L’interface cerveau-machine révolutionnera la réalité

Entre 2013 et 2016, le projet français HEMISFER s’intéressera au neurofeedback et à la rééducation des personnes souffrant de déficiences motrices, de déficits attentionnels et de troubles psychiatriques. Il est porté par l’Inria, l’unité mixte de recherche IRISA, le service de réadaptation du CHU de Rennes et le centre hospitalier Guillaume Régnier, un hôpital spécialisé en psychiatrie à Rennes.

Les interfaces cerveau-machine (ICM) sont en effet très prometteuses pour les personnes handicapées dans le cadre de paralysies privant les patients de leur capacité à communiquer et se mouvoir. Elles permettent ainsi de communiquer avec certains patients entièrement conscients, mais qui ont souffert d’accidents vasculaires cérébraux et ne peuvent bouger plus que les paupières. Elles peuvent aussi redonner une certaine motricité aux patients atteints de lésions de la moelle épinière qui ne pouvaient plus bouger leurs membres supérieurs et inférieurs.

Ces interfaces ont également de vastes potentiels pour les jeux –vidéo et la réalité virtuelle. Elles ont enfin des applications intéressantes dans le contrôle de robots, les prothèses, les exosquelettes, les véhicules ou les téléphones. 

Comment construire une interface cerveau-machine ?

Une ICM est un système de communication directe entre un cerveau et un ordinateur qui envoie des commandes grâce à la mesure de l’activité électrique des neurones. Cette activité électrique est principalement mesurée par électroencéphalographie à la surface du crâne pour le moment.

Pour développer une ICM, il faut tout d’abord mesurer l’activité cérébrale, filtrer les signaux pour enlever signaux parasites et extraire des caractéristiques pertinentes. Cela se fait grâce à un système d’acquisition et de traitement des signaux cérébraux et un système de classification de ces signaux dans un ordinateur. 

« Une fois que l’on a retrouvé l’activité mentale, on va traduire cela en commande pour la machine », explique Anatole Lecuyer, Directeur de recherche et responsable de l’équipe Hybrid à l’Inria. La machine peut être un écran d’ordinateur, un fauteuil roulant, une prothèse, etc.  

Une fois ces données traitées, il faut développer un retour sensoriel vers l’utilisateur. Cela est indispensable pour entrer dans une boucle d’apprentissage, permettant à l’utilisateur de progresser dans la maîtrise de l’interface et à l’interface d’affiner l’interprétation des activités cérébrales du patient (neurofeedback). 

Les ICM peuvent être soit synchrones, soit asynchrones. Dans les interfaces asynchrones, le patient modifie volontairement son activité cérébrale et la variation neurale correspondante est traitée. Pour les interfaces synchrones, le patient reçoit des stimuli à haute fréquence et le système de traitement analyse sa réponse neurale. 

« Aujourd’hui, on est encore très loin des performances que l’on peut avoir avec un clavier ou une souris d’ordinateur, mais l’originalité est d’avoir un système uniquement contrôlé par la pensée ». note Anatole Lecuyer.

Des capteurs invasifs ou non

Les capteurs peuvent être invasifs ou non invasifs. Dans les systèmes invasifs, les électrodes sont placées dans le cortex. Cela offre une meilleure résolution spatiale, permettant de mesurer l’activité d’un neurone ou d’un microréseau de neurones. Cette technique est notamment utilisée chez des patients atteints de la maladie de Parkinson ou d’épilepsie.

Les techniques non invasives consistent à placer les électrodes sur le cuir chevelu, afin de produire un électroencéphalogramme. La résolution spatiale est alors plus faible et nécessite de porter les électrodes, limitant la durée d’enregistrement. Pour améliorer la sensibilité, les chercheurs développent de nouveaux capteurs capables de mesurer d’autres signaux électriques du cerveau, comme les signaux IRM ou la spectroscopie proche infrarouge.

Un traitement du signal à améliorer

Un travail important est réalisé dans le traitement du signal pour classifier au mieux les signaux cérébraux. À cause des signaux parasites, des techniques de filtrage spatial et temporel sont en effet nécessaires avant de pouvoir traduire le signal en commande. 

Peu de systèmes reconnaissent 100 % des signaux enregistrés. « Il existe une grande variabilité des signaux en fonction des individus ; à cela s’ajoute une variabilité temporelle. Il faut donc des techniques de traitement différentes selon les individus et passer par une phase de calibration et une phase d’apprentissage », explique Anatole Lecuyer.

Ces domaines et bien d’autres font aujourd’hui l’objet de travaux dans une quinzaine de laboratoires en France. Les nouveaux défis sont notamment l’amélioration et miniaturisation des capteurs, le développement des ICM multiutilisateurs, l’extraction de l’activité du cerveau pour l’utiliser de manière indirecte et l’amélioration de l’ergonomie et de l’accessibilité pour les patients. 

Anatole Lecuyer tient à rassurer les personnes qui pourraient craindre cette technologie.  « On ne peut pas aujourd’hui lire dans ses pensées ou forcer quelqu’un à faire quelque chose si lui-même n’est pas volontaire. Il faut même que la personne soit très motivée pour obtenir des résultats ! » affirme-t-il.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Entretien avec Gwenola Burgot, conseillère éditoriale auprès des éditions Techniques de l’Ingénieur

echniques de l’Ingénieur : Madame Burgot, vous êtes conseillère éditoriale auprès des Éditions Techniques de l’Ingénieur depuis 2004, professeur des universités et experte en chimie analytique. En quoi consiste votre rôle de conseillère éditoriale ?

Gwenola Burgot : Je participe à la veille technologique, c’est-à-dire au recrutement d’experts et de rédacteurs, et je participe ensuite à la relecture des articles de façon à garantir la qualité scientifique et rédactionnelle.

Techniques de l’Ingénieur : Au sein du processus éditorial, comment sont choisis les thèmes traités, et les auteurs chargés de les rédiger ?

Gwenola Burgot : Je m’appuie sur les innovations dans le domaine scientifique, sur les parutions de publication, les nouveaux livres, les congrès, où je repère des auteurs par le biais de leurs interventions, et il m’arrive aussi de fréquenter des bibliothèques universitaires étrangères, et j’essaie de me tenir au courant des dernières innovations. De là, nous recrutons des auteurs francophones, et essayons de mettre en adéquation le meilleur expert avec la thématique choisie.

Techniques de l’Ingénieur : Quels sont les gages de qualité concernant les articles rédigés ?

Gwenola Burgot : La révision des articles par les experts de la thématique contribue a leur qualité scientifique, de la même façon que les publications des revues scientifiques sont « reviewees » par un comité d’experts.

Techniques de l’Ingénieur : De cette manière, vous assurez la correspondance des articles Techniques de l’Ingénieur avec les besoins directement exprimés par le terrain ?

Gwenola Burgot : Tout à fait, la veille technologique permet de suivre les évolutions et de devancer les besoins aussi bien des industriels, que de étudiants, des universitaires, des chercheurs, puisque les Techniques de l’Ingénieur s’adressent à un public assez large.

 

Ariane Mizrahi, directrice éditoriale des éditions Techniques de l’Ingénieur :

« Les conseillers éditoriaux ont un rôle très important en ce qui concerne en particulier la qualité, la pertinence, l’adéquation des contenus que nous publions avec les besoins de nos clients. Nous recrutons les conseillers éditoriaux nous-mêmes, au sein de l’équipe éditoriale, en menant une veille technologique : comme madame Burgot, nous assistons à des conférences, lisons, nous documentons, rencontrons et menons le plus possible d’entretiens avec des spécialistes et des professionnels. Cela nous permet de choisir les sujets à développer dans les packs Techniques de l’Ingénieur, de déterminer quels nouveaux packs créer, et d’identifier les personnes qui, comme madame Burgot, sont expertes dans les domaines que nous couvrons et vont pouvoir nous accompagner, nous aider à être au plus près des besoins du terrain, et en termes de qualité, à être conformes à l’état de l’art scientifique et technique.

Les conseillers éditoriaux ont donc ce rôle, très en amont de la publication, de nous amener des sujets et des auteurs de qualité, et aussi tout au long du processus de rédaction, ce sont eux les garants de la justesse scientifique, et de la conformité avec les usages en cours. Ils interviennent en effet à toutes les étapes du manuscrit, de l’idée jusqu’à la publication. Nous nous appuyons sur leur expertise, et leur intervention permet aux auteurs de donner le meilleur d’eux-mêmes, de mettre en valeur toutes leurs connaissances. »

Cette bactérie qui survit en salle blanche

Voilà une découverte assez incroyable. La même bactérie a été trouvée au même moment dans deux salles blanches distantes de plus de 4000km. Et ces deux salles blanches appartiennent chacune à un centre spatial, l’une à celui de Kennedy en Floride, l’autre près de Kourou en Guyane française.  Cette toute nouvelle espèce de bactérie, baptisée Tersicoccus phoenicis, est décrite dans la revue International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology. Elle mesure un micromètre et possède la forme d’une baie. 

Il s’agit d’une super bactérie car elle a réussi à se développer dans une salle blanche, c’est-à-dire un espace « propre », où l’air est filtré de façon à éviter toute présence de poussière, de polluant, de bactérie ou encore de spore. Les traitements chimiques agressifs et les ultra-violet complètent le dispositif de filtration de l’air. Un environnement plutôt hostile qui n’a pas rebuté Tersicoccus phoenicis qui a réussi l’exploit de s’y imposer à deux reprises. Sa présence au sein de centres spatiaux n’est pourtant pas liée à une présence extra-terrestre, il s’agirait d’une coïncidence.

La NASA , à l’origine de cette double découverte, va désormais accroître sa  vigilance pour débusquer ces bactéries ultra-résistantes et ne pas les envoyer en orbite !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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« Coin », la carte bleue nouvelle génération

L’annonce, faite la semaine dernière, n’est pas passée inaperçue : la start-up californienne Coin a finalisé le développement de son premier-né, un appareil de la taille d’une carte de crédit qui se propose de diminuer drastiquement le volume de votre porte-feuille en remplaçant jusqu’à huit cartes de crédit, cartes de membre, cartes cadeaux ou tout autre type de cartes disposant d’une bande magnétique. Baptisée « Coin » également, la carte développée par la jeune entreprise basée à San Francisco laisse à son heureux propriétaire la possibilité de passer d’une carte à l’autre en pressant sur un unique bouton circulaire, se trouvant sur le dessus de la carte. Une fois choisie, « Coin » fonctionne comme les cartes qu’elle se propose de remplacer, que ce soit dans un distributeur automatique de billets, dans un terminal de paiement électronique ou dans tout type de lecteur adapté.

Bluetooth Low Energy

Le secret de Coin tient dans sa bande magnétique – dont le brevet serait en cours de dépôt – une bande magnétique dont le contenu change à l’envi. L’appareil vient avec un petit lecteur se branchant sur le port audio (via une prise jack), servant à scanner les cartes dont les informations migrent vers l’application mobile « Coin », qui se synchronise alors avec la carte via Bluetooth Low Energy (BLE ou Wibree). Créé par le Finlandais Nokia, ce protocole de transmission sans fil permet un débit équivalent au Bleutooth (1Mb/s) pour une consommation d’énergie 10 fois moindre, et fait actuellement les beaux jours des smartwatchs (les montres connectées, qui ont le vent en poupe) ou autres activity trackers.

La batterie de Coin lui permettrait une autonomie de près de deux ans (données fournies par les développeurs), et alimente un petit écran qui affiche les quatre derniers chiffres de la carte que l’on choisit d’utiliser, ainsi que la date de validité et le cryptogramme visuel.

S’inspirer de « Square Reader » en changeant le postulat de départ

L’homme derrière Coin, c’est Kanishk Parashar, qui décida de se lancer dans cette aventure en analysant le succès d’estime de « SquareReader », un dispositif permettant de transformer tout smartphone en terminal de paiement à l’aide d’un lecteur de carte et d’une application mobile. Plutôt que de travailler sur un système acceptant de nombreuses cartes de paiement, Parashar préféra lui jouer la dualité en tentant de développer une carte qui les réunit toutes. Le postulat de départ semblait suffisamment excitant pour permettre de débaucher quelques cerveaux de la Silicone Vallée, unissant leurs talents pour mettre au point un prototype digne de ce nom.

Simplicité de fonctionnement

Les concepteurs se sont vite rassemblés derrière l’idée du bouton unique, servant à la fois à activer la bande magnétique, à passer d’une carte à l’autre et à afficher les données de la carte choisie afin d’éviter toute possibilité de confusion. Ils se sont également fixés huit cartes pour limite, bien que le ventre mou de « Coin » soit tout à fait capable d’en engloutir un plus grand nombre. L’équipe de Parashar a en effet estimé que la majorité des utilisateurs potentiels ne possédait pas plus de huit cartes, et que la navigation à travers un nombre de cartes plus élevé serait inconfortable et relèverait de la gageure.

Et la sécurité ?

Kanishk Parashar se veut rassurant en ce qui concerne la protection de données aussi sensibles que celles stockées dans une carte de crédit, arguant que de nombreuses sociétés possèdent déjà un accès complet à vos coordonnées bancaires sans que la sécurité de celles-ci ne soit menacée. « La copie des informations contenues dans votre carte bleue n’est par ailleurs pas illégale, puisque ce sont vos propres informations », lance Parashar, tentant de balayer d’un revers de main les doutes concernant la sécurité effective du dispositif et les possibilités de fraudes. Les données sont encryptées sur le smartphone et sur la carte « Coin », mais deviennent inutilisables si le contact entre le téléphone et la carte – via le protocole BLE – est rompu plus de quelques minutes, le nombre de minutes exact restant encore à déterminer. Enfin, l’utilisation de ce protocole de transmission a pour avantage de permettre l’envoi d’une alerte lorsque la communication entre les deux dispositifs est coupée, par exemple si l’utilisateur s’en va d’un commerce en oubliant sa carte.

Parmi les nombreux investisseurs de « Coin », on retrouve une pointure du secteur, l’ancien cerveau de Google Wallet et pionnier des paiements grâce à la communication en champs proche (NFC), Osama Bedier. « Coin » devrait être disponible courant 2014, mais les pré-commandes sont d’ores et déjà ouvertes.

Par Moonzur Rahman

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Les OGM regagnent du terrain à Bruxelles

Tout a commencé par un rapport, publié en juin dernier, affirmant que les pays européens devraient « reconsidérer » le rejet de cette technologie. L’EASAC y met en garde contre les « graves conséquences scientifiques, économiques et sociales de la politique actuelle de l’Union européenne sur les cultures génétiquement modifiées ». Des idées qui font leur chemin.

Cette étude constitue un coup dur pour les détracteurs écologistes des OGM, puisqu’elle est soutenue par les académies nationales des sciences de tous les États membres de l’UE ainsi que de la Norvège et de la Suisse. Anne Glover approuve le communiqué de presse conjoint dont elle souligne la crédibilité scientifique, et souligne que ce document « fait autorité au sein des académies scientifiques dans les États membres de l’UE ».

« Les conclusions du rapport se fondent sur les preuves les plus fiables et je les soutiens de tout cœur », explique-t-elle lors d’un entretien à EurActiv.

En Europe, les pays qui ne soutiennent pas les OGM « seront confrontés à des problèmes spécifiques à l’utilisation des engrais, la disponibilité de l’eau et la dégradation des sols », assure le rapport. L’amélioration des rendements agricoles est restée « limitée ou inexistante » au cours des dix dernières années. « Une hausse de la production de nourriture de manière durable implique une meilleure utilisation des ressources, dont la terre, l’eau et les engrais », grâce à l’exploitation des ressources phytogénétiques.

« Mais tant que les politiques européennes sur l’agriculture et l’environnement ne concordent pas avec la nécessité d’innovation, les ambitions d’amélioration de l’agriculture seront bloquées », peut-on lire.

Science contestée

Plus inquiétant pour les défenseurs de l’environnement, le rapport appuie les études scientifiques qui concluent que les OGM ne sont pas dangereux pour l’environnement et la consommation humaine. « Les écrits scientifiques ne prouvent pas de manière convaincante que ces cultures, cultivées depuis 15 ans dans le monde, sont associées aux dangers pour l’environnement ou la sécurité alimentaire », mentionne le rapport de l’EASAC. « Les affirmations selon lesquelles les [OGM auraient des] conséquences néfastes se basent souvent sur une science contestée. Certains détracteurs ont attribué à tort les effets d’un trait spécifique aux moyens utilisés pour l’introduire dans la plante ».

Ce rapport indique par exemple que la culture d’OGM plus résistants aux herbicides pourrait avoir un effet néfaste sur l’environnement, si les agriculteurs abusent de cet herbicide. « Cela s’avérera également pour la résistance à un herbicide introduit par la sélection classique.

Tous les nouveaux outils et technologies peuvent avoir des effets inattendus et non désirés s’ils ne sont pas utilisés à bon escient. »

Anne Glover soutient totalement le document de l’EASAC : « Rien ne prouve que les technologies des OGM sont plus dangereuses que les procédés de sélection classique. Et des milliers de projets d’études le confirment », explique-t-elle à EurActiv.

« Selon moi, les consommateurs peuvent croire à la multitude de preuves qui nous montrent que la technologies des OGM n’est pas plus dangereuses que les procédés de sélection classique. Le rapport de l’EASAC contribue fortement au débat puisqu’il reflète le point de vue des scientifiques les plus éminents d’Europe. »

L’étude Séralini entachée d’erreurs

Une étude scientifique récente de l’université de Caen avait attiré l’attention sur les effets éventuels à long terme des OGM sur la santé des animaux et des humains.

D’après les résultats, les rats nourris avec du maïs transgénique NK603 de Monsanto ou exposés à l’herbicide Roundup présentaient des risques accrus de tumeurs et de troubles organiques. Et pouvaient mourir prématurément.

L’étude menée par le biologiste Gilles-Éric Séralini a relancé la controverse sur la nourriture génétiquement modifiée en France, où la biotechnologie est peu populaire et la culture des OGM est interdite.

Les chercheurs français affirment que l’analyse du temps de vie d’un rat (deux ans) est plus pertinentes que les essais de 90 jours nécessaires à l’autorisation de mise sur le marché de cette technologie.

La conseillère scientifique  de José Manuel Barroso rejette les conclusions de l’étude Séralini, qui serait « irrémédiablement entachée d’erreurs ». Elle ajoute que des dizaines d’examens indépendants contestent ces conclusions.

« Il s’agit simplement d’une mauvaise science et la réputation du journal qui les a publiés en a souffert », explique-t-elle en ajoutant que le groupe de chercheurs devrait divulguer ses sources de financement, pour des raisons de transparence.

L’indépendance des chercheurs en question

L’EASAC tente également d’apaiser les défenseurs de l’environnement qui affirment que la majorité des études scientifiques sur la sécurité des OGM sont biaisées, car elles seraient menées par des chercheurs financés par des lobbys de l’industrie.

« Nous estimons qu’environ 90 % des écrits sur lesquels s’appuie le rapport proviennent d’une recherche examinée par des pairs et non financée par l’industrie », affirme Sofie Vanthournout, directrice du bureau bruxellois de l’EASAC.

« Dans ce cas spécifique, nous avons fait en sorte qu’aucun expert n’ait de liens étroits avec l’industrie, même s’ils ne peuvent pas être totalement exclus », explique-t-elle à EurActiv. Elle ajoute que le rapport comprend plusieurs exercices d’évaluation par des pairs extérieurs et universitaires.

Même la preuve scientifique la plus convaincante s’avère toutefois impuissante quand les OGM arrivent sur la scène politique. Selon les Eurobaromètres et des instituts de sondage, la majorité des consommateurs se méfient de cette technologie et la rejettent.

Les auteurs du rapport de l’EASAC reconnaissent le problème et indiquent que les « dirigeants politiques, soucieux de leurs électeurs, peuvent décider d’ignorer » les conseils scientifiques et invoquer des clauses de sauvegarde en vue d’interdire la culture des OGM.

Ils ajoutent aussi que les positions de la population « ne sont pas immuables ». Une partie de la méfiance envers les OGM est par exemple associée à la question des droits à la propriété intellectuelle. Beaucoup de citoyens et d’agriculteurs rejettent l’idée de breveter des organismes vivants.

L’EASAC estime néanmoins que ce thème perd de son importance, car la propriété intellectuelle est de plus en plus partagée et autorisée gratuitement pour l’usage de la population. « Même si la première génération d’OGM était la propriété intellectuelle de multinationales, les développements des OGM en Afrique et ailleurs bénéficient souvent du financement public de fondations et d’agences internationales », peut-on lire dans le rapport.

De nouvelles technologies pour améliorer des plantes

Les auteurs du rapport de l’EASAC attirent également l’attention sur des zones grises dans la règlementation. Certaines cultures obtenues par l’intermédiaire de nouvelles techniques de sélection végétale pourraient être considérées comme des OGM – et donc interdites, alors que leurs gênes ne contiennent pas de corps étrangers.

« Les organismes de surveillance de l’UE devraient confirmer que quand des plantes ne contiennent pas d’ADN étrangers, elles ne font pas partie de la législation relative aux OGM », est-il indiqué. À l’avenir, une réforme plus radicale de la réglementation sur les OGM devrait se concentrer sur une analyse risques/avantages plutôt que seulement sur le risque.

Anne Glover partage le même point de vue. Elle explique que l’Europe ne devrait pas manquer les possibilités offertes par les technologies prometteuses de sélection végétale.

« Nous ne devrions pas oublier qu’il existe d’autres technologies de sélection végétale […] et nous ne devrions pas commettre l’erreur de les réglementer à l’excès comme nous l’avons fait avec les OGM. »

Source : Euracvtiv.Fr

Forer sous les océans pour comprendre la Terre !

Au cours de la prochaine décennie, IODP mettra l’accent sur les défis scientifiques qui ont un intérêt immédiat pour la société. Ainsi, les scientifiques vont principalement s’intéresser aux changements climatiques et environnementaux, aux aléas et aux risques naturels et anthropiques et à la biomasse cachée. « Avec des navires foreurs modernes, équipés de technologies de recherche de pointe, nous allons mettre l’accent sur quatre thèmes de recherche : les changements climatiques et océaniques, les limites de la vie sous le plancher océanique, les processus profonds de l’intérieur de la Terre et leurs impacts à la surface de la Terre ainsi que les processus à l‘origine de risques majeurs aux échelles de temps humain. » explique Keir Becker, le président du Forum IODP.

Concrètement, quel est le programme ?

Concernant le climat et le l’influence du changement climatique sur les océans, le but sera d’analyser les sédiments profonds de l’océan qui constituent de véritables archives du climat terrestre. Ces recherches permettront de réduire les incertitudes des modèles climatiques pour prédire les futurs changements climatiques. Par l’analyse des sédiments déposés il y a des dizaines de millions d’années, lorsque les teneurs en CO2, de l’atmosphère et les températures étaient beaucoup plus élevées qu’aujourd’hui, il sera possible de mieux comprendre le système climatique. Dans cette perspective, l’Arctique apparait comme un territoire de choix qui devrait être exploré très prochainement !

Le programme s’intéressera aussi aux communautés vivant sous les sédiments et les roches du plancher océanique. Il étudiera également la composition, la structure et les dynamiques du manteau supérieur pour comprendre l’historique des échanges chimiques entre la croûte océanique et l’eau de mer. Ces recherches auront également pour objectif de comprendre les mécanismes contrôlant les fréquences des tremblements de terres, glissements de terrains et tsunamis dévastateurs. Pour répondre à ces défis, les forages vont actuellement jusqu’à 240 m en dessous du plancher océanique. L’objectif est d’atteindre des profondeurs allant jusqu’à 6 km. En plus de la récolte d’échantillons, des capteurs de température et de pression seront placés dans des points d’intérêt. Les Japonais ont, par exemple, d’ores et déjà installé des capteurs dans le plancher océanique d’où est parti le tsunami de 2011. 

Un consortium international

Dans le cadre d’IODP, trois bateaux et plateformes de forage permettent aux chercheurs du monde entier d’accéder à une vaste carothèque riche de données géologiques, biologiques et environnementales prélevées dans le plancher océanique, toutes les données obtenues étant publiques. Le programme des expéditions à venir est chargé et permettra de nourrir encore cette base de données.

Comme précédemment, le nouvel IODP réunit des scientifiques des États-Unis, du Japon, de l’Europe et du Canada, ainsi que des membres associés (Chine, Corée du Sud, Australie, Inde et Brésil).  Depuis 2003, 17 pays européens et le Canada sont réunis sous l’égide du Consortium européen ECORD (European Consortium for Ocean Research Drilling). Il opère les expéditions nécessitant d’autres plateformes que les navires d’IODP pour remplir les objectifs du programme.

ECORD vise à organiser une expédition chaque année. « Ces expéditions seront spécifiques, en ce sens que nous allons explorer des régions océaniques où les navires foreurs américain et japonais, JOIDES Resolution et Chikyu, ne peuvent pas fonctionner, comme par exemple dans l’Arctique englacé et dans les eaux antarctiques. Ces régions jouent un rôle majeur dans le changement climatique mondial. Cependant, nous manquons de données du fait que jusqu’à présent seules quelques expéditions de forage ont pu être effectuées dans ces régions hostiles. » explique Gilbert Camoin, directeur de l’agence de gestion d’ECORD.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Revue du web #51 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web : 

  • Le concours de citrouilles pour Halloween… chez les laborantins de la NASA ; 
  • Faire le tour du mont Fuji avec une aile à réaction : un jeu d’enfant pour Yves Rossy ; 
  • Apprendre à un robot à ne pas éviscérer un humain, petites touches par petites touches ; 
  • Morning Glory Cloud, un phénomène naturel rare et saisissant ; 
  • Le gadget (inutile?) de la semaine : « Tweeting Bra », le soutien-gorge qui tweete lorsqu’on le dégrafe ; 
  • Et en bonus : une roue de légo pour une tortue amputée.

Un concours de citrouilles pour Halloween… mais pas comme les autres

Cela fait plusieurs années que la fête d’Halloween – célébrée la veille de la Toussaint – gagne peu à peu du terrain en France, sans toutefois parvenir à concurrencer nos amis américains pour qui la fête est une véritable institution. Bonbons, déguisements et les traditionnelles lanternes sculptées dans des citrouilles font de cette fête un moment particulièrement bon enfant. Ces fameuses « Jack-O’-Lantern » peuvent être extrêmement rudimentaires comme excessivement travaillées, mais elles n’ont que très rarement, il faut l’avouer, quoi que ce soit de bien excitant. C’était sans compter sur le concours annuel organisé par le « Jet Propulsion Laboratory » de la NASA…

Pour débuter notre cinquante-et-unième Revue du Web, jetons un œil à la fois attendri et émerveillé sur les prouesses réalisées par les employés du prestigieux laboratoire, qui s’en donnent à cœur joie et rivalisent d’ingéniosité pour dépoussiérer les lanternes d’Halloween. De la gravure laser aux engrenages, du Mars Rover au « Chestburster » d’Alien (version fontaine de chocolat !) en passant par des jeux de lumières inspirés de vaisseaux spatiaux, les laborantins de la NASA prouvent qu’ils ont de la ressource. Il faut noter – et ce détail a son importance – que chaque participant n’avait qu’une seule heure pour mener à bien leur petit projet.

Faire le tour du mont Fuji avec une aile à réaction : un jeu d’enfant pour Yves Rossy

Yves Rossy, pilote suisse de 54 ans, n’est pas exactement ce que l’on pourrait appeler un « père tranquille ». Son principal fait d’arme : réussir la traversée de la Manche à l’aide d’une aile rigide en carbone de 2,4 mètres d’envergure, munie de quatre réacteurs lui  permettant d’atteindre les 300 kilomètres/heure. Son surnom sonne comme une évidence : « Jetman ».

Le bolide a un peu évolué, mais pas la folie douce de cet ancien pilote militaire reconverti dans l’aviation civile. Harnaché de son aile constituée désormais d’un alliage de carbone et kevlar, Yves Rossy s’est lancé dans une nouvelle aventure à la hauteur de ses précédents exploits : faire le tour du mont Fuji – montagne sacrée et point culminant du Japon – après avoir sauté d’un hélicoptère. Une fois son objectif atteint, « Jetman » n’a plus qu’à ouvrir son parachute pour assurer un atterrissage en douceur. Les images sont… époustouflantes.

Bien que le fonctionnement soit légèrement différent, on ne peut s’empêcher de penser aux fameux jetpacks dont nous vous parlions entre autre ici.

Apprendre à un robot à ne pas éviscérer un humain, petites touches par petites touches

Nombreux sont ceux dont les fantasmes de fin du monde ont su prendre corps face au perfectionnement et face à la place de plus en plus prépondérante prise par les robots dans notre société moderne. Isaac Asimov, pape de la science fiction, ne s’y était pas trompé en formulant dès 1942 les fameuses « trois lois de la robotique » :

  • Première loi : « un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger. »
  • Deuxième loi : « un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi. »
  • Troisième loi : « un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi. ».

S’inspirant librement de ce précepte, le robot « Baxter » (de la start-up américaine Rethink Robotics, basée à Boston) va apprendre petit à petit, en effectuant des tâches répétitives, à manipuler des objets dangereux pour l’homme sans pour autant constituer le moindre danger pour ce dernier. Pour ce faire, les concepteurs passent par le biais de ce qu’ils appellent les « techniques d’apprentissage coactif », laissant à l’utilisateur le soin d’ajuster les mouvements de Baxter alors qu’il manipule un couteau, dans un scénario (quelque peu grotesque, de l’aveu même des programmateurs) de robot caissier. En à peine trois essais, le robot apprend à respecter une certaine distance de sécurité avec la lame à proximité d’un être humain, à ne pas pointer la lame vers l’utilisateur, et ce sans besoin de le programmer au préalable.

Morning Glory Cloud, un phénomène naturel rare et saisissant

Lundi dernier, un phénomène naturel rare et saisissant est venu barrer le ciel du nord du Texas, tel une gigantesque cicatrice. Heureux spectateurs, un couple de Texans nous fournit la vidéo qui suit, capturant une sublime formation nuageuse baptisée « Morning Glory Cloud », pouvant être parfois observée dans le nord de l’Australie entre les mois de septembre et d’octobre. De nombreuses études sur le sujet ne sont pas encore parvenues à révéler les origines exactes de ce phénomène.

Le gadget (inutile?) de la semaine : « Tweeting Bra », le soutien-gorge qui tweete lorsqu’on le dégrafe

La vacuité virtuelle a atteint un nouveau sommet : alors que bon nombre d’entre v… nous sont capables des pires compromissions pour se donner de l’importance sur les réseaux sociaux et ainsi documenter une vie extrêmement riche en temps morts, silences et ennuis sur Twitter, Facebook ou encore Google Plus, le gadget (inutile?) de la semaine vient à son tour frapper de son sceau indélébile la timeline de notre vie fantasmée… et de cette morosité que l’on essaie tant bien que mal de dissimuler.

Ce gadget (inutile?) de la semaine, c’est « Tweeting Bra », le soutif’ malin qui tweete à chaque fois qu’on le dégrafe. Mis au point par OgilvyOne Athens pour le compte du programme Fitness du géant Nestlé, ce soutien-gorge tweeterait en fait pour la bonne cause : promouvoir le dépistage du cancer du sein. Méfiez-vous néanmoins des petits copains un tantinet jaloux.

Bonus : une roue de légo pour une tortue amputée

Pour conclure cette cinquante-et-unième Revue du web comme il se doit, allons rendre visite à Schildi, une tortue de compagnie qui fut probablement abandonnée, puis qui perdit l’une de ses pattes avant dans la nature sauvage et hostile qu’est… l’Allemagne. Alors qu’elle semblait promise au paradis des tortues, son destin bascula lorsqu’elle croisa la route et fut prise en charge par une équipe de jeunes vétérinaires, qui lui amputèrent le membre faible pour le remplacer par… une roue provenant d’une boite de légo. Un peu de glu et quelques blocs supplémentaires pour ajuster la hauteur, et le tour était joué !

Cette histoire n’est pas sans rappeler la rocambolesque aventure de Gamera, une tortue possédant également trois pattes et… une roue de chaise de bureau, histoire dont nous vous parlions déjà ici.

 

Par Moonzur Rahman

 

Le plomb s’attaque aux télomères

Alors que l’on pensait que les dégâts causés par le plomb étaient liés à une recrudescence de la protéine yH2AX, marqueur de cassures double-brin d’ADN, les travaux publiés dans la revue PloS One montrent que le plomb s’attaquerait en fait aux télomères en les dégradant. Plus précisément, le plomb détruit l’enveloppe protectrice des extrémités des chromosomes. Une destruction qui crée la confusion car c’est grâce à cette cape protectrice que les télomères se distinguent d’une extrémité d’ADN cassée.

Des mesures avec un microscope à fluorescence ont permis de constater que les fameuses protéines yH2AX étaient agglomérées à l’extrémité du brin d’ADN, indiquant une dégradation localisée au bout du brin d’ADN. Si l’ADN était dégradé le long du brin, alors ces protéines témoins auraient dû être réparties sur toute la longueur. Ce qui n’est pas le cas.

En précisant l’emplacement des protéines yH2AX, les scientifiques démontrent que la toxicité du plomb s’exprime en s’attaquant aux télomères. Une neurotoxicité dont pourraient bien être à l’origine d’autres métaux comme le cuivre ou l’aluminium, connus pour provoquer des cassures d’ADN. Une connaissance fondée elle aussi sur l’observation d’un plus grand nombre de protéines yH2AX. De nouvelles mesures en microscopie à fluorescence viendront peut-être mettre à mal cette conclusion si ces protéines se retrouvent à nouveau agglutinées sur le bout du brin d’ADN et non sur toute ou partie de sa longueur.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Le Japon inaugure sa plus grande centrale solaire photovoltaïque

Comme en écho aux très nombreuses crispations entourant tout ce qui touche de près ou de loin au nucléaire – en particulier au Japon, qui bataille toujours ferme pour essayer de pacifier la situation à Fukushima, plus de deux ans et demi après la catastrophe nucléaire de mars 2011 – le géant nippon Kyocera a inauguré en début de semaine dernière la plus grande centrale solaire photovoltaïque du pays, la « Kagoshima Nanatsujima Mega Solar Plant ». Les chiffres peuvent déjà donner quelque peu le tournis : constituée de 290 000 panneaux solaires répartis sur près d’1,27 million de mètres carré, la centrale de Kagoshima Nanatsujima devrait pouvoir générer une puissance de 70 mégawatts, capable d’alimenter en électricité environ 22000 foyers, une véritable première pour une installation de cette ampleur au Japon.

« Feed-in Tariff », ou comment promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables

Pour promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables ainsi que pour en favoriser l’adoption, le gouvernement japonais a lancé l’année dernière un programme de type « feed-in tariff » : les compagnies d’électricité sont tenues d’acheter de l’électricité renouvelable, quel qu’en soit le fournisseur, avec un prix d’achat indexé sur le coût de production. Instaurer un tel programme avec tarif de rachat permet évidemment d’assurer la rentabilité d’un projet – qu’il soit éolien, géothermique, hydroélectrique, solaire, etc… – tout en revoyant les prix à la baisse lorsque l’installation est amortie et que le coût global diminue, ou pour suivre les développements technologiques.

Ici, la Kyushu Electric Power Co. Inc devra acheter l’intégralité de l’électricité produite par la centrale solaire (gérée par un conglomérat de sept sociétés menées par la Kyocera Corporation, baptisé Kagoshima Mega Solar Power Corporation), et ce pendant au moins vingt ans.

« Amélioration de la société à travers un nouveau type de production d’énergie »

La ville de Kagoshima, capitale de la préfecture de Kagoshima, sur l’île de Kyushu (au sud-ouest de l’archipel), bénéficie de conditions météorologiques relativement clémentes pour le Japon, faisant d’elle l’endroit rêvé pour l’installation d’une structure de cette taille. Lors de l’inauguration lundi dernier, Nobuo Kitamura, le président de l’opérateur de la centrale a rendu un hommage vibrant à l’histoire du lieu, allant jusqu’à convoquer dans son discours les samouraïs ayant défié l’ancien ordre établi au XIXe siècle afin de réformer le pays, comme pour mieux souligner cet élan vers « un nouveau développement et une amélioration de la société à travers un nouveau type de production d’énergie ».

La catastrophe de Fukushima a bouleversé l’échiquier énergétique japonais en obligeant le gouvernement à repenser les modes de production, afin de remplacer rapidement la part du nucléaire dans la production d’électricité (près de 30 % avant la catastrophe), en misant sur des installations du même genre que la centrale solaire photovoltaïque de Kagoshima, ou encore sur l’énergie éolienne offshore.

Par Moonzur Rahman

REACH : l’actualité de novembre (1/2)

Mise à jour de la FAQ CLP

21/10/2013

La FAQ européenne CLP a été mise à jour avec l’ajout de 5 nouvelles questions.

  • Cette FAQ est disponible sur :

http://echa.europa.eu/fr/support/qas-support/qas?p_p_id=qahelpdeskdisplay_WAR_qahelpdeskportlet_INSTANCE_1fBp&p_p_lifecycle=0&p_p_state=normal&p_p_mode=view&p_p_col_id=column-2&p_p_col_pos=1&p_p_col_count=2&_qahelpdeskdisplay_WAR_qahelpdeskportlet_INSTANCE

Classification, l’emballage et l’étiquetage des substances et préparations dangereuses

25/10/2013

L’arrêté du 14 octobre 2013, paru au Journal Officiel du 25/10/2013, modifie les arrêtés du 20 avril 1994 et du 9 novembre 2004 relatifs à la classification, l’emballage et l’étiquetage des substances et préparations dangereuses du fait de l’adhésion de la Croatie.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=DE539B83D858876506EB84993044DE8C.tpdjo11v_3?cidTexte=JORFTEXT000028112587&dateTexte=20131115

L’ECHA publie une nouvelle fiche d’information (évaluation des dossiers)

L’ECHA vient de publier une fiche d’information décrivant les différentes étapes après que le déclarant ait reçu de l’ECHA une décision requérant de fournir des informations supplémentaires avant une date limité précisée.

  • Plus d’information sur :

http://echa.europa.eu/documents/10162/13628/factsheet_dossier_evaluation_decisions_followup_en.pdf

Nouveau calendrier pour l’évaluation des substances préoccupantes

04/11/2013

Dans le cadre du règlement Reach, l’ECHA (agence européenne des produits chimiques) propose le nouveau plan d’actions continu communautaire (CoRAP) 2014-2016, qui prévoit l’examen de 125 substances, dont 56 substances nouvellement sélectionnées et 69 substances listées par la mise à jour de mars. Quatre possibilités à la fin des évaluations : lever la préoccupation initiale, identifier la substance comme extrêmement préoccupante, restreindre l’usage de la substance ou classer la substance au titre du règlement CLP.

CLP : la classification révisée du méthanol en consultation

05/11/2013

L’ECHA lance une consultation sur une proposition de révision de la classification et de l’étiquetage harmonisés du méthanol au titre du règlement CLP. Les commentaires sont à soumettre avant le 13 décembre 2013.

http://echa.europa.eu/web/guest/harmonised-classification-and-labelling-consultation

Consultation publique pour des classifications et étiquetages harmonisés

08/11/2013

L’ECHA a lancé une consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé du 1,2-dichloropropane / propylene dichloride (N° CAS : 78-87-5  et N° CE : 201-152-2). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 23 décembre 2013.

Pesticides : les autorisations de mise sur le marché désormais soumises à la consultation du public

12/11/2013

Plusieurs projets de décisions d’autorisation de mise sur le marché de pesticides et d’homologation de matières fertilisantes et de supports de culture sont soumis à la consultation du public sur le site du ministère de l’Agriculture jusqu’au 4 décembre prochain. Elles sont accompagnées de l’avis de l’Anses. Ces consultations font suite à l’entrée en vigueur de l’ordonnance du 5 août 2013 relative à la mise en œuvre du principe de participation du public.

ECHA lance des consultations publiques sur les demandes d’autorisation

13/11/2013

L’ECHA a reçu sept demandes d’autorisation pour des utilisations de DEHP et le DBP et invite maintenant les parties intéressées à soumettre des informations pertinentes sur les alternatives à ces usages. Les éléments sont à soumettre avant le 8 janvier 2014. Plus d’information sur :

http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/echa-initiates-eight-week-public-consultations-on-applications-for-authorisation-for-dehp-and-dbp

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

14/11/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur une nouvelle substance pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Les informations relatives au tert-dodecanethiol sont à soumettre pour le 5 décembre prochain.

  • Plus d’information sur :

http://echa.europa.eu/information-on-chemicals/testing-proposals/current

Les premiers accords du Comité des Etats membres sur l’évaluation des substances

14/11/2013

Lors de leur réunion de la semaine dernière, le Comité des Etats Membres a décidé que l’ECHA devrait demander plus d’informations sur six substances, car les informations actuellement disponibles sont insuffisantes pour permettre une évaluation des risques pour la santé humaine et / ou l’environnement. Ces six substances présentes dans le plan d’action continu communautaire (CoRAP) ont été évaluées par l’Allemagne, la France, le Danemark, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Espagne.

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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Synthèse chromatique d’impulsion lasers ultrabrèves à partir d’un amplificateur

« Il s’agit d’un brevet de principe » explique Alain Barthelemy, directeur de recherche à l’Institut de recherche XLIM (UMR CNRS 7252) à Limoges. Certes, cette réalisation d’une impulsion ultrabrève par synthèse chromatique n’offre pas de performance supérieure aux autres techniques existantes de génération d’impulsion ultrabrève, mais en réussissant à synthétiser une impulsion de 200 femtosecondes, les scientifiques du laboratoire Xlim (CNRS/Universités de Limoges et de Poitiers) et du laboratoire PhLAM (CNRS/Université de Lille 1) ont prouvé tout le potentiel de leur technique.

Pour s’affranchir des difficultés rencontrées avec les impulsions lumineuses courtes, notamment l’existence de parasites et d’effets non linéaires qui viennent déformer l’impulsion après son amplification, les chercheurs s’appuient sur la méthode connue d’étirement de l’impulsion suivi de sa recompression. En amplifiant l’onde lumineuse dans une seule fibre, elle se retrouve étirée ce qui diminue de facto sa puissance crête. Il ne reste plus qu’à recomprimer l’impulsion après amplification.

Mais l’équipe française va encore plus loin en divisant l’impulsion non pas en puissance, mais dans ses composantes chromatiques. Ce découpage présente deux avantages. Tout d’abord la division du spectre permet d’abaisser l’énergie, puis elle a pour conséquence d’allonger l’impulsion. Cela permet de gagner sur deux tableaux : diviser l’énergie et diviser la puissance crête.

Ces signaux allongés de moindre énergie sont amplifiés dans des canaux différents, puis sont à nouveau superposés en un unique faisceau grâce au même procédé qu’en entrée. Les composantes chromatiques sont sommées de façon à être superposées à la fois dans l’espace et dans le temps. Ceci suppose de contrôler parfaitement la phase à une fraction de femtoseconde près. « En ajustant la synchronicité, nous pouvons faire de la synthèse d’impulsion. Nous sommes même capable de profiler le signal en lui imposant une forme voulue » se félicite Alain Barthelemy.

L’expérience conduite au laboratoire PhLAM/IRCICA utilise un seul amplificateur à douze voies à fibre multicoeur dopée Ytterbium. L’objectif final est la réalisation d’impulsions très courtes, très puissantes et à très haute cadence (multikHz).

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Quel est le logiciel de modélisation des systèmes énergétiques de référence ?

Techniques de l’Ingénieur : Comment en êtes-vous venu à créer Thermoptim ?

Renaud Gicquel : Professeur en énergétique à l’école des Mines – Paris Tech, j’ai développé dès 1998, en partenariat avec Techniques de l’Ingénieur, ce logiciel de modélisation des systèmes énergétiques. Le but était de renouveler l’enseignement de la discipline, souvent rébarbatif pour les étudiants. Thermoptim repose ainsi sur une approche graphique des systèmes, l’utilisateur pouvant connecter comme il le souhaite différents composants, paramétrer les valeurs caractéristiques, et laisser le logiciel faire les calculs automatiquement.

Il permet ainsi de modéliser des turbines à gaz aussi bien que des systèmes de réfrigération, et même des centrales électriques, de façon sécurisée et facilitée. C’était le premier logiciel de ce type destiné à l’énergétique.

Techniques de l’Ingénieur : Qui en sont les principaux utilisateurs ?

Renaud Gicquel : Aujourd’hui utilisé par plus de cent-vingt établissements d’enseignement en énergétique à travers le monde, Thermoptim est aussi utilisé par des grands groupes industriels pour modéliser leurs installations, tels EDF, Total, Areva, etc.

Il s’adresse également aux débutants, tels les étudiants ingénieurs en thermodynamique appliquée, grâce à sa version de base, permettant des calculs relativement simple, et qui est la plus répandue.

Techniques de l’Ingénieur : Quels sont les ajouts possibles ?

Renaud Gicquel : A cette version de base, dite 2.5, s’ajoutent deux compléments : la version 2.6, axée sur la méthode d’optimisation systémique dite « du pincement », ou exergétique, et la version 2.7, qui permet l’étude de l’adaptation d’un système sous régime non-nominal, ou régime varié. Ces deux compléments sont bien sûr disponibles ensemble, sous la version 2.8.

L’avantage d’avoir des versions différentes étant de permettre aux initiés d’accéder à des fonctions supplémentaires sans pour autant altérer l’ergonomie de l’outil pour les novices ne nécessitant pas l’ensemble des fonctions.

Parallèlement à ces compléments, l’utilisateur peut ajouter des extensions comprenant des composants supplémentaires à ceux déjà présents dans ce que l’on appelle le noyau de Thermoptim. Il s’agit de composants plus rares, tels les piles à combustible, qui ne concernent qu’une petite partie des utilisateurs. Le gros avantage de ce système, c’est que ces extensions sont éditées en logiciels libres, ce qui permet aux utilisateurs de créer leurs propres composants supplémentaires et de les partager avec d’autres.

Propos recueillis par Bruno Decottignies

Les soins pour bébés sont gorgés de produits toxiques

Même les fesses des bébés ne sont pas à l’abri ! Les polluants sont décidément partout, comme le révèle le dossier de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. Dans leur ligne de mire, les lingettes et les laits de toilette destinés à l’usage des tout-petits. Surprise, 94% des produits testés contiennent des substances toxiques

Leurs tests ont porté sur 27 lingettes et 7 laits de toilette. Les vingt-six allergènes dont l’étiquetage est obligatoire pour ce type de produits, les propyl et butylparaben, le phenoxyethanol, la methylisothiazolinone et la methylchloroisothiazolinone ont été spécifiquement recherchés. Des substances dont la dangerosité est connue, les bébés étant encore plus fragiles face à leur toxicité. 

Les analyses ont permis de détecter des allergènes dans 12 lingettes et 2 laits, le phénoxyéthanol a été trouvé dans 14 lingettes et 3 laits et des parabènes sont présents dans 6 lingettes. Un constat accablant pour des produits destinés aux bébés, une population qui devrait bénéficier de la plus haute protection. Seules les marques Bébé Cadum et Natessance  ne contenaient aucune des substances testées.

De plus, l’usage particulier de ces produits majore la dangerosité des produits toxiques. En effet, les lingettes sont utilisées plusieurs fois par jour et sans rinçage. De quoi favoriser la pénétration des substances polluantes et décupler leur nocivité à un stade du développement de l’enfant particulièrement précoce.

Enfin, les grandes marques sont montrées du doigt car ces mesures concernent des enseignes bien connues comme Mixa bébé, Pampers, Carrefour, Leclerc  ou encore Klorane. Des marques qui n’ont aucun scrupule à tromper le consommateur en affublant leur packaging d’allégations telles que « hypoallergénique » ou « testé sous contrôle dermatologique ». Des mentions qui n’ont aucun sens au vu de la réelle toxicité des produits.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
 

Alcatel-Lucent compte sur son plan Shift pour se sauver

« Retrouver un avenir industriel durable ». Michel Combes, directeur général d’Alcatel-Lucent, sait bien que son entreprise va mal. Avec une perte nette de 1.3 milliards d’euros en 2012, le groupe franco-américain est au pied du mur. Et son DG peut bien parler de « plan industriel » et de « se repositionner comme spécialiste des réseaux IP », Shift est bel et bien un plan de restructuration visant à faire des économies. En première ligne, les emplois sont touchés de plein fouet. Sur les 10 000 suppressions de postes dans le monde, 900 devraient être supprimés dès 2014 en France, soit 10% des effectifs, et autant de personnes seront concernées par des mesures de reconversion.  « Les choix stratégiques que nous avons faits sont validés par nos clients. Pour réaliser ce plan nous devons prendre des décisions difficiles et nous le ferons dans un dialogue ouvert et transparent avec nos salariés et leurs représentants. L’enjeu du plan Shift est que l’entreprise retrouve la maitrise de son destin.» déclare Michel Combes, conscient des sacrifices.

Le plan Shift prévoit une réduction des coûts fixes d’un milliard d’euros d’ici 2015. Pour y arriver, les dépenses sur les technologies de fin de vie seront réduites de 60% et les fonctions support, administratives et commerciales en ligne seront réduites. En parallèle, le plan Shift vise à rééchelonner la dette de l’entreprise de deux milliards en deux ans.

L’accent sera mis sur la recherche qui représentera 85% des dépenses contre 65% aujourd’hui. Pour changer son image de groupe généraliste en spécialiste, Alcatel-Lucent s’appuie sur ses Bell Labs et la R&D va se recentrer sur la 4G, les réseaux IP, le Cloud et l’accès très haut débit. Michel Combes estime essentiel d’apparaître comme le « spécialiste industriel des réseaux IP (sur internet) et de l’accès très haut-débit mobile et fixe, deux activités essentielles aux réseaux de nouvelle génération».

Un plan de grande ampleur pour un groupe en difficulté. Mais Shift ne fait pas l’unanimité. Les syndicats l’ont bien fait comprendre en dénonçant les licenciements. De son côté, l’Etat ménage la chèvre et le chou, comme à son habitude. Actionnaire de 3.6% du capital, il soutient le plan mais face à la grogne populaire a déclaré par la voix de Jean-Marc Ayrault pouvoir refuser d’agréer le plan social. Le Premier Ministre s’appuie sur la nouvelle loi du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l’emploi qui prévoit que tout accord collectif par un accord collectif majoritaire négocié entre la direction d’une entreprise et les syndicats ou, à défaut, par une homologation du plan social par l’administration.

De son côté, Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’économie numérique, appelle les opérateurs français, Orange, SFR, Bouygues et Free à se montrer solidaires en favorisant les solutions Alcatel-Lucent. Un appel ouvert à jouer la carte du protectionnisme…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Le Japon mise gros sur l’énergie éolienne offshore

Les investisseurs du projet soulignent que les éoliennes offshores peuvent représenter un atout important pour un pays pauvre en ressource fossile. En effet, le Japon possède la dixième plus grande zone économique exclusive (ZEE) mondiale et donc des millions de mètres carrés pour développer des parcs offshores.

Ce qui différencie ce projet des autres est que les éoliennes, l’annexe et le transformateur électrique flottent sur une gigantesque plateforme ancrée dans le fond marin. Cette technologie permet d’élargir les possibilités de localisation des parcs éoliens offshores qui étaient jusqu’à présent limités aux eaux peu profondes. Le Japon pourra, grâce à cette nouvelle technologie, agrandir fortement son parc d’éoliennes offshores, ses les fonds marins gagnent très vite en profondeur. De plus, bien que la Norvège et le Portugal expérimentent également des éoliennes flottantes, le projet japonais est le plus important de part sa taille parmi les premières technologies qui pourraient être.

Installer des éoliennes en eaux profondes pourrait générer 1570 gigawatt d’électricité, soit environ 8 fois la capacité de toutes les entreprises Japonaises produisant de l’énergie réunies selon les simulations de l’Université de Tokyo. La catastrophe de Fukushima a forcée le Japon à s’intéresser de plus près aux énergies renouvelables. Aujourd’hui les 50 réacteurs arrêtés et dans l’attente d’une inspection privent le pays d’une ressource représentant 30% de son électricité. L’orientation vers les importations de pétrole et de gaz naturel a fortement accru la dépendance énergétique du pays et a fait ressortir ses retards dans le domaine des énergies renouvelables. Car contrairement aux idées reçues, le développement de celles-ci a été très lent : mis à part l’énergie hydraulique, les énergies renouvelables ne représentaient que 3% du mixe énergétique japonais en 2011.

Dans son effort pour rattraper son retard, le Japon a mis en place un programme intensif pour diversifier les énergies renouvelables. Le photovoltaïque a été l’énergie la plus développée à ce jour. Cependant, la croissance des panneaux solaires reste limitée tandis que plus de 90% du potentiel Japonais en énergie renouvelables proviendrait du vent, et plus particulièrement de l’éolien offshore selon les estimations du Ministère de l’environnement. Le gouvernement de M. Shinzo Abe assume les frais des trois premières éoliennes de ce projet dans le cadre de sa politique d’encouragement des énergies renouvelables, soit environ 22 milliards de Yens (225,7 millions de dollars). Par la suite, un consortium de 11 entreprises dont Hitachi, Mitsubishi Heavy Industries, Shimizu et Marubeni, poursuivra le projet.

Les coopératives de pécheurs ont donné leur accord pour les 3 premières éoliennes, cependant les 100 autres qui devraient suivre doivent être renégociées après l’étude de leur impact sur la pêche. En effet, l’un des principaux enjeux de ce projet concerne la zone de pêche : abandonnée après les événements de Mars 2011, les pécheurs ont aujourd’hui peur que le projet les empêche de reprendre leur activité car les chalutiers ne pourront plus traverser la zone. D’un autre côté, certains espèrent que les grandes chaînes ancrées au fond marin participeront au développement des poissons et des algues.

Le coût du projet est également une question importante. Pour les trois premières éoliennes, construites chacune avec une conception différente, le prix du kilowatt est environ 2 millions de Yens (20 500$), soit huit fois le prix obtenu pour une éolienne terrestre. Le consortium espère réduire ce coût à seulement 2 fois celui d’une éolienne terrestre par des économies d’échelle et des améliorations de la conception.

La durabilité est le troisième enjeu de ces grands moulins à vent. Shimizu, la société de production des éoliennes, estime que les pales sont conçues pour durer une vingtaine d’années et résister aux plus gros typhons ayant frappés la région durant le dernier siècle. Néanmoins, elle émet de quelques réserves sur ces prévisions.

Le développement des éoliennes offshore implique des industries que le Japon souhaiterait faire revivre comme notamment la construction navale, perdue au profit du marché Chinois et Sud Coréen il y a quelques années. Les retombées économiques attendues seront potentiellement importantes, selon le PDG de Mizuho Financial Group : les 20.000 pièces des éoliennes offshores pourraient rapporter des milliards de yens à l’économie japonaise.

Source : bulletins-electroniques

 

A lire aussi : Le nucléaire déclinant au pays du soleil levant

 

Décontaminer l’eau à l’aide d’un gel polymère… éponge

Dans des situations d’extrême urgence, il peut s’avérer plus que coton de mettre la main sur de l’eau potable. Inondations, tremblements de terre ou encore typhons peuvent rendre nos sources d’eau habituelles potentiellement dangereuses. Après le tsunami meurtrier de décembre 2004 dans l’océan Indien, la situation des rescapés s’était vite dégradée , notamment en raison de la quasi-impossibilité d’accès à de l’eau potable. C’est face à cette situation que des chercheurs de l’université technologique de Nanyang à Singapour, et de l’université du Colorado à Boulder ont décidé de s’atteler au développement d’un système de purification d’eau capable de se débarrasser rapidement des bactéries sans avoir recours à la moindre source d’énergie.

Leurs recherches aboutirent à la création d’un gel polymère spongieux, tueur de bactéries, qui absorbe dans un premier temps l’eau contaminée, puis la rend purifiée une fois le gel pressé, comme on presse une éponge, assurant un accès simple et rapide à de l’eau décontaminée. Faire bouillir de l’eau permet de se débarrasser d’un certain nombre de bactéries et de parasites, mais il n’est pas toujours possible de décontaminer de l’eau en quantité suffisante. Et on n’a pas toujours envie de se servir de sa propre sueur comme avec la « Sweat Machine ».

Ici, un petit cylindre de 4 grammes de gel polymère devrait pouvoir purifier jusqu’à un demi-litre d’eau en une seule fois, et devrait pouvoir être réutilisé plus d’une vingtaine de fois sans perdre son pouvoir désinfectant. Un élément reste néanmoins peu clair : comment éviter que les impuretés et autres bactéries ne se retrouvent à nouveau dans l’eau, une fois en dehors du gel ? Difficile à dire, mais le Myanmar devrait bientôt servir de cadre pour de plus amples tests.

Par Moonzur Rahman

Le nucléaire déclinant au pays du soleil levant

La dernière fois, c’était le 5 mai 2012. Personne ne peut dire jusqu’à quand cette situation va perdurer. Un dossier de demande de redémarrage a été déposé pour 12 réacteurs et 5 ont déjà été rejetés. Il ne reste que 7 réacteurs en course… sur 50. Cela ne fait pas beaucoup. Comment en est-on arrivé là ?

Avant la catastrophe de Fukushima, le Japon comptait 54 réacteurs nucléaires de production qui fournissaient environ 30% de l’électricité du pays. 10% venaient des énergies renouvelables, essentiellement de l’hydraulique, et le reste des énergies fossiles.

Le séisme du 11 mars 2011, a entraîné l’arrêt de 14 réacteurs, dont 4 ont été complètement détruits. Le Japon ne compte plus que 50 réacteurs officiellement. En mai 2011, le premier ministre de l’époque a demandé la fermeture de la centrale de Hamaoka, proche d’une faille sismique. En cas d’accident, ce sont les principales voies de communication entre l’Est et l’Ouest du pays qui auraient été coupées. Puis, les autres réacteurs ont été arrêtés normalement, les uns après les autres, après 13 mois d’exploitation. 

Sans énergie nucléaire au printemps 2012, la question était à l’époque de savoir si le pays pourrait passer l’été, quand la demande est la plus forte à cause de la climatisation. Le gouvernement a pensé qu’avec des stress-tests demandés aux exploitants, il n’y aurait pas de problème pour redémarrer les réacteurs. Ce n’était qu’une affaire de quelques mois. Mais c’était sans compter sur la population et les plus grandes manifestations qu’a connues le pays depuis les années 70. 

Le gouvernement est passé en force et a autorisé, en juillet 2012, le redémarrage de deux réacteurs de la centrale d’Ôï, dans le Kansaï, région où le nucléaire compte pour 40% de l’électricité consommée. Il n’a pas pu en redémarrer plus, au grand dam des exploitants. Et il s’est finalement avéré que le Japon aurait pu se passer de ces deux réacteurs sans coupure. Ce sont eux qui sont à nouveau arrêtés en septembre 2013, après 13 mois de fonctionnement. 

Entre-temps, le gouvernement a mis en place une nouvelle autorité de sûreté nucléaire, indépendante, qui est entrée en fonction en septembre 2012. Cette Agence de Régulation Nucléaire (NRA en anglais) se distingue de son prédécesseur, la NISA, complètement inféodée au ministère de l’industrie et à l’industrie nucléaire et qui a été discréditée par la catastrophe de Fukushima.

Cette nouvelle agence s’est rapidement attelée à la tâche de rédiger un nouveau référentiel de sûreté, qui a finalement été adopté le 8 juillet 2013. Elle prétend qu’il s’agit des règles les plus strictes au monde… qui ne sont respectées par aucun réacteur japonais !

Il y a dix compagnies d’électricité au Japon, qui se sont partagées le territoire avec un monopole dans leur zone. Neuf d’entre elles exploitent, ou plutôt exploitaient, des centrales nucléaires. Elles sont toutes dans le rouge, sauf deux. Les deux compagnies qui s’en sortent sont celles qui n’ont pas ou peu de nucléaire. Les autres doivent payer le maintien de leur parc nucléaire, les emprunts et la production d’électricité de substitution. Elles payent donc une partie de la production presque deux fois et ne la vendent qu’une fois.

Elles sont donc pressées de relancer leurs réacteurs, les bénéfices primant sur la sûreté. Mais ce n’est pas si facile. Contrairement à l’Europe où, tous les dix ans, les exploitants du nucléaire doivent investir dans leurs centrales pour les mettre en conformité avec les dernières exigences, au Japon, tout comme aux Etats-Unis, les normes de sûreté qui s’appliquaient sont celles en cours au moment de la mise en service et cela, pour toute la durée de vie de la centrale.

Pour les réacteurs les plus vieux, le fossé est si grand qu’il ne sera pas possible de les remettre aux nouvelles normes. Il y a, par exemple, 13 réacteurs avec des câbles électriques inflammables. C’était toléré avant Fukushima, c’est interdit maintenant. Et comme il y a des milliers de kilomètres de câbles dans un réacteur, il est peu vraisemblable qu’il soit économiquement viable de les changer. 

Il y a aussi deux sortes de réacteurs au Japon, des réacteurs à eau sous pression (REP, ou PWR en anglais) et des réacteurs à eau bouillante (REB, BWR en anglais). Tous doivent désormais être équipés d’un filtre à particules radioactives pour limiter les rejets en cas d’accident, mais les REP bénéficient d’un délai de grâce de 5 ans, car leur enceinte de confinement est plus grande.

Au final, des dossiers de demande de redémarrage n’ont été déposés que pour 12 réacteurs durant l’été 2012, tous des REP, et le gouvernement vise 10% d’électricité d’origine nucléaire à moyen terme. Le dossier de la centrale de Tomari de Hokkaïdô Electric s’est déjà fait retoqué car il est incomplet. Les données sur le système refroidissement en cas d’accident concernaient un autre système que celui en place. Encore des ingénieurs qui connaissent bien leurs machines… Celui de Takahama aussi, car Kansaï Electric a sous-estimé la hauteur du tsunami qui pourrait la frapper. Elle est bonne pour rehausser la digue, ce qui prend du temps. Il n’y a plus que 7 dossiers en cours d’évaluation par la NRA, pour 50 réacteurs. Le gouvernement était encore bien optimiste avec ses 10%.

Inversement, d’un tiers à la moitié du parc ne redémarrera probablement jamais. 17 réacteurs ont plus de 30 ans. Il n’est pas sûr qu’il vaille le coût d’investir pour les remettre à niveau. D’autres sont sur des failles qui sont maintenant considérées comme actives après un réexamen. C’est le cas pour la centrale de Tsuruga (Fukui) et probablement pour celle de Higashidori (Aomori). Et puis, TEPCo ne pourra jamais redémarrer les réacteurs de Fukushima qui n’ont pas explosé, même si la compagnie y songe encore.

Le gouvernement a aussi demandé aux autorités locales de mettre en place un plan d’évacuation de toute la population sur un rayon de 30 km autour de chaque centrale. A Tôkaï (Ibaraki), c’est quasiment mission impossible car la population se compte par million. Pour les pouvoirs locaux, c’est non.

TEPCo veut redémarrer au plus vite deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, fortement secouée lors du séisme de 2007. Mais, avec la légèreté avec laquelle elle se préoccupe de l’eau contaminée à Fukushima, il lui est difficile de convaincre qu’elle a amélioré sa culture de sûreté. Le gouverneur de la province de Niigata est fermement opposé au redémarrage de ces réacteurs tant que toute la lumière n’aura pas été faite sur l’accident nucléaire de Fukushima.

Plusieurs compagnies d’électricité sont donc dans une situation financière critique car elles ne pourront pas redémarrer de réacteur nucléaire avant longtemps, voire jamais.

En attendant, avec la libéralisation complète du marché de l’électricité à partir de 2016, la concurrence va être plus rude. De nombreux investissements se tournent vers les énergies renouvelables : en plus du solaire et du vent, l’exploitation de l’énorme potentiel géothermique du pays n’est plus tabou. Selon le ministère de l’industrie, une centaine de nouvelles compagnies se sont enregistrées pour vendre de l’électricité. 40% d’entre elles en produisent déjà. 

Comme pour le moment tout projet de construction de nouvelle centrale nucléaire est gelé au Japon, le nucléaire est, de facto, déclinant au Japon, quelle que soit la couleur des partis au pouvoir. Le précédent gouvernement voulait arrêter le nucléaire à terme, mais relancer les réacteurs jugés sûrs par la NRA en attendant. Le nouveau gouvernement veut relancer le nucléaire et redémarrer les réacteurs jugés sûrs par la NRA en attendant, ce qui revient exactement au même. 

Les deux s’accordent sur l’exportation de technologie nucléaire et le maintien des investissements dans le « retraitement » des combustibles usés et le surgénérateur Monju, même si l’usine n’a jamais fonctionné et que son lancement a connu 19 reports en plus de 5 ans. Le réacteur expérimental, quant à lui, n’a fonctionné que 240 jours depuis 1994 et ne pourra probablement jamais satisfaire les nouvelles normes de sûreté. Cette obstination n’est pas sans arrières pensées militaires et inquiète les Etats-Unis. 

Le Japon ne peut pas importer d’électricité. Une moitié du pays est à 50 Hz et l’autre à 60 Hz, ce qui réduit drastiquement les échanges entre les deux parties. Il s’en est cependant sorti, grâce notamment aux économies d’énergie. Les émissions de CO2 de TEPCo par kilowattheure produit a augmenté, mais la quantité totale rejetée en 2012 est égale à celle rejetée en 2010. Les économies d’énergie ont compensé l’arrêt complet du parc nucléaire de la compagnie. En revanche, elle n’a pas réussi à baisser ses émissions conformément au protocole de Kyôto.

Selon le ministère de l’industrie, 9 des 10 compagnies d’électricité, n’ont pas réussi à remplir leurs objectifs de réduction de 20% de leurs émissions de CO2 par rapport à 1990, conformément aux engagements pris en 2007. La seule compagnie qui s’en tire, est celle d’Okinawa, qui n’a pas de nucléaire ! Chubu Electric, qui dépend peu du nucléaire, a réduit ses émissions de 12,9%. Chukoku Electric, de 13,4%. D’autres ont augmenté leurs émissions. Globalement, les 9 compagnies qui ont du nucléaire n’ont réduit, en moyenne, leurs émissions que de 2,6%. Ces compagnies produisent environ un tiers des émissions de CO2 du pays, mais le Japon va néanmoins satisfaire au protocole de Kyôto grâce aux échanges de quotas d’émission. Les compagnies d’électricité, quant à elles, rechignent à utiliser cette possibilité car elles sont dans le rouge.

David Boiley, physicien et président de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest
Source :  www.acro.eu.org

 

A lire aussi : Le Japon mise gros sur l’énergie éolienne offshore

 

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Radiofréquences : pas d’effets avérés, mais une exposition en hausse !

Selon l’avis de l’Anses relatif à la mise à jour de l’expertise « Radiofréquences et santé », la revue des nouvelles publications scientifiques publiées entre avril 2009 et décembre 2012 ne démontre aucun effet avéré chez l’Homme ou l’animal. Toutefois, elle relève, avec des niveaux de preuve limités, différents effets biologiques chez l’Homme ou chez l’animal. Certaines publications évoquent une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale pour les utilisateurs utilisant leur téléphone portable plus de 30 minutes par jour en conversation, sans kit main libre, pendant 25 ans. 

Malgré ces conclusions, l’Anses reconnait que l’évaluation des risques comprend de nombreuses lacunes. Certains effets sont toujours recherchés. « Ce sont des effets pour lesquels on n’est pas capable d’identifier un lien entre ces effets biologiques et des effets sanitaires, c’est-à-dire des pathologies associées », affirme Dominique Gombert Directeur de l’évaluation des risques de l’Anses. Ils concernent le sommeil, la fertilité mâle, les performances cognitives et des mécanismes cellulaires. En l’absence d’études menées chez l’Homme, l’Agence ne peut pas non plus conclure sur l’influence des radiofréquences concernant les rythmes circadiens, la maladie d’Alzheimer, la reproduction et le développement, les paramètres hématologiques et la vasomotricité des vaisseaux sanguins.

Améliorer la documentation des expositions environnementales

Les téléphones mobiles constituent la principale source d’exposition pour les utilisateurs. Les multi-expositions environnementales sont toutefois trop faiblement documentées. « Face à la multiplication des sources d’émissions souvent individuellement faibles, nous préconisons que soient réalisées un certain nombre de campagnes de mesures en intérieur et en extérieur de l’exposition cumulée de ces différentes sources pour mieux documenter la réalité des expositions », explique Marc Mortureux, directeur de l’Anses. L’agence recommande également de développer des études épidémiologiques, pour avoir une caractérisation beaucoup plus précise de l’exposition de la population.

De plus, l’impact potentiel des protocoles de communication mis en œuvre (2G, 3G, 4G) est insuffisamment documenté. « Avec le passage à la 4G, est-ce qu’on ne va pas se retrouver avec une augmentation des expositions pendant ce passage, en attendant que les autres technologies disparaissent ? » s’interroge Martine Hours, la présidente du Comité d’expert spécialisé en charge du rapport.

Une modification des comportements

L’influence des technologies sur les comportements pourrait finalement nous faire courir le plus grand risque. Causé par l’addiction au téléphone portable et à Internet, le bouleversement du sommeil pourrait faire courir plusieurs risques sanitaires. Pour cette raison, le rapport recommande que « l’impact des usages des nouvelles technologies sans fil sur le stress, la fatigue, le syndrome du burn-out, l’addiction, etc. soit étudié plus avant ». L’Anses veut aussi développer les recherches sur les nouveaux usages des Smartphones et des tablettes pour comprendre les expositions qui ne se font pas forcément au niveau de la tête.

« C’est par la maîtrise de l’exposition que l’on peut contrôler un risque s’il est avéré que ce risque existe réellement ; on n’a pas à attendre que ce risque soit réellement démontré pour faire une prévention et contrôler l’exposition », note Martine Hours. Pour cette raison, l’agence recommande notamment que  tous les dispositifs courants émetteurs de champs électromagnétiques destinés à être utilisés près du corps (téléphones DECT, tablettes tactiles, veille-bébé, etc.) fassent l’objet de l’affichage du niveau d’exposition maximal engendré (DAS par exemple), comme cela est déjà le cas pour les téléphones portables. En attendant, elle conseille toujours d’utiliser un kit main-libre, de privilégier les DAS les plus faibles et de limiter l’usage des téléphones portables par les enfants.

Dès la fin de l’année, l’Anses va par ailleurs approfondir le travail concernant les électro-sensibles, ces personnes intolérantes aux ondes. Elle rendra également un rapport sur l’exposition des enfants début 2014.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Une utilisation surprenante des neutrons ultrafroids permettrait de mesurer le mouvement des virus

Ce nouvel outil utilise des neutrons ultrafroids (UCN) qui se déplacent plus lentement qu’un coureur moyen et permettront aux scientifiques de cartographier le mouvement d’objets minuscules avec une précision jusqu’à présent inégalée.  Leur découverte, réalisée à l’Institut Laue-Langevin, le centre phare en science neutronique et le berceau de la recherche avec des neutrons ultrafroids depuis plus de 25 ans, vient d’être publiée dans la revue Crystallography Reports.

Depuis leur découverte en 1969, les neutrons ultrafroids ont été utilisés par les physiciens expérimentaux pour répondre à des questions fondamentales sur l’univers comme l’origine de la matière et la manière dont la gravité s’inscrit dans le modèle standard de la physique des particules. Dans ce but, ils stockent les neutrons ultrafroids dans des pièges et étudient leurs propriétés comme leurs énergies ou temps de vie avec une très grande précision. 

Cependant, la durée de stockage moyenne des neutrons ultrafroids dans leurs pièges s’est toujours révélée beaucoup plus courte qu’escompté, ce qui affectait la qualité des observations. En 1999, le Dr Valery Nesvizhevsky et ses collègues à l’ILL ont découvert un nouveau phénomène qui pourrait expliquer ces pertes. Ils ont découvert qu’occasionnellement un neutron ultrafroid stocké dans le piège recevait un petit apport d’énergie supplémentaire. Cela n’arrivait qu’une fois sur 10 000 000 collisions, cependant, et leur origine était inexpliquée. 

D’autres hypothèses étant écartées, le Dr Nesvizhevsky commença à s’intéresser à l’influence des nanoparticules ou nano-gouttelettes connues pour occuper une couche située immédiatement au-dessus de la surface de la plupart des matériaux, y compris ceux situés à l’intérieur du piège.  

Pour vérifier cette hypothèse, le Dr Nesvizhevsky et ses collègues se sont tournés vers le dispositif UCN de l’ILL. Ils ont placé dans le cylindre de stockage des neutrons ultrafroids des échantillons avec des couches superficielles de nanoparticules dont la répartition granulométrique était connue et ont observé les interactions.

L’équipe a découvert que la modification d’énergie des neutrons ultrafroids était induite par des collisions semblables à celles des boules de billard avec des nanoparticules en mouvement à la surface, apportant ainsi la première preuve que ces nanoparticules ne sont pas stationnaires.

Les faibles niveaux d’énergie des neutrons ultrafroids signifient qu’ils rebondissent généralement sur les parois intérieures, en restant dans le piège. Cependant, ces apports d’énergie supplémentaire provoqués par l’interaction avec les nanoparticules leur donnent juste assez d’énergie pour surmonter la gravité et s’échapper par le haut de la chambre qui reste ouverte ou pour traverser les parois. 

Cependant, ce phénomène a deux conséquences particulièrement dramatiques :

  • Il pourrait expliquer les écarts dans les résultats des expériences réalisées il y a soixante ans lors de la mesure du temps de vie du neutron, dont les résultats diffèrent d’environ 10 secondes, bien au-delà des incertitudes rapportées. Un chiffre précis pourrait affecter les conclusions sur les origines de la matière dans l’univers jeune, ainsi que le nombre de familles de particules élémentaires existant dans la nature, et pourrait modifier les modèles de la formation des étoiles.
  • Il fournit également à la science un outil complètement nouveau et d’une exactitude unique pour étudier pour la toute première fois la manière dont les nanoparticules se déplacent et interagissent avec les surfaces des matériaux, en particulier par l’intermédiaire des interactions van der Waals/Casimir, dans toutes sortes de systèmes naturels et artificiels.

Les applications potentielles de cette technique sont vastes et incluent la production de produits chimiques et de semi-conducteurs, de convertisseurs catalytiques, de circuits intégrés utilisés dans les dispositifs électroniques et les sels halogénures d’argent dans les films photographiques. Cet outil pourrait aussi être utilisé pour étudier pour la première fois comment les molécules biologiques se déplacent le long d’une surface, comme les virus le long d’une membrane biologique.

« Nous avons trouvé ce tout nouvel outils scientifique par hasard. Nous n’avions jamais pensé que les neutrons ultrafroids pourraient avoir de telles utilisations pratiques. Il est certain que les implications de ces découvertes pour la physique fondamentale feront l’objet d’un débat brûlant et je m’attends à ce qu’il y ait des discussions pour savoir dans quelle mesure ces petits apports d’énergie contribuent aux incertitudes quant aux mesures de la durée de vie du neutron. Cependant, le potentiel de cette nouvelle technique pour étudier la dynamique des nanoparticules ne fait aucun doute et nous espérons travailler avec des chercheurs de nombreuses disciplines scientifiques pour réaliser son potentiel. » 

Dr Valery Nesvizhevsky de l’Institut Laue Langevin

Pour leurs prochaines expériences, Valery et ses collègues ont réservé du temps de faisceau supplémentaire à l’ILL et demanderont à des scientifiques de différentes disciplines de fournir des échantillons provenant de leurs propres recherches pour pouvoir les analyser avec des neutrons ultrafroids et prouver la validité de cette nouvelle technique.  

Le Dr Valentin Gordeliy est responsable du Groupe Transporteurs Membranaire à l’Institut de Biologie Structurale et a rencontré le Dr Nesvizhevsky pour discuter les applications possibles dans son propre domaine de recherche de cette nouvelle technique de neutrons ultrafroids : “Il s’agit d’une découverte importante et si sa faisabilité peut être vérifiée, c’est également une découverte potentiellement très excitante pour mes propres travaux en biologie structurale. Dans le corps humain, il existe de nombreuses nanostructures, leurs mouvements correspondent à l’échelle de temps de cette technique. Elles incluent les virus et différentes protéines et complexes protéiniques dont les histones, les échafaudages d’ADN qui régulent l’expression des gènes, contribuant à les ouvrir et à les fermer. L’un des sujets d’étude les plus attractifs serait les protéines membranaires qui contribuent à maintenir l’ensemble du corps en bonne santé et sont donc ciblées par 60% des médicaments existant.  D’autres outils comme les microscopes électroniques peuvent être utilisés mais ils ne sont pas adaptés pour étudier la dynamique. La possibilité d’étudier des interactions complexes comme un virus et une protéine membranaire permettrait d’acquérir de nouvelles connaissances en vue de découvrir de nouveaux médicaments ainsi qu’une meilleure compréhension de la manière dont notre corps fonctionne. » 

A propos de l’Institut Laue-Langevin (ILL) : c’est un centre de recherche international basé à Grenoble. Il est le leader mondial dans le domaine des sciences et des technologies de diffusion des neutrons depuis près de 40 ans.

Des fûts de déchets radioactifs belges endommagés

Electrabel, filiale de GDF Suez, est embarrassée.  L’office national belge des déchets radioactifs et des matières fissiles a découvert 42 fûts de déchets radioactifs recouverts d’une substance gélatineuse inconnue et surtout indésirable. Ces fûts font partie des 7300 stockés à Dessel, en Belgique, ces trente dernières années. Une découverte intrigante, d’autant qu’Electrabel peine à la justifier. Son explication sur une réaction chimique de type alacli-silice qui serait survenue dans le béton reste de l’ordre de l’hypothétique. Une tentative d’explication toutefois plausible, les déchets des deux centrales belges Doel et Tihange étant mélangés à du béton et du ciment avant d’être stockés dans des fûts métalliques de 400L. Mais les agences officielles jouent la prudence et n’ont encore officialisé aucune version. D’autant que si celle-ci se vérifie, il restera à expliquer pourquoi une telle réaction, effectivement attendue au bout de plusieurs décennies, est survenue beaucoup plus tôt. Que le peuple belge se rassure tout de même, la matrice en béton serait toujours étanche et ne souffrirait d’aucune fuite. 

Ces derniers évènements alimentent les hésitations de la Belgique face à l’énergie nucléaire, et la problématique du traitement des déchets par stockage. Le gouvernement doit en ce moment même se prononcer en faveur d’un plan de stockage en sous-sol des déchets radioactifs à 200m de profondeur. La mise au jour d’une dégradation des fûts pourrait relancer les débats…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

La plateforme publique de recherche doit assurer l’avenir de l’acier français

« Garantir l’indépendance de la sidérurgie française », telle est l’ambition du centre public de recherche pour la sidérurgie française d’après le Président de la République. Annoncée lors de sa visite à Florange le 26 septembre, cette plateforme R&D verra physiquement le jour dans la vallée de la Fensch, sur le site de l’Institut de recherche et technologique de Metz, courant 2014. Ce centre doit garantir que les découvertes françaises et brevets resteront dans le giron de la France. Ce qui n’est pas le cas pour les brevets déposés par la plateforme de recherche d’ArcelorMittal. Par exemple, l’acier Usibor, un acier allégé destiné à l’automobile, est à l’usage exclusif d’ArcelorMittal. En cas de revente du site, les outils restent mais le brevet part avec Mittal. Une perspective peu réjouissante. François Hollande souhaite mettre un terme à cet avantage qui avait d’ailleurs été une motivation importante pour Mittal dans le rachat de Florange. Le rapport sur La filière Acier en France et l’avenir du site Florange  remis en Juillet 2012 soulignait déjà que le centre de recherche de Maizières-lès-Metz qui emploi plus de 500 personnes était « le plus important centre de R&D du groupe.  […] probablement l’une des principales raisons de l’intérêt de Mittal pour la reprise d’Arcelor. ». Ce centre travaille sur une dizaine de projets d’optimisation des produits existants et sur quelques produits innovants. 

Pour se prémunir de la perte des résultats de la recherche française, François Hollande a annoncé que 20 millions d’euros seraient débloqués via les investissements d’avenir pour ce centre qui « n’est pas un centre de recherche de plus » a tenté de rassurer le Président de la République. L’aide financière pourrait même se monter à 50 millions, sous condition qu’il y ait des projets portés par des industriels. 

« Je crois en la sidérurgie comme filière d’avenir, en la Lorraine » n’a cessé de marteler François Hollande. Mais concrètement, en quoi consiste l’acier de demain ? Quelles directions prendra cette recherche pour une sidérurgie de pointe ? Après l’abandon du projet ULCOS sur l’enfouissement du CO2, la question mérite d’être posée. Problème, le Ministère du redressement productif n’en sait rien et du côté du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, aucune information ne leur a été communiquée. A se demander comment ont été chiffrés les 20 millions d’euros alloués à ce projet…

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Les véhicules de demain alimentés par des carburants liquides… provenant de l’énergie du vent et du soleil !

On le savait déjà: l’éolien et le solaire photovoltaïque vont jouer un rôle majeur dans le mix électrique de demain, éliminant progressivement les énergies non durables. En 2012, l’Allemagne a produit plus du quart de son électricité à partir des énergies renouvelables, dont 8,5% avec l’éolien et 5,3% avec le solaire photovoltaïque. Un pays comme le Danemark, dont la densité de population est pourtant supérieure à celle de la France produit aujourd’hui 33,7% (50% dès 2020) de son électricité à partir de l’éolien d’après l’Agence Internationale de l’Energie.  

Mais ces deux filières renouvelables vont probablement alimenter également les transports, au point d’éliminer d’une part les carburants fossiles et d’autre part  les agrocarburants fortement consommateurs en surfaces agricoles et dont le bilan hydrique et environnemental laisse à désirer. 

Comment ? Pas seulement avec leur production électrique chargeant des batteries de voitures électriques, mais grâce à la synthèse de carburants liquides par électrolyse de l’eau en dihydrogène puis méthanation. Il est alors possible d’obtenir des carburants de synthèse, particulièrement propres, pour remplacer les carburants pétroliers et les agrocarburants actuels.

Solar Impulse 

La méthanation n’a rien à voir avec la méthanisation qui permet d’obtenir par fermentation le biogaz. Il s’agit  d’un procédé industriel de conversion catalytique du dihydrogène (H2) et du dioxyde de carbone (CO2) en méthane (CH4) et en eau (H20). 

Le méthane obtenu (ainsi que le dihydrogène) permet l’obtention de carburants pour les avions, les bateaux, les camions et les voitures. Ainsi, conformément à la parabole « Solar Impulse » de Bertrand Piccard, les avions nous transporterons demain avec l’énergie solaire et éolienne.

 « Nous considérons que l’électricité proviendra en grande majorité par l’éolien et le solaire photovoltaïque. L’hydroélectricité et la géothermie contribueront dans une moindre proportion » soulignent les auteurs du rapport de l’UBA, affirmant que l’Allemagne peut tout à fait produire 3000 TWh par an d’électricité à partir des énergies renouvelables, et qu’elle peut aussi importer de l’électricité d’origine renouvelable. « Nous n’avons pas besoin du nucléaire et de la séquestration du carbone » Un point de vue pas partagé par tout le monde en Europe, et en particulier en France. 

La décroissance n’est pas nécessaire

Il n’est pas utile de faire de grands sacrifices et d’opter pour la décroissance économique insistent les auteurs qui montrent qu’une Allemagne presque neutre en gaz à effet de serre est possible: « en 2050, l’Allemagne sera encore un pays industriel hautement développé qui aura maintenu ses standards de niveau de vie, avec une consommation et des comportements similaires à ceux d’aujourd’hui. » 

Les auteurs du rapport estiment que les  grands pays industrialisés peuvent aussi, comme l’Allemagne, réduire les émissions de  CO2 de 95% d’ici 2050.

> Télécharger le rapport « Germany 2050 : a greenhouse gas-neutral Country »

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Dispositifs anti-ondes, vraie protection ou vraie arnaque ?

La méfiance vis-à-vis des radiofréquences reste forte et l’explosion des personnes dites « electro-sensibles » a donné des idées à certains. C’est ainsi que l’on voit fleurir des dispositifs censés nous protéger des ondes. Parmi les solutions les plus en vogue, le patch séduit de plus en plus. Petit, pratique et pas trop cher, quelques dizaines d’euros,  ces patchs à placer à l’arrière de son téléphone portable promettent d’absorber les ondes émises. Certains d’entre eux promettent même jusqu’à 99% de réduction du DAS. Le DAS, ou Débit d’absorption spécifique, est un marqueur de l’énergie dégagée par le rayonnement électromagnétique  auquel est soumis l’utilisateur de l’appareil. Des performances en partie confirmées par les tests de l’Anses. 

Parmi les 13 dispositifs anti-ondes, 11 patchs et 2 pastilles à coller. Les dispositifs de type étui de protection conduisent effectivement à une diminution allant de 71,56% à 99,53% du DAS ! En revanche, les dispositifs anti-ondes à positionner sur la batterie ou directement sur le téléphone ne montrent qu’une réduction de quelques pourcents.  Enfin, les systèmes à placer près de l’antenne permettent une réduction du DAS entre 8% et 76% environ. 

Le principe est de coller du métal au dos du téléphone. « Cela modifie l’antenne. Il est alors possible de diminuer le DAS car l’antenne n’est plus adaptée à son environnement, elle n’est plus apte à délivrer toute la puissance initiale. » explique Olivier Merckel, de l’ANSES.

De quoi confirmer les dispositifs dans leur utilité. Oui mais, il y a un mais ! En effet, en contrepartie de la diminution du DAS, la capacité de réception de l’appareil s’en retrouve très limitée, «[…] rendant difficile voire impossible la réception des appels » précise le rapport. En fait, l’appareil se retrouvant avec une  puissance diminuée, il n’est plus capable de fonctionner correctement et émet plus fort pour tenter de maintenir la liaison avec les antennes-relais. Tout le contraire de l’effet recherché. De plus, cela vide la batterie, déjà rapide à se décharger pour les Smartphones.

La conclusion de l’Anses est claire : « aucun effet probant de ces dispositifs sans une altération des performances du téléphone mobile. Au contraire, les protections qui modifient les performances radioélectriques des téléphones mobiles, en dégradant par exemple les capacités de réception, risquent, dans des conditions d’utilisation réelles, d’augmenter le niveau d’exposition de l’utilisateur. »

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Shiyan-7, le satellite chinois qui fait polémique

La Chine poursuit son champ d’expérimentation spatial en envoyant toujours plus de satellites. En septembre dernier, elle lançait en orbite le Fengyun-III et le Kuaizhou I dont la mission est de surveiller et prévenir les catastrophes naturelles par l’observation météorologique et ainsi informer le Centre national de télédétection chinois. 

Ici, dans l’affaire des satellites dits d’expérimentation, l’objectif poursuivi semble plus flou. Un communiqué chinois affirme que « ces trois satellites sont utilisés pour l’observation des débris spatiaux et la réalisation d’expériences scientifiques dans les techniques d’entretien de l’espace ». Chuangxin-3, Shiyan-7, et Shijian-15 seraient donc des satellites ménagers.

Mais ce qui inquiète les États-Unis provient de Shiyan-7 et des bras articulés dont il dispose. En effet, muni de bras mécaniques, il serait apte à attirer dans son sillage, voire de capturer un autre satellite. Utilisé à mauvais escient, il se révélerait donc être une arme efficace dans l’espace. C’est la raison pour laquelle certains experts, se questionnant sur l’usage de ces satellites, se sont permis de supposer qu’ils pourraient faire partie d’un programme d’armement anti-satellites.

Souvenez-vous en 2007, la Chine avait déjà effectué un test ASAT (anti-satellite) sur l’un de ses propres satellites. La mission, conclut alors par la destruction du satellite Fengyun 1C, avait relancé le débat d’un code de conduite internationale de l’espace car plus de 3 000 débris résultant de l’explosion souillaient une zone orbitale terrestre assez fréquentée.

Qui plus est, l’observation de Shiyan-7 a révélé un comportement étonnant a relaté Marcia Smith, analyste de la politique spatiale et fondatrice et rédacteur en chef de SpacePolicyOnline.com. Le satellite a subi une suite de changements orbitaux qui l’a fait s’approcher tour à tour de Chuangxin-3 puis de Shijian 7, lancé en 2005.

Une manoeuvre peu courante dans l’espace qui paraît encore assez mystérieuse. 

Comme vous pouvez le constater, l’heure est à la spéculation et non à l’affirmation. Rien ne permet d’affirmer s’il s’agit d’une réelle menace, ou simplement d’un projet de collecte de débris spatiaux.

Par Sébastien Tribot

La bataille est enclenchée sur la distribution de l’e-cigarette

Un buraliste français en colère, et c’est tout le réseau de distribution de l’e-cigarette qui est remis en question.

Lundi 28 octobre, la justice française a examiné la plainte d’un buraliste contre son voisin spécialisé dans la vente de cigarette électronique.  La décision a été mise en délibéré jusqu’au 9 décembre par le tribunal de Commerce.

Le plaignant, propriétaire d’un bureau de tabac dans la banlieue de Toulouse, dénonce notamment une «concurrence déloyale» du vendeur d’e-cigarette.

Il affirme que ce nouveau produit peut être considéré comme un dérivé du tabac et relève donc du monopole de la distribution réservée aux buralistes en France.

Derrière ce conflit entre deux commerçants, la question de la distribution de l’e-cigarette en France qui est mis sur la table.

Produit dérivé du tabac ou produit de consommation courante, la loi française n’a pas encore tranché le débat. Et ce vide juridique a permis à ce marché florissant de se développer librement.

 » Selon l’article 554 du Code des impôts, les cigarettes et produits à fumer, même s’ils ne contiennent pas de tabac sont assimilés aux tabacs manufacturés et relèvent donc du monopole de distribution des buralistes » estime Bertrand Desarnauts, l’avocat du buraliste. 

Reste que le texte de loi date de 1983, soit bien avant l’invention et la mise sur le marché de l’e-cigarette.

Publicité illégale

Autre doléance, la boutique d’e-cigarette « ne respecte pas la législation en matière de publicité » souligne Bertrand Desarnauts. 

En France, la publicité sur le tabac et ses produits dérivés est interdite.

En vertu de la loi « Evin » de lutte contre le tabagisme, toute forme de publicité directe ou indirecte en faveur du tabac est proscrite. Et tout produit du tabac ou qui valorise le fait de fumer tombe dans le champ d’application de cette loi.

Nouvelle addiction ou remède à la dépendance au tabac, la question de la légalité de l’e-cigarette sur le plan publicitaire reste difficile à déterminer, puisqu’elle ne dispose pas d’existence légale en tant que telle dans les textes de loi. 

La Ministre de la santé, Marisol Touraine, a promis à plusieurs reprises cette années d’interdire la publicité en faveur de ce nouveau produit. Pour l’heure, ses promesses sont restées lettre morte.

Un secteur sans encadrement législatif

Aujourd’hui, le dynamisme de l’e-cigarette attise les convoitises.  En 2013, le marché devrait représenter environ 200 millions d’euros selon l’Office français du tabagisme. Une manne dont profitent les multiples boutiques spécialisées sur ce produit, mais aussi les buralistes qui ont ajouté les e-cigarettes sur leurs présentoirs.

 » 70% de notre réseau offre d’ores et déjà les cigarettes électroniques à la vente  » observe Jean-Luc Renaud, secrétaire général de la confédération des buralistes, qui compte quelques 27 000 membres en France.

Si le bras de fer est engagé entre les deux réseaux de distribution, c’est que l’e-cigarette représente aussi une marge commerciale importante.

Les produits du tabac sont taxés à hauteur de 80% environ de leur prix de vente. L’e-cigarette, pour l’heure considérée comme un produit de consommation courante, est soumise à la seule TVA (19,6% en France).

Pour Jean-Luc Renaud de la confédération des buralistes, la cigarette électronique à vocation à être vendue exclusivement chez les buralistes. « Nous tenons à ce que la vente de la cigarette électronique se fasse dans le cadre exclusif du réseau des buralistes » affirme-t-il.

La directive européenne en cours de négociation

Au niveau européen, la France n’est pas le seul pays à posséder un monopole d’État pour la vente des produits du tabac. C’est également le cas de la Suède ou du Danemark.

Un projet de directive tabac a été adopté le 8 octobre par le Parlement européen. Il prévoit entre autres un meilleur encadrement de l’e-cigarette.

Si le Parlement européen s’est prononcé en majorité pour que la cigarette électronique ne soit pas considérée comme un médicament, il ne s’est pas prononcé sur le mode de distribution du produit.

Le feu vert donné par le Parlement européen ouvre maintenant la voie aux négociations avec les représentants des 28 Etats membres.

Le Parlement européen dispose d’un mandat de négociation avec les représentants des gouvernements européens et espère obtenir un accord avant les élections européennes de mai 2014.  Une fois la directive promulguée, les États membres auront alors 18 mois pour la transposer en droit national.

 

PROCHAINES ÉTAPES : 

9 décembre 2013: Décision du tribunal de Commerce de Toulouse sur la plainte du buraliste contre le vendeur de cigarettes électroniques pour concurrence déloyale.

 

Source : Euractiv.fr

L’X-37B : la mystérieuse navette spatiale américaine

L’X-37B est né en 1999 d’une collaboration entre Boeing et la Nasa dans le but de créer un véhicule d’essai orbital à la fois fiable et présentant des caractéristique propices à l’accès à l’espace; à savoir une plus grande flexibilité grâce à des dimensions et une masse revues à la baisse ainsi qu’un coût par mission amoindri.

Cela fait trois ans maintenant que les américains expérimentent cette navette spatiale autonome capable de rentrer et sortir de l’orbite par ses propres moyens, comprenez sans qu’aucune intervention humaine n’ait lieu. On en est à la troisième mission du genre, après OTV1 (Orbital Test Vehicule), OTV-2 et désormais OTV-3.

La nature de la mission, officiellement appelée USA-240, demeure mystérieuse et ce malgré les quelques mois passés la-haut. On ne saurait donc dire quelles sont les motivations de l’X-37B; test du matériel en condition réel où espionnage.

Tout ce que l’on peut dire, selon la source space.com, c’est que la mission « est top secrète et est en cours ».

Quelques détails sur l’avion spatial :

  • Dimensions : 8,9 mètres de haut  pour 4,5 mètres d’envergure.
  • Poids : 5,6 tonnes au décollage.
  • 3 voyages effectués depuis 2010 : le premier a duré 225 jours,,le second 469 jours et le dernier au moins cinq mois.

Par Sébastien Tribot

Les gaz d’échappement plus dangereux que la voiture elle-même

34 000 contre 53 000. C’est le nombre de tués sur la route et le nombre de morts liés à la pollution des gaz d’échappements. Force est de constater que les gaz rejetés par les voitures sont bien plus mortels que les conducteurs. L’étude du MIT qui révèle ces chiffres inattendus est-elle aussi valide en France ? Pas exactement. La mortalité sur les routes a chuté à environ 4000 morts annuels, tandis que les décès imputables à la seule pollution automobile sont estimés à 3 à 6000, soit le même ordre de grandeur. Il est toutefois délicat de chiffrer les morts liés aux seules particules émises par les gaz d’échappement. On sait que la pollution atmosphérique globale tue entre 20 000 et 40 000 personnes chaque année, mais comment connaître celles qui relèvent exclusivement des véhicules ?

Les décès liés aux échappements sont souvent des aggravations d’une pathologie existante. Les polluants inhalés provoquent des phénomènes inflammatoires ou développent les plaques d’athérome, favorisant les maladies cardiaques. Il s’agit donc plutôt de personnes âgées ou fragiles, tandis que les victimes d’accidents de la route sont jeunes. De plus, l’influence de la pollution se ressent sur du long terme. Les personnes les plus exposées étant celles vivant près des axes routiers. Difficultés respiratoires, asthme, troubles de la circulation sanguine et de la tension artérielle, autant d’effets connus. Plus récemment, le Centre international de recherche sur le cancer a publié un rapport ajoutant le cancer des poumons à cette triste liste, l’identifiant comme une maladie que les particules diesel favorisent.

Comment se protéger ? Parmi les solutions préconisées il y a le renouvellement du parc automobile vieillissant et la diminution du trafic routier. Des voitures moins polluantes, plus de véhicules électriques, du covoiturage, le développement des transports en commun… Des pratiques déjà encouragées dans certaines villes mais dont l’impact reste timide.

Il ne reste plus qu’à déménager !

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

REACH : l’actualité d’octobre (2/2)

Réunion du Comité des produits biocides

11/10/2013

Le comité des produits biocides (BPC) s’est réuni pour la troisième fois les 9 et 10 octobre. Le BPC s’est mis d’accord sur les procédures de travail et un programme de travail provisoire pour 2014-2016. 

Le BPC est maintenant prêt à traiter ses premiers cas.

Evaluation des dossiers : nouvelles fiches d’information

15/10/2013

Le process d’évaluation des dossiers dans le cadre de REACH couvre les contrôles de conformité et les examens des propositions d’essai. Les deux processus peuvent conduire à des décisions de l’ECHA pour des demandes d’informations complémentaires pour les déclarants. Dans le suivi de ces décisions, l’ECHA évalue si les déclarants fournissent les informations demandées dans le délai fixé par la décision et si cette nouvelle information devrait conduire à de nouvelles actions. Une nouvelle fiche d’information a été publiée pour clarifier cette phase de suivi.

Appel à contribution pour la substitution du DecaBDE

16/10/2013

L’ECHA demande des informations pour identifier les utilisations du DécabromodiphénylétherDecaBDE où la substitution peut être difficile ou lorsque les entreprises ont besoin de temps supplémentaire pour effectuer la substitution. L’information sera utilisée dans l’évaluation de la faisabilité des alternatives à la préparation d’un dossier de restriction (annexe XV).

L’ECHA a l’intention de soumettre le dossier de restriction du DecaBDE pour le 1er Août 2014.

Rapport publié sur les méthodes employées dans l’évaluation des risques environnementaux des substances pétrolières

21/10/2013

Le rapport d’une étude que l’ECHA a commandé a été publié sur le site web de l’ECHA : « Examen critique des méthodes écologiques et physico-chimiques couramment utilisés dans l’évaluation des risques environnementaux des substances pétrolières dans le cadre de la règlementation REACH ». 

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

21/10/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Quatre consultations sont lancées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 5 décembre prochain.

Consultation publique pour des classifications et étiquetages harmonisés

29/10/2013

L’ECHA a lancé une nouvelle consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé de deux nouvelles substances : 2-(4-tert-butylbenzyl)propionaldehyde (N° CAS : 80-54-6 et N° CE : 201-289-8) et du méthanol (N° CAS : 67-56-1 et N° CE : 200-659-6). Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 13 décembre 2013.

 
Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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