L’importance de la stupidité dans la recherche scientifique

J’ai récemment revu une ancienne amie pour la première fois depuis de nombreuses années. Nous avions été doctorants en sciences en même temps, quoique dans des domaines différents. Puis elle a laissé tomber, est allée à Harvard à l’Ecole de Droit et est maintenant avocate senior dans une grande organisation environnementale. A un certain moment, la conversation arriva sur la raison pour laquelle elle avait quitté les études doctorales. A mon grand étonnement, elle a dit que ces études la faisaient se sentir stupide. Après quelques années passées à se sentir stupide tous les jours, elle avait décidé de faire quelque chose d’autre.

Je l’avais toujours vue comme l’une des personnes les plus intelligentes que je connaisse, et sa carrière postérieure soutient ce point de vue. Ce qu’elle a dit m’a dérangé. Je n’arrêtais pas de penser à ce sujet… Soudain le lendemain, ça m’a frappé : la science me fait me sentir stupide aussi. C’est juste que je m’y suis habitué. Tellement habitué qu’en fait, je recherche activement de nouvelles occasions de me sentir stupide. Je ne saurais pas quoi faire sans cette sensation. Je pense même que c’est censé être comme ça. Je m’explique.

Pour la quasi-totalité d’entre nous, l’une des raisons pour lesquelles nous aimions la science au lycée et à l’université est que nous étions bons en science. Cela n’est pas la seule raison, la fascination pour la compréhension du monde physique et un besoin émotionnel de découvrir de nouvelles choses entrent aussi en compte. Mais la science au lycée et à l’université signifie suivre des cours, et bien suivre les cours signifie connaître les bonnes réponses aux tests. Et si vous connaissez ces réponses, vous réussissez et vous sentez intelligent.

C’est tout différent avec un doctorat, dans lequel vous avez à effectuer un travail de recherche. Pour moi, c’était une tâche ardue. Comment pourrais-je formuler les questions qui mèneraient à des découvertes importantes; concevoir et interpréter des expériences dont les conclusions seraient absolument convaincantes, prévoir les difficultés et voir les moyens de les contourner, ou, à défaut, les résoudre quand elles se concrétisent ? Mon projet de doctorat était assez interdisciplinaire et pendant un certain temps, chaque fois que je suis tombé sur un problème, j’ai harcelé les gens de ma faculté qui étaient les experts dans les différentes disciplines qu’il me fallait. Je me souviens du jour où Henry Taube (qui a remporté le prix Nobel de deux ans plus tard) m’a dit qu’il ne savait pas comment résoudre le problème que j’avais dans son domaine. J’étais un étudiant diplômé de troisième année et je pensais que Taube en savait environ 1000 fois plus que moi (estimation prudente). S’il n’avait pas la réponse, personne ne l’avait.

C’est ce qui m’a frappé: personne ne l’avait. C’est pourquoi c’était un problème de recherche. Et puisque c’était mon problème de recherche, c’était à moi de le résoudre. Une fois que j’ai réalisé ce fait, j’ai résolu le problème en quelques jours. (Il n’était pas vraiment très dur, j’ai juste eu à essayer quelques trucs.) La leçon cruciale était que le volume des choses que je ne connaissais pas était non seulement vaste, mais pratiquement infini. Cette prise de conscience, au lieu d’être décourageante, est libératrice. Si notre ignorance est infinie, la seule action possible est de nager dedans du mieux que nous pouvons.

Je voudrais suggérer que nos programmes doctoraux rendent souvent deux mauvais services à nos étudiants. Tout d’abord, je ne pense pas que les élèves soient amenés à comprendre combien il est difficile de faire de la recherche. Et combien il est très, très difficile de faire des recherches importantes. C’est beaucoup plus difficile que de prendre des cours même très exigeants. Ce qui le rend la recherche si difficile est l’immersion dans l’inconnu. Nous ne savons simplement pas ce que nous faisons. Nous ne pouvons pas être sûrs que nous posons la bonne question ou faisons la bonne expérience jusqu’à ce que nous obtenions la réponse ou le résultat. Certes, la science est rendue plus difficile par la concurrence pour les subventions et la publication dans les meilleures revues. Mais en dehors de tout cela, faire de la recherche importante est fondamentalement difficile et tous les changements de ministère, de politiques institutionnelles ou nationales ne permettront pas de réduire sa difficulté intrinsèque.

Deuxièmement, nous n’enseignons pas suffisamment bien à nos étudiants à être productivement stupides, ou autrement dit que si nous ne nous sentons pas stupides cela signifie que nous n’essayons pas assez. Je ne parle pas de la stupidité « relative », dans laquelle les autres élèves de la classe, en lisant la matière y réfléchissent et réussissent l’examen alors que vous pas. Je ne parle pas non plus de gens brillants que l’ont pourrait trouver à des postes qui ne correspondent pas à leur talents. La science implique de nous confronter à notre stupidité « absolue ». Ce genre de stupidité est un fait existentiel, inhérente à nos efforts pour faire notre chemin dans l’inconnu. Les examens préliminaires et de thèse ont la bonne approche lorsque le comité de la faculté pousse jusqu’à ce que l’étudiant commence à donner de mauvaises réponses ou abandonne en disant « Je ne sais pas ». Le but de l’examen n’est pas de voir si l’étudiant répond juste à toutes les questions. S’il le fait, c’est la faculté qui a échoué à l’examen. Le but est d’identifier les faiblesses de l’élève, en partie pour voir où investir des efforts et en partie pour voir si la connaissance de l’étudiant flanche à un niveau suffisamment élevé pour qu’il soit prêt à prendre un projet de recherche.

La stupidité productive implique d’être ignorant par choix. Nous concentrer sur des questions importantes nous met dans la position inconfortable d’être ignorants. Une des belles choses sur la science est qu’elle nous permet de brasser de l’air, de nous tromper jour après jour, et de nous sentir parfaitement bien tant que nous apprenons quelque chose à chaque fois. Sans doute, cela peut être difficile pour les étudiants habitués à obtenir les bonnes réponses. Sans doute, des niveaux raisonnables de confiance et la résilience émotionnelle aident, mais je pense que l’éducation scientifique pourrait faire plus pour faciliter cette très grande transition: de l’apprentissage ce que d’autres ont découvert une fois à faire vos propres découvertes. Plus nous sommes à l’aise avec notre stupidité, plus nous pataugerons profond dans l’inconnu et plus nous sommes susceptibles de faire de grosses découvertes.

Référence du texte original : Martin A. Schwartz, « The importance of stupidity in scientific research« , 2008 J Cell Sci 121,1771 doi: 10.1242/​jcs.033340

Source : Dr Goulu (blog Pourquoi Comment Combien)

Tara s’attaque au plastique de la Méditerranée

De mai à décembre 2014, l’expédition Tara va s’intéresser à la présence de plastique dans l’ensemble du Bassin méditerranéen, de Gibraltar à Beyrouth. Des prélèvements de plastique et de plancton seront réalisés en mer, à l’aide d’un filet Manta, près des mégapoles, mais également au large.

Le Bassin Méditerranéen concentre 30% du trafic maritime mondial entre Suez et Gibraltar. 450 millions de personnes y vivent, avec des niveaux de développement différents et des cultures différentes… « C’est un laboratoire assez intéressant », estime Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions

Que devient le plastique en mer ?

Lorsqu’un plastique est rejeté en mer, il va se fragmenter en éléments flottants de plus en plus petits. On retrouve un ensemble large de composés différents : polystyrène, polyéthylène, nylon, polyuréthane, polypropylène… Ces plastiques sont « des éponges aux polluants organiques persistants : PCB, dioxines ou des perturbateurs endocriniens », rappelle Gaby Gorsky, Directeur scientifique de Tara Méditerranée.

Parallèlement à l’adsorption de ces polluants, les fragments de plastique sont colonisés par des micro-organismes (bactéries, algues, champignons et protozoaires), qui vont former un biofilm à sa surface. Au final, les polluants organiques persistants (POP) adsorbés sur le plastique peuvent être relâchés, notamment dans le système digestif de ces micro-organismes. Ces POP sont bioaccumulables, c’est-à-dire qu’ils s’accumulent dans leur organisme, laissant supposer qu’ils peuvent entrer dans la chaîne alimentaire.

Mais ce n’est pas tout. Ces fragments sont ensuite charriés par les courants, certains jusqu’aux plages. Ils peuvent ainsi véhiculer des espèces exogènes ou invasives qui bouleversent les écosystèmes.

Comment caractériser la pollution ?

Les prélèvements réalisés par Tara Méditerranée vont permettre d’évaluer la répartition spatiale des fragments de plastique flottants de 0,3 mm à 5 cm. Les scientifiques à bord filtreront aussi directement de l’eau pour prélever et analyser les fragments plus petits. Environ 150 stations de prélèvements sont prévues jour et nuit. Chaque jour, au moins une station comportera entre 3 et 5 prélèvements par Filet Manta, dont 1 à 2 prélèvements de nuit. « On compte à peu près 150 stations, mais à peu près 400 à 500 échantillons », résume Gaby Gorsky.

Les différents types de plastiques et les POP seront caractérisés. Grâce à la microscopie électronique à balayage, à la microscopie stéréoscopique et à l’analyse génomique, l’expédition s’intéressera aussi aux micro-organismes colonisant les plastiques. Enfin, elle déterminera la structure des écosystèmes du plancton en contact avec les fragments de plastique, le jour et la nuit.

Lors des escales, l’équipage sensibilisera les populations rencontrées. Les messages véhiculés seront notamment en lien avec  la réduction de la pollution à la source via l’éducation, le recyclage, la promotion de l’économie circulaire et l’éco-conception. L’équipage s’efforcera aussi de promouvoir une gestion intégrée des bassins versants grâce au nettoyage des canaux et des rivières et militera pour l’interdiction du sac plastique à usage unique dans tout le Bassin.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

News environnement : juin 2014

Apple et Google : concurrents ou partenaires des énergéticiens ?

Contrôler depuis son iPhone la température de son salon, l’éclairage de sa chambre à coucher ou encore l’ouverture de la porte de son garage : telle est la promesse faite par Apple lors de sa Worldwide Developer Conference [1]. Après l’acquisition de Nest par Google début 2014 [2], cette nouvelle annonce confirme l’intérêt croissant que portent les géants de l’IT (Information Technology) à la maison connectée.

Parmi une large panoplie d’applications domotiques possibles, ces acteurs pourraient être amenés à développer de nouveaux services énergétiques à destination du client résidentiel. Les énergéticiens s’en inquiètent et s’interrogent sur la stratégie de ces nouveaux entrants sur le segment de la commercialisation de services énergétiques.

Un nouveau paradigme : le consommateur au coeur du système électrique

Si les grands principes de fonctionnement d’un système électrique n’ont guère évolué au cours du dernier siècle, l’introduction des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) bouleverse en profondeur le secteur électrique. Le Smart Grid (réseau électrique intelligent) révolutionne la manière de penser le système électrique et force les électriciens à reconsidérer les interactions entre consommateurs, gestionnaires de réseaux électriques, fournisseurs et producteurs d’électricité.

L’informatisation des réseaux électriques ouvre la voie à une nouvelle gestion du système. Avec un pilotage des flux d’information bidirectionnels, permis notamment par les compteurs communicants, les opérateurs de réseau peuvent désormais jouer sur la demande via des programmes d’effacement pour ajuster l’équilibre production/consommation nécessaire au bon fonctionnement du réseau électrique. Notons également que les technologies de production décentralisées se démocratisent rapidement, notamment en Californie.

Rémunération pour réduire sa consommation via des offres d’effacement, possibilité de produire de l’électricité verte à partir de ses propres panneaux solaires : le consommateur a une nouvelle manière d’appréhender l’électricité. Pure commodité, l’électricité est de plus en plus considérée comme un produit avec son lot de services associés. [3]

Cette manière de commercialiser l’énergie déstabilise les utilities (énergéticiens), peu coutumiers des nouvelles méthodes marketing et l’approche dirigée vers le consommateur, qui fait le succès des sociétés de services. L’émergence d’acteurs comme Google sur le créneau des services énergétiques force donc les utilities à se remettre en question et à s’interroger sur le rôle de ces nouveaux entrants.

La « Smart Home » (maison intelligente), opportunité de développement de nouveaux services énergétiques

En janvier 2014, Google a officiellement affiché son intention de devenir un acteur clef de la maison connectée en acquérant pour 3,2 milliards de dollars la société spécialisée dans les thermostats intelligents Nest. Véritable cheval de Troie dans l’enceinte de la maison, comme le souligne Maxime Veron, Directeur Marketing de la jeune entreprise californienne créée en 2011 par Tony Fadell (le créateur de l’iPod), la vocation du thermostat n’est pas de se limiter à cette fonctionnalité. Il constitue un point d’entrée sur lequel s’appuyer pour bâtir de nouveaux services dans l’espace de la maison connectée. Pour preuve, Nest a récemment annoncé son intention d’ouvrir son Application Programming Interface (API) afin de permettre à des tiers de développer des applications en interaction avec son thermostat.

