Plastique et caoutchouc à la fois

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61712.htmDes matériaux polymères aux propriétés remarquables ont été mis au point à l’Institut des combinaisons organiques élémentaires Nesmeyanov (INEOS) de l’Académie des sciences russe. Ces matériaux ont un coefficient d’élasticité leur permettant de prendre facilement les caractéristiques de rigidité voulues. Plus concrètement, le même matériau allie les propriétés d’un plastique solide et d’un caoutchouc souple.Ces matériaux sont dits « à gradients ». Leur module d’élasticité peut varier progressivement, dans une large plage, au sein d’un même matériau ou d’une même pièce confectionnée, sans aucune couche ou séparation intermédiaire. Pour réguler les propriétés des matériaux polymères, on utilise traditionnellement la combinaison de différentes couches. On recourt pour ce faire à des fusions ou des collages coûteux. Outre le volume de travail additionnel que ces techniques requièrent, elles ont pour inconvénient que la liaison (l’adhérence) entre les couches de matériaux n’est pas satisfaisante.Les chercheurs de l’INEOS proposent, pour obtenir de tels matériaux aux propriétés ajustables dans différentes directions, de synthétiser des matériaux polymères à gradients sur la base de compositions reposant sur deux polymères – un polymère très élastique et un autre vitreux. Il s’agit en l’occurrence non pas simplement de mélanger deux polymères – il ne serait pas possible d’obtenir ainsi un changement régulier des propriétés – mais de réaliser une synthèse de deux types de structures polymères réticulées, présentes dans des proportions diverses au sein d’un même matériau.Les expériences ont montré que les matériaux polymères à gradients élaborés par l’INEOS peuvent fonctionner, sans se ramollir ni se détruire, dans un intervalle de températures compris entre -50° et +330°. Ils présentent par ailleurs une solidité, une élasticité et une résistance à l’usure très élevées. Ces nouveaux matériaux offrent des perspectives réelles d’utilisation en médecine, dans l’industrie de la chaussure, pour les appareils domestiques, pour la production industrielle.Le laboratoire de l’INEOS a ainsi déjà entrepris des premiers tests avec l’Usine de prothèses de Moscou pour créer une chaussure orthopédique dans laquelle la répartition de la charge est absorbée par la partie caoutchouc du matériau, tandis que la pression est absorbée par la partie plastique. Sous le talon de la semelle, le matériau est dur, et au fur et à mesure que l’on se rapproche de la pointe du pied, il devient de plus en plus souple.En médecine, les matériaux à gradients peuvent être utilisés comme des implants – un matériau dur imite le tissu osseux, tandis qu’un matériau de consistance caoutchouteuse peut imiter le cartilage. Les tests de tels implants effectués sur des lapins ont montré la sûreté et la bonne biocompatibilité du matériau.Dans la construction automobile et aéronautique, de même que dans l’industrie textile, ces matériaux peuvent être utilisés comme des vilebrequins et des pignons, fonctionnant sans bruit et pratiquement sans s’user. La zone centrale des pignons peut avoir une résistance élevée, alors qu’à leur périphérie, là où les dents viennent « mordre », le module d’élasticité peut être adapté en conséquence. Le tout pouvant être réalisé au sein d’un même processus.Il est également possible, à l’aide de ces matériaux à gradients, de fabriquer des éléments absorbant les vibrations, tels que des bases pour divers appareils (appareils radio, électroménager). Pour ces éléments, le gradient du module varie, en fonction de l’épaisseur, de la rigidité du plastique à la souplesse du caoutchouc. Ainsi, le dessous d’un appareil peut être à la fois rigide et élastique. L’appareil peut être solidement fixé sur son socle grâce à sa partie rigide, tandis que la partie souple de sa construction souple lui permet d’absorber les vibrations indésirables. En savoir plus : Institut des combinaisons organiques élémentaires Nesmeyanov (INEOS) – Tel: 007 499 135 92 02 – Fax: 007 499 135 50 85 – E-mail : [email protected] – Site web : http://www.ineos.ac.ruSource : nkj.ru – 11/10/09Rédacteur : Nicolas QuenezOrigine : BE Russie numéro 26 (21/12/2009) – Ambassade de France en Russie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61712.htm 

L’INRIA et ses partenaires cassent une clé RSA de 768 bits

Depuis 1998 et l’affaire Serge Humpich, on sait que les clés RSA (Rivest Shamir Adleman) peuvent être cassées. Mais comme souvent en matière de sécurité informatique, seul l’exemple est probant. En 1998, Serge Humpich avait cassé les clés RSA 320 bits utilisées à l’époque dans les cartes bancaires. Un an plus tard, en septembre 1999, c’était au tour d’un groupe de chercheurs de l’INRIA de casser une clé numérique de 155 chiffres et 512 bits. Depuis, les paliers tombent les uns après les autres. En décembre 2003, c’est au tour d’une clé RSA de 576 bits, soit 174 chiffres d’être violer, puis, en mai 2005, les chercheurs de l’INRIA parviennent à casser un clé de 663 bits soit une clé numérique de 200 chiffres. Aujourd’hui, un peu plus de quatre ans après leur précédent exploit, ces derniers récidivent. Ils sont parvenus, avec leurs partenaires, à démontrer la vulnérabilité d’un clé RSA de 768 bits, soit une clé numérique de 232 chiffres.

Mais comment ont-ils fait ?
Revenons tout d’abord sur le mode de fonctionnement du cryptosystème RSA. Chaque utilisateur possède une clé publique connue des autres utilisateurs et une clé privée connue de lui seul. La clé publique est constituée d’un couple (n,e) où n est le produit de deux grands nombres premiers p et q (la taille de n est dans le cas présent de 768 bits), et e est un nombre premier, plus petit que n, avec (p-1)*(q-1).La clé privée, quant à elle, est le couple (n,d) où d a la particularité que pour tout nombre M compris entre 0 et n-1 : (M^e)^d = M mod n. Ce cryptosystème permet alors deux fonctionnalités, le chiffrement et la signature. Ainsi, pour chiffrer un message M à destination d’un utilisateur dont la clé publique est (n,e), on calcule : C = M^e mod n, et on lui envoie C. Le destinataire peut alors retrouver M en calculant : M = C^d mod n.Ce système rend ainsi difficile l’obtention de la clé privée d à partir de la clé publique (n, e). Cependant si l’on peut factoriser n, alors on peut obtenir la clé privée d. C’est ce que sont parvenus à faire les chercheurs de l’INRIA. Nancy – Grand Est regroupés au sein de l’équipe CACAO (pour Courbes, Calculs, Arithmétique des Ordinateurs) avec leurs partenaires suisses, japonais, hollandais et allemands (EPFL, CWI, NTT, Université de Bonn).

Un record de calcul
Cet exploit a toutefois nécessité la mise en œuvre de moyens hors du commun. Pour parvenir à casser cette clé de 232 chiffres et à retrouver les facteurs premiers qui la composent, les chercheurs de l’INRIA et leurs partenaires ont dû mettre en commun différentes capacités de calcul. L’INRIA a utilisé une partie de l’infrastructure Grid’5000 qui relie en France 1.544 machines, soit plus de 5.000 cœurs. A cela, est venu s’ajouter la puissance de calcul de ses partenaires. Au total, ce sont l’équivalent de 1.700 coeurs qui ont ainsi été utilisés pendant un an, soit 425 PC quadri coeurs pendant un an.Parallèlement, différentes étapes ont été nécessaires pour mener à bien ce projet, rapporte le communiqué de presse de l’INRIA.  » La première a consisté à collecter plus de 64 milliards de relations [1]. Cela a nécessité plusieurs espaces disque (5 Tera-octets, copies de sauvegarde et espace de travail). Pour garantir la bonne exécution du calcul, l’intégrité des données, qui ont circulé d’un bout à l’autre de la planète, a dû être vérifiée en permanence.  » Au total, le calcul aura mis 2 ans et demi pour aboutir. Une tâche d’envergure à laquelle l’INRIA a contribué à hauteur de 37 % du résultat global (en ressources de calcul). L’équipe a notamment apporté son expertise pour élaborer un protocole d’utilisation des machines et rassembler le nombre nécessaire de relations. Selon Paul Zimmermann, directeur de recherche au sein de l’équipe CACAO,  » réaliser un tel calcul en recourant à un outil comme Grid’5000 montre l’efficacité de solutions de calcul distribué ou grilles de calcul. Ces dernières représentent une alternative très sérieuse aux supercalculateurs. En rassemblant des ressources simples, à l’échelle d’un PC, elles sont efficaces à moindre coût.. « , ajoute-t-il dans le communiquer.

En dessous de 2.048 bits, attention danger
Si l’on avait de sérieux doutes sur la solidité de cette clé RSA de 768 bits, preuve est faite aujourd’hui que ces soupçons étaient fondés. De fait, même si un tel décryptage n’est pas à la portée de n’importe qui, il est recommandé, ainsi que le fait l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), de ne pas utiliser de clé de taille inférieure à 2.048 bits pour une utilisation au-delà de 2010. Tout système utilisant des clés sous-dimensionnées serait donc inadapté.  Notes[1] Une relation est une factorisation d’un entier de quelques dizaines de chiffres. Il faut en rassembler un grand nombre pour mener à bien la factorisation initiale, soit parvenir à casser la clé.La factorisation de RSA-768 (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/RSA-768) est :RSA-768 = 33478071698956898786044169848212690817704794983713768568912431388982883793878002287614711652531743087737814467999489 * 36746043666799590428244633799627952632279158164343087642676032283815739666511279233373417143396810270092798736308917Pour plus d’informations, l’article scientifique  » Factorization of a 768-bit RSA modulus  » est téléchargeable depuis l’adresse http://eprint.iacr.org/2010/006.pdf. Il détaille les aspects techniques de ce calcul. Par A.L Béranger

Conduite de projets informatiques : l’apport des « méthodes agiles »

Les chefs de projet d’ingénierie logicielle ont souvent cherché à concilier le besoin de définir le plus précisément possible l’application à développer et l’évolution continue, parfois contradictoire, des besoins utilisateurs.Les méthodes agiles sont des procédures de conception de logiciel qui se veulent plus pragmatiques que les méthodes traditionnelles. En impliquant au maximum le demandeur (client), ces méthodes permettent une grande réactivité à ses demandes, visent la satisfaction réelle du besoin du client, et non des termes du contrat de développement.

Les différentes méthodes de projet informatique

Mais revenons, dans un premier temps, sur les méthodes qui existent pour conduire des projets informatiques en entreprise ainsi que sur leurs avantages et inconvénients.

  • Le premier d’entre eux est le modèle en « cascade » : il présente un problème d’effet tunnel et de non prise en compte des évolutions des utilisateurs pendant le développement.
  • Le modèle en « V » : cette méthode plus souple reste la méthode la plus courante. Le haut du V correspond au niveau fonctionnel et le bas au développement (technique). Dans un premier temps, il permet d’aller du fonctionnel au technique. Dans un deuxième temps, il permet de remonter au fonctionnel pour compléter les développements. La visibilité et la réactivité sont réduites à la taille d’un V qui peut quand même être de plusieurs mois. Cette durée peut être considérée trop longue pour des décideurs ou des gestionnaires qui ont besoin de lancer des projets rapidement (budgétairement). Elle fait appel aux utilisateurs uniquement au début et à la fin du cycle en V.
  • Le modèle agile : les phases sont simplifiées afin d’en raccourcir la durée. Les méthodes agiles se basent sur la notion de communauté de projet dans laquelle les développeurs et les utilisateurs sont présents en permanence pour exprimer ou répondre à une question liée au projet.
Les points forts de ces  » méthodes agiles « 
  • Elles permettent la réduction au maximum des écarts entre le produit développé et les besoins métiers ;
  • Elles entraînent une réduction des coûts d’étude qui est réalisée conjointement avec les développements ;
  • Elles écartent la possibilité d’effet tunnel pour les utilisateurs et la direction qui sont impliqués dans le projet ;
  • Elles font naître une grande souplesse et une réactivité pour les projets courts à forte valeur ajoutée.
Les limites des méthodes agiles
  • Un des premiers problèmes est celui de la disponibilité. Celle-ci s’avère plus difficile à obtenir dans les équipes réduites, notamment pour la rédaction de la documentation du projet, car tout est fait au fur et à mesure ;
  • Un manque de planification prévisionnelle car le projet avance à vue ;
  • Un besoin de concertation avec les autres projets, car le fait de mettre des collaborateurs ensemble ne crée pas toujours une équipe réceptive au changement.
Est-il possible d’appliquer les méthodes agiles à d’autres projets IT que l’ingénierie logicielle ?

Dans le cadre de l’évolution des infrastructures, il peut y avoir des cycles et des itérations, mais l’utilisateur n’intervient ni n’est sollicité pendant la réalisation. L’agilité peut résider dans les choix d’architecture (clouding, clustering, virtualisation) et des solutions de financement (leasing, asp).Pour des projets en dehors de la DSI, il faudra retenir deux points forts des méthodes agiles qui peuvent être adaptés aux méthodes de gestion de projets suivant les besoins :

  • Les itérations, car les objectifs et cibles ne sont jamais figés, l’amélioration continue est constamment présente pour toutes les phases du projet.
  • L’autonomie des équipes projets, sont isolées par le chef de projet, ce qui implique une totale confiance de la direction.

L’agilité des projets informatiques n’est pas à confondre avec les méthodes de projet agiles qui sont strictement utilisées pour les projets d’ingénierie. Le fait de retrouver cette notion dans la littérature IT reflète l’accélération du business et du marché. Elle reflète également le pouvoir des utilisateurs et la nécessité de communiquer toujours plus et toujours mieux. Par William Porret, fondateur et directeur associé d’Enora Consulting

Des dents de scie pour réduire le bruit des éoliennes

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61348.htmLe bruit des éoliennes peut être réduit de moitié sans que cela ne cause de perte d’énergie. En effet, il est aujourd’hui possible d’équiper les pales des éoliennes de dents de scies. Ces dernières ont été conçues par Stefan Oerlemans, doctorant de l’Université de Twente et employé du laboratoire national d’aérospatial (NLR). Dans un premier temps, Oerlemans a étudié le bruit émis par les éoliennes, puis a utilisé ces observations pour concevoir les dents de scie et réduire de moitié les nuisances sonores.La rotation des pales des éoliennes s’accompagne d’un bourdonnement constant. Or ce bruit est souvent une nuisance pour les populations avoisinantes. De fait, non seulement les éoliennes ne sont jamais utilisées au maximum de leurs capacités, mais de plus, les projets d’implantation de nouveaux parcs sont souvent rejetés. Stefan Oerlemans a cherché les causes du bruit et a mis en place une solution pour réduire ces nuisances sonores de moitié, sans affecter la production énergétique. Pour parvenir à ce résultat, les pales ont été équipées à leur extrémité, sur le dernier quart de leur longueur, de bords en dents de scie.Pour réduire les nuisances sonores liées au fonctionnement des rotors, Oerlemans a d’abord recherché les causes de ce bruit mais également le mécanisme même de production du bruit de souffle des rotors. Pour ce faire, il a utilisé un système d’antenne acoustique, nécessitant de nombreux microphones, fixés sur des surfaces planes.

le bruit des engrenages est minime
En mesurant et en comparant le temps nécessaire au son pour être enregistré par les différents microphones, il a pu calculer l’origine du son avec précision. Ces mesures ont démontré que le bruit de souffle des rotors, pour beaucoup, est produit par la circulation de l’air entre les pales : le bruit mécanique des engrenages est, quant à lui, minime.Plus précisément, cette étude a permis de démontrer que la majeure partie du bruit était produite par les parties extérieures des pales, notamment lors de la partie descendante de leur rotation. Le souffle bruyant est ainsi causé par les brassages d’air autour des pales. Dès lors que des dents sont fixées sur les bords des pales, le bruit diminue de moitié.Cette innovation et les résultats qui en découlent font partie d’un programme plus général de recherche acoustique concernant l’aviation et les turbines. Oerlemans a ainsi prévu de continuer ses recherches et souhaite être en mesure, un jour, de développer des éoliennes silencieuses. Pour ses recherches, il s’inspire principalement du vol de la chouette : en effet, ce dernier est rendu silencieux par les plumes souples fixées à l’extrémité des ailes de l’oiseau. Dès lors, une rangée de dents sur le bord arrière des rotors devrait pouvoir réduire le bruit engendré par leur fonctionnement. Des tests en laboratoires ont déjà été effectués, mais des essais plus poussés sont encore nécessaires.Origine :BE Pays-Bas numéro 34 (25/11/2009) – Ambassade deFrance aux Pays-Bas / ADIT -http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61348.htmMarine Condette est rédactrice pour les Bulletins Electroniques de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Développement d’un spectromètre aux performances inégalées

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61757.htmDepuis quelques années, la spectroscopie de traces de gaz suscite un vif intérêt. Avec une très grande sensibilité, cette spectroscopie d’absorption permet en effet d’identifier des composés en très faible abondance. Aussi est-elle utilisée aussi bien dans la recherche fondamentale que dans des domaines tels que la métrologie, la détection in situ de traces de pollution atmosphérique, accidentelle ou pas, ou encore le contrôle de procédés industriels. Néanmoins, jusqu’ici, pour développer un spectromètre performant, de nombreuses caractéristiques devaient être réunies. D’où l’absence jusqu’alors d’un instrument présentant simultanément ces caractéristiques. Un défi que viennent de relever des chercheurs du Laboratoire de Photophysique Moléculaire, le LPPM, du CNRS et du Max Planck Institute of Quantum Optics, en Allemagne, dans le cadre de l’European Laboratory for Frequency Comb Spectroscopy, en collaboration avec l’Université de Tokyo, au Japon, et l’Université Ludwig Maximilian de Munich, en Allemagne.Dirigée par Theodor W. Hänsch, prix Nobel de physique 2005, et Nathalie Picqué du LPPM, cette équipe internationale a conçu en effet un spectromètre basé sur une cavité de haute finesse et deux lasers peignes de fréquences femtosecondes. Or ce procédé permet d’enregistrer des spectres avec une grande sensibilité et 1 million de fois plus rapidement que les meilleurs spectromètres actuels.
Partie d’un résonateur de haute finesse, similaire à celui utilisé pour augmenter la sensibilité de la spectroscopie de Fourier par peignes de fréquences femtosecondes. La lumière verte couplée au résonateur provient d’un peigne de fréquence Ytterbium doublé en fréquence. http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61757.htm, Crédits : Max Planck Institute of Quantum Optics
Ainsi durant une démonstration, le spectre de l’ammoniac, molécule d’intérêt planétologique et environnementale, a été mesuré en 18 micro-secondes. La sensibilité obtenue est déjà 20 fois meilleure, pour un temps de mesure 100 fois plus faible que la démonstration de faisabilité qui détenait le précédent record. Doté d’une telle sensibilité, et avec une extension possible à toutes les régions du spectre électromagnétique, cette méthode pourrait explorer de façon dynamique l’infrarouge moyen, région des « empreintes digitales » de molécules, où aucune technique efficace de spectroscopie en temps réel n’existe aujourd’hui. D’autres applications, nombreuses, sont ainsi envisageables dans des domaines comme la chimie analytique, la physique des plasmas, l’astrophysique de laboratoire, la biomédecine, le sondage environnemental et la sûreté.  Pour en savoir plus : Université Paris-Sud 11 – Laboratoire de Photophysique Moléculaire (LPPM) – Nathalie Picqué : tél. +33 (0)1 69 15 66 49 – email : [email protected]Rédacteur : ADIT – Jean-François Desessard – Email : [email protected]Origine : BE France numéro 236 (5/01/2010) – ADIT / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61757.htm 

Saint-Pétersbourg renonce aux lampes au sodium

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61722.htmLe passage intégral aux lampadaires à LED sur la base des nanotechnologies permettrait de réduire de moitié le budget des villes consacré à l’éclairage des rues et des bâtiments, relevait récemment le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov. Il ajoutait que 30% environ des dépenses d’électricité du pays étaient consacrées à l’éclairage urbain.C’est à Saint-Pétersbourg [1] que le vice-Premier ministre a tenu ces propos. Et c’est Saint-Pétersbourg qui semble devoir être la première grande ville russe à franchir le pas. D’ici quelques années, la totalité de son système d’éclairage public devrait être passée aux LED. Le coût du projet est évalué à quelque 4 milliards de roubles.Le principal fabricant russe de LED est la société Svetlana-Optoelektronika. C’est probablement elle qui décrochera le contrat, réalisable en trois ou quatre ans. Svetlana-Optoelektronika est détenue à 30 % par la société Svetlana et à 20 % par son ancien directeur, Gueorgui Khije. Mais le plus gros actionnaire en est le trust Rossiiskaya elektronika, qui fait partie de la corporation d’état Rostekhnologuii.

Les investisseurs remboursés en trois ans

Le gouverneur adjoint de Saint-Pétersbourg, Mikhaïl Osseïevski, a déclaré que la proposition avait été faite à la société publique Rostekhnologuia (qui contrôle, donc, l’usine Svetlana) de réaliser ce passage de l’éclairage public aux LED. Pour assurer le retour sur investissements de cette société, on continuera d’affecter sur le budget municipal le montant des sommes octroyées aujourd’hui à l’éclairage des rues, la différence (les économies réalisées) devant aller dans la poche des investisseurs. Saint-Pétersbourg sera ainsi en mesure de rembourser la corporation publique Rostekhnologuii en l’espace de trois ou quatre ans, assure Mikhaïl Osseïevski.Selon la société publique Lensvet en charge du système d’éclairage public actuel de Saint-Pétersbourg, la ville compte 167.000 lampadaires, équipés de lampes standard au sodium. Le responsable marketing de Svetlana-Optoelektronika estime que le prix d’un lampadaire équipé de LED oscille entre 18.600 et 21.500 roubles.

Le marché pas intéressé par les LED ?

De nombreuses années de recherche sur les technologies des diodes ont permis à Svetlana d’en lancer l’an dernier la production industrielle. Mais cette société s’est heurtée à une difficulté : le marché n’est pas intéressé par les LED, ce qui fait que l’usine ne sort qu’une trentaine de milliers de lampadaires à diodes, alors que sa capacité de production lui permettrait d’en fabriquer plusieurs centaines de milliers.Saint-Pétersbourg affecte en moyenne chaque année environ un milliard de roubles à l’entretien de l’éclairage public, une somme à laquelle il convient d’ajouter 200 millions de roubles pour les gros travaux. L’éclairage par LED permettra à la ville de diminuer entre 2,7 et 3,5 fois sa consommation d’électricité par rapport aux technologies employées actuellement. Si bien qu’il est parfaitement réaliste d’escompter amortir les investissements en trois ou quatre ans.Les autorités municipales n’ont pour l’instant pas demandé à Lensvet de remplacer tous les lampadaires à sodium par des LED. Mais à titre de test, il est prévu dans l’immédiat d’installer de tels lampadaires dans l’un des quartiers de la ville ou sur le réseau suspendu de l’éclairage urbain.  [1] Pour ce qui est de l’éclairage des appartements, les ampoules classiques, à incandescence, seront progressivement remplacées en Russie par de nouvelles technologies, à compter de 2013, la date de 2011, initialement retenue, ayant été repoussée. Les ampoules classiques de 75 W et plus pourraient ainsi être interdites à partir de 2013 et céder la place à des ampoules plus économes. Des crédits pourraient être accordés à la population pour favoriser le passage aux nouvelles ampoules, bien plus onéreuses que celles reposant sur les anciennes technologies.

Origine :

BE Russie numéro 26 (21/12/2009) – Ambassade deFrance en Russie / ADIT -http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61722.htmNicolas Quenez est chargé de mission pour la coopération technologique en Russie.

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis investissent dans la géothermie profonde

L’heure des énergies enfouies est-elle venue ? Non pas les énergies fossiles mais quelque chose de bien plus ancien, remontant à la création de la Terre et piégé dans les roches en fusion très loin sous la surface. Quoi qu’il en soit, de plus en plus de pays développent des technologies permettant la récupération et l’utilisation de ce type d’énergie.Une ville britannique fait déjà usage de l’énergie géothermique profonde. Pendant 20 ans, Southampton a pompé l’eau chaude naturelle afin d’alimenter le réseau de chaleur local. Mais attention, il ne faut pas confondre cette technologie avec les pompes à chaleur dont l’industrie renouvelable vante, à juste titre, les mérites.La géothermie profonde fait également l’objet d’un renouveau d’intérêt et elle est appuyée aujourd’hui par le gouvernement britannique. Le Plan de transition vers une économie sobre en carbone (UK Low Carbon Transition Plan) du Département de l’Energie et du Changement Climatique doit consacrer 6 millions de livres à l’exploration de sites pressentis pour le forage profond. Le sud-est semble pour l’instant s’imposer grâce au statut de pionnière acquis par Southampton. La région pourrait construire une industrie géothermique profonde capable de fournir 2 % de la demande en électricité du Royaume-Uni, d’après les dires du gouvernement.

338 millions de dollars pour l’énergie géothermique

Mais cela n’est encore rien comparé à l’enthousiasme du Secrétaire américain à l’énergie, Stephen Chu. Celui-ci parle même de son pays comme « béni par ses vastes ressources d’énergie géothermique, avec un énorme potentiel pour chauffer nos foyers et alimenter notre économie ». Joignant le geste à la parole, son Département a récemment annoncé une aide de 338 millions de dollars du Recovery Act for a GeothermalTechnologies Program. De manière confuse, 61 millions de dollars de cette aide sont en réalité alloués à l’autre géothermie, les pompes à chaleur. L’essentiel se partage cependant entre la recherche de nouveaux champs exploitables de roches en fusion (dans le Nevada, en Californie, en Oregon et ailleurs) ; la création d’une base de données nationale des ressources ; la recherche en matière de forage et de conversion d’énergie ; la mise en pratique des techniques de production d’énergie en trois sites identifiés ; et enfin l’exploitation des puits de gaz et de pétrole existants pour la production de chaleur. Roger East est rédacteur conseil pour Green Futures, un magazine indépendant publié par Forum for the future.

OnLive crée une console de jeux virtuelle, économe en énergie

Fondée par une icône de la Silicon Valley, Steve Perlman, la start-up OnLive propose une console sur internet. De quoi jouer en réduisant sa consommation d’électricité.L’industrie du jeu suit une logique de dématérialisation depuis quelques années, grâce au téléchargement et à la lente disparition des supports matériels. Avec la généralisation de l’internet haut débit, OnLive supprime la console elle-même. Son service sera commercialisé durant l’hiver.

Cloud gaming
C’est l’avènement du cloud gaming, où le jeu tourne dans le nuage internet et est restitué en streaming vidéo. Cette technologie naissante permet de réduire les déchets électroniques et la consommation électrique.Les consoles de jeux sont en effet très gourmandes en électricité. Aux Etats-Unis, elles consomment autant en un an que la ville de San Diego, qui compte plus de 1,3 million d’habitants, selon le Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC). Soit près de 16 milliards de Kwh par an.Les modèles de dernière génération de Sony et Microsoft sont puissants, donc très énergivores. Et même si celui de Nintendo l’est moins, la production nécessite beaucoup de ressources.

Connexion sur internet
Avec le cloud gaming d’OnLive, l’accès se fait sur n’importe que l’ordinateur, ou sur la télévision via un micro-boîtier. Le joueur se connecte au service en ligne pour démarrer sa partie.OnLive a mis au point une technologie de compression d’images afin de restituer le jeu d’une manière fluide, du serveur vers l’utilisateur. La société travaille aussi sur le temps de latence, délai entre l’action du joueur et la réponse dans le jeu, très important pour les jeux sophistiqués.Un réseau important de serveurs est cependant nécessaire car la distance avec le joueur ne peut excéder quelques centaines de kilomètres. La grande interrogation sera de savoir si la puissance du réseau suffira à satisfaire la demande d’une armée de joueurs, et quelle en sera la consommation électrique à terme.

Nouveau modèle économique ?
Pour le moment, OnLive a convaincu les grands éditeurs de jeux de le suivre (Electronic Arts, Ubisoft, Atari, Take-Two ?). Les fournisseurs d’accès à Internet comme Free sont aussi demandeurs de consoles dématérialisées.D’autres sociétés travaillent sur ce marché comme Otoy et Gaikai aux Etats-Unis, Playcast en Grande-Bretagne ou Game Cluster au Japon.Les modèles économiques pourraient être bouleversés : la suppression de la console touche l’industrie électronique, les éditeurs ? Un enjeu important alors que le marché mondial du jeu vidéo devrait passer de 51,4 milliards de dollars en 2008 à 73,5 milliards en 2013 (+ 40 %) selon PricewaterhouseCoopers. 

Source :
Green Univers

Filière hydrogène : un matériau capable de catalyser sans platine

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61759.htmL’utilisation de l’hydrogène comme vecteur d’énergie est une solution séduisante. Pour autant, cette filière hydrogène ne peut se développer qu’avec la maîtrise de deux étapes clés : la production d’hydrogène en grande quantité par électrolyse de l’eau dans des dispositifs appelés électrolyseurs et l’utilisation de l’hydrogène dans des piles à combustible pour fournir de l’énergie par une réaction d’oxydation de cet hydrogène. Aujourd’hui, ces processus nécessitent l’utilisation de platine comme catalyseur, qui permet d’accélérer la réaction chimique. Le problème est que ce métal est extrêmement rare sur la planète, de l’ordre de 5 ppm, une abondance équivalente à celle de l’or. Aussi est-il très coûteux. D’où l’impérieuse nécessité de s’affranchir du platine.Les recherches qui sont menées aujourd’hui pour substituer au platine des métaux abondants sur Terre et à bas coût s’inspirent des processus chimiques existants chez certains organismes vivants. Ceux-ci disposent en effet d’étonnants systèmes enzymatiques, appelés « hydrogénases », qui n’utilisent que des métaux abondants comme le fer et le nickel, et leur permettent d’utiliser l’hydrogène comme source énergétique ou de le produire à partir de l’eau. Ces enzymes représentent une véritable source d’inspiration pour le chimiste qui synthétise des composées à base de nickel et de fer, analogues structuraux des hydrogénases, et élabore ainsi de nouveaux catalyseurs. Aussi parle-t-on de chimie bio-inspirée. Reste que pour être utilisables dans des dispositifs technologiques, ces catalyseurs synthétiques doivent, tout comme le platine, être fixés en très grande quantité sur des électrodes. Raison pour laquelle il faut disposer d’une surface importante, ce que n’offrent pas les matériaux classiques. Or du fait de leur géométrie, qui permet d’augmenter considérablement la surface potentielle de liaison du catalyseur, et leur grande conductivité électrique, les nanotubes de carbone représentent une solution pour contourner cette difficulté.C’est dans ce contexte que des chercheurs de différents laboratoires du CEA (1) sont parvenus à immobiliser un de ces catalyseurs bio-inspirés, à base de nickel, via un greffage par liaison covalente, sur des nanotubes de carbone. Le matériau ainsi obtenu présente une activité catalytique prometteuse, à la fois pour la production et l’utilisation de l’hydrogène. De plus, il se révèle extrêmement stable et capable de fonctionner en milieu très acide, ce qui lui permet d’être compatible avec les membranes échangeuses de protons, utilisées de manière quasi-universelle dans les piles à combustible fonctionnant à basse température.
Note
[1] Laboratoires du CEA impliqués :– Laboratoire de Chimie et Biologie des Métaux, le LCBM (CEA/CNRS/Université J. Fourier de Grenoble) de l’Institut de Recherche en Technologies & Sciences du Vivant – Direction des sciences du Vivant du CEA– Laboratoire de Chimie des Surfaces et Interfaces de l’Institut Rayonnement Matière de Saclay (IRAMIS) – Direction des Sciences de la Matière du CEA– Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les Nanomatériaux (LITEN) – Direction de la recherche technologique du CEA  En savoir plus : CEA – Vincent Artero : tél. +33 (0)4 38 78 91 06 – email : [email protected]Rédacteur : ADIT – Jean-François Desessard – Email : [email protected]Origine : BE France numéro 236 (5/01/2010) – ADIT / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61759.htm 

