Devenue un document de référence pour les acteurs industriels, économiques ou académiques, l’étude prospective sur les technologies clés vient compléter cette fois un ensemble de décisions ou de programmations stratégiques nationales ou européennes tels que le programme d’investissements d’avenir (PIA), le plan Usine ou encore le fonds européen d’investissements. Cette 5ème édition, se veut encore plus ambitieuse que les précédentes. En effet, Technologies 2020 est un opus de 640 pages, qui veut se poser en guide opérationnel pour orienter les stratégies de R&D des entreprises.
Neuf domaines, 47 technologies
Le document est construit autour de 9 domaines du développement économique : alimentation, santé et bien-être, sécurité, environnement, habitat, énergie, mobilité, numérique, loisirs et culture. Pour chacun de ces domaines un ensemble de technologies clés, spécifiques ou transversales sont listées et re-contextualisées via une analyse du marché international, de la réglementation et des différents enjeux sociétaux liés à certaines innovations. Car, comme le relève Alain Bugat, président de l’académie des technologies, « les technologies n’ont pas de frontière et nos entreprises doivent intégrer cette dimension mondiale des marchés. Le succès d’une innovation réside dans une combinaison d’approches Technology push et Market driven. Trop souvent nos entreprises se focalisent sur la seule approche scientifique et technologique et passent à côté de marchés porteurs pour avoir considéré tardivement les enjeux de marché. »
Le numérique porte les technologies transversales
Cette étude est fortement marquée par la présence des technologies liées au numérique tels que les capteurs, la robotique, les objets connectés ou le traitement des données. Mais l’impact de la révolution numérique se lit aussi dans l’évolution économique de nombreux secteurs où l’on assiste à l’affaiblissement de certains intermédiaires (« uberisation de l’économie »). Le particulier commande un produit, un service via une plate-forme informatique mettant en relation directe d’autres particuliers, des fabricants etc. Le numérique peut aussi faire évoluer la conception même du produit. Alain Bugat cite ainsi l’exemple de l’automobile où la voiture, autrefois pensée autour d’une motorisation, pourrait être pensée autour d’un système d’exploitation à l’instar de la Google Car ou de l’Apple Car.
Énergie, environnement sont les autres porteurs
Après le numérique, l’énergie et l’environnement sont les principaux domaines porteurs des technologies clés identifiées par cette étude. On y trouvera par exemple les technologies de recyclabilité des matériaux, toutes les énergies alternatives, les procédés de chimie verte ou encore l’habitat à haute qualité environnementale et la dépollution des sols. Le canevas ainsi dessiné, laisse entrevoir une société où les relations entre acteurs économiques et sociaux sont plus horizontales (moins hiérarchisées), dans un idéal construit autour des préceptes du développement durable et qui fait la part belle à la maîtrise des énergies et de la sphère biologique (contrôle des plantes et de la biodiversité, contrôle du corps humain).
Selon une étude de PwC, menée entre novembre 2015 et janvier 2016 auprès de plus de 2 000 cadres dirigeants d’entreprises industrielles dans 26 pays, dont 101 en France, le digital va envahir les usines.
À l’échelle mondiale, d’ici 2020, les entreprises issues des secteurs industriels étudiés (industries manufacturières, ingénierie et construction, chimie, électronique, transports & logistique, automobile, métaux, aéronautique & défense) investiraient quelque 907 milliards de dollars par an.
Cette transformation vers une « smart factory » vise à réaliser de nouveaux gains de compétitivité. Avec l’Usine 4.0, il s’agit donc de faire mieux avec des moyens toujours plus intelligents. « Le Big data et l’internet des objets sont indispensables à l’optimisation des flux logistiques et des chaines de production afin de satisfaire les clients et partenaires. L’analyse de ces importants volumes de données fournis par des capteurs permet par exemple d’accroître la maintenance prédictive. Enfin, l’industrie automobile et les raffineries peuvent faire d’importantes économies en s’équipant de capteurs capables d’alerter les équipes de maintenance et garantir une continuité de productivité accrue », explique Philippe Meleard, vice-président marketing & Communication chez Sogeti High Tech, filiale à 100 % du groupe Capgemini.
Mais cette même étude de PwC relève aussi l’inquiétude des dirigeants vis-à-vis des risques de cyberattaques. Principaux objectifs : le vole de données sensibles et la paralysie des outils de production. La situation est d’autant plus alarmante que ces attaques sont en constante progression avec une augmentation de 51 % en 2015.
Les techniques d’infection sont connus comme le rappelle la start-up française Sentryo spécialisée dans la sécurité des réseaux industriels. La première consiste à introduire un code malveillant via le système informatique de l’usine, pour accéder aux réseaux industriels. Outre les fameuses pièces jointes, il y a aussi les clés USB (ou un appareil mobile). C’est ce type de périphérique qui a été utilisé pour infecter une usine d’enrichissement d’uranium iranienne avec le virus Stuxnet.
L’infection par l’insertion d’une clé USB est efficace, car elle repose sur un ressort humain bien connu : la curiosité. En mars dernier, des chercheurs américains ont réparti près de 300 clés USB sur des campus en modifiant leur apparence (avec une étiquette « Confidentiel », avec le logo d’une société high-tech…). Résultat : 98 % des clés ont été récupérées par des passants et presque la moitié (45 %) ont été insérées et des fichiers ouverts.
La seconde technique consiste à identifier la cible sur le réseau industriel. Une fois à l’intérieur du système d’information, un virus va lancer des tests de « découverte ». « Cela se matérialisera, par exemple, par un envoi en masse de messages à toutes les adresses possibles du réseau, par le biais d’un scan. C’est ce que fait le Cheval de Troie BlackEnergy, malware qui serait à l’origine de l’attaque d’une centrale ukrainienne », indiquent les chercheurs de Sentryo.
Enfin, la dernière méthode possible consiste à lancer une attaque de « déni de service » (DoS – « Denial of Service »).Une attaque DoS vise à rendre un serveur, un service ou une infrastructure indisponibles en surchargeant la bande passante du serveur, ou en accaparant ses ressources jusqu’à épuisement. Une multitude de requêtes sont envoyées simultanément, depuis de multiples points du Net. L’intensité de ce « tir croisé » rend le service instable, ou pire, indisponible.
Lancée contre une centrale électrique, par exemple, une attaque DoS se matérialise par un arrêt de la distribution d’électricité à la population, comme ce fut le cas en Ukraine fin 2015.
« Les techniques et méthodes des hackers ont évolué pour s’adapter au fonctionnement du monde industriel. Les protocoles ne sont plus inconnus, ce qui témoigne de la vulnérabilité de l’Internet industriel, autrefois univers clos et quasiment inaccessible.
Tout n’est pas négatif : des solutions existent, elles passent souvent par une meilleure connaissance de son propre système, des éléments à protéger et des risques », rassure-t-on chez Sentryo.
Quelles que soient les options choisies, l’objectif reste partout le même : réduire les coûts d’accès à l’espace. Côté américain, SpaceX, après avoir essuyé plusieurs échecs, vient maintenant de faire atterrir le premier étage de sa fusée Falcon9, trois fois de suite en 7 semaines sur la mer (8 avril, 5 mai, 27 mai 2016). Des succès notables car ils ont montré que la récupération du premier étage était aussi possible pour de vrais lanceurs, après des mises en orbites géostationnaires, et pas seulement après un vol suborbital d’une petite fusée comme celle utilisée par l’américain Blue Origin.
Inde : premier vol réussi du démonstrateur
Le 23 mai dernier, l’agence spatiale indienne, l’ISRO a lancé une mini-navette spatiale en vol suborbital. Ce premier vol d’essai s’est passé sans encombre : attachée à un booster HS-9, RLV-TD s’est détachée de son lanceur à 56 km d’altitude pour atteindre seule 65 km avant de redescendre. L’engin a amerri à 450 km de son site de lancement en remplissant tous les objectifs de la mission. La récupération du véhicule n’était pas prévu à ce stade. Il inaugurait la première phase de test d’un programme de lanceur réutilisable indien. Ce premier vol visait à tester le système de navigation et l’amerrissage contrôlé, le fonctionnement de la propulsion et la protection thermique de l’engin. Les prochaines étapes testeront respectivement, l’atterrissage sur piste, comme le faisait les navettes spatiales américaines, puis un atterrissage en toute autonomie et le lancement via un statoréacteur supersonique. Cette dernière étape, notamment, est particulièrement ambitieuse, car la propulsion par statoréacteur supersonique n’a jamais été développé autrement que pour des prototypes. L’Inde pourrait, si elle réussit son pari, disposer d’ici 10 à 15 ans d’un avion orbital basé sur un superstatoréacteur, allié à un lanceur classique pour le deuxième étage qui mettrait des satellites en orbite.
France / Japon : ne pas rester hors course
Le CNES et l’agence spatiale japonaise Jaxa viennent de rendre publique leur collaboration autour d’un projet d’engin spatial réutilisable dont le premier démonstrateur pourrait décoller en 2020. Une coopération initiée à travers un contrat signé en octobre 2015 entre les deux agences. Pour l’instant, ce sont des études préliminaires qui sont en cours. Si elles s’avèrent concluantes, les partenaires espèrent présenter un démonstrateur dès 2020. Un véhicule spatial miniature de 10m de hauteur pour 1 m de diamètre qui ferait un vol suborbital à 100km avant de revenir sur Terre. Son nom a déjà été trouvé : Callisto. Le choix de ne pas passer par l’agence spatiale européenne, a notamment été dicté par des impératifs temporels. Un cadre multilatéral permet d’avancer plus rapidement et d’initier le projet tout de suite. D’autres partenaires sont attendus, tels que l’Allemagne via son agence spatiale DLR qui vient d’être associée au projet. Pour le moment, les Japonais disposent déjà d’un moteur cryogénique prévu pour la récupération et les Français mettront à disposition le centre spatial guyanais de Kourou pour les tirs. Mais, ils restent encore de nombreuses technologies à maîtriser. L’objectif du projet est clairement de disposer des technologies nécessaires à la récupération comme alternative économique au développement actuel d’Ariane 6 dont les coûts d’exploitation doivent être bien moindre que ceux d’Ariane 5.
L’utilisation des outils ou de technologies spatiales vers l’industrie ferroviaire est une des pistes pour accélérer le renouveau technologique que traverse actuellement ce secteur des transports terrestres. Bien sûr, comme le souligne Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF dans le communiqué de presse « Il faudra adapter les technologies et en optimiser fortement les coûts – comme pour tout passage à une échelle industrielle». Mais la SNCF et le CNES sont tous deux persuadés que c’est possible.
Guillaume Pepy, président du directoire de SNCF et Jean-Yves Le Gall, président du CNES, le 27 mai 2016, au siège du CNES, à Paris. Crédits : CNES/S. Godefroy
Déjà quatre pistes de recherche
La création officielle de ce comité de coordination « Rail et Espace » qui se réunira une fois par an vient formaliser un partenariat qui existe déjà de fait puisqu’une première réunion a eu lieu en février 2016 et a permis d’identifier quatre pistes principales de recherche :
la modernisation du système de contrôle-commande via l’utilisation du système européen de navigation Galileo
la connectivité à très haut débit des trains grâce aux nouveaux satellites en bande Ka
la sûreté du réseau ferré grâce à l’imagerie optique
l’utilisation de radars pour la surveillance des voies et de leurs abords
La réflexion plus précise sur ces thèmes se fera via des groupes de travail qui vont être mis en place.
L’expérience européenne est probante
Au niveau européen, l’ESA a déjà pris une telle initiative pour rendre le spatial utile au ferroviaire, via Space4Rail. Un programme de recherche qui comprend de nombreux projets dont plusieurs sont déjà en phase de démonstration. Ainsi, en novembre 2015, l’ESA annonçait que pour la première fois, des trains avaient pu être suivis par satellite via un système de télécommunication 3G/4G. Les essais ont été pratiqués en Sardaigne avec pour objectif de valider une méthode de suivi par satellites compatibles avec le système des gestion du trafic ferroviaire européen ERTMS (European railway traffic management system). L’avantage d’un tel système est par exemple de remplacer les coûteuses balises terrestres dédiées au réseau de télécommunications des trains par des points de contacts digitaux précisément géolocalisés. Une économie qui peut être décisive pour la sauvegarde de lignes isolées ou peu fréquentées.
Luis Arias, un juge de Buenos Aires, est devenu en quelques jours une personnalité. En suspendant la hausse des tarifs de l’électricité dans sa juridiction, il a créé un drôle d’imbroglio. Le magistrat a motivé sa décision par l’absence de concertation et de progressivité dans le rattrapage tarifaire décidé en février dernier par le gouvernement nouvellement élu. Considérant qu’élever les tarifs, jusqu’à 1 000% selon les cas, était d’une trop grande brutalité, le juge a estimé que « toute coupure d’électricité pour impayé est désormais interdite ».
Marche arrière
Faisant face à un mécontentement grandissant, le gouvernement de Mauricio Macri a décidé de revoir sa copie. Le ministre de l’Energie, Juan José Aranguren, très exposé dans cette crise, a reconnu que la hausse initiale « excédait la capacité de la population à pouvoir l’absorber ». Ecartant d’un revers de main une possible démission, il a en revanche annoncé un « plafond » de hausse fixé à 400% pour l’ensemble du pays et 500% pour les commerces, PME et hôtels. Pour protéger les plus gros consommateurs, une liste d’environ 400 entreprises électro-intensives a été élaborée par le ministère de l’Energie. Ces dernières auront droit à un rabais de 20% sur leur facture.
Pour rappel, les tarifs d’électricité en Argentine ont été maintenus artificiellement très bas pour des raisons populistes. Le nouveau président élu a décidé de mettre fin aux subventions du secteur afin d’attirer à nouveau les investissements étrangers, notamment dans les énergies renouvelables, vers lesquels le pays souhaite se tourner.
Il y a plus de 4 milliards d’années, notre Soleil n’était encore qu’une toute jeune étoile. Bien froide comparée à aujourd’hui (-30% de luminosité) mais beaucoup plus agitée. Du coup, d’après les modèles bâtis sur l’observation de systèmes comparables, il n’aurait pas dû y avoir d’eau liquide sur Terre à cette période, mais seulement de la glace. Pourtant, les traces géologiques nous indiquent le contraire. Une énigme, baptisée le « paradoxe du jeune Soleil faible » (Faint Young Sun Paradox) dont des chercheurs de la Nasa pensent avoir trouvé la clé.
Bain continuel de tempêtes solaires
Pour ces scientifiques du Goddard Space Flight Center, dont l’étude est parue dans Nature Geoscience, ce sont les éruptions solaires – 10 à 50 millions de fois plus énergétiques que celles que nous observons actuellement et qui se produisaient plusieurs fois par jour – qui auraient induit un réchauffement planétaire suffisant pour, non seulement, maintenir l’eau à l’état liquide, mais aussi initier la création des molécules complexes de la vie comme l’ARN ou l’ADN.
Effet de serre et réactions en chaîne
A cette époque, on estime que le champ magnétique terrestre était bien plus faible et que l’atmosphère était composée à 90% de diazote (N2). Sous l’effet continuel de fortes rafales de vents solaires, les chercheurs pensent que des particules énergétiques de ces vents auraient réussi à atteindre l’atmosphère terrestre au niveau des pôles et auraient alors initié des réactions chimiques en chaîne : séparation des atomes d’azote du diazote, séparation du CO2 en monoxyde de carbone et oxygène et réassemblage de l’azote et de l’oxygène en oxydes d’azote. Notamment en protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2. Dès lors, l’atmosphère de la Terre se serait suffisamment réchauffée pour laisser place à de grandes quantités d’eau liquide. Les chercheurs vont même plus loin dans leur explication. Ils supposent que l’énergie apportée par ces tempêtes aurait aussi été suffisante pour la formation des molécules à la base de la vie comme l’ARN ou l’ADN. Une explication qui pour autant laisse entière la magie de l’apparition de la vie et de son maintien, car l’équilibre qui a permis à la Terre de garder son atmosphère est complexe et fragile et cette dernière aurait tout aussi bien pu disparaître sous le bombardement solaire continu comme cela a été le cas sur Mars.
Les panaches de Mars expliqués
De temps en temps, l’atmosphère de Mars présente des panaches nuageux s’élevant à plus de 250 km d’altitude (contre 100 km habituellement). Les derniers observés datent respectivement de février 2015, avril 2012 et mai 1997. Jusqu’alors, mêmes si les scientifiques avaient émis de nombreuses hypothèses quant à leur formation, le mystère restait entier. Des scientifiques de l’institut suédois de sciences spatiales révèlent avoir trouvé une explication plausible dans le Journal of Geophysical Research : les explosions solaires en seraient la cause directe. Et notamment les éjections de masse coronale (CME). Ces explosions magnétiques de la couronne du Soleil projettent un plasma ionisé dans l’espace et transportent des milliards de tonnes de matière, créant sur Terre, en interagissant avec le champ magnétique terrestre, des aurores boréales ou des orages géomagnétiques. Sur Mars, ces éjections perturberaient l’ionosphère de la planète et permettraient aux poussières et grains de glace de la haute atmosphère martienne d’être éjectés plus haut que d’habitude, leur donnant l’aspect de panaches nuageux.
Le facteur de charge du parc électro-nucléaire français a été de 75,2 % durant l’année 2015. Une production annuelle de 416,8 TWh pour une puissance de 63,13 GW, selon RTE (2015). Celui de l’éolien s’est élevé à 24,3% (2129 heures équivalent pleine puissance), toujours selon RTE. En région PACA, il a atteint 16,8% (niveau le plus élevé du pays) pour le solaire PV, contre 10,8% en Ile de France (niveau le plus faible). Soit une valeur moyenne entre ces deux extrêmes de 13,8% (1208 heures équivalent pleine puissance).
Certains commentateurs d’ancienne école, notamment dans le milieu pro-nucléaire, s’empressent alors de conclure que dépasser un quart d’éolien dans un mix électrique serait impossible. Et que le nucléaire serait donc incontournable dans une perspective de limitation du recours aux combustibles fossiles nuisibles sur le plan climatique. Il s’agit d’une erreur majeure d’un point de vue théorique. Mais aussi d’un point de vue concret compte-tenu du déphasage avec ce qui est observé dans le monde réel.
Flexibilité
Dans le cadre d’une longue interview pour le média allemand Tagesspiegel, Boris Schucht, directeur de l’opérateur du réseau 50Hertz, siffle la fin de la récré: « 80% de renouvelables ce n’est pas un problème » affirme sans ambages ce spécialiste. 50Hz n’est pas un petit joueur. Il dessert 18 millions de personnes. C’est l’un des réseaux électriques les plus performants d’Europe. « 50Hz coordonne les interactions de toutes les parties prenantes du marché de l’électricité dans les états fédéraux de Berlin, Brandenbourg, Hambourg, Mecklenbourg-Poméranie occidentale, Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe » peut-on lire sur le site officiel de l’opérateur.
« Notre zone de réseau couvre environ un tiers de l’Allemagne (au nord et à l’est du pays ndlr). L’année dernière, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité a été calculée à 49,5% » rappelle Boris Schucht. Voilà des données non pas théoriques mais issues du terrain, du monde réel. « Il y a quelques mythes dans l’industrie de l’énergie » explique avec pédagogie l’expert. « L’un d’eux est l’idée que l’intégration des énergies renouvelables requiert immédiatement davantage de flexibilité dans le système. Ceci est un mythe. Nous avons dès à présent en place dans le système beaucoup plus de flexibilité que nécessaire. » L’Allemagne est la première puissance industrielle européenne. « Et nous avons aussi un énorme potentiel supplémentaire » ajoute Monsieur 50Hz.
Boris Schucht rappelle aussi que durant l’éclipse solaire du 20 mars 2015 une montée en puissance de 14 000 mégawatts a été réalisée en 45 minutes. Ce qui illustre la robustesse du système électrique allemand et sa capacité à faire face aux fluctuations solaires (Lire à ce sujet sur Techniques de l’Ingénieur: Eclipse solaire: l’Allemagne passe avec succès le stress-test de sa transition énergétique).
Du pays de Goethe à celui de Lao Tseu
Le directeur de la State Grid of China, Liu Zhenya, tient exactement le même discours que Boris Schucht. Le site australien RenewEconomy, spécialisé en énergie vraiment durables, dans un article intitulé « “Base load” power: a myth used to defend the fossil fuel industry » a rapporté son analyse. Pour cet expert chinois « le seul obstacle est le paysage mental » de ceux dont la doctrine est archaïque. « Il n’y a pas du tout de défi technique ».
Comme le souligne le professeur Mark Jacobson, directeur du Département énergie et atmosphère de l’Université Stanford, le concept de « baseload » (production en base) est en réalité utilisé par les lobbyistes des énergies sales. L’expert australien Mark Diesendorf, spécialiste des énergies durables et professeur à l’Université de Sydney, a publié le 10 mars 2016 un article richement documenté sur ce thème : « Dispelling the nuclear ‘baseload’ myth: nothing renewables can’t do better ! »
Précisons qu’il serait absurde de considérer de manière séparée le solaire PV et l’éolien, ce que font bien souvent les solaro-sceptiques défenseurs de l’atome, étant donné que ces deux filières vraiment durables sont parfaitement complémentaires à l’échelle saisonnière (voir par exemple ci-dessous -cliquer sur l’image pour l’agrandir- la diapo n°49 de ce document réalisé par Bernard Chabot, expert et formateur en EnR).
Le solaro-éolien, appuyé d’outils de flexibilité dont le stockage (STEP, batteries, power-to-gas) mais aussi les réseaux électriques et la gestion de la demande (comme le pilotage des ballons d’eau chaude ou de la charge des véhicules électriques), peut se substituer aux réacteurs nucléaires en France, et ceci n’importe quel mois de l’année. L’ADEME, notamment en collaboration avec Artelys (fondé par des anciens d’EDF) et Mines Paristech, a d’ailleurs publié une très intéressante étude à ce sujet. Les conclusions de cette agence d’état ont été résumées avec talent par Pierre Le Hir, journaliste au Monde, dans l’article « En France, 100 % d’électricité renouvelable n’est pas plus coûteux que le nucléaire ».
Avec Engie, « le soleil éclaire maintenant le jour et la nuit »
A la question posée par un journaliste de l’Usine Nouvelle (« L’Ademe a révélé un scénario d’une France 100 % renouvelable en 2050. Y croyez-vous ? »), Isabelle Kocher, Agrégée de Sciences physiques, ingénieur des Mines et directrice d’Engie, le numéro 1 mondial de l’énergie, a répondu : « Oui, j’y crois, à condition de mettre en place un écosystème qui le permette. Il ne faut pas que les renouvelables créent une volatilité insupportable sur les prix et des problèmes d’intermittence. Cela demande de développer des solutions de stockage. Si le stockage suit des courbes d’évolution technologique et de réduction des coûts aussi rapides que celle du photovoltaïque, il sera prochainement compétitif à toutes les échelles. En ajoutant des outils de gaz renouvelable, le scénario 100 % renouvelable est peut-être crédible à l’horizon 2050. »
Jean Fluchère, lui, manifestement, n’y croit pas. En partie à cause des écolos (des employés de l’ADEME ?) qui sévissent dans notre pays : « il est inutile de songer à faire de nouvelles STEP dans un pays où une horde de chevelus ont empêché la réalisation de la flaque d’eau de Sivens » estime cet ex-directeur régional d’EDF et ex-directeur de la centrale nucléaire du Bugey en région Rhônes-Alpes suite à cet article publié par Techniques-ingénieur.fr et signé Mathieu Combe, journaliste scientifique et fondateur du site Natura-Sciences. Une STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage), intégrant solaire et éolien, va être construite en Bretagne sous la houlette de la société Tri’Nerzh. Il y a pourtant des Druides aux cheveux à la Samson chez les Bretons.
En cas de problème François Lempérière, ex-président du Comité Français des Grands Barrages, propose de les construire en mer. On peut aussi mettre en place un câble HVDC sous-marin entre la France et la Norvège et tirer profit de l’énorme réservoir hydroélectrique scandinave. Denis Payre, fondateur de Man & People First et de Nous citoyens propose de son côté des micro-STEP urbaines intégrées aux bâtiments.
La capitalisation boursière d’Engie est 50% supérieure à la somme de celles d’EDF et d’AREVA. Fort de 155.000 salariés ce géant français a placé le solaire, les gaz verts et le digital au cœur de sa nouvelle stratégie. A l’occasion du Smart Energies Summit Isabelle Kocher a expliqué le 1er juin 2016 sa vision dans le cadre d’une excellente conférence :
Jacques Treiner, professeur à Sciences Po, spécialiste en fluides quantiques, membre de la très pro-nucléaire association « Sauvons le climat » et du comité scientifique de « The Shift Project » fondé par Jean-Marc Jancovici, l’ingénieur pro-nucléaire le plus médiatisé de France, a de son côté attaqué récemment Thierry Lepercq, le fondateur de Solairedirect devenu directeur général adjoint d’Engie (en charge de l’innovation), ainsi que l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage, tentant de les faire passer pour des incompétents en matière de solaire. Alors que Thomas Piquemal, l’ex-directeur financier d’EDF (qui a depuis rejoint la Deutsche Bank) livrait le 4 mai 2016 un inquiétant témoignage sur le nouveau nucléaire (« une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne »), Jacques Treiner a publié 3 jours après les propos suivants: « l’examen de la liste des rédacteurs (du rapport « L’Economie du Nouveau Monde » ndlr) fait apparaitre qu’il n’y a parmi eux aucun scientifique professionnel, mais qu’il y a Thierry Lepercq, PDG de Solaire Direct, une entreprise française spécialisée dans le photovoltaïque. Il devrait donc savoir, lui ! Oui … mais non, car il vient d’HEC, ce qui est parfait pour monter des entreprises et lever des fonds, mais moins bien, apparemment, pour évaluer les potentialités physiques du photovoltaïque. Nous y reviendrons. » Manifestement la révolution solaire en cours à l’échelle mondiale ainsi que la nouvelle stratégie d’Engie dérangent fortement.
Le 13 juillet 2011, sur le site de « Sauvons le climat », Jean Fluchère a expliqué son parcours: « J’ai fait partie de l’équipe de démarrage de Fessenheim de 1972 jusqu’à 1976 et j’ai participé à l’ensemble des essais des matériels et des systèmes (…) Les anciens d’EDF sont fiers d’avoir donné aux français un système de production d’électricité à la fois fiable et compétitif. Ils sont fiers de l’avoir fait dans le cadre d’un service public soucieux à la fois de qualité et de performance économique. Ils s’interrogent sur ce qui conduit une partie importante des médias et une écologie politique dont le fond de commerce est d’attaquer la production nucléaire d’électricité, à les traiter comme des parias, voire des criminels. Les médias ne leur donnent qu’exceptionnellement la parole et il en résulte une désinformation qui, désormais, pèse lourdement sur une opinion manipulée plus qu’informée. »
Les pro-nucléaires n’auraient pas accès aux médias ? Ce qui est certain, c’est qu’ils n’apprécient pas la critique. Selon l’observatoire de la publicité le journal La Tribune a eu « son budget publicité EDF gelé suite à un article qui n’aurait pas plu à l’entreprise du nucléaire.»
Sur le fond le nucléaire est-il une source de production d’électricité vraiment continue ? Que se passe-t-il quand on injecte un 9 avril 2014 du bore dans un réacteur nucléaire à Fessenheim ? Et bien on perd subitement 900 MW. Combien de temps faut-il pour remettre en service le réacteur nucléaire de Paluel 2 sur lequel est tombé, le 31 mars 2016, un générateur de vapeur de 400 tonnes, haut de 22 mètres ? Et que se passe-t-il quand on coupe l’intégralité des alimentations électriques du circuit de refroidissement d’une centrale nucléaire à cause d’un tsunami le 11 mars 2011 au Japon ou d’une action terroriste possible dans les mois ou années à venir en Belgique ou en France ?
Les habitants de Fukushima connaissent la réponse.
Le retour à la bougie.
Avec ces 3 nouveaux projets, les expérimentations changent d’échelle et les technologies de réseaux électriques intelligents seront désormais déployées sur de grands territoires, incluant plusieurs départements. Il ne s’agira plus de simples démonstrateurs, mais de véritables vitrines technologiques de réseaux intelligents.
Smile, Flexgrid et You & Grid seront subventionnés à hauteur de 50 millions d’euros, dans le cadre des Investissements d’Avenir. Les dossiers Flexgrid et Smile bénéficieront par ailleurs d’un investissement total de 80 millions d’euros sur les réseaux de transport et de distribution de l’électricité, par RTE et ERDF.
Smile : un Smart Grid pour le Grand Ouest
Le Smart Grid Smile a été officiellement lancé le 22 avril 2016 à Lorient. En construction en Bretagne et en Pays-de-la-Loire, les deux régions estiment à 260 millions d’euros les investissements à réaliser dès 2017 et pour une période de trois ans. Le projet tire parti des démonstrateurs précédents : Smart Grid Vendée et Solenn. Smile devrait créer près de 10 000 emplois directs ou induits dans ces deux régions.
La zone de déploiement comprend des situations variées: une façade maritime, des zones touristiques (avec des pics saisonniers de consommation), des îles, des ports et des zones industrielles.17 projets soutenus par 160 structures dont une centaine d’entreprises, de la start-up aux grands groupes et aux collectivités seront mis en oeuvre.
Le but est de déployer massivement les solutions pour les réseaux électriques intelligents en vue de bâtir d’ici 2020 un grand réseau électrique intelligent sur le Grand Ouest, incluant les départements du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique et de Vendée. Sont notamment prévus l’intégration de 1 000 bâtiments à énergie positive, 20 000 points lumineux intelligents et 1 000 bornes de recharge publiques pour véhicules électriques. Le stockage pour favoriser l’intégration des énergies renouvelables sera également testé. Enfin, plusieurs projets seront liés à la réalisation de plateformes numériques pour gérer les données et maîtriser, stocker ou distribuer l’énergie en fonction des besoins.
Flexgrid : un Smart Grid pour le Sud Est
Flexgrid est le Smart Grid porté par La Région PACA. Le projet tire parti des démonstrateurs précédents : CityOpt, Premio, Nice Grid, Inifini Drive et Reflexe. Doté d’un budget de 200 millions d’euros, il devrait permettre la création de 6 200 emplois directs et indirects.
Le projet incluera des zones climatiques variées, des métropoles côtières, des zones industrialo-portuaires, des stations de ski et des zones électriquement isolées. 34 projets sont prévus, soutenus par 145 partenaires.
Le territoire bénéficiera du déploiement des technologies Smart Grids mises au point par les gestionnaires de réseau RTE et ERDF et notamment de l’installation de 1,5 million de compteurs Linky. Flexgrid travaillera également sur l’incorporation optimale de 1.180 mégawatts (MW) d’énergies renouvelables électriques et 230 MW de réseaux de chaleur/froid. Pour synchroniser au mieux la production et la consommation, les 34 expérimentations agiront sur plusieurs leviers : la gestion des données, la prévision des productions des énergies renouvelables intermittentes, leurs combinaison pour assurer leur complémentarité, le développement de l’autoproduction et de l’autoconsommation de l’énergie photovoltaïque. Par ailleurs, elles chercheront à mieux piloter en temps réel les installations énergétiques en développant les capacités d’effacement (bornes de recharge des véhicules électriques, équipements industriels ou résidentiels…) et de stockage.
YOU & GRID est le Smart Grid porté par la région Nord-Pas-de-Calais et la Métropole de Lille. Son budget est estimé à 165 millions d’euros. Il n’est pas détaillé pour le moment, mais devrait s’intéresser aux solutions d’autoconsommation de l’énergie photovoltaïque et à leur business model, ainsi qu’au déploiement à grande échelle des bornes de recharge.
Ces 3 projets permettront d’accélérer le déploiement des réseaux électriques intelligents et crédibiliseront la filière française des smartgrids à l’export. Dans cette perspective, l’ambition du plan industriel « Réseaux Electriques Intelligents » est de passer de 15 000 à 25 000 emplois et de 3 à 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2020.
L’annonce est presque passée inaperçue. Pourtant, la fermeture de deux centrales nucléaires pour cause de non-rentabilité est un symbole fort. Face aux nouveaux équilibres énergétiques qui se mettent en place aux Etats-Unis, le nucléaire paraît bien mal positionné.
Non rentables
C’est par un communiqué que le plus grand électricien américain, Exelon, a annoncé la fermeture de deux centrales nucléaires, Clinton et Quad-Cities, respectivement le 1er juin 2017 et 2018. « Nous avons travaillé pendant plusieurs années pour trouver une voie de sortie durable en partenariat avec des organismes fédéraux de régulation, les opérateurs de marché, les décideurs politiques, et les différentes parties prenantes. Malheureusement, la législation n’a pas été adoptée, et maintenant nous sommes obligés de fermer ces sites », explique Chris Crane, le pdg d’Exelon. Et pour cause, sur les sept dernières années, les deux centrales ont cumulé des pertes atteignant 800 millions de dollars.
Cette décision ne devrait pas être isolée. « Cela va précipiter sûrement d’autres fermetures », indique Fitch, qui estime que les centrales de Byron, Ginna, Nine Mile Point et Three Mile Island pourraient à leur tour fermer leur porte dans un proche avenir. Les autres électriciens sont également concernés : Entergy Corp et Dominion Resources ont déjà annoncé des arrêts de centrales nucléaires. Ainsi, le site James A. FitzPatrick en Nouvelle-Angleterre stoppera sa production d’ici début 2017 et celle du Massachussets (Pilgrim Nuclear plant) pourrait cesser de fonctionner en 2019.
Quid de l’atome ?
L’Institut américain de l’énergie nucléaire s’est déclaré la semaine dernière très préoccupé par cette « tendance alarmante » à la fermeture des sites de production nucléaire et affirme que cela rendra plus difficile l’atteinte des objectifs en matières d’émission de gaz à effet de serre. En effet, à l’heure actuelle, l’atome représente 60% de l’électricité non-émettrice directe de CO2 aux Etats-Unis. Si la défense du couple nucléaire/ENR est un plaidoyer bien connu en France, il ne pèse guère aux au pays de l’Oncle Sam où seule la loi du marché prévaut. Ainsi, l’abondance de gaz naturel sur le marché américain a permis à des électriciens de concurrencer frontalement les centrales nucléaires lors des appels d’offres organisés par les états fédérés. Ce glissement du mix énergétique vers le gaz risque d’impacter fortement les compagnies comme Exelon qui, avec 64% de sa production issue de l’atome, doivent revoir leur business model. Le manque à gagner des fermetures anticipées, combiné aux coûts encore non déterminés du démantèlement de ses 23 réacteurs pourrait sérieusement mettre en danger la santé financière de la compagnie privée et hypothéquer l’avenir des l’atome aux Etats-Unis.
Né de l’expertise scientifique conjuguée de l’Observatoire de Paris, du Muséum national d’Histoire naturelle, de l’Université Paris-Sud, d’Aix-Marseille Université et du CNRS, ce maillage vise à détecter les chutes de météorites, à mesurer leur trajectoire et enfin à déterminer leur zone de chute pour organiser des campagnes de recherche sur le terrain.
L’explosion le 15 février 2013 d’une très grosse météorite au-dessus de la ville russe de Tchéliabinsk a surpris le monde entier et a déclenché une véritable prise de conscience auprès de l’opinion publique et des pouvoirs publics : un tel événement pouvait se reproduire n’importe où, n’importe quand.
De façon générale, la grande majorité des bolides et météores se désintègre totalement en pénétrant dans l’atmosphère terrestre et finit en poussière sans même avoir atteint le sol. Mais parfois, il est possible qu’un objet céleste de quelques mètres puisse produire des météorites. On estime qu’il tombe une dizaine de météorites par an en France, cependant on constate qu’actuellement, on n’en retrouve qu’une tous les 10 ans. Étonnamment ce taux était cinq fois plus important au XIXe siècle. On peut expliquer ce fait de nombreuses façons, mais une chose est claire : la très grande majorité des météorites tombant en France sont à jamais perdues !
Sur ce constat, les chercheurs François Colas (chercheur CNRS à l’Observatoire de Paris), Brigitte Zanda (enseignant-chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle) et Sylvain Bouley (enseignant-chercheur à l’Université Paris-Sud), forts de leurs expertises complémentaires, œuvrent depuis 2013 à la mise en place du dispositif FRIPON, acronyme pour « Fireball Recovery Interplanetary Observation Network » (en français : Réseau de recherche de bolides et de matière interplanétaire).
Ayant bénéficié d’un financement de 550 000 euros par l’Agence nationale de Recherche (ANR), ce dispositif de grande ampleur consiste en un déploiement sur tout le territoire français d’un détecteur qui comprendra à terme 100 caméras et 25 récepteurs radio. Les données des radars météo et des sismographes seront également utilisées pour repérer les bolides.
Le principe
Trois à neuf caméras sont implantées en moyenne par région, à des distances de 50 à 100 kilomètres. Toits d’observatoires, d’universités, de muséums, d’associations de culture scientifique… les lieux d’implantation sont multiples et mobilisent à ce jour au total près de 150 acteurs.
Simples d’installation et d’utilisation, ces caméras sont dotées d’un objectif fisheye, permettant une vue très large à 360° de la voûte céleste, sur une seule image. Elles sont raccordées à des ordinateurs munis d’un logiciel développé spécialement pour analyser les images et détecter les événements lumineux. Lorsqu’une détection survient, une alerte est transmise au calculateur central situé à l’Université Paris-Sud, qui recueille les données de tout le réseau en temps réel. Toute la chaîne de calcul est opérationnelle. Sur la base d’une observation il est ainsi possible de déclencher une campagne de recherche de l’impact sur le terrain en 24 h environ.
Avec plus d’une soixantaine de caméras installées à ce jour et actives en France, FRIPON est aujourd’hui opérationnel. Son déploiement à l’étranger a déjà commencé. On peut obtenir les images en temps réel sur le site www.fripon.org. « Il permet de détecter en temps réel, les objets sous plusieurs angles et ainsi de calculer leurs trajectoires en 3D, leur vitesse et leur point d’impact éventuel avec une précision de l’ordre de quelques centaines de mètres », précise François Colas, astronome, responsable du projet FRIPON à l’Observatoire de Paris, au sein de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides.
Les objectifs
Cette surveillance à l’échelle nationale a de multiples enjeux : le but est de déterminer l’origine et le flux de matière extraterrestre sur Terre et de retrouver des météorites afin de mieux connaître le Système solaire.
La collecte de ce matériau brut en provenance de l’espace apporte des informations d’une valeur inestimable sur la composition du Système solaire à son origine, sur celle des planètes et leur évolution, notamment la Terre. « Notre planète est un agglomérat de météorites transformé par les processus géologiques. Ayant peu évolué depuis la formation du Système solaire, celles qui tombent à l’heure actuelle peuvent, à travers leur analyse, aider à comprendre la Terre primitive », indique Brigitte Zanda, météoritologue au Muséum national d’Histoire naturelle.
« En pénétrant dans l’atmosphère, l’objet se désintègre en débris. La répartition des débris sur l’ellipse de chute occasionne en général une zone de recherche de plus 20 km2 », précise Sylvain Bouley, planétologue à l’Université Paris-Sud. Dans les faits, le dispositif FRIPON sera relayé sur le terrain par le réseau VigieCiel, piloté par le Muséum national d’Histoire naturelle et qui sera lancé en 2017. Ce programme de science participative va permettre d’organiser des recherches sur le terrain rapides et efficaces. Des battues seront organisées avec la participation de bénévoles chercheurs de météorites, formés grâce au projet Vigie-Ciel.
Les robots conquièrent tous les secteurs de l’industrie, y compris la construction navale. C’est en l’occurrence la filière professionnelle empruntée par Charman, dont la tâche consistera à assembler par soudure les morceaux de coques préfabriqués d’un navire. Ce chariot autonome robotisé multifonctions pour applications navales, abrévié en Charman donc, a été élaboré par l’Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules Verne, un centre de recherche semi-public dédié à la production industrielle. Des partenaires tels que Bureau Veritas, la DCNS (anciennement Direction des constructions navales) et STX France, constructeur maritime, sont associés au projet, qui a débuté en janvier 2014.
Charman a été conçu pour répondre à plusieurs problématiques de cette industrie. «Ces opérations de soudage sont longues et éprouvantes et Charman a pour vocation de soulager l’opérateur et de prévenir les troubles musculosquelettiques, précise Philippe Piard, responsable du développement des filières navale/énergie au sein de l’IRT Jules Verne. Par ailleurs, les constructeurs rencontrent des difficultés pour recruter des soudeurs en France.» La brochure de l’IRT Jules Verne évoque en supplément la suppression des coûteux échafaudages et la diminution des risques d’accident encourus par les opérateurs, contraints de travailler à plusieurs dizaines de mètres du sol.
Une productivité améliorée de 50%
Ce robot – ou plutôt cobot car c’est un robot collaboratif qui accompagne les professionnels humains – se déplace sur ces parois verticales et métalliques à l’aide de chenilles magnétiques. L’aimantation résiste à une force d’arrachement d’une quarantaine de kilos, soit le poids de Charman. L’équipement est complété par l’appareillage de soudure et un profilomètre qui mesure le relief de la surface. Autonome, Charman ajuste la trajectoire programmée par l’opérateur et analyse la configuration (épaisseur, chanfrein…) du joint à souder pour optimiser la répartition des cordons de soudure. «Il peut travailler sur des coques de 8 à 25 millimètres d’épaisseur, explique Philippe Piard. Sauf celles des sous-marins, les constructions militaires étant plus exigeantes.» Selon le site internet de l’IRT Jules Verne, la reproductibilité de l’opération est meilleure et la productivité progresse de 50%.
Charman a été évalué en 2015 par STX France, sur le site de Saint-Nazaire. Les essais ont été concluants puisque ce projet pourrait être industrialisé en fin d’année par la société Servisoud, qui commercialise des équipements de soudage. Une deuxième version est toutefois en cours de test. «Les évolutions sont techniques et esthétiques, développe Philippe Piard. Par exemple, un nouveau système de crémaillères permet d’améliorer les déplacements sur des trajectoires horizontales. L’idée, par la suite, serait d’ajouter une caméra et un dispositif de contrôle par ultrasons, afin que Charman puisse aussitôt vérifier la qualité de la soudure.»
L’intégrateur de solutions informatiques Econocom devrait annoncer officiellement vers la mi-juin une offre robotisée dédiée à la surveillance des datacenters (ou fermes de serveurs). Le robot en question, nommé Captain DC, était présenté au salon Innorobo cette semaine à Saint-Denis. Il a été développé en partenariat avec EOS Innovation, spécialisée dans la robotique. Cette société s’était distinguée il y a trois ans avec une précédente réalisation, e-vigilante, en service dans quelques entrepôts en France.
Captain DC suit le même principe de fonctionnement que son aîné : c’est un robot autonome et mobile, capable d’effectuer des rondes 24h/24 en suivant un parcours prédéfini. Un opérateur peut en prendre le contrôle à distance si le besoin s’en fait sentir, pour lever le doute notamment. Selon un porte-parole d’Econocom rencontré à Innorobo, «Captain DC analyse la température, l’hygrométrie et est équipé d’un micro et de caméras à vision nocturne. Il est capable de distinguer la couleur des diodes des serveurs et peut transmettre des alertes en cas d’incident. Le centre de supervision pourra ainsi identifier la panne à distance.»
Les datacenters sont en effet souvent isolés et les interventions de diagnostic et de maintenance des installations sont susceptibles d’être longues et coûteuses. Avec Captain DC, Econocom cherche à résoudre cette problématique et se construit du même coup une image de modernité auprès de sa clientèle. A condition, bien sûr, que Captain DC remplisse sans faille les missions qui lui sont allouées.
Mandarin ne ressemble pas du tout aux robots humanoïdes qui arpentent les couloirs du salon Innorobo ou assemblent des pièces mécaniques à toute vitesse. Et pourtant, c’est bel et bien un projet qui promet d’améliorer l’interaction homme-machine, enjeu important de l’industrie robotique. Mandarin, donc, est un gant à retour de force, développé par le CEA-LIST (Laboratoire d’intégration de systèmes et des technologies du CEA) en partenariat avec l’INRIA, Haption, l’Université technologique de Compiègne ou encore Renault. Il bénéficie du soutien financier de l’Agence Nationale de la Recherche. «L’objectif est d’achever un prototype pré-industriel d’ici à la fin de l’année 2016» déclare Florian Gosselin, l’ingénieur de recherche qui coordonne ce projet.
Les dispositifs haptiques (qui procurent la sensation du toucher, NDLR) et à retour d’effort sont utilisés dans l’industrie pour piloter à distance des robots ou interagir avec des maquettes numériques dans les environnements de réalité virtuelle. «Traditionnellement, il s’agit de robots équipés de poignées excluant la manipulation dextre des objets en question, explique Florian Gosselin. Des gants similaires existent sinon, mais ils se limitent à deux doigts, avec un certain degré de perfectionnement, ou à plusieurs doigts, avec une sophistication moindre. Le principe du projet Mandarin est d’obtenir une interaction naturelle à deux mains (un gant pour main gauche a aussi été développé) qui implique tous les doigts sauf le petit. Cette configuration permet de couvrir la plupart des cas d’usage.»
Moteurs vibrants et capteurs optiques
Imiter la cinématique d’une main constitue toutefois un défi technique et oblige à des compromis. «Normalement, trois petits moteurs associés à chaque bout de doigt seraient nécessaires pour reproduire tous les degrés de liberté, précise Florian Gosselin. Mais avec quatre doigts, cela devient trop complexe, lourd et encombrant : il fallait simplifier. Les alternatives consistant à déporter les moteurs, moyennant une câblerie supplémentaire, ou à réduire le nombre de doigts ont été rejetées. Pour ce projet, nous avons décidé d’innover en insérant quatre moteurs dans la paume du gant, qui régulent l’effort de pinçage lors de la saisie d’un objet. Quatre autres moteurs miniatures servent à déformer la pulpe des doigts, par exemple en vibrant selon les mouvements.»
Le poids, l’encombrement et l’ergonomie sont les autres facteurs décisifs. «La structure est compacte, proche des doigts de l’utilisateur, décrit Florian Gosselin. Nous avons également opté pour des capteurs optiques innovants placés autour des axes des articulations, de manière à gagner en intégration.» Mandarin, grâce à ses embouts, a de plus l’avantage de s’adapter à toutes les tailles de main et longueurs de doigts. Bien des applications industrielles lui iraient comme un gant…
Selon cette nouvelle étude de l’ADEME, au regard des poids de produits transitant par chaque acteur, la part de produits alimentaires perdus et gaspillés reste relativement faible : de 3,3 % pour la distribution à 7,3 % au stade de la consommation. Mais mis bout à bout, ce sont 10 millions de tonnes de produits destinés à l’alimentation humaine qui sont perdus chaque année. Sur ce total, moins de 2 millions de tonnes sont valorisées pour l’alimentation animale. La valeur théorique de ce gaspillage est évaluée à 16 milliards d’euros et son impact carbone estimé à près de 15,3 millions de tonnes équivalent CO2/an, soit environ 3% des émissions nationales.
Quelles pertes et gaspillages le long de la chaîne ?
L’étude révèle que 32% du gaspillage est généré au stade de la production, 21% lors de la transformation, 14% lors de la distribution et 33% au niveau de la consommation à domicile. Elle fournit un enseignement important : un Français gaspille 4 fois plus en restauration collective et commerciale qu’au foyer. Ces pertes constituent 42% du gaspillage au stade de la consommation, alors que les repas hors-domicile ne représentent que 15% des repas pris par nos concitoyens.
Sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la consommation, 24% des légumes, 23% des fruits, 20% des produits issus des grandes cultures et 13% des produits des filières animales sont gaspillés. Mais le gaspillage alimentaire varie fortement d’un produit à un autre : de 9% pour les œufs à 57% pour les salades !
Evaluation globale des pertes et gaspillages pour l’alimentation humaine sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la consommation
Comment réduire ces pertes et gaspillages ?
La France a adopté un Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire à l’horizon 2025 et la LOI n° 2016-138 définissant un panel de mesures pour réduire et gérer ce gaspillage, notamment au stade de la distribution. Un nouveau Pacte national « anti-gaspi » est prévu pour octobre 2016. France Nature Environnement espère que ce nouveau plan constituera « un plan d’action détaillant des engagements et des objectifs par secteur d’activités et par filière de produits ».
En attendant, l’Ademe et le Ministère de l’Environnement de l’Énergie et de la Mer viennent de lancer une campagne de communication nationale en direction de tous les acteurs de la chaîne alimentaire pour les inciter à lutter, chacun à leur niveau, contre le gaspillage.
Pascal Juéry Comex member @JM Byl – Solvay photolibrary
Jeudi 26 mai, l’assemblée générale de l’Union des industries chimiques (UIC) a élu un nouveau président en la personne de Pascal Juéry. Il remplace Philippe Goebel qui a assuré cette fonction pendant 4 ans. Membre du comité exécutif de Solvay depuis 2014, membre du comité exécutif de l’UIC depuis 2010, Pascal Juéry affiche son ambition pour l’avenir de la chimie en une phrase: « construire l’industrie chimique durable de demain, attractive, innovante, responsable ». En bref, persévérer dans les actions déjà entreprises par ses prédécesseurs pour rendre la chimie française durable : en alliant respect de l’environnement et compétitivité et en la rendant plus transparente, y compris sur des sujets délicats.
Une chimie toujours plus « eco-friendly »
L’industrie chimique s’est engagée dans un processus de respect de l’environnement et de maîtrise de l’énergie depuis plus de 30 ans maintenant. Dans son rapport de développement durable 2015, l’UIC indique ainsi que le secteur a diminué de 50% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et de 20% sa consommation d’énergie depuis 1990. Pour la période 2012-2025, les objectifs sont d’améliorer l’efficacité énergétique d’encore 12% et de réduire encore les GES de 13%. Un travail sur les entreprises elles-mêmes qui vient compléter une réalité de la production : la chimie française est aussi très investie dans la recherche pour trouver des solutions vertes dans l’énergie ou les matériaux.
Recyclage des matériaux : plastiques à la Une
En matière de réutilisation des déchets, la chimie a encore une grande marge de manœuvre. Par exemple, sur la filière plastiques, seuls 0,6 Mt de déchets sont recyclés sur les 3,5Mt qui atterrissent dans les poubelles. Depuis 3 ans, une réflexion est en cours pour organiser la filière. En mars 2015, les résultats d’une première étude menée avec l’Ademe sur l’analyse de la chaîne de valeur de cette filière ont été présentés. Un réseau collaboratif a été monté et le travail se poursuit actuellement pour faire vivre concrètement cette filière. Des actions qui seront d’ailleurs au cœur des discussions du comité stratégique de filière « chimie et matériaux » qui se réunit à Lyon ce vendredi 3 juin. Une réunion qui abordera aussi bien sûr, l’étude Chimie 2030, lancée en mars 2016 qui a déjà donnée lieu à plusieurs ateliers avec les industriels et dont les conclusions doivent être rendues le 29 juin prochain à Bercy.
Une transparence à améliorer
Dans une interview accordée à L’Usine Nouvelle, Pascal Juéry reconnaît que si l’UIC est respectée des pouvoirs publics, sa communication auprès des parties prenantes de la société civile est encore à améliorer. Pour pallier ce handicap, le nouveau président veut « mettre les PME au cœur des actions » en les incitant à ouvrir leurs portes au public et en leur apportant plus de services. Il faut dire que la chimie française compte quelques 3335 dont 94% de TPE/PME, une réalité méconnue, cachée par la mise en avant dans les médias de grands groupes internationaux, souvent au cœur des scandales autour de la santé-environnement.
Le durable a ses trophées
Chaque année, depuis 26 ans, l’UIC récompense 4-5 entreprises qui se sont particulièrement illustrée en matière de développement durable via le trophée des Responsible Care. Pour l’édition 2016, 50 entreprises ont candidatées.
Palmarès :
Trophée Environnement :
ELBÉ PÉTRO pour la mise au point de flotteurs biomimétiques sur des réservoirs de liquides inflammables permettant de limiter l’évaporation.
Trophée Santé :
Steiner pour la conception et construction d’une cabine de ventilation au poste de travail.
Trophée Sécurité :
L’Association des industriels de la Plateforme de Carling Saint Avold (AIPCSA) pour l’organisation d’une sensibilisation Sécurité commune à l’ensemble des industriels de la plateforme.
Trophée RSE :
SOBEGI pour soutenir l’éducation à l’environnement par une opération de tri des déchets.
Le coup de cœur du Jury a été décerné à SIKA France SAS pour son accueil et intégration des personnes en situation de handicap.
C’est un projet gigantesque dans lequel souhaite se lancer Kinshasa. Avec un objectif total de 40 000 MW, Grand Inga a vocation a devenir le plus grand complexe hydroélectrique du monde, loin devant l’actuel premier : le site des Trois Gorges (22 500 MW) en Chine. Estimé à 100 milliards de dollars (90 mds €), le projet a reçu le soutien de la Banque Africaine de Développement et de la Banque Mondiale qui en 2013 et 1014 l’ont financé à hauteur 141 millions de dollars. La première phase (Inga 3), estimée à 14 milliards de dollars (12,6 mds €) prévoit la construction d’une première centrale de 4 800 MW sur le fleuve Congo. Le gouvernement devrait donner dès cet été les résultats de l’appel d’offres. Les groupes chinois de construction seraient très bien placés pour gagner ce contrat géant et les travaux pourraient débuter dès novembre.
Polémique
L’empressement de Kinshasa à vouloir lancer rapidement la construction a mis en alerte les ONG environnementales, généralement opposées à ces grandes infrastructures énergétiques (cf. Belo Monte). Peter Bosshard, directeur par interim de l’ONG Rivers, s’indigne de l’absence de la moindre étude d’impact environnementale. Il estime que les conséquences sociales et environnementales seraient dramatiques, avec notamment le déplacement forcé de 60 000 personnes. Mais Kinshasa est décidé à aller de l’avant affirmant qu’il s’agit de l’unique solution pour apporter de l’électricité à ceux qui en sont privé. Un argument peu convaincant sachant que les grandes centrales électriques ont vocation à alimenter les industries électro-intensives, comme l’industrie extractive, pilier de l’économie de la RDC. Le problème de l’accès à l’électricité en Afrique est avant tout un problème de réseau… Inga offrira aussi au pays de confortables revenus d’exportation de l’électricité. Un contrat de fourniture de 2 500 MW a déjà été signé entre la RDC et l’Afrique du sud. Il prévoit la mise en service d’Inga 3 dès 2021, ce qui explique en partie la volonté du gouvernement de voir le projet aboutir rapidement. Mais pas seulement. Le second mandat du président est arrivé à son terme il y a six mois, et malgré les manifestations, Joseph Kabila s’est inscrit dans cette dramatique habitude locale de garder le pouvoir. Grâce à des manipulations diverses, il s’est assuré qu’aucune nouvelle élection ne pourrait être organisée cette année. Le temps de finaliser les derniers détails du contrat ?
Frappées de plein fouet par la chute des cours du baril du brut, les compagnies américaines ExxonMobil et Chevron persistent dans les énergies fossiles. L’enjeu n’était pas tant d’abandonner l’exploration et l’exploitation pétrolière que d’évaluer l’impact financier des politiques publiques environnementales sur leur activité. En clair, d’estimer le manque à gagner lié aux développement d’énergies alternatives et aux efforts d’efficacité énergétique. Un exercice jugé inutile par 61,8% des actionnaires d’ExxonMobil et 59% de ceux de Chevron.
Optimisme béat
Si d’aucuns préfèrent se concentrer sur la baisse significative des votes « contre », il n’en reste pas moins que les deux grandes compagnies américaines semblent ne pas prendre la mesure des enjeux, alors que dans le même temps, en Europe, les groupes pétroliers annoncent leur entrée sur ces nouveaux marchés. Une stratégie risquée alors que les indicateurs montrent une consommation pétrolière mondiale atone et des surcapacités structurelles. Dernier symbole fort, la fondation Rockefeller (le milliardaire a fondé la Standard Oil Company qui deviendra plus tard ExxonMobil) a annoncé cette année se débarrasser de toutes ses participations dans le groupe. Une annonce qui fait suite à des révélations sur les méthodes de désinformation sur le changement climatique utilisées par la Major pendant des années.
A l’avenir, ce ne sera peut-être plus le personnel de l’hôtel qui se présentera devant la chambre du client pour livrer une boisson ou un encas… mais un robot. C’est en effet le rôle que pourrait tenir le robot Relay, conçue par la société californienne Savioke et prochainement distribué en France par Awabot.
Ce projet est emblématique de la robotique de service professionnelle, qui désigne les robots qui n’accomplissent pas des tâches de production et de fabrication industrielles. Les secteurs d’activités couverts sont donc diversifiés, allant de la chirurgie en milieu hospitalier à la logistique dans les entrepôts. Selon l’International Federation of Robotics (IFR), ce marché pesait quelque 3,7 milliards de dollars dans le monde en 2014. Soit une hausse de 3% par rapport à l’année précédente, consécutives à une progression de 11,5% des ventes.
Ce robot ambulant d’intérieur, doté d’un coffre d’une vingtaine de litres, est conçu pour livrer des petits objets d’un point A à un point B. Il parcourt le trajet de manière autonome, une fois le plan des locaux mémorisé. «Il est équipé d’un sonar, de caméras et d’un LIDAR (détection via un laser, NDLR), précise Jérémie Koessler, directeur général d’Awabot. A l’aide de ces dispositifs, il scrute son environnement en permanence.» La fiche technique fait également état du LTE et du WiFi, apportant à Relay des capacités d’interaction avec des réseaux de communication à l’intérieur des bâtiments. Une fonction mise à profit dans les déplacements et les relations avec la clientèle. «Relay est capable de prendre l’ascenseur tout seul, explique Jérémie Koessler. Quand il arrive devant la porte de la chambre, il envoie un message pour prévenir le client, lequel dispose d’un code pour déverrouiller le coffre. L’écran sert entre autres à valider la livraison et à noter la prestation.» Relay bénéficie d’une autonomie de 6 heures environ et, à l’instar d’un aspirateur-robot, retourne automatiquement à sa base de recharge.
Onze mille livraisons réussies
L’an dernier, Relay a d’ores-et-déjà été évalué en conditions réelles aux Etats-Unis notamment, dans quelques hôtels de la chaîne Crowne Plaza. Selon le fondateur de Savioke, Steve Cousins, la flotte de Relay mise en service – le nombre précis n’est pas indiqué – aurait déjà réussi quelque 11000 livraisons et parcouru l’équivalent de 3000 kilomètres.
Cependant, le «room service» n’est pas la seule activité que pourrait exercer ce robot, à écouter Jérémie Koessler : «si nous visons la même clientèle, c’est-à-dire les opérateurs hôteliers, nous estimons aussi que Relay peut livrer du courrier et des documents dans n’importe quelle entreprise, ou transporter des petits objets entre des bureaux d’étude.» Une même question revient souvent : Relay va-t-il remplacer du personnel humain ? Il s’agit plutôt, pour Jérémie Koessler, de «libérer les humains de tâches à faible valeur ajoutée.»
La Russie propose depuis des années ses services en matière d’énergie au Vietnam mais les négociations se sont accélérées pour répondre à la demande croissante d’énergie du pays. En novembre 2013, Gazpromneft et Petorvietnam ont ainsi signé un accord posant les bases d’un projet d’entrée au capital de la raffinerie de Zung Kuat afin d’y réaliser divers travaux d’amélioration. Estimés à 1 milliard d’euros ils devraient permettre de faire passer sa production de 6,5 à 12 millions de tonnes par an.
Toujours dans le secteur de l’énergie, c’est encore la Russie qui a remporté l’appel d’offres international lancé par le Vietnam pour la construction de sa première centrale nucléaire, Ninh Thuan. Suite à l’accident nucléaire de Fukushima en mars 2013, le gouvernement vietnamien avait mis en veille le projet et demandé aux Russes un renforcement des mesures de sécurité. Le Premier ministre a depuis approuvé la reprise des travaux. La mise en service des deux réacteurs est prévue pour 2023-2024. A noter que la Russie a octroyé une ligne de crédit de 8 milliards de dollars, soit la quasi totalité du coût de construction.
Géostratégie
L’intérêt russe pour le secteur énergétique vietnamien n’est pas dénué d’arrière-pensées. Au-delà des contrats commerciaux, la présence russe au Vietnam est éminemment géopolitique. Allié historique lors de la Guerre Froide, les deux pays ont gardé des relations très fortes et les militaires russes ont une présence à Cam Ranh Bay, une ancienne base aérienne américaine. Ce qui déplait fortement aux Américains qui multiplient les gestes envers leur ancien ennemi. Ainsi Barack Obama a annoncé, lors de son déplacement officiel au Vietnam fin mai, la levée de l’embargo sur la vente d’armes létales notamment celles destinées à des fins de sécurité maritime en vigueur depuis la Guerre Froide.
L’administration américaine est même allée plus loin puisque depuis 2014, elle a versé 45,7 millions de dollars au Vietnam pour mettre en place des programmes de coopération militaire. Pour Russes et Américains, l’objectif est clair : donner au Vietnam les moyens de contrer l’expansionnisme chinois en mer.
Les îles Spratley et Paracels (voir carte), sur lesquelles du pétrole a été découvert au début des années 1990, sont au cœur des tensions régionales. Le Vietnam et la Chine s’en disputent la souveraineté, ainsi que la Malaisie, Bruneï, Singapour et l’Indonésie…
Non-aligné
Historiquement, les forces armées vietnamiennes se sont peu projetées sur les mers. Et pour cause, leur principale priorité a été de se défendre sur leur territoire. Mais les ambitions chinoises ont poussé en 2007 le bureau politique du parti communiste vietnamien a lancer une stratégie maritime. Dans ce grand échiquier asiatique, Hanoï ne semble pas vouloir favoriser une alliance plus qu’une autre. Au contraire, elle fait monter les enchères. Ainsi le très prisé port international de Cam Ranh, reçoit des bâtiments militaires de toutes nationalités, le dernier en date étant français. Le FS Tonerre est arrivé le 2 mai 2016 pour quatre jours. Il a été précédé par un vaisseau singapourien mi-mars et deux navires japonais en avril. Cette base stratégique offre un point d’appui rêvé pour les flottes des grandes puissances.
Mais Hanoï opte également pour des partenariats régionaux. En octobre 2014, le gouvernement indien a accordé une ligne de crédit de 100 millions de dollars pour des achats d’équipements militaires. Le Japon s’est lui engagé en 2014 à lui vendre six navires patrouilleurs. Une multiplication d’accord qui n’est pas sans déplaire à Pékin qui joue le chaud et le froid avec son voisin.
Nathalie Fau, Maître de conférences à l’Université Paris-Diderot, et spécialiste du Vietnam, conclue : « Ce qui n’a pas réellement changé en revanche, c’est l’alternance entre phase de frictions, de négociations et d’avancées diplomatiques dans les relations entre le Viêt Nam et la Chine. Cette ambiguïté est bien visible dans la gestion différente entre d’un côté les espaces maritimes insulaires (Paracels et Spratleys) qui demeurent des lieux des frictions et de l’autre le golfe du Tonkin où la délimitation officielle de la frontière maritime a abouti à la création d’une Zone commune de développement. Indique ».
Emmanuel Macron l’avait suggéré, les Anglais le confirment. Selon le contrat qui lie EDF au gouvernement britannique, un retard de 8 ans ou plus sur la livraison des deux réacteurs EPR, rendrait caduque la rémunération fixée entre les parties. Une hypothèse qui ne peut plus être décemment écartée au regard des chantiers de Flamanville et Olkiluoto, et des procédures internes à EDF.
Opposition interne
La direction d’EDF est largement soutenue par le gouvernement qui annonce une décision finale d’investissement au plus tard en septembre. Le problème est interne. Une opposition grandissante se fait entendre dans l’entreprise, et ce jusqu’au sommet depuis la démission fracassante de Thomas Piquemal le 1er mars dernier. Conformément aux statuts de l’électricien public, les élus du comité central d’entreprise ont usé de leur droit de commander une étude indépendante dont les conclusions devraient être rendues courant juin. Les risques du projet seraient sous-estimés par EDF qui espère tirer profit des expériences précédentes alors que les modifications demandées par l’Autorité de sûreté britannique sont telles (notamment sur le contrôle-commande) que les EPR d’Hinkley Point se rapprocheraient davantage de têtes de série. D’où les réserves exprimées par Jean-Luc Magnaval, secrétaire du CCE, qui estime que « en l’état, nous ne donnerions certainement pas le feu vert ».
Pour rappel, le projet Hinkley Point C prévoit la construction d’une centrale nucléaire en Angleterre. Les deux EPR doivent être mis en service en 2025-2026 et apporteraient 7% de la consommation britannique. Evalué à 23 milliards d’euros, dont les 2/3 à la charge d’EDF qui assure avoir les ressources financières pour supporter cet investissement, ainsi que ceux liés au grand carénage, à Cigéo, Linky, etc… Jean-Bernard Lévy, son président, rappelle à l’envi que ce contrat sera très profitable avec un MWh garanti à 92,5 livres sur 35 ans, soit 126 euros. Un prix très au-dessus du marché actuel.
Que ce soit à bord de la Station spatiale internationale ou lors de futures missions habitées sur la Lune ou sur Mars, les astronautes vivent, évoluent et travaillent dans des conditions drastiquement différentes de celles sur Terre. Afin de les préparer et d’optimiser leurs performances et leur sécurité, l’entraînement des astronautes est classiquement réalisé en piscine afin de reproduire un contexte d’allègement gravitaire proche de l’impesanteur et de favoriser ainsi l’apprentissage moteur dans le cadre des missions extra-véhiculaires. Cependant, cette méthode, pourtant utilisée depuis les premières missions orbitales, n’avait à ce jour fait l’objet d’aucune validation scientifique, qui nécessite au préalable d’étudier les effets de l’exposition subaquatique sur le comportement moteur.
L’objectif de cette étude était de caractériser précisément l’organisation motrice en immersion en la comparant à celle produite sur Terre. Le scaphandre utilisé, spécifiquement développé pour l’entrainement des astronautes en piscine, permet de contrôler la flottabilité de l’ensemble du corps y compris les membres alors qu’avec la tenue de plongée classique la flottabilité neutre n’est appliquée qu’au niveau du centre de masse du corps. Huit plongeurs professionnels ont participé à une expérience de pointage manuel en direction de cibles lumineuses. Les données enregistrées en laboratoire, hors eau, ont été comparées à celles obtenues par les plongeurs immergés, soit en combinaison néoprène, soit en portant un scaphandre submersible.
Les résultats de l’étude montrent que le milieu subaquatique impacte globalement le comportement moteur dans sa dimension spatio-temporelle à travers une modification de la relation vitesse-précision. L’organisation cinématique du mouvement de pointage et la stratégie posturale adoptée sous l’eau en combinaison néoprène restent assez proches de celles rencontrées en environnement normogravitaire (hors eau). En revanche, ces variables sont affectées dès lors que les plongeurs sont équipés du scaphandre, ce qui reflète des propriétés d’organisation motrice communes à celles observées en microgravité réelle. Ces résultats montrent que l’entraînement subaquatique, réalisé en scaphandre submersible, est une piste valide pour optimiser l’entrainement des astronautes. Il s’agit en cela de la première démonstration scientifique de la pertinence de l’entraînement des astronautes en piscine pour simuler sur Terre les conditions d’impesanteur (ou de gravité réduite sur la Lune ou sur Mars) rencontrées lors des missions spatiales.
REFERENCES : Kinematic features of whole-body reaching movements underwater: Neutral buoyancy effects Thomas Macaluso a , Christophe Bourdin a , Franck Buloup a , Marie-Laure Mille a,b, Patrick Sainton a , Fabrice R. Sarlegna a , Virginie Taillebot c , Jean-Louis Vercher a , Peter Weiss c and Lionel Bringoux a a Aix-Marseille Université, CNRS, ISM UMR 7287, 13288, Marseille cedex 09, France b Université de Toulon, 83957, La Garde, France c COMEX S.A., 36 Bvd des Océans, 13009, Marseille, France
Interview de Michel Letté, co-auteur et metteur en scène de la pièce de théâtre « Transhumain, toi-même », qui sera jouée le vendredi 27 mai au théâtre Reine Blanche :
L’école « 42 » fait toujours figure d’ovni dans le paysage scolaire français. Cela risque d’être tout autant le cas Outre-Atlantique. L’établissement a prévu de s’installer dans des locaux spacieux de 18 000m2 à Fremont, dans la Silicon Valley californienne. Outre l’équipement informatique disponible 24/7, 300 places d’hébergements seront disponibles sur place (600 envisagées à terme). L’ouverture de novembre 2016 est soutenue par un budget de près de 90 millions d’euros apporté par Xavier Niel, fondateur de «42 » à Paris et entre autre, vice-président du groupe Iliad-Free.
10 000 développeurs en 5 ans
Le modèle de cette deuxième école sera le même que celui adopté pour Paris : recrutement ouvert à tous de 18 à 30 ans, sans conditions de diplôme (l’entrée se fait via une sélection féroce des candidats sur leurs aptitudes à coder/apprendre à coder – et une compétition en plusieurs étapes. L’apprentissage se fait par l’expérience, via un travail en équipe et une entraide entre étudiants, sans enseignants. La formation est certifiante en 3 ans – deux années supplémentaires sont possibles vers la recherche industrielle ou l’entrepreneuriat. Objectif affiché : former 10 000 informaticiens d’ici 5 ans (contre 3000 pour l’école française).
Pallier les failles des systèmes éducatifs
A la création de « 42 » en 2013, Xavier Niel, expliquait que le système français ne permettait pas à de nombreux talents, voire génies, de faire reconnaître leurs capacités car d’une part l’université accessible au plus grand nombre ne propose pas toujours des formations adaptées aux entreprises et d’autre part les écoles privées sont chères et laisse de nombreuses personnes sur le bord de la route. Aux Etats-Unis, la barrière financière est encore plus forte. L’ouverture d’une telle école devrait facilement attirer des candidats. En France, il y avait eu entre 50 000 et 100 000 candidatures pour 1000 places lors du lancement !
« Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre les usines américaines non-concurrentielles ». Ce sont par ces mots que Donald Trump abordait la question environnementale en 2012. Quatre ans plus tard, presque ou rien n’a changé.
Priorité aux fossiles
Donald Trump a déjà annoncé à maintes reprises que s’il était élu Président, il mettrait fin aux diverses réglementations visant à contraindre industriels et consommateurs en général à adopter des mesures d’efficacité énergétique. Les avantages fiscaux attribués aux énergies renouvelables seraient quant à eux revus. Donald Trump est très proche du lobby pétrolier et considère les énergies fossiles comme une source de richesse et d’emplois aux Etats-Unis. A l’inverse, les énergies renouvelables seraient non concurrentielles et enrichiraient les constructeurs étrangers (notamment chinois).
Autre cible de Donald Trump : les agences fédérales de régulation, à commencer par la fameuse Environmental Protection Agency, considérée par ce dernier comme un frein au développement du tissu économique. Il a promis à ses électeurs de couper nettement leur budget pour réduire leur capacité de nuisance.
Marge réduite
Interrogé sur la COP21, Trump a logiquement montré son désaccord et a annoncé qu’il renégocierait le texte une fois élu. Une affirmation qui pose la question de la capacité d’action de potentiel prochain Président américain. Pour beaucoup, cette menace de renégociation est irréaliste. On ne revient pas sur des traités internationaux de cette envergure. En revanche, le pays pourrait montrer la plus mauvaise volonté du monde à atteindre ses objectifs puisque l’accord n’est pas véritablement contraignant.
Sur le plan intérieur, ses marges de manœuvres seront plus grandes, notamment grâce à la fiscalité. Le charbon, première victime de la transition énergétique américaine, tient une place importante dans ses discours sur la destruction des emplois locaux. Trump a ainsi suggéré qu’il pourrait modifier la réglementation sur la pollution de l’air pour remettre les mineurs au travail. Une proposition dont l’impact réel est plus qu’incertain. En effet, l’abondance de gaz de schiste bon marché sur le territoire rend peu crédible le scénario d’un retour en force du charbon, même si celui-ci bénéficiait d’avantages fiscaux. Les énergies renouvelables (éolien et solaire en tête) sont quant à elles à la porte de la parité réseau.
Déni
Pour se faire une idée de l’intérêt que porte Donald Trump à l’environnement, il suffit de regarder son programme sur son site internet. Pas un mot. Il faut dire que le changement climatique n’est pas vraiment un thème porteur de l’électorat républicain. Ou du moins ne l’était pas. La jeune garde républicaine est moins dogmatique que ses aînés sur cette question et peut-être moins liée au lobby pétrolier. Selon un récent sondage de Yale/George Mason, 56% des américains votant Trump admettaient le changement climatique. Une tendance qui pourrait coûter des voix au candidat républicain s’il persistait dans sa stratégie de déni. En effet, bien que l’environnement ne soit certainement pas le thème majeur de la campagne qui s’annonce (l’économie, le terrorisme et l’immigration devraient monopoliser les débats), il pourrait faire perdre des points précieux au milliardaire. Son adversaire démocrate, Hillary Clinton ne manquera pas de s’appuyer sur ses positions très conservatrices pour montrer qu’il est hors de la réalité, notamment scientifique.
Un vendredi 13 mai pour les superstitieux. Alors que François Hollande se trouvait en visite officielle en Centrafrique, pays concerné par le dossier Uramin, Anne Lauvergeon était mise en examen à Paris. Cette société, rachetée à prix d’or par Areva en 2007, s’est avérée être un véritable fiasco industriel. Au point que certains doutent de l’intégrité de certains membres de la direction d’Areva, à commencer par son ancienne présidente, « Atomic Anne ».
Les faits
Areva rachète en juillet 2007 la société canadienne Uramin qui détient des gisements de Centrafrique (Bakouma), de Namibie (Trekkopje) et en Afrique du Sud (Ryst Kuil) pour la coquette somme de 2,5 milliards de dollars. Toute l’opération d’acquisition est menée par un banquier belge, Daniel Wouters, qui aurait été présenté à Areva par Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon. Ce dernier aurait également pris part à la transaction et en aurait bénéficié financièrement. C’est pourquoi les juges d’instruction l’ont également mis en examen, pour « blanchiment et délit d’initié ».
Les géologues d’Areva se rendent finalement comptent que le potentiel annoncé de ces mines a été sur-évalué, avant de conclure tout bonnement à leur non-rentabilité pour cause géologique ou en raison du coûts prohibitifs des techniques à mettre en œuvre. Selon nos confrères de Mediapart, une enquête, diligentée en 2010 par Gérald Arbola, numéro deux du groupe, et réalisée par Marc Eichinger, responsable d’une petite société de renseignement, a abouti à la conclusion qu’« Areva pourrait avoir été victime d’une escroquerie lors du rachat d’Uramin ».
Or, loin d’abandonner, la direction du groupe se serait opposée à de nombreuses reprises à déprécier ces actifs pour favoriser une éventuelle entrée d’un partenaire chinois (en vain), et ne pas précipiter le groupe dans une crise largement entamée par les chantiers EPR français et finlandais, tous deux largement hors coûts et délais, et la chute des cours de l’uranium en 2011 suite à l’accident de Fukushima. Or, Anne Lauvergeon est en guerre ouverte avec le pdg d’EDF de l’époque, Henri Proglio, pour le contrôle de la filière. Une opposition qui a conduit pour beaucoup à l’échec nucléaire d’Abou Dhabi la même année.
Guéant mis en cause
Anne Lauvergeon a gardé la même ligne de défense depuis le début des révélations. Elle assume la stratégie industrielle et réfute l’idée que ces mines ne valaient rien. Elle estime être victime d’un coup monté pour l’empêcher devenir le chef de file du nucléaire français et de déstabiliser Areva. Lors de son audition par les juges, elle aurait affirmé avoir pris connaissance d’une note confidentielle évoquant des échanges secrets entre Sébastien de Montessus, le directeur de la branche mines d’Areva de l’époque, et Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée. Et l’ancienne patronne d’Areva d’évoquer un « projet de filialisation de la branche mines d’Areva, puis d’une introduction en Bourse, pour une privatisation » au rabais destinée à des investisseurs qataris…
C’est totalement par hasard que Mya Le Thai, étudiante en chimie à l’université de Californie d’Irvine (UCI), a découvert une méthode révolutionnaire pour allonger la durée de vie des batteries au lithium. Elle réalisait alors une expérience, destinée à améliorer la résistance de ces batteries, qui sont utilisées par les objets de notre quotidien (smartphones, ordinateurs, tabletttes), et dont la durée de vie oscille entre 5000 et 7000 cycles en moyenne.
Un gel pour “refaire le cycle des centaines de milliers de fois”
Alors que les chercheurs de son université, financés par le Département de l’Énergie américain, planchaient sur l’implantation de nano-fils d’or sur les batteries en lithium pour améliorer leur résistance – en vain, car ces fils, très conducteurs, sont aussi très fragiles et se détériorent trop vite pour allonger durablement les cycles de charge -, Mya Le Thai a “enduit ces nano-fils d’une couche de gel très mince”, explique le président du département de chimie de l’UCI, Reginald Penner. Hasard total, puisque c’est par inadvertance que l’étudiante a en réalité laissé ce gel de plexiglas, qu’elle avait sur les mains suite à une précédente opération d’électrolyse, sur les nanofils d’or.
Suite à cet instant de grâce, Mya Le Thai a alors “découvert qu’en utilisant ce gel (qui protégeait la batterie), elle pouvait refaire le cycle des centaines de milliers de fois sans perdre de capacité”, indique Reginald Penner.
Une batterie qui tient 30 fois plus longtemps
Les chercheurs de l’UCI ont renouvelé l’expérience. Ils ont ainsi entouré des électrodes de nano-fils en or, qu’ils ont placé dans une gaine de dioxyde de manganèse, avant de remplacer le lithium par un gel électrolyte, similaire à du Plexiglas gélatineux. Selon les scientifiques, ces électrodes renforcées ne sont plus sujettes aux fissures rencontrées sur les électrodes classiques : ainsi, le gel “plastifie” l’oxyde de métal, le rendant plus souple, et permettant aux nano-fils de résister davantage.
La batterie obtenue tient près de 30 fois plus longtemps que les batteries au lithium classiques, tenant 200 000 cycles, avec une dégradation de seulement 5 % de ses capacités. Les chercheurs de l’université de Californie effectuent des tests pour tenter de comprendre les causes de cette durée de vie prodigieuse, qu’ils n’arrivent pas encore à expliquer.
Alors qu’une batterie Li-Ion classique atteint difficilement 5000 à 7000 recharges, cette batterie révolutionnaire a supporté 200 000 recharges sur 3 mois. Commercialisée, généralisée, elle pourrait être utilisée dans nos appareils du quotidien, mais aussi dans les voitures électriques, qui réclament plus que jamais des batteries toujours plus résistantes.
Le problème des bio-plastiques, c’est qu’il faut trouver des gisements qui n’empiètent pas sur les terres agricoles et qui n’entrent pas en compétition avec la production alimentaire. Les recherches s’orientent donc sur la récupération des déchets verts issus de l’agriculture ou des industries agro-alimentaires. En Europe, l’industrie de la tomate produit 200 000 tonnes de déchets solides qui pourraient ainsi être mieux valorisés.
Retour à la case conserve
Sans surprise, en Europe, les deux projets en cours de pré-industrialisation sont menés en Italie et en Espagne, les deux principaux producteurs de l’Union. Très similaires, ils visent tous deux à utiliser la cutine de la peau de tomate pour en faire un bio-plastique. Plus exactement, une laque biologique qui pourrait remplacer celles utilisées actuellement pour recouvrir l’intérieur des boîtes de conserves et qui contiennent généralement du bisphénol A.
Les atouts de la bio-laque
La bio-laque issue de la cutine des peaux de tomates possède des caractéristiques très intéressantes pour l’industrie de l’emballage : non toxique, biodégradable, elle préserve de la déshydratation et elle a la particularité d’adhérer de manière très efficace au métal, sans besoin d’autres composants. Elle peut être appliquée tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des boîtes métalliques et surtout elle répond à une problématique sanitaire récente : la migration de substances synthétiques potentiellement toxiques des emballages vers les aliments, comme c’est le cas avec le Bisphénol A. En outre, d’un point de vue environnemental, l’utilisation des sous-produits des industries de la tomate permettrait de limiter les déchets de cette industrie et de rendre les industries européennes de l’emballage métallique plus compétitives.
Les premiers essais industriels
Après plusieurs années de mise au point en laboratoire les process et les formulations sont à peu près établis. Deux projets pilotes sont en cours. L’un en Espagne, conduit par le centre technologique du plastique (Andaltec) et l’institut des sciences des matériaux de Séville (CSIC) qui construisent une usine pilote de production en s’appuyant sur le brevet du CSIC et de l’université de Malaga concernant le process d’extraction de la cutine et sa transformation en plastique. L’autre projet, Biocopac Plus , subventionné dans le cadre des projets Life+ de l’Union est chapeauté par l’Italie. Après la phase de recherche du projet Biocopac, les tests sur des pilotes semi-industriels sont en cours afin de définir des process industriels fiables, économiquement compétitifs et ainsi pouvoir valider toute l’analyse du cycle de vie de cette nouvelle filière.
Au début des années 2010 beaucoup y ont cru. Les micro-algues seraient LA solution pour les biocarburants de 3eme génération. Avec un rendement à l’hectare incomparable par rapport aux plantes terrestres (au moins 5 fois plus que le blé par exemple), il n’y avait pas de doute, ça allait marcher. Oui, mais… c’était sans compter sur la baisse des prix du pétrole et les nombreux défis technologiques qu’il fallait passer pour rendre la filière économiquement viable.
Sélectionner les bonnes souches
On estime qu’il existe entre 200 000 et un million de souches de micro-algues, mais seules 30 000 sont décrites et une dizaine couramment utilisées pour la recherche. A l’instar des cultures terrestres, la sélection est essentielle pour atteindre une productivité maximale et devenir rentable. C’est donc l’un des axes majeurs de la recherche aujourd’hui. Que ce soit en France, sur la plateforme HélioBiotec par exemple ou d’autres centres scientifiques mondiaux, on cherche quelles sont les souches qui se reproduisent le plus vite, synthétisent le plus de biomasse ou comment les booster pour qu’elles le fassent.
Valoriser les sous-produits d’autres industries
Pour renforcer sa rentabilité, les pilotes et démonstrateurs semi-industriels de la filière micro-algues parient sur l’intégration dans des chaînes d’économie circulaire : utiliser les sous-produits, les déchets ou les rejets d’autres industries pour alimenter les micro-algues ou leur environnement de culture. En France, par exemple, le projet Trans’alg, à Libourne porté par la société Fermentalg, doit utiliser les sous-produits de la vinification ou d’autres cultures riches en carbone pour nourrir les algues. Quant au démonstrateur Cimentalgue, porté par Ciments Calcia et Algosource Technologie, à St-Nazaire, il doit utiliser les effluents gazeux d’une cimenterie.
Que d’eau, que d’eau !
L’un des défis technico-économiques le plus important de l’exploitation des micro-algues est celui de l’eau. Car pour extraire efficacement leur production il faut s’en débarrasser. Et cela revient cher. Plusieurs voies de recherche sont actuellement testées : des techniques d’extraction par voie humide (projet BioFat), la liquéfaction hydrothermale (CEA) ou la culture à l’air libre avec très peu d’eau dans des photobioréacteurs. Les premiers résultats probants commencent à voir le jour.
Développer l’aval de la filière
Même si il faudra encore quelques années pour les algocarburants soient utilisés de manière massive, il y a tout lieu de penser qu’une filière industrielle verra vraiment le jour, dès lors que la production présente un avantage environnemental. D’autant que la culture des micro-algues tend à se développer grâce à l’impulsion donnée par d’autres marchés à plus grande valeur ajoutée : cosmétiques, chimie verte, nutrition comme l’illustre la plateforme Algosolis qui met en relation industriels et chercheurs autour de la culture et l’exploitation des micro-algues.
Grâce à l’utilisation de déchets comme matière première, la fabrication du polymère Econyl permet une réduction de 55 % des émissions de CO2, par rapport à un polymère vierge. En effet, le recylage permet de s’affranchir de l’utilisation du process de fabrication du caprolactam, monomère utilisé dans la synthèse du nylon-6 « vierge ». Une fois le monomère obtenu, les étapes de production suivantes restent les mêmes que processus traditionnel. Ainsi, Ecofil permettrait d’économiser environ 7 barils de pétrole par tonne de polymères régénérés produite.
Créer un réseau mondial de collecte de déchets
Pour obtenir la matière nécessaire à la production de son fil Econyl, Aquafil collecte les déchets industriels générés par la production de nylon-6, des produits en fin de vie faits de nylon (tapis, moquettes, filets de pêche…) et les vêtements à base d’Econyl.
L’entreprise a déjà noué plusieurs partenariats dans le monde. Par exemple, elle récupère des tapis usagés aux Etats-Unis grâce au consortium Carpet America Recovery Effort (CARE). Elle y a aussi lancé le premier programme de reprise de bouts de tissus laissés par le processus de fabrication de maillots de bain, avec Speedo USA. Par ailleurs, Aquafil met particulièment l’accent sur la récupération des filets de pêche abandonnés dans la mer. Et ils sont nombreux ! Selon un rapport de Greenpeace, chaque bateau de pêche rejetterait jusqu’à 30 km de filets à chaque voyage. Pour réduire les impacts causés par ces abandons sur la vie marine, Aquafil participe à l’initiative Healthy Seas. Celle-ci a récupéré 109 tonnes de filets de pêche abandonnés près des côtes européennes en 2015. L’entreprise est aussi partenaire de l’initiative Net-Works qui récupère des filets de pêche abandonnés aux Philippines et au Cameroun, en coopération avec les villages de pêcheurs locaux.
Entre 2011 et 2013, l’entreprise a transformé 30 000 tonnes de déchets, et 26 000 tonnes rien qu’en 2014. A terme, Aquafil souhaite élargir son action, en multipliant les partenariats locaux et les filières de récupération de déchets. Pour le moment, l’ensemble des déchets récupérés dans le monde sont acheminés vers sa première usine de fabrication d’Econyl, inaugurée en 2011 à Lubiana, capitale de la Slovénie.
Plusieurs marques de vêtements ont déjà utilisé le fil Econyl dans la confection de leurs produits. Dernière grande nouvelle : fin mars 2016, la marque de jeans Levi’s a annoncé le lancement d’une version de son modèle 522 en Econyl.
Comme toutes les filières qui s’appuient sur l’exploitation des ressources naturelles, l’industrie de la terre cuite planche depuis des années pour réduire son impact environnemental et diminuer le prélèvement des ressources. Le centre technique des matériaux naturels de construction (CTMNC) a ainsi soutenu la thèse de Frédéric Haurine qui montre qu’il est envisageable d’utiliser les argiles qui se déposent dans les cours d’eau associés aux ouvrages hydrauliques tels que les ports, les barrages ou les écluses pour remplacer une partie des argiles extraites des carrières.
Une ressource abondante
La consommation annuelle de matières premières argileuses par l’industrie de la terre cuite française pour la fabrication de tuiles, de briques ou de parements est de l’ordre de 7 Mt/an. Or, on évalue à quelques 40Mt les sédiments qui se déposent chaque année en France, dont 80% liés aux activités humaines. Bien sûr, tous ces sédiments ne conviennent pas une utilisation industrielle. Et comme il n’est pas envisageable de modifier les outils de production, l’objectif était de réussir à quantifier et caractériser les gisements de sédiments utilisables.
Avis favorable pour 25% de la ressource
Pour caractériser rapidement les sites de sédiments potentiellement intéressants pour les industriels de la terre cuite, le chercheur a eu l’idée de développer un cadre minéralogique de référence (CMR) à partir des mélanges de production actuels. C’est grâce à la comparaison avec ce CMR que les sites potentiels ont pu être identifiés rapidement. Au final, 5Mm3 de sédiments qui remplissent les critères d’utilisation par l’industrie de la terre cuite se déposent chaque année. La consommation ne dépassant pas les 3,5 Mm3/an, cette ressource représente une alternative durable à l’argile des carrières. Même s’il reste encore à tester les différents gisements sur des installations industrielles pour ajuster les mélanges.
Des mélanges permettant des utilisations partielles
En outre, Frédéric Haurine, a aussi montré la possibilité d’utiliser des sédiments a priori non conformes. Par exemple, dans une étude sur le bassin de la Durance, des sédiments ne remplissant pas forcément tous les critères ont été mélangés avec succès avec avec d’autres sédiments, dégraissants (chamotte, sables schisteux), ou aux propriétés complémentaires ou encore en les incorporant à un mélange avec des argiles de carrière. Démontrant ainsi que d’autres sites peuvent être utiles à limiter l’extraction des argiles dans des formations géologiques fossiles.