Renseignements et inscriptions : [email protected] ou au 01 53 35 20 25 ou en cliquant ici.
Renseignements et inscriptions : [email protected] ou au 01 53 35 20 25 ou en cliquant ici.
Dans un contexte de défi alimentaire auquel est confrontée l’humanité, qui plus est sur fond de changement climatique, l’alimentation dite « durable » s’inscrit évidemment dans la continuité d’une agriculture elle-même durable. Si cette dernière a fait l’objet de travaux conséquents et de réflexions importantes au cours de ces dernières années, en revanche l’alimentation durable [1], qui constitue pourtant un thème majeur des années à venir, n’a pas encore la notoriété de son « aînée ». D’où l’intérêt de l’ouvrage que publient les Editions Quae. Intitulé Pour une alimentation durable, fruit de la réflexion stratégique d’un travail nommé duALIne (DUrabilité de l’ALImentation face à de Nouveaux Enjeux). Réalisé entre novembre 2009 et juin 2011, celui-ci a mobilisé environ 125 experts au travers de 10 ateliers. Coordonné par Catherine Esnouf, Marie Russel et Nicolas Bricas, cet ouvrage dresse ainsi en dix chapitres un panorama des évolutions des systèmes alimentaires et identifie les points critiques afin de dégager des axes de recherche pour de futurs programmes.
Une partie de ce livre vise à montrer quels ont été les grands déterminants qui ont structuré et organisé la dynamique du système alimentaire plutôt industriel et à identifier les difficultés auxquelles est confronté celui-ci, puis à envisager les pistes de recherche les plus prometteuses qui émergent actuellement. « La logique de départ de l’industrie alimentaire, sa première fonction, c’est la conservation, avec la possibilité d’une consommation retardée dans le temps des aliments », explique Louis-Georges Soler, chercheur en économie qui dirige l’Unité ALISS (Alimentation et Sciences Sociales) au sein de l’INRA et a piloté un atelier dans le cadre de ce travail. Parallèlement à cette fonction de conservation ont émergé deux activités dans cette industrie : d’abord le fractionnement de la matière agricole et ensuite l’assemblage. La première, qui a donné naissance à tout un domaine spécifique de cette industrie, vise à décomposer la matière agricole en composants élémentaires et en ingrédients, au contraire de la seconde dont l’objectif est de formuler et de fabriquer de nouveaux aliments. La dissociation de ces deux fonctions a évidemment entraîner une standardisation de la matière agricole nécessaire à l’optimisation des procédés de fractionnement. « En revanche, la possibilité pour l’industrie d’assembler et de reformuler a conduit à un déplacement des leviers d’action de la création de variétés de produits et à l’ouverture d’un espace des possibles », observe-t-il.
Ce changement de la logique du système industriel alimentaire a eu évidemment des conséquences importantes en particulier au niveau de la diffusion, du rôle de l’innovation et des échanges de matières au sein des filières. Louis-Georges Soler explique qu’à ce stade, duALIne a pu identifier 4 difficultés. La première d’entre elles tourne autour de l’énergie consommée lors des différents changements de la matière, depuis la matière première agricole jusqu’au produit final. La deuxième de ces difficultés est que ce modèle qui s’est progressivement mis en place a intégré peu à peu toute une succession de contraintes : la contrainte microbiologique, la contrainte organoleptique, la contrainte nutritionnelle, enfin la contrainte environnementale et énergétique. D’où aujourd’hui un certain essoufflement des gains de productivité qu’a entraîné cet empilement des contraintes. « Nous ne l’avons pas démontré formellement, mais nous supputons assez fortement que l’empilement des ces contraintes y est pour partie l’un des déterminants », précise Louis-Georges Soler. Troisième difficulté, une plus grande variabilité de la matière première agricole en raison de la multiplication des échanges et de l’instabilité en termes de prix, alors que le système mis en place a conduit à une homogénéisation et une standardisation de la matière première agricole. « Aussi va-t-il falloir réussir à augmenter la flexibilité et la robustesse d’un système qui n’a pas été pensé pour cela », note l’économiste de l’INRA. Quant à la quatrième difficulté, elle vient de la distance qui sépare aujourd’hui un aliment, tel que les consommateurs se le représentent, et celuii qui sort effectivement de l’outil industriel, avec son lot d’additifs et d’ingrédients complémentaires, le tout sur fond de process technologique, un contexte qui pousse tout naturellement les consommateurs à se poser des questions, voire à contester ce modèle de production.
« Peut-on se sortir aujourd’hui de ces difficultés, par de simples ajustements mais en ne touchant pas aux grandes logiques mises en place, ou sommes-nous confrontés à la nécessité de repenser de façon un plus fondamentale le modèle actuel », s’interroge le chercheur de l’INRA ? Certes, il n’est pas question de revenir en arrière. En revanche, plusieurs voies commencent à être explorées par les technologues comme le minimal processing qui vise à réduire les changements d’états tout au long de la chaîne de fabrication pour trouver des solutions permettant de réduire la consommation énergétique. « Sans doute faut-il aussi repenser le fractionnement de manière à générer des co-produits qui vont devenir des substituts à l’énergie fossile carbone et plus généralement, repenser l’interface entre agriculture et industrie », conclut Louis-Georges Soler.
En savoir plus : Bulletins Electroniques
C’est le 8 février dernier qu’a été lancée officiellement la Très Grande Infrastructure de Recherche RESIF (Réseau sismologique et géodésique français) dont la construction sera réalisée avec le soutien financier du programme d’investissements d’avenir dont RESIF est lauréat comme Equipement d’Excellence, à hauteur de 9,3 Millions d’Euros. Son but : créer une antenne d’observation géophysique sur l’ensemble de la France métropolitaine dédiée à l’étude de la Terre interne et des risques telluriques. Placé sous les tutelles du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable mais aussi du Bureau Central Sismologique Français, RESIF mobilise une centaine de chercheurs et d’ingénieurs et implique vingt établissements et organismes de recherche, parmi lesquels le CNRS joue le rôle de coordinateur au sein de ce consortium.
Regroupant ainsi 750 instruments permanents (sismomètres large bande, accéléromètres, récepteurs GPS, gravimètres), répartis sur l’ensemble du territoire national, avec une densification dans les zones de forte variabilité du sous-sol et de sismicité plus importante, RESIF apparaît comme une réponse coordonnée de la recherche afin de mieux comprendre la Terre profonde et de mieux évaluer ses ressources et les risques naturels potentiels. D’ici 2020, 150 nouveaux instruments devraient être intégrés à cette Très Grande Infrastructure de Recherche. Parallèlement, une instrumentation géophysique et géodésique mobile permettra de collecter des données sur des zones cibles comme l’outre-mer tropical français, de façon ponctuelle.
Précisons que par la mise à disposition immédiate des données et l’interopérabilité avec les centres européens, RESIF s’intègre totalement dans le dispositif européen et mondial d’observations géophysiques. Aussi est-il d’ores et déjà pressenti comme une contribution française majeure à l’infrastructure de recherche européenne, European Plate Observing System (www.epos-eu.org). Les données de RESIF pourront alors être utilisées par les chercheurs du monde entier, d’autant plus que la France métropolitaine est un exemple typique de pays fortement urbanisé et industrialisé avec une sismicité significative où les grands séismes se sont toutefois produits peu souvent.
En savoir plus : Bulletins Electroniques
Face au changement climatique, il est urgent pour l’agriculture de développer des plantes capables de tolérer de plus fortes contraintes environnementales telles que le déficit hydrique, des températures plus élevées ou un air plus sec. Aujourd’hui, les chercheurs de l’INRA de Montpellier disposent d’une plate-forme unique en France. Baptisée PhénoArch, celle-ci a pu être réalisée grâce à un financement exceptionnel de l’INRA et au soutien du Conseil Régional Languedoc-Roussillon et de différents partenaires (CNRS, Cirad, Université de Montpellier 2 et Montpellier SupAgro).
Au sein de cette plate-forme, 1 650 plantes peuvent être analysées simultanément, les conditions climatiques et l’état hydrique du sol y étant mesurés chaque minute. Ici, les plantes, qui peuvent être des céréales, mais aussi de la vigne ou encore de petits arbres, sont cultivés en pots qui se déplacent sur des convoyeurs gérés par informatique. La teneur en eau du sol est automatiquement contrôlée dans chaque pot par pesée et arrosage automatique pour obtenir une humidité cible pour chaque plante étudiée.
Prises à intervalles réguliers, des images en trois dimensions permettent de suivre l’architecture et la surface foliaire de chaque plante. C’est également à l’aide de l’imagerie qu’est estimée l’accumulation de biomasse, la transpiration des plantes quant à elle l’étant par pesées successives. Autant de données grâce auxquelles il est alors possible de calculer l’efficience d’utilisation de la lumière ou de l’eau des différentes variétés et espèces qui sont analysées au sein de cette plate-forme PhénoArch. Reste ensuite pour les chercheurs a analyser génétiquement chacun de ces caractères pour identifier des modalités de gènes (allèles) qui apportent des avantages aux plantes placées en conditions de stress. Précisons que cette plate-forme est couplée avec des modèles permettant la simulation du comportement des génotypes au champ dans un grand nombre de scénarios climatiques, présents ou futurs.
En savoir plus : Bulletins électroniques
Publié par P.T
Entre l’Europe et la France, le feuilleton sur les nitrates continue. Lundi 27 février, la Commission européenne a assigné Paris en justice pour son incapacité à lutter contre la pollution des eaux par les nitrates.
« Bien que la ‘directive nitrates’ soit en vigueur depuis 1991, la France n’a toujours pas désigné un certain nombre de zones vulnérables à la pollution par les nitrates et il lui reste à adopter des mesures pour lutter efficacement contre cette pollution dans ces zones », indique la Commission. Cette décision était attendue.
Au mois d’octobre dernier, le gouvernement avait été sommé par Bruxelles « d’adopter des mesures plus fermes » pour lutter contre la pollution de l’eau causée par ces substances chimiques naturelles. Restrictions insuffisantes Anticipant les semonces européennes, la France avait lancé début octobre une consultation publique pour réformer l’application de ce texte. Elle portait sur les principaux éléments d’un décret publié le 10 octobre, qui instaure un programme d’actions à l’échelle nationale afin de prévenir la pollution par les nitrates d’origine agricole.
Le texte a été critiqué par des associations de protection de l’environnement et des collectivités. Il prévoit un plafond de 170 kg par hectare épandable calculé par rapport à toute la surface agricole de l’exploitation, alors même que certaines parcelles ne peuvent recevoir d’épandage. « Les restrictions concernant l’épandage des effluents d’élevage et des fertilisants sont insuffisantes », a déclaré la Commission dans son assignation.
Selon le groupe des Verts au Parlement européen, cette initiative de Bruxelles concernerait également le plan Algues vertes, jugé faible par les écologistes. « Même si le communiqué de la Commission européenne n’y fait pas référence, ce dossier a été récemment couplé à la procédure d’infraction en cours ». Déjà condamnée en 2007, la France avait échappé à une amende de 28 millions d’euros assortie d’astreinte journalière pour la trop forte présence de nitrates depuis 1975. L’Etat avait alors débloqué 74,4 millions d’euros pour aider les agriculteurs à tenir leurs engagements. Ce dossier qui n’en finit pas pourrait être l’un des cadeaux de bienvenue du futur ministre de l’environnement.
Par Clémentine Forissier
Source : EurActiv.fr
La Chine déplore et estime qu’elle était dans son droit, mais elle s’y pliera. Ce sont en substance en ces termes que le ministère chinois du commerce a accueilli la décision rendue par l’OMC lundi 30 janvier. Les Etats-Unis, l’Union européenne et le Mexique ont entamé des poursuites contre Pékin en 2009, remettant en question ses restrictions à l’exportation de matières premières telles que le bauxite, le coke, le magnésium, le manganèse et le zinc. De nombreux pays ont par la suite accusé la Chine de limiter l’approvisionnement de ces matières premières essentielles à la production d’appareils de haute technologie, ce qui a entraîné une envolée des prix. Les terres rares ne sont toutefois pas mentionnées dans la décision rendue par l’OMC.
Les restrictions chinoises à l’exportation ont accru l’approvisionnement de matières premières à l’échelle nationale, ce qui a fait chuter les prix sur le marché chinois. En plus de favoriser l’industrie du pays, elles ont encouragé des entreprises étrangères à s’installer en Chine pour tirer parti des prix moins élevés. « Le rapport d’aujourd’hui est une grande victoire pour les Etats-Unis, surtout pour les fabricants et les travailleurs américains », a déclaré dans un communiqué le représentant américain au commerce. « L’administration Obama continuera de s’assurer que la Chine et les autres pays respectent les règles afin que les travailleurs et les entreprises américains puissent être compétitifs et opérer dans des conditions justes. »
L’UE se réjouit Le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, a déclaré que cette décision forcerait la Chine à abandonner ses restrictions à l’exportation pour les matières premières mentionnées, mais aussi pour les terres rares. « Cette décision récompense nos efforts pour assurer un accès juste aux matières premières les plus demandées dans l’industrie européenne », a-t-il affirmé dans un communiqué. Bien que la Chine ait promis d’éliminer ses restrictions à l’exportation lorsqu’elle a rejoint l’OMC il y a une dizaine d’années, elle a cité une dérogation dans les règles de l’OMC lui permettant de restreindre ses exportations pour des raisons environnementales.
L’OMC a cependant estimé que les conditions d’adhésion de la Chine à l’organisation l’empêchaient d’avoir recours à cette dérogation. Les plaintes contre la Chine ont été observées par 13 pays, dont l’Arabie Saoudite, le Brésil, le Canada, la Norvège et le Japon. Tous ont fait montre d’un intérêt particulier pour cette affaire et ont réclamé le statut d’observateur. Bien que les règles de l’OMC ne se fondent pas sur les décisions rendues précédemment, des experts ont expliqué que cette affaire ouvrait de nouvelles voies dans un domaine encore largement inexploré du droit commercial. Selon eux, cette décision pourrait donc menacer les régimes d’exportation similaires dans le monde.
Par EurActiv.com – Rédaction de Bruxelles traduit de l’anglais
Une équipe de chercheurs travaillant au département américain de l’Énergie (DOE) et plus spécialement pour le Stanford Linear Accelerator Center (SLAC National Accelerator Laboratory) s’est servi du plus puissant laser à rayons X au monde afin de créer et de sonder pour la première fois un morceau de matière porté à ultra haute température, et ce d’une façon tout à fait contrôlée.
Afin de pouvoir mieux appréhender la matière se trouvant au cœur des étoiles et des planètes géantes et de mieux comprendre les mécanismes en jeu, l’équipe de chercheurs s’est donc évertuée à reproduire à l’aide de ce laser à longueurs d’ondes ultra-courtes un processus similaire à la fusion nucléaire alimentant le soleil. Les rapides impulsions du laser sont près d’un milliard de fois plus intenses que les sources de rayons X habituelles, permettant de porter un échantillon d’aluminium à l’état de plasma, à environ 2 millions de degrés Celsius en moins d’une picoseconde (10 à la puissance -12, un millième de milliardième de seconde).
« Le laser à rayons X du Linac Coherent Light Source (LCLS) est une machine vraiment épatante », raconte Sam Vinko, chercheur à l’université d’Oxford à l’origine de l’expérience. Bien que déjà capables de créer un plasma (à partir de matière à l’état gazeux), les scientifiques n’ont jamais eu à leur disposition un outil d’étude aussi puissant que le laser du LCLS, à même de pénétrer des solides denses qu’aucun faisceau laser conventionnel n’a jamais pu pénétrer. L’échantillon de plasma ainsi créé, un cube de dix micromètres de côté, est uniforme, et les données mesurées permettront alors d’analyser le processus de fusion nucléaire solaire, ainsi que de mieux comprendre le comportement de la matière au cœur de notre étoile.
Par Moonzur Rahman
A lire aussi :
Le laser, futur de l’éclairage automobile
Un internet plus rapide grâce à un nouveau laser
La structure des plumes inspire la conception de nouveaux lasers
L’auteur traite un sujet original. Il montre que les programmes et les discours néo-libéraux – qu’il qualifie de « politiquement corrects » – reposent souvent sur des prévisions à long ou très long terme généralement cautionnées par des experts. Ces prévisions reposent, selon lui, sur des hypothèses simplificatrices, des paradigmes mythiques (les « facteurs 2, 3, 4… ») ou des scénarios imprudents.
Elles n’intègrent pas – ou insuffisamment – les progrès technologiques à venir, la capacité d’adaptation des acteurs socio-économiques, la complexité des phénomènes et les effets de l’imprévisible. L’auteur montre ainsi que la réforme des universités françaises est porteuse d’effets pervers car elle ne vise que leur promotion dans « le classement de Shanghaï », que le « rapport Charpin » sur les régimes français des retraites repose sur la fausse alarme d’un triplement en 2040 de la population des retraités, que l’urgence climatique trouve sa source dans des données scientifiques contestables et que les crises agricoles mondiales sont alimentées par la libéralisation des échanges internationaux impulsée par l’OMC.
L’auteur dénonce ainsi les « croyances scientistes modernes », les « mathématiques sorties de leur lit », « l’obscurantisme de certaines expertises »… Il prône une réhabilitation de l’humain, une refondation de la recherche et un déploiement de nouvelles coopérations, afin de mettre fin à l’instrumentalisation et à la manipulation des chiffres.
Une société intoxiquée par les chifres, Propositions pour sortir de la crise globale
Marc Delepouve
Ed. L’Harmattan, 2012, 154 pages

Jean-Jacques Pluchart est professeur des Universités en sciences de gestion et responsable du Master GMDE (Gestion et Méthode de Décision d’Entreprise) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est co-auteur de nombreux ouvrages d’économie et de gestion dont Master stratégie (Eska,2009), Euro-gouvernance et euro-management (Eska, 2010), Le management durable de l’entreprise (SEFI, 2011), Repenser la planète finance (Eyrolles, 2009) et La confiance en gestion (de Boeck, 2011).
Aux Techniques de l’Ingénieur, il est l’auteur de la base documentaire Management stratégique et gouvernance d’entreprise :
La rumeur dans le milieu des indépendants est que les grandes zones d’extraction des gaz de schiste ne sont qu’une énorme pyramide de Ponzi et que le modèle économique ne marche tout simplement pas. Ce jugement sans appel n’est pas celui d’un militant écologiste : en bas de ce mail révélé par le New York Times figure la signature du très sérieux cabinet IHS Drilling Data, expert en énergie. Au total, ce sont des centaines de communications internes au secteur de l’énergie que le quotidien américain a publié le 27 juin 2011. Une somme qui restitue un inquiétant constat : l’industrie des gaz de schiste repose sur des évaluations reconnues comme fausses. Un mensonge gros de plusieurs milliards de dollars que les géants du secteurs tentent déjà de dissimuler pour éviter l’effondrement de la bulle.
Etalés sur trois ans, les échanges portent sur tous les aspects de cette nouvelle industrie, et principalement sur les gisements du Sud-Est Etats-Unis (Barnett shale et Haynesville shale). Premier problème, les réserves semblent avoir été surévaluées dès le départ. Là où les communiqués de presse et déclarations publiques du géant texan Chesapeake revendiquent jusqu’à 50 ans de durée de vie pour les puits de gaz de schiste de la Barnett shale, certains géologues doutent que l’on puisse atteindre les 20 ans. Un géologue tente ainsi de prévenir un cadre de l’entreprise de ses doutes sur les évaluations dans un mail daté du 17 mars 2011 : Vous avez parfaitement raison de mettre en question la durée de vie des puits. Nos ingénieurs évaluent leur potentiel à 20 ou 30 ans de production et, à mon avis, cela reste à confirmer. En fait, je suis plutôt sceptique à propos du pourcentage de déclin de la production après la première année d’exploitation. Dans certains cas, les puits sont excellents et produiront de grands volumes sur la période prévue mais certains s’épuisent rapidement.
Seul problème, « l’argent coule à flot pour profiter de cette nouvelle « nouveauté » que constitue ce secteur de l’énergie qui est fondamentalement non rentable », comme le déclare le responsable du fonds d’investissement PNC dans un mail. En 2009, le leader mondial du pétrole Exxon Mobile déboursait 41 milliards de dollars pour la start up des gaz non conventionnels XTO avant de remettre la main à la poche en juin 2011 pour acheter Philips ressources 1,7 milliards. Pour ne pas rompre le cycle, certaines entreprises usent de ficelles très douteuses pour ne pas éveiller de doutes chez les investisseurs.
Bien côté en bourse, Chesapeake est ainsi identifié pour sa « comptabilité agressive », comme le relève une note de la société d’investissement Argus dans une de ses analyses. Pour se procurer du cash, la compagnie a ainsi recours à des « volumetric production payments », sorte de bons par lesquels elle commercialise sa future production gazière contre paiement immédiat. Or, au lieu de marquer le gaz déjà vendu par ce procédé en dette dans ses bilans comptables, Chesapeake gonfle artificiellement sa production en le signalant comme stock. Un gaz dont certains doutent seulement qu’il soit jamais produit…
Selon les données communiquées en interne que s’est procuré le New York Times, des puits très productifs existeraient donc parmi les 10.000 dont Chesapeake est propriétaire, mais ils seraient entourés de puits où la vente du gaz extrait compense à peine le coût des opérations. Au Texas, certaines zones commencent déjà à montrer des signes d’épuisement, comme la région de Fort Worth, à l’Ouest de Dallas. Dans la région, Chesapeake a acheté à tour de bras des droits d’extraction à des particuliers, jusqu’à 27.500 $ par acre (1 acre = 4 000 mª). Si le « boom » des gaz de schiste venait à faire pschit, l’économie locale pourrait s’effondrer plus vite encore que les cours de bourses des géants. D’autant plus que les gaziers préparent déjà des options de repli.
Car la condition sine qua non de la rentabilité de ce business n’a toujours pas été remplie : seule une augmentation conséquente du prix des hydrocarbures permettrait de couvrir les frais d’extraction des gaz de schiste et les rendraient ainsi rentables. Quand nous nous sommes intéressés pour la première fois à la question en novembre 2010, le physicien canadien Normand Mousseau (auteur du livre « La révolution des gaz de schistes ») pointait un écart énorme qui ne s’est toujours pas comblé:
La situation dans les gaz de schiste aujourd’hui est assez comparable à celle de la bulle internet : actuellement, le gaz naturel se vend autour de 4 $ [canadiens] le gigajoule (1 gigajoule correspond à un sixième de baril de pétrole) mais coûte à peu près 6 $ le gigajoule à produire.
Pour masquer ce problème, certaines sociétés ont ainsi envisagé de forer plus de puits pour masquer le manque de rentabilité de ceux déjà exploités. Prévoyant l’effondrement, un cadre de la société de service pétrolier Schlumberger formule une solution encore plus cynique : il suffit de revendre les puits pourris à des « gogos », conclut-il. Aucune hypothèse n’émerge sur l’issue de cette fuite en avant financière et industrielle, sinon celle d’un cadre de Anglo-Energy Corporation : « L’esprit de troupeau qui se manifeste face aux schistes s’achèvera peut-être comme la crise des subprimes ». Avec le SEC (l’autorité des marchés financiers américaines) sur les dents et les démocrates qui exigent désormais des comptes à l’agence de l’énergie sur ses évaluations des réserves, il se pourrait bien que cette dernière prédiction se trouve réalisée.
Par Sylvain Lapoix
A lire aussi :
Les gaz de schiste enflamment l’Assemblée
Gaz de schiste : pour ou contre ?
Gaz de schiste : « Il y a des risques de contentieux »
Gaz de schiste : Fillon veut « tout remettre à plat »
L’exploitation des gaz de schiste plus polluante que celle du pétrole ou du charbon ?
Révélations inquiétantes aux Etats-Unis sur les Gaz de schiste
Les Etats-Unis ont reçu beaucoup de bénédictions de la nature, et on a jadis vu le peuple s’unir pour profiter ensemble de ces richesses. Mais ce temps-là est révolu. Le pays est plus divisé et sclérosé que jamais par les intérêts particuliers. Aujourd’hui, nous sommes incapables d’être sur la même ligne pour profiter des ressources les plus abondantes.
Il y a quelques années, un génie des affaires du nom de George P. Mitchell a aidé à offrir un tel cadeau. Comme Daniel Yergin écrit dans « La Quête », son histoire de préhension de l’innovation énergétique, Mitchell s’est battu à travers les vagues de scepticisme et surtout l’opposition pour extraire le gaz naturel à partir des schistes. La méthode que lui et son équipe ont utilisée pour libérer le gaz piégé, appelé fracturation hydraulique, a porté ses fruits au delà de toutes les espérances. En 2000, les gaz de schiste ne représentaient que 1% de l’approvisionnement en gaz naturel aux Etats-Unis. Aujourd’hui, il est de 30 %, en augmentation constante.
John Rowe, le directeur général du producteur américain d’électricité Exelon, qui tire la quasi-totalité de sa production de centrales nucléaires, affirme que les gaz de schiste sont l’une des révolutions énergétiques les plus importantes jamais connues. C’est un cliché, Yergin m’a dit, mais la fracturation a changé la donne. Cette technique a transformé le marché de l’énergie.
Les Etats-Unis semblent maintenant posséder, selon les estimations, des réserves de gaz naturel pour une période de 100 ans. Rappelons le : les gaz de schiste constituent à l’heure actuelle les plus propres des combustibles fossiles. Cette énergie « propre » est aujourd’hui une source d’énergie moins chère et qui remplace déjà de plus en plus les vielles et polluantes centrales à charbon. Il pourrait servir d’appoint idéal, affirme par exemple Amy Jaffe, de l’université de Rice, jusqu’à ce que les sources renouvelables comme l’éolien et le solaire soient matures.
L’exploitation des gaz de schiste a produit plus d’un demi-million de nouveaux emplois, non seulement dans les Etats traditionnellement riches en ressources naturelles comme le Texas, mais aussi dans des lieux économiquement en grosse difficulté comme la Pennsylvanie occidentale et, bientôt, l’Ohio. Si les tendances actuelles se poursuivent, il y a des centaines de milliers de nouveaux emplois à venir. Les entreprises chimiques s’appuient fortement sur le gaz naturel, et l’abondance de cette nouvelle source a conduit des entreprises comme Dow Chemical à investir aux États-Unis plutôt qu’à l’étranger.
La société française Vallourec a entamé la construction d’une usine de 650 millions de dollars à Youngstown, dans l’Ohio, pour faire des tubes en acier pour les puits. Des états comme la Pennsylvanie, l’Ohio et New York vont récolter des milliards de dollars de recettes supplémentaires dans les années à venir. Les consommateurs en profitent également : Aujourd’hui, le prix du gaz naturel a baissé de moitié depuis trois ans. Au rayon des avantages, l’Amérique est moins dépendante de fournisseurs étrangers, ce qui stratégiquement n’est pas rien…
Toutes ces bonne nouvelles appellent bien sûr, comme toujours, leur lot d’inconvénients. Les Etats-Unis sont aujourd’hui polarisé entre le « forons et forons encore » des conservateurs, qui semblent avoir une hantise de toute forme de réglementation, et certains environnementalistes, qui semblent considérer les combustibles fossiles comme « moralement corrompus », imaginant que nous pouvons passer à l’exploitation efficace du vent et l’énergie solaire du jour au lendemain.
La révolution des gaz de schiste met d’autres industries en difficulté : ainsi, l’industrie du charbon est en concurrence directe avec celle des gaz de schiste. Aussi, la rentabilité des centrales nucléaires est très largement remise en question par celle de l’exploitation des gaz de schiste. Les changements sont aussi considérables en ce qui concerne les modèles économiques des entreprises tournées vers les énergies renouvelables, dont la viabilité se trouve de moins en moins assurée. Des « forces » se sont donc rassemblées, au fur et à mesure, contre les gaz de schiste, avec les conséquences que l’on peut imaginer.
Les militants du « pas de ça chez nous » se battent pour éviter ou faire suspendre les explorations, pendant que les écologistes crient à l’apocalypse pour mobiliser et faire peur.
Comme chaque source d’énergie, la fracturation a ses dangers. Le processus consiste à injecter de grandes quantités d’eau et de produits chimiques en profondeur. Si c’est bien fait, cela ne doit pas contaminer les réserves d’eau douce, mais des entreprises malhonnêtes ont réalisé ces fracturations de manière complètement sauvage et on a observé des cas de contamination du sous-sol.
Les puits, qui sont parfois sous des zones résidentielles, sont desservis par de gros camions qui endommagent les routes et dénaturent les quartiers résidentiels. Quelques entreprises peu scrupuleuses pourraient ainsi discréditer l’ensemble du secteur.
Ces problèmes sont réels, mais pas insurmontables. Une étude exhaustive de l’Institut de Technologie du Massachusetts a conclu qu’avec les 20 000 puits de schiste forés dans les 10 dernières années, le bilan environnemental des gaz de schistes est « globalement acceptable ». En d’autres termes, les risques inhérents à l’exploitation peuvent être gérés s’il existe un régime réglementaire raisonnable, et si le grand public a une notion équilibrée et réaliste des coûts et des avantages.
Ce type d’équilibre est exactement ce que notre système politique ne permet pas. Jusqu’à présent, l’administration Obama a fait un bon – et délicat – travail en essayant de promouvoir la fracturation alors qu’il enquêtait par ailleurs sur ses inconvénients. Le grand public, pour sa part, semble porter peu d’intérêt pour la percée, chez les exploitants, de cette technique de fracturation (même si cela pourrait avoir un impact majeur sur l’économie du 21e siècle).
La discussion est dominée par les intérêts personnels et les positions extrémistes. Il devient une arme dans les guerres politiques, avec les Républicains vantant les mérites de la fracturation hydraulique, et des Démocrates faisant l’objet de pressions pour dénoncer la fracturation comme un procédé dangereux et ultra polluant. Ainsi, dans le Nord-Est des Etats-Unis, les compagnies exploitant les gaz sont diabolisées continuellement et sans relâche.
Il y a quelques semaines, j’ai rencontré John Rowe qui est une des personnes les plus dignes de confiance dans le secteur de l’énergie aux Etats-Unis, pour l’écouter parler de cette manne. Il n’a aucun intérêt personnel à cet égard : en effet, son entreprise pourrait être lésée financièrement par la généralisation de la fracture hydraulique. Mais il sait combien l’exploitation des gaz de schiste pourrait signifier pour l’Amérique. Ce serait un crime pour nous de dilapider cette bénédiction.
Par David Brook
« L’avenir de la nation en termes d’énergies renouvelables ne proposera jamais pas de repas gratuits ou de gain sans douleur », ont commencé par assurer les deux géoscientifiques, lors d’un débat Université de Tulsa sur le fond de la fracturation hydraulique.
Le chercheur canadien David Hughes et le professeur de l’université d’état de Pensylvanie, Terry Engelder, ont animé un débat à l’occasion d’une conférence organisée par le groupe d’hydrocarbures gazier Chesapeake Energy. La discussion vive entre Hughes et Engelder, permit, au-delà des points de convergence, plutôt rares, de constater les contrastes existant entre le deux orateurs quant au potentiel des gaz de schiste en termes d’indépendance énergétique.
Hughes affirme que l’industrie pétrolière et gazière a trop surestimé le potentiel de réserves de gaz de schiste, alors qu’ Engelder soutient que l’état a pour le moment minimisé les « actifs » gaz de schiste. « Il est clair que le gaz naturel va être une ressource très importante dans l’avenir », affirme de son côté Hughes, qui est aussi président du cabinet de conseil mondial de développement durable Research Inc.
« Je pense juste que le battage médiatique est exagéré » à propos des gaz de schiste offrant une réserve de 100 ans, ajoute-t-il : « Je ne pense pas que nous puissions augmenter la production autant que nous pensons que nous le pouvons ».
« Barnett Shale of north Texas, une formation pionnière dans la fracturation et la production de gaz de schiste, a réussi à développer une production importante, mais seulement quelques comtés », poursuit Mr Hughes. Ce dernier affirme que le prix actuel du gaz naturel au comptant, d’environ 90 à 100 $ pour 1 000 mètres cubes, pèsera sur les niveaux de production et, éventuellement, conduira à des prix plus élevés. Engelder, de son côté, voit dans l’exploitation des gaz de schiste une évolution d’importance mondiale. Un expert sur les gisements du site géant de Marcellus, situé en Pennsylvanie et dans l’état de New York, se référent à des rapports fédéraux, a affirmé que les réserves de ce gisement, initialement estimées à 11 milliards de mètres cube, atteignaient en réalité à peine 4 milliards de mètres cube. Engelder remet donc ici expressément en cause les données la Commission géologique des États-Unis.
« L’Energy Information Administration a cédé à la pression de l’USGS (United States Geological survey), », soutient quant à lui Engelder. Revenant avec humour sur son étiquette d’« ami des industriels » (Engelder fait ici référence à la réputation qui lui colle à la peau auprès du grand public), en dépit de son statut académique et d’être une voix pro-forage via le New York Times, Engelder poursuit : « La droite fédérale est aujourd’hui trop conservatrice ».
La seule question qui compte vraiment aujourd’hui, à savoir – est-ce que la fracturation hydraulique est sûre ? – n’est revenu que trop peu souvent au cours du débat. Engelder a concédé que l’industrie a fait quelques erreurs en termes de relations publiques en défendant aveuglément la fracturation hydraulique. C’est à peu près tout.
De son côté, Hughes affirme que cette pratique est nécessaire, mais doit être tenu à des normes strictes : « la controverse sur le site de Marcellus est un exemple clé de la politique éclipsant la science, fait valoir à ce propos Engelder. La migration du méthane naturel et seulement quelques cas d’erreurs de forage ont causé des problèmes avec la qualité observée des eaux souterraines ».
Le professeur Engelder est persuadé que l’industrie devrait accepter le fait que le risque est impliqué dans les opérations de fracturation et d’assurer le public que les entrepres sont aussi sûres que possible : « L’industrie n’est pas monolithique. Elle se compose de gens qui sont eux-mêmes conscients de l’empreinte écologique dont ils sont responsables ».
Hughes, lui a ajouté que l’industrie doit être plus transparente dans la façon dont fonctionne la fracturation hydraulique, et réaliser un meilleur travail dans l’élimination des fluides qui sont utilisés pour briser la roche de schiste et aider à libérer le gaz et l’huile dans les puits de forage. Il dit qu’il croit que les puits d’injection, qui disposent des fluides, ont probablement causé les tremblements de terre dans l’Arkansas. « Mais nous avons besoin des gaz de schiste », a-t-il dit.
« Nous allons avoir à examiner les meilleures pratiques et réduire les impacts, a repris le professeur Hughes. Le gaz naturel est irremplaçable pour certaines tâches dans les industries pétrochimiques et d’engrais, mais il est peu probable qu’il devienne une source de combustible importante pour les camions long-courriers, par exemple ».
Hugues a enfin préconisé le charbon comme combustible de source primaire dans la production électrique. Engelder, pour conclure, a convenu qu’à long terme, le forage des schistes est coûteux et doit gérer des risques majeurs pour l’environnement. Dans le même temps, il confesse qu’il croit qu’il n’y a pas pour l’heure d’autre choix. « Il n’y a pas de gain sans douleur », a-t-il répété, fataliste… « Ce sont des investissements qui se font sur le long terme ».
Par Rod Walton
Source : Tulsaworld.com
L’Académie Chinoise des Sciences, l’université Jiaotong de Shanghai et l’entreprise Shenzhou Tuji Geographic Name Information Technologies Stock Company Limited ont annoncé avoir terminé le développement d’un logiciel d’interaction vocale homme-machine baptisé » 009 » pour smartphone, après deux années de développement.
Le logiciel, le premier de ce type en Chine, fonctionne sous Android, le système d’exploitation développé par l’entreprise américaine Google. Lancé dans la ville de Kunshan (province du Jiangsu), il est capable d’interagir textuellement, tactilement et vocalement avec un utilisateur et de donner des informations culturelles ou géographiques sur son environnement proche. Communiquant en mandarin, 009 peut apprendre de façon autonome de nouvelles fonctions et mémoriser les habitudes de l’utilisateur. Selon Wang Xiaoqing, le président du conseil de Shenzhou Tuji, le logiciel n’est pas seulement une application d’interaction vocale mais peut-être utilisé comme secrétaire numérique grâce à son système informatique d’analyse intelligent.
Selon le Ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’Information (MIIT), le secteur du logiciel en Chine représentait pour les trois premiers trimestres de 2011 un marché de 1300 milliards de yuans (157 milliards d’euros). Le Conseil des Affaires d’Etat avait annoncé en 2011 une série de mesure pour accélérer le développement des logiciels et des circuits intégrés en Chine et encourager la R&D dans ces secteurs.
En savoir plus : Bulletins Electroniques
Des chercheurs de l’Université technique de Prague (CVUT) [1] mettent au point un engin destiné non seulement à se déplacer sur Mars, mais également à aider des secouristes lors de leurs opérations. Le robot sera doté d’une vue en trois dimensions afin de déterminer, par exemple, la localisation de blessés.
C’est en coopération avec la NASA [2] que des scientifiques du Département de Cybernétique [3] de la Faculté d’électrotechnique [4] de la CVUT développent ce robot à même d’intervenir aux côtés d’équipes de secours dans des situations aussi variées que celles provoquées par un tremblement de terre, un accident nucléaire ou un accident de la circulation. Tomas Pajdla [5], à la tête du projet du côté tchèque, explique qu’il concerne notamment le domaine du traitement des images. Il s’agit d’enseigner à la machine à retranscrire en trois dimensions les images transmises par les caméras qu’elle porte.
La porte-parole des services pompiers tchèques, Ivana Svitakova [6], précise que pour l’heure, un tel mécanisme n’existe pas : en cas d’accident automobile dans un tunnel, par exemple, on utilise des caméras thermiques ou bien un système d’écholocalisation, mais les espaces confinés ne peuvent être explorés que par des êtres humains. D’où l’intérêt du robot en cours de conception, ajoute Vit Pernica [7], directeur du département du système intégré de secours : remplacer les hommes par une machine afin de ne pas risquer des vie dans des circonstances dangereuses.
Karel Zimmermann [8], du Département de Cybernétique de la CVUT, souligne que le robot sera autonome, c’est-à-dire capable de dresser automatiquement la carte de son environnement, et de trouver de lui-même des objets potentiellement dangereux, des victimes ou des restes de véhicules. Il diffèrera en cela des engins existant déjà ; ceux-ci nécessitent d’être téléguidés par un être humain, qui, ne pouvant appréhender visuellement la totalité de l’espace, est susceptible d’ignorer la présence d’éléments importants. De fait, l’idée est de construire une machine dont les capacités de recherche surpasseraient celles des hommes.
En savoir plus : Bulletins Electroniques
Des chercheurs du Helmholtz Zentrum de Berlin (HZB) ont élaboré des méthodes pour produire des surfaces électroniques à l’aide de graphène dont l’état magnétique serait stable dans le temps. Pour cela, ils scellent la surface du matériau semiconducteur (ici de l’iridium) avec une couche de carbone dont l’épaisseur n’est que d’un seul atome, définition même du graphène.
Les chercheurs appellent cette manipulation « modification par graphène ». Dans cette configuration, la capacité de créer un état électronique stable à la surface du matériau est préservée dans le temps, ce qui est d’un grand intérêt pour la spintronique. Leurs conclusions ont été publiées le 10 février dans la revue « Physical Review Letters » (DOI: 10.1103/PhysRevLett.108.066804).
En effet, la problématique de cette recherche est que la spintronique utilise le moment magnétique (ou « spin ») des électrons pour traiter l’information. A la surface des matériaux, des électrons avec des spins différents peuvent être facilement distingués les uns des autres, car il existe une différence de symétrie. Cependant, ces électrons de surface sont rapides et très actifs. Un certain état de spin ne pourrait être atteint que dans des conditions extrêmes, telles que sous ultravide.
Des chercheurs du HZB ont, dans leur objectif de conserver intactes les structures électroniques de surface, utilisé une structure en iridium. « Nous avons traité et catalysé le métal avec du gaz propylène, un hydrocarbure, » explique le chef de projet, Andrei Varykhalov, du Département des dynamiques de l’aimantation du HZB. Selon l’équipe, il se se produiraient en surface deux réactions chimiques concurrentes, mais dont la « graphénisation » serait la plus forte : il se forme sur l’iridium une seule couche d’atomes de carbone.
Les chercheurs du HZB ont ensuite analysé ces couches de graphène et les états de spin de la couche métallique supérieure en utilisant des méthodes analytiques sophistiquées dans l’anneau de stockage d’électrons BESSY II. A l’aide de cet instrument, les chercheurs développent une méthode de détection et caractérisation de spin unique, et progressent ainsi dans la physique des particules. La spintronique porte notamment de grandes promesses en termes de performance dans la codification et la mémorisation de l’information.
En savoir plus : Bulletins Electroniques
Publié par P.T
Dassault Systèmes, qui avait annoncé sa sortie du projet de Cloud Computing français « Andromède » en décembre dernier, a décidé de faire un nouveau pied de nez à ses anciens partenaires du consortium public-privé, en s’associant à l’opérateur de téléphonie SFR dans un projet concurrent. Le consortium d’État, dont les bases avaient été posées dès 2009 dans le cadre du Grand emprunt, unissait au départ Dassault avec l’opérateur Orange, le groupe électronique Thales et l’État français. Il avait pour but avoué de gérer les données informatiques des administrations et des entreprises nationales, en toute sécurité, grâce à la mise en place de gigantesques data-centers présents sur le territoire français.
Des tensions étaient vite apparues entre Dassault Systèmes et Orange, en raison des prix pratiqués par Orange jugés trop élevés, d’un désaccord quant au choix du futur dirigeant et de la mise en place d’une clause de non-concurrence (qu’Orange refusait catégoriquement, disposant déjà d’une offre Cloud Computing, « Cloud Pro »). Depuis la défection de Dassault Systèmes, les noms des groupes Atos et Capgemini n’ont cessé de circuler.
L’annonce du projet de partenariat Dassault-SFR « est une bonne nouvelle. C’est un signe de mobilisation des entreprises françaises sur l’enjeu stratégique du Cloud Computing. Le Fonds national pour la Société Numérique (FSN) peut tout à fait apporter son appui à plusieurs projets », a indiqué le ministre de l’industrie Éric Besson, bien qu’aucun projet n’ait encore été déposé devant la Commission.
L’État devait apporter une participation dans le consortium public-privé à hauteur de 135 millions d’euros par le biais de la Caisse des Dépôts. La participation de Dassault Systèmes et Orange s’élevait quant à elle à 60 millions d’euros chacun, et celle de Thales à 30 millions d’euros, pour un total de 285 millions d’euros d’investissement.
La France a accumulé près de dix ans de retard par rapport aux hébergeurs américains de Cloud Computing. Le projet de consortium français a pour but de se faire une place, à terme, dans un marché estimé à plus de 177 milliards d’euros à l’horizon 2020, tout en garantissant que les données des grands groupes français et des administrations restent sur le territoire français.
On peut par contre émettre des doutes quant à l’argument de sécurité avancé par l’État français, les données ne nécessitant pas vraiment d’être sur le territoire pour être sécurisées. Certaines PME innovantes, présentes dans le secteur depuis de nombreuses années, auraient pu voir d’un très bon œil l’arrivée dans leurs caisses d’une partie de ces investissements.
Par Moonzur Rahman
À lire aussi :
Cahier « Cloud Computing : une révolution en marche »
Qu’est-ce que le Cloud Computing va changer pour vous ?
Cloud Computing : des chercheurs de Bochum ont découvert des failles de sécurité critiques
Participez aux formations Techniques de l’Ingénieur :
Les résultats de l’expérience Opera (« Oscillation Project with Emulsion-tRacking Apparatus »), qui avaient ébranlé le monde scientifique en mesurant fin septembre des neutrinos à une vitesse plus rapide que celle de la lumière, seraient en réalité dus à un mauvais branchement, a assuré mercredi 22 février la revue Science sur son site Internet.
L’expérience OPERA repose en réalité sur 20 cm par rapport à une distance parcourue de 732 km (entre le CERN et le laboratoire de Gran Sasso en Italie). Néanmoins, les chercheurs du CERN précisent qu’ils sont capables de mesurer le moment où les neutrinos sont créés et celui où ils sont détectés à leur « arrivée » grâce à deux horloges distinctes.
L’origine de l’erreur proviendrait de ces deux horloges. Elles doivent être parfaitement synchronisées. Elles le sont grâce à des satellites GPS qui émettent un signal d’horloge parfaitement précis aux deux horloges. Mais dans une expérience de cette précision, le temps nécessaire aux ondes provenant des satellites pour atteindre le sol doit être pris en compte. Et surtout, il faut prendre en compte que les satellites se déplacent durant l’expérience. Il y a donc deux systèmes référentiels : celui au sol et celui des « horloges » en orbite.
Et c’est précisément là où le bât blesse. Si on examine l’opération depuis un satellite : les positions respectives des émetteurs de neutrinos et de leur détecteur changent. Selon Ronald van Elburg, de l’université de Groningen aux Pays-Bas : « D’un point de vue de l’horloge, le détecteur se déplace vers la source et par conséquence, la distance parcourue par les particules observées depuis le référentiel horloge est plus courte. » Comprenez bien : plus courte vue de l’horloge qu’elle ne l’est vue du sol.
Le CERN n’a pas pris en compte le fait que les horloges (les sources des horloges, les satellites donc) étaient en orbite. Ils ont négligé cet aspect dans leur mesure.
Et d’après les calculs du physicien, cette erreur se quantifie à 32 nanosecondes. Mais il faut la doubler à 64ns car la même erreur se produit des deux côtés de l’expérience (aux deux instants de mesure).
Et 64 nanosecondes, c’est pour ainsi dire ce que le CERN a mesuré. Mais cette explication fait déjà débat. En effet, certains commentateurs s’étonnent et rejettent même l’hypothèse selon laquelle les scientifiques du CERN aient pu commettre une telle erreur. D’autres voies s’élèvent pour affirmer quecette erreur n’a pas pu être commise, puisque le différenteil obtenu via les données GPS affecterait aussi bien la vitesse des neutrinos que celle de la lumière.
Nous aurons donc probablement vite l’occasion de reparler de cet « excès de vitesse » !
par P.T
Sources : Lemonde.fr, Gizmodo.fr
La technique de Google pour Safari était relativement simple. Quand le tracking publicitaire est bloqué, le navigateur n’accepte des cookies que des sites expressément visités par l’utilisateur.
Pour contourner cette barrière, Google crée sur une page un élément iFrame équipé d’un formulaire invisible. Ce dernier est renvoyé à Google et Safari considère alors que c’est une action de l’utilisateur, ce qui autorise un cookie en retour.
Le Wall Street Journal, qui avait révélé le problème, indique que Google a immédiatement réagi en supprimant ce comportement, et Apple travaille à colmater cette brèche dans sa cuirasse.
Dans le cas de Microsoft, c’est le directeur de la division Internet Explorer lui-même, Dean Hachamovitch, qui révèle comment Google a procédé. La technique est différente car IE9 s’appuie sur les paramètres P3P (Platform for Privacy Preferences Project) dans lesquels un site ou un annonceur déclare qu’il n’utilisera pas le cookie pour du tracking. Cette déclaration volontaire porte en elle sa propre faiblesse, qui permet à Google de la contourner.
Les cookies créés par Google annoncent en effet qu’ils ne vont pas servir à effectuer du tracking alors que c’est précisément ce qu’ils font. De fait, Microsoft a officiellement demandé à Google de cesser cette pratique tandis que la liste interne de protection d’IE9 est mise à jour. Mais pour Google, la situation est loin d’être aussi simple.
Dans une réponse fournie à Ars Technica, la firme de Mountain View expose sa ligne de défense : les déclarations P3P sont totalement dépassées. Le protocole a été créé en 2002 et n’est plus capable de prendre en charge toutes les améliorations faites sur les technologies du web. Pour Google, Microsoft est parfaitement au courant de la situation, et il est impossible de répondre dans ces conditions.
Il s’agit d’un carrefour intéressant : il existait donc des consensus recouverts d’une loi du silence. Depuis les révélations du Wall Street Journal, les techniques sont exposées au grand jour, comme une guerre de voisins où chacun accumule des informations pour le jour où les hostilités seront déclarées. Évidemment, dans le cas de Google et Microsoft, l’ensemble revêt un aspect stratégique, ce qui rappelle l’affrontement récent sur la politique de vie privée de Google.
Google va d’ailleurs plus loin. La firme évoque une étude menée par l’université de Carmegie Mellon en 2010. Elle révélait que sur les 33 000 sites analysés, environ un tiers d’entre eux contournaient sans vergogne la protection d’Internet Explorer. L’explication ? Toujours la même chose : des fonctionnalités comme le bouton « J’aime » de Facebook ne pourraient pas fonctionner sur une base aussi simple.
Et pour rendre définitivement la monnaie de sa pièce à Microsoft, Google souligne un passage bien particulier de l’étude : les propres sites de Redmond msn.com et live.com s’appuient eux aussi sur de fausses déclarations P3P pour leurs propres besoins.
Le problème est qu’une solution pratique n’est pas abordée. Le constat est que chacun crée ses propres formules dans son coin selon ses besoins et le tableau général n’est guère reluisant. On rappellera ici les demandes de l’EFF (Electronic Frontier Foundation) qui souhaitait que Google respecte enfin les choix de l’utilisateur en matière de blocage du tracking publicitaire. Car si Google estime que la protection d’Internet Explorer est dépassée, pourquoi faire semblant de la respecter ?
Par Vincent Hermann
Sources : pcinpact.com
Déjà paru :
Les entreprises concouraient dans trois catégories : procédés de transformation, matériaux et services liés au secteur bois. Et les vainqueurs sont :
EWD, pour le Flying BandSaw (guide-lame pour scies à ruban) : Ce système permet d’atteindre un niveau de précision équivalent à celui de la coupe circulaire, tout en conservant les avantages du sciage ruban, c’est-à-dire de faibles traits de scie et une grande hauteur de coupe. Le principe est simple : remplacer le guidage pression par deux paires d’aimants, placés de part et d’autre de la lame. Celle-ci, attirée des deux côtés, se trouve ainsi maintenue au centre. La force de chaque aimant est ensuite déterminée par ordinateur, en fonction de la tendance générale de déplacement et des écarts ponctuels de la lame. Cette analyse et l’ajustement qui en découle se fait en quelques millisecondes.




Développé avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Valenciennes, ce système conçu spécialement pour la menuiserie doit améliorer les conditions de travail dans les ateliers. Comment ? Grâce à un débit pouvant atteindre plus de 3000 m3/heure, une dépression comprise entre 4500 et 6000 mm H2O, un décolmatage paramétrable, un piège à déchets lourds, un évent d’explosion très résistant, sans oublier la possibilité d’adapter la puissance électrique au nombre d’opérateurs.
C’est un ensemble cohérent de solutions qui est récompensé ici, de la fabrication au chargement, permettant de simplifier les opérations tout en intégrant une réelle dimension de protection et d’ergonomie tout au long du processus.
Le faible nombre de participants n’ayant pas permis au jury de désigner un vainqueur dans la catégorie « Matériaux », il invite les acteurs de la filière à profiter du prochain salon pour présenter leurs innovations !
Par Alexandra Chavarot
Le milieu marin est corrosif pour le matériel électrique, ce qui conduit à utiliser des matériels de protection onéreux qui plombent l’équation économique des systèmes. Le Searaser, une innovation de l’ingénieur anglais Alvin Smith, permet de surmonter ces difficultés.
Constitué d’une bouée, d’un piston et d’un système d’ancrage, le principe de fonctionnement est très simple. La bouée suit le mouvement de va-et-vient de l’océan et compresse l’eau dans le piston. L’eau pressurisée est alors dirigée vers la terre ferme voisine et alimente une turbine produisant l’électricité onshore, et donc à l’abri des agressions marines.
Et ce n’est pas tout. L’un des défis avec les énergies renouvelables fluctuantes comme l’éolien, le solaire ou l’énergie houlomotrice, c’est d’adapter la production, variable en fonction de la météo, à la demande des consommateurs. L’approche Searaser est particulièrement prometteuse dans cette perspective.
En effet, l’eau pressurisée par le mouvement de la mer peut être dirigée vers un bassin suspendu à quelques dizaines de mètres au dessus du niveau marin, ceci directement, sans faire appel à une pompe électrique.
L’eau de mer stockée en hauteur, comme dans les Stations de Transfert d’Energie par Pompage classiques (S.T.E.P.), peut ensuite descendre vers la mer qui fait office de bassin inférieur, entraînant ainsi une turbine permettant la production de l’électricité. Ceci à la demande, par exemple durant les périodes de pointe de consommation, et avec un temps de réponse très court. L’énergie ainsi stockée constitue une véritable bulle d’oxygène pour les gestionnaires des réseaux électriques
« C’est un système très simple, et nous pensons qu’il peut produire l’électricité la meilleure marché du monde. Le potentiel est énorme » affirme Dave Vince, PDG d’Ecotricity, une entreprise anglaise spécialisée dans l’électricité durable qui a fait l’acquisition de Searaser fin 2011. Le système a été testé avec succès au large de la côte du sud-ouest de l’Angleterre.
La phase commerciale va commencer dans moins d’un an : 200 unités Searaser d’1MW chacune vont d’ici 5 ans être installées le long des côtes britanniques, dont le gisement houlomoteur est considérable.
Le bilan environnemental du Searaser est excellent. Les dispositifs d’ancrage des bouées/piston peuvent favoriser la fixation d’organismes marins, par effet récif. L’impact paysager est limité. Et l’électricité est générée sans émettre de gaz à effet de serre : la première phase commerciale du projet d’Ecotricity bénéficiera du soutien financier du Department of Energy and Climate Change du gouverment britannique.
Même par temps calme, l’océan est presque tout le temps en mouvement. Le système Searaser, qui fonctionne aussi simplement qu’une pompe à vélo, va très probablement faire des vagues.
Par Olivier Daniélo
Cette semaine dans la revue du Web :
Construire un hôtel de 30 étages… en 15 jours :
Pour débuter cette vingtième revue du Web, voici une vidéo en timelapse de la construction d’un hôtel de 30 étages, près du lac de Dongting, dans la province chinoise du Yunan. La construction aura pris plus de… 360 heures, soit 15 jours ! Capable de résister à des secousses sismiques allant jusqu’à 9 sur l’échelle ouverte de Richter, cet hôtel d’une surface de 17 000 mètres carré est toutefois plus « assemblé » que construit en 15 jours, les modules préfabriqués ayant été assemblés dans une usine non loin du site de construction, puis disposés sur des structures portantes en acier.
Signalons tout de même que l’excavation avait déjà été réalisée, ainsi que les fondations du bâtiment et une partie du sous-sol. L’entreprise chinoise Broad Sustainable Building est coutumière de ce genre de coups d’éclats : elle a en effet déjà construit, plus ou moins dans les mêmes conditions, un hôtel de 15 étages à Changsha, en seulement… 6 jours.
Une structure volante étonnante :
Les artistes Heather Peak et Ivan Morison ont développé une structure volante tétraédrique, en collaboration avec l’architecte Sash Reading et le studio de design Queen and Crawford. Baptisée « Three Cubes Colliding », cette structure en fibre de carbone est formée de modules composés de quatre triangles équilatéraux, reliés entre eux par leurs arêtes, permettant une prise au vent maximale pour un poids minimal, ainsi qu’une rigidité optimale.
Cette structure au rendu poétique, composée de plus de 23 000 petits modules, n’est pas sans rappeler les différents « Cygnet », aéronefs avortés du célèbre inventeur américain Graham Bell, ou encore les itérations de fractales du mathématicien polonais Sierpinski.
Little Shining Man from Jimandtonic on Vimeo.
Gouttes d’eau en orbite autour d’une aiguille à tricoter :
L’astronaute américain Donald Pettit, actuellement en orbite autour de la Terre à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), a pris l’habitude de partager avec le grand public quelques-unes de ses expériences réalisées en orbite, à travers de nombreuses vidéos qu’il poste assez régulièrement en ligne.
Sa dernière expérience est centrée autour… d’une aiguille à tricoter en nylon. Car oui, Donald Pettit tricote dans l’espace, lorsqu’il dispose d’un peu de temps libre. L’astronaute américain réussit à faire danser de petites gouttes d’eau autour d’une de ses fameuses aiguilles, préalablement chargée électriquement. Les gouttes d’eau entrent littéralement en orbite autour de l’aiguille…
Le monde à travers les « yeux » d’un robot :
Directement inspirée par l’essai de Matt Jones « Robot Readable World », cette vidéo du chercheur, designer et artiste norvégien Timo Arnall, spécialisé dans les nouvelles technologies, présente de manière simple la façon dont les robots équipés d’un système vidéo perçoivent le monde, à travers le prisme d’un algorithme ou d’un logiciel qui leur est propre. Les évènements, les objets, les visages et les mouvements sont décortiqués, afin d’être analysés et compris par la machine.
Robot readable world from Timo on Vimeo.
Timo Arnall était déjà à l’origine d’une installation de light-painting censée matérialiser un réseau wifi, matérialisation tenant compte de la force du signal et du débit, à l’aide de LED s’allumant de manière sporadique.
Découvrez les ondes WiFi photographiées en vidéo by jacq35
L’incroyable ornithoptère :
Le principal protagoniste de la vidéo suivante est un ornithoptère, objet volant dont la sustentation est assurée par des battements d’ailes, imitant le vol des oiseaux, et dont l’une des premières esquisses a été réalisée au XVe siècle par Léonard de Vinci. Bien que la vidéo soit récente, le modèle présenté est un modèle original d’aigle « Sean Kinkade Park » datant, lui, de 1993.
L’ornithoptère télécommandé est d’une maniabilité remarquable, battant des ailes et fendant le ciel avec aisance. L’aéronef est contrôlé à l’aide de la queue de l’oiseau, faisant office de gouvernail, et est aussi bien capable de battre des ailes que de planer. La version la plus récente de l’engin coûte un peu moins de 300 dollars, et est disponible ici.
Robot tout terrain, de la roue aux « whegs » :
Des chercheurs et étudiants du laboratoire de robotique inspiré par la nature (BioRoLa), affiliés à l’université nationale de Taïwan, sont partis d’un constat simple : les roues sont parfaites pour se déplacer de manière efficace et rapide, mais peu adaptées lorsque le terrain est difficile ; de même, les « pattes » robotiques sont efficaces pour arpenter un terrain difficile, mais sont très lentes sur un terrain plat et dégagé.
Désireux de créer un robot polyvalent faisant le trait d’union entre ces deux modes de locomotion, le groupe de chercheurs a décidé de couper la poire en deux, en développant « Quattroped », petit véhicule hybride dont les roues se transforment… en pattes.
Plus qu’en pattes, les roues se transforment en fait en « whegs » (mot valise crée à partir de « wheel », roues et de « legs », jambes), sortes de lames combinant la simplicité des roues avec les avantages des « pattes » lorsqu’il s’agit de se débarrasser d’un obstacle, empruntant ainsi la rotation de la roue plutôt que le va-et-vient d’une jambe.
Pour ce faire, les roues sont articulées en leur milieu, permettant à l’une des moitiés de se rabattre sur l’autre, laissant apparaître les fameux « whegs » en forme de demi-cercles. Quattroped est équipé d’un GPS, d’un système vidéo ainsi que d’une batterie de capteurs améliorant la perception du petit robot.
Le gadget (inutile ?) de la semaine : Kissenger, le simulateur de baiser à distance :
Pour conclure cette vingtième revue du Web, rien de tel que le gadget (inutile ?) de la semaine : Kissenger, un simulateur de baiser à distance, censé pallier la frustration d’un couple se trouvant séparé par de trop nombreux kilomètres.
Le principe est simple : il suffit que les deux conjoints esseulés décident d’embrasser, chacun de leur côté, le petit robot servant d’intermédiaire et simultanément émetteur et récepteur. Le robot transmettra alors les caractéristiques du baiser en temps réel d’une interface vers l’autre se trouvant chez l’autre conjoint.
Le robot est pourvu d’une grosse bouche en mousse de silicone, dont les capteurs (en mode émetteur) transmettent les informations du baiser prises en compte et jugées nécessaires, telles que la pression dans le temps et la position des lèvres. Une fois les lèvres du conjoint posées sur les lèvres du second robot, une batterie de moteurs se met en route, censés reproduire le baiser et ses sensations, mais en « négatif ». Peu de chance que ce système rencontre le succès escompté…
Par Moonzur Rahman
Plus de Revues du Web :
Le gaz naturel est à la fois une énergie fossile dont les ressources sont importantes et un carburant pour les applications industrielles et le transport. Quel que soit son champ d’application, cet hydrocarbure présente des avantages spécifiques qui en font une alternative stratégique tant pour une recherche de diversification énergétique viable, que pour élargir l’offre que constituent les carburants liquides conventionnels.
Cet exposé divisé en deux parties étudie ici le gaz naturel en tant que carburant pour les véhicules de transport terrestres. L’objectif est de donner un éclairage suffisamment large pour aborder les principaux éléments nécessaires à estimer le potentiel de ce gaz. Par souci d’honnêteté, les avantages et les inconvénients ont été systématiquement présentés, cet article n’ayant pas pour vocation la promotion de la filière du gaz naturel véhicule, même s’il y contribue, mais, encore une fois, d’en donner les éléments d’appréciation les plus pertinents.
Après une brève présentation dans ce fascicule du gaz naturel en tant qu’énergie fossile, la composition du gaz naturel et les caractéristiques physico-chimiques qui en découlent seront analysées et confrontées aux attentes des motoristes.
Une analyse des différentes approches technologiques aujourd’hui mises en œuvre et des pistes d’évolution est ensuite présentée dans l’article Gaz naturel- Carburant pour véhicule [Gaz naturel- Carburant pour véhicule] en tenant compte des contraintes propres à l’utilisation de carburant gazeux sur un véhicule. Les contextes normatifs et fiscaux seront partiellement abordés en documentation.
La purification des gaz a pris, avec le temps, une place très significative dans le monde industriel puisqu’elle est devenue indispensable pour tout professionnel devant employer au moins un gaz dans son procédé de production ou de transformation. En effet, avec le renforcement des réglementations de protection de l’environnement et l’importance croissante du contrôle des émissions de gaz à effet de serre, les rejets à l’atmosphère doivent être de plus en plus sélectifs et maîtrisés. Nombre d’exemples ont depuis démontré que ces « contraintes » peuvent au contraire être une réelle valeur ajoutée pour l’industriel en raison d’une meilleure gestion de sa matière première représentant souvent une part très significative de ses coûts de production ou de transformation. Bien sûr, investir pour mettre à niveau ses installations n’est pas toujours une décision facile, tant d’un point de vue économique que technique mais, lorsqu’il s’agit d’un nouveau projet, il est souvent possible de développer une solution technique harmonieuse et économiquement viable.
Quatre technologies sont aujourd’hui couramment employées pour purifier les gaz :
Ce dossier [J 3 606] « Purification des gaz par le procédé PSA –Fondamentaux et cycles en pression » est la première partie d’une suite normale au dossier « Adsorption – Procédés et applications » [J 2 731] ; il a pour objectif d’apporter au lecteur des informations complémentaires concrètes nécessaires à une bonne compréhension des critères fondamentaux à maîtriser en adsorption ainsi que des contraintes liées à la mise en œuvre de cycles en pression.
Ainsi, après lecture de ce dossier, le lecteur sera à même d’évaluer les conditions d’emploi de la technologie de purification par PSA ainsi que d’intégrer les éléments fondamentaux nécessaires à la conception de cycles PSA via une connaissance :
Une illustration de certains de ces fondamentaux est également présentée pour la mise en œuvre d’unités VSA et PSA de purification d’oxygène, d’azote et d’hydrogène.
Le lecteur trouvera une suite logique à ce dossier dans la lecture d’une seconde partie [J 3 607] « Purification des gaz par le procédé PSA –Dimensionnement et perspectives ».
Prévoir le comportement à la rupture de matériaux fragiles tels que le verre qui se cassent par propagation de fissures nécessite en particulier de connaître la vitesse d’avancée de la fissure et de comprendre les facteurs dont elle dépend. Jusqu’à présent, les connaissances théoriques se fondaient sur une vitesse maximale égale à celle des ondes acoustiques de surface dans le matériau, dite « vitesse de Rayleigh ».
Or des chercheurs du CEA-IRAMIS (Institut Rayonnement Matière de Saclay), en collaboration avec leurs collègues de deux autres laboratoires, le Laboratoire « Surface du Verre et Interfaces » ou SVI (CNRS/Saint-Gobain), et le Laboratoire de Tribologie et Dynamique des Systèmes ou LTDS (CNRS/Ecole Centrale de Lyon/Ecole Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne), travaillant sur des échantillons de plexiglas qu’ils ont cassé en faisant varier la force appliquée pour ouvrir la fissure, viennent de démontrer qu’il n’en est rien et que la vitesse des microfissures engendrées sur des défauts du matériau et observées à une échelle suffisamment fine pour pouvoir être isolées les unes des autres est quatre fois plus faible qu’attendu. Et ce n’est que par un effet géométrique de rencontre de ces multiples microfissures que la fracture globale est finalement si rapide.

Vue au microscope (lumière polarisée) d’un exemple de marque laissée par une microfissure sur une surface de rupture rapide d’un échantillon de Plexiglas. Dimensions de l’image : 128 micro-m – 137 micro-m
Les résultats de ces travaux, publiés dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United of America), remettent donc en cause la vision classique de la rupture. En effet, ils montrent que toutes les microfissures se propagnent à la même vitesse d’environ 200 m/s, indépendamment du niveau de force appliquée pour ouvrir la fissure principale.
Un comportement observé à l’échelle microscopique très différent de celui observé à grande échelle, où la vitesse de fracture augmente avec la force, celle-ci pouvant atteindre 500 m/s. La prise en compte du rôle important joué par les défauts microscopiques présents dans un matériau sur le comportement en rupture de ce dernier devrait permettre ainsi de mieux apprécier, voire à terme d’améliorer, la résistance à la rupture des matériaux.
Qui plus est, la méthodologie développée au cours de cette étude pourrait par exemple fournir des indications sur les causes de l’effondrement d’une structure uniquement à partir de l’analyse des empreintes laissées sur les surfaces de rupture.

Source : Bulletins électroniques
Participez à la formation Techniques de l’ingénieur Tribologie : diagnostic et solutions techniques
Pour se prémunir contre les défauts structurels faisant leur apparition sur bon nombre de constructions, il existe des solutions peu pratiques, et dont le coût reste souvent excessivement élevé, voire prohibitif. Une équipe de chercheurs de l’université de Strathclyde, à Glasgow, en Écosse, a mis au point une peinture qualifiée d’« intelligente », permettant de détecter et de lutter contre les minuscules défauts structurels (inclusions d’air, micro fissures) qui peuvent consteller et fragiliser sur le long terme de gigantesques constructions telles que les éoliennes, les ponts ou encore certains bâtiments publics.
On retrouve au cœur de cette peinture écologique les inévitables nanotechnologies, par le biais de nanotubes de carbone, dont le rôle ici est de détecter les mouvements sur les très grandes structures, faisant fi des méthodes de surveillance et de contrôle traditionnelles, trop complexes et chronophages. Ces méthodes traditionnelles nécessitent des outils toujours plus pointus et onéreux, allant jusqu’à engloutir des millions d’euros chaque année. Elles peuvent aller d’une simple mais fastidieuse surveillance à l’œil nu, très imparfaite, jusqu’à une très complète mais peu pratique radiographie numérique à particule.
Cette peinture intelligente est, d’après ses concepteurs, très simple d’utilisation, puisqu’une fois pulvérisée sur n’importe quel type de surface, il suffit de lui associer des électrodes, combinaison détectant les défauts longtemps avant qu’un problème plus conséquent n’apparaisse. Le processus de surveillance et de contrôle ne requiert quant à lui aucune expertise. « Son prix accessible lui donne en outre un sérieux avantage sur ses concurrents », ajoute le docteur Mohamed Saafi, responsable du département d’ingénierie civile de l’université de Strathclyde.
Les principaux composants de cette peinture intelligente sont les fameuses « cendres volantes », un sous-produit industriel recyclé, ainsi que des nanotubes de carbone. Le mélange présente des propriétés de résistance et de durabilité identiques à celles du ciment, le rendant très utile dans des environnements considérés comme difficiles.
Le processus de contrôle implique un réseau de capteurs sans-fil connectés à une source d’alimentation autonome, réseau capable par exemple de dépister les moindres micro-fissures dans les fondations d’une éolienne. « Le contrôle des éoliennes se fait encore visuellement. La mise en place de ce système pourrait réduire de manière significative les coûts de maintenance et améliorer la sécurité de ces structures », rappelle Mohamed Saafi. « La peinture intelligente permet une surveillance sur l’ensemble de la structure, alors que les technologies actuelles nous cantonnent à des zones spécifiques », ajoute-t-il, « ce qui est particulièrement utile pour maximiser les opportunités de prévention de dégâts majeurs. »
Un prototype développé par l’équipe universitaire aurait déjà fait ses preuves, et d’autres tests sont en cours dans les environs de Glasgow. Nul doute que les propriétés mécaniques des cendres volantes, ainsi que leur prix dérisoire feront pencher la balance en faveur de cette nouvelle méthode de contrôle.
Par Moonzur Rahman
Les différents types de glissières offrent pour pratiquement chaque application une solution adaptée au besoin. Que ce soit dans la construction mécanique ou l’automobile, dans l’équipement industriel ou le stockage, dans l’électromécanique ou les standards 19 pouces, il existe sûrement une glissière télescopique KIPP qui peut vous convenir.
Le montage rapide et simple est une des caractéristiques de toutes les glissières télescopiques KIPP. Dans de nombreuses applications, ils peuvent être fixés sur le bâti et l’élément mobile par vissage ou rivetage.
Les glissières télescopiques KIPP, comprenant de 2 à 4 profilés séparés, garantissent une très grande stabilité même lorsqu’ils sont entièrement sortis avec une charge importante. Afin d’optimiser leur durée de vie, les rails sont pré-graissés à l’aide d’une graisse spéciale et ne requièrent de ce fait quasiment aucune maintenance.
Le système de séparation rapide des rails, le verrouillage fin de course ou l’amortissement lors de la fermeture sont autant de solutions innovantes qui rendent la fonctionnalité des glissières télescopiques KIPP supérieure aux autres.
La version en matière plastique du levier à came KIPP constitue un moyen de serrage économique, utilisable dans les applications les plus diverses.
HEINRICH KIPP WERK complète sa gamme fiable de leviers à came par une version de forme ergonomique en matière plastique de haute qualité. Ce levier permet de serrer rapidement et en toute sécurité, sans mouvement rotatif. Dans le cas d’une utilisation intensive, il en résulte une économie substantielle de temps et d’argent.
La double courbe de serrage permet l’utilisation avec 2 positions différentes du levier et a été conçue de telle sorte que le maintien en position serré soit effectif dans chaque configuration. La butée intégrée protège le point de serrage contre un excès de pression et empêche une sur-contrainte dans tous les composants. L’avantage d’un serrage exempt de couple, est qu’il n’est pas nécessaire de protéger les pièces contre la torsion. Pour la version réglable, le réglage de la force et de la position de serrage s’effectue à l’aide du tournevis et garantit un effort de serrage optimal.
Le levier à came ergonomique en matière plastique développé par KIPP est disponible, tout comme les modèles en aluminium ou en acier inox, avec taraudage ou tige filetée de dimension M5 à M10.
Les cimblots épaulés à bout sphérique sont des éléments qui servent à positionner les pièces brutes dans des alésages en vue d’être usinées ou à assembler des composants.
Un pré-centrage est tout d’abord effectué par le biais du bout sphérique. La pièce brute ou le composant peut très bien ne pas se trouver dans l’axe. Le bout sphérique déjoue la tendance au coincement, également appelé « l’effet de tiroir »ou « stick-slip ». L’oblique d’assemblage résultant du bout sphérique met la pièce brute en position. Le positionnement exact s’effectue alors dans le dernier quart.
Afin d’éviter une surdétermination, il est utile de placer dans un alésage un cimblot avec section complète (forme A ou B) et dans le deuxième alésage le modèle aplati (forme C ou D).
Le taraudage incorporé offre la possibilité, à l’aide d’un extracteur, de dégager à nouveau aisément les cimblots hors d’un trou borgne.
Il est également possible d’équiper ultérieurement des dispositifs existants. Les diamètres de logement vont de 8 mm à 50 mm. De cette façon, le produit standard remplace même des systèmes jusqu’ici particuliers. De l’acier à outils durci et rectifié ou de l’inox rectifié ou durci en surface permettent une utilisation dans des milieux agressifs.
Dans sa large gamme, KIPP propose les formes les plus diverses, telles que grappins cylindriques, aimants plats, aimants boutons et en U. Tous nos aimants sont en stock chez nous et livrables rapidement.
Des aimants blindés sont utilisés dans la plupart des applications, c’est-à-dire que les aimants ne possèdent qu’une surface d’adhérence. Toutes les autres surfaces de l’aimant ne sont pas magnétiques, ce qui ne provoque pas la magnétisation indésirable de l’environnement entrant en contact avec l’aimant.
Pour éviter les rayures, les aimants KIPP disposent d’une gaine de protection en caoutchouc. Ces aimants conviennent parfaitement pour des surfaces sensibles, telles que les surfaces laquées ou polies.
La gamme propose différentes possibilités de fixation avec taraudage ou tige filetée ou avec des perçages. Les variantes lisses peuvent être aussi bien collées qu’emmanchées.
Matières d’aimant utilisées :
Extraits : « Suis-je juste complètement fou, ou est-ce que tout le monde approuve l’exploitation des gaz de schiste sans en connaître vraiment les implications réelles au niveau économique pour les entreprises qui travaillent dans ce secteur ? ». Un autre e-mail exprime des doutes similaires : « Je suis d’accord avec vos préoccupations au sujet de l’euphorie pour les gaz de schiste et de pétrole», écrivait un membre de la haute direction de l’EIA.
Autre exemple : « Nous pourrions être dans une « ruée vers l’or » dans laquelle quelques personnes ont développé des « monstre puits», et aujourd’hui tout le monde suppose que tous les puits seront des « monstres » ».
Les rapports annuels de l’EIA sont largement suivis par les investisseurs, les entreprises et les décideurs, car ils sont considérés comme scientifiquement rigoureux et indépendant de l’industrie. Ils informent également sur les initiatives des législateurs. Le Congrès, par exemple, a été le lieu d’examen de subventions importantes pour promouvoir les véhicules fonctionnant au gaz naturel et la réduction des impôts pour l’industrie.
Dans toute organisation aussi grande que l’EIA, il y a inévitablement des divergences d’opinion, en particulier dans les e-mails privés partagés entre collègues. C’est un fait. Un porte-parole de l’agence a d’ailleurs affirmé que ces divergences trouvent un écho dans les rapports émis par l’agence quant aux aléas de la production de gaz de schiste.
« Un des principes directeurs que nous employons est de s’attacher aux données, a déclaré Michael Schaal, directeur de l’Office du pétrole, du gaz naturel et de l’analyse des biocarburants au sein de l’EIA. Il est clair que les données montrent que le gaz de schiste est devenu une source importante d’approvisionnement en gaz naturel domestique ».
Mais les doutes et les préoccupations exprimées dans les e-mails et la correspondance obtenus par le Times sont remarquables, parce qu’elles sont partagées par de nombreux employés, certains d’entre eux ayant des postes de premier plan. Les documents et les e-mails, qui ont été fournis au Times par des consultants de l’industrie, des fonctionnaires fédéraux de l’Energie et des chercheurs proches du Congrès, montrent le scepticisme quant à l’économie des gaz de schiste, même de la part des pontes de ces agences.
Les e-mails ont été fournis par plusieurs personnes au Times sous la condition que les noms de ceux qui les envoient et qui les reçoivent ne seraient pas utilisés.
Certains e-mails suggèrent des frustrations au sein des équipes responsables quant à leur volonté de proposer des données plus précises quant au potentiel réel des gaz de schiste.
Ainsi, par exemple, un analyste du gouvernement fédéral, décrivant une publication de l’EIA, regrettait que l’administration partage le point de vue optimiste de l’industrie. Ce dernier écrit dans un e-mail : « il semble que la science soit orientée dans une direction et que l’industrie soit orientées dans une autre. Il nous faut trouver un juste milieu, même si cela est difficile, entre les preuves scientifiques accumulées et le lobby des industriels ».
L’EIA a pour mission de proposer des informations indépendantes et impartiales servant de base à la réflexion et à la décision politique, ainsi qu’aux marchés. Sa création résulte de la crise énergétique des années 70, suite à laquelle les législateurs ont pensé que ce genre de données permettrait d’éviter des crises similaires dans le futur.
En guise de protection par rapport aux pressions politiques et industrielles, les rapports de l’EIA ne nécessitent pas l’aval de tout autre branche du gouvernement pour être validés.
L’administrateur de l’EIA, Richard G.Newell, qui a annoncé ce mois-ci son intention de démissionner pour occuper un emploi à l’Université Duke, a salué les perspectives pour le gaz de schiste, le qualifiant de révolution dans le mix énergétique des Etats-Unis : « Les perspectives énergétiques en ce qui concerne le gaz naturel ont considérablement évolué au cours des dernières années », a déclaré M. Newell lors de la Table ronde du gaz naturel, un groupe à but non lucratif lié à l’American Gas Association (association américaine du gaz). « L’un des virages les plus importants est de rôle joué par la transformation des gaz de schiste », a-t-il conclu.
Par Robbie Brown et Kitty Bennett
L’industrie automobile n’en est pas en reste. Souvent décriée, elle est aujourd’hui très consommatrice de ces nouvelles tendances environnementales. Les innovations et les stratégies commerciales poussées par les constructeurs automobiles vont toutes en ce sens : réduction de la consommation des véhicules, utilisation d’énergies alternatives, hybridation de la chaine de traction, utilisation de biomatériaux …
La méthode C2C appliquée sur un organe automobile : le panneau de porte.
Afin d’évaluer la faisabilité technique et l’intérêt d’un démarche « cradle to cradle » dans l’industrie automobile prenons l’exemple de son application sur un panneau de porte.
