L’Inria crée un club de PME pour favoriser les transferts de technologies

L’Inria va lancer en octobre un club des PME, qui sera constitué d’un premier cercle de start up issues de son incubateur, et plus largement des entreprises avec lesquelles il est en relation. « Il s’agit d’un outil pour maintenir un lien avec l’ensemble de nos partenaires », explique Philippe Gesnouin, en charge du projet et responsable du transfert technologique pour la santé, les sciences de la vie et les biotechnologies. « Le but est de favoriser le transfert de technologies et de connaissances. Une des missions d’un établissement de recherche consiste à participer au soutien des PME. » Concrètement, les membres du club auront accès à un portail d’informations sur la recherche dans les sciences et technologies de l’information et de la communication (Stic), les appels à projets, les activités au sein des pôles de compétitivité et les actions de communication dans le cadre de salons ou de conférences internationales. Le site Internet mettra également à disposition des PME partenaires des CV de jeunes diplômés, de doctorants ou de post-doctorants de l’Inria.

Networking
Au-delà de ce portail, l’Inria (Institut de recherche en informatique et automatique) compte favoriser le networking avec l’organisation d’au moins une réunion par an. « Le but est que des projets puissent naître, également entre les PME partenaires », complète Philippe Gesnouin. « Cela paraît simple, mais c’est probablement la première initiative de la sorte en France », conclut-il.Les membres du club viendront de tous les secteurs dans lesquels intervient l’Inria : santé, sciences de la vie, biotechnologie, énergie, transport et environnement, télécoms, réseaux et multimédia, édition de logiciels, systèmes embarqués et aéronautique, défense, spatial et sécurité.

Quelle est la durée de vie d’un panneau solaire ?

La durée de vie d’un module photovoltaïque est une donnée cruciale pour évaluer le coût de l’énergie solaire. La rentabilisation peut prendre plus d’une décennie en Europe du nord, même en tenant compte des subventions. Dans ces conditions, quelques années de vie de plus peuvent faire la différence. Une étude japonaise suggère que l’espérance de vie est plus longue que prévue [1]. Une société qui réutilise les vieux panneaux explique ainsi avoir testé 330 panneaux fabriqués en 1984. 90 % de ces modules ont encore un rendement équivalent à 80 % de leur production initiale.L’industrie espère que les produits fabriqués aujourd’hui auront une durée de vie encore plus longue. Les supports utilisés pour fabriquer des panneaux solaires devraient moins accuser la décoloration et une espérance de vie moyenne de 30 ans ou plus est envisageable.Ces découvertes sont importantes car elles vont permettre de mieux évaluer le coût financier des installations solaires et, tout aussi important, elle vont encourager les banques à prêter davantage d’argent et à demander à être remboursées moins rapidement. Autrement dit, si la banque était forcée de saisir des panneaux solaires en cas de défaillance de paiement de l’emprunteur, ces panneaux avec une durée de vie plus longue auraient plus de valeur aux yeux des futurs propriétaires.Coïncidence ou pas, le Ministère britannique de l’Energie et du Climat a annoncé que son tarif de rachat du solaire photovoltaïque courrait sur 25 ans et non sur 20 comme il l’envisageait en juillet 2009. L’attractivité des investissement dans les systèmes photovoltaïques en sera grandement augmentée.

Source :
[1] ‘Next Energy and Resources Co. Finds Use for 25 year-old Solar Panels’, Japan for Sustainability (www.japanfs.org) [consulté le 4 août 2009].Chris Goodall est l’auteur, entre autres, de 10 Technologies pour sauver la planète. Il est également éditorialiste pour The Independant on Sunday et le Guardian. Lire son blog.

L’Europe lance une consultation publique sur les TIC

La Commission européenne a lancé mardi 4 août une consultation publique sur les défis à venir pour l’Europe numérique. Il s’agit d’une première étape vers une nouvelle stratégie européenne des technologies de l’information et de la communication (TIC) que la Commission compte présenter en 2010 dans le cadre de la prochaine vague de l’agenda de Lisbonne.Le lancement de cette consultation publique a donné l’occasion de tirer un bilan du plan i2010 lancé en 2005. Les utilisateurs réguliers d’Internet sont passés de 43 % en 2005 à 56 % en 2008. Viviane Reding, membre de la Commission chargée de la société de l’information et des médias, a mis en avant les progrès effectués en matière de haut débit, de téléphonie mobile et de services publics en ligne. « L’économie numérique européenne dispose d’un formidable potentiel pour engendrer des profits considérables dans tous les secteurs, mais pour que cet avantage se traduise en croissance durable et en nouveaux emplois, les pouvoirs publics doivent montrer la voie à suivre en adoptant des stratégies coordonnées pour faire tomber les obstacles aux nouveaux services », a-t-elle déclaré. Malgré les progrès réalisés, un tiers des citoyens de l’Union européenne n’ont jamais utilisé l’internet. Seuls 7 % des consommateurs ont déjà fait des achats sur un site situé dans un autre Etat membre. Par ailleurs, l’Europe reste loin derrière les États-Unis et le Japon en ce qui concerne les investissements en R&D dans le secteur des TIC, des communications à haut débit et du développement de marchés innovants comme la publicité en ligne. Dans ce contexte, l’Europe a adopté le plus important budget jamais consacré au TIC. Dans le cadre du 7e PCRD (programme cadre de recherche et développement) et du plan de compétitivité, 10 milliards d’euros seront investis entre 2007 et 2013 pour les technologies de l’information et de la communication. La consultation publique, qui se tiendra jusqu’au 9 octobre 2009, s’articule autour de neuf questions :

  • Comment les technologies de l’information et de la communication peuvent-elles contribuer à la reprise économique et à l’agenda de Lisbonne en matière de croissance et d’emploi ?
  • Comment les TIC peuvent-elles aider à la transition vers une économie plus durable et moins émettrice de carbone ?
  • Comment créer au mieux une économie connectée à 100% qui offre un accès ouvert et haut débit pour tous ?
  • Comment l’Europe peut-elle accroître ses performances sur les sujets cruciaux de recherche et d’innovation ?
  • Comment renforcer le marché unique numérique dans le but d’apporter plus de croissance, d’innovation et de nouveaux services ?
  • Comment les services en ligne et les outils comme le Web 2.0 peuvent-il favoriser plus de créativité, de production de contenu et de services pour l’utilisateur ?
  • Comment le Web peut-il contribuer à la modernisation de services publics pour qu’ils soient facilement accessibles à tous les citoyens européens ?
  • Comment les TIC peuvent-elles améliorer la qualité de vie et l’ouverture culturelle des citoyens européens en les plaçant au centre de leur vie ?
  • Comment l’Europe peut-elle accroître son poids dans le Web mondial et dans la société globale de l’information ?
Pour participer : ec.europa.eu

Les giga promesses du marché des nano

L’échelle nano se situe au milliardième de l’unité de base, mais le marché des nano se compte lui en milliards. Entre 750 et 3.000 milliards de dollars en 2015. Le marché de l’infiniment petit a de quoi donner le vertige. Bien sûr les chiffres varient fortement d’une source à l’autre, mais tous les analystes sont d’accord sur un point : nous allons assister à un boom des nanotechnologies. D’après une étude des Entreprises du médicament (Leem), qui s’appuie sur des données du cabinet Cientifica, de la Commission européenne et du Nanoforum, le marché des nanotechnologies va connaître une accélération de la croissance à partir de 2010. Selon l’hypothèse basse, alors qu’il représente 3 milliards de dollars en 2008, il pèsera 750 milliards de dollars d’ici à 2015. Les plus optimistes avancent le chiffre de 3.000 milliards de dollars. Ces chiffres varient notamment à cause de la prise en compte ou non du coût total du produit qui intègre des nanoparticules. En 2008, les Etats-Unis représentaient les deux tiers du marché et l’Europe un cinquième. Rappelons que le Fonds fédéral américain pour les nanotechnologies aura investi 1,5 milliards de dollars en 2009. Quant à l’Union européenne, elle y consacre 3,5 milliards d’euros (5 milliards d’euros) dans le cadre du 7e PCRD (programme cadre de recherche et développement). Ce chiffre n’inclut donc pas les programmes nationaux comme Nano-Innov (70 millions d’euros) ou Nano 2012 (2,5 milliards d’euros sur cinq ans) en France. D’un point de vue sectoriel, le marché des nanotechnologies reste pour l’instant largement dominé par les produits chimiques, qui représentent plus de la moitié du marché en 2007. Ils sont suivis des semi-conducteurs (35%). Cependant, dans les années à venir, les produits chimiques vont perdre de leur importance en proportion, avec 9% de parts de marché en 2015. Les semi-conducteurs devraient perdre 4 points. Cette évolution se fera au profit de l’électronique (28%), de la médecine (17%), de l’aéronautique et de la défense (6%), et enfin de l’automobile (4%). L’enquête des Entreprises du médicament (Leem)Nanotechnologies appliquées à la médecine – Etat des lieux et recommandations pour l’attractivité de la France

Presque la moitié des grandes entreprises ont une politique de green IT

45 % des entreprises européennes ont mis en place une politique de green IT, d’après une étude que vient de publier HP (cf. encadré). La France est le pays le plus en pointe dans ce domaine, parmi les sept pays concernés. 46 % des entreprises françaises ont adopté une politique d’informatique verte et 54 % veulent investir dans ce domaine.L’enquête d’IDC parue en mars permet d’étudier plus en détail la situation dans l’Hexagone. Les résultats demeurent très contrastés selon la taille des entreprises. Ainsi, en 2008, 43 % des groupes de plus de 1.000 salariés menaient une politique de green ICT, ICT signifiant information and communication technologies. Ce chiffre tombe à 6 % pour les entreprises de 250 à 1.000 salariés et à 1 % pour les autres. Le segment des grandes entreprises est non seulement le plus avancé, mais c’est aussi celui qui progressera le plus en matière d’informatique verte. IDC prévoit des taux de pénétration de 51 % en 2009 et 61 % en 2010.Si le green IT séduit de plus en plus, ce n’est pas pour des motivations écologiques, complètement désintéressées. Ainsi, parmi les raisons pour adopter une telle politique en France, le coût de l’énergie arrive en tête, cité par 70 % des répondants. En seconde position, mais loin derrière, les entreprises évoquent l’augmentation des volumes des données (40 %). Un quart des répondants citent la régulation gouvernementale, la réputation et l’image de marque ainsi que l’augmentation des infrastructures serveurs. Ces résultats laissent entendre que le green IT devrait bien résister à la crise. Intuition corroborée par une étude du Gartner parue en avril, selon laquelle la crise n’a pas eu d’impact sur le green computing pour 67 % des entreprises européennes. Elle a même augmenté la priorité des initiatives pour 10 % d’entre elles. C.G.Les enquêtesIDC : Green ICT France, étude parue en mars 2009 et réalisée en octobre 2008, auprès de 392 entreprises de plus de 10 salariés, ainsi qu’une enquête spécifique portant sur les services de communications auprès de 150 entreprises de plus de 50 salariés réalisée en janvier 2009. HP : enquête parue en juillet, menée en mars 2009 auprès de 2.000 décideurs et utilisateurs en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique, au Pays-Bas, en Autriche et en Suisse.Gartner :The impact of recession on green IT, parue en avril 2009 et réalisée en décembre 2008, auprès de 620 responsables informatiques, développement durable et green IT aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

« Les risques nano ne sont pas suffisamment pris en compte »

Journaliste scientifique, Dorothée Benoit Browaeys est déléguée générale de Vivagora, une association pour l’engagement citoyen dans la gouvernance des technologies. Elle vient de publier Le meilleur des nanomondes, aux éditions Buchet Chastel.

Techniques de l’ingénieur : Quelle est la définition des nanotechnologies ?

Dorothée Benoit Browaeys : On arrive aujourd’hui à une stabilisation de cette définition avec les travaux de normalisation de l’Afnor et de l’ISO. Les nanotechnologies sont toutes les technologies qui conçoivent des objets dont au moins une dimension est inférieure à 100 nanomètres. Les nanomatériaux sont des produits intentionnellement fabriqués.

Les nanoparticules sont-elles des particules comme les autres ?

Non, sinon elles n’auraient pas d’intérêt ! Elles ont des propriétés nouvelles, qui impliquent des toxicités nouvelles. Avec une surface supérieure, on augmente la réactivité. Par ailleurs, les nanoparticules peuvent se diffuser dans les tissus profonds de l’homme. On entend souvent dire que les nanoparticules ont toujours existé, mais cela change la donne de les produire à grande échelle. Il faut également étudier l’usage que l’on en fait.

Le Grenelle de l’environnement va-t-il introduire plus de contrôle des nanotechnologies ?

Dans le cadre du Grenelle 1, un débat national sera mis en place à partir d’octobre 2009 et jusqu’en février 2010. La déclaration des nanomatériaux deviendra obligatoire. Cependant, d’après les juristes, les déclarations risquent de rester marginales dans la pratique.

Dans ces conditions, le contrôle est-il suffisant ?

Le Parlement européen a alerté la Commission européenne sur le fait que les conditions réglementaires ne sont pas suffisantes. Le risque porte notamment sur la santé des travailleurs.

Comment le nanoforum se positionnera-t-il par rapport au débat national ?

Le nanoforum a été voulu par un groupe interministériel en 2007. La prochaine séance aura lieu le 10 septembre 2009. Il s’arrêtera ensuite quelques temps pour laisser place au débat national. Le nanoforum apportera une contribution pour le document d’initialisation, à partir des études de cas au sujet de la nanocosmétique, du nanociment, de la nanofood et du nanoargent. Comme d’autres associations, Vivagora va publier un cahier d’acteur pour préciser son point de vue sur la gouvernance.

Quelle est la position de Vivagora sur la gouvernance ?

Pour que les projets soient développés de manière respectueuse, il faut proposer une information pluraliste et pertinente pour les différents acteurs, dont la société civile. Vivagora a depuis six mois mis en place une alliance citoyenne pour créer un portail d’informations issues d’ONG partenaires comme WWF, Attac, la Ligue des droits de l’homme ou encore l’Association santé environnement France (Asef).

Il faut aussi animer un débat public permanent, de type Grenelle, qui permette aux parties prenantes de contribuer aux choix scientifiques et technologiques. Enfin, il faut travailler sur une démarche d’innovation ascendante, qui ne soit pas strictement pilotée par les industriels et les intérêts économiques mais traversée par une demande sociétale. Cela correspond au concept d’innovation ouverte, qui suppose un changement structurel.

Ne faut-il pas organiser une gouvernance à l’échelle internationale ?

Il faut agir dans le sens d’une instance internationale, mais il faut aussi se positionner à des échelles très variées. On arrive à des solutions pragmatiques au niveau des territoires.

Le débat ne risque-t-il pas d’être instrumentalisé ?

