BioLite, un four thermoélectrique au service des plus pauvres

Avec BioLite, contrairement aux modèles ordinaires, un ventilateur intégré permet d’obtenir un feu puissant et une combustion complète. Les émissions toxiques pour la santé humaine dont le monoxyde de carbone et les particules de carbone-suie sont ainsi considérablement réduites.

Un générateur thermoélectrique (TEG) convertit directement, par effet Seebeck, une partie de la chaleur perdue en électricité (courant continu). Ce générateur permet d’alimenter le ventilateur du mini-four, et l’électricité produite en excès permet de charger par exemple un téléphone mobile via un port USB, ou la batterie d’une lampe LED. Un microprocesseur intégré gère le système.

BioLite permet d’atteindre en 5 minutes l’ébullition d’un litre d’eau. En 20 minutes, le four permet d’obtenir une heure de conversation avec un iPhone et 4 litres d’eau bouillante.

Un gadget ? Pas du tout quand on prend conscience de l’énorme potentiel de ce produit  pour les populations les plus pauvres de la planète.

Un intérêt pour la santé humaine et le climat

Plus de 3 milliards de personnes cuisinent au bois dans le monde, avec des feux traditionnels ouverts. Les fumées toxiques polluent l’air intérieur des habitations et sont responsables de la mort de deux millions de personnes chaque année, dont 85% sont des enfants et des femmes. C’est deux fois plus qu’avec la malaria. Les fours traditionnels ont un effet comparable à la consommation de deux paquets de cigarette par jour.

Les 500 millions de foyers qui ont recours au bois pour cuisiner émettent l’équivalent d’un milliard de tonnes de C02 dans l’atmosphère chaque année, sous forme de dioxyde de carbone, de méthane, d’oxyde d’azote et de carbone-suie.  BioLite permet, s’il remplace un feu ouvert traditionnel, de réduire de 95% des fumées toxiques et de réduire les émissions d’équivalent CO2 d’une tonne et demi par an.

Un réel intérêt économique pour les populations pauvres

Et ce mini-four n’a pas seulement un intérêt pour la santé humaine. Il aussi un intérêt économique substantiel.

Il permet tout d’abord une division par deux de la consommation de bois. Ce qui permet non seulement de réduire la déforestation mais aussi de réduire le temps passé pour  sa collecte, tâche le plus souvent réalisée par les femmes et les enfants. Le temps libéré peut alors être consacré pour générer des revenus pour la famille ou alors pour se reposer. Bien que le bois soit meilleur marché que les solutions à base de combustibles fossiles, il n’est pas gratuit. Les familles passent entre deux et quatre heures par jour à le collecter, et dans les secteurs où il doit être acheté, il ampute entre 10 et 15% des revenus totaux.  

D’autre part la plupart la moitié des familles qui cuisinent au bois n’ont pas accès à l’électricité. 1600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité dans le monde aujourd’hui. Une fois le soleil couché, des lampes à kérosène, très polluantes et des bougies sont allumées. Cette forme d’éclairage a une facture qui s’élève à 38 milliards de dollars en combustible chaque année, c’est-à-dire environ 23 dollars par personne et par an.

Enfin, de plus en plus de familles sans électricité ont recours à des téléphones mobiles qui leur sont très utiles. Ces familles doivent aller charger leurs téléphones dans des boutiques spécialisées, parfois loin de leur habitation, ce qui leur coûte relativement cher : environ 40 dollars par an, ce qui est beaucoup quand on gagne moins d’un ou deux dollars par jour. Et cela leur fait perdre du temps.

Etant donné que BioLite permet de produire de l’électricité quand ils préparent à manger ou quand ils purifient l’eau, les gens peuvent alimenter les batteries des lampes LED et les téléphones mobiles chez eux. Il n’est alors plus nécessaire d’acheter du kérosène pour s’éclairer, ni de payer la charge électrique du téléphone mobile. Sur le plan marketing, la possibilité de charger le téléphone à la maison augmente considérablement l’attractivité de ce four comparativement aux autres types de mini-fours. Le téléphone portable est effectivement un produit très désiré, car il permet de communiquer avec les amis et la famille.

Disponible en permanence

BioLite est compétitif avec les technologies solaires photovoltaïques alternatives. Il ne nécessite l’installation ni de panneaux solaires, bu de fils électriques. Et il permet une production à la demande 24H sur 24, 365 jours sur 365, indépendamment des conditions météo.

«  Nous croyons en une approche basée sur l’économie de marché pour éliminer la pauvreté », explique Jonathan Cedar, directeur de l’équipe BioLite constituées de designers, d’ingénieurs et d’entrepreneurs sociaux. «  En créant des solutions qui sont efficaces, abordables économiquement, et désirables pour le consommateur, nous pouvons atteindre davantage de personnes plus rapidement » poursuit l’entrepreneur.  

 

Une écotechnologie qui ne bouleverse pas les habitudes des gens

 

Contrairement aux autres mini-fours « propres » qui existent sur le marché, et qui requièrent soit une source d’électricité externe pour alimenter le ventilateur intégré, soit des carburants spéciaux, ou alors des changements comportementaux importants (comme dans le cas des fours solaires), le four Biolite est alimenté comme les feux de bois ouverts traditionnels.  « BioLite est le premier mini-four a atteindre un niveau de réduction des émissions toxiques supérieure à 90% sans avoir besoin de  recourir à une alimentation électrique externe ou des carburants spéciaux » souligne Jonathan Cedar.

Bientôt un million de mini-fours Biolite en Afrique sub-saharienne et en Inde

Durant 2010 et 2011, Biolite est passé du stade prototype au stade produit testé sur le terrain. Des essais ont été réalisés sur les 4 continents afin de vérifier qu’il convient à une large gamme de besoins locaux et d’habitudes, tester sa durabilité et optimiser son design.

Des programmes de déploiement à grande échelle sont actuellement en cours ou en projet en Inde, au Ghana, au Kenya, en Ouganda, et des partenariats se mettent en place progressivement partout dans le monde. Pour les 5 années à venir, Biolite s’est engagée à équiper un million d’habitations en Inde et en Afrique sub-saharienne.  

L’équipe BioLite a remporté plusieurs prix dont le St. Andrews Prize for the Environment et le prix BusinessWeek de l’entrepreneur américain le plus prometteur. La secrétaire d’état Hillary Clinton en a vanté les mérites : « Avec les avancées technologiques, les nouveaux fours peuvent à présent utiliser leur propre chaleur pour produire de l’électricité qui alimente des ventilateurs éliminateurs de fumées toxiques, mais aussi les téléphones mobiles, et même les lampes des habitations »

Le mini-four est également vendu dans une version adaptée aux campeurs occidentaux, disponible au prix de 129 dollars (environ 100 euros). Ce marché permet le financement de projets en Afrique sub-saharienne.

Par Olivier Daniélo

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Qu’est-ce que l’infrarouge ?

 

La lumière infrarouge ou thermographie est l’utilisation d’une caméra de mesure et d’imagerie infrarouge pour « voir » et « mesurer » l’énergie thermique émise par un objet. L’énergie thermique, ou infrarouge, est une lumière invisible car la longueur de ses ondes est trop longue pour être détectable à l’œil nu. Il s’agit de la partie du spectre électromagnétique que nous percevons comme chaleur. Contrairement au monde visible, dans le monde infrarouge, tout objet ayant une température supérieure à zéro degré Kelvin émet des infrarouges et donc, même les objets très froids, tels que les glaçons, émettent des infrarouges.

 

 

Imagerie infrarouge

Plus la température d’un objet est élevée, plus la radiation infrarouge émise est importante. Les infrarouges nous permettent de voir ce que nos yeux ne peuvent pas voir. Les caméras de thermographie infrarouge produisent des images de radiation infrarouge ou de « chaleur » invisible à l’œil nu et fournissent des mesures précises de température sans contact. La quasi-totalité des composants chauffent avant de tomber en panne ce qui fait des caméras infrarouges des outils de diagnostic extrêmement rentables et utiles dans de nombreuses applications. Alors que l’industrie se démène pour améliorer l’efficacité de la production, la gestion de l’énergie, la qualité des produits et la sécurité sur le lieu de travail, de nouvelles applications apparaissent constamment pour les caméras infrarouges.

 

Demande d’informations

Emballages plastiques et souples : une conjoncture difficile pour les entreprises

A l’image de ce qu’ils ont enregistré au 1er semestre, ils s’accordent à dire que cette activité devrait croître d’environ 1% sur l’ensemble de l’année, tant en volume qu’en valeur, pour atteindre un chiffre d’affaires de 8,06 milliards. Au 1er semestre, leur activité est tirée par les exportations, notamment vers les pays voisins de la France, avec un chiffre d’affaires export en croissance de 4% sur un an.

Malgré la crise, les fabricants d’emballages plastiques et souples ont réussi à préserver l’emploi et conserver leur savoir-faire en ajustant le recours à l’intérim. Ils ont continué d’évoluer sur un marché sain, avec des stocks maîtrisés : 62% des entreprises jugent normaux leurs stocks de produits finis au 1er semestre.

De plus, ils ont maintenu leur solidité en adaptant leur comportement pour préserver leur trésorerie. Au cours de l’été 2012, 64% jugeaient la situation de leur trésorerie plutôt positive. En effet, les entreprises ont en particulier actionné le levier de l’investissement – en recul de 15% par rapport au premier semestre 2011 – pour conserver des liquidités. Le taux de chiffre d’affaires investi s’élève ainsi à 4% au 1er semestre 2012 après avoir atteint 5% au 1er semestre 2011.

Cette année, si les conditions d’accès aux crédits bancaires sont restées favorables, avec seulement 30% des entreprises indiquant avoir eu des difficultés d’accès aux financements bancaires, celles des couvertures d’assurances-crédits se sont durcies d’après 63% d’entre elles.

Un appel au travail de filière dans la durée : toujours solides mais fragilisés, les industriels de l’emballage plastique et souple lancent un appel à leurs fournisseurs de matières premières, dont les prix ne cessent d’augmenter et de fluctuer (+35% de juillet à septembre 2012 pour la plupart des matières plastiques).

Les industriels à ELIPSO souhaiteraient être pleinement acteurs pour anticiper et gérer les évolutions et les enjeux économiques de la filière dans son ensemble par un travail en commun.

Pour 2013, les professionnels sont dans l’incertitude, ils ne prévoient ni amélioration ni poursuite de la dégradation de la situation. Ils sont 60% à considérer que leur chiffre d’affaires sera stable par rapport à 2012.

Malgré cette conjoncture difficile, les entreprises de l’emballage plastique et souple restent dynamiques et inscrites dans une démarche volontariste afin de proposer des emballages innovants et sûrs au service du consommateur. Elles poursuivent, en particulier, leurs actions d’innovation en matière de prévention et de recyclabilité. Pour rester performants, les industriels axent leur stratégie autour de l’innovation, de l’anticipation et du travail en commun avec tous les acteurs de la filière.

Par ELIPSO
 

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ELIPSO représente les fabricants d’emballages plastiques et d’emballages souples en France et compte 130 membres, ce qui constitue 75 à 90% de représentativité selon les secteurs d’activité.

Les industries de l’emballage plastique et de l’emballage souple en France emploient 40000 collaborateurs dans 320 entreprises pour un Chiffre d’Affaires annuel de 7 milliards d’euros.

Ces industries sont présentes dans tous les secteurs industriels et de la distribution (agroalimentaire, beauté-santé, hygiène, entretien, chimie, produits industriels, bâtiment, transport et logistique)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plus grande pale éolienne du monde

83,5 mètres. C’est la longueur de la pale la plus grande du monde. Fabriquée au Danemark par SSP Technology, cette pale d’une éolienne offshore dont le diamètre de l’hélice atteint 171 mètres, est arrivée sur son site de test fin octobre. C’est l’Institut Fraunhofer pour l’énergie éolienne et le  génie des systèmes énergétiques de Bremerhaven (IWES) qui ont le privilège de la soumettre à une sorte de « contrôle technique ». Ils devront s’assurer que la pale saura résister à des conditions météos extrêmes, et ce sur le long terme puisque sa durée d’utilisation prévue est de 25 ans. Lors de son fonctionnement, l’éolienne subit constamment des changements de charge dus aux changements de vitesse et de direction du vent, ce qui induit de fortes sollicitations sur le matériau utilisé. Le site de test de l’IWES, qui a ouvert en 2011, est le seul au monde à pouvoir accueillir des pales de cette taille.

Sa construction, soutenue par le Land de Brême, le Ministère fédéral pour l’environnement (BMU) et l’Union européenne, fut décidée en 2006. Les chercheurs de l’IWES n’avaient alors pas imaginé travailler dès 2012 avec des pales de plus de 80 mètres de long ! Le site peut d’ailleurs accueillir des pales encore plus grandes. Les méthodes de test développées à l’IWES fourniront en quelques mois des renseignements fiables sur la tolérance du matériau à de telles contraintes. Ainsi, lorsque les résultats des tests seront suffisamment convaincants, la fabrication en série de ces pales géantes pourra commencer. Des prototypes d’éoliennes d’une puissance de 7 MW et comprenant des pales de ce type pourraient entrer en fonctionnement dès 2013 en Corée.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’essentiel de REACH (Novembre)

Prochaine mise à jour de REACH-IT

La prochaine mise à jour de REACH-IT devrait être publiée le 30 novembre 2012. Elle offrira de nouvelles fonctionnalités aux utilisateurs. Les dossiers d’enquête soumis entre le 16 et 30 Novembre 2012 ne seront pas traités au cours de la transition vers le nouveau système. Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/a589cd88-a28f-49f1-bb34-a1db12a4218f

Nouvelle page sur les nanomatériaux

Depuis le 17 octobre 2012, l’ECHA a mis en ligne une nouvelle page web consacrée aux nanomatériaux. Elle vise à conseiller les futurs déclarants et informer sur les activités de l’ECHA dans ce domaine. La page est accessible sur : http://echa.europa.eu/fr/chemicals-in-our-life/nanomaterials

Vidéo de la formation CHESAR 2.0 disponible

L’ECHA a mis en ligne la vidéo de la formation sur CHESAR 2.0 qui a eu lieu lors de l’atelier dédié aux déclarants principaux en octobre. Cette vidéo est visible sur :
http://www.youtube.com/watch?v=5QULUoPAmyA&feature=youtu.be

Inscriptions pour la conférence en ligne du 23/11 ouvertes

L’ECHA annonce une nouvelle conférence en ligne sur une nouvelle fonctionnalité de REACH-IT. Cette conférence se tiendra le 23 novembre. Plus d’information et inscription sur : http://echa.europa.eu/fr/web/guest/support/training-material/webinars

 Nouvelle version de la boite à outils QSAR 

31/10/2012
L’ECHA a mis en ligne la version 3.0 de la boite à outils QSAR. Cet outil est plus complet pour prédire, de façon fiable, les propriétés des produits chimiques. Cette version contient de nouvelles fonctionnalités afin de fournir un soutien complet lors de la préparation par les futurs déclarants du Rapport sur la Sécurité Chimique (CSR) : l’inclusion de sources de données supplémentaires, la compatibilité avec UICLID 5.4, des outils de prévision pour la toxicité à dose répétée…
Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/fdf29022-114e-4771-83e8-99b0130c7bfe

Consultation d’experts sur la classification harmonisée du cycloxydime

05/11/2012
L’ECHA donne aux parties intéressées l’occasion de commenter les questions relatives à la toxicité potentielle sur la reproduction du cycloxydime (n°CE 405-230-9, n°CAS 101205-02-1) qui est actuellement en cours de discussion par le Comité d’évaluation des risques (RAC). Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/9d1777d6-251e-48b5-b35c-edbfd3a4890b

