Novozymes, roi des enzymes, futur major des biocarburants ?

Pour transformer des déchets de plantes en biocarburants compétitifs, la clé pourrait bien être les enzymes, ces protéines qui transforment la cellulose en sucres simples, base du bioéthanol.Le roi incontesté de ce marché au potentiel formidable est le groupe danois Novozymes, leader mondial des enzymes industrielles, qui vient d’annoncer la sortie pour 2010 de la première enzyme viable commercialement pour produire du bioéthanol à base de résidus végétaux.Les enzymes agissent par hydrolyse, une alternative aux procédés thermochimiques. Sten Risgaard, PDG de Novozymes, explique que sa société a fourni cette année, après 9 ans de recherche, des prototypes d’enzymes destinés aux producteurs de bioéthanol cellulosique, tels que POET et KL Energy aux Etats-Unis, COFCO en Chine, et Inbicon au Danemark.

Production industrielle
C’est en 2012 que devrait démarrer la production à l’échelle industrielle de ce bioéthanol qui pourrait succéder aux bioéthanols à base de maïs, colza ou canne à sucre, accusés de détourner des ressources alimentaires.Novozymes a aussi noué un partenariat de recherche avec CTC (Brésil) sur des enzymes qui transformeraient la bagasse (résidu de canne à sucre) en bioéthanol.Le bioéthanol a l’avenir devant lui : le parc automobile mondial devrait tripler, selon l’Agence internationale de l’énergie, pour atteindre 3,3 milliards en 2050.D’où un besoin vital de carburant propre, d’autant que les voitures électriques ne remplaceront pas les véhicules à combustion. L’Europe et les Etats-Unis imposent déjà de mélanger du bioéthanol à l’essence.

Marché des enzymes doublé
Les enzymes industrielles, utilisées depuis 60 ans dans l’alimentaire, les détergents, représentent un marché mondial d’environ 2,2 milliards d’euros. Un marché dominé à 70 % par Novozymes et son rival danois Danisco.Si les biocarburants à base de résidus végétaux s’imposent, le marché mondial des enzymes pourrait doubler d’ici 2020, selon le PDG de Danisco, Tom Knutzen.En 2030, la production d’éthanol pourrait être 12 fois supérieure à son niveau de 2006 et le marché du bioéthanol atteindre 75 à 140 milliards de dollars dès 2020.

Bioéthanol moins cher que le gazole
En 2010, les enzymes seront commercialement viables et le biocarburant, qui pour l’instant reste 30 % plus cher à produire que le gazole, devrait être 25 % moins cher en 2015.Avec un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros en 2008, Novozymes réalise 30 % de ses ventes dans les enzymes. Et il construit une usine d’enzymes au Nebraska, qui sera opérationnelle fin 2012, et étudie un projet d’usine en Chine, près de Shanghai.Parmi ses concurrents, le consortium français Futurol travaille lui aussi sur des enzymes pour biocarburants. 

Source :
Green Univers

Ça chauffe pour le bisphénol A

Mis en cause par une série d’études scientifiques depuis 2003, banni des biberons au Canada depuis octobre 2008, au nom du principe de précaution, mais aussi dans certains Etats américains ainsi qu’au sein des crèches parisiennes et toulousaines, le Bisphénol A voit se resserrer autour de lui les soupçons, dès lors qu’il est utilisé dans les plastiques alimentaires. La controverse enfle notamment sur la pertinence ou non des seuils d’exposition admissibles fixés en Europe et aux Etats-Unis.Résumons : ce composé chimique a la fâcheuse capacité de s’extraire spontanément, à très faibles doses, des plastiques et des résines pour la fabrication desquelles il est très largement utilisé. Une faculté qui est démultipliée dès lors que le plastique est chauffé, par exemple au micro-ondes. D’où l’alerte sur les biberons, dont certaines marques ont désormais cessé d’utiliser le BPA.Ce dernier est cependant toujours d’usage dans bon nombre de revêtements de conserves, canettes, bouteilles d’eau et contenants destinés, justement, aux micro-ondes. Du coup, ce n’est plus l’exposition des bébés, mais aussi celle des mères et des femmes enceintes qui font l’objet d’attentions nouvelles.

La liste des effets nocifs imputés à ce contaminant ne cesse de s’allonger
Libéré dans les aliments et les boissons, le BPA peut en effet se retrouver dans l’organisme humain : dans le sang, les tissus gras, le placenta, le liquide amniotique, le lait maternel… Or, la liste des effets nocifs imputés à ce contaminant ne cesse de s’allonger en raison des perturbations endocriniennes qu’il génère chez l’animal et chez l’homme. Rappelons d’ailleurs qu’à l’origine, le BPA avait été mis au point pour être utilisé comme hormone de synthèse (plus exactement l’oestrogène de synthèse). D’où les troubles potentiels qu’il peut provoquer en termes de reproductions, de croissance, ou de comportement…Il aurait également des incidences sur les cancers du sein et de la prostate, l’obésité, le développement du cerveau. Sans oublier cette toute récente découverte, due aux chercheurs du centre Inra de Toulouse, au sein du Pôle de recherche en toxicologie alimentaire, qui ont démontré l’effet du BPA sur l’intestin de rates, pour une dose dix fois inférieure à la dose journalière acceptable (DJA), fixée à 0,05 mg par kilo de poids corporel. Les effets en question : rétention d’eau dans le corps, sensibilité accrue à la douleur de l’intestin, inflammation du côlon.Des travaux qui vont au minimum dans le sens d’un réexamen de ces fameuses DJA, que certains jugent trop élevés, voire d’une interdiction totale du BPA dans les plastiques alimentaires, ainsi que le demande depuis longtemps en France le réseau Environnement Santé. Un dossier qui plaide également en faveur de recherches plus poussées, en terme d’évaluation des risques, en prenant en compte l’ « effet cocktail » des perturbateurs endocriniens dont le BPA n’est qu’un parmi d’autres.En attendant, des alternatives toute simples existent : privilégier les contenants en verre ou en carton et éviter de chauffer au micro-ondes des plats en plastique. 

Sources :
Les biberons en plastique interdits dans les crèches toulousaines, La Dépèche du Midi, 15 décembre 2009.Les femmes enceintes doivent se tenir loin du BPA, La Tribune (Canada) 8 déc 2009.Des effets néfastes sur l’intestin démontrés pour la première fois, Le Point, 15 décembre 2009.

Planification stratégique et utilisation efficace des ressources humaines chez Saipem

Avec un chiffre d’affaires dépassant les 14,8 milliards de dollars, l’Italien Saipem propose des services d’ingénierie, d’approvisionnement, de gestion de projet et de construction pour l’industrie pétrolière, à la fois offshore et onshore. A cela s’ajoutent le forage, la maintenance et l’exploitation, y compris dans les lieux reculés et en eaux profondes. Avec 38.000 employés dans plus de 35 pays, Saipem avait besoin d’une plate-forme mondiale de gestion de ressources afin d’affecter le personnel adéquat à chaque étape du cycle de vie d’un projet. Plus important encore, la société doit planifier et suivre ses équipes provenant d’organisations diverses (employés internes de différentes divisions, personnel de sociétés tierces et sous-traitants extérieures). Pour ce faire, Saipen a sélectionné CA Clarity PPM (Project & Portfolio Management) comme élément fondateur du nouveau système. La solution de CA, éditeur indépendant de logiciels pour la gestion des systèmes d’information, est utilisée pour traduire les projets de la société en unités de mesures horaires afin d’aider le suivi des performances.En octobre 2008, Saipem a commencé à utiliser CA Clarity PPM pour le marché électronique du groupe qui négocie avec plus de 300 utilisateurs situés chez des fournisseurs de services à terre. Après cette première étape, la société a commencé à gérer 400 projets. Aujourd’hui, CA Clarity PPM, solution de gestion de portefeuille et de projet, est utilisé par Saipem comme application de gestion de projet stratégique pour les contrats EPIC (Engineering, Procurement, Installation and Commissioning)  » clés en main  » qui constituent le coeur de son activité. Ceux-ci couvrent l’ensemble des tâches d’ingénierie, d’approvisionnement, d’installation et de construction pour les sites complexes ainsi que l’infrastructure associée, de la conception à la mise en service.

Réagir rapidement aux évolutions du marché
 » En tant que leader sur le marché mondial très concurrentiel du pétrole et du gaz, il est vital que notre société ait la possibilité de faire correspondre ses besoins métiers avec une source appropriée de ressources disponibles. La solution de CA nous procure une plus grande flexibilité opérationnelle et nous permet de réagir plus vite aux évolutions du marché « , a déclaré Alessandro Tintori, directeur des projets TIC chez Saipem » En plus de gérer les diverses phases de chaque projet, CA Clarity PPM permet également à Saipem de réaliser une planification stratégique à long terme pour atteindre les objectifs métiers établis par l’équipe de direction, fournissant des sources de prévisions précieuses pour aider à concrétiser nos plus importantes initiatives métiers. « Aujourd’hui, CA Clarity PPM est utilisé pour gérer plus de 700 projets de tailles variées, dont des opérations de grande envergure puisqu’elle durent entre 24 et 36 mois. Des centaines de personnes avec un haut niveau de responsabilité, tels que des responsables de projet, des responsables de département, du personnel de contrôle de projet et des directeurs des ressources humaines mettent à profit cette solution pour planifier les capacités et la demande de ressources, tout en maîtrisant les coûts par un suivi des heures de travail programmées et des budgets engagés.CA Clarity PPM est connecté à de multiples applications logicielles chez Saipem, dont PeopleSoft d’Oracle qui gère les ressources internes, SAP R/3 qui suit le personnel et contrôle les processus métiers de l’entreprise et un entrepôt de données pour l’analyse des données agrégées. L’intégration avec SAP R/3 permet à Saipem de créer les liens comptables nécessaires pour planifier les budgets de l’entreprise de façon à ce que CA Clarity PPM puisse gérer la performance par position, centre de coûts ou projet.  » A partir de son utilisation pour les divisions métiers et géographiques, Saipem met à profit CA Clarity PPM comme une application d’entreprise aidant à maximiser les ressources et les revenus au coeur de son activité « , a déclaré Brian Bell, vice-président et directeur général de la division CA Clarity PPM chez CA. Image : © Saipem

Par Marc Chabreuil
 

La mémoire de l’amidon

Les polymères à mémoire de forme « classiques » sont des molécules à structure complexe (souvent des copolymères) dont la synthèse chimique est difficile, coûteuse et souvent néfaste pour l’environnement. Leur utilisation est donc plutôt réservée à des applications à haute valeur ajoutée comme les matériaux biomédicaux, les traceurs de température, ou la micromécanique.L’étude de la transformation et des propriétés de matériaux amylacés à l’état vitreux, notamment leur capacité à stocker des contraintes résiduelles, a permis à des chercheurs de l’unité « Biopolymères, Interactions, Assemblages » de l’Inra de Nantes de mettre au point un procédé pour la fabrication de matériaux à mémoire de forme à base d’amidon. Ces travaux ont fait l’objet d’un dépôt de brevet en Europe et à l’international.L’amidon à mémoire de forme est mis en œuvre selon un cycle thermomécanique précis, obtenu par extrusion dans des conditions classiques (T=120 °C, teneur en eau de 25 %). Une première forme (par exemple, un cylindre torsadé lui est donnée à chaud, directement en sortie de filière, et figée par un refroidissement rapide. Une nouvelle forme temporaire (cylindre déplié dans l’exemple), lui est donnée par chauffage à une température supérieure à celle de sa transition vitreuse (température à laquelle un matériau rigide et cassant devient souple et déformable).

Des applications possibles dans l’agroalimentaire
Cette forme est figée par refroidissement à température ambiante, sous contrainte mécanique. La recouvrance de la forme initiale se produit spontanément si la température de l’objet devient supérieure à sa température de transition vitreuse, Tg (modulable par formulation dans une gamme de 0 à 100 °C). La recouvrance est obtenue quasi-instantanément par un chauffage micro-ondes, en quelques dizaines de secondes dans de l’eau chaude, ou encore en quelques heures par absorption d’eau en atmosphère humide.La mémoire de forme de l’amidon peut être exploitée pour des applications classiques des polymères à mémoire de forme, comme traceurs d’humidité/température intégrés dans des emballages de produits alimentaires. L’amidon étant comestible, des applications peuvent également être trouvées en agroalimentaire, par exemple pour le développement de nouveaux produits céréaliers à forme variable. Ces résultats ouvrent ainsi la voie pour la mise au point d’aliments ludiques et « intelligents » dont le stockage et le transport sous forme compacte seraient facilités. Ils pourraient ensuite se déployer spontanément lors de la préparation ou de la dégustation.Une première forme (cylindre torsadé) est donnée à chaud, sortie de filière, et figée par un refroidissement rapide. La deuxième forme (cylindre déplié dans l’exemple) est donnée par chauffage à une température supérieure à celle de sa transition vitreuse, et figée par refroidissement à température ambiante, sous contrainte mécanique. La recouvrance de la forme initiale se produit spontanément si la température de l’objet devient supérieure à sa température de transition vitreuse – © Unité « Biopolymères, Interactions, Assemblages » de l’Inra-Nantes

Photovoltaïque : les règles tarifaires sont enfin fixées

Un arrêté concernant le tarif d’achat de l’électricité d’origine photovoltaïque a été publié au Journal Officiel, le 15 janvier dernier. Celui-ci annonce non seulement de nouveaux tarifs d’achat, mais aussi de toutes nouvelles règles en matière d’éligibilité au tarif intégré. Christian Cachat, président de l’APESI, commente ces décisions du gouvernement.Les nouveaux tarifs publiés le 15 janvier au Journal Officiel suivent l’annonce qui avait été faite par le gouvernement en fin d’année dernière, c’est-à-dire 58 c€ / kWh pour les installations avec « intégration au bâti » lorsqu’elles sont intégrées à des bâtiments d’habitation, d’enseignement ou de santé.Pour les autres bâtiments (bureaux, industriels, agricoles, etc.), le tarif a été fixé à 50 c€ / kWh. Jusqu’ici, rien de nouveau. Ce tarif intégré spécifique avait été annoncé et les professionnels de la filière étaient avertis. Cependant, une nouveauté est apparu et risque de faire des mécontents : ces tarifs d’intégration sont réservés aux bâtiments existants : le système photovoltaïque doit être installé au moins deux ans après la date d’achèvement du bâtiment, à l’exception des bâtiments à usage principal d’habitation.

Les critères d’intégration revus
Suite à la lecture de l’arrêté et concernant cette nouvelle notion, Christian Cachat, président de l’APESI (Association des Producteurs d’Electricité Solaire Indépendants), déclare : « Cela n’était pas prévu initialement et l’objectif du gouvernement n’est pas clair. Le fait d’avoir revu les critères d’intégration semble logique. Cependant, certaines tranches de la profession risquent de pâtir énormément de cette nouvelle réglementation. Je pense particulièrement aux jeunes agriculteurs pour qui l’énergie solaire était un moyen de financement de leurs bâtiments d’exploitation. Là où il était déjà difficile d’accepter de passer d’un tarif à 60 c€/kWh à un tarif à 50 c€/kWh, il semble évident que les agriculteurs qui devront construire de nouveaux bâtiments, ne se satisferont pas du tarif d’intégration simplifié à 42 c€/kWh ».En outre, il est important de signaler que les installations au sol bénéficient toujours d’un tarif à 31,4 c€/kWh, et celles dont la puissance est supérieur à 250 kWc seront assujetties à une indexation permettant aux régions les moins ensoleillées de bénéficier d’un tarif de 37,7 c€ / kWh. « Bien que la parité réseau risque de mettre plus de temps avant d’être atteinte, ceci est une sage décision de la part de gouvernement qui permettra de mieux répartir les puissances sur le territoire français. Cette décision vient à point nommé avant un encombrement complet des zones les plus ensoleillées », déclare Christian Cachat.Il est aussi convenu que ces tarifs soient inchangés jusqu’en 2012 et que ceux-ci soient ensuite revus chaque année par une formule d’indexation. « C’est tout à fait normal, la filière doit évoluer vers plus d’autonomie. Les coûts technologiques étant amenés à baisser, il est normal de répercuter cette baisse sur le tarif d’achat. L’objectif est d’atteindre la parité réseau le plus rapidement possible », déclare Christian Cachat. Toutes ces décisions ont au moins le mérite de poser de nouvelles bases et d’éclaircir le flou dans lequel la filière se trouvait dans l’attente de cet arrêté.