Le dialogue implique un enjeu de manipulation permanent. Il existe des intérêts économiques et politiques colossaux. Il faut atteindre un équilibre entre les différents intérêts. Je ne crois pas en l’information indépendante par exemple, mais en l’information pluraliste.

La recherche sur les risques est-elle suffisante ?

Des rapports d’une grande expertise ont été rendus par l’Afsset, un autre est en cours sur l’exposition de la population en général. Cependant, les industriels avaient peu participé à la première étude, seuls 16 % avaient répondu aux demandes d’informations. Par ailleurs, il existe peu d’équipes de toxicologues, elles sont saturées de projets. L’investissement sur les risques reste très faible par rapport à l’investissement total en faveur des nanotechnologies.

Qu’est-ce qui vous a étonnée durant le nanoforum ?

Il existe un problème d’incompétence au sens de l’attribution d’un organisme. Par exemple, on ne se préoccupe pas des échéances. L’OCDE va présenter des travaux d’investigation sur un certain nombre de produits dans seulement cinq ans. On déplore aussi de nombreux points aveugles dans tous les champs. Que peut-on faire pour éviter que le nanoargent ne se retrouve dans les stations d’épuration ? Personne ne sait répondre à cette question. On constate des manipulations dans certains groupes de travail. Par exemple, tout est fait pour que l’on n’aborde pas la question de la nanofood. Il s’est avéré très difficile de faire participer aux débats des industriels comme Danone ou l’Oréal, qui n’ont pas répondu à nos invitations.

Si vous aviez des responsabilités politiques, quelles mesures prendriez-vous ?

J’ai travaillé auprès de Corinne Lepage au sein de la commission sur la gouvernance écologique. C’était un très beau groupe de travail, avec une expertise indépendante et pluraliste. Le constat le plus important est qu’il va falloir apprendre à gouverner en situation d’incertitude. Les rapports d’experts ne suffisent plus, il faut s’appuyer sur les parties prenantes et étudier les priorités, les bénéfices et les risques, les finalités… Les nanomatériaux répondent-ils à nos besoins ou à ceux de la grande distribution par exemple ? Il faut instaurer un dialogue permanent et trouver des procédures pour que l’innovation ne soit pas déconnectée de la demande sociale.

Finalement, êtes-vous optimiste ou pessimiste ?

Les urgences environnementales montrent combien on s’est mis dans l’impasse. Nous n’avons plus beaucoup de marge de manœuvre pour changer vite. Il faut trier les technologies utiles. Il faut donner la faveur aux nano vertes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Les instances publiques ne me donnent pas confiance. Mais, avec les nanotechnologies, on va peut-être enfin interroger le système dans son ensemble.

Propos recueillis par Corentine Gasquet

  • L’association Vivagora

Fondée en 2003, Vivagora est une association qui promeut la mise en débat et en culture de l’innovation. Elle développe une expertise sur les enjeux sociétaux des innovations technologiques par l’exercice du débat public et le déploiement d’interactions fortes entre les acteurs concernés, tant dans les domaines techniques, que dans les domaines économique, sanitaire, environnemental, sociétal ou philosophique. Elle agit pour l’engagement citoyen dans la gouvernance des technologies et considère que la montée en compétence et en influence de la société civile peut contribuer à faire des choix durables, humains et solidaires.
Site : www.vivagora.org

  • Le nanoforum

Pour favoriser le débat, le nanoforum a vu le jour en juin 2007 sous l’égide de la direction générale de la santé. Il se définit comme un lieu de libre parole permettant d’identifier les questions scientifiques éthiques et sociales. La prochaine séance aura lieu le 10 septembre 2009 de 18h à 20h au Cnam. Pour en savoir plus : www.vivagora.org

  • Le portail d’informations

Le portail d’informations ACEN ouvrira en octobre. En attendant, on peut accéder à un wiki collaboratif : acen-cacen.org

  • Le livre : Le meilleur des nanomondes, Dorothée Benoit Browaeys, Buchet Chastel, 263 pages, 20 euros

12 % de rendement pour les cellules solaires à couches minces

Les cellules photovoltaïques à couches minces de semi-conducteurs composites sont bien l’avenir du solaire, et le laboratoire de photovoltaïque de l’Université du Luxembourg l’a encore montré. En mettant au point des cellules à couches minces très performantes, avec une efficacité de 12 %, les chercheurs luxembourgeois entrent de plein pied dans la course au rendement.Les cellules solaires à couches minces sont la nouvelle génération de cellules photovoltaïques. La raison est simple : les coûts de fabrication sont beaucoup plus faibles que pour les modules solaires utilisés actuellement, car les besoins en matériaux et en énergie sont limités.Dans le cas des cellules photovoltaïques développées au Luxembourg, les chercheurs ont mis au point des semi-conducteurs à base de cuivre, d’indium, de galium et de sélénium, selon un processus permettant de hautes performances.

Des coûts de production à la baisse
Pour le professeur Siebentritt, qui s’exprime sur le site de l’Université du Luxembourg, il s’agit là d’une performance technologique de premier plan : « il y a quelques mois, nous avons déménagé dans nos nouveaux locaux. Ceci nous a finalement permis de démarrer la production de cellules photovoltaïques. Il s’agit réellement de nos premières cellules et elles atteignent déjà des niveaux d’efficacité très compétitifs. Je suis très fier de mon équipe ».Au-delà de ces cellules à couches minces très efficaces, l’Université du Luxembourg a également mis au point des cellules à couches minces constituées d’un matériau nouveau et peu couteux : en effet, ne contenant pas d’indium (l’indium est un élément rare et donc coûteux), leur prix de fabrication s’en trouve peu élevé. Produit par un processus de galvanisation, ces couches minces atteignent une efficacité presque record : 3,2 % d’efficacité. Le record mondial actuel, pour un processus de fabrication similaire, est de 3,4 %.

Une course à l’efficacité
Ces résultats, qui placent les couches minces produites par l’Université du Luxembourg parmi les plus efficaces jamais fabriquées, font du professeur Siebentritt et de son équipe des références au niveau mondial. Pourtant, le laboratoire n’est équipé que pour mettre au point la couche absorbante et la couche tampon. Ainsi, pour finaliser les couches minces, le laboratoire fait appel à un institut spécialisé en Allemagne. Ainsi, dans la course effrénée des chercheurs et des industriels pour atteindre au plus vite une efficacité et un coût de production en adéquation avec les impératifs du marché, un nouveau pas vient d’être franchi. Et on devine que de nouveaux paliers seront sans aucun doute bientôt franchis.

Des nouvelles ampoules LED à l’ADN de saumon ?

Selon un article paru dans le média britannique The Green Optimistic [1], des chercheurs de l’université du Connecticut auraient utilisé de l’ADN de saumon pour développer une nouvelle génération de LED.Cette équipe de chercheurs serait parvenue à ce résultat en ajoutant un colorant fluorescent à l’ADN d’un saumon puis en isolant les séquences d’ADN et en les transformant en nanofibres, créant ainsi un tout nouveau matériau qui dégage la lumière blanche et brillante caractéristique des ampoules à LED… et pas très agréable à l’œil d’ailleurs il faut bien le dire !C’est justement dans le but d’améliorer un peu cette couleur blanche que les chercheurs de l’UCONN ont commencé à mener leurs recherches. Ils pensent aujourd’hui qu’en agissant sur le pourcentage des colorants introduits dans l’ADN du saumon, ils peuvent parvenir à changer la qualité de la couleur émise par la LED elle-même.

l’ADN permet d’orienter les colorants de façon optimale
Alors que d’autres chercheurs essayent depuis un moment déjà, mais sans grand succès, de modifier cette couleur à partir de matériaux tels que des nanoparticules de silicium et des copolymères à blocs, cette nouvelle découverte des propriétés fluorescentes d’une séquence d’ADN du saumon a fait l’effet d’une petite bombe par la rapidité et l’efficacité des résultats obtenus.Selon David Walt, professeur de chimie à la prestigieuse Tufts University : « Lorsque les rayons UV tapent sur le matériel génétique, un colorant se met à absorber l’énergie et produit la lumière bleue. Si une molécule de colorant se trouve à une distance adéquate, elle va absorber une partie de l’énergie de la lumière bleue et émettre une lumière orange. L’utilisation de l’ADN permet d’orienter ses colorants de façon optimale ».Ceci posé, il faut tout de même rappeler qu’aujourd’hui aucune étude n’a réellement démontré que les ampoules à LED étaient plus économes en énergie et moins onéreuses que les ampoules basse consommation en ce moment dans le commerce (bien que souvent critiquées) ou que les bonnes vieilles ampoules à incandescence qui ne seront plus du tout possible à trouver dans le commerce d’ici peu. [1] Lire l’article du Green OptimisticFrancis Rousseau est rédacteur en chef de plusieurs blogs portant sur l’environnement et les énergies renouvelables pour 3B Conseils, cabinet conseil en communication scientifique et technique et bureau d’études. Il anime notamment Les énergies de la mer, spécialisé dans les énergies marines.

Les nano-ventouses des calmars

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60137.htm

Les ventouses des calmars sont composées d’un matériau unique à la fois souple et extrêmement dur. Une étude menée par le professeur Henrik Birkedal du centre interdisciplinaire INano de l’Université d’Aahrus en collaboration avec l’Université de Californie à Riverside révèle qu’il s’agit en fait d’une nanostructure formée uniquement de protéines. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de matériaux commercialisables à grande échelle. Les résultats de cette étude ont fait la couverture de la prestigieuse revue Advanced Materials.

C’est au large de la Californie qu’est apparue à James Weaver (Université de Californie) l’idée d’étudier les structures architecturales et mécaniques des ventouses. Celui-ci participait à une expédition de capture de calmars lorsque les tentacules de l’un d’eux se sont enroulées autour de ses bras. Les dégâts causés par les ventouses du céphalopode fermement agrippé ont conduit le jeune chercheur à s’interroger sur les pouvoirs de cette structure si rigide.

Un nanomatériau protéinaire aux propriétés étonnantes

Chacune des ventouses des calmars se compose d’un disque rigide surmonté de dents triangulaires dont le pouvoir agrippant augmente considérablement pendant la chasse. L’étude qui a révélé leur composition a réservé aux chercheurs de nombreuses surprises. Jusqu’à présent, les biologistes pensaient en effet que les structures les plus dures du règne animal étaient soit minérales, comme nos propres dents, soit composées de chitine, que l’on retrouve notamment dans la carapace des invertébrés. Mais à la place de ce qu’ils s’attendaient à trouver, les chercheurs ont découvert un nanomatériau protéinaire aux propriétés étonnantes, maintenu grâce à des liaisons hydrogène et hydrophobes.

La structure tridimensionnelle est composée d’un réseau de nanotubes poreux qui confère aux ventouses leurs propriétés de résistance et de souplesse. Plus étonnant encore, les nanotubes situés parallèlement à l’axe principal des dents sont coniques et leur diamètre diminue de 250 à 150 nanomètres le long de la dent. Ils prennent cette forme grâce à une simple altération locale de leur porosité, sans modification du matériau qui compose le reste de la ventouse. Si les chercheurs parvenaient à reproduire industriellement ce matériau, il pourrait trouver des applications dans de nombreux secteurs.

Mais la route est encore longue car il reste aux chercheurs à identifier la composition des protéines nanoscopiques et à comprendre la manière dont les tubes deviennent poreux. Ils pourraient alors développer des matériaux beaucoup plus légers, souples et résistants, que par exemple ceux qui composent aujourd’hui les ailes des avions, les mains des premiers robots androïdes ou les carcasses de nos voitures. La découverte du premier matériau solide uniquement composé de matière organique pourrait ainsi ouvrir la voie à de nombreuses innovations.

Contact : P. Henrok Birkedal, Service de chimie, centre interdisciplinaire INano, Université d’Aarhus – Tél: 8942 3887 – Email : hbirkedal (a) chem.au.dk
Source : Université d’Aarhus, Volume 21 Issue 4, Page NA, Published Online: 14/01/2009 – http://www3.interscience.wiley.com/journal/121638168/abstract
Rédacteur : Jean-Baptiste Paquel
Origine : BE Danemark numéro 23 (28/07/2009) – Ambassade de France au Danemark / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60137.htm

 

« Nous développons un nanomatériau qui va révolutionner la radiothérapie »

Techniques de l’Ingénieur : Qu’est-ce qui vous a amené à créer Nanobiotix ?

Laurent Lévy : Je me consacre depuis une quinzaine d’années aux nanotechnologies. J’ai commencé dans la nanoélectronique dans le cadre d’un doctorat, puis je me suis orienté vers la biologie. Je cherchais comment utiliser les nanomatériaux pour soigner le cancer, à l’université de Buffalo aux Etats-Unis. Je suis rentré en France et j’ai travaillé dans l’industrie, dans la pharmacie et les biotechnologies. Nous avons créé Nanobiotix en 2003 avec Paras N. Prasad et Kader Boussaha, en bouclant un premier tour de table. Nous avons aussi bénéficié d’aides du ministère de la Recherche et de l’Union européenne. Depuis, des investisseurs nous soutiennent et nous aident à avancer.

Quelle est votre activité ?

Nous développons des nanoparticules pour la médecine. Deuxième thérapie la plus utilisée contre le cancer, la radiothérapie concerne la moitié des patients qui ont un cancer, mais elle présente des limitations techniques qui réduisent son efficacité. Pour pouvoir irradier une tumeur, il est nécessaire de passer par des tissus sains et donc de déposer aussi une dose dans ces derniers, ce qui entraîne des effets secondaires. Entre la probabilité de contrôler la tumeur et les risques d’effets secondaires, la fenêtre de tir pour administrer la bonne dose reste très étroite. Notre technologie consiste à injecter des nanomatériaux dans la tumeur pour améliorer l’efficacité des rayons X. Il s’agit d’objets cristallins à base de hafnium oxide (HFO2), très denses en électrons. Ils sont recouverts d’une couche qui permet de leur donner la biocompatibilité désirée. Grâce à ces nanomatériaux, plus de photons sont absorbés dans la tumeur. Une même dose de rayon X permet donc d’atteindre une efficacité plus importante.

A quelle étape du développement vous situez-vous ?

Nous avons déposé sept familles de brevets. Nous maîtrisons la fabrication des matériaux et de l’injectable. Nous avons fini la phase préclinique et nous passerons l’année prochaine aux essais cliniques, qui devrait durer trois à quatre ans. Nous prévoyons 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en 2009, généré grâce à des collaborations avec des partenaires industriels.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la création de Nanobiotix ?

Il faut s’entourer des bonnes personnes. Il faut aussi trouver les fonds nécessaires au développement de l’entreprise.

Avez-vous eu des difficultés pour définir le champ d’application de votre technologie ?

Le cancer a constitué un champ d’application facile à cerner. En revanche, il a fallu travailler sur le mode d’intégration dans la pratique médicale. En médecine, il faut que le produit développé soit accepté par les utilisateurs. Changer des pratiques médicales peut prendre des décennies. Nous avons donc choisi de développer un produit qui s’intègre à la radiothérapie, tout en la révolutionnant.

Comment l’Europe et la France se positionnent-elles en nanomédecine ?

Une plate-forme européenne de nanomédecine s’est créée au niveau européen, regroupant des industriels, des académiques et des médecins. Nous avons lancé le même type de plate-forme au niveau national. La France est bien placée, mais il faut poursuivre les investissements et accélérer les développements.

Quel regard portez-vous sur l’évolution actuelle des nanotechnologies ?

Bien plus qu’un effet de mode, les nanotechnologies font partie des technologies qui comptent. Des brevets sont déposés, des articles rédigés, des nouveaux produits développés…Cela représente des marchés existants importants, avec une croissance très élevée. Selon Cientifica, le marché va passer de 135 milliards de dollars en 2007 à 1.000 milliards en 2015.

Les craintes pour la sécurité vous semblent-elles fondées ?

Un débat public sur les nanotechnologies aura lieu à la rentrée. Il ne faut pas faire de généralité. Chaque particule est différente et, comme tout matériau, tout produit chimique, elle s’avère plus ou moins toxique. Les nanomatériaux sont déjà très présents dans notre quotidien, il faut en étudier les risques. Dans le domaine de la santé, la mise sur le marché est déjà très encadrée avec des études poussées entre le bénéfice et le risque pour le patient.

Propos recueillis par Corentine Gasquet

Liens utiles
nanobiotix.com
cientifica.eu

Contribution climat énergie : une révolution fiscale ?

La révolution verte sera avant tout une révolution fiscale. C’est ce qui ressort du rapport de la conférence des experts et de la table ronde sur la contribution Climat et Énergie rendu public le 28 juillet. Remis à Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, et Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, ce rapport préconise la mise en place de la « taxe carbone » (aussi appelée CCE, Contribution Climat Énergie), qui devrait s’appliquer aux seules énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), et ceci dès 2010. La mise en place de cette taxe était déjà préconisée dans les conclusions du Grenelle de l’Environnement.Le but avoué est de dissuader le recours aux énergies fossiles, a expliqué Michel Rocard sur France Inter :  » on va taxer un certain nombre de comportements, principalement celui qui consiste à utiliser des énergies d’origine fossile émettrices de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. »Concrètement, les prévisions font état d’une facture comprise entre 300 et 400 euros, qui touchera la moitié des ménages français. Cette taxe sera aussi appliquée aux entreprises. Dans un premier temps, c’est-à-dire en 2010, le rapport prévoit une facturation de 32 euros à la tonne de CO2 émise, qui augmenterait pour atteindre 100 euros en 2030. Cette hausse, progressive pour des raisons d’acceptabilité, représente par exemple une hausse de 7,7 centimes par litre de carburant sans plomb.

La consommation électrique exclue de la taxe
De même l’augmentation du prix du gaz devrait être sensible. Celle-ci est évaluée à environ 15 %. La CCE ne s’appliquera pas à l’électricité, pour une raison simple. En France, la majorité de l’électricité produite l’est sans émission de CO2, puisque 76 % est d’origine nucléaire. Ensuite, vient l’hydraulique avec 12 % et l’éolien, 1 %. Au total, selon le journal Libération, l’Etat pourrait ainsi engranger la bagatelle de 9 milliards d’euros, dont la moitié proviendrait directement des ménages. Mais tous ceux émettant du CO2 sont concernés. Cela inclut les entreprises, hormis celles des secteurs industriels les plus émetteurs de CO2 (sidérurgie, cimenteries, papeteries), qui sont déjà sujets à des quotas spécifiques.Pourtant, même si l’assiette est large, la contribution Climat Énergie ne fait pas l’unanimité. Ainsi, proportionnellement, les foyers à revenus modérés seront les premiers pénalisés par la taxe carbone, en comparaison avec les foyers à revenus plus importants, comme l’affirme Jean-Christophe Le Duigou, le secrétaire général de la CGT :  » la contribution Climat Énergie ne doit pas accentuer les disparités sociales. Comme tout impôt indirect, la taxe carbone va peser plus lourd sur les ménages à faibles ou moyens revenus que sur ceux à revenus élevés. « 

Une taxe inégale et injuste ?
Autre problème : celui de la situation géographique. Les habitants des zones rurales, voire de la proche banlieue, qui se déplacent en voiture pour aller travailler, vont être pénalisés d’une manière qui peut être considérée comme très arbitraire. De fait, le rapport remis par Michel Rocard prévoit aussi des compensations financières, pour les entreprises comme pour les particuliers. Elles prendront la forme d’allocations forfaitaires ou de baisses des prélèvements, pour certains ménages (en fonction des revenus, de l’éloignement ou des horaires de travail) et pour certaines entreprises. On parle également de la mise en place d’un chèque vert pour les ménages, mais son montant, qui sera a priori le même pour tout le monde, reste à fixer. Pour l’instant, la mise en place de ces compensations reste assez floue et est la cible de nombreuses critiques.

Une opportunité pour accélérer la sortie de crise ?
Ainsi, ces propositions laissent perplexe les partisans les plus fervents de la CCE. Sur le site Internet dédié à sa fondation, Nicolas Hulot s’inquiète :  » si elle venait à être intégralement compensée par des cadeaux de toutes sortes, elle ne servirait strictement à rien. C’est là que les lobbies vont faire pression. « Au final, si tout le monde est favorable à la mise en place de cette taxe, son application, à savoir un impôt sur la consommation des ménages, fait débat quant à sa complexité et à son côté inégal. L’exemple suédois porte quand même à l’optimisme, puisque dans ce pays, où la taxe carbone a été mise en place en 1991, les émissions de CO2 ont baissé de 9 % depuis cette date.Enfin, au niveau économique, la taxe carbone peut jouer un rôle moteur au niveau de la croissance, comme le confie Corinne Lepage, l’ancienne ministre de l’Écologie :  » la contribution Climat Énergie pourrait être un accélérateur de sortie de crise, sous réserve d’une compensation sociale convenable.  » L’équation n’est donc pas simple, et il appartient désormais au gouvernement d’opérer les arbitrages nécessaires.P.T.

Les incontournables de la rentrée 2009

Forum Ocova 2009(Objets communicants et valorisation)Vendredi 11 et samedi 12 septembre Château de Charance, Gapwww.ocovab2b.comAtelier Prominas : « The convergence of conventional microelectronics and nanotechnology » Mardi 15 septembre Minatec, Grenoblewww.prominas.eu Odebit 2009Mardi 22 et mercredi 23 septembre (Solutions haut débit & applicatifs pour les collectivités locales)Cnit la Défense, Pariswww.salon-odebit.comSmart mobility 2009Du mardi 22 au vendredi 25 septembreAgora Einstein conference centre, Sophia-Antipoliswww.strategiestm.comIP convergenceDu mardi 6 au jeudi 8 octobre Paris Porte de Versailles, Palais des Expositionswww.ipconvergence.frForum de l’électroniqueDu mardi 6 au jeudi 8 octobreParc des expositions Paris-Nord, VillepinteMême lieu, mêmes dates : RF et hyper, Mesurexpo, Opto, Vision-show, Espace laser Pariswww.forum4s.comEmbedded systems weekDu dimanche 11 au vendredi 16 octobre Centre de congrès du World trade center, Grenoblewww.esweek.orgConférence francophone sur l’interaction homme-machineDu mardi 13 au vendredi 16 octobre 2009Minatec, Grenobleihm09.imag.frCartes & identificationDu mardi 17 au jeudi 19 novembreParc des expositions Paris-Nord, Villepintefr.cartes.comForum RFID Du mercredi 25 au jeudi 26 novembrePorte de Versailles, Pariswww.salon-forum-rfid.comRFID 2009Du mardi 8 au mercredi 9 décembre Cnit la Défense, Pariswww.rfid-show.com 
Pour signaler un événement ou un changement de date : [email protected]

La RFID devrait peser 5,6 milliards de dollars en 2009

Les différents cabinets d’études promettaient des taux de croissance pharaoniques pour la RFID. La crise est passée par là, les budgets ont fondu, les prévisions ont été revues à la baisse… mais le secteur reste malgré tout porteur.En 2009, la valeur du marché mondial de l’identification par radiofréquence devrait atteindre 5,56 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) selon IDTechEx, cabinet britannique indépendant spécialiste de la RFID. Ce chiffre inclut les radio-étiquettes (tags), les lecteurs et les services ou logiciels liés. Cela correspond à une hausse de 6 % par rapport à 2008 (5,25 milliards de dollars, soit 3,7 milliards d’euros). Le cabinet d’études marketing ABI research avance un chiffre d’affaires équivalent pour 2009 (5,6 milliards de dollars). VDC research prévoit un marché à 4,4 milliards de dollars, mais avec un taux de croissance de 11 % par rapport à 2008. Le cabinet d’études et de conseil s’attend à un retour à la hausse dans les prochaines années, de l’ordre de 28 % en 2012. Principal moteur de la croissance du secteur RFID, la Chine a enregistré 1,4 milliard de chiffre d’affaires en 2008 selon VDC research. Et les indicateurs restent au vert : 2,35 milliards de tags seront vendus cette année, contre 1,97 milliard l’an dernier.

Explosion des tags chipless
Le marché plus spécifique des radio-étiquettes se développe sous l’impulsion de plusieurs tendances. Dans la distribution, l’étiquetage des palettes et des caisses correspond à 225 millions de tags en 2009, dont une grande partie aux Etats-Unis, d’après IDTechEx. Les titres de transport représenteront 350 millions de radio-étiquettes la même année. L’étiquetage animalier (de porcs et de moutons principalement), devenu une obligation dans certains pays, devrait atteindre 105 millions de tags. Ces tags qui ne contiennent pas de puce silicium (appelés tags chipless) peuvent être imprimés directement sur les produits et devraient remplacer à terme les codes barres. Ce marché d’avenir qui ne représentera que 40 millions de dollars en 2009 devrait exploser, atteignant 624 milliards de dollars en 2019 selon IDTechEx, soit un tiers des revenus générés par les tags RFID. Dans le même temps, le prix de cette technologie devrait baisser jusqu’à 0,4 centime le tag. C.G.

« L’industrie automobile nécessite des batteries Li-ion beaucoup plus fiables que pour les TI »

Junichi Kawamura dirige le Groupe de recherche en physique des ions de l’Institut de Recherches Pluridisciplinaires en Science des Matériaux de l’Université du Tohoku. Son équipe travaille entre autres sur les batteries lithium-ion, et sur les usages de ces dernières.

Techniques de l’ingénieur : Quels sont les risques attachés aux batteries au lithium ?

Junichi Kawamura : La haute densité énergétique des batteries au lithium les expose à des accidents, comme cela est arrivé en 2006 pour les téléphones et les ordinateurs portables. Les batteries au lithium traditionnelles contiennent une solution organique de sels de lithium qui agit comme un électrolyte en permettant le passage du courant électrique par déplacement d’ions entre les électrodes positive et négative. Les autres batteries utilisent une solution aqueuse d’électrolyte. L’électrolyte organique est l’un des points faibles des batteries au lithium car elle peut facilement prendre feu et présente un risque d’explosion en cas de forte augmentation de la température de la batterie.

A la longue, l’utilisation des batteries au lithium entraîne des détériorations qui se traduisent par une perte de capacité et une perte d’énergie : non seulement la durée de vie des batteries diminue, mais les risques de surchauffe augmentent. Pour pallier à ces problèmes, les batteries au lithium modernes sont équipées d’une micro-puce qui contrôle la charge et la décharge. De plus, certains additifs dans l’électrolyte organique préviennent les phénomènes de décomposition, surcharge, ou surchauffe. Mais l’industrie automobile nécessite des batteries Li-ion beaucoup plus fiables que pour les technologies de l’information. La batterie d’une voiture est près de 1.000 fois plus grosse que celle d’un téléphone portable et elle est soumise à des conditions beaucoup plus difficiles.

En quoi les images prises à l’aide d’un scanner IRM peuvent-elles contribuer à améliorer la sécurité des batteries ?

L’IRM permet de voir l’intérieur du corps humain, mais également l’intérieur de dispositifs industriels comme les batteries à lithium. Traditionnellement, l’IRM sert à observer les noyaux d’hydrogène (protons) contenus dans la plupart des substances organiques et des molécules d’eau. L’électrolyte organique de la batterie au lithium constitue ainsi une bonne cible pour l’IRM.
Grâce à cette technique, nous avons réussi à voir les protons et les noyaux de lithium. Nous avons pu observer la décomposition du solvant organique en contact avec l’électrode négative, l’apparition de gaz ainsi que la répartition des ions Li dans la batterie. Cela devrait nous permettre de mieux comprendre comment l’électrolyte et les électrodes se dégradent, ainsi que les phénomènes de surchauffe ou d’incendie. Dans le futur, l’IRM sera un moyen d’évaluer l’état des batteries à lithium.

Quels sont les enjeux du stockage de l’énergie ?

Les dispositifs de stockage de l’énergie comme les batteries lithium-ion sont l’un des enjeux de la révolution énergétique verte. Ils ne sont pas seulement utilisés dans les voitures hybrides, électriques ou hybrides rechargeables, mais également dans le cas des cellules solaires ou des fermes à éoliennes pour assurer un flux régulier d’énergie. Toutefois, les batteries pour le stockage de l’énergie n’ont que 20 ans d’existence et nos connaissances des mécanismes et des problèmes éventuels sont encore limitées. Les questions de sécurité et de dégradation sont primordiales pour l’avenir car elles vont déterminer le coût total des énergies vertes.

Qu’en est-il des enjeux commerciaux des batteries au lithium ?

Je ne maîtrise pas l’aspect commercial. Mais pour ce que j’en sais, Mitsubishi et Fuji viennent de lancer leurs modèles électriques équipés de batteries au lithium sur le marché japonais. D’autres constructeurs automobiles ciblent les voitures hybrides rechargeables, qui peuvent être chargées la nuit à la maison. Ces modèles devraient aussi être équipés de batteries à lithium.
Le marché des batteries au lithium explose littéralement aujourd’hui. D’après une étude, 4,3 milliards de batteries au lithium seront vendues en 2013, ce qui correspond à mille milliards de yens au Japon [1]. Une autre étude avance la somme de 3 600 milliards de yens dans le monde entier [2].

Propos recueillis par Clémentine Fullias

 

Sources :

[1] http://www.spi-information.com/report/01036.html (en japonais)
[2] http://response.jp/issue/2008/1126/article117026_1.html (en japonais)

 

Junichi Kawamura dirige le Groupe de recherche en physique des ions de l’Institut de Recherches Pluridisciplinaires en Science des Matériaux de l’Université du Tohoku. Ses recherches sur la batterie à lithium s’inscrivent dans le cadre de l’Agence gouvernementale de promotion de la recherche (NEDO).

