Une méthode de dépollution par les plantes pour les rizières polluées au cadmium

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60387.htm

Une équipe japonaise a mis au point une méthode de dépollution par les plantes ou phytoremédiation permettant de traiter les rizières polluées au cadmium via l’utilisation de certaines variétés de riz. Pour rappel, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (l’EFSA) avait déjà recommandé en avril dernier la réduction de la dose tolérable de cadmium dans l’alimentation.Le cadmium est un métal qui entre dans la chaîne alimentaire à la suite d’une pollution industrielle : les rizières sont contaminées par les eaux usées ou les fumées émanant d’usines proches. La toxicité du cadmium pour l’homme est connue depuis les années 50. Cependant, dès 1946, dans la préfecture de Toyama au Japon, un empoisonnement chronique au cadmium causé par des effluents miniers a été à l’origine d’une épidémie de la maladie « itai-itai » [1], caractérisée par une insuffisance rénale, une ostéomalacie (décalcification osseuse) et des fractures très douloureuses.Les chercheurs sont parvenus à identifier trois cultivars de riz, nommés Chokoukoku, IR8 et Mohretsu, capables d’absorber du cadmium en quantités importantes. Ils ont constaté que cultiver ces variétés sur un sol pollué pendant 3 ans permet d’abaisser de 20 à 40 % la concentration en cadmium.

Développer la méthode à l’international

Cette méthode permet de décontaminer les terrains cultivables pour un coût plus bas que celui des solutions existantes. Elle peut par ailleurs s’avérer cruciale, à l’heure où les autorités étudient la possibilité d’abaisser la concentration maximum de cadmium autorisée dans les aliments à 0,4 g/kg (contre 1 g/kg aujourd’hui). Pour l’instant, l’équipe japonaise songe à rechercher des partenaires à l’étranger afin de développer sa méthode à l’international.Ce résultat est le fruit d’une coopération entre recherches publique et privée : l’équipe regroupe en effet des chercheurs de Mitsubishi Chemicals, de l’Institut National pour les SciencesAgro-Environnementales de Tsukuba et des instituts préfectoraux de recherche agricole de Yamagata, Niigata, Fukuoka et Akita. [1] « itai » signifie « j’ai mal » en japonais.

Source :
BE Japon numéro 512 (4/09/2009) – Ambassade deFrance au Japon / ADIT http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60387.htm
Jean-Baptiste Bourdin est rédacteur pour la rubrique environnement des bulletins électroniques de l’ambassade de France au Japon.

RFID – NFC : les 13 projets soutenus par l’Etat

Cinq mois après le lancement par Luc Chatel, alors ministre chargé de l’Industrie, d’un appel à projet baptisé  » Usages innovants de la RFID et services mobiles sans contacts  » (avril 2009), 13 projets mettant en oeuvre des technologies sans contact (Near Field Communication ou RFID) ont finalement été retenus. La somme totale qui leur sera allouée n’a toutefois pas été divulguée. Seule information : ils s’agit de plusieurs millions d’euros. Maintenant, ce financement atteindra-t-il les 3,5 millions d’euros prévus initialement ? Pour l’instant, ce chiffre n’a pas été confirmé. Au total, 38 projets intervenant dans des domaines aussi variés que les transports, la ville, les musées, la santé, les services à la personne ou encore l’agroalimentaire ont été déposés entre avril et juin 2009. L’éventail des initiatives retenues reflète d’ailleurs cette diversité.

Projets Thématiques Porteur Descriptif
Bpass+ Transport Véolia Environnement Communauté Nice Côte-d’Azur. Proposer à l’usager un service de rechargement et de stockage de son titre de transport directement sur son téléphone mobile NFC. Partenaire : Connecthings
Mobemo Accès entreprises et services Gemalto Proposer aux entreprises ou aux collectivités une solution clé en main de migration des différents badges sans contact de leurs employés (accès aux bâtiments, badge de cantine, etc.) sur un téléphone mobile NFC. Partenaires : Ingelis Transatel SA et le Conseil Régional de Basse-Normandie
NFC SCM Services grande distribution, transport, tourisme Cassis International Europe Mettre en place un système interopérable et standard pour la billettique et les coupons de fidélité sur téléphone mobile NFC.Partenaires : High Co 3.0, Sagem Orga, Digitick, Université de Nice (Master MBDS)
Nice Future Campus Services aux universités / étudiants Extelia Créer la première carte d’étudiant virtuelle multiservice en Europe embarquée dans des téléphones mobiles avec 3 approches innovantes complémentaires: le téléphone NFC, le sticker NFC externe actif et  » l’add-on  » NFC interne.Partenaires : Université de Nice , Orange, BMS (PME Hors BN), Mobile Distillery, Cassis Int , ASK
Smart Muse Musée Connecthings Permettre de mettre en place dans les musées (expérimentations prévues au Centre Pompidou et dans le Vieux Nice) un système de visite intelligent reposant sur la lecture de tags RFID pour accéder à des contenus contextualisés.Partenaires : Centre Pompidou, Mairie de Nice, Inside Contactless, Sagem Wireless
Must Téléphone NFC sur Android France Télécom Création d’un terminal mobile 3G/NFC s’appuyant sur Androïd de Google et développement de service d’e-tourisme dédié au Mont Saint Michel.Partenaires : CEV Group, Digital Airways , Intelligéré , Inside Contactless , Gemalto , Renesas, Conseil Général de la Manche 50, Université de Caen BN, IUT de Cherbourg, Manche Numérique
Altess Paiement sans contact Atos Wordline Créer une architecture sécurisée, couplée au lecteur NFC grand public de chez Violet pour développer un bouquet de services de type paiement en ligne sans contact, chargement de titres de transport, identification automatique, reconnaissance/fidélité en ligne, authentification et de signature électronique.Partenaires : Violet, BMS, Neowave
NFC 2UI Services mobiles sans contact Cassis International Europe Développer des interfaces utilisateur de services mobiles sans contact (paiement, transport, fidélité) portables sur toutes les plate-formes de terminaux.Partenaires : Mobile Distillery, RATP, Crédit Agricole, Sagem Orga, Université de Nice (Master MBDS)
STAM-RFID Santé Lamap Développer une solution au profit des établissements hospitaliers pour améliorer la traçabilité des archives médicales par l’utilisation de la RFID.
La Vitrine Intelligente Commerce Cleor S.A. Développer une solution de traçabilité et de gestion de stock en temps réel dans les magasins pour le secteur de l’horlogerie, bijouterie, joaillerie par RFID Ultra haute fréquence.
Digiprice Commerce, distribution MPE Technology Développer un système destiné aux surfaces de vente de textiles, combinant les fonctions d’inventaire en temps réel, d’affichage dynamique des informations sur les produits, d’antivol et localisation, et de fidélisation de la clientèle.
IDViandes Agroalimentaire SVA Jean Rozé Permettre la diffusion des technologies RFID dans la chaîne logistique des viandes de boucherie afin de l’optimiser (traçabilité en temps-réel, etc.).
Matrice Service à la personne (CESU) Apologic Informatique Applications Développer et expérimenter l’utilisation des chèques emploi service universels (CESU) mobiles à la place du papier, permettant ainsi le traitement de l’information sur le nombre d’heures réalisées au domicile via la lecture de badges sans contact par l’intervenant à domicile et le paiement de la prestation correspondante.

Autre constat : bien qu’apparue plus récemment, force est de constater que les projets mettant en oeuvre la technologie Near Field Communication sont loin d’être minoritaires. Bien au contraire ! Sur 13 dossiers retenus, 8 utilisent la NFC ce qui traduit bien les espoirs que les pouvoirs publics mettent dans cette technologie. En savoir plusCompte tenu des multiples opportunités qu’offrent les technologies RFID, le ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi a lancé en 2007 un plan d’actions pour soutenir le développement et l’appropriation de cette technologie. En 2008, un premier appel à projets IPER ( » Innovation dans les processus d’entreprises par la RFID « ) a permis de financer 5 projets innovants, chacun susceptible de diffuser ce type de technologie auprès des entreprises de son secteur d’activité (distribution, logistique, transport, santé, alimentaire).Dans le même temps, le MINEFE a créer fin 2008 une agence dédiée à la RFID. Baptisée Centre national de référence de la RFID (CNRFID), cette association loi 1901a pour objectif de faciliter le développement et l’usage de la technologie RFID afin de soutenir à la fois les  » Offreurs de solutions  » (concepteurs, fabricants de matériels, intégrateurs, juristes, etc…) et les  » Utilisateurs  » (entreprises de la distribution, de l’aéronautique, de l’électronique, PME et TPE, associations, etc.).Une démarche comparable d’analyse prospective et de concertation avec les acteurs économiques autour du NFC a conduit le ministère à lancer un plan d’actions pour soutenir le développement sur mobile de nombreuses applications et nouveaux services. Ce plan s’est traduit également par la création le 26 mai 2008 du Forum des services mobiles sans contact, et par le lancement de nombreux pilotes de  » mobile sans contact  » dans différentes villes de France tels que Paris, Strasbourg, Caen ou encore Nice (lire Le mobile sans contact à l’heure de la pré-commercialisation).

  • Voir l’appel à projet 2009 du Minefe.
  • voir le site du CNRFID

La rédaction

Le point sur le développement des énergies renouvelables marines au Royaume-Uni

lusieurs projets continuent d’enregistrer des développements significatifs au Royaume Uni, tandis que d’autres on été abandonnés ou transposés. Cette rentrée me fournit l’opportunité de faire un point en ce qui concerne l’énergie des vagues et courants :

  • Wave Hub
Le Projet appelé UK’s Wave Hub qui est un site d’essai consacré entièrement à l’énergie des vagues continue à être développé au large des côtes de Cornouailles. Selon le media Engineer on line (ICI), un contrat d’un million de livres sterling a été signé avec l’antenne locale de Powermann à Poole pour procéder à l’installation de tout le matériel nécessaire à relier le site de production d’énergie des vagues au réseau électrique national. Le projet qui a reçu un apport spécial du gouvernement britannique de 9.5 millions de Livres devrait s’en voir attribuer 10 millions supplémentaires dans le cadre d’un soutien global à l’ensemble des projets énergétiques marins dans le sud-ouest.D’autres sources de financement sont attendues comme l’European Regional Development Fund Convergence Programme (£ 22,93 millions) et le RDA (£ 12.5 millions). Selon le média Water Power Magazine, le premier équipementier dont le matériel sera rélié au réseau ne sera pas anglais puisqu’il s’agit de la compagnie américaine Ocean Power Technologies (OPT), avec sa célèbre technologie de bouée capteuse d’énergie des vagues PowerBuoy®.Les autres projets développés dans le cadre du Wave Hub et sur lesquels les compagnies communiquent moins seraient toujours : le projet du Norvégien Fred Olsen Renewables avec sa technologie de type bouées, et le projet de l’Australien OceanLynx dont j’ai déjà beaucoup fait état auparavant. Selon le média devon.co.u, le projet E.ON-Ocean Prospect qui consiste à installer 7 récupérateurs Pelamis dans le Wave Hub de Cornouailles a été déplacé le 29 avril 2009 vers un projet similaire aux Iles Orcades dans le cadre de l’European Marine Energy Center (EMEC), qui est le grand centre de développement des énergies marines au Royaume-Uni et dispose de moyens visiblement plus importants que le WaveHub Project.
  • Aquamarine
Le récent matraquage médiatique de la compagnie écossaise Aquamarine Power pour sa technologie de récupération d’énergie des vagues Oyster® (« Huître » en français) pourrait laisser penser que cette technologie qui a remporté les £ 60 millions attribués par la British Renewable Energy Association à la « Meilleure innovation de l’année 2009 » est LA technologie de récupération d’énergie des vagues du futur. Quand on voit la taille de l’engin, on a des doutes. Et pourtant on a tort car son avantage majeur est d’avoir rapatrié la plupart des équipements de transformation à terre, ce qui évite des problèmes d’entretien en mer insurmontables et hors de prix.Autre avantage et non des moindres, la constance de la ressource sur les fonds de 12 à 16 mètres où le dispositif doit être posé et surtout le fait qu’Oyster® utilise pour fonctionner uniquement des ressources hydrauliques, à l’exclusion de tous hydrocarbures ou autres substances toxiques,ce qui n’est pas le cas de toute les technologies marines dites « propres » existantes. Ce type de technologie constitue en tout cas l’antithèse des dispositifs légers de type Anaconda. Fort des sestrophées et de l’appui du Ministère britannique de l’environnement, Aquamarine Power prévoit d’ailleurs de déployer aussi sa grosse huître d’ici l’automne à l’EMEC (Centre européen d’énergie marine) !
  • Marine Current Turbines (MCT)
La compagnie Marine Current Turbines pionnière de l’exploitation commerciale de l’énergie des courantsmarins avec son SeaGen de 1,2 MW déployé depuis plus d’un an àStrangford Lough en Irlande du Nord, malgré quelques incidents deparcours inhérents à la mise en place de toute technologie nouvelle,est bel et bien le premier projet à l’échelle commercialed’exploitation de l’énergie des courants. A ce titre il a reçurécemment son accréditation ROC (Renewables Obligation Certificates)qui régule l’exploitation commerciale de l’énergie au Royaume-Uni.
  • Orecon
Avec sa technologie MRC, l’équipementier britannique Orecon devrait fournir au réseau portugais une électricité au tarif de 33 cents/kWh, tarif spécialement accordé par les autorités portugaises à l’électricité d’origine marine renouvelable. D’après le media GreenBang (ICI), Orecon aurait passé un accord avec le chantier naval portugais Estaleiros Navais Do Mondego (ENM) pour construire et développer un récupérateur de 1,5 MW d’ici à Février 2011.Cette annonce en complétait une autre faisant part de l’intention d’Orecon de développer un site de récupération d’énergie des vagues de 4,5 MW avec le portugais Eneolica. Quand on questionne le britannique Orecon sur son choix de développer sa technologie plutôt au Portugal qu’ailleurs, la réponse est claire : « Les raisons sont stratégiques. Outre son exceptionnelle ressource en vagues, le Portugal est le seul pays d’Europe qui ait à la fois mis en place une politique tarifaire claire en matière d’énergie d »origine renouvelable marine et qui en facilite le raccordement au réseau national ».
  • Pulse Tidal
Le développement des technologies de récupération de l’énergie des courants n’est pas en reste. Ainsi la compagnie britannique Pulse Tidal qui développe un récupérateur assez astucieux répondant au nom de npower juice (video de démo ICI); cette technologie est basée sur les mouvements des nageoires degrands cétacés. La compagnie a pu construire son prototype (en test àHumber près de Immimgham Dock) de 100kw grâce à un financement publicde £ 878.000 mais aussi grâce a l’apport du privé du géant industrieljaponais Marubeni qui s’intéresse de plus en plus à ce secteur des énergies renouvelables marines. 