Un panneau de porte est un organe de l’intérieur véhicule. Il est constitué d’un assemblage de plusieurs pièces plastiques. Il a pour fonction d’habiller l’intérieur des portes du véhicule afin de les rendre esthétiques, agréables et confortables pour les passagers.

Illustration d’un panneau de porte (Crédit a2mac1)

Décomposition matière d’un panneau de porte (Crédit a2mac1)
Si la diversité matière n’est pas forcement importante sur des panneaux portes. Le traitement en fin de vie de ces composants reste compliqué. Dans un scénario « tri post broyage », la présence simultanée de polyéthylène et de polypropylène ne permet pas une dissociation de ces 2 polymères. En effet, les technologies de tri actuelles sont basées la différence de densité. Or, ses 2 matériaux présentent une densité trop proche pour pouvoir être séparés.
De plus, sur un panneau de porte, on retrouve fréquemment des pièces trilaminées (constituées de trois couches de matériaux différents) composées de polypropylène pour la structure de la pièce, la mousse pour le confort et le textile en polyéthylène pour l’esthétisme de l’habitacle intérieur. La présence de ce type de pièces trilaminées ne permet pas, après broyage ou démontage, d’assurer une dissociation parfaite des matériaux. La pureté de la matière récupérée s’en retrouve dégradée.

Illustration d’une pièce trilaminée (structure plastiques, mousse et textile) (Crédit a2mac1)
L’étude C2C se déroule en 3 phases :
Après l’analyse de l’existant, l’approche C2C a permis de définir 2 évolutions « produit » (dénommée étape 2 et 3) dont la recyclabilité fin de vie a été améliorée. Afin de borner l’étude et d’avoir une base de comparaison exploitable, les solutions proposent un coût de fabrication inférieur ou égal à l’original et le niveau de finition et de prestation est supérieur ou égal à l’existant.
Le projet étant toujours en cours d’avancement actuellement et comportant des innovations confidentielles, seul l’évolution de la décomposition matière sera présenté dans ce document.

Tableau : Evolution de la décomposition matière du panneau de porte au fil des étapes
Cette décomposition montre qu’au fil des étapes, la diversité matière du produit a diminué. Si le produit existant contient 5 matières différentes, la solution de l’étape 3 n’est plus composée que de 2 matières. Dans le cadre de la solution de l’étape 3, on retrouve toujours du polypropylène et du polyéthylène mais ceux-ci sont dissociables aisément par démontage lors de la fin de vie.
Si on évalue le taux de valorisation potentielle des différentes solutions, en faisant abstraction de la manière dont le tri est réalisé (démontage sélectif ou tri post broyage), on peut remarquer que le recyclage matière pourrait passer de 53 à 91% puis à 100%.

Tableau : Evolution du niveau recyclabilité au fil des étapes
Cette estimation est basée sur les hypothèses discutables suivantes : l’ABS/PC n’est pas recyclé du fait d’un volume très peu important (viabilité d’un débouché difficile); les mélanges de matières (P/E+PU+PES) et (P/E+PVC) ne sont valorisable que thermiquement du fait de l’impossibilité de séparer ces constituants.
Pour avoir une vision réelle de l’amélioration de la recyclabilité du panneau de porte, il est nécessaire d’évaluer la quantité et la qualité de matière récupérable selon les deux scénarios de traitement de fin de vie actuellement développés :
Les taux présentés ci-dessus peuvent correspondre à ce qu’on peut attendre d’un scénario tri post broyage. En effet, les tris se font principalement grâce à la différence de densité des matériaux. Les composants ayant des densités bien distinctes (PP < 0,95 ; 1,1 < ABS/PC < 1,2 et le PVC > 1,2), ils sont assez facilement séparables. Par contre, l’ensemble de la matière recyclée sera dégradé par rapport à sa performance originale à cause du mélange polyéthylène et polypropylène (non dissociable par tri densimétrique : PP = PE < 0,95).
Le scénario de démontage pourrait quant à lui permettre à la matière de garder plus de valeur. Par contre, l’équilibre économique du démontage, comme nous l’avons vu précédemment, est dépendant du temps de démontage et de la valeur de la matière dans la filière de recyclage. Une rapide modélisation montre qu’à un prix de 1300€ la tonne de polypropylène vierge (valeur moyenne actuellement rencontrée), l’opération de démontage n’est pas viable. Selon la modélisation, un prix 1500€ la tonne permettrait d’équilibrer la filière avec la solution de l’étape 3.
.jpg)
Tableau : Evaluation de la rentabilité d’une opération de démontage
La modélisation prend en compte les hypothèses « discutables » suivantes : valeur du polypropylène recyclé = 10% de la valeur de la matière vierge ; la conception de solutions de l’étape 3 permet de diviser par 2 le temps nécessaire au démontage. Le transport n’est pas pris en compte, ce qui ferait augmenter le seuil de rentabilité de l’opération.
En conclusion, nous pouvons dire que l’effort de conception, réalisé sur le panneau de porte dans le cadre de ce projet, permet vraisemblablement d’améliorer la quantité de matière recyclable. Si dans les conditions économiques du moment il paraît difficilement envisageable de récupérer de la matière à forte valeur ajoutée (scénario de tri post broyage), à l’avenir, si le prix de la matière augmente, cela pourrait être le cas (scénario de démontage viable).
Afin de s’assurer que les choix de conception des produits n’induisaient pas une réduction de la marge de l’entreprise, une évaluation des coûts a été réalisée. Ci-joint le résultat de l’étape 2 :
.jpg)
L’amélioration de la recyclabilité du panneau de porte n’a donc pas impacté les coûts de fabrication. Elle semble même les avoir réduits. Le niveau de finition n’ayant pas été dégradé par rapport à la solution de référence (donnée de base de l’exercice), la démarche a permis de faire émerger une marge potentiellement supérieure sur le produit.
Il est toutefois un peu hasardeux d’attribuer la réduction des coûts à la démarche entreprise dans de le cadre de ce projet. Cet effet est fortement dû à l’utilisation d’une innovation qui existait avant l’émergence de ce projet. La vertu du projet a plutôt été de l’utiliser à bon escient.
(Troisième partie de l’article à paraître le 23/02)
Par
Quentin Weymuller,
Chef de projet Innovation, FAURECIA
Philippe Aumont,
Responsable plan produit et innovation, FAURECIA
et
Jasha Oosterbaan,
Enseignant-chercheur, MINES ParisTech
Responsable des Mastères Spécialisés QSE-DD et Santé-Environnement, ISIGE – MINES ParisTech
Article réalisé dans le cadre du Mastère Spécialisé Ingénierie et Gestion de l’Environnement de l’ISIGE – MINES ParisTech
également :
En tant qu’ingénieur, vous êtes, de par votre formation, bien préparé à appréhender les technologies émergentes, à travailler sur les projets de R&D et sur le développement de nouveaux produits, et à savoir effectuer des compromis technico-économiques. Vous savez inventer à partir de feuilles de routes bien délimitées, transmises par la direction ou le marketing.
Ces schémas ne tiennent plus ! Il est devenu vital pour les entreprises de savoir innover de manière rapide et systématique. La méthode, le processus, l’outil ou l’organisation, la culture et la motivation sont les briques indispensables à ce nouveau savoir-faire de l’innovation. Autant de notions familières à l’ingénieur qui vous propulsent au cœur du dispositif d’innovation des entreprises.
L’avionneur a relativisé les problèmes rencontrés. « Il s’agit là de la vie ordinaire d’un programme aéronautique et le délai de huit mois envisagé pour les compagnies prouve à quel point ce sujet ne relève pas d’une question de sécurité aérienne », a-t-il déclaré.
L’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) prépare une consigne pour échanger 6 rivets en aluminium contre des rivets plus résistants en titane sur le nez des A380, selon le journal économique allemand. Car en cas de choc extrême, comme une brutale dépressurisation, le radôme – la coupole protégeant l’antenne du radar sur le nez de l’appareil – risquerait de se détacher.
L’échange des rivets devrait être fait dans les huit prochains mois, selon la consigne en préparation de l’AESA. Il faut compter environ trois heures et demi pour changer ces pièces, a déclaré un porte-parole d’Airbus au FTD. Début février l’AESA avait annoncé que l’ensemble des 67 Airbus A380 en service dans le monde devaient être inspectés en raison de fissures apparues dans la voilure de certains d’entre eux. Fin 2010 c’était les réacteurs Rolls-Royce équipant certains A380 qui avaient dû être révisés en urgence, après l’explosion de l’un d’entre eux en plein vol d’un avion de Qantas.
Le sujet est écologiquement sensible. Chaque État étant libre de décider de son bouquet énergétique, la Commission européenne hésite donc à se prononcer sur le gaz de schiste. En Europe, tous les pays cherchent à sécuriser leur approvisionnement en énergie et ce gaz fait parfois figure d’alternative. Certains Etats ont d’ailleurs été contraints de prendre position récemment.
A l’issue d’un débat houleux, le Parlement français a décidé, en juillet 2011, d’interdire l’utilisation de la principale technique d’extraction du gaz de schiste. Trois permis d’exploration ont été abrogés. Depuis janvier 2012, la Bulgarie a rejoint le camp français. En Allemagne, les régions attendent les résultats d’une étude sur l’impact environnemental avant de décider de poursuivre ou non les projets d’extraction.
Au contraire, la Pologne rêve déjà de devenir le “Qatar de l’Europe centrale”, confie une source diplomatique. Les premiers projets d’exploration devront débuter en 2013. L’Europe, unie dans la diversité … De son côté, le Parlement européen a commencé à s’intéresser aux risques environnementaux de l’extraction et publié une étude en juillet 2011. Certains députés veulent des règles communes pour encadrer les activités d’exploration. D’autres vont plus loin et appellent à une interdiction européenne de l’extraction du gaz de schiste pour des raisons de protection de l’environnement. Une option exclue par la Commission, qui réaffirme en janvier 2012 “qu’elle n’a nullement l’intention d’interdire l’exploration du gaz de schiste en Europe ».
Toutefois, les approches divergentes entre les États et les craintes formulées par les écologistes sur la manière dont ce gaz est exploité semble avoir finalement obligé la Commission à s’intéresser au cadre réglementaire en place.
Les conclusions d’une étude commanditée par la direction générale de l’énergie, dévoilée vendredi 27 janvier, indiquent le chemin que l’exécutif compte prendre ces prochaines années. Selon le commissaire en charge de l’énergie Günther Oettinger, “l’étude confirme qu’il n y a pas de besoin immédiat de modifier la législation européenne”.
Le résultat principal de l’étude, qui porte sur la réglementation européenne et les règles applicables en France, en Allemagne, en Suède et en Pologne, est clair. « Ni au niveau européen, ni au niveau national, nous n’avons constaté de lacunes significatives dans le cadre légal actuel », écrivent les experts. La liste des textes réglant les différentes phases de l´exploitation est longue. L’attribution des permis aux opérateurs est couverte par la directive sur les hydrocarbures.
La directive cadre sur l’eau définit les règles de base à respecter pour la protection de l’eau. L’utilisation des substances chimiques lors de l’extraction du gaz de schiste est réglementée par la directive REACH sur les produits chimiques… Aujourd’hui satisfaisant pour la Commission, le cadre réglementaire pourrait ne plus l’être dans quelques années. Les activités d’exploration se limitent actuellement à une dizaine de projets d’expérimentation dans des pays comme la Suède, la Pologne et en Allemagne.
Ainsi, si l’Europe décidait de se servir de cette ressource énergétique autant que les États-Unis – où l’exploitation commerciale du gaz de schiste compte actuellement pour plus d’un quart de la production gazière nationale – les effets cumulatifs d’une multitude de site d’exploitations devraient être examinés de plus près, expliquent les auteurs de l’étude publiée par la Commission. C’est pourquoi, Günther Oettinger a annoncé surveiller de près l’évolution dans les États membres pour s’assurer que le cadre légal reste approprié.
Cette attitude attentiste ne satisfait guère les écologistes. Neuf eurodéputés du groupe des verts au Parlement européen déplorent l’inactivité de la Commission et l’ont appelé, dans une lettre datée du 30 janvier, à améliorer la réglementation européenne. Pour Greenpeace Europe, il est également temps d’agir, car même des projets à petite échelle comportent des risques considérables. “Avant de lancer des projets d’exploration, nous devons savoir exactement dans quelle aventure s’embarquent les compagnies du secteur de l’énergie”, déclare Frauke Thies, chargée des politiques énergétiques pour l’ONG. Jusqu’à voir plus clair, toutes les activités d’exploration devraient ainsi être arrêtées.
Certains scientifiques ne vont cependant pas aussi loin. “Les risques peuvent être maîtrisés techniquement”, estime Ingo Kapp du centre de recherche géologique de Potsdam (GFZ). En Allemagne, la facturation hydraulique est employé pour l’exploitation d’autres types de ressources que le gaz de schiste depuis les années 1960. Aucun incident majeur sur l’environnement n’a été enregistré par les autorités, selon l’institut fédéral des sciences géologiques (BGR) qui conseille le gouvernement allemand.
L’étude publiée par la Commission révèle une autre faille dans les règles en vigueur. Les évaluations de l’impact environnemental ne sont pas toujours obligatoires pour les activités d’exploration, et les consultations publiques sont rares. Les quantités exploitées dans le cadre d’une simple exploration sont inférieures aux seuils critiques au-dessus desquels l’impact environnemental doit impérativement être évalué.
Ainsi, pour Mathias Altman, co-auteur de l´étude du Parlement européen, il serait opportun d’abaisser les seuils inscrits dans la directive européenne sur l’évaluation des incidences sur l’environnement (EIE). Selon la direction générale de l’énergie, ce n’est pas nécessaire, les États étant déjà tenus de faire, quoi qu’il arrive, un « examen préalable » (screening) des projets d’extraction, c’est-à-dire une procédure moins approfondie. Mais dans ce cas là, les Etats eux-mêmes jugent s’il est nécessaire d’aller plus loin et de procéder à une étude d’impact. Une manière d’être juge et partie.
Par Julian Schorpp
Source : EurActiv.fr
A lire également
Chaque fabricant doit définir son approche de l’innovation. Pour certaines sociétés, dont Swagelok, l’innovation est une valeur fondamentale. Dans ces sociétés, l’esprit d’innovation est présent dans l’ensemble de l’entreprise, des bureaux jusqu’à l’atelier. Je traiterai de l’innovation dans le développement de produits, en m’attachant à exposer les stratégies de réussite dans ce domaine essentiel.
De quelle manière la création de nouveaux produits profite-t-elle à un fabricant ? L’innovation en matière de produits, et les évolutions qui en découlent, permettent aux entreprises de se distinguer sur le marché. La création de nouveaux produits renforce l’image de la marque, accélère l’adoption des technologies, augmente les profits et favorise un environnement ouvert à de nouvelles innovations. Elle rend également le travail plus plaisant. Les collaborateurs sont mis à l’épreuve, stimulés, et se sentent reconnus lorsqu’ils savent que leurs meilleures idées deviendront réalité pour le bénéfice de tous.
Je décrirai deux stratégies essentielles pour réussir dans la création de nouveaux produits. Premièrement, déterminer la relation entre développement technologique et développement de produits dans votre entreprise, ainsi que la meilleure manière de les associer. Deuxièmement, observer les meilleures pratiques pour faire en sorte que les priorités en matière de développement de technologies et de produits correspondent au mieux aux besoins des clients.
[°page°]
Le développement technologique et le développement de produits sont deux processus différents mais interconnectés et interdépendants, et ils se déroulent souvent parallèlement. Dans le cas du développement technologique, les entreprises élaborent plusieurs approches pour résoudre un problème : émettre, évaluer et itérer des idées rapidement à travers la réalisation de prototypes et de pilotes. Par comparaison, dans le développement de produits, seule la meilleure solution est développée et mise en œuvre de la manière la plus efficace possible.
Ces deux activités s’alignent sur les objectifs de marketing d’une entreprise en matière de développement de produits. L’aspect commercial est important dans la mesure où une innovation reste une invention tant qu’elle ne rapporte rien.
La première stratégie pour une innovation réussie consiste à déterminer comment allier au mieux développement technologique et développement de produits dans votre entreprise. Les deux processus pourront suivre des trajectoires distinctes mais parallèles. Dans le développement technologique, les entreprises, pour répondre à des défis technologiques spécifiques, explorent des solutions alternatives. Les solutions qui en résultent – noyaux d’informations – sont conservées pour un usage ultérieur. Dans le développement de produits, les entreprises créent de nouveaux produits, de nouvelles gammes, ou améliorent des produit existants.
Il doit y avoir des interactions entre les deux trajectoires suivies. Les ingénieurs en charge du développement de produits devront en effet puiser dans les avancées technologiques, tandis que les ingénieurs en charge du développement technologique devront connaître les nouveaux défis auxquels sont confrontés leurs collègues concepteurs de produits. Ce processus interactif permet d’améliorer les délais de commercialisation, la rentabilité et la performance des produits.
Par exemple, pour répondre à un besoin du marché des semi-conducteurs, notre entreprise s’est lancée dans le développement d’une nouvelle vanne très haute pureté à membrane. Notre équipe de développement technologique travaillait sur de nouvelles techniques d’assemblage et d’étanchéité pour un usage éventuel dans des vannes. En s’appuyant sur ces travaux, notre équipe de développement de produits a pu développer et commercialiser rapidement une nouvelle vanne répondant à la demande du marché.
La collaboration est essentielle à la réussite de la stratégie exposée ci-dessus. Par exemple, la collaboration de l’équipe de développement de produits est cruciale pour identifier les problèmes et les possibilités en matière de développement technologique. Cette approche interactive à trajectoires distinctes tient compte de la nature progressive de l’innovation, processus dans lequel les avancées majeures sont souvent le résultat de technologies existantes combinées différemment.
[°page°]
Dans les entreprises, les innovations sont le résultat combiné d’études de marché, d’idées mûries en interne, de demandes émanant des clients, et d’autres facteurs divers. Par ailleurs, les solutions innovantes sont fréquemment découvertes par hasard.
Les fabricants maintiennent habituellement un équilibre entre, d’une part, les efforts d’innovation dictés par le marché, et, d’autre part, les efforts d’innovation reflétant les souhaits des clients. Les études de marché identifient les besoins du marché au sens large ou les demandes qui émanent de marchés spécifiques, qui motiveront l’innovation. Des ressources sont alors allouées pour soutenir les objectifs de l’entreprise en matière de développement de produits et de technologies. Les clients soumettent des problèmes spécifiques à résoudre, parfois sans cerner réellement la nature exacte du problème et sans réaliser qu’une solution est possible.
Les demandes des clients constituent une force extérieure qui stimule l’innovation. La réussite dans la création de nouveaux produits souhaités par les clients peut être facilitée si les entreprises suivent un ensemble de recommandations axées sur une communication claire et ouverte entre les différentes parties. La seconde stratégie consiste à suivre ce processus méthodique pour obtenir des résultats dans la création de nouveaux produits.
1. Rassembler toutes les données
Créer une solution pour résoudre un problème soumis par un client commence par une compréhension approfondie des besoins de ce client – les besoins réels, et pas seulement les besoins énoncés. Les concepteurs ne doivent pas se contenter de répondre à la demande. Ils doivent d’abord poser une série de questions détaillées pour clarifier le contexte, par exemple : Pourquoi avez-vous besoin de ce produit ou de cette technologie ? Comment ce produit ou cette technologie s’intègrent-ils dans un système complet ? Qu’est-ce qui affecte leurs performances ? Quelles autres solutions ont fonctionné ou échoué ? Une vision détaillée du problème peut révéler l’existence d’une solution plus complète, au lieu d’une solution répondant simplement à la demande initiale du client.
2. Rassembler les parties véritablement concernées et faire en sorte qu’elles soient en phase
Une communication ouverte est essentielle pour arriver à la meilleure réponse possible au problème posé par un client. En général, les clients commencent par faire part de leur demande
aux responsables commerciaux. Il est important de faciliter la collaboration entre les équipes techniques des deux parties, cela pour assurer une bonne transmission de l’information et pour encourager une communication entre pairs, ce qui enrichira la relation et contribuera à garantir la mise au point de solutions appropriées.
Il est nécessaire que les ingénieurs des deux entreprises partagent des informations détaillées concernant l’application et qu’ils examinent ensemble les problèmes techniques le plus tôt possible dans le cycle de conception. Le fait de réunir des personnes parlant le même langage technique favorise le partage d’informations, le brainstorming et l’efficacité, tout en permettant aux différentes parties d’acquérir une connaissance approfondie du projet.
3. Rester à l’avant-garde
Les concepteurs de technologie ont de plus grandes chances de pouvoir répondre aux futures demandes de leurs clients lorsqu’ils explorent de manière proactive les possibilités du marché et les applications potentielles. Comme cela a été évoqué précédemment, un moyen pour structurer ces efforts proactifs consiste à établir une trajectoire pour le développement technologique distincte de celle du développement de produits, mais parallèle à celle-ci. Mettre au point des solutions à des problèmes spécifiques avec des technologies émergentes, en devançant les demandes des clients, permet de garantir une bonne utilisation de ces solutions lorsque celles-ci deviennent nécessaires pour répondre aux exigences des applications. En procédant de la sorte, les concepteurs ont la capacité de répondre plus rapidement, et de manière plus efficace, aux besoins des clients.
4. Réaliser des prototypes très tôt et souvent
La réalisation précoce de prototypes – même pour des composants simples – permet aux concepteurs de tester et d’affiner les produits avant d’aller trop loin dans le processus de développement. On pourra recourir à des techniques telles que les prototypes virtuels ou l’analyse virtuelle de la conception. Les concepteurs doivent tester les nouvelles idées et réaliser des études de faisabilité tout au long d’un projet, afin d’en déterminer les chances de succès ou d’échec. Ensuite, alors que le processus de développement se poursuit, il est possible d’effectuer des ajustements sans pour autant devoir procéder à des changements majeurs. Ces prototypes précoces sont souvent moins chers que des systèmes complets et peuvent être réalisés plus rapidement, d’où des coûts moindres et un temps de développement plus court.
En collaboration avec le client, il est conseillé de tester d’abord les pièces présentant les risques les plus élevés ou qui ont posé le plus de problèmes. Ainsi, les entreprises et leurs clients, avant d’investir du temps, de l’énergie ou de l’argent, sont plus à même de déterminer la présence éventuelle d’obstacles insurmontables qui pourraient imposer de mettre un frein à un projet. Même lorsqu’un projet ne remplit pas son objectif initial, il peut tout de même être considéré comme une réussite. Le processus de collaboration renforce les relations entre clients et concepteurs, et permet à chaque partie de mieux appréhender les besoins et les capacités de l’autre, ce qui contribue à faciliter la mise en œuvre du projet suivant.
[°page°]
Les fabricants qui mettent en œuvre les meilleures pratiques dans la création de nouveaux produits souhaités par les clients peuvent en tirer d’importants bénéfices. En général, les activités dans ce domaine nécessitent peu d’investissements et présentent peu de risques. Bien que les bénéfices prévus soient également moindres en raison d’une base d’utilisateurs potentiels moins importante, ces activités peuvent être d’une grande importance avec de gros clients, dans la mesure où elles développent la capacité de réaction et contribuent à l’image de la marque.
Par ailleurs, du fait que les clients sont impliqués, les entreprises abordent des problèmes réels et actuels. Normalement, si le problème est résolu, le client achètera la solution, d’où une adoption accélérée de la technologie et des profits plus importants. Ces activités axées sur les clients créent également un environnement propice aux nouvelles idées et à l’élargissement d’une gamme de produits. Par ailleurs, les relations client-concepteur s’en trouvent également renforcées, et ce processus peut conduire à de futures collaborations, sources de réussite pour les deux parties.
Le fait de suivre ces recommandations dans le travail avec les clients, tout en approchant de manière stratégique la relation entre le développement technologique et le développement de produits, peut contribuer au succès d’une entreprise en matière d’innovation. Les efforts consentis en valent la peine. Un fabricant connu pour ses innovations se distingue sur le marché. En interne, la création de nouveaux produits est également payante pour une entreprise : elle offre l’occasion de célébrer une réussite et de reconnaître le travail de tous ceux qui y ont contribué.
également :
En tant qu’ingénieur, vous êtes, de par votre formation, bien préparé à appréhender les technologies émergentes, à travailler sur les projets de R&D et sur le développement de nouveaux produits, et à savoir effectuer des compromis technico-économiques. Vous savez inventer à partir de feuilles de routes bien délimitées, transmises par la direction ou le marketing.
Ces schémas ne tiennent plus ! Il est devenu vital pour les entreprises de savoir innover de manière rapide et systématique. La méthode, le processus, l’outil ou l’organisation, la culture et la motivation sont les briques indispensables à ce nouveau savoir-faire de l’innovation. Autant de notions familières à l’ingénieur qui vous propulsent au cœur du dispositif d’innovation des entreprises.
Pour quasiment chaque environnement et chaque application, vous trouverez dans la gamme KIPP le verrou quart de tour adéquat ayant l’indice de protection IP65.
Dans leur version standard, les verrous quart de tour KIPP sont actionnés à l’aide d’une clé à douille conforme à la norme industrielle et s’utilisent aussi bien en configuration droite que gauche.
Le barillet et le boîtier sont fabriqués en alliage moulé sous pression chromé brillant ou galvanisé. Le joint torique intérieur ainsi que le joint d’étanchéité extérieur empêche la poussière et l’humidité de pénétrer dans le mécanisme. Les verrous quart de tour KIPP peuvent être verrouillables et sont disponibles de couleur noire ou en matière plastique. La gamme est complétée par des couvercles anti-poussière, des poignées d’ouverture et des clés à douille.
Les verrous quart de tour KIPP avec came étagée constituent la solution pour des applications où une pression moyenne de fermeture du couvercle contre le joint du boîtier est requise.
Pour une fermeture sûre et une pression d’application optimale, le verrou quart de tour à compression est l’outil idéal: la première rotation de 90° place la came étagée en position de fermeture, au cours de la deuxième rotation de 90°, le couvercle est fermement serré dans le sens axial. L’utilisation d’un engrenage planétaire avec une importante course de compression garantit une fermeture sûre et optimale.