Nouveau laboratoire franco-taïwanais en robotique

Le programme I-RiCE (International-Research intensive Centers for Excellence) du Conseil National des Sciences taïwanais (NSC), est un programme de financement de coopérations internationales d’excellence en recherche scientifique. Ce programme du NSC, initié en 2010, a pour objectif de créer des centres d’excellence à Taiwan en recherche fondamentale et dans les technologies d’avenir. Il cofinance des projets de 3 à 5 ans, entre le NSC, une université taïwanaise et un partenaire étranger.

Le « Centre International d’Excellence de Recherche en Robotique Intelligente et Automatique » (iCeiRA), qui fût inauguré le 4 mai 2012, est le premier projet franco-taïwanais à participer à ce programme. C’est, de plus, le premier projet associant un partenaire européen puisque les sept autres projets initiés depuis la création de ce programme en 2010 l’ont été avec des laboratoires américains.

Il rassemble côté taïwanais le Centre d’Automatique et de robotique intelligente de l’Université Nationale de Taiwan (NTU) et côté français le centre de l’INRIA à Grenoble, le Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes (LAAS) du CNRS et l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique du CNRS et de l’Université Pierre et Marie Curie.

Les thèmes principaux de recherche seront :

  • Les technologies avancées cognitives ;
  • Les technologies d’apprentissage/adaptatives ;
  • Le contrôle et la planification avancée de la technologie ;
  • L’interaction Homme-machine ;
  • La sécurité

(Source : Bulletins Electroniques)

Optimiser l’aérodynamique des poids lourds en modifiant leur soubassement

Des chercheurs de l’Institut d’aérodynamique et de mécanique des fluides (IAS) du Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) de Göttingen (Basse-Saxe) développent des solutions aérodynamiques en modifiant le soubassement des poids lourds. « En raison de la différence de pression à l’avant et à l’arrière du camion, apparaît une force inverse au sens de circulation avec un effet d’aspiration », explique Johannes Haff, chercheur à l’IAS. « En modifiant le soubassement par un élargissement de sa section arrière, de manière analogue à un diffuseur, la pression derrière sur le transporteur pourrait être augmentée grâce à la génération de tourbillons dans la direction de l’écoulement, avec pour conséquence la réduction de l’effet d’aspiration », poursuit-il.

Ces éléments d’amélioration ont déjà été testés avec succès en soufflerie. Afin de les confirmer, les chercheurs du DLR ont réalisé, de nuit, des essais sur route en combinant des capteurs de pression sur la paroi arrière du camion à la technique de vélocimétrie par images de particules (PIV). A cet effet, un système de laser, des appareils de mesure, des ordinateurs ainsi qu’un générateur de fumée ont été embarqués à bord d’un poids lourd de 40 tonnes. Des caméras CCD haute résolution ont été fixées à l’arrière du camion. Ce dernier a parcouru la piste d’essais à différentes vitesses, recueillant des séries de données actuellement en cours d’exploitation.

(Source : Bulletins Electroniques)

Téléphoner et surfer dans le tunnel sous la Manche, c’est désormais possible

Eurotunnel et les opérateurs de téléphonie mobile Bouygues Telecom, Orange et SFR ont mis en service le 25 juillet 2012 un système de retransmission optique dédié aux réseaux 2G (GSM 900, DCS 1800) et 3G (UMTS 2100) de téléphonie et d’Internet mobile GSM-P qui permet aux passagers du Shuttle et des trains à grande vitesse d’utiliser leur portable, aussi bien pour téléphoner que pour accéder à Internet, dans le tunnel sous la Manche.

Ce projet piloté par l’équipementier Alcatel-Lucent est l’aboutissement de la coopération avec tous les acteurs français des télécoms à savoir Orange, SFR, Bouygues Telecom. L’application des technologies de pointe mises au point par Alcatel-Lucent et les opérateurs de l’industrie des télécoms a permis de réaliser plusieurs prouesses technologiques. Offrir un service sans fil, 100 mètres au-dessous du niveau de la mer, aux 20 millions de voyageurs qui empruntent les 53 kilomètres du Tunnel tous les ans a impliqué en effet la résolution de défis multiples. Ainsi, le dispositif a été déployé en 10 mois, soit un délai record ; les travaux ont été réalisés simultanément à la poursuite du trafic ferroviaire dans le tunnel : l’environnement confiné a demandé le respect de normes très exigeantes et la spécificité des Shuttle a exigé un traitement particulier pour obtenir une transmission des ondes appropriée.

De surcroît, les équipes ont dû proposer des solutions nouvelles pour que différents systèmes radio (GSM-P et GSM-R) puissent cohabiter dans le Tunnel. Eurotunnel peut offrir un nouveau service à ses clients, à la fois ceux des Navettes Eurotunnel et ceux des Eurostar. Les opérateurs français assureront une prolongation de leur couverture 2G/3G dans le tunnel ferroviaire Sud (sens France/Grande-Bretagne) grâce à un câble de diffusion du signal radio permettant la diffusion des ondes et des répéteurs optiques installés tous les 750 mètres. Le tunnel Nord (sens Grande-Bretagne/France) sera couvert par les opérateurs de télécommunications britanniques après les Jeux Olympiques.

Pour plus d’infos : http://www.alcatel-lucent.com/

Edité par Carole Hamon

 

Fiches pratiques : Déployer l’innovation

Ingénieur R&D, chef de projet, responsable de bureau d’études, l’innovation est au cœur de vos missions et de celles de vos équipes. Trouvez ici les fiches pratiques et outils pour lever les freins et déployer activement l’innovation dans l’entreprise.
45 auteurs, experts et praticiens de l’innovation, ont contribué à cet ouvrage sous la direction scientifique de Bernard Yannou et de Romain Farel, de l’Ecole Centrale Paris.

La salle de bain du futur en images

Le salon Ideo Bain a tenu cette année sa sixième édition à Paris. Organisé tous les deux ans, il propose aux visiteurs et aux professionnels des choix de matériaux innovants. Particularité du salon, les produits présentés sont tous déjà disponibles à la vente.

Ainsi, les innovations présentées sont à la fois destinées à personnaliser une salle de bain, suivant une tendance marketing très à la mode en ce moment, mais aussi à économiser l’eau, l’énergie de chauffage, améliorer l’isolation. Petit tour d’horizon des principaux matériaux présentés, et des fonctions que ces derniers pourraient remplir dans votre salle de bain de demain.

  • Carreaux thermochromes :

Habillez l’intérieur de votre cabine de douche de couleurs changeantes avec cette large gamme de carreaux verre variant leurs couleurs en fonction de la température. Des modèles de toutes sortes sont proposés: motif, textures, frises…
Les carreaux sont adaptés pour les sols aussi bien que pour les comptoirs et les murs.

  • Compolight :

Le Compolight est un matériau de synthèse très résistant aux aspects brillants, sans déperdition de chaleur, très doux et facile d’entretien. Ces matérieux métalliques légers sont le fruit de recherches menées depuis plusieurs années, et dont les résultats trouvent des applications bien au delà de l’exemple cité ici.

  • Béton de synthèse SMO

Plans de toilette, receveurs, panneaux de douche, tablettes… tous ces éléments sont aujourd’hui disponibles dans la même couleur grâce au béton de synthèse SMO. Ce matériau, constitué d’un mélange de pierre naturelle, de résine polyester et d’un gelcoat de surface antibactérien s’avère antidérapant, facile à nettoyer, résistant et hygiénique.

  • Luminist

Il s’agit d’un mélange extraordinaire de poudre de quartz extrêmement fine et d’acrylique qui permet de réaliser toutes les formes souhaitées. Les possibilités de design deviennent alors illimitées.

  • Le quaryl :

Il s’agit d’un mélange extraordinaire de poudre de quartz extrêmement fine et d’acrylique qui permet de réaliser toutes les formes souhaitées. Les possibilités de design deviennent alors illimitées.

  • Béton interactif :
Le béton interactif est un matériau composite composé d’une part d’une matrice PMMA conductrice de lumière et d’un substrat de béton fin d’autre part, dans lequel la matrice est enchassée.
La matrice optique donne au béton la capacité de jouer avec l’ombre et la lumière ou les mouvements environnants en créant des ondulations lumineuses à sa surface. Murs, façades, sols, écrans, cloisons, comptoirs, salles de bains, cabines de douche, piscines…
 
 
Par Pierre Thouverez
 
Dans les bases documentaires :

L’isolation, nerf de la guerre

A l’automne 2007, le Grenelle de l’Environnement a vu la France mettre en place les mesures qui accompagneront le pays, pour les décennies à venir, dans sa mutation écologique. L’ensemble de ce travail sur l’orientation énergétique de la France s’est traduit concrètement par le vote des lois Grenelle I et II.

Ces deux lois servent désormais de socle pour l’élaboration de l’ensemble des mesures nécessaire à la mise en place de la politique énergétique de la France, et notamment les principes de la RT 2012.

Les buts affichés sont clairs. Les constructions de nouveaux bâtiments, qu’ils soient destinés aux logements où à une activité tertiaire, devront être construit selon des normes de performance énergétique élevées. Isolation, matériaux de construction, il s’agit de repenser complètement les habitudes qui ont régi l’industrie de la construction les trois dernières décennies.

Course à la performance énergétique

Les exemples d’amélioration en termes de construction touchant toutes les composantes des bâtiments. Par exemple, les fabricants d’isolants ont développés des matériaux totalement inédits depuis quelques années, améliorant de façon drastique la conductivité thermique. Les nouvelles laines de verre, par exemple, présentent aujourd’hui des conductivité de l’ordre de 30 mW/m.K.

Comprendre la RT 2012

 La Réglementation Thermique 2012 (RT2012) a pour objectif, tout comme les précédentes réglementations thermiques, de limiter les consommations énergétiques des bâtiments neufs qu’ils soient pour de l’habitation (résidentiel) ou pour tout autre usage (tertiaire).
L’objectif de cette Réglementation Thermique est défini par la loi sur la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement. Cet objectif reprend le niveau de performance énergétique défini par le label BBC-Effinergie.
La réglementation thermique en vigueur sera, par conséquent, renforcée afin que toutes les constructions neuves présentent, en moyenne, une consommation d’énergie primaire (avant transformation et transport) inférieure à 50 kWh/m²/an contre 150 kWh/m²/an environ avec la RT2005. 

 

Mais de nouveaux matériaux, comme les mousse phénoliques, permettent désormais d’atteindre une conductivité thermique avoisinant les 20 mW/m.K !

Bien sûr, les nanotechnologies offrent également leur lot de nouveaux matériaux. Au niveau de l’isolation sous vide, certains matériaux nanostructurés ont permis d’obtenir des solutions d’isolation encore plus performantes et efficaces, atteignant jusqu’à 5 mW/m.K.

Aussi, ces matériaux présentent l’avantage d’avoir une épaisseur très réduite. Pas encore industrialisées, ces solutions ne sont pas commercialisées pour le moment.

Dernier exemple, les briques rectifiées à joints minces. Développées par l’industrie de la maçonnerie, ces matériaux ont pour but de pont thermique par les joints.

Performance énergétique des matériaux d’origine naturelle

  • le liège : le liège permet  de réaliser un isolant particulièrement polyvalent et résistant à l’humidité, à la compression, aux insectes Il est également très efficace. Distribué en granulé simple ou expansé et en panneaux.
  • le bois, choisi à partir d’essences naturellement durables peut se présenter sous de nombreuses formes d’isolant, en fibres, en laine isolante semi-rigide ou panneaux de fibres
  • le chanvre, plante de grande culture n’utilisant aucun herbicide, insecticide ou fongicide. a une conductivité thermique faible. Cette fibre creuse est l’une des fibres végétales les plus solides. Le chanvre n’attire pas les rongeurs. Il est commercialisé sous forme de panneaux semi rigides, de rouleaux ou en vrac. Mélangé à de la chaux, il permet de réaliser des dalles isolantes allégées ou des enduits isolants.
  • le lin, cultivé principalement pour ses fibres souples, élastiques et creuses, qui peuvent emmagasiner une quantité d’eau équivalente à sa masse sèche, ce qui en fait un bon régulateur hygrométrique. Il est utilisé sous forme de laine (en rouleaux), de panneau (mélangé à du chanvre et du polyester issu du recyclage) ou en panneau acoustique
  • la paille, partie de la tige de certaines graminées utilisées soit en tant que fibres (en torchis), soit en tant que bottes dans les murs porteurs ou ossature bois. Existe également en vrac à partir de paille de lavande recyclée et broyée.
  • les panneaux de roseaux offrent une efficacité thermique moyenne. Toutefois, leur souplesse permet de suivre la forme et l’inclinaison des murs au plus près. On les emploie surtout pour une isolation thermique extérieure, sur parois verticales et rampantes ou toitures
  • la fibre de coco, provient des fibres entourant la coque des noix de coco. Elle est principalement constituée de cellulose et se révèle donc très efficace, saine et naturelle. Elle est vendue en vrac, en panneaux, rouleaux ou en feutres, pour l’isolation phonique.

Isolation : innovations à tous les niveaux

Les nouveaux matériaux isolants se retrouvent partout : sans les murs, sur et sous les toits, les fenêtres… Les innovations récentes dans le domaine de la fenêtre et du vitrage prouvent que ce secteur est très dynamique. Cet essor est bien évidemment lié à l’environnement politique de la réglementation thermique, mais pas seulement. Le but est de sensibiliser le public aux problèmes de changements climatiques, à l’économie d’énergie et à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

Les performances thermiques sont déjà au sommet de l’innovation. On peut, toutefois, espérer dans le futur une plus grande variété de contrôles solaires associés aux autres fonctions, notamment acoustiques, sans dégrader les fonctions thermiques. L’axe de développement aujourd’hui est d’arriver à élargir les gammes de produits innovants déjà existants. A titre d’exemple, Saint Gobain Glass a été nominé au concours Décibel d’Or, organisé par le Conseil National du Bruit pour son nouveau modèle de double vitrage acoustique de 33, 34 dB, destiné à l’isolation des façades des grandes villes telles que Paris.

Voici quelques idées qu’ils nous préparent. Avec, parmi elles, des fonctionnalités qui n’ont pas encore trouvé leur modèle industriel, et d’autres qui sont aujourd’hui réservées à des logements ou bureaux très haut de gamme :

  • Le verre chauffant : une couche métallique conductrice invisible est appliquée sur le vitrage et alimentée électriquement. Elle diffuse une chaleur agréable (rayonnante) dans la pièce…  et, en supprimant la sensation de paroi froide avec le vitrage, elle permet d’abaisser la température de la pièce de 3°C environ en gardant la même sensation de confort.
  • Le verre auto-éclairant : on a découvert que certains polymères étaient électroluminescents. Cela signifie que leurs membranes peuvent produire de la lumière… ce qui permet d’envisager demain, une fenêtre qui le soir venant, continue à produire de la lumière !

Par Pierre Thouverez

Sources : Ademe, Ministère de lEcologie et du développement durable, rt-batiment, socialcompare

Dans les bases documentaires :

 

Matériaux éco-conçus : une solution pour l’environnement ?

Le cycle de vie des produits est aujourd’hui un réel enjeu pour les fabriquants, et une valeur ajoutée du produit à part entière.

Un produit éco-conçu est un produit pour lequel le bilan écologique global ou l’impact sur l’environnement et sur la santé humaine est positif sur l’ensemble du cycle de vie, pour une même utilisation, avec des coûts maîtrisés et un degré comparable de satisfaction pour le consommateur. L’éco-conception suppose donc une démarche globale qui intègre le respect de l’environnement dans la conception même des produits ou des services, de l’extraction des matières premières au traitement des déchets.

Les décisions politiques, comme la RT 2012, et la pression « écologique » populaire, entraine les fabricants à se tourner vers l’éco-conception de leur produit, et pas uniquement pour des raisons d’image. Ainsi, la mise en place de la RT2012, qui consacre l’approche thermique globale et non plus élément par élément, est une incitation supplémentaire pour les fabricants à se tourner vers ces types de conception.

Enfin, sur le plus long terme, les pouvoirs publics vont légiférer dans le sens d’une réduction du contenu en carbone généré tout au long du cycle de vie du bâtiment, et plus largement les impacts énergétiques, environnementaux et sanitaires des composants du bâtiment et des méthodes de construction et de conception.

Les produits éco-conçus devraont donc, dans les années à venir, relever trois défis :

  • Développer des matériaux toujours plus performants sans pour autant augmenter la masse de matière utilisée ;
  • ACV : prévoir dès la conception la fin de vie des matériaux et produits ;
  • Assurer la durabilité des matériaux tout préservant moins nocifs pour l’environnement.

Les défis résident donc dans le choix de matériaux les plus neutres possibles pour l’environnement, mais également plus performants que ceux utilisés actuellement. L’intégration des ACV, en amont et en aval, ce qui est en soi révolutionnaire, change du tout au tout la réflexion autour de la conception d’un produit.

On comprend que le choix des matériaux devient un enjeu crucial, et entre dans la prise en compte de nouveaux défis pour les fabriquants : des objectifs d’éco-conception pour réduire les quantités d’énergie et de matières utilisées, des utilisations plus extensives de matériaux recyclés ou d’origine renouvelable (les démarches sur le béton vert illustrent cette tendance).

De plus en plus de fabricants mettent en place des filières de démontage et de recyclage, ce qui illustre bien cette tendance. Le marché est réel, et le potentiel de retour sur investissement souvent sous-évalué.

L’impact sur la santé, enjeu fondamental

Prenons l’exemple du domaine du bâtiment : La qualité sanitaire des bâtiments, en particulier, la qualité de l’air et de l’eau, sont des enjeux majeurs. Il faut, d’une part, assurer aux habitants des futurs logements construits une qualité de l’air et une santé préservée sur le long terme. Mais il faut également préserver la santé des ouvriers qui appliquent ces produits. Ces deux notions, qui paraissent incontournables aujourd’hui, paraissaient optionnelles il n’y a pas si longtemps.

C’est d’ailleurs pour cela que les réglementations concernant certains produits se développent : un nouveau décret n° 2011-321 a été publié en Mars 2011, relatif à l’étiquetage des produits de construction, de revêtement de murs et de sols, des peintures et vernis sur leurs émissions de polluants volatils. Son entrée en application le 1er janvier 2012 concerne tous les nouveaux produits et à partir du 1er septembre 2013, elle concernera des produits déjà présents sur le marché.

Par exemple, les industriels de la peinture, de vernis, les fabricants de revêtements ont réduit les émissions de Composés Organiques Volatils (COV) de leurs produits pour se mettre en conformité avec les exigences réglementaires depuis le 1er janvier 2010. Les autres secteurs vont suivre.

Par Pierre Thouverez

Dans les bases documentaires :

Les composites dans l’industrie automobile

Si à ses débuts, il y a plus d’une centaine d’années, une automobile était constituée principalement de bois et d’acier, aujourd’hui elle rassemble de nombreux matériaux appartenant aux grandes familles suivantes :

  • matériaux ferreux : fontes, aciers, tôles (environ 62 % de sa masse) ;
  • matériaux non ferreux : aluminium (fonte et tôle), cuivreux, magnésium (environ 9 %) ;
  • matériaux minéraux : verre, céramique (environ 4 %) ;
  • matériaux organiques : environ 25 %, répartis en moyenne de la manière suivante : 4 % : élastomères, 6 % : peintures, adhésifs, textiles, fluides, 15 % : matériaux plastiques, thermoplastiques (TP) ou thermodurcissables (TD).

Selon les véhicules, ces 15 % peuvent varier de 10 à 20 % et se répartir dans les différentes fonctions constitutives d’un véhicule de la manière suivante :

  • équipement intérieur ou habitacle : 50 %,
  • applications extérieures : 30 à 35 %,
  • pièces sous capot : 15 %,
  • pièces de structure : 0 à 5 %.

À noter que le pourcentage d’utilisation des matériaux plastiques n’a cessé de croître depuis le milieu des années 50/60, il était de 6 % dans les années 60/70.

Aujourd’hui, en moyenne 15 % pour un véhicule moyen de 1 300 kg, cela représente environ 200 kg / véhicule de « matériaux plastique ».

Cette évolution est due au fait que le choix d’un matériau donné pour une application donnée oblige à une confrontation de solutions afin de rechercher le meilleur couple matériau/procédé de fabrication d’une pièce en tenant compte de nombreux critères : des critères techniques et industriels liés à la capacité et à la disponibilité des moyens industriels, des critères économiques liés au coût des matériaux et aux coûts de production et enfin des critères sociaux guidant les orientations des choix du client final.

Les matériaux composites sont apparus dans l’industrie automobile au milieu des années 1950. À cette époque, les matériaux et les procédés de transformation étaient peu nombreux : essentiellement des matrices polyesters thermodurcissables renforcées par des fibres de verre courtes, mises en œuvre manuellement dans des moules ouverts ou fermés suivant le procédé SMC (Sheet Moulding Compound).

Actuellement, de nombreux matériaux et procédés de transformation sont à la disposition des concepteurs.

Les matrices peuvent être thermoplastiques (polypropylène, polyamide, polyuréthanne,….) ou thermodurcissables (polyester, vinylester, époxy, polydicyclopentadiène,….).

Les fibres de renforcement peuvent être en verre, aramide, carbone, thermoplastique, voire végétales, utilisées sous forme coupée courte ou longue, continue, tissée, tressée, tricotée……

Selon le type de matrices utilisées, TP ou TD, les procédés de mise en œuvre sont très variés :

  • injection (RTM – Resin Transfer Moulding, BMC-Bulk Moulding Compound, RIM – Reaction Injection Moulding) ;
  • compression et formage (SMC – Sheet Moulding Compound, GMT – Glass Mat Thermoplastic, TRE – Thermoplastique Renforcé Estampable) ;
  • pultrusion ;
  • enroulement filamentaire ;
  • infusion sous vide.

Les procédés en moules fermés et l’utilisation de résines contenant peu de styrène sont aujourd’hui privilégiés afin de réduire les émissions de composés volatils dans les ateliers (pour le styrène la limite maximale est de 20-200 ppm, voire 20-25 ppm dans certains pays).

En savoir plus

Nanotechnologies dans le textile

Les nanotechnologies ont permis de générer toutes sortes de nanomatériaux aux propriétés singulières, qu’il est opportun de marier aux fonctionnalités intrinsèques des textiles.

Ainsi nanoparticules d’argent aux effets antibactériens, membranes à base de nanofibres et revêtements nanostructurés imitant la feuille de lotus se retrouvent déjà dans des produits textiles de grande consommation.

Pour réaliser ces nanotextiles, les entreprises du secteur ont deux choix : incorporer des nanomatériaux préfabriqués avec les outils traditionnels ou faire évoluer cet outil industriel vers la production de nanocomposés (nanocouches, nanofibres principalement) directement intégrés aux textiles.

Quelle que soit la stratégie adoptée, elle doit s’accompagner des précautions nécessaires à la manipulation de ces nouveaux produits, en particulier aujourd’hui dans un cadre règlementaire toujours en cours de définition.

En savoir plus

Les jeux Olympiques, générateur d’innovation !

Les Jeux Olympiques de Londres 2012 signent la 25e collaboration avec la marque Suisse Omega, qui assure le rôle de Chronométreur Officiel. Comme à chaque édition, de nouvelles technologies sont présentées :

Des Starting-block repensés. Le nouveau prototype permet de déterminer le temps de réaction des athlètes et de n’importe qui, par la mesure de la force exercée contre le patin. Il est armé d’un capteur de détection de faux-départ entièrement électronique. Les patins ont été élargis, de 120 à 160 cm, afin de permettre aux coureurs de modifier leur position de départ.

Les Swimming Show. En ce qui concerne les épreuves de natation, les plots se situant à côté des panneaux de contact sont désormais équipés d’un système lumineux. Appelé « Swimming Show », il permet au compétiteur, selon le nombre de points lumineux qu’il voit, de connaître sa position. Le vainqueur n’aperçoit qu’un seul point lumineux éclairé.

Ci-dessus : Le swimming Show

Le quantum Timer, ou le chronométreur le plus perfectionné. Doté d’un composant intégré crée par Micro Crystal, il présente une résolution 100 fois supérieure aux précédents appareils (un millionième de seconde) et une précision cinq fois plus élevée que l’ancienne version. La précision est de 0,1 ppm (part par million). De plus, intégré à l’unité centrale, le Quantum Timer utilise un dispositif de sauvegarde permettant d’enregistrer seize temps simultanément et de les communiquer aux tableaux d’affichage. A Londres, la marque Oméga dépositaire de ces innovations a déroulé plus de 180 km de fibre optique pour faire fonctionner de façon optimale les chronométres et les tableaux d’affichage.

Un nouveau revêtement de piste a été conçu par la société italienne Mondo. Ses caractéristiques permettraient aux athlètes de ne plus utiliser de crampons. Elle comporte deux couches distinctes et un « effet coussin ». La piste est en caoutchouc synthétique, de couleur rouge. Elle avait été testée l’année dernière par la spécialiste du demi-fond Hannah England.