Mise à jour de la FAQ REACH 

06/11/2012
La FAQ relative au règlement REACH a été mise à jour avec l’ajout d’une question relative aux utilisateurs en aval. Cette FAQ est consultable sur :
http://echa.europa.eu/fr/support/faqs/frequently-asked-questions/frequently-asked-questions-about-reach

Mise à jour des informations de contact dans REACH-IT

06/11/2012
L’ECHA conseille à tous les déclarants ayant effectué un enregistrement ou une Inquiry de vérifier les données concernant leur société afin d’éviter la divulgation non souhaitée de certaines informations. Si nécessaire, les déclarants devront mettre à jour leurs informations avant la mise en ligne de la nouvelle version de REACH-IT. Pour aider, des instructions pratiques ont été publiées par l’ECHA. La mise à jour doit être soumise à l’ECHA, et si possible avant le 16 novembre 2012.
Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/4acbbadf-423e-4685-b23d-a896189c8529
http://echa.europa.eu/documents/10162/13583/instructions_co-registrants_en.pdf

Enquête de satisfaction de l’ECHA

07/11/2012
Dans le cadre de son rapport général annuel, l’ECHA doit évaluer certains de ces indicateurs. L’enregistrement, le partage des données ainsi que les activités d’évaluation sont évalués par une enquête. Un e-mail contenant un lien vers ces enquêtes sera adressé aux parties intéressées. Elles disposeront d’un délai de 15 jours pour y répondre. Plus d’information sur :
http://echa.europa.eu/web/guest/about-us/the-way-we-work/plans-and-reports

Avis de l’ANSES sur le perchloroethylène

12/11/2012
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) avait été saisie par la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) du ministère de l’Ecologie en mars dernier pour une expertise de quatre substituts possibles au perchloroéthylène dans le nettoyage à sec. L’Anses vient de rendre son avis sur les dangers présentés par les quatre substituts. Ces résultats étaient attendus car ils conditionnent le bannissement plus ou moins rapide du perchloéthylène, qui doit résulter de la révision de l’arrêté du 31 août 2009 applicable aux pressings. Selon l’Anses, il n’existe pas de substituts évidents au perchloroéthylène. L’avis est consultable sur :
http://www.anses.fr/Documents/REACH2012sa0099.pdf.

Formation UIC/MEDDE

Les prochaines conférences en ligne organisées par l’UIC et le Ministère de l’Ecologie (MEDDE) auront lieu le 22 novembre 2012 sur « Le processus d’autorisation et les obligations résultant de l’inclusion d’une substance dans la liste candidate », le 4 décembre 2012 sur « Enregistrement REACH et PME », le 11 décembre 2012 sur « Déclarant membre : préparez votre dossier d’enregistrement ! ». Les conférences sont gratuites. L’inscription est obligatoire sur le site de l’UIC www.uic.fr.
Plus d’information sur : http://www.uic.fr/REACH-webinars.asp

Postes à pourvoir à l’ECHA

Trois postes sont à pourvoir. Les candidatures sont à envoyées pour le 22 novembre et 26 novembre. Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/web/guest/about-us/jobs/open-positions

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval.

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Payer avec son doigt, impensable?

En expérimentation depuis quelques jours en France, à Villeneuve-d’Ascq et à Angoulême plus précisément, ce nouveau système de paiement éviterait donc d’avoir à sortir sa carte bancaire. 1500 personnes se prêtent actuellement au test qui durera jusqu’en mars.

Pour effectuer leurs achats, il suffit aux testeurs d’apposer simplement un doigt sur un terminal de reconnaissance, appelé lecteur biométrique. Évidemment, au préalable, ils ont déjà saisi en agence bancaire leurs données biométriques dans leur carte bancaire. Une étape indispensable puisque c’est par la correspondance entre la fameuse carte et le lecteur biométrique que l’enseigne valide un achat en authentifiant l’utilisateur. En effet, un signal de validation est envoyé au terminal pour valider la transaction, lorsque la correspondance digitale a bien été vérifiée.

Il s’agit d’une première mondiale. À l’occasion de ce début d’expérimentation, Cédric Chozanne, le directeur général de Natural Sécurity, a accepté de répondre aux questions des Techniques de l’Ingénieur.

Techniques de l’Ingénieur : Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Cédric Chozanne : Je suis directeur général de Natural Security. J’ai un background d’informatique bancaire et de marketing lié aux moyens de paiement. Ingénieur en informatique et en électronique de formation initiale, j’ai complété ma formation par un DEA en instrumentation et analyse ainsi que par un troisième cycle en IAE à Lille en management d’entreprise.

Techniques de l’Ingénieur : Qu’est-ce que Natural Security ? 

Cédric Chozanne : C’est un projet qui est né fin 2006 au sein du pôle de compétitivité des industries du commerce et de la distribution (PICOM) à Lille. Nous avons rassemblé les besoins à la fois du commerce et de la banque qui souhaitaient trouver une solution d’authentification simple, rapide & sécurisée.

Une fois la solution d’authentification trouvée, nous avons créé la société mi 2008 pour porter les droits intellectuels, développer la solution et l’expérimenter en situation réelle. L’actionnariat de Natural Security est composé actuellement de banques telles que le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel Arkéa, BNP Paribas et La banque Accord, de commerçants tels que Leroy Merlin, le Groupe Auchan et un industriel de la monétique : Ingenico.

Techniques de l’Ingénieur : Comment est venue l’idée du paiement par empreinte digitale ?

Cédric Chozanne : Le constat fait à l’origine du projet provenait d’une réflexion sur l’expérience client dans le domaine du paiement et plus généralement dans le domaine  de l’authentification. Actuellement, il existe diverses méthodes de paiement. On peut payer en insérant sa carte dans un lecteur et en tapant son code, on peut aussi bientôt payer sans taper son code pour des petits montants en approchant sa carte du terminal de paiement. On pourra aussi bientôt  payer avec son téléphone en saisissant son code directement sur le mobile. Enfin, sur internet, le paiement via 3D Secure engendre potentiellement autant de systèmes d’authentification qu’il n’y a de banques : réception d’un code par SMS, recopie d’un code généré par une clef électronique, ou encore des questions complémentaires sur vos données personnelles… Bref, cela devient compliqué pour le client lambda. Nos actionnaires nous ont donc demandé de réfléchir à un système qui permette de proposer la même ergonomie quel que soit le service et quel que soit l’endroit d’utilisation. Nous avons cherché à mettre en œuvre une ergonomie très simple, sécurisée et identique pour le paiement, le retrait, le contrôle d’accès physique ou le contrôle d’accès logique : ouvrir une session d’ordinateur, remplacer des identifiants/mots de passe, se connecter à la banque à domicile, payer en ligne…

Pour y parvenir, nous avons assemblé différentes technologies existantes autour d’une architecture nouvelle. Nous avons basé notre concept sur un support personnel sécurisé que vous gardez sur vous et qui peut être, par exemple, une carte bancaire, un téléphone, un porte-clefs… La caractéristique originale de Natural Security tient au fait qu’il n’est plus nécessaire de manipuler le support personnel sécurisé en question. L’objet en poche peut alors désormais communiquer à moyenne distance, entre un mètre cinquante et deux mètres, avec le lecteur de paiement biométrique sur lequel l’utilisateur pose son doigt. Le support personnel sécurisé  compare ensuite la biométrie reçue du lecteur et celle qui est sauvegardée en son sein en vue d’accepter ou non le paiement.

L’expérimentation actuelle a été basée sur l’utilisation d’une carte bancaire mais lors du prochain salon Cartes début novembre à Villepinte, nous allons présenter d’autres facteurs de forme, qui seront des badges pour les entreprises et l’utilisation du téléphone mobile. Finalement, pour l’utilisateur peu importe la forme de l’objet puisqu’il ne le manipule plus. Toutefois, l’objet devra respecter nos spécifications techniques et normes de sécurité, basées notamment sur les dernières normes bancaires. De plus, Natural Security promeut d’autres règles d’implémentation afin que le système soit respectueux de la vie privée de l’utilisateur : Aucune constitution de base de données biométriques et un support personnel sécurisé non traçable et anonyme.

Techniques de l’Ingénieur : Qu’est-ce que la biométrie ?

Cédric Chozanne : C’est un élément qui vous caractérise. Typiquement, l’empreinte digitale est une représentation des bifurcations, des croisements, des lignes de la peau du doigt dont il est possible d’extraire des représentations que l’on appelle « minuties », qu’il est possible de stocker. Ces minuties peuvent être utilisées par la Police dans le cadre d’une recherche d’identité à partir d’une base de données. En revanche Natural Security n’utilise pas la biométrie dans le domaine de l’identification mais uniquement comme moyen d’authentification. Mon support personnel sécurisé Natural Security permet de confirmer ou non que j’en suis le titulaire par comparaison entre la biométrie ma biométrie qu’il est seul à posséder et la biométrie qu’il reçoit lorsque je pose le doigt sur le lecteur biométrique.

L’intérêt de ce concept est l’absence de base de données. Ainsi nous respectons les réglementations en la matière dans les différents pays, notamment en France ou la CNIL est très vigilante quant à l’utilisation qui est faite des données biométriques. Egalement, le fait que l’utilisateur porte sur lui son propre système d’authentification permet de concevoir des systèmes interopérables. In fine, il sera alors donc possible de voyager et de payer partout dans le monde grâce à son support personnel sécurisé qui réalisera l’authentification de manière autonome, sans aucune base de données tout en respectant les données et la vie privée de l’utilisateur.

Techniques de l’Ingénieur : Quels sont les objectifs de cette expérimentation ?

Cédric Chozanne : Aujourd’hui nous avons mis en place deux sites, à Villeneuve d’Ascq et Angoulême, avec 1500 clients appartenant aux banques actionnaires et 200 terminaux de paiement répartis à la fois dans des grandes enseignes comme Auchan, Leroy Merlin, Décathlon, Flunch, et des petits commerçants de galerie marchandes ou de centre-ville.

Nous avons souhaité qu’il y ait un nombre de porteurs suffisamment significatif de manière à pouvoir obtenir un nombre de retours significatifs concernant l’utilisabilité et l’ergonomie des biométries utilisées. Cela reste une technologie nouvelle que  le client soit s’approprier.

Nous expérimentons deux biométries différentes. Sur Lille, nous expérimentons le réseau veineux du doigt, et sur Angoulême, l’empreinte digitale. La manière de poser son doigt est complètement différente si l’on est face à un lecteur d’empreinte digitale où l’on pose simplement le doigt sur le capteur, alors que dans le cas du réseau veineux, il est nécessaire d’insérer le doigt à l’intérieur du lecteur. Nous souhaitons donc mesurer la perception du client quant à l’utilisation au quotidien de cette nouvelle technologie et la perception qu’il peut avoir au moment de l’enregistrement de ses données biométrique sur sa carte.

La propreté du lecteur fera également partie des informations que nous regarderons mais qui à ce jour ne nous semble pas problématique. Il faudra néanmoins le vérifier in situ.

Techniques de l’Ingénieur : Comment fonctionne le système de réseau veineux ? 

Cédric Chozanne : La cartographie des veines de la deuxième phalange est lue, en insérant le doigt dans le capteur grâce à une lumière proche de l’infrarouge.

Techniques de l’Ingénieur : Natural Security développe donc avant tout un concept…

Cédric Chozanne : Nous ne vendons pas de matériel, ni de service. Notre modèle a été adapté de sorte que l’on puisse répondre aux besoins de nos actionnaires bancaires et commerçants ; qui est de promouvoir la technologie afin qu’elle soit déployée in fine à très large échelle. Pour y arriver, nous appliquons un modèle de licence du concept permettant aux industriels intéressés d’utiliser nos brevets et surtout nos spécifications. Toutefois, nous ne vendons pas de matériel pour éviter d’être concurrent de ces mêmes industriels. Nous sommes donc là pour les aider à créer de la valeur via de nouveaux produits basés sur la technologie Natural Security. Nous ne nous immisçons pas dans la chaîne de valeur ni ne souhaitons devenir leurs concurrents. Les commerçants continueront donc à acheter des terminaux de paiement aux industriels

Techniques de l’Ingénieur : La confidentialité est-elle vraiment assurée ?

Cédric Chozanne : En termes de confidentialité des données biométriques, il y a un point important à préciser. La biométrie ne sort jamais de l’enceinte sécurisée de la puce, une fois qu’on l’y a mise pour l’enregistrement.

Techniques de l’Ingénieur : Un déploiement national, et surtout international, est-il envisageable ? 

Cédric Chozanne : Pour le moment, l’expérimentation se fait avec des acteurs français. Mais l’utilisation de Natural Security apporte également de nombreux avantages sur d’autres marchés en France comme à l’international. C’est pourquoi, nous avons également des projets sur la zone Amérique du Nord où nous y avons une personne qui effectue la promotion. D’une manière générale nous visons les pays où la biométrie est déjà utilisée comme par exemple le Brésil, et où les besoins d’authentification se font de plus en plus croissants.

Par  Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Un test de dépistage en or

Des Britanniques ont utilisé la nanotechnologie pour créer un test de dépistage pour les infections. A base de nanoparticules d’or, ce test présente l’avantage de détecter à l’œil nu la présence d’une infection. Comment ça marche ? Les nanoparticules déposées sur un support plastique jetable réagissent en présence de marqueurs biologiques spécifiques et prennent alors une teinte bleue. En l’absence de marqueurs infectieux, les nanoparticules se séparent pour s’agréger en petites boules rougeâtres.

Le diagnostic se fait donc visuellement de façon simple et évidente. D’après les chercheurs, ce test serait dix fois plus sensible que les procédés standards, détectant les tout premiers stades de la maladie et augmentant les chances de guérison grâce à une prise en charge précoce. Il serait surtout dix fois moins cher et permettrait donc de réaliser des tests de dépistage du sida dans les pays défavorisés. Molly Stevens déclarait à nos confrères de l’AFP que « le test est conçu sur des supports plastiques jetables et ne demande pas d’utiliser des équipements coûteux puisque la présence de la molécule recherchée peut être détectée d’un simple regard, à l’œil nu ».

Attention cependant car ce test permet juste de dire si oui ou non une infection est présente, il ne permet pas de connaître l’avancée de la maladie. Les scientifiques, dont les travaux sont parus dans Nature Nanotechnology, se rapprochent actuellement d’ONG travaillant dans des pays pauvres pour tester leur procédé à grande échelle.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Nouveau procédé de thermoformage appliqué au titane

Des chercheurs allemands ont mis au point une nouvelle technologie d’hydroformage ne nécessitant qu’une seule étape ! Alors que les processus standard requièrent plusieurs traitements thermiques, le procédé établi par l’équipe de chercheurs de l’Institut Fraunhofer IWU et celui d’ingénierie des surfaces et couches minces (IST) de Brunswick (Basse-Saxe) va considérablement simplifier les choses puisqu’un seul recuit suffit. Leur secret : une machine-outil spécifique prenant en compte les contraintes du titane, un matériau qui adhère aux parois des machines, notamment aux hautes températures utilisées pour le façonner. Cette machine-outil fait 1,40m par 1,20m et est constituée de matériaux haute performance, en particulier des alliages de nickel. Ces derniers présentent l’avantage d’être stables et non oxydables à des températures supérieures à 800 degrés Celsius. « A partir d’environ 500 degrés Celsius, le titane a fortement tendance à absorber l’oxygène et l’azote de l’air environnant. Lors du formage à très haute température, un gaz de protection comme l’argon doit être employé afin d’empêcher l’oxydation du titane. Après de nombreux essais avec divers matériaux, nous avons établi le revêtement idéal adapté à chacune des conditions spécifiques dans les différents domaines de température », ajoute Martin Weber, expert en nouveaux revêtements tribologiques à l’IST. C’est ainsi que l’utilisation d’un revêtement spécifique, de quelques micromètres d’épaisseur, empêche le titane d’adhérer à la paroi de la machine-outil.