Renault-Nissan mise sur les batteries Lithium-ion

Renault-Nissan a fixé un objectif pour la voiture de demain : « Mobilité zéro émission ». Pour se faire, l’alliance des deux constructeurs automobiles mise sur une technologie pleine de promesses : les batteries lithium-ion. C’est ainsi que deux usines de fabrication de batteries lithium-ion verront le jour dans les prochains mois.

La première sera construite dans le nord-est de l’Angleterre, à Sunderland, où Nissan possède déjà un site de production. L’autre usine, au Portugal, où plusieurs sites sont en concurrence pour accueillir le projet. Quoi qu’il en soit, ces deux usines fourniront environ 60.000 batteries par an chacune, et l’ouverture d’usine supplémentaires est envisageable, selon l’évolution du marché. Il faut dire que ces projets sont soutenus au niveau étatique. Ainsi, le gouvernement britannique aidera Renault-Nissan, à hauteur de 200 millions d’euros, pour la mise en place de l’usine de Sunderland. Le Portugal, quant à lui, a déjà signé des accords avec le constructeur pour la mise en place, à partir de 2010, de 1.300 stations de chargement, avant de vendre des véhicules électriques dans le pays à partir de 2011.

A l’instar du Portugal et du Royaume-Uni, beaucoup de pays font actuellement les yeux doux aux constructeurs pour les convaincre d’investir dans leur pays. C’est encore plus le cas avec le Royaume-Uni, fermement décidé à devenir leader dans le domaine des voitures électriques : c’est en tout cas ce qui ressort du programme de lutte contre les émissions de CO2, présenté la semaine dernière par le secrétaire à l’énergie britannique Ed Miliband.

Un élan général des constructeurs

Renault-Nissan, à l’instar de Mercedes, Ford ou encore General Motors, a donc décidé de se positionner clairement sur le créneau écologique. Aussi, il semble désormais que pour l’alliance des constructeurs français et japonais, la batterie lithium-ion s’impose comme la pierre angulaire de tout véhicule hybride.

Les milliers d’heures de tests sur ces batteries lithium-ion montrent que cette dernière surpasse largement la classique batterie nickel hydrure métallique, que ce soit en termes de rendement, de fiabilité ou de sûreté. Ainsi, si la technologie lithium-ion est plein de promesses, la ruée vers ce type de batterie a quand même de quoi laisser quelque peu perplexe. En effet, de nombreuses interrogations subsistent. Au niveau de l’autonomie par exemple, l’autonomie de la batterie lithium-ion est à l’heure actuelle d’environ 160 kilomètres. On ne sait pour l’instant pas dans quelle mesure cette distance peut augmenter.

La recharge de la batterie est un des domaines où les recherches ont le plus abouti, puisque 20 minutes de charge permettent désormais d’obtenir une charge à 80 % pleine. Le problème est que pour obtenir une vitesse de chargement telle, il est indispensable de brancher la batterie sur une source haute tension. Des stations de charge vont voir le jour, mais les problèmes d’attentes aux stations de charge risquent d’être énormes, au moins au début. Une autre solution existe : charger sa batterie sur le courant délivré par une prise secteur, mais là le temps de charge est compris entre 6 et 8 heures.

Des problèmes épineux persistent

Le recyclage de ces éléments est également un casse-tête, que les ingénieurs n’ont à l’heure actuelle pas résolu.
Outre ces problèmes, la batterie lithium-ion présente des intérêts certains. Ainsi, le côté compact de ces batteries est une grande avancée, et permet de gagner de l’espace. Autre point essentiel, la longévité de ce type de batteries : en effet, la batterie lithium-ion est prévue pour supporter 5.000 charges.

Renault-Nissan, qui espère commercialiser ses voitures électriques à partir de 2010 au Japon et aux Etats-Unis, n’est pas seul à croire aux batteries lithium-ion. Ainsi, Nissan, aux Etats-Unis, vient de recevoir 1,6 milliard de dollars, sous forme de prêt, pour produire des voitures électriques et des batteries lithium-ion dans le Tennessee, où la marque est déjà présente.

Désormais, il convient donc de faire progresser les paramètres d’utilisation et les performances des batteries lithium-ion, mais ces investissements massifs montrent que la généralisation des véhicules hybrides n’est plus une vue de l’esprit.

REACH : l’actualité du 15 juin au 15 juillet

Chaque mois, le CNRI fait une sélection des évènements qui ont marqué l’actualité de REACH et impactent l’usage des produits chimiques. Ce mois-ci, six faits marquants sont à retenir et à examiner avec attention.

Règlement CLP : attention aux subtilités

Le premier d’entre eux est le règlement CLP (Classification, labelling and packaging) relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges. Entré en vigueur le 20 janvier 2009, ce texte européen définit les nouvelles règles en matière de classification, d’étiquetage et d’emballage des produits chimiques pour les secteurs du travail et de la consommation. Il s’agit du texte officiel de référence en Europe. Comme tout règlement, le règlement CLP ne nécessite pas de transposition en droit national et s’applique directement et de la même façon dans tous les États membres.

Avec plus de 1.300 pages (annexes comprises), ce règlement contient des subtilités inattendues qui ont été examinées, mercredi 17 juin 2009 à Bruxelles, par 450 experts de toute l’Europe. Quelques exemples :

  • une étiquette ne devra pas comporter plus de six messages de mise en garde et le règlement en répertorie 177 ;
  • comment faire cohabiter plusieurs langues sans faire « exploser » la taille des étiquettes ?…

… autant d’éléments qui vont contraindre les fournisseurs de produits et de substances chimiques à inventer des systèmes d’étiquetage innovants.

Des mini-guides publiés par l’ECHA

L’agence européenne des produits chimiques (ECHA) a publié, fin juin 2009, des versions simplifiées des documents relatifs à REACH. Les deux premiers guides concernent les « Registration data and dossier handling » et les « Requirements for Substances in Articles ».Vous pouvez retrouver ces guides sur le site de l’ECHA

La fusion de l’AFSSET et du BERPC

L’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) a fusionné, le 1er juillet 2009, avec le BERPC (Bureau d’Evaluation des Risques des Produits et agents Chimiques), association fondée par l’INERIS et l’INRS en 2005. Cette nouvelle structure reprend le nom d’AFSSET. 39 personnes, dont 17 issus du BERPC, sur les 149 agents que compte désormais l’agence sont des toxicologues, chargés de l’évaluation des dangers pour la santé humaine ; d’éco-toxicologues, chargés de l’évaluation des dangers pour l’environnement ; d’ingénieurs physico-chimistes ; de spécialistes des expositions aux substances chimiques et d’économistes.

Pour plus d’informations, consultez le site de l’AFSSET

L’ECHA vient d’annoncer qu’un groupe de travail sur les SIEF (FEIS : Forum d’Echanges d’Information sur les Substances) se tiendra le 11 septembre prochain à Bruxelles. Les bonnes pratiques sur l’établissement et la gestion des SIEF, la préparation à l’enregistrement des dossiers et des retours d’expériences seront abordés lors de cette réunion.

Modification de l’annexe XVII du règlement REACH

L’annexe XVII du règlement REACH vient d’être modifiée. Elle définit les restrictions applicables à la fabrication, à la mise sur le marché et à l’utilisation de certaines substances dangereuses et de certains mélanges et articles dangereux. Cette annexe remplace l’annexe I de la Directive 76/769/CEE de juillet 1976 que le règlement REACH a abrogé et remplacé. Le règlement (CE) N° 552/2009 modifie l’annexe XVII pour la première fois. Plusieurs points existants ont été adaptés, par exemple, une formulation plus précise pour certaines substances : 2-naphtylamine, benzidine. De nouvelles restrictions ont été ajoutées, notamment : cyclohexane, nitrate d’ammonium…

Pour plus d’information, consultez le site du Helpdesk REACH rubrique Actualités.

La notion de substances monomères précisée dans REACH

La Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) s’est prononcée le 7 juillet sur la notion de « substances monomères ». Objectif : lever les doutes quant à l’interprétation de l’article 6, § 3 du règlement REACH relatif à l’enregistrement des monomères. La cour a décidé que la notion de « substances monomères », tel qu’indiqué à l’article 6, § 3, du règlement ne concerne que les monomères sous forme réagie, intégrés aux polymères.

Par Céline Nectoux, ingénieur Environnement CNRI

Ecotech 2012 : vers la croissance verte ?

Il y a presque un an jour pour jour, Luc Chatel et Nathalie Kosciusko-Morizet lançaient le plan Ecotech 2012, notamment à travers la mise en place d’un comité d’orientation stratégique des éco-industries (COSEI). C’est à l’occasion de la troisième réunion du COSEI que Christian Estorzi et Chantal Jouanno, respectivement Ministre chargé de l’industrie et Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, ont fait le point sur Ecotech et ses avancées.Dans le détail, Ecotech est un programme de recherche technologique triennal, ciblé sur les éco-innovations, avec un double objectif : favoriser le travail sur des modes de production industrielle durable, mais aussi fournir un support aux innovations dans le secteur des éco-technologies. Ainsi, à l’occasion de la réunion du COSEI, le point a été fait sur les actions engagées à travers Ecotech 2012. Il ressort qu’à mi-parcours, la majorité des actions décidées ont été engagées. Plus précisément, les ministres ont annoncé la mise en œuvre des mesures suivantes :

  • La sélection effective de 50 projets de recherche et développement portant sur les technologies de prévention, de mesure et de lutte contre les pollutions locales, dans le cadre de l’appel à projets éco-industries.
  • L’ouverture d’une fenêtre de labellisation pour un ou des pôles de compétitivité « Ecotech » qui s’accompagnera de la mise en place et de l’animation d’un réseau de pôles sur le thème du bâtiment durable.
  • L’engagement de 60 millions d’euros par France Investissement dans des fonds d’investissements et entreprises positionnés sur le secteur de l’environnement au premier semestre 2009.
  • La réalisation au premier semestre 2009 de deux programmes de contrôles des normes environnementales par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes sur les émissions de CO2 des véhicules et les émissions de composés organiques volatils dans les revêtements de sol.
  • La consolidation par le service de l’observation et des statistiques du Ministère d’un référentiel statistique des éco-activités aux niveaux national et européen, en lien avec Eurostat, et du chiffrage du secteur.
  • L’ouverture de l’appel à candidatures pour le prix de la croissance verte numérique ouvert jusqu’à fin septembre 2009 pour une remise des prix en décembre, en lien avec Nathalie Kosciusko-Morizet.

En ce qui concerne la sélection des 50 projets de recherche, plusieurs organismes s’occupent d’instruire et de financer ces opérations, qui doivent à terme lancer la France vers la fameuse « croissance verte ». Ainsi, 13 projets sont financés par le Ministère de l’Industrie. 13 autres sont instruits par Oseo et 9 par l’Ademe, selon leurs propres procédures (pour un montant total de 27,2 millions d’euros). Les 15 autres projets ont été lancés à travers le programme Ecotech de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), en lien avec le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.Comme le souligne Chantal Jouanno, « avec le plan Ecotech, le gouvernement a fait le choix d’accompagner les entreprises innovantes, pour conforter la place de la France parmi les pays leader au plan mondial dans le domaine des éco-activités. Il s’agit de tirer pleinement profit de notre potentiel de croissance verte ». Enfin, les ministres ont annoncé la création d’un groupe de travail chargés d’une concertation sur l’organisation du secteur, pour qu’il soit capable de porter les demandes des entreprises auprès des pouvoirs publics et de gagner en visibilité. Ce groupe de travail sera piloté par els présidents des groupes de travail du COSEI et remettra ses conclusions pour la fin de l’année 2009.

RFID : la recherche avance

Mieux protéger, à un coût acceptable, les puces RFID (Radio Frequency identification) contre une lecture pirate. Telle est l’ambition, rapporte l’Adit, d’une équipe d’informaticiens américains de l’université du Massachusetts coordonnée par Wayne Burleson, professeur d’électronique et d’informatique. Leur idée, s’appuyer sur les nombres aléatoires et l’empreinte numérique unique que génèrent les puces SRAM (Static Random-Access Memory) pour réaliser des communications sécurisées avec un lecteur RFID. Ces puces sont en effet très sensibles aux variations de leur unique source d’énergie, à savoir les ondes radio émises par les lecteurs RFID. Lorsque celles-ci surviennent, ce qui ne manque pas d’arriver plusieurs fois par seconde, la mémoire de ces puces se réinitialise en produisant une série de 1 et de 0. Or, « en raison de petites imperfections dans leur composition ou dans leur processus de fabrication, certains bits deviennent de façon prévisible des 1 lorsqu’on augmente la puissance du lecteur, tandis que d’autres deviennent des 0 », explique Wayne Burleson. Il suffit dès lors de lire cette succession de 1 et de 0 pour obtenir « une empreinte unique pour chaque puce » et identifier avec certitude chacune d’elles. Parallèlement, d’autres bits réagissent de manière aléatoire aux variations de puissance. Non reproductibles, ces nombres peuvent alors être utilisés pour sécuriser la communication avec le lecteur. Selon Daniel Holcomb, qui a travaillé sur ce système pour sa thèse de master, « c’est un véritable système accessible. Il suffit d’activer n’importe quelle puce SRAM et cela fonctionne… ». Seul bémol, il faut des puces RFID programmables dotées de SRAM. Ce qui n’est pas le cas de celles qui servent aujourd’hui à afficher les prix. Cette étude paraîtra, précise l’Adit, dans une prochaine édition du journal IEEE « Transactions on computers », mais est déjà accessible sur le Net.

