
Par Hubert Blatz, dessinateur

Par Hubert Blatz, dessinateur
L’IPH (Institut de production intégrée de Hanovre, Basse-Saxe) étend son expertise dans l’automatisation : en collaboration avec la Société pour la promotion de la recherche appliquée en informatique (GFaI, Berlin), il souhaite développer dans les deux prochaines années des solutions logicielles pour la planification et l’automatisation intelligente des flux, dans le sens des « Smart Factories » encouragées par le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF).
En collaboration avec des professionnels de la logistique industrielle, il compte ainsi développer un logiciel qui visera à accélérer la planification des flux de production et à les rendre plus fiables.
Après de nombreux autres domaines, l’intelligence artificielle est ainsi appliquée à la conception et à la planification des usines à l’aide de techniques de « data mining » automatisées et liées au contrôle de la production. Pour cela, les ingénieurs et les informaticiens de Hanovre et Berlin souhaitent utiliser un type d’algorithme basé sur les réseaux « bayésiens ».
Un réseau bayésien est en informatique et en statistique un modèle graphique probabiliste représentant des variables aléatoires sous la forme d’un graphe orienté acyclique. Ils servent ainsi à calculer des probabilités conditionnelles. Pour un domaine donné (par exemple médical, ou industriel), on décrit les relations causales entre des variables d’intérêt par un graphe, dans lequel les relations de cause à effet entre les variables ne sont pas déterministes, mais probabilisées. Ainsi, l’observation d’une cause ou de plusieurs causes n’entraîne pas systématiquement l’effet ou les effets qui en dépendent, mais modifie seulement la probabilité de les observer. L’intérêt particulier des réseaux bayésiens est de tenir compte simultanément de connaissances a priori d’experts (dans le graphe) et de l’expérience contenue dans les données.
Les algorithmes seront d’abord développés lors de recherches sur le terrain, sur la base des données logistiques existantes, puis un logiciel pourra générer des modèles de simulation. Des entreprises de la Basse-Saxe, de la Bavière et du Bade-Wurtemberg se sont déjà montré intéressées par une participation, qui reste ouverte à des sociétés allemandes ou étrangères jusqu’à la fin de la première phase en octobre 2014.
Ce projet de recherche illustre un des thèmes phares du CeBIT 2012 qui présentait les systèmes « cyber-physiques », c’est-à-dire l’innovation dans l’interconnexion du Cloud computing, des logiciels et des objets physiques (équipements de production, infrastructures, capteurs) comme l’avènement de la quatrième révolution industrielle.
Source : www.bulletins-electroniques
La Société Fraunhofer et l’Université de Southampton (Royaume-Uni) ont lancé le 19 novembre 2012 un partenariat de recherche stratégique sur le thème de la science de l’internet, ou « Web Science ». L’objectif est de développer de nouveaux services et technologies pour le World Wide Web. La Société Fraunhofer s’implique dans la coopération par le biais de son institut pour l’analyse et les systèmes d’information intelligents (Fraunhofer IAIS, Sankt Augustin, Rhénanie du Nord-Westphalie) et l’institut pour les systèmes de communication ouverts (Fraunhofer FOKUS, Berlin).
« Avec l’Université de Southampton, nous gagnons un partenaire de premier plan dans la recherche sur l’Internet. Son expertise de longue date sur le plan théorique sera connectée aux capacités de recherche appliquée des instituts Fraunhofer dans le but de développer des solutions d’information et de communication intelligentes », explique Ulrich Buller, directeur de recherche de la Société Fraunhofer et président de sa filiale britannique, la Limited Fraunhofer UK Research.
L’équipe des partenaires scientifiques concentrera son projet de recherche conjoint autour de cinq priorités :
– le domaine de l' »Open Data », dans lequel sera étudié comment les données accessibles au public, telles que dans le commerce électronique et l’administration en ligne, peuvent être utilisées plus efficacement.
– Le « Web Observatoire », qui traitera de l’identification des informations sur Internet et de leurs traitements, afin d’analyser des phénomènes (économiques, politiques, etc.) et prédire des tendances.
– La section « collaboration sociale et crowdsourcing », qui analysera le thème de la collaboration collective et plus particulièrement comment les plateformes numériques ouvertes permettent à de nouveaux concepts, ou des idées innovantes, d’émerger.
– Le champ des « objets web dynamiques », qui a pour objectif de mieux comprendre la nature, le comportement et le cycle de vie des objets multimédias dynamiques, afin de les rendre disponibles pour les organisations.
– Enfin le thème « Services Internet », où il s’agira de développer de nouveaux services numériques de confiance qui améliorent la circulation de l’information au sein des organisations.
Du côté de l’Université de Southampton seront mis à contribution Dame Wendy Hall et Nigel Shadbold, reconnus internationalement dans ce domaine de recherche. Des liens étroits sont également visés avec Sir Timothy Berners-Lee, considéré comme un des inventeurs du World Wide Web, et également titulaire d’une chaire à l’Université de Southampton. Les deux instituts Fraunhofer engagés dans la coopération développent quant à eux depuis de nombreuses années des systèmes d’information, de communication et d’administration en ligne, pour les entreprises industrielles et les organismes publics.
Source : www.bulletins-electroniques
Octobre 2012, dans l’Est des Etats-Unis, alors que dans les quatre coins du pays l’on célèbre le Mois National pour la Sensibilisation à la Cybersécurité, l’Université du Maryland, College Park, nomme à la tête de son tout nouveau programme éducatif sur les enjeux de la sécurité informatique un Français, Michel Cukier. Ce professeur spécialisé dans la cybersécurité et la sûreté de fonctionnement, est arrivé aux Etats-Unis en 1996 à l’occasion d’un poste de post-doctorant à l’Université de l’Illinois, Urbana-Champaign. En 2001, il rejoint l’Université du Maryland pour devenir professeur assistant, puis est promu en juillet 2008 professeur associé. Onze ans plus tard, il est choisi par cette même université pour diriger un nouveau programme éducatif basé autour de la cybersécurité, le programme ACES pour « Expérience Avancée sur la Cybersécurité pour les Etudiants ». Ce programme vise à offrir aux étudiants la possibilité d’étendre leurs compétences dans le domaine de la sécurité informatique avec une formation large et un accès à de multiples outils et ressources. Nous vous proposons donc de faire un retour sur cette nomination et d’en savoir plus sur ce programme. Propos recueillis en entretien téléphonique par Thomas Debacker.

M. Cukier, vous venez d’être nommé en tant que premier directeur du tout nouveau programme ACES, qu’est-ce cela représente pour vous de prendre les commandes d’un tel programme aux Etats-Unis ?
Michel Cukier : C’est d’abord un grand honneur que m’a fait l’Université du Maryland en me nommant directeur d’ACES. C’est ensuite une importante responsabilité. Avec l’équipe que nous sommes en train de composer, nous souhaitons essayer d’élargir la vision de la sécurité informatique. L’idée sur laquelle je souhaite avancer est que ce domaine a une forte composante multidisciplinaire. Nous souhaitons aussi disposer d’un panel large d’étudiants issus de différents milieux et de formations diverses. Notre but est de former la nouvelle génération de « leaders » en sécurité informatique. En plus des compétences techniques, nous développerons une formation pour que ces étudiants puissent posséder les compétences d’analyse et de réflexion les plus appropriées possibles pour faire face aux nouveaux challenges posés par la sécurité informatique.
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce programme ?
Michel Cukier : Il existe beaucoup de programmes au niveau graduate (ndlr : études au delà de la licence) que ce soit des Masters, des thèses ou des programmes professionnalisants autour de la sécurité informatique. C’est cependant beaucoup plus compliqué pour des étudiants « undergraduate » (ndlr : équivalent du premier cycle universitaire en France). Il existe encore à l’heure actuelle de grandes discussions sur ce qui devrait leur être enseigné à ce niveau, sur ce que couvre la sécurité informatique ainsi que sur les disciplines couvertes. Est-ce une discipline à part entière ? Certains chercheurs avancent le fait qu’il n’y ait pas de sciences en sécurité informatique. Il est donc difficile de savoir comment enseigner à des étudiants sortants du lycée ce qu’est la sécurité informatique et surtout leur enseigner que c’est autre chose que du hacking. C’est une problématique plus complexe.
Le premier avantage conséquent de ce programme, c’est qu’il est lié au Honors College. Au niveau de l’Université du Maryland, le Honors College accueille les 1000 meilleurs étudiants de l’université chaque année (pour un cycle de 4 ans et un total de 4000 étudiants). Nous avons donc à disposition un vivier exceptionnel de candidats auprès desquels nous pouvons activement recruter et convaincre de suivre le programme.
Le second avantage de ce programme, c’est que je suis convaincu que le domaine est multidisciplinaire. La vision actuelle met en avant un aspect très technique de la cybersécurité. Je souhaite donc sortir de cette idée, de mettre de côté l’aspect purement technique et mettre en avant les aspects du système entier, les aspects humains aussi. Les classes seront donc formées autour de divers discipline comme l’économie, la politique publique, la criminalité ou encore la psychologie.

Nous nous intéressons en ce moment à l’idée de mettre en place un programme d’étude à l’étranger, et nous cherchons notamment à trouver des partenaires en France qui seraient intéressés pour accueillir des groupes d’étudiants durant des classes pour échanger et voir les différences de perception de la cybersécurité et des risques entre les Etats-Unis et la France.
Enfin depuis longtemps, j’attache de l’importance à promouvoir la diversité des étudiants et donc la présence de sous-groupes parfois trop peu représentés dans les domaines scientifiques. C’est quelque chose qui est important si l’on veut résoudre des problèmes complexes car on se rend compte que chacun réagit de façon différente. Nous faisons donc d’importants efforts pour recruter un grand nombre de femmes et de minorités, et faire en sorte qu’ils restent dans le programme.
Etre étranger et être nommé à la direction d’un programme américain, cela n’a-t-il pas une signification forte / particulière ?
Michel Cukier : J’ai effectivement la double nationalité française et allemande. Je suis né au Luxembourg, j’ai grandi en Belgique. Je suis donc très européen. L’Université du Maryland n’a donc pas cherché coûte que coûte un Américain, mais a au contraire accepté de mettre à la tête de ce programme avec beaucoup de visibilité quelqu’un qui n’est pas citoyen américain, quelqu’un avec un accent français pour diriger un programme unique en sécurité informatique. Cela donne une image très positive des Etats-Unis et met en avant une ouverture d’esprit. Cela prouve qu’il est possible aux Etats-Unis, en venant d’Europe, de se faire engager en fonction de ses qualités. Cette nomination surprend d’autant plus certaines personnes du fait du domaine stratégique et sensible qu’est la sécurité informatique.
Votre nomination va-t-elle influencer votre carrière, vos perspectives professionnelles ?
Michel Cukier : Cela change effectivement un peu les choses. Ce sont avant tout des responsabilités en plus qui me sont données, plus de gestion de personnel, budgétaire et la tâche de monter ce programme. Du point de vue de ma carrière, je vais avoir beaucoup plus de choses à faire sur un plan éducatif, là où j’étais jusqu’à maintenant principalement orienté recherche. Je travaille depuis plusieurs années sur le côté multidisciplinaire de la sécurité informatique et sur la diversité, cette nomination donne ainsi un côté légitime qui est formidable.
Avez-vous gardé des liens avec la communauté française ?
Je possède quelques contacts avec la communauté française au sein de l’Université du Maryland, dans les environs de Washington et au niveau de l’Université de l’Illinois où j’ai été post-doctorant. J’ai aussi gardé des contacts avec des personnes en France ou en Belgique. J’espère pouvoir ainsi renforcer les collaborations avec d’autres écoles françaises comme l’ENSI de Bourges ou l’ENSEEIHT á Toulouse pour n’en citer que deux. Si je peux aider à mettre en place des collaborations avec des écoles françaises, travailler avec des industries françaises ou encore donner des chances aux étudiants français de venir étudier aux Etats-Unis, je serais ravi de faire cela.
ll y a aujourd’hui plus d’un million d’ingénieurs en France et de l’ordre de 200.000 chercheurs dans les domaines qui sont les nôtres, c’est-à-dire maths, physique, chimie, etc… Ces ingénieurs sont issus à 80% des grandes écoles, ce qui signifie qu’ils ont obtenu leur diplôme d’ingénieur d’un des 200 établissements d’enseignement supérieur accrédités par la Commission des titres des ingénieurs (CTI), organe légal créé par décret en 1934.
Contrairement à d’autres pays, il se trouve qu’en France le phénomène associatif est assez développé chez les ingénieurs, et que l’école qui les a formés est leur principal critère de regroupement. Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) est l’organe représentatif de la profession, reconnu d’utilité publique depuis 1860. Cette fédération regroupe environ 180 associations, pour la plus grande partie des associations d’anciens élèves, une partie d’associations scientifiques (sociétés savantes) mais aussi des associations professionnelles (par exemple les ingénieurs experts auprès des tribunaux, ou bien les IPF qui sont des ingénieurs dont les compétences professionnelles sont régulièrement contrôlées et validées par des représentants de l’État). Le troisième type d’association que nous fédérons est ce que nous appelons les Unions régionales d’ingénieurs et de scientifiques (URIS). Il y a, en France, 25 de ces organisations régionales. Quelques sections internationales aussi.
Dans la mesure où nous sommes l’organisme représentatif de la profession d’ingénieur et de scientifiques en France, nos membres attendent de nous leur représentation auprès des pouvoirs publics, la valorisation de la science et de la technologie, et, bien évidemment, la promotion des métiers scientifiques. En découle de fait un aspect formation, et nous suivons de très près ce qui se passe dans l’enseignement supérieur, dans les universités comme dans les écoles d’ingénieurs, ainsi qu’à l’Education nationale : c’est non moins important, car si l’on ne veille pas à ce que suffisamment d’élèves choisissent les études scientifiques, on aura beau développer des écoles et des cursus universitaires, ça ne servira pas à grand-chose si les filières scientifiques ne sont pas approvisionnées. Ce défi est commun à la France et à tous les pays développés.
Mon dernier point est, je dirais, tout ce qui concerne la place de la profession, sa structuration, son éthique, son organisation. Un million d’ingénieurs, c’est près de 4% de la population active de ce pays. « Les ingénieurs » sont un phénoménal réservoir de compétences, de savoir-faire, d’intelligence, une source d’innovation. Il faut aussi savoir qu’aujourd’hui 15% des ingénieurs travaillent à l’international, ce qui veut dire qu’ils ont la connaissance, une expérience profonde, vécue, de pays auxquels la France souhaite s’intéresser. Ils constituent une ressource nationale, ce que nos dirigeants économiques ou politiques n’ont pas pris réellement en compte.
