Bus hybrides et électriques ont remplacé le diesel au salon du transport

Heuliez Bus-Iveco devient ainsi le sixième industriel à signer un accord avec la RATP.

Les chinois Yutong (en partenariat avec le français Dietrich) et Golden Dragon (avec le hollandais Ebusco), mais aussi l’espagnol Irizar et le polonais Solaris, fourniront eux aussi un véhicule électrique que le groupe pourra tester sur ses lignes franciliennes. Par ailleurs, une vingtaine de bus électriques a été achetée à Bolloré.

L’opérateur avait annoncé en juin vouloir expérimenter différentes technologies de bus électriques, pour remplacer d’ici 2025 ses 4.500 bus par de l’électrique (80%) et du biogaz (20%).

Pour la PDG de la RATP, Elisabeth Borne, cette annonce doit permettre au marché du bus électrique, encore balbutiant, de se développer, et de proposer des véhicules moins chers qu’aujourd’hui.

« Les constructeurs disent +il n’y a pas de marché+, les autorités organisatrices et les transporteurs, disent +il n’y a pas de fournisseurs+ », a pointé du doigt la patronne de la RATP, dans un entretien à l’AFP.

Pour arriver à des coûts proches de ceux du diesel, elle mise sur « un bon effet de série. On compte sur nos industriels. On regardera la facture globale ».

« Il faut que nos industriels réalisent que (l’électrique) est une technologie d’avenir », insiste-t-elle. « L’entrée de Bolloré sur le marché les a secoués un peu. Il n’y croyaient pas », ajoute-t-elle, faisant un parallèle avec l’industrie automobile et la voiture électrique.

« Les rares industriels qui présentent des solutions sont chinois. Mais dans les conditions d’usages européennes, ils ne remplissent pas le cahier des charges », souligne le patron de Keolis (filiale de la SNCF) et président de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), Jean-Pierre Farandou.

Pour lui, « on ne peut pas dire que les bus chinois représentent une solution aboutie ».

Par ailleurs, si l’hybride « fonctionne », de même que l’électrique pour les petits bus, « la grande question du moment, c’est les bus de 12 mètres (bus classiques, NDLR). Il n’y a pas encore de solution éprouvée ».

Modèle économique des différentes solutions, recyclage des batteries, provenance de l’électricité, « avoir des idées arrêtées, définitives, peut être délicat, il faut être humble à ce stade », estime-t-il.

jul/smr/bir

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Navya Arma : la navette autonome, électrique et française

Navya Arma est le premier véhicule 100 % électrique, 100 % autonome et 100 % français produit en série dans la région lyonnaise. D’une capacité de 15 places (11 assises et 4 debout), cette navette est destinée à circuler, dans un premier temps, en circuit fermé.

Ce véhicule est disruptif : il ne possède pas de poste de conduite, soit ni volant, ni pédales. Entièrement autonome, il est quand même relié à un centre de supervision où un opérateur pourra agir en cas de problème rencontré sur le trajet ou le véhicule. Son pack de batteries rechargeable par induction, sans fil ni prise, le dote d’une autonomie flexible allant de 8 à 24 heures. La Navya Arma peut atteindre une vitesse de pointe de 45 km/h, ce qui n’est pas un inconvénient notable pour le moment, puisque généralement sur les sites d’application, la vitesse est limitée à 30 km/h. Elle est équipée d’un toit ouvrant, d’une vision panoramique et d’air conditionné.

Comment faire rouler un véhicule autonome ?

Pour être autonome en toute sécurité, les systèmes de guidage de la Navya Arma utilisent simultanément plusieurs technologies : télédétection par laser, caméra stéréovision, GPS RTK, Infra-rouge, IMU et odométrie. Une vérification et un contrôle centralisés de ses mouvements sont assurés à distance, et des systèmes d’arrêt d’urgence sont accessibles si besoin.

Pour programmer le circuit, les ingénieurs de la société Navya, le développeur et constructeur de ce véhicule, interviennent au début sur le site et cartographient la zone en 3D. Grâce à ses capteurs, la navette répète le circuit programmé avec une précision de 2 cm. Elle sait distinguer sur la route tous types d’obstacles, qu’ils soient fixes ou mobiles, et adapte sa trajectoire. « Elle s’adapte aux situations imprévues et accumule progressivement de l’expérience sur un parcours donné en mémorisant les obstacles fixes pour optimiser ses performances », assure l’entreprise. Elle peut croiser d’autres véhicules ou se faire dépasser sans perturbation et respecte les priorités sur son circuit.

La navette peut être appelée depuis un arrêt grâce à une borne ou depuis une application mobile. Elle échange avec les autres véhicules et les piétons, de façon visuelle ou sonore, grâce à ses feux, ses écrans et panneaux LED, mais aussi ses haut-parleurs externes, ses klaxons et buzzers. Elle informe ses passagers grâce à des haut-parleurs internes. Sur l’écran tactile présent à l’intérieur du véhicule, un passager peut voir le circuit et sélectionner un arrêt.

Des sites fermés aux routes urbaines

La législation actuelle ne permet pas aux véhicules totalement autonomes de rouler sur des routes ouvertes.  Les grands constructeurs et les acteurs tels que Google se limitent actuellement à développer des véhicules particuliers autonomes pour avoir une offre attractive lorsque la législation aura évolué. Mais, dès aujourd’hui, Navya fait le pari des véhicules autonomes sur circuit fermé. « Ce que vous voyez, il y a deux ou trois équipes dans le monde qui le font », assure Christophe Sapet, Président de la société Navya. Une seule autre est sur le même secteur : il s’agit de la société française Easy Mile. « On considère que l’on a à peu près un an d’avance sur ce marché », se félicite-t-il.

« Navya Arma est une parfaite illustration de la stratégie de notre société : développer des véhicules autonomes 100 % français opérationnels dès à présent sur des sites fermés, conformément à la législation en vigueur dans la grande majorité des pays du monde : aéroports, centrales nucléaires, hôpitaux, sites industriels, universités, campus, parcs d’attraction, explique Christophe Sapet. Notre potentiel de marché peut être esimé au niveau mondial à plusieurs milliers de véhicules à l’horizon 2025. L’Europe, à elle seule, atteindrait plus de 10 000 véhicules sur site fermé. Pour une deuxième phase de développement, nous disposons déjà d’une grande majorité des technologies et de l’expérience pour rouler sur route ouverte ».

Pour se procurer la Navya Arma, il faudra dépasser au bas mot 160 000 €. Mais grâce aux économies réalisées sur les salaires et sur la maintenance, la société Navya, estime que le coût d’une ligne de transport équipée d’une flotte de véhicules autonomes est de 30 à 40 % moins cher qu’une ligne classique. Les premières livraisons commenceront le 15 novembre.

Le véhicule sera dévoilé aux professionnels lors de l’ITS World Congress, du 5 au 9 octobre, à Bordeaux. Les visiteurs pourront utiliser, pendant la durée du salon, un des trois véhicules de série circulant sur la route liant le centre de Congrès au parc des Expositions. Cette route sera ouverte à la circulation.

La société Navya, basée à Lyon et à Paris, a été créée en juin 2014. Elle rassemble une équipe disposant de plus de 10 années d’expérience dans le domaine de la voiture autonome et regroupée à l’initiative de Robolution Capital, le fonds d’investissement présidé par Bruno Bonnell, cofondateur de la société Infogrames et ex-président des sociétés Infogrames et Atari.

Découvrir Navya Arma en vidéo

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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De l’eau sur Mars : chronologie d’une découverte

Ces longues stries sombres (voir photo ci-dessous) seraient la preuve de l’écoulement et de la descente d’eau sur les pentes de Mars.

 « Ceci est terriblement excitant, confie  James Green, directeur de la division des sciences planétaires de la NASA : Nous n’avons pas encore été en mesure de répondre à la question : « Est-ce que la vie peut exister au-delà de la Terre ? », mais la découverte d’eau est un élément fondamental pour pouvoir imaginer que oui, la vie peut exister ailleurs. Nous avons maintenant, je pense, de grandes possibilités, dans certains endroits que nous avons identifié sur Mars,  d’approfondir de façon formidable nos connaissances. »

La volte-face de la NASA

Il s’agit d’un revirement complet de ton de la part de la NASA, dont les officiels concédaient régulièrement depuis des mois que le paysage triste et poussiéreux de Mars ne révèlerait très probablement pas quelconque trace de vie.

Mais cette semaine, John Grunsfeld, administrateur associé de la NASA, a évoqué l’envoi d’un vaisseau spatial dans les années 2020 vers l’une de ces régions, peut-être avec pour mission de détecter « sur site » toute trace de vie : « Je ne peux pas imaginer que ce ne sera pas une grande priorité de la communauté scientifique », a t-il commenté.

Il y a quelques milliards d’années, rivières, lacs et peut-être même océans étaient des habitués du paysage martien. Aujourd’hui pourtant, l’humidité y est modeste : quelques minuscules parcelles de terres humides, mais pas de flaque d’eau stagnante à la surface, par exemple.

Dans un article publié dans la revue Nature Geoscience, des scientifiques ont identifié des molécules gorgées d’eau : ce sont des sels (perchlorates) présents dans la trainée de l’orbite martienne. « Voilà une détection directe de l’eau sous la forme d’hydratation de sels », explique Alfred S McEwen, professeur de géologie planétaire à l’Université de l’Arizona, et investigateur principal des images provenant d’une caméra à haute résolution installée sur le Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA : « Ce sel hydraté a été produit par une source d’eau, dans un passé récent, très récent. De l’ordre de quelques jours. »

Les scientifiques savent depuis longtemps que de grandes quantités d’eau restent – à l’état solide – dans les calottes polaires. Il y a eu quelques indices concernant la présence d’eau liquide mais rien d’assez convaincant jusque-là.

En 2011, le Dr McEwen et ses collègues ont découvert sur des photographies des stries sombres qui descendent le long des pentes des cratères, des canyons et des montagnes. Ces stries sont allongées pendant l’été, disparaissent quand les températures baissent et réapparaissent à la saison suivante.

Ces stries ont un nom : stries de pente linae, ou RSL. Des milliers d’entre elles ont à ce jour été repérées.

Les fameuses stries de pente Linae

Les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps le rôle moteur de l’eau dans l’observation d’un tel phénomène. Mais comment le prouver ?

Lujendra Ojha, un étudiant de troisième cycle à l’Institut de technologie de Géorgie (Etats-Unis), se pencha vers un instrument dont dispose le vaisseau orbiteur qui récolte des données sur la planète rouge. Il s’agissait d’un spectromètre permettant d’analyser la couleur absorbée par les molécules pour mieux les identifier. Mais l’appareil, pas assez précis, ne permettait pas de certifier la présence d’eau dans les stries identifiées.

«Nous avons dû trouver de nouvelles techniques pour analyser la signature chimique des éléments que nous voulions analyser dans ces stries », résume  Mr Ojha, l’auteur principal de l’article paru dans  Nature Geoscience.

Les chercheurs ont ainsi réussi à identifier les signes révélateurs de la présence  de sel hydraté à quatre endroits. De plus, ces signes ont disparu avec l’arrivée du froid, « ce qui nous permet d’affirmer de manière définitive aujourd’hui qu’il y a une sorte d’eau liquide sur Mars », conclue Mr Ojha.

En fait, les sels de perchlorate abaissent la température de congélation de l’eau, qui a donc tendance à rester plus longtemps liquide. Sur Mars, bien que la température moyenne soit de -70 °C, on atteint quand même, à l’équateur, en été, plus de 70 °C.

Cependant de nombreux mystères demeurent. A commencer par la provenance de cette eau. Les scientifiques ne le savent pas encore.

Le docteur McEwen résume les hypothèses : «  l’eau ne  peut provenir que de deux directions : le haut ou le bas. Le perchlorate pourrait agir comme une éponge, en absorbant l’humidité de l’air. Mais l’humidité mesurée en surface est très faible : à peine 10 microns de pluviométrie si toute l’humidité à la surface se transformait d’un seul coup en pluie ! »

Mais cette idée ne peut être exclue pour le moment, car la partie inférieure de l’atmosphère martienne pourrait se révéler plus humide que ce que l’on ne pense : « nos mesures de ces zones sont pour le moment très rudimentaires, concède ainsi le Dr McEwen. Il faut aussi envisager la présence d’aquifères souterrains, glacés durant l’hiver et fondant partiellement quand les températures se réchauffent, formant les RSL… ». Tout cela ne reste que conjecture à l’heure actuelle.

La problématiqeu de la stérilisation

L’eau liquide est considérée comme l’un des ingrédients essentiels à la vie, et sa présence soulève la question de savoir si Mars, qui paraît si sec et aride, pourrait posséder des niches d’habitabilité pour la vie microbienne.

Christopher P. McKay, astrobiologiste au Ames Research Center de la NASA, ne pense pas que les RSL sont l’endroit le plus prometteur pour faire des découvertes révolutionnaires : « l’eau liquide qu’on trouverait dans les RSL serait de toute façon tellement salée que la vie ne peut pas s’y développer. En termes d’habitabilité par contre, cela ne signifie rien. »

Sur terre, on connait l’étang Don Juan – dans l’arctique – qui reste liquide tout au long de l’année malgré des températures très inférieures à zéro. L’étendue accuse une salinité extrêmement forte due à la présence de chlorure de potassium. « Si vous allez dessus, ça ressemble à une belle piscine. Mais aucun organisme vivant ne s’y est jamais développé », précise le Dr McKay.

Même si les pentes lineae (RSL) sont pour certaines d’un grand intérêt pour les chercheurs, la NASA n’a pas l’intention de les investiguer de sitôt.

Ces espaces géographiques sont pour le moment considérés comme des régions spéciales que les explorateurs robotisés de la NASA n’ont pas l’autorisation d’approcher. En effet, les rovers n’étant pas totalement stérilisés, ils pourraient être vecteurs d’« autostoppeurs microbiens » terriens qui contamineraient Mars.

De toutes les  sondes que la NASA a envoyées vers Mars, seules les deux sondes Viking en 1976 ont été « cuites » à des températures assez chaudes pour tuer les microbes de la Terre. Le prochain rover de la NASA qui partira vers Mars, et dont le lancement est prévu en 2020, ne sera pas propre lui non plus. Stériliser un engin spatial est très compliqué, car l’électronique embarquée supporte très mal la chaleur inhérente à un tel procédé. Cela pose également des problématiques insolvables en termes de design.

En choisissant le site d’atterrissage pour 2020, l’agence spatiale américaine s’est donc volontairement portée sur des endroits considérés comme non habitables en prenant soin d’éviter d’autres zones plus prometteuses, dont font partie les RSL.

Cette interdiction d’explorer va perdurer, alors que Curiosity est actuellement à moins de deux kilomètres du cratère Gale, où deux stries considérées comme prometteuses ont été identifiées.

Même si la NASA décidait d’y envoyer Curiosity pour voir de plus près ce qui se passe sans trop s’approcher, le trajet jusqu’au cratère durerait quelque chose comme… deux ans ! Pour le moment la possibilité d’un détour n’est pas exclue, la NASA se laissant le temps d’analyser plus en avant la situation.

Dans une interview suivant l’annonce de la NASA, le Dr Green – de la NASA – a déclaré que si les stries dans le cratère Gale s’avéraient être des RSL, l’agence spatiale envisagerait de se pencher plus précisément sur le risque de contamination réel posé par Curiosity. En effet, le rover martien est soumis aux ultra-violets depuis plusieurs années, et le risque réel de contaminer un habitat martien est aujourd’hui probablement infime : « Si nous pouvons aller en deçà de 20 mètres d’un RSL, nous pouvons utiliser le laser de Curiosity, et ainsi déterminer la nature de la roche en la vaporisant, grâce au spectromètre qui y est embarqué. Le mieux, évidemment, serait de pouvoir ramasser un fragment de RSL pour l’analyser, ça serait le top », conclut le Dr Green.

Traduit pas S.L

Source : New York times

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Iran : Vers un changement de paradigme pétrolier ?

Le retour de l’Iran sur la scène pétrolière devrait contribuer à maintenir une offre déjà surcapacitaire et ainsi des cours du baril historiquement bas. Du moins en théorie car des obstacles restent encore à surmonter. S’ils le sont, nul doute que les exportations iraniennes modifieront les paramètres de l’équation pétrolière mondiale. Si les pays consommateurs devraient en tirer avantage, certains producteurs ont quant à eux du souci à se faire. 

Quels impacts sur le cours du brut ?

L’Iran produisait 2,87 millions de barils jour (Mbj) en juillet 2015 selon le rapport d’août de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Selon le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, le pays pourrait élever de 500 000 bj sa production immédiatement après la levée des sanctions, pour atteindre progressivement 4 Mbj en quelques mois. Dans un marché aussi volatile que le marché pétrolier, nul doute que ces nouvelles livraisons tireraient les cours du brut à la baisse, d’autant que la demande mondiale est en berne en raison notamment du ralentissement économique de pays tel que la Chine qui a vécu cet été un véritable krach boursier. On voit ainsi difficilement comment le prix du baril, qui est passé sous la barre symbolique des 45 $ cet été, pourrait remonter fortement à court terme.  

Des obstacles à lever

Si beaucoup d’analystes considèrent comme acquis le retour de l’Iran sur la scène pétrolière, des obstacles se dressent encore sur le chemin de Téhéran. Tout d’abord, l’accord obtenu en juillet dernier doit encore être ratifié par le Congrès américain, divisé sur la question. La date butoir du 17 septembre a ainsi été repoussée d’un mois en raison des diverses manœuvres politiques dont le Capitole est coutumier. Par ailleurs, Téhéran doit accentuer sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et devra transmettre un certain nombre de documents dans les prochaines semaines à l‘institution basée à Vienne. Et là encore, rien n’est gagné d’avance. Le 8 septembre dernier, l’agence onusienne a demandé à l’Iran de lever certaines « ambigüités » relative aux informations produites le mois précédant. Ce n’est qu’en fin d’année, voire plus probablement début 2016 que les sanctions pourront être progressivement levées, secteur par secteur. L’Iran aura alors la lourde tâche de remettre sur pied la filière pétrolière durement touchée par l’embargo. En effet, cette dernière a besoin d’énormément d’investissements pour relever sa production. Selon le ministre iranien de l’industrie, Mohammad Reza Nematzadeh, 100 milliards de dollars seraient nécessaire. Des investissements qui seront difficilement concevables sans le concours des compagnies pétrolières internationales. Plusieurs groupes historiquement liés au pays sont déjà sur les rangs. C’est le cas de Total, mais aussi Royal Dutch Shell, Eni ou encore Lukoil. Les compagnies asiatiques ne sont pas en reste et ont également annoncé leur intention de renforcer leurs liens avec Téhéran.  

Les gagnants et perdants

Dans la conjoncture actuelle, les pays consommateurs de pétrole ne peuvent que se réjouir d’un retour de l’Iran sur la scène pétrolière car il participera à maintenir une offre excédentaire et donc un cours du baril bas, élément fondamental pour l’économie. Les pays proches géographiquement de l’Iran voudront quant à eux relancer les grands projets d’infrastructures pétrolières et gazières gelés par l’embargo, notamment l’Inde (deuxième client de l’Iran après la Chine). 

Du côté des pays producteurs d’hydrocarbures, l’impact de ce retour est perçu de manière hétérogène. Les Etats-Unis ou la Norvège sont ceux ayant le plus à perdre car ils ont besoin de cours élevés pour couvrir leurs coûts. La Russie pourrait quant à elle voir son principal marché, l’Europe, concurrencé notamment en raison de la détérioration des relations diplomatiques depuis la crise ukrainienne. Pour rappel, le Vieux continent représentait 30% des exportations de l’Iran avant les sanctions. La hausse de la production iranienne ne fera que renforcer la stratégie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui consiste à maintenir une offre excédentaire pour faire baisser les cours et retrouver ses parts de marché. Une tactique qui impacte de manière très diverses ses membres. Ainsi, le Venezuela et l’Algérie souffrent énormément de ce manque à gagner. En revanche,  l’Arabie Saoudite ou le Qatar peuvent supporter cette situation à moyen terme en puisant dans leurs réserves de devises. Pour autant, ils ne voient pas forcément d’un bon œil ce retour en grâce, leurs craintes résident davantage dans l’influence politique retrouvée de l’Iran dans la région. 

Romain Chicheportiche

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Rosetta observe le cycle de la glace d’eau sur la comète

Les comètes sont de grands agrégats de glaces et de poussières, qui perdent régulièrement une partie de leur matériel lorsqu’elles passent près du Soleil sur leur orbite très excentrique. Quand la lumière du Soleil chauffe le noyau gelé d’une comète, la glace dans le sol – composée principalement de glace d’eau, mais aussi d’autres substances volatiles – sublime. Le gaz qui en résulte migre dans le sol, emportant avec lui des poussières solides : ensemble, ce mélange de gaz et de poussières constitue la coma et les queues brillantes qui rendent observables de nombreuses comètes depuis la Terre.

Parvenue à destination en août 2014, Rosetta étudie de près, depuis plus d’un an, la comète 67P/Tchourioumov-Guerassimenko, surveillant la façon dont son activité augmente régulièrement au cours des mois. La comète a atteint le périhélie, le point le plus proche du Soleil sur son orbite de 6 ans et demi, le 13 août 2015, et s’éloigne maintenant vers l’extérieur du Système solaire.

Une des questions ouvertes étudiée par les spécialistes des comètes concerne les processus physiques qui alimentent l’activité de dégazage. L’idée est de comprendre comment s’extrait la glace d’eau de l’intérieur pour approvisionner la coma en vapeur d’eau.

Selon une étude présentée aujourd’hui dans la revue scientifique Nature, une équipe scientifique a observé de la glace d’eau qui apparaît et disparaît quotidiennement sur une région de la comète. Ces observations ont été fournies par l’instrument VIRTIS, le spectromètre imageur visible, infrarouge et thermique de Rosetta, en septembre 2014 lorsque la comète s’approchait du Soleil. « Nous avons trouvé ce qui maintient la comète en vie », explique Maria Cristina de Sanctis, de l’INAF-IAPS à Rome (Italie), première auteure de l’étude.

L’équipe a étudié un ensemble de données de VIRTIS recueillies en septembre 2014 et centrées sur Hapi, une région située sur le « cou » de la comète. Durant cette période, la comète se trouvait à environ 500 millions de kilomètres du Soleil, et le cou était l’un des endroits les plus actifs du noyau.

Lors de la rotation de la comète, qui effectue un tour complet en un peu plus de 12 heures, les différentes régions subissent des conditions d’éclairage variées.

« Nous avons vu des signes révélateurs de glace d’eau sur la région de la comète que nous avons analysée, mais seulement quand cette région sortait de l’ombre », ajoute Maria Cristina. « En revanche, quand le soleil brillait sur cette région, il n’y avait plus de glace. Cela indique un comportement cyclique de la glace d’eau au cours de la rotation de la comète. » Les données suggèrent que, lorsqu’une région du noyau est éclairée, la glace d’eau sublime dans les premiers centimètres du sol, se transformant en gaz et migrant vers la surface. Lorsque cette région se retrouve à l’ombre, la surface refroidit très rapidement ; les couches plus profondes, qui ont accumulé la chaleur solaire, refroidissent plus lentement et restent plus chaudes.

En conséquence, la glace d’eau sous la surface continue de sublimer et de migrer vers la surface à travers le sol poreux. Cependant, dès que cette vapeur d’eau « souterraine » atteint la surface froide, elle gèle à nouveau, créant ainsi une pellicule de glace fraîche sur cette région. Lorsque le Soleil se lève à nouveau sur cette région, les molécules dans la couche de glace nouvellement formée subliment immédiatement.
« Nous avions soupçonné qu’un tel cycle de la glace d’eau pouvait exister dans les comètes, sur la base de modèles théoriques et d’observations antérieures d’autres comètes, mais maintenant, grâce à la surveillance continue par Rosetta de 67P/Tchourioumov-Guerassimenko, nous disposons enfin d’une preuve observationnelle », précise Fabrizio Capaccioni, responsable scientifique de VIRTIS à l’INAF-IAPS à Rome, Italie.

À partir de ces données, il est possible d’estimer l’abondance relative de la glace d’eau par rapport à d’autres matériaux. Sur la portion sondée de la surface, la quantité de glace d’eau représente jusqu’à 10 ou 15% en masse, et elle est intimement mélangée avec les autres composants du sol. Les scientifiques ont également calculé la quantité d’eau qui a sublimé dans la région qu’ils ont analysée avec VIRTIS, qui représente environ 3% de la quantité totale de vapeur d’eau mesurée simultanément par MIRO, le spectromètre micro-ondes installé sur l’orbiteur de Rosetta.

« Il est possible que de nombreuses régions à la surface connaissent ce cycle, fournissant ainsi une contribution au dégazage global de la comète, mais d’autres mécanismes peuvent également
contribuer à l’activité », ajoute Capaccioni. Les scientifiques s’occupent actuellement de l’analyse des données recueillies lors des mois suivants, pendant lesquels l’activité de la comète a augmenté alors qu’elle se rapprochait du Soleil.

« Ces résultats nous donnent une idée de ce qui se passe sous la surface, à l’intérieur de la comète », en conclut Matt Taylor, responsable scientifique de la mission Rosetta de l’ESA. « Rosetta a la capacité essentielle de suivre les modifications de la comète sur des échelles de temps courtes ou longues, et nous avons hâte de pouvoir combiner toutes ces informations pour comprendre l’évolution de cette comète et des comètes en général. »

Référence

Ce travail de recherche fait l’objet d’un article intitulé « The diurnal cycle of water ice on cometary nuclei », par Maria Cristina de Sanctis, et al., publié dans la revue Nature, le 24 septembre 2015. Les résultats sont basés sur des spectres infrarouges obtenus les 12, 13 et 14 septembre 2014 par VIRTIS, le spectromètre imageur visible, infrarouge et thermique de Rosetta.

Source : cnrs.fr

 

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Un scénario pour réconcilier la Terre et ses origines

En s’appuyant sur des expériences en laboratoire et sur des modélisations, cette équipe propose pour la première fois un scénario complet qui rend compte de ces différences : les collisions qui ont construit la Terre l’ont aussi amputée à répétition d’une fraction de sa masse, faisant évoluer sa composition chimique. Ces travaux sont publiés le 23 septembre 2015 dans la revue Nature Communications.

Comme toutes les planètes du système solaire, la Terre s’est formée par accrétion, c’est-à-dire par l’agglomération progressive de matériaux sous l’effet de la gravitation. La désintégration radioactive précoce et les impacts provoqués par la chute de ces matériaux sur la planète en formation ont généré sa fusion jusqu’à des profondeurs assez importantes pour permettre la ségrégation d’un noyau riche en fer, surmonté d’un manteau rocheux et d’une croûte. Aujourd’hui, les échantillons terrestres auxquels nous avons accès se réduisent à la croûte et à quelques fragments de manteau portés à la surface au hasard des mouvements convectifs. La composition chimique globale de notre planète reste méconnue et il faut donc utiliser des indices indirects (comme la densité des couches successives, déduite de la propagation des ondes sismiques), complétés par l’étude des météorites. Certaines, appelées chondrites, sont connues pour être les plus primitives et sont donc des témoins du matériel primordial qui a contribué à former les planètes. Parmi elles, les chondrites à enstatite ont une composition isotopique1 exceptionnellement proche de celle de notre planète, ce qui a conduit à les considérer comme la « matière première » dont a été formée la Terre. Néanmoins, notre planète semble appauvrie en silicium et enrichie en magnésium par rapport à ces météorites2. 

Des chercheurs du Laboratoire magmas et volcans (CNRS/IRD/Université Blaise Pascal) proposent pour la première fois un scénario complet permettant d’expliquer ce paradoxe, appuyé par des expériences et des modélisations. Selon eux, les embryons planétaires qui ont formés la Terre avaient bien la composition chimique des chondrites à enstatite, avant que des épisodes répétés de fabrication et d’érosion de croûte terrestre ne lui soustraient de grandes quantités de silicium – laissant un excès relatif de magnésium que nous observons aujourd’hui. 

De précédentes études ont montré que des croûtes différenciées ont pu se former sur les protoplanètes et les astéroïdes quelques dizaines de millions d’années seulement après la formation du système solaire, soit par cristallisation de la surface d’un océan magmatique3, soit par remontée de magmas dans un réseau de fractures (voir schéma, a et b). Dans cette étude, les chercheurs ont reproduit la formation de cette croûte primitive grâce à des expériences de fusion de chondrites à enstatite à différentes pressions. Les liquides produits se sont révélés très riches en silicium et très pauvres en magnésium. La croûte formée à la surface de la planète par la remontée de ces liquides devait donc bien être enrichie en silicium et appauvrie en magnésium par rapport à la Terre dans son ensemble. 

D’autre part, on sait que les impacts météoritiques subis par la Terre dans sa jeunesse ont non seulement conduit à sa croissance, mais ont aussi pulvérisé sa surface. Ces destructions répétées de la croûte terrestre ont pu durer environ 100 millions d’années, avant qu’un impact géant induise la formation de la Lune. Les impacts successifs4 ont donc fait évoluer la composition chimique de la planète, diminuant la proportion globale de silicium et augmentant celle de magnésium (voir schéma, c). En modélisant l’évolution de la composition chimique de la Terre par ce mécanisme, les chercheurs estiment que l’équivalent d’au moins 15 % de la masse actuelle de notre planète a dû être perdu au cours de son accrétion.

D’autres éléments chimiques ont des proportions différentes sur Terre et dans les chondrites à enstatite. La Terre est enrichie en éléments lithophiles5 réfractaires6, tels que l’aluminium ou le calcium et appauvrie en éléments lithophiles volatils, tels que le sodium ou le potassium. Pour expliquer ces divergences, les chercheurs proposent que lors de la vaporisation de la croûte par les impacts entre corps planétaires, les éléments volatils auraient été préférentiellement perdus sous forme de gaz, alors que les éléments réfractaires se seraient à nouveau condensés et seraient retombés sur la planète en formation (voir schéma, d). 

L’ensemble de ce scénario a pu se produire sur la proto-Terre, mais aussi sur tous les corps rocheux qui ont contribué à la croissance de la planète, dès lors qu’ils étaient suffisamment gros pour se différencier et produire de la croûte.

  • © Asmaa Boujibar et Denis Andrault

Les étapes de la différenciation planétaire (ségrégation du noyau, cristallisation de l’océan magmatique et formation de croûte par fusion partielle), suivies de l’érosion par les impacts, ont fait évoluer la composition chimique de la planète.

Ce scénario a pu se produire sur les différents embryons planétaires qui ont contribué à former la Terre.

 
 
  • © Asmaa Boujibar
    Collision d’un corps rocheux avec la Terre primitive, conduisant à la pulvérisation de croûte terrestre.
Notes :
  1. La composition isotopique désigne les proportions de divers isotopes (atomes d’un même élément chimique mais de masses différentes)
  2. A moins de faire l’hypothèse que le noyau contient environ 20 % de silicium (en masse), ce qui est incompatible avec sa densité.
  3. L’énergie accumulée lors d’impacts très puissants peut conduire à la fusion d’une partie du manteau et à la formation d’un océan magmatique. 
  4. Une étude récente montre qu’une planète en croissance subit environ 100 000 collisions (A collisional origin to Earth’s non chondritic composition? Bonsor et al., Icarus, 2015).
  5. Un élément lithophile est un élément ayant des affinités pour la croute et le manteau plutôt qu’avec le noyau.
  6. Un élément réfractaire est un élément qui, contrairement aux éléments volatiles, nécessite de très hautes températures pour se trouver sous forme gazeuse.
 
