ENI annonce la découverte d’un immense gisement de gaz offshore au large de l’Egypte

Le gisement pourrait représenter un potentiel de 850 milliards de mètres cubes, sur « un secteur de 100 kilomètres carrés », assure la compagnie dans un communiqué, parlant de « champ de gaz super-géant ».

Le ministère égyptien du Pétrole a confirmé la découverte, faite à 1.450 mètres de profondeur, précisant que « les opérations de développement » devraient durer quatre ans.

Le directeur général d’ENI, Claudio Descalzi, « s’est rendu au Caire pour informer le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de ce succès important, et discuter de la découverte avec le Premier ministre Ibrahim Mahlab », selon le communiqué de la compagnie.

Il devait aussi rencontrer le ministre du Pétrole Sherif Ismail.

« Il s’agit de la plus grande découverte de gaz jamais faite en Egypte et en mer Méditerranée », se félicite le groupe phare italien, assurant que cette découverte pourrait également « devenir l’une des plus grandes réserves de gaz naturel au monde ».

Le communiqué d’ENI précise que cette découverte, « après son développement total », va aider à couvrir « les besoins en gaz naturel de l’Egypte durant des décennies ».

Le président du Conseil italien Matteo Renzi a téléphoné au président al-Sissi, pour « discuter ensemble de l’impact de cette découverte sur la stabilité énergétique de la Méditerranée et sur les perspectives de développement de la région », a indiqué le palais Chigi.

« Compliments à l’ENI pour cet extraordinaire résultat d’un travail de recherche qui s’insère dans le cadre des rapports entre l’Italie et l’Egypte, dans une optique de partenariat stratégique qui concerne plus généralement tout le continent africain », a ajouté M. Renzi, dans un message de félicitations à M. Descalzi.

Cette découverte a été effectuée dans la zone d’exploration « Zohr », exploitée par l’ENI qui en détient la licence d’exploitation à 100%, à la suite d’un appel d’offre que la compagnie avait remporté en janvier 2014.

L’ENI va délimiter au plus vite le gisement pour assurer son développement rapide en utilisant au mieux les infrastructures déjà existantes, en mer et à terre.

M. Descalzi a estimé que « cette découverte historique sera en mesure de transformer le scenario énergétique d’un pays entier qui nous accueille depuis 60 ans » (depuis 1954).

ENI est le principal producteur d’hydrocarburants du pays avec une production de 200.000 barils d’équivalent pétrole par jour.

M. Renzi se félicite d' »être l’ami » du président egyptien. Le plus grand pays du monde arabe a un intérêt stratégique et économique très important pour l’Italie, alors que la Libye voisine, où l’Italie a beaucoup investi, a sombré dans le chaos et connait une montée de l’islamisme jihadiste, inquiétante pour l’Egypte.

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Informatique : les souris passent à la 3D

Le système n’a pas pour but de faire de Word une expérience IMAX, mais plutôt d’offrir aux designers la possibilité de naviguer dans leurs esquisses et de les modifier en manipulant des objets 3D avec des interactions 3D.

« Notre nouvelle technologie remet en question ce qu’un curseur peut ou ne pas faire, » explique Tomás Dorta, chercheur principal à l’École de design de l’Université de Montréal. « En fait, le curseur devient un instrument de dessin et de contrôle. Pour démontrer les techniques que nous dévoilons aujourd’hui, nous contrôlons le curseur à partir d’une tablette, mais des dispositifs comme les téléphones intelligents ou les montres intelligentes pourront éventuellement être utilisés parce qu’ils ne reposent pas nécessairement sur le référencement externe des mouvements. »

Que signifie la notion de plan de contrôle ? « L’analogie que nous utilisons pour expliquer la façon dont le curseur réussit à sélectionner des objets dans l’espace est celle du Filet à papillons – il suffit d’effectuer un mouvement de balayage avec le curseur 3D, précise le professeur Dorta. Le designer peut utiliser des gestes ou des mouvements, par exemple le pincement ou l’inclinaison, pour manipuler des objets. » Aux fins de la démonstration, les chercheurs ont choisi d’utiliser leurs curseurs 3D avec le système de design Hyve-3D, un environnement 3D complètement immersif qui permet de dessiner directement sur des tablettes portatives et de se servir de celles-ci pour manipuler les esquisses et créer un modèle en 3D dans un espace.
Un designer immergé dans la conception d’un salon par exemple pourrait utiliser cette technique pour visualiser différents ameublements à l’échelle et même peaufiner la décoration.

Les images immersives sont le résultat d’une illusion d’optique créée au moyen d’un projecteur d’images à haute résolution, d’un écran sphérique concave en tissu d’un diamètre de 5 m, et d’un miroir en forme de dôme servant à projeter les images sur l’écran. Des techniques spécialisées permettent de projeter en temps réel la scène en 3D sous forme sphérique.

Le lancement du système Hyve-3D et du curseur 3D est appuyé par Univalor, la société responsable de la commercialisation des innovations technologiques de l’université, et l’entreprise en démarrage Hybridlab inc. Plusieurs brevets sont en instance. « Nous croyons que les applications du curseur 3D vont bien au-delà des esquisses et pourraient comprendre notamment la conception architecturale, l’imagerie médicale et bien sûr les jeux informatiques, ajoute M. Dorta. Il n’est nullement question ici de gadgétiser le curseur, mais plutôt de repenser la façon dont les humains interagissent avec les ordinateurs dans le cadre du processus de création. »

 

Source : France Diplomatie 

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Un neurone à l’origine de la marche à reculons de la mouche

Comment la mouche est-elle capable de faire marche arrière ? Une question à laquelle les chercheurs de l’Institut de recherche en pathologie musculaire ont trouvé une réponse. Leurs travaux sont parus dans Science et expliquent comment ils ont étudié 3500 lignées de drosophiles aux profils de système nerveux différents. Parmi elles, ils ont identifié celle dont la marche arrière était la plus remarquable, à savoir la lignée Moonwalker. Une fois sélectionnée la drosophile la plus apte à partir en marche arrière face à un obstacle ou bloquée dans une impasse, l’équipe de Salid Bidaye a testé le rôle de certains neurones dans cette compétence. Pour cela, ils ont « éteint » les neurones de la mouche puis l’ont placé dans une situation qui exigeait qu’elle se déplace à reculons. Le pauvre animal s’est retrouvé incapable de s’en sortir. En y regardant de plus près via les outils de l’optogénétique, les chercheurs ont mis à jour les deux seuls neurones mis en jeu, un dans le cerveau et un situé dans l’abdomen. Plus précisément, le neurone du cerveau suffit à activer la marche arrière chez la drosophile, tandis que le neurone de l’abdomen sert plutôt dans la mise en œuvre des mouvements en inhibant les mouvements liés au déplacement vers l’avant. De quoi mieux comprendre comment les neurones pilotent la locomotion des drosophiles.

Par Audrey Loubens

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A-t-on trouvé un moyen de détecter la matière sombre ?

De ces deux composantes de l’Univers on ne sait que peu de choses : l’énergie sombre constituerait 68% de l’Univers, la matière sombre 27 %. Des chiffres énormes en comparaison de celui de la matière que nous connaissons – la matière baryonique – qui est seulement de 5 %.

La matière noire a jusqu’à aujourd’hui échappé aux observations des scientifiques. Les télescopes les plus puissants se sont révélés inefficaces. Mais si son existence n’est pas mise en doute, c’est parce que les chercheurs ont, grâce au phénomène de lentille gravitationnelle, décelé ses effets sur la matière visible. Ils se sont aperçu d’une déformation de l’image de corps lointains alors qu’il ne devait y avoir aucun obstacle entre l’observateur et l’objet observé. L’explication est qu’entre ces deux points figure quelque chose imprimant un fort champ gravitationnel qui dévie les rayons lumineux. Les scientifiques ont supposé qu’il devait s’agir de la fameuse matière noire. Elle expliquerait aussi pourquoi les galaxies ne s’éloignent pas plus rapidement les unes des autres bien qu’il semble que l’expansion de l’Univers s’accélère (selon le projet de cartographie WiggleZ Dark Energy Survey). Quoi qu’il en soit, elle reste une énigme dont les chercheurs ont que plus que jamais à coeur de découvrir les mystères.

On suppute que l’énergie sombre et la matière sombre interagissent avec la matière baryonique dans des circonstances rarissimes. Mais, détail fâcheux, cet événement doit être si extraordinaire et sporadique que les détecteurs ne sont pas encore parvenu à débusquer ces interactions. Cependant, point de découragement au sein de la communauté scientifique. Une douzaine de détecteurs massifs traquent sans relâche une potentielle collision entre de la matière sombre et un noyau d’atome avec l’espoir de découvrir d’infimes vibrations attestant de cette rencontre.

La collaboration de groupes de chercheurs européens en physique des particules baptisée Cryogenic Rare Event Search with Superconducting Thermometers (CRESST), impliquée dans la recherche de matière noire, a mis au point des détecteurs cryogéniques particuliers. Elle utilise notamment de petits cristaux à même de repérer les petites variations de température qu’engendrerait le choc entre particules de matière sombre et un noyau d’atome. Par ce biais, elle est en mesure, au même titre que le CERN avec le Large Hadron Collider, de repérer les particules très légères. Cela ouvre peut-être une brèche dans la recherche de particules de matière sombre.

Par Sébastien Tribot

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USA: une voiture électrique Tesla obtient la meilleure note jamais enregistrée

« Cela nous a soufflé », a indiqué le responsable des essais automobiles pour la revue, Jake Fisher, en précisant que la voiture avait même dépassé les 100 points sur l’échelle normale qui avait en conséquence été modifiée pour tenir compte des performances de ce véhicule.

Il s’agit du modèle P85D à deux moteurs électriques, un devant, un derrière, ce qui en fait une quatre roues motrices.

Le modèle sur lequel la P85D est basée, le modèle S, avait déjà reçu il y a deux ans, une note de 99/100 dans les tests de Consumer Report, à l’époque la meilleure note jamais attribuée à une voiture, électrique ou non.

Suite à cette publication, le titre de Tesla décollait en Bourse, gagnant 7,29% à 241,22 dollars vers 15H20 GMT.

Tesla s’est imposé sur le marché des voitures électriques aux Etats-Unis en vendant des modèles luxueux comme le modèle S vendu autour de 80.000 dollars (70.000 euros) ou le P85D (130.000 dollars).

Il doit présenter très prochainement un nouveau véhicule dans la gamme des SUV, le modèle X, mais avait indiqué début août qu’il risquait de ne pas atteindre son objectif de 55.000 voitures vendues cette année, l’objectif se situant dorénavant entre 50.000 et 55.000 unités.

jld/soe/faa

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La transition énergétique transforme les transports

«L’État crée les conditions pour que la part de l’énergie produite à partir de sources renouvelables utilisée dans tous les modes de transport en 2020 soit égale à 10 % au moins de la consommation finale d’énergie dans le secteur des transports et à au moins 15 % en 2030 », fixe le texte de loi.

D’ici 2030, au moins 7 millions de bornes seront installées sur le territoire pour recharger les véhicules électriques et les hybrides rechargeables. Un crédit d’import « transition énergétique » de 30 % s’appliquera pour l’acquisition d’un système de recharge pour les véhicules électriques à domicile.

Des transports publics qui passent au vert

La loi prévoit d’imposer, d’ici 2025, pour les parcs de véhicules de moins de 3,5 tonnes gérés par l’Etat et ses établissements publics, 50 % de « véhicules à faibles émissions » dans leurs renouvellements, dès lors que le parc excède 20 véhicules. Ces véhicules seront électriques ou « de toutes motorisations et de toutes sources d’énergie produisant de faibles niveaux d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques », précise le texte de loi. Un décret fixera ces références. La proportion est portée à 20 % du renouvellement pour les collectivités territoriales. Pour  les véhicules de plus de 3,5 tonnes, la proportion dans le renouvellement est fixée à 50%.

A partir de 2020, les transporteurs publics exploitant plus de 20 autobus et autocars, devront acquérir 50 % de « véhicules à faibles émissions définis en référence à des critères fixés par décret » dans leurs renouvellements. La totalité du renouvellement devra se faire avec ces véhicules à partir de 2025. Pour la RATP, la proportion minimale de 50 % s’applique dès 2018.

Avant 2020, pour les loueurs de voitures, les taxis et les exploitants de voitures de transport avec chauffeur, chaque renouvellement doit contenir au moins 10 % de véhicules à faibles émissions (lorsque le parc dépasse 10 véhicules).

Le covoiturage et l’autopartage favorisés

La loi définit le covoiturage comme « l’utilisation en commun d’un véhicule terrestre à moteur par un conducteur et un ou plusieurs passagers, effectuée à titre non onéreux, excepté le partage des frais, dans le cadre d’un déplacement que le conducteur effectue pour son propre compte ».

Les véhicules autorisés en covoiturage pourront bénéficier de conditions de circulation privilégiées et de prix privilégiés sur autoroute. Notamment, les sociétés concessionnaires d’autoroutes devront créer ou développer des places de covoiturage. D’ici un an, le Gouvernement remettra au Parlement un rapport évaluant l’opportunité de réserver, sur les autoroutes et les routes nationales, une voie aux transports en commun, aux taxis, à l’auto-partage, aux véhicules à très faibles émissions et au covoiturage.

A partir de 2018, toute entreprise d’au moins 100 travailleurs située dans un territoire couvert par un plan de déplacements urbains devra établir « un plan de mobilité pour améliorer la mobilité de son personnel et encourager l’utilisation des transports en commun et le recours au covoiturage ». Les entreprises de plus de 250 salariés doivent quant à elles faciliter le covoiturage pour les déplacements entre le domicile et le travail.

Le Syndicat des transports d’Ile-de-France  pourra délivrer un label « auto-partage », organiser des services publics de transport de marchandises et de logistique urbaine, d’auto-partage et location de bicyclettes dans les communnes qui n’en présentent pas. Il pourra aussi développer des plateformes de covoiturage et créer un « signe distinctif » des véhicules utilisés dans le cadre d’un covoiturage.

Des places et conditions de circulation privilégiées

Le code la route est modifié : «les véhicules à très faibles émissions, en référence à des critères déterminés par décret, peuvent notamment bénéficier de conditions de circulation et de stationnement privilégiées ».

Des zones de circulation restreintes autorisées aux seuls véhicules les moins polluants, pourront également être créées dans les villes et les zones couvertes par un plan de protection de l’atmosphère. De même, entre juillet 2015 et jusqu’au 1er janvier 2017, une commune couverte par un plan de protection de l’atmosphère peut interdire à certaines heures l’accès aux véhicules les plus polluants.

Le vélo fortement favorisé

Le vélo fait son entrée dans la transition. Soit par la mise à disposition gratuite de flottes de vélos pour les salariés pour les trajets domicile-travail, disposition qui offre droit à l’entreprise à une réduction d’impôt égale à 25 % du prix d’achat de ladite flotte. Soit par la mise en place d’une « indemnité kilométrique vélo » pour les salariés pour ces mêmes trajets. Le montant de l’indemnité sera fixé par décret et exonéré de cotisations sociales, dans la limite d’un montant défini par décret.

La France pévoit également un « déploiement massif, avant 2030, de voies de circulation et de places de stationnement réservées aux mobilités non motorisées, en particulier de stationnement sécurisés pour les vélos ».  Ainsi, toute nouvelle construction comprenant un parking devra inclure des places de stationnement sécurisé pour vélos et de prises de recharge pour véhicule électrique ou hybride rechargeable. Cette obligation s’imposera aussi lors de travaux sur des parking à proximité d’habitations, bâtiment tertiaire ou industriel, etc. Un décret précisera les modalités en fonction de la taille et la catégorie des bâtiments concernés.

La grande distribution et les aérodromes mettent la main à la patte

D’ici le 31 décembre 2016, la grande distribution va devoir établir un programme d’actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques dues au transport de ses marchandises. L’objectif est de réduire l’intensité de ces polluants – le rapport entre volume des émissions de polluants et les quantités de marchadises commercialisées – de 10 % en 2020 et de 20 % en 2025, par rapport à 2010.

Les aérodromes devront également prévoir un plan d’action similaire, répondant aux mêmes objectifs pour 2020 et 2025, pour réduire la pollution des activités directes et au sol. Ces plans d’actions seront évalués par l’ADEME qui en dressera un bilan national pour le 31 décembre 2017.

Deux dispositions insolites

Les amateurs de « tuning » vont déchanter. « Est puni d’une amende de 7 500 € le fait de réaliser sur un véhicule des transformations ayant pour effet de supprimer un dispositif de maîtrise de la pollution, d’en dégrader la performance ou de masquer son éventuel dysfonctionnement, ou de se livrer à la propagande ou à la publicité, quel qu’en soit le mode, en faveur de ces transformations », prévoit le texte. De plus, le contrôle des émissions de polluants atmosphériques et de particules fines sera renforcé lors du contrôle technique, par décret avant 2017.

La loi prévoit de réduire l’exposition des populations aux pollutions atmosphériques. Des objectifs nationaux de réduction des émissions de polluants atmosphériques seront définis par décret pour 2020, 2025 et 2030. Un plan national de réduction de ces émissions devra être arrêté au plus tard le 30 juin 2016. Mais ce plan exclut les « émissions de méthane entérique naturellement produites par l’élevage de ruminants». Les éleveurs seront certainement satisfaits, pour une fois.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Sur l’énergie, Hollande respecte (presque) tous ses engagements

Mis à mal au Sénat, les engagements présidentiels sont finalement adoptés. La part du nucléaire dans la production d’électricité devra finalement bien atteindre 50 % en 2025 (au lieu de 77% en 2014). Le Sénat refusait d’établir un calendrier précis, préférant la formule floue « à terme ». 

De même, la capacité du parc nucléaire est bien plafonnée à sa puissance actuelle, soit 63,2 gigawatts (GW). De son côté, le Sénat avait tenté de la relever à 64,85 GW en vue de la mise en service de l’EPR de Flamanville, d’une puissance de 1,65 GW. Résultat : si l’EPR de Flamanville est un jour mis en service, (malgré les anomalies découvertes sur la cuve du réacteur et de nombreux retards), cela signifie qu’il faudra fermer au moins deux réacteurs de 900 MW pour ne pas dépasser ce plafond. Mais quels réacteurs fermer ? Sur  la promesse de François Hollande de fermer Fessenheim en 2016, la loi reste muette.

On aurait pu espérer que cette question soit tranchée par la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Celle-ci doit définir des objectifs à atteindre sur la période pour les évolutions du mix énergétique. Pour ce faire, elle fixera notamment la part d’électricité produite par chaque source d’énergie et ce de façon à atteindre les objectifs de plus long terme du texte : 50 % d’électricité d’origine nucléaire en 2025, 40 % d’électricité d’origine renouvelable en 2030, etc. Une première période devait s’étendre entre 2015 et 2018, avant d’avoir des programmations tous les 5 ans : 2018-2023, 2023-2028… Dans le texte final, il est simplement précisé que la première période de la première programmation s’achève en 2018, sans en fixer de date de début. Vraisemblablement, elle ne verra pas le jour avant 2016. Dans cette perspective, difficile d’imaginer une fermeture de Fessenheim cette même année.  

Développer les énergies renouvelables, diminuer les émissions de gaz à effet de serre

La France va devoir fortement diminuer sa consommation énergétique. Le texte prévoit une baisse de 50 % de la consommation énergétique en 2050 par rapport à 2012, avec un objectif intermédiaire de 20 % en 2030. Les émissions de gaz à effet de serre devront également être divisées par quatre d’ici 2050 par rapport à 1990. Un objectif intermédiaire de baisse de 40% a été introduit pour 2030. Pour atteindre tous ces objectifs, la loi prévoit le développement des énergies renouvelables, une réduction de la consommation énergétique primaire en énergies fossiles de 30% en 2030, la rénovation de l’ensemble des bâtiments à l’horizon 2050 en fonction des normes « bâtiment basse consommation », la multiplication par 5 de la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid d’ici 2030 (passer d’environ 2,8 à 14 millions de français alimentés par ces réseaux en renouvelables). 

Les énergies renouvelables ne représentaient que 13,7 % de la consommation finale d’énergie en 2012. Les objectifs sont de porter cette part à 23 % en 2020 (confonformément aux anciens objectifs) et de 32 % d’ici 2030. A cet horizon, la loi prévoit que « les énergies renouvelables doivent représenter 40 % de la production d’électricité, 38 % de la consommation finale de chaleur, 15 % de la consommation finale de carburant et 10 % de la consommation de gaz ».

Un nouvel article majeur a fait son entrée dans le texte. La France décide d’une vraie taxe carbone, en fixant un nouvel objectif d’augmentation du prix du carbone. Votée au Sénat en deuxième lecture, l’amendement a été repris par les députés. Il a pour objectif de quadrupler entre 2016 et 2030 le prix du carbone, à travers la contribution climat énergie, de 22 euros la tonne de CO2 à 100 euros, en passant par un objectif intermédiaire de 56 euros en 2022. Ainsi, le charbon et le fioul devraient disparaître progressivement au profit du gaz.

Alors que le projet de loi a été adoptée avec plus de 2 ans de retard, la question demeure sur la rapidité de publication des décrets, nécessaires pour fixer plusieurs dispositions pratiques. La ministre de l’écologie a annoncé que les premiers décrets seront publiés dès la rentrée 2015. 18 décrets et 27 ordonnances seraient en préparation.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La transition énergétique veut diminuer les gaspillages

Le texte fait la part belle au développement de l’économie circulaire. Il promeut, par ordre de hiérarchie, « la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits et, suivant la hiérarchie des modes de traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut à une valorisation des déchets ». Avec pour objectif de réduction de 10 % des quantités de déchets ménagers et assimilés produits par habitant en 2020 par rapport à 2010, le texte comprend plusieurs dispositions.

Une gestion des déchets repensée

Une nouvelle filière de valorisation des déchets organiques verra le jour « en orientant vers ces filières de valorisation, respectivement, 55 % en 2020 et 65 % en 2025 des déchets non dangereux non inertes, mesurés en masse », de façon à ce que le tri à la source des déchets organiques, en vue de leur valorisation, soit généralisé « avant 2025 ».

