Le congrès international Wascon 2009 ouvrira ses portes en juin

Congrès international de référence sur la problématique de l’intégration des matières premières secondaires dans le domaine du génie civil, WASCON se déroulera cette année en France et plus précisément, à l’Espace Tête d’Or, à Lyon.Organisé par EEDEMS, groupement d’Intérêt scientifique sur l’évaluation environnementale des déchets, matériaux et sols pollués regroupant l’INSA de Lyon, l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat, le CSTB, le BRGM et l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, cette 7ème édition du congrès a pour objectif d’ouvrir de nouvelles perspectives dans un contexte difficile au niveau international de baisse des ressources naturelles et de hausse des besoins sanitaires et environnementaux dans le domaine de la construction.Plus de 250 scientifiques français et étrangers devraient s’y retrouver pour animer des débats et des ateliers autour des thématiques suivantes :

  • Quantification et modélisation des émissions (y compris celles des Substances Dangereuses Réglementées des produits de construction et les conséquences pour la gestion de la qualité des eaux des milieux urbains) ;
  • Développement de nouveaux produits et procédés pour l’utilisation de déchets en construction ;
  • Nouveaux scénarii ou nouveaux gisements de déchets (par exemple les sédiments) ;
  • Impacts écologiques et sanitaires ;
  • Impacts évités (épuisement de matières premières, émissions de Gaz à Effet de Serre, produits à haute énergie grise) ;
  • Economie du recyclage ;
  • Ecologie Industrielle-recyclage des déchets et métabolisme territorial ;
  • Analyse Multicritère et outils d’aide à la décision (Analyse de Cycle de Vie, Analyse des Flux de Matières, Analyse Coûts/Bénéfices, …).
  • Barrières et incitations au recyclage des déchets (réglementations, marché, éco-taxation, conflit d’intérêts entre différents secteurs industriels, statuts et spécifications des matériaux recyclés, acceptation sociale, responsabilité du producteur,..).
Au delà, les aspects socio-économiques du recyclage compléteront l’ensemble de la gestion durable des matières de substitution en construction. 

Date et lieu
Les 3-4-5 juin 2009 à l’Espace Tête d’Or à Lyon 

Information
Inscription et informations pratiques : [email protected]Informations complémentaires et formulaire d’inscription en ligne : http://www.insavalor.fr

Pour une utilisation directe du gaz naturel compressé

« J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à plusieurs reprises sur le fait que je préfèrerais utiliser directement le gaz naturel destiné à fabriquer de l’éthanol dans des véhicules fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC). Le gaz naturel brûle très proprement et à mon sens, cela serait beaucoup plus efficace que ce système alambiqué par lequel nous transformons le gaz naturel en éthanol. L’une des critiques que je rencontre parfois de la part des défenseurs de l’éthanol est qu’il faudrait construire toute une nouvelle infrastructure pour le gaz naturel comprimé. Je fais toujours remarquer que l’unique raison pour laquelle nous avons construit une infrastructure pour l’E85 est que celle-ci a été financée par les contribuables.Dans son livre Oil 101, Morgan Downey s’étend longuement sur le gaz naturel et les problématiques inhérentes au réseau de distribution. D’après lui, il existerait 1.600 stations qui vendraient du GNC au détail aux Etats-Unis. Je me suis demandé combien de stations vendaient de l’E85, étant donné que certains défenseurs de l’éthanol m’ont soutenu que nous étions engagés beaucoup trop loin sur la voie de l’E85 pour développer maintenant le GNC. Il s’avère qu’il existe aujourd’hui 1.900 stations qui vendent de l’E85, sachant que le stade des 1.600 n’a été dépassé qu’en 2008. Ainsi le GNC n’est pas autant à la traîne de l’E85 qu’on voudrait bien le faire croire, la législation lui a simplement été moins favorable.

« Réaliser l’indépendance énergétique vis-à-vis du Moyen Orient et du Vénézuela »
Mais le paysage pourrait commencer à changer. Tout d’abord, T. Boone Pickens, qui dirige le fonds alternatif BP Capital Management et investit surtout dans le pétrole et le gaz naturel, s’est très fortement prononcé en faveur du GNC dans le cadre de son Pickens Plan. Puis, le mois dernier, AT&T, le plus gros fournisseur de services téléphoniques locaux et longue distance, de services sans fil et de xDSL des États-Unis, a annoncé qu’il allait investir 565 millions de dollars pour remplacer sa flotte de 15.000 véhicules à essence par des moteurs hybrides ou à gaz naturel comprimé. Enfin, le 1er avril, les représentants Dan Boren (D-Okla.), John B. Larson (D-Conn.) et John Sullivan (R-Okla.) ont introduit une nouvelle législation pour promouvoir le GNC.Les Etats-Unis sont certainement en meilleure forme du point de vue de leurs réserves de gaz que de leurs réserves de pétrole. De plus, le gaz peut-être produit de façon renouvelable à partir des mêmes matières premières que pour les autres biocarburants.De tous les schémas qui visent à l’indépendance énergétique, un développement massif du GNC pourrait se substituer à suffisamment de pétrole pour réussir à réaliser au moins l’indépendance vis-à-vis du Moyen Orient et du Vénézuéla. Même si de nombreux facteurs entrent en jeu, je ne vois pas d’autre solution d’y parvenir sans la participation des productions nationales de pétrole et de gaz. »Par Robert Rapier, directeur ingénierie chez Accsys Technologies PLC. Il anime le blog R-Squared Energy Blog

Les nanoparticules en tête de liste des risques chimiques émergents au travail

L’exposition aux substances dangereuses serait à l’origine de 74.000 décès liés au travail chaque année en Europe. Dietmar Reinert est le vice-directeur de l’institut de prévention des caisses allemandes d’assurance AT-MP. Il a co-écrit le rapport de l’EU-OSHA sur les risques chimiques émergents liés à la santé et à la sécurité au travail. Il revient plus particulièrement sur le cas des nanoparticules, dont l’usage se généralise, mais dont les risques pour l’homme sont encore pour la plupart très méconnus.

Comment avez-vous procédé pour réaliser cette étude ?

Dietmar Reinert : Nous avons recueilli l’avis de plus de 170 experts au cours de trois tours d’enquête, en nous appuyant sur la méthode européenne Delphi. Cette méthode a pour but de dégager certains consensus sur des sujets précis en interrogeant des experts à travers une série de questionnaires.

Avez-vous été surpris par les résultats de l’étude ?

Nous avons obtenu une liste avec plus de 80 risques différents. En ce qui me concerne, j’ai été légèrement surpris de voir les fibres minérales artificielles dans le top 10. Nous ne les avions pas estimées si dangereuses pour le futur dans la mesure où des fibres novatrices posant un risque bien moindre avaient pu être développées. Je ne m’attendais pas non plus à ce que les nanotechnologies arrivent en tête du classement. Elles ont en effet une connotation très positive dans le grand public. Les experts ont toutefois clairement signalé que les nanoparticules pouvaient représenter un vrai problème dans l’avenir. Même s’il existe de nombreux projets européens dans ce domaine, de nombreuses recherches sont encore nécessaires. Le rapport les place sans hésitation possible en tête des risques émergents à surveiller.

Comment expliquez-vous le peu de connaissances disponibles sur les risques des nanoparticules ?

On ne peut pas dire que les nanoparticules sont un domaine inconnu. Prenons l’exemple des gaz d’échappement provenant de moteurs diesel ou des fumées de soudage… Nous en savons beaucoup sur les particules ultra fines et il existe tout un travail de prévention dans ces domaines. Mais notre expérience est en effet limitée en ce qui concerne les nanoparticules artificielles. Une étude épidémiologique requiert du temps. Or, les nanoparticules artificielles sont relativement récentes. Des tests sur les animaux sont nécessaires. De même, nous connaissons très bien la distribution des nanoparticules dans le corps mais nous avons besoin de temps pour en savoir davantage sur leurs effets.

Avez-vous noté des disparités en matière de prévention des risques chimiques au travail en Europe ?

Ce n’était pas le but du rapport. Nous n’avons pas vraiment vérifié s’il existait des disparités entre les experts selon qu’ils étaient du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest de l’Europe. De manière générale, je dirais toutefois que des différences existent. Par exemple, les nouvelles mesures sur les risques liés à la santé et à la sécurité au travail proviennent pour beaucoup du Nord, de la Scandinavie, des Pays-Bas ou de l’Europe centrale. Toutefois, dans le cas d’une exposition aux risques chimiques, il n’existe que de très légères différences entre le Sud et le Nord de l’Europe, en raison notamment de l’uniformisation des équipements de protection individuelle par les normes et les directives européennes. REACH contribuera également à harmoniser la situation en Europe.

Quelles sont les principales mesures de prévention recommandées dans le rapport ?

Cela dépend beaucoup du risque émergent en question. Dans le cas des nanoparticules, par exemple, on peut utiliser un équipement de protection individuel ou automatiser le processus et utiliser un système d’évacuation. Dans le cas d’autres risques émergents tels que l’exposition dermique, on peut remplacer des substances dangereuses ou utiliser à nouveau des gants et un équipement de protection individuel. Pour le traitement des déchets, on peut utiliser un système d’évacuation. Selon le degré de toxicité des nouvelles substances, il est bien souvent inutile de développer de nouvelles mesures de sécurité, car celles qui sont connues conviennent déjà.

En savoir plus

Dietmar Reinert est le vice-directeur de l’Institut de prévention des caisses allemandes d’assurance AT-MP. Il a co-écrit le rapport de l’EU-OSHA sur les risques chimiques émergents liés à la santé et à la sécurité au travail.

La plus grande centrale solaire française ouvrira en 2010

EDF Energies Nouvelles (EDF EN) s’est engagé à investir près de quarante millions d’euros dans une très vaste centrale solaire au sol en Ariège, sur la commune de Daumazan-sur-Arize. Sa mise en service est prévue pour 2010, pour une capacité de 10 MW. La station sera la plus importante sur le territoire métropolitain, sachant que le projet de centrale solaire d’EDF EN sur le site de Sainte-Rose à la Réunion, qui vise une capacité de 15,3 MW, constitue pour l’instant le « record » français. Déjà à l’origine de la plus grande centrale solaire métropolitaine actuelle, située à Narbonne, et d’une capacité de 7 MW, EDF EN poursuit ses investissements dans le solaire. L’installation inaugurée à Narbonne en décembre dernier est constituée de 95.000 modules à couche mince et fournit l’équivalent de la consommation annuelle de près de 4.200 foyers. Cela représente une économie de près de 2.750 tonnes de CO2 par an. EDF EN, avec cette nouvelle station solaire en Ardèche, poursuit un programme ambitieux. En effet, l’entreprise a pour ambition de développer une capacité cumulée de 500 MW de solaire sur le territoire national d’ici à 2012. De plus, dans son plan pour les énergies renouvelables, le gouvernement a fixé un objectif d’une centrale photovoltaïque par région d’ici à 2011, pour une capacité totale équivalente à 300 MW. Des objectifs élevés, mais réalisables, tant les projets de ce type se multiplient dans l’Hexagone à l’heure actuelle. En effet, les retombées pour les sites choisis sont intéressants, en termes de développement.

Objectif 500 MW en 2012
Ainsi, en Ariège, la future centrale occupera 35 hectares appartenant à la commune et aura donc une capacité de 10 MW. Même si toutes les autorisations administratives ne sont pas encore signées, un bail de 22 ans vient d’être conclu entre la commune et EDF EN, qui ont tous deux des intérêts communs dans ce projet. EDF EN concrétise ainsi un peu plus sa volonté de développer des énergies plus propres. Tandis que pour la commune de Daumazan-sur-Arize, l’installation de cette centrale solaire représente une véritable manne financière. Au total, la location et les différentes taxes devraient rapporter à la commune près de 450.000 euros par an, soit l’équivalent du budget de cette collectivité locale. Un argument de poids pour EDF EN, qui prouve ici que les activités concernant les énergies propres sont aussi porteuses d’activité et créatrices d’emplois.Le solaire a le vent en poupe en France, mais l’Hexagone reste très loin des plus grandes centrales photovoltaïques du monde, malgré un fort potentiel. A titre d ‘exemple, la plus grande centrale photovoltaïque au monde est située au Portugal, et a une capacité de 46 MW.

Les biocarburants menacent les réserves d’eau douce

Dans une étude à paraître dans Energy Policy, Hong Yang et ses collègues (1) analysent les besoins en eau afin d’atteindre les objectifs fixés par la Chine d’ici 2020 en matière de production de biocarburants. Le gouvernement chinois envisage en effet de produire 12 millions de tonnes de biocarburants. Yang et ses collègues prennent pour hypothèse qu’il s’agira de bioéthanol fabriqué à partir du maïs.

Yang et son équipe ont calculé que pour produire ces 12 millions de tonnes de bioéthanol, l’équivalent du débit annuel du Fleuve Jaune était nécessaire. C’est un très lourd fardeau pour la Chine. 64% des terres arables se trouvent dans le nord de la Chine où le niveau des nappes phréatiques diminue dans la mesure où la consommation d’eau dépasse les stocks (2). Yang et ses collègues lancent ainsi un avertissement concernant l’impact des objectifs chinois de production de biocarburant sur le prix des denrées alimentaires et sur l’environnement.

La Chine n’est pas le seul pays où l’on peut craindre de graves conséquences des suites de la demande massive en eau engendrée par la production de biocarburants. Le niveau des nappes phréatiques diminue également dans la plupart des zones de cultures de féculents en Inde et dans l’Ouest des Etats-Unis.

Des ressources en eau douce trop limitées ?

L’Australie, autre grand producteur traditionnel de culture de féculents pouvant servir à produire du biocarburant, souffre depuis plusieurs années d’une grave sécheresse. Des études ont montré qu’en raison du changement climatique, une telle sècheresse pourrait dans l’avenir affecter également l’Ouest américain.

Si on considère la production mondiale de biocarburants, le laxisme n’est pas de mise. Quand tout les carburants fossiles seront remplacés dans le monde par du bioéthanol tiré du maïs, près de 6.000 km³ d’eau douce sera nécessaire. En comparaison, la quantité totale d’eau douce disponible chaque année est aujourd’hui estimée à 13.500 km³. Fabriquer du biocarburant à partir du blé, du soja ou du colza réclamerait une quantité encore plus importante d’eau que pour la production de bioéthanol à partir du maïs.

Ainsi, il semble nécessaire que les gouvernements des pays ne disposant que de faibles quantités d’eau douce, et les gros producteurs comme Shell avec des plans ambitieux pour étendre la production de biocarburant, réévaluent leur projet à l’aune de leur impact sur les ressources futures en eau douce.

