Des ondes ultrasonores pour tout savoir des combustibles nucléaires

« En une seule mesure, contre deux habituellement, nous sommes capables de déterminer la valeur du module d’élasticité  d’un combustible nucléaire irradié » explique Didier Laux, Maître de Conférences à  l’Institut d’Electronique du Sud, (CNRS/Université de Montpellier 2). Voilà l’enjeu, réussir à connaitre les propriétés mécaniques d’un matériau radioactif, de façon à prévoir l’évolution des ses propriétés tout au long de son utilisation dans un réacteur nucléaire, et ce à l’échelle micrométrique.

Pour réussir cette mesure, les chercheurs de l’équipe Micro et RhéoAcoustique de l’Institut d’Electronique du Sud ont adapté un microscope acoustique haute fréquence aux contraintes et difficultés de travailler sur un matériau hautement radioactif. Il a donc fallu modifier l’ensemble de l’instrument : l’électronique, le capteur, le traitement du signal ainsi que la mécanique. Tout d’abord, le capteur acoustique  a été blindé. Celui  utilisé est fait de silice de très grande pureté dans laquelle une petite cavité hémisphérique a été creusée pour servir de lentille. Un liquide placé à l’intérieur évite l’effet miroir induit par les différences d’indice.

Puis toute l’électronique a été déportée à plus de dix mètres de distance, au-delà du mur protecteur composé de quelques mètres de bétons ainsi que de  verre plombé,  séparant le combustible de l’opérateur. Evidemment, l’ensemble du dispositif est télécommandé. « Nous avons beaucoup travaillé sur le traitement du signal car les radiations génèrent énormément de parasites » précise Gilles Despaux Professeur à l’Institut d’Electronique du Sud.

Une fois l’ensemble du dispositif résistant à la radioactivité, les scientifiques peuvent réaliser leurs mesures. Celles-ci s’effectuent en deux temps : détermination de la position du capteur puis mesure du module d’élasticité. « Nous effectuons une image acoustique de la surface ou de la sous-surface. Cela nous permet de repérer la position des fissures et de placer le capteur à un endroit sans fissure, avec une précision d’une dizaine de micromètres. » détaille Gilles Despaux. L’utilisation de la haute fréquence (jusqu’à 200MHz) permet effectivement d’atteindre une telle résolution micrométrique.

Pour réaliser l’image, le capteur se déplace par rapport à l’objet, l’image est ensuite reconstituée point par point. La mesure du module élastique prend à peine quelques secondes, tandis que l’image demande quelques minutes.

Ainsi, grâce à ce microscope acoustique adapté à la radioactivité, il est désormais possible d’accéder aux propriétés mécaniques d’un matériau  hautement  radioactif en une seule mesure et en toute sécurité.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Barack Obama appelle au développement des énergies renouvelables et du gaz naturel

Barack Obama a invité le Congrès américain à encourager le développement de technologies permettant d’extraire et brûler le gaz naturel de manière optimale, technologies qui contribueront à « l’indépendance énergétique » des USA.

Il a proposé qu’une partie des revenus du secteur gazier et pétrolier puissent alimenter un fond de sécurité énergétique  dont le rôle sera d’encourager les technologies permettant que les voitures et les camions puissent rouler sans pétrole, c’est-à-dire les motorisations fonctionnant au gaz naturel ou avec de l’électricité.

Le Chef de l’état veut qu’émergent des solutions basées sur l’économie de marché, mais a souligné qu’un cadre réglementaire approprié était nécessaire pour paver le chemin, d’où son appel au Congrès.

Rhone Resch, le Président de l’Association américaine des Industries de l’énergie solaire (SEIA) a déclaré que le discours de Barack Obama était parfaitement en phase avec la vision de l’association. « L’énergie est la base du système économique de la nation, donc il est cohérent de mettre l’accent sur les énergies propres pour renforcer l’économie ».

Et il a ajouté : « Nous encourageons plus particulièrement notre Président à ce que les USA restent un leader en matière d’innovation liées aux énergies propres. Nous devons veiller à ne pas nous faire dépasser par d’autres nations du monde dans le contexte d’un basculement mondial vers les énergies à zéro émission comme le solaire ».

Barack Obama a également annoncé le lancement des négociations entre les États-Unis et l’Union européenne dans la perspective de créer la plus grande zone de libre-échange du monde.

Par Olivier Danielo

Greenpeace propose sa transition énergétique

Le scénario de Greenpeace prévoit une sortie du nucléaire dès 2031, une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 %, une diminution de 63 % de la demande en énergie primaire et de 52 % en énergie finale d’ici 2050 par rapport à 2011. L’ONG affirme que ce véritable virage ne coûtera pas plus cher que la trajectoire actuelle.

De plus, pour respecter ses engagements d’une baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire de 75 % à 50 % en 2025, l’organisation est formelle : le président François Hollande doit fermer au moins 10 réacteurs avant la fin de son mandat actuel.

Pour parvenir à ces résultats, l’organisation environnementale mise, à l’instar du scénario négaWatt, sur le triptyque « efficacité énergétique, sobriété et développement massif des énergies renouvelables ». 

Les économies d’énergie font les deux tiers du travail

Les économies d’énergies sont réalisées par l’efficacité et la sobriété énergétique, grâce, d’une part, aux transferts d’usage vers les modes les plus efficaces et renouvelables (notamment pour le chauffage), d’autre part grâce à une évolution vers une organisation de l’espace public et commun plus sobre. 

En résumé, cela suppose : rénovation thermique, isolation des bâtiments, diminution des véhicules individuels au profit des transports en commun et des modes de transports doux. Cela passe aussi par la lutte contre l’étalement urbain et le rapprochement des bureaux, des lieux de loisirs, de services et des commerces vers les zones d’habitation. Le scénario requiert aussi l’abandon du chauffage électrique ou au fioul, au profit du chauffage solaire pour l’eau chaude sanitaire, et la géothermie ou la biomasse pour le chauffage des bâtiments.

Une grande partie de l’électricité économisée grâce à ces différents leviers est réallouée au développement du transport électrique. Ces transferts d’usage font que l’évolution de la consommation électrique reste très modérée, passant de 424 TWh en 2009 à près de 409 TWh en 2050. En revanche, ils permettent une baisse de la demande de pointe de 25 % en 20 ans, de 102 GW en 2012 à 74 GW en 2035. 

L’éolien et le solaire remplacent le nucléaire

Dans ce scénario de transition énergétique, les énergies renouvelables représentent 84 % de l’énergie primaire consommée et 92 % de l’énergie finale en 2050.  Greenpeace prévoit un déploiement rapide de l’éolien et du solaire, puisque ces deux énergies représentent dès 2025 près de 41 % de l’électricité produite. En 2050, les renouvelables produisent 98 % de l’électricité en France, leur puissance installée s’élève à 189 GW.

Cette évolution s’accompagne de celle des réseaux de transport et de distribution, du développement des interconnexions avec les réseaux européens, des moyens de stockage (par exemple STEP, gaz de synthèse) et de la cogénération chaleur/électricité.

Une analyse économique poussée

Greenpeace a estimé les investissements nécessaires à réaliser dans le système de production électrique pour son scénario de transition énergétique et les a comparé à un scénario de référence qui «  renforce la production électronucléaire, maintient des niveaux de consommation énergétique élevés et échoue à réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre, avec une réduction de 49 % en 2050 par rapport  1990 », précise le rapport. Dans les deux cas, les investissements sont estimés à environ 490 milliards d’euros entre 2011 et 2050. 

En revanche, au fur et à mesure que les énergies renouvelables se développent et que la part des énergies traditionnelles diminue, les dépenses liées à l’importation de pétrole, charbon, gaz et uranium diminuent drastiquement dans le cas de la transition énergétique. Aujourd’hui, les besoins en énergie primaire de la France reposent à 91 % sur des ressources fossiles ou fissiles, qui sont importées à 100 % pour l’uranium et le charbon, 99 % pour le gaz et 98 % pour le pétrole. Dans ces conditions, la facture des importations énergétiques s’élevait à près de 61,4 milliards d’euros pour l’année 2011, ce qui représente 88 % du déficit commercial national. Entre 2011 et 2050, le taux d’indépendance du secteur électrique passe de seulement 10 % (principalement grâce à l’électricité hydraulique) à plus de 95 % en 2050 dans le scénario de transition.

Si la part élevée des énergies renouvelables de la transition augmente légèrement le coût de production de l’électricité jusqu’en 2030 comparé au scénario de référence, les différences s’amenuisent avec le temps. Ainsi, en 2050, la production d’un kWh coûte 0,2 centimes d’euros de moins dans le scénario de transition par rapport au scénario de référence. Les analystes arrivent tout simplement à cette conclusion en prenant en compte l’évolution du prix du CO2, l’augmentation du prix des ressources conventionnelles et des technologies nucléaires et la baisse des coûts de production pour les renouvelables. 

Pour faire ses calculs, l’organisation a utilisé un prix du baril de brut de 93 € jusqu’en 2020 et 126 € entre 2020 et 2050. On ne pourra donc pas lui reprocher de surévaluer le prix futur du pétrole. De même, elle utilise pour le gaz un prix qui passe progressivement de 6,55 € par gigajoule (GJ) en 2010 à 19,89 €/GJ en 2050. Toutes les hypothèses sont clairement mentionnées dans le rapport et sont consultables en ligne.

« Greenpeace prouve avec ce scénario que la transition énergétique, vers une France libérée de sa dépendance aux énergies fossiles et fissiles, est non seulement techniquement possible, mais qu’elle est de plus rentable économiquement, comparée à la trajectoire actuelle. » conclut Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie climat au sein de l’organisation.

Par Matthieu Combe

 

A lire également dans les bases documentaires :

Pour une filière industrielle d’économie circulaire

797 millions de tonnes de matières ont été consommées par l’économie française en 2009 et 138 millions de tonnes de déchets ménagers et industriels ont été produites en France en 2010. Pour modifier notre système de production, les entreprises ont donc un  rôle important à jouer. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) travaille à différents niveaux pour les accompagner. Elle soutient notamment l’innovation qui permettra de trouver de nouvelles solutions et de développer une véritable filière industrielle de l’économie circulaire.

L’évolution  de notre économie, d’un modèle basé sur le processus linéaire « extraire-fabriquer-jeter » dans un contexte de ressources de plus en plus limitées, vers un modèle circulaire qui vise à concevoir les déchets comme de véritables matières premières, représente une immense opportunité d’innovation pour les entreprises. Cette évolution passera par une utilisation plus efficace des ressources non renouvelables, des processus industriels plus propres, la généralisation de l’éco-conception, la transformation des déchets en ressources et la baisse des déchets ultimes au strict minimum.

Que fait concrètement l’ADEME ?

Pour faire émerger des solutions innovantes dans le domaine de l’économie circulaire, l’ADEME a lancé trois appels à manifestations d’intérêt (AMI), dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir :

  • « Collecte, tri, recyclage et valorisation des déchets » : cet AMI cherche à développer de nouvelles solutions de réutilisation, de recyclage et de valorisation, notamment à travers la conception de nouvelles matières faites à partir de déchets ;

  • « Solutions innovantes de dépollution et de valorisation des sites et des sédiments » : cet AMI vise l’émergence d’une offre française compétitive en la matière ;

  • « Biens et services éco-conçus et écologie industrielle » : cet AMI cherche à développer une offre solide en matière d’éco-conception et d’écologie industrielle. 

Les lauréats de ces trois AMI seront dévoilés cette année De plus, l’ADEME va lancer en 2013 un nouvel AMI pour renforcer la compétitivité de l’offre industrielle française en matière de tri et de recyclage. Il couvrira l’ensemble des activités économiques du traitement des déchets, de leur pré-collecte à leur valorisation.

La réduction des déchets, préalable au développement de l’économie circulaire

En attendant les résultats de ces AMI, les entreprises peuvent d’ores et déjà se préparer en réduisant leur production de déchets. La gestion des déchets est propre à chaque entreprise, l’approche de réduction doit donc se faire au cas par cas. C’est pour cette raison que l’ADEME a imaginé l’expérimentation « Entreprises témoins ». Celle-ci a permis, dans 50 entreprises, d’étudier la mise en place de 88 actions grâce à l’accompagnement d’un expert de l’ADEME pendant un an.

Ces actions visaient à réduire à la source la production de déchets, améliorer la séparation à la source et le tri en interne et trouver de nouvelles filières externes de recyclage. L’ensemble des actions mises en place a permis de réaliser 1,5 millions d’euros d’économies pérennes au bout d’un an. D’autres actions sont actuellement à l’étude pour permettre de nouvelles économies. Si les premiers résultats sont encourageants, le nombre d’entreprises réellement investies dans le processus demeure faible. 

Pour continuer dans sa lancée et convaincre les entreprises réfractaires, l’ADEME a lancé deux nouveaux appels à candidatures. Ces nouvelles entreprises témoins serviront à calculer le vrai coût des déchets et prouver que la réduction et le recyclage de ses déchets est un investissement rentable. Ces projets consistent à appliquer une nouvelle méthode de comptabilité pour mieux identifier les pertes et les priorités de réduction. Ils permettront de calculer la rentabilité des investissements de réduction et de recyclage à la source. Les premiers résultats de ces deux opérations seront publiés en juin 2013. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

A découvrir dans les bases documentaires :

  • Ecologie industrielle

Mettre en œuvre une démarche écoresponsable : objectifs, méthodes et exemples
Écologie industrielle : gestion des matières premières secondaires dans le métabolisme territorial – illustrations

  • Traitement innovant des sols

Traitement des sols et nappes par oxydation chimique in situ

  • Des exemples de valorisation des déchets

La R&D au service de l’industrialisation d’une filière de valorisation des déchets – Cas du département R&D d’Aliapur
L’industrialisation d’une filière, la fabrication d’un métier : cas de la valorisation des pneus usagés en France
 

L’essentiel de REACH 1/2 (février)

Plateforme Classification & Etiquetage

31/01/2013
L’ECHA a lancé le 31 janvier 2013 la Platform C&L qui consiste en un forum de discussion en ligne où les auteurs des notifications de classifications et les déclarants de REACH peuvent se mettre d’accord sur la classification et l’étiquetage de leur substance. Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/echa-launches-the-classification-and-labelling-platform
http://echa.europa.eu/information-on-chemicals/cl-inventory/cl-platform

Mise à jour du registre d’intention des substances SVHC

04/02/2013
L’ECHA a mis à jour le registre d’intention des substances SVHC avec l’ajout de deux nouvelles substances :

  • Benzo[def]chrysene (Benzo[a]pyrene) (N° CAS : 50-32-8 et N° CE : 200-028-5) (Benzo[a]pyrene et toutes les substances contenant du benzo[a]pyrene à des concentrations supérieure ou égal à 0,01 % en poids).
  • Cadmium sulphide (N° CAS : 1306-23-6  et N° CE : 215-147-8)

Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/registry-of-current-svhc-intentions

Révision du règlement REACH

05/02/2013
La Commission Européenne a publié son rapport concernant la révision du règlement REACH. Elle a conclu que REACH répond à tous les objectifs qui à ce jour peuvent être évalués. Certains besoins d’ajustements ont été identifiés, mais pour l’intérêt des parties prenantes, la Commission ne propose aucune modification au dispositif REACH actuel. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/title/reach-review-supports-echas-strategic-objectives
Rapport de la Commission Européenne :
http://ec.europa.eu/enterprise/sectors/chemicals/documents/reach/review2012/index_en.htm

L’ECHA plus présent en ligne

06/02/2013
L’ECHA s’est créé un compte sur twitter @EU_ECHA lui permettant de « twitter » des informations sur les consultations publiques, les nouvelles alertes, les évènements et les mises à jour de son site web.

http://twitter.com/EU_ECHA

Nouvelle consultation publique pour la classification et l’étiquetage harmonisé de substances

06/02/2013
L’ECHA sollicite des commentaires sur de nouvelles propositions de classification et d’étiquetage harmonisés (CLH) pour un pesticide et une substance utilisée dans l’industrie :  le 1,2-époxybutane (N°CE 203-438-2 et N°CAS 106-88-7) et le sulfoxaflor (N°CAS 946578-00-3). Les consultations publiques sont ouvertes pendant 45 jours et prendront fin le 25 mars 2013. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/title/clh-public-consultations-on-a-new-insecticide-and-an-industrial-chemical
Pour accéder aux consultations :
http://echa.europa.eu/harmonised-classification-and-labelling-consultation

Prochains webinars organisés par l’ECHA

Les prochains webinars organisés par l’ECHA auront lieu les 25 février et 5 mars sur la soumission du dossier d’enregistrement REACH (deadline du 31 mai 2013). Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/web/guest/support/training-material/webinars

Rapport sur la sécurité chimique

11/02/2013
L’ECHA lance un nouveau plug-in pour le chargement du rapport sur la sécurité chimique. Avec cette nouvelle version, les déclarants sont en mesure d’intégrer directement leurs informations à partir de l’outil d’évaluation de la sécurité chimique et ainsi créer facilement le rapport sur la sécurité chimique. Pour tirer le meilleur parti de cette mise à jour du plug-in, l’ECHA recommande d’utiliser Chesar pour préparer les évaluations de la sécurité chimique.
Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/create-the-full-chemical-safety-report-with-the-new-iuclid-csr-plug-in

Attention : certaines substances n’ont pas de déclarant principal pour l’enregistrement de 2013

11/02/2013
L’ECHA a publié, le 11 février, la liste des substances qui doivent être enregistrées en mai 2013, et pour lesquelles aucun déclarant principal ne s’est fait connaître. L’ECHA invite les déclarants et les utilisateurs en aval à clarifier cette liste. Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/is-your-substance-no-longer-to-be-registered-in-2013-

Un nouvel outil pour aider les déclarants à améliorer la qualité de leur dossier d’enregistrement maintenant disponible

11/02/2013
L’ECHA a lancé l’Assistant Qualité Dossier pour aider les déclarants à détecter les incohérences  potentielles de leurs dossiers d’enregistrement. Les déclarants sont invités à faire usage de cet outil pour les mises à jour de leurs dossiers ou pour vérifier de nouveaux dossiers avant de les soumettre à l’Agence afin d’améliorer la qualité des enregistrements REACH. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/new-tool-to-support-registrants-in-improving-dossier-quality-now-available

Les définitions des biocides maintenant disponibles dans la base de données de l’ECHA

11/02/2013
ECHA-term a été mis à jour avec près de 50 définitions scientifiques liées au nouveau Règlement sur les produits biocides, qui entrera en vigueur en septembre 2013. Les utilisateurs pourront également trouver 31 autres substances extrêmement préoccupantes extraites de la liste des substances candidates et 37 nouveaux termes (document d’orientation de l’ECHA et autres documents administratifs). Les recherches peuvent être faites soit par le terme exact, soit en parcourant la liste alphabétique disponible dans les 22 langues de l’UE. La base de données sera mise à jour afin d’inclure la terminologie PIC à un stade ultérieur. La base de données est disponible sur :
http://echa.cdt.europa.eu/SearchByQueryLoad.do?method=load

Conseils pour les déclarants et les utilisateurs en aval

11/02/2013
La brochure – conseils pour les déclarants et les utilisateurs en aval sur l’évaluation des substances est disponible en 23 langues européennes, y compris croate. Il aide les entreprises à mieux comprendre leurs rôles et responsabilités dans le processus d’évaluation. Plus d’information sur :
http://www.echa.europa.eu/documents/10162/13628/sub_eval_under_reach_leaflet_fr.pdf

ECHA reçoit les mises à jour des dossiers intermédiaires et annonce de nouvelles mesures de suivi

13/02/2013
Les lettres envoyées aux déclarants d’intermédiaires, sur la base d’un screening de ces dossiers, à l’automne 2012, a conduit à des résultats prometteurs. L’Agence a reçu près de 1 900 mises à jour dont 39 sont mises à jour en homologations complètes. Pour les dossiers non mis à jour, l’ECHA assurera un suivi avec des mesures réglementaires.

Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/echa-receives-updates-for-intermediate-dossiers-and-announces-further-follow-up-actions

Reach : des modifications sont apportées à l’annexe sur la restriction de substances dangereuses

13/02/2013
Dans un règlement du 13 février 2013 de la Commission européenne, des modifications sont apportées à l’annexe XVII du règlement Reach. Le règlement apporte des modifications concernant la fabrication, la mise sur le marché et l’emploi des fibres d’amiante. Le terme de « produits » est remplacé par les termes « articles » et « mélanges », afin de couvrir les mêmes éléments que la directive de 1976 à l’origine du règlement Reach.

Le texte étend par ailleurs à la mise sur le marché, les dérogations prévues pour les peintures utilisées pour la restauration et l’entretien des œuvres d’art, des bâtiments historiques et leur intérieur. La production, la mise sur le marché et l’utilisation des paraffines chlorés à chaîne courte (PCCC) étant désormais interdites par un autre règlement, elles sont supprimées du règlement Reach. Plus d’informations sur :
http://www.actu-environnement.com/ae/news/reach-modifications-annexe-restriction-substances-dangereuses-17814.php4#xtor=ES-6
Règlement du 13 février 2013 :
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:043:0024:0027:FR:PDF

 

 

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

 

Pour aller plus loin :

Découvrez les fiches pratiques de Techniques de l’Ingénieur :

Participez aux formations Techniques de l’Ingénieur :

Revue du web #39 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • – Comprendre simplement le fonctionnement d’une serrure à goupilles (et comment fonctionne le crochetage d’une serrure) grâce a deux animations plutôt bien réalisées ;
  • – Ultra Tech International Inc a mis en ligne une vidéo – depuis devenue virale – pour promouvoir son revêtement super-hydrophobe et oléophobe : « Ultra Ever Dry » ;
  • – Plonger une bille de nickel incandescente, cette fois-ci dans de l’eau chaude, pour illustrer l’effet Leidenfrost ;
  • – Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Vomiting Larry », ou comment faire avancer la science par le vomi ;
  • – Enfin, en bonus, une chaise au design plus que surprenant.

Crocheter une serrure ? Un jeu d’enfant !

Pour débuter cette trente-neuvième Revue du Web, voici deux animations illustrant le fonctionnement d’une serrure : la première nous montre d’abord le fonctionnement d’une serrure communément appelée « à goupilles » (le type de serrure le plus conventionnel aujourd’hui), lorsque la clé est introduite dans la fente. La seconde, sur le même principe, illustre plutôt comment crocheter une serrure à goupilles, à l’aide d’un crochet et d’un entraîneur.

Le principe de la serrure à goupilles trouverait ses racines dans l’Égypte antique, avec des serrures utilisant des goupilles de bois qu’il fallait soulever à la hauteur nécessaire pour pouvoir ouvrir la porte. Une classique serrure à goupilles moderne fonctionne sur le même principe : le cylindre de la serrure est percé de trous perpendiculaires au chemin parcouru par la clé, chacun laissant coulisser un piston. A chacun des trous du cylindre correspond un trou dans le barillet de la serrure, contenant un ressort hélicoïdal, un chasse-goupille et la goupille elle-même. Lorsque la clé correspondant à la serrure est introduite, elle repousse les chasse-goupilles de tailles différentes, qui vont chacun appuyer sur leur goupille et la positionner à la bonne hauteur.

 

 

 

Pour le crochetage, il suffit de réussir à aligner les goupilles à la bonne hauteur à l’aide du crochet, alors qu’on exerce un mouvement de rotation dans le sens de l’ouverture avec l’entraîneur.

 

 

 

Du point de vue de la législation française, il n’est pas interdit de posséder les outils nécessaires au crochetage, le crochetage lui-même n’étant pas interdit. Seul l’usage du crochetage peut tomber sous le coup de la loi, selon l’article 132-73 du code pénal : « L’effraction consiste dans le forcement, la dégradation ou la destruction de tout dispositif de fermeture ou de toute espèce de clôture. Est assimilé à l’effraction l’usage de fausses clefs, de clefs indûment obtenues ou de tout instrument pouvant être frauduleusement employé pour actionner un dispositif de fermeture sans le forcer ni le dégrader ».

 

Revêtement super-hydrophobe et oléophobe : « Ultra Ever Dry »

La société américaine Ultra Tech International Inc. a développé un revêtement super-hydrophobe et oléophobe dont la vidéo de présentation est tellement prometteuse qu’elle est rapidement devenue virale. Basés à Jacksonville, en Floride, les Américains sont loin d’être les premiers sur le créneau du revêtement super-hydrophobe, mais ils semblent bien décidés à se faire connaître rapidement et à supplanter leurs concurrents. Les revêtements traités par « Ultra Ever Dry » devenus super-hydrophobes et oléophobes, semblent repousser avec aisance aussi bien l’eau et l’huile que la boue ou encore le béton humide.

L’hydrophobie se définit assez simplement : l’angle de contact d’une goutte d’eau, lorsqu’elle est sur une surface plane (localement), doit dépasser les 90 degrés. Au-delà de 150°, la surface est alors considérée comme étant super-hydrophobe. Un angle de contact égal à 180° signifie que la goutte d’eau est complètement sphérique, repoussant la zone de contact jusqu’à un simple point. À titre d’exemple, le Téflon d’une poêle n’est qu’hydrophobe, l’angle de contact moyen étant de 95°.

La super-hydrophobie présente de nombreux intérêts : outre ses évidentes qualités d’imperméabilisation, elle permet de lutter assez efficacement contre le gel, souvent fatal pour les isolants électriques, les lignes à haute-tension, ou le revêtement des ailes d’un avion. Elle est également efficace pour lutter contre la corrosion.

 

 

 

Plonger une bille de nickel incandescente dans l’eau (suite) :

Nous vous parlions la semaine dernière, dans notre Revue du web #38, d’une expérience réalisée par un internaute illustrant à merveille un effet bien connu des scientifiques, à savoir l’effet Leidenfrost – du nom du premier chercheur à l’avoir décrit, l’Allemand Johann Gottlob Leidenfrost. Pour ce faire, une bille de nickel chauffée jusqu’à en devenir incandescente était plongée dans une tasse remplie d’eau froide, vaporisant l’eau qui l’entoure et créant une « chape » de vapeur autour de la bille.

Décidé à aller plus loin, notre internaute renouvelle l’expérience en plongeant une bille de nickel incandescente – dont le diamètre est cette fois-ci sensiblement plus grand – dans un verre d’eau chaude. Le principe est le même mais la réaction dure plus longtemps, l’eau chaude diminuant légèrement l’échange de chaleur et la réserve calorifique de la bille de nickel étant plus grande due à son diamètre plus élevé. Le métal rougi vaporise instantanément l’eau qui l’entoure, créant une « chape » de vapeur autour de la bille. Cet écrin de vapeur limite les échanges énergétiques entre le nickel et le reste de l’eau. Tant que la bille est suffisamment chaude pour faire bouillir et vaporiser à une vitesse suffisante l’eau qui entoure l’écrin de vapeur, l’effet est entretenu et retarde le refroidissement de la sphère métallique. Lorsque la bille n’est plus assez chaude pour renouveler assez vite la chape de vapeur, le bouclier s’effondre et laisse l’eau entrer en contact direct avec la bille, qui se refroidit très rapidement, alors que l’eau se met à bouillir violemment.

L’effet Leidenfrost s’explique assez facilement et est aisément observable en projetant des gouttes d’eau sur une plaque chauffante. En fonction de la température du support, la goutte va avoir un comportement différent : légèrement en dessous de 100°C, la goutte s’étale et s’évapore lentement ; au-dessus de 100°C, la goutte siffle en atteignant le support et s’évapore très rapidement ; lorsque le point Leidenfrost est atteint (autour de 160°C pour l’eau), la goutte ne s’évapore plus, mais glisse sur la plaque chauffante. En effet, la partie inférieure de la goutte se vaporise immédiatement, créant un film de gaz protégeant le reste de la goutte de la plaque, et assurant par la même sa suspension. La goutte peut alors rouler comme une bille et met plus de temps à s’évaporer que si la plaque était de température moins élevée.

 

 

 

En complément, une autre vidéo plus anecdotique mais au charme hypnotique, dont l’intérêt scientifique est cependant plus limité, postée par le même internaute. On y voit – toujours – une bille de nickel incandescente, qui cette fois-ci traverse un bloc de glace avec toute l’aisance que l’on peut supposer.

 

 

 

 

Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Vomiting Larry », faire avancer la science par le vomi

Pour clore cette trente-neuvième Revue du Web, penchons-nous sur le cas de « Vomiting Larry » notre gadget (inutile ?) de la semaine, qui ne serait pourtant pas à proprement parler inutile. Réminiscence pour certains d’entre vous des joies du trop manger et du trop boire durant les fêtes de fin d’année, la vidéo ci-dessous nous présente « Vomiting Larry », la dernière arme engagée dans la lutte contre les Norovirus par les autorités britanniques. Les Norovirus, et le virus de Norwalk (virus type du genre Norovirus) sont responsables de certaines des plus virulentes épidémies de gastro-entérite à travers le monde, touchant depuis le début de l’hiver plus d’un million de personnes rien qu’au Royaume-Uni.

Pas de détour devant l’évidence : « Vomiting Larry » est un humanoïde simulateur de vomi, qui devrait pouvoir aider la communauté scientifique à analyser et à mieux comprendre les mécanismes de contagions lorsqu’une épidémie est en cours, et serait particulièrement utile dans le cas d’un Norovirus, « bestiole » pouvant vivre jusqu’à douze jours sur une surface contaminée, comme le rappelle l’agence Reuters.

Larry est essentiellement composé d’une tête de mannequin, une tête qui est généralement utilisée par les étudiants en médecine pour s’exercer à la pratique des laryngoscopies. Il possède une langue, une dentition standard constituée d’un autre matériau que celui utilisé pour la tête, ainsi qu’un ersatz d’œsophage relié à un cylindre contenant du fluide, faisant office d’estomac. Un piston déclenche la remontée du fluide, « dont le débit et la portée auraient été étudiés pour être réalistes » (sic). La pression nécessaire, de l’ordre de 800 kilopascals, fut calculée sur la quantité moyenne de fluide contenue dans un estomac humain ainsi que sur la distance à parcourir pour atteindre le sol.

Le protocole expérimental est simple : reculer dans un premier temps, puis laisser Larry vomir le fluide, composé d’eau et d’un marqueur fluorescent. Malgré la phase de nettoyage, il suffit d’éteindre la lumière pour constater que de très nombreuses particules fluorescentes sont toujours présentes un peu partout sur le lieu de l’expérience, et ce jusqu’à trois mètres de Larry, alors que seulement une vingtaine de ces particules suffisent à contaminer un adulte sain. Croisons les doigts pour que la recherche avance.

 

 

Bonus : ceci n’est pas une chaise (ordinaire)

En bonus cette semaine, nous vous présentons une vidéo se situant quelque part entre l’illusion d’optique et l’anamorphose. Le studio de design français Ibride se sert de l’illusion d’optique comme point de départ à sa nouvelle collection, laissant Benoît Convers réinterpréter librement « trois icônes de l’histoire de l’assise en dessinant des chaises qui troublent nos repères, heurtent la logique et flirtent avec l’absurde ».

Le résultat ? Une chaise au design surprenant, inversée par rapport à sa silhouette, dans le simple but de nous troubler et de parvenir à faire mentir nos sens…

 

 

Prévention : un détecteur de verglas embarqué

Cauchemar d’une majeure partie des automobilistes en hiver, la perte de contrôle du véhicule (pour aller terminer dans le décor) est souvent provoquée par un ennemi aussi dangereux que perfide, puisqu’invisible et particulièrement difficile à détecter : pas de surprise, nous parlons bien du verglas. Pour faire face à ce sérieux problème, le centre de recherche technique de Finlande (« Valtion Teknillinen Tutkimuskeskus », le VTT) est parvenu à développer un système embarqué de détection automatique de glissade, une vraie première.

Les chercheurs du centre finlandais sont partis d’un constat simple : les systèmes existants de prévention contre le verglas seraient pour le moins inopérants ou obsolètes – les capteurs embarqués de température pour une présence « probable » de verglas, ou bien les capteurs intégrés à la chaussée, trop peu nombreux et ne relayant l’information qu’aux postes de contrôle. Après plusieurs mois de gestation, les chercheurs ont finalement mis au point un système embarqué capable de détecter en amont la présence de verglas sur la chaussée.

Le fonctionnement du système élaboré par le VTT est relativement simple, et se base sur le calcul de la différence entre la vitesse de l’arbre de transmission et la vitesse réelle de l’axe de rotation des roues, permettant alors d’en déduire le niveau de friction. Lorsque cet indicateur atteint un niveau suspect, l’information est transmise au conducteur avant même qu’il n’ait senti quoi que ce soit, afin qu’il soit vigilant et qu’il puisse adapter sa conduite. Ce système devrait pouvoir s’adapter à tout type de véhicule, bien qu’il n’ait été testé que sur des poids lourds.

Crédit photo : Laza Hazen – Black Ice

Google continue d’investir dans l’éolien

Plan de com’ ou stratégie à long terme ? Si certains tergiversent encore, personne ne peut nier l’engagement de la firme pour des sources d’énergie alternative. Avec le rachat d’un nouveau parc éolien de 160 MégaWatts pour 75 millions de dollars, Google dispose désormais de dix fermes éoliennes et solaires. L’objectif affiché est de limiter l’impact environnemental et s’inscrit dans une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’ensemble de ces parcs permet à Google de disposer de 2 GW d’électricité. Urs Hoelzle, directeur général de Google en charge des infrastructures déclarait l’année dernière : « Nous essayons de ne pas utiliser d’énergie lorsque cela n’est pas nécessaire, et d’utiliser le plus possible les énergies renouvelables, qui représentent aujourd’hui 35% de l’alimentation de nos datacenters ».

Car l’internet est une activité très consommatrice d’énergie, pour faire tourner les ordinateurs, serveurs et autres. Une énergie provenant souvent du pétrole et donc polluante. Le rapport SMART 2020 prévoyait le triplement de la consommation énergétique lié à l’internet, les TIC étant à eux seuls responsables de 2% des émissions de gaz à effet de serre. Si les grands groupes du secteur affichent leur souci de diminuer ce chiffre, tous n’investissent pas forcément dans l’énergie verte. En effet, les investisseurs privés se montrent de plus en plus méfiants vis-à-vis de ces sources d’énergies alternatives. La crise oblige à plus de prudence ce qui se traduit par un tassement des investissements dans l’énergie propre après huit années de croissance.

Apple, l’une des entreprises les plus gourmandes en charbon, a annoncé l’abandon total de cette source d’énergie d’ici un an pour trois de ses installations. Mais on ne sait pas encore par quoi elle va être remplacée. De son côté, Dell s’est engagé à baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2015. Mais Google reste le plus engagé, puisqu’il en est à un milliards de dollars investis. Un engagement qui lui vaut d’être le numéro 1 des entreprises travaillant à lutter contre le dérèglement climatique, d’après le classement Cool IT 2012 de Greenpeace.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Un moteur pas plus grand qu’une molécule

On peut se demander si les scientifiques du Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales (CEMES, CNRS) et de l’Université d’Ohio n’ont pas abusé des meccano® quand ils étaient enfants. En tout cas, leur passion pour les jeux de construction motorisés les a conduit à repousser les limites de l’infiniment petit en construisant un moteur nanométrique. Ils ont ensuite mis au point une technique pour maîtriser la rotation du rotor, dépassant pour la première fois la taille limite inférieure pour un dispositif convertissant énergie électrique en énergie mécanique.

Le nano-moteur comporte trois parties distinctes : le stator, du ruthénium et le rotor. Le stator permet d’accrocher le moteur à une surface d’or.  A son extrémité, un atome de ruthénium sert de rotule sur laquelle se fixe le rotor moléculaire. Celui-ci compte cinq pales. Au total, la molécule- moteur comporte moins de 200 atomes mais nécessite quinze étapes pour être synthétisé. Un procédé qui a donné du fil à retordre aux chercheurs à qui il aura fallu près de 10 ans d’effort pour le mettre au point.

Mais toute cette sueur aura finalement été utile. En plaçant la molécule à une température glaciale de -268.5°C sur la surface d’or, ils réussissent à activer le mouvement des pales en délivrant des électrons via la pointe d’un microscope à effet tunnel. Ce dernier joue donc deux rôles, celui de source d’énergie et d’instrument d’observation. Le contrôle du sens de rotation se fait en choisissant la pale du rotor sur laquelle est positionnée la pointe du rotor. Cela nécessite une précision dans le pointage de l’ordre du dixième de nanomètre.

Ces travaux ont été publiés dans le numéro de janvier de Nature Nanotechnologies.

 

Par Audrey Loubens

L’éco-conception des DEEE pour le démantèlement, un enjeu majeur

Le défi majeur des fabricants reste de savoir comment s’assurer du bon démantèlement de leurs produits en fin de vie. Pour les aider, « Le guide « éco-conception » des éco-organismes DEEE Français » de Récylum, Ecologic, Eco-systèmes et ERP vient de paraître et est téléchargeable gratuitement sur le site « Eco3e ».

L’éco-conception passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des déchets et des produits dangereux, mais aussi par l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’amélioration du recyclage, du réemploi et de la réparation des composants. Outre la réduction des impacts environnementaux, l’éco-conception est un atout permettant d’innover, de se démarquer de la concurrence et de répondre aux attentes du marché et des consommateurs.

Pour assurer une récupération maximale des éléments, métaux et composants issus des flux de déchets, il est essentiel d’adopter une démarche de recyclage Centrée-Produit, contrairement à l’approche Centrée-Matériau et métal plus simple qui est généralement appliquée. L’approche traditionnelle se concentre davantage sur les matériaux bruts donc ne s’intéresse qu’à une partie du produit. Au contraire, une approche Centrée-Produit s’intéresse au recyclage du produit dans son intégralité et implique nécessairement de réfléchir au devenir de l’ensemble de ses constituants.

Quels sont les principaux éléments entrant en ligne de mire ?

La difficulté de démontage d’un composant et donc, plus globalement, la difficulté de démontage d’un produit constitue le quotidien des professionnels. La conception pour le démantèlement apparaît alors capitale. Dès la phase de conception, il faut optimiser l’assemblage du produit pour pouvoir séparer les composants et les matériaux en fin de vie. Ils pourront alors être réparés, recyclés ou valorisés énergétiquement au moment opportun.

Pour ce faire, les règles d’or sont d’utiliser des matériaux recyclables/compatibles (voire recyclés), diminuer le nombre de matériaux différents, employer des matériaux avec des caractéristiques permettant de les séparer aisément lors du recyclage, réduire le nombre de composants, réduire le nombre de fixations utilisées et les standardiser. Il faut également concevoir des composants séparables : choisir des matériaux avec des propriétés différentes (magnétique/non magnétique, lourd/léger) pour faciliter le tri, faciliter l’accès aux composants/fixations et éviter la peinture et les revêtements/traitements de surface.

Plus simplement, l’efficacité de désassemblage est idéale lorsqu’un produit est composé d’un minimum de pièces, dont chaque composant est démontable avec un minimum de difficulté, en un minimum de temps et avec un minimum d’outils !

Des règlementations de plus en plus dures

De plus en plus restrictives, les règlementations imposent aux constructeurs de changer leurs modes de production. Il existe plusieurs textes règlementaires concernant les équipements électriques et électroniques (EEE). La plupart de ces textes sont issus du droit européen et sont transposés en droit français.

Ainsi, la Directive RoHS limite l’utilisation de six substances dangereuses de tous les nouveaux EEE mis sur le marché de l’Union européenne, qu’ils soient importés ou fabriqués dans l’Union. Les concentrations en plomb, mercure, chrome hexavalant, polybromobiphényles, polybromodiphényléthers sont limitées à 0,1% de poids de matière homogène et le cadmium à 0,01%. Cela concerne plusieurs catégories d’équipements, sauf les batteries.  Plus largement, le fameux règlement REACH cherche à limiter un grand nombre de substances chimiques et définit les applications autorisées.

De son côté, la directive ErP s’applique aux produits liés à l’énergie sur tout leur cycle de vie afin d’améliorer l’efficacité énergétique et diminuer les impacts environnementaux. Cette directive s’applique entre autres aux EEE en imposant, par exemple, des consommations maximales d’électricité à certains.

Enfin, la directive DEEE impose aux producteurs de gérer la fin de vie des EEE ménagers et professionnels mis sur le marché après le 13 août 2005. Tout producteur doit donc financer le traitement de ces déchets en fin de vie.

Comment s’assurer de l’éco-conception de ses produits ?

En tant que consommateur, il est possible de choisir les produits portant  l’« éco-label Européen », le label écologique officielle français « NF Environnement », le label écologique allemand « L’Ange Bleu », le label scandinave « The Nordic Swan », la certification « EPEAT » pour les produits informatiques originaire des Etats-Unis et le programme américain « Energy star » pour les moniteurs, ordinateurs et dispositifs de traitement de l’image. Ces labels récompensent des produits aux impacts environnementaux moindres et dont la conception est en constante amélioration.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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Numériser un livre, un jeu d’enfant !

Parvenir à numériser plus de 250 pages par minute : la prouesse réalisée par le laboratoire Ishikawa Oku, situé au cœur de la capitale japonaise, a de quoi laisser pantois. Leur machine, baptisée de manière transparente « Book Flipping Scanning Auto » (BFS-Auto) est un petit bijou d’ingéniosité et de technologie. BFS-Auto est en effet capable de numériser en haute définition plus de 250 pages par minute, à partir du format original du livre ou du document, en trois étapes clés : faire défiler à grande vitesse et de manière entièrement automatique les pages du livre, reconnaissance en temps réel et en trois dimensions des pages qui défilent, et enfin restitution d’une image plane « standard », haute définition, à partir de l’image d’une page recourbée.

Faire défiler 250 pages par minute

Les chercheurs japonais derrière BFS-Auto ont dû relever deux défis de taille lors du développement du système de défilement automatique : concevoir un mécanisme ultra-rapide ne faisant pas obstruction à l’étape de numérisation, et garantir l’intégrité du document numérisé. Habituellement, le document que l’on souhaite numériser – prenons l’exemple d’un livre – est « altéré » par découpage. Les pages du livre sont donc généralement séparées de la tranche par souci de commodité, laissant le scanner numériser les pages une à une comme autant de feuilles volantes et de documents séparés, ce qui pose bien évidemment problème lorsqu’on souhaite conserver l’intégrité d’un livre fragile, rare ou précieux. Pourtant, les cerveaux du laboratoire Ishikawa Oku ont réussi à surmonter la difficulté avec brio, sans toutefois révéler les détails techniques du système de défilement automatique. Il est néanmoins possible de se faire une idée en regardant la vidéo qui suit :

 

 

Une numérisation ultra-rapide et haute définition

La deuxième étape clé est celle de la numérisation 3D haute définition des pages défilant à grande vitesse. Le système utilisé par BFS-Auto suit la déformation en trois dimensions de chacune des pages tournées, à raison de 500 fois par seconde, et utilise en temps-réel un algorithme spécialement conçu pour déterminer le meilleur moment pour une numérisation optimale. Au moment choisi, les deux appareils prennent chacun une photo de l’une des deux pages du livre grand ouvert, en haute définition (près de 400 ppi), sans manquer la moindre page et au même rythme que le défilement de celles-ci.

Restitution d’une page plane à partir d’une page recourbée

Enfin, troisième et dernier élément clé : la restitution d’une page plane à partir de la photo d’une page courbée. Le poulain du laboratoire tokyoïte possède un programme capable d’aplanir l’image déformée de chaque page, transformation également effectuée en temps réel. Chaque page est en conséquence numérisée sous sa forme « plane ». Prochaine étape, doter cette machine d’un logiciel de Reconnaissance Optique de Caractères (ROC), permettant de décrypter une image de texte imprimé ou dactylographié afin de la convertir en fichier texte ?

 

Par Moonzur Rahman

 

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Quel rôle donner au coût de l’énergie pour le maintien de la compétitivité ?

« Si on met en rapport le prix de l’électricité et la part de l’industrie dans l’économie, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de corrélations directes. Ce n’est pas là où le prix de l’électricité est le plus bas que la part de l’industrie dans l’économie est la plus élevée », analyse d’entrée de jeu Robert Durdilly, Président de l’Union Française de l’Électricité. Il y a donc d’autres facteurs que l’électricité qui justifient la taille du tissu industriel d’un pays.

Sur le plan général, cette analyse est vraie. Toutefois, elle n’est plus vérifiée pour cinq secteurs industriels français, dont la part de l’électricité représente plus de 10 % de la valeur ajoutée. Il s’agit du papier, des métaux non ferreux, de la chimie minérale, de la sidérurgie et de la cimenterie. On dénombre en France entre 50 et 70 sites qualifiés d’électro-intensifs et 300 en Europe. Pour ces industries, il existe une relation directe entre la compétitivité du prix de l’électricité et la compétitivité du produit manufacturé. Par exemple, l’énergie pèse pour 30 % des coûts de revient de l’aluminium et peut monter jusqu’à 70 % pour le chlore.

Ces secteurs qui engendrent beaucoup d’emplois directs et indirects sont soumis à une compétition internationale, qui présente des modes de fonctionnement de marchés très différents. Ils financent des investissements lourds, qui nécessitent une visibilité à long-terme pour les décider et pour rester compétitifs au plan international. « Ils sont très exposés aux prix de l’énergie, ils sont dans une compétition internationale et chaque unité est un cas particulier », rappelle Pierre-Marie Abadie, Directeur de l’Energie au ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Exeltium, un consortium d’industries pour assurer la compétitivité

Exeltium est un consortium créé en 2006. Il regroupe 26 clients industriels pour lesquels l’électricité représente une part importante de leur coûts de revient. Pour leur donner une visibilité sur un prix de l’électricité à long-terme, le principe est de pouvoir leur donner accès à une certaine capacité de production nucléaire. Ces « blocs de production nucléaire » leur permettent d’avoir un prix fixe, financé par un investissement de départ, et un coût proportionnel, mais moins dépendant de la volatilité des prix des énergies. Depuis 2010, le consortium achète 7,5 TWh d’électricité par an sous cette forme à EDF, sur une consommation totale d’environ 30 TWh, pour un investissement initial de 2 milliards d’euros.

« Dans tous les pays, les électro-intensifs font l’objet d’un traitement spécifique pour permettre aux industriels de voir comment ils peuvent être compétitifs contre leurs concurrents placés sur d’autres marchés », rappelle Jean-Pierre Roncato, Président d’Exeltium. À court-terme, des pays peuvent, par exemple, favoriser l’accès de ces industriels aux  transports, dans des conditions particulièrement avantageuses. Pour donner la visibilité de long-terme, les pays peuvent aussi donner des accès privilégiés à un potentiel de production local, favorable en matière de coûts de production de l’électricité. Cela pourra être l’hydraulique au Brésil, le nucléaire en France, le charbon ou le gaz en Chine ou au Qatar.

Dans le cadre du débat sur la transition énergétique, il faut donc en permanence veiller à ce que ce différentiel de compétitivité soit au moins préservé, voire accentué si possible. L’approche dans tous les groupes de travail doit mettre au centre les questions de coûts et d’impacts sur l’économie. « Cette transition énergétique ne sera réussie que si elle maintient la compétitivité de la France en matière de prix de l’électricité et prix de l’énergie en général », prévoit Robert Durdilly.

Un tarif très régulé pour maintenir la compétitivité

En France, la facture d’un industriel est aujourd’hui très régulée au titre de l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (Arenh), du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics (TURP) et des taxes. L’Arenh va évoluer en 2015. « Entre aujourd’hui et 2015, la part de la régulation de l’Arenh pour les entreprises va évoluer à la hausse ; il y aura statistiquement toujours plus de volumes d’électricité régulés par l’Arenh et toujours moins de volumes achetés sur les marchés », révèle Pierre-Marie Abadie.

Si l’on ne sait pas encore comment ce prix va évoluer dans les prochaines années, « à supposer qu’il évolue à l’inflation et compte-tenu de ces volumes en augmentation pour les industriels […], le prix va peu évoluer au titre de l’énergie », précise-t-il. Cela donne donc une certaine visibilité aux industriels.

De quelle compétitivité parle-t-on ?

La compétitivité est au cœur du débat sur la transition énergétique. Pierre-Marie Abadie souhaite toutefois différencier 3 types de compétitivité. On retrouve donc la compétitivité à long-terme, celle sur une dimension macroéconomique et celle sur une dimension microéconomique. La compétitivité de long-terme vise à décarboner l’énergie au-delà de l’électricité (qui ne représente que 22 % de l’énergie finale utilisée en France), obtenir une sécurité d’approvisionnement en  énergies fossiles et répondre au défi climatique. « Commencer au plus tôt  la transition énergétique, c’est être positionné au mieux au moment où l’on aura à être au rendez-vous du défi climatique, de la rareté des énergies fossiles et la nécessité de les focaliser là où elles sont non substituables », prévoit-il. Un enjeu primordial est d’arriver à industrialiser les technologies d’énergies renouvelables les plus prometteuses à l’horizon 2050.

La compétitivité macro-économique est liée au prix de l’énergie. Elle a des impacts majeurs sur le pouvoir d’achat, sur le revenu des entreprises et sur la compétitivité relative. Elle doit permettre de faire les choix les plus efficients pour le respect des objectifs de long-terme.

La compétitivité micro-économique vise quant à elle à faire de l’énergie un projet industriel français et européen. L’approche doit se faire filière par filière en évaluant les technologies selon les critères suivants : potentiel en termes de puissance, de coûts et de maturité, impacts environnementaux des conflits d’usage et prise en compte de la chaîne de valeur de chacune des filières. Par exemple, avec l’éolienne offshore, 50 % de la chaîne de valeur reste forcément en France. Avec les appels d’offres actuels, on peut se rapprocher des 100 %. Pour le photovoltaïque terrestre, cela reste cependant plus compliqué.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le goût et l’odorat pour les smartphones, bientôt une réalité ?

C’est un pari osé que s’est lancé la start-up californienne : apporter le goût et l’odorat à nos smartphones. Cette ambition rentre dans le cadre de la logique des chercheurs IBM. Selon eux, l’orientation des nouvelles technologies passera par le développement des capacités sensorielles. Et ce, dans un avenir proche. D’ici cinq ans, ces appareils disposeront du goût et de l’odorat en plus de la vue et de l’ouïe déjà disponibles grâce aux micros et caméras. Pour soutenir le projet, le célèbre investisseur Vinod Khosla a mis sur le tapis 2,5 millions de dollars.

La puce mise au point serait même plus performante que le nez humain, avec ses 400 capteurs, et équivalente au flair du chien, pourvu de près de 2 000 capteurs. Les usages n’en seront que plus variés. Entre la mesure du taux d’alcoolémie ou du taux de diabète, la prévention d’une mauvaise haleine et probablement bien d’autres utilisations dédiées à la médecine ou à la cuisine, la puce devrait se révéler fort utile. Sam Khamis, le PDG d’Adamant Technologies, assure non sans humour, que l’application concernant l’halitose (haleine incommodante) devrait résoudre certains problèmes inhérents. Ajoutant au passage qu’il s’agit du « genre de choses que même son meilleur ami ne dit pas forcément ». Détecter les odeurs sera l’une des missions, mais l’analyse des ces effluves, afin de discerner une odeur parmi d’autre notamment, devrait être bien plus complexe.

La production de la puce aurait d’ores et déjà débuté au Texas. Dans la ville d’Austin plus précisément. Néanmoins il faudra patienter un ou deux ans avant que la commercialisation ne soit effective. Idem pour les applications qui accompagneront la sortie de cette nouvelle technologie ainsi que l’accessoire – périphérique relié au smartphones – rendant possible le maniement de ces applications. Le prix du périphérique oscillera entre 75 et 100 dollars.

 

Par Sébastien Tribot

Distribution de Thermoptim par Techniques de l’Ingénieur

La nouvelle version du progiciel Thermoptim inclut de nouvelles fonctionnalités :

– la possibilité d’effectuer des zooms sur l’éditeur de schémas ;

– le gestionnaire de classes externes qui permet d’ajouter ou supprimer des classes externes.

Ce progiciel constitue ainsi une boîte à outils pour l’énergétique parmi les plus polyvalentes et les moins chères du marché.

Son objectif est double : faciliter et sécuriser la modélisation des technologies de conversion de l’énergie.

Thermoptim fournit un environnement de modélisation intégrant de manière profondément interconnectée un éditeur de schémas / écran synoptique, des diagrammes interactifs, des fonctions de simulation et une méthode d’optimisation basée sur la méthode du pincement.

Son environnement graphique permet de construire visuellement des modèles de systèmes énergétiques sans écrire une seule équation, et d’obtenir des résultats extrêmement précis, qui peuvent être présentés sous des formes diverses (synoptique, diagrammes).

Disponible en sept langues, Thermoptim incorpore des fonctionnalités avancées très puissantes destinées à des utilisateurs confirmés, qui en font un outil très bien adapté pour étudier des systèmes innovants à faible impact environnemental.

Les Techniques de l’Ingénieur distribuent les trois versions Standard, Professionnelle et Industrielle du progiciel. Toutes les précisions ici.

Top 10 des entreprises porteuses de technologies émergentes

Le cabinet de veille technologique Lux Research vient de publier sa sélection des dix entreprises à surveiller en 2013.

Dispositifs photovoltaïques, véhicules électriques, carburant alternatif, biomatériaux, électronique, chimie organique ou encore traitement de l’eau, tous ces domaines sont susceptibles de connaitre de vraies révolutions technologiques dans les mois à venir. La croissance de ces secteurs repose sur la mise au point de nouvelles technologies, domptées par les ingénieurs et chercheurs pour pouvoir être industrialisées. Des innovations qui pourraient bien tout révolutionner, à condition de s’imposer dans un monde instable économiquement. C’est pourquoi Lux research a passé au crible 1 380 entreprises travaillant sur des technologies émergentes dans quinze domaines différents pour sélectionner les dix projets les plus prometteurs à cours terme, et de facto les plus attendus.

 

Voici leur classement :

 

  • Entreprise : Beta Renewables 

Secteur : carburant alternatif, matériaux biosourcés

 Leur usine de carburant à base de cellulose sera inaugurée cette année en Italie. Elle a pour objectif de transformer des sous-produits agricoles en carburant. Il s’agirait du premier procédé chimique appliqué à l’échelle industrielle. Reste à savoir si l’usine fonctionnera, son taux de production, les tarifs proposés…

Avis : favorable

 

  • Entreprise : Materials Innovation Technologies (MIT)

Secteur : matériaux avancés

La réputation du MIT n’est plus à faire. Cette année, ce sont leurs avancés dans le domaine des fibres de carbone qui sont attendues. En effet, les fibres de carbones sont très appréciées des équipementiers automobiles pour rendre leur véhicule plus léger. Néanmoins, l’essor de cet usage requiert de nouveaux développements notamment en termes de recyclage des fibres de carbone. Les travaux du MIT, acteur majeur dans ce domaine, pourraient enfin apporter des solutions aux industriels.

Avis : favorable

 

  • Entreprise : N-Solv

Secteur : Pétrole

N-Solv a développé une méthode d’extraction des hydrocarbures lourds basée sur un solvant chaud. Cette pratique est censée permettre des économies en eau et en émission de CO2. Avec son installation pilote Suncor et son associé, le géant énergétique Enbridge, N-Solv pourrait bien multiplier les partenariats.

Avis : favorable

 

  • Entreprise : Imprint Energy

Secteur : Electronique organique, imprimée et flexible

Ses batteries au zinc rechargeable fabriquées par impression affichent des performances supérieures pour un coût moindre que les technologies concurrentes, comme celle des batteries en couches minces par exeple. De plus, cette technologie pourrait déboucher sur des tissus intelligents, c’est-à-dire alimentés en énergie.

Avis : favorable

 

  • Entreprise : Phosphagenics

Secteur : Formulation et administration de médicaments

Cette société développe des patchs capables d’administrer les médicaments par voie cutanée. Son premier produit adapté aux hommes rentre en phase de tests toxicologiques cette année.

Avis : très favorable

 

  • Entreprise : Azzuro Semiconductors

Secteur : Electronique à vocation énergétique

Azzuro a débuté la production à l’échelle industrielle de substrat six pouces de nitrure de gallium sur silicium. Ceux-ci sont susceptibles de doper l’efficacité des Leds et des composants d’électronique de puissance. Ses collaborations avec Epistar et Osram Opto Semiconductors sont prometteuses.

Avis : favorable

 

  • Entreprise : Enbala Power Networks

Secteur : Bâtiments intelligents

Aux Etats-unis, cette société rémunère les industries pour limiter leur consommation énergétique. Un procédé efficace en cas de pic de consommation pour soulager le réseau et éviter un black out. Cette pratique pourrait rapidement se montrer plus efficace que le stockage d’énergie.

Avis : à surveiller

 

  • Entreprise : Boulder Ionics

Secteur : voiture électrique

Les avancées sur les électrolites utilisés dans les batteries pourrait profiter au secteur des véhicules électriques. Boulder, qui a beaucoup communiqué sur ses solutions, va devoir passer à l’acte dès cette année.

Avis : à surveiller

 

  • Entreprise : Silevo

Secteur : dispositifs solaires

Silevo affiche un rendement de ses dispositifs solaires de plus de 17%. Ce résultat est obtenu grâce à des contacts en cuivre galvanisés et une fine couche de silicium amorphe à l’intérieur des cellules photovoltaïques en silicium cristallin. Ses prévisions de production en collaboration avec des chinois indique que Silevo deviendra un concurrent sérieux de SunPower en termes de coût et de quantité produite.

Avis : favorable

 

  • Entreprise : Desalitech

Secteur : Eau

Desalitech a développé une nouvelle méthode d’osmose inverse plus efficace que celle traditionnelle. Une deuxième levée de fond en 2013 devrait lui permettre de se développer.

Avis : à surveiller

 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

 

 

Pour aller plus loin :

Découvrez nos formations relatives aux secteurs évoqués dans cet article :

Traitements des effluents liquides

Photovoltaïque : technologies actuelles et futures générations de cellules

Mettre en oeuvre la performance énergétique

Toxicologie et écotoxicologie

Gaz de schiste, peut-on réellement s’en passer ?

En 2012, le gaz s’est échangé en moyenne à moins de 4 dollars par million de Btu (MBtu) aux Etats-Unis. En Europe, les prix varient entre 11 et 14 dollars/MBtu pendant qu’ils atteignent 16 dollars/MBtu en Asie. Il y a donc une surfacturation assez importante du prix de gros en Europe par rapport aux Etats-Unis. « Cela fait à peu près 155 milliards de dollars que nous, européens, allons surpayer en 2012 sur les prix du gaz en gros par rapport aux Etats-Unis », affirme Thierry Bros, analyste gaz naturel à la Société Générale. Cela représente 0,9% de notre PIB, ce qui est assez pour faire la différence entre une économie en croissance et une économie en récession.

Au point le plus bas, les différences de prix ont même atteint des records. Capella Festa,  analyste senior à l’Agence Internationale de l’énergie (AIE) le rappelle « Au point le plus bas des prix cette année, on a vu que le prix du gaz naturel en Europe était 5 fois supérieur à celui observé aux Etats-Unis et 8 fois supérieur au Japon à celui aux Etats-Unis ». Si la demande post-Fukushima a aspiré un énorme besoin très ponctuel de gaz vers le Japon et a engendré une importante hausse des prix en Asie, l’augmentation de la production de gaz de schiste aux Etats-Unis y a tiré les prix vers le bas. Avec ces hausses de prix en Europe, le charbon est donc devenu beaucoup plus compétitif et sa consommation a augmenté de 7% en 2011. Quand le charbon remplace le gaz naturel et le gaz de schiste !

D’une manière générale, on assiste à un rejet des énergies fossiles en Europe. Les gaz de schiste sont devenus un symbole de la lutte contre les énergies fossiles. « Lorsque l’on démonte toutes les critiques vis-à-vis de la production des gaz de schiste, elles s’appliquent  généralement à la production d’hydrocarbures à terre en général », reconnaît pourtant Bruno Courme, Directeur de Total Gas Shale Europe.

Où est-ce que se développe le gaz de schiste ?

En 2009, on estimait les ressources en gaz non conventionnel à hauteur de 20% de l’ensemble des ressources. En 2012, elles sont estimées à environ 50%, ce qui représente une hausse considérable des ressources potentielles. Au rythme de consommation actuel, les ressources en gaz pourraient assurer 135 ans de consommation supplémentaires.

« Les gaz non conventionnels représentent aujourd’hui 10 à 12% de la production mondiale. On pense que d’ici 2030, ils atteindront plus de 20%, essentiellement avec  l’augmentation de la production des gaz de schiste », affirme Bruno Courme. « La moitié de l’augmentation de l’offre de gaz viendra de sources non conventionnelles en 2035, essentiellement en provenance des Etats-Unis, de la Chine et de l’Australie », prévoit quant à elle Capella Festa, conformément aux scénarii du World Energy Outlook 2012 de l’AIE.

Le gaz conventionnel se développera-t-il ailleurs ? L’avenir de la filière devrait beaucoup dépendre de la voie choisie par les industriels. Il reste effectivement beaucoup de développement à faire sur la géologie, les infrastructures et les problématiques environnementales. Pour Thierry Bros, le message est à changer et doit jouer la transparence. « Quels sont les produits chimiques que vous allez injecter ? Comment allez-vous traiter l’eau ? Si vous ne voulez ne pas tout dire, vous n’avancerez pas », professe-t-il devant une assemblée de décideurs gaziers.

D’ores et déjà, l’ensemble des députés au Royaume-Uni souhaite autoriser l’exploration des gaz de schiste pour regagner une certaine compétitivité. Le Parlement britannique devrait pousser pour une autorisation dès mars 2013.

Il est aussi intéressant d’étudier les axes de croissance visés par les entreprises. Pour ne parler que de Total Gas Shale, l’exploration repose sur quatre axes de croissance : l’offshore profond, les huiles lourdes (Vénézuela et Canada), le  gaz naturel liquéfié et le gaz non conventionnel. Du côté des gaz de schiste, Total Gas Shale est positionné sur la production aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, notamment en Argentine, en Chine, en Australie et en Europe (Pologne et Danemark).

La situation en Europe est très différente à celle observée aux Etats-Unis lorsqu’ils ont développé l’extraction des gaz de schiste. En effet, les américains connaissaient alors bien leur sol grâce à une expérience de plus de 40 ans dans l’extraction de gaz. Ce n’est pas le cas en France et en Europe. « Nous devons passer par une phase d’exploration que les américains n’ont pas eu à faire », rappelle Bruno Courme. « Tant que l’on n’aura pas fait des puits horizontaux, fracturés, testés sur du long terme, on ne saura pas combien on pourra produire de gaz de schiste en Europe », poursuit-il. Vu le marché actuel, même en cas d’exploitation, « il devrait y avoir assez peu d’impact sur les prix », conclut-il.

Pat Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Human brain project remporte le soutien de l’Europe

Le projet porté par l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne est ambitieux. Il s’agit rien de moins que de fabriquer le premier cerveau humain numérique. Alors certes, cela sera un cerveau virtuel, mais les connaissances apportées dans le domaine des neurosciences et de la santé seront bien réelles.

 Le Human Brain Project (HBP) va rassembler toutes les connaissances actuelles sur le cerveau humain afin de le reconstituer dans des modèles de simulation numériques. Evidemment, un projet d’une telle envergure fait appel à la communauté scientifique large, l’ensemble des pays européens contribuant via leurs meilleures structures. Ce sont 80 institutions de recherche qui vont collaborer sur une période de dix ans. La France participe en gérant trois axes : théorie des réseaux neuronaux (Alain Destexhe, CNRS), neurosciences cognitives (Stanislas Dehaene, Collège de France, Inserm, CEA), et aspects éthiques (Jean-Pierre Changeux, Collège de France, Institut Pasteur).

Institut Européen des Neurosciences Théoriques

Un Institut Européen des Neurosciences Théoriques sera créé exprès pour coordonner les différentes théories suggérées pour expliquer la dynamique du cerveau, les processus cognitifs et même ce qu’est la conscience. En effet, ce sont chaque années des dizaines de milliers d’articles qui sont publiés, chacun expliquant une fraction des fonctions du cerveau, que ce soit la compréhension du rôle d’un gène, du comportement électrique des neurones ou encore des maladies neurologiques. Toutes ces données doivent être assimilées, digérées et compilées par une seule entité, qui ne peut pas être humaine au vu de la masse de données. La totalité des informations récoltées alimenteront les modèles de simulations élaborés par les mathématiciens et informaticiens du HBP. Ces derniers pourront compter sur le supercalculateur Blue Gene de Lausanne.

Questions éthiques

Si certains détracteurs craignent  que le HBP ne débouche sur la création d’une conscience artificielle, ce qui pourrait poser de nombreux problèmes éthiques, le corps médical espère quand à lui des découvertes décisives sur les maladies neurologiques et l’émergence de nouveaux traitements. Mais nous n’en sommes pas là. Pour l’instant, le fait d’avoir été choisi comme l’un des deux FET Flagships (projets phares) de l’Union Européenne va doter l’Europe d’un outil inégalé pour enfin lever le voile sur le fonctionnement de notre cerveau et ses 100 milliards de neurones.

Par Audrey Loubens

L’éco-participation en question !

« Seul le maintien de ce dispositif de financement par l’éco-participation permettra aux acteurs de poursuivre la mise en place d’une filière à haute valeur environnementale et sociale », affirme Alain Grimm-Hecker, Président d’Eco-systèmes.

Quatre éco-organismes sont agrées pour gérer la collecte et le traitement des déchets électriques et électroniques ménagers. Il s’agit des généralistes Ecologic, Eco-systèmes et ERP et du spécifique aux lampes Récylum. Grâce aux éco-participations payées par les « metteurs sur le marché » d’équipements électriques et électroniques en 2011, ces éco-organismes ont été financés à hauteur de 200 M€.

L’éco-participation représente le coût de la collecte et du traitement des déchets électriques et électroniques et est intégralement reversée à un éco-organisme qui traite pour le compte des industriels les produits et déchets concernés. Le montant de la contribution est fixé par l’éco-organisme en charge du recyclage et peut varier d’un éco-organisme à un autre. Il dépend principalement de la catégorie de produits à laquelle l’équipement est rattaché.

Pourquoi cela risque-t-il de disparaître ?

La loi ne fixe aucune limite dans le temps à ces éco-contributions, mais elle prévoit pour le moment leur répercussion dans les prix de vente, avec affichage obligatoire du montant, jusqu’au 13 février 2013 seulement.

Un amendement qui permettrait la prolongation de cette répercussion automatique et intégrale des éco-contributions aux consommateurs jusqu’au 31 décembre 2019 avait été voté dans un premier temps par le Sénat mais n’a pas pu, pour des raisons de procédure, être adopté par l’Assemblée nationale. Or, le projet de loi de finances rectificatives ayant été rejeté par le Sénat, l’adoption par l’Assemblée était nécessaire pour donner force de loi au dispositif.

Sans l’éco-participation, les objectifs de recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques fixés par les directives européennes pourraient ne pas être atteints.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Votre smartphone met en danger votre entreprise

Et si notre professionnalisme mettait en péril notre employeur ? Assis à la terrasse d’un bistrot, à la machine à café, en vacances, dans notre canapé le soir… Alors que nous pensons simplement lire nos mails professionnels ou réviser un dossier, nous sommes peut-être sans le savoir en train d’aider un pirate informatique à pénétrer dans le système de notre entreprise ! Pour la société de sécurité internet Check Point cela ne fait aucun doute. Les attaques se feront de plus en plus via nos terminaux mobiles personnels car ils offrent de nouveaux points d’accès au réseau interne et sont moins protégés. Or ce nouveau phénomène de BYOD (Bring your own device) va augmenter : de plus en plus de personnes optent pour le télétravail, les salariés sont toujours plus mobiles et le marché des smartphones et tablettes est en pleine explosion. Les entreprises se doivent donc de repenser leurs protocoles de sécurité, ne devant plus se contenter de limiter l’accès au terminal mais désormais filtrer l’accès aux données elles-mêmes.
 
« La cybercriminalité est devenue un commerce. Lorsqu’on sait que des kits de piratage sont aujourd’hui en vente pour 500 dollars seulement, on comprend l’ampleur du problème et la nécessité de mettre en œuvre des protections préventives pour protéger les ressources stratégiques » alerte Tomer Teller, expert de la cybersécurité chez Check Point Software Technologies.

Dans une précédente enquête, Check Point révélait que la principale motivation des hackers était la fraude financière, suivie de l’intention de perturber le fonctionnement de l’entreprise,  mais aussi le vol de données clients. Et ces attaques sont coûteuses : une seule attaque ciblée réussie coûterait en moyenne 214.000 dollars selon les entreprises. En Allemagne, cela monterait à 300.000 dollars par incident.

Si l’inquiétude de nos dirigeants converge vers les tablettes et les smartphones privés, c’est-à-dire non fournis par l’entreprise, force est de constater que les salariés ne sont pas conscients du danger potentiel à accéder à leurs données professionnelles via un terminal privé. Il est donc important de sensibiliser l’ensemble des employés au risque de cyberattaque et de créer un espace limité d’informations accessibles de l’extérieur. Il existe par exemple des applications à installer sur les terminaux personnels des salariés pour leur permettre d’accéder grâce à un code à un éventail de services limité, tels que l’agenda, les mails ou une partie de l’intranet.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du web #38 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Une jolie illustration de l’effet Leidenfrost, avec une bille de nickel incandescente dans de l’eau ;
  • La table tactile multi-touch de 3M, un géant de 84 pouces présenté cette année au Consumer Electronics Show de Las Vegas ;
  • « MeCam », le quadricoptère qui vous filme et vous suit à la trace ;
  • « CompressorHead », un vrai groupe de métal ;
  • et enfin, le gadget (inutile ?) de la semaine : le « déployeur » d’iPhone, présenté dans une vidéo pour le moins farfelue.

Mettre une bille de nickel incandescente dans l’eau

Pour débuter notre trente-huitième Revue du web, jetons un œil à l’une des meilleures illustrations d’un effet bien connu de nos scientifiques, à savoir l’effet Leidenfrost, du nom du premier chercheur à l’avoir décrit, l’Allemand Johann Gottlob Leidenfrost.

Cet effet s’explique assez facilement et est aisément observable en projetant des gouttes d’eau sur une plaque chauffante. En fonction de la température du support, la goutte va avoir un comportement différent : légèrement en dessous de 100°C, la goutte s’étale et s’évapore lentement ; au-dessus de 100°C, la goutte siffle en atteignant le support et s’évapore très rapidement ; lorsque le point Leidenfrost est atteint (autour de 160°C pour l’eau), la goutte ne s’évapore plus, mais glisse sur la plaque chauffante. En effet, la partie inférieure de la goutte se vaporise immédiatement, créant un film de gaz protégeant le reste de la goutte de la plaque, et assurant par la même sa suspension. La goutte peut alors rouler comme une bille et met plus de temps à s’évaporer que si la plaque était de température moins élevée.

Ici, le principe est le même : la bille de nickel est chauffée jusqu’à en devenir incandescente, puis elle est plongée dans une tasse remplie par ce qui semble être de l’eau. Le métal rougi vaporise instantanément l’eau qui l’entoure, créant une « chape » de vapeur autour de la bille. Cet écrin de vapeur limite les échanges énergétiques entre le nickel et le reste de l’eau. Tant que la bille est suffisamment chaude pour faire bouillir et vaporiser à une vitesse suffisante l’eau qui entoure l’écrin de vapeur, l’effet est entretenu et retarde le refroidissement de la petite sphère métallique. Lorsque la bille n’est plus assez chaude pour renouveler assez vite la chape de vapeur, le bouclier s’effondre et laisse l’eau entrer en contact direct avec la bille, qui se refroidit rapidement.

Nos oreilles ne sont pas en reste… La réaction émet de petits bruits pour le moins surprenants à partir de la vingtième seconde de la vidéo, dus au contact entre la bille et le contenant. En effet, la chape de vapeur suspend la bille, lévitant sur un coussin de vapeur qui se réduit peu à peu (il y a moins d’eau sous la bille). Lorsque le coussin n’est plus suffisant, la bille tinte en entrant en contact avec la tasse et l’eau se rapproche alors de la bille, générant à nouveau un fin coussin de vapeur sous celle-ci, et ainsi de suite.

La table tactile multi-touch de 3M, un géant de 84 pouces :

Le Consumer Electronics Show (ou CES) est le plus grand salon consacré aux technologies innovantes en électronique grand public, qui se tient chaque année début janvier à Las Vegas (Nevada). Ce salon majeur, plébiscité aussi bien par les exposants que par les visiteurs professionnels, sert souvent de plateforme pour la présentation de produits et technologies en avant-première. L’édition 2013 ne déroge pas à la règle : le géant américain 3M a en effet levé le voile sur une table tactile dont l’écran, multi-touch, présente une diagonale de 84 pouces (ce qui correspond à une diagonale de 2 mètres 13), dont nous vous parlions déjà ici.

Pour ne rien gâcher, l’écran est au format 4K – une résolution de 3840 x 2160 pixels, environ 4 fois supérieure au HD 1080p – une première pour un écran tactile. Le prototype présenté peut supporter une quarantaine de touches simultanées, bien que la version finale du monstre de 3M doive pouvoir en supporter une centaine. Le musée des Sciences et de l’Industrie de Chicago en utilise depuis peu une version afin de présenter des concepts scientifiques. Cette version, tournant sur Windows 7 avec une application utilisant Flash, est identique à celle que l’on peut apercevoir dans la vidéo qui suit.

3M Company (acronyme de Minnesota Mining and Manufacturing Company), créé il y a plus de cent ans aux Etats-Unis, s’est fait connaitre pour avoir inventé et commercialisé le « Scotch » au début du siècle, puis les « Post-it » dans les années 1980. Le conglomérat est notamment présent dans les domaines de l’industrie et du transport, de la santé, de la signalisation, des affaires de bureau, de la sécurité, de l’électronique…

« MeCam », le quadricoptère qui vous suit à la trace

Ce n’est plus un secret pour personne : les quadricoptères ont définitivement la cote chez les scientifiques de tout poil. MeCam n’est pourtant pas un quadricoptère ordinaire : de taille relativement réduite si on le compare à ses « congénères » (il tient dans le creux de la main), MeCam est conçu pour suivre et filmer son utilisateur à la trace, et ainsi flatter l’ego surdimensionné de quelques Narcisse en vadrouille.

Les quatre hélices du petit bolide transportent un module équipé d’un processeur de type ARM de 1 à 1,5 GHz, d’1 GB de mémoire vive, d’un slot pour carte SD, du wifi dual-band, du Bluetooth et d’un appareil photo numérique, capable de prendre aussi bien des photos que des vidéos. Il est également doté de quatorze capteurs pour prévenir toute collision, d’un stabilisateur vidéo (conçu par la start-up Morpho), et son logiciel de commande est pourvu de deux algorithmes pour les fonctions « autopilote ». Programmé pour suivre l’utilisateur à la trace, il est aussi possible de le passer en commande vocale. Cerise sur le gâteau, MeCam est également tourné vers les medias sociaux : chaque vidéo prise peut être envoyée sur un smartphone Android ou iOS via une application spécialement dédiée, pour ainsi être partagée en ligne presque instantanément.
Le petit bolide devrait couter 49 dollars, et être disponible sur le marché courant 2014.

« Compressorhead », vrai groupe de métal

Le groupe allemand « Compressorhead » commence à faire parler de lui : pas de passage en radio prévu, mais déjà plus de trois millions de vues sur Youtube. Le groupe d’un tube ? Vous ne croyez pas si bien dire. « Compressorhead » est le premier groupe de métal… en métal. Les trois membres du groupe – StickBoy, Bones et Fingers – ne sont en effet autres que d’agiles robots musiciens.

Le plus expérimenté de ces musiciens est le batteur, « Stickboy ». Conçu par les Allemands de Robocross en 2007, Stickboy triche un peu : le batteur, dont les mouvements sont régis par un moteur à air comprimé, est doté de deux jambes et de… quatre bras, lui facilitant quelque peu l’accès aux quatorze éléments de sa batterie. Vient ensuite « Fingers », le guitariste, conçu en 2009 par les Allemands de Kernschrott, qui tourne à l’aide d’un compresseur rotatif Hydrovane. Ses 84 mini-cylindres pneumatiques – en guise de doigts – lui permettent d’atteindre les notes voulues, avec la précision (et le manque de « feeling ») d’un robot programmé pour cette tâche. Enfin, « Bones » le bassiste et le plus récent membre de Compressorhead (achevé en 2012), dispose sous le manche de sa basse d’un rail permettant à sa main et à ses doigts métalliques de se déplacer et de jouer toutes les notes désirées.

La performance a eu lieu à Berlin, dans les locaux de Robocross, où le groupe a joué le titre « The Ace of Spades » du groupe de métal anglais Motörhead. Un concert est prévu pour le Big Day Out 2013, à Sydney. On peut se réjouir d’une chose : tous les robots ne sont pas là pour dominer le monde.

Le gadget (inutile ?) de la semaine : le « déployeur » d’iPhone

Pour conclure cette trente-huitième Revue du Web, rien de tel qu’un homme un tantinet trop sûr de lui et de son invention, se mettant en scène dans une vidéo pour le moins… loufoque. Très peu de choses ont filtré sur l’identité de ce jeune homme, mis à part le fait qu’il soit citoyen du pays du soleil levant. Ce Japonais, la trentaine, est investi d’une mission sacrée : il semble en effet décidé à tout faire pour lutter contre les appels en absence. Louons la noblesse de cette cause trop souvent oubliée.

Toute cause a besoin de soldats pour la défendre, et tout soldat a besoin d’une arme. C’est ici que notre ami japonais intervient, tel un soldat 4G, un fantassin du sans-fil, un justicier des appels manqués. Son arme ? Un « déployeur » d’iPhone, ressemblant à une extension de bras mécanique. Le stratagème de son gadget est simple : le smartphone est fixé (de manière précaire) à l’extrémité d’une pièce métallique montée sur un rail, l’ensemble étant fixé au bras de notre ami par deux sangles parallèles. Lorsque la sonnerie retentit, ce dernier donne une impulsion (un mouvement brusque du bras vers le haut) pour déclencher le ressort permettant de positionner l’iPhone dans sa main, à peu de choses près.

Dans une succession de scènes complètement surréalistes, nous pouvons l’accompagner dans ses succès comme dans ses échecs, allant jusqu’à se fixer quatre de ces déployeurs (un à chaque bras et un par jambe) pour se lancer dans une danse au désynchronisme hypnotique. Après une courte excursion dans le métro tokyoïte, il termine son entrainement sur le toit d’un immeuble, toujours dans la plus grande des solitudes. Car nul doute que notre ami soit prêt à répondre au téléphone, encore faut-il… qu’il se mette à sonner.

Par Moonzur Rahman

L’essentiel de REACH 2/2 (Janvier)

 

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

15/01/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur de nouvelles substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Il s’agit de la réaction en masse du 2-(2-((oxo(phenyl)acetyl)oxy)ethoxy)ethyl oxo(phenyl)acetate (2-(2-hydroxyethoxy)ethyl) oxo(phenyl)acetate (N°CE : 442-300-8). Les informations relatives à cette réaction sont à soumettre pour le 1er mars 2013. Plus d’information sur :

echa.europa.eu/information-on-chemicals/testing-proposals/current

 

L’ECHA recommande 10 nouvelles substances SVHC pour l’autorisation

17/01/2013

L’ECHA recommande 10 nouvelles substances extrêmement préoccupantes à la Commission Européenne, pour la procédure d’autorisation. Les 10 nouvelles substances ont été priorisées en fonction de leurs propriétés dangereuses, les volumes utilisés et l’utilisation potentielle liée à l’exposition à l’homme. Pour chaque substance concernée, une date limite est suggérée au delà de laquelle les entreprises ne pourront plus l’utiliser à moins d’avoir obtenu une autorisation. La décision finale sur l’inclusion des substances dans l’annexe XIV (la liste d’autorisation) sera prise par la Commission européenne en collaboration avec les États membres et le Parlement européen. Plus d’informations sur :

echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/echa-recommends-10-svhcs-for-authorisation

 

La page Web de l’ECHA sur le règlement PIC disponible en 22 langues

17/01/2013

Le règlement sur le consentement préalable informé (PIC, règlement (UE) n°649/2012) administre les importations et les exportations de certains produits chimiques dangereux et impose des obligations aux entreprises qui souhaitent exporter ces produits chimiques vers des pays hors de l’UE. Il met en œuvre, dans l’Union européenne, la convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable informé pour certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce international. La page web de l’ECHA relative à ce règlement est consultable sur :

echa.europa.eu/fr/web/guest/regulations/prior-informed-consent-regulation

 

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

22/01/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur de nouvelles substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. La substance concernée est le 2-(2-Vinyloxyethoxy)ethyl acrylate (N°CE : 451-690-9). Les informations relatives à cette substance sont à soumettre pour le 8 mars 2013. Plus d’information sur :

echa.europa.eu/information-on-chemicals/testing-proposals/current

 

Réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens

24/01/2013

La Commission du Parlement européenne pour l’environnement, la santé publique et la sécurité alimentaire (ENVI) a adopté un projet de résolution sur la protection de la santé publique contre les perturbateurs endocriniens. Cette résolution sera soumise au vote lors de la session plénière du 11 au 14 mars. Plus d’informations sur :

reseau-environnement-sante.fr/2013/01/24/dossiers-par-themes/communique-de-presse-24-janvier-2013-les-deputes-europeens-pressent-la-commission-a-agir-sur-les-perturbateurs-endocriniens/

 

 

Avis du JORF modifiant l’avis de janvier 2013 relatif aux substances dans les articles

25/01/2013

Cet avis modifie l’avis du 3 janvier 2013 destinés aux opérateurs économiques sur l’obligation de communiquer des informations sur les substances contenues dans les articles en application des articles 7.2 et 33 du règlement (CE) n° 1907/2006 (règlement REACH). Dans le texte n°66, les mots : « Cette liste contient actuellement 84 substances candidates » sont remplacés par les mots : « Cette liste contient actuellement 138 substances candidates. ». L’avis est consultable sur :

legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026977379&dateTexte=&categorieLien=id

 

Travailler avec les syndicats européens afin de promouvoir la sécurité des travailleurs et les sensibiliser aux FDS étendue (scénario d’exposition)

25/01/2013

La Confédération européenne des syndicats (CES) et la fédération syndicale IndustriAll étendent leur campagne d’information REACH pour les travailleurs. En coopération avec l’ECHA et l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), la campagne promeut la compréhension des scénarios d’exposition annexés aux fiches de données de sécurité et les mesures que doivent prendre les entreprises pour une utilisation sûre des substances dangereuses. La plaquette de sensibilisation est disponible en 22 langues. Plus d’information sur :

echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/working-with-european-trade-unions-to-promote-worker-safety-and-awareness-of-reach-extended-safety-data-sheets

Plaquette de sensibilisation :

echa.europa.eu/documents/10162/13628/leaflet_etuc_echa_sid_es_fr.pdf

 

Modifications du règlement PIC

25/01/2013

Le règlement UE n°73/2013 de la Commission européenne du 25/014/2013 modifie les annexes I et V du règlement (CE) n° 689/2008 du Parlement européen et du Conseil concernant les exportations et importations de produits chimiques dangereux. Le règlement est consultable sur :

eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:026:0011:0016:FR:PDF

 

Poste à pourvoir à l’ECHA

Un poste est à pourvoir à l’ECHA. Les candidatures sont à soumettre pour le 21 février 2013. Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/web/guest/about-us/jobs/open-positions

 

Mise à jour de la FAQ sur les demandes de diffusion et de confidentialité des informations contenues dans les fiches de données de sécurité, dans IUCLID 5.4

28/01/2013

La mise à jour de la FAQ comprend des précisions sur les demandes de confidentialité des informations contenues dans les fiches de données de sécurité des monomères. Plus d’information sur :

echa.europa.eu/documents/10162/13651/questions_and_answers_sds_info_dissemination_en.pdf

 

L’ECHA appelle les parties prenantes à travailler sur les biocides

29/01/2013

L’ECHA souhaite que les parties prenantes prennent part aux travaux sur le nouveau règlement relatif aux produits biocides, qui entrera en vigueur le 1er Septembre 2013. Plus d’information sur : echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/echa-calls-for-stakeholders-to-work-on-biocides

 

8ème journée des parties prenantes

30/01/2013

La 8ème journée des parties prenantes aura lieu à Helsinki le 26 mars 2013. Cette journée est dédiée principalement aux PME devant enregistrer avant le 1er juin 2013. Le programme de cette journée est disponible sur :

echa.europa.eu/documents/10162/13587/8th_shd_programme_en.pdf

Inscription sur :

webropolsurveys.com/Answer/SurveyParticipation.aspx?SDID=Fin598953&SID=da59c5e3-5017-4dfd-ad98-0d46122bed98&dy=942920216

 

Boîte à outils QSAR version 3.1 disponible

30/01/2013

La boîte à outils QSAR (Quantitative Structure-Activity Relationship) aide les entreprises à utiliser des méthodes pour grouper les produits chimiques en catégories, avoir plus d’informations sur ces produits en croisant des données, ceci dans le but d’évaluer les risques d’(éco)toxicité des produits chimiques devant être enregistrés sous REACH. Ceci contribue à réduire les coûts et l’utilisation des tests sur les animaux vertébrés. Plus d’informations sur :

echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/qsar-toolbox-3-1-now-available

 

Les présentations du webinar “Comment mettre à jour son dossier en règle avec REACH ?” en ligne sur le site de l’ECHA

Ce webinar a donné des avis et conseils aux déclarants sur la façon de soumettre des informations sur les produits chimiques dans le dossier technique de l’ECHA, en conformité avec le règlement REACH. Ce webinar a eu lieu le lundi 28 Janvier 2013. Plus d’information sur : echa.europa.eu/web/guest/view-article/-/journal_content/title/how-to-bring-your-registration-dossier-in-compliance-with-reach-tips-and-hints-part-2

 

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

 

Pour aller plus loin :

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Grande première : des scientifiques japonais sont parvenus à reconstituer du tissu rénal

Ce succès on le doit à l’équipe du professeur Kenji Osafune, en collaboration avec le Centre de l’Université de Kyoto destiné à la recherche et les applications des cellules iPS. Le tissu rénal, ou plutôt le tissu mésoderme intermédiaire qui le compose en grande partie, est généré après 11 jours de culture avec un taux de réussite de 90 %.

 

Cette reconstitution est rendue possible grâce aux progrès de la médecine régénérative et au grand potentiel qu’offrent les cellules souches. Le travail des scientifiques va évidemment dans ce sens. Ici il consiste à faire revenir des cellules adultes à l’état quasi embryonnaire. Par souci éthique, les cellules sont prélevées sur des êtres humains adultes puis reprogrammées en laboratoire. Ainsi, les cellules dites induites à la pluripotence, par leur « immaturité », ont la capacité de se transformer en n’importe quelle cellule en fonction du milieu dans lequel elles se trouvent.

 

Il n’y a pas encore de garantie quant à la guérison des maladies rénales par greffes de cellules régénérées souligne le Dr Osafune. L’utilisation de ces cultures pour un traitement médical n’est donc pas à l’ordre du jour. Une telle affirmation serait prématurée au vu de l’avancement des travaux. La recherche tend néanmoins vers la maîtrise de cette méthode et à déterminer, là est le hic, leur propension à développer des cancers. Et bien que le rein ait par nature une structure complexe, cela demeure un véritable espoir.

 

Sources :

Radio Canada

Nature.com

 

Par Sébastien Tribot

L’évolution de LabVIEW : des décennies de développement

Pour créer ce logiciel, NI a associé une interface utilisateur graphique à une programmation graphique intuitive. Comme l’a annoncé le P.D.G. de National Instruments, le Dr James Truchard, « LabVIEW a été développé pour faire, pour les ingénieurs, ce que la feuille de calcul a fait, pour les analystes financiers ». Ainsi la version 1.0 intégrait des technologies de base qui sont toujours fondamentales à l’heure actuelle : les flux de données parallèles, la hiérarchie, les E/S intégrées et les bibliothèques d’analyses. Après des millions d’heures de développement, de très fortes avancées technologiques, et une diffusion à des milliers de domaines d’applications par ses utilisateurs, LabVIEW est devenu une plate-forme de conception de systèmes aboutie. Cet article vous fait découvrir certaines des origines et des influences qui ont guidé le développement de LabVIEW et offre un aperçu de ses évolutions à venir.

Un développement conduit par une communauté d’utilisateurs

Depuis le premier jour, la communauté d’utilisateurs passionnés et communicatifs de LabVIEW a constitué une très grande force de proposition pour le développement. Les ingénieurs NI sont constamment surpris et inspirés par les différents domaines dans lesquels les utilisateurs mettent LabVIEW en application. LabVIEW a récemment battu des records d’adoption avec un nombre croissant de sociétés et d’utilisateurs qui adoptent quotidiennement la plate-forme. Ces dix dernières années seulement, LabVIEW a atteint des millions d’utilisateurs et, en conséquence, des milliers d’applications et d’industries.

L’augmentation du nombre de futurs utilisateurs de LabVIEW reste également forte, soutenue par le fait que de plus en plus d’universités et d’établissements continuent d’adopter LabVIEW dans leurs cursus de formation ainsi que pour leurs travaux de recherche. Un intérêt porté aux programmes des étudiants, dont une collaboration avec LEGO® sur des produits comme  LEGO Education WeDo™ et LEGO MINDSTORMS®, a contribué à l’ajout de nouvelles capacités de conception et de simulation et a permis de simplifier la construction de l’environnement et du langage.

Des millions d’E/S

À l’origine, LabVIEW visait les applications d’acquisition de données et de contrôle d’instruments, et l’extraordinaire évolution des technologies de bus d’E/S a constitué une force motrice du développement de la plate-forme. Plus riche que les autres environnements de programmation en matière d’intégration d’E/S et de contrôle d’instruments, LabVIEW permet aux utilisateurs d’acquérir et d’analyser des données continuellement à partir de millions d’E/S et d’instruments.

Compatible dès l’origine avec les outils de contrôle d’instruments GPIB et RS-232, LabVIEW intègre désormais les bus USB, Bluetooth, PCI et PCI Express, PXI et PXI Express, sans fil et Ethernet, pour des centaines d’options d’environnements, de niveaux de performances et de formats différents. Alors que le nombre de bus, d’instruments et de technologies d’E/S sur le marché a motivé le développement de LabVIEW, les ingénieurs NI n’ont pas oublié que le support de matériels multifournisseurs est un facteur clé pour résoudre les problématiques d’intégration. Actuellement, LabVIEW offre une bibliothèque complète de plus de 8.000 drivers d’instruments provenant de plus de 325 fournisseurs, une liste qui continue encore de s’allonger.

Des performances parallèles innées

Parce que les grandes capacités d’E/S ont été inhérentes à LabVIEW depuis sa création, les utilisateurs sous-estiment souvent ses capacités de programmation complètes. Les ingénieurs NI ont souvent déclaré que le parallélisme est intégré dans LabVIEW depuis sa première version. Partant de cette base, ces ingénieurs ont continué à faire évoluer et à améliorer les capacités internes de programmation. Avec l’arrivée des processeurs multicœurs, ils ont travaillé en collaboration étroite avec les concepteurs d’Intel pour optimiser la manière dont LabVIEW utilise les threads, la mémoire et le cache, dans le but d’offrir des performances maximums aux toutes dernières plates-formes sur PC. Les ingénieurs NI ont également étendu les capacités de multitraitement symétrique intégré de l’ordonnanceur LabVIEW Scheduler dans l’environnement LabVIEW Real-Time, ouvrant ainsi de nouvelles portes aux importants travaux de recherche dans le domaine de la physique et du traitement avancé hautes performances.
Apporter un aspect graphique aux portes des FPGA

Avec l’évolution incroyable des technologies du silicium intégrant d’énormes performances dans des circuits toujours plus petits et plus abordables, LabVIEW est le pionnier de l’utilisation de la programmation graphique dans le domaine des applications embarquées. LabVIEW guide des milliers d’ingénieurs et de scientifiques dans le développement de systèmes embarqués personnalisés en appliquant l’approche de la programmation graphique aux FPGA (Field-Programmable Gate Arrays). La conception de matériels personnalisés est désormais directement accessible aux experts du domaine d’application, sans nécessiter de délégation aux ingénieurs de conception du matériel concerné, accélérant ainsi les étapes de prototypage et en amenant les produits sur le marché plus rapidement.

Les utilisateurs ont recherché une façon de s’interfacer avec des matériels de cadencement ou de déclenchement numérique personnalisés uniques ou inhabituels et LabVIEW FPGA a proposé une solution qui ne nécessite pas de langage de programmation bas niveau orienté matériel, ni de conception au niveau de la carte. Depuis cet effort initial, le développement sur plates-formes FPGA a continué son évolution vers le contrôle ultrarapide, l’interfaçage aux protocoles numériques, le traitement de signal numérique (DSP) et de nombreuses autres applications qui exigent fiabilité et déterminisme du matériel haute vitesse. Dans les années à venir, les utilisateurs peuvent espérer voir LabVIEW cibler davantage de matériels et s’exécuter sur les circuits de prochaine génération.

Une innovation dans de multiples directions

LabVIEW a ouvert de nouvelles possibilités intéressantes pour exploiter la puissance de calcul des processeurs multicœurs et des FPGA. Pour répondre aux nombreux nouveaux défis des applications, National Instruments a développé des approches de très haut niveau. Même si le logiciel continue à offrir le moteur fondamental apportant performances et facilité de programmation, les ingénieurs NI ont été guidés par les demandes des utilisateurs de LabVIEW et ont reconnu qu’il existe des manières plus intuitives de résoudre certains éléments de leurs applications. En gardant ceci à l’esprit, NI a introduit un grand nombre de structures de développement de haut niveau, dénommées « modèles de calcul », dans la plate-forme. Ces modèles décrivent le comportement du logiciel qui correspond à la vision que les concepteurs ont de leurs systèmes afin de simplifier la traduction des exigences du système en conception d’un logiciel. Les éléments suivants sont des exemples de nouveaux modèles de calcul pour la plate-forme LabVIEW : les mathématiques textuelles (LabVIEW MathScript et les nœuds de formules), les diagrammes d’états (Module LabVIEW Statechart), la simulation de systèmes dynamiques (Module LabVIEW Control Design and Simulation) et les interfaces utilisateur événementielles (structure Événement).

Chaque modèle de calcul possède des ressources qui s’appliquent à des applications, des compétences et des domaines particuliers. Les utilisateurs peuvent intégrer de nombreux modèles de calcul dans une seule et unique structure de programmation graphique. Cette caractéristique apporte évolutivité, efficacité et performances, ainsi que de nouvelles applications pour l’utilisateur de base de LabVIEW, grâce à la conception graphique de systèmes.

Des outils de développement à grande échelle

En ajoutant de plus en plus de capacités à la plate-forme LabVIEW, que ce soit pour de nouvelles cibles matérielles ou de nouveaux outils de conception de haut niveau, NI s’efforce de répondre aux principales demandes des utilisateurs : une intégration ouverte, des performances et la facilité d’emploi. En se basant sur les récents commentaires des utilisateurs, NI s’est concentré sur l’ajout de nouveaux outils et techniques de génie logiciel. Dans une récente étude sur les utilisateurs de LabVIEW, environ deux tiers des réponses ont indiqué que des équipes multi-développeurs travaillent sur leurs projets LabVIEW, avec une moyenne de quatre développeurs par équipe. Certains ont également rapporté avoir choisi LabVIEW en tant qu’outil de conception de systèmes destiné aux projets à grande échelle et aux applications complexes qui nécessitent au moins 50 développeurs.

Un nombre croissant d’entreprises pense que le succès du développement d’applications d’envergure dépend de l’utilisation de processus et d’outils de développement logiciel formel. Comme le logiciel devient rapidement plus complexe et joue un rôle croissant dans les projets critiques à grande échelle, les développeurs LabVIEW continuent à tirer parti des nouveaux outils de génie logiciel de la plate-forme. National Instruments présente les Toolkits LabVIEW Desktop Execution Trace et LabVIEW Unit Test Framework, en plus d’outils tels que le gestionnaire de projets LabVIEW, des bibliothèques et des structures de programmation orientées objet. De plus, les ingénieurs NI ont analysé les commentaires des utilisateurs et ont ciblé les processus de mise à jour et de déploiement en tant que domaine d’amélioration.

Perspectives de LabVIEW 

Après 22 ans de développement, les ingénieurs NI savent que l’amélioration de la plate-forme LabVIEW ne connaît aucune limite. National Instruments reconnaît son engagement envers les utilisateurs de LabVIEW et comprend la demande de plus de performances, d’outils plus intuitifs et d’une meilleure intégration. Sur la base des commentaires des utilisateurs, les projets à long terme en cours de développement incluent l’ajout d’une interface graphique améliorée, un meilleure utilisation du Web dans LabVIEW, des capacités de visualisation et de conception de système de très haut niveau et la création d’un environnement de développement plus flexible. Des améliorations sous-jacentes sont également prévues, comme la mise à jour du compilateur, l’ajout de capacités complexes de cadencement et de déclenchement, ainsi que la documentation des API à tous les niveaux de la plate-forme, pour un meilleur accès des utilisateurs.

Par Armando Valim, responsable de groupe pour LabVIEW chez National Instruments.

Source : http://zone.ni.com/devzone/cda/pub/p/id/942

 

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Deux Bosons de Higgs au lieu d’un !

Le 4 juillet 2012, l’équipe du CERN annonçait officiellement avoir trouvé le fameux boson de Higgs, grâce au plus grand collisionneur de particules au monde (le Large Hadron Collider). Une découverte capitale pour la science car le Boson de Higgs est une particule élémentaire du modèle standard et la dernière qui restait à être débusquée.

Théorisée en 1964 par Peter Higgs ainsi que Robert Brout et François Englert, cette particule permettrait d’expliquer pourquoi les particules ont une masse. Leur idée est qu’un champ de force invisible dit « champ de Higgs » s’est formé au même moment que le Boson de Higgs, suite au Big Bang et après que la température de l’Univers a atteint un certain seuil. Ainsi les particules ont obtenu leur masse grâce à l’interaction avec ce champ et l’intervention du Boson : « Plus elles interagissent avec le champ de Higgs, plus elles deviennent lourdes. Au contraire, les particules qui n’interagissent pas avec ce champ ne possèdent aucune masse. »

La traque a débuté il y a près de 50 ans. Une quête laborieuse puisque le Boson est extrêmement difficile à repérer en raison de la brièveté de son existence, du fait que l’on ne connaisse pas sa masse et des conditions très particulières de son observation. Il faut attendre 2009 pour que l’accélérateur de particules LHC soit construit. Les chercheurs, désormais armés de ce puissant outil munis de six détecteurs, dont le détecteur Atlas précisément utile à cette tâche, se lancent à la recherche du Boson. Pour le dénicher, ils doivent faire entrer en collision des particules à une vitesse quasi similaire à celle de la lumière, observer leur désintégration et détecter le court instant où le Boson se présente. Ce qui n’est évidemment pas une mince affaire. Malgré tout, les scientifiques du CERN affirment le 4 juillet avoir trouvé la particule de Higgs et estiment cette découverte à 99,9999% fiable.

L’annonce suscite un engouement partout dans le monde et déclenche un déferlement médiatique. On songe alors à l’origine de l’univers. Ce n’est donc pas un hasard, si en fin d’année 2012, la revue scientifique américaine Science considère la découverte du Boson de Higgs comme étant la plus grande avancée scientifique de 2012.

Cependant, cette trouvaille est aujourd’hui associée à une bien surprenante révélation qui découle des résultats de l’expérience ATLAS : il y aurait en réalité deux Bosons de Higgs. Précédemment, les recherches faisaient état d’un Boson de masse approximative de 125 gigaélectrovolts (GeV). Mais un nouvel éclairage dans l’étude du Boson indique deux particules de masses respectives de 123,5 GeV et 126,6 GeV, soit une différence importante de 3 Gev. Un cas singulier et inattendu qui se révèle problématique pour les physiciens. La différence étant à la fois trop petite pour qu’il soit question d’une autre particule et trop grande pour que le calcul des savants soit remis en cause.

Pas moins de deux théories rendues caduques par ce résultat. Celle du modèle standard qui ne prévoit l’existence que d’un seul Boson appelé justement Boson de Higgs. Et celle de la supersymétrie, qui, même si elle accepte l’existence de plusieurs Bosons de même type, exclu une telle proximité de masse. Encore une fois dans l’expectative, la patience sera de rigueur avant d’obtenir de nouvelles réponses. Laissons le temps aux scientifiques du CERN, des informations concernant le Boson devraient tomber en mars.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Participez à notre quizz sur l’actualité scientifique de l’année 2012 !

La rubrique Actualité du site Techniques de l’Ingénieur vous accompagne au quotidien : veille technologique, actualité scientifique, présentation des dernières innovations technologiques, sujets polémiques ou insolites, analyse des grandes tendances des sciences et techniques.

Découvrez aussi, chaque semaine, « La revue du web », une sélection de vidéos marquantes glanées sur la toile, présentant un intérêt scientifique certain, en lien – ou non – avec l’actualité des sciences. Vous avez pu suivre également nos conférences en ligne animées par les experts Techniques de l’Ingénieur.

Quels ont été les grands sujets scientifiques de l’année 2012 ? Notre équipe de rédacteurs a rassemblé les sujets qui ont marqué l’actualité des sciences et techniques et a concocté pour vous un grand Quizz constitué de 22 questions. Vous trouverez toutes les réponses dans notre rubrique Actualité.

 

Participez dès le 1er février 2013 à ce jeu concours en cliquant ici et tentez de gagner une journée exceptionnelle de visites du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) accompagné par la directrice éditoriale des Éditions Techniques de l’Ingénieur.

Bonne chance à tous !

Participez en cliquant ici

 

La graine de pastel enfin utilisée en cosmétique

Pour la première fois, des protéines de pastel sont utilisées dans des produits cosmétiques. La société toulousaine Cocagne et Compagnie vient de commercialiser sa nouvelle gamme de soins pour le visage à base de ces protéines. L’intérêt ? Ses propriétés anti-âges qui en font un soin très prisé des femmes.

Alors que jusqu’ici le pastel n’était utilisé que pour son aspect colorant, il a suscité un regain d’intérêt à la fin des années 1990, tout d’abord pour des applications dans les domaines des textiles ou de la peinture, puis pour des cosmétiques, tel le maquillage, pour sa coloration bleue. Enfin, le pastel est une plante qui produit des graines en très grande quantités, d’où l’idée d’en extraire de l’huile. Mais l’abondance de graines fait que la seule fabrication d’huile ne suffit pas à tout utiliser. D’où l’intérêt de trouver une nouvelle utilisation à ces graines.

Coopération avec l’INP de Toulouse

Découvrant les propriétés antivieillissement du pastel, Cocagne et Compagnie a souhaité s’en servir pour ses cosmétiques, redonnant toutes ses couleurs à des graines de pastel sous-exploitées. Cette renaissance de la graine de pastel n’aurait pas été possible sans la mise au point d’un tout nouveau procédé permettant d’extraire la protéine. En effet, lorsque l’on produit de l’huile de pastel, on se retrouve avec d’un côté l’huile, de l’autre le tourteau, c’est-à-dire les graines écrasées. Ce reliquat contient les protéines convoitées. Pour les récupérer, Cocagne et Compagnie s’est tourné vers le Laboratoire de Chimie Agro-industrielle de l’INP à Toulouse. « Je travaille depuis de nombreuses années sur le pastel. Lorsque Cocagne et Compagnie est venu nous voir, nous avons été séduit par leur projet. Il nous a fallu une année pour mettre au point le procédé d’extraction » raconte Gérard Vilarem, directeur adjoint du laboratoire de chimie agro-industrielle.

En association avec le Centre de Ressources Technologiques CATAR, ils ont élaboré un procédé d’extraction à l’eau, sans solvant organique. A l’issue de l’opération, la fraction protéinique obtenue est directement utilisable par formulation. Le procédé a été optimisé de façon à le rendre le moins couteux possible. Le brevet déposé au printemps 2012 concerne le procédé et l’application, soit un procédé d’extraction de protéine orienté spécifiquement pour cette application cosmétique.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

Formation : Réglementation cosmétique et sécurité des ingrédients

Objectifs


  • Identifier les obligations réglementaires avant la commercialisation d’une formulation cosmétique.
     
  • Mettre en pratique la réglementation pour les produits cosmétiques.
     
  • Lister les actions à mettre en place et les échéances à respecter, en vue de la commercialisation d’une formulation cosmétique.
     
  • Piloter et interpréter une évaluation de la sécurité d’un produit cosmétique.

 

 

Par Audrey Loubens

Comment conserver les objets en bois ?

De nombreuses recherches sont menées pour optimiser les traitements appliqués au bois, dès sa sortie des eaux. Le CEA a notamment mis en place une équipe sur Grenoble, ARC-Nucléart, dont le but est la conservation et la restauration des objets en matériaux organiques (bois, cuir, fibres) produits par les hommes dans tous les domaines de leur activité, ainsi que la recherche destinée à étudier les matériaux dégradés et développer de nouvelles méthodes de traitements.

Dans le contexte plus particulier des analyses XAS, les premiers travaux ont été menés par le groupe de M. Sandström, à l’université de Stockholm, principalement sur le Vasa et le Mary Rose. Le Vasa est un navire de guerre construit entre 1626 et 1628 qui sombra dans le port de Stockholm après une navigation d’à peine un mille marin lors de son voyage inaugural, en août 1628. La coque, entière et largement intacte, a été renflouée en 1961 et est actuellement exposée dans un bâtiment construit spécialement pour l’accueillir, le musée Vasa, à Stockholm.

Ce musée est aujourd’hui le deuxième le plus fréquenté en Suède. La conservation du Vasa est donc quasiment une cause nationale. Le Mary Rose était, quant à lui, le navire amiral du roi Henry VIII, un véritable emblème des Tudors. Il coula en 1545, lors d’un combat entre Anglais et Français, dans le Solent, bras de mer qui sépare l’île de Wight de l’Angleterre. Il fut renfloué à grands frais en 1982 et constitue aujourd’hui un témoignage unique de la période des Tudors. C’est le seul vaisseau de guerre du XVIe siècle qui soit présenté au public. Il est exposé et restauré à la base navale de Portsmouth. Là encore, sa conservation est un enjeu majeur.

Les mesures XANES de bois immergé

Les premières mesures XANES de bois immergé ont porté sur l’état chimique du soufre. En effet, les composés soufrés qui se sont accumulés dans le bois pendant son immersion constituent une véritable menace aujourd’hui.

Les études ont été réalisées à différentes échelles :

  • Une échelle centimétrique, avec des fragments prélevés sur différentes parties des bateaux, ainsi qu’à différentes profondeurs d’un même morceau de bois ;
  • Une échelle micrométrique, c’est-à-dire l’échelle des cellules du bois, en cartographiant sur des petites coupes fines de bois, les différents composés soufrés.

La spéciation du soufre, un facteur déterminant

La spéciation du soufre est un facteur déterminant dans la conservation des épaves, car les différentes formes de soufre n’ont pas toutes la même stabilité, ni la même réactivité, dans les processus d’altération du bois. Dans l’eau de mer, les bactéries qui se nourrissent de matière organique réduisent les ions sulfates en sulfure d’hydrogène H2S. Celui-ci pénètre, sous forme dissoute, dans le bois et est transformé en composés soufrés réduits solides, tels que les thiols, R-SH (où R est une fraction organique présente naturellement dans la lignine du bois) et en sulfures de FeII, par réaction avec le fer environnant provenant notamment des rivets, des clous, des canons et boucliers à canon.

Le soufre s’est tellement accumulé au cours des siècles dans le bois du Mary Rose qu’il a été détecté à des teneurs de l’ordre du pourcent en poids (soit près de 2 tonnes). Après renflouage, le soufre réduit est lentement oxydé en acide sulfurique H2SO4. Celui-ci, s’il n’est pas traité, entraîne une hydrolyse acide des fibres de cellulose au détriment de la stabilité mécanique du bois.

Le rôle du fer dans le processus de dégradation

En parallèle aux analyses du soufre, ces études ont aussi porté sur l’état d’oxydation du fer, provenant de boucliers de canon retrouvés sur l’épave du Mary Rose. Comme indiqué précédemment, le fer peut jouer un rôle dans les processus de dégradation en formant, par réaction avec le soufre réduit, de la pyrite (FeS2), qui peut elle-même être oxydée en sulfate de fer, accompagné d’un largage acide. Il peut aussi catalyser des réactions d’oxydation du soufre, de la cellulose, mais aussi du PEG, le polyéthylène glycol, utilisé dans la conservation des bois archéologiques humides.

Ces travaux ont permis non seulement de mieux comprendre les réactions chimiques responsables des dégradations du bois, mais aussi d’élaborer de nouveaux procédés de traitement de conservation, et d’évaluer leur efficacité.

En résumé, les analyses faites sur biomatériaux s’intéressent souvent à des problèmes de dégradation, provoqués et/ou accélérés par la présence d’ions métalliques dans des réactions d’oxydo-réduction. Dans ce contexte, la mesure doit prendre en compte de possibles effets de photo-réduction, induite par les rayons X eux-mêmes au cours de l’analyse. Les analyses XAS visent aussi à évaluer l’efficacité de traitement de conservation.

 

 

Cet article est un court extrait des bases documentaires de Techniques de l’Ingénieur.

 

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Le rôle des métaux dans la dégradation des matériaux issus de la biomasse

La facilité de préparation des encres ferro-galliques (sulfate de fer et noix de galle), ainsi que leur caractère indélébile, les ont rendues largement utilisées du XVIe au XXe siècle, notamment dans les documents d’archives.

En effet, contrairement aux encres au carbone qui peuvent facilement s’effacer, les encres ferro-galliques pénètrent dans le papier. Cet avantage pratique devient un inconvénient, car il conduit dans son interaction avec le papier à des dommages sévères, allant parfois jusqu’à la formation de trous dans le document.

Ces encres peuvent altérer le papier par deux procédés principaux : une hydrolyse acide, favorisée par l’humidité ; une dépolymérisation oxydative, favorisée par la présence d’oxygène et d’ions ferreux libres. L’importance relative de ces deux mécanismes a été récemment analysée par V. Rouchon et al., au Centre de Recherche sur la Conservation des Collections, Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris). Cette étude repose sur la combinaison d’une mesure cinétique de la viscosimétrie et d’une analyse XANES au seuil du fer, au synchrotron allemand HASYLAB et au synchrotron français SOLEIL. Elle met en évidence que des teneurs en oxygène aussi faibles que 0,1% peuvent induire une dépolymérisation de la cellulose, alors que l’humidité ambiante n’a pas d’effet.

 

 

Cet article est un court extrait des bases documentaires de Techniques de l’Ingénieur.

 

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Analyse des objets d’art : les marqueurs techno-chronologiques

Verres et céramiques

Les deux principales difficultés en technologies verrière et céramique sont la maîtrise de la cuisson (conception des fours et conduite de la cuisson) et la disponibilité de poudres fines ; en effet, la température de frittage est d’autant plus basse que les particules sont fines. Le broyage demande beaucoup d’énergie et donc les poudres naturellement fines (sables, limons, lœss, argiles), ou pouvant être obtenues fines par simple traitement thermique (calcaire, coquilles, silex…) sont activement recherchées.

La production de céramique remonte à la transition paléolithique-néolithique (> 15.000 av. J.-C., en Europe, Afrique, Sibérie et Japon) et demande des températures de l’ordre de 600-650°C pour obtenir, par frittage en phase liquide en atmosphère réductrice, des objets poreux mais robustes mécaniquement.

Les producteurs d’objets en verre, y compris émaillés, acquièrent un niveau technique remarquable sous l’Empire romain avec les productions levantine et se perfectionnèrent sous les dynasties fatimides (X-XIIe siècles, Égypte principalement) puis mamelouks (XVe, Égypte et Syrie). Chaque innovation est un marqueur chronologique qui peut être décelé par l’analyse.

Émaux

Bien que les émaux soient des verres silicatés comme pour le corps des objets en verre, leur technologie est beaucoup plus complexe car ils doivent satisfaire plusieurs critères souvent contradictoires.

En premier : la couleur et la brillance, comme pour le verre massif. En plus, ils doivent posséder une mouillabilité et une viscosité adaptées au support et à sa géométrie, réagir suffisamment avec le support pour un bon accrochage sans générer de bulles ou de cristallisation incontrôlée et surtout être en accord de dilatation avec ce support. En couche mince, pour ne pas écailler (saut d’éclat), ni tressailler (fissuration en étoile), l’émail se doit d’être en légère compression. Plusieurs émaux doivent être posés les uns sur les autres pour réaliser des décors complexes.

En conséquence, l’éventail des compositions des émaux est d’une ampleur sans commune mesure avec celles des verres massiques servant à la réalisation d’objets, voire même de vitraux. La faible épaisseur des émaux nécessite, pour leur conférer une couleur puissante, des incorporations de quantités de pigments beaucoup plus élevées que dans un corps de verre où une coloration par couleurs « transparentes » (la dissolution est obtenue par une faible quantité d’ions chromophores restants en solution) est suffisante.

On comprend pourquoi la technologie sophistiquée de l’émaillage fait des émaux de bons marqueurs technologiques et chronologiques.

Vitraux

Les premiers vitrages datent de l’époque romaine, se perfectionnent aux époques byzantines (VIe siècle : Ravenne, Sainte-Sophie), mais c’est seulement au VIIe siècle, et surtout pendant la période romane, que se développent les compositions imagées faites de morceaux de verre, colorés et épais (plusieurs millimètres), sertis de baguettes en plomb dans une armature (barlotières) de fer. Le dessin obtenu initialement par la découpe et le réseau de plomb évolue avec l’augmentation de la taille des morceaux de verre et l’invention de la grisaille, une sorte d’émaillage permettant d’échapper aux contraintes de la découpe pour le dessin et ainsi de gagner en luminosité.

Les difficultés politiques d’approvisionnement en fondants sodiques (évaporites des lacs salés ou cendres de plantes côtières du Proche-Orient) conduisent à l’utilisation de sources locales, potassiques, de cendres de plantes (fougères) ou de bois. L’évolution esthétique induite résulte donc en premier des évolutions technologiques (dimension, palette de couleur, grisailles).

Métallurgie, patines et dorures

Nous ne traiterons pas des alliages métalliques proprement dits, car la plupart des méthodes mobiles ne sont pas très pertinentes pour l’analyse fine des métaux puisqu’elles utilisent les liaisons chimiques non métalliques comme sondes, via leur dipôle instantané (spectroscopie IR) ou leur variation de polarisabilité électronique (spectroscopie Raman).

Par contre, toutes les méthodes considérées sont efficaces pour l’étude des surfaces métalliques, les patines, intentionnellement développée par des traitements thermochimiques complexes pour des raisons esthétiques ou couches formées naturellement (corrosion passive ou active/dégradation). Dans les deux cas, les phases formées dépendent de la composition de l’alliage.

 

 

Cet article est un court extrait des bases documentaires de Techniques de l’Ingénieur.

 

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