples fonctions et applications, notamment dans les domaines de l’énergie et de la recherche environnementale.

Par Alexandra Chavarot
A lire également :

Un bouchon de bouteille « UV », purificateur d’eau ?

Lors d’une randonnée plus ou moins longue et plus ou moins éprouvante, il semble raisonnable de voyager léger plutôt que de s’encombrer avec toutes sortes de gadgets pas toujours pratiques. Il est par contre difficile de se passer d’eau potable

Deux solutions s’imposent lorsqu’on ne peut en trouver au cours de la randonnée : partir avec une assez grande quantité d’eau, ou emmener un dispositif de purification. C’est tout du moins l’argument avancé par les concepteurs d’un purificateur d’eau niché à l’intérieur même du bouchon d’une bouteille, sous la forme d’une ampoule à ultraviolets. La bouteille « All Clear » de la jeune société américaine CamelBak s’occuperait donc de tout, une fois remplie d’eau, rebouchée et allumée.

L’écran LCD se trouvant sur le dessus du couvercle guide l’utilisateur pas à pas, assurant le décompte des soixante secondes nécessaires selon les concepteurs à purifier l’eau, et donne des informations sur l’état de charge de la batterie. Il suffirait alors de retourner et de secouer plusieurs fois la bouteille pendant le processus de purification, pour permettre à l’ampoule UV de traiter le maximum d’eau possible et ainsi détruire la plus grosse partie des bactéries, virus et protozoaires, mis à part 0,1 % de chacune de ces catégories, pour 75 centilitres d’eau, toujours d’après les statistiques avancées par les concepteurs.

Un procédé pas encore 100 % efficace

La durée de vie de l’ampoule est estimée à une dizaine de milliers de cycles, permettant de purifier environ trois litres d’eau par jour, et ce pendant plus de sept ans. La bouteille de CamelBak aurait déjà du être commercialisée en 2009, mais les Américains avaient alors décidé de retarder sa mise sur le marché, jugeant que leur produit n’était pas assez efficace. Le processus de purification est désormais plus rapide, l’ampoule dure plus longtemps et la batterie est intégrée de manière plus « douce » à l’ensemble. Le prix a également été revu à la baisse, 99 dollars pour le kit contenant une bouteille, le bouchon purificateur, un bouchon standard permettant de boire aisément, un étui de protection et un câble USB pour recharger le dispositif. Un tamis au maillage de 100 microns est par ailleurs fourni pour 15 dollars supplémentaires.

Pourtant, malgré les déclarations rassurantes, la qualité de l’eau ne semble pas à 100 % avérée. En effet, certains agents infectieux (et pas des moindres) ne disparaissent pas après une minute d’exposition à un rayonnement ultraviolet. Une période d’obscurité d’une vingtaine de minutes est parfois nécessaire, pour contrer les effets de la photolyase, enzyme réparant certains dégâts causés dans l’ADN des agents infectieux par les ultraviolets, réaction déclenchée par la simple exposition à la lumière.

Les polluants chimiques tels que le chlore et les métaux lourds ne sont pas détruits par simple exposition aux ultraviolets. Quant aux microbes eucaryotes, il faut plus de temps pour s’en débarrasser car leur processus de réplication est plus long. La bouteille « All Clear » est donc un produit à suivre, mais avec précautions pour le moment.

Par Rahman Moonzur

Responsabilité sociale des entreprises

L’ouvrage collectif – rédigé à la fois par des juristes et des économistes – soulève les multiples problématiques engendrées par la responsabilisation économique, environnementale, sociale et sociétale de l’entreprise.

La mise en œuvre de ces notions encore émergentes comporte de nombreuses et complexes implications en matière de droits fondamentaux, de droit social, de droit de l’environnement, de droit des affaires… Mais il pose également la question des nouveaux modèles de management financier, commercial, des ressources humaines… à mettre en œuvre par les entreprises.

L’analyse de ce processus est d’autant plus stimulante qu’elle fait appel à plusieurs disciplines et qu’elle balaye un vaste champ historique et géopolitique. Ces regards croisés sur un des grands phénomènes contemporains de société, s’enrichissent mutuellement en vue d’une meilleure compréhension des finalités et des dispositions des nouvelles normes ISO 26 000, des principes directeurs de l’OCDE appliqués aux firmes multinationales ou des accords de Grenelle 1 et 2.

 

Responsabilité sociale des entreprises : Regards croisés Droit et Gestion

François Guy Trébulle et Odile Uzan (dir.)

Economica, 2011, 518 pages.

 

Jean-Jacques Pluchart

Jean-Jacques Pluchart est professeur des Universités en sciences de gestion et responsable du Master GMDE (Gestion et Méthode de Décision d’Entreprise) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est co-auteur de nombreux ouvrages d’économie et de gestion dont Master stratégie (Eska,2009), Euro-gouvernance et euro-management (Eska, 2010), Le management durable de l’entreprise (SEFI, 2011), Repenser la planète finance (Eyrolles, 2009) et La confiance en gestion (de Boeck, 2011).

