
Par Hubert Blatz, dessinateur

Par Hubert Blatz, dessinateur
Lancé en fin d’année dernière, le quiz organisé par les Techniques de l’Ingénieur a trouvé son gagnant !
Il s’agit de monsieur karim Errahmane, fidèle lecteur des Techniques de l’Ingénieur depuis plusieurs années. Il gagne donc une visite du CERN, et on peut dire que le hasard fait parfois bien les choses… Joint par la rédaction de la rubrique Actualités des Techniques de l’Ingénieur, Mr Errahmane nous a confié sa joie toute particulière d’aller visiter le CERN : « titulaire d’un doctorat en physique des particules, vous imaginez quel peut être mon plaisir d’aller visiter le CERN ! »

Aujourd’hui professeur de physique et de métrologie en IUT, le gagnant du quizz proposé par la rédaction a connu les Editions Techniques de l’Ingénieur pendant sa scolarité : « Effectivement, les bases documentaires des Techniques de l’Ingénieur m’ont accompagné pendant tout mon cursus scientifique. Il s’agissait pour nous de la référence bibliographique par excellence. D’ailleurs, l’IUT dans lequel j’enseigne est abonné aux Techniques de l’Ingénieur, donc les professeurs comme les élèves ont la possibilité de se référer aux ouvrages dès qu’ils le souhaitent »
Réponse : Une sequence où on voit l’eau qui coule d’un robinet s’enflammer
Réponse : la n°4
Réponse : François Hollande
Réponse : twitter
Réponse : lunettes google
Réponse : l’hôpital lui fournit de la graisse humaine
Réponse : un nanomètre
Réponse : IPV6
Réponse : Irobot corp
Réponse : La marque Sony
Réponse : les gaz de schiste
Réponse : la catastrophe des subprimes
Réponse : Un laser
Réponse : La kindle fire
Réponse : l’Espagne
Réponse : un robot poisson
Réponse : Le bismuth
Réponse : sa masse !
Réponse : un QR code
Quel « meilleur » symbole que le sac plastique pour incarner la prolifération des produits jetables, ainsi que le lourd tribut qu’ils font payer à l’environnement ?
Il suffit d’une seconde pour transformer six grammes de polyéthylène d’origine pétrolière en un sac plastique des plus banals – par extrusion-gonflage – mais l’on estime à plusieurs centaines d’années le temps nécessaire à sa dégradation dans la nature, lorsqu’il y termine sa course. Si les plus évidentes considérations écologiques ne font pas mouche, le problème de l’origine pétrolière de la grande majorité des sacs plastiques oblige les industriels et les scientifiques à se tourner vers des alternatives biosourceés, biodégradables (fragmentables) et surtout renouvelables, alors que l’on estime que la production de pétrole est amenée à diminuer dans les décennies à venir.
L’université de Caroline du Sud a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice, en développant à son tour un nouveau matériau plastique écologique. Le polymère sur lequel les universitaires américains ont planché prend sa source dans la résine de certains conifères, pins et sapins en tête. Le groupe de chercheurs, dirigé par Chuanbing Tang, professeur de chimie à l’USC, utilise l’essence de térébenthine ainsi que la colophane comme matériaux de départ, exploitant leur richesse en hydrocarbures proche de certains composants du pétrole. L’essence de térébenthine (liquide et odorante) et la colophane (solide et inodore) sont obtenues après purification et distillation de l’oléorésine issue des conifères.
Si les matériaux de départ sont riches en hydrocarbures (peu importe qu’ils proviennent du pétrole ou de résine végétale), ils peuvent être convertis en polymères : on parle alors de… polymérisation. « Les polymères d’origine renouvelables souffrent actuellement de performances inférieures, en comparaison aux performances réalisées par les polymères dérivés du pétrole », explique Chuanbing Tang. Pas de surprise : fruits de plus d’une centaine d’années de recherche et de découvertes, ces derniers (le plexiglas, le PVC, le polycarbonate et tant d’autres…) sont de véritables succès scientifiques, mais la polymérisation et le développement de matières plastiques biosourceés issues de matériaux renouvelables n’en sont, eux, qu’à leurs balbutiements. Et ces premiers pas sont pour le moins prometteurs.
« Les molécules dérivant du bois sont une source importante de composés aliphatiques cycliques et d’hydrocarbures aromatiques, dont les résultats sont plus que probants après polymérisation », continue-t-il, avant de conclure : « Leur structure moléculaire rigide ainsi que leur hydrophobie sont particulièrement appréciés des scientifiques », car ce sont des matériaux qu’ils peuvent travailler avec aisance. Autre avantage : à la fin de leur cycle de vie, ces polymères biosourcés retrouvent leurs affinités avec certains microbes et bactéries, favorisant ainsi le processus de biodégradabilité. Et se décomposent rapidement dans la nature pour peu que, épris d’un artificiel sentiment de liberté, ces polymères y finissent leur course.
Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique
Les formations Techniquesz de l’Ingénieur :
D’ordinaire l’analyse de notre haleine se limite au seul contrôle d’alcoolémie. Voire dans un autre cas de figure, elle peut aller jusqu’à la demande à des amis compréhensifs de juger de notre bonne haleine avant un rendez-vous.
Désormais la donne pourrait bien changer. Une équipe de chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich vient en effet d’expérimenter durant une semaine un spectromètre de masse sur onze volontaires.
Concrètement, l’expérience vise à déterminer les informations contenues au niveau de l’air que nous expirons par le biais du spectromètre, un appareil de mesure de proportion d’éléments chimiques.
L’air provenant de nos poumons et que nous expulsons à chaque instant est composé de nombreuses molécules spécifiques. Et, fait remarquable, les échantillons analysés par le spectromètre indiquent que l’haleine de chaque individu présenterait des caractéristiques uniques.
Qui plus est, sur les neuf jours de test, les éléments perçus ainsi que leur proportion se sont révélés stables malgré les variables liées aux habitudes alimentaires. D’où cette conclusion, le souffle permettrait d’identifier une personne.
Alors le prochain film d’espionnage intégrera-t-il en sus de l’éternel contrôle rétinien, une authentification par l’haleine ? Plus sérieusement, cela deviendra-t-il le nouvel outil des médecins ?
Car, le programme présente bien des avantages. Imaginez qu’il suffise de souffler pour obtenir un diagnostic médical, le gain de temps serait considérable.
Plus d’attente, les résultats sont instantanés. Les réfractaires aux aiguilles, échappant ainsi à la prise de sang, accueilleraient à bras ouverts une telle nouvelle. Les policiers détecteraient plus rapidement les consommateurs de drogues. La lutte contre le dopage chez les sportifs prendrait certainement une nouvelle tournure. Et les médecins, informés de possibles carences ou maladies par ce procédé, ajusteraient immédiatement leur avis.
Pour l’heure, les résultats de l’étude s’avèrent positifs et encourageants.
Pour autant, le chemin menant à la généralisation de diagnostics par ce système lors des bilans médicaux est encore long. Cette pratique est pourtant courante en Chine.
Mais il faudra attendre des appareils de taille réduite pour que ceux-ci s’établissent dans les cabinets de consultation.
Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique
Découvrez notre offre de formation : |
Cette semaine dans la revue du Web :
Primer-V4, le robot funambule du docteur Guero ;
PETMAN, la combinaison chimique et le camouflage en mouvement vus par la Boston Dynamics ;
Chauffage par induction : faire fondre un cylindre de métal à l’aide d’un électroaimant ;
Combat de Titans : Mastic magnétique vs. aimant permanent ;
Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Shippo », une queue de chat contrôlée par la pensée ;
Bonus : votre tête coiffant un distributeur de bonbons PEZ.
Alors que bon nombre d’entre nous se battent jour après jour contre les différentes formes de vertiges, la simple idée de se balancer sur un fil suspendu au-dessus du vide en essayant de trouver l’équilibre en ferait forcément pâlir plus d’un.
Pour débuter cette quarante-troisième Revue du Web, laissez-vous bluffer par les talents d’équilibriste du petit robot de la vidéo suivante, mis au point par un habile touche-à-tout japonais se faisant appeler « docteur Guero », de son vrai nom Masahiko Yamaguchi.
Le petit robot humanoïde évolue très précautionneusement sur un fil d’acier de quatre millimètres d’épaisseur, prenant le temps de faire de menus ajustements afin de pouvoir rester en équilibre, et donnant l’impression de glisser petit à petit sur le fil métallique.
Pour concevoir « Primer-V4 », le docteur Guero s’est servi d’un robot humanoïde en kit (répondant au doux nom de Kondo KHR-3HV, en vente pour 1800 dollars environ) qu’il aurait méticuleusement amélioré pour le rendre capable d’une telle prouesse.
Parmi les modifications figurent des rainures sur la base des pieds pour donner à Primer-V4 une prise sur la corde, ce qui est de bonne guerre et imite ainsi la manière dont un funambule peut se servir de ses orteils pour assurer sa prise. Les bras du robot bougent en fonction des indications données par un capteur d’inclinaison, d’un côté ou de l’autre de la corde.
Le docteur Guero s’était déjà fait remarquer il y a plus d’un an lorsqu’il avait présenté un petit cycliste robotique chevauchant son vélo sans frein (mais qui pouvait s’arrêter en dégageant ses pieds des pédales et en les posant à terre), que vous pouvez revoir dans la seconde vidéo.
La Boston Dynamics ne chôme pas… La prolifique société américaine, forte du prestige que lui accorde ses différents poulains (Alpha Dog, Big Dog, Proto PET), ne cesse de nous surprendre par la qualité de son travail ainsi que par la cadence infernale à laquelle elle améliore ses petits protégés.
PETMAN (acronyme de Protection Ensemble Test MANnequin) est un humanoïde bipède anthropomorphe conçu pour tester en mouvement les performances des prototypes de combinaisons de protection chimique, qui seront utilisées plus tard par les soldats américains lors de conflits ou lors de certaines situations à risque de contamination élevée, impliquant l’utilisation d’armes chimiques.
Les habituels mannequins inanimés ne semblent pas suffisants pour effectuer des tests probants en conditions, comme peut le souligner le Département de la Défense américain.
Non seulement PETMAN marche comme un être humain, en déroulant son pied à partir du talon, mais il peut également effectuer toute une série de mouvements et de postures aux accents humains proprement déroutants, afin de tester la combinaison dans des situations crédibles.
Il possède des capteurs dont le but est de détecter la moindre intrusion d’agents chimiques à travers la tenue de protection, il maintient une température de 37 degrés à l’intérieur de l’ensemble, et pousse même le vice jusqu’à disposer de son propre système de sudation, créant ainsi un micro-climat dans la combinaison.
« Nous avons mis au point PETMAN, de la planche à dessin au robot qui marche, en huit mois seulement », fanfaronne à juste titre Marc Raibert, qui a fondé la Boston Dynamics en 1992.
PETMAN est développé par sa société en collaboration avec le fabricant de robots à usage militaire Foster-Miller, le Jet Propulsion Laboratory (coanimé par la NASA), Trelleborg Sealing Solutions (qui fournit les joints compacts haute performance, la Harvard University Concord Field Station et financé par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires.
Faire fondre certains métaux n’est pas chose particulièrement mal aisée, et le passage de l’état solide à l’état liquide peut se faire en peu de temps et avec peu de moyens. L’art et la manière, par contre…
Dans la vidéo qui suit, c’est bien la méthode utilisée qui nous intéresse. Un internaute russe a posté sur youTube la vidéo d’une expérience réalisée à la maison, impliquant un petit cylindre de 3 grammes de métal qu’il identifie comme de l’aluminium – bien que cela ne soit que très peu probable – et un électroaimant utilisant une puissance de 1.6 kW.
L’électroaimant fait flotter le cylindre métallique, qui baigne alors littéralement dans un champ électromagnétique.
La perte des courants de Foucault dans le cylindre conducteur produit de la chaleur dans celui-ci, par effet Joule, principe même du chauffage par induction. Le cylindre perd peu à peu sa forme au fur et à mesure que la température monte, dépassant allègrement son point de fusion et jusqu’à atteindre les 1200 °C, selon notre scientifique amateur.
Le cylindre n’est alors plus qu’une boule de métal en fusion, flottant toujours au milieu de la bobine. Notre ami russe coupe alors le courant alimentant celle-ci, laissant le métal se répandre enfin en une flaque qui durcit rapidement.
Continuons encore un peu avec les aimants, mais cette fois-ci passons à un aimant permanent. La vidéo qui suit est un time-lapse de plus d’une heure et demie condensée en cinquante-trois secondes, montrant comment le « Magnetic Putty », du mastic magnétique – un gadget disponible ici (thinkgeek.com/product/5ac8/) – engouffre littéralement un aimant d’un alliage de néodyme fer bore (structure cristalline tétragonale de formule Nd2Fe14B).
L’alliage de néodyme fer bore est celui qui est le plus souvent utilisé pour les aimants en terres rares, car le néodyme augmente de manière significative les capacités électromagnétiques des aimants, mais est relativement fragile et trop malléable. On retrouve d’ailleurs de grandes quantités de néodyme dans les alternateurs des éoliennes à forte puissance.
Le mastic magnétique, bien qu’il ressemble à du mastic ordinaire, est imprégné de millions de particules ferreuses de l’ordre du micron (de la poudre d’oxyde de fer), ce qui ne le rend pourtant pas magnétique pour autant. C’est la présence du cube aimanté qui magnétise les particules ferromagnétiques du mastic, qui s’alignent et génèrent des pôles magnétiques. Le mastic va alors engloutir peu à peu le petit cube, pour enfin tenter de se répartir le plus régulièrement possible autour de celui-ci. La photo se trouvant après la vidéo nous montre le résultat, « plusieurs heures plus tard ».

Pour conclure notre quarante-troisième Revue du Web, nous vous présentons le gadget (inutile ?) de la semaine : « Shippo », projet de la société japonaise Neurowear, est un appendice caudal contrôlé par la pensée qui vous permet d’illustrer votre état d’esprit à travers le mouvement expressif de ce nouvel organe à poils longs.
Un récepteur d’ondes cérébrales – les ondes alpha – interprète les données reçues et actionne dans la foulée le moteur contrôlant l’accessoire. « Shippo » (qui signifie « queue » en japonais) se mettra alors à frétiller de manière frénétique lorsque l’utilisateur ou l’utilisatrice sera heureux ou dans un état proche de l’excitation.
En parallèle, une application de géolocalisation partage vos humeurs en temps réel via les réseaux sociaux, et vous permet même de repérer sur une carte d’autres utilisateurs.
Les Nippons de Neurowear ne sont pas des nouveaux venus dans la Revue du Web, nous vous en parlions déjà ici (techniques-ingenieur.fr/actualite/revue-du-web-8-les-videos-de-la-semaine) il y a quelques mois, lors de la présentation de « Necomimi », des oreilles de chat contrôlées elles aussi par la pensée.
Il devient alors intéressant de voir qu’une technologie aussi avancée que ces capteurs d’ondes peuvent déboucher sur un accessoire de mode au summum de la futilité.
Le jeu de l’actrice présentant le prototype, d’une grande maîtrise et tout en sobriété, ne gâchera en rien votre plaisir.
En bonus de notre Revue du Web, nous vous proposons un doux (et sucré) voyage dans le temps.
Vous vous souvenez probablement des bonbons PEZ, ces petites briques sucrées plutôt banales mais rendues populaires par les petits « distributeurs » mécaniques dans lesquels elles se trouvaient – et se trouvent encore, la marque existant toujours – placées ?
Ces distributeurs, si chers à notre enfance et objets de culte pour de nombreux collectionneurs, se présentent sous la forme d’une petite tourelle rappelant un petit peu un chargeur de pistolet, dans lesquels les petites sucreries géométriques sont empilées les unes sur les autres.
Le chargeur est surplombé d’une tête – le plus souvent celle d’un héros de dessin animé – qui dissimule la sortie du distributeur et donc, le bonbon. Enfin, un système simple de ressort permet de pousser vers le haut et de maintenir le petit PEZ au niveau de la sortie du distributeur.