L’éolien en Espagne, ce n’est pas du vent

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61403.htmAu mois de novembre dernier, 44 provinces espagnoles (les équivalents des départements français) étaient en alerte météo, du fait d’une vague de froid et des forts vents attendus. Et les vents ont été au rendez-vous sur les côtes nord et en Méditerranée, pour le pire (routes coupées, ports ou aéroports fermés…) mais aussi pour le meilleur : le dimanche 8, entre 3h20 et 8h40 du matin, plus de 50 % de l’électricité produite en Espagne ont été générés par les éoliennes, avec une pointe à 52,4 %.En termes absolus, ce ne sont pas moins de 11,5 GW (65 % de la puissance installée) qui ont été produits à 14h30, autre record. Avec autant d’électricité tout d’un coup disponible, une partie a servi à pomper l’eau pour la remonter dans les barrages réversibles (6,3 % des 52,4 % du pic) et une autre partie a été exportée (7,7 %) : le réseau électrique espagnol, géré par Red Eléctrica Española (REE), dispose maintenant d’un savoir-faire unique dans la gestion de l’absorption de l’électricité éolienne, un savoir-faire souvent présenté comme modèle. A cet égard, un responsable américain visitant le centre de contrôle de REE en octobre dernier n’avait pas hésité à déclarer : « Quand on regarde l’Espagne et son système électrique, on voit le futur », un véritable slogan publicitaire…

Des capacités de production électrique éolienne performantes
Au-delà de l’anecdote du record, l’Espagne a su développer des capacités de production électrique éolienne performantes on vient de l’évoquer, mais aussi importantes : la puissance installée est passée progressivement de 1.585 MW en 1999 à 17.700 MW dix ans plus tard. Et pour dans dix ans, l’Asociación Empresarial Eólica n’hésite pas, quant à elle, à tabler sur 40.000 MW.Elle avertit tout de même : l’absorption de l’électricité ainsi produite nécessitera plus d’interconnexion avec la France (actuellement, les capacités d’import/export plafonnent à 3 % de la demande maximale espagnole) et davantage de capacités de pompage des barrages réversibles.En attendant 2020, signalons que le ministère de l’industrie vient de fixer les puissances à installer pour les trois années à venir, au grand soulagement des industriels du secteur qui ont craint un temps que pour cause de crise, aucune autorisation ne soit donnée, les primes octroyées ayant bien sûr un coût tout sauf négligeable. On aura donc 1.855 MW pour 2010 et 1.700 MW pour 2011 et 2012.L’année n’est pas encore finie, mais REE anticipe une part de production éolienne de l’ordre de 13 % pour 2009 (10,4% en 2008), 9 à 10 % produits par ailleurs par l’hydraulique (7,0 % en 2008) et 2,5 % par le solaire, soit au total, un quart d’électricité renouvelable, un pas de plus dans la direction des 40 % d’électricité renouvelable fixés par l’Union Européenne pour 2020. 

Origine :
BE Espagne numéro 88 (3/12/2009) – Ambassade de France en Espagne / ADIT –http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61403.htmGuy Molénat est attaché scientifique à l’ambassade de France en Espagne.

Fibre optique : le grand malentendu

2 milliards d’euros pour le très haut débit, c’est une très bonne nouvelle. Mais qui va en bénéficier : les citadins ou les ruraux ? Les particuliers ou les entreprises ?Le numérique est un axe clé du grand emprunt. Le Président de la République vient d’annoncer un fonds national pour le numérique, avec un investissement de 2 milliards d’euros pour l’équipement en très haut débit. Par ailleurs, les usages du numérique bénéficieraient de 2,5 milliards.Est-ce que cela signifie que tous, habitants des villes ou des zones rurales, allons être équipés en fibre optique dans les prochaines années ?Il y a une réelle attente des français, depuis les annonces de certains opérateurs il y a 2 ans … mais aujourd’hui, on ne voit pas arriver la fibre. Les opérateurs jouent la « course à l’escargot ». La réglementation n’est pas encore définie, mais n’est-ce pas un prétexte ? En tant que professionnels du secteur, nous pensons que la logique économique ne permet pas d’apporter la fibre optique à tous les Français, ni par l’investissement privé, ni par l’argent public.

La fibre avant tout pour les entreprises
Il y a un premier malentendu. Aujourd’hui, la fibre est déjà présente sur une grande partie du territoire national. Mais elle est « horizontale », c’est-à-dire qu’elle est présente dans la rue. Elle ne monte pas « verticalement » dans les immeubles.La fibre optique reste une nécessité pour la France afin que les entreprises puissent en bénéficier partout sur le territoire. D’ailleurs, la fibre sera indispensable aux entreprises d’ici quelques années ; c’est déjà un critère d’implantation primordial. Pour une collectivité, la présence d’entreprises sur son territoire n’est-elle pas plus important que de fournir la télévision HD à tous ?C’est donc une très bonne nouvelle que l’Etat investisse pour le maillage en fibre du territoire national, aux côtés des collectivités et des opérateurs privés qui le font depuis plusieurs années.La fibre « horizontale » raccorde les grandes entreprises, les centraux téléphoniques et certaines PME. Depuis quelques mois, on assiste à une hausse très forte de la demande de toutes les entreprises pour s’équiper en fibre, car les besoins sont là : les entreprises sont interconnectées, elles dépendent des réseaux pour leurs relations avec leurs clients, fournisseurs, partenaires, agences, télétravailleurs, etc … Au delà, la téléphonie passe désormais sur la fibre, tout comme la visioconférence. Enfin, la virtualisation permet de centraliser les données et les applications sur des sites sécurisés grâce à la fibre. La révolution numérique des entreprises est en marche ! La fibre optique est devenue un critère d’implantation des entreprises. Ce qui induit des réactions comme celles-ci.  » Y a-t-il de la fibre sur telle zone d’activité ? Si non, je vais implanter mon entreprise ailleurs ! « 

Les 3 modèles économiques de la fibre optique
3 types d’infrastructure sont disponibles pour raccorder les entreprises en fibre :

1 – Par le réseau des  » PTT « 
France Télécom a hérité en 2000 d’un capital très important : le réseau de téléphone (en cuivre), mais aussi les cavités, fourreaux, chambres de raccordement qui existent dans toutes les villes en France. Le résultat est que l’infrastructure de l’opérateur historique permet de fournir de la fibre optique à un grand nombre d’établissements en France, sans travaux de génie civil.Les opérateurs alternatifs peuvent utiliser cette infrastructure pour équiper leurs clients, l’autorité de régulation de ce marché (ARCEP) ayant fixé une offre de revente de gros, appelée « collecte ». C’était aussi le cas en 2001 pour l’ADSL, ce qui a permis à des opérateurs comme Free de se lancer sans équiper des millions de foyers en réseau téléphonique. Il est important de noter qu’aujourd’hui l’offre de revente pour la fibre existe pour les offres entreprises, et non pour les offres à destination des particuliers (FTTH).L’offre fibre optique via France Télécom est disponible à ce jour dans 7.500 communes (sur environ 30.000). C’est donc une grande partie du territoire, mais elle concerne davantage les villes que les communes rurales.

2 – Par le réseau des opérateurs alternatifs
Des opérateurs privés ont également investi sur les zones dites « rentables », c’est à dire les grandes villes. Ils peuvent fournir en direct de la fibre optique aux entreprises situées à proximité. Mais dans ce cas de figure, le marché est assez captif car pour passer à la concurrence, le client doit généralement faire réaliser une seconde adduction. Comme pour France Télécom, les opérateurs alternatifs peuvent ouvrir leur réseau à d’autres opérateurs concurrents. Mais, ils n’y sont pas tenus par la réglementation. Tout dépend donc des accords commerciaux. Toutefois, ce marché reste difficile. Certains opérateurs connaissent même des difficultés financières, et ne sont pas en mesure d’investir dans une nouvelle infrastructure.

3 – par les réseaux publics
On a vu apparaître une nouvelle forme d’acteurs depuis quelques années : les réseaux ouverts d’initiative publique. Il s’agit généralement de collectivités qui estimaient que l’offre en haut débit ou très haut débit sur leur territoire n’était pas suffisante, et qui ont investi dans la construction de leur infrastructure. Ces projets sont souvent construits en partenariat avec un acteur privé, dans le cadre notamment de délégation de service public, comme pour les réseaux d’eau par exemple. Ces acteurs privés sont généralement des entreprises de travaux publics, ou des opérateurs eux-mêmes.Un principe fondateur de ces réseaux est la neutralité ; c’est-à-dire qu’ils sont ouverts à tous les opérateurs. Lorsqu’un client y souscrit via un opérateur, celui-ci sous-traite le raccordement à la délégation de service public. Au terme du contrat, le client peut changer d’opérateur et conserver son raccordement.Une quarantaine de départements sont équipés avec des infrastructures de fibre optique d’initiative publique. L’investissement a été de 3 milliards d’euros, dont 50 % proviennent de subventions publiques. Les collectivités qui ont fait le pas sont souvent des départements ruraux, mais pas toujours.L’offre des réseaux d’initiative publique permet souvent aux opérateurs d’équiper les entreprises avec des conditions favorables, même si les tarifs de raccordement pratiqués par les délégataires sont parfois opaques et mériteraient d’être mieux encadrés par les pouvoirs publics. En effet, les intérêts des actionnaires des délégataires, entreprises de travaux publics ou opérateurs privés, sont parfois en contradiction avec les missions de service public. C’est le rôle du délégant de faire respecter le contrat de concession.Ceci dit, la présence des réseaux publics est un vrai succès dans de nombreux cas. Ces réseaux permettent à des territoires d’être plus attractifs pour les entreprises. Les zones d’activité situés en périphérie des villes sont souvent loin des centraux téléphoniques, et ont une mauvaise éligibilité en ADSL ou SDSL (le grand frère de l’ADSL, qui a l’avantage de proposer un débit garanti et d’être réalisable sur plusieurs paires de cuivre). La fibre résout donc la fracture numérique pour les entreprises, et remet dans la course des zones isolées. La rentabilité de ces réseaux n’est toutefois pas immédiate. Elle se fait sur le long terme, et elle se calcule plus en termes d’emplois qu’en termes de bénéfices sur l’activité de télécommunication.

Et la fibre pour les particuliers ?
Aujourd’hui, l’Internet pour les particuliers est dominé par l’ADSL. Nous allons atteindre les 20 millions d’abonnés ADSL en 2010, ce qui est un vrai succès en 10 ans. C’est l’offre de contenu qui a séduit les français : Internet + téléphone + télévision. Pourtant, celle-ci n’est pas encore accessible à tous ! 500.000 lignes téléphoniques ne sont toujours pas éligibles à l’ADSL ; ce sont les fameuses zones blanches. Par ailleurs, une grande partie des abonnés ADSL ne peuvent pas bénéficier du « triple play ».C’est ici que continue le malentendu : la fibre optique ne va pas être proposée aux habitants des zones blanches. Les opérateurs privés ont annoncé le déploiement de quelques milliers de prises … dans les grandes villes. Dans le cadre des réseaux d’initiative publique, la fibre parcourt la campagne, mais raccorde les centraux téléphoniques afin d’inciter les opérateurs alternatifs à les dégrouper et à proposer une offre plus étendue aux habitants. Ces fibres peuvent être utilisées par des entreprises, qui vont payer le raccordement jusqu’au réseau : en moyenne 5.000 euros. Mais il n’est pas prévu de fibrer les particuliers, pour des raisons de coût !Dans une zone dense, le raccordement d’un particulier peut coûter entre 200 et 500 euros ; les opérateurs privés peuvent faire le pari industriel d’équiper des immeubles, et d’obtenir des clients qui vont rentabiliser cet investissement sur une durée acceptable.Dans les zones non denses, les coûts sont bien plus élevés. On peut calculer que le raccordement de la France coûte 30 milliards d’euros, soit 1.000 euros par prise en moyenne. Cela signifie des coûts entre 1.000 et 5.000 euros pour les zones rurales.L’idée du gouvernement est de segmenter les zones non denses en deux : les zones intermédiaires et les zones rurales. Dans les zones rurales, la fibre ne sera pas installée chez les particuliers. Une offre de très haut débit par satellite touchera 750.000 foyers. Dans les zones intermédiaires, l’Etat souhaite aider les opérateurs privés à créer une infrastructure, soit par la création d’un opérateur public, soit par des appels à projets qui constitueraient des monopoles locaux.Comment la fracture numérique sera-t-elle comblée ? On peut voir que le gouvernement insiste sur le fait qu’il n’y a pas que la fibre : il y a aussi le satellite, l’Internet mobile de nouvelle génération. Il y a aussi la « montée en débit », c’est-à-dire le fibrage des sous-répartiteurs téléphoniques, qui permet à plus de communes rurales d’avoir l’ADSL. Les collectivités peuvent avoir leur rôle à jouer dans ce type de projet.

Le FTTH aujourd’hui
La fibre pour les particuliers (FTTH) n’a pas encore démarré. En décembre 2009, 50.000 français sont clients FTTH (fibre à la maison), soit moins de 0,25 % du marché ; et ils sont tous en ville. S’y ajoutent les offres de Numéricable qui sont mixtes fibre + câble, avec 180.000 abonnés. L’intérêt principal du FTTH est la télévision HD ; d’ailleurs les magasins d’électronique vendent les boxs fibre au rayon télé …Certes, les usages vont être inventés et le parc va progresser, car les opérateurs investissent – et l’Etat aussi désormais. Par ailleurs, les réseaux publics en FTTH apparaissent. La ville de Pau est fibrée depuis 2005 ; le département des hauts de Seine avec 830.000 prises à terme est un projet emblématique d’une zone dense à fort potentiel.La loi de modernisation de l’économie de 2008 prévoit un principe de mutualisation de la partie terminale des réseaux de FTTH. Les modalités de cette loi sont encore en discussion à l’ARCEP, mais une décision est en passe d’être prise : 4 fibres devraient être tirées ; utilisables par les 4 gros opérateurs du marché … ce qui exclut les « petits » opérateurs de service. C’est la même idée que pour la téléphonie mobile : la concurrence, c’est un monopole de plusieurs opérateurs dominants. Ce n’est pas une réglementation de ce type qui a permis l’innovation dans le marché de l’ADSL et donc son explosion.L’évolution du marché actuel, la réglementation et les modalités à venir du grand emprunt nous incitent à penser que le marché FTTH sera partagé entre les gros opérateurs. Il se limitera essentiellement aux zones « rentables » ou aux zones « intermédiaires » subventionnées.

2 milliards pour quoi ?
2 milliards pour la fibre, c’est une opportunité pour la France. Pour nous, la priorité est de finaliser le maillage « horizontal » du territoire, notamment en soutenant les projets des collectivités. C’est une infrastructure qui servira de base à tout le reste : raccordement des entreprises, Internet mobile (car il faut fibrer les antennes relais …), montée en débit de l’ADSL sur les sous-répartiteurs, et FTTH à terme. C’est aussi une garantie de neutralité vis à vis des fournisseurs d’accès Internet, ce qui permettra à des acteurs innovants de percer, comme nous l’avons vu sur le marché de l’ADSL.Par Nicolas Aubé, président de Céleste

Le Centre de Sciences et Technologies du Bioethanol étudie la problématique du bioethanol durable

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61570.htmQuand les gouvernements commencèrent à se préoccuper des émissions de gaz à effets de serre et des changements climatiques globaux, l’ethanol de canne à sucre a été présenté comme un bon candidat pour remplacer l’essence et autres dérivés du pétrole. Cependant, avant d’envisager une exportation possible à grande échelle, plusieurs doutes ont été émis sur la scène internationale au regard du réel caractère durable de l’ethanol brésilien.C’est pour tenter d’apporter des réponses à ces questions que le Centre de Sciences et Technologies du Bioethanol (CTBE) a présenté les 11 et 12 octobre son programme de recherche porté sur le développement durable lors du « deuxième workshop sur l’Impact des nouvelles technologies sur la durabilité du cycle de production du bioethanol/canne à sucre ». Cet événement a conclu en la nécessité de surpasser les modèles mathématiques existants, afin de produire des données expérimentales plus proches de la réalité.Selon le directeur de ce programme de Durabilité du CTBE, Arnaldo Walter, une des difficultés majeures réside en l’évaluation de combien l’usage de la terre influe dans la balance finale des émissions de gaz à effet de serre produits de façon concomitante à l’ethanol. Il explique : « Quand une culture agricole comme la canne à sucre remplace une zone de pâturage ou de forêt primaire, il en résulte un changement dans le stock de carbone présent sur la zone donnée. Dans quelques cas, le carbone qui résidait dans l’arbre, par exemple, se transforme en dioxyde de carbone, en élevant les émissions de gaz à effet de serre ».
L’aide des images satellites
Pour que l’utilisation de l’ethanol à une échelle globale soit opportune, Walter attend des études qu’elles montrent quelles sont les réelles altérations du stock de carbone survenues sur les sols, en sachant que la canne-à-sucre occupe différents types de sols dans différentes régions. Ces données peuvent être générées à l’aide d’images satellites, de façon similaire aux techniques utilisées pour suivre la déforestation en Amazonie.Le système Canasat de l’Institut National de Recherche Spatiale (Inpe), capte déjà les images de l’expansion de la culture de canne dans la région du Centre-Sud du Brésil depuis 2005, et dans l’Etat de São Paulo depuis 2003. Le Professeur Thelma Krug de l’Inpe est intervenue lors du workshop au CTBE afin d’exposer les techniques de monitorage de Canasat. Le système Canasat permet d’identifier avec un certain degré de confiance la localisation des changements dans l’usage de la terre, en plus de pouvoir dire quel type de sol et de biome a été converti en culture de canne, et d’identifier les régions dans lesquelles la canne a été cueillie crue ou brûlée.Une fois connue la réelle altération du niveau des émissions causée par la culture de la canne à sucre, qui ne cesse de s’étendre, il sera nécessaire d’harmoniser les méthodologies utilisées dans différents pays pour que l’on puisse alors comparer le volume des émissions de biocarburants divers. C’est cette conclusion qui a été tirée par les chercheurs brésiliens, nord-américains et argentins lors du workshop réalisé en Août par le programme FAPESP BIOEN, en partie coordonné par le Professeur Marcos Buckeridge, aussi directeur scientifique du CTBE.En plus du projet sur les émissions de gaz à effet de serre, le Programme de Durabilité du CTBE développera d’autres projets sur la question des ressources hydriques, sur la balance énergétique des biocarburants et sur les impacts socio-économiques causés par la production d’éthanol. 

Origine :
BE Brésil numéro 128 (15/12/2009) – Ambassade deFrance au Brésil / ADIT  http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61570.htmFaustine Fourdinier est rédactrice pour la chaîne environnement des Bulletins électroniques à l’ambassade de France au Brésil.

Microscope numérique VHX-1000

Le VHX-1000 est équipé d’un moniteur LCD haute résolution WUXGA (1920 x 1200 pixels). Sa large zone de visualisation offre des images claires quel que soit l’angle d’observation, afin de pouvoir être regardé simultanément par plusieurs personnes. Les boutons de la console de commande permettent d’accéder à toutes les commandes importantes : suppression du halo, composition 3D, décalage ou stabilisation de la lumière, filtres HDR, optimisation de l’image, position de l’objectif sur l’axe Z… Un système motorisé et des algorithmes d’autofocus permettent de trouver très rapidement la position optimale de l’objectif avec une précision au micron. Le mode e-Preview permet d’observer la cible selon neuf éclairages différents, facilitant le choix du meilleur éclairage.Le VHX-1000 offre une autre exclusivité technique : lors d’un zoom, il saisit les images des zones d’observation adjacentes pour reconstituer un champ de vision jusqu’à 50 fois plus large que les systèmes classiques (en 2D et en 3D). Le VHX-1000 offre une performance unique : 54 Méga pixels avec composition 3D. Le traitement HDR est une technologie unique de grande plage dynamique qui permet d’obtenir une image parfaitement exposée. Le codage 16bits permet enfin de visualiser les différences les plus subtiles en offrant 2 puissance 48 nuances /pixel.Il est ainsi possible d’obtenir des images proches de celles obtenues avec les coûteux microscopes électroniques à balayage, mais en couleurs et avec un mode d’observation bien plus rapide et infiniment plus convivial.

2èmes Assises de l’Efficacité Energétique

 Ces 2èmes Assises de l’Efficacité Energétique mettront en lumière les solutions techniques et contractuelles disponibles pour l’atteinte des objectifs d’économies d’énergie fixés par le Grenelle de l’Environnement. Elles seront le lieu de nombreux témoignages présentant des réalisations simples et complexes correspondant à des situations de terrain variées. Les acteurs de ces projets partageront leurs points de vue et expériences sur les sujets suivants :

Le Programme
Les 2èmes Assises seront organisées autour de 3 tables rondes :
Table ronde n°1 : Objectifs Grenelle pour vos bâtiments tertiaires et logements collectifs
Expliquer les enjeux du Grenelle sur les bâtiments, démontrer que des solutions existent et que notre profession est porteuse de solutions-clés

Table ronde n°2 : Des solutions pour la performance énergétique de vos bâtiments : des intentions aux actes !
Démontrer la faisabilité et les bénéfices énergétiques et environnementaux des projets d’efficacité énergétique dans les bâtiments par le biais d’exemples concrets de réalisations petites ou grandes

Table ronde n°3 : Les innovations pour 2015
Plus prospective, cette table ronde sera dédiée aux solutions innovantes et bientôt disponibles sur le marchéCes tables rondes réuniront des acteurs majeurs de l’efficacité énergétique des bâtiments tels que : les fournisseurs de solutions d’efficacité énergétique, EDF, les gestionnaires de parcs immobiliers privés et publics, les bureaux d’études, les investisseurs immobiliers, les collectivités locales, etc.

Informations pratiques
  •  Date & Lieu : 27 janvier 2009 à Lyon, à la Cité Internationale
  • Thème : L’efficacité énergétique dans les bâtiments, des intentions aux actes !
  • Co-présidées par le Gimélec et par EDF et Organisées par Elec-Promotion avec le concours d’AIDELEC
  • Public concerné : Gestionnaires et propriétaires de bâtiments privés et publics, bureaux d’études, institutionnels, collectivités locales, journalistes, etc.

REACH : l’actualité du 1er novembre au 15 décembre 2009

Chaque mois, le CNRI fait une sélection des évènements qui ont marqué l’actualité de REACH et impactent l’usage des produits chimiques. Sur ces deux derniers mois, du 1er novembre au 15 décembre 2009, huit faits marquants sont à retenir et à examiner avec attention.

SIEF (FEIS / Forum d’échange d’informations sur les substances)
En date du 02/12/2009, l’ECHA (Agence européenne sur les produits chimiques) comptabilisait 2.072 SIEF formés. Chaque SIEF couvre une substance.
Vous pouvez retrouver la liste des substances sur le site de l’ECHA 
Guide sur l’évaluation de la sécurité des substances chimiques
L’ECHA a publié, le 03/11/2009, sur son site Internet, un guide sur l’évaluation de la sécurité chimique (CSA – Chemical Safety Assessment). Ce document est destiné aux personnes non expertes qui souhaitent en savoir plus sur le CSA. Il fournit une vision de ce qu’est cette évaluation, comment elle doit être réalisée et documentée.
Plus d’information sur : http://guidance.echa.europa.eu
 

Consultation publique sur l’harmonisation de la classification et l’étiquetage de deux substances chimiques
L’ECHA a lancé, le 4 novembre dernier, une consultation publique sur l’harmonisation de la classification et l’étiquetage de deux substances chimiques. Cette consultation a lieu pendant 45 jours. Les substances concernées sont : hexabromocyclododecane (HBCDD) et cryolite.
Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/consultations/harmonised_cl_en.asp
Informations pour éviter les tests sur les animaux
L’ECHA a mis en place une procédure afin de ne réaliser les tests sur les animaux qu’en dernier ressort. Deux appels ont été lancés par l’ECHA afin que toutes les informations disponibles pour les substances suivantes soient transmises avant le 18/01/2010 pour l’ethoxypropyl-hydroxy-hexanamide et le 11/01/2010 pour le 4-((Triethoxysilyl)methyl) morpholine.
Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/consultations/test_proposals/test_prop_cons_en.asp
Un plan d’accompagnement pour les PME
Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, a annoncé, début décembre, un plan d’accompagnement des entreprises et notamment des PME concernées par la 1ère échéance de REACH en matière d’enregistrement, fixée au 01/12/2010. 

15 nouvelles substances très préoccupantes ajoutées à la liste candidate pour l’autorisation
L’ECHA a identifié, le 7 décembre, 15 nouvelles substances pour la liste candidate à l’autorisation. Ces substances seront ajoutées aux 15 autres substances SVHC (Substances of Very High Concern) en janvier 2010. La liste de ces 15 nouvelles substances est disponible sur le site de l’ECHA.
Pour voir cette liste : http://echa.europa.eu/consultations/authorisation/svhc/svhc_cons_en.asp
L’ECHA rencontre ses parties prenantes
L’ECHA a rencontré, le 7 décembre dernier, ses parties prenantes. Le programme de cette journée avait été divisé en trois sessions : le règlement CLP, l’application de REACH et les dossiers d’enregistrement. 

Attention, moins d’1 an avant la date limite pour les premiers enregistrements
Les substances produites ou importées à plus de 1.000 tonnes / an, les substances CMR 1 et 2 à plus de 1 tonne / an et les substances R50/R53 à plus de 100 tonnes / an devront être enregistrées avant le 1er décembre 2010.  Par Céline Nectoux, ingénieur Environnement CNRI Les précédents articles sur l’actualité de REACH
  • Actualités du 20 août au 31 octobre 2009
  • Actualités du 15 juillet au 20 août 2009
  • Actualités du 15 juin au 15 juillet 2009

 

Gestion du risque chimique : quelles sont les exigences incontournables ?

 Quelles sont les obligations en matière de gestion du risque dès lors que l’on utilise un produit chimique ? Une question en apparence bien délimitées mais qui dans la réalité apparaît relativement complexe. Le point avec Ismahane El Bahloul, expert conseil HSE – management du risque.

Les contraintes réglementaires
Sur le plan réglementaire, l’entreprise est confrontée à quatre niveaux d’obligations. Le plus restreint est le niveau local. Pour ceux qui ne sont pas installation classée, il faut tenir compte du règlement sanitaire départemental RSD qui comprend quelques exigences notamment en matière de gestion des déchets. Sur le plan national, il y a deux principales sources d’obligations en matière de risque chimique :
  • le Code du travail qui encadre la mise sur le marché des substances et des préparations concernant les producteurs, les fiches de données de sécurité FDS, l’étiquetage et le classement, la prévention des risques chimiques dont les dispositions spécifiques pour les substances CMR (cancérogène, mutagène et reprotoxique), les dispositions spécifiques à certaines substances (amiante, benzène, chrome, …) ;
  • le Code de l’environnement qui lui édicte des règles de classification, encadre la notion d’installation classée, la mise sur le marché, et stipule les règles de contrôle liées, entre autres, au règlement REACH et au règlement CLP ainsi que des règles de redevance, des règles en matière d’écoconception, …
Sur le plan européen, il s’agit des règlements dont l’application telle quelle est immédiate dans le droit national avec toutefois un délai d’application (ex : règlement REACH, règlement CLP) ou de directives nécessitant une transposition en droit national avant transposition.Enfin, vient le plan international. Ici, la plupart des textes ne sont pas applicables directement et nécessitent une transposition. C’est le cas du système général harmonisé (SGH) qui a donné naissance au CLP dans le droit européen. Voilà pour le cadre réglementaire. Mais plus concrètement, quelles sont les obligations de chaque acteur en fonction de son rôle dans le flux de produits chimiques ?

Flux des produits chimiques et obligations
Premier constat : dès que l’on choisit un produit chimique, c’est-à-dire dès le début de la chaîne, il y a des obligations (liste non exhaustive).  

Choix et Achat d’un produit chimique
Lors du processus de sélection de votre produit chimique, de nombreux paramètres sont à prendre en compte dont les données techniques/économiques (est-ce que ce produit répond à mon cahier des charges ? : coût, faisabilité, …) mais également les contraintes réglementaires :
  • Fiche de données de sécurité FDS : avant toute utilisation (test, utilisation dans le cadre d’un process, …), la première obligation nécessite de demander la FDS et de la transmettre à votre médecin du travail pour avis. La FDS avec l’étiquette est la source d’information en matière de risque chimique. Ce document vous permettra de répondre à un certain nombre de vos obligations (vérifier que nous n’introduisez pas de substances plus dangereuses que celles que vous utilisez avec une attention particulière sur les CMR, vérifier que les substances utilisées sont bien préenregistrées/enregistrées au niveau de l’ECHA ou AEPC (Agence Européenne des Produits Chimiques) dans le cadre de l’application de REACH, …)
  • Document Unique/Evaluation du risque chimique : la mise à jour de votre document unique est à prévoir. S’il s’agit d’un nouveau produit chimique, il faut évaluer le risque chimique lié à son utilisation. Attention également aux phases de maintenance ! Certes l’évaluation des risques chimiques dans le document unique doit être faite en conditions normales de fonctionnement, mais aussi en situations transitoires, c’est-à-dire lors des phases de maintenance, de mise en place d’un produit ou de situation d’urgence. Votre évaluation des risques ne sera pas menée uniquement pour les produits en cours d’utilisation mais elle pourra être réalisée également dans le cadre de projet d’utilisation : les résultats de cette évaluation pourront vous permettre de retenir ou non un produit en fonction des résultats obtenus. Il s’agit donc d’utiliser votre document unique comme un outil de sélection.

Réception
La réception et le transport de ces produits impliquent également des obligations. Dans le premier cas, il s’agit de mettre en place un protocole de chargement et de déchargement (protocole de sécurité). Dans le second, il faut appliquer la réglementation européenne en matière de transport de produits dangereux (étiquetage, conseiller à la sécurité, …) : ceci vaut en Europe, mais également à l’international, même si le SGH n’est pas appliqué dans tous les pays.

Stockage
De nombreuses règles sont à respecter : les dispositions constructives, les règles d’incompatibilité de stockage, de rétention, les obligations de zonage ATEX (Atmosphères Explosives). Autant de mesures qu’il faut mener simultanément.

Utilisation
L’utilisation des produits chimiques implique de nombreuses obligations découlant du Code du Travail, du Code de l’Environnement mais également d’autres sources réglementaires comme le Code de la Sécurité Sociale, le Code de Douanes, … : respect de certaines valeurs limites d’émission, mise en place de systèmes de ventilation, suivi médical des salariés, gestion des déchets, traitement des rejets aqueux chargés, respect des prescriptions techniques pour les ICPE…

Les obligations du code du travail
Revenons pour finir sur les obligations fixées par le code du travail. Celui-ci fixe neuf principes généraux dont il faut retenir deux règles : l’obligation de résultat et celui de formalisme. Quant aux mesures de protection individuelles, ce sont dans l’ordre, les dernières dispositions à mettre en place. Même chose pour l’instruction et la formation dont il faut vérifier l’efficacité.  Cet article a été réalisé à partir de l’intervention d’Ismahane El Bahloul, Expert conseil HSE – Management du risque lors de la Conférence  » Nouvelles exigences du risque chimique : comment être en règle  » organisée par Techniques de l’Ingénieur et Quick FDS. Formation à venir 30 juin 2010 :  » Risque chimique 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? « Objectifs :
  • Réussir la transition entre le système actuel et l’évolution de la classification et de l’étiquetage
  • S’organiser pour mettre à jour et gérer les FDS
  • Valider les usages et scenarios d’exposition
  • Etre en conformité concernant la Santé Sécurité au Travail
Le programme complet de la formation Techniques de l’Ingénieur

Gestion du risque chimique : comment mettre en oeuvre vos obligations ?

Au-delà des textes, quelles bonnes pratiques mettre en œuvre ? Petit tour d’horizon de vos différentes obligations et des règles à respecter. 1 – Identifiez les produits chimiques que vous utilisez, qu’ils soient dangereux ou non. Car comme la classification et la connaissance évoluent, il est important d’avoir une vision globale des produits que vous employez. De cette manière vous pourrez suivre l’évolution de vos produits et ainsi vous rendre compte plus facilement si l’un d’entre eux est passé dans un autre classement (dangerosité de la substance, classement ICPE, étiquetage, …). 2- Évaluez vos risques chimiques, transcrivez les dans votre document unique, mais surtout, ayez un plan d’actions suivi avec des actions cohérentes à l’image de votre risque. Cette évaluation se fait périodiquement, au minimum une fois par an, mais également après un accident du travail, une maladie professionnelle, ou encore après l’introduction d’une nouvelle technologie ou d’un nouveau produit chimique. 3 – Communiquez votre évaluation des risques chimiques à vos salariés et formez les. Attention, cette formation doit être suivie d’une évaluation à chaud, mais aussi à froid afin de vérifier que le salarié a compris la formation qui lui a été dispensée. 4 – Mettez en place des mesures de prévention collective. 5 – Pour les agences CMR, attention aux mesures spécifiques. 6 – S’il y a exposition de vos salariés à des risques chimiques, rédigez les attestations et fiches d’exposition.7 – Fournissez des protections individuelles à vos salariés et entretenez les. Un gant ne fera pas toute l’année, et un vêtement de travail ne sert pas qu’une fois par an. 8 – Ayez une procédure d’organisation des secours formalisée. 9 – Mettez en place une surveillance médicale. 10 – Respectez les principes de prévention dans le cadre de l’utilisation de produits chimiques. Il y a bien sûr les principes généraux de prévention du code du travail, mais pensez aussi à ceux du code de l’environnement : c’est-à-dire au principe de précaution, à celui d’actions préventives et collectives, au principe pollueur/payeur et enfin, au principe de participation, c’est-à-dire au droit d’accès de tous à l’information. 11 – Vérifiez, par rapport aux produits chimiques que vous utilisez, si vous êtes installation classée ou pas. Vous déroulerez alors toutes vos obligations (dossier de déclaration, d’autorisation, peut-être un troisième régime dans quelque temps) et vous mettrez en pratique, s’il y a autorisation, les prescriptions liées à l’arrêté préfectoral, et s’il y a déclaration, les prescriptions des arrêtés ministériels. 12 – Respectez la réglementation de mise sur le marché du ou des produits chimiques, c’est-à-dire respectez les obligations de classification, d’étiquetage, et de test. 13 – Attention aux obligations spécifiques liées à l’écoconception telles que RoHS pour les produits électroniques, VHU pour l’automobile, l’emballage, les solvants… 14 – Veillez à bien gérer vos déchets. Il y a des filières qui sont définies et des obligations réglementaires à respecter. 15 – Dans le cas de transport de marchandises dangereuses, il faudra identifier les produits réceptionnés et expédiés. A cela, il faut ajouter l’obligation de mettre en place un protocole de sécurité et de faire appel à un conseiller à la sécurité.16 – Intégrez toutes ces contraintes dans un système de management afin de mieux pouvoir suivre la mise en œuvre, et l’évolution de vos obligations. 17 – Veillez à la traçabilité de toutes les informations recueillies. Dans ce cadre, la durée d’archivage des dossiers médicaux est de 50 ans, celle des produits chimiques correspond à la durée de vie de l’entreprise pour faire face à toute éventualité. Une maladie professionnelle peut se déclarer 20, 30 ans après l’exposition. Ce qui signifie que ces documents doivent être conservés au minimum 50 ans. Quoiqu’il en soit, il faut éviter de caler vos durées d’archivage sur les durées de certification (3 ans en règle générale).  Cet article a été réalisé à partir de l’intervention d’Ismahane El Bahloul, Expert conseil HSE – Management du risque lors de la Conférence  » Nouvelles exigences du risque chimique : comment être en règle  » organisée par Techniques de l’Ingénieur et Quick FDS. Formation à venir 30 juin 2010 :  » Risque chimique 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? « Objectifs :

  • Réussir la transition entre le système actuel et l’évolution de la classification et de l’étiquetage
  • S’organiser pour mettre à jour et gérer les FDS
  • Valider les usages et scenarios d’exposition
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Le rôle primordial des FDS

Reach donne aux FDS (fiches de données de sécurité) un rôle étendu : la FDS devient désormais l’outil principal de communication et d’échange entre le fournisseur et l’utilisateur aval des différentes substances mises sur le marché. En effet, et c’est tout le sens de la mise en place de Reach, la FDS est aujourd’hui amenée à jouer un rôle primordial, en tant que pierre angulaire du système de communication au sein de la chaîne d’approvisionnement sur la sécurité chimique des produits et substances. Aussi, et c’est un point fondamental au niveau de l’exercice de la responsabilité des acteurs, la fiche de sécurité est rédigée par le fabricant et transmise en aval de la chaîne d’approvisionnement.

Rappel de la règlementation antérieure
Avant la mise en place de Reach, c’est la directive 91-155 qui définissait les différentes obligations relatives aux systèmes d’information des préparations dangereuses. Cette directive stipulait que la FDS était obligatoire pour les produits chimiques dangereux, elle devait également être fournie pour certaines préparations non classées dangereuses, mais contenant des substances chimiques dangereuses. La FDS devait être mise à jour et transmise au sein de la chaîne d’approvisionnement dès que de nouvelles informations sur la substance étaient mises à jour. Elle était composée de 16 rubriques, dont les informations générales, les dangers, les utilisations, l’élimination, les situations d’urgence, entre autres. Certaines modifications liées à REACH sont déjà applicables depuis le 1er juin 2007, notamment l’inversion des rubriques 2 et 3 sur l’identification des dangers et la composition de la préparation. Il faut aussi ajouter les coordonnées (nom et adresse e-mail) de la personne chargée de la réalisation de la FDS. Les numéros d’enregistrement, s’ils sont disponibles, doivent également figurer sur la FDS.

Ce qui va changer
Les autres modifications à venir concernent, en grande partie, la phase d’enregistrement des substances. Il va falloir ajouter les différents scénarios d’expositions en annexe de la FDS si la substance est concernée. Aussi, la réglementation CLP aura également des impacts sur la FDS en raison d’un nouveau système de classification : de nouveaux éléments d’étiquetage devront apparaître sur la fiche de sécurité. Ainsi, le FDS devra, de façon obligatoire, être fournie pour :
  • Une substance PBT (persistante bioaccumulable et toxique) ou vPvB (très persistante et très bioaccumulable).
  • Toute substance incluse dans la liste candidate à autorisation donc les substances prioritaires préoccupantes.
  • Toute substance ou tout mélange classé dangereux selon la réglementation CLP.
  • Les mélanges non classés contenant dans leur préparation soit plus de 1 % en masse de substances dangereuses, plus de 0,1% en masse d’une substance PBT ou vPvB, ou plus de 0,1 % d’une substance candidate à autorisation.
Les FDS doivent être envoyées lors de la première vente du produit. Elles doivent être mises à jour dès la connaissance de nouvelles informations sur la substance et transmises aux utilisateurs aval avec ces nouvelles informations. Les dates de création et de dernière modification doivent également figurer dans la première rubrique de la FDS.

Une redistribution des responsabilités
Ensuite, la fiche de sécurité doit être réalisée par la personne responsable de la mise sur le marché de la substance, c’est-à-dire le fournisseur, le fabricant, l’importateur ou le distributeur. Il n’est pas prévu qu’elle soit envoyée directement aux consommateurs, mais uniquement aux utilisateurs professionnels du produit.Les FDS sont gratuites pour les clients. Aussi, elles doivent être transmises dans la ou les langues officielles de l’État membre où le produit est commercialisé. Elles peuvent être envoyées sous format papier ou électronique (avec, si cela est possible, un accusé de réception). La FDS étendue suite à l’impact de REACHLes substances concernées sont celles pour lesquelles il y a besoin d’un rapport sur la sécurité chimique. Dans ce cas, en annexe de la FDS, les différents scénarios d’exposition devront être renseignés. Ainsi, on devra désormais trouver, contenu dans la FDS :
  • La description de l’utilisation avec un vocabulaire harmonisé de cadres descripteurs selon le secteur industriel ou le procédé technique.
  • Les conditions opératoires c’est-à-dire les temps d’exposition, les températures et les mesures de gestion de risque attachées à chacune des utilisations. L’utilisateur a pour obligation d’appliquer des mesures de gestion de risque au moins équivalentes à celles préconisées dans la FDS.
Pour les substances rattachées à un CSR (Chemical Safety Report), la première question à se poser est de savoir si l’utilisation qui est faite de la substance est couverte. Si ce n’est pas le cas, l’utilisateur aval doit demander une couverture de son utilisation au fabricant. Si son utilisation est couverte, il doit vérifier si les mesures de gestion de risque qu’il applique sont au moins équivalentes à celles préconisées dans la FDS et éventuellement s’y mettre en conformité. De nouvelles interactions entre les acteurs de la chaîne d’approvisionnementLes interactions entre les différents acteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement vont également être boulversées suite à la mise en place effective de Reach : ainsi, le fabricant, le distributeur potentiel et les différents utilisateurs des substances voient leurs responsabilités évoluer. Le rôle du fabricant importateur sera de réaliser l’enregistrement de la substance, d’informer sur les dangers, d’évaluer la sécurité chimique et de communiquer ces informations, via la FDS notamment. Les utilisateurs, quant à eux, doivent désormais vérifier l’adéquation entre les mesures de gestion de risques préconisées dans la FDS et celles mises en place sur leur site.  Formation à venir 30 juin 2010 :  » Risque chimique 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? « Objectifs :
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Retour d’expérience : « confronter les point de vue au sein d’un même secteur d’activité »

La mise en œuvre effective de Reach est un casse-tête pour beaucoup d’entreprises. Jérôme Durantet est responsable des affaires réglementaires et HSE produits chez BOSTIK. Il nous explique comment sa société réalise les ajustements imposés par Reach, qui touchent toute la chaîne d’approvisionnement.La mise en place de Reach est, pour beaucoup d’entreprises, un véritable casse-tête. Jérôme Durantet, responsable des affaires réglementaires et HSE produits pour Bostik, nous explique comment sa société a appréhendé ces changements.« Je m’occupe de toutes les affaires réglementaires au niveau de Bostik SA et Reach en fait partie. REACH est un travail très important en ce moment, je vais vous expliquer comment nous vivons l’expérience Reach en tant que formulateurs », commence Jérôme Durantet.Bostik est un des leaders mondiaux dans les adhésifs. Cette société est présente dans 50 pays à travers le monde et possède des usines dans de nombreux pays. Bostik produit 930.000 tonnes d’adhésif par an, utilisant bien évidemment quantité de préparations et substances.

Bostik, acteur important de l’adhésif au niveau mondial
Au niveau français, environ 900 personnes travaillent pour Bostik, numéro un sur le secteur avec 7 usines et 2 centres de recherche. Comme le souligne Jérôme Durantet, Bostik est présent à la fois sur le marché industriel, celui du grand public et dans le bâtiment et la construction, c’est ce qui fait la spécificité et aussi la complexité de cette entreprise.Pour bien comprendre le positionnement de Bostik par rapport aux exigences liées à Reach, il faut tout d’abord comprendre les nécessité et contraintes de la fabrication d’adhésifs, en matière de produits notamment. Un adhésif est une formulation complexe qui mélange plusieurs types de substances ou de préparations. On peut à la fois avoir des substances organiques ou minérales, des substances naturelles comme des résines de pin, des cires et des paraffines, qui sont des substances liées à l’industrie pétrolière, des solvants, dont l’eau, et des polymères. « Nous sommes acheteurs de substances et de préparations. Pour les polymères, nous sommes aussi fabricants. En résumé, de toute façon, nous sommes utilisateur aval », précise Jérôme Durantet, qui reprend : « Pour montrer notre positionnement, il est nécessaire de reprendre toute la chronologie de la chaîne d’approvisionnement, parce que selon le règlement, tout le monde est concerné par rapport à Reach. Concrètement, en reprenant la chaîne d’approvisionnement, Il y a d’abord le fabricant ou importateur. Ensuite, le fabricant va vendre à un fournisseur de matières premières qui va lui-même le vendre à un fabricant de préparations, qui va le vendre à un utilisateur de préparation pour arriver enfin à un utilisateur final qui est un industriel, mais aussi un professionnel ou un consommateur.

Faire remonter les usages
« En utilisation finale, on fabrique une voiture, un téléviseur ou toutes sortes d’objets et d’articles. BOSTIK fabrique des préparations, mais est aussi utilisateur de préparations puisque nous en achetons et nous reformulons. Nos clients représentent la séparation entre la partie de la chaîne d’approvisionnement qui s’occupe de la chimie et la dernière partie qui n’est pas de la chimie. Le dialogue est très important, puisque quand un chimiste parle à un non chimiste ce n’est pas simple », conclut Jérôme Durantet. Par la suite, le fabricant doit évaluer les risques de sa substance. L’utilisateur aval doit identifier toutes les substances qu’il utilise afin de s’assurer d’une utilisation en toute sécurité de chaque substance, donc faire remonter les usages. « Avec REACH, c’est la première fois que nous avons vraiment un règlement qui oblige à une communication à la fois en amont et tous les acteurs ont cette obligation », précise le responsable des affaires réglementaires pour Bostik.Selon l’agenda de REACH, actuellement, en octobre 2009, toutes les substances ont été pré-enregistrées. A titre d’information, pratiquement 150.000 substances ont été ainsi pré-enregistrées, contre 30.000 prévues au départ. Sur ces 150.000 substances, plus de 2.600.000 dossiers de pré-enregistrement ont été déposés par environ 60.000 entités légales. Pour comparaison, l’inventaire européen des substances existantes regroupe environ 100.000 substances.Bostik a donc entrepris des actions concrètes, sur le terrain, vis-à-vis de Reach, pour entrer au mieux en adéquation avec les contraintes du nouveau règlement. Jérôme Durantet les détaille :
  • vérifier si nous sommes fabricants ou importateurs,
  • ensuite, double communication en amont avec nos fournisseurs et en aval avec nos clients,
  • et bien sûr la rédaction des FDS étendues avec un scénario d’exposition, ce dernier concernant les préparations, ce qui représente le futur problème.

L’importation des substances peut poser problème
« Notre première démarche, avant la période de pré-enregistrement, a été de vérifier notre portefeuille de matières premières pour regarder si nous étions fabricants de substances, en l’occurrence non. Mais nous fabriquons ce que l’on appelle des pré-polymères, donc des petits polymères qui vont devoir passer au stade final de polymères durant l’application du produit. Est-ce que ce pré-polymère est une substance ou un polymère ? Dans le premier cas, on doit enregistrer, dans le deuxième non. En l’occurrence, nous ne fabriquions que des polymères », explique Jérôme Durantet, soulignant le véritable casse-tête que peut devenir Reach.Mais ce n’est pas tout. L’importation des substances peut poser problème : « Nous achetons à des fournisseurs des substances telles quelles ou contenues dans des préparations. Ces fournisseurs sont-ils en Europe ou en zone non Europe ? Dans le deuxième cas, cela peut être problématique puisqu’il va falloir avoir un représentant exclusif pour assurer le pré- enregistrement et l’enregistrement. Nous avons également constaté que le problème d’importation des polymères allait être assez important. Jérôme Duranter se réfère alors à l’article six du nouveau règlement :« Si l’on a une quantité de monomères libres ou liés, au dessus de 2 %, si la quantité nominale de ces monomères est supérieure à une tonne et s’il n’est pas enregistré en amont de notre propre chaîne d’approvisionnement, il va falloir enregistrer le ou les monomères du polymère que l’on importe ». Cela peut paraître anodin à priori, mais la différence polymère/monomère pose problème. La société Bostik achète des polymères à la base pratiquement non dangereux (PVC, polyéthylène par exemple), mais ce n’est pas le cas pour les monomères. Le travail et les vérifications ne sont donc pas du tout les mêmes pour le dossier d’enregistrement. Pour la problématique de l’importation de polymères, il faut appréhender Bostik en tant que société mondiale. Quand un produit vient des États-Unis en Europe, même si c’est au sein de la société, la réglementation REACH s’applique.

Un nombre de pré-enregistrements très élevé
Le nombre de pré-enregistrements a été extrêmement élevé et l’agence européenne habilitée à les traiter s’est vue submergée de dossiers ces derniers mois. En effet, beaucoup d’utilisateurs aval, dont la société Bostik fait partie, ont décidé de pré-enregistrer leur substances en préventif afin d’éviter tout risque de rupture d’approvisionnement au cas où un fournisseurs aurait décidé de ne pas les informer. En effet, comme l’explique Jérôme Durantet, « entre la fabrication d’une substance et l’arrivée dans notre adhésif, il peut y avoir une dizaine ou plus d’intervenants et d’étapes. Avant d’arriver à l’origine de la fabrication de la substance, il faut remonter non pas uniquement au fournisseur, mais à plusieurs niveaux intermédiaires. Le temps de monter et redescendre la chaîne, pour éviter tout problème, nous avons pré-enregistré. En cas de rupture, nous pouvons devenir importateurs sans aucun problème ». Une précaution devenue nécessaire depuis que la mise en place du nouveau règlement Reach.

La communication vers l’amont
La communication vers l’amont est particulière à chaque entreprise, selon sa taille, ses ramification et son éclatement géographique. Comme l’explique Jérôme Durantet, le cas de la société Bostik nécessite l’emploi d’une méthode globale : « Nous avons fait une demande initiale, surtout par e-mail parce que nous gérons un nombre de fournisseurs et de matières premières extrêmement important. Nous leur avons demandé leurs intentions de pré-enregistrer ou d’enregistrer la ou les substances qu’ils nous vendent avec l’indication du tonnage si possible, afin de prévoir une date limite d’enregistrement ».C’est alors que Bostik a crée l’intranet de son entreprise, seul moyen de communication adapté à une telle tâche. Ensuite, il y a le suivi d’informations des SVHC. Jérôme Durrantet explique : « Comme nous utilisons des préparations, il va falloir que nous demandions initialement si nos NP ont des substances mentionnées sur la liste candidate dans un premier temps et à l’annexe 14 dans le futur. Sachant que cette responsabilité, sur le règlement Reach, incombe normalement au fournisseur, c’est le fournisseur qui doit de sa propre responsabilité donner cette information au client. Ensuite, nous allons remonter les descripteurs d’usage en nous appuyant sur le dernier guide d’usage qui est encore à l’état de projet, nous y avons travaillé avec des associations de professionnels. Il ne suffit pas d’initier ce dialogue avec nos fournisseurs, le dialogue devra être permanent pendant toute la période où Reach va être applicable. Pour nous, en tant que formulateurs, si nous avons l’abandon d’une substance, les raisons peuvent être variées, dangerosité importante ou raisons économiques. L’enregistrement d’un dossier coûte extrêmement cher, si la substance n’est pas produite en assez grande quantité, le fournisseur va devoir l’arrêter. Il y a ensuite l’inclusion de Reach dans les contrats avec nos fournisseurs afin de nous prémunir ». Le message est clair, mais les contraintes sont lourdes.

Confronter les points de vue
Au final, la société Bostik a mis en œuvre de grands chantiers, pour répondre le plus efficacement possible aux nouvelles exigences qu’impliquent le règlement Reach. Ces chantiers sont au nombre de quatre :
  • Mise en place d’outils informatiques avec des logiciels pour faire les fiches de sécurité à plus grande fréquence sans manquer les mises à jour.
  • Mise en place d’extranets pour les communications amont et aval.
  • Installation d’outils de veille pour être pro actifs au niveau de tout ce qui va se passer par rapport à REACH.
  • Volonté de participations extérieures.
« Pour ce qui est réglementaire, le mieux est de confronter son point de vue avec d’autres personnes ou d’autres entreprises faisant la même chose que nous. Nous faisons partie du groupe Total et un groupe travaille sur Reach à ce niveau. Nous travaillons également avec notre syndicat français. Nous participons à des groupes de travail au niveau européen et à des journées de communication comme aujourd’hui. Reach va représenter beaucoup de travail, et notamment pour les chimistes ». A l’image de Bostik, beaucoup d’entreprises ont d’ores-et-déjà réalisé un travail colossal. Formation à venir 30 juin 2010 :  » Risque chimique 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? « Objectifs :
  • Réussir la transition entre le système actuel et l’évolution de la classification et de l’étiquetage
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  • Valider les usages et scenarios d’exposition
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4ème Sommet allemand des technologies de l’information de Stuttgart

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61606.htm

Le mardi 8 décembre 2009 s’est tenu à Stuttgart la 4ème édition du sommet national sur les technologies de l’information. Plus de 600 participants étaient attendus au Palais des congrès international de Stuttgart (ICS Stuttgart) pour cette journée de débat regroupant responsables politiques, acteurs économiques et scientifiques. La chancelière fédérale, Angela Merkel, qui avait soutenu la création du premier sommet en 2006, est venue clore la journée de travaux. Plusieurs ministres fédéraux dont Rainer Brüderle (économie et technologie), Thomas de Maizière (intérieur), Annette Schavan (enseignement et recherche) et Sabine Leutheusser-Schnarrenberger (justice) étaient également présents. Le thème central de la manifestation était les « réseaux intelligents ». Mais, d’autres sujets importants ont été abordés, comme la stratégie du gouvernement par rapport à l’Internet haut débit, l’identité électronique ou la carte de santé électronique.

Concernant les réseaux intelligents, l’importance du pilotage du réseau électrique (production, répartition) à l’aide de logiciels dédiés a été de nouveau soulignée. Des compteurs électriques intelligents permettent à l’utilisateur de mieux gérer sa facture électrique en fonction des coûts. L’électromobilité et les énergies renouvelables nécessitent la mise en place de réseaux adaptés. Le président de l’Académie allemande des sciences techniques et ancien PDG de SAP, Henning Kagermann craint toutefois que l’Allemagne ne perde sa place parmi les leaders des e-énergies, et insiste sur la nécessité de maintenir les efforts de recherche et le niveau d’investissement. Il a notamment rappelé le plan d’investissement américain de 8 milliards de dollars dans ce domaine hautement stratégique pour les grands groupes comme Siemens, ABB, mais aussi pour les PME, et pouvant permettre de créer de nouvelles start-ups innovantes. Les économies escomptées grâce à l’introduction des technologies TIC sont estimées à 82 milliards à l’horizon 2020. M. Scheer, président de Bitkom [1] et Karl-Heinz Streibich, PDG de Bitkom [1], ont souligné l’importance de la stratégie d’e-gouvernement [2,3], pour la sécurité de la société allemande. Ils ont confirmé le lancement, en novembre 2010, de pièces d’identité avec puce intégrée [2].

Dans le domaine de l’Internet, une présentation de l’état d’avancement du moteur de recherche sémantique Theseus a été réalisée. Le projet lancé lors du premier sommet en 2006 devrait bientôt rentrer en phase de test. D’autre part, le programme de relance de la conjoncture du gouvernement prévoit un investissement de 300 millions d’euros pour le passage de l’Allemagne au haut-débit.

En raison de défaillances multiples, l’introduction d’une carte de santé électronique accuse de nombreuses années de retard. Elle devra néanmoins bientôt être introduite, sans ordonnance électronique ni de dossier informatisé sur le patient dans un premier temps. En effet, une partie du corps médical s’oppose à l’introduction de ces données tant que les principales failles de sécurisation des données ne seront pas résolues.

En savoir plus

– [1] Bundesverband Informationswirtschaft, Telekommunikation und Neue Medien – Syndicat professionnel allemand des technologies de l’information et de la communication – http://www.bitkom.org/
– [2] eID : s’identifier sur Internet avec la carte d’identité électronique – BE Allemagne 424 – 18/02/2009 – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/57825.htm
– [3] Rencontre franco-allemande d’experts sur le thème des « technologies pour l’identification électronique » à l’Ambassade de France à Berlin – BE Allemagne 422 – 05/02/2009 – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/57576.htm
– Technologies pour l’Internet des services – 1er symposium international pour le programme de recherche THESEUS – BE Allemagne 440 – 10/06/2009 – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59461.htm
– THESEUS : les outils pour l’Internet des services – BE Allemagne 426 – 04/03/2009 – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58043.htm
– Le projet de moteur de recherche allemand THESEUS est lancé – BE Allemagne 345 – 26/07/2007 – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/43818.htm

Source
– Articles du journal « die Welt »
– 07/12/2009 et 09/12/2009
– Article du journal « Handelsblatt » – 08/12/2009

Rédacteur
Etienne Balli, [email protected]

Origine : BE Allemagne numéro 464 (17/12/2009) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61606.htm

Les sciences et technologies du numérique ont leur Alliance

Après la santé et l’énergie (voir l’encadré), c’est au tour des sciences et techniques du numérique de se doter d’une alliance de recherche et d’innovation. Baptisée Allistene, cette dernière a vu le jour jeudi 17 décembre 2009, sous le haut patronage du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche représenté par Valérie Pécresse, et de ses six pères fondateurs : la Conférence des directeur d’écoles et formations d’ingénieurs (CDEFI), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le Centre national de recherche scientifique (CNRS), la Conférence des présidents d’université (CPU), l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) ainsi que l’Institut Télécom. Ce faisant, la France dispose désormais d’une alliance de coordination dans chacun des trois axes prioritaires identifiés par la stratégie nationale de recherche et d’innovation (SNRI) : la santé, le bien-être et les biotechnologies, l’énergie et l’environnement ainsi que les sciences et technologies de l’information et de la communication (STIC). Comme les deux précédentes alliances, Allistene s’est vu attribué quatre principales missions :

  1. Renforcer la fonction de programmation nationale. C’est-à-dire, accroître le lien entre les orientations définies par le gouvernement dans la stratégie nationale de recherche et d’innovation et la recherche réalisée dans les écoles, universités ou autres organismes. A ce titre, Allistene devra coordonner les principaux acteurs des STIC, afin de concevoir des programmes thématiques de recherche et développement cohérents avec la stratégie nationale et portée par tous ses membres.
  2. Décloisonner les relations et renforcer les synergies entre les acteurs des STIC en développant les initiatives de coordination et de partenariat. Il s’agit bien entendu des écoles, des universités, des instituts mais également des entreprises du secteur (logiciel, électronique, télécommunication…) et des représentants des pôles de compétitivités concernés (7 pôles).
  3. Aider l’Agence nationale de recherche (ANR) à bâtir sa programmation pour les STIC, grâce à l’élaboration de feuilles de route scientifiques et techniques. Celles-ci prendront en compte les interaction des sciences et techniques de l’information et de la communication avec les autres disciplines et les industries, notamment l’électronique, et aller de la recherche fondamentale à la mise au point de projets démonstrateurs en vu d’applications industrielles.
  4. Prolonger les efforts de recherche et de coordination établis dans le cadre des programmes nationaux dans les différentes initiatives européennes qui relèvent des STIC.
En d’autres termes, il s’agit, via cette alliance, de renforcer au niveau européen la compétitivité de l’industrie et de la recherche françaises dans le vaste domaine des STIC, et de permettre à la France de mieux valoriser la recherche dans ce domaine, qui faut-il le rappeler, est soutenue à hauteur de 4,5 milliards d’euros par le grand emprunt.Autant de missions que l’association devra quoiqu’il en soit conduire rapidement. Son calendrier s’annonce d’ailleurs chargé. Après avoir désigné en janvier 2010 un président, réuni son comité de coordination et proposé des groupes programmatiques, Allistène devrait commencer ses travaux dès février. Objectif : fournir en avril un rapport d’étape des groupes programmatiques, pour pouvoir dès le mois de mai proposer des premiers éléments de synthèse pour qu’ils puissent être pris en compte dans la programmation de l’Agence nationale de la recherche. Photo : © INRIA / Jim WallaceLes alliances de rechercheDeux alliances ont déjà vu le jour en 2009.
  • L’alliance pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN). Née le 8 avril 2009, ses membres fondateurs sont l’ISERM, le CNRS, l’INRA, l’INRIA, l’IRD, l’Institut Pasteur, la Conférence des présidents d’université (CPU), la Conférence des directeurs généraux de centre hospitalier universitaires.
  • L’alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie (ANCRE). Née le 17 juillet 2009, ses membres fondateurs sont le CEA, le CNRS, et l’IFP.
Outre les Stic, une dernière alliance devrait prochainement voir le jour. Elle concernera l’eau, l’alimentation, l’environnement et le climat. Pour plus d’information, voir le communiqué. Trois projets français retenus dans le cadre de l’IETCe même jour, jeudi 17 décembre 2009, on apprenait que trois projets « EIT ICT Labs », « Climate » et « InnoEnergy » avaient été retenus dans le cadre du premier appel à projets de l’Institut européen de technologie (I.E.T.). Trois projets qui reposent dès aujourd’hui sur d’étroites synergies entre des acteurs majeurs de la recherche française, publique et privée. On y retrouve, en effet, les universités de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, de Paris 6 , de Paris 11, Paristech, l’Institut Télécom, l ‘INRIA, l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), l’INRA, le CNRS, l’INPG, et le CEA., ainsi que de nombreuses entreprises françaises telles que Alcatel-Lucent, Areva, France-Télécom Orange, etc.
A.L B

Les nouveaux robots Eporo de Nissan imitent les bancs de poissons

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61545.htmLors du salon CEATEC Japan 2009, qui a eu lieu du 6 au 10 octobre au Makuhari Messe de Chiba, Nissan a présenté son nouveau type de robot-voiture nommé Eporo. Le constructeur automobile s’est inspiré du comportement des bancs de poissons pour améliorer son système de prévention d’accidents.Les algorithmes développés par les ingénieurs de l’entreprise permettent aux appareils d’éviter des obstacles sans provoquer de collisions avec les autres Eporo en mouvement. Ces algorithmes sont basés sur trois règles qui s’appliquent en fonction des zones définies ci-dessous.
Voir la vidéo
Présentation d’Eporo à CEATEC Japan 2009 (vidéo en anglais), crédit : networkworld
 Règles du comportement des poissons :
  • Zone 1 : éviter des Collisions. Changer la direction du mouvement sans entrer en collision avec d’autre poisson.
  • Zone 2 : avancer côte à côte. Avancer côte à côte avec d’autres poissons tout en gardant une certaine distance entre chaque poisson et en faisant correspondre leur vitesse.
  • Zone 3 : se rapprocher. Se rapprocher des poissons qui se situent à distance.
 
Zones d’application des règles
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61545.htm
Crédit : Lanson Florian
Pour reconnaître leur entourage et se déplacer, les poissons tirent parti principalement de la vue et de la ligne latérale, organe sensoriel présent le long du flanc de l’animal qui permet de percevoir les vibrations de l’eau. Ils forment ainsi des bancs en utilisant les trois règles définies précédemment. Pour reproduire le sens de la vue et la ligne latérale, Nissan recourt respectivement à des communications Ultra Wideband (UWB) et à un télémètre laser. L’UWB est utilisé pour calculer la position de la cible et son écart en se servant du temps de propagation des signaux. Le télémètre mesure la distance d’un obstacle proche grâce à la réflexion d’un rayon laserChaque Eporo distribue les informations qu’il possède à son entourage grâce à de courtes transmissions, ce qui permet au banc de voyager en toute sécurité tout en changeant sa formation en fonction du besoin (voies larges ou étroites). Il s’agit, selon l’entreprise, de la première fois au monde qu’un groupe de robots se déplace en partageant leur positionnement via les technologies de communication. A noter tout de même que ces méthodes ne prennent toute leur ampleur que lorsqu’elles sont appliquées à l’ensemble des véhicules sur la route.Ces nouvelles techniques ont été développées dans le but d’améliorer le concept de bouclier de sécurité (ou « Safety Shield« ) de Nissan. L’entreprise souhaite en effet mettre au point un système de sécurité basé sur l’idée qu’un véhicule doit aider et protéger les personnes dans les différentes situations de conduite allant de la simple ligne droite à l’accident. En savoir plus : site officiel de CEATEC – http://www.ceatec.comSource : Communiqué de presse Nissan, 01/12/2009 – http://www.nissan-global.com/EN/NEWS/2009/_STORY/091001-01-e.htmlRédacteur : Florian LANSON, adjoint(point)stic(arobase)ambafrance(tiret)jp(point)org523-STIC-2492Origine : BE Japon numéro 523 (11/12/2009) – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61545.htm  

La ville de Lünen en Allemagne lance le premier réseau au monde de distribution de biogaz

Produit à partir de ressources locales, le biogaz doit permettre de couvrir la demande en chaleur et en électricité de Lünen, une petite ville de 91 000 habitants près de Dortmund au Nord de l’Allemagne, grâce à la cogénération. Le biogaz sera extrait de la décomposition des matières organiques dans des digesteurs anaérobies de ferme.Les fermes locales fournissent les déchets organiques (crottin, maïs, blé, herbe) aux digesteurs anaérobies, qui en transforment une partie en biogaz grâce à des bactéries. Celui-ci est ensuite filtré pour éliminer les polluants comme les sulfites et l’arsenic puis envoyé à haute pression à travers un réseau de tuyaux vers 10 unités de cogénération de chaleur et d’énergie dans la ville.La production annuelle du réseau devrait tourner autour de 2,5 MW et fournir près de 50 % de la demande de chaleur et d’énergie de Lünen. D’un coût de 18 millions d’euros, celui-ci entrera en fonction en décembre.

Le Royaume-Uni à la traîne

Ce modèle peut-il être reproduit n’importe où ? Madeleine Lewis de Farming Futures, un projet de communication à destination des fermiers et des propriétaires terriens de Forum for the Future, le pense : « Le biogaz a un grand potentiel économique et bénéficie à l’environnement ». Mais le Royaume-Uni est à la traîne avec seulement 13 fermes équipées de digesteurs anaérobies contre 3.500 pour l’Allemagne. « Les fermiers britanniques nous disent qu’ils ont besoin de plus d’informations et d’encouragement pour investir dans des digesteurs anaérobies, comme un accès à des bourses et des projets expérimentaux, » ajoute Lewis. Le gouvernement commence à agir en ce sens à travers un programme d’implantation de digesteurs anaérobies soutenu par un portail d’information en ligne lancé par le Ministère de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales en septembre.Les fermiers manquent une opportunité, selon Owen Yeatman, un producteur de lait et un cultivateur basé au Royaume-Uni, qui a créé la société Farmergy pour financer son propre digesteur anaérobie et qui fournit aujourd’hui le réseau en électricité. « Tout bon fermier peut devenir un bon producteur de biogaz », déclare-t-il à Green Futures. « Il s’agit toujours d’une industrie de production et les fermiers peuvent utiliser leurs propres ressources et compétences ».

Source :

Green Futures, un magazine indépendant publié par Forum for the Future

Eolien : l’intermittence n’est pas un obstacle

Selon trois rapports britanniques parus cet été, la nature intermittente des énergies renouvelables est moins un problème que ce que l’on entend parfois. Voilà de quoi donner un nouvel élan aux fermes éoliennes.Comme le vent ne souffle suffisamment fort pour faire tourner les pales que 70 à 85 % du temps, on considère souvent que l’énergie éolienne n’est pas assez fiable pour être une source d’approvisionnement importante du réseau et nécessite une autre source d’énergie de sauvegarde pour chaque watt produit. Cela semble aujourd’hui très exagéré. Des rapports séparés de National Grid et de Pöyry Consultancy concluent qu’indépendamment de l’emplacement des turbines, seule une capacité de sauvegarde modeste est requise pour fournir une couverture adéquate. L’analyste David Milborrow a calculé que même si l’éolien fournissait 40 % de l’électricité du Royaume-Uni, la gestion de sa variabilité entraînerait seulement un surcoût de 0,55 pence par unité.D’après Milborrow, le premier responsable de l’intermittence n’est n’est pas du tout le vent : “« Les pannes des centrales thermiques [charbon, gaz et nucléaire] représentent en général un risque plus important pour la stabilité du réseau électrique que les variations relativement bénignes de la production des centrales éoliennes ».”L’Association britannique de l’énergie éolienne (British Wind Energy Association) a décrit le rapport de Milborrow, Managing Variability, comme « le dernier clou dans le mythe de l’intermittence ».   *Operating the system beyond 2020 (National Grid); Impact of intermittency : How wind variability could change the shape of the British and Irish electricity markets (Pöyry Consultancy).Roger East est rédacteur conseil pour Green Futures, un magazine indépendant publié par Forum for the future.

Grand emprunt : 4,5 milliards d’euros pour l’économie numérique

Finalement, ce ne sont pas 100 milliards d’euros, comme l’avait un temps espéré Henri Guaino, mais 35 milliards d’euros qui seront investis par l’Etat, au titre du grand emprunt, dans cinq chantiers jugés prioritaires par l’Elysée. Objectif de cet effort financier qui se pose comme un investissement à long terme, et non pas comme un plan de relance : préparer l’avenir et permettre à la France  » de prendre le virage du XXIe siècle « , afin que le pays  » puisse profiter pleinement de la reprise, pour qu’il soit plus fort, plus compétitif, pour qu’il crée davantage d’emplois « , a précisé Nicolas Sarkozy.

4,5 milliards d’euros pour le numérique
Parmi ces cinq axes prioritaires figure l’économie numérique. Alors que la commission Juppé-Rocard préconisait un investissement de 4 milliards d’euros pour ce segment, il en obtient finalement 4,5 milliards. Cette enveloppe servira, pour 2 milliards d’euros, à accélérer le déploiement de la fibre optique en France et du très haut débit sur tout le territoire. Le but étant d’atteindre d’ici 10 ans, une couverture en très haut débit de 70 % de la population. Cet apport financier sera utilisé de trois manières différentes :
  • Afin d’accélérer l’investissement des opérateurs télécoms privés, il servira à financer leurs prêts et garanties d’emprunt ;
  • Dans les zones peu denses, il prendra la forme de subventions aux projets de déploiement du très haut débit en partenariat avec les collectivités locales ;
  • Enfin, il servira à créer des partenariats public/privé pour déployer une technologie satellite lorsque le déploiement des autres technologies n’est pas possible (exemple des zones rurales).
Les 2,5 milliards d’euros restant, seront, quant à eux, utilisés pour développer les usages et contenus innovants. Parmi les chantiers prioritaires figurent le développement des centres numériques de calcul et de stockage afin de pouvoir traiter un nombre grandissant de données ; des partenariat public/privé pour consolider la maîtrise des technologies de base du numérique ayant des applications multiples dans le domaine de l’informatique, des télécoms, de l’énergie ou encore des transports ; le développement de logiciels, d’usages ou de contenus dans le domaine de l’e-santé ou des smart grids dédiés à l’énergie ; la numérisation des contenus culturels (750 millions d’euros).

19 milliards pour l’enseignement et la recherche
Mais c’est l’enseignement supérieur et la formation qui profite le plus de l’investissement de l’Etat. A eux seuls, ils totalisent 11 milliards d’euros, dont les projets phares sont la création de 5 à 10 campus d’excellence (7,7 milliards d’euros), la rénovation des centres de formation et le développement de l’apprentissage ainsi que la création d’internats d’excellence pour favoriser l’égalité des chances. Parallèlement, 8 milliards d’euros viendront soutenir la recherche. Une part substantielle de cet apport financier (3,5 milliards d’euros) servira à renforcer les synergies entre la recherche et l’industrie via la création d’instituts de recherche technologiques tels que le LETI à Grenoble et à la création d’un fonds national valorisation de la recherche et innovation. 2,5 milliards d’euros seront, quant à eux, consacré à soutenir la modernisation de la recherche médicale grâce à la création d’instituts hospitalo-universitaires, et le développement des biotechnologies dans tous leurs domaines d’application.

6,5 milliards pour les filières industrielles et les PME
Au delà, pour favoriser un  » sursaut industriel « , synonyme dans le futur de gains de productivité pour l’économie française, l’Etat a décidé d’allouer une enveloppe de 6,5 milliards d’euros à l’industrie et aux PME. Objectif : mettre en place des mesures ciblées à destination de filières spécifiques. Parmi celles-ci figurent l’automobile, les transports terrestres et maritimes (1 milliard d’euros) pour soutenir le développement de véhicules durables et l’aéronautique et l’espace (2 milliards d’euros) pour mettre au point des avions plus économes, mais aussi des fusées et des satellites plus performants. A cela s’ajoute 2,5 milliards d’euros pour la croissance des petites et moyennes PME. Dans ce cadre, 400 millions d’euros seront affectés à un fonds géré par le FSI (fonds stratégique d’investissement) pour financer l’amorçage des PME dans des secteurs d’activité correspondant aux grandes priorités technologiques du pays. 100 millions d’euros seront dédiés à un fonds consacré à l’entrepreneuriat social et solidaire. Ces deux fonds pourront être abondés par des partenaires privés ou publics souhaitant se joindre à leur action. Par ailleurs, 1,5 milliard d’euros seront versés à Oséo pour renforcer son action dans le financement des entreprises innovantes et 500 millions d’euros reviendront aux pôles de compétitivité. Enfin, 1 milliard d’euros sera alloué au financement des Etats généraux de l’industrie.

5 milliards d’euros pour le développement durable
Pour finir, 5 milliards d’euros viendront s’ajouter à l’enveloppe prévue par le Grenelle de l’environnement pour financer les projets ayant trait au développement durable. A savoir : le développement des énergies renouvelables et décarbonées (2,5 milliards d’euros), le nucléaire de 4ème génération (1 milliard d’euros), les démarches intégrées d’Eco-Cités c’est-à-dire le soutien à des programmes urbains intégrés (exemple transports, logement, énergie), et la lutte contre la précarité énergétique grâce à la rénovation thermique du parc social (500 millions d’euros).Un vaste programme dont l’objectif n’est pas, in fine, de se suffire à lui même, mais d’agir comme un levier pour entraîner des investissements privés équivalents, voire supérieurs à ceux de l’Etat. Ce qui permettrait au final d’injecter, non pas 35 milliards d’euros dans l’économie française, mais au moins 60 milliards. En savoir plusPour télécharger le dossier de presse sur le site de l’Elysée A.L B

Le Gujarat entre dans la course aux énergies marines

La province indienne du Gujarat, sous l’impulsion de son ministre délégué, Narendra Modi, s’est fixé l’objectif ambitieux de devenir un leader mondial dans l’énergie des courants et les énergies renouvelables propres en général (le plus grand parc solaire du monde est déjà en projet dans cette province du Gujarat). Pour cela, elle a fait appel au britannique Atlantis Resources Corporation.Comme à tout grand dessein, il faut un début, c’est vers le britannique Atlantis Resources Corporation que le ministre Narendra Modi s’est tourné pour aider l’Inde à pénétrer cette technologie et pour mener une étude de sites dans le Golfe de Kutch et le Golfe de Khambhat (Mer d’Oman, voir carte ci-dessous).Cette étude est préliminaire à une étude de faisabilité économique et technique plus vaste. L’intention est de produire plus de 100 MW d’électricité à partir de l’énergie des courants dans l’État du Gujarat, soit de quoi alimenter, selon le constructeur Atlantis, 40.000 foyers. Cette réalisation nécessitera des centaines de millions de dollars d’investissements aussi bien dans la fabrication des turbines hydroliennes que dans la mise en place des infrastructures associées pour produire et acheminer l’électricité et elle est présentée comme fortement créatrice d’emplois locaux.S’il se réalise, ce projet représenterait le tout premier projet d’énergie marine dans le sous-continent indien. Il faut rappeler ici que l’Inde, qui compte plus de 7.200 kilomètres de façades maritimes importe aujourd’hui plus de 70 % de son pétrole et ne peut compter que sur une petite production locale de charbon pour pourvoir à ses besoins énergétiques. Selon une étude des consultants McKinsey&Company, le pays est appelé à quintupler sa demande d’électricité et devenir le troisième consommateur mondial d’électricité derrière les USA et la Chine. A l’issue des discussions avec le ministre du Gujarat, l’australien Timothy Cornelius, ex-pilote de sous-marins aujourd’hui directeur général d’Atlantis Resources Corporation, a déclaré : « Les Golfes de Kutch et Khambhat sont renommés pour la force de leurs courants. En exploitant cette importante ressource d’énergie renouvelable, le Gujarat a largement le potentiel pour devenir un leader mondial dans le domaine de l’énergie des courants. J’espère que l’initiative du ministre Narendra Modi servira d’exemple à d’autres dirigeants mondiaux pour doter leur pays ou leur régions d’énergies renouvelables ».Atlantis Resources Corporation est aujourd’hui soutenu financièrement par Morgan Stanley et surtout le géant norvégien (et européen) des énergies marines Statkraft depuis le 31 mars 2009. Du point de vue des technologies marines proprement dites, Atlantis Resources Corporation a ceci de particulier qu’elle ne se contente pas de développer, comme la plupart de ses concurrents internationaux, un seul modèle de récupérateur d’énergie des courants mais trois technologies différentes : deux hydroliennes et… un engin à l’allure tout à fait étrange mais que l’on peut tout de même appeler une hydrolienne.Ce premier engin improbable est l’AN-400. C’est une sorte de tapis roulant vertical qui entraîne comme un engrenage une centaine de pales fixées le long d’une chaîne défilant horizontalement. Et c’est là qu’il faut s’arrêter de rigoler car l’AN-400, conçu en 2003, s’avère aujourd’hui pleinement opérationnel avec d’excellentes performances sur tous les sites où il a été implanté en test, en Australie. Plus encore, cette machine extrêmement robuste est particulièrement bien adaptée aux courants drainant des eaux encombrées de déchets ou de sédiments lourds, qui habituellement endommagent les pales des rotors d’hydroliennes classiques. Et oui car toutes les eaux des mers du monde ne sont pas cristallines et limpides comme celles des lagons tropicaux ! Il fallait y penser.La seconde, l’AS-400 (cf. photo de tête) est testée depuis 2008 avec d’excellents résultats aussi. C’est une turbine dite à axes horizontaux, dont le design est très proche de celui d’un réacteur d’avion. Elle peut être utilisée dans des courants de 2.6 m/s et elle est disponible dans des versions de 100 kW, 500 kW et 1MW. Ces performances lui ont valu de la part du cabinet d’expertise industrielle Black & Veatch, la mention enviée de « turbine la plus efficace du marché dans son segment ».L’AK 100 est la dernière-née et la plus puissante d’Atlantis Resources Corporation. C’est une double hydrolienne plantée sur un monopieu, plus classique que les précédentes (bien qu’à double hélice), conçue pour être exploitée dans des courants pouvant atteindre 2,6 mètres/seconde ; et capable de produire soit 1MW soit 2 MW. La première de cette toute nouvelle série devrait être mise en place pendant l’été 2010, le lieu n’ayant pas encore été communiqué.Atlantis Resources Corporation fait partie de ces compagnies agissant dans les énergies renouvelables qui ne sont pas exagérément médiatisées. Les ingénieurs de la compagnie font un remarquable travail d’adaptation des nouvelles technologies aux spécificités des milieux marins. Atlantis Resources Corporation a compris mieux que quiconque qu’il n’y a pas un milieu marin uniforme dans lequel une technologie standard pourrait universellement fonctionner, mais une multitude de milieux marins et sous-marins pour lesquels il se pourrait bien que nous ayons à imaginer des technologies spécifiques. Une technodiversité en quelque sorte que les fabricants d’éoliennes offshore ont déjà eu l’occasion de découvrir en fonction des fonds sur lesquels ils voulaient implanter leur technologie universelle ! Un peu de modestie, de temps en temps, ne nuit pas… et beaucoup d’imagination industrielle non plus d’ailleurs ! 

Source :
Les énergies de la merPar Francis Rousseau, rédacteur en chef de plusieurs blogs portant sur l’environnement et les énergies renouvelables. Ces blogs sont réalisés pour 3B Conseils, cabinet conseil en communication scientifique et technique et bureau d’études, organisateur desEntretiens Science et Ethique.

Comment auto-évaluer gratuitement sa démarche green IT ?

« Notre premier constat a été de remarquer l’intérêt fort des entreprises et administrations pour le Green IT et la volonté d’engager des actions concrètes sur le sujet, mais unanimement, il nous a été fait part d’un besoin d’outils pertinents et simples d’utilisation », précise Adrien Porcheron, directeur général de Dotgreen, éditeur de logiciels de gouvernance green IT. « Le Greenargus, que nous avons pu faire tester par nos clients, répond à cette attente », poursuit-il. Le groupe La Poste, qui a élaboré un programme de réduction de l’empreinte CO2 et de la consommation énergétique de son parc informatique, s’est associé à Dotgreen pour le développement de Greenargus.

Un outil logiciel

 Le Greenargus est un outil logiciel en mode SaaS (Software as a service) qui fournit l’analyse d’une démarche green IT en offrant des tableaux de bord, des radars, des indicateurs et une analyse dans le temps sur tous les thèmes couverts par le green IT : postes de travail, datacenters, impressions, DEEE…
 
Avec cet outil disponible en ligne sur le site www.greenargus.com, il suffit de créer son compte puis de répondre à une série de questionnaires pour obtenir une analyse et des préconisations personnalisées. Le principe est de s’évaluer plusieurs fois dans le courant de l’année pour voir l’impact des projets réalisés.

Les questionnaires sont réservés aux DSI ou représentants green IT d’une entreprise. Des outils de travail collaboratifs leur permettent de s’adresser à qui ils le souhaitent pour obtenir des renseignements qu’ils ne possèdent pas.
 