Suite aux résultats de l’expérimentation portant sur l’extension des consignes de tri à l’ensemble des emballages plastiques, cette extension devra être déployée sur tout le territoire « avant 2022 », en vue de leur recyclage prioritaire. Pour optimiser la compréhension du tri par les ménages, les consignes de tri et les couleurs des contenants associés devraient enfin être harmonisés. Cette transition se fera progressivement, au fur et à mesure du renouvellement naturel du parc de poubelles. L’objectif est une harmonisation nationale en 2025.

Les déchets issus d’une collecte séparée ou d’une opération de tri dans une installation dédiée qui ne seront pas recyclabes dans des conditions de rentabilité suffisantes devront être valorisés énergétiquement. Le réemploi, le recyclage et la collecte des biodéchets devant se développer, ainsi qu’à défaut, la valorisation énergétique, les objectifs de réduction de déchets enfouis sont ambitieux. Ils visent à réduire de 30 % les quantités de déchets non dangereux non inertes – les déchets qui peuvent brûler ou être valorisés sans présenter de caractère dangereux ou toxique vis-à-vis de l’environnement ou de la santé humaine – admis en installation de stockage en 2020 par rapport à 2010, et de 50 % en 2025. Pour aider un peu plus l’atteinte de cet objectif, le texte vise à « réduire de 50 % les quantités de produits manufacturés non recyclables mis sur le marché avant 2020 ».

Une filière de récupération des déchets dans le BTP devra se développer fortement d’ici 2020. En effet, le texte vise à valoriser sous forme de matière 70 % du secteur du bâtiment et des travaux publics en 2020, alors qu’aujourd’hui cette filière est quasiment inexistante. En 2020, 15 millions d’habitants devront être couverts par une tarification incitative en matière de déchets et 25 millions en 2025.

Diminution des déchets en matières plastique et de la vaisselle jetable

Certains articles de la loi sont apparus, puis ont disparu, avant d’être réamandés. Ainsi en est-il de l’interdiction de la vaisselle jetable en plastique. Le Sénat voulait installer un tri des déchets à la source, l’Assemblée nationale a préféré tout simplement l’interdire. Le texte final prévoit que « au plus tard le 1er janvier 2020, il est mis fin à la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables de cuisine pour la table en matière plastique, sauf ceux compostables en compostage domestique et constitués, pour tout ou partie, de matières biosourcées ».

Les lobbies de l’industrie plastique ont été à l’oeuvre pour essayer de supprimer l’interdiction des sacs plastiques en matières plastiques prévue par le texte. En vain. Ainsi, l’ensemble des sacs en matières plastiques à usage unique destinés à l’emballage de marchandises, mis à disposition dans un lieu de vente seront progressivement interdits. Qu’ils soient gratuits ou payants ! A partir du 1er janvier 2016 pour les sacs de caisse et à compter du 1er janvier 2017 pour les autres. Après, seuls les « sacs compostables en compostage domestique et constitués, pour tout ou partie, de matières biosourcées » seront autorisés. Un décret précisera la teneur biosourcée minimale que ces sacs devront contenir. Une disposition similaire concerne les emballages plastiques pour l’envoi de la presse et de la publicité pour le 1er janvier 2017. Un rapport sur l’impact économique et environnemental de ces interdictions dera être remis au Parlement au plus tard au 1er janvier 2018.

La fin des épaves sur la voie publique, chez les privés ou dans les ports

Trop d’épaves de véhicules sont abandonnées par leurs propriétaires sur la voie publique suite à une détérioration ou un vol. Cela sera enfin interdit. En effet, pour un véhicule laissé sur la voie publique ou sur le domaine public, un maire pourra faire évacuer ce véhicule, aux frais du titulaire du certification d’immatriculation lorsqu’il est connu, soit vers un centre de véhicules hors d’usage agréé s’il est irréparable, soit vers une fourrière, si le véhicule est techniquement réparable.

De même, plusieurs épaves hors d’usage rouillent dans des jardins privés. Si « ce véhicule peut constituer une atteinte grave à la santé ou à la salubrité publiques, notamment en pouvant servir de gîte à des nuisibles susceptibles de générer une telle atteinte, peut contribuer à la survenance d’un risque sanitaire grave ou peut constituer une atteinte grave à l’environnement », le maire dispose des mêmes pouvoirs. Simplement, dans ce cas, le délai d’attente avant intervention est de 15 jours, contre 10 jours pour le cas précédent, suite à la mise en demeure du propriétaire.

La loi s’intéresse également aux épaves de navires. Tout propriétaire devra désormais notifier par écrit au ministre chergé de la mer son « intention de recycler le navire dans une installation ou des installations de recyclage de navires données, dans des conditions fixées par voie réglementaire », sous peine d’un an d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende. La même peine s’applique pour un propriétaire de navire qui ne disposerait pas à bord de l’inventaire des matières dangereuses présentes. A partir de 2017, les metteurs sur le marché de navires de plaisance ou de sport devront payer une éco-contribution pour le recyclage et les traitement des déchets de leurs produits.

L’obsolescence programmée punie par la loi

« L’obsolescence programmée désigne l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement », telle est la définition donnée par la loi. Une peine de 2 ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende est prévue en cas d’obsolescence programmée avérée de la part d’un constructeur. L’amende peut monter jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires hors taxes le plus élevé réalisé en France en cas d’avantages avérés tirés par l’entreprise.

Le texte prévoit aussi de développer la deuxième vie des objets, « notamment des équipements électriques et électroniques, des textiles et des éléments d’ameublement » ; des objectifs seront définis ultérieurement pour chaque filière par les filières à responsabilité élargie des producteurs.

Le texte prévoyait de nombreuses dispositions pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Mais la quasi-totalité des dispositions a été retoquée par le Conseil Constitutionnel. pour l’agriculture ou la valorisation énergétique, notamment par méthanisation.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Transition énergétique : le bâtiment dans tous ses états

« La France se fixe comme objectif de rénover énergétiquement 500 000 logements par an à compter de 2017, dont au moins la moitié est occupée par des ménages aux revenus modestes, visaint ainsi une baisse de 15 % de la précarité énergétique d’ici 2020 », stipule l’article 3 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte. La loi précise par ailleurs que l’nemseble du parc immobilier français devra être rénové en fonction des normes « bâtients basse consommation » ou assimilées, à l’horizon 2050. Pour concrétiser ce grand objectif, plusieurs dispositions nouvelles encadrent la rénovation énergétique des bâtiments et des logements, pour les rendre plus économes.

La rénovation énergétique devient obligatoire

Le Gouvernement veut s’attaquer en priorité aux bâtiments les plus énergivores. D’ici 2025, « tous les bâtiments privés résidentiels dont la consommation en énergie primaire est supérieure à 330 killowhatteurs d’énergie primaire par mètre carré et par an doivent avoir fait l’objet d’une rénovation énergétique ».

La loi instaure aussi l’obligation de réaliser des travaux de rénovation énergétique, dès lors qu’un bâtiment subit de lourds travaux d’entretien. Cela comprend les ravalements importants, la réfection ou l’isolation de la toiture, l’installation d’équipements de contrôle et de gestion active de l’énergie ou encore les travaux d’aménagement de nouvelles pièces pour les rendre habitables. Pour les copropriétés, cette obligation concernera seulement les travaux affectant les parties communes. Par ailleurs, un rapport sera remis au gouvernement dans un an, afin d’évaluer la possibilité d’instaurer un bonus-malus pour inciter les propriétaires à réaliser des travaux d’économies d’énergie.

Un décret définira le calendrier de mise en oeuvre de cette obligation en fonction de la performance énergétique du bâtiment, sa catégorie et précisera les équipements concernés, mais aussi les exceptions lorsque ces travaux ne sont pas réalisables. « Cette obligation de rénovation est prolongée par période de dix ans à partir de 2020, jusqu’en 2050 avec un niveau de performance à atteindre renforcé chaque décennie, de telle sorte que le parc global concerné vise à réduire ses consommations d’énergie finale d’au moins 60 % en 2050 par rapport à 2010, mesurées en valeur absolue de consommation pour l’ensemble du seceur », précise le texte de loi.

La loi crée un carnet de santé numérique de suivi et d’entretien de chaque logement « Il mentionne l’ensemble des informations utiles à la bonne utilisation, à l’entretien et à l’amélioration progressive de la performance énergétique logement et des parties communes lorsque le logement est soumis au statut de copropriété », présente la loi. Ce carnet regroupe les informations concernant l’isolation, les travaux, les coûts des factures d’électricité et de gaz, etc. Remis à l’achat ou à la location, il sera obligatoire pour les constructions neuves dès 2017 et à l’occasion d’une mutation en 2025. Un décret précisera les modalités d’application.

Enfin, les frais de chauffage dans les immeubles collectifs devront être individualisés. Une sanction de 1500 € par logement pourra être adressée à l’encontre de chaque immeuble en cas de manquement.

Des aides pour accompagner les particuliers

Puisque la rénovation énergétique devient obligatoire, il faut être en mesure d’aider les foyers les plus modestes. Pour ce faire, plusieurs aides, crédits d’impôts et moyens de financement sont mis en oeuvre.

Un Fonds de garantie de la rénovation énergétique, géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), est ainsi créé. Ses ressources seront définies en loi de finances. Sous condition de ressources fixées par décret, ce fonds facilitera les prêts pour les ménages modestes qui souhaitent entreprendre des travaux de rénovation énergétique et pour les prêts collectifs en copropriété. Des sociétés régionales de tiers-financement seront également créées pour avancer le coût des travaux aux foyers modestes.

Depuis le 1er septembre 2014 et jusqu’au 31 décembre 2015, le crédit d’impôt pour la transition énergétique permet de bénéficier d’un taux unique de réduction d’impôts de 30 % sur l’achat d’équipements permettant une meilleure efficacité énergétique ou sur des travaux de rénovation énergétique. Le montant total des dépenses en faveur de la transition énergétique ouvrant droit au crédit d’impôt ne peut pas excéder 8 000 € pour une personne célibataire, veuve ou divorcée et 16 000 € pour un couple marié ou pacsé. Accessible aux propriétaires, l’éco-PTZ permet de bénéficier d’un prêt à taux zéro jusqu’à 30 000 €, sans intérêts, remboursable sur 10 ans, pour financer les travaux de rénovation.

Dernière disposition pour aider les foyers modestes : un chèque énergie pour les ménages modestes remplacera progressivement les tarifs spéciaux du gaz et de l’électricité. Attribué sous conditions de revenus et selon la composition du foyer, il permettra aux ménages de payer leur facture énergétique, des travaux de rénovation ou acheter des équipements électriques, « lorsque le remplacement d’un ancien équipement permet un gain substantiel de performance énergétique », fixé par décret. La généralisation du chèque énergie interviendra « au plus tard au 1er janvier 2018 », après un test dans plusieurs zones également définies par décret. Ce chèque sera nominatif et sa durée de validité sera limitée dans le temps en fonction de son usage.