Hot Pop Factory, un atelier de création de bijoux imprimés en 3D, s’est alors proposé de remplacer la fameuse tête coiffant le distributeur… par la vôtre. Aidés par une caméra de type Kinect, le système ReconstructMe – un outil logiciel de reconstruction 3D en temps réel – et avec un peu de débrouille, nos jeunes créateurs sont parvenus à leurs fins !
Voici une vidéo de la capture 3D d’un visage par Hot Pop Factory, puis quelques photos pour avoir une idée du rendu.
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
Par Moonzur Rahman
Les Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) représentent aujourd’hui 99 % des capacités de stockage de l’énergie électrique dans le monde selon l’Electricity Storage Association, capacités de stockage qui représentent 3 % de la puissance des centrales électrique installée dans le monde. Le principe de fonctionnement des STEP est simple : en période d’excès de production électrique, de l’eau est pompée depuis un bassin bas vers un bassin haut. A l’inverse, quand la production électrique est inférieure à la demande, l’eau redescend ce qui permet de générer de l’électricité part turbinage.
Dans les bases documentaires |
Parallèlement à la montée en puissance des énergies renouvelables fluctuantes comme l’éolien et le solaire, la demande en outils de flexibilité permettant de les intégrer va croissante. C’est dans ce contexte qu’a été fondée en 2010, à Santa Barbara, la start-up ARES (Advanced Rail Energy Storage) par William Peitzke, un expert de l’énergie, sur la base d’un concept qu’il a élaboré avec 5 autres ingénieurs. Ils ont développé ensemble une approche originale : au lieu de pomper de l’eau, ne serait-il pas pertinent de faire monter tout simplement des wagons chargés de matériaux trois fois plus denses que l’eau ? Et de les faire redescendre ensuite quand le réseau électrique manque d’électricité.
L’entreprise est aujourd’hui dirigée par James Kelly, un ingénieur qui a construit de nombreuses STEP, qui a été auparavant vice-président de la branche transmission et distribution du géant Southern California Edison (SCE), et ainsi le gestionnaire d’un réseau électrique de transmission et distribution totalisant plusieurs centaines de milliers de kilomètres de lignes électriques.
Le rendement énergétique d’un cycle complet de pompage/turbinage est de 75 à 80 %.
« Le système développé par ARES intègre les progrès récents en matière de générateurs/moteurs et de l’électronique de puissance permettant de les contrôler » indique James Kelly. « Un rendement de 78,3 % est ainsi atteint » sur un cycle complet de montée/descente du train. Les données avancées par ARES ont été validées par Southern California Edison ainsi que par plusieurs experts des transports ferroviaires de charges lourdes et des experts en réseaux électriques. Des études ont également été menées par des spécialistes des questions environnementales et des aspects économiques des systèmes de stockage de l’énergie. Un software de même nature que ceux utilisé par les compagnies ferroviaires est utilisé pour gérer la circulation des trains et un système électronique embarqué permet de gérer la circulation de l’électricité dans le sens réseau/navette ou navette/réseau et de communiquer avec le cerveau de la centrale.
D’après la start-up, le coût de l’investissement dans une centrale ARES est 40% meilleur marché que celui d’une STEP équivalente. Il en résulte que « sur la base d’un cycle complet de charge/décharge par jour, ARES a le coût nivelé (LCOE) par kWh le plus bas comparativement aux autres technologies » affirme James Kelly. Dans le domaine du stockage de grande capacité, « ARES est la première alternative viable aux STEP ». De plus la solution ARES ne requiert pas une seule goutte d’eau douce, point non négligeable pour de nombreuses régions du monde où cette ressource devient de plus en plus rare et précieuse. Et elle peut être mise en place partout où une pente de 7 à 8% est disponible sur quelques kilomètres : les sites adaptés sont pléthore dans le monde.
La technologie ARES n’offre pas que des services de stockage de l’énergie mais aussi d’aide au réseau électrique (« ancillary services » dans le jargon des gestionnaires de réseau) : inertie pour réseau en remplacement des centrales thermiques qui ferment parallèlement à la montée de l’éolien et du solaire, régulation de la tension et de la fréquence à la hausse et à la baisse, spining reserves, etc. Basculer du mode charge au mode décharge ne prend que 13 secondes. A El Hierro, où une STEP va assister un parc éolien de 11 MW et permettre à cette île de l’archipel canarien de devenir presque intégralement autonome en énergie, des volants d’inertie ont dû être ajoutés à la centrale hydro-modulable dans la perspective d’équilibrer le réseau électrique. Le passage progressif de l’eau depuis le bassin haut vers le bassin bas s’accompagne d’une baisse de pression. De plus le temps de réaction des conduites forcées d’une STEP n’est pas immédiat, alors que le vent, et ainsi la production électro-éolienne, peut varier brusquement. Ces problèmes disparaissent avec la solution mise au point par ARES.
Pour les applications services au réseau, la puissance possible des centrales ARES s’étale entre 10 MW et 200 MW. Pour les applications stockage de l’énergie, elles peuvent être construites en petites unités décentralisées depuis 100 MW x 2 heures (200 MWh) jusqu’à de grandes unités de 3 GW x 8 heures (24 GWh), par exemple à proximité de très grands parcs éoliens et solaires qu’il est possible d’installer dans les déserts de l’ouest des USA, du Sahara ou de Gobi. Une centrale ARES de 333 MW x 8 heures requiert deux gares (une en haut et une en bas), 3 rails de 12,8 km les reliant, et 70 navettes constituées de 4 wagons, navettes transférant chacune 2 MWh. Il est possible d’adapter les systèmes en fonction des besoins locaux des systèmes électriques. Dans les gares, chaque wagon charge (ou décharge) un container rempli de graviers, ceci via un dispositif automatisé et rapide. La durée de vie du système est estimée à au moins 40 ans sur la base du retour d’expérience des transports ferroviaires.
Au niveau de l’acceptabilité des projets, les trains roulent à faible vitesse (entre 25 et 56 km/h) et font ainsi peu de bruit. Les deux gares de stockage (une en haut et une en bas) peuvent être dissimulées sous une toiture végétale permettant ainsi une très bonne intégration paysagère. L’espace consommé par les deux gares peut également être valorisé grâce à des toitures solaires photovoltaïques.
Une première unité de démonstration est en cours de développement par ARES et l’une des plus grandes compagnies d’électricité de Californie, ceci dans les Monts Tehachapi, entre le désert du Mojave et la vallée de San Joaquin, dans un ranch appartenant à un pionnier de l’industrie éolienne. « Chacun d’entre nous doit agir pour réduire la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles et réduire les émissions de gaz à effet de serre », insiste James Kelly.
« L’énergie et l’environnement sont très liés. La façon dont nous obtenons notre énergie, à partir du pétrole, du gaz, du charbon ou des renouvelables, comme l’éolien et le solaire, n’impacte pas seulement notre environnement, mais aussi notre qualité de vie et le futur de notre planète » renchérit Francesca Cava, membre de l’équipe de direction d’ARES et qui a été auparavant responsable de la commission sur le changement climatique de l’Arctique au sein de l’Institut Aspen, un réseau international d’échanges et de réflexion à but non lucratif et dont le but est « d’encourager l’ouverture sur le monde, la prise d’initiative et l’exercice des responsabilités au service du bien commun » et qui a été fondé en 1950 à Aspen dans le Colorado. Pour Francesca Cava, « le stockage d’énergie par ARES permet d’optimiser l’usage des énergies renouvelables, de diminuer notre dépendance envers les énergies fossiles, d’atteindre nos objectifs en matière de développement durable et finalement de réduire les impacts qui conduisent au changement climatique ».
Par Olivier Danielo
En savoir plus :
On sait l’importance que joue l’innovation technologique pour un pays, dans la maîtrise de son avenir économique, dans le développement de l’emploi ou encore l’augmentation de ses moyens de production nationaux.
Cette capacité d’innovation repose en grand partie sur la recherche technologique, qui permet à la fois de développer des connaissances et de réaliser des objets techniques, réels ou virtuels, qui seront en usage dans la société.
Aujourd’hui, en France, la recherche technologique publique est réalisée par des grands organismes, des centres techniques, des départements d’ingénierie d’universités ou d’écoles d’ingénieurs… Elle peut être financée en partie par des agences publiques nationales ou régionales, par des fonds européens ou par des contrats avec des entreprises.
Dans ce contexte, il est important de développer des évaluations adaptées aux spécificités de la recherche technologique. Or l’Académie des technologies constate que les évaluations sont trop souvent faites suivant les seuls critères d’excellence scientifique issus de la recherche fondamentale académique, alors que, pour évaluer correctement la recherche technologique, il faudrait aussi considérer la pertinence de ses projets et produits.
Pour mieux appréhender ces deux aspects -qualité scientifique et pertinence des projets, l’Académie recommande une démarche de progrès fondée sur une approche par processus inspirée de la démarche assurance qualité de la norme ISO 9001 , et par ailleurs voisine des préconisations de L’European Association for Quality Assurance in Higher Education.
Il est par ailleurs indispensable qu’une évaluation externe soit réalisée par un panel comprenant des experts ayant une expérience de la recherche et de l’innovation industrielle, des démarches d’assurance qualité et de l’analyse des processus. Il est également souhaitable que des utilisateurs potentiels participent, de façon directe ou indirecte, à l’évaluation.
L’Académie recommande enfin aux organismes de recherche de pratiquer régulièrement des autoévaluations, suivant un protocole élaboré en concertation avec une agence au service des opérateurs publics de recherche.
Avis de l’Académie des technologies
[Télécharger le texte intégral de l’Avis sur l’évaluation de la recherche technologique publique]
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
Formation Ingénieur énergies: les nouvelles pistes d’innovations industrielles
Formation Développer un nouveau produit sur le marché sans risque et sans échec
Si le « continent plastique » dans l’Océan Pacifique, constitué de particules de plastiques regroupées par les courants océaniques, est relativement bien connu, les problèmes causés par ces particules dans les Grands Lacs nord-américains le sont nettement moins.
Une équipe de chercheurs de l’université du Wisconsin Supérieur vient pourtant de présenter des résultats assez inquiétants lors de la 245ème réunion annuelle de l’American Chemical Society.
Il y aurait entre 1 500 et 1,7 million de particules plastiques par mile carré dans les grands lacs. On s’imagine souvent un « îlot de déchets flottants » mais ces particules sont en réalité très petites (85% des échantillons recueillis étaient des microparticules, de taille inférieure à 0,5 cm) et, même en quantités très importantes, elles ne sont pas forcément visibles à la surface.
Les chercheurs ont pu mesurer que le nombre de particules plastiques dans les échantillons recueillis dans les Grands Lacs était 24% plus important que celui des échantillons recueillis dans le sud de l’Océan Atlantique.
La petite taille de ces particules et leur grand nombre augmentent leur « surface totale effective » et donc, indirectement, la quantité de polluants dans l’eau.
En effet, une étude menée l’été dernier par une équipe de chercheurs de l’Université de New York et l’Institut 5 Gyres, un groupe environnemental qui étudie la pollution liée au plastique dans les océans (en particulier dans les gyres subtropicaux, avait également montré des concentrations de toxiques chimiques très importantes.
Il ont notamment remarqué la présence d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, listés parmi les « polluants prioritaires » par l’EPA et l’Organisation Mondiale de la Santé, et des biphényles polychlorés, très toxiques, qui nécessitent plus de 50 ans pour se dégrader dans l’environnement et présentent une menace pour les espèces aquatiques ; ils font partis des Pollutants Organiques Persistants.
Ces espèces sont hydrophobes et se trouvent généralement dans les sédiments, mais, grâce à la présence des composés plastiques, avec lesquels elles peuvent « se lier » et être « absorbées », elles peuvent flotter dans l’eau.
Ce phénomène a également été étudié par une équipe de chercheurs de l’université de San Diego qui ont mesuré les concentrations en polluants chimiques et en plastiques dans des baies proches de centres urbains sur une période de 12 mois.
Ils ont pu montrer une relation entre la présence de particules plastiques et une concentration plus importante des polluants, en particulier pour certains types de plastiques (polyéthylène à haute et basse densité et polypropylène).
Cela présente donc un risque aggravé pour les poissons et le zooplancton, voire même pour les oiseaux, susceptibles de manger ces particules par erreur, ce qui peut causer des problèmes cardiaques ou neurologiques, voire des déformations.
Lorena Rios Mendoza, qui a présenté les résultats de l’étude de l’Université du Wisconsin, a indiqué avoir trouvé des particules plastiques dans les estomacs des poissons.
Le problème n’est donc plus seulement la quantité de plastique qui se trouve dans les océans ou les Grands Lacs mais également la façon dont les particules plastiques intéragissent avec les polluants chimiques.
Le lien entre ingestion de plastiques, transfert chimique toxique et effet sur les espèces marines n’est pas encore clairement établi.
Tout d’abord, la présence de plastiques ne devrait pas en soi augmenter la présence de ces polluants toxiques dans les Grands Lacs, tout au plus ceux-ci pourraient-ils être déplacés depuis les sédiments, en cas de tempête par exemple.
Par ailleurs, certains poissons des Grands Lacs possèdent déjà une certaine quantité de ces polluants dans leurs tissus et il faudrait donc que la concentration de ces polluants dans les particules plastiques ait une concentration supérieure pour réellement avoir un effet.
L’équipe du professeur Mendoza a prévu de continuer à analyser le contenu des estomacs et tissus cellulaires de poissons pour mieux quantifier ces risques. Enfin, les risques présentés par une éventuelle transmission de ces substances aux consommateurs (humains) sont encore à l’étude.
Les Grands Lacs constituent la plus grande réserve d’eau douce du monde, avec une surface de 244 160 km2 et un volume de 22 684 km3 en eaux basses.
C’est également un patrimoine culturel et environnemental, avec de nombreux parcs naturels et plusieurs millions de visiteurs chaque année.
Alors que la production de plastique a augmenté de 500% depuis 1980, la protection des grands lacs semble devenir une nécessité.
Signe encourageant, de nombreux efforts ont été mis en place au niveau des Etats pour lutter contre la prolifération du plastique, notamment pour le recyclage et pour limiter l’usage des sacs plastiques (les Etats de Floride, Hawaii, Maryland, New Jersey, New York, Rhode Island, Vermont, Washington et le District of Columbia ont imposé une taxe, directe ou indirecte, sur les sacs plastiques, voire une interdiction de distribution.
Cependant, ces efforts doivent être généralisés et menés de concert avec le Canada, l’autre pays donnant sur les Grands Lacs, où des initiatives sont également en cours dans certaines villes, notamment à Toronto, ou dans certaines chaînes de magasins, comme Metro.
Source : www.bulletins-electroniques.com
Créée par AgroParisTech, pour une durée de cinq ans, et soutenue par Sofiproteol, Système U et Terrena, trois partenaires qui couvrent l’ensemble de la filière, du producteur agricole au consommateur final, la chaire baptisée « Sustainable Demand-Supply Chain » (SDSC), que dirige Alain Chapdaniel, a pour objet d’analyser et de construire de nouveaux modes de structuration et de pilotage des filières traitant des matières issues du vivant en vue d’en accroître la durabilité.
L’établissement d’enseignement supérieur et de recherche qu’est AgroParisTech entend ainsi placer au coeur de sa réflexion l’analyse des attentes des clients, consommateurs et, plus largement, des acteurs et parties prenantes de la chaîne pour la piloter et l’optimiser durablement.
Un pilotage durable des filières qui s’appuie sur une nouvelle gestion des informations sociales, environnementales et économiques.
En matière de recherche, il s’agira d’analyser la rupture organisationnelle sous-jacente et de proposer des concepts et outils pour mener à bien le changement.
Côté enseignement, l’objectif est d’identifier et de développer les compétences que doivent acquérir les étudiants d’AgroParisTech pour répondre aux offres métiers de ce secteur.
La formation continue, proposée par AgroParisTech Executive, sera enrichie des apports de cette chaire.
« Les préoccupations environnementales, sociales et économiques doivent être considérées comme une opportunité de développement et de compétitivité par les acteurs de l’agroalimentaire, en France et à l’étranger.
Cela suppose de nouvelles stratégies et postures, de nouvelles organisations des flux physiques, informationnels et financiers, et donc de nouvelles relations entre ces acteurs. C’est donc le traitement conjoint et responsable de la demand chain et de la supply chain qui permettra la création de valeurs durables », estime Alain Chapdaniel.
Source : www.bulletins-electroniques.com
Une équipe de scientifiques italiens, dirigée par Alina Polonia de l’Institut des sciences marines du Conseil national des recherches (Ismar-Cnr), a identifié au large des côtes siciliennes, les traces d’un important tsunami, qui a eu lieu en Méditerranée il y a environ 1600 ans.
L’étude, publiée dans la revue du groupe Nature, Scientific Reports, s’est intéressée à une zone sédimentaire marine composée de dépôts grossiers charriés par les courants de densité et atteignant jusqu’à 25 mètres d’épaisseur.
« Le dépôt est connu sous le nom de « mégaturbidité Augias » et occupe une grande partie de la Méditerranée orientale », explique Alina Polonia.
« Plusieurs hypothèses ont été émises pour comprendre son origine; parmi celles-ci, la plus probable serait l’explosion du volcan Thera à Santorin vers 1627-1600 avant notre ère, et qui a mis un terme à la civilisation minoenne.
D’après les études de notre équipe, cet énorme dépôt sédimentaire serait en fait la conséquence d’un tsunami généré par un puissant tremblement de terre en Crète d’une magnitude comprise entre 8 et 8,5 sur l’échelle de Richter ».
Les chercheurs sont arrivés à ces conclusions en analysant de nombreuses données géophysiques et géologiques, « telles que des images acoustiques à haute résolution du dépôt sédimentaire et des carottes sédimentaires extraites à près de 4000 mètres de profondeur ».
Cette découverte a été possible grâce à la grande précision avec laquelle l’âge des dépôts et leur provenance ont été déterminés.
« L’effet conjugué d’un tremblement de terre et d’une vague de tsunami peut en effet charrier une grande quantité de sédiments, provenant de toutes les zones côtières touchées, et déposée par la suite à l’endroit le plus profond du bassin ».
Cette théorie est confirmée par le témoignage du romain Ammiano Marcellino (330-397 av. J.-C.) selon lequel des vagues immenses ont pénétré les terres faisant des milliers de victimes près de la ville d’Alexandrie, à 700 km de l’épicentre.
Les chercheurs ont également découvert des traces d’événements similaires ayant eu lieu auparavant, ce qui suppose que le tremblement de terre de l’an 365 av. J.-C. n’ait pas été l’unique en méditerranée. « Les analyses radiométriques nous permettent de déterminer une période d’occurrence de 15.000 ans », assure Alina Polonia.
Source : www.bulletins-electroniques.com
Publié par Iris Trahin
NTT DOCOMO, le leader japonais du marché mobile, a annoncé la sortie de « Tap-de-Concier » : une application smartphone intelligente permettant de rendre l’utilisation de l’appareil plus intuitive et rapide. L’application utilise les données enregistrées par le téléphone sur les habitudes des utilisateurs, l’historique des opérations et les statistiques sur les services utilisés pour proposer des informations pertinentes selon la location et l’heure. La période d’essai de l’application a débuté le 26 mars 2013 et terminera le 30 septembre prochain.
Ce service, disponible en japonais uniquement, peut être téléchargé gratuitement sur le Google Play et le portail DOCOMO dmenu. L’application est compatible avec les téléphones DOCOMO utilisant une version Android OS 2.3 ou supérieure.
Lorsque l’utilisateur lance l’application « Tap-de-Concier », celle-ci lui propose uniquement des services censés lui être utiles à un moment et un lieu donné. L’application effectue des prédictions basées sur l’analyse des tendances du portail DOCOMO dmenu, l’historique de l’application « Tap-de-Concier » et les statistiques de Shabette Concier (le service vocal de DOCOMO) pour sélectionner les fonctions ou services à proposer à l’utilisateur. Les informations proposées par les fonctions et services sélectionnés sont adaptées spécifiquement aux besoins de l’utilisateur en corrélation avec l’heure et le lieu où il se trouve.
Par exemple, l’application enregistre le moment de la journée où l’utilisateur quitte son travail et elle lui propose automatiquement une liste de destinations que l’utilisateur peut sélectionner – lui indiquant le trajet idéal en transport en commun. Autre exemple, pour un utilisateur lisant fréquemment des recettes de cuisines au moment du dîner, l’application lui proposera des recettes en début de soirée. Habituellement, l’utilisateur sélectionne individuellement les fonctions et services à utiliser, cette nouvelle application simplifie l’utilisation du téléphone en proposant des informations sélectionnées intuitivement.
Le service fonctionne pour l’instant avec huit fonctions de l’appareil : phone, mail, memo, alarm, timer, calendar, camera and music player. Il fonctionne également avec 15 services en ligne : transit, maps, weather, location guide, restaurants, recipes, videos, music, images, app searches, games, ebooks, tweet searches, news et Wikipedia.
DOCOMO utilisera les retours sur l’application pour améliorer et corriger le service avant son lancement commercial.
Source : bulletins électroniques
Une entreprise dérivée de l’Université de Toronto lance un clavier intelligent et très petit. Ce clavier libère de l’espace sur les écrans, tout en permettant une saisie rapide et précise. Cette technologie, appelée Minuum, a été développée par la start-up Whirlscape Inc. créée par un professeur et un ancien étudiant de l’université.
Une campagne de financement sur Indiegogo a été lancée la semaine dernière pour le développement du produit. Cette campagne a attiré l’attention des médias (TechCrunch, CBC News, TechCrunch Japan, Toronto Standard et Mobile Syrup) et le double de la somme initialement souhaitée a été récoltée dès la première journée. Minuum utilise un algorithme d’auto-correction spécialisé et breveté, corrigeant la saisie même très imprécise. Cet algorithme, issu de la recherche des fondateurs de Whirlscape, configure en temps réel la différence entre ce qui est saisi et ce qui est pensé, avec une exactitude telle qu’il est possible de ne pas entrer une seule lettre correctement.
D’après un communiqué du CEO de Whirlscape : « Alors que nos appareils mobiles deviennent de plus en plus rapides et intelligents, le clavier a traversé le 21è siècle sans être radicalement modifié par rapport à l’époque des machines à écrire ; aujourd’hui, nous sommes bloqués avec des claviers qui couvrent la moitié de l’espace des écrans de téléphones tactiles, mais qui ne compensent pas la place qu’ils prennent par leur précision. Notre découverte a été de réaliser que nous pouvions minimiser le clavier tout en conservant sa précision. »
Le clavier pour écran tactile Minuum n’est que la première étape du projet Minuum, qui souhaite simplifier le mode de saisie de tous les appareils mobiles et portables. La première application de cette technologie est pour les téléphones intelligents et les tablettes tactiles, mais ses capacités ont été pensées pour être appliquées à d’autres appareils et en particulier des claviers souples et intégrables à des objets divers. La version bêta du clavier Minuum sera disponible pour être testée gratuitement par les journalistes technologiques dès juin 2013.
Whirlscape a été fondée en 2012 grâce aux financements du programme University of Toronto Early Stage Technology et MaRS Innovation.
Source : bulletins électroniques
L’entreprise Canon (Inc.) a annoncé avoir développé un nouveau capteur dotée d’une sensibilité à la lumière telle qu’il permettrait d’enregistrer des vidéos dans des conditions lumineuses extrêmes.
Ce nouveau capteur exclusivement dédié à l’enregistrement de vidéos est un capteur CMOS 35 mm « full-frame » qui a la particularité d’être à la fois très sensible à la lumière et de produire une qualité d’image épurée de bruits parasites. Cette nouvelle technologie permet l’enregistrement de vidéos en haute définition (HD) dans des environnements faibles en lumière, jusqu’à 0.03 lux ou environ la luminosité d’une lune croissante – une luminosité tellement faible qu’il est difficile de distinguer des objets à l’oeil nu.
Chaque pixel du capteur mesure 19 microns au carré, soit plus de 7.5 fois la taille des pixels des capteurs CMOS des meilleures caméras actuellement sur le marché. Un nouveau procédé de réduction de bruit est employé dans le capteur afin de limiter l’impact de l’augmentation de la taille des pixels. En effet, la quantité de bruit est proportionnelle à la taille des pixels, dégradant considérablement la qualité de l’image.
L’entreprise a créé un prototype permettant de tester le capteur et elle a publié plusieurs vidéos sur son site internet démontrant sa puissance. Plusieurs démonstrations sont proposées : une comparaison entre un capteur puissant actuel et le nouveau capteur sur une vidéo de la voie lactée, une vidéo de la pluie de météorite Geminid et une vidéo de l’intérieur d’une pièce éclairée uniquement par trois bâtons d’encens (soit entre 0.01 et 0.05 lux).
L’entreprise souhaite développer des équipements utilisant ce capteur dans le domaine de l’astronomie, de l’observation de la nature, de la recherche médicale, ainsi que de la surveillance électronique. L’entreprise Canon Marketing Japan Inc. a exposé ce nouveau prototype et les vidéos enregistrées lors du « Security Show 2013 » qui a eu lieu du 5 au 8 mars 2013 à Tokyo Big Sight.
Source : bulletins électroniques
Publié par Pierre THOUVEREZ
28/03/2013
Le 28/03/2013, deux nouvelles propositions ont été soumises pour la classification et l’étiquetage harmonisés. Les substances concernées sont le bendiocarb (ISO); (2,2-dimethyl-1,3-benzodioxol-4-yl N-methylcarbamate) et le (Z)-N-{3-[(6-Chloro-3-pyridinyl)methyl]-1,3-thiazolan-2-yliden}cyanamide.
Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/web/guest/registry-of-submitted-harmonised-classification-and-labelling-intentions
Une nouvelle intention a été ajoutée le 26/03/2013 pour une proposition d’une substance extrêmement préoccupante. Il s’agit du Trixylyl phosphate. Les commentaires sont à soumettre pour le 5 août 2013.
Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/web/guest/registry-of-current-svhc-intentions
02/04/2013
Afin de soutenir pleinement la préparation des demandes en vertu du règlement sur les produits biocides, qui entrera en vigueur le 1er Septembre 2013, de nouveaux types de dossiers ont été créés dans IUCLID 5.5. Ils peuvent être utilisés pour la préparation de demande d’approbation d’une substance active ou d’autorisation d’un produit biocide en vertu du nouveau règlement.
Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/iuclid-now-also-ready-for-biocidal-products-regulation
Le rapport 2012 du Helpdesk REACH/CLP est aujourd’hui disponible sur :
05/04/2013
En date du 5 avril 2013, 1 464 substances ont été enregistrées pour l’échéance REACH du 31 mai 2013. Pour suivre l’avancée des enregistrements : http://echa.europa.eu/reach-2013/registration-progress
10/04/2013
L’ECHA organise le 17 juin prochain, un séminaire sur les demandes d’autorisation spécifiquement conçu pour les futurs candidats à l’autorisation. L’objectif de ce séminaire est d’augmenter la compréhension globale de la procédure de demande d’autorisation à travers des présentations et des échanges En raison de contraintes d’espace, les participants seront sélectionnés par un processus qui ouvrira ses portes le 17 Avril. La priorité sera donnée aux futurs candidats qui n’ont pas eu la chance de participer à de précédents séminaires similaires. L’ECHA publiera bientôt des informations sur son site web.
En prévision de la date d’application du règlement sur les produits biocides, le 1er Septembre 2013, la Journée des parties prenantes vise à donner des informations sur la nouvelle réglementation Biocide pour que les entreprises soient conscientes de leurs rôles, et des outils pour les aider à s’acquitter de leurs obligations. L’événement sera organisé à Helsinki, dans les locaux de l’ECHA. Un ordre du jour provisoire et le lien d’inscription seront publiés d’ici la fin Avril sur le site de l’ECHA.
Plus d’information sur http://echa.europa.eu/web/guest/view-article/-/journal_content/2a841ed1-7761-479d-91a8-3e439a11ebbb
Cette conférence abordera des éléments sur la façon de soumettre des informations sur les substances chimiques dans le dossier technique de l’ECHA en conformité avec REACH.
Plus d’informations sur : http://echa.europa.eu/support/training-material/webinars
Présentations du Webinar « Quand et comment les utilisateurs en aval déclarent-ils à l’ECHA ? »
Les présentations de cette conférence en ligne ont été mises en ligne sur le site de l’ECHA. Pour les retrouver : http://echa.europa.eu/support/training-material/webinars/closed
Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval
Découvrez les fiches pratiques de Techniques de l’Ingénieur :
Participez aux formations Techniques de l’Ingénieur :
Jusqu’alors,Toxev permettait deux types d’accès aux données : celui de l’administrateur, ayant accès à l’ensemble des opérations pour l’ensemble des données, et celui du consultant, ne pouvant ni modifier les données en inventaire ou évaluation, ni lire les données d’exposition en traçabilité.
L’administrateur peut désormais créer lui-même différents types de profils pour ses collaborateurs*, aux droits d’accès à la carte : une ou plusieurs entreprises, une ou plusieurs entités, tout ou partie des fonctionnalités de Toxev.
Toxev gagne en réactivité : lorsque vous modifiez un produit, entrainant un changement du niveau de danger, une alerte apparait, et les évaluations préalables sont automatiquement mises à jour. Toxev vous rappelle alors la nécessité de vérifier la volatilité du nouveau produit, et de mettre à jour la traçabilité de l’exposition de ses utilisateurs.
Concernant le rattachement des fiches de données de sécurité en PDF, si la gestion au sein des répertoires PDF de Toxev est conservée, il sera désormais possible d’importer des fichiers depuis votre poste de travail.
Est également ajoutée une fonction d’attachement de fichier à chaque situation d’exposition, de quel format que ce soit.
Cette nouvelle version intègre dans la liste des substances celles inscrites à l’annexe XIV REACH, ainsi que celles incluses dans la liste candidate.
Parallèlement, la taille des pictogrammes des étiquettes y est modifiée, afin de correspondre aux dimensions minimales d’étiquettes définies dans la deuxième ATP du CLP.
Vous pourrez enfin dans cette nouvelle version intégrer un copier/coller des situations d’exposition, via une fonction ad hoc.
La gestion des contrôles techniques relevant du décret du 15 décembre 2009 se fait avec la version 3.1.0 de Toxev au sein du volet traçabilité, et non plus dans le volet évaluation, respectant ainsi l’esprit de la définition des GEH.
Par ailleurs, les salariés peuvent maintenant être rattachés à un GEH, simplifiant ainsi la gestion des fichiers d’exposition, mis automatiquement à jour lorsque le GEH de rattachement est modifié. Les GEH sont également éditables sous forme de catalogues.
L’accès par un utilisateur à ses seules données personnelles de traçabilité peut être limité lorsque le dispositif de contrôle est actif.
Dernier point, bien pratique : une fonction de vérification d’homonymie est ajoutée, en cas d’ajout d’un salarié au GEH.
Les innovations portées à la version 3.1.0 ne s’arrêtent pas là. Ainsi, en cas d’utilisation concomitante du même fichier par plusieurs utilisateurs, une notification apparaît désormais. Cette solution permet d’éviter les pertes de données dues à l’utilisation simultanée du même fichier par plusieurs personnes, le deuxième utilisateur étant alors par défaut en mode consultant.
A l’instar du système de sauvegarde des fichiers d’inventaire, les fichiers d’exposition et fichiers GEH sont dans cette nouvelle version sauvegardés.
Enfin, cette nouvelle version de Toxev est enrichie des outils VLEP-Liste conversion PPM et VLEP- contrôle technique diagnostic, déjà disponibles indépendamment de Toxev en téléchargement gratuit sur le site de Techniques de l’Ingénieur :
VLEP-Liste conversion PPM liste les valeurs limites d’exposition professionnelle selon la législation en vigueur, et permet la conversion entre partie par million (PPM) et milligramme par mètre cube, selon des conditions de température et de pression données.
VLEP – contrôle technique diagnostic permet, à partir des résultats des prélèvements d’air des lieux de travail pour un groupe de travailleurs exposés homogène (GEH), d’établir le diagnostic de dépassement/non dépassement de la valeur limite d’exposition professionnelle en application de la méthode de détermination décrite dans l’arrêté du 15 décembre 2009.
*Fonction uniquement disponible en version Premium.
Bruno Decottignies
NOUVEAU

Découvrez RiskEV : le nouveau logiciel d’évaluation et de gestion des risques professionnels.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un avis sans ambiguïté concernant la nocivité du Bisphénol A.
Plus particulièrement, l’étude identifie les risques pour les enfants à naître, c’est-à-dire exposés in utero.
Non pas que le bisphénol A (BPA) ne soit pas nocif pour l’homme en général, mais la base de données disponibles n’est pas suffisante pour établir clairement les effets sanitaires sur les autres populations.
La nocivité du BPA pour le fœtus est importante puisqu’elle majore le risque pour l’enfant de développer plus tard un cancer du sein.
Dans son rapport, l’Anses précise que « Les effets retenus sont caractérisés par une augmentation du nombre de structures épithéliales indifférenciées associée à une augmentation de la sensibilité de la glande mammaire à la transformation tumorale ».
En revanche, les risques en termes de troubles du comportement, de défauts de l’appareil reproducteur pour les filles ainsi que d’obésité sont qualifiés de « négligeables ».
Pour établir l’impact du BPA, l’Anses s’est évidemment appuyé sur les études scientifiques existantes. Mais l’Agence ne s’est pas limitée à faire de la bibliographie, elle a pratiqué de nombreuses mesures pour déterminer le degré d’exposition ainsi que les sources les plus importantes de pollution : air, aliments, eau (distribuée en réseau ou conditionnée), poussière de logement et tickets thermiques.
Ainsi, la première source identifiée est l’alimentation. Cela représente 84% de l’exposition interne pour la femme enceinte.
En effet, le BPA est très répandu dans les contenants alimentaires, comme les canettes et les boites de conserve (légumes, plats composés et produits à base de viande et de poisson). Utilisé à l’intérieur des boites, il est directement en contact avec les aliments. L’Anses a identifié une autre source de contamination que sont les bonbonnes en polycarbonate.
L’eau ainsi conditionnée « peut contribuer à une augmentation conséquente de l’exposition interne au BPA et pourrait, ainsi ajoutée aux autres expositions, entraîner un risque «additionnel» pour l’enfant à naître de la femme enceinte exposée » met en garde l’Anses.
Le deuxième facteur d’exposition est les tickets de caisse. Cette source d’exposition externe est problématique pour les caissières ou toute femme enceinte manipulant ce type de tickets quotidiennement.
L’éviction du BPA est donc vivement recommandée par l’Agence française.
Le seul petit bémol est qu’à ce jour, les candidats au remplacement du BPA sont… du Bisphénol ! B, F, S ou M, ces bisphénol ne peuvent servir de substituts « sains » puisqu’ils contiennent une structure chimique similaire, susceptible de provoquer les mêmes dérèglements que le BPA.
« A l’issue de ces travaux, aucune alternative ne se distingue pour être utilisée pour tous les usages du BPA.» conclue d’ailleurs l’Anses.
Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
Découvrez notre offre de formation Risque chimique : |
Le diesel émet des particules fines et du dioxyde d’azote. Il a été classé « cancérogène certain » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en juin 2012.
Actuellement, l’écart de fiscalité entre le gazole et l’essence est de 17 centimes d’euros, en faveur du gazole contre 12 centimes/L en moyenne dans l’Union Européenne des 27. En ajoutant les trois centimes de TVA, l’écart total s’élève à 20 centimes.
Avec ce différentiel, le manque à gagner pour l’Etat s’élèverait à six milliards d’euros par an. Un montant qui mérite que l’on s’intéresse réellement à la question !
En France, le marché des carburants s’élève à environ 50 millions de m3, dont 40 millions pour le gazole. Sur l’ensemble des carburants produits, les raffineries ne peuvent pas produire plus de 50% de gazole.
« Nous sommes obligés d’importer la moitié du gazole que nous consommons », affirme Bruno Ageorges, secrétaire général de l’exploration – production à l’UFIP. En contrepartie, « on importe plus de 35% des essences que l’on produit », ajoute-t-il.
Pour des raisons de santé publique, d’environnement et de facture pétrolière, il convient donc de diminuer l’utilisation du diesel et diminuer l’écart de fiscalité qui l’avantage.
« Le Comité est donc d’avis que la réduction progressive de l’écart de taxation entre le gazole et l’essence est justifiée sous l’angle environnemental. Il demande que les services de l’Etat mettent à l’examen différents scénarios de réduction de cet écart, avec une évaluation complète des impacts d’un tel réalignement fiscal sur les ménages et les entreprises les plus touchés, afin d’identifier les mesures d’accompagnement à mettre en place », précise le projet d’avis.
Le vrai défi est de réussir à faire évoluer la fiscalité avec des mesures qui accompagnent l’ensemble des acteurs sans pénaliser les constructeurs automobiles français, très investis dans le diesel, et les consommateurs français.
Le casse-tête est posé. Pour le résoudre, certains acteurs proposent, par exemple, une prime à la conversion, sous condition de ressources. La hausse de la fiscalité pourrait aussi être attribuée à un fond de mobilités alternatives pour accompagner les changements de comportement.
Les immatriculations de véhicules diesels représentent encore plus de 72% des immatriculations de véhicules neufs en France. Le parc automobile national est diesel à près de 60%. La part du gazole dans le total des consommations de carburants dépasse 80%, contre moins de 70% dans l’UE 27.
UFC Que-Choisir a mené une étude sur les raisons motivant les achats de véhicules neufs chez les particuliers. L’association montre que la décision d’achat repose avant tout sur le prix d’achat du véhicule neuf et le budget carburant associé. Beaucoup de personnes ne prennent pas en compte les postes d’entretien et d’assurance. Or, l’étude a montré que les personnes ne roulaient généralement pas suffisamment pour amortir la différence de prix d’achat de leur véhicule.
Si des mesures sont décidées, elles n’entreront en vigueur qu’à partir de 2014. Au-delà du simple diesel, le kérosène des avions n’est pas taxé : encore un autre dossier épineux pour la ministre de l’environnement !
Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
La transition énergétique est un défi partagé au niveau mondial et l’un des grands enjeux du conseil mondial de l’énergie. « C’est un sujet qui est aujourd’hui tout à fait prioritaire dans tous les grands pays », observe Pierre Gadonneix, ancien directeur général de Gaz de France, puis d’EDF, et actuel Président du conseil mondial de l’Energie depuis 2007.
L’Agence Internationale de l’Energie prévoit une croissance de la demande mondiale en énergie +50 % d’ici 2050. Elle devra se faire en limitant les impacts sur l’environnement, dont la lutte contre le réchauffement climatique, les pollutions locales de l’eau, de l’air et des sols, ainsi que les conflits d’usage des sols. Un vaste défi !
Si les réponses locales peuvent être différentes selon les pays, on s’aperçoit qu’au niveau mondial, les évolutions des politiques énergétiques tournent autour de 3 enjeux globaux de long terme. Il s’agit de la sécurité énergétique, l’équité sociale et l’accès à l’énergie, notamment pour les 1,3 milliards d’individus sans accès à l’électricité dans le monde.
Dans les populations riches, la question de l’accès à l’énergie est liée à son prix pour les ménages les plus pauvres. Pour relever ce défi, les gouvernements doivent notamment inciter à « l’efficacité énergétique par la réglementation, la formation et la pédagogie », en commençant par les investissements les plus rentables, estime le Président du conseil mondial de l’Energie.
La réponse actuelle de la majorité des pays est de diversifier les mix énergétiques nationaux via un portefeuille diversifié de ressources et de technologies les plus rentables. Ils n’excluent aucune source d’énergie a priori, mais valorisent les atouts nationaux et les ressources et technologies les plus compétitives.
Pour réussir la transition, le prix de l’électricité doit refléter les coûts réels. Il faut « viser des prix reflétant les coûts complets pour envoyer le bon signal prix aux investisseurs et aux consommateurs, tout en protégeant spécifiquement les plus vulnérables », insiste Pierre Gadonneix. Pour cela, il est aussi important d’avoir un signal prix pour les émissions de CO2 pour que les industriels fassent des investissements sur le long terme.
La transition énergétique doit être au service de la croissance économique. Elle doit se faire dans le cadre d’une coordination régionale et, plus globalement, dans le cadre d’une gouvernance mondiale sur l’énergie et le climat, favorable aux investissements et aux transferts technologiques. « La transition énergétique devra nécessairement se fonder sur la recherche d’un consensus, aux niveaux nationaux, régionaux et globaux », analyse Pierre Gadonneix.
L’augmentation annuelle des émissions de gaz à effet de serre de la Chine est supérieure à la totalité des émissions de l’Allemagne. Si l’Europe ne pèse pas grand-chose en matière d’émissions par rapport aux pays émergents, elle peut jouer un rôle majeur comme force de proposition et de développement. Pour contribuer à la transition énergétique, « l’Europe pourrait développer des technologies pour les mettre à disposition de l’ensemble des pays qui connaissent le taux de consommation et d’émission les plus importants », estime Pierre Gadonneix.
Ce panorama doit nous inviter à réfléchir dans le cadre du débat national sur la transition énergétique. Favorable au nucléaire, Pierre Gadonneix rappelle que « objectivement, ce n’est pas en fermant une centrale en Allemagne qu’on améliore la sûreté des installations nucléaires dans le monde ». Aujourd’hui, 60 centrales sont en cours de construction et, avec ou sans nous, « cela se fera ! », insiste-t-il. « Il vaut mieux participer avec eux aux règles de sûreté que de s’en désintéresser » conclut-il.
Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
Les conditions météorologiques des trois premiers mois de l’année 2013 ont été particulièrement favorables à la production hydroélectrique dont la part est grimpée à 37%, et à la production éolienne, qui a atteint le niveau remarquable de 27%.
Les autres énergies renouvelables dont le solaire photovoltaïque et la biomasse ont contribué au total à hauteur de 6%. Les 30% restants ont été délivrés par les centrales thermiques fossiles à gaz et au charbon. Comparativement au premier trimestre de l’année 2012, la production des centrales au charbon a été réduite d’un tiers, et celle des centrales à gaz de moitié.
Durant cette période la consommation électrique a diminué de 2,3% et le Portugal a été un exportateur net d’un volume équivalent à 6% de la consommation nationale.
Le Portugal rejoint ainsi le club mondial de la cinquantaine de pays dont plus de 60% de la production électrique est d’origine vraiment renouvelable. Tout comme le couple Danemark-Norvège, le pays du Fado démontre que le mariage de l’eau et du vent est une approche très pertinente pour parvenir à de très hauts niveaux de renouvelables, l’hydro modulable étant un partenaire zéro carbone idéal pour faire face à la nature fluctuante de la production éolienne.
Le Portugal a également des projets ambitieux en matière d’électro-mobilité. Plus la part d’électricité verte est importante dans le mix électrique, meilleur est le bilan carbone des véhicules électriques.
Passer en quelques années à un mix électrique à haute teneur en renouvelables tout en réduisant les émissions de CO2 est possible. En France, selon RTE, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique était de 16,4% en 2012. 11,8% pour l’hydroélectricité, 3,1% pour l’éolien, 0.8% pour le solaire photovoltaïque et 0.7% pour les autres énergies renouvelables. Le Président de la République François Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français de 75% aujourd’hui à 50% en 2025.
Par Olivier Daniélo
A lire aussi :
A l’instar des progrès techniques du 18ème siècle qui sont à l’origine de la révolution industrielle en Europe, le numérique porte aujourd’hui en lui les germes d’un nouvel ordre économique et social.
L’enjeu est, cette fois, mondial et le processus d’une rapidité extrême. En outre, cette révolution impacte aussi bien l’ordre sociétal (ex : les « Printemps arabes ») qu’économique (ex : les circuits économiques courts du e-commerce).
Le phénomène RSE (Réseaux Sociaux d’Entreprise) s’impose aux entreprises comme une évidence, un must, mais aussi une contrainte voir une menace.
Si personne ne conteste son importance ou son omnipotence, en particulier dans les usages des jeunes générations, il est légitime de se questionner sur la plus-value qu’il est susceptible d’apporter à l’entreprise et l’on peut légitimement être effrayé par son caractère sauvage, définitif et instantané.
Je me souviens être intervenu chez Canal + dans les années 2000, alors que l’entreprise développait et commercialisait le « Deuxième Monde », sorte de chat collaboratif en 3D dans les rues de Paris, ancêtre de « Second Life » qui fut un succès outre atlantique.
En entrant sur le plateau des « geeks », je constatais une effervescence bruyante, suspecte dans ce type d’équipe ; le sujet de ce tumulte n’était pas technologique, mais philosophique. Le concept porté par une technologie avant-gardiste touchait à ses limites, celle de la démocratie.
Tout le monde pouvait communiquer avec tout le monde, sans que l’on ait imposé de réelles règles de bonne conduite, de régulation, de modération. Le sujet qui interpellait toute cette équipe ce jour-là était celui de l’élaboration d’une constitution, d’un parlement, d’une représentation sociétale et de son gouvernement … dans ce monde parallèle, immatériel … mais bien actif.
Le RSE porte aujourd’hui des technologies incroyablement performantes, depuis le simple chat, ou l’échange par mail jusqu’à la voix et l’image sur IP (qui remplaceront un jour le téléphone et la visio conférence) ou encore l’échange de fichiers et de contenu (GED , Content Management ).
L’articulation et les modes de fonctionnement de la communication et des échanges supportés ne sont pas gérables … Ils sont plus ou moins contraints par l’outil qui impose quelques règles de base simplistes du type « acceptes-tu d’être mon ami ? … » ou « veux-tu faire partie de ma communauté ? ».
Les solutions proposées aujourd’hui sont davantage portées par la technologie que structurées autour de la finalité, et si 70% des entreprises du CAC40 ont désormais un Réseau Social d’Entreprise, on peut se poser la question de savoir la valeur qu’il leur apporte … et le(s) risque(s) généré(s).
La technologie a porté le changement. Les « geeks » ont défini les règles de ce changement ; bien souvent dans un contexte CtoC voir plus rarement BtoC : on parle de réseau social.
Adapter ce concept à la collaboration dans l’entreprise, rajouter « entreprise » en particule et imaginer que cela suffise à faire de l’usage partagé un modèle vertueux dans l’entreprise revient à vouloir mettre un moteur à un vélo plutôt qu’à dessiner dès le départ une moto … c’est hybride, peu performant, difficilement pilotable, dans tous les cas non satisfaisant.
L’informatique et la technologie doivent être au service de l’objectif poursuivi, pas l’inverse. C’est donc au management de définir les règles de la collaboration, les outils et moyens à livrer pour optimiser cette collaboration ; la technologie doit s’effacer, devenir un moyen, pas une finalité.
Le RSE qui performe ne peut être qu’une plateforme d’Intelligence Collaborative.
Il faut se poser la question des objectifs poursuivis :
Les solutions proposées actuellement se fondent sur les technologies existantes en matière de Wiki, chat, VOIP, vidéo conférence, mail… intègrent parfois des outils de Content Management, plus rarement essayent d’y adjoindre un moteur de workflow.
On essaye d’orchestrer toutes ces briques de façon plus ou moins heureuse, au détriment de la performance, de la souplesse, de la simplicité et de la sécurité.
Il convient de changer de paradigme et considérer qu’un RSE suit une logique, des objectifs, des règles. Il convient d’établir l’assemblée constituante, la représentation citoyenne, la gouvernance du ou des ensembles qui seront mis en place : Qui fait quoi ? Avec qui ? Comment ? Avec quels outils ? Selon quelles règles ? Avec quel suivi ? Quel niveau de contrôle … ?
Il faut « dessiner » ce réseau, de façon dynamique, simple, rapide et informer des règles de gouvernance et de communication.
En résumé, il faut avoir un noyau de modélisation à la portée de la gouvernance et y adjoindre en pilotage les outils les plus performants de chat, voix sur IP …. pas l’inverse. C’est une solution très complexe qui ne le montre pas.
Le RSE performant est une solution d’Intelligence Collaborative pilotant au travers d’un workflow intuitif la collaboration optimisée des communautés participantes en y adjoignant tous les outils les plus performants en matière de communication.
Il s’agit d’une révolution, mais aussi d’une porte ouverte vers plus de synergies, plus de performances et plus de création de valeur.
Par Olivier BOURROUILH, Président de Rok Solution
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
Le traitement massif des données (Big data) doit permettre aux entreprises d’accroître ses marges grâce, par exemple, à une meilleure connaissance client, un ajustement des flux physiques ou la détection d’erreurs. IDC, spécialiste des marchés des Technologies de l’Information, des Télécommunications et des Technologies Grand Public estime que la vente de solutions Big Data devrait passer de 3,2 milliards de dollars en 2010 à 16,9 milliards en 2015. C’est un taux de croissance annuelle de près de 40 % ! Le Big data devrait notamment se développer dans les secteurs financiers, la vente, les services de santé, les télécom et le secteur public.
Le Big data est la résultante de la numérisation de l’économie. Ce terme englobe l’ensemble des données numériques volumineuses (Internet, RFID, mobile) qu’il n’est plus possible d’exploiter avec des outils classiques de gestion de base de données. Ces données sont beaucoup moins structurées que les données traditionnelles : elles comprennent des messages, des opinions et des vidéos. La donnée peut être davantage qualitative, « de contenu », issue des réseaux sociaux et des forums de discussion.
La donnée brute, directement extraite de l’activité ou de l’opinion de l’internaute apporte une information qui, si elle est bien traitée, promet à son détenteur de suivre pas à pas les comportements des clients et des opérations de l’entreprise. C’est le rôle des analystes spécialisés, les « data scientists » qui interprètent les données, les croisent, les remettent en perspective et proposent des représentations directement compréhensibles pour les niveaux décisionnels. Par exemple, l’analyse des tweets est très appréciée par les émissions de télévisions pour comprendre ce qui intéresse le plus les téléspectateurs !
Les acteurs du Big Data sont multiples sur la chaîne de valeur. Ils concernent la source des données, la gestion et le stock des données, ainsi que l’analyse des données à très grande vitesse et leur exploitation. Toutefois, peu d’acteurs communiquent aujourd’hui sur la source et la façon dont ils exploitent les données.
Le Big Data est particulièrement plébiscité dans le domaine du marketing. Les données partagées sur internet constituent un gisement inépuisable pour les entreprises qui cherchent à mieux connaître leurs clients et à communiquer avec eux de façon plus ciblée. Grâce à l’analyse de leurs données clients sur internet, elles peuvent, par exemple, segmenter leur clientèle, adresser des messages personnalisés et faire de la publicité en temps-réel.
Dans les magasins de la grande distribution, l’objectif sera d’analyser les tickets de caisse et géolocaliser les préférences des clients pour comprendre les chiffres de vente, voir quels produits il convient de mettre en avant et détecter les ruptures de stocks avant qu’elles ne se produisent. Une fonction en cours de développement est l’analyse du parcours client afin de le relancer du point de vue commercial. La carte de fidélité est pour cela un outil redoutable !Le Big Data a également des usages internes à l’entreprise, notamment dans le suivi de l’activité et la détection des erreurs.
Ces dispositifs sont particulièrement actifs dans le domaine des télécoms, des transports, de la logistique ou de la production industrielle, où le suivi au plus près des flux et des équipements est un facteur clé d’efficacité.
La question de la gouvernance des données et notamment des données personnelles se pose. Stéphane Grumbach, directeur de recherche à l’Institut national en recherches informatiques avancées (INRIA) rappelle que si les données du web 2.0 sont produites par les utilisateurs partout dans le monde, elles sont accumulées par des entreprises le plus souvent à l’étranger. En effet, si l’on regarde les 25 sites les plus utilisés aux Etats-Unis, en Chine et en Russie, on s’aperçoit qu’ils sont respectivement à 100 %, 92 % et 68 % nationaux. En revanche, en France, seulement 36 % des sites les plus utilisés sont français et les sites nationaux sont ceux qui récoltent le moins de données. Encore plus fort : le top 50 des sites mondiaux regroupe 72 % de sites américains et 16 % de sites chinois !
Les données personnelles circulent donc en sens unique de l’Europe vers les Etats-Unis ; les données américaines ne viennent pas sur notre continent. « On a un peu perdu pied sur qui possède les données » confie également Matteo Pacca, spécialiste Big Data chez McKinsey. Ce décalage engendre des retombées économiques et politiques importantes. La France est très en retard dans ce secteur par rapport aux autres pays européens et l’Europe est, elle-même, très en retard par rapport aux Etats-Unis et aux pays asiatiques.
En Europe, l’usage des données doit être cantonné à ce qui est prévu dans les conditions d’utilisations. Seules les données nécessaires à l’objectif que l’on souhaite atteindre doivent être enregistrées. À l’opposé, des modèles américains comme Facebook sont très ouverts. « Facebook a un milliard d’utilisateurs et des millions d’industriels qui exploitent les données des personnes avec leur consentement », rappelle Stéphane Grumbach. « La position européenne défend un certain modèle, mais comme l’industrie n’existe pas en Europe, les européens reposent sur l’industrie européenne et donc sur le modèle ouvert américain », remarque-t-il. Pour Jean-Baptsite Dézard, expert d’IBM, si vous regardez les autorisations que vous donnez aux prestataires qui proposent des applications tierces sur Facebook « vous pouvez dire quand même qu’il y a un abus ». Généralement vous pouvez vous dire que « si c’est gratuit, c’est que la marchandise c’est vous », insiste-t-il.
Un Projet de règlement européen sur la protection des données personnelles a pour objectif de remplacer la Directive européenne de 1995. « Le projet de règlement vient renforcer la protection du consommateur et de l’utilisateur ; en contrepartie il vient alléger les charges administratives pour les entreprises », affirme Thierry Dor, avocat spécialisé dans les activités de nouvelles technologies et de sécurité des données au cabinet Gide Loyrette Nouel. 3 000 amendements ont été déposés. Le texte devrait être voté par le Parlement d’ici fin de l’année et adopté en 2014, pour une application dès 2016.
Pour tenter de rattraper le retard français en matière de Big Data, le gouvernement a annoncé début avril 2013 un soutien de 11,5 millions d’euros à 7 projets sélectionnés dans le cadre de l’appel à projets Big Data du volet numérique des Investissements d’avenir. L’investissement total en R&D s’élève à 21,5 M€. Cet appel à projets vise à favoriser l’émergence d’une filière française, par le développement de solutions innovantes et leur utilisation par des acteurs industriels variés. Quatre autres projets sont en cours d’instruction dans le cadre de cet appel à projets. Une nouvelle action de soutien à la filière émergente du Big Data est prévue dans le courant de l’année.
Par Matthieu Combe, journaliste scientifique
Les Pays-Bas ont dévoilé en décembre dernier via une vidéo d’une minute leur intention de rendre leurs autoroutes plus sûres et plus interactives. La Smart Highway, nommée ainsi par le studio Roosegaarde, remplacera ou transformera des éléments incontournables des routes classiques tels que les lignes blanches ou les lampadaires au profit de technologies innovantes. En charge de l’avancement du projet, on retrouve le designer Daan Roosegaarde travaillant conjointement avec le service autoroutier Heijmans.
Première nouvelle, l’autoroute intelligente intègre une poudre photoluminescente aux marquages au sol. L’idée est simple mais ingénieuse : le jour, cette poudre spéciale se gorge de la lumière du soleil pour l’offrir aux conducteurs la nuit. La durée de l’éclairage irait jusqu’à dix heures et des économies d’énergie importantes devraient être générées par ce système.
Autre révélation, le futur système autoroutier prévoit l’utilisation de la peinture dynamique (Dynamic Paint) afin d’avertir les usagers en temps réel des conditions climatiques. Ainsi des marques au sol apparaîtront en fonction des fluctuations du climat. En cas de neige par exemple, ou de très basse température, le bitume affichera des cristaux géants.
Dans un futur proche, ces autoroutes nouvelles générations seront pourvues de trois dispositifs interactifs. Dans les cinq années à venir, elles intégreront des voies à induction appelées « Induction Priority Lane » qui permettront aux véhicules électriques de se recharger tout en roulant.
Pour l’heure, cette technologie développée par la société américaine Qualcomm ne le permet pas encore pour les véhicules en marche. Toutefois, les recherches pour aller dans ce sens vont bon train. Ensuite, des lumières implantées un peu partout sur l’autoroute rendront l’éclairage plus interactif que jamais, puisqu’elles ne s’allumeront qu’aux passage des conducteurs.
Enfin, pour ne pas perdre l’énergie déployée par les voitures (l’air produit par le mouvement), des mini-éoliennes parsèmeront l’autoroute et rediffuseront l’électricité ainsi produite à quelques ampoules.
Le projet est surréaliste pensez-vous ? Les premiers tests débuteront pourtant dès la mi-2013 dans la région de Branbant. Un prototype de Smart Highway de 300 mètres est d’ores et déjà en construction. Cependant, cela n’empêche pas les sceptiques de douter. Le projet est certes prometteur mais il reste à faire ses preuves dans la pratique.
Toujours est-il qu’exceptionnellement il ne s’agit pas de rendre plus intelligente la voiture pour renforcer la sécurité, mais bel et bien la route. Une démarche à saluer pour son bon sens, comme le souligne le studio Roosegaarde : « les routes ont leur rôle à jouer et doivent devenir intelligentes en fournissant des informations utiles aux conducteurs. ».
Ces améliorations devraient offrir une visibilité accrue, une plus forte réactivité et donc une plus grande sécurité aux automobilistes. Néanmoins, si cette autoroute innovante devrait affiner l’expérience conducteur, le coût d’une telle entreprise reste inconnu. Et surtout comment sera-t-il impacté sur les utilisateurs et rentabilisé pour les investisseurs.
Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :

Né en 1870, Ilya Ivanov était un éminent biologiste russe spécialisé dans l’insémination artificielle et l’hybridation animale.
Il fut l’un des premiers scientifiques à obtenir un zébrâne (hybride de zèbre et d’ânesse) artificiellement, et entre autres manipulations, il parvint à croiser une vache et une antilope.
En 1910, au congrès mondial de zoologie de Graz, Ivanov évoqua la possibilité de passer à l’étape supérieure : la création d’un hybride homme-singe.
Il finit par s’atteler au projet en 1926, lorsque l’institut Pasteur lui permit de mener ses expériences en Guinée française. Soutenu par le gouvernement soviétique, qui souhaitait promouvoir le Darwinisme au détriment de la religion, Ivanov insémina 3 femelles chimpanzé avec du sperme humain.
A sa grande déception, toutes les tentatives furent infructueuses.
Il décida alors de pratiquer l’opération inverse, en fécondant des femmes avec de la semence de singe, mais les autorités coloniales s’y opposèrent. De retour en Union Soviétique, Ivanov n’abandonna pas ses ambitions. En 1929, avec le support de l’Association des Biologistes Matérialistes, il put reprendre ses projets d’hybridation, et il rechercha des femmes prêtes à se faire inséminer.
Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il reçut plusieurs lettres de volontaires, mais l’expérience ne put jamais être menée à bien : le seul singe mature qui était à la disposition d’Ivanov mourut d’une hémorragie cérébrale avant le début des essais.
En 1930, suite à des remous politiques qui affectèrent les institutions scientifiques russes, Ilia Ivanov fut arrêté puis exilé à Alma Ata, où il travailla pour l’institut kazakh de zoologie. Il y mourut deux ans plus tard, sans jamais avoir accompli son idée fixe.

José Delgado est un neuro-physiologiste dont la majeure partie de la carrière fut consacrée à un seul but : contrôler le cerveau.
Diplômé de l’université de Madrid, et infirmier militaire durant la guerre d’Espagne, il rejoint le département de physiologie de Yale en 1950 où il devient l’un des pionniers de la stimulation électrique cérébrale (ESB).
L’ESB consiste à implanter des électrodes à l’intérieur du crane pour stimuler différentes régions du cerveau. Cette opération est capable de provoquer des effets impressionnants, comme des mouvements involontaires, des émotions violentes, ou même des hallucinations.
La grande innovation de Delgado fut un système de contrôle à distance qu’il baptisa « Stimoceiver ». Avec ce dispositif, il pouvait littéralement télécommander les réactions de ses sujets, dont les mouvements n’étaient plus contraints par des câbles qui leur sortaient de la tête.
Grâce au Stimoceiver, Delgado fut notamment capable de manipuler un singe comme une marionnette : en appuyant sur des boutons, il parvint à lui faire bouger la tête, les yeux, le corps, ainsi qu’à le faire grogner ou encore à contrôler son sommeil.
Sur des sujets humains, le Docteur déclencha des émotions intenses allant de l’euphorie à la rage en passant par l’amour, comme chez une patiente qui lui déclara sa flamme durant l’expérience. Un autre sujet s’avoua incapable de garder sa main ouverte lorsque la stimulation avait lieu.
Mais l’expérience qui rendit Delgado célèbre se déroula en Espagne, en 1963, dans une arène de Cordoue.
Pour démontrer l’efficacité de ses méthodes, il fit face à un taureau de combat qu’il avait préalablement « implanté ». La bête chargea, et lorsqu’elle arriva à quelques pas de Delgado, celui-ci appuya sur le bouton de son transmetteur, coupant net l’élan de l’animal.
La stimulation électrique du cerveau fut l’objet de vives controverses durant les années 70 et 80, certains l’accusant d’être un outil de contrôle promis aux pires dérives totalitaires. Les subventions s’affaiblirent en conséquence, et Le Dr Delgado s’attela à des travaux moins sulfureux. Son héritage n’en reste pas moins vivant, comme en atteste ce pigeon télécommandé mis au point par des chercheurs chinois en 2007…

Au début du 20ème siècle, un médecin américain du nom de Duncan McDougall voulut prouver scientifiquement l’existence de l’âme.
Il partit du principe que si l’âme existait réellement, elle devait avoir une base matérielle, et par conséquent, un poids.
Pour s’en assurer, McDougall ne voyait qu’une solution : peser un homme sur le point de mourir, avant et après son trépas. Il démarra sa macabre entreprise en 1900, après qu’un centre pour tuberculeux l’ait autorisé à mener son expérience sur des patients mourants. Le lit du premier sujet fut placé sur une grande balance, et lorsque le moribond poussa son dernier soupir, MacDougall nota une perte de 21 grammes (trois quarts d’once) avant et après la mort.
Comme il ne trouvait pas d’explications biologiques à cette différence, le docteur en déduisit que ces 21 grammes correspondaient nécessairement au poids de l’âme.
MacDougall réitéra l’expérience à 5 reprises et il obtint des résultats similaires, le confortant dans l’idée qu’il avait prouvé sa théorie. Par la suite, il reproduisit l’opération sur 15 chiens, mais sans observer de perte : selon lui, cela démontrait que seul l’homme était doté d’une âme.
Lorsque les recherches du docteur furent publiées, en 1907, les médias s’en emparèrent avec frénésie, mais la communauté scientifique prit ses travaux avec d’avantage de pincettes. Les résultats de MacDougall n’étaient pas très précis, variant d’un sujet à l’autre, et son échantillon de patients était trop faible pour être vraiment significatif. Sans compter qu’il expédiait un peu rapidement les autres causes possibles de variation de poids.
Enfin, il tombait typiquement dans le biais dit de « confirmation », qui consiste à privilégier les informations qui vont dans le sens de nos hypothèses, en s’arrangeant avec les éléments contradictoires : dans l’un des cas, la perte de poids se produisit 1 minute après la mort, mais MacDougall en conclut que cela devait venir de la personnalité flegmatique du sujet, dont l’âme n’était pas pressée de partir.
Le mythe du poids de l’âme se propagea néanmoins à travers le siècle, jusqu’à être récupéré par la culture populaire, comme avec le film « 21 grammes » d’Alejandro Iñárritu. Quant à MacDougall, il mourut en 1920, sans que personne ne vienne le peser…

En 1962, deux chercheurs de l’Université d’Oklahoma, Louis West et Chester Pierce, décidèrent de répondre à une question fondamentale : que se passerait-t-il si on donnait du LSD à un éléphant ?
Avec la complicité de Warren Thomas, le directeur du zoo d’Oklahoma city, ils injectèrent 297 milligrammes de LSD à un éléphant male de 14 ans nommé Tusko. Cette dose peut sembler dérisoire pour un animal aussi volumineux, mais elle correspond à 3000 fois la dose nécessaire pour déclencher de violents effets psychotropes chez l’humain, et elle reste à ce jour la plus importante jamais assimilée par un être vivant.
Les expérimentateurs voulaient savoir s’ils pouvaient provoquer artificiellement un « musth », un état de furie induit chez l’éléphant par une sécrétion des glandes temporales, et comme ils se doutaient que l’opportunité ne se présenterait pas deux fois, ils tenaient à s’assurer que la dose serait suffisante. Et malheureusement, elle ne le fut que trop : sitôt la drogue injectée, Tusko commença à barrir violemment en courant autour de son parc, avant de s’effondrer au sol, les yeux révulsés. Horrifiés, les chercheurs essayèrent de le ranimer en lui administrant des antipsychotiques, mais une heure et demie plus tard, Tusko était mort.
Dans l’article qu’ils publièrent quelques mois plus tard, West, Pierce et Thomas conclurent penaudement que « les éléphants semblaient hautement sensibles aux effets du LSD ».
Durant les années qui suivirent, une controverse éclata à propos de ce qui avait vraiment tué Tusko. S’agissait-il du LSD lui-même ? Ou des drogues utilisées pour le ranimer ? Ou bien encore du mode d’administration ?
Un professeur de psychopharmacologie nommé Ronald Siegel décida de trancher ce point en 1982 : à son tour, il donna du LSD à deux éléphants, mais pour ne pas reproduire l’erreur de ses prédécesseurs, il se contenta de verser la drogue dans l’eau des animaux.
Cette fois-ci, non seulement les éléphants ne succombèrent à aucune crise, mais en plus ils semblèrent assez détendus, se balançant légèrement sur place, et laissant échapper quelques vocalises étranges avant de revenir à la normale, 24h plus tard. L’experience de Siegel démontra que dans d’autres circonstances, Tusko aurait pu vivre le plus extravagant des trips éléphantesques depuis celui de Dumbo.

Le 1er juillet 1959, trois hommes furent réunis dans la clinique psychiatrique d’Ypsilanti, dans le Michigan. Ils avaient pour nom Clyde Benson, Joseph Cassel et Leon Gabor, mais chacun d’eux était convaincu d’être Jesus-Christ.
Pendant deux ans, ils durent se côtoyer dans le cadre de l’une des expériences les plus étranges de l’histoire de la psychologie.
A l’origine de cette rencontre, il y avait la curiosité de Milton Rokeach, un psychologue passionné par la question de l’identité : Rokeach voulait explorer les relations qu’il y a entre nos convictions les plus profondes, et la perception que nous avons de notre identité.
Dans quelle mesure notre identité peut-elle être remise en question? Et quelles en sont les limites? Pour essayer de répondre à ces questions, Rokeach eut donc l’idée de rassembler trois patients psychotiques persuadés d’être la même personne, et d’étudier leurs réactions. Si leur croyance erronée pouvait être ébranlée par cette confrontation, alors peut être que leur condition s’améliorerait.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs premières entrevues n’allèrent pas dans ce sens : chacun des patients avait une bonne explication pour l’imposture des deux autres. Pour Benson, ils n’étaient pas vraiment vivants, et c’était les machines à l’intérieur d’eux qui parlaient à leur place.
Pour Cassel, les deux autres ne pouvaient pas être Jesus pour la simple raison qu’ils étaient patients d’un hopital psychiatrique. Gabor, enfin, pensait que ses deux camarades se faisaient passer pour le Christ uniquement pour le prestige.
Le psychologue les encourageait à débattre régulièrement, mais les trois patients s’accrochaient à leur convictions, et, dans un style assez peu christique, ils finirent même par en venir aux mains. Un jour, Rokeach leur montra un article consacré à l’expérience dans un journal local, en leur demandant ce qu’ils en pensaient. Aucun des trois ne reconnaissait les patients dont il était question (leurs noms n’était pas précisés dans l’article), et pour Benson, il était clair que la place de ces malades était dans un asile.
En avril 1960, Gabor annonça qu’il attendait une lettre de sa femme. Comme il n’avait jamais été marié, Rokeach vit là une opportunité d’aller plus loin dans l’expérience, et il commença à se faire passer pour l’épouse imaginaire de son patient en lui envoyant des lettres. Gabor obéissait aux petites demandes et conseils que sa « femme » lui écrivait, sauf quand elle lui suggérait de remettre en question son identité divine.
Ce fut ensuite Cassel qui commença à recevoir de fausses lettres du Directeur de l’hôpital, lui demandant de changer son comportement pour accélérer sa guérison, mais sans plus de succès. Deux ans après leur rencontre, les trois Christs d’Ypsilanti n’avaient quasiment pas modifié leurs croyances.
Milton Rokeach décida alors d’arrêter l’expérience, en concluant que ces hommes avaient préféré trouver des moyens de vivre en paix plutôt que de régler le problème de leur identité. Il confiera ses remords 20 ans plus tard, déclarant qu’il n’avait « aucun droit, même au nom de la science, de jouer à Dieu avec ses patients ». Une formule pour le moins appropriée.
Par Patrick Baud
Source : Blog www.axolot.info
Le Centre régional d’innovation et de transfert de technologies (CRITT), rattaché à la CCI, souhaite favoriser une réduction de l’empreinte environnementale du tissu industriel réunionnais. Pour ce faire, il doit sensibiliser les industriels aux intérêts économiques que représente pour eux l’écoconception, « conception ou design d’un objet selon les besoin du marché, mais avec des critères environnementaux pour le choix des éléments qui le composent », selon les mots de Gérald Lefebvre, expert de Techniques de l’Ingénieur en charge de la formation Les outils de l’écoconception.
C’est cette formation qu’a voulu suivre David Lary, ingénieur conseil au sein du CRITT de la Réunion, afin de pouvoir en transférer par la suite les enseignements aux industries réunionnaises, et favoriser ainsi les procédés respectueux de l’environnement. La session à laquelle il était inscrit ayant été annulée, Techniques de l’Ingénieur a donc proposé à Monsieur Lary de suivre cette même formation à distance, et de façon personnalisée. Un cours particulier sur l’écoconception, en quelques sortes.
« Notre mission consiste notamment à accompagner les entreprises sur l’innovation, et en partie vers le développement durable. L’une des préoccupations majeures des industries réunionnaises, c’est le traitement des déchets. Partant de là, on a commencé à travailler en amont, sur la conception des produits, et donc à s’intéresser à l’écoconception », explique David Lary. N’étant pas lui-même un expert dans le domaine, il doit s’y former en premier lieu. « Cette formation était celle qui correspondait le mieux à nos attentes. Et puis la signature Techniques de l’Ingénieur, c’était pour moi un gage de qualité, de rigueur, de technicité », poursuit-il.
Les séances de formation par téléphone commencent début janvier entre Gérald Lefebvre, le formateur, et David Lary, le stagiaire. « La Réunion, c’est un cadre exceptionnel d’un point de vue environnemental. Comment intégrer cela dans la conception des produits, via le solaire, le vent, les algues, le sel ? Comment se baser sur ces ressources et flux locaux ? Telle a été l’objet de ces séances », présente le premier. « Pendant les premières séances, il a présenté sa vision de l’écoconception, d’un point de vue politique et social, les impacts de la réglementation sur l’homme, l’environnement, c’était très intéressant. Puis nous sommes passés à des exercices d’application, aux outils d’analyse de cycle de vie (ACV) des produits », ajoute David Lary.
A la fin de la formation, David Lary avait acquis avec pour armes les éléments nécessaire à la réalisation d’un ACV, une base de données sur la dangerosité des produits, une liste exhaustive de la réglementation en vigueur. « Des outils concrets permettant de démontrer aux entreprises locales la valeur ajoutée de telle ou telle solution propre et locale » explique Gérald Lefebvre.
« Maintenant, il me reste à aller voir les entreprises et à les sensibiliser aux intérêts économiques de l’écoconception, de l’utilisation de ressources énergétiques locales et durables, ainsi qu’aux bénéfices en termes d’image, à mettre en place la méthode pour l’ACV. J’ai réadapté la méthode à mes besoins, à moi de la mettre en place auprès des entreprises sélectionnés. Au début, ça sera un peu à tâtons ! » conclut David Lary.
Bruno Decottignies
Cette semaine dans la revue du Web :
Ce secret, ce « tour de magie » scientifique est connu depuis près de 400 ans maintenant mais n’a rien perdu de sa beauté ni de son pouvoir de fascination : débutons cette quarante-deuxième Revue du Web avec un grand classique et une curiosité à la fois scientifique et historique, les larmes bataviques. Les larmes de verre – ou larmes bataviques – auraient vu le jour, contrairement à la croyance populaire, dans le Mecklembourg, une région de l’Allemagne septentrionale, et non dans la Hollande qui lui a pourtant légué son nom.
Les larmes bataviques, aussi baptisées Prince Rupert’s Drops – en hommage au prince Rupert qui, le premier, les présenta devant le roi d’Angleterre Charles II en 1660 – sont composées de deux parties bien distinctes : la tête de la larme, de forme ovoïde, ainsi qu’une pointe fine et très déliée, la « queue » de la larme de verre. Leur réalisation est très simple puisqu’il suffit de faire tomber des gouttes de verre fondu dans de l’eau froide, gouttes de verre qui se solidifient brusquement et se figent dans cette forme particulière.
Ce qui nous intéresse ici, c’est qu’elles ont le bon goût de pouvoir résister vaillamment à l’assaut d’un marteau sur leur partie « charnue », bien qu’elles ne puissent souffrir le moindre petit choc sur leur queue. Cette caractéristique spectaculaire est due au changement brutal de température que subissent les gouttes de verre fondu en tombant dans l’eau froide.
Alors que la partie extérieure de la goutte se refroidit subitement au contact de l’eau, la partie intérieure est, elle, encore en fusion. En se refroidissant, le verre de la partie charnue se contracte et accumule une tension formidable, lui permettant de résister aux pressions extérieures. Pourtant, il suffit de rompre l’équilibre de l’ensemble au niveau de la queue pour que toutes les tensions se libèrent d’un seul coup, pulvérisant alors notre larme batavique.
Les chercheurs de l’université de Carnegie Mellon, en Pennsylvanie, ont développé dans leur laboratoire un serpent robotique capable de s’enrouler autour d’objets divers et variés. Le laboratoire de bio-robotique de l’université américaine a publié il y a peu une vidéo du serpent modulaire sur son compte youtube, montrant la capacité de son poulain à s’accrocher dans un premier temps, puis à se verrouiller consciencieusement autour de sa cible, comme pour sécuriser sa prise, rappelant un boa constrictor en train de serrer une proie.
Le laboratoire de bio-robotique est loin d’être novice en matière de développement de serpents modulaires, travaillant sur des prototypes de robots depuis maintenant plusieurs années afin de reproduire au mieux les mouvements naturels de ces reptiles.
L’idée de départ était de créer un robot capable de se faufiler dans des espaces étroits, pour effectuer des missions de reconnaissance tout aussi bien que des missions de sauvetage. Les chercheurs ont également pourvu leur serpent robotique de mouvements qui ne sont pas propres aux serpents, comme le « tire-bouchon », permettant au reptile de grimper à l’intérieur d’un tuyau ou d’une canalisation en effectuant un mouvement hélicoïdal rappelant celui de l’outil du sommelier.
Il serait par contre impossible de s’en servir afin d’étrangler un petit animal ou un être humain, les concepteurs garantissant que leur serpent déploie juste assez de force pour s’accrocher et se maintenir perché.
Dustin Kleckner et William T. M. Irvine, physiciens officiant à l’université de Chicago, sont parvenus à créer un nœud tourbillonnaire dans leur laboratoire, une première mondiale qu’ils ont décrit le mois dernier dans un article paru dans la revue scientifique Nature Physics.
Les tourbillons se forment naturellement dans les liquides, les gaz ou les plasmas, mais les nœuds tourbillonnaires – dont l’existence avait été suggérée il y a de cela près d’un siècle – n’existaient jusqu’ici qu’en théorie, et aucun n’avaient encore pu être observés. On suppose que ces nœuds tourbillonnaires existent au cœur des étoiles à neutrons ainsi que dans le plasma solaire.
Après avoir essuyé une longue série d’échecs inspirés par les anneaux de bulles d’air créés par les dauphins (qui sont des anneaux dits de vorticité), les deux physiciens américains se sont orientés vers une structure créée à l’aide d’une imprimante 3D qui, une fois accélérée de manière brusque et sèche dans l’eau, donnent naissance au Saint-Graal du nœud tourbillonnaire.
Les chercheurs ont enregistré le résultat grâce à une caméra filmant à très grande vitesse, afin d’étudier plus avant l’évolution et le comportement de ces nœuds en laboratoire. Le nœud tourbillonnaire est visible dans la vidéo qui suit, avec en bonus une seconde vidéo de dauphins jouant avec leurs fameux anneaux de bulles d’air.
Pour conclure en beauté cette quarante-deuxième Revue du Web, jetons un œil à la folie mégalomaniaque qui devrait accompagner désormais le golfeur professionnel américain Bubba Watson, sans conteste notre gadget (inutile ?) de la semaine : la voiturette de golf la plus tendance du moment, hybride hype de la molle « golfette » et d’un aéroglisseur.
Dans l’imaginaire collectif, la voiturette de golf n’est pas exactement l’incarnation absolue de la puissance virile, ni une porte ouverte vers de nouvelles aventures exotiques mâtinées d’épices chamarées – et on aurait probablement tort de ne pas suivre le mouvement. Pourtant, c’est bien une version modifiée – tunée ? – d’un aéroglisseur que le golfeur américain Bubba Watson chevauche gaillardement, offrant ses muscles au vent comme s’il venait de s’injecter une triple dose de testostérone. Oui, pas exactement.
Bien que l’information ait été révélée bien près du premier avril, il ne semble pas que l’on ait affaire à l’un de nos fumeux poissons. C’est le fabricant d’articles de sport Oakley qui est à l’origine de ce coup de pub, mais l’aéroglisseur n’est pas sorti des usines de l’équipementier américain : c’est une petite société basée à Terre Haute, dans l’Indiana, qui a fourni le bolide en modifiant légèrement sa copie. Neoteric n’est pas un nouveau-venu sur le marché des aéroglisseurs : la société américaine, fondée en 1960, possède une clientèle sérieuse répartie sur les cinq continents dans plus d’une cinquantaine de pays.
Si, épris d’une soudaine envie de grands espaces – et de golf – vous vous sentez pousser des ailes d’argent, il faudra alors vous délester de plus de 32 000 dollars pour acquérir l’un de ces petits bijoux. Le prix de la liberté.
En bonus de cette revue du web, voici quelques photos d’étranges motifs répétitifs que l’on peut trouver un peu partout aux États-Unis, tout particulièrement dans les déserts et près des aéroports, mais qui pourtant ont un usage bien précis. Pas de signes cabalistiques, de théorie du complot ou autres explications farfelues : ces dessins représentent la mire de résolution 1951 USAF, établie par l’US Air Force en 1951 et respectant les standards militaires de l’époque, le MIL-STD-150A, (qui n’est plus en vigueur depuis octobre 2006).
Le motif de la mire est constitué de plusieurs séries de trois barres parallèles, barres dont la taille décroit petit à petit. Il suffisait alors aux satellites ou aux avions américains de tarer leurs instruments optiques sur l’une de ces nombreuses mires, et le tour était joué. La limite du pouvoir de résolution est déterminée par la plus grosse des barres que l‘instrument optique ne peut discerner convenablement.
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
Par Moonzur Rahman
Un peu d’eau, une pincée de sel et quelques nanotubes. Voilà une liste simple d’ingrédients. Pourtant, ces trois éléments sont suffisants pour produire de l’électricité !
Parus dans Nature le 28 février, les résultats obtenus par les scientifiques de l’Université de Lyon et de l’Institut Néel de Grenoble ouvrent la voie à une méthode alternative de source d’énergie. Des résultats qui font déjà l’objet d’un brevet. Mais comment ça marche ?
Le système repose sur des nanotubes introduits dans une membrane imperméable.
Plus précisément, le nanotube est inséré à l’intérieur d’un trou de quelques dizaines de nanomètres fait dans la membrane en nitrure de silicium. Puis, l’espace entre la paroi des nanotubes et la membrane est comblé par un scellement en carbone.
Une fois plongé dans de l’eau salée, ce dispositif permet de récupérer un courant électrique : les charges positives liées au potassium sont séparées des charges négatives liées au chlore, chaque groupe de charges étant positionné de part et d’autre de la paroi.
La faible épaisseur de l’ensemble, inférieure au micromètre, impose un gradient de concentration très important. D’où un déplacement de charges plus efficace qu’à l’échelle macroscopique. Tellement plus efficace que les chercheurs restent tout d’abord perplexes devant leurs mesures, avant réaliser l’importance de leur découverte.
Mais un tel dispositif est très délicat à réaliser. D’ailleurs, les chercheurs avaient comme objectif premier d’utiliser des nanotubes de carbone. Mais devant les échecs successifs, ils décident de se servir de tubes en nitrure de bore. Cette fois le résultat est probant et le procédé fonctionne.
Pour Lyderic Bocquet, professeur au CNRS et à l’Institut Matière de Lyon, ce dispositif est extrêmement prometteur. « Si nous extrapolons ce résultat à une membrane percée de milliards de tels tubes par centimètre carré, nous obtenons des puissances électriques 100 à 1 000 fois plus grandes qu’avec les dispositifs actuels d’énergie osmotique » s’enthousiasme-t-il.
L’étape suivante consiste à fabriquer un système percé de plusieurs canaux et non plus d’un seul, dans l’espoir de créer des déplacements de charge d’autant plus importants, et pourquoi pas à terme produire de l’énergie à partir d’eau de mer et de marais salant.
Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
Un jour en haut de l’affiche, le lendemain déjà déclassé… Roadrunner, premier supercalculateur américain ayant dépassé la puissance de 1 pétaFLOPS (« Floating point Operations Per Second », opérations à virgule flottante par seconde), fierté en son temps du laboratoire national de Los Alamos – l’une des plus grandes institutions multidisciplinaires du monde, située au Nouveau-Mexique – a été mis à la retraite après seulement cinq ans de bons et loyaux services.
Cinq ans est bien un âge « canonique » pour les ordinateurs de ce niveau, allant presque encore corroborer les prédictions du cofondateur d’Intel, Gordon Earle Moore, connues sous le nom de lois de Moore, qui avait prédit en 1975 que le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium doublerait tous les deux ans.
Construit par le géant américain IBM, Roadrunner fut l’ordinateur le plus puissant au monde, de sa mise en route en juin 2008 jusqu’en novembre 2009, où il fut détrôné par le Jaguar de Cray Inc., et ses 1,75 petaFLOPS. Pour mieux mesurer l’obsolescence des supercalculateurs, il suffit de jeter un œil à Titan, nouveau champion de la catégorie depuis novembre 2012 et également construit par Clay Inc. pour le laboratoire national d’Oak Ridge, dans le Tennessee : Titan affiche sous le capot une vitesse de calcul de 17,59 pétaFLOPS, avec une vitesse de pointe atteignant les 27 pétaFLOPS.
Bien que le gros du travail de Roadrunner soit désormais terminé, les chercheurs de Los Alamos se sont donnés un mois pour effectuer des tests sur leur bécane et mieux comprendre le fonctionnement de la mémoire d’un supercalculateur, chose qu’ils n’ont jamais pu faire lorsqu’il fut en service.
Par Moonzur Rahman
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
60 millions de consommateurs vient de jeter un pavé dans la mare !
Toutes les eaux, sans exceptions, sont susceptibles de contenir des polluants. Même les eaux minérales, réputées plus sûres, plus pures et meilleures pour la santé, ne sont pas épargnées par ce fléau. Ainsi, les travaux menés conjointement par la revue 60 millions de consommateurs et la fondation Danielle Mitterrand France Libertés, font frémir les embouteilleurs. En effet, sur les quarante-sept échantillons de bouteilles d’eau de différentes marques, dix présentaient des traces de polluants.
Et pas des marques discount ! Non, il s’agit de poids lourds de l’eau tels que Cristaline, La Salvetat, Saint-Yorre, Hépar, Mont-Roucous, Saint-Amand, Vittel, Volvic, Carrefour Discount et Cora. Le plus troublant est la nature des polluants retrouvés puisqu’il s’agit de molécules médicamenteuses et des perturbateurs endocriniens. Des particules qui ne sont pas soumises à contrôle. Pour le moment du moins.
Dès la prise de connaissance des résultats des analyses menées pour 60 millions de consommateurs, de nombreux scientifiques ont exprimé leur étonnement quand à la possible présence de particules médicamenteuses dans l’eau minérale, dont la source est souterraine et inaccessible pour de telles molécules. De son côté, la revue a déclaré avoir testé deux fois les échantillons et confirme le résultat : « La méthode que nous avons employée a permis d’abaisser grandement le seuil de détection. Nous avons pu traquer des molécules à des degrés extrêmement fins.
Pour lever toute incertitude, il faut que les pouvoirs publics procèdent à des contrôles à grande échelle », explique Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de la revue. Sous la pression des médias, 60 millions de consommateurs chiffre enfin ce seuil et précise que les quantités détectées sont de l’ordre du nanogramme par litre d’eau. Ces mesures sont issues d’une analyse chromatographique et d’une analyse spectrométrique.
Ce qui fait débat n’est pas tant la présence de polluants dans les eaux minérales, mais leur nature. Il est désormais connu que l’activité humaine, notamment agricole, introduit dans les sols des résidus de pesticides, qui peuvent se retrouver dans les cours d’eau et donc contaminer eau du robinet et eau minérale. La présence d’infimes traces de pesticide même dans certaines eaux minérales n’est pas choquante. En revanche, aucun mécanisme connu ne permet d’expliquer la présence de résidus médicamenteux dans les eaux de source.
La chambre syndicale des eaux minérales a donc mené une contre-enquête pour vérifier les résultats annoncés par la revue. Pour cela, elle a mandaté le Laboratoire de Physico-Toxico Chimie de l’Environnement du CNRS à Bordeaux. La responsable du groupe de recherche en charge des analyses, Hélène Budzinski, s’est vu remettre par la chambre syndicale des eaux minérales des bouteilles issues des mêmes lots que ceux testés par 60 millions de consommateurs, dans le but d’y rechercher la présence de trois molécules médicamenteuses bien particulières: le tamoxifène, le fluoxétine et la carbamazépine. Le premier est un anticancéreux et les deux autres des antidépresseurs.
La chambre s’est intéressée exclusivement à ces résidus médicamenteux-là car l’enquête de 60 millions de consommateurs révèle la présence de fluoxétine mais pas de carbamazépine. Or, la carbamazépine est très consommée en France et la présence dans des échantillons d’eau de fluoxétine est toujours associée à celle de carbamazépine. Les résultats publiés par 60 millions de consommateurs sont les premiers à détecter la présence de fluoxétine sans traces de carbamazépine. C’est d’ailleurs une des raisons qui poussent certains à s’interroger sur la fiabilité des résultats.
Du côté du Laboratoire de Physico-Toxico Chimie de l’Environnement, les analyses se sont donc concentrés sur trois molécules « Nous avons effectué une étape de pré-concentration suivie d’une extraction en phase solide. Nous avons établi des protocoles spécifiques pour chacune des trois molécules recherchées. La méthode employée repose sur la chromatographie et la spectrométrie de masse en tandem. » explique Hélène Budzinski. Les analyses ont été effectuées en mode NPRM, c’est-à-dire que plusieurs signaux permettent de quantifier la molécule. Après un travail en dilution isotopique, le groupe de recherche du laboratoire bordelais a réalisé une réelle analyse quantitative.
« Notre limite de déctection avoisine les 10 à 50 picogramme/L » précise Hélène Budzincki. Soit mille fois plus précis que les analyses effectuées par 60 millions de consommateurs.
Résultats ? Rien du tout, aucune trace de l’une des trois molécules recherchées. Ces résultats contredisent donc ceux de la revue, qui restent inexpliqués concernant les résidus médicamenteux.
Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
Les céramiques sont des composés d’une grande dureté, chimiquement inertes et qui présentent une résistance remarquable aux températures les plus extrêmes.
Ces qualités font des céramiques les composants parfaits pour certaines pièces de moteurs, les disques de freinage haute performance, mais se retrouvent également dans les toutes dernières générations d’implants médicaux.
Cependant, les céramiques ont un défaut majeur : elles peuvent être cassantes, et les outils d’usinage conventionnels – perceuses et foreuses en tête – sont souvent à proscrire. Au lieu de cela, les industriels font appel à une technique bien maîtrisée : l’usinage par ultrasons.
Le principe de l’usinage par ultrasons est simple et ingénieux : on utilise les vibrations d’un porte-outil perpendiculairement à la pièce à usiner – à une fréquence généralement comprise entre 16 000 et 20 000 Hertz, et à une amplitude variant entre 0,005 à 0,07 millimètre – afin de travailler convenablement la pièce et d’en retirer le matériau nécessaire.
Le porte-outil est aidé dans sa tâche par un abrasif en poudre (carbure de bore, carbure de silicium ou diamant) qui se retrouve en suspension dans une solution aqueuse, la barbotine céramique, insérée entre l’outil (appelé sonotrode) et la pièce à usiner. Ce sont les vibrations du sonotrode combinées aux frottements de l’abrasif qui permettent alors d’usiner la pièce, le tout sous contrôle numérique.
Selon Gnian Cher Lim, chercheur à l’A*STAR Institute of Manufacturing Technology de Singapour et qui a dirigé une étude sur le sujet, c’est l’utilisation de cette barbotine contenant la fine poussière abrasive qui serait à l’origine de la fragilité accrue de certaines céramiques.
Aux termes de cette étude, l’équipe de chercheurs aurait mieux compris le processus de formation des fissures, fêlures et autres ébréchures, ouvrant la porte à une nouvelle approche de l’usinage des céramiques, un secteur en pleine expansion dans la ville-état de Singapour.
L’usinage par ultrasons fragiliserait la céramique à deux endroits clés : aux deux extrémités d’un trou, et il rendrait par ailleurs l’intérieur du trou rugueux, défauts qui ne sont bien souvent observables qu’à l’aide d’un bon microscope. L’usure naturelle de la céramique serait démultipliée par ces défauts, selon Gnian Cher Lim.
Les chercheurs auraient étudié la formation des défauts en perçant des trous de 0,7 à 3 millimètres de diamètre dans des plaques de trois céramiques particulièrement répandues : le carbure de silicium (formule brute SiC), le zircone (formule brute ZrO2) et l’alumine (formule brute Al2O3), puis en observant de manière minutieuse l’évolution du matériau au niveau des zones sensibles, ainsi que le transfert de force du sonotrode à la barbotine, puis de la particule abrasive contenue dans la barbotine à la céramique.
Au fur et à mesure que la poussière abrasive travaille la céramique, faisant de petits trous dans le matériau, les défauts se forment et peuvent être jusqu’à quatre fois plus grands que la particule elle-même, tout en se prolongeant de manière radiale à partir du trou.
Une solution s’est alors présentée d’elle-même pour réduire sensiblement le risque et la taille de ces défauts (mais non les éradiquer), l’utilisation de particules… plus fines.
Par Moonzur Rahman
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
La crise économique, les avancées technologiques, la modification des dispositifs de soutien, l’évolution des marchés mondiaux depuis ces trois dernières années ont conduit le ministère de l’Ecologie à mettre à jour ses orientations pour le développement des filières industrielles françaises de l’économie verte. Dans un document du Commissariat général au développement durable (CGDD), les 18 filières vertes identifiées en 2010 sont à nouveau auscultées afin de connaître leur niveau de développement et le positionnement de la France dans le panorama international.
« L’analyse de l’évolution des filières entre 2009 et 2012 indique une progression globale de la majorité de celles-ci. Cette progression apparaît cependant plus marquée pour des filières en émergence ou qui étaient en décollage en 2009 », peut-on lire dans l’étude. Ainsi les filières du solaire photovoltaïque, de l’éolien terrestre, des véhicules décarbonés et du stockage de l’énergie peuvent désormais être qualifiées de filières matures aux côtés des filières de l’eau et du génie écologique, du recyclage ou encore des agrocarburants de première génération identifiées comme telles dès 2010.
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
Sans surprise, les économies du Nord de l’Europe tiennent le haut du pavé dans le classement de l’innovation, publié mardi 26 mars. Fondée sur plusieurs critères (nombre de doctorants, investissements publics et privés, publications scientifiques, demandes de brevets, innovation des PME…), l’analyse de la Commission européenne place en tête la Suède, l’Allemagne, le Danemark et la Finlande.
Vient ensuite un peloton aux performances assez satisfaisantes, dont la France, l’Autriche ou encore le Luxembourg font partie. Les Etats du Sud (Italie, Espagne, Grèce) et la République tchèque engrangent des résultats inférieurs à la moyenne européenne, quand les Etats de l’Est comme la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie, sont carrément à la traîne.
Disparités régionales Fait notable, les pays moins innovants ne rattrapent plus les meilleurs. En clair, l’ascenseur de l’innovation serait en panne : parmi tous les Etats de l’UE, seule la Lituanie est parvenue à se hisser de la dernière à l’avant-dernière catégorie, dite des « innovateurs modestes ».
Notés sur une échelle de 0 à 1, neuf Etats* subissent une détérioration de leurs performances par rapport à 2011 et la Pologne est même rétrogradée dans le groupe des Etats les plus en retard. La France oscille aux alentours de 0,55. Pour rattraper les meilleurs élèves (autour de 0,7), elle doit progresser pour espérer combler la faible part de PME innovantes, d’exportations de services et de dépenses hors R&D (équipements, diffusion de l’innovation, etc. ).
Une analyse plus fine à l’échelle régionale fait davantage ressortir les déséquilibres : la région de Lisbonne est innovante au même titre que l’Ile-de-France, l’Auvergne, Rhône-Alpes ou les Länder de l’Ouest. L’Andalousie et la région de Murcie sont en revanche au même niveau que l’Europe de l’Est.
Par Marie Herbet
Réduire les émissions de dioxyde de carbone, limiter l’effet de serre, diminuer la pollution, c’est l’obsession de Bruxelles. Après le secteur automobile et plus particulièrement le diesel, c’est au tour des technologies de l’information et de la communication (TIC) d’être visées.
Et pour cause, d’après l’union européenne, l’utilisation des TIC représenterait entre 8 et 10% de la consommation électrique en Europe et entre 2.5% et 4% des émissions de dioxyde de carbone.
D’un côté les TIC ont un impact positif sur l’environnement du fait de la dématérialisation de nombreux outils et pratiques : moins de trajet grâce au télétravail et les visioconférences, moins de papier grâce aux e-mails…
En contrepartie, les besoins en énergie et les émissions en CO2 ont explosé.
Bruxelles n’est pas très précis sur les chiffres car justement, on ne connait pas précisément l’empreinte carbone de ce secteur. Non pas qu’il n’existe pas d’outil de mesure, c’est tout le contraire, il en existe trop ! Or, ces différentes approches développées et mises en place par des organismes de normalisation ne sont pas comparables les unes avec les autres. Difficile en l’état de coordonner les efforts de chacun.
C’est pourquoi l’Europe souhaite se doter d’un outil de mesure commun à toute l’industrie des TIC, reconnu, validé et accepté par tous. Une fois cet outil défini, la réduction des émissions de gaz à effet de serre pourra s’engager concrètement.
