Revue du web #103 : les vidéos les plus étonnantes du mois

Un drone secouriste à votre chevet en 5 minutes

Équipé d’un défibrillateur cardiaque, ce drone autonome conçu par l’entreprise suédoise FlyPulse se déplace quatre fois plus vite qu’une ambulance. Une réactivité qui pourrait bien sûr sauver des vies.

 

Le voyage de Thomas Pesquet en réalité virtuelle

La société de production La Vingt-Cinquième Heure ambitionne de transformer le voyage de Thomas Pesquet en expérience de réalité virtuelle. Pour réunir la somme nécessaire à la réalisation du documentaire, elle vient de lancer une campagne de financement participatif.

 

Dans l’espace, on dort… debout

Dans le dernier numéro de l’émission Envoyé Spécial, Thomas Pesquet a présenté son sac de couchage vertical.

 

Un drone très souple au vol acrobatique

Avec ses six rotors pivotant à 360 degrés sur leur axe, le drone hexacoptère Voliro conçu à l’École polytechnique fédérale de Zurich est un véritable acrobate.

 

De la culture de la peau 3D à l’injection directe sur les grands brûlés

Depuis un peu plus d’un an, on sait fabriquer par imprimante 3D toutes les couches de la peau pour une culture in vitro. Prochaine étape en ligne de mire : l’impression directement sur le patient. Les premiers tests sont déjà en cours.

N’hésitez pas à lire notre article « De la culture de la peau 3D à l’injection directe sur les grands brûlés »

 

Un nouveau radar capable de verbaliser 1000 voitures en l’espace d’une heure

La société Indigo teste à Madrid des véhicules dotés de la technologie LAPI, un nouveau procédé qui ferait rêver plus d’une collectivité (et cauchemardé plus d’un automobiliste).

Par I. T

Cristallographie : quand un ordre inattendu émerge d’un matériau nanostructuré

Le pyrochlore (La2Zr2O7) est un matériau modèle intéressant à la fois pour confiner des atomes radioactifs dans une matrice et pour faire circuler les protons dans une pile à combustible. Certains procédés de fabrication, notamment par chimie verte, conduisent à la formation de grains de dimension nanométrique et non plus micrométrique. Or ce pyrochlore « nanostructuré » présente des propriétés structurales et chimiques paradoxales.

Les oxydes complexes tels que le pyrochlore sont organisés en longs « rubans » de cubes et d’octaèdres. Ces formes géométriques résultent de l’affinité chimique respective des atomes de zirconium et de lanthane avec les atomes d’oxygène. Or lorsque le pyrochlore est produit, par exemple, par un procédé de chimie verte, les octaèdres semblent disparaître au profit des seuls cubes ! Ce constat surprenant s’appuie sur la diffraction d’électrons sur
l’échantillon. L’utilisation de neutrons ou de rayons X conduit au même résultat…

La perplexité des chercheurs s’est renforcée au vu d’analyses complémentaires, chimiques cette fois. Les modes de vibration des atomes, de même que les spectres par pertes d’énergie électronique, pointent tous deux vers une organisation classique du matériau, associant cubes et octaèdres.

À l’échelle microscopique de l’analyse chimique, les « gros » grains et les « petits » grains de pyrochlore sont indiscernables. À plus grande échelle, leurs structures semblent diverger… Les chercheurs ont donc eu l’idée de réduire le faisceau d’électrons à la dimension moyenne d’un « petit » grain pour leur analyse par diffraction. Tout est rentré dans l’ordre : ils ont retrouvé la structure classique, bien connue, du pyrochlore.

Que se passe-t-il à une échelle intermédiaire ? En fin de synthèse, les « petits » grains se regroupent de manière apparemment aléatoire, mais en réalité, ils obéissent à des lois physico-chimiques qui conduisent à un certain ordre. Un« gros » grain contient environ cinq « petits » grains dont l’assemblage possède une certaine forme d’ordre. Il en résulte que la diffraction d’électrons sur cet objet est perturbée par des interférences destructives. Cet artefact donne alors l’illusion d’une structure composée seulement de cubes.

Cette étude permettrait d’expliquer les observations réalisées sur d’autres oxydes soumis à des effets d‘irradiation, tels les spinelles. Elle souligne par ailleurs l’importance de l’échelle mésoscopique (échelle intermédiaire entre celle des atomes et celle du matériau) dans les simulations du comportement des matériaux sous irradiation. Les chercheurs comptent désormais approfondir leur compréhension du comportement sous irradiation d’autres matériaux comme le dioxyde d’uranium.

Source : cnrs

Espace et énergie : la fusion plus que jamais dans les tuyaux

Une idée née dès les années 1960 mais qui a dû attendre la fin de la première décade des années 2000 pour espérer réellement pouvoir aboutir. Alors que l’étude de la fusion comme nouvelle source d’énergie prend la forme en Europe d’un projet titanesque et extrêmement coûteux à travers ITER, qui vise la production de plusieurs centaines de mégawatts, aux Etats-Unis certains se penchent sur des dispositifs beaucoup plus petits et du coup beaucoup moins chers. C’est le cas par exemple de Helion Energy qui s’appuie sur une technologie basée sur la fusion Deutérium / Helium-3 et qui espère installer un pilote de 50MW vers 2019  et sa première usine opérationnelle vers 2022. C’est aussi le cas de Tri Alpha Energy qui étudie la fusion de protons sur des noyaux de bores et qui dispose de nombreux fonds privés lui ayant permis de construire une des plus grandes installations du monde équipée d’un confinement magnétique pour les plasmas.

La Nasa croit dans la fusion

La Nasa s’est toujours intéressée à l’avancée de la fusion. Elle a ainsi participé en 2014 au lancement d’Helion Energy et suit de près l’avancée des travaux de Princeton Satellite Systems petite entreprise spécialisée dans le contrôle et la simulation pour l’aérospatiale. Elle lui a déjà attribué trois subventions d plusieurs centaines de milliers de dollars via différents programmes de soutien à l’innovation ou de transfert de technologies (Small Business Technology Transfer (STTR) programs et NIAC -Nasa Innovative Advanced Concepts). Mais comme le précise Michael Paluszek, la Nasa ne finance que certaines parties du développement du système et non la totalité si bien que l’avancée des travaux est toujours dépendante d’une levée de fonds qui reste aléatoire. Ainsi, si le projet avance bien et que les chercheurs sont confiants, pensant pouvoir passer à la phase 3 sur les 4 nécessaires à démontrer la faisabilité réelle de la fusion, il faudra encore 5-6 ans de travail et 50 millions de dollars pour arriver à un premier démonstrateur et au moins autant de temps pour que la technologie soit intégrée à une mission spatiale.

Des minis réacteurs de quelques mégawatts

Michael Paluszech met en avant les avantages des petits réacteurs à fusion : en ne visant la production que d’une dizaine de mégawatts par réacteur, ceux-ci deviennent tout de suite beaucoup plus petits, légers et faciles à construire et à lancer dans l’espace autant pour de futures missions habitées que pour des robots et des sondes. La propulsion par fusion vise à produire 1 kW par kilo de matériel, aussi un tel réacteur pèserait 10-11 tonnes et occuperait à peu près 4-8 mètres de long sur 1,5 m de diamètre. Bien sûr, précise-t-il pour des engins spatiaux plus grands, il faudrait combiner plusieurs réacteurs, mais, dit-il, cela a un avantage certain en terme de fiabilité, si un réacteur est endommagé, les autres peuvent permettre d’assurer tout de même la mission.

Le rôle des ondes radio basses fréquences

Un des obstacles rencontrés jusqu’alors pour le développement de la fusion est qu’elle nécessite des très hautes températures et pressions pour l’initier si bien que les technologies utilisent plus d’énergie qu’elles n’en produisent. Princeton Satellites Systems utilise des ondes radio ultra basses fréquences pour chauffer un mélange de deutérium (atome d’hydrogène muni d’un neutron en trop) et d’Hélium-3 (atome d’hélium auquel il manque un neutron) qui est confiné par des champs magnétiques sous forme de plasma dans un anneau. Ce plasma est en rotation et une partie peut être dirigé vers une tuyère pour assurer la poussée. Les vitesses pourraient atteindre 25 000 km/s selon les concepteurs. Ce qui aurait par exemple réduit la durée du voyage de New Horizon vers Pluton de 9 à 4 ans en lui laissant encore de la puissance pour envoyer 100 000 fois plus de données par seconde que ce que la sonde a pu faire. Cela ouvre aussi la possibilité de concevoir une fusée capable de dévier un astéroïde.

Encore des inconvénients majeurs

Il reste encore plusieurs inconvénients à cette technologie. D’une part, il faut se procurer de l’hélium-3 qui est extrêmement rare sur Terre (alors qu’il est courant sur la Lune et que son exploitation est d’ailleurs envisagée) et que l’on produit surtout dans des réactions nucléaires et dont les réserves aujourd’hui sont gérées de manière très confidentielles par les Etats-Unis et la Russie. Un obstacle pourtant en grande partie levée sur le système développé par Helion Energy qui a mis au point sur ses prototypes un cycle de l’hélium permettant d’en auto-produire lui-même. Ensuite, les ondes basses fréquences utilisées ont un faible pouvoir de pénétration dans le plasma ce qui limite le diamètre du réacteur autour d’un mètre. Enfin, la réaction produit encore des radiations ionisantes (neutrons et rayons X), nécessitant un bouclier de protection. Cependant, Princeton Satellite Systems a prévu d’utiliser en partie ces rejets pour alimenter un circuit thermodynamique secondaire intégré directement dans le bouclier. Si bien que le bouclier ne constitue plus un élément supplémentaire.

La vidéo de présentation des recherches de Princeton Satellites :

Sophie Hoguin

Comment les entreprises recrutent-elles des cadres ?

Marché transparent  : 87%

Le marché transparent correspond aux cas où une offre d’emploi est publiée. Parallèlement, les entreprises activent d’autres canaux de sourcing.

Marché accessible : 7%

Le marché accessible est celui où le recruteur ne publie pas d’offre d’emploi mais utilise des canaux où ce sont les candidats qui se rendent visibles : candidatures spontanées, CVthèques, réseaux sociaux.

Marché caché : 6%

Le marché caché correspond aux cas où le recruteur fait uniquement appel à son réseau de relations personnelles et professionnelles, à la cooptation par les salariés, aux associations d’anciens élèves ou à la chasse de têtes.

Les entreprises multiplient les moyens pour trouver des candidats

En 2016, cinq canaux différents ont été activés en moyenne par les recruteurs afin de recueillir des candidatures contre quatre canaux les années précédentes.

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L’offre d’emploi reste le moyen le plus efficace

La moitié des recrutements de cadres est finalisée grâce à la diffusion d’une offre d’emploi. La part des postes pourvus grâce au réseau de contacts personnels et professionnels du recruteur est de 18 %. Les candidatures spontanées sont à l’origine de 8 % des recrutements et la cooptation par les salariés pour 7 %.

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Les processus de sélection des candidats sont multiples

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Avec les résultats de ce baromètre, l’Apec a conçu un outil interactif qui permet de comparer les moyens de sourcing et les méthodes de
sélection par secteur, fonction, taille d’entreprise et âge du candidat
recruté. Il est accessible sur apec.fr

Méthodologie

1 400 entreprises représentatives du secteur privé de plus de 50 salariés, selon le critère des effectifs cadres par secteur d’activité ayant recruté au moins un cadre au cours des 12 derniers mois. Elles ont été interrogées par téléphone, en janvier et février 2017 par l’institut BVA. Les résultats de cette synthèse sont issus de deux documents d’études : Sourcing cadres édition 2017 et Les progiciels de recrutement en 2016 : quel équipement, quels usages ?

Source : apec

Le charbon bientôt chassé par l’éolien et le solaire !

Selon le rapport de référence New Energy Outlook 2017 de BNEF, le monde investira 10,2 billions de dollars dans les nouveaux modes de production d’électricité d’ici 2040. En tête, la Chine et l’Inde représenteront respectivement 28% et 11% du total. Surtout, ce sont les énergies renouvelables (ENR) qui tireront leur épingle du jeu. Elles accapareront en effet 72% des investissements dans le monde, dont 27,5% pour le solaire et 32,4% pour l’éolien. Ainsi, l’éolien représentera 48% de la puissance électrique mondiale, contre 12% aujourd’hui. Pour le solaire, ce sera 34%, contre 5%.

Les experts prévoient une augmentation de 10% des émissions du système électrique mondial pour atteindre un pic en 2026. Puis, elles baisseront lentement. En 2040, les émissions seront 4% plus faibles qu’en 2016. Une baisse largement insuffisante pour limiter le réchauffement climatique à 2°C en 2100. Pour être compatible avec cet objectif, BNEF estime qu’il faudrait un investissement supplémentaire de 5,6 billions de dollars. De quoi installer 3.900 gigawatts supplémentaires d’énergies renouvelables

Seb Henbest, auteur principal de l’étude à BNEF voit néanmoins une transition « inarrêtable, grâce à la baisse rapide des coûts de l’énergie solaire et éolienne, et un rôle croissant pour les batteries, y compris celles des véhicules électriques, pour équilibrer l’offre et la demande ». Les auteurs prévoient un taux de pénétration des ENR de 74% en Allemagne, 55% en Chine, 49% en Inde et 38% aux États-Unis d’ici 2040.

Des ENR beaucoup moins chères que le charbon

Le coût des ENR va continuer sa chute vertigineuse dans les prochaines années. Alors que le coût du solaire photovoltaïque a déjà baissé de 25%  depuis 2009, il encore perdre 66% d’ici 2040. « Le solaire est déjà aussi peu cher que le charbon en Allemagne, en Australie, aux Etats-Unis, en Espagne et en Italie, analyse BNEF. D’ici 2021, il sera aussi moins cher que le charbon en Chine, en Inde, au Mexique, au Royaume-Uni et  au Brésil ».

Du côté de l’éolien, les coûts pour les installations terrestres vont encore perdre 47% d’ici 2040, alors qu’ils ont déjà perdu 30% ces 8 dernières années. Pour l’éolien offshore, la chute sera encore plus importante, avec -71% au même horizon.

La sentence est lourde pour le charbon. La production d’électricité à base de charbon va s’effondrer en Europe et aux États-Unis: respectivement -87% et -45% d’ici 2040. Et ce malgré l’optimisme de l’administration Trump. Aux Etats-Unis, ce charbon sera remplacé par une hausse de 22% du gaz et de 169% des énergies renouvelables. Le charbon devrait néanmoins continuer à se développer en Chine, mais atteindre un sommet d’ici 2026. BNEF s’attend à ce que 369 gigawatts de nouvelles centrales planifiées dans le monde soient annulées, dont un tiers en Inde. Au niveau mondial, la demande en charbon devrait baisser de 15% entre 2016 et 2040.

Des ENR boostées par les nouveaux modes de flexibilité

Les centrales au gaz connaîtront un investissement de 804 milliards de dollars. La puissance des centrales installées en 2040 aura augmenté de 16%. Mais elles ne serviront pas à remplacer les centrales au charbon pour la « production de base ». Elles seront surtout utilisées comme moyen de flexibilité pour assurer la demande de pointe et assurer l’équilibre du réseau.

À côté de ces centrales au gaz, les batteries lithium-ion vont fortement se développer. Ce marché pour le stockage énergétique devrait valoir au moins 239 milliards de dollars entre 2017 et 2040. Les batteries accompagneront notamment le développement du marché du photovoltaïque sur toitures. Cette technologie produira notamment jusqu’à 24% de l’électricité en Australie et 15% en Allemagne. « Les batteries de petite échelle installées par les ménages et les entreprises aux côtés des systèmes photovoltaïques représenteront 57% du stockage dans le monde d’ici 2040 », prévoit BNEF.

Par ailleurs, les batteries des véhicules électriques contribueront à assurer l’équilibre du réseau. Charger intelligemment ces véhicules, lorsque les ENR génèrent de l’électricité et que les prix sur le marché de gros sont bas, aidera le réseau à s’adapter à l’énergie solaire et au vent intermittent. Le développement du véhicule électrique s’accompagnera d’une baisse des coûts des batteries lithium-ion de 73% d’ici 2030.

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Évolution du mix de production électrique mondial entre 2012 et 2040. Source : Bloomberg New Energy Finance, New Energy Outlook 2017.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Ma thèse en 180 secondes : découvrez les prestations des 3 finalistes

La finale nationale 2017 de « Ma thèse en 180 secondes », organisée par la CPU et le CNRS, s’est déroulée le 14 juin à Paris, dans le Studio 104 de la Maison de la Radio. 16 doctorants, issus des universités et regroupements universitaires français, ont présenté leur travail de recherche en 180 secondes chrono.

Une soirée à redécouvrir sur http://mt180.fr/

Parmi les quatre prix remis lors de la soirée de finale nationale, seuls les premier et deuxième prix du jury permettront aux candidats d’accéder à la finale internationale et ainsi de représenter la France à Liège, en Belgique, le 28 septembre prochain :

Premier prix du jury et Prix du public : Sabrina Fadloun, finaliste du regroupement Communauté Université Grenoble Alpes, grâce à la présentation de sa thèse « Étude d’un procédé de dépôt de cuivre par MOCVD pour la réalisation de vias traversants à fort facteur de forme pour l’intégration 3D ».

La course des électrons !

 

•    Deuxième prix du jury : Davina Desplan, finaliste du regroupement Université Paris Seine.. Elle accède ainsi à la finale internationale grâce à sa thèse « Caractérisation mécaniques et électriques de produits cosmétiques et de leur stabilité, lien avec des modifications chimiques ou des contaminations biologiques ».

Émulsion et paix

 

•    Troisième prix du jury : Olivier Chabrol, représentant du regroupement Aix-Marseille Université, avec sa thèse sur les « Méthodes informatiques de détection de signatures moléculaires de convergence évolutive ».

Bref j’ai rencontré Batman

Source : cnrs

La Chine mise sur le solaire photovoltaïque flottant !

Huainan, dans la province chinoise d’Anhui, témoigne de la transition énergétique engagée en Chine. À proximité de cette ville minière riche en charbon, l’extraction du minerai a laissé place au solaire photovoltaïque.

Suite à des affaissements et des inondations dues aux fortes pluies de la région, l’ancienne mine de charbon a été recouverte par un lac artificiel. Ces eaux, dont la profondeur atteint entre 4 et 10 mètres, étaient « fortement minéralisées », à cause de l’extraction minière passée. Ne pouvant être utilisée pour l’irrigation ou la consommation humaine, cela rendait la zone « sans valeur », rappelle Sungrow. L’emplacement était tout choisi pour y construire une nouvelle centrale photovoltaïque flottante.

Des centrales flottantes de plus en plus imposantes

Les dimensions de la centrale sont impressionnantes. Sur 0,8 kilomètres carrés, 160.000 panneaux solaires permettent d’atteindre une puissance de 40 mégawatts (MW). Raccordée au réseau en mai 2017, elle devient la plus grande centrale photovoltaïque flottante au monde. Elle est deux fois plus puissante que la centrale flottante qui détenait le précédent record (20 MW). Celle-ci avait été lancée dans la même région par la société Xinyi Solar en 2016. Mais ce nouveau record sera encore de courte durée. Les projets se suivent et changent d’échelle. Sungrow a annoncé début juin qu’une centrale solaire flottante de 150 MW verrait le jour dans la même province d’ici la fin de l’année.

Les centrales solaires flottantes constituent une technologie importante pour valoriser les eaux délaissées. C’est dire que ces eaux offrent de nombreux avantages. Une centrale solaire flottante évite la disparition de terres agricoles sous des champs de panneaux solaires.  Et l’eau permet d’augmenter le rendement des panneaux, car elle refroidit leur surface.

Ces records contrastent avec les plus gros projets solaires non flottants en Chine. Le parc solaire du barrage de Longyangxia sur le plateau tibétain est la plus grande solaire au monde. Elle accueille 4 millions de panneaux solaires d’une puissance de 850 MW et s’étend sur 27 kilomètres carrés. Mais elle sera bientôt battue par un projet dans la région de Ningxia. Celle-ci regroupera 6 millions de panneaux solaires d’une puissance de deux gigawatts.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Record pour l’éolien français début 2017

En 2016, le parc de production électrique français a gagné 1.345 mégawatts (MW) d’éolien. Une croissance sans précédent. C’était 35% de plus qu’en 2015 (999 MW). À la fin de l’année, le parc éolien français atteignait 11,8 gigawatts (GW). Cette croissance record se poursuit en 2017.

Vers un nouveau record de raccordement en 2017 ?

Selon les statistiques du Ministère de la Transition écologique et solidaire, la puissance éolienne raccordée au parc de production durant le premier trimestre 2017 s’élève à 330 MW pour 34 nouvelles installations. Et il s’agit de « la plus forte jamais observée lors d’un premier trimestre », se félicite le ministère. C’est environ deux fois plus qu’au premier trimestre 2016 (141 MW pour 18 installations).

Au 31 mars 2017, la puissance éolienne raccordée au parc de production électrique s’élève donc à 12,1 GW. Il y a déjà plus de 8 GW de projets d’éolien terrestre en file d’attente, dont 2,5 GW ont une convention de raccordement signée. Pour l’éolien en mer, 3 GW sont en file d’attente, sans aucune convention de raccordement encore signée.

Malgré une hausse importante de puissance éolienne raccordée depuis le 31 mars 2016, les éoliennes françaises ont produit 6,9 terawattheures (Twh) au premier trimestre 2017. C’est 12 % de moins que lors de la même période en 2016. « Ce recul est imputable aux conditions de vent défavorables durant les mois de janvier et, dans une moindre mesure, de février », avance le Ministère. Les éoliennes ont néanmoins fourni 4,8 % de la consommation électrique nationale sur la période.

Des objectifs difficiles à atteindre !

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) prévoit une puissance éolienne raccordée de 15 GW fin 2018. Pour respecter cet objectif, la croissance annuelle du parc devrait être portée à plus de 1,6 GW en 2017 et 2018. Pour 2020, l’objectif fixé par le plan national d’action en faveur des énergies renouvelables (PNA EnR) est à 19 GW. Soit une installation de 2 GW par an entre 2019 et 2020. Ensuite, la PPE prévoit une trajectoire de développement basse à 21,8 GW et une haute à 26 GW pour 2023. De quoi ambitionner l’installation de 2,3 GW par an. Pour atteindre ces objectifs, le volume des raccordements doit réellement s’accélérer pour atteindre des niveaux sans précédents.

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’est engagé à soumettre rapidement après son élection un calendrier d’appels d’offres pour donner de la visibilité à la filière. Son objectif : doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque d’ici 2022 et mobiliser 30 milliards d’euros d’investissements. Pour espérer atteindre les objectifs hauts de la PPE en 2023.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Expérience#11 : Indépendance ou cohésion ?

À la maison, Henri veut faire ce qu’il veut, quand il veut, sans avoir de comptes à rendre. Le problème c’est que sa compagne Silvie semble vouloir tout contrôler.

Silvie veut de la relation avec Henri ; pas seulement de la communication. Elle veut éprouver un sentiment de connexion, de complicité. Bref, comme elle le dit souvent, Silvie veut faire couple. Plus Henri revendique son indépendance et plus Sylvie affirme son besoin de connivence. Au fil du temps la surenchère de reproches, de sommations et d’ultimatums les plus invraisemblables a conduit ces partenaires dans une situation de guerre des tranchées. Pour défendre leurs positions et assurer leur sécurité dans ce climat de conflit permanent, les deux tourtereaux se sont métamorphosés en frères ennemis.

Mais Henri est plutôt satisfait de la situation actuelle. Il serait plus juste de dire que Henri n’est pas suffisamment insatisfait de la situation actuelle pour envisager de la changer. Seule Silvie souhaite un changement.

Leurs proches se rendent bien compte que si ces deux partenaires ne se donnent pas la peine de concilier leurs légitimes aspirations, alors ils risquent de compromettre l’avenir de leur relation…qui est déjà bien entamé. Malheureusement, le jeu de pouvoir que chacun met en place pour défendre ou exiger ses droits est toujours un jeu perdant-perdant pavé de souffrances.

Au boulot, Henri est ce que l’on appelle communément « un loup solitaire ». Il est très efficace professionnellement. Ses résultats personnels sont impressionnants mais il n’aime pas travailler avec les autres. Les autres il ne les tolère que s’ils travaillent pour lui. Fervent adepte du « chacun pour soi », il éprouve un énorme sentiment de fierté à chaque occasion qui lui est offerte d’exhiber ses performances individuelles. Sa philosophie, sa façon de considérer les autres, ses comportements ont fini par intoxiquer l’atmosphère de travail. Pour triste conséquence de cette pollution endurée, une sauvage compétition interne est devenue une condition nécessaire à la survie des employés.

Lorsqu’il est à la tête d’un projet, ne comptez pas sur Henri pour qu’il s’emploie à développer l’équipe. Pas question non plus pour qu’il serve de mentor vis-à-vis de collègues moins performants. S’il n’aime pas tendre la main, il répugne tout autant à recourir à quelque forme d’assistance que ce soit.

Régulièrement récompensé par sa hiérarchie, son excellent niveau de performance lui a fait gravir les échelons au sein de la société.

Mais la société dans laquelle Henri a ainsi évolué pendant 15 ans vient d’être rachetée par son principal concurrent. On peut en déduire que les méthodes de travail de cet ancien compétiteur sont plus efficaces car elles génèrent des flux financiers qui lui permettent de réaliser des opérations de croissance externe. Tout naturellement, le nouveau comité de direction souhaite « harmoniser » les méthodes de travail en combinant les forces des deux entités et surtout en réduisant leurs faiblesses. Parmi celles-ci figure la culture managériale de l’encadrement de la société où Henri a jusqu’alors prospéré. Pour assurer à la fois sa sécurité matérielle et sa sécurité affective, Henri doit maintenant relever un nouveau défi : changer d’attitude.

Quels conseils donneriez-vos à Henri, à Silvie, à son nouveau DRH pour les aider à réussir à coup sûr cette transformation sans que ce soit au détriment des autres ?

Pour vous aider nous avons résumé ci-dessous les situations de Henri et de Silvie dans une carte des polarités.

Cette carte illustre un processus qui se développe irrémédiablement dans toute situation relationnelle. À chaque fois que nous sommes à l’aise avec une compétence particulière (ex : « je fais ce que je veux »), nous l’utilisons de plus en plus et nous finissons par la surinvestir…à tel point que cette compétence finit par nous coûter plus qu’elle ne nous rapporte. On s’aperçoit que, quel que soit le protagoniste, l’évolution de ses compétences (Indépendance ou cohésion) le fait basculer, à terme, entre développement personnel et délitement personnel.

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Nous vous invitons à prolonger cet article via la zone commentaire (ci-dessous), en nous proposant vos réponses aux problématiques évoquées par l’auteur.

Dino Ragazzo

Cybersécurité : l’être humain reste le maillon faible

Les experts en sécurité informatique ont coutume de dire que le principal risque sur trouve entre « la chaise et le clavier ». En clair, l’être humain et ses ressorts psychologiques bien connus : la curiosité, l’avidité, la paresse. Nous partageons tous ces mêmes défauts qui sont exploités par les pirates depuis des années.

Et le dernier rapport de Proofpoint, baptisé « Le Facteur Humain », ne fait qu’enfoncer le clou : nous sommes toujours les principaux maillons faibles de la cybersécurité. Pour ne pas incriminer que les internautes et les professionnels, précisons que les logiciels de sécurité et les systèmes exploitation comme Windows ne sont pas non plus exempts de défauts ; avec leurs failles de sécurité et leurs performances parfois limitées, ils ont aussi une part dans la multiplication des piratages.

Basé sur l’analyse de tentatives d’intrusions dans plus de 5000 entreprises en 2016, ce rapport de Proofpoint, spécialiste de la sécurité et de la conformité, confirme donc que les pirates s’appuient sur les failles humaines pour installer des programmes malveillants, dérober des informations confidentielles ou transférer des fonds. « Cette tendance d’exploitation du facteur humain, qui a vu le jour en 2015, s’accélère, et les cybercriminels multiplient désormais les attaques générées par les clics des utilisateurs plutôt que par des logiciels vulnérables, conduisant ainsi les victimes à exécuter elles-mêmes les attaques », a déclaré Kevin Epstein, vice-président du centre d’opération des menaces de Proofpoint.

Et encore une fois, la messagerie est pointée du doigt comme étant le principal vecteur d’infection par un code malveillant. Les attaques sur la messagerie d’entreprise sont passées de 1 % en 2015 à 42 % fin 2016. Et malgré les rappels constants à la vigilance, « près de 90 % des clics sur des URL malveillantes ont lieu dans un délai de 24 heures après la remise de l’email. 25 % de ces clics se produisent en seulement 10 minutes et près de 50 % en une heure », précise l’Usine Digitale.

Pour les cybercriminels, le phishing reste donc l’arme de prédilection pour atteindre leurs objectifs. C’est un classique indémodable. Et il n’est pas près de s’arrêter puisqu’il se répand sur les réseaux sociaux. Les escrocs usurpent l’identité d’une entreprise et se font passer pour son service client : il n’y a plus qu’à attendre que des internautes mordent à l’hameçon pour récupérer leurs coordonnées bancaires par exemple. Résultat, ce type d’attaque a augmenté de 150 % en 2016.

Les résultats de ce rapport montrent que les entreprises ne doivent pas limiter leur politique de sécurité au seul investissement dans des logiciels de sécurité. La sensibilisation de tous les salariés est indispensable pour qu’ils tombent moins facilement dans les pièges des cybercriminels.

Par Philippe Richard

Neva Aerospace : des drones qui portent des charges de 2 tonnes !

Vlinder, c’est le nouveau concept de plate-forme robotique aérienne de Neva Aerospace. Une plate-forme robuste et évolutive, capable de porter des charges allant de 20 kg à 2 tonnes ! Il est possible d’imaginer toutes sortes de charges, allant d’une caméra à un outil robotique ou un bloc de béton. Ce drone peut servir pour faire de la maintenance aérienne ou organiser des réparations d’urgence dans des endroits éloignés et difficiles.

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Par ailleurs, dans la construction ou la démolition, il permettra par exemple d’élever des charges lourdes et servir alors de grue aérienne. Mais ses applications seront encore plus larges. Il pourra aider à organiser des secours et cartographier des sites suite à un incident chimique ou nucléaire. Il pourrait enfin servir en sécurité civile, pour des activités de surveillance ou même des interventions physiques.

Des brevets et des concepts

Fin mars 2017, la société a annoncé avoir protégé l’essentiel de ses concepts grâce à plusieurs brevets. La technologie clé est l’utilisation de multiples turbocompresseurs électriques hybrides dotés d’une orientation très précise. Les futurs prototypes Vlinder utiliseront la technologie brevetée de Neva Aerospace.

Le prix de vente est estimé entre 100.000 et 1 million d’euros par drone, suivant leur poids, leur taille et leur mission. Il faudra ensuite ajouter entre 40.000 et 500.000 euros par an pour les dépenses d’exploitation.

Neva Aeospace est un consortium européen de cinq entreprises. « Nous travaillons en partenariat avec d’autres fournisseurs de technologie et les organisations qui utiliseront cette technologie pour personnaliser les designs qui peuvent être intégrés dans leur entreprise », prévient son président Robert Vegnes.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Paris Air Lab : les véhicules volants du futur !

Paris Air Lab est une vitrine de l’innovation aéronautique, spatiale et numérique. Plus de 70 startups se relaieront toute la semaine, aux côtés d’une douzaine de groupements industriels, agences spatiales et centres de recherche qui présenteront leurs programmes d’innovation collaborative.

Chaque jour, 10 start-ups seront mises en avant. Elles parleront de véhicules du futur, d’intelligence artificielle, de big data, de drones et de satellites… Mais aussi de transfert, d’agrégation et d’analyse de données en temps réel. L’industrie 4.0 sera aussi au cœur de ces innovations.

Zoom sur quelques véhicules volants du futur !

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La société slovaque Aeromobil présentera son nouveau modèle de voiture volante le lundi 19 juin. Une voiture de deux places qui roule sur route avec ses ailes pliées et se transforme en véhicule volant en moins de trois minutes. Dans les airs, elle atteint une vitesse maximale de 360 km/h grâce à son moteur à essence de 100 chevaux. Son autonomie en vol prévue est d’environ 700 km. L’Aeromobil nécessite une piste de 250 mètres pour décoller et de 50 mètres pour atterir. Elle sera commercialisée en 2020 à plus d’un million d’euros.

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Le 21 juin, XTI Aircraft exposera son TriFan 600. Il s’agit d’un aéronef innovant de six places. Le TriFan 600 décolle et atterrit verticalement comme un hélicoptère. Ses concepteurs promettent une autonomie, une vitesse et un confort comparable à un jet d’affaires. Avec son système de propulsion hybride-électrique, il atteindra une vitesse maximale de 625 km/h. Il pourra s’élever à une altitude de plus de 10.000 mètres en seulement 11 minutes.

flike

Vendredi 23 et samedi 24 juin, viendra le tour de Flike. Il s’agit d’un trichoptère, semblable à une moto volante. Ce véhicule est capable de transporter une personne. La vitesse du Flyke a été limitée à 100 km/h et son altitude maximale à 30 mètres. Avec un moteur hybride, le Flike dispose d’une autonomie de 60 minutes en vol et peut transporter une charge de 100 kg.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Sécurité informatique : quelles solutions pour remplacer le mot de passe ?

Chaque internaute a en moyenne une vingtaine de mots de passe. Et dans bien des cas, il s’agit des classiques mots de passe que l’on retrouve chaque année dans les Top 10 des plus utilisés : 12345, password, azerty… Ils n’apportent aucune sécurité car ce sont des mots de passe dits « faibles ». Pour plus de sécurité, il est nécessaire d’utiliser des mots de passe dits « forts ». Exemple : 1+KjhTR*d7-/. Pour la majorité des internautes, cet exemplaire est rédhibitoire. D’où la nécessité pour les marques et éditeurs spécialisés dans le high-tech de proposer des alternatives plus pratiques à utiliser tout en garantissant un niveau élevé de protection. Pas simple !

L’empreinte digitale

C’est la mesure biométrique la plus employée dans le monde depuis les années 60. Une quinzaine de points caractéristiques (les minuties, codifiées à la fin des années 1800 en « caractéristiques de Galton ») correctement localisés permettent d’identifier une empreinte parmi des millions. Par ailleurs, la probabilité de trouver deux individus avec des empreintes similaires est de 1 sur 1024.

Apple l’a généralisé avec sa technologie touchID, introduite en 2013 pour l’iPhone 5S.

Mais elle a été rapidement mise à mal par les hackers. « C’est complètement stupide d’utiliser comme élément de sécurité quelque chose qu’on laisse si facilement traîner derrière soi », a expliqué le président du Chaos Computer Club, Frank Rieger.

Résultat, les capteurs d’empreintes du Galaxy 5 et de l’iPhone 5S ont été piratés quelques jours après leur sortie par les chercheurs allemands du SRLabs.

La reconnaissance vocale

C’est en 1962 que Lawrence Kersta, un ingénieur du Bell Laboratories, établit que la voix de chaque personne est unique et qu’il est possible de la représenter graphiquement. Toutefois, l’Association Francophone de la Communication Parlée (AFCP) rappelle que « la voix n’est pas une empreinte digitale ou génétique. La voix présente des différences majeures avec les empreintes digitales et génétiques. Elle évolue au cours du temps et elle est modifiable volontairement et aisément falsifiable, avec les moyens techniques existants ».

Malgré ces limites, la Banque Postale (dont les premiers tests remontent à 2013 avec Talk to Pay est la première institution à avoir obtenu l’autorisation de la CNIL pour la tester en France. Pour mémoire, dès 2011, un système de vérification du locuteur avait été mis en place par Dexia en Belgique. Mais il était réservé à ses 300 clients VIP afin d’accéder à des services privilégiés sur un numéro de téléphone dédié. En Israël, la banque Lomi l’avait utilisé pour repérer les fraudeurs à la carte bancaire.

Le réseau veineux oculaire

L’entreprise EyeVerify propose un système de déverrouillage par l’analyse du réseau veineux des yeux. Selon certains spécialistes en cybersécurité, cette technologie est fiable à 99 %, d’autant qu’elle prend en compte le vieillissement des veines et de la rétine. Une réserve, tout de même : cette technologie biométrique exige de posséder des appareils équipés de caméras haute résolution.

Une alternative consiste à étudier le réseau veineux de la main. Dans les années 1980, les scientifiques s’étaient rendu compte qu’il était propre à chaque individu, même dans le cas de vrais jumeaux.

Mais pour l’instant, rien ne vaut une carte à puce pour sécuriser l’accès à son ordinateur. « Toutes les procédures biométriques ont été de différentes manières retournées, rappelle Vincent Guyot, Directeur scientifique du Mastère Spécialisé SI&S à l’ESIEA. Une carte à puce est très difficile à casser. C’est beaucoup plus sûr qu’un certificat stocké sur un ordinateur et qu’un code malveillant peut corrompre. Quand le certificat est dans la carte à puce, le pirate ne peut pas accéder au contenu de cette carte même s’il a infecté la machine. »

Par Philippe Richard

L’avion du futur selon le CNRS

A l’approche du salon du Bourget, le CNRS fait le point sur l’avion de demain. Objectif : rendre les avions plus sûrs, plus propres et plus performants. Grâce à la modélisation, aux simulations de pointe et aux bancs d’essais, les matériaux composites s’imposent face aux métaux. C’est l’objet de l’article « Le régime minceur des avions de ligne ». Non corrosifs, les composites rendent les avions plus légers, plus résistants et donc moins consommateurs de carburant. Grâce à eux, les avions ont déjà perdu plusieurs tonnes! Sur les modèles les plus récents (Boeing 787 et Airbus A350), la proportion de matériaux composites peut dépasser 50%. Ils s’étendent aux fuselage et aux ailes. Il s’agit notamment de composites à matrice organique – généralement un polymère – renforcée par des fibres de carbone pour le fuselage et les ailes. Ou à matrice en céramique pour certaines pièces de moteur.

Il y a un revers à la médaille. Pour dissiper le courant en cas de foudroiement, il faut rajouter des poutres en cuivre dans le fuselage. Par ailleurs, ces matériaux absorbent moins bien les chocs. Leur maintenance est aussi plus coûteuse. Les chercheurs travaillent donc sur les procédés de fabrication pour les rendre moins coûteux et plus rapide : chauffage par induction ultrarapide, infrarouges… Ils analysent aussi les différents types d’impacts grâce à la plateforme STIMPACT.

Améliorer les moteurs pour réduire les pollutions

Dans son article « la quête du moteur idéal », le CNRS rappelle les récentes évolutions des moteurs à réaction. Le principal défi reste d’assurer la stabilité de la flamme et une combustion la plus complète pour réduire les émissions de polluants. Grâce à des innovations sur la chambre de combustion, le moteur LEAP du groupe Safran connait par exemple un véritable succès commercial avec déjà près de 11.500 commandes.

Les derniers développements ont permis de réduire de moitié la consommation de kérosène des moteurs. Un voyageur consomme désormais environ 4 litres aux 100 kilomètres. Mais le défi des moteurs hybrides reste capital et difficile à surmonter. Solar Impulse a certes réussi une véritable performance avec son tour du monde solaire. Mais ce n’est pas demain que les avions de ligne auront une motorisation électrique. Pour remplacer les 240 tonnes de kérosène d’un A380, il faudrait 3.600 tonnes de batteries, estime le CNRS.

Moins de bruit en perspective ?

Le bruit des avions au décollage a déjà diminué de plusieurs dizaines de décibels ces trente dernières années. Des recherches sont notamment menées pour identifier les sources de bruit et les neutraliser en y apposant à proximité des « pièges sonores ». Des recherches s’intéressent aux métamatériaux qui absorbent mieux les bruits ou encore à des matériaux qui transforment le son en électricité. D’autres étudient encore de nouvelles architectures d’avion.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Édition sur mesure

 

Quand et pourquoi avez-vous mis en place ce nouveau service ?

Le service d’édition sur mesure a été officiellement mis en place cette année mais nous avons déjà fourni ce type de prestations dans le passé. Nous concevons, coordonnons et réalisons des publications, au format numérique et papier, pour le compte de professionnels dont l’édition n’est pas le métier, par exemple pour les laboratoires, les sociétés savantes, les associations professionnelles mais aussi les entreprises privées.

C’est pour nous une évolution logique et naturelle que de mettre à la disposition des acteurs de la recherche et de l’innovation notre savoir-faire et notre expertise en matière de traitement et de publication de contenus scientifiques et techniques.

 

Comment se passe l’accompagnement du projet ? Quels sont les types de prestations possibles ?

Il s’agit d’un accompagnement sur mesure, à partir du cahier des charges et des besoins spécifiques du client. En tant qu’experts de l’édition, nous pouvons aussi le conseiller et l’orienter dans ses choix. Pour cela, nous proposons toute une gamme de services éditoriaux, de l’idée jusqu’à la livraison, qui peuvent être regroupés en trois grandes étapes : l’étape de conception (définition du projet et du cahier des charges, aide au choix du format et du support, conception graphique), l’étape de rédaction (aide à la recherche d’auteurs et d’illustrateurs, coordination et suivi éditorial, recherche iconographique, correction, préparation et relecture des textes) et enfin l’étape de fabrication (composition, mise en page, impression, façonnage, livraison). Nous pouvons également prendre en charge des traductions de documents techniques et scientifiques.

 

Quels types de contenus et quels formats ?

Nous sommes d’une souplesse totale sur ces deux points. En effet, nous prenons en charge tout type de contenu scientifique et technique : actes de conférence, annuaires, guides pratiques, livres blancs, lettres d’information, documents institutionnels ou promotionnels et sommes capables de produire différents ouvrages imprimés (brochés, lettres, magazines, plaquettes, catalogues, etc.) et documents numériques (HTML, PDF, ePub, Flipbook, applications pour tablettes et mobiles, infographies, etc.).

Nous sommes bien sûr à l’écoute de nos interlocuteurs pour étudier et développer ensemble tout autre format ou support innovant.

 

Quels sont les exemples de réalisation ?

La dernière en date concerne le Guide de la commande numérique réalisé sur mesure pour le compte du Symop. Il s’agit d’un guide pratique de 70 pages à destination des acteurs de l’industrie mécanique. Nous avons pris en charge le projet éditorial de la recherche d’auteurs jusqu’à la fabrication d’un ouvrage imprimé et d’un document numérique feuilletable (format Flipbook, voir un extrait ici).

 

>> Pour en savoir plus : Édition sur mesure

>> Pour nous contacter : [email protected]

 

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Céline CHARTIER

Ingénieure et docteure en chimie-physique, éditrice et responsable du service « Édition sur mesure ».

 

 

 

 

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Le retour d’expérience au coeur de l’innovation

 

Pourquoi avoir mis en place ce nouveau format REX  dans l’offre “Management et ingénierie de l’innovation” ?

Souvent l’innovation est abordée dans les articles sous l’angle des définitions, des principaux concepts, des processus, des moyens, des outils et des aides qui nécessitent d’être déployés, mais assez rarement sous une forme concrète, en traitant de cas réels.

Le format REX se propose de combler cette lacune, de refléter des cas réels de conduite de projet d’innovation en entreprise, avec présentation du projet, de la mise en œuvre, des actions menées, des moyens déployés, des difficultés et des succès rencontrés, des solutions mises en place, etc., pour en tirer les enseignements positifs et négatifs.

 

Quel est l’objectif des REX ?

L’objectif est d’offrir au lecteur un contenu court (entre 6 et 10 pages), pratique, appliqué, proche de sa réalité professionnelle, et ainsi de permettre un accès facile, rapide, direct en complément de la théorie et des fondamentaux. Le public visé est la cible classique de Techniques de l’ingénieur (ingénieurs, chercheurs de l’industrie, du public, de bureau d’études, etc.). Il s’agit de lecteurs qui veulent de l’information pratique et appliquée, qui n’ont pas le temps de lire ou qui n’ont pas besoin du niveau de détail sur la théorie ou les fondamentaux.

 

Comment les entreprises s’organisent pour répondre au défi de l’innovation ?

L’innovation est bien entendu essentielle pour la compétitivité de l’entreprise. Cependant elle implique de se projeter à long terme alors que les entreprises sont confrontées à un quotidien qui a tendance à absorber toute leur énergie. Les entreprises qui innovent sont celles qui investissent une partie de leurs ressources dans ce long terme. Ce n’est pas évident car l’innovation est un processus transverse qui fait appel aux compétences de ces divers services et aussi à des compétences extérieures. Il faut donc s’organiser et s’ouvrir pour que ce processus fonctionne. S’organiser et s’ouvrir pour que le dialogue et la communication entre les services et les hommes s’instaurent. S’organiser et s’ouvrir pour favoriser la créativité et l’invention. La ressource documentaire “Management et ingénierie de l’innovation” rassemble des articles de référence, des REX  et des fiches pratiques qui couvrent tous ces aspects.

 

>> Accéder à l’offre Management et ingénierie de l’innovation
>> Consulter un exemple d’article REX

 

Pierre DEVALAN

Pierre DEVALAN

Conseiller scientifique de Management et ingénierie de l’innovation

Ancien directeur des programmes de R&D du Cetim (Centre technique des industries mécaniques)

 

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Concours de nouvelles : imaginez le monde dans 70 ans !

À l’occasion de ses 70 ans, Techniques de l’Ingénieur a organisé un concours de nouvelles sur le thème de prospective « Comment la science et les techniques façonneront le monde en 2086 ? ». Près d’une centaine  de textes ont ainsi été reçus. Le jury constitué de  Marie-Christine Guillon, animatrice d’ateliers d’écriture, Michel Letté, maître de conférences en histoire des techniques et de l’environnement au Cnam,  Loïc Mangin, rédacteur en chef adjoint du magazine Pour la science et Blaise Mao, rédacteur en chef adjoint du magazine Usbek & Rica, a sélectionné 12 nouvelles pour leurs qualités de rédaction et d’anticipation :

 

  • Jeanne Battais, La lumière de l’enfer
  • Nouara Bouchenna, Énergie
  • Claude Chervet, Le sommeil de Mathilde
  • F.M.R., Max et son clone
  • Kévin Gallot, La sélection
  • Véronique Goossens, Miss Marple
  • C. M.  Lewden, Marc Bristow 
  • Madelicea, Le projet Effiscience
  • Vincent Marcant, Un colis
  • Barbara Muller, SyLiCC
  • Marc Pégeot, La maternité
  • Eva Wolff, Roméo & Juliette

 

Vous pourrez découvrir ces textes tout au long de l’été sur notre site internet dans notre Magazine d’actualités. Une version imprimée sera disponible prochainement. Une lecture des nouvelles sera organisée le 14 septembre à 18 h au CNAM de Paris dans le cadre de ses Journées portes ouvertes.

 

Extrait de Miss Marple
Ixelles, octobre 2086. Les étangs de Flagey, bicentenaires, s’étendent à l’est du capitole. Après quelques jours de froid, la douceur est de retour et la surface de l’eau renvoie les couleurs flamboyantes de l’automne. Les ruches artificielles bourdonnent de milliards d’abeilles électroniques qui produisent le miel et pollinisent les plantes. Dire qu’il a pratiquement fallu attendre que la dernière abeille organique ait disparu pour trouver comment produire les enzymes nécessaires à la fabrication du vrai miel et la pollinisation des plantes…

 

Biomimétisme, quand la nature inspire les ingénieurs

 

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Dans de nombreux domaines, les organismes vivants surclassent nos solutions technologiques. Les solutions biomimétiques sont intéressantes, non seulement pour leur ingéniosité, mais aussi pour leur potentiel de résilience écologique. La nature possède des stratégies d’optimisation de ressource encore inégalées par nos technologies actuelles.

 

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Aile de papillon au microscope

Papillons et biomimétisme

Les ailes des papillons sont recouvertes d’une fine « poudre » colorée constituée de minuscules écailles dont les propriétés sont à l’origine de nombreuses innovations : écran anti-reflet, système anti-contrefaçon pour les billets de banque, nouveau matériau réflecteur de lumière pour panneaux solaires…

 

 

 

>> Découvrez l’infographie complète

 

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Coup de projecteur sur nos nouveautés de l’été !

 

Eco-conception

L’intégration des exigences de protection de l’environnement dès la conception des produits est devenue incontournable pour les entreprises. Il existe une grande diversité de démarches d’éco-conception propres à chaque secteur, pour répondre à des besoins et enjeux particuliers. L’éco-conception en tant que discipline fait appel à des fondements scientifiques qui évoluent en permanence et qui constituent une source importante d’innovations. Techniques de l’Ingénieur propose deux ressources documentaires dédiées à l’éco-conception, pour faire le point sur : – l’ensemble des concepts et enjeux stratégiques de l’éco-conception dans divers secteurs et présenter les méthodes et outils à disposition des professionnels, – les pratiques d’éco-conception et leur mise en oeuvre dans différents secteurs.

>> A retrouver dans Éco-conception et innovation responsable

 

Étanchéité en mécanique

L’étanchéité est une fonction qui revêt une importance de plus en plus grande en mécanique par suite, d’une part de l’utilisation croissante des fluides pour les commandes (hydrauliques, pneumatiques) et pour les contrôles et, d’autre part, du nombre très important et de la très grande diversité des composants mécaniques dans les réseaux de fluides. Le confinement d’un gaz ou d’un liquide, de par sa nature, n’est pas aisé. Une fuite, même petite, peut avoir de multiples conséquences, tant sur le plan de la disponibilité du matériel que sur celui du fonctionnement et aussi de la sécurité. Des exemples courants montrent que des ensembles fort complexes, tels que les fusées, peuvent connaître des ennuis importants par suite d’une simple fuite. L’ingénieur mécanicien trouvera dans cette rubrique un panorama complet des meilleures solutions techniques en étanchéité.

>> A retrouver dans Fonctions et composants mécaniques

 

A venir prochainement :

  • Propriété intellectuelle et brevets d’invention
  • Menaces et vulnérabilités : protection des sites industriels
  • Métallurgie extractive

 

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Pourquoi le Qatar a-t-il été blacklisté ?

Depuis le 5 juin, les frontières terrestres et aériennes sont fermées entre le Qatar et ses voisins. Les relations diplomatiques ont été officiellement rompues et les Qataris se sont précipités dans les supermarchés par crainte de pénurie. Le pays importe en effet absolument tout, à part le gaz naturel, dont il est le premier exportateur mondial.

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Richesse gazière

Le Qatar a vu sa richesse exploser en quelques années grâce à la découverte et l’exploitation de ses énormes réserves gazières. Avec l’aide de compagnies internationales (la française Total en premier lieu), le Royaume est rapidement devenu un acteur incontournable du marché mondial du gaz naturel en s’imposant comme le premier producteur et exportateur mondial (181 Mds m3 /an). Une ascension rapide qui a fait de l’ombre aux autres pétro-monarchies du Golfe.

Soucieux de ne pas tout miser sur les hydrocarbures, le Qatar s’est servi de ses importantes entrées de devises étrangères pour constituer un fonds d’investissement massif, dont l’objectif est de diversifier les investissements du Royaume : le Qatar Investment Authority doté de 335 Mds $. Ces placements avaient également pour fonction de faire connaître le petit Royaume dans le monde en achetant des actifs très populaires, tels que des clubs de football, ce qui lui a permis d’obtenir l’organisation d’un événement de portée mondiale : le Coupe de monde de football en 2022.

Diplomatie active

Cette volonté de faire parler de soi s’est traduite également par la création d’une nouvelle chaîne d’information, Al-Jazeera, qui a représenté un véritable séisme dans le secteur médiatique au Moyen-Orient. Sa liberté de ton et sa ligne éditoriale ont séduit de nombreux journalistes de la région empêchés de travailler dans leurs pays respectifs, en faisant une caisse de résonance des débats qui agitent les sociétés arabes. Al-Jazeera a joué un rôle en médiatisant et soutenant les révolutions arabes du printemps 2011 ce qui lui a valu l’ire des régimes autoritaires de la région.

Cette stratégie a pris un tournant nouveau dans l’opération de Libye visant à faire tomber Mouammar Kadhafi la même année. Pour la première fois, le Qatar a soutenu l’intervention menée par l’Otan (sous l’impulsion de la France) apportant 400 M$ aux rebelles libyens et surtout une caution arabe à une opération occidentale en Afrique du nord, ce qui a été vécu comme une trahison par une partie de l’opinion publique arabe. Sur le dossier syrien, le Qatar est clairement en faveur de la destitution de Bachar-El-Assad et soutien une partie de l’opposition armée.

Quid des Etats-Unis ?

Il n’est pas anodin que la mise au ban du Qatar intervienne à la suite de la visite du président américain au Moyen-Orient. En assurant son allié saoudien de son soutien, Donald Trump a donné à Ryad toutes les raisons de tenter de mater son petit voisin, qui a par ailleurs la mauvaise idée d’entretenir des relations cordiales avec l’Iran chiite, ennemi juré de l’Arabie Saoudite sunnite. « Les encouragements de Trump à adopter une politique ferme vis-à-vis du Qatar semblent assez contradictoires puisque les Etats-Unis y ont stationné leur plus importante base militaire du Moyen-Orient, indispensable aux opérations menées dans l’espace aérien irakien notamment », rappelle Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l’Institut français de relations internationales (IFRI). Et de poursuivre : « Dans cette crise, il ne risque que d’y avoir que des perdants, notamment le Conseil de Coopération du Golfe qui a volé en éclat à cette occasion ».

Et la France ?

L’embarras est palpable dans la classe politique française sur le dossier qatari. Pour attirer les investissements du Royaume, la France a multiplié les visites diplomatiques et a même élaboré un régime fiscal spécifique, particulièrement favorable aux qataris, et désormais mis en question par le nouveau Garde des Sceaux, François Bayrou. Le Qatar a été prolixe dans l’Hexagone en rachetant des marques de prestige (Le Printemps, le Paris-Saint-Germain FC, Le Tanneur, Balmain), et en investissant dans  l’immobilier et dans l’hôtellerie haut de gamme. En contrepartie, le Qatar s’est engagé sur l’achat de 24 avions de combat Rafale.

Romain Chicheportiche

Ardediar : des meubles qui purifient l’air intérieur

Ces meubles dépolluants délivrent « une  bulle d’air » sain à leur proximité. Cela, grâce à des écoulements d’air maîtrisés. Sans colles, ils sont constitués de matériaux recyclés. Pour la petite histoire, ils ont été imaginés par l’ingénieur Arnaud Billard, pour créer une bulle d’air sain autour de son nourrisson en détresse respiratoire.

Des meubles design et dépolluants

La gamme comprend trois meubles : une table de chevet, un objet décoratif et un siège. Chaque meuble renferme une boîte à air, constituée de trois couches de filtres empilées. La première couche, composée de filtres grossiers G4, arrête jusqu’à 90% des poussières, le pollen… La deuxième est composée de filtres fins F7. Elle retient jusqu’à 90% des particules de 0,4 micromètres. La dernière s’occupe de filtrer les gaz et les odeurs par charbon actif : cigarettes, gaz d’échappements, COV, odeurs de cuisine… Le dispositif renferme aussi un ventilateur Sunon silencieux (moins de 22 dB), d’une puissance de 20 watts.

Selon les concepteurs, ces meubles dépolluent une pièce contaminée à la fumée de cigarette à 90%. Sans pollution particulière, l’épuration de l’air est effectuée en 30 minutes à moins d’un mètre de la sortie d’air. L’objectif est de commercialiser ces meubles dès cette année, entre 350 et 600 euros pièce.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Qui sera le maître d’école : les GAFAM ou les professeurs ?

Après le ministère de la Défense français, Microsoft va-t-il récidiver avec celui de l’Éducation ? En novembre 2015, ce ministère signe un accord avec cet éditeur. Ce dernier s’engage à assurer de l’accompagnement, de la formation des élèves et des enseignants, de l’initiation au code informatique, etc. En contrepartie, Microsoft en profite logiquement pour communiquer sur Office 365, Windows Azure, et ses autres produits.

Alertée il y a quelques mois par le collectif EduNathon, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) rappelle à l’ordre Microsoft. La fameuse charte de confiance qui devait encadrer cet accord ne satisfait pas cette instance. Elle réclame des données juridiques plus solides pour garantir la protection des données personnelles des élèves et enseignants. Interrogée en avril par le site EducPros, la présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin, avait en effet rappelé que les données scolaires étaient « particulièrement sensibles ». Non seulement elles en disent énormément sur les enfants, mais elles les suivent longtemps. « De ce fait, ces informations peuvent intéresser énormément d’acteurs et il faut faire preuve de vigilance ».

Officiellement, le ministre de l’Éducation interdit le recours aux services des GAFAM et prône notamment les solutions open source pour les ENT. Un créneau qui intéresse différents éditeurs français parmi lesquels Open Digital Education, Itslearning et d’Itop.

Mais les poids lourds américains du numérique accentuent leur pression pour s’immiscer dans les classes. Ils ont développé des produits spécialement dédiés à l’éducation, comme Office 365 éducation ou Google Classroom. Ces services sont mis gratuitement à disposition des enseignants. Mais comme tout service commercial accessible sans abonnement, toutes les informations qui transitent par ses logiciels peuvent être recueillies et exploitées : les noms et âges des élèves, leurs résultats scolaires, leurs historiques de navigation et de recherche…

C’est ce qui se passe aux États-Unis où Google a détrôné Apple (qui est 3e derrière Microsoft) dans les écoles ! En trois ans, Google a multiplié par 4 le nombre de Chromebooks installés dans les classes, soit environ 8 millions. Résultat, le moteur de recherche détient près de 58% de part de marché en 2016, suivi par Microsoft avec 22 % (ordinateurs portables/tablettes) et Apple qui est passé sous les 20 % (avec ses iPads et Mac).

Disponible à partir de 250 €, les Chromebooks ont convaincu de nombreuses écoles qui ont abandonné les appareils d’Apple jugés vraiment trop chers… Pour tenter de reprendre la main, Microsoft propose dorénavant sa tablette Surface Laptop et surtout Windows 10 S. Ce système d’exploitation allégé est disponible gratuitement. Mais il y a des restrictions importantes, en particulier, les utilisateurs ne peuvent installer et faire tourner que des applications provenant du Windows Store.

Par Philippe Richard

Protection des données personnelles : le retard des entreprises

Le GDPR fait trembler les entreprises ! L’acronyme anglais du Règlement Général sur la Protection des Données inquiète les professionnels car il impose la mise en place de nombreuses mesures complexes. Ce nouveau Règlement européen (RGPD) n° 2016/679 du 27 avril 2016 sur la protection des données est applicable à compter du 25 mai 2018.

Pour schématiser, il renforce la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés en vigueur en France. Évolution majeure : la notification des attaques informatiques et des failles de sécurité entrainant des fuites d’informations à caractère personnel.

Avec le GDPR, toutes les entreprises (y compris les sites de e-commerce) auront l’obligation de notifier les violations de données personnelles, contrairement à la Loi de 1978 qui ne concerne que les fournisseurs de services de communications électroniques.

Selon l’article 33 du RGPD, cette notification doit intervenir dans les 72 heures à compter de sa connaissance auprès de l’autorité de contrôle (en l’occurrence, la CNIL) et lorsque la violation est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés de la personne. L’entreprise, victime de cette fuite de données, doit également avertir par lettre recommandée avec AR tous ses clients et salariés.

En cas de non-application du RGPD, l’entreprise encourt des sanctions financières allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial annuel, limité à 20 M€. (Article 83.6 du Règlement).

Par ailleurs, ce règlement renforce la protection des citoyens. Les entreprises doivent obtenir un consentement explicite de la part de l’utilisateur final quant à l’utilisation ou au stockage de ses données privées. Elles doivent permettre la portabilité des données personnelles aux utilisateurs qui en feraient la demande. Ces derniers bénéficient d’un droit à la suppression de ses données personnelles par l’entreprise qui les traite.

Devant de telles contraintes, les entreprises doivent adopter des mesures techniques et organisationnelles appropriées pour garantir que, par défaut, seules les données nécessaires au regard de leurs besoins soient traitées (autrement appelé le « Privacy by Design »). Ces mesures techniques peuvent prendre plusieurs formes :

  • la pseudonymisation et le chiffrement des données ;
  • des moyens permettant de garantir la confidentialité, l’intégrité, la disponibilité et la résilience des systèmes et des services de traitement…

Elles doivent obligatoirement nommer un délégué à la protection des données (Data Privacy Officer-DPO). Celui-ci sera le référent et s’assurera de la bonne mise en œuvre et du contrôle des traitements par mandat des utilisateurs et de l’administration.

Pour des nombreuses entreprises, quelles que soient leur taille et activité, ce GDPR est très contraignant et complexe. Résultat, de nombreuses études indiquent qu’elles ne sont pas encore prêtes.

Cette situation, anxiogène pour de nombreux chefs d’entreprise de PME, devrait profiter aux sociétés spécialisées dans la sécurité informatique. D’après le cabinet d’études Canalys, les ventes de licences et d’équipements en protection des systèmes d’information devraient progresser de 16 % (à 11,5 Md$ l’an prochain sur le vieux continent.) l’année prochaine.

Cette même étude signale que de nombreuses PME se tourneront vers leur prestataire de services IT pour ne pas avoir à payer les amendes prévues.

Par Philippe Richard

Les 100 premiers acteurs français du digital pèsent 12Md€

Depuis 2008, PwC mène, en collaboration avec Tech In France et le syndicat national du jeu vidéo (SNJV) une étude annuelle sur le secteur digital qui décrypte les tendances et les progressions des entreprises de la French Tech à travers des analyses et les classements des principales entreprises de l’édition de logiciels, des services Internet et du jeu vidéo français.

Une croissance à deux chiffres

Les cent premiers acteurs français de ce classement représentent un revenu de 12,2 Md€ (hors services de conseil et d’intégration) en croissance de 11,8% par rapport à 2015. Et 18 entreprises enregistrent même une progression supérieure à 20% soulignent les auteurs de l’étude. Cette croissance est générale et le 100e du classement réalise désormais 16M€ de revenu en logiciels et services internet, contre 10 M€ en 2014.

Les éditeurs consolident leurs positions

Après deux années de croissance à plus de 10%, les éditeurs de logiciels (incluant les licences, la maintenance et le support et les abonnements SaaS) sont revenus à 6,5% et représentent toujours près de 50% en volume (6,8 Md€) du top 100 via 68 entreprises. C’est clairement le SaaS qui tire la croissance vers le haut mais le secteur reste très dynamique et attire les investissements internationaux. Outre les grands segments traditionnels que sont les RH, la banque-assurance ou l’offre PLM, la France se positionne bien en matière de logiciels d’infrastructure grâce à trois acteurs qui ont connu des croissances organiques supérieures à 15% (Scality, Mega International et Talend). Mais le marché français se distingue aussi par une offre très riche en matière de logiciels métiers sur des secteurs comme l’agriculture ou l’immobilier. On enregistre aussi de très fortes transformations dans l’offre et les entreprises sur le segment de la santé portées par la digitalisation de l’hôpital et la santé centrée sur le patient.

La publicité porte les services internet

Les services internet sont en très forte croissance (+26%), principalement grâce à la publicité digitale. Dans le top 100, 26 entreprises représentent ce secteur et pèsent 32% des 12,2Md€ de revenu. Sur le segment publicitaire, Criteo et Teads continuent leur croissance et restent dans le top 10. D’autres segments sont en cours de consolidation comme le streaming représenté par Deezer ou Believe Digital ou comme le e-paiement avec Ingenico ePayments ou Lyra Network. On note aussi la présence de services qui intègrent le quotidien des français sur le net comme Blablacar ou Doctolib.

Jeux vidéos : des industries innovantes

Six acteurs de jeux vidéos se partagent les 16% de revenus des 100 premières entreprises digitales françaises. Une part stable qui ne doit pas cacher des situations très différentes entre des entreprises qui réussissent à allier innovation technologique et attraction culturelle et d’autres qui peuvent être rapidement fragilisées (cinq des acteurs du top 30 de ces deux dernières années ont ainsi disparu). L’année 2016 est cependant positive puisque le top 20 des éditeurs de jeux vidéos connaît une progression de 6% par rapport à 2015 qui avait enregistré une stagnation.

Sophie Hoguin

Le glyphosate devant la Cour de Justice de l’Union Européenne !

Le combat des écologistes s’intensifie. Sur le banc des accusés se trouve le glyphosate, substance active utilisée notamment dans le fameux herbicide RoundUp de Monsanto. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence de l’OMS, l’avait classé comme cancérigène « probable » en mars 2015. Mais l’Efsa n’était pas de cet avis. En décembre 2015, elle considérait de son côté la cancérogénicité de la substance comme improbable pour l’homme. La Commission européenne a donc relancé en mai 2017, une procédure en vue de prolonger l’autorisation de l’herbicide pour dix ans. Cela est surprenant, puisque récemment, le sandale des Monsanto Papers a révélé que Monsanto connaissait la toxicité du glyphosate depuis 1999.

Les eurodéputés ont cherché à comprendre les raisons de ces divergences. C’est simple : le CIRC n’utilise que des études appartenant au domaine public. Mais l’Efsa se fonde aussi sur des études fournies par les industriels. Les eurodéputés ont donc demandé à l’Efsa l’accès aux études qui l’ont poussé à cette conclusion. Mais celles-ci sont couvertes par le secret industriel.

« Après une année de tractations intensives, l’EFSA ne nous a fourni qu’un accès partiel à ces études, omettant des informations clés comme la méthodologie ou les conditions d’expérimentations », fait savoir Michèle Rivasi, dans un communiqué. « Sans ces informations essentielles, il est impossible pour des experts indépendants de vérifier la validité des conclusions de l’EFSA », complète-t-elle.
Dans ces circonstances, les eurodéputés saisissent la Cour de Justice de l’Union Européenne. Ils veulent mettre fin « à une jurisprudence emblématique, qui à l’avenir incitera les agences européennes à privilégier la transparence au secret commercial dès qu’il s’agira d’évaluer scientifiquement des substances potentiellement néfastes pour la santé et l’environnement. » Mais le combat durera encore plusieurs années. Des années durant lesquelles le glyphosate pourrait continuer à polluer l’environnement. En attendant, les eurodéputés invitent les citoyens à signer l’Initiative Citoyenne Européenne « Stop glyphosate » pour faire interdire le glyphosate par la Commission Européenne.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les briques essentielles à la vie présentes autour de proto-étoiles

C’est dans le proche environnement de proto-étoiles similaires à notre Soleil à ces premiers stades de formation qu’une équipe italo-espagnole (Centre d’astrobiologie de Madrid et Observatoire d’astrophysique de Florence) et une équipe anglo-néerlandaise (University College de Londres et Observatoire de Leiden) ont détecté pour la première fois des traces d’isocyanate de méthyle, un élément chimique précurseur de la vie. L’isocyanate de méthyle fait partie des molécules organiques impliquées dans la synthèse de peptides et d’acides aminés précurseurs des protéines. Il avait notamment déjà été détecté en 2015 sur la comète Tchouri étudiée par la sonde Rosetta.

Le système étudié, IRAS 16293-2422 est un système à plusieurs étoiles à quelques 400 années-lumières de la Terre dans la constellation d’Ophiuchus (aussi appelée Serpentaire), qui a déjà fait l’objet de nombreuses observations et avait dévoilé en 2012 la présence de molécules de glycolaldéhyde, un sucre simple, lui aussi brique essentielle de la vie.

Les astronomes se sont appuyés sur les données récoltées par le télescope Alma de l’Observatoire spatial européen (ESO) au Chili pour détecter la molécule à plusieurs longueurs d’ondes caractéristiques dans le spectre radio. Ils ont pu identifier l’empreinte spécifique de cette molécule à l’intérieur des régions chaudes et denses du nuage de poussières et de gaz qui entoure chacune des jeunes étoiles à leurs premiers stades d’évolution.

Par modélisation et expérimentation en laboratoire, les deux équipes ont montré que l’isocyanate de méthyle pouvait être créé à la surface des grains de poussières dans les conditions de froid et de vide spatial. Les prémices de la vie pourraient donc être présents autour de la plupart des étoiles du type de notre Soleil dès le début de leur formation.

L’étude de ce type d’étoile ressemblant à notre Soleil est une fenêtre ouverte sur notre passé, sur la formation de notre système solaire il y a plus de 4,5 milliards d’années et sur l’apparition de la vie sur Terre. D’autant qu’IRAS 16293-2422 présente les caractéristiques pour engendrer un système planétaire très similaire au nôtre.

Par Sophie Hoguin

Est-ce qu’un robot va vous piquer votre job ?

Parmi les études internationales sur les risques de computérisation des différents métiers (remplacement de la main d’oeuvre humaine par des machines, robots ou ordinateurs), celles des chercheurs britanniques Carl Bendikt Frey et Michael A.Osbourne, The future of employment : How susceptible are jobs to computerisation ?, qu’ils publient maintenant régulièrement depuis 2013, sont les plus fameuses et les plus commentées. Elles scannent quelque 700 métiers et les classent par ordre de risque de disparition dans les 20 ans à venir. Mais ces études révèlent aussi les limites de l’exercice : la transposition est souvent hasardeuse tant le marché du travail peut être différent entre les Etats-Unis et la France, elles ne dévoilent pas forcément de scoops (qui ne pourrait pas parier que les postes d’encaissement et de guichets sont menacés quand c’est déjà le cas depuis plusieurs années – caisses automatiques des supermarchés, guichets automatiques à la Poste, dans les gares, dans les banques etc.).

Le COE scanne le risque pour la France

Soulignant que le diagnostic réaliste est crucial pour établir des politiques publiques et qu’il convient de comprendre si “les changements vont être lents ou brutaux, mineurs, majeurs et concentrés ou non sur certaines compétences, certaines zones géographiques ou certaines catégories d’emploi”, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) a commandité une étude dont le rapport est paru en janvier 2017.

Cette étude montre que :

  • « moins de 10% des emplois existants présentent un cumul de vulnérabilités susceptibles de menacer leur existence dans un contexte d’automatisation et de numérisation;
  • mais la moitié des emplois existants est susceptible d’évoluer, dans leur contenu, de façon significative à très importante;
  • le progrès technologique continuerait à favoriser plutôt l’emploi qualifié et très qualifié: parmi les emplois susceptibles d’être vulnérables, les métiers surreprésentés, en volume ou au regard de leur part dans l’emploi total, sont souvent des métiers pas ou peu qualifiés ».

L’essai ne vaut pas transformation

Beaucoup d’articles de presse s’emparent du sujet et mettent en avant des métiers comme étant amené à disparaître sous peu : que ce soit des camionneurs, des interprètes ou des comptables. Mais le COE insiste sur ce point : la possibilité d’automatiser ou de remplacer un travailleur par une machine ne signifie pas que cela va être le cas. Il y a d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte : des freins économiques à l’investissement, des freins culturels et sociaux. Ensuite, la vitesse à laquelle se fera le changement est souvent imprévisible selon les évolutions technologiques. Aussi, l’impact réel sur le travail en volume, en localisation reste un exercice périlleux. La seule certitude c’est que les innovations en matière de robotisation et d’intelligence artificielle change la façon de produire et vont changer la place de l’homme. Ceci dit, c’est déjà le cas depuis les années 1980-1990.

Tâches vs. métiers

L’approche du COE s’est faite par un recueil d’études de postes avec une analyse du travail réel, plus le poste demande au travailleur de savoir s’adapter, d’être multitâches et moins il est vulnérable. Plus le poste consiste à suivre des tâches routinières, sans interruption et conformes aux prescriptions plus il est vulnérable. Les auteurs font remarquer qu’il est difficile de parler de “métier” car le contenu réel d’un poste de secrétaire par exemple est très différent d’une entreprise à l’autre, d’un secteur à l’autre et pourra selon les cas être plus ou moins automatisable. Il est donc plus pertinent d’analyser quelles tâches la computerisation peut concerner plus que les métiers en eux-mêmes. Reste que pour les sociétés et les individus, le plus grand défi est peut-être celui de la formation, car ce sont les métiers les moins qualifiés qui sont les plus menacés, c’est donc une population déjà vulnérable qui le devient encore plus.

Sophie Hoguin

Ruée vers les hydrates de méthane en cours !

Un hydrate de méthane est un mélange congelé d’eau et de méthane. On en trouve partout autour du globe, notamment dans les sédiments sous les fonds océaniques, aux abords des plateaux et sur les talus continentaux, ou sur terre, sous le permafrost. Ce composé stables sous des conditions de température et pression très particulières est facilement inflammable. Dès que ces conditions sont bouleversées, les hydrates se séparent en eau et méthane. Leur extraction est donc très difficile. Extrêmement difficile même, mais très convoitée. En effet, un mètre cube d’hydrate de méthane peut libérer 164 mètres cube de méthane. Cela en fait un combustible à forte intensité énergétique. Il y a encore mieux. Les réserves mondiales contiendraient plus de carbone que les gisements connus de pétrole, gaz et charbon réunis.

La Chine, en tête du cortège pour en extraire

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon a été pionnier dans ce domaine pour trouver une nouvelle source d’énergie. Mais la Chine, les Etats-Unis, le Canada, l’Inde et la Corée du Sud veulent aussi avoir leur part du gâteau. Et la Chine semble aujourd’hui aussi bien avancée. Le 18 mai, le ministère chinois du territoire et des ressources a annoncé avoir extrait une quantité beaucoup plus importante que lors des tests pratiqués par les autres pays.

L’extraction a eu lieu à 1.266 mètres de profondeur dans un puits sous-marin de 200 mètres en mer de Chine méridionale. La presse chinoise a annoncé qu’en moyenne 16.000 mètres cubes de gaz avaient été extraits chaque jour, pendant 8 jours consécutifs. Les hydrates de méthane étaient purs, avec une teneur en méthane de 99,5%  Selon le site américain Ars Technica, la technique utilisée a impliqué des machines «  pour dépressuriser ou fondre [l’hydrate de méthane] sur le fond de la mer et canaliser le gaz vers la surface ». D’autres tests sont à venir pour étudier d’autres méthodes d’extraction.

Un cauchemar pour le climat ?

La route est encore longue avant une exploitation commerciale. Au plus tôt, celle-ci devrait voir le jour en 2025. Les défis sont encore nombreux pour arriver à une exploitation sans impact environnemental majeur. Le risque principal concerne des fuites de méthane, qui pourraient amplifier le réchauffement climatique. Le méthane a en effet un pouvoir de réchauffement global 23 fois supérieur au CO2. Par ailleurs, les scientifiques craignent que ce type d’exploitation cause d’importants glissements de terrain sous-marins sur le talus continental, entraînant des tsunamis majeurs.

Les hydrates de méthane sont une énergie fossile. Si leur extraction était compétitive, leur utilisation contribuerait à amplifier le réchauffement climatique. Néanmoins, ils pourraient être intéressants s’ils remplaçaient le charbon et le pétrole dans les pays émergents fortement consommateurs. On peut notamment penser à la Chine, à l’Inde. Mais s’ils faisaient baisser le prix mondiale de toutes les énergies fossiles et en absence d’une taxe carbone forte, ils pourraient surtout menacer le développement des énergies renouvelables.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

De la culture de la peau 3D à l’injection directe sur les grands brûlés

En mai 2015, la filiale américaine de L’Oréal signait un partenariat de 5 ans avec Organovo, spécialiste américain de la bio-impression pour travailler sur la production en masse d’échantillons de peau à des fins de recherche cosmétologique. Moins de deux ans plus tard, au moins deux entreprises européennes se targuent de savoir fabriquer toutes les couches d’une peau humaine via une impression 3D basée sur la micro-extrusion : en France, LabSkin Creations en coopération avec l’ICBMS (institut de chimie et biochimie moléculaires et supramoléculaires de Lyon) et BioDan Group et l’Université de Madrid en Espagne. Dans les deux cas, l’imprimante injecte différents types de cellules (fibroblastes, kératynocites…) issus d’une biopsie animale ou humaine et différents composants utiles à la vie et au développement de ces cellules. Résultats: on recrée des échantillons de peau animale ou humaine complètement fonctionnels pour des tests pharmacologiques ou cosmétiques ou à terme pour des greffes sur les grands brûlés. Concernant les greffes, les essais en sont au stade préclinique, avec des expérimentations concluantes sur les animaux. Le procédé devrait pouvoir être validé sur les humains pour 2020. A ce jour, la bio-impression 3D pour la peau permet de passer d’un temps de culture de 45-50 jours à 21-25 jours et d’imprimer aussi des reliefs de la peau et des vaisseaux sanguins.

Des solutions qui collent à la peau

LabSkins Creations va d’ailleurs très loin dans ce qu’elle peut proproser aujourd’hui aux industriels en matière d’échantillon de peau pour la recherche. Les échantillons peuvent en effet présenter des caractéristiques variées reproduisant des critères d’âge ou d’exposition aux UV par exemple. Côté subvention, si la région Rhônes-Alpes soutient fortement le laboratoire lyonnais, la Direction générale des armées contribue désormais aussi au programme de recherche pour pour le développement de l’impression 3D directement sur les grands brûlés. Lyon étant évidemment la place idéale pour cela puisque l’hôpital Edouard Herriot accueil le centre de référence national de prise en charge des grands brûlés français.

Outre-Atlantique, des chercheurs de l’université de Wake Forest en Caroline du Nord, pionniers dans l’impression de cellules vivantes, ont conçu un prototype d’une bio-imprimante pour implanter des cellules capables de régénérer la peau directement sur les grands brûlés. Testé sur des animaux, la guérison est trois fois plus rapide.

De la 3D à la 4D

De son côté, une autre start-up de la bio-impression française, Poietis a développé une solution d’impression 3D de la peau non plus couche par couche, mais cellule par cellule : grâce à un laser, elle peut positionner les cellules de manière ultra précise (la taille des gouttes ne dépassant pas quelques microns) pour reconstruire un morceau de peau mais aussi tout autre tissu vivant. La start-up bordelaise créé en 2004 par Fabien Guillemot, un chercheur de l’Inserm vient d’ailleurs de présenter sa nouvelle bioimprimante, la NGB 17,03 et surtout le logiciel de CAO qui l’accompagne qui permet d’intégrer une dimension temps correspondant à l’évolution des cellules dans l’environnement où elles sont placées. Sa solution présente en outre un aspect reproductible à l’identique, ouvrant la voie de l’industrialisation de la bioimpression. Pour Poietis, ce n’est plus de l’impression 3D mais bien 4D car elle doit pouvoir contrôler la morphogénèse des tissus dans le temps de façon reproductible.

Par Sophie Hoguin

Le sel marin est aussi contaminé par les microplastiques !

On sait que les microplastiques contaminent la chaîne alimentaire dans les océans. En 2014, 60 millions de consammateurs dénonçait même la présence de microplastiques dans le miel. Aujourd’hui, des chercheurs maltais de l’université Putra Malaysia dénoncent leur présence dans le sel de table. Leurs résultats sont publiés dans la revue Scientific Reports.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé 17 marques de sels marins ou de lacs issues de 8 pays – Australie, Iran, Japon, Nouvelle-Zélande, Portugal, Afrique du Sud, Malaisie et France – par spectroscopie Raman. L’équipe n’a néanmoins pas révélé l’identité de ces marques. Mais leurs conclusions sont accablantes: seule une marque ne contient pas de microplastiques. Si cette marque est française, les cinq autres marques hexagonales n’échappent pas à cette contamination. Seule précision révélée : cette marque est vendue dans un contenant en verre.

De quels microplastiques parle-t-on ?

Les chercheurs ont extrait les microparticules supérieures à 149 micromètres (μm). En moyenne chaque kilogramme de sel contient entre 1 et 10 microparticules. Sur un total de 72 particules extraites, 41,6% étaient des polymères plastiques, 23,6% étaient des pigments (phtalocyanine, jaune de chrome,hostasol vert, bleu de phtalocyanine). 5,5% étaient du carbone amorphe et 29,1% restaient non identifiées. En moyenne, les particules mesuraient 515 μm.

Les polymères plastiques les plus courants sont le polypropylène (40%) et le polyéthylène (33,3%). 63,8% des microplastiques sont des fragments de plastique (63,8%). Puis on trouve 25,6% de filaments et 10,6% de films. Aucune microbille de plastique n’a été isolée de ces échantillons.

sel-microplastiques
Images de quelques particules extraites. (a) Polyisoprène/polystyrène, (b) Polyéthylène, (c) Pigment : phthalocyanine (d) Filament de nylon-6.

Une pollution plastique à surveiller !

Les chercheurs se veulent néanmoins rassurants. « Selon nos résultats, le faible niveau d’absorption de particules anthropiques dans les sels [37 particules maxium par individu par an] garantit des impacts négligeables sur la santé », préviennent-ils. On reste loin de l’ingestion qui peut s’élever jusqu’à 11.000 fragments de plastique chaque année pour les amateurs de fruits de mer.
Mais, la quantité de plastiques déchargés dans les océans étant en constante augmentation, ils recommandent de quantifier et identifier régulièrement les microplastiques présents dans divers produits de la mer. Il n’existe encore aucune norme spécifique fixant des seuils maximum de micro-plastiques dans le sel marin ou autres produits.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique