Énergies d’après-demain : les 5 meilleures pistes

Le thorium, une alternative crédible à l’uranium ?

Le thorium est souvent présenté comme un combustible alternatif dans la production d’énergie nucléaire. Non seulement, ce minerai est trois fois plus abondant que l’uranium mais il génère également bien moins de déchets.

Moins de déchets, plus d’énergie !

Des réserves immenses et exploitables, un volume de déchets 200 fois moins important que l’uranium… Le thorium dispose de sérieux atout. Malheureusement, il serait plus difficile à transformer… Faux ! répondent certains scientifiques. Il suffirait de le mélanger à un peu d’uranium pour que le thorium puisse être utilisé comme combustible dans les réacteurs nucléaires.

Un combustible liquide

D’autres types de réacteurs sont envisageables, comme le réacteur à sels fondus (MSFR), une piste sérieuse remarquée en 2008 lors du Forum international Génération IV. Plus stable et plus sûr, ce réacteur permettrait d’exploiter 100% de la ressource et de produire une énergie durable et écologique. Plusieurs chercheurs du CNRS de Grenoble travaillent actuellement sur ce procédé.

L’uranium fait de la résistance

Le thorium se heurte à deux obstacles majeurs : les partisans du nucléaire contestent fermement les avantages supposés de ce minerai providentiel et la France souhaite réduire la part du nucléaire dans sa production d’énergie de 75% à 50% d’ici à 2025. Un objectif peu compatible avec le développement du thorium nécessitant au contraire la relance de la filière.  Mais, dans le monde, la réticence n’est pas générale : la Chine investit massivement dans ce nouvel eldorado énergétique  quand l’Inde exploite déjà ses propres réserves dans des réacteurs de troisième génération.

 

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Du biocarburant truffé de bactéries

C’est une première mondiale, la société française Deinove serait parvenue à  isoler et à optimiser une souche de bactéries déinocoques capable de produire de l’éthanol à partir d’une biomasse végétale industrielle à base de blé.

Un processus de fabrication simplifié

Les biocarburants de première génération (bioéthanol) étaient obtenus à partir de biomasse alimentaire et présentaient de nombreux inconvénients en termes de temps, de coût et de ressources alimentaires. Ce biocarburant deuxième génération repose entièrement sur la présence d’une bactérie, le deinocoque, qui facilite considérablement le processus en se chargeant de dégrader elle-même la biomasse et de convertir le glucose en éthanol. Résultat : une seule étape est nécessaire pour obtenir un titre en alcool de 3%.

Une bactérie particulièrement résistante

Deinocoque est capable de réparer son ADN s’il a été endommagé par des radiations et supporte de très hautes températures, ce qui a pour avantage de réduire les dépenses d’énergie lors du refroidissement des cuves. Où la trouve-t-on ? Principalement dans les sources d’eau chaude. La société Deinove a passé une convention avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) afin de récupérer des souches partout en France.

Un développement possible dès 2014

Le directeur général de Deinove a déposé deux brevets : « l’un pour produire des biocarburants et l’autre pour de futures applications médicales ». Il a pour objectif d’obtenir une plus grande concentration en éthanol (jusqu’à 8 ou 10°) puis d’augmenter les volumes utilisés. Si le pari est réussi, il envisage le développement industriel de son procédé dès l’année prochaine.

 

Une ceinture solaire autour de la lune

« Luna Ring », c’est le nom de ce projet pour le moins original : une entreprise japonaise (Shimizu Corporation) a pour objectif de récupérer l’énergie du soleil en installant des panneaux solaires tout autour de la lune.

Une « ceinture » de 10 920 kilomètres

Un réseau de cellules solaires mesurant jusqu’à 40 kms entourerait l’équateur lunaire. L’énergie produite à partir de ces cellules serait transférée aux stations terrestres de réception grâce à des antennes de 20 kms de diamètre. Cette transmission serait assurée par une balise de guidage.

La construction de Luna Ring

La majorité des ressources nécessaires à la construction de la ceinture solaire serait fournie par la lune elle-même. L’eau et le ciment seraient produits à partir d’éléments constitutifs du sol lunaire quand  l’hydrogène serait importé. Quant aux ouvriers, ils seraient embauchés sur Terre. Mais inutile de poser votre candidature : seuls des robots télé-opérés seraient envisagés.

Une production d’énergie illimitée

Contrairement aux panneaux photovoltaïques classiques installés sur Terre, la quantité d’énergie produite par les cellules solaires disposées autour de la lune ne dépendrait pas des variations météorologiques. Luna Ring pourrait fournir de l’énergie solaire, partout dans le monde, 24h/24 !

Du pétrole à base… d’air !

Il s’agit de capturer le dioxyde de carbone et l’hydrogène contenus dans l’air et de les transformer ensuite en méthanol, puis en carburant ! Si l’idée n’est pas nouvelle, son application est une première. Les ingénieurs britanniques qui ont accompli cet exploit sont parvenus à fabriquer un pétrole de synthèse si proche de l’original qu’il est parfaitement compatible avec nos voitures actuelles.

Comment capture-t-on l’air ?

Le CO2 et l’hydrogène sont extraits séparément. Dans un premier temps, l’air est mélangé à de l’hydroxyde de carbone, puis séparé du carbonate de sodium par électrolyse de façon à capturer le CO2. Dans un second temps, l’eau présente dans l’air est condensée et l’hydrogène est obtenu par électrolyse de l’eau.

Le CO2 enfin recyclé !

Ce procédé permettrait donc non seulement de réduire les rejets de gaz à effet de serre mais aussi de produire de l’énergie ! La solution miracle ? Pas tout à fait. L’électrolyse consomme de l’électricité. Pour que le procédé constitue une réelle avancée en termes d’efficacité énergétique, il faudrait utiliser une énergie renouvelable, comme l’éolien ou le solaire.

Une production encore insuffisante

La compagnie qui a mis au point cette technologie (Air Fuel Synthesis) a produit à peine 5 litres de carburant en trois mois. Mais elle envisage de produire d’ici deux ans une tonne de pétrole de synthèse par jour, soit sept barils. Un beau pari, même si le volume peut paraître faible en comparaison des 80 millions de barils de pétrole naturel produits quotidiennement dans le monde. Mais la promesse est de taille : produire de l’énergie à partir de notre propre pollution…

 

Du chauffage gratuit grâce aux supercalculateurs

Les serveurs informatiques des entreprises dégagent une chaleur phénoménale. Pourquoi ne pas exploiter cette source de chaleur pour chauffer les particuliers ? C’est l’idée de Qarnot Computing, une startup française qui envisage de créer des radiateurs électriques intégrant des processeurs.

Aucune déperdition de chaleur

Selon le directeur de Qarnot Computing, il suffirait d’installer les calculateurs directement chez les particuliers qui profiteraient de la chaleur générée. Quant aux entreprises, elles réduiraient leurs dépenses car les data-centers qui hébergent habituellement les serveurs représentent un coût important. Une grande banque européenne pourrait ainsi fournir du chauffage pour 10 000 foyers par an.

Une installation simple

Des microprocesseurs intégrés à un radiateur en aluminium et… c’est tout. L’installation chaufferait le logement tout en traitant les données des entreprises. Les bureaux de la société (300 m2) sont déjà chauffés grâce à ce procédé. Un thermostat permet de réguler la température. En cas de grand froid, il sera possible d’augmenter la chaleur en offrant la capacité de calcul non utilisée à la recherche scientifique.

Bémols… 

Malgré les nombreux avantages, quelques zones d’ombre persistent. D’une part, la maintenance pourrait être difficile à assurer puisque les serveurs se trouveront disséminés chez les particuliers au lieu d’être regroupés dans un data center. D’autre part, le système ne fonctionnerait pas uniquement l’hiver, mais toute l’année : que faire de cette chaleur en pleine canicule ? 

Par Iris Trahin

 

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Génie énergétique : Maîtrisez les processus thermiques pour contrôler votre consommation d’énergie

 

Limiter nos émissions de dioxyde de carbone et protéger notre environnement, voilà le challenge qui attend les ingénieurs en génie énergétique. Les industries doivent pour cela maîtriser les processus thermiques et optimiser leur consommation d’énergie.
 
 
Descriptif :
  • Les aspects théoriques et pratiques de la transformation et de l’utilisation de l’énergie,
  • Des éléments pratiques relatifs à l’optimisation énergétique,
  • L’ensemble des informations nécessaires à la mise en œuvre des processus thermiques,
  • Des exemples de réalisations industrielles: échangeurs, fours, isolation.

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Environnement : développez une politique environnementale efficace tout en respectant les intérêts économiques de votre entreprise

Un panorama complet des thèmes environnementaux à prendre en compte dans les projets industriels, complété par l’ensemble des outils d’aide à la décision.

 
Descriptif :
  • Une information claire et complète par thème (eau, air, déchets, sols, bruit, odeurs) sur la caractérisation des polluants, l’évaluation de leurs impacts et les techniques de dépollution,
  • La prise en compte des aspects économiques, juridiques et stratégiques spécifiques à chaque type de pollution,
  • La présentation détaillée des outils environnementaux d’aide à la décision et leur mise en œuvre.

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Innovations technologiques : la veille technologique comme moteur d’innovation pour anticiper les prochaines évolutions de marché

 

Facteur clé du développement économique, l’innovation est plus que jamais au cœur des préoccupations des entreprises. Elle est un levier essentiel de croissance à long terme, pour faire face au contexte de crise et de concurrence mondiale, mais aussi pour se différencier des autres, s’adapter aux besoins du marché et continuer de séduire ses clients.
 
Descriptif :
  • Un outil de veille technologique pour identifier les enjeux industriels de demain:
  • les dernières avancées scientifiques et techniques: description des grands projets de R&D et des innovations en cours dans le secteur de la recherche privée et publique,
  • les grandes tendances technologiques: panoramas de réalisations au stade industriel ou pré-industriel,
  • des études sectorielles et des analyses prospectives pour anticiper les prochaines évolutions de marché,
  • l’ensemble des outils et des méthodes pour maîtriser les grandes étapes du processus de l’innovation: de l’analyse des besoins au management de projet innovant, jusqu’au financement et à la protection de l’innovation,
  • l’ensemble des pratiques d’éco-conception à disposition des professionnels, sans oublier les aspects marketing et de financement, ainsi que de nombreuses études de cas.

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Vers l’auto-consommation de sa production photovoltaïque

Les experts prévoient que l’électricité solaire photovoltaïque deviendra moins chère que l’électricité traditionnelle du réseau vers 2016.

Dès lors, il deviendra intéressant pour les personnes équipées de panneaux photovoltaïques d’auto-consommer leur production. Ainsi, l’idée sera de consommer au maximum sa production directement chez soi avant de revendre le surplus.

Dans cette perspective, SMA développe le Sunny Home Manage, une centrale de gestion intelligente de l’énergie.

Les mesures montrent qu’un générateur solaire permet une auto-consommation naturelle dans le bâtiment variant entre 20 et 40 % de la production photovoltaïque.

En ajoutant le Sunny Home Manager, il sera possible d’augmenter cette auto-consommation d’environ 15 %. Une base météo intégrée permettra de prévoir du jour au lendemain le niveau d’ensoleillement et donc la production électrique du jour suivant. 

« Par apprentissage, le système sait figurer les blocs de consommation qui peuvent être déclenchés dans le cadre de la courbe d’auto-consommation du générateur », confie Pascal Richard, Directeur commercial de SMA France.

En fonction de la météo, le boîtier permettra de programmer la mise en route de groupes d’appareils via bluetooth. Ainsi, la machine à laver le linge ou la vaisselle démarrera, par exemple, à 14 heures, lorsque vous êtes au travail et que le soleil brille. A votre retour, et sans que vous n’ayez à appuyer sur le bouton, tout sera propre !

Avec un système de stockage, il devrait être possible d’augmenter l’auto-consommation d’encore 15%. Les fonctionnalités du Sunny Home Manager seront présentées plus en détails lors de l’Intersolar du 19 au 21 juin prochain à Munich.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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Un futur incertain pour la cogénération

En France, il existe environ 800 installations de cogénération pour une puissance électrique installée de 5 000 MW. Elles produisent en moyenne 16 TWh d’électricité et 22 TWh de chaleur. Ces installations ont été lancées entre 1997 et 2001 pour un investissement total d’environ 5 milliards d’euros. Elles ont bénéficié d’une obligation d’achat sur 12 ans qui se termine donc entre 2009 et 2013. 

« En France, la situation n’est pas au développement de la cogénération, mais à sa disparition progressive », révèle Jean-Claude Boncorps, Président de Fédération des Services Energie Environnement (Fedene).

Les installations de plus de 12 MW, représentant une capacité totale de 2 800 MW, ne pourront pas repartir sur un tarif d’obligation d’achat. Elles pourront cependant vendre leur production sur le marché, mais à des prix non rentables. Certaines installations sont déjà en cours de démantèlement.

Les installations de moins de 12 MW, représentant un total de 2 200 MW, pourraient repartir en obligation d’achat. Malgré des opérations récentes de rénovation, une remise en cause des conditions de rémunération des obligations d’achat et un manque de visibilité complet noircissent le tableau.

« A priori, la situation devrait se dégrader très sensiblement ; nous ne sommes donc pas certains de pouvoir continuer à fonctionner avec des cogénérations à des conditions économiques viables », analyse Jean-Claude Boncorps.

« Aujourd’hui, il y a un frein au développement de la cogénération, mais il y a surtout une disparition progressive d’installations performantes qui ont permis d’économiser 1,7 millions de tep par an et une réduction des émissions de CO2 de 9 millions de tonnes par an, du fait qu’elles se substituent à des centrales moins performantes », insiste-t-il.

Quel est le mix énergétique de la cogénération ?

Avec des centrales nucléaires, on ne fait que très rarement de la cogénération. On chauffera à un endroit des serres pour tenter de montrer sa bonne foi.

Toutefois, de façon générale, la cogénération ne se fait pas avec le nucléaire, car les centrales sont trop éloignées des centres de consommation. Les pertes sur le réseau et son coût seraient trop importants.

D’après le bilan électrique 2012 de RTE en France, le mix électrique est très particulier. Avec plus de 75 % d’électricité d’origine nucléaire et 12 % d’hydraulique, il ne reste que 9 % pour les centrales thermiques.

Dans ces circonstances, il n’y a quasiment aucune centrale thermique classique gérée par EDF équipée de cogénération. Dans d’autres pays d’Europe, sans nucléaire, la moitié des centrales peut pourtant en être équipée.

En France, les installations de cogénération sont donc décentralisées. Elles peuvent fournir de la chaleur alimentant des réseaux de chaleur ou des chaufferies, desservant principalement des logements sociaux, des hôpitaux, des copropriétés, des universités ou des industries.

Elles fonctionnent à 90 % au gaz. Les cogénérations avec du charbon ou de la biomasse restent relativement marginales.

La cogénération et les réseaux de chaleur

Sur les 458 réseaux de chaleur en fonctionnement en France en 2011, 204 réseaux (pour environ 235 installations de cogénération) sont équipés de cogénération dans 190 villes.

Ils permettent de produire 4,5 TWh d’électricité en complément de la chaleur qu’ils délivrent. En 2011, la chaleur issue de gaz venant de cogénération représentait 21 % de la chaleur totale des réseaux de chaleur.

Le reste provenait  à 36 % d’énergies renouvelables ou de récupération, à 22 % de gaz sans cogénération, 6 % de fiouls, 8 % de charbon et 7 % d’autres énergies.

La situation n’est pas bonne. Pourtant la cogénération permet un rendement de 80 %. Avec le mix énergétique français actuel, à production d’électricité et de chaleur égale, la cogénération permet une économie de 15 % d’énergie primaire.

Dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, ne devrait-on pas lui redonner ses lettres de noblesse plutôt que de la condamner ?

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Piles à combustible : c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

Une pile à combustible est une pile – ou un générateur de courant – qui produit de l’électricité par la réaction chimique suivante : l’oxydation sur une électrode d’un combustible réducteur (cela peut être de l’hydrogène) simultanément à la réduction sur l’autre électrode d’un oxydant (par exemple, l’oxygène). L’énergie produite par cette réaction est ensuite transformée en courant électrique de façon continue, c’est en cela qu’elle se distingue d’une pile classique. Cette transformation est opérée au moyen d’un catalyseur : le platine ; un métal de transition qui a pour vertu d’accélérer l’oxydation de l’hydrogène.

Le principe de la pile à combustible date de 1939. On doit cette découverte à l’allemand Christian Schönbein et à l’anglais Sir William Grove. Néanmoins, il s’écoulera une centaine d’années avant qu’une application de ce principe soit mise en pratique. C’est au cours des années 60, dans le cadre des programmes spatiaux GEMINI et APOLLO que les premières piles ont vus le jour, destinées aux capsules de vol. L’eau produite par les générateurs de courant servait alors à alimenter les astronautes. Depuis, les secteurs de l’aérospatiale et de l’automobile – principalement – développent son utilisation.

Des avantages uniques

Les piles à combustible stockent trois fois plus d’énergie qu’une batterie lithium-ion et disposent d’une autonomie très appréciable. Contrairement aux piles classiques, elles ne se déchargent pas si l’on ne s’en sert pas. De plus, elles supportent de fortes variations de température et peuvent avoir une longue durée de vie. Cela peut aller jusqu’à plusieurs années.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hydrogène est une ressource non polluante et disponible en quantité bien qu’on n’en trouve pas à l’état naturel. Une pile à combustible ne rejette que de la vapeur d’eau, le taux d’émission en CO2 est donc nul. Si vous aviez des doutes concernant les vertus écologiques de la pile à combustible, balayez-les d’un revers de main. Il s’agit bel et bien d’une énergie verte et qui plus est sans bruit. À l’intérêt environnemental s’ajoute donc l’absence de nuisances sonores.

La légèreté des piles permettrait dans certains cas un gain de masse offrant ainsi aux véhicules pourvus de cette technologie une diminution de la consommation de carburant.

Pourquoi leur utilisation n’est-elle pas encore généralisée ?

Et bien parce que la recherche avance, mais pas forcément assez vite. Ensuite, aussi parce que la viabilité industrielle demeure trop faible par rapport au rendement de cette technologie. Les étapes de fabrication étant très nombreuses. Or, c’est un point clé qui conditionne les investissements. Cependant, la recherche avance et l’amélioration des rendements incite toujours plus les entreprises à passer le pas.

En outre, le catalyseur a un coût relativement élevé. Le platine, généralement utilisé pour l’accélération de l’oxydation, se révèle être une denrée précieuse par son caractère limité. Or c’est bien connu, ce qui est rare est cher. Le prix du métal dépasse d’ailleurs celui de l’or. Cela a un impact direct sur le prix d’une pile à combustible puisqu’il représente 25 % de son coût total.

Pour qu’il y ait oxydation, de l’hydrogène est nécessaire. Or l’hydrogène n’est pas disponible naturellement. Présent dans l’eau ou l’ammoniaque, ce gaz est obtenu par électrolyse. Un procédé, pensé en 1800 par les chimistes anglais William Nicholson et Sir Anthony Carslile, consistant à décomposer l’eau en ions d’hydroxyde et d’hydrogène au moyen d’un courant électrique. Mais voilà, l’utilisation de cette méthode n’est pas encore courante. À l’heure actuelle, la majorité de la production d’hydrogène découle de la décomposition d’hydrocarbures. Malheureusement cette technique s’avère fortement polluante. Sans compter les risques non négligeables liés à l’usage d’un tel gaz, notamment le risque d’explosion en raison de son inflammabilité. Enfin, il présente à nos chercheurs la difficulté de le stocker. Il s’agit d’un vrai problème.

Quelles applications ?

ils sont nombreux et variés ! La pile à combustible sert, entre autres, pour l’alimentation des téléphones portables, l’automobile et plus généralement pour le transport, l’alimentation électrique des satellites, l’aérospatial, l’aéronautique, la production électrique stationnaire… Les piles à hydrogènes inspirent les constructeurs parmi lesquels on peut citer Daimier, Ford, Honda, Hyundai, Mercedes ou encore General Motors.

Son utilisation est classée en trois grandes familles. Les piles à combustible embarquées destinées au transport. Elles équipent ainsi les véhicules légers et les véhicules lourds. Les piles à combustible stationnaires, elles-mêmes déterminées en deux catégories : la production individuelle (de 200 kW à plusieurs MW) et la production collective (de 2 à 7 kW). Les projets, dans lesquelles elles sont inscrites (par exemple, celui d’EDF d’alimenter un groupe HLM) fonctionnent bien souvent par cogénération. Il reste les piles à combustible miniaturisées. Ici, ce sont les téléphones portables, le rechargement des batteries qui rentrent dans ce domaine d’application.

Des tests combinant la technologie des piles à combustible avec une batterie hybride lithium-ion seraient en cours sur des avions afin de les faire voler. Toutefois, bien que l’idée soit séduisante, ce sujet d’étude semble loin d’être exploitable pour le moment.

La start-up nommée Pragma Industries, située à Bidart, vient d’inventer la première machine à bobiner des piles à combustible. Leurs piles ont pour objectif d’alimenter des vélos électriques, des outils portatifs et mobiles ainsi que des groupes électrogènes. Pierre Forté, le PDG de la PME, estime que le marché des vélos électrique, en pleine expansion, devrait quadrupler d’ici 2017.

La société israélienne CellEra s’est faîte connaître récemment pour son invention d’une pile à combustible  » révolutionnaire « . Cette start-up serait parvenue à passer outre l’utilisation de platine pour accélérer l’oxydation de l’hydrogène via un procédé vraisemblablement déjà connu mais dont elle serait la première à l’avoir élaboré. Ce qui change, ce sont les électrolytes. CellEra utilise un électrolyte polymère solide permettant la conduction d’ions OH- en milieu alcalin là ou ses concurrents s’appuient habituellement sur des piles à membrane pour lesquels les électrolytes liquides sont nécessaires au fonctionnement. À la place du platine, on retrouve des métaux moins onéreux qui offrent un avantage économique indéniable !  Pour info, pas moins de sept brevets sont en cours de dépôt. Grâce cette technologie, CellEra compte bien ouvrir de nouvelles perspectives quant à la fabrication de piles à grande échelle. Ses collaborations avec Vodafone et Volkswagen ainsi que le développement de nouvelles applications, à priori tournées vers les stations de télécommunication, devraient lui assurer un bel avenir.

Des innovations à la pelle

Depuis 2011, la start-up new-yorkaise SiGNa Chemistry propose un chargeur de smartphones un peu spécial… Il s’agit d’un chargeur équipé de mini-piles à combustibles appelées PowerTrekk capable de produire de l’électricité par ajout d’eau, voire d’urine. Ne riez pas, l’armée estime même que le package d’un soldat pourrait être réduit de 11 kilos grâce à cette technologie. La maniabilité, le faible poids de transport (une minuscule cartouche d’hydrogène) et surtout la possibilité de recharge n’importe ou en font un outil attractif dont l’armée pourrait envisager l’utilisation prochaine. SiGNa Chemistry tourne désormais sa recherche sur la recharge d’appareils électroniques plus importants.

Le constructeur Hyundai a dévoilé lors du salon de l’automobile de Genève son premier modèle ix35 à hydrogène de série. Destiné au grand public d’ici 2015, date à laquelle débutera la production de 10 000 unités, ce modèle fonctionnera à la pile à combustible et sera donc totalement écologique. Pour mieux connaître la future Hyundai, voici quelques chiffres. Elle disposera de deux réservoirs hydrogènes, d’un moteur de 136 chevaux, d’une batterie en lithium-ion polymère de 24 kW et pourra rouler plus de 594 kilomètres par recharge. Cette alternative aux carburants traditionnels aurait déjà séduit quelques responsables européens.

Panasonic est un acteur majeur de la recherche sur les piles à combustible. On se souvient de l’annonce deux ans auparavant de l’ouverture d’un centre de R&D en Allemagne. La société nippone conçoit et développe depuis 1999 des piles à combustible à micro-cogénération qui ont la particularité de produire de l’électricité tout en se servant de la chaleur générée par le processus. Une méthode efficace qui ne laisse plus de place au gaspillage d’énergie.

La pile à combustible est une technologie qui n’a jamais vraiment cessée de faire l’objet de recherches. Les techniques progressent constamment. On remarque toutefois qu’elles ont tendance à s’intensifier avec l’arrivée des starts-up qui leur permettent d’acquérir un second souffle. SiGNa Chemistry et CellEra en sont les parfaits illustrateurs. Le développement des piles vers de nouvelles applications toujours plus ambitieuses est en bonne voie. Dans un processus de collaboration, les entreprises échangent et s’ouvrent à des perspectives réjouissantes en poussant des concepts connus tels que la voiture et le vélo électrique, l’alimentation de téléphones portables et d’objets plus lourds (ordinateurs portables) ou encore la cogénération.

Ces entreprises font office de catalyseur comme le platine l’est pour la réaction chimique. Le rendement et la puissance des piles à combustible sont en hausse significative. Les perspectives en termes d’innovation paraissent donc plus folles. Tout ça bien sûr en raison de multiples qualités. Le fait notamment qu’elle propose une alternative séduisante aux carburants traditionnels et puisse avoir un réel impact environnemental, qu’elle offre de bons rendements énergétiques et soit peu encombrante. Présentée comme une source d’énergie révolutionnaire à l’époque, la pile à combustible trouve aujourd’hui une utilisation, potentielle ou concrète, dans des domaines divers et variés. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas fini de révéler ses possibilités.

Par Sébastien Tribot

sources :

http://pileacombustible.free.fr/historique.htm

http://www.autodeclics.com/article/47482-quel_avenir_pour_la_pile_a_combustible.html

http://www.enerzine.com/14/15116+le-marche-des-piles-a-combustible-stationnaires-semble-lance+.html

http://www.enerzine.com/14/12549+panasonic-mise-sur-les-piles-a-combustible-residentielles+.html

http://siliconwadi.fr/6172/une-startup-israelienne-invente-une-pile-a-combustible-revolutionnaire

http://aviondufutur.e-monsite.com/pages/l-electricite-dans-l-avion/les-piles-a-combustibles.html

http://www.actu-environnement.com/ae/news/filiere-francaise-hydrogene-piles-combustible-13694.php4

Quel est le potentiel d’innovation des technologies existantes ?

Ainsi, l’émergence des productions d’énergies :

Toutes ces technologies de production d’énergie ont vu leurs rendements  s’améliorer au fur et à mesure, jusqu’à devenir des solutions économiquement envisageables.

 

Pour autant, aucune de ces technologies n’a aujourd’hui remplacé le pétrole, le gaz ou le nucléaire. Les raisons sont nombreuses, mais deux explications se dégagent : les prix de revient, et les investissements à consentir ne permettent pas aujourd’hui, de construire de modèles économiques satisfaisant par rapport à l’existant.

Il est également compliqué de remettre en cause un modèle bâtit et intégré pour consommer des énergies fossiles.

Il est donc indispensable, pour généraliser l’usage des énergies renouvelables, de proposer un modèle présentant un modèle économique voisin voire meilleur que celui existant aujourd’hui, ainsi que des performances en termes de rendement révolutionnaires par rapport à ceux offerts par l’exploitation des énergies fossiles.

La production d’énergie éolienne est à la mode depuis plusieurs décennies.

L’innovation autour de cette technique de production d’énergie n’a cessé depuis plus de vingt ans et a permis de créer des éoliennes exploitant l’énergie du vent sur terre, sur mer. Et même sous la mer, avec le développement des hydroliennes.

Malheureusement, l’industrie éolienne  souffre de deux défauts majeurs :

  • La productivité : déjà relativement faible, elle est totalement dépendante de la continuité et de l’intensité du vent. Le recours à d’autres énergies est alors souvent nécessaire.
  • Les matériaux : l’installation d’un mât requiert une grande quantité de matériaux et le bilan carbone de l’opération n’est pas toujours très positif (surtout si l’on compte le démantèlement). Enfin, on accuse les éoliennes, qu’elles soient sur terre ou en mer, de générer une pollution visuelle dans les paysages, voire une pollution sonore susceptible de déranger les habitations alentours.

Les projets concernant l’éolien visent donc à faire de ce type de production d’énergie une voie d’avenir, en s’affranchissant de ces deux limites.

Deux entreprises américaines, Joby Energy et Makani Power, ont trouvé la solution pour rendre l’éolien plus productif, plus économique, et moins gênant à mettre en place physiquement : il s’agit d’installer des éoliennes… dans le ciel.

En effet, ces sociétés viennent de présenter des prototypes d’éoliennes semblables à des cerfs-volants, et qui auraient la capacité de s’élever à plus de 400 mètres pour capter des vents plus constants et plus puissants. Les estimations en termes de gains de production laissent penser un doublement par rapport aux techniques actuelles.

L’électricité, elle, serait transmise via des câbles attachés à l’édifice aérien.

Autre atout : les coûts en matériaux seraient drastiquement réduits (absence de travaux). Makani Power estime que sa machine serait cinq à dix fois moins chère qu’une éolienne classique. Et Joby Energy annonce des dépenses 20 fois moindre.

Ces innovations offriraient en outre l’avantage d’être facilement déplaçables, ce qui permettrait de suivre les vents et de répondre à d’éventuelles plaintes pour nuisances visuelle ou sonore. Les premiers produits devraient être commercialisés en 2015.

L’énergie osmotique est pour le moment une source de production d’énergie sous exploitée de par le monde. Mais cela pourrait changer.

En effet, l’énergie osmotique, qui utilise les différences de concentration entre deux milieux pour créer de l’énergie, est tout ce qu’il y a de renouvelable.

L’exemple le plus connu est l’utilisation de la différence de concentration en sel entre l’eau de mer et l’eau douce pour générer de l’énergie.

Mais dans un avenir proche, les nanotechnologies pourraient permettre de casser une barrière technologique et d’atteindre des rendements compétitifs, ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui.

En effet, des physiciens de l’Institut Lumière Matière (CNRS / Université Claude Bernard Lyon 1), en collaboration avec l’Institut Néel (CNRS), ont pu, pour la première fois, mesurer l’écoulement osmotique traversant un nanotube unique de Bore-Azote.

C’est en séparant l’eau salée de l’eau douce avec cette technique qu’ils ont pu produire à travers le nanotube un courant électrique d’une intensité d’un nanoampère, c’est-à-dire mille fois plus puissant que celui produit par les autres méthode d’exploitation de l’énergie osmotique.

Si on rapporte ces données à une échelle plus importante, il apparaît qu’une membrane de 1 m2 de nanotubes de Bore-Azote pourrait, en théorie, produire 30 000 kWh, c’est-à-dire de quoi alimenter en électricité une dizaine de foyers (hors chauffage). Il suffirait donc d’un hectare de ce type de membranes osmotiques pour alimenter en électricité tous les foyers d’une ville comme Toulon !

Mais pour l’heure, reste à évaluer la faisabilité d’une production industrielle de ce type de membrane en nanotubes de Bore-Azote.

La production hydroélectrique. Quelques chiffres : les centrales hydrauliques fournissent environ 16% de l’électricité mondiale, mais cette part varie selon les pays. Elle atteint :

  • 80% au Brésil ;
  • 99% pour cent en Norvège ;
  • 6% aux États-Unis
  • En France, la puissance installée vaut 25 400 MW et la production environ 68 térawattheures (TWh) par an, soit 12 % du total.

La France se place donc au 8ème rang mondial en termes de puissance installée et au 9ème pour l’énergie produite. Le parc français d’EDF est constitué de 447 centrales hydroélectriques et de multiples STEP ; ces dernières avaient en 2008 une capacité de 4 300 MW. Cependant, cette puissance fournie ne peut l’être que pendant quelques heures. Il y a donc une intermittence dans la production d’électricité qui n’est pas sans rappeler les limites que l’on touche avec l’énergie éolienne par exemple.

Mais ces limites technologiques ne semblent pas irrémédiables. Les experts estiment que le potentiel de développement de cette technique de production est 3 fois supérieur à son niveau actuel ! Si l’investissement nécessaire ainsi que les impacts humains et écologiques pèsent sur les projets de grands barrages, l’avenir semble prometteur pour la petite hydroélectricité.

L’énergie hydraulique exige peu de frais d’exploitation et d’entretien. Sa durée de vie est exceptionnelle et son exploitation très fiable grâce une technologie bien éprouvée. Rien qu’en France, parmi la soixantaine de grands barrages encore en activité, nombreux sont ceux à avoir été construits avant 1960. Le plus ancien, situé dans la Nièvre, a été achevé en 1858.

L’énergie hydraulique répond aux besoins d’ajustement de la production électrique lors des brusques fluctuations de la demande.

Elle apporte également une réponse aux besoins d’ajustement de la production électrique lors  des pics de consommation ou de brusques fluctuations de la demande d’électricité. Car, si l’on ne peut stocker l’électricité à grande échelle, on peut en revanche retenir l’eau dans de grands réservoirs au moyen de barrages ou de digues. Une façon simple et efficace d’emmagasiner de l’énergie potentielle. D’autant plus qu’une centrale hydroélectrique peut atteindre sa puissance maximale en quelques minutes. À titre de comparaison, une dizaine d’heures sont nécessaires à une centrale thermique pour monter à sa pleine puissance. Un délai multiplié par quatre pour un réacteur nucléaire.

A priori, l’énergie hydraulique semble réunir tous les atouts. Mais l’implantation d’ouvrages colossaux et la création de retenues d’eau ne sont pas sans conséquences sur l’environnement et l’activité humaine :

  • si elles ne sont pas prises en compte, certaines conséquences de la création d’un barrage peuvent se révéler graves sur un plan écologique : blocage de la migration de certaines espèces aquatiques, affection du niveau des nappes phréatiques, transferts de matières en suspension et sédiments, pollution sonore, etc. En outre, les structures écologiques en place sont perturbées par la création de la retenue d’eau en amont et la baisse du débit en aval ;
  • Pour retrouver un équilibre écologique durable, plusieurs décennies peuvent être nécessaires. Dans tous les cas, des études longues et coûteuses s’imposent pour mesurer l’impact écologique de l’édification d’un barrage ;
  • outre des impacts écologiques, l’implantation d’une retenue d’eau a des conséquences sur l’activité humaine. Un déplacement de populations ou d’activités économiques (agricoles par exemple) peut parfois se révéler nécessaire : en amont, en raison de la création d’une étendue d’eau, et en aval, en raison de l’assèchement de certaines zones limitrophes au cours d’eau.

Par ailleurs, les grands et moyens barrages coûtent très cher : les gouvernements cherchent de plus en plus à faire appel à des fonds privés ou aux grands organismes internationaux comme la Banque mondiale pour les financer. Mais jugés trop longs à amortir et rentabiliser, les projets hydroélectriques peinent à convaincre les investisseurs.

L’avenir de l’hydroélectricité dépend donc, pour une bonne part, de la force de persuasion des États et de potentiels accords public / privé.

La géothermie exploite la chaleur de la Terre pour produire du chauffage ou de l’électricité. Écologique, mais encore peu exploitée, elle pourrait représenter une piste intéressante pour le développement durable des énergies.

Plus on descend en profondeur dans la croûte terrestre, plus la roche est chaude. La géothermie est l’utilisation par l’homme de cette chaleur pour produire de l’énergie.

Les ressources mondiales en géothermie haute température (production d’électricité) se concentrent dans un nombre limité de pays, autour des zones volcaniques actives du globe. Elles sont surtout localisées en Asie, dans les îles du Pacifique, en Afrique de l’Est et des Grands Lacs, en Amérique du Nord, dans les Pays Andins de l’Amérique du Sud, en Amérique Centrale et aux Caraïbes. Au total, une vingtaine de pays dans le monde produisent de l’électricité géothermique, pour une puissance d’environ 10 926 MW. Celle-ci joue un rôle essentiel dans certains pays comme les Philippines, où elle représente 17 % de l’électricité produite, ou l’Islande (30 %).1 On prévoit pour 2020 un quasi doublement de la puissance mondiale installée.2

Pour la production de chaleur (géothermie basse énergie) la puissance installée est estimée à 27 000 MW. En 2005, plus de 70 pays déclaraient utiliser la géothermie pour produire de la chaleur, notamment le Japon, la Chine, l’Islande, les États-Unis et les pays d’Europe (2 500 MW)

Toutefois, le potentiel géothermique de la planète reste largement sous-exploité, en particulier dans de nombreux pays en développement. Mais dans ce cas, comme souvent pour les énergies renouvelables, le frein au développement est le manque de capitaux. Un puits géothermique coûte cher ; son étude préliminaire, son exploitation et sa surveillance nécessitent du personnel compétent et bien formé. Les pays en développement restent pour la plupart dépendants d’une aide extérieure…

En outre, la disponibilité de l’énergie géothermique est limitée géographiquement. Le transport de la chaleur sur de longues distances génère en effet d’importantes pertes thermiques. Il en résulte une difficulté à faire correspondre lieux de production et lieux de consommation pour couvrir les besoins en énergie.

 

Par Pierre Thouverez

Sources : planète énergie, CNRS, RTflash, L’expansion

News Environnement : mars 2013

NucAdvisor, l’exemple unique d’une jeune start-up du secteur nucléaire

Même si cela reste une aventure parfois difficile, créer une start-up n’étonne plus vraiment personne aujourd’hui. Pour autant, quand ce sont d’anciens grands patrons de l’industrie et de la recherche qui décident de ne pas opter pour une retraite paisible mais de sauter le pas, qui plus est dans un secteur comme le nucléaire, on ne peut qu’être surpris. Aujourd’hui, après quatre années d’existence, ponctuées d’obstacles, classiques pour une start-up, mais aussi traversées par des événements majeurs comme le Printemps arabe et la catastrophe de Fukushima, la petite entreprise NucAdvisor, que préside Alain Bugat, ancien Administrateur Général du CEA, a acquis une solide image dans ce petit monde très fermé du nucléaire. Retour sur l’émergence et le développement de cette expérience originale.

« Je voulais vivre une expérience nouvelle. J’ai toujours rêvé de créer une entreprise », rappelle d’emblée Alain Bugat. Durant les dernières années de sa vie professionnelle comme Administrateur Général du CEA, plusieurs voyages effectués en compagnie notamment des Présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy dans de nombreux pays où le nucléaire est présent, afin de promouvoir la technologie française dans ce domaine, l’amène a se rendre compte, comme aux Emirats, que la France arrive trop tard. « Les Américains et, plus généralement, les Anglo-Saxons disposent de sociétés de conseil en ingénierie positionnées très en amont des opérations industrielles de ventes de réacteurs ce qui leur permet d’influence les orientations stratégiques et, ultérieurement, d’imposer leurs approches, leurs standards et leurs produits », résume-t-il. Or à l’époque, la France ne possède pas de structure équivalente. C’est dans ce contexte que Alain Bugat décide en 2008 de créer « aux forceps », comme il tient à la souligner, l’Agence France Nucléaire International (AFNI). Mais cette structure ne répondant pas vraiment aux problèmes auxquels est confrontée l’industrie nucléaire française, celui-ci, une fois en retraite, franchit une nouvelle étape en créant, avec quelques partenaires comme Dominique Vignon, l’ancien président du groupe Framatome, une start-up baptisée « NucAdvisor » au capital de laquelle entre Ingérop. « Pour être crédible, il fallait nous appuyer sur un groupe industriel », précise-t-il.

Après 18 mois de prospection commerciale au cours desquels 36 pays sont visités, les responsables de NucAdvisor, dont l’unique mission est alors l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour les pays étrangers souhaitant s’engager dans le nucléaire, disposent alors d’une cartographie relativement précise des pays intéressés. En cette fin des années 2000, on parle d’une renaissance de l’énergie nucléaire dans le monde. Tunisie, Libye, Koweit, Lituanie … NucAdvisor enregistre ses premières « touches » sérieuses. Mais l’échelle de temps de l’industrie nucléaire est longue ce qui est quasiment « invivable » pour une start-up. Et avant même qu’explose le Printemps arabe et survienne la catastrophe de Fukushima, les créateurs de la start-up ont pris la décision de recentrer le tir en ouvrant une seconde activité de conseil au sein de l’entreprise qui s’adresse cette fois-ci à des clients déjà présents sur le marché du nucléaire. Une activité qui démarre bien mais va rapidement subir les effets des soubresauts dans les pays arabes et de la catastrophe au Japon. « Nous avons alors perdu plusieurs contrats. D’où un nouveau ralentissement de nos activités », se rappelle Alain Bugat qui compare ces moments à la traversée d’une tempête.

Depuis quelques mois, des frémissements sont perceptibles selon le président de NucAdvisor. Ainsi l’entreprise a fini par signer un contrat avec la Jordanie où elle assiste l’organisation atomique de ce pays dans le cadre de la construction d’un réacteur de recherche par les Coréens. Parallèlement, la jeune entreprise française a répondu a différents appels d’offres, en particulier au Kenya, où il s’agit de conseiller le gouvernement de ce pays pour le démarrage d’un programme nucléaire, mais aussi en Afrique du Sud, où là encore, il s’agit de conseiller le gouvernement sud-africain à propos de la gouvernance de leur programme, mais aussi sur la façon d’attirer des investisseurs financiers et d’organiser la sélection des technologies. « Nous venons justement d’être sélectionné par l’Afrique du Sud, pour une mission de six semaines », se réjouit Alain Bugat qui ajoute : « C’est le signe d’un redémarrage, d’autant plus que nous attendons également des résultats de la Banque Européenne de Développement et de la Banque Européenne d’Investissement ». Dans la foulée, NucAdvisor ouvre une troisième activité centrée sur l’assistance à maîtrise d’ouvrage sur les programmes de démantèlement.

Aujourd’hui, NucAdvisor dispose d’une équipe permanente de 4 personnes et de dix experts-partenaires actifs et s’appuie sur une soixantaine d’experts associés. « L’aventure se poursuit, même si la mise en place a été plus longue que prévue », reconnaît son président. Pour Alain Bugat, le principal atout de cette entreprise est de « proposer une expertise collective » et de couvrir toute l’étendue du spectre, depuis les aspects financiers, réglementaires, internationaux, politiques, jusqu’aux aspects plus techniques du cycle et du réacteur. Or en cela, NucAdvisor peut se targuer de ne pas avoir d’équivalent dans le monde. Seul handicap de cette start-up, mais peut-on parler d’un handicap, le fait que l’industrie nucléaire française soit considérée comme la meilleure du monde. « Dans ces conditions, les acteurs anglo-saxons du secteur ont tendance à nous considérer, bien à tort, comme des french cookies », déclare Alain Bugat non sans une pointe d’ironie. D’où le travail, en termes d’image de l’entreprise réalisé avec succès, en particulier auprès de Westinghouse, qui a fini par lui transmettre des éléments sur l’AP1000, « afin que nous puissions avoir une bonne connaissance technique de leur produit », se félicite-t-il.

Source : bulletins électroniques

Désinvestir : le modèle anti-apartheid appliqué à l’industrie des énergies fossiles

A travers le pays, des centaines d’étudiants participent à une campagne « Divest for Our Future » pour que leurs universités cessent d’investir des fonds dans les entreprises liées aux énergies fossiles. Cette initiative s’inspire de la campagne menée dans les années 80 contre l’apartheid en Afrique du Sud. Près de 156 universités avaient alors cessé d’investir dans des entreprises ayant des activités dans ce pays. Une campagne similaire a eu lieu dans les années 90 contre l’industrie du tabac. La campagne « Divest for Our Future », lancée par le mouvement 350.org et plusieurs autres organisations, vise à affaiblir le pouvoir économique et politique (à travers les activités de lobbying) des compagnies liées aux énergies fossiles.

Après un tour dans 21 villes au cours des derniers mois pour encourager ce projet et sensibiliser la population aux enjeux du réchauffement climatique, Bill McKibben, fondateur de 350.org, estime que des mobilisations en faveur du « divestment » sont en train d’être organisées dans 256 universités. Comme il l’expliquait dans un article paru dans Rolling Stone au mois de juillet dernier « Global Warming’s Terrifying New Math », il faudrait se tenir en deçà de 565 gigatonnes de dioxyde de carbone supplémentaires pour éviter un réchauffement supérieur à 2°C. Or, cela représente un cinquième des réserves actuelles d’énergies fossiles et les entreprises pétrolières et gazières cherchent constamment de nouvelles ressources. Il estime donc qu’il est nécessaire et urgent de limiter la production et la consommation d’énergies fossiles. L’ancien vice-président américain Al-Gore, fortement engagé dans la lutte contre le changement climatique depuis plusieurs années, a apporté son soutien à cette initiative.

Les défenseurs de la campagne expliquent que les universités sont investies d’une responsabilité particulière pour la lutte contre le réchauffement climatique et doivent donc veiller à l’éthique de leurs investissements. Ils avancent plusieurs raisons pour cela. Tout d’abord, c’est dans les universités et leurs laboratoires qu’ont eu lieu les avancées scientifiques permettant de mieux comprendre la réalité du réchauffement climatique et ses impacts. Les universités ont toujours eu un rôle important dans la diffusion des connaissances.

Des efforts ont d’ailleurs été faits au cours des dernières années dans un grand nombre d’universités américaines pour pendre en compte ces nouveaux enjeux dans leurs formations et la gestion de leur campus. Ce sont 665 présidents d’universités qui ont déjà signé le « President’s Climate Commitment » par lequel ils s’engagent à prendre des mesures pour rendre leur curriculum et leur campus plus durables (et même neutres en carbone). Pour les étudiants, professeurs et anciens étudiants qui portent cette campagne, il est maintenant nécessaire que les universités traduisent également cette préoccupation dans leur politique d’investissement. Les fonds des universités ne sont pas négligeables. Une étude menée par le journal USA Today l’an dernier a montré qu’ils représentaient une somme totale de 400 milliards de dollars. A titre d’exemple, Middlebury College, une petite université de 2 500 étudiants qui a été la première à dévoiler la répartition de ses investissements, a investi 3,6% de ses fonds de dotation (qui s’élèvent à 900 millions de dollars), soit 32 millions de dollars investis dans des industries liées aux énergies fossiles.

Ils évoquent aussi la responsabilité des universités vis-à-vis de leurs étudiants qui, compte tenu des frais d’inscription très élevés contribuent aux fonds des universités. Or ceux-ci seront les premiers à souffrir des conséquences du réchauffement climatique. Les promoteurs de la campagne estiment qu’une modification des portefeuilles d’investissements des universités ne devrait pas entraîner de pertes. Ils ne demandent pas une interruption brutale mais un gel et un désengagement progressif des investissements liés à l’industrie des énergies fossiles en 5 ans. Ils ont pour cela établi une liste de 200 entreprises liées à l’industrie du charbon, du pétrole ou du gaz. Les organisateurs de la campagne considèrent d’ailleurs que ces sommes seraient bien plus rentables si elles étaient investies dans des projets d’efficacité énergétique sur les campus, qui assurent de forts taux de retour sur investissement et comportent peu de risque. Un récent rapport estime le taux moyen annuel de retour sur investissement de tels projets à 30%.

Plusieurs succès ont déjà été enregistrés. Hampshire College, dans le Massachusetts a été la première université à s’engager à cesser ses investissements dans le domaine des énergies fossiles. Il est intéressant de noter que c’était déjà la première université à interrompre ses investissements dans des entreprises ayant des activités en Afrique du Sud en 1979. Deux autres universités (Unity College dans le Maine et Sterling College dans le Vermont) ont également suivi. Parmi les universités disposant d’un fond de dotation supérieur à un milliard de dollars (qui étaient au nombre de 74 en 2011), aucune n’a pour l’instant accepté de reconsidérer ses investissements. A Harvard (dont le fond de dotation dépasse 31 milliards de dollars), une coalition d’étudiants (Students for a Just and Stable Future) s’est formée pour porter cette revendication et a organisé un vote parmi les étudiants (favorable à 72%) mais elle s’est heurtée à une réponse négative de l’administration : « nous apprécions toujours d’entendre le point de vue de nos étudiants mais Harvard n’envisage pas actuellement de cesser ces investissements dans les entreprises liées aux énergies fossiles » (« We always appreciate hearing from students about their viewpoints, but Harvard is not considering divesting from companies related to fossil fuels »)

Le mouvement rencontre néanmoins un important succès, y compris médiatique. Le sénateur démocrate Sheldon Whitehouse l’a mentionné comme un exemple d’action face à l’inaction du Congrès sur les questions climatiques, le magazine Time  et le New-York Times y ont consacré un article. Il semble également que l’impact de la campagne s’étende au-delà des universités. En décembre dernier, le maire de Seattle, Mike McGinn, a appelé sa ville à adopter des mesures pour que ses fonds de pension (la ville aurait actuellement 17,6 millions de dollars investis dans Chevron et ExxonMobil, ainsi que d’autres plus petites entreprises de pétrole et de gaz) ne soient pas investis pour les énergies fossiles, arguant du fait qu’investir dans ces compagnies était contre-productif pour la ville. Plus les énergies fossiles sont encouragées, plus les émissions de carbone, responsables du réchauffement climatique, augmentent et plus la ville aura à souffrir de ses conséquences, notamment de la montée du niveau des eaux. Début février, une résolution a également été proposée appelant le bureau du système de retraite des employés de San Francisco à cesser les investissements dans les entreprises liées aux armes à feu et aux énergies fossiles (ce qui représenterait 1,9 milliards de dollars) d’ici 5 ans.

Si l’impact global de ce mouvement est pour l’instant difficilement perceptible, sa rapide propagation, dans les universités et au-delà, montre l’importance croissante de la mobilisation au niveau local aux Etats-Unis pour lutter contre le changement climatique.

Source : bulletins électroniques

Un projet européen pour la production industrielle d’hydrogène

Le centre de recherche madrilène IMDEA Materials pilote un nouveau projet européen dédié à la production d’hydrogène : CARINHYPH. Le projet, soutenu par la Commission Européenne dans le cadre du 7ème PCRD, a débuté au 1er janvier pour trois ans. Il réunit des laboratoires, universités et entreprises de 5 pays européens avec un budget de 3,8 M euros. La réunion de lancement du projet a eu lieu à Madrid en février.

L’hydrogène pourrait être la base d’un nouveau système énergétique mondial, remplaçant les énergies fossiles. Cependant, de nombreux obstacles sont à surmonter avant de faire de cela une réalité. Parmi ceux-ci, la production en masse d’hydrogène est le défi le plus important.

La photosynthèse est un processus naturel qui se base sur des réactions chimiques assurant dans les premières étapes la production d’hydrogène. Les chercheurs veulent ainsi mettre au point des matériaux photocatalytiques qui utilisent l’énergie solaire pour entraîner la photolyse des molécules d’eau et produire ainsi l’hydrogène. Dans ce cadre, les nanotechnologies offrent de nouvelles possibilités aux chercheurs.

La maîtrise de nouveaux matériaux et de leurs propriétés permet d’envisager la mise au point de structures multipliant le rendement de production d’hydrogène à partir d’énergie lumineuse par 25 par rapport aux structures utilisées actuellement. En combinant des nanomatériaux carbonés (nanotubes, graphène) avec des oxydes métalliques photoactifs réduits à des tailles nanométriques, les structures produites présenteraient des caractéristiques intéressantes.

Par leurs dimensions nanométriques, elles offriraient une surface extrêmement élevée par rapport à la quantité de matière mise en jeu, augmentant ainsi la surface utile de photolyse de l’eau. Ensuite, les composés carbonés présentent une large bande d’absorption de la lumière par rapport aux matériaux actuels. Enfin, le couplage de différents matériaux assurent une durée de vie plus longue de la séparation de charge nécessaire à la dissociation de la molécule d’eau, laissant plus de temps à la réaction pour se produire. Ces trois propriétés permettent d’améliorer fortement le rendement des réactions chimiques en jeu.

L’objectif du projet européen est de réaliser ces structures nanométriques, d’en démontrer l’efficacité et d’en assurer ensuite une production industrielle. Chaque acteur aura son rôle à jouer que ce soit dans la production des matériaux de base, leur association pour créer la structure finale, l’évaluation de ses capacités et la production des dispositifs de fabrication à l’échelle industrielle. Ce projet est un exemple de l’utilisation de compétences réparties dans différents laboratoires européens afin de parvenir à résoudre des problèmes scientifiques et techniques dont l’utilité pour la société est très grande.

Source : bulletins électroniques

Publié par Pierre THOUVEREZ

« Six photos noircies », ou quand deux scientifiques enquêtent sur l’étrangeté de la nature

Six photos noircies relatent les travaux de deux scientifiques de terrain du XIXème siècle, l’un biologiste et photographe, l’autre médecin et chercheur. Les deux savants ont consacré leur vie à l’étude de l’étrange et de la bizarrerie de la nature humaine et animale, et pour cela, ont arpenté le monde dans les zones les plus insolites de notre planète.

Les deux héros prennent systématiquement six photos, et uniquement six, des créatures ou phénomènes qu’ils découvrent. Au cours de cette enquête scientifique, le surnaturel et l’étrange se confrontent délicieusement au caractère méthodique et organisé des chercheurs.  

Le livre met en avant la curiosité et la soif de découverte de deux scientifiques passionnés par leurs sujets d’étude et que rien ne peut arrêter dans leur exploration de la matière, de l’humain et de la nature.

Vous, chercheurs, ingénieurs et scientifiques de tout poil, savez bien que la réalité révélée par certaines découvertes dépasse parfois l’imagination, et qu’une bonne dose de curiosité et un goût certain pour l’extraordinaire sont indispensables à toute démarche scientifique.

Voilà pourquoi nous vous recommandons ce livre ovni, une expérience aussi poétique que fantastique. 

 

  • Six photos noircies par Jonathan Wable

Illustration de couverture d’Hélène Delprat – 200 pages – 978291-7084-687 – 14 €

Aller sur le site des éditions Attila

Être reconnu par son écran tactile ?

Marre de n’être qu’un doigt parmi tant d’autres pour votre écran tactile ? Une équipe de chercheurs du laboratoire Disney Research – financée par la Walt Disney Company – aurait peut-être trouvé une solution. Son petit nom à l’accent français : « Touché ».

Pour la grande majorité des écrans tactiles, la présence d’un doigt se traduit par de simples modifications d’états liées à leur technologie de fonctionnement : un changement dans un courant électrique, dans les figures d’interférences, ou encore dans les faisceaux de lumière infrarouge modulée. En d’autres termes, les écrans tactiles n’ont guère d’égard pour les propriétaires des doigts qui les manipulent.

Mesurer l’impédance électrique du corps humain

« Touché » se veut différent. Pour reconnaître un utilisateur d’un autre, le joujou de Disney Research envoie de petites séries de courants – inoffensifs à en croire les chercheurs – à travers notre corps afin de sonder notre densité minérale osseuse, notre masse musculaire, notre volume sanguin ou encore la teneur de notre corps en eau.

