Et pourtant, pendant ce temps, le niveau de vie moyen des terriens s’améliore

Les convictions locales que traduit  de façon la plus pertinente ce pessimisme de rigueur, semblent provenir d’un mode de pensée scientiste, proche de l’écologisme ambiant, et qui voudrait régir le mode de vie de nos contemporains à partir du concept de  finitude du monde  et d’épuisement imminent affirmé de ses ressources naturelles.

Un exemple schématique peut illustrer ce mode de pensée, c’est le concept de peak-oil vérifié à l’échelle des champs de pétrole californiens les plus anciennement exploités et qui a été improprement généralisé par certains à l’ensemble du monde, assimilé à une vaste Californie, tentant d’extraire les dernières gouttes d’hydrocarbure à l’aide de vieux derricks poussifs.

Cette vision simpliste et restrictive des ressources énergétiques de la planète, passant par zéro l’exploitation des gaz et des huiles de schistes, hostile aux biocarburants, ignorant les possibilités de substituabilité des sources d’énergie entre elles et de synthèse de combustibles liquides à partir de gaz naturel, de charbon, de biomasse ou même de CO2 (mais oui) est exemplaire de ce mouvement dirigé, malgré les apparences, plus par l’émotion que par la raison.

La ruée quasi mystique de certains pays européens (Espagne, Allemagne) vers les énergies renouvelables intermittentes subventionnées par dizaines de milliards d’euros, comme l’éolien ou le photovoltaïque, au mépris des contraintes de gestion financière des deniers de l’Etat les plus élémentaires et des règles communes de maintien d’une saine concurrence, au sein d’une économie de marché en place, illustre le caractère émotionnel de certaines décisions politiques dans ce domaine. A cela s’ajoute, dans le cas de l’Allemagne, la peur du nucléaire, ressource énergétique encore largement mise en œuvre mais qui devrait être un jour bannie de ce pays, tout en restant largement tolérée dans les pays voisins (France, Tchéquie, Suède), fournisseurs d’énergie électrique à bon-marché.

Mais à côté de ces angoisses et de ces comportements un tant-soit-peu schizophréniques, il existe une large part du monde, plutôt située autour du Pacifique, qui avance à grands pas, sans se soucier des soi-disant limites angoissantes des ressources naturelles, persuadée  qu’elle va modifier en sa faveur l’équation économique qui la concerne. Je voudrais ici présenter quelques indicateurs  qui illustrent l’avance de ce monde, très éloigné des frissons européens.

Le premier indicateur pertinent est démographique. Les projections des Nations Unies sur l’évolution des populations durant ce XXIème siècle montrent une population européenne qui se stabilise puis se contracte (FIG.I). De  740 millions de pingouins en 2010 elle devrait se retrouver vers les 640 millions à la fin du siècle dont un tiers aurait plus de 60 ans. Population vieillissante, effarée par l’évolution du monde, tombée sous le charme des théories apparemment bienveillantes du repli sur soi, de la frugalité et de la précaution. Dans un mouvement d’ensemble de pensée, où tout va de pair, du « précautionnisme » de droite au  retour vers la frugalité écologique, aux racines altermondialistes.

Les populations européennes se recroquevillent sur leurs dernières idéologies à la mode, avec bonne conscience, sans que nul ne dénonce cet air du temps de plus en plus proche de la sénilité collective. Elles ont peur de manquer mais est-ce de ressources ou d’idées ? Emotions incontrôlables de personnes âgées (aisées) qui ne comprennent plus le monde. Rappelons cependant que le Cuivre peut-être avantageusement remplacé par de l’Aluminium dans ses applications électriques courantes, que les abondantes ressources de Lithium dans le monde permettront de produire plus d’un milliard de batteries recyclables pour véhicules électriques, que les minerais des 14 terres rares sont largement répandus sur terre, mais associés à des éléments radioactifs ce qui explique leur origine aujourd’hui presque exclusivement chinoise. Le monde ne manque de rien, le ciel ne lui tombera pas sur la tête, même si l’arrangement génétique (ou épi génétique) des connexions de nos neurones d’occidentaux aisés nous persuade du contraire.

populations mondiales par grands continents depuis 1950 et projection jusqu’en 2100

figure.1 : populations mondiales par grands continents depuis 1950 et projection jusqu’en 2100

En face de cette crispation collective européenne, l’Asie connait en ce moment un profond essor économique et démographique, avec ses mauvais côtés de pollution des fleuves et de l’air qu’il faudra corriger. Le Fogg de Londres dans les années cinquante valait bien celui de Pékin d’aujourd’hui. La décision de mettre fin à la politique de l’enfant unique en Chine illustre cet optimisme ambiant et cette volonté de devenir le plus puissant pays du monde. Les grands pays asiatiques atteindront  rapidement, en quelques décennies,  un statut de pays hautement développé et se mettront, peut-être, alors, à douter à leur tour. C’est l’Afrique, forte de ses hommes et femmes et de ses ressources agricoles et intellectuelles qui devrait prendre le relai du développement mondial durant la deuxième moitié du siècle. Une condition nécessaire à cet essor africain, cependant, que les dirigeants  africains par certains excès, ne fassent pas fuir les détenteurs étrangers de  technologies et de capitaux désirant s’investir dans leur pays.

Un autre indicateur de la progression du niveau de vie moyen dans le monde me semble être la consommation d’huiles végétales, servant à l’élaboration sophistiquée et répandue, de divers plats cuisinés familiaux ou industriels.

Les productions d’huiles végétales, selon la FAO, ont atteint les 160 millions de tonnes en 2012. Ces masses ont été multipliées par huit en 50 ans grâce, entre autres,  au développement des plantations de palmier à huile. Rapportées à la population mondiale, chaque terrien consomme aujourd’hui en moyenne 25  litres d’huile par an, soit quatre fois plus qu’en 1961. (FIG.II). Bien sûr, nombreux de nos contemporains locaux abhorrent  l’huile de palme, disqualifiée par son rapide développement incompréhensible pour eux et par un marketing commercial négatif de basse moralité.

Productions mondiales moyennes annuelles d’huiles végétales en litres par habitant

figure.2 : Productions mondiales moyennes annuelles d’huiles végétales en litres par habitant

Un autre indicateur pertinent de l’accroissement du niveau de vie mondial concerne la consommation de produits dérivés du pétrole, associée aux transports individuels et collectifs, à la pétrochimie et plus largement au développement industriel.

Consommations mondiales de produits raffinés de pétrole et de biocarburants

figure 3 : Consommations mondiales de produits raffinés de pétrole et de biocarburants

La consommation mondiale de liquides dérivés du pétrole et de biocarburants, tirée par l’Asie, progresse annuellement d’un million de barils par jour. Les projections des grands organismes en charge du suivi des questions énergétiques telles que l’EIA américaine ou l’IEA de l’OCDE confirment le maintien de cette tendance pour les années à venir.

            Cette progression des consommations des produits dérivés du pétrole et de leurs ersatz explique pour une part le maintien des prix mondiaux du pétrole brut, malgré les opinions de multiples prévisionnistes qui incitent, sans succès, à jouer ces cours à la baisse. Ne croyez, surtout pas, à une baisse imminente des cours mondiaux du pétrole, même si certains boursicoteurs vous l’affirment! Le développement du monde,  la fugacité relative de la ressource qu’il faut inlassablement renouveler (en investissant pour contrer une « déplétion » annuelle de 4 à 5 millions de barils par jour), ses prix de transport onéreux, nécessitent des cours à plus de 100 dollars le baril pour en assurer une saine exploitation, surtout  pour les nappes ou les formes marginales les plus ingrates qui déterminent les cours.

            Un autre paramètre d’importance, relié au précédent,  permet d’apprécier la croissance du niveau de vie mondial. C’est l’ampleur du parc de véhicules routiers. Sur la base d’une croissance annuelle de ce parc estimée à  40 millions de véhicules en 2012 et à  41,5 millions en 2013, le parc mondial de véhicules routiers en fin  2013 peut être estimé voisin de 1, 18  milliard de véhicules. L’Asie, l’Océanie et le Moyen-Orient doivent héberger le tiers environ du total. (FIG.IV).

Pour l’IEE japonaise, le parc mondial de véhicules à moteur sur la base d’une croissance annuelle de 2,3% par an devrait atteindre les 2 milliards d’exemplaires en 2040. Cette croissance moyenne entre 2005 et 2011 ayant atteint les 3,5% selon l’OICA, il est fort probable que les deux milliards d’exemplaires seront atteints bien avant 2040.

Evolution du parc mondial de véhicules routiers (OICA) en milliard d’unités

figure.4 : Evolution du parc mondial de véhicules routiers (OICA) en milliard d’unités

 

En conclusion, les quelques exemples choisis ici de consommations d’huiles végétales, de produits pétroliers et d’évolution de l’ampleur du parc automobile mondial montrent que l’histoire du monde se poursuit (malgré sa fin annoncée hâtivement) avec un formidable basculement en cours du leadership des nations de  l’occident transatlantique de l’après-guerre vers celles des rives du Pacifique. Le monde vu du Pacifique représente très mal les peuplades européennes éloignées tout à fait en haut à gauche de la carte. C’est ainsi qu’il faut voir le monde de demain, ce qui ne peut que renforcer notre pessimisme local.

 

Portrait d’expert : Stéphane Sarrade, expert en chimie verte appliquée

Diplômé de l’ISIM, aujourd’hui Polytech Montpellier, Stéphane Sarrade a fait sa thèse en génie des procédés au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) entre 1991 et 1994 sur les fluides supercritiques et membranes, domaine dans lequel il a réalisé la quasi-totalité de sa carrière. « Deux éléments fondamentaux de la chimie verte », explique-t-il.

Il obtient son habilitation à diriger des recherches (HDR) en 2000, et devient chef de département au CEA en 2009 puis directeur de recherche en chimie verte en 2011. « La chimie verte se définit par une conception de la chimie vue dans sa globalité, depuis le choix de la matière première jusqu’aux impacts de la réaction chimique, et non uniquement à travers celle-ci. Cette conception est au cœur des activités du CEA depuis ses origines : quelles énergies choisir, comment gérer les déchets, comment pour un maximum de matière première, avoir un minimum de contact avec les personnels ? Autant de questions concernant les radionucléides », affirme-t-il.

Depuis quatre ans, Stéphane Sarrade collabore avec Techniques de l’Ingénieur comme conseiller scientifique, recrutant des auteurs de qualité, repérant les articles à rédiger, mais aussi en formation, puisqu’il est à l’origine de la formation fluides supercritiques, proposée chez Techniques de l’Ingénieur depuis 2011.

Il est également l’auteur d’ouvrages grand public tels La chimie est-elle réellement dangereuse ? (2010, Editions le Pommier), La chimie d’une planète durable (2011, Editions le Pommier), ou encore Quelles sont les ressources de la chimie verte ? (2008, Editions EDP Sciences).

Bientôt des Français sur Mars

Coloniser Mars. Tel est l’audacieux projet de la société Mars One. Pour y arriver, l’entreprise néerlandaise doit œuvrer sur deux fronts. Le premier est évidemment technique avec la construction de l’engin qui emmènera les humains sur la planète rouge, ainsi que la mise en place des outils sur place tels que les habitats, les serres et du matériel pour fabriquer de l’eau ou de l’oxygène… Mais tout ceci resterait du seul ordre de l’exploit technique s’il n’y avait les colons. Mais y a t-il des gens assez fous pour être prêts à s’engager dans un voyage sans retour ? Car Mars One n’en fait pas un secret. Ceux qui partiront ne reviendront pas.

Aussi stupéfiant que cela puisse paraitre, ce projet de colonisation martien a séduit près de 200 000 personnes. Issues de 140 nationalités différentes, elles ont toutes répondu oui à l’appel de l’espace. Mais seules 24 d’entre elles seront retenues. Pour les sélectionner, Mars One s’intéresse à leurs capacités physiques bien sûr, psychologiques mais aussi à leur réelle motivation.  « Le défi avec 200.000 inscrits est de séparer ceux que nous pensons être capables, mentalement et physiquement, de devenir les ambassadeurs humains sur Mars, de ceux qui prennent la mission moins au sérieux »  précise Bas Lansdorp, cofondateur et PDG de Mars One.

