Prism, le programme de surveillance américain révélé au grand jour

Edward Snowden, ex-employé d’un sous-traitant de la NSA, a révélé des documents classés confidentiels sur le programme désormais célèbre baptisé Prism. Celui-ci permet de collecter des informations sur internet en surveillant l’ensemble des communications à travers le monde. Tweets, post, photos, mails, vidéo ou encore fichiers audio, rien n’échappe à Prism. D’après le Washington Post et The Guardian, les deux journaux par lesquels est arrivée l’information, la collecte de ces données à caractère privé se fait même directement auprès des neuf géants du web que sont Google, Yahoo !, Facebook, YouTube, PalTalk, Skype, AOL et Apple. 

Devant l’importance et la gravité des faits, chacune de ces entreprises ont annoncé qu’à aucun moment la NSA ne disposait d’un accès direct à ces données. En revanche, elles ne démentissent pas avoir collaboré et avoir elles-mêmes délibérément transmises ces informations. Les services secrets américains disposent en effet d’outils comme les National Security letters qui sont des requêtes qu’elles peuvent émettre dans le but d’obtenir des données privées concernant un individu précis.

Aujourd’hui, tout le monde est lucide sur l’existence de programmes de surveillances et plus précisément de surveillance des communications. Mais c’est la première fois que des documents viennent en prouver l’existence. De plus, le programme Prism concerne les communications d’internautes ne se trouvant pas sur le sol américain.

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Gestion de contenus numériques 


Les pays les plus surveillés sont l’Iran, le Pakistan, la Jordanie, l’Egypte et l’Inde. Ces programmes de surveillances sont officiellement utilisés pour lutter contre le terrorisme et prévenir toute tentative d’attentat. Le directeur de la NSA, Keith Alexander, a d’ailleurs défendu les programmes de surveillance, insistant sur le fait qu’ils avaient déjà fait leur preuves en aidant à déjouer  «  […] des dizaines d’actes terroristes ».

Le chef de l’Agence a cité l’exemple du projet d’attentat du métro de New York en 2009 par un afghan précisant que « Il (Prism, ndla) a été crucial […] c’est grâce à lui que nous avons développé la piste. C’est lui qui nous a permis de savoir ce qui se passait ».

Mais il en faudra plus pour calmer les esprits. Une organisation de défense des libertés civiques américaine vient de porter plainte à New York, dénonçant la violation de la liberté d’expression et de la protection de l’intimité, deux droits garantis par la Constitution. L’Europe aussi réagit et Bruxelles demande des éclaircissements. En visite en Allemagne cette semaine, nul doute que Barack Obama est très attendu sur cette affaire d’espionnage.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

La technologie des écrans de Smartphone sur des vitres de voiture

Après avoir conquis l’univers des smartphones et tablettes tactiles, faisant la fortune de l’américain Corning, les verres ultra-résistants Gorilla Glass pourraient bientôt prendre pied sur la marché automobile.

L’idée serait de fabriquer les vitres en verre Gorilla Glass, un verre trempé quasiment insensible aux rayures et plus léger que le verre actuellement utilisé par les constructeurs automobiles. C’est en tout cas ce qu’ambitionne Corning qui vient de confirmer qu’un constructeur automobile encore secret prévoit d’en équiper ses véhicules hauts de gamme dès l’année prochaine. 

Techniquement, le Gorilla Glass est un verre d’alcali-aluminosilicate ultra-résistant aux chocs, il s’agit d’un verre stressé. Placé dans un bain de sel fondu à 400°©, les ions sodium se détachent de la surface et sont remplacés par des ions potassium. Plus gros, ils créent une pression en surface ainsi qu’au cœur du verre lors du refroidissement, le tout se révélant très résistant. La dernière version, le verre Gorilla Glass 3 équipe les smartphones Galaxy S4. 

L’intérêt pour les constructeurs automobiles étant de proposer des vitres plus résistantes tout en étant plus fines et plus légères, répondant ainsi à l’objectif de véhicules toujours plus légers. On peut néanmoins se demander si le gain obtenu sur le vitrage représente réellement une économie importante. A noter aussi que ces vitrages ne seraient pas tactiles, du moins pas encore…

Découvrir une démo des performances du Gorilla glass 3 :

 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique  

News Environnement : juin 2013

Allemagne : Un éventail de nouveaux concepts dans le domaine automobile

L’Institut Fraunhofer de durabilité des structures et de fiabilité des systèmes (LBF, Darmstadt, Hesse) a présenté, du 4 au 6 juin 2013, au salon de Stuttgart « Automotive Testing Expo Europe 2013 » ses nouveaux concepts concernant la mobilité et la sécurité. Ainsi ont été présentés entre autres, le concept-car « Frecco 2.0 » ainsi qu’une voiture de course. Ce fut l’occasion pour le LBF de prouver sa forte interdisciplinarité grâce à ses recherches dans le dimensionnement de pièces mécaniques, le développement de système de surveillance et d’alerte définis sur mesure ou encore la mise en place de systèmes actifs de réduction des vibrations.

Le concept Frecco 2.0

rt de plate-forme technologique neutre afin d’intégrer tous les composants d’une voiture électrique. Dans le cadre du projet Fraunhofer de recherche sur les systèmes pour l’électromobilité (FSEM), les chercheurs du LBF ont mis en place une chaîne cinématique complète et ont développé un moteur destiné à être fixé sur le moyeu des roues. En ce qui concerne les tests sur les efforts verticaux, les effets de la propulsion ou les forces de freinage, le LBF possède un banc d’essai spécialement destiné aux véhicules électriques, qui est équipé de vérins hydrauliques renforcés afin de pouvoir s’adapter aux véhicules électriques et à leurs lourdes batteries. De plus, celui-ci permet de simuler les six degrés de libertés sur chaque roue.

Un nouveau système de protection des batteries

Pour l’intégration de la batterie dans la voiture, les chercheurs ont développé un système de protection de construction légère. L’objectif était de réussir l’intégration et la protection des cellules de la batterie. Ainsi, par exemple, la sonde de contrôle de température est installée sur le bâti mais prend ses informations, dans le coeur, c’est à dire dans les modules de la batterie. Le bâti se constitue d’un cadre d’aluminium renforcé par des panneaux en matériaux composites.

Une voiture de course dotée de capteurs « intelligents »

Comment augmenter la sécurité d’un véhicule? Pour tenter de répondre à cette question, les chercheurs du LBF présente un modèle de voiture de course équipé de nouveaux capteurs, une nouveauté permise par l’application de solutions issues du domaine de la mécatronique. Dans ce cas présent, le véhicule est équipé de 4 capteurs sans fil qui permettent de contrôler les vibrations du véhicule. Avec ces systèmes, une meilleure prévention des défaillances peut être réalisée et les véhicules peuvent être utilisés plus efficacement.

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Systèmes autonomes de production d’électricité : un jeune ingénieur de l’INP Toulouse autour du monde

En décembre dernier, Hugo Niccolaï, ingénieur diplômé de l’INP Toulouse, terminait un long périple de deux ans qui l’a conduit à faire escale au Bangladesh, au Laos, au Pérou, aux Philippines et en Tanzanie. Cinq escales, chacune d’une durée de 4 à 6 mois, son objectif étant de mettre ses compétences au service d’entreprises sociales du secteur de l’énergie. C’est ainsi que durant 24 mois, ce jeune ingénieur a travaillé à la mise en place de systèmes autonomes de production d’électricité à base d’énergies renouvelables dans des zones non couvertes par les réseaux électriques. De retour en France, dès le 17 janvier il a entamé un autre tour, celui hexagonal, d’abord devant les élèves ingénieurs de son école puis dans différentes grandes écoles et universités en France. Retour sur une expérience enrichissante.

« Tout a commencé avec la lecture de l’ouvrage de Muhammad Yunus », déclare d’emblée Hugo Niccolaï qui rappelle que cet économiste et entrepreneur bangladais est le fondateur de la Grameen Bank, que l’on peut traduire par « banque des villages », considérée comme la première institution de microcrédit dans le monde. Une démarche originale qui vaudra à cet homme, que l’on a surnommé « le banquier des pauvres », le prix Nobel de la paix en 2006. « C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à l’entrepreneuriat social et que j’ai découvert qu’il existait des entrepreneurs sociaux qui montaient des projets de ce type à échelle humaine, qui plus est pour certains d’entre eux dans le domaine de l’énergie avec pour objectif l’électrification de zones isolées », précise-t-il. Des projets qui ne pouvaient que séduire un jeune ingénieur spécialisé dans les nouvelles technologies de l’énergie. D’autant plus qu’après avoir travaillé sur des projets, en particulier d’une ferme éolienne, à l’Université du Québec, ou encore de solaire photovoltaïque, de taille relativement importante dont il n’avait pu entrevoir qu’une partie forcément limitée, il rêvait d’appréhender un projet dans sa globalité. Il y avait bien la solution classique du stage. Cela dit, Hugo a préféré opter pour une autre solution, certes plus difficile à monter, mais tellement plus riche de promesses.

Différentes expériences vécues durant ses études avaient alors permis à cet élève ingénieur d’observer que beaucoup d’acteurs du nord commettaient encore des erreurs dans la mise en place de projets, en Afrique, en Amérique Latine et en Asie, faute notamment d’une meilleure connaissance des contraintes locales. D’où son souhait d’aller effectuer une analyse des réalités du terrain, autour de différentes expériences. Et c’est ainsi qu’avec l’aide de Platnet’Etudiants, une association créée en 2010 et présidée par Corinne Larchey qui permet à de jeunes volontaires de participer à des projets de développement économique dans un esprit citoyen, et le soutien financier de la Fondation Schneider Electric, d’EDF et de l’INP Toulouse, Hugo a réussi à bâtir son projet. « Nombreux sont ceux comme l’association Développement Sans Frontières (DSF) qui m’ont apporté de précieux conseils, me permettant ainsi d’aboutir dans ma démarche », tient-il à souligner. Après ? Il y a les contacts personnels, les connaissances, le culot et puis les souhaits pour que la mayonnaise finisse par prendre. Pour pouvoir se livrer ensuite à des comparaisons, il était important de choisir des expériences s’étant développées dans des conditions et des cultures très différentes. D’où le Bangladesh, où Hugo a pu travailler aux côtés de Mohammad Yunus, le Laos avec Sunlabob, et les Philippines avec Pamatec pour l’Asie, le Pérou et Practical Action pour l’Amérique Latine et la Tanzanie et EGG-Energy pour l’Afrique. « Par exemple, le choix du Pérou s’est fait parce que l’expérience retenue était celle d’une Organisation Non Gouvernementale (ONG), un modèle qu’il était intéressant de pouvoir comparer aux quatre autres entreprises déjà choisies dans les autres pays », indique-t-il.

Ces deux années passées dans 5 pays différents, au sein de 4 entreprises et de 1 ONG, auront été extrêmement riches d’enseignement pour Hugo. Ainsi, il a pu observer que beaucoup d’acteurs du nord, notamment des ONG, mettent en place des projets qui bénéficient de moyens financiers considérables. Pour autant, leur suivi n’est pas toujours assuré comme il le faudrait selon le jeune ingénieur. « En Tanzanie, j’ai dû convaincre des déçus du solaire photovoltaïque qu’il s’agissait pourtant d’une bonne solution », explique-t-il. Des acteurs du nord qui réalisent de très belles choses, certes, Hugo ne le conteste pas, mais qui encore trop souvent ont un impact négatif faute d’une présence nécessaire dans le pays, ne serait-ce que pour assurer le suivi technique des solutions installées. « Monter des projets durables nécessitent de co-construire avec des entrepreneurs locaux », lâche-t-il. Co-construire, une démarche « très tendance » qui reste néanmoins difficile à mettre en place. D’où l’idée de ce jeune ingénieur, fort de ses deux années d’expériences d’essayer de jouer le rôle d’interface entre ces deux types d’acteurs, ceux du nord qui disposent de moyens humains et financiers pour développer des solutions techniques de qualité, et ceux du sud qui, eux, possèdent tous les atouts pour les mettre en place localement de manière durable. « L’opérationnel, le relationnel, la logistique sont autant de domaines qu’ils sont à même de maîtriser. Alors pourquoi ne pas initier de véritables partenariats », s’interroge-t-il plein d’enthousiasme.

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La plus ancienne réserve d’eau libre révèle des conditions propices à la vie conservées et isolées pendant 1.5 milliards d’années

Des chercheurs ont estimé à 1.5 milliards d’années une eau qui s’écoule dans une mine ontarienne dans le « bouclier canadien » qui date de l’époque pré-cambrienne (-4.5 milliards d’années – date de la naissance de la Terre – jusqu’à -540 millions d’années). De l’eau encore plus ancienne avait déjà été décelée dans des bulles de roches sud-africaines mais c’est ici la plus ancienne eau libre jamais découverte. Sa composition rappelle celle d’une autre poche sud-africaine datée « seulement » de plusieurs dizaines de millions d’années et qui s’est révélée abriter de la vie microbienne.

Cette réserve d’eau qui s’écoule 2.4km en-dessous de la surface à un débit de 2 litres par minute était déjà bien connue des mineurs de ce gisement de cuivre mais aucun scientifique ne s’était encore penché sur la question. Pour dater cette eau, les chercheurs canadiens et anglais ont dosé les gaz dissouts (Méthane et Hydrogène) ainsi que les isotopes stables des gaz rares (Xénon, Krypton, Hélium, Argon, Néon) qui s’accumulent dans l’eau au contact prolongé de la roche loin de l’atmosphère et de la lumière. Ils ont ainsi relevé des concentrations très élevées en isotopes qui ont fait remonter cette eau au pré-cambrien à 1.5 milliards d’années.

Ces gaz sont susceptibles de fournir une énergie exploitable par les micro-organismes qui auraient ainsi pu avoir survécu pendant toute cette période. La vie bactérienne avait été découverte dans de l’eau âgée de plusieurs dizaines de millions d’années mais si d’aventure des bactéries étaient découvertes dans l’eau de la mine de Timmins, leur étude pourrait éclairer les scientifiques sur leur évolution phylogénétique jusqu’à leurs descendants de notre époque.

Cette découverte éclaire les scientifiques sur les possibilités d’isoler de la surface pendant des milliards d’années des conditions propices à la vie. Cette étude relance les espoirs de trouver de la vie sur d’autres planètes comme Mars où elle aurait pu se développer de manière totalement indépendante des conditions de surface. Les analyses microbiologiques devraient prendre encore un an avant de pouvoir délivrer des conclusions définitives.

Cette étude financée par des fonds canadiens et britanniques a été conduite par 2 chercheurs des universités de Manchester et Lancaster et 3 chercheurs des universités McMaster, de Toronto et d’Alberta.ta.

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Publié par Pierre Thouverez

News Informatique : juin 2013

La prédiction du futur : bientôt une réalité ?

Isaac Asimov, célèbre auteur de livres de science-fiction et de vulgarisation scientifique, imaginait dans son Cycle de Fondation une science, la « psychohistoire », permettant de prédire mathématiquement l’avenir. Une collaboration entre le Technion (Haïfa) et Microsoft ambitionne de faire de cette science une réalité.

Analyser le passé pour prédire l’avenir

Kira Radinsky, chercheuse au Technion (Haïfa), a engagé une collaboration avec Eric Horvitz, co-directeur de la recherche chez Microsoft, pour la mise au point d’un logiciel qui pourrait permettre d’anticiper les événements futurs. Le principe est le suivant : en analysant des données historiques, politiques, sociales ou encore sanitaires du passé, il est possible d’identifier des liens de causalité entre différents événements. Par exemple, les catastrophes naturelles en Angola (sécheresse en 2006, tempêtes en 2007) furent toutes deux suivies d’épisodes de choléra. Le logiciel identifie cette récurrence et « prévient » les utilisateurs d’un possible épisode de choléra en cas de nouveau désastre.

Des dizaines de bases de données explorées

Pour que le logiciel fonctionne le plus efficacement possible, Kira Radinsky lui a fait avaler des quantités astronomiques d’informations, à savoir vingt années d’articles du New York Times et plusieurs dizaines de bases de données disponibles sur Internet. Une fois les informations digérées, le logiciel les classe intelligemment pour éviter d’être saturé et de n’en tirer aucune utilité. Ensuite, il identifie les motifs qui se répètent (par exemple, un article sur un épisode de choléra arrivant quelques mois après des publications météorologiques inquiétantes) et en déduit des corrélations pour l’avenir. Les résultats sont étonnants : Eric Horvitz indique que le système a produit des prévisions justes dans 70 à 90% des cas.

Eviter problèmes humanitaires et crises économiques

Ce score élevé ne concerne pour l’instant qu’un nombre restreint d’événements. Pas question donc de commercialiser le produit pour l’instant, de nombreuses améliorations étant encore nécessaires. On peut toutefois espérer qu’à terme, ce travail permette de tirer de meilleures leçons de notre passé. On se laisse aller à imaginer une machine qui retiendrait tout et nous permettrait ainsi d’éviter que l’histoire ne se répète. Ainsi, au-delà des problèmes humanitaires évidents, les crises économiques récurrentes pourraient être évitées si les solutions déjà essayées sans succès étaient mises de coté.

Source : Euractiv.fr

Compter avec la lumière

Des physiciens de l’université Friedrich-Schiller d’Iéna (Thuringe) ont présenté dans la revue « Nature Photonics » une puce d’ordinateur quantique optique.

Les processeurs d’ordinateurs grand public comportent aujourd’hui environ 700 millions de transistors. Leur puissance de calcul et leur rapidité, sans cesse repoussées, sont permises par la mise au point de circuits imprimés plus performants. Pourtant, la miniaturisation dans l’industrie informatique a depuis longtemps atteint ses limites : « De plus petits transistors ne sont pas réalisables pour des raisons pratiques » explique Alexander Szameit, de l’Université d’Iéna. De nouveaux concepts sont donc à découvrir pour améliorer les performances de l’ordinateur du futur.

La piste la plus prometteuse semble résider dans l’ordinateur quantique. Son développement n’est cependant qu’à ses balbutiements : les premiers prototypes sont des mastodontes qui ne peuvent en l’état remplacer les ordinateurs courants. L’équipe de chercheurs en question, qui travaille à la réduction de la taille de ces ordinateurs du futur, a mis au point un circuit optique sur une puce en verre de la taille d’une paume de main.

Ce montage permet de traiter les informations en utilisant ce que l’on appelle des photons intriqués. Il s’agit de particules quantiques dont les propriétés sont mutuellement dépendantes. Leur source est unique et leur différenciation ne se fait que par leur direction de polarisation. Si la polarisation d’un photon est modifiée, celle du photon associé le sera également, quelle que soit la distance entre les particules. Qualifiée par Einstein d' »action fantôme à distance », l’intrication est la caractéristique cruciale des particules afin de pouvoir les utiliser comme support d’informations dans les ordinateurs quantiques. Les photons transitent par un système de guides d’ondes gravés dans le circuit de verre.

Alors que les transistors classiques ne fonctionnent qu’avec deux états de support d’information – « on » et « off » ou « 0 » et « 1 » – les transistors quantiques peuvent prendre beaucoup plus d’états différents, ce qui augmenterait significativement la puissance de calcul et donc la vitesse de traitement de l’information.

Source : Euractiv.fr

L’Internet des objets est en marche

Du compteur électrique à la voiture en passant par le suivi médical d’un troupeau de vaches, de plus en plus d’objets ou appareils du quotidien sont équipés de processeurs, capteurs et dispositifs électroniques. Connectés à des services Internet, ils peuvent reconnaître leur environnement, s’organiser en réseaux et interagir avec l’homme. Il s’agit de la base de l’Internet des objets, qui s’ouvre à de toutes nouvelles applications à fort potentiel économique et social. Toutefois, les exigences de la technologie sous-jacente sont élevées et la gestion de la communication « machine-to-machine » (M2M) comporte des risques.

Le Cercle munichois, organisation internationale de recherche sur la communication, a réuni le 6 mai 2013 quelques 170 experts de l’industrie, du milieu universitaire et de la politique autour de l’implication sociale de l’Internet des objets dans des modèles d’affaires futurs. La communication machine-to-machine (M2M) dans l’industrie est longtemps restée une vision de l’avenir. C’est aujourd’hui une réalité grâce à l’Internet des objets. « Les objets intelligents ont leur propre adresse Internet et peuvent interagir. Il est alors possible de les surveiller et les contrôler, par exemple grâce à l’interface d’un navigateur Web », explique Uwe Kuback, vice-président du pôle ingénierie M2M chez SAP. « Pour la production, cela signifie plus de flexibilité. Grâce à l’échange de données entre les machines, les produits et les pièces, les systèmes de contrôle de l’usine peuvent être adaptés avec souplesse à l’évolution des besoins », a déclaré pour sa part Stefan Ferber, directeur des réseaux partenaires chez Bosch Software Innovations.

Dans cette configuration, même les petites séries peuvent être personnalisées en maintenant une forte productivité. Progiciel de gestion intégrée (pgi), bases de données des machines et planification du personnel, ces trois composantes sont le coeur de la production coordonnée. Mais la communication M2M trouve également des applications hors du secteur industriel, et se résume par le terme de « ville intelligente ». Il est alors question, par exemple, de surveillance en temps réel de l’état du trafic ou de bâtiments, même si pour le moment « ce type de systèmes est encore peu développé, les données recueillies n’étant fournies qu’à des groupes de personnes bien identifiées pour des applications données », comme l’indique Sebastian Wahle, directeur des solutions M2M à l’Institut Fraunhofer pour les systèmes de communication ouverts (FOKUS) à Berlin. « Cette mentalité inhibe le potentiel qui sommeille dans ce domaine. »

En ce qui concerne les solutions de mobilité futures, Christoph Grote, directeur du département recherche et innovation pour le groupe BMW, estime que le cloud computing va prendre de plus en plus d’importance dans la gestion de l’énergie pour les véhicules et l’analyse de l’état du trafic. Un défi majeur réside dans le partage et l’uniformisation des sources de données de manière à les exploiter correctement. C’est ici que l’Internet des objets peut jouer un rôle central dans l’interconnexion entre les différents moyens de transports.

Alexander Duisberg, associé chez Bird & Bird LLP, a insisté sur les questions juridiques qui se posent concernant ces composants technologiques autonomes : « L’attribution des actions et des violations [des appareils ou robots] est beaucoup plus complexe et dépasse la portée de la responsabilité des modèles du passé. » Avec l’Internet des objets, la protection des données constitue un nouveau défi.

Source : Euractiv.fr

Publié par Iris Trahin

La C-Zen, premier véhicule électrique « origine France garantie »

La voiture pèse 550 kg sans batteries et 700 kg lorsqu’on les ajoute. « C’est environ 50 % du poids d’un véhicule traditionnel », explique fièrement Hervé Arnaud, Fondateur et PDG de Courb. Pour parvenir à ce résultat, le constructeur utilise notamment un châssis « skate » en aluminium sur lequel est fixée la carrosserie en plastique (ABS thermoformé). 