Ces données seraient selon eux suffisamment discriminantes pour pouvoir différencier deux utilisateurs lambdas.

Les différences physiologiques de tout un chacun se traduisent par des différences d’impédance électrique du corps humain (en quelque sorte « l’opposition » du corps humain au passage du courant), et c’est cette signature capacitive unique que « Touché » serait à même de mesurer.

Reconnaissance de la signature capacitive

L’équipe du laboratoire Disney Research, en collaboration avec la prestigieuse université américaine de Carnegie-Mellon (à Pittsburgh, Pennsylvanie) ainsi qu’avec l’école polytechnique fédérale de Zurich, se propose d’appliquer la reconnaissance de cette signature capacitive à tous les écrans tactiles, comme une alternative complètement innovante à la reconnaissance des empreintes digitales.

Les chercheurs proposent d’aller encore plus loin, en appliquant ce type de reconnaissance à d’autres objets de notre vie quotidienne, tels les poignées de porte, les tiroirs d’un meuble… transformant ainsi notre environnement en un gigantesque – et effrayant ? – espace interactif sécurisé.

Oxyde d’indium-étain

Les capteurs capacitifs présents dans la plupart des écrans tactiles, pavés tactiles, ou encore les écrans à affichage OLED (« Organic Light-Emitting Diode ») utilisent de l’oxyde d’indium-étain (ITO) en guise d’électrode, un matériau présentant le double-avantage d’être transparent tout en ayant une très bonne conductivité électrique.

Le courant est injecté directement dans la couche d’ITO, puis l’impédance du corps de l’utilisateur est mesurée à diverses fréquences. Pourtant, il reste un problème, et de taille : quelle est l’influence de menus changements (déshydratation, don du sang, maladies, régime…) sur cette fameuse signature capacitive ?

Bien qu’aucune annonce officielle de commercialisation n’ait pour le moment été faite, il faudra a priori encore attendre avant d’exister aux yeux de votre écran tactile.

Par Moonzur Rahman

News Informatique : mars 2013

Un logiciel informatique permet de modéliser l’impact d’un tsunami sur différents bâtiments à l’aide de simples PCs

Une équipe de recherche de l’université du Tohoku a développé un logiciel permettant de modéliser l’impact d’un tsunami sur des infrastructures, telles que des centrales électriques, des usines ou des maisons.

Le modèle utilise des données numériques et des animations dans le but de montrer les types de forces subis par les bâtiments dans le cas d’un tsunami, utilisant des voitures et d’autres objets comme projectiles.

La majorité des modèles de simulation se focalise sur la dynamique du tsunami et sur les régions inondées sur des centaines de kilomètres.

Ce nouveau modèle simule l’impact d’un tsunami à une échelle plus locale, incluant les effets d’éléments naturels tels que les arbres arrachés et emportés par la vague. Aussi, à la différence des logiciels classiques s’exécutant sur des superordinateurs, ce nouveau logiciel n’utilise qu’un ordinateur personnel et présente une vision plus localisée de ces impacts.

Ce logiciel de simulation utilise des informations détaillées sur l’environnement côtier comme la position des bâtiments, la densité de voitures ou d’arbres supposément présents sur un lieu.

La simulation prend aussi en compte le fait que la vitesse de la vague peut changer au cours de sa progression en fonction des obstacles rencontrés. Le calcul prend 10 jours et présente le résultat sous la forme d’une animation afin d’avoir une représentation visuelle de la tournure éventuelle des événements.

L’objectif d’un tel logiciel est de rendre accessible ces simulations à des entreprises ou des organisations gouvernementales dans le but de construire des infrastructures plus résistantes.

L’équipe développant ce nouveau logiciel est dirigée par le Professeur Jun Ishimoto en collaboration avec deux compagnies japonaises privées, l’Explosion Research Institute Inc. et l’entreprise Lancemore Co. elle-même spécialisée dans l’analyse de l’intégrité structurelle des infrastructures. Une version commercialisable devrait être disponible à partir de 2016.

Le développement de ce logiciel de simulation fait suite aux événements du 11 mars 2011. En effet, les simulations effectuées avant le 11 mars avaient largement sous-évalué l’impact du tsunami. Les dégâts engendrés ont été jusqu’à 10 fois supérieurs aux prévisions.

 

Les Etats-Unis souhaitent libérer une bande de fréquence d’ondes pour répondre aux exigences de demain (l’Internet des Objets)

Cette semaine, le gouvernement fédéral a renouvelé son souhait de voir naître un réseau WiFi national gratuit.

L’idée n’est pas nouvelle ; elle avait déjà fait du bruit en 2010 lorsque la FCC, Commission Fédérale des Communications, l’équivalent de l’ARCEP aux Etats-Unis, avait annoncé vouloir libérer une partie du spectre dédiée à la télévision en rachetant les licences aux opérateurs télévisuels et en la mettant à disposition de tout un chacun, sans avoir payé une licence.

La relance de ce dossier n’est pas pour plaire à l’industrie des télécoms qui voit ce projet comme un danger pour leur marché représentant plus de 178 milliards de dollars.

En effet, la proposition promeut ainsi les initiatives de réseaux WiFi publics gratuits qui sont déjà en train de se développer dans certains endroits, Google ayant déjà installé des bornes WiFi publiques gratuites près de Manhattan et dans certaines partie de la Silicon Valley. Certaines villes essayent aussi de mettre en place leur propre réseau WiFi gratuit comme on peut en trouver à Denver, Ocean City ou encore Houston.

Les vertus de ces installations sont nombreuses. Elles doivent permettre à toute la population de bénéficier d’un accès gratuit à Internet, en particulier pour les plus pauvres qui n’ont souvent pas les moyens de s’acheter un appareil souvent couteux et d’investir dans un forfait mensuel.

Cette initiative est largement supportée par les géants de l’informatique comme Google ou Microsoft qui considèrent qu’un « service WiFi gratuit pour tous déclencherait une explosion des innovations et des appareils qui profiterait à la plupart des Américains » nous informe le Washington Post.

Le journal nous rappelle qu’en 1985, le gouvernement des Etats-Unis a libérer une bande de fréquences d’ondes qui a été suivi d’une explosion d’innovations sans précédent. « Les babyphones, systèmes d’ouverture automatique de garage et autres microphones sans fil ont été créés. Des millions de maisons ont maintenant leurs propres réseaux sans fil, connectant tablettes, consoles de jeux, appareils éléctroménagers et systèmes de sécurité à Internet ».

Elle répond aussi aux besoins d’interconnections de plus en plus d’objets. De multiples appareils qui n’avaient auparavant aucun besoin de se connecter à Internet proposent maintenant de nouveaux services en les connectant à Internet. Du réfrigérateur à la télévision, en passant par les nouveaux compteurs EDF, les objets proposent de plus en plus de services innovants en accédant à Internet et l’Internet des Objets prend peu à peu forme dans la société.

De l’autre côté, les grandes entreprises télécoms font leur possible pour avorter l’initiative. Certains républicains soulignent la perte de plusieurs milliards de dollars qui seraient revenu à l’Etat dans le cas d’une mise en enchères de cette bande de fréquence comme cela se fait normalement.

La FCC a de même reçu une lettre émanante des grands opérateurs télécoms tels que Verizon, T-Mobile, AT&T, ainsi que des équipementiers comme Intel et Qualcomm, soutenant le fait que les fréquences seront plus bénéfiques pour la société et le déploiement de réseaux en étant vendues sous licence. Des arguments aussi soutenus par Cisco qui pointe du doigt la possibilité d’une interférence de ces ondes avec les autres fréquences d’ondes actuellement utilisés.

Située dans la bande de fréquence appelée UHF [3], la plage de fréquences des ondes ainsi libérer devrait se située entre 470 et 763 MHz. Une fréquence donc plus faible que la bande de 2,4GHz actuellement utilisée par de nombreuses technologies sans fil telles que le Bluetooth ou le WiFi, mais une fréquence proche de celles utilisées par les nouveaux réseaux mobiles 4G.

L’avantage de ces fréquences plus basses est qu’elles ont une portée plus forte et qu’elle peuvent traverser plus facilement les obstacles tels que des murs épais ou certains éléments naturels. Un avantage indéniable si l’on veut mettre à disposition ces fréquences au plus grand nombre.

Cependant, l’EFF (Electronic Frontier Foundation) rappelle qu’en aucun cas il ne s’agit pour la FCC de mettre en place elle-même un réseau WiFi. Le rôle de la FCC est de gérer le projet de libération d’une plage d’ondes qui sera libre et par conséquent utilisable sans licence. Libre aux villes, aux états, aux entreprises, aux particuliers de développer leurs propres réseaux/appareils/applications qui pourront profiter de l’utilisation libre de ces ondes.

C’est ainsi que ces fréquences pourraient très bien être utilisées par le gouvernement dans son projet de réseau haut-débit sans-fil de sécurité. Le gouvernement a d’ailleurs mis en place FirstNet, l’Autorité responsable du réseau d’urgence placé sous la responsabilité du NTIA. Le gouvernement souhaite mettre en place un réseau solide qui pourrait être utilisable en cas d’urgence, alors que les américains font régulièrement face à des interruptions du services Internet lors d’importants phénomènes météorologiques tels que les tempêtes, cyclones, tornades, derechos ou tremblements de terre qui sévissent partout aux Etats-Unis.

Ce réseau serait ainsi utilisable par les secouristes et les services d’urgences et ainsi permettre de sauver plus de vies.

Le projet est encore phase de discussion et la FCC a ouvert la discussion au public avant de prendre sa décision. Les cinq membres de la commission chargée de voter le projet devraient cependant prendre une décision cette année. Il faudra toute fois attendre plusieurs années avant que les utilisateurs puissent bénéficier des retombées de cette initiative. Ce qui est sûr, c’est que le jour où la FCC validera ce projet, le marché des télécoms en sera complètement bouleversé.

A lire aussi dans les bases documentaires :

Le gouvernement fédéral renforce la recherche en sécurité informatique

« Internet des objets » et « Industrie 4.0 » – Ces deux concepts représentent l’interconnexion croissante qui a lieu dans notre vie.

La communication entre appareils et machines, appelée « Internet des objets », se développe de plus en plus en tant que base de fonctionnement de nos sociétés industrielles modernes. Les systèmes intelligents connectés, embarqués à bord des machines et des appareils, permettent que ceux-ci communiquent les uns avec les autres de manière autonome, une fonction qui prend de plus en plus d’importance dans de nombreux domaines, notamment la production industrielle ou la télémédecine.

Ils rendent possible la mise en place de nouvelles fonctionnalités et de nouveaux modèles économiques. Cette interconnexion croissante accroît cependant le risque que ces réseaux soient la proie de cyber-attaques, qui non seulement causent des dommages financiers conséquents, mais mettent aussi en danger le fonctionnement des équipements techniques.

Dans le cadre du quatrième appel à projets du programme commun « Recherche en sécurité informatique » du Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF) et du Ministère fédéral de l’intérieur (BMI), trois projets de recherche viennent d’être lancés, dont l’objectif est de développer de nouvelles solutions pour les systèmes embarqués et d’atteindre plus de sécurité à travers de nouvelles méthodes de cryptage pour les transmissions.

A ces projets participent des partenaires de tous horizons : établissements d’enseignement supérieur, organismes de recherche, entreprises. « Grâce au programme commun de recherche en sécurité informatique, nous contribuons à rendre l’Internet plus sûr et plus fiable, et à améliorer la protection des données.

C’est une condition préalable importante pour que l’Allemagne conserve sa position de tête en tant que lieu d’affaires sûr », a déclaré la Ministre fédérale de l’enseignement et de la recherche, Johanna Wanka, lors du lancement des projets.

Les trois projets de recherche financés lors du quatrième appel à projets sont décrits brièvement ci-après :

  • Pour prévenir les attaques sur les ordinateurs industriels de contrôle, le projet « Protection de l’intégrité des systèmes d’exploitation embarqués », coordonné par l’entreprise Wibu-Systems AG de Karlsruhe (Bade-Wurtemberg), développe une architecture matérielle innovante, qui assure un fonctionnement fiable et sûr des systèmes d’exploitation embarqués dans un environnement internet ouvert. Coût du projet : 2,21 millions d’euros.
  • Le projet « Solution de sécurité universellement configurable pour les systèmes cyber-physiques », coordonné par l’Ecole supérieure de Furtwangen (Bade-Wurtemberg) développe une solution de sécurité qui est adaptable à tous les appareils à systèmes embarqués. Pour cela, il vise tout d’abord à reconnaître les tentatives d’attaques et de manipulation. Coût du projet : 1,56 million d’euros.
  • Le projet « Gestion efficiente des clés de chiffrage pour plus de sécurité dans l’Internet des objets » s’interroge sur les questions de sécurité au sein de l’Internet des objets. Pour garantir une sécurité optimale, il vise à développer de nouveaux processus de cryptage des données lors de la transmission radio. Son coordonnateur est l’Institut Fraunhofer Heinrich Hertz de Berlin. Coût du projet : 3,37 millions d’euros.

Les projets s’échelonnent jusqu’au 31 août 2015.

 

Sources : Bulletins électroniques

 

Publié par Iris Trahin

Premiers vols commerciaux en apesanteur

13h. Aéroport de Mérignac. Un airbus A300 décolle avec à son bord 40 privilégiés qui vont goûter aux joies de l’apesanteur, leur corps ne ressentira plus les effets de la gravité terrestre.

L’appareil dans lequel ils viennent d’embarquer est un A300 zero-G de la société Novespace, filiale du CNES,  dédié aux vols paraboliques.

Les passagers vont connaitre à 15 reprises l’expérience de l’apesanteur, état qui durera à chaque fois 22 secondes.  Un temps de 330 secondes en cumulé, soit  5.5 minutes, pour un temps de vol total de 2 heures trente. Ces vols sont baptisés « Air Zero G »

Les vols paraboliques existent depuis longtemps, mais c’est la première fois en Europe qu’ils sont ouverts au public.

Désormais, n’importe quel citoyen pourra goûter à cette sensation si particulière et flotter tel un astronaute dans l’espace. Il faudra quand même débourser 5980€ pour avoir le droit de monter à bord. Ce qui est beaucoup plus abordable que les vols sur le SpaceShipTwo de Virgin Galactic qui emporte ses passagers à 110 km d’altitude pour 6 minutes en apesanteur, le tout pour la modique somme de 200 000 dollars.

Pour découvrir le vol en vidéo :

 

Et pour se laisser tenter : airzerog.fr

 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

La dissonance cognitive, l’ennemie de l’écologisme

Nous pouvons faire un apprentissage direct, lire le rapport du Club de Rome sur les limites de la croissance (1972) ou un des nombreux ouvrages actuels sur la question écologique. Mais nous apprenons aussi par la confrontation avec l’opinion adverse ; par exemple la lecture du livre de Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique (1992). Au-delà des outrances de ce philosophe de droite, il fallait y voir à l’époque une des rares présentations en langue française de l’écologie profonde.

En fait, ceux qui se déclarent comme des opposants de l’écologie sont des amis potentiels. La condition du succès des écologistes dépend en effet de leurs capacités à confirmer l’hypothèse suivante : si seulement l’opinion publique savait ce que les écologistes défendent, alors la majorité des gens serait de leur côté. Nous analysons dans ce Biosphere-Info le cas de Pascal Bruckner au travers de son livre, « Le fanatisme de l’apocalypse » : ce qui empêche Pascal de rejoindre le rang des écologistes, c’est le mécanisme de dissonance cognitive. Ce n’est pas une pathologie, simplement un symptôme qui frappe la plupart d’entre nous.

Pascal Bruckner cite à tout va les penseurs de l’écologisme comme Hans Jonas, Arne Naess, Ivan Illich, Jacques Ellul, Yves Cochet, Yves Paccalet, Theodore Kaczynski, Jared Diamond, Harald Welzer, Pierre Rabhi, Rob Hopkins, Colin Beavan, Paul Taylor, etc.

Pourtant son livre, « Le fanatisme de l’apocalypse », ne fait que reprendre les tartes à la crème de l’écoloscepticisme déjà étalées dans des livres aux titres redondants :  « Arrêtons d’avoir peur ! », de Maurice Tubiana, « L’apocalypse n’est pas pour demain » de Bruno Tertrais, « Les prêcheurs de l’apocalypse » de Jean de Kervasdouén, etc. Car Bruckner maîtrise parfaitement tous les éléments de langage que propagent les écolosceptiques. Il est anti-malthusien, climato-sceptique, contre l’interdiction du DDT, et bien sûr pro-OGM et pro-nucléaire. Il écrit : « Benoît Rittaud appelle la climatologie la climatomancie : art divinatoire visant à déduire du comportement humain l’avenir climatique de la terre, dans l’idée de prescrire à chacun des attisons de pénitence…

Après tout, le climat de la Riviera en Bretagne, des vignes au bord de la Tamise, des palmiers en Suède, qui s’en plaindrait ?

La prohibition du DDT a provoqué une recrudescence du paludisme dans le Sud, c’est-à-dire des millions de morts… Comment savoir si l’interdiction des OGM, dans un contexte de baisse mondiale des rendements agricoles, ne sera pas au final criminelle et ne condamnera pas à la sous-alimentation des nations entières ?

Il n’est pas sûr que l’atome ait dit son dernier mot, contrairement à ce que proclament ses détracteurs… » Pascal Bruckner souffre donc de dissonance cognitive.

Dans une première partie, nous montrerons que  Pascal Bruckner est carrément anti-écolo. Mais dans une deuxième partie, il paraît évident que Pascal est très au fait de l’urgence écologique. Comportement schizophrène ?

Pour ne pas médicaliser son cas, peaufinons le diagnostic : Bruckner fait preuve de dissonance cognitive.

Le psychosociologue Leon Festinger a appelé ainsi la situation de notre psyché lorsque se mettent à l’habiter deux croyances contradictoires, ce qui entraîne un malaise profond. De ce sentiment d’inconfort, nous tendons inconsciemment vers un état dans lequel cette tension puisse être résolue.

Que fait la conscience ? Ou bien elle intègre les informations nouvelles et veille à en tirer les conséquences ; Bruckner pourrait agir comme un écolo puisqu’il en a les connaissances. Ou bien la conscience refoule ces informations et trouve ainsi le moyen d’éviter d’y penser. Comme beaucoup d’entre nous, Bruckner choisit la voie du moindre effort. Il attaque les écolos pour se dédouaner de sa soumission au système techno-industriel.

Un anti-écolo, Pascal Bruckner

Pascal Bruckner accompagne systématiquement ses considérations objective sur l’écologie (partie suivante) par des commentaires à la fois désobligeants et bien dans l’air du temps.

Par exemple : « Nouer un pacte de courtoisie avec les éléments ? demande Michel Serres. Essayez donc la courtoise avec un tsunami ! » Ou bien : « Célébrer le chatoiement du monde, la mousseline des nuages, l’incroyable profusion des vies minuscules ne veut pas dire renoncer à toute action industrielle ou agricole. Nous continuerons à édifier des villes, nous ne cesserons pas de construire des barrages, de creuser des galeries de mines… »

Voici un florilège de ses accusations gratuites de l’écologie tout au cours de son livre:

  • Il n’est pas surprenant que l’apogée du film d’horreur soit contemporain de l’émergence de l’écologie depuis trente ans.
  • L’exhibition de l’horrible finit par engendrer une certaine accoutumance, on voudrait nos alarmer, on ne réussit qu’à nous désarmer.
  • Qui aurait pu prévoir il y a trente ans le formidable décollage indien, chinois… Mais pour les écologistes ce miracle est une calamité.
  • Tout immoler à cet ectoplasme conceptuel de « générations futures », c’est s’acheter une conscience à bas prix, fermer les yeux sur les scandales actuels.
  • L’écologie est la philosophie du crépuscule, du blafard.
  • A quoi reconnaît-on un écologiste ? A ce qu’il est contre tout, le charbon, le gaz de schiste, l’éthanol, le pétrole, le nucléaire, le TGV, l’avion… Comme la poupée de la chanson de Polnareff, il dit toujours non et non.
  • Les écologistes, tout à leur science-fiction éthique, se soucient plus de nos méfaits éventuels que des injustices présentes.
  • Un slogan fait fureur chez les néo-puritains verts : la simplicité volontaire. Il faut aimer l’indigence, la chérir comme notre bien le plus précieux.
  • Pour nos Robespierre de la bougie, il faudra donc renoncer au luxe, au consumérisme, aux voyages exotiques pour contribuer de manière infime mais décisive à la bonne marche de l’univers.
  • Ici triomphe l’usage de l’oxymore : la frugalité heureuse, l’abondance frugale et pourquoi pas « la misère riante » et la « famine sympa » ?
  • Le projet (de Serge Latouche) est autoritaire : il faut imposer la gêne matérielle, voire le retour à la bougie et à la traction animale et les présenter comme une avancée inouïe de l’espèce humaine.
  • Les liens de l’écologie et du fascisme ont souvent été soulignés et mériteraient une étude spécifique.
  • Les amis de la terre ont été trop longtemps les ennemis de l’humanité.
  • Ne prévoit-on pas de distribuer des tickets de rationnement climatique qui pénaliseraient les personnes coupables d’avoir dépassé leur bilan carbone ? C’est là que l’aimable verbiage de quelques originaux pourrait tourner facilement au fascisme si, par malheur, ils arrivaient au pouvoir.
  • Voitures, portables, écrans sont à tous égards non des gadgets, mais des agrandissements de nous-mêmes.
  • Rien ne serait plus triste que des objets increvables qui nous priveraient de la frénésie d’achat, nous épargneraient la séduction folle de la nouveauté.
  • Il faut accéder à l’abondance pour en combattre les maux. Le meilleur remède contre la dégradation de l’environnement, c’est l’enrichissement matériel du plus grand nombre, c’est l’industrialisation à marche forcée.
  • C’est à repousser les frontières de l’impossible qu’il faut travailler, jet hypersonique qui volera dans la stratosphère, fusion de l’hydrogène, mini-centrales nucléaires sous-marines, etc.
  • La vie continue. C’est cet énoncé banal qui faut opposer à tous les prophètes de malheur.

Pascal Bruckner, l’éloge de l’écologie

Seule force originale du demi-siècle écoulé, l’écologie, c’est son mérite, a remis en cause les finalités du progrès, posé la question des limites. Elle a réveillé notre sensibilité à la nature, souligné les effets du dérèglement climatique, constaté l’épuisement des ressources fossiles. Elle est devenue l’humeur dominante de ce début de siècle.

L’écologie est devenue une idéologie globale qui couvre l’intégralité de l’existence, les modes de production autant que les manières de vivre. En effet, notre vie quotidienne provoque chaque jour d’effroyables dégâts. Se soucier de son confort égoïste peut tuer autant qu’un meurtre prémédité.

Manger, se loger, voyager fait de nous des assassins en puissance dont les actes les plus anodins ont des répercussions incalculables. L’appétit du superflu est à la fois diabolique et médiocre ; outre qu’il engendre une abondance factice, il suscite l’envie du plus grand nombre qui s’efforce de rattraper en vain l’aisance des plus prospères. Des millions d’individus sont saisis par le démon de la rapacité. Quant à la viande, elle entraîne dans sa production intensive déforestation, ruine des sols, maintien de centaines de millions de têtes de bétail dont les gaz intestinaux contribuent à l’effet de serre.

Forêts tronçonnées, montagnes éventrées, animaux décimés, océans pollués, mégapoles invivables, notre époque est en pleine faillite, son naufrage ne laisse aucune place au doute. Au-delà d’un certain seuil critique, les systèmes les plus performants basculent dans des configurations hautement indésirables et se retournent contre leurs utilisateurs. Des conquêtes irréfutables, l’éradication d’un certain nombre de maladies, sont remises en cause par le retour d’anciens virus ou bacilles plus agressifs sans compter l’apparition de nouvelles souches ultra-résistantes face auxquelles les antibiotiques n’agissent plus.D’où le  caractère potentiellement tragique de toute innovation.

En voulant se libérer des contraintes naturelles, l’homme s’est soumis au joug d’un nouveau maître, les machines. Une domination technique inouïe va de pair avec l’impossibilité d’endiguer cette même puissance. L’homme est un démiurge pathétique. Nous nous conduisons en parasites qui détruisent leur hôte en l’envahissant. L’éclipse du meilleur et la persistance du pire : voilà ce que nous vivons. Les hommes se retrouvent dans l’enfer du développement dont ils doivent sortir sous peine de désintégrer leur planète.

Plus la terre se rétrécit et s’unifie sous l’effet des moyens de communications, moins nous en maîtrisons le cours. Les tribus humaines ne cessent de déborder les unes sur les autres, entraînant en retour un violent désir de séparation et de frontières. Mieux vaut pour les pouvoirs publics se tromper par défiance excessive que s’aveugler par crédulité.

On ne pardonnera jamais à un gouvernement de ne pas réagir de manière efficace à une calamité publique. La terre n’est jamais courroucée ou heureuse : elle obéit à ses lois propres qu’il vaut mieux connaître pour ne pas y succomber.

Il y aurait une pensée de type H qui tourne autour de l’homme, anthropocentrique, et une pensée de type non-H, biocentrique voire écosphérique, c’est-à-dire incluant la totalité des êtres vivants. Pourquoi pas ? Rabaisser la morgue de l’homme, ne plus en faire le seigneur du monde mais un habitant parmi d’autres. Des personnes sensibles peuvent plaider la cause des animaux ou des plantes. La valeur du lézard de Komodo, du puma de Floride, c’est leur profonde gratuité. Ils ne « servent » à rien au sens utilitaire du terme, même s’ils protègent à leur façon les écosystèmes et c’est pourquoi ils nous sont précieux. Ils manifestent l’exubérance baroque du vivant, poussant ses créatures dans tous les sens.

Le chef indien Seattle : « L’homme blanc traite sa mère la Terre et son frère le Ciel comme des choses à acheter, piller ou vendre. Son appétit dévorera la Terre et ne laissera derrière lui qu’un désert… Ce n’est pas l’Homme qui a tissé la trame de la vie, il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la terre, il le fait à lui-même. » Nous lisons ces lignes le cœur serré : elles résonnent à nos oreilles comme un avertissement que nous ne voulons pas entendre. Alors que notre culture inonde la planète sous sa trivialité, ne produit que taudis, bidonvilles et dépotoirs, les indigènes du monde entier, dans leur résistance à notre civilisation, ont beaucoup à nous apprendre.

Conclusion

Pour l’instant, Pascal Bruckner fait le lit de l’écofascisme. Il  laisse croire en effet qu’il y a deux écologies, l’une de raison, l’autre de divagation, l’une démocratique, l’autre totalitaire. Or, ces deux écologies ne sont pas simultanées, elles se suivent dans le temps : si la raison ne l’emporte pas, la démesure s’installera.

Si nous n’adoptons pas dès maintenant un comportement écologique (avoir le sens des limites), demain naîtront des dictatures qui nous feront faire n’importe quoi. Comme Bruckner le constate d’ailleurs, « la culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures » (p.48). Déjà, ici et là, les populistes font de plus en plus entendre leur voix pour engranger des voix. Pascal Bruckner fait leur jeu en nous incitant à l’inertie : pourquoi adopter un comportement écolo puisque les écolos sont des fanatiques de l’apocalypse ?!

Si les écrits de Pascal Bruckner et consorts sont dangereux pour la démocratie, la personne de Bruckner mérite la considération. On ne naît pas écolo, on le devient ; chacun de nous peut prendre conscience.

En 2007, Pascal Bruckner s’était amusé de la fascination ambiguë que Nicolas Sarkozy exerçait alors sur les intellectuels de gauche, lui compris. Cinq ans plus tard, il faisait partie du comité de soutien de François Hollande. Pascal Bruckner a changé au niveau politique. Il peut changer face à l’urgence écologique. Il faut miser sur l’intelligence des personnes, pas faire de fixation sur leurs errements passagers.

Source : biosphere.ouvaton.org

Revue du web #41 : les vidéos de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • « Triple E », le plus grand bateau au monde, dans un time-lapse de 76 secondes ; 
  • « SpaceTop », interface 3D pour écran transparent ; 
  • Le retour de « Big Dog », plus mécontent que jamais ; 
  • Plaisir des yeux : faire geler une bulle de savon ; 
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : se débarrasser de la crème d’un Oreo ; 
  • Bonus : photo de l’éruption du volcan Sachyrev, vue depuis l’ISS.

 

 

« Triple E », le plus grand bateau au monde en 76 secondes

Débutons cette quarante-et-unième revue du web avec une vidéo en time-lapse pour le moins bluffante, illustrant en 76 secondes et 50 000 images les trois mois nécessaires à la construction du plus grand bateau au monde, appartenant à la classe dite « Triple-E » du constructeur danois Maersk, le plus grand armateur de porte conteneurs (au monde, lui aussi). Ce géant des mers, construit en Corée du Sud et prévu pour naviguer au début de l’année prochaine, dispose de mensurations hors-normes : une longueur de près de 400 mètres, pour une largeur maximale de 59 mètres et une capacité de 18 000 EVP (« équivalent vingt pieds », une unité approximative de mesure de conteneurs).

Après son inauguration à la fin du mois de juin, le Triple-E arpentera les routes commerciales reliant l’Europe et l’Asie, et aura un rayon d’action bien spécifique du fait de sa taille inhabituelle… et de son tirant d’eau. Le tirant d’eau de ces super-bateaux, atteignant les 14,5 mètres, ne leur permettra pas de traverser le canal de Suez (8 mètres de profondeur), ni d’être utilisé dans la grande majorité des ports du continent américain.

 

 

« SpaceTop », interface 3D pour écran transparent

Continuons avec un prototype sorti tout droit d’un laboratoire de recherche du MIT, dévoilé lors du TED 2013 (Technology, Entertainment & Design), l’une des rencontres les plus importantes se tenant chaque année à Monterey, en Californie, et dont la principale vocation serait d’être un « propagateur d’idées ».

« SpaceTop » est une interface tridimensionnelle pour écran LED transparent, qui se propose de fusionner les interactions 2D et 3D en un seul et unique espace de travail. Les fonctionnalités d’une interface traditionnelle sont élargies à l’aide d’une technologie réellement interactive, ainsi que par de nouvelles techniques de visualisation rendant le passage de la 2D à la 3D fluide et homogène. 

L’utilisateur de « SpaceTop » peut se servir de son clavier, cliquer ou dessiner en 2D, mais il peut aussi manipuler des objets évoluant dans l’espace 3D au-dessus du clavier et c’est là tout l’intérêt du dispositif. Le passage d’un mode à l’autre est relativement simple, mais il est également possible de se servir de ses deux mains pour utiliser la 2D et la 3D en simultané. Deux caméras permettent d’accomplir cette prouesse : la première détecte la position des mains ainsi que les mouvements qui seront traduits en informations et en commandes, alors que la seconde caméra s’occupe de la position du visage afin d’ajuster au mieux l’affichage et la perspective. La grande réussite de cette interface – encore au stade du prototype – est son utilisation intuitive, un bel exemple d’espace de travail hybride et de réalité augmentée.

Le petit groupe de chercheurs à l’origine de « SpaceTop » travaille au Massachusetts Institute of Technology et est affilié au géant américain Microsoft par l’intermédiaire de l’un des laboratoires du MIT Media Lab.

 

 

« Big Dog » est de retour, et il n’est pas content…

Big Dog, mule-robot qui fait les beaux jours de la prestigieuse et prolifique société américaine Boston Dynamics, nous revient plus terrifiante que jamais, avec une nouvelle fonctionnalité à son actif. Big Dog est désormais doté d’un bras articulé qui lui permet d’envoyer valser les parpaings, comme si ce n’étaient rien de plus que de simples blocs de polystyrène. Comme un lanceur de poids professionnel, le quadrupède se sert à la fois de ses jambes et de son « torse » pour donner force et vitesse au lancer.

Big Dog est une mule-robot quadrupède, ayant plus ou moins l’allure d’un gros chien trapu, développé par la Boston Dynamics en collaboration avec le fabricant de robots à usage militaire Foster-Miller, le Jet Propulsion Laboratory (coanimé par la NASA), la Harvard University Concord Field Station et financé par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires.

Big Dog a été conçu dans un but bien précis : transporter du matériel militaire sur des terrains impraticables pour des véhicules traditionnels sur roues, à l’aide d’un moteur deux temps à un cylindre activant les quatre pattes de la mule. Le moteur entraine une pompe hydraulique qui, à son tour, entraine les quatre actionneurs de chaque jambe, à raison de deux pour la hanche, une pour l’articulation du genou et une au niveau de la cheville. Le bon fonctionnement de chacun des actionneurs est assuré par un cylindre hydraulique, un servo-distributeur hydraulique, un capteur de position ainsi qu’un capteur de force.

Le poulain de la Boston Dynamics, en constante évolution, a d’ores et déjà essuyé le feu du conflit afghan.

 

 

Plaisir des yeux : faire geler une bulle de savon

Un passe-temps en Suède, par -22 degrés Celsius ? Un internaute a trouvé une solution, au charme désuet et poétique : faire geler de simples bulles de savon. Une bulle de savon est un ensemble à la stabilité relative, composé d’une paroi d’eau à laquelle se sont fixées les phospholipides du savon. La bulle de savon est un ensemble extrêmement fragile puisqu’elle elle n’est composée que d’une seule molécule de savon d’épaisseur (on dit alors qu’elle est monomoléculaire).

Dans les deux vidéos postées par notre internaute suédois, on peut voir que les bulles de savon se parent d’un magnifique ornement… avant qu’il ne menace définitivement la stabilité de celles-ci.

 

Le gadget (inutile ?) de la semaine : se débarrasser de la crème d’un Oreo

Pour conclure cette quarante-et-unième revue du web, penchons-nous sur le cas de David Neevel, artiste et inventeur farfelu qui fait des pieds et des mains pour parvenir à résoudre un problème d’une importance capitale : réussir à tirer le meilleur d’un Oreo afin de satisfaire les préférences et les maniérismes de tout un chacun. Les amoureux de la crème d’un côté, ceux des deux biscuits de l’autre, clivage ô combien intemporel.

Oreo, célèbre biscuit en sandwich produit par la marque américaine Nabisco, se compose donc dans sa forme la plus courante d’une garniture blanche – appelée crème – coincée entre deux biscuits ronds au chocolat. Le problème, c’est que David Neevel n’aime pas la crème, et se contente généralement (lorsqu’il en a le courage) de manger les biscuits et de se débarrasser de la crème. Plutôt que d’adopter un comportement sensé et arrêter d’acheter les fameux biscuits-sandwichs, notre ami artiste se met au travail, une idée en tête : construire une machine capable de débarrasser les deux biscuits de cette satanée crème qui lui gâte tant son plaisir.

Le résultat, présenté dans la vidéo ci-dessous, pourrait nous rappeler vaguement une machine de Rube Goldberg simplifiée (installation ayant pour leitmotiv la transformation d’une tâche excessivement simple en une série de tâches complexes, impliquant le plus souvent une réaction en chaîne). Mission accomplie pour David Neevel… et pour Oreo qui, pas loin derrière et bien évidemment à l’origine de la vidéo, s’offre ici un coup de pub à peu de frais.

 

Bonus : photo de l’éruption du volcan Sachyrev, vue depuis l’ISS

En bonus cette semaine, une photo et une vidéo saisissantes de l’éruption du volcan Sachyrev (au mois de juin 2009) vues… depuis la Station Spatiale Internationale (ISS). Les astronautes à bord  de l’ISS ont en effet pu jouir d’un point de vue exceptionnel sur l’éruption, qui a eu lieu il y a de cela près de quatre ans déjà. Le Sachyrev est l’un des volcans les plus actifs des iles Kouriles,  un archipel d’iles volcaniques formant une ligne discontinue de près de 1200 kilomètres reliant la pointe sud du Kamtchatka à l’extrême nord du Japon. Pomme de discorde entre la Russie et le Japon depuis quelques siècles, l’archipel volcanique – qui comprend une centaine de volcans dont plus d’une quarantaine seraient actifs – appartient au géant russe depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

La photo et la courte vidéo ont été réalisées le 12 juin 2009 par l’un des astronautes de l’ISS, et montrent un impressionnant panache de cendres et de fumée, qui a pu atteindre jusqu’à plus de 12000 mètres d’altitude, une broutille pour l’ISS qui évolue à une altitude comprise entre 350 et 400 kilomètres. L’observation de l’éruption avait été rendue possible grâce à un trou de forme circulaire apparu dans la couche nuageuse entre la Terre et l’ISS, provoqué selon toute vraisemblance par l’onde de choc causée par l’explosion. L’éruption du 12 juin avait assez fortement perturbé le trafic aérien, d’une grande densité dans la région, et ce durant plusieurs jours.

 

Par Moonzur Rahman

Un avenir pas si lointain

Pas de paradoxe temporel à l’horizon, mais une perception tout ce qu’il y a de plus subjective du temps qui nous sépare d’un évènement.  C’est ce que révèle une étude menée par Eugène Caruso, professeur associé de sciences comportementales de la Booth School of Business de l’université de Chicago publiée  dans Psychological Science. 

Le postulat de base de l’étude est que nous nous croyons plus proches des objets vers lesquels nous nous dirigeons que de ceux desquels nous nous éloignons, alors que nous sommes à égale distance de chacun.

Cette illusion spatiale a-t-elle une influence sur notre perception du temps ?

Eugène Caruso le pense : « « Il nous semble que les experts en psychologie ont négligé un fait important : au quotidien, nous n’évaluons pas le passé et le futur exactement de la même manière ». Une telle influence pourrait être à l’origine d’un phénomène de « Doppler temporel ».

Les scientifiques basés à Chicago ont donc enquêté. Ils ont commencé localement, en interrogeant des étudiants universitaires et des voyageurs en transit dans une gare. 

Les questionnaires ont mis en évidence que les personnes perçoivent effectivement un même intervalle de temps comme plus court quand il sépare de l’avenir que quand il sépare du passé.

Cette observation a été confirmée par une étude en ligne au travers de laquelle les personnes interrogées une semaine avant la Saint Valentin s’en sentaient plus proches que ceux interrogés une semaine après.

Pour gagner en clairvoyance, les équipes d’Eugène Caruso ont réalisé un test  utilisant la réalité virtuelle. Des étudiants étaient immergés dans un espace les plaçant sur une route à deux voies, marchant soit vers une fontaine bouillonnante située au bout de la route, soit marchant à reculons, s’éloignant donc de cette fontaine. Les cobayes devaient ensuite exprimer à quelle distance  leur semblait être une date (trois semaines avant ou trois semaines après).

Finalement, seuls les étudiants qui allaient de l’avant ont déclaré un avenir plus proche que le passé. Ceux en marche arrière n’ont pas signalé de différence.

Il y aurait donc  bien une influence de nos mouvements sur la perception du temps, la notion de direction du temps étant  un concept qui dépasse le simple domaine de la philosophie.

« Cette étude est très importante car l’idée de la distance psychologique est essentielle dans la théorie et la recherche, dans chacun des sous-domaines de la psychologie (sociale, du développement, cognitive, clinique). Cependant, l’hypothèse implicite que la distance avec le passé est la même que celle avec le futur, existe toujours. » déclare Eugène Caruso, précisant « […] qu’il existe chez les personnes une différence systématique des perceptions de la distance avec le passé et avec le futur »

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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Coup d’envoi d’une concertation nationale en vue de la création d’un Ordre des Ingénieurs

1ère Journée Nationale de l’Ingénieur : un bilan chiffré

Afin de participer au redressement productif de la France, Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF) lançait le 18 mars 2013 la première Journée Nationale de l’Ingénieur. 

Cette première Journée Nationale de l’Ingénieur avait pour objectifs de renforcer le sentiment d’appartenance et la fierté d’être ingénieur, de promouvoir le métier pour susciter des vocations et de participer au combat pour la réindustrialisation.

Plus de 10 000 personnes ont visité en quelques jours le site dédié www.iesf-jni.org et plus de 2000 participants se sont inscrits aux rencontres qui se sont déroulées à Paris et dans 12 grandes villes de France.

Ces chiffres encourageants reflètent l’enthousiasme suscité par l’initiative d’Ingénieurs et Scientifiques de France qui a vocation à se répéter d’année en année, ainsi que la volonté des ingénieurs, de leurs associations et de leurs écoles de prendre leur part au rebond du pays. 

Zoom sur les Ingénieurs entrepreneurs : objectif 8% en 2020.

Le thème choisi pour cette 1ère journée était celui de l’ingénieur entrepreneur. Si l’on compare la France aux autres grands pays industrialisés, elle n’a que 4% d’ingénieurs indépendants contre 17% de « self employed » aux États Unis, 25% en Grande-Bretagne et 28% en Italie, ces deux derniers chiffres étant en croissance régulière.

L’objectif est de doubler la mise d’ici 2020, avec 5.000 ingénieurs entrepreneurs de plus chaque année, soit une proportion de 8% d’ingénieurs entrepreneurs contre les 4% d’aujourd’hui.

Les perspectives sont plutôt encourageantes pour l’avenir, avec une volonté d’entreprendre très présente chez les jeunes ingénieurs : chez les moins de 30 ans, 1 ingénieur sur 4 dit avoir en tête un projet d’entreprise.

On voit apparaitre des groupes d’entrepreneurs et de business angels dans les associations, et des incubateurs dans les écoles. Il ne reste plus qu’à y associer les industriels pour former un trépied solide sur lequel pourront reposer des formations encore améliorées, des contrats de recherche et des stages, y compris dans les PME/PMI.

Vers un Ordre des ingénieurs ?

Les ingénieurs sont de plus en plus impliqués dans chaque grand chantier national avec des incidences scientifiques, technologiques ou industrielles, qu’il s’agisse d’énergie, de transport, d’habitat, d’environnement, de climat ou d’alimentation.

La mission primordiale des ingénieurs devient l’obligation de s’interroger sur le meilleur moyen de protéger le public et la société tout en les servant du mieux possible.

Plus que jamais il est donc nécessaire de préserver et de développer la compétence, de protéger le diplôme et pourquoi pas le titre d’ingénieur, d’établir une déontologie, voire même peut-être d’aller vers une réglementation de cette profession.

Ingénieurs et Scientifiques de France a donc décidé de lancer une consultation nationale autour de la création d’un Ordre des Ingénieurs tout au long de l’année 2013, un premier point étant fait lors de la 2ème Journée de l’Ingénieur prévue le jeudi 3 avril 2014.

 

Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF)

La France compte aujourd’hui plus d’un million d’ingénieurs et de scientifiques. Organe représentatif de la profession reconnu d’utilité publique depuis 1860, Ingénieurs et Scientifiques de France est organisé en fédération. Il rassemble une large majorité de ces ingénieurs et scientifiques à travers 180 associations de diplômés, scientifiques, techniques ou professionnelles, réseau d’unions régionales et sections internationales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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YouTube atteint un milliard de visiteurs uniques par mois

« Si YouTube était un pays, il serait le troisième plus grand au monde [par sa population] derrière la Chine et l’Inde. »

C’est de cette manière que l’équipe du géant américain YouTube a annoncé aujourd’hui sur son blog officiel (youtube-global.blogspot) avoir atteint le cap psychologique du milliard de visiteurs uniques par mois, se targuant même d’être visité par près d’une personne sur deux surfant sur internet.

Créé en février 2005 par trois anciens employés du service de paiement en ligne Paypal, YouTube n’en finit pas de voir son audience grandir, après huit années d’existence et après le rachat par un autre géant américain, Google, un an et demi seulement après sa création.

L’expansion de son audience a de quoi faire pâlir de jalousie les nombreux acteurs du secteur, ainsi que les réseaux de chaines de télévision, en constante perte de vitesse au profit de leur pendant numérique : l’année dernière, « seulement » 800 millions de visiteurs uniques se perdaient dans les méandres de YouTube, une expansion de pas moins de… 25 %.

L’annonce de YouTube sur son blog ne vient pourtant pas uniquement flatter l’ego du site d’hébergement. En effet, la hausse constante de son audience devrait permettre de revoir encore à la hausse les sommes investies par les annonceurs en spots publicitaires sur le site. Un succès qui n’est pas près de se démentir, alors que 72 heures de vidéos seraient uploadées chaque minute. Pour combien d’heures de vidéos de chats ?

Par Moonzur Rahman

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La déclaration annuelle des « substances à l’état nanoparticulaire » en France, obligatoire depuis 2013

Les représentants des Etats membres ont réitéré auprès de l’exécutif de l’Union Européenne le message que dix d’entre eux (dont la France), ainsi que la Croatie, avaient envoyé à la Commission européenne cet été : dans une lettre datée de juin adressée à la Commission, ils avaient demandé à cette dernière de prendre des mesures pour garantir la santé des citoyens européens et la protection de l’environnement en veillant à ce que la législation européenne prenne en compte les risques possibles associés à la production et à l’utilisation des nanomatériaux. La lettre demandait également à la Commission de combler les lacunes du règlement REACH concernant les nanomatériaux.

Dans sa communication d’octobre sur le deuxième examen réglementaire sur les nanomatériaux, la Commission a largement ignoré les demandes exprimées par ces Etats.

Aussi les signataires de la lettre ont-ils réitéré, lors de la toute récente réunion des « Caracal », leur pression sur l’exécutif de l’UE afin qu’il revoit les seuils de tonnage prévus par REACH, la surveillance du marché et les inventaires des produits et le raccourcissement du temps nécessaire pour obtenir des informations concernant les nanomatériaux sur le marché.

Car ces Etats ne se satisfont pas de la modification marginale de la législation européenne (limitée aux annexes de REACH) promue par la Commission.

Déploiement de stratégies nationales

A défaut d’une politique volontariste au niveau européen, les Etats membres sont pour l’instant condamnés à agir à l’échelle nationale, qui n’est pas la plus pertinente mais la seule de leur ressort. La France, premier pays à avoir instauré une déclaration des nanomatériaux obligatoire à partir de 2013, a ouvert la voie : d’autres mécanismes plus ou moins similaires sont en cours d’adoption dans plusieurs pays européens :

  • Le Danemark pourrait rendre obligatoire, à compter de 2014, l’enregistrement par les producteurs et les importateurs des nanomatériaux et des produits contenant ou relarguant des nanomatériaux, avec des différences notables par rapport à l’approche française.
  • La Belgique et les Pays-Bas envisagent de mettre eux aussi en place une déclaration obligatoire.
  • L’Italie pourrait opter pour une déclaration basée sur le volontariat uniquement.
  • L’Allemagne envisage de rendre publiques avant Noël des propositions pour remédier à cette situation.

L’Italie a déclaré qu’elle allait faire connaître sa position après avoir consulté les acteurs concernés sur la position de la Commission ainsi que sur le « nano patch » proposé en novembre par le Center for international environmental law (CIEL), ClientEarth et les Amis de la Terre Allemagne (BUND) : ce « nano patch » a pour but de remédier aux lacunes de la législation européenne existante de façon plus flexible, efficace et rapide que par le biais de longues et fastidieuses procédures de révision.

La Suède a élaboré une proposition de réglementation spécifique nano à l’échelle européenne qu’elle n’a pas encore rendu publique mais qu’elle a partagée avec les membres du CASG Nano.

Contestée, la Commission vient d’annoncer la tenue d’une journée d’échanges sur les nanos, ouverte aux parties prenantes, le 30 janvier 2013

La Commission vient d’annoncer la tenue d’un atelier sur le deuxième examen réglementaire relatif aux nanomatériaux, à Bruxelles, le 30 janvier prochain. Cette journée d’échanges est ouverte aux « parties prenantes » (syndicats, associations, industries, …) : vous pouvez vous inscrire, dans la limite des 250 places disponibles. Un pré-programme est en ligne, sur le site de la Commission.

L’objectif de cette initiative reste incertain : mieux expliquer la position de la Commission, et donc défendre le statu quo, ou l’ouvrir réellement à la discussion et envisager collectivement des améliorations possibles ?

Les ONG les plus actives au niveau européen seront particulièrement vigilantes à ces aspects lors des échanges (qui seront retransmis en ligne). Parmi elles sont déjà mobilisées : l’Association européenne pour la coordination de la représentation des consommateurs dans la normalisation (ANEC), le Bureau européen de l’Environnement (EEB), le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), les Amis de la Terre Allemagne (BUND), la Confédération européenne des syndicats (CES ou ETUC), le Center for international environmental law (CIEL), ClientEarth, la European environmental citizens organisation for standardisation (ECOS), l’Institut syndical européen (ETUI), Women in Europe for a Common Future (WECF).

La balle est aussi dans le camp du Conseil des Ministres et des députés européens

De l’aveu même de la Commission, si une majorité d’Etats membres, le Conseil des ministres ou le Parlement européen, s’emparent de ce sujet et appelent à leur tour à un encadrement plus ambitieux des nanomatériaux, la Commission serait contrainte de revoir sa position.

Les députés Verts du Parlement européen, notamment le Suédois Carl Schlyter, sont parmi les plus proactifs sur le sujet. Ils ont déjà reproché à la Commission européenne de trop « traîner des pieds » concernant l’encadrement des nanomatériaux en octobre dernier et pourraient être rejoints par d’autres.

En mars dernier, les députés européens du Science and Technology Options Assessment (STOA) avaient ainsi suggéré 11 différents chantiers, parmi lesquels :

mandater une étude sur l’opportunité et la faisabilité d’un nouveau cadre réglementaire pour les nanotechnologies ;

examiner si, et dans quelle mesure, les réglementations favorisant la traçabilité des matériaux doivent être adaptées au cas des nanomatériaux ;

soutenir la mise sur pied et la mise en œuvre d’un système de notification obligatoire des produits contenant des nanoparticules, accessibles le cas échéant au grand public afin que les consommateurs puissent faire leurs propres choix de façon informée et que les agences sanitaires puissent intervenir immédiatement si de nouvelles indications concernant des dangers avérés apparaissaient.

A suivre donc…

Source : http://veillenanos.fr

« Pas d’analyse sérieuse, juste une mise sous pression des industriels »

Techniques de l’Ingénieur : Depuis le 1er janvier 2013 sont entrés en vigueur les décrets du 17 février 2012 relatifs à la déclaration de production, de distribution ou d’utilisation des nanomatériaux. Qu’est-ce que cela change pour les industriels ?

Alain Lombard : Ils sont désormais dans l’obligation de déclarer à l’ANSES la production, la distribution et l’utilisation de nanomatériaux sur le territoire français. Le dispositif est mis en place à compter du premier janvier 2013 pour une date limite de déclaration au premier mai 2013, pour les quantités des nanomatériaux produits, importés et utilisés en  2012.

Parallèlement, la législation européenne obligera à compter de juin 2013 à déclarer sur les étiquettes les nanomatériaux présents dans les cosmétiques, et à compter de 2014, ceux présents dans les biocides. Mais pour l’instant, la procédure d’étiquetage reste inconnue. Comment doit-on décrire les nanomatériaux présents dans les produits ? Représentent-ils un risque pour les consommateurs et pour l’environnement ?

Techniques de l’Ingénieur : Ces obligations sont-elles bien intégrées par les industriels ? Quelles contraintes cela représente-t-il pour eux ?

Alain Lombard : Dans l’ensemble cette obligation est bien intégrée par les industriels, pour ce qui est des producteurs et utilisateurs intentionnels. Pour la production non-intentionnelle, c’est-à-dire pour les pulvérulents très fins, dont une infime portion en poids est de taille nanométrique de par la nature du procédé de broyage ou de synthèse, mais qui en nombre de particules représente un pourcentage très important. On peut penser qu’il y aura de mauvaises surprises sur des matériaux comme les ciments et les farines. Le problème apparaîtra quand les nanomatériaux seront détectés incidemment, puisque cette production non intentionnelle tombera sous le coup de ces décrets, alors qu’elle est par définition mal quantifiée par ceux qui la produisent. Comment caractériser et quantifier les nanomatériaux présents ? C’est tout le problème, puisqu’il n’y a aucune méthode fiable validée officiellement.

En termes de contraintes, ce dispositif est très lourd, il vise à cartographier les usages de nanomatériaux sans en contrôler la dissémination. Prenons un exemple : l’industriel produisant des nanomatériaux doit déclarer ceux-ci (Np°). Puis le produit passe entre les mains du distributeur, qui doit lui aussi déclarer les nanomatériaux présents dans le même produit. Sa déclaration aura un Nd° différent de celui du producteur dont le Np°. C’est ensuite à l’utilisateur de faire une troisième déclaration, pour les mêmes nanomatériaux dans le produit final (Nu°), en faisant mention du numéro de déclaration du distributeur (Nd°) sans mentionner le numéro de déclaration du producteur initial. On perd ainsi la  filiation entre les trois acteurs de la chaine.

Par ailleurs, les industriels vont devoir s’adapter rapidement à des obligations de communication interne et externe importantes. Pourquoi ? Parce que la cartographie des industries productrices ou utilisatrices de nanomatériaux va vite être réalisée et diffusée, et qu’ils vont devoir être en mesure de communiquer aux riverains et aux sociétés civiles locales sur les mesures prises pour protéger l’homme et l’environnement, en plus de celles prises dans le milieu du travail. D’où l’intérêt pour eux d’être vite en conformité avec les réglementations et les bonnes pratiques, ou tout du moins d’avoir un discours préparé. C’est une avancée, d’autant plus que certains industriels n’avaient pas encore intégré ces aspects dans leurs pratiques.

Cette obligation de déclaration a été obtenue sous la pression des associations lors du Grenelle de l’Environnement, mais sans vérifier que les définitions des nanomatériaux soient stabilisées, que les moyens efficaces de caractérisation des nanomatériaux et de contrôle  des émissions soient validés et mis en place. Or selon la méthode utilisée, pour le même échantillon, on obtiendra des résultats très différents, ce qui laisse une marge d’erreur très importante.

Pour les grosses sociétés spécialisées dans les nanomatériaux, tout devrait pouvoir bien se passer, mais pour les plus petites sociétés manipulant des poussières très fines et n’incorporant pas de nanomatériaux dans leurs produits, il y a risque d’en trouver quand même. Par exemple pour des crèmes solaires déclarées de nature « biologique sans nanomatériaux » qui comportent du dioxyde de titane ou de l’oxyde de zinc. Dans ce contexte la découverte fortuite de nanoparticules de dioxyde de titane non intentionnellement introduites dans la crème entraîne un risque de litiges, voire de procès par des consommateurs qui s’estiment dupés.

En bref, l’idée d’obliger à déclarer par les industriels est bonne, seulement au cas où les nanomatériaux se révèleraient dangereux, mais sa réalisation est très lourde pour les entreprises,  pour un bénéfice incertain pour la communauté.