Les ePassports ne sont pas sans faille

Un ePassport s’appuie sur une puce contenant des fichiers élémentaires EF (Elementary Files) représentant :

  • EF.DG1 : informations personnelles (nécessaire)
  • EF.DG2 : image au format JPEG ou JPEG2000 (nécessaire)
  • EF.DG 3 à 14 : empreintes digitales, rétiniennes ou autres fichiers (optionnel)
  • EF.DG15 : crypto anti-copie (optionnel)
  • EF.SOD : marqueur d’intégrité pour les fichiers EF.DG (nécessaire)
  • EF.COM : index des fichiers disponibles (nécessaire)
Au delà, le standard de l’International Civil Aviation Organization (ICAO) [1] spécifie les mécanismes de sécurité suivants :• Authentification passive (PA) (nécessaire) :– But : l’intégrité des données– Méthode : EF.SOD stocke des hash des fichiers EF.DG ainsi qu’une clé publique. Les hash sont signés par une clé privée.• Authentification basique d’accès (BAC) (optionnelle) :– But : la confidentialité des données– Méthode : l’authentification est nécessaire avant l’accès aux données ; la clé est égale au numéro de document + date de naissance + date d’expiration ; les données d’authentification sont encodées en 3DES et les messages contiennent des MACs (MAC8).• Authentification active (AA) (optionnelle) :– But : empêcher la copie et la duplication– Méthode : EF.DG15 contient une clé publique ; sa contrepartie privée est stockée dans une zone inaccessible de la mémoire de la puce ; l’authenticité de la puce est validée par la signature réussie d’un challenge avec la clé privée.
La méthode d’attaque
Si la puce est protégée par le mécanisme d’authentification active (AA), il faut retirer le DG15 (Active Authentication Data Group) de l’EF.COM, comme l’a démontré Joroen Van Beek pendant le BlackHat 2008 [2], puis placer la valeur du paramètre ‘STRIP_AA’ à True. Ce type d’attaque fonctionnera sur tous les équipements fonctionnant sur l’implémentation définie par l’ICAO.Etant donné que les personnes des contrôles frontaliers n’ont pas de culture informatique et sécurité, qu’ils travaillent à la chaîne et que c’est la machine de contrôle qui fait tout le travail, il deviendrait alors possible, malgré une erreur relevée par l’équipement de contrôle, de passer la frontière. En effet, le logiciel, en cas de non-conformité du ePassport suite à la modification du EF.DG15, se contentera de le signaler par un message d’alerte. Mais le passeport étant malgré tout intègre, le contrôle restera valable.Ca n’est pas la première faille qui est détectée dans les ePassports et sûrement pas la dernière. Le standard défini par l’ICAO est trop laxiste car il laisse en option les mécanismes d’authentification avancée et donc, logiquement, les implémentations sur les appareils de contrôles ne les exigent pas. Avec l’obligation d’utiliser les authentifications les plus poussées sur l’intégralité des passeports de la planète, cette faiblesse disparaîtra. Par Laurent Levier, Expert en sécurité des systèmes et des réseaux, CISSP CISM

Notes :
[1] http://www.icao.int/icao/fr/atb/sgm/MRTD/tagmrtd15/documentation/index_f.html[2] https://www.blackhat.com/presentations/bh-usa-08/van_Beek/bh_us_08_van_Beek_ePassports_Reloaded_Slides.pdf

Au secours les bugs attaquent !

Récemment, trois chercheurs israéliens, dont Adi Shamir, l’un des inventeurs de RSA (Rivest-Shamir-Adleman), ont montré dans un article publié à la conférence CRYPTO 2008, que ces bugs, bien qu’inoffensifs pour la plupart des applications courantes, peuvent se révéler désastreux pour la sécurité de certains cryptosystèmes [1]. Ils ont étudié en particulier les effets d’un bug de multiplication qui n’affecterait qu’une seule paire d’entrées a et b dont le produit serait calculé de façon incorrecte. Remarquons que sur un multiplieur à 64 bits et pour des entrées aléatoires, le produit ab n’a qu’une probabilité égale à 2^(-128) d’être effectivement calculé. Concrètement, il est extrêmement improbable que ces deux entrées soient un jour multipliées sur un ordinateur. Pourtant, un attaquant qui en aurait connaissance pourrait mettre à mal de nombreux algorithmes cryptographiques fonctionnant sur un tel processeur.

Un simple bug de multiplication fatal à RSA
Rappelons comment fonctionne le cryptosystème à clé publique RSA. Chaque utilisateur possède une clé publique connue des autres utilisateurs et une clé privée connue de lui seul. La clé publique est constituée d’un couple (n,e) où n est le produit de deux grands nombres premiers p et q (la taille de n est typiquement de 1.024 ou 2.048 bits), et e est un nombre premier avec (p-1)*(q-1). La clé privée est le couple (n,d) où d a la particularité que pour tout nombre M compris entre 0 et n-1 : (M^e)^d = M mod n.Ce cryptosystème permet deux fonctionnalités, le chiffrement et la signature. Ainsi, pour chiffrer un message M à destination d’un utilisateur dont la clé publique est (n,e), on calcule : C = M^e mod n, et on lui envoie C. Le destinataire peut alors retrouver M en calculant : M = C^d mod n.Pour signer un message M, le signataire utilise sa clé privée (n,d) et calcule tout d’abord l’image h(M) du message par une fonction de hachage cryptographique h telle que SHA1, puis calcule la signature : S = h(M)^d mod n.N’importe quel autre utilisateur peut alors s’assurer de la validité de la signature à partir de la clé publique (n,e) en vérifiant que : S^e = h(M) mod n.Dans tous les cas, le calcul secret consiste en une exponentiation modulaire à la puissance d, l’exposant secret, modulo n. La sécurité de RSA repose sur l’impossibilité de factoriser le module n, c’est-à-dire sur l’impossibilité de retrouver p et q à partir de la clé publique (n,e) et de résultats d’opérations de déchiffrement ou de signature. Toute méthode permettant de factoriser n réduit à néant la sécurité et permet de décrypter des messages ou de contrefaire des signatures.Lorsque le processeur comporte un bug de multiplication, il est possible que certains calculs RSA produisent un résultat faux. Par la suite nous noterons toutes les valeurs erronées avec un astérisque (M*,…). Toutes les attaques par bug consistent à utiliser le résultat erroné d’un calcul impliquant l’exposant secret d, qu’il s’agisse d’un déchiffrement M* = C^d mod n ou d’une signature S* = h(M)^d mod n. Les attaques par bug dépendent de la façon dont est implémentée l’exponentiation à la puissance d lors du calcul secret. La méthode naïve consiste simplement à effectuer une exponentiation rapide (type « Square and Multiply ») modulo n. Cependant il existe une méthode plus efficace utilisant le fameux « théorème des restes chinois ». Cette méthode consiste à calculer C^d modulo p et modulo q séparément, puis à en déduire le résultat modulo n, et permet d’accélérer le calcul d’un facteur 4 par rapport à une implémentation classique. Lorsque cette méthode est utilisée, il est possible de factoriser le module n si l’on obtient le résultat d’un calcul correct modulo p et incorrect modulo q (ou l’inverse). En effet, supposons qu’un attaquant ait accès au résultat faussé M* du déchiffrement d’un chiffré C correspondant à un message M. Comme le calcul était correct modulo p, on a M = M* mod p. Par contre le résultat est incorrect modulo q, si bien que M est différent de M* modulo q. Il résulte de ces deux égalités que le plus grand diviseur commun de ((M*)^e-C) et n est égal à p. Ainsi, on peut factoriser n par un simple calcul de PGCD.Reste à savoir comment l’attaquant peut provoquer une telle erreur lors du déchiffrement ou de la signature. Lorsque le calcul secret se déroule sur un processeur possédant un bug de multiplication affectant le produit ab, ceci est possible en demandant le déchiffrement d’un chiffré bien choisi ou la signature d’un message adéquat. Rappelons que les nombres en jeu ont une taille de 1.024 ou 2.048 bits, et sont donc constitués d’un très grand nombre de mots de 32 ou 64 bits. Lorsque l’on calcule la puissance d’un nombre X de cette taille, tous les mots de 32 ou 64 bits de X sont multipliés entre eux à une certaine étape du calcul. Par conséquent, lorsque X contient à la fois le mot a et le mot b, le produit ab intervient et fausse le résultat final. Supposons que les facteurs p et q de n sont tels que p < q. L'attaque (représentée sur la Figure 1) consiste à choisir pour chiffré C dont on va demander le déchiffrement un nombre compris entre p et q (tout nombre suffisamment proche de la partie entière de la racine carrée de n convient) et contenant les deux mots a et b dont le produit est calculé incorrectement. La première étape du calcul de C^d par le théorème des restes chinois consiste à réduire C modulo p et modulo q. Comme C < q, C n'est pas modifié lors de la réduction modulo q et contient donc toujours les deux mots a et b, et par conséquent le résultat du calcul de C^d modulo q est erroné. En revanche, comme C > p, la réduction modulo p modifie complètement et de façon aléatoire le nombre, si bien que Cp = C mod p n’a qu’une probabilité très faible de contenir a et b. Par conséquent le calcul de C^d mod p est juste. On peut alors factoriser n comme expliqué précédemment.

Les versions plus sophistiquées sont également menacées
L’attaque par bug que nous venons de voir pour le cas particulier de l’implémentation par le théorème des restes chinois peut être généralisée à d’autres implémentations, notamment les algorithmes d’exponentiation classiques de type « Square and Multiply ». Dans ce cas l’attaque devient plus complexe et il faut plus qu’un seul chiffré choisi comme pour l’attaque précédente. Ainsi, pour attaquer RSA avec des clés de 1.024 bits où le déchiffrement est effectué avec l’algorithme d’exponentiation « Left-to-Right », il faut 2^10 chiffrés choisis ou 2^56 clairs connus. L’attaque consiste à déduire chacun des bits de l’exposant secret d un à un en soumettant un chiffré bien choisi pour déchiffrement et en analysant si le résultat est correct ou non.Par ailleurs, même lorsque RSA est utilisé avec la méthode OAEP (Optimal Asymmetric Encryption Padding), qui décrit comment formater un message, en incluant l’aléa qui est censée protéger des attaques à chiffrés choisis, il est encore possible d’effectuer une attaque par bug, mais de complexité nettement supérieure.Remarquons que les attaques décrites peuvent être difficiles à mettre en œuvre car ce sont des attaques à chiffrés choisis. Mais elles ne sont pas impossibles, car de l’information peut tout de même parvenir à l’attaquant (par exemple la plate-forme peut renvoyer un message d’erreur si le résultat du déchiffrement était mal formaté, etc.).Par ailleurs, les attaques par bug peuvent également s’appliquer à d’autres types d’algorithmes cryptographiques, tels que l’algorithme de Pohlig-Hellman (un système de chiffrement algébrique à clé secrète), aux systèmes basés sur les courbes elliptiques, ou encore à certains algorithmes de chiffrement par bloc utilisant la multiplication comme opération élémentaire tels que IDEA, MARS ou RC6.

Les contre-mesures sont possibles
Comment se protéger des attaques par bug ? La protection la plus efficace consiste naturellement à vérifier le résultat du calcul secret. Ainsi pour une signature S, on vérifie que l’on a bien S^e = h(M) mod n. Cependant cette méthode augmente sensiblement le temps de calcul et nécessite la connaissance de la clé publique par le dispositif qui calcule la signature ou qui déchiffre, ce qui n’est pas toujours le cas. Une technique alternative consiste à rendre le calcul secret « aléatoire ». Ainsi, pour déchiffrer un chiffré C correspondant à un message M, on peut par exemple choisir un entier r aléatoire, puis calculer C’ = C.r^e = (M.r)^e mod n. On applique alors la procédure de déchiffrement à C’ (et non C) pour obtenir (C’)^d = ((M.r)^e)^d = M.r. Il ne reste alors plus qu’à diviser le résultat par r pour retrouver le message M. Cette technique (appelée « blinding ») empêche l’attaquant de contrôler la valeur d’entrée de l’algorithme de déchiffrement ou de signature, et contrecarre efficacement les attaques précédemment décrites. Dans tous les cas, les implémenteurs devront avoir ces nouvelles attaques à l’esprit lors des futurs développements de cryptosystèmes.Par Yannick Seurin, Ingénieur de recherche en cryptographie

Notes
[1] E. Biham, Y. Carmeli, et A. Shamir, Bug Attacks, CRYPTO 2008, p. 221–240, 2008.[2] D. Boneh, R.A. DeMillo, et R.J. Lipton, On the Importance of Checking Cryptographic Protocols for Faults, EUROCRYPT 1997, p. 37 – 51, 1997. systèmes d’information,[[

Prestations de cryptologie : quel Etat contrôle quoi ?

Nous utilisons quotidiennement de plus en plus d’appareils mobiles. Il ne s’agit pas seulement de téléphones ou d’ordinateurs portables, mais aussi de téléphones intelligents et d’assistants personnels. Or la plupart utilisent des fonctions cryptographiques, tant pour la transmission de données que pour leur stockage. Certains sont même capables de chiffrer les communications téléphoniques.Or, du fait de leurs fonctions cryptographiques, ces appareils sont considérés comme embarquant des technologies sensibles par beaucoup de pays. Importer de tels appareils peut être réglementé par les Etats. Petit tour du monde des règles à respecter.

Voyager à l’intérieur de l’Union européenne
Les principes généraux de l’Union sont la liberté de circulation des biens et des personnes. Mais les Etats peuvent restreindre l’utilisation de la cryptologie sur leur territoire. Cependant, si certains pays comme la France, la Lettonie ou la Pologne imposent des contrôles sur les importations de produits de cryptographie, aucun Etat ne restreint ni ne contrôle l’usage de la cryptographie. Il en va de même pour la Suisse ou la Norvège.Ainsi, il est possible de voyager librement avec des appareils sans fil contenant des fonctions cryptographiques à l’intérieur de l’Union européenne.

Quitter l’Union européenne
L’exportation de produit de cryptologie est réglementée dans la plupart des pays. L’Union européenne s’est dotée depuis le 22 juin 2000 d’une réglementation commune, le règlement 1334/2000. En vertu de l’annexe 1 catégorie 5 Partie 2 note 2, les produits qui accompagnent leur utilisateur ne sont pas soumis à un contrôle avant la sortie du territoire de l’Union. L’utilisation peut être personnelle ou professionnelle dans la mesure où le règlement ne distingue pas utilisateurs professionnels et non professionnels.Ce règlement et cette exception sont en vigueur dans tous les pays de l’Union européenne.

Importer et utiliser dans un pays en dehors de l’Union européenne
Amérique – Océanie
Les pays de cette zone ne contrôlent pas l’importation de produit de cryptographie. Il est par conséquent possible d’y entrer sans déclarer les appareils sans fil. De même l’utilisation n’est soumise à aucune restriction légale.Enfin, il est possible de ressortir sans difficulté de ces pays car s’ils sont membres de l’arrangement de Wassenaar. Ils appliquent la même exception que les pays de l’Union européenne. Tel est le cas des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie, de la nouvelle Zélande ou de l’Argentine. Les autres pays n’appliquent pas de contrôle sur les exportations de produits contenant des fonctions cryptographiques.

Afrique
Certains pays africains surveillent l’importation et l’utilisation d’appareil mobile contenant des fonctions cryptographiques.Le Maroc et le Sénégal pratiquent une politique de contrôle sur l’importation des produits de cryptologie et ne créent pas d’exception pour les produits pouvant accompagner leur utilisateur. Par conséquent, le voyageur d’affaires et le touriste peuvent être considérés comme des importateurs. Dans ces pays, il est donc conseillé de s’adresser aux autorités compétentes avant son départ. L’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications est chargée de ces problèmes au Maroc, l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) au Sénégal. Dans ce dernier pays, les décrets d’application de la loi 2008-41 du 20 août 2008 ne sont pas encore publiés et il est possible que des exceptions pour les voyageurs soient prévues.Le cas de la Libye est différent. L’importation de produit susceptible de constituer une menace à la sécurité nationale nécessite l’approbation de l’administration des armées libyenne et ce, quel que soit le contexte. L’utilisateur individuel ou l’importateur devra présenter une demande d’approbation. Les autorités libyennes considèrent cependant que des produits cryptographiques à faible longueur de clé ou « grand public », installés sur les ordinateurs portables ou d’autre type d’appareil mobiles, ne sont pas assujettis à approbation préalable. La réglementation Angolaise laisse planer un doute car les importations temporaires ne sont pas spécifiquement visées. Il est donc difficile de dire si le visiteur va être contrôlé et ce qu’il risque. En, Algérie, une autorisation de l’Agence de Réglementation des Postes et Télécommunications est exigée afin de s’assurer que le produit ne représente pas une menace pour la sécurité nationale. Cependant, les produits à faible niveau de chiffrement et les produits grand public sont exemptés de ce contrôle.