Ce nouvel outil devrait permettre de baisser les coûts de fabrication des composants en titane jusqu’alors constitués d’alliages d’aciers inoxydables tels que des coudes, des tuyaux d’échappement, des catalyseurs ou encore des amortisseurs de bruit.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Améliorer la durée de vie de l’asphalte

Fini les nids de poules, les bosses et autres inconforts routiers. De nouveaux agents chimiques testés par les chercheurs du laboratoire d’ingénierie des fluides complexes de l’université de Huelva (Espagne) augmentent la résistance de l’asphalte, retardant de facto le vieillissement des routes. Plus précisément, ces additifs luttent contre l’oxydation des bitumes, à l’origine des fissures et autres trous dans les revêtements des routes. Dernier avantage, ces additifs sont tout simplement dérivés d’huile végétale.

Pour rappel, les revêtements sont composés de bitume, de sable et de pierre. Le goudron est utilisé comme liant de façon à compacter le tout, à une température de mélange de l’ordre de 150°C. Les quelques pourcents de bitume donnent à l’ensemble sa résistance et son élasticité. Mais problème, les bitumes résistent mal au temps qui passe et s’oxydent.  Les scientifiques du département d’Ingénierie Chimique de l’université de Huelva ont donc décidé de travailler avec des additifs de petite taille, laissant de côté les solutions polymériques. Leur intérêt s’est porté notamment sur trois types de produits sous divers états et pour différentes températures de mélange. Ces travaux ont prouvé que dans le cas des émulsions ou des mousses, une température de mélange plus basse suffisait, avec pour conséquence immédiate une diminution du risque-opérateur et du coût matière.

L’objectif final est de développer des produits qui seront recyclables : les tranches d’asphalte en fin de vie ne seront plus jetées en décharge mais récupérées et traitées de manière chimique pour être réutilisées. Enfin, améliorer la résistance des matériaux diminuera les contraintes actuelles de retrait et de remplacement des couches superficielles d’asphalte détériorées.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Une meilleure compréhension de l’univers grâce aux jets de matière cosmique

L’expulsion supersonique de matière cosmique est partie du centre d’une galaxie lointaine pour s’étendre de deux millions d’années-lumière, selon l’article du docteur Leith Godfrey, publiée ce week-end dans Astrophysical Journal Letters. L’image a été prise avec le télescope australien CSIRO. Le docteur Godfrey a d’ailleurs précisé que « les jets comme celui qu’il a étudié sont les plus grands objets de l’univers ». Dans le cas présent, le jet est 100 fois plus grand que la Voie Lactée.

Le jet, baptisé PKS 0637-752, ressemblerait à s’y méprendre à la flamme produite par un réacteur d’avion de chasse. « À la différence qu’ici, le moteur est un trou noir supermassif et que le jet atteint presque la vitesse de la lumière ». Toujours selon l’article, le jet serait composé de zones lumineuses et sombres. Sur l’image, on constate que des régions régulièrement espacées sont plus lumineuses que le reste. Pour le docteur Godfrey, « Une possibilité intéressante serait que la forme du jet cosmique que nous voyons soit produite de la même manière que les moteurs d’engins de combat ».

Ce phénomène n’est pas nouveau et a déjà été étudié par le passé. « Depuis le début de la radioastronomie » pour être exact. Cependant la compréhension de ces jets de matière reste partielle. Notamment au niveau de leur composition et sur le comment de leur création. Le docteur a simplement déclaré que cela se produisait lorsque de la matière tombait dans le trou noir supermassif au centre d’une galaxie. La comparaison entre un jet et un moteur à réaction peut donc s’avérer intéressante si elle est juste, puisque des informations concernant la puissance du jet ou encore la densité de l’espace qui l’entoure pourraient en être déduites.

Et tout l’intérêt est là. Il réside dans une meilleure compréhension des jets de matières cosmique. Ce n’est qu’à ce prix que l’Univers dévoilera d’autres secrets tels que la formation et le développement des galaxies. On le sait, les jets sont extrêmement puissants. Ils sont « soupçonnés d’empêcher la formation d’étoiles dans des galaxies voisines, ce qui limiterait la taille des galaxies et affecterait directement le développement de l’univers ».

Cette nouvelle image dévoile un détail jamais vu auparavant. « Ce jet en particulier, émet beaucoup de rayons X, ce qui est difficilement explicable par nos appareils actuels. » Néanmoins il s’agit « d’un pas de plus vers la compréhension de ces objets géants et de comment ils émettent tant de rayons X. »

Source : http://www.icrar.org

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

Un revêtement métallique auto-lubrifiant

L’équipe de recherche teste aujourd’hui un revêtement constitué de particules solides dans lesquelles sont piégées des microcapsules contenant un lubrifiant liquide. »On applique le revêtement par projection thermique. La poudre et les capsules sont lancées sur la surface à traiter avec un chalumeau. », explique Sergio Armada Nieto, du département Mécanique Appliquée et Corrosion de SINTEF. « Lorsque les surfaces métalliques sont en contact, la détérioration du revêtement libère le lubrifiant contenu dans les microcapsules et réduit ainsi considérablement le phénomène de friction. », ajoute-t-il. D’après les premiers tests réalisés en conditions industrielles, le coefficient de frottement passe de 0,7 à 0,15 avec le revêtement contenant les microcapsules.

Le concept n’est pas nouveau. Il y a deux ans, une équipe de chercheurs de l’Université de Stuttgart (Allemagne) et de la société Fraunhofer, avait présenté un enduit métallique à microcapsules appliqué par « couche électrodéposée ». L’inconvénient majeur de cette méthode était que, comme l’application du revêtement était électrique, celui-ci ne pouvait être que métallique. Le deuxième était que les microcapsules étaient trop grosses, ce qui engendrait une détérioration trop rapide du revêtement (environ 15 à 20 microns d’épaisseur). « Dans notre cas, la taille des capsules ne peut être supérieure à 10 microns, au risque d’obstruer les buses pendant le procédé de projection. Nous avons réussi à créer des capsules de 2 microns. », explique Christian Simon, Directeur de Recherche (français) au département Conversion d’Energie et Matériaux de SINTEF.

Les frictions métalliques engendrent des coûts importants dans l’industrie, notamment en termes de maintenance et d’entretien des composants mécaniques. « Notre méthode à de nombreuses applications envisagées. Il est possible d’appliquer des revêtements sur de grandes surfaces, et le matériau même du revêtement peut être modifié : des métaux aux polymères, ou encore aux céramiques. » conclut Sergio Armada Nieto.

 

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71283.htm
 

 

* La tribologie est une science qui étudie les phénomènes susceptibles de se produire entre deux matériaux en contact comme les domaines du frottement, de l’usure et de la lubrification), un groupe de chercheurs de SINTEF et de l’Université Norvégienne des Sciences et Technologies (NTNU) a passé deux ans à développer les compétences de base autour d’un nouveau système destiné à améliorer la lubrification entre deux pièces métalliques. L’équipe de recherche teste aujourd’hui un revêtement constitué de particules solides dans lesquelles sont piégées des microcapsules contenant un lubrifiant liquide.

Le Han-Fast® Lock : la manière la plus élégante de raccorder de la puissance sur un circuit imprimé.

 

Le Han-Fast® Lock est une nouvelle technologie de raccordement rapide pour circuit imprimé. Cette solution HARTING ne nécessite aucune composante additionnelle, ni aucun outil spécifique. De plus le Han-Fast® Lock répond aux exigences techniques en terme de transmission de courants forts sur circuit imprimé.

Il est possible de véhiculer jusque 60A sur un circuit imprimé via le Han-Fast® Lock, le tout dans un espace réduit. En effet le Han-Fast® Lock peut être inséré sur le circuit de manière individuelle, point par point. Les gains d’espace, et également les gains de temps de montage engendrés permettent de réduire considérablement les côuts globaux du système.

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Changer la couleur de l’or

La bague trois ors de Cartier va-t-elle devenir ringarde ? Peut-être pas encore mais l’avenir de la joaillerie pourrait bien être chamboulé par cette trouvaille : l’or peut devenir vert, rouge… Des chercheurs anglais de l’université de Southampton ont réussi à modifier la surface de l’or de façon à contrôler la longueur d’onde. Pour cela, ils ont estampé la surface de l’or avec des motifs d’une centaine de nanomètres, maîtrisant ainsi la longueur d’onde émise. En jouant sur la forme, la hauteur et la taille des motifs, réalisés par fraisage à faisceau d’ions ou par sablage à l’échelle atomique, les scientifiques ont été capables de produire de l’or vert ou rouge et assurent pouvoir le décliner dans un large éventail de teintes.

De plus, cette technique permet  de faire apparaître différentes zones d’une même pièce d’or de différentes couleurs, tout simplement en faisant varier les motifs nanométriques. Un principe qui peut très bien être appliqué à d’autres métaux, comme l’argent ou l’aluminium. Si les bijoux apparaissent comme une cible de choix pour cette technique, on pourrait imaginer ce système pour sécuriser des documents du fait de propriétés optiques uniques et difficile à dupliquer. Le Pr Nikolay Zheludev et ses collègues britanniques tentent ainsi actuellement de commercialiser cette technique. Ces travaux sont parus dans la revue Journal of Optics.

Un procédé innovant pour le stockage de l’hydrogène

Remis le 23 octobre sur le stand de la Société française de physique (SFP) lors du salon MESUREXPOVISION, ce prix Yves Rocard a choisi de féliciter trois chercheurs, deux laboratoires et un patron de PME : Patricia de Rango, Daniel Fruchart, Salvatore Miraglia, de l’Institut Néel (CNRS-UJF, Grenoble),  Philippe Marty, du laboratoire des écoulements géophysiques et industriels (UJF-CNRS, Grenoble) Michel Jehan, de McPhy Energy (La Motte-Fanjas). Leur collaboration a permis de rendre fonctionnel le procédé de stockage de l’hydrogène grâce à l’utilisation de magnésium. En effet, classiquement l’hydrogène est stocké dans des bouteilles sous pression, ce qui ne le rend pas facile à manipuler. L’idée est donc de le stocker sous forme solide, en associant l’hydrogène à un métal avec lequel il forme un hydrure de type MgH2. La théorie était connue, mais le passage à la pratique restait à réaliser. Les cinq « associés » ont donc planché sur un procédé fonctionnel pour des applications.

Bien que protégés par le secret industriel, voici quelques révélations sur les secrets de fabrication. Les cinq ont ainsi élaboré une méthode de nanostructuration de façon à obtenir une poudre de magnésium suffisamment fine pour que magnésium et hydrogène s’associent rapidement. Pour améliorer la cinétique de cette réaction, ces scientifiques ont eu l’idée de rajouter quelques pourcents de métaux de transition qui jouent le rôle d’activateur. Enfin, en associant du graphite naturel expansé à la poudre, l’évacuation de la chaleur issue de la réaction est optimisée. Entre 2006 et 2008, les scientifiques avaient mis au point un réservoir d’une capacité de stockage de 110 grammes. Capacité qu’ils ont multipliée par 10 en 2010. « On peut ainsi stocker, dans un volume donné, autant d’hydrogène que par le procédé sous pression, mais à des pressions proches de la pression atmosphérique », se félicite Salvatore Miraglia, directeur de recherche CNRS à l’Institut Néel.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Fusion nucléaire : la création d’ITER validée par décret

Par un décret publié le 10 novembre au Journal Officiel, le gouvernement français a officiellement autorisé la construction du réacteur expérimental ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Cette installation nucléaire de base (INB), déjà en construction sur le site nucléaire de Cadarache (13) depuis juillet 2010, aura pour objectif la maîtrise de la fusion nucléaire.

Une entrée en service au plus tard dans 25 ans

ITER devrait en effet tenter la fusion avec des atomes de deutérium et de tritium. Théoriquement, leur fusion a pour finalité la libération d’énergie jusqu’à 10 fois plus que la quantité injectée pour provoquer la réaction. Mais cette fusion est difficile à réaliser car il faut rapprocher deux noyaux qui ont tendance naturellement à se repousser et ce phénomène ne peut avoir lieu que dans des conditions de température et de pression extrêmement élevées. Pour satisfaire à ces conditions, il faut donc confiner les deux noyaux, augmenter la température, créer un plasma favorisant la rencontre des deux noyaux et le piéger pour éviter grâce à de puissants champs électromagnétiques. Cette opération se fait dans un four baptisé « tokamak ».

Selon le décret, le site de l’INB accueillera plusieurs bâtiments nucléaires. Un premier abritera le tokamak et le système de recyclage du tritium. Un deuxième bâtiment sera destiné aux activités de maintenance, de traitement et d’entreposage des déchets radioactifs de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et des déchets de tritium tandis qu’un troisième bâtiment servira au traitement des déchets radioactifs.

Ce tokamak expérimental aura pour mission de démontrer qu’il est possible de générer des réactions de fusion produisant 500 mégawatts pendant plus de 6 minutes, et dans un second temps, que ces réactions peuvent être maintenues pendant plus de 16 minutes. Selon le décret, la mise en service de l’installation correspondra à la réalisation du premier plasma deutérium-deutérium dans la limite de 25 ans à compter de la publication du texte. Selon le CEA, ITER devrait être opérationnel en 2020 pour une exploitation sur 20 ans.

Un projet controversé en plein débat énergétique

Le décret fait suite à la demande d’autorisation déposée une première fois en janvier 2008 puis en mars 2010 par l’Organisation ITER et à plusieurs avis rendus dans le courant des années 2011 et 2012 et notamment celui de l’ASN dernier en date. Mais la publication de cette autorisation à l’aube du débat national sur la transition énergétique laisse comme un sentiment d’impuissance et de déni : « En signant le décret de création avant le commencement du « grand débat sur l’énergie », [la ministre de l’Ecologie Delphine Batho] confirme à la fois la politique du fait accompli du gouvernement et le caractère illusoire de ce débat, qui ne permettra même pas de discuter une décision aussi lourde de conséquence », estime le Réseau Sortir du nucléaire.

Outre ce calendrier inopportun voire indécent pour certains, le projet ITER en tant que tel ne fait pas l’unanimité. « Ce projet très centralisé, productiviste, n’a fait l’objet d’aucune évaluation scientifique contradictoire : c’est un projet non maîtrisable critiqué par les physiciens du plasma et même Masatoshi Koshiba (prix Nobel japonais de physique) », souligne Michèle Rivasi, eurodéputée EELV et membre de la Commission Industrie, recherche et énergie du Parlement européen. Déjà en 2010, plusieurs scientifiques avaient appelé à l’abandon d’ITER. Georges Charpak, prix Nobel de physique, Jacques Treiner (Université Pierre et Marie Curie, Paris) et Sébastien Balibar (Ecole normale supérieure) l’avaient jugé  »hors de prix et inutilisable ». Le coût du projet a été évalué à 15 milliards d’euros. Sa budgétisation par l’Europe, l’un des sept partenaires à le financer, a d’ailleurs été au cœur d’une longue querelle entre Etats membres dans le cadre de l’étude du budget européen pour 2012 et 2013.

Source : http://www.actu-environnement.com

Optimisation des organisations de test (2/4)

Lorsque les conditions économiques sont difficiles, les sociétés sont plus soucieuses de trouver des opportunités de gagner en compétitivité tout en augmentant leur chiffre d’affaires, leurs bénéfices, et la fidélisation de leur clientèle. Parallèlement, les sociétés ont de plus en plus de mal à conserver leur avance en raison des pressions de la concurrence engendrées par les nouvelles technologies qui offrent des chances égales à toutes les entreprises quelles que soit leur taille, ainsi que des exigences en matière de qualité et de règlementation. Pour gagner en compétittivité, les sociétés se sont lancées dans des stratégies d’amélioration telles que Six Sigma, Lean Manufacturing, Capability Maturity Model Integration (CMMI), et Agile Product Development.

Un autre moyen consiste à favoriser et tirer un avantage stratégique d’une fonction auxiliaire de support pour se distinguer sur le marché. Par exemple, le rôle des technologies de l’information (TI) a radicalement changé ces deux dernières décennies. À l’origine les TI avaient une fonction de support cantonnée à la fourniture d’applications informatiques, au stockage de données et à l’automatisation de tâches standard. Dans les grandes sociétés, les TI peuvent désormais rationnaliser les processus critiques propres à leurs secteurs et aider les dirigeants à prendre des décisions en temps réel au cœur des activités commerciales de leur entreprise. L’importance stratégique des TI a été confirmée par l’enquête du magazine Chief Information Officer (CIO) consacrée en 2010 aux responsables des technologies de l’information, qui a révélé que 70% d’entre eux étaient désormais membres du conseil de direction de leur société.

Tout comme les TI, le test de produits a d’abord été perçu comme une fonction de support au cours du développement et du processus de production : juste un poste de dépenses nécessaire. C’est la raison pour laquelle bon nombre de sociétés investissent davantage dans d’autres domaines présentant une valeur “stratégique” comme le développement de produits et l’aide à la vente. Cela laisse les départements de test fragmentés, mal armés pour répondre aux exigences commerciales, et dépassés en raison des technologies et des méthodologies de test obsolètes qui créent fréquemment des goulets d’étranglement au sein de leurs structures. Cependant, comme l’ont montré les recherches, le test est crucial car il valide les performances d’un produit, réduit les temps de développement, augmente la qualité et la fiabilité, et diminue les taux de retour.
 

“Le test est une activité fondamentale dans n’importe quelle tâche de développement, de production et de maintenance. Il faut non seulement le prendre en compte lorsque l’on réfléchit à la qualité des produits, au temps de mise sur le marché et aux objectifs de l’entreprise, mais il doit en plus être efficace et abordable. Chez Lockheed Martin, nous investissons dans tous les aspects du test automatique (personnes, processus et technologies) pour garantir le respect de nos objectifs.”

– Tom Wissink, Director of Integration, Test & Evaluation,
Lockheed Martin Corporate Engineering & Technology

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Research Triangle Institute a mené une étude pour le NIST (Institut national des normes et de la technologie) en 2002 afin d’évaluer les répercussions d’un test logiciel inadéquat sur les industries américaines de l’automobile et de l’aérospatiale. Il s’est avéré que l’impact de la dévalorisation des tests au niveau de l’industrie s’élevait à plus de 1,11 milliard d’euros. Une autre étude conduite par des chercheurs au Centre spatial Johnson de la NASA en 2004 a établi que les coûts de la découverte d’une malfaçon sur un produit étaient 21 à 78 fois plus élevés en phase de production qu’en phase de conception. La principale recommandation de ces deux études était d’accroître le test au cours de la conception en raison de l’économie spectaculaire que cela permettait d’effectuer sur les coûts de réparation des malfaçons. En permettant de détecter ces anomalies plus tôt dans le processus de développement et de collecter les données susceptibles d’améliorer la conception ou le processus, le test représente une valeur ajoutée inestimable pour une société. La conclusion qui semble s’imposer est que la plupart des sociétés n’investissent pas suffisamment dans le test, et par conséquent, pâtissent du ralentissement du développement des produits, de l’allongement des cycles de production, et de la multiplication des coûts de réparation et des rappels.

Une tendance émergente au sein des sociétés d’électronique consiste à utiliser les tests de produits pour se démarquer de la concurrence, ce qui a pour conséquence d’élever la fonction de l’ingénierie de test du statut de simple poste de dépenses à celui d’avantage stratégique. Cette évolution a été confirmée par une récente étude de NI consacrée aux leaders de l’ingénierie de test qui ont déclaré que leur objectif pour l’année ou les deux ans à venir était de réorganiser leurs départements de test pour accroître leur efficacité. Ce réajustement stratégique réduit les coûts induits par les exigences de qualité et impacte considérablement les finances d’une société en accélérant la mise sur le marché de meilleurs produits. Les différentes études ont montré que le niveau de maturité idéal à atteindre est « optimisé » : à savoir lorsqu’un département de test adopte une stratégie de test centralisée qui couvre le cycle de vie du produit. Cette organisation optimisée développe des architectures de test standardisées avec des composants largement réutilisés, permet l’utilisation de ressources dynamiques, et assure la gestion et l’analyse systématiques de données d’entreprise ayant un impact sur l’activité commerciale de la société.

Les sociétés opérant cette transformation doivent s’engager sur une stratégie à long terme car, d’après les études conduites par NI, il faut généralement compter entre trois et cinq ans pour en récolter pleinement les bénéfices. Une entreprise doit avoir une stratégie d’investissement à la fois disciplinée et innovante pour que son département de test progresse à travers les quatre niveaux de maturité : ad-hoc, réactif, proactif et optimisé. Chaque niveau fait intervenir les personnes, processus et technologies. Les bonnes personnes sont primordiales pour développer et conserver une stratégie de test claire et ordonnée. Les améliorations du processus sont nécessaires pour rationaliser le développement et la réutilisation des tests tout au long du développement des produits. Et pour finir, la recherche et l’intégration des toutes dernières technologies sont indispensables pour améliorer les performances du système tout en réduisant les coûts.

Cependant, alors même que le test devient un élement central du succès d’une société, les dirigeants d’entreprises comme les professionnels du test se heurtent à plusieurs difficultés dans ce domaine. Certains problèmes, comme l’augmentation de la complexité des produits, sont systèmiques depuis des années. D’autres, comme les nouvelles exigences en matière de réglementation, deviennent des défis pour le test lorsque les gouvernement décident d’une nouvelle législation pour résoudres des problèmes existants ou potentiels. D’autres difficultés, comme les interruptions des activités commerciales causées par une défaillance du système de test, ont gagné en importance à mesure que le test lui-même occupe une place plus centrale au sein de l’entreprise.

Lorsque les sociétés mettent en œuvre des changements qui s’appliquent aux processus, aux personnes ou aux technologies, elles sont parfois tentées de sauter les projets de transition car elles s’imaginent pouvoir ainsi atteindre plus rapidement un niveau de maturité plus élevé. Or, avant de pouvoir atteindre un niveau optimisé, il lui faut d’abord atteindre le niveau proactif dans chaque domaine de compétence fondamental : l’harmonisation des stratégies au sein de l’entreprise, la planification commerciale, le cycle de vie du déploiement, le développement des systèmes, ainsi que les technologies et les architectures de test.

Un département de test construit des fondations solides pour une transformation stratégique en suivant étroitement une approche séquentielle et en identifiant des initiatives à court terme qui aident la société à améliorer son niveau de maturité et qui sont en adéquation avec les objectifs opérationnels annuels. Et tandis que l’on construit les fondations, la productivité des tests et l’utilisation des ressources augmentent, rentabilisant ainsi largement l’investissement initial. Cette approche composée de différentes phases permet aux sociétés d’engranger rapidement des bénéfices, après la réalisation d’à peine un ou deux projets. Voici quelques exemples de projets de transition :

  • Architecture/processus de test standardisés (ad-hoc->réactif) : l’adoption d’architectures logicielles et matérielles et de méthodologies de test standardisées améliore la productivité en accélérant le développement du code de test et en augmentant l’utilisation des ressources de test.
  • Modèle financier du coût total de possession (TCO) appliqué au test (réactif->proactif) : la création d’un modèle financier TCO pour le test aide les sociétés à évaluer leur productivité, ainsi que leurs données financières (retour sur investissement, délai de récupération du capital investi, valeur actualisée nette, taux de rendement interne, etc.) afin d’envisager des initiatives visant à améliorer les tests.
  • Gestion des données de test des entreprises (proactif->optimisé) : le développement d’une infrastructure globale de gestion des données de test à laquelle tous les sites accèdent de manière universelle améliore grandement la prise de décision en temps réel.

Cette transformation nécessite de passer du simple support des opérations en cours au développement d’initiatives reposant sur l’innovation en plus des opérations en cours. L’évolution de l’industrie du test en est à ses balbutiements. En utilisant l’industrie des TI comme indicateur extérieur de performances, IBM a souligné dans son rapport sur les technologies de 2010 que les sociétés particulièrement efficaces qui ont modifié leurs organisations des TI n’ont consacré que 60% de leurs budgets aux opérations en cours, dégageant les 40% restants pour de nouvelles initiatives. Elles s’opposent en cela aux autres organisations qui, figées dans leurs anciens modèles, affichent un rapport de 85/15. Il en va de même pour le test : les grandes sociétés gagnent en compétitivité en favorisant la souplesse de leurs départements de test et en adoptant le niveau d’innovation appliqué dans les autres départements stratégiques.

Lorsque les départements d’ingénierie de test deviennent des ressources stratégiques, ils créent des plates-formes de test standard, développent une propriété intellectuelle très utile basée sur le test, fournissent une main d’œuvre plus productive tout en réduisant les coûts de fonctionnement, et s’alignent sur les objectifs de l’entreprise en contribuant sans cesse à l’augmentation des marges bénéficiaires, à l’amélioration de la qualité et à la réduction du temps de mise sur le marché des produits.

Algorithmes de mesures portables (3/4)

Ces 20 dernières années, le concept d’algorithmes de mesures sur microprocesseur et programmables par l’utilisateur s’est généralisé, permettant ainsi aux systèmes de test de s’adapter rapidement aux exigences personnalisées et en constante évolution. Cette approche est appelée l’instrumentation virtuelle, et, en raison de son succès, les fournisseurs continuent de chercher à optimiser les avantages qu’ils peuvent en tirer : une personnalisation accrue, une plus large utilisation des technologies « sur étagère », des performances plus élevées et des coûts de systèmes de test moindres.

Si le microprocesseur a déclenché la révolution de l’instrumentation virtuelle, le circuit FPGA (Field-Programmable Gate Array) l’a faite entrer dans une nouvelle phase. Les FPGA sont utilisés dans les instruments depuis des années. Par exemple, les oscilloscopes à bande passante élevée actuels collectent tellement de données qu’il est impossible pour les utilisateurs de toutes les analyser rapidement. Les algorithmes « définis par matériels » sur ces instruments, souvent implémentés sur des FPGA, effectuent l’analyse et la réduction de données (moyennage, traitement du signal et déclenchement), calculent des statistiques (moyenne, écart-type, maximum et minimum), et traitent les données à afficher, le tout pour présenter les résultats à l’utilisateur de façon pertinente. Si ces capacités présentent des avantages évidents, un certain potentiel se perd du fait de la nature fermée de ces FPGA. Dans la plupart des cas, les utilisateurs ne peuvent pas déployer leurs propres algorithmes de mesures personnalisés sur ce puissant matériel de traitement.

Circuits FPGA pour le test

Les FPGA programmables par l’utilisateur « ouverts », implantés sur les matériels de mesure offrent de nombreux avantages par rapport aux systèmes reposant seulement sur le processeur. Du fait de leurs immenses capacités de calcul, les FPGA peuvent offrir des cadences plus élevées et une plus grande couverture des tests, ce qui réduit les temps de test et les coûts. La faible latence des mesures exploitant le FPGA permet également de mettre en œuvre des tests qui ne sont pas possibles avec un simple microprocesseur. Leur parallélisme intrinsèque permet des tests réellement multisites, plus encore qu’avec des processeurs multicœurs. Enfin, le FPGA peut jouer un rôle essentiel dans le séquencement du matériel de test temps réel et dans le contrôle du matériel sous test.

En 2011, une étude de marché sur l’instrumentation modulaire conduite par la société de conseil et de recherche Frost & Sullivan a rapporté : “Les progrès réalisés par les entreprises Altera et Xilinx concernant les capacités des FPGA sont extrêmement utiles dans les applications de mesure et de test dans lesquelles les utilisateurs ont besoin de capacités de traitement rapides et hautement déterministes…” Les FPGA des systèmes de test étaient déjà une tendance abordée par Rapport d’étude 2010 du test automatique. Depuis, un nombre croissant de produits à base de FPGA ouverts sont proposés sur le marché par des fournisseurs de produits PXI.

Tandis que les solutions matérielles continuent d’arriver sur le marché, la plupart des algorithmes de test et de mesure (développés pour s’exécuter sur des microprocesseurs dans le contexte de la révolution de l’instrumentation virtuelle) sont tout simplement difficiles à porter sur FPGA en raison des types de données, des modèles de programmation, et des attributs spécifiques aux matériels comme les contraintes de cadencement. Le développement d’IP de mesure FPGA éprouvées et fiables demande énormément de savoir-faire et de temps. C’est la raison pour laquelle, à l’heure actuelle, la plupart des FPGA dans les matériels d’instrumentation n’utilisent que des algorithmes figés définis par le fournisseur et ne sont pas programmables par l’utilisateur.

Le Rapport d’étude 2011 du test automatique traitait du calcul hétérogène qui distribue des algorithmes entre toute une variété d’architectures (microprocesseurs, unités de traitement graphique, FPGA, et le nuage informatique ou cloud) afin de sélectionner la ressource optimale pour l’implémentation des algorithmes. En dépit de la puissance de son concept du point de vue de l’architecture matérielle, le calcul hétérogène se heurte à des obstacles spécifiques concernant la programmation de chacune de ces cibles, et la portabilité des algorithmes de mesures entre elles peut s’avérer difficile. Pour compliquer les choses, un récent sondage mené par NI auprès des leaders de l’ingénierie de test a établi que 54 % d’entre eux attendent que les prochaines avancées technologiques réduisent leur temps de développement, tout en augmentant les cadences de test et en diminuant les coûts des systèmes. Pour résoudre ce paradoxe, l’industrie relève tous ces défis au travers des améliorations apportées aux outils de développement qui promettent d’assurer la portabilité des algorithmes entre les cibles matérielles et de mettre les avantages des FPGA à la disposition de tous les ingénieurs développant des systèmes de test.
 

“En raison des besoins des entreprises qui exigent des plates-formes informatiques surpassant le « vénérable » microprocesseur, nous nous battons pour que nos paradigmes de programmation suivent le rythme. Fournir des outils offrant une interface de conception efficace au travers d’un large éventail de modèles de calcul, combinés avec la capacité de cibler plusieurs types de matériels de traitement, est un objectif crucial pour NI en matière d’investissement logiciel. »

– David Fuller, Vice President of Application and Embedded Software, National Instruments

Abstraction HDL

Le premier ensemble de ces outils garantit l’abstraction du langage de description de matériels (HDL). Les langages HDL décrivent le comportement d’un circuit FPGA au niveau du signal et des portes logiques de façon textuelle, et les abstractions HDL tentent de fournir une interface de conception de niveau plus élevé, souvent dans une représentation graphique ou schématique. Parmi ces outils, citons Xilinx System Generator for DSP, Mentor Graphics Visual Elite HDL, et le Module NI LabVIEW FPGA. S’ils réduisent considérablement l’obstacle que représente le HDL à l’adoption de la technologie FPGA, ils n’abstraient pas totalement certains attributs matériels de la conception FPGA comme le pipelining, l’arbitrage de ressources, l’architecture des tranches DSP, et les mémoires sur circuits intégrés. De ce fait, les algorithmes ont toujours besoin d’être retravaillés et revérifiés lorsqu’ils sont portés sur un FPGA, favorisant de nouvelles avancées au niveau des outils de développement.