Techniques de l’Ingénieur : Comment déterminer le danger des nanomatériaux ?

Alain Lombard : C’est difficile… le danger est une propriété intrinsèque à tout produit, le risque réel est lié à l’exposition. Pour le déterminer, il faut procéder à des études toxicologiques et écotoxicologiques spécifiques qui sont encore mal standardisées, et aussi analyser tout le cycle de vie du produit. Si je produis des raquettes de tennis, que j’y mets quelques grammes de nanotubes de carbone pour solidifier le plastique, je fais une déclaration, d’accord. Mais une fois en magasin, le client ne le sait pas et surtout il ne risque rien, par contre en fin de vie,  lorsque la raquette sera mise aux ordures après quelques années d’utilisation, les personnes chargées du recyclage qui seront en présence de nanotubes de carbone n’en sauront rien et pourront être exposés. De plus les nanotubes de carbone introduits auparavant auront sans doute leurs propriétés modifiées par l’usage, ce qui modifiera aussi leurs dangers.

C’est toute la faiblesse de ce système, il n’y a pas d’analyse sérieuse, juste une mise sous pression des industriels pour déclarer des informations avec lesquels les associations de défense de l’environnement ne pourront pas faire grand-chose.

Les nanomatériaux sont de plus en plus présents dans l’industrie, de façon transversale. Il n’y aura pas une industrie uniquement nanotechnologique séparée du reste, mais en revanche tous les secteurs de l’industrie et de la consommation seront de plus en plus concernés, avec des risques inconnus. Par exemple, on en trouve dans la grande consommation comme l’alimentaire et le textile.

Techniques  de l’Ingénieur : On sait déjà que les particules fines peuvent créer des problèmes respiratoires. Quoi d’autre ?

Alain Lombard : Elles ont la capacité de pénétrer dans les cellules de tous les organes et d’y exercer des effets plus ou moins nocifs que nous sommes encore en train d’évaluer. La difficulté de caractérisation des nanomatériaux et des expositions complique les études. Chaque nanomatériau doit être étudié dans toutes ses caractéristiques en dehors de la taille (forme, agrégation, charges électriques, état de surface, porosité, contamination biologique et chimique, etc), ainsi que dans toutes les situations d’exposition (respiratoire, orale, cutanée). C’est un travail énorme, qui se réalisera sur plusieurs décennies.

Ensuite, il y a ce qui relève du fantasme, la théorie de l’homme augmenté grâce aux nanotechnologies, le transhumanisme, etc. Ces questions font aussi partie du questionnement, mais d’un point de vue plus philosophique que scientifique. On peut surtout s’interroger sur des risques bien plus concrets, ainsi si demain on généralise le nanoargent dans les chaussettes, quelles seront les conséquences pour l’environnement dont les stations d’épuration et la flore aquatique ?

Techniques  de l’Ingénieur : Vous animez chez Techniques de l’Ingénieur une formation sur ce thème, à qui s’adresse-t-elle ?

Alain Lombard : A toutes les personnes confrontées à l’introduction de nanomatériaux dans leurs installations, et celles concernées par les aspects Hygiène Sécurité, Environnement, Réglementaires et Sociétaux afin de bien comprendre les contraintes que cela impose. Cette formation n’a pas l’ambition de résoudre tous les problèmes. C’est un outil de sensibilisation qui parcoure en une journée l’ensemble de la problématique des nanomatériaux. C’est de l’information approfondie plus que de la formation, qui donne des repères aux stagiaires pour qu’ils puissent ensuite s’orienter dans la problématique « nanomatériaux » et adapter leurs connaissances aux besoins spécifiques de leur organisation professionnelle.

Formation sur les nanomatériaux : évaluer et prévenir les risques HSE

Objectifs


  • Acquérir les bases de toxicologie et d’écotoxicologie appliquées aux nanotechnologies
  • Evaluer les impacts environnement, santé et sociétaux
  • Identifier les réglementations et normes
  • Renforcer les moyens de prévention et de protection

L’Anses attendue sur tous les fronts en 2013

La première des grandes priorités de l’Anses pour les trois prochaines années est le développement de nouvelles méthodes d’analyses chimiques et microbiologiques liées aux risques émergents.

Dans ce sens, l’agence va développer une centaine de méthodes nouvelles pour mieux détecter les contaminants chimiques et les agents pathogènes tout au long de la chaîne alimentaire et dans l’eau destinée à la consommation humaine.

Aller vers des méthodes globales et multi-résidus

« La réglementation est basée aujourd’hui sur le contrôle des différents pathogènes les uns à côté des autres », mais l’avenir est de pouvoir « détecter un certain nombre de gènes spécifiques qui sont les éléments qui font la virulence de la bactérie, sa pathogénicité, quelle qu’elle soit », affirme Marc Mortureux, Directeur général de l’Anses.

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Cela se fera grâce à une plateforme d’identification rapide de gènes de virulence de nouvelles souches de bactéries, mais avant tout, l’agence doit identifier et détecter un certain nombre de gènes de virulence. Un chantier important concerne aussi la détection des virus dans l’alimentation, car beaucoup d’intoxications alimentaires non élucidées seraient d’origine virale.

Concernant les contaminants chimiques, l’objectif est de développer des méthodes multi-résidus pour analyser de quelques dizaines à quelques centaines de contaminants différents en une seule analyse. Cela est possible en spectrométrie de masse couplée à la chromatographie.

Cela concerne notamment les résidus de pesticides, les perturbateurs endocriniens (phtalates, bisphénol A, parabènes, etc.) et les résidus d’antibiotiques. Par ailleurs, l’agence poursuivra cette année ses travaux sur l’évaluation des risques liés à une exposition en mélange de plusieurs pesticides.

Mieux comprendre la pollution de l’air

La deuxième des grandes priorités de l’Anses concernera les impacts sanitaires de la pollution de l’air extérieur. Un focus fort sur les allergènes va être mis en place, car les évolutions liées au changement climatique sont susceptibles d’en renforcer les impacts sanitaires.

Un travail important sera aussi mené sur les particules, notamment issues du trafic routier et du diesel. Les normes concernant les particules sont aujourd’hui uniquement basées sur des concentrations massiques dans l’air en fonction de leur taille. Le travail consistera à mieux évaluer le risque en fonction de la nature des aérosols.

« Nous avons engagé un travail sur la question de la pollution de l’air dans les enceintes de transport ferroviaire souterrain, en particulier le métro », ajoute Marc Mortureux. Ce travail s’intéressera avant tout au risque pour les travailleurs, mais aussi plus largement pour les passagers qui utilisent ces transports.

Tour d’horizon des nouvelles publications

Début avril, le résultat final des travaux concernant le risque liés à l’ensemble des expositions au bisphénol A par voie alimentaire, respiratoire et par contact sera publié. Il s’intéressera également à la toxicité de ses substituts.

En juin, le rapport sur les risques liés à la consommation des boissons énergisantes sera à son tour rendu public.

D’ici l’été, le rapport sur les radiofréquences sera mis à jour. Un travail plus spécifique sur l’hypersensibilité aux radiofréquences est mis en place et fera l’objet d’un rapport d’ici l’année prochaine. Un autre travail concernant l’exposition des travailleurs aux produits bitumineux sera publié.

Les connaissances sur les nanomatériaux manufacturés seront également actualisées d’ici la fin de l’année, avec un travail spécifique sur le nano-argent. Enfin, l’antibiorésitance vétérinaire sera à l’honneur d’ici la fin de l’année 2013 ou début 2014, dans le cadre du plan antibio 2017.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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Associer photovoltaïque et végétalisation sur les toitures ?

 

Solardis, filiale de Soprema et leader de l’étanchéité photovoltaïque française, propose désormais le Soprasolar® Tilt Green dans sa gamme de produit. Il s’agit d’un nouveau système complet, disponible en neuf ou en rénovation, qui associe panneau photovoltaïque rigides et végétalisation de sa marque Sopranature®, leader également sur le marché français des toitures végétalisées. Ce système répond aux attentes des projets à fortes performances énergétiques (HPE, THPE, BBC, BePos) et aux projets d’auto-consommation d’électricité. D’entrée de jeu, deux bonnes nouvelles sont à noter : le système complet est assurable et la fabrication des modules photovoltaïques et de la végétation a lieu en France.

Il s’agit d’une « offre 4 en 1 : isolant, étanchéité, panneau et végétalisation », précise Jean Damian, Directeur d’exploitation Solardis®. Toutes les végétalisations Sopranature® sont associables avec ce système. La gamme de végétation est large : du simple tamis végétal (toundra, green) à la plantation élaborée (garrigue, lande) en passant par la prairie fleurie (pampa). 85 % des ventes de toitures végétalisées sont toutefois captées par la toundra, car ses plantes grasses sont très résistantes, adaptées à une large gamme de bâtiments et de climat. Le complexe végétal est composé de matériaux de culture et de végétaux, combinés à un complexe d’étanchéité anti-racine.

Nous sommes bien dans une dynamique lancée grâce à la future réglementation thermique. « Aujourd’hui, il faut associer production d’énergie et environnement végétal pour répondre aux problématiques de l’îlot urbain, territoire à énergie positive vers lequel on se dirige dans le cadre de la RT 2020 », prévient Jean Damian.

Quels sont les avantages d’une telle association ?

Soprasolar® Tilt Green apporte une réponse unique pour les bâtiments en valorisant l’ensemble de la toiture-terrasse Le photovoltaïque apporte l’énergie, la végétalisation apporte toute une palette d’avantages au bâtiment au niveau acoustique et thermique, en diminuant notamment la déperdition de la chaleur au niveau de la toiture durant les mois froids et en minimisant l’utilisation de la climatisation l’été. Les végétaux réduisent aussi la consommation d’électricité, retiennent une partie des eaux pluviales et réintroduisent une certaine biodiversité dans la ville. La végétation améliore ainsi le cadre de vie, rafraîchit l’air ambiant et lutte contre le phénomène d’îlot de chaleur urbain.

Comme l’approche « bâtiment » est complexe et devient réglementaire, Soprema travaille plus largement sur une offre globale et dimensionne chaque projet en conseillant le complexe « isolant – étanchéité – panneau photovoltaïque » par rapport aux besoins et aux problématiques techniques ou budgétaires. Ainsi, la solution d’étanchéité peut être en membrane bitumineuse ou synthétique, avec des panneaux rigides ou des membranes souples, en incluant ou non de la végétation en fonction du besoin. Cette approche globale prévoit la dimension électrique et la gestion de l’énergie dans le bâtiment par ses partenaires. « Cette offre globale nous paraît être déterminante pour accompagner le marché et permettre au bâtiment d’être réellement à énergie positive », conclut Jean Damian.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le Galaxy S4 met l’accent sur les fonctionnalités

C’est parti pour un nouveau show de présentation. A New York, Le Radio City Music Hall est en effervescence.  

La vedette ? Le Galaxy S4, cadet d’une lignée prestigieuse de Smartphones. Une filiation qui lui promet un destin hors du commun à en juger les prévisions de vente du sud-coréen. Celui-ci estime pouvoir en écouler 70 millions la première année. A titre de comparaison, son aîné le Galaxy S3 s’était vendu à 40 millions d’exemplaires en à peine 8 mois.

Pour satisfaire une telle demande, les fournisseurs de Samsung sont censés être capable de livrer 10 millions d’exemplaires chaque mois, une cadence à faire pâlir d’envie certains…

Mais qu’a donc le Galaxy S4 que les autres n’ont pas ?

Inutile de chercher du côté du design, celui-ci reste quasi-identique au Galaxy S3 : même taille de téléphone, écran à peine plus grand et poids allégé de seulement 3g. Non, la rupture vient  des fonctionnalités.

La première révolution vient de la possibilité de piloter son téléphone tactile SANS toucher l’écran ! Il suffit juste d’approcher son doigt pour faire apparaitre des menus. Seul le Galaxy S4 permet cela.

Moins spectaculaire mais qui pourra se révéler pratique cet hiver, l’écran tactile reste efficace si l’on porte des  gants. Vous l’aurez compris, le point fort  de ce Galaxy 4ème  du nom, c’est son écran haute définition « Super Amoled Full HD ». 

Face arrière, une caméra de 13 mégapixels fait mieux que les 8 mégapixels déjà très performants du Galaxy S3. Pourtant, c’est bien du côté de la façade que le plus pratique se joue.  Grâce à cette caméra de 2 mégapixels, ce Smartphone adapte la lecture de l’écran à l’activité de son propriétaire : la reconnaissance oculaire permet au Galaxy S4 de faire défiler le texte, vers le haut ou vers le bas, en suivant le sens de lecture décrypté sur notre visage (Smart Scroll).

Le téléphone peut même prendre l’initiative de mettre une vidéo sur pause si notre regard se détourne de l’écran, puis de la relancer automatiquement lorsqu’on regarde à nouveau l’écran. Un Smartphone very smart !

 

Découvrez le Galaxy S4 en vidéo:

 

Autre gros point fort : la batterie. Fini le smartphone à recharger tous les soirs, la nouvelle batterie du Galaxy S4 est presque deux fois plus puissante que celle de l’Iphone 5. Néanmoins, le géant coréen n’a pas chiffré l’autonomie, laissant supposer qu’elle devrait être à peine supérieure aux 10 heures permises par le Galaxy S3 (contre 8h pour l’Iphone 5). Surtout, Samsung propose une batterie interchangeable. Il sera possible d’acheter un kit pour une batterie et de disposer ainsi en permanence d’une batterie de secours. 

A cela s’ajoute tout un arsenal de nouvelles fonctions vraiment pratiques ou seulement  ludiques : un traducteur automatique, le S Translator, l’interface gestuelle Air Gesture pour manipuler le téléphone à distance et sans toucher l’écran, la possibilité de prendre en même temps des photos de chaque côté du téléphone et les intégrer sur un même cliché, l’Eraser pour effacer un objet ou une personne d’une photo, le Drama Shot est une appli qui permet de prendre une centaine de photos en à peine quelques secondes…

Mais Samsung cherche aussi à séduire les professionnels. Pour cela, le Galaxy S4 est labellisé SAFE pour Samsung Approved For Entreprise), une façon de garantir la sécurité du terminal pour encourager les entreprises à rallier Androïd.  L’application Knox qui génère un environnement virtuel sécurisé pour les données personnelles et professionnelles, appelée technologie de « conteneurisation. », devrait achever de les convaincre.

Pourtant, malgré de réelles innovations logicielles, la présentation du Galaxy S4 n’a pas suscité d’engouement exceptionnel, se heurtant à une exigence d’innovations et de performances démesurée, comme si chaque nouveauté devait proposer une rupture technologique. Quitte à oublier que même les meilleurs labos et équipes  R&D ont besoin de temps pour avancer ! 

Peu importe. La bourse n’a pas attendu pour manifester sa déception et le titre du mastodonte sud-coréen a dégringolé de 1.7%. Pas de quoi s’effondrer, mais ce recul témoigne d’une lassitude des investisseurs face à des innovations de moins en moins spectaculaires à leurs yeux.

 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

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A la conquête du muscle artificiel

Une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (le fameux MIT) a réussi à mettre au point un film polymère tout à fait innovant, puisque capable de générer de l’énergie à partir de vapeur d’eau. Ce film polymère change de forme après absorption de petites quantités d’eau sous forme de vapeur, donnant l’impression de se retrousser et se courbant en tous sens de manière continue, mais aléatoire.

L’enjeu est important : la maitrise de ce mouvement continu pourrait permettre d’animer dans un premier temps un bras ou une jambe robotique, tel un muscle artificiel jouant le même rôle qu’un muscle pour un de nos bras ou une de nos jambes. Les chercheurs du MIT semblent pour le moment assez loin de ce stade, et se penchent plutôt sur l’utilisation de ce nouveau matériau pour alimenter des appareils micro ou nanoélectriques, tels que la plupart de nos capteurs environnementaux.

 « Lorsqu’un capteur est alimenté par une batterie, cette dernière se doit d’être remplacée régulièrement. A l’aide de ce dispositif, vous pouvez capter de l’énergie à partir de son environnement et vous n’aurez donc plus à remplacer si souvent la batterie », explique Mingming Ma, chercheur postdoctoral à l’Institut David H. Koch pour la Recherche Intégrative contre le Cancer, institut affilié au MIT. « Nous sommes très excités par ce nouveau matériau, et nous espérons parvenir à un rendement plus élevé lors de la conversion de l’énergie mécanique en électricité, ce qui lui ouvrirait un champ d’application plus large », ajoute Robert Langer, professeur à l’institut David H. Koch et co-auteur avec Mingming Ma de l’article publié dans la revue Science de cette semaine. Parmi ces applications potentielles, on trouve aussi bien d’imposants générateurs dont l’alimentation est assurée par de la vapeur d’eau, comme de plus petits générateurs servant à l’alimentation d’appareils nanoélectriques portables, intégrés à nos vêtements.

Emboitement de deux polymères différents

Le film conçu par l’équipe de chercheurs du MIT est le résultat de l’emboitement de deux polymères tout à fait différents : le polypyrolle et le polyol-borate. Le premier est un polymère organique constitué de plusieurs noyaux de pyrolle – connu aussi sous le nom d’azole, de formule brute C4H5N  – connectés les uns aux autres. Le second est un polyol de borate, un composé chimique organique contenant un certain nombre de groupes hydroxyles, en liaison avec un borate – un composé de bore et d’oxygène avec des éléments électropositifs.

Le polypyrolle sert ici de matrice solide mais souple, apportant un support structurel au nouveau matériau, alors que le polyol-borate est un gel qui reste flexible et qui enfle lorsqu’il absorbe de l’eau. L’équipe dirigée par Mingming Ma avait rencontré au préalable plusieurs échecs lors de précédentes tentatives, lorsque le matériau ne combinait pas encore les deux éléments mais n’était constitué que de polypyrrole, dont la réaction au contact de l’eau était trop faible pour être considérée comme suffisamment convaincante.

Générer de l’électricité

Le film de polypyrolle et de polyol-borate se sert du gradient d’eau entre un milieu sec et un milieu contenant de l’humidité pour trouver son énergie. Lorsque la pellicule de vingt micromètres d’épaisseur repose sur une surface contenant ne serait-ce qu’une toute petite quantité d’eau, cette eau est absorbée, créant un mouvement qui pousse le film à se recourber vers le haut et à s’éloigner de la surface. La partie inférieure du film est alors exposée à l’air ambiant et laisse s’échapper l’eau, laissant le film polymère reprendre sa forme initiale. Le mouvement peut alors reprendre, le film absorbant et laissant s’échapper l’eau de manière cyclique. Le mouvement continu ainsi observé convertit l’énergie chimique du gradient de l’eau en énergie mécanique.