Aux Techniques de l’Ingénieur, il est l’auteur de la base documentaire Management stratégique et gouvernance d’entreprise  :

« Geckskin », surface adhésive inspirée par les pattes du gecko

Les scientifiques de tous bords ont pendant très longtemps été impressionnés par les propriétés adhésives des pattes du gecko, sans jamais vraiment comprendre les rouages permettant à ce reptile de développer une force équivalant à supporter une charge d’environ quatre kilogrammes sur une surface verticale et sans glisser, – soit près de 30 fois le poids du gecko, en moyenne 140 grammes. Une équipe composée d’un biologiste et de scientifiques spécialistes des polymères de l’université du Massachusetts, à Amherst, se sont penchés sur le sujet, avec des résultats qui sont pour le moins concluants.

Tous les précédents efforts pour synthétiser le pouvoir adhésif des pattes du gecko se sont régulièrement soldés par des échecs, la communauté scientifique ayant imputé cette prouesse aux seuls poils microscopiques présents sous leurs doigts, les setæ. La plupart des geckos possèdent ces setæ, dont l’implantation très dense forme des lamelles adhésives sous chaque doigt . Les setæ se ramifient à leur extrémité en poils extrêmement fins, engendrant des interactions avec le support à l’échelle moléculaire, connues sous le nom de « force de Van der Waals ». Pour décoller les setæ d’une surface, les poils doivent changer leur orientation.

Les principaux problèmes sont la reproduction de ce dispositif naturel à plus grande échelle, la faible durée de vie de poils conçus artificiellement qui ne peuvent se renouveler, ainsi que la difficulté à reproduire la capacité qu’ont les geckos à se coller et se décoller à volonté, et ce jusqu’à plus de 10 fois par seconde. « La complexité d’une patte de gecko n’avait jamais été entièrement prise en compte », explique le biologiste du groupe, Duncan Irschick, qui a étudié le petit lézard pendant plus d’une vingtaine d’années. « La patte d’un gecko est composée de plusieurs éléments qui interagissent entre eux, incluant les tendons, les os et la peau en plus des setæ, travaillant ensemble pour produire aisément cette fantastique adhésivité réversible », ajoute-t-il.

C’est grâce au décryptage plus précis de ces mécanismes que l’équipe de chercheurs est parvenue à concevoir « Geckskin », un adhésif dont seulement 40 cm² posés sur une surface verticale peuvent supporter près de 317 kilos, – prouesse encore jamais réalisée à une telle échelle. Au delà de ces incroyables propriétés adhésives, « Gecksin » demanderait des efforts négligeables pour être détaché et serait réutilisable de très nombreuses fois sans perte d’efficacité, d’après l’équipe de chercheurs. Autre atout majeur : Geckskin ne laisserait pas de résidus sur les surfaces utilisées.

L’innovation majeure, selon le spécialiste Michael Bartlett, a été de « créer un adhésif intégré, avec une surface souple solidaire d’une structure rigide, permettant à la surface souple d’envelopper le support choisi pour maximiser le contact. » Comme dans une patte de gecko, « Geckskin est relié à une sorte de tendon synthétique, dispositif clé dans le maintien de la rigidité et dans la liberté rotationnelle offerte par notre découverte », poursuit-il. Les scientifiques de l’université du Massachusetts ont également prouvé que les setæ n’étaient pas nécessaires pour reproduire les performances des geckos, « concept qui n’avait jusqu’alors pas été étudié par les précédents travaux de recherche, et qui pourrait ouvrir de nouvelles possibilités pour les futurs travaux de recherche », conclut-il dans l’article publié dans la revue scientifique Advanced Materials.

Geckskin est essentiellement composé d’un polymère très commun, le polydiméthylsiloxane (PDMS), présent notamment dans les shampooings ou dans certains aliments. C’est un polymère très prometteur pour le développement d’un adhésif puissant, réversible, durable et peu onéreux. Suspendre comme « décoller » une télévision, un ordinateur aussi bien que du matériel médical ou industriel pourrait alors ne plus être qu’un jeu d’enfant, sans laisser le moindre résidu.

Le projet Geckskin a été réalisé sans surprise sous la houlette de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires. Les concepteurs de Geckskin, loin de se satisfaire de leur travail, continuent encore à améliorer leur découverte, afin de présenter le dispositif le plus efficace possible.

Par Moonzur Rahman

 

À lire aussi :

Les rainettes au service des humains

Un super-adhésif pour un assemblage polyamide / aluminium

 

L’ISO 26000 et la responsabilité sociale et sociétale des entreprises

Publiée le 1er novembre 2010, la norme ISO 26000 est l’unique norme internationale visant à fournir aux organisations les lignes directrices de la responsabilité sociétale. Elle donne un cadre international de comportement à tout type d’organisation (entreprises, collectivités, ONG, syndicats…) quelle que soit sa taille, ses domaines d’actions.

Elle respecte les grands textes fondateurs internationaux comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les conventions de l’Organisation Internationale du Travail… Cette norme est une norme de lignes directrices et non d’exigences ; elle n’est donc pas « certifiable ».

Comment mettre en place une démarche ISO 26000 dans un organisme ? Quel lien entre Développement Durable et Responsabilité Sociétale ? Comment les aspects économiques sont-ils traités dans la norme ?

Autant de questions qui trouveront réponse dans ce Jeudi du CNRI du 5 avril (s’inscrire).

Présentation du programme

  • 9h30 : Ouverture du colloque

  • 9h40 : Tables rondes :

– Corinne TURPIN (Fondatrice et directrice d’OSMOZE – Evaluatrice AFAQ ISO 26000 pour le Groupe AFNOR) :

ISO 26000 Responsabilité sociétale : comprendre, déployer, évaluer

– Michel DOUCIN : Ambassadeur chargé de la bioéthique et de la responsabilité sociale des entreprises au Ministère des affaires étrangères et européennes :

Que se passe-t-il dans le monde en matière de RSE ?

– Alexandre MARIONNET : Gérant de Colles & Couleurs Cléopâtre :

Le chemin à parcourir dans une PME pour devenir EMAS

– Nicolas PORTEAU : Directeur des Ressources Humaines et Directeur du Développement Durable de CHRYSO :

La RSE : la façon même de piloter l’entreprise

– Florence EMMANUELLI : Animatrice de la Fédération nationale des CREPI (Clubs Régionaux d’Entreprises Partenaires de l’Insertion) et Annick JULIA : Directrice du CREPI Touraine :

Entrepreneur responsable : un outil simple d’évaluation des pratiques

  • 12h30 : Fermeture du colloque

 

Ce colloque sera animé par Frédéric CHATEAUVIEUX

 

Mise en œuvre de la réforme des enquêtes publiques et des études d’impact

Les nouvelles enquêtes publiques

Pour mémoire, la loi Grenelle 2 a regroupé les enquêtes publiques autour de deux catégories : celles régies par le code de l’environnement et celles régies par le code de l’expropriation (articles 236 et suivants de la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010). Le décret n°2011-2018 concerne les enquêtes publiques régies par le code de l’environnement : ses dispositions sont codifiées aux articles R123-1 et suivants du même code.

Le champ d’application de l’enquête publique

Le principe est que font l’objet d’une enquête publique les projets de travaux, d’ouvrages ou d’aménagements qui, en application de l’article R122-2 du code de l’environnement sont soumis à la réalisation d’une étude d’impact. La liste des catégories d’aménagements, d’ouvrages ou de travaux concernées est définie aux annexes I à III de l’article R123-1 du code de l’environnement. En cas de réalisation fractionnée d’une même opération, l’appréciation des seuils et critères doit tenir compte de l’ensemble de l’opération.

La procédure de l’enquête publique

Le décret n°2011-2018 apporte plusieurs précisions, destinées à améliorer son déroulement, et notamment la participation du public. On notera en particulier :

  • L’encadrement de la durée de l’enquête, dont le prolongement peut désormais être de 30 jours au lieu de 15 jours auparavant ;
  • Les nouvelles conditions d’organisation et de publicité de l’enquête, ainsi que les moyens dont dispose le public pour formuler ses observations, en permettant, le cas échéant, le recours aux nouvelles technologies de l’information et de la communication ;
  • La prise en considération des observations du public et des recommandations du commissaire enquêteur par la possibilité de suspendre l’enquête durant 6 mois (auparavant une nouvelle enquête était nécessaire), et d’organiser une enquête complémentaire sur les avantages et les inconvénients de ces changements pour le projet et l’environnement ;
  • Les nouvelles conditions d’indemnisation des commissaires enquêteurs.

L’entrée en vigueur de la réforme

Elle a été fixée au 1er juin 2012, ce qui signifie qu’elle s’appliquera aux enquêtes publiques dont l’arrêté d’ouverture et d’organisation sera publié à compter de cette date.

Les nouvelles études d’impact

Le champ d’application de l’étude d’impact

La loi Grenelle 2 a prévu que sont précédés d’une étude d’impact les projets de travaux, d’ouvrages ou d’aménagements publics et privés qui, par leur nature, leurs dimensions ou leur localisation sont susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement ou la santé humaine.

Le décret n°2011-2019, codifié aux articles R122-1 et suivants du code de l’environnement, précise que sont soumis à étude d’impact les projets mentionnés en annexe à l’article R122-2 du code de l’environnement. En fonction de seuils qu’il définit, le décret impose soit une étude d’impact obligatoire en toutes circonstances, soit une étude d’impact au cas par cas, après examen du projet par l’autorité administrative compétente.

Ne sont pas soumis étude d’impact les travaux d’entretien et de grosses réparations, quels que soient les ouvrages ou aménagements auxquels ils se rapportent, ainsi que certains travaux de modernisation et de renforcement mentionnés à l’article R122-5 du code de l’environnement.

Le contenu de l’étude d’impact

Le décret n°2011-2019 précise les modalités de la procédure permettant au pétitionnaire de demander à l’autorité administrative compétente de rendre un avis sur le degré de précision des informations à fournir dans l’étude d’impact, conformément à l’article L. 122-1-2 du code de l’environnement (article R122-4 du code de l’environnement). Dans sa demande, le pétitionnaire doit fournir au minimum les éléments dont il dispose sur les caractéristiques principales du projet et, dans la zone qui est susceptible d’être affectée. Dans son avis, l’autorité administrative doit préciser les éléments permettant au pétitionnaire d’ajuster le contenu de l’étude d’impact à la sensibilité des milieux et aux impacts potentiels du projet sur l’environnement ou la santé humaine, notamment le degré de précision des différentes thématiques abordées dans l’étude d’impact.

Cet avis, ainsi que l’étude d’impact, doivent être insérés dans le dossier soumis à enquête publique ou le cas échéant, mis à disposition du public, selon les modalités prévues au 4° de l’article R123-8 du code de l’environnement.

L’entrée en vigueur de la réforme

Elle a été fixée au 1er juin 2012, ce qui signifie qu’elle s’appliquera aux projets dont le dossier de demande d’autorisation, d’approbation ou d’exécution sera déposé auprès de l’autorité compétente à compter de cette date.

Par Solange Viger, avocate au barreau de Paris et consultante en droit de l’environnement

 

A lire aussi :

Le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) se renforce

Une solution logicielle pour répondre aux exigences de la loi Grenelle 2

Le « paquet énergie – climat » face à la crise

Un matériau à base de porphyrines pour réduire l’effet de serre

Une équipe de chercheurs de la Faculté de Sciences et Technologie de l’Université de Coimbra (Portugal) veut développer de nouvelles molécules capables d’adsorber le dioxyde de carbone et le méthane.

En effet, réduire les émissions de ces deux gaz, qui figurent parmi les principaux acteurs du réchauffement climatique, est un enjeu majeur. Toutefois, si la solution la plus médiatisée consiste à stocker le CO2 dans des réservoirs géologiques, le professeur Abilio Sobral pense que le défi n’est plus aujourd’hui d’isoler ces gaz mais de les transformer en produits à valeur ajoutée.

C’est dans cette optique qu’il s’est intéressé aux porphyrines, des molécules organiques très répandues dans le monde vivant, que l’on retrouve au cœur de l’hémoglobine et sous forme de chlorophylles.

Entre les mains des scientifiques ces porphyrines pourraient devenir les constituants de nouveaux matériaux multiporeux qui, placés à la sortie des cheminées industrielles, piègeraient les gaz à effet de serre. Ces derniers seraient alors transformés en méthanol (utilisable pour la production de biocarburant), en acide formique (destiné à la fabrication de teintures, insecticides, additifs alimentaires), en  formaldéhyde (à usage de désinfectant, fixateur ou conservateur)…

C’est la structure du matériau qui va rendre possibles ces mécanismes de piégeage et de conversion. En effet, les porphyrines seront liées à deux métaux, l’un permettant l’assemblage des molécules entre elles, l’autre assurant la fonction de catalyse. Les vides créés entre les blocs poprhyrine-métal emprisonneront les gaz de telle façon qu’ils soient amenés à subir les réactions chimiques nécessaires à leurs transformations.

Mais comment construire de tels matériaux ?

Pour répondre à cette question, l’équipe du professeur Sobral veut tout d’abord créer de nouvelles porphyrines, plus robustes et faciles à synthétiser. Et c’est justement dans la définition de ces voies de synthèse que se situe le principal challenge du projet.

« Nous pouvons créer toutes sortes de porphyrines » commente A. Sobral « mais le problème ici est de parvenir au bon équilibre entre efficacité et coût de production, car notre solution doit s’inscrire dans une réalité industrielle ».

Il existe alors deux possibilités pour fabriquer de nouvelles porphyrines : partir de zéro ou bien d’une molécule naturelle, qui subira des modifications. « Je pense que nous arriverons à une solution mêlant ces deux options » affirme A . Sobral. « La décision sera probablement prise d’ici la fin de l’année. Pour y parvenir, nous allons commencer par travailler sur des porphyrines symétriques, ce qui implique un procédé assez simple (en un ou deux temps), puis sur des porphyrines non symétriques, une démarche plus complexe qui peut exiger jusqu’à 20 étapes ».

Les chercheurs de Coimbra sont au commencement d’une démarche expérimentale qui pourrait amener un bouleversement des pratiques de lutte contre le réchauffement climatique, en ajoutant à la capture des gaz à effet de serre la possibilité de les recycler et de leur donner de la valeur.

Par Alexandra Chavarot.

Google sur le point de lancer sa librairie numérique en France

On se souvient du lancement de la librairie Google aux États-Unis en 2010, qui proposait alors un catalogue de trois millions d’e-books. Le géant américain prévoit désormais de s’attaquer au marché français et de se tailler une place aux côtés de ses concurrents, Apple et Amazon.

La nouvelle est tombée vendredi 16 mars, lors de l’inauguration du 32e salon du livre, qui s’est tenu à Paris du 16 au 19 mars. Le magazine Livres Hebdo, après avoir pris connaissance d’un mail destiné aux éditeurs partenaires de Google Livres, a dévoilé que le moteur de recherche s’apprêtait à lancer Google Play Books en France prochainement. Dans ce courriel, on pouvait y lire notamment ceci « Les internautes qui iront  sur le site Google eBooks Store accéderont automatiquement au site Google Play où ils pourront acheter des livres numériques mais aussi des applications Android ».

Concernant les ventes directes de livre numérique, c’est-à-dire sur la plateforme, le géant américain se réservera une marge de 48 % contre 52 % si la commercialisation a lieu en passant par un revendeur. Dans ce cas, la marge perçue sera partagée avec le libraire, et ce dans une proportion non précisée. S’ils sont d’accord, les éditeurs déjà adhérents au programme Google Books, devront signer un avenant à leur contrat qui les lie à Google Europe, dont le siège est en Irlande.

Les grands éditeurs français, autrefois réticents face au numérique, réfléchissent à la proposition de la firme de Mountain View – bien qu’actuellement, aucun contrat n’ait été signé avec la holding européenne. C’est un travail de longue haleine selon Philippe Colombet, le directeur français de Google Books, qui affirme travailler « depuis de longs mois à mettre en place quelque chose qui soit conforme aux volontés du Syndicat national de l’édition ».

Seuls les éditeurs indépendants semblent avoir franchi le cap en proposant quelques milliers d’ouvrages consultables sur la plateforme Google Play. Parmi ces maisons indépendantes, citons L’Harmattan, Le Petit futé, Michelin, Vrin où encore des presses universitaires.

Par Sébastien Tribot

Revue du Web #22 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Cheetah, le nouveau poulain de la Boston Dynamics, qui a battu le record de vitesse pour un engin robotisé monté sur pattes ;
  • Une « cape d’invisibilité » pour la F-Cell de Mercedes, à l’aide d’un tapis de LED ;
  • Une course entre une voiture sportive et un jetpack ;
  • Utiliser une bobine Tesla comme instrument de musique, c’est possible ! ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : le plus grand tire-bouchon du monde ;
  • Enfin, une nouvelle vidéo du crash de la navette américaine Challenger, survenu en 1986.

Cheetah, nouveau poulain de la Boston Dynamics 

Pour débuter cette vingt-deuxième revue du Web, voici Cheetah, un robot créé par la très prolifique société américaine Boston Dynamics sous la houlette de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires. Cheetah a battu le record de vitesse pour un engin robotisé monté sur pattes, en galopant sur un tapis roulant à la vitesse de 18 miles/h (29 km/h), explosant ainsi le précédent record de 13,1 miles/h (21km/h) détenu depuis près de 23 ans par un robot conçu par le Massachusetts Institute of Technology (le fameux MIT).

Les chercheurs se sont inspirés des mouvements de l’animal terrestre le plus rapide au monde, le guépard, baptisant leur robot du nom du guépard indien, animal maintenant présumé disparu. Les éminences grises de la Boston Dynamics ont prévu de tester Cheetah en conditions réelles et en environnement extérieur prochainement, tests qui pourraient s’avérer concluants si l’on doit se fier au prestige dont jouit cette société dans la communauté scientifique, notamment grâce à Alpha Dog ou à Big Dog, des mules-robots particulièrement impressionnantes, – ou encore grâce à Petman, leur robot anthropomorphe. Les champs d’applications pourraient être assez nombreux, bien que le Pentagone pense évidemment à des débouchés… militaires.

Une cape d’invisibilité pour la F-Cell de Mercedes-Benz

Les communicants du constructeur automobile allemand Mercedes-Benz ont de la ressource : pour promouvoir leur nouveau modèle, la classe B « F-Cell », voiture qui n’émet aucun gaz à effet de serre et pourrait donc être considérée comme « transparente » environnementalement parlant, la marque allemande a décidé de réaliser un mini-clip publicitaire pour le moins spectaculaire. Quel meilleur moyen pour illustrer cette transparence que… d’essayer de la rendre effectivement « transparente ».

Pour ce faire, toute l’aile gauche de la classe B F-Cell a été recouverte d’un tapis de LED, alors qu’une caméra a été installée sur l’aile droite, capturant tout ce qu’il se passe côté passager. Les images sont alors retransmises en temps réel par le tapis de diodes, donnant l’impression que la voiture est – presque – invisible, tout particulièrement lorsque l’angle et l’éclairage sont idoines.

Les trois réservoirs d’hydrogène de la Mercedes classe B F-Cell permettent, à travers la pile à combustible, une production d’électricité pour une autonomie d’environ 400 km et une pointe à 170 km/h. De la même manière que sur une hybride, des batteries Lithium-Ion d’une capacité de 1,4 kWh accumulent de l’énergie récupérée au freinage, la restituant lors d’accélérations importantes.

 Une voiture sportive et un jetpack font la course 

Pour le lancement de la nouvelle Renault Mégane RS 250 Australian Grand Prix, le constructeur automobile français a imaginé une campagne très différente de celle de son concurrent allemand. En effet, la marque au losange a décidé d’organiser une course entre sa nouvelle voiture compacte et… un jetpack, piloté par le jeune Nick Macomber. La course se déroule sur une piste de 400 mètres de longueur.

Un jetpack (« réacteur dorsal » en français) est un équipement portable, ressemblant à un (gros) sac à dos et permettant de décoller et de voler pendant un laps de temps très réduit. Les jetpacks existent sous plusieurs formes, comme le « Jetlev », déjà commercialisé, qui fonctionne à l’eau et dont l’autonomie est d’environ deux heures, ou bien le Martin Jetpack développé par les Américains de Martin Airways. Pas de suspense, le jetpack ne fait pas le poids contre la Renault Mégane, il brûle même tout son carburant en moins de 30 secondes.

La bobine Tesla, un instrument de musique comme un autre

Les deux vidéos qui suivent ont pour point commun l’utilisation détournée de bobines Tesla, ou transformateur de Tesla, appareil mis au point par l’inventeur américain d’origine serbe Nikola Tesla. Une bobine Tesla est une machine électrique composée de deux, voire trois circuits de bobinages couplés et accordés par résonance, fonctionnant sous courant alternatif à haute fréquence et permettant d’atteindre de très hautes tensions.

Les bobines Tesla servent ici d’instrument de musique : un microcontrôleur sert à traduire et synthétiser les données au format MIDI, via la modulation de largeur d’impulsions, comme lors d’une conversion du numérique-analogique. La bobine est donc activée et désactivée à une fréquence très élevée, jusqu’à plus d’un millier de fois par seconde, produisant ainsi des sons audibles. Par exemple, la note « La » a une fréquence de 440 Hertz dans la norme internationale, et à un certain octave. Pour obtenir ce « La », il suffit que la bobine soit activée et désactivée 440 fois par seconde.

La première vidéo présente Tyler Christensen, étudiant au prestigieux Massachusetts Institute of Technolgy (MIT), avec une bobine Tesla jouant le thème du jeu vidéo Mortal Kombat. La seconde vidéo montre deux de ces bobines jouant de manière épique Dueling Banjos, thème classique instrumental composé dans les années 1950 et popularisé par le film américain sorti en 1972, Delivrance.

 Le gadget (inutile ?) de la semaine : le plus grand tire-bouchon au monde 

Le gadget (inutile ?) de la semaine a été conçu par Rob Higgs, un sculpteur se servant de divers objets et pièces mécaniques pour concevoir ses œuvres, et dont le fonctionnement toujours spectaculaire et l’élaboration compliquée sont pourtant au service d’une fonction pratique… et simple à l’origine. Alors qu’il était déjà responsable en 2009 d’un casse-noix mécanique, Rob Higgs réitère ici avec son tire-bouchon au style résolument « steampunk », dont les nombreux rouages rendent l’utilisation très spectaculaire.

Le sculpteur tourne une manivelle, qui met alors en branle le dispositif et active les rouages, débouchant doucement la bouteille en deux temps. La sculpture ne se contente pas de retirer le bouchon puisqu’elle sert également le vin dans un verre placé en haut à gauche du dispositif, dans un astucieux mouvement de va-et-vient, activé lui aussi manuellement. La vidéo montre le tire-bouchon en pleine action, pendant une démonstration publique lors du salon « Taste of London ».

Nouvelle vidéo du crash de Challenger

Pour terminer cette vingt-deuxième revue du Web, voici un document exclusif qui a été exhumé il y a seulement une semaine, montrant le crash de la navette américaine Challenger sous un nouvel angle. Le 28 janvier 1986 à 11h39, Challenger explose lors de sa dixième mission, 73 secondes après son décollage de la base de Cap Canaveral, en Floride.

C’est la rupture de l’un des joints toriques d’un des deux propulseurs à poudre accolés au réservoir principal d’hydrogène qui a provoqué l’accident, ayant souffert du froid la nuit précédant le tir. L’habitacle est retombé presque intact dans l’océan, mais aucun des sept membres de l’équipage n’a survécu. Le drame du crash avait alors largement traumatisé la population américaine.

 

 

Le crash de Challenger, en direct sur CNN :

 

Par Moonzur Rahman

 

A lire aussi :

Revue du Web #21 : les vidéos de la semaine

Revue du Web #20 : les vidéos de la semaine

Revue du Web #19 : les vidéos de la semaine

Les grandes entreprises françaises sont-elles encore en position d’innover ?

Si l’enquête révèle que la recette miracle de l’entreprise innovante n’existe pas, quatre causes d’échecs majeurs peuvent être évitées. Les résultats de l’étude mettent en lumière les facteurs de déterminismes auxquels les entreprises sont soumises tout en insistant sur leur caractère non inéluctable. Elles donnent aussi les voies de progrès où elles peuvent et doivent gagner en maturité. L’étude a aussi mené à un modèle de cinq « entonnoirs de l’innovation » caractérisant la création, la sélection et le développement des idées et des projets. Si le constat est un manque criant de professionnalisation de l’innovation, des pistes et propositions sont faites et leur efficacité démontrées.

 
Si la recette miracle de l’innovation garantie n’existe pas, l’enquête met en évidence 4 causes majeures d’échecs dans le management de l’innovation : la recherche du ROI en mode annuel, l’organisation en silos des fonctions de l’entreprise, la rétribution individuelle, et le manque de processus équilibré de convergence de l’innovation.
 
  • La recherche du ROI en mode annuel ou un réel marketing stratégique de l’innovation ?
Selon l’enquête, la financiarisation des entreprises conduit aujourd’hui de plus en plus d’entreprises industrielles françaises à réduire la part d’innovation de rupture au bénéfice d’une innovation plus sécurisée. « Les managers d’innovation sont progressivement devenus comptables de bénéfices espérés » déplore Emilie Vallet. Elles aboutissent souvent à tuer trop tôt des idées dont le revenu est apparemment difficilement démontrable » poursuit-elle. Le manque de marketing stratégique pour piloter la R&D contribue à ce manque d’indicateurs pour l’innovation, c’est-à-dire la création de valeur à plus long terme.
 
  • L’innovation en silos ou l’open innovation organisée ?
Le manque de concertation entre les fonctions de l’entreprise (recherche & développement, marketing stratégique, plan produit, projets de développement, achats, ressources humaines, …) dans la veille et la participation à la stratégie innovation conduisent à un regard partiel des besoins clients et des opportunités technologiques et concurrentielles, ainsi que des forces et des faiblesses de l’entreprise. De plus, les formes d’open innovation avec les partenaires externes sont souvent considérées comme un mal nécessaire plutôt que gérées systématiquement comme des opportunités sur le long terme.
 
  • La rétribution individuelle ou la valorisation des équipes innovantes ?
Les formes d’incitation à innover se résument le plus souvent à un intéressement personnel dérisoire en phase de dépôt de brevet, ou bien à une valorisation d’estime à l’issue d’un concours interne aux idées. Ces formes primitives d’incitation doivent faire place à une plus grande diversité de reconnaissances individuelles mais aussi de groupe, à une époque où les profils de génération « Y » et « Z » fondent leur motivation dans le travail en réseaux.
 
  • Un manque de processus organisé de convergence ou l’entonnoir d’innovation idéal ?
L’étude a bien montré qu’il existait à la fois des entonnoirs d’innovation trop réglés (de type stage & gate) qui filtrent trop rapidement les idées et des entonnoirs trop aléatoires ou inexistants laissant la place aux « héros porteurs de projets » ou au hasard. Un modèle de cinq entonnoirs de l’innovation a été proposé pour couvrir tous les cas de figure de processus de génération et de convergence des idées et des projets. Ces cinq entonnoirs ont, d’après les observations effectuées, tendance à s’enchainer dans un ordre donné en fonction de la taille de l’entreprise et de sa maturité dans le secteur industriel. Il y a alors fort à apprendre en ambitionnant d’atteindre le stade suivant.
 
 
Mais la démarche ne s’arrête cependant pas là. Elle devra se doubler d’une introspection permettant aux entreprises d’échapper à leurs déterminismes.
 
 « Toutes les entreprises que nous avons interrogées se considèrent comme innovantes et pensent qu’elles le seront demain » révèle Emilie Vallet, senior manager chez Logica Business Consulting, en charge de la performance de la fonction R&D.
 
Partant de ce constat, Logica Business Consulting et l’Ecole Centrale se sont penchés sur les pratiques opérationnelles de management de l’innovation des différents acteurs selon cinq domaines : les natures d’innovation, la veille et la stratégie innovation, l’organisation et les processus d’innovation, les moyens/méthodes/ressources, la gestion des connaissances et des compétences et les indicateurs de pilotage.
 
Ils ont abouti au premier constat que si chaque entreprise a ses propres processus d’innovation, des facteurs déterminants tels que l’historique, le secteur d’activité, le contexte concurrentiel ou le positionnement sur la chaîne de valeur influent sur la capacité de l’entreprise à innover en rupture. Ainsi, une entreprise du secteur pharmaceutique restera concentrée sur l’innovation produit (molécule au service d’un nouveau médicament) au détriment de l’innovation sur ses processus de distribution (circuit de diffusion de ses produits).
 
Pour Bernard Yannou de l’Ecole Centrale, « ces caractéristiques de l’écosystème de l’entreprise façonnent de manière importante ses pratiques et capacités innovantes et les conditionnent dans leurs modes de pensée et d’action en les empêchant souvent de gagner en maturité sur la recherche d’innovation ».
 
Pour échapper à leurs caractères innés, Bernard Yannou leur recommande, après avoir analysé leurs facteurs de déterminisme, de savoir se positionner sur les échelles de maturité des cinq domaines des pratiques opérationnelles, de s’enrichir des innovations notables des autres secteurs d’activité et de travailler en conduite du changement à gagner sur chacune des échelles de maturité. 
 
Dans ces décloisonnements suggérés dans l’étude, « Il faut notamment élargir les natures d’innovation en sortant de l’idée selon laquelle une innovation de rupture est seulement une innovation technologique. Il faut faire évoluer ses processus pour se donner le champ le plus large pour capter LA bonne idée en étant plus prospectifs sur les usages, les services, les nouvelles formes de modèles économiques et l’évolution des technologies. Penser l’innovation aujourd’hui, c’est penser en termes d’organisation innovante, en associant l’ensemble des fonctions de l’entreprise et de ses partenaires de l’innovation, dès l’amont du cycle, en raisonnant dans le monde des usages et des expériences client plutôt que dans le seul monde des fonctions. » conclut Emilie Vallet.

Paypal Here ou l’ère du paiement mobile

Le leader du paiement sur Internet lance Paypal Here, un nouveau moyen de paiement par mobile, concurrent direct de Square, et destiné aux professionnels du commerce. Sont concernés les marchands ambulants, les forains, les vendeurs de porte à porte… Seuls les détenteurs d’iPhone ou d’appareil fonctionnant sous Android peuvent utiliser ce service. Mais selon la catch-line de Paypal, « soyez assuré de ne plus manquer une vente ». Un argument capital.

Le système se compose d’un accessoire triangulaire de couleur bleu, placé en haut du téléphone et connecté par prise jack ainsi que d’une application mobile gratuite à télécharger depuis l’App Store d’Apple. Lorsqu’ils sont associés, votre mobile fait office de caisse enregistreuse et traite les transactions. Paypal Here accepte le paiement par carte bancaire, mais aussi par chèques et cash en plus d’émettre des factures.

Le système est d’une simplicité exemplaire, puisque d’un glissement de carte, le paiement s’effectue. En un geste, la piste magnétique de la carte de paiement est lue, et la somme indiquée. Ne reste plus qu’à signer l’achat sur l’écran tactile du terminal. Les transactions effectuées sont alors immédiatement transférées sur le compte Paypal du marchand.

Néanmoins, Paypal s’octroie une commission de 2,7 % à chaque transaction, calculée sur le montant du virement. Ce taux augmente à 3,5 % en cas de paiement sans lecture de carte magnétique. Des commissions extrêmement élevées en comparaison des 0,30 % perçues en France lors d’opération par carte.

Au préalable, des accords ont été signés avec les principaux établissements émetteurs de cartes de crédit (American Express, Visa, MasterCard…). Concernant la sécurité des données recueillies, Paypal assure qu’elles sont encryptées et qu’en aucun cas le commerçant ne peut avoir accès aux données du client, sauf si celui-ci lui laisse une adresse mail.

Et comme tous les commerçants ne se servent pas de Paypal Here, eBay a mis à jour son application iPhone, créant une nouvelle fonctionnalité « Local » afin de connaître les commerces environnant qui acceptent ce système.

Uniquement disponible aux États-Unis, au Canada, en Australie et à Hong Kong à l’heure actuelle, Paypal prévoit un lancement européen, sans toutefois préciser de date. Vous pouvez cependant demander à être notifié dès sa sortie sur cette page : https://www.paypal.com/webapps/mpp/credit-card-reader

Par Sébastien Tribot

 

À lire aussi :

E-payment : la France riposte avec Buyster