A l’issue d’une première phase de test, il reste en lice plus d’un millier de candidats, dont vingt-deux français. Parmi eux, Florence Porcel, parfaitement lucide sur le défi qu’elle souhaite relever : « On va quand même quitter la Terre définitivement, ce qui n’a jamais été fait. Il faudra vivre en milieu clos jusqu’à notre mort, entouré de quelques dizaines de personnes. C’est un voyage sans retour, on y va pour s’installer ». Cette férue d’espace explique qu’elle se « […] sent un peu à l’étroit sur Terre depuis toujours ». Sur sa page de présentation, elle cite même Tsiolkovski : « la Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas toute sa vie dans un berceau ».

Avant de quitter définitivement le berceau, elle devra encore se soumettre à plusieurs phases de tests pour peut-être réaliser son rêve et devenir une des premières femmes à fouler le sol de Mars. Un premier vol à vide est programmé en 2018 avant le vrai départ prévu en 2025. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Faut-il investir dans le Bitcoin ?

Impossible de passer à côté des bitcoins. Cette monnaie virtuelle suscite un intérêt grandissant à tel point que sa valeur a été multipliée par plus de 90 en moins d’un an ! Un engouement qui alerte les banques puisque cette monnaie virtuelle n’est soumise à aucune banque centrale. Alors comment ça marche ? Les bitcoins ont été inventés par un mystérieux Satoshi Nakamoto, prétendument japonais mais dont l’identité reste secrète. Personne ne sait d’ailleurs si ce pseudonyme n’abrite pas plusieurs individus. Lancé en 2009 à l’aide d’un logiciel développé en C++ par Nakamoto, le bitcoin se veut une monnaie virtuelle indépendante de tout organisme de gestion.  Les bitcoins ont la particularité de s’auto-réguler puisque la bonne santé du système repose sur une totale transparence concernant les transactions. Tout le monde peut vérifier le nombre de bitcoins en circulation, la quantité figurant sur tel ou tel compte, ainsi que les transactions elles-mêmes. Le bitcoin est donc une monnaie publique et indépendante. La quantité totale de bitcoins en circulation est d’ailleurs limitée par son créateur à 21 millions d’unités. 

Une monnaie virtuelle pour des achats réels

Les bitcoins permettent d’acheter des produits comme n’importe quelle monnaie. Pour en obtenir, il faut passer par une plateforme de change qui convertit l’argent en bitcoins, ou vendre un bien à un détenteur de bitcoins.  Les bitcoins se « matérialisent » par une suite de chiffres et de lettres. Une fois vos bitcoins en poche, ou plutôt dans votre porte-monnaie virtuel, vous pourrez vous-même utiliser cet argent pour divers achats. De nombreux sites internet acceptent les bitcoins, des enseignes de matériel informatique, de vêtements, de cosmétiques ou encore de jouets. Ebay réfléchit actuellement à autoriser le paiement en bitcoins. Preuve supplémentaire de l’essor des bitcoins, la première borne physique de change a été installée au Canada et une université chypriote a annoncé accepter que les frais de scolarité soient réglés en bitcoins.

Les bitcoins soupçonnés de blanchir de l’argent

Si les transactions en bitcoins sont accessibles à tous, l’identité des acteurs reste confidentielle. Une discrétion séduisante pour des gens malhonnêtes. Les bitcoins seraient ainsi devenus une façon de blanchir de l’argent sale. De plus, il s’agit d’une monnaie spéculative. Certains avancent que la moitié des bitcoins serait détenue par moins de mille individus.

Une monnaie volatile

Le bitcoin n’est décidément pas une monnaie banale. Sa valeur est variable et dépend de l’usage économique qui en est fait. Son cours est totalement libre. En février 2011, un bitcoin valait 4.15€. En décembre 2013, sa valeur atteint 355€ ! L’explosion du cours et ses brusques variations témoignent d’une très grande volatilité. Dernier bouleversement en date, un mini-krach mi-décembre 2013 qui a vu dévisser la valeur du bitcoin de 50% en quelques heures. En cause, des mesures visant à empêcher les transactions avec cette monnaie en Chine, premier marché mondial du bitcoin. De son côté, la Banque de France  alerte les usagers face aux dangers du bitcoin, dénonçant le fait que «  La valeur du bitcoin n’est adossée à aucune activité réelle». Une inquiétude partagée par la Réserve fédérale américaine qualifiant l’essor du bitcoin de « bulle ».

Pour en savoir plus sur les bitcoins : bitcoin.fr

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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ressources documentaires :

Polynésie française : 50% d’électricité d’origine renouvelable dès 2020

Peuplée de 268 000 habitants, la Polynésie française est composée de cinq archipels totalisant 118 îles, et est séparée de l’Australie par 6000 kilomètres d’océan et du continent américain par 7500 kilomètres. L’électricité est aujourd’hui aux trois quarts d’origine thermique, et compte-tenu de l’éloignement géographique, importer des hydrocarbures pour alimenter les petites unités de production électrique réparties sur les 67 îles habitées coûte cher. Le prix de l’électricité en Polynésie peut monter jusqu’à 50 centimes le kWh.  Dans ce contexte, s’orienter vers l’exploitation du large potentiel éoliensolairehydroélectrique et houlomoteur de ces îles a non seulement du sens d’un point de vue environnemental mais aussi économique.

Le Président de cette collectivité d’outre-mer, Gaston Flosse, a promulgué le 23 décembre 2013 à Papeete, chef-lieu de la Polynésie sur l’île de Tahiti, la loi relative aux principes directeurs de la politique énergétique de la Polynésie française.  « La présente loi du pays vise à favoriser un approvisionnement énergétique de la Polynésie française suffisant, diversifié, sûr, économique et compatible avec les impératifs de la protection de l’environnement. » 

L’Autonomie énergétique comme fil conducteur

Cette Loi a comme objectif « de contribuer à l’autonomie énergétique de la Polynésie française » et  « d’encourager le recours aux énergies renouvelables ». Mais aussi « de favoriser une plus grande transparence des coûts de l’énergie » et « de permettre le pluralisme des opérateurs dans le secteur de l’énergie ». 

L’engagement en faveur des énergies vraiment renouvelables est sans ambigüité : « Il est fixé un objectif minimum de 50 % de production électrique issue de l’exploitation des énergies renouvelables à échéance 2020 sur l’ensemble de la Polynésie française ». Les énergies fossiles deviennent hors-la-Loi, étant donné que « tout projet de construction d’une nouvelle installation recourant aux énergies fossiles est interdit sauf à démontrer que le recours à une installation productrice d’énergie renouvelable est impossible dans des conditions économiques ou techniques soutenables. »

Une technologie innovante de climatisation à base d’eau de mer 

En milieu tropical le poste climatisation s’élève à environ 40 % sur la facture électrique globale. Afin de réduire ce coût un système innovant a été testé avec succès en Polynésie, le « Sea water air conditioning » (SWAC),  ou climatisation à l’eau de mer naturellement froide. Afin qu’elle soit bien fraîche, l’eau de mer est pompée à plus de 900 mètres de profondeur. 

Il s’agit d’une première à l’échelle mondiale. Installé à l’hôtel Intercontinental de Bora Bora en 2006, et un second SWAC est actuellement en phase de finalisation à l’hôtel Brando de Tetiaroa. Le système permet de réaliser entre 70 et 90% d’économie sur la facture climatisation.  Un projet de SWAC est actuellement en cours pour climatiser le Centre Hospitalier de Polynésie Française (500 lits). 

La Polynésie montre ainsi que réduire la consommation électrique sans sacrifier le niveau de confort est possible.

Une dynamique qui prend de l’ampleur

La Polynésie n’est pas la seule collectivité territoriale française insulaire à s’engager en faveur d’un avenir énergétique durable. Suivant l’exemple de l’île japonaise d’Okinawa, EDF SEI (Systèmes Electriques Insulaires) installe actuellement en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, une station de pompage-turbinage (STEP) à eau de mer qui permettra de gérer la nature fluctuante de l’éolien et du solaire.  

Le tiers  de l’électricité de l’île de la Réunion, dans l’océan indien, provient dès à présent des énergies renouvelables. Une méga-batterie sodium-soufre d’1 MW a été installée sur l’île volcanique en 2010 par EDF SEI. Les installations hydroélectriques modulables ont également été renforcées. Tout comme la Polynésie française, La Réunion pourrait atteindre l’indépendance électrique dès 2030. 

Olivier Daniélo 

Comment quintupler la durée de vie ?

Le premier mécanisme étudié concerne la cible de la rapamycine (mTOR), une enzyme impliquée dans la vie des cellules, leur prolifération, leur croissance, leur mobilité mais aussi leur survie. En imposant une mutation génétique dans la voie métabolique de cette enzyme, l’espérance de vie du ver de terre a été accrue de 30%. Un résultat déjà très encourageant.

Le deuxième mécanisme analysé par les scientifiques californiens touche à la sécrétion d’insuline. En modifiant ce mécanisme, la durée de vie des Caenorhabditis elegans a augmenté de 100% ! Encore mieux que la modification de la voie métabolique de la mTOR.

 Mais le plus étonnant a été lorsque l’équipe Buck Institute of Age Research a combiné les deux approches. « Les deux mutations génétiques ont créé une boucle bénéfique au sein de tissus spécifiques, amplifiant l’espérance de vie. » s’enthousiasme le Docteur Pankaj Kapahi, co-auteur de l’étude. Ces vers de seulement un millimètre d’épaisseur ont alors vu leur espérance de vie multipliée par cinq. Le fait que ces deux mécanismes se combinent ainsi tend à expliquer que l’espérance de vie dépend de nombreux facteurs. Ces derniers semblent donc avoir  la capacité de s’amplifier les uns les autres ou, pourquoi pas, de s’annihiler.  « Il est très probable que les interactions entre ces gènes soient très actives chez les personnes assez chanceuses pour vivre une longue vie en bonne santé », résume Pankaj Kapahi. 

Ces résultats sont-ils le prélude à des hommes vivant jusqu’à 500 ans ? Le casse-tête du système de retraite n’est pas prêt d’être résolu… 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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REACH : les news du mois de décembre 2/2

Nouvelles substances extrêmement préoccupantes (SVHC)

16/12/2013

La liste des substances extrêmement préoccupantes a été mise à jour avec l’ajout de 7 nouvelles substances : 

  • Cadmium sulphide (N° CAS : 1306-23-6 et N° CE : 215-147-8)
  • Disodium 3,3′-[[1,1′-biphenyl]-4,4′-diylbis(azo)]bis(4-aminonaphthalene-1-sulphonate) (C.I. Direct Red 28) (N° CAS : 573-58-0et N° CE : 209-358-4)
  • Disodium 4-amino-3-[[4′-[(2,4-diaminophenyl)azo][1,1′-biphenyl]-4-yl]azo] -5-hydroxy-6-(phenylazo)naphthalene-2,7-disulphonate (C.I. Direct Black 38) (N° CAS : 1937-37-7 et N° CE : 217-710-3)
  • Dihexylphthalate(N° CAS : 84-75-3 et N° CE : 201-559-5)
  • Imidazolidine-2-thione (2-imidazoline-2-thiol) (N° CAS : 96-45-7 et N° CE : 202-506-9)
  • Lead di(acetate) (N° CAS : 301-04-2 et N° CE : 206-104-4)
  • Trixylyl phosphate (N° CAS : 25155-23-1 et N° CE : 246-677-8)

Les producteurs et les importateurs d’articles contenant l’une de ces sept substances ont six mois pour notifier à l’Echa si la substance est présente dans des articles dans des quantités supérieures à une tonne par an et dans une concentration supérieure à 0,1%.

 

 

Nouveau document sur les biocides

17/12/2013

L’ECHA a publié un nouveau document sur les biocides. Ce guide fournit des conseils techniques sur la façon d’effectuer l’évaluation des risques et de l’exposition et la caractérisation des risques pour les substances actives et les produits biocides.

Nouvelle proposition de restriction et consultation sur un avis du SEAC

17/12/2013

L’ECHA a lancé une proposition de restriction pour le cadmium et ses composés (dans la peinture) (N° CAS : 7440-43-9 et N° CE : 231-152-8). Les commentaires sont à soumettre avant le 17 juin 2014. 

Le SEAC (Comité des analyses socio-économiques) a rendu un avis sur une proposition de restriction du plomb et de ses composés (N° CAS : 7439-92-1 et N° CE : 231-100-4). Les commentaires sur cet avis sont à soumettre avant le 14 février 2014.

Plus d’informations sur : http://www.echa.europa.eu/restrictions-under-consideration

Consultation publique pour une nouvelle proposition de substitution de substance

17/12/2013

L’ECHA a lancé une consultation publique pour une nouvelle proposition de substitution de substance dans le cadre du règlement REACH. La substance concernée est le Glutaraldehyde (N° CAS : 111-30-8 et N° CE : 203-856-5). Les commentaires sont à soumettre avant le 15 février 2014.

Une autre proposition avait été lancée pour le Dinotefuran  (N° CAS : 165252-70-0). Les commentaires sont à soumettre avant le 28 janvier 2014.

Consultation publique pour des classifications et étiquetages harmonisés

18/12/2013

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé 10 nouvelles substances. Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 3 février 2014.

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

19/12/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur une nouvelle substance pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Les informations relatives à la réaction du butane-2 ,2-diyle et du dihydroperoxyde de di-sec-butylhexaoxidane sont à soumettre pour le 3 février 2014.

Nouvelle fiche sur la notion de sous-traitant

19/12/2013

Une nouvelle fiche (en anglais) de l’ECHA vient de paraître. Elle explique le concept de sous-traitant et ses responsabilités selon le règlement REACH.

Cette notion était préalablement traitée en français dans un document rédigé par les autorités compétentes en 2008 (http://www.ineris.fr/reach-admin/file_upload/File/pdf/FAQ/REACH_procedures%20ecritesV1.pdf).

Sentir le danger, au sens propre comme au figuré

« Sentir le danger »… est-il possible que, derrière l’expression populaire, se cache une certaine forme de vérité scientifique ? Il était jusqu’à présent communément admis que l’on pouvait être effrayé par une odeur – comme celle, caractéristique, du tétrahydrothiophène, pour déceler d’éventuelles fuites de gaz – uniquement après que l’information soit traitée par notre cerveau. Pourtant, un groupe de scientifiques de l’université Rutgers, dans le New-Jersey, a fait une découverte pour le moins surprenante : en étudiant le fonctionnement du système olfactif d’un panel de souris, les chercheurs se sont rendus compte que la réaction de peur pouvait arriver au niveau sensoriel, au tout début de la chaîne de perception, avant même que le cerveau n’ait l’opportunité d’associer odeur… et danger potentiel.

L’étude, publiée dans le magazine Science, laisse entendre que « l’apprentissage de la peur » n’impliquerait pas uniquement certaines zones du cerveau, mais que le système nerveux pouvait être extrêmement sensible aux stimuli menaçants, et que cet apprentissage pouvait « affecter les signaux allant des organes sensoriels aux aires du cerveau concernées », selon John McGann, professeur en neurobiologie comportementale et en neurobiologie des systèmes à l’université Rutgers.

John McGann, épaulés par Marley Kass et Michelle Rosenthal, toutes deux étudiantes, sont parvenus à leurs fins en conditionnant un premier groupe de souris, associant systématiquement une odeur spécifique à un choc électrique à la patte. À la grande surprise des neurobiologistes, cette odeur pouvait engendrer chez les individus du groupe de souris conditionnées une réponse jusqu’à quatre fois plus intense des neurones olfactifs, avant même que le message ne soit acheminé aux neurones du cortex cérébral.

L’observation fut rendue possible en se ménageant un minuscule hublot d’observation percé… dans le crane des petits rongeurs, sous anesthésie. Les souris étaient génétiquement modifiées, afin de permettre aux neurones olfactifs de synthétiser un composé nommé synapto-pHluorine, ayant la propriété de s’accrocher aux vésicules renfermant les neurotransmetteurs et de devenir fluorescent lorsqu’il est relâché dans une synapse, comme l’explique le journaliste Guillaume Jacquemont. « Ainsi, plus les neurones olfactifs envoient d’influx, plus le nombre de neurotransmetteurs relâchés est grand et plus la fluorescence observée dans le bulbe olfactif est importante », ajoute-t-il.

Cette étude nous donne quelques pistes sur l’influence des souvenirs traumatisants sur nos sens, souvenirs allant jusqu’à modifier le fonctionnement des neurones sensoriels, décloisonnant ainsi le siège de la peur du seul cerveau. Elle pourrait également nous aider à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans certains troubles de l’anxiété, comme les stress post-traumatiques, où le sentiment de peur et d’appréhension subsiste bien que le danger ne soit plus présent. En première ligne, ces stress post-traumatiques vécus par certains soldats de retour de mission, qui peuvent être déclenchés par le bruit pétaradant ou l’odeur d’un pot d’échappement.

Prochaine étape : déterminer si le processus de conditionnement rendant les souris hypersensibles à certaines odeurs « menaçantes » peut être inversé, ce qui pourrait constituer un premier pas vers de nouveaux traitements thérapeutiques de la peur et des troubles de l’anxiété.

Par Moonzur Rahman

Entretien avec Daniel Hubert, auteur de Transmission de puissance pneumatique, chez Techniques de l’Ingénieur.

daniel hubertTechniques de l’Ingénieur : Daniel Hubert, vous venez de rédiger l’article Transmission de puissance pneumatique : Caractérisation en débit des composants pneumatiques, chez Techniques de l’Ingénieur. A quel besoin répond-il ?

Daniel Hubert : Il accompagne la lecture et aide à la compréhension de la nouvelle série de  normes ISO 6368 dont les première et seconde parties sont entrée en vigueur à l’été 2013, et dont la troisième partie doit suivre à l’été 2014, en un langage plus accessible, et un rappel des définitions de base, les normalisateurs n’étant pas particulièrement didactiques. L’objectif de cet article est donc de replacer cette nouvelle norme dans son contexte théorique.

Techniques de l’Ingénieur : Que change cette norme ISO 6368 ?

Daniel Hubert : Elle met en accord les mesures de caractérisation en débit des composants avec les lois de la thermodynamique et les lois d’écoulements des fluides compressibles.

Ce n’était pas le cas jusqu’alors, et était problématique, puisque nous avions des références métrologiques variables selon que l’on parle de pression totale ou de pression statique.

Techniques de l’Ingénieur : Concrètement, quelles nouveautés intègre la norme ISO 6368 et donc l’article ? Et à qui s’adresse-t-il ?

Daniel Hubert : Des nouvelles méthodes de mesure y sont proposées. Auparavant, la méthode utilisée était celle de la caractérisation « continue », qui prenait entre deux et quatre heures, et consommait beaucoup d’air comprimée. Aujourd’hui, via cette norme, sont proposées des méthodes dite de caractérisation dynamiques, c’est-à-dire par charge et décharge de capacité isotherme, qui non seulement consomme beaucoup moins d’air comprimé, mais ne prennent que 20 minutes environ.

En outre cette norme propose un modèle de caractérisation des composants beaucoup plus complet, l’article explique et valide donc les origines de ce modèle enrichi, au travers d’exemples de mesures concrets, et démontre l’importance des références métrologiques adoptées.

Ces norme et article permettent donc un meilleur choix des composants pneumatiques, et un dimensionnement au plus juste de ceux-ci. Mais aussi d’alimenter des bases de données de caractéristiques normalisées, pour une simulation des circuits précise et plus juste.

En un mot ils participent à l’optimisation de la consommation énergétique pneumatique.

L’article s’adresse donc en premier lieu  aux fabricants de composants pneumatiques ou de vannes pour fluides compressibles, mais également aux utilisateurs de ces produits, autant dire quasiment à toutes les industries.

L’onde de choc des gaz de schistes américains se répercute jusqu’en Russie

Il est bien connu aujourd’hui que le pétrolier français Total et le russe Gazprom, partenaires du projet Shtokman destiné à exploiter un très grand champ gazier offshore situé en Mer de Barents, au large de Mourmansk, se posent des questions sur la rentabilité et la viabilité du projet.

Le projet en question devait initialement desservir le réseau de gazoduc russe prolongé vers l’Europe (vers l’Allemagne puis, plus-tard,  au-delà,  vers la Grande-Bretagne) par la branche NordStream passant sous la Mer Baltique (FIG.I) mais il devait aussi, grâce à une unité de liquéfaction du gaz, située sur la côte russe, livrer en GNL (gaz naturel liquéfié) les ports d’accueil des Etats-Unis. 

La profusion de gaz de schistes découverts et exploités depuis sur le Continent Nord-Américain rend bien entendu, cette deuxième part du  projet russe, faute de demande, complètement caduque. Devant les difficultés rencontrées, après le départ de Statoil,  les autorités russes posent même publiquement la question de la pérennité de l’adhésion du pétrolier français Total à ce projet.

 

Situation du projet Shtokman dans le réseau de gazoduc russe et nord-européen 

 

Mais je voudrais montrer ici que cet évènement énergétique majeur que constitue  la découverte des gaz de schistes américains se répercute également sur le commerce russe de pétrole.

En effet, l’afflux de condensats légers de gaz de schistes américains vers les raffineries du Golfe du Mexique a fortement réduit durant ces derniers mois (FIG.II) les importations américaines en pétrole léger provenant d’Afrique du Nord (Algérie, Lybie) ou de l’Ouest (Nigeria, Angola, etc.).

Ces importations en 2013 qui s’élèvent autour des 700 mille barils par jour, ont été divisées par trois par rapport à celles qui prévalaient en 2006, 2007 et 2008.  

Remarque : contrairement aux idées en vogue de soi-disant « indépendance énergétique », les Etats-Unis importent toujours la moitié du pétrole brut qui alimente leurs raffineries, en particulier en fractions lourdes de pétrole en provenance, entre-autres, des champs d’huiles lourdes de l’Orénoque ou des sables bitumineux canadiens. Ces produits sont indispensables aux raffineries américaines pour produire du bon gazole qu’elles exportent à bon prix (pour elles) vers l’Europe et le marché mondial.

 

 Importations par les Etats-Unis de pétrole et autres produits pétroliers en provenance de l’Afrique du Nord et de l’Ouest 

 

Ce  pétrole léger africain, maintenant dédaigné par les Etats-Unis, doit être exporté vers d’autres contrées asiatiques (Chine, Inde) mais aussi vers l’Europe comme en attestent les statistiques des Douanes françaises. 

Sous la rubrique 27090090, « huiles brutes de pétroles ou de produits bitumineux (à l’exclusion des condensats de gaz naturel) » les douanes nous indiquent que les importations françaises en provenance de l’Afrique sont passées respectivement entre 2012 et les douze derniers mois à Octobre 2013 de 19,9 millions de tonnes à 21,1 millions de tonnes (+5,7%) alors que celles en provenance de Russie ont fortement  régressé de 24% avec passage durant les mêmes périodes de 8,2 millions de tonnes à 6,2 millions de tonnes,  tout ceci à importations totales de la France légèrement décroissantes de 1,1% entre les deux périodes (56,9 millions de tonnes en 2012 et 56,3 millions de tonnes sur les 12 derniers mois). 

Durant ces derniers mois, les baisses significatives des importations de pétrole et produits pétroliers en provenance de Russie ont assuré la légère décroissance des importations françaises et surtout l’embellie des importations en provenance d’Afrique.

Par un jeu à plusieurs bandes dans lequel il faudrait aussi impliquer, en toute rigueur, les produits raffinés tels que le gazole, il semblerait que la saturation en pétrole, issus des gaz de schistes, des raffineries du Golfe du Mexique entraîne une baisse des exportations de pétrole russe vers certains pays européens.

 Rappelons que, pour en préciser les enjeux économiques,  la France a importé sur les douze derniers mois à Octobre 2013 pour 35 milliards d’euros de pétrole brut, 17 milliards de produits raffinés du pétrole et 15 milliards de gaz naturel. 

C’est un très bon client, constant dans ses consommations énergétiques,  pour certains grands pays producteurs. 

Il y a là de toute évidence un point de faiblesse majeur récurrent pour la santé économique de la France qui ne sait pas faire revenir tous les pétrodollars dépensés et ainsi équilibrer les échanges commerciaux par des ventes en retour de biens ou de services, ce dont les médias parlent peu. 

Un des objectifs de cette rubrique est d’attirer l’attention de nos contemporains sur ce problème trivial qui altère la compétitivité de l’économie française qui consomme trop et ne produit pas assez. 

C’est dans ce cadre objectif là qu’il faudrait, à tout prix, placer les débats sur les grands choix énergétiques de notre pays que sont le développement industriel des biocarburants, des biotechnologies ou l’exploration des gaz de schistes par exemple. L’objectivité du débat public afficherait alors sa primauté sur les passions, les peurs et autres arcanes politiques.

Par Raymond Bonnaterre

Et aussi dans les
ressources documentaires :

News environnement : décembre 2013

Comment limiter les vibrations des éoliennes

Les vibrations malmènent particulièrement les installations éoliennes, ce qui peut poser des problèmes de sécurité. A l’aide d’expériences sur une éolienne de taille réduite, l’Institut Fraunhofer de durabilité des structures et de fiabilité des systèmes (LBF) de Darmstadt (Hesse) a lancé un nouveau projet. Celui-ci vise à rendre la fabrication des éoliennes plus sûre. Pour cela, les vibrations d’une installation vont être analysées pour déterminer les solutions pouvant les réduire de la façon la plus efficace possible. Une des mesures étudiées introduira, à l’aide d’un actionneur, des forces supplémentaires pour compenser la présence des vibrations dans une structure. Ces mesures pourraient prolonger la durée de vie des éoliennes. Un objectif déclaré supplémentaire est l’augmentation des intervalles d’inspection et d’entretien, ce qui pourrait conduire en particulier pour les parcs éoliens offshore à d’importantes économies de coûts.

Afin de continuer à développer les technologies de minimisation active et passive des vibrations déjà mises en oeuvre dans ce nouveau domaine de l’éolien, l’Institut Fraunhofer LBF a installé une petite éolienne sur l’un de ses bâtiments. Dans une première étape du projet, les scientifiques vont mener une analyse modale expérimentale (EMA) sur l’éolienne. Celle-ci sera munie de 20 capteurs tridimensionnels et sera mise en vibration par une force déterminée dans diverses positions. L’interprétation des résultats à l’aide d’un modèle numérique permettra de connaître le comportement dynamique de l’éolienne soumise à une charge prédéterminée.

Dans un deuxième temps, un capteur d’accélération va être placé au sommet du mât afin de mesurer l’amplitude des vibrations du mât sur une longue durée pendant le fonctionnement. De là, l’excitation due au vent sera déterminée à différentes vitesses de vent et de rotor. A partir de ces résultats, les chercheurs pourront tirer des conclusions sur la façon dont un actionneur doit être dimensionné afin d’introduire suffisamment de force corrective pour réduire les vibrations dans la structure. L’objectif est de construire et tester un tel actionneur.

Les vibrations ayant lieu dans les éoliennes agissent également sur l’environnement sous forme acoustique. Avec l’aide d’un système auxiliaire, on pourrait réduire considérablement ces vibrations indésirables, espèrent les chercheurs. A long terme, les connaissances acquises grâce à cette petite éolienne pourraient ainsi fournir des informations utiles pour l’utilisation de ces systèmes dans les grandes éoliennes.

Source : bulletins-electroniques

 

 

Ecouter les icebergs pour suivre leur dérive

Ecouter les sons émis par des icebergs pour suivre leur déplacement, c’est l’idée originale développée par des chercheurs de l’université de Delft et publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters

Avec les séismes, les volcans sous-marins et les chants de baleines, les océans sont loin d’être des espaces silencieux. Le travail du Dr. Laslo Evers de l’université technologique de Delft (faculté d’ingénierie civile et de géosciences) et de l’institut royal néerlandais de météorologie (Koninklijk Nederlands Meteorologisch Instituut, KNMI) [3], consiste à déterminer d’où proviennent ces sons sous-marins et notamment l’application du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICEN ou CTBT en anglais, Comprehensive Test Ban Treaty). C’est en écoutant les sons enregistrés par un vaste réseau de stations hydroacoustiques disséminées dans l’océan Indien pendant les douze dernières années, Laslo Evers et sa collègue Mirjam Snellen de l’université de Delft, ainsi que deux autres scientifiques anglais et australien ont découvert des sons émis par des objets mobiles de grande taille. En croisant ces données avec des images satellites, ils se sont rendus compte qu’ils écoutaient en fait le bruit d’icebergs craquer et se désintégrer au fur et à mesure de leur migration dans les eaux plus chaudes du nord-est de l’océan Indien.

C’est lorsque l’équipe de chercheurs a décidé de suivre deux de ces icebergs (surnommés C20 et B17B) qu’ils se sont aperçus qu’en les « écoutant », ils étaient capables de suivre leurs trajectoires de façon plus précise que ne le peuvent les satellites. D’autre part, ils ont également pu identifier et suivre la piste des morceaux d’icebergs qui s’étaient détachés ; ces derniers étant trop petits pour pouvoir être suivis par satellite mais encore assez gros pour être une menace pour les bateaux.

Suite à la publication des ses travaux, le Dr. Evers souhaite désormais développer et améliorer cette nouvelle méthode. « Avec l’hydroacoustique, nous ne sommes jamais gênés par les nuages ou les tempêtes contrairement à l’imagerie satellite », déclare-t-il. « Désormais, nous voulons savoir s’il est possible de déterminer précisément la taille des icebergs en fonction des sons qu’ils émettent. Il serait aussi intéressant d’enregistrer les sons produit par les nappes de glace qui entourent l’Antarctique pour déterminer si elles fondent d’années en années. Evidemment, ces phénomènes sont déjà suivis par satellite, mais il serait bon d’effectuer une évaluation indépendante. »

Source : bulletins-electroniques

Efficacité des cellules photovoltaïques en pérovskite, un comportement enfin disséqué et expliqué

L’énergie photovoltaïque est une des énergies renouvelables d’avenir dont l’utilisation grand public est déjà effective, mais dont la rentabilité reste toujours un frein au développement. Parmi les axes d’évolution pour remédier à ce problème, on peut augmenter le rendement énergétique ou utiliser des matériaux ou procédés de fabrication moins coûteux. Une alternative, au silicium notamment, est d’utiliser du pérovskite qui est reconnu comme un matériau remarquable pour son rendement lors de la conversion photovoltaïque. Mais jusqu’à maintenant, les raisons de son efficacité restaient inconnues : ce n’est plus le cas grâce aux recherches menées à NTU, notamment grâce au Dr. Nripan Mathews, supporté dès 2006 par le programme « PHC Merlion PhD » du service de coopération scientifique de l’Ambassade de France.

Un haut rendement expliqué

Suite à la découverte de ce haut rendement du pérovskite, une course s’est engagée entre plusieurs unités de recherche afin de découvrir le mécanisme derrière ce phénomène. Une équipe de huit chercheurs menée par Sum Tze Chien et Nripan Mathews de la NTU – School of Physical and Mathematical Sciences a travaillé durant six mois pour mettre à jour le phénomène physique derrière le rendement du pérovskite, et le publier le 18 octobre 2013 dans Science. Ce travail a été effectué en collaboration étroite avec Michael Gratzel, co-auteur, visiting professor à NTU et basé à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Ce dernier détient le record du plus haut rendement de cellules photovoltaïques composées de pérovskite : 15%, à comparer avec un rendement autour de 20% sur le marché public actuel.

Selon Sum Tze Chien, cette découverte n’a été possible que grâce aux équipements de pointe dont dispose NTU : « Lors de nos recherches, nous avons utilisé des lasers ultrarapides pour étudier les matériaux pérovskites. Nous avons pu suivre la vitesse à laquelle ces matériaux réagissent à la lumière sur un quadrillion de seconde (environ 100 milliards de fois plus vite qu’un flash de l’appareil) ». « Nous avons découvert que dans ces matériaux pérovskites, les électrons générés dans la matière par la lumière du soleil peuvent se déplacer assez loin. Cela va nous permettre de faire des cellules photovoltaïques plus épaisses qui absorbent plus de lumière et donc qui produisent plus d’électricité. « 

Un coût divisé par cinq à exploiter

L’objectif est désormais d’utiliser ces nouvelles connaissances pour améliorer le rendement et ainsi d’atteindre le même que celui des cellules sur le marché, voire de le dépasser. Les chercheurs travaillent désormais avec les scientifiques de ERI@N, en collaboration avec l’entreprise australienne Dyesol [5], afin de fabriquer des prototypes de cellules à base de pérovskite.

En effet, le grand intérêt pour l’industrie est la prédisposition du pérovskite à se cristaller, ce qui permet l’utilisation de procédés de fabrication simples et donc une estimation du coût de fabrication divisé par cinq de ce type de cellules ! De plus, son intégration dans l’urbanisme moderne est très prometteuse comme l’explique le Dr Subodh Mhaisalkar, Directeur exécutif de ERI@N : « Les cellules photovoltaïques à base de pérovskite ont le potentiel d’atteindre l’efficacité des cellules solaires de 20%, et un autre grand avantage de ces matériaux est la capacité à obtenir différentes couleurs translucides, comme le rouge, le jaune ou le brun. Avoir un tel verre coloré et photovoltaïque créera de nouvelles possibilités pour la conception architecturale ».

Une fois encore, ce travail prouve l’efficacité de Singapour à accompagner la recherche puisque le projet a été financé par NTU et la National Research Foundation, et est déjà dans le processus de transfert technologique. Selon Dr. Nripan Mathews, que l’Institut Français de Singapour (IFS) a récemment rencontré, c’est un bel exemple de la manière dont l’investissement dans la recherche fondamentale permet les avancées significatives dans les sciences appliquées. Ce dernier est désormais directeur de recherche du Singapore-Berkeley Research Initiative for Sustainable Energy NRF CREATE programme et remercie chaleureusement l’IFS pour la bourse PHC – Merlion PhD 2006 [8] qui avait financé ses études entre Singapour et la France au sein de l’Institut Parisien de Chimie Moléculaire.

Source : bulletins-electroniques

News Informatique : décembre 2013

Vers des ordinateurs qui fonctionnent comme le cerveau humain ?

Des équipes de chercheurs travaillent sur une future génération d’ordinateurs fonctionnant comme notre cerveau. Il faudra attendre encore plusieurs dizaines d’années avant de voir apparaître des prototypes mais les chercheurs ont déjà développé un neurone artificiel.

Une équipe de chercheurs du Tokyo’s Institute of Industrial Science travaille au développement d’un concept appelé neuro-computer : un ordinateur basé sur le fonctionnement des cellules du cerveau humain. Cette équipe a récemment créé des circuits électriques qui fonctionnent comme des neurones du cerveau et a réussi à simuler les battements du coeur d’une sangsue en connectant deux de ces circuits. Cette simulation ne requière qu’une simple structure de neurones mais ceci n’est que la première étape de l’objectif de l’équipe : créer un ordinateur fonctionnant comme le cerveau et capable d’apprendre par lui-même.

Le cerveau humain d’un adulte est composé d’une centaine de milliards de neurones. Ces neurones traitent la mémoire et les fonctions cognitives en se transmettant des signaux à l’aide de millions de connections. L’équipe de chercheurs a pour objectif de créer des fonctions semblables à celles du cerveau en connectant plusieurs circuits électriques pour former un réseau de neurones. Le professeur Takashi Kohno, qui dirige l’équipe, ajoute que si leurs travaux aboutissent comme ils l’espèrent, cela permettra d’avancer sur la compréhension des mécanismes du cerveau et, ainsi, comprendre les émotions et pouvoir traiter les maladies comme la dépression.

La puce électronique développée mesure 2cm carré et son coeur contient un circuit intégré, créé spécialement par l’équipe, composé de transistors, de capacités et de circuits analogiques. Contrairement aux circuits digitaux traitant les signaux électriques comme des états 0 ou 1, les circuits analogiques traitent les signaux électriques en continu selon leur puissance. L’amplitude du signal de sortie de la puce électronique peut varier en fonction de l’entrée. Ces circuits permettent ainsi un traitement du signal se rapprochant de celui effectué par les neurones dans notre cerveau.

L’équipe planifie de connecter plusieurs de ces circuits pour créer un réseau de neurones artificiels. L’objectif est d’atteindre 100 circuits interconnectés sur une puce de 1cm carré dans les 5 années à venir, puis 100,000 circuits dans 10 ans.

Source : bulletins-electroniques

Un appareil de détection des attaques électromagnétiques

La conférence sur la sécurité du futur qui s’est tenue en septembre 2013 à Berlin [1] a mis en évidence les attaques électromagnétiques comme étant un danger réel pour les entreprises et les institutions publiques. Les victimes sont potentiellement tous les circuits électroniques, qui peuvent être endommagés voire détruits par des champs électromagnétiques intenses. A cette occasion, l’Institut Fraunhofer sur l’analyse des tendances technologiques d’Euskirchen (INT – Rhénanie du Nord-Westphalie) avait présenté un appareil de détection de champs magnétiques.

Présentation du système, constitué de quatre antennes, d’un module de mesure à haute-fréquence et d’un ordinateur

Crédits : Fraunhofer

Les attaques électromagnétiques ont pour conséquence de modifier la tension dans les régulateurs, les commutateurs et les cartes de circuits dans les équipements électroniques, sans que l’on puisse facilement détecter son origine. L’appareil développé par l’Institut Fraunhofer INT permet de mesurer l’intensité, la fréquence et l’orientation des champs magnétiques. Les exigences techniques sont fortes : le détecteur doit mesurer des champs magnétiques intenses à partir d’impulsions très courtes, et ce sans être détruit ou endommagé.

Le dispositif est composé de quatre antennes, chacune couvrant un angle de détection de 90°. Un module à haute-fréquence conditionne le signal pour une mesure et détermine à quel moment l’impulsion électromagnétique a démarré et s’est arrêtée. Un ordinateur situé dans une station de surveillance, relié au module par conducteur optique, caractérise alors le signal. Les informations peuvent alors être utilisées pour mettre rapidement en place des mesures de protection appropriées.

Source : bulletins-electroniques

Vers des disques durs boostés au graphène ?

Le Graphene Research Center (GRC) [1] de la National University of Singapore (NUS) [2] et Fuji Electric (Malaisie) [3] travaillent ensemble sur un projet visant à augmenter la capacité des disques durs grâce au graphène. Le résultat attendu est de pouvoir créer des disques durs plus petits, plus rapides et vieillissant mieux. Le but n’est pas de créer une nouvelle technologie de stockage mais bien d’améliorer les technologies actuellement en application.

Le graphène est une forme cristalline du carbone qui se compose d’une couche unique d’atome. Une des caractéristiques du graphène est sa capacité à être utilisé comme une couche de protection et donc de permettre à la tête de lecture et d’écriture de s’approcher plus près du disque dur. C’est cette innovation qui devrait permettre d’augmenter sensiblement la capacité de stockage de nos disques durs.

Ce projet conjoint est dirigé par le professeur Antonio Castro Neto, le professeur adjoint Barbaros Ozyilmaz du GRC et Mme Laurence Ng Wah de Fuji Electric. Le rôle du GRC au sein de cette collaboration est d’intégrer les couches de graphène à des disques durs classiques grâce à un procédé breveté. De son coté, Fuji Electric évaluera la durabilité et la résistance des disques durs pour une éventuelle commercialisation. Le professeur Castro Neto, directeur du GRC, a déclaré que ce centre de recherche tente d’amener les découvertes scientifiques dans la vie de tous les jours et d’avoir un impact sur l’économie singapourienne. Il a également indiqué « La collaboration avec Fuji Electric ouvrira des portes sur une nouvelle technologie qui pourra avoir des conséquences à long terme sur la science et l’industrie « .

Mr Matsuo Sota de Fuji Electric (Malaisie) a déclaré : « La réduction de l’espace entre la tête de lecture et le disque est l’un des défis les plus importants pour garder plus de 20% d’augmentation annuelle de la capacité de stockage des disques durs « .

Source : bulletins-electroniques

La programmation, latin du futur ?

Selon certains comme Bernard Stiegler, les enfants du numérique ont une « expérience rusée » du fonctionnement des machines, mais leur approche intuitive approche vite ses limites et ne leur permet pas de dominer la machine. Or cette domination est nécessaire pour contrôler notre monde, de plus en plus automatisé, numérique et interconnecté. On le voir avec l’affaire PRISM : contrôler La Machine, c’est avoir le pouvoir sur ses utilisateurs…

Des précurseurs comme Seymour Papert (élève de Jean Piaget) se sont intéressés dès les années 1960 à la pédagogie de l’informatique et inventé des outils comme le langage Logo pour initier à l’algorithmique et à la programmation procédurale dès l’enfance. Pourtant, 50 ans plus tard, aucun pays n’intègre la programmation au cursus scolaire primaire, et peu le font au niveau secondaire, et la branche y est rarement obligatoire.

En Grande-Bretagne, suite à un rapport de la Royal Society intitulé « Shut down or restart » qui jugeait l’enseignement de l’informatique tellement insatisfaisant qu’il aurait mieux valu ne rien faire, la décision a été prise d’initier les enfants dès 5 ans à la programmation dès la rentrée 2014 et que la programmation devienne une branche obligatoire du baccalauréat au même titre que la physique ou la chimie.

En France aussi, un récent rapport de l’Académie des Sciences vient de recommander d’aller plus loin que la récente (ré)introduction de la spécialité « informatique et sciences du numérique » en terminale S, en incluant « une initiation aux concepts de l’informatique » dès l’école primaire , puis « un véritable enseignement d’informatique, qui ne soit pas noyé dans les autres enseignements scientifiques et techniques, mais développe des coopérations avec ceux-ci dans une volonté d’interdisciplinarité » au collège, puis « proposer un enseignement obligatoire d’informatique en seconde » au lycée.

Plusieurs initiatives se développement également  en Suisse, notamment :

  • le Prof. Juraj Hromkovic avec son module « programmer dans les écoles primaires », adopté dans une trentaine d’établissements en Suisse alémanique
  • Jürg Kohlas, qui promeut l’enseignement de l’informatique comme discipline fondamentale au gymnase (=lycée) dans un livre tout récent, en recommandant de commencer par former les professeurs, un problème qui semble général…
  • Manuela Barraud et Olivier Jorand proposent des ateliers de « philobotique » combinant programmation et robotique ludique dans la continuation de la « philosphie Logo », mais ils forment aussi des enseignants à leur approche. Outre Logo, ils utilisent le langage semi graphique Scratch développé au MIT pour les enfants dès 7 ans.

Pour ma part, voici les quelques leçons que je tire de ma maigre expérience de l’enseignement de la programmation des deux côtés de la barrière:

  • Pas facile d’être prof. quand certains élèves maîtrisent mieux le sujet. Il faut une formation en béton, et si possible conserver le choix des armes…
  • La robotique est très motivante pour les jeunes. Avec juste une boucle et quelques tests on peut faire bouger quelque chose de concret alors que sur un écran il faut beaucoup plus de code pour faire quelque chose d’un tant soit peu excitant.
  • Mais les robots c’est cher et délicat, alors les environnements virtuels en 3D sont un bon compromis : ils conservent un rapport résultat visuel/code élevé tout en ouvrant des possibilités amusantes comme écraser des poulets sans que la SPA ne proteste (Alice), ou monter un canon sur un robot sans occasionner trop de dégâts (Ceebot, testé avec succès au Festival de Robotique de l’EPFL )
  • L’âge minimum pour s’intéresser à la programmation est celui où l’enfant est capable de comprendre la notion de variable. Je dirais expérimentalement vers 10 ans. Les boucles, les tests, même les sous-programmes et les fonctions peuvent encore passer plus tôt avec des choses comme « POUR CARRE : REPETE 4 [AV 100 TD 90] : FIN », mais c’est peut-être justement une raison de l’échec de la programmation au primaire : sans la capacité d’abstraction nécessaire pour associer une information (nombre, texte etc…) à un symbole, on est très vite limité. Or cette même notion en mathématiques n’est introduite, sauf erreur, que vers 10-12 ans, et n’est pas assimilée facilement par tous. Imaginez alors la pagaille dans les esprits si le prof de maths dit que « x=2*x-1 a pour solution x=1 » et l’heure d’après celui d’informatique dit que « x=x+1 incrémente la valeur de x » …
  • Il est très difficile de découpler l’enseignement de la programmation de celui des maths. En particulier pour la robotique ludique (réelle ou virtuelle) on a très rapidement besoin des vecteurs, de la trigonométrie, voire de notions d’intégration et dérivation pour passer des vitesses aux positions ou vice-versa.

Donc je ne crois pas à l’introduction de la programmation au primaire. Et sans programmation, pour quoi « faire de l’informatique » ? Et plus tard, au collège et au lycée, à quoi bon enseigner la programmation si on ne veut pas former des armées de programmeurs ?

La programmation, latin du futur ?

C’est un paragraphe de l’article qui a particulièrement retenu mon attention :

L’idée n’est donc pas de former de futurs programmeurs, mais d’initier les enfants à un langage programmatique simple pour les familiariser avec la logique informatique. Les adeptes de cet enseignement ne tarissent pas d’éloges sur ses vertus pédagogiques. La programmation apprend à penser un problème jusqu’au bout, à construire des processus qui marchent en apprenant de ses erreurs. (…)

Et encore: le langage informatique enseigne à penser logiquement et systématiquement. «Peu de disciplines nécessitent une telle rigueur mentale», observe Jürg Kohlas. Bien sûr, les langues programmatiques** sont multiples et mouvantes. Mais quand on en a appris une, il est facile de se familiariser avec les suivantes.

Ça ne vous rappelle rien? Ne croirait-on pas entendre parler du latin? «La programmation est bel et bien un langage avec un vocabulaire, une grammaire, une syntaxe, acquiesce Juraj Hromkovic. Mais il y a une grosse différence avec les langues naturelles: la plupart des gens ne savent même pas qu’ils ont affaire à un langage.»

Dans mon esprit de lycéen des années 1980, la programmation n’avait rien, mais alors RIEN à voir avec la langue morte infligée aux fils d’avocats par des curés nostalgiques. Mais avec le recul, je partage le point de vue gens qui connaissent le latin et la programmation comme Tyler Plack,

Ecrire en latin ou programmer un ordinateur requièrent tous deux une compréhension qui dépasse la pensée humaine complexe et la simplifie. De tels processus sont ce qui nous permet de penser clairement; ils font de nous qui nous sommes.

Donc oui, il faut enseigner la programmation aux lycéens, même si « ça ne sert à rien », comme le latin. Faut-il en faire une branche obligatoire du bac ? Certainement, au moins pour ceux qui ne font pas de latin.

Parce que combiner les deux peut donner des idées trop bizarres. Damian Conway par exemple en a été perturbé au point d’écrire un module perl définissant des alias latins pour tous les éléments du langage, ce qui permet de rendre ce code :

use Lingua::Romana::Perligata;

maximum inquementum tum biguttam egresso scribe.

meo maximo vestibulo perlegamentum da.

da duo tum maximum conscribementa meis listis.

dum listis decapitamentum damentum nexto

    fac sic

        nextum tum novumversum scribe egresso.

        lista sic hoc recidementum nextum cis vannementa da listis.

cis.

parfaitement valide et absolument équivalent à celui-ci:

 

print STDOUT ‘maximum:’;

my $maxim = ;

my (@list) = (2..$maxim);

while ($next = shift @list)

  {

    print STDOUT $next, « n »;

    @list = grep {$_ % $next} @list;

 

  }

Et si après Astérix,  la programmation permettait de moderniser l’enseignement du latin ?

Par Philippe Guglielmetti dit « Dr Goulu »
Blog Pourquoi Comment Combien

Découvrez la base documentaire : Langages de programmation

Reportage vidéo – Imagerie acoustique d’une fissure

C’est à l’oreille que les chercheurs Daniel Bonamy (CEA) et Davy Dalmas (CNRS) détectent le micro-endommagement d’un matériau en écoutant l’émission acoustique émise et en la modélisant. Leur objectif est d’essayer d’anticiper sa rupture finale, ce qui pourrait contribuer à l’amélioration des performances des matériaux (aéronautique, sismologie, BTP…). 

 

Vidéo réalisée par Universcience.tv

Réalisation : David Bento
Production : Universcience
 

Comment faire mousser sa bière au maximum ?

Les étudiants adorent trinquer en tapant sur le dessus de leur bouteille de bière. Une blague potache puisque s’ensuit inévitablement un débordement de mousse, suscitant l’hilarité générale. Pour réussir cet afflux brutal et massif de bulles, le blagueur s’appuie sur un phénomène scientifique récemment percé à jour. Des chercheurs français se sont associés à leurs homologues espagnols pour comprendre comment l’onde de choc imposée à la bière est source de mousse. 

Après une étude très attentive du phénomène, ces scientifiques assoiffés de savoir, ont découvert que le choc induit une onde qui rebondit sur les parois de la bouteille. Ceci crée des grosses bulles, appelées bulles-mères. En effet, ces bulles vont ensuite donner naissance à une multitude de minuscules bulles, des bulles-filles. Ces dernières sont capables de remonter à la surface à la vitesse de l’éclair, entraînant le débordement de mousse. L’étude ne précise pas s’il y a un angle optimal pour frapper le goulot et optimiser l’apparition de bulles.

La formation des bulles mères prends entre 0.1 et 1 milliseconde, les bulles filles sont générées en 1 à 10 ms, et l’expansion de ces petites bulles explose en 0.1 à 1 seconde. Un phénomène ultra-rapide que le coauteur de l’étude Dr Rodriguez assimile « aux champignons observés après de puissantes explosions ».

Voilà un des plus grands mystères de la science résolu !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

7 réponses aux défis scientifiques du 21ème siècle

La fin de l’année 2013 approche petit à petit avec son lot de bilans, de best of et autres bêtisiers…

Les éditions Techniques de l’Ingénieur sont elles-aussi en pleine rétrospective, puisque la rédaction de la Veille Actualités planche sur sa newsletter de décembre qui compilera les meilleurs articles de l’année en cours. Premier volet de cette rétrospective, le livre blanc « 7 réponses aux défis scientifiques du 21 siècle », une sélection qui regroupe des articles des bases documentaires et de la Veille Actualités sur le thème « Recherche et Innovation ».

Récupération de l’énergie des gouttes de pluie, robot-anguille, valorisation industrielle des micros-algues, nanotechnologies… La rédaction a choisi de vous présenter des innovations spectaculaires – ceux qui ont vu le robot-anguille en démonstration ne diront pas le contraire – qui répondent également aux grands défis scientifiques de ce siècle.

Et ils sont nombreux. L’énergie, d’abord et toujours. Tout le monde en convient, le futur de l’énergie réside dans une production infinie et neutre pour l’environnement. C’est possible mais complexe. La récupération de l’énergie des gouttes de pluie va dans ce sens. La pollution de la planète est égamlement un enjeu considérable de ce siècle, notamment au niveau marin.

La mise au point de robots capables de détecter toute pollution marine et de guider les bancs de poissons pour les protéger est une innovation incroyable qui montre aussi que la robotique offre des perspectives inouïes aux chercheurs.

Autres enjeux moins spectaculaires, mais tout aussi importants, l’identification et l’authentification : que ce soit pour découvrir les secrets des peintures des plus grands maîtres – le sumato de Léonard De Vinci n’aura plus de secrets pour vous – ou pour authentifier des bouteilles de vin, le contrôle non destructif ou la biométrie offrent des perspectives inimaginables il y a encore peu de temps.

Enfin, pour terminer en beauté, place aux nanotechnologies. S’il y a bien une révolution couronnée de succès ces dernières années, c’est bien celles liée aux propriétés extraordinaires – au sens propre – des nanomatériaux. Ces derniers trouvent des usages dans tous les secteurs de l’industrieet donc de la recherche et notamment, c’est ce qui nous intéresse ici, en médecine.

Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à découvrir ces innovations que nous en avons eu à compiler les articles qui composent ce livre blanc, et qui montrent que même en des temps incertains, la recherche et par-delà l’innovation n’ont pas d’autres limites que celles de notre imagination.

Par Pierre Thouverez

Une grande quantité d’eau se cache dans des réservoirs sous-marins naturels

Le sous-sol sous-marin abriterait 500 000 km3 d’eau très peu salée. Une quantité d’eau exploitable bien plus vaste qu’on ne le pensait. Publiée dans Nature, l’étude menée pour quantifier ces réserves a été menée par une équipe internationale de chercheurs australiens, néerlandais, américains et anglais. Tous ont épluché la littérature scientifique, plus particulièrement les données concernant les forages pétroliers. Leurs calculs révèlent la présence d’aquifères répartis sur la globalité de la surface terrestre.

Ces réservoirs sous-marins se présentent sous la forme de roches ou de sédiments suffisamment poreux pour capter et retenir des nappes d’eau. Plusieurs phénomènes contribuent à la formation de ces réserves d’eau sous-marines. Lors des périodes glaciaires, le niveau des mers s’est abaissé, dégageant des plateaux continentaux à  l’intérieur desquels l’eau de pluie a pu s’infiltrer. Deuxièmement, ces nappes d’eau s’écoulent les unes vers les autres. Les auteurs de l’étude précisent que ces décharges peuvent s’effectuer sur de longues distances, jusqu’à 100 kilomètres. Enfin, la fonte des glaces pourrait aussi contribuer à la présence d’eau douce.

Cette eau est salée, mais bien moins que l’eau de mer. Elle pourrait facilement alimenter des usines de dessalement avec un rendement plus grand qu’une usine traitant de l‘eau de mer. Les scientifiques prennent toutefois des précautions quand au chiffrage de la quantité d’eau potentiellement existante, précisant que leur évaluation souffre d’un manque de données et reste donc très incertaine.

La découverte de ces réserves suscite l’espoir de contrer les pénuries d’eau frappant certaines régions. Une réponse temporaire certes, mais une réponse quand même à une crise de l’eau qui ne fait que commencer.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Google va créer ses propres robots

Google serait-il devenu accro aux robots ? C’est ce qu’on pourrait croire avec cette huitième acquisition d’une société spécialisée dans la robotique. Dernière en date, Boston Dynamics travaille étroitement avec le gouvernement américain pour fabriquer des robots-animaux capables d’évoluer sur des terrains inaccessibles à l’homme. 

Fondée en 1992, Boston Dynamics finance ses recherches grâce à l’Agence gouvernementale américaine des programmes de recherche avancée de défense (DARPA). A son actif, la société compte le BigDog, un robot-chien capable de se déplacer sur un sol difficile pour des véhicules motorisés, d’embarquer une centaine de kilos de matériel et même de marcher sur la glace. Dans l’arche de Boston dynamics on découvre aussi un robot-guépard, le Sheetah, à la vitesse de pointe théorique de 46 km/h. Mais un des projets les plus ambitieux de Boston Dynamics concerne le robot humanoïde Atlas. Dans le futur, celui-ci pourrait se substituer aux soldats ou à des travailleurs censés intervenir dans des environnements toxiques, radioactifs… 

Pour l’instant, Google n’a pas officiellement révélé ses objectifs avec cette acquisition. Mais d’après le New York Times,  la rumeur court que le géant américain travaille au développement de robots manutentionnaires, capables de gérer toute la logistique de ses usines, livraisons comprises. Il est vrai que Google accumule les investissements dans ce sens. En à peine six mois, Google s’est offert Schaft, spécialiste des robots humanoïdes, Industrial Perception, société qui développe des bras de robots appliqués au chargement/déchargement de camions, Meka, fabricant de robots humanoïdes, Redwood Robotics qui développe des bras de robot, Bot & Dolly qui fabrique des caméras robotiques, Holomni spécialiste des roues high-tech. 

Mais comme l’a annoncé Andy Rubin, chargé de la robotique chez Google, il faudra attendre encore plusieurs années avant de découvrir les « robots Google ».

En attendant, découvrez ces robots-animaux en pleine action :

BigDog :

Sheetah : 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le débat sur les OGM redémarre à cause des pommes de terre

La Commission européenne n’a pas suivi les règles de l’UE sur l’autorisation de la mise sur le marché de la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora, juge le tribunal de l’UE.

Amflora n’est plus cultivé en Europe, car BASF a retiré le produit en 2012 en raison d’oppositions provoquées par le tubercule génétiquement modifié. Le jugement soulève toutefois à nouveau des inquiétudes quant au système d’autorisation de mise sur le marché, jugé complexe et très critiqué, pour les cultures OGM.

« La Commission ayant violé, d’une manière substantielle, ses obligations procédurales, le Tribunal annule les décisions contestées », indique la cour située à Luxembourg dans un communiqué.

La Commission et BASF n’étaient pas disposées à fournir des commentaires pour l’instant.

Système d’autorisation contesté

L’autorisation surprise de la mise sur marché d’Amflora constituait l’une des premières décisions prises par John Dalli, le commissaire européen à la Santé de l’époque. Le commissaire maltais, entré en fonction en février 2010, a été contraint de démissionner à la suite d’un scandale de corruption avec l’industrie du tabac. C’était la deuxième fois qu’une plante OGM pouvait être cultivée en Europe. Cette décision a suscité la colère des défenseurs de l’environnement et des groupes de consommateurs.

La Hongrie a également introduit un recours en annulation à l’encontre des décisions d’autorisation de la Commission. L’Autriche, la France, le Luxembourg et la Pologne ont soutenu l’initiative. La Commission avait d’abord proposé la culture et la vente d’Amflora en 2007, à la suite d’une évaluation scientifique positive de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Les ministres européens et les représentants de l’UE ne sont pas parvenus à trancher la question. La Commission a autorisé unilatéralement la mise sur le marché du produit en 2010. D’après le tribunal de l’UE, la Commission aurait dû soumettre de nouvelles propositions de décisions d’autorisation aux États membres à la suite de l’avis consolidé de l’EFSA en 2009. L’exécutif avait tout simplement statué sur la version de 2007.

« La Commission a violé les règles procédurales des régimes d’autorisation des OGM dans l’Union », conclut le tribunal. Seul un produit OGM est actuellement cultivé à des fins commerciales en Europe : un maïs résistant aux insectes mis au point par Mosanto. Ce produit est disséminé sur environ 100 000 hectares de terres arables, principalement en Espagne.

La quantité cultivée dans l’UE est une goutte d’eau par rapport à la culture mondiale d’OGM (170 millions d’hectares). Les continents américain et asiatique sont très actifs dans le domaine.

Alors que plusieurs avis scientifiques de l’EFSA ont conclu que les cultures OGM sont aussi sûres pour les humains et l’environnement que les produits similaires conventionnels, la population européenne continue de s’opposer à cette technologie.

Le débat reste vif au sein de la communauté scientifique, qui conteste les études démontrant les risques des OGM.

Source : Euractiv

Et aussi dans les
ressources documentaires :

L’Upsalite, de la magnésie de synthèse ultra-absorbante

Comme cela arrive parfois en sciences, cette découverte est due au hasard. Des chercheurs suédois un peu têtes en l’air n’ont pas rangé leur matériel expérimental avant de partir en week-end.

Quelle ne fut pas leur surprise le lundi matin de retrouver dans la chambre à réaction en lieu et place de résidus un gel rigide inconnu. Ils décident alors de le laisser sécher. En y regardant de plus près, les scientifiques de l’université d’Uppsala ont découvert qu’il s’agissait de carbonate de magnésium MgCO3. Une première surprise puisqu’à ce jour, le carbonate de magnésium n’avait jamais été synthétisé sans eau et à température ambiante.

Mais cette première fabrication de magnésie anhydre s’accompagne d’une autre découverte : cette forme est bien plus absorbante que toute autre forme naturelle. La raison de cette très importante capacité d’absorption est due à l’existence de mesopores, qui procurent à l’Upsalite une très importante surface de 800m²/g.

La synthèse de l’Upsalite est très simple et peu coûteuse : de l’oxyde de magnésium et du dioxyde de carbone dissous dans du méthanol. Une recette facile qui devrait contribuer à l’essor de ce tout nouveau matériau de synthèse, l’Upsalite, baptisé en référence à l’université suédoise hébergeant l’équipe à l’origine de la découverte. 

Un tel pouvoir absorbant pourrait faire la joie de l’industrie électronique ou pharmaceutique, en perpétuelles recherche d’un meilleur contrôle de l’humidité. Cette poudre ultra-absorbante pourrait aussi servir à capturer des toxines ou d’autres produits toxiques. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
 

Découvrez le pack « Matériaux fonctionnels »


Portrait d’expert : Jean Frêne

Jean Frêne est expert en lubrifications et tribologie. Professeur émérite au laboratoire de mécanique des solides de l’université de Poitiers, membre de l’Académie des Technologies, de l’American Society of Mechanical Engineers, Fellow of the Society of Tribologists and Lubrication Engineers, prix Edmond Brun de l’Académie des Sciences en 2006, Jean Frêne est chercheur en systèmes lubrifiés et tribologie depuis 1966.

Au cours de ses recherches, il a notamment collaboré avec les secteurs des centrales électriques, du nucléaire, du spatial, de l’automobile ou encore des énergies fossiles, sur des problématiques liées aux machines tournantes, mêlant de fait recherche et conseil. Il a ainsi été directeur scientifique du groupement de recherche créé par le CNRS, le CNES et la SEP (actuelle SNECMA) sur les roulements des turbopompes de la fusée Ariane 4.

Il anime également chez Techniques de l’Ingénieur la formation Systèmes lubrifiés : fonctionnement et solutions techniques.

Aujourd’hui grâce à Techniques de l’Ingénieur, l’expertise internationalement reconnue de Jean Frêne est à votre disposition pour vous accompagner dans la plupart de vos problématiques de tribologie.

REACH : les news du mois de décembre 1/2

Produits chimiques : bientôt une nouvelle directive

Le Comité des représentants permanents (Coreper), chargé de préparer les travaux du Conseil de l’Union européenne, a approuvé le 4 décembre une nouvelle directive sur les produits chimiques.Ce texte vise à protéger la santé et la sécurité des travailleurs contre les risques dus à l’exposition aux produits chimiques sur le lieu de travail. Il prévoit de modifier cinq directives afin de les mettre en conformité avec le règlement CLP.

La nouvelle directive devra être transposée par les Etats membres avant le 1er juin 2015, en cohérence avec le règlement CLP qui prévoit que, à cette échéance, tous les mélanges devront être classés, étiquetés et emballés conformément à ses dispositions.

Modification du règlement CLP

Un rectificatif au règlement n 487/2013 de la Commission du 8mai 2013 modifie, aux fins de son adaptation au progrès technique et scientifique, le règlement (CE) n 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges.

Le texte est paru le 06/12/2013 au Journal Officiel. Seule l’annexe 1 est modifiée.

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:326:0053:0053:FR:PDF

Mise à jour du guide pour les utilisateurs en aval et du guide pour l’élaboration des fiches de données de sécurité

05/12/2013

Le Guide pour les utilisateurs en aval a été mis à jour pour prendre en compte et mettre en œuvre l’expérience et les meilleures pratiques développées et mises en place depuis la version initiale rédigée en 2008.

Le Guide sur l’élaboration des fiches de données de sécurité (FDS) a été modifié. Cette mise à jour améliore la clarté et la cohérence des documents d’orientation de l’ECHA. 

Consultation publique pour des classifications et étiquetages harmonisés

05/12/2013

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé du acetochlor (ISO) (2-chloro-N-(ethoxymethyl)-N-(2-ethyl-6-methylphenyl)acetamide) et du methyl iodide (iodomethane). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 20 janvier 2014.

Newsletter de décembre

Elle est disponible sur le site de l’ECHA : http://newsletter.echa.europa.eu/

Le RAC conclut sur 9 avis pour les classification et étiquetage harmonisés

10/12/2013

Lors de sa dernière réunion du 2 au 5 décembre 2013, le comité d’évaluation des risques a adopté les avis concernant les substances suivantes : Sulfoxaflor ; Phenol, dodecyl-, branched (TPP) ; Lead (metallic) ; Tributyltin compounds ; Trisulfuron methyl ; Bifenazate ; Fenpyroximate ; Lenacil.

La boite à outils QASR – nouvelle version

12/12/2013

La version 3.2 de la boite à outils QASR est disponible sur le site de l’ECHA : 

http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/qsar-toolbox-version-3_2-now-available

Le RAC et le SEAC d’accord sur des restrictions et des autorisations

13/12/2013

Le Comité d’évaluation des risques (RAC) et le SEAC ont adopté les observations sur proposition de restriction du plomb dans les articles de consommation présenté par la Suède. Des observations concernant trois autres substances ont également été adoptés.

Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/rac-and-seac-agree-on-restrictions-and-authorisations

Consultation publique pour des classifications et étiquetages harmonisés

13/12/2013

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé du N,N-dimethylacetamide, du perfluorononan-1-oic acid and its salts et de la réaction du bis(2,2,6,6-tetramethyl-1-octyloxypiperidin-4-yl)-1,10-decanedioate et du 1,8-bis[(2,2,6,6-tetramethyl-4-((2,2,6,6-tetramethyl-1-octyloxypiperidin-4-yl)-decan-1,10-dioyl)piperidin-1-yl)oxy]octane. Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 20 janvier 2014.

Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/harmonised-classification-and-labelling-consultation

 

Israël redoute une pollution liée à la destruction des armes chimiques syriennes

800 tonnes… C’est la quantité d’armes chimiques qui doit être détruite par les américains en pleine mer Méditerranée. Le régime de Bachar El Assad ayant enfin  reconnu officiellement détenir des armes chimiques, l’ONU a réussi à convenir d’un accord visant à détruire ce stock. Si cette décision était attendue avec impatience par une grande partie du monde occidental, reste à savoir comment procéder. En effet, la destruction des armes chimiques n’est pas sans risque.

Une première étape a déjà été franchie avec le désarmement dit fonctionnel, c’est-à-dire la destruction de l’ensemble des équipements de production, assemblage ou encore remplissage. Ce sont pas moins de 21 sites syriens de production et de stockage qui sont passés sous contrôle de l’ONU.  Ce coup d’arrêt au développement des armes chimiques en Syrie a été réalisé en un temps record, moins d’un mois.

Maintenant qu’aucune arme chimique ne peut plus être produite, reste à faire disparaitre celles qui l’ont déjà été. Une deuxième étape bien plus délicate au vu des réticences de nombreux états à intervenir directement sur le sol syrien à cause des risques liés aux affrontements. Car si la médiatisation du conflit s’est réduite, le pays reste en proie à la guerre civile. Ce sont donc les Etats-Unis qui vont prendre en charge cette étape. 

Les armes chimiques seront transportées à bord du Cape Ray, un navire de 198m de long capable d’en contenir 91 tonnes. Ce cargo naviguera donc en Méditerranée et pratiquera la destruction de son chargement à bord. L’équipage, formé à cette pratique, aura en charge de rendre inoffensives 800 tonnes d’armes chimiques, sur les 2100 recensées en Syrie. Pour réussir, des réacteurs en titane sont associés à un mélange d’eau à haute température et contenant des composants chimiques.

Un protocole qui n’a encore jamais été testé dans le réel, d’où les vives inquiétudes exprimées par l’état d’Israël. Ce dernier souligne la dangerosité des armes chimiques, notamment celles à base de gaz sarin. Leur décomposition génèrera de l’acide phosphorique dont le rejet en Méditerranée pourrait affecter la faune et contaminer les côtés Israéliennes.

La destruction du stock d’armes chimiques syrienne commence fin 2013, la phase de destruction des résidus chimiques est programmée pour février 2014.

Par Audrey Loubens

L’exposition aux PCB réduit les capacités intellectuelles

On savait les polychlorobiphényles (PCB) persistants, c’est-à-dire qu’ils restent présent dans la nature de nombreuses années. Des chercheurs canadiens viennent de prouver que notre exposition pendant plusieurs années à ces polluants induit un effet cognitif négatif. D’après cette étude parue dans la revue Environmental Health Perspective, les PCB s’accumulent et stagnent dans notre corps. Malgré des taux jugés faibles, leur présence permanente finit par retentir sur les facultés intellectuelles.

Pour mesurer cet effet à long terme, les scientifiques de l’Université de Montréal se sont intéressés à 708 séniors américains. Agés de 60 à 84 ans, les volontaires ont été soumis à des tests de façon à évaluer leurs capacités cognitives. Ces résultats ont été corrélés avec la valeur de concentration sérique en PCB présente dans leur organisme. Il ressort clairement un lien entre le taux de PCB et le score obtenu. Plus précisément, alors que la concentration sérique est de 271ng/g, une augmentation de 100ng/g implique une baisse de 2.7 points chez les sujets les plus âgés. Cette baisse est encore plus significative pour les femmes qui perdent 8 points sur leur score cognitif, l’équivalent de neuf années !

Ces polluants cumulent les toxicités. Ecotoxiques et reprotoxiques, leur influence nocive est connue depuis longtemps, la contamination se faisant principalement par l’alimentation.  Monsanto est même soupçonné d’avoir eu connaissance de cette toxicité dès les années 30, sans pour autant avoir stoppé leur utilisation. Classés au mieux comme cancérigènes probables mais surtout estampillés cancérigènes certains par le Centre International de recherche sur le cancer, les PCB n’ont été interdits sur le sol français qu’en 1987. 

Cette étude souligne un peu plus la nécessité d’être vigilants face aux PCB puisque même à faible dose, une exposition de 40 ans réduit les capacités intellectuelles.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les phtalates favoriseraient les naissances prématurées

Les futures mamans vont être contentes. Un nouveau produit vient s’ajouter à la longue liste de ce qui leur est interdit. Il ne s’agit pas d’alcool, tabac, ou de lait pas frais, il s’agit des phtalates. Ceux-ci pourraient induire des risques d’accouchement prématuré. C’est en tout cas la conclusion d’une nouvelle étude parue au Journal of the american medical association. Des chercheurs américains y témoignent de leurs observations suite à leur étude menée sur 482 femmes. Leurs mesures révèlent l’existence d’un lien entre l’exposition des futures mamans aux phtalates et les naissances prématurées.

Des échantillons d’urine ont permis de déterminer le taux d’exposition aux phtalates des femmes. Celles ayant connu un accouchement prématuré présentent des niveaux de phtalates plus élevés que les autres. Les scientifiques émettent l’hypothèse que les phtalates modifient le système immunitaire de la mère, la rendant moins tolérante à la grossesse et favorisant les accouchement avant 37 semaines d’aménorrhée.

Une conclusion alarmante car les phtalates sont très présents dans l’environnement et le quotidien des femmes. Cette substance est utilisée dans les plastiques, les emballages de cosmétiques, les jouets ou encore les chaussures. La contamination se fait par contact, les phtalates migrant vers la surface de la matrice. Ils peuvent alors contaminer les aliments recouverts de films plastiques qui sont ensuite ingérés, migrer dans les cosmétiques appliqués directement sur la peau… Une omniprésence toxique, particulièrement pour cette population fragile que sont les femmes enceintes.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du web #53 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web : 

  • Les tuiles constituant la protection thermique de la navette spatiale Atlantis, une prouesse technique ; 
  • Piloter un modèle réduit d’Airbus A380 télécommandé : un véritable jeu d’enfant !
  • Atlas, le Pierre Richard de la Boston Dynamics ; 
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Girlfriend coat », ou comment vaincre la solitude au Japon ; 
  • Enfin en bonus : Dan Clark, véritable virtuose du « heli-logging ».

Les tuiles constituant la protection thermique de la navette spatiale Atlantis, une prouesse technique 

Plus de deux ans déjà que le rideau est tombé sur la flotte de navettes spatiales américaines, avec pour baroud d’honneur le dernier vol d’Atlantis, effectué le 21 juillet 2011. Pour débuter notre cinquante-troisième Revue du Web, jetons un œil curieux sur les tuiles de protection thermique de la navette spatiale américaine, dont l’efficacité ne vous laissera pas indifférents.

Lors de la rentrée atmosphérique, les parties extérieures de la navette peuvent être soumises à des températures avoisinant les 1700 degrés, notamment la pointe avant et les bords d’attaque des ailes. Or, la carcasse de la navette doit impérativement être maintenue en dessous des 180 degrés, sans quoi la structure en aluminium se verrait sérieusement endommagée – ce qui est à l’origine de la destruction de Columbia durant la phase de rentrée atmosphérique, le 1er février 2003. La navette dispose donc d’un bouclier thermique, harnachement de tuiles en céramique recouvrant la structure, mises au point par le constructeur américain Lockheed dans les années 1960, dont le but est de minimiser la conductivité thermique tout en offrant une résistance maximale aux chocs thermiques. Ces tuiles sont constituées de verre de quartz pour près de 99,9%, avec une densité de 144,2kg/m3, et peuvent résister à une température allant jusqu’à 1200 degrés Celsius puis être immédiatement plongées dans de l’eau froide sans subir le moindre dommage.

Les tuiles conduisent tellement peu la chaleur qu’il est possible de les prendre (par les coins) presque instantanément après avoir été sorties d’un four les ayant portées à 1200 degrés.

Piloter un modèle réduit d’Airbus A380 télécommandé : un jeu d’enfant !

Il existe des modèles réduits d’avion à la pelle, mais rarement de la taille ni avec le souci du détail qui caractérise le petit avion de ligne civil très gros porteur présenté dans la vidéo qui suit… Réalisé à l’échelle 1/15eme, le petit A380 quadriréacteur du constructeur aéronautique européen Airbus, siglé d’un grand Singapore Airlines, a tout pour impressionner. D’une longueur de près de 4 mètres 50 pour une envergure de plus de 5,2 mètres, ce superbe avion modèle réduit décolle et atterrit sans encombre, sous les acclamations de quelques spectateurs.

Atlas, le Pierre Richard de la Boston Dynamics 

La Boston Dynamics ne chôme pas, c’est certain. Habituée de la Revue du Web, elle aligne les performances avec chacun de ses nombreux poulains, avec force assurance – et on aurait tort de s’en priver. Pourtant, l’un des derniers nés de la prolifique jeune société semble donner du fil à retordre à ses concepteurs. Atlas, robot humanoïde bipède anthropomorphe conçu pour se déplacer en extérieur en terrain difficile, à l’instar de la mule robot Big Dog, avait déjà vu sa première présentation au public tourner au fiasco, en finissant par se « casser » la cheville droite. Dans la vidéo qui suit, on peut le voir essayer de se dépatouiller fébrilement d’un terrain parsemé d’embûches, sans réellement convaincre, il faut l’avouer. Néanmoins, Atlas est en phase d’apprentissage, et il se pourrait bien qu’il gagne petit à petit en assurance.

Pour rappel, Atlas marche comme un être humain, en déroulant son pied à partir du talon, laissant ses membres supérieurs libres pour manipuler son environnement. En terrain particulièrement hostile, le robot humanoïde – du haut de son mètre 87 pour 130 kilos – s’adapte et fait preuve d’une grande coordination, allant jusqu’à s’aider de ses mains pour se frayer un passage à travers les obstacles. Articulées, les mains du robot Atlas ont été développées pour pouvoir utiliser des outils initialement conçus pour l’usage des humains. Articulée elle aussi, la tête d’Atlas embarque de nombreuses caméras et un télémètre laser lui permettant de mesurer les distances (avec un mode de fonctionnement proche du sonar avec les ondes acoustiques).

Atlas – encore au stade du prototype – est développé par la Boston Dynamics en collaboration avec le fabricant de robots à usage militaire Foster-Miller, le Jet Propulsion Laboratory (coanimé par la NASA), Trelleborg Sealing Solutions (qui fournit les joints compacts haute performance, la Harvard University Concord Field Station et financé par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires. 

Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Girlfriend coat », ou comment vaincre la solitude au Japon

Les étudiants japonais de l’université de Tsukuba ont décidé d’unir leurs forces afin de lutter contre l’un des plus grands fléaux des temps modernes, la solitude et le manque de chaleur humaine… féminine. Mais comment transformer une vie extra-scolaire aussi pleine qu’un frigo de célibataire en quelque chose d’un tantinet plus excitant ? En prenant son courage à deux mains pour aller à la rencontre d’individus du sexe opposé ? Pas trop vite ! Non, grâce au « Girlfriend coat », le gadget (inutile?) de la semaine.

Le « Girlfriend coat » se présente sous la forme d’un manteau classique, mais est muni d’une ceinture spéciale censée recréer la douce sensation réconfortante produite par les bras d’une fille aimante autour de votre taille. Mais ce n’est pas tout… un jeu d’écouteurs permet de compléter l’expérience, laissant filtrer la voix criarde d’une fille s’excusant pour un hypothétique retard. Il n’en faut pas plus pour donner à la fois le sourire et du baume au cœur à notre jeune équipe d’étudiants, car à voir les mines réjouies de ce derniers – que l’on imagine tout de même volontiers potaches – nul doute que ce manteau soit un franc succès.

Bonus : Dan Clark, véritable virtuose du « heli-logging »

Avec la fin d’année et la période des fêtes qui se rapprochent à vitesse grand V, intéressons-nous pour clore cette cinquante-troisième Revue du Web à un pilote d’hélicoptère qui non seulement semble être un casse-cou, mais est également un as de la voltige. Son nom, comme celui de bon nombre d’inconnus bourrés de talent, ne vous dira absolument rien. : Dan Clark est un pilote d’hélicoptère américain officiant dans une sapinière du nord-ouest des États-Unis, la « Noble Mountain Tree Farm » à Salem, dans l’Oregon. Non content d’être un excellent pilote, Dan Clark est devenu avec le temps un véritable virtuose du « heli-logging », une technique somme toute assez commune permettant d’acheminer des arbres du lieu de coupe directement jusqu’à l’arrière d’un camion, à l’aide dudit hélicoptère.

On ne rigole pas avec les arbres de Noël dans l’Oregon : l’État est le plus gros producteur et exportateur du pays, représentant la coquette somme de 101 millions de dollars (près de 73 millions d’euros) pour 7,3 millions d’unités vendues chaque année.

Par Moonzur Rahman

La prévention des risques professionnels serait inefficace

2400 médecins du travail et de prévention  ont participé à une grande enquête baptisée Sumer. Pendant plus d’un an, ils se sont transformés en enquêteurs pour dresser un état des lieux de la prévention des risques en France. Et le bilan n’est pas très glorieux.

Tout d’abord, à peine la moitié des salariés seraient concernés par un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Pire, dans les établissements de plus de 50 salariés pour lesquels un CHSCT est pourtant obligatoire, 15% n’en disposeraient pas. L’enquête prouve que l’existence d’un CHSCT est souvent liée à une forte implication syndicale. En effet, 87% des salariés des établissements comptant un délégué syndical bénéficient d’un tel dispositif. Un chiffre qui chute à 3% pour les salariés non représentés !

Autre lacune. Un document unique d’évaluation des risques professionnels doit être rédigé et mis à jour chaque année dans toutes les entreprises. Or, d’après les médecins du travail, seuls 51% des entreprises s’y tiennent. Une donnée à modérer puisqu’ils sont 29% à déclarer ne pas savoir si ce document existe ou s’il a été mis à jour. Or, le médecin du travail est censé être une référence dans l’entreprise à ce sujet. Si lui-même ne sait pas, comment les salariés peuvent être informés ? 

Sumer a permis de dresser une carte des CHSCT. Il ressort clairement que plus l’établissement est important, plus l’existence d’un CHSCT est certaine. Seulement 16% des salariés d’une entreprise de moins de 10 salariés sont couverts contre 95% pour les établissements de plus de 500 salariés. Ce n’est pas la seule inégalité à laquelle doivent faire face les salariés puisque les fonctionnaires sont mieux couverts. Le secteur d’activité joue lui aussi un rôle important dans la mise en place ou non d’un CHSCT. Ainsi, la construction et l’industrie manufacturière ont plus fréquemment créées un CHSCT.

Plus logiquement, c’est dans les entreprises présentant des risques identifiés ou des conditions de travail reconnues pénibles que l’on retrouve une bonne couverture des salariés. Ainsi, lorsque les salariés sont postés, soumis à un bruit intense, à des radiations, exposés à des risques chimiques ou biologiques, alors les CHSCT sont plus présents.

Les oubliés de ces dispositifs de préventions sont les salariés au travail pénible sur un plan physique, les risques liés aux TMS restent sous-estimés. De même, les employés qui  travaillent plus souvent à l’extérieur qu’ au bureau, soit parce qu’ils sont en télétravail soit de part leurs déplacements chez le client, sont moins bien protégés.

Finalement, l’enquête Sumer met à jour de nombreuses inégalités suivant les salariés selon qu’ils appartiennent au privé ou au public, à de grosses ou petites structures. Mais cela impacte-t-il leur condition de travail ? Sur un plan organisationnel, il semble que non ! CHSCT ou pas, le médecin du travail exprime un jugement tout aussi positif avec 78% des salariés non couverts avec un poste de travail de bonne ou très  bonne qualité au regard des risques organisationnels contre 80% de salariés bénéficiant d’un CHST.

 En revanche, pour les risques physiques, chimiques et biologiques, le CHSCT joue bien son rôle protecteur. A titre d’exemple, d’après ce rapport, 51% des salariés exposés aux risques chimiques et couverts par un CHSCT profitent d’une protection collective de type ventilation générale, aspiration à la source. Des mesures de précautions qui ne concernent que 38% des salariés ne bénéficiant pas de CHSCT.

Toutefois, alors que l’objectif du CHSCT est de protéger le salarié, son existence peut être source de stress pour  ce dernier qui prend ainsi conscience que son travail est à risque : « […] le rapport de chances que le salarié juge son travail mauvais pour sa santé plutôt que le contraire est accru de 10% en présence d’un CHSCT. »

En cartographiant l’exposition des salariés aux principaux risques professionnels en France, la direction générale du travail (DGT) et la direction de l’animation de la recherche, études et des statistiques (DARES) souhaitent désormais définir des actions de prévention prioritaires.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Produire de l’hydrogène solaire à partir de la rouille

Dans la course à la recherche d’énergies propres, l’hydrogène est sans doute l’une des sources les plus prisées à ce jour, et l’apparition de véhicules fonctionnant avec ce gaz se fait de plus en plus visible. Récemment, la ville de Tel-Aviv s’est équipée d’un bus fonctionnant seulement à l’hydrogène, ce qui est une avancée par rapport aux moteurs hybrides déjà existants sur le marché.

Sa synthèse n’est néanmoins pas encore maitrisée et plusieurs chercheurs se penchent sur la question, privilégiant la voie dite « de séparation », qui consiste à séparer électrochimiquement les molécules d’eau en molécules d’oxygène et d’hydrogène. Les cellules photo-électrochimiques (PEC) sont utilisées pour effectuer cette séparation grâce à l’énergie solaire.

Des chercheurs israéliens et suisses du Technion et de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, ont découvert la structure moléculaire qui procurerait au PEC le meilleur rendement et la synthèse la moins coûteuse, et ce, en utilisant un matériau très abondant, stable et peu onéreux : la rouille. En observant à l’aide d’un microscope à transmission électrique le chemin parcouru par les électrons sur la structure d’oxyde de fer, les chercheurs ont pu comprendre en profondeur le processus de séparation qui constitue la synthèse d’hydrogène et ainsi créer la meilleure structure moléculaire possible. Si la synthèse de cellules photovoltaïques actuelles pour produire de l’hydrogène coûte environ 15 euros le kilo, la nouvelle structure moléculaire dont la découverte vient d’être publiée dans la prestigieuse revue Nature coûte moins de 5 euros le kilo produit.

Cette découverte constitue une avancée fondamentale dans la recherche sur les énergies du futur.

Source : Bulletins électroniques

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Le premier microscope de photoionisation a été réalisé par des chercheurs lyonnais

Ces microscopes un peu particuliers ont pour objectif d’étudier la distribution spatiale d’électrons éjectés d’un atome dans le cas où la longueur de De Broglie est suffisamment grande pour être observable.

Plus précisément, il est possible d’observer le module carré de la fonction d’onde d’un électron éjecté sous l’influence d’un champ électrique. Sous certaines conditions, cette fonction d’onde est une projection directe à une échelle macroscopique de la fonction d’onde confinée autour de l’atome.

Ce sont des physiciens de l’Institut lumière matière – ILM (CNRS / Univ. Lyon 1), en collaboration avec des collègues de l’Université d’Ioannina (Grèce), de l’Université d’Auburn (USA) et de l’Institut Max Born de Berlin, qui viennent pour la première fois de mettre en œuvre ce concept de microscope et d’observer la fonction d’onde d’un électron dans le cas d’un atome de lithium. Publié dans Physical Review Letters, ce travail a consisté à placer des atomes de lithium dans un champ électrique statique d’amplitude supérieure à celle du champ généré par le noyau atomique à proximité de l’orbitale atomique excitée à laquelle ils se sont intéressés.

L’électron externe de l’atome de lithium est excité à l’aide d’une impulsion laser. L’onde électrique, libérée du champ électrique du noyau, se propage alors vers un détecteur de particules. Le système d’imagerie mis au point permet d’agrandir cette onde tout en maintenant sa forme. Les modifications de l’image liées à la présence des électrons non excités ont alors pu être mesurées.

Un premier succès de visualisation directe d’une fonction d’onde qui propose un nouvel outil d’observation.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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