Asie
Les pays asiatiques de l’ex Union soviétique, à savoir Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kazakhstan, Tadjikistan n’ont pas une réglementation explicite sur les appareils mobiles contenant de la cryptographie. Ces pays réglementent et contrôlent les importations de produits de cryptologie mais aucune distinction n’est faite entre importation temporaire ou définitive et aucune exception n’est explicitement prévue pour les voyageurs. On peut aviser les douanes, mais cette formalité n’obéie pas à une procédure formelle. Seul le Kirghizistan requiert expressément une licence d’importation sous peine de sanction. Dans la partie moyen-orientale de l’Asie, Israël exerce un contrôle et demande aux voyageurs de justifier une utilisation professionnelle ou personnelle de leurs appareils sans fils. Les autorités israéliennes sont assez rigoureuses sur le contrôle afin d’empêcher l’entrée d’armement sur leur territoire.En Jordanie, la loi ne restreint pas formellement les importations temporaires, mais elle impose aux voyageurs d’obtenir un agrément écrit des autorités jordaniennes. Une circulaire de 2008 exempte les ordinateurs portables, les téléphones mobiles et les modems à raison de deux articles par personne. Cependant cette circulaire interne peut être révoquée à tout moment.En Asie du sud-est, le pays le plus problématique est la Birmanie. Les Etats-Unis et le Canada restreignent les exportations vers ce pays. Ainsi l’exportation de certains produits américains ou canadiens peut être prohibée. Ensuite, l’importation des ordinateurs est soumise à autorisation, et ce même si l’ordinateur n’embarque pas de logiciel de cryptographie. Il importe donc de s’enquérir auprès des autorités birmanes avant tout voyage vers ce pays.Enfin la Chine exige des visiteurs qu’ils déclarent leurs produits de cryptographie au cours de la procédure douanière précédant l’entrée sur le territoire. Certains logiciels système et bureautique très courants ne sont pas forcément contrôlés, mais les autorités chinoises n’ont pas officialisé cette tolérance. Il importe donc de se renseigner avant le départ.

Autres pays d’Europe
La Biélorussie est vraisemblablement le pays le plus sévère. Tous les produits contenant de la cryptologie sont soumis à licence d’importation. Cette règle ne souffre aucune exception. La Russie exige des visiteurs une lettre expliquant l’objet, la durée de la visite, la description du matériel et des logiciels, des informations sur le fabricant du produit et autant que possible de la documentation technique peut être jointe. La lettre est à adresser au Bureau fédéral de sécurité (FSB). Ce dernier examine les demandes dans un délai d’un mois. Ainsi, s’il est possible de sortir de l’Union européenne avec n’importe quel type d’appareil sans fils, la Chine, la Russie, l’Algérie exercent toujours un contrôle sévère.Par Nicolas Magnin, juriste spécialiste de la SSI

Pour aller plus loin
Nicolas Magnin – Réglementation en matière de cryptologie, Editions Techniques de l’Ingénieur, base documentaire Sécurité des systèmes d’information, H 5060 traité (2008).Site de l’Ambassade de Russie en FranceSite de l’Ambassade de Chine en FranceSite de l’Ambassade du Maroc en FranceSite de l’Ambassade du Sénégal en France Site de l’Ambassade d’Algérie en France Site de l’Ambassade d’Israël en France et service commercial de l’Ambassade d’Israël en France

Quel avenir pour TETRA ?

Au milieu des années 90, deux groupes d’utilisateurs se sont penchés sur les communications mobiles numériques : l’un issu du monde des opérateurs de la sécurité et l’autre issu de celui des opérateurs de télécommunications publiques. Leurs contraintes opérationnelles et leur passé technique étaient différents. En Europe, ils ont donné naissance à 2 standards incompatibles, TETRA (TErrestrial Trunked Radio) et GSM. Aujourd’hui, face au besoin de capacités accrues pour le transfert de données mobiles, les industriels de la sécurité civile planchent sur une extension de TETRA vers les données haut débit. Mais est-ce bien opportun face aux solutions opérateurs déjà disponibles ?

Quels atouts opérationnels ?
Les utilisateurs principaux de TETRA sont les services d’urgence (pompiers, ambulances, hôpitaux, médecins), les forces de polices, mais également les gestionnaires d’aéroports, de flottes de véhicules ou encore de grands sites industriels comme les raffineries. Alors que le GSM est structuré pour servir des dizaines de millions d’abonnés, un réseau TETRA sert de quelques dizaines à quelques dizaines de milliers d’abonnés. Mais il présente de sérieux atouts par rapport à l’analogique.Les systèmes analogiques précédents présentaient plusieurs défauts :
  • Les canaux radio de communication, alloués pour tout le temps d’une mission ne pouvaient pas être réutilisés par une autre lors des silences de la première ;
  • Les canaux pouvaient être interceptées grâce à des « scanners ».
Le passage à la radio numérique a permis de corriger ces défauts par :
  • L’amélioration de l’efficacité spectrale (bit/Hz/s) ;
  • Le partage dynamique des canaux entre différentes missions ;
  • Le chiffrement des données sur la base de clefs associées par mission.
TETRA offre des modes opératoires spécifiques des communications critiques :
  • Sûreté de fonctionnement ;
  • Accès rapide au canal radio ;
  • Possibilité de communiquer hors de portée de l’infrastructure (Direct Mode) ;
  • Communications à l’alternat (mode talkie walkie ou Push To Talk – PTT) ;
  • Communications de groupe ;
  • Appels d’urgence ;
  • Ecoute de l’ambiance d’une situation ;
  • Ecoute « discrète » d’une mission ;
  • Gestion avancée des communications : mise en garde d’un appel (call hold), interdiction d’un appel (call barring), transfert d’un appel (call diversion).
Les 5 derniers modes reposent sur « le dispatcher ». Il est à la fois le gestionnaire des ressources du réseau et des personnels sur le terrain. Il définit les groupes, peut s’introduire dans toute communication, déclenche l’écoute d’ambiance, reçoit les appels d’urgences, transmets les ordres.

Quelle architecture ?
TETRA a été défini par l’ETSI [1] (European Telecommunications Standards Institute) pour être utilisé en Europe.Comme en GSM, un réseau TETRA est composé d’un réseau de contrôleurs, les SCN (Switchting Control Node) auquel sont connectées les stations radio (Base Station). Les SCN gèrent l’accès aux canaux radio, et assurent le routage des communications d’une BS à l’autre.L’ETSI a défini plusieurs interfaces afin d’assurer l’inter opérabilité des systèmes de différents manufacturiers (cf. Figure 1).
  • AI : l’Interface Air, pour la voix et la donnée (V+D). En mode trunk (TMO), où le mobile est connecté à une BS, et en mode direct (DMO), où il communique directement avec un autre terminal sans passer par une station de base.
  • TEI : l’interface de l’équipement terminal (TEI) est conçue pour faciliter le développement d’applications.
  • ISI : Interface Inter Systèmes (ISI) permet l’interconnexion des réseaux TETRA des différents constructeurs.).
L’infrastructure TETRA permet la mise en œuvre de réseaux virtuels chiffrés de façon, par exemple, à partager l’infrastructure entre plusieurs organisations comme c’est le cas en France avec le réseau ANTARES de la sécurité civile, appuyé sur le réseau ACROPOLE de la police nationale.

Quelles fréquences sont utilisées ?
Les bandes sous le GHz, offrant une bonne propagation, ont été allouées sans beaucoup de concertation entre les Etats. On retiendra pour mémoire le tableau suivant exprimé en MHz :TETRA utilise 4 canaux entrelacés dans une porteuse de 25KHz accédée en partage de temps (TDMA). Chaque canal offre un débit binaire net de 7.2Kbps. Il est possible, quoique très rarement implémenté, de transmettre des données sur les 4 canaux simultanément pour un débit binaire de 28.8Kbps. TETRA utilise une modulation différentielle par déplacement de phase en quadrature (π/4-DQPSK) et différents mode de codage fournissant par canal :
  • sans codage à 7.2 kbps ;
  • avec un codage 2/3 à 4. 8 kbps (mode protégé) ;
  • avec un codage 1/3 à 2.4 kbps (mode très protégé).
Sachant qu’en TETRA le codex voix utilise un débit binaire de 4,567 Kbits/s, la voix est donc naturellement transportée dans un canal codé 2/3.

La structure des trames radio
Une trame TDMA de TETRA dure 170/3 ms. Elle est formée de 4 trames radio de 85/6 ms transportant 510 bits de donnée chacune. On en déduit donc que le débit binaire brut est de 36 kbps. Du fait des bits de synchronisation et d’apprentissage du canal, le débit utile est bien de 28 kbps. 18 trames sont ensuite regroupées en une super trame. La 18ème (Control Frame ou CF) est réservée à la signalisation en mode circuit. Elle forme le Slow Associated Control Channel (SACCH) toujours disponible.

Quel marché ?
Bien que né en Europe, TETRA acquiert des parts de marché dans les régions Asie-Pacifique et Moyen-Orient. TETRA est présent dans 105 pays, dont 56 en dehors de l’Europe.D’après le TETRA MoU, en 2006 le marché global de TETRA se répartissait ainsi : Une étude rendue publique par l’ARCEP [2] montre que le marché est en croissance faible (5 %) depuis 2003 et probablement jusqu’en 2009. En France, pour l’année 2004, alors que le chiffre de 500 millions d’euros est généralement affiché, l’étude n’a trouvé que 300 millions d’euros dont 170 millions pour les intégrateurs et 130 millions pour les constructeurs. Le succès mitigé de TETRA s’explique par plusieurs facteurs :
  • Les utilisateurs satisfaits de leurs anciens systèmes analogiques amortis, hésitent à passer à un système numérique dont le surcoût n’est pas justifié par les nouveaux services rendus.
  • Le déploiement massif du GSM a fourni une alternative d’un coup attractif à la PMR, même s’il ne fournit pas, loin s’en faut, les services de sécurité avancé de TETRA.
A la demande des utilisateurs, et dans le but d’en attirer d’autres, TETRA a défini 2 nouvelles normes TETRA2 et TEDS offrant des bandes passantes supérieurs. C’est là une véritable avancée par rapport aux anciennes radios analogiques.

Quel avenir ?
Dans le cas d’une première installation d’un réseau PMR, TETRA présente de nombreux avantages par rapport aux technologies analogiques, notamment en ce qui concerne l’efficacité spectrale, la fiabilité et la richesse applicative des systèmes largement éprouvés depuis 10 ans. TETRA va donc continuer encore pour au moins 5 ans, à fournir une solution en bande étroite aux services PMR des nouveaux entrants. Toutefois, l’avenir de TETRA en remplacement des technologies analogiques passe par le large bande. Mais ce dernier est déjà largement concurrencé par le déploiement des réseaux 3G et 4G. L’objectif est de fournir les services de voix et de données critiques courtes sur TETRA, et les services large bande – vidéo, accès rapide à Internet, échange de données volumineuses (photographies hautes définition, plan de bâtiments) – sur la 4G (Wimax, LTE). Par Philippe Bereski, Alcatel-Lucent CTO

Notes
[1] ETSI TS 100 392-2 ( V3.1.1 2006-09), TETRA Voice plus Data (V+D) Part 2 – AIR Interface (AI)[2] Etude IDC France « Le marché des réseaux radio électriques » commandité par l’ARCEP (2006)Pour savoir plus : http://www.tetra-association.com/default.aspx

« IPv6 : la transition est de plus en plus urgente ! »

IPv6 est né il y a plus de quinze ans car l’Internet allait manquer d’adresses à plus ou moins long terme. Avec le recul, l’expérience tirée de sa standardisation et de son intégration dans les réseaux et les équipements permet de mettre en évidence les forces et les faiblesses du réseau Internet. Au moment où les ministères de la Recherche et de l’Industrie ont lancé une consultation sur l’Internet du futur, il est intéressant de faire le point sur le positionnement de ce protocole face aux évolutions du réseau.Si l’on se penche sur le passé, les prévisions de l’organisme standardisant les protocoles de l’Internet (l’IETF) étaient relativement exactes. En 1994, lorsque les travaux ont débuté, la fin des adresses IPv4 était prévue pour 2012 ; les calculs récents fixent la pénurie pour fin 2011. En revanche, la stratégie d’introduction d’IPv6 n’a pas été conforme aux prévisions de ses concepteurs. Les modèles initiaux se fondaient sur une transition douce basée sur une double pile. L’ensemble des machines aurait pu dans un premier temps à la fois dialoguer dans les deux versions du protocole pour assurer une compatibilité, puis IPv4 aurait été lentement supprimé du réseau. C’est l’une des raisons qui avait poussé à développer une nouvelle version « incompatible » avec l’existante, la double pile assurant la transition. Mais le conservatisme du monde des réseaux n’avait pas été bien mesuré. En effet, peu importe le protocole pourvu que l’on puisse communiquer. Tant qu’IPv4 a fonctionné plus ou moins correctement, personne ne s’est soucié des problèmes liés à la pénurie d’adresses. Aujourd’hui, comme la pénurie est appréhendable et que la qualité du réseau IPv4 va se dégrader, la transition est de plus en plus urgente et parfois plus complexe.

Connecter des objets dont le réseau n’est pas la caractéristique essentielle
Pour les applications traditionnelles ou l’Intranet, comme pour la consultation de pages Web plus ou moins enrichies ou du courrier électronique, IPv4 pourra être utilisé encore pendant de nombreuses années. Cependant, la transition doit être envisagée lors du renouvellement des équipements. Si les systèmes d’exploitation, les applications et les routeurs intègrent de mieux en mieux IPv6, la question reste d’actualité pour les autres ressources qui manipulent des adresses. Est-ce que les pare-feux sont ou seront compatibles avec la nouvelle version du protocole IP ? Qu’en est-il des outils d’administration du réseau ou d’authentification des utilisateurs ? Il faut également envisager les stratégies d’intégration d’IPv6 dans l’entreprise en définissant des plans de numérotation et des politiques de sécurité.Pour les applications innovantes ou actuellement non connectées à l’Internet, il est urgent de prendre en compte l’arrivée inéluctable d’IP. Historiquement, le protocole IP n’était pas le choix initial des opérateurs, ni pour les données, ni pour la téléphonie. De même pour les applications grand public comme la télévision qui avait misé sur d’autres standards. Néanmoins ces acteurs se sont ralliés à l’Internet, car la richesse offerte par les possibilités d’interconnexion globale a supplanté tous les autres critères techniques. La nouvelle vague IP va permettre de connecter des objets dont le réseau n’est pas la caractéristique essentielle. Certaines industries ont bien compris l’importance de cette nouvelle version du protocole IP. Ainsi, les travaux sur les réseaux de capteurs se font uniquement sur IPv6. Zigbee a récemment annoncé que sa pile protocolaire allait l’inclure. Le secteur de l’automobile a également fait ce choix pour les transports intelligents. Il ne faudrait pas que les industriels et en particulier les PME ratent cette intégration.

