Top 10 des entreprises les plus innovantes dans le monde

Et le grand vainqueur est… Apple ! Malgré un iPhone 5 et un iPad mini en mal de révolution, la marque à la pomme reste la plus innovante. Google et 3M complètent le podium, Samsung s’attribuant la 4ème place. Suivent GE, Microsoft, Toyota, P&G, IBM et Amazon. A noter la progression de Samsung qui quitte sa 7ème place pour le pied du podium et l’entrée d’Amazon qui chasse Facebook.

Pour établir ce classement, Booz & Company a identifié les 1000 entreprises cotées en bourse avec le plus gros budget R&D pour l’année 2011. Puis le cabinet de conseil a épluché les chiffres d’affaire, les marges brutes, d’exploitation, nettes, les dépenses R&D ainsi que la capitalisation boursière. L’analyse de ces données a permis de classer ces 1000 entreprises en fonction de leur capacité à innover et à en tirer profit.

Car innover requiert avant tout de la méthodologie, et il n’est pas nécessaire d’avoir un budget R&D colossal pour réussir en innovation. C’est la leçon de l’étude menée par  le cabinet de conseil en stratégie Booz & Company parue le 30 octobre 2012. Pour preuve, Apple, Google et 3M, les trois leaders du classement des entreprises les plus innovantes, sont positionnées respectivement au 53ème, 26ème et 86ème rang en matière de budget R&D. « Nous constatons qu’il n’y a pas de corrélation à long terme entre le montant consacré à l’innovation et la performance financière générale d’une entreprise », explique Benoît Romac, Partner chez Booz & Company. « Ce qui importe vraiment, ce n’est pas la somme dépensée, mais la façon dont laquelle ces budgets R&D sont investis dans les talents, les processus et les outils. » Problème, la moitié des personnes interrogées estiment que leur entreprise n’est que peu ou moyennement efficace pour générer de nouvelles idées puis les convertir en produits potentiels.

Mais alors comment faire mieux ? Booz & Company en a profité pour interroger 700 spécialistes de l’innovation pour qu’ils révèlent leurs techniques préférées et mieux comprendre les outils et mécanismes utilisés en phase amont de l’innovation. Le cabinet a aussi analysé l’impact de ces approches sur la fabrication concrète de produits innovants et les performances financières induites. Parmi les techniques d’innovation on retrouve le data mining (exploration de données) à partir des réseaux sociaux, le crowdsourcing (externalisation ouverte) et le seed funding (financement d’amorçage). Mais depuis quelques temps les entreprises retournent aux méthodes plus traditionnelles, notamment l’observation du client ! Simple mais efficace, cette technique est jugée la meilleure par 42% des cadres sondés.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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Proposition de loi établissant une tarification progressive de l’énergie: remarques pratiques

Les députés François Brottes et Bruno Leroux ainsi que l’ensemble des députés PS et apparentés ont déposé une proposition de loi établissant une tarification progressive de l’énergie. Il s’agit essentiellement d’instaurer un système de bonus-malus, visant à inciter les propriétaires à investir dans la rénovation thermique des logements et bâtiments, associé à des mécanismes permettant de lutter contre la précarité énergétique.

 

Sans vouloir entrer dans les détails de la réglementation et en s’en tenant au niveau des principes voici  quelques remarques fondamentales :

  • Comme le mentionnent ses auteurs la loi sera complexe. Cette complexité résulte précisément du mélange de deux objectifs : l’amélioration des performances énergétiques et la lutte contre la précarité. Mélanger ces objectifs conduit à une loi complexe, voire illisible. La variété des situations est tellement grande que tout barème sera forcément très injuste pour certains et trop favorable pour d’autres ;
  • Il eut sans doute été préférable d’ouvrir un débat sur la précarité énergétique et les différents moyens de la rendre plus supportable avant de privilégier l’instrument proposé par la loi, ceci dans l’esprit de concertation prôné par le Président et le Premier ministre lors de la récente Conférence Environnementale. Au passage on peut déplorer que la précarité énergétique soit restée le parent pauvre de la CSPE – autour de 2% du montant annuel ! – et qu’elle a peu mobilisé la classe politique. On constatera qu’il y a eu bien moins de textes législatifs ou règlementaires sur cette question que sur l’obligation d’achat de l’électricité produite par les énergies renouvelables… L’extension de la CSPE à toutes les énergies devrait être envisagée ;
  • L’instauration du système de bonus-malus tel que proposé est très discutable. Dans son principe, ce système peut être intéressant s’il conduit à une action à courte échéance. Dans le cas particulier de la loi projetée le nombre de malus imposés étant bien supérieur au nombre de rénovations thermiques pouvant être réalisées annuellement, certains propriétaires devront attendre fort longtemps (disponibilité financière ou charge des entreprises) avant de pouvoir effectuer les travaux leur permettant d’échapper au malus*. Ce ne sera donc plus un malus mais bien une sanction.

En sens inverse, les bonus distribués aux propriétaires de logements déjà aux normes ne serviront à rien. Il est vraisemblable que ce ne seront pas les plus pauvres qui auront accès à un tarif avantageux mais ceux dont les logements sont bien isolés. Surprotéger certains aux dépends des autres aura nécessairement un effet pervers.

Si la charge de la gestion est transférée aux distributeurs le risque est grand de les voir se saisir de cette opportunité pour peser sur le prix de l’énergie. Il semblerait par contre que les services fiscaux soient parfaitement équipés pour ce faire. Il leur serait facile de faire peser directement le malus sur les propriétaires, seuls en mesure d’effectuer les investissements nécessaires.

L’examen de la loi au regard de sa compatibilité avec le droit communautaire ne sera sans doute pas superflue. Rappelons que notre tarif réglementé, qui est déjà une dérogation au droit communautaire, devrait être supprimé en 2014.

Le projet de loi parle d’augmentation « inéluctable » du prix de l’énergie. Rappelons que si transition énergétique il y a, cette transition doit nécessairement se traduire par une diminution des émissions de CO2 dans l’atmosphère. A cette occasion, l’instauration d’une taxation différentielle des sources d’énergie tenant compte de leur contenu en gaz à effets de serre, (autrement dit une taxation du carbone) devrait s’imposer.

A l’évidence, les remarques qui précèdent n’ont pas la prétention d’être exhaustives.

Par Hervé Nifenecker

*En effet, le nombre de logements anciens pouvant être rénovés thermiquement dépassera difficilement 500.000 par an, alors que le nombre de malus distribués devrait être de l’ordre de 20 millions. Certains propriétaires devraient donc attendre près de 40 ans avant de pouvoir réaliser les investissements leur permettant d’échapper au malus.

Hervé Nifenecker a fait l’essentiel de sa carrière comme physicien des particules et des noyaux.
Au début des années 1990 il a collaboré avec Carlo Rubbia pour réaliser les premières expériences sur les systèmes sous-critiques alimentés par accélérateurs. Il s’est alors intéressé à la physique des réacteurs en créant, avec Jean Marie Loiseaux,  le groupe d’étude de réacteurs innovants à l’IN2P3 (LPSC Grenoble) et en publiant « Accelerator Driven Subcritical Reactors ».
Elargissant son propos à l’ensemble de la problématique énergétique il a créé, avec quelques autres, la commission énergie de la Société Française de Physique. Il est le co-auteur de « L’énergie dans le monde : bilan et perspectives » et de « L’énergie de demain : techniques, environnement, économie » et l’auteur de deux livres : « l’énergie nucléaire a-t-elle un avenir ? » et « Le nucléaire : un choix raisonnable ? »
Enfin il a créé le collectif « Sauvons le Climat » dont il est président d’honneur.
Ce qu’en pense l’association « Sauvons le Climat »

« Sauvons le Climat » apprécie les intentions de cette proposition de loi mais considère que les modalités pratiques proposées sont hautement discutables.

« Sauvons le Climat » estime notamment que le vote de ce projet de loi est prématuré. Il devrait, ce qui serait à la fois plus logique et plus démocratique, être au préalable débattu dans le cadre des débats de la Conférence Environnementale chargée de définir les divers aspects d’une transition énergétique.

Cette Conférence, quoiqu’il en soit, devra par priorité, se préoccuper d’évaluer comparativement (calcul du coût du carbone évité) les moyens les plus appropriés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en tenant compte de la précarité des plus démunis.

Automobile : vers des fermetures d’usines inévitables

Le marché européen a diminué de 7,3% sur 11 mois par rapport à 2011 et la baisse continue. Si la capacité de production est de 17 millions de véhicules par an, le marché est de 12 à 13 millions par an. « Une usine est rentable quand elle tourne à environ 80% de sa capacité », estime François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobile. « Actuellement, l’activité des constructeurs généralistes est au mieux de 60% pour certains et 40% pour d’autres donc ce n’est pas économiquement viable.   Dans ce contexte, les fermetures d’usines apparaissent inévitables.

Si le secteur automobile français emploie 450.000 personnes, la production hexagonale ne représente que 3% de la production mondiale. Cela représente 2 millions de voiture chaque année pour un total de 75 millions d’unités. La crise actuelle du secteur pose « la question de son adaptation au contexte actuel », estime Philippe Coulomb , Président d’Agir pour l’environnement.

Les véhicules neufs sont aujourd’hui tellement chers que seuls les ménages de plus de 50 ans, qui sont propriétaires, peuvent se les offrir. Ce n’est pas pour rien que l’âge moyen d’un acheteur d’automobile neuve est de 54 ans en France et celui d’un autopartageur de 35 ans ! Chaque année, 1,2 millions de voitures neuves sont vendues en France, à opposer à la vente de 5 millions de véhicules d’occasion.

Un modèle à repenser

« La saturation du marché, la saturation des voies de circulation, les contraintes liées à l’entretien, les crises et les catastrophes pétrolières, les inquiétudes sur les effets du dérèglement climatique et les alertes sanitaires liées à l’impact du diesel » remettent en cause le modèle du tout voiture hérité du siècle passé, estime Philippe Coulomb. « Il nous faut sans doute repenser le style de mobilité que nous souhaitons et ensuite seulement adapter l’outil de production aux nouveaux besoins identifiés », poursuit-il.

Le futur de l’automobile ne se joue pourtant pas en Europe, où le parc est saturé et où les citoyens sont majoritairement dans un système de renouvellement. Ce futur se joue dans les pays émergents. Importerons-t-ils notre modèle ?

Quelles ressources pour une voiture ?

Pour fabriquer une voiture, il faut 20 fois plus de matières que son poids. Une voiture de 1,5 tonne nécessite ainsi l’extraction de 30 tonnes de matériaux. Mais les voitures demandent surtout du pétrole ! 90% des transports fonctionnent au pétrole. À eux seuls, ils absorbent 70% de la consommation de produits pétroliers, très loin devant les bâtiments (17%) et l’industrie (8%). L’automobile consomme 46% de ce pétrole, les poids lourds et véhicules utilitaires légers 30%, l’avion 14%, le reste étant attribué au maritime et au ferroviaire.

Les automobiles font aussi pression sur les sols, notamment via les infrastructures de transports et l’artificialisation des sols. Les espaces artificialisés occupent aujourd’hui 10% du territoire national, dont environ la moitié pour les infrastructures de transport. 18% de l’empreinte écologique d’un Français est due aux transports.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Création d’un système de recharge rapide pour les véhicules électriques

C’est à travers l’initiative du projet Unplugged soutenu par l’Union Européenne que ce système pionnier en Europe permet de charger à présent 80% de la batterie d’une voiture en quelques quinze minutes.

Ce type de recharge, spécifiquement par induction existait déjà, mais fonctionnait avec deux limites importantes. La recharge durait des heures et nécessitait un alignement parfait du véhicule avec la plaque.

Ce nouveau système en finit avec ces problèmes et rend ainsi la technologie de l’induction plus commode pour les usagers, qui pourront même ne pas descendre du véhicule pour l’opération. Le véhicule électrique devra être équipé au préalable d’un élément récepteur sous la voiture, pour ensuite être seulement positionné sur une plate-forme de charge située au sol. Lors de la détection de la voiture par le système, la connexion sans fil lancera le transfert d’énergie d’une puissance de 50 kilowatts. L’efficacité n’altère donc pas la sécurité car ce système conserve des émissions à des niveaux très inférieurs à la limite permise.

Cette nouvelle technologie va ainsi être appliquée directement pour la recharge statique des autobus, des camions et des véhicules de tourisme dans les stations services. Et il sera aisé d’adapter chaque demande de puissance spécifique aux différentes nécessités de charge.

Source : bulletins-electroniques.com

L’essentiel de REACH 2/2 (Décembre)

Helpdesk, mise à jour du guide sur les FDS

14/12/2012
Suite à la fin de la dérogation du système CLP depuis le 1er décembre 2012, le Helpdesk France a mis à jour le document sur les fiches de données de sécurité et les dispositions transitoires. Ce document est téléchargeable dans la section « Guides et brochures » du site du Helpdesk : http://www.ineris.fr/reach-info/ ou sur :
http://www.ineris.fr/reach-admin/file_upload/File/pdf/Guides/FDS_phase_transitoire_2012.pdf

Accord entre l’ECHA et le JRC-IHCP

14/12/2012
L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l’Institut pour la protection de la santé et des consommateurs (IHCP) du Centre commun de recherche de la Commission Européenne (JRC) signent un accord de collaboration. Ce nouvel accord permettra de développer des synergies entre ces deux institutions européennes. Il ouvre la voie à l’élaboration de projets communs inclus dans un programme de coopération, qui bénéficiera des atouts des deux partenaires, sur la base de leurs connaissances sur les produits chimiques. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/375128cb-c3b7-411c-a0e0-63c4103445de

L’ECHA lance une consultation publique sur un projet d’avis du SEAC sur la restriction de chrome VI dans les articles en cuir

14/12/2012
Une consultation publique sur une proposition de restriction, présenté par le Danemark, du chrome VI dans les articles en cuir a eu lieu de mars à septembre 2012. La proposition a été discutée au sein des comités de l’ECHA pour l’évaluation des risques (RAC) et analyse socio-économique (SEAC). En conformité avec le règlement REACH, l’ECHA lance aujourd’hui une consultation publique sur un projet d’avis du SEAC avec une deadline pour les commentaires fixée au 12 février 2013. Les commentaires reçus seront examinés et pris en compte par le SEAC dans son avis final, qui devrait être adopté d’ici le 15 mars 2013. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/web/guest/view-article/-/journal_content/2774c84c-5757-4746-b0ef-ff43c3e219ae

De nouvelles substances SVHC au registre d’intention

17/12/2012
13 nouvelles substances ont été inscrites au registre d’intention pour l’identification de futures substances SVHC (substances extrêmement préoccupantes). La deadline de soumission est fixée au 4 février 2013. Plus d’informations sur :
http://echa.europa.eu/registry-of-current-svhc-intentions

Le Comité des États membres identifie les premiers sensibilisants respiratoires comme substances extrêmement préoccupantes (SVHC)

17/12/2012
Le comité des États membres (MCS) s’est accordé sur l’identification de 23 substances extrêmement préoccupantes (SVHC). Parmi celles-ci, pour la première fois, trois sensibilisants respiratoires ont été retenus. Ces SVHC seront ajoutés à la liste des substances candidates par décision de l’ECHA en collaboration avec 31 autres substances qui ne nécessitent pas la participation du MSC. Ces substances peuvent ensuite être soumises à autorisation. Le Comité a également fait part de leur accord sur le projet de recommandation de l’ECHA pour l’ajout de 10 nouvelles substances à la liste d’autorisation. Plus d’information sur :
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/aa39c887-b663-43e6-a92d-ee86661fa4a1

Newsletter de l’ECHA

17/12/2012
La dernière newsletter de l’ECHA est en ligne sur http://newsletter.echa.europa.eu/. Informations sur l’ECHA, enregistrements de 2013, biocides, REACH et CLP… sont à retrouver dans cette newsletter.