Sources :
(1)H. Yang, Y. Zhou, J. Liu. Land and water requirements of biofuel and implications for food supply and the environment in China. Energy Policy (à paraître)
(2)S. Khan, M.A. Hanjra, J. Mu Water management and crop production for food security in China: a review. Agricultural Water Management 2009; 96: 349-360

Par Lucas Reijndres, professeur en sciences environnementales à l’Université d’Amsterdam depuis 1988 et à l’Université ouverte des Pays-Bas depuis 1999, et éditorialiste à Scitizen.com

Plan de relance et Grenelle : l’équation impossible ?

En moins d’un mois, les cours industriels de l’automobile viennent de remonter en moyenne de 38% à travers le monde. Une hausse qui dépasse largement la hausse moyenne des marchés d’actions, qui est de 19% sur la même période. Ce sont les constructeurs européens qui profitent le plus de cette embellie. En effet, les deux plus fortes hausses du secteur automobile enregistrées à la bourse concernent respectivement Renault, dont l’action a doublé en l’espace d’un mois, et Fiat, dont le titre a grimpé de 88%. A l’étranger, les Japonais Mazda et Nissan, l’Américain Ford, le Coréen Kia et l’Allemand BMW ont aussi regagné du terrain.Deux facteurs expliquent cette esquisse de reprise, qui devra de toute manière être confirmée dans les prochains mois. Ainsi, le regain général de la bourse, depuis un mois, a profité à tous les secteurs. Mais l’automobile a beaucoup plus progressé. Les investisseurs, qui ont vu l’industrie automobile s’enfoncer dans la crise avant toutes les autres branches, sont persuadés que l’automobile « touche le fond » en ce moment.Concrètement, les spécialistes affirment que le secteur automobile atteint en ce moment son pic le plus bas, et pourrait donc faire partie des segments qui pourraient à se redresser en premier. Mais la sphère financière est une chose, et la réalité économique en est une autre. Pour sortir l’industrie automobile de la crise, le gouvernement a pris des mesures destinées à dynamiser la production et à relancer les achats de voitures neuves. Or, ces mesures paraissent contradictoires avec les engagements pris par le gouvernement lors du Grenelle.

Un manque de cohérence évident
Dans le détail, le plan de relance tient en deux points principaux. D’abord, l’introduction de la prime à la casse : 1.000 euros de reprise pour l’achat d’un véhicule neuf n’émettant pas plus de 160 g de CO2 par km. Une décision destinée à dynamiser le marché automobile, mais qui se heurte frontalement aux engagements pris lors du Grenelle. En effet, la moyenne actuelle du parc automobile est aujourd’hui de 148 g de CO2 rejeté par km, et le bonus écologique ne concerne que les véhicules émettant moins de 130 g par kilomètre. Enfin, les objectifs européens pour 2012 tablent sur une moyenne de 120 g par km. Il y a donc une contradiction bien réelle entre le plan de relance annoncé et les objectifs ambitieux du Grenelle.Alors que certains attendaient du gouvernement des décisions audacieuses, comme le financement de la généralisation en série du pot catalytique, de l’alterno-démarreur ou encore du filtre à particule, c’est un plan de relance strictement industriel qui a été privilégié. Aussi, l’exigence de contreparties environnementales aux prêts octroyés aux entreprises pour relancer leur activité aurait eu un effet additionnel sur l’économie, l’environnement et sur la santé.L’absence de prise en compte du Grenelle de l’environnement a surpris, et elle est encore plus flagrante en termes d’infrastructures de transports. En effet, 46 % du budget du plan de relance de l’automobile sera investi dans la construction d’infrastructures de transport. La construction de trois nouvelles autoroutes est ainsi prévue, alors que le Grenelle avait conclu à la nécessité de stopper l’extension du réseau autoroutier national.De plus, la France se trouve déjà très bien équipée au niveau des infrastructures routières, mais est clairement en retard en ce qui concerne les transports urbains collectifs, secteur qui plus est reconnu pour son potentiel en termes de création d’emplois.

2,3% du plan de relance consacré à l’environnement
Enfin, deux derniers volets du plan de relance soulèvent de vives interrogations. Premièrement, la prise en compte à la marge des énergies renouvelables, alors que la France s’est engagée sur un chiffre ambitieux de 23 % d’énergies renouvelables dans sa consommation pour 2020. Une volonté qui paraît désormais en retrait et difficilement réalisable. Deuxième point, aucune information chiffrée sur les conséquences du plan de relance en termes d’émissions de gaz à effet de serre ou d’impact sur la biodiversité n’est disponible, ce qui est pour le moins regrettable, alors que le Grenelle avait promis l’inversion de la charge de la preuve.Au final, il y a donc une évidente incompatibilité entre le plan de relance annoncé et les objectifs du Grenelle. Dans son ensemble, le plan ne consacre que 2,3% de son budget à l’environnement. L’écart entre la volonté politique affichée lors du Grenelle et la réalité économique reste donc latent. L’Alliance pour la planète, une organisation regroupant plusieurs ONG agissant pour l’environnement, recense sur son site Internet une trentaine de projets « grenello-incompatible » en cours à l’heure actuelle, même si ces derniers ne sont pas tous financés par le plan de relance.

Chiffre clé : 6 heures de soleil pour faire vivre la planète

D’abord considéré comme une utopie, le projet Desertec, imaginé par des ingénieurs allemands gagne en crédibilité depuis quelques mois. En effet, le projet vise à relier les déserts du Sahara au continent européen. Dans le détail, il s’agit de créer un réseau électrique intelligent en courant continu, reliant des milliers de centrales thermiques du Sahara à toutes les sources d’énergies renouvelables du continent européen (éolien, géothermie et biomasse principalement). Au final, la création de cette boucle permettrait d’alimenter l’Afrique mais également l’Europe en électricité. Mais ce n’est pas tout. La réussite de Desertec mettrait fin en trente ans à peine à l’hégémonie du pétrole, du gaz et du charbon ! A la base de ce projet, fantaisiste à première vue, il y a une réalité : en six heures, le soleil fournit autant d’énergie à la terre que ce que l’humanité consomme en une année. Partant de là, les ingénieurs allemands responsables du projet ont un objectif concret : couvrir de panneaux solaires 0,3% de la superficie des déserts de l’Afrique et du Moyen-Orient, ce qui correspond à peu près à la surface de l’Autriche.

De l’utopie au soutien unanime
Le projet est donc pharaonique, mais a reçu fin mars 2009 le soutien du gouvernement allemand. Aussi, deux grands groupes spécialisés dans l’équipement électrique, Siemens et ABB, ont apporté leur caution industrielle à Desertec. Enfin, l’Union pour la Méditerranée a inscrit ce projet dans son agenda, lequel a également reçu le soutien de l’UE.Cependant, c’est un défi colossal qui attend les responsables de Desertec. Ce qui peut simplement se résumer à un « super réseau vert » implique une révolution technologique. Il s’agit principalement de construire des lignes à très haute tension en courant continu pour acheminer de grandes quantités de courant sur de longues distances. Historiquement, les réseaux de transport sont en courant alternatif. Mais depuis quelques années, de nombreuses réalisations d’importance en courant continu voient le jour. La plus importante, pour le moment, est une ligne de 600 mégawatts qui relie la Nouvelle-Zélande du Nord au Sud.

Un coût du kWh ultra compétitif
Le point fort du projet est la volonté des responsables de coupler ce super réseau à haute tension en courant continu avec une production décentralisée d’énergie renouvelable, ceci pour diversifier les sources et assurer une robustesse systémique à l’ensemble de la boucle. Le volet financier du projet est bien sûr capital pour les responsables de Desertec. 1,5 trillion d’euros sont nécessaires pour la réalisation et la mise en fonctionnement du réseau. Un chiffre astronomique, mais qui reste relatif si on le compare aux 13,6 trillions d’euros qui seront investis d’ici à 2030 dans les centrales fossiles. En fait, avec un coût du kWh évalué à 4,7 centimes d’euro par l’étude de faisabilité commandée par le gouvernement allemand, le projet s’avère aussi rentable que les meilleures centrales à gaz actuelles.Ainsi, Desertec, longtemps considéré comme une utopie totale, s’ancre de plus en plus dans la réalité, et offre aux pays du Moyen-Orient et de l’Afrique une occasion historique de faire un saut de géant dans l’électrification. Même si le chemin est encore long pour Desertec, le projet n’a jamais été autant pris au sérieux et son évolution mérite d’être suivi de près.

Le câble Ethernet pour remplacer le HDMI ?

Le High Definition Multimedia Interface (HDMI) est une norme et une interface audio/vidéo entièrement numérique. Le HDMI permet de transmettre des flux chiffrés non compressés. Par exemple, le HDMI permet de connecter une source audio/vidéo (un lecteur blu-ray ou HD DVD, un ordinateur, une console de jeu par exemple) avec un récepteur compatible, un téléviseur HD par exemple. Cependant, des problèmes de compatibilité existent.Par exemple, pour éviter les copies intempestives de contenus, les fabricants de produits électroniques et les studios de production se sont mis d’accord pour créer des systèmes de verrouillage anti-copie. Ainsi, la technologie propriétaire HDPC (High-bandwidth Digital Content Protection) est développée par une filiale d’Intel, LLC, qui assure la protection contre la copie des flux HD. Ce verrouillage numérique étant intimement lié à la norme HDMI, il ne peut pas être éliminé. C’est pourquoi en l’absence de compatibilité HDCP de l’un des appareils, source ou affichage, les signaux HD ne peuvent pas être restitués dans leur définition d’origine. Ces signaux sont alors restitués en basse définition, mais ils peuvent aussi ne pas s’afficher du tout.

Créer un standard unique et multi-fonctionnel
Aujourd’hui, l’entreprise Broadcom annonce avoir développé une nouvelle technologie baptisée BroadSync HD. Cette innovation permettrait concrètement d’exploiter de simples câbles Ethernet RJ-45 de catégorie 5, les câbles utilisés dans la vie courante, pour transmettre des flux vidéo et audio en haute définition. Concrètement, cette technologie s’appuie sur le protocole Ethernet IEEE 802.1 AVB, qui constitue un standard de qualité, de synchronisation et de timing suffisant pour assurer une transmission audio/vidéo d’une qualité professionnelle grâce à un simple câble Ethernet. Cette nouvelle technologie ouvre de nombreux horizons, et notamment celle du standard unique. En effet, la création d’un standard unique, multi-fonctionnel, capable de gérer la transmission de l’audio, de la vidéo, mais aussi la connexion avec d’autres produits mis en réseau, sans oublier l’accès à Internet, constituerait une avancée majeure en termes de connectique.Ensuite, le protocole Ethernet a beaucoup d’avantages. Il est commun, peu coûteux, connu du grand public. Broadcom souhaiterait simplement faire du câble Ethernet un outil à tout faire, qui pourrait remplacer tous les câbles utilisés aujourd’hui pour la transmission des flux audio et vidéo dans le secteur de l’électronique grand public. En somme, il s’agit de simplifier les procédures.

La garantie d’une bande passante
Par exemple, aujourd’hui, la transmission de flux peut nécessiter une interface HDMI. Or, il existe une dizaine de versions de ces interfaces, avec lesquelles les sources et les récepteurs ne sont pas tous compatibles. La présence d’un seul et unique port Ethernet, qui aujourd’hui s’impose à la fois sur les ordinateurs, téléviseurs, lecteurs blu-ray et disques durs multimédia, permettrait non seulement de simplifier la conception des futurs produits, mais engendrerait également une réduction des coûts.Au niveau de la capacité, les câbles Ethernet ne semblent pas poser de problèmes. En effet, les câbles RJ45 de catégorie 5 permettent de supporter des débits allant jusqu’à 100 Mbits/s, ce qui théoriquement reste suffisant pour supporter les débits d’une vidéo stockée sur un blu-ray disc.La technologie BroadSync HD devrait donc permettre une standardisation de la connectique, et une facilité d’utilisation évidente pour le grand public. « Les technologies actuelles présentent des problèmes techniques entrainant des performances limitées, des fonctionnalités restreintes et parfois une incapacité à supporter des connexions avec des ordinateurs ou le réseau Internet. La technologie BroadSync HD résout ces problèmes en combinant la garantie d’une bande passante, ainsi que la flexibilité et les performances du protocole Ethernet », résume Michael Johas Teener, directeur technique chez Broadcom.

Les batteries Lithium Ion, solution d’avenir pour les véhicules électriques ?

Charger une batterie en quelques secondes… pour les chercheurs du MIT, cela sera bientôt possible. La technologie qu’ils ont mise au point ne change toutefois pas drastiquement des batteries Lithium Ion que nous utilisons actuellement. En effet, le matériau utilisé par l’équipe de recherche, le Lithium Fer Phosphate (dont le symbole chimique est LiFePO4) ne nécessite pas de changements importants au niveau du procédé de fabrication. Autant d’éléments qui jouent en la faveur d’une commercialisation rapide. Deux ou trois ans, selon le responsable de la recherche Gerband Ceder.

Comme toutes les batteries Lithium Ion, le LiFePO4 absorbe et délivre de l’énergie par l’extraction simultanée et l’insertion d’ions Li+ et d’électrons. Ainsi, la capacité à fournir de la puissance et à se recharger dépend de la vitesse de déplacement des ions Li+ et des électrons à travers l’électrolyte et à travers le matériau des électrodes. Les simulations faites par les chercheurs Byoungwoo Kang et Gerbrand Ceder montrent que les ions et les électrons se déplacent intrinsèquement vite. Donc la limite à leur déplacement rapide dans les batteries actuelles vient d’ailleurs.

Concernant ce point précis, ils ont mis en évidence que les particules chargées se déplacent dans des sortes de tunnels à travers le matériau, dont les entrées et les sorties se situent sur la surface. Si les particules ne sont pas en face de ces entrées, elles ne peuvent pas se déplacer. Le LiFePO4 nanostructuré permet d’obtenir selon l’expression des chercheurs un « beltway », littéralement « boulevard périphérique », permettant une mobilité importante des ions et électrons en surface du matériau. Un prototype de batterie de ce type pourrait se charger en moins de 20 secondes, contre 6 minutes avec un matériau non modifié.

Sur le marché d’ici deux à trois ans ?

La plupart des batteries commercialisées sont faites aujourd’hui de Lithium Cobalt. En effet, même s’il est peu cher, le LiFePO4 n’a pas, jusqu’à présent, retenu l’attention des industriels car le Lithium Cobalt peut stocker plus de charge pour un poids donné. Cependant, les chercheurs ont découvert que leur nouveau matériau ne perd pas sa capacité de charge avec le temps alors que les batteries standards ont une durée de vie plus limitée.

Cela signifie que l’excès de matériau nécessaire pour les batteries standards pour compenser leur dégradation avec le temps ne sera plus nécessaire, rendant les batteries plus petites et plus légères avec des performances de charge et de décharge très importantes. Charger des batteries en quelques secondes au lieu de plusieurs heures devrait permettre un changement des habitudes quotidiennes, et donc, de nouvelles applications technologiques. En effet, la vitesse d’évolution de l’électronique est limitée par la capacité des batteries. Seulement 360 W sont nécessaires pour charger une batterie de téléphone portable de 1 Wh en 10 secondes. Autre avantage du LiFePO4, il ne souffre pas de surchauffe, phénomène qui a déjà entraîné la destruction d’ordinateurs portables ou autres baladeurs mp3.

Un nouvel élan pour les véhicules hybrides

Au delà des ordinateurs et des téléphones, cette technologie pourrait également bouleverser l’automobile : décharger une batterie en quelques secondes, c’est disposer de la puissance immédiate qui fait défaut aux véhicules électriques actuels. La charger en quelques minutes au lieu d’y passer la nuit permet d’envisager sereinement de longs trajets. Encore faut-il, bien entendu, que le réseau électrique fournisse une puissance suffisante pour permettre cette charge rapide. En effet, 180 kW sont nécessaires pour charger une batterie de 15 kWh (batterie pour véhicules hybrides électriques) en cinq minutes, ce qui implique l’utilisation de stations d’énergie électriques pour recharger les voitures hybrides électriques. Le pari n’est donc pas simple, mais certains constructeurs ont déjà investi dans des batteries à charge rapide. Utilisant la technologie d’Altair Nanotechnologies, Phoenix Motorcars a construit un prototype de voiture électrique, autonome sur 160 km et pouvant être rechargée en seulement 10 minutes.

Selon Ceder, de telles batteries pourraient être sur le marché d’ici deux à trois ans. Ces nouvelles batteries pourraient donc, assez rapidement, révolutionner le secteur des véhicules hybrides, en réglant le problème du temps de charge, et en améliorant nettement le potentiel des batteries utilisées. Ce projet a été financé par la National Science Foundation, à travers le « Materials Research Science and Engineering Centers program » et le « Batteries for Advanced Transportation Program » du département américain à l’énergie.

 

Sources :

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Pourquoi faut-il interdire le BPA dans les plastiques alimentaires ?

Le BPA est une substance chimique utilisée dans la composition de certaines matières plastiques, principalement le polycarbonate (65% des usages) et le polyépoxy (30% des usages). Il est employé dans la fabrication de ces matériaux depuis de nombreuses années.

Comment est-on exposé au BPA ?
Le BPA est également connu sous sa dénomination chimique, le 2,2-bis (4-hydroxyphényl) propane. L’exposition au BPA a lieu quasi-exclusivement par la voie alimentaire, en raison de la migration du BPA dans les aliments notamment sous l’effet de la chaleur, mais on le détecte aussi dans les poussières domestiques. Les dosages urinaires dans un échantillon de 2.500 personnes montrent que 93% de la population américaine est imprégnée. Il est également important de noter que les enfants sont globalement plus imprégnés que les adultes.On trouve le BPA dans le lait, le sérum, la salive, le liquide amniotique. On ne dispose pas de données en France (ce qui montre le retard français en matière de surveillance par biomonitoring), à l’exception des mesures effectuées par le WWF dans le cadre de la campagne DETOX et qui donnent des informations similaires aux données américaines (1).

Quels sont les risques dêtre exposé au BPA ?
On considère généralement que le Bisphénol A ne se stocke pas dans l’organisme, mais cette idée est peut-être en train d’être remise en cause, car une étude américaine récente a montré que l’excrétion urinaire est la même quelle que soit la durée du jeûne qui a précédé le prélèvement urinaire.On détermine le risque pour la santé à partir des études in vitro (sur des tests cellulaires) et in vivo (chez l’animal) ainsi qu’à partir des études chez l’homme. Les tests cellulaires montrent que le BPA est un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire qu’il perturbe le fonctionnement du système hormonal (2). Chez l’animal, à la date du 31/12/2004, 115 études avaient été effectuées in vivo. Au final, 94 étaient positives dont 31 à des doses inférieures à la Dose Journalière Admissible (3).Depuis, les études nouvelles n’ont fait que conforter cette analyse :
  • Des rates exposées via la lactation développent des tumeurs mammaires à l’âge adulte.
  • Le BPA diminue l’efficacité de la chimiothérapie du cancer du sein.
Les principaux effets déduits de ces études sont tout d’abord les cas de cancers (sein, prostate, testicule). On relève également des atteintes de la reproduction (baisse de la spermatogénèse) et du développement, avec entre autres des troubles du comportement (hyperactivité, agressivité), diabète et obésité.Les études menées chez l’homme sont plus rares, mais les résultats demeurent inquiétants : on note un taux plus élevé de fausses-couches chez les femmes les plus imprégnées. Ensuite, une étude récente montre, de façon très significative, que plus l’imprégnation d’une population en BPA est forte, plus le taux de maladies cardio-vasculaires, de diabète et d’atteinte hépatique est élevé. Des effets indésirables du BPA sur les cellules du pancréas, du tissu adipeux, pourraient rendre compte de ces pathologies, mais beaucoup de travaux sont encore nécessaires pour comprendre les mécanismes.  

Au delà de l’aspect sanitaire, quels sont les autres enjeux du BPA ?
Toutes les études, au nombre de 11, menées par des scientifiques et financées par l’industrie ne montrent aucun effet. Mais 90 % des études menées par des équipes indépendantes de l’industrie montrent quant à elles des effets. La déontologie de l’expertise du comité scientifique de l’EFSA est très discutable puisque, à l’inverse de ce qui se fait habituellement, celui-ci considère le nouveau-né moins sensible que l’adulte et l’homme moins sensible que le rat.De nombreuses études ont été publiées mais ne sont pas prises en compte par le comité scientifique de l’EFSA : ainsi, les 28 études menées sur le sujet montrent des atteintes du comportement à des doses inférieures à la norme européenne, mais sont écartées au motif de « faiblesses méthodologiques ». L’AFSSA ne fait pas mieux en suivant sans esprit critique l’avis de l’EFSA.

Comment réagir : que propose le RES ?
Le BPA est un perturbateur endocrinien. Le fœtus et le nouveau-né sont des populations particulièrement à risque. Par conséquent, il faut agir vite sans attendre d’avoir la preuve lorsque ces enfants arriveront à l’âge adulte. C’est le fondement du principe de précaution : agir en cas de risque grave et irréversible. C’est ce qui se fait déjà outre-Atlantique :
  • Le Canada a fait le choix depuis octobre 2008 d’interdire l’utilisation du BPA dans les biberons sur la base du rapport du National Toxicology Program des Etats-Unis estimant qu’il y a un risque préoccupant pour le nouveau-né. Depuis, un projet de loi a été présenté par un député du NPD (Nouveau Parti démocratique) le 6 février devant la Chambre des Communes pour interdire le BPA dans des produits spécifiques.
  • Aux Etats-Unis une proposition de loi a été déposée pour interdire le BisPhénol A dans les plastiques alimentaires. Parallèlement, la société chimique Sunoco a informé les investisseurs qu’elle refusait de vendre le bisphénol A à des sociétés qui l’utiliseraient pour des récipients qui contiendraient la nourriture ou la boisson destinées aux enfants de moins de 3 ans.
Comme dans ces pays, le RES souhaite faire avancer la compréhension et l’interdiction du BPA en mettant en place différentes actions. 

Source
 [1] Exposure of the U.S. population to bisphenol A and 4-tertiary-octylphenol: 2003-2004. Calafat AM, Ye X, Wong LY, Reidy JA, Needham LL. Environ Health Perspect. 2008 Jan;116(1):39-44. Lire l’étude [2] ChapelHill bisphenol A expert panel consensus statement : integration of mechanisms, effects in animals and potential to impact human health at current levels of exposure. Vom Saal FS et al Reprod Toxicol. 2007 Aug-Sep; 24(2) :131-8.Association of urinary bisphenol A concentration with medical disorders and laboratory abnormalities in adults. Lang IA, Galloway TS, Scarlett A, Henley WE, Depledge M, Wallace RB, Melzer D. JAMA. 2008 Sep 17;300(11):1303-10. Lire l’étude  [3] Environ Health Perspect. 2005Aug;113(8):926-33. An extensive new literature concerning low-doseeffects of bisphenol A shows the need for a new risk assessment.Vom Saal, Lire l’étudeTribune écrite par le Réseau Environnement SantéLes Réseau Environnement Santé a été lancé en mars 2009 sous l’égide de l’Alliance pour la Planète et plus particulièrement des ONG suivantes : WWF France, Fondation Sciences Citoyennes, MDRGF, FacVerte, Objectif Bio et Nord Ecologie Conseil. Sa première campagne vise à interdire le bisphénol A.

L’énergie hydraulique en mer : le cas des atolls de stockage

Les « stations de transfert d’énergie par pompage » (STEP), c’est-à-dire les retenues d’eau alimentant une turbine, représentent à ce jour la technologie permettant de stocker le plus d’énergie et de délivrer la plus grande puissance, avec un rendement inégalé de 90 % au pompage comme au turbinage. Soit un rendement total d’environ 80 % sur un cycle de stockage / déstockage. En outre, leur utilisation ne dégage pas de gaz à effet de serre. François Lampérière, expert mondial, prend l’exemple d’un atoll de stockage situé en bord de mer, hypothétiquement situé dans les Pays de Caux.

Les hypothèses d’aménagement
Il s’agirait d’un stockage de 160 GWh pour une puissance de 5 GW. Ce stockage serait constitué par un bassin de 5,5 km de diamètre, adossé à la falaise sur 3 km : le niveau maximum du réservoir, proche de la crête de la falaise, est 90 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Son exploitation (entre 50 et 90 m de charge sous 70 m de charge moyenne, avec un rendement de 0,9) permet de stocker une énergie (en GWh par km²) égale à : ((106 × 40 × 70 × g × 0,9) / (3600 x 106)) = 7 GWh. Ce chiffre représente (3.600 × 106) 160 GWh pour une surface de 23 km².

Un aménagement en trois parties
Les travaux nécessaires à un tel projet sont conséquents. Tout d’abord, il s’agit d’installer :
  • Le brise lames, à une centaine de mètres à l’extérieur du pied de la digue principale, d’une longueur totale de 15 km, arasé au niveau des plus hautes mers, limitant ainsi la protection de la digue elle-même à des vagues intérieures faibles et exceptionnelles. Sur les 10 km où la profondeur est voisine de 20 m sous les basses mers le brise lames peut être, pour des raisons de délai, réalisé par des caissons en béton armé (analogues aux caissons récents de Tanger ou à la jetée de Dieppe). Les caissons peuvent être préfabriqués, par exemple au Havre, à Dieppe ou à Dunkerque. Les amorces peuvent être réalisées sur le modèle de la digue d’Antifer (port pétrolier du Havre). Le délai de construction du brise lames est de l’ordre de 3 ans.
  • La digue principale du bassin atteindrait 120 m de hauteur maximale et 115 m en moyenne (dont 25 m sous le niveau des hautes mers). La fondation est en matériaux sablo-graveleux sur un fonds rocheux (craie). L’essentiel de la digue peut être constitué de matériaux sablo-graveleux dragués au large de l’aménagement. Il existe dans le monde 10 barrages en sablo-graveleux à étanchéité amont d’une telle hauteur. 10 autres sont en construction et 10 en projet. Une pente amont de 1,5/1, une pente aval de 2/1 en moyenne sont probables. Dans le cas présent, l’étanchéité amont peut se faire en revêtement flexible pour la partie à sec, en paroi moulée sous l’eau. Le parement extérieur de la digue peut être revêtu en terre végétale et arboré pour des raisons d’environnement. Le délai d’exécution de la digue peut être de 4 ans, commençant 6 mois avant l’achèvement du brise lames.
  • L’usine comportant 25 à 30 groupes de 150 à 200 MW aurait une longueur de 700 m environ. Le barrage de prise d’eau, de profil classique est constitué en grande partie de béton compacté au rouleau à base de sablo-graveleux dragué, donc à faible coût. L’usine et les groupes sont classiques. Tous ces ouvrages sont au voisinage de la falaise et fondés au rocher à l’intérieur d’un batardeau de faible hauteur. Le matériel électromécanique peut être amené par mer en très gros éléments, ce qui devrait réduire les coûts. L’usine peut être implantée près de la falaise soit à l’Est du bassin, soit à l’Ouest.
Un délai total de 6 ans et demi pour la mise en eau est probable, avec mise en service progressive des groupes de pompage entre 6 ans et demi et 8 ans.

Un coût avoisinant les 6 milliards d’euros
Au niveau du calcul des coûts, l’évaluation financière quant à l’installation du brise lames et de l’usine aboutit aux résultats suivants. Pour le brise lames, on peut se référer à l’exemple du brise lames de Tanger. Exposé à des houles plus fortes, son prix de revient est nettement inférieur à 50 millions d’euros par km, pour une longueur beaucoup plus courte. Un coût moyen de 50 millions d’euros par km paraît ici conservatif. Le coût principal de la digue, d’une longueur totale de 13 km est constitué par le remblai, d’un volume total de 13.000×21.000 = 275 millions de m³. On peut utiliser quelques millions de m³ de craie, mais l’essentiel serait du matériau sablo-graveleux dragué en moyenne à 5 ou 10 km. La partie basse de la digue pour la moitié du volume pourra être mise en place par dragues (voir le schéma ci-dessous), la moitié supérieure nécessitant une reprise terrestre, probablement par bande transporteuse. Le coût probable serait de 3 euros pour la partie basse et de 6 euros pour la partie haute. On admet un prix moyen de 5 euros. Dans le détail, le coût des opérations par mètre carré serait le suivant :
  • Le revêtement étanche réalisé à sec est de 150×13.000 = 2 millions de m² à 100 euros/m²
  • L’étanchéité sous l’eau est assurée par 40 m×13.000 = 0,5 millions m² de paroi moulée à 300 euros/m²
  • Le revêtement extérieur est de 2 millions de m² (terre végétale et arbres) de l’ordre de 50 euros/m².
On peut donc en déduire les coûts suivants (en millions d’euros) :
  • Le brise lames : 15 km x 50 = 750
  • Remblais de digue : 275 millions x 5 = 1.375
  • Revêtement : 200 + 150 + 100 = 450
On arrive donc, en additionnant ces montants, à un total de 2,575 millions d’euros pour l’aménagement de ces installations.En ce qui concerne l’usine, les dépenses seraient les suivantes (en millions d’euros) :
  • Prise d’eau : 3 x 100 = 300
  • Génie civil : barrage en béton de 3 millions de m³ + 750.000 m³ pour l’usine = 600
  • Batardeau et terrassement : 100
  • Matériel électromécanique : 400 €/kWh x 5 = 2.000
On arrive ainsi à un total de 3 milliards d’euros pour la construction de l’usine et sa mise en fonctionnement. La totalité de l’aménagement coûterait donc 5,575 milliards d’euros. En arrondissant ce chiffre à 6 milliards pour 5 GW, on obtient donc un coût moyen de 1.200 €/kWh. Un coût moyen, du même ordre que les aménagements mondiaux récents de pompage entre deux lacs. Un seul atoll de stockage, de 5 kilomètres de diamètre, pourrait compenser l’indisponibilité, pour cause d’absence ou d’excès de vent, de l’équivalent d’un cinquième du parc éolien français prévu pour 2020 (25 GW) pendant 32 heures, c’est-à-dire une journée et demi.C’est dire s’il s’agit d’un instrument bien dimensionné pour répondre à la difficulté fondamentale posée par l’intégration des énergies renouvelables au réseau d’électricité, à savoir leur intermittence. Le coût d’un atoll est du même ordre que celui d’une centrale nucléaire.

 
Article issu du « Rapport sur l’Évaluation de la stratégie nationale de recherche en matière d’énergie » par MM. Christian Bataille et Claude Birraux, députés

Vidéomicroscope VHX, 54 Millions de pixels en 3D

Keyence, fabriquant de microscope numérique depuis 25 ans, annonce la sortie de son premier modèle en France, le nouveau VHX-600. Ce système compact offre une exceptionnelle définition d’observation (54 millions de pixels max.) grâce à une caméra 3CCD haute performance couplée à un moteur de déplacement de la CCD. Il est en outre pourvu d’un actionneur intégré, qui permet des mesures 3D. De plus, le procédé de balayage progressif élimine les reflets. Il permet ainsi de générer des expressions de texture et une reproduction des couleurs similaire à une observation à l’œil nu. Le VHX permet ainsi d’observer précisément des détails de 0,01 µm, ce qui le place bien au-delà des meilleures performances du marché. Sa capacité de traitement est aussi unique. Le VHX-600 offre une profondeur de champ au moins 20 fois supérieure à celle des microscopes optiques. Ces avancées sont rendues possible grâce au procédé D.F.D. (profondeur par évaluation du flou). Il permet de construire des images 3D précises à partir de la détection des flous, correspondant à des différences de distance de l’optique. Le procédé D.F.D. (profondeur par évaluation du flou) analyse le degré de flou d’une image 2D afin d’en déduire des informations concernant la profondeur. Le VHX-600 trouve des applications aussi bien en recherche fondamentale (nanotechnologies, biomédical…) que dans les services qualité ou encore au sein des services industrialisation dans les domaines de l’automobile, du pneumatique, du travail des métaux, de la chimie, etc…

Un papillon à l’origine de nouvelles cellules solaires photovoltaïques

Les écailles du Papilio paris se présentent sous la forme de nids d’abeilles et ont la propriété de capter un maximum de lumière. En effet, la lumière réfractée par les loges qui composent l’écaille peut être absorbée par une autre loge. Ainsi, on comprend vite l’intérêt de cette structure dans le domaine de l’énergie solaire photovoltaïque afin d’accroître la quantité de lumière absorbée et donc d’améliorer les rendements. La structure des panneaux solaires actuels pose en effet un problème : ils réfléchissent la lumière quand le soleil est bas dans le ciel.Un autre exemple dans le domaine afin d’augmenter l’efficacité énergétique des cellules solaires photovoltaïques était de copier la structure de la cornée de certains papillons de nuit. Le raisonnement était le même : la structure de la cornée empêche la réflexion de la lumière et augmente ainsi la quantité de lumière absorbée. Cependant, il ne s’agit pas d’utiliser des cellules solaires conventionnelles comme on en retrouve sur le marché, c’est-à-dire des cellules fabriquées à partir de silicium. Il s’agit ici d’améliorer l’efficacité des cellules solaires en dioxyde de titane. L’oxyde de titane est un minéral très abondant, non toxique qui présente la propriété d’absorber les UV (rayonnement haute énergie) et de produire des électrons capables de dégrader des composés. L’intérêt est que ce matériau ainsi que le processus de fabrication des cellules photovoltaïques sont économiques.Les cellules en dioxyde de titane, encore appelées cellules Grätzel, différencient les niveaux d’absorption de la lumière contrairement aux cellules traditionnelles au silicium. Ces cellules se présentent sous la forme d’une monocouche où un sensibilisateur (colorant organique absorbant la lumière) est greffé sur la surface d’un oxyde semi conducteur (le dioxyde de titane TiO2).Le principe de fonctionnement est le suivant : quand les rayons du soleil frappent la surface du panneau, le colorant organique a suffisamment d’énergie pour éjecter un électron. Les électrons libérés circulent via le TiO2 jusqu’à la périphérie de la cellule où ils sont collectés. Ils circulent ensuite dans un circuit extérieur où leur passage génère de l’électricité. Pour former un cycle, un électrolyte composé d’iode surchargé d’électrons permet de boucher les électrons libérés par le colorant le temps que ceux-ci traversent le circuit. Ils reviennent alors dans l’électrolyte (circuit fermé). Cette étape est très importante pour éviter le phénomène de surchauffe des cellules constituant le panneau solaire.

De nouvelles cellules photovoltaïques plus faciles à fabriquer
À la base, le rapport prix/performance était déjà compétitif par rapport aux autres technologies connues. Bien qu’elles ne présentent un rendement que de l’ordre de 11%, soit la moitié des cellules au silicium actuel de 22%, les nouvelles cellules élaborées par Di Zhang et son équipe auraient la capacité d’absorber deux fois plus de lumière que les cellules en titane conventionnelles et de en plus, elles sont plus faciles à fabriquer.Cette idée avait également été étudiée précédemment par une équipe de chercheurs de l’Université de Washington qui ont essayé d’augmenter la surface spécifique des composés actifs (oxyde de zinc ZnO) des cellules solaires, en intégrant ceux-ci sous forme de nanosphères. Ainsi, la lumière réfléchie est absorbée par les sphères voisines, ce qui augmente les performances d’absorption et donc les rendements des cellules. On a pu tripler le rendement des cellules et l’idée est donc d’adapter cette technique pour du TiO2.Cette technologie pourrait révolutionner le solaire photovoltaïque pour des projets de grande ampleur, surtout d’un point de vue économique. Une première idée serait par exemple de rendre moins cher la production d’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau.Par Jérémy Goldyn, consultant indépendant en énergie. Lire son blog

Le Forum Mondial de l’Eau à Istanbul : établir des ponts ?

Vingt mille personnes grouillaient autour des kiosques thématiques internationaux ou commerciaux, assistant aux sessions politiques, d’information et d’actualité, nouant des relations sociales dans les couloirs… Tous cherchaient des solutions pour une meilleure gestion de l’eau.Aucun nom n’aurait pu mieux convenir qu’« établir des ponts » pour cette conférence à Istanbul. Istanbul est une ville reliant l’Asie à l’Europe, marquée par le mélange de nombreuses cultures et où les bâtiments religieux ont abrité des croyants et des objets de différentes fois.Si on se fie à la couverture médiatique du forum, il semble bien que les divergences n’aient pas été aplanies. A l’extérieur, les manifestants dénoncent la privatisation de l’eau et la construction de barrages alors qu’à l’intérieur, les spécialistes discutent de la meilleure façon pour les gouvernements de travailler avec les opérateurs privés pour améliorer les services de l’eau, ainsi que de l’utilité des barrages pour aider à gérer des ressources en eau rares et variables.Pourtant, comme témoin, il m’a semblé que le fossé était moindre que ce qu’il y paraissait, et certainement moindre qu’il y a dix ans. Les positions et les actions des deux côtés sont plus nuancées. Il y aura toujours des différences profondes mais le débat passionné contribue à faire avancer les choses.

Les questions sur le droit d’accès à l’eau restent en suspens
D’une certaine façon, la recherche de ce juste milieu entre l’opinion publique et ce que l’on appelle l’opinion des experts, illustre parfaitement ce qu’il doit se passer avec le changement climatique. Pour réduire le changement climatique et nous y adapter dans le secteur de l’eau, il nous faut choisir entre plusieurs options, dont aucune n’est facile. Nombreuses sont celles qui ont également des effets pervers. Il n’y a pas de solution facile. Ces dernières peuvent avoir des inconvénients imprévus. Par exemple, de nombreuses personnes pensent qu’il suffit d’encourager les agriculteurs qui dépendent de l’irrigation, à pratiquer l’irrigation par goutte à goutte pour obtenir la même récolte avec moins d’eau et en garder ainsi pour la consommation urbaine. Malheureusement, cela ne marche pas comme ça. L’irrigation par goutte à goutte pousse les agriculteurs à intensifier ou à étendre leur production, en utilisant la même quantité d’eau, voire plus s’ils peuvent exploiter la nappe phréatique. Nous produisons plus mais sans laisser plus d’eau pour les autres.Dans les endroits où on utilise déjà plus d’eau qu’il n’y en a de disponible (c’est le cas dans la majeure partie du Moyen Orient, de la Chine du Nord et dans certaines parties de l’Inde), la seule manière d’avoir une pratique de développement durable est de réduire le droit d’accès à l’eau des individus. Ce n’est évident ni pour ceux qui doivent faire avec moins d’eau ni pour les politiques qui doivent prendre la décision. Un participant australien nous a montré en s’appuyant sur un graphique les efforts de son gouvernement pour revenir sur le droit d’accès des utilisateurs quand sa première attribution n’était pas durable.Pour moi, cela signifie que notre réflexion et notre prise de décision sont plus robustes que nous ne le supposons. Le caractère volontaire des débats, même s’ils sont chaotiques et que certains participants sont moins bien disposés que d’autres, laisse entrevoir un avenir meilleur. Nous avons besoin de meilleurs résultats pour pouvoir innover et investir à la hauteur nécessaire, et nous assurer que les décisions prises n’affectent pas les groupes les plus vulnérables et sont acceptables sur le plan politique.

L’importance de soutenir les projets de petite et grande échelle
Nous savons tous que ce qui prime, ce sont les innovations. Certaines, intéressantes, ont été présentées ici. En voici deux exemples très différents, l’un en provenance du secteur privé, l’autre du secteur public.Sous le chapiteau commercial, les compagnies vendent des centrales de dessalement de la taille du refroidisseur d’eau qui se trouve dans mon bureau, pouvant fournir de l’eau pour une famille ou être couplées ensemble pour subvenir aux besoins d’une petite communauté. S’attaquant ainsi au problème d’échelle dans le processus de dessalement, elles apparaissent comme la solution pour les communautés dans les petites îles ou les zones côtières éloignées. Cela pourrait aussi ouvrir la voie à une série de petites usines le long des côtes, en lieu et place des très grosses usines et des pipelines qui transportent l’eau avec l’inefficacité qu’ils comportent. Et cela pourrait aider à lutter contre la pénétration saline dans l’aquifère, supposée aggraver le changement climatique. D’après le vendeur, le prix de l’eau produite dans ces unités n’est pas tellement plus cher que dans les grandes centrales. Une compagnie parle de 3.5 kWh pour 1.000 litres. Même si on a à peine dépassé le stade de la planche à dessin, cette technologie semble se développer rapidement.D’autre part, dans le centre d’information, les scientifiques de la NASA nous ont parlé de leurs travaux avec les agences hydrologiques du Moyen Orient pour mesurer la balance hydrique. Combien y-a-t-il a d’eau disponible, où est elle utilisée ? Ils vont combiner les derniers modèles et les informations par satellites pour fournir des mesures quotidiennes. On utilise le meilleur du savoir des Etats-Unis et du Moyen Orient pour résoudre un grave problème mondial. Les informations seront rendues publiques, ce qui devrait entraîner une boucle de rétroaction en termes de performance.Julia Bucknall est chercheuse à la Banque mondiale où elle travaille sur la gestion de l’eau, les investissements dans les infrastructures et l’irrigation au Moyen Orient et en Afrique du nord. Elle participe au blog Development in a Changing Climate, des co-auteurs d’un rapport à venir de la Banque mondiale, World Development Report 2010.

Le programme Nano 2012 est officiellement lancé

Le programme de recherche et développement Nano 2012, qui associe l’Etat, les collectivités locales dont le conseil général de l’Isère, ainsi que des partenaires scientifiques et industriels parmi lesquels le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le franco-italien STMicroelectronics ou encore IBM, a été officiellement lancé, mardi 1er avril 2009, par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. L’ensemble des partenaires ont signé une convention cadre qui vise à poursuivre et à développer les travaux de R&D menés en microélectronique sur le site du cluster de Crolles (Isère). Objectifs : accroître la compétitivité des filières microélectroniques notamment face à l’Asie du sud-est, développer des technologies dérivées pour systèmes sur puce électronique, et ainsi, conforter la position de leader du site de Crolles.

Le programme de financement
L’enveloppe totale de ce nouveau programme de R&D, baptisé Crolles III, est de 2,3 milliards d’euros. Versée sur 5 ans, elle sera financée à hauteur de 657 millions d’euros par les collectivités publiques indique l’Elysée (477 millions par l’Etat et 180 millions par les collectivités territoriales) auxquels viennent s’ajouter 340 millions d’euros apportés par STMicroelectronics. L’aide publique bénéficiera également au Laboratoire d’électronique et de technologies de l’information du Commissariat à l’énergie atomique (CEA-LETI), ainsi qu’à de nombreux autres organismes de recherche et acteurs industriels. Il fait suite au programme Crolles II qui entre 2002 et 2007 avait bénéficié d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros.

Combien d’emplois en perspectives ?
STMicroelectronics s’est engagé à créer, sur les sites de Grenoble et de Crolles, 660 emplois supplémentaires par rapport aux effectifs en poste au 1er janvier 2008. Un chiffre qui devraient venir s’ajouter aux 27.000 emplois induits dans la région de Grenoble par le cluster de Crolles.

Les cleantech ne connaissent pas la crise

Publié par GreenUnivers et La Tribune, le premier baromètre trimestriel mondial des deals (levées de fond et fusion-acquisition) dans les cleantech permet de dresser une carte des investissements et d’en connaître les tendances. Ainsi, le montant total des deals atteint 1,1 milliard d’euros. Ces investissements concernent aussi bien les énergies renouvelables, le recyclage ou les voitures électriques. Mais le panorama ainsi dessiné permet de dresser les tendances actuelles des secteurs cleantech les plus dynamiques.Ainsi, le solaire est de loin le secteur le plus actif. Sur les 61 fusions-acquisitions réalisées dans les cleantech au premier trimestre dans le monde, 22 concernent le solaire, pour un montant total avoisinant les 700 millions d’euros. Dans la même veine, la liste des dix principaux deals mondiaux fait apparaître 6 transactions liées à l’industrie solaire. La principale opération en valeur, concerne les Etats-Unis, et plus précisément la Californie, où l’on observe un tourbillon de concentration chez les acteurs du solaire. C’est le cas pour l’opération phare du trimestre, qui concerne FirstSolar, premier fabriquant américain de cellules solaires. L’entreprise, quatrième acteur mondial du secteur, a décidé de se développer dans l’installation de centrales solaires en rachetant pour 400 millions de dollars son rival OptiSolar.

La crise n’a pas arrêté les transactions
Autre investissement intéressant, l’audacieuse manœuvre du Japonais Mitsubishi, qui a jeté son dévolu sur le solaire en rachetant partiellement la plus grosse centrale solaire photovoltaïque du monde, installée au Portugal.Le contexte français suit la tendance mondiale, puisque sur les cinq principaux deals du trimestre, les trois premiers concerne le solaire. Par ordre d’importance figure :
  • Exosun : cette start-up girondine conçoit des centrales nucléaires, photovoltaïques et thermiques, équipées de « trackers » pour suivre la course du soleil. Exosun vient de lever 4,5 millions d’euros auprès de Crédit Agricole Private Equity, afin d’augmenter son activité.
  • ReWATT : l’entreprise, spécialisée dans les centrales solaires, vient d’ouvrir son capital à Frey Nouvelles Energies à hauteur de 3 millions d’euros. La filiale de la compagnie financière Frey ambitionne 300 MW dans l’éolien et le solaire d’ici 5 ans.
  • Sillia énergie est spécialisée dans les panneaux photovoltaïques polycristallins intégrés au bâtiment. Il vient de lever 2,6 millions d’euros auprès d’IPO, filiale du crédit mutuel-CIC, et de Sodero gestion.
  • Windtechnics vient de céder 42% de son capital à la société d’investissement Hanalei Finances. Cela représente 1,6 million d’euros, pour cette entreprise spécialisée dans la maintenance éolienne.
  • Pellenc Selective Technologies produit des machines assurant automatiquement le tri des déchets ménagers et industriels. Basée dans la Vaucluse, l’entreprise vient de lever des fonds, pour un montant de 1,2 million d’euros, auprès de Turenne Capital.
Au niveau mondial comme français, on voit donc que le solaire est le secteur le plus dynamique depuis le début de l’année. Mais les autres secteurs cleantech ne sont pas pour autant en reste. Ainsi, le recyclage se place comme un secteur en plein essor. Le groupe Paprec a d’ailleurs récemment mis la main sur la société bordelaise Acoor Environnement, pour un montant non divulgué. De même, l’éolien, malgré la crise, reste un secteur très dynamique, surtout de l’autre côté de l’Atlantique.

Chiffre clé : baisse de 3,8% des dépenses IT en 2009 dans le monde

La crise économique n’épargnera pas le secteur des technologies de l’information. Elle pourrait même sérieusement l’ébranler si l’on en croit Gartner qui a publié, lundi 31 mars, ses prévisions pour l’année 2009.Le cabinet d’études américain estime en effet, que les dépenses IT du grand public comme des entreprises dans le monde devraient reculer de 3,8% en 2009 pour atteindre 3,2 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros), soit une baisse de près de 10 points par rapport à 2008. L’année dernière, les dépenses informatiques avaient atteint 3,4 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros), soit une progression de 6,1% sur une année glissante.Ce décrochage apparaît d’autant plus significatif qu’il dépasse nettement celui constaté après l’éclatement de la bulle Internet. Entre 2000 et 2001, les dépenses IT n’avaient alors baissé que de 2,1 % rappelle Gartner.Evolution et prévision des dépenses IT dans le monde (en milliards de dollars)

Dépenses2008 Variation annelle Dépenses 2009 Variationannuelle
Matériel 381,0  + 2,8 % 324,3  – 14,9 %
Logiciel 221,9  + 10,3 % 222,6  + 0,3 %
Service 809,5  + 7,6 % 796,1  – 1,7 %
Telecom 1.948,0  + 5,6 % 1.891,2  – 2,9 %
Total 3.360,3  + 6,1 % 3.234,0  – 3,8 %
Source : Gartner (mars 2009)
Tous les secteurs ne sont toutefois pas touchés de la même manière. C’est la vente de matériels qui devrait le plus souffrir. Avec des dépenses estimées à 324,3 millions de dollars (242,5 millions d’euros), les ventes de ce segment devraient reculer de 15% sur un an.Les télécoms, également dans la tourmente, devraient mieux s’en sortir avec une baisse de leur activité de seulement 2,9%. Même chose pour les services informatiques ( – 1,7%). La chute des investissements des firmes y sera pour beaucoup, mais le pire devrait être évité grâce aux prestations d’infogérance qui procurent aux SSII des revenus récurrents.Au final, c’est le segment du logiciel qui devrait le mieux tirer son épingle du jeu avec une croissance de 0,3% sur un an. En particulier ceux dont l’objectif est d’aider les entreprises à optimiser leurs budgets informatiques, à réduire le temps nécessaire aux tests avant le lancement de nouveaux produits, ou encore à améliorer la relation clients. En France, la situation est également tendue, même si l’impact de la crise apparaît moins important. Pour le Syntec Informatique qui a divulgué mardi 1er avril ses prévisions pour l’année 2009 au cours de sa conférence semestrielle, la croissance du secteur informatique devrait être proche de zéro, avec une incertitude de plus ou moins un point. En France aussi, tous les segments ne seront pas touchés de la même manière. Deux d’entre eux devraient mieux résister. Dans le conseil et services informatiques, il s’agit des projets d’infogérence d’infrastructure (+ 5%) et dans l’édition de logiciels, des logiciels embarqués (+ 5%).

L’EFSA recommande de réduire la dose tolérable de cadmium

Le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire de l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (l’EFSA) vient de recommander la réduction de la dose hebdomadaire tolérable (DHT) de cadmium dans l’alimentation à 2,5 microgrammes par kilogramme de poids corporel (µg/kg pc), contre 7 µg/kg pc auparavant (taux fixé en 1988 et reconfirmé en 2003 par le comité mixte FAO/OMS).Hors, « si l’exposition moyenne d’un Européen adulte approche ce taux », révèle l’étude, « celle de certaines populations (végétariens, enfants, fumeurs) et les personnes résidant dans des régions fortement contaminées pourrait atteindre plus de deux fois la DHT ». Le cadmium, un métal blanc argent toxique pour l’homme, peut notamment entraîner des problèmes rénaux, une déminéralisation des os et a été reconnu cancérigène par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Il se concentre dans la chaîne alimentaire, à travers le sol et l’eau potable. Il est libéré dans l’environnement par la pollution industrielle.

Une prochaine réévaluation des taux autorisés ?
L’exposition chez les végétariens, qui consomment en priorité des produits alimentaires riches en cadmium (fruits secs, céréales, graines oléagineuses, légumes secs) est ainsi évaluée à 5,4 µg/kg pc. Les enfants, qui mangent plus qu’un adulte proportionnellement à leur poids corporel, sont également plus exposés, de même que les personnes qui vivent dans une zone industrielle et se nourrissent de la production locale. Le groupe scientifique a par ailleurs déclaré que « le tabac contribue à une exposition interne similaire à l’exposition alimentaire et que la poussière domestique peut constituer une source importante d’exposition générale au cadmium chez les enfants. »Outre les céréales, légumes, fruits secs, féculents et viande, les algues, le poisson et les fruits de mer, les compléments alimentaires, les champignons et le chocolat présentent des teneurs élevées en cadmium. Même si les risques d’effets indésirables sont jugés très faibles, l’EFSA a rendu à la Commission européenne, commanditaire de l’étude, un avis favorable à la réduction de l’exposition au cadmium dans la population générale. Si la Commission européenne devait donner suite, on pourrait s’attendre prochainement à une réévaluation des taux autorisés de cadmium dans les produits alimentaires.

GreenDrive, un système innovant pour une conduite écologique

L’innovation automobile se tourne depuis quelques années vers les économies de carburants. Arrêt du moteur au feu rouge, récupération de l’énergie cinétique… les procédés innovant ne manquent pas. Cependant, un facteur de consommation de carburant sur lequel les constructeurs n’ont aucun moyen d’action est le style de conduite. Ainsi, on sait que les conduites dites « sportives » sont gourmandes en carburant, surtout en ville.Partant de là, Alex Ackerman et Yossef Shiri, respectivement suédois et israëlien, ont mis au point un appareil intelligent nommé GreenDrive. Ce système, dont la date de commercialisation n’est pas encore arrêtée, combine des informations sur la position du véhicule, les conditions de circulation et le type de voiture pour calculer et conseiller le conducteur sur le style de conduite à adopter pour réduire sa consommation. « Notre système permet de réduire la consommation de carburant d’un véhicule d’une manière très intuitive pour le conducteur. Il peut fonctionner sur un téléphone mobile ou un appareil de navigation personnelle, et il tient compte de l’environnement », explique Yossef Shiri.

Entre 15 et 25% de carburant économisé

Le système est encore à l’état de prototype, mais les résultats des tests menés sur le terrain sont concluants. Selon les deux inventeurs de GreenDrive, ce système permet de réaliser, en moyenne, une économie de 15 à 25% de carburant sur un cycle complet. « Si vous conduisez de manière agressive, vous pouvez économiser jusqu’à 50% de carburant grâce à ce système », précise Yossef Shiri.Utilisant les informations de localisation du Global Navigation Satellite System (GNSS), GreenDrive fonctionne pour l’instant avec le GPS, mais dans l’avenir, il sera également capable d’exploiter les données de Galileo, le futur système de positionnement par satellites européens.Il sera même possible aux utilisateurs de ce système de consulter sur le Web les données statistiques relatives à leur style de conduite, pour adapter ce dernier au besoin.L’Agence Spatiale Européenne a salué cette invention, dans le cadre de son programme de transfert de technologie, et travaille en partenariat avec Ackerman et Shiri pour améliorer ce nouveau système. GreenDrive a déjà été récompensé, en 2008, par le premier prix de l’European Satellite Navigation Competition.

La crise, une opportunité pour les DSI

Comment la crise financière et le développement rapide des nouvelles technologies, notamment la vidéo, les réseaux sociaux ou encore l’intelligence artificielle dans le domaine des prévisions, affectent-ils le métier de DSI ? Que recouvre aujourd’hui cette fonction et comment celle-ci est-elle susceptible d’évoluer dans les années à venir ? Autant de questions auxquelles l’enquête commandée par l’éditeur de solutions d’entreprise CSC ainsi que l’éditeur de logiciels d’Application Intelligence Cast, et réalisée par l’IFOP auprès d’une centaine de DSI des grandes entreprises européennes apporte quelques éléments de réponse.Premier constat : d’une fonction support au service du développement des métiers et de la réduction des coûts, la DSI des entreprises interrogées est devenue aujourd’hui une fonction stratégique, à la fois support du patrimoine applicatif de l’entreprise mais aussi acteur de l’innovation. Interrogé sur leur position et leur contribution actuelle au sein de leur société, 86% des DSI estiment que la fonction informatique est un levier d’excellence professionnelle pour les métiers et 75% pensent qu’elle mène de plus en plus l’innovation et contribue à la création de valeur grâce aux nouvelles technologies. La dynamisation et la valorisation des patrimoines applicatifs est cité, quant à elle, par 68% des professionnels interrogés. Une évolution que l’on retrouve de manière sensible dans la perception qu’ont les DSI de l’évolution de leur fonction. Pour 83% d’entre eux, ils sont désormais de plus en plus impliqués dans la stratégie de leur entreprise. 76% signalent également être associés aux changements et évolutions des métiers tandis que 73% déclarent contribuer à l’accélération de l’innovation. Mais la crise économique qui oblige aujourd’hui les entreprises à adapter leurs offres et leurs prix, mais aussi à intensifier les économies d’échelles et à resserrer les coûts et d’autre part, l’évolution rapide des technologies ne remettent-elles pas en cause ce nouveau rôle acquis par les DSI ? Pour les auteurs de l’enquête, il semble que ce ne soit pas le cas. « Car aujourd’hui, les dirigeants d’entreprises ont conscience que les systèmes d’informations sont devenus de puissants leviers de croissance », martèlent-ils. Encore faut-il que les DSI sachent se positionner comme une fonction capable de renforcer l’entreprise sur son marché. Et pour cela, ils doivent relever deux principaux défis :

  • Se servir de l’informatique pour créer de la valeur auprès des directions opérationnelles. Ce qui signifie, faciliter voire anticiper les besoins métiers, améliorer la rentabilité des applications sur leur cycle de vie et créer des connexions entre informatique, processus métiers et business de l’entreprise. Sur ce point, les DSI déclarent être confrontés à quatre principaux défis : l’optimisation des processus IT et le développement des bonnes pratiques telles que CMMI, ITIL, cobit, etc. (93 % des réponses) ; la rationalisation du patrimoine applicatifs et des infrastructures (91%) ; la mise en place de la sécurité et du contrôle interne (84 %) et enfin, la mise en place de solution ou d’ERP (83%).
  • Utiliser les technologies pour identifier et mettre en oeuvre des relais de croissance pour l’entreprise. Ce qui signifie, aider les dirigeants à imaginer comment les technologies peuvent changer la stratégie de l’entreprise et contribuer à générer du chiffre d’affaires supplémentaire via de nouveaux produits ou de nouveaux services. Dès lors, la question à laquelle les DSI vont être de plus en plus confrontées et devront répondre est moins « comment », mais « quoi ». Un virage dont ils ont bien conscience puisque 83 % d’entre eux estiment qu’ils devront être de plus en plus moteur de l’innovation au moyen des nouvelles technologies dans les années à venir.
Deux évolutions qui pour les auteurs de l’étude ont des implications importantes en terme d’évolution de cette fonction et de ses attributions dans les années à venir.Du fait de leur rôle croissant dans l’innovation, ils devront être impliqués de plus en plus en amont dans la stratégie des entreprises. Par ailleurs, afin de pouvoir être force de proposition, ils devront veiller :
  • à comprendre et anticiper l’impact des signaux précurseurs tels que les changements socio-économiques, réglementaires, technologiques ou encore organisationnels, puis adapter le système d’information en conséquence ;
  • à développer une bonne compréhension de l’informatique et de ses enjeux par les dirigeants de l’entreprises et mettre en place des relations proactives avec les responsables métier ;
  • à développer une veille constante pour pouvoir identifier les modèles de demain ;
  • à développer et cultiver dans l’entreprise une curiosité au changement ;
  • à mettre l’innovation au service de l’approche client afin de faciliter le recueil d’informations auprès de ces derniers ;
  • à intégrer de plus en plus dans le processus de production le travail collaboratif et les nouveaux modes de communication.

Les principaux défis RH des DSI dans l’avenirIls sont principalement au nombre de six. Le premier d’entre eux est le besoin croissant de compétences en matière de nouvelles technologies (75% des réponses). Vient ensuite la gestion des compétences et des carrières (73%), la rareté des compétences (60%), la mixités des profils recherchés (59%), l’évaluation de la performance du personnel IT (56%) et enfin, l’apparition de nouveaux métiers au sein de la DSI (55%).

Chiffre clé : 98% des énergies de transport sont issues du pétrole

Le transport est un secteur extrêmement gourmand en énergie. Dépendant à plus de 98 % des produits pétroliers, il constitue également le domaine où les recherches pour produire des carburants alternatifs s’intensifient. En effet, les sources d’énergie exploitables pour les transports regroupent les ressources fossiles, la biomasse et les énergies renouvelables voire nucléaires (via la production d’électricité). A partir de ces ressources, plusieurs types de carburants peuvent être obtenus puis utilisés dans différents types de véhicules, que l’on classe en quatre catégories : les véhicules équipés de moteur à combustion interne ; les plus répandus, les véhicules hybrides, qui sont en cours de mise sur le marché ; les véhicules à pile à combustible et les véhicules électriques qui ne sont pas, pour le moment, des solutions suffisamment pertinentes. L’étude de l’IFP révèle des chiffres qui, à défaut de surprendre, soulignent une dépendance écrasante du secteur par rapport au pétrole. Ainsi, les carburants conventionnels pétroliers constituent l’immense majorité des besoins en énergie, comme le montre le camembert ci dessus présentant la consommation d’énergie dans le transport routier mondial par type de carburant. On constate que l’essence et le gazole constituent 98% de l’énergie utilisée pour le transport mondial. Ce chiffre tombe à 96% en Europe, où les biocarburants représentent seulement 1,5% et le gaz naturel à peine plus de 1%.

Le transport, secteur extrêmement énergétivore
En ce qui concerne les transports aérien et maritime, ils dépendent respectivement du pétrole à hauteur de 99,9% et 100%. En fait, seul le transport ferroviaire est parvenu à se détacher légèrement des ressources pétrolières (71% de l’énergie totale), et ceci grâce à l’électrification avancée des réseaux ferroviaires dans certains pays.Or, la consommation énergétique du secteur des transports augmente à un rythme annuel proche de 2%. Ayant déjà fait l’objet de nombreuses améliorations techniques et environnementales, les carburants routiers traditionnels devront encore être modernisés, notamment pour répondre aux exigences futures de l’UE en termes de qualité de l’air. De nouvelles exigences en matière de modes de combustion des moteurs sont également prévues dans les années à venir.Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, les carburants fossiles présentent des atouts considérables pour le transport, qui expliquent pour partie leur omniprésence. En effet, leur densité énergétique importante permet une autonomie appréciable des véhicules, souvent plus de 600 km, et les techniques de raffinage sont éprouvées et peu coûteuses (hormis en ce qui concerne les coûts d’approvisionnement).

Des techniques de raffinage éprouvées et peu coûteuses
Cette extrême dépendance pétrolière des modes de transport pose des problèmes complexes, principalement au niveau économique et environnemental. Economiquement, l’utilisation d’une ressource rare et non renouvelable, dont les économies développées sont souvent très dépendantes et exposées à la volatilité des cours, est une source de vulnérabilité énergétique. Au niveau environnemental, la donne est connue : le contenu en carbone des produits pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre et la pollution locale associées aux activités de raffinage et à la combustion dans les moteurs sont des enjeux majeurs. Qui plus est, ces problématiques prennent une dimension croissante, dans un contexte où le développement durable prend une place centrale.Au final, l’extrême dépendance du secteur des transports face au pétrole est plus que jamais d’actualité. Malgré les efforts menés sur la demande (comportements de conduite, modification des habitudes de déplacement), c’est bien la diversification des carburants dans le transport routier qui permettra de lutter efficacement contre les émissions de CO2, ainsi qu’une réduction substantielle de la consommation des énergies non renouvelables.

L’UE trouve un accord sur la diminution des SAO

Les substances qui appauvrissent la couche d’ozone (SAO), font l’objet d’une étroite surveillance depuis quelques années. L’Union européenne a décidé de franchir un palier de plus, en parvenant à un accord qui limite au maximum l’utilisation de ces substances identifiées comme des gaz à effet de serre. L’accord, signé le 11 mars dernier, comporte trois axes de lutte contre l’utilisation des SAO.Il s’agit dans un premier temps de simplifier le règlement actuel, notamment en réduisant les charges administratives inutiles. L’accord souligne également l’importance du respect du protocole de Montréal tel qu’adapté en 2007. Enfin, l’anticipation des problèmes, afin de garantir la reconstitution de la couche d’ozone, constitue une volonté claire de la part de l’UE et de tous les pays membres.« Le succès de la présidence est le résultat de l’engagement actif et ancien de la République tchèque dans le cadre des actions entreprises pour la protection de la couche d’ozone au niveau international, et plus particulièrement au niveau européen », a déclaré Jakub Achrer, expert du ministère de l’Environnement de la République tchèque dans ce domaine. Un succès donc pour la présidence tchèque, qui a obtenu la signature de cet accord. Au-delà, il s’agit d’une véritable avancée au niveau environnemental, mais aussi pour la santé de l’homme. En effet, les SAO endommagent la couche d’ozone, mais sont également potentiellement néfaste pour l’homme, car elles augmentent l’exposition aux rayonnements UV.

Privilégier au maximum les solutions de remplacement
La modification du règlement actuel permettra non seulement d’améliorer de manière significative la protection de l’environnement, mais aussi de réduire l’influence du rayonnement ultraviolet sur l’organisme humain. Il s’agit donc d’un double enjeu environnemental et sanitaire. A ce titre, la Communauté Européenne s’est montré enthousiaste, qualifiant le protocole de « plus constructif de tous les accords internationaux conclus dans le domaine de l’environnement ».Le rapport de Johannes Blokland, adopté par 667 voix pour, 13 voix contre et 10 abstentions, propose de réduire au minimum les SAO et de mettre un terme à leur production et leur utilisation lorsqu’il existe des solutions de remplacement. L’objectif est clair : à terme, il s’agit d’interdire progressivement l’utilisation des SAO, ainsi que des produits et des équipements qui en contiennent. Autre but avoué du texte dans son ensemble : éclaircir les conditions dans lesquelles les substances endommageant l’ozone vont cesser d’être utilisées. Cette proposition harmonise de façon plus appropriée la législation européenne avec les accords internationaux en vigueur sur la réduction des substances dangereuses, tel que le protocole de Montréal (ratifié en 1987).

Fin annoncée des HCFC et du bromure de méthyl
Au niveau des substances concernées, ce sont les réfrigérants, type HCFC (hydrochlorofluorocarbures), qui sont principalement ciblés. Ainsi, l’interdiction d’utiliser des HCFC nouvellement produits entrera en application dès 2010. Leur fabrication sera limitée cette même année à 35%, puis à 14% en 2014, à 7% en 2017, pour être arrêtée au 1er janvier 2020. La seule exception accordée concernera la fabrication de ces substances pour des raisons scientifiques et leur utilisation en laboratoire.Enfin, 2010 marquera décidément un virage dans l’utilisation des SAO. En effet, c’est l’année prochaine qu’entrera en vigueur l’interdiction d’utiliser du bromure de méthyle et du halon 1202. Cela englobe des mesures plus restrictives quant à la prévision de leurs émissions, comme des contrôles d’étanchéité des équipements contenant plus de 30 kg des substances concernées. Cette substance pourra être utilisée uniquement lors des applications de quarantaine et des applications préalables à l’expédition en vue d’empêcher la propagation de nuisibles à travers le commerce international, ceci jusqu’au 18 mars 2010. L’exportation de ces substances sera également limitée, en particulier à destination des pays en voie de développement.En savoir plus sur le protocole de Montréal28 ans avant les accords récemment trouvés par l’UE, le protocole de Montréal, relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone, a donné la première impulsion dans la prise en compte de la dégradation de la couche d’ozone. Négocié et ratifié par 24 pays et la CEE, il implique alors que les signataires suppriment tous les CFC, halons et OCD synthétique des produits manufacturés ou importés. Accompagné de pénalités importantes pour tous les contrevenants, il sera par la suite complété par les accords de Londres (1990), Copenhague (1992) et Pékin (1999).

Des poissons robots pour détecter les pollutions marines

Le professeur Hu et son équipe robotique du Département d’Informatique de l’Université d’Essex ont mis au point des poissons robots, d’une taille d’environ 1,5 mètre. Imitant le mouvement ondulant des poissons à la perfection, ces robots sont complètement autonomes et trouvent leur chemin sans risque, évitant les objets et réagissant à leur environnement. Parmi toutes les applications possibles de ce bijou technologique, la détection des pollutions marines intéressent particulièrement les scientifiques.Le coût de ce prototype de poisson-robot, créé par BMT Group Ltd, est estimé à près de 23.000 euros. Le professeur Hu prévoit que les robots soient opérationnels d’ici 2010. « Si utiliser des bancs de poissons robots pour détecter la pollution dans les ports semble sortir tout droit de la science-fiction, il y a des raisons très pratiques pour choisir cette forme. Avec des poissons robots, on suit un modèle, créé par des millions d’années d’évolution, qui est incroyablement efficace », explique Rory Doyle, directeur de recherche scientifique chez BMT Group. Innovation technologique remarquable, c’est bien le mimétisme avec la nage des poissons qui a impressionné les visiteurs de l’aquarium de Londres, où des prototypes étaient en démonstration (voir la vidéo).Autres capacités étonnantes, ces robots, actuellement au nombre de cinq, ne sont pas télécommandés. Disposant d’une autonomie de huit heures, ils se déplacent intelligemment et sont capables de travailler en équipe. Aussi, ils trouvent seuls leur chemin pour revenir à leur port d’attache une fois leur batterie épuisée.

Repérer des fuites jusque là indétectables
Pouvant se déplacer à une vitesse d’un mètre par seconde, équipé de capteurs chimiques pouvant identifier différentes sources de pollution et transmettre les données récoltées en Wi-Fi, ces prototypes se révèlent des outils parfaits pour identifier des fuites dans des canalisations, et toute sorte de pollution sous-marine, afin d’en limiter au maximum l’étendue et la gravité.Cinq poissons-robots de ce modèle doivent être mis à l’eau dans le port de Gijon, dans le nord de l’Espagne, dans le cadre d’un projet de recherche fondé par la Commission européenne.Le projet s’étendra par la suite, s’il s’avère concluant, à d’autres étendues d’eau comme des lacs ou des rivières. « L’espoir est que cela puisse prévenir des rejets potentiellement dangereux dans la mer, avant que des fuites non détectées ne s’aggravent avec le temps », conclut le professeur Hu.

L’Europe mobilise les TIC pour réduire sa facture énergétique

Décidément, les TIC sont de nouveau au coeur des débats sur les économies d’énergie. Début mars, elles étaient présentées par le Conseil général des technologies de l’information et le Conseil général de l’environnement et du développement durable comme un moyen de diminuer  » la facture écologique  » (lire l’article). Aujourd’hui, c’est au tour de Viviane Reading, Commissaire européenne en charge de la société de l’information et des media, d’appeler les professionnels de ce secteur à redoubler leurs efforts pour aider l’Union européenne à baisser de 20% sa consommation d’énergie d’ici à 2020.Mais comment ? Tout d’abord, en proposant aux promoteurs immobiliers et aux entreprises du bâtiment des systèmes intelligents permettant de contrôler plus efficacement les dépenses de chauffage, de ventilation, de climatisation ou encore d’éclairage. Un poste stratégique puisqu’il représente à lui seul, 40% des besoins d’énergie de l’Europe. Au delà, elle propose également de développer le commerce électronique, le télétravail ainsi que tous les outils d’optimisation des trajets afin, soit de limiter les déplacements, soit de les rendre plus efficaces. Pour rappel, le transport des biens et des personnes représente pas moins de 30% de la consommation d’énergie de l’Union européenne. Enfin, elle suggère aux fournisseurs d’énergies d’informer ou de permettre à leurs clients, grâce à des outils spécifiques tels que les compteurs intelligents, de suivre leur consommation.Mais la Commissaire européenne ne s’arrête pas là. Elle souhaite également que l’ensemble de ce secteur montre l’exemple en matière de réduction de son empreinte carbone. Une injonction assortie de chiffres, puisque d’ici 2015, elle leur demande de réduire cette dernière de 20%. Parallèlement, Viviane Reading en a profité pour lancer une consultation publique sur le Web. Ouverte à tous les pays membres, son but est de collecter des idées d’utilisation des TIC pour réduire la facture énergétique de l’UE.

Du nouveau dans la sécurisation des puces RFID

Mieux protéger, à un coût acceptable, les puces RFID (Radio Frequency identification) contre une lecture pirate. Telle est l’ambition, rapporte l’Adit, d’une équipe d’informaticiens américains de l’université du Massachusetts coordonnée par Wayne Burleson, professeur d’électronique et d’informatique. Leur idée, s’appuyer sur les nombres aléatoires et l’empreinte numérique unique que génèrent les puces SRAM (Static Random-Access Memory) pour réaliser des communications sécurisées avec un lecteur RFID. Ces puces sont en effet très sensibles aux variations de leur unique source d’énergie, à savoir les ondes radio émises par les lecteurs RFID. Lorsque celles-ci surviennent, ce qui ne manque pas d’arriver plusieurs fois par seconde, la mémoire de ces puces se réinitialise en produisant une série de 1 et de 0. Or, « en raison de petites imperfections dans leur composition ou dans leur processus de fabrication, certains bits deviennent de façon prévisible des 1 lorsqu’on augmente la puissance du lecteur, tandis que d’autres deviennent des 0 », explique Wayne Burleson. Il suffit dès lors de lire cette succession de 1 et de 0 pour obtenir « une empreinte unique pour chaque puce » et identifier avec certitude chacune d’elles.Parallèlement, d’autres bits réagissent de manière aléatoire aux variations de puissance. Non reproductibles, ces nombres peuvent alors être utilisés pour sécuriser la communication avec le lecteur. Selon Daniel Holcomb, qui a travaillé sur ce système pour sa thèse de master, « c’est un véritable système accessible. Il suffit d’activer n’importe quelle puce SRAM et cela fonctionne…». Seul bémol, il faut des puces RFID programmables dotées de SRAM. Ce qui n’est pas le cas de celles qui servent aujourd’hui à afficher les prix.Cette étude paraîtra, précise l’Adit, dans une prochaine édition du journal IEEE « Transactions on computers« , mais est déjà accessible sur le Net.

Qualibat délivre ses premières certifications « énergies renouvelables »

Les entreprises de construction ont un rôle majeur dans le développement durable et la promotion des énergies renouvelables. Qualibat, organisme certificateur des entreprises du bâtiment, regroupe les principales organisations professionnelles d’entreprises, d’architectes et de maîtres d’ouvrages publics ou privés et différentes institutions d’étude, de contrôle ou de recherche du secteur. Dans le contexte actuel, les entreprises du bâtiment ont une responsabilité accrue dans la diffusion et l’installation de produits innovants et durables. Or, selon Qualibat, « le manque de professionnalisme des entreprises en la matière conduirait à des risques de contre performance, et, par conséquent, à l’abandon des techniques concernées ». C’est pour remédier à ces errements que l’organisme certificateur a créé, en 2007, sept nouvelles certifications d’entreprises « énergies renouvelables », spécifiques aux installations thermiques utilisant les énergies renouvelables. Ces labels concernent principalement trois domaines :

  • Le solaire : trois certifications ont été mises en place, elles ciblent les chauffe-eau solaires, les systèmes solaires combinés ou chauffage seul, ainsi que les « installations solaires thermiques ».
  • La géothermie : les installations de pompes à chaleur géothermique font l’objet de deux certifications, l’une pour les installations de technicité courante, et une seconde pour celles de technicité confirmée.
  • Le bois énergie : comme pour le solaire, deux certifications existent, l’une de technicité courante et l’autre de technicité confirmée. Elles concernent les « installations thermiques bois énergie ».
Pour l’instant, les entreprises se montrent surtout intéressées par les certifications concernant les chauffe-eau solaires et les installations bois énergie. Pour les entreprises candidates, le processus de certification, réalisé par un auditeur indépendant mandaté par Qualibat, constitue un examen de passage standardisé. Une évaluation approfondie concernant la situation juridique et administrative de l’entreprise, de ses chantiers de références et de ses procédures techniques est tout d’abord conduite. Ensuite, c’est un auditeur indépendant, qui se rend dans l’entreprise et sur les chantiers, pour évaluer au plus près les pratiques de l’entreprise et leur adéquation avec les exigences inhérentes aux certifications.

Plus de 300 entreprises candidates
Si l’entreprise est jugée conforme à toutes les exigences du référentiel, la certification lui est attribuée pour quatre ans. Les sept certifications étiquetées « énergies renouvelables » sont très prisées, elles répondent à l’attente des entreprises. En effet, plus de 300 entreprises ont déjà demandé un dossier en vue d’obtenir une des certifications. Qualibat, de son côté, indique que la commission d’examen génie climatique a examiné 33 dossiers de candidature, au cours de ses réunions entre les mois de septembre et décembre 2009. 12 ont été rejetées, mais 16 entreprises ont été retenues pour un total, 21 certifications ont été délivrées.Pour les entreprises du bâtiment, il s’agit donc d’un enjeu très important. L’exigence de Qualibat en matière de certification assure à l’entreprise labellisée une véritable reconnaissance en matière de savoir-faire. Une reconnaissance nécessaire, qui permettra à chaque entreprise de se positionner efficacement sur le marché des installations thermiques impliquant les énergies renouvelables. Un marché en pleine croissance, avec des nouveaux produits toujours plus performants, mais qui doivent être mis en oeuvre de manière très précise. Dans un contexte où les installateurs font face à des projets tous différents, il est important qu’ils proposent des prestations irréprochables. En effet, le succès à long terme des installations thermiques utilisant les énergies renouvelables, croissant, passe par là.En savoir plus sur les modalités d’attribution des certifications QualibatL’attribution d’une certification implique une évaluation des capacités techniques, humaines, et financières des entreprises. C’est pourquoi chaque candidature fait l’objet de procédures rigoureuses soumises au contrôle d’un organisme tiers :
  • l’établissement de référentiels reconnus, pour évaluer objectivement les entreprises candidates à la certification, Qualibat définit les exigences de qualité auxquelles elles doivent répondre et qui constituent la base de toute évaluation.
  • Des procédures harmonisées sur l’ensemble du territoire, conformes aux exigences de la norme NF X50-091 qui s’applique aux organismes de certification.
  • Des Commissions collégiales compétentes et régulièrement évaluées au moyen d’audits internes et d’audits tierce partie.
  • Un certificat officiel, pour récompenser et surtout reconnaître les entreprises.

Pollution de l’air : l’importance de réduire les émissions de particules à la source

Commandée en 2007 par les ministères chargés de l’Ecologie et de la Santé, l’expertise menée par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET) s’appuie sur une nouvelle forme de mesure des particules de l’air. Celle-ci prend en compte la fraction volatile des particules, ce qui conduit à des résultats différents, et globalement à une augmentation des concentrations mesurées. Depuis le 12 octobre 2007, une circulaire ministérielle fixe les seuils d’information et d’alerte, respectivement à 80 µg/m3 et 125 µg/m3 en moyenne sur 24 heures. Au niveau des objectifs, le Grenelle avait conclu à la nécessité de mettre en place un « plan particules », avec un objectif de 15 µg/m3 (valeur cible en 2010, qui deviendra obligatoire en 2015). Ceci équivaut à une réduction de 30% de la pollution. A terme, l’objectif est d’atteindre la valeur guide de l’OMS, soit 10 µg/m3.

Aucun seuil en dessous duquel l’impact pour la santé est nul
Les résultats du travail réalisé par l’AFSSET confirment les connaissances actuelles, mais ils ont le mérite d’apporter des éléments nouveaux, qui doivent prendre toute leur place dans la réflexion engagée pour lutter contre la pollution par les particules. A ce jour, les connaissances scientifiques mettent en évidence des effets indésirables des particules dans l’air ambiant sur la santé de l’homme. Ceci est valable qu’il s’agisse d’une exposition de court terme ou d’une exposition chronique. Il n’est cependant pas possible d’observer un seuil de concentration en particules en deçà duquel aucun effet sanitaire ne serait constaté. Deuxième conclusion de l’enquête, plus étonnante : ce sont les expositions fréquentes, à des niveaux modérés de pollution, qui sont responsables de l’essentiel de l’impact sanitaire, et non les pics de pollution. Les chiffres sont édifiants : 97% de l’impact sanitaire est attribuable à des niveaux modérés mais fréquents, et seulement 3% aux pics.Enfin, le troisième point concerne les seuils d’alerte. Car même si les principaux pics ne sont pas responsables de l’impact sanitaire, la mise en place de seuils d’alerte reste intéressante. Notamment pour les personnes sensibles, mais aussi en termes de communication vis-à-vis du grand public.

La nécessité de réduire les émissions à la source
A partir des ces conclusions, le rapport de l’AFSSET propose trois principales recommandations, avec en point d’orgue la nécessité absolue de réduire à la source les émissions de particules, pour diminuer l’exposition des personnes. Ainsi, les sources d’émission primaire de particules devront être ciblées. Selon le Centre Interprofessionnel Technique d’Etude de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), il s’agit en premier lieu de la combustion du bois, du charbon et du fioul dans le résidentiel tertiaire (27% des émissions), de l’industrie manufacturière (28%) et de l’agriculture/sylviculture. A noter que dans les zones urbaines, les transports contribuent également de manière importante aux émissions, trois fois plus que dans les zones rurales. L’autre recommandation de l’AFSSET cible la communication vers les publics les plus sensibles. Ainsi, femmes enceintes, nouveau-nés, personnes âgées, et plus particulièrement les personnes atteintes de pathologies cardio-vasculaire ou respiratoire sont particulièrement visés. Le diabète et l’obésité sont aussi les critères d’une sensibilité particulière.Enfin, l’AFSSET recommande de considérer conjointement, pour une fixation de seuils d’information et d’alerte pertinents dans la réglementation, deux éléments primordiaux. D’abord, les données épidémiologiques du programme de surveillance air et santé de l’institut de veille sanitaire qui pour différents niveaux de pollution aux particules évaluent les risques pour la santé. Ensuite, la distribution statistique des niveaux journaliers de particules à l’échelle nationale car celle-ci donne également des informations pertinentes quant à la pollution réelle par particules.Au final, le rapport de l’AFSSET apporte des éléments nouveaux dans la réflexion sur les dangers liés aux émissions de particules, mais souligne en premier lieu un point déjà connu de tous : seule une diminution à la source des émissions de particules réduit efficacement l’exposition des personnes.

Les industries à valeur ajoutée technologique proposent un plan de relance

Investir davantage dans les industries à valeur ajoutée technologique pour aider ce secteur, et plus largement l’économie française, à sortir de la crise… Tel est l’appel qu’une trentaine d’organisations coordonnées par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) ainsi que l’Association française des éditeurs de logiciels (AFDEL) a lancé au gouvernement, mercredi 18 mars 2009, lors de la présentation de leur plan de conquête.Véritable plan de relance, celui-ci repose sur 10 projets qui couvrent un large spectre d’activités.

  • Le premier propose la création d’un environnement numérique performant sur l’ensemble du territoire et dans les bâtiments. Objectif : permettre aux particuliers comme aux entreprises de disposer d’un accès Internet haut débit de 10 Mbits/s d’ici 2012 avant d’atteindre 100 Mbits/s en 2020. Pour y parvenir, les rédacteurs du rapport proposent deux types de mesures : améliorer la capillarité du réseau de fibres optiques et jouer sur la mixité des technologies (sans fil, ADSL, etc.) pour atteindre l’abonné ; libérer les fréquences nécessaires pour les technologies sans fil haut débit au plus vite et s’assurer que les réseaux de communication à l’intérieur des immeubles sont conformes. Un projet dont l’investissement de départ est évalué à 300 millions d’euros en 2009.
 
  • Le deuxième vise à améliorer la qualité et la sécurité du réseau électrique. Objectifs : renforcer immédiatement la sécurité des installations électriques existantes, sécuriser d’ici 2015 120.000 km de lignes électriques contre les aléas climatiques et, d’ici 2018, accélérer le développement des énergies renouvelables et, parallèlement, travailler à l’intelligence d’un réseau électrique au service des citoyens et des entreprises (smart grid). Un projet dont le coût est évalué à 100 millions d’euros en 2009.
 
  • Le troisième concerne l’e-santé. Objectifs : faire en sorte que d’ici 2012, 10% des patients soient suivis sur leur lieu de vie plutôt que dans un hôpital et que d’ici 2020, toutes les personnes fragilisées (vieillesse, handicaps, maladies chroniques…) puissent demeurer chez elles si elles le désirent. Pour y parvenir, le rapport propose de développer la télé-médecine et la télé-santé, ainsi que de lancer un programme d’équipement ambitieux pour soulager des pathologies spécifiques. La première année, ce projet pourrait être financé à hauteur de 50 millions d’euros.
 
  • Le quatrième projet a trait à l’éco-responsabilité énergétique et au Green IT. Trois mesures phares sont proposées : accélérer dici 2015 a mise en oeuvre des décisions du Grenelle de l’environnement sur la rénovation des bâtiments tertiaires, industriels et résidentiels ; remplacer les équipements vétustes et énergivores et gérer les consommations d’énergie des bâtiments  » intelligemment  » grâce aux technologies innovantes ; et enfin, encourager le développement d’applications logicielles au service de l’éco-responsabilité. Un projet dont l’investissement pour 2009 est évalué à 200 millions d’euros.
 
  • Le cinquième programme s’applique, quant à lui, au développement de systèmes d’éclairage plus économes et plus performants. Objectif : rénover, d’ici 2015, 80% des installations, publiques et privées, d’éclairage des bâtiments et voieries les plus dégradées et énergivores, et installer des systèmes de contrôle automatique du fonctionnement (détection de présence de personnes et de lumière du jour). Un projet évalué à 100 millions d’euros en 2009.
 
  • Le sixième projet vise pour sa part à développer d’ici 2010 une véritable filière française de contenus audiovisuels et de jeux interactifs en Haute Définition (HD). Pour y parvenir, les auteurs du rapport proposent de redéployer et de compléter les aides du Conseil National de la Cinématographie (CNC) vers la filière HD, d’avancer sur le déploiement TNT, et de former et de sensibiliser l’ensemble de la filière. Coût de l’opération en 2009 : 30 millions d’euros.
 
  • Le septième programme propose de réguler le trafic routier pour polluer moins et réduire les bouchons en généralisant les infrastructures intelligentes et le rechargement électrique. Pour y parvenir, le rapport propose de développer, dès 2009, un pilote grandeur nature dans une ville, une région ou un département, et de réunir les acteurs concernés. Un projet qui pour 2009 devrait représenter un investissement de 24 millions d’euros.
 
  • Le huitième projet se place, lui, sous le volet de la sécurité. Objectifs : généraliser, d’ici 2015, les outils de sécurité des personnes et des biens grâce aux technologies à valeur ajoutée. Entre autres mesures, il s’agit essentiellement d’accélérer l’introduction de la carte nationale d’identité électronique et de la carte vitale 2 à base de puce. Coût de l’opération : 100 millions d’euros en 2009.
 
  • Le neuvième programme est consacré à l’e-éducation et propose, d’ici 2015, de généraliser les outils numériques de soutien à l’enseignement en primaire et secondaire ainsi que dans la formation professionnelle. Le budget nécessaire à sa mise en oeuvre en 2009 est évalué à 50 millions d’euros.
 
  • Enfin, le dixième projet propose de généraliser l’e-administration et d’encourager l’équipement numérique des entreprises d’ici 2011, l’investissement de départ étant évalué à 50 millions d’euros.
Au final, pour être lancé, ce plan en 10 points nécessiterait un investissement global de 1 milliard d’euros en 2009. Pour réunir cette somme, la FIEEC et l’AFDEL propose de créer un fond d’investissement spécifique au secteur des industries à valeur ajoutée : le FIVAT. Piloté par le gouvernement, mais cogéré par les différents acteurs publics et privés (incluant les centres de recherche et développement et les pôles de compétitivité pertinents), celui-ci sera alimenté par une mise initiale associant capitaux privés et publlics et serait, ensuite, alimenté par le privé et par les économies réalisées par la mise en place du plan de conquête. Reste à savoir si le gouvernement est prêt à financer un nouveau plan de relance en plus de ceux dans lesquels il est déjà engagé. Un plan de relance IT également aux Etats-UnisOutre-Atlantique aussi, des voix s’élèvent pour appeler le gouvernement à investir davantage dans les nouvelles technologies afin de sortir plus rapidement de la crise. Là bas, le projet est porté par Robert Atkinson, l’un des conseillers du président américain, fondateur et dirigeant de la Fondation pour l’innovation et les technologies. Celui-ci invoque la capacité de ce secteur à générer des gains de productivité. Le plan de relance économique américain prévoit pourtant d’allouer 7,2 milliards de dollars à la construction de réseaux. Mais pour Robert Atkinson, ce sont 15 milliards de dollars qui seraient nécessaires.

Prestations de cryptologie pour les réseaux sans fil : les modalités de contrôle

Avec l’assouplissement du contrôle sur les produits sans fil [1], on pouvait penser que les prestations effectuées grâce à des réseaux sans fil et qui emploient des techniques cryptographiques allaient être libéralisées. Non seulement ce n’est pas le cas, mais elles font l’objet d’un contrôle distinct et plus rigoureux que celui des produits [2,3]. Ce contrôle est spécifiquement prévu par l’article 31 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 [4] pour la confiance en l’économie numérique (LCEN).

Définir les prestations de cryptologie, utilisant les réseaux sans fil, susceptibles d’être contrôlées

L’article 29, alinéa 2 de la LCEN tente de définir la prestation de cryptologie. Il s’agit des « opérations visant à la mise en œuvre pour le compte d’autrui de moyens de cryptologie ». Une prestation contrôlée est spécialement définie par le décret n° 2001-272 du 30 mars 2001 pris pour l’application de l’article 1316-4 du Code civil et relatif à la signature électronique : elle consiste à émettre des certificats électroniques de signature électronique qualifiés pour permettre d’apposer des signatures présumées fiables sur des documents électroniques. Hors ce cas de figure, une prestation de cryptologie contrôlée consiste en l’opération suivante : le prestataire se voit remettre par son client des données claires. Il les chiffre pour le compte de son client et les conserves, ou les remet aux destinataires que le client lui a indiqués. La définition de la prestation de cryptologie reste large et on peut se demander quelles prestations fournies sur les réseaux sans fil impliquent la cryptographie et pourraient être réglementées.

La première prestation qui vient à l’esprit concerne les réseaux de téléphonie sans mobiles. L’utilisateur appellant, confie des données claires, que l’opérateur va chiffrer et remettre à l’appelé qui est le destinataire indiqué par l’appellant. Mais le décret n° 2007-663 du 2 mai 2007 annexe 1 catégorie 15 et 4 prévoit que les prestations mettant en œuvre des téléphones mobiles sont exemptées de contrôle. On peut se demander si les prestations d’accès aux réseaux sans fil en utilisant une infrastructure à base de produits répondant aux normes 802.11x pourraient faire l’objet de la déclaration prévue par l’article 31 de la LCEN.

Le cas d’espèce concerne aussi bien les entreprises qui déploient des réseaux sans fil en recourant à des prestataires externes que les opérateurs de télécommunications qui installent des hot spot dans des lieux publics. L’annexe 1 catégorie 15 du décret 2007-663 n’exempte pas expressément les prestations mettant en œuvre ces matériels.Pour autant, le contrôle ne doit pas toucher une prestation qui se limite à fournir et mettre en service un moyen de cryptologie (en l’occurrence les bornes d’accès et routeurs) ou à en assurer la maintenance et l’administration. Ce type de prestation relèverait de la simple mise à disposition. Or la fourniture de produits réseaux basés uniquement sur les normes 802.11 a, b ou g est dispensée de déclaration par l’annexe 1 catégorie 11 du décret 2007-663. De plus, les usagers ne font qu’utiliser ces réseaux pour accéder à Internet, à l’intranet de leur entreprise ou à leur courrier électronique. Et l’article 30 I de la LCEN dispose précisément que l’utilisation de moyen de cryptologie est libre. En conséquence, les prestations qui mettent simplement en œuvre des produits réseaux aux normes 802.11x ne seront pas soumis à déclaration.

En revanche, une prestation de fourniture de certificats électroniques par des réseaux sans fil, sur carte à puce ou sur carte RFID relèvera de l’article 31 de la LCEN et devra être déclarée. Dans ce cas le réseau sans fil sera le vecteur et cette prestation devra être déclarée en raison de son objet et pas seulement à cause du vecteur qu’elle utilise.Cependant si le prestataire choisi ce mode de distribution il doit s’acquitter de la déclaration préalable.

Modalités de déclaration de prestations de cryptologie

Le décret n°2007-663 du 2 mai 2007 et l’arrêté du 25 mai 2007 [4] organisent la procédure de déclaration des prestations de cryptologie. Le déclarant doit envoyer son dossier à la direction centrale de la sécurité des systèmes d’information (DCSSI) deux mois avant de commencer sa prestation. Le dossier à envoyer, décrit à l’annexe II (DP) de l’arrêté du 25 mai 2007, se compose d’une partie administrative et d’une partie technique et est téléchargeable sur le site de la DCSSI [5].  En plus du dossier administratif, des éléments techniques doivent être décrits dans la déclaration de prestation :

  1. les services offerts aux utilisateurs de la prestation ;
  2. les fonctions cryptologiques mises en œuvre par le prestataire ;
  3. les locaux utilisés pour mettre en œuvre la prestation ;
  4. le matériel et des logiciels informatiques et notamment des moyens de cryptologie utilisés par le prestataire ;
  5. les systèmes de protection physique et de contrôle d’accès aux locaux et aux systèmes informatiques du prestataire ;
  6. lorsque la prestation consiste en la gestion de clés cryptographiques ou de certificats électroniques au profit des utilisateurs :
  • la procédure de génération des clés et des certificats ;
  • la procédure de distribution et de remise des clés et des certificats aux utilisateurs ;
  • les mesures techniques et organisationnelles mises en œuvre pour la protection et la conservation des clés ;
  • la procédure de recouvrement des clés (uniquement pour le service de confidentialité) ;
  • les références des moyens de cryptologie mis en œuvre par les utilisateurs de la prestation lorsque ces moyens sont spécifiquement conçus pour fonctionner avec les clés ou les certificats délivrés par ce prestataire.

La DCSSI enregistre et donne un numéro au dossier. S’il est complet, elle peut délivrer une attestation confirmant au prestataire déclarant qu’il s’est acquitté de son obligation de déclaration. A défaut, le silence de la DCSSI durant deux mois (articles 5 et 8, alinéa 1 du décret du 2 mai 2007) délivre le prestataire déclarant de son obligation déclarative. Si le dossier est incomplet, la DCSSI dispose d’un délai de deux mois (article 8, alinéa 1 du décret) pour inviter le déclarant à fournir les pièces complémentaires. Tant que le dossier de déclaration est incomplet, le déclarant ne peut pas commencer à fournir sa prestation. Une fois la réponse reçue par la DCSSI, celle-ci peut faire une nouvelle demande dans un délai de deux mois, délivrer l’attestation, ou bien conserver le silence pendant deux mois. Dans ces deux derniers cas, la déclaration est considérée comme complète et la fourniture de la prestation peut commencer.

Sanctions

L’article 13 du décret du 2 mai 2007 prévoit que la fourniture de prestation sans déclaration préalable est punie d’une contravention de cinquième classe, soit 1 500 euros d’amende. Ces infractions peuvent se cumuler, ainsi le fait de fournir plusieurs prestations multipliera l’infraction. En revanche, seule la jurisprudence pourra dire si le fait de fournir la même prestation à plusieurs clients est susceptible de multiplier la contravention. Enfin, seule la fourniture de prestation est soumise a déclaration. L’importation, les transferts intracommunautaires et les exportations de prestations de cryptologie ne sont pas réglementés.

Nicolas Magnin, Juriste spécialiste de la Sécurité des Systèmes d’Informations

Pour aller plus loin

[1] Cf lettre Réseaux sans fil n° 12, Editions Techniques de l’Ingénieur, (Mars-avril 2008)
[2] http://www.ssi.gouv.fr
[3] MAGNIN N. – Réglementation en matière de cryptologie, Editions Techniques de l’Ingénieur, base documentaire Sécurité des systèmes d’information, H 5060 traité (2008).
[4] http://www.legifrance.gouv.fr pour consulter les textes de la LCEN, du décret n° 2007-663 et de l’arrêté du 25 mai 2007.
[5] http://www.ssi.gouv.fr/fr/reglementation/dossier.html

CESAR 2008 : ce qu’il faut en retenir

La première journée était consacrée à la problématique et aux enjeux de la confiance. Les orateurs ont souligné que la confiance n’est pas la sécurité. Elle doit être définie en fonction des contextes d’application particuliers et des usages (J.M. Seigneur – Université de Genève) avec toutes les précautions contre les abus connus des systèmes de réputation. Les orateurs ont montré que la confiance est une variable critique dans des domaines extrêmement variés : certification de la sécurité, respect de la vie privée, vote électronique, gestion des droits numériques, composants cryptographiques embarqués, et même interopérabilité des systèmes OTAN. Dès cette première journée, plusieurs problèmes concrets directement liés à la confiance ont été décrits. Concernant les données personnelles de santé (G. Trouessin – OPPIDA SUD) les personnes n’ont en pratique pas le choix de refuser la collecte et le traitement ; dès lors, la question de la qualité de l’anonymisation est critique. Concernant la sécurité multiniveaux (D. Boucart – CELAR), la séparation physique complète des niveaux de sécurité est de moins en moins pratique avec des appareils de plus en plus communicants ; mais quelle confiance accorder aux composants permettant un multiniveau mutualisé ? Quid des canaux cachés par exemple dans un simple boîtier KVM ?À l’issue de cette première journée, l’informatique de confiance apparaissait clairement comme une condition nécessaire à la continuation de toute activité informatique sensée. Citons M. Sadler : Should we trust trusted computing ? There doesn’t seem to be an alternative…La deuxième journée et le début de la troisième étaient consacrés aux technologies en lien avec la confiance. C’est la question de la confiance dans le matériel qui a été la plus abondamment traitée. Diverses présentations ont montré la portée des protections matérielles actuelles et à venir (M. Sadler – HP Labs, V. Kolesnikov – Bell Labs). Plusieurs panoramas et retours d’expérience ont souligné les interactions possibles entre plusieurs technologies liées au matériel : virtualisation (S. Gay – CELAR), composants cryptographiques en particulier le TPM (F. Remi, G. Guiheux – AMOSSYS), architectures sécurisées (G. Duc, R. Keryell – Télécom Bretagne). L’espoir est toujours d’élaborer une plate-forme informatique complète, dite de confiance. Quelques présentations ont évoqué les limites de la sécurité matérielle : citons notamment un retour sur des possibilités de piégeage des processeurs (L. Duflot – DCSSI) et l’insertion d’un cheval de Troie dans certaines cartes à puce (J.L. Lanet – XLIM). Sur ce dernier point, il est à noter que ce travail a été réalisé par des étudiants, avec toute la mise en pratique d’une attaque évoquée mais non réalisée par K. Hyppönen. L’attaque ne concerne pas les cartes les plus récentes et nécessite la possession de clés de chargement ce qui n’est heureusement pas une situation courante. Néanmoins, elle montre bien comment certains mécanismes internes de protection peuvent être contournés, en particulier le firewall entre applications et dans certains cas la vérification de bytecode.Si la confiance dans le matériel était un point essentiel, d’autres aspects importants ont également été traités. Citons en particulier la confiance dans les transactions (J.C. Paillès – Orange Labs), dans les protocoles distribués (C. Burgod – XLIM) dans les communications sans contact (F. Vacherand – CEA-LETI) et dans le logiciel avec la question des preuves formelles de propriétés de sécurité (F. Pessaux – UPMC).Cette deuxième journée n’a bien évidemment pas épuisé tous les aspects techniques d’un domaine aussi vaste. Un point a été évoqué par plusieurs orateurs et reste aujourd’hui sans réponse : comment satisfaire le besoin de confiance dans les systèmes tout en faisant face à l’augmentation de leur complexité (par exemple un milliard de portes pour un microprocesseur).Le troisième et dernier jour était consacré aux applications nécessitant de la confiance. Le cas de la gestion des droits numériques a été abordé (E. Diehl – Thomson). Ici, la question de la confiance est économique avant même d’être technique : comment faire confiance à une solution de sécurité dont le concepteur n’est pas pénalisé en cas de défaillance ? Puis les machines à voter et le vote automatisé ont été intensément traités avec deux points de vue complémentaires : tout d’abord le constat extrêmement factuel de l’insuffisance des solutions en place (C. Enguehard – Université de Nantes LINA, en photo), puis l’affirmation pragmatique que la sécurité doit prévaloir sur toute autre raison de déployer une solution de vote automatisée (F. Chabaud – DCSSI). De nouvelles règles de conception des machines à voter ont été présentées, avec notamment pour objectif une meilleure transparence des opérations de vote et de dépouillement. Le nombre des questions et le niveau des réponses ont montré l’intérêt du public et le caractère non-négociable de la confiance dans ce domaine.La conférence CESAR est organisée annuellement sous l’impulsion de la Délégation Générale pour l’Armement, avec un comité de programme indépendant et en fonction du thème retenu. Le thème de CESAR 2009 sera annoncé prochainement sur le site de la conférence : http://www.cesar-conference.frOlivier Heen, INRIA Rennes – Bretagne Atlantique