Réseau électrique européen en mer : vers un marché commun de l’électricité

Lors d’une réunion du Conseil de l’énergie qui s’est tenue à Bruxelles, le 7 décembre 2009, 9 pays européens auraient signé un accord proposant de développer un gigantesque réseau électrique offshore en Mer du Nord et Mer d’Irlande.Selon l’EWEA et le media Wind Energy l’accord signé pour le Royaume-Uni par Lord Hunt l’aurait été aussi par les ministres et/ou représentants des pays suivants : Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, Suède et Irlande. Cette proposition de développement (il ne s’agit pour l’heure que d’une proposition) de réseau éolien offshore servirait à accroître la sécurité énergétique des pays signataires, tout en aidant à optimiser la production éolienne offshore d’électricité.Il aiderait également l’Union européenne dans son ensemble (qui en a visiblement bien besoin eu égard aux récentes déclarations entendues pendant la Conférence de Copenhague) à atteindre ses objectifs en matière de production d’énergie renouvelable pour 2020 et 2030. Bien que l’EWEA ait toujours porté et défendu l’idée d’un gigantesque réseau européen de distribution d’électricité produite par l’éolien offshore, un tel réseau relève pour l’instant plutôt du domaine du rêve que de la réalité (cf. notre article du 5/5/2009 sur le projet de super-réseau européen ICI).Le réseau de la Mer de Nord demanderait à lui seul, selon Justin Wilkes de l’EWEA interrogé par le Rikki Stancich de Wind Energy, des investissements de l’ordre de € 20 à 30 milliards d’ici à 2030. On peut retrouver l’intégralité de cet intéressant entretien en anglais ICI. Par comparaison, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que le total des investissements dans les réseaux de transport européens d’électricité sera de€ 187 milliards pour la période 2007-2030.

Prendre des paris et des risques
Le financement du futur réseau européen impliquerait donc des investissements importants qui ne seraient pas consentis seulement par les autorités gouvernementales des Etats mais aussi et surtout par des investisseurs privés et des groupements financiers qui sauraient prendre des paris (et des risques) sur les perspectives commerciales futures. Comme je le signalais déjà dans l’article du 5 mai 2009, la Banque européenne d’investissement (BEI) a, dans ce sens, un rôle capital à jouer.Des fonds spécifiques existent déjà en son sein comme les fonds pour les réseaux trans-européens qui répondent au doux nom de « fonds Marguerite », mais cela n’est pas suffisant.Ce sont des instruments comme le « Mécanisme de financement avec partage des risques » (MFPR), créés par la BEI qui pourraient, selon l’EWEA, garantir le type d’investissements attendus dans le domaine de l’éolien offshore, le tout appuyé aux niveaux régionaux par des fonds structurels orientés vers le développement des infrastructures d’électricité.

Développer par étapes au fur et à mesure des besoins
Voilà pour le point de vue financier. Du point de vue technologique, l’EWEA pense que c’est l’utilisation de la technologie HVDC (High Voltage Direct Current) qui est la plus attrayante pour l’exploitation du réseau offshore car elle offre la maniabilité nécessaire dont a besoin ce type de réseau. Il existe à l’heure actuelle deux principaux types de liaison HVDC : – la HVDC-LCC HVDC (la technologie la plus conventionnelle et la plus largement utilisée dans le monde)– la VSC HVDC (Voltage Source Converter High Voltage Direct Current), d’apparition récente et qui, selon de nombreux experts, serait plus appropriée aux besoins spécifiques en mer, car elle permet des liaisons sur de longues distances (jusqu’à 600 km) avec des pertes minimes.Son faible encombrement minimise également son impact environnemental et ses coûts de construction. L’aspect modulaire de cette technologie permet aussi de la développer par étapes au fur et à mesure des besoins. Dernier avantage d’une longue liste détaillée par L’EWEA, cette technologie est directement compatible avec les réseaux à terre. Il existe deux grands fabricants de la technologie HVDC VSC. Le premier est le leader mondial des technologies de l’énergie et de l’automation, ABB, qui utilise le nom de marque HVDC Light.Le second est Siemens dont la technologie s’appelle HVDC Plus. Le but, à terme, est d’utiliser conjointement ces deux technologies sur le réseau offshore du futur, mais pour l’instant elles ne sont pas identiques et des efforts sont nécessaires pour les rendre compatibles.

Au-delà des intentions, les défis à relever restent toujours les mêmes
Toujours dans cet intéressant entretien, les questions de la réglementation et de l’autorité de gestion d’un tel réseau sont largement évoquées. L’intégration, par exemple, de ce super-réseau offshore dans l’initiative européenne est aussi abordée de même qu’une collaboration avec le REGRT-E est évoquée, ainsi qu’une collaboration avec le Pentalateral Energy Forum.Je rappelle que le REGRT-E (Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité) créé voici tout juste un an, le 19 décembre 2008, réunit 42 gestionnaires européens de réseau de transport, qui sont devenus ainsi responsables du plus grand réseau interconnecté, et ont créé de ce fait l’organisation GRT prévue par le troisième paquet « marché intérieur » de la Commission Européenne.En résumé, ce qu’il ressort de cet entretien, reflet de la situation actuelle de l’offshore en Europe, c’est qu’au-delà des intentions, les défis à relever semblent rester hélas toujours, mois après mois, les mêmes. Au-delà du défi technique (finalement presque le moins complexe à relever !), c’est la construction d’un réseau européen en mer qui intègre les  40 GW d’énergie éolienne offshore attendus d’ici à 2020, et les 150 GW d’énergie éolienne offshore attendus d’ici 2030, les défis principaux restent toujours ceux des implications.Un super-réseau européen ne pourra pas voir le jour sans une vision pan-européenne, impliquant plus qu’une contribution, un véritable engagement de la Commission européenne, du REGRT-E, d’intervenants tels que l’EWEA mais aussi une forte coopération entre les États membres (pour l’instant quasi inexistante), et bien sûr toujours, encore, surtout… un accès au financement.C’est pour cette raison que l’EWEA a proposé son Offshore Development Network Master Plan qui se déroule sur 20 ans. On en retrouvera les grandes lignes dans le document 2009 « Ocean of opportunity » téléchargeable sur le site de l’EWEA. 

Source :
Les énergies de la mer

Chiffre clé : 96 % des e-mails sont assimilés à des spams

Faire en sorte qu’un e-mail parvienne sans encombre à son destinataire final n’est décidément pas chose facile. Selon les dernières statistiques publiées par l’agence européenne de la sécurité des réseaux et de l’information, l’ENISA, 95,6 % des messages électroniques destinés aux quelques 80 millions d’adresses e-mails gérées par 92 opérateurs européens sont bloqués par différents dispositifs anti-spam (lire la méthodologie). En d’autres termes, seuls 4,4 % des e-mails envoyés arrivent à bon port. Des chiffres dont on peut tirer deux types d’enseignements : grâce à ces mesures, le volume de spam arrivant dans les boîtes mail des abonnés est considérablement réduit ; mais pour tout expéditeur légitime de campagne d’e-mailing, il est important que ses envois ne soient pas considérés comme du spam. Et pour cela, mieux vaut connaître les méthodes utilisées par les opérateurs pour détecter et filtrer les spams.Selon l’étude de l’ENISA, la technique la plus répandue pour détecter le spam est le suivi des plaintes utilisateurs (plus de 70 % des réponses). Tout de suite après arrive la détection des pics de trafic (55 % des réponses) qui indique qu’il y a des envois de masse, puis les anomalies dans la signature (50 % des réponses). Pour filtrer le spam, la première méthode utilisée est le blacklistage de l’adresse IP (plus de 90 % des réponses). Viennent ensuite le filtrage des contenus (un peu moins de 80 % des réponses), l’authentification de l’expéditeur (un peu plus de 64 %), le blacklisting des URLs (55 %) à égalité avec le greylisting, une méthode qui permet de rejeter temporairement un message en émettant un code au serveur émetteur. Si celui-ci réexpédie l’e-mail, ce n’est pas un spam et l’interdiction est levée. Enfin, en sixième position, apparaissent les listes blanches qui permettent à un expéditeur de s’identifier et d’être autorisé à diffuser des envois de masse. La plupart de ces techniques se déroule au niveau du réseau et s’appuie sur des bases de données internes ainsi que des outils  » open source  » tels que SpamAssassin pour en minimiser le coût. Pour autant, le spam mobilise des ressources financières croissantes de la part des opérateurs. Bien sûr, celles-ci varient en fonction de leur taille. La plupart des petits FAI y consacrent moins de 10.000 euros par an. Mais 25 % des très petits opérateurs (moins de 1.000 boîtes mail) mobilisent autour de la lutte anti-spam entre 10 et 49.000 euros par an et un tiers des très gros opérateurs annoncent investir plus d’un million d’euros par an pour lutter contre le spam. Méthodologie de l’étudeCette enquête a été conduite entre mai et juillet 2009 auprès de 92 fournisseurs européens d’adresses e-mails. 36 % sont des opérateurs télécoms généralistes, 36 % des sociétés d’hébergement Internet, 17 % des fournisseurs d’accès Internet, 4 % des opérateurs mobiles, et 7 % appartiennent à d’autres catégories. A eux seuls, ils représentent 30 pays différents dont 26 sont membres de l’Union européenne, et totalisent 80 millions de boîtes mail. Parmi ceux-ci, 21 % sont de gros opérateurs (ils gèrent entre 100.000 et 999.999 boîtes mail), 12 % de très gros (1 million et plus d’adresses mail), 23 % sont de moyenne taille (10.000 à 99.999 boîtes mail), 21 % sont petits (1.000 à 9.999 adresses mail), et 23 % sont de très petite taille (moins de 1.000 boîtes mail).L’étude de l’ENISA A.L B

Le transfert de connaissances, une réponse à la pénurie de compétences

Les entreprises de l’industrie des procédés occidentales ont su s’entourer de profils expérimentés, qu’il s’agisse d’ingénieurs d’exploitation, d’ingénieurs de contrôle et de procédés ou encore d’informaticiens. Mais ces talents vieillissent et finissent, comme tout le monde, par prendre leur retraite, conduisant à une pénurie de personnel suffisamment qualifié pour assurer leur relève. Avec la pression du marché et la volonté des entreprises de rationaliser leur actif, cette situation a de fortes chances de se dégrader jour après jour, au moins à court terme. Le problème est d’autant plus grave dans les industries pétrolière, gazière et pétrochimique. Selon la SPE (Society of Petroleum Engineers), l’âge moyen des ouvriers de l’industrie pétrolière est de 51 ans. Près de 60 % ont 45 ans ou plus. Force est de constater une augmentation significative de leur moyenne d’âge, laquelle implique qu’environ 40 % ne sera plus apte à travailler d’ici dix ans. Ces compétences ne trouvent actuellement pas leur relève. Si l’on en croit l’entreprise américaine Shell Global Solutions, moins de 200.000 diplômés techniquement compétents sont sortis des universités du pays pour remplacer les 2 millions d’experts qui ont pris leur retraite entre 1998 et 2008.

Une solution pertinente : le transfert de connaissance
Les entreprises du secteur peuvent déjà en ressentir les effets. Elles se reposent en conséquence chaque jour davantage sur des systèmes intelligents et automatisés pour stimuler leur productivité. L’exigence qui devient alors primordiale est de pouvoir faciliter le transfert de connaissances. Les entreprises ont besoin de solutions leur garantissant la possibilité de disposer des connaissances élémentaires sur une installation ou un équipement, afin de booster l’efficacité de leurs employés, d’améliorer leur degré de productivité, mais aussi d’en enrichir les compétences futures. Le défi pour les fournisseurs de solutions logicielles : travailler main dans la main avec leurs clients dans le but de déterminer de quelle manière la technologie peut être utilisée pour créer de l’efficacité dans les procédés utilisés par les ingénieurs. Mais aussi d’être apte à fournir des versions intuitives des programmes pour permettre à des personnels moins qualifiés d’en avoir l’usage. Dans ce contexte, la notion de continuité s’avère cruciale. La première question que les ingénieurs ont coutume de poser lorsqu’ils entament une nouvelle étude sur un procédé existant n’est autre que :  » Un modèle existe-t-il ?  » Ils recherchent avant tout des outils logiciels qui leur permettront d’optimiser rapidement et facilement une conduite efficace du procédé en question.

Une nécessité : mettre en place les structures adéquates
En étant dans l’obligation de passer au crible une montagne de documents, de sources diverses et souvent sans rapport, les ingénieux néophytes n’ont d’autre choix que de trouver l’ensemble du procédé chronophage et frustrant. D’autant qu’il est presque impossible de vérifier l’exactitude et la fiabilité des sources, et donc d’éviter les erreurs d’interprétation. Il leur faut donc à tout prix se mettre en quête de solutions d’optimisation des procédés leur permettant de disposer d’une information bien plus structurée. Ils auront ainsi la certitude que les données ont déjà été triées et classées, retrouveront l’information recherchée bien plus facilement et n’auront pas à se poser la question de la viabilité et de la consistance de l’information, ainsi que de son adéquation avec sa version initiale injectée au départ dans le système. Une telle approche présente l’indéniable avantage de ne nécessiter qu’une seule connaissance de base de la part des utilisateurs : savoir utiliser le logiciel lui-même. En d’autres termes, il n’y a pas de meilleur moyen d’assurer un transfert optimal des connaissances d’une génération d’ingénieurs à la suivante. Le paysage de l’ingénierie des procédés ne cesse d’évoluer, aujourd’hui plus que jamais. Un nombre croissant d’entreprises se montre incapable de capitaliser sur les compétences et l’expertise de ses experts hautement qualifiés. Les solutions de transfert automatisé des connaissances permettant de réduire les écarts de compétences et d’assurer une puissante combinaison entre des fonctionnalités riches et une grande simplicité d’utilisation ont donc toutes les chances de voir leur cote de popularité monter en flèche. Par Jean-François Hénon, vice-président central europe d’AspenTech

Où commence et où s’arrête l’archivage électronique ?

L’archivage de contenus électroniques peut se définir comme l’ensemble des actions, méthodes, processus et outils permettant la conservation de manière sécurisée des contenus électroniques ayant été préalablement identifiés et classés. L’archivage rend possible un accès contrôlé à la consultation de l’information mais interdit toute opération touchant à son intégrité. Par ailleurs, l’archivage répond en général à des contraintes légales ou structurelles nécessitant le respect de méthodes et règles organisationnelles. L’archivage fait donc appel à des techniques de stockage adaptées à une conservation sur de longues durées, contrairement à la sauvegarde qui assure la conservation de données modifiables sur des durées limitées.La GED, ou GEIDE (gestion électronique d’informations et de documents), regroupe, quant à elle, les techniques permettant de dématérialiser, classer, gérer et stocker des documents et informations provenant des applications du système d’information. La différence notable réside essentiellement dans le fait que la GEIDE focalise souvent sur la partie acquisition, numérisation, ainsi que sur la gestion du cycle de vie d’un document. La GEIDE apporte des fonctions de gestion des workflows, des révisions, des approbations, et de la publication ainsi que des contrôles d’accès associés. Ainsi, contrairement à l’archivage électronique, la GEIDE peut permettre de définir des durées de conservation au niveau utilisateur, donner des fonctions de gestion de la vie du document sous la responsabilité des utilisateurs comme la purge de documents par exemple. L’utilisateur peut également choisir son plan de classement ou adapter un modèle de plan proposé par l’administrateur. Sur ce dernier point, l’archivage stipule un plan de classement rigoureux. L’archivage vise donc à créer un fond documentaire sécurisé pour l’entreprise, là où la GEIDE apportera plutôt une gestion au quotidien des documents dans les affaires courantes de l’entreprise.

Le modèle d’archivage OAIS
La problématique d’archivage électronique s’inscrit souvent en réponse à des contraintes légales ou réglementaires. Afin de guider les entreprises dans leurs démarches, des normes organisationnelles et techniques existent.Le modèle OAIS (Open Archival Information System) référencé en ISO 14721, définit un modèle de référence [1] constitué d’un modèle d’informations, des méta données nécessaires au référencement des informations et à leur conservation, ainsi que d’un modèle fonctionnel détaillé décrivant les composantes d’un système d’archivage électronique (cf schéma ci-dessous). A noter : l’entité ‘Gestion des Données’ assure les fonctions d’enrichissement et la gestion des informations de description de la donnée dans des bases de données. Cela inclut également l’administration et la pérennité de ces bases.Si l’entité d’administration assure le suivi et l’exploitation au quotidien du système d’archivage, l’entité de planification assure quant à elle la gouvernance et la planification des évolutions technologiques et organisationnelles nécessaires pour garantir la pérennité de l’archivage. Un système conforme à l’OAIS répondra par ses capacités de conservation et de mise à disposition de ses informations, aux exigences d’archivages de documents à valeurs juridiques ou patrimoniales.OAIS s’applique aux 3 types d’archives :
  • Courantes : données figées mais régulièrement utilisées pour l’activité de l’entreprise ;
  • Intermédiaires : durée pendant laquelle les données possèdent une utilité pour son « producteur ».
  • Patrimoniales : données conservées à titre historique mais ayant cessé d’être utile à l’entreprise.
 Par Michael Chochois, Chef de projets et produits sécurité 

Pour aller plus loin
[1] Sur l’OAIS

Comment bien archiver ses données ?

La problématique d’archivage électronique découle souvent de contraintes légales ou réglementaires. D’où la nécessité de mettre en œuvre une démarche structurée afin de ne rien oublier et pragmatique afin de tenir compte des spécificités de l’entreprise et de son environnement. Voici les principaux éléments qu’il faut connaître pour mettre en place une telle procédure.