IESF mène plusieurs grands programmes, dont tout d’abord l’enquête annuelle très détaillée que nous effectuons depuis plus de 20 ans sur la situation des ingénieurs. Au début, il s’agissait juste d’une enquête salaires, puis elle s’est enrichie avec le temps et couvre à peu près tout ce que l’on peut avoir envie de savoir sur les ingénieurs, leur formation, leur secteur d’activité, leur fonction, leur perception des entreprises, leur salaire bien sûr mais aussi leur point de vue… Avec chaque année près de 50.000 réponses, c’est un échantillon statistique absolument parfait, qui nous donne un aperçu limpide de ce qu’est la profession, de ses difficultés, de ses attentes, de ce qui va et de ce qui ne va pas.
Un autre programme majeur est ce que nous appelons le Répertoire des ingénieurs français. C’est une base de données de plus de 800.000 noms dont nous sommes les dépositaires et dans laquelle on retrouve les ingénieurs diplômés de ce pays, avec leur nom, leur diplôme ainsi que l’année d’obtention et l’établissement qui le leur a délivré. Ce registre de la profession qui fait foi est mis à jour chaque année par les associations d’anciens ou les écoles. On me parle d’un taux de consultation qui dépasserait les 100.000 par mois. Ce qui traduit entre autres que DRH et chasseurs de têtes consultent notre Répertoire pour vérifier que les gens qui disent avoir un diplôme l’ont effectivement obtenu. Rappelons l’histoire récente d’un individu qui avait dirigé un aéroport régional pendant quelques mois avec de faux diplômes. Les entreprises veulent se prémunir contre ce genre de choses…
Nous avons également des « comités sectoriels ». C’est-à-dire que sur une quinzaine de grands secteurs (énergie, aéronautique, environnement, génie civil…) des spécialistes se réunissent à intervalles réguliers. Ils assurent une fonction de veille technologique, et maintiennent aussi une forme de cohérence entre les associations d’ingénieurs qui ont souvent leurs propres groupes professionnels. Ces comités ont également mission de publier de temps à autre des « white papers » matérialisant leurs études et le fruit de leurs cogitations, ainsi que des « position papers » pour permettre à IESF de s’exprimer et de communiquer correctement à l’occasion de grands débats nationaux ayant une incidence scientifique ou technique, ou bien lorsque se produit un événement majeur qui peut concerner la communauté des ingénieurs et scientifiques.
Le dernier point que je voudrais mentionner est le « Livre Blanc » des ingénieurs et scientifiques de France. En termes de communication, ingénieurs et scientifiques sont rarement en lumière, plutôt occupés à travailler. Souvent pointilleux, préférant être absolument sûrs de leurs déclarations, ils ont tendance à tout vérifier cinq fois avant de s’exprimer, et arrivent souvent avec retard dans les débats, une fois que tout est joué. Nous avons publié le Livre Blanc en novembre 2011 dans la perspective des élections présidentielles, au terme d’une large consultation qui a duré plus de six mois auprès des ingénieurs et scientifiques français à travers leurs associations. Nous leur avons demandé quels étaient pour eux les sujets importants, les priorités.
Assorti de 40 propositions pour réindustrialiser la France, le Livre Blanc est axé sur l’industrie, sur l’innovation, sur la formation au long de la vie, sur l’énergie, sur le développement responsable, sur la maîtrise des risques, enfin sur l’image de la science et de la technologie. Ce n’est donc sans doute pas un hasard si ces thèmes ont été largement abordés par chacun des grands candidats tout au long de la campagne présidentielle.
Propos recueillis par Sébastien Tribot, journaliste scientifique
Le concept de chimie verte est défini en 1998 par les chimistes américains Paul Anastas et John C. Warner, appartenant à l’EPA, Environmental Protection Agency. La chimie verte prévoit l’utilisation de principes pour réduire et éliminer l’usage ou la génération de substances néfastes pour l’environnement, par de nouveaux procédés chimiques et des voies de synthèses « propres », c’est-à-dire respectueuses de l’environnement.
La chimie durable est un processus qui prend en compte tout le cycle de vie du produit, que l’on retrouve dans les produits comme les résines biosourcées.
Les résines biosourcées sont des résines qui sont essentiellement issues de ressources renouvelables – végétales – en remplacement, pour des produits techniques, des produits issus de la chimie et produits pétroliers. Soit des résines epoxy ou polyurethane en partie bio – pas forcément traduissible par Agriculture Biologique – dans des proportion allant de 40 à 90% du produit total sans solvant.
Leur activité est à peine amorcée mais déjà les investisseurs parient sur le succès de plusieurs petites sociétés françaises misant sur le végétal comme matière première de la chimie, à l’image de Global Bioenergies qui vient de réussir son entrée en Bourse.
Fondé en 2008 sur le Génopôle d’Evry (région parisienne), Global Bioenergies voulait lever 4,6 millions d’euros pour développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures.
Au final, la jeune société a obtenu 6,6 millions d’euros en s’introduisant sur le marché Alternext. Son action à 19,85 euros, dont la cotation débutera le 15 juin, valorise la start-up à 31,4 millions d’euros.
Ce succès dépasse nos attentes, s’est réjoui Marc Delcourt, son PDG et co-fondateur, interrogé par l’AFP.
Avant Global Bioenergies, d’autres jeunes pousses de la chimie du végétal, Deinove et Metabolic Explorer (MetEx), avaient déjà réussi le pari de l’introduction en Bourse, respectivement en 2010 et 2007.
Et le phénomène ne se limite pas à la France. Aux Etats-Unis, des sociétés comme Solazyme ou Gevo ont récemment réussi leur appel au marché.
Leurs thématiques sont d’actualité et on sent pour elles un engouement fort et une réalité industrielle incontournable et irréversible, relève Pierre Gadrat, directeur de l’activité chimie-matériaux à la société de conseil Alcimed.
Signe de cet enthousiasme pour les voies alternatives à la pétrochimie, le projet PIVERT (Picardie Innovations Végétales Enseignements et Recherches Technologiques), futur institut d’excellence dans la chimie du végétal, vient d’être sélectionné par l’Etat, avec un budget de 220 millions d’euros sur dix ans.
Pendant longtemps, la chimie verte a été cantonnée à des applications de niche (…). Aujourd’hui, le volume des marchés ciblés est plus conséquent, donc cela donne une réalité industrielle plus forte, explique M. Gadrat.
Néanmoins, miser sur ces jeunes sociétés est un pari risqué, car elles sont encore davantage à un stade d’expérimentation qu’à un stade industriel. A l’heure actuelle, leurs revenus se limitent à d’éventuels paiements de licence et à des subventions.
MetEx, qui travaille à développer des micro-organismes capables de produire, en se nourrissant de matières végétales, les mêmes composés chimiques que ceux issus de la pétrochimie, veut commercialiser ses premiers produits en 2012. Alors que ses revenus ont été nuls au premier trimestre 2011, elle avait indiqué fin 2010 espérer un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en 2013.
De son côté, Deinove a réussi à sélectionner la bactérie déinocoque adéquate pour son projet de fabrication de bioéthanol nouvelle génération, ce qui a permis fin mai un financement de 1,6 million d’euros de la part de la banque d’aide aux PME (Oséo). Un essai en usine en grandeur réelle est anticipé pour début 2014.
Quant à Global Bioenergies, notre principale priorité est d’avancer vers l’industrialisation de notre procédé qui sert à produire de l’isobutène et de répliquer ce succès à d’autres molécules de la pétrochimie, a indiqué M. Delcourt. Une usine de démonstration est attendue pour l’exercice 2015/2016.
Son entrée en Bourse va lui permettre non seulement de financer son développement mais aussi d’être plus visible à l’égard de partenaires potentiels. On a un grand nombre de discussions en cours avec des industriels (pour d’éventuelles licences, ndlr). Le fait d’être une société visible et cotée en Bourse nous ajoute du poids, estime Marc Delcourt.
Dans 15 ans, 10 à 15% de la surface agricole française pourrait être dédiés aux besoins de la chimie du végétal. Au détriment des ressources alimentaires ?
Sources : Wikipedia, CNRS, Romandie.be et Résine biosourcée
La place considérable quʼelle occupe au niveau national permet à lʼindustrie chimique française dʼoccuper le second rang européen et le cinquième rang mondial. Elle représente même le premier exportateur, avec 13,4% des exportations manufacturières. Enfin, un excédent commercial de 5 milliards dʼeuros fait de lʼindustrie chimique le troisième secteur industriel, derrière lʼaéronautique et la fabrication de médicaments.
Toutefois, face aux enjeux environnementaux actuels, la chimie de demain devra sʼadapter pour se montrer plus durable et plus respectueuse de lʼenvironnement. Après lʼexplosion dʼAZF (dont jʼai été le rapporteur de la commission dʼenquête) et de nombreux débats survenus dans le cadre du Grenelle de lʼenvironnement sur les effets toxiques et persistants de certains pesticides, une image dʼindustrie polluante et dangereuse a été associée à la chimie, occultant de fait les bénéfices quʼil est possible dʼen retirer.
La chimie durable compatible avec les objectifs du respect de lʼenvironnement constitue la chimie verte, dont les principes ont été théorisés par Paul Anastas et John C. Warner. La chimie verte prévoit lʼutilisation de technologies qui permettent de limiter les pollutions à la source, dʼoptimiser lʼincorporation de réactifs, de concevoir des synthèses chimiques propres (c’est-à-dire moins dangereuses), de réduire les produits dérivés qui peuvent générer des déchets, de limiter les pollutions, de privilégier lʼéco-conception du produit en anticipant sur son mode de dégradation finale, de mieux intégrer les processus réactionnels pour prévenir accidents et explosions, et dʼutiliser des matières biorenouvelables afin de limiter le recours aux matières fossiles.
De tels objectifs modifieront profondément les secteurs de la chimie. Notre rencontre ne doit pas pour autant conduire à différencier une chimie propre utilisant des produits naturels dʼune chimie polluante, dangereuse et donc à proscrire. Nous avons besoin de lʼensemble de la chimie dans nos activités industrielles. Ainsi, plus de 70% des produits fabriqués par lʼindustrie chimique sont en réalité destinés à dʼautres secteurs industriels. La chimie représente donc un moteur de lʼinnovation pour lʼensemble des secteurs industriels. Les objectifs doivent par conséquent devenir un véritable axe stratégique pour la recherche et lʼindustrie.
Les modifications apparaissent au niveau politique, avec bien entendu les règlements REACH et le fait que, depuis lʼannée 2008, les industriels sont contraints de prouver lʼinnocuité de leurs produits pour lʼhomme et pour lʼenvironnement. Jʼétais moi-même, avant de devenir parlementaire, biochimiste. Jʼai beaucoup travaillé sur la catalyse enzymatique. Jʼai vu comment la catalyse est capable de fabriquer extrêmement rapidement des produits sans augmentation de température et sans augmentation de pression. La catalyse permet ainsi de réduire la consommation dʼénergie et la quantité de réactifs utilisés. La fabrication dʼune molécule simple comme lʼibuprofène nécessitait par exemple par le passé six réactions chimiques avec la disparition de 60% de masses de réactifs transformés en déchets.
Aujourd’hui, un système catalytique permet de fabriquer lʼibuprofène en trois réactions. En outre, nous retrouvons dans le produit final 77% de la masse atomique de la fabrication du produit, tandis quʼune part des 23% restants est réutilisable. Les réactions ont donc été profondément modifiées. Nous devons par conséquent privilégier la recherche dans les domaines concernés.
Avec mon collègue Daniel Garrigue, nous avons souhaité réfléchir à la possibilité que la chimie durable devienne un axe stratégique majeur pour la recherche et le développement en France. Nous avons donc tenté, par nos rencontres, de faire en sorte quʼau niveau des pouvoirs publics, la chimie durable soit effectivement retenue comme axe stratégique majeur dans notre pays. Nous avons par conséquent lʼobjectif de nous montrer transparents, les industries qui nʼont pas été transparentes ayant rencontré de graves difficultés dans le passé. Si nous nous montrons transparents, nous réconcilierons la chimie avec le grand public. Nous démontrerons que la chimie française se situe à un niveau dʼexcellence européen, ayant su faire peau neuve et sʼadapter aux défis du XXIe siècle.
Composante fondamentale de l’industrie chimique et pharmaceutique, la chimie organique, ou chimie des composés du carbone, a connu un développement prodigieux au cours du siècle précédent, et ce principalement grâce à la découverte et à l’élaboration de nouvelles molécules. Son impact sur notre société est visible, multiple et positif. Aujourd’hui, elle fait, à juste titre, partie intégrante de notre quotidien, à travers une variété de produits indispensables à notre santé (alimentation, médicaments…) ou qui contribuent grandement à l’amélioration de notre qualité de vie (matériaux, cosmétiques…). Qui plus est, elle prend une part active à notre développement économique.
Toutefois, sa forte dépendance vis-à-vis du pétrole, comme source de matières premières, menace considérablement son avenir. Déjà, à l’heure actuelle, ce secteur est confronté à la montée rapide et inexorable des cours du pétrole, engendrée par une demande mondiale grandissante en matière d’énergie ; mais aussi il doit prévenir l’épuisement programmé à court terme des ressources fossiles non renouvelables. D’autre part, cette chimie véhicule souvent une image négative auprès de la société aussi bien en matière de santé et de sécurité que d’environnement, et ce d’autant plus lorsqu’elle est à l’origine ou associée à des catastrophes écologiques et/ou humaines.
Tout le monde a encore en mémoire la tragédie de la thalidomide en 1961 (sédatif hypnotique dont l’énantiomère (S) a montré très vite des effets tératogènes importants chez la femme enceinte) et l’usage excessif des pesticides comme le DDT (puissant insecticide dont la persistance est évaluée de 1 à 10 ans), mettant en cause tour à tour l’industrie pharmaceutique et l’industrie agrochimique. Les accidents industriels les plus médiatiques – comme ceux de Feyzin (France, 1966), Seveso (Italie, 1976), Bhopal (Inde, 1984), Bâle (Suisse, 1986), Protex (France, 1987), La Mède (France, 1992) ou encore l’explosion de l’usine AZF à Toulouse (France, 2001), ainsi que les problèmes liés à la gestion des rejets et des déchets chimiques et à l’accumulation des gaz à effet de serre n’ont fait qu’accentuer cette crise de confiance.
Pourtant, au cours de ces dernières années, l’industrie chimique a, pour sa part, profondément évolué en contrôlant la plupart des cycles de vie des produits (production, manipulation et recyclage) et en s’efforçant ainsi à intégrer les principes d’une chimie durable dite chimie écocompatible ou chimie verte – c’est-à-dire plus soucieuse de l’environnement et qui cherche à prévenir la pollution tout en restant compétitive – devenant de ce fait un acteur majeur en matière de développement durable.
Le développement d’une chimie durable dite « chimie écocompatible » ou « chimie verte » constitue un défi majeur pour les chimistes de synthèse. Un des objectifs de la chimie verte est de concevoir des produits et des procédés chimiques permettant de réduire ou d’éliminer l’utilisation et la synthèse de substances dangereuses et toxiques. Pour atteindre ce but, le chimiste de synthèse doit intégrer un certain nombre de principes de base (12 principes de la chimie verte) parmi lesquels on peut citer la limitation de l’emploi de solvants organiques (toxiques et inflammables) et de réactifs coûteux et dangereux, la diminution de la quantité de sous-produits et de déchets des réactions en incluant les étapes de séparation et de purification, l’économie d’atomes et d’étapes en privilégiant les réactions catalytiques plutôt que stoechiométriques. Cette démarche doit inclure la totalité du procédé, à savoir la réaction en elle-même ainsi que son traitement en limitant les problèmes de séparation et de purification.
L’approche classique du chimiste organicien de synthèse, qui consiste à effectuer les réactions en milieu homogène en utilisant un solvant organique commun à l’ensemble des partenaires réactionnels, induit non seulement des étapes de séparation et de purification coûteuses et génératrices de déchets supplémentaires, mais aussi des effets de dilution et de solvatation qui peuvent limiter l’efficacité.
L’utilisation de systèmes polyphasiques (par exemple liquide-liquide ou solide-liquide), avec transfert d’un ou plusieurs partenaires d’une phase vers l’autre, constitue une alternative plus écorespectueuse et généralisable à la plupart des réactions de la chimie organique. Cette chimie par transfert de phase s’applique aussi bien à des processus stoechiométriques que catalytiques, le transfert de phase ayant lieu soit en cours de réaction, soit après réaction. Les procédés par transfert de phase présentent de multiples intérêts en termes de chimie durable : ils permettent de limiter, voire de s’affranchir, de l’utilisation de solvants organiques (avec la possibilité d’effectuer des réactions uniquement en présence d’eau) et de faciliter la séparation (idéalement par simple décantation) minimisant ainsi la quantité d’effluents toxiques et le coût énergétique. Ils sont généralement très efficaces, sélectifs et s’opèrent dans des conditions douces.
Dans cet article nous nous focaliserons sur les applications du transfert de phase en chimie de synthèse selon trois grandes approches : la catalyse par transfert de phase qui implique un transfert en phase organique, le transfert de phase inverse qui implique un transfert en phase aqueuse et les systèmes thermorégulés qui impliquent un transfert de phase ou une séparation de phase induite par variation de température.
La faute en incombe au bleu d’émail, un pigment très utilisé dans la peinture murale à partir du 15ème siècle, qui, soumis à l’humidité devient, grisâtre. L’étude a été publiée dans le Journal of Analytical Atomic Spectrometry.
Pour comprendre ce phénomène d’altération des couleurs, les chercheurs ont étudié une oeuvre qui avait été récemment restaurée, « Le Baptême de Jésus », de Luca Signorelli (fin du 15ème siècle), et qui contient du bleu d’émail dans ses couleurs originales. Les chercheurs ont isolé des fragments microscopiques de peinture et les ont comparés avec d’autres échantillons vieillis artificiellement. Ceci a été notamment possible grâce aux méthodes de microscopie électronique à balayage et de spectroscopie à rayons X.
« Ces examens ont montré que les granulés de pigments altérés sont dépourvus de potassium, et que le cobalt, lui aussi contenu dans le pigment, est entouré de 6 atomes d’oxygène en forme d’octaèdre dans 30% des cas, alors que dans les granulés inaltérés, le cobalt possède se trouve au centre d’un tétraèdre formé de 4 atomes d’oxygène. », explique Francesco d’Acapito du Cnr-Iom. « Le changement de la structure du cobalt, observé également chez des peintures de Murillo ou de Veronese par des chercheurs français, semble expliquer le changement de couleur ».
Les chercheurs ont aussi réalisé des calculs théoriques sur les propriétés optiques du cobalt tétraédrique et octaédrique : le premier absorbe fortement le spectre rouge, ce qui permet d’obtenir une couleur bleue, le second, absorbe lui le bleu, ce qui donne une couleur rose. « La présence simultanée des deux structures dans le cas d’un pigment dégradé, entraine une tonalité grisâtre ».
C’est une innovation attendue depuis plus d’un siècle. Avec ce disjoncteur, ABB estime avoir pris de l’avance sur ses deux principaux concurrents, le français ALSTOM et l’allemand SIEMENS, sur ce marché à forte croissance portant sur des milliards de dollars dans le monde.
Le disjoncteur mis au point par ABB est dit « hybride » car il s’agit d’un disjoncteur mécanique couplé à de l’électronique de très haute puissance. Il est capable de stopper un flux de courant continu d’une puissance équivalente à celle qui sort d’une grande centrale nucléaire, ceci en 5 millisecondes, c’est-à-dire 30 fois plus rapidement qu’un battement de cil au niveau d’un œil humain.
La prouesse réalisée peut être comparée à stopper complètement en quelques millisecondes un énorme camion roulant à sa vitesse maximale sur une autoroute a déclaré Claes Rytoft, chef du département ingénierie électrique d’ABB.
Le HVDC (Courant Continu Haute Tension) permet le transport d’électricité sur de longues distances avec un très bon rendement : moins de 3 % de pertes en 1 000 km parcourus. Une caractéristique qui
change radicalement l’équation des énergies renouvelables. Et l’innovation d’ABB bouleverse encore davantage cette équation.
La plus longue ligne HVDC du monde (2375 km) va être inaugurée au Brésil en 2013, record qui sera battu peu de temps après par l’Inde avec une ligne de 2600 km.
Mais sans disjoncteur, l’utilisation de l’HVDC était néanmoins très limitée. Grâce à cette innovation, c’est « un nouveau chapitre de l’histoire de l’ingénierie électrique » qui commence a déclaré Joe Hogan, Directeur exécutif d’ABB.
« S’il sont parvenus à faire ça, c’est très important » a commenté à Reuters-UK Roger Kemp, professeur d’ingénierie à l’université Lancaster en Grande-Bretagne. « Le courant continu est une façon beaucoup plus efficace de transporter l’électricité ».
Avec la rupture technologique d’ABB, il devient à présent possible d’élaborer de grands réseaux électriques (SuperGrid HVDC), c’est-à-dire de travailler en multipoints. Cela n’était pas possible jusqu’à présent et a fortement limité l’attractivité du courant continu dans le passé.
Le réseau électrique évolue et a besoin d’être de plus en plus flexible et interconnecté, et aussi de plus en plus fiable et intelligent pour faire face à de nouveaux défis tels que l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables. Un pays comme l’Allemagne pourraient être l’incubateur d’une telle vision, et de nombreuses études appellent à un réseau plus intégré dans ce pays.
Par Olivier Danielo
Le courant continu consiste en un mouvement des charges dans un seul sens, avec une tension constante. C’est ce type de courant qui est par exemple généré par la première pile du monde, celle mise au point par Alessandro Volta (1800). C’est aussi celui qui est délivré par les modules photovoltaïques et qui utilisé par les ordinateurs, les téléviseurs et les téléphone portables.
Avec le courant alternatif, les charges se déplacent successivement dans un sens puis dans l’autre. Ceci au rythme d’un alternateur, constitué d’un rotor aimanté qui tourne à une fréquence donnée et d’un stator, permettant l’induction électromagnétique.
Les alternateurs de bicyclette, les éoliennes ainsi que toutes les centrales thermiques génèrent ce type de courant. La tension obtenue est sinusoïdale et les fréquences (nombre de tours par seconde) utilisées aujourd’hui dans le monde sont le 50 Hz et le 60 Hz.
Le courant continu possède une « tare congénitale », qui sera fatale aux efforts d’Edison : il est en effet impossible d’augmenter directement sa tension. Or, à puissance délivrée égale, augmenter la tension permet de diminuer l’intensité et donc de diminuer à la puissance 2 les pertes par effet Joule ((P = U x I) où U est la tension et I l’intensité. L’effet Joule (RI2) est l’effet thermique associé à la résistance électrique (R). Plus les pertes par effet Joule sont importantes, moins loin pourra être transférée l’énergie électrique.
L’Edison Illuminating Company parvient en 1884 à alimenter 508 clients (10.164 lampes) localisés sur un rayon d’environ 1,5 kilomètre autour d’un générateur à courant continu (110 volts) installé à Pearl Street, au coeur de Manhattan, New York. L’exploit est historique et marque le début d’un business très prometteur. Mais Edison ne parvint pas à dépasser cette distance très limitée.
Parallèlement, le Français Lucien Gaulard et l’Anglais John Dixon Gibbs réussirent les premiers, en 1883, grâce à un courant alternatif et une tension de 2.000 volts, à transporter de l’énergie électrique sur une distance de 40 km, pulvérisant l’exploit d’Edison. Plus encore, Lucien Gaulard réalise une véritable rupture technologique en mettant au point en 1886 le transformateur. Il devient ainsi possible d’augmenter la tension du courant alternatif et d’allonger considérablement les distances de transfert électrique.
Le transformateur, constitué de deux bobines de cuivre au nombre de spires différent, permet d’augmenter ou d’abaisser la tension alternative par induction électromagnétique. Étant donné qu’il n’y a pas de variation de champ magnétique avec le courant continu, variation nécessaire à l’induction, le transformateur ne peut donc fonctionner qu’avec du courant alternatif.
Facteur aggravant pour Edison, en 1887, une autre innovation apparaît avec Nikola Tesla : celle du courant triphasé (trois sinusoïdes) qui économise entre 30 et 50 % de matériau au niveau de la ligne électrique, facilitant la construction des lignes et la réduction des pertes.
L’homme d’affaires Westinghouse saisit immédiatement l’opportunité, dès 1887, fait breveter un transformateur, puis réalise à Buffalo le premier réseau à courant alternatif du monde pour l’éclairage.
En 1891, la première expérience pour le transport d’énergie sur longue distance est faite en Allemagne, avec une ligne électrique de 175 kilomètres entre la centrale hydroélectrique de Lauffen sur Neckar et Francfort, avec seulement 25% de perte. Battu sur le plan technologique, Edison, qui est allé jusqu’à électrocuter un éléphant pour monter les dangers inhérents au courant alternatif, perd alors l’énorme marché américain de l’électrification.
Les défenseurs du courant continu ne s’avouent pas vaincus pour autant et poursuivent leurs recherches. Mais par quel artifice augmenter la tension du courant continu ? Le Suisse René Thury, surnommé le « roi du courant continu », propose alors de brancher plusieurs générateurs en série. En 1906, une liaison de 200 km, sous 75 kV, est construite avec succès entre la centrale hydroélectrique de Moutiers et Lyon. L’approche montre toutefois ses limites et se révèle rapidement non compétitive. Pendant ce temps, le courant alternatif continue sa fulgurante progression.
Une seconde stratégie émerge alors, notamment de la part des Suédois: utiliser du courant alternatif, augmenter la tension avec un transformateur puis redresser et lisser (le redressage et le lissage de tension, c’est l’inverse de ce que fait un onduleur dans une installation photovoltaïque) le courant alternatif haute tension obtenu pour en faire du courant continu haute tension. Une évolution qui n’a été possible qu’avec l’apparition des premiers redresseurs de tension aux vapeurs de mercure (il s’agit de diodes, c’est-à-dire de dipôles non linéaires et polarisés.) au milieu du XXe siècle. Mais le coût de ce lourd arsenal technologique était rédhibitoire.
A l’issue de la Première Guerre mondiale, l’état de l’Europe inquiétait de nombreux intellectuels, comme l’architecte allemand Herman Sörgel. Ce dernier rencontra Oswald Spengler, l’auteur du livre Le Déclin de l’Occident, et craignit que l’Europe ne sombre dans une pénurie de ressources alimentaires et énergétiques provoquant un nouveau conflit planétaire.
Né d’un père constructeur de barrages hydroélectriques en Bavière, Herman Sörgel élabore alors un plan pour donner un nouveau souffle le à l’Europe : construire un énorme barrage hydroélectrique au niveau du détroit de Gibraltar pour fermer la mer Méditerranée, et créer ainsi, du fait de l’évaporation solaire, un dénivelé d’une dizaine de mètres avec l’océan Atlantique ! Un débit d’eau de mer équivalent à 12 fois les chutes du Niagara aurait alors permis de générer des quantités phénoménales d’électricité hydrosolaire, qu’il fallait ensuite distribuer. Herman Sörgel conçut alors en 1928 un réseau d’autoroutes d’électricité haute tension à l’échelle de l’Afrique et de l’Europe qu’il baptisa « Atlantropa ». Il est le premier à avoir imaginé un supergrid à l’échelle continentale. Atlantropa suscita, à l’époque, une véritable passion. l’hydroélectricité, cœur des premiers projets de super-réseaux.
Quelques années après, en mai 1929, à l’occasion d’un colloque organisé par le groupe du sud-est de la Société française des électriciens, un certain Georges Viel présente un plan visant à construire en Europe un réseau de 3.000 km sous 400 kV. Cet ingénieur français soulignait qu’avec du 220 kV seulement, il était difficile d’envisager l’exploitation de ressources hydroélectriques éloignées de 1.000 km, mais que cela devenait possible avec un réseau 400 kV. Il comprit que l’interconnexion de la France avec l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne permettrait de mutualiser les réservoirs hydroélectriques, et d’économiser la ressource charbon. Dans les années 1930, l’Allemand Oskar Oliven proposa un réseau de 9.750 km sous 200 et 400 kV, permettant de relier le Portugal, la Norvège et la Russie.
Le Suisse Ernst Schönholster vint avec un plan similaire. L’Allemagne hitlérienne, qui avait l’ambition de construire la « Neuropa » (Nouvelle Europe), reprit les idées d’Oliven. Le régime nazi élabora alors un plan de supergrid s’étalant entre Londres, Oslo, Barcelone et Donetzk en Ukraine. Le projet fut abandonné suite à la victoire des Alliés en 1945.
Ce sont les liaisons électriques sous-marines qui ont permis au HVDC de démontrer sa compétitivité pour la première fois. En effet, dans ces conditions, le courant alternatif souffre de l’effet capacitif (l’effet capacitif, quand il est parasite, désigne l’accumulation de charges entre deux lignes conductrices).
La première ligne HVDC sous-marine commerciale du monde, entre l’île suédoise de Gotland et le reste du pays, a été inaugurée en 1954. Le HVDC s’imposa alors dans les liaisons sous-marines et souterraines de plus de 50 km. De nombreuses autres liaisons sous-marines HVDC ont été construites depuis, notamment celle r e l i a nt l a France à l’Angleterre (1961) et celle reliant le Danemark à la Norvège. La plus longue du monde, NorNed 1, mesure 480 kilomètres et relie les Pays-Bas aux réservoirs hydroélectriques norvégiens. Dans les années à venir, une liaison HVDC de plus de 1.000 km reliera l’Islande à la Grande-Bretagne. La conquête terrestre par le HVDC n’arrivera
qu’ensuite.
Si le HVDC remporte sa première victoire sous l’eau, sur terre, en revanche, il faut attendre l’arrivée de progrès technologiques sur les redresseurs permettant de travailler à des tensions plus élevées (en électronique de haute puissance) pour que débute son développement. Dans les années 1970 apparaissent les semiconducteurs, et notamment les thyristors, qui se déclinent au début du XXIe siècle en de nombreuses variantes. Aujourd’hui encore, le fait que, par unité de puissance transférée, les pertes par effet Joule soient deux fois plus faibles en courant continu qu’en alternatif ne suffit pas, pour les distances inférieures à environ 500 km, à rendre le HVDC économiquement pertinent. Le HVDC nécessite en effet la construction de deux convertisseurs de tension à chaque extrémité de connexion, l’un convertissant le courant alternatif en courant continu, l’autre faisant l’inverse, tout ceci avec une électronique de haute puissance coûteuse. Pour les projets portant sur de très grandes distances, comme par exemple relier les centrales solaires d’Afrique du Nord à l’Europe, le HVDC est en revanche tout à fait pertinent.
« Il est aujourd’hui possible de transmettre 6.000 MW par ligne entre le Sahara et l’Europe centrale et même le nord de l’Europe », affirme le Suédois Gunnar Asplund, directeur R&D chez ABB Power Technologies Grid Systems. « Transmettre 700 TWh (environ 20% de la demande électrique de l’Europe, ndlr) requiert une capacité de transmission d’environ 150 GW. 25 lignes seraient donc nécessaires à un coût total (conditions européennes) d’environ 60 milliards d’euros. Cela correspond à un coût par kWh d’approximativement un demi-centime d’euro. » Autrement dit, compte tenu de la différence significative d’ensoleillement direct annuel, l’électricité thermosolaire saharienne, coût de l’infrastructure de transport et pertes d’énergie inclus (environ 10% sur cette distance), est plus économique que le solaire produit dans le sud de l’Europe. Et a fortiori ailleurs en Europe.
De 1945 à nos jours, des liaisons électriques ont été établies au coup par coup entre les différents pays européens, mais sans cohérence d’ensemble à l’échelle européenne. Les centrales nucléaires et celles à combustibles fossiles peuvent être construites à proximité relative des lieux où sera consommée l’énergie, ce qui a réduit l’intérêt de l’approche SuperGrid.
Même si l’électricité est le premier secteur industriel à avoir instauré une véritable politique européenne, ceci avant même la mise en place de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), il a fallu attendre, d’une part, l’émergence des préoccupations environnementales face aux risques associés au nucléaire et aux énergies fossiles, et, d’autre part, la prise de conscience du colossal potentiel du solaire et de l’éolien pour qu’une véritable renaissance de l’intérêt envers le concept de SuperGrid paneuropéen apparaisse.
Avec la montée des énergies renouvelables fluctuantes dans les mix électriques de nombreux pays et la concrétisation du courant continu à haut voltage, l’approche d’un super-réseau mutualisant les outils de stockage devient particulièrement pertinente.
Par Olivier Daniélo
« Les “Amis du super-réseau” (Friends of the Supergrid, FOSG) ont tenu le 21 mars 2012 leur premier colloque. « Il n’y a pas de barrières techniques pour installer un super-réseau électrique européen », a déclaré sans ambages à cette occasion l’Irlandais Eddie O’Connor, président de ce lobby réunissant des acteurs spécialistes des réseaux, parmi lesquels le Français RTE, l’Helvético-Suédois ABB et l’Allemand Siemens. »
Alimenter Berlin avec de l’électricité solaire d’Afrique du Nord (3.000 km), Londres avec de la géothermie islandaise (1 800 km), Paris avec de l’hydroélectricité norvégienne (1 100 km) ou Marseille avec de l’électricité éolienne produite en mer du Nord (1.000 km) entre en effet dans le domaine du possible avec le courant continu haute tension (ou HVDC pour High Voltage Direct Current).
« Les sites de production d’énergies renouvelables sont souvent loin des sites de consommation. L’éolien se trouve sur les côtes, voire au large (mer du Nord, mer d’Irlande, Baltique), le photovoltaïque en Europe centrale et du Sud », constatent les auteurs du rapport European Renewable Energy Network du Parlement européen paru en février 2012. « Il faudra donc améliorer et interconnecter les réseaux de transport d’énergie si l’Europe veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés. » Ils estiment que « l’une des priorités serait de mieux connecter les zones de production en Scandinavie avec l’Europe centrale. Une autre serait d’améliorer le commerce d’énergie entre l’Espagne, le Portugal et la France ».
Un grand réseau électrique (supergrid) reliant les différents pays de l’Europe permettrait d’amortir considérablement la nature fluctuante des ressources éoliennes et solaires, tout en faisant fructifier leur remarquable complémentarité à l’échelle saisonnière.
Éolien et solaire sont deux ressources dont le potentiel technique peut répondre plusieurs fois à la demande électrique totale de l’Europe.
« Plus large est le réseau, plus l’effet de lissage est important », insiste Gregor Czisch, spécialiste des supergrids au sein du cabinet Transnational Renewables Consulting basé à Cassel, en Allemagne. L’expert estime qu’il convient d’étendre le super-réseau aux voisins de l’Union européenne, de la Russie à l’Afrique du Nord.
Point essentiel, un tel réseau permettrait la mutualisation et donc la réduction des capacités de modulation (lac de barrage, Step, stockage thermique, hydrogène, batteries) requises pour adapter l’offre à la demande dans le cadre d’un mix électrique à très haute teneur en éolien et solaire.
Plus vaste est le super-réseau, moins les besoins en stockage, coûteux, sont nécessaires.
La mise en place d’un supergrid en Europe n’impacterait que marginalement le coût du kilowattheure, l’élevant de moins d’un centime d’euro. En l’état actuel des technologies, il n’existe pas d’outil de flexibilité meilleur marché. Le seul obstacle sérieux, en Europe, reste l’acceptation sociale de la construction de lignes à haute tension.
Les grandes ONG écologistes, comme Greenpeace International, militent en faveur de la création d’autoroutes de l’électricité verte en Europe. La Renewables Grid Initiative, dirigée par Antonella Battaglini du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK), et soutenue notamment par le WWF, la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB, Grande-Bretagne) et Natuur & Milieu (Pays-Bas), a comme objectif de sensibiliser les politiques et le grand public à l’intérêt majeur que représentent les supergrids, et ainsi de tenter de limiter les réflexes « nimby » qui freinent les projets d’interconnexion électrique en raison des impacts paysagers locaux.
« Une électricité à 100% renouvelable est davantage réaliste », a insisté Christian Hey, secrétaire général du SRU, à l’occasion d’un débat organisé par EuropaNova, le 29 juin 2011. « Le gouvernement allemand a déjà opté pour un objectif de 80% d’ici à 2050. » Un message qui est parfois bien mal compris en France. De leur côté, les Danois se sont déjà fixé un objectif de 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050.
Dans une étude (Speckmann, 2011) menée dans le cadre d’un projet industriel (Cette étude, menée sous la direction de Markus Speckmann, n’est pas à la disposition du grand public. Les auteurs du rapport European Renewable Energy Network réalisé pour le Parlement européen en font écho et estiment qu’il s’agit de l’étude « la plus complète » sur le sujet réalisée à ce jour.), les scientifiques du Fraunhofer-IWES ont montré que la mise en place d’une supergrid en Europe permettrait, dans sa configuration optimale, de réduire de 90% les besoins en stockage, ce qui est considérable.
Il s’agit d’une donnée essentielle dans le débat énergétique actuel. « Un stockage court mais efficace [de type Step, dont l’efficacité est de plus de 80% sur un cycle complet de pompage-turbinage, ndlr] réduit de façon importante les besoins en appoint », soulignent les chercheurs dans une communication scientifique additionnelle. Si l’on intègre la mise en place d’une gestion intelligente de la demande, les besoins résiduels en stockage ne sont, selon les experts, que de 20 TWh, soit l’équivalent de seulement 50 heures de consommation électrique européenne ! « Un système électrique 100% renouvelable est possible en Europe », concluent-ils.
Néanmoins, en Europe, un tel super-réseau n’existe encore. « Les recherches menées donnent des indications concernant les futurs besoins en stockage. Il y a des incertitudes dans les résultats, comme dans toute recherche », indique dans un esprit scientifique Stefan Bofinger, directeur du dépar tement Réseaux électriques à grande échelle au Fraunhofer-IWES. « Nous menons actuellement une autre étude sur ce thème, mais les résultats ne seront pas publiés avant 2014. » Serait-il possible de répondre aux besoins en stockage de l’Europe entière uniquement avec l’hydromodulable scandinave ? D’un point de vue théorique, « le potentiel scandinave est vraisemblablement suffisant », indique le chercheur. Mais concrètement, en l’état actuel, « nous n’avons pas la copperplate (plaque de cuivre, expression utilisée dans le jargon des experts des réseaux électriques.) ; le super-réseau électrique n’existe pas à ce jour » en Europe.
Pour Eddie O’Connor, président des Friends of the Supergrid, les obstacles à la mise en place d’un supergrid ne sont pas d’ordre technique. « Ce qui est à présent nécessaire, c’est un cadre réglementaire et financier pour permettre la réalisation de ses premiers pas. Ceci afin que l’énergie propre et durable puisse voyager depuis le nord et le sud de l’Europe vers les villes et les communautés de l’ensemble du continent. » La balle est donc dans le camp des politiques. Dix jours après son élection à la présidence de la République, François Hollande a déclaré : « Plutôt que de rechercher de nouvelles avancées sur l’Europe politique, je propose de relever un nouveau défi : après l’Europe de l’acier et du charbon et l’Europe agricole au début des années 1960, le grand marché dans les années 1980, c’est l’Europe de l’énergie avec des objectifs communs en matière d’économies d’énergie et de montée des énergies renouvelables. » Une approche susceptible de séduire outre-Rhin, comme en témoigne l’appel de Philipp Rösler, ministre de l’Économie au sein du gouvernement fédéral d’Allemagne, pour une coordination des politiques énergétiques entre l’Allemagne et la France afin de développer une expansion intelligente des réseaux électriques bénéficiant à tous les pays d’Europe.
Les 15 et 16 septembre 2012, à l’occasion de la conférence environnementale, François Hollande a réitéré cette perspective, appelant l’Europe à décider d’être « une communauté européenne de l’énergie », à l’image « de ce qu’elle a été capable de faire au lendemain de la seconde guerre mondiale autour du charbon, de l’acier ».
Louis Gallois, commissaire général à l’investissement, dans son rapport sur la compétitivité qu’il a rendu à Jean-Marc Ayrault le 5 novembre 2012, dénonce l’absence de politique européenne de l’énergie. C’est une « grave lacune » lâche-t-il. Il est selon lui impératif que l’Europe se réveille sur ce thème majeur, car sinon « sa compétitivité et, à terme, son indépendance, seront exposées à de grands risques. Il importe en particulier, que la transition énergétique soit gérée de manière cohérente en Europe. Chacun peut constater que ce n’est pas le cas ».
Selon la lettre spécialisée Enerpresse, le gouvernement français travaille actuellement sur ce projet d’Europe de l’énergie, ceci sous la houlette d’Anne Lauvergeon, ex-patronne du groupe Areva, qui fait partie des six personnalités nommées pour former le comité de pilotage du débat national sur l’énergie qui vient de commencer.
Par Olivier Danielo
La lutte contre la contrefaçon a représenté en 2004 un montant de 500 Mrds $/an, soit 7 à 9 % du commerce mondial, avec une croissance de 400 % en dix ans. Les vêtements et accessoires représentent 51,5 % de ce volume, alors que les CD, DVD et cassettes ne représentent que 20,7 %, les montres et bijoux 8 %, le parfum-cosmétique 1 %. Les grands pays contrefacteurs sont principalement la Chine (58 %), l’Afrique du Sud (7 %) et la Russie (6 %).








Découvrez les formations Techniques de l’ingénieur :
Goodfellow, fournisseur international de métaux et matériaux destinés à la recherche et à l’industrie, a annoncé la mise sur le marché d’une mousse d’aluminium unique en son genre et d’un rapport efficacité prix optimal.
La mousse est produite par coulée au sable, ce qui permet la reproduction exacte de la forme déterminée avant fabrication.
Le résultat obtenu se présente comme une mousse constituée de cellules de 10mm superposées, à pores ouverts et disposées à intervalle régulier, les pièces fabriquées étant identiques les unes aux autres et présentant toutes les mêmes caractéristiques dès lors qu’elles sont produites selon la même méthode de coulée.
Les avantages de cette nouvelle mousse sont marquants dans deux domaines notamment.
Au niveau échange thermique, sa grande porosité (80-90%) et sa surface relative très importante pouvant atteindre 500 m² / m3 facilitent la circulation des fluides et la récupération thermique, même à des vitesses relativement basses.
En matière d’absorption d’impacts, un produit en mousse d’aluminium reproductible standard peut être adapté à la spécificité de sa destination.
La structure spécifique requise peut être optimisée pour répondre aux besoins d’absorption d’énergie correspondant à la nature d’impact particulière à une application donnée.
.jpg)
D’autres dimensions peuvent être spécifiées avec ou sans habillage sur une face.
Pour de plus amples informations, rendez-vous sur www.goodfellow.com ou adressez un courriel à [email protected]
Découvrez les formations Techniqeus de l’Ingénieur : Formation Mousses: critères de choix, propriétés et applications
Le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE), en collaboration avec le Helpdesk France (INERIS) vient de publier une brochure reprenant les étapes et les actions clés de la procédure d’autorisation. Cette brochure est téléchargeable sur :
http://www.ineris.fr/reach-admin/file_upload/File/pdf/Guides/depliant_info_liste_candidate.pdf
16/11/2012
Lors des enregistrements REACH de 2010, certaines entreprises se sont déclarées, à tort PME, pour bénéficier d’une réduction sur le coût d’inscription. Malgré plusieurs relances de l’ECHA, certaines situations n’ont pas été régularisées. Pour les inscriptions en question, il est apparu seulement après l’attribution du numéro d’enregistrement que le déclarant n’avait pas payé les frais d’inscription, omettant ainsi le contrôle de conformité au titre de REACH. L’ECHA rejette ces inscriptions, comme il rejette tous les enregistrements pour lesquels la totalité des frais n’a pas été acquitté. Les entreprises concernées ont été informées par l’ECHA. Plus d’information sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/98fad274-1af4-4476-b30f-0f56ad964879
19/11/2012
Le registre de soumission d’intention pour la classification et l’étiquetage harmonisé a été mis à jour. Les dernières substances ajoutées sont :
– Sulfoxaflor (ISO); [1-(6-trifluoromethylpyridin-3-yl)ethyl](methyl)oxido- λ6-sulfanidene cyanimide (N° CAS 946578-00-3)
– Linalool (N° CAS : 78-70-6 et N° CE : 201-134-4)
Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/fr/registry-of-submitted-harmonised-classification-and-labelling-intentions
20/11/2012
Ce guide est un document technique et scientifique exhaustif concernant l’application du règlement (CE) n° 1272/2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges (CLP). Ce document a pour objectif de fournir des orientations détaillées concernant l’application des critères prévus dans le CLP relativement aux dangers physiques, sanitaires et environnementaux.
Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/e73c50c5-664f-4faf-81c0-ba9a229af08c
Le guide est téléchargeable sur : http://echa.europa.eu/documents/10162/13562/clp_en.pdf
20/11/2012
L’ECHA a publié le Guide pratique 15 : « Comment faire pour effectuer une évaluation qualitative de la santé humaine et le signaler dans un rapport sur la sécurité chimique ». Ce guide est destiné aux déclarants, en particulier ceux qui se préparent à l’échéance d’enregistrement de 2013. Le guide est disponible en version anglaise sur le site :
http://echa.europa.eu/documents/10162/13655/pg_15_qualitative_human_health_assessment_documenting_en.pdf
22/11/2012
L’ECHA a publié une mise à jour du guide Exigences requises et rapport sur la sécurité chimique, sous-chapitre R.7.1 relatif aux propriétés physico-chimiques. Cette mise à jour était nécessaire en raison de l’adoption du règlement CLP. En conséquence, l’article 14 du règlement REACH relatif à l’évaluation de la sécurité chimique a été modifié pour faire référence au règlement CLP plutôt qu’à la directive sur les substances dangereuses. La structure du sous-chapitre R.7.1 du guide a été modifié et le chapitre R.9: Dangers physico-chimiques a été rendu obsolète. Plus d’information sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/27f93ec8-bc15-4f1e-b569-5373fd961ef9
http://echa.europa.eu/fr/guidance-documents/guidance-on-information-requirements-and-chemical-safety-assessment
22/11/2012
L’ECHA a publié une mise à jour du Guide pratique 3 : « Comment déclarer des résumés d’études consistants ». La section pour les propriétés physico-chimiques du guide a été modifiée pour refléter les mises à jour du sous-chapitre R.7.1 du guide sur les exigences requises et l’évaluation de la sécurité chimique. Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/63a01cc9-b8c6-4cfa-999e-7905bb1877c5
Guide pratique 3 (version anglaise) :
http://echa.europa.eu/documents/10162/13643/pg_report_robust_study_summaries_en.pdf
23/11/2012
Les producteurs et les importateurs d’articles peuvent maintenant soumettre des notifications pour les substances extrêmement préoccupantes (SVHC) contenues dans des articles à l’aide d’un formulaire Web disponible en ligne sur le site de l’ECHA. Ce nouvel outil est simple d’utilisation. Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/6244f691-4a80-460b-9cb0-f704492fc7a2
28/11/2012
L’ECHA a publié les noms des sociétés et les numéros des dossiers d’enregistrement effectués dans le cadre du règlement REACH. Environ 26.000 noms de sociétés et numéros d’enregistrement ont été publiés. Les noms des sociétés restantes seront publiés dans les prochains mois, à moins qu’elles aient demandé la confidentialité et que cette demande ait été jugée valide par l’Agence.
L’ECHA rappelle aux entreprises que si elles disposent de son autorisation, ou de celle d’un Etat membre, pour utiliser un nom alternatif pour une substance dans un mélange, elles peuvent laisser de côté le numéro d’enregistrement de la substance dans la fiche de données de sécurité (FDS). Cela signifie que l’identité de la substance, pour laquelle un autre nom chimique a été accordé, reste confidentielle.
L’ECHA publiera en décembre les résultats d’évaluation des caractères persistants, bioaccumulables et toxiques pour l’environnement (PBT), ou très persistants et très bioaccumulables (vPvB), des substances. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/4d3d287d-0d31-47c8-8468-75b2c51e3de9
28/11/2012
L’ECHA a publié une mise à jour du Guide des exigences requises et évaluation de la sécurité chimique (IR & CSA) – Partie E: Caractérisation des risques concernant la caractérisation qualitative des risques pour les risques sanitaires.
Le guide est téléchargeable sur : http://echa.europa.eu/fr/guidance-documents/guidance-on-information-requirements-and-chemical-safety-assessment
28/11/2012
L’ECHA a imposé un moratoire de six mois du 1er décembre 2012 au 31 mai 2013 pour les mises à jour des guides et des outils ; ceci dans le but de se focaliser sur la préparation des enregistrements de mai 20123.
Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/d88226de-9a1b-4579-b0e1-9a8bf03e63ee
29/11/2012
Pour le 1er décembre 2012, les entreprises doivent étiqueter et emballer les substances dangereuses selon le règlement CLP, et mettre à jour leurs stratégies de développement durable pour les substances et mélanges pour se conformer aux modifications du règlement REACH.
Concernant les substances, les entreprises doivent ré-étiqueter et ré-emballer, conformément au règlement CLP, toutes les substances qui sont actuellement étiquetés et emballés conformément à la directive 67/548/CEE sur les substances dangereuses (DSD). Cependant, toutes les substances dangereuses doivent continuer à être classées conformément à la fois le règlement CLP et la directive sur les substances dangereuses jusqu’au 1er Juin 2015, après quoi seule la classification CLP s’appliquera.
De plus, les entreprises doivent mettre à jour les fiches de données de sécurité des substances et des mélanges selon l’annexe II modifié du règlement REACH, également à partir du 1er Décembre 2012. Cette mise à jour inclut les changements de format et de contenu.
Les modifications par rapport à la classification, l’étiquetage et l’emballage des mélanges conformément au CLP seront obligatoires à partie du le 1er Décembre 2015. Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/eca0d8de-be4d-4e28-a68b-47fd3c01d079
30/11/2012
Pour aider les entreprises à se conformer à leurs obligations au titre de REACH, l’ECHA a publié en mai 2012 un exemple illustratif d’un rapport sur la sécurité chimique. L’exemple a été mis à jour afin de l’aligner avec les outils informatiques disponibles pour les déclarants (IUCLID 5.4 et Chesar 2.1). *
Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/fr/view-article/-/journal_content/f7234ac2-4b47-4cfa-99cd-de3c6d2a1404
Dans le cadre de la mise en œuvre de l’engagement 250 du Grenelle de l’environnement, l’arrêté du 16/08/2012, pris en application de l’article R. 543-228 du code de l’environnement, fixe la liste des produits chimiques pouvant présenter un risque pour la santé et l’environnement ainsi que les critères définissant ces produits en fonction de leur nature, de leur conditionnement, notamment le poids ou le volume maximal du contenu, et, le cas échéant, du mode d’utilisation ou d’application des produits destinés à la vente aux ménages. Il s’agit, en particulier, des produits biocides et phytopharmaceutiques ménagers, des colles et mastics, des enduits, des peintures et lasures, des solvants, des produits décapeurs de surface ou déboucheurs de canalisations, des acides et alcools ménagers, des extincteurs utilisés par les ménages et des fusées ou feux de détresse des plaisanciers.
Les professionnels mettant sur le marché ces produits doivent contribuer à la nouvelle filière à responsabilité élargie des producteurs pour les déchets diffus spécifiques ménagers qui est en cours de constitution en application du décret n° 2012-13 du 4 janvier 2012. Les dispositions de l’arrêté du 16/08/2012 est entré en vigueur le 1er octobre 2012. Plus d’informations sur :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026308142&dateTexte=&categorieLien=id
L’ECHA organise les 11 & 12 février 2013 un séminaire destiné aux futurs demandeurs de l’autorisation dans le cadre de REACH. Le nombre de place étant limité, les participants seront sélectionnés par un processus de demande qui ouvrira ses portes le 10 décembre 2012 et la priorité sera donnée aux futurs candidats qui n’ont pu participer au séminaire des 1er et 2 Octobre 2012. Un séminaire similaire sera également organisé en juin 2013.
De nouveaux emplois sont à pourvoir à l’ECHA. Ces offres sont disponibles sur le site http://echa.europa.eu/fr/about-us/jobs/open-positions (date limite de réponse : 4 janvier 2013).
Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval
Pour aller plus loin :
Découvrez les fiches pratiques de Techniques de l’Ingénieur :
Participez aux formations Techniques de l’Ingénieur :
Le débat national sur la transition énergétique doit tracer des trajectoires pour répondre aux objectifs européens et à ceux fixés par le Président de la République lors de la Conférence environnementale de septembre 2012. Ainsi, la part du nucléaire dans la production d’électricité française doit passer de 75% à 50% en 2025 et l’objectif des « 3 fois 20 » doit être atteint. Pour cela, il faut réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d’économies d’énergie. Sans oublier le fameux facteur 4 à atteindre pour 2050.
« Ce que le gouvernement attend de ce processus du débat national est de savoir comment atteindre ces objectifs : par quelle trajectoire, par quelle mesure, par quelles évolutions de la politique énergétique ? », explique Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Quatre questions principales seront abordées au cours de ce grand débat : comment déployer une grande politique de sobriété et d’efficacité énergétique ? Quelle trajectoire d’évolution du mix énergétique global et du mix électrique suivre ? Quelles énergies renouvelables privilégier et comment les soutenir ? Comment financer tout cela ?
Même si l’on oublie la menace climatique quelques instants, l’enjeu énergétique est capital pour notre société. « Il y a des enjeux aussi bien de compétitivité, des enjeux sociaux, des enjeux de développement des entreprises, des enjeux qui sont très importants en dehors de tout enjeu climatique », souligne Jean Jouzel, climatologue et membre du comité de pilotage.
Le conseil national du débat constitue le « Parlement », l’enceinte qui va faire dialoguer l’ensemble des acteurs. Il est constitué de 7 collèges et 112 membres. Y siègent des représentants de syndicats, du patronat, des ONG environnementales et de lutte contre la pauvreté, des associations de consommateurs, des chambres consulaires, des associations d’élus locaux, des parlementaires et des représentants de différents ministères de l’Etat.
Le conseil national va fixer les grandes orientations du débat national et son calendrier. Il va procéder par auditions publiques autour des grandes problématiques du débat. Ces auditions serviront à recueillir les préoccupations des différents secteurs de l’économie, des acteurs sociaux et des citoyens. Le conseil veillera à entretenir un dialogue continu avec le Parlement national, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et la Commission nationale du débat public (CNDP) pendant toute la durée du débat. A l’issue, le Conseil émettra ses recommandations.
Le conseil national du débat sera animé par un comité de pilotage. Ce dernier garantira le pluralisme du débat et l’élargissement du débat. Il s’assurera que le débat s’effectue correctement au niveau régional auprès des citoyens et que les questions soulevées par les citoyens sont prises en compte.
Le conseil s’appuiera sur un comité d’experts scientifiques nationaux et internationaux et un comité citoyen. Le comité des experts a une vocation technique, économique et sociologique pour étudier et apprécier les différents scénarii possibles à horizon 2030 et 2050, dans le respect des engagements climatiques de la France. Le comité de citoyens sera quant à lui représentatif de la diversité socio-culturelle et géographique française. Il devra s’assurer que l’information fournie est compréhensible par tout un chacun. Son rôle sera également de récupérer les questions des citoyens pour les faire remonter au conseil national du débat.
Il y a une feuille de route, certes. Mais, « ceux qui veulent défendre la sortie du nucléaire pourront le faire, ceux qui veulent défendre l’exploitation des gaz de schiste pourront le faire, il n’y aura pas de sujets tabous », assure Delphine Batho. « Un débat est un échange d’arguments et non pas seulement un échange de point de vue ou de prise de position », rappelle d’ailleurs Georges Mercadal, spécialiste du débat public et membre du comité de pilotage. « C’est la raison pour laquelle il y a des experts en appui du débat », précise-t-il.
La première réunion a pour but de se mettre d’accord sur les règles du débat et de jeter les bases de fonctionnement du conseil national du débat. Jusqu’au mois de janvier, les « parlementaires » vont mettre en place les outils du débat : calendrier, forme des auditions publiques, thèmes abordés et lieux où vont se dérouler les débats. Le groupe de travail doit également être finalisé. Si la liste des 112 membres est arrêtée, certains collèges doivent encore être modifiés.
Le conseil national du débat devrait se réunir mensuellement jusqu’en juin 2013. La prochaine réunion est arrêtée au jeudi 13 décembre. À son issue, le plan de travail et la forme des auditions seront publiés.
Le débat devrait se dérouler en 3 temps selon la feuille de route pour la transition écologique publiée par le gouvernement fin septembre. Le premier temps sera celui de la pédagogie et de l’information. Les grands médias nationaux et régionaux seront mis à contribution pour informer le plus grand nombre tout au long du débat. L’objectif est d’établir un socle commun d’informations et de connaissances, sur la base de scénarii rigoureux, mais contrastés, pour élaborer et comprendre les différentes trajectoires qui s’offrent à nous en matière d’actions.
Le deuxième temps sera celui de la participation du grand public. Il devrait s’étaler de février à avril 2013. Au plus proche des citoyens, la place donnée à l’énergie sera la plus grande possible. À travers des séminaires, débats et auditions publics au niveau national et régional, forums citoyens, le grand public sera au centre de l’action. Les régions devront veiller à assurer la cohérence de l’ensemble des initiatives territoriales au niveau infrarégional.
La machine est enclenchée. Il n’en sortira cependant pas une trajectoire toute tracée jusqu’en 2050. « Il faut être conscient du fait que ce n’est pas en un débat de 6 mois que l’on va graver dans le marbre une trajectoire de transition énergétique pour les 40 prochaines années. Il y aura certainement besoin de revenir à intervalles réguliers, tous les 3 ou 4 ans, sur certains points de cette trajectoire qu’il faudra retravailler, affiner, en fonction des évolutions de la société », prévient d’ores et déjà Bruno Rebelle, Président de l’association Planète Urgence et membre du comité de pilotage.
Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
Apple aurait dû débaucher Q, inventeur génial des gadgets de l’agent 007. Cela lui aurait évité de commettre une telle bourde. En effet, le nouveau programme de localisation d’Apple a permis de révéler la présence d’une base militaire au nord de Taïwan, plus précisément dans le comté de Hsinchu. La photo satellite sur laquelle apparaît ce site sensible a été publiée dans un journal Taïwanais, le Liberty Times. Raté pour la discrétion !
Car l’emplacement de cette base devait rester secret : elle héberge un radar longue portée dont le rôle est d’établir une surveillance afin de pouvoir anticiper toute attaque et ainsi gagner du temps pour adopter la meilleure stratégie de défense. Il serait notamment capable de détecter l’arrivée de missiles lancés depuis le nord-est de la Chine. Cet équipement d’une valeur de plus d’un milliard de dollars fourni par les Etats-Unis n’a donc plus aucun secret à garder. On imagine la colère des autorités taïwanaises qui n’ont pourtant aucun recours légal puisque ces images ont été prises par un satellite commerciale. Néanmoins, elles vont demander à Apple de diminuer la résolution de l’image, ce qui est déjà fait par Google Earth.
Décidément, Apple a bien du mal à se remettre de la perte de Steve Jobs avec des logiciels moins performants que ceux des concurrents, un dernier iPhone sans aucune nouveauté, des querelles juridiques à n’en plus finir…
L’incompréhension des professionnels est totale. Plus d’une centaine de personnalités sont invitées au Conseil national du débat sur la transition énergétique qui déterminera les orientations du débat et les principales recommandations. Pourtant pas un siège n’est prévu pour les entreprises du secteur des énergies renouvelables et de leur représentant, le SER.
Avec 450 entreprises adhérentes, 8 filières représentées sur la totalité des chaînes de la valeur comptant quelques 80.000 emplois directs et indirects, le SER est le grand absent du Conseil national du débat sur la transition énergétique. En 2007, lors du lancement du Grenelle de l’environnement, le SER, alors plus modeste, avait été convié directement à la table des négociations. Il est, par ailleurs, l’unique représentant officiel des entreprises du secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au sein du Conseil Supérieur de l’Energie, depuis sa création.
Regroupant les filières renouvelables et en particulier les industriels, le Syndicat des énergies renouvelables est à même, à l’heure où le développement des énergies renouvelables est souvent attaqué, de répondre aux questions relatives aux enjeux économiques et sociaux. Alors que le patriotisme écologique est présenté comme un enjeu de société, le SER est la seule organisation professionnelle du secteur à porter une stratégie de développement industriel sur le territoire national.
Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, déclare « nous sommes sous le choc de cette décision politique qui constitue une première depuis 2007. Alors que des questions de fond concernant l’avenir et le soutien des énergies renouvelables seront traitées dans le cadre de ce Conseil national du débat sur la transition énergétique, les principaux concernés, à savoir les entreprises du secteur implantées sur le territoire national, sont mises hors-jeu. Nous ne comprenons pas les raisons de cette décision. Depuis plusieurs mois, sur les questions essentielles concernant nos filières, le Gouvernement nous répondait qu’elles seraient traitées lors du débat. Or le SER n’est pas, à ce jour, invité à participer à l’instance majeure qui déterminera l’orientation du débat. »
Découvrez la formation Techniques de l’Ingénieur :
Mettre en oeuvre la performance énergétique
Le festival XYZ du mot nouveau a lieu chaque année depuis 2002 au Havre. Il a pour vocation la promotion du néologisme et défend une conception vivante de la langue. Chacun peut participer en proposant de nouveaux mots par mail ([email protected]) . Les mots les plus créatifs sont sélectionnés par un jury puis soumis au vote du public présent lors de deux soirées du mois de novembre, la première à Paris et la seconde au Havre, quelques jours plus tard
Le lauréat de l’année 2012 est le terme « Watture » qui sert à désigner la voiture électrique. « Watture » est la contraction de watt, l’unité de mesure de la puissance électrique, et de voiture
Parmi les termes choisis les années précédentes, on a retenu « Phonard » (terme péjoratif pour désigner une personne qui abuse de son téléphone mobile), « Photophoner » (faire une photo avec son téléphone portable), « Ordinosaure » (ordinateur dépassé) ou encore « Se faire électroniquer » (se faire avoir par les nouvelles technologies). Tous ces nouveaux mots illustrent parfaitement la forte influence des nouvelles technologies et des nouveaux usages qui en découlent sur l’évolution de notre langue.
Alors, selon vous, un phonard photophonant dans sa watture ne craint-il pas de se faire électroniquer ?
C.C
Le nouvel espace « mon compte », inauguré récemment, ouvre l’accès à tous les utilisateurs à de nouvelles perspectives.

Il permet désormais :
.jpg)
Pour en savoir plus :
Nouveautés Techniques de l’Ingénieur 2012 from Techniques de l’Ingénieur on Vimeo.
Partis pour étudier les rythmes circadiens* d’un échantillon de 1.200 personnes âgées de plus de 65 ans, afin de pousser les recherches sur les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, les chercheurs ont découvert un gène particulier appelé « Périod 1 ». Ce gène, en fonction de la version à laquelle il s’exprime, différencie le groupe d’individu auquel il se rattache et permet de déterminer la période du décès.
« Périod 1 » existe en deux versions : (A) à base adénine et (G) à base guanine. Les combinaisons possibles étant les suivantes : AA, AG et GG. Ainsi, un individu possédant les génotypes AA ou AG aurait tendance à mourir avant 11 heures alors que pour ceux présentant le génotype GG, la mort arriverait aux alentours de 18 heures.
Cette étude apporterait des améliorations dans le traitement de certaines maladies graves puisqu’à l’objectif premier d’évaluer les rythmes circadiens, s’ajoute désormais l’éventualité de déterminer un traitement de manière plus appropriée. De nouvelles perspectives, au moment de la prise du traitement, pourraient se révéler utiles au suivi des patients et jouer un rôle important concernant la prévention de cas médicaux, tels que les accidents vasculaires cérébraux ou les crises cardiaques.
*Rythme circadien : type de rythme biologique d’une durée moyenne de 24 heures. Le plus connu est le rythme veille-sommeil.
Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique
S’il est un endroit sur Terre où les parcs éoliens ne gênent pas le voisinage, ce sont bien les déserts. Compris entre le nord de la Chine et le sud de la Mongolie, le désert de Gobi pourrait devenir l’une des méga-fermes à électricité verte de l’Asie.
Personnellement très marqué par la catastrophe nucléaire de Fukushima et la détresse des habitants qui ont dû évacuer le secteur, le milliardaire japonais Masayoshi Son veut trouver des solutions afin que son pays produise l’électricité qui lui est nécessaire autrement qu’avec le nucléaire. Président Directeur Général et fondateur du holding japonais SoftBank Corp., numéro trois mondial des opérateurs de téléphonie mobile et opérateur exclusif de l’iPhone au Japon, Masayoshi Son s’associe à la très grande majorité de la population japonaise qui est aujourd’hui fortement opposée à cette énergie qui, sur cet archipel très sismique, fait peur.
Pour que la transition énergétique soit acceptable et rapide, Masayoshi Son, homme d’affaires très expérimenté, a conscience qu’il convient que l’électricité verte soit compétitive et que l’installation des unités de production ne fasse pas l’objet d’oppositions locales.
Le potentiel de la géothermie est élevé au Japon (lire à ce sujet sur Techniques de l’ingénieur l’article « Japon : Vers une exploitation du potentiel géothermique de l’archipel»), mais le secteur du thermalisme, très développé au Japon, craint que l’utilisation des eaux chaudes pour la production électrique ne tarisse la ressource. Le solaire photovoltaïque offre de belles perspectives, mais à un coût à ce stade encore élevé. Etant donné l’absence de grands fleuves, le potentiel hydroélectrique japonais est limité.
Importer de l’électricité éolienne en provenance du désert de Gobi qui est, à vol d’oiseau, situé à environ 2.000 kilomètres de l’archipel japonais, s’avère l’option la plus solide. Bien plus pertinente économiquement, par exemple, que de construire des parcs éoliens offshore dans les eaux territoriales japonaises. Softbank et Newcom LLC, entreprise basée à Oulan Bator en Mongolie, viennent ainsi d’établir un partenariat afin de réaliser des études de faisabilité pour la construction de parcs éoliens au sein de ce grand désert. C’est ce qu’a déclaré Naoki Nakayama, un porte-parole de SB Energy Corp., la division énergie de SoftBank, au journal japonais Nikkei, le quotidien économique le plus important du monde.
Des centaines de kilomètres carrés de terrains relativement plats jouissant d’une très bonne ressource éolienne sont disponibles dans le désert de Gobi. On peut y envisager d’excellents facteurs de capacités, en moyenne environ deux fois supérieurs à ceux des parcs éoliens terrestres allemands. Il est ainsi possible d’envisager de produire un kWh éolien à un coût inférieur à 4 centimes d’euros.
SofBank et Newcom LLC vont examiner avant la fin de l’année un site dans le désert de Gobi qui pouvant accueillir un premier parc éolien de 300 MW. Les opérations pourraient commencer dès 2014. Le montant de l’investissement de ce parc pourrait s’élever à 626 millions de dollars (491 millions d’euros) selon le Nikkei.
Le mercredi 7 novembre 2012, le producteur d’électricité Tepco a déclaré que le coût total de la catastrophe nucléaire de Fukushima, comprenant la décontamination et les dédommagements des victimes, pourrait atteindre les 100.000 millions d’euros. Ce qui plombe lourdement l’équation économique du nucléaire.
Trois autres sites éoliens du désert de Gobi sont dans la ligne de mire de SoftBank et Newcom LLC. Au total, ce ne sont pas moins de 7.000 MW qui sont en perspective, assez pour produire 24 TWh (milliards de kWh) par an dans l’hypothèse d’un facteur de capacité de 40%, ce qui est le cas sur les meilleurs sites. C’est équivalent à 2,4% de l’électricité consommée au Japon chaque année, grand pays industriel de 127 millions d’habitants qui engloutit deux fois plus d’électricité que la France.
A raison d’une densité éolienne de 10 MW par kilomètre-carré (hypothèse basse), la surface nécessaire est d’environ 700 kilomètres carrés, c’est-à-dire 0,05% de la surface du désert de Gobi, région semi-aride s’étendant sur 1,3 million de km2. Délimité par les montagnes de l’Altaï, la steppe de Mongolie, le plateau tibétain et la plaine du nord de la Chine, le désert de Gobi offre un colossal gisement éolien. La Mongolie a la volonté de devenir un grand producteur d’énergie renouvelable, ce qui contribuera à son développement économique.
D’un point de vue théorique, une dizaine de projets semblables, occupant au total 0,5% de la surface du désert de Gobi, permettraient de répondre à un quart de la demande électrique japonaise.
Transférer de l’électricité sur de très grandes distances n’est pas un problème avec la technologie HVDC (Courant Continu Haute Tension). Les pertes sont inférieures à 3% pour 1.000 km. Selon le groupe helvético-suèdois ABB, l’un des leaders du secteur qui domine la moitié du marché mondial, le coût du transport de l’électricité par câble HVDC sur 3.000 kilomètres, y compris si une partie de la ligne est sous-marine (pour relier Chine et Corée du sud en mer jaune, puis Corée du sud et Japon en mer du Japon) est inférieur à 1 centime d’euro par kWh. Le kWh éolien du désert de Gobi, transport compris, est donc très compétitif (5 centimes d’euro au total) par rapport au kWh gaz naturel que le Japon importe massivement par bateau méthanier (LNG), et au nucléaire japonais.
La montée en puissance de la Chine, de l’Inde et du Brésil a été un facteur clé pour l’émergence de l’HVDC terrestre. Tous trois ont en effet besoin de raccorder de très grands barrages hydroélectriques situés à plusieurs milliers de kilomètres des grandes villes, comme par exemple le barrage des Trois-Gorges en Chine, le plus grand du monde.
Ce nouveau marché a poussé ABB, Siemens et Areva TD (racheté par Alstom Grid) à développer des outils de très haute technologie permettant de travailler avec des tensions de 600 kV, puis de 800 kV. Les progrès sont rapides : nous sommes aujourd’hui entrés dans l’ère de l’ultra-HVDC (UHVDC), avec des tensions de plus d’un million de volts. La plus longue liaison HVDC du monde (2.600 km) est actuellement en construction en Inde, et opérera sous 1.100.000 volts.
Le PDG de Softbank souhaite qu’émerge un super-réseau électrique pan-asiatique. Un SuperGrid qui puisse abreuver en électricité verte la Mongolie, la Chine la Corée du sud et le Japon. Puis l’Inde et les pays du sud-est asiatique. « Ce partenariat entre SoftBank et Newcom LLC est la première étape du plan Asia Super Grid », a déclaré Naoki Nakayama.
Tout comme l’Allemagne en Europe, en décidant de sortir du nucléaire, le Japon va probablement devenir l’un des principaux laboratoires à grande échelle des énergies vertes.
.jpg)
Contrairement au centrales thermiques, l’éolien a l’énorme avantage de ne pas consommer une seule goutte d’eau douce. Un atout très appréciable en Asie où cette ressource, vitale pour l’agriculture, l’industrie et les particuliers, devient de plus en plus précieuse.
Par Olivier Daniélo
Mieux vaut tard que jamais. C’est trois jours seulement avant le lancement du débat autour de l’énergie que les six membres du comité de pilotage ont été nommés. Il a fallu remplacer en urgence Pascal Colombani, ex-administrateur du CEA, démissionnaire mi-novembre. Ce sont finalement Georges Mercadal, ancien vice-président de la Commission nationale du débat public, et Michel Rollier, ex-dirigeant du groupe Michelin, qui viennent compléter ce comité déjà formé de quatre personnalités : Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva, Bruno Rebelle, consultant et ancien responsable de Greenpeace, Jean Jouzel, climatologue, et Laurence Tubiana, directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales. La présence de pro-nucléaires aux côtés d’anti-nucléaires devrait animer les débats…
C’est Alain Grandjean, membre de la fondation Nicolas Hulot, qui présidera ce comité, dans l’objectif d’élaborer différents scénarios énergétiques. Le débat sur la charte et sur le calendrier des travaux marque le coup d’envoi de la réflexion. Beaucoup de débats donc, et de concertation avec les représentants des syndicats, du patronat, des élus locaux, des parlementaires, des associations de consommateurs, des ONG et des représentants de l’Etat. Des mois de travail censés déboucher sur des recommandations concrètes qui serviront de base pour rédiger la future loi de programmation énergétique prévue fin 2013.
Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
En France, ces ampoules représentent environ 3-4% de la consommation électrique dédiée à l’éclairage. Voici ce que révèlent les résultats du projet pacte LED mené par un consortium du Cluster Lumière, en collaboration avec l’ADEME, dans le cadre des programmes PACTE.
Le projet Pacte LED montre que la puissance nominale des LED est divisée par 5 par rapport à celle des halogènes pour le même résultat. La durée de vie des lampes est quant à elle au moins 13 fois plus importante. Et les impacts environnementaux sont potentiellement quatre fois inférieurs sur le cycle de vie complet des ampoules LED !
Remplacer les 50 à 65 millions d’unités installées en France permettrait une réduction de la consommation électrique annuelle de 0,95 à 1,16 TWh. Cela équivaut à la consommation électrique de Clermont-Ferrand, ville de 135.000 habitants.
Le projet s’est également intéressé à l’acceptation du produit par les utilisateurs. Ainsi, presque 86% des utilisateurs se disent prêts à remplacer leur lampe halogène TBT par une ampoule LED et presque 90% des démonstrateurs ayant remplacé leurs ampoules ont trouvé la qualité de la lumière offerte par les LED équivalente, voir meilleure, à celle des ampoules halogène TBT.
Malgré l’absence de normes existantes permettant de valider la qualité de toutes les LED présentes sur le marché, l’ADEME et le Cluster Lumière ont réussi leur pari. Leur objectif était de valider la qualité de la technique. « La démarche est née de la volonté de l’ADEME de ne pas renouveler le problème de qualité que l’on a pu avoir certaines lampes fluocompactes », confie Joël Thome, associé chez Ingélux et secrétaire du bureau du Cluster Lumière. Ainsi, le projet prouve que les ampoules LED des principaux acteurs du marché, tout du moins, sont de bonne qualité.
Les experts ont tout d’abord défini les caractéristiques de l’« halogène idéal », puis Philips et le CEA-LETI ont développé une ampoule LED équivalente. La production d’environ 10.000 unités a suivi. Plus de 9.300 de ces ampoules ont été réparties sur 70 sites au niveau national, pour des tests in situ à grande échelle. Elles ont été installées et évaluées au sein d’hôtels, restaurants, cafés et magasins. Les ampoules restantes ont servi à différents tests de conformité, de performance et de robustesse.
Le projet Pacte LED prouve la performance des LED aux professionnels et aux consommateurs. À quelle échéance, remplaceront-ils le parc existant ? « Tout devrait dépendre de l’évolution des prix », analyse Joël Thome. Dans les applications à usage intensif de l’éclairage, comme dans l’hôtellerie où les lampes des couloirs restent allumées toute la journée, le temps de retour sur investissement est d’ores et déjà inférieur à un an.
Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
WatchFrog et ses partenaires ont remporté l’appel à projet des ministères du Redressement productif et de l’Environnement. Objectif : créer une station de surveillance des effluents hospitaliers innovante.
Ce sont donc des têtards qui seront utilisés pour mesurer l’effet des polluants en émettant une fluorescence visible en quelques heures ou en quelques jours. La plate-forme de surveillance intègrera aussi des larves aquatiques pour mesurer les effets physiologiques ainsi que des tests de génotoxicité de façon à étudier les dommages éventuels sur l’ADN. En effet, les établissements hospitaliers sont à l’origine de plus de 10% des résidus médicamenteux retrouvés dans les eaux de surface en France, une pollution à l’impact mal connue alors qu’une part significative des résidus pharmaceutiques franchissent la station d’épuration et se retrouvent dans la nature.
C’est le centre hospitalier sud-francilien (CHSF) qui servira donc de cobaye en accueillant la station mobile. L’établissement possède un réseau des eaux usées divisé en plusieurs bassins de décantation selon l’origine des effluents (laverie, laboratoires, morgue, médecine nucléaire, eaux de stérilisation…). Cette partition permettra d’identifier aisément l’origine des polluants, facilitant grandement le choix des stratégies pour lutter contre la pollution.
Enfin, le syndicat intercommunal des eaux (Siarce) situé à Corbeil Essonne s’est montré intéressé par ce projet à base de batraciens. Il profitera de l’expérience pour intégrer les données mesurées afin d’intégrer des critères d’évaluation biologiques au mode de calcul de la taxe d’assainissement payée par l’hôpital. Le CHSF pourra donc faire des économies tout en diminuant la quantité de polluants rejetés.
L’année 2013 verra la première phase du projet, c’est-à-dire l’analyse des effluents. La station de surveillance entrera en fonction en 2014. A terme, WatchFrog souhaite créer une plate-forme technologique avec l’aide de ses partenaires Toxem, Alyxan et Profilomic, un concept qu’ils pourraient vendre à d’autres structures hospitalières.
Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
Parmi les outils proposés par Quick FDS, découvrez également FDS to Excel : vous lui transmettez vos fiches de données de sécurité, il vous en renvoie toutes les données listées sous fichier Excel.
Plus d’informations sur FDS to Excel et l’ensemble des outils proposés par Quick FDS sur la boutique en ligne de Techniques de l’Ingénieur.
Cette semaine dans la revue du Web :
Faire léviter des gouttelettes d’eau : la lévitation acoustique
Pour débuter cette trente-cinquième Revue du Web, rien de tel que d’observer des gouttelettes d’eau figées en l’air, entrant en lévitation acoustique. Les scientifiques du laboratoire National d’Argonne, dans l’Illinois, l’un des plus importants laboratoires de recherche des États-Unis, sont parvenus à faire léviter des gouttelettes d’eau contenant des produits pharmaceutiques, par le biais d’ondes sonores.
Deux petits haut-parleurs, se faisant face et alignés avec précision, génèrent ici des ondes sonores légèrement déphasées entre elles et à des fréquences non audibles (autour de 22 kilohertz, légèrement au-dessus des ondes audibles). Ces deux ensembles d’ondes sonores interfèrent parfaitement, dans un phénomène connu sous le nom d’onde stationnaire. C’est ce phénomène qui permet de simuler des conditions pas très éloignées de la microgravité, et de donner l’impression que l’effet de la gravité est annulé.
Cette expérience a pour cadre les travaux que le laboratoire américain a entrepris pour le développement de médicaments – vous ne voyez pas le rapport ? « Un des plus grands défis quand il s’agit de développement de médicaments est de réduire la quantité de médicament nécessaire pour atteindre le bénéfice thérapeutique, quel qu’il soit », explique Chris Benmore, à la tête du groupe de chercheurs.
Il existe deux catégories principales de structures pharmaceutiques, au niveau moléculaire, amorphes ou cristallines. L’organisme absorbe plus efficacement les médicaments dont la structure est amorphe, l’effet escompté peut donc être atteint à l’aide d’une dose plus faible. Pourtant, lorsque la solution rentre en contact avec un récipient, il y a de fortes probabilités pour qu’elle ne s’évapore et qu’elle devienne ainsi… cristalline. La solution ? Parvenir à travailler sans récipient, évitant au maximum tout contact avec l’environnement. Alors, pourquoi ne pas utiliser la lévitation acoustique ?
Lorsque la réalité rejoint la fiction : BeBionic 3, la prothèse la plus évoluée au monde
Amputé du bras droit après un accident de travail il y a près de six ans, dans une fonderie du nord londonien, Nigel Auckland a vu sa vie changer du tout au tout lorsqu’il fut contacté au début du mois de mai dernier par RSL Steeper. La société, basée à Leeds, lui propose tout simplement d’être l’un des sept cobayes pour ce qu’ils présentent, ni plus ni moins, comme la prothèse de bras la plus évoluée jamais conçue.
Pour environ 12 000 pounds (près de 15 000 euros), le bras bionique en aluminium de RSL Steeper répond aux signaux neuro-musculaires et dispose d’une palette de quatorze programmes censés pouvoir reproduire au plus près les mouvements d’un bras « naturel ». Le dense alliage d’articulations, combiné aux différents réglages de vitesse, de contrôle et de grip rendent le bras bionique particulièrement réactif et adapté, comme l’atteste la première vidéo.
La deuxième vidéo illustre assez bien l’aisance avec laquelle le propriétaire de la prothèse peut se servir de son bras bionique dans des situations triviales et quotidiennes : s’emparer de ses clés, ramasser des pièces de monnaie ou encore manipuler un stylo et pouvoir écrire sans rencontrer de difficultés.
La danse hypnotique du « Magic Carpet », du New-Yorkais Daniel Wurtzel :
Un châle rouge chatoyant, une série de ventilateurs disposés en cercle, et le tour est joué : une danse lascive, séduisante, hypnotique, se déroule sous nos yeux. L’artiste New-Yorkais Daniel Wurtzel est le créateur de « Magic Carpet », une installation où la moindre étoffe, éprise de grandeur, peut s’épanouir en tapis volant. Daniel Wurtzel n’en est pas à son coup d’essai : habile sculpteur de flux d’air, une partie de son travail d’artiste tourne autour de la matérialisation de l’invisible et de la mise en scène des mouvements aléatoires à l’aide de médiums souvent triviaux.
Les ondulations sensuelles du « Magic Carpet » sont le fruit du vortex crée par les ventilateurs, disposés en cercle. Un vortex est un écoulement tourbillonnaire où les particules fluides tournent autour d’un axe instantané, et ne créant pas d’énergie. Ils résultent d’un changement de direction du lot de particules, se dissipant généralement par friction.
Cette œuvre fait partie intégrante du nouveau spectacle pour chapiteau du Cirque du Soleil, baptisé « Amaluna ». Il sert d’entame au spectacle, et permet aussi de le conclure, mais sous une autre incarnation.
Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Robo Fish », poisson rouge pour propriétaire paresseux
Pour conclure cette trente-cinquième Revue du Web, voici l’inévitable gadget (inutile ?) de la semaine : « Robo Fish », un poisson rouge robotique ayant l’apparence d’un poisson-clown. Développé par la société japonaise Takara Tomy, spécialiste du jouet pour enfants, « Robo Fish » semble atteindre les sommets de la vacuité. Alors que l’idée même de posséder un poisson rouge semble totalement aberrante à un certain nombre d’entre nous, « Robo-Fish » serait apparemment là pour combler un manque : satisfaire les potentiels possesseurs de poissons rouges ou autres poissons d’ornement, en supprimant purement et simplement les habituels « inconvénients » – nourrir le poisson, nettoyer l’aquarium… – ce qui revient donc, vous l’aurez compris, à éliminer presque toute forme d’interaction possible avec son animal aquatique de compagnie.
Les petits Nemo robotiques se contentent de remuer leur queue, leur permettant tout juste de se déplacer et d’entrer dans un ballet aussi vain qu’erratique. Les propriétaires paresseux, qui devront s’acquitter d’une quinzaine d’euros par poisson, ne pourront pourtant pas échapper à un problème d’une toute autre nature, à savoir… recharger la batterie. Si l’on en croit l’avis laissé par de nombreux utilisateurs, celle-ci ne durerait pas même deux heures.
Bonus : le travail remarquable de Gustav Hoegen, expert en animatronique
En bonus de cette trente-cinquième Revue du Web, plongeons dans le travail remarquable de Gustav Hoegen, pape moderne de l’animatronique adoubé par les professionnels du septième art. Une animatronique est une créature généralement robotisée, réalisée avec une peau enlatex et de nombreux mécanismes internes permettant de lui donner une apparence de vie, souvent aidé en cela par de nombreux servomoteurs radiocommandés.
Il suffit de jeter un œil à la vidéo qui suit pour comprendre ce qui fait de Gustav Hoegen la référence absolue en matière d’animatronique, et pourquoi nombre de réalisateurs préfèrent se reposer sur ces marionnettes plus vraies que nature plutôt que sur une intégration d’images de synthèse en post-production, pourtant moins onéreuse. De Prometheus, réalisé par l’Anglais Ridley Scott, à Charlie et la Chocolaterie de l’excentrique Tim Burton, en passant par le Choc des Titans du Français Louis Leterrier, le travail d’animation des animatroniques est remarquable de réalisme, tant dans la finesse des expressions que dans la perfection des mouvements. Méfiez-vous toutefois, certaines des scènes qui suivent peuvent contenir des spoilers.
Par Moonzur Rahman, journaliste scientifique
A lire aussi :
Pour François Lempérière, expert hydraulicien président de l’association à but non lucratif Hydrocoop, les Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) peuvent être des alliés très précieux dans cette perspective.
E.T.I : Comment fonctionne une STEP et à quoi servent-elles ?
F.L : Une Station de Transfert d’Energie par Pompage est constituée d’un grand bassin haut et d’un grand bassin bas. Le pompage de l’eau vers le bassin supérieure permet d’accumuler de l’énergie potentielle et le turbinage permet de récupérer l’énergie stockée. Le rendement d’un tel cycle, pompage puis turbinage, variable en fonction des sites et des technologies, est de 80% en moyenne. Cette forme de stockage peut avoir trois objectifs. Stocker une partie de l’énergie intermittente éolienne ou solaire pour l’adapter aux besoins. Ou stocker pendant la nuit ou le week-end du courant qu’on réutilisera en heures de pointes. Et enfin améliorer la qualité et la sécurité du réseau électrique par réglage de la fréquence et par adaptation rapide en cas de défaillance d’une autre source d’énergie.
E.T.I : Dans sa roadmap sur l’hydroélectricité qu’elle vient de publier fin octobre 2012, l’Agence Internationale de l’Energie estime que 140 000 MW de STEP sont aujourd’hui en place dans le monde, constituant 99% de la capacité de stockage mondiale disponible pour le réseau électrique. Comment expliquez-vous un tel succès et une part aussi faible pour les autres technologies de stockage comme les batteries ou l’hydrogène ?
Les solutions concurrentes sont pénalisées soit par leur rendement, soit par leur coût, soit par leur durée de vie. Il est probable que les batteries s’amélioreront et prendront une part plus importante. Mais il est très probable que les STEP resteront la solution essentielle, même en 2050. Une STEP peut fonctionner pendant des siècles à un coût d’exploitation très faible. Il existe déjà des usines hydroélectriques qui ont plus de 100 ans, qui continuent à produire et qui continueront à le faire. Le taux de 99% dont fait écho l’AIE, c’est la situation actuelle mais c’est aussi ce qui s’est passé depuis deux ou trois ans dans les réalisations supplémentaires.
E.T.I : Donc la tendance est conservée ?
F.L. Tout à fait. Il peut y avoir un miracle sur une autre technologie dans les années ou décennies à venir, mais à ce stade la tendance concernant les STEP reste intacte. Le nombre de STEP va très probablement être multiplié par 3 à 5 dans le monde d’ici 2050.
E.T.I : Les STEP aujourd’hui installées en France seront-elles suffisantes si l’on souhaite que l’éolien et le solaire occupent une part appréciable dans le mix électrique français ?
On peut retarder un peu l’utilisation des STEP en développant du gaz pour équilibrer les fournitures intermittentes. Les 5 GW de STEP que nous avons dans le sud de la France devraient passer à au moins une dizaine de GW dans 10 ans, et à 15 ou 20 GW en 2030. C’est un ordre de grandeur tout à fait raisonnable et qui, je crois, n’est pas très discuté. On peut faire 3 à 4 GW de plus dans le sud, et pour bien faire d’ici une vingtaine d’années il faudrait en avoir 5 à 10 de plus dans le nord.
