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Décryptage

Quel bilan pour Nicolas Hulot un an après ?

Posté le par Xavier Lula dans Environnement

Le 17 mai 2017, l'arrivée de Nicolas Hulot au poste de Ministre de la transition écologique et solidaire a suscité beaucoup d'espoirs chez les écologistes. Un an après, le bilan est mitigé. Retour sur un an de réformes.

Lorsque Nicolas Hulot est arrivé au gouvernement le 17 mai 2017, plusieurs défis l’attendaient. Il avait notamment pour mission d’assurer l’application de la loi de transition énergétique pour la croissance verte  et de l’Accord de Paris.

Des avancées dans plusieurs domaines

À travers son Plan Climat, Nicolas Hulot prévoit que la France atteigne la neutralité carbone en 2050. Il projette également la fin des hydrocabures made in France pour 2040, malgré de nombreuses dérogations.

Avec sa secrétaire d’Etat Brune Poirson, il vient de lancer la feuille route pour l’économie circulaire. Celle-ci comprend notamment l’objectif de tendre vers le recyclage de 100% des plastiques en 2025. Malgré quelques mesures intéressantes, on reste toutefois loin de la promesse de basculer complètement vers une diminution sensible de la consommation des ressources. Par ailleurs, l’ancien animateur vient de lancer le plan quinquennal de rénovation énergétique des bâtiments. Il vise à rénover 500.000 logements par an.

La majorité des décisions prises engagent la France sur le long-terme, mais les associations regrettent le peu d’engagements du gouvernement sur le court-terme. Seul l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été jugé comme une réelle victoire. En revanche, l’intervention policière et le maintien de la ZAD pèsent sur cette réussite.

La transition énergétique en question

Le plus grand revers du ministre est certainement le report à 2030 ou 2035 de la diminution de la part du nucléaire dans le production d’électricité à 50%. Cet objectif était initialement prévu pour 2025 et inscrit depuis 2015 dans la loi de transition énergétique. Pour y parvenir, il faudrait fermer entre 17 et 25 réacteurs nucléaires. « Impossible », juge Nicolas Hulot, sauf à relancer les énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre. Il préfère prioriser la fermeture des quelques centrales utilisant du charbon d’ici 2022.

Du côté des dossiers en cours, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) subit les critiques des ONG. La première version présentée en juillet prochain devrait annoncer le calendrier de fermeture des réacteurs nucléaires.

Concernant le développement des énergies renouvelables, des groupes de travail ont été lancés par filières. Les procédures ont été simplifiées et le volume des appels d’offres photovoltaïque a été augmenté de 1 gigawatt. Toutefois, cette politique a été ternie par la volonté du gouvernement de renégocier les projets éolien offshore attribués par appels d’offres.

La mobilité en question

Nicolas Hulot aura réussi à programmer le rapprochement de la fiscalité du diesel à la pompe et de l’essence d’ici 2022. Le ministre a par ailleurs annoncé la fin de la vente de voitures à essence et diesel dès 2040. Il reste à en définir les premières étapes et les différentes technologies qui les remplaceront. Dès 2018, la  prime à la conversion prévue lors de la mise à la casse d’un véhicule diesel a été étendue et une campagne d’information nationale a été lancée le 12 mai pour encourager les français à se débarrasser de leurs vieux véhicules polluants et les remplacer par des voitures plus récentes.

Pour le reste des transports, Nicolas Hulot délègue les décisions à Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports. Entre septembre et décembre 2017, elle a mené les Assises de la mobilité. Pour le moment, les conclusions sont accaparées par la réforme de la SNCF, mais elles donneront prochainement naissance à la loi d’orientation sur les mobilités. Cette dernière promet d’atteindre des mobilités plus propres, plus connectées, plus solidaires, plus intermodales, plus sûres et plus soutenables.

Des réformes qui ne vont pas assez loin ?

Au bout du compte, Nicolas Hulot n’aura pas réussi à convaincre ses collègues européens : le glyphosate a été réautorisé en novembre 2017 pour cinq ans en Europe. La France a toutefois annoncé la sortie du glyphosate en trois ans, malgré l’opposition du monde agricole.

Les états généraux de l’alimentation ont déçu les ONG. Son plan loup 2018-2023 présenté en février n’aura pas non plus réussi à apaiser les tensions entre éleveurs et défenseurs de l’environnement. Fin avril, le gouvernement a dévoilé son Plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides. Ce plan de réduction des pesticides contient plusieurs évaluations, notamment de l’Anses et de l’Inserm, mais peu de décisions de court-terme.

Les Assises de l’eau ont été lancées fin avril. Jusqu’en juillet, la première séquence vise à relancer l’investissement  dans les réseaux d’eau et d’assainissement, notamment pour réduire les fuites. D’août à novembre, la deuxième séquence traitera des aspects qualitatifs et quantitatifs des ressources en eau, afin d’aider les territoires à être plus résilients au changement climatique. Le ministre devrait également prochainement présenter un plan pour mettre fin à la déforestation importée en France. Cela empêchera par exemple d’incorporer du biocarburant à base d’huile de palme ou d’importer du soja «non-durable » issu de la déforestation pour nourrir le bétail français.

L’action de Nicolas Hulot a été perturbée par un article d’Ebdo publié le 9 février révélant qu’il avait fait l’objet en 2008 d’une plainte pour viol classée sans suite pour cause de prescription. Depuis ce scandale, le ministre est beaucoup moins présent face caméras. Il brille par son absence lors des multiples déplacements du président à l’étranger. Pas de Nicolas Hulot lors de la rencontre d’Emmanuel Macron avec Donald Trump, ni avec le premier ministre indien ou encore avec le premier ministre australien. Pour mener à bien les futures réformes, il devra revenir rapidement sur le devant de la scène.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Pour aller plus loin

Posté le par Xavier Lula

Les derniers commentaires

  • Un bilan nul. Un journaliste écolo à la tête d’un Ministère d’Etat sans aucune connaissance scientifique et se méfiant comme de la peste de ceux qui sont de véritables scientifiques ne peut donner aucun résultat probant. C’est le cas!


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