D’autres dispositions en vrac

Des plateformes territoriales de la rénovation énergétique vont être mise en place partout en France. Elles conseilleront et orientereront les ménages qui souhaitent réaliser des travaux de rénovation énergétique, « en fonction de leurs besoins, vers des professionnels compétents tout au long du projet de rénovation ». Elles fourniront des informations « techniques, financières, fiscales et réglementaires » nécessaires à des travaux de rénovation énergétique.

L’utilisation des matériaux biosourcés sera encouragée lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments. Par ailleurs, la loi prévoit la remise de plusieurs rapports au Parlement : un consacré aux subventions et à la création d’un fonds pour lutter contre la précarité énergétique, un sur l’opportunité d’aides fiscales à l’installation de filtres à particules sur l’installation de chauffage au bois des particuliers, un sur la mise en place d’une seule aide globale subordonnée à la présentation d’un projet complet de rénovation et un sur la nécessité d’effectuer une évaluation de la performance énergétique des travaux réalisés.

Tous les cinq ans, le Gouvernement devra faire analyser l’ensemble du parc national de bâtiments publics ou privés, à usage résidentiel ou tertiaire, au regard notamment de leur performance énergétique. Il comprendra aussi une présentation des stratégies de rénovation économiquement pertinentes, en fonction des types de bâtiment et des zones climatiques et une estimation des économies d’énergie attendues.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Conseil Constitutionnel censure un peu la transition

Les membres du Conseil Constitutionnel ont censuré les articles portant sur l’obligation de rénovation des bâtiments privés résidentiels à l’occasion d’une mutation à partir de 2030, l’obligation pour la grande distribution de définir un programme d’actions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques d’ici fin 2016 et la modification des règles de composition du capital des éco-organismes (articles 6, 44 et 83).

La fin du gaspillage alimentaire chez les enseignes annulée

La pression citoyenne a été forte pour faire entrer la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le texte. La version finale votée à l’Assemblée nationale comprenait de nombreuses dispositions pour ce faire. Les invendus propres à la consommation humaine devaient faire l’objet de don ou de transformation. Le reste aurait du être destiné à l’alimentation animale, utilisé en compost pour l’agriculture ou valorisé énergétiquement, notamment par méthanisation. La grande distribution se voyait interdire le fait d’asperger ses invendus à l’eau de Javel pour les rendre impropres à la consommation ou à toute forme de valorisation, sous peine d’une amende de 3750 € Ces dispositions devaient entrer en application au 1er juillet 2016. D’ici là, les commerces dont la surface de vente est supérieure à 400 m2 auraient dû signer une convention avec une ou plusieurs associations pour leur fournir gratuitement les denrées alimentaires. Des contraventions de 3e classe (amende forfaitaire inférieure à 3000€) étaient prévues en cas de manquement.

Mais voilà, le Conseil constitutionnel a censuré l’ensemble de ces dispositions pour des raisons de procédure. La ministre de l’écologie et de l’énergie, a annoncé vouloir réunir rapidement les représentants de la grande distribution pour leur proposer de faire « de manière volontariste et contractuelle ce que prévoyait la loi ». Affaire à suivre…

Un vice de procédure ?

60 sénateurs du parti Les Républicains dénoncent la façon dont s’est tenue la commission mixte paritaire en mars dernier. Selon eux, elle n’est pas conforme aux règles constitutionnelles. « Le constat d’échec a été, en effet, imposé par son président, M. François BROTTES, Député, président de la commission des affaires économiques, sans vote ni même consultation des membres de la commission mixte paritaire », dénoncent-ils dans leur saisine. Ainsi, les sénateurs accusent la « décision unilatérale du président de la commission mixte paritaire de mettre un terme aux travaux de cette commission avant tout vote» et une absence de dialogue au sein de la commission mixte paritaire ».

Si un vote avait eu lieu, les sénateurs républicains estiment que le texte aurait penché vers la version des sénateurs, celle proposant une part du nucléaire abaissée à 50 % du mix électrique national « à terme » et non « en 2025 », ainsi qu’une capacité nucléaire plafonnée à 64,85 gigawatts (GW) au lieu de 63,2 GW. « L’échec de la commission mixte paritaire sans avoir à procéder à un vote a modifié le résultat qui aurait été obtenu s’il avait laissé ses membres procéder à un tel scrutin », affirment-ils.

Dans son avis, le Conseil Constitutionnel a écarté tous ces « griefs de procédure ».

Les députés du parti Les Républicains en remettent une couche

Les députés républicains n’ont pas tardé à rejoindre leurs collègues sénateurs. Le 28 juillet, ils saisissaient le Conseil constitutionnel pour 9 articles qu’ils jugeaint méconnaître « des dispositions et principes de valeur constitutionnelle ».

Le Conseil constitutionnel a donné raison à ces députés sur 3 articles et s’est auto-saisi de la question du gaspillage alimentaire. Les articles dénoncés, mais qui ont été jugés conformes à la Constitution par le Conseil, portent notamment sur les objectifs globaux de la loi, l’interdiction, à compter du 1er janvier 2020, de la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables de cuisine en matière plastique et le seuil de 500 mètres d’éloignement des éoliennes par rapport aux zones d’habitation. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
 

La déformation des matériaux observée pendant l’essai

A Mines ParisTech, le Centre des Matériaux collabore étroitement avec des industriels de tous univers : automobile, aéronautique, production d’énergie, etc. Le but de ses travaux : développer de nouveaux matériaux, caractériser des matériaux ou encore aider les industriels à modéliser leurs matériaux à des fins de calcul de durée de vie ou de dimensionnement (quelle épaisseur de matière faut-il donner à une pièce pour qu’elle supporte la sollicitation thermomécanique qui lui est appliquée en service ?). Les matériaux dits structuraux vont tenir leur fonction de part leur forme. Ainsi une culasse en aluminium doit conserver sa géométrie pendant tout son fonctionnement. De même une aube de turbine dispose d’un profil géométrique bien spécifique. Si celui-ci change, son rendement est altéré et dans certains cas, cela peut conduire à des dysfonctionnements.
Pour mener ces recherches, le Centre des Matériaux de Mines ParisTech réalise différents types d’essais sur les matériaux : essais mécaniques monotones à basse ou haute température, essais de fatigue à plus ou moins haute température, etc. Le microscope numérique VHX de Keyence est employé pour une première expertise. Il sert à l’analyse de l’état des éprouvettes avant et après un essai. Il permet d’observer les défauts de surface ou de microstructures (joint de grains, porosités, inclusions, etc.). « Nous apprécions particulièrement la capacité d’analyse 3D des surfaces du VHX. Nous effectuons un relevé de la topographie avant et après l’essai. Notre objectif est de décrire comment s’est déroulé l’endommagement du matériau », rapporte Alain Köster, enseignant-chercheur à Mines ParisTech.
L’emploi du microscope numérique pour ce type d’application est tout à fait classique. Mais le Centre des Matériaux revendique un savoir-faire spécifique : la capacité d’observer les éprouvettes in situ, c’est-à-dire pendant l’essai, et cela à haute température (jusqu’à 1200°C). « Nous avons conçu un support pour recevoir la partie optique du VHX. Nous travaillons à des distances au moins supérieures à 85mm (distance focal fixe à 85mm et 95mm). L’objectif, dont la température est surveillée par un thermocouple, est protégé de la chaleur par un écran thermique et par un système de balayage d’air », décrit Alain Köster.
Avant d’acquérir un microscope numérique VHX, le Centre des Matériaux de Mines ParisTech avait recours à des caméras classiques pour conduire ses observations mais le couple résolution/contraste n’était pas suffisant. « L’utilisation du VHX a nettement amélioré la qualité et la résolution des images. La capacité de mesure immédiate sur les images captées est intéressante mais ce n’est pas le plus important pour nous car nous pouvons tout à fait les effectuer en différé », note Alain Köster. Que les mesures soient faites en direct ou différé, leur finesse a grandement été améliorée grâce à la qualité d’images du VHX. Il est désormais possible de mesurer une fissure d’environ 500 µm avec une résolution meilleure que 5 µm contre 30 µm auparavant.
Pour les essais in situ, la souplesse d’utilisation du VHX et la facilité de changement de l’objectif sont prisées. « Au départ, les fissures sont très petites puis grandissent. Nous passons donc d’un objectif à grossissement fort à des objectifs à grossissement plus faible en cours d’essais tout en conservant les distances de travail à 85 mm », explique Alain Köster. Les images prises par le VHX peuvent être exportées vers un PC pour réaliser des traitements tels que la corrélation d’images pour mesurer les champs de déplacement et les longueurs de fissures.
Outre la qualité des images fournies, le microscope numérique VHX de Keyence est apprécié pour sa compacité. « Son concept tout en un (écran, unité centrale et source de lumière), sa caméra déportée et son faible encombrement sont très intéressants pour nous », conclut Alain Köster.

 

Multi-percée – Agrandissement x50
Analyse du trou et de fissures
Coalescence-fissure – Agrandissement x200
Mesure de fissure – Agrandissement x1000
Séquence de fissuration – Agrandissement x50

Japon: la montée en puissance du seul réacteur nucléaire en service retardée par un problème technique

Dans un communiqué, la compagnie du sud-ouest de l’archipel précise avoir décelé des anomalies sur des tubes d’un des trois condenseurs du système de refroidissement secondaire.

Ce dispositif transforme la vapeur générée par la chaleur du réacteur en eau en abaissant la température via la circulation d’eau de mer.

Ces cinq tubes (sur 26.000), peut-être percés, seraient à l’origine d’une infiltration d’eau de mer dans le condenseur en question.

Kyushu Electric avait découvert vendredi, par analyse, la présence d’eau de mer dans le système et décidé alors de suspendre la montée en puissance qui devait atteindre 100% ce mardi.

La compagnie avait alors évalué à une semaine le délai nécessaire pour élucider la cause de ce problème et y remédier, vraisemblablement en obstruant les tubes abîmés. Des cas similaires se sont déjà selon elle produits dans le passé.

Le réacteur continue de fonctionner à 75% de sa puissance mais l’électricité produite n’est pas utilisée.

L’exploitation commerciale du courant créé par Sendai 1 ne devait en tout état de cause pas débuter avant septembre, après une montée en puissance graduelle et une vérification simultanée du bon fonctionnement de cette installation.

Kyushu Electric Power avait redémarré le 11 août l’unité numéro un de sa centrale de Sendai (située sur l’île méridionale de Kyushu).

Tous les réacteurs nucléaires du Japon avaient été progressivement éteints pour maintenance de routine après l’accident de Fukushima en mars 2011.

Après l’arrêt des deux derniers en septembre 2013, aucun n’avait pu redémarrer jusqu’à ce mois d’août en raison de l’entrée en vigueur de nouvelles normes plus sévères à l’égard des risques de catastrophe naturelle, accident d’avion ou attentat terroriste.

Sendai 1 est la première (et actuellement la seule) tranche à avoir rempli toutes les conditions techniques et politiques pour refonctionner.

kap/anb/alc

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Energie: des radiateurs plus économes bientôt « offerts » pour remplacer les vieux (Royal)

« Il s’agit de faire en sorte que la loi de transition énergétique profite aussi directement aux gens, soit populaire », a expliqué la ministre sur France 2.

Précisant qu' »un million d’ampoules led » vont être distribuées notamment aux « personnes à petites retraites » en échange de « deux ampoules qui consomment beaucoup d’électricité », la ministre a expliqué »: « nous allons lancer la même opération sur les vieux radiateurs électriques qui consomment énormément d’électricité, qui pèsent très lourdement sur les budgets des ménages ».

« Il y aura plusieurs dizaines de milliers de radiateurs qui seront offerts pour cet échange et pour enclencher la citoyenneté écologique », a-t-elle ajouté.

Ce dispositif, qui n’est pas encore totalement finalisé, concernera les quelque 200 « territoires à énergie positive pour la croissance verte », fers de lance de la transition énergétique, a-t-on indiqué au ministère de l’Ecologie. Les territoires ayant obtenu ce label bénéficient d’une aide financière pour leurs projets.

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Total n’aura plus aucune activité dans le charbon « avant la fin 2016 »

« Nous serons complètement sortis du +business+ du charbon avant la fin 2016 », affirme le groupe dans un communiqué.

La compagnie confirme ainsi un engagement pris début juin par son directeur général Patrick Pouyanné, à l’occasion de la publication par six groupes pétroliers et gaziers, dont la major française, d’un appel à fixer un prix du carbone pour rendre le gaz plus compétitif par rapport au charbon et réduire les émissions de CO2.

Total avait signé en juillet 2014 la cession à la compagnie minière sud-africaine Exxaro Resources de sa filiale de production de charbon en Afrique du Sud, Total Coal South Africa (TCSA), pour 472 millions de dollars. Mais cette cession devait encore recevoir l’autorisation du gouvernement sud-africain

« L’accord de cession (…) vient d’être validé par le gouvernement sud africain et la cession est effective depuis le 20 août dernier », annonce Total. Avec cette vente, « Total arrête définitivement la production de charbon », souligne le groupe.

« Au-delà de la fin de nos activités de production, nous allons également arrêter l’ensemble de nos activités de commercialisation du charbon », ajoute M. Pouyanné, cité dans le communiqué, en référence à sa petite filiale CDFE, qui vend du charbon à des clients industriels.

Le 1er juin, le groupe avait simplement dit qu’une réflexion était « en cours » concernant l’avenir de cette activité.

« Nous ne pouvons à la fois prétendre vouloir apporter des solutions au défi du changement climatique et tirer des bénéfices de la production ou de la commercialisation du charbon, énergie fossile la plus émettrice en gaz à effet de serre », argumente le directeur général.

abb/etr/fm

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Revue du Web #83 : les vidéos les plus étonnantes d’août 2015

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Le retour de la bille de nickel incandescente ;

  • Un système de projection d’hologrammes artisanal et facile à réaliser ;

  • Un monstre à la démarche burlesque conçu de toutes pièces par Izzy Swan ;

  • Le chargeur futuriste de la Tesla Model S ;

  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : « the random user », un doigt et une souris lâchés sur internet ;

  • Et en bonus : des images exceptionnelles de la Lune transitant devant la Terre.

Le retour de la bille de nickel incandescente

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Matthew Neuland est devenu en très peu de temps une sensation sur youtube, chaque vidéo postée sur sa chaîne (nommée « carsandwater ») générant systématiquement plusieurs millions de vues. Cet Américain de la région des Grands Lacs s’est rendu célèbre avec un concept d’une simplicité enfantine : mettre en contact une bille de nickel rendue incandescente avec… tout et n’importe quoi. Vous vous souvenez probablement de sa première vidéo, où la sempiternelle bille de nickel incandescente était plongée dans une tasse remplie d’eau, offrant l’une des meilleures illustrations de l’effet Leidenfrost qu’il nous ait été donné de voir jusque là, vidéo que nous vous présentions déjà ici.

Matthew Neuland, malin, appelle régulièrement les internautes à participer en lui soumettant des idées d’objets qu’il pourrait jeter en pâture à son invincible bille de nickel. Cette fois-ci, c’est de la mousse florale synthétique, servant à fixer aisément les fleurs et à donner la forme souhaitée aux compositions florales tout en maintenant les fleurs hydratées, qui va faire les frais de l’appétit vorace du monstre incandescent. La mousse change de couleur sous le coup de chaud mais résiste admirablement, se consumant doucement, presque comme une cigarette, avant de prendre l’apparence d’un vulgaire morceau de charbon.

Un système de projection d’hologrammes artisanal et facile à réaliser

Dans l’imaginaire collectif, les hologrammes ont longtemps rimé avec cinéma d’anticipation, voire de science fiction. Un internaute plutôt dégourdi propose pourtant une solution gratuite en DIY (« Do It Yourself », le fameux credo du fait-maison), à partir du moment où vous êtes déjà en possession d’un smartphone.

La partie bricolage ne réclame pas de talents particuliers, puisqu’il suffit de se munir d’une traditionnelle pochette CD – ou de n’importe quel morceau de plastique rigide et transparent – et d’y découper quatre trapèzes isocèles aux dimensions bien précises. Fixés ensemble, même grossièrement, les quatre trapèzes viennent alors former un prisme en « tronc de pyramide », dont le volume formera un terrain de jeu idéal pour les hologrammes. Une fois le prisme artisanal posé à plat sur le smartphone, la plus petite des deux bases face à l’écran, on lance une vidéo spécialement conçue pour ce dispositif, puis… place à la magie !

Un exemple parmi d’autres du type de vidéos nécessaires :

Un monstre à la démarche burlesque conçu de toutes pièces par Izzy Swan

Izzy Swan est un touche-à-tout iconoclaste. Membre à part entière de la grande famille du DIY, il n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit de bidouiller des engins étranges, mais qui fonctionnent. Le péché mignon de notre bidouilleur américain ? Se servir d’une perceuse comme élément central de ses inventions, le plus souvent pour motoriser ses créations (d’une tondeuse à gazon à… une mini-moto).

Son dernier forfait est une machine fascinante à l’allure monstrueuse, hommage assumé et revendiqué à l’œuvre de l’artiste cinétique Théo Jansen, dont l’un des gigantesques myriapodes tubulaires était présenté à Paris il y a peu. Qui d’autre que son inventeur pour parader, fier comme Artaban, sur cette grosse bestiole dont la démarche chaloupée semble être un mélange contre-nature de celle du fameux robot Big Dog de la Boston Dynamics et de l’indépassable démarche burlesque et cambrée d’Aldo Maccione. Trônant à l’arrière de l’engin, la perceuse sans fil ajoute une touche personnelle à l’ensemble.

Le chargeur futuriste de la Tesla Model S

Elon Musk nous avait prévenu, à la fin de l’année dernière, dans un tweet qui n’avait pourtant rien de sibyllin. Et du tweet à la réalité, il n’y a qu’un pas : Tesla Motors vient de présenter un prototype de chargeur pour ses véhicules électriques, chargeur pour le moins surprenant puisqu’il a non seulement l’apparence d’un serpent robotique, mais il se fraie également son petit bonhomme de chemin de manière autonome, jusqu’au connecteur d’une des voitures de la marque américaine, ici un Model S.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans un avenir supposé – très – proche, les heureux possesseurs de la berline haut de gamme et 100 % électrique de Tesla Motors pourront recharger les batteries de leur véhicule en restant assis confortablement dans leur voiture, la borne et son appendice phallique à tête chercheuse se chargeant du bon déroulement de la recharge. Il est à noter que le Model S affiche jusqu’à 528 kilomètres d’autonomie (données constructeur), et qu’il faut près de 40 minutes pour effectuer une recharge à 80 % complète, à l’une des nombreuses bornes de rechargement ultra-rapides « SuperCharger ».

Le gadget (inutile ?) de la semaine : « the random user », un doigt et une souris lâchés sur internet

Nombreuses sont les entreprises qui ont à cœur de comprendre les différents comportements d’un individu lambda surfant sur la toile, comportements qui, une fois décryptés, peuvent être monétisés. Notre gadget (inutile?) de la semaine vient brouiller les pistes, puisque « the random user » fait un peu ce qu’il veut sur internet, c’est-à-dire… n’importe quoi. Composé d’une souris old school (les plus technophiles d’entre vous auront reconnus la souris de nos bons vieux Mac LC) et d’un doigt mécanique venant appuyer frénétiquement et aléatoirement sur le bouton unique de cette dernière, cet utilisateur lambda ressemble forcément à l’un de vos amis. Vous savez de qui je parle.

Bonus : des images exceptionnelles de la Lune transitant devant la Terre

En bonus de cette quatre-vingt-troisième Revue du Web, profitons du petit cadeau que la NASA nous a fait il y a quelques semaines, avec ces superbes images de la Lune passant devant la Terre, compilée en une courte vidéo par l’agence spatiale américaine. Ces images sont exceptionnelles, puisqu’elles montrent notre satellite naturel sous un angle rarement observé, offrant pour l’occasion sa face dite « cachée » à l’œil averti de DSCOVR (« Deep Space Climate Observatory », observatoire du climat depuis l’espace lointain), satellite scientifique lancé par la NASA en début d’année, orbitant à 1,5 millions de kilomètres au-dessus de nos têtes, en direction du Soleil. Bien que la vidéo soit très brève, ce passage de la Lune dure en réalité près de cinq heures…

Par Rahman Moonzur

La fin d’internet pourrait survenir en 2023

Revêtez une toge blanche, munissez-vous d’un gong et partez dans la rue hurler « à l’apocalypse », comme dans Tintin et l’étoile mystérieuse parce qu’Internet risque de s’effondrer en 2023. Ce qui est presque synonyme de fin du monde. Enfin, ça, c’est si l’on accorde du crédit à la théorie d’Andrew Ellis.

Le britannique estime que d’ici six à huit ans, à cause de notre utilisation massive d’internet, le flux de données atteindra un niveau critique. Avec l’essor des smartphones, des services et applications liées, l’accumulation exponentielle des données et leurs échanges incessants, nous risquons de connaître un engorgement des « conduits », d’arriver à la limite d’internet : le « capacity crunch ».

Actuellement, les fournisseurs d’accès internet (FAI) ne réfléchissent pas véritablement à la question et envoient toujours plus de données par la fibre. Mais cette situation ne peut, à priori, pas durer éternellement; la demande va rattraper l’offre un jour ou l’autre. 

Une des solutions évidentes pour palier au problème de saturation serait de doubler le nombre de câbles de fibres optiques. Une entreprise qui s’avérerait coûteuse, autant pour les FAI que pour les utilisateurs car elle s’accompagnerait automatiquement d’une hausse du prix de l’abonnement.

Autre effet collatéral : les dépenses énergétiques liées à internet augmenteraient largement, elles aussi à un rythme soutenu. Quand on sait qu’elles connaissent déjà une hausse chaque année. À titre d’exemple, d’après le Daily Mail, « 16% de l’énergie consommée en Grande-Bretagne provient d’internet » alors que ce chiffre n’était pas si élevé par le passé.

Faut-il y croire ?

Le scénario d’Andrew Ellis est certes alarmiste, mais ne faisons pas de conclusion hâtive. Nombreux sont ceux invitant à la prudence dans la croyance de ses prédictions, incitant à relativiser, en regardant le passé et en ayant foi en l’avenir. Ce n’est pas la première fois que l’on assure qu’internet est arrivé dans sa zone de rupture (souvenez-vous, le Bug de l’an 2000, ou plus récemment encore, les inquiétudes au sujet de l’ère de l’internet mobile). Pourtant internet est encore là.