C’est dans cet objectif que Bruxelles a travaillé conjointement avec 27 grandes entreprises et associations du domaine des TIC sur la comparabilité des méthodes de mesure. Pendant 10 mois, jusqu’à septembre 2012, ce sont pas moins de 10 normes internationales qui ont été testées par ces industriels dont Alcatel-Lucent, AMD, Dassault Système, Dell, Ericsson, HP, Intel, Nokia ou encore Orange.
Sur la base de ces essais, la Commission européenne a publié une étude concluant à la comparabilité de 10 instruments de mesure et normes. Désormais, les acteurs des TIC sont encouragés à se les approprier de façon à les intégrer à leur quotidien.
Pour en savoir plus sur ces outils : ict-footprint.com
Par Audrey Loubens, journaliste scientifique
Découvrez les formations Techniques de l’Ingénieur :
La prochaine conférence en ligne organisée par le Ministère de l’Ecologie et l’UIC aura lieu le 4 avril 2013 de 9h à 10h et portera sur « Le processus d’évaluation : que devez-vous savoir ». Information et inscription sur : http://www.uic.fr/REACH-webinars.asp
18/03/2013
Une enquête a été lancée afin de préparer les prochaines étapes de développement de IUCLID 6. Plus d’information sur :
Enquête disponible sur :
19/03/2013
L’ECHA lance une consultation publique sur un projet d’avis du comité d’analyses socio-économiques (SEAC) sur une proposition de restriction du 1,4-dichlorobenzène dans les désodorisants et des blocs sanitaires. Les commentaires sont à soumettre pour le 17 mai 2013. Ils seront examinés et considérés par le comité dans son avis final, qui devrait être adopté avant le 19 Juin 2013.
19/03/2013
Une directive européenne du 19 mars 2013 vient modifier l’étiquetage des générateurs d’aérosols contenant des mélanges de produits chimiques. Les générateurs aérosols contenant des mélanges, étiquetés avant le 1er juin 2015 et mis sur le marché jusqu’à cette date, pourront être commercialisés sans faire l’objet d’un nouvel étiquetage, grâce à la période transitoire instituée par la directive CLP.
20/03/2013
La Commission européenne informe l’ECHA qu’elle a modifié les redevances liées à REACH et a demandé l’introduction immédiate des nouveaux tarifs, ce qui profitera aux PME. Ces modifications entrent en vigueur le 22 mars 2013, après la mise à jour de REACH-IT.
20/03/2013
La première mise à jour annuelle du CoRAP à l’horizon 2013-2015 est maintenant disponible. Il contient 115 substances, dont 62 sont nouvellement affectés et 53 proviennent du CoRAP adoptée en 2012. Les États membres évaluent ces substances dans le cadre du processus d’évaluation de la substance, du règlement REACH en 2013, 2014 et 2015.
20/03/2013
L’ECHA encourage tous les déclarants principaux à soumettre leur dossier d’enregistrement avant le 2 avril 2013. Ces dossiers pourront alors passer l’étape de vérification dans les 3 semaines (au lieu de 3 mois si le dépôt se fait ultérieurement). Cette soumission 2 mois avant l’échéance du 31 mai 2013 permettrait également aux déclarants de soumission conjointe de soumettre leur dossier dans les temps.
La nouvelle version du document comprend une explication de l’obligation de notification des classifications différentes de celles des fournisseurs, lorsque cela est nécessaire, et comment le faire. Il indique également quand les formulateurs doivent déclarer à l’ECHA, et comment supprimer ou modifier les déclarations des utilisateurs en aval.
L’ECHA organise le 8 avril prochain (11:00-14:00 heure d’Helsinki (GMT +2)) un webinar sur « Comment et quand les utilisateurs en aval doivent déclarer à l’ECHA ». L’objectif de ce webinar est d’indiquer quand les utilisateurs en aval doivent déclarer à l’ECHA, y compris quand ils doivent signaler les différences de classification.
21/03/2013
La proposition visant à limiter le plomb et ses composés dans les articles de consommation a été présentée par la Suède en janvier 2013. Le plomb se trouve généralement dans les alliages métalliques, les pigments/colorants, et dans une moindre mesure, il est utilisé en tant que stabilisant dans du plastique et du métal.
Cette proposition de restriction porte sur les articles qui pouvant être mis en bouche par des enfants en bas âge, tels que vêtements, chaussures, accessoires, décorations intérieures et des articles de sport et de loisirs. La consultation publique sur la restriction du plomb dans les articles de consommation a débuté le 21 mars 2013. Les parties intéressées sont invitées à transmettre leurs commentaires avant le 1er Juin 2013.
L’ECHA a publié un document permettant une meilleure caractérisation, représentation et modélisation chimique des substances UVCB (Substances of Unknown or Variable composition, Complex reaction products or Biological materials). Ce document, proposé par un prestataire extérieur, se présente sous la forme d’une méthodologie.
22/03/2013
L’ECHA publie maintenant des informations sur la progression des enregistrements dans le cadre de REACH (échéance de fin mai 2013). Ces informations sont disponibles sur la page web de l’ECHA REACH 2013 et seront mises à jour toutes les semaines.
26/03/2013
L’ECHA sollicite des commentaires sur de nouvelles propositions de classification et d’étiquetage harmonisés (CLH) pour trois nouvelles substances (deux pesticides et un produit industriel) :
Les consultations publiques sont ouvertes pendant 45 jours et prendront fin le 10 mai 2013.
28/03/2013
Un nouveau comité scientifique de l’ECHA a été créé pour contribuer à la disponibilité de produits biocides sûrs sur le marché européen. Le comité des produits biocides aura un rôle important dans l’approbation des substances actives et l’autorisation des produits biocides relevant du règlement sur les produits biocides, qui entrera en vigueur le 1er Septembre 2013.
Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval
Découvrez les fiches pratiques de Techniques de l’Ingénieur :
Participez aux formations Techniques de l’Ingénieur :
Une pile à combustible est une pile – ou un générateur de courant – qui produit de l’électricité par la réaction chimique suivante : l’oxydation sur une électrode d’un combustible réducteur (cela peut être de l’hydrogène) simultanément à la réduction sur l’autre électrode d’un oxydant (par exemple, l’oxygène). L’énergie produite par cette réaction est ensuite transformée en courant électrique de façon continue, c’est en cela qu’elle se distingue d’une pile classique. Cette transformation est opérée au moyen d’un catalyseur : le platine ; un métal de transition qui a pour vertu d’accélérer l’oxydation de l’hydrogène.
Le principe de la pile à combustible date de 1939. On doit cette découverte à l’allemand Christian Schönbein et à l’anglais Sir William Grove. Néanmoins, il s’écoulera une centaine d’années avant qu’une application de ce principe soit mise en pratique. C’est au cours des années 60, dans le cadre des programmes spatiaux GEMINI et APOLLO que les premières piles ont vus le jour, destinées aux capsules de vol. L’eau produite par les générateurs de courant servait alors à alimenter les astronautes. Depuis, les secteurs de l’aérospatiale et de l’automobile – principalement – développent son utilisation.
Les piles à combustible stockent trois fois plus d’énergie qu’une batterie lithium-ion et disposent d’une autonomie très appréciable. Contrairement aux piles classiques, elles ne se déchargent pas si l’on ne s’en sert pas. De plus, elles supportent de fortes variations de température et peuvent avoir une longue durée de vie. Cela peut aller jusqu’à plusieurs années.
L’hydrogène est une ressource non polluante et disponible en quantité bien qu’on n’en trouve pas à l’état naturel. Une pile à combustible ne rejette que de la vapeur d’eau, le taux d’émission en CO2 est donc nul. Si vous aviez des doutes concernant les vertus écologiques de la pile à combustible, balayez-les d’un revers de main. Il s’agit bel et bien d’une énergie verte et qui plus est sans bruit. À l’intérêt environnemental s’ajoute donc l’absence de nuisances sonores.
La légèreté des piles permettrait dans certains cas un gain de masse offrant ainsi aux véhicules pourvus de cette technologie une diminution de la consommation de carburant.
Et bien parce que la recherche avance, mais pas forcément assez vite. Ensuite, aussi parce que la viabilité industrielle demeure trop faible par rapport au rendement de cette technologie. Les étapes de fabrication étant très nombreuses. Or, c’est un point clé qui conditionne les investissements. Cependant, la recherche avance et l’amélioration des rendements incite toujours plus les entreprises à passer le pas.
En outre, le catalyseur a un coût relativement élevé. Le platine, généralement utilisé pour l’accélération de l’oxydation, se révèle être une denrée précieuse par son caractère limité. Or c’est bien connu, ce qui est rare est cher. Le prix du métal dépasse d’ailleurs celui de l’or. Cela a un impact direct sur le prix d’une pile à combustible puisqu’il représente 25 % de son coût total.
Pour qu’il y ait oxydation, de l’hydrogène est nécessaire. Or l’hydrogène n’est pas disponible naturellement. Présent dans l’eau ou l’ammoniaque, ce gaz est obtenu par électrolyse. Un procédé, pensé en 1800 par les chimistes anglais William Nicholson et Sir Anthony Carslile, consistant à décomposer l’eau en ions d’hydroxyde et d’hydrogène au moyen d’un courant électrique. Mais voilà, l’utilisation de cette méthode n’est pas encore courante. À l’heure actuelle, la majorité de la production d’hydrogène découle de la décomposition d’hydrocarbures. Malheureusement cette technique s’avère fortement polluante. Sans compter les risques non négligeables liés à l’usage d’un tel gaz, notamment le risque d’explosion en raison de son inflammabilité. Enfin, il présente à nos chercheurs la difficulté de le stocker. Il s’agit d’un vrai problème.
ils sont nombreux et variés ! La pile à combustible sert, entre autres, pour l’alimentation des téléphones portables, l’automobile et plus généralement pour le transport, l’alimentation électrique des satellites, l’aérospatial, l’aéronautique, la production électrique stationnaire… Les piles à hydrogènes inspirent les constructeurs parmi lesquels on peut citer Daimier, Ford, Honda, Hyundai, Mercedes ou encore General Motors.
Son utilisation est classée en trois grandes familles. Les piles à combustible embarquées destinées au transport. Elles équipent ainsi les véhicules légers et les véhicules lourds. Les piles à combustible stationnaires, elles-mêmes déterminées en deux catégories : la production individuelle (de 200 kW à plusieurs MW) et la production collective (de 2 à 7 kW). Les projets, dans lesquelles elles sont inscrites (par exemple, celui d’EDF d’alimenter un groupe HLM) fonctionnent bien souvent par cogénération. Il reste les piles à combustible miniaturisées. Ici, ce sont les téléphones portables, le rechargement des batteries qui rentrent dans ce domaine d’application.
Des tests combinant la technologie des piles à combustible avec une batterie hybride lithium-ion seraient en cours sur des avions afin de les faire voler. Toutefois, bien que l’idée soit séduisante, ce sujet d’étude semble loin d’être exploitable pour le moment.
La start-up nommée Pragma Industries, située à Bidart, vient d’inventer la première machine à bobiner des piles à combustible. Leurs piles ont pour objectif d’alimenter des vélos électriques, des outils portatifs et mobiles ainsi que des groupes électrogènes. Pierre Forté, le PDG de la PME, estime que le marché des vélos électrique, en pleine expansion, devrait quadrupler d’ici 2017.
La société israélienne CellEra s’est faîte connaître récemment pour son invention d’une pile à combustible » révolutionnaire « . Cette start-up serait parvenue à passer outre l’utilisation de platine pour accélérer l’oxydation de l’hydrogène via un procédé vraisemblablement déjà connu mais dont elle serait la première à l’avoir élaboré. Ce qui change, ce sont les électrolytes. CellEra utilise un électrolyte polymère solide permettant la conduction d’ions OH- en milieu alcalin là ou ses concurrents s’appuient habituellement sur des piles à membrane pour lesquels les électrolytes liquides sont nécessaires au fonctionnement. À la place du platine, on retrouve des métaux moins onéreux qui offrent un avantage économique indéniable ! Pour info, pas moins de sept brevets sont en cours de dépôt. Grâce cette technologie, CellEra compte bien ouvrir de nouvelles perspectives quant à la fabrication de piles à grande échelle. Ses collaborations avec Vodafone et Volkswagen ainsi que le développement de nouvelles applications, à priori tournées vers les stations de télécommunication, devraient lui assurer un bel avenir.
Depuis 2011, la start-up new-yorkaise SiGNa Chemistry propose un chargeur de smartphones un peu spécial… Il s’agit d’un chargeur équipé de mini-piles à combustibles appelées PowerTrekk capable de produire de l’électricité par ajout d’eau, voire d’urine. Ne riez pas, l’armée estime même que le package d’un soldat pourrait être réduit de 11 kilos grâce à cette technologie. La maniabilité, le faible poids de transport (une minuscule cartouche d’hydrogène) et surtout la possibilité de recharge n’importe ou en font un outil attractif dont l’armée pourrait envisager l’utilisation prochaine. SiGNa Chemistry tourne désormais sa recherche sur la recharge d’appareils électroniques plus importants.
Le constructeur Hyundai a dévoilé lors du salon de l’automobile de Genève son premier modèle ix35 à hydrogène de série. Destiné au grand public d’ici 2015, date à laquelle débutera la production de 10 000 unités, ce modèle fonctionnera à la pile à combustible et sera donc totalement écologique. Pour mieux connaître la future Hyundai, voici quelques chiffres. Elle disposera de deux réservoirs hydrogènes, d’un moteur de 136 chevaux, d’une batterie en lithium-ion polymère de 24 kW et pourra rouler plus de 594 kilomètres par recharge. Cette alternative aux carburants traditionnels aurait déjà séduit quelques responsables européens.
Panasonic est un acteur majeur de la recherche sur les piles à combustible. On se souvient de l’annonce deux ans auparavant de l’ouverture d’un centre de R&D en Allemagne. La société nippone conçoit et développe depuis 1999 des piles à combustible à micro-cogénération qui ont la particularité de produire de l’électricité tout en se servant de la chaleur générée par le processus. Une méthode efficace qui ne laisse plus de place au gaspillage d’énergie.
La pile à combustible est une technologie qui n’a jamais vraiment cessée de faire l’objet de recherches. Les techniques progressent constamment. On remarque toutefois qu’elles ont tendance à s’intensifier avec l’arrivée des starts-up qui leur permettent d’acquérir un second souffle. SiGNa Chemistry et CellEra en sont les parfaits illustrateurs. Le développement des piles vers de nouvelles applications toujours plus ambitieuses est en bonne voie. Dans un processus de collaboration, les entreprises échangent et s’ouvrent à des perspectives réjouissantes en poussant des concepts connus tels que la voiture et le vélo électrique, l’alimentation de téléphones portables et d’objets plus lourds (ordinateurs portables) ou encore la cogénération.
Ces entreprises font office de catalyseur comme le platine l’est pour la réaction chimique. Le rendement et la puissance des piles à combustible sont en hausse significative. Les perspectives en termes d’innovation paraissent donc plus folles. Tout ça bien sûr en raison de multiples qualités. Le fait notamment qu’elle propose une alternative séduisante aux carburants traditionnels et puisse avoir un réel impact environnemental, qu’elle offre de bons rendements énergétiques et soit peu encombrante. Présentée comme une source d’énergie révolutionnaire à l’époque, la pile à combustible trouve aujourd’hui une utilisation, potentielle ou concrète, dans des domaines divers et variés. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a pas fini de révéler ses possibilités.
Par Sébastien Tribot
sources :
http://pileacombustible.free.fr/historique.htm
http://www.autodeclics.com/article/47482-quel_avenir_pour_la_pile_a_combustible.html
http://www.enerzine.com/14/15116+le-marche-des-piles-a-combustible-stationnaires-semble-lance+.html
http://www.enerzine.com/14/12549+panasonic-mise-sur-les-piles-a-combustible-residentielles+.html
http://siliconwadi.fr/6172/une-startup-israelienne-invente-une-pile-a-combustible-revolutionnaire
http://aviondufutur.e-monsite.com/pages/l-electricite-dans-l-avion/les-piles-a-combustibles.html
http://www.actu-environnement.com/ae/news/filiere-francaise-hydrogene-piles-combustible-13694.php4