« Nous avons remarqué chez nos clients un besoin fort de communiquer en interne et en externe les résultats des différents projets qu’ils ont réalisés. Le greenargus répond à cette nécessité. En effet, interface conviviale, le greenargus propose des représentations graphiques simples et originales : jauge, radar et tableau de bord… », complète Pénélope Guy, responsable marketing et communication de Dotgreen.

 Le Greenargus est le premier outil disponible en ligne permettant à la fois de benchmarker les entreprises et de leur apporter une expertise green IT. Les grands groupes français vont pouvoir dès aujourd’hui évaluer leur maturité, et agir concrètement pour diminuer l’impact du système d’information sur l’environnement. Et grâce à son interface bilingue, le Greenargus sera en service auprès des clients anglo-saxons de Dotgreen.  

Sommet de Copenhague : le changement climatique en « Pôle » position dans les médias

L’information n’aura échappé à personne. Depuis lundi 7 décembre 2009, tous les regards sont tournés vers la ville de Copenhague qui accueille jusqu’au 18 décembre, le sommet international sur le changement climatique. 15.000 personnes issues de 192 pays doivent participer à ces journées dont l’objectif est de définir un nouveau traité visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans le prolongement du protocole de Kyoto qui doit prendre fin en 2012. Un sommet qui focalise toutes les attentions et fait l’objet de traitements divers par les médias, selon qu’ils en pointent les enjeux, les écueils ou mettent en garde les dirigeants politiques contre les risques de l’inaction.

Dans le sillage de l’après Kyoto
Au fil de ses pages, le journal Libération livre toutes les « clés pour comprendre les enjeux » de la conférence de Copenhague. Le quotidien rappelle ainsi que le protocole de Kyoto est le « premier outil international et unique instrument multilatéral de lutte mondiale contre l’effet de serre ». Conclu en 1997, entré en vigueur 8 ans plus tard en 2005, ce protocole visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Reste qu’il n’avait, à l’époque, été ratifié que par 38 pays, chacun ayant ses propres « objectifs différenciés ».Et qu’il arrivera à terme en 2012. C’est dans ce contexte que s’inscrit le sommet de Copenhague. Avec comme objectif, précise l’article, de « limiter à deux degrés la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre » par une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Précisons que cet objectif a comme présupposé, d’une part, d’étendre la ratification du Traité aux nations identifiées comme « pollueuses » qui n’avaient pas signé le traité de Kyoto, telles que les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde, et, d’autre part, de s’accorder sur la répartition des efforts nécessaires entre les différentes nations pour y parvenir.C’est là que le bât blesse. Car pour certaines nations, les pays industrialisés, en particulier ceux de l’Union européenne, ont une « responsabilité historique » dans le réchauffement climatique, du fait de leur développement précoce. D’où la réticence, nous dit Libération, des pays émergents comme la Chine et l’Inde, à l’essor et au développement récents, à s’asseoir à la table des négociations ; et la position initiale des Etats-Unis qui avaient, au nom de cette « responsabilité historique », refusé de ratifier le traité de Kyoto en 1997.

Un contexte qui cristallise des sentiments contradictoires
Depuis, la situation a évolué : à quelques jours de l’ouverture du Sommet, les pays jusque-là réticents ont finalement confirmé leur présence et indiqué qu’ils allaient s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Des annonces qui font souffler un (certain) vent d’optimiste comme le rapportent Le Monde – « La conférence de Copenhague s’ouvre sur un certain espoir » ou encore L’Express « La conférence de Copenhague s’ouvre dans un certain optimiste ». Pour autant, tout le monde ne partage pas cette analyse. Ainsi, France Soir titre pour sa part que le « sommet sera difficile » tandis que Marie Verdier, dans le journal La Croix, détaille « Les quatre enjeux de Copenhague, et retrace quelques-unes des difficultés qu’il faudra surmonter. En vertu du principe de responsabilité historique, « l’essentiel de l’effort doit porter sur les pays industrialisés censés, s’ils veulent respecter les recommandations du GIEC [1], réduire leurs émissions de 25 à 40 % d’ici 2020 par rapport à 1990 ». Reste, explique la journaliste, que « personne ne parle le même langage ni n’utilise les mêmes règles de calcul ».Ainsi, les Etats-Unis ou le Canada ont bien annoncé des engagements en accord avec les recommandations du GIEC. Mais ceux-ci ne se basent pas sur les années 1990, ce qui brouille la donne. Exemple : « Les Etats-Unis s’engagent (…) à une réduction de 17 % mais leurs calculs se basent sur 2005. Ce qui revient à une baisse de 4 % seulement par rapport à 1990 ». Du côté des pays émergents, les réductions sont quantifiées en « intensité carbone » dont le mode de calcul fausse tout autant les données. Autant d’éléments qui risquent bien de compliquer les négociations.Autre point sensible, l’aide apportée aux Pays du Sud pour leur permettre de se développer « sans recourir aux énergies fossiles ». Et si, pour ce faire, un fonds climat devrait être créé à l’ONU, la problématique n’est pas résolue pour autant, tant que les Etats ne se sont pas accordés sur le financement et les critères d’attribution de ces aides. Sans compter que certaines nations, comme l’Afrique du sud, ont conditionné leur engagement à l’octroi de ce coup de pouce par les pays riches. Un contexte qui conduit nombre de journaux à pointer ce rapport de force Nord Sud comme l’un des enjeux majeurs des négociations de Copenhague.

La pression monte
Reste que la presse ne s’est pas contentée, ce lundi 7 décembre, de se faire l’écho des enjeux ou des difficultés que devront surmonter les dirigeants politiques. Ainsi, ce même jour, 56 journaux de 45 pays faisaient page commune en publiant le même éditorial. Parmi eux, Le Monde, Libération, The Guardian ou El Païs, et autant de quotidiens nationaux dans lesquels on pouvait lire cette phrase : « nous appelons les représentants des 192 pays rassemblés à Copenhague à ne pas hésiter, à ne pas sombrer dans les querelles, à ne pas rejeter la responsabilité sur les autres mais à transformer cet échec majeur de la politique moderne en occasion d’agir » (Le Monde).Sans remettre en cause cette démarche, on peut néanmoins s’étonner du déferlement médiatique que connaît cette thématique au regard d’autres sujets comme, par exemple, le récent sommet de la FAO à Rome, en novembre dernier. Ou encore s’interroger, comme le faisait Jean-Claude Flamant, de la Mission Agrobiosciences, lors d’un billet, sur le fait que, d’une certaine manière, « le discours sur le changement climatique serait plus bouleversant que le changement lui-même ».Une posture que pointe également Vincent Coutillot, invité ce lundi 7 décembre de la matinale de France Inter. Interrogé, entre autres choses, sur la manière dont on parle du changement climatique, le géophysicien a émis l’idée que cette question était trop souvent abordée de manière dramatique, ce qui n’était pas sans générer une forme d’anxiété… à l’effet contre-productif. Une dernière information pour conclure. En prévision de ce sommet, la FAO a publié, le mardi 1er décembre, un rapport dans lequel elle explique que « les pratiques culturales qui capturent le carbone et le stockent dans les sols agricoles offrent quelques-unes des options les plus prometteuses pour une action précoce (…) pour lutter contre le changement climatique ». Mieux, elle indique qu’il s’agirait même d’une voie particulièrement intéressante pour les pays en voie de développement. On peut donc regretter que l’agriculture n’ait pas été conviée à la table des négociations de la capitale danoise… et que peu de médias se soient fait l’écho de ce rapport. Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 7 décembre 2009.

Piezo Institute : un pool européen de la recherche sur la piézoélectricité

La piézoélectricité, vous connaissez ? Peut-être pas, même si le nom vous dit quelque chose. Derrière celui-ci se cache la propriété que possèdent certains matériaux de se polariser électriquement sous l’action d’une contrainte mécanique et, réciproquement, de se déformer lorsqu’on leur applique un champ électrique. Découverte au XIXème siècle, la piézoélectricité est aujourd’hui une technologie qui est utilisée dans de nombreux secteurs de la vie quotidienne. Pour autant, elle reste très peu connue du grand public mais également de l’industrie, alors qu’il s’agit d’une technologie qui a encore « beaucoup à dire ». Pour essayer de faire jeu égal avec les Etats-Unis et le Japon qui disposent dans ce domaine de plusieurs grandes équipes de recherche, l’Europe a décidé de regrouper ses forces, jusqu’alors dispersées, afin notamment de développer des projets en commun. D’où la création à l’été 2008 du Piezo Institute qui compte à ce jour environ 150 chercheurs, parmi lesquels des Français, dont l’équipe du professeur Marc Lethiecq de l’Université François Rabelais de Tours qui est l’un des deux initiateurs de ce projet. Coordinateur scientifique du Piezo Institute, cet universitaire esquisse le portrait de cette structure originale. Propos recueillis par Jean-François Desessard.

BE France : Comment est née l’idée de créer le Piezo Institute ?

Marc Lethiecq : Dans le cadre du 6ème PCRD, nous avons déposé avec l’entreprise danoise Ferroperm Piezoceramics une demande de création d’un réseau d’excellence européen baptisé MIND (Multifunctionnal Integrated Piezoelectrics Devices) qui a été acceptée. Coordinateur de ce réseau, cette entreprise en assure la gestion financière notamment et joue le rôle d’interface avec la Commission européenne. Le programme de travail du réseau MIND prévoyait notamment la création d’un institut qui puisse pérenniser ses différents développements. C’est ainsi qu’est né le Piezo Institute au début de l’été 2008, sous la forme d’une association internationale sans but lucratif dont le siège est situé à Bruxelles. Il est composé de membres fondateurs et de membres associés, issus du monde académique ou du secteur industriel de différents pays européens. Le Piezo Institute est une structure ouverte. Aussi, à partir du moment ou un partenaire potentiel exerce une activité significative dans le domaine de la piézoélectricité et souhaite travailler en collaboration avec des membres du Piezo Institute, nous lui ouvrons les portes pour qu’il devienne membre associé. Au bout d’un à deux ans, si ce membre associé s’est véritablement impliqué, il peut alors devenir « full member » et disposer d’un siège dans la structure.

BE France : Etait-il important, voire urgent, de réunir au sein d’un institut toutes les forces existantes en Europe dans le domaine de la piézoélectricité ?

Marc Lethiecq : Qu’elles soient académiques ou industrielles, les compétences européennes en matière de piézoélectricité sont très dispersées. L’objectif était donc de permettre aux multiples petites équipes qui sont présentes en Europe d’échanger davantage et de collaborer plus largement afin d’optimiser leur expertise, mais aussi de mettre en commun leurs équipements respectifs. Aussi tout membre du Piezo Institut peut-il désormais faire appel à une sorte d’institut virtuel qui dispose d’équipements uniques auxquels il n’aurait jamais pu avoir accès, ceci à des conditions avantageuses. Aujourd’hui, le Piezo Institute constitue une masse critique d’environ 150 chercheurs européens, à même de rivaliser avec leurs homologues américains et japonais, en particulier en développant des projets en commun que « labellise » le Conseil scientifique de cet institut. Il est d’autant plus important que l’Europe occupe une place parmi les leaders mondiaux dans ce domaine, que la piézoélectricité intéresse de nombreux secteurs. Il faut rappeler que les énormes progrès enregistrés par les moteurs diesel en termes de consommation sont dus au système « Common Rail » dans lesquels les injecteurs sont dotés d’actionneurs piézoélectriques qui permettent d’envoyer une quantité précise de fuel à chaque instant du cycle d’explosion du moteur. De même, les micromoteurs qui équipent les dispositifs auto-focus des appareils photos intégrés dans les téléphones portables utilisent la piézoélectricité, tout comme les cartouches des imprimantes à jet d’encre d’une célèbre marque.

BE France : Quelles sont les principales thématiques de recherche auxquelles s’intéressent les membres du Piezo Institute ?

Marc Lethiecq : Le développement de nouvelles céramiques piézoélectriques, ne renfermant aucun matériau qui présente un danger pour l’environnement, constitue un enjeu important. Le matériau standard disponible sur le marché, le PZT, est constitué en effet de zirconium, de titane et de plomb. Or le plomb fait l’objet d’une interdiction dans toute l’industrie, notamment dans le secteur électrique, exception faite pour la piézoélectricité du fait qu’il n’existe pas aujourd’hui de matériau qui puisse remplacer le PZT. Du côté des procédés de fabrication, les équipes du Piezo Institute travaillent beaucoup sur les micro et nanotechnologies, leur objectif étant de parvenir à réaliser des structures miniatures piézoélectriques, soit sous la forme de films très minces, soit sous la forme de structures plus complexes tels des nanofils ou des nanotubes.En termes d’applications, nos membres s’intéressent tout particulièrement à l’imagerie ultrasonore haute-résolution, dont la résolution doit permettre de réaliser des images de structures superficielles telles que la peau ou la cornée, voire l’iris, de l’oeil. Ces technologies devraient également aboutir à la conception de sondes miniatures qui pourront être introduites dans les vaisseaux sanguins afin d’obtenir des images de leur paroi et de détecter d’éventuelles plaques d’athéromes. La récupération d’énergie à partir de structures vibrantes constituées de matériaux piézoélectriques, par exemple une aile d’avion, fait aussi partie de leurs préoccupations en matière de recherche. Les chercheurs envisagent également de concevoir des implants de type pacemaker ou prothèse auditive, auto-alimentés par l’électricité produite par les mouvements du corps humain.En savoir plus : Marc Lethiecq : tél. +33 (0)2 54 55 84 24 – email : [email protected] Olivier Souchon : tél. +33 (0)2 47 36 70 88 – email : [email protected] http://www.piezoinstitute.comRédacteur : ADIT – Jean-François Desessard – email : [email protected]Origine : BE France numéro 235 (30/11/2009) – ADIT / ADIT

Une centrale solaire sans photovoltaïque

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61457.htmL’énergie solaire est l’une des énergies renouvelables ayant donné lieu à d’importants investissements, notamment dans le domaine des panneaux photovoltaïques. Cependant, l’utilisation de l’énergie solaire ne se restreint pas à ces cellules convertissant photons en électrons.Le prototype d’une centrale solaire bien différente vient d’être inauguré par la firme Airlight Energy à Biascadans le canton du Tessin. Le principe de cette centrale est simplement de concentrer la chaleur du soleil. Les rayons du soleil incidents traversent la première paroi du concentrateur en ETFE (EthyleneTetraFluoroethylene).Cette paroi, transparente, transmet près de 85 % de l’énergie incidente. A l’intérieur du concentrateur, la surpression est de quelques millibars. Les rayons sont ensuite réfléchis par un miroir de Mylar (PolyethylèneTéréPhtalate) d’une ouverture de 9,5 m. Cette paroi est constituée de 4 plans distincts de Mylar, supportés par une structure en fibre de verre. La différence de pressions entre les zones situées de part et d’autre des plans de Mylar permet d’ajuster exactement la forme de ceux-ci, jusqu’à obtenir une parabole quasi-parfaite.Les rayons, 80 % de l’énergie incidente, sont ainsi concentrés sur un récepteur, cavité cylindrique située au sommet d’un pilier de béton. L’air surchauffé, jusqu’à 600 °C, est ensuite transféré au sein de la cavité, puis dans le circuit du caloporteur. Qui est donc ici de l’air, qui bien qu’ayant une basse chaleur spécifique, présente l’avantage de ne pas être corrosif comme les sels fondus ou polluants comme l’huile. Cette technique permet également d’importantes économies d’eau.Via un échangeur de chaleur, l’air chaud permet d’alimenter une turbine en vapeur et de générer ainsi de l’électricité. Autre originalité de cette centrale d’Airlight Energy : le jour, outre la génération d’électricité, l’air chaud sert également à chauffer le réservoir qui est constitué de pierres. La nuit, la mise en circulation d’un ventilateur évacue cette chaleur des pierres vers l’échangeur, permettant ainsi la génération d’électricité. Selon Airlight Energy, le stockage atteint ainsi un peu plus de 24 heures.Le concentrateur, d’un poids de près de 200 tonnes et de 50 mètres de long, a été conçu par Airlight Energy en collaboration avec l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich (ETHZ) et la Haute école de la Suisse italienne (Supsi). Il est le troisième et dernier prototype lancé par Airlight. 
Origine :
BE Suisse numéro 23 (7/12/2009) – Ambassade deFrance en Suisse / ADIT –http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61457.htmGaël Robert est chargé de mission scientifique à l’ambassade de France en Suisse.