Des solutions existent. Et si elles n’ont pas encore été inventées, elles le seront. Ayons confiance en la loi de Moore, cette loi exprimée en 1965 qui prédit, pour l’heure assez justement, que les capacités technologiques doublent tous les deux ans (1,96 pour être exact). Laurent Lefèvre, chercheur à l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) se veut bien plus optimiste que le professeur britannique : « on pourrait avoir en 2020 un réseau qui consomme 90 % de moins qu’en 2010, même avec l’explosion du trafic ». La logique actuelle tend vers l’optimisation. Que ce soit des logiciels, des applications, ou bien de la consommation des datacenters, très voraces en électricité.

Au vu des intérêts des consommateurs, des opérateurs et des fournisseurs de contenu (le trio magique), il semble peu probable que nous assistions sans rien faire à l’effondrement d’internet.

Par Sébastien Tribot

Et aussi dans
les bases documentaires :

Les ingénieurs sont devenus adeptes du télétravail

66% des ingénieurs télétravaillent. C’est donc une très forte majorité qui « profite » de son ordinateur portable ou de son smartphone pour réaliser des tâches d’ordre professionnel en dehors de son lieu de travail. Pourtant, cette nouvelle tendance n’est pas réservée aux cadres en déplacement ou qui passent une grande partie de leur temps à l’extérieur de leur bureau : 78.5% des adeptes du télétravail passent plus des trois-quarts du temps au boulot. Car c’est là que le bât blesse. Ce télétravail n’est pas un remplacement du travail qui pourrait se faire au bureau mais bien des heures supplémentaires ! 

En y regardant de plus près, on comprend pourquoi les ingénieurs font du rab’ alors que leur hiérarchie ne le leur demande pas : c’est plus efficace. 88% des sondés considèrent le télétravail comme une liberté, 92% estiment être plus productif ainsi et 31% déclarent que cela diminue leur stress. Un tel plébiscite invite à se demander si les conditions de travail actuelles des ingénieurs sont optimales. Les open space invitent à l’échange mais retirent toute tranquillité, les réunions  sont chronophages pour un bénéfice trop souvent contesté, des conditions de travail dont préfèrent parfois s’extraire les cadres. Le télétravail leur offre ces moments en tête-à-tête avec leur boulot, une intimité appréciée quitte à travailler plus. 

Quand on regarde la liste des 10 jobs en télétravail les mieux payés établie par le magazine Forbes, on constate que l’ingénieur informatique est en 2eme place avec une rémunération annuelle moyenne de 62k€. Pas mal. A noter qu’il s’agit là de métiers exercés à 100% en télétravail. Le télétravail aurait-il toutes les vertus ? Pas si sûr car ce surcroît d’activité n’intervient pas que lors des déplacements au cours desquels il n’est pas choquant de rentabiliser le temps passé dans le train ou l’avion par exemple. Les ingénieurs télétravaillent 89% du temps… à la maison. La petite famille appréciera.

Par Audrey Loubens

Et aussi dans
les bases documentaires :

Le Conseil constitutionnel valide la loi sur la transition énergétique

Le Conseil constitutionnel a toutefois censuré trois articles, dont ceux sur la rénovation énergétique des bâtiments et la réduction des gaz à effet de serre dans la grande distribution, et plusieurs dispositions relatives au gaspillage alimentaire, a-t-il détaillé dans un communiqué.

L’institution se prononçait après la saisine de plus de soixante députés et autant de sénateurs sur un texte emblématique du quinquennat de François Hollande reprenant des thèmes longuement débattus lors du débat national sur la transition énergétique.

Plusieurs objectifs de long terme ont été fixés: part du nucléaire dans la production d’électricité passant de 75 à 50% à l’horizon 2025, part des énergies renouvelables dans la consommation finale de 32% en 2030 et, par rapport à 2012, réduction de la consommation énergétique finale de 50% en 2050 et réduction de la consommation des énergies fossiles de 30% en 2030.

Les émissions de gaz à effet de serre devront baisser de 40% en 2030 par rapport à 1990 et le principe d’une augmentation progressive du prix du carbone a été inscrit dans le texte (de 22 euros la tonne de CO2 en 2016 à 100 euros en 2030). Il devra être confirmé dans la loi de finances.

La capacité du parc nucléaire est désormais plafonnée à 63,2 gigawatts, soit la puissance actuelle.

Pour atteindre les objectifs fixés, des articles prévoient des actions dans les secteurs du logement (rénovation, compteurs électriques intelligents, etc.), des transports (installation de 7 millions de bornes de charge pour voitures électriques, prime à la conversion, etc.), les énergies renouvelables (fonds chaleur, méthanisation, etc.), le recyclage des déchets (interdiction des sacs plastiques à usage unique, réduction des volumes mis en décharge, etc.).

Pour des raisons de procédure, le Conseil constitutionnel a censuré des paragraphes concernant le gaspillage alimentaire, qui prévoyaient que les grandes surfaces n’auraient plus le droit de jeter de la nourriture.

L’article portant sur la rénovation énergétique des bâtiments a été censuré au motif que le législateur « n’avait pas suffisamment défini les conditions et les modalités de l’atteinte » possible au droit de propriété.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

La loi de transition énergétique bientôt annulée ?

60 sénateurs du parti Les Républicains dénoncent la façon dont s’est tenue la commission mixte paritaire en mars dernier. Selon eux, elle n’est pas conforme aux règles constitutionnelles. « Le constat d’échec a été, en effet, imposé par son président, M. François BROTTES, Député, président de la commission des affaires économiques, sans vote ni même consultation des membres de la commission mixte paritaire », dénoncent-ils dans leur saisine. Ainsi, les sénateurs accusent la « décision unilatérale du président de la commission mixte paritaire de mettre un terme aux travaux de cette commission avant tout vote» et une absence de dialogue au sein de la commission mixte paritaire ».

Si un vote avait eu lieu, les sénateurs républicains estiment que le texte aurait penché vers la version des sénateurs, celle proposant une part du nucléaire abaissée à 50 % du mix électrique national « à terme » et non « en 2025 », ainsi qu’une capacité nucléaire plafonnée à 64,85 gigawatts (GW) au lieu de 63,2 GW. « L’échec de la commission mixte paritaire sans avoir à procéder à un vote a modifié le résultat qui aurait été obtenu s’il avait laissé ses membres procéder à un tel scrutin », affirment-ils.

Si le Conseil constitutionnel juge la procédure non conforme, la loi sera annulée. Une situation difficilement envisageable au regard de la portée politique du texte et le poids de cette loi dans les préparations de la conférence sur le climat à la fin de l’année à Paris.

Les députés du parti Les Républicains en remettent une couche

Les députés républicains n’ont pas tardé à rejoindre leurs collègues sénateurs. Le 28 juillet, ils saisissaient le Conseil constitutionnel pour plusieurs articles qu’ils jugent méconnaître « des dispositions et principes de valeur constitutionnelle ». Ces articles pourraient être abrogés, vidant la loi d’une grande partie de sa portée.

Les articles dénoncés portent, entre autres, sur les objectifs globaux de la loi, l’obligation de rénovation des bâtiments privés résidentiels à l’occasion d’une mutation à partir de 2030, l’obligation pour la grande distribution de définir un programme d’actions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques d’ici fin 2016 et l’interdiction, à compter du 1er janvier 2020, de la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables de cuisine en matière plastique. L’Assemblée nationale a finalement voté une distance minimale d’éloignement entre les éoliennes et les habitations de 500 m. Les républicains voulaient une distance minimale de 1000 mètre ; ils dénoncent aussi la constitutionnalité de cette disposition.

Les députés signalent une contradiction entre les objectifs définis par loi et les moyens mis en oeuvre pour les atteindre. Par exemple, pour eux, réduire la part du nucléaire est un moyen qui ne parviendra pas à réaliser les objectifs poursuivis : diminuer les émissions de gaz à effet de serre, maîtriser les dépenses en énergie des consommateurs, assurer la sécurité d’approvisionnement et diminuer les importations. Ils dénoncent aussi un « préjudice exorbitant subi par AREVA, ses salariés et ses actionnaires, sans indemnisation prévue et organisée ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
 

La comète Tchouri « bien active » lors de son rendez-vous avec le Soleil

A 2h03 UTC (GMT) soit 4h03 heure de Paris, Tchouri a atteint son périhélie, c’est-à-dire le point sur son orbite qui est le plus proche du Soleil. La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko était alors à 186 millions de km du Soleil et à 265 millions de km de la Terre.

La sonde européenne Rosetta se trouvait aux premières loges pour assister à la rencontre. Quant au robot Philae, installé sur la comète depuis neuf mois, il était suffisamment à l’ombre pour ne pas avoir trop chaud.

Selon des images prises par la caméra de navigation NavCam de la sonde, la comète s’est montrée « bien active » cette nuit, a indiqué Sylvain Lodiot, responsable des opérations de Rosetta à l’ESOC (Centre européen d’opérations spatiales) en Allemagne. « Il y a des jets de gaz et de poussières un peu de partout », a-t-il dit.

Rosetta a observé le spectacle à une distance prudente de 330 km afin que ses capteurs d’étoiles, qui lui permettent de s’orienter, ne soient pas perturbés par les poussières.

« La sonde est en parfait état de marche », a souligné M. Lodiot. « Elle continue son périple » avec la comète qui s’éloigne dorénavant du Soleil.

« Comme il y a un effet retard, le maximum d’activité de la comète aura lieu probablement un peu après le passage au périhélie », a déclaré Jean-Yves Le Gall, président du CNES, l’agence spatiale française, interrogé par l’AFP.

« Rosetta est aux aguets. Nous recevons des données extraordinaires. La moisson continue », a-t-il ajouté.

Les résultats seront publiés dans les jours, dans les semaines et dans les mois qui viennent.

« Il y aura encore dans dix ans des publications sur les résultats scientifiques de Rosetta et de Philae », a considéré M. Le Gall.

L’aventure de Rosetta, qui voyage depuis plus de onze ans dans l’espace, devrait se terminer en septembre 2016. A cette date, l’ESA a prévu de la faire se « poser » le moins rudement possible sur Tchouri où elle retrouvera Philae qui sera alors endormi depuis longtemps.

« C’est absolument extraordinaire d’être allés sur une comète. Nous sommes sidérés par ce que nous trouvons », a souligné M. Le Gall.

« En général, ce genre de découvertes, ce sont les Etats-Unis qui les font. Là, c’est l’Europe, et notamment la France, qui est en première ligne », a-t-il précisé.

« Pour le spatial européen, les années 2014-2015 seront à jamais frappées du sceau du succès de Philae et de Rosetta », a-t-il dit.

pcm/fmi/as

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Gaz de schiste: le gouvernement britannique veut faciliter la délivrance de permis

Le ministre des communautés et du gouvernement local pourra ainsi se saisir directement des dossiers, a-t-il annoncé dans un communiqué commun avec le ministère de l’Énergie et du changement climatique.

Il cherchera en particulier à identifier les autorités locales qui ne donnent pas de réponse aux demandes de permis dans le délai légal de 16 semaines, afin d’accélérer le processus.

Le gouvernement pourra aussi se saisir des dossiers en appel quand une demande de permis a été rejetée mais que la décision est contestée par l’entreprise qui veut réaliser des forages.

Le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron est un soutien très enthousiaste du développement du gaz de schiste, y voyant potentiellement une source d’énergie bon marché et abondante. Mais ses ambitions se heurtent à l’opposition de collectivités locales, chargées jusqu’à présent de délivrer les permis.

Fin juin, les autorités du comté du Lancashire, dans le nord-ouest de l’Angleterre, avaient ainsi rejeté des demandes de permis pour un projet d’exploration de gaz de schiste, évoquant les risques de pollution visuelle et sonore pour les riverains, inquiets par les nuisances causées par la technique de la fracturation hydraulique.

« Le gouvernement a clairement affirmé que le gaz de schiste représente une priorité nationale, qui doit aider le Royaume-Uni à devenir une économie à faibles émissions de gaz carbonique. Mais nous voulons nous assurer que les demandes de permis ne se retrouvent pas confrontées à une situation frustrante, avec des décisions de collectivités locales lentes et confuses », a expliqué Greg Clark, le ministre des Communautés.

Il veut ainsi empêcher que le processus d’autorisation dure des mois voire des années, empêchant le développement du gaz de schiste dans le pays.

UK Onshore Oil and Gas (UKOOG), représentant les entreprises du secteur, s’est réjoui de l’annonce, soulignant que « la durée d’instruction des demandes de permis a bondi de trois mois à plus d’un an, générant des retards et des coûts qui ne sont pas dans l’intérêt des habitants, des entreprises ou des Britanniques dans leur ensemble ».

Les associations environnementalistes ont en revanche critiqué le nouveau dispositif.

« Les autorités locales ont respecté les règles. Ces changements sont introduits parce que le gouvernement est en désaccord avec leurs décisions démocratiques », a jugé Naomi Luhde-Thompson, de l’association Les amis de la Terre.

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L’être humain va devoir repenser sa consommation alimentaire

Nourrir une population mondiale qui atteint bientôt les 10 milliards d’individus est un défi majeur. Alors que certaines populations peinent à se nourrir, l’opulence des nations développées propose un contraste saisissant. Mais cette facilité des pays riches pourrait bien être remise en question par l’impact de l’agriculture intensive sur les ressources, les sols et l’environnement. En théorie la quantité de sols cultivables et exploitables suffit à couvrir les besoins de tous les humains. L’agriculture utilise 5 milliards d’hectares, dont 1/3 est cultivé, le reste étant des pâturages. Suffisant pour fournir 2800 kCal en moyenne par habitant, plus que les 2500 kCal nécessaires. Pourtant, la surexploitation des sols et l’activité humaines dégradent les sols plus vite qu’ils ne se régénèrent. Une problématique que l’on retrouve dans le domaine de l’élevage de bétail.

La FAO, Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, prévoit une explosion de la demande de viande, notamment les volailles et le porc. En cause, l’élévation du niveau de richesse des pays en voie de développement qui fait exploser la consommation de viande. A titre d’exemple, un Chinois qui mangeait seulement 13.7kg de viande par an en 1980 en consomme aujourd’hui 59.5 kg ! D’après le rapport de la FAO, la production de viande va devoir doubler pour atteindre 463 millions de tonnes. De quoi impacter l’environnement de façon majeure car d’un point de vue alimentaire, la production de protéines d’origine animale nécessite « trop » de protéines végétales : il faut 1 calorie végétale pour produire une calorie de poulet, 7 calories végétales pour en produire une de cochon et 9 pour une protéine bovine. A ce déficit s’ajoutent une dégradation de l’environnement du fait notamment d’’importantes émissions de gaz  à effet de serre et d’une importante consommation d’eau. D’après le World Ressource Institute, plus d’un tiers des céréales sert à nourrir du bétail. 70% du maïs produit sera consommé par les animaux d’élevage. De quoi faire bondir quand on sait que des populations entières ne mangent pas à leur faim.

Le constat est tout aussi alarmant du côté mer. La surpêche menace des espèces et vide les océans de ses ressources, quand l’aquaculture surconsomme en utilisant 4kg de sardines pour produire 1 kg de saumon.

Pour répondre à la demande, le rapport préconise de travailler sur le rendement des productions céréalières plutôt que sur l’augmentation des surfaces agricoles. 

Par Audrey Loubens

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Bientôt 10 milliards d’humains sur Terre

La croissance démographique continue à un rythme effréné et le nombre d’humains sur Terre devrait atteindre les 9.7 milliards en 2050 et 11.2 milliards en 2100. Actuellement, ce sont 7.3 milliards d’humains qui peuplent la planète, l’évolution démographique attendue pourrait modifier les équilibres géopolitiques actuels. En effet, cette croissance est très inégale selon les continents. L’Afrique connaitra le plus grand bond en avant avec le plus fort taux de croissance, de quoi représenter à elle seule la moitié de l’accroissement mondial. Symbole de cette explosion démographique, le Nigéria pourrait devenir le 3è pays le plus peuplé en 2035 avec 398 millions d’habitants. D’après le rapport « Perspectives démographiques mondiales : révisions 2015 », 6 pays compteront plus de 300 millions d’habitants en 2050: l’Inde, la Chine, le Nigéria, les Etats-Unis, le Pakistan et l’Indonésie. Aujourd’hui, seules la Chine et l’Inde ont plus de 1 milliard d’habitant, ce qui en représente 19% et 18% de la population mondiale ! Parallèlement, l’Europe verra sa population vieillir et devra compter avec 34% de plus de 60 ans.

En 2050, l’ONU prévoit que l’Inde dépasse la Chine avec respectivement 1.705 milliards d’habitants contre 1.348 pour la Chine. De quoi justifier la demande de l’Inde de devenir un membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU. Car le poids démographique pèse dans les relations internationales, les évolutions de population influeront forcément. La plus grande interrogation porte sur l’Afrique dont la population de 28 pays va doubler d’ici 2050. « La concentration de la croissance de la population mondiale dans les pays les plus pauvres présente un ensemble de défis et rend plus difficile la lutte contre la pauvreté et l’inégalité, l’éradication de la faim et de la malnutrition, et l’amélioration de la scolarisation et des systèmes de santé, qui sont tous essentiels à la réussite du nouveau programme de développement durable », s’est inquiété John Wilmoth, Directeur de la division de la population de l’ONU.

Ces prévisions proposent des chiffres plus importants que prévus. Ceci est lié aux progrès faits dans la lutte contre le sida et contre la mortalité infantile. Mais l’évolution de la population mondiale devrait se stabiliser dans les décennies à venir. En Afrique, le taux de fécondité est de 4.7 enfants par femme, il devrait baisser à 3.1 d’ici 2050 et 2.2 en 2100. Car bien que tous ces chiffres soient impressionnants, ils traduisent un tassement de la croissance démographique qui est passé de 1.84% à 1.18% en 10 ans.

Par Audrey Loubens

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Quel est l’impact socio-économique des mathématiques en France ?

Récemment, des rapports ont fait état des impacts très significatifs des mathématiques en termes d’emploi et de valeur ajoutée. Une étude sur le Royaume-Uni 6 estime à 2,8 millions le nombre d’emplois qui utilisent des compétences mathématiques, soit 9% de l’emploi total, et à 208 milliards de livres leur contribution à la valeur ajoutée, soit 16% du Produit Intérieur Brut (PIB). Dans ce contexte, l’Agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise et la société (AMIES), en partenariat avec la Fondation Sciences Mathématiques de Paris (FSMP) et la Fondation Mathématique Jacques Hadamard (FMJH) et en association avec les Labex de mathématiques, a confié au cabinet de conseil en stratégie CMI l’étude de l’impact socioéconomique des mathématiques en France. Cette étude, qui a été conduite de janvier à mai 2015, vise trois objectifs principaux :

  • Mesurer l’impact socio-économique des mathématiques en France et mettre en évidence la contribution économique actuelle des mathématiques au développement industriel et à l’innovation – l’impact socio-économique étant entendu à la fois comme l’impact direct (volume d’emplois, part du PIB sectoriel et global) et indirect (développements technologiques majeurs facilités par l’appui sur des compétences mathématiques) ;
  • Analyser les liens entre entreprises et expertises en mathématiques pour éclairer les responsables des programmes de recherche et du management dans les entreprises dans leurs stratégies de développement et d’intégration des compétences mathématiques
  • Préciser les domaines thématiques ainsi que les outils qui devraient être développés pour une meilleure synergie entre mathématiques et entreprises.

 

Premiers résultats scientifiques de Philae : Tchouri se révèle… différente

La mission de rendez-vous cométaire Rosetta a offert, grâce à l’atterrissage du module Philae, une opportunité exceptionnelle : celle de l’étude in situ d’un noyau cométaire (de sa surface à sa structure interne), 67P/Tchourioumov-Guérassimenko (aliasTchouri). Elle est susceptible de faire progresser la compréhension de ces petits corps célestes témoins des origines du système solaire. Les mesures réalisées du 12 au 14 novembre 2014 (pendant les 63 heures qui ont suivi sa séparation d’avec Rosetta) par les dix instruments de l’atterrisseur Philae ont complété les observations effectuées par l’orbiteur Rosetta1. Et son arrivée mouvementée sur la comète a même été source d’informations supplémentaires.

Des molécules organiques inédites

Vingt-cinq minutes après le contact initial de Philae avec le noyau de la comète, COSAC (Cometary sampling and composition experiment) a réalisé une première analyse chimique, en mode « renifleur », c’est-à-dire en examinant les particules entrées passivement dans l’appareil. Ces particules proviennent vraisemblablement du nuage de poussière produit par le premier contact de Philae avec le sol. Seize composés ont pu être identifiés, répartis en six classes de molécules organiques (alcools, carbonyles, amines, nitriles, amides et isocyanates). Parmi eux, quatre sont détectés pour la première fois sur une comète (l’isocyanate de méthyle, l’acétone, le propionaldéhyde et l’acétamide).

Ces molécules sont des précurseurs de molécules importantes pour la vie (sucres, acides aminés, bases de l’ADN…). Mais la présence éventuelle de ces composés plus complexes n’a pas pu être identifiée sans ambigüité dans cette première analyse. Par ailleurs, quasiment toutes les molécules détectées sont des précurseurs potentiels, produits, assemblages, ou sous-produits les uns des autres, ce qui donne un aperçu des processus chimiques à l’œuvre dans un noyau cométaire et même dans le nuage protosolaire en effondrement, aux premiers temps du système solaire.

Des amas de matière organique dès l’origine

Les caméras de l’expérience CIVA (Comet infrared and visible analyser) ont révélé que les terrains proches du site d’atterrissage final de Philae sont dominés par des agglomérats sombres qui sont vraisemblablement de gros grains de molécules organiques. Les matériaux des comètes ayant été très peu modifiés depuis leurs origines, cela signifie qu’aux premiers temps du système solaire, les composés organiques étaient déjà agglomérés sous forme de grains, et pas uniquement sous forme de petites molécules piégées dans la glace comme on le pensait jusqu’à présent. Ce sont de tels grains qui, introduits dans des océans planétaires, auraient pu y favoriser l’émergence du vivant.

Des terrains variés cachant un intérieur plutôt homogène

COSAC a identifié un grand nombre de composés azotés, mais aucun composé soufré, contrairement à ce qu’avait observé l’instrument ROSINA, à bord de Rosetta. Cela pourrait indiquer que la composition chimique diffère selon l’endroit échantillonné.

Par ailleurs, les propriétés mécaniques des terrains ont pu être déduites de l’« accométage » à rebondissements de Philae. L’atterrisseur a d’abord touché la surface à un endroit baptisé Agilkia, et a ensuite rebondi plusieurs fois avant d’atteindre le site nommé Abydos. La trajectoire de Philae et les données enregistrées par ses instruments montrent qu’Agilkia est composé de matériaux granuleux sur une vingtaine de centimètres, tandis qu’Abydos a une surface dure.

Au contraire, l’intérieur de la comète parait plus homogène que prévu par les modèles. L’expérience radar CONSERT (Comet nucleus sounding experiment by radio transmission) donne, pour la première fois, accès à la structure interne d’un noyau cométaire. Le temps de propagation et l’amplitude des signaux ayant traversé la partie supérieure de la « tête » (le plus petit des deux lobes de Tchouri) montrent que cette portion du noyau est globalement homogène, à l’échelle de dizaines de mètres. Ces données confirment aussi que la porosité est forte (75 à 85%), et indiquent que les propriétés électriques des poussières sont analogues à celles de chondrites carbonées.

Une surface tourmentée

L’expérience CIVA-P (P pour panorama), composée de sept microcaméras, a pris une image panoramique (360°) du site d’atterrissage final de Philae. Elle révèle que les fractures déjà repérées aux grandes échelles par Rosetta se retrouvent aussi jusqu’à l’échelle millimétrique. Ces fractures sont formées par choc thermique, en raison des grands écarts de température que connait la comète lors de sa course autour du soleil.

Des précisions sur la localisation et l’orientation de Philae

Cette image panoramique où apparait par endroits un pied ou une antenne, a aussi révélé la position de Philae. Il repose dans un trou de sa propre taille, couché sur le côté (avec seulement deux pieds sur trois au contact du sol), et entouré de parois qui compliquent son alimentation en énergie solaire et ses communications avec Rosetta.

L’instrument CONSERT a quant à lui déterminé, avec trois périodes d’observations en visibilité directe entre la sonde Rosetta et Philae, la zone (150 mètres par 15 mètres) où se trouve Philae. Cela a facilité la reconstitution de la trajectoire de Philae entre le premier site de contact, Agilkia, et le site d’atterrissage final, Abydos. Puis, en utilisant les signaux qui ont traversé l’intérieur de la comète, CONSERT a réduit l’incertitude sur la localisation de Philae (au bord de la région dénommée Hatmehit) à une bande de 21 mètres par 34 mètres.

Avec les quatre autres articles publiés (portant par exemple sur les propriétés magnétiques et thermiques de Tchouri), ces premières mesures à la surface d’une comète renouvellent l’image que l’on avait de ces petits corps du système solaire.

Références :

  • 67P/Churyumov-Gerasimenko surface properties, as derived from the first CIVA-P in situ panoramic images, J-P. Bibring et al., Science, 31 juillet 2015. DOI : 10.1126/science.aab0671
  • Properties of the 67P/Churyumov-Gerasimenko interior revealed by CONSERT radar, W. Kofman et al., Science, 31 juillet 2015. DOI : 10.1126/science.aab0639
  • Organic compounds on comet 67P/Churyumov-Gerasimenko revealed by COSAC mass spectrometry, F. Goesmann et al., Science, 31 juillet 2015. DOI : 10.1126/science.aab0689
  • The landing(s) of Philae and inferences about comet surface mechanical properties, J. Biele et al., Science, 31 juillet 2015. DOI : 10.1126/science.aaa9816

Source : CNRS

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L’Univers se meurt à petit feu (étude)

Les chercheurs ont procédé aux mesures les plus précises d’énergie jamais réalisées dans une partie assez vaste de l’espace. L’énergie produite a été divisée par deux et diminue sans cesse, ont-ils découvert.

« A partir de maintenant, l’Univers est voué au déclin, comme une vieillesse qui durerait pour toujours », a expliqué Simon Driver, membre du Centre international de recherches radioastronomiques (Icrar) de l’Etat d’Australie occidentale qui a participé au projet.

« L’Univers s’est écroulé sur son sofa, a ramené la couverture à lui et s’apprête à dormir d’un sommeil éternel », selon lui.

Les chercheurs ont utilisé sept des télescopes les plus puissants de la planète pour observer pendant huit ans des galaxies dans 21 longueurs d’onde différentes, comme l’infrarouge ou l’utraviolet, dans le cadre de l’étude Gama (Galaxy and mass assembly).

Deux télescopes spatiaux de la Nasa, un télescope spatial de l’Agence spatiale européenne (ESA) et le Télescope anglo-australien de Nouvelle-Galles du Sud ont en particulier été mis à contribution pour cette étude, fruit d’une collaboration entre une centaine de scientifiques issus de plus de 30 universités australiennes, européennes et américaines.

« Nous avons utilisé autant de télescopes terrestres et spatiaux que possible afin de mesurer la production d’énergie générée par plus de 200.000 galaxies dans des longueurs d’onde aussi variées que possible », a déclaré Simon Driver, qui devait présenter lundi à Hawaï les résultats du projet à l’Union internationale astronomique.

Une bonne partie de l’énergie qui circule dans l’Univers a été générée après le Big Bang mais de l’énergie nouvelle est constamment libérée lors de la fusion thermonucléaire dans les étoiles.

Andrew Hopkins, de l’Observatoire astronomique australien, explique que les chercheurs savent depuis un moment que le rythme de création d’étoiles dans l’Univers est en déclin. Mais cette étude montre que le taux de production d’énergie diminue de manière semblable dans les différentes longueurs d’onde, souligne-t-il.

« Peu importe les longueurs d’onde utilisées, la production d’énergie ralentit de la même manière », a expliqué M. Hopkins à l’AFP.

Les chercheurs espèrent aussi que les données recueillies permettront de mieux comprendre le processus de formation des galaxies. Ils veulent également élargir leurs études pour documenter la production d’énergie tout au long de l’histoire de l’Univers.

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Des astronautes vont goûter les premières salades cultivées dans l’espace

La Nasa espère que cela permettra de fournir une source durable d’alimentation pour les astronautes qui effectueront de longues missions dans l’espace.

L’astronaute américain Scott Kelly et d’autres membres de l’équipage de l’avant-poste orbital devaient consommer les premières feuilles de laitue « spatiale » entre 15:15 et 16:00 GMT.

« Il y a des indications que des fruits et légumes frais comme les tomates, les myrtilles et des laitues romaines sont de bonnes sources d’antioxydants », a souligné dans un communiqué Ray Wheeler, le responsable du programme de la Nasa pour le développement de techniques permettant d’assurer le maintien des conditions de la vie dans l’espace.

« Le fait de disposer d’aliments frais dans l’espace peut aussi avoir un impact psychologique favorable sur les astronautes et pourrait aussi fournir une certaine protection contre les radiations cosmiques », a-t-il ajouté.

« Je pense que les systèmes de culture de plantes en microgravité deviendront des éléments importants de tous les futurs voyages de longue durée dans l’espace », a estimé Gioia Massa, une scientifique de l’agence spatiale américaine qui travaille sur ces recherches au Centre Spatial Kennedy en Floride.

« Plus loin et plus longtemps les humains s’éloigneront de la Terre, plus grand sera le besoin de pouvoir faire pousser des plantes pour se nourrir et pour le recyclage de l’atmosphère ainsi que pour le confort psychologique », a-t-elle dit.

Ces salades produites dans l’espace ont été approuvées pour la consommation humaine après que la première récolte « Veg-01 » eut été ramenée sur la Terre l’an dernier pour des analyses afin de s’assurer qu’elles pouvaient être consommées, a précisé la Nasa.

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Perturbateurs endocriniens : sommes-nous tous contaminés ?

Air, vêtements, objets, eau, cosmétiques, produits d’entretien… Les perturbateurs endocriniens sont invisibles mais présents partout autour de nous. Pire, ils ne se contenteraient pas de contaminer notre environnement, ils affecteraient directement notre organisme en s’attaquant aux organes responsables de la sécrétion des hormones, en altérant la régulation du métabolisme mais aussi en nuisant à la fertilité ou en perturbant fortement le développement du foetus. Ils favoriseraient également : cancers, diabète, obésité, pubertés précoces… C’est dire s’ils ont mauvaise réputation.

chimie

Pour les trouver, nous n’aurions pas à aller chercher très loin. Selon certaines études, nous serions tous déjà porteurs de ces molécules nocives puisque nous les rencontrons au quotidien. Quelles sont ces substances toxiques ? Comment fonctionnent-elles ? Quelle est la réglementation ?

La rédaction de Techniques de l’Ingénieur vous propose de faire le point sur ce qui ressemble de plus en plus à une bombe sanitaire à retardement.

La plateforme collaborative GitHub lève 250 millions de dollars

GitHub, le récit d’un succès

Depuis son lancement le 10 avril 2008 par Chris Wanstrath, PJ Hyett et Tom Preston-Werner, le site a atteint la barre des 10 millions d’inscrits et attire chaque mois près de 33 millions d’utilisateurs pouvant collaborer sur plus de 25 millions de projets.

 

GitHub a su devenir incontournable au fil des années. Le site répond aujourd’hui aux besoins d’un grand nombre d’entreprises. Pour les codeurs du monde entier, c’est une référence en matière de gestion et développement de logiciels, d’applications et de sites web. Les étudiants qui ont appris a s’en servir, conservent cette habitude une fois en entreprise. Une manière de pérenniser le réseau social.

 

Par la force des choses de grands noms s’y sont mis, d’IBM à Google en passant par Apple. Même Microsoft aurait tendance à délaisser sa propre plateforme interne CodePlex au profit de GitHub.

 

Il faut dire que le principe même de GitHub a de quoi attirer les développeurs du monde entier. Le crédo « Build software better, together  » résume très bien sa philosophie. Car GitHub est avant tout un outil communautaire permettant de déposer un projet (peu importe sa taille) pour le faire avancer. Chaque utilisateur est libre d’apporter sa contribution en proposant des corrections, des améliorations ou simplement des annotations. C’est ce que l’on appelle le fork. L’aspect collaboratif vous simplifie la vie en cas de doute ou lorsqu’il faut valider des étapes et vous fait gagner du temps. 

 

Cela va même plus loin puisque l’audacieuse plateforme attirerait dans son giron quelques particuliers avides de faire progresser les choses. Et ce dans tous les domaines. Comme en avril dernier, lorsque le développeur Steeve Morin a mis le code civil afin de pouvoir observer comme, il le dit, « la loi à un instant T, et ses évolutions ». Toutefois, qu’il n’y ait pas de méprise, GitHub demeure paradoxalement peu connu du grand public.

 

Par Sébastien Tribot

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