Pour convertir cette énergie mécanique en électricité, il suffit de coupler la pellicule de polymère avec un matériau piézoélectrique, qui se polarise électriquement sous l’action d’une contrainte mécanique. Selon les estimations du MIT, le système peut générer en moyenne 5.6 nanowatts, suffisants pour alimenter de petits appareils peu gourmands.

La force déployée par le film polymère est pour le moins surprenante : le film parvient à soulever pour dix fois son poids en fils d’argent, comme vous pouvez le constater ici :

 

 

Par Moonzur Rahman

 

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Le plastique, toujours aussi fantastique

Les scientifiques du Département de science des matériaux de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ont fabriqué un plastique très étirable à partir de plusieurs couches plus ou moins dures. De telles choses existent dans la nature : le corps humain présente des zones multicouches de ce type, comme les liaisons tendons/os, caractérisées par une grande variation de la dureté des couches. Mais le nouveau plastique élaboré à l’EPFZ possède un gradient de dureté remarquable avec la couche la plus dure 10.000 fois plus dure que la couche la plus souple ! Présenté dans la revue Nature Communications, ce matériau composite est le premier à proposer une telle variation entre les couches.

Pour obtenir ce composite, les scientifiques suisses ont utilisé du polyuréthane, dont la dureté des couches a été modulée à l’aide de micro et nanoparticules. C’est ainsi qu’ils ont réussi à fabriquer un matériau en couches suffisamment étirable pour ne pas rompre facilement. En effet, ce composite est extensible jusqu’à quatre fois et demi sa longueur.

Alliant flexibilité et résistance, ce nouveau composite pourrait bien se développer pour le secteur des supports souples, pour des films solaires souples ou des écrans de télévision enroulables. De plus, ses pères espèrent appliquer cette méthode de fabrication à d’autres matériaux avec des applications dans le médical, comme la réparation de tendons et de ligaments ou encore pour les implants dentaires. Sans oublier l’automobile ou l’aéronautique, deux secteurs où le polyuréthane est déjà très présent.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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Filtrer la lumière à l’aide d’une toile à base de silicium

Décidément, ceux qui pensent que la technologie silicium touche à sa fin devront patienter encore un peu. Des chercheurs de Laboratoire de Photonique et de Nanostructures (CNRS) et de l’ONERA (DOTA) ont réussi à fabriquer un nouvel objet sur substrat de silicium capable de filtrer la lumière. L’originalité provient de sa structure. Il ne s’agit pas d’un cristal, mais d’une toile photonique : une succession de barreaux diélectriques suspendus dans le vide permet de filtrer la longueur d’onde voulue en pivotant la toile.

Pour réussir ce nouvel objet, les physiciens ont utilisé une membrane de nitrure de silicium. Ils l’ont déposé sur un substrat de silicium, puis ont gravé un carré de 2,5 millimètres de côté de façon à obtenir des lignes en forme de poutre d’un demi micron de large espacées de 3 microns. La membrane est fixée sur le silicium à l’aide de barreaux perpendiculaires rajoutés tous les 20 microns.

Lorsqu’on éclaire cette toile avec un rayonnement infrarouge borné entre 3 et 5,5 micromètres, en positionnant judicieusement l’objet, aucune lumière n’est transmise. Une autre propriété intéressante de cette toile est son pouvoir d’absorption. Si elle est fabriquée avec un matériau absorbant, alors on peut atteindre jusqu’à 50% d’absorption de la lumière incidente. Cela représente près de 25 fois plus que l’absorption via un matériau massif de même épaisseur. Dès que l’on modifie l’angle d’incidence du faisceau lumineux, la toile laisse passer une partie de la lumière suivant une fenêtre spectrale dont les valeurs dépendent de l’angle d’incidence.

Ces travaux ont été publiés dans Physical Review Letters et permettent d’envisager de nouvelles approches dans l’étude de l’interaction lumière-matière. Par exemple, pour des applications de spectroscopie de molécules ou de gaz autour des barreaux, ou dans des expériences d’opto-mécanique qui visent au contrôle optique de modes mécaniques d’objets de très faible masse dans le régime quantique.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le plus vieux chromosome Y jamais vu sur un homo sapiens

Avant de descendre du singe, l’homme descend d’Adam. Du moins, c’est ce que l’on croyait jusqu’à ce jour si anodin où une parente d’Albert Perry (paix à son âme), déposa un échantillon avec son ADN dans le but d’effectuer une recherche généalogique. C’est alors que l’entreprise privée fut confrontée à un problème de taille : la séquence génétique du chromosome Y était inconnue !

Après avoir vérifié et re-vérifié, les faits sont là. Albert Perry ne descend pas de celui que l’on croyait l’ancêtre commun à tous les mâles de la race humaine, celui que l’on surnomme l’Adam génétique, un homme qui vivait sur le continent africain il y a 140 000 ans. 

Mais alors, de qui descend Albert Perry ? Cette question ne laissa pas indifférente la communauté scientifiques et plusieurs de ses membres décidèrent d’enquêter. Et une nouvelle surprise les attendait. L’ancêtre d’Albert Perry était un homme vivant il y a plus de … 338 000 ans ! Soit bien avant l’apparition même de l’homo sapiens. Ça commence à faire beaucoup de rebondissements. De l’aveu même de Jon Wilkins, du Ronin Institute dans le New Jersey, « Déplacer à ce point la racine de l’arbre [généalogique] du chromosome Y est extrêmement surprenant. » 

Comment un gène si ancien s’est retrouvé chez un homo sapiens ? Les auteurs de l’étude publiée sur ce chromosome Y unique ont une théorie.

Au sud-ouest du Cameroun vivait un peuple africain appelé Mbo. D’après les bases de données génétiques, leurs chromosomes Y ressemblaient  à celui de feu Albert Perry. Or, à quelques 800 km de là, se trouve le site préhistorique nigérian Iwo Eleru, site où l’on croit savoir que des homo sapiens ont séjournés.  Ces homo sapiens se seraient tout simplement reproduits avec les descendants d’une lignée très ancienne. Et voilà comment ce gène Y vieux de 338 000 ans se serait retrouvé chez des homo sapiens.

« […] Jusqu’à présent, les branches les plus divergentes du chromosome Y se trouvaient chez des populations de chasseurs-cueilleurs comme les Pygmées et les KhoeSan. […] Mais cet échantillon-ci est similaire à l’ADN du chromosome Y de 11 hommes tous originaires d’une région très restreinte du Cameroun  qui présentent  des séquences variables, donc ce n’est pas comme s’ils descendaient tous d’un même aïeul », précise le Pr Hammer, de l’Université de l’Arizona, qui a participé à l’étude parue dans l’American Journal of Human Genetics.

Lire l’étude

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’essentiel de REACH 1/2 (mars)

Communiqué de presse du Ministère de l’Ecologie

27/02/2013

Le ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie a publié un communiqué de presse rappelant l’obligation d’enregistrement au 31 mai 2013. Ce communiqué est téléchargeable sur : developpement-durable.gouv.fr

 

L’ECHA offre un soutien aux déclarants dans certains cas exceptionnels

01/03/2013

Les entreprises confrontées à des situations exceptionnelles susceptibles de les empêcher d’enregistrer dans les temps devront informer l’ECHA avant la date limite du 31 mai 2013. Quatre cas particuliers ont été recensés : 

  • Difficultés des entreprises pour fournir les données requises à l’annexe VII et l’annexe VIII en temps voulu ou des difficultés pour les importateurs de mélanges pour obtenir des données sur la composition et d’analyse des substances dans le mélange de leurs fournisseurs.
  • Impossibilité de présenter un pré-enregistrement tardif en raison d’un changement d’entité juridique.
  • Problème pour le déclarant principal de soumettre un dossier entièrement conforme à REACH.
  • Les utilisateurs en aval qui deviennent des importateurs, leur substance n’ayant pas été enregistrée par un fournisseur basé de l’UE.

Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Proposition pour identifier de nouvelles substances SVHC (substances extrêmement préoccupantes)

04/03/2013

Sur demande de la commission européenne, l’ECHA lance une consultation publique pour l’identification de 10 nouvelles substances SVHC (substances extrêmement préoccupantes). Les substances concernées sont : 

  • 2,4-di-tert-butyl-6-(5-chlorobenzotriazol-2-yl) phenol (UV-327) (N° CAS : 3864-99-1  et N° CE : 223-383-8)
  • Acide pentadecafluorooctanoic (PFOA) (N° CAS : 335-67-1 et N° CE : 206-397-9)
  • Oxyde de cadmium (N° CAS : 1306-19-0 et N° CE : 215-146-2)
  • 2-benzotriazol-2-yl-4,6-di-tert-butylphenol (UV-320) (N° CAS : 3846-71-7 et N° CE : 223-346-6)
  • 2-(2H-benzotriazol-2-yl)-4,6-ditertpentylphenol (UV-328) (N° CAS : 25973-55-1 et N° CE : 247-384-8)
  • Ammoniumpentadecafluorootanoate (APFO) (N° CAS : 25973-55-1 et N° CE : 223-320-4)
  • 2-(2H-benzotriazol-2-yl)-4-(tert-butyl)-6-(sec-butyl)phenol (UV-350)  (N° CAS : 36437-37-3 et N° CE : 253-037-1)
  • Cadmium (N° CAS : 7440-43-9 et N° CE : 231-152-8)
  • 4-Nonylphenol, ramifié et linéaire, éthoxylé  
  • Dipentyl phthalate (DPP) (N° CAS : 131-18-0 et N° CE : 205-017-9)

Les commentaires sont à soumettre jusqu’au 18 avril 2013. Plus d’information sur : echa.europa.eu/proposals-to-identify-substances-of-very-high-concern

 

Nouvelle consultation publique pour la classification et l’étiquetage harmonisé de substances

05/03/2013

L’ECHA sollicite des commentaires sur de nouvelles propositions de classification et d’étiquetage harmonisés pour 11 nouvelles substances. Les substances concernées sont : 

  • chlorophacinone (ISO); 2-[(4-chlorophenyl)(phenyl)acetyl]-1H-indene-1,3(2H)-dione (N° CAS : 3691-35-8 et N° CE : 223-003-0)
  • difenacoum (ISO); 3-(3-biphenyl-4-yl-1,2,3,4-tetrahydro-1- naphthyl)-4-hydroxycoumarin (N° CAS : 56073-07-5 et N° CE : 259-978-4)
  • warfarin (ISO); 4-hydroxy-3-(3-oxo-1-phenylbutyl)-2H-chromen-2-one (N° CAS : 81-81-2 et N° CE : 201-377-6)
  • ifethialone (ISO); 3-[3-(4′-bromobiphenyl-4-yl)-1,2,3,4-tetrahydronaphthalen-1-yl]-4-hydroxy-2H-1-benzothiopyran-2-one (N° CAS : 104653-34-1)
  • bromadiolone (ISO); 3-[3-(4′-bromobiphenyl-4-yl)-3-hydroxy-1-phenylpropyl]-4-hydroxy-2H-chromen-2-one (N° CAS : 28772-56-7 et N° CE : 249-205-9)
  • coumatetralyl (ISO); 4-hydroxy-3-(1,2,3,4-tetrahydro-1- naphthyl)coumarin (N° CAS : 5836-29-3 et N° CE : 227-424-0)
  • brodifacoum (ISO); 4-hydroxy-3-(3-(4′-bromo-4-biphenylyl)- 1,2,3,4-tetrahydro-1-naphthyl)coumarin (N° CAS : 56073-10-0 et N° CE : 259-980-5)
  • flocoumafen (ISO); reaction mass of: cis-4-hydroxy-3-(1,2,3,4- tetrahydro-3-(4-(4-trifluoromethylbenzyloxy)phenyl)-1-naphthyl)coumarin; trans-4-hydroxy-3-(1,2,3,4-tetrahydro-3-(4- (4-trifluoromethylbenzyloxy)phenyl)-1- naphthyl)coumarin (N° CAS : 90035-08-8 et N° CE : 421-960-0)
  • special purpose 475-glass fibres [Calcium-aluminium-silicate fibres with random orientation with the following composition (% given by weight): SiO2 55.0-60.0%, Al2O3 4.0-7.0%, B2O3 8.0-11.0%, Na2O 9.5-13.5%, K2O 1.0-4.0%, CaO 1.0-5.0%, MgO 0.0-2.0%, Fe2O3 <0.2%, ZnO 2.0-5.0%, BaO 3.0-6.0%, F2 <1.0% with note R. Process: drawing or spinning the molten mix (at approx. 1500°C) from nozzles]
  • special purpose E-glass fibres [Calcium-aluminium-silicate fibres with random orientation with the following composition (% given by weight): SiO2 50.0-56.0%, Al2O3 13.0-16.0%, B2O3 5.8-10.0%, Na2O <0.6%, K2O <0.4%, CaO 15.0-24.0%, MgO <5.5%, Fe2O3 <0.5%, F2 <1.0% with note R. Process: drawing or spinning the molten mix (at approx. 1500°C) from nozzles] 
  • Phenol, dodecyl-, ramifié (N° CAS : 121158-58-5 et N° CE : 310-154-3)

Les consultations publiques sont ouvertes pendant 45 jours et prendront fin le 19 avril 2013. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Premiers résultats d’évaluation de substances – informations complémentaires pour 32 substances

06/03/2013

Les États membres ont évalué 36 substances énumérées dans le Corap (plan d’actions) pour 2012. Quatre de ces 36 substances évaluées ne nécessitent pas de compléments d’informations. Pour les autres substances, les États membre en charge de l’évaluation proposent de demander aux déclarants de fournir de plus amples informations. Ensuite, les déclarants auront la possibilité de commenter ces demandes. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Outil pour les scénarios d’exposition

06/03/2013

L’outil de rapport et d’évaluation de la sécurité chimique (Chesar) a été mis à jour afin de faciliter la communication des scénarios d’exposition dans la chaîne d’approvisionnement. Cette mise à jour marque la première étape dans la normalisation de l’information des scénarios d’exposition pour les utilisateurs en aval. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Enquête sur les risques liés à cinq sels de cobalt

07/03/2013

La Commission européenne a demandé à l’ECHA de mener une enquête sur les risques liés à l’utilisation de cinq sels de cobalt : sulfate de cobalt, le dichlorure de cobalt, le dinitrate de cobalt, le carbonate de cobalt et le diacétate de cobalt. Sur la base de cette étude, la Commission européenne pourra dire si elle demandera à l’ECHA de préparer un dossier pour restreindre l’utilisation de ces sels, notamment s’il y a indications de risques pour la santé humaine qui ne sont pas suffisamment contrôlés. La Commission a fait cette demande à l’ECHA après avoir choisi de reporter la décision d’inclure ces substances dans la liste d’autorisation (Annexe XIV) jusqu’à ce qu’un processus de restriction ait été conclu. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

La Cour de l’Union Européenne confirme l’évaluation des substances BPT par l’ECHA

08/03/2013

L’ECHA se félicite des conclusions de la Cour de l’Union Européenne qui confirme l’approche de l’ECHA en matière d’identification des substances PBT (bioaccumulable, persistent, toxique) et vPvB (very persistent, very bioaccumulable) comme substances extrêmement préoccupantes. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Adoption de 9 avis scientifiques par le Comité d’évaluation des risques (RAC)

12/03/2013

Le comité d’évaluation des risques (RAC) a adopté huit avis et a donné son accord sur un avis qui sera adopté après consultation publique. Le Comité d’évaluation des risques a adopté six avis de classification et d’étiquetage harmonisés (CLH) (Mandipropamid, Fenoxaprop-p-ethyl, Isoxaflutole, sorbate de potassium, tricalcique diphosphure, 8:2 Fluorotelomer alcohol (FTOH), deux avis à la demande de la Direction exécutive (arséniure de gallium, Diisononylphthalate et diisodecylphthalate dans les jouets et articles de puériculture) et un avis sur une proposition de restriction (1,4-dichlorobenzène dans les désodorisants et des blocs sanitaires). Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Le SEAC adopte des avis scientifiques par 2 propositions de restriction

12/03/2013

Lors de sa 18e réunion à Helsinki, le Comité d’analyses socio-économiques (SEAC) de l’ECHA a appuyé la proposition danoise de restreindre le chrome (VI) dans les articles en cuir et convenu d’un projet d’avis sur la proposition de restriction pour le 1,4-dichlorobenzène dans les désodorisants et des blocs sanitaires. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Le SEAC d’accord sur la façon dont il évaluera la faisabilité économique

12/03/2013

Lors de sa 18ème réunion à Helsinki, le comité d’analyses socio-économiques (SEAC) a accepté de publier une note explicative sur la façon dont il évaluera la faisabilité économique dans le cadre de la procédure de demande d’autorisation. Plus d’informations sur : echa.europa.eu/view-article

 

Assurez-vous que vos coordonnées d’entreprise sont mises à jour dans REACH-IT

13/03/2013

A l’approche de la date limite d’inscription du 31 mai, l’ECHA fournira plus de soutien proactif aux déclarants membres après leur soumission de dossier ; par exemple, si une entreprise a des problèmes pour passer l’étape de vérification. Pour que l’ECHA soit en mesure d’aider au mieux les déclarants, il leur demande de vérifier que leurs coordonnées dans REACH-IT sont valides et à jour. 

 

Testez vos connaissances sur les nouveaux pictogrammes de danger

13/03/2013

Pour marquer la Journée internationale des consommateurs, le 15 Mars, l’ECHA a lancé un quiz interactif sur les nouveaux pictogrammes de danger pour l’étiquetage des substances chimiques dangereuses dans l’Union européenne (règlement CLP). Faites le quiz pour vérifier si vous connaissez bien les nouveaux symboles et les produits sur lesquels ils seront utilisés. Lisez les étiquettes et soyez prudents ! Vous pouvez vérifier votre propre score, regarder des films d’animation de l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA) au travail et en apprendre davantage sur le site de l’ECHA expliquant les pictogrammes et les étiquettes. Plus d’informations sur : echa.europa.eu  Quizz : echa.europa.eu/clp-quiz

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

 

Pour aller plus loin :

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