E.T.I : En France, où serait-il possible d’installer ces 5 à 10 GW de STEP ?
F.L. : Dans le sud de la France on peut avoir une dizaines de GW au total. Dans le nord de la France, qui n’est pas très montagneux, on a intérêt à rechercher des STEP en bord de mer. On trouve des sites possibles sur les 500 kilomètres de bord de mer, aussi bien en Bretagne qu’en Basse-Normandie, en Haute Normandie, et jusque dans la région de Boulogne.
Avec les STEP en bordure de falaise, on opère sous une charge d’une centaine de mètres, alors que dans les STEP de montagne on a plutôt 300 mètres en moyenne, ceci en général dans le monde. Il existe dès à présent des STEP opérant avec une centaine de mètres au Japon, notamment à Okinawa, et aussi en Russie, à Zagorsk, à environ 100 kilomètres de Moscou. C’est un peu plus cher au kilowatt comparativement, mais en bord de mer on n’a pas besoin d’aussi longs tunnels que dans le cas des STEP de montagne pour relier les deux bassins.
E.T.I : Dans le sud, l’Assemblée Corse semble intéressée par les STEP en bord de mer. Un projet piloté par EDF SEI est également en cours en Guadeloupe…
F.L. : Ce sont effectivement dans les îles que les premiers développements français de STEP en bordure de mer seront réalisés.
E.T.I : Un article du journal Le Monde daté du 7 novembre 2012 et intitulé « Le stockage de l’électricité, véritable enjeu des énergies renouvelables » fait écho d’un projet de STEP au niveau des falaises d’Etretat ? Que pensez-vous de ce projet ?
F.L. : Il n’existe évidement aucun projet de STEP au voisinage des falaises d’Etretat. L’article du Monde serait parfait si on y ajoutait une phrase et une photographie. Cet article comporte une phrase qui peut être mal comprise : « Si, sur le papier, les massifs montagneux ou le littoral de la Manche se prêtent à merveille à la construction de STEP, on imagine mal une station de pompage-turbinage accrochée à un lac de la Vanoise ou aux falaises d’Etretat… ». Il faudrait y ajouter : mais entre Brest et Boulogne il existe plus de 10 fois plus de sites favorables aux STEP que nécessaire. Et il faudrait joindre une photo de la STEP d’Okinawa qui permet d’illustrer le faible impact d’une telle STEP sur un paysage de falaise. L’impact sur l’environnement est plus faible qu’avec une STEP de montagne.

E.T.I : Est-il possible d’optimiser l’intégration des STEP dans les paysages ?
F.L. : Une STEP comprend une usine souterraine et une sortie en mer peu importante, donc le problème paysager c’est le lac supérieur à quelques centaines de mètres du bord de la falaise. Ce lac est entouré par une digue d’une vingtaine de mètres de haut, dont l’extérieur sera en pente douce, revêtu de terre végétale, engazonné et arboré. D’autre part la plupart des sites inventoriés ne déplacent aucune habitation. Il n’est pas indispensable de se mettre en bordure immédiate de falaise, on peut se mettre à 200 ou 300 mètres, ce qui signifie que pour apercevoir la digue, il faudra être très loin en mer.
E.T.I : Et même s’éloigner encore davantage du rivage ?
F.L. : Dans ce cas on allonge la longueur de tunnels. 200 ou 300 mètres, cela parait raisonnable.
E.T.I : Les bassins étant remplis d’eau de mer, n’y a t-il pas un risque de contamination des nappes phréatiques ? Et cela ne risque-t-il pas d’abimer les usines ?
F.L. : Le fonctionnement de l’usine de la Rance depuis 50 ans en Bretagne montre que l’on sait très bien résoudre le problème de la corrosion marine. Concernant l’étanchéité des bassins, il convient si nécessaire de protéger la partie basse du bassin supérieur par géomembranes. Cela coûte moins de 5% de l’investissement. Quelques pourcents.
E.T.I : Les communes littorales concernées ont-elles intérêt à accepter de tels projets ?
F.L. : Les communes littorales auront les mêmes avantages que les communes voisines d’un grand aménagement hydroélectrique, ce sont des communes très riches grâce aux compensations économiques qu’elles touchent. Et en plus ces communes auront la possibilité d’utiliser un lac de quelques kilomètres-carrés pour l’aquaculture ou les sports nautiques comme la planche à voile et le canoë. De quoi vivifier l’activité touristique locale.
E.T.I : Finalement, ces projets peuvent être très attractifs ?
F.L. : Il y a une trentaine de sites possibles le long de la Manche, je pense que cela ne sera pas difficile de trouver un ou deux sites au départ très acceptés, et une fois que les autres communes verront comment cela se passe, pour les suivantes cela ne sera pas difficile de choisir.
E.T.I : Comparativement aux STEP classiques, qu’en est-il au niveau des coûts avec ce type de STEP en bordure de mer, avec un dénivelé plus faible, mais un bassin inférieur déjà en place étant donné que c’est la mer ?
F.L. : Cela sera un peu plus cher ou un peu moins cher suivant les cas. Le coût des STEP de montagne est assez variable suivant les sites, les estimations actuelles arrivent à la conclusion que c’est du même ordre de grandeur dans certains cas, un peu plus cher ou moins cher dans d’autres. Ceci avec moins d’impacts environnementaux. En Montagne, dès qu’on touche à une rivière, cela crée beaucoup de problèmes.
E.T.I : Quel est le surcoût engendré sur le kWh éolien ou solaire avec ce type de stockage ?
F.L. : En kilowatt investi, que ce soit en STEP de montagne ou en STEP de bord de mer, c’est entre 1000 et 2000 euros. L’impact total du stockage sur le coût de fabrication de l’énergie, en supplément du coût de production de l’énergie est inférieur à deux centimes d’euro par kWh. Cela permet tout à fait le développement des énergies renouvelables variables. Et d’avoir du courant de bonne qualité pour le réseau électrique.
E.T.I : Il est également possible de placer les STEP entièrement en mer…
F.L : Oui, mais c’est plus coûteux de construire les digues en mer qu’à terre. Par contre cela peut tout à fait être envisagé sur l’on construit de grande usine marémotrices dans le futur et on pourra alors associer de telles STEP en pleine mer.
E.T.I : Installer à ces systèmes combinés des éoliennes, en tirant profit des digues, serait-il possible ?
F.L. : On peut le faire, mais ce n’est pas fondamentalement important.
ETI : Parmi toutes les options possibles, pour commencer, quel est celle qui vous semble la plus pertinente ?
F.L. : Cela dépendra de l’acceptation locale. Il me semble qu’une première STEP en Haute-Normandie, sur les 100 kilomètres du pays de Caux, cela parait bien situé, près des centrales nucléaires qu’on peut moduler. Une autre STEP en Bretagne, ou l’on peut faire beaucoup d’énergie éolienne intermittente, cela serait assez logique. Il y a d’autres sites dans le Cotentin près de Flamanville, il y a d’autres sites dans le Pas-de-Calais. Trouver deux sites à réaliser d’ici une dizaine d’années parmi la trentaine possibles ne devrait pas être très difficile.
Ce grand stockage économique bien situé pourrait être la meilleure solution pour permettre réellement un programme d’énergies renouvelables important. Les sites français sont assez proches des Pays-Bas et de la Ruhr allemande, et il est possible que l’on utile les sites français non seulement pour la France mais aussi pour l’Europe.
Propos recueillis par Olivier Daniélo
François Lempérière est ex-président du Comité Français des Grands Barrages (CFGB) ainsi que de plusieurs comités au sein de la Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB), et est également lauréat de l’Académie des Sciences.
La CIGB a été fondée en 1928 et est destinée à favoriser l’échange des connaissances et de l’expérience dans le domaine de l’ingénierie des barrages. Elle rassemble 95 Comités Nationaux qui comportent au total environ 10 000 membres individuels.
Pourquoi choisir une caméra thermique FLIR ? Il existe d’autres technologies pour vous aider à mesurer les températures sans contact. Les thermomètres infrarouges, par exemple.
Les thermomètres infrarouges et les caméras thermiques
Les thermomètres infrarouges (IR) sont fiables et très utiles pour effectuer des relevés ponctuels de température. Mais lorsqu’il faut examiner de grandes étendues ou du matériel de grandes dimensions, certains composants proches de la panne ou nécessitant une réparation risquent de passer inaperçus.
Une caméra thermique FLIR peut scruter des moteurs, des composants, des panneaux entiers en une seule fois. Aucune surchauffe dangereuse ne lui échappe, même très localisée.
Détectez les problèmes plus vite et plus facilement, avec une extrême précision.
Les problèmes critiques passent facilement inaperçus avec un thermomètre IR ponctuel. Une caméra thermique FLIR scrute l’ensemble du matériel, ce qui vous apporte un diagnostic instantané du problème et de son étendue.
Comme des milliers de thermomètres IR utilisés simultanément.
Avec un thermomètre IR, vous pouvez mesurer la température en un point. Les caméras thermiques FLIR permettent de mesurer les températures sur toute l’image. L’image de la FLIR i3 possède une résolution de 60 × 60 pixels.
Cela signifie qu’elle joue le rôle de 3600 thermomètres IR utilisés simultanément. La FLIR P660, modèle haut de gamme, possède une résolution de 640 × 480 = 307.200 pixels.
Elle remplace 307.200 thermomètres IR.

Les températures produites dépendent principalement des facteurs suivants :
1. Conductivité thermique
Chaque matériau possède des propriétés thermiques. Les matériaux isolants se réchauffent lentement, alors que les métaux chauffent rapidement, par exemple. Il s’agit là de conductivité thermique.
Des matériaux de conductivités thermiques différentes peuvent présenter des différences de température importantes dans certaines situations.
2. Émissivité
Pour que les températures obtenues soient correctes, il est important de prendre en considération le facteur nommé émissivité. L’émissivité est l’efficacité avec laquelle un objet émet dans l’infrarouge. Elle dépend fortement du matériau.
Il est extrêmement important de donner une valeur d’émissivité correcte à la caméra, car sinon les températures mesurées seront incorrectes. Les caméras de FLIR Systems ont des valeurs d’émissivité prédéfinies pour de nombreux matériaux. Les valeurs applicables aux autres matériaux peuvent être trouvées dans des tableaux d’émissivité.
3. Réflexion
Certains matériaux reflètent le rayonnement thermique comme un miroir reflète la lumière visible. Par exemple le métal non oxydé, surtout s’il est poli. La réflexion peut conduire à une mauvaise interprétation de l’image thermique.
Par exemple, l’opérateur peut prendre pour un point chaud le reflet de son propre rayonnement thermique. Il doit donc choisir soigneusement l’angle d’observation de
l’objet pour éviter de tels reflets.
Si le matériau en surface de l’objet possède une faible émissivité (comme le métal non oxydé) et que sa température est très différente de la température ambiante, la réflexion de cette dernière influe sur la température relevée par la caméra thermique. Les caméras
thermiques FLIR peuvent compenser cet effet en tenant compte de la température ambiante indiquée par l’opérateur.
Pour vérifier les réglages d’émissivité et de réflexion, une bonne méthode consiste à utiliser une « bande d’étalonnage » dont l’émissivité est connue (et généralement proche de 1).
L’opérateur fixe cette bande à la surface de l’objet et attend quelques instants qu’elle prenne la même température. Il détermine la température exacte de la bande grâce à la valeur
connue d’émissivité. Il retire ensuite la bande et modifie le réglage d’émissivité (et de réflexion si nécessaire) de manière à ce que la température lue sur l’objet soit exactement celle relevée sur la bande d’étalonnage.
4. Conditions atmosphériques
La température ambiante peut avoir une influence importante sur les relevés de température. Lorsqu’elle est élevée, elle peut masquer des points chauds car l’ensemble de l’objet est plus
chaud. Lorsqu’elle est basse, les points chauds peuvent passer en dessous d’un seuil de détection prédéterminé.
Il va sans dire que le rayonnement solaire direct peut avoir une forte influence. Mais la différence entre les zones ensoleillées et ombragées peut persister plusieurs heures après la disparition du soleil, et influencer le motif thermique observé. Les motifs thermiques dus au soleil ne doivent pas être confondus avec ceux indiquant un transfert de chaleur. Le vent est un autre facteur atmosphérique à prendre en compte. Le déplacement d’air refroidit le matériau en surface et atténue les différences entre les zones chaudes et froides.
De manière évidente, la pluie peut enlever toute efficacité à l’inspection thermique en refroidissant les surfaces. Même lorsque la pluie s’arrête, l’évaporation de l’eau refroidit encore les surfaces. Cela peut conduire à une mauvaise interprétation des motifs thermiques observés.
Système de chauffage et de ventilation
À l’intérieur des bâtiments, les températures de surface peuvent aussi subir des influences. De la part de la température ambiante, mais aussi du chauffage et de la climatisation. Les
systèmes de chauffage créent des différences de température qui peuvent se traduire par des motifs trompeurs. Les courants d’air froids provenant des ventilateurs et des systèmes
de conditionnement d’air peuvent avoir l’effet inverse : ils refroidissent les surfaces alors que les composants sont chauds, ce qui peut empêcher de détecter une éventuelle défaillance.
La lumière infrarouge ou thermographie est l’utilisation d’une caméra de mesure et d’imagerie infrarouge pour « voir » et « mesurer » l’énergie thermique émise par un objet. L’énergie thermique, ou infrarouge, est une lumière invisible car la longueur de ses ondes est trop longue pour être détectable à l’œil nu. Il s’agit de la partie du spectre électromagnétique que nous percevons comme chaleur. Contrairement au monde visible, dans le monde infrarouge, tout objet ayant une température supérieure à zéro degré Kelvin émet des infrarouges et donc, même les objets très froids, tels que les glaçons, émettent des infrarouges.
.jpg)
Plus la température d’un objet est élevée, plus la radiation infrarouge émise est importante. Les infrarouges nous permettent de voir ce que nos yeux ne peuvent pas voir. Les caméras de thermographie infrarouge produisent des images de radiation infrarouge ou de « chaleur » invisible à l’œil nu et fournissent des mesures précises de température sans contact. La quasi-totalité des composants chauffent avant de tomber en panne ce qui fait des caméras infrarouges des outils de diagnostic extrêmement rentables et utiles dans de nombreuses applications. Alors que l’industrie se démène pour améliorer l’efficacité de la production, la gestion de l’énergie, la qualité des produits et la sécurité sur le lieu de travail, de nouvelles applications apparaissent constamment pour les caméras infrarouges.