Comment devenir un maître en LabVIEW et se faire des amis en même temps?

Il travaille pour la société Tecnova, Partenaire Alliance de National Instruments et Partenaire certifié en conception (« Certified Design Partner »). En dehors de son propre travail, Mark participe de façon très régulière à la communauté LabVIEW, qui a su contribuer à son ascension en tant qu' »expert LabVIEW ». Mark a pris le temps de nous faire partager ses expériences en LabVIEW, de nous expliquer la façon dont il a enrichi ses connaissances et les bénéfices que la communauté LabVIEW lui a apportés.

Quels ont été les premiers projets sur lesquels vous avez travaillé sous LabVIEW ?

La première fois que j’ai entendu parler de LabVIEW, j’étais encore élève ingénieur dans les Laboratoires Underwriters de Northbrook, dans l’Illinois. J’étais à la recherche d’un logiciel capable de m’aider en matière de test de sécurité automatisé lorsque j’ai découvert le nouveau LabVIEW 4.0. Dès que j’ai pu télécharger la version de démonstration du logiciel sur l’un des ordinateurs du service, nous avons « joué » avec. Je me souviens de la sensation que j’ai éprouvée en dessinant du code informatique au lieu de devoir l’écrire.

Une fois mes diplômes obtenus, j’ai travaillé pour une société de systèmes de commande en tant qu’ingénieur de test. Lors de mon entretien d’embauche, j’ai dit au recruteur, mon futur responsable, que si on me confiait la tâche de construire des testeurs, je souhaitais utiliser LabVIEW. Il m’a fait suivre les cours de formation élémentaires, et c’est ainsi que ma carrière en tant qu’ingénieur LabVIEW débuta.

Mon premier projet LabVIEW s’articulait autour d’un testeur d’encodeur rotatif. Après avoir pataugé avec l’équipement pendant deux semaines, mon responsable et moi-même en avons conclu qu’il nous fallait de l’aide. Nous avons donc pris contact avec un ingénieur commercial de National Instruments qui nous a mis en relation avec un membre du programme Alliance Partner de NI, capable de nous aider avec le testeur. Pendant six mois, à ses côtés, j’ai emmagasiné un maximum de connaissances en LabVIEW. Avoir quelqu’un capable de m’expliquer la bonne façon de procéder m’a mis sur les rails et cela m’a permis de découvrir très tôt les machines d’état, les variables globales fonctionnelles, ainsi que les techniques d’interface utilisateur élémentaires. À ce propos, je conseille vivement aux nouveaux utilisateurs de se trouver un tuteur en mesure de leur montrer la façon de procéder correctement.

La chose la plus sympa sur laquelle j’ai travaillé en tant que programmeur LabVIEW a été un testeur et un outil d’étalonnage pour une matrice de distribution de puissance intelligente de 15 KV. J’ai eu besoin de rassembler toutes mes connaissances en LabVIEW pour mener à bien ce projet, ce qui impliquait toute une variété de matériels comme des multimètres numériques (DMM) 8 chiffres ½, de la commutation matricielle, des phasemètres, des communications SPI (interface périphérique série), des matériels d’acquisition de données et des communications sans fil.

Comment avez-vous amélioré vos compétences en programmation LabVIEW ?

Dès que je pouvais, je parlais de LabVIEW à un maximum de gens. L’une de mes formules préférées reste « Je préfère apprendre de mes pairs que de mes erreurs. » J’ai rejoint le groupe d’utilisateurs LabVIEW au Sud du Wisconsin et j’ai fini par devenir membre de son comité de pilotage. On avait l’habitude de se rencontrer une fois par trimestre et de prévoir les présentations pour les prochaines rencontres entre utilisateurs. C’était un super moyen de connaître les nouvelles fonctionnalités prévues dans LabVIEW, ainsi que les techniques pour écrire un meilleur code.

Je suis un Développeur LabVIEW Certifié (CLD) depuis 2002. En tant que programmeur dans une entreprise, j’ai voulu obtenir cette certification pour me prouver que j’étais à la hauteur. Ensuite, lorsque je suis devenu consultant, cela a pris de l’importance car ça a donné confiance à nos clients en mes capacités en programmation. En vue de me préparer aux examens CLD et CLA, je me suis renseigné sur les nouvelles techniques et j’ai demandé conseil à d’autres développeurs. Au bout du compte, j’ai fait d’une pierre deux coups : j’ai appris à créer un meilleur code tout en me faisant de nouveaux amis !

NIWeek 2010 a été ma 12ème édition de NIWeek. À l’origine, j’y assistais pour assimiler un maximum de connaissances. Désormais, je sais que je vais y faire de belles rencontres, et cette simple idée me plaît. NIWeek est le rassemblement d’utilisateurs LabVIEW par excellence ! Construire un réseau solide de programmeurs LabVIEW fait toute la différence sur la façon dont vous pouvez améliorer vos connaissances.

Comment contribuez-vous, à votre tour, à la communauté LabVIEW ?

Après 14 années à programmer sous LabVIEW à des fins professionnelles, je viens de réaliser que ma soif de succès est désormais beaucoup plus personnelle.

Je suis actuellement l’administrateur référentiel de code pour le site Internet lavag.org (LabVIEW Advanced Virtual Architects) (LAVA). Il s’agit d’un site Internet, indépendant de ni.com, où les novices et les experts en LabVIEW se côtoient pour poser des questions et partager des idées, du code et la même philosophie. En tant qu’administrateur, je vérifie le code que les membres souhaitent partager. LAVA m’a vraiment aidé à exceller dans LabVIEW. Avec tout le temps passé sur ce site, mes compétences en programmation ont été multipliées par cinq.

Je me fais aussi un plaisir d’enseigner à d’autres la façon optimale d’utiliser LabVIEW, en répondant à des questions sur LAVA, en dispensant un cours LabVIEW, et en dirigeant mon équipe lors de la FIRST (For Inspiration and Recognition of Science and Technology) Robotics. Ce que j’apprécie le plus c’est de pouvoir faire profiter à quelqu’un de mes connaissances, en tête à tête. Régulièrement, j’assiste à des réunions composées d’utilisateurs LabVIEW ainsi qu’à des rencontres locales. Et dernièrement, j’ai pu participer au tout premier sommet qui rassemblait des architectes LabVIEW certifiés. Ce fut pour moi l’occasion extraordinaire de rencontrer les meilleurs programmeurs LabVIEW au monde. Depuis toutes ces années, c’est LabVIEW qui m’a servi de moteur pour rencontrer des ingénieurs de haut niveau. Même si je continue à me tenir informé des toutes dernières technologies et des produits en vogue, je pense sincèrement que l’essentiel de mon travail consiste à rencontrer des ingénieurs et des scientifiques et d’échanger des idées avec eux. LabVIEW est le lien qui nous unit les uns aux autres.

Source : http://zone.ni.com/devzone/cda/pub/p/id/1202

De l’ingénierie collaborative à la certification ISO 13485

Spécialiste des instruments de laboratoire pour le diagnostic in vitro, les biotechnologies, mais aussi pour l’agro-alimentaire ou l’environnement, la société ILSA, implanté à Marchaux (25), offre une expertise complète aux industriels, aux fabricants de réactifs et aux distributeurs de ces secteurs. En effet, son offre va de l’étude de faisabilité à l’industrialisation d’un système, en passant par la production en phase de présérie et de petite et moyenne série. Elle est partenaire des plus grands distributeurs (Diamed, Biorad, Bio Mérieux…). En termes de production, elle conçoit trois nouveaux sous-ensembles par an et produit 750 automates d’analyses de laboratoire.

L’organisation interne pour le développement produit de cette PMI de 19 personnes est organisé de la façon suivante :

  • un bureau d’études pluridisciplinaire avec une forte expertise en mécatronique ;
  • un bureau des méthodes pour valider l’industrialisation ;
  • un atelier de fabrication pour les maquettes et les prototypes ;
  • un atelier de production de 1000 m2 pour les préséries et les séries.

En 2009, ILSA décide d’être certifié ISO 13485, une norme qui précise les exigences des systèmes de management et de qualité dans le domaine médical, exclusivement. Un atout supplémentaire pour ses clients et un gage de qualité et de sécurité, deux mots qui sont primordiaux dans ce secteur. Pour ce faire, la société doit se structurer suivant trois thèmes :

  • DHF (Directory History File) pour le dossier de conception ;
  • DMR (Directory Manufacturing File)  pour la fabrication en phase série ;
  • DHR (Directory History Record) pour le suivi des modifications, des livrables et des procès verbaux de libération d’instrument.

Un outil stratégique

Dans un premier temps, elle se dote d’une solution d’ingénierie collaborative de PI3C : la plateforme « Entreprise étendue » qui s’interface avec les solutions de CAO les plus répandues sur le marché. Cette dernière est destinée aux entreprises qui veulent optimiser leur collaboration intra et inter-entreprise pour la gestion de leurs projets, par la mise à disposition d’outils de management, de communication et de planification. « Entreprise étendue » est aujourd’hui un outil stratégique et central, que ce soit pour l’obtention de la certification ISO 13485 et sa gestion au quotidien ou pour assurer la traçabilité, et ce afin de garantir le marquage CE et UL des produits développés. Il permet d’optimiser les process et processus internes et d’obtenir cette certification. « La plateforme PI3C  est notre base de référence unique pour l’ensemble de  nos projets, que ce soit pour la gestion du cycle de vie des produits, pour la consultation des études par nos clients, nos partenaires ou les organismes de contrôle, tel que le GMED (organisme de certification dans le domaine médical) ou l’AFSSAPS (l’agence française de sécurité sanitaire des produits de la santé). Au travers de la plateforme, nous assurons une parfaite traçabilité des instruments fabriqués, quel que soit leur lieu de livraison dans le monde et ce, pendant toute leur durée de vie, qui peut aller de 7 à 15 ans, en incluant la gestion des pièces détachées et le SA V sur site » explique Emmanuel Beuffe, gérant de ILSA.

« Aujourd’hui, nous avons douze utilisateurs au sein d’ILSA et peut être le double en externe, qui travaillent sur la solution de PI3C. Tous les services sont concernés, du bureau d’études à la production, en passant par le service commercial, le marketing ou la qualité, » poursuit  Emmanuel Beuffe,. « Nous gérons les autorisations/accréditations en fonction du degré d’implication et d’intervention d’une personne sur un projet, que ce soit pour un collaborateur, un client ou un partenaire. Cela nous assure une parfaite sécurité de la gestion de nos données. Nous pouvons ainsi permettre à nos clients de consulter, mais aussi de modifier une étude, si besoin est. Un outil collaboratif très apprécié et très efficace car, structurant et sécurisant ». Autre point important pour la société : « Il nous serait difficile de gérer tous les aspects normatifs et réglementaires imposés par la norme ISO 13485 sans la plateforme collaborative. La centralisation des informations, leur sécurisation et leur traçabilité, sont autant de « plus » pour notre service qualité, qui veille au bon respect des directives ».

La société a maintenant tous les atouts pour développer de nouveaux axes stratégiques. Un savoir-faire reconnu, une équipe motivée, une organisation technologique et structurelle de pointe, il ne manquait plus que des nouveaux locaux et un nouveau challenge. C’est chose faite depuis quelques jours avec un  bâtiment de 1200 m2, rénové et agrandit pour optimiser les flux de production. ILSA se lance également dans un nouveau défi, celui de concevoir et de fabriquer ses propres produits.  

La messagerie instantanée s’invite dans le monde de l’entreprise

Qui a dit que les technologies Web 2.0 étaient de simples phénomènes de mode réservés à quelques geeks ? A y regarder de près, ce constat est loin de refléter la réalité. En effet, largement adoptées par le grand public, ces technologies font aujourd’hui partie des outils de communication incontournables. Dans ce contexte, l’on assiste à de profondes modifications dans le monde professionnel, lequel tend à s’emparer de ces technologies et à les adapter à ses exigences. Parmi les technologies ayant connu ce cheminement, nous pouvons par exemple citer les mashups, les outils de visioconférence…
 
Au-delà de ces solutions, il est désormais incontournable de mentionner les outils de messagerie instantanée qui connaissent un fort développement dans l’entreprise. A mi-chemin entre de nombreux services de communication, ils synthétisent un nombre important d’avantages et sont un vecteur d’échanges très pratique, en particulier pour les entreprises justifiant d’une organisation décentralisée. Cette tendance de fond, plus qu’une révolution technologique, est un véritable phénomène sociétal et comportemental qui ne cesse de s’intensifier pour représenter, dans certains cas, la majorité des échanges pratiqués. Ce phénomène est-il durable ? Est-il en train de remplacer des canaux comme le téléphone, le SMS, voire l’email dans certains cas ?
 
A l’inverse des canaux traditionnels, la messagerie instantanée permet d’échanger en temps réel et de se rapprocher d’un mode de communication naturel, tout au moins, de par sa spontanéité comme le classique téléphone  et il permet grâce aux émoticons de simuler un sentiment. Dans ce contexte, nombre d’éditeurs de solutions B2B développent des outils de messagerie instantanée afin de répondre aux attentes de leurs clients. Ils s’inspirent bien entendu des traditionnelles solutions B2C, mais intègrent des fonctionnalités et niveaux de sécurité différents au regard de leur utilisation. Ne nous y trompons pas : outils Web 2.0 oui ! Intuitifs oui ! Mais sécurisés et adaptés au monde de l’entreprise. Cette condition est un élément  essentiel et inéluctable.

Des solutions complémentaires plus que concurrentes

En regardant de plus près, la messagerie électronique n’est pas un réel concurrent de l’email. Elle est utilisée pour des échanges « spontanés » ou synchrones qui ne nécessitent pas d’être archivés, par exemple. L’email d’un naturel asynchrone conserve, pour sa part, un aspect plus formel : échange de documents, informations sensibles… Ces différents éléments expliquent la bonne cohabitation entre ces canaux qui se complètent parfaitement.
 
En revanche, force est de constater que les solutions de messagerie instantanée commencent à concurrencer le fameux SMS et le canal téléphonie ! Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. La première tient à la notion de convergence, largement relayée par les opérateurs, constructeurs et éditeurs du marché. En effet, acheter un téléphone portable non convergent est aujourd’hui pratiquement impossible.  De plus, les politiques tarifaires pratiquées ont largement contribué à démocratiser l’usage de l’Internet mobile ! On notera qu’il est désormais possible de ne plus se séparer de son environnement de messagerie professionnelle et d’y accéder directement depuis son portable ! Là encore, le caractère ludique de la messagerie instantanée professionnelle prend le pas. Le SMS apparait alors comme un outil « dépassé ».
 
Il convient également de préciser que l’essor de ce type de technologie en environnement professionnel s’explique par l’arrivée sur le marché du travail d’une génération bercée par ces outils et particulièrement sensibilisée à leur usage et à leurs avantages. Plus qu’un simple concept, l’utilisation de la messagerie instantanée dans l’entreprise est donc une réalité. Les DSI doivent prendre en compte ce phénomène grandissant et intégrer cette catégorie d’outil dans leur évolution de système. Il conviendra de revenir dans quelque temps sur ce point afin de voir de quelle manière ils ont su concilier et intégrer les exigences professionnelles aux solutions de messagerie instantanée.
 
par Philippe Gilbert, Président d’Alinto 

La virtualisation joue la carte de la sécurité

Désormais incontournable au sein des entreprises comme des administrations, la virtualisation a su répondre pragmatiquement à des besoins fonctionnels et métiers. Dans ce conteste, les technologies de virtualisation du poste de travail se positionnent au centre des préoccupations des DSI qui recherchent par tous les moyens à déployer aisément des postes de travail sur mesure et à le demande.

Cette forte croissance du poste de travail virtualisé s’explique également par son approche particulièrement sécurisée. Cette dernière s’appuie sur le principe du PC virtuel en mode « Read Only » ou « non persistant ». Un PC Read Only offre une sécurité de premier plan dans la mesure où lors de chaque redémarrage il retrouve sa configuration initiale. Il n’est en ce sens pas un point de vulnérabilité critique pour l’entreprise. Le poste de travail retrouve à chaque démarrage son intégrité.

N’oublions pas que le poste de travail est à l’origine de la plupart des vulnérabilités. Ce dernier étant largement ouvert vers l’extérieur et souvent mal contrôlé. En cas d’installation malveillante ou non autorisée (jeux, applications) par un utilisateur, le PC Read Only retrouve ses configurations d’origine, sur un simple arrêt ou redémarrage. Le stockage différentiel est temporaire et non permanent ! Les PC Read Only sont donc inaltérables par l’utilisateur et complètement sécurisés. Cette caractéristique est rendue possible grâce au processus de virtualisation. De manière imagée, un PC Read Only permet à l’utilisateur de retrouver un PC flambant neuf chaque matin.

Sécuriser des données applicatives confidentielles

A noter également que l’utilisation d’un boîtier de connexion (client léger) pour atteindre un PC virtuel permet aussi de sécuriser des données applicatives confidentielles. En effet, aucune donnée n’est stockée dans les boîtiers et il est possible d’interdire l’utilisation des ports USB pour tous les stockages de masse externe. Le PC est donc complètement hermétique à toutes menaces. L’on notera aussi qu’en cas de vol ou de dégradation du boîtier de connexion, le PC virtuel et les données restent sécurisés.

L’approche dite « Read Only » connaît donc un très fort développement. Adaptée aux PME disposant d’un petit parc de PC comme aux entreprises justifiant d’un parc étendu, elle permet le déploiement en quasi temps réel de centaines de postes de travail virtualisés en toute sécurité. Ces différentes caractéristiques ont permis à certains secteurs d’activité, comme celui de la santé, de bénéficier de postes de travail totalement sécurisés. Ces derniers se transforment en de simples points d’accès permettant, par exemple, d’accéder après identification aux dossiers patients…

Les entreprises reprennent donc le contrôle des postes de travail. Les erreurs (suppression inopinée…) et les abus de certains utilisateurs (installations sauvages…) ne sont plus une menace puisqu’une simple action permet de revenir à une configuration initiale. Sans impacter la sécurité du système d’information, l’administrateur peut donc mettre à disposition des PC virtuels restreints aux stricts usages nécessaires, à destination de prestataires temporaires ou à disposition des employés souhaitant travailler à distance.

par Wilfrid Albersdorfer, Président de Neocoretech
 

Comment Volvo fabrique t-il ses camions sur mesure ?

Le délai séparant un projet à l’état d’ébauche du produit fini est de plus en plus court mais, en même temps, le rôle que joue le consommateur dans le processus de développement du produit devient de plus en plus important. Ainsi, lorsque le constructeur de camions suédois Volvo Trucks a décidé de développer son nouveau camion de construction, le Volvo FMX, la participation des clients a joué un rôle central dans le processus. Certes, le cycle de vie d’un modèle de camion est toujours très long (entre 10 et 20 ans environ), mais les adaptations des clients et la multiplication des versions sont de plus en plus fréquentes. « Nous constatons qu’un marché plus segmenté est en voie de développement. Les clients qui le constituent sont de moins en moins prêts à accepter un camion de série. La plupart de nos clients influencent la conception afin que le camion réponde à leurs exigences individuelles », déclare Gunnar Eliasson, responsable du marché pour le segment de la construction chez Volvo Trucks en Europe.

Transformer les souhaits des clients en spécifications techniques

La concurrence mondiale augmente les exigences sur la capacité des entreprises à lancer de nouveaux produits sur le marché. « La course s’intensifie », affirme le professeur en génie industriel Jeffrey Liker de l’Université du Michigan, qui est, entre autres, l’auteur du livre à succès « Le modèle Toyota ». Au cours de ses recherches, il a étudié les raisons qui font du constructeur automobile japonais un modèle unique. Cela l’a conduit à un examen approfondi de la méthode de production optimisée (« Lean production »), qui consiste à retirer tout ce qui est superflu du processus de développement et à réduire les délais de mise au point. « Les cycles de vie de tous les produits sont réduits car la concurrence alimente un développement continu. Personne ne veut courir le risque de perdre des parts de marché », explique-t-il. Étant donné que l’utilisateur final participe au processus de développement du produit, de nombreuses cultures d’entreprise traditionnellement orientées vers la technologie se retrouvent face à des défis majeurs. « Toutes les entreprises affirment travailler en étroite collaboration avec leurs clients, mais en réalité elles ne sont pas si nombreuses à le faire. Parce que c’est compliqué », remarque-t-il. Cette approche exige de passer du temps auprès des clients. Elle nécessite une méthode d’identification des exigences des clients, qu’il faut ensuite transformer en spécifications techniques.

Lorsque Volvo Trucks a élaboré son modèle le plus récent, le Volvo FMX, un camion conçu pour le secteur du bâtiment et de la construction, une nouvelle approche a été adoptée dans le cadre du processus de mise au point du produit. La société voulait procéder à un développement inédit, impliquant des clients, des conducteurs de camions, du personnel de vente ainsi que des experts en marketing. « Nous souhaitions poser deux questions : quels étaient les points positifs du modèle existant, que nous avions proposé aux clients du secteur de la construction, et quels changements auraient-ils souhaité voir », explique Gunnar Eliasson qui a entrepris une tournée européenne avec plusieurs collaborateurs, afin d’établir une liste de souhaits pour le futur modèle. Cette liste était longue.

Aller au-delà des desiderata de la  clientèle

Après une synthèse de ce dialogue réalisé à travers l’Europe, le moment fut venu d’organiser les priorités. En haut de la liste des mesures à prendre figuraient un nouvel extérieur pour la cabine, des rétroviseurs mieux adaptés, des pare-chocs plus résistants et plus faciles d’entretien, des prises d’air moteur mieux positionnées, et des phares avant plus faciles d’entretien. C’est aux chargés de développement produit et aux concepteurs qu’est revenue la mission de convertir la liste de souhaits en prototypes et en maquettes à échelle réelle. « Mais se limiter à l’énoncé de la liste ne suffit pas. Nous devons aller plus loin et surprendre nos clients, ajouter ce petit plus. Notre équipe était constituée d’un groupe de collaborateurs issus du marketing et du développement produit. Leur travail commun a permis de rehausser le résultat », rappelle Gunnar Eliasson. D’après Jeffrey Liker, c’est exactement là que réside la principale différence entre la méthode optimisée, dite « lean », et le développement produit classique. « Dans la production optimisée, les spécialistes de différents départements et de différents domaines travaillent librement ensemble, de façon à répondre le mieux possible aux demandes exprimées par les clients. Parallèlement, cette approche encourage l’apprentissage constant des procédés de production ainsi que la compréhension des modalités relatives au processus de développement produit. Le développement produit classique, pour sa part, survient dans des cellules distinctes où chaque équipe de développement fait de son mieux dans son propre domaine, mais les échanges d’expérience entre les différents départements sont très réduits », explique-t-il.

Dans la plus grande discrétion, et après la signature d’un accord de confidentialité très strict, des clients ont ensuite été invités à venir évaluer ensemble le nouveau camion de construction, dans le cadre de différents ateliers de présentation. Un camion de démonstration était présenté dans un studio, et des photos mettant en scène ce nouveau modèle dans différents environnements de travail tapissaient les murs. « Le nouveau design extérieur, plus robuste, a reçu un accueil extrêmement chaleureux lors de l’exposition du camion au sein de nos ateliers de présentation. Les participants ont reconnu la signature Volvo, tout comme nous l’avions espéré », affirme Gunnar Eliasson. Dans un autre studio étaient exposée une cabine de conduite avec l’ensemble des nouveaux équipements. Les clients pouvaient voir, toucher et essayer le matériel, et faire part de leurs impressions. Par exemple, concernant la nouvelle échelle : était-elle correctement positionnée, de sorte que le chauffeur puisse facilement accéder à la cabine et vérifier aisément la plate-forme de charge, sans avoir à se prêter à des acrobaties ? Gunnar Eliasson estime que le projet a été un véritable succès, avec des délais serrés. De plus, l’intervention des conducteurs de camions et des clients, survenue tôt dans le projet, a permis aux ingénieurs du développement de consacrer plus de temps aux priorités. « Les avantages résultant de l’invitation des clients à prendre part au processus de développement du produit dépassent de loin le risque de fuites d’informations chez nos concurrents », ajoute-t-il.
 

Le premier bâtiment certifié NF EN 16001

Grâce aux solutions développées par le Groupe et mises en œuvre au Hive, le siège social de Schneider Electric se distingue par ses performances en management de l’énergie. C’est en réalité une triple certification qui est venue saluer les efforts entrepris en matière d’efficacité énergétique. Situé à Rueil Malmaison (92), le Hive est en effet aujourd’hui le 1er bâtiment de France certifié NF EN 16001 (systèmes de management de l’énergie). Il est aussi HQE Exploitation (évalation de l’exploitation d’un bâtiment tertiaire) et ISO 14001 (management environnemental).

Lorsque Schneider Electric s’est installé à la  fin de 2008 dans ce bâtiment neuf de 35 000 m2 sur 7étages, la priorité a été de l’inscrire dans une gestion performante de l’énergie et une approche environnementale responsable. Le projet de certification ISO 14001 a été rapidement lancé en accord avec la politique environnement du Groupe. Le bâtiment étant certifié HQE construction (3 000 poutres froides destinées à une meilleure répartition de la chaleur dans le bâtiment, 2 420 stores motorisés  et positionnés en ouverture et angle des lamelles…) , la démarche a été renforcée en visant le label HQE Exploitation

En juillet 2009, lorsque le référentiel NF EN 16001 a été publié, Schneider Electric a décidé de s’inscrire dans ce cadre méthodologique très structurant pour l’organisation de sa politique énergétique et le suivi de performance de ses solutions de management de l’énergie mises en œuvre au Hive.

Pour satisfaire aux exigences de ces normes, Schneider Electric s’est donc engagé dans une démarche de progrès d’amélioration continue visant plusieurs objectifs :

  • l’optimisation des équipements et de l’exploitation du bâtiment ;
  • la diminution de ses consommations énergétiques ;
  • l’amélioration du confort des occupants ;
  • la réduction de l’impact environnemental du bâtiment sur l’environnement ;
  • la mise en application des solutions d’efficacité énergétique proposées à ses clients.

Un projet partagé par tous

Le projet de certification a été structuré en trois volets. Un groupe projet a d’abord été constitué, impliquant le directeur du site et ses équipes, ainsi que les facilities managers internes et le partenaire en charge de la gestion des installations techniques du bâtiment.
Ensuite, avant de concevoir son système de management environnemental et énergétique, Schneider Electric a fait réaliser deux audits d’efficacité énergétiques, l’un par ses propres experts et un second par un prestataire extérieur. Son objectif était de disposer d’un bilan énergétique de l’immeuble qui serve de référence pour la construction du système de management et pour les plans d’actions futurs.

Enfin, le déploiement de la norme NF EN 16001 a permis de structurer la communication auprès des 1 700 collaborateurs et, en particulier, de les sensibiliser sur leurs propres consommations d’énergie. Une action rendue possible par la mise en place des systèmes de comptage de l’énergie préconisée par la norme NF EN 16001. L’engagement de Schneider Electric se traduit également au sein du Hive par des actions impliquant les collaborateurs :

  • mise à disposition de véhicules électriques pour les collaborateurs lors de déplacements urbains ;
  • partenariat avec la ville de Rueil Malmaison pour des actions de co-voiturage ;
  • module de e-Learning interne de sensibilisation à l’éco-conduite ;
  • information sur la qualité de l’air (température, qualité…) ;
  • sensibilisation à l’efficacité énergétique.

Installé dans un 1er temps dans l’International Customer Lounge, le Hive Energy Display relié au système de GTB permet aux collaborateurs de suivre la consommation énergétique globale du bâtiment, mais aussi l’éclairage, le chauffage, l’informatique…, le rendement énergétique quotidien (mais aussi mensuel, annuel…), les tendances mensuelles de la consommation énergétique par usage, les économies d’énergie réalisées (quotidiennement, mensuellement, annuellement…). Un projet est en cours de développement pour rendre cette information disponible sur les PC individuel des collaborateurs.

Une démarche et des solutions validées

Ce travail en vue de la certification a permis de mettre en perspective et de valider les grandes étapes de la démarche d’efficacité énergétique préconisée par Schneider Electric à ses propres clients : mesurer, déployer les fondamentaux, optimiser les consommations d’énergies, pérenniser le niveau de performance.

Le projet a proposé un cadre structuré, facilitant la compréhension des enjeux et des objectifs. Et notamment un objectif ambitieux en ce qui concerne la consommation énergétique du bâtiment : 80 kWh-ef/m2/an à la fin 2010. Pour cela, un plan d’actions est en cours de mise en œuvre. La réflexion menée autour des solutions d’automatisation des systèmes et équipements (éclairage, chauffage, climatisation…) a amené à ajuster de manière très fine l’équilibre entre le confort des collaborateurs et les économies d’énergie. Mais d’autres travaux sont en cours, comme par exemple :

  • l’amélioration de la ventilation du bâtiment avec la réduction des débits et la réinjection d’un volume d’air recyclé ;
  • la mise en place de sondes de CO2 dans les gaines de ventilation pour adapter les volumes renouvellements d’air au taux d’occupation ;
  • l’optimisation du système de gestion technique du bâtiment pour programmer plus finement les plages de températures.

Chaque année, les équipes Schneider Electric devront prouver que la démarche a été poursuivie et que des progrès ont été accomplis. Cette démarche représente une occasion unique de démontrer l’efficacité et la pertinence des solutions Schneider Electric et permet d’offrir un formidable retour d’expérience à ses propres clients. 

L’approche « Case Management » rationalise la gestion de contenus

Pour les  entreprises développant des relations à long terme avec leurs clients, fournisseurs, agences, abonnés… les logiciels de gestion électronique de documents (GED) sont souvent amenés à démontrer leur aptitude à assurer la gestion de ces relations et des procédures associées. Cependant, les projets de gestion des processus métier (Business Process Management ou BPM) ont montré, au fil des années, que le retour sur investissement promis était souvent peu réaliste en raison de la complexité des procédures, de l’incapacité à gérer les flux documentaires ad hoc et du manque d’expertise métier du domaine.

Augmenter l’efficacité des procédures repose principalement sur l’optimisation de l’interaction entre les personnes, les processus et les applications métiers impliquant le traitement de documents papier ou électroniques. Pour atteindre cet objectif, les entreprises s’orientent de plus en plus vers des plates-formes dédiées à ces problématiques. Ces dernières sont traditionnellement qualifiées de plate-forme de « Case Management ».

Les outils de « Case Management » permettent avant tout de construire des solutions composites. Le niveau de maturité de la gestion de contenu permet aujourd’hui de créer des applications métier composites qui se focalisent sur les besoins métier des utilisateurs. Concrètement, les outils de « Case Management » facilitent la gestion de contenu en combinant GED, BPM et publication. L’approche de « Case Management » permet donc aux organisations de simplifier la circulation des documents et d’automatiser leurs processus de traitement, tout en gardant assez de flexibilité pour permettre des interventions humaines, si nécessaire. La rapidité du déploiement des technologies de « Case Management » a également largement contribué à améliorer le ROI (Return On Investment) des projets de gestion de contenu. 

L’approche de « Case Management » combine un ensemble de stratégies et d’outils logiciels visant à augmenter l’efficacité et à réduire les coûts de procédures métier reposant sur des informations structurées et non structurées. Trois points clés sont essentiels dans les projets de « Case Management » :

  • optimiser le traitement des procédures liées aux documents tels que la gestion de courrier ou la facturation ;
  • améliorer l’interaction et la collaboration entre les gestionnaires et l’équipe d’encadrement ;
  • valoriser l’information et la connaissance au sein de toute l’entreprise.

Une adaptation transversale

Le « Case Management » se présente donc comme une véritable alternative aux stratégies comme le BPM ou le travail collaboratif. Elle s’adapte en effet de façon plus transverse à l’évolution des besoins de l’organisation, tout en permettant un contrôle et une traçabilité complète des opérations. Les outils de « Case Management » permettent de mettre en œuvre un très grand nombre de procédures comme le traitement des réclamations, le cycle de validation des factures, l’ouverture de comptes, la gestion de projets, la gestion de courriers… 

Le « Case Management » est donc une brique stratégique du système d’information. Des architectures techniques les plus simples aux plus complexes, l’intégration du « Case Management » avec le système d’information devient une nécessité. ERP (Enterprise Resource Planning), portails, applications spécifiques… les contenus issus de ces applications doivent nécessairement être récupérés pour être exploités. Les technologies de « Case Management » doivent donc communiquer avec l’ensemble des applicatifs du système d’information. 

Les outils de « Case Management » apportent donc de nombreux bénéfices à différents niveaux : métier, organisationnel et financier. Au-delà de leur simplicité de configuration, ils sont donc en mesure de répondre aux besoins métier, de réduire les cycles de déploiement et de dégager un retour sur investissement mesuré en moyenne sur moins d’un an. La diffusion des outils de « Case Management » permettra donc d’optimiser la gestion des processus autour des documents et de placer la gestion de dossiers au cœur des initiatives ECM  (Enterprise Content Management) durant ces prochaines années.

 Par Ziad Wakim, vice Président Solutions d’Ever Team 

En savoir plus sur l’endommagement des isolants

Les problèmes technologiques associés à la fabrication et à l’utilisation des matériaux isolants demeurent nombreux et sont souvent récurrents dans beaucoup de secteurs industriels. Cette situation reflète les insuffisances des théories de l’endommagement des isolants.
L’ouvrage « Les isolants –  Physique de la localisation des porteurs de charge – Applications aux phénomènes d’endommagement » propose ainsi un nouveau modèle d’endommagement des isolants permettant d’en prévoir le comportement et décrit une méthode de mesures des grandeurs préconisées par ce modèle. L’ouvrage présente :

  • les phénomènes de claquage, de fracture et d’usure expliqués à travers ce modèle ;
  • des applications à des problèmes technologiques variés et plusieurs stratégies d’amélioration des matériaux ;
  • les caractérisations à effectuer dans un microscope électronique à balayage pour évaluer  la qualité des isolants.

L’exposé de cette méthode comporte plusieurs développements originaux essentiels à la maîtrise technologique de ce type de matériaux. Les résultats obtenus sur échantillons de laboratoire permettent ainsi de poser les bases d’une ingénierie des défauts destinée à adapter tout isolant industriel (polymère, céramique, porcelaine, composite…) aux contraintes qui lui sont imposées (température, pression, champ électrique et rayonnements ionisants).
 
Rédigé par Christiane Bonnelle, professeur émérite à l’université Pierre et Marie Curie, Guy Blaise,  docteur ès sciences et professeur émérite de l’université Paris XI, Claude Le Gressus,  docteur ès sciences appliquées, ingénieur à l’INSA de Lyon et consultant dans le domaine des isolants et Daniel Tréheux , docteur ès sciences physiques, diplômé de métallurgie spéciale (INSTN) et ingénieur à l’École Centrale de Lyon (ECL), l’ouvrage « Les isolants »  est découpé en trois grandes parties : Perturbation du champ cristallin et endommagement, Caractérisation des isolants et microscopie à balayage, Isolants et technologies (mécanique, génie électrique, optique…). Il constitue un mémento original destiné à servir de guide pratique à des ingénieurs et à des chefs de projet concernés par la maîtrise technologique des isolants. Il contribuera aussi à la formation des étudiants et à la sensibilisation des chercheurs à de nouvelles approches fondamentales des isolants. 

Traitement de l’air : des émissions industrielles aux espaces confinés

Les enjeux de société liés à l’amélioration de la sécurité sanitaire et environnementale conduit les acteurs, notamment gouvernementaux, à dépasser la préoccupation traditionnelle de diminution des rejets consécutifs à l’activité industrielle. En effet, le respect des réglementations de plus en plus contraignantes doit être couplé aux enjeux économiques et énergétiques et imposent la mise en place de nouvelles technologies et stratégies de traitement de ces rejets.

De plus, le renforcement de la législation européenne sur les substances chimiques et leur utilisation dans et par l’industrie, Reach, n’autorise les plus dangereux non substituables qu’à condition de maîtriser les risques à toutes les étapes de la chaîne. Ainsi, préconisations et valeurs seuils de polluants sont en cours de définition, tant pour la qualité de l’air sur les lieux de travail et au voisinage de sites industriels que dans les espaces occupés. Parmi les polluants de l’air en ligne de mire, sont cités les particules fines et ultrafines (PM2.5 à PM0.1), les aérosols microbiens, les composés organiques volatils ainsi que de nombreuses autres substances chimiques volatils.

Le Département Systèmes Energétiques et Environnement (DSEE) de l’Ecole des Mines de Nantes développe des activités de recherche et d’enseignement au sein de l’UMR CNRS GEPEA, dans le domaine du génie des procédés appliqué à la maîtrise énergétique et environnementale des systèmes. Son équipe Ingénierie de l’Environnement s’intéresse à la compréhension, au développement et au couplage de procédés de traitement de l’air, en considérant une démarche intégrée d’amélioration de procédés existants ou de développement de procédés innovants. Les travaux de recherche portent sur le traitement des émissions industrielles avant rejet dans l’atmosphère ainsi que sur les solutions de dépollution des espaces confinés industriels ou recevant du public.

Concernant le traitement des COV, des composés soufrés et odeurs, les procédés mettant en œuvre leur séparation par adsorption/désorption de polluant, leur dégradation chimique par photocatalyse ou leur dégradation biologique au sein de biofiltres ou biolaveurs sont plus particulièrement étudiés. La séparation des particules fines, ultrafines et des aérosols microbiens est développée au travers de l’étude de la filtration sur médias fibreux pour différente composition ou géométrie des filtres. La capture du CO2 est abordée au travers de l’étude des procédés d’adsorption par modulation de pression (PSA). Enfin, le traitement combiné de ces polluants en mélange est étudié par couplage de procédés ou développement d’unité de traitement intégrant plusieurs mécanismes de capture ou de dégradation de polluants. Ainsi, s’appuyant sur les concepts et les méthodologies du génie des procédés, les travaux de recherche développés au DSEE se focalisent sur l’étude, le développement, le dimensionnement et la modélisation de procédés mettant en jeu des interactions solide – fluide dans les milieux complexes (multi-phases, multi-composés, composés toxiques ou faible concentration).

Par Laurence Le Coq, responsable du Département Système Energétique et Environnement de l’Ecole des Mines de Nantes

 

Un data center d’un nouveau type

Capgemini, qui gère déjà plus de 26 000 serveurs physiques répartis dans 25 data centers, vient  d’ouvrir un nouveau centre de données à Swindon (Royaume-Uni) : Merlin. Une installation  ultramoderne dont l’architecture innovante se caractérise par son efficacité énergétique qui en fait l’un des plus écologiques au monde. Il affiche en effet  un indice de consommation énergétique PUE (Power Usage Effectiveness) annualisé, testé en usine, de 1,08 (total de l’énergie consommée par le datacenter divisée par le total de l’énergie utilisée par l’équipement informatique : serveur, stockage, réseau).  Toutefois, en tenant compte de toutes les pertes électriques, ce PUE serait probablement de 1,10 à comparer à la moyenne du marché qui se situe encore entre 2,0 et 2,5. Bénéficiant du climat tempéré de Swindon, son système de refroidissement par apport d’air extérieur permet de garantir ce niveau d’efficacité énergétique. Résultat, Merlin consomme deux fois moins d’électricité qu’un data center traditionnel et ses coûts de maintenance sont quatre fois inférieurs.

Pour obtenir les performances, Capgemini a entièrement repensé la conception de ce data center ce qui a notamment abouti, pour Merlin,  à une structure modulaire en fonction des demandes des clients. Il est, en effet, composé de différents blocs amovibles (le centre offre une capacité d’hébergement de serveurs 24 modules d’environ 232 m2 sur une surface de  5  574 m2). Chaque module  qui contient 80 % de matériaux recyclables, est assemblé et testé en usine, ce qui permet aux clients de disposer d’un data center personnalisé en 22 semaines au lieu de 12 à 18 mois dans les installations classiques. Doté d’un plancher technique composé de 4 sections, il offre une puissance minimale de 1 000 W/m2 qui peut être doublée sans interruption de service. Sur les 232 kW disponibles, seulement 10 kW sont utilisés pour refroidir les serveurs, ce qui correspond à un PUE de 1,043. Une réduction de 93 % par rapport à un data center classique refroidi à l’eau (PUE de 2)  ou de 75 % comparé à un système « free cooling » au glycol (PUE de 1,5).  Quant aux systèmes d’alimentation sans interruption (UPS ou Uninterruptible Power Supply), au lieu d’utiliser les traditionnelles batteries au plomb, ils font appel à des volants d’inertie.

Merlin est doté d’un système de refroidissement pratiquement à 100% par apport d’air extérieur. Chaque module est équipé d’un système qui refroidit l’air en deux étapes : par apport d’air extérieur si la température ne dépasse pas 24 °C, puis par évaporation si la température extérieure est comprise entre 24 et 34 °C. Toutefois, un troisième système  DX ( Direct Expansion) peut être utilisé pour les modules utilisant 2 000 W/m2 ou en cas de panne de l’un des 2 autres systèmes. Chaque module  comprend un système d’optimisation et du contrôle de l’air.

Relié à des centaines de capteurs qui mesurent la température, l’humidité, la pression et la vitesse de l’air, un système de gestion des bâtiments (BMS, Building Management System), doté d’un véritable système expert, régule avec précision les flux d’air chaud et froid  en fonction du nombre et de la puissance des serveurs, pour que les 12 ventilateurs à vitesse variable qui brassent l’air dans le hall qui accueille les modules, utilisent un  minimum d’énergie. Par ailleurs, une caméra thermique permet de vérifier l’éventuelle présence d’air  chaud dans les zones froides.

Merlin bénéficiera de la certification « Tier 3 data center » décernée par l’Uptime Institute qui, créé à l’initiative de plusieurs acteurs du secteur des centres de données, a introduit un système de classification des centres de données en fonction de leur niveau de fiabilité (« Tiers I à IV »). Deux autres data centers seulement ont reçu cette certification au Royaume-Uni.
 

Le retour des applications sur mesure

L’âge d’or du tout intégré et du progiciel de gestion intégré (PGI) semble plus que jamais toucher à sa fin. En effet, après avoir voulu jouer la carte du packaging tous azimuts, les entreprises se tournent désormais vers une nouvelle approche très fortement axée vers les solutions sur-mesure.
 
Bien entendu, il serait néanmoins absurde de ne pas capitaliser sur un certain nombre de progiciels qui peuvent parfaitement répondre à des besoins génériques… Il ne s’agit pas de passer d’un extrême à un autre, mais plutôt d’enrichir les SI d’applications sur mesure parfaitement adaptées à leur logique organisationnelle.
 
Cette tendance est largement portée par le métier qui souhaite bénéficier d’outils pensés pour répondre à son besoin. Cette approche est différente de celle prônée par les PGI, où il est la plupart du temps nécessaire de s’adapter à l’outil. Cet élément explique en grande partie le rejet d’un certain nombre de solutions par les utilisateurs. Le projet doit sortir de la seule Direction des Systèmes d’Information et être réalisé en collaboration avec une population de fonctionnels. 
 
Ce constat semble se généraliser dans de nombreuses entreprises : création de groupes de travail pour faire évoluer l’outil informatique… Le développement sur mesure gagne donc ses lettres de noblesse. Cela s’explique également par l’évolution des technologies du marché qui permettent de supprimer la complexité historique liée au développement sur-mesure…
 
Parmi les exemples les plus marquants, on peut citer le poste de travail. En effet, force est de constater que ce dernier connaît de profondes mutations. Destinées aux utilisateurs finaux, les applications du poste de travail sont au centre de toutes les attentions : applications composites, etc. Il est donc matériellement impossible de s’appuyer sur une solution packagée pour répondre à des besoins organisationnels spécifiques. Bien sûr, les PGI permettent de réaliser quelques ajustements, mais pas d’accéder à de réelles applications métiers.
 
Le développement spécifique ne semble donc plus perçu comme un mal nécessaire, mais plutôt comme une réponse opérationnelle et génératrice de gain de productivité. Au niveau économique, il est aussi indispensable de briser une fausse croyance : développer sur mesure n’est pas forcement une opération très coûteuse et réservée à quelques grands comptes.
 
En effet, les technologies dites de RAD (Rapid Application Development) permettent de développer rapidement des applications et de contenir les coûts de développement. De plus, adapter un PGI peut s’avérer particulièrement coûteux ! Il est nécessaire de trouver des consultants et des développeurs spécialisés… Il est aussi difficile d’optimiser un progiciel sans impacter ses performances et sa logique de fonctionnement. L’argument coût est un faux problème pour les entreprises.
 
A travers ces quelques exemples, nous comprenons donc parfaitement que la religion du tout PGI devrait progressivement s’estomper pour laisser place à un paysage où PGI et applications sur mesure vont cohabiter. A n’en pas douter, ce constat devrait se renforcer à court et moyen terme et permettre aux administrations, grands groupes et PME de s’adosser sur un Système d’Information et sur des applications répondant à leurs besoins spécifiques.
 
par Laurent Henault, Président de W4 

Quelle création de valeur pour sortir de la crise ?

Alors que les effets de la crise se font durement sentir, la recherche et l’innovation sont convoquées pour renouer avec une croissance durable. Le paysage français ayant été profondément remodelé depuis 2005, les attentes sont fortes. Cinquième opus d’une série annuelle, « La Recherche et l’Innovation en France » fournit aux observateurs et décideurs publics ou privés des repères et des perspectives dans le paysage de la recherche. Rédigé sous la direction de Jacques Lesourne, professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers, membre de l’Académie des technologies et prospectiviste renommé, et de Denis Randet, délégué général de l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT), cet ouvrage est le fruit des travaux menés au sein de FutuRIS, qui rassemble acteurs et experts de la recherche et de l’innovation.

Au sommaire :

  • le SFRI (système français de recherche et d’innovation) et son environnement européen : les champs décisionnels des acteurs, 2000-2010, entre politique de croissance et gestion de crise, l’avenir des relations enseignement supérieur et recherche, l’Espace européen à l’horizon 2020 ;
  • Recherche, entreprises et création de valeur : logique de la valorisation, les stratégies en matière de propriété intellectuelle, la place des entreprises de taille intermédiaire, la coopération Fraunhofer-Carnot ;
  • Innovation et nouveaux défis socio-économiques : les politiques d’innovation à l’épreuve de la variété, l’innovation dans les services, éthique et innovation.

Rester vigilant au regard de la disponibilité des fonds publics 

A l’occasion de la présentation de ce rapport, François Goulard, député du Morbihan et ancien ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la recherche, a souligné l’utilité pour les décideurs publics des productions venant de plateformes « neutres et indépendantes mais engagées », telles que FutuRIS. De sa position de parlementaire, il regrette qu’elles fassent défaut dans de nombreux secteurs de l’action politique.  Il se réjouit de constater que la recherche et l’enseignement supérieur constituaient une priorité gouvernementale non seulement dans les mots mais aussi dans les décisions budgétaires. Il a toutefois mis en garde contre le fait que l’on s’en est jusque-là tenu à des réformes « aimables », proposant de nouveaux outils et dispositifs aux acteurs, sachant que les questions de cohérence d’ensemble, d’arbitrages nécessaires et de mise en œuvre volontariste demeurent posées.  Les réponses seront par ailleurs d’autant plus difficiles à apporter que les décisions budgétaires à venir risquent fort d’être particulièrement contraintes.

Pour sa part, Francis Mer, président du conseil de surveillance de Safran et ancien ministre de  l’économie, s’est étonné que le crédit impôt recherche, très généreux depuis sa dernière réforme en 2008, n’ait pas été entouré d’un dispositif de suivi. Ce qui aurait permis, d’une part d’anticiper l’évolution de son coût qui semble avoir surpris tout le monde, et d’autre part servirait, aujourd’hui à trancher dans les débats controversés sur son rapport coût/bénéfices. 

Comprendre les nouveaux modèles d’affaires

Quant à Philippe Lemoine, président de Laser, il considère que FutuRIS, en proposant un ouvrage de référence à la fois « complet et stimulant » dans un contexte en évolution rapide, fait figure  « d’agent transformateur du présent ». D’où la nécessité d’appréhender toutes les dimensions de l’innovation telle qu’elle se pratique aujourd’hui. Ce que l’on nomme « la » crise repose à ses yeux sur la conjonction en réalité de trois blocages :

  • une première difficulté tient à la notion de valeur de l’entreprise : l’essai de compromis, incarné sur le plan comptable par les normes IFRS, entre une conception patrimoniale longtemps dominante («shareholders value ») et une représentation plus générale mais moins tangible («stakeholders value ») a volé en éclats. La prise en compte des actifs immatériels est une nécessité, comme le montrent les analyses de FutuRIS sur la propriété intellectuelle, mais il faut encore trouver des outils unanimement admis pour le faire ;la deuxième difficulté
  • consiste pour les entreprises à se reconnaître des frontières claires, alors même qu’elles doivent inventer de nouveaux modes d’organisation pour puiser dans leur environnement extérieur les ressources humaines et technologiques indispensables à leur  ompétitivité. La plateforme FutuRIS  joue son rôle quand elle aide à comprendre et à promouvoir les nouveaux modes d’innovation ouverte ;
  • le troisième enjeu provient de la transformation de la relation entre l’individu et le collectif. Dans une économie de services, l’usager devient aussi producteur à son échelle. Cela exige des entreprises mais aussi de toutes les institutions qui les entourent de s’éloigner d’une conception  ndustrielle classique (une entreprise fabrique un produit qu’elle vend à une masse de consommateurs) pour devenir partie prenante d’une « économie pollen », où le produit sert de plateforme de base pour le développement de services. Sur ce point, Francis Mer a réagi en soulignant que Safran, entreprise typiquement industrielle à première vue, réalisait plus de 40 % de son chiffre d’affaires sur l’ « after market », autrement dit sous la forme de prestations de services. Un outil aussi important que le crédit impôt recherche, dans ses contours actuels, tient encore insuffisamment compte de cette réalité. Son extension à l’innovation est une question ouverte, délicate, qui demandera « un peu d’effort », auquel FutuRIS pourrait contribuer.  

Des fibres de verre pour doper un polyamide

Dans le passé qu’il s’agisse des industriels de l’automobile, de la machinerie industrielle, de l’électroménager ou des produits de loisirs, tous avaient tendance à privilégier le métal alors que bien souvent les matières plastiques s’y révèlent les plus adaptées. Ultralégers, les thermoplastiques présentent trois atouts majeurs. Dans le domaine de la mobilité, ils permettent des gains de poids et donc une réduction de l’impact sur l’environnement et les ressources naturelles. Dans le domaine de la construction de machines industrielles complexes, ils offrent une intégration de fonctions et une liberté de formes.

C’est ce qui explique la perte de vitesse du marché du métal, de plus en plus souvent remplacé par les matières plastiques dans la fabrication de pièces d’assemblage. La sophistication des applications exige des matières plastiques qu’elles soient de plus en plus performantes. Sans tenir compte des thermoplastqiues hautes températures comme le PEEK ou le polysulfone, les meilleures avancées ont été réalisées sur les polyamides créés pour des usages spécifiques dans l’automobile comme l’ont démontré les premiers essais en série, réalisés en 2009, sur les traverses de boîte de vitesses et les supports de moteur. Néanmoins, si cette gamme de matériaux veut rester privilégiée pour les pièces hautement sollicitées du secteur automobile et de l’industrie mécanique, des évolutions techniques seront nécessaires.

Des performances accrues grâce au réseau tridimensionnel

Les pièces en matière plastique renforcé avec des fibres de verre longues comme le polyamide Ultramid Structure (LF) de BASF présentent la caractéristique d’être pourvues d’un réseau tridimensionnel qui se forme au moment du procédé standard de moulage par injection.  Celui-ci  confère au produit final de bonnes propriétés mécaniques tant à basses températures qu’à hautes températures. Le réseau de fibres de verre constitue le squelette de la pièce, lequel sera conservé même en cas de calcination. Tout en conservant les qualités traditionnelles des matières plastiques, les propriétés de ce squelette se rapprochent déjà beaucoup de celles des métaux tant au niveau de la déformation, des caractéristiques de fluage que de l’absorption d’énergie.

La fabrication des matières plastiques à fibres longues se fait en deux étapes :

  • Lors du procédé de pultrusion, il se forme des fils de matière plastique continus et renforcés de fibres de verre ;
  • Ces profilés sont ensuite coupés pour former des granulés d’une longueur de 12 mm. Libre ensuite au client de transformer les granulés LF sur une machine traditionnelle de moulage par injection.

Grâce à une répartition optimale des fibres dans la pièce en matière plastique, il peut se former un réseau tridimensionnel constitué de fibres de 3 à 6 mm de long, sans que cela ne nécessite d’opérations complexes. Sans être obligé de réaliser de gros investissements, le transformateur dispose ainsi d’un nouveau type de matériau hautement performant et innovant comparé aux polyamides traditionnels renforcés de fibres de verre courtes de 0,3 mm de long.

Pour l’automobile et les pièces  fortement sollicitées

Les propriétés exceptionnelles conférées aux pièces sont à mettre sur le compte d’une résistance mécanique accrue, liée au renfort du matériau en fibres de verre longues. Les polyamides Ultramid Structure LF sont très rigides et stables à hautes températures. A basses températures, ils disposent d’une excellente résilience à l’impact. A cela s’ajoutent enfin de bonnes caractéristiques de fluage, une faible déformation ainsi qu’une absorption énergétique nettement supérieure à celle des matériaux conventionnels. Les résultats aux tests de collision sont donc nettement meilleurs. D’ailleurs, l’industrie automobile est l’un des domaines d’application privilégiés des polyamides LF utilisés par exemple pour les supports de moteur ou les inserts métalliques des structures des sièges. Ils servent également à fabriquer des poutres d’absorption de chocs, conçues pour se briser en cas de collision, de façon à absorber un maximum d’énergie et à protéger le reste du véhicule. Dans d’autres secteurs de l’industrie, les polyamides LF servent à la fabrication des pièces hautement sollicitées, par exemple sur les machines à café pour y remplacer les pièces moulées ou encore sur les vélos ou les perceuses pour les pièces filetées et autres composants.

 

Extraits de l’exposé du Dr. Andreas Wollny : Marketing Spécialités Ultramid BASF SE, Ludwigshafen (Allemagne) 

Jeudis du CNRI : le risque agricole

Environnement et volonté citoyenne obligent, le récent Grenelle a permis de mettre en évidence les risques : gestion de l’eau, qualité des sols, risques professionnels auxquels sont exposés les agriculteurs…, mais également risques de déficit de rentabilité, de dépendance accrue de financements publics ainsi que de difficultés de transmissions d’entreprises. La prévention de ces risques est un véritable enjeu planétaire et les pouvoirs publics semblent vouloir se saisir du dossier et peser sur des choix dont découlent non seulement le devenir d’une filière, mais plus largement l’avenir de chaque citoyen.

Qu’en est-il aujourd’hui de la gestion de ces risques ? Quelle prévention met-on en oeuvre pour parvenir à subvenir à nos besoins immédiats tout en préservant ces richesses naturelles pour les générations futures ? Entre agriculture intensive et agriculture biologique, cette agriculture raisonnée est-elle à même de prévenir ces risques ?

Ce sont ces questions auxquelles les intervenants sélectionnés par le CNRI vont tâcher de répondre, le jeudi 9 décembre. « Pour que cette manifestation soit la plus pertinente possible, nous avons réuni des intervenants au fait de leur domaine d’expertise et des problématiques du monde agricole : sur le thème des risques « santé/travail » bien sûr, mais aussi concernant les risques financiers ou encore ceux inhérents à la transmission du patrimoine, pour ne citer que ces trois exemples », précise t-on du côté du CNRI.

Voici le programme de cette journée :

PREMIERE TABLE RONDE

  • Bernard DELAVY : CFPPA de Bourges, Directeur : Un diagnostic global des risques, comme aide à la décision !
  • Patrick PINET : CER France Alliance Centre, Consultant : Anticiper ou subir, la démarche stratégique comme méthode de gestion des risques pour l’exploitation agricole
  • Bertrand JAMET : Crédit Agricole Centre Loire, Responsable des Engagements Agriculture : La gestion du risque en agriculture
  • Docteur Michel GAGEY : Médecin conseiller technique, Échelon National de Santé au Travail, Caisse Centrale de Mutualité Sociale Agricole de Bagnolet. Directeur de l’Institut National de Médecine Agricole à Tours : Productions agricoles et prévention santé… Des cultures à une culture…

DEUXIEME TABLE RONDE

  • Claude TREMOUILLE : Vice-Président du Conseil Régional Limousin : Transmission du patrimoine agricole, un enjeu économique et territorial :une action innovante en Région Limousin
  • Pierre MELLIN : Administrateur du groupe coopératif AXEREAL : Les enjeux du système coopératif dans le monde agricole
  • François DESNOYERS : TV Agri : Les 10 grands défis de l’agriculture française

Pour en savoir plus et assister à cette journée, voir le site du CNRI

Première unité HQE de production de bétons en France

La construction d’une unité de production de béton située sur les bords de Seine du 13e arrondissement de Paris, associée à un quartier en plein essor à proximité d’une université et de la Bibliothèque Nationale de France, aurait de quoi surprendre, sinon choquer, alors que les discours environnementaux se multiplient. Mais c’est sans compter sur le fait que, en 2008, lors du projet de construction de l’unité de production de Paris Tolbiac, Cemex s’est engagé dans une démarche HQE et a décidé de décliner la méthodologie avec l’aide d’un bureau d’études (STIPE).

En concertation avec les architectes de Ports de Paris, Cemex, signataire de la charte Sable en Seine, a fait du confort des riverains une priorité. Innovation majeure, les berges de Seine jusque-là occupées en permanence par des activités industrielles seront désormais ouvertes, au fur et à mesure, aux piétons en dehors des horaires de production. Plantation d’arbres, rénovation du bord à quai par Ports de Paris, architecture épurée des bâtiments, visibilité de la Seine conservée au maximum grâce à des pilotis… Tout a été conçu pour que ce site Cemex réponde à sa double vocation : industrielle et publique. La nuit, l’ensemble est mis en valeur grâce à un éclairage architectural assurant également la sécurité des passants. Cette nouvelle construction prend ainsi place dans le contexte très particulier de la réhabilitation des berges par la ville de Paris pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

La qualité environnementale du bâtiment se base sur 14 cibles, notées sur trois niveaux : le site a d’ores et déjà atteint le niveau très performant pour 5 cibles. L’emprise au sol de l’unité de production a été réduite de 50 % par rapport à l’ancienne installation. Des filtres électrostatiques ont été installés pour prévenir toute émission de poussières. Le bruit est maîtrisé et ne dépasse en aucun cas celui du trafic routier adjacent. Quant à la gestion des eaux, elle est conforme aux prescriptions de l’agence de l’eau Seine Normandie (collecte des eaux de process dans les bassins de décantation, stockage et recyclage dans la fabrication des bétons). Enfin, pour limiter les émissions de CO2, Cemex a mis en place des moteurs à haut rendement (classe EFF1) tout au long de la chaîne de production.

Le site se veut également exemplaire en termes de sécurité tant des salariés que des usagers. En dehors des horaires de fonctionnement, l’accès aux différentes parties des installations est condamné et les bassins de décantation recouverts. A noter également, la gestion différenciée des accès, la mise en place d’un plan de circulation ainsi que la sensibilisation des chauffeurs de camions à la sécurité.

Approvisionné en matières premières par voie fluviale, l’unité de production de Paris Tolbiac qui est dédiée aux bétons dits spéciaux (chapes fluides, architectoniques, désactivés…) se distingue comme un projet pionnier dont le retour d’expérience contribuera à la construction de nouvelles installations Cemex exemplaires en France (unités de production de BPE ou installations de traitement sur les carrières). Afin d’améliorer de façon continue le fonctionnement de l’installation en tenant compte des critères environnementaux, l’exploitation du bâtiment intégrera fin 2010 un système de management environnemental certifié ISO 14001.
 
« Le nouveau site de production de Paris Tolbiac s’inscrit parfaitement dans notre politique de développement durable », déclare Alain Plantier, directeur de Cemex Bétons Seine Nord. « En menant ce projet à son terme, nous prouvons qu’il est possible de concilier les intérêts environnementaux et économiques de façon harmonieuse. Cela dans la continuité d’innovations récentes, comme le lancement d’Optim’ CO2, un outil novateur permettant de connaître la quantité de CO2 générée par la production et la livraison de nos produits) ou le développement de filières de recyclage des bétons non utilisés sur les chantiers, » 

Des briques essentielles à l’innovation : les micro et nanoparticules

Qu’il s’agisse des secteurs de la biotechnologie, de la cosmétique, des plastiques, des textiles, des revêtements ou encore des céramiques, tous sont intéressés par l’intégration de micro et nano particules susceptibles d’améliorer les propriétés de leurs produits finis ou d’apporter de nouvelles fonctionnalités. Pour preuve, la croissance de  Pylote, une jeune entreprise innovante issue du Centre d’Élaboration des Matériaux et d’Études Structurales (CEMES), laboratoire du CNRS de Toulouse qui vient de déménager aux portes de Toulouse pour installer son nouvel outil. Cette nouvelle configuration va multiplier par dix sa capacité de production actuelle afin d’atteindre des rendements de l’ordre de deux tonnes par an. Cette montée en puissance sera également appuyée par une augmentation notable des effectifs avec un objectif de 20 personnes d’ici deux ans.

Pylote qui conçoit, intègre et produit des micro et nano particules minérales sphériques à forte valeur ajoutée de 5 µm à 50 nm de diamètre, présente un avantage concurrentiel fort qui réside dans le développement résolument « vert » de ses procédés, ses particules ou encore de ses additifs. Cette volonté se concrétise par l’utilisation de procédés propres et d’additifs respectueux de l’environnement, que la démarche de certification ISO 14001 viendra bientôt appuyer.

A la base de l’activité de l’entreprise, une technologie « propre », n’utilisant que de l’eau, de l’air et de l’électricité, qui permet de concevoir des particules sphériques, de taille maîtrisée,  le tout en une seule étape de quelques secondes, sans intervention humaine intermédiaire (désagglomération, tamisage, broyage, etc) limitant ainsi les risques HSE, la consommation énergétique et donc les émissions de CO2. Le principe est simple : un brouillard de gouttelettes sphériques contenant chacune 1 à N composés est conduit au travers d’un tube de plus en plus chaud. La forme des gouttelettes est conservée tout au long du process par mémoire de forme conduisant ainsi à des nano et micro particules sphériques désagglomérées. Les gouttelettes étant composées de 1 à N composés, chaque particule fabriquée est constituée d’un mélange extrêmement homogène de 1 à N composés.

En mode partiel « basse température », le procédé Pylote  permet de concevoir des matériaux sensibles à la température (hydroxyde, hybrides organique / métaux ou oxydes). En mode complet, il permet de fabriquer des matériaux densifiés et réfractaires.
 
Les micro et nanoparticules sphériques pleines ou creuses, à parois fines ou épaisses qui peuvent présenter des propriétés antibactérien, ignifugeant, luminescence, anti-UV, isolation thermique, mécaniques, électriques… offrent des avantages différents selon leur structures :

  • particules sphériques : préservation de l’intégrité cellulaire, apport de l’onctuosité lorsqu’elles sont employées en tant que charge, augmentation du taux de compaction des céramiques ;
  • particules pleines : idéal pour les propriétés nécessitant le travail du cœur de la particule, résistance mécanique des particules ;
  • particules macro ou mésoporeuse : surface développée atteignant 1000 m²/g, encapsulation d’une grande variété de composés ;
  • particules désagglomérées : plus grande stabilité en dispersion, augmentation du taux de charge sans altérer les propriétés rhéologiques des produits ;
  • particules creuses avec des épaisseurs de parois contrôlées : diminution conséquente de la masse, utilisation pour l’encapsulation d’une grande variété de composés, apporte un haut niveau d’isolation thermique.

Des snowparks nouvelle génération grâce à la RFID

Son nom évoque les snowparks, la vidéo et Internet. Et pour cause. Live@park est une installation à base de technologie RFID qui permet aux surfeurs ou aux skieurs de se chronométrer, de connaître leur vitesse et de se voir en vidéo sur Internet. A2K technologies l’a présentée lors du RFID show fin mars à Paris.

 

La RFID est couramment utilisée pour la course à pied, mais pas pour le ski à cause de la vitesse qui peut aller jusqu’à 50 ou 60 km/h. « Ce n’est pas la même technologie, explique Paul Bonnaure, directeur général et directeur technique de A2K technologies. En course à pied, on peut se servir de bandes fréquences plus basses grâce à un tapis au sol. » A noter également que le Live@park ne fournit pas un chronométrage officiel, il s’agit d’une installation ludique. « Nous utilisons des tags passifs avec bande fréquence UHF [NDLR : ultra haute fréquence] classique », détaille-t-il. Reste qu’il a fallu faire face à un milieu spécifique : la neige, très réfléchissante, et des températures très basses la nuit (-20°C). « Nous avons travaillé avec Orcanthus pour l’électronique. Nous avons mis au point nous-mêmes l’assemblage, toutes les campagnes de test, la diffusion sur Internet, l’intégration et le logiciel. » L’entreprise bénéficie d’une équipe d’ingénieurs spécialisée en RFID. « Nous avons rencontré des difficultés mais nous avons pu soulever tous les obstacles. Un concurrent mettrait au moins un an pour arriver à réaliser le même produit », estime Paul Bonnaure.

Sur une piste de ski, l’installation est constituée de portiques en haut et en bas, et d’une caméra. « C’est un système complètement libre, sans contrainte, sans badge ni tourniquet, commente-t-il. On passe deux portiques sans s’arrêter. » Le système se déclenche grâce à une puce RFID dans un autocollant à coller sur le casque. « A l’origine, nous voulions trouver un moyen d’inciter les skieurs à mettre un casque », rappelle Paul Bonnaure.

original

Un outil marketing pour les stations

Lorsque le skieur passe le portique, le système le détecte et déclenche le chronométrage. La caméra filme en permanence et un logiciel de traitement d’images enregistre dès que le skieur se trouve dans le champ de l’image. A l’arrivée, un autre portique permet d’arrêter le chronométrage. Le relevé de vitesse se fait grâce à un capteur radar. Une fois en bas, le skieur peut voir son temps et éventuellement sa vitesse et sa vidéo sur écran géant. Les vidéos sont ensuite diffusées en streaming sur un site Internet.

Pour une station de sports d’hiver, Live@park constitue un bon outil de communication. Les totems peuvent permettre de communiquer sur ses sponsors ou sur elle-même. De même, les autocollants sont personnalisables. Les stations disposeront également de leur propre site de consultation des vidéos, accessible grâce à une création de compte. Elles récolteront ainsi des adresses mails, ainsi que des informations sur l’âge, la fréquentation, ou encore les sports de leur clients.

Lancé il y a un an, le projet était en phase de démonstration pendant la saison hivernale dans plusieurs stations. « Les premiers retours sont très bons. Nous sommes satisfaits, conclut-il. Nous avons déjà quelques contacts pour l’hiver prochain. » A2K technologies a financé tous les développements et compte rentabiliser son investissement dans les trois ans.

Sécuriser une messagerie électronique : l’exemple du canton du Jura

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie de sécurité informatique, baptisée projet « Cofrepi », le service informatique du Canton du Jura a décidé de remplacer son ancienne solution de sécurité de messagerie pour deux raisons principales. D’une part, les performances de filtrage de sa solution anti-spam open source n’étaient pas assez élevées et, d’autre part, les organisations publiques extérieures travaillant avec Le Canton souhaitaient profiter de ses services de messagerie sans pour autant faire partie du même réseau informatique. Après avoir examiné différentes solutions sur le marché, le service informatique du Canton du Jura a opté pour le déploiement de  la plateforme de sécurité de messagerie FortiMail de Fortinet pour protéger ses 1 800 utilisateurs contre les spams et virus.

« Avant d’utiliser FortiMail, nous étions confrontés à d’importants problèmes de messagerie, avec près de la moitié de nos e-mails internes composés de spams », déclare Bruno Kerouanton, CSO du Canton du Jura. « Non seulement FortiMail nous a permis d’éradiquer les logiciels malveillants de nos boîtes e-mails, mais il a également facilité le travail de nos responsables réseaux. Cette solution est simple à gérer grâce à ses options préconfigurées et ses mises à jour automatiques. Nous avons également été convaincus par son mode de fonctionnement et de déploiement, qui nous a permis de gagner en flexibilité et fiabilité. »

Un cluster FortiMail-400B a été déployé pour protéger le système de messagerie interne du Canton du Jura, qui compte près de 1 500 comptes. Les deux appliances opèrent en mode de fonctionnement transparent avec fail-over, pour une facilité d’entretien et une haute disponibilité. Ainsi, chaque jour, une moyenne de 180 000 mails sont filtrés.
 
Pour protéger ses communications par courriel avec des organismes publics extérieurs, le Canton du Jura a également déployé deux appliances FortiMail-100 en mode serveur. Le cluster fournit toutes les fonctionnalités du serveur de messagerie SMTP (Simple Mail Transfer Protocol), avec anti-spam, anti-virus et un support flexible pour sécuriser le POP3  (Post Office Protocol)  Près de 5 000 virus en moyenne sont contrés chaque mois.

« La quantité de spams et autres logiciels malveillants atteignant les boîtes de réception de messagerie électronique augmentent tous les jours, représentent un véritable fléau pour toutes les organismes qui voient leur productivité sérieusement affectée », déclare Patrice Perche, Vice-Président Senior des ventes internationales et du support à Fortinet.
 

La supervision est l’outil de demain

Leader européen des opérateurs de data center indépendants, TelecityGroup, dont le siège est situé à Londres, développe et gère des environnements sécurisés et hautement connectés, permettant l’hébergement des infrastructures techniques, Web et informatique en toute sécurité. Elle gère 24 centres de données localisés dans les principaux centres d´affaires européens.

Son troisième site en région parisienne, le bâtiment Condorcet à Aubervilliers, d´une surface clients de 3 400m2, offre une puissance de 6,4 MW. Il répond aux besoins des entreprises cherchant à localiser leur infrastructure critique dans un data center. Il a d´ailleurs reçu le trophée du « Meilleur site de colocation d´Europe » aux Data Center Europe Awards 2010. Ce site a été conçu conformément aux standards internationaux ISO27001:2005 pour la sécurité de l´information et ISO 14001:2004, qui assure un système de gestion environnemental efficace. Des principes de conception éco-énergétique ont été utilisés pour construire le bâtiment, ainsi que des technologies de climatisation par free cooling et des systèmes intelligents et sophistiqués de conditionnement d´air, afin de réduire la consommation énergétique. En outre, les multiples options de connectivité disponibles sur site sont enrichies par la connectivité à PaNAP et SFINX, qui offre aux clients des options de qualité de peering national et international et de connectivité Internet.

L’immeuble comporte un centre de supervision, un NOC (Network Operations Center), qui réunit un mur d´image constitué de 12 écrans de 52 pouces, dédiés chacun à des systèmes différents : 6 écrans pour la sûreté et à la vidéosurveillance, 1 écran pour la détection incendie, 3 écrans pour des applications d´exploitation des installations, et 2 postes de travail PcVue. Le premier poste est dédié aux infrastructures de distribution électrique alors que le second supervise la climatisation. Chaque poste dispose de 3 écrans : un écran avec synoptique (climatisation et distribution électrique) sur le mur d´images, et deux autres écrans sur les postes opérateurs (un pour la visualisation de détail des installations, et un écran déporté pour supervision au PC Sécurité, et qui reprend le synoptique général).

Un système très ouvert

« Nous avons choisi PcVue d’ARC Informatique pour deux raisons principales. La première c´est de fournir à notre client TelecityGroup un système ouvert, multi-protocole et évolutif dans les standards du marché, et capable de s´affranchir d´un constructeur de GTB et d´automates. La deuxième raison, c´est qu´avec PcVue il existe seulement deux points de conversion de protocole. Des passerelles directes de communication LON ou MODBUS collectent les informations de mesure, et ensuite les automates sont directement accessibles sur le réseau IP. Cette architecture, très peu hiérarchisée, est beaucoup plus fiable et rapide en traitement. Avec d´autres solutions du marché, il peut y avoir jusqu´à 4 couches de conversion avant d´arriver dans une base de données de type SQL » explique Hélène Gaury de l’intégrateur ETDE.

En ce qui concerne l´électricité, PcVue 9.0 supervise l´ensemble de l´installation, depuis les postes de transformation, jusqu´aux onduleurs, tableaux divisionnaires et compteurs électriques de chacune des baies de serveurs. Du côté de la climatisation, PcVue intègre la surveillance de toute la chaîne depuis les groupes de froid, les pompes, les roof top, jusqu´aux armoires de climatisation dans les salles d´hébergement.

Le logiciel DreamReport, partie intégrante de l´offre PcVue permet à TelecityGroup de fournir des reportings complets des installations, et en particulier la consommation électrique des serveurs exploités par chaque client et ceci de façon dynamique. 

Electron, Faraday et radicaux libres

Si l’électron est une particule élémentaire individuelle pour le physicien, en chimie les temps de vie des électrons libres sont trop faibles pour qu’ils se manifestent comme tels sauf aux temps ultracourts. L’électron « chimique » est ainsi toujours associé à un édifice atomique ou moléculaire bien plus grand mais auquel il confère sa réactivité chimique et biologique.

L’électrochimie permet en particulier d’additionner un électron (ou d’en retirer un) à un édifice et de changer sa réactivité. Cette discipline fondée par Michael Faraday porte le nom d’électrochimie Faradique. Elle permet de mesurer et comprendre comment les molécules se transfèrent des électrons au cours d’une réaction chimique ou biologique.

Un cas particulier est celui des molécules portant un nombre impair d’électron, les fameux « radicaux libres » que les cellules vivantes utilisent dans leurs mécanismes de défense ou comme messagers mais dont la prolifération, lorsqu’elle échappe aux systèmes de contrôle, peut entraîner des conséquences médicales graves (cancers, maladies auto-immunes, etc.) ou est à la base des maladies liées au vieillissement.

Pour accéder à la conférence en ligne : youtube.com/CSChimie  

Source : culturesciences.chimie.ens.fr/

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Masquants et neutralisants dans le traitement de l’air

La problématique des odeurs et de son ressenti est grandissante. Certaines études ont montré que la pollution odorante constitue le deuxième motif de plainte après le bruit, et cette importance donnée à l’odeur par les riverains est liée au fait que celle-ci est très souvent associée à la notion de toxicité, même si cela est sans grand fondement, les concentrations perçues par l’être humain étant très inférieures aux valeurs limites d’exposition existant pour les gaz toxiques Masquants et neutralisants dans le traitement de l’air [Masquants et neutralisants dans le traitement de l’air] [1]. Les règles générales sur l’acceptabilité des sensations odorantes qui peuvent être formulées sont les suivantes Masquants et neutralisants dans le traitement de l’air [Masquants et neutralisants dans le traitement de l’air] [2] :

  • toute odeur agréable devient désagréable à de très fortes concentrations ;
  • le caractère agréable ou désagréable d’une odeur dépend, pour une large part, de son contexte ;
  • les aversions pour les odeurs sont plus persistantes que les préférences ;
  • la tolérance vis-à-vis des odeurs désagréables diffère considérablement selon les individus.

Si des avancées scientifiques et technologiques ont permis d’améliorer la qualité des eaux que nous consommons et rejetons dans la nature, elles ont également engendré une augmentation sensible des nuisances olfactives liées à la collecte et au traitement des eaux usées. D’une part, les anciennes stations d’épuration sont rattrapées par le tissu urbain ; d’autre part, les nouvelles stations sont contraintes de s’implanter de plus en plus près des agglomérations. Par ailleurs, la modification de la structure des réseaux d’assainissement (de plus en plus longs) et parfois de la qualité des effluents (mélange de rejets industriels par exemple) favorise la formation de composés odorants dans les canalisations qui se dégagent ensuite au niveau des stations. En sus du problème des stations d’épuration, d’autres sources d’odeurs préoccupent les autorités. Les industries, mais également les exploitations agricoles ou avicoles, les CET (centres d’enfouissement techniques) ouverts à l’air libre, et d’autres types de structures, sont générateurs d’odeurs déplaisantes pour la population environnante. Même si, contrairement aux COV (composés organiques volatils), aucun texte de loi propre aux émissions d’odeurs n’existe à ce jour, il n’en reste pas moins un encouragement à tendre vers un rejet purifié, afin d’améliorer le confort du voisinage. En effet, selon le code de l’environnement, il y a pollution odorante si l’odeur est perçue comme une nuisance olfactive excessive. L’arrêté du 2 février 1998 relatif aux rejets des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) définit le niveau d’une odeur comme étant le facteur de dilution à appliquer à un effluent pour qu’il ne soit plus ressenti comme odorant par 50 % des personnes constituant un échantillon de population. Cet arrêté ne fixe pas de valeur limite sur les pollutions odorantes, mais seulement des prescriptions générales. C’est donc le préfet qui décide au cas par cas et qui fixe par arrêté préfectoral, le débit d’odeur (produit du débit d’air rejeté (en m3 · h–1) par le facteur de dilution au seuil de perception) à ne pas dépasser. La loi du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie stipule que les émissions olfactives excessives constituent une pollution atmosphérique et définit des plans régionaux pour la qualité de l’air en vue de répertorier, surveiller et maîtriser les sources de pollution atmosphérique et d’informer le public.

Cet article a pour objectif de discuter du mode de fonctionnement d’une solution palliative consistant à utiliser des produits dits « masquants et/ou neutralisants d’odeurs » pour éliminer des odeurs issues de sources diffuses. De nos jours, il existe une polémique sur l’action de ces produits, et peu d’études scientifiques ont été menées afin de répondre à un nombre certain de questions. Ces produits engendrent-ils réellement des réactions chimiques permettant de transformer et/ou d’éliminer les composés odorants dans l’air ? Ou agissent-ils simplement comme des parfums, en superposant une odeur censée être « agréable » à l’odeur dite « désagréable » ?

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Quel avenir pour la filière efficacité énergétique française ?

La volonté de considérer l’efficacité énergétique comme un élément de réflexion inévitable en amont d’une construction de bâtiment, à la suite du Grenelle, est aujourd’hui effective : il est vrai qu’une atteinte des objectifs du Grenelle nécessite une politique globale reposant sur l’activation combinée des leviers d’offre et de demande, mais aussi sur les incitations. Sur la demande, rationaliser les dispositifs d’incitations publiques pour passer d’une culture de moyens à une culture du résultat, généraliser les technologies et services de gestion active (notamment au travers de contrats globaux de type « bouquet de travaux » ou « contrat de performance énergétique ») sont des mesures à considérer. Sur l’offre, structurer et qualifier la filière du bâtiment dans son ensemble pour la mettre en situation de répondre aux nouvelles exigences est nécessaire. Identifier et professionnaliser les nouveaux métiers et pratiques l’est tout autant.

Le marché bute néanmoins sur la fragmentation de la filière, la non optimisation des dispositifs d’aide et un important besoin en formation. Plusieurs préconisations existent pour minimiser la portée négative de cette fragmentation :

  • mettre en place de contrats de performance énergétiques (impact potentiel significatif : gains annuels de 3 à 13 TWh) ;
  • introduire des financements conditionnés aux résultats : bouquets de travaux, objectif et contrôle de performance ;
  • développement du tissu de formation local par la création de lieux communs d’apprentissage ; mise en place de plates-formes de démonstration techniques à destination des lieux de formation ;
  • faciliter l’assurabilité des nouveaux produits et matériaux pour une meilleure pénétration des matériaux innovants, notamment issus des agro-ressources locales ;
  • adapter l’offre française concernant les équipements de chauffage performants ;
  • promouvoir la santé-environnement, notamment la qualité de l’air intérieur.

De nombreuses ruptures sont nécessaires, tant quantitatives, en particulier pour augmenter le nombre de logements anciens rénovés, que qualitatives pour améliorer la qualité énergétique des rénovations et ce dans un délai court.

la « territorialisation » des objectifs du Grenelle

L’enjeu consiste à ce que le Grenelle puisse se territorialiser. Les objectifs ont en effet été fixés à l’échelle nationale, mais chaque échelon local ou collectivité locale française doit les décliner au regard de ses spécificités et atouts. C’est la phase actuellement vécue par l’ensemble d’entre elles, cette phase étant complexe et longue. Ce processus prendra plusieurs années avant qu’elles ne s’approprient pleinement ces objectifs et de manière spécifique à leurs particularités. Elles ont aujourd’hui tendance à multiplier des actions avec une faible mutualisation, tant à l’échelle régionale que nationale.

La réussite du bâtiment passe nécessairement par l’adaptation très rapide et sans précédents de son mode de production local. L’objectif est très élevé dans la rénovation, car s’il subsiste une incertitude sur le rythme des rénovations, les 20 millions de logements construits avant 1980 devront être rénovés d’ici 2050, ce qui laisse supposer un rythme de rénovations de 500.000 logements par an pour une économie annuelle théorique de 7,5 TWh/an. Il sera notamment particulièrement important de créer des standards de rénovation et de créer des réseaux régionaux de compétences. A partir de là, plusieurs points clés ont été identifiés :

  • Les bouquets de travaux performants et les CPE : pour qu’une proportion conséquente des rénovations soient réalisées sur les logements les plus consommateurs d’énergie et que ces rénovations atteignent des niveaux de qualité thermique satisfaisants, il est important de promouvoir la réalisation de bouquets de travaux performants, d’industrialiser les solutions techniques qui y concourent et de professionnaliser la filière des installateurs qui les mettent en oeuvre.
  • Dans le grand tertiaire et le collectif résidentiel, la mise en place de contrats de performances énergétiques avec des objectifs quantitatifs de réduction de la consommation d’énergie permettra de réaliser des gains d’énergie supplémentaires résultant d’une meilleure gestion des systèmes de chauffage. Ces contrats offrent une garantie de résultats et limitent le possible « effet rebond » (appropriation de la performance accrue par une élévation du niveau minimal de confort exigé au détriment des économies d’énergie identifiées). Il semble important de les promouvoir.
  • La réalisation de ces rénovations et la mise en place de contrats de performance énergétique devrait générer 150 000 emplois et contribuer aux objectifs du Grenelle en économisant plus de 200 TWh par an, soit plus de 20 Mt de CO2 (4 % des émissions totales, 9 % de la cible totale du Grenelle).
  • La formation : Les référentiels nationaux doivent évoluer rapidement. Pour cela, il est nécessaire de rapprocher la formation des professionnels des lieux de réalisation et de démonstration en capitalisant sur les formations FEEBAT et CREPA. Cela passera par : i) le financement de plateformes de démonstration au sein des centres de formation sur des techniques clés, notamment les caméras thermiques, la filtrométrie, les équipements d’ENR (en priorité : chaudières bois, solaire thermique et pompes à chaleur), les solutions d’isolation par l’extérieur, des visites de chantiers démonstratifs mettant l’accent sur le traitement des ponts thermiques, l’étanchéité à l’air, la rationalisation due choix des équipements et de leur dimensionnement, les techniques de pose des nouveaux matériaux (freines-vapeur, isolants).

Ce n’est pas tout. La formation des bureaux d’études et des architectes doit également évoluer, chaque tissu régional devant adapter ses compétences en parallèle de l’augmentation de la demande de bâtiments performants : développer l’utilisation de logiciels de calcul de confort visuel, du confort acoustique, de la solarisation, développer l’utilisation des logiciels de calcul à l’étanchéité à l’air, des systèmes de ventilation double flux avec récupération de chaleur, maximiser l’utilisation des logiciels de simulation thermique dynamique, notamment tenant compte de l’apport solaire, encourager le rapprochement entre l’ingénierie fluide et l’ingénierie structure afin de proposer une offre globale de conception performante. Pour les bâtiments tertiaires ou résidentiels collectifs, la maquette numérique de conception, réalisation et exploitation devra être généralisée. Elle aura une triple fonction : simulation et de formation aux nouveaux procédés et nouvelles techniques, collaboration en temps réel entre les professionnels lors du chantier, support de gestion technique durable du batiment sur l’ensemble de son cycle de vie. Une politique volontariste pourrait de plus favoriser l’émergence d’une offre compétitive par l’industrie française des logiciels graphiques. Il sera également nécessaire de développer les formations d’accompagnement et de créer un nouveau « métier » de technicien de la rénovation énergétique à destination des collaborateurs d’architectes et de bureaux d’études (besoin évalué à 600 par an).

Il est donc crucial qu’émerge à terme une offre intégrée, par la création de lieux communs d’apprentissage, la difficulté « structurelle » étant le faible niveau de mutualisation des bureaux d’études. La Maîtrise d’Ouvrage doit également y être associée. L’accessibilité et la qualité de l’air feront partie des éléments de qualité essentiels des bâtiments à construire ou rénover. Par conséquent la politique de formation initiale et continue ne devra pas oublier les aspects sociaux et santé-environnement en ne se focalisant pas uniquement sur le thermique. Les objectifs du Grenelle visent essentiellement l’aspect thermique. Néanmoins, il est important de ne pas oublier l’aspect santé-environnement, notamment la qualité de l’air intérieur. La deuxième mouture du Plan National Santé-Environnement (PNSE 2), rendue publique en janvier 2009, reprend ces objectifs en étant structuré autour des inégalités environnementales. L’engagement volontaire des industriels des produits de construction porte notamment sur l’étiquetage des performances énergétiques et d’incidence santé des produits. Le couplage de l’étiquetage des performances des produits avec une optimisation de leur emploi, intégrée dès la phase de conception, via les outils de type maquette numérique sera un levier fort de qualité et de compétitivité de l’offre en construction neuve et en rénovation.

Par Pierre Thouverez

Sources : MEEDDM / CGDD, Ademe

Le marché français de l’efficacité énergétique est trop fragmenté

L’efficacité énergétique, une des révolution promise par le Grenelle de l’Environnement, est en tout cas devenue une source d’innovation sans fin. Aussi, l’occasion pour tout un tissu d’entreprises d’intégrer ce marché dont le volume financier ne cesse d’augmenter. Pour les industriels comme pour les hercheurs, la donne est la suivante : comment construire, rénover et gérer autrement les bâtiments tertiaire, industriel et résidentiel afin d’économiser l’énergie consommée et de lutter contre le réchauffement climatique ? Un challenge d’une immense difficulté. 

Au niveau national, le contexte est le suivant :

En comparaison avec d’autres secteurs, les réductions de consommations d’énergie et d’émissions de CO2 sont les plus attractives aujourd’hui dans ce secteur avec des coûts d’abattement de la tonne de CO2 pouvant être négatifs (les gains énergétiques actualisés font plus que compenser l’investissement initial).

Pour les bâtiments résidentiels, soit 30 millions de logements, plus de 2,2 milliards de m², 28 % des consommations d’énergie finale et 12 % des émissions de CO2. Compte tenu du taux de renouvellement du parc (~1 % par an), les efforts d’amélioration de la performance énergétique devront se concentrer sur la rénovation, et notamment la rénovation des 19 millions de logements construits en France avant la première réglementation thermique de 1975. Ces logements représentent 58 % du parc et plus de 75 % de la consommation d’énergie du secteur : leurs consommations en énergie primaire sont en effet deux à trois  fois plus élevées que celles des logements récents (330 kWh/m²/an avant 1975 contre environ 100 kWh/m²/an après 1975).

Pour les bâtiments tertiaires, soit 0,9 milliard de m² et 25 % de la consommation finale d’énergie du secteur. Les problématiques sont multiples et liées au type de bâtiments, à la nature de l’activité et donc à l’usage de l’énergie (chauffage et eau chaude, électricité à usage spécifique, etc.). Les actions d’amélioration de la performance énergétique doivent se concentrer sur les branches les plus consommatrices d’énergies :

  • bureaux (25% de la consommation d’énergie totale) ;
  • commerces (23%) ;
  • écoles (13%) ;
  • hôpitaux (12%) ;
  • cafés, hôtels et restaurants (10%).

Un tissu industriel diversifié

La filière efficacité énergétique des bâtiments française avec 310 000 entreprises et 1,3 millions de personnes est l’un des moteurs de la croissance. Elle est constituée d’un tissu industriel diversifié avec des groupes internationaux leaders sur toute la chaîne de valeur de l’efficacité énergétique dans le bâtiments et des PME et TPE présentes sur tout le territoire. Du fait de sa taille, la filière souffre néanmoins d’une forte fragmentation et d’une inertie dans le changement des pratiques, qui se manifeste particulièrement dans la formation aux nouveaux enjeux de l’efficacité énergétique dans le bâtiment.

Quoiqu’il en soit, elle possède des atouts incontestables, avec notamment des entreprises françaises leaders internationaux dans toute la chaine de valeur de l’efficacité énergétique dans les bâtiments :

  • produits de construction (Saint-Gobain, Lafarge, Vicat) ;
  • exploitation énergétique (Dalkia , Cofely,) ;
  • équipements (Schneider, Legrand) ;
  • du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage, ) ;
  • de l’ingénierie et de la mesure ( smartmetering) SPIE.

Aussi, la dynamique de rapprochement entre filières issue du Grenelle permettant des combinaisons entre PME et grands opérateurs pour gagner des contrats a donné un nouvel élan à tout le secteur. Enfin, la prise de conscience sur le territoire, avec des collectivités qui structurent leur action et initiatives de regroupements d’artisans, participe à cet élan.

Mais les choses ne sont pas si roses. Le contexte français révèle des lacunes qui n’ont rien de nouveau :

  • la fragmentation et l’atomisation du tissu ;
  • une formation qui évolue lentement, notamment en ce qui concerne les référentiels de l’Education Nationale ;
  • manque de réalisations BBC d’ampleur ;
  • un manque d’offre en prestation globale hors les majors du BTP ;
  • une Maîtrise d’Ouvrage publique non exemplaire et mal préparée ;
  • freins à l’usage de procédés innovants (agro-produits) par les procédures administratives d’agrément technique ;
  • foisonnement d’informations rendant difficile d’accès l’information qualifiée pour un tissu d’acteurs majoritairement composé d’artisans.

Un marché en plein essor… et subventionné

La combinaison des objectifs réglementaires issus du Grenelle de l’environnement et des aides accordées pour la rénovation énergétique des bâtiments devrait fortement dynamiser le marché. Le potentiel de croissance est important en cas de mise en oeuvre massive de ces solutions à horizon 2020 : cela représente un marché de 20 Md€ par an, 110.000 emplois nets et 82 TWh économisés annuellement.
Si on regarde vers l’avenir, le secteur français peut profiter de deux opportunités majeures : tout d’abord, la réalisation des rénovations et la mise en place des contrats de performance énergétique, susceptibles de générer près de 150.000 emplois à horizon 2020 et d’atteindre les objectifs du Grenelle en économisant plus de 200 TWh par an, soit plus de 20Mt de CO2. Ensuite, les exigences de qualification technique peuvent accélérer la structuration du secteur et améliorer son attractivité avec un effet à court terme.

Bien sûr, comme précédemment, le danger n’est pas loin. En effet, l’éparpillement des collectivités territoriales françaises risque de provoquer une fragmentation des initiatives. Plus culturellement, une difficulté de la part des agents privés et des collectivités à cibler les priorités pertinentes de rénovation de leur parc, ainsi qu’un manque de moyens financiers pour amorcer des travaux à temps de retour élevé représentent des freins potentiels importants, à ne pas négliger.

A l’heure actuelle, l’ambition pour la filière porte à la fois sur la rénovation du parc ancien (25 millions de logements) et sur les performances des logements neufs (3 millions de logements supplémentaires d’ici 2020). Le résidentiel qui constitue un gisement important d’économies d’énergies et d’émissions de CO2 à des coûts compétitifs, doit être une priorité pour l’Etat. Des solutions d’efficacité énergétique accessibles et efficaces doivent être mises en oeuvre pour diminuer significativement la consommation d’énergie et les émissions de CO2.

Dépollution et innovation, la recette de Pollutec

Innovation, optimisation des procédés, nouvelles techniques… le secteur de la dépollution, en pleine croissance, génère chaque année son lot d’innovations. Avec la nouvelle dimension environnementale qui s’impose aujourd’hui aux entreprises, notamment depuis el Grenelle, les enjeux deviennent de plus en plus importants. Voici notre sélection :

  • Un dégrilleur vertical

Le dégrilleur vertical de conception R et O Dépollution est un ensemble mécano soudé robuste composé d’un bâti en tubes profilés et en tôles pliées spécialement développé dans le but de réduire et de faciliter les opérations de maintenance et d’exploitation. Le godet de remontée des déchets est denté, forme qui lui confère une bonne adéquation avec la grille. Il est articulé sur un chariot, guidé dans deux glissières à l’aide de patin en PEHD 1000, qui permet sa descente au fond du canal ainsi que sa remontée. Les différentes actions du godet (ouverture, fermeture, montée et descente) sont réalisées à l’aide d’un vérin électrique et de sangles enroulées sur des poulies en INOX et mises en mouvement à l’aide d’un motoréducteur.
 
Dans le cas d’une quantité importante de refus de dégrillage, le dispositif peut être complété d’une vis de compactage et d’une presse hydraulique. Le fonctionnement du dégrilleur vertical de R&O est entièrement automatique. Pour se faire, plusieurs détecteurs de position sont montés à différents endroits du dégrilleur permettant ainsi la gestion des différents cycles de ce dernier (descente, montée et évacuation des déchets).
 
Un soin tout particulier est apporté aux problématiques liées à la maintenance et à l’exploitation : position de maintenance, capots démontables, dents amovibles, utilisation de sangles en polyester, déflecteur escamotable… Enfin, le dégrilleur est équipé d’un coffret électrique de commande avec automate et afficheur qui favorise simplifie et favorise l’exploitation. Ainsi, idéalement, le dégrilleur vertical R&O est destiné au dégrillage des eaux usées urbaines ou industrielles et peut être installé soit dans un canal d’approche soit dans un poste de relevage. Couplé à une presse hydraulique ou une vis de compactage, il permet également de résoudre le problème de stockage et d’évacuation des déchets.
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  • La première gamme d’enveloppes antimicrobienne

Dans les milieux administratifs ou territoriaux, où l’hygiène est une priorité, les fournitures de bureau, passant de mains en mains, véhiculent les microbes et constituent un facteur de contamination. C’est pourquoi Oxford et Elba ont créé la première gamme transversale d’enveloppes antimicrobiennes. La gamme Antimicrobial contient un principe actif qui réduit le niveau des bactéries jusqu’à 99% en deux heures et jusqu’à 99,99% en 24 heures. A base d’ions d’argent, cette technologie brevetée mise au point par BioCote et déjà largement utilisée dans le monde médical offre une protection permanente contre les bactéries, les moisissures et les virus pendant toute la durée de vie des enveloppes. Sont ainsi déjà proposées des pochettes de circulation du courrier intra-entreprise, des enveloppes et pochettes avec ou sans fenêtre ainsi que des pochettes radio imagerie médicale et des dossiers médicaux.

 
  • Première base de données EAU pour des empreintes environnementales EAU compatibles ISO

Quantis et ses partenaires vont être les premiers à développer une base de données de référence pour le calcul de l’empreinte en eau, s’appuyant sur la base de données Ecoinvent. La rareté croissante de l’eau peut avoir de graves conséquences, notamment au point de vue de la santé humaine, les stabilités sociales/politique, des écosystèmes, elle peut aussi constituer une source de risques pour les entreprises (CERES, CEO Water Mandate). L’approche d’Analyse de Cycle de Vie multi-critères, nécessaire pour pouvoir disposer d’informations complètes pour l’aide à la décision, tend à considérer de plus en plus cet indicateur d’empreinte en eau, requérant une complétude des données de référence existantes et leur régionalisation. Ce projet vise à élaborer les données de références nécessaires au calcul de votre empreinte en eau, à travers des partenariats avec des industriels, mais aussi Ecoinvent et compatibles avec la norme ISO.
Les domaines d’application rela&tifs à la mise en place de cetet base de données sont nombreux : administrations et collectivités, agriculture, agro-alimentaire, BTP et construction, chimie, parachimie, industries.
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  • Traitement des circuits d’eaux de refroidissement industriels à efficacité élevée

La société Mexel développe des émulsions respectueuses de l’environnement pour des applications industrielles. Elle lance cette année le Mexel 432, un produit biodégradable pour le traitement de l’eau des circuits de refroidissement des centrales électriques. Cette émulsion sans chlore agit au niveau moléculaire pour augmenter l’efficacité des circuits d’eau de refroidissement en maintenant leurs surfaces propres. Ceci permet de générer un gain de rendement qui engendre une diminution du CO2 émis par les centrales et autorise des économies substantielles de combustible pour les opérateurs. Le gain d’efficacité de l’unité traitée avec le Mexel 432 peut atteindre 1 à 3% grâce à un meilleur transfert de la chaleur dans le condenseur et à un perfectionnement du condenseur sous vide. Ainsi, pour une centrale électrique de 1.500 MW, la réduction des émissions est de 100.000 à 300.000 tonnes de CO2/an, de 50.000 à 150.000 tonnes de SO2/an et de 10 à 30 tonnes de NOx/an. Les économies de CO2 réalisées peuvent donner droit aux crédits carbones (CDM). Principe de fonctionnement Le Mexel 432 migre sur les surfaces et dépose un film moléculaire (10-8 mm) qui protège les équipements. Il est injecté en micro-dose (+/-5 ppm) pendant 30 minutes une seule fois par jour. Cette émulsion “tout en un”, non oxydante, tensioactive avec des propriétés dispersantes, empêche le micro- et macro-encrassement, le tartre, la corrosion et l’accumulation des boues (qui se trouvent dispersées). Elle a un effet répulsif sur les moules mais n’est pas toxique pour les mammifères. Elle est de plus biodégradable. D’une durée de vie supérieure à deux ans, l’émulsion Mexel 432 offre une solution globale pour la protection des circuits de refroidissement ouverts et semi-ouverts. Cette émulsion a été testée pour la première fois chez Socomine en 1994.
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  • Machine de traitement de DASRI pour petites structures médicales

La machine de traitement de déchets d’activités de soins à risques infectieux Ecodas T100 a été spécialement étudiée pour les petites structures médicales (laboratoires, cliniques, hôpitaux…). Elle offre une capacité de traitement de 10 à 20 kg par cycle de 30 minutes. Innovant et entièrement automatique, le procédé Ecodas combine broyage et stérilisation par vapeur d’eau à haute température, le tout dans une même enceinte fermée et compacte évitant ainsi toute manipulation intermédiaire. Le résultat final est constitué de broyats stériles assimilables aux déchets ménagers qui peuvent rejoindre la filière des déchets urbains. L’Ecodas T100 s’inscrit dans une stratégie de développement durable : d’une part, il est fabriqué en acier inoxydable recyclable et d’autre part, son procédé met en œuvre une technologie propre respectueuse de l’environnement (pas d’émission de fumée, aucun rejet atmosphérique polluant, pas de rejet chimique, pas de radiation) et permet l’élimination des déchets au plus près de la production.
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Captage et stockage du CO2 : des objectifs toujours plus élevés

Les rejets de CO2 dans l’atmosphère sont une préoccupation importante depuis des dizaines d’années. Les entreprises, dans leur ensemble, ont une responsabilité importante vis-à-vis de ces émissions. Le Grenelle, notamment, a permis de prendre les mesures de mise en place de processus de captage et de stockage du CO2 des entreprises. A partir de là, c’est une véritable filière qui se met en place, encore aujourd’hui.

La filière captage et stockage du CO2 regroupe l’ensemble des activités visant à capter le CO2 des sites industriels et à le transporter jusqu’à des sites de stockage géologique. La chaîne de valeur de la filière captage et stockage du CO2 est constituée de trois briques. Il s’agit du captage du gaz issu des grandes centrales thermiques et des unités industrielles, de son transport puis de son stockage. A noter que le CO2 transporté peut être utilisé à d’autres fins : il permet en effet de stimuler le rendement en pétrole ou en gaz d’anciens gisements. Ces trois étapes font également office de segments de marché.

Un marché de la capture et du stockage du CO2 de taille industrielle reste encore à construire : bien sûr, il se structurera dans les secteurs les plus fortement émetteurs de CO2, en forte croissance et au coût d’abattement faible. 17 industries (dans les domaines de la production d’électricité, des sous-produits de l’industrie, des fumées de l’industrie) sont directement visées par la filière. Les principales étant les centrales à charbon, largement en tête pour leurs émissions de CO2 (8.350 Mt/an), et les centrales au pétrole et au gaz. Ces centrales qui produisent de l’électricité génèrent à elles seules près de 42 % des émissions totales de CO2. Le second poste émetteur concerne les gaz d’échappement de l’industrie, en particulier des cimenteries, des raffineries, des aciéries et des industries autour de l’éthylène. En troisième position, viennent les sous-produits de l’industrie (ammoniaque principalement).

Au niveau national, les perspectives d’évolution de la filière sont plutôt encourageantes : il est vrai que la France dispose d’atouts conséquents : nombre d’acteurs de poids français sont positionnés tout au long de la chaîne de valeur, qui regroupe les activités de captage, de transport et de stockage du CO2. Cependant, la production électrique étant très peu carbonée en France comparativement à l’Allemagne par exemple, le marché local est restreint. Cela dit, la France possède des ressources en termes de recherche fondamentale et au niveau des industriels : Centres d’ingénierie et de recherche de pointe, présence de grands groupes sur l’ensemble de la chaîne de valeur : synergie et apprentissage accélérés, une avance technologique réelle des sociétés françaises en particulier dans le stockage de gaz naturel dans les aquifères, et un soutien au développement de l’offre (appels d’offre de l’Ademe, programmes cadre de R&D de l’UE, AIE…). L’absence de retour sur investissement en raison du prix du carbone trop faible, le peu de marché domestique constituent quant à eux les réelles faiblesses du contexte français.

Un marché à fort potentiel de croissance

La filière du captage et du stockage de CO2 est aujourd’hui émergente, mais recèle d’un fort potentiel de croissance car tous les scénarii de lutte contre le changement climatique s’y réfèrent. L’essor de la filière est cependant étroitement lié à l’implication des politiques publiques : les investissements ainsi que les mesures destinées à équilibrer l’écart majeur entre le prix du carbone et le coût des technologies est un des principaux enjeux avec celui de la réduction des coûts de captage. Le captage de 3 à 4 Gt de CO2 par an à horizon 2030 nécessite une forte montée en puissance du nombre de sites dédiés au captage et au stockage du gaz, soit entre 300 et 500, sachant qu’environ 20 petits pilotes seulement seront opérationnels vers 2010. A horizon 2030, si les objectifs de 3 à 4 Gt de CO2 stockés sont atteints, le marché mondial devrait peser entre 60 et 120 Md €.

Cet état de fait ouvre des opportunités :par exemple, il y a de la croissance à aller chercher à l’export, avec un marché mondial gigantesque. Aussi, la présence de grands groupes sur l’ensemble de la chaîne de valeur : synergie et apprentissage accélérés. Aujourd’hui, le seul bémol est l’insuffisante implication des pouvoirs publics dans le développement de la filière. Aujourd’hui, l’ambition française concernant le captage et le stockage du CO2 est claire. Il faut :

  • faire de la France le centre d’excellence mondial en ingénierie pour la filière ;
  • structurer une filière avec des acteurs français compétitifs à l’exportation ;
  • équiper ses installations les plus polluantes afin de réduire ses émissions de GES.

A partir de là, la filière captage et stockage du CO2 va devoir faire face aux enjeux suivants : tout d’abord, il s’agit de positionner la France comme chef de file de la filière de captage et de stockage du CO2 avec des entreprises et des organismes de recherches leaders. Ainsi, puisque la France possède d’ores et déjà des acteurs renommés sur l’ensemble de la chaîne de valeur, la structuration d’une filière française s’impose. En effet, il s’agit d’une condition sine qua non pour que les acteurs français soient en mesure de capter l’essentiel du marché lorsque ce dernier sera en phase de croissance exponentielle. Il est aussi indispensable de définir et mettre en oeuvre des stratégies d’alliance pour proposer des offres intégrées aux clients. Ces stratégies permettraient non seulement de répondre aux besoins existants sur l’ensemble de la chaîne de valeur mais aussi de dresser des barrières à l’entrée pour des potentiels concurrents. Des coopérations entre acteurs permettraient d’exploiter des synergies, d’optimiser l’offre et les coûts et de proposer à la demande un service unifié (construction, exploitation, maintenance). Enfin, dimensionner et adapter l’outil industriel français se révèle crucial. Cette adaptation est un pré-requis à la construction d’une filière pérenne : installation de pilotes de grande taille pour créer des économies d’échelle à l’international, sécurisation des procédés, optimisation des procédés de captage sont autant d’enjeux qui s’adressent aux acteurs français.

l’insuffisante implication des pouvoirs publics dans le développement de la filière

L’objectif de disposer d’une filière viable en 2020 a été adopté par l’UE en mars 2007. Il nécessitera un investissement compris entre 6 et 10 Md € pour construire une douzaine de prototypes à l’échelle industrielle (des unités de 400 mégawatts) d’ici à 2015. Cet objectif ambitieux est conforté par la décision du G8, début juillet, de soutenir le lancement de 20 projets expérimentaux de capture et stockage d’ici 2010. Une enveloppe de 10 Md $ au cours des prochaines années a été annoncée, témoignant ainsi de la volonté politique pour que la filière prenne forme.
En outre, pour que la filière CO2 se développe, il est également nécessaire de proposer aux industriels un mécanisme de financement qui sécurise leurs investissements. C’est chose faite en Europe depuis janvier 2008, car la Commission Européenne a annoncé que le CO2 capturé et stocké serait désormais considéré comme non émis, ce qui permet de valoriser les projets de capture et stockage dans le cadre du système des quotas d’émission.

Le marché du CO2, en donnant un prix à la tonne de CO2 non émise, est un outil fondamental pour encourager les investissements des industriels et des énergéticiens… à condition que la tonne de CO2 se maintienne à un prix supérieur au coût de la filière de capture, transport et stockage, ce qui dépend essentiellement de décisions politiques. Le prix de la tonne de CO2 peut être encouragé à la hausse par l’allocation de quotas plus contraignants, l’augmentation de l’amende en cas de dépassement du quota, l’intégration de nouveaux acteurs au système de quotas (comme les compagnies aériennes par exemple), la participation de nouveaux pays (tels que les Etats-Unis et la Chine).

Outre les problématiques purement technologiques et financières, deux autres enjeux vont rapidement apparaître : l’acceptation par le public, et plus particulièrement des populations situées à proximité des sites de stockage, et la réglementation : un cadre juridique et réglementaire pour le stockage est nécessaire afin de définir à long terme les responsabilités en termes du CO2 piégé.

Pour répondre à cette ambition, des actions doivent être entreprises en faveur des filières sur trois axes prioritaires :

Premier axe : Positionner la France comme leader de l’ingénierie de la filière de captage et de stockage :

  • orienter la recherche vers les procédés de rupture technologique (pré et oxycombustion) ;
  • spécialiser un pôle de compétitivité sur la valorisation du carbone (agro-alimentaire et biocarburants de 3ème génération), la formation et permettant de structurer un tissu industriel ;
  • réaliser des études d’impact sur le transport et le stockage à long terme ;
  • participer à plusieurs démonstrateurs européens ou mondiaux à l’échelle 1.

Second axe : Définir des stratégies d’alliance et des partenariats à l’international :

  • conforter les centres de compétences français dans les projets communautaires et/ou internationaux type ETP-ZEP, GCCSI Global Carbon Capture and Storage Institute, ou CSLF/IEA Carbon Sequestration Leadership Forum de l’AIE ;
  • maintenir la position de la France en amont de la R&D en favorisant le regroupement d’initiatives de captage + transport + stockage à travers des aides à l’expérimentation.

Troisième axe : Veiller au dimensionnement et à l’adaptation de l’outil industriel français

  • mettre en oeuvre une analyse des potentialités du marché domestique (application potentielle à l’industrie lourde) ;
  • donner une vision claire de la stratégie nationale de développement de la filière et du cadre juridique pour le stockage et le transport du CO2.

Par Pierre Thouverez

 

En savoir plus :

Enjeu sanitaire crucial pour l’Homme et son environnement, la Qualité de l’air intérieur et extérieur s’expose cette année dès l’entrée du salon. Ainsi l’ensemble des équipements et technologies d’analyse, de traitement, d’épuration, de ventilation et de filtration de l’air (dont la photocatalyse), accueillent les professionnels à la recherche de nouvelles techniques de traitement des pollutions, dans les domaines suivants :

  • Analyse – Mesure – Contrôle
  • Qualité de l’air intérieur : traitement de l’air intérieur, gestion des risques sanitaires, efficacité énergétique, climatisation/ventilation
  • Traitement de l’air extérieur : gaz/COV, particules- composés odorants
  • Transport et évacuation des gaz et fumées
  • Services, ingénierie, études et conseil…

Les COV… mais qu’est-ce que c’est ?

Un composé organique volatil (COV) est, par définition, constitué de carbone, d’hydrogène, d’hétéroatomes (azote, oxygène, chlore, soufre…) et possède une pression de vapeur saturante de 10 Pa (0,075 mm de Hg) à la température de 20°C et à la pression atmosphérique. On trouve ainsi dans cette classification l’ensemble des solvants, diluants, dégraissants, conservateurs, disperseurs… largement mis en œuvre dans l’industrie. Le méthane, par contre, n’est pas pris en compte. On parle alors de COV non méthanique (COVNM).

Les principales sources d’émission des COV sont les transports, l’industrie, la sylviculture et le résidentiel. En 2008, pour la France, les émissions annuelles étaient de 1.339 kt, chiffre en constante diminution et proche de 1.050 kt, qui, pour 2010, est la valeur cible définie après l’adoption des législations en conformité avec les traités internationaux (Rio, Kyoto…).

Les COV peuvent avoir une influence directe sur la santé humaine. La réglementation, pour les travailleurs, donne des valeurs moyennes ou limites d’exposition. Leurs impacts peuvent être indirects du fait du dérèglement du cycle de Chapman et la production d’ozone troposphérique préjudiciable aux personnes sensibles et/ou ayant des problèmes pulmonaires.

La détection par ionisation de flamme (FID) est la technique reine pour la mesure des COV dans les émissions gazeuses. Dans le cas de mélange, une séparation préalable est nécessaire par chromatographie en phase gazeuse (CPG) suivie d’une détection par FID ou d’une identification et d’une quantification par spectrométrie de masse (MS).

En termes de réglementations, il convient de noter l’arrêté du 2 février 1998, relatif aux prélèvements et à la consommation d’eau ainsi qu’aux émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation. Dans les annexes II à VI, des listes de composés organiques, objets d’une réglementation spécifique en termes de concentrations et de flux massiques d’émission à l’atmosphère, sont précisées. L’arrêté du 29 mai 2000 porte modification de l’arrêté précédent. Actuellement, des textes par branches d’activités complètent ces principaux textes législatifs.

La réduction des émissions de COV met en œuvre des procédés de destruction/transformation et de transfert avec ou sans récupération. La figure ci-dessous donne les principales techniques classiquement utilisées.

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Parmi ceux-ci figurent l’oxydation thermique ou biologique, la condensation, l’adsorption (charbon actif) ou le lavage des gaz (l’absorption). Le choix du traitement se fait en fonction du type de COV, de sa concentration et du débit des émissions. Des graphes permettent de définir la meilleure technologie utilisable. En outre, le coût et des paramètres plus subjectifs (sophistication, place disponible…) viennent compléter le choix final.

 

Par Pierre Le Cloirec, directeur de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR)

Pour en savoir plus

Le 29 octobre 2009, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a proposé de mettre en place un étiquetage des matériaux de construction et des produits de décoration afin d’informer les consommateurs sur leur niveau d’émission en polluants. Objectif : préciser quels composés sont émis et en quelle quantité afin d’identifier plus clairement les articles les moins polluants. Dans ce cadre, elle a dressé une liste de 165 composés susceptibles d’être libérés dans l’air par ces produits et d’avoir des conséquences sur la santé. Cette proposition de l’Afsset rejoint la demande du législateur de soumettre les produits  » ayant pour objet ou pour effet d’émettre des substances dans l’air ambiant à un étiquetage obligatoire à partir du 1er janvier 2012  » (article 40 de la loi  » Grenelle 1  » du 3 août 2009). Le rapport de l’Afsset.

LE CLOIREC (P.). – Les composés organiques volatils (COV) dans l’environnement. 734 p. Tec & Doc, Lavoisier, Paris, (1998)

CITEPA – Inventaire des émissions de polluants atmosphériques en France, CITEPA /CORALIE / Format SECTEN, mise à jour mai 2008 et site web : http://www.citepa.org, (2009).

MASCLET (P.), Pollution atmosphérique. Ellipses: Paris, 2005; 213 p.

LE CLOIREC (P.), Les Composés organiques volatils (COV). Techniques de l’Ingénieur, Environnement 2004, G 1 835, 1 -10

POPESCOU (M.), BLANCHARD (J.M.), CARRE (J.) – Analyse et traitement physicochimique des rejets atmosphériques industriels. Tec & Doc, Lavoisier: Paris (1998)

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Dossier Pollutec : les nouveaux visages des techniques de dépollution

Cette année encore, le traitement des pollutions est un des thèmes centraux de l’édition 2009 du salon Pollutec Horizons. Traitement de l’eau, de l’air, des sols, mais aussi des déchets… Quelles innovations technologiques peuvent contribuer à changer la donne ? Quels nouveaux projets emblématiques ont vu le jour en 2009 ? Quels débats ont animé l’actualité ? Le point avec les Editions Techniques de l’Ingénieur.

 

Les temps forts de Pollutec

original Prix des Techniques Innovantes pour l’Environnement 2009 : l’audace récompensée
Mardi 1er décembre, les Prix des Techniques Innovantes pour l’Environnement organisés par l’Ademe et 5 titres de presse spécialisés dans l’environnement, ont récompensé 12 projets de recherche. Gros plan sur les lauréats et leurs projets. Voir le palmarès

3 questions à … Nordine Haddjeri : Quand Nheolis reinvente l’éolienne compacte
Lauréat du Gold EEP-Award 2009 remis sur le salon Pollutec, Nheolis a développé une éolienne compacte qui, grâce à un nouveau concept de voilure volumique à axe horizontal, augmente le rendement de l’appareil. Nordine Haddjeri, président et fondateur de la société revient sur cette technologie et sur ses atouts. (2 déc 2009)

CO2 supercritique : mais pour quelles applications industrielles ?
Parce qu’à l’état supercritique, le CO2 devient un solvant naturel permettant de diminuer l’utilisation de solvants chimiques, cette technologie ouvre de nouvelles applications. Oui mes lesquels ? Michel Perrut, président directeur général de Separex, a fait le point sur Pollutec. (1 déc 2009)

Et aussi…

Prix Entreprises et Environnement : le palmarès est… (1 déc 2009)
Pollutec : quels seront les temps forts de l’édition 2009 ? (3 nov 2009)

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Traitement de l’eau

original   Spear, un outil en ligne pour évaluer la pollution des cours d’eau
Des chercheurs du Centre Helmholtz de recherche sur l’environnement (UFZ) à Leipzig viennent de mettre au point un calculateur permettant d’évaluer l’impact, à long terme, sur les cours d’eau de l’utilisation de produits phytosanitaires. Cet outil est gratuit et libre d’utilisation sur Internet.

Une méthode de dépollution par les plantes pour les rizières polluées au cadmium
Une équipe japonaise a mis au point une méthode de dépollution par les plantes, ou phytoremédiation, permettant de traiter les rizières polluées au cadmium via l’utilisation de certaines variétés de riz. (15 sept 2009)

Des dendrimères pour encapsuler des molécules et traiter les eaux
Créée en mars 2008, Colcom a mis au point un procédé permettant de créer des dendrimères puis de les utiliser pour détecter des bactéries dans l’eau, mais aussi pour traiter et filtrer les eaux. (21 juil 2009)

Dans les bases documentaires

[Base doc] Technologies de l’eau
[Rubrique Base doc] Techniques séparatives à membranes
[Rubrique Base doc] Bioprocédés appliqués à l’environnement
[Article Base doc] Extraction par fluide supercritique
[Article Base doc] Procédé d’oxygénation et de brassage pour le traitement biologique des eaux usées
[Article Base doc] Bioremédiation d’eaux contaminées par l’arsenic
[Article Base doc] Élimination du phosphore par filtres plantés de roseaux
[Article Base doc] Traitement des eaux par du chitosane : intérêts, méthodes et perspectives
[Article Base doc] Médicaments dans l’eau : présence, risques et potentialités de traitement

Et aussi dans l’actualité…

Une nouvelle technique de dépollution des eaux usées fondée sur une électrode bifonctionnelle (22 juin 2009)
Un réacteur biologique pour traiter le sulfate des effluents industriels (22 mai 2009)
Des poissons robots pour détecter les pollutions marines (31 mars 2009)

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Des déchets à l’énergie

original   Déchets : Quelles stratégies, pour quels enjeux ?
La production mondiale de déchets a explosé depuis un siècle. Aujourd’hui, la problématique de leur traitement est un casse-tête. Comment faire face à ce surplus, tout en ayant une démarche durable et cohérente ? Ne faut-il pas remettre en cause notre vision du déchet, pour mieux appréhender une manière efficace et durable de le traiter ?

La NASA expérimente une nouvelle technologie de fabrication en mer de biocarburant algal
Des chercheurs américains ont mis au point une nouvelle façon de produire du biocarburant algal en traitant les algues directement en pleine mer. L’occasion de faire le point sur les biocarburants algaux. (28 mai 2009)

Les ordures pourraient chauffer la moitié de la Grande-Bretagne
La moitié des foyers britanniques pourraient être chauffés par du biogaz, issu de la fermentation de déchets organiques. De quoi prendre le relais lorsque le gaz de la Mer du Nord s’épuisera. (2 mars 2009)

Dans les bases documentaires

Base doc] Les déchets
[Rubrique Base doc] Valorisation et traitement des déchets
[Rubrique Base doc] Bioprocédés appliqués à l’environnement
[Article Base doc] Traitements biologiques anaérobies des effluents industriels
[Article Base doc] Techniques de réhabilitation des sites et sols pollués
[Article Base doc] Installation de traitement des déchets carbonés innovante
[Article Base doc] Valorisation énergétique de déchets graisseux en biocarburant

Et aussi dans l’actualité…

Entre les déchets et l’électricité, une torche à plasma (24 fév 2009)
Le buthanol, un biocarburant ? L’idée semble toujours faire recette (18 mai 2009)
La pyrogazéification, seule alternative à l’incinération ou l’enfouissement (23 fév 2009)

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Traitement de l’air et captage de CO2

original   Pollution de l’air : l’importance de réduire les émissions de particules à la source
L’AFSSET a publié en mars dernier, un rapport sur la pollution de l’air par les particules fine et son impact sur la santé. Les résultats sont surprenants, notamment en ce qui concerne les impacts réels des pics de pollution.

L’IFP teste sa technologie de captage post-combustion du CO2 en Italie
L’Institut Français du Pétrole a signé un accord avec Enel pour tester une technologie de captage du CO2 en post-combustion sur la centrale thermique de charbon de Brindsi, en Italie. Explications. (1 sept 2009)

Un radar pour analyser le nuage de pollution au dessus d’une ville
Il s’agit en fait d’un instrument de mesure de la qualité de l’air qui peut également servir de radar à pollution au-dessus des villes. Le Dr Roland Leigh, chercheur à l’Université de Leicester, nous explique son principe. (2 avril 2009)

Taxe carbone : injuste pour les uns, permis de polluer pour les autres
Bien que partant d’un bon sentiment et malgré tous les ajustements qui ont été faits pour la rendre plus acceptable, la taxe carbone est un outil injuste et dangereux. (28 sept 2009)

Les COV… mais qu’est-ce que c’est ?
Littéralement composés organiques volatils, leurs rejets dans l’atmosphère contribuent à la dégradation de la qualité de l’air. Retour sur ces substances, les moyens de les détecter et les techniques pour réduire leur émission. (23 nov 2009)

Dans les bases documentaires

[Base doc] Air
[Rubrique Base doc] Traitement de l’air
[Article Base doc] Pollution atmosphérique
[Article Base doc] Surveillance de la qualité de l’air : le dispositif français
[Article Base doc] Bilan massique des émissions de COV
[Article Base doc] CO2 (dioxyde de carbone)
[Article Base doc] Traitement de l’air et climatisation
[Article Base doc] Traitement de l’air chargé en COV par adsorption-électrodésorption
[Article Base doc] Traitement sélectif de l’air industriel pollué en COV par un procédé hybride adsorption-ozonation

Et aussi dans l’actualité…

Une centrale britannique capture les émissions de CO2 (2 juil 2009)
Captage et stockage du CO2 : solution ou problème ? (23 juin 2009)
Chiffre clé : réduire de 70 % les émissions de gaz à effet de serre sauvera la banquise (22 avril 2009)
La forêt chinoise : un atout en danger ? (23 avril 2009)
Ensemencement des océans, agriculture regénératrice : à quel coût ? (2 mars 2009)

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Traitement des sols pollués

original Un champignon pour dépolluer les sols contaminés ?
Podospora anserina, un banal champignon, est équipé d’une enzyme qui lui permet de résister aux composés aromatiques toxiques en les détruisant. Les chercheurs des universités Paris Diderot et Paris Sud pensent que cette caractéristique pourrait être exploitée pour décontaminer des sols contenant certains polluants persistants. Explications.

PCB-Axelera : un programme de recherche ambitieux au service de la dépollution des milieux aquatiques
Le programme PCB-Axelera a été engagé en décembre 2008 par le ministère de l’Ecologie. En charge du dossier sur le volet de la recherche appliquée : le pôle de compétitivité Axelera. Retour sur ce programme. (24 juin 2009)

33 propositions pour mieux encadrer les risques industriels
Que retenir de la table ronde du 3 juillet dernier ? Un consensus autour de la prévention des risques technologiques et du transport des marchandises dangereuses. La question des sols pollués reste en suspens. (17 juillet 2009)

Dans les bases documentaires

[Base doc] Sols
[Rubrique Base doc] Traitements des sols pollués
[Article Base doc] Sites pollués : contamination des sols et des nappes phréatiques
[Article Base doc] Bioremédiation des sols
[Article Base doc] Spectroscopie laser appliquée à l’analyse des sols pollués

Captage et stockage du CO2 : solution ou problème ?

Les procédés de captage et de stockage du CO2 se multiplient depuis quelques mois. Après la Norvège, pionnière de cette technologie en mer du Nord, et le Canada, où le projet de Weyburn, pharaonique, vise à emprisonner 1,8 million de tonnes de CO2 par an, c’est en France, dans les Pyrénées-Atlantiques qu’un projet massif de stockage du gaz carbonique va voir le jour. C’est une chaîne complète de captage et de stockage que la société Total va mettre en place sur le site de Lacq. S’il ne s’agit que d’un test, il marque néanmoins la volonté d’évaluer en conditions réelles les avantages et les inconvénients du captage et du stockage des gaz à effet de serre.

Pourtant, à peine lancé, le projet soulève déjà nombre d’interrogations. Ainsi, le coût de cette installation, mais également sa pertinence écologique posent question. François Moisan, directeur de la stratégie et de la recherche à l‘ADEME, attend de voir : « Il est encore trop tôt pour savoir quand la filière du captage et du stockage du CO2 arrivera à maturité. Il lui faut d’abord faire ses preuves, économiques et techniques. »

Quoi qu’il en soit, face à l’objectif des pays industrialisés de diviser par quatre les émissions de CO2 d’ici à 2050, le captage et le stockage du CO2 (C.S.C) est une piste sérieuse. L’idée est d’ailleurs assez simple. Il s’agit de limiter les rejets de CO2 dans l’atmosphère, le principal gaz à effet de serre, en le piégeant à la source : les fumées des centrales thermiques à charbon, à gaz ou à fioul, celles des cimenteries, des raffineries ou des usines sidérurgiques sont des sources importantes d’émissions de CO2.

Aujourd’hui, il existe trois principales techniques de captage, pour la plupart dérivées de celles mises en place dans l’industrie pétrolière et gazière. Il s’agit de :

  • La postcombustion est le procédé le plus usité. Il implique l’extraction du CO2 des fumées de combustion à l’aide de solvants.
  • La précombustion est une technique qui induit une transformation du combustible en gaz de synthèse dont est, dès le départ, soustrait le CO2.
  • La dernière technique, dite d’oxycombustion, résulte d’une combustion en présence d’oxygène, qui a tendance à concentrer le CO2.

Mais leur mise en pratique s’avère délicate. Le problème principal lié à ces techniques, notamment pour la post combustion, est leur coût qui demeure très élevé, et leur gourmandise d’un point de vue énergétique. Ainsi, le captage à lui seul représente près de 70 % du coût de la filière C.S.C. Au final, le coût d’un tel traitement est compris entre 60 et 100 euros pour une tonne de gaz carbonique économisée, ce qui est très cher (la viabilité économique se situe autour de cinq tonnes).

Les experts pensent tout de même que la standardisation des procédés pourrait aider la filière à diminuer ce prix lié au captage. L’étape suivante est le transport. Que ce soit par voie maritime ou par gazoduc, le gaz doit être comprimé, ce qui constitue une fois de plus une opération coûteuse.

Enfin, la problématique du stockage soulève également des questions. Trois possibilités sont envisagées, correspondant à trois types de sous-sols :

  • Stocker le gaz dans des gisements déjà exploités ou épuisés. Cette possibilité offre une capacité de stockage de l’ordre de 900 milliards de tonnes. Le seul problème réside dans la répartition très hétérogène de ces zones de stockage au niveau mondial.
  • Exploiter les milieux aquifères salins, présents dans les bassins sédimentaires qui se trouvent à plusieurs milliers de mètres sous la terre. Mais leur capacité de stockage reste mal connue. Elle est évaluée entre 400 et 10.000 milliards de tonnes.
  • Utiliser les veines de charbon non exploitées. Cette solution potentielle pourraient permettre de stocker environ 40.000 tonnes de CO2.

Comme pour le captage, le stockage soulève des interrogations. Ainsi, en ce qui concerne les aquifères salins, les chercheurs insistent sur la nécessité pour ces nappes salées d’une étanchéité parfaite, sous peine de contamination dramatique des nappes phréatiques d’où est tirée l’eau potable.

Les obstacles sont donc nombreux, mais selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la C.S.C permettrait de récupérer plus de 80 % du gaz carbonique produit par une centrale électrique, et plus d’un tiers des émissions d’origine humaine. Le test mené dans les Pyrénées permettra aux experts de répondre à certaines de leurs interrogations, et notamment en ce qui concerne la viabilité financière de cette méthode.

Enfin, comme pour les déchets nucléaires, le stockage du carbone doit faire face aux réticences populaires locales, comme c’est le cas sur le site de Lacq. « Au-delà des problèmes de coût et de validation scientifique, la filière doit aussi se préoccuper de son acceptabilité sociale », explique François Moisan.

P.T

Efficacité énergétique : le rôle clé des transformateurs électriques

L’Union européenne s’est engagée à augmenter son efficacité énergétique de 20 % d’ici à 2020. Dans ce cadre, les transformateurs électriques sont considérés comme un des produits clés à cibler, puisque les pertes associées aux 4,6 millions d’unités installées en Europe représentent 33 TWh/an. « Le potentiel d’économie d’énergie lié à ce type d’équipement à travers le monde est considérable. En Europe seulement, on estime que l’équivalent de plus de deux réacteurs nucléaires pourrait être économisé avec des technologies déjà éprouvées », explique Jean-Philippe Tridant-Bel, directeur de l’activité Energie chez Alcimed, société de conseil et d’aide à la décision spécialisée. 

L’Union européenne a d’ailleurs sélectionné les transformateurs électriques dans la liste des 10 produits prioritaires devant être réglementés pendant la période 2009-2011. Plusieurs possibilités existent pour diminuer leurs pertes :

  • utiliser des systèmes de récupération de la chaleur émise par les transformateurs ;
  • déployer des technologies de réseaux intelligents afin de contourner les transformateurs lors des creux de demande d’électricité ;
  • améliorer les matériaux utilisés pour confectionner le noyau des transformateurs. 

C’est cette dernière méthode qui semble susciter aujourd’hui le plus d’engouement. Les regards se tournent en particulier vers l’acier amorphe, une technologie dont l’énorme potentiel est largement reconnu à travers le monde. 

Le fort potentiel de l’acier amorphe

L’acier ou tôle amorphe a d’abord été utilisé à grande échelle aux Etats-Unis dans les années 80. Cependant, le marché a disparu suite à la dérégulation du marché américain de l’énergie à la fin des années 90. Le Japon l’a adopté peu après. Depuis, les principales zones de croissance sont situées en Chine et en Inde. En tout, ce sont plus de 2 millions de transformateurs à noyaux amorphes qui ont été installés dans le monde. Pour autant, ils ne représentent aujourd’hui que 5 % du marché annuel mondial et peinent à se développer, en particulier en Europe.

L’Europe se pose donc la question de son adoption et, à l’heure où les premières commandes à grande échelle sont en cours d’implémentation sur le continent, plusieurs paramètres décideront de l’avenir de noyaux de transformateur en acier amorphe. Celui-ci est certes plus cher à l’investissement que les technologies conventionnelles mais il permet de réaliser des économies grâce à l’énergie sauvée. Par conséquent, plus les pertes énergétiques seront considérées coûteuses, plus les noyaux amorphes seront jugés intéressants économiquement. L’évaluation du coût des pertes dépend de facteurs locaux tels que le coût de l’énergie, la durée de vie des transformateurs ou les taux de retour sur investissement attendus par chaque énergéticien. 

Pour compléter l’intérêt technico-économique, cette technologie devra également s’adapter aux exigences européennes en termes de bruit, de taille et de poids, qui peuvent être différentes des zones asiatiques où la technologie se développe aujourd’hui. Les derniers challenges sont industriels. En effet, le développement des transformateurs en acier amorphe repose, en aval, sur la capacité des industriels de la filière européenne à acquérir le savoir-faire nécessaire à leur construction et à adapter l’outil industriel continental. Les producteurs amont devront également rassurer sur leur capacité à fournir la matière première en quantité suffisante pour éviter tout risque de pénurie. 

« La compétition entre l’acier amorphe et le plus conventionnel acier à grain orienté est en train de se mettre en place. Les institutions européennes peuvent jouer un rôle important : une forte baisse des performances énergétiques minimales autorisées pourrait favoriser la technologie amorphe, qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui à ce niveau », souligne Alexandre Graët, consultant chez Alcimed.

Par Marc Chabreuil

L’habitat : un enjeu énergétique fondamental

Epuisement des ressources pétrolières, dégradation du climat… Deux constats qui aujourd’hui ont de plus en plus d’échos, mais où tout reste à faire. « Nous sommes dans une société énergivore. Nous avons pris l’habitude de consommer une énergie peu chère, facilement transportable, et ceci depuis maintenant un peu plus d’un siècle, martèle Didier Roux, directeur recherche et développement chez Saint-Gobain. Cette situation est précaire, et nous sommes désormais confrontés à un nouveau défi celui de l’épuisement des ressources naturelles et en particulier des énergies fossiles. »

 

En effet, l’épuisement des ressources pétrolières est prévu pour le milieu de ce siècle. Il y a eu une industrie avant l’exploitation des ressources pétrolières, et il y aura une industrie après la fin de l’exploitation des ressources pétrolières. La question, aujourd’hui, est de savoir laquelle ? Ainsi, la problématique n’est pas de savoir si l’épuisement des ressources pétrolières est un drame, mais plutôt, la façon dont nous allons nous adapter.

Bien sûr, il y a le gaz et le charbon. Cependant, la courbe des ressources disponibles pour ces deux carburants fossiles est la même que pour le pétrole. Elle est juste décalée de quelques décennies. A l’échelle d’environ deux siècles, nous aurons épuisé les énergies fossiles dans leur totalité. Une transition vers d’autres formes d’énergie doit donc s’opérer. Mais ce n’est pas tout.

A cela, vient s’ajouter une deuxième problématique : celle du changement climatique. L’augmentation des températures et la consommation des énergies fossiles sont corrélées, cela est une évidence. Personne ou presque ne le conteste. La quantité de CO2 dans l’atmosphère est beaucoup plus élevée que par le passé, et cela est sans aucun doute lié aux activités humaines.

Cette augmentation de la concentration de CO2 atmosphérique a des répercussions négatives sur l’équilibre biologique de la terre, dont la principale, et la plus médiatisée, est l’augmentation des températures. « Des modèles récents prévoient une augmentation de 4,5 °C d’ici la fin du siècle », insiste Didier Roux.

Mais en quoi modifier notre habitat peut-il sinon changer la donne, du moins contribuer à ne pas aggraver la situation ?

L’habitat, un tiers de la facture énergétique mondiale

Un premier élément de réponse se trouve dans la manière dont se répartit notre consommation d’énergie aujourd’hui :

  • Un tiers est utilisé dans l’industrie pour fabriquer des produits manufacturés ;
  • Un autre tiers est utilisé pour les transports : voitures, avions, bateaux, trains ;
  • Le dernier tiers est utilisé pour chauffer l’habitat, au sens large.

Ces chiffres sont au premier abord surprenant. On s’attent à ce que l’énergie consommée par l’industrie et les transports soit beaucoup plus importante, proportionnellement, que celle consommée par l’habitat.

Maintenant, voyons à quoi sert cette énergie dans l’habitat. Selon Didier Roux, « 80 % sert à chauffer : eau chaude, fabrication de chaleur. Le reste est dédié aux appareils électriques et à la lumière. Or, si tous les bâtiments dans lesquels nous vivons et nous travaillons étaient aux normes de ce que ce que nous construisons aujourd’hui, c’est-à-dire aux normes RT 2005, la quantité d’énergie nécessaire au chauffage de tous les bâtiments existants serait diminuée de trois-quarts.

Ainsi, nous gaspillons énormément d’énergie. Environ 30 % de l’énergie totale consommée pour l’activité humaine, sert à chauffer des bâtiments qui ont été construits à une époque où l’on ne se préoccupait pas de l’énergie que l’on consommait », ajoute-t-il. D’où l’importance de l’efficacité énergétique des bâtiments ! En termes d’économies d’énergie, l’enjeu est tout simplement colossal.

Et ce d’autant plus, qu’au niveau industriel aussi bien qu’au niveau des transports, les économies d’énergie sont compliquées à mettre en place. Du côté des fabricants et des prestataires, la seule solution, hormis l’initiative personnelle, est la mise en place de consensus, de règles pour tous. Or, on sait que cela est compliqué. Parfois tout à fait impossible. Quant aux consommateurs, au-delà des déclarations d’intention, force est de constater qu’il est très difficile de les faire changer de comportement ou de mode de vie.

Changer les comportements sans changer le quotidien

De ce constat, Didier Roux tire une conclusion simple mais éloquente. « Si aujourd’hui, il fallait économiser 30 % de notre énergie et que l’on décidait d’arrêter de fabriquer des produits, notre quotidien serait profondément modifié. Le raisonnement est le même en ce qui concerne les transports. Mais si nous décidions d’économiser de l’énergie en améliorant l’efficacité énergétique des bâtiments, notre vie ne s’en trouverait pas changée, elle s’en trouverait améliorée. »

Pourtant, les efforts en ce sens ont mis du temps à trouver un écho, et c’est encore le cas aujourd’hui, bien que la prise de conscience collective vis-à-vis du changement climatique ait des retombées positives au niveau du secteur du bâtiment. Ces retombées positives se concentrent en une expression, objet de la recherche que mène actuellement de nombreuses entreprises : l’efficacité énergétique.

C’est d’ailleurs à partir de ce constat qu’un grand nombre de pays, les Allemands d’abord, puis un grand nombre de pays européens et mondiaux, ont décidé de mettre en place des processus de renouvellement de l’habitat, notamment ancien. La France a pris beaucoup de retard, mais a décidé de franchir le pas, à l’occasion du Grenelle de l’environnement notamment, ou des décisions historiques ont été prises. Mais tout le travail reste à faire, et il est colossal.

« En Europe, 70 % des habitations ont été construites avant 1970, dans des conditions où l’on ne se préoccupait pas de l’efficacité énergétique », rappelle Didier Roux. Il est vrai qu’à cette époque, la méconnaissance des enjeux climatiques, l’accès à une énergie fossile facile, peu coûteuse, ont donné lieu à des habitudes de consommation qui sont précisément celles qui sont désormais combattues, et jugées comme inconscientes par beaucoup.

Quoi qu’il en soit, l’habitat au sens large, individuel, collectif, les bâtiments d’entreprises, les bâtiments publics, administratifs, sont aujourd’hui concernés par la nécessité de consommer l’énergie différemment, et à termes, de trouver des modes de fonctionnement indépendants des énergies fossiles.

Par Pierre Thouverez