Et si l’espace-temps était un superfluide ?

Entre autres réflexions sur l’Univers (avec celles du Big Bang, du Boson de Higgs…), la définition de la notion d’espace-temps a toujours soulevé son lot de questions, et bien souvent fasciné les romanciers/scénaristes toujours prêts à offrir une vision romantique de la chose. Car s’il a fallu attendre 1905 et la théorie de la Relativité Restreinte d’Einstein pour unifier l’espace et le temps en un espace-temps quadri-dimensionnel et par là même rajeunir la conception de la réalité physique, sa définition conserve malgré tout quelques inconnus.

Présentement, les physiciens Stefano Liberati et Luca Maccione ont émis l’hypothèse que l’espace-temps pourrait se comporter de la même manière qu’un fluide – précisément un superfluide. Le superfluide se caractérise par une viscosité nulle, c’est-à-dire la non-résistance à l’écoulement d’un fluide. L’hélium liquide fait partie de cette catégorie de fluide dénué de viscosité.

Leurs travaux, relatés dans un article pour la revue Physical Review Letters en avril dernier, supputent qu’une analogie entre la Relativité Générale et la mécanique des fluides est envisageable. Chose étrange, la similitude se situe au niveau de la compréhension que les scientifiques ont de ces deux théories. Ainsi, la Relativité Générale décrit « l’influence sur le mouvement des astres de la présence de matière, et plus généralement d’énergie » et donc le fonctionnement de l’Univers et ses interactions à grande échelle. Ce qui est également le cas de la mécanique des fluides qui est l’étude du comportement des fluides à l’échelle macroscopique.

Partant de là, les deux physiciens se sont dit que la comparaison espace-temps/fluide pouvait se révéler intéressante. Qui plus est, si l’intuition s’avère juste, cela expliquerait bien des choses et tendrait à accorder la théorie de la Relativité Générale d’Einstein avec celle de la mécanique quantique qui s’attache à comprendre les interactions fondamentales. Ce qui est d’une importance extrême puisque les scientifiques se démènent en vain à trouver une compatibilité entre ces deux grandes théories du XXe siècle. Il s’agit d’ailleurs d’un des grands défis de la physique actuelle. 

Par Sébastien Tribot

Rencontre avec Thierry Lemoine, expert pour « Imagerie Médicale »

Pourquoi une base documentaire sur l’imagerie médicale ?

lemoine

Thierry Lemoine. Elle a vocation de remplir un grand vide : l’imagerie médicale, ce sont des modalités qui ont explosé ces dernières années, notamment le scanner, l’IRM. Aujourd’hui il y a une très forte littérature en anglais, mais en français il n’y a pratiquement aucun document, aucun article, aucun livre, donc il m’a semblé important de combler cette lacune avec une base en français.

A quel besoin répond-elle ?

Thierry Lemoine. Le souhait des auteurs et des éditeurs est de répondre aux besoins des utilisateurs, aussi bien des équipements que des systèmes de visualisation de l’imagerie. Mais également aux besoins des concepteurs de nouveaux systèmes, et, pourquoi pas, aussi à ceux des jeunes chercheurs et étudiants dans le domaine de l’imagerie médicale.

Quels thèmes sont abordés ?

Thierry Lemoine. C’est une collection qui se veut très ambitieuse dans le spectre des domaines couverts, puisque notre volonté est d’aborder toutes les modalités, les cinq principales aujourd’hui , à savoir les rayons X, les scanners, l’IRM, les ultrasons et la médecine nucléaire, et les domaines plus émergents, dans l’imagerie optique notamment. Et ceci en partant des modalités, en passant par les équipements eux-mêmes, les systèmes de détection, et toutes les technologies de traitement d’image associées.

Qui en sont les auteurs ?

Thierry Lemoine. Nos auteurs sont choisis pour beaucoup dans le milieu universitaire. Donc ce sont des gens qui se tiennent à la fois au courant des techniques d’imagerie, mais aussi beaucoup des  applications thérapeutiques ou diagnostics qui peuvent être tirées de cette technique. Nous avons choisi des auteurs qui ont cette double vision, à la fois technique, et de ce que demande le médecin ou le radiologue.

La stabilisation des puissances éoliennes en Espagne préfigure-t-elle le futur du réseau ouest-européen ?

Cette attitude, assez  nouvelle en Espagne, de bon sens économique pourrait, dans certaines conditions, se généraliser à l’ensemble du réseau ouest-européen.

La vie industrielle nous apprend qu’un investissement de capacité, dans le cadre d’une expansion d’activité, constitue une excellente opportunité pour réaliser à peu de frais de puissants progrès techniques et de bienvenus gains de productivité.

En effet l’investissement est immédiatement rentabilisé par la croissance du chiffre d’affaire et apporte, en prime, ce que les économistes classent sous la rubrique « productivité globale des facteurs » qui quantifie globalement les gains de productivité ou de rentabilité naturellement induits par la croissance de l’activité économique et l’intelligence des hommes. En d’autres termes simples, il n’y a là que la traduction économique des progrès continus techniques et technologiques.

Dans le cas de la production d’électricité en Espagne, et selon l’électricien local Red Electrica, en raison de difficultés économiques de ce pays, nous assistons à une décroissance continue des consommations dans la péninsule et donc des productions qui perdaient en cumulé depuis le début de l’année à fin Mai 2014,  2,7% par rapport aux valeurs enregistrées durant la même période en 2013 qui elles-mêmes avaient décru de 4,4% par rapport à la même base en 2012.

Cette décroissance des appels espagnols de puissance électrique entraîne tout naturellement un arrêt des investissements de capacité et une stabilisation depuis 2012 des puissances installées autour des 102GW (Fig.1). Bien sûr les puissances éoliennes installées, elles aussi, depuis la même date, se stabilisent au-dessous des 23 GW nous informe Red Electrica.

Figure 1 : Puissances électriques installées en fin d’année dans la péninsule espagnole et à fin Mai pour 2014 (Red Electrica)

Il apparait donc, de façon tout à fait logique, que la baisse des appels d’énergie sur le réseau entraîne, afin d’éviter les excès de capacité de production, l’arrêt des nouvelles installations d’éoliennes en Espagne. Les seuls enjeux de réductions de coûts ou de progrès techniques ne peuvent pas justifier à eux seuls la pertinence de nouveaux investissements dans ce domaine.

Figure 2 : Consommations annuelles d’énergie électrique sur le réseau ouest européen (ENTSO-E)

Je ne vois pas pourquoi ce phénomène, économiquement raisonnable, à l’échelle de la péninsule ne se répèterait-il pas à l’échelle du continent ouest-européen dont les consommations d’électricité, tout comme en Espagne, décroissent (Fig.2) et dont les excès d’équipements de génération sont notoires et entraînent une baisse continue des prix de gros du MWh (Fig.3) ce qui décourage tout investissement de capacité non subventionné et entraîne, même, la mise sous cocon de centrales à gaz à cycle combiné les plus modernes (GDF-Suez) ?

Figure 3 : Prix de gros, en euros 2010,  du MWh électrique sur la plateforme EEX (Fraunhofer)

Même si la rumeur institutionnelle entretenue, en vigueur en Europe, annonce pour les années à venir, un accroissement rapide de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, la raison économique nous indiquerait plutôt que ces investissements dans de nouveaux moyens de génération, dont les éoliennes et les modules photovoltaïques, devraient décroitre et tendre progressivement vers zéro.

Bien sûr des décisions politiques de maintient des subventions tarifaires aux énergies intermittentes ou d’arrêt de centrales nucléaires existantes sont de nature à contrecarrer cette prévision de bon sens. Dans cette hypothèse il faut s’attendre à un accroissement continu des prix de détail de l’électricité qui intègrent les subventions tarifaires en vigueur.

C’est ce dont nous menacent certains volets de la soi-disant « transition énergétique » annoncée en France, à moins que la poursuite ou  l’accélération de la dégradation économique de notre pays ne stoppe net ce processus de surinvestissement, éminemment politique et annoncé en fanfare. Un mode de gestion plus rigoureux et plus économe des finances de notre pays devrait revenir un jour en vogue.

Par Raymond Bonnaterre

Les GPS perturbés par de terribles éruptions solaires

La NASA a observé deux grosses éruptions solaires en 48h. Celles-ci, compte-tenu de leur puissance, ont été classées X, le plus haut niveau d’intensité.

Observée par le satellite Solar Dynamics Observatory, la première éruption a eu lieu le 10 juin, suivie à peine une heure après d’une deuxième éruption, de moindre intensité.

Ces éruptions solaires de classe X ont provoqué l’éjection dans l’espace d’une importante quantité de plasma. Le nuage de particules magnétiques projetées s’est dirigé vers les planètes alentours, dont la Terre. Si ces particules sont inoffensives pour l’homme, il n’en est pas de même pour les composants électroniques. Plus particulièrement, les satellites et donc les systèmes GPS sont sensibles au passage de telles particules.

Le nuage issu des intenses éruptions solaires a traversé la Terre aux alentours du vendredi 13 juin. Si vos appareils, Smartphones et autres, ont semblé mal fonctionner, c’était peut-être qu’ils étaient en train de se faire traverser par tout un tas de particules magnétiques  chatouilleuses ! Cette activité du soleil coïncide avec un basculement du champ magnétique solaire. Depuis quelques mois, le Soleil tend vers le maximum de son cycle, et son activité ne devrait pas diminuer avant 2015.

Il est à noter que ce cycle solaire est l’un des moins intenses parmi ceux connus. Ceci ne préserve pas d’une super tempête solaire, qui pourrait avoir des conséquences sur le matériel électronique désastreuses au point d’impacter l’économie à l’échelle mondiale. En attendant que le Soleil nous tombe sur la tête, vous pouvez admirer ces éruptions solaires remarquables grâce à la vidéo de la NASA :

Par Audrey Loubens

Un robot filme le cœur de Fukushima

L’eau. C’est l’obsession des exploitants de Fukushima.

Or, celle-ci ne cesse de s’accumuler et son stockage nécessite la fabrication en continu de réservoirs pour éviter qu’elle ne se déverse dans l’océan. Alors même que le projet de Tepco de bâtir un mur de glace pour empêcher l’eau provenant des collines environnantes de passer sous la centrale  vient d’être accepté, limitant ainsi le volume d’eau contaminée à stocker, les ingénieurs japonais détiennent enfin toutes les informations sur l’existence de fuites d’eau, leur cause, leur débit…

En effet, Tepco s‘est rendu compte que de l’eau s’échappait, soupçonnant des dégradations au niveau du circuit d’eau.  Problème : les vannes sont situées au cœur du réacteur n°1, à l’intérieur duquel règne une radioactivité mortelle. Impossible d’y envoyer des hommes. C’est donc un petit robot qui s’est faufilé pour accomplir cette mission d’exploration. Après l’échec  de l’envoi d’un bateau télécommandé, ce petit robot construit par Hitachi et General Electric portait sur ses métalliques épaules l’espoir de Tepco. Il lui aura fallu trois jours pour inspecter la totalité des circuits d’eau.

Son excursion est un succès puisqu’il a mis à jour une importante fuite au niveau d’une vanne reliée à la cuve de confinement. D’après les images, se sont entre 0.75 et 1.5 tonnes d’eau qui s’écoulent chaque heure ! Tout ça à cause d’un joint ayant subi une importante corrosion. Reste aux équipes de Tepco à réparer pour endiguer au plus vite cette fuite colossale et limiter les quantités d’eau accumulées sur le site.

Regardez ce reportage pour découvrir l’origine de la fuite :

Par Audrey Loubens

Sites internet : attention à votre consommation électrique !

A chaque fois que vous réalisez une tâche sur votre ordinateur, ouvrez ou fermez un programme ou un nouvel onglet dans un navigateur, la consommation électrique de votre ordinateur fluctue. La consommation électrique de votre ordinateur n’est pas fixe !

Le projet « Web energy archive » s’est intéressé pour la première fois au surplus de consommation électrique des ordinateurs des utilisateurs dû à la consultation de sites internet. Mené par Green Code Lab, association spécialisée de consultants dans l’éco-conception des logiciels, il a obtenu le soutien de l’ADEME.

Les 100 sites les plus visités étudiés à la loupe

Pour les 100 sites les plus visités en France selon ODJ/Médiamétrie, la consommation électrique moyenne est estimée à 60 milliwattheure (mWh) par page vue sur un ordinateur*. Mais la consommation est très inégale en fonction des sites : elle varie ainsi de 10 à près de 250 mWh. Cela peut paraître peu. Mais en prenant en compte le nombre de pages vues de ces sites, les auteurs estiment que, côté utilisateur, la consommation électrique des 100 sites web les plus visités en France est de 8 gigawattheure (GWh) par an. Cela correspond tout de même à la consommation de plus de 3000 foyers.

Les auteurs parlent ici d’impact dû à la consultation d’un site web. Ces 8 GWh constituent le surcoût de consommation électrique côté client créé par la consultation du site, alors que l’ordinateur est déjà allumé. En prenant en compte la consommation électrique de base du PC, avant ouverture de la page, la consommation est alors estimée à 68 GWh, soit la consommation de 25 400 foyers !

Surfer avec une tablette ou un téléphone portable consommerait près de 5 fois moins d’énergie que sur PC. Mais là encore, la consommation varie de façon importante selon les sites consultés. Ainsi, si la consommation moyenne est de 9 mWh par page, les sites le plus légers consomment 5 mWh et les sites les plus lourds 13 mWh. Cela a un impact non négligeable sur la batterie ! « Sur une hypothèse de 1 heure de consultation par jour, on pourra avoir une différence de 10,6% d’autonomie en moins soit quasiment un cycle de décharge en plus tous les 10 jours », précise le rapport d’étude. Pour le bien de votre batterie, il faudrait donc en théorie privilégier les sites les moins énergivores. 

En réalité, «l’utilisateur ne peut pas faire grand-chose, c’est aux développeurs de sites de changer leurs pratiques pour plus d’éco-conception », estime  Olivier Philippot, membre de Green Code Lab. Selon lui, ils peuvent notamment remplacer le java par du htm5, réduire la taille des images et le nombre de requêtes lancées vers des serveurs à chaque connexion, simplifier les liens avec les réseaux sociaux, etc.

En bref, « l’impact des sites web sur la consommation des ressources des postes clients peut fluctuer en fonction de la plate-forme matérielle, du navigateur et du site web », peut-on lire dans le rapport. Chrome est ainsi la « Ferrari » des navigateurs, consommant près d’un tiers d’électricité en plus que Firefox et Internet explorer.

Serveurs ou utilisateurs : qui consomme le plus ?

Du côté des serveurs des sites, les chercheurs n’ont pas pu faire de mesures. Mais, en prenant en compte les caractéristiques de la page (taille des éléments, nombre de requêtes) et la provenance des éléments, ils ont tout de même pu estimer la consommation moyenne par page du serveur, soit 2,7 mWh. Pour les 100 sites les plus visités en France la consommation des serveurs est ainsi estimée à 0,58 GWh, soit nettement moins que la consommation des utilisateurs.

L’association travaille désormais sur le développement du Label smartweb, une sorte d’étiquette énergie pour les sites Internet. « Un site web pourra afficher cette étiquette pour se prévaloir d’un effort qu’il a fourni sur l’écoconception et la moindre consommation de ressources », prévoit Olivier Philippot. Green code lab compte lancer prochainement une opération de crowdfunding pour financer le projet. 

Pour voir les sites utilisés dans l’étude ou inscrire le vôtre et suivre sa consommation énergétique tous les 15 jours, rendez-vous sur http://webenergyarchive.com

 *Les mesures ont été réalisées sur 2 plateformes PC  (Intel P4HT/Windows XP et Intel Core 2/Windows 7) et sur un téléphone LG Optimus 5 II (LG-E460) fonctionnant sous le logiciel OS Android 4.1.2

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La première étoile avec une étoile à neutron à la place du cœur vient d’être détectée

Les astronomes savaient que cela existait, mais personne n’en avait encore jamais vu. La théorie prédisant des supergéantes rouges hébergeant en plein cœur une étoile à neutron date de 1975, dans un article co-écrit par Kip Thorne et Anna Zytkow. Ces étoiles agonisantes sont tout naturellement appelées les objets de Thorne-Zytkow, mais jusqu’à ce jour, aucune mesure ni observation n’avaient validé la réalité de telles étoiles.

Une équipe d’astronomes américains vient probablement d’en dénicher une. L’équipe d’Emily Levesque a scruté le ciel et plus précisément la zone du Petit Nuage de Magellan. Ils y ont découvert une supergéante rouge, mais avec des propriétés particulières. L’étoile baptisée HV 2112 présente des quantités de lithium très importantes, ainsi que des taux de rubidium et de molybdène eux aussi très élevés. La présence de ces éléments en de telles proportions serait la preuve de la présence d’une étoile à neutron. Cette dernière se serait nichée dans la supergéante rouge suite à l’explosion d’une étoile appartenant à un système d’étoiles binaires, soit un ensemble de deux étoiles gravitant autour du même centre de gravité. Quand l’une des deux étoiles explose, elle donne naissance à une étoile à neutron plus petite, qui est alors littéralement avalée par la supergéante rouge.

Les observations des scientifiques américaines sont publiées dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society Letters.

Par Audrey Loubens

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ressources documentaires :

Deux exoplanètes « semblables à la Terre » n’étaient que des illusions (étude)

Gliese d et g, qui, selon les calculs des astronomes, se seraient trouvées à 22 années-lumière (une année lumière équivaut à 9.460 milliards de km) de la Terre dans la « zone Goldilocks » (Boucles d’or), c’est-à-dire dans une zone assez proche et assez éloignée de l’étoile pour que de l’eau puisse y exister. Par ailleurs, la température et l’atmosphère sont propices à l’apparition de la vie et à son évolution.

Au moment de l’annonce de sa « découverte » en 2010, Gliese g, avait été décrite comme l’exoplanète la « plus comparable » à la Terre qui ait été détectée jusqu’alors.

Trop éloignées de notre planète pour être observées à l’oeil nu ou au télescope, les deux exoplanètes avaient été repérées dans les environs de l’étoile Gliese 581 grâce à l’examen du spectre de cette dernière.

Or, des astronomes de l’Université de Pennsylvania State, pensent que Gliese d et g n’étaient non pas des planètes, mais des signaux envoyés par l’étoile.

« Selon nos recherches, les deux planètes dont tout le monde parle n’existent malheureusement pas », a expliqué Suvrath Mahadevan, co-auteur de l’étude parue dans la revue Science.

« Ce qui avait d’abord été perçu comme des signaux envoyés par les planètes était en fait causé par l’activité stellaire », a-t-il déclaré à l’AFP.

En d’autres termes, les champs magnétiques ou des taches solaires pourraient avoir perturbé la lecture des signaux faite par les astronomes.

Les scientifiques avaient « découvert » six exoplanètes autour de Gliese 581. Mais en écartant l’existence de Gliese g et d –et celle d’une troisième, Gliese f–, il n’en resterait plus que trois, dont aucune n’est habitable.

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Royal mise sur la biomasse pour la transition énergétique

Le projet de loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique a été présenté par Ségolène Royal le 18 juin 2014. En ouverture du Colloque National Biomasse, elle a détaillé plusieurs annonces concernant la biomasse. Ainsi, « la biomasse contribue largement à la stratégie pour les énergies renouvelables ; le bois énergie est la première source d’énergie renouvelable en France, il représente aujourd’hui 80% de la chaleur renouvelable », note-t-elle.

Les bioénergies dans leur ensemble, c’est-à-dire le bois énergie, le biogaz et les biocarburants, pour la production de chaleur, de carburants, de gaz et d’électricité sont appelés à se développer rapidement. Le projet de loi prévoit en effet un objectif de 32 % d’énergies renouvelables dans la production d’énergie finale en 2030. Dans le détail, nous devrions atteindre en 2030, 40 % d’électricité d’origine renouvelable, 38% de chaleur d’origine renouvelable, 15 % de biocarburants, « un objectif de biogaz injecté dans le réseau étant évalué autour de 10  % », précise Ségolène Royal. Néanmoins, les détails plus précis, à savoir quelle sera la part de la biomasse dans le mix électrique et quelle sera la proportion de biomasse dans la production de chaleur ne sont pas encore connus. Simplement, plusieurs mécanismes sont mis en place pour lancer des dynamiques de développement.

Développer la méthanisation

Ségolène Royal attache « beaucoup d’importance » à la méthanisation. Pour accélérer son développement, elle lance un appel à projet pour 1 500 projets de méthanisation sur l’ensemble du territoire en 3 ans. La ministre veut créer une dynamique et ne pas freiner les ardeurs. « Si ça se fait en un an,  nous reconduirons l’appel à projet l’année prochaine », insiste-t-elle. Elle lance un objectif parallèle : simplifier les formalités administratives pour que les projets puissent être achevés en 2 ans, au lieu des 4 ans nécessaires actuellement.

Fin 2013, 271 installations de production d’électricité à partir de biogaz étaient raccordés au réseau électrique. « La filière biogaz est en bonne voie d’atteindre l’objectif de 625 MW installés en 2020 », prévoit-elle. Rappelons que la CSPE contribue au développement du biogaz à hauteur de 56 millions d’euros par an et le Fonds déchets de l’ADEME à hauteur de 33 millions d’euros en 2013.

Développer la chaleur renouvelable

On retrouve la même volonté de développement du côté de la production de chaleur à partir d’énergies renouvelables. Le mécanisme principal pour y parvenir est le renforcement du Fonds Chaleur de l’ADEME. Celui-ci attribue des aides financières pour le développement des réseaux de chaleur, le solaire termique, la géothermie, les chaudières biomasse et les énergies de récupération, notamment issues d’incinérateurs.

« Le Fonds chaleur de l’ADEME sera renforcé et son montant sera doublé sur trois ans », annonce Ségolène Royal, passant à 400 millions d’euros pour la période 2015-2017, « mais si les crédits sont consommés sur un an, on recommencera l’année suivante », insiste là encore la ministre. « Il n’y a pas de limites », juge-t-elle. On peut tout de même se demander où est-ce qu’elle trouvera les fonds si une telle situation devait se produire.

Pour accélérer le développement de chaufferies collectives biomasse, la ministre incite également les professionnels et les collectivités à se tourner vers les nouveaux prêts à 2 % de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) issus du fonds dédié à la transition énergétique doté de 5 milliards d’euros. Environ 500 millions d’euros devraient être réservés aux énergies renouvelables et ces prêts sont accordés sur 20 à 40 ans, sans apport initial.

Le projet de loi projette également de développer le recours au chauffage au bois dans les rénovations et constructions. L’objectif est ainsi d’atteindre 9 millions de foyers français équipés d’un dispositif de chauffage au bois à l’horizon 2020 , contre 7,4 millions actuellement. Pour encourager les ménages à agir, un allègement d’impôts pour les particuliers à hauteur de 30% est mis en place.

Enfin, dès 2015, le Gouvernement lancera chaque année un appel à projet pour des installations en cogénération biomasse de plus d’un mégawatt.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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La consommation énergétique des sites internet très inégale (étude)

La moyenne de l’énergie consommée par les 600 sites, dont les 100 les plus consultés, est de 60 watt-heures (Wh) pour 1.000 pages consultées, ont indiqué lors d’une présentation à la presse Olivier Philippot et Thierry Leboucq, membres de Green Code Lab.

Mais la différence entre les sites est énorme: « les meilleurs consomment 10 watt-heure et les plus mauvais 259 watt-heure », ont précisé les artisans de ce projet de mesure inédit, baptisé « Web energy archive » et développé avec le soutien de l’Agence de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

« Nous nous sommes intéressés uniquement à la consommation des utilisateurs des sites, car jusqu’ici l’attention s’est plutôt focalisée sur les serveurs des data-centers », ont souligné les spécialistes de l’écoconception, qui prend en compte l’impact environnemental des produits.

Or, si la consommation des utilisateurs est plus diffuse, elle est aussi la face cachée de l’iceberg: selon les calculs de Green Code Lab, la consultation des 100 sites français les plus visités équivaut à une consommation de 8 gigawatt-heure par an côté utilisateurs, l’équivalent de la consommation annuelle de 3.000 foyers. Les serveurs utilisés, eux, consomment 0,58 GWh, estime-t-on.

« Les développeurs aujourd’hui ne se soucient pas du tout de l’énergie qui sera consommée et du matériel qu’il faudra pour utiliser leurs produits », a expliqué Thierry Leboucq. « Il est urgent de mettre en place de bonnes pratiques », estime-t-il, alors que les économies d’énergie sont une préoccupation grandissante.

En agissant sur différents facteurs (type de langage informatique utilisé, taille des éléments image et vidéo, nombre de requêtes lancées vers des serveurs à chaque connexion, etc.), « la consommation peut être fortement réduite », assure le spécialiste, ce qui aura aussi comme effet d’accélérer la vitesse de chargement du site.

Alain Anglade, ingénieur à l’Ademe, souligne également que « mieux vaut surfer sur une tablette ou un smartphone, que sur un ordinateur », qui multiplie au moins par cinq la consommation d’énergie pour aller sur un site.

Le projet « Web energy archive » a aussi montré que « la consommation varie d’un navigateur à un autre », note Olivier Philippot, Chrome étant plus énergivore que Firefox et Internet explorer.

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Bruxelles veut jeter les déchets dans les poubelles de l’histoire

Dans un projet de directive visant à remettre à plat la législation en matière de gestion des déchets, l’exécutif bruxellois prône l’abolition en 2025 de la mise en décharge des déchets recyclables.

La Commission demande aux Etats de redoubler d’efforts, en portant d’ici 2030 à 70% la part des déchets dits « municipaux » recyclés.

Pour les emballages en particulier, le pourcentage devra être de 80%, avec toutefois plus d’indulgence pour le plastique, où l’objectif est de 60%, que pour le papier ou le fer, qui devront être recyclés à hauteur de 90%.

La Commission préconise aussi, mais sans l’imposer aux Etats membres, de réduire d’ici 2025 d’un tiers le gaspillage alimentaire et les déchets marins. Elle conseille aussi de réserver l’incinération aux seules ordures non recyclables.

Selon la Commission, un tel effort générerait des économies de l’ordre de 600 milliards d’euros, et permettrait de créer 180.000 emplois directs.

Il permettrait à l’UE de maîtriser sa production de déchets, de l’ordre de 2,5 milliards de tonnes en 2011. Seuls 42% d’entre eux ont été recyclés en 2012, le reste étant mis en décharge ou incinérés, avec d’importants écarts entre Etats.

Six pays arrivent en tête, avec moins de 3% des déchets recyclables mis en décharge (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Pays-Bas et Suède), mais quatre stagnent (Roumanie, Malte, Lettonie et Grèce), avec plus de 80% des ordures jetées. Entre ces deux pôles, le pourcentage de recyclage est de l’ordre de 50%.

