En France, PME et ETI portent la R&D

En 2014, l’effort de recherche en France est resté stable et s’est a priori maintenu en 2015 aux alentours de 2,2% du PIB. En 2014, la dépense intérieure en R&D des entreprises (DIRDE) est évalué à 31,1Md€ dont les deux tiers (21,4Md€) sont le fait des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaires (ETI). Les PME et les ETI emploient à elles seules les trois quarts des personnels de R&D en entreprise.

Sans surprise, 80% de la R&D relèvent du secteur de l’industrie et les trois branches les plus porteuses sont toujours l’automobile, l’aéronautique et le spatial et la pharmaceutique.

Les ETI ont fait un bel effort d’investissement

Entre 2013 et 2014, les PME ont continué d’investir intensément en R&D, leur taux d’effort (ratio investissement R&D/chiffre d’affaires) étant de l’ordre de 5% contre 2,5% pour les ETI. Mais alors que la dépense totale des PME est resté relativement stable à près de 7,5 Md€, celle des ETI a augmenté de plus de 11% atteignant les 14Md€.

Les entreprises qui exportent font plus de R&D

Les entreprises tournées vers l’international ou dans les filiales de groupes étrangers ont des dépenses plus élevées que les autres en R&D. Ainsi les ETI exportatrices dépensent 7 fois plus en R&D et emploient, en moyenne, six fois plus de personnels de R&D.  Quant aux PME exportatrices, elles présentent la particularité d’avoir un CA moyen trois fois supérieur à celui des PME qui restent sur le marché national, leur dépense en R&D est multipliée par 14 et elles emploient 11 fois plus que les autres PME en R&D. Leur effort en R&D s’élève ainsi à 17% de leur CA.

PME: les financements publics sont toujours essentiels

Pour l’ensemble des entreprises, la R&D est réalisée à 78% par autofinancement et à 22% sur des ressources externes (publiques ou en provenance d’autres entreprises). Au sein des ressources externes, le financement public compte pour 26% contre 30% pour des sources étrangères et 44% pour d’autres entreprises françaises. Cette répartition, stable dans le temps est cependant très hétérogène selon la taille des entreprises. Ainsi, pour les PME, le financement public s’élève à 40% des ressources externes. Le montant total d’aides publiques reçu par les PME en 2014 était stable à 655M€ (hors mesures fiscales d’exonérations de cotisations sociales ou crédit d’impôt recherche).

PME et ETI créent le tissu d’innovation français

En 2014, dans les 71 pôles de compétitivité présents en France, près de 9 entreprises sur 10 sont des PME. Et cette présence très forte des PME et ETI se traduit aussi dans les publications de brevets : plus des trois quarts des déposants personnes morales françaises en 2015 sont des PME/ETI. On peut noter que l’effort en R&D qui s’est accentué chez les ETI se traduit aussi dans les demandes de brevets qui sont désormais deux fois plus élevées que celles des PME. Cependant, sur les secteurs où les demandes de brevets sont les plus importantes (technologies médicales, manutention et BTP), les PME comptent pour au moins la moitié des déposants.

  • En 2014, l’effort de recherche en France est resté stable et s’est a priori maintenu en 2015 aux alentours de 2,2% du PIB. En 2014, la dépense intérieure en R&D des entreprises (DIRDE) est évalué à 31,1Md€ dont les deux tiers (21,4Md€) sont le fait des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaires (ETI). Les PME et les ETI emploient à elles seules les trois quarts des personnels de R&D en entreprise. Sans surprise, 80% de la R&D relèvent du secteur de l’industrie et les trois branches les plus porteuses sont toujours l’automobile, l’aéronautique et le spatial et la pharmaceutique. Les ETI ont fait un bel effort d’investissement Entre 2013 et 2014, les PME ont continué d’investir intensément en R&D, leur taux d’effort (ratio investissement R&D/ chiffre d’affaires) étant de l’ordre de 5% contre 2,5% pour les ETI. Mais alors que la dépense totale des PME est resté relativement stable à près de 7,5 Md€, celle des ETI a augmenté de plus de 11% atteingnant les 14Md€. Les entreprises qui exportent font plus de R&D Les entreprises tournées vers l’international ou dans les filiales de groupes étrangers ont des dépenses plus élevées que les autres en R&D. Ainsi les ETI exportatrices dépensent 7 fois plus en R&D et emploient, en moyenne, six fois plus de personnels de R&D. Quant aux PME exportatrices, elles présentent la particularité d’avoir un CA moyen trois fois supérieur à celui des PME qui restent sur le marché national, leur dépense en R&D est multipliée par 14 et elles emploient 11 fois plus que les autres PME en R&D. Leur effort en R&D s’élève ainsi à 17% de leur CA. PME: les financements publics sont toujours essentiels Pour l’ensemble des entreprises, la R&D est réalisée à 78% par autofinancement et à 22% sur des ressources externes (publiques ou en provenance d’autres entreprises). Au sein des ressources externes, le fiancement public compte pour 26% contre 30% pour des sources étrangères et 44% pour d’autres entreprises françaises. Cette répartition, stable dans le temps est cependant très hétérogène selon la taille des entreprises. Ainsi, pour les PME, le financement public s’élève à 40% des ressources externes. Le montant total d’aides publiques reçu par les PME en 2014 était stable à 655M€ (hors mesures fiscales d’exonérations de cotisations sociales ou crédit d’impôt recherche). PME et ETI créent le tissu d’innovation français En 2014, dans les 71 pôles de compétitivité présents en France, près de 9 entreprises sur 10 sont des PME. Et cette présence très forte des PME et ETI se traduit aussi dans les publications de brevets: plus des trois quarts des déposants personnes morales françaises en 2015 sont des PME/ETI. On peut noter que l’effort en R&D qui s’est accuentué chez les ETI se traduit aussi dans les demandes de brevets qui sont désormais deux fois plus élevées que celles des PME. Cependant, sur les secteurs où les demandes de brevets sont les plus importantes (technologies médicales, manutention et BTP), les PME comptent pour au moins la moitié des déposants. Sophie Hoguin 3000 signes LIEN vers le rapport complet : Lien vers le rapport complet

Sophie Hoguin

Présidentielle 2017: l’urgence numérique…surtout dans les mots ?

« Nous pensons qu’il faut une logique d’état d’urgence numérique pour les 5 prochaines années […], en 2022 il sera trop tard », affirme Godefroy de Bentzamnn, président du Syntec Numérique (syndicat professionnel des entreprises de services du numérique, des éditeurs de logiciels et des sociétés de conseil en technologies).

Pour le Syntec, il est essentiel que la France ambitionne de devenir une grande nation du numérique pour ne pas rater les transformations du monde au XXIe siècle. Ainsi, le syndicat propose la nomination d’un haut commissaire à la transformation numérique, sous l’autorité du Premier ministre pour assurer une coordination tant nationale qu’européenne à tous les niveaux de la société: entreprise, Etat, citoyens. Car pour le Syntec, l’Europe est un échelon essentiel du développement du numérique et doit réussir la mise en place d’un marché unique numérique, avec la France comme locomotive.

Former et transformer

Pour parvenir à cette ambitieuse aspiration, le Syntec propose trois grands axes de travail :

  • un volet concernant un contrat de travail spécifique à la branche pour les salariés et un statut propre pour le travailleur indépendant numérique, basés sur une grande flexibilité, le retour à la notion de “mission” et en parallèle une sécurisation des parcours professionnels qui s’appuie beaucoup sur la formation.
  • La formation est pour le syndicat un pan essentiel et central de la transformation numérique de la France. Proposant un Grenelle de la formation, et la création d’un institut des Hautes Etudes de la Transformation numérique pour former les dirigeants économiques et politiques, le syndicat pense aussi qu’il faut faire monter en compétence l’ensemble des Français.
  • Parmi les secteurs dont le retard numérique lui semble particulièrement crucial, le Syntec souhaiterait que le futur Président mette l’accent sur la santé en proposant une loi de programmation sur 5 ans.

En parallèle, le Syntec Numérique avait publié début janvier, trois cahiers thématiques relatifs à l’industrie du futur, la santé et l’éducation/formation.

Des candidats plus ou moins investis

Le collectif France Numérique 2017 (créé pour faire entendre les acteurs du numérique pendant cette présidentielle – voir cet article – organisait plusieurs tables rondes le 9 mars en présence des représentants de trois des candidats. Très clairement, les propositions les plus abouties et la vision la plus globale est celle d’Emmanuel Macron dont le numérique irrigue l’ensemble du programme. Du côté de Benoît Hamon, la vision est encore parcellaire et très ancrée sur le numérique comme outil de démocratie et comme outil de transformation sociale auquel il faudra faire face et pour François Fillon, il s’agit essentiellement d’une préoccupation liée au financement de l’innovation et des start-up du secteur. Les trois candidats cependant sont à peu près d’accord sur la souveraineté qu’il faut réussir à protéger, sur la nécessité de couvrir l’ensemble du territoire en très haut débit et sur le fait que l’échelon européen est incontournable. Reste que les programmes peuvent encore évoluer, les équipes de François Fillon et Benoît Hamon sur le sujet venant juste d’être constituées.

Sophie Hoguin

Présidentielle 2017: Les besoins de la chimie pour le prochain quinquennat

Appelant de ses voeux un “véritable ministère de l’industrie et de l’énergie”, l’UIC souligne qu’actuellement “15 ministères interviennent sur les enjeux de l’industrie en France” et que cette “multiplication des interlocuteurs” est contre-productive et inefficace. Afin de bâtir une chimie française forte, les industriels de la chimie proposent de soutenir l’innovation, la simplification et la compétitivité.

Soutien à l’innovation

Cela passerait notamment par une sanctuarisation du crédit d’impôt-recherche (CIR), un soutien financier des projets innovants jusqu’à leur phase de pré-commercialisation et pas seulement lors de l’amorçage, la mise en oeuvre d’un plan “usine chimique du futur” pour accompagner le virage numérique des nombreuses PME ou encore par la développement d’une plateforme digitale de mise en relation entre les centres de ressources et les industriels.

Simplification de la réglementation

L’UIC souligne que l’industrie chimique est extrêmement réglementée (Reach, biocides, nanomatériaux, risques, etc) et qu’il serait nécessaire d’accentuer encore la simplification administrative et réglementaire, en étudiant l’impact des réglementations avant leur mise en place et en adaptant les contrôles en fonction de la maîtrise de l’industriel par exemple. Par ailleurs, les industriels proposent de créer des dynamiques de plateformes en encadrant la totalité de la zone industrielle plutôt qu’installation par installation: seuils réglementaires aux bornes des plateformes, statut “énergie intensif” à toute la plateforme, statut fiscal incitatif, démarches d’écologie industrielle et circulaire et développement des transports de fret durables.

Soutenir la compétitivité

Afin de soutenir la compétitivité des entreprises chimiques, il est proposé d’une part un volet social pour alléger les charges salariales et d’autre part un volet logistique avec des propositions pour la promotion d’une offre de fret global en France et en Europe, des garanties pour accéder à l’énergie de manière privilégiée sur le long terme. L’UIC propose notamment d’affecter une partie des recettes de la fiscalité carbone et de la vente des quotas de CO2 aux baisses de charges et aux actions d’amélioration de l’efficacité énergétique. Le thème du CO2 est particulièrement cher à l’industrie chimique qui suit de près l’évolution de la direction ETS (système d’échange européens de quotas d’émissions de CO2) et qui s’est récemment félicitée des corrections proposées par le Parlement européen pour réformer la directive ETS. Ces dernières doivent permettre d’éviter l’effondrement du prix du carbone par une meilleure régulation des quotas en circulation et de mieux protéger les industriels d’une perte de compétitivité liée à la mise en œuvre unilatérale d’un prix du carbone. Pour l’UIC, le soutien aux différentes branches de la chimie passe aussi par une réelle intégration au niveau international : tant sur le fonctionnement entre agences européennes et nationales (en évitant des initiatives franco-françaises) qu’en encourageant des accords commerciaux multilatéraux comme le CETA (accords de libre-échange entre le Canada et l’UE) dans lequel l’UIC voit “un facteur de croissance économique stimulant la production d’emploi dans les usines françaises”.

Sophie Hoguin

Les cartes bancaires VISA piratées en six secondes

Dans « Le cave se rebiffe », un film de Gilles Grangier et dialogué par Michel Audiard, sorti en 1961, il fallait investir dans de coûteuses machines et s’appuyer sur les compétences d’un graveur hors pair pour fabriquer de faux billets. Aujourd’hui, un banal ordinateur et une connexion internet suffisent pour pirater des cartes bancaires ! C’est ce qu’ont démontré des scientifiques de l’université de Newcastle, au Royaume-Uni.

Leur prouesse révèle les faiblesses de ce type de cartes. Premièrement, ils n’ont pas eu besoin de recourir à une méthode nécessitant des compétences hors pair. Ils se sont contentés de contourner le système de sécurité de paiement en ligne avec une attaque dite « par force brute ». Ils ont généré des variations de numéros de carte, de dates d’expiration et de cryptogrammes visuels sur différents sites jusqu’à obtenir un bon résultat. C’est l’une des méthodes utilisées pour trouver des mots de passe faibles (comprenant par exemple un prénom) en une poignée de secondes.

Ils ont d’autant plus facilement réussi cet exploit que les 6 premiers numéros des cartes correspondent à la banque et au type de carte. Il ne restait donc qu’à trouver les autres, y compris la date d’expiration et le cryptogramme. Par ailleurs, ces chercheurs savent, comme tout le monde, que les cartes bancaires expirent dans un délai de 60 mois maximum… Un détail d’importance, car il permet de limiter les requêtes sur une courte période.

Dernière lacune, le système de sécurité ne détecte pas toutes les tentatives frauduleuses. Il ne repère les échecs répétés sur une même carte que lorsque des opérations sont faites sur différents sites. Ce n’est pas le cas du réseau MasterCard qui est capable de détecter l’attaque en moins de 10 essais.

Pas de quoi rassurer les possesseurs d’une carte VISA. Ils pourraient être tentés de passer à la concurrence ou d’opter pour une carte bancaire prépayée pour sécuriser ses achats en ligne.

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs démontrent le faible niveau de sécurité des cartes… VISA. Fin 2014, des Britanniques avaient prouvé qu’il était possible de détourner de l’argent à cause d’une faille dans le protocole de paiement sans contact (NFC). « Avec un simple téléphone mobile, nous avons créé un terminal de paiement qui pouvait lire une carte à travers un portefeuille. Toutes les vérifications sont effectuées sur la carte et non pas sur le terminal, donc au moment de la transaction, il n’y a rien qui puisse éveiller la suspicion » avaient-ils indiqué.

Philippe Richard

Coup de projecteur sur nos nouveautés 2017

Géomatique

Avec le développement de l’open data et des technologies du Web, la géomatique connaît un bouleversement rapide dans ses techniques de production et de diffusion mais aussi dans son économie générale. Elle est largement ouverte sur l’ensemble des secteurs économiques : aménagement du territoire, agriculture, gestion de ressources naturelles, transports, urbanisme, industrie spatiale, énergie, défense et sécurité civile, commerce et marketing… Destinée aux ingénieurs en systèmes d’information géographique, géomaticiens, ou spécialistes en aménagement du territoire, cette rubrique fait le point sur les différentes technologies de collecte et d’acquisition des données géographiques. Elle décrit également les outils informatiques pour le traitement et l’analyse des données.

>> A retrouver dans Technologies radars et applications

 

Réhabilitation et remise aux normes des bâtiments

En France, de très nombreux bâtiments ont été construits dans les années 1950 et 1960, après la guerre. Aujourd’hui, ces bâtiments connaissent l’usure du temps et des matériaux.  Il convient de décider parfois de leur démolition ou, plus souvent, de leur remise aux normes et de leur réhabilitation. En cas de litige entre les parties, une expertise peut être nécessaire. Destinée aux ingénieurs d’étude, aux ingénieurs du BTP ou encore aux architectes, cette rubrique passe en revue l’évaluation des bâtiments, l’expertise, la gestion d’un chantier de démolition et la réparation des ouvrages (acier, béton armé, mise aux normes sismiques, etc.).

>> A retrouver dans Vieillissement, pathologies et réhabilitation du bâtiment

 

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Le format ePub

Qu’est-ce que le format ePub ?

L’ePub (electronic publication) est un format standard libre et ouvert pour les livres numériques proposé par le consortium international IDPF (International Digital Publishing Forum). Un livre au format ePub est composé de plusieurs dossiers et fichiers réunis dans un conteneur qui porte l’extension .epub : il contient du texte (fichiers .XHTML), des images (fichiers .JPG, .PNG ou .SVG), des feuilles de style (fichiers .CSS) ainsi que des fichiers décrivant la structure du livre et ses métadonnées (auteur, titre, date de publication, ISBN…).

Quel est l’intérêt du format ePub ?

Le format ePub s’adapte visuellement et fonctionnellement à son support de lecture : taille de l’écran, capacités d’interaction, etc. Il peut contenir des documents multimédias (fichiers audio et vidéo), des équations mathématiques grâce au support du format MathML, des annotations, des fonctionnalités de navigation interne, des outils de recherche, des liens externes, etc.

Comment lire un ePub ?

Excepté l’Amazon Kindle, toutes les liseuses sont compatibles avec le format ePub. Diverses applications de lecture sont disponibles pour les ordinateurs personnels, les tablettes tactiles et les smartphones comme Adobe Digital Editions, Readium ou FBReader.

Consultez nos contenus accessibles au format ePub : 

La rubrique Innovations marquantes propose de découvrir à travers des articles synthétiques une sélection des innovations les plus marquantes dans le domaine de l’environnement et de l’énergie, des TIC et de l’électronique, des biotechnologies et de la santé.

L’Annuaire des nanotechnologies  recense l’ensemble des acteurs de la filière française des nanotechnologies (entreprises, organismes et associations) classés par secteur d’application, type de nanomatériaux, type de structure et localisation géographique.

 

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La datavisualisation arrive chez Techniques de l’Ingénieur

 

La datavisualisation, c’est quoi ? Et quel est l’objectif de cette cartographie ?

Depuis quelques années, la datavisualisation, ou dataviz, est devenue un véritable outil de communication utilisé pour mieux saisir les informations et prendre des décisions. Pour Techniques de l’Ingénieur, l’enjeu était d’expérimenter ces nouveaux outils de représentation graphique des connaissances sur nos publications : faire émerger de nouveaux concepts et permettre l’accès aux données de manière plus intuitive, interactive et transversale.

 

Comment avez-vous mis en place ce nouvel outil ?

Dans un premier temps, les éditeurs spécialistes ont étudié le corpus des ressources documentaires et ont identifié 8 grands groupes de mots-clés ou « concepts », organisés eux-mêmes en plusieurs sous-niveaux. Cette analyse sémantique a abouti à une liste hiérarchisée de près de 900 termes. Tous ces mots-clés ont ensuite été utilisés pour décrire, ou « taguer », l’ensemble des articles et des fiches publiés. En parallèle, nous avons développé une application web pour pouvoir visualiser et interagir sur ces données avec comme objectif de développer une interface la plus claire et efficace possible !

 

Comment utiliser la cartographie interactive ?

Aujourd’hui, la cartographie interactive permet de naviguer par concept, et même de croiser différents concepts, sur l’ensemble de nos articles et fiches pratiques, soit plus de 7 300 documents. Le champ de recherche permet d’accéder directement aux mots-clés utilisés ; il est possible de filtrer la liste des résultats par date ou ordre alphabétique. C’est un outil visuel d’exploration du contenu en complément des autres modes de navigation classique de notre site internet tels que le moteur de recherche ou l’accès par thématique.

 

Pour en savoir plus :

Tester la cartographie interactive

Ghislaine Chartron, une carrière au service de l’information

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Mon parcours a commencé comme ingénieure au centre de documentation du CNRS, et j’ai aujourd’hui la responsabilité de la chaire d’Ingénierie documentaire au Cnam de Paris. Je pense avoir contribué à l’accompagnement et à la reconnaissance des compétences et des métiers attachés à la gestion et au management de l’information dans les organisations. Depuis le début des années 1980, le domaine n’a pas cessé d’évoluer, de se reformuler tant par les besoins exprimés, les technologies mobilisées, les services développés. L’innovation est adossée à l’ingénierie des documents, de l’information et de la gestion des connaissances depuis plusieurs décennies. La richesse des échanges et des coopérations entre entreprises et acteurs académiques est une caractéristique majeure qui a nourri mes projets tout au long de ce parcours.

Quelles sont les évolutions les plus marquantes de ces dernières années ?

Une évolution majeure concerne, de façon évidente, l’accélération des mutations technologiques qui ont affecté les modes de production, de diffusion, de circulation de l’information. Ces mutations ont induit des évolutions profondes dans les pratiques, les modes de travail. La fonction documentaire s’est de plus en plus fondue dans le système d’information général des organisations ; de nouvelles problématiques d’interopérabilité, d’échanges, d’intégration de sources hétérogènes sont devenues très importantes. Les nouvelles architectures (portails, cloud, API…) ont impacté les services et les usages. Différents paradigmes ont transformé la production, la diffusion et le partage : le web social, le web sémantique, le web des données. Concernant les acteurs, le W3C et les Gafa ont endossé un rôle déterminant en termes d’émergence de nouveaux standards, d’innovations de services. Une autre transformation concerne l’économie des contenus : la valeur s’est déplacée du côté des technologies, et la propension à payer des contenus est devenue de plus en plus faible. Ceci impacte bien entendu les acteurs dont le métier était de produire des contenus labellisés : les éditeurs, la presse, tous les acteurs des « industries culturelles ». De nouveaux modèles économiques doivent être trouvés ; l’équation n’est pas simple, et les tensions entre acteurs des contenus et acteurs des contenants ont marqué ces dernières années, dans des rapports de force assez déséquilibrés. Le comportement des usagers a, par ailleurs, évolué : continuité d’accès, expérience utilisateur, fluidité des services quel que soit le contexte d’usage. Enfin, la sacralisation du terme « données » englobant aujourd’hui tout type de contenu traduit les enjeux désormais prioritaires du traitement automatisé de ces contenus : data-mining, analytics, datavisualisation, apprentissage automatique sont à l’ordre du jour.

Quelles sont les compétences les plus recherchées chez les professionnels de l’information aujourd’hui ?

Les compétences se sont beaucoup diversifiées, l’information est devenue un enjeu transversal aux autres activités. Les fondamentaux restent cependant majeurs et fondent l’identité des professionnels de l’information : traitement intellectuel des documents (synthèse, indexation, analyse des besoins des usagers, recherche qualitative, conception des services), compétences doublées d’une solide culture technique qui doit être sans cesse actualisée. Les compétences liées à la GED-archivage numérique sont une priorité pour les entreprises. La valorisation en ligne de contenus locaux et du patrimoine numérique ouvre de nouvelles opportunités. Le secteur de la veille, de la surveillance des environnements, de l’intelligence stratégique s’ancre aussi profondément aux métiers de l’information. Le virage est important : le professionnel de l’information doit savoir gérer qualitativement et quantitativement des données, comprendre les statistiques et les algorithmes d’analyse, donner du sens à ces traitements automatisés pour les usagers, les métiers et les décisionnaires.

>> Accéder à la rubrique Documents Numériques

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DŽpartement "Culture, Information, Technique et SociŽtŽ" de l'Ecole "Management et SociŽtŽ": Portrait de Ghislaine Chartron, professeur, Chaire d'IngŽnierie documentaire
Ghislaine Chartron

Titulaire de la chaire d’ingénierie documentaire au Cnam, conseillère éditoriale de Documents Numériques

L’article de référence le plus téléchargé du mois

 

ADSORPTION – ASPECTS THEORIQUES  (Réf. J2730)

Résumé : L’adsorption est une technique de séparation de molécules d’un gaz ou d’un liquide par attraction sur un solide poreux. C’est un phénomène de surface qui fait intervenir des interactions physiques et chimiques. La rétention des molécules a lieu essentiellement sur la surface interne de l’adsorbant. Cette technique est utilisée pour la séparation et la purification de molécules dans des domaines très variés : la pétrochimie, l’agroalimentaire, le traitement des effluents … Cet article présente les bases théoriques de l’adsorption pour le Génie des Procédés : les matériaux utilisés, les équilibres en jeu, les mécanismes de transferts et les comportements dynamiques d’un lit fixe d’adsorbant.

Les auteurs : 

  • Lian-Ming SUN : Directeur technique Ligne de Produits Standard Plants Air liquide Global E&C Solutions France SA, Champigny-sur-Marne, France
  • Francis MEUNIER : Professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers – Directeur honoraire de l’IFFI (Institut Français du Froid Industriel), Paris, France
  • Nicolas BRODU : Maître de Conférences, Université de Rouen-Normandie/INSA-Rouen, Laboratoire de Sécurité des Procédés Chimiques (LSPC), Saint-Étienne-du-Rouvray, France
  • Marie-Hélène MANERO : Docteur-ingénieur – Professeur des Universités IUT A – Université Paul Sabatier Laboratoire de génie chimique, Université de Toulouse, CNRS, INPT, Toulouse, France

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Le Kenya abrite le plus grand parc éolien d’Afrique

Google dans le coup

L’annonce de Vestas intervient en avance sur le planning et ce, alors que la compagnie a perdu 5 semaines en raison, cela ne s’invente pas, de vents trop forts. Dans la zone du Great Rift Valley, les courants d’air rapides venus de l’océan Indien s’engouffrent dans un corridor où la compagnie danoise a installé ses turbines de type 850kW V52. Le projet « Lac Turkana a été un grand défi en raison de tous les facteurs supplémentaires liés à un projet de cette taille et à cet emplacement, et je suis donc extrêmement fier que nous ayons installé les 365 turbines en moins d’un an », a déclare Pierre Pretorius, directeur de projet de Vestas, à nos confrère de Recharge. Le parc éolien devrait être connecté au réseau en juin grâce à une ligne haute tension de 400 kV qui courra sur 438 kilomètres.

La turbine V52 (rotor d’un diamètre de 52m, pour des vitesses comprises entre 3 et 25 m/s) appartient aux modèles de l’ancienne génération remis à jour par le constructeur grâce à l’ajout de nouvelles technologies telles que les pâles pivotantes à haute-efficacité (effort sur l’aérodynamisme et surtout les matériaux composites), les systèmes de ventilation, et un générateur qui s’adapte plus rapidement au rotor. Ce projet d’un coût de 700 millions de dollars a été financé presqu’intégralement grâce à la Banque africaine de développement. A noter que fin 2015, Google a pris une participation de 12,5% dans le projet pour 40 millions de dollars post-mise en route.

Le Kenya sur la bonne voie

Parler d’énergie en Afrique, c’est d’abord rappeler un fait : deux tiers des Africains n’ont pas accès à l’électricité. C’est un chiffre qui tend lentement à s’élever en raison dans le même temps de l’augmentation rapide de la population et qui impose à court terme d’autres priorités que le mix électrique. De fait, une part du projet Lac Turkana prévoit d’utiliser l’électricité générée pour alimenter hors-réseau les communautés alentours. L’électrification est un sujet majeur de l’Afrique et les énergies renouvelables, de par leur caractère décentralisé, est une des solutions pour fournir à des populations isolées ce bien de première nécessité. La Banque mondiale estimait en 2016 que le Kenya faisait partie des pays qui avaient adoptées des mesures favorables à l’électrification et aux énergies renouvelables. Mais comme souvent, les financements font défaut. L’initiative africaine pour les énergies vertes (AREI), dont Jean-Louis Borloo a participé à la création (il s’en est retiré depuis), estimait que les besoins de l’Afrique s’élevaient environ à 4 milliards d’euros par an pendant une quinzaine d’années, soit 60 Mds €.

Romain Chicheportiche

L’informatique quantique à portée de clics ?

Lundi 6 mars, IBM annonçait sa volonté de commercialiser un ordinateur quantique de 50qubits dans les prochaines années… En quelques heures l’annonce avait fait le tour du monde. En réalité, la firme américaine ne commercialiserait pas un ordinateur quantique, mais seulement les services de cet ordinateur, l’IBM Q, via une plateforme en ligne. L’offre n’en est pas moins intéressante. En attendant, IBM a déjà lancé l’année dernière sa plateforme « Quantum experience » dédiée aux développeurs et programmeurs qui peuvent tester des requêtes ou des algorithmes quantiques sur une base de 5qubit. Un beau succès puisque IBM évalue à 40 000 le nombre d’utilisateurs qui auraient soumis 275000 requêtes. Et l’Américain annonce pour cette année le passage à une nouvelle interface et un kit de simulation de 20qubits. Une offre que le Français ATOS a lui aussi annoncé pour 2017 avec notamment l’ouverture d’une plateforme de simulation de 40qubits. Le Français d’ailleurs espère lui aussi pouvoir commercialiser un ordinateur quantique dans les années qui viennent. Mais, attention, pour IBM, comme pour ATOS, il ne s’agit pas d’intervenir sur le marché de la cellule quantique (équivalent de la puce de nos ordinateurs), mais vers l’intégration, le développement de logiciels, de systèmes de réseaux etc. Pour ce qui est de la partie physique, il faut se tourner pour l’instant vers les acteurs de la recherche, encore très fondamentale, mais dont les publications viennent régulièrement alimenter le fantasme de l’avènement d’un réel ordinateur quantique universel…

Le premier ordinateur (hangar) quantique dans deux ans ?

Dans un article paru dans Science Advances de février, des chercheurs de Ion Quantum Technology de l’université du Sussex (Royaume-Uni) détaillent les plans de construction d’un ordinateur quantique universel à grande échelle. Ils espèrent avoir construit leur prototype d’ici deux ans (à condition de trouver les fonds, de l’ordre de 120 millions d’euros). Leur ordinateur ferait la modeste taille d’un bâtiment (100 fois 100 m2) mais serait capable de décrypter le chiffrement 1024 bits en une dizaine de jours et du 2048 bits en 110 jours abaissable à 10 jours si le taux d’erreur était encore diminué. Les technologies et les matériaux proposés pour construire cet ordinateur sont aujourd’hui disponibles. L’originalité du travail de cette équipe réside dans l’utilisation de l’électricité et d’un champ de micro-ondes constituant un “piège ionique” pour manipuler les ions en lieu et place des lasers couramment utilisés actuellement. Sachant qu’il faut autant de lasers que d’opérations à faire, le passage à une puce de quelques millimètres carrées activables par des tensions électriques est un grand pas en avant. Cette nouvelle technologie, mise au point par des chercheurs britanniques en collaboration avec des chercheurs israéliens avait été décrite en détail dans un article de Physical Rewiew Letters en novembre 2016, et disponible sur ArXiv.

Les avancées des calculateurs quantiques

Plusieurs solutions de calculs ont vu le jour ces dernières années, utilisant en partie des phénomènes quantiques. Le plus célèbre est l’ordinateur canadien D-Wawe dont la troisième version vient de sortir. Le D-Wawe 2000Q (pour 2000qubits), vendu pour 15 millions de dollars à Temporal Defense Systems, une entreprise de cybersécurité, est annoncé comme étant 1000 fois plus rapide que son prédécesseur le D-Wawe2X sorti en 2015. Mais les performances de ces ordinateurs sont sujettes à débat et surtout la technologie utilisée ne constitue pas un réel ordinateur quantique universel, c’est-à-dire capable de résoudre n’importe quel problème. Ce sont en fait des supercalculateurs dédiés à un type de tâche, généralement des algorithmes d’optimisation. Sur ce créneau, deux équipes, l’une japonaise et l’autre américaine avaient présenté dans le numéro de Science du 20 octobre 2016 des machines capables de résoudre des problèmes de physique statistique basés sur le modèle d’Ising. Leurs machines sont des hybrides alliant une partie quantique appliquée à des photons et une partie microprocesseurs classiques.

Par Sophie Hoguin

Le cyber-espionnage ciblé façon CIA

Les éditeurs de 1984, le célèbre roman de George Orwell publié en 1949, peuvent remercier Donald Trump et maintenant… WikiLeaks. Depuis l’élection du premier et les dernières publications du site de Julien Assange, les ventes de ce livre s’envolent ! Fin janvier, l’éditeur américain Penguin a dû réimprimer en urgence environ 75 000 copies du livre.

Pourquoi un tel intérêt pour cet ouvrage sur Big Brother ? Mis en ligne par WikiLeaks le 7 mars, le dossier « Vault 7 » confirme la puissance de la Central Intelligence Agency (CIA). Big Brother n’appartient plus à la science-fiction. Ce dossier, comprenant 8 761 documents datés de 2013 à 2016, détaille certains programmes d’espionnage électronique de l’agence. Ils permettent de pirater « des serveurs informatiques, des ordinateurs, des smartphones et même des téléviseurs, qui peuvent être transformés en micros dissimulés » avertit le quotidien USA Today.

Tout peut être piraté et donc espionné par l’armée des ombres de la CIA. Selon WikiLeaks, son service de piratage compterait environ 5 000 membres. Mais contrairement aux programmes secrets d’espionnage de masse de la National Security Agency (NSA), ceux de la CIA (avec la complicité du MI5, son équivalent britannique) semblent se concentrer sur l’espionnage ciblé.

Par exemple, les téléviseurs connectés de la marque Samsung peuvent être infiltrés par un code malveillant nommé « Weeping Angel ». Fonctionnant quand l’écran est, en apparence, éteint, il peut enregistrer le son environnant et le transmettre à un serveur.  L’agence a aussi développé des logiciels-espions destinés à l’iOS d’Apple et à Android de Google. Seul bémol, l’installation du programme malveillant nécessiterait d’avoir un accès physique au téléphone, et de pouvoir le connecter à un Mac. Pas vraiment un obstacle pour la CIA.

La lecture des documents indique que le contournement des antivirus et l’accès à un ordinateur non raccordé à un réseau informatique ne sont pas non plus des défis insurmontables. Différents chercheurs ont montré comment procéder et il y a quelques années, un concours de hackers en France avait démontré qu’il était possible de désactiver des antivirus très connus en quelques minutes !

Sans surprise, la CIA a publié un communiqué dans lequel elle décline tout commentaire sur les « prétendus documents ». Elle précise n’être pas en mesure, à ce stade, de certifier l’authenticité des documents ni de savoir « si les outils décrits ont été utilisés aux États-Unis – ou même utilisés tout court ». Microsoft et Google ont rapidement fait savoir qu’ils se pencheraient sur le rapport. De son côté, Apple a précisé que de « nombreuses » failles ont été corrigées et que ses appareils sont parfaitement sécurisés aujourd’hui…

Dans ce contexte, de nombreuses personnes pourraient se tourner vers Qubes, un système d’exploitation sécurisé…

Par Philippe Richard

Risques : la norme volontaire ISO 31000 entre en enquête publique

À l’heure où l’actualité bat son plein sur les responsabilités des organisations en termes de risques, l’ISO 31000 débarque sur le devant de la scène avec un projet de norme mis à jour, et qui entre aujourd’hui en enquête publique.

Les prémices d’une révision ont été évoquées dès 2013, mais c’est à Paris en mars 2015 que la décision d’actualiser le texte a été prise. Ce chantier a impliqué plus de soixante pays dont la France. Quels changements apporter en priorité ? Quels retours « utilisateurs » prendre en compte ? Pour répondre à ces questions, les experts internationaux ont étudié plus de 1330 observations exprimées par les organisations utilisatrices sur la dernière version du projet (CD3).

Plus courte et plus précise

Plus de détails et d’exemples précis, moins de jargon, des concepts simplifiés et facilement applicables… Voici quelques-unes des améliorations vers lesquelles devrait tendre une ISO 31000 réécrite, d’après les remarques collectées en amont de l’enquête publique.

« Près de deux ans de travail ont été nécessaires pour livrer un projet de norme révisé », souligne Rodolphe Civet, chef de projet chez AFNOR Normalisation. Terminologie, processus, principes et annexes, l’ensemble du contenu de la norme a été revu pour le rendre plus simple et plus concret ». Et cela, au regard notamment des normes de management et de gouvernance intégrant « l’approche risque » et soulignant la finalité du management des risques : l’aide à la décision et l’atteinte des objectifs (qualité, environnementaux, devoir de vigilance, etc…)

Au final, le projet de norme fait place à l’essentiel. Ainsi, le chapitre des termes et des définitions est réduit aux concepts fondamentaux, des exemples propres à certains utilisateurs comme les multinationales sont ajoutés et des détails ainsi que des recommandations sur la conduite des processus sont intégrés.

« Ce travail de révision a été complexe. Il fallait répondre à certains besoins parfois sectoriels des utilisateurs tout en ne perdant pas de vue que cette norme doit s’adresser à tous les types d’organisations », se félicite Rodolphe Civet.

Mais ces nouvelles orientations demandent à être confirmées. C’est ainsi que depuis le 22 février 2016, le projet de norme est à l’enquête publique. Tout un chacun est invité à découvrir ce projet et à le commenter, gratuitement et en ligne. Si vous êtes un fervent utilisateur de ce texte phare, c’est le moment ou jamais ! Gardons à l’esprit que les normes volontaires ne « tombent pas d’en haut », elles sont faites par et pour les acteurs économiques.

Une nouvelle ISO 31000 pour 2018

La commission de normalisation AFNOR « management des risques » se réunira en avril prochain pour étudier les commentaires recueillis. « Les membres de la commission prépareront également la prochaine réunion internationale qui se tiendra du 10 au 14 juillet2017 à San Francisco afin d’établir une version finale de la norme, dont la publication est attendue pour 2018 », conclut Rodolphe Civet.

Source : afnor

Tout savoir sur les brevets français en un clic

Issu d’un projet conjoint entre l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) et le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, cet atlas des brevets a pour objectif principal de « contribuer à la compréhension de l’activité de recherche et d’innovation en France au travers d’une analyse territoriale du nombre de brevets ». L’atlas répond aussi au besoin grandissant de demande d’information de différents décideurs politiques et économiques.

En parallèle de la mise en ligne de données brutes en open data, il présente l’avantage de mettre à disposition de l’utilisateur final des informations prêtes à l’emploi.

Interactif et tous supports

Prévu pour s’adapter à tous les supports internet (mobile, tablette, ordinateurs), cet atlas a été construit à partir de données retraitées, fiables et historisées sur la période 2003-2015 et comprend les demandes de brevets issus de la voie nationale ou européenne. Il inclut des nomenclatures-clés de la technologie et répond à des questions simples : Où ? Quoi ? Qui ? Combien ? Les graphiques et les cartes proposés sont interactifs (on peut en changer certains paramètres comme le choix du secteur privé ou public, l’origine française ou européenne etc. d’un clic). Une actualisation est prévue tous les ans et une version papier sous la forme d’une publication brochée doit être éditée plus tard dans l’année. Elle devrait intégrer quelques enrichissements.

Sophie Hoguin

Recréer des surfaces superhydrophobes et antibuée en s’inspirant de la nature

Une goutte d’eau posée sur une surface couverte de microrugosités hydrophobes devient extrêmement mobile. À l’image d’un fakir qui ne touche que les pointes de son tapis de clous, le liquide ne repose alors que sur les sommets des rugosités. L’eau est donc principalement sur coussin d’air, ce qui la rend ultra-mobile. De nombreuses espèces de plantes ont de telles propriétés superhydrophobes. Ces surfaces sont autonettoyantes puisque les gouttes qui les dévalent emportent avec elles poussières et salissures.

Les surfaces animales ne sont pas en reste : qu’il s’agisse de la faible réflectance des yeux des papillons de nuit, de la carapace oléophobe des collemboles ou encore des pattes ultra-adhésives des cafards, les nano-textures qui recouvrent les corps de certains insectes leur confèrent des propriétés étonnantes, essentielles à leur survie.

Ainsi, on a suggéré que les yeux des moustiques et les ailes des cigales pourraient avoir des propriétés anti-buée, ce à quoi Timothée Mouterde et ses collaborateurs se sont intéressés. Ces recherches ont nécessité l’utilisation de surfaces modèles, conçues pour imiter les surfaces existant dans la nature, afin 2/3 d’étudier l’importance que revêtent la taille et la forme des nano-structures dans les propriétés antibuée.

Il s’avère que la plupart des surfaces superhydrophobes de rugosités micromé- triques, exposées à la buée ou à une atmosphère humide, cessent de repousser l’eau. Les gouttes de buée apparaissent et se développent dans les anfractuosités de la structure, mettant à mal son caractère anti-eau. Des gouttes posées sur une surface ainsi infusée d’eau y adhèrent fortement : la surface adopte alors un comportement hydrophile. Les chercheurs ont ensuite réduit les structures à une taille dix fois inférieure au micromètre. Ils ont ainsi montré et quantifié le fait qu’en réduisant l’échelle des rugosités, l’adhésion des gouttes due à la buée diminuait aussi, à cause du compartimentage très fin de l’eau alors engendré.

Les ailes de cigale permettent d’aller plus loin encore. Elles sont couvertes de cônes nanométriques jointifs, et leur caractère antibuée est spectaculaire puisque deux gouttes de buée qui fusionnent parviennent alors à s’éjecter de la surface. En s’inspirant de cet exemple naturel, Timothée Mouterde et ses collaborateurs ont montré que la forme conique des structures est primordiale et permet d’obtenir l’éjection de la quasi-totalité des gouttes de buée et ce, même pour des gouttes de taille micrométrique : certes, de la buée se forme, mais elle s’auto-expulse en même temps qu’elle se forme.

Dans cette étude, les chercheurs se sont donc inspirés de la nature afin d’observer comment les propriétés antibuée apparaissent quand on réduit la taille des textures, et comment elles se trouvent considérablement amplifiées par un changement de forme. L’utilisation de nano-cônes jointifs permet de rediriger la buée vers le haut de la surface et de dé-piéger l’eau, même à très petite échelle. Ces recherches donnent lieu à un grand nombre d’applications : Thales qui co-porte le projet, y trouve ainsi un intérêt pour la réalisation de fenêtres optiques hydrophobes, antireflet et antibuée.

Diplômé de l’École polytechnique, Timothée Mouterde a rejoint
le Laboratoire d’hydrodynamique (École polytechnique / CNRS)
en 2013. Il y réalise depuis son doctorat, soutenu par la Direction
générale de l’armement et Thales. Ses recherches portent sur les nanotextures bifonctions antireflets superhydrophobes et l’influence de la réduction d’échelle sur les effets superhydrophobes, sous la direction de David Quéré et Christophe Clanet, directeurs de recherche du CNRS.

Source : cnrs

Présidentielle: des candidats timides sur l’agriculture

À l’instar des années précédentes, 2017 s’annonce sous de mauvais hospices pour les agriculteurs. Avec une retraite moyenne de 831€ et un salaire horaire à 12,31€, le secteur ne s’en sort plus. Après le 54ème Salon de l’Agriculture, les agriculteurs n’ont globalement pas été conquis par les candidats à la présidentielle. « Si demain nous voulons des campagnes vivantes, des paysages diversifiés, une alimentation de qualité, il n’y a pas d’autres solutions que de maintenir des agriculteurs nombreux sur les territoires » avertit Jérémy Decerle, président du syndicat Jeunes Agriculteurs.

« Pas un candidat n’est venu nous dire : « Voilà ma vision pour l’agriculture, la production, l’exportation, la fiscalité« . Les agriculteurs ont envie de vivre de leur métier et la question des revenus n’a pas été abordée » regrette le président du Salon, . Un mécontentement partagé par Ségolène Royal. La ministre de l’Environnement a souhaité rappeler aux candidats que « la question agricole doit être intégrée à la question globale de la société, parce que l’alimentation, c’est un sujet crucial ».

Des produits plus accessibles et plus bio

Les candidats à la présidentielle ont tout de même fait des propositions discrètes au monde agricole. Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon et Benoît Hamon se rejoignent sur l’idée qu’il faudrait alléger les charges et redéfinir les prix. « Il faudrait renégocier les prix de vente avec la grande distribution » suggérait Hamon au Salon de l’Agriculture. « Les prix agricoles sont la clé de voûte de la rémunération du travail paysan, rappelle Jean-Luc Mélenchon, dans des marchés dérégulés, la majorité des paysans ne vivront jamais dignement de leur métier ». Pour y remédier, Marine Le Pen propose par exemple une TVA incitative à 0% sur les produits bio pour attirer les consommateurs.

Macron, Mélenchon et Hamon prévoient d’aider et de récompenser financièrement les exploitations qui se convertiraient au bio. Avec des programmes d’investissements de 5 milliards d’euros sur le quinquennat, Hamon et Macron comptent investir dans une agriculture plus propre. Le candidat PS compte poursuivre le travail de Stéphane Le Foll, actuel ministre de l’agriculture, sur « l’agro-écologie ». Ils projettent aussi d’aider les jeunes à s’installer notamment grâce à des prêts plus accessibles et des exonérations de charges. Benoît Hamon souhaite par ailleurs développer les circuits courts, tout comme François Fillon.

Les perturbateurs endocriniens se sont également invités dans le débat. Alors que l’Union européenne peine à définir clairement leur nature, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon veulent voir leur part diminuée. Ils souhaitent aussi limiter les pesticides et interdire les OGM. Marine Le Pen les rejoint sur ce dernier point. A l’inverse, François Fillon ne souhaite pas lutter contre les OGM et envisagerait de « supprimer le principe de précaution de la Constitution ».

L’agriculture chahutée entre Union européenne et patriotisme

Malgré les 9,1 milliards d’euros versés l’an dernier aux agriculteurs français, la PAC fait grincer des dents. Marine Le Pen souhaite passer de la Politique Agricole Commune à la Politique Agricole Française (PAF). « On a toujours mieux commercé quand il y n’avait pas l’Union européenne » pense-t-elle. Son idée est d’opter pour le « patriotisme économique et la francisation des aides ». Enfin, la candidate du Front National veut interdire toute importation de produits étrangers qui ne répondraient pas aux normes françaises, dans une logique protectionniste.

Le repli souhaité par Marine Le Pen fait réagir jusqu’à Bruxelles. Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a dénoncé cette idée comme étant « mauvaise ».  Pour lui, la candidate frontiste « adopte la position britannique de faire peur aux agriculteurs et de leur faire croire que tout ira bien si on se débarrasse de l’Europe ». Il rappelle les difficultés auxquelles seront confrontés les agriculteurs britanniques après 2020. Suite au Brexit, ils ne toucheront plus d’aides de la PAC à cette date. Néanmoins, Hogan affirme que l’Europe doit réformer et simplifier la PAC.

En affirmant vouloir que « le budget de la PAC soit préservé, mais que son fonctionnement soit rénové », Emmanuel Macron se place sur la même ligne que Phil Hogan. François Fillon surenchérit en disant que « l’agriculture est une priorité nationale et européenne ». Pour Benoît Hamon, il n’est pas question d’abandonner la PAC, mais simplement de la rendre plus « verte ». Du côté des agriculteurs, se passer de l’Union européenne semble difficile. « Au niveau agricole, malheureusement, l’Europe on en a besoin », ont répondu deux producteurs à Marine Le Pen.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les entreprises misent sur l’IA pour doper leurs ventes

Popularisée depuis quelques années par des applications grand public de reconnaissance vocale dans les smartphones, l’IA est en train de bouleverser les méthodes de travail et les services « métiers » des entreprises. La norme ISO 2382-28 définit l’intelligence artificielle comme la « capacité d’une unité fonctionnelle à exécuter des fonctions généralement associées à l’intelligence humaine, telles que le raisonnement et l’apprentissage ». Pour les professionnels, l’IA c’est un peu le Graal de l’analyse de données. Selon le cabinet Gartner, elle sera embarquée dans 50 % des applications analytiques d’ici trois à cinq ans.

Cette intégration massive de l’IA s’explique par le fait qu’elle génère déjà de nombreux bénéfices pour les entreprises. Dans la santé, Watson d’IBM est utilisé pour étudier à la loupe toutes les publications scientifiques ayant trait à un domaine particulier de recherche. Cette recherche très fine permet de repérer de nouvelles propriétés.

Plus étonnant, une société à Hong Kong, Deep knowledge venture (DKV), spécialisée dans le capital-risque, possède par exemple une intelligence artificielle à son conseil d’administration. Nommée Vital (Validating Investment Tool for Advancing Life sciences), elle fait des recommandations en matière d’investissement et dispose également un droit de vote !

Plus forts que les experts !

En matière de sécurité informatique, l’IA pourrait seconder les experts dans la détection des fraudes. Des développements sont en cours pour créer des algorithmes qui identifieront les menaces que les cerveaux humains et les mécanismes de protection traditionnels échouent à reconnaître. « Nous nous dirigeons vers des systèmes plus autonomes et plus réactifs qui sont capables de se protéger face aux attaques. Mais cela reste encore compliqué. L’intelligence artificielle (sur laquelle j’ai fait ma thèse) est l’une des pistes envisagées pour mieux traiter un certain nombre de menaces », explique Hervé Debar, Directeur du département RST à Télécom SudParis.

Autant d’usages reposant sur le « machine learning ».  Il s’agit d’un ensemble de méthodes permettant à une machine (au sens large) d’apprendre à réaliser des tâches sans avoir été programmée explicitement pour cela. La machine utilise des algorithmes génériques applicables à une multitude d’opérations. Elle agit de manière autonome, est capable de comprendre et d’appliquer des algorithmes pour automatiser des process. En mixant notamment des données « chaudes » (provenant des objets connectés) et d’autres dites « froides » (typiquement des référentiels enrichissant les informations), le « machine learning » peut réaliser les analyses avancées.

La responsabilité des « bots »

Cette capacité d’auto-apprentissage des machines, ou des chatbots (assistants virtuels), permet d’apporter des réponses plus efficaces, plus fiables et plus personnalisées. Les entreprises bénéficient par exemple d’une meilleure connaissance client. Elles peuvent aussi s’appuyer sur des moteurs de recommandation de produits pour personnaliser leurs offres sur des critères beaucoup plus élaborés que les historiques d’achats.

Cependant, les « bots » posent des questions éthiques, relatives notamment à leur statut juridique, à leur responsabilité, à la sécurité de leur fonctionnement ou à la pertinence des choix qu’ils effectuent.

Philippe Richard

Des matériaux autoréparables pour l’aéronautique prêts dans 5 ans ?

Le projet européen Hipocrates, qui s’est achevé fin 2016, a réalisé un pas supplémentaire vers l’utilisation de composites autoréparables à base d’époxy. Les chercheurs du consortium, porté par l’institut Tecnalia à St Sébastien en Espagne, ont choisi ce type de résine pour leurs tests car elles sont largement utilisées dans l’industrie aéronautique et permettraient donc une incorporation facile de matériaux autoréparables dans la production. L’enjeu pour ce secteur est important car il permettrait d’augmenter la durée de vie des composants et de diminuer très nettement les coûts de maintenance.

Les trois grandes voies de matériaux autoréparables

Pour mettre au point ses produits, le projet Hipocrates s’est appuyé sur les recherches déjà existantes en matière de matériaux autoréparables. Faisant l’objet d’une intense recherche depuis le début des années 2000, on dénombre trois grands types de polymères autoréparables: ceux qui s’appuient sur la structure moléculaire du matériau et sur la réversibilité des liaisons supramoléculaires (voir ce document pour en savoir plus), ceux qui utilisent des microcapsules contenant les substances nécessaires à la réparation et ceux, qui s’inspirent de la deuxième en intégrant dans le matériau des microcanaux stockant le matériel nécessaire à la réparation. Le contenu des microcapsules ou des microcanaux est libéré au moment du choc et c’est donc le choc lui-même qui initie la réparation, alors que pour le premier type, il est nécessaire d’initier la réaction par un stimulus supplémentaire (chaleur, rayonnement ou induction électrique).

Des résultats encourageants

Le projets Hipocrates a testé des matériaux utilisant la méthode des microcapsules et celle des liaisons supramoléculaires. Pour le premier type de matériau, les microcapsules intégraient à la fois les agents de réparation et le catalyseur ; pour le deuxième type, Hipocrates a synthétisé deux polymères différents compatibles avec des résines époxy. Les matériaux fabriqués ont été testés sur des démonstrateurs reproduisant les impacts à grande vitesse subis par les avions. Ils ont ensuite été soumis à des forces de compression pour voir s’ils montraient des signes de délaminage ou de rupture et ont été analysés par ultrasons pour étudier plus précisément les dégâts dans la structure du matériau. Il en est ressorti que le matériau intégrant des microcapsules présentait une meilleure protection contre l’impact initial, mais que tous les matériaux testés, après réparation, montraient une élévation de 5 à 10% de la résistance aux forces de compression. Les matériaux s’avèrent donc plus résistants aux impacts après réparation qu’avant. D’autres tests sont prévus, et l’équipe espère que ce type de matériaux pourra intégrer le secteur aéronautique dans les cinq ans.

Sophie Hoguin

Stockage de l’énergie: l’avènement des batteries à flux organique non toxiques

Les intenses recherches actuelles pour trouver des moyens rentables de stocker l’énergie des sources renouvelables intermittentes comme le solaire et l’éolien commencent à porter leurs fruits. Ce qui devrait permettre à court terme de rendre ces énergies compétitives, fiables et diffusables plus facilement dans le monde entier.

Se passer de solvant corrosif

Plusieurs obstacles subsistent pour stocker de manière rentable et efficace l’énergie sur des réseaux, c’est-à-dire là où il n’y a pas de contrainte d’espace comme c’est le cas sur une voiture ou un téléphone portable. Les solutions proposées aujourd’hui sont des grands réservoirs externes stockant des électrolytes, généralement métalliques ou organométalliques dans des solvants extrêmement acides. Ce qui pose des problèmes de coûts et de sécurité : les matériaux et composants sont très techniques et donc chers, leur durablité n’est pas toujours garantie car ils doivent résister à une extême acidité et ils présentent des dangers pour l’homme et l’environnement lors de la manipulation ou en cas de fuite. Les scientifiques cherchent donc des composés hydrosolubles pour pouvoir utiliser un solvant aqueux à pH neutre ou quasi-neutre. C’est ce qu’ont réussi la start-up rennaise Kemwatt et une équipe de l’université de Harvard.

Un prototype de 10kW

Kemwatt présentait son prototype industriel de batterie à flux organique en septembre 2016. Annonçant qu’il avait réussi à mettre au point un système basé sur une solvant aqueux à pH très légèrement alcalin et des électrolytes organiques tels que les quinones, donc biodégradables. Son prototype d’une capacité de stockage de 10kwh est en cours de tests avec différents partenaires. Kemwatt espère mettre au point le produit final dans les mois qui viennent pour pouvoir initier les ventes le plus tôt possible.

L’utilisation de molécules organiques comme les quinones avait été révélé en 2014 par une équipe de Harvard dont le laboratoire vient de présenter une autre solution dans un article publié dans l’ACS Energy Letters début février.

Rendre soluble le ferrocène

Avec, eux aussi, plusieurs demandes de brevets à la clé, les scientifiques de l’université de Harvard ont réussi à modifier les structures de deux électrolytes courants pour les rendre efficaces et solubles dans l’eau. D’une part, ils ont amélioré la durabilité du violagène, composé organique hydrosoluble mais qui se dégrade rapidement et d’autre part ils ont réussi à rendre le ferrocène hydrosoluble alors qu’il était jusqu’ici utilisé avec des solvants inflammables.

Au final, ils annoncent que leur batterie est non toxique mais aussi de très longue durée: elle perdrait 1% de sa capacité de stockage tous les 1000 cycles de charge/décharge. Ce qui, en utilisation classique sur un réseau électrique, pourrait la faire durer 10 ans. Les chercheurs travaillent désormais avec plusieurs entreprises pour mettre au point des prototypes industriels.

Sophie Hoguin

Naïo Technologies robotise le désherbage !

Le robot autonome Oz équipe déjà plus de 50 maraîchers. Il permet de désherber un hectare par jour, grâce à une autonomie comprise entre 3 et 10 heures. Il équipe principalement les petits maraîchers dont la production est diversifiée. Le tout nouveau robot enjambeur Dino s’applique au maraîchage industriel spécialisé. Il désherbe jusqu’à 4 hectares par jour, avec une autonomie comprise entre 8 et 10 heures. 10 commandes sont déjà passées pour 2017. « Nos robots ont une large plage d’autonomie, qui dépend notamment du pack batterie dont ils sont équipés et du type de sol sur lesquels ils évoluent », confie  Julien Laffont, responsable du développement à l’international de Naïo Technologies. Côté prix, Oz est vendu entre 21.000 et 25.000 euros. Pour Dino, il faudra en débourser entre 75.000 et 100.000.

Naïo Technologies développe actuellement deux robots particuliers pour désherber les vignes. Ils seront lancés dès 2018. « On a senti une attente importante des viticulteurs pour avoir des alternatives aux herbicides chimiques, explique Julien Laffont. C’est pourquoi on s’est attaché à développer deux solutions pour les vignes ».  Il y a d’un côté Ted pour les vignes larges. Doté d’une autonomie jusqu’à 10h, il peut désherber jusqu’à 6 hectares par jour. Pour les vignes étroites, Bob peut s’occuper de 3 hectares par jour. Son autonomie pourrait atteindre 8 heure. Le prix de ces deux robots n’est pas encore fixé.

Bannir les herbicides

Les clients sont principalement des agriculteurs en bio ou des agriculteurs conventionnels cherchant à réduire les herbicides chimiques. «Nos solutions permettent de réduire la pénibilité du désherbage et de gagner du temps », explique Julien Laffont. Le temps de retour sur investissement dépend évidemment de la quantité d’intrants utilisés au départ et de la taille de l’exploitation. Chaque agriculteur peut le calculer facilement en fonction de ses dépenses.

En Dordogne, l’exploitation des énisson utilise le robot Oz sur ses deux hectares de pivoines. L’établissement est ainsi passé de trois applications d’herbicides en plein par année à un passage localisé. Oz serait amorti en 5 ans dans ce cas précis. « Ce client a réussi une baisse de l’utilisation des herbicides de 94%, se félicite le salarié de l’entreprise. Les traitements ne se font plus que là où le robot a du mal à aller ». «Notre objectif est biensûr d’atteindre une baisse de 100% avec les futurs développements », complète-t-il.

Des robots made in France

Si le moteur est construit en Italie, l’ensemble des autres fournisseurs sont basés dans la région Occitanie. L’assemblage du robot est fait par Naïo Technologies à Toulouse. La start-up fournit ses robots en Europe. Notamment, en Suisse, au Danemark, en Belgique, en Angleterre et en Irlande.

Matthieu Combe, journaliste du webzine Natura-sciences.com

Les télécoms à la recherche d’un numéro gagnant

Comme tous les ans, Barcelone a été du 27 février au 2 mars la capitale mondiale de la téléphonie mobile. La grand-messe du Mobile World Congress a rassemblé fabricants, équipementiers, opérateurs et développeurs d’applications et de services. Mais tous ces acteurs ont reconnu que le marché s’essoufflait : en 2015, la croissance atteignait 10 %. L’an passé, elle a plafonné à 2,3 % d’après IDC.

Pour le monde des télécoms, il devient urgent de trouver un nouveau numéro gagnant, celui qui va booster les ventes pour quelques années. Certains misent sur le vintage comme HDM qui exploite la licence Nokia pour ressentir une version customisée du mythique 3310. Lancé en 2000, il s’était vendu à 126 millions d’exemplaires.

Mais le coup d’accélérateur devrait plutôt venir d’une augmentation très forte des débits avec la 5G. Ils seraient, en théorie, supérieurs à 10 gigabits par seconde. Autres atouts majeurs : plus de capacités et une latence très basse.

Officiellement, sa commercialisation est prévue pour 2020. Mais vingt-quatre entreprises (dont Qualcomm et Intel) se sont regroupées pour demander une accélération. Ils souhaiteraient une mise en œuvre dès 2019 et la publication des normes (les fréquences ne sont pas encore retenues) par le 3GPP à la fin de cette année.

Assistants virtuels

En attendant, les Américains mettent la pression. Verizon va prochainement lancer, au premier semestre, un test pilote dans onze villes des États-Unis. Autre initiative américaine, Intel a présenté une BMW dont un aileron du toit intègre une antenne 5G.

L’intelligence artificielle est également en pole position pour doper ce marché. Pour l’instant, son usage le plus connu est celui de la reconnaissance vocale sur smartphone. Mais à Barcelone, la conférence « Intelligence artificielle : chatbots et assistants virtuels » a montré comme l’IA pouvait modifier la relation client et les applications de messagerie, à l’instar de Whatsapp, Line, WeChat… Avec leurs 4 milliards d’utilisateurs actifs par mois (en septembre 2016), ces applications se diversifient vers davantage de commerce conversationnel.

Les objets connectés ont également étaient très présents. Orange, aux côtés de huit autres opérateurs, a confirmé son engagement en faveur de l’évolution de la 4G pour les objets connectés : la technologie LTE-M. Ce positionnement ne signifie pas pour autant l’abandon de LoRa pour lequel il a déployé un réseau d’antennes en 2016. « LoRa est davantage orienté B2B, avec sa capacité « deep indoor » », explique Frédéric Dutronc, responsable produit Smart Home et IoT chez Orange. Elle sera donc privilégiée pour connecter des compteurs d’eau et d’électricité, tandis que le LTE-M conviendra mieux pour la connexion des compteurs de gaz, où une qualité de service (au sens télécom du terme) et une faible latence sont requises, avec davantage de contrôle.

Reste une absence remarquée. Pas celle d’Apple, qui ne présente jamais les nouvelles versions de son iPhone sur un salon, mais celle de Microsoft. Plus aucun constructeur ne propose de smartphones sous Windows Phone, son système d’exploitation…

Philippe Richard

Le numérique dans l’agriculture : pour une meilleure compétitivité

La Ferme Digitale a vu le jour en janvier 2016 grâce au rapprochement de 5 start-up. Un an plus tard, elle en compte 13.  « Notre promesse est simple : promouvoir les solutions digitales », résume Paolin Pascot, président de la Ferme Digitale. L’association travaille ainsi sur deux plans. Elle rapproche les consommateurs et les producteurs, via La Ruche qui dit Oui et monpotager.com. Mais surtout, elle vise à faciliter le travail des agriculteurs pour utiliser moins d’intrants et augmenter leur compétitivité. Via ses 13 start-up adhérentes, l’association regroupe 350 salariés et 200.000 clients agriculteurs et citoyens.

Acheter et vendre au meilleur prix

Plusieurs offres permettent de faciliter le quotidien des agriculteurs. Côté matériel, Agriconomie.com est une place de marché spécialisée dans l’approvisionnement agricole (semences, pièces, équipements, engrais…), au meilleur prix. 8.000 agriculteurs utilisent ce service, dont le volume d’affaires atteint 50 millions cette année.

Piloter sa ferme conçoit des outils de pilotage personnalisés pour aider les agriculteurs à gérer le risque de la volatilité des prix des matières premières. Grâce à des algorithmes mathématiques personnalisés pour chaque exploitation, la start-up fournit à 400 agriculteurs un robot conseil dédié à la gestion du risque prix.

En fin de chaîne, moncomparateuragricole.com permet de comparer les prix de vente des céréales. Il assure ainsi  à ses 1.000 agriculteurs clients de vendre au meilleur prix la tonne de produit. La start-up est en plein développement : le chiffre d’affaires de janvier 2017 est égal à celui de l’année 2016.

Digitaliser sa ferme : des start-up complémentaires

Weenat propose des capteurs connectés permettant de mesurer la température de l’air, l’hygrométrie, la pluviométrie, la température du sol… Il fournit l’information météorologique et agronomique à la parcelle en temps réel pour aider à la prise de décision. Les données ultra locales sont transmises en temps réel aux agriculteurs. Des outils d’aide à la décision les conseillent pour prendre de meilleures décisions, optimiser leur emploi du temps et améliorer la gestion de leurs cultures.

NeXXtep offre pour sa part des capteurs et objets connectés (traçabilité, supervision, sécurité) pour faciliter le travail quotidien. Les bilans sont saisis automatiquement pour une gestion plus efficace des exploitations. De son côté, Ekylibre fournit un outil de gestion open-source pour faciliter les nombreuses démarches administratives des exploitations. Son but : atteindre l’objectif tant convoité de la « zéro saisie ».

La Ferme Digitale propose aussi les drones agricoles d’Airinov pour optimiser les engrais et suivre la santé des céréales à paille et du colza. Et les robots autonomes de Naïo Technologies pour assurer le désherbage mécanique des maraîchers, légumiers et viticulteurs. L’association accueille également Axioma qui propose des complexes biostimulants destinés à stimuler de manière naturelle les processus physiologiques des cultures agricoles. Son objectif: diminuer les intrants chimiques. De même, l’entreprise fournit des biostimulants et aliments diététiques complémentaires en nutrition animale pour diminuer le recours aux antibiotiques.

Le collaboratif s’invite en agriculture

Le collaboratif a aussi le vent en poupe en agriculture. Votremachine.com est un site de location de matériel agricole entre agriculteurs. MiiMosa est un site de financement participatif exclusivement dédié aux projets agricoles. Déjà 600 projets ont été soutenus pour un montant total de 2,5 millions d’euros. La start-up voit grand puisqu’elle a pour objectif d’atteindre 1.300 projets d’ici fin 2017.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les Européens reprennent la main sur le marché éolien

Vestas en tête

Vestas a installé en 2016 des turbines éoliennes dans 35 pays, cumulant pas moins de 8,7 GW, soit 16,5% du total mondial, selon les données compilées par Bloomberg. Un record qui permet au groupe danois de prendre la tête du classement des constructeurs devant General Electric, à qui il a ravi la 1ère place sur son marché domestique : les Etats-Unis. La compagnie américaine réalise néanmoins une bonne performance avec 6,5 GW, juste devant le chinois Goldwind (6,4 GW) qui perd sa place de leader conquise l’année dernière. Suivent plus loin l’Allemand Enercon et l’Espagnol Gamesa. Ce dernier a récemment fusionné avec Siemens (l’opération est dans sa dernière ligne droite) ce qui devrait permettre au duo Gamesa/Siemens de déranger le trio de tête à l’avenir.