Source :
Les Energies de la merFrancis Rousseau est rédacteur en chef de plusieurs blogs portant sur l’environnement et les énergies renouvelables pour 3B Conseils, cabinet conseil en communication scientifique et technique et bureau d’études. Il anime notamment Les énergies de la mer, spécialisé dans les énergies marines.

Virtualisation : les limites en termes de détection et de prévention des intrusions

Le principe est simple et efficace. L’hébergement des systèmes d’exploitation et des services sur des environnements virtuels permet une flexibilité et une réactivité aux besoins informatiques jusqu’ici inégalées. Pourquoi ces avantages que nous procurent les environnements virtuels poseraient-ils problème à nos systèmes de prévention et de détection des intrusions ? Tout d’abord, en raison justement de leur caractère flexible. Le problème majeur de l’IDS/IPS étant le faux positif, la configuration d’un IPS (Intrusion Prevention System) doit refléter exactement la couverture des vulnérabilités présentes dans le réseau afin de limiter les erreurs. Si un service nouveau et différent des autres démarre (version différente / éditeur différent), il est donc nécessaire de mettre un “coup de tournevis” sur l’IPS afin de garantir le maintien du niveau de sécurité et d’éviter le risque de faux positif. Le recours aux environnements virtuels dynamise énormément le réseau ce qui alourdit fortement la tâche des exploitants de l’IPS. Pour se prémunir contre ce surcoût d’exploitation de la sécurité, il est recommandé d’utiliser un IPS dit “ adaptatif ”, capable de cartographier le réseau en temps réel et d’adapter son profil de protection en suivant le dynamisme du réseau. L’IPS “ adaptatif ” est capable de découvrir,en temps réel, le démarrage d’un service sur un environnement virtuel. Plus ennuyeux encore, s’il y a système virtuel et / ou application virtuelle, il y a bien souvent, et de plus en plus, un réseau virtuel… Au sein d’un même environnement virtuel, les systèmes et applications peuvent communiquer entre eux / elles sans être contrôlés par les systèmes IPS qui sont très largement déployés à l’extérieur de l’environnement virtuel et souvent hébergés sur un boîtier appliance. En bref, les IPS classiques sont sourds et aveugles devant les attaques réalisées au sein même de l’environnement virtuel. De quoi nourrir l’imagination des hackers… La solution s’impose d’elle même. S’il y a réseau virtuel, il suffit de déployer une sonde IDS virtuelle au sein même de l’environnement afin d’y contrôler le trafic et d’y détecter les attaques et anomalies qui nous intéressent dans le monde réel. En bref, appliquer les mêmes règles de sécurité aux réseaux virtuels et physiques. Le caractère adaptatif de l’IPS reste évidemment intéressant.  En conclusion, un IPS classique uniquement basé sur appliance fera mauvais ménage avec une politique forte de virtualisation. La démarche de virtualisation d’une partie du système d’information nécessite une prise en compte particulière de ce sujet afin de contrôler les coûts d’exploitation et d’éviter une détérioration du niveau de d’efficacité des IPS. Les technologies évoluent mais la logique de gestion des événements de sécurité reste inchangée. Par Cyrille Badeau, directeur Europe du Sud Sourcefire

Le règlement Reach, fait comme un rat ?

Le défi que représente Reach, le règlement européen sur les produits chimiques, a-t-il été sous-estimé ? C’est ce que suggère une tribune publiée le 27 août dernier dans la célèbre revue Nature, par le toxicologue Thomas Hartung de l’Université Johns Hopkins (Baltimore, Maryland), ancien directeur du Centre européen pour la validation des méthodes alternatives, et Costanza Rovida, une chimiste italienne.Selon les auteurs, le coût des analyses toxicologiques prévues par le règlement, tout particulièrement celles liées à l’expérimentation animale, serait bien plus élevé que l’estimation de 2004, lorsque le projet de loi avait été présenté par la Commission européenne.Ainsi, au cours de la prochaine décennie, ce ne sont pas 1,6 à 2 milliards d’euros mais 9,5 milliards qui seront requis pour l’expérimentation animale. Quant au nombre d’animaux de laboratoire nécessaire pour effectuer les tests de toxicité, il s’élèverait non pas à 2,6 millions mais à 54 millions ! Une tribune qui relance la polémique sur l’expérimentation animale alors que se tient jusqu’au 3 septembre, à Rome, le septième Congrès mondial sur les alternatives à l’utilisation des animaux en sciences de la vie.Reach, victime de son succès ?Rappelons en premier lieu que le règlement Reach, dont l’entrée en vigueur date de juin 2007, contraint les industries chimiques à démontrer que les produits mis sur le marché depuis 1981 et qui sont toujours en vente, ne présentent pas de risques pour la santé publique mais aussi pour l’environnement, et ce, lorsque leur volume de commercialisation excède une tonne par an.Dans le cadre du calendrier d’application du règlement, qui s’étale jusqu’en 2018, les produits concernés doivent faire l’objet d’une demande d’enregistrement auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), qui gère les procédures d’évaluation, d’autorisation et de restriction d’utilisation des dits produits. Cela dit, comment expliquer un tel écart entre le coût estimé en 2004 et celui avancé par l’étude publiée dans Nature ? Eh bien, le nombre de demandes d’enregistrement a été très largement supérieur à celui attendu.Ainsi, comme le relate le Journal de l’Environnement, « ce sont 143.000 substances, au lieu des 29.000 initialement prévues, qui ont été pré-enregistrées par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) ». Sans compter que le coût de Reach a été évalué pour une Europe à 12 et non à 27.Des tests sur la selletteDès lors, pour Thomas Hartung et Costanza Rovida, non seulement le règlement Reach coûtera trop cher mais ses objectifs seront tout simplement intenables : « La toxicologie réglementaire n’a ni les méthodes haut-débit ni les techniques alternatives à l’expérimentation animale pour tenir l’objectif » rapporte Le Monde. Particulièrement pointés du doigt, les tests de toxicité pour la reproduction qui, rappelle le Journal de l’Environnement, « nécessitent deux générations de deux espèces animales distinctes » et représentent à eux seuls, selon l’étude, « 90 % des cobayes et 70 % des coûts de Reach ».Un vrai « goulot d’étranglement » pour les auteurs qui appellent à « un moratoire sur les tests de toxicologie de la reproduction tant que des alternatives ne seront pas approuvées », selon Le Monde. Des résultats qui ne sont pas au goût de tous. Parmi les voix discordantes rapportées par Hervé Morin et Philippe Ricard dans LeMonde, l’Echa estime que « l’analyse publiée dans Nature est inexacte » et que le coût de ces tests ne dépassera pas le montant prévu même si l’Agence admet que le nombre d’animaux nécessaires sera bien de « 9 millions et non 2,6 millions ». Bref, les estimations abondent mais ne se ressemblent pas. Dernier détail… L’un des objectifs de Reach est bien de réduire, à terme, le nombre d’animaux utilisés. Mais pour ce faire, comme l’explique Eric Thybaud, de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), au journal Le Monde, « il va falloir augmenter l’expérimentation animale… », aussi paradoxal que cela puisse paraître.En définitive, la situation serait-elle inextricable ? Pas si sûr puisque, selon Le Figaro, la « Commission européenne et l’industrie cosmétique vont débloquer chacune 25 millions d’euros afin de trouver d’autres moyens que le recours aux animaux pour évaluer l’innocuité de produits cosmétiques ». Cette annonce, certes restreinte à l’industrie cosmétique, a été faite ce lundi 31août, dans le cadre du septième Congrès mondial sur les alternatives à l’utilisation des animaux en sciences de la vie, qui se tient à Rome jusqu’au jeudi 3 septembre. Un Congrès dont le président n’est autre que… Thomas Hartung.  

Source :
Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 2 septembre 2009

Le nucléaire : une opportunité pour les femmes

L’ingénierie nucléaire est à la recherche de nouveaux talents pour faire face à la fois aux prochains départs à la retraite (40 % du personnel d’ici 2015), à l’allongement de la durée de vie des centrales existantes et au déploiement de cette énergie dans le monde (environ 300 nouveaux réacteurs seront construits dans le monde d’ici 20 ans). Les besoins sont donc importants.  » Au total, pas moins de 6 à 700 ingénieurs sont et seront embauchées dans cette branche chaque année « , annonce Serge Massart, directeur de la Division Production Nucléaire d’EDF (DPN). Parmi eux, des femmes… Mais en nombre insuffisant, alors qu’elles représentent un véritable gisement de compétences.  » Aujourd’hui, il y a environ 25 % de femmes dans les écoles d’ingénieurs, mais seules 15 % postulent à des postes de la Division Production Nucléaire, ajoute Monique Lucas-Garra, directrice des ressources humaines de la DPN. Ce n’est pas suffisant. «  

Les lauréates du prix Fem’energia 2009 (de gauche à droite) : Amélie Kleinclauss, Kimberly Colas, Chloé Crès, Christelle Foucher. Elles sont accompagnées de Monique Lucas-Garra, directrice des ressources humaines de la Division Production Nucléaire, Dominique Mouillot, présidente de Win France, et au deuxième plan, de Dominique Lagarde, directeur général délégué Ressources Humaines et Communication d’EDF.
 D’où l’idée, en collaboration avec Win France (Women in Nuclear), un réseau de femmes travaillant dans les domaines du nucléaire (énergie, espace, médecine, biologie, art…), de lancer le prix Fem’energia. Objectifs : mieux faire connaître les métiers de cette branche ; encourager et accompagner les jeunes femmes qui souhaitent s’investir dans ce secteur ; promouvoir les carrières scientifiques et techniques chez les femmes ; faciliter l’accès au premier emploi pour les jeunes, en particulier les lycéennes et étudiantes ; et contribuer à développer la diversité et la mixité dans les métiers du nucléaire. Au total, pour cette première édition, EDF et Win France ont reçu 250 dossiers. Quatre d’entre eux ont retenu l’attention du jury et ont été primés saluant ainsi l’implication de ces femmes dans ce secteur et l’excellence de leur parcours. Il s’agit d’Amélie Kleinclauss, 19 ans, récompensée dans la catégorie lycéennes en bac pro « environnement nucléaire  » ; Chloé Crès, 20 ans, titulaire d’un BTS CIRA (contrôle industriel et régulation automatique CFAI Aquitaine) pour la catégorie étudiantes en bac +2/+3 ; Kimberly Colas, 23 ans, qui réalise un doctorat en ingénierie nucléaire à l’université de Pennsylvanie et est récompensée dans la catégorie étudiantes en bac + 4/+5 et plus ; et de Christelle Foucher, 34 ans, appui management du service logistique du CNPE de Tricastin, pour les femmes en activité dans le secteur du nucléaire ayant, au plus, 35 ans. Enfin, un cinquième prix exceptionnel a été attribué à la Bulgare Anna Encheva, ingénieure, diagnostic division, et spécialiste d’ITER.A la clé, un prix certes, mais pas que cela ! Pour les étudiantes et lycéennes, il s’accompagne d’une bourse de 2.000 euros et, selon le profil de la lauréate, soit d’un stage, soit d’un contrat d’apprentissage, d’un contrat de professionnalisation ou d’une aide à l’accès au premier emploi dans une entreprise du secteur du nucléaire. Pour les femmes en activité, il est assorti d’un voyage aux Etats-Unis pour deux personnes et d’un accompagnement dans le parcours professionnel. Mais bien au delà, il a une tout autre signification : celle de l’exemple. Les femmes au sein d’EDFA ce jour, EDF SA compte 60.991 personnes, dont 43.133 hommes (70,7 %) et 17.858 femmes (29,3 %). Des chiffres légèrement inférieurs dès lors que l’on considère le collège des cadres. En 2008, les femmes représentaient en effet, 21,2 % des cadres du groupe EDF et 22,7 % des cadres d’EDF SA. Mais l’inflexion est perceptible : en 2008, 28 % des personnes recrutées au sein d’EDF étaient des femmesL’emploi dans le nucléaire10.000 postes sont à pourvoir dans la filière d’ici 2012. Les besoins sont considérables et de toutes nature depuis le CAP au bac +2 en passant par l’ingénieur (50 % des postes). Dans les années à venir, EDF recrutera environ 1.000 personnes par an dans le secteur du nucléaire.Les sites à connaîtreLe site de recrutement d’EDFLe prix Fem’energiaLe site de Win France A.L B

Investir dans le numérique, c’est bien. Ne pas se tromper de cible, c’est mieux.

Le 10 septembre dernier, le Secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique organisait un séminaire sur le thème  » Numérique : investir aujourd’hui dans la croissance de demain.  » L’initiative est louable. Les sujets inscrits à l’ordre du jour – relevé des besoins dans les divers domaines de l’économie numérique, sans oublier l’encouragement à l’investissement des entreprises françaises dans les technologies de l’information – sont importants et doivent être traités. Mais il est navrant de constater que la principale cause de la faiblesse relative de l’économie numérique française semble avoir été pour le moins éludée. Je veux parler du financement de l’industrie du numérique elle-même. Car motiver les entreprises à investir dans le numérique c’est bien, mais investir dans les entreprises françaises du numérique c’est encore mieux.

En France, on ne sait pas financer les porteurs de projets
C’est enfoncer des portes ouvertes que réaffirmer que l’industrie high tech française possède de réels atouts. Oui, en France, on a des techniciens, des ingénieurs et des chercheurs compétents (même si beaucoup finissent par partir à l’étranger). Oui, on a des idées, souvent novatrices et à fort potentiel. Oui, on sait faire preuve de dynamisme et faire avancer l’industrie en introduisant des avancées majeures. Mais ne nous voilons pas la face. En France, on a aussi deux cruelles faiblesses, toujours les mêmes. Dans le high tech on ne sait pas ce que marketing veut dire. Et surtout on n’a pas d’argent, ou plus exactement on ne sait pas financer les porteurs de projets. Car le premier problème à résoudre pour l’industrie du numérique en France, c’est le financement. Une seule comparaison suffit pour s’en convaincre. En France, les entreprises achètent deux fois moins de technologies numériques que leurs homologues américaines, un chiffre cité par Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, de Tourisme et des Services et de la Consommation. Mais beaucoup plus inquiétant encore, les entreprises françaises du high tech reçoivent non pas deux, mais dix à vingt fois moins d’investissements que leurs homologues américains. Du coup, le développement de leurs idées, si innovantes soit elles, s’en trouve inexorablement freiné et finit le plus souvent aux mains de sociétés étrangères… Sur ce point, le constat est amer, et aucun progrès ne se profile à l’horizon. Qui sait ? Espérons simplement que le séminaire qui s’annonce amorce une prise de conscience salutaire dans ce domaine… 
Des  » tickets  » encore désespérément faibles
Les banques françaises ne se sont jamais précipitées pour financer le développement de nos entreprises high tech – à part quelques cas de projets compliqués de LBO à rentabilité quasi immédiate – et ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’elles commenceront à le faire. Côté capital risque, même si le nombre d’acteurs ne cesse d’augmenter dans ce secteur en France, le montant des  » tickets  » reste encore désespérément faible. Au cours de vingt dernières années, les plus gros montants pour un premier tour d’investissement dans une société n’ont pas dépassé 15 millions d’euros, voire 20 millions, et les projets qui ont bénéficié de ces montants se comptent sur les doigts d’une main. Alors qu’aux Etats-Unis, des premiers tours à 50, 100 voire 150 millions de dollars sont réguliers. Ils viennent de la part d’investisseurs, mais aussi de banques qui prennent le risque de soutenir des entrepreneurs, alors qu’en France il est parfois difficile pour un créateur de trouver même une banque qui veuille bien de son argent ! Alors oui à des tables rondes du numérique, mais n’oublions pas les vrais sujets. A l’instar d’une guerre moderne qui ne peut se gagner que sur le renseignement sur les forces adverses et sur l’approvisionnement en matériel et en carburant, la guerre économique dans le numérique se gagnera avec de l’intelligence industrielle et de l’argent en guise de carburant. Sinon, ne nous étonnons pas de voir de moins en moins d’entrepreneurs et de moins en moins d’entreprises réussir et tenir la dragée haute à leurs concurrents étrangers. Par Jean Michel Laveissière, CEO, Ipercast International

Télétravail : quel kit technologique pour être efficace ?

Le télétravail est déjà une réalité pour de nombreux chefs d’entreprise et d’indépendants. Il le devient de plus en plus pour les profils itinérants tels que les commerciaux ou les acheteurs et pour les collaborateurs des entreprises soucieuses de réduire les temps et coûts de transport. Pour être efficace, le télétravail nécessite une organisation personnelle stricte mais également des outils adaptés en termes de communication informatique et électronique. Un accès Internet grand public s’avère souvent insuffisant. 

Des besoins spécifiques
Les besoins du télétravailleur sont en réalité divers :
  • Communiquer via la messagerie de l’entreprise et accéder à Internet ;
  • Se connecter aux ressources de l’entreprise : annuaire, base clients, intranet…;
  • Accéder à distance à son poste de travail s’il en a un dans l’entreprise ;
  • Téléphoner et être joignable par tous les collaborateurs de l’entreprise ;
  • Faire des réunions en visioconférence lors de présentation par exemple ;
  • Ne pas utiliser les ressources personnelles pour des usages professionnels ;
 Ces besoins sont en général couverts par des offres distinctes sur le marché des Télécoms.En ce qui concerne l’accès à Internet, il s’avère nécessaire d’envisager une connexion, en général ADSL professionnelle, avec, si nécessaire, un accès Wi-Fi. Ce choix conditionne en effet la possibilité de relier le télétravailleur à l’entreprise de manière sécurisée. Le fournisseur d’accès Internet professionnel peut ainsi établir une interconnexion SSL sécurisée au travers d’un réseau privé entre le site du télétravailleur et les sites de l’entreprise. Il pourra également mettre en œuvre une priorisation des flux afin de distinguer l’utilisation de la connexion pour l’accès à Internet et pour la Téléphonie et améliorer ainsi la performance de l’installation du télétravailleur. Ce dernier pourra ainsi en même temps téléphoner et accéder aux données de la société sans lenteur. 

La virtualisation offre de nouvelles opportunités
Concernant le partage des données de l’entreprise, la virtualisation des ressources informatiques de la société offre également de nombreuses avancées au télétravailleur. Ainsi le  » groupware  » permet un travail collaboratif entre les membres d’une entreprise quelle que soit leurs localisations. De chez lui, le télétravailleur accède à la messagerie de l’entreprise, aux agendas partagés mais aussi aux annuaires et peut gérer ses tâches ou partager ses fichiers avec ses collègues sans soucis de sécurité. Par ailleurs, des solutions existent pour accéder directement à distance à son poste de travail, en utilisant la technologie de virtualisation. Une image de votre écran s’affiche alors sur un poste distant. Enfin, en matière de téléphonie, le plus important est de constuire une solution en fonction de son organisation. La téléphonie sur IP permet désormais d’être indépendant de la localisation. En effet, si l’entreprise dispose d’une téléphonie de type Centrex IP, le poste du télétravailleur est géré exactement comme tous les autres postes au sein de l’entreprise ou sur ses sites distants : numéros court et long, partage de l’annuaire, interception des messages, musiques d’attente… et évidemment, gestion par un standard centralisé. D’ailleurs dans certains cas, comme pour les astreintes, on peut même imaginer de déporter le standard de l’entreprise chez le télétravailleur. Mais l’élément le plus appréciable de ce kit est le visiophone qui permet de participer  » en vrai  » aux réunions. Il suffit de deux téléphones visiophone (un dans la société, un chez le télétravailleur) et les échanges deviennent tout de suite plus conviviaux. Par Nicolas Aube, Président de Celeste, fournisseur d’accès haut débit dédié aux professionnels

37,7 millions d’euros pour l’industrie des semi-conducteurs

C’est parti. IMPROVE (Implementing Manufacturing Science Solutions to Increase Equipment Productivity and Fab Performance), le nouveau projet de recherche européen pour l’amélioration de l’efficacité dans l’industrie des semi-conducteurs est sur les rails. Et ceci pendant au moins 36 mois, de fin 2009 à fin 2011.  Doté pour l’ensemble de la période de 37,7 millions d’euros, financés à hauteur de 50 % par les partenaires industriels et scientifiques et pour l’autre moitié par la Commission européenne ainsi que les Etats membres via l’ENIAC (European Nanoelectronics Initiative Advisory Council) dans le cadre du programme  » SP4 Nanoelectronics for Energy & Environment « , son objectif est clair : aider l’industrie européenne des semi-conducteurs à rester compétitive, en améliorant la productivité des process de fabrication, mais aussi en baissant les coûts et les temps de traitement.  En effet, en raison de l’intégration continue de nouvelles fonctionnalités aux puces électroniques, leur process de fabrication devient sans cesse plus complexe. Ce qui induit des temps de production plus long en raison de l’apparition de nouvelles étapes dans le process de fabrication et du temps nécessaire pour conduire de nouveaux développements. Aujourd’hui, selon Infineon, la fabrication d’un circuit intégré avancé inclut en moyenne 550 étapes de procédés, ce qui peut s’étaler sur 12 à 16 semaines. Le lot typique pour un produit donné est de 50 à 100 tranches, avant de changer les réglages des machines pour le lot du produit suivant.  Autant de paramètres qui seront le terrain de recherche d’IMPROVE dont l’objectif est de fournir à l’industrie des méthodes et des outils permettant un meilleur contrôle des procédés et une réduction des temps de production. Dans cet optique, le projet s’articule autour de trois axes de développement :

  • les techniques de mesure virtuelle (Virtual Metrology) pour permettre un contrôle des process de fabrication et gagner du temps en supprimant les techniques de mesure standard ;
  • la maintenance anticipée (Predictive Maintenance) pour améliorer la fiabilité des équipements, et optimiser la fréquence des contrôles de maintenance ;
  • et la planification du contrôle adaptatif (Adaptive Control Planning).
A ce jour, IMPROVE regroupe aussi bien des entreprises informatiques, des sociétés européennes spécialisées dans les semi-conducteurs que des fournisseurs de circuits intégrés. Parmi ceux-ci figure AP Technologies (Allemagne), Atmel (France), Austria Microsystems (Autriche), camLine (Allemagne), CNR-IMM (Italie), Critical Software (Portugal), Infineon Technologies (Allemagne), InReCon (Allemagne), Intel (Irlande), iSyst (Allemagne), LAM (Italie), Lexas Research (Irlande), Numonyx (Italie), PDF Solutions (France), Probayes (France), STMicroelectronics (France), Straatum (Irlande) ou encore Techno Fittings (Italie).  A ces derniers viennent s’ajouter des partenaires académiques et universitaires tels que le CEA LETI (France), l’université de Dublin (Irlande), l’Ecole des Mines de Saint Etienne (France), Fachhochschule Wiener Neustadt (Autriche); Fraunhofer Institute for Integrated Systems and Device Technology (IISB, Allemagne), GSCOP (France), Italian National Council of Research (Italie), LTM CNRS (France), les universités allemandes de Augsburg et de Erlangen-Nuremberg et les universités de Milan, Padoue et Pavie.A-L.B

Des tuiles en verre pour chauffer son habitation

Henrik Bage est manager chez SolTech Energy, une entreprise suédoise qui vient de mettre au point une tuile en verre, qui permet d’accumuler de la chaleur. Au final ,le but est d’économiser de l’énergie de chauffage. Henrik Bage nous explique le principe de fonctionnement de ces tuiles innovantes estampillées « SolTech System ».

Techniques de l’ingénieur : Quels sont les principes de fonctionnement de « SolTech System » et les ajustements à faire pour raccorder ce système au chauffage d’une habitation ?

Henrik Bage : Notre système de tuile permet à un support passif, comme un toit par exemple, de devenir actif et de participer efficacement au système de chauffage global d’un bâtiment. Pour une plus grande efficacité, nous intégrons « SolTech System » au système de chauffage central du bâtiment en question. Se faisant, la chaleur récupérée peut servir à chauffer le bâtiment ou l’eau utilisée.

Est-il possible de quantifier les économies réalisées grâce à l’utilisation du SolTech System, au niveau financier et énergétique ?

En nous basant sur installations déjà effectuées en Suède, nous avons pu en tirer quelques résultats intéressant, mais bien sûr ces résultats ne sont pas transposables en l’état. Quoi qu’il en soit, la mise en place de nos tuiles sur le toit d’une maison de 160 m², habitée par une famille et construite dans les années 60, permettra d’économiser 30 à 40 % de l’énergie nécessaire au chauffage et à l’eau chaude. Financièrement, il est impossible d’estimer l’économie réalisé, mais elle correspond à environ 15.000 kWh/an. A titre d’estimation, on peut penser que sur les 20 prochaines années, le kWh coûtera environ 0,2 €.

Est-ce que ce genre l’utilisation de ce genre d’équipement est restreint par les conditions climatiques, où peut-on imaginer une application à travers toute l’Europe par exemple ?

Chez nous en Suède, les économies réalisées sont substantielles. Ainsi, nous sommes persuadés que notre invention peut être utilisée avec succès dans toute l’Europe du Nord. Si on se fait dans une situation de remise à neuf, où les propriétaires d’une maison doivent refaire le toit entièrement (cette opération a lieu tous les quarante ans pour un toit en général), la pose de notre SolTech System sera amortie en dix années (chiffre vérifié en Suède), et ceci sans la moindre subvention. Cela laisse présager des résultats spectaculaires, pour des régions plus ensoleillées comme la France ou les pays méditerranéens.

Propos recueillis par Pierre Thouverez.

Technologies vertes : levée de fonds record aux Etats-Unis

Une chose est sûre, c’est que la crise financière mondiale, aussi profonde soit elle, ne freine pas totalement les investisseurs. C’est encore plus vrai quand on considère le domaine des technologies vertes dans son ensemble. Pour preuve, la décision du fonds américain de capital-risque Khosla Ventures, l’un des fonds « verts » le plus actif au monde. Khosla Ventures vient de boucler deux fonds d’un montant total de 1,1 milliard de dollars, destinés à être très largement réinvestis dans les cleantechs.Le premier fonds, de 275 millions de dollars, sera consacré au capital d’amorçage dans de très jeunes sociétés, avec des mises de fonds moyennes de l’ordre de 2 millions de dollars. Le second, de 800 millions de dollars, apportera du capital d’expansion à des sociétés plus développées, avec des apports moyens de 5 à 15 millions.

Accompagner le développement des énergies renouvelables
Selon le blog TechCrunch, spécialisé dans l’actualité des nouvelles technologies, il s’agit là de la plus grosse levée de fonds depuis 2007 aux Etats-Unis. Dans un communiqué faisant suite à cette levée de fonds massive, Vinod Koshla, fondateur de Sun Microsystems et instigateur du fonds, l’objectif de cette levée est d’accompagner le développement des énergies renouvelables et des technologies propres, quelles qu’elles soient. Mais ce n’est pas tout. Le fonds d’amorçage prendra des risques sur des projets « là où personne d’autre n’en prendrait », selon Mr Khosla. Une décision audacieuse donc, dans un climat contexte refroidi par la crise, bien que les technologies vertes gardent un pouvoir d’attraction certain auprès des investisseurs. Il est vrai que le premier semestre américain a montré un léger recul au niveau des levées de fonds consacrées aux technologies propres : selon le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers, 513 millions de dollars ont été placés dans 83 entreprises de cleantech au premier semestre 2009, contre 2 milliards dans 139 entreprises pour le premier semestre 2008. Quoi qu’il en soit, et de façon plutôt surprenante, la stratégie audacieuse de Koshla fonctionne à merveille, au-delà des espérances. En effet, le fonds d’amorçage a attiré davantage de demandes que le fonds dédié aux entreprises plus matures.

Une stratégie audacieuse
Ainsi, de très sérieux fonds de pensions, comme CalPERS ou encore le Tennessee Consolidated Retirement System, ont investi de façon conséquente dans les deux fonds Koshla. Au total, ce sont près de 5 partenaires qui se sont manifestés, investissant chacun plus de 100 millions de dollars pour accompagner le développement de technologies innovantes vertes.Koshla adopte donc une stratégie audacieuse, conscient que le financement de projets ne sera pas couronné de succès à chaque fois. Cependant, les sommes à investir ne sont pas colossales pour évaluer l’intérêt d’une nouvelle technologie. D’ailleurs, Koshla, qui ne croît pas aux voitures électriques, va à contre courant, puisqu’il investit massivement depuis quelques années dans le développement de différents biocarburants.

Source :
TechCrunch

Agroforesterie et agriculture durable : un fort potentiel pour le stockage du CO2

Selon la définition donnée par le World Agroforestry Centre, l’agroforesterie est « un système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondement sécologiques qui intègre des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural, et permet ainsi de diversifier et de maintenir la production afin d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l’ensemble des utilisateurs de la terre ».
Le secteur agricole représente aujourd’hui « l’option la plus importante de stockage du CO2 si de meilleures pratiques de gouvernances sont adoptées », selon un rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) publié en juin. Six gigatonnes équivalentes de CO2 ou 2 Gt de CO2 pourraient être capturées et stockées chaque année d’ici 2030. D’après le rapport, cela correspond aux émissions actuelles dans l’agriculture.
Travailler à cet objectif est d’autant plus prometteur que beaucoup de ces pratiques agricoles « vertes » peuvent être appliquées à peu de frais. De plus, 70 % de ce potentiel est réalisable dans les pays en développement, toujours selon le PNUE.

Réduire la demande d’engrais commercial

« Si elle était appliquée dans les cinquante prochaines années, l’agroforesterie pourrait permettre de supprimer 50 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, soit près d’un tiers des objectifs de réduction des émissions dans le monde », a déclaré Dennis Garrity, directeur général du World Agroforestry Centre et co-président du Congress Global Organizing Committee, dans un communiqué de presse du PNUE.
Une étude réalisée par les chercheurs du World Agroforestry Centre sur les fertilisants pour arbres qui capturent le nitrogène dans l’air et le transfèrent dans le sol, montre que leur utilisation peut réduire la demande d’engrais commercial à base de nitrogène de 75 % tout en doublant ou en triplant la surface des champs cultivés. « Ces résultats devraient rendre l’agroforesterie attractive aux yeux des fermiers », note Garrity.
Mais l’incapacité d’obtenir des mesures fiables, de superviser, anticiper et vérifier la quantité de CO2 capturée et stockée par les fermiers constitue un obstacle majeur.
En mai, le PNUE, le World Agroforestry Centre et le General Environment Facility de l’ONU dirigé par la Banque Mondiale ont lancé le projet dit « Carbon Benefits Project » pour combler ce manque en croisant différentes données (teneur en CO2 des sols obtenues par télédétection, mesures souterraines et statistiques).

Sur la route de Copenhague

Le sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, a mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche naturelle et humaine tout en vantant les mérites de pratiques agricoles durables en ce qui concerne la nourriture, l’énergie, la sécurité de l’emploi ainsi que la pauvreté et la préservation de la biodiversité.
Steiner a également pressé les responsables politiques d’adopter de telles mesures dans chaque accord sur le changement climatique qui suivra le protocole de Kyoto. L’enjeu est crucial au regard de l’urgence d’aboutir à un accord global sur le climat à Copenhague en décembre prochain : « l’avenir de l’agriculture et du mode de vie des fermiers est en jeu.
Les nations doivent s’entendre sur la réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD). Un tel accord ouvrira la voie à la préservation des forêts et autres écosystèmes et réduira les inégalités dans la demande mondiale de bois durable en déplaçant la production de la forêt à la ferme. L’agriculture sera soit une partie du problème soit une partie importante de la solution. »
 

Sources :

Andrew Burger a étudié la géologie à l’Université du Colorado et possède un MBA en finance. Il travaille aujourd’hui pour une importante banque japonaise et collabore au blog Global Warming is Real.

L’Europe investit 18 millions d’euros dans la LTE Advanced

L’été aura été fructueux pour la dernière née des technologies sans fil, la LTE (Long term Evolution). A compter du 1er janvier 2010, l’Union européenne investira 18 millions d’euros dans les travaux de recherche qui serviront de base aux futurs réseaux mobiles 4G. Objectif : atteindre rapidement des débits suffisants (100 mégabits par seconde en lien descendant et 50 mégabits par seconde en lien ascendant) pour assurer le fonctionnent optimal et à moindre coût de l’Internet mobile et permettre à l’Europe, via la recherche  » de continuer à exercer une influence déterminante sur le développement des services et appareils mobiles dans le monde entier, comme cela a été le cas avec la norme GSM au cours des dernières décennies « , pour reprendre les termes de Viviane Reding, membre de la Commission chargée des télécommunications et des médias.  Ces 18 millions d’euros viendront s’ajouter aux quelques 25 millions d’euros déjà versés, entre 2004 et 2007, par l’Union européenne pour financer des travaux de recherche sur l’optimisation et la normalisation de la LTE. Les projets Winner I et Winner II, exécutés par un consortium de 41 sociétés et universités européennes entre 2004 et 2007, ont d’ailleurs abouti à l’élaboration d’un premier concept d’infrastructure de réseau. Concept aujourd’hui devenu réalité puisque la LTE est actuellement testée par des opérateurs européens en Finlande, en Allemagne, en Norvège, en Suède, en Espagne, en France et au Royaume-Uni et devrait être disponible pour un usage commercial en Suède et en Norvège au premier semestre 2010.  A présent, il s’agit d’aller plus loin en finançant la recherche sur une version améliorée de la LTE, LTE Advanced. Objectif : atteindre un débit de 1 gigabit par seconde afin d’assurer le développement de services avancés de l’Internet mobile tels que la vidéo à la demande ou la télévision. D’ici là, rendez-vous est pris en septembre, date à laquelle la Commission commencera à négocier avec les consortiums de projets réunissant des entreprises du secteur 4G et des chercheurs de toutes origines.  RepèresDans l’ensemble, entre 2007 et 2013, l’Union européenne va investir plus de 700 millions d’euros dans la recherche et les futur réseaux, la moitié de cette somme étant allouée à des technologies sans fil qui contribueront au développement des réseaux 4G.Pour en savoir plus sur les travaux de recherche sur les réseaux et la LTE : http://cordis.europa.eu/fp7/ict/future-networks/ 

L’IFP teste sa technologie de captage post-combustion du CO2 en Italie

C’est sur une centrale thermique à charbon que va être testé, à l’échelle industrielle, la technologie de captage post-combustion du CO2 développée par l’IFP (Institut Français du Pétrole). Située dans le sud de l’Italie, à Brindsi, cette centrale thermique est pour l’instant exploitée par l’énergéticien italien Enel.Pour l’IFP, cette collaboration sera l’occasion, pour la première fois, de déployer son procédé de captage avec un industriel à un stade de pré-industrialisation. A l’heure actuelle, les problématiques de captage et de stockage du CO2 sont un enjeu de recherche majeur, et de nombreux instituts industriels et de recherche mènent des projets sur ces technologies.Ainsi, Alstom, en collaboration avec un groupe norvégien, teste actuellement une technologie de captage du CO2 sur une centrale électrique au gaz, en Norvège. De nombreux fournisseurs d’énergie développent également des collaborations à travers toute l’Europe, malgré le coût encore très élevé de ces technologies. Un prix qui devrait d’ailleurs, selon une étude du cabinet McKinsey, baisser et devenir compétitif économiquement aux alentours de 2030.

Mise en route prévue pour 2010
En ce qui concerne le projet mené de front par l’IFP et Enel, la technologie développée est le captage par post-combustion. L’entreprise italienne est actuellement en train de construire un centre pilote de captage du CO2 de 2,25 tonnes/h, ce qui permettra de traiter une partie de flux de Brindsi. Prévu pour être mis en route en 2010, le procédé innovant de l’IFP sera ainsi expérimenté in situ et comparé à d’autres technologies, pour avoir le plus d’informations possibles sur son efficacité. Aujourd’hui, le captage par post-combustion, à l’aide de solvant, a déjà été testé au Danemark, dans le cadre du projet européen CASTOR. Des difficultés subsistent, comme les coûts, très élevés, et la teneur en ammoniac des fumées, très élevée.Le captage en postcombustion consiste à séparer le CO2 des autres constituants des fumées (vapeur d’eau, azote…). Dans ce domaine, l’IFP travaille principalement sur les procédés de captage par solvant chimique, qui ont un fort potentiel de réduction des coûts et peuvent être implantés sur des centrales existantes, pour autant que leur rendement initial (sans captage) soit suffisamment élevé, de l’ordre de 45 %.

La nécessité de réduire les coûts
L’IFP croit beaucoup à cette technologie, mais pas seulement elle. En effet, outre le captage post-combustion, d’autres technologies sont développées par l’IFP pour capter et stocker le CO2 :
  • Captage par oxycombustion
  • Combustion en boucle chimique
  • Cogénération à partir de biomasse
  • Transport et injection du CO2
De plus, l’IFP est également impliquée dans la réalisation de l’unité de stockage qui va être mise en route dans quelques jours à Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques. Preuve que ces technologies de captage intéressent les industriels et les chercheurs, L’IFP collabore sur ce projet avec Total, BRGM et Air Liquide. Qu’est-ce que le captage par post-combustion ?Cette voie technologique repose sur l’adaptation des procédés déjà développés par l’IFP pour la désacidification du gaz naturel, et c’est ce type de captage qui a été étudié par le projet européen Castor, piloté par l’IFP et retenu par la Commission européenne comme l’une des six success stories du sixième Programme cadre de recherche et développement (6ème PCRD). Fort de son acquis, l’IFP a développé un procédé optimisé de captage par amine qui utilise en particulier des additifs antidégradation du solvant très efficaces.Une deuxième voie de recherche est explorée, qui vise à identifier de nouveaux solvants nécessitant moins d’énergie de régénération, tout en étant économiques à produire et compatibles avec les contraintes environnementales.Enfin, l’IFP travaille sur des procédés de rupture destinés à diminuer très significativement le coût du captage, comme les amines démixantes, procédé qui fait l’objet d’un brevet. La démixtion contrôlée permet de n’envoyer au régénérateur que l’amine qui a réagi, réduisant ainsi fortement l’énergie nécessaire à sa régénération par chauffage. En outre, cette amine se trouve, après séparation, en dehors de la zone d’équilibre thermodynamique et libère de ce fait une partie du CO2 qu’elle a capté. Cet effet naturel réduit encore la quantité de chaleur nécessaire à la régénération. 

Les imposteurs de la deuxième génération de biocarburants

Les imposteurs de la prochaine génération de biocarburants sont les sociétés ou les groupes qui promettent monts et merveilles de leur technologie malgré les obstacles considérables (et souvent méconnus) liés à sa commercialisation.Voici quelques exemples :L’hydrogène : ses partisans ferment les yeux sur les réalités pratiques, à savoir le coût d’une voiture à piles à combustible (estimé à un million de dollars). Le fait que la majeure partie de l’hydrogène est produit à partir de gaz naturel, la faible densité énergétique de l’hydrogène par rapport à l’essence, les problèmes liés à son stockage et à son transport… Ils comptent en effet sur le progrès technologique pour pallier à ces problèmes.Mais les chances de succès diminuent rapidement alors que le nombre d’avancées technologiques requises ne cesse d’augmenter. Imaginons que les coûts de production, de stockage et de transport ont respectivement 25 % de chance de devenir économiquement viables au cours des 20 prochaines années. La probabilité de réussite pour l’ensemble tombe alors à 1,5 %. Dans ces conditions, la grande majorité des technologies nécessitant encore de multiples avancées ne sera pas commercialisée, ou alors dans beaucoup plus longtemps.L’éthanol de cellulose : cet exemple est similaire. La raison fondamentale pour laquelle l’éthanol de cellulose ne remplacera pas l’essence est sa faible efficacité énergétique. La cellulose est décomposée en sucres qui fermentent avec de la levure avant distillation. Le processus pour éliminer l’eau consomme beaucoup d’énergie. Même si celle-ci est fournie par les produits secondaires comme la lignine, la quantité de carburant liquide obtenue à l’issue du processus est plus faible que les quantités de départ.Prenez 10 BTU de biomasse (1 BTU est la quantité de chaleur nécessaire pour accroître la température d’un degré Fahrenheit par unité de masse de 1 livre d’eau, soit une masse de 0,4535924 kg). Son transport et sa transformation consomment de l’énergie. Aussi brûle-t-on une partie de la biomasse pour fournir l’énergie nécessaire au processus. On obtient alors environ 3 BTU de carburant liquide à partir des 10 BTU de biomasse initiaux.La situation du schiste bitumineux est analogue. C’est pourquoi j’ai pu comparer les deux dans un précédent article. Il peut bien y avoir un trillion ou plus de barils de schiste bitumineux dans le Colorado, l’Utah et le Wyoming. Mais si l’extraction de ces barils consomme l’équivalent d’un trillion de barils en énergie et des quantités considérables d’eau, alors ce schiste bitumineux pourrait tout aussi bien se trouver sur la lune. Cela signifie qu’un trillion de barils ne représente pas vraiment un trillion de barils et que dans le cas du schiste bitumineux, un milliard de tonnes de biomasse est moindre qu’il n’y parait lorsqu’il s’agit d’éthanol de cellulose.Le biocarburant algal : comme beaucoup, je me suis enthousiasmé à l’idée de débarrasser le monde des carburants fossiles en utilisant du carburant produit à partir d’algues. Malheureusement, l’histoire est plus complexe que cela. Le Département Américain de l’Energie a financé pendant plusieurs années une étude sur le potentiel des algues comme carburant. Le problème vient une fois de plus de la nécessité de surmonter de multiples obstacles techniques, comme le souligne le rapport. Alors qu’il est prouvé que l’on peut produire du carburant à partir d’algues, John Benneman, l’un des co-auteurs du rapport, écrit qu’il est même impensable de pouvoir acheter du biocarburant algal à $100/gallon. Pour distinguer la réalité du battage publicitaire, il nous met au défi d’arriver à trouver quiconque qui accepte de signer un contrat d’approvisionnement en biocarburant algal.La première génération de biodiésel : cet article traite en priorité de la deuxième génération de biocarburants et je ne vais pas rentrer dans le sujet de l’éthanol de maïs. Mais je voudrais dire un mot du biodiésel. En bref, il s’agit de transformer de l’huile végétale ou de la graisse animale par un procédé de transestérification en la faisant réagir avec du méthanol (principalement dérivé d’énergies fossiles).La production de la plupart des huiles utilisées comme matière première demande beaucoup d’efforts (énergie, coût). Il faut ensuite les faire réagir avec du méthanol qui consomme une quantité importante d’énergie fossile. Jusqu’à aujourd’hui, les producteurs de biodiésel ont bénéficié de mesures protectionnistes (allant jusqu’à pénaliser la seconde génération de producteurs pourtant plus efficace). Mais même avec le protectionnisme et les subventions, les producteurs luttent encore pour survivre.En brefPour résumer, les imposteurs des biocarburants tombent dans plusieurs catégories. Les principales sont :

  • L’hydrogène
  • La plupart des futurs producteurs d’éthanol de cellulose
  • La plupart des futurs producteurs de biocarburant algal
  • La plupart des producteurs de biodiésel de première génération
Je ne veux pas dire par là qu’aucune de ces technologies n’aboutira jamais mais je suis persuadé qu’aucune n’est une solution viable à notre dépendance aux énergies fossiles. Le problème est que les dirigeants politiques ont été ou sont toujours convaincus du grand potentiel de certaines et que nous gaspillons des milliards pour des chimères. Source : R-Squared Energy BlogRobert Rapier a voué sa carrière à l’énergie. Il a travaillé sur l’éthanol de cellulose, la production de butanol, le raffinage du pétrole, la production de gaz naturel et le GTL. Il était auparavant directeur ingénierie chez Accsys Technologies et se trouve actuellement à Hawaii où il participe à la création d’une société sur la bioénergie.

Lancement d’un projet sur la sécurité des robots assistants

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60285.htm

La NEDO (Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles) a débuté le 3 août un « Projet de mise en oeuvre des robots assistants ». Ce projet se décline en cinq volets. L’objectif du premier est d’effectuer de la R&D sur les méthodes de vérification de la sécurité de ce type de robots, d’établir des normes de sécurité et, à terme, de proposer ces normes au reste du monde, le but final étant de lancer les robots japonais sur le marché international. Les quatres autres volets concernent le développement en parallèle de quatre types de robots :

  • des robot favorisant l’autonomie des personnes âgées et des handicapés (Panasonic) ;
  • des robots capables de se déplacer seuls dans les espaces publics : applications à la vie quotidienne (Fuji Heavy Industry) et à la surveillance (Alsok, Hokuyo, Mitsubishi Electric Tokki System Corporation) ;
  • un vêtement robot « HAL », prodigant une assistance musculaire (CYBERDYNE, Université de Tsukuba) ;
  • un véhicule robot à l’aide duquel un utilisateur handicapé peut se déplacer (Toyota Motor, National Center for Geriatrics and gerontology, Four Link Systems).

Les résultats intermédiaires des processus de développement de robots viendront nourrir l’avancement du projet sur les normes de sécurité, et inversement.

Le projet doit durer cinq ans, de 2009 à 2013, sous la direction de M. Hirohisa Hirukawa, directeur du « Intelligent Systems Research Institute » de l’AIST (National Institute of Adanced Industrial Science and Technology), en collaboration avec le Centre de recherche sur la sécurité des robots, qui sera mis en place au sein de l’AIST dans le cadre du budget supplémentaire de 2009 [1]. Le budget pour la première année (2009) est de 1,6 milliard de yen (près de 12 millions d’euros).

Pour ens avoir plus :
[1] « Un centre de recherche sur la sécurité des robots assistants » – BE Japon numéro 501 (18/05/2009) – UEHARA Kumiko – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59111.htm

Source :
Nikkan Kogyo – 04/08/2009 ;
Site web NEDO – 03/08/2009 ;
Site web AIST – 03/08/2009 ;

Rédacteur :
Kumiko UEHARA – interprete(point)sst(arobase)ambafrance(tiret)jp(point)org ;
Jean-Baptiste Bourdin adjoint(point)sdv(arobase)ambafrance(tiret)jp(point)org 511-STIC-2487;

Origine :
BE Japon numéro 511 (28/08/2009) – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60285.htm

Nissan présente une voiture électrique rechargeable sans contact

Nissan a dévoilé fin juillet 2009 son nouveau système pour recharger sans contact des batteries de voitures électriques lorsque celles-ci sont en stationnement dans des parkings spécialement aménagés. Le modèle de démonstration était une Hypermini électrique. Le système a été développé en collaboration avec la société Showa Aircraft Industry Co Ltd.

Le principe, simple, utilise l’induction électromagnétique entre deux bobines. La circulation d’un courant dans la bobine émettrice crée un champ magnétique qui induit un courant dans la bobine réceptrice située sous le châssis de la voiture. Le modèle présenté a une puissance de 10 kW mais la compagnie prévoit de développer un modèle de 3 kW pour les particuliers. Nissan annonce une commercialisation du système en 2010. Vous trouverez un schéma en anglais du dispositif à l’adresse suivante.
A l’avenir, la compagnie espère développer un système qui fonctionne avec un haut rendement même en cas de décalage des deux bobines l’une par rapport à l’autre dans un plan horizontal. La marge d’erreur d’alignement tolérable serait de 10 cm.

Des autoroutes dédiées aux voitures électriques ?

Nissan envisage la création de voies d’autoroutes dédiées aux voitures électriques, équipées de plaques situées sous le revêtement, permettant aux conducteurs de recharger leur véhicule tout en continuant de rouler.

Le développement d’un tel projet nécessite d’embarquer des batteries qui puissent être rechargées très rapidement. La solution pourrait venir des super condensateurs. La compagnie semble d’ailleurs s’intéresser à ceux fournis par la société ukrainienne APowerCap.
Pour rappel, la NEDO [1] avait présenté début 2009 un autre projet de recharge sans contact de voiture électrique [2]. Sons système utilisait un magnétron pour envoyer des micro-ondes (2,45 GHz) au véhicule, qui étaient ensuite reconverties en énergie électriques.
[1] NEDO (Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles) : agence gouvernementale de financement de la recherche.

 

Source :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60287.htm

La révolution nanocarbone pointe le nez dans la radioélectronique

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60202.htmLes études menées à la Faculté de physique de l’Université d’Etat de Moscou (MGOu) permettent d’avancer que les lampes radio, tubes de télévision et autres types d’instruments qui semblaient être relégués aux oubliettes pourraient bien revenir en force, car ils pourraient s’avérer plus efficaces que les semi-conducteurs solides.Le principe de fonctionnement d’une lampe radio consiste à diriger un flux d’électrons, qui passe entre les électrodes d’une lampe. Pendant longtemps, la science et la technique ont utilisé, pour créer ces faisceaux d’électrons, ce que l’on appelle des cathodes « chaudes », qui envoyaient des électrons après les avoir portés à une température très élevée. Pour les chauffer ainsi, on dépensait une quantité d’énergie assez importante. Puis, le rendement des lampes radio s’est avéré nettement inférieur à celui des semi-conducteurs. Mais, en dépit de tout le progrès que représentent les matériaux semi-conducteurs, la bonne vieille lampe radio, malgré tous ses défauts, est toujours utilisée en radioélectronique.L’utilisation des matériaux en nanocarbone comme source d’électrons permet d’obtenir un flux d’électrons sans chauffage, autrement dit à la température ambiante. Il en résulte que les appareils électroniques sous vide qui peuvent être construits avec de telles cathodes, voient immédiatement leur taille réduite et peuvent être un peu plus économiques que les transistors habituels. Cela permet de créer un tube de télévision de forme plate, un peu comme les écrans plats à cristaux liquides largement répandus aujourd’hui. Et les appareils d’éclairage construits selon ce principe sont plus économiques que les lampes lumière du jour que chacun connaît. De plus, ces nouvelles ampoules ne contiennent pas de mercure. Pour en savoir plus : Victor Sadovnitchy, Recteur de la Faculté de physique de l’Université d’Etat de Moscou Contact : (MGOu) – Tel: +7 495 939 10 00, Fax: +7 495 939 01 26 – Site web: http://www.msu.ru – E-mail: [email protected]Source : strf.ru – 08/07/09Rédacteur : Nicolas QuenezOrigine : BE Russie numéro 23 (25/08/2009) – Ambassade de France en Russie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60202.htm

REACH : l’actualité du 15 juillet au 20 août 2009

Chaque mois, le CNRI fait une sélection des évènements qui ont marqué l’actualité de REACH et impactent l’usage des produits chimiques. Ce mois-ci, trois faits marquants sont à retenir et à examiner avec attention.

Un nouveau règlement établit des méthodes d’essai
Le 23 juillet 2009, le règlement européen (CE) 761/2009 est venu modifier le règlement (CE) 440/2008 établissant des méthodes d’essai conformément au règlement européen REACH. Les méthodes d’essai concernées sont :
  • la pression de vapeur,
  • le diamètre moyen géométrique pondéré par la longueur des fibres,
  • l’irritation cutanée in vitro (essai sur modèle d’épiderme humain reconstitué),
  • les essais d’inhibition de la croissance pour les algues d’eau douce et les cyanobactéries,
  • la minéralisation aérobie dans les eaux superficielles (essai de simulation de la biodégradation),
  • les essais d’inhibition de la croissance pour Lemna sp..
 
Plus d’information sur le Journal officiel de l’Union européenne : télécharger le PDF
Appel à contribution de l’ECHA
Le 10 août 2009, l’ECHA (European Chemical Agency) a lancé un appel à contribution pour évaluer la toxicité d’une substance avant tests sur les animaux. En effet, nombre de militants défendant la cause des animaux accusent ce règlement de faire réaliser des tests inutiles sur les animaux pour l’élaboration des dossiers d’enregistrement des substances. REACH prévoit cependant que les tests sur animaux ne soient utilisés qu’en dernier recours grâce à un système de contribution aux évaluations de toxicité. Ce processus a été lancé le 10 août dernier.Par conséquent, toute personne, institution, société (privée ou publique) disposant d’information sur la reprotoxicité des substances chimiques suivantes, Hydrogenated oligomerisation product, including dimers and trimers, of tetradec-1-ene and alkene, se doivent de soumettre celles-ci à l’ECHA avant le 24/09/2009.  
Plus d’information sur le site de l’European Chemical Agency
 

SIEF (FEIS / Forum d’échange d’informations sur les substances)
En date du 19/08/2009, l’ECHA (Agence européenne sur les produits chimiques) comptabilisait 1.278 SIEF formés. Chaque SIEF couvre une substance. Vous pouvez retrouver la liste des substances sur le site de l’ECHA. Par Céline Nectoux, ingénieur Environnement CNRI Les précédents articles sur l’actualité de REACHActualité du 15 juin au 15 juillet 2009

Internet au bureau : quelle réalité ?

L’usage d’Internet est aujourd’hui omniprésent dans la plupart des entreprises. Son taux de pénétration est de 90 % dans les grandes structures et de 80 % dans les PME. Mais pendant combien de temps est-il utilisé et pour quoi faire ? Voici quelques éléments de réponse livrées par la quatrième édition de l’enquête menée par Olfeo, éditeur d’une passerelle de sécurité de contenu Internet, sur la réalité de l’utilisation du Web au travail (voir méthodologie).

Une baisse du surf personnel
Premier constat : pour la première fois depuis cinq ans, le temps passé quotidiennement sur Internet au travail décline. Alors qu’il était de 90 minutes en 2008, il passe à 86 minutes par jour au premier semestre 2009, soit 4 minutes de moins. Une évolution due essentiellement à la baisse du surf non professionnel. Sur une année glissante, le temps passé en moyenne chaque jour sur le Net pour des motifs non professionnels a baissé de 12 % (58 minutes en 2009 contre 66 en 2008), tandis que l’usage du Web à des fins professionnelles a lui progressé de 17 % en un an (28 minutes en 2009, contre 24 en 2008). Un phénomène qui s’explique selon Olfeo par :
  • la pénétration des outils de convergence tels que les Smartphones qui sont très utilisés durant les temps de transports du matin ;
  •  la multiplication des applications métier Web en entreprise.
Deux facteurs qui contribuent, selon l’éditeur, à ce que les internautes se connectent moins à leurs sites personnels le matin.

De nouvelles pratiques, de nouveaux risques
Quoiqu’il en soit, le surf personnel représente encore, et de loin, la plus grosse part de l’utilisation d’Internet au bureau (67 % contre 33 %). Ce qui représente, selon Olfeo, une perte de productivité de l’ordre de 13,8 % pour les entreprises (15,7 % en 2008). Mais cette pratique a-t-elle d’autres inconvénients pour les sociétés ? La nature des sites consultés apportent quelques éléments de réponse. Les sites d’actualité sont, en pourcentage, toujours les plus consultés. Mais ils sont suivis de près par des sites de téléchargement de vidéo, de télévision ou de radio en ligne (16 %), par des sites d’échanges tels que les blogs, le microblogging ou les réseaux sociaux (14 %) ou encore par des sites de téléchargement de musique ou de jeux (12 %). Autant d’applications qui peuvent avoir trois principales conséquences :
  • Une consommation accrue en bande passante ces sites étant en général gourmands (seul 24 % des besoins en bande passante dans les entreprises étudiées sont selon Olfeo utilisés pour des usages professionnels) ;
  •  Un risque accru de contamination par des virus ou des spywares notamment via l’usage des messageries instantanées ;
  •  Un risque potentiellement de fuite d’informations. En effet, ces nouveaux espaces d’échanges et de communication offrent des portes d’entrées et de sorties nouvelles qui échappent à l’entreprise.
  • Un risque pénal pour l’entreprise.
 MéthodologieCette étude a été menée au premier semestre 2009. Elle porte sur une quarantaine d’entreprises de taille variable représentant plusieurs milliers de collaborateurs. Les sociétés appartiennent à des secteurs d’activités divers : santé, administration, SSII, finance … L’étude concerne l’ensemble des collaborateurs quelles que soient leurs fonctions, leurs localisations ou leurs niveaux hiérarchiques. Les utilisateurs observés n’ont jamais été limités dans leur navigation Internet au bureau. Ils sont donc l’expression de la réalité de l’utilisation d’Internet. L’étude se base sur l’analyse des journaux de connexion au Web fournis par les serveurs proxy. Ces derniers sont capables de tracer toutes les sorties effectuées par un poste du réseau d’entreprise vers le Web. Le journal contient notamment les requêtes demandées, le temps précis auquel l’accès a lieu, le type de document consulté, le poids de l’information recherchée (en octets), l’adresse IP du demandeur, le temps pris par la requête …A partir de ces journaux, des algorithmes ont été mis au point pour permettre de mesurer le temps passé par site. Les algorithmes permettent notamment d’écarter des statistiques les phénomènes parasites tels que les rafraîchissements automatiques, les publicités … La rédaction

Le CO2 utilisé comme matière première ou l’effet Cendrillon qui se transforme en princesse

Produit de dégradation issu de la combustion des ressources fossiles, le CO2 pourrait rapidement être utilisé en tant que matière première. C’est en tout cas l’avis de nombreux scientifiques, qui voient en cette hypothèse une solution une opportunité unique pour freiner le changement climatique.Si cette assertion s’avérait réalisable, non seulement le bilan climatique pourrait s’améliorer, mais il s’agirait d’une avancée fondamentale. Pourtant, la recherche dans ce domaine n’en est encore qu’à ses balbutiements, ce à quoi compte bien remédier le Ministère fédéral de l’enseignement et la recherche (BMBF) allemand, en lançant le programme de recherche « Technologies pour le développement durable et la lutte contre le réchauffement climatique – procédés chimiques et utilisation matérielle du CO2 ». Dans les cinq prochaines années, le BMBF mettra un total de 100 millions d’euros à disposition de ce programme.

Un rôle clé pour l’industrie chimique
« L’utilisation du CO2 comme matière première et le développement de procédés de production épargnant de l’énergie et des ressources ouvre de nouvelles voies déterminantes pour la lutte contre le réchauffement climatique », affirme le Prof. Frieder Meyer-Krahmer, secrétaire d’Etat au BMBF. « L’industrie chimique joue ainsi un rôle clé, car elle se situe au début de la chaîne de création de valeur. Les effets dégagés grâce à une production efficace se reflètent sur tous les procédés de production et produits finaux. »Les chercheurs doivent développer entre autres, dans le cadre du nouveau programme, des procédés qui utilisent le CO2 comme produit chimique de base. Le CO2 est par exemple utilisé depuis longtemps pour la synthèse de l’urée, qui est employée comme fertilisant ou produit de base pour la fabrication de résine.

Un programme à fort potentiel
Les produits d’avenir intéressants contenant du CO2 dans le procédé de production sont avant tout des polymères de qualité supérieure, se trouvant à la base de la fabrication d’isolants, de matériaux d’emballage ainsi que de la construction automobile. En outre, les chercheurs veulent découvrir comment diminuer les émissions de gaz dangereux pour le climat dans la production d’électricité.Le programme offre la possibilité de projets de coopérations internationales de recherche. Ainsi il contribue de façon importante à la plate-forme technologique européenne pour la chimie durable.Enfin la formation de groupes de jeunes chercheurs est aussi encouragée dans le cadre du programme. 

Source :
BE Allemagne numéro 447 (30/07/2009) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60155.htmClaire Vaille est rédactrice pour la rubrique énergie des bulletins électroniques de l’ambassade de France en Allemagne.

Qui paye pour l’électricité éolienne, pour quel bénéfice ?

La loi Grenelle I a fixé des objectifs ambitieux pour le développement de l’électricité éolienne en France. Alors que le Programme Pluriannuel d’Investissement de 2006 avait visé 15 000 MW en 2015, la loi Grenelle I et le Programme Pluriannuel d’Investissement 2009 prévoient 25 000 MW en 2020, dont 6 000 MW en mer (« offshore »). Pour encourager le développement de l’éolien, les pouvoirs publics ont garanti son achat par EDF à un tarif imposé. Comme pour l’électricité solaire [1], nous avons cherché à savoir combien cela coûte, qui y gagnera et qui devra payer l’addition : le consommateur d’électricité ou le contribuable [2] ?

Aux tarifs d’achat actuel (86 €/MWh en terrestre, environ 130 €/MWh en offshore), la charge financière, actualisée sur la durée de la garantie d’achat [3], sera :

  • pour chaque MW installé en éolien terrestre, environ 2,2 millions d’euros soit, pour les 19000 MW prévus, 42 milliards d’euros ;
  • pour chaque Mw éolien « offshore », environ 6,5 millions d’euros soit, pour les 6.000 MW prévus, 39 milliards d’euros. Au total, les flux financiers, actualisés à 4 %, vont donc atteindre 80 milliards d’euros, autant que pour le solaire photovoltaïque.

Difficile de savoir exactement où va l’argent

A qui vont ces sommes colossales ?Il est difficile de répondre à cette question, tant les données sur le sujet sont opaques. On peut penser cependant que le tiers ou un peu plus vont aux fournisseurs/installateurs, et le reste, soit largement plus de la moitié, aux promoteurs.

Qui paie ?

Pour l’essentiel, c’est EDF (ses actionnaires et ses clients) et l’ensemble des redevables de la « compensation du service public de l’électricité » (CSPE). La CSPE est calculée en faisant la différence entre le tarif d’achat et le prix du marché de gros de l’électricité, évalué par la Commission de Régulation de l’Energie à près de 80€/MWh, en moyenne, pour 2009. Faible pour l’éolien terrestre, elle sera en revanche très élevée pour l’offshore ; au total, la CSPE représentera près du quart du total.Les trois quarts restants, environ 60 milliards d’euros, seront à la charge d’EDF qui, en échange, disposera chaque année des 60 et quelques TWh produits par les éoliennes.

Un tarif d’achat beaucoup trop élevé ?

Le tableau ci-dessous présente la répartition des sommes investies dans éolien suite au Grenelle, soit environ 80 G€.

Qui y gagne, qui y perd ?

A première vue, les grands gagnants sont les fournisseurs de machines et les promoteurs : en 2006, le prix d’une éolienne de 2 MW était descendu à 1.000 €/kW, et cette machine produisait un MWh à un coût compris entre 50 à 60 €, très inférieur au tarif d’achat garanti. Depuis, au lieu de continuer à baisser, le prix des éoliennes a connu une augmentation spectaculaire de 50 %, dont on peut légitimement se demander si elle n’est pas une conséquence directe d’un tarif d’achat beaucoup trop élevé [4] ! Et aujourd’hui, face à la hausse des prix des machines, le lobby éolien réclame une augmentation du tarif d’achat.

Un mix énergétique dominé par le nucléaire et l’hydraulique

Les grands perdants sont évidemment EDF et, dans le cas de l’éolien offshore, les redevables de la CSPE. La charge financière annuelle de l’éolien, autour de 2020, sera supérieure à 4 milliards d’euros, soit près de 10 % du chiffre d’affaire d’EDF en France [5]. Certes, EDF disposera des 60 TWh produits par les éoliennes : mais ceux-ci étant produits de façon aléatoire vont se substituer à un mix électrique, dominé par le nucléaire et l’hydraulique, dont le coût marginal moyen est inférieur à 30 €/MWh [6].

En principe, le développement de l’éolien en Europe a pour objectif principal la réduction des émissions de CO2 dues à la production d’électricité. En pratique, cet objectif est probablement atteint dans les pays très dépendants des combustibles fossiles pour leur production d’électricité (Danemark, Espagne, Allemagne).

Ce n’est pas le cas en France. On aurait pu espérer, au moins, que l’industrie nationale bénéficie du soutien massif apporté à cette technique, mais celle-ci est logiquement dominée par les industries danoise et allemande (et, demain, chinoise). Il est grand temps, pour l’éolien comme pour les autres mesures du Grenelle de l’environnement, que ces ordres de grandeur soient mis sur la table, au lieu d’être passés sous silence. Les responsables politiques doivent pouvoir évaluer sérieusement les avantages et les inconvénients des différentes actions engagées au nom de la lutte pour la protection du climat car, qu’on le veuille ou pas, les ressources financières de la France sont limitées.

Sources :

[1] P. Bacher – « Les tarifs d’achat du solaire photovoltaïque doivent baisser vite » Tribune Veille Techniques de l’Ingénieur – 2 juillet 2009
[2] P. Bacher – « Loi Grenelle I et flux financiers » – Revue de l’Energie (à paraître)
[3] durée de garantie du tarif d’achat : 15 ans pour l’éolien terrestre, 20 ans pour l’éolien offshore
[4] F. Poizat – « L’apprentissage de la subvention durable » http://sauvonsleclimat.org 14 juillet 2009)
[5] On notera que l’obligation d’achat des électricités éolienne et photovoltaïque représentera, autour de 2020, près de 20 % du chiffre d’affaire d’EDF en France ; c’est l’ordre de grandeur des hausses de tarif demandée par EDF pour les prochaines années.
[6] Les seules dépenses évitées sont celles des combustibles (nucléaire et fossiles), des provisions pour la gestion des déchets et d’une éventuelle taxe sur le CO2. Le chiffre de 30 €/MWh est obtenu en admettant que le nucléaire est marginal 60 % du temps, le fossile 30 % et la pointe « spot » 10 %, et en négligeant les dépenses de raccordement au réseau.

Pierre Bacher, ancien élève de polytechnique, est l’auteur de « L’énergie en 21 questions » – édition Odile Jacob (2007), membre du conseil scientifique de Sauvons le Climat et éditorialiste à l’Espace Veille de Techniques de l’ingénieur.

On a poussé un atome… continuons !

C’était en décembre 1989. Une petite équipe de physiciens des surfaces du laboratoire de recherche d’IBM à Almaden en Californie démontrait comment écrire avec des atomes, en les poussant un par un à la surface d’un métal avec la pointe d’un microscope à effet tunnel. La pointe de ce tout nouveau microscope dont les inventeurs venaient juste de recevoir le Prix Nobel de Physique en 1986, devenait le prolongement technique du doigt de l’expérimentateur.Depuis, quelles nouvelles du monde matériel d’en bas ? Presque chaque année, les revues scientifiques prestigieuses comme Nature ou Science nous rapportent quelques « premières » comme ici un interrupteur électrique réalisé avec un seul atome ou une seule molécule, là un amplificateur dont le gain est assuré également par une seule molécule. On fait de la mécanique avec une seule molécule, on construit avec le microscope à effet tunnel des machineries moléculaires comme une crémaillère dont le pignon est fait d’une seule molécule de 1,2 nm de diamètre et on étudie même comment roule une molécule brouette de 1.5 nm d’envergure. Mais il n’y a pas vraiment d’avalanche de résultats ni même de développement d’une technologie nouvelle qui serait basée sur des constructions atome par atome de structures ou de machines, chaque atome ayant été placé au bon endroit par l’ingénieur et sa machine d’assemblage. Quand on lit sur les nanotechnologies, on rencontre surtout de la nano-fabrication, des nano-biotechnologies, des nano-matériaux et de la nano-médecine. Tous ces nano-Y s’appuient sur de bien jolis instruments comme le microscope électronique ou les diffractomètres à rayons X. Mais ces instruments ne sont pas nés d’hier. Dans la littérature, le glissement est parfois plus radical. Tous ces nano-Y sont embarqués en nanosciences comme pour donner un vernis de modernité à l’utilisation de la lithographie électronique ou de la chimie des matériaux. Ce glissement provient d’une confusion entretenue entre la précision de fabrication d’une pièce entrant dans la composition d’une machine et les dimensions hors tout de cette machine. Par exemple, la distance source-drain d’un transistor frôlera certainement un jour les 10 nm. L’isolant de grille aura une épaisseur de quelques nanomètres. C’est très bien pour l’industrie de la micro-électronique. Pourtant, le transistor lui-même aura des dimensions latérales gigantesques, proches des 50 nm, par rapport au diamètre d’un atome. Pourquoi cette absence technologique en provenance de la manipulation d’atome à l’unité ? D’abord, les expériences de manipulation ou de contact électrique sur un seul atome ou sur une seule molécule sont très délicates. Très peu de laboratoire de part le monde en possède la technologie même si des microscopes à effet tunnel ultra stable garantits « manipulateur d’atomes » sont maintenant en vente. Il faut parfois plusieurs années pour faire le tour d’une molécule depuis sa conception, sa synthèse, sa mise en route sur une surface et la compréhension de son fonctionnement en situation. Enfin, l’histoire des sciences nous enseigne qu’une nouvelle microscopie (optique, électronique, à effet tunnel) ne marque son époque que sur le long terme. Par exemple, la microscopie électronique née en 1932 fait encore des progrès de nos jours. Les nano-Y vont donc continuer à se développer car notre économie dépend de la fabrication de machines ou de matériaux avec une précision nanométrique depuis les puces électroniques, les détergents et les lessives jusqu’à l’enrobage des bonbons, les revêtements des poêles à frire ou la lutte contre les maladies. Mais ne gâchons pas l’ère nouvelle qu’à ouverte l’écriture atome par atome de décembre 1989. On a souvent l’impression que notre admiration légitime pour les prouesses des machineries macromoléculaires de la vie nous empêche de penser à des machines non vivantes fonctionnant à une échelle encore plus petite où la précision de construction serait de l’ordre de la dizaine de picomètre et non plus de l’ordre du nanomètre. Certains clament même qu’en poussant cet atome ci, l’expérimentateur l’aurait dérangé dans sa quiétude universelle. Dans un gigantesque effet « papillon », ce serait alors toute la création, ses mythes et ses valeurs de l’Eucharistie à la construction de l’âme qui seraient en danger. Ce n’est pas parce qu’une technologie n’a pas d’applications visibles à 20 ou 30 ans qu’il faut arrêter de remplir nos bibliothèques des savoirs et des savoir-faire qui en découlent. Par Christian Joachim, CNRS Toulouse En savoir plus

Détenteur d’un PhD en physique mathématique obtenu à l’Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace de Toulouse et d’un PhD de physique quantique, Christian Joachim est aujourd’hui directeur de recherche au CEMES à Toulouse (Centre d’Elaboration de Matériaux et d’Etudes Structurales) où il coordonne les travaux du groupe Nanosciences. Chercheur de renomée mondiale, il défend une approche des nanotechnologies ascendante, qui consiste à partir de l’échelle atomique pour construire atome par atome des structures ou des machines.

Il est également l’auteur, en collaboration avec Laurence Plévert, du livre « Nanosciences : la révolution invisible », publié aux éditions du Seuil en janvier 2008.Par ailleurs, il contribue aussi aux éditions Techniques de l’ingénieur pour lesquelles il a écrit, en collaboration avec Xavier Bouju et André Gourdon, un article sur les Picotechnologies.

Les crèmes solaires sont une source de contamination chimique

Les cosmétiques, contrairement à ce que l’on croit souvent, ne sont pas mis sur le marché comme les médicaments après l’obtention d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).L’agence qui en a la charge, l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), émet simplement des recommandations d’évaluation des risques, mais celles-ci, de son propre aveu, ne sont pas contraignantes. Il n’y a donc pas une évaluation spécifique des cosmétiques pour bébé. Il n’y a pas non plus d’évaluation systématique du potentiel cancérogène ou de perturbation endocrinienne. L’Académie de Médecine elle-même avait reconnu le bienfondé de ces critiques en pointant les insuffisances actuelles de la réglementation dans son communiqué du 9 Décembre 2008 : « Il faut insister sur l’absence de données sur la résorption percutanée chez le nourrisson et le jeune enfant, ainsi que sur l’absence de connaissances sur le métabolisme et l’excrétion des ingrédients contenus dans les crèmes chez les nourrissons ».

Privilégier les produits connus pour leur absence de toxicité
L’Académie faisait également les recommandations suivantes : « privilégier les ingrédients les plus anciennement connus pour leur absence de toxicité à court, à moyen terme et, si possible, à long terme », « n’admettre dans la composition des produits cosmétiques pour bébés que des substances dont l’absence de toxicité a été démontrée, en tenant compte non seulement de tous les composants du produit mais aussi de leurs interactions éventuelles ».Des engagements avaient été pris en novembre par l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) et le Ministère de la Santé, notamment en matière d’étiquetage spécifique pour les toxiques pour la reproduction, mais à ce jour ils n’ont pas été suivis d’effets. Le reportage de l’émission Envoyé Spécial diffusée le 30 Juillet 2009 sur les crèmes solaires illustre ces mêmes carences. L’équipe de la chercheure suisse Margret Schlumpf interviewée dans le reportage a montré que plusieurs ingrédients des crèmes solaires sont des perturbateurs endocriniens.

Appliquer le principe de précaution
Interviewé également, André Cicolella, porte-parole du RES, a insisté sur le fait que les crèmes solaires sont un vecteur de contamination chimique de la quasi-totalité de la population, y compris donc de la fraction la plus sensible, celle des nouveau-nés, et que l’exposition à des substances oestrogéniques peut conduire au développement des cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein. Les crèmes solaires ont pour fonction de protéger des effets des rayonnements UV et ne devraient donc pas avoir de toxicité propre. Le principe de précaution impose donc de ne pas utiliser dans des usages cosmétiques des substances du type perturbateurs endocriniens. Le même raisonnement vaut pour les nanomatériaux, aujourd’hui très présents dans ces cosmétiques et dont l’effet n’a pas été évalué suffisamment. En outre, l’impact sur l’écosystème n’est pas négligeable comme le montrait également le reportage d’Envoyé Spécial. 4.000 tonnes de crèmes solaires sont en effet répandues, chaque année, dans les bords de mer du globe, avec des conséquences en termes de mortalité du corail. Les filtres UV sont retrouvés aussi dans les eaux usées. 

Des cancers liés à l’utilisation des filtres UV ?
Un certain nombre de données scientifiques conduisent à penser que l’augmentation du cancer de la peau pourrait être la conséquence de l’emploi des filtres UV :
  • certaines substances génèrent des radicaux oxydants sous l’effet des rayonnements UV ;
  • la réduction de l’exposition au rayonnement UV-B par les filtres UV diminue la production, par la peau, du photoprotecteur naturel qu’est la mélanine,
  • la diminution de la production de vitamine D chez les utilisateurs de crèmes solaires.
Or, ces 3 phénomènes sont impliqués dans les cancers de la peau. Ces questions sont néanmoins encore controversées (Voir les articles « filtre ultra-violet » et « sun screen controversy » sur Wikipedia).L’ONG américaine EWG analyse régulièrement les crèmes solaires du point de vue de leur efficacité et de la toxicité de leurs composants. En 2009 près de 2.000 crèmes solaires ont été passées au crible (lire le rapport complet).

3 produits sur 5 ne protègent pas la peau
Même si les produits et les gammes ne sont pas identiques sur le marché français, il est vraisemblable que la situation n’est pas fondamentalement différente, car les ingrédients utilisés (pouvant contenir des perturbateurs endocriniens et des nano-matériaux) sont quasiment les mêmes dans les 2 pays, et les réglementations reposent sur les mêmes principes.On retiendra que selon cette étude, 3 produits sur 5 ne protègent pas la peau ou contiennent des substances dangereuses. EWG (Environmental Working Group) met en cause l’agence américaine, la FDA (Food and Drug Administration). On peut, de même, s’interroger sur la responsabilité de l’AFSSAPS en ce domaine. Comment se fait-il que des perturbateurs endocriniens puissent être utilisés dans les crèmes solaires avec manifestement des effets clairement démontrés chez l’animal sans que celle-ci y trouve à redire ? 

Source :
Le Réseau Environnement Santé a été lancé en mars 2009 sous l’égide de l’Alliance pour la Planète et plus particulièrement des ONG suivantes : WWF France, Fondation Sciences Citoyennes, MDRGF, FacVerte, Objectif Bio et Nord Ecologie Conseil.

Énergies renouvelables : richesse d’hier, espoir de demain

La richesse moyenne d’un Européen au Moyen-âge ou à l’époque moderne était bien supérieure à celle de ses lointains ancêtres qui étaient déjà heureux lorsqu’ils trouvaient de quoi se nourrir. La société de cette époque exploitait de manière intensive les énergies renouvelables : bois, eau, vent ? Avec des dispositifs ayant un rendement, et une puissance, très faible comparé à ce que l’on sait faire aujourd’hui dans ce domaine. Les besoins énergétiques étaient beaucoup moins importants et la population moins nombreuse (il y avait 2 fois moins d’habitants en France en 1.800 qu’aujourd’hui). Cet accès à l’énergie a néanmoins permis à un Français de doubler en moyenne sa richesse entre 1.400 et 1.800.La pression sur l’environnement était forte puisqu’à la fin de cette époque le bois commençait à manquer (la surface de la forêt française était la moitié de ce qu’elle est aujourd’hui).
Les énergies fossiles et l’industrialisation
L’exploitation du charbon d’abord, puis du pétrole et du gaz naturel, a permis à l’Europe et à d’autres pays de disposer de sources d’énergie concentrées (1 litre de pétrole contient environ 10 kWh alors qu’il faut turbiner 3,6 tonnes d’eau situées à 100 mètres de hauteur pour obtenir la même quantité d’énergie) et peu chère (avec 0,1 €€ on peut acheter plus d’énergie que ce que peut fournir un travailleur manuel pendant une journée).Grâce à cela la civilisation s’est fortement développée (un français a en moyenne doublé sa richesse en 25 ans dans la deuxième moitié du siècle dernier). Cela a permis à la population mondiale de croître fortement puisqu’on est passé d’environ 1 milliard d’habitants en 1800 à presque 6,8 milliards aujourd’hui.La figure ci-contre montre, pour quelques dates particulières, la corrélation entre la consommation d’énergie primaire et la population au niveau mondial. Pour l’année 1800, il s’agit d’une estimation.On constate un accroissement considérable de la consommation d’énergie primaire au cours de ces 2 derniers siècles. Si la consommation par habitant était restée la même depuis 1800, on suivrait la droite indiquée sur la figure. On voit que l’écart avec cette droite augmente en fonction du temps ce qui s’est traduit par une augmentation du niveau de vie moyen des habitants sur la terre.

Les énergies renouvelables n’ont pas disparu
Mais les énergies renouvelables n’ont jamais disparu de notre mix énergétique. On serait tenté de croire que notre civilisation a remplacé les énergies renouvelables par les combustibles fossiles qui sont, dans la majorité des cas moins chers et plus concentrés en énergie.En fait il n’en est rien : la consommation de pétrole, de charbon et de gaz s’est ajoutée à celle des énergies renouvelables. En effet, en 1800, il y avait environ 1 milliard d’habitants et l’on estime qu’ils consommaient 0,2 Gtep (Gtep = milliard de tonnes équivalent pétrole) par an. C’était essentiellement de la biomasse. Aujourd’hui, la moitié de la planète (environ 3 milliards d’habitants) utilise la biomasse et les déchets organiques comme énergie principale.

7 fois plus d’énergies renouvelables qu’il y a 700 ans
Cela représente 1,2 Gtep d’énergie primaire par an. En ajoutant les autres énergies renouvelables on reste à un peu moins de 13 % d’énergie primaire totale consommée, ce qui représente un peu plus de 12 Gtep.Aujourd’hui, 3 fois plus d’habitants qu’en 1800 utilisent les énergies renouvelables comme principale source d’énergie et l’humanité en consomme plus de 7 fois plus qu’il y a 200 ans. Le paradoxe, observable sur la figure ci-contre, est que les pays développés parlent beaucoup d’énergies renouvelables mais basent l’essentiel de leur développement sur les combustibles fossiles alors que les pays en voie de développement rêvent de pétrole mais doivent se contenter de biomasse. La Chine, pays en plein développement, fait proportionnellement mieux en matière de contribution des énergies renouvelables que la plupart des pays occidentaux.Comme le montre la figure ci-contre à gauche, la consommation d’énergie des pays pauvres, qui utilisent essentiellement les énergies renouvelables est faible (en tonne équivalent pétrole par habitant et par an). Les pays riches consomment beaucoup d’énergie, essentiellement des combustibles fossiles. La consommation moyenne d’un habitant du Bangladesh ou d’Éthiopie est environ celle d’un Européen moyen il y a 2 siècles et l’espérance de vie est à peine supérieure à ce qu’elle était à cette époque.  

Rendre les énergies renouvelables compétitives économiquement
Comme les pays pauvres consomment peu, ils émettent aussi peu de CO2 comme on peut le voir sur la figure ci-dessous. Ce sont pour le moment les seuls pays dont les émissions sont inférieures à ce que la nature peut en moyenne absorber, donc les meilleurs élèves de la planète en matière d’émission de gaz à effet de serre. Il reste de gros efforts de recherche à faire dans le domaine des énergies renouvelables dont beaucoup ne sont encore pas actuellement rentables économiquement (en l’absence de subventions). Cela vient du fait que l’énergie issue de ces sources est très diluée et qu’il est souvent coûteux de les exploiter.Le solaire qui est l’énergie de l’avenir demande en particulier des ruptures technologiques pour en abaisser fortement le coût. Un panneau actuel d’1m2ètre carré vaut environ 1.000 € et produit de l’ordre de 100 kWh/an.Avec une durée de vie de l’ordre de 30 ans, cela donne un prix du kWh d’environ 0,35 € s’il n’y a pas d’entretien, soit environ 10 fois plus cher que ce que l’on peut produire avec les centrales en service actuellement. On arrivera sans aucun doute à résoudre tous ces problèmes mais il est difficile aujourd’hui de prévoir à quelle échéance. 

Source :
Christian Ngô collabore aux rubriques Energies, Chimie/Agroalimentaire et Biotechnologies. Il a fait de la recherche fondamentale en physique nucléaire pendant presque 20 ans à l’Université d’Orsay et au CEA/Saclay. En mai 2008, il a créé Edmonium Conseil. Lire son blog.

Efficiency 2.0 : le fils de Facebook et de la prise électrique

Une start-up new-yorkaise, Efficiency 2.0, propose un logiciel sur mesure qui promet des conseils ciblés, adaptés à la situation de chaque consommateur.

Le principe est simple : tout comme Amazon quand il vous propose des livres susceptibles de vous plaire, au vu de vos lectures passées mais aussi de celles des lecteurs qui vous ressemblent, Efficiency 2.0 s’appuie sur les informations démographiques et géographiques vous concernant (âge, revenus moyens du voisinage, équipement des foyers comme le vôtre…), ainsi que des informations supplémentaires que vous acceptez de livrer, pour vous proposer des recommandations qui doivent tomber le plus juste possible, grâce à un algorithme très sophistiqué.

Culpabiliser les gros consommateurs

Par exemple, pour un consommateur de 23 ans, a expliqué son PDG Tom Scaramellino dans une interview à Business Week, il proposera des solutions ne nécessitant pas de grosses dépenses.

Efficiency 2.0 propose en outre des outils de socialisation pour essayer d’impliquer tout un voisinage dans des actions d’économies d’énergie, via une interface type Facebook qui permet de se connecter avec des « amis » voisins pour comparer sa consommation d’énergie.

Si vous consommez davantage que vos voisins, votre icône fait la grimace, sinon un grand sourire. « Oui, l’idée est de vous culpabiliser si vous consommez trop. C’est ce que le secteur de l’amaigrissement fait depuis des années », a souligné le PDG. Une réalisation qui n’est pas sans rappeler l’idée de marier compteurs électriques et jeu vidéo, proposée par un professeur de Stanford.

Quelle motivation pour les consommateurs ?

D’un autre côté, un homme de terrain comme le PDG d’Areva Transmission et Distribution Philippe Guillemot nous a déclaré ne pas croire à des compteurs ludiques et encore moins à des interfaces qui seraient réglées au millimètre par des consommateurs passionnés, mais il prédit plutôt que les consommateurs ne voudront pas se casser la tête et préfèreront des compteurs très simples, à régler sur seulement deux positions au choix : économie ou confort.

Efficency 2.0 affirme en tout cas avoir déjà autant de distributeurs d’énergie partenaires que Google pour son logiciel PowerMeter (soit 9 annoncés pour l’instant par Google). Un tel outil peut en effet intéresser les compagnies d’énergie qui peuvent ainsi prouver que leurs utilisateurs sont plus économes, et en ce cas, dans certains Etats américains, recevoir des subventions.

 

Source :

Green Univers

Un générateur solaire dans l’espace en 2016 ?

La station satellite, qui doit être lancée en 2016, aura une capacité totale de 1.000 MW et aura pour objectif de délivrer 1.700 Gwh par an pendant 15 ans. L’énergie générée sera convertie en radiofréquences à destination d’une station de réception sur Terre, qui convertira à son tour les ondes en électricité pour alimenter le réseau.Le principe de fermes solaires basées dans l’espace a commencé à attirer l’attention dans les années 1960 lorsque les scientifiques de la NASA ont cherché des solutions à l’intermittence du solaire.L’un des principaux obstacles à l’énergie solaire spatiale reste son coût. Mais Solaren, une société créée en 2001 à cet effet – annonce avoir abouti à un design qui minimise la taille et le poids de la centrale, ce qui rendrait son lancement plus aisé et moins coûteux.

Un miroir géant pour concentrer la lumière
Au lieu d’être attachés ensemble par des câbles et des montants pesant leur poids, les composants de la centrale flotteront librement et seront alignés par un logiciel de contrôle à distance dans le même temps qu’un miroir gonflable géant concentrera la lumière sur les cellules à haute efficacité.Si le projet, qui doit être approuvé par le régulateur de l’Etat fin octobre, voit le jour, PG&E s’engage sur un contrat de 15 ans avec Solaren. Selon PG&E, « Cette nouvelle technologie marquerait une percée dans l’industrie des énergies renouvelables ».Le professeur Philip Eames du Centre for Renewable Energy Systems Technology estime l’idée excitante, réalisable et innovante grâce à ses réflecteurs allégés. Il ajoute que « le coût reste important par rapport à des technologies compétitives comme l’éolien, mais il s’agit d’une première tentative et les prix baisseront certainement dans le futur. » Entretemps, Solaren cherche un investisseur à hauteur des 5 milliards que couteront la fabrication et la mise en orbite de la station. AnnaSimpson est rédactrice adjointe de Green Futures, un magazine indépendant publié par Forum for the future.

Energie solaire : « Nous serons pleinement compétitifs d’ici 5 à 15 ans »

Ken Zweibel, directeur de l’Institut de l’énergie solaire à l’Université George Washington, participait, à Washington DC, à un symposium sur l’avenir de l’industrie solaire. A cette occasion, il a critiqué la priorité donnée à la recherche de nouvelles technologies. Selon lui, la technologie solaire est en effet déjà suffisamment avancée.

Vous avez déclaré : « Dans une certaine mesure, nous avons une guerre de retard. » Que vouliez-vous dire ?
L’objectif de la conférence était de fixer une feuille de route pour les investissements, très rigide et technique sur le modèle de l’industrie des semi-conducteurs. La plupart des participants présents qui avaient une certaine expérience considéraient cela comme inutile et potentiellement destructif car il existe une pléthore de technologies solaires radicalement différentes. De la même façon, l’idée de concentrer la majeure partie des fonds fédéraux sur les technologies photovoltaïques (PV) « futuristes » était également considérée comme inutile voire contreproductive (en détournant l’attention des options qui existent déjà).

Que sont les technologies solaires futuristes ?
Ce sont les technologies qui ne sont basées ni sur le silicium cristallin ni sur les cellules minces déjà commercialisées : cadmium telluride (CdTe), silicium amorphe, alliages du cuivre indium diselenide, ou arsenide de gallium (GaAs) et ses alliages pour des usages à jonctions multiples dans des concentrateurs solaires. Les cellules teintes se situent entre les technologies futuristes et les technologies commerciales car elles ont attiré un certain nombre d’investissements. Des exemples de technologies futuristes sont les cellules solaires plastiques et celles qui reposent sur des procédés novateurs à l’échelle du nanomètre.Les options solaires futuristes ont été examinées et rejetées à de multiples occasion au cours des trente dernières années. D’autres, qui sont prometteuses, mettront des décennies à aboutir. Enfin, pour beaucoup d’entre elles, on ne sait toujours pas si leur potentiel est supérieur à celui des technologies actuelles.

Aujourd’hui le solaire est-il compétitif ?
Non, mais son ordre d’échelle a grandement diminué et il est en passe de le devenir. Son évolution régulière laisse penser que nous serons pleinement compétitifs d’ici 5 à 15 ans. Dans l’intervalle, il existe une feuille de route technique pour atteindre cet objectif pour de multiples technologies PV déjà existantes. Non seulement une percée n’est pas nécessaire, mais les options futuristes sont moins prometteuses que celles qui existent aujourd’hui.

Quelles sont les priorités ?
L’industrie solaire a pour objectifs :
  1. de gagner l’accès à des marchés plus subventionnés comme en Europe et dans une moindre mesure aux Etats-Unis;
  2. de réduire drastiquement les coûts comme cela a été le cas récemment (de $ 5/W en 2008, à $ 4/W en 2009, et peut-être $ 3/W en 2010 sur des échelles d’envergure) afin de pouvoir réduire voire supprimer les subventions;
  3. de concentrer les efforts de R&D et d’améliorations technologiques sur les technologies existantes;
  4. de gagner le soutien de courtiers en connaissance (comme la National Academies, à l’origine du symposium) qui mettent en avant les technologies car le secteur photovoltaïque est encore mal compris). Ces objectifs devraient également être valables pour ceux qui financent le solaire (ex : le gouvernement fédéral). Une dernière priorité est de mettre en place une feuille de route technique pour développer le solaire à grande échelle. La stabilité du réseau, la nécessité de transmissions longue distance en provenance des régions très ensoleillées et le stockage de l’électricité deviendront alors des enjeux clés.
Propos recueillis par Clémentine FulliasKen Zweibel a fondé PrimeStar Solar, une start up spécialisée dans les cellules solaires photovoltaïques minces. Il a fondé et dirige l’Institut d’énergie solaire de l’Université George Washington depuis 2008.

Le charbon : le problème de la Banque Mondiale

Mindy S. Lubber est la Présidente de Ceres, une coalition américaine d’investisseurs et de leaders dans l’environnement qui vise à améliorer les pratiques de gouvernance sociale et environnementale dans les entreprises. Elle aborde ici le problème récurrent de l’usage du charbon, le combustible fossile le plus polluant pour l’atmosphère, mais qui reste trop largement utilisé.A Washington, c’est un casse-tête climatique dont tout le monde parle : même si les Etats-Unis réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, la Chine et l’Inde sont sur le point d’écraser l’Occident alors qu’elles construisent d’énormes centrales à charbon. Pour les politiques, nous devons inciter la Chine et l’Inde à consommer moins de charbon, la plus sale des énergies fossiles, pour propulser leurs économies.Mais qui finance ces nouvelles centrales à charbon dans les pays émergents ? Il faut chercher du côté de la Banque Mondiale, de la Banque Asiatique de Développement et autres institutions financières publiques internationales soutenues par les nations les plus prospères.Alors que le monde industrialisé lutte pour réduire ses émissions et s’apprête à négocier un traité climatique international à Copenhague, il finance plusieurs milliers de mégawatts produits par les nouvelles centrales à charbon des pays en développement.

37 milliards de dollars investis dans des centrales à charbon
Une nouvelle étude de Bruce Rich, auparavant à la fondation américaine Environmental Defense Fund, montre que les institutions financières publiques internationales ont donné 37 milliards de dollars pour la construction d’au moins 88 nouvelles centrales à charbon dans les pays en développement depuis 1994. Qui plus est, ces 37 milliards de dollars de financement direct en ont garanti 60 autres en provenance de fonds privés et locaux, ce qui monte l’investissement total dans les nouvelles centrales à charbon des pays en développement à plus de 100 milliards de dollars.La Banque Mondiale classe ces centrales parmi les projets à faibles émissions de CO2 dans le cas des centrales supercritiques1 soi-disant à faible taux d’émissions.Hors, ces 88 centrales à charbon vont émettre 792 millions de tonnes de CO2 par an, réduisant à néant la réduction d’émissions à laquelle le projet de loi Waxman-Markey espère aboutir d’ici la prochaine décennie.L’année 1994 est prise comme référence car il s’agit de l’entrée en effet de la Convention des Nations Unies sur le climat, date à laquelle les pays industrialisés se sont engagés à financer la lutte contre le changement climatique dans les pays pauvres. Au lieu de cela, les nations les plus riches ont mis en place une infrastructure à forte teneur en CO2 qui va opérer pendant des dizaines d’années.Certes, ces mêmes prêteurs ont engagé 6 milliards de dollars ces 15 dernières années pour aider les citoyens les plus vulnérables à s’adapter au réchauffement climatique. Mais ce n’est qu’une fraction des 100 milliards investis dans des centrales à charbon. C’est ce qui s’appelle se tirer une balle dans le pied.

« Les centrales à charbon se construiront avec ou sans notre aide »
Voici ce que l’économiste en chef de la Banque Mondiale a à dire : « Dans la mesure où le charbon est bon marché et abondant et que les besoins en électricité sont si grands, les centrales à charbon se construiront avec ou sans notre aide. Sans notre aide, ce sont les moins chères et les plus sales qui prolifèreront. »Faux, répond le Center for Global Development. La plupart des nouvelles centrales à charbon construites sans l’aide de la Banque Mondiale, du moins en Inde, sont des centrales supercritiques car les coûts opérationnels et de carburant sont les plus faibles.Mais les centrales supercritiques sont seulement légèrement plus propres. Elles produisent environ 15 % de moins de CO2 que les centrales à charbon traditionnelles, selon l’Environmental Defense Fund, et elles ne sont pas aussi propres que les centrales à gaz naturel.

Des alternatives existent
Ce qui m’amène aux alternatives. Il y a un meilleur moyen d’alimenter les pays pauvres en électricité : les institutions financières internationales devraient investir davantage dans les énergies renouvelables et la modernisation des réseaux.Aujourd’hui la Banque Mondiale dépense deux fois plus pour les énergies fossiles que pour les nouvelles énergies renouvelables et l’efficacité énergétique réunies, et cinq fois plus que pour les énergies renouvelables seules.C’est une occasion manquée alors que les projets à grande échelle pour les énergies renouvelables sont si réalisables dans les pays en développement. Prenez l’état de Gujarat en Inde, où une énorme centrale à charbon de 4.000 megawatts, la Tata Mundra, est construite avec l’aide de la Banque Mondiale.

Redéfinir les « faibles émissions »
Plus de 7.000 megawatts issus des énergies renouvelables sont également en jeu ici, sans aucune aide des banques internationales de développement. AES, une société américaine, y construit notamment une centrale thermique solaire pour 1,2 milliards de dollars.Enfin, les institutions financières doivent être plus strictes sur la définition de « faibles émissions ». Les centrales à charbon supercritiques [1] entrent aujourd’hui dans cette vaste catégorie, ce qui vide de sens les 40 % de prêts de la Banque Mondiale en direction d’énergies à faibles émissions.Ces réformes sont impératives car si nous ne freinons pas l’augmentation des émissions de CO2 du charbon dans les pays en développement, aucune réduction des émissions des pays riches ne fera une différence.[1] Les centrales supercritiques (SC) demandent moins de charbon par mégawatt-heure, ce qui veut dire moins d’émissions (notamment de dioxyde de carbone et de mercure), une plus grande efficacité et des coûts moins élevés par mégawatt. 

Source :
Marc Gunther.comMindy S. Lubber est la Présidente de Ceres, une coalition américaine d’investisseurs et de leaders dans l’environnement qui vise à améliorer les pratiques de gouvernance sociale et environnementale dans les entreprises. Elle dirige également le Réseau des investisseurs sur le risque climatique (INCR), une alliance qui coordonne les réponses des investisseurs américains aux risques et opportunités financières posés par le changement climatique.

Le développement du sans contact ne fait que commencer

Le sans contact entre dans une période riche en développements. Les cartes de paiements sont maintenant dans les mains des consommateurs, reste à les utiliser. L’année 2009 risque d’être difficile, mais on devrait aussi assister à d’importantes avancées, avec le déploiement de lecteurs et la sortie de différents formats de cartes mères. Les solutions de cartes de paiements ont enregistré de bons résultats en 2008. « Nous avons vu le marché grossir en termes d’utilisation et de demande », dit Charles Walton, vice-président exécutif, directeur des ventes et du marketing pour la division paiement d’Inside Contactless. « Pour Inside, cela a été une bonne année. Nous avons vendu 65 millions de puces pour les cartes Visa et MarsterCard., dont environ 90% pour les Etats-Unis où nous avons vendu 110 millions de puces depuis 2010″, ajoute-t-il.D’après Randy Vanderhoof, directeur exécutif de Smart card alliance, l’industrie s’attend à la production de 80 millions de cartes d’ici à 2009, et de 100.000 terminaux. « Le déploiement ne s’est pas ralenti », confirme-t-il. C’est notamment le cas en Europe et en Amérique latine, même si le principal marché reste les Etats-Unis. Bien que la situation économique pourrait compromettre certains projets de développement, les analystes rencontrés par Randy Vanderhoof prévoient une hausse pour les cinq prochaines années. Inside a révisé ses projections à la baisse pour 2009. « Cela risque d’être une année assez creuse à cause de la situation économique », indique Charles Walton.

Le déploiement des terminaux
D’après Randy Vanderhoof, les Etats-Unis vont demeurer leaders sur le marché des cartes sans contact. « L’infrastructure de paiement est déjà en place. Bien que des cartes soient distribuées au Royaume-Uni, à Singapour ou ailleurs, peu de commerçants acceptent les paiements sans contact. Nous allons probablement observer un volume significatif de cartes, mais les transactions resteront réduites. »[…] Bien que le nombre de cartes en circulation ait augmenté, il n’y a pas eu de croissance équivalente des terminaux. « Visa et MasterCard ont investi dans le déploiement des terminaux depuis des années mais je pense qu’en 2008, ils ont réalisé qu’ils ne pourraient pas continuer à investir ainsi. Les commerçants vont devoir s’en sortir seuls », commente Charles Walton. Sans aides, les détaillants vont remplacer leurs systèmes au fur et à mesure du renouvellement naturel, en ajoutant la technologie sans contact, selon Randy Vanderhoof. Les terminaux durent de cinq à dix ans. « En renouvelant leurs équipements, ils font un petit investissement supplémentaire même si l’utilisation du sans contact reste faible dans un premier temps, car ils savent qu’elle va prendre de l’ampleur dans quelques années, et notamment avec les progrès de la NFC (Near field communication, Communication en champ proche) qui va accélérer ce mouvement », explique Randy Vanderhoof.[…]
Et la prochaine killer app ?
Selon Charles Walton, les transports en commun constitueront la prochaine étape la plus importante dans le déploiement du sans contact. « Globalement, la plupart des réseaux de transport en commun utilisent le sans contact, par exemple aux Etats-Unis les villes d’Atlanta, Washington., New York ou Los Angeles. » Les cartes de transport pourraient être utilisées pas uniquement pour monter dans le train ou le bus. « Dans les gares, on peut aussi prendre un café ou acheter le journal », explique-t-il. « Il est logique de proposer une offre convergente d’applications sans contact, comme le paiement plus le transport sur une seule carte. » […]Une autre évolution consiste à dépasser complètement les tickets de transport en permettant l’acceptation des cartes Visa ou MasterCard dans le train. « C’est une tendance significative », décrit Walton. On constate aussi un plus grand intérêt pour le sans contact de la part des étudiants et des entreprises gestionnaires de campus pour l’accès aux bâtiments. « Il est très intéressant de combiner une carte de paiement avec une carte d’accès », insiste-t-il.

Fidéliser les clients
La fidélisation est un autre domaine où le sans contact pourrait se développer. « On peut imaginer présenter sa carte AAA (American automobile association) ou bien son numéro de fidélité Barnes and Noble et recevoir des réductions automatiquement, ou une carte co-brandée avec une banque ou une compagnie aérienne où l’on pourrait mettre des numéros de voyageurs fréquents », décrit Charles Walton. Pour Randy Vanderhoof, le couponing va se développer. « Comme de plus en plus de commerçants commencent à accepter le sans contact, ils peuvent ensuite cibler des clients spécifiques avec un système de couponing électronique ou un programme marketing lié à la carte », explique-t-il. « Il y a eu différents projets pilotes comme Bart (Bay area rapid transit district) à San Francisco avec Jack-in-the-box. J’espère que d’autres vont suivre. Avec les processeurs de paiements, dont la rentabilité diminue avec la valeur de la transaction, il faut chercher des moyens de promouvoir des services à valeur ajoutée. » Pour Legic, qui voit plus loin que les perspectives liées au paiement, il existe de nombreuses possibilités comme l’utilisation d’une carte identique pour le contrôle d’accès – logique et physique – et le mobile. A l’origine prévues pour une seule application, les cartes sans contact sont maintenant destinées à des applications multiples. « Les cartes destinées au login sur PC deviennent des cartes multifonctionnelles, offrant des applications sans contact comme l’ouverture des portes, l’accès aux infrastructures de l’entreprise ou l’utilisation du photocopieur », explique Urs A. Lampe, vice-président du marketing produit et développement pour le fournisseur suisse Legic Identsystems[…]Pour lire l’intégralité de l’article en anglais, écrit par Andy Willimas, associate editor, Avisian publications : Contactless is just getting started