Références :
Cosmochemical fractionation by collisional erosion during the Earth’s accretion. Asmaa Boujibar, Denis Andrault, Nathalie Bolfan-Casanova, Mohamed Ali Bouhifd, Julien Monteux. Nature Communications, 23 septembre 2015.
DOI: 10.1038/ncomms9295

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ENR : De la transition énergétique à la COP21

«  Aujourd’hui, il est certain que les objectifs affichés pour 2020 ne pourront pas être tenus. Au rythme des dernières années, et sur la base d’une consommation énergétique stable, en 2020, les énergies renouvelables représenteront près de 18 % de notre consommation et l’objectif de 23 % ne sera atteint qu’en 2028 », regrette le Syndicat des énergies renouvelables (SER) dans un communiqué.

Mais la loi de transition énergétique pour la croissance verte promulguée le 18 août dernier pourrait changer la donne. Pour ce faire, le SER souligne que les décrets d’application et les arrêtés devront être ambitieux et lisibles. Cela « permettrait de ramener à 2023 l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables » et « devrait permettre d’être au rendez-vous de 2030 avec 32 % d’énergies renouvelables ». En 2020, les énergies renouvelables pourront alors représenter au mieux 20 % de notre consommation énergétique.

Des aspects réglementaires à consolider

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit définir pour chaque filière les objectifs de développement et les trajectoires à attendre pour honorer l’objectif de 2030. Les deux premières périodes couvrent 2016-2018, puis 2019-2023. Le SER demande une vision claire, qui favorise les filières les plus compétitives (éolien et photovoltaïque), sans pour autant oublier les filières émergentes prometteuses (notamment hydrolien et éolien flottant). Selon le syndicat, les zones non connectées au réseau pourraient devenir des territoires expérimentaux incorporant une forte part d’énergies renouvelables. Il recommande que la PPE y fixe des objectifs ambitieux.

Le SER demande d’accélérer encore le développement des énergies renouvelables, notamment en simplifiant et en diminuant le temps d’instruction des demandes d’autorisation. Il demande aussi de diminuer les délais de raccordement des capacités installées au réseau et aimerait voir « des appels d’offres récurrents avec des critères de sélection stables et des volumes stables». Enfin, il demande une exemption des bioénergies de la taxe intérieure de consommation dans la prochaine loi de Finances.

En route pour la COP21 !

La loi de transition énergétique prévoit une vraie taxe carbone en France, faisant passer la tonne de CO2 de 14,5 € aujourd’hui à 100 euros en 2030, en passant par un objectif intermédiaire de 56 euros en 2020. Si le SER se félicite de cette taxe française, il rappelle que pour que la réduction des gaz à effet de serre prévue par le futur accord de Paris en décembre prochain soit effective, il faut tendre vers un prix mondial du carbone. Car le prix des énergies fossiles ne peut pas être l’instrument de régulation d’une politique climatique mondial ; le prix actuel du pétrole et du charbon le confirme. « A défaut d’un accord mondial sur le prix du carbone, un accord au minimum européen constituerait un premier pas », souligne le syndicat.

Une fois l’accord élaboré, chaque pays devra se doter d’une feuille de route précise, notamment sur le développement des énergies renouvelables, avec des objectifs de court, moyen et long terme pour atteindre ses objectifs. « A ces trajectoires doivent être associés les moyens publics nécessaires : financiers, fiscaux, réglementaires, insiste le SER. Ces dispositions apporteront aux entreprises privées la visibilité nécessaire aux décisions d’investissements ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Lifi, l’internet sans fil par la lumière bientôt dans les hôpitaux ?

Cela fait plusieurs années que le LiFi (pour Light Fidelity) existe. Cette technologie relativement peu connue du grand public qui consiste à faire circuler les données d’internet par la modulation d’amplitude de la lumière – traduire par le clignotement des ampoules – jusqu’à un récepteur situé sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone; ce dernier étant chargé de décoder l’information envoyée par le lampadaire connecté préalablement au réseau grâce à un câble éthernet. Voilà, pour résumer, c’est ça le Lifi, une connexion internet haut débit sans fil, pouvant aller jusqu’à une dizaine de mètres.

Les atouts et les inconvénients

Présenté comme une technologie innovante et écologique, le LiFi dispose de plusieurs avantages. Du fait de son utilisation du spectre optique, elle évite, contrairement au Wifi traditionnel, les ondes radio, jugées dangereuses selon les points de vue. L’oscillation des LED est certes très importante, mais indécelable par l’oeil humain et n’occasionne donc aucune gène. Ses performances théoriques sont 10 fois plus élevées que le Wifi. Son débit pourrait grimper jusqu’à 1 Gbit/s. Qui plus est, « la bande LiFi est 10.000 fois plus large que la bande Wifi. Ce qui signifie que beaucoup d’utilisateurs peuvent être connectés en même temps à une seule borne ». Enfin, Lucibel invoque aussi un argument de poids : il ne serait pas possible de pirater une connexion LiFi parce qu’elle ne traverse pas les murs, celle-ci reste cloisonnée. La confidentialité des données serait ainsi assurée.

En revanche parmi les défauts, on notera l’obligation de laisser en permanence la lampe en activité sous peine de perdre le signal et sa portée limitée à une dizaine de mètres. Des défauts qui devraient dissuader les particuliers, ce qui n’est pas vraiment gênant dans la mesure où cette solution est clairement prévue pour les entreprises ou les sites sensibles types banques, crèches ou hôpitaux.

Présentation du premier prototype et annonce de son industrialisation

Le projet a aujourd’hui atteint une certaine maturation et il semble qu’une étape supplémentaire ait été franchie. Alors qu’auparavant on ne connaissait que la version unidirectionnelle bas débit, Lucibel, l’entreprise en charge du développement de cette technologie, a récemment fait la démonstration d’un luminaire LiFi bidirectionnel haut débit dans les locaux du promoteur immobilier Sogeprom (filiale de la Société Générale) à La Défense, en s’en servant pour communiquer via Skype. Le prototype était en test depuis juin 2015 dans quelques salles de réunion de Sogeprom.

La PME a toujours déclaré que l’éclairage n’était pas sa seule compétence mais qu’elle se destinait également à ouvrir une nouvelle voie dans la transmission de données, que ce soit dans les musées, ou dans les entreprises en apportant Internet. Cela a toujours été son crédo, une façon de se démarquer de la concurrence. Lucibel ne perd pas de vue son objectif. La start-up aurait d’ores et déjà commencé l’industrialisation du premier ensemble lampadaire/récepteur/émetteur. Quant à la commercialisation, elle devrait entrer en phase active à un moment en 2016.

Par Sébastien Tribot

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Les salades contiennent-elles trop de pesticides ?

Générations Futures a acheté 31 salades dans les départements de l’Oise et de la Somme et les a fait analysées par le laboratoire belge Primorise, agréé par les autorités françaises. L’étude comprend 9 laitues, 8 feuilles de chênes, 5 frisées, 4 batavias, 3 scaroles et 2 roquettes. 29 sont d’origine Française, une provient d’Espagne et la dernière vient d’Italie.Sur les 31 échantillons analysés, 25 contiennent au moins un résidu de pesticide et 21 contiennent au moins un résidu de pesticide suspecté d’être perturbateur endocrinien. Seuls 6 salades ne contiennent aucun résidu. En moyenne, les échantillons testés contiennent un peu plus de 4 résidus de pesticides chacuns, dont 2 résidus perturbateurs endocriniens. Une salade en contenait même dix.
Ces résultats portent sur un nombre faible d’échantillons pour permettre de les généraliser à l’ensemble des salades vendues en France. Mais ils corroborent ceux de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes ( DGCCRF) et de l’EFSA , l’autorité européenne de sécurité des aliments. En effet, le plan de surveillance de la DGCCRF publié en 2013 montre la présence de résidus de pesticides dans près de 58 % des échantillons de salades testés. De plus, selon un rapport de l’EFSA portant sur plus de 1000 salades, 36 % des échantillons contenaient plusieurs résidus, de 2 à 13.
De quelles quantités parle-t-on? Des LMR respectées mais un effet cocktail possible
L’ensemble des résidus détectés ont été comptabilisés, que les concentrations soient inférieures ou non aux limites de quantification. Dans un communiqué altertant sur une manipulation de Générations Futures, le collectif de producteurs Sauvons les Fruits et Légumes de France dénonce « la vaste manipulation que constitue cette pseudo-enquête », « l’oubli du cuivre » largement utilisé en agriculture biologique, et le fait que l’ONG « n’avance strictement aucun chiffre ».

Mais des chiffres, il y en a. Et Générations Futures a conscience des limites de son étude. « Nous n’avons relevé aucun dépassement des Limites Maximales Autorisées (LMR) dans les échantillons testés, reconnaît l’ONG. Si nous notons cet aspect positif, il est important de prendre en compte que les LMR, pour de nombreux pesticides sur salades, sont très élevées».

Les chiffres sont là : « La teneur en résidus de pesticides (hors ion bromure) par kilo d’échantillon est en moyenne de 0,549 mg/kg par échantillon, avec un maximum à 4,467 mg/kg pour un échantillon», avance l’ONG. Ces valeurs sont loin d’être négligables. Les LMR sont définies sur la base d’un risque retenu pour la population générale. Mais dans certains cas de consommation importante, des populations à risque peuvent être exposées à des quantités non négligeables de pesticides. Par exemple, l’ONG rappelle que la LMR du boscalid, substance active fréquemment retrouvée dans les échantillons analysés est de 30 mg/kg pour la laitue, mais de 5 mg/kg pour le poireau, 2 mg/kg pour la carotte et 0,05 mg/kg pour l’asperge.

Au-delà des concentrations mesurées, l’association s’inquiète surtout du nombre de résidus différents retrouvés et de leur possible effet « cocktail ». Car en mélange, même à de faibles doses, des molécules peu ou pas toxiques, prises isolément peuvent avoir des effets délétères une fois associées. Les LMR ne prennent pas en compte ces effets et ne s’appliquent que substance, par substance.

Des pesticides interdits

Deux échantillons contiennent une ou plusieurs substances actives interdites et trois des substances interdites d’usage sur salade en France. L’un de ces 3 échantillons contient même 2 substances interdites d’usage sur salade en France (mandipropamid et imidaclopride). La présence de DDT dans 2 échantillons est certainement liée à la persistance de ce produit dans le sol, note Générations Futures.
« La présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la salade dans plus de 16% des échantillons testés est inacceptable, s’indigne François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. Là encore, nous attendons une action forte du Gouvernement qui doit faire rapidement cesser cette situation, sur cette culture et sur toutes les autres », en faisant appliquer les réglementations européennes et nationales existantes, tant sur les pesticides que sur les perturbateurs endocriniens.

Générations Futures dénonce le retard de la Commission européenne sur la question des perturbateurs endocriniens qui sont contenus dans de nombreux pesticides autorisés. Alors qu’une définition européenne des perturbateurs endocriniens devait être retenue en 2013, les travaux ont été reportés en attendant que soit rendue une étude sur l’impact socio-économique de l’interdiction de ces substances.
Avec 5 kg par an et par ménage selon l’INSEE, la salade est le quatrième légume le plus consommé en France. La France en produit chaque année un peu plus de 250 000 tonnes.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Pour la première fois en France, une hydrolienne est raccordée au réseau électrique

« Cette première en France pour tout type d’hydrolienne, fluviale, marine ou encore estuarienne, ouvre de nouvelles perspectives de développement en France et à l’international à HydroQuest pour ses technologies à fort potentiel énergétique et environnemental », a indiqué l’entreprise dans un communiqué.

Avant d’être raccordée au réseau de distribution d’ERDF et d’alimenter en électricité une soixantaine de foyers, l’hydrolienne fabriquée en France avait été testée grandeur nature pendant dix mois, arrimée à une barge flottante amarrée au fond du fleuve. Elle est composée de deux turbines hydrauliques à axe de rotation vertical d’une puissance nominale de 40 kilowatts (kW).

« Suite à la réussite de ce projet, HydroQuest a pour objectif d’implanter à travers le monde des parcs de plusieurs dizaines de machines permettant d’alimenter en électricité des dizaines de milliers de personnes », selon le communiqué.

Lors du lancement de la phase de test en novembre 2014, l’entreprise avait dit tabler, en cas de validation du projet, sur la fabrication de 300 à 500 machines par an d’ici à 2020, ce qui représenterait la création d’une centaine d’emplois en France.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

Au rythme actuel, la France manquera son objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020

« Aujourd’hui, il est certain que les objectifs affichés pour 2020 ne pourront pas être tenus », a pointé le SER, principale organisation professionnelle du secteur, dans un communiqué.

« Au rythme des dernières années, et sur la base d’une consommation énergétique stable, en 2020, les énergies renouvelables représenteront près de 18% de notre consommation et l’objectif de 23% ne sera atteint qu’en 2028 », a-t-il ajouté.

Il serait cependant possible de ramener cette échéance à 2023 « si, et seulement si » la loi de transition énergétique promulguée le 18 août s’accompagne « de textes réglementaires ambitieux et lisibles », a estimé le SER.

« Ce rythme prolongé devrait permettre d’être au rendez-vous de 2030 avec 32% d’énergies renouvelables, le tout dans un contexte de maîtrise de la consommation énergétique », a-t-il souligné.

L’organisation professionnelle préconise notamment de simplifier davantage encore la mise en oeuvre des installations de production d’énergies renouvelables, entre autres en accélérant l’instruction des dossiers de demande d’autorisation.

Elle plaide aussi pour une Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – un texte réglementaire déclinant les objectifs de la loi par type d’énergie – ambitieuse concernant la montée en puissance des différentes filières renouvelables (solaire, photovoltaïque, etc.), ainsi que pour une accélération des raccordements des installations de production d’électricité renouvelable.

Enfin, pour le SER, il faut confirmer dans la loi de finances l’exemption des bioénergies de la taxe intérieure de consommation et stimuler le recours aux énergies renouvelables dans le bâtiment.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »

La glace de feu : énergie de demain pour le Japon ?

En mars 2013, l’hydrate de méthane avait été pour la première fois extrait du fond marin avec succès grâce à une méthode de dépressurisation. De cette extraction, 120 000 m3 de méthane avaient pu être produit.

Ces nouveaux tests, qui devraient durer environ 1 mois, se feront suite à cette réussite au large des côtes des préfectures de Mie et Aichi car la zone est soupçonnée de renfermer une quantité d’hydrate de méthane pouvant couvrir les besoins japonais en gaz sur une décennie.

Les nouvelles technologies qui seront mises en place pour réaliser les tests de 2016 mettront notamment en place une méthode de fortification avec de la résine afin d’éviter que les dépôts soient contaminés par du sable comme lors des tests de 2013. La vitesse de dépressurisation devrait également être affinée.

Sources :

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L’installation de réseaux de communication quantique

La communication quantique repose sur la technologie de distribution de clés quantiques (QKD) ; les données sont chiffrées via des clés de cryptage véhiculées par des particules quantiques comme des photons polarisés. L’utilisation de photons pour faire circuler l’information permettrait des échanges de données à haute vitesse et pourrait être utilisé à travers les infrastructures de fibre optique existantes. La tentative d’interception de la clé encryptée est révélée par un changement de comportement de cette dernière via la modification de manière imprévisible de l’état quantique des photons polarisés. La détection de cette modification d’état par les modules de surveillance de flux de données rend ce dispositif inviolable.

L’Académie des Sciences Chinoise (CAS) et l’Université de sciences et technologie de Chine (USTC) dans le Hefei ont mené de nombreuses recherches sur le sujet et auraient déjà effectué des expériences dans le nord-ouest de la Chine en vue de déployer des infrastructures de grande envergure sur le territoire.

Initié en 2014 par des scientifiques chinois de l’USTC, un projet de réseau de communication quantique allant de Pékin à Shanghai et s’étendant sur près de 2000 km devrait être finalisé courant 2016. Par ailleurs, le pays serait en capacité d’effectuer prochainement le lancement d’un satellite équipé d’un système de communication quantique et ainsi d’être un précurseur dans le déploiement de ce type de technologie dans l’espace.

Compte tenu du coût d’installation estimé à 10 000 Yuans (1 430 Euros) par utilisateur, la technologie devrait être utilisée dans un premier temps pour la transmission de données sensibles des instances gouvernementales, financières et militaires chinoises. Les gouvernements européens, canadiens et américains sont aussi sur le point de lancer leurs projets de satellite de communication quantique. Cette technologie, par principe très sure, représente un espoir sérieux contre le cyber-espionnage.

Source : diplomatie.gouv.fr

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Le rasoir laser débarque en mars 2016 !

Au premier coup d’oeil, le rasoir Skarp ressemble à tout autre. Mais à y regarder de plus près, il est bien révolutionnaire ! Il s’agit du premier rasoir laser au monde. Finies les lames, place à un faisceau laser haute précision de basse énergie.

Ce rasoir repose sur une découverte faite par Morgan Gustavsson et Paul Binun. Morgan Gustavsson n’en est pas à son premier coup d’essai : il est notamment l’inventeur de la la lumière intense pulsée, aujourd’hui utilisée pour l’épilation définitive ou pour traiter les taches pigmentaires. En 2013, les deux inventeurs identifient dans les poils un chromophore (une molécule pigmentaire) commun à tous les humains. Quels que soient l’âge, le sexe ou la couleur de peau, que les poils soient clairs, foncés, longs ou courts, ce chromophore réagit à la même longueur d’onde lumineuse.

En réglant le laser du Skarp sur cette longueur d’onde, les chromophores se brisent et n’importe quel poil est rasé net de façon instantanée.

Le laser révolutionne le rasage

Conçu par la start-up californienne Skarp Technologies, ce rasoir présente de nombreux avantages : il met fin aux coupures, aux rougeurs, tout en permettant un rasage rapide de précision. « La longueur d’onde que nous utilisons n’émet pas d’UV, assurent les inventeurs. La puissance du laser est trop faible pour causer des dommages. Mais plus important encore, le laser ne pénètre pas dans la peau, il ne pénètre que dans les poils. Il n’y a donc absolument aucun risque de développer des complications ou une blessure ».

Etanche, il peut être utilisé sous la douche. Du côté environnemental, les inventeurs vantent les économies d’eau, la diminution des déchets et de la pollution. La généralisation de ce produit éviterait la consommation de milliards de rasoirs et lames non recyclables, signerait la fin de la mousse à raser, des crèmes et autres cires épilatoires

Pour le moment, le rasoir est alimenté par une pile AAA lui fournissant une autonomie d’environ un mois, mais les inventeurs déclarent travailler sur des sources de batterie alternatives. Point d’obsolescence programmée à l’horizon : le laser aurait une durée de vie de 55 000 heures, soit plus qu’une ampoule LED !

Ce rasoir reçoit un accueil flamboyant sur Internet. Présenté le 21 septembre sur le site de financement participatif Kickstarter avec un objectif initial de 160 000 dollars pour lancer la production, le projet a déjà recueilli près de 3 millions de dollars en quelques jours ! Le financement reste ouvert jusqu’au 19 octobre. Il est possible de se procurer un Skarp au prix de 189 dollars (environ 169 euros), livraison prévue en mars 2016.

  • Découvrir le Skarb en vidéo

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Lunettes connectées : la réalité augmentée débarque au travail

La réalité augmentée débarque dans les entreprises. De la restauration aux transports, de la police aux agents d’accueil, en passant par les conseillers bancaires ou les pilotes d’avion, serons-nous tous un jour munis de lunettes connectées au travail ?

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En mars 2015, Google admettait avoir échoué dans son projet de Google Glass grand public – les lunettes étaient trop chères (1.500 dollars), et leur côté trop invasif a été mal accepté par certains. Cinq mois plus tard, l’entreprise a pourtant relancé, discrètement, ses lunettes connectée. Mais pour les entreprises.

Google fait en effet le pari que ses lunettes seront utilisées ailleurs – dans la médecine et la chirurgie, dans la maintenance industrielle et dans le secteur de l’énergie. La firme prévoit d’en vendre 10 millions d’exemplaire par an, d’ici à 2018, dans le secteur de l’entreprise. A croire qu’un jour, nous serons tous munis de lunettes connectées au travail.

Chirurgiens 2.0 et contrôleurs augmentés

A commencer par la restauration rapide. La chaîne de restaurants KFC fait figure de pionnier : certains de ses employés sont désormais formés à l’aide de Google Glass, qui leur montrent, étape par étape, comment faire un sandwich, ou comment éteindre une friteuse. Résultat : une formation plus rapide, et un coût de formation qui devrait être réduit d’une dizaines de millions d’euros – si la technique était déployée dans les 8000 restaurants de l’entreprise. Dans les pas de KFC, la chaîne Taco Bell prévoit aussi d’utiliser les Google Glass pour former ses employés.

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Les Google Glass sont aussi en passe de devenir le nouveau gadget des chirurgiens, dans le cadre de la télémédecine. Ainsi, dans les hôpitaux suisses et américains, des chirurgiens filment déjà leurs interventions grâce à des Google Glass. A l’autre bout du monde, d’autres médecins, ou des étudiants, tous munis de lunettes connectées, assistent aux opérations en direct. Pendant que le chirurgien saisit un scalpel, défile sous les yeux du chirurgien débutant, un message s’affiche : “incision imminente”. Les confrères du spécialiste, plus chevronnés, peuvent, eux, donner des conseils et assister leur collègue.

Du côté des transports, les Google Glass pourraient donner naissance à des “contrôleurs augmentés”. A la SNCF, un projet (testé durant l’automne 2014) devrait être généralisé : l’utilisation par les agents iDTGV, de lunettes connectées pour valider les billets de train et identifier les passagers. Pratique pour valider les billets de train et pour identifier les passagers : il suffit en effet de “scanner le ticket” en le regardant. Puis apparaissent devant les yeux, le nom de l’usager, son numéro de siège, et son anniversaire.

Banquiers et policiers robocop

Les Google Glass sont aussi le nouveau graal des conseillers bancaires. La Banque populaire teste ainsi une application pour ses conseillers dans l’Ouest de la France. Munis de Google Glass, ces derniers accueillent les clients en voyant s’afficher sur leurs écrans des informations personnalisées (identité, comptes ou dernière visite). Il s’agit ainsi de reconnaître plus rapidement les clients, afin de « personnaliser davantage la relation ». Les lunettes s’adaptent ensuite aux demandes. Dans le cas de l’achat d’une voiture d’occasion, la cote de l’Argus sera immédiatement indiquée au conseiller, puis les lunettes calculeront un taux de crédit. Enfin, le conseiller verra s’afficher des propositions de contrats d’assurance.

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Reste la police et les pompiers, qui font déjà, partout dans le monde, usage des Google Glass lors de leurs actions de terrain. Les policiers de Dubaï et de New-York portent ainsi les lunettes connectées de Google pour enquêter : grâce aux Glass, ils peuvent contrôler les plaques d’immatriculation, comparer des noms et des visages de suspects dans une base de données, consulter rapidement un casier judiciaire (par exemple, lors d’une garde à vue), ou filmer une arrestation. Des applications de reconnaissance faciale (FaceRec, NameTag) ou vocale pourraient même, un jour, leur permettre d’identifier le visage ou la voix d’un individu – mais Google s’oppose pour l’instant à l’utilisation de telles applications.

Chez les pompiers, les Google Glass ont été testées (avec succès) par un américain, Patrick Jackson. Développeur amateur, ce soldat du feu a imaginé une application qui permet d’accéder aux plans d’une maison, ou encore de repérer les bornes à incendie les plus proches lors d’une intervention.

Chantiers BTP intelligents

Mais Google n’est pas le seul à se lancer dans ce domaine. La réalité augmentée et la réalité virtuelle intéressent de nombreuses autres sociétés, qui proposent leurs créations à d’autres secteurs de l’industrie.

Ainsi, dans le BTP, Atheer a conçu des casques de sécurité à réalité augmentée, qui permettent de visualiser des plans de construction, ou d’envoyer des mails aux collègues. La startup californienne Daqri a aussi conçu un mélange de lunettes connectées et de casques de chantier – le “Smart Helmet”, qui affiche en direct des informations utiles à l’ouvrier. Pour mieux travailler (grâce à des plans de construction en 3D, à la vidéo et à l’envoi d’e-mails), et pour préserver sa sécurité, grâce à la vision à 360 degrés.

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De son côté, Mitsubishi Electric teste une application de réalité augmentée, conçue par Metaio, sur les lunettes “intelligentes” Moverio, d’Epson. Grâce à cette appli, les techniciens chargés de la maintenance des climatisations sont assistés en temps réel par leurs lunettes, lors de leurs interventions. Sur leur écran, s’affichent ainsi des représentations 3D (des flèches virtuelles et des pictogrammes) qui les aident par exemple à retirer un ventilateur, ou à le réparer.

Enfin, la réalité augmentée profite déjà à l’aviation civile. Ainsi, des constructeurs testent-ils des lunettes connectées pour les agents de maintenance des avions. A Londres, Virgin Atlantic a ainsi équipé, le temps d’un test, ses techniciens de lunettes Sony SmartEyeglass. Objectif : améliorer la communication et la collaboration en temps réel entre les équipes de mécaniciens et les agents de maintenance, notamment grâce au partage de photos et de vidéos, lors d’une réparation.

Des “supers” pilotes d’avion

A noter que Virgin Atlantic a aussi équipé, à London Heathrow, son personnel chargé des passagers “Upper class”, de Google Glass. La compagnie aérienne a ainsi testé l’utilisation par ses employés de fonctions permettant de commencer l’enregistrement des voyageurs Business dès leur sortie de leur véhicule, de leur fournir les dernières informations sur le vol, la météo, ou des renseignements sur leur destination. Pour un service encore plus personnalisé, les salariés devraient pouvoir consulter, dans un futur proche, des informations sur les préférences culinaires et les régimes des passagers.

Mais les lunettes de réalité augmentée peuvent aussi être utilisées par les pilotes de ligne. Ainsi, une application pour Google Glass et Epson Moverio, “Aero Glass” (encore en mode bêta test) devrait bientôt permettre aux pilotes de visualiser la topographie, les reliefs et les couloirs de navigation. L’application devrait leur permettre de disposer d’informations sur le trafic aérien et sur la météo. En outre, ils pourront aussi consulter les documents de leurs aéronefs sans quitter leur “route” des yeux, et détecter des obstacles

Vidéo – A quoi ressemblera le robot de compagnie ?

Dans la science-fiction, les robots sont déjà là. Ils ont précédé la science. Mais bientôt ils feront bel et bien partie de notre quotidien. Du robot ménager à l’assistant personnel, chaque foyer accueillera plusieurs robots. Dans le domaine de la santé, les possibilités offertes par cette nouvelle génération d’infirmiers font rêver les spécialistes.

Laurence Devillers, experte en robotique, est intervenue lieu lors des « Coups de théâtre de la santé » le 12 septembre 2015, journée consacrée à l’avenir de la santé organisée par S3 Odéon, un événement dédié au futur de la santé dont l’objectif est de donner au public les clés pour comprendre les (r)évolutions en cours et pour soutenir les dernières innovations.

Laurence Devillers est professeure à la Sorbonne et docteure en informatique. Cette experte en robotique mène ses recherches au CNRS sur la communication entre l’Homme et la Machine, le traitement automatique de la parole et la détection des émotions dans les interactions. Elle est membre exécutif de l’Association for the Advancement of Affective Computing, qui regroupe des chercheurs du monde entier dans le champ de l’informatique affective et de la relation Homme/Machine. Elle est à l’origine du projet inédit Romeo 2 : il s’agit d’un robot, assistant médicalisé, qui sert à rompre la solitude entre les seniors et les familles qui ne peuvent se rendre dans les centres spécialisés.

Comment les entreprises repèrent-elles les hauts potentiels ?

Quand les leaders d’aujourd’hui s’en iront, qui les remplacera ? Pour répondre à cette question, de nombreuses entreprises, telles Orange ou RTE, la filiale d’EDF qui gère le réseau de transport d’électricité, ont mis en place des programmes de gestion des talents, avec un volet dédié aux cadres à haut potentiel. « L’objectif est de placer la bonne personne, au bon endroit, au bon moment », explique Estelle Bossard, du département talents et cadres dirigeants de RTE.

Les managers identifient les cadres à potentiel

Si c’est la direction qui décide de mettre en place le programme, le travail de repérage incombe aux managers. Chez Orange, les ressources humaines leurs transmettent un guide pour les aider à identifier les hauts-potentiels. À l’intérieur : les 2 critères auxquels doivent répondre les cadres pour être identifiés « talent pool leader » : « la performance, facile à évaluer, et le potentiel », explique Cécile Fontbonne, ex-directrice du Talent management et du développement des cadres chez Orange France. Le potentiel rassemble un ensemble de qualités humaines : la capacité à apprendre plus vite que les autres, l’esprit de leader, l’adaptabilité aux changements et la gestion du stress. Pour être un haut potentiel, il faut aussi être tourné vers l’avenir et envisager un futur dans son entreprise. Des qualités qu’un manager identifie « au fil de l’eau », précise David Bernard, psychologue du travail fondateur d’AssessFirst, éditeur de logiciels en ressources humaines, quand un cadre gère un dossier ardu avec tact ou qu’il fait preuve d’une motivation sans égale, par exemple.

Les membres du codir évaluent chaque cas

Le manager présente ensuite son poulain lors d’une « review ». L’ensemble des membres du comité de direction se réunissent pour étudier le cas de chaque cadre repéré. Chez Orange, c’est une fois par an. À RTE, des « conseillers carrière » sont aussi présents. Le but de ces passages en revue : croiser les regards, pour s’assurer de ne pas faire d’erreurs. Tout le monde donne ainsi son avis sur la personnalité et l’engagement du cadre à haut potentiel.

Les ressources humaines leur font passer des tests

En plus des managers et de la direction, les ressources humaines sont aussi consultées. Pour donner leur avis, les RH font souvent passer des tests de personnalité. Parfois même, dès le recrutement, si c’est pour un poste stratégique. Les ressources humaines réalisent aussi des « questionnements », un entretien lors duquel les questions sont ciblées pour faire ressortir le profil psychologique de chacun. « Les ressources humaines donnent alors un éclairage sur des facettes du profil des cadres qui ont pu échapper aux managers, précise Cécile Fontbonne. Par exemple, on essaye de comprendre comment il gère son stress, capitalise sur ses échecs ou se remet en cause. » Les services de ressources humaines organisent aussi des entretiens à 180 ou 360° : les collaborateurs sont invités à s’exprimer sur leurs relations de travail avec celui qui est évalué. Ils donnent leur avis sur ses compétences organisationnelles, sa manière de résoudre les conflits ou encore son dynamisme.

Les hauts-potentiels sont envoyés en assessment center

Une fois cette batterie de tests réalisée, arrive la phase finale de la détection du haut potentiel : son passage en assessment center. Pendant une journée, les cadres qui ont été repérés en amont sont envoyés dans ce centre extérieur à l’entreprise, où ils sont soumis à toute une série de tests, notamment psychométriques, et surtout à des mises en situation. « On simule un environnement de travail et on leur donne des missions, avec un rôle de manager à jouer, ce qui permet d’évaluer leur manière de réagir », explique David Bernard. Chez Orange, ces assessements durent une journée, au terme de laquelle les heureux élus qui ont passé tous les tests avec brio, sont propulsés vers des formations spécialement conçus pour eux. