Nouveaux moteurs « eco-responsables » aux Etats-Unis

Avec la prise de conscience progressive des raisons du changement climatique, la pression exercée sur les fabricants de moteurs est de plus en plus grande afin qu’ils adoptent des pratiques éco-responsables, notamment la réduction des émissions de gaz de carter ou le passage aux carburants écologiques renouvelables. 

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) et l’Union européenne (UE) ont instauré de nouvelles réglementations strictes sur les taux d’émission tolérés pour les polluants comme le NOx, les particules, les hydrocarbures, le CO et le CO2. Ces textes ont des implications considérables pour les fabricants et exploitants de véhicules roulants et d’engins mobiles non routiers. 

Dans le secteur de la marine, il existe une législation équivalente appelée MARPOL MPEC 58/23. Sa version réactualisée (Tier 2) est entrée en vigueur en janvier dernier et des restrictions supplémentaires sont attendues pour les années à venir. Pour pouvoir se conformer à l’évolution des objectifs d’émissions, des efforts de développement constants doivent être menés.

Parker Racor vient de mettre au point le Super Impactor, un système de séparation des gaz innovant, simple et efficace, dépourvu de pièces en mouvement, répondant aux futures normes Euro 6 et Tier 4. 

Séparation par impact

A la suite de ses recherches sur les contraignants et couteux systèmes concurrents de centrifugation alimentée par air comprimé, Parker Racor a inventé un nouveau système de séparation par impact, en accélérant la vitesse des aérosols au delà de 100 mètres/seconde. Pour y parvenir, l’huile sous forme d’aérosols doit être accélérée à la même vitesse d’impact que celle d’un système de centrifugation. L’utilisation d’un très faible débit d’air du turbocompresseur permet cette accélération, aboutissant à des résultats significatifs et fiables. Cette nouvelle technologie, baptisée Super Impactor, est totalement dépourvue de pièces en mouvement et de consommables, facile à mettre en œuvre, compacte et ne nécessite aucune  maintenance.  

Les premières versions ont été intégrées l’année dernière à des moteurs de série. « Les volumes de production commencent à augmenter avec l’arrivée sur le marché des moteurs conformes aux nouvelles normes Tier 3b  et 4 »,  annonce Parker.

« Le premier Super Impactor mono-étagé a atteint une efficacité de séparation de 95 à 97% » précise Parker Racor. « Toutefois, d’autres variantes, parmi lesquelles des systèmes d’impact multi-étagés équipés de filtration secondaire sans entretien, ont même atteint des efficacités exceptionnelles de 99,6% dans le cadre d’essais de longue durée ». 

L’essentiel du travail de développement a été mené à bien dans les laboratoires d’ingénierie internes de Parker situés dans le  Yorkshire, en Angleterre, en partenariat étroit avec l’université de Leeds. 

Racor précise : « l’avantage essentiel de ce système est sa flexibilité : la technologie peut être utilisée soit en circuit fermé, le gaz de carter étant ramené vers le turbo, soit en circuit ouvert avec une efficacité élevée. Le Super Impactor ne nécessite aucun entretien ni maintenance. Il intègre aussi une régulation optimisée de pression/débit, garante du maintient de l’efficacité du système pendant toute la durée de vie du moteur.  

La technologie du Super Impactor a été étudiée pour être intégrée facilement dans les moteurs. 

Ainsi Parker contribue à la réduction des émissions de gaz par des moyens simples et économiques en conformité avec les réglementations de plus en plus strictes tout en améliorant significativement les performances globales et le rendement des moteurs.

Publié par Pierre Thouverez

L’essentiel de Reach (février) 1/2

Exportation de produits chimiques dangereux : 7 nouvelles substances

01/02/2012

Le règlement PIC relatif aux exportations et importations de produits chimiques dangereux a été de nouveau modifié. Sept produits chimiques supplémentaires sont soumis à des procédures de notification : dichlobénil, dicloran, éthoxyquine, propisochlore, bromure de méthyle, cyanamide et flurprimidol. Les substances triflumuron et triazoxide, dont l’utilisation dans les pesticides vient d’être autorisée, sont en revanche retirées de la liste des substances soumises à notification d’exportation.

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:026:0023:0025:FR:PDF

Directive-cadre sur l’eau – Quinze molécules rejoindraient la liste des substances dangereuses

01/02/2012

La Commission européenne propose de durcir la directive-cadre sur l’eau (DCE). Elle a identifié quinze nouvelles molécules qu’elle voudrait voir s’ajouter à la liste des trente-trois polluants déjà surveillés et contrôlés dans les masses d’eau européennes. Pour la première fois, trois substances issues de médicaments entreraient dans cette liste : 17-alpha-éthinylestradiol (EE2), 17-bêta-estradiol (E2) et diclofénac. Six de ces quinze nouvelles substances entreraient directement dans la catégorie « substances dangereuses prioritaires », qui implique la suppression progressive de leur déversement dans l’eau dans un délai de vingt ans (dicofol, PFOS, quinoxyfen, dioxines et composés, HBCDD, heptachlore). Par ailleurs, la Commission souhaiterait que deux des substances qui étaient déjà dans la liste des 33 substances comme « substances prioritaires » passent au statut de « substances dangereuses prioritaires ». Il s’agit de l’endosulfan et du trifluralin. Plus d’informations sur : 

http://ec.europa.eu/environment/water/water-dangersub/pri_substances.htm#list

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/12/88&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr

2300 substances déjà identifiées pour l’enregistrement de 2013 

03/02/2012

Fin 2011, l’ECHA a interrogé les entreprises pour obtenir une image précise de toutes les substances phase-in destinées à être enregistrées en 2013. Pour cela, l’ECHA a contacté toutes les entreprises qui avaient déclaré dans leur pré-enregistrement leur intention d’enregistrer une substance avant la seconde échéance de REACH. La date limite d’enregistrement du 31 mai 2013 concerne tous les déclarants potentiels de substances phase-in fabriquées ou importées dans l’UE dans des quantités comprises entre 100 et 1000 tonnes par an. 

L’ECHA invite les entreprises à consulter régulièrement cette liste. Les résultats préliminaires de l’enquête révèlent une liste de 2 300 substances qui seront enregistrées pour la première fois. L’ECHA mettra à jour la liste mensuellement et souhaite qu’elle soit aussi complète que possible. 

Pour les deux tiers de ces 2 300 substances, un déclarant principal a été nommé et l’ECHA souhaite publier leurs noms. Tout déclarant principal nouvellement nommé est invité à notifier cette information à l’ECHA en utilisant le formulaire dédié (ce formulaire peut également être utilisé pour mettre à jour les données précédemment soumises). Plus d’information sur :

http://echa.europa.eu/en/web/guest/view-article/-/journal_content/ab06aa2b-8c2f-4273-a628-e2fdfaf2a6f4

Campagne « REACH 2013 – Act now » de l’ECHA 

En vue d’aider les entreprises à se préparer à l’échéance d’enregistrement de 2013, l’ECHA propose une série de Webinars. Les deux prochains, destinés aux déclarants principaux, portant sur les informations requises partie I et II se dérouleront le 29 février 2012 et le 7 mars 2012 (libres d’accès sur inscription). 

http://echa.europa.eu/web/guest/support/training-material/webinars#Lead_registrant_importance

Dans le cadre de cette campagne un Workshop pour les déclarants principaux s’est déroulé le 2 et 3 février à Helsinki. Les présentations et les enregistrements vidéo sont maintenant disponibles.

http://echa.europa.eu/en/web/guest/view-article/-/journal_content/b5961cb7-ee61-4c40-9a14-9068f23f28f9

Informations pour éviter les essais inutiles sur les animaux – une nouvelle substance concernée

04/02/2012

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur une nouvelle substance pour éviter les tests inutiles sur les animaux : furannedione-2,5, dihydro-, dérivés mono-alcényles en C15-20 (N° CAS : 68784-12-3 et N° CE : 272-221-2)

Les informations sur ces substances sont à soumettre pour le 19 mars 2012. 

http://echa.europa.eu/information-on-chemicals/testing-proposals/current

Séances de pré-soumission de l’information

06/02/2012

Les futurs candidats pour l’autorisation peuvent demander une séance de pré-soumission d’information auprès de l’ECHA afin de clarifier les questions liées à la réglementation et à la procédure de demande d’autorisation. Plus d’information sur : 

http://echa.europa.eu/web/guest/applying-for-authorisation/pre-submission-information-sessions

Mise à jour de l’annexe XVII de REACH

09/02/2012

Un règlement de la Commission européenne, du 9 février 2012, met à jour l’annexe XVII du règlement REACH qui fixe les restrictions applicables à la mise sur le marché et à l’utilisation de certaines substances, mélanges ou articles dangereux.

Cette mise à jour porte sur les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR). Elle résulte de l’inclusion d’un certain nombre de substances nouvellement classées CMR dans le règlement relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges (CLP). Le nouveau règlement vient adapter la liste des substances CMR du règlement REACH concernées par l’interdiction de vente au grand public afin de les aligner sur les entrées correspondantes du règlement CLP.

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:037:0001:0049:FR:PDF

Publication de l’inventaire des classifications et étiquetages des substances chimiques

13/02/2012

L’ECHA a publié le 13 février le premier inventaire européen des classifications et des étiquetages des substances chimiques. Cet inventaire établit la classification de toutes les substances chimiques utilisées dans l’Union Européenne et permet ainsi d’identifier celles qui sont potentiellement dangereuses et susceptibles de nuire à la santé et à l’environnement. Plus de 90.000 substances sont répertoriées (substances soumises par les fabricants et importateurs dans le cadre du règlement CLP ou enregistrés en vertu du règlement REACH. L’inventaire en anglais, est accessible librement sur le site de l’ECHA. Cette base de données doit permettre à l’industrie, et en particulier aux petites entreprises, d’accéder aisément aux informations relatives à la dangerosité d’une substance, de faciliter le classement et l’étiquetage des substances et des mélanges, ou de remplacer les substances dangereuses par des produits moins nocifs lorsque cela est possible.

La Commission avertit toutefois que l’inventaire est susceptible de contenir des informations divergentes pour des substances identiques. L’inventaire doit donc servir de base aux entreprises qui devront s’efforcer de convenir d’une classification uniforme pour une substance donnée, comme l’exige le règlement CLP.

A cette fin, l’ECHA doit élaborer un outil de communication spécifique qui facilitera les contacts entre les fabricants et les importateurs de produits chimiques. Il est prévu que l’Agence actualise régulièrement le contenu de l’inventaire.

Cet inventaire est accessible à partir du lien suivant : 

http://echa.europa.eu/web/guest/information-on-chemicals/cl-inventory

 

Par Céline Nectoux, ingénieur environnement CNRI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dernières NEWS REACH :

Et aussi :

Avec Eight19, l’éclairage solaire devient accessible aux plus pauvres

Dans le passé, de nombreuses ONG ont essayé de diffuser les technologies d’éclairage solaire mais se sont heurtées aux équations économiques. Le coût du solaire PV a été divisé par 3 ces 5 dernières années, et pour environ 50 dollars, il est à présent possible d’obtenir un panneau solaire, une batterie lithium phosphate et une lampe LED permettant d’éclairer une petite pièce. Cela devient attractif, le temps de retour sur investissement est d’environ 1 an compte-tenu des économies réalisées en kérosène, mais nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens de sortir cette somme d’emblée. D’où l’innovation potentiellement très prometteuse proposée par Eight19.

Start-up née à Cambridge, spécialisée dans le photovoltaïque organique et soutenue par Carbon Trust et Rhodia, Eight19 a intégré au kit d’éclairage solaire un système électronique de type téléphonie mobile: l’usager obtient le kit complet « IndiGo » pour 10 dollars, et doit verser environ chaque semaine 1 dollar pour obtenir un code qui lui permet d’activer le kit.  Grâce à ce modèle économique innovant pay-as-you-go, qui rappelle celui de l’opérateur de mobilité durable BetterPlace, l’éclairage solaire devient à portée de main pour les populations plus pauvres de la planète.

Un investissement amorti sur un an

Au bout d’environ 1 an, une fois l’investissement remboursé étape par étape, les populations s’éclairent gratuitement, et peuvent alors investir dans un nouveau kit solaire pour par exemple recharger un téléphone mobile, une radio, un micro-ordinateur ou un petit téléviseur. C’est ce qu’Eight19 appelle l’«Energy Escalator ». Accéder peu à peu au confort moderne, sans dons ni subventions.

La start-up, qui a fait sensation à l’occasion du World Futur Energy Summit à Abu Dhabi fin janvier 2012, a réunit 5 millions de dollars, ce qui va lui permettre d’aller au-delà de la première phase d’installation de 4000 kits en Afrique de l’est avec l’aide de l’ONG SolarAid. 

Eight19, huit minutes et 19 secondes. C’est le temps que met la lumière du soleil à venir sur Terre. Plus que jamais, l’énergie solaire a le potentiel pour faire sortir l’humanité de l’âge de la bougie. Ceci à la vitesse d’un business-model éco-intelligent.

Par Olivier Danielo

 

 

également : 

Fiches pratiques : Déployer l’innovation à 360°

En tant qu’ingénieur, vous êtes, de par votre formation, bien préparé à appréhender les technologies émergentes, à travailler sur les projets de R&D et sur le développement de nouveaux produits, et à savoir effectuer des compromis technico-économiques. Vous savez inventer à partir de feuilles de routes bien délimitées, transmises par la direction ou le marketing.

Ces schémas ne tiennent plus ! Il est devenu vital pour les entreprises de savoir innover de manière rapide et systématique. La méthode, le processus, l’outil ou l’organisation, la culture et la motivation sont les briques indispensables à ce nouveau savoir-faire de l’innovation. Autant de notions familières à l’ingénieur qui vous propulsent au cœur du dispositif d’innovation des entreprises.

EN SAVOIR PLUS

Les nouveaux verrous quart de tour KIPP : Un verrouillage fiable et sûr même dans le cas de fermeture avec pression élevée

 

Pour quasiment chaque environnement et chaque application, vous trouverez dans la gamme KIPP le verrou quart de tour adéquat ayant l’indice de protection IP65.

Dans leur version standard, les verrous quart de tour KIPP sont actionnés à l’aide d’une clé à douille conforme à la norme industrielle et s’utilisent aussi bien en configuration droite que gauche.

Le barillet et le boîtier sont fabriqués en alliage moulé sous pression chromé brillant ou galvanisé. Le joint torique intérieur ainsi que le joint d’étanchéité extérieur empêche la poussière et l’humidité de pénétrer dans le mécanisme. Les verrous quart de tour KIPP peuvent être verrouillables et sont disponibles de couleur noire ou en matière plastique. La gamme est complétée par des  couvercles anti-poussière, des poignées d’ouverture et des clés à douille.

Les verrous quart de tour KIPP avec came étagée constituent la solution pour des applications où une pression moyenne de fermeture du couvercle contre le joint du boîtier est requise.

Pour une fermeture sûre et une pression d’application optimale, le verrou quart de tour à compression est l’outil idéal: la première rotation de 90° place la came étagée en position de fermeture, au cours de la deuxième rotation de 90°, le couvercle est fermement serré dans le sens axial. L’utilisation d’un engrenage planétaire avec une importante course de compression garantit une fermeture sûre et optimale.

Pour en savoir plus

Une nouvelle technologie permet de retirer le césium de l’eau

Ce procédé, détaillé dans le schéma suivant se décompose en plusieurs phases :

 

Schématisation du procédé
(Crédits : G. Charmier, Ambassade de France au Japon)

1. L’absorbant de césium (se présentant sous la forme d’une solution aqueuse d’ions ferrocyanures) est ajouté à l’eau contaminée. Cette addition provoque la formation d’un complexe de césium ;
2. Une solution d’ions ferriques est ensuite ajoutée ;
3. Une solution alcaline aqueuse d’ions chlorure est additionnée afin de pouvoir magnétiser le complexe de césium préalablement formé ;
4. Le complexe de césium magnétique est ensuite retiré de l’eau à l’aide d’un aimant.

Selon la compagnie JNC, cette technologie permet d’obtenir de meilleurs résultats quant à la décontamination des eaux radioactives que les techniques existantes, telle l’utilisation d’adsorbants solides comme les zéolites. JNC affirme avoir ainsi obtenu d’importants taux de décontamination en un temps relativement court : pour une solution d’eau de mer d’une concentration de 10 ppm de césium, 99,5 % de l’isotope radioactif a pu être retiré en 10 minutes.

JNC met en avant les multiples applications possibles de cette technologie, telle que la décontamination de l’eau de lavage issue des procédés de décontamination des sols. La société met aussi l’accent sur le faible coût des matériaux et solutions utilisées pour le procédé. Elle annonce être en cours de transposition du procédé à l’échelle industrielle pour une commercialisation dans un proche avenir.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/068/68704.htm)

 

À lire aussi :

Catastrophe de Fukushima : la décontamination reprend

La dépollution des eaux radioactives par les algues

Un champignon pour dépolluer les sols contaminés ?

« Les centrales françaises ont un haut niveau de sûreté »

Production : Universcience 2012

A lire également :

 

Les pétroliers pour une fiscalité revue et un débat sur le gaz de schiste

L’Ufip a présenté lors d’une conférence de presse une « contribution au débat sur l’énergie » national, en plaidant pour que le secteur pétrolier français, qui constitue un « contributeur important à l’économie et à l’emploi« , ne soit pas « pénalisé » par rapport à ses concurrents européens.

L’organisation a appelé le gouvernement à prendre des mesures pour éviter à terme une « disparition pure et simple de l’outil de raffinage français« , alors que les raffineries hexagonales ont perdu plus de 2 milliards d’euros depuis 2009.

Elle propose notamment une « harmonisation progressive, à un rythme acceptable pour le consommateur, des fiscalités entre essences et gazole« , qui permettrait de rééquilibrer les ventes de carburant. Selon elle, les ventes de gazole sont quatre fois plus élevées que celles d’essence, ce qui oblige le secteur à importer massivement du gazole et exporter de l’essence.

L’Ufip prône également une transposition des réglementations européennes en matière d’environnement « sans surenchère » et une prise en compte du « bilan coût/bénéfice » avant d’instaurer toute contrainte supplémentaire.

Elle suggère en outre des mesures pour atténuer la chute du nombre de stations-service en France, comme des « adaptations réglementaires » en faveur des stations menacées.

Du côté de l’exploration et de la production de pétrole et de gaz, l’Ufip appelle la France à « mettre en valeur les ressources en hydrocarbures sur son territoire pour favoriser la réduction de sa dépendance en matière d’énergie« .

Cela passe selon elle par l’ouverture d’un débat public « constructif et rationnel » sur l’exploitation des gaz de schiste, libéré de « toute considération idéologique« .

L’Ufip demande également une mise en place rapide de la commission de suivi prévue par la loi de 2011 qui a interdit le recours à la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste, et une réforme du code minier afin que citoyens et élus soient mieux impliqués dans les consultations sur les projets pétroliers.

AFP

A lire également

L’Impossible capitalisme vert

L’ouvrage montre, dans un style résolument polémique, les contradictions entre l’écologique et le social, entre la protection de l’environnement et la défense de l’emploi. Il dépasse les traditionnels débats d’idées sur le capitalisme vert, la consommation verte, les emplois verts… , qui ne mesurent pas leurs réels enjeux et leurs difficultés de mise en œuvre.

Constatant l’échec du sommet de Copenhague (décembre 2009) sur les changements climatiques, l’auteur (fondateur de l’ONG « Climat et justice sociale ») souligne l’urgence des mesures visant à lutter contre le réchauffement climatique. Il dénonce notamment les offensives des « climato-sceptiques » qui cherchent à déligitimer le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Il montre que ce phénomène planétaire – qu’il juge inhérent au capitalisme industriel et financier –  aura de graves conséquences économiques et sociales, en particulier pour les pays en développement.

Il considère que les « correctifs marchands » appliqués dans certains pays (normes environnementales,  « éco-taxes », « marchés carbone »…) n’ont pour effet que de préserver la rentabilité des entreprises sans s’attaquer réellement au phénomène. Il prône la mise en place d’une planification de la production d’énergie à l’échelle du globe, ainsi que des transferts massifs de technologies en faveur des pays émergents. Cette réorganisation viserait une maximisation du bien-être plutôt que du profit, la conception de « biens sobres et durables », la limitation de la consommation marchande et la réduction de la durée du travail.

 

L’impossible capitalisme vert

Daniel Tanuro

Éditions La Découverte, 2011, 303 pages.

 

Jean-Jacques Pluchart

Jean-Jacques Pluchart est professeur des Universités en sciences de gestion et responsable du Master GMDE (Gestion et Méthode de Décision d’Entreprise) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est co-auteur de nombreux ouvrages d’économie et de gestion dont Master stratégie (Eska,2009), Euro-gouvernance et euro-management (Eska, 2010), Le management durable de l’entreprise (SEFI, 2011), Repenser la planète finance (Eyrolles, 2009) et La confiance en gestion (de Boeck, 2011).

Aux Techniques de l’Ingénieur, il est l’auteur de la base documentaire Management stratégique et gouvernance d’entreprise  :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin : 

 
 
 

 

 

 

 

 

Vague de froid – Pointe de consommation électrique : qui est responsable ?

L’on a donc tôt fait de faire porter la responsabilité de ces pointes de consommation par grand froid au chauffage électrique qui a pris, en raison de son attractivité économique, des parts de marché importantes dans la construction neuve jusque récemment. Mais qu’en est-il vraiment ?

En 1990, lorsque j’étais Directeur général d’EDF, la baisse d’1°C des températures hivernales, se traduisait par un accroissement de consommation de l’ordre de 1100 mégawatts, soit l’équivalent de deux grosses unités de production électrique brûlant du fioul ou du charbon. Aujourd’hui, cette sensibilité de la consommation hivernale à la température aurait plus que doublé : une baisse de température de un degré entraîne un accroissement de la consommation de 2300 mégawatts. Or, durant la même période (1990-2011), la consommation d’électricité pour le chauffage des logements « tout-électriques » a progressé d’à peine plus de 20 %. Le développement du chauffage électrique, en tant que mode de chauffage principal, ne peut donc expliquer qu’une petite partie de l’accroissement de la sensibilité des consommations à la température.

Alors qui est le coupable de ces pics de consommation ? Le suspect n°1 est, évidemment, le chauffage électrique d’appoint que certains qualifient de « sauvage ». Bon an mal an, 1 million d’appareils de chauffage électriques mobiles sont vendus en France, en particulier en grandes surfaces. Nombre d’entre eux  sont mis en service en période de grand froid, dans les locaux mal chauffés et/ou mal isolés.

Quelles solutions seraient envisageables, sachant qu’affronter les pointes de consommation coûte cher à la collectivité nationale, en investissement, en combustible,  voire en importation ? Il est de toute façon à craindre que ces pointes se répercuteront tôt ou tard sur les factures des consommateurs.  Alors que faire ? Interdire l’achat des appareils de chauffage électrique mobiles n’est pas concevable…

L’appel au civisme, avec une attention particulière aux utilisations superficielles d’électricité, est, lui, une bonne chose : il a eu des effets bénéfiques durant l’actuelle vague de froid mais ses effets ne peuvent être que limités.

La vraie solution est de pouvoir s’appuyer sur un portefeuille de consommations « effaçables » à la demande de l’exploitant du réseau, dont la plus grande part pourrait être précisément constituée par des « logements électriques » : dans un logement bien isolé, on ne perd rien en confort à faire fonctionner le chauffage un peu l’après-midi et un peu la nuit,  plutôt que de le pousser au maximum pendant la pointe de 19 heures ! L’innovation en matière de régulation est donc stratégique autant qu’incontournable.

La maîtrise des pointes de consommation électrique passera donc par une régulation-programmation fine des logements électriques en dialogue avec l’opérateur de réseau, à travers les smart grids de l’avenir. Et, dans une vision d’avenir et de manière quelque peu paradoxale, plus il y aura de logements électriques, mieux la régulation du réseau sera assurée !

Par Jean Bergougnoux, Président de l’association Equilibre des Energies

(Crédit photo : AFP)

Les impacts environnementaux des TIC (1/3)

L’ADEME part de ce constat pour évaluer les impacts environnementaux des TIC et a lancé dans ce but une étude, réalisée elle aussi par BIOIS, et accompagnée des avis d’experts indépendants. L’ADEME retient trois usages pour en faire analyser les cycles de vie : les courriers électroniques, les requêtes et l’utilisation de supports comme les clés USB.

Les résultats de l’étude, en termes d’impacts potentiels, sont illustrés, selon l’ADEME,  à travers la lecture des trois indicateurs les plus pertinents : le potentiel de changement climatique, l’épuisement potentiel des métaux, reflétant la consommation des ressources et l’épuisement potentiel des ressources fossiles, lié notamment au mix énergétique utilisé.

247 milliards de courriels ont été échangés chaque jour dans le monde en 2009, y compris les spams. Pour 2013, on en prévoit 507 milliards… En France, en se fondant sur des chiffres moyens (entreprise de 100 personnes, 58 courriels reçus par personne, 33 envoyés, d’une taille moyenne d’un Mo), cela entraîne, sur 220 jours ouvrés, 13,6 tonnes d’émission de gaz à effet de serre.

Décupler le nombre de destinataires d’un courriel de 1 Mo revient à multiplier par 4 l’impact sur le changement climatique. En mesurant sur 2, 3 ou 4 destinataires, l’étude montre qu’environ 6 g éqCO2 supplémentaires sont émis par destinataire. Cela représente 44 kg éqCO2 par an et par employé : « Réduire de 10 % l’envoi de courriels incluant systématiquement son responsable et un de ses collègues au sein d’une entreprise de 100 personnes permet un gain d’environ 1 tonne équivalent CO2 sur l’année (soit environ 1 aller-retour Paris/New-York). »

L’impression d’une pièce jointe de 4 pages  a bien entendu une forte influence sur le potentiel de changement climatique, et le format d’impression demandé n’y est pas étranger. Par contre les impacts de la lecture de cette même pièce sur l’écran sont directement liés au temps d’utilisation de l’ordinateur : « Diminuer de 10 % le taux d’impression des courriels reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permet d’économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an (soit l’équivalent d’environ 5 allers-retours New-York/Paris). »

En comparant l’envoi d’un courriel de 1 Mo à une personne à l’envoi du même courriel à une personne qui le stocke 6 mois sur son serveur et à une autre qui le sauvegarde 3 mois avant de le supprimer, l’étude montre que « plus le courriel est conservé longtemps, plus il a un impact négatif sur le potentiel de changement climatique. Son rôle dans l’épuisement du potentiel de ressources fossiles est également accru. »

Les scenarii ont également permis de mesurer  la différence d’émissions de gaz à effet de serre si 10 % de ces employés de cette même entreprise française de 100 personnes envoient les documents sans les compresser, passant donc ainsi à un message de 10 Mo : « Diminuer de 10 % la proportion d’envoi de courriels de 10 Mo au sein d’une entreprise de 100 personnes permettrait un gain de 8 tonnes équivalent CO2 sur un an (équivalent à 8 allers-retours New-York/Paris). »

Les deux autres volets de l’étude, sur les requêtes sur le Web et les clés USB feront l’objet de la deuxième partie de cet article. Mais trois recommandations sont d’ores et déjà de mise :

  • Éviter d’imprimer systématiquement chaque document, quelle que soit sa nature ;
  • Rationaliser le nombre de destinataires des courriels ;
  • Nettoyer régulièrement sa messagerie électronique.

Par Claudine / blog EcoCO2

 

À lire aussi :

Les TIC sont bonnes pour l’environnement

Plus d’éthique dans les STIC

L’Europe veut doubler ses investissements dans les TIC d’ici 2020

 

Pour aller plus loin : 

 
 
 

De nouvelles découvertes sur les propriétés du cuivre

L’étude est d’une grande importance car la Suède devrait être parmi les premiers pays à se doter d’un site de stockage final en couches géologiques profondes du combustible nucléaire usé d’ici 2025. Le pays a choisi d’encapsuler le combustible dans des conteneurs en cuivre. Connaître les mécanismes de réaction de l’hydrogène et de l’oxygène avec le cuivre métallique est donc primordial pour assurer la sécurité du dispositif de stockage. L’étude a été initiée afin de déterminer, entre autres, s’il existait une structure du cuivre encore plus stable que les composés déjà connus et qui résisterait davantage à la corrosion. Selon les principes d’oxydo-réduction, le composé d’hydroxyde de cuivre (I) existerait mais ne serait malheureusement pas stable.

Dans les domaines de production d’hydrogène et des piles à combustible, le cuivre est aujourd’hui étudié comme un éventuel matériau de substitution. Le nombre croissant d’applications potentielles des matériaux cuivrés renforce l’intérêt porté sur les études pour la compréhension des propriétés physiques et chimiques des composés cuivrés stables et instables.

Selon le professeur Pavel Korzhavyi de KTH, son équipe est maintenant en mesure de démontrer l’existence de l’hydrure de cuivre (CuH) et de l’hydroxyde de cuivre (CuOH) sous forme solide. L’étude a également permis de mettre à jour certaines propriétés chimiques et physiques de ces deux composés. L’état solide est une forme métastable. Ainsi, sous cette forme, l’hydrure de cuivre (CuH) se décompose spontanément en cuivre métallique et en hydrogène. D’après des calculs théoriques, l’hydroxyde de cuivre (I) se décomposerait en oxyde de cuivre (I) et en eau. Les oxydes et les hydroxydes métalliques, ainsi que les hydrures sont des composés chimiques très importants ayant de nombreuses applications.

De nombreuses études sont également menées pour étudier les possibilités d’oxydation du cuivre en milieu anoxique. Suite au dépôt du dossier de demande de construction du site de stockage final du combustible usé par le Centre suédois de traitement des déchets nucléaires (SKB), l’Autorité suédoise de sûreté nucléaire (SSM) a commissionné Studsvik Nuclear AB afin de confirmer l’existence de ce phénomène annoncé par des chercheurs de l’Ecole royale polytechnique de Stockholm (KTH). SKB a, de son côté, fait appel au professeur de chimie, Mats Boman, de l’Université d’Uppsala pour étudier la réaction.

Il est encore trop tôt pour savoir si cela aura des conséquences sur la méthode de stockage proposée par SKB. Mais selon les premiers résultats annoncés par Studsvik Nuclear AB, le cuivre pourrait s’oxyder en milieu anoxique.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69067.htm)

 

À lire aussi :

Une chemise d’eau résistante à la corrosion marine grâce à un composite

 

Pour aller plus loin :

 

Télécharger… des objets en 3D !

Le site d’échange de fichiers torrents, « The Pirate Bay », – site connu pour enfreindre régulièrement les lois sur le copyright dans les domaines de la musique, du cinéma et des ebooks –, a ouvert une toute nouvelle rubrique de téléchargements, qui peut surprendre : le téléchargement d’objets physiques. Baptisée « Physibles », cette nouvelle rubrique promet de faire parler d’elle.

Par le biais du blog de « The Pirate Bay », un des responsables du site suédois explique la démarche derrière cette nouvelle catégorie : « nous croyons que la prochaine étape dans l’univers de la copie sera de passer de la forme numérique à la forme physique, du fichier numérique à l’objet physique. Ou comme nous avons décidé de les appeler, les « Physibles ». Des objets-données qui ont la possibilité de prendre forme, de prendre vie. »

Le fichier numérique pourrait contenir les informations codant pour la modélisation de l’objet, préalablement scanné, et embrassant plusieurs paramètres tels que le volume, la matière, ou encore la couleur, pour peu qu’ils puissent être utilisés par l’imprimante 3D. Car il faudra, bien entendu, une imprimante 3D pour profiter des avantages des différents fichiers téléchargeables, rendant la tâche plus complexe que de simplement télécharger un fichier MP3. Ce pas en avant ouvre de fantastiques nouvelles possibilités mais il ouvre également la voie à l’effraction de la propriété intellectuelle sur les objets physiques.

« The Pirate Bay » n’est pourtant pas le pionnier du partage de fichiers destinés aux imprimantes 3D. À titre d’exemple, le site « Shapeways » a vu l’année dernière un de ses utilisateurs recevoir une menace de plainte des studios de cinéma Paramount, après avoir créé une réplique en trois dimensions de l’un des accessoires du film Super 8, réalisé par l’Américain J. J. Abrams. Le fichier avait alors été rapidement retiré. « The Pirate Bay » fonctionne différemment, partageant les fichiers Torrents plutôt que d’héberger directement les fichiers en question, rendant toute opération légale plus difficile à mener.

Il y a d’ores et déjà quelques « Physibles » disponibles : une version 3D du logo du site « The Pirate Bay », un circuit de voitures miniatures, ainsi qu’un modèle de robot. Les deux derniers objets sont très probablement des versions contrefaites de designs existant mais, d’après le responsable du site suédois, la démarche n’est pas d’enfreindre systématiquement les lois, soulignant que « le bénéfice pour les entreprises pourrait être énorme. Plus de livraisons à travers le monde […], plus de travail des enfants. »

La nourriture aussi pourrait bien être concernée, bien que les exemples existant ne concernent pour le moment que le chocolat. La limite semble plutôt se trouver au niveau des cartouches pour l’imprimante 3D. En effet, une imprimante ne possédant qu’une cartouche d’un polymère ne pourra fabriquer qu’un chocolat… en polymère. Enfin, le prix des cartouches, déjà élevé pour les imprimantes standards, risque de limiter, pour quelques temps, l’usage de cette technologie pour les particuliers.

Par Moonzur Rahman

 

À lire aussi :

Des prototypes en couleur avec une imprimante 3D

« L’intégration 3D représente un enjeu majeur de la microélectronique »

De nouvelles perspectives pour la technologie 3D

Microsoft Techdays 2012 : les innovations qui vont changer notre quotidien

  • Santé : la technologie au service du bien-être du patient

Les lentilles de contact intelligentes

En partenariat avec l’université de Washington, Microsoft a développé des lentilles de contact capables de mesurer la glycémie de celui qui les porte. Grâce à cette innovation, plus besoin de prélèvement sanguin ! Le taux de glycémie est en effet établi par des capteurs électroniques contenus dans les lentilles et qui transmettent les données vers un agent intelligent : smartphone, tablette, ordinateur. Le patient pourra ainsi à tout moment vérifier son état en temps réel mais aussi réduire la douleur liée aux piqures quotidiennes. Son agent intelligent pourra aussi détecter toute anomalie et même prévenir directement son médecin traitant. Cette innovation constitue potentiellement une avancée considérable pour tous les diabétiques insulino-dépendants qui sont actuellement contraints de se piquer 6 à 8 fois par jour.

« Cette innovation repose sur les technologies des interfaces naturelles. Il s’agit en fait de proposer une informatique plus intuitive, où l’ordinateur est à notre service et interprète nos comportements grâce à des informations en provenance de capteurs » précise Bernard Ourghanlian, directeur technique de Microsoft France, qui souligne également « bientôt ces lentilles pourront projeter des informations contextuelles pour nous assister dans notre quotidien en temps réel. Développer de nouvelles technologies qui contribuent à améliorer le quotidien fait partie de notre ADN. Ce projet de lentilles intelligentes s’inscrit aussi dans ce cadre ».

Vers plus d’autonomie des personnes dépendantes grâce à un robot auxiliaire de vie

Autre innovation appliquée à la santé, un robot domestique appelé Kompaï : développé par la société Robosoft (www.robosoft.com), notamment avec Microsoft Robotic Developer Studio, il est équipé de multiples caméras et d’un écran fonctionnant avec Windows 7. Ce robot est capable de venir en aide aux personnes dépendantes dans tous les gestes de leur quotidien. Personnes âgées, accidentées ou malades pourront ainsi vivre plus facilement à domicile, et ce à un coût accessible. Ce robot peut en effet non seulement exécuter des tâches répétitives – par exemple, apporter des médicaments à heure fixe à son utilisateur- mais également interagir avec la personne. Il est également à même de détecter toute anomalie ou absence de mouvement et alerter un service d’assistance extérieure. Kompaï a obtenu le soutien du programme Européen AAL et de l’ANR (projet DOMEO).

Comme le souligne Vincent Dupourqué, CEO de Robosoft, « cette nouvelle génération de robots de services va considérablement améliorer la vie quotidienne des personnes dépendantes, mais aussi et surtout celles des aidants pour lesquels elle devrait devenir un véritable outil de travail. C’est également une formidable opportunité industrielle à saisir, comme l’ont été le PC ou le téléphone mobile en leur temps ».

La technologie Kinect pour limiter les risques d’infections nosocomiales

Dans un bloc opératoire, le chirurgien ne peut manipuler que des objets stériles. Grâce à la technologie Kinect de Microsoft, qui permet d’interagir avec la machine par la voix et le geste, le chirurgien peut désormais faire défiler des images – des radios par exemple – sur un écran à l’intérieur de la salle d’opération.

Avec Kinect, il peut disposer des informations nécessaires en cours d’opération sans sortir du bloc opératoire. Cette solution limite ainsi les risques d’infections nosocomiales et réduit le temps nécessaire à une opération. Cette application de la technologie Kinect est aujourd’hui développée en Espagne par la société Tedesys.

  • Transports : une solution de mobilité urbaine utile pour l’environnement

Auto-partage : la voiture géo-localisée

Posséder et gérer une voiture est devenu de plus en plus compliqué et coûteux pour les habitants des grandes villes. La solution : utiliser une voiture en libre-service et ne payer que les trajets effectués.

VU Log (www.vulog.fr) a développé une plateforme de mobilité temps réel permettant d’opérer une variété de services innovants sur ce principe. Chaque véhicule est équipé d’un système embarqué de la société VU Log, utilisant notamment les technologies Microsoft, et permettant de contrôler à distance l’accès aux véhicules par les abonnés mais aussi de générer automatiquement la facturation des trajets effectués ou encore de gérer en temps réel la flotte de véhicules, en particulier l’état de charge des batteries pour les véhicules électriques.

« Grâce à nos solutions et à notre support, nos clients opérateurs sont aujourd’hui capables de déployer en quelques mois des services nouveaux simplifiant et optimisant l’usage de la voiture dans les grandes villes, mais aussi dans les entreprises. La sophistication de notre technologie nous permet aujourd’hui d’offrir une expérience utilisateur très simple : un coup de téléphone suffit pour trouver et accéder à une voiture. C’est une condition essentielle à l’adoption de cet usage » indique Georges Gallais, président-fondateur de VU Log.

  • Education : un outil de reconstruction 3D pour redonner vie aux découvertes archéologiques

L’exemple de la reconstitution de Pompéi – un projet mené dans le cadre des travaux du laboratoire commun Microsoft-INRIA

Depuis leur découverte aux XVIIIème et XIXème siècle, les ruines de Pompéi se sont dégradées, et les fresques qu’elles portaient se sont effacées. Aux Techdays 2008, Jean Ponce, professeur à l’Ecole normale supérieure de Paris, et chercheur au centre de recherche commun INRIA-Microsoft Research, nous présentait un aperçu des défis de l’analyse automatique de medias numériques, photos et vidéos.

Aujourd’hui, 3 ans après, c’est Hélène Dessales, maitre de conférences à l’Ecole normale supérieure, spécialiste de l’architecture romaine, qui a présenté les progrès considérables qui ont été réalisés depuis, afin de reconstruire « automatiquement » virtuellement en 3D les décors disparus d’une maison de Pompéi. Les technologies en question ont été développées et mises au point notamment au sein du laboratoire commun de Microsoft Research et de l’INRIA.

  • Vie pratique : un assistant personnel pour simplifier son quotidien

xBrainsoft et sa plateforme de création d’assistants personnels vocaux et multi-écrans

Véritable machine à créer des assistants personnels, la plateforme IAS permet aux développeurs d’applications de créer eux-mêmes des assistants personnels pilotés en mode vocal ou texte, disponibles sur tous les écrans ou objets connectés et sur tous les systèmes d’exploitation.

Avec cette plateforme, les assistants ne se limitent pas à l’envoi d’e-mail ou de SMS. Ils peuvent également réserver une salle de réunion, retrouver un document dans un intranet, rappeler à l’utilisateur son émission de TV favorite ou l’anniversaire d’un ami en lui conseillant une idée cadeau, ou encore anticiper ses retards possibles en fonction de sa position géographique et de la circulation et prévenir ses interlocuteurs si souhaité.

« Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, celle du web 3.0, une ère de services internet Intelligents et proactifs. Notre volonté : proposer une plateforme complète de créations de ces nouveaux outils » a déclaré Grégory Renard, Président de xBrainsoft.

http://angie.xbrainsoft.com

Kinect Fusion, une nouvelle application de Kinect par Microsoft Research

Kinect Fusion utilise un capteur Kinect mobile permettant de capter des données de profondeur afin de créer des modèles 3D de haute qualité d’une pièce entière et de son contenu. L’implémentation basée sur le GPU pour le suivi de la caméra et la reconstruction de surface fonctionne en interactif et en temps réel afin de permettre la mise en oeuvre d’applications très prometteuses pour la réalité augmentée et l’interaction homme-machine.

Nous effectuons la «fusion» des données provenant d’un capteur Kinect dans une représentation de la surface volumétrique qui imite de près la géométrie du monde réel. Plutôt que de prendre une simple image de profondeur avec la Kinect, nous fusionnons en temps réel plusieurs mesures de profondeur obtenues à partir d‘un capteur Kinect en mouvement pour créer un modèle 3D complet.

Actuellement en phase d’expérimentation, cette technologie d’avenir a de multiples champs d’applications, comme par exemple le secteur de l’ameublement : l’utilisateur sera ainsi en mesure de numériser son environnement et d’y superposer des images 3D de meubles qu’il pourra directement visualiser dans son intérieur avant son achat.

 

Pour découvrir ou revivre la plénière du 9 février présentant ces démos, RDV ici

 

 

Fiches pratiques : Déployer l’innovation à 360°

En tant qu’ingénieur, vous êtes, de par votre formation, bien préparé à appréhender les technologies émergentes, à travailler sur les projets de R&D et sur le développement de nouveaux produits, et à savoir effectuer des compromis technico-économiques. Vous savez inventer à partir de feuilles de routes bien délimitées, transmises par la direction ou le marketing.

Ces schémas ne tiennent plus ! Il est devenu vital pour les entreprises de savoir innover de manière rapide et systématique. La méthode, le processus, l’outil ou l’organisation, la culture et la motivation sont les briques indispensables à ce nouveau savoir-faire de l’innovation. Autant de notions familières à l’ingénieur qui vous propulsent au cœur du dispositif d’innovation des entreprises.

EN SAVOIR PLUS

Les tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque continuent à baisser

Comme attendu, ceux-ci sont toujours orientés à la baisse pour le troisième trimestre consécutif. L’arrêté du 4 mars 2011 fixe les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie radiative du soleil. Selon cet arrêté, les conditions d’achat dépendent du calcul de deux coefficients, Sn et Vn, selon  le type d’installation solaire.

Les bilans des demandes de raccordement transmis par les gestionnaires de réseaux publics d’électricité à la Commission de régulation de l’énergie (CRE) totalisent pour le trimestre d’indice N=3 une puissance crête cumulée de 38,20 MW pour les installations souhaitant bénéficier du tarif d’intégration au bâti situées sur des bâtiments à usage principal d’habitation, et de 116,27 MW pour les installations souhaitant bénéficier du tarif d’intégration au bâti situées sur un bâtiment à usage principal autre qu’un usage d’habitation ou du tarif d’intégration simplifiée au bâti.

En application de l’annexe 1 de l’arrêté du 4 mars 2011 et en considérant les puissances crête cumulées des bilans des demandes de raccordement transmis par les gestionnaires de réseaux publics d’électricité dans le délai réglementaire (avant le 15 janvier 2012), les valeurs des coefficients S3 et V3 sont respectivement fixées à 0,045 et 0,095.

Pour les installations intégrées au bâti et situées sur un bâtiment à usage principal d’habitation (coefficient Si), les tarifs sont donc passés de 46 centimes d’euro le kWh au 10 mars 2011, à 42,55 cts au 1er juillet, puis 40,03 cts le 1er octobre, et enfin 38,80 cts au 1er janvier 2012 pour les installations inférieures ou égales à 9 kW. La baisse de 4,5 % par rapport au dernier trimestre de 2011 amène à 15,65 % la diminution de ces tarifs, enregistrée sur un an.

Pour les installations intégrées au bâti et situées sur un bâtiment à usage principal autre que celui d’habitation (enseignement, santé, autre) et pour les installations respectant les critères d’intégration simplifiée au bâti (coefficient Vi), la baisse des tarifs est encore plus sensible. De 40,60 centimes d’euro le kWh au 10 mars 2011, ils sont passés à 36,74 cts au 1er juillet 2011, 33,25 cts au 1er octobre pour arriver à 30,09 cts au 1er janvier 2012, pour une puissance inférieure ou égale à 36 kWc. Perdant 9,5 % depuis le dernier trimestre 2011, ils fondent au total de 25,89 % en un an.

Vous pouvez consulter l’ensemble des tarifs sur le document Tarifs d’achat de l’électricité produite à partir de l’énergie radiative du soleil (c€/kWh), de la délibération de la CRE du 17 janvier 2012.

Par Claudine / blog EcoCO2

 

À lire aussi :

Les tarifs d’achat du solaire photovoltaïque doivent baisser… vite !

« Le rendement financier d’un investissement dans le photovoltaïque est plus qu’incertain »

 

Pour aller plus loin :

Découvrez la base documentaire Techniques de l’Ingénieur :

 

 

 

 

 

 

 

 

Améliorer la recyclabilité du produit automobile : quel intérêt stratégique ? (1/3)

L’industrie automobile n’en est pas en reste. Souvent décriée, elle est aujourd’hui très consommatrice de ces nouvelles tendances environnementales. Les innovations et les stratégies commerciales poussées par les constructeurs automobiles vont toutes en ce sens : réduction de la consommation des véhicules, utilisation d’énergies alternatives, hybridation de la chaine de traction, utilisation de biomatériaux …

Par autant, tous ces concepts ne sont pas toujours des succès. Pourquoi ? Pour qu’une idée réussisse, voire prospère, il est nécessaire qu’elle puisse sortir de sa justification purement intellectuelle pour trouver une existence concrète et une justification propre au sein dans notre société libérale.

En d’autres mots, il est nécessaire que toute initiative soit régie par un modèle économique qui soit viable dans les conditions technico-économiques du moment. La pertinence économique d’une activité ne peut être acquise seulement par l’obtention de subventions ou d’avantages fiscaux. Certes, cela peut inciter à sa création, mais cela ne peut constituer son fondement économique. Une viabilité économique acquise selon les préceptes de l’économie de marché et du libre-échange est nécessaire pour inscrire dans la durée une innovation.

Dans cet esprit, l’entreprise Faurecia, équipementier automobile, cherche à définir les business models de demain qui lui permettront de maintenir, voire de développer son activité. L’entreprise cherche à évaluer ce que peut apporter le concept du développement durable pour le développement de son activité. La société s’intéresse notamment à l’intérêt d’une approche Cradle to Cradle dans le développement de ses produits.

L’approche Cradle to Cradle

Le concept de Cradle to Cradle a été élaboré dans les années 1990 par William McDonough, architecte, et Michael Braungart, docteur en chimie. Ils ont créé en 1995 la société de conseil MBDC « McDonough Braungart Design Chemistry » pour la promotion de ce concept.

La vision qu’ils cherchent à diffuser à travers leur philosophie est qu’il est possible et nécessaire de changer notre manière d’éco-concevoir les produits. Ils expliquent que la seule logique de réduction et de minimisation des impacts environnementaux n’est pas suffisante. Ils argumentent cela en expliquant notamment que cette logique n’a pour résultat que de retarder les difficultés contre lesquelles elle se bat : même si on arrive à consommer moitié moins de matière pour la production de nos produits, on en consomme toujours la moitié ; si cette matière est non renouvelable, il arrivera un jour où l’on ne pourra plus produire.

Leur doctrine cherche à rompre la vision linéaire du « berceau à la tombe » qui est actuellement usitée en éco-conception. Ils mettent en exergue notamment que même si on cherche à réduire l’impact environnemental de nos produits en fin de vie en promouvant le recyclage, ce dernier ne permet jamais de réutiliser la matière dans les mêmes applications. La matière est le plus souvent dégradée. Elle ne peut plus être utilisée aux mêmes spécifications. Elle peut être mélangée à de la matière vierge ou à des additifs permettant de masquer ses effets, mais cela ne lui permet jamais d’atteindre les propriétés physiques précédentes. Le fait est qu’après un, voire deux cycles dans le meilleur des cas, la matière finit par ne plus être exploitable.

Inspirer par le fonctionnement des écosystèmes, ils cherchent par leur méthodologie à faire disparaitre la notion même de déchet. Pour cela la matière ne peut pas être dégradée ou dévalorisée, elle pourrait ainsi s’inscrire véritablement dans un cycle de Cradle to Cradle. Leur méthodologie décrit ainsi deux types de cycles nécessaires à l’atteinte de cet objectif (voir ci-dessous) :

  • Cycle des nutriments biologiques (matière issue de la biosphère)
  • Cycle des nutriments techniques (matériau issu de procédés techniques)

Ils divisent donc la matière en 2 catégories : la matière issue de la biosphère et la matière issue de procédés techniques. Un produit peut être composé de ces deux matières, le tout est de pouvoir aisément les séparer lorsque le produit arrive à sa fin de vie. Ainsi, la matière biologique peut retourner nourrir la biosphère et la matière technique être réutilisée à iso performance pour la production d’autres produits. Il est aussi nécessaire que, si le produit utilise des nutriments techniques différents, ces composants soient séparables en fin de vie. Un contre-exemple dans les systèmes actuels est le mélange de polypropylène et de polyéthylène inséparables. Le polyéthylène réduit la cohésion des chaînes de polymère de polypropylène, ce qui dégrade les propriétés mécaniques de la matière recyclée.

Comprendre le recyclage

Le livre « Remaking the way we make things » écrit par les fondateurs de la démarche peut être un bon exemple pour comprendre ce qu’est une bonne conception selon eux. Ils sont partis du postulat que le recyclage du papier n’était pas une bonne solution.

Le papier recyclé n’est pratiquement jamais complètement issu de matière recyclée : des fibres vierges sont toujours ajoutées à hauteur de 25% à 50%. Il est toujours de qualité inférieur, si bien qu’il est reconnaissable tout de suite sur les étalages des librairies. Dû à l’absence d’utilisation du chlore pour blanchir le papier, il a un aspect vieux et gris. Le mauvais contraste de l’encre avec le papier rend, d’autre part, la lecture moins confortable.

Ils ont donc remis en question l’utilisation traditionnelle du papier en réalisant un livre à base de polymère. En effet, l’avantage des polymères est que, lorsqu’ils ne sont pas pollués ou souillés, ils gardent leurs propriétés après recyclage. L’encre utilisée est non toxique, bio sourcée et bio dégradable, si bien qu’en fin de vie du livre, il suffit de le plonger dans un bain d’eau chaude pour que l’encre se retire de son support. Le polymère, libéré de son encre, peut être réutilisé pour les spécifications qui étaient les siennes au départ.

Ce livre s’inscrit donc bien dans les cycles précédemment exposés. De plus, il peut se vanter d’une robustesse supérieure au livre actuel (notamment face à l’humidité) et d’un confort de lecture optimum.

(deuxième partie de l’article à paraître le 15/02)

 

Par 

Quentin Weymuller

Chef de projet Innovation, FAURECIA

Philippe Aumont

Responsable plan produit et innovation, FAURECIA

et

Jasha Oosterbaan

Enseignant-chercheur, MINES ParisTech

Responsable des Mastères Spécialisés QSE-DD et Santé-Environnement, ISIGE – MINES ParisTech

 

Article réalisé dans le cadre du Mastère Spécialisé Ingénierie et Gestion de l’Environnement de l’ISIGE – MINES ParisTech

 

également : 

Fiches pratiques : Déployer l’innovation à 360°

En tant qu’ingénieur, vous êtes, de par votre formation, bien préparé à appréhender les technologies émergentes, à travailler sur les projets de R&D et sur le développement de nouveaux produits, et à savoir effectuer des compromis technico-économiques. Vous savez inventer à partir de feuilles de routes bien délimitées, transmises par la direction ou le marketing.

Ces schémas ne tiennent plus ! Il est devenu vital pour les entreprises de savoir innover de manière rapide et systématique. La méthode, le processus, l’outil ou l’organisation, la culture et la motivation sont les briques indispensables à ce nouveau savoir-faire de l’innovation. Autant de notions familières à l’ingénieur qui vous propulsent au cœur du dispositif d’innovation des entreprises.

EN SAVOIR PLUS

Une base lunaire américaine d’ici 2020, vraiment ?

Le candidat à la primaire républicaine Newt Gingrich n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pour donner plus de poids à sa candidature, Gingrich a promis… l’établissement d’une base américaine permanente sur la Lune, d’ici à 2020, s’il est élu président des États-Unis en novembre prochain. Alors qu’il faisait campagne mercredi dernier dans la petite ville de Cocoa, en Floride, Newt Gingrich a annoncé sa volonté de développer une robuste et dynamique industrie spatiale commerciale, « dans la droite lignée de l’essor qu’a connu l’aviation américaine dans les années 30. »

Il a également annoncé sa volonté d’œuvrer en faveur d’une future et pas si lointaine exploration de la planète Mars, en favorisant le développement et l’amélioration des technologies actuelles de propulsion.

Le candidat à la primaire a choisi 2020 pour une simple et bonne raison : cet horizon correspondrait à la fin de son éventuel second mandat à la Maison Blanche, s’il devait être élu en novembre.

Le choix de la Floride et de Cocoa pour effectuer son annonce n’est évidemment pas le fruit du hasard : cette ville est située à moins d’une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Cap Canaveral qui, comme toute la région, souffre des récentes coupes budgétaires aux différents programmes spatiaux, avec l’abandon du projet « Constellation » en tête. Newt Gingrich, très applaudi, est resté relativement flou quant au financement de ces deux mesures, indiquant seulement qu’il voudrait pouvoir simplifier et stimuler les investissements dans ces programmes par le secteur privé.

Par Moonzur Rahman

Les robots Quince 2 et 3, prêts à explorer les débris de Fukushima

Jusqu’à maintenant, de nombreux modèles se sont relayés : après les robots Packbot, de l’entreprise américaine iRobot Corp., le premier robot japonais à être entré dans la centrale, Quince, a été utilisé du mois de juin au mois d’octobre. Victime d’une rupture du câble de communication. Quince a donc dû être abandonné dans la centrale.

Le Future Robotics Technology Center (FuRo), faisant partie de l’Institut de Technologie de Chiba, a présenté les nouvelles versions de Quince, dénommées Quince 2 et Quince 3, qui devraient être utilisées dès la fin février 2012. Quince 2 intégre un échantillonneur de poussière ou de particules ultra-fines, alors que Quince 3 dispose d’un scanner tridimensionnel. Les deux robots ont néanmoins une taille identique et un aspect similaire (les dimensions exactes n’ont pas été rendues publiques).

Pour éviter le même problème que Quince, les deux robots sont capables de communiquer entre eux sans fil. En cas de rupture du câble de communication, le robot n’est donc pas « perdu ». De plus, le câble de communication s’enroule et se déroule automatiquement, évitant ainsi qu’il ne traîne à terre. Un certain nombre de capteurs ont également été ajoutés : capteurs de radioactivité ambiante, de température et d’humidité.

Comme leur prédécesseur, ces deux robots peuvent se déplacer sur des gravats, mais aussi monter ou descendre des escaliers.

Eiji Koyanagi, le développeur en chef de ces robots, a dit travailler également sur d’autres types de robots pouvant aider aux opérations sur la centrale. L’un de ces robots en préparation pourrait porter une caméra à environ 4 mètres de haut, afin de prendre des photographies de machines placées en hauteur. Un autre sera en mesure de porter une gamma-caméra de 200 kg.

(Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69026.htm / Crédit vidéo : robonable1)

 

A lire aussi :

Fukushima : des robots dans les réacteurs, et en vidéo

Un robot chinois précieux dans la gestion des accidents nucléaires

Un robot sphérique pour lutter contre les fuites radioactives

 

Google est-il en train de renier les valeurs de son moteur de recherche ?

Sur le papier, le mouvement opéré par Google avec Search Plus Your World (SYPW – pour l’instant uniquement disponible aux États-Unis) s’inscrit dans une évolution stratégique logique. Aujourd’hui, les contenus disponibles sur la Toile émanent en effet autant des sites classiques que le moteur indexe inlassablement depuis 1998 que des réseaux sociaux où les internautes partagent à tour de bras quantité d’informations avec leurs contacts et leurs amis.

Un prolongement logique du moteur de recherche

Pour Google, continuer à se cantonner à sa mission première tout en occultant ce gisement nouveau reviendrait à nier l’essence même de ce qui a toujours motivé sa vision initiale : recenser in extenso l’information du monde et la restituer de la manière la plus pertinente aux utilisateurs en fonction de leurs critères de recherche. Internet étant devenu un espace à forte consonance sociale, Google ne pouvait donc faire l’impasse sur cette évolution radicale.

Dans son blog Superception, Christophe Lachnitt souligne clairement l’enjeu (1) : « Cette révolution signale que Google prend en compte le passage d’Internet d’un réseau de liens hypertexte à un réseau de personnes. Ce faisant, le groupe de Larry Page et Sergey Brin donne raison à Mark Zuckerberg qui professe depuis quelques années que la recherche va passer d’un mode vertical (un moteur de recherche répond à nos questions) à un mode horizontal (nos amis répondent à nos questions) ».

Vu sous cet angle, injecter plus étroitement l’indexation du Web social dans son moteur de recherche par le truchement de SPYW apparaît par conséquent comme une avancée technologique de bon sens et la prolongation logique de la mission universelle d’indexation qu’a toujours revendiquée Google depuis sa fondation. Search Plus Your World procède donc clairement de ce renversement de paradigme que Google tente déjà d’appréhender avec plus ou moins de bonheur depuis quelques années. Après les échecs de Wave et Buzz, Google est revenu à la charge l’été dernier avec Google + pour répliquer à l’emprise énorme de Facebook sur le Web 2.0. Pour l’instant, même si le réseau social de Google revendique 90 millions de profils créés, son développement demeure laborieux avec des inscrits nettement moins nombreux et prolifiques que les 800 millions d’adeptes de Facebook.

Ton concurrent, tu n’indexeras point !

Entre les intentions professées main sur le cœur et les actes effectivement accomplis, le géant de Mountain View a pris néanmoins un gros risque en termes d’image. Il a choisi de n’intégrer que son réseau social Google + dans les résultats remontés par SPYW et exclure des acteurs pourtant largement plus représentatifs du Web social comme Twitter et Facebook. Même si tactiquement et commercialement parlant, la manœuvre peut se concevoir pour permettre à Google + de combler son retard sur ses deux principaux rivaux, elle s’avère périlleuse d’un point de vue de la réputation.

Elle s’inscrit en effet à rebours de ce que Google s’est toujours évertué à proclamer être : un moteur de recherche exhaustif et objectif. Auteur d’un ouvrage fort documenté sur Google en 2011, le journaliste américain Steven Levy confirme cette obsession du moteur de recherche (2) : « Lorsque j’écrivais The Plex, j’ai appris le secret qui résidait derrière le design fade de Google. Il s’agissait d’induire l’idée que la conception de Google résultait d’une machine. Ainsi, les utilisateurs comprendraient implicitement que le moteur de recherche Google n’était pas pollué par des opinions orientées. Google a méticuleusement positionné son produit phare comme un juge neutre et pertinent envers l’utilisateur ».

Les concurrents concernés au premier chef n’ont évidemment pas manqué de crier au scandale sitôt SPYW entré en action au service de la promotion active des contenus présents sur Google +. Ainsi, Alex Macgillivray, juriste en chef de Twitter (et ex-Googler), a tweeté amèrement (3) : « Aujourd’hui est un sale jour pour Internet » ajoutant que la recherche était désormais pervertie. Même récrimination chez James Grimmelmann, professeur de droit à l’université de New York (et connu pour ses positions pro-Microsoft) (4) : « Aujourd’hui est un bon jour pour éteindre Google + et effacer votre profil Google ».

A ce hiatus préjudiciable pour l’image de Google, les têtes pensantes de Mountain View ont préféré répondre avec des arguties technico-juridiques (5) : « Nous sommes ouverts à travailler avec les autres. Mais leur information ne nous est pas disponible. Ils ne nous laisseront même pas les indexer ». Matt Cutts, un des ingénieurs piliers de Google +, va même jusqu’à écrire dans un billet défensif (6) que SPYW fournit quand même des résultats issus de FriendFeed, Quora, FlickR et même Twitter ! Oubliant au passage d’évoquer Facebook, l’actuel n°1 du Web social ! Depuis, Eric Schmidt a publiquement invité les sites sociaux à ouvrir des négociations pour intégrer leurs contenus dans le moteur de recherche Google. Mais en dépit de ce rétropédalage de circonstance, Google a indéniablement brouillé la perception d’impartialité de son moteur de recherche.

L’utilisateur, dindon de la farce ?

Transformer un supposé neutre moteur de recherche en arme concurrentielle a d’ailleurs suscité une large perplexité critique chez les observateurs du secteur. Si d’aucuns ne remettent pas en cause l’idée d’introduire du contenu social dans le moteur de recherche et comprennent les enjeux stratégiques vis-à-vis de la concurrence, nombreux sont ceux qui s’interrogent en revanche sur la façon de procéder de Google. Le journaliste Mathew Ingram de la newsletter spécialisée GigaOM, estime notamment que les utilisateurs sont au final les victimes collatérales de cette bagarre entre acteurs du Web. Un de ses confrères et vétéran du Web, John Battelle, va même plus loin (7) : « Cette mauvaise volonté qu’ont Facebook et Google à partager un bien commun public au croisement du social et de la recherche, est corrosif pour le tissu même de notre culture de connexion et de partage ».

D’autres s’agacent que Google puisse profiter de l’écrasante domination de son moteur de recherche sur le marché pour pousser en priorité ses propres produits. Or dans le même registre, Google a annoncé le 24 janvier une refonte des conditions d’utilisation de ses services dans un objectif de « simplification et de lisibilité » selon les termes du géant américain. Concrètement, cela va se traduire à compter du 1er mars par un regroupement des informations d’un utilisateur qui provenaient auparavant séparément des différents outils Google.

En d’autres termes, l’ouverture d’un compte de messagerie électronique Gmail impliquera par exemple la création de facto d’un profil Google +. De fait, Google disposera d’une mine d’informations nettement plus précises et recoupées là où elles étaient précédemment éparpillées. Un changement de conditions d’utilisation qui est loin d’être anodin lorsqu’il est remis dans le contexte de l’accélération du développement de Google + et de son imbrication étroite avec le moteur de recherche. 

Plébiscité aujourd’hui mais demain ?

Aujourd’hui, le moteur de recherche Google est indubitablement un succès du fait de la pertinence et de la rapidité des résultats procurés à l’utilisateur. A tel point que Google pèse par exemple près 65% des recherches aux Etats-Unis et jusqu’à 90% en France. Avec une telle prédominance, Google dispose d’une belle rente de situation d’autant que les utilisateurs plébiscitent encore le moteur de Mountain View et ses différents outils.

Ce succès, Google l’a précisément bâti sur cette capacité à toujours se préoccuper de livrer l’information la plus adéquate à la demande formulée par l’internaute. Avec un label de qualité érigé en ligne de conduite invariable : « Don’t be evil ». Autrement dit, le moteur ne doit en aucun cas favoriser tel ou tel contenu selon des critères subjectifs mais au contraire selon des paramètres sophistiqués dont s’enrichit continuellement l’algorithme du moteur de recherche. Dans sa communication, Google a toujours clamé appliquer cette ligne de conduite. Il a même coutume de dire que « l’utilisateur est à un clic de la concurrence » si d’aventure le moteur ne remplissait plus correctement sa mission.

C’est d’autant plus vrai que la marque Google n’est pas perçue comme une marque émotionnelle par les utilisateurs mais comme une marque pratique, facile d’accès, simple à utiliser et fiable. A la différence de la marque Apple où son aura émotionnelle génère une adhésion quasi irrationnelle des Applemaniacs (au point parfois de refuser d’entendre des critiques fondées sur leur marque fétiche), Google ne dispose pas de cette puissance empathique. La marque est appréciée mais ne véhicule pas d’attributs « affectifs » qui sont souvent la condition sine qua non de la fidélité des consommateurs.

« Evil or not ? »

En imposant au forceps les contenus de Google + dans son moteur, le géant de Mountain View administre la preuve que l’inflexible mantra du « Don’t be evil » est en train de muter et de s’écarter de la neutralité au profit d’une « personnalisation » plus orientée. La marque Google joue gros d’autant qu’elle n’est pas en odeur de sainteté tant auprès des autorités américaines (La Federal Trade Commission, l’autorité de la concurrence, avait diligenté une enquête en 2011 sur les pratiques du moteur de recherche soupçonné d’abus de position dominante) qu’européennes où la Commission mène également des investigations sur le même sujet.

A la suite du lancement de SPYW, les concurrents ne se sont d’ailleurs pas privés d’appuyer là où ça fait potentiellement mal pour Google. Trois ingénieurs issus de Facebook, Twitter et MySpace ont ainsi conçu un logiciel censé procurer des résultats plus pertinents et moins excluants que ceux de SPYW. Ironiquement baptisé « Focus On User », il vise à enrichir les résultats sociaux du moteur de recherche Google. Un comble !

Google va-t-il alors réviser le tir et communiquer autrement ? Rien n’est moins sûr si l’on en juge un article paru sur le site high-tech américain Pandodaily. Selon celui-ci, Larry Page aurait déclaré aux Googlers lors du traditionnel TGIF (Thanks God It’s Friday) que le lancement de SPYW « est le cap que nous empruntons, c’est-à-dire un unique et magnifique produit unifié au cœur de tout. Si vous ne comprenez pas cela, alors vous devriez probablement aller travailler ailleurs« .

Doit-on donc en déduire que l’ère du « Don’t be evil » est sur le point d’être révolue ? Difficile de se prononcer avec certitude. En revanche, la marche en ordre serré autour de SPYW est de rigueur si l’on se fie à l’interview accordée par Amit Singhal, le directeur mondial de Google pour le moteur de recherche, au site américain Searchengineland.com. S’il admet que le produit n’est pas encore parfait, il promet qu’il va s’améliorer. Sur les critiques qui ne cessent d’enfler, il balaie d’un revers de main la polémique : « Laissez-moi ajouter une chose que j’ai remarqué. Le feedback utilisateur que nous avons eu jusqu’à présent est quasiment à l’opposé de la réaction que nous avons vue dans la blogosphère (…) Avec Universal Search ou Google Instant, il y avait initialement plus de plaintes puis plus tard, les gens étaient ravis« .

Arrogance irraisonnée du leader ou pari visionnaire gagnant ?

Par Olivier Cimelière / Le blog du Communicant 2.0 / Le Plus, Le Nouvel Observateur

 

Sources :

(1) – Christophe Lachnitt – « Google aurait-il raison trop tôt ? » – Blog Superception – 15 janvier 2012
(2) – Steven Levy – « Is too much Plus a minus for Google ? » – Wired.com – 12 janvier 2012
(3) – Jeff Roberts – « Did Google too far mixing social and search ? » – Paid Content.org – 10 janvier 2012
(4) – Ibid.
(5) – Steven Levy – « Is too much Plus a minus for Google ? » – Wired.com – 12 janvier 2012
(6) – Ibid.
(7) – Mark Coddington – « Google and the social search wars » – Niemanlab.org – 13 janvier 2012

 

 

Olivier Cimelière

Après avoir été reporter en presse écrite et en radio à la sortie de son école de journalisme (CELSA), Olivier s’est orienté vers la communication d’entreprise au sein de grandes entreprises internationales dans successivement le secteur pharmaceutique (Bœhringer Ingelheim), le secteur alimentaire (Nestlé Waters) et le secteur des technologies de l’information et de la communication (Ericsson & Google). Olivier compte plus de 20 ans d’expérience professionnelle en communication, relations presse et réseaux sociaux. Il anime en outre un blog personnel sur la communication, l’information, la réputation et la distorsion d’image : www.leblogducommunicant2-0.com. Il est l’auteur d’un essai intitulé « Journalistes, nous avons besoin de vous ! « 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin :

Débat sur le potentiel des nouvelles normes Internet IPv6

Le changement de protocole informatique de l’Internet mondial, passant de la version 4 (IPv4) à la version 6 (IPv6) est, selon le Ministère fédéral de l’économie et de la technologie (BMWi), une étape importante de l’évolution technologique du réseau et des problématiques y afférant. Ainsi le BMWi a tenu le 26 janvier 2012 un atelier intitulé « Protocole Internet version 6 (IPv6) – Opportunités et défis pour la localisation des entreprises en Allemagne ». Cet atelier a traité des nouveaux modèles économiques rendus possible avec cette transformation de l’Internet, de son impact possible sur la future architecture des réseaux d’information mondiaux, de la sécurité et de la protection des données.

Stefan Kapferer, Secrétaire d’Etat au BMWi, soutient que « les décideurs du monde politique et des affaires sont bien avisés de s’intéresser de près à cette question stratégique du déploiement mondial de nouvelles normes de diffusion sur Internet, car il implique des changements profonds pour de nombreux domaines de l’Internet et de l’économie de l’information et des télécommunications. Cela ouvre des possibilités de nouveaux modèles d’affaires, mais aussi de nouveaux défis à surmonter tels que la protection des données ou la sécurité informatique. »

Avec ce nouveau protocole, il est possible d’accorder des domaines et des adresses Internet de façon quasi illimitée, et ainsi soutenir l’émergence de nouveaux champs d’application et de leur interaction, ce qui pourrait avoir un fort impact sur la croissance. On parle dans ce contexte d’Internet des objets ou Internet des services, se référant à des concepts naissants tels que les maisons intelligentes ou les compteurs énergétiques intelligents, dans lesquels les différentes données captées sont gérées en adaptation continue avec les données extérieures du réseau.

Le gouvernement fédéral se sent aussi impliqué par le passage à cette nouvelle norme Internet et notamment pour son propre réseau informatique, qui a déjà été victime d’attaques. Cependant, beaucoup de questions restent ouvertes, à savoir quel impact aura ce changement sur l’accès aux données, s’il sera adopté d’une manière harmonisée, ou quels seront les facteurs déterminants pour que les entreprises allemandes participent de manière proactive à ce développement, en tant que concepteurs et utilisateurs de technologies électroniques.

Le but du BMWi était avec cet atelier de dresser un panorama sur le développement de l’IPv6 et de discuter avec des experts de l’industrie et du milieu universitaire sur la façon d’en tirer le meilleur avantage économique pour les acteurs allemands (entreprises, gouvernement, recherche), ainsi que les défis implicites pour la protection des données et la sécurité informatique. A partir des résultats de ces discussions, des propositions d’action devraient être annoncées prochainement par les parties prenantes afin de permettre une approche systémique de cette question considérée comme importante en Allemagne.

L’ISO 19011 version 2012 : quelles nouveautés ?

Pour rappel, l’ISO 19011, parue en 2002, fait partie de la famille des normes qualité avec ses trois sœurs : l’ISO 9000, « le Larousse » de la qualité ; l’ISO 9001, définissant les exigences certifiables pour les systèmes de management de la qualité ; et l’ISO 9004 pour la gestion des performances durables de l’organisme.

Cette deuxième édition de la NF EN ISO 19011 annule et remplace la NF EN ISO 19011:2002 qui a fait l’objet d’une révision technique. Les principales différences entre les versions de 2002 et 2011 de la NF EN ISO 19011 sont les suivantes :

  • le domaine d’application de la présente Norme internationale qui se limitait dans la version précédente à l’audit des systèmes de management de la qualité et de management environnemental, concerne cette fois l’audit de tous les systèmes de management quels qu’ils soient ;
  • la relation entre la NF EN ISO 19011 et la NF EN ISO/CEI 17021 est clarifiée ;
  • les méthodes d’audit à distance et le concept de risque sont introduits ;
  • la confidentialité est ajoutée comme nouveau principe ;
  • les Articles 5, 6 et 7 ont été réorganisés ;
  • une nouvelle Annexe B contient les informations supplémentaires, ce qui a conduit à la suppression des textes encadrés ;
  • le processus de détermination et d’évaluation des compétences est renforcé ;
  • une nouvelle Annexe A présente des exemples illustratifs des connaissances et aptitudes spécifiques à la discipline.

Et dans le détail, qu’en est-il ? S’agit-il d’une simple évolution, un « toilettage » ou peut-on parler d’une révolution ?

1. Un domaine d’application élargi et clarifié

Cette nouvelle mouture, s’adresse à tous les utilisateurs s’intéressant à la réalisation des audits des systèmes de management, qu’ils soient internes (première partie), portant sur les fournisseurs (deuxième partie) ou pour les audits tierce partie (à titre de bonnes pratiques). On notera que pour la réalisation des audits tierce partie, c’est toujours la norme NF EN ISO/CEI 17021:2011 qui définit les « règles du jeu ». Les interactions entre ces deux référentiels s’éclaircissent donc, si tant est qu’un doute subsistait…

L’ISO 19001 ne spécifie par d’exigences (certifiables) mais fournit des lignes directrices sur le management d’un programme d’audit, la planification et la réalisation d’un audit du système de management, ainsi que sur la compétence et l’évaluation d’un auditeur et d’une équipe d’audit.

Ces 10 dernières années ont été marquées par l’émergence des systèmes de management intégrés, s’appuyant sur de nouvelles normes de management telles que l’ISO 26000, l’ISO 31000, l’ISO 22000, l’ISO 27001, l’ISO 13485, l’ISO 15189, etc… la liste est longue ! Il était donc devenu nécessaire, tant dans son appellation, que dans son domaine d’application de l’étendre à ces nouveaux systèmes de management.

En résumé, sur ce point, hormis le changement de nom, il n’y a pas de différence notable en terme de lignes directrices. 

2. Introduction de la notion de risque

Ca y est… La notion de risque est enfin clairement introduite dans la famille des normes qualité !

L’approche adoptée se rapporte à la fois au risque que le processus d’audit n’atteint pas ses objectifs et à l’éventualité que l’audit influe sur les activités et les processus de l’audité.

On a droit, au passage, à une définition plutôt laconique du terme « risque », à savoir qu’il s’agit de l’effet de l’incertitude sur les objectifs.

Concrètement, cette notion de risque est intervient à trois reprises :

  • lors de l’élaboration du programme des audits (§ 5.3.4), où il convient d’évaluer les risques qui pourraient compromettre l’atteinte des objectifs du programme ;
  • lors de la préparation de l’audit (§ 6.3.2), où il convient d’identifier les risques liés à la réalisation des audits pour les entités auditées. Il s’agit ici dans risques liés à la santé, l’environnement, la qualité des produits ou services, …
  • lors de la réalisation de l’audit lui-même (§ 6.4), où l’équipe d’audit doit présenter (en réunion d’ouverture) la conduite à tenir en cas de risque généré par l’audit pour les équipes auditées et communiquer aux audités si un risque immédiat et significatif est détecté lors des entretiens.

En résumé, il est conseillé de faire évoluer vos procédures d’audit pour y intégrer cette évaluation des risques et des actions entreprises pour limiter / réduire ces risques. La revue du programme d’audit (planning des audits) doit dorénavant intégrer l’évaluation des risques et de l’efficacité des mesures prises pour traiter ces derniers. Du côté des compétences, les auditeurs doivent à présent (si tel n’était pas le cas…) être capables de comprendre et d’évaluer les différents types de risques liés à l’audit.

Cette notion, à donc une importance particulière, qui ne bouleversera pas celles et ceux qui étaient déjà orientés « risque » mais qui devrait améliorer les pratiques d’audit pour les autres…

3. Introduction des méthodes d’audit à distance

Sur ce point, l’annexe B vient préciser quelques méthodes d’audit à distance, applicables si un niveau de confiance suffisant existe entre l’auditeur et le personnel de l’audité. En résumé, on n’y apprend rien de très surprenant mais cela reste un rappel utile…

4. Ajout du principe de confidentialité

Bien que la précédente version insistait sur les principes déontologiques de l’auditeur, la version 2012 accorde un traitement privilégié et nécessaire à cette notion de confidentialité. En effet, les audits sont des vecteurs de risque en ce qui concerne la maîtrise de la propriété intellectuelle des entreprises. Qu’à cela ne tienne, l’auditeur est donc en garde sur le respect de la confidentialité : un rappel utile !

Concrètement, la procédure d’audit (interne et/ou fournisseurs) doit prévoir les modalités visant à garantir la confidentialité et la sécurité des données obtenues avant, pendant et après l’audit et un rappel à ce sujet devra être évoqué lors de la réunion d’ouverture. Le plan d’audit pourra également inclure une déclaration de confidentialité afin de rassurer les audités…

5. Des exemples, encore des exemples !

Pour celles et ceux qui, comme moi, sont avides d’exemples concrets et pratiques, vous en aurez pour votre argent !

En effet, l’annexe A propose de nombreux exemples concrets en ce qui concerne les connaissances et aptitudes spécifiques à la discipline des auditeurs sur diverses thématiques :

  • le management de sécurité des transports ;
  • le management environnemental ;
  • le management de la qualité ;
  • le management des enregistrements ;
  • le management des résilience, sûreté, état de préparation et continuité ;
  • la sûreté des informations ;
  • le management de la santé et de la sécurité au travail.

L’annexe B, quant à elle, vient fournir de précieuses informations complémentaires pour la planification et la réalisation des audits :

  • Application des méthodes d’audit ;
  • Choix des sources d’information ;
  • Réalisation de la revue des documents ;
  • Préparation des documents de travail ;
  • Échantillonnage ;
  • Visites du site de l’audité ;
  • Conduite des entretiens ;
  • Constatations d’audit.

Ces informations étaient, pour la plupart, présentes sous forme d’encadrés dans la précédente version. Cette nouvelle approche facilite  grandement la lecture de la norme. Il s’agit d’un plus non négligeable !

En conclusion

Si certaines évolutions normatives peuvent laisser perplexe, comme l’ISO 9001:2008, l’ISO 19011:2012 est sans conteste une excellente surprise en ce début d’année. Pour répondre à la question posée en préambule, on ne peut pas vraiment parler de révolution mais d’une évolution nécessaire et donc bienvenue.

Pour 86 € HT, vous ferez un excellent investissement, qui, sur votre table de chevet, vous tiendra compagnie durant les longues soirées d’hiver !

___

Pour information, son homologue internationale, l’ISO 19011, est disponible depuis novembre 2011 mais vous devrait débourser 36 € de plus. Ne me demandez pas pourquoi, je n’ai pas la réponse…

 

Par Jérémy Cicéro, responsable et auteur du Qualiblog

 

Jérémy CICÉRO

Jérémy Cicéro est consultant, formateur, et auditeur ICA pour le Qualipole Languedoc-Roussillon. Il est aussi formateur pour le Laboratoire National de Métrologie et d’Essai (LNE).

Ancien commercial puis responsable qualité dans les poids et mesures, il accompagne depuis plusieurs années les TPE et PME de la région Languedoc-Roussillon (tous secteurs d’activités) pour la mise en place et l’amélioration de leurs systèmes de management.

Il intervient également comme expert qualité sur le site Manager-Go! en répondant aux questions des internautes soucieux de comprendre les mécanismes de la qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin :

Découvrez les fiches pratiques Techniques de l’Ingénieur :

Mortel Management

L’auteur (dirigeant d’une compagnie d’assurances) offre au lecteur un roman à clés, mettant en scène l’état-major d’une grande entreprise, en proie aux déviances psychologiques dont souffre le management post-moderne : le harcèlement moral, les dérives technocratiques, les détournements de procédures, la manipulation de l’information…

Au-travers d’une intrigue policière originale, l’auteur réalise une radioscopie sans concession d‘une direction d’entreprise et se livre implicitement à une étude clinique de l’organisation névrotique, suivant une démarche empruntée à Kets de Vries et à Miller.

Il montre comment les personnalités pathologiques influencent les modes de management de l’entreprise, comment une entreprise saine peut être un mélange de pathologies, et comment des idéaux du moi hétérogènes sont plutôt un facteur de stabilité.

Un roman policier rédigé dans un style percutant à lire parallèlement au DSM IV (diagnostic and statistical manual of mental desorders), destiné aux cadres d’aujourd’hui et encore plus de demain.

Mortel Management
Christian OYARBIDE
Editea , 252 pages.

 

Jean-Jacques Pluchart

Jean-Jacques Pluchart est professeur des Universités en sciences de gestion et responsable du Master GMDE (Gestion et Méthode de Décision d’Entreprise) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est co-auteur de nombreux ouvrages d’économie et de gestion dont Master stratégie (Eska,2009), Euro-gouvernance et euro-management (Eska, 2010), Le management durable de l’entreprise (SEFI, 2011), Repenser la planète finance (Eyrolles, 2009) et La confiance en gestion (de Boeck, 2011).

Aux Techniques de l’Ingénieur, il est l’auteur de la base documentaire Management stratégique et gouvernance d’entreprise  :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ingénieur manager

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin :

 

 
 
 
 

Nucléaire : l’ASN recommande une meilleure « robustesse » des centrales

L’ASN, qui a remis dans la matinée au Premier ministre l’audit de sûreté demandé après la catastrophe de Fukushima du 11 mars dernier, a donné six mois aux exploitants de centrales pour lui présenter les mesures prévues en cas de catastrophe.

Le but est notamment de maintenir la sûreté des installations en cas de catastrophe majeure (séismes, inondations, ou conjonction de plusieurs phénomènes extrêmes), de « limiter les rejets massifs dans un scénario d’accident » et de « permettre à l’exploitant d’assurer les missions qui lui incombent dans la gestion d’une crise ».

Le coût s’annonce important pour les producteurs et il devrait se répercuter sur le prix de l’électricité: « nous imposons des mesures qui se traduisent par des investissements massifs. Si des exploitants, EDF ou un autre, jugent que ce qu’on demande est tellement onéreux, à eux de voir si l’exploitation en vaut encore la peine », a relevé le président de l’ASN, André-Claude Lacoste.

« Je vois mal comment des investissements de plusieurs milliards d’euros ne pourraient pas se traduire sur le prix de revient », a-t-il dit.

« Il n’y pas d’évaluation précise parce que ce n’est pas mon métier mais il faut compter quelques milliards pour les diesels d’ultime secours, quelques milliards pour les bunkers de salles de commandes », a ajouté André-Claude Lacoste, qui donne aux exploitants (EDF, Areva, CEA, etc.) six mois pour lui détailler les mesures à prendre.

« Les exploitants proposeront à l’ASN avant le 30 juin 2012 le contenu et les spécifications du noyau dur de chaque installation » : locaux et moyens matériels de gestion de crise, moyens de communication et d’alerte, groupe électrogène protégé et alimentation en eau d’ultime secours pour chacun des 59 réacteurs français.

« Force d’action rapide »

Le gendarme du nucléaire demande en outre la mise en place progressive, à partir de cette année, d’une « force d’action rapide nucléaire », un dispositif d’urgence permettant d’envoyer des équipes spécialisées et du matériel sur un site accidenté en moins de 24 heures. Ce dispositif devra être « complètement opérationnel » fin 2014, insiste l’ASN.

Le Premier ministre, François Fillon, a assuré que le gouvernement veillerait auprès des exploitants à ce que « l’intégralité des demandes » de l’ASN soit respectée « dans le calendrier qui leur est imposé ».

Après l’accident de Fukushima, le cas de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France – entrée en service en 1977 – avait cristallisé la polémique sur la sécurité nucléaire, de nombreuses organisations écologistes en réclamant la fermeture.

Interrogé mardi sur la centrale alsacienne, André-Claude Lacoste a expliqué qu’il n’y avait « pas de demandes spécifiques » pour elle au-delà de celles déjà préconisées à l’issue de la visite décennale.

En juillet dernier, l’ASN avait estimé que l’exploitation du réacteur N°1 de cette centrale pouvait continuer dix années supplémentaires sous réserve de lourds travaux. Un avis qui n’intégrait toutefois pas les résultats des tests plus poussés demandés par le gouvernement après Fukushima.

Pour l’organisation anti-nucléaire Observatoire du nucléaire, cet audit de sûreté n’est qu’un « subterfuge au résultat déjà connu » : l’ASN ne préconise aucune fermeture « malgré la dangerosité évidente de toutes les centrales ».

L’ASN « n’est absolument pas indépendante » et « joue au contraire le rôle qui lui a été confié par le gouvernement : faire croire à la population que la sûreté nucléaire peut être assurée », affirme l’organisation dans un communiqué.

Le rapport de l’ASN sera disponible sur le site du gouvernement (gouvernement.fr).

(Source et crédit photo : AFP)

 

À lire aussi :

Si l’ASN recommande de fermer Fessenheim, « nous fermons, bien sûr », déclare Nathalie Kosciusko-Morizet

Un audit va être réalisé sur le parc nucléaire français

L’avenir du nucléaire au cœur des débats politiques

Matériaux du nucléaire

Le bon fonctionnement des installations nucléaires nécessite la maîtrise des problèmes soulevés par le comportement des matériaux utilisés pour leur construction. Par rapport à d’autres domaines, les conditions du nucléaire sont spécifiques sur deux points particuliers : l’irradiation et ses effets sur les propriétés des matériaux ; les longues durées en jeu qui nécessitent une prévision du comportement et du vieillissement des matériaux à long, voire à très long terme.

 

Lire la suite

Effets de la radioactivité sur l’homme à long terme

Quels sont les effets sur le long terme des doses diffuses ? Ceux-ci sont plus délicats à quantifier que les effets à court terme. Je suivrais pour en expliquer les effets le raisonnement de Richard Muller dans son cours « physics for future presidents ». On considère qu’une exposition à 25 Sv a 100 % de chances d’induire un cancer. Cela peut sembler paradoxale puisqu’on a vu que l’on meurt très rapidement « par empoisonnement » à partir de 10 Sv. La solution de ce paradoxe est dans ce qu’on appelle l’hypothèse linéaire : on suppose qu’il est équivalent de soumettre 1 personne à 25 Sv et 25 000 personnes à 1 mSv. Cela peut sembler absurde et cette hypothèse est souvent remise en cause par les spécialistes. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que l’apparition d’un cancer n’est pas « systématique » et qu’il faut raisonner de manière statistique.

En application du principe de précaution, les organismes nationaux et internationaux utilisent cette hypothèse pour quantifier les conséquences des expositions aux faibles doses de radioactivité. Sans rentrer dans la controverse (parfois violente), nous retiendrons cette hypothèse et allons en explorer les conséquences.

Pour 25 000 personnes soumises à 1 mSv, statistiquement, 1 personne développera 1 cancer

On pourra également retenir que l’exposition à 1 mSv augmente notre probabilité d’avoir un cancer de 1/25000 soit 0,004 %.

Voyons les conséquences de cette hypothèse. En France, la dose environnementale annuelle reçue du fait de la radioactivité naturelle et médicale est de 3 à 4 mSv par individus (avec de fortes variations selon l’endroit où l’on vit, son métier, etc.). Soit une dose de 3,5×60 millions = 210 millions mSv reçue annuellement en France. Cela provoque donc à priori 210 millions divisé par 25 000 = 8 400 cancers par an. Ce chiffre peut sembler énorme mais il est encore loin derrière les 66 000 décès par an lié au tabagisme. Il est également à comparer à la probabilité de mourir d’un cancer qui est de l’ordre de 25 % (moins pour les femmes et plus pour les hommes). 8400 personnes souffrant d’un cancer représente 0,014 % de la population totale. Cela veut donc dire que l’environnement radioactif participe de 0,014 % au 25 % de risque d’avoir un cancer.

Autre exemple d’application de l’hypothèse énoncée plus haut : chacun d’entre nous est radioactif (du fait entre autre du carbone 14 et du potassium 14). La dose reçue est d’environ 0,25 mSv/an. Le risque de cancer par auto-contamination est donc de 0,25×0,004=0,001 %. Ce chiffre est insignifiant devant le risque naturel. Cependant, il signifie malgré tout qu’environ 600 personnes développent un cancer auto-induit en France chaque année !

Combien de personnes sont mortes à Hiroshima des conséquences à long terme de la radioactivité ? Selon Richard Muller, moins de 1 %. Cela peut paraitre paradoxale mais voyons le raisonnement : à part les personnes loin du centre de l’explosion, très peu de personnes ont survécus aux effets conventionnels de la bombe (effet thermique de l’explosion sous la forme d’une boule de feu) et aux effets à court terme d’une exposition à la radioactivité. Les meilleurs estimations donnent 52 000 survivants qui ont reçu une dose moyenne de 200 mSv. Cela induit que 200×52000=10 400 000 mSv ont été reçues. En divisant par 25 000 on arrive à 416 cancers soit 0,8 % des 52 000 survivants. On estime le nombre de victimes d’Hiroshima entre 50 000 et 150 000, il y a donc eu moins de 1 % de mort par cancer du fait de la bombe.

L’exemple de Tchernobyl

Un dernier exemple très controversé, ce qui nous permettra de voir les limites de ce raisonnement : les conséquences de l’accident de Tchernobyl. En 1986, l’un des réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose du fait d’une succession d’erreurs humaines (voir le descriptif de l’accident sur le site astrosurf). Des matériaux radioactifs furent dégagés dans l’atmosphère et se dispersèrent dans toute l’europe (voir l’image satellite ci-contre). On estime que l’humanité a reçu une dose de 600 000 000 mSv. Cet accident aurait donc induit 600 000 000/25 000 = 24 000 cancers (il s’agit d’une estimation grossière, qui relève plus de l’ordre de grandeur que du décompte exact des cancers). Mais ses conséquences ne s’arrêtent pas là. En effet, ces considérations statistiques ne décompte que les cancers directement induits par la radioactivité et ne prennent pas en compte le processus de mutation génétique (pathologies cardiaques, diabètes, naissances difformes, etc.) qui peut se répercuter de générations en générations, affectant plus particulièrement les enfants, 20 ans après la catastrophe (voir par exemple cet article sur le site d’UNICEF).

Il est évident que les conséquences d’une radio-exposition sont complexes. Inhaler des poussières radio-actives n’a pas les mêmes conséquences qu’une exposition à la radioactivité par la peau. Certains organes sont plus sensibles que d’autres, certains sujet également (en particulier les enfants, les adolescents et les femmes enceintes). Les considérations statistiques ne prennent pas en compte les individus (par définition) et lorsqu’on dit que telle exposition induit 100 cancers de plus que la normalité ce qui est insignifiant statistiquement, c’est toujours 100 cancers de trop, surtout si un choix politique permet de les éviter. Néanmoins, ces estimations permettent de donner une idée des conséquences d’une exposition à une faible dose de radioactivité. Sans minimiser les effets d’une catastrophe du type Tchernobyl, elles permettent de relativiser les effets de la radioactivité naturelle : vivre dans une belle maison en granit rose a certainement beaucoup plus de conséquences positives que de conséquences négatives liées à l’activité radioactive du granit (qui contient des traces d’uranium).

Par Cédric Lémery

Source : http://lewebpedagogique.com/physique/les-effets-biologiques-de-la-radioactivite-ii-les-effets-a-long-terme/

Mesure de la radioactivité : « Nous payons encore aujourd’hui la catastrophe de Tchernobyl »

Techniques de l’Ingénieur : Pour commencer, pourriez-vous nous présenter le SESURE et le réseau Téléray ?

Nathalie Chaptal Gradoz : Le SESURE est le service qui gère les programmes de surveillance radiologique sur le territoire français. Cette surveillance s’effectue notamment au moyen d’appareils installés sur le terrain. Ces moyens dits « fixes » peuvent être des sondes ou des appareils de prélèvement automatique de poussière de l’air ou dans l’eau.  

D’autre part, nous réalisons des prélèvements manuels dans l’environnement proche de l’installation nucléaire ainsi qu’à distance de celle-ci, afin de mesurer la radioactivité générale ambiante, ce qu’on appelle « le bruit de fond », et l’impact de la centrale sur son environnement.

Parmi les moyens fixes, il y a le réseau d’alerte Téléray, constitué aujourd’hui de 185 sondes qui mesurent le débit de dose gamma ambiant dans l’air sur le territoire. Nous avons également un autre réseau très similaire installé dans l’eau des grands fleuves, en aval de toute installation nucléaire. Ceci afin de garantir une qualité radiologique des eaux qui quittent le territoire national.

Pour en revenir au réseau Téléray, les 185 sondes ont été installées à partir de 1991, suite au retour d’expérience de l’accident de Tchernobyl. Il y a 4 ou 5 ans, nous avons entamé un programme de rénovation de ce réseau, basé sur le constat que les sondes avaient atteint l’âge de 20 ans. Ces progrès technologiques se sont accompagnés de progrès dans la transmission des données, avec l’avènement de nouveaux réseaux et la constitution de bases de données plus solides.

Concrètement, une sonde Téléray calcule toutes les 10 minutes le débit de dose gamma ambiant dans l’air. Chaque sonde possède une mémoire telle que l’ensemble de ses données peut être archivé. En temps réel, les données sont transmises à notre système de supervision situé au Vésinet (78).

Si un écart à une gamme de variabilité attendue des données est enregistré, le système de supervision va immédiatement informer le personnel d’astreinte (24h/24) par le biais d’une alerte. Cette même personne est ensuite chargée de la gestion de l’alarme, et de la compréhension de la source du problème.

Parfois, ce sont juste des raisons liées à la météo. Certains orages sont capables de générer une élévation du taux de radioactivité ambiante, et donc de déclencher une alarme radiologique sans qu’il y ait pour autant une alerte.

Pourriez-vous nous en dire plus sur la procédure de gestion des alertes ?

Comme je vous l’ai dit, dans l’équipe de télésurveillance, il y a toujours une personne d’astreinte 24h/24, durant une semaine. En cas d’alarme, le système de supervision développé et mis en service depuis 2011, permet à cette personne de voir rapidement s’il s’agit d’une valeur ponctuelle, si les sondes à proximité ont enregistré une valeur anormale ou pas, etc. Cela permet d’évacuer tout de suite un certain nombre d’hypothèses.

Nous avons également un correspondant local, qui va être contacté et qui va procéder à quelques vérifications techniques.

Si en dépit de toutes ces raisons, nous ne parvenons pas à diagnostiquer un évènement ponctuel naturel, alors nous alertons en interne. Nous avons de fait une procédure pouvant conduire jusqu’à alerter un cadre d’astreinte à l’IRSN et jusqu’au début d’un gréement en situation de crise, au niveau national.

Vous parliez du seuil d’alerte. Sur quels critères est-il établi ?

En fonction de son implantation, une sonde va enregistrer, par exemple, une valeur moyenne constante de 100 nanosieverts par heure, correspondant au bruit de fond de la radioactivité naturelle à cet endroit-là. Le seuil d’alerte va alors être établi à 114 nanosieverts par heure de plus. Pourquoi ? Parce que si vous faites le calcul, au bout d’une année, vous aller arriver à 1 millisievert, et 1 millisievert correspond précisément à la valeur limite annuelle d’exposition du public à la radioactivité artificielle.

En raison des conditions météorologiques, on a parfois des pics qui dépassent facilement 200 nanosieverts. Si cela dure 5 minutes et que c’est une cause naturelle, ce n’est pas inquiétant.

Alors certes, le système veille, mais l’équipe de télésurveillance n’attend pas que l’alarme soit déclenchée pour être vigilante. Surtout si elle est avertie d’un danger quelque part.

Le seuil d’1 millisievert n’a donc jamais été atteint ?

Non, et heureusement. L’impact des activités nucléaires est seulement de quelques microsieverts par an. Le site de La Hague, par exemple, produit au maximum une dizaine de microsieverts par an de radioactivité ajoutée. On est donc très loin du 1 millisievert.

Quel a été l’impact du passage du panache radioactif de Fukushima en mars 2011 ?

Compte tenu de la distance par rapport au Japon, et de la dilution dans les masses d’air suite à un demi-tour du globe, le passage du panache de Fukushima n’a pas été visible sur nos sondes. Il aurait fallu être à une distance beaucoup plus proche du Japon pour détecter quelque chose.

En revanche, aux abords de l’installation de la centrale de Fukushima, il y a eu effectivement des variations très intenses du débit de dose. Nous avions installé une sonde à l’ambassade de France à Tokyo, par chance, juste avant les rejets importants qui ont eu lieu aux alentours du 20 mars. Avant l’accident, elle oscillait entre 50 et 60 nanosieverts par heure, durant le rejet elle est montée jusqu’à 160 nanosieverts par heure, pour revenir ensuite aux alentours de 80.

Ce seuil d’alerte d’ 1 millisievert est-il partagé par d’autres organismes de radiosurveillance en Europe ?

Au lendemain de l’accident de Tchernobyl, de nombreux pays européens se sont dotés de capteurs de télémesure de la radioactivité gamma, mais chaque pays a décidé de sa couverture géographique et de la densité de capteurs qu’il allait installer sur son territoire. Par exemple, l’Allemagne a installé plus de 2000 capteurs alors que la France n’en a installé que 170.

Les technologies utilisées en Europe et les stratégies d’implantation sont très variées. Cela dépend aussi si le pays est nucléarisé ou pas, si la crainte provient d’un réacteur étranger ou national, etc.

La stratégie de surveillance en France ne s’applique donc pas forcément à un autre pays européen. A ce titre, chaque pays peut librement fixer ses seuils d’alerte. La France fait partie des seuils les plus bas d’Europe. La Commission européenne incite néanmoins l’ensemble des états membres à harmoniser les mesures et les pratiques.

Aujourd’hui, nous avons 185 sondes Téléray, et nous allons passer progressivement à 450 sondes. Jusqu’ici, nous avons installé une sonde dans chaque préfecture départementale, afin d’assurer une surveillance homogène du territoire. Par ailleurs, nous avons également une sonde Téléray installée dans l’environnement proche de chaque installation nucléaire, à 1 kilomètre sous les vents dominants.

L’implantation des sondes Téléray autour des installations nucléaires va donc se densifier. Plus précisément dans la zone qui se situe entre 10 et 30 kilomètres autour de l’installation. Pourquoi ne commencer qu’à 10 km ? Parce que dans la zone entre 0 et 10 km, ce sont les exploitants nucléaires qui ont l’obligation d’installer un certain nombre de sondes de mesure du débit de dose.

La salle de pilotage de la télésurveillance est située au Vésinet. Nos sondes y sont supervisées en temps réel. Il en va de même avec les sondes EDF dont les mesures nous sont également accessibles en temps réel.

Si une sonde tombe en panne, quel est le temps moyen mis pour la remplacer ?

C’est variable. Le premier niveau d’intervention est notre correspondant local à qui l’on va demander de faire quelques vérifications techniques. Ensuite, si cela est nécessaire, nos techniciens vont se déplacer pour remplacer ou réparer la sonde défectueuse. Si c’est une simple réparation, cela peut être très rapide. Le remplacement d’une sonde demande par contre plus de temps et peut être programmé à plus ou moins longue échéance, en fonction de son emplacement, de sa criticité, etc.

Durant la semaine qui a suivi la catastrophe de Fukushima, nous avions des sondes qui étaient défaillantes dans les DOM-TOM. Ces sondes ont toutes été réparées dans la semaine qui a suivi.

Quels sont les sites français dont la radioactivité naturelle est la plus importante ?

Certaines roches contiennent naturellement plus d’uranium, de thorium ou de potassium que d’autres. C’est le cas des Alpes, du Massif Central, de la Bretagne et de la Corse. Le niveau de radioactivité naturelle y est supérieur à celui qu’on pourrait trouver dans le bassin parisien par exemple. Le« bruit de fond » va se situer entre 150 et 180 nanosieverts par heure, alors qu’il sera de 60 à Paris.

De même, certaines sondes situées sur des sommets connaissent des records. Celle de l’Aiguille du Midi tourne en général entre 300 et 350 nanosieverts par heure.

Comment le public a-t-il accès aux données enregistrées par les sondes ?

Sur le site Internet de l’IRSN, vous cliquez sur l’onglet « Portail de la surveillance de la radioactivité dans l’environnement » ou vous entrez dans le navigateur de recherche l’adresse « sws.irsn.fr » qui vous amène sur une carte de France avec des points. Après avoir sélectionné « sondes du réseau Téléray », vous pouvez cliquer sur l’un des points pour avoir la chronique des mesures enregistrées sur cette sonde. Le site est mis à jour quotidiennement avec les données de la veille.

Lors de Fukushima, nous avions mis en ligne des valeurs rafraîchies plus rapidement que le lendemain pour les données de la veille. Aussi, nous avions dû ouvrir un site spécifique, le site habituel était victime d’une trop forte affluence.

Par ailleurs, il existe un autre site, celui du « Réseau National de Mesure de la Radioactivité dans l’Environnement ». Il rassemble non seulement les mesures de l’IRSN mais aussi les mesures d’autres acteurs du nucléaire, comme les exploitants ou des associations. Sur ce site, vous pouvez comparer les mesures d’EDF avec celles de l’IRSN, etc. C’est un site pluraliste, mais qui n’est mis à jour que mensuellement.

En Europe, je ne connais pas d’autre site équivalent au nôtre. Aux États Unis, non plus.

D’une certaine façon, nous payons encore la catastrophe de Tchernobyl dont ont découlé des incompréhensions entre le public et les autorités françaises. Il s’est créé un manque de confiance qui, nous l’espérons, va s’estomper avec le temps…

Vous parliez d’augmenter la densité du réseau Téléray, avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui. Depuis 4, 5 ans, nous nous attelons à revisiter notre stratégie de surveillance de l’environnement. Celle-ci avait été mise en place après les tirs atmosphériques d’armes nucléaires dans les années 60 à 80. Les niveaux de radioactivité dans l’air étaient alors beaucoup plus importants que ceux d’aujourd’hui. Il y avait également le fait que ces équipements commençaient sérieusement à vieillir.

Le niveau de radioactivité étant moindre aujourd’hui, les équipements doivent être de plus en plus perfectionnés. Concernant les analyses en laboratoire, il faut également des appareils de mesure de la radioactivité plus puissants, capables de détecter des traces de radioactivité dans l’environnement.

Les gens ne se satisfont pas d’entendre « il n’y pas de danger sanitaire ». Ils veulent une valeur chiffrée de ce que représente la radioactivité artificielle. Cela pose donc le défi technique de trouver des moyens pour ne pas être en dessous de la limite de détection des appareils.

Par ailleurs, nous avons également le projet de changer un autre dispositif fixe que sont les cabines de prélèvement d’aérosols sur des filtres. Ces cabines vont être rénovées à partir de 2012 avec des appareils de nouvelle génération, dont le débit d’aspiration est plus important.

Propos recueillis par Carole Hamon

Nathalie Chaptal Gradoz est chef adjointe du Service d’Etude et de Surveillance de la Radioactivité dans l’Environnement (SESURE) à l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire).

 

Pour aller plus loin :

Effets de la radioactivité sur l’homme à court terme

Un échantillon radioactif émet des radiations α ou β, c’est à dire qu’il émet des noyaux d’hélium (radiations α) ou des électrons (radiations β) à très grande vitesse. Les noyaux α sont « gros ». Ils provoquent de nombreux dégâts (comme un chien dans un jeu de quille) dans leur environnement mais sont facilement arrêtés : une simple feuille de carton suffit à les arrêter. Les électrons sont beaucoup plus petits et peuvent pénétrer très loin dans la matière (plusieurs mètres d’air, plusieurs centimètres de tissu vivant, ou plusieurs millimètres d’aluminium). Dans tous les cas, lorsqu’ils sont arrêtés par de la matière ils transmettent leur énergie à leur environnement. Lorsque ces projectiles frappent des êtres vivants, ils endommagent les molécules au cœur même de la cellule et cela peut avoir une influence sur son fonctionnement.

Il existe également les rayonnements ionisants X ou γ qui sont des rayonnements électromagnétiques (comme la lumière mais très énergétique et invisible à l’oeil) susceptibles d’arracher des électrons aux atomes et modifiant, une fois encore, la structure des molécules.

Les conséquences de ces modifications moléculaires au sein d’un environnement biologique (la cellule) sont multiples et dépendent de très nombreux facteurs. La dynamique cellulaire est susceptible d’éliminer les molécules modifiées (un peu à la manière d’un écosystème qui se régénère suite à une pollution), de sorte que le fonctionnement de la cellule n’est pas affecté. Il se peut également que le fonctionnement de la molécule soit perturbé et cela induit divers symptômes. On distingue deux types d’effets de la radioactivité sur un organisme vivant selon la dose auquel l’organisme a été soumis : les effets à court terme dans le cas des contamination intense et les effets à long terme dans le cas des contaminations diffuse (faible exposition mais en plusieurs fois).

Les premiers effets sont bien connus puisqu’ils ont pu être étudiés in situ lors d’explosions nucléaires ou dans l’industrie nucléaire. Les seconds sont plus difficiles à étudier car il faut un suivi des personnes exposées sur plusieurs années. D’autre part, nous sommes soumis à de la radioactivité naturelle en permanence et il est difficile de distinguer les différents facteurs inducteurs de pathologies.

figure : Dommages infligés à l’ADN par des rayonnements © UCAR University of Michigan

Les effets immédiats relèvent d’une forme d’empoisonnement à la radioactivité, c’est à dire que les symptômes observés dépendent de la dose reçue par la personne. Contrairement à l’activité radioactive d’une source qui est facile à mesurer, la dose reçue est plus difficile à quantifier. La mesure physique se fait en Gray qui sont des joules par kilogramme. Il s’agit donc d’une mesure de l’énergie reçue par unité de masse. Cette unité n’est pas très pertinente pour mesurer les conséquences biologiques d’une exposition à la radioactivité car de nombreux paramètres entrent en jeu : nature du rayonnement (α, β, γ ou X), nature des tissus exposés, etc. Deux nouvelles grandeurs ont donc été inventées pour « lisser » tout cela : la dose équivalente et la dose efficace. La dose équivalente prend en compte la nature du rayonnement (la radioactivité α a plus de conséquences que la β par exemple, rappelez-vous : les particules α sont grosses et font beaucoup de dégât). La dose efficace prend également en compte la nature des tissus affectés.

La différence est de taille entre ces deux grandeurs : pour une même dose d’exposition aux particules α, une ingestion de poussières radioactives a des conséquences désastreuses pour l’organisme alors qu’une exposition extérieure (par la peau) a de faibles conséquences puisqu’une fraction de millimètres de tissus humaines suffisent à arrêter le rayonnement. Cependant, nous n’allons pas rentrer dans ces considérations et nous allons explorer les effets de la radioactivité en supposant que c’est l’ensemble de l’organisme qui est exposé aux radiations. L’unité dans lequel s’exprime ces grandeurs est le Sievert (Sv) (on utilisait autrefois le rem : 1 Sv=100 rem) :

Pour une dose de 1 Sv à 2 Sv reçue en une seule fois, des effets commencent à être ressenti : nausées, perte des cheveux mais ceux-ci disparaissent quelques temps après l’exposition et aucune maladie à court terme n’est développée. Ces symptômes sont bien connues des personnes qui suivent une radiothérapie.

  • A partir de 3 Sv, le risque de mortalité est de 50 % dans les 60 jours (cela veut dire que la moitié des personnes qui ont été soumises à de telles radiations sont mortes dans les 60 jours). Cete dose est connue dans le monde médicale sous la dénomination DL50 (Dose létale 50 : 50 % des sujets exposés à cette dose de substances toxique sont décédées).
  • Au-delà de 10 Sv, les dommages sont irréversibles avec paralysie dans les heures qui suivent l’exposition et des chances de survie infimes.

Dans notre environnement quotidien, nous ne sommes jamais exposés à de telles doses (voir la carte ci-dessous). La radioactivité ambiante en France est telle que la dose reçue annuellement est en moyenne de 3 à 4 millièmes de Sv. Cette valeur est une moyenne qui prend en compte par ordre d’importance le Radon, gaz radioactif d’origine naturelle issu de la désintégration de l’uranium présent dans la croûte terrestre (40%), la médecine nucléaire (30%), la radioactivité naturelle de la terre (10%), les rayonnements cosmiques (10%) et notre propre radioactivité interne liée au potassium 40 et au carbone 14 (10%). Les effets à court terme de la radioactivité ne sont donc observés que dans des cas extrêmes : radiothérapie, accidents nucléaires (du type Tchernobyl) et explosions militaires. La carte ci-dessous montre la radioactivité naturelle d’origine tellurique (provenant de la terre) en mSv/an :

Par Cédric Lémery

Sources : http://lewebpedagogique.com/physique/about/

Le nucléaire au quotidien : quels dangers ?

La décision allemande de renoncer au nucléaire d’ici 2021 réjouit, bien entendu, les Grünen et la majorité des Verts Français. Elle doit réjouir aussi, sans nul doute les producteurs de gaz. En effet, la question du remplacement des réacteurs nucléaires n’est guère abordée par nos amis allemands. Tout le monde convient qu’à l’heure actuelle la seule énergie compétitive avec l’énergie nucléaire est celle faisant appel aux combustibles fossiles, charbon et gaz. Les effets d’annonce concernant le recours à des énergies renouvelables ou à des économies d’énergie jouent, en fait, le rôle de cache-sexe. Si les allemands avaient cru sérieusement à la possibilité de se passer du nucléaire sans recourir aux énergies fossiles, il leur aurait été possible de s’engager à ne remplacer en aucun cas les centrales nucléaires par des centrales à combustible fossile. Alors, oui, on aurait pu se réjouir sans arrière pensée. La décision allemande, en réalité, consiste à faire le choix des combustibles fossiles de préférence au nucléaire. Ce choix est il de nature à réjouir ceux qui ont pour souci l’avenir de notre planète ?

Il faut donc comparer les inconvénients du nucléaire et ceux des combustibles fossiles producteurs de gaz à effet de serre.

Les dangers du nucléaire

Ceux du nucléaire sont bien connus : risques d’accident grave, irradiation diffuse, risques liés à la gestion des déchets, risques de prolifération. Si ces risques existent bien, ils sont, en général, largement grossis par les opposants systématiques au nucléaire et suscitent des réactions de peur tout à fait disproportionnées dans une large part de la population, ceux-là utilisant sans vergogne celles-ci. Il est, bien sûr, hors de question de les étudier en détail ici, mais quelques réflexions permettant de les remettre à leur vraie place me semblent utiles. Rappelons, tout d’abord, que nous baignons tous dans une radioactivité naturelle dont l’intensité varie de plus d’un facteur 5 d’un endroit de la planète à un autre. Aucun effet nocif de la radioactivité naturelle n’a jamais pu être démontré. C’est grâce à l’existence de cette radioactivité naturelle (qui a les mêmes caractéristiques que la radioactivité artificielle), que l’industrie nucléaire a été une des premières à pouvoir mettre en oeuvre le principe de précaution : en limitant le surcroît d’irradiation dû aux activités humaines à une fraction de la radioactivité naturelle, on peut être sûr que l’effet sur la santé du public sera négligeable.

Ceux qui affirment que toute dose de radiation, aussi faible soit-elle, est dangereuse pour la santé sont soit menteurs, soit ignorants, et, par là même, manipulés. Pour fixer les idées sur la dangerosité des radiations et sur la signification des normes d’exposition considérées comme acceptables, les tableaux suivants comparent les risques dûs à l’irradiation à ceux entraînés par la consommation de tabac. Rappelons que le tabac cause environ 60000 décès chaque année en France et que les Français fument environ 5 milliards de paquets de cigarettes annuellement. On peut donc estimer que la probabilité d’un décès prématuré, essentiellement par cancer, due à la consommation de tabac est de l’ordre de 10-5 par paquet de cigarette. En ce qui concerne les effets des radiations la Commission Internationale de Protection contre les Radiations retient un taux de 4 x 10-2 par Sievert pour la probabilité d’induction dun cancer mortel. La comparaison entre radiations et fumée de cigarette est pertinente puisque, dans les deux cas, l’effet principal sur la santé est un accroissement de l’incidence des cancers.

  • Comparaison de certaines expositions aux radiations aux effets de la fumée de cigarettes (tableau1) :
  Dose annuelle en millisievert  Équivalent en paquets de cigarettes par an
Total Irradiation naturelle 3 15
Radon 2 10
Rayons cosmiques 0.3 1.5
Rayons X médicaux 0.4 2
Habiter à 2000m 0.6 4
Irradiation du public due aux Centrales nucléaires   0.0005 0.0025
Irradiation moyenne en France due à Tchernobyl dans la première année suivant l’accident 0.05 0.25
  • Comparaison des doses admissibles d’irradiation aux effets de la fumée de cigarettes (tableau2) :
    Dose maximale en millisieverts/an Équivalent en paquets de cigarettes/an
Professionnels 20 100
Public 1 5
Limite d’évacuation autour de Tchernobyl 5 25

L’équivalence présentée dans les tableaux 1 et 2 permet de souligner, une fois encore, le fait que l’application sans précaution de la relation linéaire entre doses et effets à des évaluations de nombre de décès dûs aux radiations à faibles doses heurte le bon sens : on considérerait, en effet, qu’il serait équivalent qu’un seul individu fume dix mille paquets de cigarettes ou que dix mille individus fument chacun un paquet ! Muni de cette équivalence, il est possible de mieux apprécier la nature des problèmes posés par l’énergie nucléaire.

Les risques d’accident grave

Deux accidents graves servent, actuellement de référence : Three Miles Island (TMI) et, surtout, Tchernobyl. Dans le premier cas on n’a à déplorer aucun décès. Deux opérateurs ont été significativement irradiés. Aucune irradiation du public n’a eu lieu. Malgré cela, et pour diverses raisons qu’il serait trop long d’expliciter ici, TMI a marqué la fin de la mise en chantier de nouveaux réacteurs aux USA. L’accident de TMI a créé une véritable panique aux USA, entraînant, entre autres conséquences, la perte de confiance vis à vis des experts nucléaires. L’absence de victimes n’a eu, à cet égard, aucune conséquence. Dune certaine façon on peut dire qu’après TMI l’approche du nucléaire est devenue complètement irrationnelle, la peur du nucléaire (paradoxalement c’est uniquement le nucléaire civil qui semble faire peur) prenant la place de l’ancestrale peur du loup.

La catastrophe de Tchernobyl a eu, bien sûr, une toute autre ampleur que TMI. Le bilan sanitaire reconnu, 15 ans après la catastrophe, s’établissait à 35 morts parmi les « liquidateurs » au moment ou peu de temps après l’accident et à 1 500 cancers de la thyroïde, essentiellement parmi les enfants. Parmi ces cancers trois s’étaient avérés mortels. Les cancers de la thyroïde ont été facilement attribués à l’irradiation par l’iode 131 qui se fixe préférentiellement sur cet organe et a une durée de vie de huit jours, car les cancers de la thyroïde sont normalement très rares chez les enfants. Les autres types de cancers sont beaucoup plus difficiles à attribuer spécifiquement à Tchernobyl car ils ne peuvent apparaître que comme une faible augmentation comprise entre 0 et 3% du nombre total de cancers apparaissant « normalement ». Environ 5 millions de personnes en Ukraine et Biélorussie vivent dans un fond de radiation plusieurs fois plus élevé que ne l’était celui dû à la radioactivité naturelle avant la catastrophe. Cette radioactivité supplémentaire est due au Cesium 137 dont la durée de vie est de trente ans. Sur une telle population le nombre attendu de cancers mortels se déclarant chaque année est de l’ordre de 20000, alors que le surcroît dû à Tchernobyl serait, au maximum, en utilisant la relation linéaire entre dose et effet, de l’ordre de 500 par an. Pour l’instant aucune augmentation significative n’a été observée. Bien qu’étant lourd ce bilan est très inférieur aux 200 000 à 500 000 morts que certains prophètes de malheur s’étaient plu à prophétiser. Ces mêmes prophètes ou leurs émules ont, récemment, fait valoir que 15 000 morts auraient été décomptés parmi les « liquidateurs », recevant, en l’occurrence, une confirmation de la bouche du Ministre Russe des catastrophes. Il se trouve que les tables de mortalité utilisées par les actuaires prévoient que 15 000 décès devraient être observés en 15 ans dans une population de 250 000 personnes âgées de 20 à 30 ans, représentative de celle des liquidateurs. Le nombre total de liquidateurs ayant été de 600 000, on voit que l’annonce de 15 000 décès parmi eux depuis 15 ans n’a pas grande signification, en l’absence de données plus précises sur la population concernée et les causes des décès. En toute hypothèse les conséquences de Tchernobyl pour les Ukrainiens et les Biélorusses seront bien inférieures à celles dues à la tabagie et à l’alcoolisme. La catastrophe de Tchernobyl est considérée comme l’archétype de la plus grave catastrophe du nucléaire civil envisageable. Les experts de la sûreté nucléaire considèrent que la probabilité pour qu’une catastrophe de cette ampleur puisse se produire avec les réacteurs de type occidental est de l’ordre de un millionième par réacteur et par année de fonctionnement. Pour la France, cela signifierait qu’un tel événement pourrait se produire tous les 20 000 ans. D’autres types d’accidents susceptibles de provoquer davantage de victimes (rupture de barrage, explosion d’un méthanier, incendie ou explosion chimique, chute de météorite, tempête tropicale, chute d’avion gros porteur, etc…) ont une bien plus grande probabilité de se produire. De même qu’une catastrophe nucléaire, tous ces accidents auraient des conséquences locales et(ou) régionales, mais, en aucun cas (à l’exception de la chute d’un très gros météorite), globale. En aucun cas la biosphère ne serait menacée, ni même aucune espèce particulière.

Les déchets nucléaires

Il est coutumier de faire de la question des déchets nucléaires la raison majeure militant en faveur de l’abandon du nucléaire civil. On insiste sur la longue durée de vie de ces déchets en oubliant de dire que, contrairement aux déchets chimiques, la dangerosité des déchets nucléaires est inversement proportionnelle à leur durée de vie : plus un noyau a une grande durée de vie, moins nombreuses sont ses désintégrations par unité de temps. Un exemple très éclairant est donné par la comparaison entre deux types d’iode radioactive : l’iode 131 (responsable des cancers de la thyroïde de Tchernobyl) dont la durée de vie est de huit jours environ, et l’iode 129 dont la durée de vie est d’environ 15 millions d’années. Cette grande différence de durée de vie fait que l’iode 129 est près d’un milliard de fois moins dangereux que l’iode 131. L’iode 129 est le déchet nucléaire dont la durée de vie est la plus longue. Il est produit par la fission de l’Uranium 235 qui a, lui, une durée de vie de 700 millions d’années. Pour 1000 noyaux de ce dernier qui fissionnent, seulement 3 noyaux d’iode sont produits. La « dangerosité » de l’iode 129 est donc du même ordre que celle du noyau d’Uranium 235 dont il est issu. D’une façon générale la fission réduit le nombre de noyaux radioactifs de grande durée de vie. Il est vrai que, dans les premiers milliers d’année, la « dangerosité » des déchets nucléaires est plus grande que celle des noyaux qui ont fissionné.

Jusqu’à quel point la radioactivité générée par ces déchets présente-t-elle un risque pour la biosphère ? A court terme la radioactivité des déchets nucléaires est bien confinée et sous contrôle, au point que les conséquences pour la santé des déchets stockés est extrêmement faible sinon nulle. La sûreté des stockages profonds ne pourrait, à l’évidence, qu’être bien meilleure encore que celle des stockages en surface ou sub-surface. On s’accorde, généralement, pour considérer que la radioactivité resterait confinée pendant au moins mille ans dans ces stockages profonds. Ceux-ci étant situés à des profondeurs de 500 à mille mètres, on peut comparer la radioactivité susceptible d’être déconfinée au bout de mille ans à celle des premiers mille mètres de la croûte terrestre. On trouve, ainsi (en l’absence de retraitement et d’incinération des déchets qui pourraient réduire leur dangerosité par un facteur 100), dans le cas de la France , que la radioactivité correspondant à 100 ans de production par 100 réacteurs (actuellement il y en a 57 en service en France) serait inférieure à un pour cent de la radioactivité naturelle de la croûte.

On voit donc que le stockage profond ne présente aucun danger dans le court et moyen terme (sauf accident de transport éventuel) pour les riverains, et que sur le long terme il ne constitue pas de risque au niveau global de la biosphère. Des risques locaux pourraient exister en admettant une intrusion fortuite dans un site particulier, par un forage, par exemple. Il faut remarquer que la grande durée de vie des déchets subsistant à l’horizon du millénaire fait que, dans le cas d’un déconfinement, ils se disperseront dans la biosphère avant de se désintégrer, ce qui devrait limiter les risques locaux. En conclusion on retrouve, en moins grave toutefois, les caractéristiques des accidents nucléaires en ce qui concerne le caractère local et, à la limite régional, des risques encourus et l’absence de conséquences au niveau global. La différence réside dans l’échelle de temps, et, là encore, un grain de bon sens tendrait à faire croire que, toutes choses étant égales par ailleurs, un danger se concrétisant éventuellement dans mille ou dix mille ans est préférable à un danger qui menace dès aujourd’hui ou dans le prochain siècle.

La question du traitement des déchets nucléaires illustre les incohérences et(ou) la mauvaise foi de la majorité des opposants au nucléaire. Tout d’abord il faut rappeler que, quoi qu’il arrive, il faudra bien trouver une solution raisonnable à la gestion des 200000 tonnes de combustibles irradiés qui auront été produits d’ici 2010, et ceci même en cas de sortie généralisée du nucléaire. Quelle est donc la solution à ce problème proposée par les partisans de la sortie du nucléaire ? Il est reconnu que les seules solutions possibles sont la transmutation des déchets dans des réacteurs nucléaires, éventuellement d’un type nouveau et (ou) l’enfouissement en site profond. Le stockage en surface ou sub-surface ne peut qu’être une solution d’attente. La transmutation exige le retraitement et l’irradiation en réacteur. Les opposants au nucléaire refusent la mise en oeuvre de ces procédés en exigeant l’arrêt des usines de retraitement et celui des réacteurs. Exit donc, selon eux, la possibilité de la transmutation. Il est d’ailleurs piquant de constater que les mêmes réclament, à juste titre, le tri sélectif de tous les déchets autres que nucléaires. Où est la logique ici ? La seule solution reste donc l’enfouissement en profondeur. Mais, nos opposants refusent, également et bruyamment, la réalisation des laboratoires souterrains qui devraient permettre la définition des meilleurs sites. Que faire alors, si ce n’est attendre un miracle ? Ou bien serait-ce que le sort des déchets n’intéresse les opposants au nucléaire que dans la mesure où il permet d’affoler les populations ?

Les dangers de prolifération

Les matériaux de base utilisés pour la fabrication de l’explosif nucléaire sont l’Uranium 235 et le Plutonium 239. L’Uranium 235 est présent dans l’Uranium naturel dans la proportion de 0.7%, alors qu’une concentration en cet isotope de plus de 90% est nécessaire pour la fabrication d’une bombe. Il s’en suit qu’il est nécessaire de procéder à une opération d’enrichissement isotopique. Jusque dans les années 70 deux techniques lourdes, onéreuses et grandes consommatrices de courant étaient utilisées : la séparation électromagnétique et la séparation par diffusion gazeuse. Désormais deux nouvelles techniques plus légères et plus discrètes sont devenues accessibles : la séparation par centrifugation gazeuse et la séparation par laser. En utilisant ces différentes méthodes, tout pays disposant des compétences humaines et d’un minimum de moyens est en mesure de produire suffisamment d’Uranium 235 hautement enrichi pour fabriquer plusieurs bombes. C’est ce qu’a fait le Pakistan récemment et ce que l’Irak était en train de faire. L’Irak ne possédait pas de réacteur. Le Pakistan possédait un réacteur de puissance de type canadien, mais n’utilisa pas ce réacteur pour produire la matière fissile nécessaire à ses premières bombes.

L’autre matériau fissile , le Plutonium 239, est produit dans des réacteurs. Tous les réacteurs fonctionnant avec de l’Uranium, naturel ou faiblement enrichi, produisent donc du Plutonium qu’il est relativement aisé d’extraire par des méthodes chimiques. En réalité, aucune des puissances nucléaires militaires n’est parvenue à ce stade en utilisant des réacteurs construits pour la production d’électricité. La démarche nucléaire civil vers nucléaire militaire ne s’est, donc, pas, à ma connaissance, produite. Au contraire, la démarche inverse du militaire vers le civil a été fréquente et explique certaines caractéristiques de l’industrie nucléaire civile qui ne se seraient peut être pas imposées sans cela : par exemple l’utilisation de l’Uranium enrichi dans les réacteurs à eau. Il est vrai, aussi, que des puissances nucléaires militaires ou ayant la volonté de le devenir ont géré des réacteurs de puissance pour en extraire du Plutonium de bonne qualité militaire. Ce fut le cas de la France avec les réacteurs graphite-gaz, et de l’Union Soviétique avec les réacteurs RMBK (type de Tchernobyl). En réalité il apparaît que les états désirant s’équiper de réacteurs de puissance commerciaux sont amenés à signer le traité de non-prolifération, et par là renoncent à la réalisation d’un armement nucléaire.

On voit donc qu’en ce qui concerne les États, les craintes de voir des centrales nucléaires civiles détournées à des fins militaires se sont avérées vaines, jusqu’à présent. Les États ayant décidé d’acquérir un armement nucléaire ont pu le faire s’ils possédaient les compétences humaines (physiciens, ingénieurs) et les moyens matériels pour le faire. En ce qui concerne des groupes terroristes qui voudraient pratiquer le chantage nucléaire, il est à craindre que l’effondrement de l’Union Soviétique leur ait déjà, malheureusement, donné les moyens de s’équiper.

En réalité, si l’on veut sérieusement éviter une conflagration nucléaire dont les conséquences éventuelles seraient sans commune mesure avec Tchernobyl, il faut s’attaquer fermement et fortement à l’armement nucléaire et l’on aimerait voir les anti-nucléaires montrer ne serait-ce qu’autant d’ardeur dans un combat contre les armements nucléaires des grandes puissances que contre l’industrie nucléaire civile ! Il est vrai que s’attaquer au lobby militaro-industriel est autrement difficile que de s’attaquer à un lobby nucléaire civil dont on aimerait savoir de qui et de quoi il se compose. D’ailleurs, comme nous allons le voir maintenant les « Verts » sont étrangement discrets à l’égard des vrais lobbys puissants comme celui des pétroliers.

Par P.T

Sources : CNRS, LSPC

Effets biologiques et sanitaires des rayonnements ionisants – Enseignements tirés des expositions humaines aux rayonnements ionisants

Les organismes humains sont soumis en permanence aux rayonnements ionisants. Ces expositions peuvent être d’origine naturelle, par inhalation de radon par exemple, médicales à des fins de diagnostic ou à visée thérapeutique, ou encore industrielles lors de rejets contrôlés de radionucléides dans l’environnement. Ces situations conduisent en général à des expositions à des doses faibles de rayonnement, décrites par l’UNSCEAR comme étant peu nocives pour la santé humaine. Par opposition à ces situations, des évènements accidentels peuvent conduire à une surexposition d’un nombre variable de personnes. Le suivi des personnes exposées est très informatif et a permis d’accroître les connaissances dans le domaine des effets sanitaires des rayonnements ionisants. Le texte présenté ci-après décrit quelques cas d’irradiations et de contaminations accidentelles et tente de mettre en lumière les enseignements tirés de ces expositions. L’objet de cet article n’est pas de traiter des dysfonctionnements humains ou techniques ayant conduit à de tels évènements, mais de s’arrêter sur l’apport de ces accidents à la connaissance générale des effets sanitaires des rayonnements ionisants et au développement de nouvelles thérapeutiques. Quelques exemples significatifs ont été sélectionnés, représentatifs de situations d’exposition accidentelle, professionnelle ou d’origine environnementale. À la fin de ce document, une attention particulière est portée au débat relatif aux effets des expositions à des faibles doses de rayonnements ionisants, dont l’issue pourrait éventuellement conduire à s’interroger sur la validité de certains concepts du système de radioprotection.

Lire la suite

L’indépendance énergétique que nous apporte le nucléaire est réelle

On cite souvent l’exemple de l’Allemagne, qui va sortir du nucléaire progressivement dans les prochaines années. Pourquoi la situation de la France est elle différente ?

La France n’a ni charbon, ni gaz, ni pétrole, contrairement à l’Allemagne, qui a elle beaucoup de charbon. Ainsi, la France ne peut pas miser sur les ressources de son sous-sol pour assurer son indépendance énergétique. Il a donc fallu se tourner vers d’autres solutions.

Pourquoi avoir choisi si massivement l’énergie nucléaire ?

L’indépendance énergétique que nous apporte le nucléaire est réelle, même si l’on importe l’uranium. On importe également du charbon, mais l’impact d’une hausse du prix de l’uranium aurait un impact infiniment moindre sur le prix de l’électricité qu’une hausse du prix du gaz ou du charbon. L’autre avantage de l’uranium est que c’est une source d’énergie concentrée.
A l’heure qu’il est, la France possède des stocks d’uranium permettant de produire de l’électricité pour plusieurs années, car les volumes à stocker sont très faibles. Si on prend l’exemple du pétrole par exemple, les stocks ont une durée de vie de quelques mois au plus. En ce qui concerne le gaz c’est encore moins.
Ainsi, la question de l’indépendance énergétique vis-à-vis de l’uranium ne se pose pas du tout de la même manière que pour les autres sources d’énergie. L’indépendance énergétique via le nucléaire a donc plus de consistance qu’avec les combustibles fossiles.

Quelles sont les estimations relatives aux réserves d’uranium mondiales ?

Les estimations concordent autour de 4 millions de tonnes de réserve prouvées. Le monde consomme environ 60 000 tonnes d’uranium chaque année. On a donc plus de 50 ans de réserve avec l’uranium trouvé pour le moment. Mais les ressources estimées seraient dix fois supérieures.
Mais les estimations ne sont pas la seule donnée à prendre en compte : si le nucléaire se développe de plus en plus, ce qui était très envisageable à un facteur multiplicatif de 4 à 5 avant Fukushima, ces chiffres seraient à revoir.
La Chine, par exemple, est toujours sur la base d’une commande de centaines de réacteurs pour les 50 ans à venir.

Pourrait-il y avoir pénurie d’uranium dans les prochaines années si l’industrie nucléaire se développe plus rapidement que prévu ?

Le problème de la ressource en uranium se règle avec la mise en œuvre des réacteurs de 4ème génération, dits réacteurs rapides, qui abaissent la consommation de l’uranium d’un facteur 100. L’exploitation de ces réacteurs sera plus chère, on le sait. Ce qu’on ne sait pas, c’est quelle va être l’évolution du prix de l’uranium dans les prochaines décennies. Ainsi, la question n’est pas tellement de savoir quand est-ce que l’on démarrera la production d’électricité via des réacteurs rapides, mais plutôt : A quel prix de l’uranium naturel démarrera-t-on l’exploitation des réacteurs rapides ? Et surtout si les réacteurs rapides atteindront les critères de sûreté nécessaires à leur commercialisation au niveau mondial.

Revenons à la situation actuelle. Comment jugez-vous le rapport de l’ASN rendu récemment ?

Le résumé me semble assez raisonnable : les réacteurs sont convenablement dimensionnés, mais il faut des améliorations en ce qui concerne les potentielles « gestions de crise ». ça semble cohérent suite à la catastrophe de Fukushima.

La catastrophe de Fukushima a donné lieu à une guerre des chiffres en matière d’exposition à la radioactivité…

On en revient toujours à la question des faibles doses et de la relation linéaire sans seuil. Les associations anti nucléaires se baseront toujours sur la relation linéaire sans seuil. Personnellement, j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus d’études scientifiques qui montrent que la relation n’est pas linéaire sans seuil, mais les effets sont tellement faibles qu’avoir des études épidémiologiques pertinentes est quasiment impossible. Ce débat-là me paraît tronqué d’avance.

La gestion des déchets nucléaires est également un sujet sur lequel il n’y a pas de certitudes… Comment se déroule-t-elle à l’heure actuelle ?

Les déchets à longue vie, les plus dangereux, sont conditionnés sous forme de paquets de déchets à haute activité, vitrifiés, qui tiennent dans l’espace équivalent à une piscine. Ils sont entreposés à La Hague, sous trois où quatre mètres de béton. La loi de 2006 sur la gestion des déchets radioactifs donne rendez-vous en 2015 pour prendre une décision finale. Pour l’instant, on se dirige vers un enfouissement au sein d’une couche d’argile, en Haute Marne. D’autres solutions sont envisageables dans le futur si le nucléaire continue, comme la transmutation, c’est à dire la destruction en réacteur.

Propos recueillis par Pierre Thouverez

 

Revue du Web #19 : les vidéos de la semaine

Cette semaine, dans la revue du Web :

  • Que se passe-t-il lorsqu’on lâche un « Slinky » (le célèbre jouet en forme de ressort) allongé verticalement ? Réponse à l’aide d’une caméra enregistrant près de 300 images par seconde ;
  • De gigantesques bras robotiques, baptisés « slave arms », obéissent au doigt et à l’oeil de leur opérateur ;
  • Le « Pyro Board », sorte d’écran utilisant de petites flammes en guise de pixels ;
  • Une publicité virale pour une chaine de fast-food tex-mex, montre, en slow-motion, de nombreux objets détruits par un four à micro-ondes ;
  • Nissan a fabriqué un boitier auto-cicatrisant pour smartphone, après avoir mis au point une peinture automobile dont les propriétés sont identiques ;
  • Un doigt rendu super-hydrophobe, à l’aide d’un aérogel ;
  • « Flight Assembled Architecture », première installation entièrement réalisée par des robots quadricoptères ;
  • Enfin, le gadget (inutile) de la semaine : un drôle de circuit dont le « but » est de vous permettre de tourner les pages de votre journal…

Chute d’un « Slinky » au ralenti :

Pour débuter cette dix-neuvième revue du Web, commençons par une question : vous souvenez-vous des « Slinky » ? Inventé dans les années 1940 par Richard James, un ingénieur naval originaire de Philadelphie, en Pennsylvanie, le « Slinky » est un célèbre jouet en forme de ressort, ayant notamment la faculté de descendre les marches d’un escalier une fois lancé. Parfois baptisé « Ondamania », le Slinky peut aussi bien être métallique qu’en plastique, bien que cette dernière matière supporte finalement assez mal les déformations, rendant rapidement le ressort inutilisable.

La première vidéo, filmée à l’aide d’une caméra captant près de 300 images par seconde, montre la chute d’un Slinky allongé verticalement, tenu par Rod Cross, un prestigieux physicien et académicien de l’université de Sydney. Qu’observe-t-on ici ? Lorsque le professeur Rod Cross lâche le ressort, le bas du Slinky reste stationnaire, jusqu’à ce que le haut du Slinky le rejoigne, pour finalement tomber au sol. En d’autres termes, le bas du Slinky ne tombe que lorsque le ressort est comprimé.

En fait, le bas du ressort subit deux forces, son poids et la tension du ressort. Lorsque le Slinky est lâché, ces deux forces restent toujours équilibrées… jusqu’à ce que l’information de la chute, par le biais du changement de tension du ressort, parvienne tout en bas. Cette propagation de l’information est dépendante de la masse volumique et de la raideur.

Jetez un œil à l’expérience qui suit, où une balle de tennis se trouve suspendue au bas du Slinky, alors que l’on lâche à nouveau le dispositif : que se passe-t-il à votre avis ?
 

« Slave Arms », de gigantesques bras robotiques qui imitent les mouvements de l’opérateur :

Les ingénieurs de la société Raytheon-Sarcos, basée dans l’Utah, aux États-Unis, ont mis au point un système de bras robotiques capables de reproduire parfaitement les mouvements effectués par un opérateur, juché sur le dos de la machine. Ces bras sont montés sur une machine de type « Ditch Witch » modifiée, permettant à l’engin de se déplacer plus ou moins aisément.

Les mouvements sont reproduits avec une grande précision car les trois degrés de liberté du poignet, le degré de liberté du coude et les trois degrés de liberté de l’épaule sont scrupuleusement respectés par le robot. D’autre part, l’opérateur est à même de ressentir les différentes forces de résistance rencontrées par le robot, lui donnant un autre indice de ce qui est en train de se passer dans l’espace de travail, en dehors des simples indications visuelles.

Rappelant les différentes innovations et progrès dans le domaine des exosquelettes, « Slave Arms » ne requerrait pas d’entrainement spécifique, la prise en main étant automatique et totalement intuitive selon les concepteurs. Pourvus d’aimants ou de terminaisons plus classiques, ces bras semblent parfaits pour la manipulation d’objets lourds et légers, comme pour le travail en milieu dangereux ou pollué.

Le « Pyro Board », où de petites flammes font office de pixels :

Voici le « Pyro Board », une table sur laquelle de petites flammes alimentées par du gaz font office de pixels, là où un écran traditionnel utiliserait par exemple de petites LED. Cet écran réagit en fonction de la musique diffusée et se synchronise aussi bien sur le tempo que sur la hauteur des sons, grâce aux variations de pression dûes aux ondes sonores elles-mêmes. De ces variations résulte un graphisme et des dessins pour le moins étonnant.

Ce système est en quelque sorte une synthèse entre la plaque de Chladni et le tube de Rubens. La plaque de Chladni est une expérience assez connue en acoustique : une plaque saupoudrée de sable est mise à proximité d’un dispositif sonore, ou encore est frottée par un archer de violon. Les grains de sable s’agitent en raison de la vibration de la plaque, et se réfugient là où l’amplitude des vibrations est minimale, créant de curieux dessins symétriques. En voici une illustration :

Le tube de Rubens, quant à lui, est un tube perforé alimenté par du gaz, alors qu’un haut-parleur est placé juste en face d’une membrane souple, fermant l’une des extrémités du tube. En fonction de la pression acoustique locale, les flammes sont plus ou moins longues, permettant alors de visualiser les longueurs d’ondes sonores.

Une publicité virale qui met en scène un four à micro-ondes :

La chaîne de restauration rapide tex-mex « Moe’s Southwest Grill » a décidé de faire un peu parler d’elle, grâce à une vidéo publicitaire sur le point de devenir virale. Cette vidéo en slow-motion met en scène différents aliments (un œuf, une pastèque, une tomate, etc.) ou objets (allant d’une feuille d’aluminium à une ampoule, en passant par un bloc de savon d’une célèbre marque) malmenés par un four à micro-ondes.

Le rayonnement micro-ondes agite les molécules d’eau contenues dans les aliments, ce qui fait par exemple exploser l’œuf, lorsque la pression à l’intérieur de la coquille devient trop élevée. Le papier d’aluminium, qui est un conducteur électrique, voit des gradients du champ se créer à ses angles, occasionnant des arcs électriques. Images :

 

Un boîtier auto-cicatrisant pour smartphone :

Le constructeur automobile japonais, Nissan, va désormais investir le marché de la téléphonie mobile, en mettant à contribution quelques-unes des technologies développées au préalable pour la filière automobile.

En 2005, les ingénieurs de la firme japonaise ont mis au point une peinture unique en son genre, en collaboration avec l’Université de Tokyo et avec « Advanced Softmaterials », une société privée spécialisée dans les matériaux intelligents. Baptisée « Scratch Shield », cette peinture auto-cicatrisante est plus flexible et élastique, basée sur un mélange de plastique Acrylonitrile Butadiène Styrène (ABS) et de polyrotaxane, ce qui lui confère rigidité et une résistance accrue aux rayures.

Bien qu’il n’existe pas pour le moment de vidéo du boîtier pour smartphone, voici une vidéo de démonstration de la fameuse peinture auto-régénératrice, où l’on observe la lente disparition de rayures effectuées sur le capot d’une Infiniti.

Un doigt rendu super-hydrophobe :

La vidéo suivante nous montre un doigt qui, après de multiples immersions dans un petit récipient d’eau, reste désespérément sec…  Celui-ci a en effet été traité avec une substance super-hydrophobe qui lui permet de repousser les molécules d’eau, une fine couche se formant entre le doigt et le liquide. L’hydrophobie se définit assez simplement : l’angle de contact d’une goutte d’eau, lorsqu’elle est sur une surface plane (localement), doit dépasser les 90 degrés. Au-delà de 150°, la surface est alors considérée comme étant super-hydrophobe. Un angle de contact égal à 180° signifie que la goutte d’eau est complètement sphérique, repoussant la zone de contact jusqu’à un simple point. À titre d’exemple, le Téflon d’une poêle n’est qu’hydrophobe, l’angle de contact moyen étant de 95°.

La super-hydrophobie présente de nombreux intérêts : outre ses évidentes qualités imperméabilisantes, elle permet de lutter assez efficacement contre le gel, souvent fatal pour les isolants électriques, les lignes à haute-tension, ou le revêtement des ailes d’un avion. Elle est également efficace pour lutter contre la corrosion.

« Flight Assembled Architecture », une installation entièrement créée par des quads :

La côte des quadricoptères ne cesse d’augmenter… L’Institut fédéral suisse de Technologie, impressionné par les résultats des programmes impliquant ces fameux robot volants, a décidé de les placer au cœur de leur dernier projet. L’équipe de chercheurs suisses a ainsi réussi à programmer un groupe de plusieurs de ces robots polyvalents afin de construire une structure de près de six mètres de haut, et ce de manière totalement indépendante, sans aucune implication humaine ultérieure.

Bien qu’ils ne savent pas (encore ?) se servir de mortier, cette expérience montre une fois de plus que les quadricoptères sont plus que capables de travailler de concert, ici dans le but de construire des structures précises prédéfinies, sans le moindre incident ou la plus petite erreur. Les briques utilisées ici ne sont faites que de mousse, mais le problème du poids reste mineur et aisément ajustable. Il serait donc tout à fait envisageable que nous puissions apercevoir, dans un futur proche, des robots de ce type sur des chantiers de construction.

L’art de la réaction en chaîne : tourner une page de son journal de manière inventive :

Pour conclure cette dix-neuvième revue du Web, voici un gadget totalement inutile, mais joliment inventif mis au point par Joseph Herscher, un artiste kinétique de 26 ans, vivant à Brooklyn et ayant grandi en Nouvelle-Zélande. Depuis plus de quatre ans, il s’inspire de l’œuvre prolifique et inventive de Rube Goldberg, un dessinateur et artiste américain mort en 1970, dont les installations avaient pour leitmotiv la transformation d’une tâche excessivement simple en une série de tâches complexes, impliquant la plupart une réaction en chaîne.

Il devient alors possible d’ériger l’absurde et l’inutile au rang de concept artistique. Ici, l’action de départ, l’artiste buvant son café, déclenche toute une série d’évènements impliquant le mouvement ou la chute de nombreux ustensiles et objets de toutes sortes, impliquant même un hamster. À la fin de la réaction en chaîne, c’est une simple page de journal qui se tourne…

En bonus, une fantastique vidéo du même artiste en hommage à Rube Goldberg, datant de 2008 :

M.R.

 

Encore plus de Revues du Web :

Revue du Web #18

Revue du Web #17

Revue du Web #16

Revue du Web #15

Revue du Web #14

Revue du Web #13