Labellisé « origine France garantie », ce véhicule est intégralement assemblé à Saint-Priest, à côté de Lyon. L’entreprise emploie pour le moment 20 personnes et est en train d’embaucher en vue du lancement de la production en série de son véhicule. Le constructeur prévoit l’assemblage de 100 à 200 véhicules d’ici la fin de l’année 2013, 1 000 pour 2014 et 2 000 pour 2015. À court terme, il espère fabriquer entre 5 000 et 10 000 véhicules par an.

88 % des pièces de ce nouveau véhicule sont d’origine française et 67 % du prix de revient est d’origine française. Du côté de l’étranger, le constructeur achète notamment ses cellules de batterie à Hong-Kong, mais il a fait le choix de les assembler dans son usine de Saint-Priest.

Lors de la construction des véhicules, les chutes d’aluminium et les chutes d’ABS sont recyclées. L’aluminium est refondu en aluminium et l’ABS est transformé en microbilles qui sont réutilisées pour faire des pièces d’intérieur de voiture. « Demain, lorsqu’on nous amènera une C-Zen en épave, il suffira de la démonter et on pourra recycler tous les matériaux de la voiture », se félicite Hervé Arnaud.

120 km d’autonomie

Courb a fait le choix d’une batterie stable en lithium-fer-phosphate LiFePO4, d’une durée de vie minimum estimée à 7 ans. Avec elle, la voiture affiche une autonomie normée de 120 km d’autonomie. En ville, Hervé Courb assure que sa voiture a une autonomie comprise entre 110 et 115 km. Dès lors qu’elle roule à 90 km en zone hors urbaine, elle baisse toutefois à environ 90 km. 

La C-Zen est rechargeable sur n’importe quelle prise 220 V et 16 A que tout particulier possède, mais également sur la plupart des bornes de charge. Pour le moment, la batterie n’accepte que la charge lente. Si le temps de charge est compris entre 6 et 7 heures pour une recharge complète, « le temps de charge se situe généralement autour de 3 heures, car on ne décharge jamais complètement la batterie », précise Hervé Arnaud.

Le véhicule sera vendu à 20 000 euros hors taxes (HT), soit 25 000 € TTC, moins 7 000 € de bonus écologique. Une entreprise pourra donc l’acquérir pour 13 000 € HT. Avis aux intéressés, Courb propose également une offre en location avec option d’achat (LOA), avec un premier versement de 1750 €. Suivent 59 loyers de 258,4 euros hors assurances. La valeur résiduelle à payer pour l’acquérir en fin de course s’élèvera à 20 %, soit 5 000 €. Libre à vous de la payer ou non !

Le constructeur travaille d’ores et déjà sur une version 4 places, une version 4 roues motrices et un véhicule purement cabriolet. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

L’essentiel de REACH 1/2 (juin)

Le règlement CLP modifié 

01/06/2013

Le règlement CLP a été modifié par un nouveau règlement paru le 1er juin au Journal officiel de l’UE (Règlement (UE) n°487/2013 de la Commission du 8 mai 2013). Ces modifications visent à prendre en compte la quatrième édition révisée du Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (SGH) des Nations unies. Les changements portent sur de nouvelles catégories de dangers pour les gaz chimiques instables et les aérosols non inflammables, de même que sur une rationalisation des mentions de danger.

2 923 substances chimiques supplémentaires enregistrées à l’échéance REACH du 31 mai 2013 

03/06/2013

Lors de la deuxième échéance de REACH du 31 mai 2013, 9 084 dossiers d’enregistrement ont été déposés à l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) par 3 215 entreprises. Le nombre final d’enregistrement et de substances enregistrées sera disponible début septembre quand tous les dossiers auront été traités. Des statistiques d’enregistrement sont d’ores et déjà publiées sur le site web de l’ECHA http://echa.europa.eu/reach-2013/registrations.

Comment notifier une substance SVHC présente dans un article

03/06/2013

Une nouvelle vidéo sur le site de l’ECHA montre comment remplir le formulaire web pour soumettre une notification de substances SVHC dans les articles. Les importateurs et les producteurs d’articles doivent présenter des notifications de substances contenues dans des articles à l’ECHA six mois après l’inscription de la substance sur la liste candidate. Les 54 substances qui ont été ajoutées à la liste candidate le 19 Décembre 2012 doivent ainsi être notifiées à l’ECHA avant le 19 Juin 2013. La meilleure façon de soumettre la notification est le formulaire web sur le site de l’ECHA.

Présentations de la réunion du réseau d’échange sur les scénarios d’exposition disponibles

03/06/2013

La quatrième réunion du Réseau d’échange sur les scénarios d’exposition a porté sur le rapport de la sécurité chimique et la feuille de route des scénario d’exposition des produits chimiques.

 

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

 

Pour aller plus loin :

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L’astate, ce grand inconnu

Il n’est jamais trop tard pour combler les lacunes du tableau périodique des éléments : une équipe internationale de physiciens est parvenue à mesurer, pour la toute première fois, l’énergie d’ionisation de l’astate, élément chimique radioactif de numéro atomique 85 et plus rare des éléments naturels présents sur Terre.

Les scientifiques responsables de cette découverte travaillent auprès de « l’usine alchimique » du CERN, l’installation de faisceaux radioactifs ISOLDE.

L’énergie d’ionisation d’un atome est l’énergie qu’il faut fournir à un atome neutre pour lui arracher un électron et ainsi le transformer en ion positif.

La mesure de cette valeur devrait pouvoir permettre de développer des applications dans la lutte contre le cancer, notamment dans le domaine des radiothérapies utilisant les rayons alpha, qui permettent d’endiguer la croissance des cellules cancéreuses.

Isotopes artificiels

Découvert en 1940, cet élément du groupe des halogènes ne se laisse pas aisément observer : la quantité totale d’astate dans la croûte terrestre serait constamment inférieure à… trente grammes.

Le groupe de physiciens aura donc dû contourner la difficulté en produisant des isotopes artificiels d’astate, dont ils sont parvenus à étudier la structure atomique par une technique répondant au doux nom de « spectroscopie par ionisation résonante par faisceaux laser au niveau de la source ».

Le CERN nous éclaire un peu : « Les faisceaux de protons de haute énergie issus du Booster du Synchrotron à protons du CERN sont envoyés sur des cibles d’uranium.

Les collisions produisent une gerbe d’éléments chimiques, qui se diffusent dans une cavité métallique à 2000°C.

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Constantes chimiques


Si l’on envoie des faisceaux laser de longueurs d’onde déterminées dans cette cavité, on obtient une ionisation sélective de certains des atomes.

Un champ électrique extrait les ions chargés positivement, qui sont envoyés dans des aimants réglés de façon à permettre uniquement la transmission d’une masse choisie. Le résultat est un faisceau d’ions ne contenant qu’un seul isotope, qui est envoyé sur un détecteur. ».

Il aura donc suffi de surveiller la longueur d’onde pour obtenir la valeur de l’énergie d’ionisation de l’astate, à savoir 9,31751 électronvolts.

Prédire les propriétés atomiques et chimiques des éléments superlourds

Outre son utilisation dans la lutte contre le cancer, la mesure de cette valeur pourra également servir de pierre angulaire aux théories de prédiction des propriétés atomiques et chimiques des éléments superlourds, comme l’explique le chef de l’équipe RILIS, Valentin Fedosseev :

« La spectroscopie laser au niveau de la source est une méthode extrêmement sensible pour l’étude des propriétés atomiques des isotopes exotiques à vie brève. […] Elle est bien adaptée à l’exploration des spectres des éléments produits artificiellement, comme les éléments superlourds ».

Les résultats de l’équipe internationale de physiciens viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nature Communications par l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (plus connue sous l’acronyme… CERN).

L’installation ISOLDE a pour but de permettre la production et l’étude de certains des isotopes les plus instables, en particulier ceux dont la période radioactive ne dépasse pas les quelques millisecondes.

Par Moonzur Rahman

La biomasse bois dans la transition énergétique

En France, la production en énergies renouvelables représentait 22,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2010 pour une production globale de 191,3 Mtep. La France pouvait alors se vanter d’avoir produit presque 12 % d’énergie primaire avec des sources renouvelables. À lui seul, le bois énergie assurait 10,1 Mtep, soit près de 45 % de la production renouvelable. Si on y ajoutait les agrocarburants (10 %), les déchets urbains renouvelables (5 %), le biogaz et les résidus de récoltes, la biomasse (chaleur, électricité, carburants) était alors à l’origine de plus de 63 % de l’énergie produite à partir de sources renouvelables en France.

Mais la France a voulu faire mieux. Elle s’est alors fixée comme objectif d’atteindre 23 % d’énergies renouvelables dans sa consommation d’énergie finale d’ici 2020. Pour cela, il va falloir produire 20 Mtep provenant de sources renouvelables supplémentaires par rapport à 2006. La biomasse devrait y contribuer majoritairement à hauteur de 10,7 Mtep supplémentaires par rapport à 2006. La répartition devrait à peu près être la suivante : 6,2 Mtep supplémentaires sous forme de chaleur, 1,2 Mtep sous forme d’électricité et 3,3 Mtep sous forme d’agrocarburants.

Pourtant, l’utilisation de la biomasse ne doit pas se faire au détriment des forêts et des productions alimentaires. A-t-on donc encore une marge de manœuvre encore suffisante pour développer son exploitation ? « Oui », à en croire Mac Guérin, directeur du département Territoires à l’Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea, ex Cemagref). Explorons un peu pourquoi.

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D’où provient ce bois et comment l’utiliser ?

En France, le bois de chauffage provient essentiellement des travaux d’entretien forestiers: bois d’éclaircies (d’entretien) et résidus des coupes finales. Une partie des plus petits branchages est restitué au sol, les plus grosses branches étant utilisées pour le bois de chauffage. Il faut en effet éviter les effets négatifs sur la biodiversité d’un prélèvement trop intensif et mal contrôlé. « L’intensification forestière peut créer des situations défavorables à la biodiversité, car il y a moins de bois mort, moins de vieux peuplements et de gros bois, des habitats plus fragmentés, un tassement des sols, davantage de dérangements de la faune, une augmentation des surfaces totales des coupes et une diminution des zones humides et des tourbières. » insiste Marc Guérin. On note également des impacts potentiels sur la fertilité des sols et le cycle des éléments minéraux sur le long terme.

Le bois énergie est utilisé sous forme de bûches traditionnelles, de plaquettes de bois broyées et de granulés issus de la fabrication de bois d’œuvre. Cette dernière utilisation présente un important potentiel de développement, notamment si l’on développe la filière du bois d’œuvre en France.

Au niveau national, 6 millions de ménages sont équipés de chauffage d’appoint et on dénombre environ 2300 chaufferies collectives et 1000 chaufferies industrielles pour les scieries, menuiseries, usines de pâtes à papier, mais aussi pour le chauffage des serres. Ce type de d’utilisation d’énergie est en cours de développement et de transformation. Le Fonds Chaleur de l’ADEME est doté d’environ 200 millions d’euros et aide les investisseurs qui veulent s’équiper de chaufferies ou de réseaux de chaleur.

Un gisement privé encore faiblement exploité

La France compte 15 millions d’hectares de forêts. On n’y récolte au plus que 60 % de ce qui pousse chaque année, soit 59 millions de m3/an. Selon deux études réalisées en avril 2010 pour le compte de l’ADEME et du Ministère de l’agriculture, les ressources en bois énergie supplémentaires disponibles dans des conditions d’exploitation acceptables à l’horizon 2020 sont de 4,3 Mtep/an, pour les forêts, peupleraies et haies et de 1,6Mtep/an pour les coupes d’entretien des vignes et vergers, arbres urbains. On obtient donc 5,9 Mtep/an supplémentaires, plus ou moins en accord avec les 7,4 Mtep nécessaires pour respecter les objectifs en termes d’utilisation de biomasse à l’horizon 2020. En ajoutant les déchets urbains renouvelables, le biogaz et les résidus de récoltes, le compte devrait en effet être bon.

La forêt publique représente moins de 30 % des 15 millions d’hectares de forêt recensés. C’est principalement dans la forêt privé qu’il existe des possibilités importantes de développement, mais celle-ci est dispersée entre de nombreux propriétaires : plus de 3,5 millions ! L’essentiel de ces propriétaires possède moins de 5 hectares. IIs n’entrent donc pas toujours dans une logique entrepreneuriale ou patrimoniale d’entretien du bois. De plus, ces forêts sont réparties sur l’ensemble du territoire, ce qui renforce les défis à soulever pour les exploiter.

Voilà donc une bonne nouvelle ! Mais comme une bonne nouvelle en cache souvent une mauvaise, rappelons que si les objectifs français en matière d’utilisation de biomasse ne semblent pas menacer la forêt française à court terme, les objectifs au niveau européen pourraient menacer le respect des objectifs européens en matière de réduction de CO2

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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« Derrière la performance énergétique, un réel enjeu sociétal »

Techniques de l’Ingénieur : Aux vues de votre expérience et de votre expertise, quelles sont les marges de progrès des industriels en termes de performance énergétique aujourd’hui ?

Christophe Roland : Pour l’instant, les industriels travaillent sur leurs achats d’énergie et sur les techniques de production de leurs utilités. Peu d’entre eux remettent en cause leurs pratiques de production pour mieux consommer. Beaucoup considèrent que l’énergie est l’affaire des experts techniques, ce qui est vrai mais pas seulement, la production elle aussi à un rôle majeur à jouer dans l’amélioration de la performance énergétique.

Concrètement sur nos projets, nous identifions systématiquement des gaspillages énergétiques en production, en moyenne 12 % des consommations. Revisiter leurs pratiques de production avec les opérateurs pour les rendre moins énergivores, prend alors tout son sens. Cette approche participative est inspirée du Lean Manufacturing, et adaptée pour l’amélioration de la performance énergétique. Peu importe le degré d’expertise dans le management de l’énergie, cette nouvelle démarche apporte des résultats souvent surprenants et toujours rentables car ne nécessitant que peu d’investissement.

Techniques de l’Ingénieur : Quels sont les principales difficultés rencontrées par les industriels dans l’amélioration de leur performance énergétique ?

Christophe Roland : Nos clients, au démarrage d’une démarche de performance énergétique, s’interrogent sur les points suivant :

1.    Est-ce aussi rentable d’investir dans la performance que dans mon outil de production ? Autrement dit, les économies d’énergie coûtent cher car les investissements nécessaires sont conséquents de par leur technologie.

2.    De plus, la performance énergétique implique des investissements qui ne sont pas dans mon cœur de métier, puis-je encore me le permettre vu la conjoncture économique ?

3.    Encore un projet qui va mobiliser notre équipe, comment puis-je m’assurer d’un réel retour sur investissement ?

4.    La performance énergétique sert avant tout à travailler son image et à faire de la communication, Est-ce bien la priorité pour ma société ?

Plus globalement, ceux qui souhaitent améliorer leur performance énergétique déclarent souvent ne pas savoir par quoi commencer une fois le diagnostic énergétique réalisé. L’important est donc de les aider à construire la meilleure feuille de route possible.

Techniques de l’Ingénieur : Quels types de solutions à ce problème ?

Christophe Roland : Nos réponses aux questions de nos clients sont que :

1.    Il est vrai que si l’on se base sur des actions comme des travaux d’isolation, le remplacement d’un compresseur pneumatique ou l’achat d’une nouvelle chaudière, les retours sur investissement dépasseront souvent les cinq années. Maintenant, pour nous, l’enjeu n’est pas là. La performance énergétique est une discipline nouvelle et les gisements d’économies qu’elles proposent sont encore vierges. Ces gisements dépendent tous des choix de pratiques de production des industriels, il est donc important d’accepter de les remettre en cause. Adapter ses processus, ses pratiques et ses comportements va déboucher sur des économies d’énergie, mais pas seulement. En attaquant les problèmes sous l’angle énergétique, c’est souvent aussi l’occasion de régler des problèmes récurrents de qualité, de sécurité et de productivité.

2.    Effectivement, investir dans sa production d’air comprimé ou de froid peut sembler ne pas faire partie de la valeur ajoutée du produit industriel. Maintenant, sans énergie, on ne produit rien ! L’énergie est un mal nécessaire que l’on peut mieux maîtriser. Soit, on considère que la production d’utilité ne fait pas partie de son cœur de métier, et là on pourra s’orienter vers une externalisation chez un facility manager dont c’est le métier. Soit, on ne veut pas supporter le risque d’une externalisation et il faudra harmoniser la production d’utilité au pilotage de l’outil de production.

3.    En commençant par une chasse au gaspillage énergétique approfondie, on peut facilement réduire ses consommations de plus de 10%, pratiquement sans investir. Cette première étape se fait dans un délai de quelques mois et mobilise les équipes autour d’un premier succès. Une fois la dynamique initiée, nous avons acquis suffisamment de crédibilité pour s’attaquer à des initiatives plus complexes.

4.    Derrière la performance énergétique, il y a un réel enjeu sociétal. Communiquer autour de consommer le juste nécessaire est un argument nouveau qui fait mouche auprès des médias mais qui nécessite de justifier des économies réalisées.

En conclusion, il faut considérer le management de l’énergie comme un vraie opportunité d’améliorer sa compétitivité à travers un projet transversal et fédérateur. Si la dynamique est supportée par la direction, il est possible de réaliser rapidement des économies tout en innovant. Concrètement, revisiter ses pratiques et ses processus avec le regard nouveau de l’énergéticien conduit systématiquement à de nouvelles idées et de nouvelles solutions.

Tout tient dans les principaux enjeux du management de l’énergie :

1.    Piloter avec des indicateurs pertinents et compréhensibles par tous
2.    Intégrer les dernières technologies de production d’utilités
3.    Mettre à niveau son plan de maintenance
4.    Trouver les solutions de revalorisation énergétique
5.    Revisiter ses modes opératoires pour consommer au juste nécessaire
6.    Responsabiliser la production sur ses consommations
7.    Intégrer la dimension énergie dans ses choix d’investissements
8.    Profiter des opportunités du marché de l’énergie
9.    Se projeter à moyen terme pour anticiper les évolutions de son mix énergétique

En savoir plus sur Okavango : www.okavango-energy.com

Bruno Decottignies

Grâce à Autolib’, Bolloré s’impose dans l’autopartage

Autolib’ a passé la barre des 80 000 abonnements vendus et des 2 millions de locations réalisées. La société détient 25 000 abonnés à l’année qui utilisent en moyenne les voitures deux fois par semaine pour une durée de 40 minutes afin de réaliser des trajets de 10 km par location. Chaque mois, c’est 200 000 locations qui sont enregistrées !

Le succès d’Autolib’ est en grande partie lié à sa simplicité d’utilisation. Avec le service Yélomobile à la Rochelle, Autolib’ est pour le moment le seul service d’autopartage en France à proposer des trajets en trace directe. En trace directe, le véhicule peut être rendu dans une autre station que la station de départ. Il est opposé aux systèmes en boucle où le véhicule doit être rendu là où il a été retiré. Ces deux services d’autopartage présentent d’autres particularités : il s’agit uniquement de véhicules électriques, sans réservation préalable obligatoire et sans obligation de communiquer sur la durée de réservation.

Mais intéressons-nous plus spécifiquement au cas d’Autolib’, car le système est en phase de se dupliquer un peu partout. Plus qu’un simple système de partage de voitures électriques, il fournit également une infrastructure de recharge, un système d’informations et des réseaux télécoms embarqués. Plus de 4 000 points de charge sont actuellement installés dans les 800 stations d’Ile-de-France. Les objectifs visent 1 100 stations, 5 000 bornes de recharges électriques, 1 200 abonnés supplémentaires par semaine et 3 000 véhicules sur la chaussée en 2013 !

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Voiture propre 


La BlueCar (c’est son nom !) est conçue pour être intelligente, intégrée dans un système d’information intelligent. Le système enregistre les radios et itinéraires préférés des utilisateurs et il les télécharge dans chaque nouvelle voiture réservée. Et comme la BlueCar est connectée, le système vous informe en temps réel des places disponibles. Vous n’avez donc pas à craindre de tourner des heures dans Paris avant de trouver une place ! Il vous est même possible de réserver gratuitement une place pendant 90 minutes et une voiture pendant 30 minutes. Voici de quoi être rassuré. À partir de septembre, un nouveau portail de services devrait voir le jour. Il permettra aux utilisateurs de trouver les services les plus proches dont ils ont besoin.

En un peu plus d’un an, Autolib’ est devenu une véritable industrie. 100 personnes se relaient 24h/24 pour assurer le service d’assistance en continu. Le nombre de sinistres est faible, mais il y a un enjeu de nettoyage intensif. Car oui, les parisiens ne sont pas toujours très propres !

Une infrastructure disponible pour tous

La charge de la batterie est lente à 3kW, 220 V et 16 A. Le réseau de charge est ouvert à tous les véhicules électriques présents sur le marché. C’était une clause du contrat avec la Ville de Paris. Toutefois, « l’homologation de la Zoé pose actuellement problème » fait savoir Serge Amabile, Directeur Marketing & Commercial d’Autolib’, car « elle tire à 18 A en charge rapide ».

Un particulier voulant profiter de l’infrastructure d’Autolib’ pour recharger son véhicule, doit se procurer un pack auprès de la société. Il lui permettra de se brancher à certaines heures pour unedurée maximale de 2 heures et 15 minutes. Il est vendu à 180 euros pour une voiture et à 15 euros pour un deux roues.

D’autres clients sont aujourd’hui intéressés par ce genre de schémas et travaillent avec Bolloré pour développer des services semblables. Il s’agit par exemple de services d’autopartage pour les entreprises. Le premier exemple qui fait figure de vitrine marketing est celui de Mycar, élaboré par Bolloré pour les salariés du siège social d’Atos, géant mondial de services informatiques, à Bezons, en région parisienne. La flotte de la société se compose de 10 véhicules aux couleurs de l’entreprise qui ont accès à l’ensemble des bornes Autolib’ franciliennes. Environ 60 m2 de panneaux photovoltaïques sont installés sur le site de Bezons pour « compenser » la consommation énergétique de la flotte de véhicules. « L’expertise acquise nous permet d’être très confiants pour proposer à des entreprises comme Atos des démarches purement privatives », affirme Serge Amabile.

De nouvelles villes sont aussi intéressées par le système. Le prochain grand déploiement est d’ores et déjà prévu à Lyon et la commune de Villeurbanne. 130 voitures, 50 stations équipées de 250 bornes de charges devraient être opérationnelles dès le 10 octobre 2013. En 2014, ces chiffres devraient être portés à 250 véhicules et 100 stations. Viendra ensuite le tour de l’agglomération bordelaise d’ici fin 2013. Le système portera sur une centaine de véhicules, 40 à 50 stations dans Bordeaux et quelques communes voisines. Le concept pourrait même débarquer à Indianapolis aux Etats-Unis dès l’année prochaine. Alors que peu de personnes croyaient au succès du dispositif lors de son lancement, plus rien n’arrête Autolib’ !

Par Matthieu Combe

La greenGT H2 annule sa participation au Mans !

La GreenGT H2 a effectué ses premiers tours de piste à la mi-avril en Suisse. Elle a poursuivi ses essais en version course jusqu’au 5 juin et vérifié ses performances, conformes aux tests effectués au banc (voir la Fiche technique du véhicule). Pour autant, la société suisse GreenGT fait savoir dans un communiqué que sa voiture ne prendra finalement pas le départ sur le 56e Stand des 24h du Mans.

« La phase de mise au point de la pile à combustible à hydrogène à forte puissance, particulièrement complexe, a empiété sur le programme de tests d’endurance en piste indispensable avant de se mesurer à une course aussi exigeante que la classique Mancelle.. »

La GreenGT H2 devait occuper le box n°56, celui réservé à une voiture jugée technologiquement innovante par l’Automobile Club de l’Ouest (AOC) et qui participe à l’épreuve hors classement. En 2012, la première voiture bénéficiaire de cette invitation était la Nissan-DeltaWing. En 2014, le box 56 devrait à nouveau être occupé par Nissan, le constructeur japonais ayant décidé d’engager d’une technologie innovante de transmission électrique.

« Si le Mans 2013 est venu trop vite, nous travaillons activement avec l’ACO sur un programme de présentation de la GreenGT H2 à l’échelle mondiale. Des pilotes de renommée internationale seront annoncés lors des 24 Heures du Mans, ils seront nos ambassadeurs pour présenter cette technologie d’avenir. » annonce toutefois Jean-Michel Bouresche, Sales & Marketing Director de GreenGT.

« Nous annoncerons avec GreenGT une tournée de démonstration à travers le monde lors de la semaine des 24 Heures du Mans, et pourquoi pas au départ d’une course du Championnat du Monde d’Endurance (hors classement) dont le règlement prévoit d’accepter ce type de voiture ponctuellement sur la grille de départ. » précise pour sa part Vincent Beaumesnil, Directeur Sports de l’ACO.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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« La veille technologique comme moteur d’innovation pour anticiper les prochaines évolutions de marché »


Le retour de Motorola avec un nouveau fer de lance : le Moto X

Motorola signe son grand retour avec le Moto X, son nouveau fleuron dont la sortie est prévue pour l’automne.

C’est à l’occasion d’une conférence en Californie que Dennis Woodside, le PDG de Motorola, annonçait que le coût du smartphone serait en deçà de celui de l’iPhone. Le mobile, originellement appelé X Phone se dévoile donc un peu plus.

Dennis Woodside opte pour une politique plus agressive que celle des dernières années pour le lancement du tout premier smartphone Motorola. La raison est évidente, les ventes sont en chute libre depuis 2006. Samsung et Apple s’accaparant toutes les parts de marché. Mais désormais le combat est tout autre puisque le mobile jouit du soutien du géant Google qui avait racheté la société en 2012. Les ambitions sont revues à la hausse. Une volonté clairement affichée vers les fonctions innovantes.

En effet, quelques détails dévoilés par le président témoignent de l’envie de la firme de se tourner vers des techniques innovantes. L’utilisateur est placé au centre des préoccupations. Le Moto X intégrera ainsi l’environnement des détenteurs du Moto X pour améliorer son usage à bien des égards. Il sera truffé de capteurs censés permettre d’anticiper ses besoins quelle que soit la situation. Pour autant, cela ne devrait pas diminuer l’autonomie du mobile, a-t-il précisé.

Le Moto X sera assemblé pour l’essentiel à Fort Worth au Texas. 2 000 personnes travailleront à sa fabrication dès la fin de l’été. Ce « made in USA » est une première mais ne devrait toutefois pas élever le coût du mobile. Le prix sera donc attractif malgré tout, quitte à minimiser les marges de vente. Et là, le PDG de la marque fait clairement référence aux marges d’Apple. Une remarque que les intéressés n’ont sûrement pas dû apprécier.

Motorola, plus incisif qu’auparavant, retourne dans la guerre des mobiles. La riposte ne devrait pas tarder.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

 

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Capturer le pétrole pour mieux traiter les marées noires

Des chercheurs français se sont appuyés sur les propriétés d’auto-assemblage par capillarité à l’interface entre l’huile et la surface de l’océan pour mettre au point un procédé permettant d’isoler le pétrole, afin de mieux l’extraire. Un processus d’ailleurs connu et couramment utilisé dans l’industrie alimentaire ou en cosmétique. 

Cette fois, les chercheurs de l’institut Jean le Rond d’Alembert (CNRS/ Université Pierre et Marie Curie) et du laboratoire Charles Coulomb (CNRS/Université Montpellier 2), en collaboration avec des chercheurs de Princeton, ont voulu encapsuler les gouttelettes de pétrole. Pour les capturer, ils ont eu l’idée d’utiliser du sable. En saupoudrant des grains de sable au dessus de la nappe de pétrole, à l’occasion d’une marée noire par exemple, les particules de sable vont se positionner à l’interface eau/pétrole grâce aux forces de tension de surface. Sous leurs poids, les particules vont s’attirer et se rassembler sous la forme de ce que les scientifiques ont dénommé un « radeau granulaire ».

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Celui-ci déforme l’interface en la tirant vers le bas. Une fois un nombre suffisant de grains rassemblés, le radeau coule, entraînant avec lui la couche de pétrole supérieur. 

Chaque goutte de pétrole étant encapsulée, l’ensemble des gouttes peut ensuite être récupérée. D’après les calculs des chercheurs, il suffirait de 100 à 500g de sable par litre de pétrole répandu. Cette approche permettrait de traiter les marées noires avec du simple sable de plage plutôt que de recourir aux dispersants ou à d’autres techniques polluantes.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Keynote Apple du 10 juin : résumé de la soirée !

Hier soir, 19h00, s’est tenue la WWDC 2013, la conférence dédiée aux développeurs ! Ils étaient plus de 6 000 à assister à l’événement.

Ce qu’il faut retenir ?

  • Nouvel ordinateur Mac Pro au design inédit et à la puissance augmentée
  • Nouveaux Macbook Air (en vente depuis hier) plus réactifs et plus autonomes : jusqu’à 12h pour la version 13 pouces
  • Une nouvelle version d’OSX pour les ordinateurs baptisée Mavericks : gestion plus simple de l’affichage multi-écrans, centre de notification amélioré, etc. A découvrir cet automne !
  • La transformation d’iOS7 : jeu de transparence dans le design, amélioration du Siri… De très nombreux changements dévoilés à la rentrée en même temps que le nouvel iPhone, on ne sait pas encore s’il s’agira de l’iPhone 5S ou de l’iPhone 6…
  • Et enfin l’annonce de la soirée : le lancement de iTunes Radio cet automne, le service de streaming musical d’Apple ! Comme avec Spotify ou Deezer, il sera possible de créer sa propre chaîne de radio et de s’abonner à des radios thématiques.

Découvrez la vidéo officielle de présentation d’iOS 7, le futur système d’exploitation mobile d’Apple :

 

Revoir la WWDC 2012 : 

Par Iris Trahin

L’homme doit s’adapter à un environnement de plus en plus menaçant

Boire, manger, respirer, autant d’actions vitales qui pourraient bien devenir complexes dans les décennies à venir. En cause ? Les multiples pollutions environnementales, la diminution des ressources ou encore le réchauffement climatique.

Autant de bouleversements auxquels l’homme doit faire face s’il veut préserver sa santé et son bien-être. Car si nous vivons plus longtemps, nous devons affronter de multiples menaces.

L’Agence Européenne de l’environnement et le centre de recherche de la Commission Européenne viennent de publier un rapport qui analyse ces problématiques. On y découvre une liste impressionnante de menaces : risques chimiques, pollution de l’eau, de l’air extérieur et intérieur, nuisances sonores, exposition aux UV et aux champs électromagnétiques, OGM, nanotechnologies et évolution du climat.

Autant de dangers qui, si l’on n’y prend pas garde, pourraient bien peser sur l’avenir de l’humanité. D’autant plus que ces pollutions se cumulent avec un effet multiplicateur particulièrement complexe, aux conséquences difficiles à contrôler.

Comme le rappelle ce rapport, notre santé est liée au bon fonctionnement des écosystèmes et à la façon dont nous gérons les ressources naturelles. Par exemple, l’agriculture utilise de l’eau, de l’énergie et une quantité croissante de produits chimiques tels que des pesticides et des herbicides. Or, ces pratiques de l’agriculture intensive peuvent impacter négativement les sources d’eau, et des pesticides se retrouvent dans l’eau dite potable.

Autre exemple. L’incitation à acheter des véhicules plus économes en carburant a dopé les ventes de véhicules diesel, effectivement moins polluants en CO2 mais qui émettent une plus importante quantité de NO2 que les  véhicules essence disposant d’un pot catalytique. Cette politique s’est finalement montrée polluante, avec des conséquences sur la santé de l’homme et un accroissement des cas de bronchite et d’asthme.

Pour l’EEA, les besoins en eau et en nourriture vont encore s’accentuer, avec des conséquences environnementales de plus en plus manifestes. Une évidence ? Oui, mais pour en maîtriser l’impact il devient urgent de corriger les politiques des différents gouvernements de façon à tenir compte de ces interactions, ce qui requiert une vision à long terme. Urgent enfin de considérer les liens étroits entre les ressources alimentaires, en eau ou encore en énergie avec la santé de l’homme.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Plus de banquise en 2030 ?

Les changements en cours en Arctique sont des perturbations majeures de l’environnement. « En Arctique, les températures s’élèvent 2,5 fois plus vite que dans le reste du monde», rappelle Alain Fuchs, Président du CNRS.

La banquise, la glace et la neige arctiques reculent à des vitesses vertigineuses. « Au cours des dernières décennies, la surface couverte par la glace estivale a décliné d’environ 50 %, l’épaisseur de cette couche de glace se réduisant d’environ 40% », précise-t-il.

Un nouveau record de fonte des glaces a été observé en 2012 avec une banquise ne recouvrant plus que 3,41 millions de kilomètres carrés au16 septembre. C’est 18 % de moins que le record de 2007 qui avait pris les scientifiques par surprise !

Les pertes de glace sont plus rapides que ce que prévoyaient les différents modèles numériques. À ce rythme, la banquise pourrait complètement disparaître en été dès 2030.

Evolution annuelle de la banquise arctique entre les années 1980 et 2013. Source : Institut de Physique Environnementale (IUP) de l’Université de Brême

La glace de mer devient aussi plus vulnérable. La glace de première année prédomine, les périodes d’eau libre s’accentuent et les taux de fonte de surface augmentent. Parallèlement à la baisse de son étendue, la glace devient plus jeune et plus fine. D’après les recherches de Julienne Stroeve, du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) à l’Université du Colorado à Boulder, en 2013, moins de 5 millions de km2 de couverture de glace (qui ne comprend pas que la banquise !) a 5 ans ou plus.

Cette part était 20 % plus élevée dans les années 1980 et le début des années 1990. Les glaces âgées qui restent, sont aussi moins épaisses qu’auparavant. 

De façon plus générale, Alain Fuchs rappelle que « la couverture de neige de début d’été de l’hémisphère nord est en train de disparaître à un rythme sans précédent d’environ 18 % par décennie » et que « la calotte glacière du Groenland fond à un taux 5 fois plus important que dans les années 90, contribuant significativement à l’élévation du niveau de la mer ». 

Mais les perturbations ne s’arrêtent pas là. Si « le pergélisol fond et libère des gaz à effet de serre, comme le méthane, à un rythme alarmant », il ne faut pas oublier que « de nombreux organismes vivant dans l’Océan Arctique sont très bien adaptés à un type de banquise plus épaisse et plus âgée, les rendant eux et l’écosystème arctique bien plus vulnérables aux changements », ajoute-t-il. 

Maigre consolation : les changements en cours ouvrent de nouvelles perspectives économiques pour l’exploitation de la pêche, les minéraux rares, le pétrole et le gaz et le tourisme. L’ouverture d’une route maritime réduirait la distance entre l’Europe et l’Asie d’environ 25 %. 

Pour comprendre l’ensemble de ces mutations, une base de données scientifique est nécessaire. C’est l’objectif de « Chantier Arctique », un programme national de recherche sur les grands enjeux scientifiques de l’Arctique en sciences de l’environnement, écologie, géosciences, sciences humaines et sociales et sciences de la santé.

Pour lancer la phase de prospective de ce chantier, un premier congrès national a été organisé du 3 au 6 juin au Collège de France. Les objectifs étaient de réunir pour la première fois toutes les disciplines impliquées en Arctique, attirer de nouveaux chercheurs et développer des approches innovantes.

Les chercheurs présents ont réalisé un premier inventaire interdisciplinaire des compétences, et des activités scientifiques en cours et projetées afin de définir les priorités de recherche et préparer la rédaction d’un livre blanc sur la recherche en Arctique. Le premier appel à propositions sera publié au deuxième semestre 2014.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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Situation catastrophique pour les énergies renouvelables en France

73 MW d’éolien, c’est en moyenne une seule éolienne de 3,3 MW par région (puissance aujourd’hui standard pour l’éolien terrestre). Et 88 MW de solaire, c’est 1,3 Watt par français, soit environ un millième de la puissance d’un grille-pain.

« Par rapport au premier trimestre de 2012, la puissance [éolienne] raccordée sur le trimestre a baissé de 31%. » commente le Commissariat. Concernant le photovoltaïque, « comparées au premier trimestre 2012, les puissances raccordées ont diminué de 76 % ».

Pour Arnaud Gossement, ex porte-parole de France Nature Environnement, « la loi du 12 juillet 2010 a volontairement multiplié les freins juridiques au développement des énergies renouvelables. Insécurité juridique, procédures sans fin, refus nombreux, opposition des opérateurs radars, recours des opposants, tarif d’achat gelé, appels d’offres compliqués : la situation est préoccupante et elle l’est depuis trop longtemps. » Et l’avocat spécialisé en environnement d’ajouter que « dans le même temps, une campagne de dénigrement assez efficace a été orchestrée pour porter atteinte à l’image des énergies vertes. En conséquence, nous bouchons des débouchés pour les nombreux étudiants qui souhaitaient s’orienter vers ces filières. »

Pire, alors que la France bénéficiait de panneaux solaires chinois très bon marché qui permettaient de générer de nombreux emplois non délocalisables en France, le gouvernement français a fait campagne auprès de la commission européenne pour taxer lourdement ces panneaux chinois. Une position ubuesque bien entendu dénoncée par Berlin, qui a qualifié la position française de « grave erreur ».

Du solaire et du vin

Non seulement la France pénalise les consommateurs d’électricité ainsi que les entreprises spécialisées dans l’installation des panneaux PV en France avec cette politique, mais en plus la Chine va réagir vigoureusement en visant spécialement un secteur très français : les vins et spiritueux, un domaine dont le montant des exportations européennes annuelles vers la Chine s’élève à plus d’un milliard d’euros, dont 60 % pour la France. Et c’est aussi le deuxième poste excédentaire, derrière l’aéronautique, de la balance commerciale hexagonale. Une balance commerciale globalement très négative et qu’il serait bon de veiller à ne pas aggraver…

Au final, la France va terminer perdante sur tous les plans : dégradation des relations commerciales avec la Chine, mise sous pression des producteurs viticoles, renchérissement du prix des panneaux PV qui pénalisera le pouvoir d’achat des consommateurs français, non création d’emplois dans le domaine des installateurs de panneaux PV et des bureaux d’étude associés, et non respect des engagements pris par la France en matière d’énergies renouvelables qui conduira à des sanctions européennes. Difficile de faire pire.

Qui peut se plaindre que les panneaux solaires soient très bon marché ?

En Allemagne, sur les 10 000 entreprises du secteur photovoltaïque, seules 350 sont spécialisées dans la fabrication de modules PV. Toutes les autres (9750) sont des bureaux d’étude, des installateurs, des fabricants d’onduleurs et autres matériels associés, et des revendeurs. Berlin a bien compris que des panneaux solaires chinois très bons marchés créeront davantage d’emplois locaux en Allemagne que des panneaux solaires made in Europe. Et si la Chine subventionne ses producteurs de modules PV, c’est une excellente nouvelle pour les consommateurs européens qui n’ont alors plus besoin de financer ces subventions ! Et c’est surtout une très bonne nouvelle pour la planète : la cause environnementale n’a pas de frontières. Plus les panneaux solaires seront bon marchés, plus vite aura lieu la transition énergétique.

Le gouvernement français a organisé un grand débat sur l’énergie, qui dure depuis plusieurs mois. Il y a ceux qui parlent. Et il y a ceux qui, comme les allemands, réellement motivés pour passer à de hauts niveaux de renouvelables, agissent de manière pragmatique. Dans l’ombre de cette affaire, la réalité est que l’éolien et le solaire constituent une menace très concrète et imminente pour le business du nucléaire français. Après avoir tout fait pour mettre des bâtons dans les pâles de l’éolien, la France cherche à présent à empêcher que des panneaux solaires très bon marchés soient disponibles pour les consommateurs français. Consternant.

 

* Olivier Daniélo est un journaliste collaborant pour les Editions Techniques de l’Ingénieur, pour la revue Systèmes solaires d’Observ’ER et créateur du blog Objectif Terre.

AdaCore annonce la réussite du projet Hi-Lite

L’objectif du projet Hi-Lite, un projet au budget de 3,9 millions d’euros qui s’est étendu sur trois ans, était de démocratiser les méthodes formelles dans le développement de logiciels critiques en associant la vérification formelle et le test.

Le projet s’est appuyé sur l’expérience acquise pendant dix ans par Airbus pour créer des systèmes critiques en utilisant des méthodes de vérification formelles et sur les outils industriels performants déjà développés par les partenaires du projet.

Les travaux ont été financés en partie par le gouvernement français et le Conseil Général de l’Essonne et ont été réalisés en partenariat par AdaCore, Altran, Astrium Space Transportation, CEA List, INRIA Toccata et Thales Communications.

L’objectif principal de Hi-Lite était de rendre la vérification formelle plus rapide et facile d’utilisation pour les projets de grande taille impliquant plusieurs langages de programmation, et soumis à des critères de certification.

Le projet a rempli cet objectif. « Hi-Lite nous a permis d’adapter des technologies de pointe développées dans les Universités à une utilisation industrielle », a déclaré Yannick Moy, responsable du projet Hi-Lite chez AdaCore. « Le projet a montré que la vérification formelle peut remplacer ou compléter les activités de test et jouer un rôle prédominant dans la vérification des logiciels critiques ».

Le test est une activité consommatrice de temps et de ressources, notamment lorsque le logiciel doit se conformer aux standards tels que le DO-178B ou sa nouvelle version DO-178C pour les systèmes avioniques civils (qui sont utilisés par les organismes de certification comme le FAA, EASA et Transport Canada). Alors que les systèmes critiques continuent à croître en taille et en complexité, les méthodes formelles comme celles qui ont été utilisées dans le projet Hi-Lite apportent une solution économique faisant diminuer le recours au test, accélérer le développement de projets et faciliter la certification des systèmes.

Ces techniques sont spécialement pertinentes dans un environnement DO-178C, à la lumière du supplément pour les méthodes formelles (DO-333) qui apporte des indications sur la façon dont l’analyse formelle s’intègre dans le processus de vérification.

Le projet Hi-Lite a produit les premiers outils intégrant le test et la vérification formelle pour les programmes Ada et C. Il s’agit des outils SPARK pour Ada et de la plate-forme Frama-C pour C. Ces deux technologies s’appuient sur les outils de preuve de programmes développés par l’INRIA, partenaire du projet Hi-Lite.

Les avancées pratiques et théoriques résultant de ce projet et de ces outils ont été publiées dans plus de trente conférences et journaux internationaux, parmi lesquels Embedded World et IEEE Software. L’utilisation des outils et de la méthodologie du projet a été expliquée et publiée sous forme d’études de cas par les partenaires Astrium Space Transportation et Altran.

Tous les outils développés sont Open Source et les prototypes sont disponibles sur : https://forge.open-do.org/projects.hi-lite/ et http://frama-c.com

Une conséquence immédiate du projet Hi-Lite est que les méthodologies développées sont actuellement utilisées par AdaCore et son partenaire Altran pour façonner la nouvelle version du langage SPARK, connue sous le nom de SPARK 2014. SPARK, un sous-ensemble d’Ada complété par des annotations qui formalisent différentes propriétés des programmes, est un langage de programmation reconnu pour faciliter la création de logiciels devant atteindre les plus hauts niveaux de sûreté et de sécurité.

SPARK est le seul langage de programmation moderne conçu avec comme premier objectif une vérification statique sûre. L’utilisation du langage SPARK est liée à la boîte à outils SPARK Pro, composée du langage et des outils de vérification SPARK d’Altran et de l’environnement de développement GNAT Programming Studio (GPS) d’AdaCore. 

SPARK Pro permet de prévenir, détecter et éliminer les défauts très tôt dans le cycle de vie du projet, lors du développement du code source. Les technologies développées dans le projet Hi-Lite seront entièrement intégrées dans les outils SPARK Pro pour les rendre conformes à SPARK 2014. Plus d’informations sur la disponibilité prochaine de la version SPARK 2014 à l’adresse : http://www.spark-2014.org

AdaCore, fournisseur de solutions logicielles commerciales pour Ada, un langage de programmation de pointe conçu pour des applications de grande taille. 

 

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Le solaire peut remplacer intégralement le nucléaire à Tokyo selon une étude américaine

En 2010, la part du nucléaire était de 27 % dans le mix électrique japonais. Pour la seule région de Kanto qui comprend l’agglomération très peuplée de Tokyo, 40 % de l’électricité délivrée par TEPCO (Tokyo Electric Power Company) provenait de la fission de l’uranium 235. Le tiers de la population japonaise réside dans cette région. Le reste du mix comprenait 63 % d’électricité d’origine fossile, principalement du gaz naturel liquéfié importé par bateau, et 10 % des renouvelables, principalement des barrages hydroélectriques.  

La catastrophe de mars 2011 au complexe nucléaire de Fukushima Daiichi a conduit à la fuite de substances radioactives dans la biosphère et la chaîne alimentaire, et à la fermeture de l’intégralité du parc nucléaire du pays. La question de les rouvrir, ou non, reste entière. Dans l’urgence, le Japon a augmenté de manière significative sa consommation de combustibles fossiles. 

Synergie entre l’eau et le soleil

Les énergies renouvelables sont aujourd’hui très populaires et très demandées par la population japonaise qui craint la réouverture des centrales nucléaires. Remplacer l’atome par le solaire est généralement rejeté d’un revers de la main par les sceptiques des énergies renouvelables, en arguant du caractère intermittent de cette ressource durable. Mais « le japon possède la plus grande capacité de stockage par pompage-turbinage du monde, un total de 24,6 GW » soulignent les chercheurs (1GW = 1000 MW). 

Dans leur étude, les chercheurs américains estiment que si, au lieu d’assister les centrales nucléaires, les STEP japonaises actuelles étaient couplées avec des panneaux solaires couvrant les toitures disponibles et adaptées sur des bâtiments de Tokyo, la combinaison obtenue permettrait de remplacer environ 26,5 % l’électricité d’origine nucléaire consommée par la capitale japonaise  en 2010. Les scientifiques ont déterminé que 43,1 GW de solaire PV sur toiture combiné aux 7,28 GW de capacités STEP de la région de Kanto permettrait de délivrer en base une puissance de 4,8 GW 91 % du temps, soit l’équivalent de l’électricité délivrée par 5 réacteurs nucléaires. Et aussi de gérer les périodes de pointe de la demande

Le solaire est une énergie intrinsèquement intéressante étant donné que les êtres humains sont diurnes : la production solaire a lieu précisément quand la demande électrique est élevée. Les chercheurs basent leurs affirmations sur une étude approfondie des espaces de toiture disponibles, sur 34 ans de données d’insolation dans la région, et sur l’hypothèse d’une efficacité énergétique des systèmes de collecte solaire de 13 %. 

Le pays du soleil levant pourrait faire honneur à son nom

En installant une surface solaire 5,6 fois supérieure à la surface disponible en toiture, c’est la totalité de l’électricité nucléaire qui pourrait alors être remplacée par le solaire. « Nous avons estimé que 1700 km² de solaire PV, couplé à 18,1 GW de STEP seraient suffisants pour remplacer la totalité de la capacité nucléaire 2010 de TEPCO » indiquent les chercheurs. L’agglomération tokyoïte serait alors intégralement libérée du nucléaire grâce au solaire. 1700 km², c’est 0.4 % de la surface de l’archipel nippon.  Selon le ministère japonais des sciences, 30 000 kilomètres carrés ont été  contaminées aux césiums 134 et 137 à la suite de la catastrophe de Fukushima Dai-Ichi. Et un secteur de 20 km autour de la centrale nucléaire a été évacué (1256 km²).  

Un coût non rédhibitoire et qui évolue favorablement

L’équipe américaine estime que le coût de production de l’électricité en baseload délivrée par ce système synergique hydro-solaire serait de 0.206 dollars par kWh sur la base d’une période de 25 ans (1 dollar = 0.75 euro). « Ces coûts sont comparables avec ceux du prix de l’électricité résidentielles au Japon (0.241 dollars par kWh en 2010) » rappellent les chercheurs. Si l’énergie solaire en excès est incluse, énergie qui peut être valorisée, le coût tombe alors à 0.162 dollars (soit 12 centimes d’euros). Et les scientifiques ajoutent que « de nombreuses études montrent que les coûts du solaire PV vont continuer à baisser parallèlement à l’augmentation des volumes de production ». Le prix de revient du kWh du nucléaire de nouvelle génération EPR s’élève à environ 10,5 centimes d’euros selon Per Lekander, analyste chez UBS, un prix confirmé par de nombreux experts. 

Boom du solaire au Japon: 1500 MW au premier trimestre 2013.

Le Japon est aujourd’hui la cinquième puissance solaire du monde en termes de puissance installée cumulée (5,9 GW en 2012), derrière l’Allemagne (32,4 GW), l’Italie (16,3 GW), la Chine (8,3 GW) et les USA (7,7 GW). Le développement de grands systèmes photovoltaïques était déjà en cours au Japon avant la catastrophe nucléaire de 2011, ceci dans le cadre de la « PV2030 Initiative ». Mais Fukushima a conduit à accélérer drastiquement la cadence.

Grâce à un cadre règlementaire attractif mis en place par le gouvernement après à la catastrophe, 1500 MW ont été installés durant le premier trimestre 2013. Et selon les experts de Bloomberg, ce sont au total entre 6,9 et 9,9 GW qui seront installés au pays du soleil levant en 2013. Si cette dynamique se maintient, ce sont alors plus de 50 GW qui pourraient être installés d’ici 2020. Le Japon pourrait alors rejoindre le champion allemand, voir le dépasser.

En France, le Président de la République François Hollande s’est engagé à baisser de 25 points la part du nucléaire dans le mix électrique. Le solaire PV représente aujourd’hui (2012) selon RTE 0.7 % du mix électrique de l’hexagone.

Par Olivier Danielo

 

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Le projet Volt Gaz Volt répond à l’intermittence des ENR

Les partisans du nucléaire et des énergies fossiles reprochent aux énergies renouvelables leur intermittence. Cette dernière les condamnerait à ne représenter qu’une petite partie de la production énergétique mondiale. Cela pourrait rapidement changer grâce à de nouveaux projets tels que Volt Gaz Volt.

Imaginez un pays ou une région ayant une part importante d’énergies renouvelables dans son mix électrique. Lorsque le vent ne souffle pas ou qu’il n’y a pas de soleil, sa production électrique sera fortement impactée. Il faudra alors disposer d’un stock suffisant d’énergie pour produire de l’électricité pendant ce laps de temps d’éviter le blackout ! C’est le pari du projet Volt Gaz Volt.

Quand l’électricité donne du gaz qui redevient électricité…

Pour avoir du courant en continu, la solution est de stocker l’électricité lorsqu’il y a surplus de production, c’est-à-dire lorsqu’il y a beaucoup de vent et beaucoup de soleil. Pour ce faire, il est possible de passer par un moyen détourné. Ainsi, par électrolyse, le surplus d’électricité va décomposer l’eau en oxygène et en hydrogène. Cet hydrogène va ensuite réagir avec du CO2 recyclé pour produire du méthane. L’idée est de réutiliser du CO2 émis par l’industrie au lieu de le stocker dans le sous-sol ou de l’envoyer directement dans l’atmosphère. L’oxygène produit pourra quant à lui être valorisé ou simplement évacué dans l’air.

Au lieu d’être utilisé directement, ce méthane pourra être injecté dans le réseau de gaz qui devient par là-même un réseau de stockage. Le méthane ainsi synthétisé pourra être utilisé en tant que tel pour produire de l’électricité et du chauffage dans des centrales de cogénération. Il pourra aussi être utilisé comme carburant pour les véhicules propulsés au gaz naturel ou être converti en électricité pour les véhicules électriques. Si la France devait remplacer un tiers de sa production nucléaire par de l’énergie renouvelable, le réseau de gaz français actuel semble être suffisant pour couvrir quelques jours d’intermittence qui pourraient en résulter, selon les promoteurs du projet.

Lorsque le méthane est brûlé, il réémet toutefois du CO2. Il sera alors renvoyé dans l’atmosphère pour les usages diffus comme le chauffage individuel ou les transports. Pour avoir une chance d’atteindre le facteur 4 en 2050, il conviendra donc de le recapter en fin de cycle pour les usages concentrés comme le chauffage collectif ou les centrales de cogénération. Dès lors, il sera possible d’en refaire du Volt Gaz Volt ! 

Un projet qui aide à sortir du nucléaire

Le scénario Négawatt de sortie du nucléaire repose en grande partie sur ce process en plus du développement de l’efficacité et de la sobriété énergétiques. Sur le moyen terme, le nucléaire pourrait aider à financer sa propre sortie. En faisant fonctionner en continu les centrales nucléaires au maximum de leurs capacités, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, elles pourraient alimenter pour partie les centrales de Volt Gaz Volt. Ainsi, « on pourrait obtenir la fermeture de toutes les vieilles centrales sans réduire la production globale de l’électricité nucléaire, puis, progressivement, aller ensuite vers une réduction de la production d’électricité nucléaire au fur et à mesure que la production renouvelable augmente », explique Corinne Lepage, Député Européenne et Ancienne Ministre de l’Environnement.

À terme, si ce genre d’installations se généralisaient pendant qu’un effort supplémentaire était donné au développement des énergies renouvelables, elles pourraient remplacer les utilisations actuelles de gaz naturel, et, en fin de compte, peut-être, la plupart des combustibles fossiles et le nucléaire. La question du recours aux gaz de schistes n’aurait alors plus non plus lieu d’être.

Les usines de fabrication du gaz seraient à installer en priorité à côté d’usines générant d’importantes quantités de CO2 (aciéries, cimenteries, centrales d’aluminium, etc.) à proximité de sources d’énergies renouvelables, d’un réseau de chaleur urbain, d’usines de cogénération. Corinne Lepage propose d’installer la première usine à Florange, car l’endroit est situé à côté de hauts fourneaux et « c’est un endroit qui aurait du sens », juge-t-elle. « Sur l’ensemble de la côté ouest de la France, il y a un énorme potentiel d’éolien offshore qui sera d’autant plus rentable que l’on saura utiliser l’électricité excédentaire », estime de son côté Pierre Radanne, Président de l’Association 4D.

Tout cela à quels coûts ?

Une installation de démonstration d’une capacité de 250 kW d’énergie électrique fonctionne à Stuttgart en Allemagne,. Une première usine d’échelle industrielle de méthanation (« power to gaz ») d’une puissance de 6,3 MW devrait voir le jour en juin 2013 pour un investissement compris entre 20 et 30 millions d’euros.

Les coûts actuels de production sont élevés à environ 25 centimes d’euro par kWh de gaz produit. L’objectif est de faire tomber ce coût à environ 8 centimes d’euro par kWh en 2018 pour tenter de le rendre compétitif avec les importations de gaz à cet horizon. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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Better Place va-t-elle ressusciter ?

Renault avait déjà repris le business-model de Better Place basé sur la séparation de la voiture électrique et de la batterie, permettant de vendre le véhicule au même prix que son équivalent thermique. Voici à présent que le géant français EDF, selon la presse israélienne, se montre intéressé par le système de gestion informatique des bornes de recharge Better Place. Les stations échangeuses de batteries intéressent de leur côté Yosef Abramowitz, PDG d’Arava Power,  une entreprise leader du solaire photovoltaïque en Israël, et aussi d’Energiya Global Capital qui diffuse les technologies solaires dans les pays en voie de développement. Des entreprises canadiennes (Québec) seraient également de la partie. 

Superchargeurs ou stations d’échange de batterie ?

Dans les stations échangeuses BetterPlace, en seulement une minute, la batterie vide est remplacée par une batterie chargée à 100%. Pour Shaï Agassi, fondateur de Better Place, ces stations constituent une facette optionelle de la solution complète de mobilité durable qu’il a conçue. Moins de 10% des trajets quotidiens font plus de 100 km. Autrement dit, sans les stations échangeuses, le véhicule électrique reste une option intéressante pour 90% des trajets. 

L’autre solution pour les trajets longue distance, ce sont les superchargeurs qui permettent de charger à 80% la batterie en 30 minutes. La différence est donc très significative et une solution qui implique d’attendre une demi heure tous les 100 à 120 kilomètres, soit 2 heures de perdues lors d’un trajet Paris-Lyon (contre 4 minutes avec la solution Better Place), a un potentiel de séduction assez modeste. Un superchargeur coûte 40000 euros, contre 1 million d’euros pour une station échangeuse. Il faut 30 superchargeurs (1,2 millions d’euros) pour remplacer le service-rendu par une station-robot. 

Les superchargeurs ont en outre un grave défaut : la charge rapide dégrade les batteries et diminue leur durée de vie. Ce qui est très mauvais non seulement pour le porte-monnaie mais aussi pour le bilan environnemental. Dans les stations échangeuses, la charge est lente et il est possible de l’effectuer pendant les périodes d’abondante production solaire et éolienne. Il est même possible d’injecter du courant vers le réseau en période de faible production renouvelable. L’ensemble constitue le V2G-G2V (Vehicule-to-Grid / Grid-to-Vehicule), un outil de flexibilité très pertinent pour faciliter l’intégration de hauts niveaux d’énergies renouvelables fluctuantes dans les réseaux électriques. Cet aspect séduit particulièrement Yosef Abramowitz. 

Point important à l’avantage des superchargeurs : toutes les voitures électriques, quelle que soit leur marque et leur modèle, peuvent y recourir, alors que les stations échangeuses requièrent que les véhicules soient équipés du système quick-drop. Or seul Renault et quelques groupes automobiles chinois ont retenu ce système jusqu’à présent. 

Le pétrole et le gaz de schiste changent la donne

Le contexte global a changé entre 2007, année de création de Better Place, et aujourd’hui. Il y a 6 ans les inquiétudes concernant les prix du pétrole et le franchissement du pic de pétrole, le fameux peak oil, étaient élevées. Mais le monde a connu depuis un boom massif des pétroles et gaz de schiste, ce qui a bouleversé la carte énergétique mondiale. De plus les craintes concernant le réchauffement climatique ont baissé d’intensité : comme l’a déclaré le président du GIEC lui-même, le réchauffement marque une pause, non prévue, depuis 17 ans. Et la sensibilité climatique serait plus basse que prévu selon de nombreuses études récentes. Or si les peurs de la pénurie d’hydrocarbures et du réchauffement s’érodent, l’attractivité de l’électro-mobilité s’en retrouve émoussée. 

Les automobilistes veulent-ils vraiment sortir de leur addiction au pétrole ?

Shaï Agassi possède une puissance innovante et une motivation hors du commun, mais il a manifestement vu trop grand en déployant BetterPlace à la fois en Asie, en Australie, en Europe et en Amérique. Tous les ingrédients étaient pourtant là pour une réussite : la technologie, le business-model, les investisseurs. Et qui ne tente rien n’a rien. Mais les consommateurs israéliens n’ont pas suivi la dynamique et ont refusé de changer leurs habitudes : ils préfèrent continuer à acheter des voitures à pétrole, même si ce combustible provient en bonne partie de pays hostiles à l’état hébreux. Face à cette inertie des consommateurs, il faudra peut-être attendre une nouvelle flambée des prix à la pompe, un blocus des approvisionnements pétroliers vers Israël ou une énorme marée noire pour qu’ils commencent à s’intéresser sérieusement aux véhicules électriques

En France, les automobilistes ont aujourd’hui le choix entre plusieurs véhicules électriques vendus au même prix que leur équivalent à pétrole. La balle est dans leur camp. Le groupe Renault, leader du secteur, a rempli son rôle, offrant une gamme complète de véhicules électriques. Doit-on attendre que la mise en place d’une infrastructure de recharge intelligente soit effectuée par des entreprises privées, avec un risque de dérive monopolistique en cas de succès ? Les états doivent-ils rester spectateurs, comme cela a été le cas en Israël ? L’exécutif français, et notamment le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, y réfléchit actuellement.  

Yosef Abramowitz est parvenu ces dernières années à négocier avec le gouvernement israélien afin qu’il mette en place un cadre favorable au déploiement du solaire photovoltaïque. Il tente actuellement de réitérer cette démarche. “J’ai besoin d’un signal de la part du gouvernement montrant qu’ils ont la volonté de mettre en place un cadre favorable au déploiement des véhicules électriques dans l’état d’Israël” a souligné l’entrepreneur le 3 juin 2013 dans le Jerusalem Post. Il a précisé que son projet de sauvetage de Better Place repose sur une approche « extrêmement modeste » comparativement à celle des dirigeants de la start-up. Captain Sunshine, comme il est surnommé dans le milieu des énergies renouvelables, ambitionne de récupérer une fraction des stations des 38 Switch stations BetterPlace aujourd’hui en place en Israël puis de suivre progressivement le marché permettant ainsi une « croissance organique » de l’entreprise. Pour cet entrepreneur à succès, le véhicule électrique n’a de sens que si l’électricité provient de sources renouvelables.

Une infrastructure de recharge complète pour le coût de quelques jours de facture pétrolière 

Pour la France, 1000 stations-robot le long des grands axes routiers seraient suffisantes selon les estimations effectuées par les experts de BetterPlace, pour un coût inférieur à 10 jours de facture pétrolière française. « Si je vous disais qu’on peut se débarrasser du pétrole pour le prix de quelques jours de consommation, la question, c’est : pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?» n’a cessé de répéter Shaï Agassi face aux critiques récurrentes concernant le montant de l’investissement. 1000 stations-robots ? Ou alors 30000 superchargeurs ? Le débat est ouvert. 

Olivier Daniélo

 

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Futur par Starck

La chaîne franco-allemande Arte n’en finit pas d’explorer le futur et d’inviter ses téléspectateurs et ses internautes à inventer le monde de demain à travers des formats de diffusion innovants et inédits. 

Cette fois, il s’agit d’un documentaire diffusé mardi soir 4 juin et consacré au célèbre designer Phillipe Starck. Parcourant le monde en passionné candide, Philippe Starck dialogue face à la caméra avec des chercheurs visionnaires qui évoquent le monde de demain et proposent des solutions aux grandes problématiques de nos sociétés : énergie, urbanisme, alimentation, migrations, environnement, éthique, cerveau, l’ADN, l’espace…

Notamment Kevin Warwick, le chercheur anglais qui expérimente sur lui-même des implants placés sous sa peau et connectés à un ordinateur ; George Church, l’un des premiers scientifiques à séquencer le génome humain, qui rêve d’un homme « réparable à l’infini » ; un restaurateur certain que les insectes seront la nourriture de demain ; l’américain Jeremy Rifkin qui prône « la troisième révolution industrielle » alliant communication Internet et énergies renouvelables ; l’astronaute Jean-François Clervoy qui envisage la vie hors de la Terre, en cas d’impossibilité de survie ici-bas.

Pendant la diffusion du programme sur l’antenne et durant toute sa période d’exposition (sur ARTE+7 ou ARTE FUTUR), les téléspectateurs pourront vivre sur leur smartphone ou leur tablette une expérience crossmédia originale. En effet, le programme est prolongé sur un second écran auquel on a accès en synchronisant son smartphone ou sa tablette au documentaire pendant sa diffusion.

Il s’agit de proposer aux téléspectateurs et internautes des contenus qui enrichissent et complètent le documentaire. Par exemple, lorsque le professeur de cybernétique Kevin Warwick évoque à l’antenne le concept d’homme augmenté, le téléspectateur peut découvrir sa biographie et une sélection de ressources (vidéos, liens, infographies), lire des définitions de termes techniques, regarder des vidéos complémentaires, ou bien découvrir des éléments de contrepoint sur les questions éthiques amenées par l’implantation de technologie dans le corps humain ou sur le caractère utopiste du transhumanisme…  

C.C

FUTUR PAR STARCK : écrit par Peggy Olmi et Gaël Leiblang, réalisé par Gaël Leiblang (2013, 1h45mn). Une coproduction : ARTE France, ELEPHANT Doc, UBIK
ARTE+7 / ARTE FUTURE

Les Français se méfient des chercheurs

62% des Français soupçonnent les chercheurs de se laisser influencer par les lobbies industriels, 68% estiment qu’ils nous cachent la vérité sur les OGM et ils ne sont que 53% à leur faire confiance «pour dire la vérité si jamais certaines de leurs recherches pouvaient avoir des répercussions sur la santé ». Quelle image désastreuse des scientifiques. D’autant que paradoxalement, les Français sont 63% à considérer que la science et la technologie sont bénéfiques. 

La science, oui, les scientifiques, non ! Voilà en résumé ce qui ressort de ce sondage réalisé mi-avril par Ipsos/CGI pour Le Monde, le magazine La Recherche et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. La bonne nouvelle reste que la science est considérée comme un progrès puisque 78% estiment qu’elle apporte des solutions aux problèmes d’aujourd’hui et 62% pensent qu’elle permettra aux générations futures de  vivre mieux.

Mais pourquoi les scientifiques, ceux-là même qui font avancer la science, sont-ils aussi mal vus ? Tout simplement car ils ne seraient pas indépendants. A la botte des industriels qui les financent, partiaux, insuffisamment contrôlés par les autorités de sûreté, les chercheurs sont coupables de connivence avec les méchants financiers. 

On remarquera que le défaut des chercheurs n’est donc pas l’incompétence mais la malhonnêteté. Doit-on s’en réjouir ? Pas vraiment. Mais les nombreux scandales sanitaires quotidiennement rapportés alimentent cette méfiance : amiante, prothèses PIP, tabac, OGM, pesticides… A cela s’ajoute des controverses entre scientifiques eux-mêmes, à l’image du conflit qui oppose le GIEC aux climato-sceptiques. On comprend que les citoyens, étrangers du monde scientifique, aient du mal à s’y retrouver. 

Un sentiment qui correspond aussi à une tendance actuelle du « Tous pourris » qui n’épargne plus personne, des politiques aux patrons, en passant maintenant par les chercheurs. Espérons que cette défiance s’estompera, et que les scientifiques sauront affirmer avec force leur indépendance. Dans l’intérêt des chercheurs, dans l’intérêt de la science, dans l’intérêt des citoyens.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Blueseed : le projet dantesque des entrepreneurs

Tout est parti d’une envie simple : s’affranchir des complications liées à l’obtention d’un visa américain pour travailler sur leur sol. Car bien qu’ils se trouvent limités par les quotas de visa délivrés aux travailleurs étrangers, les États-Unis désirent davantage de main-d’oeuvre qualifiée. Un besoin n’étant pas comblé par la production d’ingénieur chaque année par les universités.

La réponse à ce souhait pourrait bien se nommer Blueseed, un projet ambitieux de construction d’un bateau pharaonique regroupant plus de 1 300 entrepreneurs venus du monde entier. Il s’agit en fait d’une espèce d’incubateur de start-up située dans les eaux internationales.

Quelques détails du projet fou ont d’ores et déjà été dévoilés. Le prix du loyer mensuel par exemple devrait osciller aux alentours de 1 200 dollars. Évidemment, pour entamer le développement, un apport de fonds important est nécessaire. Il resterait 27 millions de dollars à trouver pour boucler le budget.

Les deux entrepreneurs de la Silicon Valley auraient fait appel au crowdfunding, le financement participatif, pour lever les fonds qu’ils espèrent obtenir avant 2014. Date à laquelle ils souhaitent démarrer la construction. Depuis un an, 65 partenaires (universités, incubateurs et même le constructeur automobile Rolls Royce) contribuent à faire évoluer le projet.

Le Blueseed présente un avantage majeur pour les entrepreneurs, à savoir le choix de la domiciliation fiscale. N’étant pas soumis à cette contrainte, ils pourront librement choisir de s’affilier à des paradis fiscaux tels que les îles Marshall ou les Bahamas. Une nouvelle qui devrait en ravir plus d’un. Qui plus est, le projet se veut en phase avec les problématiques écologiques actuelles de développement durable. Ainsi, l’île flottante devrait être alimenté par l’énergie solaire et présentera plusieurs espaces verts.

C’est un fait, le bateau a pour vocation d’offrir un cadre de travail hors pair, réunissant les start-ups et leurs idées novatrices. Mais il laissera aussi une grande place aux loisirs. Les possibilités de détentes seront en effet nombreuses. Entre autre, les entrepreneurs pourront faire de la gym, se changer les idées au restaurant ou se divertir devant un film. Et pour ceux qui désireront rester dormir sur place, des containers feront office d’habitation. Oui, Max Marty et Dario Mutabdzija ont pensé à tout.

Avec tout ces concepts, un design futuriste, Blueseed a tout du projet insolite et extraordinaire. Alors que les initiateurs s’échinent à réunir les fonds, seul l’avenir nous dira s’il verra ou non le jour.

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

 

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