Synthèse de haut niveau

Les outils de synthèse de haut niveau (HLS) permettent de concevoir des algorithmes à un niveau élevé et ensuite de spécifier indépendamment les attributs de performances pour une implémentation donnée comme la fréquence d’horloge, le débit, la latence et l’utilisation des ressources. Cette répartition garantit la portabilité des algorithmes car l’implémentation spécifique ne fait pas partie intégrante de la définition de l’algorithme. De plus, les développeurs d’algorithmes n’ont pas besoin d’intégrer des considérations spécifiques au matériel dans leurs conceptions (pipelining, arbitrage de ressources, etc.). Le concept de la synthèse HLS existe depuis plus de 20 ans, mais les outils sur le marché viennent seulement d’atteindre la maturité suffisante pour être viables. L’offre comprend Synopsys Synphony, Xilinx AutoESL, Cadence C-to-Silicon et Mentor Graphics Catapult C. Ces outils présentent de nombreux avantages par rapport aux abstractions HDL, mais ils ciblent uniquement les FPGA ou les ASIC et non les autres plates-formes informatiques telles que les microprocesseurs ou les unités de traitement graphique. Dans un effort pour pallier certaines limites des outils HLS, NI a récemment sorti un logiciel bêta qui allie le diagramme par flux de données familier de LabVIEW et les avantages de la HLS pour la conception FPGA. Cela promet d’ouvrir la voie à un grand nombre d’algorithmes de mesure et de contrôle LabVIEW en vue d’une implémentation sur FPGA, sans compromettre l’exécution du microprocesseur ni nécessiter de revoir la conception de l’algorithme de façon significative pour le déploiement sur FPGA. Comme il s’agit d’une version bêta, le logiciel n’est pas encore prêt pour une adoption massive, mais ses premiers résultats sont prometteurs.

Modèles de calcul

La dernière étape de l’évolution des outils de développement s’attache à associer la portabilité des mesures sur diverses cibles matérielles avec plusieurs modèles de calcul et interfaces de conception. Ces modèles de calcul peuvent inclure le diagramme par flux de données de LabVIEW, des diagrammes DSP pour le traitement des signaux multifréquences dans les applications RF et de communication, des mathématiques textuelles pour la saisie de formules ou des machines d’état pour la logique et les protocoles numériques. Prenons par exemple un système sur puce (SOC) de prochaine génération comme la plate-forme de traitement extensible Zynq de Xilinx qui allie un microprocesseur ARM double-cœur et un FPGA. Cette configuration matérielle offre un potentiel phénoménal pour le calcul hétérogène, mais sa programmation risque de s’avérer difficile car le microprocesseur et le FPGA requièrent des langages et des modèles de calcul distincts. Idéalement, les ingénieurs devraient disposer d’une multitude de modèles de calcul supportés pour l’ensemble des cibles, afin de concevoir les algorithmes le plus efficacement possible, et de les déployer ensuite sur la meilleure cible d’exécution pour une application donnée. En l’occurrence, “meilleur” peut vouloir dire très hautes performances, meilleur rapport qualité/prix ou encore plus grande rapidité de mise dur le marché : tout dépend des exigences de l’entreprise. Les outils qui fonctionnent avec des modèles de calcul indifférents au matériel sont en cours de développement et s’appuient bien évidemment sur les besoins actuels des développeurs de systèmes de test.

Si les algorithmes de mesure indépendants du matériel et les outils de synthèse de haut niveau ne se sont pas encore généralisés, les FPGA sont de plus en plus répandus au sein des systèmes de test automatique. Les atouts des FPGA dans le monde du test valent déjà l’investissement accru dans bon nombre d’applications ; par ailleurs, à mesure que les outils logiciels se perfectionnent et que la complexité diminue, le nombre de ces applications ne peut qu’augmenter. De la même manière que les microprocesseurs ainsi que les environnements de développement logiciels et les algorithmes de mesure associés ont amorcé la révolution de l’instrumentation virtuelle, les FPGA programmables par l’utilisateur et les nouveaux outils logiciels vont déclencher la nouvelle révolution de la conception graphique de systèmes, ouvrant la voie aux systèmes de test du futur.

Interfaces externes PCI Express (4/4)

Depuis l’invention du GPIB dans les années 1960, les systèmes de test automatique se sont appuyés sur les PC pour fournir le contrôle central du matériel d’instrumentation et pour automatiser les procédures de test. Sous des facteurs de forme divers et variés (ordinateurs de bureau, stations de travail et systèmes industriels et embarqués) les PC ont largement été utilisés à cette fin. Ils offrent toute une variété de bus d’interface (USB, Ethernet, série, GPIB, PCI et PCI Express) pour interfacer le matériel d’instrumentation dans les systèmes de test automatique. Étant donné le rôle critique des PC dans ce type de système, l’industrie du test et de la mesure doit suivre la progression de l’industrie informatique et exploiter toute nouvelle technologie pour accroître les capacités et les performances tout en diminuant les coûts du test.

Ces dix dernières années, les PC ont évolué rapidement de bien des façons différentes. Comme le prévoyait la loi de Moore, les capacités de traitement du processeur ont augmenté de plus de 75% sur cette période. Outre l’amélioration phénoménale des capacités de traitement, une autre tendance significative s’est traduite par l’émergence des interfaces de communication série et la disparition des interfaces de communication parallèles. Le PCI Express a remplacé les bus PCI, AT et ISA en tant que bus système interne par défaut permettant d’interfacer des matériels périphériques au processeur. Le groupe PCI-SIG (PCI Special Interest Group), consortium qui gère les spécifications PCI, a annoncé en novembre 2011 qu’environ 24 milliards de lignes PCI Express avaient été mises sur le marché depuis l’introduction de ce standard en 2004, ce qui en dit long sur son adoption. De même, pour les interfaces externes, les bus série comme l’USB et Ethernet ont remplacé le port parallèle, le SCSI, ainsi que d’autres bus de communication parallèles. Le rapport d’une étude de marché publié par In-Stat en 2010 prévoit qu’en 2012 le nombre de matériels USB commercialisés dépasse les 4 milliards. Avec la prolifération des standards de communication sans fil comme le Wi-Fi et le Bluetooth, la consolidation des interfaces physiques externes sur les PC est une autre tendance qui émerge depuis peu.

Le bus PCI Express, utilisé dans différentes implémentations, va probablement devenir l’interface de prédilection pour les systèmes de test automatique. Offrant la combinaison idéale d’une bande passante élevée et d’une faible latence, le PCI Express est une technologie extrêmement répandue puisqu’il s’agit d’un élément fondamental de tout PC. Il a également commencé à estomper les limites entre un bus système, utilisé pour interfacer des matériels locaux au sein d’un système, et un bus d’interface, utilisé pour interfacer des matériels périphériques externes au système, et il va probablement continuer à effacer cette distinction.

PCI Express : bus système pour les plates-formes de test automatique

Comme le PCI Express est un bus série, il présente toute une variété d’avantages inhérents par rapport aux bus parallèles comme le PCI et le VME. Les défis techniques, comme le décalage temporel, la consommation électrique, les interférences électromagnétiques, et la diaphonie présente entre les lignes d’un bus parallèle, deviennent de plus en plus difficiles à contourner lorsque l’on tente d’augmenter la bande passante. Techniquement supérieur, le PCI Express ne cesse, depuis son introduction en 2004, de voir ses capacités de transfert de données améliorées. En 2007, la publication des spécifications PCI Express 2.0 a doublé la vitesse de transfert par rapport au PCI Express 1.0, et en 2010, celle des spécifications PCI Express 3.0 a à son tour doublé la vitesse de transfert par rapport au PCI Express 2.0, permettant de transférer des données à 16 Go/s par direction. Bien que le standard PCI Express ait été constamment modifié, ces améliorations n’ont pas été apportées aux dépens de la compatibilité. PCI Express utilise les même couches logicielles que le PCI garantit une parfaite compatibilité. Les plates-formes de test automatique et de mesure qui utilisent le PCI Express en tant que bus système interne, comme le PXI, peuvent profiter de toutes ces avancées pour continuer à offrir toujours plus de capacités à moindre coût. Fortes de leur supériorité technique, de telles plates-formes vont probablement devenir le cœur de tous les systèmes de test automatique.

PCI Express : bus d’interface externe pour les systèmes de test automatique

La latence élevée et la faible bande passante des interfaces externes couramment utilisées pour le test automatique, comme le GPIB et Ethernet, constituent un obstacle à la réduction des temps de test. Ces interfaces restreignent fondamentalement l’efficacité globale d’un système de test en limitant la vitesse de transfert des données et en augmentant le temps nécessaire à chaque transaction. Puisque les microprocesseurs ne permettent pas d’accéder de manière native à ces interfaces externes, généralement une certaine forme de conversion intervient à l’intérieur du PC pour transformer ces données externes en données compatibles avec le bus PCI Express. Comparé à ces autres interfaces externes, le PCI Express offre de meilleures performances et est directement accessible depuis le microprocesseur dans un PC. Cela élimine le goulet d’étranglement inévitable avec d’autres bus d’interfaces externes et réduit considérablement les temps de test.

“À la fois très performant et largement répandu, le PCI Express s’impose comme un bus système sans concurrent. Avec les nouvelles technologies de fibre optique et de câbles en cuivre, il se distingue comme le meilleur choix pour les interfaces externes hautes performances.“

– Mark Wetzel, Distinguished Engineer for Processor Architectures, National Instruments

 

 

 

 

 

 

 

 

L’idée d’utiliser le PCI Express en tant que bus d’interface externe n’est pas nouvelle. Le groupe PCI-SIG supporte une implémentation externe du PCI Express, connue sous le nom de « PCI Express câblé ». Publiée en 2007, cette implémentation offre un moyen transparent d’étendre le bus système pour interfacer les matériels externes. Le « PCI Express câblé » est déjà utilisé dans les plates-formes d’instrumentation modulaire comme le PXI afin de fournir des options de contrôle externe souples et économiques. Normalement, les spécifications PCI Express ne supportent que l’utilisation de câbles en cuivre, ce qui limite la distance entre le PC et le matériel à 7 m. Cependant, utilisée avec des émetteurs-récepteurs électro-optiques, cette technologie peut être étendue au câble en fibre optique pour offrir plus de 200 m de séparation physique et une isolation électrique.

L’utilisation de la technologie « PCI Express câblé » est plutôt couronnée de succès dans les environnements de test automatique. Toutefois, son adoption s’est limitée à quelques industries de niches comparée à la large adoption de la technologie PCI Express générique. Thunderbolt, implémentation plus récente du PCI Express en tant qu’interface externe, est une technologie qu’Intel a promue sous le nom de code Light Peak et qui a toutes les chances de devenir extrêmement populaire. Thunderbolt allie le PCI Express et le protocole vidéo DisplayPort dans un bus d’interface série qui peut être relié par câbles en cuivre ou en fibre optique. Dans la mesure où les PC vont offrir des ports Thunderbolt de manière native, il promet de devenir une solution hautes performances, économique et omniprésente. Les interfaces PC externes au format PCI Express, tout comme d’autres interfaces faible coût telles que l’USB, vont probablement devenir les interfaces par défaut des systèmes de test automatique. Des applications telles que le test en production en volume, ou la vérification et la validation automatisées complexes vont naturellement s’orienter vers les interfaces PCI Express, car elles nécessitent des performances élevées en matière de transfert de données et de latence afin de réduire le coût global du test. Les applications pour lesquelles ces critères sont moins indispensables vont probablement continuer à utiliser d’autres interfaces.

Le choix du PCI Express s’est avéré efficace pour interfacer les PC directement aux matériels. Cependant, il ne peut pas être utilisé comme interface entre des systèmes intelligents qui possèdent leurs propres domaines PCI Express indépendants. Pour pallier ce problème, il suffit d’utiliser un pont non transparent (NTB) PCI Express. En effet, un NTB sépare de manière logique les deux domaines PCI tout en proposant un mécanisme permettant de traduire certaines transactions PCI dans l’un des domaines PCI en transactions correspondantes dans l’autre domaine PCI. Le PCI Express peut alors servir d’interface de communication entre des systèmes intelligents. Les NTB peuvent être utilisés dans une configuration de systèmes pour interfacer plusieurs sous-systèmes intelligents et pour interfacer des systèmes physiquement indépendants lorsqu’ils sont associés au « PCI Express câblé » ou à Thunderbolt. Les spécifications PXI MultiComputing (PXImc), publiées par le groupe PXI Systems Alliance (PXISA) en novembre 2009, standardisent l’usage des NTB et fournissent ainsi un cadre permettant de créer des systèmes de test et mesure complexes hautes performances.

En raison des tendances technologiques de l’industrie du PC, comme la dominance des interfaces de communication série, l’unification des E/S, et la généralisation de la communication sans fil, le PCI Express est incontournable en tant que bus système et devrait s’imposer comme le principale bus d’interface externe. Les systèmes de test automatique qui exploitent le PCI Express dans ses différentes implémentations sont parfaitement positionnés pour offrir les performances les plus élevées et une souplesse optimale pour un coût avantageux. Ils vont devenir un standard de fait dans les applications de mesure et de test automatique.

 

La gestion des compétences selon l’ISO 9001 : savoir lire entre les lignes

Etape 1 : Identification des compétences requises

Il s’agit d’établir la liste des compétences requises pour répondre aux exigences présentes ou anticipées de l’ensemble des parties intéressées dont celles les clients.

Pour faire, il convient de s’appuyer sur les processus identifiés. En effet, l’approche processus doit permettre une meilleure maitrise des activités clés de l’entreprise.

Ainsi, il faut alors décomposer chaque processus en activité clé. Pour mettre en œuvre cette étape, référez-vous à l’article suivant : Poly-compétence / polyvalence : réduisez vos risques de perte de compétences.

Cette grille des compétences, mise à jour autant que nécessaire, constitue le principal élément de sortie de cette première étape.

L’efficacité de l’identification des compétences requises, pourra être évaluée par le degré de couverture des processus du Système de Management de la Qualité.

Etape 2 : Identification des compétences disponibles

Il s’agit ici de déterminer la « deuxième partie de l’équation », c’est-à-dire les compétences disponibles (dites aussi « acquises »), à partir d’évaluations de compétences.

Le recueil des compétences acquises pourra être issu d’un entretien (l’entretien annuel d’évaluation), d’un questionnaire, ou d’une observation, ou encore attestées par des documents (diplômes, qualifications, certifications,…).

Les éléments de sortie se présentent dans la grille des compétences évoquée plus haut.

Comme dans le cas de l’identification des compétences requises, l’efficacité de l’identification des compétences requises, pourra être évaluée par le degré de couverture des processus du Système de Management de la Qualité.

Etape 3 : Évaluation des écarts

Il s’agit d’examiner dans quelle mesure les compétences disponibles sont en adéquation avec les compétences requises.

La grille de poly-compétences ainsi constituée vous permettra d’identifier rapidement les éventuelles carences en compétence.