En domestiquant ses poubelles, l’UE peut accélérer sa mutation vers « l’économie circulaire, où le réemploi, la réparation et le recyclage deviennent la norme, et les déchets font partie du passé », a souligné la Commission.

Pour le commissaire européen à l’Environnement, Janez Potocnik, la transition s’impose si l’UE veut rester compétitive « dans le monde du 21e siècle, des économies émergentes et des millions de nouveaux consommateurs ».

« Il y aura des résistances » tant nationales qu’industrielles, a-t-il admis. Mais il a appelé les réfractaires à prendre conscience qu’à l’avenir, « il y aura de la croissance verte ou il n’y aura pas de croissance ».

Les ONG environnementales ont salué dans ces propositions un pas en avant, mais l’ont jugé insuffisant, réclamant notamment des mesures strictes pour limiter l’incinération, afin d’éviter que les Etats n’y recourent comme solution de rechange aux décharges.

L’une d’entre elles, le Bureau européen de l’Environnement, a aussi souligné la nécessité que gouvernements et députés européens imposent l’harmonisation du calcul des taux de recyclage proposée par la Commission, pour que les Etats ne comptabilisent que ce qui est envoyé au recyclage final et ne gonflent pas les taux de recyclage en incluant les matériaux mal triés.

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Le Sénat corrige la loi sur les ondes

« Nous sommes furieux ». Laurence Abeille, la députée EELV à l’origine de la proposition de loi, ne décolère pas. Les Sénateurs  ont procédé à des modifications majeures de son texte, contrant ainsi sa volonté de mieux encadrer les rayonnements et d’influer sur les opérateurs téléphoniques. 

Pourtant adoptée en janvier par l’Assemblée Nationale, la « proposition de loi relative à la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques » a succombé avant même la tenue des débats. En effet, le rapporteur du texte, le sénateur PS Daniel Raoult, a imposé de sérieuses coupes. Ainsi, exit l’interdiction de la publicité pour les terminaux mobiles, plus de coupure du wifi dans les écoles hors utilisation pédagogique, pas de mesure fréquence par fréquence, pas besoin de simulation de l’exposition avant la pose d’une antenne relai ni de concertation des riverains.  Voilà qui a rassuré les parlementaires UMP qui s’étaient opposés à cette loi, la jugeant anxiogène et contraire à l’amélioration de la couverture réseau.  Idem du côté des opérateurs de téléphonie qui ne cachaient pas leur soulagement.

Alors que restait-t-il ? Et bien pas grand-chose, à part le maintien de l’interdiction du wifi dans les établissements accueillant des enfants de moins de 3 ans.

Suite à sa deuxième lecture le 26 juin, le texte de loi a finalement été adopté dans une version allégée intermédiaire. Ainsi, le texte a réintégré des mesures de concertation lors de l’installation d’antennes relai, impose le kit « mains libres » et interdit le wifi dans les écoles (sauf usage pédagogique). 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Royal veut faire une énergie d’avenir du bois de chauffage de son enfance

Fait méconnu, le « bois énergie » (l’utilisation du bois comme combustible) est la « première source d’énergie renouvelable utilisée en France », représentant « 80% de la chaleur renouvelable », a déclaré la ministre qui s’exprimait à l’ouverture d’un colloque sur la biomasse organisé par le syndicat des énergies renouvelables (SER) et France Biomasse énergie.

L’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes a affirmé qu’elle avait été la « première présidente de région à équiper les lycées de chauffages à bois », malgré les oppositions, y compris au sein de sa propre majorité.

« Toute mon enfance, dans les Vosges, j’ai été chauffée au bois », a également dit Mme Royal, ajoutant qu’elle avait continué à se chauffer de cette manière « dans sa région » et invitant les industriels présents dans la salle à « améliorer la technologie des poêles à granulés à bois ».

Elle a rappelé que les nouveaux prêts de la Caisse des dépôts (jusqu’à 5 millions d’euros sur 20 à 40 ans, sans apport initial) devraient permettre d’accélérer le déploiement de chaufferies collectives biomasse. L’objectif d’équiper 9 millions de foyers (contre 7,4 actuellement) de chauffage à bois devrait être atteint grâce à « la simplification du crédit d’impôts développement durable », a-t-elle déclaré.

La ministre a cependant souligné que si « la ressource forestière est abondante en France » – elle couvre près d’un tiers du territoire – « elle est fortement sollicitée: il convient donc de l’utiliser au mieux et de ne pas la gaspiller ».

Il n’y a pas de risque en la matière, a répondu la directrice générale déléguée de l’Ademe, Virigine Schwartz, rappelant que la coupe du bois en France est très inférieure à l’accroissement naturel de la forêt.

Toutes essences confondues, la forêt française produit 85 millions de mètres cube de bois par an. Seule la moitié est récoltée.

Or ce « taux de prélèvement » pourrait être porté sans dommage à 75% afin de permettre à la France de respecter les objectifs qu’elle s’est fixés, a ajouté Mme Schwartz.

La loi de transition énergétique, dévoilée à la mi-juin, prévoit que la part des énergies renouvelables dans la consommation atteigne 23% en 2020 et 32% en 2030.

Autre sujet: si le bilan carbone de la filière est positif (émissions de CO2 dues à la combustion largement compensées par la fonction de puits carbone de la forêt) selon l’Ademe, la pollution aux particules fines générée par le chauffage au bois en « foyer ouvert » nécessite que les fabricants améliorent les performances des appareils, a souligné la ministre.

Enfin, Mme Royal recommande de sensibiliser les propriétaires d’hectares de forêt, « qui ne perçoivent pas toujours la valeur économique de leur bien ».

La France compte 3,5 millions de propriétaires de forêts, dont 70% détiennent moins d’un hectare. C’est le cas de la ministre qui, dans sa déclaration de patrimoine publiée jeudi dernier, mentionne avoir acquis en 1989 une « parcelle bois » de « 16 ares 80 ca » centiares pour 300 euros, évaluée à 500 euros à la date de la déclaration.

L’industrie du bois pèse environ 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, et emploie au total environ 450.000 personnes. La filière bois énergie pourrait représenter 85.000 emplois en France en 2015, selon la ministre.

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Le monde comptera 3,2 TW de solaire photovoltaïque et d’éolien en 2030

Les deux principaux moteurs de ce changement global seront le solaire PV et l’éolien terrestre. La puissance photovoltaïque cumulée en 2030 sera de 1,9 TW (0,14 TW en 2013), soit davantage que celle de l’éolien qui atteindra 1,3 TW. La puissance installée des autres EnR (dont l’hydroélectricité) sera de 2 TW.

La part combinée du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre dans le mix électrique mondial passera de 3% en 2013 à 17% en 2030 (entre 16 et 18% selon les hypothèses retenues). Le troisième élément majeur sera l’hydroélectricité. En revanche, les contributions de la bioélectricité et de l’éolien offshore seront relativement modestes, tandis que celles du solaire thermodynamique (CSP) et de la géothermie seront faibles.

Le monde se dirige ainsi progressivement vers un mix électrique « Wind Water Sun », formule de Mark Jacobson, spécialiste des questions énergie-atmosphère de l’université Stanford.

800 GW de nouvelles capacités photovoltaïques en Asie

Entre aujourd’hui et 2030 la région Asie-Pacifique va installer 1.7 TW de renouvelables dont 800 GW de solaire PV, moitié au sol et moitié sur toitures, et 500 GW d’éolien. En 2030, le tiers de l’électricité de cette région très peuplée où vivent dès aujourd’hui 2 êtres humains sur 3, proviendra des EnR.

Milo Sjardin, directeur de la région Asie-Pacifique au sein de BNEF a déclaré que « la croissance du solaire va être spectaculaire dans cette région ». Une puissance de 800 GW de solaire PV, qui sera installée principalement en Chine, en Inde et au Japon, équivaut à 13 parcs électro-nucléaires français et à 500 réacteurs EPR, soit 31 réacteurs par an pendant 16 ans ! La capacité de déploiement du solaire PV, une technologie sans aucun risque pour les populations vivant à proximité des panneaux, facile à installer, ne produisant pas de déchets toxiques à longue durée de vie, qui ne consomme pas d’eau douce et est très bien acceptée par les populations, est effectivement impressionnante.

En Europe, selon BNEF, la part des énergies renouvelables (y compris hydroélectricité) dans le mix électrique passera à 50%. Et non à 60% comme indiqué par l’AFP probablement du fait d’une confusion entre puissance et énergie, erreur répétée par de nombreux médias francophones. C’est la puissance installée renouvelable qui passera de 40% aujourd’hui à 60% en 2030. La part de la production éolienne terrestre grimpera de 6% en 2013 à 20% en 2030.

La demande électrique européenne ne va augmenter que de 9% durant les 16 années à venir selon les experts de BNEF. Ce faible niveau de croissance, du fait d’une démographie périclitante et des progrès en matière d’efficacité énergétique, aura en France des conséquences au niveau de la production électro-nucléaire dont la part dans le mix électrique doit être réduite de 75% à 50% d’ici 2025.

Les émissions de CO2 ne commenceront à baisser qu’à la fin de la prochaine décennie

La puissance installée des centrales thermiques non durables sera de 5,3 TW en 2030. Le parc de centrales fossiles va passer de 3,5 TW en 2012 à 4,7 TW en 2030, soit une augmentation d’environ un tiers.

La proportion des centrales à gaz, deux fois moins émettrices en CO2 que les centrales à charbon, va augmenter au détriment de ces dernières, en particulier aux USA où 109 GW seront fermées en conséquence de la révolution des gaz de schistes. King Coal, particulièrement polluant, n’a plus la cote outre-Atlantique. Les centrales à gaz sont davantage flexibles que les centrales à charbon et nucléaires et peuvent ainsi être combinées avec les énergies renouvelables fluctuantes.

En Asie, dépendante de gaz naturel liquéfié importé et coûteux, 434 GW de centrales au charbon vont être en revanche installées, l’équivalent de 2 nouvelles centrales par mois.

En Europe, la part du charbon dans le mix électrique va chuter de 19% en 2013 à 8% en 2030. Celle du gaz de 25% à 17%. Grâce à la croissance du solaire photovoltaïque et de l’éolien les émissions de CO2 du secteur électrique seront divisées par deux. « La baisse annuelle de 5% des émissions de CO2 sera principalement le résultat de la hausse des capacités renouvelables et de la hausse du prix du carbone qui provoquera une substitution du charbon et du lignite par le gaz » estiment les experts de BNEF.

A l’échelle mondiale « les émissions globales en CO2 devraient cesser d’augmenter à la fin de la prochaine décennie, ceci du fait de l’addition, par les pays en développement et à croissance rapide, de nouvelles capacités fossiles en parallèle aux nouvelles capacités renouvelables » soulignent les auteurs du rapport.

Les habitants des pays en développement aspirent en effet à vivre selon les standards d’Europe de l’ouest et auront besoin des énergies fossiles en transition, tout comme les européens et les nord-américains en ont bénéficié depuis le XIXème siècle. La grande majorité du CO2 anthropique présent aujourd’hui dans l’atmosphère a été émis par les occidentaux. Les représentants des pays dits « du sud » ne manquent pas de le rappeler à l’occasion de chaque grand sommet climatique.

Les énergies renouvelables, un marché de 5000 milliards de dollars, contre 2700 milliards pour les énergies non durables

En 2030 la puissance photovoltaïque installée dans le monde sera quatre fois supérieure à celle du nucléaire. Compte-tenu du fait que le facteur de charge moyen du nucléaire est environ 5 fois supérieur à celui du solaire PV, la production solaire correspondra à environ 80% de celle du nucléaire. La production photovoltaïque dépassera probablement celle du nucléaire durant la décennie 2030.

La région Asie-Pacifique va attirer 2,5 trillions de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables, dont 1,4 trillion en Chine. En Europe 94% des investissements dans le solaire concerneront le segment du petit PV. Une situation très différente de celle de la région Asie-Pacifique où la moitié des capacités PV installées concerneront de grandes centrales.

Dans les Amériques 231 milliards de dollars vont être investis dans le petit solaire PV en toiture, soit 18% de la totalité des investissements dans le secteur électrique de ce continent. Seul le gaz naturel, avec 24% du volume des investissements en Amérique, dépassera le solaire.

Cap vers une « Solar Electric Economy »

Selon plusieurs rapports, dont un du groupe pétrolier Shell, le solaire va devenir la source principale d’énergie de l’humanité durant la seconde moitié du XXIème siècle. Le groupe Total, géant pétrolier français, a investi 1,4 milliard de dollars pour acquérir 60 % du capital de l’entreprise SunPower, anticipant la révolution solaire qui ne fait que commencer.

Mais la compétition sera rude. Président de SolarCity qui domine le tiers du marché solaire résidentiel aux USA, Elon Musk vient d’annoncer la construction d’une « giga-factory » ayant une capacité de production d’1 GW/an de panneaux solaires. Il ne s’agit, selon Elon Musk, que d’une « unité pilote » qui n’est que le début d’une série d’usines géantes capables chacune de produire 10 GW/an.

Ce visionnaire a dans cet objectif acquis pour 350 millions de dollars l’entreprise Silevo qui produit des panneaux à base de silicium et sans argent, ce qui permettra une croissance sans contrainte sur le plan des matières premières. Le silicium est le second élément le plus abondant sur Terre après l’oxygène. Cette non dépendance envers l’élément argent deviendra dans les années à venir un sérieux atout en terme de compétitivité vis à vis des groupes concurrents. Elon Musk a également décidé de construire une gigantesque usine de production de batteries, qui sera en réalité la plus grande usine jamais construite dans le monde. Ces batteries alimenteront à la fois le marché du stockage stationnaire pour assister le solaire, et le marché de la voiture électrique.

C’est ainsi un écosystème complet qu’est en train de construire ce californien, son approche est holistique. ​Il a vraiment la tête tournée vers l’avenir avec son entreprise Space X qui fait trembler l’Agence Spaciale Européenne et avec Tesla, la star de l’électro-mobilité haute qualité dont les ventes battent des records.

« Le soleil est un réacteur nucléaire libre et très pratique » a déclaré le 17 juin 2014 Elon Musk, non sans son ironie habituelle, dont la fondation a d’ailleurs donné 500.000 dollars pour la construction d’une centrale solaire au Japon suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima et dont la fortune personnelle dépasse le bénéfice net du groupe Total en 2013. Pour Elon Musk, nous sommes en train de vivre « le mouvement d’une économie hydrocarbonée d’extraction et de combustion vers une économie électro-solaire ».

Les Chinois n’ont pas dit leur dernier mot. Ils pourraient construire des usines de panneaux solaires au Mexique, pays membre de l’ALENA, afin de contourner les taxes douanières imposées par le gouvernement fédéral américain. Et, par ricochet, celles des gouvernements européens via le traité de libre-échange transatlantique. Ou alors en Malaisie où les entreprises First Solar et SunPower ont installé une bonne partie de leur capacité de production d’où l’impossibilité pour les autorités américaines de surtaxer les panneaux solaires provenant de ce pays.

Le « 2030 Market Outlook » de BNEF, rapport majeur qui parait une fois par an, est basé sur une modélisation de l’offre et de la demande du marché de l’électricité et sur l’évolution du coût des différentes technologies.

Par Olivier Daniélo

Dans les ressources documentaires :

Electricité : les énergies renouvelables vont représenter 60% de la production européenne en 2030

L’Europe devrait développer 557 gigawatts de capacités renouvelables supplémentaires d’ici à 2030, selon cette étude réalisée par Bloomberg News Energy Finance et basée sur les tendances du marché de l’électricité, les politiques menées et le coût des différentes technologies.

La production électrique à partir de ressources fossiles comme le charbon et le gaz devrait elle passer de 48% à 27% – l’électricité tirée du charbon diminuant de plus d’un tiers (de 195 à 125 gigawatts), et le gaz augmentant légèrement de 275 à 280 gigawatts.

« Notre étude montre que les améliorations à venir sur les marchés du solaire et de l’éolien permettront d’installer de plus en plus d’équipements non subventionnés dans les années qui viennent », a commenté Seb Henbest, directeur pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique chez Bloomberg News Energy Finance.

« Nous nous attendons à ce que l’Europe investisse près d’un trillion de dollars pour développer ses capacités de production renouvelables d’ici 2030, dont 339 milliards de dollars dans les panneaux solaires sur les toits et 250 milliards pour l’éolien en mer ».

L’amélioration de l’efficacité énergétique permettra de modérer l’évolution de la demande d’électricité à +9% entre 2014 et 2030, et l’étude prévoit une baisse de 60% des émissions de CO2 du secteur énergétique (1,3 milliard de tonnes à 564 millions).

L’Allemagne et la Grande-Bretagne seront à la pointe de cette transition énergétique, selon Bloomberg, ces deux pays représentant près d’un tiers des nouvelles capacités de production. L’Italie devrait apporter 84 gigawatts d’électricité verte avec l’éolien, quand la France développerait 75 gigawatts et l’Espagne 43 gigawatts, surtout à travers le solaire.

Au niveau mondial, Bloomberg anticipe des investissement de 7.700 milliards de dollars dans la production d’électricité, dont deux tiers pour les énergies renouvelables. La région Asie-Pacifique dépenserait 2.500 milliards, les Amériques 816 milliards, et la région Moyen-Orient / Afrique 818 milliards pour cette production durable.

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L’Europe accepte qu’un pays interdise les OGM s’il le souhaite

On ne pourra plus dire que c’est Bruxelles qui impose ses décisions. Sur le sujet des OGM en tout cas. Car depuis le 12 juin, chaque membre de l’Union Européenne est libre d’interdire la culture d’organismes génétiquement modifiés sur leur sol. Les vingt-huit ministres de l’environnement se sont donc mis d’accord pour permettre à chaque nation de choisir si elle autorise ou interdit les OGM sur son propre territoire. Une première puisque jusqu’ici, seule la Commission européenne était habilitée à en décider.

Une fois cet accord validé par le Parlement, la Commission garde le rôle d’autoriser la culture de tel ou tel OGM, mais un pays pourra demander à ne pas être concerné par cette décision afin qu’elle ne soit pas appliquée sur son territoire. De plus, chaque pays qui le souhaite pourra mandater la Commission européenne pour qu’elle demande aux fabricants de telles semences de les exclure des demandes d’autorisations.

A ce jour, seul le maïs MON810 est autorisé en Europe. Sa culture suscite de nombreuses controverses en France ainsi que des affrontements récurrents entre anti et pro-OGM. Désormais libre de décider, le gouvernement français pourrait bien choisir de l’interdire purement et simplement.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Quelles sont les entreprises qui ont su optimiser leur outil de production ?

Travailler sur la baisse du coût de la main d’œuvre n’est pas suffisant. Le Syndicat français des machines et technologies de production (SYMOP) en est convaincu, doper l’industrie française passe par une mise à niveau de l’outil de production. Pour aider les industriels français à aller dans ce sens, le SYMOP a décidé de créer un label. Chaque entreprise qui le souhaite peut donc remplir un dossier et demander à bénéficier. Celui-ci est attribué par un comité de labellisation selon le respect de critères objectifs. Tout d’abord, la technologie de production doit être intégrée en France par une entreprise implantée en France. Deuxièmement, les gains de productivités doivent être significatifs. Enfin, il ne doit pas y avoir de conséquences négatives sur l’emploi.

Lancée en 2012, cette initiative a labellisé 56 entreprises dès 2013 au cours de deux sessions. Cette année, une seule session a eu lieu pendant laquelle dix-sept entreprises se sont vues remettre le label Productivez ! 2014. C’est le cas de AZ METALS, un sous-traitant en métallurgie qui a divisé par deux son temps de production tout en profitant d’une baisse des coûts de 13%. Une réussite liée à la mise en place du dispositif ROBOT Start PME et au développement d’un robot dédié à la production à distance de nouvelles pièces. Les opérateurs peuvent dès lors se consacrer à la fabrication de pièces unitaires. De son côté, BEIRENS, spécialiste des cheminées industrielles mécano-soudées pour le chauffage a modernisé sa fabrication en créant une cellule de fabrication cheminée de façon à rassembler les équipements autour d’une même machine. Là encore, les salariés peuvent accroître leurs compétences en ne se consacrant plus qu’à des tâches à forte valeur ajoutée. Au final BEIRENS a vu sa capacité de production tripler et estime ses gains de productivité à 30%. Pour les FORGES DE NIAUX, expert en pièces d’usure destinées au marché agricole,  le choix de l’automatisation a aussi été bénéfique. C’est désormais un robot doté d’une visualisation industrielle intégrée qui assure la manutention et la supervision. Un système qui diminue le temps de chargement des pièces de 80%, la capacité de production sur les installations grande série a bondi de 10%.

Ainsi, en récompensant ceux qui ont fait évoluer leur process, le SYMOP veut mettre en lumière l’importance capitale des outils de production dans la compétitivité des industries françaises. En complément de la création du label Productivez !, le syndicat a décidé de décerner un prix éponyme. Pour la première fois, le prix Productivez ! a donc été décerné à trois lauréats, parmi les treize labellisés 2013 les plus représentatifs du label : Aldes, Ets. Callewaert, Société Alsacienne de Meubles, SAS Forêts et Sciages Autun, Cauquil SAS, Meca-Innov’, Simeto, Usines Desautel, Meda-Manufacturing, SD Services, Les ateliers du Vallon, Magafor et TSA Inox, réparties en trois catégories : Productivité, Innovation Process et Mention spéciale du jury. Le jury était composé de 9 experts de l’industrie mais aussi de l’économie. Autour du président Jean-Paul Papin, directeur de l’agence de programme du CETIM et vice-président des Instituts Carnot , Vincent Charlet, directeur de La Fabrique de l’Industrie, Jean-Philippe Vanot, président de ParisTech, Nicolas Baverez, économiste et éditorialiste au Point, Robin Rivaton, économiste et consultant en stratégie à la Fondapol, Patrice Desmedt, journaliste à L’Usine nouvelle, Roland Dutertre, Compagnon Chaudronnier du Devoir, Eric Fresnel, vice-président du Symop et P-DG de la société

Sleever International, et Jean-Camille Uring, président du Symop, ont remis le Prix Productivité à la Société Alsacienne de Meubles pour sa stratégie de forte automatisation. La SALM a en effet embauché 200 salariés pour la création d’une nouvelle usine dotée d’un îlot robotisé et d’une machine de découpe au jet d’eau, le tout permettant un gain de productivité de 30%. Le Prix Innovation process à échu à Cauquil SAS pour son investissement dans des équipements innovants visant à simplifier et sécuriser la production. Enfin, la Mention spéciale du jury à été décernée à Magafor. Cette entreprise investit régulièrement dans son outil de production et a créé avec un fabricant de machines un transfert rotatif autonome et autocontrôlé assisté d’un robot. Des efforts qui ont divisé par 3 les temps de production.

Une deuxième session de labellisation devrait être organisée au deuxième semestre 2014.

Pour obtenir le label : [email protected] / www.symop.com/productivez/label

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Reach/CLP : toute l’actualité de juin 2014 2/2

Mise à jour de la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC)

16/06/2014

L’ECHA a mis à jour la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) avec l’ajout de quatre nouvelles substances, classées comme CMR – cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (chlorure de cadmium, l’acide benzènedicarboxylique-1,2, ester de dihexyle (ramifié et droit), perborate de sodium et sel de sodium de l’acide perborique ainsi que le peroxométaborate de sodium). La liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) candidates à l’interdiction dans le cadre de Reach comporte désormais 155 substances :

Les producteurs et les importateurs d’articles contenant l’une de ces quatre substances au 16 juin 2014 ont six mois pour notifier à l’Echa si la substance est présente dans des articles dans des quantités supérieures à une tonne par an et dans une concentration supérieure à 0,1%.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/view-article/

Guide technique relatif à l’adaptation de la classification des substances et mélanges dangereux (ICPE)

16/06/2014

Le ministère de l’Ecologie et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) publient une nouvelle version du guide technique relatif à l’application de la classification des substances et mélanges dangereux à la nomenclature des installations classées (ICPE).
Il intègre les évolutions de la réglementation liées à l’entrée en vigueur du règlement CLP et à la transposition de la directive Seveso 3, applicables à compter du 1er juin 2015. Jusqu’à cette date, la version antérieure du guide datant d’octobre 2010 reste la référence.

Directive SEVESO : developpement-durable.gouv.fr
Guide technique juin 2014 : ineris.fr/aida/sites/default/files

Proposition de restriction et demande d’autorisation approuvées par le RAC et le SEAC

17/06/2014

Le comité d’évaluation des risques (RAC) a adopté des avis sur les deux propositions de restriction concernant le nonylphénol et les éthoxylates de nonylphénol, et le 1-méthyl-2-pyrrolidone. Le comité d’analyse socio-économique (SEAC) a, quant à lui, trouvé un accord sur la proposition de restriction sur le nonylphénol. Les comités RAC et SEAC ont également trouvé un accord sur les projets d’avis pour les demandes d’autorisation relative aux phtalates, aux pigments de chromate de plomb et au trioxyde de diarsenic.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/view-article

L’ECHA publie une nouvelle version de R4BP 3

17/06/2014

L’ECHA publie une nouvelle version de R4BP 3. Cette dernière version améliore l’interface utilisateur et intègre de nouvelles fonctionnalités de recherche.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/view-article

Consultation publique pour de potentielles substances candidates à la substitution

17/06/2014

L’ECHA a lancé une consultation publique pour deux substances dont la substitution est envisageable. Les substances concernées sont : Medetomidine et triclosan . Les commentaires sont à soumettre pour le 15 août 2014.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

17/06/2014

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. 18 propositions sont concernées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 1er août 2014.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/information-on-chemicals

Nouvelles propositions de restrictions

18/06/2014

Deux nouvelles propositions de restriction sont en consultation publique jusqu’au 18 décembre 2014 : le bisphénol A dans le papier thermique et les sels d’ammonium dans les matériaux d’isolation en ouate de cellulose.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/restrictions-under-consideration

Avis sur 9 substances actives

24/06/2014

Le comité des produits biocides a adopté un avis sur neuf substances actives. Les domaines d’applications des substances actives comprennent des conservateurs, un avicide et deux micro-organismes utilisés pour contrôler les moustiques et les larves de mouches noires.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/view-article

Nouvelle proposition de classification et d’étiquetage harmonisé

24/06/2014

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé d’une nouvelle substance (Linalool; (S,R)-3,7-dimethyl-1,6-octadien-3-ol; dl-linalool [1], Coriandrol; (S)-3,7-dimethyl-1,6-octadien-3-ol; d-linalool [2], Licareol; (R)-3,7-dimethyl-1,6-octadien-3-ol; l-linalool [3]). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 8 août 2014.

Plus d’informations sur : echa.europa.eu/harmonised-classification-and-labelling-consultation

Nouveau guide pratique sur les intermédiaires

25/06/2014

L’ECHA a publié un nouveau guide pratique sur « Comment déterminer si une substance est utilisée comme intermédiaire dans des conditions strictement contrôlées et de la façon de signaler les informations d’enregistrement intermédiaire dans IUCLID ». Ce nouveau guide aide les déclarants et les utilisateurs en aval à se conformer aux exigences pour les intermédiaires au titre de REACH et d’identifier les informations à signaler dans le dossier d’enregistrement. Le document donne un certain nombre d’exemples pratiques illustrant le type d’informations à fournir.

Plus d’information sur : echa.europa.eu/view-article/

Par Céline GABORIAUD, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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Le télescope chilien ALMA est fin prêt

Il aura fallu attendre un moment avant que l’installation ne soit complète. Mais un peu plus d’un an après son inauguration en mars 2013 et quelques mois après sa mise en service, l’Atacama Large Millimeter Array (ALMA) peut désormais compter sur ses soixante-six antennes et prétendre au titre de plus grand observatoire astronomique du monde.

La dernière antenne, d’un diamètre de douze mètres, a donc retrouvée ses pairs récemment après avoir été tractée par des transporteurs géants jusqu’au site sur le haut plateau de Chajnantor. Elle rejoint ainsi les vingt-quatre antennes européennes, vingt-cinq américaines et seize japonaises déjà présentes. Toutefois, bien que l’installation soit terminée, le directeur de l’ALMA et ancien astronome Pierre Cox estime que le radiotélescope devrait être pleinement opérationnel en octobre 2015.

Un oeil de seize kilomètres de diamètre

Parmi ses particularités, l’ALMA est capable de percevoir les ondes millimétriques et sub-millimétriques émises par les corps célestes. Sa puissance permettra aux astronomes de sonder l’espace à la recherche des premières galaxies, celles dont l’éloignement atteint jusqu’à 10 000 millions d’années-lumière. Il pourra également traverser les épais nuages de poussières cosmiques. Après tout, lorsque les soixante-six antennes fonctionnent de concert, le radiotélescope se transforme en oeil immense au diamètre de seize kilomètres. Les données recueillies par les antennes sont ensuite transmises et traitées par un superordinateur appelé Corrélateur, capable de réaliser dix-sept quadrillons d’opérations à la seconde.

Les objectifs de ce projet mondial sont principalement d’étendre les connaissances actuelles sur la formation des planètes et des étoiles par l’observation de « l’Univers jeune ». Mais l’étude des systèmes solaires comporte une autre facette puisque les scientifiques s’intéresseront aussi à l’atmosphère d’autres planètes.

Les performances du radiotélescope emballent clairement les astronomes, qui se sont empressés de faire leur réservation. Sur les 1 380 demandes qu’à reçu l’observatoire – « le nombre le plus élevé jamais reçu par un observatoire » a précisé Pierre Cox, enchanté – « seule une demande sur cinq a été acceptée ». C’est donc une affaire qui roule. Dès sa mise en route, l’Alma a permis d’observer la collision de deux galaxies à soixante millions d’années-lumière. Et en juillet, c’est l’embryon d’une étoile géante, distante quant à elle de 11 000 années-lumière, que le radiotélescope a surveillé.

Par Sébastien Tribot

La Nasa débute un test de technologies qui pourraient poser des hommes sur Mars

L’énorme ballon gonflé à l’hélium a été lâché à 18H40 GMT depuis la base militaire de l’île hawaïenne de Kauai, 25 minutes après l’ouverture d’une fenêtre de lancement, selon les images de la télévision retransmises en direct.

Le ballon qui, une fois totalement gonflé en s’élevant dans l’atmosphère sera de la taille d’un terrain de football, transporte un vaisseau de la forme d’un disque appelé « Low-Density Supersonic Decelerator », ou LDSD, qui est attaché à un parachute géant.

Il faudra entre deux et trois heures au ballon pour atteindre 36.600 mètres, où il flottera. Peu après, le vaisseau LDSD sera largué et son moteur de fusée s’allumera pour l’amener à 54.900 mètres d’altitude, à 3,8 fois la vitesse du son, ou 4.651 kmh.

C’est alors que sera testée la première nouvelle technologie objet de ce test.

Il s’agit du ralentisseur supersonique aérodynamique gonflable en forme de beignet rond avec un trou au milieu, appelé SIAD (Supersonic Inflatable Aerodynamic Decelerator).

Le SIAD freinera le vaisseau jusqu’à une vitesse d’environ 2,5 fois la vitesse du son (3.060 kmh) avant que ne se déploie le gigantesque parachute supersonique qui freinera la descente du vaisseau pour un amerrissage en douceur, 40 minutes après son largage.

Ces nouvelles technologies sont testées à très haute altitude, car les conditions y sont similaires à celles de la haute atmosphère de Mars.

La Nasa prévoit deux autre vols du LDSD pour tester plus spécifiquement les deux technologies de freinage et d’atterrissage, le ralentisseur gonflable et le ballon.

« Si notre soucoupe volante atteint la vitesse et l’altitude prévues, ce sera un grand jour pour nous », avait dit récemment Mark Adler, le responsable du projet LDSD.

Depuis les années 1970, la Nasa utilise le même système de parachute pour freiner ses atterrisseurs et robots qu’elle pose sur la planète rouge, alors qu’ils descendent à travers la fine atmosphère martienne.

Mais, avec les projets d’exploration de Mars plus ambitieux, la Nasa aura besoin de vaisseaux spatiaux beaucoup plus lourds. Cela complique un amarsissage et requiert un système de parachute beaucoup plus puissant et élaboré.

Des vents trop forts à Kauai avaient contraint la Nasa à repousser cette expérience initialement prévue durant une fenêtre de lancement de deux semaines, début juin.

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Interdiction des feux de cheminées à Paris en Janvier 2015

La question des émissions des particules fines générées par les appareils de chauffage au bois fait polémique. Dans les foyers ouverts, avec des rendements situés entre 10 et 15 %, la combustion est incomplète, pollue et brûle beaucoup de bois pour pas grand-chose. Dans un foyer fermé, un insert ou un poêle, le rendement peut néanmoins atteindre 85 % et jusqu’à 94 % pour une chaudière.

Selon l’ADEME, une cheminée à foyer ouvert émet beaucoup plus de particules fines qu’un appareil à bois performant. « Selon des estimations récentes, un foyer ouvert et un foyer fermé antérieur à 2002 émettent respectivement 97 et 91 kg de particules primaires par an, alors qu’un foyer fermé mis sur le marché après 2007 en émet 8 kg/an et un foyer fermé labellisé Flamme Verte 5 étoiles, 3 kg/an », note l’ADEME dans son avis « Bois énergie et qualité de l’air ».

Pour cette raison, la ville de Paris et des centaines de communes d’Ile-de-France ont préparé un arrêté (arrêté inter-préfectoral du 25 mars 2013) pour interdire les foyers ouverts et les appareils peu performants pour le chauffage principal. Ainsi, seront interdits l’utilisation de tous modes de chauffage au bois en Ile-de-France au 1er janvier 2015. Seuls les appareils très faiblement émetteurs de particules pourront encore être utilisés à condition d’avoir obtenu pour cela une dérogation du préfet de police. « Cette mesure n’est pas populaire », reconnaît Roland Gérard, Chef adjoint du service bioressources de l’ADEME, « mais au niveau de la qualité de l’air, cela se justifie, il n’y a pas de doutes là-dessus », poursuit-il.

Des dispositions différentes en zones sensibles et hors zones sensibles

Dans les zones sensibles pour la qualité de l’air en Ile-de-France, soit dans 435 communes, l’utilisation des foyers ouverts deviendra interdite, même en cas de chauffage d’appoint ou de flambée d’agrément. Seuls les appareils individuels de combustion de bois (les inserts, les foyers fermés, les poêles, les cuisinières et les chaudières) performants seront autorisés. Le décret définit comme performant, « un équipement qui répond à au moins une des conditions suivantes : rendement supérieur ou égal à 70 % et taux de CO inférieur ou égal à 0,12 % (à 13 % d’O2) ; dispose du Label Flamme Verte 5 étoiles ».

Hors zone sensible, les cheminées à foyer ouvert seront autorisées uniquement si elles servent de chauffage d’appoint ou d’agrément. Les autres systèmes de chauffage seront autorisés.

Les particules fines vont-elles diminuer sensiblement ?

En Ile-de-France, selon les mesures d’Airparif, le chauffage au bois résidentiel représente 23% des émissions totales de PM10 (particules inférieures à 10 micromètres) et 32 % des émissions totales de PM2,5 (particules inférieures à 2,5 micromètres).

Mais en faisant des mesures de concentration dans l’air, l’association s’est rendue compte qu’en centre-ville, seulement 32 % des particules sont dues aux émissions de l’agglomération. La grande majorité (68 %) est en réalité importée d’autres régions françaises et européennes ! Ainsi, parmi les 32 % de particules locales, la contribution du trafic et du chauffage au bois résidentiel est similaire, représentant respectivement 8 % et 7 % des particules respirées.

Dans la capitale, le long du trafic, 44 % des particules présentes sont dues au diesel et aux deux roues. 17 % proviennent des émissions de la ville et 39 % des importations d’autres régions. Au final, le chauffage au bois ne représenterait que 4 % des particules totales présentes le long des axes routiers.

Cet arrêté devrait donc entraîner une faible diminution de la concentration en particules dans la ville. Si les autres régions ne prennent pas des mesures similaires et si la part du diesel ne diminue pas dans la propulsion des véhicules, les particules fines continueront bien de nous contaminer ! Pour lutter efficacement contre les particules fines, il faudrait également prendre des mesures complémentaires pour diminuer les émissions liées au diesel, au fioul, au kérosène, au charbon, aux incinérateurs, à la combustion de biomasse à l’air libre, etc.

Par Matthieu Combe

Photovoltaïque. L’île d’Ukujima accueille le plus grand projet « solar sharing » du monde

L’approche éco-intelligente du solar sharing (« to share », partager) consiste à utiliser une même surface pour les productions végétale et photovoltaïque. La surface agricole est ainsi doublement valorisée. La ferme solaire est perchée à environ 2 mètres 50 au dessus du sol et l’on peut cultiver en dessous.

Le principe de la Milpa, version écotechnologique

De nombreuses espèces végétales se développent en effet très bien dans des conditions de semi-ombre car leur point de saturation de la photosynthèse est bas. C’est le cas des choux, laitues, épinards, pommes de terre, betteraves, fraises, pois, haricots, radis, betteraves, navets, rutabagas et autres topinambours.

Les panneaux peuvent être espacés de manière intelligente afin de laisser passer la quantité de lumière optimale pour les espèces végétales cultivées. Les Mayas, dans l’actuel Mexique, cultivaient le haricot et la courge sous le maïs, une pratique appelée « Milpa » ou « technique des trois sœurs ». Elle permet de réduire les volumes d’arrosage et d’augmenter la production des trois espèces. Dans le cas du solar sharing, les structures porteuses des panneaux solaires peuvent servir de tuteurs pour les plantes grimpantes, comme le pois et le haricot.

Les projets de solar sharing se sont répandus de manière virale au pays du soleil levant suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011.

Nagasaki mon amour

Ukujima, tout au nord de l’archipel de Goto, préfecture de Nagasaki, est une île de 24 kilomètres-carrés dont la densité démographique est de 83 habitants par kilomètre-carré (contre 112 en France).

Le projet prévoit l’installation d’1,7 million de panneaux solaires Kyocera à base de silicium totalisant une puissance crête de 430 MW sur une surface agricole de 6,3 kilomètres-carrés. Soit le quart de la surface de l’île.

La production prévue est de 0,5 TWh par an ce qui permettra de répondre à la demande électrique de 140.000 foyers japonais standards. Elle sera exportée par 60 kilomètres de câble sous-marin vers la ville de Sasebo qui compte 261.000 habitants, soit l’équivalent de la population de la ville de Nantes.

Ce grand projet, en plus du groupe Kyocera, implique d’autres entreprises : Photovolt Development Partners Gmbh, Kyudenko Corporation, ORIX Corporation et Mizuho Bank Ltd.

C’est sur une autre île japonaise, Okinawa, qu’a été construite la première STEP à eau de mer du monde, un système de stockage de l’énergie utilisé aussi par l’île Canarienne d’El Hierro dans le cadre de son projet d’autonomie énergétique.

Des moutons à l’abri des caprices de la météo

Le grand projet solaire d’Ukujima va permettre de vitaliser l’activité agricole de l’île. Selon le site spécialisé SolarSharing, cette approche permet au Japon de multiplier par 10 les revenus des maraîchers.

En Allemagne plusieurs fermes solaires sont couplées à l’élevage de moutons. Les éleveurs ont remarqué que la présence des panneaux améliore la santé de leur cheptel car ils leur servent d’abri contre la pluie, le vent et le soleil.

Une autre façon d’économiser les surfaces consiste à réaliser des fermes flottantes sur des plans d’eau douce. « Notre système peut être installé sur des anciens lacs de carrières, des bassins écrêteurs de crues et d’irrigation, des réservoirs d’eau potable ou encore des bassins industriels pollués et des terrains inondables » explique Alexis Gaveau, directeur de la PME Ciel et Terre, spécialiste français de cette technologie.

En France le pré-projet de loi sur la transition énergétique envisage de soutenir « le déploiement de nouvelles centrales au sol (sans préjudice sur les terres agricoles).» Le modèle japonais du solar sharing et l’innovante technologie du solaire flottant permettent précisément d’éviter tout préjudice.

La production de 500 millions de kWh par an prévus au niveau de la ferme solaire d’Ukujima correspond à 2,5% de la demande électrique de la Bretagne, première région agricole française où 225 kilomètres-carrés sont utilisés pour la culture du choux-fleur, 89 pour le petit pois, 35 pour le haricot, 23 pour les épinards et 20 pour les pommes de terre, plantes adaptées au solar sharing.

A Ukujima, une partie de la surface de la ferme solaire sur pilotis sera utilisée pour cultiver des plantes destinées à l’alimentation du bétail, comme par exemple l’avoine et d’autres graminées.

Un marché en forte croissance à l’échelle globale

Le Japon a installé 7 GW de solaire PV durant la seule année 2013. Contre 0,6 GW en France. Afin de réduire la pollution de l’air néfaste à la santé humaine la Chine a comme objectif de parvenir à une puissance PV cumulée de 70 GW dès 2020.

Les USA, sous l’impulsion du milliardaire Elon Musk, vont de leur côté construire une grande usine capable de produire 1 GW de panneaux solaires de haute qualité par an, puis une série de giga-usines d’une capacité de 10 GW/an.

A l’échelle mondiale 38 GW ont été installés en 2013 selon l’EPIA, l’Association Européenne de l’Industrie Photovoltaïque, ce qui a permis d’atteindre une puissance cumulée de 140 GW. 57 GW de nouvelles capacités seront installées durant l’année 2014 selon le cabinet spécialisé IHS. A ce rythme le seuil des 300 GW pourrait être franchit dès 2016, délivrant alors une quantité d’électricité équivalente aux 63 GW électro-nucléaires français, le second parc nucléaire le plus important du monde après celui des USA (104 GW).

Séduit par une idée d’Eicke Weber, président de l’institut Fraunhofer à Freiburg, le président de la République François Hollande envisageait en 2013 la construction d’un « airbus du solaire » franco-allemand. Ni l’Asie ni l’Amérique n’attendront l’Europe sur cet énorme marché d’avenir.

En savoir plus :

Olivier Daniélo

News informatique : juin 2014

Prévoir l’avenir grâce aux réseaux sociaux, c’est possible ?

L’Université Carlos III de Madrid (UC3M), l’Université Autonome de Madrid ainsi que le NICTA australien et les universités américaines de Yale et de San Diego Californie, ont collaboré sur un projet ambitieux d’élaboration d’une méthode de surveillance des réseaux sociaux permettant d’y identifier les informations pertinentes et partagées, jusqu’à deux mois avant qu’elles ne deviennent virales (ie : propagée rapidement et à grande échelle à travers les réseaux sociaux).

Un nouveau pas pour Big Brother? Une performance relevant de l’art de divination ? Un peu des deux sans doute, mais cette méthode de surveillance représente surtout un formidable outil statistique qui pourrait aider à prédire l’apparition de mouvements sociaux, les réactions des consommateurs, voire d’éventuels foyers épidémiques. L’objectif de cette étude à laquelle ont participé l’UC3M et l’UAM était en premier lieu de tester l’application aux réseaux sociaux de « l’hypothèse des capteurs » : était-il possible de déterminer un groupe de personnes (les capteurs, ou sentinelles) dont la position dans les réseaux sociaux permet de surveiller l’information se propageant de manière virale sur le réseau global ?

Pour répondre à cette question, les scientifique ont travaillé sur des données du réseau social Twitter, et ont mis à profit une caractéristique des réseaux sociaux, connue sous le nom de « paradoxe de l’amitié » [1] selon lequel il est probable que vos « amis » sur les réseaux sociaux aient eux même plus d’amis que vous. Dans le cas de twitter, après avoir analysé un échantillon de données datant de 2009 et provenant de 40 millions d’usagers et de 1,5 milliards de followers, les chercheurs ont pu confirmer que chaque usager avait en moyenne 25 followers, alors que ces derniers en totalisaient environ 422, soit près de 20 fois plus. Ce paradoxe de l’amitié confère un rôle clé aux followers d’un individu au moment de propager ou de recevoir une information.

Lors de l’étude, les chercheurs ont choisi un ensemble d’usagers Twitter au hasard, et sélectionné au hasard 1 follower de chacun de ces usagers pour constituer un groupe « capteur ». Ils ont pu vérifier que ces amis-capteurs jouaient un rôle beaucoup plus important que ce qui aurait pu être imaginé, car ce groupe-capteur leur a permis de détecter les utilisations virales de nouveaux hashtags plus de 7 jours plus tôt que la détection permise par le premier ensemble d’usager choisi aléatoirement. Alors que les chercheurs s’attendaient à voir apparaitre les futures hashtags viraux avec quelques heures d’avance grâce à leur méthode de surveillance, ce sont des jours, voire même parfois des mois d’avance qu’ils ont réussi à obtenir. Par exemple, leur méthode a prédit l’explosion virale du hashtag #obamacare sur Twitter presque deux mois avant que ce dernier ne se convertisse en une tendance, et trois mois avant qu’il n’atteigne son record d’occurrence dans les recherches Google.

D’après ses créateurs, l’utilisation des données de 50.000 comptes twitter suffit pour obtenir de tels niveaux d’anticipation et connaitre avant tout le monde les informations qui vont devenir virales sur Internet. On peut utiliser cette méthode en temps réel, sur différents thèmes, dans différentes langues ou régions géographiques, ce qui permet de couvrir des contextes très différents : découvrir de nouvelles opinions dans un débat politique, prédire les mouvements sociaux, l’acceptation d’un nouveau produit par les consommateurs, ou analyser comment se répandent les messages concernant certaines maladies ou épidémies dans le domaine de la santé publique.

Certaines limitations semblent toutefois évidentes : Il est impossible de prédire comment vont se diffuser de manière virale des informations associées à des évènements imprévisibles tels que des résultats des match de foot, des catastrophes naturelles

Source : bulletins-electroniques.com

Chercheurs en informatique contre zombies numériques

Une part de plus en plus importante de notre économie et de notre administration étatique repose sur des services informatiques interconnectés. La moindre panne ou interruption de ces derniers peut occasionner des pertes de plusieurs millions ou milliards d’euros. Ce constat motive de nombreux chercheurs à travers le monde à améliorer la sécurité de nos installations face aux intrusions malintentionnées. Parmi eux, une équipe de chercheurs de l’Université de Tel Aviv et de l’IDC Herzliya.

Les différentes facettes de la sécurité informatique

Si l’on s’accorde souvent sur l’importance de se protéger contre les attaques informatiques extérieures, il faut garder à l’esprit que celles-ci peuvent prendre des formes très différentes suivant le but recherché par l’assaillant : infiltration d’un système ou mise hors service. Dans le premier cas, la victime, que ce soit un particulier, une institution ou une société, voit son réseau informatique infiltré afin de prendre connaissance de certaines informations ou procéder à une surveillance à l’insu de la victime. Le principe roi qui guide l’intrus est donc la discrétion et il peut se passer un laps de temps conséquent avant que la victime ne se rende compte des dégâts causés. La lutte contre ce type d’attaques est avant tout préventive, à travers notamment un audit sérieux des failles pouvant exister sur un réseau. A l’inverse, une attaque visant à mettre hors service un réseau est généralement tout sauf subtile et repose sur un effet de masse.

Les zombies à l’assaut des serveurs

Les professeurs Yehuda Afek et Shir Landau-Feibish de l’Université de Tel Aviv se sont associés au professeur Anat Bremler-Barr du collège académique IDC Herzliya pour développer une technologie permettant de combattre les assauts visant à mettre les cibles hors service [1]. Généralement appelées DDoS (Distributed Denial of Service), ces attaques consistent à coordonner plusieurs milliers d’ordinateurs qui iront en même temps inonder le serveur d’une entreprise ou d’une administration avec des centaines de milliers de requêtes. Ne pouvant traiter cette masse importante de données, le serveur sera obligé de capituler, rendant inaccessible le service dont il est en charge. On parle généralement d’ordinateurs zombies pour décrire les assaillants : à l’image de leurs homologues de série Z, ils ne sont pas dotés d’une intelligence foudroyante, mais l’effet du nombre n’en reste pas moins dévastateur. L’Estonie est ainsi restée célèbre pour avoir été victime d’une attaque « zombie » de grande ampleur en 2007, visant à la fois ses institutions et ses banques [2].

Détecter rapidement les premiers assaillants

Dans cette situation, il est primordial de pouvoir rapidement distinguer les ordinateurs zombies des autres ordinateurs afin d’éviter l’effondrement du serveur. Pour cela, les professeurs Afek, Landau-Feibish et Bremler-Barr ont développé un algorithme d’analyse en temps réel du trafic réseau permettant d’identifier lorsque celui-ci est normal ou pas. L’idée sous-jacente est d’analyser les données arrivant pendant une attaque supposée en les comparant au trafic occasionné par des utilisateurs normaux. Les chercheurs israéliens étudient en particulier la fréquence d’apparence de certains caractères, qui s’avère différente lors d’un assaut. Grâce à leur découverte, ils sont ainsi en mesure de filtrer avec une grande précision le trafic en amont du serveur en ne gardant que celui résultant des utilisateurs normaux. Les performances sont déjà impressionnantes, mais les chercheurs ne souhaitent pas s’arrêter là pour autant : ils travaillent déjà sur la prochaine génération d’algorithmes car, à n’en pas douter, la victoire contre les pirates informatiques ne sera jamais définitivement acquise.

Source : bulletins-electroniques.com

Un smartphone pliable

Le professeur Roel Vertegaal, directeur du Human Media Lab de l’Université de Queens et l’un de ses étudiants ont présenté PaperFold, une technologie pour smartphone révolutionnaire.

Le smartphone modulable et tactile permet à l’utilisateur d’ouvrir jusqu’à trois surfaces affichages électrophorétiques afin de procurer plus d’espace d’écran lorsque cela est nécessaire. Les sections d’affichage sont détachables afin que les utilisateurs puissent plier l’appareil en divers formes pouvant aller de la tablette au smartphone. Le Dr. Vertegaal explique : « Dans le Paperfold, chaque unité d’affichage peut se comporter indépendamment ou comme partie d’un système. L’avantage de cette technologie inclut un meilleur support pour effectuer des tâches qui nécessiteraient habituellement d’utiliser plusieurs appareils ».

La technologie a été présentée à la conférence ACM CHI 2014 à Toronto, considérée comme l’une des conférences les plus importantes sur les interactions techniques pour les nouvelles technologies. PaperFold reconnaît automatiquement sa forme et modifie son affichage pour proposer différentes fonctionnalités à chaque forme. Par exemple, un utilisateur pourrait chercher le plan d’un bâtiment de la ville de New York de trois manières différentes :

  • En aplatissant les trois affichages, l’utilisateur peut voir Google map sur toute la surface des affichages
  • En manipulant l’appareil en une forme similaire à un globe, cela ouvre une vue Google Earth 3D
  • En repliant l’appareil en une forme de bâtiment 3D, les modèles 3D des bâtiments de la zone ciblée seront cherchés sur la banque SketchUp et l’appareil sera changé en modèle architectural pouvant être imprimé en 3D.

L’inspiration pour PaperFold vient de son homonyme, le papier. Typiquement, les appareils mobiles nécessitent de faire défiler ou de zoomer sur les différentes parties d’un document, là où le papier peut être plié, détaché ou combiné. Le Dr. Vertegaal explique: « le développement des ordinateurs en papier électronique pouvant adopter des qualités similaires à celles du papier ont été un but de la recherche dans notre équipe. Le smartphone PaperFold permet des techniques de pliage qui rendent le papier si versatile, et les utilise pour changer les vues électroniques et afficher les bâtiments instantanément. PaperFold montre comment la forme pourrait être équivalente à la fonction dans les appareils mobiles malléables. »

Source : bulletins-electroniques.com

L’importance de la stupidité dans la recherche scientifique

J’ai récemment revu une ancienne amie pour la première fois depuis de nombreuses années. Nous avions été doctorants en sciences en même temps, quoique dans des domaines différents. Puis elle a laissé tomber, est allée à Harvard à l’Ecole de Droit et est maintenant avocate senior dans une grande organisation environnementale. A un certain moment, la conversation arriva sur la raison pour laquelle elle avait quitté les études doctorales. A mon grand étonnement, elle a dit que ces études la faisaient se sentir stupide. Après quelques années passées à se sentir stupide tous les jours, elle avait décidé de faire quelque chose d’autre.

Je l’avais toujours vue comme l’une des personnes les plus intelligentes que je connaisse, et sa carrière postérieure soutient ce point de vue. Ce qu’elle a dit m’a dérangé. Je n’arrêtais pas de penser à ce sujet… Soudain le lendemain, ça m’a frappé : la science me fait me sentir stupide aussi. C’est juste que je m’y suis habitué. Tellement habitué qu’en fait, je recherche activement de nouvelles occasions de me sentir stupide. Je ne saurais pas quoi faire sans cette sensation. Je pense même que c’est censé être comme ça. Je m’explique.

Pour la quasi-totalité d’entre nous, l’une des raisons pour lesquelles nous aimions la science au lycée et à l’université est que nous étions bons en science. Cela n’est pas la seule raison, la fascination pour la compréhension du monde physique et un besoin émotionnel de découvrir de nouvelles choses entrent aussi en compte. Mais la science au lycée et à l’université signifie suivre des cours, et bien suivre les cours signifie connaître les bonnes réponses aux tests. Et si vous connaissez ces réponses, vous réussissez et vous sentez intelligent.

C’est tout différent avec un doctorat, dans lequel vous avez à effectuer un travail de recherche. Pour moi, c’était une tâche ardue. Comment pourrais-je formuler les questions qui mèneraient à des découvertes importantes; concevoir et interpréter des expériences dont les conclusions seraient absolument convaincantes, prévoir les difficultés et voir les moyens de les contourner, ou, à défaut, les résoudre quand elles se concrétisent ? Mon projet de doctorat était assez interdisciplinaire et pendant un certain temps, chaque fois que je suis tombé sur un problème, j’ai harcelé les gens de ma faculté qui étaient les experts dans les différentes disciplines qu’il me fallait. Je me souviens du jour où Henry Taube (qui a remporté le prix Nobel de deux ans plus tard) m’a dit qu’il ne savait pas comment résoudre le problème que j’avais dans son domaine. J’étais un étudiant diplômé de troisième année et je pensais que Taube en savait environ 1000 fois plus que moi (estimation prudente). S’il n’avait pas la réponse, personne ne l’avait.

C’est ce qui m’a frappé: personne ne l’avait. C’est pourquoi c’était un problème de recherche. Et puisque c’était mon problème de recherche, c’était à moi de le résoudre. Une fois que j’ai réalisé ce fait, j’ai résolu le problème en quelques jours. (Il n’était pas vraiment très dur, j’ai juste eu à essayer quelques trucs.) La leçon cruciale était que le volume des choses que je ne connaissais pas était non seulement vaste, mais pratiquement infini. Cette prise de conscience, au lieu d’être décourageante, est libératrice. Si notre ignorance est infinie, la seule action possible est de nager dedans du mieux que nous pouvons.

Je voudrais suggérer que nos programmes doctoraux rendent souvent deux mauvais services à nos étudiants. Tout d’abord, je ne pense pas que les élèves soient amenés à comprendre combien il est difficile de faire de la recherche. Et combien il est très, très difficile de faire des recherches importantes. C’est beaucoup plus difficile que de prendre des cours même très exigeants. Ce qui le rend la recherche si difficile est l’immersion dans l’inconnu. Nous ne savons simplement pas ce que nous faisons. Nous ne pouvons pas être sûrs que nous posons la bonne question ou faisons la bonne expérience jusqu’à ce que nous obtenions la réponse ou le résultat. Certes, la science est rendue plus difficile par la concurrence pour les subventions et la publication dans les meilleures revues. Mais en dehors de tout cela, faire de la recherche importante est fondamentalement difficile et tous les changements de ministère, de politiques institutionnelles ou nationales ne permettront pas de réduire sa difficulté intrinsèque.

Deuxièmement, nous n’enseignons pas suffisamment bien à nos étudiants à être productivement stupides, ou autrement dit que si nous ne nous sentons pas stupides cela signifie que nous n’essayons pas assez. Je ne parle pas de la stupidité « relative », dans laquelle les autres élèves de la classe, en lisant la matière y réfléchissent et réussissent l’examen alors que vous pas. Je ne parle pas non plus de gens brillants que l’ont pourrait trouver à des postes qui ne correspondent pas à leur talents. La science implique de nous confronter à notre stupidité « absolue ». Ce genre de stupidité est un fait existentiel, inhérente à nos efforts pour faire notre chemin dans l’inconnu. Les examens préliminaires et de thèse ont la bonne approche lorsque le comité de la faculté pousse jusqu’à ce que l’étudiant commence à donner de mauvaises réponses ou abandonne en disant « Je ne sais pas ». Le but de l’examen n’est pas de voir si l’étudiant répond juste à toutes les questions. S’il le fait, c’est la faculté qui a échoué à l’examen. Le but est d’identifier les faiblesses de l’élève, en partie pour voir où investir des efforts et en partie pour voir si la connaissance de l’étudiant flanche à un niveau suffisamment élevé pour qu’il soit prêt à prendre un projet de recherche.

La stupidité productive implique d’être ignorant par choix. Nous concentrer sur des questions importantes nous met dans la position inconfortable d’être ignorants. Une des belles choses sur la science est qu’elle nous permet de brasser de l’air, de nous tromper jour après jour, et de nous sentir parfaitement bien tant que nous apprenons quelque chose à chaque fois. Sans doute, cela peut être difficile pour les étudiants habitués à obtenir les bonnes réponses. Sans doute, des niveaux raisonnables de confiance et la résilience émotionnelle aident, mais je pense que l’éducation scientifique pourrait faire plus pour faciliter cette très grande transition: de l’apprentissage ce que d’autres ont découvert une fois à faire vos propres découvertes. Plus nous sommes à l’aise avec notre stupidité, plus nous pataugerons profond dans l’inconnu et plus nous sommes susceptibles de faire de grosses découvertes.

Référence du texte original : Martin A. Schwartz, « The importance of stupidity in scientific research« , 2008 J Cell Sci 121,1771 doi: 10.1242/​jcs.033340

Source : Dr Goulu (blog Pourquoi Comment Combien)

Tara s’attaque au plastique de la Méditerranée

De mai à décembre 2014, l’expédition Tara va s’intéresser à la présence de plastique dans l’ensemble du Bassin méditerranéen, de Gibraltar à Beyrouth. Des prélèvements de plastique et de plancton seront réalisés en mer, à l’aide d’un filet Manta, près des mégapoles, mais également au large.

Le Bassin Méditerranéen concentre 30% du trafic maritime mondial entre Suez et Gibraltar. 450 millions de personnes y vivent, avec des niveaux de développement différents et des cultures différentes… « C’est un laboratoire assez intéressant », estime Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions

Que devient le plastique en mer ?

Lorsqu’un plastique est rejeté en mer, il va se fragmenter en éléments flottants de plus en plus petits. On retrouve un ensemble large de composés différents : polystyrène, polyéthylène, nylon, polyuréthane, polypropylène… Ces plastiques sont « des éponges aux polluants organiques persistants : PCB, dioxines ou des perturbateurs endocriniens », rappelle Gaby Gorsky, Directeur scientifique de Tara Méditerranée.

Parallèlement à l’adsorption de ces polluants, les fragments de plastique sont colonisés par des micro-organismes (bactéries, algues, champignons et protozoaires), qui vont former un biofilm à sa surface. Au final, les polluants organiques persistants (POP) adsorbés sur le plastique peuvent être relâchés, notamment dans le système digestif de ces micro-organismes. Ces POP sont bioaccumulables, c’est-à-dire qu’ils s’accumulent dans leur organisme, laissant supposer qu’ils peuvent entrer dans la chaîne alimentaire.

Mais ce n’est pas tout. Ces fragments sont ensuite charriés par les courants, certains jusqu’aux plages. Ils peuvent ainsi véhiculer des espèces exogènes ou invasives qui bouleversent les écosystèmes.

Comment caractériser la pollution ?

Les prélèvements réalisés par Tara Méditerranée vont permettre d’évaluer la répartition spatiale des fragments de plastique flottants de 0,3 mm à 5 cm. Les scientifiques à bord filtreront aussi directement de l’eau pour prélever et analyser les fragments plus petits. Environ 150 stations de prélèvements sont prévues jour et nuit. Chaque jour, au moins une station comportera entre 3 et 5 prélèvements par Filet Manta, dont 1 à 2 prélèvements de nuit. « On compte à peu près 150 stations, mais à peu près 400 à 500 échantillons », résume Gaby Gorsky.

Les différents types de plastiques et les POP seront caractérisés. Grâce à la microscopie électronique à balayage, à la microscopie stéréoscopique et à l’analyse génomique, l’expédition s’intéressera aussi aux micro-organismes colonisant les plastiques. Enfin, elle déterminera la structure des écosystèmes du plancton en contact avec les fragments de plastique, le jour et la nuit.

Lors des escales, l’équipage sensibilisera les populations rencontrées. Les messages véhiculés seront notamment en lien avec  la réduction de la pollution à la source via l’éducation, le recyclage, la promotion de l’économie circulaire et l’éco-conception. L’équipage s’efforcera aussi de promouvoir une gestion intégrée des bassins versants grâce au nettoyage des canaux et des rivières et militera pour l’interdiction du sac plastique à usage unique dans tout le Bassin.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

News environnement : juin 2014

Apple et Google : concurrents ou partenaires des énergéticiens ?

Contrôler depuis son iPhone la température de son salon, l’éclairage de sa chambre à coucher ou encore l’ouverture de la porte de son garage : telle est la promesse faite par Apple lors de sa Worldwide Developer Conference [1]. Après l’acquisition de Nest par Google début 2014 [2], cette nouvelle annonce confirme l’intérêt croissant que portent les géants de l’IT (Information Technology) à la maison connectée.

Parmi une large panoplie d’applications domotiques possibles, ces acteurs pourraient être amenés à développer de nouveaux services énergétiques à destination du client résidentiel. Les énergéticiens s’en inquiètent et s’interrogent sur la stratégie de ces nouveaux entrants sur le segment de la commercialisation de services énergétiques.

Un nouveau paradigme : le consommateur au coeur du système électrique

Si les grands principes de fonctionnement d’un système électrique n’ont guère évolué au cours du dernier siècle, l’introduction des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) bouleverse en profondeur le secteur électrique. Le Smart Grid (réseau électrique intelligent) révolutionne la manière de penser le système électrique et force les électriciens à reconsidérer les interactions entre consommateurs, gestionnaires de réseaux électriques, fournisseurs et producteurs d’électricité.

L’informatisation des réseaux électriques ouvre la voie à une nouvelle gestion du système. Avec un pilotage des flux d’information bidirectionnels, permis notamment par les compteurs communicants, les opérateurs de réseau peuvent désormais jouer sur la demande via des programmes d’effacement pour ajuster l’équilibre production/consommation nécessaire au bon fonctionnement du réseau électrique. Notons également que les technologies de production décentralisées se démocratisent rapidement, notamment en Californie.

Rémunération pour réduire sa consommation via des offres d’effacement, possibilité de produire de l’électricité verte à partir de ses propres panneaux solaires : le consommateur a une nouvelle manière d’appréhender l’électricité. Pure commodité, l’électricité est de plus en plus considérée comme un produit avec son lot de services associés. [3]

Cette manière de commercialiser l’énergie déstabilise les utilities (énergéticiens), peu coutumiers des nouvelles méthodes marketing et l’approche dirigée vers le consommateur, qui fait le succès des sociétés de services. L’émergence d’acteurs comme Google sur le créneau des services énergétiques force donc les utilities à se remettre en question et à s’interroger sur le rôle de ces nouveaux entrants.

La « Smart Home » (maison intelligente), opportunité de développement de nouveaux services énergétiques

En janvier 2014, Google a officiellement affiché son intention de devenir un acteur clef de la maison connectée en acquérant pour 3,2 milliards de dollars la société spécialisée dans les thermostats intelligents Nest. Véritable cheval de Troie dans l’enceinte de la maison, comme le souligne Maxime Veron, Directeur Marketing de la jeune entreprise californienne créée en 2011 par Tony Fadell (le créateur de l’iPod), la vocation du thermostat n’est pas de se limiter à cette fonctionnalité. Il constitue un point d’entrée sur lequel s’appuyer pour bâtir de nouveaux services dans l’espace de la maison connectée. Pour preuve, Nest a récemment annoncé son intention d’ouvrir son Application Programming Interface (API) afin de permettre à des tiers de développer des applications en interaction avec son thermostat.

Début juin 2014, Apple a lancé son Home Kit, un kit de développement facilitant la prise de contrôle des équipements ménagers certifiés Made for iPhone/iPad/iPod. De plus, si ces grands acteurs de l’informatique développent à terme de nouveaux services énergétiques par le biais de la maison connectée [4], les sociétés issues de la télécommunication comme Comcast ou Verizon se positionnent déjà clairement sur le segment de la fourniture d’électricité. Ces dernières proposent à leurs clients des packages regroupant téléphonie, internet et électricité.

Quel rôle pourrait jouer une entreprise comme Google dans l’énergie ?

Générant 95% de ses revenus publicitaires en 2012, Google est avant tout une régie publicitaire. L’ambition de Google dans l’énergie n’est pas de se substituer aux utilities mais d’accroître sa connaissance du client final afin d’améliorer toujours davantage son ciblage publicitaire. L’accessibilité aux données énergétiques (Green Button [5], capteurs, etc.) facilitée pourrait permettre à Google de faire valoir ses compétences en analyse et traitement de données pour développer de nouveaux services tels que des audits énergétiques ou encore la gestion intelligente de la charge. Avec par exemple un thermostat Nest en charge de l’optimisation de la température, Google a la possibilité de récupérer des informations précieuses : présence au domicile, nombre d’habitants, appareils connectés dans l’enceinte de la maison, etc. Par ailleurs, Google pourrait reproduire le modèle de services qu’il a développé sur le web (Youtube, Gmail), à savoir, fournir des services énergétiques gratuitement en échange d’information sur le client.

Google, et plus largement les sociétés des NTIC, sont des acteurs de l’économie de service. Avec l’informatisation du monde de l’énergie, des opportunités de développer de nouveaux services énergétiques se présentent pour ces entreprises dont le coeur de métier est l’analyse de données.

Reste à savoir s’ils sauront développer des services pertinents pour leurs usagers. Enfin, il est plus que jamais essentiel que les énergéticiens s’interrogent sur leur modèle d’activité et la manière de considérer ces nouveaux acteurs de services : concurrents ou partenaires ?

Source : bulletins-electroniques

L’augmentation du CO2 atmosphérique : impact sur l’alimentation humaine

Une étude d’envergure menée par plusieurs institutions de renom, issues de 4 pays différents (Etats-Unis, Australie, Israël et Japon) vient de confirmer une conséquence pressentie de l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère : la baisse des qualités nutritionnelles de certaines céréales et légumineuses. Les résultats sont présentés dans la revue Nature.

L’expérimentation en plein air confirme les résultats antérieurs obtenus en milieux confinés

Mauvaise nouvelle pour les générations futures : au vu de l’augmentation prévisible des niveaux de CO2 au cours du siècle à venir, certaines céréales et légumineuses deviendront beaucoup moins nutritives qu’elles ne le sont aujourd’hui. L’Université d’Harvard, l’UC Davis, l’Université d’Illinois à Urbana Champaign, l’Université de Pennsylvanie l’Université d’Arizona, l’USDA et le Nature Conservancy ont contribué à l’analyse pour les Etats-Unis.

Les chercheurs ont examiné plusieurs variétés de blé, de soja, de petits pois, de riz, de maïs et de sorgho en plein air, dans les conditions de culture de 2050, telles qu’elles sont anticipées concernant les niveaux de CO2 dans l’atmosphère (les concentrations actuelles sont proches de 400 parties par million, et devraient s’élever à 550 ppm en 2050). Les équipes ont pu simuler des niveaux de CO2 élevés dans des champs en plein air, à l’aide d’un système appelé Free Air Concentration Enrichment (FACE [1]), qui diffuse du CO2 autour de l’essai, en surveille la concentration à l’aide de capteurs au niveau des plantes et ajuste ainsi le débit de diffusion pour simuler une concentration de CO2 atmosphérique semblable aux conditions futures. Dans cette étude, l’ensemble des autres conditions de croissance (lumière, sol, eau, température) sont les mêmes pour les plantes cultivées sous atmosphère enrichie en CO2 et celles utilisés comme témoins.

La présente étude, par son envergure, a permis de décupler la quantité de données auparavant existantes, concernant la teneur en zinc et en fer des parties comestibles des plantes cultivées dans des conditions de FACE. Le zinc et le fer ont diminué de manière significative dans le blé, le riz, les pois et le soja étudiés. Le blé et le riz subissent également des baisses notables de leur teneur en protéines en présence de concentrations élevées en CO2. Les mécanismes responsables des variations de concentrations en éléments minéraux dans les grains en fonction de la teneur en CO2 dans l’atmosphère sont peu connus, et les expériences entreprises jusqu’ici semblent indiquer que les paramètres impliqués sont multifactoriels et propres à chaque espèce. Le type de photosynthèse, processus bioénergétique à l’aide duquel les plantes, les algues et certaines bactéries produisent l’énergie nécessaire à la synthèse des éléments organiques grâce à la lumière du soleil et à des composés minéraux (en particulier CO2 et H2O), semble néanmoins impliqué.

Réactions différentes en fonction du type de photosynthèse

En effet, seules les plantes en C3 étudiées sont sensiblement affectées par l’augmentation du CO2 atmosphérique, par opposition aux plantes en C4. Le maïs et le sorgho, qui font partie de cette dernière catégorie, n’ont pas réagi de la même façon, conformément à ce qui était attendu : la photosynthèse réalisée par les plantes en C4 ne fait pas appel aux mêmes mécanismes cellulaires. Ces deux types de photosynthèse sont majoritairement présents dans le monde végétal : le mode de fixation du dioxyde de carbone diffère et est plus efficace pour les plantes en C4 dans les bonnes conditions. Le nom des processus provient des molécules impliquées : dans le premier cas, la molécule à l’origine des réactions de fixation du carbone contient 3 atomes de carbones (3-phosphoglycérate), contre 4 (oxaloacétate) dans le second.

Largement sous-représentées (environ 5% du règne végétal), les plantes en C4 réagissent différemment à l’augmentation du CO2 atmosphérique : des travaux antérieurs réalisés à l’Université de l’Illinois à Urbana Champaign [2] ont démontré que la photosynthèse de type C4 n’est pas affectée par la présence d’une atmosphère à haute concentration de CO2. Ces plantes concentrant en effet naturellement le dioxyde de carbone dans leurs feuilles, la photosynthèse est déjà saturée en CO2 dans les conditions actuelles. Une augmentation du CO2 atmosphérique n’a donc pas d’effet sur le processus photosynthétique.

L’hypothèse de base était donc que la concentration en éléments nutritifs dans les grains des plantes en C4 demeure relativement stable, ce qu’a confirmé l’étude. Cela représente un intérêt particulier pour le sorgho, le maïs et la canne à sucre, par exemple. Ces plantes sont majoritairement cultivées dans les pays en développement et plus de recherche est nécessaire pour déterminer comment les cultures des régions chaudes répondront à un taux de CO2 atmosphérique élevé, au vu des conséquences que cela pourrait avoir.

Les carences en fer et en zinc constituent déjà un problème global à résoudre

Ces résultats alertent les organisations internationales : les carences en fer et en zinc sont déjà actuellement un problème majeur de santé publique, concernant près de 2 milliards de personnes, et ce jusque dans les pays développés. L’Organisation Mondiale de la Santé estime que les carences en fer représentent le problème nutritionnel le plus répandu dans le monde [3], alors que les carences en zinc, très répandues également, impliquent des conséquences lourdes sur la croissance et le développement des enfants et la santé des adultes. Et si les effets de l’anémie sont connus, une alimentation carencée en zinc a également un impact important sur la santé, en induisant un risque accru d’infections gastro-intestinales, en provoquant des troubles gastro-intestinaux et en perturbant le système immunitaire et la fertilité [4].

Une diminution de la qualité nutritionnelle des aliments disponibles aujourd’hui, déjà souvent en quantité insuffisante dans leur état actuel, pourrait donc avoir des conséquences importantes sur l’alimentation des populations des pays en voie de développement.

Les projecteurs s’orientent vers les régions chaudes grâce à la meilleure adaptation des plantes en C4 à ces climats. Il est probable que les recherches se concentreront dans ce sens dans les années à venir : collecter des données relatives aux climats tropicaux avec les sols tropicaux, qui manquent aujourd’hui, constitue une priorité, pour tenter de compenser le phénomène d’appauvrissement de la qualité nutritionnelle des plantes et légumes en C3, étant donné que c’est dans ces régions que la sécurité alimentaire représente encore le plus gros défi.

Source : bulletins-electroniques.com

La régénération de la forêt à l’époque des dinosaures

Des restes fossilisés d’une forêt ancienne incendiée montrent un rétablissement écologique similaire à celui des forêts de l’ère moderne.

A une époque aussi lointaine que celle des dinosaures, soit il y a 66 millions d’années, les forêts se renouvelaient après un incendie de la même façon qu’aujourd’hui, selon une équipe de chercheurs de l’Université McGill et du Musée royal de la Saskatchewan.

La découverte de la première preuve fossilisée de l’écologie des feux de forêt – la repousse de végétaux après un incendie – réalisée lors d’une expédition menée par l’équipe dans le sud de la Saskatchewan, au Canada, fournit un aperçu de l’écologie sur la planète tout juste avant l’extinction massive des dinosaures. Les constatations des chercheurs viennent par ailleurs s’ajouter aux données probantes suggérant que le climat de la région était alors beaucoup plus chaud et humide. « En effectuant les fouilles qui ont mené à la découverte de végétaux fossiles conservés dans la pierre déposée juste avant la disparition des dinosaures, nous avons constaté que certains étaient riches en charbon fossilisé alors que d’autres n’en contenaient pas. A partir de ces constatations, nous avons pu reconstruire le paysage des forêts de l’ère du Crétacé, avec ou sans perturbations par le feu », explique Hans Larsson, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en macroévolution à l’Université McGill.

Les travaux des chercheurs révèlent qu’au site du feu de forêt, la végétation est dominée par une flore assez semblable à celle retrouvée aujourd’hui au début de la régénération forestière après un incendie. Les forêts anciennes renouvelées ressemblent beaucoup à celles de notre époque. On y trouve des végétaux comme l’aulne, le bouleau et le sassafras, et dans les forêts matures, le séquoia et le ginkgo. « Nous cherchions à étudier les résultats directs d’un incendie de forêt s’étant produit il y a 66 millions d’années, préservés dans la pierre, affirme Emily Bamforth du Musée royal de la Saskatchewan et auteure principale de l’étude. Par ailleurs, nous avons maintenant la preuve que la température annuelle moyenne dans le sud de la Saskatchewan était de 10 à 12 degrés Celsius plus élevée qu’aujourd’hui, avec des précipitations presque six fois supérieures. »

« Pour la première fois, l’abondance de végétaux fossiles nous a également permis d’évaluer les conditions climatiques dans le sud-ouest du Canada pendant la dernière période d’existence des dinosaures, et nous a fourni une piste supplémentaire pour découvrir à quoi ressemblait l’écologie juste avant leur extinction », mentionne Hans Larsson, qui est aussi professeur agrégé au Musée Redpath.

Les incendies de forêt peuvent modifier la biodiversité végétale et animale. La découverte du rétablissement paléoécologique à la suite d’un incendie de forêt aidera les chercheurs à mieux comprendre la biodiversité immédiatement avant l’extinction massive des dinosaures. « Nous ne serons en mesure de comprendre pleinement la dynamique d’extinction que lorsque nous aurons compris les processus écologiques normaux qui se cachent derrière », soutient le professeur Larsson.

Source : bulletins-electroniques.com

L’Assemblée nationale a voté le remplacement de l’écotaxe par un péage poids lourds

La majorité socialiste a approuvé la nouvelle taxe, contre laquelle ont voté, pour des raisons opposées, l’UMP et les écologistes.

Le nouveau dispositif, annoncé par Manuel Valls dimanche et qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015, concernera les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur un réseau de près de 4.000 kilomètres de routes nationales et locales très fréquentées par les poids lourds.

Elle devrait rapporter 500 millions d’euros par an, a confirmé dans l’hémicycle le ministre des Finances Michel Sapin. L’écotaxe, elle, devait porter sur 15.000 kilomètres de routes et rapporter près du double pour financer les infrastructures de transport.

L’Etat cherche à présent à compenser ce manque à gagner, et M. Sapin a reconnu ne pas être encore « en capacité de dire quelles autres ressources seront trouvées ». Il a toutefois évoqué, comme l’avait fait dès lundi la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal l’idée de mettre à contribution les sociétés d’autoroutes.

La gestion de la collecte sera toujours assurée par la société Ecomouv, avec, a confirmé Michel Sapin, « une participation éventuelle de l’Etat » à son capital.

Les routes concernées sont celles dont le trafic quotidien de poids lourds excède 2.500 véhicules, soit 3.800 km au total. S’y ajoutent des routes susceptibles « de supporter un report de trafic » des poids lourds : routes d’Alsace, périphérique parisien, un tronçon de la route Centre-Europe-Atlantique.

Les véhicules agricoles, les camions-citerne de transport de lait ainsi que les véhicules forains ou de cirque seront exemptés de la taxe.

Son entrée en vigueur début 2015 sera précédée pendant trois mois par « une marche à blanc à l’automne ».

Le député UMP des Côtes d’Armor, Marc Le Fur, opposant de toujours à l’écotaxe, a noté « des progrès », mais jugé que « l’évolution ne va pas au bout des choses » car « cet impôt reste anti-économique ». Il s’est notamment inquiété que la liste des routes concernées soit fixée par décret, et non intégrée dans la loi.

A l’inverse, l’écologiste Eva Sas s’est indigné « d’une taxe au rabais », craignant le report des poids-lourds sur d’autres routes, les contreparties demandées par les sociétés d’autoroutes et « un financement des transports collectifs mis en danger ».

A cet égard, Michel Sapin a promis que les investissements en ce domaine ne seraient pas rognés.

La solution retenue est « un beau compromis intelligent » a soutenu Chantal Guitet (PS), tandis que son collègue Thomas Thevenoud a souligné qu’il « fallait trouver une solution vite ».

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Les députés veulent interdire les sacs plastiques à usage unique

Ce vote, intervenu dans le cadre d’un projet de loi sur la biodiversité, est « une bonne nouvelle » pour France Nature Environnement (FNE), qui espère que « cela ne va pas être détricoté immédiatement, car les lobbies sont à l’affût ».

Déjà, sous l’effet d’une convention volontaire, le nombre des sacs plastiques de caisse distribués en France dans les grandes surfaces alimentaires est passé de 10,5 milliards à 700 millions entre 2002 à 2011, souligne le gouvernement dans son exposé des motifs de l’amendement.

« Mais il y a lieu de poursuivre cette réduction car près de 5 milliards de sacs de caisse en matière plastique à usage unique et plus de 12 milliards de sacs dits +fruits et légumes+ sont encore distribués dans les commerces », ajoute-t-il.

La proposition vise donc à prendre en compte les enjeux liés à la consommation importante de sacs +fruits et légumes+ qui jusqu’à présent n’ont jamais fait l’objet de dispositions visant à en réduire leur consommation.

Elle prévoit une interdiction de distribution des sacs à usage unique sauf pour des sacs répondant à des conditions particulières: les sacs « biosourcés » et compostables.

« On pense que l’opinion est prête », souligne Benoît Hartmann, porte-parole de FNE, tout en plaidant pour « l’étape suivante, c’est-à-dire l’interdiction de tous les sacs jetables », y compris les sacs biodégradables, qui nécessitent d’être traités dans des composteurs industriels, et les sacs dits « oxofragmentables » censés se dégrader mais contenant des résidus de plastique.

Les sacs jetables, même biodégradables, sont « non écologiques », estime l’ONG, à la fois à travers le produit lui-même mais aussi à travers la « mentalité » qu’ils véhiculent en « laissant croire qu’on peut faire ses courses avec un sac qui va finir à la poubelle ».

La date de l’examen en séance du projet de loi sur la biodiversité n’est pas encore fixée.

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