Nouvelle consultation publique pour la classification et l’étiquetage harmonisé de substances

18/12/2012
L’ECHA sollicite des commentaires sur de nouvelles propositions de classification et d’étiquetage harmonisés (CLH) pour trois pesticides (pyridabène, dodémorphe et acétate de dodémorphe), et deux produits chimiques utilisés dans l’industrie (imidazole et phénol dodécyl, ramifié). Les consultations publiques sont ouvertes pendant 45 jours et prendront fin le 1er février 2013. Plus d’information sur :
http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/8c03168d-b790-4989-88b5-eecc60b900d1
Pour accéder aux consultations :
http://echa.europa.eu/harmonised-classification-and-labelling-consultation

54 nouvelles substances sur la liste candidate

19/12/2012
L’ECHA a mis à jour la liste des substances candidates pour l’autorisation. 54 nouvelles substances y ont été ajoutées. 23 substances ont été incluses dans la liste candidate après examen par le Comité des États membres (MSC) des commentaires reçus et l’accord unanime du MSC sur l’identification de ces substances comme substances extrêmement préoccupantes. Pour les 31 autres substances, lors de la consultation publique, aucun commentaire pour contester l’identification de ces substances comme substances SVHC n’a été reçu. Par conséquent, ces substances ont été ajoutées à la liste candidate sans la participation de la MSC. La liste candidate contient maintenant 138 substances. Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/b5d76d7f-7b28-4081-bd5c-9500e01e1ab2
Substances présentes sur la liste candidate : http://echa.europa.eu/candidate-list-table

2013 : conférences en ligne 

Le calendrier des conférences du premier semestre 2013 proposées par l’UIC, le MEDDE et le Helpdesk national a été mis à jour. Les prochaines conférences porteront sur :

  • 17 janvier 2013 – L’enregistrement immédiat – Les substances ne bénéficiant pas d’un régime transitoire
  • 7 février 2013 – Les étapes de la soumission conjointe
  • 14 mars 2013 – Que faire à réception d’une fiche de données de sécurité étendue (niveau 2) ?
  • 4 avril 2013 – Le processus d’évaluation : que devez-vous savoir ?
  • 25 avril 2013 – Déposer une demande d’autorisation
  • 23 mai 2013 – Ce qu’il faut savoir pour les années à venir

Le nombre de places est limité. Inscription obligatoire sur :
http://www.uic.fr/REACH-webinars.asp

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

Pour aller plus loin :

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Des Etats membres font pression sur la Commission européenne pour mieux encadrer les nanomatériaux

Selon Chemical Watch3, cela s’est passé lors d’une récente réunion des « CARACAL ». Les représentants des Etats membres ont réitéré auprès de l’exécutif de l’Union Européenne le message que dix d’entre eux (dont la France), ainsi que la Croatie, avaient envoyé à la Commission européenne cet été : dans une lettre datée de juin adressée à la Commission, ils avaient demandé à cette dernière de prendre des mesures pour garantir la santé des citoyens européens et la protection de l’environnement en veillant à ce que la législation européenne prenne en compte les risques possibles associés à la production et à l’utilisation des nanomatériaux. La lettre demandait également à la Commission de combler les lacunes du règlement REACH concernant les nanomatériaux.

Dans sa communication d’octobre sur le deuxième examen réglementaire sur les nanomatériaux, la Commission a largement ignoré les demandes exprimées par ces Etats.

Aussi les signataires de la lettre ont-ils réitéré, lors de la toute récente réunion des « Caracal », leur pression sur l’exécutif de l’UE afin qu’il revoit les seuils de tonnage prévus par REACH, la surveillance du marché et les inventaires des produits et le raccourcissement du temps nécessaire pour obtenir des informations concernant les nanomatériaux sur le marché.

Car ces Etats ne se satisfont pas de la modification marginale de la législation européenne (limitée aux annexes de REACH) promue par la Commission.

… et déploient, faute de mieux, des stratégies nationales

A défaut d’une politique volontariste au niveau européen, les Etats membres sont pour l’instant condamnés à agir à l’échelle nationale, qui n’est pas la plus pertinente mais la seule de leur ressort :

  • La France, premier pays à avoir instauré une déclaration des nanomatériaux obligatoire à partir de 2013, a ouvert la voie : d’autres mécanismes plus ou moins similaires sont en cours d’adoption dans plusieurs pays européens ;
  • Le Danemark pourrait rendre obligatoire, à compter de 2014, l’enregistrement par les producteurs et les importateurs des nanomatériaux et des produits contenant ou relarguant des nanomatériaux, avec des différences notables par rapport à l’approche française8.
  • La Belgique et les Pays-Bas envisagent de mettre eux aussi en place une déclaration obligatoire ;
  • L’Italie pourrait opter pour une déclaration basée sur le volontariat uniquement ;
  • L’Allemagne envisage de rendre publiques avant Noël des propositions pour remédier à cette situation ;
  • L’Italie a déclaré qu’elle allait faire connaître sa position après avoir consulté les acteurs concernés sur la position de la Commission ainsi que sur le « nano patch » proposé en novembre par le Center for international environmental law (CIEL), ClientEarth et les Amis de la Terre Allemagne (BUND) : ce « nano patch » a pour but de remédier aux lacunes de la législation européenne existante de façon plus flexible, efficace et rapide que par le biais de longues et fastidieuses procédures de révision ;
  • La Suède a élaboré une proposition de réglementation spécifique nano à l’échelle européenne qu’elle n’a pas encore rendue publique mais qu’elle a partagée avec les membres du CASG Nano.

Contestée, la Commission vient d’annoncer la tenue d’une journée d’échanges sur les nanos, ouverte aux parties prenantes, le 30 janvier 2013

La Commission vient d’annoncer la tenue d’un atelier sur le deuxième examen réglementaire relatif aux nanomatériaux, à Bruxelles, le 30 janvier prochain. Cette journée d’échanges est ouverte aux « parties prenantes » (syndicats, associations, industries, …) : vous pouvez vous inscrire, dans la limite des 250 places disponibles. Un pré-programme est en ligne, sur le site de la Commission.

L’objectif de cette initiative reste incertain : mieux expliquer la position de la Commission, et donc défendre le statu quo, ou l’ouvrir réellement à la discussion et envisager collectivement des améliorations possibles ?

Les ONG les plus actives au niveau européen seront particulièrement vigilantes à ces aspects lors des échanges (qui seront retransmis en ligne). Parmi elles sont déjà mobilisés : l’Association européenne pour la coordination de la représentation des consommateurs dans la normalisation (ANEC), le Bureau européen de l’environnement (EEB), le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), les Amis de la Terre Allemagne (BUND), la Confédération européenne des syndicats (CES ou ETUC), le Center for international environmental law (CIEL), ClientEarth, la European environmental citizens’ organisation for standardisation (ECOS), l’Institut syndical européen (ETUI), Women in Europe for a Common Future (WECF)

La balle est aussi dans le camp du Conseil des Ministres et des députés européens

De l’aveu même de la Commission, si une majorité d’Etats membres, le Conseil des ministres ou le Parlement européen, s’emparent de ce sujet et appellent à leur tour à un encadrement plus ambitieux des nanomatériaux, la Commission serait contrainte de revoir sa position.

Les députés Verts du Parlement européen, notamment le Suédois Carl Schlyter, sont parmi les plus proactifs sur le sujet. Ils ont déjà reproché à la Commission européenne de trop « traîner des pieds » concernant l’encadrement des nanomatériaux en octobre dernier et pourraient être rejoints par d’autres.

En mars dernier, les députés européens du Science and Technology Options Assessment (STOA) avaient ainsi suggéré 11 différents chantiers, parmi lesquels :

  • Mandater une étude sur l’opportunité et la faisabilité d’un nouveau cadre réglementaire pour les nanotechnologies ;
  • Examiner si, et dans quelle mesure, les réglementations favorisant la traçabilité des matériaux doivent être adaptées au cas des nanomatériaux ;
  • Soutenir la mise sur pied et la mise en œuvre d’un système de notification obligatoire des produits contenant des nanoparticules, accessibles le cas échéant au grand public afin que les consommateurs puissent faire leurs propres choix de façon informée et que les agences sanitaires puissent intervenir immédiatement si de nouvelles indications concernant des dangers avérés apparaissaient.

A suivre donc…

Source : veillenanos.fr/wakka.php?wiki=ComEurPressionEmFin2012

News Environnement : décembre 2012

La hausse du niveau des océans limitée temporairement

Le stockage dans le manteau neigeux de l’eau de fonte des glaces du Groenland limite temporairement la contribution de l’île à la hausse du niveau des océans.

La fonte de la calotte glacière du Groenland s’accélère et l’année 2012 apparaît déjà comme une année record en matière de dégel. Les conséquences potentielles de cette fonte sur le climat et la montée des océans sont telles que, depuis plusieurs années, l’île du Groenland et sa calotte glacière font l’objet d’une surveillance étroite par les chercheurs. Parmi ceux-ci, Xavier Fettweis, chercheur en climatologie à l’Université de Liège, a mis au point un modèle mathématique étudiant les différents scénarios possibles. Si ce modèle confirme l’accélération de la fonte, par contre il ne prend pas encore en considération un phénomène qui vient d’être révélé dans la revue Nature par des chercheurs américains travaillant en partie à partir des sorties du modèle conçu par Xavier Fettweis.

Dans cette publication, les chercheurs américains (des universités du Colorado, du Wyoming et du Montana) soulignent le rôle important d’une zone dite « de percolation » : l’eau de fonte ne rejoint pas directement les océans mais s’infiltre dans les espaces vides de la couche de neige, y reste et regèle en hiver. Ce phénomène ne contredit pas les prévisions des modèles de Xavier Fettweis mais en postpose d’une dizaine d’années au plus la réalisation. Pendant ce laps de temps, la contribution du Groenland à la hausse du niveau des mers est, en partie du moins, compensée par le stockage de l’eau dans le manteau neigeux de l’île. « Dans mon modèle, explique Xavier Fettweis, je considère que si la quantité d’eau liquide présente dans le manteau neigeux est supérieure à 7%, l’eau de fonte s’écoule vers l’océan. Or, les Américains montrent que certaines zones de la calotte ont une capacité de stockage beaucoup plus élevées. »

Si beaucoup de doute subsistent, il est certain néanmoins que la calotte du Groenland contribuera de manière significative à l’élévation du niveau des mers. « Tous les effets y contribuent, poursuit Xavier Fettweis. En fondant, la calotte perd de l’altitude et se réchauffe, ce qui accélère la fonte. La neige qui fond se salit et absorbe plus d’énergie, ce qui emballe également la fonte. » Tout contribue à la fonte mais celle-ci s’étalera cependant sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’années avant de voir disparaître la calotte du Groenland.

2012 : une année charnière ?

Depuis 4 millions d’années, la pérennité de la calotte glacière du Groenland est assurée par des chutes de neige qui s’accumulent au centre de l’île et se transforment en glace. Jusqu’il y a peu, le bilan entre les gains (les chutes de neige) et les pertes (la fonte des glaces, le détachement d’icebergs) de masse était proche de zéro et la calotte était à l’équilibre. Malgré l’extension constante de la zone de fonte, la calotte se maintient en équilibre grâce à la dynamique des glaces, qui redistribue la masse neigeuse accumulée au centre vers les bords de la calotte.

Cependant les fontes record observées ces derniers mois en 2012 (qui trouvent pour origine non seulement le réchauffement climatique mais aussi une modification de la circulation atmosphérique estivale) font craindre un renversement de situation. En août 2012, le bilan de masse en surface du Groenland a atteint le minimum absolu enregistré depuis au moins 50 ans. L’équilibre est rompu, la fonte et le détachement d’icebergs dépassant les arrivages de neige. Les conditions atmosphériques des prochains mois seront dès lors déterminantes pour le bilan de masse 2012, qui pourrait s’avérer significativement en déséquilibre global pour la première fois de l’histoire du Groenland.

Source : bulletins-electroniques.com

La tête dans les nuages

Le CAIPEX, Cloud Aerosol Interaction and Precipitation Enhancement Experiment, est un programme de 7,2 millions d’euros d’une durée de 3 ans financé par le ministère des Sciences et Technologies et coordonné par l’Indian Institute of Tropical Meteorology de Pune. Il a pour but de mettre en place une méthode d’ensemencement des nuages pour augmenter le volume de précipitations de trois états indiens souffrant de pénurie en eau, le Maharashtra, le Karnataka et l’Andhra Pradesh.

La première phase de ce programme, en 2009, a permis d’observer et de caractériser différents modèles de nuages durant la mousson en fonction de la température, du vent, des gouttes d’eau, et des aérosols. Pour la deuxième étape de ce programme, des données comparatives de ces nuages à différentes altitudes et dans différentes localités du territoire indien ont été récoltées.

Les résultats de ces deux premières étapes ont montré qu’il était possible de mener des expérimentations de pluie artificielle en Inde. La troisième étape qui se finit cette année, va permettre d’identifier la méthode capable d’améliorer les précipitations, en utilisant par exemple des sels ou des balises hygroscopiques.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans 15 articles de journaux internationaux et seront transmis au gouvernement. Durant la mise en application de cette méthodologie, l’Indian Institute of Tropical Meteorology aura vocation à aider les Etats à gérer les précipitations et les apports en eau à la fois en donnant des conseils sur l’installation des plateformes techniques et dans l’interprétation des résultats.

Source : bulletins-electroniques.com

Comment les coraux ont essuyé une vague de chaleur lors de la période glaciaire

Plusieurs études montrent qu’il faut s’attendre à une perte de corail dans les régions les plus chaudes. En effet, les récifs coralliens souffrent des changements climatiques actuels : le stress thermique conduit à une croissance réduite et à un blanchissement des coraux, un phénomène traduisant l’expulsion des algues symbiotiques dans le tissu corallien. Néanmoins, des changements ont été observés chez les coraux situés sous de hautes latitudes, mais les récifs près de l’Equateur arrivent à maintenir une santé relativement bonne, ce qui ne fût pas le cas par le passé.

L’équipe de recherche internationale dirigée par Wolfgang Kiessling, chercheur invité au Muséum d’Histoire naturelle de Berlin, a examiné la distribution des coraux il y a 125.000 ans, époque ayant elle aussi connu un réchauffement climatique global. Lui et son équipe en ont conclu, grâce aux spécimens de coraux fossiles, qu’une perte de biodiversité importante avait eu lieu dans les océans équatoriaux à cette période.

Ce réchauffement mondial massif s’est produit au milieu de la période glaciaire et a entraîné des températures moyennes d’environ 1°C au-dessus des températures actuelles. « Ce réchauffement a conduit à une distribution très différente des coraux par rapport à aujourd’hui », a déclaré Wolfgang Kiessling. Les conséquences de ce phénomène ont été une augmentation de la diversité des coraux dans les zones subtropicales de l’hémisphère nord et également une diminution significative de leur présence dans les régions équatoriales.

Cette période de réchauffement était issue de phénomènes naturels dus aux fluctuations de l’orbite terrestre autour du soleil. Mais les changements de température actuels sont plus rapides et soudains, laissant peu de temps d’adaptation aux coraux. De plus, les récifs coralliens sont aujourd’hui confrontés à d’autres menaces comme l’acidification des océans.

Source : bulletins-electroniques.com

L’homme a passé plus d’un million d’heures dans l’espace

Un million d’heures, soit  41.667 jours ou encore 114 ans. L’humanité étend son territoire au-delà des limites terrestres. Spationautes, astronautes, cosmonautes, taïkonautes, quelles que soient leurs nationalités, les hommes envoyés dans l’espace ont contribué à faire avancer la science et à repousser toujours plus loin les limites de la connaissance. Depuis Youri Gargarine, le premier homme envoyé dans l’espace en 1961, seules quelques centaines d’élus ont pu faire le voyage, et seulement quelques dizaines de femmes dont la Française Claudie Haigneré. Il faut dire que la sélection est rude. Partir dans l’espace requiert une excellente condition physique, un très bon niveau scientifique, la maîtrise de plusieurs langues dont l’anglais et le russe pour les missions à bord de la station spatiale internationale (ISS), mais aussi des qualités psychologiques hors normes pour affronter des stress intenses, mais surtout, cohabiter avec les autres dans un espace aussi confiné que celui de l’ISS, dans des conditions de vie extrêmes.

Parmi ces hommes et femmes d’exception, on retrouve très logiquement une majorité d’Américains puisqu’ils ont été 335. Les Russes arrivent en deuxième position avec 115 cosmonautes. Pourtant, ce sont eux qui ont passé le plus de temps dans l’espace du fait de missions de longue durée. Si l’on regarde au niveau individuel, Valeri Polyakov est celui qui a séjourné le plus longtemps dans l’espace avec près de 438 jours dans la station MIR.

Avec les séjours d’environ 6 mois pour l’ISS, le temps passé par l’homme dans l’espace va continuer à s’accumuler rapidement. Sans compter les débuts du tourisme spatial qui permettra d’envoyer en orbite des citoyens lambda, lambda mais riches !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Nasa, CNRS, tous tentent de convaincre qu’il y aura bien un 22 décembre 2012

Après le 31 décembre 1999, le 31 décembre 2000 ou encore le 11 septembre 2011, c’est désormais à la date du 21 décembre que nous avons rendez-vous avec la fin du monde. Nous ? Non, plutôt quelques paranoïaques, souvent adeptes de sectes et friands d’apocalypse. Pourtant, à l’approche de l’échéance, de plus en plus de personnes s’interrogent. Et si c’était vrai ? Et si les Mayas avaient raison ? Ces questions irrationnelles font bondir bon nombre de scientifiques, mais force est de constater que la préoccupation est grandissante. Pour enrayer la propagation de cette peur, plusieurs organismes accentuent leur communication, espérant lutter contre l’ignorance, source de toutes les craintes.

En France, le CNRS a mis en ligne une vidéo d’un quart d’heure analysant la culture Maya, leur calendrier, comment ils observaient le ciel et  comment ils s’en servaient pour alimenter leurs prédictions. On y apprend d’ailleurs qu’il n’existe aucune représentation de ce calendrier, les images trouvées sur internet étant des faux comme des calendriers d’autres cultures par exemple. Mais surtout, le CNRS explique très clairement le fonctionnement du calendrier et la chronologie Maya, basée sur des cycles. En réalité, d’après le calendrier Maya, c’est la fin d’un long cycle de 5.000 ans et non une fin du monde qui est annoncé à une date coïncidant à celle du 21 décembre 2012 par certains chercheurs. Ouf ! Nous voilà sauvés…De plus, d’autres scientifiques estiment que la fin du cycle correspond en fait à une date ultérieure de plus de 200 ans.

De son côté, la NASA opte pour un ton moins scolaire en publiant une vidéo de cinq minutes titrée « Pourquoi la fin du monde ne s’est pas produite hier ». Une approche décalée, surfant sur les codes de la science-fiction pour mieux lutter contre l’irrationnel ! Censée être visionnée le lendemain du jour fatidique, elle explique pourquoi nous sommes encore là : c’est qu’il n’y a pas eu de fin de monde. Mais le contenu est similaire : décryptage de la culture Maya, de leur calendrier et de la notion de cycles, références d’experts… Sans oublier la preuve irréfutable que le ciel ne va pas nous tomber sur la tête : quand on regarde dans le ciel, on ne voit aucun astéroïde en approche ! Ceux qui ont encore un doute peuvent s’informer sur www.nasa.gov/2012. Espérons que cela suffira à freiner les constructions d’abris « anti-fin du monde », la panique ou pire, des suicides.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’essentiel de REACH 1/2 (Décembre)

Publication d’un aide-mémoire technique sur les FDS

 
L’INRS a publié un document (ED 954) sur les fiches de données de sécurité. Cette brochure s’adresse aux lecteurs des FDS de substances ou de mélanges destinés au marché français, qui sont des utilisateurs de produits chimiques, des médecins du travail, des employeurs, des salariés, des préventeurs, des membres du CHSCT… pour leur permettre de se familiariser avec les nouvelles exigences réglementaires imposées par les règlements REACH et CLP et mieux appréhender le contenu d’un tel document. Cette brochure est téléchargeable sur : 
 
 
Obligation d’étiquetage et d’emballage depuis le 01/12/2012
 
01/12/2012
Les entreprises doivent ré-étiqueter et ré-emballer conformément aux dispositions du règlement CLP, tous les substances étiquetées et emballées conformément à la directive substances dangereuses (Directive 67/548/CEE). En effet, cette obligation était entrée en vigueur au 1er décembre 2010, avec une dérogation possible de 2 ans, laquelle est maintenant terminée. Les substances dangereuses doivent continuer à être classées conformément au règlement CLP et à la directive substances dangereuses jusqu’au 1er juin 2015 (double classification à faire apparaître dans la fiche de données de sécurité). Les entreprises doivent mettre à jour en conséquence les FDS des substances et mélanges conformément à l’annexe II modifiée du règlement REACH.
 
 
Propositions d’essais évaluées par l’ECHA
 
03/12/2012
L’ECHA a examiné toutes les propositions d’essai pour tester les substances, reçues lors de la première phase d’enregistrement REACH de 2010. L’agence avait jusqu’au 1er décembre 2012 pour adresser une décision finale ou un projet de décision aux entreprises concernées. Ce délai a été tenu par l’ECHA. Il s’agit d’une étape importante dans le processus REACH, faire en sorte que les données manquantes soient remplies, mais en même temps éviter les essais inutiles sur les animaux. Plus d’informations sur : 
 
 
Résultats de REACH-EN-FORCE-2
 
04/12/2012
Les premiers résultats de REACH-EN-FORCE-2 ont été présentés lors du Forum qui s’est tenu du 27 au 30 Novembre 2012 à Helsinki. Le projet portait sur les obligations des formulateurs de mélanges et sur la qualité des Fiches de Données de Sécurité (FDS). Les résultats mettent en évidence les efforts des États membres pour établir une approche harmonisée. 29 États membres ont participé au projet avec les inspecteurs nationaux portant sur environ 1200 inspections. 85% des entreprises inspectées étaient des PME. 52% des entreprises ont présenté des non-conformités sur les FDS, le taux de non-conformités avec les obligations d’enregistrement/pré-enregistrement était de 12% alors que le taux de non-conformités avec les obligations de notification CLP était de 25%. Plus d’informations sur : 
 
 
Le Comité d’Evaluation des Risques (RAC) adopte 17 avis scientifiques
 
07/12/2012
Le Comité d’Evaluation des Risques (RAC) 17 avis scientifiques : 
15 concernent la classification et l’étiquetage harmonisé (CLP) : Formaldehyde, 3-Iodo-2-propynylbutylcarbamate (IPBC), Styrene, Methyl-2,5-dichlorobenzoate, Tetrahydrofurfuryl alcohol (THFA), Cycloxydim, (1-methylethylidene)di-4,1-phenylene tetraphenyl diphosphate (Fyrolflex), Tetrakis (2,6-dimethylphenyl)-m-phenylene biphosphate (PX-200), Fenpyrazamine, Etofenprox, Muscalure (cis-Tricos-9-ene), Dimethyltin dichloride (DMTC), Dimethyltin bis(2-ethylhexylmercaptoacetate) (DMT EHMA), Benzoic acid, Ethepho)
1 concerne l’Epoxiconazole
1 concerne la proposition de restriction du chrome VI dans les articles en cuir.
Plus d’informations sur : 
 
 
Avis scientifiques pour deux propositions de restriction
 
07/12/2012
Le Comité des Analyses Socio-Economiques (SEAC) a rendu son avis sur deux propositions de restrictions. La première concerne une proposition danoise de restreindre encore davantage quatre phtalates déjà classées (DEHP DBP, BBP, et DIBP). Le SEAC a rejeté cette proposition, les données disponibles n’indiquant pas de risque d’une exposition combinée aux quatre phtalates. La seconde proposition est également une proposition danoise et concerne la restriction du chrome VI dans les articles en cuir. Le SEAC conclut que cette restriction est la plus appropriée. Une consultation publique sur le projet d’avis du SEAC sera lancée en Décembre et le Comité devrait adopter son avis final en Mars 2013. Plus d’information sur : 
 
 
Publication des commentaires au cours des consultations CLP 
 
12/12/2012
A compter de la prochaine consultation publique fixée au 18 décembre 2012, l’ECHA publiera les commentaires reçus lors de chaque consultation publique sur les propositions de classification et d’étiquetage harmonisé (CLH), alors qu’elle est en cours. L’ECHA encourage les parties concernées à présenter leurs observations au début de la période de consultation afin de laisser suffisamment de temps au public pour réagir et fournir des commentaires. Plus d’informations sur : 
 
 
15 janvier 2013 – Mardi de la DGPR 
 
12/12/2012
Le 15 janvier 2013, la DGPR (Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie) organise à Paris une conférence à destination des industriels sur le thème « Risques chimiques : grandes orientations, points d’actualité » avec un focus sur les nanos. Le programme est disponible sur : 
Inscription sur : 
 
 
Publication des décisions relatives aux dossiers d’évaluation 
 
13/12/2012
Afin d’améliorer la transparence de son processus décisionnel, l’ECHA a décidé de publier une version non confidentielle de toutes les décisions d’évaluation des dossiers provenant de contrôles de conformité et d’examens des propositions d’essais sur son site web. A partir de maintenant, ces décisions seront disponibles et dans la plupart des cas avec un lien vers les informations d’enregistrement figurant dans portail de diffusion de l’ECHA. L’ECHA publiera les décisions disponibles régulièrement. Plus d’informations sur : 
 

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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Le Maroc va devenir le champion du monde de la synergie hydro-éolienne

L’éolien est une énergie renouvelable fluctuante, mais associé à l’hydro modulable, il peut fournir de l’électricité à la demande, notamment pendant les périodes de pointe où les prix de l’électricité sont plus élevés. Avec une STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage), quand la production éolienne dépasse la demande, l’eau d’un bassin bas est pompée et stockée dans un bassin haut. L’énergie potentielle ainsi obtenue permet de produire à nouveau de l’électricité quand la production éolienne est inférieure à la demande. Le rendement d’un cycle de pompage-turbinage (plus de 80%) est particulièrement élevé comparativement aux autres solutions de stockage tel que l’hydrogène (36%), et la durée de vie d’une STEP est supérieure au siècle, soit bien davantage que les piles à combustible ou que les batteries électrochimiques.

Le mariage de l’eau et du vent pour tous

L’île d’El Hierro a retenu cette approche éco-intelligente. Mais c’est un projet hydro-éolien 80 fois plus puissant que celui de l’île Canarienne qu’a concocté le Royaume du Maroc. Il consiste en quatre parcs éoliens, localisés sur différents sites du Royaume afin d’optimiser l’effet de lissage et cumulant une puissance de 850 MW, couplés à une STEP sur le site d’Abdelmoumen, dans l’arrière-pays d’Agadir, où un lac de barrage est déjà en place. La puissance éolienne installée du pays passera ainsi à environ 1000 MW.

Avec un facteur de capacité moyen d’environ 35%, le parc éolien de 1000 MW délivrera une puissance moyenne d’environ 350 MW. La STEP de 350 MW permettra, en fonction de la demande électrique marocaine, de temporiser les variations de la production éolienne entre 0 et 700 MW (soit le double de la puissance moyenne). Le projet hydro-éolien comprend également des lacs de barrages sur le site de M’Dez et El Menzel (170 MW) à environ 60 kilomètres au sud-est de la ville de Fès.

Mais c’est surtout la construction d’un réseau électrique pour que les villages isolés puissent avoir accès à l’électricité qui donne tout son sens au projet et lui donne un visage Humain. Selon l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE): « Le programme, à travers son volet production, vise à participer à la satisfaction d’une demande sans cesse croissante d’électricité tout en améliorant l’accès à l’électricité d’une partie de la population marocaine, notamment celle résidant dans les zones reculées du Royaume. Ceci devrait contribuer à réduire progressivement les déséquilibres de développement régionaux, et à favoriser l’inclusion sociale. » La composante «Distribution Electrification rurale» du programme porte sur la construction de lignes Moyenne Tension et Basse Tension et de postes de distribution MT/BT « en vue du raccordement de 86000 ménages dans 25 provinces du Royaume, pour y porter le taux d’accès à l’électricité à environ 99%. Cette composante contribuera à la réalisation des objectifs du Programme National d’Electrification Rurale Globale (PERG).»

L’hydro-éolien meilleur marché que le nucléaire nouvelle génération et que le thermosolaire

Le coût d’investissement global du projet (1000 MW éolien + 520 MW hydro + réseau électrique moyenne et basse tension pour alimenter 86 000 foyers isolés) s’élève à 1600 millions d’euros. Pour avoir un ordre d’idée, une centrale thermosolaire de 1000 MW, technologie qui était très mise en avant par la Fondation Desertec avant le retrait de Siemens et de Bosch, cela coûte aujourd’hui 4500 millions d’euros.

Etant donné la richesse des vents au Maroc (et sur l’ensemble du Sahara), le prix de revient du kWh éolien n’est que de 3 à 5 centimes. Le surcoût du stockage STEP, permettant de délivrer de l’électricité à n’importe quel moment de la journée, est de moins de 2 centimes par kWh éolien selon l’Agence Internationale de l’Energie. Le prix de revient du kWh éolien hydro-assisté est donc inférieur à 5 + 2 = 7 centimes. Soit beaucoup moins que les 10,5 centimes du kWh nucléaire nouvelle génération (EPR) ou que les 16 centimes du kWh thermosolaire. L’hydro-éolien permet à tous d’accèder à une électricité à la fois vraiment durable et bon marché.

Le projet hydro-éolien marocain est financé en partie par la Banque Africaine de Développement avec un prêt, accordé en juin 2012, de 359 millions d’euros (auxquels s’ajoutent 125 millions de dollars provenant du Clean Technology Fund)  le reste provenant notamment de la Banque Mondiale et de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). L’appel d’offres pour la construction de la STEP a été lancé fin novembre 2012. Le Français Alstom, qui a déjà construit au Maroc la STEP d’Afourer (460 MW), pourrait y trouver un nouveau marché. Le groupe français est aussi impliqué, avec EDF SEI, dans un projet de STEP en bordure de mer (50 MW) en Guadeloupe. L’appel d’offres pour les parcs éoliens a également été lancé en novembre, et 6 soumissionnaires sont retenus pour y participer :

  • EDF Energies Nouvelles (France)/Mitsui & Co (Japon)/Alstom (France);
  • Nareva Holding (Maroc)/Taqa (Emirats Arabes Unis)/Enel Green Power (Italie)/Siemens (Allemagne);
  • International Power (GDF Suez, France)/Vestas (Danemark);
  • Acwa Power (Arabie Saoudite)/Gamesa Eolica (Espagne)/Gamesa Energia (Espagne);
  • General Electric (Etats-Unis);
  • Acciona Wind Power (Espagne)/Acciona Energia (Espagne)/Al Ajial Funds (Maroc).

Selon Massolia.com, portail sur les énergies vertes au Maroc, « le projet sera développé dans le cadre d’un partenariat public-privé où l’ONEE, le Fonds Hassan II et la Société d’Investissements Energétiques (SIE) s’associeront au partenaire stratégique de référence retenu à l’issue du processus d’Appel d’Offres y afférent. »

En 2020, le Royaume du Maroc produira plus de 15% de son électricité avec l’éolien, une filière qui ne consomme pas une seule goutte d’eau douce. Soit deux fois plus que la France si cette dernière parvient à modifier son cadre réglementaire pour tenir les engagement du Grenelle de l’environnement. Et 42% avec l’ensemble des filières renouvelables selon la Loi sur les énergies renouvelables adoptée à l’unanimité par la Chambre des Conseillers du Roi Mohammed VI. Une autre STEP (de 400 MW), en plus de celle d’Abdelmoumem, est prévue avant 2020. A ce rythme le Royaume pourraît atteindre le 100% renouvelable dès 2040 !

Un concurrent se lève déjà pour le Maroc à l’autre extrémité du continent: le Lesotho, avec des partenaires chinois, a annoncé un projet hydro-éolien de 6000 MW, complexe qui délivrera deux fois plus d’électricité qu’un EPR. Décidément, l’Afrique montre vraiment la voie de la croissance verte.

Par Olivier Daniélo 

 

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Desertec peut-il devenir français ?

« En 6 heures, les déserts de notre planète reçoivent plus d’énergie du soleil que l’humanité n’en consomme en toute une année ». Cette phrase formulée par Gerhard Knies, co-fondateur de la TREC (Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation), a contribué à une véritable prise de conscience sur le potentiel que représentent les énergies renouvelables et a donc été très positive dans un contexte d’inquiétudes croissantes face au changement climatique et aux aléas des prix du pétrole. Mais elle a aussi enfermé la réflexion du grand public et des politiques dans l’équation exclusive « désert = solaire ». Alors que le Sahara est aussi, a fortiori si l’on se place dans une logique de rationalité économique, un phénoménal gisement éolien. Le pilote de l’avion Solar Impulse en a fait l’expérience lorsqu’il a tenté de rejoindre le sud du Maroc. 

Le concept original de la TREC, également co-fondée par le scientifique Gregor Czisch en 2003 et matrice de Desertec, consistait à créer un super-réseau électrique HVDC à l’échelle de l’Europe et de l’ensemble des pays voisins, au sud comme à l’est. Entre 1997 et 2001, le chercheur a mené un véritable travail de pionnier dans le but d’identifier le mix électrique à fois techniquement réalisable mais aussi à coût optimisé. Il arrive à la conclusion que le mix optimal est à dominante éolienne (70%), le reste étant couvert par l’hydro modulable et la biomasse, le solaire restant marginal car trop coûteux.

Desertec industrial initiative (Dii)

TREC prend de l’ampleur et donne naissance en 2009 à la Fondation Desertec. L’organisation devient internationale, œuvre au développement des technologies, développe une plateforme de connaissance ainsi qu’un réseau universitaire. Son but, promouvoir des projets pilotes de grande capacité et convaincre les gouvernements comme les industriels de s’engager dans la voie incontournable de la transition énergétique. Parallèlement, avec la collaboration de l’assureur Munich Re, la Fondation Desertec participe à la création du consortium industriel Dii (un Do-Tank). Dii a attiré de nombreuses entreprises et généré une très forte dynamique, avec un important écho médiatique.

Mais dans une période de mutation politique avec le printemps arabe, de nombreux projets sont reportés ou abandonnés. Un projet est cependant en cours au Maroc. L’appel d’offre pour la construction de la centrale solaire d’Ouarzazate d’une capacité de 125 MW, un investissement de 600 millions d’euros rendu possible grâce à un prêt massif de la Banque européenne d’investissement (325 millions), complété par des prêts de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de la banque allemande KfW et de l’Agence française de développement, a été remporté à 95% par ACWA Power International, un consortium saoudien, et à 5% par les firmes espagnols ARIES et TSC.

Cela a logiquement déçu les industriels allemands. Siemens, qui avait investi dans la technologie israélienne Solel et qui enregistre des pertes financières décide d’abandonner toute activité dans le solaire et annonce dans le même temps son départ de Dii, « Siemens a l’intention de concentrer ses activités d’énergie renouvelables sur l’éolien et l’hydraulique », a déclaré le géant allemand. Le groupe Bosh, un autre poids lourd, a également annoncé son retrait de Dii. 

Véritable coup de massue, l’Espagne, partenaire majeur et incontournable de Desertec au Maroc pour des raisons géographiques, ne s’est pas déplacée à Berlin pour signer l’accord d’intention sur le projet Desertec, et a décidé de reporter sa décision sine die.  Un second appel d’offre devait permettre au site de Ouarzazate de s’étendre jusqu’à une puissance de 500 MW. Ce projet s’inscrivait dans un important programme marocain de 5 parcs solaires à construire d’ici 2020, pour un objectif de puissance de 2 GW et un montant d’investissement qui est estimé à 9 milliards d’euros. Ces 5 parcs solaires auraient permis de produire autant d’électricité qu’un demi EPR. Un projet Desertec est également en cours en Tunisie. 

Le prix de revient du kWh CSP saharien (Concentrated Solar Power, électricité thermosolaire) est d’environ 16 centimes d’euros aujourd’hui, ce qui implique d’exporter une partie de la production vers l’Europe pour que les projets soient viables. « Le grand biais initial de Desertec a été d’être trop orienté CSP » confie un expert français des énergies renouvelables qui préfère conserver l’anonymat.

Un focus sur l’éolien terrestre saharien (dont le prix de revient est de 3 à 5 centimes) par exemple assisté de STEP (hydro modulable, surcoût inférieur à 2 centimes par kWh éolien selon le Comité Français des Grands Barrages), sans exclure les autres technologies mais en gardant une certaine rationalité économique, permettrait d’axer les projets vers une consommation locale de la production, pour les nord-africains. Et un mécanisme d’échange avec l’Europe pourrait alors bénéficier de manière équilibrée aux deux parties, les profils éoliens européens et nord africains étant très complémentaires à l’échelle saisonnière.

Desert Power 2050, un nouveau souffle pour Desertec

Mais la situation évolue. Desertec Industrial Initiative réagit. En juin 2012 elle publie une grande étude, Desert Power 2050, proposant un mix électrique à dominante éolienne (53%) pour l’ensemble de la zone EUMENA (Europe, Moyen-Orient et Afrique du nord). Cette étude constitue un changement majeur de paradigme au sein de Desertec. « Quand on parle de l’électricité du désert, il s’agit principalement de l’énergie éolienne, et en réalité seulement d’une petite partie thermosolaire et photovoltaïque » a déclaré Paul van Son, Président de Dii, au magazine allemand Klimaretter le 8 novembre 2012. La part du thermosolaire est à présent réduite à 16% dans le mix électrique proposé. « L’énergie éolienne en Afrique du Nord compte pour plus de la moitié de la production. Cette étude nous a vraiment ouvert les yeux » a-t-il ajouté. .

C’est dans ce nouveau contexte que Francis Petitjean, responsable support-ventes chez Bosch Rexroth Fluidtech et son associé Charles Ifrah, professionnel de la communication, construisent actuellement une nouvelle Association, Desertec France, en tirant les leçons de l’expérience Desertec en Allemagne à ses débuts. Desertec France, qui se veut à la fois un think-tank et un do-tank, s’inscrit dans une dynamique d’ouverture élargissant les prérogatives et les technologies associées, cherchant les synergies entre ces technologies souvent complémentaires tout en restant très rationnel sur le plan économique. Les technologies économes en eau, qui n’en consomment pas du tout, ou mieux qui produisent de l’eau en plus de l’électricité sont privilégiées. L’eau douce est en effet une ressource précieuse en Afrique du nord et au Moyen-Orient, en particulier dans un contexte de démographie croissante et de changement climatique.

.Desertec France « prévoit l’exploitation de toutes les énergies renouvelables, s’envisage sur la base de coopérations bilatérales ou multilatérales équitables, d’échanges réciproques de technologie, de savoir-faire, de partage de la chaîne de valeurs favorisant l’intégration économique par la production » explique Francis Petitjean, administrateur de Desertec France. C’est « une approche partenariale qui suppose des relations équilibrées et respectueuses entre Nord et Sud sur le long terme, répondant à des objectifs communs ». L’objectif est de créer une véritable symbiose entre les deux rives de la méditerranée. La France dispose de sérieux atouts industriels, de savoirs-faires, et de liens d’amitié avec l’Afrique. 

Une réunion de Desertec France s’est tenue le 29 novembre 2012 à Paris en présence de représentants de quelques entreprises françaises. Le 6 décembre 2012 a eu lieu une rencontre organisée par l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen (IPEMED) sur le thème de la « co-localisation » (partage de la chaîne de valeur). A cette occasion, Charles Ifrah, délégué de Desertec France, a déclaré que «la co-localisation qui intéresse la Fondation Desertec dans l’espace méditerranéen concerne la problématique cruciale de l’énergie, en particulier des énergies renouvelables et la question de l’eau pour la consommation domestique ou l’agriculture. Ces deux sujets étant liés, ils peuvent donc être abordés conjointement».

Tirant les leçons d’Hermann Scheer, le pape allemand des énergies renouvelables qui estimait, tout comme l’influent journaliste Franz Alt, que Desertec est un projet « éco-colonialiste », Desertec France entend notamment favoriser l’émergence de projets off-grid, décentralisés, et bénéficiant directement aux populations locales. Par exemple avec le petit éolien, le photovoltaïque, le Micro-CSP, le biogaz ou le bois-énergie. Mieux, en combinant les écotechnologies. « La demande énergétique est en augmentation croissante, les besoins existent. A titre d’exemple, en Afrique du Nord aujourd’hui, 10 millions d’habitants des hauts plateaux n’ont pas accès à l’électricité » a rappelé Charles Ifrah. « Les besoins en eau, en traitement et en valorisation des déchets sont réels, prioritaires pour la qualité de vie des populations et la protection de l’environnement. Les solutions existent, les moyens financiers sont disponibles. Seul le cadre réglementaire doit être harmonisé et doit évoluer pour faciliter une croissance soutenue du secteur » a-t-il ajouté. A travers la production d’études d’évaluation et d’impact économique des projets, de recommandations ou d’aide à la décision, « Desertec France vise à faire émerger et à valoriser des projets démonstratifs de petite et moyenne capacité, des plans d’accompagnement favorisant une production locale destinée en priorité aux besoins locaux. La pertinence d’une approche commune basée sur un partage de la chaîne de valeur prônée par la co-localisation, la coproduction et le co-développement est sans conteste la voie à suivre pour contribuer à la prospérité et à la paix en méditerranée. »

En 1961, en Grèce, la « Coopération Méditerranéenne Pour L’Energie Solaire »(COMPLES) fondée par Marcel Perrot, ingénieur français, visait à favoriser les transferts technologiques entre tous les pays du pourtour méditerranéen. Mais l’émergence du nucléaire a bloqué celle des renouvelables. Un demi-siècle plus tard une nouvelle dynamique française tente d’émerger. Cette fois-ci au service de toutes les énergies renouvelables. « Desertec France est une organisation indépendante » précise Francis Petitjean. Du fait de sa position de neutralité, cette structure naissante a un vrai rôle potentiel à jouer de facilitateur et de promoteur de projets. « Il y a un réel besoin » de ce type de plateforme en France souligne l’administrateur de Desertec France.

L’Association, ambitieuse, a dès à présent des projets de réalisations concrètes, dont la création d’un Institut des Energies Renouvelables en France et au Sénégal.

Par Olivier Daniélo

 

 

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Seules 3% des petites entreprises mènent une évaluation du risque chimique

Réalisée auprès de 602 dirigeants d’entreprises représentatifs des entreprises françaises de moins de 50 salariés, selon la méthode des quotas, cette enquête met en relief une certaine méconnaissance du risque chimique chez les petites entreprises.

Ainsi 53% des dirigeants interrogés ne sont pas conscients que leur société utilise des produits chimiques, contre 36% qui l’indiquent spontanément. 89% des entreprises interrogées manipulent pourtant des produits chimiques. Plus de la moitié des entreprises interrogées dont le personnel est potentiellement exposé n’en sont donc pas conscientes.

Les fiches de données de sécurité (FDS) ne sont que partiellement prises au sérieux : 27% des entreprises utilisant des produits chimiques interrogées n’en conservent aucune, 24% une partie d’entre elles, et 49% l’intégralité.

Évaluation du risque chimique : 2/3 des entreprises connaissent leurs obligations

97% des entreprises interrogées ont un parc informatique, et 91% un accès à l’internet, confortant ainsi le développement d’outils informatiques d’évaluation du risque chimique.

Pour autant, seules 3% mènent une évaluation du dit risque, bien que 66% soient conscientes du caractère obligatoire de cette évaluation. Un manquement qui ne résulte pas d’une mauvaise volonté, puisque 62% se disent prêtes à se lancer dans une évaluation du risque chimique, que rien n’empêche d’ailleurs, pour 32% des dirigeants interrogés. Un quart des dirigeants affirment toutefois qu’ils ne feront d’évaluation que sur injonction de l’inspection du travail.

58% estiment quant à eux rencontrer des freins : manque de temps (25%), ou manque d’informations sur les produits (14%). 43% des entreprises interrogées seulement sont en mesure de présenter une liste des produits utilisés, étape indispensable à l’évaluation du risque.

Enfin, 10% des entreprises interrogées estiment avoir une utilisation de produits chimiques suffisamment marginale pour se lancer dans une évaluation du risque chimique (10%).

Si les obligations légales sont donc relativement bien ancrées chez les dirigeants de petites entreprises, leur pertinence semble mise en doute par une bonne partie d’entre eux, qui pour le moins ne font pas de l’évaluation du risque chimique une action prioritaire. S’il on ajoute à cela un manque de temps et d’information, il n’est pas étonnant que la mise en pratique de l’évaluation du risque chimique reste marginale parmi les plus petites entreprises.

Bruno Decottignies

De nouvelles possibilités pour l’imagerie endoscopique polarimétrique

Deux physiciens du département Optique de l’Institut de Physique de Rennes viennent de valider un dispositif utilisant deux faisceaux polarisés de fréquences très faiblement différentes. Le principe  de la mesure repose la combinaison des effets de polarisation et d’interférence. Le dispositif utilise un laser émettant un faisceau obtenu par superposition de deux ondes de fréquence différentes et dont les polarisations sont orthogonales. Dans cette situation particulière, les deux ondes n’interfèrent pas et l’intensité laser est la somme des intensités des deux ondes. La réflexion de ce faisceau par un matériau dépolarisant a pour effet de mélanger les polarisations des deux ondes et donc d’introduire des interférences entre celles-ci.

Comme ces deux ondes ont des fréquences différentes, cela se traduit par l’apparition d’oscillations rapides de l’intensité lumineuse réfléchie, facilement détectables. En revanche, si la traversée d’une fibre optique modifie de manière aléatoire la polarisation des deux ondes, elle ne les mélange pas et donc, n’induit aucune interférence susceptible de brouiller la détection. Ces travaux parus dans Physical Review Letters ont fait l’objet d’un brevet. Validée expérimentalement à l’IPR, cette nouvelle technique s’applique à toutes les mesures de dépolarisation de grande dynamique (> 30dB), et à très haute cadence (> MHz). Les perspectives de ces travaux viseront dans un premier temps à développer des prototypes de systèmes d’imagerie temps-réel (endoscopie et/ou microscopie pour l’imagerie biomédicale, imagerie spectro-polarimétrique, etc.) fondés sur le principe de brisure d’orthogonalité.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les vagues, nouvelle source d’énergie ?

Les scientifiques se tournent de plus en plus vers la mer, élément aux ressources inépuisables… De là est né, il y a plusieurs années, le projet de produire de l’électricité à partir de l’énergie mécanique générée par les vagues au sein du groupe Eleolica, en collaboration avec le groupe finlandais Wave Energy.

C’est à Peniche, au Portugal, que l’on peut observer les premiers prototypes de Wave Roller (littéralement rouleau à vagues) qui peuvent produire entre 500 et 1000 kW par unité. Le principe est basé sur l’oscillement de panneaux immergés à environ 20 mètres de profondeur. L’oscillement est causé par le va et vient des vagues, qui, à cette profondeur, induit une poussée importante sur les unités du Wave Roller. Les panneaux, sont reliés à des pistons hydrauliques et l’énergie mécanique produite est ensuite convertie en énergie électrique via un générateur. L’électricité est acheminée sur le continent par câble sous-marin. A Peniche, ce sont en tout 43 mètres linéaires de panneaux, disposés en rang qui sont à ce jour en fonction pour une valeur de 6,5 millions d’euros, financés à 50% par l’Etat portugais.

La vidéo ci-dessous est un film explicatif du concept du Waveroller :

    

Le site de Peniche n’a pas été choisi au hasard. En effet, la côte portugaise est un lieu stratégique pour l’implantation des Wave Rollers. De par le sens de rotation de la Terre et la direction des vents dominants, les régions les plus favorables sont les côtes ouest des continents. De plus, le fait que Peniche soit exposé à des vagues ayant pu se former à plusieurs milliers de miles nautiques de la côte sans rencontrer aucun obstacle a conforté le choix du site expérimental. L’implantation des panneaux à 900&,nbsp;mètres de la côte permet, entre autre, de ne pas les exposer aux vagues les plus hautes, formées lors de tempêtes (certaines pouvant atteindre plus de 30 mètres) mais aussi de ne pas être trop éloigné du continent.

Source : bulletins-electroniques.com

Energie : attention virage dangereux !

 

Le dernier sommet européen a entériné la constitution d’un fonds d’investissement de 120 milliards d’Euros, dont une partie sera consacrée à l’énergie.

 

Dans un contexte d’argent rare, le choix des investissements à financer doit être soumis à une analyse rigoureuse de leur logique technique et de leurs coûts économique et environnemental.

Sur le plan environnemental, compte tenu des lois de la physique, deux options retenues par la Commission Européenne s’opposent à la réduction des émissions de CO2 :

  • Le classement du gaz naturel comme source d’énergie « bas carbone » ;
  • L’absence d’intégration de l’énergie nucléaire dans les dispositions prises pour contribuer à la limitation des émissions de CO2.

Sur le plan économique :

  • Les énergies renouvelables (EnR) électrogènes échappent à la libre concurrence. Elles bénéficient du Fonds d’Investissement Européen alors qu’elles profitent déjà de tarifs d’achats parfois exagérément élevés (de 2 à 8 fois le coût moyen de production de l’électricité en France). Lorsque les promoteurs de l’éolien terrestre assurent que son coût atteint la « parité réseau », ils masquent que c’est encore 50% plus élevé que ce coût moyen de production en France (et au moins 4 fois plus élevé pour l’éolien en mer) ;
  • Le surcoût des moyens à déployer pour pallier l’intermittence – centrales thermiques, réseaux (1) – n’est jamais pris en compte.

De tels choix, combinés à la politique de libéralisation déjà en œuvre, se répercutent défavorablement en France et au niveau de l’Union Européenne (UE) sous plusieurs aspects :

  • La réalisation du marché unique conduira fatalement à un renchérissement rapide des coûts dans les pays où ils sont les plus faibles, en France notamment (2) ;
  • Le niveau élevé d’EnR électriques intermittentes en Allemagne a déjà des conséquences négatives sur les réseaux des pays voisins, Hollande, Belgique, Pologne, République tchèque, mais aussi France ; cette situation s’aggravera rapidement pour toute l’Europe.

Par Jean-Pierre Schwartz, membre de l’association Sauvons Le Climat

(1) Le problème des transports touche aujourd’hui principalement l’Allemagne, l’éolien étant au nord, les centrales fossiles (dont 23 centrales nouvelles, au lignite) destinées à remplacer les centrales nucléaires étant surtout au nord-ouest et au nord, alors que la demande est au sud, proche des centrales nucléaires. Une part importante de l’aide aux réseaux de l’Europe bénéficiera donc surtout à ce pays dont les 4.000 km de lignes haute- tension supplémentaires, s’opposant au « produire localement pour consommer localement », accroîtront les pertes en ligne.

(2) En Allemagne, le prix de l’électricité pour les familles est déjà double de celui de la France.

Ce qu’en pense l’association « Sauvons le Climat »

« Sauvons le Climat » estime qu’il est scandaleux de vouloir considérer le gaz naturel comme une énergie décarbonnée et de ne pas vouloir intégrer l’énergie nucléaire dans les dispositions permettant de contribuer à la limitation des émissions de CO2. 

Jean-Pierre Schwartz, ingénieur au Commissariat à l’Energie Atomique, physicien des réacteurs, a participé à la conception et à la réalisation de réacteurs de recherche puis à la recherche et au développement pour les réacteurs de puissance électrogènes. Au delà, ingénieur conseil dans le domaine de l’énergie et expert pour la sûreté des réacteurs nucléaires. Depuis six ans, membre de l’association « Sauvons le Climat ».

Reach, 5 ans après

Les étapes

A ce jour, la base de données de l’Echa, l’agence européenne des substances chimiques, répertorie 7 649 substances. Si les procédures sont respectées, 30 000 produits auront été passés au crible en 2018.

  • 1er juin 2007 : Entrée en vigueur du règlement
  • 1er juin au 1er décembre 2008 : Enregistrement préalable des substances (nom, quantité, identité de l’entreprise…) pour que les entreprises puissent continuer à fabriquer ou importer des substances tout en disposant de plus de temps pour constituer un dossier complet en vue de l’enregistrement final. Suspension de l’utilisation des produits chimiques au-delà du 1er décembre 2008 pour les fabricants ou importateurs qui ne se sont pas conformés à cette première obligation.
  • 30 novembre 2010 : Date butoir d’enregistrement des substances produites ou importées en quantités égales ou supérieures à 1000 tonnes par an, des substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction à partir d’une tonne par an, des substances classées comme très toxiques pour les animaux ou végétaux aquatiques.
  • 2012 : 84 substances, identifiées comme “extrêmement préocupantes”, ont été inscrites sur une liste candidate, alors que l’objectif initial était de 150 à la fin de l’année. En fonction des données récoltées, Bruxelles pourra décider de les interdire ou de maintenir leur utilisation sous certaines conditions.
  • Début 2013 : Publication des conclusions de la Commission sur la mise en oeuvre de Reach (review)
  • 31 mai 2013 : Enregistrement des substances produites ou importées en quantités égales ou supérieures à 100 tonnes par an.
  • 31 mai 2018 : Enregistrement des substances produites ou importées en quantités égales ou supérieures à une tonne par an.

Vent de critiques

Depuis 5 ans, les industriels européens ont appris à vivre avec les contraintes prévues par la législation européenne sur les produits chimiques.

Objet d’âpres débats pendant leur négociation, les 800 pages de règlement prêtent toujours le flanc aux critiques. Deux camps divisés apparaissent. D’un côté, les défenseurs de l’environnement, pour qui la mise en œuvre de Reach comporte de nombreuses failles. De l’autre, les industriels, inquiets des surcoûts engendrés par l’instruction des dossiers, le remplacement de certaines substances par d’autres, et sceptiques sur la promesse de compétitivité que Bruxelles associe à Reach. Dans toute la chaîne d’approvisionnement, l’ensemble des entreprises sont appelées à s’informer mutuellement des substances chimiques utilisées. Des contraintes auxquelles les PME doivent également se préparer, alors qu’elles sont moins armées que les géants de la chimie.

Distorsions de concurrence

7600 substances ont à ce jour été enregistrées auprès de l’agence européenne des produits chimiques. Une démarche qui permet de récolter des informations sur leurs applications et leurs effets potentiellement nocifs sur la santé, en vue d’autoriser ou d’interdire leur utilisation.

« Reach avait comme objectif de renforcer l’image de la chimie et la compétitivité des entreprises », rappelle Jean Pelin, directeur général de l’Union des industries chimiques, perplexe sur les vertus prêtées au règlement, mais déterminé à en dénoncer le prix. Le coût de la première vague d’enregistrement est estimé à 2, 1 milliards d’euros, alors que la Commission européenne « avait chiffré l’impact global de Reach (toutes étapes confondues) à 2, 3 milliards d’euros ». A l’échelle des entreprises, la mise en oeuvre varie de 50 000 euros à 1 million d’euros.

La déclaration des produits concerne aussi bien les produits fabriqués dans l’UE qu’importés d’ailleurs. Des contraintes susceptibles d’inciter les autres continents à prendre le chemin de la chimie responsable. A ce stade, l’arsenal juridique s’exporte mal. En dehors de la Corée du Sud et de la Turquie, peu de pays semblent avoir emboîté le pas à l’UE. « Pour les Etats-Unis, Reach est un anti modèle », relève Jean Pelin, ajoutant que d’autres grandes puissances économiques, comme la Russie et l’Inde, s’en étaient également écartées.

Ces pratiques divergentes sont le creuset de conflits commerciaux et sanitaires. Certains « exemples sont frappants », note la députée européenne Françoise Grossetête (UMP/PPE), citant le cas de fongicides toxiques retrouvés dans les meubles ou encore les vêtements venus de pays tiers. « Nous souhaiterions que la règlementation européenne soit plus exigeante dans les produits que nous importons », réclame l’élue. Un problème soulevé par Louis Gallois dans le rapport sur la compétitivité qu’il a remis au gouvernement.

« Toute la crédibilité du système repose sur le contrôle de la mise en œuvre de Reach sur le terrain, que ce soit à l’importation, dans les circuits de distribution ou de fabrication », reconnaît Patricia Blanc, chef du service de la prévention des nuisances au ministère du Développement durable. Ce dernier réalise 300 à 400 contrôles par an, sans compter ceux menés par d’autres administrations comme les douanes, l’inspection du travail, la direction de lutte contre les fraudes…

« Black listing »

Les failles de Reach dépassent d’ailleurs le seul champ conflictuel des importations. L’agence européenne Echa est régulièrement épinglée par les ONG pour son laxisme présumé lors dans le traitement des dossiers des industriels. L’un des principes fondamentaux de Reach repose sur le « no data, no market ». En clair, aucune substance ne peut être commercialisée si l’Echa n’a pas reçu les informations nécessaires à son enregistrement.

Ce « principe est mis en péril, car les dossiers présentés présentent de nombreux points de faiblesse » estime Yannick Vicaire, chargé de campagne pour le Réseau environnement santé. Des lacunes particulièrement notables dans le domaine des substances dites ‘intermédiaires’, destinées à être transformées, pour lesquelles 86 % des dossiers reçus par l’Echa n’étaient pas conformes. Pour autant, les industriels ne subissent pas de sanctions. L’agence européenne se réduit à « une chambre d’enregistrement » et des « substances mal enregistrées peuvent être mises sur le marché », avance-t-il.

Même imparfaite, la mise en œuvre de Reach permet de repérer les substances préoccupantes appelées à être interdites et remplacées ou, en l’absence de produit de substitution adapté, à être autorisées dans des conditions précises.

Pour anticiper cette échéance, le Nickel Institute s’est rapproché de l’agence nationale de sécurité sanitaire afin d’évaluer les « risques potentiels liés à l’utilisation de certaines substances », explique France Capon, conseillère au sein de cette fédération d’industriels. Le but est d’éviter le’black listing’de certains produits, et, si necessaire, le choix de la meilleure option de gestion de risque. »

Le cas des perturbateurs endocriniens

Un phénomène qui résonne avec l’actualité des perturbateurs endocriniens, à l’origine de dérèglements hormonaux voire de cancers ou de perte de fertilité. Le Danemark a ainsi légiféré pour l’interdiction de 4 phtalates, quand les députés français viennent tout juste de voter le retrait des emballages alimentaires contenant du bisphénol A à partir de 2015. Des pratiques jugées trop sévères par Jean Pelin. C’est une « violation de Reach » lâche-t-il, s’appuyant sur les précautions déjà prévues par le règlement européen pour encadrer l’usage de ce type de substances.

« Les perturbateurs endocriniens, on en parlait un peu au début des négociations de Reach », se souvient Yannick Vicaire. Libre aux pays qui le souhaitent d’aller plus vite, estime-t-il, car leur impact sanitaire finira par être abordé différemment, y compris en termes de coût. « Un certain nombre de perturbateurs endocriniens sont diabétogènes. Or, le diabète représente 10 % des dépenses de santé publique en Europe. »

Une révision a minima ?

Avant de décider de l’opportunité d’une révision de Reach, la Commission passe au peigne fin la mise en œuvre du texte. Mais les travaux ont pris plusieurs mois de retard. « C’est un processus vaste et complexe. Il est donc à mon avis raisonnable de s’accorder un peu plus de temps d’analyse pour, in fine, avoir quelque chose de complet et d’exploitable, plutôt que de limiter le champ d’investigation et de risquer des oublis dommageables pour toutes les parties prenantes », explique Rémi Lefèvre, de la direction générale de l’Environnement à la Commission européenne.

Les conclusions seront rendues début 2013 sous la forme d’une communication, accompagnée d’un document plus détaillé.

Les industriels, tout comme l’Etat français, partisans de la stabilité juridique, ne souhaitent pas rouvrir de négociations sur un texte qui avait laborieusement été adopté. Contrairement aux organisations environnementales, qui veulent saisir l’opportunité de durcir, par exemple, l’encadrement des perturbateurs endocriniens.

La Commission compte en tout cas réunir les différents acteurs au cours du premier trimestre 2013 afin de débattre des conclusions tirées de la mise en œuvre de Reach. Si elle intervient, la proposition de révision se contentera de modifications a minima, loin de bousculer le paysage actuel.

Source : EurActiv.fr

 

 

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Bioéthanol à base de betterave, un atout pour la France ?

Fin octobre 2012, le SP95-E10 était proposé par 35 % des stations françaises pour environ 6 centimes de moins que le SP95. Il représentait alors plus de 26 % des ventes de supercarburant, soit plus que la part de marché du SP98. Et pourtant, en 2012, plus de 78 % du parc automobile français équipé de moteur à essence peut fonctionner au SP95-E10, garantie des constructeurs automobiles à l’appui. Quand les pétroliers et Bercy se réunissent pour savoir comment baisser le prix de l’essence, Alain Jeanroy, directeur général de la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves (CGB), leur répond qu’« il suffit de mettre des pompes et distribuer le carburant moins cher ».

Pour l’E85, le marché est encore faible, 300 stations distribuant le carburant sur le territoire. Il n’y a encore que 30 000 voitures Flex Fuel, capables de le supporter. Environ 12 000 voitures seraient également équipées de kits achetés sur internet permettant de consommer du E85. Mais les constructeurs ne le garantissent pas… bien que le produit soit agréé au niveau européen !

Combien d’éthanol dans ma voiture ?

En 2011, l’éthanol était incorporé à hauteur de 5,6 % en moyenne dans le SP95-E10, contre 5,9 % en 2010. L’objectif de 7 % en vigueur depuis 2010 n’est donc pas atteint.

Cela ne devrait pas trop changer. La Commission européenne propose de limiter à 5 % la contribution des agrocarburants provenant des cultures alimentaires au titre de l’objectif de 10 % d’énergies renouvelables dans les transports en 2020. De son côté, à l’occasion de la conférence environnementale, le gouvernement français a indiqué vouloir un plafond à 7 % d’incorporation pour les agrocarburants de 1ère génération.

La filière réagit. Chiffres à l’appui, elle prêche pour sa paroisse. Et pour cause : selon elle, les agrocarburants de 2e et 3e génération ne seront pas assez développés en 2020 pour atteindre les objectifs. Elle nie aussi le lien entre développement d’agrocarburants et flambée des prix agricoles. Enfin, elle rappelle les objectifs établis par le paquet Energie Climat, inatteignables sans la 1ère génération. Elle invite au contraire à atteindre l’objectif de 7 % le plus rapidement possible avec la généralisation du SP95-E10 et la relance du superéthanol E85 et un passage au SP95-E20 après 2015.

Le bioéthanol n’empêche pas la production de sucre en Europe

La récolte 2012 de betteraves représente 33.1 millions de tonnes (Mt) en France. 20,3 Mt seront écoulés via le système de quotas pour le sucre alimentaire. Le sucre hors quota doit être exporté ou servir au non alimentaire, sauf autorisation de la Commission Européenne. Ainsi, hors quota, 7,4 Mt serviront pour l’alcool et le bioéthanol et 2 Mt pour l’industrie chimique. Restent 3,4 Mt excédentaires… 2,4 Mt seront exportés vers les pays tiers et 1 Mt devrait tout de même être autorisée par la Commission Européenne pour le sucre alimentaire de l’Union Européenne.

En 2011, 7 Mt excédentaires avaient dû être écoulées via la maximisation des exportations à hauteur de 4,1 Mt, la transformation sous quota DOM à hauteur de 1,9 Mt et la reclassification pour le marché alimentaire de l’UE de 1 Mt.  « Il reste donc beaucoup de marge de main-d’œuvre pour le développement du bioéthanol à base de betterave », affirme Alain Jeanroy.

Pourquoi une si mauvaise image ?

Les agrocarburants bénéficient d’une très mauvaise image dans le milieu écologiste, même si l’empreinte est très différente entre la canne à sucre, le maïs et la betterave. « Le débat est faussé quand vous avez un pays qui met 40 % de sa production en éthanol même s’il maintient ses exports », reconnaît pour sa part Alain Jeanroy en visant la canne à sucre brésilienne. « Cela n’a rien à voir avec un ensemble de pays qui consacre 1 % de sa SAU pour faire des biocarburants ; la politique de l’Union Européenne est très raisonnable », relativise-t-il.

S’il y a un développement du bioéthanol en France, « c’est clair que cela se fera à partir de la betterave », estime Alain Jeanroy. « On fait 3 fois plus d’éthanol à l’hectare de betterave qu’à partir de blé ou de maïs et d’autre part on n’a pas le problème alimentaire/non alimentaire avec la betterave », poursuit-il.

Il ne faut pas non plus oublier que les acteurs de la 2e et de la 3e génération seront globalement les mêmes que ceux de la 1ère. « Si on tire trop fort sur la rentabilité, nous manquerons d’acteurs pour financer la 2e génération. On ne peut pas espérer faire financer la R&D de la 2e génération par d’autres acteurs que ceux de la 1ère génération quand on voit les filières économiques en place », rappelle Marcel Deneux, sénateur de la Somme intéressé par ce dossier.

Une bonne nouvelle : la fin des importations illégales

Jusqu’au printemps 2012, plusieurs millions d’hectolitres étaient importées en Europe à partir de pays tiers, sous forme de mélanges essence/éthanol, les pays profitant des failles des règles douanières européennes. « Il suffisait qu’ils mettent quelques gouttes d’essence dans l’éthanol pour passer en mélange et ne pas payer les droits de douane », simplifie Alain Jeanroy.

Classées en « mélanges chimiques », ces importations acquittaient un droit de douane d’environ 3€ par hectolitre (hl) au lieu des 10,2 €/hL prévus pour les droits de douanes normaux de l’éthanol dénaturé. En 2008, le Brésil a bien profité du système, puis les Etats-Unis ont pris le relais. Ces volumes ont représenté 11,6 millions d’hectolitres (MhL) en 2011, soit tout de même environ 20 % du marché européen de l’éthanol. Depuis le mois de juillet 2012, cette concurrence jugée déloyale par les professionnels n’est plus possible, la Commission Européenne ayant modifié la règlementation.

Qui produit quoi ?

55 MhL d’éthanol ont été consommés dans l’Union Européenne en 2011. Parmi ces 55 MhL, 43,4 MhL ont été produits en Europe, le reste ayant été importé. Au niveau européen, les céréales fournissent environ 74 % de la production, la betterave 24 % et l’éthanol vinique 2 %.

De son côté, la France fournit 12 MhL dans la production européenne, soit 28 % et constitue le premier pays producteur d’éthanol dans l’Union Européenne. Suit l’Allemagne (18 %), l’Espagne (10 %), la Belgique (9 %), les Pays-Bas (6 %), l’Autriche (5 %) et les autres (24 %).  Au niveau national, les céréales représentent environ 58 % de la production, la betterave 38 % et l’éthanol vinique 4 %. Un tiers de cette production part en exportation sur l’Union Européenne au lieu d’être utilisé dans nos voitures.

Bien qu’il semble sous certains aspects être un agrocarburant intéressant, le bioéthanol de betterave bénéficie encore d’un développement limité en Europe.  De plus, gardons à l’esprit que  les tonnages de biodiesel produits sont 3 fois plus élevés que ceux du bioéthanol en Europe et environ 4 fois plus élevés en France. N’oublions pas non plus que lorsque l’on parle d’agrocarburants, les aspects d’accaparement de terres agricoles dans les pays du sud, de sécurité alimentaire, d’intrants pétrochimiques et d’irrigation ne sont jamais loin ; nous les avons ici, passés sous silence.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Réussir l’industrialisation française des énergies renouvelables

 

Grâce à l’appel d’offre concernant l’installation de 6 000 MW d’éoliennes offshore en 2020, la filière offshore a atteint le besoin critique nécessaire à une industrialisation de la filière française. Dans le cadre du premier appel d’offre concernant l’installation de 1 928 MW, Alstom et EDF se sont engagés à construire quatre usines et à créer environ 7 500 emplois pour fabriquer et assembler les éoliennes en France. Les turbines seront assemblées à partir de composants français, ce qui créera également une dynamique pour toutes les PME du secteur.

Deux usines verront le jour à Saint-Nazaire et deux à Cherbourg. Un second appel d’offre devrait être lancé sur 1 300 MW dans les prochaines semaines. Un troisième appel d’offre est prévu pour le second semestre 2013 pour atteindre cet objectif global de 6 000 MW en 2020.

L’éolien terrestre, fragilisé par la règlementation

La filière de l’éolien terrestre est à présent mûre et sera bientôt compétitive contre le nucléaire et les énergies fossiles. En revanche, il n’existe pas pour le moment de filière française industrielle de montage. « On vend les turbines cinq par cinq, dix par dix au mieux, ce qui ne conduit pas à arriver à créer une filière industrielle », se désole Jérôme Pécresse, président d’Alstom Energies Renouvelables.

Les éoliennes installées aujourd’hui sont importées d’Allemagne, d’Espagne et d’ailleurs. Le débat sur la transition énergétique doit être un levier pour lever certaines barrières règlementaires au développement de l’éolien et des autres énergies.

Un photovoltaïque encore à la traîne en France

Pour Thierry Lepercq, président de Solairedirect, le solaire est l’énergie qui devrait s’imposer rapidement. 30 GW d’énergie solaire s’est installé dans le monde en 2011. « En 2020, on peut installer 1 000 GW par an, soit l’équivalent d’environ 200 EPR par an à l’échelle mondiale », estime-t-il. Il n’y aurait aucune contrainte de ressources à cela, car le silicium est disponible en abondance et son prix n’arrête pas de baisser à cause d’une surproduction mondiale. De 500 $ le kilo en 2008, le silicium polycristallin a atteint 50 $/kg début 2012 et  22 $/kg fin 2012. Ainsi, le prix d’un module photovoltaïque a baissé d’environ 85 % entre 2008 et 2012. 

Là encore, en France, il faut massifier la production et le marché pour atteindre la masse critique indispensable au développement industriel. Les appels d’offre sont aujourd’hui à 100-300 MW, il faudrait en faire à 3000-30 000 MW pour lancer cette industrie.

Des signaux intéressants sont reçus par le marché. Récemment, le gouvernement a annoncé une surprime au tarif d’achat en fonction de l’origine des panneaux. De son côté, la Commission européenne a accepté une plainte déposée par les industriels européens contre les subventions que la Chine accorde aux fabricants de ses panneaux solaires.

D’autres énergies à ne pas négliger !

Les énergies en mer constituent une filière très prometteuse au niveau mondial. Outre l’éolien offshore posé et flottant, la filière comprend l’hydrolien, l’houlomoteur, l’énergie thermique et l’énergie osmotique. Des sauts technologiques sont nécessaires et des filières industrielles sont nécessaires pour réduire les coûts mais celles-ci ne devraient pas être sensiblement développées avant 2030. Des fermes pilotes doivent d’abord voir le jour pour avoir des retours d’expériences concluants. Et cela arrive : un appel à projets est annoncé par le gouvernement pour début 2013. « L’opportunité de développer une filière français industrielle et exportatrice est réelle », estime Marcel Deneux, sénateur de la Somme.

Concernant la filière de méthanisation pour le développement du biogaz, la France est en retard par rapport à d’autres pays. Il n’existe pour le moment qu’une trentaine de méthaniseurs dans le pays contre plus de 5 000 en Allemagne. La méthanisation permet un cycle vertueux en utilisant les déchets organiques, qu’ils soient ménagers, d’élevage ou agricole pour remplacer les énergies fossiles dans une part des transports.

De son côté, la biomasse représente déjà près de la moitié de la consommation finale d’énergie renouvelable et contribuera grandement à la réalisation des objectifs européens. Elle couvre la chaleur et la production d’électricité depuis les grandes installations industrielles jusqu’au résidentiel. Des progrès technologiques sont encore possibles, tout en contrôlant les émissions de particules. Particulièrement, les réseaux de chaleurs doivent être se développer.

Avoir une vision globale et ambitieuse

Toutes les énergies n’atteindront peut-être pas le stade industriel mais tout doit être exploré. Pour y parvenir, les filières doivent être soutenues. « Le soutien peut prendre différentes formes selon la maturité de la filière : aide aux investissements d’avenir pour productions encore en phase de recherche, tarif d’achat ou appel d’offre pour les filières plus proches de la maturité, crédit d’impôt pour les particuliers.  Cette règlementation doit être stable ou en tout cas prévisible pour permettre aux industriels de prévoir leurs investissements », défend Roland Courteau, sénateur de l’Aude et Président du groupe d’Etudes sur les énergies du Sénat.

 « D’un côté, avec des projets ambitieux et avec le développement des interconnexions, nous pourrions profiter des éoliennes de la Mer du Nord, voire des barrages de Norvège et pourquoi pas du Soleil du Sahara […] de l’autre, des énergies renouvelables permettraient aux territoires de retrouver une certaine autonomie énergétique grâce à des sites éoliens et photovoltaïques, grâce aux centrales à biomasse, à la valorisation des déchets, à la méthanisation agricole », conclut Roland Courteau.

 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

 

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RT 2012 en vigueur, la RBR 2020 déjà en construction

Contrairement à la RT 2012 qui ne s’intéresse principalement qu’à la baisse de la consommation énergétique, la prochaine réglementation ne sera pas simplement thermique. Provisoirement nommée RBR 2020 pour « Réglementation Bâtiment Responsable 2020 », elle donnera aux énergies renouvelables et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre une place prépondérante.

« Deux postes nouveaux vont apparaître : celui de la production d’énergie d’une part et celui de la prise en compte de l’empreinte environnementale du bâtiment d’autre part », projette Philippe Pelletier, avocat et président du Plan bâtiment durable et responsable du plan de performance thermique des bâtiments voulu par François Hollande. En plus de la consommation par mètre carré, le poids carbone par mètre carré sera aussi pris en compte. Entre autres, cette réglementation devrait s’intéresser au cycle de vie des matériaux, du bâtiment et aux conditions de fabrications des équipements.

L’aspect thermique ne devrait pas tellement évoluer « Les bases que pose la règlementation thermique 2012 pour nourrir la réglementation future suffisent sur le plan thermique de l’isolation pour guider la construction future de ces bâtiments », confie Philippe Pelletier.

Place aux énergies renouvelables !

Le premier défi du groupe de travail sera de définir les énergies renouvelables à privilégier et de retenir une logique pour l’atteinte des objectifs. Va-t-on s’enfermer dans une logique où chaque bâtiment produit son énergie en proportion de la consommation d’énergie qu’il consomme ou davantage dans une approche  mutualisée et territorialisée ?

Autrement dit, un bâtiment à énergie zéro est-il un bâtiment qui produit réellement plus d’énergie qu’il n’en consomme ou bien est-ce un bâtiment pour lequel l’équilibre se fait au sein d’un quartier, d’un lotissement ou d’une ville ? Le choix n’est pas encore fait. « Probablement un bâtiment pourra être à énergie positive s’il justifie être dans un univers géographique qui produit de l’énergie de façon suffisante pour que l’équilibre de la consommation soit assurée », estime pour sa part Philippe Pelletier.  Une autre question se pose : l’énergie renouvelable produite sera-t-elle consacrée à l’auto-consommation ou sera-t-elle entièrement réinjectée dans le réseau national ? Cela reste à définir.

Cette réglementation devrait également  davantage prendre en compte le bien-être des habitants des bâtiments. « La qualité de l’air intérieur devra être mieux traitée, l’isolation phonique du logement ou du local professionnel également », affirme Philippe Pelletier.

Les incertitudes restent encore grandes mais les travaux prennent forme. La date de 2020 n’est pas non plus arrêtée. Selon l’avocat, cette réglementation thermique peut très bien encore être anticipée d’un ou deux ans.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

 

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L’intelligence est-elle le fruit d’un accident génétique survenu il y a 550 millions d’années ?

Autant le dire tout de suite, la recherche scientifique sur l’origine évolutive des comportements dits « intelligents » est une discipline où, s’il est aisé de produire toutes sortes d’hypothèses, il est en revanche plus difficile de produire de véritables démonstrations. D’où la plus grande prudence qu’il convient légitimement d’adopter quant aux conclusions auxquelles peuvent parfois parvenir les chercheurs de ce champ.

De la prudence, tout d’abord parce qu’il s’agit de remonter très loin dans le temps, afin de rechercher des indices auprès d’espèces animales qui ont généralement disparu depuis longtemps. Ce qui augmente considérablement le niveau d’incertitude, et donc la probabilité de faire des erreurs.

De la prudence aussi, parce que l’intelligence est une notion que les chercheurs peinent encore aujourd’hui à définir correctement. S’il existe un consensus relativement homogène sur la définition des bénéfices de l’intelligence (les scientifiques aiment ainsi à définir un comportement intelligent comme un comportement qui permet à son auteur de résoudre les différents problèmes qui se posent à lui dans son environnement), il est en revanche bien plus ardu de définir ce qu’est à proprement parler l’intelligence, d’un point de vue purement cognitif.

Certes, en décomposant l’intelligence en plusieurs catégories comme l’aptitude au calcul, la compréhension verbale, la vitesse de traitement, le niveau d’attention ou encore la mémoire, le test de Wechsler, qui est le test de mesure de l’intelligence aujourd’hui le plus utilisé dans le monde, a indéniablement proposé des pistes de définition intéressantes. Mais pour excellent que soit le pouvoir prédictif des résultats au test de Wechsler (en effet, de nombreuses études ont montré que les scores obtenus au test de Wechsler sont fortement corrélés à la réussite scolaire), lequel pouvoir prédictif suggère par conséquent le bien-fondé de ces pistes de définition, il n’en reste pas moins que ces dernières sont incomplètes. En effet, le test de Wechsler est par exemple incapable de mesurer des aptitudes comme la créativité ou l’aptitude à contrôler ses émotions, des qualités qui peuvent pourtant jouer un rôle important dans l’aptitude à résoudre les problèmes.

Face à ces difficultés méthodologiques, les chercheurs impliqués dans la recherche sur l’origine évolutive des comportements intelligents préfèrent généralement décomposer le concept d’intelligence en plusieurs capacités, comme la plasticité comportementale (c’est-à-dire la faculté de modifier et de faire évoluer son comportement), l’aptitude à focaliser son attention, la mémoire, ou encore les capacités d’apprentissage. Des aptitudes qui présentent de surcroît l’avantage de pouvoir être mesurées non plus seulement sur les êtres humains, mais aussi sur des animaux.

Il y a 550 millions d’années, une duplication soudaine des gènes Dlg chez le ver marin Pikaia

Ceci étant posé, qu’en est-il maintenant des travaux de Seth Grant, professeur de neurosciences à l’université de Cambridge (Grande-Bretagne), lesquels ont été publiés le 2 décembre 2012 dans la revue Nature Neuroscience sous le titre « Synaptic scaffold evolution generated components of vertebrate cognitive complexity » ? Selon ces travaux, l’émergence des comportements intelligents serait la conséquence d’un événement génétique survenu il y a 550 millions d’années environ chez un ver marin appelé Pikaia gracilens, une créature  de quelques centimètres de long aujourd’hui disparue, et dont plusieurs scientifiques considèrent qu’elle est l’ancêtre direct de tous les vertébrés.

Quelle est la nature de cet événement génétique survenu chez Pikaia gracilens il y a 550 millions d’années ? Selon Seth Grant, des gènes de la famille dite Dlg, qui codent des protéines permettant le bon fonctionnement du glutamate (le glutamate est un neurotransmetteur qui joue un rôle crucial dans notre système nerveux), auraient été dupliqués chez ce ver en plusieurs copies. Une duplication soudaine qui est peut-être liée à la survenue d’un événement environnemental particulier, lequel aurait favorisé la survie des Pikaia gracilens porteurs de certaines mutations génétiques spécifiques.

Des gènes notamment impliqués dans l’apprentissage

Or, les gènes Dlg sont loin d’être anodins : selon Seth Grant, ils sont notamment impliqués dans les processus de mémoire et d’apprentissage, dans l’aptitude à réaliser des tâches complexes, ou encore dans les processus de décision. Pour affirmer cela, Seth Grant et ses collègues ont mené des études sur des hommes et des souris, qu’ils ont soumis à plusieurs exercices. Pour les souris, ces exercices ont notamment consisté à appuyer sur un écran tactile avec leur museau : lorsque certaines images leur étaient présentées et qu’elles appuyaient sur l’écran, alors elles recevaient une récompense. L’aptitude des souris à mémoriser les images procurant des récompenses a alors été mesurée par les chercheurs. Résultat ? Certaines mutations sur les gènes Dlg ont impacté négativement les résultats aux exercices, alors que d’autres mutations ont au contraire augmenté les performances de leurs porteurs. Pour Seth Grant, ces résultats suggèrent que les gènes Dlg sont impliqués dans la faculté de penser, de mémoriser et de s’adapter. Soit, en d’autres termes, dans l’aptitude à développer des comportements intelligents.

En quoi la duplication en plusieurs copies des gènes Dlg serait la lointaine cause de l’émergence des comportements intelligents chez les vertébrés ? Pour comprendre, il faut d’abord savoir que lorsque des mutations affectent un gène crucial pour la survie, ces mutations sont la plupart du temps neutres ou délétères (c’est-à-dire affectant les chances de survie de son porteur), bien plus souvent que bénéfiques. Par conséquent, disposer d’un seul exemplaire d’un tel gène est donc extrêmement risqué.

C’est pourquoi, la duplication en plusieurs copies des gènes Dlg aurait permis aux espèces animales descendantes de Pikaia gracilens de développer toutes sortes de mutations sur l’une ou l’autre de ces copies, sans pour autant que cela affecte leurs chances de survie (puisqu’elles conservaient dans le même temps des exemplaires non mutés de ces gènes Dlg).

De la difficulté de relier l’intelligence à l’action de quelques gènes seulement

Résultat ? Les gènes Dlg auraient alors eu tout le loisir d’acquérir au fil du temps des mutations bénéfiques. Et donc, de déclencher in fine l’apparition de comportements de plus en plus intelligents chez les vertébrés, au fur et à mesure de leur évolution.

Pour passionnants que soient les résultats de cette étude, signalons toutefois qu’il est bien délicat d’associer l’émergence de comportements intelligents à un ou quelques gènes seulement. Tout d’abord, parce que plusieurs travaux récents ont montré l’implication de nombreux autres gènes que ceux de la famille des Dlg dans le développement des comportements dits intelligents (c’est par exemple le cas des travaux menés par Bruce Lahn). Mais aussi, parce que les recherches sur la corrélation entre le patrimoine génétique et les déficiences intellectuelles mettent chaque jour en évidence l’existence de nouveaux gènes, impliqués dans la probabilité de développer des déficiences intellectuelles ou des maladies mentales. Ce qui suggère par conséquent que l’aptitude aux comportements intelligents est la conjonction d’un très grand nombre de caractéristiques génétiques, bien plus que le résultat de l’action de quelques gènes seulement.

Des comportements intelligents qui, chez l’homme, rappelons-le, ne sont de toute façon pas le produit exclusif de ses caractéristiques génétiques, puisque ces dernières viennent ensuite se marier aux facteurs environnementaux (santé, alimentation, etc) et culturels (éducation, etc) propres à chaque individu.

OGM : l’autorité européenne rejette définitivement l’étude Séralini

Scène finale pour l’affaire Gilles-Eric Séralini au niveau européen. Mercredi 28 novembre, l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a jugé nuls et non avenus les travaux du scientifique français sur la toxicité des organismes génétiquement modifiés. En septembre, la publication des résultats d’essais pratiqués sur des rats, nourris avec du mais NK603 (auparavant traité au pesticide Roundup) avait provoqué un tollé en Europe. La Commission avait réagi immédiatement et demandé à l’EFSA de se saisir du dossier.

OGM : la vague remonte jusqu’à Bruxelles

Le 4 octobre, un premier avis a été rendu. Les experts européens ont alors demandé des précisions à M. Séralini. Ils ont considéré que son travail était de « qualité scientifique insuffisante pour être considéré valide ». Aussitôt, l’intéressé a fait savoir qu’il n’en était pas question et a rejetét la faute sur l’agence.

OGM : l’autorité européenne juge la qualité de l’étude insuffisante

En rendant son avis final hier, l’EFSA vient donc d’enterrer définitivement le sujet. Le communiqué de presse annonce que « l’autorité a confirmé son analyse initiale selon laquelle les conclusions des auteurs ne peuvent pas être considérées comme scientifiquement fondées en raison des lacunes constatées ». Per Bergman, qui a dirigé les travaux de l’EFSA sur cette question, a ajouté que « plusieurs organisations nationales ont été mandatées de façon indépendante par les États membres afin d’évaluer cette étude.

Ces évaluations ont démontré que, pour une partie significative de la communauté d’évaluation des risques de l’UE, il existe un consensus sur le fait que les conclusions de M. Séralini ne sont pas étayées par les données contenues dans l’article publié. » Cette déclaration fait référence à des travaux réalisés en Allemagne, Belgique, Danemark, France, Italie et Pays-Bas, qui tous remettaient en cause les conditions dans lesquelles l’étude a été menée : échantillon trop faible, manque de détails sur l’alimentation, méthode statistique peu claire et un rapport jugé incomplet. Aucune nouvelle évaluation sur la toxicité du mais OGM NK603 se sera donc réalisée. Sa culture n’est pas autorisée en Europe, mais il est importé et sert dans la nourriture pour les animaux.

Par Jean-Sébastien Lefebvre
Source : http://www.euractiv.fr

Arrivée prochaine d’un nouveau ciment biomimétique injectable dans l’os

 

Parmi ces lauréates, Sylvaine Jacquart qui réalise sa thèse sous la direction de Christèle Combes, au sein de l’équipe Phosphates, Pharmacotechnie et Biomatériaux (PPB) de l’Institut Carnot CIRIMAT qui est un laboratoire de l’INP-ENSIACET de Toulouse. Objectif de ses travaux menés dans le cadre d’un projet avec six laboratoires français, en collaboration avec une PME lyonnaise, la mise au point d’un ciment biomimétique injectable directement dans une cavité osseuse à combler.

C’est au cours de ces études d’ingénieur à Chimie ParisTech que cette jeune femme originaire du nord de la France a commencé à s’intéresser plus particulièrement aux matériaux pour la santé. Son diplôme d’ingénieur en poche, c’est donc tout naturellement qu’elle décide de faire une thèse dans le domaine des biomatériaux au sein du Centre Inter-universitaire de Recherche et d’Ingénérie des Matériaux, le CIRIMAT, qui est une Unité Mixte de Recherche (CNRS/Université Paul Sabatier/INP Toulouse). Environ 200 personnes, réparties en 7 équipes, travaillent dans cet Institut Carnot CIRIMAT dont les activités couvrent un large éventail de matériaux, des métaux aux alliages métalliques en passant notamment par les polymères. « L’équipe Phosphates, Pharmacotechnie et Biomatériaux dans laquelle je réalise ma thèse travaille autour des phosphates de calcium qui constituent la partie minérale de l’os et de la dent et développe de plus en plus de matériaux divers appliqués au domaine de la santé, certains de ces matériaux, à visée thérapeutique, renfermant des particules ou des agents actifs », résume Sylvaine Jacquart.

Si le type de ciment injectable sur lequel elle travaille a commencé à être développé il y a une vingtaine d’années, « il y a encore des améliorations à apporter afin d’optimiser ce type de matériau », estime-t-elle. Elle rappelle qu’un tel ciment biomimétique injectable, s’il est utilisé pour combler les cavités osseuses, doit se dégrader en quelques mois alors que l’os se remodèle progressivement. Or les ciments disponibles aujourd’hui se dégradent difficilement, même après plusieurs années. « C’est pourquoi nous cherchons à obtenir un matériau qui se dégrade plus rapidement, tout en lui conférant des propriétés anti-bactériennes pour éviter les risques d’infections post-opératoires », précise-t-elle. Mené en partenariat avec une PME lyonnaise, ce travail devrait aboutir, courant 2013, début 2014, à un transfert de technologie, l’objectif de Sylvaine Jacquart étant de disposer d’un matériau de composition optimale à la fin de sa thèse qu’elle soutiendra à l’automne 2013.

La bourse qu’elle vient d’obtenir dans le cadre de la 6ème édition des bourses L’Oréal France-Unesco-Académie des sciences « Pour les femmes et la science », est évidemment une belle opportunité pour cette jeune femme, d’autant plus qu’elle a découvert ce prix « par hasard ». Et comme elle « correspondait aux critères requis, « j’ai tenté et j’ai réussi », dit-elle tout simplement, ravie d’avoir décroché cette bourse qui va lui permettre de réaliser un projet qui lui tient à coeur aussitôt sa thèse soutenue. « Je souhaite partir quelques mois à la rencontre de chercheurs spécialisés dans le domaine des matériaux pour la santé afin de découvrir les solutions qui sont en train d’émerger », explique-t-elle. Et comme Sylvaine Jacquart n’a pas qu’une seule corde à son arc et se passionne en particulier pour la photo, elle emmènera dans ses bagages de quoi témoigner en images de ses découvertes et de ses rencontres avec des chercheurs et des chercheuses du monde entier. « La recherche scientifique n’est pas toujours bien comprise et son image reste floue pour le grand public. Aussi je souhaite apporter comme une sorte de témoignage », conclut-elle. Alors que les rédactions de magazine en mal de sujets passionnants n’hésitent pas à la contacter, juste après sa thèse.

Source : bulletins électroniques

Tu veux un prix Nobel, alors mange du chocolat!

Les pays au plus haut taux de consommation de chocolat compteraient plus de prix Nobel. La raison selon le Dr Messerli, le cacao augmenterait les facultés cognitives grâce aux molécules qu’il contient. Exit la théobromine, la caféine ou les substances proches du cannabinoïde et place aux flavonoïdes, de puissants antioxydants. Plus précisément, il est question ici des flavonols, présents en quantité dans le cacao, les mûres, le vin…

Le chercheur souhaitait vérifier l’impact des flavonols sur l’intelligence et dans une plus grande mesure, sur les capacités mentales d’une population. Puis il est parti du principe que l’on ne pouvait pas réellement mesurer les fonctions mentales d’un pays. Mais que par contre, le nombre total de prix Nobel se révélait être un indicateur significatif. L’auteur de l’étude observe ainsi « une corrélation significative surprenante entre la consommation de chocolat per capita* et le nombre de lauréats du Nobel pour dix millions d’habitants dans un total de 23 pays ».

Résultat, les huit pays dont le nombre de prix Nobel est le plus élevé sont établis en Europe occidentale. Excepté les États-Unis qui arrivent en tête avec 228 récompenses on retrouve le Royaume-Uni (77), l’Allemagne (58), la France (34) et la Suède qui se place en 5e position avec 32 prix Nobel. Ce dernier, si l’on se fie à la règle du scientifique aurait dû, au regard de sa consommation de chocolat (12 kg par an), obtenir 14 prix Nobel. Dans le peloton des pays au rapport chocolat/prix Nobel élevé : l’Autriche, la Norvège, l’Irlande ainsi que les Pays-Bas.

Peut-on réellement y voir un lien de cause à effet ? Non probablement, l’étude montre peut-être simplement que les pays dont les capacités financières sont suffisantes pour acheter du chocolat le sont également pour assurer la recherche et obtenir des Nobel. Il ne s’agit là que d’une corrélation. Et lorsqu’on en cherche, on en trouve. Du type, les voitures rouges ont d’avantages d’accidents. Enfin, ces conclusions sont tirées de moyennes de consommation des pays. Elles ne sont donc pas nécessairement révélatrices des habitudes chocolatières des lauréats du Nobel.

Depuis, James Winters et Sean Roberts, deux jeunes chercheurs britanniques amusés par cette étude, ont répondu au Dr Messerli par une nouvelle corrélation avec le chocolat. Ces deux spécialistes de la science cognitive et de la science du langage ont repris le cheminement de pensée de Franz Messerli dans le but de prouver qu’il existe cette fois-ci un rapport entre la consommation de chocolat et le nombre de tueurs en série. Preuve s’il en est que la méthodologie et les conclusions apportées par l’étude du Dr Messerli sont discutables.

*Per capita : expression latine signifiant « par tête ».

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Linky, vers des compteurs électriques intelligents

La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Delphine Batho a annoncé la mise en œuvre du projet Linky en France pour fin 2014. Ce projet rassemble un grand nombre d’acteurs. Les groupes de travails réunissant les pouvoirs publics, l’ADEME, le Médiateur national de l’énergie, les associations de consommateurs, les fournisseurs d’électricité, les gestionnaires de réseaux, les fédérations d’équipementiers et d’installateurs, les industriels, des représentants des collectivités locales et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) ont ainsi été mis en place.

Une première réunion de ces groupes de travail a eu lieu le 16 novembre dernier. Ses conclusions seront présentées en janvier 2013 dans le cadre du débat national sur la transition énergétique. « Sur la base de ces groupes de travail, le débat sur la transition énergétique sera saisi en début d’année prochaine, et nous prendrons les décisions afin de lancer les appels d’offres pour la fabrication des 35 millions de compteurs à installer », affirme Delphine Batho. Ainsi, « avant la fin du premier semestre 2013, on aura un calendrier très précis qui permettra que, d’ici la fin de l’année 2014, on entre dans la phase concrète du déploiement du compteur intelligent chez tous les Français », précise-t-elle.

De son côté, ERDF a annoncé que le déploiement de Linky devrait se réaliser simultanément sur tout le territoire. « Nous allons déployer Linky un peu en peau de léopard. Nous allons passer des appels d’offres pour que le déploiement commence dans tous les départements, sur des secteurs précis, en se poursuivant progressivement et en s’appuyant sur les retours d’expérience », explique Bertrand Dauce, directeur technique en charge de l’opération pour ERDF. Ce plan de déploiement devrait toucher toutes les tailles d’entreprises et favoriser la création d’environ 10.000 emplois sur la période 2014-2020, dont une grande partie en France.

Selon la commission de régulation de l’énergie, l’analyse technico-économique suggère qu’une généralisation du compteur Linky serait globalement neutre du point de vue financier grâce aux futures économies de coûts d’exploitation associées à l’installation du compteur.

Quelle est la particularité de Linky?

Les compteurs actuels mesurent uniquement l’électricité consommée et nécessitent l’intervention de techniciens  pour les opérations de maintenance. À l’inverse, Linky est un compteur intelligent. Cela signifie qu’il peut envoyer des données et recevoir des ordres à distance sans l’intervention physique d’un technicien. Finies les journées à attendre le passage d’un technicien pour mettre en service le compteur, le relever ou changer de puissance ! Ce relevé pourra à présent se faire à distance. La facture ne sera plus estimée, mais basée sur la consommation réelle, ce qui devrait limiter les mauvaises surprises. Dès lors, il sera possible de visualiser en temps réel sa consommation d’électricité et ainsi mieux la maîtriser.

Linky devrait également faciliter l’ouverture des marchés en simplifiant les changements de fournisseurs. Ce changement pourra se faire à distance sans intervention de technicien.

Vers le réseau intelligent

Les gestionnaires de réseaux doivent faire face à l’essor des énergies renouvelables, sources de production d’électricité intermittentes et décentralisées qui rendent plus difficile l’équilibrage entre la demande et l’offre d’électricité. Demain, le réseau intelligent doit permettre de réduire les pics de consommation sur le réseau et ainsi d’en augmenter l’efficacité énergétique tout en favorisant les économies d’énergie.  Au-delà de l’acheminement de l’électricité, le réseau intelligent devra en permettre le stockage. En cela, le compteur Linky, qui rendra possible un suivi beaucoup plus fin et en temps réel, constitue la première étape du développement de réseaux d’électricité intelligents.

Dans le secteur de l’électricité, les compteurs intelligents permettent la maîtrise de la demande en période de pointe. Pour cela, ils permettent d’agir directement sur la consommation des clients, avec le contrôle à distance, l’incitation financière et, parfois, le forçage par « délestage » pour les besoins de stabilité du système électrique. Ainsi, l’arrêt ou le report de la consommation pendant un certain temps est rendu possible. « Les trois fonctions les plus visées par le contrôle à distance sont la climatisation (chauffage et refroidissement) et l’eau chaude sanitaire. Le pilotage du thermostat individuel, dans une fourchette de quelques degrés et pendant une heure maximum, a peu d’incidence sur la qualité de vie du consommateur et permet d’obtenir des résultats significatifs en termes de Maîtrise de Demande d’Energie », analyse Rhita Chatila, consultante Senior chez Steria dans son avis « À quel point le comptage intelligent est-il un atout dans la maîtrise de la consommation d’énergie ? ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Retour sur les premières rencontres interprofessionnelles des Techniques de l’Ingénieur

L’objectif de cette journée était de présenter les ressources documentaires de Techniques de l’Ingénieur à ses principaux clients, ainsi que le fonctionnement de leur éditeur, et l’ensemble des nouveautés proposées par les éditions E.T.I..

Mais aussi de leur offrir l’opportunité de faire connaissance avec les équipes éditoriales, web et commerciales des T.I. et bien sûr les autres invités, et ainsi de mieux se représenter le panel des clients des éditions Techniques de l’Ingénieur.

« Une journée riche en échanges qui a permis à nos clients de découvrir les nouvelles bases documentaires, les thèmes ou les univers sur lesquels nous travaillons, mais aussi les différents supports à travers lesquels nous délivrons aujourd’hui nous contenus – formats « brochés » pour la version papier,  intranet , tablettes… De notre côté, en présentant les statistiques Counter 4, ou en parlant des nouveaux services tels que l’Annuaire des laboratoires de recherches, nous avons pu avoir en direct la réaction des participants et ainsi mieux appréhender les besoins concrets de nos utilisateurs quotidiens » réagit François-Emmanuel Piacentini, directeur développement.

Introduite par Robin Dualé, président des Editions TI, la matinée s’est déroulée à l’auditorium du Muséum National d’Histoire Naturelle, où se sont succédé au micro Ariane Mizrahi, directrice éditoriale, et Marie Lesavre, responsable du site internet.

La première a présenté le processus éditorial des Techniques de l’Ingénieur et toute la chaîne qualité permettant de mettre en ligne un nouvel article tous les deux jours dans les bases documentaires, ainsi que les nouveautés à venir à l’horizon 2015 et l’utilisation permise des contenus éditoriaux. La seconde a quant à elle expliqué le fonctionnement du site de Techniques de l’Ingénieur : accès aux ressources documentaires en ligne, moteur de recherche interne, statistiques de consultation. La matinée s’est terminée par une séance de questions réponses.

L’après-midi était consacré à la conférence Trucs et astuces pour booster ses recherches sur Internet, animée par Béatrice Foenix-Riou, experte en recherche avancée sur l’internet, rédactrice en chef des lettres Bases et Netsources, auteure notamment de Recherche éveillée sur internet : mode d’emploi, et co-auteure des fiches pratiques Maîtriser la veille pour l’intelligence scientifique, à paraître en cette fin d’année dans le pack Ingénierie innovante et durable.

Certains des participants à cette journée ont accepté de réagir à l’issue de celles-ci, voici leurs témoignages :

 

 

Bruno Decottignies

Chimie verte : nouvel eldorado

Chimie verte : définition

Le concept de chimie verte est défini en 1998 par les chimistes américains Paul Anastas et John C. Warner, appartenant à l’EPA, Environmental Protection Agency. La chimie verte prévoit l’utilisation de principes pour réduire et éliminer l’usage ou la génération de substances néfastes pour l’environnement, par de nouveaux procédés chimiques et des voies de synthèses « propres », c’est-à-dire respectueuses de l’environnement.

La chimie durable : définition

La chimie durable est un processus qui prend en compte tout le cycle de vie du produit, que l’on retrouve dans les produits comme les résines biosourcées.

Les résines biosourcées : définitions

Les résines biosourcées sont des résines qui sont essentiellement issues de ressources renouvelables – végétales – en remplacement, pour des produits techniques, des  produits issus de la chimie et produits pétroliers. Soit des résines epoxy ou polyurethane en partie bio – pas forcément traduissible par Agriculture Biologique – dans des proportion allant de 40 à 90% du produit total sans solvant.

Principes de la chimie verte

  • La prévention de la pollution à la source en évitant la production de résidus ;
  • L’économie d’atomes et d’étapes qui permet de réaliser, à moindre coût, l’incorporation de fonctionnalités dans les produits recherchés tout en limitant les problèmes de séparation et de purification ;
  • La conception de synthèses moins dangereuses grâce à l’utilisation de conditions douces et la préparation de produits peu ou pas toxiques pour l’homme et l’environnement ;
  • La conception de produits chimiques moins toxiques avec la mise au point de molécules plus sélectives et non toxiques impliquant des progrès dans les domaines de la formulation et de la vectorisation des principes actifs et des études toxicologiques à l’échelle cellulaire et au niveau de l’organisme ;
  • La recherche d’alternatives aux solvants polluants et aux auxiliaires de synthèse ;
  • La limitation des dépenses énergétiques avec la mise au point de nouveaux matériaux pour le stockage de l’énergie et la recherche de nouvelles sources d’énergie à faible teneur en carbone ;
  • L’utilisation de ressources renouvelables à la place des produits fossiles. Les analyses économiques montrent que les produits issus de la biomasse représentent 5% des ventes globales de produits chimiques et pourraient atteindre 10 à 20 % en 2010. Plus de 75% de l’industrie chimique globale aurait alors pour origine des ressources renouvelables ;
  • La réduction du nombre de dérivés en minimisant l’utilisation de groupes protecteurs ou auxiliaires ;
  • L’utilisation des procédés catalytiques de préférence aux procédés stoechiométriques avec la recherche de nouveaux réactifs plus efficaces et minimisant les risques en terme de manipulation et de toxicité. La modélisation des mécanismes par les méthodes de la chimie théorique doit permettre d’identifier les systèmes les plus efficaces à mettre en oeuvre (incluant de nouveaux catalyseurs chimiques, enzymatiques et/ou microbiologiques) ;
  • La conception des produits en vue de leur dégradation finale dans des conditions naturelles ou forcées de manière à minimiser l’incidence sur l’environnement ;
  • La mise au point des méthodologies d’analyses en temps réel pour prévenir la pollution, en contrôlant le suivi des réactions chimiques. Le maintien de la qualité de l’environnement implique une capacité à détecter et si possible à quantifier, la présence d’agents chimiques et biologiques réputés toxiques à l’état de traces (échantillonnage, traitement et séparation, détection, quantification) ;
  • Le développement d’une chimie fondamentalement plus sûre pour prévenir les accidents, explosions, incendies et émissions de composés dangereux.

L’actualité de la chimie verte en France

Leur activité est à peine amorcée mais déjà les investisseurs parient sur le succès de plusieurs petites sociétés françaises misant sur le végétal comme matière première de la chimie, à l’image de Global Bioenergies qui vient de réussir son entrée en Bourse.

Fondé en 2008 sur le Génopôle d’Evry (région parisienne), Global Bioenergies voulait lever 4,6 millions d’euros pour développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures.

Au final, la jeune société a obtenu 6,6 millions d’euros en s’introduisant sur le marché Alternext. Son action à 19,85 euros, dont la cotation débutera le 15 juin, valorise la start-up à 31,4 millions d’euros.

Ce succès dépasse nos attentes, s’est réjoui Marc Delcourt, son PDG et co-fondateur, interrogé par l’AFP.

Avant Global Bioenergies, d’autres jeunes pousses de la chimie du végétal, Deinove et Metabolic Explorer (MetEx), avaient déjà réussi le pari de l’introduction en Bourse, respectivement en 2010 et 2007.

Deinove, Metabolic Explorer, Global Bioenergies, Alcimed, Solazyme, Gevo… 

Et le phénomène ne se limite pas à la France. Aux Etats-Unis, des sociétés comme Solazyme ou Gevo ont récemment réussi leur appel au marché.

Leurs thématiques sont d’actualité et on sent pour elles un engouement fort et une réalité industrielle incontournable et irréversible, relève Pierre Gadrat, directeur de l’activité chimie-matériaux à la société de conseil Alcimed.

Signe de cet enthousiasme pour les voies alternatives à la pétrochimie, le projet PIVERT (Picardie Innovations Végétales Enseignements et Recherches Technologiques), futur institut d’excellence dans la chimie du végétal, vient d’être sélectionné par l’Etat, avec un budget de 220 millions d’euros sur dix ans.

Pendant longtemps, la chimie verte a été cantonnée à des applications de niche (…). Aujourd’hui, le volume des marchés ciblés est plus conséquent, donc cela donne une réalité industrielle plus forte, explique M. Gadrat.

Néanmoins, miser sur ces jeunes sociétés est un pari risqué, car elles sont encore davantage à un stade d’expérimentation qu’à un stade industriel. A l’heure actuelle, leurs revenus se limitent à d’éventuels paiements de licence et à des subventions.

MetEx, qui travaille à développer des micro-organismes capables de produire, en se nourrissant de matières végétales, les mêmes composés chimiques que ceux issus de la pétrochimie, veut commercialiser ses premiers produits en 2012. Alors que ses revenus ont été nuls au premier trimestre 2011, elle avait indiqué fin 2010 espérer un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en 2013.

De son côté, Deinove a réussi à sélectionner la bactérie déinocoque adéquate pour son projet de fabrication de bioéthanol nouvelle génération, ce qui a permis fin mai un financement de 1,6 million d’euros de la part de la banque d’aide aux PME (Oséo). Un essai en usine en grandeur réelle est anticipé pour début 2014.

Quant à Global Bioenergies, notre principale priorité est d’avancer vers l’industrialisation de notre procédé qui sert à produire de l’isobutène et de répliquer ce succès à d’autres molécules de la pétrochimie, a indiqué M. Delcourt. Une usine de démonstration est attendue pour l’exercice 2015/2016.

Son entrée en Bourse va lui permettre non seulement de financer son développement mais aussi d’être plus visible à l’égard de partenaires potentiels. On a un grand nombre de discussions en cours avec des industriels (pour d’éventuelles licences, ndlr). Le fait d’être une société visible et cotée en Bourse nous ajoute du poids, estime Marc Delcourt.

Dans 15 ans, 10 à 15% de la surface agricole française pourrait être dédiés aux besoins de la chimie du végétal. Au détriment des ressources alimentaires ?

Sources : Wikipedia, CNRS, Romandie.be et Résine biosourcée

L’industrie chimique occupe une place majeure en France

La place considérable quʼelle occupe au niveau national permet à lʼindustrie chimique française dʼoccuper le second rang européen et le cinquième rang mondial. Elle représente même le premier exportateur, avec 13,4% des exportations manufacturières. Enfin, un excédent commercial de 5 milliards dʼeuros fait de lʼindustrie chimique le troisième secteur industriel, derrière lʼaéronautique et la fabrication de médicaments.

Toutefois, face aux enjeux environnementaux actuels, la chimie de demain devra sʼadapter pour se montrer plus durable et plus respectueuse de lʼenvironnement. Après lʼexplosion dʼAZF (dont jʼai été le rapporteur de la commission dʼenquête) et de nombreux débats survenus dans le cadre du Grenelle de lʼenvironnement sur les effets toxiques et persistants de certains pesticides, une image dʼindustrie polluante et dangereuse a été associée à la chimie, occultant de fait les bénéfices quʼil est possible dʼen retirer.

La chimie durable compatible avec les objectifs du respect de lʼenvironnement constitue la chimie verte, dont les principes ont été théorisés par Paul Anastas et John C. Warner. La chimie verte prévoit lʼutilisation de technologies qui permettent de limiter les pollutions à la source, dʼoptimiser lʼincorporation de réactifs, de concevoir des synthèses chimiques propres (c’est-à-dire moins dangereuses), de réduire les produits dérivés qui peuvent générer des déchets, de limiter les pollutions, de privilégier lʼéco-conception du produit en anticipant sur son mode de dégradation finale, de mieux intégrer les processus réactionnels pour prévenir accidents et explosions, et dʼutiliser des matières biorenouvelables afin de limiter le recours aux matières fossiles.

De tels objectifs modifieront profondément les secteurs de la chimie. Notre rencontre ne doit pas pour autant conduire à différencier une chimie propre utilisant des produits naturels dʼune chimie polluante, dangereuse et donc à proscrire. Nous avons besoin de lʼensemble de la chimie dans nos activités industrielles. Ainsi, plus de 70% des produits fabriqués par lʼindustrie chimique sont en réalité destinés à dʼautres secteurs industriels. La chimie représente donc un moteur de lʼinnovation pour lʼensemble des secteurs industriels. Les objectifs doivent par conséquent devenir un véritable axe stratégique pour la recherche et lʼindustrie.

Les modifications apparaissent au niveau politique, avec bien entendu les règlements REACH et le fait que, depuis lʼannée 2008, les industriels sont contraints de prouver lʼinnocuité de leurs produits pour lʼhomme et pour lʼenvironnement. Jʼétais moi-même, avant de devenir parlementaire, biochimiste. Jʼai beaucoup travaillé sur la catalyse enzymatique. Jʼai vu comment la catalyse est capable de fabriquer extrêmement rapidement des produits sans augmentation de température et sans augmentation de pression. La catalyse permet ainsi de réduire la consommation dʼénergie et la quantité de réactifs utilisés. La fabrication dʼune molécule simple comme lʼibuprofène nécessitait par exemple par le passé six réactions chimiques avec la disparition de 60% de masses de réactifs transformés en déchets.

Aujourd’hui, un système catalytique permet de fabriquer lʼibuprofène en trois réactions. En outre, nous retrouvons dans le produit final 77% de la masse atomique de la fabrication du produit, tandis quʼune part des 23% restants est réutilisable. Les réactions ont donc été profondément modifiées. Nous devons par conséquent privilégier la recherche dans les domaines concernés.

Avec mon collègue Daniel Garrigue, nous avons souhaité réfléchir à la possibilité que la chimie durable devienne un axe stratégique majeur pour la recherche et le développement en France. Nous avons donc tenté, par nos rencontres, de faire en sorte quʼau niveau des pouvoirs publics, la chimie durable soit effectivement retenue comme axe stratégique majeur dans notre pays. Nous avons par conséquent lʼobjectif de nous montrer transparents, les industries qui nʼont pas été transparentes ayant rencontré de graves difficultés dans le passé. Si nous nous montrons transparents, nous réconcilierons la chimie avec le grand public. Nous démontrerons que la chimie française se situe à un niveau dʼexcellence européen, ayant su faire peau neuve et sʼadapter aux défis du XXIe siècle.

Jean-Yves Le Déaut est docteur ès sciences en biochimie, ancien professeur des Universités, député de Meurthe-et-Moselle depuis 1986, vice-président de lʼOffice parlementaire dʼévaluation des choix scientifiques et technologiques, vice-président du Groupe dʼétudes sur les Biomatériaux et membre du Groupe dʼétudes sur lʼIndustrie chimique. Il est actuellement vice-président de lʼOffice parlementaire dʼévaluation des choix scientifiques et technologiques, office quʼil a présidé plusieurs fois depuis 1989. Rapporteur et membre de plusieurs Missions dʼinformation parlementaires et de Commissions dʼenquête, il est également auteur de nombreux rapports, notamment sur les biotechnologies, dont les OGM, lʼamiante, la gestion des déchets nucléaires, la recherche, les énergies renouvelables, les risques industriels et lʼeffet de serre. Jean-Yves Le
Déaut est également premier vice-président du Conseil régional de Lorraine depuis 2004.

Chimie et développement durable – Vers une chimie organique écocompatible

Composante fondamentale de l’industrie chimique et pharmaceutique, la chimie organique, ou chimie des composés du carbone, a connu un développement prodigieux au cours du siècle précédent, et ce principalement grâce à la découverte et à l’élaboration de nouvelles molécules. Son impact sur notre société est visible, multiple et positif. Aujourd’hui, elle fait, à juste titre, partie intégrante de notre quotidien, à travers une variété de produits indispensables à notre santé (alimentation, médicaments…) ou qui contribuent grandement à l’amélioration de notre qualité de vie (matériaux, cosmétiques…). Qui plus est, elle prend une part active à notre développement économique.

Toutefois, sa forte dépendance vis-à-vis du pétrole, comme source de matières premières, menace considérablement son avenir. Déjà, à l’heure actuelle, ce secteur est confronté à la montée rapide et inexorable des cours du pétrole, engendrée par une demande mondiale grandissante en matière d’énergie ; mais aussi il doit prévenir l’épuisement programmé à court terme des ressources fossiles non renouvelables. D’autre part, cette chimie véhicule souvent une image négative auprès de la société aussi bien en matière de santé et de sécurité que d’environnement, et ce d’autant plus lorsqu’elle est à l’origine ou associée à des catastrophes écologiques et/ou humaines.

Tout le monde a encore en mémoire la tragédie de la thalidomide en 1961 (sédatif hypnotique dont l’énantiomère (S) a montré très vite des effets tératogènes importants chez la femme enceinte) et l’usage excessif des pesticides comme le DDT (puissant insecticide dont la persistance est évaluée de 1 à 10 ans), mettant en cause tour à tour l’industrie pharmaceutique et l’industrie agrochimique. Les accidents industriels les plus médiatiques – comme ceux de Feyzin (France, 1966), Seveso (Italie, 1976), Bhopal (Inde, 1984), Bâle (Suisse, 1986), Protex (France, 1987), La Mède (France, 1992) ou encore l’explosion de l’usine AZF à Toulouse (France, 2001), ainsi que les problèmes liés à la gestion des rejets et des déchets chimiques et à l’accumulation des gaz à effet de serre n’ont fait qu’accentuer cette crise de confiance.

Pourtant, au cours de ces dernières années, l’industrie chimique a, pour sa part, profondément évolué en contrôlant la plupart des cycles de vie des produits (production, manipulation et recyclage) et en s’efforçant ainsi à intégrer les principes d’une chimie durable dite chimie écocompatible ou chimie verte – c’est-à-dire plus soucieuse de l’environnement et qui cherche à prévenir la pollution tout en restant compétitive – devenant de ce fait un acteur majeur en matière de développement durable.

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Chimie par transfert de phase

Le développement d’une chimie durable dite « chimie écocompatible » ou « chimie verte » constitue un défi majeur pour les chimistes de synthèse. Un des objectifs de la chimie verte est de concevoir des produits et des procédés chimiques permettant de réduire ou d’éliminer l’utilisation et la synthèse de substances dangereuses et toxiques. Pour atteindre ce but, le chimiste de synthèse doit intégrer un certain nombre de principes de base (12 principes de la chimie verte) parmi lesquels on peut citer la limitation de l’emploi de solvants organiques (toxiques et inflammables) et de réactifs coûteux et dangereux, la diminution de la quantité de sous-produits et de déchets des réactions en incluant les étapes de séparation et de purification, l’économie d’atomes et d’étapes en privilégiant les réactions catalytiques plutôt que stoechiométriques. Cette démarche doit inclure la totalité du procédé, à savoir la réaction en elle-même ainsi que son traitement en limitant les problèmes de séparation et de purification.

L’approche classique du chimiste organicien de synthèse, qui consiste à effectuer les réactions en milieu homogène en utilisant un solvant organique commun à l’ensemble des partenaires réactionnels, induit non seulement des étapes de séparation et de purification coûteuses et génératrices de déchets supplémentaires, mais aussi des effets de dilution et de solvatation qui peuvent limiter l’efficacité.

L’utilisation de systèmes polyphasiques (par exemple liquide-liquide ou solide-liquide), avec transfert d’un ou plusieurs partenaires d’une phase vers l’autre, constitue une alternative plus écorespectueuse et généralisable à la plupart des réactions de la chimie organique. Cette chimie par transfert de phase s’applique aussi bien à des processus stoechiométriques que catalytiques, le transfert de phase ayant lieu soit en cours de réaction, soit après réaction. Les procédés par transfert de phase présentent de multiples intérêts en termes de chimie durable : ils permettent de limiter, voire de s’affranchir, de l’utilisation de solvants organiques (avec la possibilité d’effectuer des réactions uniquement en présence d’eau) et de faciliter la séparation (idéalement par simple décantation) minimisant ainsi la quantité d’effluents toxiques et le coût énergétique. Ils sont généralement très efficaces, sélectifs et s’opèrent dans des conditions douces.

Dans cet article nous nous focaliserons sur les applications du transfert de phase en chimie de synthèse selon trois grandes approches : la catalyse par transfert de phase qui implique un transfert en phase organique, le transfert de phase inverse qui implique un transfert en phase aqueuse et les systèmes thermorégulés qui impliquent un transfert de phase ou une séparation de phase induite par variation de température.

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