Plusieurs indicateurs peuvent être utilisés pour estimer l’efficacité du processus d’évaluation, tels que :

  • Taux ou nombre de dysfonctionnements dont la cause est tracée à l’inadéquation entre les compétences et l’activité ou le poste ;
  • Taux de compétences dont la note est inférieure à X (X étant à déterminer selon les besoins dans l’entreprise) ;
  • Note moyenne de polyvalence des équipes.

Etape 4 : Mise à disposition et développement des compétences

L’objectif est ici de définir et mettre en œuvre les actions y compris celles de formations permettant de réduire les écarts constatés à l’issue de l’évaluation.

Par exemple : actions de développement des compétences, recrutement interne ou externe, professionnalisation par des actions telles que formation (professionnelle), tutorat, stage ou accompagnement individualisé (coaching), allocation de ressources matérielles.

Le développement des compétences et leur mise à disposition répondant aux besoins identifiés couvrent plusieurs actions et décisions, telles que :

  • Les recours aux compétences externes à l’organisme (sous-traitance, externalisation, intérim,…) ;
  • Les recrutements ;
  • Les réorganisations, restructurations ;
  • Les actions de formations ;
  • La mobilité ;
  • Conduisent à développer et à mettre à disposition des compétences répondant aux besoins identifiés issus de ces décisions.

L’efficacité des actions décidées, c’est-à-dire leur aptitude à atteindre leurs objectifs (répondre à un manque de compétence), sont à définir préalablement.

L’évaluation d’une formation pourra porter sur la satisfaction des stagiaires, l’évaluation pédagogique (évaluation « à chaud »), mais aussi sur le transfert de connaissances en situation de travail (évaluation « à froid »), et surtout sur son influence dans l’atteinte des objectifs individuels ou collectifs fixés pour les services intéressés de l’organisme.

Etape 5 : Maintien et mise à jour des compétences 

Il s’agit d’assurer que les compétences acquises sont préservées au sein de l’entreprise, en particulier lorsque les activités sont affectées par des changements (arrivées, départs,…) ou par des mouvements de personnels.

Les éléments d’entrée sont :

  • La grille de poly-compétences ;
  • Les indicateurs de l’efficacité des actions de développement des compétences.

Dont on déduira les données permettant la mise à jour de la grille de polycompétence.

Le maintien adapté des compétences se mesure avec des indicateurs liés :

  • Aux pertes de savoir et à la capitalisation d’expérience ;
  • A la polyvalence, l’employabilité, la flexibilité des organisations ;
  • Au taux d’utilisation des compétences acquises ;
  • Aux dispositifs d’apports continus des connaissances (notion de management des connaissances).

Etape 6 : Développement des compétences à long terme

La performance du développement des compétences passe par une réponse à la prise en compte de l’évolution des attentes et des besoins tant de l’organisme (adaptation) que du personnel (anticipation/employabilité) :

  • De l’entreprise (optique ISO 9001), par exemple pour ce qui est de l’estimation des cycles de vie d’un produit, de l’obsolescence d’une technologie ou d’équipements, et par conséquent des changements de types de compétences qui devront être mobilisées ;
  • Du salarié (optique ISO 9004), par exemple pour ce qu’il en est de ses désirs d’évolution, de responsabilisation, d’autorité, de reconnaissance, également pour ce qu’il en est de ses souhaits de mobilité fonctionnelle (type de travail) ou géographique (lieu de travail).

Cette démarche managériale qualitative opère donc une distinction entre les formations d’adaptation et les formations de développement de l‘employabilité.

Pour y parvenir, il convient de déterminer soigneusement les objectifs à atteindre, notamment au moyen de critères autres que ceux qui visent à constater la mise en œuvre concrète des savoirs nouveaux sur le poste de travail.

Source : http://www.qualiblog.fr

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Avogadro, sa constante : entre mythe et réalité

Introduction

La définition de la mole, unité de mesure des quantités de matière du Système International, date de 1971 soit il y a seulement 41 ans ! Le nombre d’entités (atomes, molécules, ions, électrons, etc.) contenues dans une mole est connue sous le nom de constante d’Avogadro. Cette constante, d’importance fondamentale en chimie, permet de faire le lien entre la matière à l’état microscopique et à l’état macroscopique. C’est l’histoire particulière de cette constante et du scientifique dont elle porte le nom que nous allons détailler dans cet article.

Biographie d’Avogadro

Né à Turin en Italie, le 9 août 1776, le comte Amedeo Avogadro obtient son baccalauréat en 1792. Il suit les pas de son père, célèbre avocat, en entrant à l’université de droit de Turin. Trois années plus tard il reçoit son diplôme de jurisprudence puis le titre de docteur en droit canonique. Exerçant dans des cabinets d’avocats et autres positions administrative, ce n’est que sur la tard qu’émerge sa vocation scientifique.

A la toute fin du XVIIIème siècle, il reçoit des cours de physique, notamment d’électricité et publie, dans la foulée, deux essais sur l’électricité. Ses débuts au sein de la communauté scientifique de Turin sont remarqués et Avogadro devient membre de l’Académie de Sciences de Turin en 1804.

En 1809, ses travaux prennent une nouvelle direction après la lecture de l’ouvrage System of Chemistry de Thomas Thomson, un des premiers chimistes à accepter la théorie atomique. Avogadro s’attache alors durant deux années à prouver, comme nous le verrons, que l’approche atomistique de Dalton et l’approche volumétrique proposée par Gay Lussac ne sont pas aussi incompatibles qu’elles le semblent au début du XIXème siècle. C’est en 1811 qu’Avogadro énonce sa célèbre hypothèse. Ignorée durant les cinquante années qui suivent sa publication, son hypothèse est aujourd’hui reconnue pour avoir permis une avancée conséquente dans la recherche scientifique du XIXème siècle.

En janvier 1815 il épouse Felicita Mazzia avec qui il aura 7 enfants. Avogadro consacre alors le reste de sa vie à la famille plutôt qu’à la poursuite de son succès professionnel. Il décède le 9 juillet 1856 à Turin à l’âge de 80 ans.

Contribution d’Avogadro à la chimie du XIXème siècle

Pour la majorité des chimistes du début du XIXème siècle, l’existence d’atomes semble être une idée complètement farfelue. Une description précise de la matière devient alors nécessaire pour expliquer de nombreux résultats expérimentaux.

Les partisans de la théorie atomique s’accordent sur une description corpusculaire de la matière. C’est à dire que la matière n’est ni continue, ni divisible à l’infini et est donc constituée de particules insécables aujourd’hui appelées atomes. John Dalton (1766-1844), fidèle défenseur de cette théorie énonce, en 1810, dans la deuxième partie de son ouvrage New System of Chemical Philosophy, la loi des proportions multiples. Si deux corps simples A et B forment plusieurs composés, le poids de l’un des corps rapporté au poids de l’autre dans un composé sont entre eux dans le rapport de deux nombres entiers petits. Par exemple, le chlore se combine à l’oxygène pour donner trois composés différents : Cl2O, ClO2 et Cl2O7. Les masses de l’oxygène ramenés à une masse constante de chlore (par exemple 100 g) sont entre eux dans un rapport simple entier, en l’occurrence 1, 4 et 7. Grâce à cette loi, Dalton détermine les poids atomiques relatifs des corps simples en prenant pour unité la masse de l’hydrogène et en considérant que le poids atomique de chaque élément est la quantité pondérale qui s’unit avec un gramme d’hydrogène pour former la combinaison la plus stable.

A la même époque, Gay Lussac s’intéresse à la combinaison de composés chimiques gazeux et énonce une loi assez semblable à celle de Dalton : « Tous les gaz, en agissant les uns sur les autres, se combinent toujours dans les rapports les plus simples… de 1 à 1, de 1 à 2, ou de 1 à 3… Ces rapports de volume ne s’observent point dans les substances solides et liquides, ou lorsqu’on considère les poids. »

Cette théorie est fortement rejetée par Dalton puisqu’elle lui paraissait être incompatible avec la synthèse de l’eau. En effet, Dalton fait l’hypothèse simple – simpliste ? – que deux éléments ne formant qu’une seule combinaison s’associent forcément atome à atome. Il décrit alors la réaction de formation de l’eau par la réaction H + O → HO tandis que les mesures des volumes de Gay Lussac vont dans le sens de la réaction 2H + O → H2O puisqu’elle nécessite la réaction entre deux volumes d’hydrogène et un volume d’oxygène.

Afin de donner une explication théorique à la loi des volumes de Gay Lussac, Avogadro énonce dans son essai publié en 1811, intitulé « Essai d’une manière de déterminer les masses relatives des molécules élémentaires des corps et les proportions selon lesquelles elles entrent dans les combinaisons » :

« Le nombre de molécules intégrantes (i.e ce que l’on appelle simplement les molécules aujourd’hui) dans les gaz quelconques est toujours le même à volume égal, ou est toujours proportionnel aux volumes. »

Pour arriver à son hypothèse, Avogadro explique : puisque les gaz ont tous sensiblement le même coefficient de dilatation et qu’ils se compriment de la même façon (à température et pression identiques), il y a forcément le même « vide » entre les particules donc le même nombre d’espèces dans un même volume. Cependant Avogadro produit une objection à son hypothèse. En effet, si dans une combinaison une molécule d’un gaz se combine avec plusieurs molécules d’un autre gaz, le nombre de molécules du composé résultant devrait rester le nombre de molécules du premier gaz. Or ce n’est pas en accord avec les résultats de Gay Lussac concernant la réaction de formation de l’eau. Pour résoudre ce problème Avogadro émet l’hypothèse que l’hydrogène et l’oxygène sont en fait des molécules diatomiques. L’équation de formation de l’eau devient : 2H2 + O2 → 2 H2O. Avogadro conclut son travail en affirmant que son hypothèse « n’est au fond que le système de Dalton, muni d’un nouveau moyen de précision par la liaison que nous y avons trouvée avec le fait général établi par M. Gay Lussac ». Grâce à son hypothèse Avogadro réconcilie les travaux de Dalton et Gay Lussac.

Ampère énoncera en 1814, trois années plus tard, une hypothèse analogue tout en précisant qu’il n’a eu connaissance de l’hypothèse d’Avogadro qu’après la rédaction de son travail.

L’incompréhension de la communauté scientifique

Dans un premier temps, l’hypothèse d’Avogadro est ignorée, rejetée ou encore incomprise. Cette ignorance peut en partie se justifier par la personnalité quelque peu atypique d’Avogadro. Contrairement à bon nombre de ses contemporains, il n’a pas de mentor. Ne faisant parti d’aucun groupe de recherche, il ne communique et ne voyage pratiquement jamais. Son manque de contact avec le monde intellectuel et scientifique limite l’engouement autour de son essai.

De plus, à cette époque peu de crédits sont apportés aux travaux n’ayant pas été vérifiés expérimentalement. Or Avogadro se restreint à une étude théorique de la chimie, utilisant les résultats expérimentaux d’autres scientifiques.

L’hypothèse d’Avogadro est sans doute trop novatrice par rapport au savoir de l’époque. Supposer des molécules composées de deux atomes semblables paraît scandaleux, surtout dans le cadre de la théorie électrochimique de Berzelius où toute combinaison s’explique par des charges électriques opposées. Enfin son hypothèse suppose l’existence d’atomes au sein du gaz, théorie qui est encore fortement rejetée à cette époque.

La reconnaissance : la constante d’Avogadro

Ce n’est qu’une cinquantaine d’années plus tard que l’hypothèse d’Avogadro est ressuscitée. Dans son mémoire Sunto di un corso di Filosofia chimica publié en 1858, Stanislao Cannizzaro (1826-1910), qui a alors 33 ans, présente ses investigations sur le travail d’un demi-siècle de chimistes et physiciens à travers l’Europe. Bien qu’il n’ajoute pas de nouvelles pièces au puzzle, Cannizzaro a la capacité intellectuelle de relier toutes les informations dont il dispose, éclairant des conceptions qui étaient auparavant obscures et confuses. Il y fait notamment le point sur les cinquante ans qui ont suivi la publication de l’hypothèse moléculaire d’Avogadro.

La première estimation de la constante est réalisée par Loschmidt, à partir de la densité de particules dans un gaz idéal ; elle a pour valeur NL=2.6868×1025 m-3 (constante de Loschmidt). Lorsque le physicien américain Robert Millikan détermine la charge d’un électron en 1910, la communauté scientifique accède à des mesures plus précises de la constante. La charge d’une mole d’électron est connue depuis 1834 grâce aux travaux de Michael Faraday sur l’électrolyse. La valeur du nombre d’Avogadro est alors obtenue en divisant la charge d’une mole d’électron par la charge d’un électron.

En 1909, le physicien Jean Perrin, qui a déterminé le nombre d’Avogadro par différentes méthodes, propose de le nommer en honneur à Avogadro. Depuis 1971, date à laquelle la mole devient l’unité de base des quantités de matière, le nombre d’Avogadro se dote d’une unité, la mol-1 et devient alors une constante.

Importance de la constante d’Avogadro dans la science d’aujourd’hui

Étudier le comportement de chaque atome, molécule ou ion dans un milieu est en pratique impossible. Il est donc nécessaire de généraliser l’étude d’un système à un grand nombre de particules. La grandeur permettant de faire ainsi le lien entre l’échelle microscopique (c’est-à-dire l’échelle qui considère les propriétés individuelles de chaque particule) et l’échelle macroscopique (c’est-à-dire l’échelle qui étudie globalement un grand nombre de particules) est justement la constante d’Avogadro.

En effet on peut facilement faire le lien entre la quantité de matière en mol n, grandeur macroscopique, et le nombre d’atomes N, grandeur microscopique, grâce à la relation suivante :  n=N/NA avec NA la constante d’Avogadro.

Avogadro est donc en quelque sorte à la base de la physique statistique, appelée aussi thermodynamique statistique, qui, à partir des propriétés microscopiques, décrit les propriétés et les évolutions des systèmes physico-chimiques comportant un grand nombre de particules.

La constante d’Avogadro est aujourd’hui l’une des plus importantes constantes de la chimie. Elle apparaît dans de nombreuses lois utilisées aujourd’hui, on peut citer notamment la loi des gaz parfaits :

PV = nRT

où R, constante universelle des gaz parfait est le produit du nombre d’Avogadro et de la constante de Boltzmann kB :

R = NAkB

L’hypothèse émise par Avogadro apparaît directement dans la loi des gaz parfait. A pression et température identiques, un même volume de gaz contient le même nombre de mole donc le même nombre d’entité chimique !

Conclusion

Bien qu’à quelques exceptions près, ses principaux travaux sont tombés dans l’oubli, Avogadro reste connu plus d’un siècle après la publication de son hypothèse. Celle-ci a en effet contribué à de grandes avancées dans la compréhension de la chimie, en particulier :

  • Distinguer atomes et molécules ;
  • Elaborer un système de poids atomiques ;
  • Définir un symbolisme chimique des éléments.

Source : http://culturesciences.chimie.ens.fr/

Le cobalt, meilleur matériau que le platine dans la production d’hydrogène

Deux nouveaux matériaux à base de cobalt viennent d’être mis au point par des chercheurs du CEA, du CNRS et de l’Université Joseph Fourier, à Grenoble et à Saclay. Leur intérêt ? Remplacer le platine, matériau très couteux, dans la production d’hydrogène à partir d’eau (électrolyse). En effet,  l’un de ces matériaux peut fonctionner en solutions aqueuses de pH neutre tandis que le second constitue le premier matériau catalytique sans matériau noble et commutable, c’est-à-dire qu’il peut se transformer de manière réversible d’une forme chimique à une autre, chacune correspondant à une activité catalytique spécifique, capable d’intervenir dans les deux réactions chimiques essentielles à l’électrolyse de l’eau que sont la production d’hydrogène et la production d’oxygène. Ces travaux ont été publiés dans les revues Nature Materials et Nature Chemistry.

