L’accord transatlantique risque de remettre en cause REACH

A l’occasion de la réunion d’une commission parlementaire, Karel de Gucht, le commissaire au commerce, aurait promis de vérifier si les procédures de règlement des différends entre investisseurs et États pouvaient donner lieu à des poursuites juridiques. Il ‘agissait de la privatisation du secteur de la santé ; mais l’hypothèse pourrait s’appliquer à n’importe quel autre domaine, et surtout celui de l’environnement.Depuis le mois de mai, l’inclusion de la clause « traitement juste et équitable » dans le projet d’accord commercial entre le Canada et l’UE (AECG) inquiète d’ailleurs les défenseurs de l’environnement. Cette nouvelle disposition interdit toute « violation des attentes légitimes des investisseurs ».

Le Canada et l’UE ont depuis lors signé cet accord, même si le document n’a toujours pas été publié dans ses détails et les responsables présents lors de l’annonce de cet accord ont refusé de répondre aux questions portant sur les sujets sensibles.  Mais il y a de forte chances pour que les modalités de cet accord fassent jurisprudence, ce qui explique l’angoisse des ONG.

Le règlement REACH

Pia Eberhardt, porte-parole de l’Observatoire de l’Europe industrielle (CEO), explique à EurActiv ses craintes relatives à la formule « traitement juste et équitable », qui est un terme ouvert à toutes les interprétations, et ajoute que la définition, qui a fuité, de l’AECG était particulièrement vague.

« Elle protège même les investisseurs « de changement politique imprévisible », qu’ils considèrent comme des attentes « légitimes » », selon la représentante de l’organisation qui milite pour la transparence.

« L’interdiction d’un produit chimique, qui s’avère nuisible à la santé publique, pourrait donc être considérée comme une violation de cette disposition. »

« Les investisseurs seront également en mesure de mettre en question des justifications scientifiques d’une politique et des relations « arbitraires » ou « déraisonnables » entre une politique et son objectif », ajoute-t-elle.

REACH est le règlement le plus complet au monde en matière d’environnement et de santé. Il est déjà dans la ligne de mire de l’industrie américaine. 

Ainsi la semaine dernière, la Société américaine des fabricants et des industries chimiques (SOCMA) a attesté devant la commission du commerce international de « l’impact disproportionné que les barrières commerciales ont sur les petites et moyennes entreprises (PME) américaines qui exportent vers l’Union européenne », selon un journal américain.

Toute tentative de contester ces règlements dépendra de la nature de la clause relative à tout traitement juste et équitable dans le texte définitif du partenariat transatlantique.

Procès réglementaires

Aux États-Unis, l’utilisation de ces clauses dans l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) a donné lieu à une série de procès relatifs à la réglementation. Les exemples donnent froid dans le dos.

Par exemple, une compagnie américaine, Lone Pine Ressources, a réclamé au Québec un dédommagement de 191 millions d’euros, car le pays avait instauré un moratoire sur l’exploration du gaz de schiste.

L’affaire qui opposait l’entreprise de gestion des déchets Tecmed et le Mexique est un autre exemple. Un tribunal a jugé que le Mexique n’avait pas « agi sans ambiguïté et en totale transparence » quand l’administration locale avait décidé de ne pas octroyer de nouveau un permis pour la construction d’une usine de traitement des déchets en raison de préoccupations environnementales.

Selon des défenseurs de l’environnement, les investisseurs américains ont obtenu gain de cause dans 74 % des procès contre l’État.

Lors de ces procès, les tribunaux ont révélé une violation du « traitement juste et équitable ». Les militants craignent également que des passages similaires non dévoilés dans le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) viennent littéralement estropier les règles européennes en matière d’environnement.

John Clancy, porte-parole du commissaire européen au commerce a minimisé l’importance de la confidentialité des négociations et la stratégie de diversion pour apaiser les craintes.

Il a expliqué au journal eurosceptique danois Notat que la Commission veut « un haut niveau de transparence, mais la confidentialité est de rigueur comme dans toute négociation. […] Il en a toujours été ainsi, » a-t-il ajouté.

Croissance et emploi

Selon un rapport de la direction générale de John Clancy, le PIB de l’Europe augmentera de 68 à 119 milliards d’euros si l’accord global sur la levée des barrières douanières est ratifié, et environ 23 milliards d’euros en cas d’accord de libéralisation tarifaire.

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, avait évoqué le montant de 119 milliards d’euros lors de plusieurs discours prononcés cette année. Cet optimisme attise les craintes selon lesquelles l’UE serait disposée à négocier ses règles relatives à l’environnement, à la santé et aux protections sociales.

Le président de la Commission n’a d’ailleurs pas rejeté cette notion lors d’un discours tenu à la chambre de commerce américano-européenne en avril dernier, à New York, intitulé « Une nouvelle ère de bons sentiments ».

Lors de ce discours, il s’était plaint du coût des mesures non tarifaires, ainsi que des questions réglementaires posées aux entreprises et aux consommateurs.   

Les entreprises ont souvent dû se conformer à deux séries de règles quand elles exportent des produits vers l’Europe.

Le président de la Commission a par exemple cité « la hausse des normes de sécurité, la limitation des dégâts sur l’environnement provoqués par des voitures ou la hausse des normes en matière de santé et d’hygiène dans l’alimentation ». 

« Nous souhaitons réduire les coûts inutiles et diminuer les retards pour les entreprises », a-t-il expliqué.

Selon lui, ni l’Europe ni les États-Unis ne mettraient en danger leurs normes strictes en matière d’environnement, de questions sociales ou de santé et de sécurité.

PROCHAINES ÉTAPES :

  • Déc. 2013 : troisième cycle des négociations sur le PTCI
  • Janv. 2014 : exercice d’inventaire avec le commissaire européen, Karel de Gucht, et le représentant américain au commerce, Michael B. Froman

Par Arthur Neslen – traduit de l’anglais par Aubry Touriel

Source : Euractiv

Portrait d’expert : Daniel Hubert, spécialiste en physique et métrologie

admin-ajax.phpDiplômé du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) en 1979, spécialisé en physique et métrologie, Daniel Hubert a effectué l’ensemble de sa carrière en recherche et développement, dans des domaines d’activités variés : des chaines de mesure embarquées en aéronautique au contrôle automatique des fluides, en passant par les textiles et l’ouate de cellulose.

Depuis 2013, il travaille comme expert indépendant en formation et conseil. Il anime ainsi chez Techniques de l’Ingénieur les formations Sécurité Machines, mais aussi Sécurité des procédés : prévenir et réduire les risques, et enfin Transmission de puissance et automatisme pneumatique : les composants.

La collaboration entre Daniel Hubert et Techniques de l’Ingénieur est toutefois plus ancienne, puisqu’il est l’auteur de la partie Transmission de puissance pneumatique de la base documentaireTransmission de puissance hydraulique et pneumatique, et ce depuis 2007.

Aujourd’hui grâce à Techniques de l’Ingénieur, l’expertise de Daniel Hubert est donc à votre disposition.

Phonebloks et Projet Ara : l’avènement du téléphone modulable ?

Motorola, nouveau porte-étendard de la lutte contre l’obsolescence programmée ? Rien n’est moins sûr, mais c’est pourtant un pas dans cette direction qu’effectue le géant américain – partie intégrante de la nébuleuse Google depuis août 2011 – en annonçant un partenariat avec 3D Systems, le spécialiste américain de l’impression 3D. C’est donc main dans la main que les deux groupes vont se lancer dans l’aventure du « Projet Ara », une ligne de smartphones modulables qui laisserait presque toute latitude à son heureux propriétaire afin de personnaliser le hardware de son smartphone, d’en choisir les composants comme d’en changer à l’envi. Une douce utopie ?

Phonebloks, genèse et mise en lumière du projet

Tout a – presque – commencé en septembre dernier lorsque Dave Hakkens, un étudiant hollandais en design, posta une vidéo sur YouTube baptisée « Phonebloks ». Dans cette vidéo devenue virale depuis (comptabilisant tout de même plus de 18 millions de vues fin novembre), Hakkens jette les bases d’un smartphone modulable conçu à la fois pour être au plus près des désirs de chaque utilisateur, ainsi que pour lutter contre l’obsolescence programmée qui gangrène selon lui le secteur des technologies, en permettant de faciliter le remplacement de n’importe quel composant défectueux, pas assez performant ou carrément obsolète. Du speaker à l’appareil photo embarqué, en passant par la batterie, la mémoire embarquée, le gyroscope ou encore le wi-fi.

Projet Ara

Tout a « presque » commencé en septembre, car Motorola a attendu que la vidéo du jeune Hollandais fasse un véritable tabac pour lever une partie du voile sur le projet Ara, projet en développement depuis plus d’un an selon le constructeur américain. Avec une différence notable : abandonner le système de « pin » permettant aux éléments de se clipser aisément à la base, au profit d’un système de pièces coulissantes.

Motorola et 3D Systems se proposent donc, avec ce projet, de mettre au point une ligne de smartphone modulable composée d’une « base commune » conçue pour durer, et de composants remplaçables, s’adaptant facilement sur la base, comme des briques de Lego emboîtables les unes aux autres, mais coulissantes. Plus besoin de se sentir obligé de se débarrasser de son téléphone à l’arrivée d’un nouveau modèle, ou lorsqu’un seul des éléments ne fonctionne plus (alors que les autres composants fonctionnent très bien).

Seconde collaboration pour Motorola et 3D Systems

Les deux entreprises n’en sont pas à leur première collaboration : Motorola et 3D Systems s’étaient déjà retrouvées ensemble pour « MakeWithX », une tournée promotionnelle à travers les États-Unis proposant aux utilisateurs du Moto X, le smartphone à écran tactile maison, de lui créer une coque personnalisée à l’aide d’une imprimante 3D « Cube ». Il faudra bien tout le sérieux et l’expérience de la filiale mobile de Google, ainsi que le dynamisme et le savoir-faire de la jeune 3D Systems pour apaiser les doutes des sceptiques, car au-delà de l’idée séduisante du smartphone modulable présentée dans la vidéo, Phonebloks n’avait guère convaincu les technophiles les plus avertis.

Quelques doutes sur la faisabilité

En effet, le projet du jeune Hollandais se heurtait à des problèmes complexes de niveaux de paradiaphonie (diaphonie locale ou NEXT : Near End Cross Talk) et de télédiaphonie (diaphonie distante ou FEXT : Far End Cross Talk), interférences entre les signaux de deux paires à la même extrémité de liaison, signaux parasites dont les effets néfastes (à la réception ou à l’émission) peuvent entraîner des blocages. Ce bruit, aussi nommé « crosstalk » en anglais, est donc une conséquence directe de l’induction électromagnétique.

Autre problème : la modularité du smartphone imaginé par Dave Hakkens ferait exploser le poids et la taille du terminal, notamment pour rendre « autonome » chaque bloc, entraînant entre autre la présence de composants redondants.

« Eco-Mobius », projet du constructeur chinois ZTE

Les Américains ne sont pas les seuls sur le coup : le constructeur chinois ZTE bûcherait également sur un projet de smartphone évolutif, baptisé « Eco-Mobius ». Le projet de ZTE s’inscrirait dans une démarche écologique, avec un smartphone composé de quatre éléments modulables (un écran, une base, une batterie et un appareil photo) et personnalisables, laissant à l’utilisateur le loisir d’améliorer le CPU, la mémoire ou encore le processeur graphique.

Aucune date n’est pour le moment avancée en ce qui concerne « Eco-Mobius », alors que Motorola devrait mettre une version test de son téléphone à la disposition des développeurs cet hiver.

Par Moonzur Rahman

Trop de formaldéhydes dans les produits nettoyants

Vivre dans un environnement propre aurait des conséquences sur notre santé. Surtout pour les adeptes des produits ménagers industriels, gorgés de substances chimiques. Or, si ce cocktail d’efficacité fait briller, il a aussi un fort pouvoir polluant. L’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (Ineris), dont le rôle est d’évaluer les risques que les activités économiques représentent pour l a santé et la sécurité des personnes, a donc étudié les émissions des polluants volatils dans l’air intérieur.  Cette étude porte non seulement sur les émissions directes mais tient aussi compte de la formation de composés secondaires.

L’Ineris a donc étudié 54 produits ménagers de différents types, multi-usage et spécifiques, de conditionnements variés (liquide, crème, lingette, poudre…) et de plusieurs marques.

Concernant les polluants émis, l’Ineris mesure une augmentation de la concentration en aldéhydes dans l’air, couplé à une forte augmentation des concentrations en Composés Organiques Volatils (COV). Parmi les aldéhydes émis, le formaldéhyde est retrouvé à la fois comme polluant direct mais aussi comme composé secondaire. Il semble que des substances primaires réagissent avec l’ozone pour donner naissance à des formaldéhydes, renforçant ainsi la concentration de ce produit toxique. De plus, ce phénomène d’ozonolyse pourrait être à l’origine d’émissions de dioxyde d’azote, elles même induisant une réactivité de surface.