Oscar Pistorius, le « Blade Runner » des circuits

Alors que le Sud-Africain de 25 ans, Oscar Pistorious, s’apprête à concourir pour le 400 m au même titre que les « athlètes valides », les prothèses en carbone font débat. À la pointe des innovations technologiques, ses jambes de substitution pour celui qui s’est fait amputer à l’âge de 11 mois, ne constituent-elles pas un avantage par rapport aux autres ? C’est ce qu’avait conclu une enquête lancée en 2008 et menée par le Pr Brüggemann, prétendant que les prothèses conféraient un avantage certain.

En 2008, Oscar Pistorious faisait appel. Plus tard, le tribunal statuait finalement en sa faveur affirmant qu’il n’était pas possible de prouver qu’il détenait un avantage.

Nike ultra-présent. Cette année, Nike a fait le Buzz pour plusieurs raisons. Sans s’associer aux JO comme Adidas a pu le faire en investissant 100 millions d’euros de son capital, la marque serait grâce à ses publicités mettant en scène des athlètes anglais, la marque qui revient le plus dans l’esprit des gens. Loin devant les véritables sponsors !

Et puis il y a eu l’histoire des faux équipements Nike de l’équipe Olympique égyptienne. Le nageur Khallaf Yomna s’était plaint sur Twitter que son sac porte le logo Nike mais que le zip soit Adidas. Soupçon répandu à la vitesse de la lumière sur internet, confirmé par la suite par le président du Comité national olympique égyptien.

Enfin, le week-end de l’ouverture des jeux, la marque a inauguré sa toute dernière innovation, la Flyknit Racer. Fabriquée à partir d’une méthode à base de tricot, la chaussure offrirait un confort suprême. Très légère, elle est considérée comme la seconde peau du pied. Ce n’est donc pas un hasard si la Fédération américaine d’athlétisme l’a directement adoptée.

Ci-dessus : la Flyknit Racer, de Nike

 

Par Sébastien Tribot

Sources :

Découvrez les bases documentaires :

Surprenant gallium

Le gallium est un élément chimique de la famille des métaux pauvres, de symbole Ga et de numéro atomique 31 dans la classification périodique des éléments de Dmitri Mendeleïev. Le groupe des métaux pauvres (bloc p de la table périodique), comprenant aussi l’aluminium, le plomb, l’indium, l’étain, le thallium, le bismuth et le récent flérovium, se caractérise par une température de fusion et d’ébullition inférieures à celles des métaux de transition, ainsi que par une électronégativité plus élevée.

Découvert en 1875 par un Français, le chimiste Paul-Émile Lecoq de Boisbaudran, il tirerait son nom de « gallus » (« coq » en latin) bien que Lecoq de Boisbaudran ait assuré avoir baptisé l’élément ainsi en l’honneur de la France (« Gallia », la Gaule). A l’état pur, le gallium a une belle couleur couleur argentée, et est relativement cassant.

C’est la faible température de fusion du gallium qui nous intéresse ici : à 29,76 degrés Celsius, le gallium peut fondre dans la main sans trop attendre. Il est néanmoins légèrement irritant pour la peau et les muqueuses, bien qu’il ne présente qu’une toxicité réduite et que peu d’études aient été réalisées à ce sujet.

Ici, quelques morceaux de gallium fondent – très doucement – dans la main.

Cuillère de gallium pur

Conséquence de la température de fusion peu élevée du gallium : un objet composé de gallium pur sera solide en dessous de la température de fusion, mais fondra plus ou moins rapidement lorsque l’on dépasse cette température. Ici, une cuillère composée de gallium pur à 99,998 %, fond en moins de temps qu’il ne faut pour le dire dans un verre d’eau chaude, créant une petite flaque de gallium liquide au fond de celui-ci.

Il est assez aisé de récupérer le gallium liquide pour reconstituer l’ustensile, à condition d’avoir bien entendu un moule approprié. Une fois la température du gallium redescendue en dessous de son point de fusion, la cuillère sera de nouveau solide.

Expérience du « cœur qui bat »

Tout comme le mercure, le gallium se trouve au centre d’une expérience baptisée « expérience du cœur qui bat ». Dans une boîte de Pétri, recouvrir du gallium liquide par de l’acide sulfurique. Lorsque l’on y ajoute une petite quantité d’un oxydant, tel que du bichromate de potassium ou du permanganate de potassium, la réaction ne se fait pas attendre : le « cœur » du gallium se met alors à battre. Cette réaction est due a la tension de surface, instable et changeante, du composé chimique, qui se « tend » et « se détend ».

L’aluminium et le gallium, frères ennemis ? 

Au vu de la vidéo qui suit, c’est le moins que l’on puisse dire. Comme le gallium, l’aluminium est un métal pauvre malléable et de couleur argentée, de numéro atomique 13. C’est le troisième élément le plus abondant sur Terre, ainsi que le métal le plus abondant de l’écorce terrestre, bien qu’en raison de sa très grande réactivité, on ne le trouve pratiquement que sous forme combinée avec d’autres minéraux, notamment la bauxite, principal minerai permettant sa production.

Son abondance n’est pas la seule et unique raison de sa très grande utilisation industrielle : malgré son caractère très oxydable, l’aluminium sait se protéger très efficacement contre la corrosion. En effet, la vitesse d’oxydation de l’aluminium est sensiblement ralentie par une fine couche d’oxyde d’alumine (Al2O3 ), de quelques micromètres d’épaisseur et imperméable, protégeant le métal contre la corrosion. Cette protection cinétique, appelée passivation de l’aluminium, explique que l’aluminium soit utilisé dans les domaines de l’aéronautique, de la construction, ainsi que dans l’alimentaire.
Les canettes de soda, notamment, sont composées d’aluminium, et le gallium représente un grain de sable dans cette mécanique bien huilée de la passivation.

Et pour cause : le gallium entrave la formation de la fine couche d’alumine censée protéger l’aluminium, rendant le métal très sensible a la corrosion. L’oxydation rend alors la canette… étonnamment fragile.

Par Rahman Moonzur

Nanotechnologies et nanomatériaux pour la construction – Bâtiment et milieu urbain

Un monde aussi traditionnel que le bâtiment et le génie civil – le « BTP » pour faire court – peut-il être un terreau fertile pour l’accueil d’innovations faisant appel à la maîtrise de la matière aux échelles de longueur approchant celles de l’atome et des molécules ? Il n’y a pas si longtemps la question aurait paru saugrenue, tant le désir de traditionnel et de perpétuation des savoir-faire était au cœur des préoccupations, en particulier dans le monde du bâtiment. Le seul moteur du changement était pour le particulier le désir d’un confort supérieur et, pour le monde industriel, la marche vers plus de rationalité, d’efficacité et de profit.

Les choses ont changé, même si les motivations qui viennent d’être évoquées restent d’actualité. Les soucis d’efficacité énergétique, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’économie des ressources naturelles, de durabilité et de recyclabilité, de maintien de la biodiversité, de sécurité aussi ont désormais pris le pas sur les précédents ou, tout au moins, les complètent. Ceci ouvre des perspectives nouvelles pour les innovations. Il reste malgré tout deux spécificités du monde de la construction à laquelle les nanotechnologies doivent s’adapter.

La première est l’échelle – en volume, tonnage, nombre de pièces – à laquelle ces technologies doivent pouvoir diffuser. Aucun autre domaine de l’activité humaine ne rivalise sur ce point avec la construction.

La seconde spécificité, qui découle en réalité de la première, est ce que l’on pourrait appeler la rusticité ou, plus exactement, la robustesse impérative de leur mise en œuvre. Une technologie n’a de chances de se répandre dans le monde de la construction que si elle est compatible avec une mise en œuvre relativement simple et si possible tolérante (robuste) vis-à-vis des écarts de procédure.

Le monde de la « construction » recouvre en réalité plusieurs domaines assez distincts sur le plan technique. Le premier est celui du bâtiment, c’est-à-dire essentiellement de l’habitat – individuel ou collectif – et des bâtiments du tertiaire. Le deuxième recouvre les grandes infrastructures de ce que l’on appelle habituellement le génie civil. C’est le monde des « ouvrages d’art » : ponts, tunnels, viaducs, barrages… Le troisième est celui de la route, qui possède lui aussi ses spécificités. Ce premier dossier traite du bâtiment en se concentrant sur les matériaux d’enveloppe et, plus particulièrement, sur les fonctionnalités que les nanotechnologies leur apportent grâce, le plus souvent, à l’ingénierie de leur porosité et de leurs propriétés de surface.

En savoir plus

News Environnement : juillet 2012

Victoire juridique pour l’EPA qui valide sa position dans la régulation des Gaz à Effet de Serre

« C’est ainsi que fonctionne la science. L’EPA n’a pas à redémontrer l’existence de l’atome chaque fois qu’elle aborde une question scientifique ». Ce court extrait de l’arrêt rendu le 26 juin dernier reflète la vigueur et l’unanimité du sentiment qui a animé les trois juges de la cour fédérale d’appel du District de Columbia pour débouter les plaignants contre les récentes décisions de l’Environmental Protection Agency.

Pourtant, pour un peu, cet arrêt en faveur de l’EPA serait passé inaperçu. Il a en effet été noyé par le déferlement médiatique entourant la décision de la Cour Suprême au sujet de la réforme du système de santé, qui a vu l’administration Obama remporter une victoire éclatante. Mais le verdict qui valide les méthodes de l’EPA est important, lui aussi, puisqu’il légitime la stratégie adoptée par l’administration en matière de lutte contre le changement climatique : si le législateur ne s’empare pas du dossier, les gaz à effet de serre (GES) seront traités par voie réglementaire…

Dans son arrêt, la cour d’appel statue, à l’unanimité des trois juges, que les gaz à effet de serre menacent la santé humaine, validant l’ « endangerment finding » de l’EPA, une décision-clé issue du verdict rendu par la Cour Suprême en 2007, lequel enjoignait l’agence de statuer sur la dangerosité des GES pour « la Santé et le bien-être humains », ce qu’elle fit de manière positive en 2009.

La cour reconnaît donc la légitimité de l’EPA à réglementer les émissions de GES. Ce faisant, elle valide les dispositions de l’EPA sur les émissions industrielles en général, sur les centrales de production d’énergie et sur les émissions des véhicules. Ces dispositions avaient été attaquées par des groupes de pression (U.S. Chamber of Commerce, the National Mining Association, the National Association of Manufacturers, etc.) et par des Etats fédérés (dont le Texas et la Virginie). La cour indique dans son arrêt que les réglementations de l’EPA ne sont « ni arbitraires ni capricieuses », et que l’interprétation du Clean Air Act par l’EPA est « correcte et sans ambiguïté ». Cette décision constitue une victoire pour les ONG de protection de l’environnement et pour l’administration Obama, et renforce le corpus juridique de la règlementation des gaz à effet de serre.

Globalement, elle n’est cependant pas révolutionnaire, puisqu’elle aménage d’amples marges de manoeuvre pour les industriels. Elle aura néanmoins des conséquences pour le secteur de la production d’énergie et pour celui des constructeurs automobiles à moyen terme. En effet, les règles de l’EPA ne concernent pour l’heure que les nouvelles installations fixes, émettant plus de 100.000 tonnes de CO2 par an, et accordent aux centrales à charbon 10 ans pour se doter d’un système de séquestration du carbone (Carbon Capture and Storage ou CCS. Mais au vu du surcoût qu’engendre le CCS dans les conditions économiques du moment, ce texte revient concrètement à interdire la construction de nouvelles centrales à charbon sans CCS.

L’arrêt impactera également le secteur automobile : l’administration Obama avait proposé en 2011 un doublement des objectifs globaux de consommation des véhicules pour 2025 (normes dites « Corporate Average Fuel Economy », ou CAFE). Ce doublement requiert que la flotte mise sur le marché par un constructeur atteigne une efficacité de 54.5 miles/gallon (4.3L/100kms) en 2025, soit une amélioration de 5% par an. Actuellement, les normes sont de 27 miles/gallon (8.6 L/100kms) et passeront à 35.2 miles/gallon (6.7 L/100kms) en 2016. Ces performances permettraient d’économiser 12 milliards de barils de pétrole et de réduire les émissions de GES de 6 milliards de tonnes entre 2017 et 2025, soit environ 10% des émissions américaines sur la base de 2005.

