Le 12 août 2026, le règlement européen Packaging and Packaging Waste Regulation (PPWR) entrera en application et remplacera l’ancienne directive 94/62/CE. Après cette date tous les emballages commercialisés dans l’UE devront répondre à des critères de durabilité, d’étiquetage, d’économie circulaire et de conformité renforcés. Voici ce qui attend les industriels en 2026.
L’entrée en vigueur du PPWR (EU 2025/40) marque une rupture majeure pour l’industrie de l’emballage. En effet, il ne s’agit pas d’une simple évolution réglementaire, mais d’une refonte totale du modèle industriel de l’emballage, qui concernera aussi bien la conception que la production, la logistique et la conformité.
Le PPWR impactera chaque étape du cycle de vie de tout produit utilisé pour contenir, protéger, manipuler, livrer ou présenter des marchandises. Le spectre de la PPWR est donc extrêmement large, puisqu’il englobe aussi bien les cartons d’emballages et pots de yaourt que les palettes, mousses de calage, big bags ou sachets de thé !
Objectif 100% recyclabilité en 2030
Avec le PPWR, la recyclabilité des emballages va devenir peu à peu obligatoire. Le règlement introduit ainsi une classification en cinq niveaux (A à E) permettant d’évaluer cette recyclabilité et d’établir un socle commun pour la modulation des éco-contributions dans le cadre de la REP.
D’ici 2030, 100 % des emballages devront donc afficher un taux de recyclabilité d’au moins 70 % (niveaux A, B et C) et les emballages considérés comme non recyclables (classes D et E) seront interdits.
Les emballages actuellement considérés comme « problématiques » du point de vue du recyclage sont donc en sursis, notamment les multicouches non recyclables et mélanges PETG/PET.
Quel impact pour les entreprises en 2026 ?
Au-delà de ces objectifs à long terme, l’industrie devra se conformer à certaines obligations dès le 12 août 2026.
- Limitations concernant les PFAS – C’est une évolution majeure pour la santé publique, puisque la PPWR renforce les exigences concernant la teneur en PFAS des matériaux en contact alimentaire. Seront par exemple concernés les emballages de fast-food et les papiers cuisson antiadhésifs. Si l’UE impose désormais des seuils harmonisés à l’ensemble de ses états membres, il ne s’agit néanmoins en aucun cas d’une interdiction universelle des PFAS.
- Espaces vides limités à 50 % – L’espace vide dans les colis, notamment en e-commerce, sera limité pour éviter le gaspillage d’espace et de matériaux. Cette limitation aura un effet direct sur les émissions de CO2 liées au transport.
- Déclaration de conformité (DoC) – conformément à l’annexe VII du PPWR, tout emballage mis sur le marché devra être accompagné d’une déclaration de conformité permettant d’identifier l’emballage et d’attester de sa conformité à la PPWR.
- Documentation technique archivée – L’annexe VII impose également un archivage de l’ensemble de la documentation technique concernant les matériaux de l’emballage (y compris adhésifs, vernis, etc.), les certifications, les tests réalisés et les résultats de conformité. Ces documents devront être conservés 5 à 10 ans et rendus accessibles aux autorités en cas de demande.
- Traçabilité des emballages – La PPWR prévoit un renforcement de la traçabilité des emballages. Ainsi, chaque unité d’emballage devra porter, à compter du 12 août 2026, un identifiant traçable. Il pourra s’agir d’un document d’accompagnement, d’une étiquette comportant ces informations ou d’un marquage type QR code.
- Systèmes de réutilisations opérationnels – Enfin, bien que la PPWR n’impose pas immédiatement de passer d’emballages uniques à des emballages réutilisables, elle prévoit que l’ensemble des opérateurs européens qui commercialisent des emballages réutilisables s’y préparent, en mettant d’ores et déjà en place des systèmes de collecte, reconditionnement et redistribution opérationnels.
Quelles échéances pour les années à venir ?
La PPWR est une refonte complète du modèle d’emballage. Sa mise en place sera donc progressive, avec des échéances s’étalant jusqu’à 2040, comme le détaille Cirpack (Veolia) dans une infographie dédiée.
Sans entrer dans les détails, voici quelques dates clés.
- 2027 : Les consommateurs du secteur HORECA[1] pourront rapporter leurs propres contenants pour repas et boissons, en vue d’un réemploi.
- 2028 : Introduction de matière recyclée obligatoire dans les emballages plastiques et mise en place d’un étiquetage facilitant la séparation des composants.
- 2029 : Mise en place des systèmes de consigne pour les bouteilles plastiques et contenants métalliques jusqu’à trois litres.
- 2030 : Recyclabilité de tous les emballages avec objectifs de réemploi et interdiction des plastiques à usage unique. Objectifs minimums de recyclage par matériaux[2] maintenus dans le cadre du PPWR.
- 2035 : Recyclabilité à grande échelle des emballages de toute l’UE (couvre au moins 75 % de la population) et réduction des déchets d’au moins 10 % par habitant, par rapport à 2018.
- 2040: 40 % des emballages de vente de boissons devront être réutilisables. Ce chiffre s’élève même à 70 % pour les emballages de transport. En outre, tous les États membres de l’UE devront réduire leurs déchets d’emballages par habitant, d’au moins 15 %, toujours par rapport à 2018.
[1] Hôtellerie, restauration et cafés
[2] Plastique : 55 % ; bois : 30 % ; métaux ferreux : 80 % ; aluminium : 60 % ; verre : 75 % ; papier et carton : 85 %.






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