Communiquer avec un équipement se trouvant autour d’une position donnée
La levée de la contrainte sur l’adressage va changer le modèle architectural client/serveur où les serveurs sont peu nombreux avec des adresses publiques et les clients protégés derrière un NAT (Network address translation). Cela conduira à la dispersion des grosses fermes de serveurs en laissant les données plus proches de leur lieu de production, et à la communication entre machines.A plus long terme, du point de vue recherche, IPv6 ouvre également de nouvelles voies. L’espace de liberté que permet un adressage non contraint permet d’envisager plusieurs évolutions. Dans un premier temps, l’adressage peut se structurer différemment. Le routage géographique est l’évolution la plus plausible. Les réseaux de capteurs, les systèmes de transports intelligents (ITS) et les applications militaires ont besoin parfois d’atteindre un équipement se trouvant autour d’une position donnée et non plus une machine bien identifiée. Une autre évolution est liée à la généralisation des moyens d’accès. Un site ou un équipement sera connecté à plusieurs opérateurs offrant des services différents. Il n’existe à l’heure actuelle aucune solution satisfaisante pour gérer ce type d’architecture, même si des briques de base sont étudiées (SCTP, Shim6…) principalement autour d’IPv6. Il est clair que le réseau que nous aurons dans une dizaine d’années sera structuré de manière différente et avec des trafics différents. Se préparer maintenant permettra de saisir les nouvelles opportunités en termes d’applications et de business.Par Laurent ToutainParcoursMaître de conférences au département réseaux, sécurité et multimédia de Télécom Bretagne, Laurent Toutain est un expert reconnu du monde de l’Internet. Ses thèmes de travail sont la qualité de service dans les réseaux IP, la métrologie des réseaux Internet, les protocoles de routage et le protocole IPv6. Il dirige le pôle IP du département RSM qui s’intéresse principalement aux nouvelles architectures et services pour les réseaux domestiques. Editeur du site http://livre.g6.asso.fr, il a notamment écrit Réseaux locaux et Internet : Des protocoles à l’interconnexion (Hermes Science Publications, 2003, 844 pages). Egalement auteur pour les Editions Techniques de l’Ingénieur, Laurent Toutain collabore à la rubrique Electronique et TIC.

En 2008, les TIC ont résisté à la crise

Pour mesurer l’innovation, la direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services utilise différents critères comme le capital risque, les créations d’entreprises ou encore les brevets. La 21e édition du tableau de bord de l’innovation fait apparaître la prépondérance de l’informatique et des secteurs innovants comme les biotechnologies. Certes, les créations d’entreprises dans les secteurs technologiquement innovants (TIC, nouveaux matériaux et biotechnologie) connaissent une baisse de plus de 10 % au deuxième semestre 2008 par rapport au même semestre de 2007. Cependant, l’informatique reste le secteur dominant, avec 76 % des créations d’entreprises malgré un nombre de créations d’entreprises qui baisse de 3,7 % sur un an. Autre constat : alors que le capital investissement connaît un recul de 20 % par rapport à 2007, le capital risque, qui finance la création de start up à fort potentiel de croissance, se porte bien. Ainsi, en 2008, ce segment progresse de 12 % en valeur par rapport à 2007. Avec 758 millions d’euros, le capital risque atteint même un record historique, si l’on exclu l’année 2000. Le secteur des biotechnologies demeurent en tête des entreprises concernées, avec également un retour en force d’Internet. Les plus gros tours de table concernent les cleantechs. Globalement, l’activité des secteurs technologiquement innovants n’est pas pour l’instant affectée par la crise. Ainsi, le chiffre d’affaires généré est toujours en croissance au deuxième semestre 2008, gagnant 6% par rapport au même semestre de 2007. Les services informatiques suivent le même mouvement avec une hausse de 5,8 % au deuxième semestre, une croissance toutefois moins forte que durant les précédents semestres.En revanche, malgré une bonne tenue de l’activité, les effectifs ont tendance à décroître. Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, ils ont enregistré une baisse de -0,5 %. Ce chiffre résulte principalement d’une situation plus difficile dans les télécoms (-1,3 %). Dans les services informatiques, les effectifs augmentent de 0,6 %, soit un rythme ralenti par rapport au premier trimestre (+2 %). Reste désormais à voir ce que réserve l’année 2009. Car si en 2008, le secteur des TIC affiche une certaine résistance face à la crise, la situation risque d’être plus contrastée dans le tableau de bord 2009. C.G.

Communications unifiées, source de compétitivité pour les entreprises ?

Messagerie instantanée, visioconférence, partage de documents, portail d’information, … les usages du grand public s’imposent peu à peu dans le monde professionnel. Face à ces nouveaux modes de communication, comment réagissent les entreprises ? Comment répondre aux attentes d’innovation et de flexibilité des collaborateurs, tout en contribuant à accroître la compétitivité de l’organisation ? Les nouvelles technologies de l’information et de la communication s’inscrivent aujourd’hui dans cette démarche, sous réserve d’avoir une approche fonctionnelle et orientée métier, et d’accompagner le projet par une démarche de conduite du changement.

Nouvelle génération, la communication 2.0
L’émergence du Web 2.0 dans la sphère professionnelle a favorisé l’adoption de nouveaux modes de communication : messagerie instantanée, gestion de présence, visioconférence, groupes de discussion, réseaux sociaux, … Internet met en relation des personnes du monde entier, supprime les barrières géographiques, culturelles et sociales, et encourage ainsi les échanges à distance et la collaboration.Avec l’arrivée de la génération Internet dans le monde professionnel, les entreprises doivent anticiper l’introduction de ces usages, afin de répondre à la demande de flexibilité des jeunes collaborateurs tout en maîtrisant les flux de communication, et donc la sécurité, au sein de leur organisation.

Création de valeur par les communications unifiées
Les communications unifiées regroupent un ensemble de services, modulaires, dont l’utilisation doit être adaptée aux besoins de communication de chaque collaborateur, et apporter de la flexibilité et de l’efficacité dans les échanges.Elles doivent ainsi être définies en fonction de profils utilisateurs, afin de s’inscrire dans leur mode de communication :
  • échanges de messages instantanés entre les membres d’une équipe de développement ;
  • capacité d’un commercial à être joint sur un numéro unique ;
  • connaissance de la disponibilité d’un expert (identification d’une compétence et non d’une personne) ;
  • remontée du dossier client après identification d’un appel ;
  • partage de documents au sein d’un groupe projet.
 

Intégration dans les processus métier
La standardisation des technologies offre l’opportunité d’intégrer les outils de communication dans l’environnement métier de l’entreprise. L’interface privilégiée de communication pourra être l’application métier, la suite bureautique, la messagerie électronique, un client mobile ou un portail Web. Cette intégration permet d’apporter de l’ergonomie pour les utilisateurs, d’optimiser les processus de l’entreprise, et de renforcer la compétitivité de l’organisation.

Des solutions adaptées aux attentes des entreprises
Cette convergence des flux voix / données / images a été favorisée par l’évolution des constructeurs vers un modèle d’éditeurs, et par l’arrivée de nouveaux acteurs issus du poste de travail. Les solutions proposées permettent à présent d’envisager différentes stratégie d’évolution, en fonction de la diversité des usages et du niveau d’intégration souhaité : l’enrichissement de la téléphonie par des applications à valeur ajoutée, ou la mise en œuvre d’une solution globale et homogène (la téléphonie devient un service).

Conduite du changement
Il est important de souligner qu’un projet de communications unifiées doit être accompagné d’une démarche de conduite du changement. Sans l’adoption de ces nouvelles technologies par les utilisateurs, les outils resteront inadaptés à l’organisation, le ressenti sera négatif et aucune valeur n’aura été créée pour l’entreprise. La communication sur les enjeux du projet, les bénéfices pour les utilisateurs et le planning général doit être amorcée dès la phase amont. Des actions de sensibilisation et de formation sont nécessaires pour créer un contact de proximité auprès des collaborateurs. Enfin, le changement doit être accompagné dans le temps, avec, entre autre, une assistance à distance et un suivi de l’appropriation des nouvelles solutions.

Un modèle de services
La souplesse apportée par les communications unifiées offre aux responsables informatiques l’opportunité de mettre en œuvre un système de communication flexible, qui s’adapte à la stratégie métier de l’entreprise. Ce nouveau modèle renforce la position des responsables informatiques en tant qu’acteurs de l’innovation, avec notamment la capacité de proposer un catalogue de services aux utilisateurs, d’optimiser les processus de communication au sein de l’organisation et d’en renforcer la compétitivité. Force de proposition auprès des directions métiers, les responsables informatiques participent directement à la création de valeur pour l’entreprise.Par Fanny Goyot, Responsable marketing communications unifiées au sein de Spie Communication

Interdiction des ampoules traditionnelles : une vraie fausse bonne idée

En 2012, il sera interdit de vendre des ampoules traditionnelles. Cette décision symbolique, adoptée à l’occasion du Grenelle, est de celle qui devrait nous amener à nous réjouir. Et pourtant, nous évaluons mal ses impacts environnementaux et économiques.Il faut avoir en tête que l’éclairage est utilisé beaucoup plus en hiver et en demi-saison qu’en été (on peut estimer trois-quarts du temps en France et en Europe) et que ceci correspond aussi aux périodes où on se chauffe. Il en résulte que les trois-quarts de l’énergie dépensée en éclairage contribuent au chauffage. Pour un logement moyen qui dépense 20.000 kWh en chauffage, l’éclairage peut représenter ainsi 5 à 10 % de l’énergie consommée.

Une mesure coûteuse
Une ampoule basse consommation coûte 10 fois plus qu’une ampoule traditionnelle. On nous dit qu’en Europe, ce sont 4,2 milliards d’ampoules à incandescence qui sont appelées à disparaître (en moyenne 10 par Européen).Sauf baisse importante des prix, cela coûtera entre 30 et 60 milliards d’euros étalés sur une période de 4 ans (autour de 100 euros par Européen). On nous dit que les économies d’énergie réalisées permettront de récupérer ces dépenses, grâce à la grande longévité des nouvelles ampoules : ce n’est que très partiellement vrai puisque, nous l’avons vu, l’énergie économisée pour l’éclairage devra, les trois-quarts du temps, être remplacée par une demande supplémentaire d’énergie pour le chauffage.Ainsi, une ampoule de 100 W utilisée 100 heures par an (soit 10 kWh dans l’année) ne permettra d’économiser que 2,5 kWh dans l’année (en été) et ne sera remboursée qu’en 50 ans ! Seules les ampoules allumées plusieurs centaines d’heures dans l’année mériteraient d’être remplacées !

Un impact industriel problématique
Face à l’urgence imposée, la grande majorité des ampoules basse consommation sera importée d’Asie (Inde, Chine, Vietnam). Les usines européennes devront se reconvertir (elles n’auront pas le temps d’ici l’automne 2009) ou fermer : à l’heure où on cherche par tous les moyens à sauver les emplois et à réduire le déficit de la balance commerciale, la précipitation européenne est injustifiable.

Un impact environnemental mitigé
En dehors des boutiques (et plus particulièrement des grandes surfaces) qui éclairent en journée toute l’année et consomment de l’électricité pour évacuer l’excès de chaleur apporté par l’éclairage, le bénéfice en termes de réduction des émissions de CO2 est très mitigé et dépend du mode de chauffage utilisé. Trois cas de figure se présentent :
  • Un chauffage au fioul ou au gaz (plus de 50 % des consommations de chauffage) : vous devrez augmenter un peu (quelques %) votre chauffage pour compenser la diminution de l’énergie de l’éclairage ; et vous augmenterez à la fois votre dépense de chauffage et les rejets totaux de CO2.
  • Un chauffage à l’électricité (environ 30 % des consommations) : le bilan est quasi nul, tant en électricité qu’en rejets de CO2 puisque vous allez remplacer les trois-quarts des kWh de l’éclairage par des kWh de vos radiateurs électriques.
  • Un chauffage par des énergies renouvelables avec ou sans pompe à chaleur (bois, solaire, géothermie ?) : c’est le seul cas où le remplacement des ampoules apportera une réelle diminution des rejets de CO2 qui vous sont imputables. En échange, vous brûlerez un peu plus de bois où utiliserez un peu plus votre pompe à chaleur.
Seul élément vraiment positif : la diminution de la demande d’éclairage des particuliers aura lieu en partie aux heures de pointe de la consommation (entre 18 et 21 heures) et contribuera à écrêter celle-ci.En définitive, les ampoules à basse consommation ne sont intéressantes, en termes d’économie d’énergie et de réduction des rejets de CO2, que dans des cas bien précis, qui ne représentent qu’une fraction de l’éclairage, probablement inférieure à 25 %. Les imposer systématiquement en retirant de la vente les ampoules traditionnelles est un double non-sens, économique et environnemental. C’est vraiment une fausse bonne idée. En revanche, il serait parfaitement légitime d’inciter les usagers à utiliser ces ampoules partout où elles présentent de l’intérêt, d’accompagner cette politique d’une réelle volonté d’éliminer à terme les chauffages au fioul et au gaz, et de donner une feuille de route claire aux industriels pour qu’ils puissent adapter leurs usines de fabrication. Personnellement, je me suis constitué un stock d’ampoules à incandescence me permettant de tenir quelques années. Pierre Bacher, ancien élève de polytechnique, est l’auteur de « L’énergie en 21 questions » – édition Odile Jacob (2007), membre du conseil scientifique de Sauvons le Climat et éditorialiste à l’Espace Veille de Techniques de l’ingénieur.

Du courant électrique sans émission de chaleur grâce à un nouveau semi-conducteur

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60074.htmLes physiciens de l’Université de Würzburg ont récemment ouvert la voie à des ordinateurs qui n’auraient pas besoin d’être refroidis. Dans la revue scientifique américaine Science, ils présentent un semi-conducteur qui conduit le courant électrique sans émission de chaleur. Le nouveau semi-conducteur est composé de tellurure de mercure et de tellurure de cadmium et de mercure. Dans leur procédé, les physiciens combinent alternativement ces deux matériaux en très fine couche sur un wafer [1]. « Chaque couche mesure entre sept à dix nanomètres d’épaisseur », explique le Prof. Laurens Molenkamp [2].Afin d’analyser la conductivité du matériau stratifié, les physiciens ont façonné des structures sur sa surface à l’aide de techniques de lithographie. Ils y ont réalisé pour ainsi dire de minuscules fils comme par exemple en forme de « H ».Le Prof. Hartmut Buhmann [3] explique : « Il était à prévoir que le matériau se comporte comme un isolant sous certaines conditions comme par exemple dans le cas de très basses températures. En effet, ce type de comportement est traditionnel pour les semi-conducteurs à basse température ».Cependant, les physiciens ont été surpris de découvrir que leur matériau se comporte différemment : les électrons se sont réunis sur les bords de la structure en forme de H. A cet endroit, ils pouvaient également se déplacer, sans aucune résistance, et donc sans dégagement de chaleur. Selon les physiciens, cette particularité est unique et résulte des caractéristiques des matériaux et de la nature de leur stratification. La forme de la structure en « H » ou en « X » n’auraient pas d’importance.
 En-dessous de -170 °C
A noter tout de même que ce nouveau semi-conducteur n’est pas encore assez élaboré pour une utilisation quotidienne : en effet, l’effet se produit uniquement lorsqu’il se trouve à très basses températures, en-dessous de -170 °C. C’est pourquoi les chercheurs de Würzburg s’attachent désormais à développer d’autres matériaux dont l’effet pourrait apparaître à des températures plus élevées.Les ordinateurs classiques en fonctionnement émettent de la chaleur. A températures très élevées, le fonctionnement de leurs puces peut être affecté. Actuellement, il est donc nécessaire d’avoir recours à un système de refroidissement tels que le ventilateur pour les PC ou le conditionnement d’air dans les grandes installations informatiques. La chaleur est donc un facteur qui limite nettement le développement d’ordinateurs plus rapides et le nouveau semi-conducteur développé par le Prof. Harmut Buhmann pourrait être la solution qui permettra de s’en affranchir.Note : [1] En électronique et micro-électronique, wafer est le mot anglais qui désigne une tranche ou une galette de semi-conducteur.Contacts :– [2] Prof. Dr. Molenkamp Laurens, Chaire de physique expérimentale III de l’Université de Würzburg – tél : +49 931 888 4925, email : [email protected]– [3] Prof. Dr. Hartmut Buhmann – tél : +49 931 888 5778, email : [email protected] Source : Dépêche idw, communiqué de presse de l’Université de Würzburg – 17/07/2009Rédacteur : Romain CollignonOrigine : BE Allemagne numéro 446 (22/07/2009) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60074.htm 

Les USA nouvel Eldorado de la production solaire

Shyam Mehta, analyste vedette de GTM Research, estime que la demande américaine de panneaux solaires sera multipliée par 7, passant de 342 MW en 2008 à 2,13 GW en 2012. Une tendance qui a poussé récemment des groupes étrangers comme les allemands SolarWorld et Schott Solar, ainsi que le japonais Sanyo, à installer des usines aux Etats-Unis. De même, le géant solaire chinois Suntech Power a dit vouloir installer une usine d’assemblage de 100 MW sur le sol américain début 2010, sans encore révéler l’endroit choisi.Les Etats-Unis devraient ainsi capter une part croissante de la production mondiale. Le pays a produit 499 MW de panneaux solaires en 2008, dont 70 % de cellules solaires à couches minces. 90 % de ces cellules à couches minces (composées de fines couches de métaux rares déposés sur un support de plastique, différentes des cellules solaires traditionnelles en galettes de silicium rigide) ont été fabriquées par les usines des groupes américains First Solar et United Solar Ovonic.

Selon l’analyste, les Etats-Unis produiront 2,7 GW de cellules ou panneaux solaires d’ici 2012, dont 66 % de cellules à couches minces (que ce soit celles qui utilisent du tellure de cadmium-tellure, du silicium amorphe ou un mélange cuivre-indium-gallium-selenium, dit CIGS).

Les fabricants de cellules CIGS devraient, selon lui, accroître leurs capacités de 32 MW en 2007 à 1,3 GW en 2012. Une prédiction particulièrement audacieuse car cette filière reste encore émergente, avec des producteurs naissants comme HelioVolt (Texas) qui vient d’ouvrir sa première usine, Ascent Solar (Colorado) qui construit sa première usine, ou encore Nanosolar qui a démarré sa production commerciale fin 2007. Solyndra a levé des fonds considérables et annoncé pour 2 milliards de dollars de contrats mais n’a encore rien indiqué de ses capacités de production. Il a reçu une garantie de prêt fédéral de 535 millions de dollars pour construire une énorme usine de 500 MW en Californie.

Pour ce qui est des cellules classiques au silicium polycristallin, l’analyste de GTM prévoit que les capacités de production passeront de 389 MW en 2008 à 1,23 GW en 2012.

Par Laurence Benhamou, auteur du site Green Univers

Ecoship, le fleuron écologique de la marine française

A la suite de l’avènement du Grenelle de l’Environnement, et des objectifs de réduction des émissions fixés pour 2008, la DCNS a décidé de réfléchir aux moyens de réduire la pollution engendrée par la flotte française chaque année. DCNS a donc lancé une démarche d’éco-conception globale, dont l’Ecoship est le point d’orgue.Navire de demain, l’Ecoship a pour objectif de réduire de moitié l’impact environnemental d’un navire militaire de référence. Mais ce n’est pas tout. L’amortissement du surcoût engendré ne doit pas excéder cinq ans.  » Au final, le bilan fait apparaître un gain de 57 % de l’impact environnemental global, et une réduction de la consommation de gazole de 50 %, ce qui permet l’amortissement sur 5 ans des surcoûts liés à l’écoconception « , affirme Philippe Goubaut, architecte d’ensemble pour les bâtiments de surface chez DCNS Ingénierie. Bien sûr, ce navire n’est à l’heure actuelle qu’un concept, mais quelques solutions retenues pour la mise en œuvre d’Ecoship sont déjà appliquées dans des programmes en cours, notamment en ce qui concerne l’optimisation de la consommation et du rendement, le respect des normes en matière de rejets et de déchets et la traçabilité des matériaux entre autres.

Prendre en compte l’impact environnemental global du navire
Une des particularités du travail réalisé par DCNS pour ce projet est la prise en compte de l’impact environnemental à un niveau global. Ainsi, le groupe de recherche a fait le bilan complet de l’impact environnemental du navire vert sur toute sa vie, jusqu’à prendre en compte l’énergie nécessaire pour produire les matériaux mis en œuvre dans la réalisation de ce bâtiment. Yves Pierson, responsable avant-projet chez DCNS Ingénierie, affirme ainsi que  » cette démarche est en avance sur les pratiques actuelle d’autres secteurs du transport, qui ne s’attachent qu’au bilan carbone de leur activité. « Au niveau de la conception, quatre axes de recherche ont permis d’aboutir au résultat actuel. Les voici :
  • Optimisation du flotteur : forme de la carène et matériau structurel ;
  • Optimisation hydro et aérodynamique ;
  • Energies propres ;
  • Optimisation énergétique.
Au niveau de la carène, des études ont été menées pour évaluer la puissance propulsive nécessaire, selon les modèles choisis. Au final, un monocoque nécessite une puissance supplémentaire d’environ 20 % par rapport au catamaran pour une vitesse de propulsion équivalente. La composition de la coque est également le fruit de réflexions prenant en compte le cycle de vie complet du bateau.

L’aluminium plutôt que l’acier
Ainsi, le matériau choisi, l’aluminium, présente un avantage majeur par rapport à l’acier, qui constitue les coques habituelles : en cycle initial, l’énergie nécessaire pour l’extraire est supérieure à celle de l’acier. Cependant, l’aluminium est plus léger et la réduction sensible de la masse de la coque permet le déplacement du navire avec une puissance propulsive moindre. Cet effet sur la consommation de carburant compense largement le surcoût environnemental en cycle initial. De plus, l’aluminium se recycle mieux que l’acier, puisque sa refonte nécessite moins d’énergie. » Au final, le surcoût de la structure aluminium est amorti sur environ 7 ans grâce aux économies de carburant « , précise Philippe Goubaut. Dernier point, au niveau des surfaces de pont. Le choix du catamaran permet à ces surfaces de pont d’être plus grandes. Pour l’Ecoship, ce choix a permis l’aménagement d’une grande aire « aviation », de spots pour des conteneurs et d’une plage arrière de dimension non négligeable.Au niveau hydrodynamique, les efforts ont été faits pour améliorer au maximum la pénétration dans l’eau de la structure. Ainsi, le choix d’étraves droites et fines pour remplacer des éléments d’habitude plus élancés et plus ronds participe à cette volonté de limiter les frottements au maximum. Des recherches portant sur la forme des superstructures ont également permis de réduire considérablement la traînée du navire, et donc d’améliorer son aérodynamisme. Autre innovation, basique mais très efficace, la mise en place de « volets actifs », qui créent une aérodynamique positive : concrètement, ces volets sont ouverts et orientés afin d’utiliser la force du vent pour participer à la propulsion du navire.L’anti-fouling (traitement de la coque pour empêcher les organismes de s’y fixer), lui, est à base de silicone. Le mélange permet de diminuer la résistance bien sûr (et donc la consommation de carburant), et il empêche la fixation des organismes sur la coque, évitant l’usage d’un traitement par empoisonnement, ce qui est meilleur pour la vie aquatique bien évidemment.

Le choix de la propulsion hybride
L’optimisation du rendement propulsif, lui, tient en quatre points. D’abord, un ensemble intégré hélice/safran qui augmente la performance de propulsion, grâce notamment à des hélices haute performance. Au niveau des moteurs, ces derniers sont des diesels semi-rapides, ayant une meilleure consommation spécifique. Il est également important de souligner le choix fait par l’équipe de recherche d’un mode de propulsion hybride : électrique pour une vitesse allant jusqu’à 11 nœuds et diesel au-delà.Autre innovation : l’injection d’eau dans les moteurs. Un système traite les eaux usées, qui vont ensuite être injectés avec le carburant dans le moteur, grâce à des systèmes très perfectionnés de rampe d’injection. Au final, on obtient une baisse de l’ordre de 50 % des gaz NOx rejetés, et une réduction importante des rejets d’eaux polluées.Autre nouveauté qui peut paraître surprenante : l’installation d’un cerf-volant à l’avant du bateau pour contribuer à économiser du carburant.  » L’énergie éolienne reste la plus disponible et la plus simple à utiliser en mer comme moyen de propulsion complémentaire. De plus le cerf-volant présente un certain nombre d’avantages par rapport à une voile classique : il n’encombre pas le navire, ne génère pas d’interférences avec les systèmes de détection et de communication du navire, et n’engendre pas de gîte, comme le ferait une voile classique « , assure Philippe Goubaut. Mais l’efficacité de cet outil est étonnante, puisque le groupe de recherche évalue à 10 % l’économie qu’il permet de réaliser sur le carburant ! Ce système équipe du reste déjà quelques navires de commerce dans le monde mais il reste à en évaluer l’intérêt et les contraintes pour un usage militaire. Le navire est également équipé de panneaux solaires qui fournissent de l’énergie électrique.

Une optimisation énergétique poussée au maximum
La ventilation double flux, procédé utilisé dans le civil terrestre, utilise un échangeur thermique croisant les flux d’air venus de l’extérieur et de l’intérieur pour climatiser le bateau. Ainsi, en été, la consommation en air conditionné diminue, et en hiver le besoin en chauffage est nul ! Aussi, la mise en place d’un débit variable au niveau de la ventilation permet d’ajuster les débits d’air en fonction de la présence des personnels. Il y a, au jour le jour, une réduction du débit global instantané dans le navire.Ainsi, toutes ces innovations diminueront de 57 % la consommation de carburant du bateau, pour une performance égale (l’effet du cerf-volant n’a pas été comptabilisé dans ce bilan). Un projet qui démontre, au delà de l’Ecoship, que des progrès peuvent être réalisés dès maintenant. De plus, au niveau de la performance pure, la réduction de la consommation de carburant peut à terme conduire à un accroissement considérable de l’autonomie des navires. Au niveau de la prospective, les technologies futures, qui ne sont pas encore abouties, permettront d’aller plus loin dans l’éco-conception des navires : les structures high-tech, les piles à combustibles, l’utilisation de supraconducteurs ou encore les pompes-hélices, font partie des pistes explorées.P.T.

Chiffre clé : 90 % des mails sont des spams

Crise ou pas crise, tous les indicateurs restent au vert pour les spammeurs. D’après l’observatoire du spam mondial de Google (*) qui a publié son enquête début juillet, les spams connaissent une hausse globale de 53 % par rapport au premier trimestre 2009 et de 6 % par rapport au deuxième trimestre 2008. Le spam se développe principalement grâce aux réseaux de machines zombies qui permettent de masquer son identité et sa localisation. Le blocage de l’hébergeur McColo en novembre 2008 aux Etats-Unis avait ainsi réduit de 70 % le nombre de spams le lendemain. Mais le niveau de courriers indésirables est revenu à son niveau antérieur en quelques semaines. Un utilisateur sans aucune protection aurait reçu en moyenne 45.000 spams en 2008, contre 36.000 en 2007, selon Google. Symantec a détecté 349,6 milliards de spams en 2008, ensuite bloqués par des pare-feux et réseaux, un chiffre en hausse de 192 % (119,6 milliards détectés en 2007).Le nombre moyen de spams journaliers varie de 150 à 200 milliards selon les sources et les périodes. D’après une étude de MacAfee qui vient de paraître, 62 billions de courriers indésirables ont été envoyés en 2008, ce qui correspond à une consommation de 33 milliards de kilowattheures, soit l’électricité consommée par 2,4 millions de foyers américains. La provenance des spams se diversifient avec le temps. Ainsi, d’après Sophos (éditeur de logiciels de sécurité), 57 % des courriers indésirables partaient des Etats-Unis en 2004, contre 20 % aujourd’hui. La seconde position de la Chine (10 %) reflète la montée en puissance de l’Internet chinois. Les formes de spams se diversifient également, avec une utilisation croissante des réseaux sociaux, dont Twitter et Facebook. Les internautes ont tendance à moins se méfier que lors de la lecture de leurs mails. Si le spam a encore de beaux jours devant lui, c’est qu’il reste efficace. Une personne sur trois répond à des mails en se doutant pourtant qu’il s’agit de spams, d’après une étude du Messaging anti-abuse working group (MAAWG, le 15 juillet 2009). 17 % des personnes interrogées ont cliqué par erreur, 13 % ont envoyé un mail pour se plaindre auprès du spammeur et 12 % se sont déclarés intéressés par le service ou le produit proposé. Les spammeurs ont encore de beaux jours devant eux. Corentine Gasquet

(*) à partir des résultats de sa filiale Postini spécialisée en systèmes antispam
En savoir plusLes Editions Techniques de l’Ingénieur ont publié en avril 2009 un nouvel article sur le spam, accessible dans la base documentaire. Ecrit par Sophie Gastellier-Prévost, enseignant-chercheur à Télécom & Management SudParis (ex INT), cet article s’intéresse notamment aux moyens de prévention et de détection du spam.