Début juin 2014, Apple a lancé son Home Kit, un kit de développement facilitant la prise de contrôle des équipements ménagers certifiés Made for iPhone/iPad/iPod. De plus, si ces grands acteurs de l’informatique développent à terme de nouveaux services énergétiques par le biais de la maison connectée [4], les sociétés issues de la télécommunication comme Comcast ou Verizon se positionnent déjà clairement sur le segment de la fourniture d’électricité. Ces dernières proposent à leurs clients des packages regroupant téléphonie, internet et électricité.

Quel rôle pourrait jouer une entreprise comme Google dans l’énergie ?

Générant 95% de ses revenus publicitaires en 2012, Google est avant tout une régie publicitaire. L’ambition de Google dans l’énergie n’est pas de se substituer aux utilities mais d’accroître sa connaissance du client final afin d’améliorer toujours davantage son ciblage publicitaire. L’accessibilité aux données énergétiques (Green Button [5], capteurs, etc.) facilitée pourrait permettre à Google de faire valoir ses compétences en analyse et traitement de données pour développer de nouveaux services tels que des audits énergétiques ou encore la gestion intelligente de la charge. Avec par exemple un thermostat Nest en charge de l’optimisation de la température, Google a la possibilité de récupérer des informations précieuses : présence au domicile, nombre d’habitants, appareils connectés dans l’enceinte de la maison, etc. Par ailleurs, Google pourrait reproduire le modèle de services qu’il a développé sur le web (Youtube, Gmail), à savoir, fournir des services énergétiques gratuitement en échange d’information sur le client.

Google, et plus largement les sociétés des NTIC, sont des acteurs de l’économie de service. Avec l’informatisation du monde de l’énergie, des opportunités de développer de nouveaux services énergétiques se présentent pour ces entreprises dont le coeur de métier est l’analyse de données.

Reste à savoir s’ils sauront développer des services pertinents pour leurs usagers. Enfin, il est plus que jamais essentiel que les énergéticiens s’interrogent sur leur modèle d’activité et la manière de considérer ces nouveaux acteurs de services : concurrents ou partenaires ?

Source : bulletins-electroniques

L’augmentation du CO2 atmosphérique : impact sur l’alimentation humaine

Une étude d’envergure menée par plusieurs institutions de renom, issues de 4 pays différents (Etats-Unis, Australie, Israël et Japon) vient de confirmer une conséquence pressentie de l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère : la baisse des qualités nutritionnelles de certaines céréales et légumineuses. Les résultats sont présentés dans la revue Nature.

L’expérimentation en plein air confirme les résultats antérieurs obtenus en milieux confinés

Mauvaise nouvelle pour les générations futures : au vu de l’augmentation prévisible des niveaux de CO2 au cours du siècle à venir, certaines céréales et légumineuses deviendront beaucoup moins nutritives qu’elles ne le sont aujourd’hui. L’Université d’Harvard, l’UC Davis, l’Université d’Illinois à Urbana Champaign, l’Université de Pennsylvanie l’Université d’Arizona, l’USDA et le Nature Conservancy ont contribué à l’analyse pour les Etats-Unis.

Les chercheurs ont examiné plusieurs variétés de blé, de soja, de petits pois, de riz, de maïs et de sorgho en plein air, dans les conditions de culture de 2050, telles qu’elles sont anticipées concernant les niveaux de CO2 dans l’atmosphère (les concentrations actuelles sont proches de 400 parties par million, et devraient s’élever à 550 ppm en 2050). Les équipes ont pu simuler des niveaux de CO2 élevés dans des champs en plein air, à l’aide d’un système appelé Free Air Concentration Enrichment (FACE [1]), qui diffuse du CO2 autour de l’essai, en surveille la concentration à l’aide de capteurs au niveau des plantes et ajuste ainsi le débit de diffusion pour simuler une concentration de CO2 atmosphérique semblable aux conditions futures. Dans cette étude, l’ensemble des autres conditions de croissance (lumière, sol, eau, température) sont les mêmes pour les plantes cultivées sous atmosphère enrichie en CO2 et celles utilisés comme témoins.

La présente étude, par son envergure, a permis de décupler la quantité de données auparavant existantes, concernant la teneur en zinc et en fer des parties comestibles des plantes cultivées dans des conditions de FACE. Le zinc et le fer ont diminué de manière significative dans le blé, le riz, les pois et le soja étudiés. Le blé et le riz subissent également des baisses notables de leur teneur en protéines en présence de concentrations élevées en CO2. Les mécanismes responsables des variations de concentrations en éléments minéraux dans les grains en fonction de la teneur en CO2 dans l’atmosphère sont peu connus, et les expériences entreprises jusqu’ici semblent indiquer que les paramètres impliqués sont multifactoriels et propres à chaque espèce. Le type de photosynthèse, processus bioénergétique à l’aide duquel les plantes, les algues et certaines bactéries produisent l’énergie nécessaire à la synthèse des éléments organiques grâce à la lumière du soleil et à des composés minéraux (en particulier CO2 et H2O), semble néanmoins impliqué.

Réactions différentes en fonction du type de photosynthèse

En effet, seules les plantes en C3 étudiées sont sensiblement affectées par l’augmentation du CO2 atmosphérique, par opposition aux plantes en C4. Le maïs et le sorgho, qui font partie de cette dernière catégorie, n’ont pas réagi de la même façon, conformément à ce qui était attendu : la photosynthèse réalisée par les plantes en C4 ne fait pas appel aux mêmes mécanismes cellulaires. Ces deux types de photosynthèse sont majoritairement présents dans le monde végétal : le mode de fixation du dioxyde de carbone diffère et est plus efficace pour les plantes en C4 dans les bonnes conditions. Le nom des processus provient des molécules impliquées : dans le premier cas, la molécule à l’origine des réactions de fixation du carbone contient 3 atomes de carbones (3-phosphoglycérate), contre 4 (oxaloacétate) dans le second.

Largement sous-représentées (environ 5% du règne végétal), les plantes en C4 réagissent différemment à l’augmentation du CO2 atmosphérique : des travaux antérieurs réalisés à l’Université de l’Illinois à Urbana Champaign [2] ont démontré que la photosynthèse de type C4 n’est pas affectée par la présence d’une atmosphère à haute concentration de CO2. Ces plantes concentrant en effet naturellement le dioxyde de carbone dans leurs feuilles, la photosynthèse est déjà saturée en CO2 dans les conditions actuelles. Une augmentation du CO2 atmosphérique n’a donc pas d’effet sur le processus photosynthétique.

L’hypothèse de base était donc que la concentration en éléments nutritifs dans les grains des plantes en C4 demeure relativement stable, ce qu’a confirmé l’étude. Cela représente un intérêt particulier pour le sorgho, le maïs et la canne à sucre, par exemple. Ces plantes sont majoritairement cultivées dans les pays en développement et plus de recherche est nécessaire pour déterminer comment les cultures des régions chaudes répondront à un taux de CO2 atmosphérique élevé, au vu des conséquences que cela pourrait avoir.

Les carences en fer et en zinc constituent déjà un problème global à résoudre

Ces résultats alertent les organisations internationales : les carences en fer et en zinc sont déjà actuellement un problème majeur de santé publique, concernant près de 2 milliards de personnes, et ce jusque dans les pays développés. L’Organisation Mondiale de la Santé estime que les carences en fer représentent le problème nutritionnel le plus répandu dans le monde [3], alors que les carences en zinc, très répandues également, impliquent des conséquences lourdes sur la croissance et le développement des enfants et la santé des adultes. Et si les effets de l’anémie sont connus, une alimentation carencée en zinc a également un impact important sur la santé, en induisant un risque accru d’infections gastro-intestinales, en provoquant des troubles gastro-intestinaux et en perturbant le système immunitaire et la fertilité [4].

Une diminution de la qualité nutritionnelle des aliments disponibles aujourd’hui, déjà souvent en quantité insuffisante dans leur état actuel, pourrait donc avoir des conséquences importantes sur l’alimentation des populations des pays en voie de développement.

Les projecteurs s’orientent vers les régions chaudes grâce à la meilleure adaptation des plantes en C4 à ces climats. Il est probable que les recherches se concentreront dans ce sens dans les années à venir : collecter des données relatives aux climats tropicaux avec les sols tropicaux, qui manquent aujourd’hui, constitue une priorité, pour tenter de compenser le phénomène d’appauvrissement de la qualité nutritionnelle des plantes et légumes en C3, étant donné que c’est dans ces régions que la sécurité alimentaire représente encore le plus gros défi.

Source : bulletins-electroniques.com

La régénération de la forêt à l’époque des dinosaures

Des restes fossilisés d’une forêt ancienne incendiée montrent un rétablissement écologique similaire à celui des forêts de l’ère moderne.

A une époque aussi lointaine que celle des dinosaures, soit il y a 66 millions d’années, les forêts se renouvelaient après un incendie de la même façon qu’aujourd’hui, selon une équipe de chercheurs de l’Université McGill et du Musée royal de la Saskatchewan.

La découverte de la première preuve fossilisée de l’écologie des feux de forêt – la repousse de végétaux après un incendie – réalisée lors d’une expédition menée par l’équipe dans le sud de la Saskatchewan, au Canada, fournit un aperçu de l’écologie sur la planète tout juste avant l’extinction massive des dinosaures. Les constatations des chercheurs viennent par ailleurs s’ajouter aux données probantes suggérant que le climat de la région était alors beaucoup plus chaud et humide. « En effectuant les fouilles qui ont mené à la découverte de végétaux fossiles conservés dans la pierre déposée juste avant la disparition des dinosaures, nous avons constaté que certains étaient riches en charbon fossilisé alors que d’autres n’en contenaient pas. A partir de ces constatations, nous avons pu reconstruire le paysage des forêts de l’ère du Crétacé, avec ou sans perturbations par le feu », explique Hans Larsson, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en macroévolution à l’Université McGill.

Les travaux des chercheurs révèlent qu’au site du feu de forêt, la végétation est dominée par une flore assez semblable à celle retrouvée aujourd’hui au début de la régénération forestière après un incendie. Les forêts anciennes renouvelées ressemblent beaucoup à celles de notre époque. On y trouve des végétaux comme l’aulne, le bouleau et le sassafras, et dans les forêts matures, le séquoia et le ginkgo. « Nous cherchions à étudier les résultats directs d’un incendie de forêt s’étant produit il y a 66 millions d’années, préservés dans la pierre, affirme Emily Bamforth du Musée royal de la Saskatchewan et auteure principale de l’étude. Par ailleurs, nous avons maintenant la preuve que la température annuelle moyenne dans le sud de la Saskatchewan était de 10 à 12 degrés Celsius plus élevée qu’aujourd’hui, avec des précipitations presque six fois supérieures. »

« Pour la première fois, l’abondance de végétaux fossiles nous a également permis d’évaluer les conditions climatiques dans le sud-ouest du Canada pendant la dernière période d’existence des dinosaures, et nous a fourni une piste supplémentaire pour découvrir à quoi ressemblait l’écologie juste avant leur extinction », mentionne Hans Larsson, qui est aussi professeur agrégé au Musée Redpath.

Les incendies de forêt peuvent modifier la biodiversité végétale et animale. La découverte du rétablissement paléoécologique à la suite d’un incendie de forêt aidera les chercheurs à mieux comprendre la biodiversité immédiatement avant l’extinction massive des dinosaures. « Nous ne serons en mesure de comprendre pleinement la dynamique d’extinction que lorsque nous aurons compris les processus écologiques normaux qui se cachent derrière », soutient le professeur Larsson.

Source : bulletins-electroniques.com

L’Assemblée nationale a voté le remplacement de l’écotaxe par un péage poids lourds

La majorité socialiste a approuvé la nouvelle taxe, contre laquelle ont voté, pour des raisons opposées, l’UMP et les écologistes.

Le nouveau dispositif, annoncé par Manuel Valls dimanche et qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015, concernera les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur un réseau de près de 4.000 kilomètres de routes nationales et locales très fréquentées par les poids lourds.

Elle devrait rapporter 500 millions d’euros par an, a confirmé dans l’hémicycle le ministre des Finances Michel Sapin. L’écotaxe, elle, devait porter sur 15.000 kilomètres de routes et rapporter près du double pour financer les infrastructures de transport.

L’Etat cherche à présent à compenser ce manque à gagner, et M. Sapin a reconnu ne pas être encore « en capacité de dire quelles autres ressources seront trouvées ». Il a toutefois évoqué, comme l’avait fait dès lundi la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal l’idée de mettre à contribution les sociétés d’autoroutes.

La gestion de la collecte sera toujours assurée par la société Ecomouv, avec, a confirmé Michel Sapin, « une participation éventuelle de l’Etat » à son capital.

Les routes concernées sont celles dont le trafic quotidien de poids lourds excède 2.500 véhicules, soit 3.800 km au total. S’y ajoutent des routes susceptibles « de supporter un report de trafic » des poids lourds : routes d’Alsace, périphérique parisien, un tronçon de la route Centre-Europe-Atlantique.

Les véhicules agricoles, les camions-citerne de transport de lait ainsi que les véhicules forains ou de cirque seront exemptés de la taxe.

Son entrée en vigueur début 2015 sera précédée pendant trois mois par « une marche à blanc à l’automne ».

Le député UMP des Côtes d’Armor, Marc Le Fur, opposant de toujours à l’écotaxe, a noté « des progrès », mais jugé que « l’évolution ne va pas au bout des choses » car « cet impôt reste anti-économique ». Il s’est notamment inquiété que la liste des routes concernées soit fixée par décret, et non intégrée dans la loi.

A l’inverse, l’écologiste Eva Sas s’est indigné « d’une taxe au rabais », craignant le report des poids-lourds sur d’autres routes, les contreparties demandées par les sociétés d’autoroutes et « un financement des transports collectifs mis en danger ».

A cet égard, Michel Sapin a promis que les investissements en ce domaine ne seraient pas rognés.

La solution retenue est « un beau compromis intelligent » a soutenu Chantal Guitet (PS), tandis que son collègue Thomas Thevenoud a souligné qu’il « fallait trouver une solution vite ».

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Les députés veulent interdire les sacs plastiques à usage unique

Ce vote, intervenu dans le cadre d’un projet de loi sur la biodiversité, est « une bonne nouvelle » pour France Nature Environnement (FNE), qui espère que « cela ne va pas être détricoté immédiatement, car les lobbies sont à l’affût ».

Déjà, sous l’effet d’une convention volontaire, le nombre des sacs plastiques de caisse distribués en France dans les grandes surfaces alimentaires est passé de 10,5 milliards à 700 millions entre 2002 à 2011, souligne le gouvernement dans son exposé des motifs de l’amendement.

« Mais il y a lieu de poursuivre cette réduction car près de 5 milliards de sacs de caisse en matière plastique à usage unique et plus de 12 milliards de sacs dits +fruits et légumes+ sont encore distribués dans les commerces », ajoute-t-il.

La proposition vise donc à prendre en compte les enjeux liés à la consommation importante de sacs +fruits et légumes+ qui jusqu’à présent n’ont jamais fait l’objet de dispositions visant à en réduire leur consommation.

Elle prévoit une interdiction de distribution des sacs à usage unique sauf pour des sacs répondant à des conditions particulières: les sacs « biosourcés » et compostables.

« On pense que l’opinion est prête », souligne Benoît Hartmann, porte-parole de FNE, tout en plaidant pour « l’étape suivante, c’est-à-dire l’interdiction de tous les sacs jetables », y compris les sacs biodégradables, qui nécessitent d’être traités dans des composteurs industriels, et les sacs dits « oxofragmentables » censés se dégrader mais contenant des résidus de plastique.

Les sacs jetables, même biodégradables, sont « non écologiques », estime l’ONG, à la fois à travers le produit lui-même mais aussi à travers la « mentalité » qu’ils véhiculent en « laissant croire qu’on peut faire ses courses avec un sac qui va finir à la poubelle ».

La date de l’examen en séance du projet de loi sur la biodiversité n’est pas encore fixée.

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VirtualBench : National Instruments veut faire de la place sur les paillasses [publi-reportage]

Elle s’appelle VirtualBench, et elle vient d’être mise en vente. De quoi s’agit-il ? D’un petit boitier pas plus grand qu’un décodeur de chaîne cryptée ou qu’une box internet, qui compile un oscilloscope à signaux mixtes analogique (2 voies) et numérique (32 voies), d’une puissance de 100 MHz, un multimètre numérique de 300 volts pour dix ampères, une alimentation DC programmable, un générateur de fonctions de 20 Mhz, et des entrées-sorties numériques.

Et si le vrai luxe, c’était l’espace (sur la paillasse) ?

Avantage indéniable : ça fait de la place, comparé à l’ensemble de ces appareils disposés côte à côte sur une paillasse… autre avantage, selon Emmanuel Roset, ingénieur produit chez NI : le prix. « C’est une alternative à des outils qui coûtent cher, ne serait-ce que parce qu’ils comportent beaucoup de boutons, d’interfaces, de câblage, qui reviennent cher aux constructeurs. Avec NI VirtualBench, les coûts de production ne sont pas soumis à ces contraintes, c’est donc une solution beaucoup plus économique ». Vendu 1690 €, VirtualBench ne devrait pas fleurir sous les sapins de Noël cette année, mais pourrait bien séduire les écoles d’ingénieurs, universités et autres établissements du supérieur utilisant ce type d’outils. Et également les laboratoires et service maintenance des industries concernées par l’électronique, et autres Géo Trouvetou.

Alors oui mais, si il n’y a pas d’interface analogique, comment ça marche ? Via PC portable ou tablette (uniquement iPad pour l’instant). Un câble branché au PC, et le programme s’installe automatiquement, il est alors possible de gérer directement son outil, d’en enregistrer les résultats sous format Excel, de faire des captures d’écran des oscillations et de les exporter, et surtout, d’intégrer son VirtualBench dans Labview, le logiciel de conception de systèmes de mesure et de contrôle de National Instruments.

Pas besoin de jouer les programmeurs

Pour l’iPad, la transmission de données se fait par Wi-Fi, avec une portée théorique de 50 mètres. Bien pratique si l’on utilise VirtualBench de façon portative, ou simplement si on veut faire ses expériences tranquillement installé dans son canapé. L’application est gratuite sur l’Apple Store, qui propose aussi une version « démo », pour se faire une idée du produit avant achat.

Bref, VirtualBench devrait trouver son public, d’autant qu’il ne nécessite pas de programmation préalable à l’utilisation, mais se prend facilement en main dès l’installation. Les réfractaires à la virtualisation des interfaces de contrôles des instruments de ce type devraient donc perdre là un argument majeur.

Le mot de la fin à Emmanuel Roset, qui nous fait le plaisir de nous faire une petite démonstration rien que pour nous (pardonnez la qualité de la vidéo, tournée à l’improviste avec un smartphone) :

 

Par Bruno Decottignies

Revue du web #61 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

– Colin Furze, l’inventeur le plus dangereusement enthousiaste du monde : les pouvoirs des X-Men ;

– Le courrier du cœur du « Magnetic Putty », ou que faire avec 45 kilos de mastic magnétique ;

– Un petit tour de jetpack autour de l’antenne du Four Seasons, et puis s’en va ;

– Le gadget (inutile?) de la semaine : « Jet Bicycle », l’autoproclamé plus dangereux vélo au monde ;

– Bonus : la NASA dévoile de nouvelles combinaisons spatiales ;

– Super bonus : la coupe du monde s’invite dans l’espace.

 

Colin Furze, l’inventeur le plus dangereusement enthousiaste du monde : les pouvoirs des X-Men

Vous ne connaissez pas encore Colin Furze ? Pour débuter notre soixante-et-unième Revue du Web, découvrons ensemble l’univers loufoque d’un jeune inventeur complètement génial et timbré à la fois, qui fait sensation depuis peu grâce à sa chaîne Youtube, mais également grâce à son extrême enthousiasme, forcément communicatif. Ses vidéos, habituellement postées au compte-gouttes, ont toujours été populaires, mais elles ont connu ces derniers jours un regain d’intérêt coïncidant avec l’arrivée sur nos écrans du blockbuster américain X-Men : Days of future past, il y a quelques semaines.

Fantasmant sur les super-pouvoirs de certains héros de la franchise hollywoodienne, l’ingénieux Colin Furze se met à l’ouvrage. Il commence par les griffes rétractiles de Wolverine, qu’il peut faire jaillir mais qu’il peut également rétracter à l’envi à l’aide d’une commande à air comprimé et d’une bonbonne d’air placée dans son sac à dos. C’est avec un enthousiasme non-feint – celui d’un collégien qui découvre qu’il a des super-pouvoirs – qu’il nous présente ses griffes dans la vidéo qui suit, lui permettant de transformer en charpie un bout de carton, de décapiter une pastèque ou de faire face à… une poupée gonflable.

 

Non-content de son premier fait d’armes, notre Géo Trouvetout anglais s’est alors attaqué au personnage de Magnéto, dont il singe les pouvoirs à l’aide d’une paire de chaussures aimantées lui permettant de marcher la tête en bas, pour peu qu’il y ait quoi que ce soit de métallique au plafond. 

 

 

Enfin, dans sa dernière vidéo en date, Colin Furze s’essaie aux super-pouvoirs du méchant Pyro, cette fois-ci avec l’aide de deux lance-flammes qu’il a lui-même bricolés afin qu’ils s’activent et crachent leurs flammes dès qu’il met en mouvement son poignet. Qui sait ce que ce plombier de formation nous réserve encore s’il survit ! 

 

Le courrier du cœur du « Magnetic Putty », ou que faire avec 45 kilos de mastic magnétique

Le « Magnetic Putty », ce drôle de mastic magnétique dont nous vous parlions déjà ici et a le mérite de réussir à stimuler la créativité de nombreux internautes, qu’ils soient scientifiques éclairés ou profanes dans la pénombre. Ici, plutôt que de se contenter d’une petite quantité de « Putty », on se propose de faire quelques tests – dont le leitmotiv semble être un certain sens de l’absurde – avec l’équivalent de 500 boites de mastic, soit tout de même la bagatelle de 45 kilos.

Pour rappel, le mastic magnétique, bien qu’il ressemble à du mastic ordinaire, est imprégné de millions de particules ferreuses de l’ordre du micron (de la poudre d’oxyde de fer), ce qui ne le rend pourtant pas magnétique pour autant. C’est la présence d’un aimant qui magnétise les particules ferromagnétiques du mastic, qui s’alignent et génèrent alors des pôles magnétiques.

 

Un petit tour de jetpack, et puis s’en va :

Les Américains de « Go Fast », boisson énergétique évoluant tant bien que mal dans l’ombre du géant Red Bull, ont bien compris la leçon : dans la lignée du projet « Red Bull Stratos », qui avait vu le parachutiste autrichien Felix Baumgartner franchir le mur du son en chute libre depuis un ballon stratosphérique, l’équipe Go Fast a fait appel à son casse-cou en chef, Nick Macomber, pour réaliser un vol en jetpack et ainsi consolider leur image d’amoureux de sports extrêmes.

Le vol de Nick Macomber ne fut pas bien long, juste le temps de faire le tour de l’aiguille du Four Seasons de Denver, mais il mérite pour sûr le coup d’œil.

 

Le gadget (inutile?) de la semaine : « Jet Bicycle », l’autoproclamé plus dangereux vélo au monde

Puisque les trois vidéos de Colin Furze présentées en début de Revue ne vous ont pas suffit, notre inventeur cinglé revient bruyamment à la charge avec le gadget (inutile ?) de la semaine, le « Jet Bicycle », qu’il définit lui-même comme le vélo le plus dangereux au monde. Il suffit de jeter un œil à la vidéo pour le croire volontiers : le vélo qu’il a mis au point, non sans brio, est pourtant bel et bien une poubelle à réacteurs.

La recette semble simple, mais ne vous leurrez-pas : derrière le casse-cou un tantinet bruyant, Colin Furze est également un génie du DIY (« Do It Yourself », le fait-maison). Pour ce faire, il va donner une seconde chance à un bon vieux vélo « de grand-mère », vélo qui pensait probablement – à tort – avoir déjà vécu les plus belles années de sa vie. Pour installer le dangereux réacteur, il coupe en deux la bicyclette afin de pouvoir rallonger le cadre. Pas besoin de soupape, le vélo à réaction fait des merveilles pour peu qu’on ait un peu d’espace et que l’on soit complètement inconscient.

Bonus : la NASA dévoile de nouvelles combinaisons spatiales

Elles sont toutes fraîches et semblent sortir tout droit d’un film de science fiction : voici en bonus quelques photos de la combinaison spatiale qui a été choisie pour succéder à la « Z-1 », première mouture déjà fort appréciée par le grand public. Choisie parmi trois combinaisons, ce sont près de 147 000 internautes qui ont pu voter et ainsi trancher en faveur de ce design, qui n’est pas sans rappeler le film TRON, dont une suite est sortie en salles en 2010.

Finalisée en novembre prochain, elle subira alors toute une batterie de tests pour pouvoir vérifier sa conformité aux standards – élevés – de l’agence américaine, notamment une simulation de marche sur Mars. La série Z est en effet destinée à habiller, un jour, les futurs astronautes qui fouleront le sol de la planète rouge.

La NASA livre quelques détails, dans un communiqué : « Le revêtement protège de l’abrasion et des accrocs les couches inférieures, ainsi qu’une partie de la technologie embarquée, durant la phase de tests. Il permet également d’apporter une petite touche esthétique à l’ensemble. La couche de revêtement […] remplit d’autres fonctions importantes comme la protection de l’astronaute contre les micrométéorites, les températures extrêmes dans l’espace ou les effets néfastes des radiations ».

 

 

Super bonus : la coupe du monde s’invite dans l’espace

Sans surprise, notre deuxième bonus est lié cette semaine à l’événement auquel personne ne pourra échapper pendant les semaines à venir, même en y mettant vraiment du sien, à savoir… la coupe du monde de football, qui a lieu cette année au Brésil. Pour saluer à leur manière le coup d’envoi du mondial, les astronautes américains Reid Wiseman, Steven Swanson et l’astronaute allemand Alexander Gerst se sont mis en scène en train de jouer au football à bord de la Station Spatiale Internationale. Cette tentative ludique pourrait bien s’avérer plus amusante à regarder que certains matchs de ce mondial.

 

Quand la GED ne suffit plus pour gérer les projets d’ingénierie

Dans le secteur du BTP et de l’ingénierie la GED (Gestion Electronique de Documents) est souvent considérée comme un mal nécessaire pour partager les données au sein des projets. Mais la donne change : les besoins évoluent et un simple outil de GED « annexe » n’est plus suffisant pour répondre aux nouvelles méthodes de travail et aux contraintes de volumétrie.

Les enjeux de la gestion des projets d’infrastructures sont en pleine mutation avec le développement des PPP (Partenariats Publics Privés) et du maintien en condition opérationnelle des infrastructures industrielles qui poussent les sociétés à avoir une vision sur l’ensemble du cycle de vie (étude, construction, exploitation) mais aussi avec la part de plus en plus importante que prend la gestion des équipements dans les projets.

Toutes ces évolutions impliquent le développement de nouveaux savoir-faire, de nouvelles technologies, de nouveaux métiers… Ces éléments engendrent plus de complexité et multiplient le nombre d’intervenants. Les spécificités de ces métiers renforcent les besoins de collaboration mais aussi de confidentialité pour protéger le savoir-faire. En complément, ces compétences clés sont rares et il faut améliorer la productivité pour permettre aux acteurs de se concentrer sur leur valeur ajoutée.

Les grands groupes ont donc besoin de faciliter l’accès des différents acteurs et de gérer des projets de plus en plus importants impliquant des processus complexes tout en assurant la maîtrise de la confidentialité et la consolidation de la connaissance.La marge des sociétés n’est plus uniquement liée au coût de construction mais aussi au coût d’exploitation, d’entretien et de gestion des obsolescences.

Ces besoins reposent directement sur la capacité à disposer d’un référentiel métier transverse au projet et disponible durant tout son cycle de vie.

Découvrez un document détaillant les solutions, les nouvelles méthodes et les innovations face à ces enjeux.

Les masques Eidos décuplent votre vue et votre ouïe

Les deux masques sont en nylon, conçus par impression 3D. Enveloppant le bas du visage jusqu’aux oreilles, le masque Eidos Audio vous donnera une fière allure futuriste. Au beau milieu du bruit émis par une foule parlant en même temps, le masque est capable de cibler les sons émis par une seule personne simplement en se tournant dans sa direction.

Le son est retranscrit via deux écouteurs stéréo directement dans les oreilles, mais aussi via deux transducteurs placés au niveau de la bouche. Ces transducteurs envoient les vibrations sonores par ostéophonie (conduction osseuse) directement dans l’oreille interne via les os du crâne. Ainsi, les transducteurs donnent l’impression que la personne parle directement à l’intérieur de votre tête. Le masque est relié à un logiciel qui filtre les sons, extrait la voix ciblée et envoie le résultat dans les oreilles et les transducteurs. 

Le masque Eidos Vision comporte deux écrans à l’intérieur, un en face de chaque œil. Une caméra encastrée au niveau du front filme l’environnement et, là aussi, le flux vidéo est transmis à un logiciel. Celui-ci décompose le mouvement de la scène en temps réel. Le résultat est impressionnant : si la vidéo projetée sur les écrans montre les personnages en mouvement, ils sont accompagnés d’une traîne révélant l’ensemble du mouvement passé. Le rendu est similaire à la traîne laissée par les balles dans la fameuse scène de Matrix !

L’utilisation du logiciel nécessite un ordinateur portable pour Eidos Audio et un iPhone pour Eidos Vision, ce qui limite un peu la mobilité des dispositifs pour le moment. Les concepteurs de ces deux prototypes visent dans un premier temps des applications professionnelles plutôt que grand public.

Quelles applications imaginer ?

Les concepteurs imaginent déjà des applications dans de nombreux domaines. Par exemple, lors d’un concert, les spectateurs équipés d’un masque Eidos Audio pourraient extraire uniquement la voix du chanteur ou les sons émis par un seul instrument en les isolant du bruit ambiant.

Un entraîneur muni du casque Eidos Vision pourrait quant à lui analyser plus facilement la technique de ses joueurs ou athlètes en analysant l’ensemble de leurs mouvements, ainsi que la trajectoire des objets lancés. Des agences de tourisme seraient également intéressées par ce masque pour augmenter l’expérience des touristes sur les sites touristiques importants. 

Dans le domaine médical, les deux masques permettraient d’aider des personnes handicapées ou des enfants ayant des difficultés de concentration.

Découvrez le rendu en vidéo :

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Construire des maisons avec une imprimante 3D en quelques heures

L’exploit nous vient de l’Asie. Une entreprise chinoise, WinSun, décide d’investir le marché de l’immobilier en construisant des maisons. Leur originalité ? Le maître d’œuvre n’est autre qu’une imprimante géante de 30 mètres de long, 10 de large et 6 de haut. Grâce à ce monstre, des blocs entiers sont imprimés. Ils sont ensuite assemblés pour former une véritable maison. Et pas une chambre de bonne, ce sont des demeures spacieuses de 200m².

La matière première utilisée pour alimenter l’imprimante est un mélange de matériaux recyclés, de fibres de verre et de ciment. De quoi faire chuter le prix de la maison autour des 3500€ ! N’insistez pas, je n’ai pas oublié de zéros. De quoi ridiculiser les maisons à 100 000€ de Jean-Louis Borloo. Un prix incroyablement bas, qui pourrait bien bouleverser toute l’économie du bâtiment. D’autant que l’exploit de WinSun est en passe de se banaliser du fait de plusieurs projets équivalents, qu’il s’agisse d’Américains souhaitant imprimer une maison d’un seul bloc, ou de la construction d’un immeuble entier aux Pays-Bas.

Avec ces réalisations, l’impression 3D confirme son caractère révolutionnaire. Appliquée à l’immobilier, cette technologie permet de réfléchir à un nouveau genre d’habitats à faibles loyers par exemple. L’impression 3D est même préssentie pour conquérir l’espace puisque L’ESA envisage des structures lunaires réalisées à partir de ces imprimantes.

A ce jour, les 10 maisons construites en moins de 24h sont des prototypes, et leur stabilité dans le temps reste inconnue.

Voir l’imprimante géante en action : 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Ma thèse en 180 secondes : la cellule de rectum de ver qui souhaitait devenir un neurone

Cette doctorante a 26 ans et s’intéresse  au rôle des protéines lin 15a et rétinoblastone dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans. Malgré un intitulé compréhensible seulement par les experts du domaine, Marie-Charlotte a su passionner son auditoire en vulgarisant son travail de thèse en 180 secondes, relevant haut la main le défi lancé par le CNRS et la Conférence des présidents d’université : rendre intelligible son sujet de thèse à un auditoire profane et diversifié, en moins de 3 minutes, de façon claire, concise et avec une seule diapositive.  Pas simple. Mais cet exercice de vulgarisation permet aux étudiants chercheurs de s’interroger sur comment communiquer et diffuser la connaissance. Même si ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, savoir expliquer son travail n’est pas chose aisée. Malgré ces difficultés, plusieurs doctorants de 23 universités différentes se sont prêtés au jeu.

Pour sa première édition, le concours inspiré de la version canadienne Three minute thesis a vu s’affronter les meilleurs lors de la finale à Lyon. Marie-Charlotte, avec un humour poilant et une énergie communicative, a réalisé une prestation exceptionnelle, une véritable démonstration de ce qu’est la vulgarisation scientifique. Avec son histoire de cellule de rectum de ver souhaitant devenir un neurone, celle qui allait rafler le 1er prix du concours et le prix du public a rendu limpide la problématique de la reprogrammation cellulaire, ses enjeux et les moyens de contrôler le destin des cellules.

En deuxième position, Noémie Mermet, doctorante à l’université d’Auvergne a réussi à rendre captivant son sujet sur l’ « implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKSg dans un contexte d’allodynie », expliquant comment de méchants neurones détournaient l’information liée à un contact de la peau telle une caresse pour en faire une sensation douloureuse. La troisième place est revenue à Chrystelle Armata, qui a philosophé sur « La loyauté probatoire à l’épreuve des nouvelles technologies », réfléchissant au caractère intègre de l’obtention de preuves en utilisant les nouvelles technologies  capables de s’immiscer dans la sphère privée, via des écoutes téléphoniques par exemple.

Découvrez ces trois présentations de ces doctorantes au sommet de leur art oratoire :

 1er prix : Charlotte Morin, « rôle des protéines lin 15a et rétinoblastone dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans »

2ème place : Noémie Mermet, « implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKSg dans un contexte d’allodynie »

3ème place : Chrystelle Armata , « La loyauté probatoire à l’épreuve des nouvelles technologies »

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Reportage vidéo – Le football, jeu collectif ou somme d’exploits individuels ?

A l’occasion de la Coupe du monde de football 2014 au Brésill, Universcience.tv a choisi de rediffuser ce reportage consacré à l’intelligence collective dans le football.

‘Une équipe n’est pas l’addition de plusieurs joueurs mais c’est une interaction entre des joueurs qui produisent quelque chose de neuf. » Piette Parlebas, professeur de sociologie.

Réalisation : Jean-Christophe Ribot
Production : Mosaique Films, Pois Chiche Films / Droits réservés
Durée : 51 min 47 s

Fini les bagages perdus lors des voyages en avion grâce à la technologie M2M

Les objets connectés vont enfin s’envoyer en l’air. Le dispositif baptisé e-Track va peut-être révolutionner la vie des bagagistes et redonner le sourire aux clients malchanceux. Grâce à ce tout nouveau système, les bagages seront localisables à tout moment, de quoi retrouver n’importe quelle valise égarée. 

Comment fonctionne le système mis au point par KPN et Fast Track Company ? Une première partie, l’e-Tag, se positionne sur le bagage concerné. Il se présente sous la forme d’une étiquette avec deux écrans affichant les informations relatives au propriétaire et à son vol. Ces informations sont stockées grâce à une puce RFID. L’étiquette est accrochée à l’extérieur du bagage, tandis qu’à l’intérieur est placée la deuxième partie, l’e-Track, un système GPS associé à une connexion GSM et bluetooth. Il s’agit de la technologie M2M, qui permet de localiser un bagage connecté partout dans le monde et à tout moment. Une appli permettra de localiser sa valise directement grâce à son Smartphone. 

L’alliance Skyteam dont fait partie AirFrance espère ainsi faciliter le transit des bagages et lutter contre les vols.

Attention, ceci ne sera pas systématisé sur chaque bagage et concernera tout d’abord quelques voyageurs réguliers. Mais Samsonite a déjà annoncé qu’elle proposerait un bagage intégrant ce dispositif. En édition limitée bien sûr.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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ressources documentaires :

Perturbateurs endocriniens : « Aujourd’hui, on ne peut traiter ce problème que sur la globalité du cycle de vie »

Entretien avec Alain Lombard, expert en toxicologie et animateur de la formation Perturbateurs endocriniens, chez Techniques de l’Ingénieur.

Techniques de l’Ingénieur : Alain Lombard, que sait-on aujourd’hui des risques que représentent les perturbateurs endocriniens ?

photo_perturbateursAlain Lombard : Nous savons qu’ils miment les hormones naturelles, se collent sur les sites d’actions de ces dernières, et vont donc bloquer leur fonctionnement naturel. On en compte plus d’une centaine, présents dans des produits naturels tels le soja, le houblon, mais également dans les produits chimiques.

C’est une problématique qui concerne de nombreux secteurs, à commencer par l’alimentaire avec le bisphénol A présent dans les vernis intérieurs de protection des cannettes métalliques, L’industrie des plastiques est en premier lieu concernés, notamment par les phtalates, présents par exemple dans les PVC mous, utilisés dans les jeux et jouets pour enfants.

La crainte, c’est donc que les perturbateurs endocriniens viennent perturber le système hormonal des enfants et donc leur développement. Chez l’adulte, le risque est la dérégulation hormonale, cause de cancers et autres maladies. Dans la nature, on a pu observer les conséquences des perturbateurs endocriniens sur les alligators du lac Apopka en Floride notamment, les mâles ayant été féminisés, sont devenus incapables de se reproduire.

Les risques sur les plantes sont moins évidents, mais il est certain qu’une fois qu’on  ingère celles-ci, les perturbateurs endocriniens y étant présents vont avoir des effets sur notre corps. C’est pour cela qu’aujourd’hui, on ne peut traiter ce problème que sur la globalité du cycle de vie, et non uniquement sur un segment de celui-ci.

Techniques de l’Ingénieur : Comment réagit le législateur à ce risque ?

Alain Lombard : Au coup par coup. Il n’y a pas de définition internationale fixée de ce que sont les perturbateurs endocriniens. Chaque pays a sa stratégie. En France, sous la pression des milieux écologistes, la législation est plus restrictive qu’elle ne l’est au niveau européen : l’EFSA, l’agence européenne de la santé alimentaire, est plus souple que l’ANSES, l’agence nationale de sécurité sanitaire, plus prudente car sous contrôle de la société civile.

Pour l’industrie, l’objectif est de s’assurer que les produits mis sur le marché ne risquent pas d’émettre des perturbateurs endocriniens une fois sur le marché. Il est donc indispensable de détecter les perturbateurs endocriniens dès leur synthèse, avant leur mise sur le marché. On peut essayer de détecter les structures chimiques semblables à celles des hormones naturelles, ou développer une stratégie de tests.   La stratégie des tests a été décrite par l’OCDE. Elle comprend des tests sur cellules, ou sur animaux de laboratoire. Ces tests sont couteux et long.  La crainte des industriels est d’être accusés de produire des perturbateurs endocriniens, et de devoir prouver que ça n’est pas le cas, ce qui n’est pas une mince affaire.

D’où la tentative de mise en place, en France sous l’égide du ministère de l’Environnement et du Développement Durable, d’une plateforme public-privé d’évaluation et de validation des méthodes de test des substances sous forme d’un partenariat entre les industriels, et la recherche publique , pour permettre de définir en amont si un produit est ou non à risque.

Techniques de l’Ingénieur : Vous animez Chez Techniques de l’Ingénieur une formation sur ce thème, c’est sur cet axe qu’elle se positionne ?

Alain Lombard : Oui. Je m’applique à présenter un panorama le plus complet possible de cette problématique de perturbateurs endocriniens. Cette formation n’a pas pour objectif de créer des experts sur les perturbateurs endocriniens, mais de donner des clefs pour trouver les informations nécessaires à une prévention des risques efficaces, et pour suivre les évolutions des recherches et des textes réglementaires dans ce domaine, plutôt que d’attendre que le problème se présente subitement.

Elle s’adresse donc prioritairement aux chimistes, pour qu’ils intègrent ce risque dans la conception de leurs produits, mais également aux commerciaux, pour qu’ils puissent répondre aux questions de leurs clients, et ne vendent pas des produits à risque qui pourront avoir des répercussions sur la santé de l’utilisateur final, à des fabricants de produits de grande consommation, de biberons par exemple. Enfin, cette formation peut également intéresser la grande distribution, puisque le risque pour eux est de mettre sur le marché une grande quantité de produits contenant des perturbateurs endocriniens, et du jour au lendemain, de se retrouver accusés mettre en danger la vie de leurs consommateurs.

Première mondiale : une entreprise espagnole établit son capital social en bitcoins

Le terme de bitcoin désigne à la fois un système de paiement à travers le réseau Internet, et une unité de compte utilisée par ce système de paiement. Cette monnaie virtuelle est née en 2009 grâce à une personne, ou un groupe de personne connu sous le seul pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Depuis lors, et malgré un cours extrêmement fluctuant, sa popularité et son utilisation n’ont cessé de croitre. Cette devise virtuelle ne dépend d’aucune banque centrale ni d’aucune institution, raison pour laquelle sa valeur ne cesse de fluctuer, en fonction du nombre d’usagers qui l’utilisent.

Chaque unité de bitcoin est créée au fur et à mesure qu’un réseau d’ordinateurs privés connectés entre eux via un système de peer-to-peer résout des algorithmes mathématiques. Ces usagers, appelés des mineurs, se répartissent ensuite les bitcoins créés en fonction de la puissance de calcul cédée par chacun d’eux. Un usager peut aussi changer d’autres devises pour des bitcoins par le biais de différents portails internet, ou vendre des services / produits en échange de bitcoins.

A la différence des autres devises, le bitcoin n’est pas émis par une banque centrale. Il est créé grâce au réseau peer to peer quand un ordinateur ou un réseau d’ordinateurs privés connectés entre eux trouve la solution à un problème de calcul complexe. Pour recevoir des Bitcoins, il faut mettre une partie de la puissance de calcul de son ordinateur au service de la résolution d’équations informatiques de plus en plus difficiles : c’est ce qu’on appelle miner les bitcoins. La difficulté des problèmes à résoudre est croissante, afin que le nombre de bitcoins créés soit divisé par deux tous les 4 ans. La quantité de cette nouvelle monnaie est en effet limitée : l’algorithme est prévu pour n’en créer que 21 millions en tout, un chiffre qui devrait être atteint théoriquement en 2140. A l’heure actuelle, environ la moitié du stock a été « minée ».

Lors de la création de Coinffeine, chacun de ses quatre fondateurs a apporté des bitcoins au capital social de la compagnie, pour une contrevaleur 3.000 euros, stockés sous la forme d’un chèque papier vérifié en présence d’un notaire, créant ainsi un précédent pour toute entreprise qui souhaiterait se constituer de cette manière. En tant que monnaie chiffrée anonyme, cet actif digital a dans un premier temps été rapidement adopté par les plateformes de transactions illégales telles que Silk Road -qui utilisait le réseau Tor et qui a été fermée une première fois par le FBI en octobre 2013. Toutefois, les bitcoins peuvent être utilisés dans tout commerce qui désire les accepter comme méthode de payement. De fait, il existerait à Madrid, d’après l’agence Europa press, plus de 50 établissements qui les acceptent pour paiement.

Bitcoin est donc actuellement utilisé en Espagne comme moyen de paiement, toutefois, comme en France il n’existe pour l’instant pas de loi qui régule ces transactions de manière explicite. Certains députés ont manifesté leur intérêt pour la question en posant des questions au Gouvernement sur la norme fiscale à appliquer au cas de l’acquisition de monnaies digitales telles que le bitcoin.

La toute jeune entreprise espagnole Coinffeine prétend quant à elle créer la toute première plateforme d’échange de Bitcoins qui opère de manière totalement décentralisée. Actuellement au stade de développement pré -alpha, et donc non-opérationnelle, qu’offre-t-elle de plus par rapport à d’autres plateformes d’échanges internationales telles que la géante japonaise Mt.Gox, – qui a été déclarée en faillite le 28 février dernier, suite à un détournement massif de bitcoins du fait, vraisemblablement d’un piratage informatique ?

L’approche naïve d’une transaction entre un individu A et B (chacun transférant librement à l’autre le montant défini de la transaction, sans intervention d’un tiers) ne fonctionne pas dans le cas d’un échange en ligne, qui est à priori réalisé sans lien de confiance entre les individus A et B : le premier à payer se retrouve à la merci de l’autre qui pourrait ensuite refuser de mener l’échange à son terme.

La solution classique à ce problème dit « d’absence de confiance » est de bénéficier du secours d’une tierce partie, en laquelle A comme B ont confiance et qui recevra leurs deux paiements avant de leur redistribuer, finalisant ainsi la transaction de manière sécurisée. Un grand nombre de plateformes d’échanges de bitcoins actuelles jouent ce rôle (BTC China, BitStamp, Kraken). Toutefois, et comme l’a démontré récemment le naufrage de MtGox, cette solution de la tierce partie de confiance présente le désavantage de positionner l’intermédiaire choisi – qui centralise un nombre important de transactions – comme une cible de choix pour d’éventuels pirates informatiques.

Pour contourner ce risque, Coinffeine a donc choisi de proposer une solution d’échange en « peer-to-peer » pour permettre l’échange de bitcoins avec d’autres valeurs sans impliquer de tierce partie. La sécurité de l’échange est garantie par un algorithme dit de « zero trust exchange » basé sur la théorie des jeux, qui met en place une chaine de micropaiements (micropayment channel) et de « dépôt de caution » pour forcer les deux usagers A et B à continuer leur coopération jusqu’à la finalisation de la transaction.

Derrière cette solution innovante – Coinffeine est la première plateforme mondiale d’échange de bitcoins en P2P, se cache une équipe de 4 développeurs de talent, qui avaient déjà pris part antérieurement à un autre projet d’envergure : « Smart Steps », dans le domaine du Big Data, et lancé en novembre 2012 en Grande-Bretagne par Telefonica.

Source : bulletins-electroniques.com

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De puissants cybercriminels qui rançonnaient les particuliers ont été arrêtés

Il aura fallu la coopération de plusieurs services de police européens et américains pour réussir un tel coup de filet. Plus de quatre vingt dix membres du groupe à l’origine d’un virus terriblement efficace ont ainsi été mis sous les verrous. Baptisé GameOver Zeus, celui-ci se propage d’ordinateur en ordinateur par le biais de mails piégés selon la classique technique du phishing. Cela consiste à inciter le destinataire d’un mail à cliquer sur un lien frauduleux de façon à permettre au virus de pénétrer le terminal.  Mais ce virus a un objectif financier puisqu’il cherche dans l’ordinateur toutes les informations de type bancaire, codes d’accès, … Tout ce qui va permettre d’accéder aux comptes et de les vider au profit des criminels. Le FBI estime que 100 millions de dollars auraient ainsi été volés.

 Une fois la recherche effectuée, qu’elle ait aboutie ou non, le passage du virus transforme l’ordinateur en machine zombie, c’est-à-dire en un terminal qui servira aux pirates à lancer d’autres attaques à l’insu du propriétaire. Dans tous les cas, les cybercriminels sont gagnants. Et leur ingéniosité va encore plus loin. GameOver Zeus leur permettait d’implanter Cryptolocker. Cet autre virus très puissant bloque l’accès à l’ordinateur, impossible pour le propriétaire d’accéder à quoi que ce soit. Pour retrouver l’accès, il doit accepter de payer une rançon. Ce virus aurait infecté 200 000 ordinateurs et permis aux malfaiteurs d’engranger 27 millions de dollars en à peine deux mois ! Une affaire plutôt rentable.

Mais l’arrestation de la majeur partie du gang ne signifie pas la mort de GameOver Zeus . Ce programme est difficile à détruire du fait de son architecture P2P et de son système de commande à distance. Malgré le travail conjoint du Centre européen de lutte contre la Cybercriminalité (EC3), de chercheurs de la Shadowserver Foundation, Abuse.ch, CrowdStrike et même Microsoft, GO Zeus est seulement en quarantaine. Les autorités ont réussi à récupérer le contrôle des ordinateurs infectés et à stopper la contamination, mais ils n’ont pas encore tué le virus. Pour l’éradiquer il faut que tous les utilisateurs dont la machine a été infectée lancent le logiciel mis à disposition par leur fournisseur d’accès à internet, puis qu’ils mettent à jour leur système d’exploitation.

D’après la police britannique, à l’origine de la prise de contrôle des machines,  les utilisateurs disposent de deux semaines pour se protéger et effectuer les mises à jour nécessaires. Car le virus pourrait bientôt refaire son apparition. Le cerveau du groupe de cybercriminels a bien été identifié, mais il court toujours. Ce russe trentenaire, Evgeniy Mikhailovich Bogachev est désormais l’un des cybercriminels les plus recherchés.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les déchets plastique menacent la vie marine, selon l’ONU

« Les matières plastiques jouent un rôle crucial dans la vie moderne mais les impacts environnementaux de la façon dont nous les utilisons ne peuvent être ignorés », a estimé dans un communiqué Achim Steiner, le chef du Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE) dont le siège est à Nairobi.

« Il faut prendre les mesures appropriées pour empêcher dès le début les déchets plastique de se retrouver dans l’environnement, ce qui se traduit par un seul objectif fort : réduire, réutiliser, recycler », a-t-il ajouté.

Les déchets plastique tuent la vie marine, soit parce qu’ils sont ingérés par des animaux tels que tortues ou baleines, soit parce qu’ils « endommagent les habitats naturels essentiels tels que les récifs coralliens », explique le PNUE dans un rapport, ajoutant que de petits fragments de plastique avaient été retrouvés jusque dans les glaces polaires.

Le PNUE fait également part de ses « inquiétudes concernant la pollution chimique, la propagation d’espèces invasives (telles que des champignons) par les fragments plastiques et les dégâts économiques causés aux secteurs du tourisme et de la pêche dans de nombreux pays ».

L’essentiel des déchets plastique terminent au milieu de l’océan dans les vastes « continents de plastique », lieu de convergence de divers courants marins, mais les conséquences croissantes des micro-plastiques (morceaux de moins de cinq mm de diamètre) sont particulièrement inquiétantes, estime le PNUE.

« Leur ingestion a été constatée à grande échelle dans les organismes marins, notamment les oiseaux, les poissons, les moules, les vers et le zooplancton (…) devenant au final une source de produits chimiques dans notre nourriture », poursuit le PNUE.

La nouvelle Assemblée des Nations unies pour l’Environnement (UNEA), qui se réunit dans la capitale kényane jusqu’au 27 juin, se veut, selon l’ONU, « une plate-forme mondiale pour l’élaboration de politiques environnementales au plus haut niveau » et permettra de « placer l’environnement sur un même pied d’égalité que les questions liées à la paix, la sécurité, la finance, le commerce ou la santé ».

L’UNEA, qui se réunira ensuite tout les deux ans, doit aborder à Nairobi des questions telles que la criminalité liée aux espèces sauvages, le braconnage ou la réforme des subventions aux combustibles fossiles.

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Des liens entre les pesticides et l’autisme, selon une étude

Cette recherche publiée dans le journal Environmental Health Perspectives examine les liens entre le fait de vivre près d’un lieu où sont utilisés des pesticides et les naissances d’enfants autistes, mais elle n’en déduit pas une relation de cause à effet.

L’autisme est une maladie du développement dont l’incidence a fortement augmenté ces dernières décennies aux Etats-Unis, touchant un enfant sur 68 en 2010, au lieu de un enfant sur 150 en 2000.

Les chercheurs ont confronté des données sur les utilisation de pesticides en Californie aux adresses de 1.000 personnes qui participaient à une étude sur les familles avec des enfants autistes.

« Nous avons regardé où nos participants à l’étude vivaient pendant leur grossesse et au moment de la naissance », a expliqué l’un des auteurs Irva Hertz-Picciotto, vice-présidente du département de Sciences et de Santé publique à l’université Davis de Californie.

La loi en Californie requiert de préciser les types de pesticides pulvérisés, où, quand et dans quelles quantités.

« Nous avons constaté que plusieurs types de pesticides ont été plus couramment utilisés près des habitations où les enfants ont développé le syndrome de l’autisme ou ont eu des retards » de développement.

Environ un tiers des participants à l’étude vivaient dans un rayon de 1,25 à 1,75 kilomètre de l’endroit où les pesticides ont été utilisés.

Les chercheurs ont aussi découvert que les risques d’autisme étaient d’autant plus élevés que le contact avec les pesticides se faisait au deuxième et au troisième trimestre de la grossesse.

Le développement du cerveau du foetus pourrait être particulièrement sensible aux pesticides, selon les auteurs de cette étude.

« Cette étude valide les résultats d’une recherche précédente qui avait constaté des liens entre le fait d’avoir un enfant autiste et l’exposition, pendant la grossesse, à des produits chimiques de l’agriculture en Californie », a précisé Janie Shelton, diplômé de l’université Davis et principal auteur de l’étude.

« Même si nous devons encore regarder si certains sous-groupes sont plus sensibles aux expositions de pesticides que d’autres, le message est très clair: les femmes enceintes doivent faire attention à éviter tout contact avec les produits chimiques de l’agriculture ».

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Les divers modes de stockage massif d’énergie, compléments de puissance aux générations électriques intermittentes

Le couplage de ces ressources intermittentes avec des centrales électriques alimentées au gaz naturel ou au charbon  permet d’assurer un réglage grossier de la puissance générée, mais certains moyens plus précis tels que les centrales de pompage turbinage  ou l’utilisation de batteries électrochimiques en tampon sont nécessaires pour assurer la régulation fine de la génération de puissance sur le réseau.

Si l’Europe utilise massivement le pompage turbinage installé en particulier dans le Massif Alpin (Autriche, Suisse, Allemagne, Italie, France), d’autres nations comme le Japon semblent vouloir mettre à profit leur maîtrise dans les technologies des générateurs électrochimiques pour assurer la régulation fine des puissances délivrées.

Parmi les systèmes électrochimiques disponibles, le plus séduisant, en raison de la disponibilité naturelle des matériaux utilisés dans sa conception et exempt de Lithium, pour ce type d’application où la batterie est fixe, est sans nul doute la batterie Sodium-Soufre qui ne fait appel massivement qu’à de l’aluminium pour les boitiers et couvercles de chaque accumulateur, à de l’alumine béta transporteuse à chaud (vers les 300°C) d’ions Na+ comme séparateur, ressemblant beaucoup à une coquille d’œuf, en un peu moins fragile,  et à du sulfure de sodium inclus dans un réseau de fibres de carbone comme matière électrochimiquement active. Durant la charge les ions sodium traversent  le séparateur et forment du sodium fondu dans la chambre ad’ hoc, les ions sulfures sont oxydés en Soufre fondu dans son réseau de fibres de carbone.

Le principal  inconvénient de ce type de batteries dont le chef de file mondial est le Japonais NGK Insulators, est sa propension à s’enflammer en cas de court-circuit interne par  rupture de l’alumine. En effet, le sodium liquide entre alors en contact violent avec le soufre fondu.

Afin de limiter les dégats, NGK livre la batterie d’éléments enfouis dans du sable  et équipée de systèmes limitant la propagation des incendies aux accumulateurs voisins.

Celui qui saurait rendre improbable ce type d’incident ferait faire un grand pas au stockage électrique de l’énergie.   

Les plus récentes installations de ce type de batterie sont celles réalisées sur l’île de Miyakojima (pour 4MW ou 28 MWh), située à 300 km au sud ouest de l’île d’Okinawa. Citons également la vente d’une batterie de 245 MWh (35 MW) à l’italien Terna.

D’autres types de batteries semblent être candidates également au stockage de grandes quantités d’énergie électrique.

Les batteries au Lithium-Ion sont dès à présent largement sollicitées pour ce type d’applications.

Près de chez nous citons par exemple le système MaxSine eStorage d’Alstom Grid associé au système batterie Intensium Max 20M de SAFT (500 kWh ou 1MW durant 30 minutes) en conteneur et qui devrait être fourni en fin 2014 à EDF pour évaluation aux Renardières. Ce type de batterie a déjà été livré en 2014 par la Saft au Department of  Defense américain.

Au Japon c’est la sous-station de Nishi Sendai qui va être équipée sur 6000 m2 d’un immense système batterie Lithium-Ion  de 20 MWh et de puissance 20 MW (FIG.I).

Figure 1 : Illustration de la sous-station japonaise de Nishi Sendai  de Tohoku-Electric Power

Enfin, citons l’accord de joint-venture conclu entre Sony et Hydro-Québec qui vont créer Esstalion Technologies installé à Varennes au Québec en charge du développement de batteries au Lithium Ion Phosphate de Fer (Olivine) destinées à équiper les réseaux électriques gérés par Hydro-Québec.

Dans les divers modes de stockage d’électricité il faut également citer les systèmes REDOX. Le plus célèbre est celui largement étudié par Sumitomo Electric à base de sels de Vanadium (Fig.2 et 3).

Figure 2 : Accumulateur REDOX

Le générateur électrochimique est équipé de deux réservoirs de solutions de Vanadium à des degrés d’oxydation différents qui alimentent « en canard » (pompage continu) un système électrochimique qui forme en charge du V(5+) et du V(2+) respectivement dans l’un et l’autre des compartiments séparés par une membrane échangeuse de protons (PEM) et qui en décharge consomme ces formes très oxydées et très réduites des cations vanadium.

Fig 3 : projet de sous station de 6 MWh de Minami Hayakita au japon (Sumitomo Electric)

Le principal handicap de ces systèmes, outre sa décharge assez lente, limitée par la surface et la propreté de la membrane, c’est la mobilisation de sels d’un métal peu abondant. En effet pour stocker 6 MWh d’électricité, sous une tension nominale de 1,5 V il faut stocker une quantité d’électricité de 4 MAh.

Or dans un tel système il faut mobiliser deux cations vanadium pour obtenir un électron ce qui se traduit à l’échelle molaire par: il faut deux atome-gramme de vanadium (102g) pour générer 26,8 Ah (un Faraday) d’électricité, ce qui fait 15,2 tonnes de Vanadium pour stocker les 4 MAh de la batterie de Minami Hayakita. Pour mémoire, la consommation mondiale de Vanadium en 2012 était de l’ordre de 80000 tonnes (roskill.com).

Pour approfondir vos connaissances dans les divers modes de stockage d’énergie, vous pouvez vous reporter au site de l’Energy Storage Association (ESA)

 

Par Raymond Bonnaterre

En savoir plus :

Le flou de la transition énergétique sur le nucléaire

Ségolène Royal était attendue sur la question du nucléaire. Après de multiples interrogations sur la réduction effective de la part du nucléaire dans la production d’électricité, celle-ci est bien inscrite au programme. Mais le texte reste flou sur le calendrier et les modalités de sa mise en œuvre, renvoyant les décisions concrètes à des programmations pluriannuelles.

En parallèle, si la loi intègre l’objectif de division par deux de notre consommation finale d’énergie d’ici 2050,ellene fixe pour l’instant aucun objectif d’économies d’énergie à l’horizon 2030. En corollaire, il n’y a pas d’objectifs sur une éventuelle baisse de la consommation électrique. C’est bien là que le bât blesse, car la question de l’évolution de la consommation électrique est capitale concernant la part du nucléaire dans le mix électrique. La consommation électrique va-t-elle augmenter ou diminuer ? A cette question, Ségolène royal répond simplement « on verra », sans vouloir s’étendre sur la question.

La production nucléaire en question

Le projet de loi plafonne la puissance nucléaire installée à 63,2 GW, soit la puissance installée en 2014. Il ne pourra donc pas y avoir d’augmentation des capacités nucléaires installées.

Mais pour réduire la part du nucléaire à 50 % en 2025, il existe encore plusieurs scénarios. Soit, la consommation électrique française baisse, soit elle augmente. Dans le premier cas, il faudra fermer plusieurs réacteurs nucléaires pour atteindre l’objectif. Dans le deuxième cas, il est possible soit de diminuer le taux de disponibilité des réacteurs, soit considérer que la part du nucléaire baisse mécaniquement dans le mix électrique au fur et à mesure que l’on installe de nouvelle capacités d’énergies renouvelables (puisque les capacités nucléaires restent fixes).

Sur la question du nucléaire, deux autres questions capitales restent en suspens : les réacteurs nucléaires pourront-ils être prolongés au-delà de 40 ans ?L’État pourrait-il décider de fermer des réacteurs pour des raisons de pilotage du mix énergétique ? Rappelons que ces arbitrages sont d’autant plus attendus que l’âge moyen du parc nucléaire est de 30 ans.« Ne rien décider aujourd’hui c’est décider d’étendre la durée de fonctionnement des réacteurs nucléaires », estime Greenpeace dans un communiqué, alors que « des études récentes ont montré que leur prolongation au-delà des 40 années de fonctionnement pourrait coûter aux alentours de 4,4 milliards d’euros par réacteur, ce qui rendrait le nucléaire définitivement moins compétitif que les énergies renouvelables », rappelle l’ONG militante.

Les décisions renvoyées à une programmation pluriannuelle de l’énergie

Mais le plus important ne serait pas là pour Ségolène Royal, car des programmations pluriannuelles de l’énergie vont voir le jour. Seuls les objectifs comptent et ils seraient atteints grâce à ces programmes. Chaque programmation définira des objectifs à atteindre sur la période pour les évolutions du mix énergétique. Pour ce faire, elle fixera notamment la part d’électricité produite par chaque source d’énergie et ce de façon à atteindre les objectifs de plus long terme : 50 % d’électricité d’origine nucléaire en 2025, 40 % d’électricité d’origine renouvelable en 2030, etc. Une première période s’étendra entre 2015 et 2018. Ensuite, ces programmations se feront sur 5 ans : 2018-2023, 2023-2028…

« EDF est une entreprise côté en bourse qui a ses propres logiques », rappelle la ministre. Mais en tant qu’actionnaire majoritaire d’EDF à hauteur de 84,49 %, l’Etat compte bien peser dans les décisions stratégiques de l’entreprise. Ainsi, EDF devra bien présenter son plan stratégique pour répondre aux orientations fixées par la programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce plan sera validé par le conseil d’administration du groupe, puis par l’Etat. Chaque année, EDF présentera la mise en œuvre concrète de son plan pour démontrer qu’il agit concrètement conformément au plan.

Ce projet de loi peut encore évoluer avant le début du travail parlementaire cet été. Des amendements pourront ensuite y être apportés avant son vote final qui devrait intervenir avant la fin de l’année. Les discussions promettent d’être houleuses !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

7 erreurs courantes des managers inexpérimentés

C’est une force car elle nous permet de développer des réponses, des stratégies, des comportements pour y remédier, les contourner voire de les éviter. C’est une faiblesse dès lors que nous ne sommes pas capables d’apprendre rapidement pour nous corriger. Cela est d’autant plus vrai pour le manager à qui l’entreprise confie des responsabilités qui peuvent parfois conduire à l’amplification des erreurs personnelles.

Les 7 erreurs communément rencontrées chez les managers inexpérimentés :

1. Ils cherchent plus à être aimés que respectés.

Imaginez que – pour une raison quelconque et à 3 jours de la date du départ – vous deviez annoncer à votre conjoint que les vacances sont annulées. Facile ? Imaginez maintenant que vous partagiez cette décision avec votre ami. Il y a fort à parier que vous ferez le second exercice beaucoup plus facilement que le premier. Cet exemple sert à démontrer que plus un manager a besoin d’être aimé et plus il lui sera difficile d’annoncer des décisions impopulaires, de dénouer des conflits, de délivrer des messages désagréables, etc. Bien sûr tout être humain a besoin d’être aimé mais il est important de savoir qu’il existe une grande variété de nuances dans ce besoin. Celle qui semble la plus approprié à la relation professionnelle, c’est le respect. Le manager reçoit l’estime de ses collaborateurs à travers le respect qu’il suscite. Ce respect, qu’il le gagne à travers la mise en œuvre de ses valeurs de courage, d’intégrité, de justice, d’esthétique (travail bien fait), etc., le place dans un contexte plus propice et plus confortable pour l’exercice de ses responsabilités.

2. Ils pratiquent un micro management.

Peu sûrs d’eux, ils cherchent à tout contrôler. Ils confondent précision et performance. Leur omniprésence dans tous les détails les conduisent à contraindre le champ d’action des collaborateurs au-delà du raisonnable. Ils les inondent de notes de service, d’emails, de procédures … Ils étouffent et démotivent ainsi leurs équipes. Par leur perfectionnisme, ces micomanagers, s’ils n’y prennent pas garde, deviennent progressivement des freins à l’initiative et donc à l’innovation.

3. Ils ne délèguent pas.

Les managers inexpérimentés ont gagné leurs galons grâce à leur expertise technique. Cela reste donc pour eux une valeur sûre leur garantissant la reconnaissance de leur hiérarchie. Mais si cette compétence ne cède pas la place à celles que tout pilotage d’équipe requiert, alors l’expertise devient un piège fatal pour l’expert qui n’arrive pas à « changer de casquette ». La délégation figure en haut de la liste des compétences managériales indispensables à l’exercice du management.
La délégation est mutuellement bénéfique à la fois au délégant et au délégataire. Le délégant peut ainsi se consacrer à sa mission, mieux gérer son temps et sa valeur ajoutée en se focalisant sur les tâches importantes de sa mission de manager. Celui-ci offre, ce faisant, de nouvelles opportunités utiles pour l’élévation des compétences et de la motivation des membres de l’équipe. C’est un cercle vertueux qui permettra au manager de déléguer davantage au fil du temps et de se mobiliser davantage sur l’essence de sa fonction : se consacrer à ce que l’équipe puisse donner le meilleur d’elle-même en toutes circonstances. (Anticipation, planification, innovation, coaching, décision, etc.)

4. Ils ne s’investissent pas dans le développement des collaborateurs.

Souvent trop centrés sur eux-mêmes, ils ne s’occupent de cet aspect développement des collaborateurs que lorsque l’entreprise les y oblige c’est-à-dire environ 1 heure ou deux chaque année, pour chaque collaborateur, au moment du rituel des entretiens annuels. Il n’y a pourtant pas de progression du service si tout le monde stagne. Le développement des collaborateurs est donc, là aussi, un jeu gagnant-gagnant. Il est donc capital que le manager puisse dégager le temps nécessaire dans son emploi du temps pour accompagner le développement de carrière de ses collaborateurs les plus performants ou pour s’assurer de l’amélioration des compétences de ceux qui sont à la traîne. L’engorgement de leurs agendas (lorsqu’ils en tiennent un) ne leur permet pas d’avoir une vision globale précise sur les compétences nécessaires à la réussite de l’équipe.

5. Ils n’utilisent pas leur intelligence émotionnelle.

C’est le principal talon d’Achille du jeune expert promu manager. Son manque d’expérience relationnelle pénalise sa capacité à détecter ou anticiper les crises. Elle laisse l’insatisfaction et donc la démotivation s’installer. Les coûts de rattrapages sont souvent lourds.

6. Ils n’ajustent pas leur style de management.

Chaque collaborateur ne se manage pas de la même manière. Certains doivent bénéficier de plus d’autonomie et il convient de les soutenir et de leur accorder la confiance que leurs comportements méritent. D’autres ont besoin d’un cadre plus serré qui leur permettra de développer leurs compétences avec une plus grande sécurité. Les managers inexpérimentés ont tendance, comme ils le font avec succès dans leur métier d’expert, à appliquer la même formule pour traiter le même genre de situation. Mais il n’en va pas de même pour les hommes que pour les machines. Ici encore apparaît l’impérieuse nécessité du travail de développement personnel qui rebute hélas, de manière souvent irrationnelle, un certain nombre d’experts ainsi que de leurs hiérarchies.

7. Ils ne valorisent pas.

Par notre éducation, il est plus « naturel » à la nature humaine de critiquer, de blâmer, de souligner ce qui ne fonctionne pas que de trouver des raisons d’encourager ce qui est bien fait, ce qu’il convient de faire plus souvent. Pour pratiquer un management appréciatif, il convient d’apprendre à écouter, retenir ses critiques, retenir ses jugements et autres formulations négatifs. Tout cela ne sert qu’à rassurer celui qui les formule et influence négativement la motivation des collaborateurs. Cette capacité à encourager et à maintenir un esprit constructif est rarement innée. Elle s’acquiert avec la confiance en soi, l’expérience de la relation aux autres, et la volonté d’élever le niveau de compétences techniques et relationnelles de tous ceux qui travaillent avec vous. Mais il est vrai que la peur de commettre des erreurs, qui habite les managers inexpérimentés plus que leurs ainés, les conduit trop souvent à traquer les écarts négatifs que positifs.

Par Dino RAGAZZO

Blog www.experience-conseil.fr/
Livre « Manager d’élite »

L’ingénieur geek #2 : Tellspec

Pour y parvenir, TellSpec rassemble spectroscopie laser, nanophotonique et un algorithme mathématique unique.

Les données collectées sont analysées, puis envoyées vers l’application mobile installée sur Smartphone.

Disponible sur iOS et Android, cette dernière affiche le nombre de calories contenues dans le plat, mais également le nom des différents ingrédients dont il est constitué. Il permet ainsi de connaître le taux de sucres ou de gras d’un plat, mais aussi de déceler la présence d’éléments allergènes, comme le gluten ou les œufs.

A ne pas en douter, TellSpec révolutionnera à coup sûr la diététique et facilitera les régimes !

L’appareil peut être précommandé sur le site http://tellspec.com pour 320 dollars (environ 230 euros). Les premiers exemplaires devraient être livrés en août 2014.

Par Matthieu Combe

Et aussi dans l’actualité :

Loi transition énergétique: « un beau moment d’espoir pour la France »(Hulot)

Interrogé sur France Info, l’envoyé spécial du président François Hollande pour la planète a appelé à « ne pas bouder son plaisir ».

« Cette loi est dans le dispositif depuis plusieurs mois, voire depuis plusieurs années, elle vient enfin au Conseil des ministres. Beaucoup de choses que nous réclamions sont dans cette loi (…) Il faut rester vigilant, exigeant, mais à ce stade, ne boudons pas notre plaisir, et soyons positifs », a-t-il déclaré.

« C’est un beau moment d’espoir pour la France, un projet qui permet de se mettre en disposition pour entrer dans l’économie de demain, dans l’économie du futur », a-t-il encore dit.

Les écologistes, eux, s’inquiétaient encore mardi soir des dispositions prévues par le projet de loi sur le nucléaire qui, de leur avis, ne sont pas assez précises pour garantir que la part du nucléaire sera bien baissée à 50% de la production électrique en 2025, contre 75% aujourd’hui.

« C’est important, j’entends bien que c’est important, c’est même un dogme pour certains », a réagi Nicolas Hulot, mais « ça se fera par le force des choses, donc ce n’est pas la peine d’être crispé là-dessus, parce qu’à partir du moment où vous allez développer les énergies renouvelables et baisser notre consommation, mécaniquement, le nucléaire va baisser ».

Nicolas Hulot a néanmoins appelé à « être très vigilant sur les décrets d’application » et la nécessité d’avoir « un calendrier pour qu’ils ne se perdent pas dans la nuit des temps ».

« C’est important aussi dans le détail, de voir comment on va financer tout cela », a-t-il ajouté.

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Eugène Goostman a-t-il vraiment réussi le test de Turing ?

« Cet événement entrera dans l’histoire ». C’est ainsi que Kevin Warwick, organisateur du test, évoque la réussite d’Eugène. Ce garçon de treize ans, originaire d’Odessa (Ukraine) vient de passer avec brio le test de Turing. Il s’agit d’un test visant à évaluer la capacité d’une machine à se faire passer pour un humain. Organisé par l’Université anglaise de Reading, le test s’est déroulé à la Royal Society de Londres, le jour du soixantième anniversaire de la mort d’Alan Turing, mathématicien brillant ayant participé au déchiffrement d’Enigma et inventeur du test. 5 programmes informatiques ont dû dialoguer par clavier interposé avec plusieurs juges tout ce qu’il y a de plus humains. Cependant, ces derniers ne savaient pas s’ils dialoguaient avec une machine ou non. A l’issu des 5 minutes de tchat, 33% des juges ont déclaré qu’Eugène Goostman était de nature humaine. A tort. Or, d’après Kevin Warwick, une proportion supérieure au seuil de 30% est censé valider la réussite du test. Une machine aurait donc réussi  pour la première fois à se faire passer pour un homme. De quoi enflammer la toile et faire le buzz.

Oui mais. Car il y a un mais. Cette prouesse n’en serait finalement pas une. Tout d’abord, on ne connait pas le nombre de juges, l’article scientifique relatant le test n’est pas encore paru et aucune copie des conversations n’a été rendue publique.  Ensuite, le profil même d’Eugène est sujet à controverse. D’une part il s’agit d’un enfant de seulement treize ans, donc à la sémantique pas forcément parfaite, d’autre part l’anglais n’est pas sa langue maternelle. Deux particularités qui pourraient justifier auprès des juges d’éventuelles fautes de syntaxe ou de langages, induisant une indulgence qui vient biaiser l’interprétation des résultats. Ajouté à cela la réputation sulfureuse de Kevin Warwick, personnalité contestée car habituée des coups de com’.

Malgré ces réserves et dans l’attente d’en savoir plus, cet essai  témoigne de la progression des machines et des programmes informatiques dans leur capacité à mimer l’être humain et sa pensée. Et de la volonté des hommes de créer des machines à leur image.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Bouygues va supprimer 1500 postes

Bouygues Télécom est K.O. Éreinté par la bataille pour tenter de prendre possession de SFR face à Numéricable, essoré par la guerre des prix très agressive imposée par son concurrent Free, l’échec des négociations pour se faire racheter par Orange ou Free laisse cet opérateur téléphonique agonisant, à l’avenir plutôt sombre. Bouygues Télécom n’a plus le choix, il doit se restructurer et procéder à des réformes en profondeur. Son PDG, Olivier Roussat, vient donc d’annoncer un plan de restructuration à la hauteur de l’enjeu. 1516 postes vont être supprimés, ce qui représente près de 17% des effectifs. Ces suppressions de postes devraient impacter principalement le marketing ainsi que l’informatique. Cette coupe sévère dans l’emploi s’ajoute aux 550 postes déjà disparus suite à un plan de départs volontaires.  Mais cette fois, sous la pression d’importantes  difficultés financières, les seuls départs volontaires pourront ne pas suffire et des licenciements pourraient intervenir.

A la réduction des dépenses s’ajoute une refonte du business model de l’opérateur. Ainsi, les offres dans le secteur de la téléphonie mobile vont être simplifiés, la centaine de variantes actuelles étant trop compliquée pour le consommateur qui a du mal à s’y retrouver. Côté téléphonie fixe, Bouygues va intensifier son attaque sur l’offre couplée téléphone + internet + télévision, une branche qui offre encore des marges très confortables.

Ce plan doit permettre d’économiser 300 millions sur les coûts d’ici 2016. Plus largement, l’évolution du mode de fonctionnement de Bouygues télécom doit générer des économies d’un milliard par an. « Nous sommes capables de recréer à un horizon de deux, trois ans les conditions dans lesquelles nous étions jusqu’en 2012. C’est ça notre objectif » a déclaré Olivier Roussat à l’agence de presse Reuters.

Néanmoins, à long terme, la survie de Bouygues télécom en solo sur un marché à 4 opérateurs est plus qu’incertaine. Orange et Iliad, la maison mère de Free en ont bien conscience et restent en embuscade pour un éventuel rachat. D’ici là, chacun tente des coups de com’ et sort les muscles. Orange affiche un air ostensiblement désinvolte, tandis que Free ose des propositions très en deçà des attentes de Bouygues. L’agence Bloomberg et Les Echos croient savoir que Xavier Niel aurait fait une offre à 4 milliards d’euros, quand Bouygues chiffre sa cession à 8 milliards. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Nouvelle France industrielle: cinq nouveaux plans examinés

Le quatrième comité de pilotage se penche sur les plans « Industries du bois », « Rénovation thermique des bâtiments », « Hôpital numérique », « Dispositifs médicaux et équipements de santé », « Objets connectés ».

Au total, 21 plans auront ainsi été adoptés depuis la mi-mars sur les 34 du programme. Deux derniers comités de pilotage, prévus début juillet, valideront les feuilles de route restantes, a-t-on précisé au ministère de l’Economie.

A l’occasion des comités de pilotage, les chefs de projets –issus en général du monde industriel— présentent leur feuille de route comportant un calendrier et des actions concrètes, dans le domaine public et dans le secteur privé. Les 34 plans visent à préparer les produits de demain dans des domaines où les industriels français sont performants et peuvent prendre des parts de marché.

Le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg présidera le comité de pilotage auquel participera aussi le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll.

Deux des plans examinés mercredi tournent autour de projets liés à la construction.

Le plan « Industries du bois » se donne pour objectif de parvenir à construire en France un immeuble de 30 étages en bois d’ici 2030. Une première étape sera la construction de 5 à 10 immeubles de moyenne hauteur (7 à 15 étages) à l’horizon 2017.

Le programme « Rénovation thermique des bâtiments » vise à mettre en place une offre de rénovation énergétique à des coûts maîtrisés accessibles aux ménages, pour passer de 200.000 rénovations par an actuellement à 500.000 rénovations par an. A la clé, 75.000 créations d’emplois sont attendues.

Dans le domaine de la santé, le plan « Hôpital numérique » veut proposer de meilleurs soins aux patients en utilisant les outils du numérique et la télésurveillance. L’amélioration de la coordination des soins doit permettre de pouvoir traiter 700.000 cas très complexes en 2020.

Le projet dédié aux « dispositifs médicaux et nouveaux équipements de santé » doit permettre d’appuyer le développement des start-up et de consolider les PME dans un marché estimé à 300 milliards d’euros au niveau mondial avec une croissance de 4 à 5%.

Enfin, le plan « Objets connectés » répond à l’ambition de « construire la France des objets communicants » et de garder une place de leader dans ces technologies. Le projet prévoit la mise en place dès 2014 d’une « Cité de l’objet connecté » à Angers.

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Vénus express, un dernier freinage avant de mourir

La sonde Vénus express est à bout de souffle. Ou plus précisément, bientôt en panne sèche. En effet, elle a bientôt consommé l’intégralité de son carburant, se trouvant de facto condamnée. A sec, la sonde ne pourra plus maintenir son orbite elliptique ni accumuler les observations censées permettre de comprendre comment son atmosphère a évolué de façon si différente que celle de la Terre, les deux planètes étant considérées comme similaires.

Lancée il y a 9 ans, la sonde est équipée de sept instruments de mesure qui ont permis de réaliser un certain nombre d’analyses du sol et de l’atmosphère de notre étoile du berger. Grâce à Vénus express, les astronomes ont pu reconstituer une cartographie en 3D des vents vénusiens, ont détecté une possible activité géologique et ont pu observer des émissions aurorales.

Avant d’être hors service, la sonde rempile pour tester une technique de freinage, l’aérobreaking. Vénus express va être amenée à 130 km de Vénus. Une fois si proche, la sonde va plonger au cœur de l’atmosphère vénusienne. Les physiciens pourront alors étudier comment les couches successives de l’atmosphère freinent la sonde. L’idée est de savoir si un engin spatial pourrait, dans un futur peut être pas si lointain, atterrir sur une planète en utilisant un système de freinage de ce type, plutôt que d’utiliser des aérofreins, ce qui est très gourmand en carburant.

La première descente s’effectuera le 18 juin, et cette phase d’étude durera jusqu’au 11 juillet. En cas de succès, la sonde continuera ses observations de Vénus jusqu’à ce qu’elle ait consommé la totalité de son carburant. En cas d’échec, Vénus express aura été sacrifiée sur l’autel de la connaissance un peu plus tôt que prévu. Paix à ses boulons.

Découvrez la simulation de ce freinage à haut risque :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Amazon prépare la sortie de son smartphone 3D

Une vidéo de 50s montrant des utilisateurs s’extasiant sur un objet mystère alimente la rumeur : Amazon va proposer son propre smartphone. Et pas n’importe quel modèle puisqu’il s’agit d’un téléphone avec une interface 3D. Doté de six capteurs photos, ce smartphone serait capable de projeter des éléments en 3D en suivant les mouvements de tête de l’utilisateur. Celui-ci pourra ainsi visualiser les informations en 3D, sans avoir à s’équiper de lunettes. Certaines commandes de l’appareil déjà surnommé le Kindle Phone, pourront s’activer par de simples inclinaisons du téléphone. D’après le BGR, à la source des fuites sur ce smartphone, il sera possible de lire l’intitulé des icônes rien qu’en basculant le téléphone vers le bas. Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, une autre possibilité développée par Amazon facilitera l’acte d’achat sur sa boutique : incliner le téléphone vers le haut pendant que l’on navigue sur le site marchand Amazon affichera les commentaires clients des différents produits.

Sur un plan technique, le petit dernier d’Amazon aura un écran de 4,7 pouces et sera équipé d’une puce quadruple cœur Qualcomm Snapdragon et doté de 2G de mémoire vive.  L’appareil photo affiche 13 mégapixels au compteur. La navigation est attendue sous une version modifiée d’Androïd, comme c’est déjà le cas pour les tablettes Kindle Fire. Amazon prévoit ainsi de supprimer les services Google pour les remplacer par ses propres services. Cela concerne la boutique de livres, les applis, les films, la musique et le streaming. Car en s’immisçant sur le marché des smartphones, Amazon a pour objectif de créer et de vendre du contenu électronique. Ce n’est pas la vente des Kindle Phone qui fera gagner de l’argent à Amazon mais bel et bien les ventes de services. 

Pour doper les ventes de son smartphone, Amazon prévoirait de proposer une Prime Data, une offre commerciale qui permet à l’utilisateur de ne pas consommer de forfait lorsqu’il surfe sur une application. Fini les dépassements de forfait, ce temps passé serait financé par le développeur.

Le Kindle Phone est attendu pour septembre, juste avant la présentation de l’iPhone 6 d’Apple. Son prix reste secret mais certains estiment qu’il pourrait être vendu à prix coutant, autour des 350 dollars.

Pour les curieux, il est possible d’assister à la conférence de lancement qui se déroulera à Seattle car elle sera accessible en ligne. Réservez vos places ici : www.amazon.com/oc/launchevent

Voici le teaser d’Amazon sur leur produit mystère :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Reach/CLP : toute l’actualité de juin 2014 1/2

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

02/06/2014

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. 43 propositions sont concernées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 17 juillet 2014.

Rapport tri-annuel de l’ECHA sur l’utilisation d’alternatives à l’expérimentation animale pour éviter les tests sur les animaux

02/06/2014

Le second rapport tri-annuel, basé sur l’analyse de plus de 38 000 dossiers d’enregistrement (échéances de 2010 et 2013), vient d’être publié par l’ECHA, et, met en évidence une augmentation de l’utilisation des méthodes d’essais ne faisant pas appel à des animaux.

Appel à contribution – Restriction

03/06/2014

L’ECHA a lancé un appel à contribution pour identifier les possibilités de substitution des carburants / huiles pour lampes décoratives et allume-feu liquides étiquetés R65 ou H304. Les éléments sont à soumettre avant le 30 août 2014.

Décision suite à l’évolution de la classification et de l’étiquetage

03/06/2014

Une décision de la Commission du 28 mai 2014 modifie les décisions 2011/263/UE, 2011/264/UE, 2011/382/UE, 2011/383/UE, 2012/720/UE et 2012/721/UE afin de tenir compte de l’évolution de la classification des substances. Cette modification est appliquée rétroactivement à compter du 1er décembre 2012, afin de garantir la continuité de la validité des critères du label écologique de l’Union Européenne aux détergents pour lave-vaisselle, détergents textiles, détergents pour vaisselle à la main, nettoyants universels et nettoyants pour sanitaires, détergents pour lave-vaisselle automatiques industriels ou destinés aux collectivités et détergents textiles à usage industriel ou destinés aux collectivités.

Nouvelle proposition de classification et d’étiquetage harmonisé

04/06/2014

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé d’une nouvelle substance (pirimicarb (ISO); 5,6-dimethyl-2-dimethylamino-pyrimidin-4-yl N,N-dimethylcarbamate). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 21 juillet 2014.

Modification de l’outil Chesar

04/06/2014

L’évaluation de la sécurité chimique et l’outil de reporting (Chesar) de l’ECHA a été mis à jour pour inclure des estimations de l’exposition des consommateurs sur des SCEDs, ensembles de données développés par des associations de l’industrie que les déclarants peuvent utiliser pour estimer l’exposition des consommateurs à une substance.

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

05/06/2014

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. 7 propositions sont concernées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 21 juillet 2014.

Modification du règlement CLP

06/06/2014

Le règlement européen N°605/2014 de la Commission du 5 juin 2014 modifie, aux fins d’ajouts de mentions de danger et de conseils de prudence en langue croate et aux fins de son adaptation au progrès scientifique et technique, le règlement (CE) n°1272/2008 du Parlement européen et du Conseil relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges.

Adoption d’avis de classification et d’étiquetage harmonisé

11/06/2014

Lors de sa 29ème réunion du 2 au 6 Juin, le comité d’évaluation des risques (RAC) a adopté sept avis de classification et d’étiquetage (CLH) harmonisée. Les substan,ces concernées sont : bupirimate (ISO, 1-methyl-2-pyrrolidone (NMP), propylene oxide, glutaraldehyde, tinuvin 123, flumioxazin, 1,2-dichloropropane PDC.

Publication de la newsletter de l’ECHA

12/06/2014

L’ECHA vient de publier sa dernière newsletter.

Par Céline GABORIAUD, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

Et aussi dans les
ressources documentaires :

De l’intérêt de bien définir son cahier des charges avant une formation en intra

Retour sur une mission de formation réalisée par une experte du réseau TI chez un de nos clients.

essaiMireille Defranceschi est experte en matériaux (plus spécifiquement pour les applications énergétiques), formatrice du réseau Techniques de l’Ingénieur. Elle a récemment animé chez un de nos clients, filiale d’un grand groupe spécialisé dans la certification, une formation relative aux batteries électriques. « Nous sommes un laboratoire spécialisé en essais électriques sur contacteurs, matériaux électriques, etc. Notre travail, c’est l’aspect électrique des batteries : charge, décharge et sécurité. L’intérêt de cette formation, c’était de connaître leur fonctionnement interne, l’électrochimie » explique Martin Verdot*, commanditaire de la formation, et participant à celle-ci.

« Nous n’avons pas trouvé de formation semblable ailleurs »

Son choix s’est porté sur Techniques de l’Ingénieur pour deux raisons, « Nous n’avons pas trouvé de formation semblable ailleurs, et nous connaissions déjà Techniques de l’Ingénieur pour formationavoir participé à la rédaction d’articles de leurs bases documentaires », poursuit-il. C’est ainsi que Mireille Defranceschi s’est rendu pour deux jours auprès de M. Verdot et son équipe, afin de leur expliquer physique et chimie des matériaux composant les différents types de batterie : plomb, nickel, lithium, etc. « C’était intéressant car varié, et nous a permis de mieux appréhender les comportements des batteries ». Une satisfaction que Madame Defranceschi explique pour une raison simple : « C’était un cours à la demande selon un cahier des charges très précis. Nous n’avons pas pu tout aborder, mais nous restons en contact, il y a un suivi d’établi. Mais le gros avantage, c’est que la personne ayant rédigé le cahier des charges participait à la formation. Elle avait donc parfaitement posé le problème, alors que lorsque le commanditaire n’est pas lui-même concerné par la formation, il y a parfois un décalage entre les attentes des stagiaires et le programme, et donc une déception de leur part ».

Avis aux commanditaires donc : à défaut de participer vous-mêmes à toutes les formations que vous organisez, pensez à associer les participants à la rédaction du cahier des charges à destination du formateur.

*Le nom a été changé