L’arrêt de la cour d’Appel constitue indéniablement une victoire à court terme, pour l’administration comme pour les ONG environnementales, en légitimant l’action de l’EPA. Mais il convient de ne pas oublier que sa portée pratique reste modeste : en termes de réduction des émissions des GES des sources fixes, seule la réglementation des installations existantes aurait un véritable impact. Par ailleurs, la Chambre des Représentants (où le mouvement Tea Party est très présent) et le Sénat (malgré sa majorité démocrate), voient les pouvoirs de l’EPA d’un mauvais oeil. Le camp républicain est loin d’en avoir fini dans sa bataille contre l’EPA, qui vise à rogner à l’agence son pouvoir réglementaire.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70675.htm

Conversion des mouvements en électricité

Une nouvelle nanotechnologie développée par une équipe de recherche du département de sciences des matériaux et ingénierie de l’Université Nationale Tsing Hua (NTHU) permet de générer de l’électricité en stockant l’énergie créée par le mouvement.

L’équipe a réussi à développer des nanogénérateurs, à base de nanofils de nitrure de gallium, capables de récupérer l’énergie cinétique du mouvement en la stockant sous forme d’énergie électrique, par effet de piézoélectricité.

Pour le moment, ces nanogénérateurs ont été utilisés pour alimenter de petites diodes électroluminescentes (LED). A terme, cette technologie pourrait être utilisée dans la confection de nouveaux textiles intelligents.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70686.htm

Publication du rapport « Les Bioénergies au Japon : politiques publiques et R&D »

En 1997, en signant le protocole de Kyoto, le Japon s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 6% pour 1998. Depuis cette date, cet engagement pour l’environnement n’a jamais faibli. Au contraire il a été renforcé par les décisions prises par le gouvernement à la suite des événements tragiques qui ont frappé le Nord-Est du pays en mars 2011.

Il s’est concrétisé par la volonté, affichée par le Cabinet du premier ministre, de développer les différentes filières des énergies renouvelables, notamment en promouvant la construction de centrales géothermiques, en mettant en place des tarifs avantageux de rachats d’électricité verte, etc. Le développement de la filière « bioénergies » répond parfaitement à cette volonté, en ceci qu’elle permet la production à la fois d’électricité et de combustible liquide ou gazeux.

Les matières premières de ces bioénergies recouvrent une vaste gamme, allant des ordures ménagères aux copeaux de bois en passant par la paille de riz. Leur avantage principal réside dans le fait qu’elles dégagent le dioxyde de carbone qu’elles ont emmagasiné lors de leur croissance. De ce fait, leur bilan carbone est considéré comme neutre.

L’engagement pris par le Japon se matérialise sous la forme de nombreux projets de recherche menés soit par des instituts de recherche nationaux, soit au sein des universités. Mais cette volonté ne s’arrête pas à la porte des laboratoires. Elle mobilise les collectivités locales via le label de « biomass-town » qui est attribué aux villes s’engageant à développer la filière biomasse et à impliquer les citoyens dans cette dynamique. Les sociétés privées participent à ces actions en créant des pôles manufacturiers expérimentaux de biocarburants ou en incorporant des technologies utilisant les bioénergies dans leur fonctionnement quotidien. A travers tout l’archipel de nombreuses initiatives naissent et sont supportées par le gouvernement, ce dernier ayant voté le 26 août 2011 une loi visant à promouvoir l’usage des énergies renouvelables, et parmi elles, des bioénergies.

Cet engagement apparaît crucial et déterminant pour l’avenir du Japon à la lumière des événements récents survenus à la centrale de Fukushima Daiichi. C’est à la suite du 11 mars 2011 que les importations de carburants fossiles et de gaz naturel ont crû de manière significative, augmentant ainsi l’empreinte carbone du pays. De plus le Japon est particulièrement sensible à la fluctuation des prix des énergies fossiles en raison de l’absence quasi-totale de ressources pétrolières et de gaz naturel sur son territoire.

Prenant en compte le risque sismique élevé, ces facteurs ont poussé le gouvernement à réévaluer sa politique énergétique et plus globalement l’importance donnée au nucléaire. La volonté du Japon de développer la filière « bioénergies » est à rapprocher des initiatives prises par la France dans ce domaine : des recherches complémentaires existent dans les laboratoires hexagonaux.

Ce document a pour objectif de présenter clairement les initiatives gouvernementales, locales et privées dans le domaine des bioénergies ainsi que l’état de la recherche sur les biocarburants au Japon.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70616.htm

News Informatique : juillet 2012

Gestion de crise : le prototype Descartes couvre l’ensemble du spectre

Le 16 février dernier, dans les murs de Thales Research & Technology, à Palaiseau, non loin de Paris, s’est déroulée la démonstration finale d’un système de gestion de crise baptisé Descartes. Fruit de 42 mois de travail des équipes du groupe Thales (Thales Services, Thales Research & Technology, Thales Communication and Security), du CEA (CEA-DAM, CEA-LIST) et de trois PME (Géo 212, Géoconcept, Masa Group), réalisés dans le cadre d’un projet, piloté par Thales, labellisé par le pôle de compétitivité Systematic Paris Région et financé en partie par le Fonds Universel Interministériel (FUI), ce prototype unique en son genre, puisqu’il couvre tout le spectre de la gestion de crise, a donc démontré ses potentialités tout à fait exceptionnelles à l’occasion d’un scénario de crise particulièrement difficile. Précisons que tout au long du développement de ce projet, le suivi technique a été assuré par la Direction Générale de l’Armement et plus particulièrement par son établissement de Rennes.

Préfet, sapeurs pompiers, force de l’ordre, service de santé, tous avaient répondu évidemment présent pour cette démonstration finale qui faisait suite à un exercice d’évaluation effectué le 18 janvier dernier. La salle où elle s’est déroulée avait été organisée en un centre opérationnel zonal, un centre opérationnel des forces de l’ordre (police et gendarmerie) et un centre opérationnel des sapeurs-pompiers. Le scénario retenu était le suivant : trois attentats à l’explosif venaient de toucher les transports en commun dans Paris. Un attentat supplémentaire s’était produit sur un des sites déjà touchés, attentat au cours duquel des substances radiologiques et chimiques avaient été utilisées. Il s’agissait donc d’une crise majeure en plein Paris pour laquelle le prototype de commandement et de contrôle issu du projet Descartes allait devoir coordonner tous les acteurs en présence.

Un ensemble de 6 fonctions principales à disposition de l’opérateur

Dès la réception de l’alerte qu’un attentat venait d’être commis, la fonction « contexte » a permis a l’opérateur de créer une situation, l’objectif étant d’y stocker toutes les informations remontant et à venir concernant l’événement. « C’est en fait un conteneur », précise-t-on chez Thales. Grâce à la fonction « observation-main courante », une référence événementielle a pu être aussitôt créée, afin d’y saisir toutes les informations et les décisions reliées à l’événement via un code couleur. « Une information saisie ne peut plus être modifiée. Aussi peut-elle servir de référence judiciaire par la suite, ce qui constitue une innovation spécifique du système », souligne l’un des responsables du projet. La fonction « Renseignement-SITAC », elle, a permis de matérialiser la situation sur une carte et d’assurer ainsi le suivi à l’aide de tableaux du nombre des victimes et des moyens d’intervention engagés sur place. « Les déplacements des véhicules géo-localisés, à l’aide du système d’information géographique (SIG) intégré à la plateforme, peuvent ainsi être suivi en temps réel de même que les flux vidéo de toutes les caméras connectées au système ».

Parallèlement, la fonction « Opération » a permis la création d’ordres d’engagement des secours, sachant que l’opérateur peut les créer selon quatre modes (en manuel, à partir d’un plan existant, à partir d’un ordre préparé par la cellule d’anticipation, à partir du module d’ordonnancement). Disposant d’une autre fonction dite d' »Anticipation », les forces en présence ont pu envisager les évolutions possibles de la situation et préparer des réactions à ces différentes évolutions. « Ainsi l’opérateur a pu présenter simultanément à l’écran les différentes solutions avec leurs avantages et leurs inconvénients afin de fournir toutes les informations nécessaires au décideur final », indique-t-on chez Thales. Enfin, grâce à la fonction « Collaboration », la gestion de l’ensemble des messages entrants et sortants du centre d’opération a pu être assurée.

Une palette d’outils de simulation développés dans le cadre de Descartes

Ajoutons que pendant toute la durée de cette démonstration, les représentants des pouvoirs publics et les différents décideurs ont eu à leur disposition d’autres systèmes, modules et outils d’aide à la décision, intégrés à la plateforme via le Bus SOA (Service Oriented Architecture), qui leur ont permis d’évaluer le contexte de la crise et ses évolutions en temps réel. Plus généralement, dans le cadre de ce projet Descartes, une palette d’outils de simulation a également été développé. Ainsi le CEA-DAM a conçu un outil de modélisation de la progression spatio-temporelle des panaches de gaz toxiques, grâce auquel il est permis d’évaluer en milieu urbain les effets sanitaires sur la population de panache toxique et de déterminer les zones de danger compte tenu du bâti urbain et du réseau des rues. De son côté, le CEA-LIST a mis au point un outils de formation utilisant la réalité virtuelle. Au moyen d’un casque de vision et d’un dispositif de capture de mouvement, celui-ci permet de simuler en 3D une intervention sur le site d’un événement. Pour sa part, MASA Group a développé un outil de simulation du comportement des acteurs et des foules, intégré à la plateforme de Thales. Enfin, Thales Training & Simulation a conçu un outil de simulation 3D grâce auquel il est possible de visualiser une zone et de s’y déplacer de manière immersive afin de se familiariser avec les lieux, de planifier le cheminement des équipes d’intervention ou de décider de l’implantation d’un poste de commandement.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70162.htm

 

Une clé de cryptage palpitante

Une équipe du département de génie électrique de l’Université Nationale Chung Hsing vient de démontrer que les battements cardiaques d’une personne pouvaient être utilisés pour le cryptage et le décryptage de données.

Nos battements de coeur suivent un modèle irrégulier qui ne se répète jamais tout à fait et qui est unique à chacun d’entre nous. L’équipe de recherche a donc développé un algorithme, basé sur la théorie du chaos, permettant de générer des clés de cryptage au caractère aléatoire de très grande qualité à partir d’un électrocardiogramme.

Ceci laisse entrevoir le développement d’appareils qui par le simple toucher pourraient crypter et décrypter des informations personnelles

 

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70689.htm

 

A propos d’ordinateurs quantiques

Mike Thewalt, physicien à l’Université Simon Fraser de Vancouver (Colombie-Britannique), ainsi que des collègues européens, viennent de montrer comment une forme spéciale de silicium pourrait constituer une brique de base dans le concept encore flou d’informatique quantique.

L’ordinateur quantique est une machine futuriste qui pourrait fonctionner à des vitesses très au-delà des superordinateurs actuels les plus rapides du monde, en exploitant la capacité des atomes et des particules subatomiques (ions, photons, électrons) à effectuer des tâches de mémoire et de traitement. Seul ce nouveau silicium hautement enrichi et purifié permet ces processus atomiques, dont les scientifiques pensent que l’apparition et l’observation nécessitent l’utilisation de vide quasi-parfait dans un environnement à l’état solide.

En utilisant ce « 28Silicon », les scientifiques ont étendu de 3 minutes (à l’origine quelques secondes) la durée pendant laquelle ils ont pu manipuler, observer et mesurer un état cohérent ou quantique. « C’est de loin un record dans des systèmes à l’état solide », dit Thewalt. « Si vous aviez posé la question il y a quelques années sur la faisabilité de cette expérience, les gens vous auraient répondu non. Cela ouvre de nouvelles voies pour l’utilisation de semi-conducteurs tels que le silicium en tant que base de l’informatique quantique ».

Le chemin est encore long vers l’informatique quantique, qui remet en cause tout ce que nous avons appris avec les ordinateurs actuels. Alors que ces derniers traitent des unités fondamentales d’information appelés « bits », et qui peuvent prendre une valeur de « 0 » ou « 1 », les ordinateurs quantiques utiliseraient des « bits quantiques » (aussi appelés « qubits »), qui pourraient valoir « 0 » ou « 1 » en même temps. Etre capable de mettre en oeuvre un tel ordinateur avec suffisamment de « qubits » permettrait de réaliser des calculs en quelques minutes, là où il faudrait des années à des supercalculateurs actuels, et peut-être même des millions d’années à nos ordinateurs de bureau.

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70649.htm

Les trois-quarts de la population mondiale ont accès au téléphone mobile

Dans quelques années, il y aura plus d’abonnements téléphoniques que d’humains ! La téléphonie mobile est partout et son avenir, florissant.

Situation ironique quand on sait que ce succès n’est pas dû au besoin de communiquer entre personnes, mais aux multiples applications pratiques permises par cette technologie. D’après le rapport « Maximizing Mobile » publié le 17 juillet 2012, si les déficiences de la téléphonie fixe ont boosté le marché du mobile, ce sont principalement les applications qui ont séduit les consommateurs.

Pour Rachel Kyte, vice-présidente de la Banque Mondiale, « le téléphone mobile offre de formidables opportunités pour améliorer le développement humain et économique, fournissant un accès basique aux informations en matière de santé, permettant de régler en espèces ou encore favorisant la création d’emplois ».

Ainsi, parmi les 30 milliards d’applications téléchargées en 2011, celles permettant de payer avec son mobile ont rencontré un franc succès comme par exemple le système de paiement dématérialisé, M-PESA, développé au Kenya pour favoriser l’envoi de devises à des tarifs raisonnables. Toujours pour gagner de l’argent, une application permet aux agriculteurs d’être informés en temps réel des cours des marchés, une autre d’informer sur les conditions climatiques très localement (humidité, température…). Au Niger, les revenus des agriculteurs et des négociants en céréales ont ainsi progressé de 30 %, de 34 % pour les planteurs de banane en Ouganda.

Pour les auteurs du rapport, il n’y a aucun doute : la téléphonie mobile va continuer à progresser, grâce notamment à la chute du prix des appareils et les progrès en termes de qualité de réseau.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Alcatel-Lucent renforce sa position sur le marché chinois de la téléphonie mobile

China Telecom, via son programme Broadband China, tente de faire face à la demande toujours croissante en vidéos et en données en basculant vers le tout IP (Internet protocol). En effet, avec l’amélioration de la connectivité à travers le pays et l’utilisation croissante des smartphones, tablettes et autres terminaux mobiles, la demande en communications vidéo et services Internet bondit de 40 % chaque année. 

Prévu pour distribuer des services tels que la vidéo à la demande ou la télévision sur IP (IPTV) à des millions de foyers chinois, le déploiement FTTH (fiber-to-the-home, fibre jusqu’au domicile) à grande échelle de China Telecom génèrera des besoins de capacité encore plus importants sur son réseau. C’est là qu’Alcatel-Lucent intervient.

« Notre technologie IP/MPLS innovante fera partie intégrante de l’extension du réseau de China Telecom et permettra de fournir un accès haut débit à des millions de personnes en Chine », se félicite Ben Verwaayen, directeur général d’Alcatel-Lucent. Objectif : fournir des connexions FTTH à 35 millions de familles supplémentaires, des vitesses d’au moins 4 Mbits/s à 50 % des clients haut débit, et un accès haut débit fixe à 20 millions de nouveaux foyers, le tout avant la fin de l’année ! A terme, 800 millions de personnes, dont 200 millions en zones rurales, seront connectées en 2015.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

La réalité virtuelle au service de la formation : un outil prometteur

Au sein du Département Intelligence Ambiante et Systèmes Interactifs (DIASI) du CEA/LIST, les chercheurs du Laboratoire de Simulation Interactive (LSI) développent des travaux autour de la simulation. Autrement dit, ils reproduisent des phénomènes physiques de manière interactive, l’objectif étant de permettre à un opérateur humain non seulement de visualiser ces phénomènes mais de pouvoir interagir avec eux. Aussi la simulation interactive présente-t-elle un grand intérêt dans le domaine de la réalité virtuelle. C’est ainsi que dans le cadre du projet Descartes, piloté par Thales, labellisé par le pôle de compétitivité Systematic Paris Région et financé en partie par le Fonds Unique Interministériel (FUI), un projet d’une durée de 42 mois qui vient de s’achever, les chercheurs du LSI ont développé, en collaboration avec les pompiers du centre CEA de Fontenay-aux-Roses, un outil qui permet à celui qui l’utilise d’être en immersion dans une rame de RER accidentée, et de s’y déplacer à la lueur de la lampe frontale fixée sur son casque afin d’effectuer une reconnaissance. Outil idéal pour la formation des pompiers, un système similaire pourrait à terme séduire également d’autres secteurs, et en particulier l’Education nationale.

« Imaginez que l’on simule un écoulement de fluide. On souhaitera alors pouvoir y plonger une main afin d’observer comment celle-ci perturbe cet écoulement », déclare Philippe Gravez, chercheur au sein du Laboratoire de Simulation Interactive du CEA/LIST. Eh bien, l’exercice auquel se sont livrés les chercheurs du CEA dans le cadre du projet Descartes, c’est un peu la même chose, à la seule différence que là, c’est un être humain, en l’occurrence un pompier, qui a été immergé dans un environnement virtuel, à savoir l’intérieur d’une rame de RER qui vient d’être l’objet d’un attentat. Un observateur extérieur verra ce pompier, dans une pièce, équipé de capteurs grâce auxquels le système informatique va être capable de suivre tous ses mouvements. « Ce vrai pompier et les mouvements qu’il effectue servent à animer un pompier virtuel, l’avatar du premier, qui, lui, se déplace dans un environnement virtuel en prenant en compte toutes les contraintes de ce dernier », explique le chercheur du CEA. Autrement dit, pas question pour le pompier de ne pas tenir compte des obstacles, comme la paroi de la rame du RER ou encore les sièges qui s’y trouvent. Ainsi, chaque fois qu’il se produit un contact entre le pompier virtuel et un élément de son environnement, il doit être aussitôt géré, ce qui n’est pas sans difficulté quand on sait qu’un modèle de rame de RER représente des centaines de milliers de polygones. « Il faut donc disposer d’algorithmes suffisamment rapides et d’une puissance de calcul importante pour détecter tous les contacts entre les polygones qui représentent l’humain virtuel et ceux qui représentent la rame dans laquelle il se déplace », précise-t-il.

Notre pompier réel est également équipé d’un casque de vision doté de deux petits écrans qui lui permettent de voir ce que verrait son avatar s’il était projeté dans cet environnement virtuel, les mouvements de ce casque étant traqués par rapport à la scène virtuelle. « Le casque est parfaitement adapté à la situation. En effet, il n’est pas trop lourd. Par ailleurs, les pompiers sont habitués à en porter un. Quant au champ de vision limité qu’il offre, ce n’est pas un problème puisque le pompier ne voit l’environnement que dans le faisceau de sa lampe frontale », indique Philippe Gravez. Ainsi équipé, celui-ci perçoit donc l’environnement virtuel et voit les contacts de ses mains. Grâce à cette vision 3D, il est par conséquent capable d’estimer les distances et de prévoir les contacts. Qui plus est, il ressent ces derniers, des vibreurs ayant été installés dans ses mains. Et que celui-ci vienne à ne pas tenir compte de cet avertissement sensoriel, de toute façon son avatar ne passera jamais à travers les obstacles et ne suivra pas alors tout à fait la progression du pompier.

Fruit d’un véritable partenariat entre les chercheurs du LSI et les pompiers du CEA – « dans ces domaines très appliqués, il n’y a pas de bons résultats sans partenariat fort « , tient à souligner Philippe Gravez – ce projet désormais achevé devrait connaître une suite. Aujourd’hui, les chercheurs s’orientent dans deux directions. La première a pour objectif de trouver une entreprise prête à investir dans le développement de ce produit. D’ores et déjà des discussions sont en cours avec certains partenaires. La seconde part du constat que le rendu des contacts à l’aide de vibrations n’est pas pleinement satisfaisant. D’où l’idée de faire appel à une autre technologie, la réalité augmentée qui, même si le concept sur lequel elle repose est connu depuis déjà longtemps, a enregistré quelques avancées notoires au cours de ces dernières années. « L’idée de la réalité augmentée c’est de pouvoir ajouter des objets virtuels dans un environnement réel », précise le chercheur du LSI. L’objectif de ces chercheurs serait alors d’utiliser une vraie rame de RER, voire une maquette réelle, et d’y recréer certaines conditions, par exemple une fumée virtuelle, un feu virtuel, des bruits virtuels, autrement dit combiner une situation totalement virtuelle à une rame bien réelle. « Le pompier aura alors de vrais contacts avec la rame. En revanche, si un siège brûle à l’intérieur, ce sera virtuel. Or dans ce cas, il semblerait que le potentiel pour un pompier soit beaucoup plus important », observe le chercheur du CEA qui indique que ce type d’applications fait déjà l’objet de travaux mais cette fois-ci pas pour les pompiers.

La réalité virtuelle dans l’Education nationale : bientôt une réalité ?

Car si ce type d’applications pourrait permettre aux pompiers d’appréhender des situations exceptionnelles auxquelles il leur est difficile d’être confronté hormis dans le cadre d’interventions sur le terrain, elle intéresse aussi de vastes secteurs comme l’Education nationale. Des appels d’offres sont en cours dans le cadre des Investissements d’Avenir, ceux-ci visant à développer des outils numériques pour les classes. « Les élèves pourraient alors laisser libre cours à leur imagination puisqu’ils se trouveraient plonger dans un univers virtuel », estime Philippe Gravez. Ce serait pour eux la possibilité de travailler à des échelles qui ne sont pas toutes accessibles, comme celle de l’Univers ou encore celle de l’atome et du monde quantique, mais aussi de manipuler des bâtiments complets dans le cadre de formations aux métiers de ce secteur. « Nous avons d’ores et déjà rencontré des équipes d’enseignants très enthousiastes pour développer ce genre d’outils du futur ». Les chercheurs du LSI sont allés jusqu’à proposer un projet, en collaboration avec les fameux Compagnons du Devoir, visant à développer une formation pour les tailleurs de pierre, « avec la possibilité de pouvoir tester son geste en fonction des propriétés du matériau choisi. Cette démarche présente un intérêt pédagogique considérable puisqu’elle permet un lien fort entre le cours théorique et la partie pratique ». Preuve que l’aventure ne fait que commencer tant les applications potentielles sont immenses.

(Source : Bulletins Electroniques)

 

Pour aller plus loin :

Découvrez la base documentaire Techniques de l’Ingénieur :

 

Participez à la formation Techniques de l’Ingénieur :

L’éthique du capitalisme

L’auteur (professeur de philosophie) soutient que, selon l’ethos, la doctrine et la morale du capitalisme, l’homme cesse d’être un « être naturel », en raison du progrès technique, et un « animal politique »,  sous l’effet de l’économie de marché,  justifiant ainsi l’aphorisme de Saint Simon : « du gouvernement des hommes à l’administration des choses ».

Cet état de « non nature et de liberté indéterminée » a libéré ses aspirations (la « grande libération », selon Nietzsche), mais a aussi révélé les contradictions de l’homme moderne, partagé entre sa condition de consommateur et de producteur, de citoyen et de contribuable, d’hédoniste et de pécheur…

Pour « repenser la vertu » – au sens d’Aristote – il doit servir l’enjeu écologique, reconstruire son identité et la fondre dans la conscience culturelle collective. L’homme d’aujourd’hui n’a pas de règles absolues à suivre, mais reste soumis à l’exigence de rechercher une harmonie psychique selon un nouveau modèle d’homme vertueux. Un ouvrage exigeant qui fait appel aux plus grands philosophes (avec une référence dominante à Nietzsche et à Foucault) pour tenter de résoudre les dilemmes de l’homme moderne.

 

L’ETHIQUE DU CAPITALISME, La question de la vertu à l’ère du libéralisme

Jean-Christophe Torres

Edition L’Harmattan, 2011, 279 pages.

 

Jean-Jacques Pluchart

Jean-Jacques Pluchart est professeur des Universités en sciences de gestion et responsable du Master GMDE (Gestion et Méthode de Décision d’Entreprise) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est co-auteur de nombreux ouvrages d’économie et de gestion dont Master stratégie (Eska,2009), Euro-gouvernance et euro-management (Eska, 2010), Le management durable de l’entreprise (SEFI, 2011), Repenser la planète finance (Eyrolles, 2009) et La confiance en gestion (de Boeck, 2011).

Aux Techniques de l’Ingénieur, il est l’auteur de la base documentaire Management stratégique et gouvernance d’entreprise  :

Un projet espagnol pour réduire le bruit des éoliennes

L’objectif de ce travail est de chercher la relation entre le fond sonore qu’émettent les aérogénérateurs et les variables météorologiques d’un lieu caractéristique. Il est question ensuite de quantifier cette corrélation du bruit de fond moyen à court terme avec les répercutions à long terme. La nouveauté de l’étude réside dans l’apport de données représentatives récoltées par des mesures sur site et les prévisions de bruits. Ceci peut aider de manière efficace l’industrie de l’éolien au moment d’ajuster la puissance des parcs en projet face à l’impact sonore qui sera produit.

L’impact acoustique des éoliennes est une question qui a pris de l’importance depuis le développement de l’éolien marin. Les éoliennes offshore sont plus grandes et plus puissantes que leurs équivalents terrestres et le bruit des moteurs perturbe le comportement de quelques espèces. Dans l’industrie éolienne terrestre, des associations réclament l’éloignement des aérogénérateurs des populations à cause du bruit que font les pales.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70592.htm)

 

A lire aussi :

Des dents de scie pour réduire le bruit des éoliennes

Un téléphone Facebook d’ici 2013

Déjà en mai, le New York Times rapportait une possible sortie du nouveau smartphone. Plus récemment, Bloomberg donnait plus de détails en évoquant la collaboration avec HTC, partenaire industriel taïwanais choisi par Facebook pour produire le fameux téléphone. Cette association fait suite aux smartphones « ChaCha » et « Salsa » lancés en 2011.

Initialement prévu pour la fin de l’année, Mark Zuckerberg aurait choisi de laisser du temps à HTC pour concevoir d’autres produits et parfaire son système d’exploitation. Des développeurs de chez Apple ainsi que plusieurs ingénieurs de Palm et de Research In Motion (RIM), débauchés pour l’occasion, travailleraient dessus et sur l’amélioration de l’application. Cela pour pallier l’inexpérience de Facebook relative à la fabrication et la distribution de terminaux mobiles. À l’heure actuelle, Apple et Samsung seuls, occupent près de 90 % des bénéfices du marché lié aux mobiles.

Sur les 900 millions d’utilisateurs du réseau social, 500 s’en serviraient via leur mobile. Des statistiques impressionnantes mais cependant pas encore convertibles en chiffre d’affaires. Facebook avait déclaré ne tirer aucun revenu de cette audience mobile, ne parvenant pas à la monétiser. Depuis la mise en bourse, cette incapacité à monétiser l’audience mobile n’est évidemment pas du goût des investisseurs. L’arrivée du nouveau terminal est donc primordiale.

Quant à la vente de publicité, encore absente sur mobile, elle est toujours à l’étude. La société tire en effet l’essentiel de ses revenus de son site Internet, où jusqu’à dix pages peuvent être affichées. De nouveaux formats publicitaires intégrés aux applications sont déployés par Facebook, avec évidemment l’espoir d’une hausse du cours de l’action.

Par Sébastien Tribot, journaliste

 

« Made in France » rime-t-il avec compétitif ?

Lutter contre les délocalisations est devenu une priorité nationale, un ministère a même été créé exclusivement à cet effet. Pourtant, certaines entreprises arrivent à s’épanouir, à l’image de cette entreprise japonaise qui résiste encore et toujours aux sirènes de la délocalisation. Il s’agit d’AMADA, une filiale française du groupe japonais du même nom, spécialisée dans les machines-outils.

Mais que s’est-il passé dans la tête de ces japonais pour se positionner en France alors que tant d’autres mettent tout en œuvre pour délocaliser ? La réponse est plutôt flatteuse, puisque ce choix a été motivé à la fois par la situation géographique mais aussi par la formation des ingénieurs et ouvriers qualifiés français.  En effet, AMADA rassemble plus de 500 salariés sur sept sites dans l’Hexagone, dont trois (à Charleville-Mézières, Château-du-Loir et Auffay) dédiés à la production de haute technologie et spécialisés dans la conception et la production de machines-outils et d’outillage haut de gamme distribués dans toute l’Europe.

« Nous avons besoin d’un personnel hautement qualifié, ce qui est très difficile à trouver dans les pays low-cost », analyse Gilles Bajolet, Président du Conseil d’administration d’AMADA Europe. La qualité du made in France peut donc faire la différence pour des emplois très spécialisés.

L’autre avantage réside dans la situation géographique : jouxtant des pays limitrophes comme l’Allemagne, le Luxembourg ou la Belgique, cette proximité des sites avec les sous-traitants européens privilégie des coûts d’approvisionnement optimisés.

Et le coût de la main d’œuvre dans tout ça ? « Soyons francs. Le coût du travail en France est colossal. Quand un salarié reçoit 100 € net, cela nous coûte 200 €. Au Japon, cela coûte à l’entreprise 118 €. Cet écart nuit terriblement à la compétitivité économique. En ce qui nous concerne, le prix de revient d’une machine dépend à plus de 80 % de la matière, le restant est lié à la main d’œuvre. Dès lors, le coût exorbitant du travail en France garde un impact limité et ne remet pas encore en cause les autres atouts du territoire français », détaille Gilles Bajolet.

Petit bémol. Les réformes annoncées comme les taxes sur les dividendes risquent d’apeurer les actionnaires, et de les dissuader de continuer à investir en France. « Nous avons de grands projets en Europe, de telles réformes peuvent remettre en question certaines implantations et nous faire préférer d’autres pays européens », s’inquiète Gilles Bajolet.

Forte d’un chiffre d’affaires cumulé de 1,9 milliards d’euros, la société est pour l’instant satisfaite de son implantation en France et a notamment prévu d’investir 20 millions d’euros  jusqu’en 2014 sur le site de Charleville-Mézières.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les agrocomposites à l’honneur

Pour sa 5e édition, les Agrocomposites 2012 se dérouleront sur deux jours au lieu d’un, pour mieux recevoir les 300 visiteurs professionnels attendus. Parmi les nouveautés, un espace spécialement dédié à la création de partenariat, « Networking and Business Area », favorisera les échanges entre chefs d’entreprises et experts.

Au programme, des conférences dont l’intervention du Pr Akami NASAI de GIFU University, spécialiste japonais des agrocomposites, des tables rondes, des ateliers technologiques et des rencontres d’affaire. Le vendredi, deux visites sont prévues : l’une de l’entreprise MBK du groupe Yamaha, l’autre de centres techniques à Amiens.

Retrouvez le programme détaillé et les inscriptions en ligne dès le 1er septembre sur : www.agrocomposites-europe.com

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

De l’hydrogène solide pour les piles à combustible

L’Institut de Recherche en Technologies Industrielles taïwanais (ITRI) a dévoilé en juin 2012 une pile à combustible utilisant de l’hydrogène sous forme solide après cinq ans de recherche L’appareil, de la taille d’une canette de soda, contient seulement du borohydrate de sodium ( » hydrogène solide « ), de l’eau et un catalyseur et peut générer suffisamment de puissance pour alimenter un ordinateur portable par exemple ou bien des appareils à LED.

Une cartouche contenant du borohydrate de sodium est insérée dans un petit générateur d’environ un kilogramme et une réaction chimique à lieu, produisant de l’hydrogène.

La cartouche peut, selon l’équipe fournir une puissance de 20W et alimenter tout appareil muni de prise USB.

L’ITRI a déjà engagé une société taïwanaise pour commencer la production de masse de cette nouvelle technologie.

Les objectifs futurs de développement de ce nouveau produit sont l’augmentation de sa puissance à 40W, le but ultime étant de pouvoir l’appliquer un jour à l’industrie automobile.

Source : Bulletins électroniques

har-port : interface de service pour Ethernet et USB

Le design attractif de cette interface rend son utilisation possible en salle de réunion ou de conférence.

  • 1/10 Gigabit Ethernet ou USB 2.0 et 3.0 Type A.
  • Design pratique et compact
  • coupleur har-port RJ45 Catégorie 6 
  • coupleur har-port USB 2.0 / 3.0 type A-A
  • Montage aisé avec plan de découpe circulaire M22 standard à tous les boutons poussoirs de contrôle industriel ou d’urgence

Large gamme d’accessoires :

  • couvercle de protection IP44
  • couvercle d’oburation offrant une protection contre les utilisations non autorisées.
  • porte étiquette adaptable après le montage du produit.

Contact :
http://www.harting.fr

Femmes scientifiques en France : chiffres et état des lieux

[Cet article a été publié initialement sur le blog MyScienceWork]

Pr. Bonnie Bassler, Lauréate 2012 du programme l’Oréal-UNESCO For Women in Science, dans son laboratoire de l’université de Princeton.
(Photo credit: Julian Dufort for the l’Oréal Corporate Foundation)

Pourquoi se questionner sur la place des femmes dans les métiers scientifiques ? L’avant-propos du livre « Les Femmes dans l’Histoire du CNRS » répond à cela en citant Philaminte, héroïne des « Femmes savantes » de Molière lorsqu’elle clame : « Je veux nous venger, toutes tant que nous sommes, de cette indigne classe où nous rangent les hommes, de borner nos talents à des futilités et de nous fermer la porte aux sublimes clartés. » Les études supérieures ayant été longtemps fermées aux femmes, peu d’entre elles pouvaient prétendre intégrer les cercles d’intellectuels. C’est donc en premier lieu parce qu’on ne leur en donnait pas les moyens que les femmes ont peu contribué aux premières révolutions scientifiques. Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, la place des femmes dans les écoles et universités est incontestée. Les étudiantes sont majoritaires dans les universités, sauf en doctorat où elles sont seulement 47,7 %. En France, en 2011, 59,5 % des jeunes diplômés de Master étaient des femmes et 56,5 % en licence. Elles sont en moyenne plus jeunes lors de leur entrée à l’université, affichent un taux d’abandon plus faible et ont en moyenne de meilleurs résultats.

Il existe par contre des différences importantes entre les disciplines. Les femmes sont particulièrement présentes en langues (73,7 %), en lettres et science du langage (71,1 %) et en sciences humaines et sociales (68,4 %). Elles sont par contre très minoritaires en sciences fondamentales et en sciences appliquées (28,1 %) ainsi que dans les cursus sportifs (31,4 % en STAPS). En médecine, en pharmacie et en sciences économiques et commerciales, les effectifs sont proches de la parité. Les femmes sont majoritaires dans les filières des services et minoritaires dans les filières techniques (46 % en licence professionnelle et 39,8 % en DUT). En école d’ingénieur où elles représentent plus d’un quart des diplômés, la part des femmes continue d’augmenter. En informatique, les filles sont très peu présentes et témoignent trop souvent d’une aversion pour cette discipline ainsi que pour les mathématiques. Notons que 45 % des élèves de Terminale scientifique sont des filles mais que ce taux peut tomber en dessous de 1 ou 2 % pour l’option « mathématique ».

En science comme dans de nombreux autres corps de profession, les femmes sont freinées par plusieurs paramètres socio-culturels. Selon Claudie Haigneré, médecin, première spationaute française, présidente d’Universcience : « Il existe énormément de femmes qui ont des atouts certains mais elles sont parfois confrontées au plafond de verre. Il est transparent, on ne le voit pas mais pourtant il s’agit d’un obstacle. Il est basé sur des stéréotypes, par exemple celui de la place du métier du mari par rapport à celui de l’épouse. Le manque de confiance en soi, l’autocensure de certaines jeunes femmes y participe également beaucoup. »

Les enseignantes sont majoritaires dans les collèges et lycées par contre dans l’enseignement supérieur elles représentaient seulement un peu plus d’un tiers des effectifs en septembre 2011 (36,2 % d’enseignants-chercheurs). Elles exercent de trois à cinq fois plus souvent à temps partiel et elles ont un indice moyen de rémunération moins élevé. En ce qui concerne la recherche, leur part représente 32 % des chercheurs permanents du CNRS et 47,8 % des chercheurs de l’INSERM. Dans ces deux institutions, on constate que le taux de femmes diminue fortement pour les postes de plus hautes responsabilités. A l’INSERM comme au CNRS, le taux de femmes directeur de recherche est bien plus faible que pour les chargés de recherche. Et bien qu’elles soient souvent majoritaires dans les métiers des corps d’ingénieurs et de techniciens, le constat est le même : plus le grade est élevé, moins il y a de femmes.

Répartition par genre et par catégorie professionnelle à l’INSERM (c) Bilan social INSERM 2010

Les femmes scientifiques sont particulièrement peu présentes aux plus hauts postes de décision. Sur 410 directeurs d’unités de recherche de l’INSERM, seuls 18,1 % sont des femmes. Par contre, les doctorants financés par des partenariats INSERM/Régions sont très majoritairement féminins (75%) contrairement aux postdoctorants (seulement 45,5 %). Des variations existent entre les différentes disciplines scientifiques et reflètent le taux d’étudiantes dans les cursus universitaires. Elles sont donc beaucoup plus présentes en sciences humaines et sociales et en lettres. En science, la biologie est la seule discipline scientifique à tendance féminine.

D’après Martine Sonnet, historienne, les femmes ont été présentes au CNRS dès sa création en 1939. Sans être négligeable, leur présence était minoritaire. Ces chiffres ont ensuite progressé mais il reste difficile d’atteindre la parité. S’il ne semble pas exister de frein apparent à la parité, les raisons de cette situation seraient liées à des paramètres beaucoup plus sous-jacents issus de notre culture et de notre société.

A l’évidence, les stéréotypes de genre ont un fort impact sur la place de la femme dans la société. Ceci est mis en évidence dans de nombreux contextes et malgré d‘importants progrès, les clichés ont la vie dure. Ceux qui concernent la distinction des genres touchent les individus à un âge particulièrement précoce.

« Le stéréotype émotif, sexuel, et psychologique des femelles commence quand le docteur dit : C’est une fille. »
Shirley Chisholm, femme politique afro-américaine.

Nos actes sont majoritairement inspirés de notre éducation et notre environnement socio-culturel et seul un faible pourcentage est dicté par notre genre biologique. Mais s’il est simple de blâmer les stéréotypes, il est aussi simple de constater que nous en véhiculons tous. Les stéréotypes ont récemment trouvé un solide allié grâce à la déformation grossière des connaissances scientifiques. Certains journaux ont dernièrement titré « On aurait découvert le gène de l’infidélité chez l’homme. » « Et pourquoi pas un gène de l’aspirateur ! » ironisait Véronique Chauveau à ce propos. Il est important de distinguer les biais biologiques et des représentations sociales. La sociologue Christine Détrez et la neurobiologiste Catherine Vidal citent souvent ces explications ‘biologisant’ nos comportements en soulignant que « rien n’est jamais figé dans le cerveau. Sans arrêt, il est en construction, des connexions se font et se défont entre les neurones, en fonction de l’apprentissage. »

Pr. Susana Lopez, Lauréate 2012 du programme l’Oréal-UNESCO For Women in Science
(Photo credit: Julian Dufort for the l’Oréal Corporate Foundation)

Mais avant d’être la victime de préjugés discriminatoires de la part d’un employeur ou d’un collègue, les femmes sont elles-mêmes porteuse de ces jugements. Une étude récente montre que 30 % des jeunes filles et 9 % des garçons désignent les mathématiques comme la discipline dans laquelle ils sont le moins bons. Le manque de confiance est le paramètre clé de ce constat. Les filles réussiraient moins bien à un examen si on leur présente l’examen à venir comme étant très complexe. Un article du Huffington Post comparait ce phénomène à la question de l’œuf et de la poule. Les filles pensent moins bien réussir que les garçons et seraient donc moins motivées à essayer de réussir. Cet article met aussi en avant la chute des résultats scolaires des filles par rapport aux garçons au moment de l’adolescence. En parallèle, de récentes études de l’éducation par la sanction montrent que les garçons sont aussi les victimes de clichés mêlant virilité, sexisme, effronterie et punition. Nous sommes donc tous victimes de stéréotypes.

Alors qui sont ces femmes scientifiques hors des clichés ? Si les premières femmes scientifiques étaient souvent célibataires, celles d’aujourd’hui concilient le plus souvent vie de famille et travail en laboratoire. Mais s’il est courant de croiser de jeunes enfants dans les couloirs de laboratoire, il reste difficile de gérer carrière et famille. Ceci explique que les femmes fassent plus souvent le choix de travailler à temps partiel. L’évolution actuelle du rôle du père dans l’éducation et les tâches ménagères est néanmoins un élément relativement récent et favorisant les possibilités professionnelles des femmes. Dans les unités de recherche, l’absence de politique de ressources humaines rend les situations très diverses suivant les disciplines et les laboratoires. Cependant la situation du CNRS est loin d’être isolée et reflète l’état de la majorité des carrières valorisées par nos sociétés. Les emplois scientifiques étant un vecteur d’innovation et de développement, il serait dommage de n’y employer que la moitié des cerveaux dont nous disposons.

Source des chiffres :

CNRS : Bilan social 2010 et le dossier Parité 2010

Université : Rapport « Repères et références statistiques – édition septembre 2011 »

INSERM : Bilan social 2011

 

Par Laurence Bianchini

 

[Cet article a été publié initialement sur le blog MyScienceWork]

My ScienceWork

Le blog My ScienceWork est dédié à l’actualité multidisciplinaire de la recherche. L’équipe MyScienceWork vous invite à découvrir ses articles d’actualité/recherche/portrait/opinion en français et en anglais.

Risques liés aux nanoparticules manufacturées

Si les développements de la recherche sur les nanomatériaux, qui ne cessent de s’accélérer dans le monde entier, permettent d’ores et déjà d’envisager l’émergence de nombreuses applications au cours des prochaines décennies, les connaissances sur les risques liés aux nanoparticules restent néanmoins toujours très limitées à ce jour, aussi bien pour l’environnement que pour l’homme.

En effet, de nombreuses incertitudes subsistent quant au devenir de ces nanoparticules dans l’environnement, à leur diffusion dans le corps humain et à d’éventuels effets induits à long terme.

C’est dans ce contexte que l’Académie des Technologies a fait appel à de nombreux experts afin de les interroger sur la façon de fabriquer et d’utiliser ces nouveaux matériaux destinés à apporter de vrais avantages à notre vie quotidienne sans conséquences néfastes pour la santé ou l’environnement.

Les résultats de cette réflexion collective viennent de faire l’objet d’une communication au sein de cette prestigieuse institution qu’est l’Académie des Technologies sous la forme d’un petit ouvrage intitulé « Risques liés aux nanoparticules manufacturées », publié aux Editions Le Manuscrit. A lire et à méditer !

Source : Bulletins électroniques

Découvrez les formations Techniques de l’ingénieur :

Ebook gratuit : 10 Histoires d’excellence opérationnelle, l’amélioration continue racontée…

Florent FOUQUE (d’Excellence Opérationnel TV) a sollicité 9 auteurs pour l’écriture de ce recueil de nouvelles sur l’amélioration continue. Convaincu que les retours d’expérience sont porteurs de sens, je me suis donc prêté à l’exercice.

En effet, parler de la théorie et expliquer les méthodes peut s’avérer utile, mais capitaliser sur les retours d’expérience pour restituer des ambiances, des comportements, des contextes, permet de mieux appréhender l’état d’esprit qui accompagne les démarches d’amélioration continue.

Dans cet ouvrage collaboratif de 86 pages, retrouvez de courtes histoires, réelles, fictives, ou semi-fictives, sur l’excellence opérationnelle et le Lean Management.

Chaque récit sera l’occasion pour les auteurs de vous raconter une petite histoire et de vous en dévoiler les clés de lecture.

Certaines histoires exposent des réussites, d’autres des erreurs… Mais toutes vous permettront de tirer des bonnes leçons pour mener à votre tour des projets d’amélioration continue.

Le contenu de l’ouvrage

  • Chapitre 1 : Les entreprises qui méritent leur certification et les autres, de Jérémy CICERO
  • Chapitre 2 : Amélioration et amélioration continue, de Peter KLYM
  • Chapitre 3 : Le jour où Georges fut libéré, de Xavier PERRIN
  • Chapitre 4 : Une histoire de Tom Tom qui tourne mal, de Pascal WEBER
  • Chapitre 5 : Quelques bémols nécessaires à une bonne utilisation du Lean, de Yvon MOUGIN
  • Chapitre 6 : Bref…Une journée de boulot comme les autres…, de Cédric STIEN
  • Chapitre 7 : Utiliser la diététique comme guide vers un succès Lean, de Eponine PAUCHARD
  • Chapitre 8 : L’excellence en sécurité – en apprenant à mes dépens, de Erwan KERLEROUX
  • Chapitre 9 : Le déclic, de Bernard SADY
  • Chapitre 10 : La découverte du premier facteur d’échec des projets d’excellence opérationnel, de Florent FOUQUE

Par Jérémy Cicéro, responsable et auteur du Qualiblog

Jérémy CICÉRO

Jérémy Cicéro est consultant, formateur, et auditeur ICA pour le Qualipole Languedoc-Roussillon. Il est aussi formateur pour le Laboratoire National de Métrologie et d’Essai (LNE).

Ancien commercial puis responsable qualité dans les poids et mesures, il accompagne depuis plusieurs années les TPE et PME de la région Languedoc-Roussillon (tous secteurs d’activités) pour la mise en place et l’amélioration de leurs systèmes de management.

Il intervient également comme expert qualité sur le site Manager-Go! en répondant aux questions des internautes soucieux de comprendre les mécanismes de la qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin :

Découvrez les fiches pratiques Techniques de l’Ingénieur :

Terraformation de Mars : comment rendre une planète habitable ?

 

Constuire une première base permanente sur Mars ne semble pas trop ardu. De nombreux projets sont étudié depuis 1981. On se pose près d’un endroit où il y a de la glace ou de l’eau à faible profondeur ; on assemble les modules qui constitueront le « noyau » de la base. Ensuite, on installe des systèmes de recyclage de l’air, de l’eau et des déchets, alimentés en énergie par des panneaux solaires. Mars ne recevant que 30 à 40 % de l’énergie solaire reçue par la Terre, il faudra en poser sur de vastes étendues. Les colons pourront également utiliser ces panneaux pour la production de nourriture : en effet, il est prévu de faire pousser des plantes par culture hydroponique sous serres. Ces techniques de production végétale sont déjà bien maîtrisées : elles ont un rendement parfois quatre fois supérieur à celui des méthodes traditionnelles, mais sont aussi beaucoup plus  » gourmande  » en énergie.

 

D’autres structures, gonflables, pourront servir d’habitat. En fait, aucune révolution technologique n’est vraiment nécessaire pour s’installer sur Mars. Coloniser la planète rouge semble presque à portée de main, mais la rendre habitable est une autre affaire que certains n’hésitent plus à franchir.

 

Chris McKay, cofondateur des conférences The Case for Mars en 1980 et célèbre exobiologiste (spécialiste de la vie dans l’Univers) de la NASA, travaille d’arrache-pied au centre de recherches Ames de la NASA, à Mountain View, en Californie, sur les possibilités de coloniser Mars. Il ne capitule pas : pour lui, la colonisation de Mars ne s’arrête pas aux simples objectifs scientifiques. Comme d’autres chercheurs, il étudie l’étape suivante de la colonisation : la « terraformation » de la planète rouge. Il s’agit de recréer un environnement semblable en tout point à celui de la Terre. Mars deviendrait ainsi une petite « planète bleue », avec des océans et des continents abritant une flore et une faune diversifiées. Il ne faut pas oublier que la planète rouge a connu au début de son histoire des conditions climatiques semblables à celles de la Terre. Son atmosphère était alors plus épaisse, plus dense qu’aujourd’hui et l’eau coulait librement à se surface, formant des lacs et rivières. On pense même qu’un vaste océan couvrit l’hémisphère Nord. Mais Mars s’est vite refroidie. Aujourd’hui, la pression atmosphérique n’est que de 6 mbar en moyenne à la surface, contre 1013 mbar pour la Terre au niveau des océans : l’eau ne peut plus être liquide sur Mars.

 

Comment faire d’un monde froid et sec une oasis foisonnant de vie ? Comment rendre à Mars sa jeunesse d’antan ? Pour certains scientifiques, on pourrait aisément créer des « niches » écologiques en creusant de profondes dépressions à la surface de la planète. Au fond de ces fosses, la pression atmosphérique serait beaucoup plus élevée qu’à la surface. Avec une pression de 20 mbar, par exemple, au lieu de 6 en moyenne, on peut déjà cultiver quelques plantes résistant au froid et au manque d’humidité comme les lichens. Des expériences menées en Russie ont montré que ces végétaux s’adaptent à une atmosphère de type martien, essentiellement composée de gaz carbonique. Seule différence avec le comportement des lichens sur la Terre, les lichens de Mars fixent l’oxygène dans leurs racines au lieu de le rejeter dans l’atmosphère. Mais comment creuser la surface de Mars ? Certains proposent de faire précipiter de gros astéroïdes, quitte à perturber l’équilibre de la planète forgé au cours de milliards d’années !

 

Finalement, il ne s’agit que d’interventions chirurgicale ponctuelles. La terraformation implique un changement à l’échelle de la planète tout entière. McKay  et Zubrin, le concepteur du voyage Mars Direct, pensent qu’il faudrait d’abord enclencher un « effet de serre » sur Mars pour réchauffer son atmosphère. Or, l’opération s’avère difficile sur la planète rouge, car c’est un réchauffement de 50°C qu’il faudrait obtenir pour dégeler les zones tropicales et permettre à l’eau de couler librement.

 

Par chance, Mars est riche en gaz carbonique. Celui-ci constitue 95,3 % de son atmosphère et il stocké, en grandes quantités, dans les glaces des pôles (surtout au pôle Sud) et les roches. C’est un gaz qui engendre un « effet de serre », car il est capable de piéger efficacement la chaleur. Les deux scientifiques imaginent alors un système tirant parti des propriétés du gaz carbonique : en réchauffant les pôles, par exemple, on libère ce gaz dans l’atmosphère martienne. Celle-ci se densifie et se réchauffe en piégeant davantage la chaleur solaire. La température de la surface monte et le gaz carbonique est produit en plus grandes quantités par les calottes polaires et le sous-sol, augmentant encore la pression et la température de l’atmosphère. En résumé, plus la planète se réchauffe, plus son atmosphère devient dense et elle se réchauffe encore. Le processus se poursuit jusqu’à l’épuisement de tout le gaz carbonique stocké dans le sol.

 

La quantité de gaz à effet de serre étant proportionnelle au carré de la température désirée, un réchauffement de 10°C ne nécessite que 4% des efforts requis pour obtenir un réchauffement de 50°C. Réchauffer la planète de 10°C serait un bon début, pensent les deux scientifiques, car cela permettrait de commencer à libérer le gaz carbonique piégé dans le sous-sol martien. Aux températures qui y règnent actuellement, le sol martien a pu absorber jusqu’à 20% de son poids en CO2 en 2 ou 3 milliards d’années. En élevant un peu la température des roches, on rompt libérerait de grandes quantités de ce gaz et la pression atmosphérique s’élèverait doucement.

 

Le secret : la bonne utilisation du CO2 déjà présent

 

McKay et Zubrin pensent qu’une petite impulsion suffirait pour déclencher un réchauffement global. Ils suggèrent de commencer par la calotte polaire australe, qui est le grand réservoir de gaz carbonique de la planète (contrairement à la boréale qui est composée en partie d’eau). En élevant la température de seulement 4°C, le gaz carbonique sous forme de glace carbonique commencerait à s’évaporer dans l’atmosphère, sans pouvoir se recondenser, car il ne ferait plus assez froid.

 

Comment provoquer ce petit réchauffement initial de 4°C au pôle Sud ? Les technologies existantes permettent de gonfler de petites structures en orbites. Dans un proche avenir, l’homme sera capable d’en assembler de plus grandes. Les ingénieurs pensent qu’un miroir positionné à 200 000 km de la planète et large de 250 km pourrait réfléchir assez de lumière solaire pour réchauffer de 5°C les régions au sud de 70° de latitude Sud. Par exemple, on peut utiliser un réflecteur solaire en Mylar, qui ressemble à une grande voile circulaire. Epais de 4mm, il aurait une masse de 200 000t et nécessiterait d’être fabriqué dans l’espace. Même si cette masse à assembler semble élevée aujourd’hui, une telle opération sera réalisable quand l’homme possédera de nombreuses bases industrielles sur la Lune et autour de la Terre. D’autres scientifiques ont proposé le « saupoudrage » du pôle Sud de poussière noires (débrits d’astéroïdes et comètes) qui, du fait de leur faible taux réfléchissant, absorberaient mieux la chaleur solaire et feraient fondre la glace … En revanche, ils restent plus évasifs quant à l’efficacité et à la durée du processus de fonte de la glace carbonique.

 

Le gaz carbonique, sous une pression atmosphérique de 6 mbar (pôle Sud), se condense à -126°C. Au-dessus, il passe de l’état solide à l’état gazeux. Par ailleurs, la pression ne peut beaucoup augmenter au-dessus de 6 mbar, car, en raison du froid ambiant, l’excédent de gaz se condense à la surface en glace carbonique … le piège est refermé !

 

L’accélération d’un processus naturel … grâce à un miroir orbital

 

Voici les raisons pour lesquelles les deux chercheurs pensent qu’un petit réchauffement viendra rompre ce fragile équilibre. Il faut, en outre, que la température dépasse les -122°C sinon, le CO2 n’est pas relâché en quantité suffisante pour piéger davantage de chaleur solaire : il fait toujours aux alentours de -126°C et, inévitablement, le gaz carbonique finit par regeler à la surface. Au-dessus de -122°C, l’atmosphère devient suffisamment épaisse pour conserver la chaleur accumulée. Le CO2 ne peut plus se condenser et se déposerà la surface. Il s’agit là d’un point de non-retour et du début de l’effet de serre recherché.

 

L’effet de serre va se poursuivre d’une façon rapide, proportionnellement à l’augmentation de la pression atmosphérique ambiante: en une vingtaine d’années, la glace carbonique du pôle Sud va entièrement se sublimer, entraînant une pression atmosphérique proche de 100 mbar. La température va monter globalement de 10°C à la surface de la planète, et ce sera au tour du gaz carbonique du sous-sol d’être libéré. Cette libération est progressive, car il faut du temps pour que les couches de terrain profondes soient atteintes, mais les effets seront rapides : 20 mbar supplémentaires seront obtenus au bout de un an, 100 mbar au bout de 25 ans, … 400 mbar au bout de 400 ans. Or, les deux chercheurs pensent qu’un autre point d’équilibre sera atteint lorsque la pression atmosphérique affichera 500 mbar. En effet, les températures des zones intertropicales avoisineront les 0°C, mais ne les dépasseront guère pendant plusieurs mois, empêchant un dégel massif du pergélisol martien.

 

Seconde étape : le réchauffement atificiel

 

McKay et Zubrin estiment qu’il faudrait aider la planète à se réchauffer davantage et forcer plus encore les roches à relâcher leur gaz carbonique. Théoriquement, en libérant le gaz, piégé entre 80 et 200m de profondeur, on pourrait obtenir 600 mbar de pression supplémentaire, mais dans 2500 ans seulement. Mars connaîtrait alors une pression atmosphérique identique à celle de la Terre. Comment accélérer ce processus ? On connaît certains gaz à puissant effet de serre comme les CFC (= chlorofluorocarbures) tant décriés sur la Terre. Ceux-ci pourraient être produits artificiellement sur Mars et être lâchés dans l’atmosphère martienne. Ils préconisent, en revanche, une sélection de ces gaz, en privilégiant ceux, comme le perfluorométhane, qui ne possèdent qu’une faible teneur en chlore : il faut éviter de détruire la mince couche d’ozone martienne qui martienne qui ne représente que 1/60 de l’épaisseur de celle de la Terre.

 

Une fois que l’atmosphère connaîtra un effet de serre durable, le pergélisol commencera à dégeler, et l’eau coulera de nouveau à la surface de Mars. La chaleur solaire aidant, une partie de l’eau s’évapora dans l’atmosphère. La vapeur d’eau étant un excellent gaz à effet de serre, elle accélérera le réchauffement global de la planète. En fait, les deux scientifiques ont calculé que le maintien par des CFC de la température atmosphérique à 20°C au-dessus de la température créée par l’accroissement du gaz carbonique aura un puissant effet de levier : la température de la planète se trouvera augmentée de 40°C. Une fois l’atmosphère martienne considérablement épaissie, les colons pourront librement marcher à sa surface, sans combinaison spatiale, en respirant simplement à l’aide d’un masque de plongée et de bouteilles d’oxygène. En attendant de respirer directement un air oxygéné, mais contenant peut-être de dangeureuses bactéries.

 

Un monde enfin habitable … pour l’avenir de l’homme ?

 

Nul ne sait encore ce qui peut se cacher dans le sous-sol martien. Officiellement, on n’a pas trouvé de vie sur Mars, mais rien n’est moins sûr au vu des résultats des expériences biologiques Viking.

 

Il se peut ainsi que l’on réveille accidentellement des micro-organismes dangereux pour l’homme ou pour les végétaux qu’il désire implanter. Il n’est donc pas possible d’envisager une terraformation de Mars à grande échelle tant que nous ne saurons pas s’il existe une forme de vie, même très primitive, sur la planète rouge. Or, si Mars possède des traces de vie, il faudra s’assurer que celles-ci ne disparaissent pas et les confiner géographiquement pour les conserver. Il faudra même veiller à ce que ces niches écologiques demeurent des sanctuaires inviolés pour l’éternité.

 

Cette atmosphère de gaz carbonique, artificiellement reconstituée, ne permettra pas la présence de la vie animale à la surface de la planète. Si des bactéries et des plantes primitives peuvent se développer. Les phanérogames ont besoin de 1 mbar au mininum de pression d’oxygène pour survivre, les mamifères et les hommes nécessitent 120 mbar, ainsi qu’un taux minimal d’azote. McKay et Zubrin pensent que ce premier millibar pourrait être obtenu en moins d’un siècle par l’action de plantes et de bactéries génétiquement modifiées. On peut accélérer la croissance de ces plantes en faisant fondre le pergélisol pour relâcher davantage d’humidité dans l’atmosphère : on augmente alors l’efficacité des bactéries aptes à extraire l’azote du sol et à le rejeter dans l’atmosphère. Les 120 mbar d’O2 pourraient être atteints en 900 ans, permettant aux hommes de marcher à l’air libre sans porter de masque ni de bouteilles d’oxygène.

 

L’homme aura ainsi crée un monde à son image … mais son avenir est-il vraiment sur Mars ? Devra-t-il attendre neuf siècle avant de pouvoir coloniser une nouvelle Terre ? Ces rêves un peu fous de terraformation pourraient rester dans les cartons des ingénieurs, tandis que d’autres dresseront des plans pour franchir les immensités entre les étoiles. Finalement, même si un tel scénario ne se déroulait jamais, Mars aura été pour nous une merveilleuse planète à rêver !

 

Sources : GOURSAC, Olivier de, « A la conquête de Mars », Paris, Larousse-Bordas, 2000, pp. 197-203

Un laboratoire dédié aux smart grid voit le jour

Alstom Grid, secteur du groupe Alstom, dédié à la transmission d’électricité, se donne les moyens d’innover : son partenariat  avec le CEA vise à accélérer la recherche dans les solutions de stockage de l’énergie à grande échelle. Ces innovations doivent permettre d’accentuer le déploiement du stockage intégré dans les systèmes Smart Grid et de faciliter l’introduction d’énergies renouvelables, au-delà de l’objectif de 20 % du mix énergétique que s’est fixée l’Europe à l’horizon 2020.

Les équipes de ce nouveau laboratoire travailleront également sur l’utilisation potentielle des applications du courant continu (CC) pour les projets de villes intelligentes. Le choix de positionner les équipes de recherche sur le campus de l’INES à Chambéry permet de profiter directement de l’expertise de l’institut en matière d’applications solaires et de stockage de l’énergie et de tirer avantage des capacités offertes par le campus pour tester les différentes technologies de pointe. Selon Patrick Plas, Senior Vice-Président, Grid Power & Automation, Alstom Grid, ce partenariat permettra non seulement de tester des technologies nouvelles et de construire des réseaux électriques exempts de CO2 mais aussi de soutenir le projet IEED Supergrid (Institut d’Excellence en matière d’Energies Décarbonées) qui verra le jour à Villeurbanne, à côté de Lyon.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Plugshare vient d’atteindre le seuil des 10 000 stations de chargement

Ils y ont cru depuis le début : les fondateurs de Xatori, une petite start-up nichée à High Street, Palo Alto, au cœur de la très écologiquement consciente Silicon Valley, se sont félicités d’avoir atteint leur dix-millième station de chargement recensée dans leur base de données la semaine dernière.

Lancée en mars 2011 (nous vous en parlions alors ici), « Plugshare » n’a cessé de gagner du terrain, tant dans les consciences que dans le marché des applications vertes disponibles pour les utilisateurs de voitures électriques.

Son principe est simple : créer un réseau d’utilisateurs actifs de voitures électriques, mettant leurs prises domestiques à la disposition des conducteurs qui auraient besoin de recharger leur batterie, ou de ceux qui se trouveraient hors de portée des quelques stations publiques dédiées. L’application iPhone « Plugshare » (« partage de prise » en anglais) met donc en relation les conducteurs et les propriétaires de prises, permettant de les localiser ou d’offrir leur électricité.

Bonne nouvelle donc, pour cette application dont le succès est, évidemment, intimement lié à la qualité de la couverture du territoire. Les Californiens ont très vite mis l’accent sur l’appartenance à une communauté éco-sensible, ainsi que sur les rencontres enrichissantes entre utilisateurs, dans un segment également occupé par des applications telles « Tendril » ou encore « MyFordMobile ».

Par Moonzur Rahman, journaliste scientifique

 

A lire aussi :

Venez recharger votre voiture électrique… chez des inconnus !