Conférences Rendez-Vous Carnot 2016 : Imagerie et robotique appliquées à l’urologie

Cancer de la prostate : aide au diagnostic et au traitement ciblés.

Le laboratoire TIMC-IMAG, la société KOELIS et leurs partenaires cliniques inventent et développent des systèmes de ciblage de la prostate qui touchent un marché d’innovation international.

Intervenants

Jocelyne TROCCAZ, directrice de recherche, institut Carnot LSI

Photo Jocelyne TROCCAZ

 

 

 

 

Eric GAUDARD, responsable de projet de recherche, KOELIS Inc

Photo Eric Gaudard

 

 

 

Conférences Rendez-Vous Carnot 2016 : Les énergies marines renouvelables, small is beautiful

Quels équipements pour convertir cette énergie au plus près du client final ?

Les énergies marines renouvelables (EMR) contribuent déjà au bouquet énergétique européen. Un coût de production inférieur à 120€MWh sera le facteur de réussite des installations destinées à la distribution d’électricité en réseau. La fiabilisation de ces installations face aux contraintes du milieu marin devient donc pour cette industrie un enjeu de R&I important. Il y a là un gisement d’énergie valorisable par de petites structures innovantes pour créer de nouveaux marchés.

Intervenants

Jean-Marc DANIEL, directeur du département ressources physiques et écosystèmes du fond de mer, Ifremer

Jean-Luc LONGEROCHE, président, GEPS Techno

Conférences Rendez-Vous Carnot 2016 : Technologies douces pour la transformation des fruits et légumes

Développements (bio)technologiques améliorant l’arôme des produits à base de fruits

La préoccupation des consommateurs pour des produits à base de fruits et légumes plus « naturels » conduit les industriels de la transformation à concevoir des procédés utilisant des technologies de stabilisation plus respectueuses du produit (qualités intrinsèques : arôme, couleur, etc). Les tendances et innovations actuelles portent sur les technologies de décontamination pour la transformation des fruits et légumes, ainsi que sur les méthodes permettant de diminuer l’usage d’additifs et d’améliorer l’arôme des produits à base de fruits.

Intervenants

Catherine RENARD, directrice de l’Unité Sécurité et Qualité des Produits d’Origine Végétale, institut Carnot Qualiment.

Photo Catherine Renard

 

 

 

 

Jean-Claude DUSSAUD, directeur valorisation et transfert, CTCPA, Institut Carnot Qualiment

Le « blob » : capable d’apprendre… et de transmettre ses apprentissages

Les mêmes chercheurs ont fait un pas de plus en prouvant qu’il peut transmettre ses apprentissages à un congénère en fusionnant avec lui. Ces nouveaux résultats sont publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B le 21 décembre 2016.

Imaginez que vous ayez la capacité de fusionner temporairement avec un autre individu et qu’à l’issue de cette expérience, vous ayez acquis toutes ses connaissances. Eh bien, chez les blobs, c’est possible ! Le blob, Physarum polycephalum pour les scientifiques, est un être composé d’une seule cellule, qui vit dans les sous-bois à l’état naturel et dans des boîtes de Pétri en laboratoire. Audrey Dussutour et David Vogel lui avaient déjà appris à passer outre des substances répulsives mais inoffensives (café, quinine ou sel) pour atteindre leur nourriture. À présent, ils montrent qu’un blob ayant appris à ignorer le sel peut transmettre son apprentissage à l’un de ses congénères, tout simplement en fusionnant avec lui !

Pour cela, les chercheurs ont appris à plus de 2 000 blobs que le sel était inoffensif – les blobs devaient traverser un pont couvert de sel pour rejoindre leur nourriture. Pendant ce temps, 2 000 blobs devaient eux franchir un pont vierge de toute substance (blobs « naïfs »). Au terme de cet apprentissage, les chercheurs ont formé des paires de blobs « expérimentés », des paires de blobs « naïfs » et des paires mixtes, qui fusionnaient au niveau de leur zone de contact. Les blobs fusionnés devaient ensuite à leur tour traverser un pont couvert de sel. À la surprise des chercheurs, les blobs mixtes étaient aussi rapides que les blobs expérimentés, et surtout bien plus rapides que les blobs naïfs – comme si l’apprentissage du caractère inoffensif du sel avait été partagé. Le résultat fut le même avec des trios et des quatuors, quel que soit le nombre de blobs naïfs dans le nouveau blob – il suffisait d’un blob expérimenté pour que l’information circule.

Afin de vérifier qu’il y avait bien eu transfert d’information, l’expérience a été refaite en séparant les blobs une heure ou trois heures après leur fusion. Seuls les blobs naïfs qui étaient restés en contact trois heures avec un blob expérimenté ignoraient le sel, les autres montrant une forte aversion. Le blob naïf avait donc bel et bien reçu l’information. Au microscope, les chercheurs ont remarqué qu’une veine se formait entre les blobs à l’endroit même où ils fusionnaient, et qu’elle nécessitait trois heures pour s’établir. C’est sans doute par ce biais que circule l’information. Prochaines étapes : trouver sous quelle forme elle est transmise, mais aussi tenter de faire des apprentissages croisés. En apprenant à un blob A à ignorer la quinine et à un blob B à ignorer le sel, les biologistes se demandent s’ils peuvent s’échanger et retenir les deux informations.

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© Audrey Dussutour (CNRS) Physarum polycephalum (diamètre : environ 10 centimètres), ou blob, composé d’une unique cellule, cultivé en laboratoire sur un gel d’agar.

Source : cnrs

Sommeil paradoxal : ces neurones qui nous paralysent

Le modèle animal créé permettra de mieux comprendre l’origine de certains troubles du sommeil paradoxal, en particulier la maladie qui empêche cette paralysie corporelle. Il sera également d’une grande aide pour étudier la maladie de Parkinson, les deux pathologies étant liées. Ces travaux sont publiés le 12 décembre 2016 sur le site de la revue Brain.

Pourtant plongé dans un sommeil profond, le patient parle, s’agite, donne des coups de pied et finit par tomber de son lit. Il souffre d’une forme de parasomnie appelée REM Sleep Behavior Disorder (RBD), une maladie du sommeil qui se déclare aux alentours de la cinquantaine. Alors que pendant la phase de sommeil paradoxal, les muscles sont au repos, chez ce patient, la paralysie corporelle est absente, sans que l’on sache bien pourquoi. Il exprime alors des mouvements anormaux reflétant très probablement son activité onirique.

Une équipe du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CNRS/Inserm/Université Claude Bernard Lyon 1/Université Jean Monnet) a fait un pas de plus dans la compréhension de cette pathologie. Les chercheurs ont identifié dans le cerveau les neurones du noyau sub-latérodorsal, idéalement placés pour contrôler la paralysie du système moteur pendant le sommeil paradoxal. Chez le rat, ils ont ciblé spécifiquement cette population de neurones en y introduisant des vecteurs viraux génétiquement modifiés. Une fois dans les cellules neurales, ceux-ci bloquent l’expression d’un gène permettant la sécrétion synaptique du glutamate. Incapables de libérer ce neurotransmetteur excitateur, ces neurones ne peuvent alors plus communiquer avec leurs voisins. Ils sont déconnectés du réseau cérébral nécessaire à la paralysie corporelle du sommeil paradoxal.

Depuis 50 ans, la communauté scientifique considérait que ces neurones à glutamate généraient le sommeil paradoxal lui-même. L’expérience menée par l’équipe balaye cette hypothèse : même sans aucune activité de ce circuit neuronal, les rats passent bien par cet état de sommeil. Ils sont profondément endormis et déconnectés du monde extérieur, les paupières closes. Pourtant ces rats ne sont plus paralysés. Leurs comportements rappellent très fortement le tableau clinique des patients souffrant de RBD. Les neurones à glutamate ciblés dans cette étude jouent donc un rôle essentiel dans la paralysie corporelle pendant le sommeil paradoxal et seraient prioritairement atteints dans cette pathologie neurologique.

Ces travaux de recherche vont au-delà de la création d’un nouveau modèle préclinique mimant cette parasomnie. Ils pourraient même avoir une importance capitale dans l’étude de certaines maladies neurodégénératives. En effet, de récents travaux de recherche clinique ont montré que les patients diagnostiqués avec le RBD développent presque systématiquement les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson, en moyenne une décennie plus tard. L’équipe cherche maintenant à développer un modèle animal évoluant de la parasomnie à la maladie de Parkinson afin de comprendre les prémices de la dégénérescence neuronale.

Source : cnrs

Quand les défauts deviennent des qualités pour les matériaux

Des chercheurs de l’Institut de recherche de chimie Paris (CNRS/Chimie ParisTech) et de l’Université de Cambridge ont dressé un bilan de la recherche qui a révélé de nouvelles propriétés surprenantes chez ces matériaux. Plus leur structure cristalline présente de défauts, plus ils peuvent être performants. Ces travaux sont publiés le 20 décembre dans Nature Chemistry.

Les matériaux hybrides organiques–inorganiques sont des structures cristallines hyper-poreuses, leur surface interne peut représenter plus de 6 000 m² par gramme. Cela leur permet d’immobiliser un grand nombre de molécules, d’où leur utilisation comme adsorbants pour capter par exemple du dioxyde de carbone. La variété de leurs structures et de leurs compositions en font également d’excellents catalyseurs pour de nombreuses réactions chimiques. Les assemblages supramoléculaires complexes de ces matériaux fascinent au point que des chimistes du monde entier se sont lancés depuis des années dans une course pour en synthétiser le plus possible. Alors que plus de 15 000 structures ont été créées à ce jour, on ne connait en détail les propriétés physiques que de quelques dizaines d’entre elles. Au final, seule une dizaine sont actuellement commercialisées.

Les chercheurs du CNRS et de l’Université de Cambridge ont établi un état des lieux pour mieux connaitre leurs propriétés. Leurs travaux ont dévoilé un phénomène étonnant et contre-intuitif : les défauts, le désordre moléculaire et la flexibilité dans l’organisation cristalline apportent des caractéristiques positives à ces matériaux. Alors que les matériaux hybrides organiques-inorganiques sont souvent vus comme des structures cristallines rigides, les chercheurs soulignent qu’ils possèdent une large flexibilité à grande échelle, souvent couplée à leurs défauts. Dans d’autres cas, ces imperfections du réseau cristallin augmentent leurs capacités catalytiques ou de capture de dioxyde de carbone. Cette étude devrait permettre de trouver de nouvelles applications à ces matériaux en fonction de leurs propriétés et de nos besoins.

Source : cnrs

Compteurs communicants : des risques sanitaires peu probables

Les distributeurs d’eau ont également entamé l’évolution de leur parc de compteurs. L’ Agence a donc mené une expertise visant à évaluer l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par ces dispositifs et les effets sanitaires potentiels associés. Dans l’avis qu’elle publie ce jour, l’Agence conclut à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme. Elle appelle cependant les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une information claire et facilement compréhensible aux usagers quant à leurs modalités de fonctionnement.

L’installation de compteurs communicants, permettant la relève à distance des index de consommation d’électricité, de gaz et d’eau, et leur transmission journalière aux fournisseurs d’énergie, notamment dans un objectif de maîtrise des énergies par les consommateurs, fait naître des inquiétudes auprès d’une partie de la population : surcoût éventuel généré pour les abonnés, respect de la vie privée, utilisation des données personnelles. Les consommateurs s’inquiètent également d’éventuels risques sanitaires liés à une exposition aux champs électromagnétiques émis par ces différents compteurs.

Dans ce contexte, la Direction générale de la santé (DGS) a chargé l’Anses de conduire une expertise relative à l’évaluation de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants et des effets sanitaires potentiels associés.

Exposition aux compteurs communicants

Les compteurs d’électricité « Linky » communiquent de façon filaire, via le réseau de distribution d’électricité, par la technologie du courant porteur en ligne (CPL) avec des points relais des informations de consommation. Les compteurs de gaz « Gazpar » et les compteurs d’eau communiquent avec ces points relais par liaison radio sans-fil.

Les données disponibles à ce jour amènent l’Agence à conclure à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants radioélectriques (gaz et eau) et les autres (électricité), dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme.

En effet, l’Agence a recensé les données issues de campagnes de mesures réalisées pour caractériser l’exposition liée aux compteurs communicants. Dans le cas du compteur d’électricité Linky, les niveaux d’exposition au champ électromagnétique produit par le compteur lui-même, mais aussi par la communication CPL qui parcourt les câbles électriques, sont très inférieurs aux valeurs limites d’exposition réglementaires. Les compteurs Linky, que ce soit en champ électrique ou magnétique, sont à l’origine d’une exposition comparable à celle d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de nombreuses années (télévision, chargeur d’ordinateur portable, table de cuisson à induction…).

L’exposition à proximité d’un compteur de gaz ou d’eau est très faible, compte tenu de la faible puissance d’émission et du nombre réduit de communications (moins d’une seconde 2 à 6 fois par jour). L’exposition due aux compteurs est par exemple bien plus faible que celle due à un téléphone mobile GSM.

Par ailleurs, les compteurs de type Linky produisent sur le réseau domestique des signaux qui peuvent être équivalents à ceux des parasites créés notamment par la mise en route d’appareils domestiques (courants transitoires à haute fréquence). Actuellement, il n’existe aucune donnée suggérant que les courants transitoires à haute fréquence puissent affecter la santé aux niveaux d’exposition mesurés.

Une campagne de mesures sollicitée par l’Anses auprès du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), dont les résultats sont attendus prochainement, permettra de préciser l’exposition (a priori faible compte tenu du mode de fonctionnement) due au compteur Linky en situation réelle (temporalité, niveau d’exposition,…). Ces mesures devraient notamment permettre une comparaison entre l’exposition aux anciens compteurs électromécaniques et celle due aux nouveaux compteurs Linky au domicile.

Recommandations

Dans le but d’améliorer l’information sur l’environnement des usagers, l’Agence engage les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une information claire et facilement compréhensible aux usagers quant à leurs modalités de fonctionnement actuel et futur, incluant notamment la fréquence et la durée des expositions aux champs électromagnétiques auxquelles ces technologies peuvent conduire.

Enfin, il est à noter que le déploiement des compteurs communicants intervient au moment où les objets connectés se multiplient pour des applications diverses, les infrastructures de communication (antennes relais notamment) étant déjà pour l’essentiel en place. Il est possible que ces développements concernent dans les prochaines années la numérisation des services et des infrastructures à l’échelle des individus, des habitations et des villes, dans les domaines de l’énergie, des transports et de la santé en particulier (réseaux intelligents, villes intelligentes, etc.).

La question de l’exposition des personnes aux champs électromagnétiques devrait alors être anticipée et systématisée dans cet environnement évolutif. Aussi, l’agence recommande que le développement des objets connectés s’accompagne de la définition de méthodes et outils (normes techniques) propres à assurer une caractérisation de l’exposition des personnes.

Fonctionnement des compteurs communicants

Le compteur « Linky » est sollicité une fois par jour pour la télé-relève (collecte) des index de consommation. Cette transmission se fait entre minuit et 6 heures du matin et dure moins d’une minute. Il peut être également sollicité plusieurs fois par jour pour vérifier son bon fonctionnement ou pour d’autres tâches (télé-opération par exemple) par le point relais extérieur.

Le compteur de gaz « Gazpar » et les compteurs d’eau transmettent les informations de consommation à un point relais  deux à six fois par jour, en moins d’une seconde. Installé sur un toit d’immeuble, ce point relais envoie ensuite les données au système d’information via le réseau GPRS/3G.

 

Source : anses

Compléments alimentaires destinés aux sportifs : des risques pour la santé pour des bénéfices incertains

Ces signalements et la consommation répandue dans plusieurs disciplines sportives de ce type de produits visant le développement musculaire ou la diminution de la masse grasse, conduisent l’Anses à attirer l’attention sur les risques potentiels pour la santé. Des effets potentiellement graves pour certains, majoritairement d’ordre cardiovasculaire (tachycardie, arythmie et accident vasculaire cérébral) et psychique (troubles anxieux et troubles de l’humeur), ont été observés. L’ Agence déconseille donc l’usage de ces compléments alimentaires aux personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou souffrant d’une cardiopathie ou d’une altération de la fonction rénale, hépatique ou encore de troubles neuropsychiatriques, aux enfants, adolescents et femmes enceintes ou allaitantes. L’ Anses déconseille également la consommation de compléments alimentaires contenant de la caféine avant et pendant une activité sportive, ainsi que la consommation concomitante de plusieurs compléments alimentaires ou leur association avec des médicaments. L’ Anses rappelle par ailleurs la nécessité de prendre conseils auprès d’un professionnel de santé avant de consommer des compléments alimentaires.

Le dispositif national de nutrivigilance de l’Anses a recueilli quarante-neuf signalements d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires visant le développement musculaire ou la diminution de la masse grasse et destinés aux sportifs. Les effets indésirables rapportés étaient majoritairement d’ordre cardiovasculaire (tachycardie, arythmie et accident vasculaire cérébral) et psychiques (troubles anxieux et troubles de l’humeur).

Ces signalements d’effets indésirables ont conduit l’ Anses à évaluer les risques associés à la consommation de ces compléments et à attirer l’attention des sportifs concernés sur les risques sanitaires induits par ces pratiques.

Afin de réduire ces risques, elle recommande aux consommateurs d’être attentifs à l’adéquation de ces compléments alimentaires avec leur statut nutritionnel, leur état de santé et les objectifs visés. De ce fait, un conseil personnalisé par un professionnel de santé, le cas échéant en lien avec l’entraîneur ou le préparateur physique, au regard des périodes et des charges d’entraînement, est indispensable. Afin d’assurer un dialogue interdisciplinaire efficace, il est important que les professionnels de santé bénéficient d’une solide formation initiale et continue en matière de nutrition, et en particulier de nutrition du sportif.

Par ailleurs, et plus spécifiquement en cas de recherche de diminution de la masse grasse et/ou d’augmentation de la masse musculaire, les pratiquants doivent être informés des risques liés, d’une part, à la consommation de produits présentant une activité pharmacologique et, d’autre part, des risques sanitaires liés à la pratique de régimes amaigrissants sans accompagnement médical.

L’ Anses met l’accent sur le fait que des effets de ces compléments alimentaires qui pourraient être revendiqués sur la performance n’excluent en rien le risque sanitaire. De façon générale, l’absence de données d’efficacité scientifiquement démontrée rend les bénéfices escomptés de ces compléments alimentaires très fortement hypothétiques, rendant ainsi l’intérêt des produits les contenant largement discutable au regard des risques encourus. Par ailleurs, l’achat sur internet expose de facto davantage le sportif à la consommation de compléments alimentaires frauduleux ou adultérés, susceptibles de conduire à des contrôles anti-dopage positifs et d’induire des effets sur la santé.

Les recommandations de l’Agence

Au vu des résultats de son expertise, l’Anses déconseille fortement la consommation de compléments alimentaires visant le développement musculaire ou la diminution de la masse grasse :

  • aux personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou souffrant d’une cardiopathie ou d’une altération de la fonction rénale ou hépatique ou encore de troubles neuropsychiatriques ;
  • aux enfants et adolescents ;
  • aux femmes enceintes ou allaitantes.

L’Anses émet les recommandations suivantes :

A l’attention des consommateurs

  • La consommation de compléments alimentaires contenant de la caféine est déconseillée avant et pendant une activité sportive, ainsi que chez les sujets sensibles aux effets de cette substance.
  • La consommation concomitante de plusieurs compléments alimentaires ou leur association avec des médicaments est déconseillée.
  • Les objectifs de la consommation de compléments alimentaires devraient être discutés avec un professionnel de santé.
  • La consommation de compléments alimentaires doit être signalée à son médecin et son pharmacien.
  • Les sportifs doivent être attentifs à la composition des produits consommés et privilégier les produits conformes à la norme AFNOR NF V 94-001 (juillet 2012) ainsi que les circuits d’approvisionnement les mieux contrôlés par les pouvoirs publics (conformité à la réglementation française, traçabilité et identification du fabricant).

A l’attention des cadres sportifs :

  • Le recours aux compléments alimentaires ne doit être envisagé que dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire mobilisant tant les cadres sportifs que les professionnels de santé ;
  • Une information efficace aux pratiquants, en ciblant plus particulièrement les jeunes sportifs, doit être mise en œuvre.
  • En outre, considérant la banalisation de la consommation de ces compléments alimentaires, l’Agence recommande aux pouvoirs publics de mener une réflexion sur la pertinence de la distribution de ces produits sur les sites de pratique sportive.
  • L’Anses rappelle enfin aux professionnels de santé l’importance de la déclaration auprès de son dispositif de nutrivigilance des effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires destinés aux sportifs dont ils auraient connaissance.

En outre, considérant la banalisation de la consommation de ces compléments alimentaires, l’Agence recommande aux pouvoirs publics de mener une réflexion sur la pertinence de la distribution de ces produits sur les sites de pratique sportive.

L’Anses rappelle enfin aux professionnels de santé l’importance de la déclaration auprès de son dispositif de nutrivigilance des effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires destinés aux sportifs dont ils auraient connaissance.

 

Source : anses

Energie : la mode des appels d’offres « technologiquement neutres »

Les appels d’offres « technologiquement neutres » se veulent non-discriminants : n’importe quelle source d’énergie peut être sélectionnée. Seul compte le rapport coût/efficacité.

Vent mexicain

Ce nouveau mécanisme vient du Mexique qui a récemment libéralisé son secteur énergétique en brisant les monopoles publics de l’électricité et des hydrocarbures. Cette réforme s’est notamment traduite par un appel aux investisseurs internationaux pour construire de nouvelles capacités électriques, dont le pays en pleine croissance a besoin. Mais au lieu de segmenter l’appel d’offres comme il était jusqu’alors de coutume (x MW pour l’éolien, y MW pour le solaire, etc), Mexico décide que toutes les technologies sont les bienvenues et que le coût du MWh sera le facteur déterminant. Et le résultat surprend plus d’un observateur. En deux appels d’offres, le Mexique a attribué en 2016 la construction de 5 776 MW à des prix défiant toute concurrence : jusqu’à 34,5 $/MWh, soit bien en-deçà des moyennes européennes toutes technologies confondues. Et à ce petit jeu, ce sont les énergies renouvelables qui se sont avérées les plus compétitives. L’éolien et le photovoltaïque représentent 95% des capacités allouées ! La technologies des centrales à cycles combinés gaz tire son épingle du jeu pour ses capacité de back-up, indispensables à l’équilibrage du réseau.

L’Espagne s’y met, Bruxelles approuve

Impressionné par cette double réussite, le gouvernement espagnol, enfin élu après un an et demi de crise politique, et qui cherchait un nouveau modèle énergétique viable, a annoncé la semaine dernière le lancement imminent d’un appel d’offres « technologiquement neutre » pour l’installation de 3 000 MW. Le ministre espagnol de l’Energie, Álvaro Nadal, est persuadé que les énergies renouvelables gagneront cette fois encore face à la concurrence, permettant au pays de remplir ses objectifs européens en matière d’Enr.

Et d’Europe, il en est question car Bruxelles s’intéresse de près à ce mécanisme très « concurrence compatible ». Un projet de directive est actuellement en préparation en vue d’imposer ce nouveau modèle. Une initiative qui n’est pas du goût de tout le monde, notamment des Français. Le Syndicat des énergies renouvelables, par la voix de son président, Jean-Louis Bal, a dénoncé « ces dispositifs, pensés par des ayatollahs de la concurrence pure et dure, qui nous priveraient de la nécessaire complémentarité des différentes énergies renouvelables », rapporte Greenunivers. Le gouvernement actuel est sur la même longueur d’onde mais quid dans 6 mois ?

La fin de la politique énergétique ?

Si les appels d’offres « technologiquement neutres » se sont avérés d’incroyables moyens d’attirer des financements et de prouver la compétitivité des énergies renouvelables, ils posent tout de même certaines questions. Ces appels d’offres, une fois les meilleurs gisements occupés, se concluront-ils par des prix aussi attractifs ? Ce mécanisme ne signifie-t-il pas la fin de la politique énergétique au sens classique du terme ? Une interrogation soulevée par le directeur général de la DGEC française, Laurent Michel : « Le potentiel renouvelable français doit s’exprimer à travers toutes les énergies et pas seulement la/les plus compétitive(s) à l’instant T ».

Par Romain Chicheportiche

Dilater le temps pour mieux prédire les évènements extrêmes

Cette technique, appliquée pour le moment à la photonique, pourrait aider à la prédiction de vagues scélérates à la surface des océans ou d’autres événements naturels extrêmes. Ces travaux, menés en collaboration avec des chercheurs finlandais, irlandais et canadiens, sont publiés dans la revue Nature Communications du 19 décembre 2016.

Les instabilités et le chaos dans les systèmes physiques sont des phénomènes aléatoires naturels, généralement très sensibles aux fluctuations des conditions initiales, si petites soient-elles. Pour comprendre ces phénomènes complexes et omniprésents dans la nature, les chercheurs ont récemment eu recours à des expériences impliquant la propagation d’ondes lumineuses et menant à la formation d’impulsions de durée extrêmement brève, de l’ordre de la picoseconde (un millionième de millionième de seconde). En effet, l’étude de ces phénomènes en optique présente l’avantage de se faire sur des échelles de temps très courtes, permettant ainsi de mesurer un échantillon représentatif d’événements et de caractériser de manière fiable ses propriétés statistiques. Cependant, bien qu’ayant permis des progrès sur la compréhension des dynamiques liées aux événements extrêmes, ces études ont été faites jusqu’à présent de manière indirecte, en raison du temps de réponse des détecteurs actuels, trop lents pour capturer ces événements rares.

Des expériences récentes menées à l’Institut Femto-ST à Besançon ont permis de dépasser cette limite. Basée sur le principe d’une lentille temporelle qui dilate l’échelle de temps d’un facteur 100 tout en augmentant la résolution, cette nouvelle méthode a permis aux chercheurs d’observer en temps réel des impulsions géantes de lumière, avec une intensité plus de 1000 fois supérieure à celle des fluctuations initiales de la source lumineuse, un laser. Ils ont utilisé pour cela un effet papillon connu en optique sous le nom d’instabilité modulationnelle qui amplifie, dans une fibre optique de télécommunications, le faible bruit intrinsèquement présent dans le faisceau laser.

Ces résultats ont une portée qui va bien au-delà du domaine de la photonique, puisque ce type de bruit de fond est généralement considéré comme l’un des mécanismes qui pourrait être à l’origine des vagues scélérates destructrices qui  apparaissent de manière soudaine à la surface des océans, mais également de bien d’autres systèmes comme la dynamique du plasma dans l’univers primitif. La capacité à dilater les échelles de temps en optique ouvre donc une nouvelle voie pour l’exploration et la compréhension des nombreux systèmes de la nature pour lesquels il est encore très difficile d’étudier les instabilités de manière directe et ainsi d’obtenir des échantillons statistiques fiables.

Ces travaux impliquent des chercheurs du laboratoire Femto-ST: Franche-Comté électronique mécanique thermique et optique – sciences et technologies (CNRS/Université Franche-Comté/Université de technologie de Belfort-Montbéliard/Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques de Besançon). L’UTMB, l’ENSMM et l’université de Franche-Comté appartiennent à la communauté d’universités et d’établissements « Université Bourgogne Franche-Comté ».

Source : cnrs

Les plus importantes cyberattaques de 2016

Cette multiplication de ces fuites de données démontre que de nombreuses entreprises, fussent-elles des poids lourds dans leur secteur d’activité, ne disposent pas d’un niveau de sécurité très élevé…

Février

S’introduire via la bande passante est un grand classique que la Banque centrale du Bangladesh a vécu à ses dépens . Les pirates ne l’ont pas attaqué directement ; ils ont réussi à accéder à l’interface utilisateur SWIFT pour envoyer de fausses demandes de virements. Depuis vingt ans, ce réseau est utilisé par les banques pour transmettre quotidiennement des instructions de paiement. Bilan : 72 millions d’euros volés.

Mai

En mai, fais ce qu’il te plaît ! Un pirate informatique russe du nom de « peace_of_mind » l’a appliqué à la lettre en s’attaquant à trois importants sites. Il a dérobé 360 millions d’adresses et 427 millions de mots de passe appartenant à des utilisateurs de MySpace. Il a également mis la main sur un fichier de 167 millions de comptes du réseau social professionnel LinkedIn (e-mails et mots de passe). Quant au site de microblogging Tumblr, quelque 45 millions de comptes ont été récupérés.

Toutes ces précieuses données ont ensuite été mises en vente sur le DarkNet.

Ce pirate s’appellerait Evgueni Nikulin. Ce jeune moscovite de 29 ans a été arrêté par le FBI.

Juin

TheDAO (Decentralized Autonomous Organization) est un fonds d’investissement participatif fonctionnant sur la Blockchain d’Ethereum. En quelques minutes, ce sont plus de 50 millions de dollars (sur les 150 de capital) qui ont été dérobés. La technique utilisée était celle de l’appel récursif, qui consiste à envoyer une fonction spécifique en boucle pour transférer la crypto monnaie (Bitcoin).

Septembre

Yahoo ! a battu deux records ! Premièrement, celui du plus gros piratage de l’année avec le vol de 500 millions de comptes. Deuxièmement, celui du délai entre l’infiltration de son réseau et l’annonce officielle : le site a été « ciblé » en 2014, mais il ne l’a reconnu qu’en septembre 2016… Ce même mois, OVH a été noyé sous un déluge de requêtes sans précédent. Les serveurs de cet hébergeur roubaisien n’ont pas résisté aux attaques (entre le 18 et 23 septembre) avec une pointe à 1 térabit par seconde de trafic malveillant. Cette attaque DdoS (denial of service attack) a été lancée par un botnet de 150 000 caméras de sécurité qui avaient été infectées et détournées par des pirates.

Octobre

Le gestionnaire de noms de domaine américain Dyn a subi le même genre d’attaque qu’OVH. Conséquence : l’accès à de nombreux sites (Netflix, Spotify, Airbnb, Twitter, PayPal ou encore le Playstation network de Sony) était impossible. Là aussi, les pirates ont détourné des objets connectés, notamment des caméras de surveillance, pour concentrer leur puissance de feu sur cette cible.

Le même mois, Dailymotion a été victime d’un piratage de sa base de données de 85 millions de comptes.

Novembre

Après Ashley Madison en 2015, c’est au tour de AdultFriendFinder d’être ciblé par des pirates qui ont récupéré 400 millions de comptes. L’attaque dont a été victime Vinci a été plus originale. Il ne s’agit pas à proprement parlé d’un piratage, mais d’une opération s’appuyant sur de l’ingénierie sociale. Des escrocs se sont fait passer pour ce groupe du CAC 40 et ont envoyé un faux communiqué de presse à des médias. Dans ce document, ils affirmaient que des irrégularités comptables sur quelque 3,5 milliards d’euros venaient d’être découvertes à la suite d’un audit interne. Vinci a démenti, mais le mal était fait : l’action a perdu plus de 18 % pendant plusieurs minutes.

Décembre

Yahoo ! fait de nouveau la Une des médias en déclarant avoir été victime d’une cyberattaque en 2013. Celle-ci concerne les données de « plus d’un milliard » d’utilisateurs ; leurs noms, numéros de téléphone ou dates de naissance ont pu être dérobés, ainsi que leurs mots de passe. Lorsque le site a révélé ce piratage le 14 décembre dernier, on ne savait pas si ce « milliard » venait en plus des 500 millions d’informations dérobées en 2014.

Par Philippe Richard

Suède: prime de 5000 dollars pour l’acquisition d’une batterie domestique

La Suède produit dès à présent 57% de son électricité à partir de sources renouvelables. Le reste avec l’énergie atomique. Mais selon Anne Vadasz Nilsson, DG de l’agence suèdoise de surveillance des marchés de l’énergie, a déclaré à l’agence Reuters que « le nucléaire est une énergie coûteuse compte-tenu des régulations en matière de sûreté et du financement de la gestion à long-terme des déchets radioactifs, pour ne mentionner que ces deux éléments« .

En juin 2016 des partis politiques suédois de premier plan ont convergé pour parvenir à 100% d’énergie renouvelable à horizon 2040. Cet objectif est tout à fait réalisable selon Anne Vadasz Nilsson. La prime de 5000 dollars qui sera en Suède versée aux acquéreurs de batteries domestiques s’inscrit dans cette perspective.

Le média spécialisé australien RenewEconomy (« Graph of the day« ) a récemment effectué un comparatif du coût du kWh de stockage des différentes batteries. Le résultat est sans appel, le Tesla Powerwall (version 1 et 2) pulvérise la concurrence. Et en outre intègre un onduleur. Sur le marché australien le solaire en bouteille serait dès à présent meilleur marché que l’électricité provenant du réseau, selon RenewEconomy.

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« Les Powerwall de Tesla seront populaires en Suède », titre le média spécialisé Electrik.co. En effet Tesla va vendre les Powerwall 2 pour 61.000 couronnes suédoises (environ 6600 dollars américains), auquel il faut ajouter environ 1300 dollars pour l’installation. Autrement dit, en intégrant la prime gouvernementale de 5000 dollars, la batterie Powerwall 2, dont la capacité de stockage est de 14 kWh, sera disponible pour moins de 3000 dollars, installation comprise ! C’est à dire 214 dollars (204 euros) par kWh de stockage.

La France n’a pas un objectif aussi clair et ambitieux que la Suède en matière d’électricité renouvelable. Alors que François Hollande a été élu en promettant de réduire la part du nucléaire de 75% à 50%, pas un seul réacteur nucléaire n’a été fermé, ce qui bien entendu suscite l’ire des ONG environnementales.

Ondine Suavet, DG de la start-up Mylight Systems, contactée par Techniques-ingénieur.fr, est sceptique concernant le marché de la batterie en France dans le court-terme: « cette batterie Tesla n’est actuellement pas distribuée en France car ce marché n’est pas considéré comme stratégique. Il n’y a aucun réseau de distribution pour ce produit en France, ni de réseaux d’installation agréés. Dans les pays où l’offre existe, seuls un installateur agréé peut poser ces batteries. Si nous faisons le parallèle avec le Modèle 3 de la voiture Tesla, il y a 3 ans entre l’ouverture des pré-commande et la livraison. »  Sur le site MaisonEtEnergie.info cette ingénieure innovante a d’ailleurs publié le 13 décembre 2016 une tribune intitulée « Des batteries pour stocker l’énergie solaire : aubaine ou arnaque ?« .

Une alerte afin que les acquéreurs potentiels soient correctement informés et ainsi ne soient pas bernés par des vendeurs peu scrupuleux de l’éco-éthique. Et de l’éthique tout court.

En Suède, la fête la plus importante du pays a lieu à l’occasion du solstice d’été, avec des danses circulaires autour de poteaux sacrés d’origine païenne symbolisant la course du temps solaire.

Ce pays scandinave, pourtant moins ensoleillé que la France, montre-il la voie à suivre pour le pays du coq gaulois ? 

Olivier Daniélo

Revue de presse anglophone #4 : la smart santé à travers le monde

Quelles technologies pour la smart santé ?

smartwatch-250Selon le dernier rapport Frost and Sullivan, la multiplication des données de santé et leur stockage permet d’imaginer sur le court terme un développement important de l’autodiagnostic. Focus sur les technologies qui vont rendre possible la véritable « santé intelligente ».
Sourcewww.innovationintextiles.com

Des tests VIH disponibles sur une clé USB ?

cle-usb-250Des chercheurs ont développé une test rapide (30 minutes), constitué d’un analyseur de Ph qui communique à une puce des données sur la variation de Ph de l’échantillon. Cette variation, associée à la production d’hydrogène, permet d’établir la séropositivité (ou séronégativité) du sang testé, envoyant l’information automatiquement sur une clé USB.
Source : blogs.discovermagazine.com

Quel avenir pour les soins de santé ?

avenir-250Daniel Kraft explique comment l’IA, la réalité augmentée et l’adressage des médicaments vont complètement changer l’avenir des soins de santé : drones pour livrer les médicaments, nano-adressage…
Source : www.theguardian.com

Votre iphone meilleur partenaire de votre santé

iphone-250Le développement des applications smartphone de santé a changé la manière d’envisager les parcours de santé, avec une constante : l’implication du patient devient un passage obligé.
Source : www.nytimes.com/

L’hôpital public pierre de voûte des smart santé ?

hopital-250Les projets d’implémentation des technologies de santé connectée se multiplient dans les réseaux de santé publics.
Source : www.financialexpress.com

 

 

 

Médecine: l’ère de l’intelligence artificielle et des robots

Le futur du diagnostic est en construction. L’intelligence artificielle (IA) Watson, développée par IBM, a des applications dans un vaste champ d’applications. En médecine, elle permet d’améliorer la précision des diagnostics médicaux. Fin octobre, Watson a signé une performance historique. Lors d’une expérience menée à l’école de médecine de l’Université de Caroline du Nord, cette IA a confirmé 99% des traitements prescrits par des cancérologues concernant 1 000 cas de cancer. Mais elle a surtout trouvé 30% d’options thérapeutiques de plus que les médecins.

Cette prouesse provient du deep learning (apprentissage statistique profond). Watson analyse et apprend des milliers d’études publiées chaque année en cancérologie. Il peut ainsi prendre en compte toutes les recherches ou essais cliniques, chose que ne peut pas faire même le meilleur médecin. Par ailleurs, il peut intégrer l’ensemble des données contenues dans le dossier d’un patient pour un diagnostic personnalisé et déterminer les options de traitement les plus adaptées. Le déploiement à grande échelle d’une telle intelligence artificielle permettrait de réduire les erreurs de diagnostics et de recentrer le rôle du médecin sur la prise de décision et la relation avec le patient.

Plus proche du grand public, tout le monde connait Siri, l’intelligence artificielle disponible sur iPhone. Désormais, vous allez découvrir MedWhat, l’intelligence artificielle développée par des médecins de l’université californienne de Stanford. Disponible sur Internet, elle répond à toutes les questions portant sur la santé des utilisateurs, via un robot conversationnel.

Des robots dans tous les hôpitaux?

Le futur de la médecine passe aussi par la robotique. Robots chirurgiens et infirmiers se développent. Le marché des robots spécialisés dans la chirurgie est aujourd’hui dominé par le pionnier Intuitive Surgical et son robot Da Vinci. Piloté par le chirurgien, il offre un outil d’une extrême précision doté d’une caméra endoscopique et de 3 bras manipulant des instruments chirurgicaux. Plus de 3.600 robots Da Vinci ont été vendus dans le monde. Mais il y a aussi le robot Rosa de Medtech pour la chirurgie du cerveau et de la colonne vertébrale, le robot miniature de Virtual Incision pour les chirurgies abdominales, ou encore le futur robot de Verb Surgical…

Reuters relate qu’une intervention chirurgicale sur trois serait réalisée par des robots aux Etats-Unis dans 5 ans. Soit deux fois plus qu’en 2016. Les entreprises développeront aussi leurs ventes en Europe, Inde et Chine. Mais les chirurgiens ne disparaîtront pas pour autant. Ils s’installeront de plus en plus aux commandes d’un ordinateur. Ils guideront alors des bras robotisés qui manipuleront avec une précision micrométrique les instruments chirurgicaux.

Du côté de l’aide aux infirmiers à l’hôpital, Panasonic a créé le robot Hospi, un transporteur de médicaments autonome et sécurisé.  Il peut transporter jusqu’à 20 kg de produits, documents et instruments. D’une autonomie d’environ 9 heures, il se déplace jusqu’à 3,6 km/h. Avec sa tête d’ours, Robear est un robot qui aide les personnes invalides et âgées à se déplacer. Il y a aussi le robot Terapio, en développement au Japon, qui suivra les infirmières partout dans l’hôpital et les assistera dans leurs tâches quotidiennes.

Ces robots coûtent encore très cher. Par exemple, Da Vinci est vendu près de 1.5 millions de dollars. Mais les nouveaux robots sont déjà plus abordables : Robear tourne autour de 200.000 dollars, Hospi près de 100.000 dollars. Les développeurs de la prochaine vague de robots redoublent d’efforts pour développer rapidement des solutions abordables, plus agiles et capables d’exécuter plus de types de procédures. Pour faire que bientôt, robots, médecins et infirmiers travaillent main dans la main.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le boom de l’autodiagnostic et de l’e-santé

Vous avez des doutes sur une pathologie, mais ne pouvez ou ne voulez pas vous rendre dans un laboratoire médical? Le test de grossesse n’est plus le seul kit vendu en pharmacie permettant l’autodiagnostic. Aujourd’hui, il est possible de trouver de nombreux kits en pharmacie ou de se les faire envoyer à domicile pour réaliser soi-même des autotests. Infection urinaire, ménopause, détection de cannabis, tétanos, intolérance au gluten, carence en fer, niveau de cholestérol… Voici un panorama de tests réalisables chez soi grâce à une simple goutte de sang ou d’urine. Il est même possible de mesurer la concentration en spermatozoïdes dans une goutte de sperme pour vérifier sa fertilité. Le résultat, sous forme de bandes colorées, vous est délivré en quelques minutes.

Ces autotests se développent et s’attaquent aux pandémies. Depuis septembre 2015, l’autotest BioSURE HIV Self Test, disponible dans un certain nombre de pays développés, permet ainsi d’identifier l’infection par le virus du sida en 15 minutes. Plus récemment, des chercheurs britanniques ont mis au point une clé USB capable de détecter le taux de présence du VIH dans une goutte de sang. Encore à l’état de prototype, cette clé USB donne des résultats fiables à 95% en seulement 30 minutes. Les chercheurs expliquent dans la revue Scientific Reports qu’ils espèrent développer ce dispositif pour les pays pauvres et l’étendre à d’autres virus, comme celui de l’hépatite. Dans quelques années, on peut donc imaginer qu’il sera aussi facile d’autodiagnostiquer un certain nombre de maladies ou même de cancers.

Pour des résultats plus poussés sur les maladies chroniques, les laboratoires d’analyses médicales pourraient rapidement emboîter le pas. La start-up américaine Everlywell envoie ainsi des kits à ses clients pour mesurer le taux de testostérone ou de cholestérol, la pollution par les métaux lourds, identifier des allergies… Les clients prélèvent eux-même les échantillons et les envoient à un laboratoire partenaire. Les résultats sont ensuite disponibles en ligne en moins d’une semaine. En France, les kits de prélèvement fournis par Kudzu Science vont aussi loin. A partir d’une mèche de cheveux, l’entreprise analyse votre exposition aux pesticides, au bisphénol A, aux PCB, aux métaux lourds, au mercure, au plomb, aux perturbateurs endocriniens… Mais elle permet aussi de faire un bilan de sa consommation d’alcool ou de tabac.

Des applications de santé connectée

Au-delà des auto-tests, les applications de suivi avec l’aide d’objets connectés fleurissent sur smartphones. Elles permettent de suivre son poids, son alimentation, son sommeil, son activité sportive, sa tension, son pouls, sa température… Et même sa vision ou son audition.

Les chercheurs commencent à s’intéresser à ces objets. Si dans la majorité des cas, il ne s’agit pas de dispositifs médicaux, ils peuvent avoir un intérêt médical en prévention de maladies ou chez des personnes souffrant de maladies chroniques. L’objectif des chercheurs est donc de définir les populations pouvant en bénéficier réellement et dans quelles conditions d’utilisation.
Cette question était au centre du premier congrès international e-Health Research organisé par l’Inserm à Paris en octobre 2016. Dans un article de Ticsanté, Elisabete Weiderpass, présidente du comité scientifique du congrès, souligne l’intérêt de ces nouvelles applications. La population des pays développés étant vieillissante, le nombre de personnes atteintes de maladies chroniques augmente sans cesse. Compte tenu des coûts élevés de suivi de ces patients, il faut développer des méthodes alternatives de suivi. « On avance à petits pas, mais dans l’avenir les patients devront avoir plus d’autonomie pour gérer leur santé, avec l’aide non seulement de médecins mais aussi d’infirmières spécialisées, voire de systèmes informatiques », et l’e-santé deviendra centrale », juge-t-elle. De quoi imaginer rapidement le développement massif des auto-tests, des auto-prélèvements et des applications de suivi.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Lever les freins liés à la télémédecine !

Depuis juillet 2016, la Fédération hospitalière de France (FHF) mène la campagne « Déverrouillons la télémédecine » pour mettre en lumière les projets pilotes de médecine exercée à distance. Son objectif : que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017 prévoit la rémunération des actes de télémédecine « à l’activité », comme pour les actes classiques. Mais avec la présentation du budget 20107, le changement d’échelle n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Simplement, l’article 47 du PLFSS 2017 prévoit que la phase d’expérimentation impulsée par l’article 36 du PLFSS 2014 soit prolongée d’un an, jusqu’en 2018. Ce programme se déroule actuellement dans 9 régions françaises et analyse l’impact et l’intérêt de la télémédecine sur le système de soins. Le PLFSS 2017 prévoit l’extension du dispositif à l’ensemble des régions françaises. Si cet article va dans le bon sens, il ne fait que pousser plus loin les expérimentations au lieu de généraliser à grande échelle le recours à la télémédecine.

Les expérimentations portent sur une liste prédéterminée très segmentée et partielle de spécialités. Celles-ci sont listées dans le PLFSS 2014. Il s’agit particulièrement du suivi à distance, grâce à des caméras, de cicatrisations ou de maladies chroniques (insuffisance cardiaque ou rénale), et de téléexpertise dans les établissements médicaux-sociaux.

Des freins avant tout financiers

La FHF a recensé plus de 100 projets pilotes et analysé les freins au développement de la télémédecine. Et ces freins sont principalement financiers. « Les aides sont majoritairement forfaitaires, sous forme de subventions, sur certains territoires et sur certaines spécialités, sur décision des Agences régionales de santé, assure  David Gruson, délégué général de la FHF. Cela empêche  les établissements d’avoir des stratégies de substitution de la télémédecine à de l’hospitalisation complète ». « On propose de généraliser le recours à la télémédecine pour la médecine générale, de rembourser les actes à l’activité et de suivre les gains d’efficience », complète-t-il. 

Car selon les retours d’expériences, la télémédecine engendre de réels gains économiques et organisationnels grâce à une meilleure coordination entre les centres médicaux locaux et les grands centres hospitaliers. Par exemple, la télésurveillance permettrait de ramener la durée de séjour à l’hôpital des malades atteints d’insuffisance cardiaque d’une moyenne annuelle de 13 à 6 jours. Soit une réduction des dépenses de l’ordre de 1 milliard d’euros à l’échelle nationale. La FHF estime par ailleurs que la généralisation de la télémédecine pourrait engendrer la création de 12.500  emplois directs en France à horizon 2020.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Grand jeu concours annuel

Mettez toutes les chances de votre côté et tentez de gagner l’un des cadeaux suivants*.

Bonne chance à toutes et à tous !

1 – Premier lot :
Un drone avec caméra
D’une valeur de 135 euros

2 – Deuxième lot :
Un casque de réalité virtuelle
D’une valeur de 100 euros

3 – Troisième lot :
Un projecteur pour smartphone
D’une valeur de 30 euros

4 – Quatrième lot :
Un chargeur nomade solaire
D’une valeur de 25 euros

*photos non contractuelles

Revue du web #98 : les 7 robots les plus étonnants du mois

Une jambe robotique qui bondit sur les murs

Les roboticiens de l’Université de Berkeley, en Californie, ont mis au point une jambe robotique capable de bondir à cinq fois sa hauteur.

SALTO  (Saltatorial Locomotion Terrain Obstacle) peut ensuite effectuer un second saut tout aussi remarquable en prenant appui sur un mur.

Catastrophe naturelle, ville détruite par la guerre, les situations dans lesquelles SALTO pourrait s’illustrer ne manquent malheureusement pas.

TIM, le robot qui patrouille le long du LHC

Vous connaissez bien sûr le CERN mais connaissez-vous Tim, le robot qui veille sur le LHC ?

Doté de nombreux capteurs, ce petit train robotisé patrouille le long du tunnel de 27 km, sur un rail fixé au plafond, afin de vérifier notamment l’intégrité structurelle, la température et le taux d’oxygène.

Hubo, le robot qui a battu l’Atlas de Boston Dynamics

Il serait le meilleur robot d’assistance du monde, selon le  Darpa Robotics Challenge, le concours mondial de robotique organisé par la recherche de l’armée américaine. Hubo a battu son très célèbre concurrent Atlas de Boston Dynamics !

Issu d’une longue lignée d’humanoides, Hubo est né au laboratoire de robotique de l’Institut Kaist (Korean Advanced Institute of Science and Technology) à Daejeon, en Corée du Sud.

Doté de pinces, il peut saisir de nombreux objets et effectue d’importantes rotations grâce à la flexibilité de son torse. Il se lève, s’assoit, se relève et triomphe des obstacles avec une étonnante facilité. Espérons que la victoire n’ait pas eu d’effet délétère sur ses chevilles.

Un robot-fourmi qui se déplace sur votre chemise

Le MIT travaille actuellement à la conception de robots miniatures capables de se déplacer sur les vêtements. Equipés de rouleaux qui pincent le tissu, ces fourmis robotisées pourraient encore être miniaturisées.

Les applications ? Enregistrement des battements cardiaques, de la respiration, des pas, écrans nomades pour regarder un film sur sa propre manche, badges ou bijoux éphémères, tiraillements dans une direction afin d’indiquer des données GPS… Les chercheurs ne manquent pas d’imagination.

Roborace : la course de voitures autonomes

La Fédération internationale de l’automobile a imaginé une course de voitures autonomes. C’est l’heure des premiers tours de roues pour la voiture de course Devbot !

Le concept : 10 voitures dotées des mêmes caractéristiques techniques qui s’affrontent. Ce qui les départagera : le travail de programmation de l’intelligence artificielle.

Un robot serpent pour le démantèlement nucléaire

Testé dans une centrale nucléaire désaffectée du nord de l’Angleterre, Lasersnake est un bras robotisé contrôlé à distance capable d’intervenir dans des environnements difficiles.

A l’avenir, il pourrait permettre de réduire considérablement le temps et le coût des opérations de démantèlement.

Et la palme du robot insolite revient au…

Robot poubelle de la SNCF

Oui la SNCF a plus d’un tour dans son sac (poubelle). Afin d’améliorer la propreté des gares,  B.A.R.Y.L, un petit robot très serviable, a été mis à votre disposition lors d’un test grandeur nature du 5 au 10 décembre dernier dans la Gare de Lyon.

Développé avec la start-up française Immersive Robotics, B.A.R.Y.L a nécessité 5 mois de travail. Il succède à d’autres robots employés par la SNCF, comme Pepper, un robot humanoide qui a renseigné des voyageurs en 2015, ou en 2016, le robot qui vous aidait à porter votre valise à la Gare de l’Est.

Par I. T

Le solaire photovoltaïque plus performant que le pétrole (selon une méta-étude de l’Imperial College London)

« Nous ne sommes pas ici que pour découvrir l’énergie, mais pour connaître l’énergie dans un objectif précis: réaliser de meilleures politiques et prendre de meilleures décisions d’investissement (…) Nous devons apprendre rapidement de nos erreurs, nous n’avons pas le temps d’attendre 5 ou 10 ans » expliquait Rembrandt Koppelaar en mai 2015 (Vidéo) à l’occasion de la Global Energy Systems Conference.

L’expert pointe durant cette conférence l’erreur majeure qui a été commise dans le passé avec les agrocarburants (initialement appelés de manière trompeuse « biocarburants« ), et le temps perdu ensuite pour corriger la trajectoire. Al Gore a regretté, après coup, avoir fait la promotion de l’éthanol de maïs.

Parfois des Femmes ou Hommes politiques, tel(le)s des alouettes attirées par un miroir philosophal, s’emballent pour une nouvelle technologie qui, bien qu’a priori sexy et PR-compatible, constitue en réalité une  aberration énergétique et/ou environnementale, les deux étant liés. Dès qu’émerge la prise de conscience à propos de l’impasse, il convient d’avoir l’humilité de reconnaître l’erreur, et de ne surtout pas foncer encore plus vite vers l’ornière. Réfléchir avant de (ré)agir.

Koppelaar est un spécialiste de l’analyse des systèmes énergétiques. Ex-Chairman de l’antenne hollandaise de l’ASPO (2005-2010), l’association pour l’étude du pic pétrolier (peak oil), et architecte de The Oil Drum (2010-2013), ce chercheur a publié en 2013 dans la revue Global Environmental Change une analyse particulièrement importante pour l’avenir de l’Humanité sur le pic de phosphore (peak phosphorus), un élément constitutif de l’ADN et du squelette osseux.

Egalement professeur au prestigieux l’Imperial College London, Koppelaar vient de mettre les points sur les i en ce qui concerne l’EROI (Energy Return on energy invest), autrement dit le NER (Net Energy Ratio, ratio  énergétique net), du solaire photovoltaïque. Ceci en publiant le 29 novembre 2016 un papier (« Solar-PV energy payback and net energy: Meta-assessment of study quality, reproducibility, and results harmonization« ) dans la revue spécialisée « Renewable and Sustainable Energy Reviews ».

Obsolète, vous avez dit obsolète ?

Dans une chronique intitulée « Faire de l’écologie avec des données obsolètes« , Xavier De La Porte, journaliste à France-Culture, fait écho de cette méta-étude de Koppelaar qui analyse 29 autres études:

« (…) Les chercheurs de l’Imperial College de Londres ont fait un constat assez stupéfiant : ces études utilisent des données en moyenne vieilles de 7 ans, se réfèrent à des technologies qui ont été largement améliorées depuis. Résultat, elles sous-estiment largement les performances de l’énergie solaire. Car, selon les chercheurs, ce qui s’est passé entre 2009 et aujourd’hui, c’est que les performances de l’énergie solaire ont doublé (…) Mais ce sont ces résultats qui servent aux décideurs politiques à définir leur politique énergétique pour les décennies à venir. Ce cas particulier illustre une question fondamentale : l’importance des données en matière environnementale. L’écologie est affaire de mentalité, elle est aussi affaire de chiffres et de calcul (…) ».

Cette chronique est également disponible sur le site Rue89 (Nouvel-Obs) sous le titre:
« Data : l’énergie solaire est aussi performante que le pétrole ou le gaz« 

La méthodologie de l’étude de Koppelaar « consiste d’abord à les rendre comparables en les harmonisant, et pour cela commence à recalculer l’EROI qui découle, pour chacune d’elles, des données qu’elles ont employées » explique Cédric Philibert, expert EnR au sein de l’Agence Internationale de l’Energie et notamment auteur principal du rapport de référence « Solar Energy Perspectives » (2011).

« L’harmonisation consiste à recalculer à nouveau l’EROI qui découle des données de chaque étude en les complétant par des données moyennes quand il en manque, en adoptant des valeurs uniques pour l’ensoleillement, la durée de vie » ainsi que d’autres paramètres. Philibert ajoute que « dans une deuxième phase Koppelaar note que les études sont basées sur des données de deux à dix-huit ans d’âge et ordonne les valeurs d’EROI fournies en fonction de l’âge des données, en trois groupes. Il montre alors que les études basées sur des données acquises depuis 2009 ont des EROI de 13 à 15 pour poly- et mono- silicium, respectivement, contre des chiffres en gros de moitié inferieurs pour les études basées sur des données plus anciennes, obsolètes. »

L’EROI actuel du solaire PV est très probablement supérieur à 14:1

Une étude publiée le 6 décembre 2016 dans Nature Communications souligne la très forte corrélation entre l’évolution du CAPEX (coût d’investissement) et celle du temps de retour énergétique (EPBT) du solaire PV.

« Ces euros correspondent à de l’énergie » soulignait dès 2015 l’ingénieur des Mines Nicolas Ott dans le rapport de la Fondation Nicolas Hulot sur le solaire + stockage batterie (page 35) ajoutant que « sur la période 2009-2011, Hall et Prieto ont évalué le coût d’investissement à environ 5,5 M€/MW et le coût d’exploitation et de maintenance à 1,7 M€ sur 25 ans. Ces euros correspondent à de l’investissement énergétique. Au vu de l’analyse précédente sur l’investissement et des données des experts sur la partie exploitation et maintenance, 1MW de photovoltaïque coûte aujourd’hui de l’ordre d’1M€ et la maintenance sur 25 ans coûte plutôt de 20 à 30 k€/MW/an soit sur 25 ans entre 0,5 et 0,75 M€. En gardant le périmètre et les données de Hall et Prieto, si on prend le coût énergétique actuel lié à la construction d’une installation photovoltaïque et celui lié à son fonctionnement, (sans prendre en compte les économies potentielles sur les autres facteurs de coûts), l’EROI passe de 2,41 à environ 7-8″.

Philibert explique de son côté que « c’est après 2009 que les réductions de coût les plus rapides sont intervenues, reflétant en particulier la réduction de consommation d’énergie dans la fabrication du silicium de qualité photovoltaique et la baisse des quantités employées par unité de puissance, et que l’efficacité n’a cessé de croître également depuis 2009, entraînant une baisse des surfaces nécessaires et donc aussi de l’emploi d’autres matériaux; autrement dit, les valeurs de 13 et 15 (du papier de Koppelaar ndlr) sont plutôt conservatrices et lorsqu’on étudiera l’EROI de modules produits aujourd’hui on trouvera vraisemblablement des valeurs supérieures.« 

Une seule étude (Ferroni et Hopkirks 2016) donne un EROI inférieur à un pour le solaire PV. La date de la publication (2016) donne l’illusion de la modernité: les données de l’étude datent de 1998 selon Koppelaar. « C’est le record du monde de l’obsolescence – le vrai sujet de l’étude de Koopelaar » souligne Philibert.

Jacques Treiner, conseiller scientifique de « The Shift Project » et responsable en région parisienne de l’association très pro-nucléaire « Sauvons Le Climat » a publié le 7 mai 2016 sur son blog (hébergé par Médiapart) un article intitulé « Taux de retour énergétique ». Il se réfère à l’étude du biologiste Charles Hall et de l’ingénieur Pedro Prieto reposant sur des données datant de…2004 (table 3 page 14). Or entre 2004 et 2016, les technologies photovoltaïques ont fortement évolué. Jacques Treiner a déclaré  avoir eu connaissance du rapport de la Fondation Nicolas Hulot sur le solaire publié fin 2015. Pourtant il écrit en 2016 à propos du solaire PV: « Un retour de 2 pour 1, seulement ?! Eh oui. »

Le miracle de la multiplication des pains solaires

Bien entendu les valeurs de l’EROI varient en fontion de l’insolation, différente entre Marseille et la Normandie (Carte). Koppelaar a retenu une valeur de 1700 kWh/m2/an mais souligne que 85% de l’humanité vit dans des régions très ensoleillées, ce que montre le rapport « The Future of Solar » du MIT (Fig 1.1 page 5).

« En Amérique latine, en Afrique, dans le sud des USA, dans la plus grande partie de l’Asie et en Océanie le ratio énergétique de 14 est en réalité une valeur basse »  a déclaré l’expert à Medium.com.  Avec une insolation de 850 kWh/m2/an (nord de la Finlande) l’EROI du solaire PV peut être estimé à environ 7:1. A l »inverse dans certaines régions du monde l’insolation dépasse les 2500 kWh/m2/an.

Contacté par Techniques-ingénieur.fr Koppelaar a annoncé qu’une nouvelle étude est en cours: « nous préparons à présent un papier sur l’énergie nette de l’électricité globalement, incluant la transmission au niveau des réseaux électriques, et aussi la gestion (balance), ceci pour 4 scénarios existants à horizon 2050. Une étape de plus vers un « energy calculator » disponible directement sur internet. »

Le stockage a un impact marginal sur l’EROI du solaro-éolien

C’est chaud pour ceux qui ont peur des EnR: Ott a montré dès 2015 (page 51 du rapport de la FNH), avec un réel talent pédagogique, que la prise en compte du stockage batterie n’impacte que très marginalement l’EROI du solaire PV:

« 350-400 kWh pour 1 kWh de stockage, cela fait beaucoup. Mais ce « 1 kWh » de stockage va être utilisé plusieurs fois, et plus précisément 4000 fois. Donc, l’énergie de fabrication par cycle tombe à environ 0,1 kWh pour 1 kWh stocké et moitié moins avec un doublement du nombre de cycles. Par ailleurs, le passage des coûts de fabrication de 400- 500 $/kWh, pour un coût énergétique de 350-400 kWh/kWh de stockage, à 100 $/kWh, correspond à une baisse équivalente de la consommation énergétique par kWh de stockage. Au premier ordre, 100 $/kWh pour 8000 cycles correspond à 0,01kWh/kWh de stockage. Même doublé en considérant des coûts énergétiques indirects, ce surcoût énergétique pour une installation photovoltaïque couplée à du stockage ne ferait que diminuer la fourchette de EROI du photovoltaïque de 5-10 à 4,5-9 ».

Ou de 15 à 13,5. Le solaire en bouteille a bel et bien rendez-vous avec le pétrole en barril. Les travaux de Koppelaar viendront enrichir cette réflexion et confirmer ce qu’Ott a déjà révèlé en filigrane.

En 2013 la Royal Society a publié un rapport (cité par Medium.com) estimant que l’EROI du pétrole s’est effondré  et qu’il entre dans un domaine fortement glissant. En 2017, 4 ans après, il est vraisemblablement de l’ordre de 10:1. Il est de plus en plus difficile, et donc coûteux, d’extraire le pétrole, il faut aller le chercher sur des sites off-shore, parfois jusqu’à la région Arctique. Autrement dit la compétitivité (énergétique et économique) du solaire en bouteille ne va faire que croître dans les années à venir.

La revue scientifique Nature, reprenant le magazine Scientific American (2013) a publié un document synoptique à propos des EROI des différentes filières énergétiques. On y découvre (âmes sensibles s’abstenir) que l’EROI du nucléaire est de 5:1, soit égal à celui du pétrole des schistes bitumineux mais il est vrai trois fois meilleur que le très absurde éthanol de maïs. Contre 20:1 pour l’éolien et plus de 40:1 pour l’hydroélectricité. La valeur retenue dans ce document pour le solaire PV est à présent obsolète.

Un mix Wind Water Sun (WWS) tel que prôné par le professeur Mark Jacobson de Stanford University a un EROI égal à la moyenne pondérée des trois EROI respectifs (20:1, 40:1 et 14:1), moyenne qu’il convient de légèrement corriger pour tenir compte du stockage + réseau. Il n’est donc pas étonnant, avec d’aussi bons EROI, que le kWh WWS soit bon marché.

Olivier Danielo
Article édité le 16-12-2016 à propos du rapport de la Royal Society sur l’EROI du pétrole

Une nouvelle technique de détection pour l’astronomie infrarouge

Pendant très longtemps, les sources de lumières et les détecteurs dans le domaine du moyen infrarouge ont été les parents pauvres de la photonique. Actuellement, des sources commencent à se développer mais la détection reste difficile. La découverte de l’Institut Xlim (CNRS/Université de Limoges) s’appuie sur une nouvelle technique hybride de détection de la lumière. Après une modification de la couleur de la lumière (changement de longueur d’onde), les signaux peuvent être détectés par des dispositifs performants capables de discerner les photons. Cette technologie utilisée dans le domaine de l’astronomie constitue une rupture totale par rapport aux techniques classiques d’observation astrophysique. Elle concernera les systèmes astrophysiques en début ou fin de vie ainsi que les exoplanètes, ces objets froids émettant principalement des grandes longueurs d’ondes.

Son prototype a été testé avec succès sur CHARA, réseau de 6 télescopes situé à l’Observatoire du Mont Wilson, près de Los Angeles aux États-Unis.

Il parvient à détecter dans le domaine de l’infrarouge proche. La prochaine étape sera le passage aux bandes spectrales du moyen infrarouge, c’est-à-dire vers les grandes longueurs d’ondes pour explorer les sources de plus en plus froides de l’Univers.

Cette technologie est soutenue par le CNRS, le CNES, Thalès Alenia Space et Airbus industrie, en collaboration avec l’ESA (Agence spatiale européenne) et la NASA.

Enfin, cet instrument, initialement utilisé pour l’imagerie astronomique haute définition, pourrait à l’avenir être appliqué à d’autres domaines tels que le diagnostic médical, l’analyse de polluants, la surveillance météorologique dans les aéroports, le fonctionnement optimal des éoliennes ou encore le cryptage quantique dans le domaine des télécommunications.

Source : cnrs

De nouvelles preuves d’un passé humide sur Mars il y a 3,8 milliards d’années

Les chercheurs s’accordent sur une ancienne présence d’eau liquide sur Mars, mais ni sur sa durée ni sa stabilité. Les sondes Mars Express de l’ESA et Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA ont cependant fourni de nouvelles preuves d’une activité aqueuse prolongée. Depuis leur orbite, elles ont analysé le sol de plaines situées au nord du bassin de Hellas, un des plus grands cratères d’impact de tout le système solaire. Par analogie aux « mers lunaires », ces plaines étaient considérées comme ayant une origine volcanique. Or, les instruments indiquent la présence de larges volumes de roches sédimentaires. La caméra HRSC a fourni une couverture régionale de la zone, tandis que HiRISE a permis une observation plus fine de la teinte et de la texture des sédiments, profitant de zones d’érosion. Les spectro-imageurs OMEGA et CRISM ont de leur côté analysé la composition des terrains et confirmé la présence de strates riches en minéraux argileux. Ces derniers ne se retrouvent pas dans les coulées de lave et proviendraient au contraire de dépôts lacustres ou de plaines alluviales.

Pour former ces plaines sédimentaires, épaisses de plus de 300 m et étendues sur des dizaines de kilomètres, un climat moins froid et sec qu’actuellement a été nécessaire. Il a également dû se maintenir pendant plusieurs millions d’années. 400 millions d’années plus tard, ces sédiments ont été localement recouverts par des terrains volcaniques. Ceux-ci ont scellé les zones d’érosion, permettant aux chercheurs de quantifier ce processus. Ainsi, lors de cette époque ancienne, un taux d’érosion cent fois supérieur aux estimations du taux d’érosion actuel, et des trois derniers milliards d’années, est nécessaire pour expliquer ces zones. Pour cela, il faut que l’atmosphère ait été relativement dense avant la formation des laves. Ces abondants terrains sédimentaires forment une région opportune pour de futures missions d’analyse au niveau du sol.

Références :

A sedimentary origin for intercrater plains north of the Hellas basin: implications for climate conditions and erosion rates on early Mars.
F. Salese, V. Ansan, N. Mangold, J. Carter, A. Ody, F. Poulet, and G. G. Ori (2016), Journal of Geophysical Research, doi:10.1002/2016JE005039.

Source : cnrs

Le monde sous surveillance

Applications mobiles, webmails gratuits, capteurs installés dans des montres connectées ou des pèse-personnes… Les entreprises récupèrent d’énormes quantités d’informations sur notre vie privée. Même les États mettent sous surveillance leurs citoyens.

nitot_couve_2000Face à ces différentes menaces, beaucoup de personnes répondent : « je n’ai rien à cacher ». Certes, le risque n’est pas « dramatique » si des entreprises privées se contentent d’exploiter ces données pour nous envoyer des publicités ciblées. On peut toujours utiliser des extensions pour navigateur Web (comme Ghostery, HTTPS Everywhere ou TrackMeNot) et préférer Firefox à Chrome pour ne pas être suivi à la trace par des sites et les régies publicitaires. Sur son smartphone Android, il est possible de remplacer Gmail par K-9 mail.

Mais quand sera-t-il demain lorsque les objets connectés et les voitures autonomes communiqueront des données personnelles aux assureurs ? Et qu’en sera-t-il demain si un gouvernement instaure une surveillance très précise des faits et gestes de ses citoyens ?

Face à toutes ces menaces (surveillance, censure, profilage, influence des algorithmes), Tristan Nitot a souhaité écrire un livre très pédagogique afin que chacun en prenne conscience : « Surveillance:// » (C&F Éditions). Entrepreneur, blogueur et conférencier, il est actuellement Chief Product Officer de Cozy Cloud (une solution d’auto hébergement des données). Il a été à l’initiative de la création de Mozilla Europe, qu’il a présidée, et a été membre du Conseil National du Numérique (2013-2015). Sous-titré « Les libertés au défi du numérique : comprendre et agir », son petit livre d’environ 200 pages est très accessible et propose des solutions pour ne plus être le « produit » des services commerciaux proposés gratuitement.

« Les utilisateurs n’ont pas été formés et ont adopté les technologies sur le tas. Il faut expliquer comment cette surveillance se met en place, sans ennuyer », explique-t-il.

Tristan Nitot cite le cas des applications mobiles : « nous ne savons pas très bien ce que leurs éditeurs font avec nos données. L’accès à notre carnet d’adresses peut se comprendre lorsqu’il s’agit d’une application de messagerie. Mais est-ce normal que Facebook récupère les carnets d’adresses (et les photos) de tous ses utilisateurs pour constituer un réseau social fantôme ? Le pire est que ce réseau social récupère aussi les adresses email de personnes qui ne sont pas encore inscrites, mais dont les coordonnées sont enregistrées sur les carnets d’adresse d’internautes qui sont, eux, inscrits ! Mais d’autres applications aussi anodines que des lampes de poche récupèrent des informations à notre insu ! »

Pour cet expert, « Apple est plus “raisonnable” que Google dont le système exploitation Android est clairement fondé sur l’apparente gratuité des services pour récupérer nos données en vue de proposer de la publicité ciblée. C’est dans leur ADN. Avec certaines applications iOS, Apple demande moins de permissions. Son approche est plus subtile et son business model n’est pas basé sur l’exploitation commerciale de données, mais sur la vente de matériels (iPhone, iPad…), de logiciels (applications) et de services (capacité de stockage) ».

À l’avenir, le grand public, mais aussi les professionnels, devra peut-être payer pour bénéficier de services plus respectueux de la vie privée et de la confidentialité des données comme c’est le cas avec le smartphone sous Android Blackphone et le service de messagerie chiffré Protonmail (dont le nombre de clients américains a augmenté depuis l’élection de Trump). Pour Tristan Nitot, « il faut éviter les services vivant de publicités ciblées en utilisant des systèmes que j’appelle SIRCUS (Systèmes informatiques redonnant le contrôle aux utilisateurs). Les principes de base sont le logiciel libre, le contrôle du serveur (où sont stockées mes données), le chiffrement des informations et des communications, l’élimination du profilage nécessaire à la publicité ciblée ».

Philippe Richard

Le solaire thermodynamique veut un appel d’offres!

Les professionnels français montent au créneau. Chez nos voisins italiens, un appel d’offres a été lancé en Juin 2016 par le Gouvernement. Il vise la production de 120 mégawatts (MW) de projets d’énergie solaire à concentration. La sélection des projets devrait être annoncée d’ici la fin de l’année. Pendant ce temps, les acteurs français du secteur rappellent que la seule centrale actuellement en cours de construction est la centrale de Llo, située dans les Pyrénées-Orientales. Elle sera dotée d’une capacité de 9 MW. Mais il y a pire. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) d’octobre 2016 ne contient aucun objectif pour la filière solaire thermodynamique. L’incompréhension règne alors que les objectifs précédents visaient 540 MW à fin 2020.

Contrairement au solaire photovoltaïque, cette technologie est encore loin d’être compétitive.

Le Gouvernement italien a annoncé que le prix d’achat de l’électricité pour les futurs projets sélectionnés s’élèvera à 345 €/MWh pour les projets inférieurs à 5MW et 329 €/MWh pour les autres. « Ce prix est conditionné à plusieurs critères de performance énergétique et environnementale, comme l’obligation d’un stockage minimum d’environ 4h à pleine charge qui permettra de produire durant la pointe électrique et l’interdiction de fluides toxiques pour ces moyens de stockage », fait savoir le syndicat des énergies renouvelables (SER) dans un communiqué.

Du solaire thermodynamique en France pour exporter

Le solaire thermodynamique requiert un puissant ensoleillement, d’au moins 2.000 kWh/m², pour offrir un bon rendement et être rentable. « La technologie est particulièrement adaptée dans les pays où l’ensoleillement direct est très élevé : il s’agit notamment de l’Afrique du nord, du Proche et Moyen Orient, de l’Australie, du sud-ouest des Etats-Unis, de l’Inde, de l’Asie Centrale, d’une partie de l’Amérique latine, notamment le Chili », relève Jean-Louis Bal, Président du SER.

 

Si cette technologie n’est pas une solution pour l’électricité française, la filière se développe dans le monde. Entre 2005 et 2015 les capacités installées sont passées de 355 MW à 4,7GW. Ce développement est tiré par l’Espagne (2,3 GW) et les États-Unis (1,7 GW). CSP Today, un cabinet d’études anglais spécialiste du CSP, prévoit un marché à 22 GW en 2025. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit même une contribution du solaire thermodynamique à hauteur de 11,3 % de la production d’électricité mondiale à l’horizon 2050. Soit 1.000 GW installés.

Les professionnels français sont donc unanimes :  il faut développer une filière française d’excellence à l’export.  « Dans le Sud de la France, nous avons quelques sites qui peuvent être exploités et qui peuvent constituer des références pour nos industriels », assure Jean-Louis Bal. Ces « projets-vitrines » permettront aux industriels français de se positionner sur de grands projets internationaux. Ils devront être « d’une puissance significative, de l’ordre de 50 MW », demande le SER. Faute d’appels à projet en France, les acteurs français se positionnent sur des démonstrateurs à l’étranger. Dans cette perspective, ils demandent à ce qu’une partie du programme des investissements d’avenir puisse financer le développement de démonstrateurs à l’étranger. Ces projets auraient lieu dans des zones à ensoleillement direct particulièrement élevé.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

La sécurité des transactions sur Internet est perfectible

En cette période de fin d’année, les sites de e-commerce battent des records de ventes et de livraisons. Selon la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), le nombre total de transactions de paiement sur Internet pourrait atteindre le milliard en 2016, contre 700 millions en 2014. Pour faciliter ses achats, 80 % des acheteurs en ligne ont opté pour un paiement par carte bancaire au cours du premier semestre de cette année.

Le commerce électronique et de façon plus générale les règlements en ligne sont entrés dans les mœurs. Plus pratiques, plus rapides et plus sûrs… Si les deux premiers ne laissent pas de place au doute, il n’en va pas de même avec le dernier. Il représente pourtant le maillon essentiel au commerce et de façon générale à tous les échanges sur Internet : la confiance. C’est la raison pour laquelle on fait appel à la cryptographie qui permet de garantir la sécurité des échanges sur Internet, ou encore les transactions par carte bancaire. Il existe plusieurs algorithmes de chiffrement, mais le RSA est le plus connu et utilisé.  Il est dit asymétrique puisqu’il fonctionne avec une paire de clés : l’une privée et l’autre publique, et repose sur la factorisation des entiers et les nombres premiers.

Or, une équipe franco-américaine impliquant des chercheurs du Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA) a démontré qu’il est possible de compromettre une clé de chiffrement pour la rendre quasi inopérante… En un mot, il est possible de compromettre la sécurité des communications sur Internet en utilisant des nombres « truqués ».

La sécurité des flux sensibles repose sur l’échange d’une série de chiffres – une clé (fondés sur l’algorithme de Diffie-Hellman, du nom de ses inventeurs en 1976) entre deux ordinateurs, grâce à laquelle sont ensuite chiffrées les informations ou authentifiées les connexions. Cette série de chiffres comprend un nombre premier et deux nombres secrets (un pour l’émetteur et l’autre le destinataire). Selon cette équipe, un pirate ayant eu connaissance du nombre premier échangé au départ et disposant d’une puissance de calcul suffisante pourrait « craquer » cette clé.

« De nos jours, une clé construite à partir d’un nombre premier de 768 bits n’offre plus qu’une protection illusoire. En effet, en juin, une équipe de l’université de Leipzig et de l’École polytechnique fédérale de Lausanne est parvenue à casser une telle clé. Il est vrai qu’en pratique, les nombres utilisés sont de 1 024 bits, soit environ 300 chiffres.

Mais là où le bât blesse, c’est que certains nombres premiers génèrent des clés totalement perméables aux algorithmes casseurs de clés », peut-on lire dans le Journal du CNRS.

« Nous y sommes parvenus à casser cette clé 10 000 fois plus rapidement que le temps nécessaire pour une “vraie” clé, et ce avec 10 fois moins de puissance de calcul que celle utilisée par nos collègues de Leipzig et de Lausanne dans le cas à 768 bits », précise Emmanuel Thomé, du Loria. La sécurité d’Internet serait donc perfectible même si actuellement, on utilise couramment des clés asymétriques sur 2048 / 4096 bits.

Le plus inquiétant est que des listes standard, qui recensent les nombres utilisés en cryptographie, ont été utilisées par un sous-traitant de la NSA. Selon le lanceur d’alerte Edward Snowden, cette agence de renseignement américaine a essayé d’influencer les standards et les spécifications pour les techniques commerciales de clés publiques. Par ailleurs, des vers ont été développés de façon à voler la clef au moment où elle est traitée par l’algorithme… « Personne ne sait très bien comment ces nombres ont été sélectionnés », s’inquiète le cryptologue du LORIA. D’où le risque que la NSA puisse espionner ces transactions.

Philippe Richard

Redémarrage en vue pour les réacteurs nucléaires d’EDF

Enfin une bonne nouvelle pour EDF. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a examiné, avec l’appui de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les éléments transmis par EDF pour justifier l’aptitude au service des fonds primaires de générateur de vapeur du fabricant japonais JCFC (Japan Casting and Forging Corporation) équipant dix réacteurs de 900 MWe et deux réacteurs de 1450 MWe.

Etudes à finaliser

Il s’agit d’un premier avis de l’ASN suite au dossier déposé par l’exploitant en vue de prouver une absence de risque majeur sur la sûreté du parc nucléaire. L’ASN considère que, sous réserve de la prise en compte de ses demandes, les justifications génériques apportées par EDF sont acceptables pour les réacteurs de 900 MWe et peuvent être utilisées sur chacun des réacteurs concernés. EDF a indiqué qu’elle transmettra prochainement au gendarme du nucléaire des compléments relatifs aux réacteurs Civeaux de 1 450 MWe (palier N4).

« Les vérifications réacteur par réacteur par rapport à l’étude générique restent à mener. Si elles sont dans les clous, ils pourront redémarrer », a déclaré Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN. Les hypothèses du dossier d’EDF devront toutefois être confirmées par un programme d’essais sur des pièces sacrificielles représentatives « à réaliser sous six mois », précise l’Autorité de sûreté nucléaire.

Le redémarrage de ces réacteurs est une nécessité économique pour EDF qui affronte le pire taux d’indisponibilité de son parc nucléaire depuis 10 ans. L’électricien espère pouvoir redémarrer 7 de ses 12 réacteurs dès janvier prochain.

Romain Chicheportiche

 

Vous n’avez pas encore testé la dernière version de RiskEV ?

Facile d’utilisation, RiskEV permet de répondre aux obligations de traçabilité des expositions aux facteurs de risques collectifs et individuels. Le logiciel conserve bien sûr ses fonctions premières, notamment :

– Evaluer les risques et gérer les dix facteurs de pénibilité (dont « Agents chimiques dangereux »),
– Editer le Document Unique d’évaluation des risques et ses annexes,
– Gérer le plan d’action,
– Assurer la traçabilité des expositions aux facteurs de pénibilité et aux produits chimiques.
Pour mettre en œuvre ces objectifs, RiskEV offrait déjà de nombreux avantages, notamment la possibilité d’exporter les documents sous format Excel, PDF ou ODS, d’extraire des données à partir des Fiches de Données de Sécurité au format PDF, de sécuriser vos données : versionnage et historisation des évaluations, de gérer des salariés polyvalents, etc…

Pour être toujours plus proche de vos préoccupations et répondre au mieux à vos contraintes, RiskEV a évolué avec de nouvelles fonctionnalités, parmi lesquelles :
– Encore plus de souplesse dans la gestion des accès : possibilité de partager uniquement certaines données communes entre sites d’une même société,
– Une grille de criticité encore plus personnalisable : elle peut désormais être une matrice 3×3, 5×5, ou tout schéma intermédiaire,
– Les résultats des évaluations du risque chimique réalisées pour un produit sont désormais accessibles depuis l’inventaire également.
La nouvelle version 1.4.0.0 de RiskEV comprend également la mise à jour de la base des références (9e ATP CLP du 19/7/2016)

Important : le logiciel RiskEV n’est plus commercialisé
par Techniques de l’Ingénieur.

La Belgique organise sa sortie du nucléaire

« La transition énergétique permettant notamment un approvisionnement en électricité sûr, abordable et pauvre en émissions de CO2 doit être mûrement réfléchie », introduit la note d’orientation stratégique du gouvernement belge. Le pays abrite sept réacteurs nucléaires, totalisant près de 6 000 MW de capacité installée, qui ont produit 38% de l’électricité consommée en 2015 dans le Royaume. C’est pourquoi la ministre de l’Énergie, Marie Christine Marghem, a demandé à deux reprises (en avril et en septembre 2016) au gestionnaire du réseau, Elia, de réaliser une étude décrivant, pour la période 2017-2027, les besoins électriques de la Belgique en termes d’adéquation et de flexibilité.

4 piliers

« Pour compenser la perte de production d’énergie nucléaire à partir de 2022, il importe de créer un climat d’investissement propice à la construction de nouvelles installations de production d’énergie et au maintien dans le marché de suffisamment d’unités », a expliqué Marie Christine Marghem. Pour autant, les premiers retours d’expérience sur le développement massif d’énergies renouvelables ont montré une hausse de la variabilité et des incertitudes sur l’équilibre du système électrique. Pour y faire face, le réseau aura besoin de davantage de flexibilité. C’est pourquoi la stratégie belge s’appuie sur 4 piliers : améliorer le fonctionnement du marché et les échanges transfrontaliers développer la gestion de la demande, développer le stockage, améliorer la réserve stratégique.

Par ailleurs, le Conseil des ministres a également approuvé un avant-projet de loi destiné à favoriser le stockage par l’exonération de la cotisation fédérale. Un autre volet concerne la gestion de la demande : « la possibilité sera donnée au client final de valoriser sa gestion de la consommation d’énergie et donc d’améliorer sa compétitivité », indique la ministre en référence aux divers services d’efficacité énergétique et de domotique qui commencent à se développer, certes timidement, sur le marché des particuliers.

Mauvaise nouvelle pour Engie et EDF

La décision belge est une mauvaise nouvelle pour l’exploitant et propriétaire de ces réacteurs : Engie. L’ex-Electrabel, GDF-Suez, opère tous les réacteurs du pays et en est largement propriétaire (100% de Doel 1 et 2, 89.8% de Doel 3 et 4 et de Tihange 2 et 3 ainsi que 50% de Tihange 1), le reste étant détenu par un autre grand groupe issu de l’Hexagone : EDF (en propre ou à travers SPE). Le nucléaire en Belgique a été l’objet d’un débat qui a abouti en 2003 à un accord multi-partis sur la sortie en deux phases (2015 et 2025) de l’atome au grand dam d’Engie qui militait pour étendre la durée d’exploitation des centrales comme en France. Pire, la compagnie a dû mener une véritable guerre juridique avec le gouvernement qui a doublé en 2012 la taxe sur la rente nucléaire (les réacteurs étant amortis). Après plusieurs jugements, Engie a obtenu partiellement gain de cause mais a dû se résoudre à payer. Pour la seule année 2015, la facture s’élevait à 130 M€.

Cet argent doit financer la transition vers modèle énergétique basé sur les énergies renouvelables où la flexibilité du réseau sera obtenue par les échanges transfrontaliers, une capacité de production flexible, et une gestion accrue de la demande et du stockage.

Romain Chicheportiche