Une démarche structurée et pragmatique
La mise en œuvre de l’archivage de contenus électroniques nécessite au préalable :
  • un cadrage du besoin sur les documents nécessitant un archivage ;
  • de définir la raison de cet archivage (légal, réglementaire…) ;
  • et la durée de conservation mais surtout de prescription associée.
Dans ce cadre, il faudra tenir compte des exigences des textes applicables notamment aux entreprises internationales, telles les lois Sarbane Oxley de 2002 (SOX section 404) concernant les pratiques d’archivage de données financières. En France, la LSF (Loi sur la Sécurité Financière) précise dans l’arrêté du 31 mars 2005 certaines exigences d’archivage impliquées par le contrôle interne de l’entreprise.Au delà, pour aider à la gestion des documents nécessaires à la conduite de l’entreprise qui constitueront les archives courantes et intermédiaires, le record management (norme ISO 15489-1) fait souvent référence à la méthodologie DIRKS [2] (manuel du gouvernement australien : Design and Implementation of RecordKeeping Systems). Très documenté, ce guide vise à garantir qu’un document nécessaire à l’entreprise existe, est référencé et est facilement accessible tout en respectant les principes d’auditabilité et de traçabilité de OAIS [1]. Par la suite, un audit des systèmes existants produisant de la donnée ou du document sera mené afin d’en définir la stratégie d’archivage. Enfin, la phase de conception et d’implémentation du système pourra démarrer. Ici, le MOREQ [3] (MOdel REQuirements for the management of electronic records) est incontournable. Véritable trousse à outils du responsable des archives ou d’un responsable de projet GED, il est plus pragmatique et est plus centré sur la mise en place du système. Par ailleurs, il traite également des problématiques d’acquisition, numérisation et est très axé sur la mise en place du logiciel d’archivage.

Les facteurs de succès
Parmi les facteurs clés de réussite, la refonte des processus internes impliquera une modification des habitudes de travail en matière de numérisation, de classement, de consultation, de gestion des données et des documents. L’accompagnement du changement au niveau des utilisateurs est donc indispensable et sera coûteux. Attention à ne pas tomber dans le piège de la  » GEID-Archive  » qui tend à mettre en place une solution mixte sans toutefois remplir les exigences d’un système d’archivage. Cette déviance est parfois liée à l’inexistence de la fonction  » administration  » et/ou  » planification de la pérennisation « , empêchant toute fixation de la donnée ou du document. La conséquence est l’impossibilité de mettre en place les durées de rétention, de contrôle d’intégrité et d’horodatage des documents versés. Le marché est aujourd’hui constitué de solutions d’archivages logicielles parfois livrables clés en main. Cela nécessitera tout de même une forte implication de l’entreprise dans le projet d’archivage pour bien gérer la mise en œuvre organisationnelle, mais aussi, mettre en place une veille technologique sur chacun des composants afin d’assurer la cohérence des choix (rôle de la planification de la pérennisation) en dehors de tout enjeu commercial… Les offres de services de type  » tiers archiveurs  » ont l’avantage d’outrepasser la mise en œuvre souvent complexe du logiciel et de l’infrastructure associée. Si le cadre légal le permet, l’entreprise veillera, dans ce cas, à la mise en place d’un contrat s’apparentant à la délégation de fonctions de sécurité à un tiers de confiance en vérifiant les engagements de qualité, sécurité, disponibilité et fera référence à une politique d’archivage. Par Michael Chochois, Chef de projets et produits sécurité

Pour aller plus loin
[1] Sur l’OAIS[2] Sur le Records Management : une approche du record management en 8 étapes[3] Sur le MOREQ

Dématérialisation : la mise en place d’un processus probatoire fiable

D’abord, la reconnaissance légale de la signature et de l’écrit numérique est intervenue, en France, avec l’adoption de la loi n°2000-230 du 13 mars 2000, parachevée par le décret n°2001-272 du 30 mars 2001. Ainsi, suivant l’article 1316-1 du Code civil, la valeur probante d’un document numérique est subordonnée au respect de deux conditions principales : l’identification du signataire d’une part et l’établissement et la conservation du document  » dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité  » d’autre part (exigence qui couvre donc l’ensemble du cycle de vie d’un document après qu’il a été établi sous sa forme définitive). L’article 1316-4 du même code définit par ailleurs la signature électronique nécessaire à la perfection d’un acte juridique, comme permettant d’identifier celui qui l’appose et de manifester son consentement aux obligations qui découlent de l’acte signé. Le législateur a en outre posé une présomption de validité de la signature sécurisée au sens du décret de 2001, qui est établie grâce à un  » dispositif sécurisé de création de signature électronique  » (ce dispositif, qui repose notamment sur la mise en œuvre d’un système de certification lourd et économiquement coûteux, a néanmoins rencontré peu de succès, comme le souligne Me Isabelle Renard dans le cadre du Livre blanc FEDISA sur la preuve numérique [1]).Concernant ensuite l’existant en matière d’archivage électronique dit  » à valeur probante « , force est de constater que les conditions techniques de cet archivage ne sont pas définies dans la loi française. Par contre, la prise en compte du régime juridique applicable aux documents dématérialisés s’avérera indispensable et conduira à une réflexion structurante intervenant en amont de tout projet technique d’archivage électronique, afin que les documents concernés conservent bien la valeur juridique que l’acte recouvrait lors de son établissement. De ce point de vue, on peut affirmer que la complexité du cycle de vie des documents, et en particulier la multiplication des ruptures (étape de numérisation, migrations technologiques, …), seront susceptibles d’amoindrir la fiabilité du processus probatoire.Qu’il s’agisse en définitive de la mise en place, dans une finalité juridique, d’un système de signature ou d’archivage électronique, il est recommandé, afin de fiabiliser tout processus de dématérialisation de documents, de prendre en considération les critères suivants :

  • l’intermédiation de tiers dits  » de confiance «  dans le dispositif : on trouve ainsi des tiers de certification (AC), des tiers d’archivage (AA), des tiers d’horodatage (AH) ou bien encore des autorités de gestion de preuve (AGP) … qui jouent, chacun dans leur domaine respectif, un rôle dit de  » notarisation  » qui est de nature à renforcer la fiabilité des documents dématérialisés ;
  • le respect des normes techniques à jour en matière de signature et de conservation électronique des documents : à cet égard, c’est la norme NF Z42-013 (dont la dernière version date du 4 février 2009) qui détaille les bonnes pratiques en termes d’archivage sécurisé. Cette norme (qui autorise désormais le recours à la technologie WORM logique [2]), permet notamment de garantir que le document concerné reste intelligible dans la durée … Surtout, on relèvera que les juges ont tendance à considérer que le respect des règles à l’état de l’art par un professionnel écarte sa faute (hors le cadre contractuel) ;
  • la documentation des processus techniques de dématérialisation et de gestion du cycle de vie des documents : les normes applicables tant en matière de signature que d’archivage sont caractérisées en particulier par la publication de documents tels que : politique de certification (PC) et déclaration des pratiques de certification (DPC) ; politique d’archivage (PA) et déclaration des pratiques d’archivage (DPA).
Outre ces recommandations issues du groupe de travail FEDISA (voir travaux précités), un arrêt de la Chambre civile de la Cour de Cassation, rendu le 4 décembre 2008 [3], nous apporte enfin un premier éclairage important sur les conditions de nature à assurer la valeur probante d’un document numérique. Premier enseignement : la démonstration de la preuve, qui est faite par une partie en produisant exclusivement des éléments provenant de son système d’information, risque d’être irrecevable, la cour s’appuyant ici en particulier sur un moyen produit par les défendeurs qui rappelle le principe suivant lequel  » nul ne peut se constituer de preuve à soi même « . Les autres apports de la décision portent sur : la fonction essentielle de l’horodatage, la preuve de l’envoi et de la réception des documents, la nécessité de reproduire la signature de l’auteur d’un courrier original signé dans sa copie électronique … Pour plus de détails, lire les commentateurs de la décision [4]. Par Marie Barel, Consultant SSI chez Orange, Expertise juridique TIC

Références
[1] Livre blanc FEDISA sur la Preuve Numérique (extrait sur les aspects juridiques)[2] La technologie WORM logique est un support réinscriptible, mais dont un dispositif logiciel et/ou matériel interdit la modification ou la destruction d’une information.[3] Pourvoi n° 07-17622[4] Article de Me Isabelle Renard (Vaughan avocats) ; commentaires de Me Caprioli (cabinet Caprioli & associés)

Attention, l’homme reste le maillon faible de la sécurité

Vous souhaitez piller le coffre fort d’une banque. Trois scénarii s’offrent à vous.La brute force. Lourdement armés avec vos acolytes, vous rentrez dans la banque et vous vous faites remettre le contenu du coffre. C’est assez efficace, mais complexe et dangereux. Il faut monter une bande avec des rôles, obtenir des armes, et l’attaque à main armée est lourdement sanctionnée en cas d’arrestation. Et puis, si vous dérapez, les dommages collatéraux risquent d’alourdir encore la peine.La patience ou méthode Spaggiari. Vous louez un local en face de la banque, et grâce à des plans détaillés de la voirie, des réseaux et de la banque, vous creusez un tunnel qui vous amène au coffre. C’est très long et cela demande d’obtenir pas mal d’informations qui plus est fiables.Le maillon faible. Vous obtenez les clés du coffre auprès du Directeur et vous vous servez rapidement et sans violence.A vous de choisir. Pour voler une information précieuse chez un concurrent qui se trouve protégée par un mot de passe, c’est pareil.Vous attaquez le système en brute force afin d’obtenir le mot de passe convoité. Il faut disposer d’un peu d’outils informatiques et de savoir faire. Vous risquez d’être repéré, et vous enfreignez clairement la loi (loi Godfrain).Vous sniffez un volume suffisant de trafic Wi-Fi (protégé en WPA car votre cible est un peu prudente) pour casser les codes et obtenir le sésame. Il faut un peu plus de matériel, plus de connaissances, un peu de patience et éventuellement un peu de chance.Vous prenez votre téléphone et avec un peu d’ingénierie sociale, de pouvoir de conviction, vous obtenez le mot de passe de l’administrateur réseau. Peu coûteux, assez efficace en général, voire non répréhensible suivant les cas.

MICE vous sourit
Mais comment faire pour obtenir le mot de passe ? Nos amis britanniques ont formalisée la chose à la grande époque de la guerre froide dans l’approche MICE.Cet acronyme donne les méthodes de base pour obtenir des informations sensibles depuis une source chez l’adversaire :M = Money = Acheter les informations en cash à Moscou. L’argent reste une valeur sûre.I = Ideology = Convaincre un agent britannique de la supériorité du communisme sur le système capitaliste. Pratique très efficace à une certaine époque.C = Constraint = Exercer une pression psychologique, voire physique, pour soutirer les informations. Cas de la vidéo compromettante en charmante compagnie.E = Ego =  » Ton chef ne reconnait pas ta valeur. Exfiltrer des informations très sensibles démontrera tes capacités « . Nous sommes tous des talents en manque de reconnaissance.

Son application au vol de données
Comment traduire cette méthode afin d’obtenir le mot de passe de son propriétaire, de son assistante, de l’administrateur réseau ?M = Proposez un dédommagement monétaire ou en nature en échange du mot de passe recherché. La somme ne sera pas forcément disproportionnée. Une enquête conduite en Angleterre a montré qu’une majorité d’employés étaient prêts à échanger leur mot de passe contre une tablette de chocolat. Même en informatique, la gourmandise est un vilain défaut.I = Si vous attaquez un groupe pétrolier, dites que vous œuvrez pour une association écologiste. Vous avez une chance de convaincre un employé si vous racontez une belle histoire dans laquelle il passera pour le sauveur de l’humanité. Et puis une fois le forfait commis, il y a peu de chance qu’il aille s’épancher auprès du DRH.C = En vous renseignant sur la vie du Directeur, vous découvrirez que certains aspects de sa vie personnelle ou professionnelle ne sont pas avouables. Échangez votre silence contre son mot de passe et votre promesse de rester discret sur son utilisation. Un vol d’information bien conduit laisse peu de trace.E = Créez un lien dans un salon ou sur le Net avec l’administrateur du réseau. Manifestez votre admiration sur ses compétences et laissez lui comprendre qu’il est mal considéré, mal reconnu, mal payé par son employeur. Et qu’une petite vengeance qui ne sera pas découverte sera de vous confier un mot de passe.

Les contre-mesures
La sensibilisation. Réalisez des campagnes de sensibilisation auprès de vos employés. Ces dernières peuvent être périodiques ou au cas par cas, générales ou bien cibler une population spécifique. Dans tous les cas soyez concret dans vos exemples. Un commercial qui perd son fichier clients au profit d’un concurrent risque de perdre son bonus de ventes. Rappel à la loi. Rappelez qu’il ne faut pas se rendre complice d’un délit. Le vol d’information n’en est pas forcément un, mais les conséquences peuvent conduire devant le juge. Un financier qui perd des données avant publication des comptes d’un grand groupe peut être accusé de délit d’initié. La compromission d’informations soumises au secret défense n’est pas une plaisanterie.Rendre la sécurité ludique. Lors de ces campagnes, ne pas hésiter à utiliser des jeux, des affiches amusantes, des vidéos d’autodérision. Faites un quizz et mettez en valeur les champions, voire récompensez les avec un iPod ou une invitation au restaurant.Test d’intrusion. Vous pouvez faire appel à une société externe spécialisée pour réaliser des tests d’ingénierie sociale. Ils peuvent porter sur les hôtesses de l’accueil ou le support informatique de l’entreprise. Bien souvent les contrôles sont faibles et un simple appel téléphonique au support permet de faire réinitialiser le mot de passe à sa valeur par défaut : « user = nom, password = nom ». Et comme l’objectif du support est de dépanner en un minimum de temps, les procédures de contrôle du requérant sont inexistantes ou inappliquées. Attention toutefois à ne pas détourner ces méthodes. Il s’agit de sensibiliser aux méthodes d’attaques et de mesurer les faiblesses afin d’y remédier. Pas de stigmatiser les employés.Prendre des mesures techniques. Vous pouvez renforcer les contrôles de base, par exemple en fournissant une carte à puce pour l’identification. Complétée d’un code porteur, il sera difficile pour un employé de dire que l’on a usurpé son identité à l’insu de son plein gré. Se faire voler son composant matériel et son code, c’est soit énormément de laisser aller proche de la faute professionnelle, soit de la complicité. On peut aussi enrichir cette carte avec un coffre fort numérique qui permettra au porteur d’y placer en toute sécurité son code d’accès Internet personnel, son identifiant Facebook, son compte cantine… autant d’informations personnelles qui le rendront plus attentif à son équipement d’identification.Maintenant, à vous de jouer pour renforcer le maillon faible de votre sécurité.Par Eric Wiatrowski, Lead Auditor – Security Management System

Ultra Large Band avec DAA : les défis liés aux essais

Comme nous l’expliquions dans un précédent article (lire L’avenir de l’Ultra Large Bande passera par DAA), la nouvelle technique DAA (Detect And Avoid) pourrait résoudre les problèmes d’harmonisation des fréquences mondiales. Ce qui permettrait aux régulateurs d’ouvrir de nouvelles bandes de fréquences pour le bénéfice de l’industrie cherchant un marché toujours plus global.Toutefois, au même moment, certains déclarent qu’il pourrait être impossible de tester cette nouvelle technique qui présente des propriétés de radio-cognitives. Une affirmation que contredisent les essais DAA tels qu’étudiés et mis en œuvre dans le projet européen Walter [1]. Retour sur les résultats et contraintes de ce projet de recherche.

Les contraintes des essais
Les essais du  » DAA  » dans des dispositifs d’UWB présentent un certain nombre de défis spécifiques par rapport à des essais de services de communications conventionnels :Niveau de puissance faible : un problème de dynamique peut surgir en raison des niveaux de puissance faible à détecter et à éviter, aussi bien que des niveaux de puissance à mettre en œuvre (- dBm 80 dans la zone 1) en mode de non-intervention (NIM), car ces niveaux sont proches du seuil de bruit de la plupart des analyseurs de spectre conventionnels (- dBm 70). Cette contrainte est plus dure pour les tests rayonnés. En outre l’émission de puissance faible d’UWB doit être détectée et distinguée en présence du  » signal victime « . Par conséquent, l’équipement de test doit avoir une sensibilité élevée pour détecter avec précision le  » signal victime  » de liaison montante comme défini par les régulateurs.Changements environnementaux : comme pour d’autres bancs d’essai de radio cognitive, le banc d’essai d’UWB doit pouvoir simuler et détecter les changements environnementaux qui pourraient affecter le niveau de puissance du signal RF. Ceci inclut le mouvement d’un ou des deux dispositifs (victime ou dispositif d’UWB), le changement de l’environnement de propagation, le changement de canal, etc.Scénarios réalistes : le comportement du dispositif du service victime et du dispositif d’UWB doit être recréé dans l’environnement d’essai. Par exemple, des services de BWA (Broadband Wireless Access) tels que l’accès Internet, mode de sommeil et diffusion multimédia doivent être disponibles ou simulés.Synchronisation : les méthodes d’essai manuel rendent les mesures de temps difficiles et imprécises. Les analyseurs doivent, par exemple, commencer à capturer le signal au même moment où le dispositif est mis sous tension, ce qui est difficile avec des méthodes manuelles. Les méthodes automatiques peuvent employer le signal de mise en marche d’UWB DAA pour déclencher les analyseurs.Probabilité de détection : la probabilité de détection oscille entre 95 % et 99 % [3]. Pour obtenir une mesure fiable, il faut donc répéter les mesures. Des méthodes doivent être étudiées pour réduire les temps de mesure tout en assurant une bonne fiabilité.Essais rayonnés : dans les environnements d’essais rayonnés, des problèmes peuvent surgir en mesurant des niveaux de puissance, en particulier ceux de l’interférence et ceux transmis par le DUT (dispositif sous test), puisque les positions d’essais et celles des antennes de l’interférence sont différentes. Des techniques doivent donc être mises au point afin de rechercher les maximums d’émissions et réceptions à différentes positions.

Définition et mise en œuvre d’un banc d’essais DAA
Les essais en conduit ont l’avantage d’avoir une immunité plus élevée à l’interférence d’autres sources. Pour vérifier la conformité d’un DAA UWB avec un masque donné d’émission, l’approche en conduit est la plus commode, à condition qu’un raccordement conduit avec le DUT puisse être établi. Le schéma 1 montre un exemple de banc d’essai DAA pour des mesures en conduit.Dans le schéma ci dessus, un signal WiMax est généré en coexistence avec une liaison établie entre un dispositif UWB DAA (DUT) et un dispositif UWB générique. Les signaux dans le domaine de fréquence sont amplifiés et enregistrés par un analyseur de spectre. Diverses distances entre les dispositifs UWB sont simulées par un atténuateur variable. Cette installation peut valider les dispositifs UWB DAA dans la majorité des cas.Malheureusement, il y a également beaucoup de cas où des essais effectués ne peuvent pas être réalisés parce que les DUTs n’ont pas d’antennes détachables. En outre, une activité de validation complète doit examiner un scénario réaliste avec tout un ensemble d’émissions UWB parasites, de sources multiples d’interférences et de services  » victime « . Pour toutes ces raisons, des mesures rayonnées sont également nécessaires. Les contraintes significatives aux deux bancs d’essais sont les suivantes :
  • l’analyseur de spectre utilisé pour capturer les signaux doit avoir un seuil de bruit très faible (par exemple -150 dBm/Hz à 2 gigahertz) ;
  • en raison des niveaux de puissance d’émission très faible demandés, un amplificateur à faible bruit (LNA) est utilisé. La configuration demande au LNA des caractéristiques de faible bruit mais avec à gain élevé, ce qui est généralement contradictoire. Les modèles de LNAs utilisés dans le banc d’essai ont un gain de 39db et un niveau de bruit de 1,2 à 3,5 gigahertz. Le projet étudie actuellement l’utilisation de LNAs cryogénique, qui fonctionne aux températures très basses (- 80 Celsius ou en-dessous).
Les essais rayonnés demandent des conditions supplémentaires comme la nécessité d’utiliser une chambre anéchoïque afin d’éviter les interférences de sources externes, ceci étant d’autant plus important que les signaux UWB sont très faibles.Enfin, le temps est un paramètre important dans les mesures des dispositifs d’UWB DAA. Les normes et les règlements exigent que la détection et le mouvement dans une bande adjacente soit exécutée dans un temps maximum spécifique. Des instruments très performants doivent être utilisés afin de dépister l’évolution du signal d’UWB dans le temps. Dans ce domaine, les défis principaux sont :
  • comment définir et identifier où prendre les signaux de déclenchement ?
  • comment définir les niveaux de puissance appropriés où le signal devrait être enregistré ?
Comme le DAA est une forme simple de technique de radio cognitive, un système d’essai pour évaluer les dispositifs DAA UWB pourrait être une première étape pour définir un banc d’essai plus générique pour les dispositifs de radio cognitives et la gestion dynamique de spectre. Les réseaux radio cognitifs se caractérisent par des systèmes de communication qui changent leurs paramètres de transmission et utilisent le spectre de fréquence d’une manière plus complexe que le DAA.Les défis liés aux faibles niveaux de puissance et aux problèmes de synchronisation sont bien plus critiques dans un banc d’essai pour des dispositifs de radio cognitives, où le risque d’interférences radios est plus important que dans les réseaux sans fil conventionnels.Un certain nombre de campagnes de mesure est actuellement en cours avec trois bancs d’essai en Chine, en Espagne et en Italie. Tous participent au projet FP7 WALTER. Des prototypes de dispositifs UWB DAA sont en cours de validation par rapport aux exigences réglementaires. Les résultats des campagnes de mesures fourniront un retour d’expérience important pour la conception du banc d’essai et de son évolution. Par Philippe Cousin, ETSI (Institut Européen de Normalisation des Télécommunications), chef du projet de recherche européen WALTER

Notes
[1] Sur FP7 WALTER project.[2] ETSI EN 302 065 v1.1.1, “Electromagnetic compatibility and Radio spectrum Matters (ERM); Ultra WideBand (UWB) technologies for communication purposes ; Harmonized EN covering the essential requirements of article 3.2 of the R&TTE Directive”. European Standard Telecommunication Institute (ETSI), February 2008.[3] ETSI Technical Specification ETSI TS 102 754. 

Internet des objets : quels bénéfices pour les entreprises ?

Les consommateurs et les organisations civiles les représentants ont eu jusqu’à présent une perception négative de l’utilisation massive des objets inter-communiquants impliquant, par exemple, la RFID [2]. Leurs arguments : des risques pour la santé et l’environnement, mais aussi des risques de confidentialité et de radiations. Autant d’allégations qui ont compromis la diffusion et l’acceptation de ces technologies depuis la chaîne logistique jusqu’à l’utilisation par le consommateur.

De nouvelles actions et projets de recherche sont donc nécessaires pour développer des approches et méthodologies limitant ces risques. Parallèlement, ils doivent contribuer à identifier les bénéfices de ces nouvelles technologies afin de canaliser la recherche vers des applications et utilisations centrées sur l’aide et le service au profit des consommateurs et des acteurs du cycle de vie des produits.

Les pistes de recherche

Dans cette optique, le consortium du projet européen Cuteloop [1] vise à intégrer et exploiter le potentiel offert par les systèmes RFID avancés et les systèmes de géolocalisation et de navigation satellitaires (GNSS). Objectif : rechercher des services utiles pour des acteurs économiques qui ne sont pas traditionnellement impliqués dans le déploiement et l’usage de nouvelles technologies. A ce titre, Cuteloop travaille, par exemple, avec la Fédération des artisans et PME Française du secteur de la construction la CAPEB, au nom de ses 350.000 membres et 900.000 employés.

Au delà, la Commission européenne ayant fixé pour objectif de développer un réseau Internet étendu aux objets, la recherche vise également à réaliser une infrastructure et un environnement capable de répondre à un tel objectif.

Les objets seront ainsi connectés à Internet, directement ou indirectement, à travers un réseau d’accès ad-hoc ou permanent, afin de pouvoir communiquer ou échanger des infos, ou simplement, être gérés, suivis, identifiés ou consultés par les utilisateurs et consommateurs. Ce qui nécessite de nouvelles architectures de réseaux d’accès spécialisés pour les objets et leur image virtualisée, au moyen de services basés sur des agents logiciels et des méthodes d’accès sécurisées à l’information.

Des Objets Connectés pour quoi faire et comment ?

Tout d’abord, les Objets Connectés informatiquement permettront de nouveaux mode d’accès aux objets et à l’information qui leur sera attachée.

Pour cela, il faudra que ces objets soient accessibles à chaque stade de leur cycle de vie, depuis leur fabrication, pendant leur transport et commercialisation, jusqu’à leur gestion et leur entretien une fois intégrés dans les logements des particuliers.

Dans cette optique, les objets eux-mêmes seront dotés de capacités d’identification uniques (RFID, code-barres, geo-tags, ou autre) et d’une image ou d’un modèle électronique virtualisé qui se retrouveront connectés ou accessibles via Internet.

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C’est ce que l’on appelle la virtualisation des objets. Cette identité et image virtuelle unique sont soit dans une puce RFID intégrée à l’objet, soit stockées de façon immatérielle quelque part dans le réseau d’accès à l’objet. Ces puces RFID intelligentes, directement ou indirectement connectées à l’Internet des Objets, doivent ensuite pouvoir être utilisées pour divers services d’information, traitement, gestion ou maintenance concernant les objets réels qu’ils représentent.

Le projet Cuteloop travaille, dans ce cadre, sur 2 secteurs afin de développer des usages génériques :

  • l’un dans la chaîne de production, logistique et distribution de produits frais (fruits et légumes dans des cageots munis de puces RFID) jusqu’au consommateur final ;
  • l’autre dans les métiers de la construction assurés par les petites entreprises et les artisans indépendants.

En pratique, il s’applique, par exemple, à répondre aux besoins des artisans intervenant dans des maisons ou des immeubles. Un réseau local d’accès du type ad hoc y est nécessaire pour interconnecter dynamiquement les « objets » dans la maison avant de connecter ce réseau d’accès à l’Internet. Des pico-réseaux du type MESHNET seront ainsi expérimentés au départ pour relier les « objets » entre eux et ensuite les relier à l’extérieur (à l’Internet).

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D’autres usages permettant l’accès à l’information puis le partage de celle-ci dans le cadre d’un travail coopératif entre PMEs et artisans travaillant sur le même projet sont également envisagés.

Usages dans la construction

Dans ce domaine, un des premiers usages visé concrètement par Cuteloop est la gestion avancée d’une maison ou un bâtiment à travers un système d’information géré dans un “dossier d’entretien électronique”. Celui-ci pourrait se trouver dans un réseau ad hoc mis en place dans le bâtiment et englobant le plus d’éléments et composants virtualisés possibles grâce à des tags RFID et des systèmes BIM (Building Information Management : systèmes qui constituent une image virtuelle informatisée et standardisée des composants d’un immeubles).

Ce type d’équipement pourra alors offrir aux propriétaires et aux intervenants dans une maison, des informations techniques pour chaque objet installé : chaudière, prise électrique, porte ou tout autre objet ayant une image virtuelle dans un tag RFID intégré. Ceci, afin de consulter les caractéristiques techniques, les performances, la consommation d’énergie ou l’état d’entretien de cet objet, ou bien proposer de le relier en réseau pour qu’il puisse s’adapter automatiquement aux habitudes de confort de chacun grâce à la reconnaissance des personnes. Autre possibilité : la mise en circuit ou hors circuit en l’absence des personnes concernées afin d’économiser l’énergie.

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Au delà, la mémorisation des interventions des artisans sur un projet permettra également le partage d’informations entre collègues, cotraitants ou sous-traitants. Principaux bénéfices : éviter les re-saisies et accélérer l’intégration ou l’accès à des informations. Enfin, les artisans pourront interagir avec des centres et dépôts de matériels commandés pour un chantier, consulter les livraisons, replanifier leurs interventions en temps-réel sur leurs terminaux intelligents reliés à l’Internet et échanger des données de planification.

 

Par Philippe Cousin, ETSI (Organisation Européenne de Normalisation des Télécommunications), partenaire projet de recherche européen CUTELOOP (Customer in the Loop[1])

 

En savoir plus

Des informations complémentaires sont accessibles sur le site Web du projet [1].

A ce jour, les scenarii identifiés sont en cours d’étude et d’expérimentation et impliquent des équipes d’universitaires dans le domaine des techniques intelligentes du bâtiment ainsi que la CAPEB, fédération Française des artisans et PMEs.

Notes

[1] CuteLoop (Customer in the Loop) est un projet Européen de recherché
[2] RFID = Radio Frequency IDentifier aussi appelé dans certains cas étiquette intelligente

Antarctique : mise en fonction d’un parc éolien en milieu extrême sur l’Ile de Ross

Le parc éolien de l’Ile de Ross dans l’Antarctique a commencé officiellement à produire de l’électricité à pleine puissance pour la toute première fois. Ici c’est l’été et donc la saison idéale pour monter et mettre en service les projets. C’est à l’audace de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis que l’on doit d’avoir monté le projet éolien de l’Ile de Ross et de l’avoir rendu fonctionnel depuis samedi dernier à pleine puissance.Quel autre mot convient en effet sinon « audace » pour qualifier la mise en oeuvre d’un tel projet en milieu extrême là où il fait nuit six mois par an, où le vent est constamment implacable, et où les températures sont vraiment glaciales (car il ne s’agit pas ici de nos petits – 15 ou – 20 °C) et où il n’y a, pour arranger le tout, qu’une seule desserte de navires par an ! Mieux vaut ne pas avoir oublié un boulon ! C’est un tel défi, qu’un blog (ICI) a été entièrement dédié par Scott Benett de Meridian Energy à la construction de ce parc éolien pour en suivre pas à pas la progression.Samedi dernier donc, profitant d’une de ces belles journées ensoleillées (genre 0 °C degré) de l’été austral, le parc éolien de l’Ile de Ross dans l’Antarctique a commencé officiellement à produire de l’électricité à pleine puissance pour la toute première fois. Il en aura coûté quelques 7,4 millions de dollars pour en arriver là et pour générer jusqu’à 1MW d’électricité. Ce n’est pas énorme, diront certains mais cela va déjà permettre de réduire de façon significative l’utilisation du diesel sur la base Scott qui appartient à la Nouvelle-Zélande et dans la station McMurdo qui appartient aux Etats-Unis. Selon la compagnie nationale néo-zélandaise Meridian Energy promoteur du projet, la production de CO2 s’en trouvera ainsi réduite de 1370 tonnes par an.

Démontrer le potentiel de l’énergie éolienne
Ce petit parc éolien en milieu extrême est constitué de trois Enercon E33 de 333 kW chacune qui fournissent environ 11 % de la puissance pour les deux bases. La marque n’aura jamais autant justifié sa baseline « Energy for the world » !Une webcam permet de suivre en direct et 24 heures sur 24 (puisqu’il fait jour tout le temps), le fonctionnement de la ferme éolienne de l’île de Ross en Antarctique. La webcam est consultable ICI. Et comme on peut le voir sur la photo en tête d’article, il fait très beau !Sur son blog déjà cité plus haut, Scott précise que ces turbines constituent une déclaration en faveur des énergies renouvelables et la preuve qu’elles sont bien arrivées au bout du monde. « L’exploitation des éoliennes peut être vue à la fois depuis la Base de Scott et depuis la station McMurdo ce qui intéresse et distrait beaucoup les deux communautés sur place ».Comme on les comprend… les manchots empereurs et les pétrels c’est super, mais bon les éoliennes ça change un peu ! Bien que le projet ait commencé à être mis en place en novembre 2008, ce n’est donc que samedi dernier qu’il s’est mis à fonctionner à pleine puissance. De façon à donner à cet évènement le caractère officiel qu’il mérite, ce sont à la fois le ministre des affaires étrangères de Nouvelle-Zélande, Murray McCully,et l’ambassadeur des Etats-Unis en Nouvelle-Zélande, David Huebner, qui ont tourné depuis Auckland (Nouvelle-Zélande) le commutateur vidéo qui a permis de voir les premières images du parc en fonctionnement. Bien que ce parc éolien de l’Ile de Ross soit désormais le plus important de l’Antarctique, il n’est pas le premier. L’Australie avait en effet mis en service dès 2003 deux turbines éoliennes fournissant 600 kW, pour sa station de Mawson. 

Source:
les énergies de la mer

La stratégie électrique de Renault

Fin 2009, j’ai eu l’occasion, avec une dizaine de blogueurs français, anglais et italiens, de rencontrer Thierry Koskas, le Mr Véhicule Electrique de Renault, dans “l’atelier”, le showroom de la marque sur les Champs Elysées. L’occasion de découvrir la stratégie de la marque sur ses véhicules électriques, mais aussi de répercuter les questions des internautes au principal intéressé.Dans l’idée de pouvoir répondre à tous les usages, et forcément car personne ne peut savoir aujourd’hui si un modèle tirera le marché, Renault a décidé de balayer large avec 4 véhicules proposés. Premier modèle présenté, Fluence ZE, la berline :Au premier semestre 2011, c’est la Fluence ZE et le Kangoo ZE qui seront mis sur le marché, avec une sortie mondiale. A noter que sur l’électrique, pas besoin d’adapter un véhicule pour une région géographique. En effet, le carburant électricité est de qualité équivalente partout, ce qui n’était pas le cas pour les carburants fossiles. Un avantage potentiel donc…Pour le Kangoo (voir ci-dessous), on peut imaginer les applications sur les flottes d’entreprises notamment. La Fluence ZE, avec son format berline, a été pensée pour des marchés comme l’Israël ou le Danemark. Sur ces territoires, Renault, fort de son alliance avec Better Place, va déployer un réseau de stations quickdrop qui permettent de remplacer une batterie vide par une pleine en autant de temps qu’on ferait un plein d’essence.Devraient ensuite suivre sur le 2èsemestre 2011 la Twizy ZE (voir ci-dessous), ce véhicule à mi chemin entre une moto et une voiture, avec deux places en enfilade, et qui pourrait aussi être développé en version Autolib, avec de moindres équipements et une robustesse accrue.Enfin, en 2012 viendrait la Zoe ZE (ci-dessous), un véhicule électrique d’assez grand volume, sorte de clio électrique du futur, et dont le look fait encore un peu trop concept car pour qu’on s’imagine le conduire.Voilà donc pour la gamme (assez ambitieuse) prévue par le constructeur. Mais la route pour faire accepter ces véhicules est encore longue… En effet, le principal problème de l’électrique aujourd’hui reste la somme des inconnues qui peuplent l’équation ! Balayons un peu ces problématiques :1 – De l’autonomieRenault, (et les autres constructeurs) doivent rééduquer les conducteurs que nous sommes. Avec des autonomies affichées de 160km, beaucoup d’usagers ne voient pas l’intérêt de tels véhicules. Peu importe que 90 % de leurs trajets se fassent sur moins de 50 km, le potentiel de sécurité au regard du nombre de kilomètres que l’on peut faire importe encore trop aux yeux des conducteurs.Du coup, aucune porte ne se ferme, car selon le territoire, on pourrait voir plusieurs types d’installations : des stations de quickdrop, relayées par les concessionnaires ; des systèmes autolib sur le modèle Twizy ; et aussi des systèmes de recharge en branchant les véhicules, obligeant les grandes entreprises, parkings et autres centres commerciaux à développer une série de places réservées aux véhicules électriques.Système de station quickdrop :2 – De la technologie et de l’usage des batteries.Le changement majeur reste que les batteries seraient louées et non possédées. Imaginez qu’en fait les constructeurs vendraient du coup la voiture et maitriseraient aussi le carburant grâce aux batteries. le marché peut être juteux. Concernant les questions sur la disponibilité à long terme du lithium et autres composants, le constructeur rétorque que le recyclage des batteries serait obligatoire (autre marché). Avec une durée de vie de 8 à 10 ans, une batterie pourrait aussi trouver une deuxième vie sur du stockage électrique pour des installations diverses.La technologie des batteries est un métier à part entière, tout comme fabriquer du carburant ou une voiture sont des domaines totalement différents. Et si Renault est confiant, c’est grâce à leur partenaire Nissan. En effet, le constructeur japonais fabrique des batteries depuis assez de temps pour constituer un allié de poids pour essayer de grignoter des parts dans ce marché mondial.3 – De la rentabilité pour la marque et pour l’usagerL’avantage d’un nouveau marché est qu’on fait un peu ce que l’on veut. Du coup, le postulat a le mérite d’être simple : la voiture électrique doit être moins chère à l’achat et à l’usage (mais pas trop quand même).Tout d’abord, le prix du véhicule. L’idée du constructeur est de les proposer au même prix de des produits équivalent fonctionnant à l’essence et au Diesel. Soit la Fluence ZE au même prix qu’une berline, le Kangoo ZE au même prix qu’un utilitaire, et le Twizy ZE comme un gros scooter 125.Ensuite, c’est le mix location de « batterie + électricité consommée » qui doit être équivalent au carburant fossile. Pour une voiture qui fait 1000 km/mois en ville, on va dire que nous serons en gros à 100 euros de carburant en 2011 (en comptant sur le fait que le prix des carburants fossiles augmente d’ici à la sortie de la gamme).Sur l’électrique, ils misent donc sur 75 à 80 euros de loyer de batterie, plus 20 à 25 euros d’électricité en recharge. En gros, utiliser de l’électrique serait donc avantageux à partir de 50 km/jour (soit 1500 km/mois), ce qui est d’ailleurs un peu paradoxal, car que mon électrique roule ou pas, je paierai l’abonnement batterie.Petit avantage cependant : l’entretien du véhicule sera bien allégé, car l’entretien moteur sera bien plus simple. Les véhicules sont d’ailleurs prévue pour rouler environ 200.000 km, soit une durée de vie équivalente aux conventions d’aujourd’hui :4 – Du contenu carbone« L’électrique, c’est génial car il n’y ’a plus de CO2 », un argument valable puisque la France a misé sur le nucléaire, mais facilement opposable lorsqu’on alimente une voiture avec de l’électricité produite par de bonnes vieilles centrales à charbon datant d’une trentaine d’années. Le constructeur qui a fait ces calculs nous trouve 12 grammes de CO2/km pour le mix français, puis 67 grammes de CO2/km sur un mix européen. L’Ademe quant à elle nous calcule 126 grammes de CO2/km sur le mix européen. Autant dire que la bataille des chiffres n’a pas fini d’exciter dans les chaumières…5 – Et alors, comment ça va se passer ?L’’enjeu de Renault, pour l’heure, est donc d’engager les pouvoirs publics et les gouvernements de chaque pays dans le développement du véhicule électrique. Selon l’endroit, la configuration et le type de déploiement seront forcément différents. Nous ne verrons pas de stations Quickdrop déployées sur tout le territoire français par exemple. Cela dit, la menace du changement climatique couplée au potentiel nucléaire de la France et aux engagements du Grenelle font que l’Ademe avance un potentiel d’1 million de véhicules électriques à l’horizon 2020.La bataille entre les constructeurs ne fait donc que commencer, et Renault a voulu montrer son engagement en proposant avec ses partenaires plusieurs types de véhicules et plusieurs types de solutions. Car l’enjeu des véhicules électriques reste finalement le même que pour les autres : il faut les vendre ! Mais il faut les vendre différemment, et faire changer de culture les usagers. 

Source :
neomansland

Des matériaux piézoélectriques pour amortir les vibrations dans les pales de turbines

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61960.htm

 

Les pales des turbines, employées par exemple dans les avions, sont soumises à des contraintes très intenses du fait de leur grande vitesse de rotation et à des vibrations dangereuses pouvant entraîner leur casse, et donc, une défaillance de la turbine.

 

Pour atténuer ce phénomène de vibration, un groupe de chercheurs et d’étudiants de l’Institut de dynamique et de vibrations (IDS) de l’université Leibniz de Hanovre se sont intéressés à l’emploi de matériaux piézoélectriques. En l’occurrence, ils ont mis en application les propriétés physiques assez particulières des matériaux piézocéramiques, qui se dilatent et se rétractent lorsqu’ils sont soumis à un champ électrique.

 

Ainsi, ils ont appliqué une fine lamelle d’un matériau piézocéramique sur des pales, ayant ainsi la possibilité de contrôler les modes vibratoires de celles-ci en jouant sur le champ électrique ; la fréquence du matériau piézoélectrique est alors alignée sur celle de la pale, et de cette manière les amplitudes peuvent se compenser. Il est également envisageable d’intégrer ces lamelles à l’intérieur des pales.

 

A côté de l’utilisation en aéronautique, cette solution pourrait être appliquée dans les centrales électriques ou les usines par exemple. Cependant, afin d’en examiner l’efficacité, les scientifiques sont encore à la recherche d’un partenaire industriel, qui leur permettrait de faire des analyses plus poussées sur la durée de vie des turbines. Les premières discussions sont en cours.

 

 

Pour en savoir plus : [email protected] – tél : +49 511 762 4171

Source : Wissenschaft – Wirtschaft – Politik – Janvier 2010

Rédacteur : Sebastian Ritter, [email protected]http://www.science-allemagne.fr

Origine : BE Allemagne numéro 467 (20/01/2010) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61960.htm

 

Quel avenir pour la batterie Li-ion ?

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61661.htm

Pike Research, une compagnie américaine spécialisée dans l’analyse des marchés liés aux « technologies propres », a mis en ligne au début du mois, un rapport [1] sur ses prévisions pour le marché potentiel des batteries Lithium-ion (Li-ion) dans le monde. Avec le développement des véhicules électriques, les batteries Li-ion, qui devraient être la technologie dominante, devraient, selon Pike Research, décupler en 5 ans pour atteindre 8 milliards de dollars de ventes d’ici 2015, contre 878 millions de dollars prévus en 2010. Une prévision plus optimiste que celle du cabinet Lux Research qui prédit 510 millions à 9 milliards de dollars, mais en 2020 [2], selon le cours du pétrole.

A l’heure actuelle, les spécialistes estiment que le principal frein au déploiement à grande échelle des batteries de type Li-ion et par répercussion des voitures électriques est son prix. En effet, Lux souligne qu’elles sont responsables à 80 % du surcoût des voitures tout-électriques, alors que les voitures hybrides-électriques utilisent des batteries nickel-métal hydrides (NiMH), moins coûteuses. Cependant, selon l’étude publiée par Pike, leur prix devrait baisser de 50 % en cinq ans, en passant de 940 dollars par kilowatt-heure (kWh) en 2010 à 470 dollars par kWh en 2015. Pour la comparaison, Lux Research prévoit que le coût des batteries Li-ion passera de 721 dollars par kWh en 2010 à environ 405-450 dollars/kWh d’ici 2020 grâce à une production en masse.

Des progrès à faire au niveau de l’autonomie

Si le prix joue un rôle prédominant, d’autres facteurs représentent également un frein important à la mise sur le marché des batteries Li-ion. Ainsi la durée de vie, l’autonomie et le niveau de sécurité (notamment lié aux risques d’explosion en cas d’accident) restent encore insuffisants pour un déploiement massif des véhicules électriques. Il est en effet difficile à l’heure actuelle de présenter un modèle de batterie Li-ion présentant des propriétés satisfaisantes pour chacun de ces critères, simultanément. Par ailleurs, sur un plan moins technique se pose la question de la disponibilité du lithium lui-même. Bien que les ressources de Lithium soient abondantes en Amérique du Sud, le prix de la tonne de Lithium a été presque multiplié par 10 en cinq ans, passant de 350 $/tonne en 2003 à 3000 $ en 2008 [3].

Répondant à une volonté du gouvernement, la Californie s’est quant à elle dotée de plusieurs programmes pour accélérer le développement des véhicules propres. Parmi eux, on peut citer le programme Global Warning Solution, libellé sous le nom d’Assembly Bill 32 (AB 32) [4], dont l’objectif est un retour en 2020 du niveau d’émission des gaz à effet de serre en Californie, à celui de 1990. A noter également, le programme Alternative Fuels and Vehicules Technology (AB 118) [5], qui est doté d’un budget de 100 millions de dollars par an, pour développer et déployer des carburants alternatifs et renouvelables ainsi que des technologies avancées dans le transport.Grâce à ces financements, de nombreux laboratoires de recherches ont pu lancer leur propre projet. Parmi eux, on peut citer le projet Batteries for Advanced Transportation Technologies (BATT), hébergé par le Lawrence Berkeley National Lab (LBNL) [6], dont le but est d’améliorer l’efficacité des batteries. Soit en testant de nouveaux matériaux pour fabriquer l’anode et la cathode des batteries, soit en mettant au point de nouveaux processus de fabrications plus performants. Les constructeurs pourraient également se tourner vers de nouvelles technologies comme les technologies Zn/air, Lithium/S ou encore Lithium/Air, qui promettent des performances théoriques beaucoup plus élevées.

Origine

BE Etats-Unis numéro 189 (18/12/2009) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT -http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61661.htm

Pour en savoir plus

[1] Le rapport est disponible à cette adresse : http://www.pikeresearch.com/research/electric-vehicle-batteries
[2] « Electric Vehicle Market Growth Requires Pricey Oil »: Lux research – 13/10/09 – http://redirectix.bulletins-electroniques.com/pdBV3
[3] « Les ressources limitées de lithium pourraient freiner l’essor des voitures électriques » : Le Monde – 7/10/08 – http://www.thierry-lequeu.fr/data/Ressources-limitees-de-lithium.pdf
[4] http://www.arb.ca.gov/cc/ab32/ab32.htm
[5] http://www.energy.ca.gov/altfuels/index.html[6] http://batt.lbl.gov Arnaud Souillé est attaché adjoint pour la Science et la Technologie au Consulat général de France à San Francisco.

Comment atteindre la haute disponibilité d’un service online ?

Dans de plus en plus d’entreprises, Internet ce situe au cœur de l’activité. En effet, ce média est utilisé tout autant pour communiquer vers l’extérieur, que comme support à de nombreuses applications de l’entreprise (CRM, ERP, etc.) ou encore pour la téléphonie. Le besoin de disponibilité des services Web est donc constant et multiple. D’où l’apparition de la notion de haute disponibilité qui se matérialise par la mise en place de systèmes permettant d’assurer la continuité opérationnelle d’un service sur une période donnée. Pour mesurer la disponibilité, on utilise une échelle qui est composée de 9. Un service hautement disponible est à 99 % disponible, c’est-à-dire que la rupture de service est inférieure à 3,65 jours par an. Afin de calculer la disponibilité, on utilise les métriques suivantes :1. MTBF (Mean Time Between Failure) : mesure du temps estimé entre 2 défaillances d’un système ;2. MTTR (Mean Time to Resolution) : mesure du temps estimé pour restaurer la fonctionnalité.La formule de calcul de la disponibilité est : Disponibilité = MTBF / (MTBF + MTTR)

Internet et la haute disponibilité
Cette démarche nécessite toutefois de distinguer deux types d’exigences :
  • le besoin de l’entreprise de garder ses services disponibles pour ses clients ;
  • et celui de préserver les besoins internes de l’entreprise.
Examinons successivement chacun de ces cas de figure et ce qu’ils impliquent en terme d’équipement.

La disponibilité des services vers les clients
L’un des exemples les plus parlant à ce niveau est un site Web d’entreprise, car il est au centre de la communication et du métier de celle-ci.La haute disponibilité des sites Web est organisée autour de différents axes qui peuvent être primordiaux :
  • la redondance des matériels,
  • les localisations des matériels,
  • la sécurisation du réseau de l’entreprise,
  • la disponibilité permanente de solution de sauvegarde/secours/reprise sur incident,
  • le dimensionnement en puissance des matériels.
La redondance…
Revenons sur la notion de redondance. Il s’agit d’un mécanisme qui permet de dupliquer un ou plusieurs composants d’une architecture par un ou plusieurs éléments identiques. Avoir n serveur sur x site permettra une redondance de l’information, avec un risque de panne divisé par x+n…Toutefois, il faut des systèmes qui permettent de basculer automatiquement d’un site à l’autre. Les systèmes les plus couramment mis en œuvre afin d’assurer cette redondance sont les clusters.Les clusters peuvent être actif/passif ou actif/actif. Le premier cas représente un groupe de machines de secours sur lequel on basculera l’infrastructure, alors qu’un système actif/actif permettra d’avoir deux systèmes qui fonctionnent en parallèle, sachant qu’un seul des deux systèmes peut fonctionner en solo.

Le maintien des applications
Passons maintenant au deuxième cas de figure cité plus haut : préserver les besoins internes de l’entreprise. A ce niveau, les défaillances sont souvent dues aux bugs des applications. La mise à jour régulière de celles-ci permet de corriger leurs défauts et ainsi d’éviter que des personnes malveillantes explorent une faille qui permettrait l’accès aux informations de l’entreprise. Mais cette mesure ne suffit pas. Elle doit être accompagnée d’autres dispositifs.

La reprise sur incident
Il s’agit d’un plan qui permet de reprendre une activité totale ou partielle suite à un sinistre survenu sur le système d’information. Le but de ce plan est de minimiser l’impact du sinistre sur l’activité de l’entreprise. Les points essentiels d’un plan de reprise sont :
  • la sauvegarde des équipements ;
  • la disponibilité de machines de secours
  • des solutions de secours, avec un mode dégradé (en qualité de service) ex.: un lien de backup avec un débit plus petit.
Mise en application
Plus concrètement, quel dispositif faut-il mettre en place ?

Avoir n connections Internet
Avoir deux connections Internet passant par deux localisations terrestre différentes peut permettre de sécuriser les connexions Web. En cas de panne d’une des lignes, le trafic est routé/redirigé automatiquement sur la seconde. La présence de deux routeurs en mode actif/passif est un plus pour la redondance du système.

Avoir un plan de secours
En cas de panne du matériel, le fait que celui-ci soit redondé dans l’infrastructure de l’opérateur permet de maintenir le service de manière transparent. Comme précédemment, la présence de deux routeurs est un plus pour la redondance du système.

Mettre en place une GTR
La GTR est la  » garantie du temps de rétablissement  » d’un lien de données suite à une interruption de service. Cette GTR doit garantir le temps de rétablissement optimum pour que l’interruption de service soit la moins pénalisante pour l’entreprise. Une GTR de 4 heures sera l’option idéale pour de la téléphonie ou un VPN d’entreprise qui servira de support pour un ERP/CRM.

Avoir un débit garanti
Même si le service Internet n’est pas totalement interrompu, mais se trouve très fortement altéré, il faut s’assurer auprès de son fournisseur de service d’avoir un débit garanti. Cela est d’autant plus important en cas de téléphonie IP. Une altération de la qualité du lien aura comme conséquence directe une baisse de la qualité de la communication téléphonique.Même s’il est évident d’avoir un débit garanti pour une lien fibre ou SDSL, pour un lien ADSL, un canal prioritaire peut être configuré afin de s’assurer d’avoir un minimum de bande passante pour une application telle que la téléphonie.Afin de fournir un service hautement disponible, il faut enfin s’assurer que l’infrastructure permettant la fourniture de ce service soit fonctionnelle 100 % du temps. Dans cet article nous nous sommes essentiellement concentré sur les liens Internet, mais il ne faut pas oublier l’énergie, la climatisation, les serveurs, etc.In fine, la criticité ou le taux de disponibilité nécessaire d’une application ou d’un service guide le choix de la stratégie pour la mise en œuvre de la solution haute disponibilité. A ce titre, il n’y a pas de norme en ce qui concerne la durée d’une interruption de service. Cela dépend du contexte et de la criticité de l’application. Un système de navigation embarqué dans un avion sera conçu pour avoir une période d’indisponibilité de 5 minutes par an, alors que le site de l’application de facturation d’une entreprise sera conçu pour une période d’indisponibilité d’une journée par an.Par Thomas Lopez, Ingénieur Systèmes et Frédéric Favelin Responsable R&D chez Céleste

Une plante génétiquement modifiée pour la phytoremédiation des sols pollués au plomb

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61620.htm

Une collaboration entre la faculté de bioressources de l’université de Mie (préfecture situé vers le centre de Honshu, l’île principale du Japon) et Chubu Electric Power (entreprise de production et de fourniture d’électricité active dans la même région) a abouti à la production d’une variante transgénique de Arabidopsis thaliana (une espèce de plante fréquemment employée comme modèle en recherche génétique) utilisable pour la phytoremédiation [1] des sols pollués au plomb. Rappelons que ce dernier est un métal particulièrement toxique pour l’être humain.Les chercheurs se sont intéressés à un gène du sarrasin, qui confère à cette plante une bonne tolérance au plomb,ainsi qu’une capacité à stocker une concentration élevée de ce métal dans ses tissus : il s’agit d’une plante hyperaccumulatrice. Cependant, le sarrasin est loin d’être une plante idéale pour la pratique de la phytoremédiation : ses racines ne peuvent pas atteindre des sols contaminés en profondeur, et il est trop sensible à certains autres métaux lourds, comme le nickel, pour être utilisé efficacement sur des sols contaminés par plusieurs polluants.Pour pallier ces difficultés, l’équipe de recherche a transféré le gène du sarrasin chez Arabidopsis thaliana. Par la suite, des plants transgéniques d’Arabidopsis, ainsi que des plants de type sauvage, ont été cultivés dans un milieu riche en plomb. Il s’est avéré que les racines des plants transgéniques ont atteint une longueur 2,5 fois plus importante que celles des plants de type sauvage. De plus, les plants possédant le gène du sarrasin ont accumulé trois fois plus de plomb dans leurs feuilles et 14 fois plus dans leurs racines.Une caractéristique particulièrement intéressante de la méthode est que le plomb accumulé dans les plantes peut ensuite être récupéré puis recyclé. Par ailleurs, l’application de la technologie à des plantes à croissance rapide comme le colza ou le tournesol pourrait permettre une production de masse de plantes pour la phytoremédiation. Les chercheurs souhaitent maintenant proposer leur technologie à des entreprises. [1] La phytoremédiation désigne la dépollution des sols ou des eaux par les plantes.

Jean-Baptiste Bourdin est rédacteur pour la rubrique environnement des bulletins électroniques de l’ambassade de France au Japon

Origine :
BE Japon numéro 524 (18/12/2009) – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61620.html

L’antimatière optique pourrait rendre les objets invisibles

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61876.htmCe n’est pas le scénario d’un film de science fiction, mais bel et bien le fruit d’une étude publiée sur la revue Physical Review Letters par une équipe de chercheurs de l’Imm-Cnr de Naples en collaboration avec des collègues américains de Berkeley Labs.Ils sont parvenus à réaliser un matériau capable d’annuler les propriétés de la lumière, rendant ainsi invisible les objets. L’équipe de chercheurs de l’Institut de Microélectronique et Microsystèmes du CNR (Imm-Cnr), coordonnée par Vito Mocella, a réalisé son étude au sein des laboratoires de l’Université de Berkeley. Le matériau composite artificiellement créé, appelé métamatériau, possède des propriétés contraires à celles auxquelles nous sommes habitués du fait de la modification de sa structure. Dans le cas de cette étude, les chercheurs sont parvenus à lui conférer les propriétés nécessaires pour annuler la propagation de la lumière dans l’air et rendre ainsi l’objet invisible. » Notre métamatériau a été réalisé en modifiant à l’échelle nanométrique la structure du silicium dans lequel nous avons effectué des micro perforations, explique Vito Mocella. Nous avons ensuite alterné un millier de petites bandes de ce métamatériau qui présente des caractéristiques opposées à celles de l’air, avec des portions d’air de même longueur d’onde. Quand la lumière passe à travers ce système fait d’air et ‘d’anti-air’, c’est comme si il n’avait traversé ni l’un ni l’autre des deux matériaux.  » C’est comme si cet espace, du moins du point de vue de la lumière, n’existait pas. » En effet, le métamatériau a un indice de réfraction opposé a celui de l’air (-1) tandis que l’air est assimilé à du vide et possède par convention un indice de réfraction de 1, poursuit Vito Mocella. En ce sens, le métamatériau est de ‘l’anti-air’. En les juxtaposant, air et anti-air s’annulent, du moins en ce qui concerne la propagation de la lumière. Le résultat est que air et anti-air mis côte-à-côte sont rendus invisibles, du moins pour une certaine longueur d’onde. « Pour le moment, le prototype réalisé mesure à peine 4 millimètres sur 4, on est donc encore loin de créer des capes d’invisibilité, mais l’étude a montré que les métamatériaux fonctionnent et peuvent être utilisés pour des applications réelles, en contrôlant la lumière à un niveau encore impensable il y a quelques années. En savoir plus : – L’étude : « Self-Collimation of light over millimeter-scale distance in a quasi-zero-average-index metamaterial« , Vito Mocella, Stefano Cabrini, A.S.P. Chang, P. Dardano, L. Moretti, I. Rendina, Deirdre Olynick, Bruce Harteneck et Scott Dhuey– Vito Mocella, Imm-Cnr – Email : [email protected]– Rosanna Dassisti, Service de Presse du CNR – Tél : (+39) 0649933588 – Email : [email protected]Source : Communiqué du CNR : http://www.cnr.it/cnr/news/CnrNews?IDn=2030Rédacteur : Jean-Charles Tropato – [email protected]Origine : BE Italie numéro 78 (15/01/2010) – Ambassade de France en Italie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61876.htm 

JEC Innovation Awards Paris : les lauréats 2010 sont…

JEC Composites vient d’annoncer les lauréats 2010 du programme JEC Innovation Awards Paris. Cette année, 11 entreprises et leurs partenaires se verront remettre leur trophée sur le Salon JEC Composites qui se déroulera à Paris du 13 au 15 avril 2010.

 

La liste de la sélection internationale des lauréats 2010 est la suivante :

 

Catégorie : Environnement et Recyclage
Gagnant : 3XN architects (Danemark) et ses partenaires

 

Catégorie : Biomatériaux
Gagnant : Lineo (Belgique) et ses partenaires

 
Catégorie : Aéronautique
Gagnant : Fokker Aerostructures (Pays-Bas) et ses partenaires

 

Catégorie : Construction et BTP
Gagnant : D’Appolonia S.p.A. (Italie) et ses partenaires

 

Catégorie : Sports et Loisirs
Gagnant : Corima S.A. (France) et ses partenaires

 

Catégorie : Transports
Gagnant : Lomold Pty Ltd. (Afrique du Sud) et ses partenaires

 

Catégorie : Energies éoliennes
Gagnant : LTP (France) et ses partenaires

 

Catégorie : Matières Premières
Gagnant : Advanced Fiber Materials Technologies Co., Ltd. China (Chine) et ses partenaires

 

Catégorie : Processus
Gagnant : S.A.B.C.A. (Belgique) et ses partenaires

 

Catégorie : Automatisation
2 innovations à égalité pour la première place !

 

Gagnant : Magestic Systems Inc. (Etats-Unis) et ses partenaires
Gagnant : EADS Deutschland GmbH (Allemagne) et ses partenaires

 

original

Pour plus de détails : consultez le site Jeccomposites.com

 

AEGIR : PELAMIS et VATTENFALL, le plus grand projet houlomoteur d’Europe.

C’est le 16 décembre 2009, jour de l’ouverture à Edimbourg du premier bureau écossais du géant européen Vattenfall que ce dernier et Pelamis Wave Power Ltd ont choisi pour annoncer conjointement (ici et ici) leur association sur le projet houlomoteur le plus important d’Europe nommé AEGIR du nom du géant qui personnifie la mer dans la mythologie nordique.L’Ecosse qui, jour après jour, ne cesse d’affirmer par des actes concrets son intention de devenir le numéro un européen et peut être mondial de l’exploitation des énergies renouvelables de la mer, vient de franchir avec cet important projet d’énergie des vagues un nouveau pas décisif.C’est au large des Îles Shetland, devenues avec les Iles Orcades, un point névralgique d’exploitation des énergies marines en Europe, que le projet sera installé pour un coût estimé par les deux parties autour de 100 millions de dollars. Ce projet, dont je souligne encore une fois qu’il est le plus important d’Ecosse et d’Europe en matière d’exploitation d’énergie houlomotrice, utilisera 26 machines PELAMIS de nouvelle génération, les Pelamis P2 qui mesurent 180 mètres chacune et sont capables de générer jusqu’à 200 MW, soit de quoi fournir de l’énergie à environ 13.000 foyers par an (chiffres constructeur).Ainsi, Pelamis, qui porte lui-même le nom d’un serpent de mer mythologique est reparti de plus belle après les déboires du printemps dernier qui l’avaient laissé presque pour mort ! (cf. notre article ICI à propos de son prototype 001 exploité au large d’Aguçadoura (Portugal) et cf. aussi la video du Pelamis 001 en exploitation ICI).La première partie de ce grand projet sera mise en place d’ici à 2014 et fait partie de l’engagement du gouvernement Ecossais de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42 % d’ici à 2020. C’est l’objectif officiel annoncé par le gouvernement écossais, mais qui serait très en dessous de la réalité puisque le World Wildlife Fund (WWF) et d’autres ONG pensent que l’Écosse serait en mesure d’assurer entre 60 et 143 % de ses besoins prévus à partir de sources renouvelables d’ici à 2030 !Pour une fois qu’un pays sous-estime sa capacité en matière d’objectifs renouvelables, cela vaut la peine d’être souligné ! On ne félicitera donc jamais assez l’Ecosse pour le pari pris dès le début par le gouvernement d ‘Alex Salmond concernant les Energies de la mer et en particulier l’exploitation de l’énergie des vagues dans le but de produire de l’électricité.  

Source :
Les énergies de la mer

Débat sur les nanotechnologies : où en est-on ?

Lancé officiellement mi-septembre, le débat public national sur le développement et la régulation des nanotechnologies vient de boucler, à Lyon, sa douzième réunion publique sur un total de 17. Après trois mois de débats, où en est-on ? Côté chiffres d’abord. Au 4 janvier 2010, la Commission recensait 2.602 participants aux réunions publiques, soit nettement moins que les 10 à 15.000 attendus sur l’ensemble des 17 cessions d’information. Un constat en demi-teinte qui a sans doute incité les organisateurs à retransmettre le débat simultanément sur Internet. En effet, depuis son ouverture, le 23 septembre 2009, le site debatpublic-nano.org totalise plus de 80.000 visites, ce qui représente un potentiel considérable d’audience et un vecteur non négligeable d’information et d’interaction. Aussi, depuis le 15 décembre, le public extérieur peut-il participer aux réunions locales et poser des questions à l’avance ou pendant les débats depuis son ordinateur ou par téléphone. Sur le fond, en revanche,  » les échanges ont été très riches, commente Jean-Pierre Chaussade, membre de la Commission particulière du débat public (CPDP), l’instance chargée d’organiser les débats sur les nanotechnologies. Beaucoup de sujets ont été approfondis et alimenteront le compte-rendu du débat.  » Mais dans ce domaine, toutes les réunions n’ont pas été d’égale qualité. Parfois trop techniques, les interventions des experts n’ont pas su, comme à Strasbourg, suscité le débat dans la salle. A l’inverse, à Toulouse, celui-ci s’est prolongé tard dans la nuit. Enfin, de temps en temps, les réunions ont tourné court, comme à Grenoble où des opposants au débat ont perturbé la discussion. Car le sujet est pour le moins compliqué et polémique et, tout comme les sciences et les technologies du numérique, il suscite à la fois beaucoup d’espoirs, notamment en terme de progrès pour la science et la société, et de nombreuses craintes.Le débat sur l’impact de l’usage des nanotechnologies sur l’environnement en est un parfait exemple. Certains, insistent sur leurs bénéfices. Pour le CNRS, par exemple,  » les nanotechnologies limitent considérablement la consommation de matériaux de base et de matériaux précieux ; elles permettent de mettre sur le marché des produits « verts ». Grâce à elles, les capteurs ne nécessiteront plus ni batterie, ni pile, ni électronique embarquée « , limitant ainsi les rejets. Une argumentation également reprise par le Centre de Recherche sur les Ions, les Matériaux et la Photonique (CIMAP), mais dans le domaine de l’énergie.  » Les nanotechnologies devraient permettre de diminuer la consommation de matière première et d’énergie, de développer à moindre coût des cellules photovoltaïques et d’augmenter leurs rendements ». Mais dans le même temps, d’autres organismes appellent à la vigilance. En cause ici, les risques pour la santé et l’environnement. Une question qu’il ne faut pas négliger en raison des carences en matière de traçabilité des produits, notamment pour les articles d’importation provenant de pays situés en dehors de la Communauté européenne, de l’insuffisance des recherches sur le risque toxicologique ( 5 % de la recherche selon le ministère du Développement Durable et 3 % pour les amis de la terre), et des lacunes dans l’application du principe de précaution. Pour France Nature Environnement (FNE) et l’AFSSET,  » un grand nombre de molécules est relargué dans l’environnement sans que l’on en connaisse les risques, l’évaluation même du risque se heurtant aux difficultés d’identification et de traçabilité. » D’où la nécessité pour beaucoup d’organismes, comme le Centre d’études techniques de l’Equipement (CETE), de développer des outils pour optimiser la traçabilité des nanotechnologies. Plusieurs interventions ont également souligné l’importance de créer une instance indépendante d’évaluation des risques, qu’elle soit française ou européenne. Une instance, qui dans la pratique existe déjà dans le cadre de la législation REACH, mais qui, étant donné l’ampleur de la tâche, n’évaluera que les dossiers les plus préoccupants. Un autre modèle reste sans doute à créer pour accompagner cette industrie, qui en 2010 devrait représenter un marché de 1.000 milliards d’euros. Rendez-vous en mars ou avril pour la remise effective cette fois-ci du rapport final. REACH et les nanotechnologiesLa réglementation REACH, qui impose la charge de la preuve de la non-toxicité au fabriquant de produit chimique, s’applique aux nanomatériaux ou aux nanoparticules. Mais cela pose plusieurs questions. D’une part, les quantités produites doivent atteindre la tonne et les nanoparticules en sont, de fait, exclues. D’autre part, il revient aux industriels, dont les intérêts sont en jeu, de faire une analyse objective des risques. REACH est-il la bonne réponse et qu’est-ce qu’il existe d’autre en terme de législation ? Sur ce point, le ministère du Développement Durable rappelle l’application du principe du  » pollueur-payeur « . En matière de cosmétiques, un règlement de 2009 impose la déclaration six mois avant la mise sur le marché d’un produit contenant un nanomatériau au niveau de la CE et son étiquetage en tant que tel. Concernant le recyclage du photovoltaïque, une directive européenne sur le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques est en cours de révision au sein du Conseil et du Parlement européen et la France milite pour y inclure les nanotechnologies, avec l’objectif de mettre en place une filière de recyclage comparable à celle de la collecte et du recyclage des emballages et des véhicules.Pour plus d’information, consultez le site debatpublic-nano.org A.L B

Londres vend aux enchères ses côtes pour y installer 32 GW d’éoliennes offshore

Le gouvernement britannique a annoncé vendredi dernier les noms des groupes choisis pour installer sur neuf sites plusieurs milliers d’éoliennes au large de ses côtes : 6.400 éoliennes seront plantées en mer dans les 10 prochaines années.Elles devraient fournir près d’un quart de l’énergie du pays, un projet presque aussi ambitieux que le développement de la recherche de pétrole en mer du Nord dans les années 70.Le Crown Estate, le domaine royal propriétaire des côtes, est allé plus loin que prévu, en annonçant l’attribution de sites pour développer 32 gigawatts d’éolien, au lieu des 25 GW attendus. Il estime qu’il faudra aux promoteurs choisis investir au total 100 milliards de livres pour y parvenir, sachant que la construction des parcs ne démarrera pas avant 2014.

Un effort massif et 100% européen
Les gagnants de la plus vaste enchère éolienne jamais organisée dans le monde sont tous européens, et comprennent les grandes compagnies d’énergie du continent, mais aucune française, dont les allemandes RWE et E.ON, les britanniques Centrica et Scottish and Southern Energy(SSE), l’espagnole Iberdrola, la suédoise Vattenfall, la portugaise EDPRenovaveis, la néerlandaise Eneco, ou d’autres grands groupes comme le norvégien Statoil, l’allemand Siemens et Fluor Corp.En annonçant les résultats des enchères, le Premier ministre GordonBrown a estimé que ces projets apporteraient des investissements de 75 milliards de livres à l’industrie britannique et créerait 70.000 emplois d’ici 2020.Le Crown Estate évalue le montant des investissements nécessaires à 75 milliards de livres pour installer les éoliennes, 15 milliards pour les infrastructures de transmission électrique et 5 à 10 milliards pour étoffer les industries et autres éléments de la chaîne d’approvisionnement du secteur éolien, notamment en renforçant la capacité de production d’éoliennes en Grande-Bretagne.Pour l’instant, l’éolien offshore coûte environ 3 millions d’euros ou livres par mégawatt installé, mais ce coût devrait baisser si les industries se multiplient.La plus grande parcelle vendue aux enchères, située dans le DoggerBank, et où 9 GW d’éoliennes sont prévus, a été attribuée à un consortium détenu à part égale par Scottish and Southern Energy, RWENpower Renewables (groupe RWE), Statoil et Statkraft.

Un défi technique majeur
Ces vastes projets s’annoncent difficiles, car la plupart des éoliennes (de 3 MW chacune) devront être installées par 30 mètres de profondeur et très loin des côtes, jusqu’à 285 km du rivage, alors que la plupart des éoliennes projetées par les deux premiers tours d’enchères organisés par Londres depuis 2000 sont plantées au plus à 20 mètres.Selon le PDG du groupe éolien Mainstream Renewable Power, Eddie O’Connor, il faudra pour épauler ces immenses projets installer sur la côte est du Royaume-Uni un nouveau site portuaire, des installations manufacturières ainsi que des services financiers et un centre de recherche. Mainstream Renewable Power allié à Siemens Project Ventures, ainsi que Hochtief Construction, ont remporté la parcelle de la zone de Hornsea, où doivent être installés 4 GW.Autre défi pour l’opérateur du réseau électrique National Grid, il faudra gérer l’intermittence de la production des parcs éoliens. Mais National Grid s’est dit confiant de pouvoir gérer les pics et les creux.

Un supergrid européen s’impose
Selon O’Connor, un nouveau supergrid, un réseau de câbles sous-marins reliant la Norvège, la Grande-Bretagne et le Danemark–sera également vital pour la réussite des projets de ces enchères.Justement en décembre, neuf pays d’Europe ont conclu un accord pour installer en mer du Nord et en mer d’Irlande un réseau de transmission mais aucun investisseur ni plan concret n’est encore annoncé. Les pays concernés doivent tenir des réunions régulières dès février.Il faudra enfin que Londres mette en place des mécanismes financiers qui attireront les investisseurs et sécuriseront leurs apports, estiment les milieux financiers.

Voici les résultats des enchères :
1. Zone Moray Firth : attribuée à Moray Offshore Renewables,consortium détenu à 75 % par EDP Renovaveis et à 25 % par SeaEnergyRenewables = 1,3 GW2. Zone Firth of Forth : attribuée à SeaGreen Wind Energy, consortium détenu à parts égales par SSE Renewables (groupe SSE) etFluor = 3,5 GW3. Dogger Bank Zone : attribuée au Forewind Consortium, qui est détenu à parts égales par SSE Renewables (groupe SSE), RWE Npower Renewables (groupe RWE), Statoil et Statkraft = 9 GW4. Hornsea Zone : attribuée à Siemens Project Ventures et Mainstream Renewable Power, avec Hochtief Construction = 4 GW5. Norfolk Bank Zone : attribuée à East Anglia OffshoreWind, Scottish Power Renewables (filiale d’Iberdrola), VattenfallVindkraft (groupe Vattenfall = 7,2 GW6. Hastings Zone : attribuée à Eon Climate and Renewables UK (groupe E.ON) = 0,6 GW7. Zone de l’Ime de Wight ouest : attribuée à Eneco New Energy (groupe Eneco) = 0,9 GW8. Bristol Channel : attribuée à RWE Npower Renewables (groupe RWE Innogy) = 1,5 GW9. Mer d’Irlande : attribuée à Centrica Renewable Energy, avec RES Group = 4,2 GW 

Source :
Green Univers 

Plus d’éthique dans les STIC

 » La jeunesse de l’informatique est terminée. Désormais, elle a atteint l’âge de raison et des responsabilités.  » Tels étaient les mots utilisés par Michel Cosnard, PDG de l’INRIA, pour conclure son allocution, lundi 12 janvier 2010, lors de la réunion de présentation des rapports de l’INRIA et du CNRS sur la nécessité d’examiner attentivement les questions éthiques soulevées par la recherche en sciences et technologies du numérique et par ses applications. Et d’ajouter :  » Lorsque j’ai rejoint le comité de direction de l’INRIA en 1997, la question se posait déjà. 13 ans plus tard, force est de constater que la situation ne s’est pas améliorée. Au contraire, il y a urgence à créer un comité d’éthique de la recherche dans ce secteur pour examiner et donner des avis, au nom de la société, sur l’opportunité de conduire tels ou tels travaux… Ce sujet dépasse d’ailleurs l’INRIA, poursuit-il. Il englobe toute la problématique de la recherche dans ce domaine et concerne non seulement la France, mais aussi l’Europe. « 

Des questions éthiques nombreuses et complexes
Car le sujet est vaste ! Aujourd’hui, les sciences et technologies du numérique occupent une place de plus en plus importante dans la société ainsi que dans la vie privée et professionnelle des individus. Il est donc normal, qu’au fil du temps, cette question se pose avec de plus en plus d’acuité et qu’elle mobilise, progressivement, des institutions généralistes comme le COMETS, le comité d’éthique du CNRS, qui s’est auto-saisi sur cette question il y a un an.Le résultat est un rapport qui vient renforcer et compléter celui de l’INRIA. A commencer par l’inventaire des questions éthiques soulevées par les technologies numériques. Et force est de constater qu’elles sont nombreuses et complexes. Pour les identifier de manière systématique, le COMETS a d’ailleurs élaboré une cartographie. Celle-ci part des questions afférentes à la personnalité (protection de la vie privée, impact sur l’homme, droits des robots), pour s’étendre à celles ayant trait à la société et à l’environnement au sens large (risques sanitaires, environnementaux et techniques – impact sur la formation et l’accès au savoir – impact sur les relations de travail, les relations économiques, la vie collective et les institutions qui la régulent, – impact sur l’information et la connaissance. Un travail qui rejoint d’ailleurs les différents exemples présentés par le rapport de l’INRIA puisqu’y sont abordés le développement des outils de profilage, la bioinformatique et la détection des maladies génétiques, la médecine numérique l’étude des virus informatiques, la gouvernance d’Internet, les échanges internationaux de données sur l’humain ou encore le droit de la société numérique. Autant de domaines où les technologies de l’information et de la communication sont en train, progressivement, de changer les conditions de vie des hommes en société et où il est nécessaire de repenser ce qui est bien et juste pour définir le nouveau système de règles auquel chercheurs et industriels devront dans l’avenir se conformer.De ce constat, les deux entités, COMETS et INRIA, tirent la même conclusion et la même recommandation : l’urgence de créer un comité d’éthique sur la recherche en sciences et technologies du numérique.

Le rôle et la mission de ce comité d’éthique
Certes, les recommandations des deux organismes sur cette question ne sont pas stricto sensu identiques, mais elles se rejoignent sur de nombreux points. Toutes deux insistent sur la composition pluridisciplinaire du comité d’éthique afin d’intégrer des chercheurs en sciences et technologies du numérique, mais aussi des chercheurs en sciences humaines et sociales ainsi que des représentants du monde politique et industriel. Objectif : prendre en compte toutes les dimensions d’une problématique, mais aussi sensibiliser et faire adhérer les diverses parties à la décision. A ce titre, plusieurs voix se sont élevées pour proposer que ce comité soit intégré au sein de l’alliance pour les sciences et technologies du numérique, Allistene (voir l’article Les sciences et technologies du numérique ont leur Alliance du 21 décembre 2009).Ils recommandent également d’intervenir très en amont des technologies, c’est-à-dire, au niveau de la recherche et des laboratoires. Car dans ce secteur, comme les développements sont très rapides, intervenir a posteriori, lorsque les problèmes surgissent, est souvent inefficace. La mission du comité d’éthique est également largement partagée. Elle consisterait, en premier lieu, à mieux identifier les incidences éthiques des recherches menées dans le domaine, de sensibiliser les chercheurs mais aussi les décideurs et la société civile à ces enjeux, et de s’assurer que les recherches menées satisfont aux critères éthiques qu’il aura mis en avant. Au delà, il aurait également pour rôle de donner à l’ensemble de la société une information objective sur l’avancée des recherches et leurs conséquences potentielles afin d’éviter les effets d’annonces ou encore la propagation de rumeurs.Le comité d’éthique pourrait également encourager, en France, les recherches en STIC permettant de prendre en compte ces questions éthiques, y compris s’il s’agit de projets de recherche communs STIC-SHS.Enfin, il aurait également un rôle à jouer en terme de formation des jeunes chercheurs à l’éthique des sciences et technologies du numérique.Un vaste chantier, mais qui pour le COMETS et l’INRIA ne souffre plus d’attendre. Tous deux préconisent une mise en place dès 2010. Une mise en oeuvre qui aujourd’hui est entre les mains de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse à qui ces deux rapports ont été transmis en octobre et novembre 2009.  En savoir plusLe rapport du COMETS :  » Pour une éthique de la recherche en Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication « . Voir le site du CNRSLe rapport de l’INRIA :  » Rapport sur la création d’un comité d’éthique en sciences et technologies du numérique « . Voir le site de l’INRIA  A.L B

Energie et architecture : le solaire intégré au bâtiment

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61602.htm

Le défi consiste à inventer de nouvelles enveloppes de bâtiments, où l’air extérieur côtoie l’air intérieur. Pour le moment, il s’agit surtout d’un problème d’isolation, facile à résoudre dans les nouveaux bâtiments optimisés au niveau énergétique, mais plutôt difficile et coûteux d’un point de vue technique et esthétique. Comme l’épaisseur des façades des bâtiments est amenée à augmenter du fait de la directive sur les économies d’énergie (EnEV), selon les chercheurs de l’institut Fraunhofer des systèmes énergétiques solaires (ISE) à Fribourg, ces façades assument de nouvelles tâches, non seulement en matière d’isolation thermique, mais aussi en terme de production d’énergie – les techniques énergétiques solaires couvrent ainsi un large champ d’application.

Un nouveau schéma architectural se dessine dans la branche solaire, entraîné davantage par des énergéticiens que par des architectes eux-mêmes. Désormais, l’enveloppe classique du bâtiment doit remplir des fonctions supplémentaires : production d’énergie à l’aide du photovoltaïque (PV) ou de la thermie solaire, chauffage, réfrigération, aération, distribution de l’électricité et services de communication – tout ce qui se passe traditionnellement en profondeur dans des gaines et cheminées doit à présent être intégré au revêtement multifonctionnel de la maison.

Le BIPV soutenu en France

La production d’énergie intégrée aux bâtiments et ses applications fonctionnelles apparaissent sous le concept spécialisé BIPV (building integrated photovoltaic). L’utilisation énergétique intégrée aux bâtiments ne doit pas être un à-côté, mais une part conceptuelle intégrée de la planification des bâtiments, selon Hans-Martin Henning, vice-directeur de l’ISE, responsable du secteur des installations thermiques et des techniques de construction. Il serait selon lui judicieux que le BIPV reçoive une attention particulière. Cependant, les directives de soutien s’orientent en Allemagne plutôt dans l’autre sens : jusqu’à fin 2008, l’intégration du PV aux façades s’accompagnait d’une indemnité supplémentaire pour la mise en réseau de 5 c euros/kWh, s’ajoutant aux 46,74 c euros/kWh reversés usuellement aux producteurs d’électricité solaire.

Aujourd’hui, cette somme s’est réduite à 43,01 c euros/kWh. En France au contraire, le BIPV est soutenu en priorité avec 57 c euros/kWh et les autres installations PV avec 31 c euros/kWh. Le monde politique ne peut pas continuer à nier cette erreur d’orientation, selon M. Henning, car « sinon les objectifs européens de lutte contre le changement climatique ne pourront pas être atteints ».

Allier production d’électricité et thermie solaire

La transformation des anciens et nouveaux bâtiments en maisons à énergie-zéro fonctionne avec des façades de garde multifonctionnelles fabriquées industriellement et standardisées, qui doivent évidemment se conformer aux dessins industriels individuels. Willi Ernst de Centrosolar, spécialiste en installations PV à Paderborn, affirme que « lorsqu’un module ne produit que de l’électricité, les coûts sont comptés selon le prix du kWh. En revanche, si nous remplaçons en même temps un volet, la structure de coûts change considérablement ». A partir des modules de toit typiques qui représentent actuellement 99 % des installations PV, le chemin est long vers l’intégration des façades verticales.

La production d’électricité solaire doit s’effectuer sur des surfaces transparentes de fenêtres, la thermie solaire plutôt dans des éléments de façade opaques. Les éléments de construction de façade actuels assurent déjà la production énergétique PV et thermique solaire. Ils intègrent l’aération avec récupération de chaleur et le chauffage, éventuellement avec des pompes à chaleur aux dimensions adéquates. En même temps, leur ombre sert de protection contre le soleil d’été. Des bâtiments modèles d’avenir pour des logements collectifs assainis sur la base du standard 55 KfW [1] et du standard de maison à énergie zéro existent déjà à Fribourg, Francfort, Heidelberg, Ludwigshafen, Mannheim et Ulm.
Le BIPV est encore un marché de niche, dont le manque de normes et la production en petites séries pourraient limiter la croissance ; le phénomène est accru par les déficits d’information et l’insécurité en ce qui concerne la garantie de construction, selon Lux Research, groupe américain spécialiste de l’étude de marché. La standardisation pourrait réduire les coûts. Le BIPV sortira de la niche lorsqu’il comblera les lacunes entre le PV et le secteur de la construction, ce qui exige des normes, des innovations et des investissements.

[1] La KfW est la banque publique allemande. Le standard KfW 55 désigne le niveau de nouvelles constructions (KfW 100) moins 45 % : une maison efficace selon le standard 55-KfW nécessite ainsi 45 % de moins d’énergie de chauffage qu’un nouveau bâtiment selon le décret d’économie d’énergie EnEV actuel.

 

Origine :

BE Allemagne numéro 464 (17/12/2009) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61602.htm
Claire Vaille est rédactrice pour la rubrique énergie des bulletins électroniques de l’ambassade de France en Allemagne

« Les bioplastiques représentent une vraie alternative »

Certes les bio polymères ont encore des limites. Mais les travaux des chercheurs et des industriels portent leurs fruits. Leurs propriétés se rapprochent de plus en plus des polymères standards. Jan Switten, consultant indépendant revient sur leurs contraintes, mais aussi les caractéristiques et les opportunités qu’offrent ces produits. Autant de points qu’il abordera plus en détail dans la formation intitulée « Bioplastiques : caractéristiques, applications et limites« , organisée par les Techniques de l’Ingénieur le 12 février 2010.

ETI : Les bioplastiques sont-ils beaucoup plus chers ? Quels sont les critères de comparaison ?

Jan Switten :  » Les bio polymères sont effectivement plus chers que les polymères standards. Il faut compter entre 1 et 2 euros pour un polymère standard contre 2 à 7 euros pour un bio polymère comme le PLA [ndlr : Polyacide lactique]. Mais ce prix peut-être encore plus élevé. Il faut compter 10 à 12 euros pour le PHA [ndlr : Polyhydroxyalkanoate]. Ce coût est dû à deux principaux facteurs : un processus de transformation et une chaîne de production complexes qui intègre de nombreuses étapes ; et des volumes qui ne représentent encore qu’une fraction des polymères obtenus par voie pétrochimique. On ne fabrique que 220.000 tonnes de PLA par an dans le monde, 80.000 tonnes de PHA et 320.000 tonnes de biomatériaux basés sur l’amidon. Les économies s’échelle sont donc moins importantes que pour un polymère standard.

De fait, lorsqu’un industriel opte pour un bio matériau, son critère de choix n’est pas le prix, mais la durabilité. Or il y a fort à parier, qu’à l’instar de ce qui se passe aux Etats-Unis, les fabricants de plastiques du futur, sous la pression de la législation, devront indiquer l’empreinte carbone [ndlr : émission de CO2] de leurs matériaux. Ce qui, à terme, fera pencher la balance en faveur des bio matériaux car leur empreinte est en principe proche de zéro.

Les bioplastiques ont-ils toutefois des limites ?

Oui. Les caractéristiques des bioplastiques ne sont pas encore au même niveau que les plastiques standards. Les utiliser implique certaines contraintes. La plupart des bioplastiques n’offrent pas une barrière suffisante à l’humidité. Ils ne sont donc pas adaptés pour emballer des biscuits. Leur stabilité thermique doit également être améliorée, surtout pour les PLA. Jusqu’à 50 °C, ces produits sont stables, mais au delà, ce qui peut arriver dans les entrepôts de stockage, ils se déforment. Enfin, ils ont des limites mécaniques. Ils peuvent être trop durs ou trop flexibles. Résultat, ils cassent. C’est particulièrement vrai du PLA.

 Parvient-on à y remédier et à se rapprocher des propriétés des polymères habituels ?

Tout à fait. Certes, les propriétés des bio polymères restent différentes de celles des polymères traditionnels, mais elles se rapprochent de plus en plus. Les bioplastiques, par exemple, offrent une excellente barrière à l’oxygène. Par ailleurs, en mélangeant un bio polymère et un polymère standard, comme l’écoflex de BASF, on parvient à obtenir des propriétés mécaniques similaires à celles des plastiques obtenus par voie pétrochimique, avec une empreinte carbone très faible. Même chose pour le PHA : ses propriétés mécaniques sont excellentes. Enfin, les bioplastiques, comme matériaux polaires, sont faciles à imprimer. Autant d’avancées qui offrent à ces produits de nouveaux débouchés, comme, par exemple, dans le flaconnage en cosmétique ou dans l’automobile. Un constructeur comme Toyota emploie des bioplastiques pour ses voitures. Cela renforce son positionnement de constructeur vert et justifie des prix plus élevés.

Et qu’en est-il du vieillissement des bioplastiques ?

Il est très variable d’un produit à l’autre. Le choix du bioplastique se fera en fonction de la durée de vie du produit et si l’on désire, ou non, qu’il soit compostable. Si l’on veut qu’un produit soit biodégradable, il faut choisir un plastique dont le vieillissement sera rapide. C’est souvent le cas dans l’emballage, mais aussi pour les récipients jetables comme les gobelets. En revanche, si l’on veut un produit avec une longue durée de vie, mais qui soit recyclable, comme dans l’automobile, il faut opter pour certains matériaux renouvelables ou pour des mélanges avec des matériaux d’origine fossile.

Quels sont les produits de base pour obtenir les bioplastiques ?

La première génération de bioplastiques était fabriquée avec des produits alimentaires tels que le maïs, le sucre de canne ou encore la pomme de terre. Ce qui pose des problèmes de déontologie. Aujourd’hui, les industriels et les chercheurs travaillent sur une deuxième génération de bioplastiques, obtenue, cette fois-ci, avec des déchets de l’agriculture ou de l’industrie forestière. Ces produits existent déjà et sont fabriqués aujourd’hui essentiellement par des entreprises américaines et japonaises. Les européens sont plus en retraits et en sont davantage au stade de la recherche. En France, l’université de Strasbourg est assez en pointe dans ce domaine, tandis qu’en Hollande, c’est l’université d’Utrecht.

Les bioraffineries sont-elles assez nombreuses aujourd’hui ?

La réponse est clairement non. Il n’y en a que quelques unes. Les plus connues sont au nombre de trois : Novamont en Italie, Cargill aux Etats-Unis et Stora Enso en Suède. Ces structures sont l’équivalent des raffineries de pétrole. Elles sont capables de fabriquer toute la palette de produits dérivés depuis les bioplastiques en passant par les biocarburants. Mais la situation devrait rapidement évoluer. Il y a une grande activité dans ce domaine en ce moment et très certainement, de nouvelles entités vont rapidement se développer.

Où en est ce marché aujourd’hui ? A quelle vitesse croît-il ?

Actuellement, le volume de production double tous les ans. C’est un marché qui croît très vite et ceci pour plusieurs raisons. Il y a la pression législative bien sûr, mais aussi celle qu’exerce les consommateurs. Par ailleurs, en raison de l’évolution des propriétés de ces produits, la distribution mais aussi l’industrie deviennent des débouchés de plus en plus importants. Aujourd’hui, les biomatériaux sont utilisés dans l’emballage, mais aussi dans l’industrie automobile, dans l’électronique et la téléphonie. »

Propos recueillis par Gautier Bernard et Anne-Laure Béranger

 

 

Formation Techniques de l’Ingénieur

12 février 2010 : Bioplastiques – Caractéristiques, applications et limites

Intervenant : Jan Switten, consultant indépendant spécialisé dans le conseil et la formation sur les plastiques et l’emballage. A ce titre, ses domaines d’expertise sont : les bio polymères, la transformation des bio polymères en film, les systèmes de cellage et d’ouverture facile, ainsi que les systèmes de barrière pour tenir au frais.

Le programme complet de la formation.

Dans la base documentaire Techniques de l’Ingénieur

[Base doc] Bioprocédés

[Base doc] Plastiques et composites

[Article base doc] : Les biopolymères : différentes familles, propriétés et applications

 

Dossier éolien : où en est-on ?

Que ce soit au niveau national ou international, la production d’énergie éolienne augmente de façon régulière. Ainsi, ce mode de production d’électricité, au point techniquement, rentable, possède l’immense avantage de pouvoir être mis en œuvre sur terre et sur mer. Ainsi, au niveau technique, le poids des éoliennes installées a été divisé par deux en cinq ans, et surtout, la production électrique annuelle éolienne a été multipliée par 100 en quinze ans. Et ce n’est pas fini. Le point avec notre dossier.

L’éolien en France
Chiffres clés : photographie du parc éolien français en 2009Après vous avoir présenté l’état du parc photovoltaïque français, voici quelques chiffres sur la situation de l’éolien en France début 2009. Lire la suite
 Qui paye pour l’électricité éolienne, pour quel bénéfice ?La loi Grenelle I a fixé des objectifs ambitieux pour le développement de l’électricité éolienne en France. Alors que le Programme Pluriannuel d’Investissement (PPI) de 2006 avait visé 15 000 MW en 2015, la loi Grenelle I et le PPI 2009 prévoient 25 000 MW en 2020, dont 6 000 MW en mer. Pour encourager le développement de l’éolien, les pouvoirs publics ont garanti son achat par EDF à un tarif imposé. Mais au final, qui devra payer l’addition : le consommateur d’électricité ou le contribuable ? Raphaël Ménard (Elioth) : « Les éoliennes à axe vertical intégrées aux pylônes électriques ont un avenir »Elioth, filiale du groupe IOSIS, a imaginé une éolienne à axe verticale, baptisée wind-it, qui s’intègre au sein de l’exosquelette des pylônes électriques. Ainsi valorisés, les pylônes électriques deviendraient producteurs d’une énergie renouvelable directement raccordée au réseau. Raphaël Ménard, directeur d’Elioth, fait le point sur ce projet.
Dans les bases documentaires
[Base doc] Génie énergétique[Rubrique Base doc] Sources d’énergie primaires[Article Base doc] Énergie éolienne pour la fourniture d’électricité[Article Base doc] Contexte actuel [Article Base doc] Ressource : gisements éoliens [Article Base doc] Aérogénérateurs [Article Base doc] Insertion de l’électricité éolienne dans les réseaux [Article Base doc] Gestion de l’énergie éolienne
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Bretagne : troisième projet éolien offshore proposé par Nass & WindL’énergie éolienne en substitution à d’autres sources d’électricité

L’Eolien européen a le vent en poupe
10 parcs éoliens offshore dans le monde… et tous en EuropeSelon un rapport du dernier congrès de l’EWEA (European Wind Energy Association), il existe 10 parcs éoliens offshore actuellement en fonctionnement dans le monde et tous sont situés en Europe. Ce qui fait du vieux continent le premier producteur mondial d’électricité produite par les énergies renouvelables de la mer. En savoir plus
 Supergrid : un réseau éolien offshore européenLe développeur irlandais de projet Mainstream Renewable Power a élaboré le projet de créer un super réseau électrique maritime pan-européen. Le directeur général et fondateur de Mainstream, Eddie O’Connor, n’a pas hésité à déclarer à la presse que ce projet, qui en était encore au stade de la conception, pourrait nécessiter des investissements financiers estimés à un trillion d’euros.Allemagne : un parc éolien offshore de 1.000 MW pour 2015Le fabricant d’éoliennes REpower Systems et RWE viennent de signer un contrat de fourniture de 250 éoliennes pour construire un gigantesque parc éolien offshore de 150 Km². Innogy Nordsee doit voir le jour au large de l’île Juist au nord de l’Allemagne et doit atteindre 960 MW de puissance.L’éolien en Espagne, ce n’est pas du ventAu mois de novembre dernier, 44 provinces espagnoles (les équivalents des départements français) étaient en alerte météo, du fait d’une vague de froid et des forts vents attendus. Et les vents ont été au rendez-vous sur les côtes nord et en Méditerranée, pour le pire (routes coupées, ports ou aéroports fermés…) mais aussi pour le meilleur : le dimanche 8, entre 3h20 et 8h40 du matin, plus de 50 % de l’électricité produite en Espagne ont été générés par les éoliennes, avec une pointe à 52,4 %.
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L’UE fait la part belle à l’éolien offshoreEnergies renouvelables : l’UE n’atteindra pas les objectifs fixés pour 2010

La mondialisation de l’éolien
La Chine détient un potentiel éolien majeurUne étude publiée en septembre dans la revue Science indique que le potentiel éolien chinois est très largement suffisant pour répondre à la totalité de la demande électrique du pays jusqu’en 2030, soit deux fois la demande actuelle. Encore faut-il que la Chine se donne les moyens d’exploiter ce potentiel en modernisant son réseau d’électricité. Explication avec Xi Lu, co-auteur de l’étude. En savoir plus
 Les Etats-Unis envisagent des échanges avec l’Union Européenne en matière d’éolien offshoreUn nouveau rapport cité le 11 novembre dernier par le ministère américain de l’Energie (US DOE), appelle à une meilleure coordination entre les organismes gouvernementaux, les universités et les entreprises de façon à développer l’énergie éolienne offshore aux Etats-Unis. Explications.140 compagnies éoliennes offshore demandent à l’UE d’agirLa conférence de l’EWEA (Association européenne de l’énergie éolienne), qui s’est tenue a Stockholm ce mois-ci, n’en finit pas de faire des vagues. Dernière en date cette déclaration commune signée par plus de 140 entreprises d’énergie éolienne de 38 pays, appelant l’Union Européenne et ses gouvernements nationaux à apporter plus de soutien politique et législatif pour développer l’industrie éolienne au large des côtes du continent européen. 10 parcs éoliens offshore dans le monde… et tous en EuropeSelon un rapport du dernier congrès de l’EWEA (European Wind Energy Association), il existe 10 parcs éoliens offshore actuellement en fonctionnement dans le monde et tous sont situés en Europe. Ce qui fait du vieux continent le premier producteur mondial d’électricité produite par les énergies renouvelables de la mer.
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L’éolien ou l’innovation à tout-va
Ces éoliennes qui produisent de l’eauBoirons-nous un jour de l’eau captée dans l’air par des éoliennes ? La question n’a rien de saugrenu : plusieurs prototypes d’éoliennes produisant de l’eau douce grâce à l’humidité présente dans l’air, sans rejet de CO2 et sans consommation d’énergie externe, sont en cours de développement. La suite
AXYS révolutionne l’évaluation de la ressource éolienne en merLes compagnies canadiennes Axys Technologies basée à Sidney en Colombie Britannique, spécialisée dans la surveillance marine à distance, et la compagnie Catch The Wind Ltd. ont mis au point un système conjoint de recherche et de mesure de ressources éoliennes en mer, WindSentinel, permettant de situer plus rapidement et à moindre coût les lieux d’implantations possibles d’éoliennes.Nouvelle centrale hybride en Allemagne : produire de l’hydrogène pour stocker de l’électricité éolienneLa Chancelière allemande a inauguré, le mardi 21 avril 2009, une centrale innovante à l’échelle mondiale : la centrale thermique hybride de Prenzlau (Brandebourg) devrait élargir considérablement le domaine d’utilisation des énergies renouvelables. Explications. Dossier réalisé par Pierre Thouverez

« La réalité virtuelle se démocratise »

Début décembre 2009, l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) organisait à Ecully, près de Lyon, la première édition de la « Joint Virtual Reality Conference ». Une première qui a rassemblé environ 220 experts mondiaux de la réalité virtuelle. Sabine Coquillart, directrice de recherche à l’INRIA, revient sur cet évènement, sur les suites qui lui seront données, ainsi que sur les avancées de la recherche et la diversité des applications.

ETI : Il s’agissait de la première édition de la Joint Virtual Reality Conference. Quels étaient les objectifs de cette nouvelle manifestation ?

Sabine Coquillart :  » En tant que telle, il s’agissait bien de la première édition de cette manifestation. Mais en fait, elle est le fruit de la réunion de trois conférences existantes : l’Eurographics international symposium on Virtual Environment (EGVE) dont c’est la 15ème édition, l’International Conference on Artificial Reality and Telexistence (ICAT) qui est la plus ancienne puisqu’il s’agit de la 19ème édition, et EuroVR qui en est à sa 6ème édition. Nous devons cette évolution en partie à la volonté d’un certain nombre de personnes de mêler plus intimement la recherche académique et l’expérimentation industrielle, et pour l’autre, aux circonstances, l’ICAT ayant décidé cette année d’organiser sa conférence en Europe. La fusion des trois conférences n’aura lieu qu’en 2009 puisque l’ICAT se déroulera en 2010 dans une autre partie du monde. Mais étant donné l’intérêt qu’a suscité l’association de l’EGVE et de l’EuroVR, il a été décidé de renouveler l’expérience l’année prochaine. La prochaine édition sera donc européenne et elle se déroulera en septembre 2010 en Allemagne à Stuttgart.

Concrètement, comment êtes-vous parvenus, tout au long de cet évènement, à associer recherche académique et expérimentation industrielle ?

Nous avons organisé trois cessions en parallèle. La première était dédiée à la présentation de papiers académiques. Au cours de la deuxième, nous avons donné la parole à des industriels qui ont expliqué leur projet et leur démarche en matière de réalité virtuelle ou d’interfaces 3D. La troisième cession, elle, était une journée réservée aux présentations des laboratoires, l’objectif étant ici de brosser une vue globale des travaux d’une équipe. Pour les deux autres journées, différents thèmes avaient été retenus tels que les neurosciences et la réalité virtuelle, ou encore les systèmes informatique et haptique. A cela s’ajoutait des posters, une dizaine de démonstrations réalisées par des laboratoires et des produits présentés par des industriels.

Manipulation d’objets déformables par contrôle d’une main virtuelle de grande dextérité. © INRIA
Au vu des travaux présentés lors de cette conférence et des avancées réalisées, quelles sont aujourd’hui les finalités de la réalité virtuelle ? Ont-elles évolué ?

Aujourd’hui, nous savons faire de plus en plus de choses dans un domaine qui est encore très immature. Les applications sont elles aussi de plus en plus variées. Elles concernent aussi bien l’éducation, que la médecine, la formation, le prototypage et la réalisation de tests d’assemblage industriels ou encore, les applications collaboratives. Enfin, les réalisations sont de plus en plus réalistes et leur coût est de moins en moins élevé ce qui conduit à démocratiser ces technologies. Mais de manière générale, la finalité de la réalité virtuelle reste la même. Il s’agit de simuler une tâche et de mettre une personne dans une situation, que celle-ci existe ou non, comme dans le cas d’entraînements en milieu hostile.

Vous parlez d’une certaine démocratisation. Mais jusqu’où va-t-elle ?

Il reste il est vrai de fortes dominantes. L’usage de la réalité virtuelle reste très attaché à des industries spécifiques comme l’automobile ou l’aéronautique, avec, en particulier, un intérêt actuel fort pour les produits haptiques, permettant la simulation du retour d’effort, et pour le travail collaboratif. Mais il existe de nombreuses autres applications, notamment dans le domaine médical pour simuler, par exemple, des interventions chirurgicales. Au delà, nous l’utilisons également pour faire de la recherche sur les perceptions humaines et notamment pour tenter de comprendre certaines pathologies neurologiques.

Manipulation 3D virtuels permettant à plusieurs utilisateurs d’interagir sur un même élément. © INRIA
Quels sont les défis qu’il reste à relever ?

Mêmes si les avancées scientifiques et techniques sont importantes, la réalité virtuelle reste un domaine encore très récent. Un des principaux objectifs à atteindre serait de parvenir à simuler n’importe quelle tâche réelle. Nous en sommes encore très loin et ce, sur de multiples domaines. Sur l’aspect visuel, il y a encore des choses à faire évoluer pour obtenir des configurations plus légères, plus collaboratives ou moins intrusives. Au niveau restitution d’efforts et restitution tactile, les défis sont encore plus nombreux. L’information haptique est souvent ponctuelle ou locale, et les systèmes encore très volumineux et intrusifs. Enfin, au niveau de la collaboration à distance, l’objectif est de faire en sorte que tous les intervenants aient l’impression d’être sur place en train de travailler sur une tâche donnée.   video

© newscientist.com. Les innovations en matière de réalité virtuelle
Hormis l’organisation d’une conférence européenne de la réalité virtuelle en Allemagne en 2010, cette manifestation aura-t-elle d’autres suites ?

Oui. Nous allons créer, dans les six mois qui viennent, une association européenne de la réalité virtuelle. L’objectif étant de structurer ce domaine au niveau européen. Car si l’Europe, dans sa globalité, a une assez bonne place, ce sont le Japon et les Etats-Unis qui tiennent le haut du pavé dans ce domaine. Au delà, l’idée est toujours la même. Il s’agit de rapprocher la recherche académique et les industriels.  »     Le parcours de Sabine Coquillart Après une thèse en science de l’informatique et un post doc aux Etats-Unis dans l’informatique graphique, Sabine Coquillart intègre le centre de recherche INRIA de Rocquencourt où elle travaille pendant de nombreuses années en informatique graphique. Un poste qu’elle quitte, dans le cadre d’une année sabbatique, pour rejoindre Thomson avant d’être affecté, quelques années plus tard, en détachement en Allemagne au sein du groupe Visualization and Media Systems Design (VSMD) du GMD institute. De retour en France, elle crée en 1997 le groupe de recherche consacrée à la réalité virtuelle et à l’interaction 3D (I3D pour 3 dimensional interaction) au sein de l’INRIA. Aujourd’hui, elle y occupe le poste de directrice de recherche. Ses travaux portent sur l’interaction 3D, prioritairement en réalité virtuelle. Liens utiles Groupe de recherche I3D – INRIA Grenoble Site de la Joint Virtual Reality Conference, ed 2009     Propos recueillis par Anne-Laure Béranger