Ainsi, non seulement les produits d’entretiens contiennent de nombreux produits à la toxicité reconnues, mais des substances secondaires viennent majorer la pollution de l’air intérieur. Un cercle vicieux aux conséquences sur la santé non négligeables. Le formaldéhyde est considéré comme cancérogène et toxique pour les organes de la reproduction. Les nombreuses particules de taille nanométrique émises par ces produits d’entretien sont elles aussi soupçonnés de toxicité.

Ces analyses confirment la dangerosité des produits de nettoyages de consommation courante, une toxicité encore plus importante qu’attendue du fait  que « […] la réactivité chimique des substances émises, entre elles et avec d’autres composés présents dans l’air intérieur, conduit à la formation de composés dits secondaires dont l’impact sur la qualité de l’air n’est pas négligeable »  explique l’Ineris.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Lancement d’un concours mondial d’innovation ouvert à tous

Départ en grande pompe ce lundi 2 décembre 2013 au 104 pour un projet qui tend à attirer et encourager les « preneurs de risques » en France, en présence du Président de la République, du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, et de la ministre déléguée chargée de l’Innovation et de l’Economie numérique, Fleur Pellerin. Baptisé Innovation 2030, ce concours d’innovation mondial est ouvert à tous les entrepreneurs : de la start-up à la très grande entreprise.

Son but ? Attirer et financer des projets industriels à fort potentiel pour « stimuler l’innovation en France » et « se hisser au meilleur de la compétition mondiale ».

Un projet financé sur les fonds du Grand emprunt géré par BPI France « sans création de structure, sans un euro de coût », selon Anne Lauvergeon, présidente de la commission d’experts indépendants chargés de sélectionner les 150 projets qui auront la chance d’être retenus lors des trois phases du concours.

Un concours en trois phases

La première phase, qui vient de commencer, s’étalera jusqu’à l’été 2014. Elle consiste à télécharger et remplir le dossier d’inscription, puis à défendre son projet lors d’un entretien oral, où sera déterminée l’éligibilité selon plusieurs critères :

  • Degré de réponse à l’ambition ;
  • Degré de rupture en terme d’innovation (technologique ou non) ;
  • Faisabilité technique et/ou scientifique ;
  • Retombées économiques potentielles du projet ;
  • Capacité du porteur à mener à bien le projet.

A la clef : 200.000€ pour chacun des 100 projets retenus.

La seconde phase, plus sélective, démarrera en septembre 2014, avec 2.000.000 d’euros à empocher de la part de l’Etat, peut-être davantage si des partenaires privés se greffent au financement du concours.

À l’issue du processus de sélection (2016), 7 projets seront retenus et soutenus financièrement dans une phase de développement et d’industrialisation.

 « Les projets retenus seront ceux axés sur l’innovation concrète, et pas uniquement l’innovation technologique, mais aussi de service, ou d’usage », a précisé l’ex patronne d’Areva. Et ce dans sept domaines prédéfinis :

  • Le stockage de l’énergie : projets d’innovation en matière de stockage d’énergie intermittente ou non.
  • Recyclage des métaux : projets permettant de rendre viable et efficace le recyclage des métaux
  • La valorisation des richesses marines : projets de valorisation des métaux sous-marins. Projets favorisant des solutions de dessalement moins onéreux et/ou plus faiblement consommateur d’énergie de l’eau de mer.
  • Les protéines végétales et la chimie du végétal : projets de développement de produits alimentaires à base de protéines végétales. Projets de chimie du végétal visant à développer de nouveaux matériaux.
  • La médecine individualisée : projets favorisant le ciblage des interventions thérapeutiques s’appuyant par exemple sur la génomique, les dispositifs médicaux et/ou l’imagerie à haute résolution.
  • La silver économie, l’innovation au service de la longévité : projets répondant à la eprte d’autonomie des seniors, liés à la robotique et la domo-médecine.
  • La valorisation des données massives (Big data) : projets permettant de mieux exploiter les données et de définir de nouveaux usages, modèles d’analyse et de valorisation de celles-ci.

Découvrez en détail ces 7 ambitions dans le rapport de la Commission Innovation 2030

Assurer le progrès sociétal et le développement industriel de demain

Pourquoi restreindre à ces secteurs ? Parce qu’ils correspondent aux besoins sociétaux de demain, à en croire les discours successifs d’Arnaud Montebourg, Anne Lauvergeon et François Hollande, mais aussi parce qu’ils seraient des secteurs stratégiques si la France veut, demain, être à la pointe de l’industrie mondiale. « L’innovation d’aujourd’hui est la croissance de demain », a ainsi martelé le Président de la République dans son discours, clôturant l’évènement.

« Comment s’assurer que les acteurs attirés en France par ces dotations y resteront ? », s’interroge-t-on dans la salle. En leur offrant un accompagnement de première qualité, répond Fleur Pellerin. Reste à savoir si, d’une part, la France est la meilleure dans ce domaine, et d’autre part, si cet argument suffira à conserver ces heureux élus sur le territoire national.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à télécharger le cahier des charges

Si vous souhaitez participer, vous pouvez déposer votre dossier en ligne

Par Bruno Decottignies et Iris Trahin

Du graphène dans les préservatifs de demain

Onze projets ont retenu l’attention de la fondation américaine du célèbre ex-patron de Microsoft. Des projets à la thématique originale puisqu’il s’agit de travailler sur les préservatifs du futur, l’objectif final étant de développer le recours à la contraception. Comme Bill Gates ne fait pas les choses à moitié, ce sont des subventions de 100 000 dollars qui ont été attribuées aux onze projets sélectionnés. Si les développements se révèlent fructueux, la fondation  pourra verser  jusqu’à 1 million de dollars pour faire aboutir les travaux.

Vous vous dites qu’à ce prix, ce seront des capotes en or ? Et bien  non ! Mais des préservatifs en graphène, oui. Deux projets subventionnés exploitent effectivement les propriétés de ce matériau constitué d’un unique plan atomique de carbone. Depuis sa découverte en 2004, le graphène suscite de nombreux espoirs dans différents domaines. Mais c’est la première fois qu’il prend part à l’élaboration des préservatifs du futur.

Pour le premier projet, il s’agit d’exploiter la finesse du graphène pour obtenir des préservatifs à la finesse exceptionnelle. Le deuxième projet souhaite intégrer du graphène au caoutchouc pour améliorer la sensibilité lors des rapports, argument parfois évoqué pour justifier la  non utilisation de préservatifs.

La fondation Bill & Melinda est très engagée dans la lutte contre les maladies sexuelles, le financement de méthodes de contraception est donc en parfaite cohérence avec leurs objectifs. Parmi les autres projets, l’université de l’Oregon travaille sur un préservatif en polymère de polyuréthane. Un matériau à mémoire de forme pour un préservatif « taille unique », capable de s’ajuster à toutes les tailles de pénis. Un laboratoire californien, quant à lui, s’oriente vers des fibrilles de collagène de tendons de vache.

Toutes ces approches visent à proposer des préservatifs qui altèrent le moins possible la sensation et facilitent l’enfilage. En levant ces deux freins, la fondation espère développer l’utilisation du préservatif et ainsi lutter contre les MST.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

REACH : les news du mois de novembre 2/2

Une nouvelle norme spécifie les exigences pour la présence de certains produits chimiques dans les jouets

La norme NF EN 71-3 va permettre d’évaluer la migration de 19 produits chimiques dans leurs produits. En spécifiant les exigences et les méthodes d’essai applicables aux matériaux entrant dans la fabrication des jouets comme l’aluminium, l’antimoine, l’arsenic ou encore le cadmium et le chrome (2 formes), cette norme permet de répondre aux enjeux fixés par la directive européenne 2009/48/CE sur la sécurité des jouets.

Création d’une section sur le site de l’ECHA dédiée aux travailleurs

L’ECHA a lancé une nouvelle page web dédiée aux travailleurs sur le thème de l’utilisation sûre des produits chimiques sur le lieu de travail. Cette page est traduite en français. Cette rubrique comprend des informations pratiques et des exemples sur la manière dont les règlements REACH et CLP entre autres, peuvent contribuer à l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail.

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

17/11/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur une nouvelle substance pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Les informations relatives au tert-dodecanethiol sont à soumettre pour le 10 janvier 2014.

MSC traite des propositions d’essais d’alcènes et produits pétroliers

22/11/2013

Le comité des États membres (MSC) a accepté des propositions d’essais pour des groupes de substances basées sur des approches croisées. Ces propositions concernent 27 alcènes et 22 substances pétrolières.

ECHA publie une mise à jour des orientations sur l’application des critères CLP

25/11/2013

L’ECHA a publié une mise à jour des orientations sur l’application des critères CLP après la conclusion d’un processus complet de consultation. L’orientation est maintenant disponible dans la section « Guide sur CLP » sur le site de l’ECHA. Cette mise à jour concerne la partie 2 (Les risques physiques), la partie 3 (Dangers pour la santé). Ces modifications tiennent compte de la deuxième adaptation au progrès technique (ATP) du règlement CLP (entrée en vigueur en Avril 2011) et de la quatrième ATP (entrée en vigueur en Juin 2013). De plus, un rectificatif de la partie 1 (Principes généraux de classification et d’étiquetage) et la partie 4 (Dangers pour l’environnement et son annexes IV) a également été fait.

Première consultation publique pour une substance active biocide

26/11/2013

La première consultation publique en vertu du règlement sur ​​les produits biocides se fera sur la substance active Dinotéfurane en tant que potentielle substance pour la substitution. Au cours de cette consultation, les tiers peuvent soumettre des informations pertinentes, y compris des informations sur les alternatives disponibles. Lorsqu’une substance active est candidate pour la substitution, les produits biocides contenant cette substance active faire l’objet d’une évaluation comparative au moment de l’autorisation et ne seront autorisés que si il n’y a pas de meilleures alternatives. La consultation est ouverte jusqu’au 28 Janvier 2014.

Les quatre première conclusion sur l’évaluation des substances publiées sur le site de l’ECHA

26/11/2013

L’évaluation des substances a commencé en 2012 et les États membres ont évalués 36 substances. Les quatre premières évaluations sont maintenant terminées. L’État membre d’évaluation a finalisé son évaluation et tiré des conclusions sur les risques présumés. Ces informations sont disponibles dans les documents de conclusion. Des informations complémentaires sont également disponibles dans les rapports d’évaluation de la substance publiés sur le site de l’ECHA.

http://echa.europa.eu/regulations/reach/evaluation/substance-evaluation

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

27/11/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur une nouvelle substance pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Les informations relatives au cyclohexane-1,4-dicarboxylic acid sont à soumettre pour le 10 janvier 2014.

Consultation publique pour des classifications et étiquetages harmonisés

27/11/2013

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé du 3,7-dimethylocta-2,6-dienenitrile (N° CAS : 5146-66-7 et N° CE : 225-918-0). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 23 décembre 2013.

 

Espace : un nouvel instrument international nommé SPIRou

Pour détecter et étudier ces objets, SPIRou est composé d’un spectropolarimètre combiné à un vélocimètre de haute précision optimisé pour la détection par la méthode des vitesses radiales. SPIRou est un projet international piloté par la France, impliquant les chercheurs grenoblois de l’IPAG-OSUG (CNRS/Université Joseph Fourier) notamment en charge de la coordination du groupe science. La construction de SPIRou devrait débuter en 2014, pour une intégration à Toulouse en 2016 et une première lumière au CFHT en 2017.

Comment les étoiles et les planètes naissent-elles ? Comment le champ magnétique influe-t-il sur cette genèse ? La Terre, qui abrite une importante quantité d’eau liquide à sa surface, est-elle unique en son genre ? Notre Galaxie est-elle peuplée d’autres planètes similaires ? Des questions universelles, dont se préoccupent tout particulièrement les chercheurs en astrophysique stellaire et planétaire, auxquelles SPIRou se propose d’apporter des réponses originales au cours de la prochaine décennie.

Non seulement spectropolarimètre décomposant la lumière des astres dans ses couleurs et dans ses modes vibratoires élémentaires, SPIRou est aussi un vélocimètre de haute précision. Tel un radar routier qui flasherait l’étoile observée, non pas pour excès de vitesse, mais en raison de variations régulières et périodiques de sa vitesse, il sera capable d’enregistrer les infimes mouvements d’une étoile témoignant de la présence d’une planète en orbite. SPIRou pourra ainsi partir à la recherche de jumelles de la Terre dans les systèmes planétaires des étoiles naines rouges voisines du Soleil. Les atmosphères de ces planètes jumelles pourront ensuite être scrutées, avec le James Webb Space Telescope le futur télescope spatial, à la recherche d’eau et d’autres bio-molécules associées à la présence de vie. SPIRou pourra aussi percer les mystères de la naissance des étoiles et des planètes, en observant pour la première fois les champs magnétiques de proto-étoiles âgées d’à peine quelques centaines de milliers d’années.

Sur le plan technologique, SPIRou est aussi un défi d’envergure. Il doit fonctionner dans l’infrarouge pour observer au mieux les astres froids que sont les naines rouges. Cela nécessite de plonger le cœur de l’instrument, le spectromètre, dans un cryostat refroidi à la température de l’azote liquide (-200°C) pour éviter que le rayonnement thermique ambiant, omniprésent dans l’infrarouge, n’éclipse la lumière stellaire très ténue que l’on souhaite décrypter. De plus, pour permettre de détecter les mouvements nanométriques des spectres qui trahiront la présence de Terres habitables, la stabilité thermique du cryostat doit être exceptionnelle au point de garantir une température constante avec une précision de quelques millièmes de degrés Celsius.

Identifié comme projet astrophysique prioritaire du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), SPIRou est un des éléments clés qui devrait garantir le futur du télescope sur la prochaine décennie. Le CFHT vient de confirmer sa participation financière à SPIRou, auquel contribue un large consortium international d’Universités et de laboratoires de recherche.

Sur le site grenoblois, l’université Joseph Fourier (UJF), l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG) et l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (IPAG) sont à la pointe du développement de SPIRou, dont les objectifs scientifiques et techniques sont des priorités pour de nombreux chercheurs grenoblois. Ce projet novateur et ambitieux contribuera à la visibilité internationale de l’Université Grenoble Alpes dans un domaine qui est une priorité définie par de nombreux organismes scientifiques internationaux : la compréhension de nos origines.

Pour en savoir plus :
Le budget de ce projet international en reflète l’enjeu scientifique majeur ; il s’élève à 10 M€ (coût de construction de 4 M€ inclus). Le consortium français, qui réunit plusieurs universités, observatoires et laboratoires sous la double tutelle du CNRS et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR), notamment basés à Toulouse, Grenoble, Marseille et en Île de France, participe de façon majoritaire au financement et à la réalisation du projet.

SPIRou a également trouvé un fidèle allié pour la diffusion de ses futures découvertes auprès du jeune public, en créant un partenariat avec le Journal de Spirou !

Lexique :

  • CFHT : Sentinelle des cieux au sommet du Mauna Kea – volcan de 4200m situé sur la grande île d’Hawaii – le CFHT est un télescope de 3,6m exploitant plusieurs instruments. Bien qu’implanté dans un des meilleurs sites astronomiques du monde, le CFHT n’échappe pas à la concurrence et doit innover en permanence, via une politique scientifique ambitieuse, pour garder une place de premier plan dans un monde de télescopes géants. Le TCFH est une organisation appartenant conjointement au Conseil National de Recherches Canada, au Centre National de la Recherche Scientifique en France via l’Institut National des Sciences de l’Univers (CNRS-INSU) et à l’Université d’Hawaii. 
  • Spectropolarimètre : instrument capable de réaliser, non seulement le spectre de la lumière d’un astre, mais aussi une analyse de sa polarisation (linéaire ou circulaire) – due par exemple à l’effet Zeeman d’un champ magnétique sur la formation des raies spectrales.
  • Méthode des vitesses radiales : méthode qui permet de détecter, par effet Doppler, les variations de vitesse qu’une planète communique à l’étoile autour de laquelle elle orbite. Pour une exoTerre habitable autour d’une naine rouge, ces variations de vitesse radiale sont de l’ordre du m/s, et leur mesure nécessite un spectrographe à haute résolution d’une extrême stabilité, baptisé vélocimètre.
  • JWST : Le télescope spatial James Webb (JWST) sera le successeur du télescope spatial Hubble (HST), dont il est prévu qu’il prenne la relève en 2018. C’est une mission dirigée par la NASA à laquelle participe l’Europe, sous la responsabilité de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), et le Canada, à travers l’Agence Spatiale Canadienne (CSA). Le télescope aura une surface collectrice 7 fois plus grande que le HST et sera consacré à l’observation de l’Univers dans le rayonnement infrarouge (de 1 à 27 microns de longueurs d’onde).

Par l’Université Joseph Fourier – Grenoble 1

Japon : l’île qui a émergé des flots continue de s’étendre

L’archipel japonais compte désormais une île de plus. Avec 200 m de diamètre à son apparition, l’îlot ne cesse de s’étendre. En deux jours, ses dimensions ont doublé, et sa croissance pourrait bien se poursuivre jusqu’à atteindre les 900 m de hauteur. Le Centre japonais de recherche océanographique prévient qu’« […] il est possible qu’elle grossisse encore, car le cratère s’étend et le magma remonte ».  Au point que les gardes-côtes ont dû mettre en garde les bateaux croisant à proximité.

Reste à savoir si l’île aura une durée de vie importante. Les précédentes îles apparues ont été soit détruites soit en grande partie avalées par les vagues.

Ce phénomène est si remarquable que le gouvernement japonais s’est réjouit par la voie de son porte-parole : « Si l’île devient pérenne, nous serons heureux d’avoir davantage de territoire ».

En attendant de savoir si cette île a un avenir, découvrez cette vidéo étonnante :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du web spéciale domotique : les vidéos les plus étonnantes

Cette semaine dans la Revue du Web : 

  • La domotique en Do It Yourself : Elier Ramirez et son Home Network X ; 
  • La domotique par Vera Control Ltd ; 
  • Un autre exemple de maison intelligente ; 
  • inFORM, interagir avec le Dynamic Shape Display du MIT Media Lab

La domotique en Do It Yourself : Elier Ramirez et son Home Network X

Pour débuter cette cinquante-deuxième Revue du Web consacrée à la domotique, allons jeter un œil au système qu’Elier Ramirez a installé chez lui, sur son temps libre. Cet « amateur éclairé » et apôtre du DIY (« Do It Yourself », faire les choses soi-même) est un ancien d’HyperLearning Technologies, désormais consultant pour une jeune entreprise spécialisée dans les technologies de commandes vocales et réseau, Xfactor Technologies.

Dans la vidéo qui suit, Elier Ramirez nous fait une petite visite guidée de l’ensemble des installations qu’il a réalisées chez lui, baptisant le système « Home Network X ». L’éclairage de sa maison – ainsi que deux ventilateurs – peut être intégralement contrôlé à distance grâce à des modules et interrupteurs de la marque X10, via une application mobile. La partie divertissement du système, baptisée Media Center, permet de gérer aussi bien les écrans que le son de l’installation. L’interface de l’application sur tablette est très lisible et ludique, affichant une photo de la pièce choisie, laissant la possibilité d’appuyer sur n’importe quel appareil ou n’importe quelle lampe afin de les allumer ou des les éteindre.

Le cerveau du système est xENA, alter-ego du HAL de 2001, l’odyssée de l’espace, film culte de Stanley Kubrick. Ce petit ordinateur peu coûteux tournant sur Windows 7 détecte si les appareils sont allumés ou non, puis effectue les modifications en écho aux commandes reçues. Il sert également de transmetteur infrarouge, il scanne les e-mails afin d’y détecter la moindre ligne de commande et il s’occupe des tâches pré-enregistrées.

La domotique par Vera Control Ltd 

La seconde vidéo est le fruit du travail d’Armando Ferreira, bloggeur pour The Droid Effect et technophile avéré. Il y teste une installation réalisée par Vera Control ltd (anciennement la société Micasaverde), dont la box domotique est connue et utilisée dans près de 70 pays à travers le monde, et dont les ventes doublent chaque année depuis cinq ans. Cette box permet l’implémentation de scénarios et doit son succès à la simplicité de l’ajout des périphériques Z-Wave, un protocole de communication radio bidirectionnel entre les différents modules, avec accusé de réception après chaque commande.

Exemple de scénario : l’utilisateur désire regarder un film, et veut se mettre dans une ambiance « cinéma ». Il lui suffit alors de lancer la commande dédiée pour que la pièce se tamise, que le téléviseur et le serveur s’allument et proposent quelques films… pour couronner le tout, la machine à pop-corn démarre !

On peut voir Armando Ferreira nous expliquer comment fonctionne l’implémentation des scénarios et ambiances, prenant l’exemple d’une fête et de ses besoins supposés. L’application supporte également les commandes vocales.

Un autre exemple de maison intelligente 

Autre vidéo, autre installation, alliant un lecteur d’empreintes digitales pour plus de sécurité, un écran projeté combiné à un clavier tactile – projeté, lui aussi… – et d’autres modules et périphériques plus ou moins classiques. Les journalistes de « La chaîne Techno » de 01net font par exemple la démonstration d’une cave à vin réfrigérée intelligente : lorsque l’on retire une bouteille, la cave à vin pèse alors moins lourd et envoie l’information au propriétaire.

L’interface est assez intuitive (bien que datant un peu), laissant les différents utilisateurs interagir avec leur environnement en choisissant une pièce de la maison, puis ce que l’on veut y faire (gérer la lumière, allumer la radio ou un écran, lancer un appareil électroménager, contrôler les stores, rideaux et fenêtres…), permettant de prendre le contrôle de sa maison, pièce par pièce, avec un seul poste de commande.


 

inFORM, interagir avec le Dynamic Shape Display du MIT Media Lab

Le très prometteur inFORM n’a pour le moment été intégré à aucun système, mais nul doute que cette installation révolutionnera aussi bien la médecine que la domotique en passant par la représentation spatiale, car elle permet aussi bien de manipuler des objets à distance que de rendre tangible la manipulation d’objets numériques. InFORM est décrit comme un système à forme dynamique, prenant la forme hybride d’un plan de travail et d’un écran d’affichage dont chaque pixel serait remplacé par l’équivalent d’une petite colonne pouvant se mouvoir de haut en bas. Le mouvement de chaque « pixel » est directement lié aux mouvements de l’utilisateur, capturés par un capteur 3D de type Kinect, permettant d’avoir une représentation physique dynamique en 3D d’un objet.

Les architectes pourraient voir d’un très bon œil l’arrivée du dispositif mis au point par le MIT Media Lab, car il leur permettrait de visualiser plus aisément un environnement 3D.

 

Par Moonzur Rahman

Vidéo : le robot parfait existe-t-il ?

Vidéo réalisée par Universcience.tv
  • Réalisation : Elodie Fertil
  • Production : Gédéon Programmes avec la participation d’Universcience

Et aussi dans l’actualité :

Smartphone espion : 7 moyens efficaces de préserver votre vie privée

On constate à cet effet de plus en plus d’articles destinés à la sensibilisation de ce problème. Cela est bien normal puisque plus de 24 millions de Français possèdent un smartphone, ce qui représente 44 % de la population âgée de plus de 11 ans. Ces chiffres éloquents, preuve s’il en était besoin, témoignent à quel point ces outils ont su se rendre indispensables. 

Le problème est tel qu’il touche les plus hautes strates du gouvernement. Suite aux affaires d’écoute téléphonique PRISM et Hemisphere, les ministres ont reçu en septembre dernier une note de Matignon leur interdisant de se servir de leurs smartphones lors de « communications sensibles ». Désormais, les téléphones doivent être cryptés lorsqu’il s’agit d’informations classifiées.

En matière d’espionnage, les techniques évoluent continuellement. La dernière, pour le moins surprenante est en provenance du MIT et du Georgia Institute of Technology. Via l’accéléromètre* d’un smartphone, il serait possible de déceler nos frappes de clavier et ainsi obtenir des informations précieuses comme les mots de passe. Bien sûr, la démarche des chercheurs tend simplement à prouver la faisabilité d’une telle méthode pour des pirates avertis.

Voici donc quelques conseils à mettre en place afin de protéger sa vie privée :

  • Afin de sécuriser sa navigation web, bien choisir son navigateur est primordial. Évitez Google Chrome ou Safari par exemple et privilégiez un navigateur alternatif, tel que Firefox Mobile ou Opera. Pour les plus motivés, il existe le réseau The Onion Router (Tor), « un réseau mondial décentralisé de routeurs, organisés en couches, appelés noeuds de l’oignon, dont la tâche est de transmettre de manière anonyme des flux TCP ». Cependant, la NSA ne serait pas favorable à ce logiciel libre et tenterait de le briser selon un document révélé par Edward Snowden et relayé par The Guardian. Sinon, vérifiez bien les paramètres pour les modifier à votre convenance.
  • Car il s’agit bien d’un aspect essentiel : le réglage de ses paramètres de navigation. Soyez donc attentif à ce que vous permettez à votre navigateur. Il est par exemple conseillé, si vous désirez ne pas être la cible d’un matraquage publicitaire, de restreindre l’usage des cookies qui prennent des informations personnelles. Vous pouvez gérer facilement les paramètres de confidentialité dans le menu « Réglages », utiliser un onglet de navigation privée pour faire disparaître votre historique de navigation, supprimer manuellement les traces de vos activités Internet en effaçant l’historique, les mots de passe utilisés, les fichiers téléchargés…
  • Ne téléchargez pas n’importe quelles applications, elles peuvent transmettre vos informations personnelles; il est nécessaire de vérifier régulièrement ce qu’elles peuvent faire une fois installées. Vous devez donc surveiller les autorisations que vous leur accordez en les téléchargeant. Une étude réalisée par l’entreprise de sécurité Appthority démontre d’ailleurs que parmi les 50 applications les plus populaires de l’AppStore, aucune ne garantit la sécurité des données à ses utilisateurs. Quant à Google, seules 4 applications cryptent les informations qu’elles transmettent aux développeurs.
  • Pensez à désactiver les services de géolocalisation dans les menus associés pour iPhone ou Android, pour ne les utiliser que lorsque vous le souhaitez. En effet, le service de localisation a tendance à être systématique et se trouve bien souvent exploité par la suite par les deux concurrents qui conservent les lieux où vous êtes allés.
  • Rendez illisibles vos données en les cryptant. Ce procédé a pour nom le chiffrement. Voici quelques applications présentant ce service sur Android pour les fichiers, les photos, les mots de passe : Android Privacy Guard, Cryptonite, ObscuraCam, KeepPassDroid et InTheClear. En ce qui concerne les communications, ce procédé fonctionne aussi et permet de chiffrer ses appels, SMS, e-mails… Là encore, voici un petit listing des applications existantes : Ostel, TextSecure, K9 et Gibberbot.
  • Vous êtes adepte du Cloud Computing, restez prudent. Ne stockez pas des données trop personnelles sur le Cloud, on ne sait jamais si ses informations resteront bien confidentielles. Cela est d’autant plus vrai lorsque le stockage des données a lieu dans des zones géographiquement éloignées où il y peut y avoir un non-droit.
  • Enfin, en dernier recours contre le piratage en cas de perte ou de vol, pensez à protéger l’accès de votre mobile par un mot de passe et cryptez son contenu. Ces barrières simples s’avéreront efficaces.

Malgré toutes ces précautions, sachez qu’il est impossible d’être entièrement anonyme sur Internet. Nous laissons des traces, transmettons obligatoirement des données à Google, Apple ou Microsoft lorsque nous téléchargeons des applications. Ces quelques réflexes à avoir permettent juste de garder un certain contrôle de sa vie privée.

* définition Wikipedia : les accéléromètres sont des capteurs aux différentes applications dont la mesure de la vitesse, la mesure de déplacement, le diagnostic de machine par analyse vibratoire et la détection de défaut dans les matériaux

Par Sébastien Tribot

Domotique : pourquoi les entreprises ne veulent pas passer à côté

Le marché de la gestion énergétique domestique intelligente est valorisé à plus de 1,5 milliards de dollars en 2013, selon un rapport de Green Tech Média. La société envisage un marché jusqu’à 4 milliards de dollars en 2017. Plus largement, selon l’étude « Hype Cycle 2013 » du cabinet d’analyse Gartner, l’ensemble des objets connectés devraient générer une valeur ajoutée de 1 900 milliards de dollars pour l’économie mondiale à l’horizon 2020, soit 2,6 % du PIB mondial. Le cabinet estime que le nombre total d’objets connectés dans le monde va passer de 2,5 milliards en 2009  à au moins 30 milliards d’ici 2020.

Mais le cabinet d’études Idate et le cabinet d’analyse économique IDC vont encore plus loin. Pour eux, le nombre total d’objets connectés atteindra respectivement  80 milliards et 212 milliards en 2020. IDC prévoit ainsi une valeur ajoutée totale de 8 900 milliards de dollars, soit 12,4 % du PIB mondial !

La démocratisation des tablettes et Smartphones ces dernières années, la fiabilité des technologies sans fil et l’émergence des objets connectés réunit toutes les conditions pour le développement de la maison connectée. Les utilisateurs sont en effet demandeurs de nouvelles applications.

Les entreprises ne veulent pas passer à côté !

Les fabricants d’automatismes et de matériels électriques historiques ne veulent pas perdre leur place de leader. En autres, Intel, IBM, Legrand et Schneider Electric développent de nouvelles puces électroniques et de nouveaux logiciels informatiques pour parvenir à faire communiquer les objets et systèmes entre eux, rapidement, sans trop consommer d’énergie.

Dans leur étude Le marché de la domotique, les experts de Xerfi se sont intéressés à la mutation des acteurs de terrain avec l’entrée en scène de nouveaux acteurs puissants. Ainsi, Les opérateurs de télécommunications, Orange, SFR et Bouygues Telecom en tête, sont sur le coup. En effet, le développement de la domotique nécessitera un réseau de transmission de données à Très Haut Débit sans fil pour transmettre des flux d’informations numériques multipliés. Ces flux seront pris en charge grâce au déploiement de la fibre optique à très haut débit et du réseau de communication à haut débit sans fil 4G.

Les géants de l’Internet ne veulent pas non plus passer à côté de cette révolution. Google, Apple et Microsoft développent leurs propres objets connectés et créent ainsi de nouvelles plates-formes dédiées. De leur côté, les énergéticiens tels qu’EDF et GDF Suez travaillent sur de nouvelles offres d’abonnement, notamment à travers l’effacement chez les particuliers.

Les fabricants de produits électroménagers (LG, Sharp, Samsung, etc.) apportent également de l’intelligence aux équipements de la maison (réfrigérateur, aspirateur, etc.), mais peinent encore à offrir des solutions intégrées et pratiques.

Au final, le marché de  la maison intelligente se situe au croisement de différents acteurs : constructeurs, producteurs d’énergie, télécoms, sécurité, fabricants d’automatismes, de matériels électriques et d’électroménager. Le développement du marché passera par des collaborations accrues entre ces leaders de différents secteurs, mais aussi de plus en plus, avec des startups utilisant le Cloud.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Une domotique interopérable ou des logiciels ouverts ?

La multiplication des équipements domestiques, entre autres, pour le chauffage, l’électroménager, l’audiovisuel, les alarmes et la téléphonie entraîne un développement considérable des fils, des ondes hertziennes, wifi, etc. Les capteurs et les terminaux se multiplient également.

Dans cette nébuleuse technologique, chaque profession, chaque constructeur et chaque installateur proposait traditionnellement souvent son système unique, quitte à entraîner des interférences entre les différents systèmes. La multiplication et la redondance des informations, des fils, des codes, des ondes étaient monnaie courante. Pour changer la donne, différentes professions jouant un rôle dans l’habitat commencent à dialoguer entre elles.

Exporter un logiciel français ?

Pour rassembler les conditions de succès d’une filière domotique française, 6 entreprises leaders de la domotique ont décidé de créer la start-up Confluens. Celle-ci est destinée à favoriser l’interopérabilité entre les différents systèmes et équipements domotique. L’objectif affiché est aussi de créer une filière française, exportable sur les marchés étrangers.

Cette start-up est lancée par le spécialiste des systèmes de contrôle d’accès CDVI, le leader des automatismes de commande de volets roulants Somfy, le fabricant de dispositifs de contrôle de chauffage Delta Dore et les fournisseurs d’appareillages électriques de bâtiment Legrand, Schneider Electric et Hager.

« Le rôle de cette start-up est de développer une couche logicielle, qui permettra aux différents équipements dans la maison de dialoguer entre eux et ce quel que soient les protocoles filaires et sans fil qu’ils utilisent pour communiquer », explique Marcel Torrents, Président du directoire de Delta Dore, et président de Confluens. La solution, attendue dans 12 à 18 mois, prendra la forme d’un logiciel sous licence ou d’un module électronique à intégrer dans les produits. Concrètement, comme les acteurs ne définiront jamais de protocole standard, il s’agira d’un « transcripteur de protocole », capable de mutualiser les différents protocoles présents sur le terrain.

Des logiciels ouverts ?

Un autre enjeu réside dans l’élaboration de logiciels ouverts permettant de dialoguer avec les 300 protocoles existants. « Dès que la domotique est connectée à Internet et qu’il y a de l’intelligence à gérer, les logiciels doivent être ouverts », affirme Pierre Duchesne, Président d’AVOB.

Selon lui, les discussions traditionnelles portant sur la définition d’un protocole standard servent uniquement à cacher le débat de fond sur l’ouverture des logiciels à l’ensemble des protocoles.  À présent l’intelligence et l’interopérabilité des objets doivent se jouer dans le Cloud. « Les entreprises ne veulent pas parler du fait qu’ils ferment les protocoles, car cela a un impact sur leur image de marque, mais avec l’avènement des nouveaux logiciels, ils n’auront plus le choix », prévoit-il.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Piloter des bâtiments tertiaires, c’est rentable !

Seulement 2 % des bâtiments tertiaires utilisent un système de Gestion Technique du Bâtiment (GTB). La raison ? L’offre est trop chère, complexe et inadaptée aux bâtiments de petites et moyennes tailles ! Pour remédier à cela, l’éditeur de logiciels AVOB a lancé il y a 6 mois la solution « Building Energy Saver for SMB (Small & Medium Building) », une solution globale « plug and play ». Elle concerne les bâtiments tertiaires de 200 à 5 000 m2 et permet de piloter tout un tas d’appareils, via l’utilisation de capteurs de présence, d’éclairage, d’humidité, de qualité de l’air, etc. Elle permet aussi de mesurer et suivre les consommations d’eau, de gaz et d’électricité.

« La solution est constituée de box reliées à des compteurs multi-fluides et communiquant avec des capteurs et des actionneurs. Le système nécessite environ une box pour 200 m2. Pour les bâtiments plus grands, un réseau de box est relié à une box centrale. Cette boîte renvoie toutes les données sur un serveur centralisé ou sur le Cloud par 3G ou ethernet. Enfin, grâce à un ordinateur ou un iPad, il est très facile de vérifier les données et de changer les consignes de température, d’éclairage, etc. » explique Pierre Duchesne, Président d’AVOB.

La grande valeur ajoutée de cette solution est le logiciel qui permet d’obtenir un bâtiment entièrement pilotable. « Notre logiciel est une brique d’intelligence qui va exécuter de l’intelligence locale au niveau du bâtiment, au niveau du quartier, etc… jusqu’au serveur central. Nous fournissons la solution logicielle de dialogue entre les boxs et les serveurs d’analyse, de support des algorithmes de gestion énergétique et d’envoi d’ordre aux équipements », précise-t-il.

La solution est une plateforme ouverte : AVOB travaille avec plusieurs fournisseurs de capteurs, pour ne pas dépendre d’un seul équipementier. Ainsi, la solution actuelle mélange différentes technologies filaires (BACnet, ModBus etc.), sans-fil (Zigbee, etc.) et sans-fil-sans-pile (EnOcean). Le logiciel peut-être mis à jour pour intégrer de nouveaux protocoles de façon à fonctionner avec l’ensemble des capteurs du marché.

Combien cela coûte-t-il ?

 « Avec un système de GTB classique, les coûts se situent entre 5 000 et 7 000 € pour 250 m2. Le coût moyen tourne autour de 25 €/m2 pour un immeuble de la Défense à Paris, soit 6 250 € pour 250 m2. En considérant que les automates permettent une réduction de factures d’électricité d’environ 20 %, soit 1 000 € pour cette surface, le retour sur investissement est de 6 ans. Cela n’est pas viable pour la majorité des entreprises qui ont des baux en location ! Avec notre solution, on tourne autour de 10 €/m2, soit 2 500 € pour 250 m2 tout compris. Le retour sur investissement est abaissé à 2 ou 3 ans. » calcule Pierre Duchesne. Le prix dépend du volume des sites installés et du nombre d’équipements à piloter : il peut descendre jusqu’à 5€/m2.

De plus, le pilotage du chauffage et de la climatisation est éligible aux certificats d’économie d’énergie (CEE), ce qui permet de financer 250 € pour chaque tranche de 250 m2.

Quel est l’intérêt pour les entreprises ?

La norme ISO 50001 propose de développer une gestion méthodique de l’énergie pour améliorer la performance énergétique. Elle est citée dans la nouvelle directive sur l’efficacité énergétique 2012/27/UE en relation à l’Article 8 qui prévoit l’instauration d’un audit énergétique obligatoire dans les grandes entreprises. En France, 5000 entreprises sont concernées. Cette solution permet d’y répondre !

Par ailleurs, le diagnostic de performance énergétique deviendra progressivement obligatoire pour tous les établissements recevant du public de plus de 500m² et, d’ici le 1er juillet 2017, dans ceux de plus de 250 m². Cela tombe bien, le logiciel permet d’éditer facilement les rapports de consommation annuels.

L’intérêt est également de mieux mesurer les dérives énergétiques et les profils de consommation. Cela sera particulièrement intéressant en 2016, avec la fin des tarifs réglementés de l’énergie pour les entreprises, connaître ainsi les forfaits les plus adaptés à sa consommation et mieux gérer sa puissance électrique.

L’intérêt d’une solution unique est aussi de simplifier le pilotage global et de diminuer le nombre d’installations et de faire de réelles économies.  « Si les sociétés s’équipent d’une solution de pilotage d’éclairage, puis d’un pilotage du chauffage, et ensuite d’un système de pilotage d’énergie, pour répondre aux différentes réglementations, elles payeront beaucoup plus cher », prévient Pierre Duchesne.

Cette solution est aussi évolutive pour répondre aux différents arrêtés futurs. Par exemple, pour les utilisateurs souhaitant ajouter des capteurs de qualité de l’air, il suffit de prévenir AVOB et de placer les capteurs dans les endroits désirés. La Box les reconnaîtra et enregistrera les mesures. 350 types de capteurs sont d’ores et déjà enregistrés dans la base de données du logiciel.

Les entreprises ne s’y trompent pas. Déjà 40 clients du SBF 120 se sont manifestés auprès d’AVOB pour tester la solution. Cela représente des milliers de sites de banques, assurances, télécom, logistique, distribution… Les villes sont aussi intéressées pour les écoles et autres lieux recevant du public !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

A quoi ressemblerait vraiment la maison connectée ?

25 novembre 2014 : 18h, il neige– Vous sortez du travail et prenez rapidement le métro pour rentrer à la maison en espérant trouver un peu de chaleur. Depuis quelque temps, votre Smartphone vous connaît bien et reconnaît chacun de vos trajets habituels. Ce soir, il comprend que vous rentrez chez vous. Il envoie donc l’information à votre maison, afin d’augmenter le chauffage. Et lorsque vous arrivez sur le pas de la porte, l’éclairage de l’entrée s’allume automatiquement.

Vous allez dans la cuisine, car en fin d’après-midi vous avez reçu un SMS d’alerte : une consommation anormale d’eau a été décelée sur le robinet de la cuisine. Après quelques recherches, vous découvrez bien une petite fuite sous l’évier : votre téléphone vous a fait gagner un temps précieux !

Un petit coup de clé à molette plus tard, vous avez bien mérité un divertissement à la télévision. Vous avez de la chance, l’enregistrement de votre téléréalité préférée « Nabilla chez les Ch’tis » s’ouvre d’un simple regard de vos Google Glass à l’écran. Une parole suffit à fermer les volets et à éteindre la lumière. Vous allumez alors une bougie parfumée pour vous détendre : vous savez bien que vos capteurs de qualité de l’air permettront d’épurer votre air au cours de sa combustion ! Mais votre montre sonne : c’est un appel de votre mère. Heureusement, vous avez encore le choix de ne pas répondre.

Une scène encore futuriste ?

Cette scène quotidienne n’est pas si futuriste. Apple vient de déposer un brevet qui utilise le GPS de l’iPhone pour localiser l’usager et contrôler les appareils et les installations domestiques en conséquence. Apple imagine ainsi un système prédictif qui anticipera certaines actions. Par exemple, chez soi, le prochain iPhone pourrait commander automatiquement le chauffage, les lumières, la porte de garage, de l’électroménager, l’alarme, etc.

Les Google Glass permettront aussi de contrôler des équipements domestiques.

En fixant un objet ou par commande vocale, il sera possible de contrôler l’éclairage, ouvrir les volets ou allumer la musique.

Selon l’analyste Brian White de chez Cantor Fitzgerald, l’iWatch d’Apple embarquera des fonctions de domotique. Ainsi, en plus d’afficher des notifications provenant d’un iPhone ou de recevoir les appels, elle pourrait servir de télécommande domotique pour une maison connectée. Reliée aux différents appareils de la maison en Bluetooth Low Energie, la montre pourrait les déclencher à distance. Elle pilotera ainsi, par exemple, la chaîne Hi-Fi, la télévision, réglera le thermostat ou encore l’intensité des lumières.

La qualité de l’air intérieur sera aussi améliorée

Avoir une maison hyperconnectée, c’est pratique. Mais à quoi bon rester enfermé si votre air intérieur est pollué ? Plusieurs sondes permettent donc d’améliorer la ventilation des habitations et d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Parmi elles, NanoSense a développé la première sonde de qualité de l’air intérieur, QAI-E4000, capable de mesurer à la fois le taux de dioxyde de carbone (CO2), de Composés Organiques Volatils (COV), d’humidité (absolue et relative), la température et la température ressentie.

Fabriquée en France, cette sonde  contrôle directement, suivant les mesures enregistrées, la Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC), un traitement de l’air éventuel, le chauffage et la climatisation pour une meilleure efficacité énergétique et une meilleure qualité de l’air !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Objets connectés : 4 tendances émergentes

Le web sémantique consiste à recenser et coordonner des informations présentes sur internet  afin de les rendre automatiquement lisibles, à la fois par l’homme et par la machine. Son objectif réel est de permettre aux machines de réaliser les demandes complexes de l’homme sans que celui-ci n’ait à l’aider dans ces tâches en lui donnant une direction.

Né avec le WAP (Wireless Application Protocol), le web mobile est comme son nom l’indique, la faculté d’un téléphone portable à accéder à internet et donc à ses nombreuses applications via les navigateurs conçus à cet effet. Le web mobile s’est très largement développé depuis ses débuts, notamment grâce à l’essor des terminaux mobiles comme les smartphones et de la formule « forfait internet illimité »

Quant au web des objets, il peut se définir comme « un réseau d’objets connectés à internet, équipés de capteurs intelligents qui communiquent entre-eux (Machine To Machine) et éventuellement avec leurs propriétaires »; il se résume brièvement par la capacité des objets du monde physique à interagir avec le web. La mise en relation de ces objets intelligents avec les technologies du web offre à ses utilisateurs des informations précieuses.

Ce que l’on considérait comme la révolution de demain s’appréhende dorénavant comme les prémices d’une nouvelle réalité dont les premiers jalons se mettent en place petit à petit mais dont on sait aussi que le développement sera exponentiel. Ce n’est évidemment pas un hasard si le président François Hollande avait inclus les objets connectés parmi les 34 projets d’avenir pour relancer l’industrialisation et que trois PME françaises (Medissimo, Netatmo et Sen.se) seront récompensées en janvier au CES 2013, le salon annuel consacré au high tech qui a lieu à Las Vegas.

Mais revenons à nos moutons, et parlons de ces tendances émergentes. Dans un futur proche, tous les objets de notre vie quotidienne pourront être connectés au web. On estime ainsi à 80 milliards le nombre d’objets connectés en 2020. Ils serviront de nombreux domaines tels que celui de la santé et du bien-être, celui du travail, celui de la sécurité, tout ce qui concerne les taches ménagères et le milieu urbain… Voici les quatre principales tendances ressenties par Cédric Oeblinger, chargé de projet Digital / Print & Community Manager cher Billiotte & Co :

Les objets collecteurs de données.

Rentre dans cette catégorie tous types d’objets pouvant collecter des informations puis les analyser dans un but défini en amont. En exemple, on peut citer le thermostat connecté inventé par la société Netatmo de Frédéric Potter. Le thermostat décortique les données de température pour un ajustement précis de la puissance du chauffage et permet grâce à son analyse de réaliser des économies d’énergie. La future invention de Rafi Haladjian (connu pour le lapin Nabaztag), pour l’heure mystérieuse, dévoilera lors du salon de Las Vegas « un objet utile pour collecter les données de la vie quotidienne ». Les smartphones et leurs services de géolocalisation utilisent nos données de la même manière. Plus anecdotique maintenant mais très certainement pratique pour les têtes en l’air, il existe un capteur susceptible de vous prévenir lorsque votre plante verte manque d’eau.

Les objets portés sur le corps.

Ils collectent les données et facilitent le quotidien. C’est le cas pour les tee shirt munis de QR-code ou de puces RFID (pour radio frequency identification). Cela peut aller assez loin : les Google Glass, issues du Google X Lab, intègrent caméra, micro, mini-écran, accès internet et pavé tactile. Les objets portés ont souvent un lien avec tout ce qui a trait à la pratique sportive. Le bracelet Nike+FuelBand SE notamment, mesure les mouvement du corps, mesure le poul et permet d’améliorer sa vie active. Dans le même ordre d’idées, le bracelet Fitbit, porté la nuit, enregistre les mouvements du corps de son utilisateur et détermine le nombre d’heures de sommeil et calcul via une équation simple sa qualité. On pourrait également prendre en exemple les chaussures intelligentes. Quoi qu’il en soit les bracelets et autres vêtements de ce genre se multiplient et deviennent les coach particuliers d’aujourd’hui.

Les objets liés à la reconnaissance utilisateur.

Ces objets nécessitent en amont l’authentification de l’utilisateur. Il est possible par exemple d’autoriser ou d’interdire l’accès d’une personne à distance, via la serrure Auguste Smart Lock connectée à un mobile. Dans cette rubrique, on compte donc les poignées de porte, les montres, les lunettes…

Les objets répondant à des besoins quotidiens ou l’application est manifeste.

Le magnet Evian Smart Drop, imaginé par Joshfire et BETC, collé sur le frigo peut détecter les besoins en eau de son détenteur et permet de passer commande en fonction de ce qu’il y a à l’intérieur. Dans un tout autre registre, Google a annoncé le déploiement de ballons dirigeables afin d’apporter des connexions wifi à certains pays d’Afrique.

Les apports et usages des objets connectés sont légions.

Cela se traduit au quotidien par un tas de petites innovations qui se destinent à l’amélioration de la qualité de vie. Forcément, en déléguant les taches aux machines et d’une manière générale en proposant une meilleure gestion du quotidien dans presque tous les domaines, les capteurs nous accordent un gain de productivité et de temps considérable. Mais cela a aussi des répercussions positives en médecine. Les équipements médicaux seront plus que jamais performants. Ils éviteront probablement le 1% d’erreur humaine en plus d’obtenir une anticipation  supérieure des risques spécifiques des malades par l’analyse constante de leurs données.

Du coup les objets connectés sont furieusement tendances. Tout le monde s’y intéresse, des géants Apple, Samsung et Nike aux sociétés plus modestes. Sans oublier les hommes politiques. On en parlait plus haut avec les 34 plans d’action à la réindustrialisation de la France. Car les objets connectés pourraient avoir une vertue précieuse : redonner de l’emploi. C’est en tout cas ce que pense Éric Carreel, président de Withings estimant que la fabrication toujours plus importante d’objets connectés s’accompagnera de services associés tels que la livraison de ces objets et pourrait donc créer des emplois en France.

Seul bémol, l’utilisation des objets connectés peut conduire à des dérives entre des mains mal intentionnées. L’accroissement de ces objets pourrait en effet aller de pair avec le risque d’intrusions dans nos vies privées et ouvrir une porte d’accès supplémentaire vers la cybercriminalité.

Par Sébastien Tribot

La domotique 2.0 à l’assaut des séniors

Enfin ! Le marché de la domotique devrait connaitre une forte croissance d’ici 2015. C’est du moins ce que pronostique le cabinet Xerfi pour qui « toutes les conditions sont enfin réunies pour faire de la maison intelligente un véritable marché de masse ».  Optimiste ? Xerfi chiffre à 35% le développement de la domotique et estime que ce marché pèsera près d’un milliard d’euros dans 2 ans.  Attendu depuis de nombreuses années, l’essor de la domotique va peut-être enfin avoir lieu. Parmi les différents facteurs de ce décollage, les séniors pourraient  bien peser massivement dans la balance.

Améliorer l’autonomie à domicile

La domotique, ensemble des technologies appliquées au bâtiment permettant d’en centraliser différents systèmes, existe depuis longtemps, mais peine à s’imposer dans les maisons. Systèmes d’éclairage, de chauffage, d’alarme et de commande à distance sont mis en réseau pour une gestion autonome. Et question autonomie, les personnes âgées en sont très demandeuses. Pour s’éviter la maison de retraite et rester chez eux ou simplement pour gagner en confort et en sécurité, les séniors ouvrent de plus en plus leurs portes aux solutions domotiques.

Un quotidien facilité

Grâce à la domotique, l’automatisation prend tout son sens et les équipements en deviendraient presque intelligents. Côté confort, les habitants peuvent compter sur des éclairages automatiques, la programmation du chauffage et le suivi de température ou encore le pilotage centralisé des volets et des portes. Des asservissements appréciables pour des personnes âgées à la mobilité difficile ou amoindrie. Mais ce qui séduit le plus sont les solutions garantissant la sécurité de l’habitant.

D’après l’enquête « Habitants, habitats et Modes de vie » menée par le CREDOC en juillet 2013, les solutions d’automatisation jugées les plus importantes à hauteur de 52% pour les personnes âgées sont celles qui répondent au besoin impératif de sécurité. Des systèmes de détecteurs de présence, de mouvement ou d’anomalie sont plébiscités par les familles qui y voient un moyen d’assurer la sécurité de leurs séniors lorsqu’ils sont seuls chez eux.

Les systèmes se sont perfectionnés, à l’image des détecteurs d’anomalie. Ceux-ci se familiarisent avec les habitudes de vie de l’habitant via des capteurs. Si ces derniers déclenchent une alarme en cas de chute, ils sont surtout capables de remarquer des modifications du comportement au jour le jour et de donner l’alerte. Une surveillance étroite donc, et personnalisée.

Tablettes et smartphones soutiennent la domotique

La domotique s’appuie sur les progrès des différents terminaux portables, comme les téléphones ou les écrans tactile. Certaines entreprises ont même développé des supports dédiées aux séniors avec de grosses touches par exemple. Des évolutions qui facilitent le recours à la domotique. Une aisance nécessaire pour dompter les séniors souvent réfractaires aux nouvelles technologies.  Pour briser leur isolement et garder un lien social, les personnes âgées peuvent utiliser la télévision connectée à internet comme plate-forme d’accès à toutes sortes d’informations pratiques : info, horaires des transports, services de proximité, envoi de SMS vocal et même visiophonie.

La domotique veille sur  nos séniors

En véritable gardien protecteur, la domotique propose aussi des systèmes de gestion des formalités administratives. A l’aide d’un scanner simplifié, factures et courriers importants sont scannés et soumis à une application qui gère automatiquement leur classement et leur traitement. De quoi simplifier la vie, et pas que des séniors ! Autre application, des piluliers équipés d’une carte SIM qui alertent en cas d’oubli de prise des médicaments.

Jusqu’au 29 novembre se tient la 4e édition des Journées Nationales de la Domotique, organisée par l’association Promotelec. Pour participer ou visiter un des nombreux showroom rendez-vous sur leur site des journees nationales de la domotique.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Skylon, l’avion qui vole à Mach5

Dans les tuyaux de l’entreprise Reaction Engines, une nouvelle technologie baptisée le pré-refroidisseur. Son principe ? Refroidir l’air entrant dans le moteur très rapidement pour lui permettre de tourner à un régime très élevé sur une longue durée. Alan Bond, ingénieur en chef du projet, affirme que ce système est capable de refroidir de plus de 1000°C l’air entrant en moins de 0.01s !

Une performance possible grâce à un système de refroidissement à base de tubes très fins assemblés suivant la forme d’un tourbillon. Ces tubes contiennent de l’hélium condensé. Le gaz sert à extraire la chaleur de l’air dont la température chute à -150°C juste avant de pénétrer dans le moteur. Un autre système a été développé par ces britanniques pour empêcher le gel  de l’eau contenu dans l’air, protégeant ainsi le moteur du givre.

Ces spécificités techniques permettront au Skylon de voler à une vitesse supérieure à cinq fois la vitesse du son. Moins que l’avion le plus rapide qui performe à Mach 9,6, mais bien plus que les avions standards et plus de deux fois plus que la vitesse moyenne du feu Concorde. De quoi raccourcir la durée des vols commerciaux, mettant l’Australie à moins de 4h de l’Europe.

Il faudra toutefois attendre 2019 pour espérer monter à bord d’un tel supersonique. Actuellement, le Skylon est en phase de test. D’après Reaction Engines, le Skylon fera 84m de long et sera capable d’emporter 300 passagers. Cet appareil coûte quand même la bagatelle de1.1 milliards de dollars. Mais à ce prix là, le Skylon pourra même aller dans l’espace.

Découvrir le Skylon en vidéo :

Par Audrey Loubens

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Enfin une batterie à base de graphène

Publiée dans Nature, l’invention des scientifiques de l’université Vanderbilt dans le Tennessee va faire pâlir d’envie tous les propriétaires de smartphones. Imaginez, une batterie qui se recharge en quelques secondes et qui tient plusieurs semaines ? Un rêve devenu réalité grâce à un choix de matériau audacieux, le graphène.

Le principe est de remplacer le système classique, un stockage chimique de l’électricité, par un système basé sur une puce en silicium permettant d’assembler des ions sur un matériau poreux. Le choix du graphène est un succès puisque pour la première fois, le système fonctionne de façon stable.

D’après leurs résultats, une telle batterie abaisserait le temps de chargement à quelques secondes contre plusieurs minutes voire plusieurs  heures. Deuxième avantage, la batterie tiendrait plusieurs semaines ! Et ce n’est pas fini. Les chercheurs indiquent une durée de vie 4 fois plus importante avec une moyenne de 5 000 rechargements contre seulement 1200 pour les batteries standards.

Alors, la fin de l’ère des batteries au lithium a-t-elle sonné ? Pas encore. Car il y a une chose que les chercheurs ne chiffrent pas, c’est le coût d’un tel système. Rappelons qu’en 2013, un gramme de graphène coûte 800 dollars, ce qui reste très cher et incompatible avec une production de masse. Néanmoins, le fonctionnement de cette nouvelle batterie au silicium-graphène est très prometteur. D’autant qu’un autre secteur que la téléphonie mobile s’intéresse à ces batteries. Il s’agit de l’industrie automobile, dont les voitures électriques pourraient bien s’équiper dans le futur pour enfin proposer une autonomie digne de ce nom.

En savoir plus sur le site de l’université

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

News environnement : novembre 2013

Un dispositif développé en Espagne élimine les émissions de CO2 industrielles

Une collaboration entre le Centre des Lasers Pulsés (CLPU), le Service Général de Spectrométrie de Masse de la plate-forme d’appui à la recherche (NUCLEUS) de l’université de Salamanque, et l’entreprise espagnole Iberdrola Ingénierie a permis le développement d’un dispositif qui pourrait éliminer presque 100% des émissions de gaz à effet de serre émises par les industries dans l’atmosphère, principalement des émissions de CO2. Les chercheurs ont déjà présenté un brevet national pour le premier prototype du système, qui est le résultat du projet de R&D SIGMA débuté il y a deux ans. Le système utilise la radiation laser pour ioniser les gaz et les extraire au travers de champs électriques et magnétiques.

Un dispositif peut-être révolutionnaire, puisqu’il permettrait d’affronter, sous un nouvel angle, les problèmes environnementaux et climatiques causés par les émissions de CO2. Eviter que ce gaz résultant des différentes activités humaines ne s’accumule dans l’atmosphère représente un immense défi à la fois scientifique et technologique, auquel existent trois pistes de réponse : capturer le CO2 émis avant son entrée dans l’atmosphère, miser sur les énergies non carbonées, et augmenter l’efficience énergétique de nos industries.

Le prototype breveté par le CLPU s’inscrit dans la première option, et présente l’avantage d’être beaucoup moins coûteux que les autres voies qui ont été explorées jusqu’à présent dans ce domaine.

La première partie du processus mis en place consiste en une « photo-ionisation » des molécules de la phase gazeuse, c’est à dire d’une ionisation de ces molécules grâce à l’action d’un laser. Après cette opération, une spectrométrie de masse permet de séparer les différents composants de la phase gazeuse. C’est en fait cette phase du processus qui représentait le plus grand défi scientifique et technologique pour les chercheurs, car jusqu’à maintenant la spectroscopie de masse avait surtout été utilisée pour travailler avec de très petites quantités de gaz (analyse de composés chimiques par spectroscopie de masse à partir de petites quantités d’échantillon). Dans le cas présent, l’objectif du projet est au contraire de réussir à appliquer ce processus à de grandes quantités de gaz, ce qui n’avait encore jamais pu être obtenu auparavant.

Un des principaux obstacles à franchir était le cout énergétique de la spectroscopie de masse appliquée à des quantités importantes de gaz, qui aurait pu annuler les bienfaits du procédé en termes de bilan carbone. Cette difficulté a pu être surmontée grâce à l’utilisation d’un laser, qui permet dans le prototype de séparer électrostatiquement les molécules ionisées, sans qu’elles se heurtent à d’autres particules. Obtenir que les molécules circulent dans la bonne direction à pression atmosphérique et en temps voulu pour réaliser le processus est une opération extrêmement complexe que les scientifiques du projet travaillent encore à optimiser.

La séparation par spectrométrie de masse génère de nouvelles molécules, comme par exemple de l’oxyde de soufre ou de l’oxyde d’azote, qui peuvent être employés dans l’industrie chimique ou comme fertilisants. De cette manière, le prototype présenté pourrait permettre à la fois de résoudre le problème environnemental de l’émission industrielle de gaz à effet de serre, et aussi de générer des produits dérivés de haute valeur commerciale.

L’avenir dira si ce système peut s’avérer rentable pour les entreprises, mais ses inventeurs sont convaincus qu’il pourra permettre de grandes économies de coûts, tout spécialement pour les grandes entreprises, qui doivent payer des redevances liées aux émissions de polluants. L’objectif de ses promoteurs est de pouvoir lancer d’ici 4 ans sa commercialisation auprès des petites industries.

Source : bulletins électroniques

Gestion des risques liés aux nanotechnologies. Une coopération Europe-Etats-Unis

Sans que l’on s’en aperçoive vraiment, les nanotechnologies et les nanomatériaux envahissent de plus en plus notre quotidien. On les retrouve un peu partout, par exemple dans les appareillages électroniques modernes, certains médicaments, produits cosmétiques et pommades, textiles, cellules solaires ou encore additifs alimentaires. Cette situation n’est pas sans poser de problèmes environnementaux, de santé et de sécurité. Ainsi, au sein de l’Europe et aux Etats-Unis, on a vu se développer des législations éparses et parfois incohérentes entre elles. Récemment, la nécessité d’une harmonisation entre les réglementations Européennes et Américaines est devenue une évidence.

Ainsi, depuis presque 3 ans, des scientifiques et des médecins des Etats-Unis et d’Europe, travaillant dans le secteur de l’environnement, de la sécurité et de la santé, cherchent à unir leurs efforts pour répondre aux préoccupations de gestion et de contrôle des risques liés aux nanotechnologies. Ainsi en 2011 se tenait le premier séminaire européen-américain « Bridging nanoEHS Research Efforts », à Washington, DC. Un an plus tard, trois communautés de recherche (« CoR ») se sont constituées autour des thématiques, « Modélisation et prédictions en santé humaine », « Tests d’écotoxicité et modèles de prédiction », et « Exposition durant un cycle de vie » lors d’une rencontre à San Francisco. Ces trois CoR sont soutenues administrativement par le bureau américain national de la coordination des nanotechnologies. Puis 3 autres CoR se sont formées lors d’une conférence à Grenoble : « Bases de données et Ontologie », « Evaluation des risques », et « Contrôle et gestion des risques », ces dernières étant soutenues administrativement par l’Union Européenne.

Les six communautés collaborent au travers de conférences annuelles et de téléconférences. La dernière téléconférence, le 7 novembre dernier, était initiée par la 6e CoR (« Contrôle et gestion des risques ») et abordait la question urgente de trouver un terrain d’entente pour l’ensemble des secteurs du commerce, des matériaux et des sciences naturelles pour l’élaboration de lois nano harmonisées à l’échelle internationale. En effet, si aucune mesure n’est prise en compte pour coordonner les politiques des différents acteurs du secteur rapidement, la poursuite des investissements et le développement de l’ingénierie de pointe dans le domaine des nanotechnologies subiront un ralentissement inévitable.

Une trentaine de participants ont assisté à cette conférence. L’importance de la mobilisation des scientifiques et professionnels de la santé a été mise en avant, afin d’identifier et de partager des méthodologies, des stratégies de contrôle et de démontrer des solutions efficaces. Le but commun de ces lois étant de réduire et prévenir les effets néfastes de l’exposition aux nanomatériaux pour la santé, la sécurité et l’environnement.

Un problème initial de définition : vision européenne

Ilise L. Feitshans, avocate Suisse spécialiste des questions liées aux nanotechnologies, a montré à quel point les lois concernant les nanotechnologies étaient en compétition les unes avec les autres, avec notamment des définitions différentes de l’appellation « nano », ne permettant pas d’établir une harmonisation internationale de ces lois.

Elle est l’auteur d’un article, « Forecasting Nano Law : Defining Nano » qui se concentre sur ce problème fondamental de définition. Elle y explique par ailleurs que les définitions admises par les différents acteurs du domaine des nano, sont en général très simples mais du coup beaucoup trop larges, si bien que par exemple des molécules biologiques naturelles (e.g. les cellules sanguines) se retrouveraient classées parmi les nanomatériaux et donc soumis à la réglementation.

Durant la conférence, le Dr. Feitshans a pointé les deux principales faiblesses concernant les lois actuelles sur les nanomatériaux : d’une part l’absence d’harmonisation et d’autre part le manque d’éducation des consommateurs. Afin de remédier à la situation, elle a suggéré une implication éventuelle du Conseil de l’Europe dans la définition et la réglementation des nanotechnologies au sein de ses 47 pays membres. De plus, elle a proposé une implication du Comité des Ministres, lesquels pourraient évaluer les aspects économiques, scientifiques, politiques et légaux pour déterminer s’il est nécessaire de créer une Convention sur « les nanotechnologies et les droits de l’homme / les nanotechnologies et la santé » ou plutôt ajouter un protocole spécifique à un Conseil déjà existant tel que la Convention Oviedo sur la biomédecine et les droits de l’homme.

Enfin, elle a proposé la rédaction d’un rapport pour guider la mise en place de cette éventuelle commission. Ce rapport aborderait ainsi la question du critère le plus pertinent à adopter pour donner une définition claire de ce que l’on veut appeler « nano », comment faire respecter les lois nano qui seront établies et comment les contrôler, définir le rôle éventuel de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, comment communiquer à l’échelle mondiale et harmoniser les lois à l’échelle nationale tout en impliquant le Conseil de l’Europe et autres institutions.

Des accréditations professionnelles pour la gestion des risques liés aux nanotechnologies : l’initiative américaine

Donald Ewert, vice-président de la compagnie NanoTox Inc., compagnie spécialisée dans la gestion et l’évaluation des risques liés à l’utilisation des nanomatériaux- a présenté le principe des programmes d’accréditation qu’ils veulent instaurer à l’échelle internationale. Ces programmes se basent sur une harmonisation internationale des lois concernant les nanomatériaux, grâce à la définition au préalable d’une base de standards des nano vis-à-vis des risques environnementaux, de sécurité et de santé. L’ensemble du programme d’accréditation devrait être établi dans les 6 prochains mois.

Dans un premier temps, un Comité Consultatif sera formé, lequel inclura des organisations non gouvernementales, des industries, des universités et une variété de parties prenantes et entités gouvernementales d’Amérique du Nord et d’Europe. Le rôle du comité sera d’établir un modèle, inspiré d’un modèle commercial déjà existant, pour créer ladite base de standards.

Ce modèle fera alors l’objet de cours de formation académique. A l’issu de ces cours, les auditeurs seront capables de comprendre l’étendue des risques potentiels liés aux nanomatériaux et nanotechnologies et d’en assurer un bon control. Ils pourront alors délivrer des accréditations aux différentes structures privées comme publiques travaillant dans le domaine. Ces établissements accrédités garantiront ainsi une approche cohérente de la réglementation des nanomatériaux à l’international et une vérification rapide et efficace des risques impliqués.

Une fois cette démarche lancée, d’autres organismes de réglementation pourraient s’y joindre, de la même façon que ce qui se passe actuellement avec l’harmonisation mondiale de la sécurité en chimie (« Global Harmonization of Chemical Safety » GHS).

Par ailleurs, un groupe de professionnels hautement respectés et faisant autorité devra se charger de superviser l’amélioration du modèle d’accréditation tous les deux ans, en parallèle de leurs activités et engagements professionnels. Ainsi, l’initiative de ces programmes d’accréditation permettra le développement d’une politique internationale et cohérente pour les nanotechnologies.

Source : bulletins électroniques

Les macro-algues de la côte portugaise : source d’alimentation ou source d’ennui ?

Les macro-algues sont en train de modifier l’écosystème marin portugais. Fernando Correia et Leonel Pereira, chercheurs aux Universités d’Aveiro et de Coimbra respectivement, ont attiré l’attention de la communauté scientifique sur ce phénomène grâce à leurs travaux récompensés par la mairie de Cascais. Les côtes portugaises sont envahies par des macro-algues du Sud Est de l’Asie, d’Australie, d’Afrique du Sud et d’Amérique du Nord. Certaines de ces algues peuvent atteindre jusqu’à 12 mètres de long, monopolisant l’accès à la lumière ou aux nutriments et empêchant le développement des algues locales, plus petites. Les conséquences sur l’écosystème sont importantes, car ces macro-algues ont des capacités de reproduction et de fixation supérieures aux algues typiques de la côte portugaise. Leur développement empêche la croissance des algues plus petites, ayant également un impact sur l’alimentation des poissons et autres invertébrés des côtes portugaises.

Certaines de ces algues ont été introduites par la main de l’homme, dans le cadre de la culture des algues, mais la plupart ont été amenées par des navires des grandes lignes commerciales qui parcourent le monde entier. Les études ont montré que ce sont des particules qui se fixent sur la coque des navires et qui sont transportées sur des milliers de kilomètres, dans l’attente de trouver un milieu favorable à leur reproduction et à leur expansion. « Lorsque un navire fait escale dans un port qui a un environnement propice pour la reproduction de ces algues, ces dernières libèrent des spores qui se propagent… », a expliqué Fernando Correia. Il a ajouté que la lutte contre ce type d’algues sera difficile. En effet, qui nettoierait la coque d’un porte-conteneur qui entre dans les eaux portugaises ? De plus, un autre facteur important de contamination sont les installations sanitaires de ces navires.

Lorsque l’eau aspirée par ces embarcations n’est pas correctement filtrée, elle peut contenir des spores de ces différentes espèces qui seront par la suite libérées dans les ports d’escale. Ce vecteur de contamination a introduit sur les côtes européennes le goémon japonais. On estime que les grands navires transatlantiques de ce type, transportent par jour près de 700 espèces à travers les océans, dont une petite partie se stabilisera. Ce phénomène aurait également un impact sur l’alimentation humaine. En effet, Leonel Perreira travaille également sur la valorisation des algues dans l’alimentation humaine et est un des protagonistes portugais des workshops sur la récolte, la confection et la dégustation des légumes de la mer typique des côtes portugaises. Il a mis au point le menu suivant : des algues farcies aux moules avec un bouillon de crevettes aux algues, en entrée, un riz de spaghettis de mer avec des pignons et des raisins secs en plat principal et une mousse d’agar-agar aux deux citrons pour le dessert. Pour de nombreuses personnes, l’utilisation d’algues dans l’alimentation peut paraître étrange et est synonyme d’une cuisine exotique, mais les algues sont de plus en plus utilisées par de grands chefs européens qui cherchent une cuisine alternative à haute valeur nutritive.

Les macro-algues sont riches en protéines, en fibres, en lipides, en vitamines, en fer, en iode, en antioxydants et sont de digestion facile. Sur le vieux continent, certaines pâtisseries et boulangeries les utilisent dans leurs pains et leurs pâtes. Certains fabricants de conserves les utilisent car elles apportent une saveur iodée. Elles sont également utilisées sous forme de poudre pour texturer des gélatines et des sauces en industrie alimentaire. Au Portugal, il existe une seule entreprise qui produit ses propres algues en aquaculture, Algaplus à Ria de Aveiro. Les produits sont commercialisés sous la marque « Tok de Mar » directement au consommateur. Helena Abreu, biologiste et fondatrice de l’entreprise a expliqué qu’ils utilisaient un système alternatif d’aquaculture, intégrant des daurades et des bars. Cette méthode permet un meilleur contrôle de qualité de l’eau et des nutriments et une meilleure stabilité durant toute l’année. Pour le moment, la production est faible, quelques centaines de kilogrammes par an, mais l’objectif est de produire 50 tonnes d’algues d’ici 2015, qui seront par la suite séchées. Algaplus aimerait également développer un marché pour fournir des matières premières pour les cosmétiques et la production de bioplastique

Source : bulletins électroniques

News Informatique : novembre 2013

Une équipe de chercheurs d’Osaka a développé une souris d’ordinateur contrôlée par la respiration

Une équipe de l’Université Kinki à Osaka a développé une technologie permettant de contrôler le curseur de l’ordinateur simplement par la respiration.

Le 28 octobre 2013, les chercheurs du Human Ergonomic Engineering Robotics Research Lab du département science et technologie pour la biologie de l’Université Kinki ont présenté leur projet aux journalistes. L’appareil prend la forme d’un tube en plastique placé dans la bouche de l’utilisateur. Le capteur situé dans le tube mesure la puissance et la durée de chaque respiration que le système interprète comme des commandes. En faisant varier ces paramètres pour les inspirations et les expirations, l’utilisateur peut commander à la souris d’aller vers le haut, le bas, à gauche ou à droite. En soufflant ou inspirant d’une manière plus forte, il est possible de cliquer ou double cliquer.

Les chercheurs ont développé cette technologie pour permettre aux personnes handicapées des membres supérieurs d’avoir accès aux fonctionnalités nécessitant une souris, notamment les journaux d’actualités en ligne et les réseaux sociaux.

Source : bulletins électroniques

Un logiciel détermine automatiquement l’espèce d’un échantillon grâce aux séquences d’ADN

Un groupe de chercheurs de l’école supérieure des études environnementales globales de l’Université de Kyoto a développé un logiciel de codage à barres de l’ADN pour prévenir l’étiquetage frauduleux des produits alimentaires et aider les enquêtes policières en identifiant l’origine des substances découvertes sur les scènes de crimes. Grâce à ce logiciel récemment mis au point, les utilisateurs peuvent facilement déterminer à quelle espèce appartiennent des objets vivants en s’appuyant sur les informations de leur séquence ADN. Le développement de ce logiciel a été annoncé le 18 octobre dans le journal de recherche scientifique américain Plos One.

« Les prix du thon jaune (albacore) et du thon rouge du Pacifique sont drastiquement différents. Il est néanmoins difficile même pour des experts de faire la distinction entre les deux une fois qu’ils ont été cuisinés. L’utilisation de ce logiciel permet de détecter facilement les erreurs d’étiquetage, » déclare Akifumi Tanabe qui a joué un rôle prépondérant dans le développement du logiciel. En permettant de mener ce genre de test de façon plus normalisée et abordable, sans passer par un débat d’experts, la lutte contre la fraude sera grandement facilitée. On peut ainsi penser à la fraude avec viande de cheval dans les plats cuisinés en Europe qui aurait pu être décelée plus tôt.

Le logiciel créé par les chercheurs est capable de comparer des séquences d’ADN de plantes, poissons et tout autre objet vivant avec les séquences contenues dans les bases de données d’ADN. En comparant le codage à barres de l’ADN, le logiciel détermine automatiquement de quelle espèce les objets vivants proviennent. S’il s’agit d’une nouvelle espèce ou d’une espèce non référencée, le logiciel est capable de déterminer la famille et le genre auxquels elle appartient et d’indiquer quelles espèces connues lui sont apparentées. L’accès aux banques de données d’ADN est possible au Japon, aux Etats-Unis et en Europe. Les banques rassemblent les séquences ADN de près de 288.000 espèces de tous types.

Jusqu’à ce jour, le travail qui consiste à déterminer l’espèce d’un échantillon d’être vivant dépendait en grande partie de la connaissance d’experts et de leur expérience. Compte tenu de ces limitations, des erreurs étaient possibles et les avis pouvaient diverger. Ce logiciel permet d’automatiser et de normaliser l’opération en bénéficiant des dernières connaissances scientifiques en matière de génétique.

Source : bulletins électroniques

Des diodes spécifiques pour des écrans moins chers ?

Des chercheurs des universités de Bonn (Rhénanie du Nord-Westphalie) et de Ratisbonne (Bavière) ont développé un nouveau type de diodes électroluminescentes organiques (OLED) [1]. Ces OLED devraient permettre de produire des écrans de télévision ou d’autres appareils de façon plus économique.

Les OLEDs existent déjà aujourd’hui, mais leur insertion dans des écrans nécessite l’utilisation de métaux précieux tels que le platine ou l’iridium afin d’augmenter leur rendement, qui est d’environ 25%. Les nouveaux modèles développés explorent de nouvelles pistes pour améliorer l’efficacité sans utiliser ces matériaux chers.

Une OLED classique possède un film mince constitué de molécules de carbone et d’hydrogène, placé entre deux électrodes. Un courant électrique traverse les différentes molécules. Si deux charges de signes opposés se rencontrent, il y a un éclair lumineux. Mais ces charges électriques portent aussi un spin magnétique ; si ces charges possèdent le même spin magnétique, elles se repoussent, même si les charges électriques sont opposées. L’énergie électrique alimentant la diode se transforme ainsi en chaleur, non en lumière. Ce phénomène explique l’utilisation de métaux précieux, car ceux-ci permettent de générer un champ magnétique fort qui modifie le spin des particules électriques, permettant ainsi les chocs, et donc l’émission de lumière.

Les chercheurs de Bonn et de Ratisbonne ont choisi une autre voie. Les spins des particules électriques changent en effet tous seuls, si « on peut attendre assez longtemps » comme l’explique John Lupton, professeur de physique à l’Université de Ratisbonne. Pour tirer profit de cette caractéristique, les scientifiques ont donc développé une OLED capable de stocker l’énergie plus longtemps, permettant aux spins de changer et donc aux charges électriques de se rencontrer.

Ces recherches ont été soutenues par la fondation Volkswagen et par l’Agence allemande de moyens pour la recherche (DFG).

Source : bulletins électroniques

SeaOrbiter, à la conquête des abysses

Jules Verne en avait rêvé, et voilà qu’un Français, Jacques Rougerie, l’a fait. Concevoir un engin capable d’explorer les fonds sous-marins, même les plus profonds. Avec le projet SeaOrbiter, l’architecte fait passer le Nautilus pour une antiquité.

Imaginez. 58 mètres de hauteur et 2600 tonnes pour cette maison sous-marine autonome aux allures  de vaisseau futuriste. Car une des particularités du SeaOrbiter est qu’il possède une partie émergée et une partie immergée, le tout divisé en 10 niveaux dont 4 au dessus du niveau de la mer. C’est donc plus de la moitié du bâtiment marin qui évolue sous l’eau. Des engins d’exploration subaquatiques pourront ainsi sortir et rentrer du SeaOrbiter directement dans la mer.

Pour mieux connaitre la vie des océans, les scientifiques du SeaOrbiter pourront effectuer des enregistrements sonores des fréquences émises suivant les espèces, ils pourront fixer sur les animaux des micro-balises, mais surtout, ils pourront déployer des outils d’explorations spécifiques. Les trois appareils qui seront embarqués sont un ROV (Remote Operated Vehicle), capable de filmer et faire des prélèvements jusqu’à 100m de profondeur, un sous-marin biplace lui aussi capable de descendre jusqu’à 100m, et un AUV (Autonomous Underwater Vehicle), un drône plongeur spécialisé dans la cartographie et l’exploration des très grandes profondeurs puisque capable de descendre jusqu’à 6000m !

Cet engin dérivant en aluminium recyclable, le Sealium, pourra accueillir entre 18 et 22 personnes à son bord. Le système de communication et les antennes sont positionnés au sommet du mât, côtoyant une éolienne verticale qui produira de l’énergie pour le vaisseau. Des panneaux solaires de 350m² de surface complètent le dispositif des ressources d’énergie renouvelable. En dessous, les 6 étages rassemblent un local plongée, un laboratoire marin humide, des laboratoires pluridisciplinaires, une zone médicalisée, les couchettes, des quartiers de vie en zone atmosphérique et sous le niveau de la mer, des quartiers de vie en zone pressurisée et le hangar sous-marin. Le SeaOrbiter dispose d’une quille relevable de 180 tonnes et d’un propulseur de poupe.

Un design à la pointe pour explorer un univers encore inconnu. Les scientifiques estiment que des millions d’espèces n’ont pas encore été observées. De même, de nombreux vestiges de civilisations passées pourraient reposer dans ces très grandes profondeurs. Avec le SeaOrbiter, même les failles les plus profondes seront accessibles, de quoi faire de nombreuses découvertes. Ces endroits sont tellement mystérieux que personne ne peut à ce jour prédire ce que l’on y trouvera. Ces abysses sont sources de nombreux fantasmes,  James Cameron avait plongé ses personnages du film Abyss à plus de 7000m pour qu’ils se retrouvent nez-à-nez avec des créatures moralisatrices capable de déchaîner des tsunamis, plus récemment, dans Pacific rim Guillermo del Toro a fait apparaitre de ses failles les terribles « Kaiju »… Espérons que les découvertes du SeaOrbiter seront de nature moins guerrière !

Autre utilisation scientifique que l’exploration des fonds marins, le SeaOrbiter servira de zone d’entraînement aux astronautes. Son module hyperbare reproduit fidèlement les conditions de vie dans l’espace et fonctionne comme un simulateur spatial à l’intérieur duquel les astronautes s’entrainent pour les vols de très longues durée (destination Mars ou les astéroïdes).

Un projet pharaonique qui va bientôt devenir réalité. Jacques Rougerie a en effet quasiment fini de réunir les 35 millions d’euros nécessaire au démarrage du chantier colossal qui verra émerger des chantiers de Saint-Nazaire le SeaOrbiter. Il faudra 18 mois pour le construire. Sa première mission se fera donc dès 2016, et c’est la mer Méditerranée qui sera sa première cible. Ambitieux, son créateur envisage déjà un véritable réseau de SeaOrbiter répartis sur les différentes mers du globe, observant tous les recoins des fonds marins. Mais c’est encore une autre histoire.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

[PUBLIREPORTAGE] RITME : des logiciels clés pour la compétitivité de l’industrie

Plans d’expériences, calcul, simulation et visualisation des données, autant de domaines dans lesquels de nombreux ingénieurs utilisent encore trop souvent Excel ou des logiciels détournés de leur usage premier.

Pourtant il existe des logiciels performants, simples d’utilisation et d’apprentissage, prenant en compte les approches et les besoins métier des ingénieurs. RITME, qui travaille avec des experts reconnus dans vos domaines d’activité, conseille, équipe et forme, pour faciliter votre travail au quotidien.

Cette année, la gamme de produits s’est étoffée avec le logiciel de référence  en optique (Zemax), le logiciel de chimie quantique (Gaussian) ou encore la nouvelle version du logiciel de calcul et de simulation  MathCad Prime. MathCad, par exemple, est le logiciel de référence pour le calcul technique. Il permet à chaque ingénieur, de l’utilisateur occasionnel ayant simplement besoin de documenter la source des paramètres de conception à l’utilisateur avancé qui a besoin de réaliser des études de conception sophistiquées et des analyses de compromis, de consacrer plus de temps à l’ingénierie en elle-même.

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Apple et Google se lancent dans la domotique

Avant tout, petit rappel des faits. La domotique (contraction de domicile et automatique) regroupe les technologies de l’électronique, de l’informatique et des télécommunications employées dans les bâtiments pouvant interagir dans un système d’interopérabilité. Elle centralise le contrôle des différents équipements présents au sein de bâtiments variés (maisons, entreprises, lieux publics…) afin d’offrir une gestion et une optimisation du chauffage, de l’éclairage, de la consommation d’énergie des appareils domestiques, des appareils de sécurité et de communication. En règle générale, la centralisation ainsi que la commande de ces technologies peut se faire depuis un terminal, point de commande unique, tel qu’un smartphone, une tablette ou un ordinateur connecté à internet.

Dernièrement, les deux monstres de l’informatique que sont Apple et Google se sont penchés sur le sujet. Chacun a leur manière, ils ont élaboré des projets visant à tirer parti de la domotique, conscients des attraits qu’elle recèle. Le premier a déposé un brevet pour une application domotique utilisant le service de géolocalisation comme outil prédictif. Cela signifie que les appareils domestiques en liaison avec l’iPhone auront connaissance du lieu ou se trouve son détenteur via l’application et pourront en tenir compte en anticipant sa venue. Ainsi, l’éclairage, le chauffage, les  portes et volets automatisés se mettront en marche d’eux-même à l’arrivée du propriétaire. Pas mal non ? Dans le même genre, Apple a une nouvelle fois fait parler d’elle avec le projet iWatch, une montre capable de contrôler les équipements de la maison comme le thermostat, le téléviseur, la chaîne HIFI… À condition bien sûr qu’ils soient connectés. C’est en tout cas ce que prétend un analyste de Cantor Fitzgerald, Brian White. La montre disposera en outre des mêmes fonctionnalités que la Samsung Galaxy Gear: réception des notifications et des appels. Des rumeurs circuleraient sur la possibilité que l’iWatch – si elle voit le jour – intègre d’autres fonctionnalités, notamment celle de coach sportif.

Quant au second, il prévoit à peu près la même chose, mais avec les Google Glass. Munis des lunettes, il sera possible de se servir d’équipements tels que la chaîne HIFI, l’éclairage… Et ce très simplement. En effet, il suffira d’un simple regard sur ce l’on souhaite voir se mettre en marche et d’une pression sur la commande située sur le côté des lunettes pour que l’objet connecté se mette justement en marche. Enfin lorsque les demandes se feront plus complexes – passer à une autre chanson ou régler l’intensité de la lumière par exemple – alors là il faudra le demander à voix haute (commande vocale). Mais Google ne compte pas en rester là et part avec l’Andoid@work, à la conquête de la domotique. Cette fois-ci, il s’agirait d’un hub connecté au Cloud qui centraliserait le contrôle des divers équipements de sécurité et de gestion du confort de l’habitation. Mais à la différence, qui n’est pas des moindres, que celui-ci entend bien faire communiquer des appareils Android avec d’autres non-Android en interopérabilité afin de pouvoir les administrer de la même manière. Qui aura le dernier mot ?

Par Sébastien Tribot

Un nouveau matériau directement inspiré des… roses

Romantiques les scientifiques ? A en croire leur trouvaille, on pourrait le penser. En effet, pour mettre au point un matériau anti-condensation, ils se sont inspirés des roses, ces fleurs à la surface de laquelle les gouttelettes ne s’écoulent pas. Pour mimer cette propriété, les chercheurs de l’université de Sydney ont utilisé des particules de type « framboise ». Ces particules sont composées d’un cœur de polystyrène de 850nm de diamètre autour duquel sont disposés des nanoparticules de polymères de tailles différentes, elles-mêmes intercalées avec des amines chargées positivement. Les particules « framboise » sont ensuite agglomérées ensemble par  couplage covalent. 

Un tel procédé permet donc  de synthétiser des particules hybrides de type « framboise », à l’origine d’un nouveau matériau particulièrement hydrophobe, à la surface duquel une goutte ne coulera pas mais restera immobile. Une reproduction fidèle des propriétés des pétales de rose. Grâce à ce protocole de fabrication, ce matériau anti-condensation pourrait donc servir dans les avions pour réduire la condensation, ou aider à prévenir la moisissure.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Portrait d’expert : Franck Floriani, conseil en protection des matériaux et ingénierie de surface

Titulaire d’un DUT de maintenance industriel, d’un master de traitement de surface en voies humides et d’un MBA en finances, Franck Floriani mène une activité de conseil, expertise, formation et ingeniering depuis 20 ans en traitement de surface et peintures, protection des matériaux, lutte contre la corrosion, et management des procédés en situation multiculturelle.

Expert dans l’amélioration des procédés industriels, il est certifié Black Belt en Lean 6 sigmas.

Il anime également depuis 2010 chez Techniques de l’Ingénieur de nombreuses formations, tellesCaractériser l’adhérence et l’adhésion, Introduction au contrôle non destructif (CND),Préparation et propreté des surfaces industrielles, Formuler ses peintures : résines, pulvérulents, solvants, additifs, Colorimétrie : mesurer, interpréter et contrôler la couleur,Protection au feu des matériaux, Composites : composition, mise en forme et usinage,Composites : comment maintenir leurs performances, et Fiabilisation des procédés.

Son activité d’expert conseil s’oriente principalement vers l’ensemble des industries de pointe, et en particulier les industries aéronautique, de défense et spatiale. Franck Floriani a par exemple collaboré avec l’un des premiers équipementiers aéronautiques mondiaux au pilotage d’activités en recherche et développement sur de nouveaux traitement de surface, à la conception et aux transferts de technologies sur des peintures et traitement de surface pour roues et blocs freins. Son expertise et son expérience font aujourd’hui un expert incontournable dans ces domaines appliqués à l’aéronautique.

 

Ci-dessus : Franck Floriani présente la formation Composites : composition, mise en forme et usinage, qu’il anime chez Techniques de l’Ingénieur.

Eraole, l’avion hybride électricité-hydrogène décollera en 2015

Vous avez commandé un avion sans émissions polluantes ? Pour cela, prenez une propulsion électrique hybride 25 % solaire et 75 % hydrogène. 43 m² de cellules photovoltaïques associées à des batteries lithium et une pile à combustible devront fournir toute l’énergie nécessaire à ce premier vol transatlantique « zéro carbone » piloté par Raphaël Dinelli.

Eraole® cherchera à maximiser la contribution photovoltaïque au bilan énergétique du vol et optimiser l’apport de la pile à combustible hydrogène. Pour cela, les panneaux utilisés sont légers, souples et ont un rendement s’élevant à 22,6 % ! Le budget du projet ? 5,7 millions d’euros financés par plusieurs mécènes et partenaires.

L’avion devrait être construit entre janvier et août 2014. Il pourra alors être certifié avec un pilote d’essai en septembre 2014, avant de mener ses premiers essais d’endurance sur la zone de départ entre janvier et mai 2015.

Le vol aura lieu en juin 2015, lorsque les conditions d’ensoleillement seront optimales. Le vol devrait durer 40 heures avant un atterrissage prévu dans l’Ouest de la France. On se donne donc rendez-vous au Salon du Bourget l’année prochaine pour admirer ce beau biplan hybride !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’évolution de Mars en vidéo

Les Américains sont décidément très doués en pédagogie et vulgarisation. Le laboratoire du Goddard Space Flight Center de la NASA vient de recréer à l’aide d’images de synthèse l’environnement martien tel qu’il était il y a 4 milliards d’années. A cette époque fort lointaine, l’eau abondait, des rivières couraient au travers des terres, et la vie  pouvait s’épanouir.

La vidéo de près de 2 min permet de visualiser Mars de façon très esthétique. Les réalisateurs n’ont rien à envier à Peter Jackson et ses paysages des Terres du milieu, ni à Jane Campion et sa magistrale Leçon de piano.

 Les vastes étendues martiennes révèlent des montagnes dressées sous une atmosphère nuageuse. La caméra survole le paysage à grande vitesse, montrant un sol caillouteux, puis des plaines désertiques, et enfin l’assèchement progressif de la surface martienne. Finalement, la caméra s’élève au dessus des nuages, sort de l’atmosphère martienne pour nous montrer la planète vue de l’espace, croisant même avec un satellite.

Le tout mis en musique bien sûr pour une expérience encore plus exaltante.

Découvrir l’évolution de la planète Mars d’il y a 4 milliards d’années à aujourd’hui :


 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique