DIAPORAMA – Les catastrophes industrielles qui ont éveillé les consciences

La catastrophe de Seveso, 1976

Le 10 juillet 1976, un accident chimique catastrophique survient à Icmesa, usine chimique italienne produisant des herbicides, et touche quatre communes dont Seveso, située au nord de l’Italie en Lombardie.

La cuve 101 du réacteur dans lequel était produit du trichlorophénol (TCP) explose. La pression, due à une température excessive (230 °C) de la vapeur stagnant dans les conduites, combinée avec l’arrêt du mélangeur avant l’achèvement du cycle, provoque la rupture d’une valve de sécurité sur le disque de fermeture. Il s’en suit  la libération d’un nuage rougeâtre  toxique dans l’atmosphère. Ce nuage contenait 2,5 kg de TCDD (2,3,7,8-tetrachlorodibenzodioxine) – considérée comme la plus toxique de toutes les dioxines – soit 500 000 doses mortelles pour l’homme. Il contaminera 2 000 hectares de terres situées autour de l’usine.

Les habitants les plus proches de l’usine sont évacués, les animaux décédés (3 300) ou abattus (81 000), des bâtiments rasés et des sols agricoles et maisons décontaminés. On estime à 37 000 le nombre de personnes ayant été exposées à la toxicité du nuage, bien qu’aucun décès n’y soit directement lié.

Sur le plan médical, 250 cas de chloracnée (brûlures chimiques de la peau), concernant essentiellement les enfants et adolescents, sont diagnostiqués et des cas de cancers ou de malformations congénitales sont redoutés, entrainant la pratique exceptionnelle d’avortements.

240 millions de dollars ont servis au dédommagement des habitants, entreprises, communes concernées, la région de Lombardie et l’Etat italien.

Suite à cette catastrophe environnementale transitant vers la plus grande catastrophe depuis Hiroshima et devenant une prise de conscience, les autorités européennes décident de réagir et publient en 1982 la directive dite « SEVESO I », imposant le recensement des établissements industriels présentant des risques d’accidents majeurs. En 1999 la directive « SEVESO II » est publiée.

La catastrophe de Bhopal, 1984

Bhopal, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, des dizaines de milliers d’indiens sont dans les bras de Morphée, dans leur « bastis », bidonvilles collés à l’usine américaine de pesticides, Union Carbide. Ils n’imaginent pas ce qui vient de se passer, mais une étrange odeur leur est perçue : un gaz très toxique. Leurs yeux les irritent, le gaz s’engouffre dans les poumons. En insuffisance respiratoire, ils suffoquent ou perdent connaissance. L’une des plus grandes catastrophes industrielles de tous les temps est survenue.

 

La catastrophe de Bhopal, 1984

Une cuve d’isocyanate de méthyle (MIC) a explosé, libérant dans l’atmosphère un nuage de 40 tonnes de gaz toxique – dont la composition reste encore inconnue à ce jour – qui se répand sur une étendue de 25 m2 de la ville.

Union Carbide, aujourd’hui dénommée Dow Chemical, était connue pour sa production du « Sevin », nom commercial du carbaryl. L’usine fabriquait le pesticide en utilisant de l’isocyanate de méthyle (MIC), produit particulièrement instable qui doit être conservé à une température maximale de O°C. En effet, en réaction avec l’eau, le MIC produit de la chaleur.

Lors de l’accident, de l’eau s’est ainsi infiltré dans la cuve n°610 contenant du MIC. Suite à la réaction, la température a atteint 200°C, provoquant l’explosion de la cuve qui montait en pression.

La catastrophe de Bhopal

 

Le nuage toxique aurait provoqué la mort de 15 000 personnes au total et 250 000 personnes auraient été intoxiquées et blessées, un bilan qui demeure incertain.

La liste provoquée par l’inhalation du gaz toxique est longue : problèmes ophtalmologiques, troubles respiratoires chroniques, troubles neurologiques, troubles gynécologiques ou augmentation du nombre des cancers.

La catastrophe de Bhopal, 1984

Aujourd’hui encore, le site est pollué. Le gouvernement du Madhya Pradesh, propriétaire du site, n’évoque pas la dépollution totale. L’évacuation des déchets, le traitement du sol et des nappes phréatiques ne sont clairement pas au rendez-vous si ce n’est l’évacuation de 40 tonnes de sacs de pesticides en cours de réalisation.

Une chose est certaine, cette grande catastrophe industrielle restera ancrée dans l’Histoire et dans celle des habitants, continuant à vivre dans le même environnement pollué.

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

C’était il y a 25 ans. Le samedi 26 avril 1986, un programme d’essais faisant entorse aux règles de sûreté vire au cauchemar. A 1 h 23 min, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl explose. La gravité de l’accident, mais aussi et surtout l’incurie des autorités soviétiques à tous les niveaux, ont fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe du nucléaire civil, un désastre humanitaire et écologique.

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

L’incident est venu d’un emballement du réacteur alors que la centrale était en marche et effectuait un exercice. Une série d’erreurs humaines lors de cet exercice de sûreté a déclenché une suite d’événements incontrôlables. Le réacteur de Tchernobyl était déjà assez instable à bas régime, l’expérimentation a fragilisé encore plus le système.

Mycle Schneider, consultant indépendant, explique :

« C’est une combinaison de facteurs humains et de conception. Manuellement, les systèmes de sûreté ont été stoppés. En 4 secondes, le réacteur a atteint environ cent fois sa puissance habituelle, une libération d’énergie, donc une explosion, qui a ensuite entraîné la destruction du réacteur. »

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

L’accident a envoyé dans l’atmosphère un panache de retombées radioactives, équivalentes à 200 bombes d’Hiroshima et pollué un territoire de 160 000 km2 répartis dans le nord de l’Ukraine, l’ouest de la Russie et le sud-est de la Biélorussie. Il s’en est suivi un puissant incendie que 400 000 « liquidateurs » – 600 000 en 4 ans – étaient chargés d’éteindre, fortement exposés aux radiations et sans protection adaptée.

« Ce qui a causé la dissémination de matières radioactives est essentiellement l’incendie des 600 tonnes de graphite que contenait le cœur, incendie qui a entraîné dans l’atmosphère l’essentiel des produits de fission contenus dans le cœur. Cet incendie a pu avoir lieu parce que l’explosion d’hydrogène a eu lieu à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a rompu cette dernière, et exposé le graphite à l’oxygène de l’air. », déclare Jean-Marc Jancovici, concepteur de la taxe carbone.

Selon un rapport de l’ONU de 1995, le nombre de victimes directes et indirectes de cet accident a atteint 9 millions mais le bilan demeure incertain.

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

 

Pour protéger le site, les liquidateurs ont bâti dans l’urgence un sarcophage sur l’enceinte éventrée du réacteur, à l’heure actuelle trop fragile.

Selon l’Agence pour l’énergie atomique (AEN), « l’enveloppe n’est pas étanche. Le sarcophage n’a jamais été destiné à apporter une solution permanente au problème du confinement du réacteur accidenté. Il s’ensuit que cette solution temporaire risque fort d’être instable à long terme. Autrement dit, il y a une possibilité d’effondrement qui doit être corrigée par une solution technique permanente ».

Le 19 avril dernier, la communauté internationale a débloqué 550 millions d’euros pour le financement des travaux d’aménagement d’un nouveau sarcophage à Tchernobyl pour y remédier.

La catastrophe d’AZF, Toulouse, 2001

Le 21 septembre 2001 à Toulouse, survient la plus grande catastrophe industrielle française dans l’usine pétrochimique d’engrais AZF (AZote Fertilisants), classée Seveso II.

La catastrophe d’AZF, Toulouse, 2001

 

Un stock de 300 à 400 tonnes de nitrate d’ammonium (NH4NO3) dans le hangar 221 de l’usine explose, creusant un cratère de forme ovale de 70 mètres de long et 40 mètres de largeur, et de 5 à 6 mètres de profondeur. La détonation est entendue à plus de 80 Km et crée un séisme de magnitude 3,4.

L’explosion aura provoqué la mort de 30 personnes et fait plus de 2500 blessés, touchés directement par le souffle de l’explosion ou indirectement par des objets portés par ce souffle (éclats de verre).

Selon l’Institut de veille sanitaire, de nombreuses personnes souffrent de désordres psychiques (dépressions, angoisses, insomnies), mais aussi de problèmes auditifs. Dix-huit mois après l’explosion, quelque 14 000 personnes étaient toujours sous traitement pour pouvoir dormir, calmer leurs angoisses ou soigner une dépression.

La catastrophe d’AZF, Toulouse, 2001

L’explosion a également provoqué des dommages matériels importants causés aux constructions et bâtiments (25 000), l’usine étant implémentée dans une zone urbanisée à proximité du centre-ville.

La thèse officielle de l’accident renvoie à l’erreur humaine : un employé d’une entreprise sous-traitante d’AZF aurait accidentellement renversé, ¼ d’heure avant l’explosion, 500 kg de produit chloré pour piscines (DCCNa ou Dichloroisocyanurate de sodium) réagissant avec le nitrate d’ammoniom « stocké en vrac », ce qui aurait provoqué la déflagration. Cependant, cette thèse ne relève pas de « lien de causalité certain » entre les fautes et le dommage et ne tient pas compte des nombreux témoignages d’une détonation antérieure ou d’événements électromagnétiques précurseurs de l’explosion (bang magnétique perçu, enregistré sur magnétophone et analysé).

D’autres thèses ont été étudiées :

  • l’explosion de nappes de gaz (hydrazine, méthanol …) à la SNPE (Société nationale des poudres et explosifs), usine de fabrication des combustibles d’Ariane ;
  • le terrorisme ou la malveillance ;
  • un accident dans le réseau EDF (mise à terre d’un transformateur ou d’une ligne HT).

La catastrophe de Buncefield, Grande Bretagne, 2005

Le dimanche 11 décembre 2005, une série de trois explosions frappent le terminal pétrolier de Buncefield, à 40 kilomètres de Londres.

Les puissantes déflagrations, de magnitude 2,4 à l’échelle de Richter, sont entendues à 200 Km et ressenties jusqu’en France et en Belgique. Elles déclenchent alors un gigantesque incendie,

La catastrophe de Buncefield, Grande Bretagne, 2005

L’incendie a été maîtrisé le 13 décembre 2005 avec 15 millions de litres d’eau déversés et 250 000 litres d’émulseur. Il aura fait 43 blessés, un bilan humain « miraculeux » selon la police locale, du fait de son ampleur et de la notoriété du site, étant l’un des cinq plus grands dépôts de carburant du Royaume-Uni.

« Si l’explosion s’était produite un jour de semaine, le bilan en vies humaines aurait pu atteindre des dizaines, voire des centaines de victimes », a déclaré le juge Sir David Calvert-Smith du tribunal de Saint Albans.

La catastrophe de Buncefield, Grande Bretagne, 2005

La catastrophe est à l’origine d’un débordement de 300 tonnes de pétrole contenu dans une citerne du dépôt. Les fuites d’hydrocarbures auraient alors provoqué un panache de fumée noire qui s’est répandu violemment sur le tout le site avant de s’embraser.

Selon le chef des pompiers du Hertfordshire, Roy Wilsher, la catastrophe de Buncefield est le plus grand incendie en Europe qui se soit déclaré en temps de paix.

Par Angélica Tavares Costa

L’INERIS et les risques industriels

Instantanés techniques : Combien de personnes à l’INERIS travaillent sur les PPRT ?

Sébastien Richopmme / Benjamin Le Roux : La loi « Bachelot » ayant fait évoluer la façon de gérer le risque industriel, on pourrait dire que la notion de PPRT a une influence sur l’ensemble des activités de l’INERIS dans le domaine des risques accidentels. Plus précisément, sur la vulnérabilité des structures c’est une unité de six personnes, basée à Bourges, avec des profils d’ingénieurs / docteurs en mécanique et en mécanique des matériaux, qui y travaille. L’équipe dépend de la Direction des Risques Accidentels, qui a pour vocation d’évaluer et prévenir les risques liés aux phénomènes dangereux qui peuvent survenir dans les installations industrielles. Ces missions sont réalisées au travers par exemple d’analyses de risque, d’étude de la sécurité des procédés », de l’étude et de la modélisation de ces phénomènes dangereux, partie sur laquelle nous intervenons via notre pôle « phénomènes dangereux et structures ». Dans ce pôle vont être modélisés et étudiés par essais à différentes échelles tous les phénomènes -incendie, dispersion de toxiques, explosion-, ainsi que l’interaction entre ces phénomènes et les structures.

L’INERIS travaillait-elle déjà sur les risques industriels avant la mise en place des PPRT…

L’INERIS est issu du Centre de Recherches de Charbonnage de France (CERCHAR). Nous avons donc une histoire très ancienne en ce qui concerne les risques d’explosion et d’incendie : nos compétences puisent leur source dans une expérience de près de 60 ans. La force de l’Institut est sa pluridisciplinarité, qui permet de développer une expertise globale des sujets. La thématique « résistance des structures » est assez récente, puisque l’unité dans laquelle nous intervenons s’est créée au début des années 2000. Mais cette thématique a une place à part entière au sein des recherches menées à l’INERIS, car elle est complémentaire de l’étude des phénomènes dangereux.

 Avec qui collaborez-vous sur ces travaux d’expérimentation de la résistance des vitrages ? 

La thématique « vitrages », comme pratiquement l’ensemble des autres thématiques de l’INERIS, se nourrit à la fois des besoins des industriels et des pouvoirs publics. Nos axes de recherche sont étroitement liés aux besoins exprimés par ces deux types d’acteurs. Bien sûr, notre rôle est également d’être proactif. En travaillant sur le terrain, il s’agit, si possible, d’anticiper les demandes des pouvoirs publics pour leur fournir des solutions, mais aussi d’accompagner les industriels dans leurs démarches réglementaires et normatives.

 Qu’est-ce qui a changé dans votre travail depuis la mise en  place des PPRT ? 

La mise en place des PPRT a orienté nos travaux vers les bâtiments collectifs et individuels alors qu’auparavant nos recherches étaient principalement axées sur les bâtiments industriels. C’est dans cette veine que nous avons effectué une étude sur la résistance des fenêtres (voir illustration). Dans le cadre des PPRT, nous avons été amenés à estimer quels types de vitrages étaient le plus adaptés pour des habitations situées à proximité de sites sensibles.

Comment avez-vous procédé pour ces travaux ?

Il y a deux ans, nous n’avions pas encore que peu de données sur les fenêtres classiques, vendus dans le commerce, et sur la capacité à protéger les occupants des habitations vis-à-vis  des effets d’une onde de souffle en cas d’explosion. On fabrique depuis longtemps des vitrages résistants à ce type de surpression, mais ils sont très lourds et très chers, on ne peut pas imaginer généraliser ce type d’équipements aux habitations concernées, cela ne serait pas réaliste à plusieurs points de vues, financièrement par exemple, puisque la réglementation des PPRT ne peut pas imposer à un particulier de dépenser plus de 10 % de la valeur vénale de leur habitation. A partir des produits que l’industrie a mis en place depuis des années pour répondre à d’autres contraintes, nous avons travaillé et effectué des tests pour évaluer quels types de fenêtres pouvaient convenir à ces situations très particulières.

Vous vous êtes également basé sur l’expérience préexistante au niveau militaire…

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre militaire sont effectivement une source importante de données. Néanmoins, les sollicitations dans le domaine militaire portent souvent sur des paramètres, des niveaux d’impact et des contextes d’étude qui sont différents de nos problématiques de risques industriels. Il nous appartient donc de tirer de ces résultats les données nécessaires au développement  des outils et des méthodologies adaptés à nos besoins.

Qu’en est-il des particuliers et des professionnels qui ont l’usage de ces données ?

L’étude sur les fenêtres a donné lieu à la sortie d’un premier guide, à destination des professionnels du bâtiment, afin de les aider à mieux appréhender les demandes de travaux faites par les propriétaires en cohérence avec les objectifs de performance issus des PPRT. Un deuxième guide, à destination des propriétaires, est sorti pour permettre à ces derniers de les accompagner dans leur démarche de renforcement des fenêtres.  Ce guide leur  donne des réponses aux questions suivantes : Pourquoi dois-je renforcer mes fenêtres ? Quels travaux sont à réaliser ? Qui puis-je contacter pour m’informer ? Quelles sont les aides ?

Propos recueillis par P.T

 

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Réglementation risque chimique

ICPE: piloter et suivre l’évolution de ses installations classées

 

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De l’étude de dangers aux actions de prévention : quel processus ?

Le risque industriel

Le risque industriel est la combinaison de la probabilité d’apparition d’un événement accidentel se produisant sur un site industriel et pouvant engendrer des conséquences graves pour le personnel, les populations, les biens, l’environnement, ou le milieu naturel.

Il est dit « majeur » lorsqu’il est caractérisé par une faible fréquence (aléas) et une forte gravité, pouvant exposer un grand nombre de personnes, occasionner des dégâts importants et déstructurer fortement la société.

Les installations industrielles, génératrices de risques industriels

Différents types d’installations industrielles à risques sont recensées :

  • les industries chimiques produisant ou utilisant des produits chimiques en grande quantité, des produits destinés à l’agroalimentaire (engrais), des produits pharmaceutiques (ammoniac dans le cadre des systèmes de refroidissement), ou de consommation courante (eau de javel) ;
  • les industries pétrochimiques produisant des produits dérivés du pétrole (essences, goudrons, gaz de pétrole liquéfié) ;
  • les industries de stockage de gaz ;
  • les industries pyrotechniques de fabrication et de stockage d’explosifs (la SNPE, société nationale des poudres et explosifs) ;
  • les installations de stockage de céréales, grains, produits alimentaires ou autre produit organique dégageant des poussières inflammables ;
  • les sites de traitements des déchets dangereux.

Les effets générés par un risque industriel

Un accident industriel peut engendrer trois grands types de risques industriels, classés par nature et effets :

  • les effets thermiques, engendrés par la combustion d’un produit inflammable ou une explosion de gaz en expansion provenant d’un liquide en ébullition (BLEVE : Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion) ;
  • les effets toxiques, résultant d’une fuite d’une substance chimique toxique (ammoniac, chlore, phosgène) sur l’installation. L’inhalation de cette substance chimique peut provoquer par exemple un œdème du poumon ou une atteinte au système nerveux ;
  • les effets de surpression (ou mécaniques) résultant d’une explosion de gaz en milieu non confiné (U.V.C.E : Unconfined Vapor Cloud Explosion) ou plus généralement d’une explosion provoquant une onde de choc (déflagration ou détonation). Cette explosion peut être issue d’un explosif, d’une violente réaction chimique ou une combustion, d’une décompression brutale d’un gaz sous pression ou de l’inflammation d’un nuage de poussières combustibles. Le calcul de la surpression engendrée, notamment par des équations mathématiques, permettent aux experts de déterminer les effets associés (lésions aux tympans, poumons, traumatismes, etc…) ;

D’autres effets peuvent être engendrés par un phénomène dangereux ou un accident industriel : les effets de projection, liés à l’impact d’un projectile.

La classification des installations industrielles

Les installations industrielles sont régies selon la législation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui réglemente le fonctionnement des établissements industriels pouvant générer des nuisances ou des risques pour l’environnement.

C’est dans ce cadre qu’a été reprise par la règlementation française la directive européenne « Seveso 2 » de 1996 modifiée, remplaçant la directive « Seveso 1 » de 1982.

Cette directive comporte l’établissement, pour chaque catégorie de matières dangereuses, de deux seuils :

  • un seuil bas, à partir duquel s’appliquent des règles simples. Ce seuil est repris dans une annexe de l’arrêté du 10 mai 2000 ;
  • un seuil haut, à partir duquel s’appliquent des contraintes plus fortes. Les établissements industriels à « hauts risques », concernés par ce seuil, sont communément appelés établissements Seveso.

Le seuil est repris dans la nomenclature ICPE et comporte deux grands volets : un classement des substances et préparations suivant leurs caractéristiques de stockage ou leur utilisation, et un classement des activités en fonction des opérations et risques qu’elles comportent.

 

Nature du risque
ou de la nuisance

Classement ICPE

Classement Seveso

Nuisance ou risque assez important

Déclaration[1]

Nuisance ou risque important

Autorisation[2]

Risque important

Autorisation

Seuil bas

Risque majeur

Autorisation avec servitude d’utilité publique[3]

Seuil haut

L’ampleur du risque et le classement ICPE et Seveso

 

Légende :

[1] la déclaration : les industries dont le potentiel de danger est le moins important doivent simplement déclarer leur existence au préfet avant leur mise en service, et respecter des arrêtés ministériels de prescriptions générales (« prescriptions standards ») selon les rubriques.

[2] lautorisation préfectorale d’exploiter : l’établissement industriel doit demander au préalable une autorisation d’exploiter, reposant notamment sur une étude d’impact et une étude de dangers exposant les nuisances et risques générés par chacune de ses installations, et les mesures prises pour y remédier ;

[3] l’autorisation préfectorale d’exploiter avec servitudes d’utilité publique (AS = autorisation avec servitudes) : la procédure est identique à la précédente à la différence près que l’ampleur du risque nécessite la mise en place de servitudes d’utilité publique qui interdisent ou réglementent toute construction nouvelle autour de l’établissement. Cette procédure vise à maîtriser le développement de l’urbanisation autour des sites à hauts risques et à limiter l’implantation d’industries à risques dans des zones fortement peuplées. Le seuil d’application de ce régime est le seuil haut de la directive Seveso.

La politique de prévention des risques industriels

Suite à l’accident industriel de Toulouse en 2001, entraînant la prise de conscience du risque industriel en France, une politique de prévention globale basée notamment sur la loi du 30 juillet 2003, relative à la prévention des risques naturels et technologiques et à la réparation des dommages, est mise en place pour les établissements soumis à la directive Seveso. Cette politique repose sur quatre piliers fondamentaux :

  • la maîtrise du risque à la source : l’exploitant doit démontrer qu’il maîtrise les risques via une étude des dangers et un système de gestion de la sécurité (SGS) ;
  • la maîtrise de l’urbanisation : cet axe vise à contrôler l’urbanisation autour des sites classés dangereux pour éviter d’augmenter ou pour réduire la population située à proximité d’une industrie à risques ;
  • la planification des secours : elle consiste à mettre en place des plans d’urgence et de secours pour faire face aux conséquences immédiates d’un accident ;
  • l’information préventive : tout citoyen doit connaître les accidents susceptibles de se produire près de chez lui et la manière de réagir en cas de crise. Il doit également disposer de structures de concertation (visite de site, enquêtes et réunions publiques, Comité Locaux d’Information et de Concertation (CLIC), campagnes d’information du public).

La maîtrise du risque à la source

La réduction du risque à la source constitue l’axe prioritaire et premier de la politique globale de prévention des risques industriels, dont le premier maillon règlementaire est l’étude de dangers suivi de la politique de prévention des accidents.

 

L’étude de dangers

Réalisée par l’industriel, sous le contrôle de la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE), les directions départementales des services vétérinaires (DSV) ou le service technique interdépartemental d’inspection des installations classées (STIIIC), l’étude de dangers permet d’identifier les sources de dangers et les accidents susceptibles de se produire sur un site en faisant l’état des lieux de l’installation, de sa conception et son fonctionnement, pour mettre en place des mesures de réduction de l’aléa.

Elle concerne obligatoirement toute ICPE soumise à autorisation, doit être réexaminée tous les 5 ans au minimum et faire l’objet d’une mise à jour, si nécessaire.

Depuis la loi du 30 juillet 2011 introduisant la notion d’approche « probabiliste » dans la démarche d’analyse, l’industriel doit évaluer la probabilité d’apparition de chaque phénomène dangereux envisagé en calculant l’intensité des différents types d’effets sur les personnels et les biens matériels. Il doit également prendre en compte dans la détermination des scénarios menant aux accidents, les effets dominos, accident survenant sur une installation et initiant un second accident sur une installation voisine.

La politique de prévention des accidents majeurs

Les établissements industriels soumis à autorisation avec servitude (AS) doivent établir une politique de prévention des accidents majeurs visant à minimiser les risques d’accidents majeurs et à en limiter les conséquences.

Pour les établissements Seveso, il est établi un système de gestion de la sécurité (SGS) qui définit un ensemble de dispositions permettant la mise en œuvre de la politique de prévention et portant sur :

  • l’organisation et la formation du personnel ;
  • l’identification et l’évaluation des risques d’accidents majeurs ;
  • la maîtrise des procédés et de l’exploitation des installations ;
  • la gestion des modifications apportées aux installations et aux procédés ;
  • la gestion des situations d’urgence (tests/exercices et formation au personnel) ;
  • la gestion du retour d’expérience ;
  • le contrôle du SGS, les audits internes et la revue de direction.

La maîtrise de l’urbanisation

Après la maîtrise du risque à la source,  la maîtrise de l’urbanisation à l’intérieur et autour des sites industriels présentant des risques majeurs, constitue un axe essentiel pour la prévention du risque industriel.

Le préfet et les collectivités territoriales disposent alors d’un ensemble d’outils légaux et règlementaires pour la maîtrise de l’urbanisation dans les périmètres de danger.

Au niveau de l’Etat, sont générés les outils règlementaires suivants :

  • le « porter à connaissance » : le préfet doit porter à la connaissance des communes toutes les informations et études techniques sur les risques majeurs ;
  • les servitudes d’utilité publique (SUP) : ce sont des contraintes d’urbanisation dans les zones à risques définies autour des sites Seveso AS. Elles sont reprises dans le plan local d’urbanisation (PLU) ;
  • le projet d’intérêt général (PIG) : à caractère d’utilité publique, le PIG est un projet de protection visant à limiter les conséquences des risques majeurs existants.

Concernant les collectivités territoriales, sont énumérées les outils suivants :

  • l’article R.111-2 du Code de l’urbanisme : il appartient au maire ou à la collectivité territoriale de refuser ou n’accorder que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales, un permis de construire pour une construction située dans une zone à risques ;
  • le plan local d’urbanisme (PLU) : outil et document de planification de l’urbanisation à l’échelle communale ou intercommunale, intervenant sur le moyen terme (5 à 10 ans), le PLU permet de déterminer les secteurs où la construction est interdite ou règlementée pour tenir compte du risque généré par l’installation considérée ;
  • la carte communale : version simplifiée du PLU, elle permet d’éviter l’urbanisation autour des sites à risques dans les zones à prédominance rurale avec notamment le règlement national d’urbanisme (RNU).

Depuis la loi du 30 juillet 2003, un outil règlementaire de prévention et de maîtrise de l’urbanisation autour des sites Seveso AS a été mis en place : le plan de prévention des risques technologiques (PPRT).

Ayant pour objectif de protéger les personnes, le PPRT consiste à évaluer et hiérarchiser, aux abords de l’installation classée, le niveau de risque lié à son activité.

L’évaluation de ce niveau de risque s’appuie sur :

  • l’aléa technologique, évalué en fonction de la probabilité d’occurrence, la cinétique et l’intensité des effets des phénomènes dangereux considérés ;
  • le recensement des enjeux présents sur le territoire, permettant de caractériser la vulnérabilité, c’est-à-dire l’ampleur des dommages que ces enjeux sont susceptibles de subir.

En fonction du niveau de risque, le PPRT définit les secteurs dans lesquels des mesures d’urbanisme doivent être prises. Ces mesures peuvent consister en l’imposition de prescriptions sur le bâti existant ou futur, l’expropriation ou le délaissement des zones où les niveaux d’aléas sont élevés.

Elaboré sous l’autorité du préfet par les services de l’inspection des installations classées et des équipements et le CLIC (Comité Locaux d’Information et de Concertation), le PPRT s’appuie sur un dispositif de concertation et d’association :

  • la concertation : elle fait l’objet d’un bilan qui est rendu public en fin de procédure d’élaboration, avant la mise à l’enquête publique, dans les formes prévues par l’arrêté de prescription du PPRT.
  • l’association : elle repose sur un groupe de travail opérationnel composé des collectivités locales concernées, du/des représentant(s) du CLIC, de l’industriel, des services de l’État compétents et plus précisément de toutes les personnes et organismes associés définis par le préfet dans l’arrêté de prescription du PPRT.

La planification des secours

Les installations industrielles classées Seveso AS et plus généralement tout établissement présentant des risques graves et spécifiques pour un environnement, nécessitent la mise en place de plans d’intervention, le risque nul n’existant pas. Ces plans d’intervention s’expriment sous la définition de deux outils opérationnels : le Plan d’opération Interne (POI) et le Plan Particulier d’intervention (PPI).

Le plan d’opération interne est mis en place par l’industriel, dès lors qu’un accident se produit à l’intérieur de l’installation. Objectant vers la définition de moyens adaptés permettant la maîtrise d’un accident interne au site, le POI planifie l’organisation, les ressources et les stratégies d’intervention à mettre en œuvre en analysant les accidents qui peuvent survenir. Il fait l’objet de tests périodiques réalisés au minimum tous les trois ans sur l’initiative de l’exploitant.

Le plan particulier d’intervention, établi par le préfet qui prend en charge la direction des opérations de secours, est une des dispositions spécifiques du plan ORSEC (Organisation de la Réponse de SÉcurité Civile). Il prévoit la mobilisation des services de secours publics (SAMU, sapeurs pompiers, gendarmes, police) et des services de l’Etat (DDE, DRIRE, DDASS, etc.) lorsque les effets d’un phénomène dangereux sont susceptibles de sortir des limites de l’installation.

A noter que chaque établissement qui fait l’objet d’un PPI doit disposer d’une sirène qui diffuserait en cas d’accident majeur le Signal National d’Alerte (SNA).

L’information de la population

Pour assurer la prévention de la population sur les risques majeurs, plusieurs documents d’ordre préventif et mesures adaptées ont été établis :

  • le dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) : réalisé par le préfet, il est disponible dans chaque mairie et renseigne, à chaque commune du département, la liste des risques majeurs auxquels elle est soumise. Ce DDRM permet au maire la réalisation d’un document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM)  et un affichage du risque à destination de ses administrés, pouvant ainsi s’informer sur les risques auxquels ils peuvent être soumis et sur les consignes de sauvegarde à appliquer en cas d’accident majeur ;
  • l’information des acquéreurs et locataires (IAL) : depuis le 1erjuin 2006, chaque nouveau propriétaire ou locataire doit être informé, avant signature de l’acte de vente ou du bail, des risques majeurs auxquels peut être soumis son futur logement. L’IAL est assurée dans les communes soumis au risque sismique ou dotées d’un PPRN ou PPRT prescrit ou approuvé ;
  • une campagne de communication, organisée tous les 5 ans par les industriels Seveso ;
  • le comité local d’information et de concertation (CLIC) : institué selon la loi du 30 juillet 2003, c’est un lieu d’échange et de concertation, permettant aux acteurs gestionnaires du risque, riverains et salariés de s’informer sur la stratégie du risque industriel et d’avoir la bonne conduite en cas d’accidents.

Par Angélica Tavares Costa

Évaluation du vieillissement industriel – Méthodologie

Dans ce dossier, on vise à fournir une méthodologie générale d’étude du vieillissement industriel d’un composant ou d’une installation. Le lecteur y trouvera les éléments principaux de la méthodologie à déployer. Les méthodes ne sont pas détaillées, mais le lecteur trouvera suffisamment d’éléments pour démarrer une étude de vieillissement et il pourra en outre trouver les références adéquates pour aller plus loin.

Le vieillissement des installations industrielles se traduit par une dégradation continue, plus ou moins rapide, des performances des composants, systèmes et structures, ou par leur perte de fonction. Un certain nombre de parades (programme de maintenance, de rénovation, de remplacement,…) peuvent ralentir ou limiter le vieillissement, permettant ainsi d’optimiser leurs performances, en particulier leur durée d’exploitation, tout en maîtrisant les risques. Encore faut-il anticiper les défaillances potentielles, avant qu’elles ne se produisent, et prévoir les conséquences à long terme des remèdes, des options que l’on souhaite mettre en œuvre préventivement. Pour ce faire, le retour d’expérience d’exploitation et son analyse, ainsi que l’utilisation de l’expertise industrielle sont des éléments stratégiques.

Après avoir défini le vieillissement et montré qu’il y avait deux visions du vieillissement, l’une physique, l’autre fiabiliste, se pose le problème industriel et le choix d’une méthodologie. Cette dernière se présente sous la forme habituelle d’une analyse de risque. On insiste ensuite sur l’anticipation puis sur l’évaluation de la fiabilité prévisionnelle, cette dernière étant l’un des paramètres les plus influents pour optimiser le choix de l’option préventive destinée à contrecarrer le vieillissement et à maîtriser les risques industriels tout en améliorant les performances. Les caractéristiques essentielles d’une étude de vieillissement et quelques pistes de recherche et développement pour les prochaines années permettent de conclure.

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Retour d’expérience technique

Le retour d’expérience technique est un point clé stratégique des activités de la sûreté de fonctionnement, car il permet de mieux connaître les performances des matériels et des installations, et de mettre en évidence leurs points faibles.

Le retour d’expérience s’intègre dans le système d’information, et dans le management des entreprises. La base de données est l’outil indispensable du retour d’expérience. Ses objectifs doivent être clairement définis. De la qualité des données dépendent les résultats de l’analyse. Le retour d’expérience contribue aux enjeux de la maîtrise de la sûreté et de la protection de l’environnement, de la disponibilité, de la durabilité et des coûts de maintenance. Il est indispensable à la conception des équipements futurs.

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Prévention des risques professionnels – Stress et risques psychosociaux

Le stress et plus largement les risques appelés « psychosociaux » sont des problématiques du monde du travail qui constituent, pour de nombreux secteurs d’activités, une nouvelle préoccupation pour la santé des salariés. Bien qu’il s’agisse de risques plus difficiles à identifier que les risques professionnels « traditionnels », leur approche doit être rigoureuse et donner lieu, comme pour tous les autres risques professionnels, à une évaluation et un plan de prévention. En effet, la loi (transposée de la directive-cadre 89/391/CEE et renforcée par les nombreux textes réglementaires ultérieurs) fait aujourd’hui obligation à l’employeur d’évaluer les risques, y compris psychosociaux, et de préserver la santé physique mais aussi mentale des salariés (article L. 4121-1 du Code du travail).

Pour objectiver le problème et proposer une prévention efficace, il faut pouvoir définir ce que sont le stress et les risques psychosociaux (RPS).

Il s’agira tout d’abord de s’intéresser à la problématique « stress », puis d’élargir la définition des concepts aux autres RPS, et enfin d’envisager comment agir en prévention dans ces domaines.

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« 64 % des évènements recensés par le Barpi impliquent des incendies » (1/2)

Techniques de l’ingénieur : Quel est le rôle et quelles sont les missions du BARPI ?

Le BARPI est un bureau d’administration centrale, intégré au sein de la Direction Générale de la Prévention des Risques du ministère du Développement Durable. Nos bureaux sont situés à Lyon, même si notre champ d’action s’étend à l’ensemble du territoire.

Le BARPI est chargé du recueil de l’accidentologie, des éléments de retour d’expérience, et du recensement des accidents qui surviennent dans l’ensemble des domaines des risques et pollutions industrielles, principalement et historiquement dans le domaine des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) mais également aujourd’hui sur d’autres domaines, à savoir les équipements sous pression, la distribution et utilisation du gaz, le transport de matières dangereuses, les barrages et les digues, et enfin le sous-sol (mines et carrières).

Existe-t-il un traitement spécifique pour les usines classées Seveso et ICPE ?

C’est le cœur de notre activité. Les sites Seveso sont une sous-catégorie des ICPE présentant les plus forts enjeux en matière de risques industriels. Au niveau des dispositions d’autorisation, de la réglementation et du contrôle en termes d’inspection, ils sont ceux sur lesquels l’État concentre le plus de moyens.

Au niveau du BARPI, lorsqu’un accident survient sur un site Seveso, le traitement de l’accident va être fonction de son ampleur et de ses conséquences. Parmi les accidents majeurs recensés dans notre base de données ARIA (Analyse, Recherche et Information sur les Accidents), un certain nombre sont survenus sur des sites Seveso, et notamment dans l’industrie chimique ou l’industrie pétrolière.

Y a-t-il eu des changements spécifiques dans le fonctionnement du BARPI depuis sa création ?

Le BARPI existe depuis 1992. Il est né du constat, vers la fin des années 80, début des années 90, qu’il n’existait pas en France de structure dédiée au recueil des accidents industriels, qui plus est articulée autour d’une démarche transverse. Si l’on voulait connaître par exemple le type d’accidents qui étaient survenus sur tel type d’industries, ceux ayant impliqué du chlore, ou encore les conséquences des accidents impliquant des explosifs, il fallait se procurer individuellement les rapports d’accident. Nulle part n’existait une synthèse de tous ces éléments.

Les années 90 ont donc été consacrées à une montée en puissance du BARPI, conjointement à la création de la base de données ARIA. Cette base n’a pas été tout de suite accessible en ligne, puisqu’à l’époque Internet en était encore à ses balbutiements. La mission essentielle du BARPI consistait alors à répondre aux demandes d’extraction, provenant d’administrations, de bureaux d’études ou d’industriels désireux de connaître le type d’accidents ayant survenu dans des installations similaires à la leur.

Dans une deuxième phase correspondant aux années 2000, une nouvelle volonté a émergé, celle d’améliorer l’accès à ces informations, de les mettre à disposition du public dans une logique de transparence, qui s’est concrètement traduite par la création du site Internet.

L’instauration de la base de données ARIA a permis de créer un réseau d’échanges avec les principaux syndicats professionnels de l’industrie, ainsi que de mettre en place des opérations de sensibilisation des professionnels à travers l’édition de plaquettes notamment. Pour la première fois, un type d’accidents, pas forcément connu ni maitrisé, était mis en lumière et il devenait donc possible de proposer, sur la base du retour d’expérience issu des accidents collectés, des recommandations dans le but de diminuer un type de risques, au moins dans un type d’industrie. Mais nous avons aussi mis au point, à l’époque, des publications plus transverses, à destination du public comme des institutionnels, sur les accidents les plus marquants.

La troisième période, qui a débuté en 2009 et dans laquelle nous sommes encore actuellement, est consacrée à l’extension de nos missions au-delà du domaine historique des installations classées, c’est-à-dire comme je vous le disais tout à l’heure, aux équipements sous pression (ESP), à la distribution et utilisation du gaz, au transport de matières dangereuses (TMD), aux barrages et digues, et enfin au sous-sol (mines et carrières). Cette volonté de diversification de nos domaines d’intervention est d’ailleurs liée à la création du ministère du Développement Durable dont la DGPR (Direction Générale de la Prévention des Risques) fait partie.

Combien d’accidents avez-vous recensé l’année dernière ?

En 2010, nous avons enregistré 1 686 « évènements » accidentels et incidentels. 1 568 sont survenus en France et 914 concernent les installations classées, les ICPE.

Nous répertorions aussi les évènements survenus à l’étranger, mais pas avec le même niveau de détails, ni avec les mêmes sources d’information. Nous intégrons surtout les accidents majeurs, par exemple, ceux qui vont être relayés dans les médias français.

La base ARIA a recensé 40 000 accidents sur les 20 dernières années.

Quelle différence y a-t-il entre un « accident » et un « incident » ?

On parle d’ « accident » à partir du moment où au moins l’un des 4 indices de l’échelle de gravité européenne des accidents est déclaré non-nul. Concrètement, cela peut désigner une quantité significative de matière dangereuse relâchée, des conséquences corporelles (mort, blessé, ou des conséquences significatives pour la population comme l’évacuation de riverains pendant un temps long), des conséquences environnementales ou encore des conséquences économiques.

À l’inverse, les « incidents » recouvrent les évènements dont les conséquences sont minimes : il n’y a pas de blessé, pas d’atteinte à l’environnement, et les conséquences économiques sont négligeables. Généralement, les incidents retenus auraient pu dégénérer très facilement en accidents, si par exemple un facteur aggravant s’était ajouté, ou si une intervention rapide n’avait pas eu lieu. Nous les répertorions donc également dans la base, au titre de leur intérêt en termes de retour d’expérience.

Quels sont les accidents majeurs, leurs origines et leurs conséquences ?

Les incendies représentent un pourcentage très significatif des accidents. 64 % des évènements recensés dans la base ARIA sur les vingt dernières années impliquent des incendies. Et pas seulement des incendies au sens « strict », le départ de feu n’étant pas forcément la cause première de l’accident mais pouvant résulter d’une explosion, ou d’un autre dysfonctionnement. Dans 40 % des cas, il y a rejet de matières dangereuses et dans 7 % des cas, des explosions. [suite page 2]

 

Propos recueillis par Carole Hamon

 

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Réglementation risque chimique

ICPE: piloter et suivre l’évolution de ses installations classées

 

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Risque d’utilisation des produits chimiques : comment être couvert ?

Instantanés technques : Présentez nous les nouvelles fiches de données de sécurité (FDS) étendues.

Gautier Vincent : La fiche de données de sécurité étendue, cest la FDS au format Reach qu’impose la réglementation Reach, et qui incorpore en annexe les scénarios d’exposition qui sont développés dans la cadre des dossiers d’enregistrement Reach. Ces nouvelles FDS commencent à arriver depuis janvier. Nous allons pouvoir commencer à « traiter » toutes les substances enregistrées en 2010. L’opération sera reconduite ensuite pour toutes les substances enregistrées en 2013, puis en 2018.

Qu’est-ce qui va changer concrètement ?

Beaucoup de choses vont changer sur les FDS, ce qui explique le développement de ces formations. Rien qu’au niveau de la quantité d’informations, on va passer de 8 pages à parfois 20, voire 200 dans certains cas !
Tout d’abord, la somme d’informations supplémentaires est extrêmement importante. Des paramètres vont évoluer. Prenons l’exemple des usages : avant, dans la FDS, on trouvait des précisions sur les conditions d’usages de la substance, « dans les grandes lignes ». Maintenant, on va avoir ce qu’on appelle des « codes usages ». Ces codes usages sont issus des guides techniques de Reach, et regroupent des informations permettant de savoir le domaine où on peut utiliser la substance. Ces codes usages vont être regroupés en scénarios, ce qui va permettre d’établir l’exposition aux travailleurs, à l’environnement et éventuellement aux consommateurs vis-à-vis de ces usages-là. Toute cette partie concernant la détermination de l’exposition va concerner les annexes.
Au niveau des usages, les code déterminés dans les guides techniques de Reach sont très larges. Aujourd’hui, le problème qui se pose est que ces codes sont tellement larges qu’on peut, pour un même process, se retrouver avec des codes usages différents. Toute la problématique est de savoir utiliser ces codes usages de la bonne manière, pour retrouver son usage et avoir le droit d’utiliser la substance dans son entreprise. Ceci concerne les utilisateurs avals.

D’où l’intérêt, pour les utilisateurs finaux d’actualiser leurs connaissances…

L’important est surtout pour l’utilisateur final de savoir identifier les utilisations via les informations données par les codes usages, et surtout savoir quoi faire si l’utilisation de tel ou tel produit n’est pas répertorié dans les codes usages correspondant, pour rester « couvert » vis-à-vis de la réglementation.

Que se passe-t-il quand l’utilisateur a un doute sur l’utilisation d’une substance dans un cas particulier ?

Il existe différentes possibilités : demander au fournisseur de vous couvrir, ou développer vous-même votre propre scénario… si c’est l’utilisateur aval qui demande à développer son propre scénario, il le fera pour lui-même. Cela permet notamment de traiter tous les usages de substances à caractère confidentiel. Il existe un autre cas : l’utilisateur peut se référer à son fournisseur, pour un usage non pris en compte dans la réglementation. Si le fournisseur accepte de le prendre en compte, il va l’intégrer dans son dossier d’enregistrement Reach, et la future FDS fera l’objet d’une mise à jour qui incorporera les nouveaux usages et les scénarios qui y sont associés. Il est donc important, aujourd’hui, de savoir manipuler et connaître au mieux toutes les formes d’usage. Une autre solution peut consister à changer de fournisseur.
Une fois que l’utilisateur final a bien repéré ses usages, il va se reporter à la partie des annexes qui le concerne. Les données qu’il va trouver sont de plusieurs ordres. D’abord, une description de la substance : à quoi sert-elle ? Comment se présente-t-elle ? Comment est-elle utilisée dans le process industriel ? Quelles sont les conditions opératoires ? L’usage de la substance nécessite-t-elle l’utilisation d’équipements particuliers, individuels ou collectifs ?

L’implication de l’utilisateur aval dans les FDS semble beaucoup plus important.

C’est vrai. Les FDS étendues ne changent en rien ce qui existait en la matière auparavant, mais elles permettent d’aller beaucoup plus dans le détail. Et cela est justifié. Si un utilisateur final dérive de la FDS au niveau de certains usages par exemple, il doit être capable de montrer, à l’occasion d’un contrôle par exemple, qu’il reste dans le cadre des scénarios correspondant à l’usage. Mais il faut noter que la rédaction d’un rapport n’est pas une obligation réglementaire au sens strict.

Justement, comment abordez-vous les problématiques liées aux différentes réglementations ?

On intègre dans la formation « usages et scénario » le lien avec les autres réglementations. C’est un point très important. Au-delà de Reach, on a aussi des problématiques d’évaluation du risque chimique et de mesure de l’exposition, qui se fait sur le poste de travail. Il s’agit d’une réglementation française, qui se base sur les équipements de protection individuels et collectifs. Il est donc nécessaire qu’il y ait homogénéisation avec les règlements Reach. Il est important de considérer les règlementations non pas une par une, mais dans leur globalité.

Et pour les formulateurs  ?

Les formulateurs font les formulations de plusieurs substances, mais il faut prendre en compte le fait que chaque substance aura ses scénarios. Il s’agit alors de faire un « mix »  intelligent des différents scénarios associés aux différentes substances. Ils ont différentes possibilités. Soit ils prennent la substance la plus dangereuse et en déduisent les différents scénarios, en considérant que ces scénarios couvrent l’utilisation de l’ensemble des autres substances.
Ils peuvent aussi considérer plusieurs scénarios. Si une substance A est dangereuse pour l’environnement, alors que la B ne l’est pas mais qu’elle est dangereuse pour l’homme… Les cas de figure sont très nombreux, il y a donc la nécessité de clarifier tout cela le plus possible. Aujourd’hui, il y a clairement une demande d’aide vis-à-vis de ces problématiques, émanant surtout des PME/PMI.

Qu’est-ce qui ressort de l’attente des participants aux formations ?

Il existe de plus en plus de formations, la plupart très théoriques, et inspirées par les guides de l’ECHA qui sortent régulièrement. Dans certains cas, ces guides sont encore à l’état de brouillons lorsqu’ils sont utilisés pour les formations. Avec les Techniques de l’Ingénieur, nous avons choisi de mettre l’accent sur le côté pratique des formations. Il s’agit surtout de se confronter à ces nouvelles obligations en les connaissant mieux.

 

Propos recueillis par Pierre THOUVEREZ

Les formations TECHNIQUES DE L’INGENIEUR évoquées dans cet entretien :

Les PPRT en débat aux Jeudis du CNRI

Suite à la catastrophe d’AZF en 2001, le gouvernement a décidé la mise en place du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT). Ainsi, la mise en application de la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 prévoit la mise en place de ces PPRT, au nombre de 421 en France (670 établissements industriels sont concernés).
C’est autour de ce thème qu’était axé le dernier Jeudi du CNRI, qui s’est tenu le 7 avril à Bourges. La première table ronde a permis aux intervenants, devant un public de professionnels et d’étudiants venus nombreux, d’expliciter les fondements des PPRT et leurs justifications sur le terrain.

Au final, l’objectif est de résoudre des situations délicates en matière d’urbanisme et de sécurité des personnes et des habitations. Sont concernés par les PPRT uniquement les établissements industriels SEVESO à hauts risques. Comme on a pu le constater lors de cette première table ronde, les PPRT sont à l’origine de conflits locaux, et le dialogue entre les partis est plus que jamais nécessaire.

C’est Laurent Levent, chef du BRTICP (bureau des risques technologiques et des industries chimiques et pétrolières), rattaché au Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement, qui a rappelé l’importance de la mise en place des PPRT, et leur prégnance sur les autres formes de normes, précisant que « le PPRT s’impose sur les documents d’urbanisme, l’objectif unique étant la sécurité des personnes ».

Tout en évoquant les réflexions toujours en cours au Ministère et l’avancée des PPRT, Mr Levent a rappelé qu’au moins 50 % des PPRT ne feront pas l’objet de mesures foncières, et que malgré les efforts déployés par le Ministère, des moyens restent à déployer, notamment en termes de financement.

A la suite du Ministère, ce sont les voix des acteurs concernés directement par les PPRT que l’on a pu entendre. Du côté des industriels d’abord. Pierre Vialtel est Responsable HSE au sein du groupe Rubis Terminal, qui stocke 120 000 m3 d’hydrocarbures (25 % des besoins de la région) sur un site près de Brest. Pour lui, l’identification des scénarios les plus problématiques est à mettre au crédit des PPRT : « il s’agit d’une avancée importante ». Cependant, Pierre Vialtel critique la démarche, selon lui trop probabiliste, et qui a le défaut d’exclure certains phénomènes dangereux, la rendant incohérente avec les études de danger sur certains points particuliers. Mr Vialtel a également insisté sur les problèmes induits par la mise en place des PPRT : « l’entrée en vigueur des PPRT a incontestablement été un frein au traitement des demandes de modifications déjà en cours. Aussi, l’impossibilité de faire évoluer les sites à l’avenir induite par les PPRT est inacceptable, tout comme la désorganisation des sites industriels, trop sollicités par le processus, et sans compensation de la part des services de l’état ».

Mr Vialtel, en conclusion, a appelé à agir avec concertation et sans empressement : « A mon avis, il est urgent de ne pas se presser. L’état a des délais à tenir, mais cela ne doit pas le pousser à agir dans la précipitation ». Philippe Pradere, Directeur Industriel de la STCM (Société de Traitements Chimiques des Métaux), mettait quant à lui en avant les latences persistantes entre les décisions foncières liées aux PPRT et les financements induits : « La convention de financement doit être signée à priori un an après le PPRT… cela reste pour le moment très théorique ».

Gérard Perrotin, administrateur de l’association AMARIS, est intervenu pour mettre en exergue les difficultés rencontrées par les citoyens concernés par les PPRT. En effet, les habitations proches de sites SEVESO sont directement concernées, pour des raisons de sécurité. Les habitants sont alors contraints de rénover leurs logements pour les mettre aux normes. Ces travaux, lourds, peuvent par exemple consister à installer des fenêtres résistantes aux explosions. Ces aménagements sont variables, et sont logiquement de plus en plus onéreux à mesure que l’habitation concernée est proche du site SEVESO.

Sans remettre en cause le bien fondé ces nouvelles obligations, Gérard Perrotin a mis en avant la difficulté, pour les habitants, de faire effectuer les travaux nécessaires, souvent très onéreux, alors que les conventions de financement n’étaient pas finalisées. En effet, depuis la mise en route des PPRT, seules trois conventions tripartites ont été signées. Tout en concédant ces difficultés et un certain retard à ce niveau, Laurent Levent a tenu à réaffirmer les engagements pris et la nécessité de continuer à avancer sur tous les PPRT, malgré les difficultés.

Quoi qu’il en soit, les discussions entre les différents acteurs ont permis au public présent de mieux comprendre les éléments de blocage dans l’avancée des PPRT, et la nécessité de maintenir le dialogue entre les différentes parties prenantes.

P.T

 

Déjà Publié

Jeudis du CNRI : prévention des risques technologiques

33 propositions pour mieux encadrer les risques industriels

33 propositions pour mieux encadrer les risques industriels

La table ronde sur les risques industriels s’est réunie à quatre reprises, entre le 19 mai et le 3 juillet 2009. C’est sous la présidence de Jacques Vernier, président du conseil supérieur des installations classées, et des parties prenantes des cinq collèges du Grenelle (ONG, monde économique, syndicats, élus, administration), que se sont déroulées ces tables rondes. Mises en place par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno après avoir constaté la nécessité d’un approfondissement des discussions du Grenelle en ce qui concerne les risques industriels, elles ont permis d’assister à des échanges constructifs et denses. Tellement denses qu’ils se poursuivront à partir de septembre 2009.

Quoi qu’il en soit, au terme de l’ultime table ronde de cette session, le 3 juillet dernier, 33 propositions consensuelles ont été retenues. Elles seront toutes traduites en amendements dans le projet de loi Grenelle 2 qui sera soumis au parlement dès cet automne. Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, a également promis de renforcer les effectifs en charge de l’inspection des installations classées pour la protection de l’environnement. Ainsi, le nombre d’inspecteurs devrait passer à 1.500 en 2012, puis à 1.700 d’ici 2015. A l’heure actuelle, on ne compte que 1.182 inspecteurs sur le territoire français.

33 propositions retenues

Parmi les 33 mesures retenues, six concernent les plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Dans le détail, des objectifs au niveau du financement des travaux, aujourd’hui à la charge des particuliers en ce qui concerne la consolidation des immeubles existants, ont été fixés. La modulation de l’exonération de la taxe foncière, prévue par la loi pour qu’elle ne s’applique que sur les zones communales impactées par le PPRT, a elle aussi été actée. La mise en place d’une mesure d’arbitrage indépendante est même envisagée.

Le deuxième point abordé lors de cette table ronde concerne la sécurité pour les nœuds d’infrastructures de transport. Un accord a été trouvé pour renforcer le cadre légal sur la sécurité pour les nœuds d’infrastructures de transport, c’est-à-dire les ports, gares de triage, parkings autoroutiers. Ainsi, des arrêtés préfectoraux devraient être mis en place afin, comme le précise le compte-rendu des propositions retenues, d’ « imposer des prescriptions constructives et de fonctionnement dans une logique de limitation des risques ».

Mieux organiser l’information du public

Autre volet couvert par certaines des 33 propositions, la communication et en particulier sur Internet. Il a été décidé de mieux organiser l’information du public. La décision phare concerne les demandes d’autorisations d’installations à risques : elles feront désormais l’objet d’une enquête, qui sera mise en ligne sur le site Internet des préfectures, et donc sera accessible au grand public.

Le texte précise qu’ « un résumé non technique du dossier sera également diffusé ainsi que les sanctions administratives qui pourraient être décidées ». Enfin, la durée de l’enquête publique sur les sites Seveso (la directive Seveso permet d’identifier les sites industriels présentant des risques d’accident majeurs) sera, selon le texte, « systématiquement portée à six mois et inclura obligatoirement l’organisation d’une réunion publique ».

Pour terminer, les mesures s’attardent sur deux points importants. D’abord, la volonté des participants de modifier les instances de concertation, à savoir les Clis (commissions locales d’information et de surveillance) et les Clic (comités locaux d’information et de concertation). Ces modifications ont pour finalité d’assurer la parité entre les cinq collèges. Ensuite, dans le but d’améliorer les études d’impact, il est question d’introduire un principe de labellisation des bureaux d’études, afin de créer en quelques années un vivier de bureaux d’études sur le territoire.

Des désaccords persistent

Au-delà des 33 propositions qui ont fait consensus, les participants n’ont pas pu s’entendre sur toutes les avancées proposées, notamment en ce qui concerne la mise à disposition du public d’informations sensibles. En plus de propositions évoquées plus haut et avalisées par le collège des participants, la volonté de doubler les peines encourues en cas de non-respect de la réglementation sur les risques technologiques, elle, n’a pas fait l’unanimité. Concrètement, les intérêts liés à la protection de l’environnement d’une part, et à la participation du public d’une autre part, se sont opposés, et les participants n’ont pas réussi à trouver un quelconque compromis.

Trois autres points fondamentaux seront abordés en septembre lors de la deuxième phase des travaux de cette table ronde :

  • Les sols industriels pollués ;
  • Les déchets post-catastrophe ;
  • L’association des salariés à la maîtrise des risques dans l’entreprise.

Chantal Jouanno et Jacques Vernier, au vu de l’importance de ces trois thèmes, envisagent d’installer définitivement un comité stratégique auprès du conseil supérieur des installations classées pour la table ronde de septembre prochain.

 

En savoir plus

Le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la mer a publié la liste des 33 propositions retenues à l’issue de la table ronde du 3 juillet dernier. Lire les 33 propositions

P.T

«&nbsp.La chimie est le secteur industriel qui compte le plus de décès ces vingt dernières années&nbsp.» (2/2)

Techniques de l’ingénieur : Avec quels organismes français et étrangers travaillez-vous ?

En France, nos interlocuteurs principaux sont la DGPR, le Bureau des Risques Technologiques et des Industries Chimiques et Pétrolières (BRTICP), le Bureau de la Sécurité des Equipements Industriels, la Mission Transport de Matières Dangereuses, et les inspecteurs des installations classées au sein des DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), avec qui nous dialoguons beaucoup. À côté de cela, nous nous appuyons aussi beaucoup sur les rapports des pompiers, très détaillés sur la chronologie des accidents.

Nous sommes régulièrement en contact avec les industriels, mais de manière indirecte, par l’intermédiaire des syndicats professionnels. L’Union des Industries Chimiques (UIC) représente ainsi l’une des filières industrielles les plus importantes en France. Mais il s’agit également du secteur industriel où il y a eu le plus de morts sur les vingt dernières années – avec toutefois des variations annuelles significatives, et notamment un pic avec l’accident d’AZF en 2001.

Nos autres partenaires industriels sont les pétroliers, UFIP (Union Française des Industries Pétrolières) et GESIP (Groupe d’Études de Sécurité des Industries Pétrolières et Chimiques), le SFEPA (Syndicat des Fabricants d’Explosifs, de Pyrotechnie et d’Artifices) , l’AFGC (Association Française des Gaz Comprimés) et le SHD (Syndicat des Halogènes et Dérivés).

Quant à l’international, nous travaillons en étroite relation avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne, et les Pays-Bas. De même qu’avec l’organe chargé du recueil de l’accidentologie à l’échelle européenne, le MAHB (Major Accident Hazards Bureau). C’est un organe assez récent, qui date d’il y a une quinzaine d’années, et qui prévoit pour les états membres l’obligation de notifier à la Commission Européenne les accidents majeurs. Le MAHB dispose d’ailleurs aussi d’une base de données, la base MARS (Major Accident Reporting System).

Que peut-on souhaiter pour améliorer la prévention des risques industriels ?

La prise en compte du retour d’expérience est un chantier plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui encore, trop d’accidents surviennent parce que le retour d’expérience d’évènements similaires, parfois même au sein du même groupe industriel, n’a pas été intégré.

Il nous faut poursuivre notre réflexion sur différentes problématiques, celle notamment des états « non standard », c’est-à-dire quand les installations ne fonctionnent pas en régime nominal. Ainsi, nous avons constaté, et de manière très nette, que parmi les accidents survenus récemment, et notamment en 2010, beaucoup s’étaient produits durant des phases de travaux (présence de sous-traitants ne connaissant pas les lieux et les installations, risques engendrés par la co-activité, etc.)

De même, nous observons que les « travaux par points chauds » et les phases de démantèlement sont particulièrement accidentogènes.

Depuis 2008-2009, le ministère du Développement Durable s’intéresse également à la problématique du vieillissement des installations, suite à des pollutions survenues en raison de ruptures de canalisation. Sachant que la plupart des sites industriels ne sont pas neufs, il reste encore beaucoup de travail à faire.

Un dernier axe de réflexion concerne enfin l’intégration de la société civile à la problématique de la prévention des risques. Je le disais tout à l’heure, toute la démarche du BARPI depuis une dizaine d’années consiste à s’ouvrir plus largement au public. Nos résumés d’accident sont accessibles à tous, et depuis quelques temps, suite à une refonte du site Internet, la base ARIA a gagné encore en ergonomie et en attractivité.

Il y a de la part de la société actuelle un besoin réel d’une plus grande transparence de la part des industriels. C’est pourquoi nous développons actuellement une démarche de « communication à chaud » en cas d’accident. Les sites Seveso dialoguent avec les riverains, notamment au sein des CLIC (Comités Locaux d’Information et de Concertation) qui sont mis en place autour de chaque site Seveso et qui échangent sur le plan de prévention des risques technologiques. Mais cela reste une démarche de communication « à froid », qui doit être complétée ensuite par une démarche de communication « à chaud ». Lorsqu’il survient un évènement sur un site, l’exploitant doit, de notre point de vue, aller spontanément en informer les riverains et les associations, en plus de l’État et des collectivités. Même s’il s’agit d’un évènement sans conséquence corporelle par exemple, mais avec un retentissement à l’intérieur du site, l’exploitant se doit de tenir au courant la population locale. Cela peut passer par un rapide communiqué de presse auprès des médias locaux, l’essentiel étant que les riverains aient l’information et ne soient pas obligés d’aller la chercher.

Cela nous semble primordial pour instaurer un climat de confiance entre les industriels et la population alentour. Les industriels ont, du reste, tout à y gagner en termes d’image et de crédibilité. Le public doit prendre conscience que nous sommes, dans ce domaine-là comme dans d’autres, dans une démarche d’amélioration continue.

Propos recueillis par Carole Hamon

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Évaluer et prévenir le risque chimique

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La démarche qualité : zèle ou nécessité ?

On observe, au sein des entreprises, des systèmes de management de la qualité alourdis – par des outils souvent mal adaptés – que l’on croit imposés par la norme. Or, il suffit d’une lecture attentive de cette dernière pour s’apercevoir qu’elle repose sur des obligations de résultat et non de moyen. Si les objectifs de la qualité sont universels – satisfaction client et amélioration continue des performances – les dispositions à déployer pour les atteindre ne peuvent rarement être identiques d’une structure à l’autre.

Mais alors, au-delà du constat, comment mettre en œuvre un système de management de la qualité optimisé permettant d’accroître la satisfaction des clients tout en conservant souplesse et faculté d’innovation ?

Les éléments de réponse à cette question n’ont rien de nouveau : une rationalisation de l’organisation s’appuyant sur les compétences des individus, action à priori plutôt qu’à posteriori, approche factuelle… Repenser le fonctionnement de l’entreprise demande de prendre du recul – au sens littéral du terme – et donc de prendre du temps que les entreprises peinent à trouver, dans un environnement de plus en plus dur et concurrentiel.

Aussi, la démarche qualité tient évidemment de la nécessité et non pas du zèle, et menée avec humilité et volonté de progresser, elle permet de bâtir une organisation performante et pérenne, capable d’innover aussi bien dans ses modes de management que dans ses produits.

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REACH : les news du mois de JUILLET (2/2)

Enquête sur l’impact de Reach sur la compétitivité

(15/07/2011)
Le CSES (Centre for Strategy and Evaluation Services) a été chargé par la Commission européenne de réaliser une enquête visant à évaluer l’impact du règlement REACH sur la compétitivité de l’industrie européenne des produits chimiques. Vous pouvez encore répondre au questionnaire jusqu’au 6 août 2011.

Informations pour éviter les essais inutiles sur les animaux – 28 nouvelles substances concernées

(15/07/2011)
L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Les substances concernées sont :

  • acétate de tris[4-(diéthylamino)phényl]méthylium (N° CAS : 63157-72-2 et N° CE : 263-974-8)
  • heptanal (test propose par l’acide heptanoïque – N° CAS : 111-14-8 (N° CAS : 111-71-7 et N° CE : 203-898-4)
  • Polysulfides, bis[3-(triethoxysilyl)propyl] (N° CE : 915-673-4)
  • N-[2-(piperazin-1-yl)ethyl]C18- alkylamide-insaturé (N° CE : 629-767-5)
  • décahydronaphtalène (N° CAS : 91-17-8 et N° CE : 202-046-9)
  • 2-Oxepanone, polymère avec le 2-ethyl-2-(hydroxymethyl)-1,3-propanediol – ε-Caprolactone , produits de réaction avec le propylidynetrimethanol (N° CAS : 37625-56-2 et N° CE : 500-099-5)
  • Alcools, C18-22, résidus de distillationn. (N° CE : 641-136-6)
  • N-lauroylsarcosinate de sodium (N° CAS : 137-16-6 et N° CE : 205-281-5)
  • N,N-diméthyldécane-1-amide (N° CAS : 14433-76-2 et N° CE : 238-405-1)
  • carbonate de calcium (N° CAS : 471-34-1 et N° CE : 207-439-9)
  • pentane-2,4-dione (N° CAS : 123-54-6 et N° CE : 204-634-0)
  • pentane-3-one (N° CAS : 96-22-0 et N° CE : 202-490-3)
  • octène, produits d’hydroformylation, fraction à haut point d’ébullition (N° CAS : 68526-89-6 et N° CE : 271-237-7)
  • dodécène, produits d’hydroformylation, fraction à haut point d’ébullition (N° CAS : 68526-91-0 et N° CE : 271-239-8)
  • 5-méthylhexane-2-one (N° CAS : 110-12-3 et N° CE : 203-737-8)
  • gazoles légers sous vide (pétrole), hydrotraités (tests proposés avec une large gamme de distillation directe de gasoil) (N° CAS : 92045-24-4 et N° CE : 295-407-5)
  • combustibles pour moteur diesel n° 2 (tests proposés avec une large gamme de distillation directe de gasoil) (N° CAS : 68476-34-6 et N° CE : 270-676-1)
  • fuel-oil, n° 2 (tests proposés avec une large gamme de distillation directe de gasoil) (N° CAS : 68476-30-2 et N° CE : 270-671-4)
  • 1,3-dioxepanne (N° CAS : 505-65-7 et N° CE : 208-015-6)
  • hexahydroxoantimonate de sodium (N° CAS : 33908-66-6 et N° CE : 251-735-0)
  • hexanol-1, éthyl-2, sous-produits de fabrication, résidus de distillation (N° CAS : 68609-68-7 et N° CE : 271-832-1)
  • hydrazine (N° CAS : 302-01-2 et N° CE : 206-114-9)
  • phosphate d’isodécyle et de diphényle (N° CAS 29761-21-5 et N° CE : 249-828-6)
  • oxyde de diisopropyle (N° CAS : 108-20-3 et N° CE : 203-560-6)
  • oxyde de diéthyle (N° CAS : 60-29-7 et N° CE : 200-467-2)
  • 2,2′-(octadec-9-enylimino)biséthanol (N° CAS : 25307-17-9  et N° CE : 246-807-3)
  • N,N,N`,N`,N« -Pentamethyl-N-C16-18 (paires) C18 unsat.-alkyl-1,3-propanediammonium chloride (N° CAS : 1211950-04-7 et N° CE : 629-716-7)
  • N-(3-aminopropyl)-N`-[3-(C16-18 (paires), C18 unsaturated alkyl amino) propyl]propane-1,3-diamine (tests proposé avec le triproplylene triamine de suif et le dipropylenetriamine de suif) (N° CAS : 1219458-11-3 et N° CE : 628-862-9)

Les informations sur ces substances sont à soumettre pour le 29 août 2011.
http://echa.europa.eu/consultations/test_proposals/test_prop_cons_en.asp?consultations_status=current

Conférence organisée par l’ECHA le 23 septembre 2011

(15/07/2011)
L’ECHA organise, le 23 septembre prochain, une conférence sur l’enregistrement dans le cadre de REACH : Retour d’expérience de 2010 et piste d’amélioration pour 2013. Les inscriptions doivent se faire avant le 9 septembre 2011 (login : chemical – mot de passe : regulation) : http://www.euconf.eu/reach/en/registration/index.html

Offres d’emplois à pourvoir à l’ECHA

(20/07/2011)
L’ECHA a publié deux nouvelles offres d’emploi. Ces offers peuvent être consultées à l’adresse http://www.echa.europa.eu/opportunities/positions_en.asp. La date limite d’envoi des candidatures est le 3 octobre 2011.

La boîte à outil QSAR disponible en 22 langues

(21/07/2011)
Ce logiciel aide les enregistrants et les autorités à utiliser les méthodes QSAR pour grouper les produits chimiques en catégories et à combler les manques de données écotoxicologiques/toxicologiques nécessaires pour évaluer les dangers des produits chimiques.
http://echa.europa.eu/news/na/201107/na_11_31_qsartoolbox_release_20110721_en.asp

L’ECHA publie des guides synthétiques

(21/07/2011)
L’ECHA publie une série de versions abrégées des documents d’orientation REACH qu’elle publie afin de rendre ces documents d’orientation plus accessibles pour l’industrie.
Le document concernant les exigences relatives aux substances présentes dans les articles est disponible sur :
http://guidance.echa.europa.eu/docs/guidance_document/nutshell_guidance_articles2_en.pdf

Avis sur les substances contenues dans les articles

(23/07/2011)
Un avis du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement du 23 juillet 2011 précise l’interprétation adoptée en France concernant l’obligation des fournisseurs, producteurs et importateurs de communiquer des informations sur les substances contenues dans les articles en application du règlement REACH. L’avis reprend également la liste actualisée des 53 substances candidates à l’autorisation (dite « liste candidate »). Cet avis est consultable sur :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A3BEEE9BC36199CDCC087DE0D73EB16C.tpdjo13v_1?cidTexte=JORFTEXT000024389185&categorieLien=id

Par Céline Nectoux, ingénieur environnement CNRI

Les dernières NEWS REACH :

  • Actualités du 1 au 15 juillet 2011
  • Actualités du 16 au 30 juin 2011
  • Actualités du 1 au 15 juin 2011
  • Actualités du 1 au 15 mai 2011
  • Actualités du 15 au 30 avril 2011
  • Actualités du 01 au 15 avril 2011
  • Actualités du 15 au 31 mars 2011
  • Actualités du 01 au 15 mars 2011
  • Actualités du 15 au 28 février 2011
  • Actualités du 4 au 15 février 2011
  • Actualités du 1 au 3 février 2011
  • Actualités du 15 au 31 janvier 2011
  • Actualités du 1 au 15 janvier 2011
  • Actualités du 15 au 31 décembre 2010
  • Actualités du 1 au 15 décembre 2010
  • Actualités du 15 au 30 novembre 2010
  • Actualités du 1 au 15 novembre 2010
  • Actualités du 15 au 30 octobre 2010
  • Actualités du 1 au 15 octobre 2010
  • Actualités du 15 au 30 septembre 2010

Et aussi :

 

Des cellules photovoltaïques à vaporiser en vente dès 2013 ?

Ces cellules photovoltaïques pourraient en outre fonctionner sur les structures arrondies, comme par exemple sur les cheminées d’usines ou les murs anti-bruit encadrant les autoroutes, ainsi que sur des surfaces flexibles, comme les vêtements.

Ces nouvelles cellules photovoltaïques utilisent des composés de carbone, alors que la plupart des produits actuels utilisent du silicium cristallin emprisonné entre des couches de verre. Ces composés de carbone fonctionnent, une fois séchés et solidifiés, comme des semiconducteurs. Ils génèrent alors de l’électricité en réaction à la lumière.

De nombreux chercheurs essaient d’augmenter au maximum le rendement de la conversion d’électricité des cellules photovoltaïques en spray. Mitsubishi a ainsi développé le premier prototype au monde capable de convertir la lumière en électricité avec un rendement pratique de 10,1 % (un chercheur de l’Université du Texas travaillant sur un projet similaire estimait le seuil de viabilité commerciale à 10 % [1]). Même si ce niveau de conversion reste en deçà des 20 % obtenus par les cellules conventionnelles au silicium, il est comparable à celui des cellules photovoltaïques à couche mince qui sont elles déjà sur le marché. En revanche, les couches de cellules photovoltaïques « en bombe » mesurent moins d’un millimètre de large, à comparer aux cellules conventionnelles qui ont une largeur de plusieurs centimètres. Cette couche pèse donc plus de dix fois moins qu’un panneau à silicium cristallin de même taille.

Mitsubishi Chemical va travailler avec des fabricants automobiles afin de développer des cellules photovoltaïques qui permettront à une voiture électrique de rouler 10 kilomètres avec une charge de 2 heures. Le procédé de fabrication de ces cellules étant très simple, la production en série du produit ne devrait pas être un obstacle et permettrait de diviser par dix le coût actuel de fabrication.

L’entreprise souhaite commercialiser des produits basés sur cette technologie au printemps 2013, avec pour cibles principales les fabricants automobiles et les producteurs de matériaux de construction.

[1] Reportage de la National Science Foundation sur un projet de cellules photovoltaïques à vaporiser, 14/02/2011 (anglais) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/6EKGH

 

Source :

Asahi Shinbun, 19/07/2011 (japonais)

 

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67411.htm

 

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Revue du Web #4 : les vidéos de la semaine

Cette semaine : une vidéo fascinante du ciel en time-lapse avec les quatre télescopes du Very Large Telescope du désert d’Atacama (Chili) au premier plan ; une vidéo d’un « groupe » robotique reprenant étonnamment bien une chanson de Marilyn Manson ; un goéland robot ultra-léger et dont le vol extrêmement réaliste est bluffant, et enfin le gadget (inutile ?) de la semaine des lunettes… 2D. En bonus, une petite vidéo de l’INA nous présentant le Minitel, dont le service sera fermé dans 1 an.

Le ciel et le Very Large Telescope en accéléré :

Pour commencer, une vidéo grisante en time-lapse (en accéléré) d’un superbe ciel étoilé, shootée par Stéphane Guisard et Jose Francisco Salgado, dans le désert d’Atacama, au Chili. C’est là-bas que se trouve le Very Large Telescope (VLT), projet européen de l’Observatoire Européen Austral, composé de huit télescopes (dont quatre principaux), à une altitude de 2 635 mètres. Cette vidéo est non seulement fascinante par l’extrême beauté de ce ciel étoilé en mouvement, mais aussi parce qu’elle montre les quatre télescopes principaux en pleine activité, au premier plan sur la vidéo.

Le rayon lumineux jaune apparaissant dans la première moitié de la vidéo permet de réduire la distorsion atmosphérique en augmentant la source lumineuse, pour une meilleure captation par le télescope.

À regarder en HD, et jusqu’au bout :

« The Beautiful People » de Marilyn Manson joué par un « groupe » robotisé :

La semaine dernière, nous avons vu dans la revue du Web #3 une bouche robotisée assez efficace, quoiqu’un peu répugnante. Ce « chanteur » mécanique a peut-être trouvé un « groupe », qui nous fait dans cette vidéo une démonstration assez convaincante d’une reprise de la chanson de Marilyn Manson, « The Beautiful People ». Ce qui semble être du bricolage est néanmoins de très belle facture.

La programmation de la chanson et la coordination ont sûrement été fastidieuses car elles ont duré près de deux mois :

Un goéland robot plus vrai que nature :

L’entreprise allemande Festo présente dans la vidéo suivante son prototype nommé « Smartbird », pouvant décoller, voler et atterrir sans difficulté, et dont le vol ressemble à s’y méprendre à celui d’un véritable oiseau. D’une envergure d’1 mètre 96 pour seulement 450 grammes, il a été calqué sur l’espèce du goéland argenté. Le système de torsion active, combiné avec le système de contrôle, permettent à ce surprenant goéland de voler avec aisance. La queue sert à la fois de stabilisateur, de gouvernail et permet de contrôler l’ascension ou la descente :

Le gadget (inutile ?) de la semaine : les lunettes 2 D

Fatigué par la perspective de voir un film en trois dimensions ? La 3D vous donne mal au crâne ? Ou peut-etre vous plaisez-vous à être à contre-courant ? Alors ces lunettes sont faites pour vous… Lorsque des lunettes 3D possèdent deux verres bloquant chacun une image, permettant à chaque oeil d’avoir une image différente, que le cerveau interprète finalement comme de la 3D, les verres de ces lunettes 2D bloquent tous les deux la même image, et ont la même polarisation. Chaque oeil reçoit la même image, permettant au cerveau de voir de la 2D standard. Au prix de 7 dollars, vous allez enfin pouvoir regarder des films 3D… en 2D. Ou bien vous pouvez toujours économiser cet argent en allant voir le film directement en projection 2D, à moindre frais. Rassurez-vous, c’est présenté comme une blague, bien que les lunettes soient réellement en vente.

Bonus : le Minitel

Dernière vidéo cette semaine, provenant de l’INA (les archives audiovisuelles), un reportage sur le Minitel en 1989, dont on fêtait alors les 10 ans. Le service prendra définitivement fin (oui, il marche toujours) le 30 juin 2012. En 2010, près de 2 millions de personnes l’utilisaient encore, pour un peu plus de 200 000 euros de chiffres d’affaires :

 

Par Rahman Moonzur

Jiaozhou Bay Bridge : le pont le plus long du monde

Fort de ces 42 kilomètres de longueur, le Jiaozhou Bay Bridge, enjambant la baie de Jiaozhou dans la région très peuplée de Shandong (plus de 90 millions d’habitants), au sud de la capitale chinoise, est entré dans le livre Guinness des Records au début du mois de juillet, comme le pont le plus long du monde. Il relie les districts de Huangdao, l’île de Hongdao et la ville de Qingdao, grâce à sa forme en « T » autorisant trois accès ou sorties. Constitué de pas moins de 5 200 piliers sur tout son long, il aura nécessité quatre ans de travaux et la bagatelle de 10 000 ouvriers pour réaliser cet exploit. Le pont a été conçu pour résister aux catastrophes naturelles comme les tremblements de terre ou les typhons, ainsi qu’à d’éventuelles collisions avec des navires.

Tout d’abord gratuit, il devrait coûter 5 euros pour utiliser les six voies du pont. Ses 450 000 tonnes d’acier et ses 2,3 millions de mètres cube de béton permettent de réduire d’une trentaine de kilomètres les distances normalement parcourues en voiture. Le pont vient compléter le tout nouveau tunnel de Qing-Huang, lui aussi ouvert depuis le début du mois de juillet, d’une longueur de 9,5 kilomètres, et dont la construction a pris moins de cinq ans. Le Jiaozhou Bay Bridge devrait être détrôné par un autre projet titanesque chinois, un pont de 48 kilomètres reliant Hong Kong avec Macau et la province de Guangdong.

Pour conclure, voici une impressionnante vidéo aérienne du pont, sur lequel on pourrait presque courir un marathon :

Par Rahman Moonzur

 

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Un pont roulant hors-norme

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La dépollution des eaux radioactives par les algues

Découverte par l’université de Tsukuba et l’entreprise Japan Biomass, Parachlorella sp. binos est une microalgue appartenant au genre parachlorella. Riche en nutriments, Binos est d’ores et déjà utilisée comme catalyseur de l’activité des micro-organismes dépolluant des déchets animaux et des boues.

Des études très récentes réalisées par l’université Toho à Tokyo et par l’université Yamanashi à Kofu, ont démontré la grande capacité de cette micro-algue à absorber et à piéger plus de 20 types d’éléments radioactifs. Une fois capturés, les radioéléments peuvent être aisément séparés de la phase aqueuse. D’après les résultats des expériences réalisées sur 1 litre d’eau radioactive comparable à celle contenue dans les réacteurs de Fukushima, 5 grammes de Binos déshydratée ont permis de décontaminer environ 40 % du césium et de l’iode ainsi que 80 % du strontium en moins de 10 minutes.

Selon les estimations, Binos serait 5 à 20 fois plus efficace que les zéolites (minéraux) actuellement utilisés à Fukushima. La structure des zéolites extrêmement dure et microporeuse permet en effet la capture de gaz, de métaux lourds et d’éléments radioactifs par liaison ionique. Dès le mois d’avril 2011, TEPCO a immergé dans l’océan 10 sacs de 100 kg de ce minéral afin notamment d’absorber la pollution radioactive du césium 137. L’opérateur continue à réaliser des prélèvements pour vérifier les valeurs surfaciques de captation des éléments radioactifs. Le procédé exploitant l’algue Binos serait moins coûteux et plus efficace que celui utilisant ce minéral. Afin de faciliter son utilisation, l’algue en poudre peut être compressée en billes de 3 mm de diamètre.

TEPCO ainsi qu’une entreprise spécialisée dans la dépollution aurait d’ores et déjà débuté des tests sur les eaux radioctives contenues dans les réacteurs accidentés de Fukushima.

 

Sources :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67410.htm

Décoder le génome humain grâce aux semi-conducteurs

Jonathan Rothberg, travaillant pour le compte de Ion Torrent Systems à Guilford, dans le Connecticut, a mis au point une machine permettant de décoder l’ADN d’un individu grâce à des puces à semi-conducteurs. Un semi-conducteur possède une conductivité électrique intermédiaire entre celle d’un métal et celle d’un isolant. L’inventeur de cette nouvelle machine l’a utilisé pour séquencer le génome de Gordon Moore, co-fondateur d’Intel. Il poursuit le doux rêve de pouvoir séquencer le génome humain pour moins de 1 000 dollars, objectif qu’il pourrait atteindre à l’horizon 2013, à l’aune de la rapidité des progrès réalisés.

Bien que moins cher que ses concurrents, les 49 000 dollars que coûte ce service restent prohibitifs et ne sont pas prêts d’être intégrés à une éventuelle routine médicale, d’où l’intérêt constant de Rothberg à vouloir tirer les prix vers le bas. Autre problème, et de taille : la technologie de décodage est allé beaucoup plus vite que celle permettant l’interprétation des données. En d’autres termes, il y a trop de données à interpréter générées par le décodage, et cette interprétation est pour le moment chronophage.

Le séquençage se fait en à peine 2 heures, bien que la préparation des échantillons prennent plus de temps. On lui doit, par exemple, le décodage de la bactérie E. coli. Pour le moment et avec la technologie actuelle, cette machine permet par exemple de se concentrer sur de petites quantités d’informations importantes, comme la poignée de données génétiques très actives dans le cas de cancer.

Pour la petite histoire, le génome de Gordon Moore montre, entre autres, deux variantes génétiques souvent associées à un… retard mental. Un risque qui ne s’est bien évidemment jamais produit.

Par Rahman Moonzur

 

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Vous avez dit chimie ?

Le mot « produit chimique » est très souvent associé, dans l’esprit de nos contemporains, aux risques sanitaires ou à une toxicité non maîtrisée. Pourtant, la chimie est présente au coeur de la matière et fait partie intégrante de nos vies. C’est pourquoi trois partenaires (l’Espace des Sciences de Rennes, le CEA et l’Union des Industries Chimiques) ont souhaité faire davantage connaître ce qui se cache dans la chimie, de manière originale et ludique, en proposant l’exposition destinée au grand public  : « Vous avez dit chimie ? »

La principale originalité de cette exposition, qui peut se visiter en famille, réside dans les 4 expériences chimiques à réaliser soi-même, en accès libre. Au programme de ces expériences surprenantes : la distillation de la lavande, l’électrolyse de l’eau, une réaction d’oxydoréduction, la chimiluminescence…

La chimie dans son rapport au monde est également traitée dans la partie de l’exposition consacrée à l’innovation dans la chimie : les bio-ressources, la valorisation des déchets, le dessalement de l’eau de mer… sont des pistes d’avenir pour une industrie plus respectueuse des ressources de la planète.

De nombreux exposés et ateliers thématiques viennent enrichir le parcours du visiteur, sur des sujets variés : les molécules géantes, la chimie lumineuse, l’olfaction, etc.

Informations :

Exposition présentée au Palais de la Découverte, avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris

Du 7 juin au 30 octobre 2011

www.palais-decouverte.fr

Par D.G

 

 

DIAPORAMA – Retour d’Atlantis sur Terre, dernière mission d’une navette américaine

La mission STS-135, dernière mission d’Atlantis et d’une navette spatiale américaine, s’est achevée ce jeudi avec l’atterrissage sans problème de la navette au Kennedy Space Center de Cap Canaveral, en Floride.

Atlantis sera désormais exposée au Kennedy Space Center Visitor Complex, alors que les navettes Discovery et Endeavour ont rejoint Los Angeles et New-York.

La navette américaine a décollé pour la dernière fois le 8 juillet dernier, avec à son bord seulement quatre astronautes, ainsi que plusieurs tonnes de ravitaillement et des pièces de rechange.

Atlantis planant au-dessus de l’archipel des Bahamas, juste avant un amarrage à la Station Spatiale Internationale, qui s’annonce parfait.

L’astronaute Mike Fossum apporte le mécanisme robotisé, qui permet d’assurer le ravitaillement en carburant, jusqu’à la plateforme utilisée par « Dextre », la main géante robotisée de la Station Spatiale Internationale, contribution du Canada à la station. À l’extrême gauche de la photo, on aperçoit Dextre se préparant à déplacer une pompe défectueuse vers la navette Atlantis. On peut aussi apercevoir le module expérimental Kibo derrière l’astronaute, contribution japonaise à l’ISS.

La navette Atlantis est restée arrimée à l’ISS pendant 8 jours, permettant le ravitaillement de la Station ainsi que les dernières expérimentations.

Par Rahman Moonzur

 

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DIAPORAMA – La navette spatiale Endeavour amarrée à l’ISS

Dernier vol pour la navette américaine Atlantis

Google + ou Facebook – ?

S’il fallait donner un signe tangible de l’importance des réseaux sociaux dans l’économie du Web, je choisirais probablement celui-ci : l’obstination de Google à prendre pied dans ce domaine. Après deux échecs retentissants nommés Google Buzz et Google Wave, voici en effet que le spécialiste des moteurs de recherche se lance dans une nouvelle expérience sociale, nommée Google+. Qu’on pourrait tout aussi bien appeler… Facebook.

De quoi s’agit-il ?

Google+ est construit sous la forme d’un assemblage (mashup) d’outils existants, complétés par des fonctionnalités sociales élémentaires. Des éléments du portfolio de Google sont ainsi repris comme Picasa (le gestionnaire de photos en ligne), Google Maps, Youtube, Google Profile, Google Talk. Ces services sont intégrés dans une interface unique, dont l’apparence (le look and feel) fait largement penser à celui de Facebook : publication d’un statut à base de texte, d’images, de photos ou de liens, page d’accueil qui reproduit le fil d’actualité de ses amis, page de profil qui affiche l’ensemble de nos publications.

La nouveauté réside principalement dans le mode de gestion de ses amis ou contacts. Contrairement à Facebook, nos publications ne sont pas visibles de l’ensemble de nos amis. Un système de cercles aide à classer nos contacts en différents groupes : famille, collègues, anciens collègues, relations, etc. On peut apparemment en créer autant qu’on le souhaite, et l’interface de gestion des cercles est épatante.

Qui peut y accéder?

Depuis l’ouverture de (GMail) Google Mail, le géant du Web a pris l’habitude de proposer ses services en mode bêta sur invitation, afin de jouer sur l’envie de rejoindre le groupe de privilégiés qui bénéficient des nouveaux services avant les autres. Les premiers servis, pour Google+, ont pu inviter leurs amis en les inscrivant dans des cercles ou en les notifiant. Malheureusement, le nombre d’invitations actives par jour semble limité, ce qui a généré beaucoup de frustration parmi les professionnels des médias sociaux avides de se lancer sur cette nouvelle plate-forme. L’ouverture prochaine à tous les volontaires pourra-t-elle faire oublier ce processus largement décrié ?

Quoi de neuf alors ?

Contrairement à Google Wave, système particulièrement incompréhensible  mais soi-disant révolutionnaire, et à Google Buzz qui aura surtout contribué à polluer nos messageries, Google+ est une vraie réussite. Son interface est élégante et intuitive, celles des autres outils (agenda et mail, notamment) en profitent d’ailleurs pour subir un sérieux rafraîchissement. Autre avantage, Google+ est rapidement opérationnel, on y trouve facilement ses amis. Enfin, les interactions via les cercles restreignent la visibilité de certains échanges : discussions familiales ou entre collègues. Et on finit par se dire que si Google avait sorti un outil similaire au lieu de se lancer sur Wave ou Buzz, Facebook aurait sans doute eu plus de mal à percer.

Mais alors, quels sont les défauts ?

Il y en a deux principaux. Le premier, c’est qu’au travers de sa réussite, Google+ ne fait que consacrer la validité du modèle Facebook : interface similaire jusqu’à la disposition des différents éléments graphiques, ou encore jusqu’aux statuts qui n’autorisent le partage que d’un objet à la fois (une image, un lien, une vidéo). Un peu comme si Citroën se mettait à imiter le look des berlines allemandes et renonçait à ses propres idées de design et d’innovation. Ce n’est pas un signe d’excellence.

Le second, c’est que Google+ semble être sorti un peu trop vite des forges de l’éditeur. Il manque un tas de fonctionnalités de bases, dont Facebook dispose à ce jour, et qui auraient très bien pu être intégrées avant le lancement des premières invitations : gestion d’événements, de groupes, d’applications, et surtout, de pages pour les marques !

Comment tout cela finira ? Nul ne saurait le dire. À l’heure actuelle, seul le microcosme des médias sociaux et du Web international semble accéder à Google+… et y reproduit les mêmes contenus que ceux qu‘on trouve sur Facebook ou Twitter. Le vrai tournant aura lieu lorsque le grand public – avocats, étudiants, dentistes, retraités – sera passé sur cette plate-forme. Il faudra du temps, et sans doute encore beaucoup d’argent, pour que Google y parvienne. Verdict dans un an, probablement.

Par Hervé Kabla / 01net

 

Hervé Kabla

Blogueur, polytechnicien et entrepreneur, Hervé Kabla est un scientifique tombé très tôt dans le marketing et la communication. Passé par Dassault Systèmes, l’Inria et deux ou trois start up, il dirige blogAngels, agence 100 % médias sociaux et a cofondé Media Aces, association d’entreprises utilisatrices de médias sociaux.

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La fracture numérique existe : elle est dans les usages

Le Minitel condamné à mourir de sa belle mort pour ses 30 ans en 2012

Avec l’essor de la Toile, la fin du petit cube en plastique qui permettait de trouver un numéro de téléphone, s’inscrire à l’université, acheter par correspondance ou consulter les messageries « roses » qu’il contribua à populariser, avait déjà été proclamée à plusieurs reprises. France Télécom, qui l’a lancé en 1982, lui a finalement accordé un dernier sursis de neuf mois pour le laisser mourir de sa belle mort le 30 juin 2012. L’opérateur a retenu officiellement cette date pour « l’arrêt technique de son offre X25 », le nom de code utilisé par ses ingénieurs pour désigner le réseau qui fait fonctionner le Minitel, que France Télécom Orange prévoyait jusqu’ici de fermer le 30 septembre 2011.

« Nous avons décidé de repousser cet arrêt au 30 juin 2012 pour apporter plus de confort aux éditeurs qui doivent migrer (leurs services vers Internet) », selon un porte-parole d’Orange. « Même si le Minitel fait toujours du chiffre d’affaires, les usages et le trafic sont en nette décroissance. Il se dirige vers une mort naturelle », ajoute-t-il.

La mort du Minitel marquera la fin de ce qui fut vanté à ses débuts comme une « révolution télématique », avec des terminaux dédiés, austères mais solides et peu onéreux, s’ouvrant en un tour de main pour laisser apparaître un écran et un clavier, à partir desquels on accédait à un réseau vidéotexte.

Le Minitel a connu son apogée en 2002, équipant alors neuf millions de foyers et entreprises. Mais il n’a jamais réussi à s’exporter au-delà des frontières françaises. Fin 2010, il ne restait plus que 810 000 terminaux classiques en circulation. Le service était par ailleurs utilisé par 950 000 personnes sur ordinateur, grâce à un logiciel lancé en 2000 qui permettait d’y accéder via Internet mais qui va également disparaître.

Le chiffre d’affaires du Minitel a atteint son point culminant à la fin des années 1990 avec un milliard d’euros de revenus, mais il n’a cessé de décliner depuis. Il est tombé l’an dernier à 30 millions d’euros brut, sur lesquels France Télécom « reverse 85 % aux éditeurs », souligne l’entreprise.

Début 2009, France Télécom et PagesJaunes, qui voulaient arrêter son service le plus populaire, l’annuaire 3611, avaient dû faire marche arrière et reporté la date fatidique, devant les protestations des utilisateurs. Si l’annuaire reste un des services phare du Minitel, il ne permettait plus l’accès qu’à 1 880 services fin 2010 (dont 37 % services pratiques, comme 3615 Météo ou 3617 Argus, 23 % de services bancaires, 27 % de services pour les professionnels et 13 % de jeux), loin des 25 000 proposés en 1996-1997.

Beaucoup d’entreprises ont en effet quitté le navire : il n’est aujourd’hui plus possible d’acheter un billet Air France ou SNCF sur le Minitel, ni de consulter les résultats du baccalauréat. Même les grandes banques qui y proposaient la consultation des comptes commencent à déserter. Ainsi, LCL a fermé son service le 30 juin, faute de trafic suffisant, mais l’ex-Crédit Lyonnais a tout de même pris la peine de prévenir de ce changement les utilisateurs réguliers par courrier. Aux derniers aficionados qui n’auraient pas une âme de collectionneur, Orange propose de ramener leur Minitel à l’agence la plus proche. Il finira démantelé et recyclé.

Par Emmanuelle Trécolle / AFP

Le Canada adopte les billets de banque en polymère

La Banque du Canada a annoncé à la fin du mois de juin que le pays allait adopter petit à petit les billets en polymère, commençant au mois de novembre par les coupures de 100 dollars canadiens. Elle renonce de ce fait, comme l’Australie, la Roumanie ou le Vietnam avant elle, aux traditionnels billets constitués de pâte de chiffon de coton. Le polypropylène ((-CH2-CH(CH3)-)n ) a l’avantage d’être bon marché, non toxique, résistant à la fatigue et à la flexion, inerte chimiquement, et enfin recyclable. L’impact environnemental de sa production est loin d’être négligeable, mais il est constamment amélioré et reste inférieur à celui des billets coton.

La durée de vie de ces billets est, à titre indicatif, 2,5 fois plus grande que celle des billets traditionnels, ils nécessitent donc d’être fabriqués 2,5 fois moins souvent, d’être transportés 2,5 fois moins souvent (et ils sont moins lourds) et d’être recyclés 2,5 fois moins souvent. Le billet en polymère sera au moins aussi sûr que son « ancêtre » en coton, contenant des caractères transparents, des images à reflets métalliques, ainsi que des holographes dans la partie transparente, un véritable tour de force. L’économie que devrait réaliser la Banque du Canada est loin d’être négligeable, car elle devrait s’élever à 200 millions de dollars sur 8 ans. Les mêmes circuits (fournisseurs, imprimeurs) seront utilisés, il ne reste plus qu’à adapter toutes les machines (trieuses, distribution) à cette nouvelle donne.

Les billets de 50 dollars devraient leur emboiter le pas en mars 2012, pour être suivis par les plus petites coupures d’ici la fin de l’année 2013.

Par Rahman Moonzur

Revue du Web #3 : les vidéos de la semaine

Cette semaine : la plus petite publicité du monde réalisée à l’aide d’un microscope électronique et d’un canon à ions, une expérimentation chimique à base de dichromate d’ammonium permettant de réaliser un volcan « maison », une bouche robotisée un peu répugnante mais dont la simulation des cordes vocales est prometteuse, et enfin le gadget inutile de la semaine, une imprimante imprimant (oui) en chocolat…

La plus petite pub du monde :

Pour commencer, voici une vidéo illustrant ce qui est maintenant la plus petite pub du monde, selon le livre Guinness des records. En plus de nous montrer qu’une telle catégorie existe, elle met en perspective le travail du professeur Chistopher Parmenter, spécialiste en cryo-microscopie électronique à l’université anglaise de Nottingham. Pour le compte d’une célèbre marque américaine de rasoirs, le professeur Parmenter a réalisé cette prouesse à l’aide d’un microscope électronique et d’un canon à ions, permettant la propulsion d’ions par un champ électrique dans une direction prédéfinie… sur un poil de barbe. Le canon à ions crée un échauffement sur le poil, provoquant une érosion sur la cible, laissant apparaître la minuscule et néanmoins nette inscription. La taille de cette publicité est d’une centaine de microns.

Volcan « maison » à l’aide de dichromate d’ammonium :

Le dichromate d’ammonium, que l’on trouve sous forme de cristaux de couleur orangée, a inspiré de nombreux chimistes et vidéastes amateurs, dans cette réaction de décomposition relativement simple :

(NH4)2Cr2O7 (s) → Cr2O3 (s) + 4 H20 (g) + N2 (g)

Lorsqu’il est confronté à une source de chaleur élevée, le dichromate d’ammonium se décompose en oxyde de chrome – un oxyde vert foncé (couramment utilisé dans les encres et les peintures) – , en vapeur d’eau et en azote. L’oxyde de chrome résultant de la réaction forme assez rapidement un cône qui grandit et s’élargit peu à peu, et dont le dichromate d’ammonium au centre continue de réagir, laissant apparaître ce qui ressemble à s’y méprendre à un petit volcan en éruption. Voici une première vidéo postée il y a un mois, et une autre un peu plus ancienne avec une installation se rapprochant déjà plus d’un volcan :

 

Une bouche robotisée :

Présentée lors de l’exposition Robotech 2011, cette bouche robotisée dont voici une vidéo, a pour but de reproduire la voix humaine. Les synthétiseurs de voix habituels se basent sur des logiciels utilisant une banque de sons, chacun étant enregistré de manière séparée et réorganisé selon la séquence ou les besoins. À partir d’air comprimé, de huit cordes vocales artificielles, d’un tube de résonance pouvant changer de forme et modulant les sons (comme le fait la cavité buccale), d’une langue en silicone et de la cavité nasale, la bouche artificielle reproduit assez fidèlement les sons humains. Mais elle a pour le moment un aspect vraiment répugnant :

Le gadget (inutile ?) de la semaine : une imprimante qui imprime… en chocolat :

Une équipe de scientifiques de l’université d’Exeter, au Royaume-Uni, a conçu une imprimante 3D pouvant imprimer en chocolat. Bien qu’encore à l’état de prototype, de nombreux professionnels ont exprimé leur intérêt concernant la bête. L’imprimante fonctionne couche par couche, jusqu’à obtenir la forme désirée par « surimpression » / accumulation du chocolat, attendant néanmoins que chaque couche sèche et durcisse suffisamment. Le contrôle de la température est une des clés de cette trouvaille. Les imprimantes 3D existent déjà dans le domaine du design, utilisant du plastique et du métal, dans le but d’accélérer le processus.

Par Moonzur Rahman

Le projet Prelude FLNG est lancé

La compagnie pétrolière anglo-hollandaise Shell a donné le coup d’envoi définitif pour son projet pharaonique « Prelude FLNG ». Prelude est le nom d’un gigantesque gisement gazier dans le bassin de Browse, dans le nord-ouest de l’Australie et FLNG, l’acronyme pour Floating Liquefied Natural Gas. Ce navire serait le tout premier équipement flottant destiné à l’extraction et à la liquéfaction du gaz naturel, stationnant au large de l’Australie, à 200 kilomètres des côtes.

Le projet, unique en son genre par sa démesure, sera donc uniquement destiné à l’exploitation du gisement « Prelude », d’environ 1 000 kilomètres carré et de 60 à 80 milliards de mètres cube, et entièrement détenu par la Royal Dutch Shell. L’installation, la plus grande au monde de ce genre, ne fera pas moins de 488 mètres de longueur et pèsera 600 000 tonnes, dont près de la moitié en acier. Ce sera la plus grande structure flottante jamais construite.

Le gaz sera refroidi et liquéfié à -162 degrés Celsius, perdant ainsi la plus grande partie de son volume. « Notre technologie GNL innovante va nous permettre de développer des champs gaziers offshore qui seraient trop coûteux à exploiter par d’autres moyens », explique Malcolm Brinded , un des responsables du projet à l’international chez Shell. La construction sera assurée par le Coréen Samsung et par le groupe français Technip. La production devrait s’élever à 110 000 barils d’équivalent pétrole par jour, sur une durée estimée à 25 ans.

Par Rahman Moonzur

La carte nationale d’identité électronique, adoptée par l’Assemblée nationale

La proposition de loi relative à la protection de l’identité vient d’être adoptée le 7 juillet 2011 par l’Assemblée Nationale, après avoir été votée au Sénat en première lecture le 31 mai 2011. Un décret d’application précisera les conditions de sa mise en place, une fois que la CNIL aura rendu un avis motivé et public. Les premières cartes pourraient être délivrées dès 2012.

Cette loi définit les conditions de mise en place d’une carte nationale d’identité électronique (CNIE), c’est-à-dire une carte d’identité équipée d’une puce électronique sur le modèle de la carte à puce que nous connaissons tous (ex. carte bancaire). L’objectif de cette nouvelle sécurité est de lutter contre la contrefaçon de documents d’identité, et, ainsi, contre les usurpations d’identité, mais encore de favoriser le développement de l’économie numérique en mettant en place des moyens d’identification et d’authentification forte à distance pour les citoyens.

La nouvelle carte d’identité électronique est un moyen supplémentaire apporté aux citoyens pour lutter contre l’usurpation d’identité, phénomène en augmentation et dramatique dans ses conséquences. L’usurpation d’identité consiste à prendre l’identité d’une personne et agir sous son nom dans la vie courante. Il peut s’agir d’une usurpation sur des réseaux informatiques mais également, dans la vie de tous les jours. À partir de cette identité, l’usurpateur peut ouvrir des comptes en banque, contracter des crédits, ou effectuer toute une série d’actes sous un nom qui n’est pas le sien. Et les conséquences de ces actions pourront rejaillir sur la personne dont l’identité a été usurpée. Pour lutter contre la contrefaçon, la CNIE permet de stocker et de transporter de manière sécurisée des éléments d’identité qui étaient déjà présents sur une carte d’identité classique, comme les éléments biographiques, auxquels on ajoute des éléments biométriques (photo, empreintes digitales, etc.). Par ce biais, le titre d’identité régalien devient sûr, résistant à la fraude et permet de lutter contre l’usurpation d’identité. Il faut noter que ces technologies sont éprouvées et validées : ce sont les mêmes que celles qui ont été mises en place pour le passeport électronique.

La nouvelle carte d’identité électronique contribuera également au chantier de modernisation de l’État en mettant en place plus de services en ligne au bénéfice des citoyens. La plupart de nos voisins européens se sont lancés dans de grands chantiers d’identité électronique. La liste des pays ayant terminé ou entamé leurs programmes d’identité électronique est longue (Belgique, Allemagne, Espagne, Portugal, Estonie, Lituanie…). D’autres pays (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Slovénie, Luxembourg et Turquie) sont en train de mettre en place des programmes similaires. Les exemples de services associés dans ces pays sont multiples : déclarer les impôts en ligne, envoyer des documents électroniques et des e-mails recommandés, sécuriser les sessions Internet des enfants ou même s’identifier sur le réseau informatique de son entreprise. La plupart du temps, les administrations ont créé un portail de e-services administratifs, véritable point de contact entre les citoyens et les administrations sur Internet.

Enfin, si le titre d’identité lui-même est au centre d’un tel programme, l’infrastructure est la clé de son succès. Cette infrastructure doit couvrir l’organisation des autorités, des réseaux et des services ainsi que l’équipement des citoyens, des administrations et des forces de l’ordre. Il va s’agir d’authentifier un citoyen au guichet d’une administration pour réaliser une déclaration officielle, de mettre à disposition en libre-service dans des lieux publics des solutions autonomes permettant de consulter le contenu de sa CNIE, ou encore de réaliser une déclaration en ligne en toute sécurité depuis l’ordinateur familial.

Dans toutes ces situations, il est nécessaire de mettre en place un terminal sécurisé ou un lecteur connecté au poste de travail, selon le contexte et les besoins. Et le déploiement de cette infrastructure, dès le démarrage du programme, est une des clés du succès car c’est grâce à cette infrastructure que les citoyens mesureront le bénéfice de leurs nouvelles cartes nationales d’identité électroniques.

Par Laurent Maitre, Directeur Marketing et Développement International de XIRING

REACH : les news du mois de JUILLET (1/2)

Informations pour éviter les essais inutiles sur les animaux – 27 nouvelles substances concernées

(01/07/2011)

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Les substances concernées sont :

  • polysulfures, di-tert-butyl- (N° CAS : 68937-96-2 et N° CE : 273-103-3)
  • polysulfures de di-tert-dodécyle (N° CAS : 68425-15-0 et N° CE : 270-335-7)
  • acides gras en C16-18 et insaturés en C18, esters d’éthyle (N° CAS : 85049-36-1 et N° CE : 285-206-0)
  • huile de lin oxydée (N° CAS : 68649-95-6 et N° CE : 272-038-8)
  • acides naphténiques (N° CAS : 1338-24-5 et N° CE : 215-662-8)
  • pyrophosphate de tétrapotassium (N° CAS : 7320-34-5 et N° CE : 230-785-7)
  • terpinéol (N° CAS : 8000-41-7 et N° CE : 232-268-1)
  • 2-aminoéthanol, monoester avec acide borique (N° CAS : 10377-81-8 et N° CE : 233-829-3)
  • kieselguhr, calciné au fondant de carbonate de sodium du commerce (N° CAS : 68855-54-9 et N° CE : 272-489-0)
  • dihydroxide de calcium précipité avec le dioxyde de carbone pendant l’épuration du jus de sucre (N° CE : 932-124-4)
  • Composés d’imidazolium, 2-C17-unsatd.-alkyl-1-(2-insaturés en C18. Amidoethyl) -4,5-dihydro-N-méthyl, sulfates (N° CE : 931-745-8)
  • peroxyde de di-tert-butyle (N° CAS : 110-05-4 et N° CE : 203-733-6)
  • Produits de réaction du 4,4′-Isopropylidenediphenol avec le 1-chloro-2,3-epoxypropane et l’acide methacrylique (N° CAS : 36425-15-7 et N° CE : 500-089-0)
  • N-vinylformamide (N° CAS : 13162-05-5 et N° CE : 236-102-9)
  • scories, élaboration du phosphore (N° CAS : 69012-32-4 et N° CE : 273-732-3)
  • phosphate de tris(2-butoxyéthyle) (N° CAS : 78-51-3 et N° CE : 201-122-9)
  • tétraéthylplomb (N° CAS : 78-00-2 et N° CE : 201-075-4)
  • diperoxyde de di-tert-butyle et de 3,3,5-triméthylcyclohexylidène (N° CAS : 6731-36-8 et N° CE : 229-782-3)
  • N-(cyclohexylthio)phtalimide (N° CAS : 17796-82-6 et N° CE : 241-774-1)
  • geraniol (N° CAS : 106-24-1 et N° CE : 203-377-1)
  • Produit de réaction du 2,6-Octadien-1-ol, 3,7-dimethyl-, (E) et du 2,6-Octadien-1-ol, 3,7-dimethyl-, (Z)- (N° CE : 906-125-5)
  • tétrakis(3-mercaptopropionate) de pentaérythritol (N° CAS : 7575-23-7 et N° CE : 231-472-8)
  • poussière, élaboration de l’acier (N° CAS : 65996-72-7 et N° CE : 266-005-7)
  • cyanate de potassium (N° CAS : 590-28-3 et N° CE : 209-676-3)
  • trifluorure de bore (N° CAS : 7637-07-2 et N° CE : 231-569-5)
  • triméthacrylate de propylidynetriméthyle (N° CAS : 3290-92-4 et N° CE : 221-950-4)
  • N-methylaniline (N° CAS : 100-61-8 et N° CE : 202-870-9)

Les informations sur ces substances sont à soumettre pour le 18 août 2011.
http://echa.europa.eu/consultations/test_proposals/test_prop_cons_en.asp?consultations_status=current

Nouvelle offre d’emploi à l’ECHA

(06/07/2011)

L’ECHA a publié une nouvelle offre d’emploi le 06/07. Pour la consulter et postuler :
http://echa.europa.eu/opportunities/positions_en.asp

Rectificatifs pour le rapport de l’ECHA sur la mise en œuvre et l’utilisation de tests « non animal »

(06/07/2011)

Le rapport de l’ECHA sur la mise en œuvre et l’utilisation de tests « non animal » (Article 117-3 du règlement REACH) a été modifié : la figure 7 (page 31) et le tableau 6 (page 63) ont été inclus dans la version modifiée.
http://echa.europa.eu/doc/117reports/alternatives_test_animals_2011_en.pdf

Procès-verbal du Forum du 1er au 3 mars 2011

(06/07/2011)

L’ECHA a publié le procès-verbal du Forum qui s’est tenu du 1er au 3 mars 2011.
http://echa.europa.eu/about/organisation/forum/forum_meetings_en.asp
http://echa.europa.eu/doc/about/organisation/forum/forum_9_minutes.pdf

Programme de travail 2011-2013

(06/07/2011)

Le forum d’échange et du respect de la mise en application de REACH a mis à jour son programme de travail. Retrouvez le détail sur :
http://echa.europa.eu/doc/about/organisation/forum/forum_work_programme_2011-2013.pdf

Guide des exigences applicables aux substances contenues dans les articles

(13/07/2011)

L’ECHA a publié en 22 langues le guide des exigences pour les substances contenues dans les articles. Ce document a pour but d’aider les producteurs et les importateurs d’articles à déterminer s’ils ont des obligations au titre de REACH, en particulier concernant l’enregistrement et la notification (article 7) et la communication au sein de la chaîne d’approvisionnement des articles (article 33).
http://guidance.echa.europa.eu/docs/guidance_document/articles_fr.htm?time=1310972853

Page web sur les utilisateurs en aval

(13/07/2011)

L’ECHA a mis en ligne une page web destinée aux utilisateurs en aval. Cette page est maintenant disponible en 22 langues. Retrouvez la version française sur :
http://www.echa.europa.eu/reach/du_fr.asp

L’ECHA a également mis en place une bannière pour les utilisateurs en aval :
http://www.echa.europa.eu/images/banners/du/echa_banner_du_201105_65x198_fr.jpg
http://www.echa.europa.eu/news/images_en.asp#banner (en bas de la page)

Par Céline Nectoux, ingénieur environnement CNRI

Les dernières NEWS REACH :

  • Actualités du 16 au 30 juin 2011
  • Actualités du 1 au 15 juin 2011
  • Actualités du 1 au 15 mai 2011
  • Actualités du 15 au 30 avril 2011
  • Actualités du 01 au 15 avril 2011
  • Actualités du 15 au 31 mars 2011
  • Actualités du 01 au 15 mars 2011
  • Actualités du 15 au 28 février 2011
  • Actualités du 4 au 15 février 2011
  • Actualités du 1 au 3 février 2011
  • Actualités du 15 au 31 janvier 2011
  • Actualités du 1 au 15 janvier 2011
  • Actualités du 15 au 31 décembre 2010
  • Actualités du 1 au 15 décembre 2010
  • Actualités du 15 au 30 novembre 2010
  • Actualités du 1 au 15 novembre 2010
  • Actualités du 15 au 30 octobre 2010
  • Actualités du 1 au 15 octobre 2010
  • Actualités du 15 au 30 septembre 2010

Et aussi :

Grande-Bretagne : EDF salue le soutien du Parlement à la relance du nucléaire

Lundi soir, le Parlement britannique a approuvé à une majorité écrasante (267 voix contre 14) la déclaration de politique énergétique du gouvernement, dans lequel celui-ci a réaffirmé sa volonté de renouveler le parc nucléaire vieillissant du pays, en dépit de la catastrophe de Fukushima au Japon, et a confirmé la liste des sites aptes à accueillir de nouvelles centrales.

« Ce vote est sans ambiguïté et illustre l’aboutissement auquel l’ensemble des acteurs politiques sont parvenus après plusieurs années de travail commencé par les travaillistes et poursuivi par le gouvernement de coalition dirigé par David Cameron », a déclaré à l’AFP le directeur général de la filiale britannique d’EDF (EDF Energy), Vincent de Rivaz.

« C’est une vraie décision nationale qui montre que la classe politique et le corps social dans son ensemble font un choix clair en faveur du nucléaire », a-t-il expliqué, soulignant que ce vote ouvrait la voie à la finalisation puis au processus d’autorisation des projets de construction de centrales d’EDF et des autres producteurs d’énergie intéressés par ce marché.

Le patron d’EDF Energy a également estimé qu’un vote de cet ampleur envoie aussi un message qui sera entendu en dehors de la Grande-Bretagne, alors que d’autres pays européens, comme l’Allemagne et l’Italie, se sont détournés du nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima au Japon.

Le Royaume-Uni compte actuellement 10 centrales abritant 19 réacteurs, qui assurent près d’un cinquième de la production nationale d’électricité. Dans le cadre de la politique de relance du nucléaire décidée par les travaillistes et confirmée par le gouvernement actuel, plusieurs groupes d’énergie européens, dont EDF, sont sur les rangs pour construire au moins 10 réacteurs, logés dans cinq nouvelles centrales.

Interrogé sur les surcoûts que devraient immanquablement entraîner les recommandations finales de l’Autorité de sûreté nucléaire britannique pour améliorer la sûreté des installations nucléaires à la lumière de l’incident de Fukushima, attendues en septembre, M. de Rivaz a assuré qu’ils seront maîtrisables.

« Fukushima est important et sérieux, mais n’est pas de nature à altérer notre marche en avant, ni sur le plan de la faisabilité politique, ni sur le plan économique », a-t-il dit.

« L’EPR (choisi par EDF pour équiper ses futures centrales britanniques, ndlr) est déjà le réacteur le plus sûr en construction dans le monde et donc s’il faut le rendre encore plus sûr sur un certain nombre de points, ce sera fait, mais ce n’est pas un changement de conception, c’est parfaitement maîtrisable. C’est la même chose au niveau du parc nucléaire existant. Les leçons que nous devrons appliquer auront un coût mais il sera parfaitement absorbable », a-t-il ajouté.

Enfin, M. de Rivaz a souligné la solidité du partenariat entre EDF et le groupe britannique Centrica. Ce dernier, qui co-exploite les centrales nucléaires d’EDF Energy, veut investir aux côtés du français dans la construction de nouvelles installations.

(Source : AFP)

 

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Le graphène peut polariser la lumière

Le graphène, une couche ultra-plate d’atomes de carbone dans un treillis de crystal hexagonal, passionne aujourd’hui nombre de chercheurs en raison de ses propriétés électriques et photoniques uniques. En 2010, le prix Nobel de physique a d’ailleurs été remis à André Geim et Konstantin Novoselov, professeurs à l’Université de Manchester (Royaume-Uni) qui ont isolé le graphène, souvent qualifié de « matériau miracle » – c’est le plus fin cristal connu, ultra-résistant, transparent, excellent conducteur d’électricité, très dense.

Dr. Han Zhang, chercheur post-doctorant auprès du service OPERA-photonique (Faculté des Sciences appliquées) de l’ULB, en collaboration avec le Prof. Loh (National University of Singapore) vient de découvrir le « polarizer » le plus fin du monde, qui s’appuie sur des vagues électromagnétiques couplées, guidées et polarisées par graphène. Les chercheurs estiment que cette découverte permettra un jour d’intégrer sur des circuits photoniques, des communications à haute vitesse optique.

Les « polarizers » optiques sont les composants élémentaires de communications optiques quantiques par scission de l’état de polarisation d’un signal optique. À l’heure actuelle, il y a des demandes croissantes de communications optiques à grande vitesse basées sur des mobiles, appelant à la miniaturisation des appareils opto-électroniques. Toutefois, les « polarizers » optiques conventionnels sont chers, épais, discrets et peuvent requérir un parallélisme additionnel. Grâce aux propriétés optiques à large bande induites par sa structure à énergie exceptionnelle, le « polarizer graphènes » présente une largeur de bande supérieure. En fabriquant des « polarizers graphènes » qui combinent les avantages du coût faible (moins de quelques euros), du caractère compact, d’un temps de relâchement ultra-court et d’une large gamme d’opérations possibles, les chercheurs pensent que ce matériel permettra de nouvelles architectures pour des communications optiques sur puces ultra-rapides.

En plus de son potentiel industriel, cette recherche publiée dans Nature Photonics le 30 mai 2011, présente un grand intérêt fondamental. Elle traite de la manière dont la lumière se propage le long d’une surface ultra-fine à deux dimensions. En raison de la chaîne de fibre optique, les chercheurs peuvent désormais découvrir aisément comment les graphènes guident et interagissent avec des vagues électromagnétiques, avec un effet polarisant attribué à l’atténuation différenciée de deux modes de polarisation. Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle physique : dans les prochaines années, les chercheurs en photonique, plasmonique et nano-sciences dans cette structure de « graphène polarizer » auront un nouveau terrain pour tester leurs idées et méthodes vers des appareils photoniques-plasmoniques tout en carbone.

Source : communiqué de presse de Université Libre de Bruxelles, Université d’Europe – ULB, 30 mai 2011 – http://www.ulb.ac.be/

 

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67338.htm

 

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Photovoltaïque : « plus de visibilité » pour les industriels, assure NKM

« Je fais sur le photovoltaïque ce que j’ai fait pour l’éolien en mer, c’est-à-dire de lancer de gros appels d’offres pour donner de la visibilité à l’industrie et se donner les moyens d’installer une telle filière en France et y développer l’emploi » , a indiqué la ministre à l’AFP.

« Pour les entreprises du photovoltaïque, cela fait deux ans et demi que le système change tous les six mois », a reconnu NKM.

« Là, le système ne change plus et on donne de la visibilité pour les années qui viennent », a-t-elle ajouté, en réponse aux nombreuses critiques sur le manque de cohérence de la politique gouvernementale en la matière.

Un premier appel d’offre portant sur 120 mégawatts-crête (MWc, unité utilisée dans le secteur solaire) sera publié le 1er août. Il sera suivi de six projets de 30 MWc chacun, à raison d’un par trimestre.

Les appels d’offres des autres projets sont prévus en septembre après publication au journal officiel de l’Union européenne fin juillet et l’avis de la commission de régulation de l’énergie (CRE) début septembre.

L’ensemble des projets pour 450 MWc représentent, selon la ministre, le regroupement de deux ans et demi de capacité lancé en une seule fois.

« Comme pour l’éolien off shore, les candidats seront sélectionnés en mars ou avril 2012, c’est-à-dire avant l’élection présidentielle, ce qui est un gage de crédibilité vis-à-vis des industriels qui ne se diront pas que cette élection peut tout remettre en cause », a-t-elle souligné.

Sur ces 450 MWc, il y aura quatre lots de centrales au sol « extrêmement innovantes », selon la ministre : des centrales thermodynamiques (37,5 MW), des centrales solaires à concentration (50 MW), des centrales solaires avec suivi de la course du soleil (100 MW) et des centrales pour les zones non interconnectées comme en Corse ou dans les territoires d’outre-mer (50 MW).

Dans les critères pour l’appel d’offres, il y aura l’obligation de démantèlement à terme de la centrale au sol et le recyclage des panneaux.

(Source : AFP)