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L’offshore balbutiant

La filière de l’éolien en mer (offshore) ne représente que 832 MW sur les près de 53 000 MW éoliens installés en 2016. Mais le secteur a bénéficié d’un soutien des Pouvoirs Publics notamment en France avec l’organisation d’appel d’offres pour la construction de parcs éoliens en mer (Tréport, Fécamp, St Brieuc notamment). L’Allemagne ou le Royaume-Uni ont déjà des installations offshore en fonctionnement. Pour autant, Selon le classement BNEF, c’est le Chinois Sewind qui arriverait numéro un avec 489 MW installés. Des chiffres qui s’expliquent par le fait que les turbines fabriquées par la compagnie chinoise sont en fait sous licence Siemens, le leader européen historique de l’offshore. Sur les 489 MW, seuls 101 MW étant vraiment des machines de conception chinoise.

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L’Asie portée par la Chine et l’Inde

Le dynamisme du marché asiatique de l’éolien est largement lié à deux pays : la Chine et l’Inde qui représentent à eux deux la moitié du marché mondial (49,3%). Selon le Global Wind Energy Council (GWEC), la Chine aurait à elle seule connectée 23 GW éoliens, un chiffre impressionnant bien qu’en-deçà du record absolu de 2015 (30 GW en une année). Le ralentissement du marché chinois est lié à une demande électrique moins forte qu’anticipée et une baisse des aides aux renouvelables.

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A noter que les Etats-Unis sont le 2ème marché après la Chine en terme de capacités installées (8,2 GW), et que l’Europe affiche également un certain dynamisme : l’Allemagne bien sûr (5,4 GW) et la France (1,5 GW). Enfin, les pays d’Amérique Latine devraient également monter en puissance grâce aux grands appels d’offres renouvelables conclu en 2016 (Mexique, Chili, Argentine notamment) qui ont vu de nombreux projets éoliens attribués, avec une mise en service prévue avant 2020.

Romain Chicheportiche

@mod, la domotique à la carte d’Avidsen

Zigbee, Z-Wave, EnOcean, DIO, KNX Wireless… Les protocoles qui existent sur le marché de la domotique sont innombrables, et ce constat est particulièrement avéré pour les protocoles radio. Or, cette multiplicité complique l’interopérabilité entre les équipements (détecteurs, actionneurs, contrôleurs), provenant de marques différentes, et ne rassure pas les non-initiés, craignant les incompatibilités. Peut-on attendre un langage universel adoubé par toute l’industrie ? «Ces langages n’évoluent pas vers une standardisation» tempère Alexandre Chaverot, président de Smart Home International, dont Avidsen est une filiale.

concept_@modEt si le protocole radio était interchangeable, choisi par l’utilisateur en fonction du système et du contrôleur domotique qu’il a mis en place ? C’est la solution mise au point par Avidsen et qui se nomme @mod. «Cette gamme d’accessoires possède une carte mère électronique dépourvue de la composante radio, explique Alexandre Chaverot. Celle-ci prend la forme d’une carte fille, semblable à une carte SIM.» Ce petit module radio s’insère à l’intérieur du périphérique et apporte la connectivité voulue. Les usages les plus courants au sein du Smart Home sont pris en compte par les accessoires @mod : gestion énergétique (thermostat…), sécurité (détecteur de mouvement, détecteur de fumée…), confort et contrôle des accès.

C’est à se demander si Avidsen réussira son pari tant la quantité d’options est impressionnante : Thread, Zigbee 3.0, Z-Wave +, EnOcean, ARW (le protocole 868 MHz d’Avidsen), io homecontrol, Weave, Somfy RTS, DIO, KNX Wireless, WiFi… Même les protocoles radio longue portée/basse consommation Sigfox et LoRa sont au programme. «Nous ajouterons le Bluetooth 5.0 dès que la spécification sera finalisée, prévoit Alexandre Chaverot. Quant à Homekit, nous devons d’abord nous rapprocher d’un partenaire industriel d’Apple.»

Un pilote logiciel adaptatif

Certains protocoles sont plus compliqués que d’autres à loger sur un module radio aussi miniature. «Citons, à titre d’exemple, les protocoles sur IPV6, confirme Minh Hoa HOANG, directeur technique d’Avidsen. Leurs niveaux de sécurité sont élevés et demandent une puissance de calcul plus importante et aussi plus de mémoire.» Par ailleurs, ce module radio devait s’adapter à la fonction de l’accessoire en question. «Le profil change automatiquement en fonction de la carte mère à laquelle la carte fille est branchée, explique Minh Hoa HOANG. Ainsi, le module radio chargera-t-il le logiciel de détection d’ouverture de porte s’il est raccordé à un détecteur d’ouverture de porte. Il a fallu structurer le logiciel pour répondre à ce besoin avec le minimum de taille mémoire.»

Mais cette innovation n’implique-t-elle un surcoût ? «Certes, en raison de la présence d’un circuit imprimé supplémentaire, d’un connecteur, etc, répond Minh Hoa HOANG. Mais cette solution permet de mutualiser les volumes sur les cartes mères et donc de baisser les prix. » Ces prix sont encore inconnus à l’heure actuelle, la livraison des accessoires @mod et des modules radio ne débutant qu’à partir de mai

La fabrication a lieu en France, alors qu’Avidsen a pour habitude de produire en Tunisie, en Israël et en Croatie (et autrefois en Chine). «La localisation française nous permet d’optimiser les échanges en phase de développement, donc le time to market, confie Alexandre Chaverot. C’est un industriel, accrédité qualité avionique, avec lequel nous avons initié des discussions en 2016 pour un partenariat actif en 2017. Notre volonté a toujours été de favoriser le made in France quand c’est possible.» L’identité de l’industiel en question n’a pas encore été communiquée.

Frédéric Monflier

Le Tumulte, mini-cinéma interactif, sort de son repaire

De la vidéoprojection immersive à 360°, de l’interactivité, des lunettes 3D : l’assemblage de tous ces ingrédients constitue une expérience de réalité virtuelle spectaculaire, nommée Tumulte et vue récemment au salon Virtuality à Paris. C’est la première fois que le Tumulte s’exporte hors du Musée de la BD à Angoulême, où il a établi domicile depuis 2015.

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copyright Aurelie Coudiere

Le Tumulte est l’aboutissement de six années de recherche et développement. Il a été conçu par Cortex Productions, qui se définit comme une manufacture de films et de réalités virtuelles pour le compte d’une clientèle publique ou privée. Ces réalisations en images de synthèse explorent des thématiques aussi variées que l’industrie, l’astronomie et la santé. Au salon Virtuality, les spectateurs voyageaient dans un vaisseau sanguin, au beau milieu des globules rouges, et étaient invités à éliminer des virus d’un geste de la main.

Une immersion à 360°

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copyright Aurélie Coudiere

La structure, cylindrique et fermée, a l’avantage d’offrir une excellente immersion totale dans l’œuvre audiovisuelle. Quatre vidéoprojecteurs, fixés en hauteur, projettent le film en relief et à 360°. Aucun raccord n’est visible, grâce à la mise au point d’un logiciel spécifique de «edge blending» (fusion des bords). Des capteurs, placés aussi en position zénithale, s’occupent de détecter la position des mains des spectateurs, qui portent par ailleurs des lunettes 3D pour visualiser les images en relief. Ces capteurs sont des Kinect, destinés habituellement à la console de jeux Xbox 360. Une preuve supplémentaire que des équipements grand public sont désormais suffisants pour des projets de cette ampleur.

Le Tumulte, avec son diamètre de 7,5 mètres (la version ambulante est un peu plus petite), peut aujourd’hui accueillir une quarantaine de personnes simultanément. Mais sa montée en puissance est programmée. «La prochaine génération, opérationnelle cet automne, mesurera 24 mètres de diamètre et pourra prendre en charge 600 personnes, explique Andreas Koch, le gérant de Cortex Productions. Nous prévoyons d’équiper les lunettes de capteurs supplémentaires et nous pourrons traiter davantage de données.» Les parcs à thème, la simulation industrielle et militaire, l’enseignement et les arts numériques sont parmi les débouchés possibles.

Frédéric Monflier

Le nucléaire entre en campagne électorale !

Le SFEN souligne « la nécessité de donner une nouvelle ambition à la filière nucléaire française », une ambition qui ne peut pas être « la limitation de sa part dans le mix électrique ou de fermeture de réacteurs ». Tourné vers l’avenir, il veut que la France continue à être leader du nucléaire et soit le pays « où s’invente le nucléaire du futur ». Pour ne pas laisser cette place aux Etats-Unis et à la Chine. L’organisme demande ainsi à ce que la France relance la politique nucléaire à l’échelle européenne.

Garantir l’avenir du nucléaire

Pour relancer la machine nucléaire, le SFEN propose un  « choc de simplification » pour une chaîne de contrôle plus efficace. Il s’agirait de simplifier les complexités administratives en vue d’ « associer renforcement continu du niveau de sûreté, amélioration de la compétitivité et innovation ». Notamment en généralisant les outils numériques pour sortir du « tout papier », généralisé dans les procédures des centrales.

L’organisme n’accepte pas la réduction de la part du nucléaire proposée par la loi de transition énergétique. Il veut « piloter efficacement le mix énergétique bas carbone » et « relier les coûts d’une action avec les économies d’émissions de CO2 qu’elle engendre ». Car « substituer par principe les énergies renouvelables au nucléaire ne répond ni aux objectifs de réduction des émissions de CO2 , ni aux objectifs de compétitivité ». La fermeture de Fessenheim doit être stoppée et le renouvellement du parc anticipé d’ici 2030.

Mais surtout, le nucléaire devrait aussi êrte valorisé dans les nouvelles applications, aujourd’hui réservées aux énergies renouvelables. C’est notamment le cas de l’alimentation des réseaux de chaleur ou les applications de « power-to-gas » pour produire de l’hydrogène ou du méthane . Des réacteurs pourraient être intégralement dédiés à ces nouveaux usages.

Le nucléaire pour l’habitat et les transports

L’organisme propose une nouvelle ambition basée sur une nouvelle vague de substitution des énergies fossiles par de l’électricité bas carbone pour le transport et l’habitat. Il n’y va pas par 4 chemins et suggère de fixer un objectif de 45 % de véhicules électriques et hybrides rechargeables à l’horizon 2050. Il voit l’installation de 7 millions de points de recharges d’ici 2030 pour accompagner cette transition.

Pour favoriser l’électricité dans la future réglementation thermique 2018, il incite à inscrire la réduction des émissions de CO2 comme « objectif prioritaire », avec un plafonnement par m² et par an . Car la RT 2012 aurait eu un effet pervers. « La part des énergies fossiles (gaz naturel, GPL, fioul) n’a cessé de croître sur l’ensemble de la construction neuve passant de 25 % à 61 % entre 2008 et 2014 », assure l’organisme.

Rémunérer le nucléaire comme les renouvelables

Le SFEN souligne l’intérêt de toutes les énergies bas carbone pour limiter le réchauffement climatique. Il estime donc que les systèmes de rémunération doivent être communs entre le nucléaire et les renouvelables. L’idée : mettre en place des contrats similaires à celui proposé par les britanniques pour l’achat de l’électricité à Hinkley Point. Ces contrats garantiraient un prix de vente, sous la forme d’une prime versée entre le prix du marché de gros et le prix garanti. Ce nouveau mode de rémunération aurait pour but de faciliter le financement de l’investissement.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Exoplanètes : beaucoup de bruit pour rien ?

Sans aucun doute, la recherche de vie extraterrestre et d’exoplanètes habitables (voire habitées) est un des domaines de l’astronomie qui continue de faire rêver l’humanité.

Avec la dernière annonce de la Nasa (qui en fait vient compléter l’annonce déjà faite l’année dernière par l’ESO et une équipe belge – voir cet article -), on a encore pu assister à un emballement médiatique mondial dont l’emblème pourrait être ce “doodle” de Google sur le thème.

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Des projets et des recherches à la pelle

La chasse aux exoplanètes bat son plein depuis une vingtaine d’années. Au compteur, plus de 3400 exoplanètes répertoriées dont 1284 pour la mission du télescope spatial Kepler, dont les données ne sont pas encore toutes analysées. Et les trouvailles continuent avec les observatoires spatiaux déjà lancés comme Kepler et Spitzer (le téléscope spatial infrarouge qui a servi à compléter les données sur le système planétaire autour de Trappist-1 – voir cet article -) et bientôt avec le prochain téléscope spatial James Webb (JWST) qui sera lancé par la Nasa en 2018. Mais les télescopes terrestres ne sont pas en reste et, avec l’aide enthousiaste de millions d’amateurs (comme ceux réunis autour du projet de sciences participatives Planet Hunters), ils participent activement à cette quête. A titre d’exemple, des chercheurs ont rendu publique la masse de données accumulées par le spectromètre HIRES installé sur le télescope Keck-1 à Hawai afin de monter un projet participatif (voir cet article). Sur ces données, les astronomes ont déjà identifié 114 signatures pouvant être des exoplanètes : 54 à forte probabilité, 60 à confirmer.

D’autres projets sont prévus à plus ou moins courts termes tels que les observatoires spatiaux européens CHEOPS (mesure et caractérisation d’explanètes déjà connues) et PLATO (photométrie et astrosismologie pour découvrir de nouvelles planètes) dont les lancements sont respectivement prévus en 2017 et 2024.

Des sondes pour aller sur place

Enfin dans le domaine du projet plus lointain, citons les deux expéditions présentées pour aller visiter Proxima b, l’exoplanète la plus proche de la Terre (4,2 années lumières) et potentiellement habitable. Breakthrough Starshot, proposée par le milliardaire russe Yuri Milner, est un essaim de nanosondes munies de voiles qui seraient poussées par des lasers tirés depuis la Terre. Elles pourraient survoler Proxima b d’ici 20 ans, mais ne feraient que passer. Un autre projet alternatif, proposé début février dans un article de Astrophysical Journal Letters, consisterait à envoyer des sondes munies de voiles poussées par les vents solaires pour un voyage de plus de 300 ans dans tout le système de Proxima du Centaure avec un retour sur Terre. Evidemment, cette fois la moisson de données seraient vraiment plus importante.

L’illusion de la zone d’habitabilité

Cependant, dans un pertinent article paru sur le site The Conversation, l’astronome chilien Joshua Tan, condamne l’emballement médiatique et scientifique autour des exoplanètes “analogues” à la Terre et qui sont placées dans la zone d’habitabilité. En effet, cette fameuse zone d’habitabilité d’une planète, définie comme la zone par rapport à une étoile où l’eau pourrait se trouver sous forme liquide est une condition tellement insuffisante pour déterminer si la vie pourrait s’y développer qu’on peut même s’étonner qu’elle soit encore utilisée: selon que la planète possède une atmosphère, selon sa géologie et son environnement dans l’espace tout peut changer ! Il n’y a qu’à regarder Vénus ou Mars. Si l’on continue à utiliser cette notion, c’est surtout pour restreindre le champ de recherche à une zone de probabilité d’apparition de la vie plus grande. Mais, pourtant notre système solaire, nous l’a maintenant dévoilé, l’eau liquide, que l’on considère comme le support privilégié de la vie, peut tout aussi bien se trouver sous la surface d’une planète, bien en dehors de cette zone d’habitabilité…

De l’eau, de l’eau !

De l’eau liquide sous la surface, on est à présent sûr qu’il y en a sur Encelade (satellite de Saturne) ou sur Europe (satellite de Jupiter), et certainement sur bien d’autres lunes, planètes ou météorites de notre système. Ce sont les résultats des dernières explorations du système solaire. Des océans enfouis, protégés des rayonnements et vents cosmiques par de la glace ou de la roche. Quand on voit la richesse de la vie sous-marine dans les abysses, que peut-on s’attendre à trouver si la vie y existe ? Ceci sans compter la vie qui peut se passer d’eau, comme cela pourrait être le cas sur Titan (voir cet article). Seulement, il faudra encore être patient avant d’en avoir le coeur net. La mission la plus proche pour aller voir le système Jupiter est Juice (Jupiter Icy Moon Explorer) programmée par l’Esa en 2022 avec une arrivée en 2030. Elle survolera en détail Jupiter et trois de ses satellites (Ganymède, Europe et Callisto). Suivie de peu, si elle obtient les financements, par la mission américaine Europa Multiple Flyby Mission qui est censée préparer l’arrivée d’un atterriseur dix ans plus tard. Mais si les grandes puissances spatiales traînent un peu des pieds, c’est que la communauté internationale est plutôt focalisée actuellement sur la maîtrise et l’étude approfondie de la Lune et de Mars, plus proches, avant de se lancer dans des atterrisseurs pour des mondes inconnus comme Titan, son épaisse atmosphère et ses mers d’hydrocarbures ou d’envisager sérieusement des robots foreurs à faire fonctionner dans les glaces des satellites de Jupiter. En attendant, il est plus simple de scruter le ciel pour répertorier des mondes qui pourraient, dans un avenir bien plus lointain, nous intéresser.

Sophie Hoguin

La réalité virtuelle tient salon à Paris

Si la réalité virtuelle (VR) est en plein essor, elle doit encore convaincre de son utilité une bonne partie du grand public et des professionnels. «Nous voulons démontrer que la réalité virtuelle n’est pas un gadget» insiste Olivier Godest, jeune entrepreneur qui, avec cette idée en tête, a fondé le salon Virtuality. La première édition se déroule ces jours-ci au Centquatre, situé dans le 19e arrondissement de Paris. Environ 10 000 visiteurs sont attendus par les organisateurs.

«Virtuality poursuit deux objectifs, enchaîne Olivier Godest. Promouvoir la réalité virtuelle auprès du grand public et des entreprises, et stimuler les échanges entre les professionnels. Car cette technologie n’est plus réservée à un petit nombre d’entreprises qui s’équipent de «caves». Elle se démocratise, grâce à la mise sur le marché de nombreux casques VR, dont 6 millions d’unités sont désormais en circulation dans le monde. Les coûts baissent, ce qui ouvre davantage de perspectives dans le registre de la communication, du marketing, de l’évènementiel, du cinéma, de la formation, de la santé

Priorité au milieu de la création

L’ordre des secteurs d’activités mentionnés par Olivier Godest n’est pas anodin quand on parcourt les allées du salon, au milieu d’une centaine d’exposants. Les agences de création de contenu numérique ont en effet la part belle et cherchent à démontrer leur savoir-faire – développement d’image de marque, divertissement, storytelling… – au travers d’expériences VR parfois spectaculaires et amusantes. Les «créatifs», au sens le plus large, sont un peu à la maison il est vrai. «Le Centquatre a pour vocation de soutenir la création artistique et culturelle, rappelle Valérie Sanghor, directrice adjointe de l’établissement. Or, la VR est un langage au service de nouvelles formes de narration.»

En revanche, si la thématique de la santé dispose d’un petit pôle dédié, les applications industrielles et la réalité augmentée sont invisibles voire absentes. On les rencontrera plutôt à Laval, où la 19e édition de Laval Virtual se profile fin mars.

Frédéric Monflier

Virtuality, du 24 au 26 février au Centquatre-Paris

Prix : 15 €/jour pour le grand public, «pass» 3 jours de 150 € pour les pros.

www.virtuality-paris.com

Revue de presse anglophone #6 : Nasa, robotique, Adidas…

yahoo-200Pourquoi Verizon rachète Yahoo

Malgré la faille de sécurité qui a touché Yahoo il y a quelques mois, Verizon n’a rien remis en cause quant à sa volonté d’acquérir ce géant du web.

Source : The Washington post

zuckerberg-200Mark Zuckerberg a t-il vraiment besoin d’être président pour diriger le monde ?

Le Guardian s’est penché sur la question.

Source : The Guardian

nasa200La NASA annonce la découverte d’exoplanètes potentiellement habitables

Ces planètes, situées à 40 années-lumières de la terre, seraient toutes d’origine rocheuse.

Source : Techcrunch

adidas200Adidas lance son usine du futur destinées à l’impression 3D de ses produits

La ville bavaroise d’Ansbach verra bientôt la naissance d'une nouvelle usine de fabrication 3D Adidas remplie de machines innovantes. Un virage pour la marque qui veut généraliser la vente de modèles imprimés en 3D.

Source : 3dprint

robot2002016, année de la robotique !

En 2016, les start-ups du secteur robotique se sont financées dans des proportions jamais vues jusque-là. Quelques chiffres pour illustrer le phénomène.

Source : roboticstomorrow

 

 

 

 

Portraits d’ingénieurs

À travers cette série de portraits, notre ambition était de rendre hommage non seulement à cette communauté d’ingénieurs, mais également à tous les conseillers et auteurs qui collaborent régulièrement à nos publications.

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Intersection – 2011 – 70×90 cm – Tirage Lambda sur Dibond + caisse américaine. Martine F., École nationale des travaux publics de l’État (ENTPE), Lyon / Ingénieure d’État spécialisée dans le transport, détachée en région puis en communauté d’agglomération, responsable marketing à Transpole en délégation de service public pour les transports de l’agglomération lilloise.

 

Delphine Lermite est diplômée de l’École régionale des Beaux-Arts de Rennes (DNSEP) et de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles (Master). Artiste dans la veine de la straigth photography et du documentaire, elle cherche à exprimer le monde du sensible à travers un travail se présentant a priori d’un point de vue objectif et réaliste. http://www.delphinelermite.com/

Christelle Didier est maître de conférence en Sciences de l’éducation à l’université Charles-de-Gaulle (Lille-3). Ses sujets de recherche portent sur l’éthique et la responsabilité sociale dans l’ingénierie. Elle collabore avec Techniques de l’Ingénieur en tant que conseillère éditoriale sur la rubrique Ingénierie et responsabilités.

 

>Télécharger la lettre des éditeurs TI au format PDF