Pour rappel, s’affranchir du platine pour produire hydrogène et oxygène nécessite de travailler dans des conditions de pH neutre à basique. Dans un premier temps, les chercheurs avaient opté pour un matériau à base de nickel. Ils avaient réussi à l’immobiliser sur des nanotubes de carbone, mais ce matériau n’était actif qu’en milieu fortement acide. Le catalyseur bio-inspiré à base de cobalt s’est montré plus pertinent. Capable de fonctionner dans des solutions aqueuses de pH neutre, ce catalyseur s’est révélé plus efficaces que prévu : l’activité catalytique obtenue est extrêmement stable sur le long terme et la liaison du catalyseur aux nanotubes décuple sa robustesse.

En parallèle, un autre matériau à base de cobalt a été mis au point. Il s’agit de nanoparticules de cobalt enrobées d’un oxo-phosphate de cobalt. Ce matériau, qui fonctionne aussi dans l’eau de pH neutre, existe sous deux formes entre lesquelles il peut commuter et qui catalysent à partir d’eau soit la production d’hydrogène, soit la production d’oxygène !

A terme, ces deux matériaux à base de cobalt pourraient servir à développer des technologies stables et bon marché pour la production d’hydrogène. Les chercheurs travaillent actuellement à leur intégration dans un système global de photosynthèse artificielle de façon à produire de l’hydrogène de manière totalement renouvelable, à partir d’eau et d’énergie solaire.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

« L’innovation redevient possible en soudure ! »

Techniques de l’Ingénieur : Delphine Mathilde COSME, quels sont les principaux avantages à l’utilisation des plastiques dans l’assemblage industriel ?

 

Delphine Mathilde COSME : L’utilisation classique des matières plastiques permet d’alléger les pièces. C’est une alternative aux matériaux de forte densité offrant de nombreuses possibilités et une simplification des process. En fonction du choix de la famille de plastique, il est possible d’innover dans les formes, l’esthétique, l’assemblage et même de combiner des fonctions impossibles à réaliser auparavant.

Si on se restreint à la soudure des thermoplastiques que je considère comme un collage, cet assemblage est aussi résistant qu’une soudure en métal. Il convient donc de réhabiliter cet assemblage dans le monde industriel.

La tendance à venir est au collage. Les colles composées en majorité de polymères avec des qualités très diverses et peut donc supprimer de nombreuses étapes en production et simplifier les pièces. Et, contrairement à un assemblage par vis, les contraintes mécaniques sont réparties uniformément sur le plan de joint. Grace à cette propriété, il possible de soulever un camion de 30 tonnes avec une sangle assemblée par collage et sans couture.

L’analyse fonctionnelle d’un objet ou d’un assemblage est indispensable. Mais, toutes les fonctions sont difficilement réalisables par un matériau unique. Chaque matière plastique ayant des propriétés spécifiques par familles. Il faut donc combiner plusieurs familles, soit en créant de nouveaux matériaux qui les combinent, soit en les superposants par collage (laminage, calendrage, contre-collage, coextrusion, ….).

Techniques de l’Ingénieur : Leur usage va donc croissant ?

 

Delphine Mathilde COSME : Oui, surtout dans le collage et la combinaison de différentes technologies. Des assemblages impossibles hier sont devenues possibles aujourd’hui, notamment à travers les nouvelles formulations qui permettent l’adhésion sur tout type de matériaux, un meilleur séchage, un mode de pose facilité, des temps d’utilisation mieux adaptés à chaque application. L’avènement des robots y est pour beaucoup, il facilite la dépose de joint et le mélange des composants en ligne pour les grandes et moyennes séries.

Le plus difficile dans le collage est de maîtriser le process, du stockage des colles jusqu’à la fin du séchage ou de la réaction chimique. En cas de manque de vigilance ou de connaissance, les défauts peuvent être découverts plusieurs semaines après une fabrication. Cette anecdote est arrivée à un constructeur automobile qui après 15 jours de fabrication découvre que tous les panneaux de toit s’arrachaient aux tests. L’origine de ce défaut est simplement due aux conditions atmosphériques qui ne permettent pas toujours de finir la réaction chimique. Les voitures sont désormais mises sous chapiteau à une température contrôlée pendant 36h dès la sortie de la ligne de production avant d’être entreposé sur le parc.

Dans le domaine des soudures des thermoplastiques, les spécialistes sont partis à la retraites sans passer le relais. La chaudronnerie plastique et la maintenance industrielle sont en plein essor et manque de personnel et de formation. C’est un secteur qui recrute.

Quant aux soudures par haute fréquence, ultra son et thermique des feuilles et des films, je ressens une baisse d’intérêt dans notre pays. Beaucoup de machines et de productions sont partis dans les pays du Maghreb ou en Chine. Seules subsistent en France, les machines de soudure intégrées dans des lignes de production complexes avec d’autres technologies d’assemblage, de conditionnement, de stérilisation… rares sont les usines ayant un parc de machines haute fréquence sans difficultés.

Techniques de l’Ingénieur : Quelles sont les innovations dans ce domaine ?

 

Delphine Mathilde COSME : L’introduction du laser dans les soudures des plastiques est l’innovation la plus importante de ces dernières années. J’ai fait les premiers essais en 1992, mais il faudra encore attendre 10 à 15 ans pour un usage plus banalisé. Le laser permet la soudure des thermoplastiques techniques et d’autres matériaux complexes, en 3D.

Dans les technologies telles que la soudure par haute fréquence ou par ultra-son, le manque de formation, les contraintes et les limites sclérosent l’innovation. La soudure par haute fréquence demande des matériaux polaires et se limitent aux épaisseurs inférieures à 5mm et les ultra-sons obligent une conception de pièce et un process adapté. Non sans contrainte, le laser exige un matériau transparent et l’autre opaque pour le faisceau. Pour l’instant, l’investissement est lourd et n’est rentable que pour les très grandes séries. La précision des soudures est redoutable, et leur esthétique va pouvoir enfin évoluer pour certaines applications : l’innovation redevient possible en soudure !

Les pièces devenant de plus en plus techniques, les industriels n’auront pas d’autres possibilités que d’assembler des plastiques et d’autres matériaux les uns aux autres pour superposer les fonctions spécifiques de chacun d’entre eux. L’avenir est donc dans le collage, le laminage, le contre-collage, ou aux multi-matières dans l’injection, le rotomoulage, l’extrusion, le calandrage, l’extrusion-soufflage…

Delphine Mathilde COSME est ingénieure en mécanique de formation. Après une carrière de responsable qualité dans le secteur des soudures de films plastiques, elle se lance en 2002 dans le consulting et la formation spécialisés dans ce secteur. Faisant face à une demande croissante dans le domaine de l’assemblage industriel dans les fortes épaisseurs et les pièces en 3D par soudure, collage, contre-collage, laminage ou autres, son champ de compétence est en perpétuel évolution. Jusqu’à présent, centrée sur le plastique, elle commence, en novembre 2012, une formation diplômante dans la soudure des métaux : IWS (International Welding Specialist). Depuis 2005, elle collabore avec les éditions Techniques de l’Ingénieur comme auteur, et animera prochainement des formations centrées sur l’utilisation des mousses, le remplacement du métal, les différents assemblages possibles, et la soudure des plastiques.

Propos recueillis par Bruno Decottignies

La France libérée du pétrole dès 2050, selon l’ADEME

Dans la perspective du débat sur l’énergie organisé par le gouvernement et qui commence le mardi 20 novembre 2012, l’Agence vient de publier une note intitulée « Contribution de l’ADEME à l’élaboration de visions énergétiques 2030-2050 ».

Elle propose « des scénarios énergétiques et climatiques volontaristes axés sur la maîtrise de la consommation énergétique et le développement de l’offre d’énergies renouvelables ».  Différentes « filières de croissance verte » sont mobilisées pour y parvenir.

Flexibilité : un rôle central joué par le gaz naturel

« Si le réseau de gaz est en 2050 le vecteur énergétique le plus carboné, sa flexibilité et son rôle pour le secteur des transports est central ». Selon l’agence, différentes sources pourraient alimenter le réseau de gaz.

Le gaz naturel d’origine fossile, bien entendu. Mais aussi le biométhane : « en faisant l’hypothèse d’installation de 550 méthaniseurs par an, le gisement accessible peut être porté à 9 Mtep en 2050 en énergie primaire » estiment les auteurs de la note.  

La gazéification de la biomasse (procédé « biomass to gas ») est une troisième source envisageable. Enfin une portion de dihydrogène peut également être mélangée au méthane dans le réseau : lors des pointes de production éolienne ou solaire, l’électricité en excès peut servir à réaliser une électrolyse de l’eau.   

Flexibilité : la technologie des STEP marines mise à contribution

L’ADEME estime que « le gisement mobilisable pour l’éolien terrestre est de 40 GW en 2050. Et de 30 GW en mer ». A ce stade, les objectifs fixé par le Grenelle de l’environnement pour 2020 sont de 19 GW pour l’éolien terrestre et 6 GW pour l’offshore. L’ADEME table donc sur l’installation de 21 GW d’éolien terrestre supplémentaires entre 2020 et 2050, c’est-à-dire en moyenne 0,7 GW par an sur cette période de 30 ans, ou encore une éolienne de 2 MW par jour. A titre comparatif, le groupe PSA, à lui seul, produit environ 10 000 voitures par jour.  

Le gisement mobilisable pour le solaire photovoltaïque est de 60 GW à horizon 2050 estime l’ADEME. L’objectif du Grenelle est de 5,4 GW pour 2020. Selon la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), cet objectif sera dépassé et ce sont probablement 8 GW qui seront en place en 2020 compte-tenu de la forte popularité du solaire photovoltaïque auprès des français.

Concernant l’hydroélectricité modulable, l’ADEME fait le pari de l’émergence d’une technologie nouvelle en France mais reposant sur des technologies parfaitement matures : à horizon 2050, « une STEP marine est construite». L’association Hydrocoop a identifié 30 sites où la construction de STEP en bordure de mer est possible sur les 500 km de littoral du nord de la France. Avec ce type de STEP, la mer fait office de bassin bas et le bassin haut est perché en bordure d’une falaise d’environ 100 mètres. « La France dispose d’autant de capacités de stockage que nécessaire pour complémenter un important développement de l’éolien et du solaire » estime François Lempérière, président de l’association et ex-président du Comité Français des Grands Barrages (CFGB).

« Une indépendance pétrolière en 2050 »

Dans la vision de l’ADEME, le parc automobile français de 2050 pourrait être constitué d’un tiers de véhicules thermiques au gaz naturel, d’un tiers de véhicules 100% électriques et d’un tiers de véhicules hybrides. De quoi alléger considérablement la lourde facture pétrolière qui plombe actuellement la balance commerciale française. « Le scénario de l’ADEME permettrait de se passer de pétrole pour son usage dans les transports en 2050, ce carburant étant substitué par de l’électricité et du gaz pour les véhicules particuliers et les véhicules utilitaires léger, et par des biocarburants liquides pour les poids lourds. »

Néanmoins l’ADEME ne se prononce pas au sujet du gaz de schiste, sujet hautement stratégique qui fait l’objet d’un débat brûlant. Selon des estimations sommaires américaines, la France disposerait en effet des plus importants gisements d’Europe de cette ressource qui constitue, selon l’ancien premier ministre Michel Rocard, « un don du ciel » pour notre pays. Dans Le Monde, l’ambassadeur chargé des négociations internationales relatives aux pôles arctique et antarctique ajoute au sujet du gaz de schiste : « étant très écolo, je me suis longtemps abstenu. Mais je n’ai rien lu qui soit complètement convaincant. On a un réflexe fantasmé un peu du même type que face aux OGM (…) Peut-on s’en priver ? Je ne le crois pas ».

Louis Gallois, auteur d’un rapport sur la compétitivité de l’économie française, et les 98 PDG des plus grandes entreprises privées françaises estiment également que la France ne peut pas se passer de cette ressource. « On ne passe pas d’un jour à l’autre d’un système énergétique dominé à 85% par les fossiles, à un système tout renouvelables, ou en tout cas dominé par elles. Il y faut du temps. Dans l’intervalle – la transition – on va probablement utiliser plus de gaz » estime sur son blog personnel Cédric Philibert, conseiller  à la Direction internationale de l’ADEME, soulignant l’intérêt du gaz de schiste pour l’économie française.

Faisant l’hypothèse de l’émergence de changements importants concernant les habitudes de mobilité, l’ADEME estime que le parc automobile français pourrait être réduit de 35 millions d’unités aujourd’hui à 22 millions en 2050, même si la population de la France métropolitaine passe de 62 millions à 74 millions sur la période. « Cette hypothèse ambitieuse suppose que la voiture n’est plus majoritairement un bien acheté par le particulier, mais aussi un mode de transport intégré dans un offre bien plus large que l’on paie pour son usage ». Les auteurs de la note ajoutent que « les véhicules sont mutualisés, servent plusieurs fois dans une même journée et transportent plus de voyageurs. Ils sont aussi mieux adaptés à chaque type de trajet avec des différenciations plus fortes entre véhicules urbains et véhicules longue distance, et sont ainsi plus efficaces énergétiquement.»


 

Au bout du compte, selon l’ADEME, le gaz naturel pourrait constituer près de la moitié de l’énergie primaire consommée dans l’ensemble des transports (45%), le reste étant partage entre les biocarburants de 2de et 3ème génération (20%), et l’électricité (32%). Le seul secteur qui pourrait continuer à consommer du pétrole est l’aviation avec le jet fuel pour (3%).  « En 2050, le productible des biocarburants est relativement stable à 3,3 Mtep». L’ADEME estime que la 1ère génération aura complètement disparu en 2050, remplacée par  la 2ème génération qui « constitue la base de la production avec un possible complément de 3ème génération (notamment les carburants à base d’huile d’algue, ndlr) non chiffré.

Des bâtiments économes en énergie et une agriculture intégrée

Grâce à de sérieux progrès au niveau de l’efficacité énergétique, les bâtiments résidentiels et tertiaire pourraient réduire considérablement leur consommation d’énergie pour le  chauffage et la climatisation. Les marges de progrès sont plus faibles dans l’industrie étant donné que les industriels ont déjà fourni d’importants efforts en matière d’efficacité.

Pour le chauffage, et les applications thermiques en général, l’agence mise beaucoup sur la combustion de la biomasse : « l’hypothèse est faite d’un plan de mobilisation ambitieux de la ressource forestière permettant de passer d’un taux de prélèvement sur l’accroissement naturel de la forêt de 48% aujourd’hui à un taux de 75% en 2050. Le gisement accessible pour la combustion est de 18 Mtep »

Enfin, l’ADEME estime que l’agriculture intégrée, une agriculture qui combine les avantages des méthodes de l’agriculture conventionnelle à celle de l’agriculture biologique dans une perspective de compromis entre rendements et impacts environnementaux, constituera l’essentiel (60%) de la production agricole en 2050. Cela permettrait notamment de diminuer les apports d’engrais, et donc de diminuer la consommation d’énergie. L’agriculture intégrée, c’est dés à présent 86% de la production agricole en Suisse.

Selon les auteurs de la note, les français pourraient aussi modifier leurs habitudes alimentaires, et passer d’une ration alimentaire de 3324 kilocalories par personne et par jour aujourd’hui à 3270 kcal en 2050. La part des protéines totales serait réduite d’un quart, passant de 113 grammes par personnes et par jour à 86 grammes. Cela serait possible en réduisant la consommation de viande et de produits laitiers. Au pays des fromages, cela ne sera pas forcément l’objectif le plus facile à atteindre.

Si la « vision 2050 » de l’ADEME se réalisait, les émissions de CO2 seraient divisées d’un facteur 4 dans notre pays qui pèse aujourd’hui 0.9% (0,7% en 2050) de la démographie mondiale. Un petit pas pour le monde. Un grand pas pour la France.

Par Olivier Danielo

Q : « Des gadgets qui comme toujours, permettent de faire la différence dans les moments critiques »

Techniques de l’Ingénieur : Que ressent-on lorsqu’on devient le « monsieur gadget » des services secrets de sa Majesté ?

Q : C’est à la fois un grand honneur et une grande responsabilité. Parce que la sécurité du Royaume-Uni et la vie de nos agents est chaque jour en jeu, mais aussi parce que ce poste a été occupé par des prédécesseurs prestigieux, dont les inventions ont marqué leur époque et continuent de nous inspirer : télescope infrarouge ou encore téléavertisseur, qui n’est ni plus ni moins que l’ancêtre de la téléphonie mobile. Mais aussi jetpack, voiture invisible, lunettes à rayon X, et bien d’autres encore.

Tout cet héritage force le respect et impose d’être à la hauteur des attentes du service. Autant dire que je ne prends pas cette tâche à la légère !

Techniques de l’Ingénieur : De telles responsabilités, n’est-ce pas épuisant nerveusement ?

Q : Même pour les agents qui, comme moi, ne sont pas confrontés au terrain, le recrutement impose des tests quant à notre capacité à maitriser notre stress, à nous organiser, ou encore à manager nos équipes. Dire que nous ne ressentons aucune pression serait un mensonge, mais disons que nous y sommes tous préparés. Sans doute une manifestation de plus du célèbre flegme britannique.

Techniques de l’Ingénieur : Dans ce nouvel opus, votre service subit de nombreux bouleversements, de beaux succès mais aussi quelques revers. Comment les expliquez-vous ?

Q : Disons que le génie informatique de notre adversaire nous a mis à rude épreuve. Son utilisation infaillible des réseaux de télécommunications a été sa force pour nous doubler, jusqu’à ce que l’on utilise les prétendues failles de sécurité de nos systèmes pour le manipuler. L’honneur est donc sauf puisque d’une faiblesse technologique, nous avons su faire notre force. L’intelligence britannique dans toute sa splendeur.

Je souhaite cependant insister sur le rôle décisif des « gadgets » sortis de notre atelier dans cet épisode, basé essentiellement sur la radiolocalisation et la biométrie, qui comme toujours, permettent à notre meilleur agent de faire la différence dans les moments les plus critiques.

 

Propos (presque) recueillis par Bruno Decottignies

L’écoconception : un outil d’innovation pour une chimie durable

Notre société a pris conscience tout récemment – à l’échelle de l’humanité – qu’elle hypothéquait son avenir collectif pour satisfaire son appétit de richesses individuelles. 

Tant que nous n’étions que quelques centaines de millions d’habitants sur Terre à nous partager la majorité des richesses et à générer, par voie de conséquence, la majeure partie des pollutions anthropiques, l’équilibre – critiquable, certes – se maintenait.

Mais avec l’arrivée dans les dernières décennies de près de trois milliards d’individus qui prétendent – fort justement – à un niveau de consommation élevée, et avec les prospectives d’accroissement de la population mondiale dans les années à venir, la communauté internationale en appelle au développement durable pour permettre d’instaurer un nouvel équilibre, véritablement durable ou soutenable.

Cet équilibre doit reposer sur une utilisation raisonnée de nos ressources, quelles qu’elles fussent, dans la mesure où la notion de capacité de renouvellement de toute ressource est intimement assujettie à la vitesse de sa consommation. Ces notions déterminent donc en partie les fondements d’un développement durable défini par :

  • un rythme de consommation des ressources renouvelables qui n’excède pas celui de leur capacité de régénération ;
  • un rythme de consommation des ressources non renouvelables qui n’excède pas celui du développement de ressources de substitution ;
  • une production de quantité de déchets et de pollution qui n’excède pas celle que peut absorber l’environnement.

Et ces notions de rythmes soutenables de consommation de ressources et de production de déchets se retrouvent en réalité dans l’approche holistique de l’écoconception qui vise à la réduction à la source des impacts environnementaux d’un produit ou d’un procédé.

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Recyclage des composites

Les matériaux composites à matrice polymère sont utilisés de longue date à grande échelle dans des applications industrielles variées (transport, bâtiment …).

Leur recyclabilité, perçue comme étant difficile ou pour le moins perfectible du fait de leur hétérogénéité et du recours encore fréquent à des matrices thermodurcissables (infusibles après fabrication), peut toutefois constituer un frein à leur pénétration plus large de certains marchés. Certains utilisateurs peuvent en effet être amenés à préférer aux composites des matériaux alternatifs plus facilement recyclables.

Les préoccupations environnementales et la pression réglementaire ont poussé les industriels de la filière des matériaux composites à développer des solutions de recyclage et de valorisation, matière, thermique/énergétique ou chimique.

Dans un contexte réglementaire, différentes initiatives professionnelles visent à mettre en place des filières de démantèlement/recyclage/valorisation de ces matériaux par secteur d’application ou de manière transversale.

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Enjeux et perspectives des déchets

La politique des déchets s’inscrit en application de la politique communautaire de l’environnement telle que prévue aux articles 174 à 176 du traité instituant la Communauté européenne CE (ex-articles 130 R à T).

Elle a pour objectifs notamment la préservation, la protection et l’amélioration de la qualité de l’environnement, la protection de la santé des personnes et l’utilisation prudente des ressources naturelles. Elle est fondée sur les principes de précaution et d’action préventive, sur le principe de correction, par priorité à la source, des atteintes à l’environnement et sur le principe du pollueur-payeur.

Depuis 1975, année des premiers textes adoptés en droit tant communautaire qu’interne, le législateur et les pouvoirs publics ont adopté de nombreuses dispositions tendant à insérer les déchets dans une réglementation visant à réduire leur production et à assurer une meilleure gestion.

Malgré tout, le bilan reste encore aujourd’hui mitigé et, dans un rapport intitulé « Évaluation globale – l’environnement en Europe – Quelles orientations pour l’avenir », la Commission européenne soulignait que les problèmes soulevés par les déchets « s’accroissent toujours plus vite que ne sont mises en œuvre les mesures destinées à les maîtriser et à les éviter en raison de nos habitudes de consommation » (Office des publications officielles des Communautés européennes, Luxembourg, 2000, p. 14).

Une interrogation d’ordre sémantique sur la portée du concept de déchet a une incidence économico-politique considérable et suscite encore aujourd’hui nombre de débats.

Les enjeux dans ce domaine sont tels que les pouvoirs publics ont introduit des instruments fiscaux sur les activités polluantes, aujourd’hui fondus dans le cadre de la taxe générale.

Par ailleurs, dans le contexte de simplification de la réglementation, la commission a proposé une stratégie schématique pour la prévention et le recyclage des déchets (COM (2005) 666) à laquelle est annexé un projet de directive cadre sur les déchets.

Les textes applicables aux déchets sont analysés dans le dossier [G 2 021] afin de déterminer quelles obligations pèsent sur le producteur des divers types de déchets tout au long de leur cycle de vie.

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Le plastique c’est fantastique !

Comme son nom peut le laisser deviner, la société de Mr Bidell produit des polymères à partir de plastique recyclé. 

« Nous n’utilisons que des plastiques destinés à la décharge. Aux Etats-Unis, le recyclage est encore quelque chose d’un peu… lointain. Mais les choses évoluent, petit à petit. »

Pour Mike Bidell, l’enjeu derrière le montage d’un business à long terme dans le domaine du recyclage des plastiques n’est pas technique : « les procédés techniques, chimiques de transformation des plastiques sont connus, et la recherche ne cesse d’évoluer dans ce domaine. Même s’il faut savoir que recycler des plastiques est très difficile, car ils se ressemblent tous. Ainsi, le vrai défi aujourd’hui est plutôt la collecte. Il faut impérativement, pour développer ce marché, mettre en place un filière de collecte des plastiques usagés à travers tous les Etats-Unis ».

 

MBA Polymers

Le marché est là

Aujourd’hui, si les filières de recyclage aux Etats-Unis sont balbutiantes, en ce qui concerne les plastiques en tout cas, le marché est là.

Ainsi, le secteur du recyclage des plastiques a décollé l’année dernière avec environ 28 milliards  de dollars de chiffre d’affaires. 

Mais malgré la demande des recycleurs, seuls 20 % des plastiques sont recyclés, en baisse par rapport aux 40 % de 1994.

Et pourtant, fabriquer du plastique recyclé nécessite 80 % d’énergie en moins qu’à partir de produits pétroliers.

L’énorme augmentation des eaux en bouteilles plastiques, qui sont rarement recyclées car elles sont souvent consommées hors domicile, explique ces chiffres. Et rares sont les poubelles dédiées pour les bouteilles plastiques.

200 bouteilles par personne et par an

L’impact sur l’environnement est considérable : il faut 1,5 milliard de barils de pétrole pour satisfaire la demande d’eau minérale. Le nombre de bouteilles en plastiques a triplé depuis 1976 et atteint presque 200 bouteilles par personne et par an.

Il y a donc matière à recycler… ce que confirme Mike Bidell : « nos clients sont internationaux : Autriche, Angleterre, Chine… nous multiplions ces derniers mois nos nouvelles implantations, sur un marché en forte croissance. »

Se vantant d’être un des seuls êtres humains se frottant les mains devant l’augmentation des prix du pétrole, le fondateur de MBA Polymers compte majoritairement dans ses clients des producteurs d’appareils électroménagers et de consommation, ainsi que de pièces industrielles.

« Nos clients ont tous besoin, par choix stratégique ou par souci d’image, de se pencher sur les problématiques de gaspillage et d’énergie. Et le produit que nous offrons répond à ces attentes. Aujourd’hui, on fait des produits recyclés de grande qualité, aussi performants que les plastiques produits à base de pétrole ».

Par P.T

Remplacer les anciens ordinateurs portables serait néfaste pour l’environnement

L’étude de l’Öko-Institut en Allemagne a révélé que le procédé de fabrication des appareils relevant des technologies d’information et de communication (TIC), comme les « notebooks » ou les ordinateurs portables, représentait une grande partie de l’empreinte carbonique de ces produits, en raison de sa nature hautement énergivore.

La phase de production, 56 % des émissions à effet de serre d’un ordinateur portable, a un impact clairement plus important que la phase d’utilisation, peut-on lire dans cette étude. En bref, si la durée de vie d’un portable est de cinq ans, 214 kilogrammes d’équivalent dioxyde de carbone sont générés par sa fabrication et 138 kilogrammes (36 %) par son utilisation.

D’autres études estiment même que la contribution de la phase de production aux émissions à effet de serre totales d’un ordinateur portable s’élève à 57-93 %.

Si un nouvel ordinateur portable est 10 % plus efficace sur le plan énergétique qu’un ancien modèle, les émissions générées par la production, la distribution et son élimination ne compenseraient cette efficacité qu’au bout de 41 années d’utilisation, selon ce rapport. Toutefois, si l’amélioration d’un nouvel ordinateur portable en matière d’efficacité énergétique dans la phase d’utilisation est de 70 %, la période d’amortissement peut être ramenée à environ 13 ans.

« En ce qui concerne l’environnement et le potentiel de réchauffement de la planète, il n’est pas opportun d’acheter un nouvel ordinateur portable au bout de quelques années seulement, même si l’efficacité énergétique supposée de ce nouvel appareil repose sur des technologies de pointe », ont ajouté les scientifiques.

Augmentation de l’empreinte carbonique

Les émissions de dioxyde de carbone du secteur des TIC devraient passer de 530 millions de tonnes d’équivalents CO2 en 2002 à 1,43 milliard en 2020, selon un rapport de la Global e-sustainability Initiative(GeSI), un consortium de sociétés de pointe dans le secteur des TIC.

La durabilité des TIC constitue donc un problème de plus en plus pressant, dans la mesure où les émissions de ce secteur sont désormais comparables à celles du secteur de l’aviation, réglementées à l’échelle européenne.

Les gouvernements européens ont déjà commencé à adopter volontairement des stratégies politiques à long terme à l’échelle nationale pour rendre les TIC plus écologiques et ainsi réduire leurs émissions de carbone et leur consommation d’énergie.

La Commission européenne examine en outre la possibilité d’imposer des règles sur le « verdissement » des TIC à l’échelle de l’UE.

Failles

Les consommateurs achètent de nouveaux appareils tous les trois ans en moyenne, alors que leurs anciennes machines pourraient être remises au goût du jour. Cette tendance découle généralement du taux d’innovation élevé des TIC et de la baisse des prix pour les nouveaux appareils, ce qui rend le cycle de vie des produits « extrêmement » court, ajoute l’Öko-Institut.

Dans le même temps, les nouveaux modèles d’ordinateurs portables deviennent de plus en plus efficaces sur le plan énergétique dans leur phase d’utilisation, ce qui encourage les consommateurs à les acheter. Cette étude montre cependant que pour l’instant, leur capacité d’économie d’énergie n’est calculée que pour la période d’utilisation, sans prendre en compte la phase de production.

La politique européenne actuelle sur l’écoconception des produits consommateurs d’énergie se concentre uniquement sur l’amélioration de l’efficacité énergétique ou la réduction de la consommation d’énergie dans la phase d’utilisation. Les auteurs du rapport exhortent les décideurs politiques de l’UE à adapter les règles sur l’écoconception aux problèmes qui affectent le secteur des TIC tout au long du cycle de vie des produits.

Ils proposent une série de mesures qui pourraient prolonger la vie des appareils, comme  :

  • l’amélioration du matériel informatique ;
  • la construction modulaire ;
  • des conceptions axées sur le recyclage ;
  • la disponibilité de pièces de rechange ;
  • la normalisation des composants ;
  • l’extension des périodes de garantie minimales.

« Les utilisateurs attribuent de la valeur à la durée de vie des batteries pour l’usage mobile des ordinateurs portables. Il est dès lors plus important de prendre des mesures visant à prolonger la durée de vie de ces appareils dans leur ensemble et de permettre une récupération plus efficace des matières premières », a déclaré Siddharth Prakash, directeur de projet et expert des TIC respectueuses de l’environnement pour l’Öko-Institut.

Une autre faille « cachée » résulte de la présence de certaines matières premières rares dans les ordinateurs portables. Le taux de recyclage peu élevé de ces matières, en plus de leur procédé d’extraction complexe, peut poser des risques environnementaux et sociaux.

« Le cobalt, par exemple, est surtout extrait des mines de la République démocratique du Congo dans des conditions dangereuses, avec des mesures de sécurité insuffisantes pour les travailleurs qui sont en partie des enfants », peut-on lire dans l’étude.

« Même dans un pays moderne à la pointe comme l’Allemagne, une grande partie de ces matières premières sont irrémédiablement perdues au cours du cycle industriel en raison des failles des infrastructures de recyclage, notamment pour la collecte et le prétraitement des déchets », a expliqué M. Prakash.

Source : EurActiv.fr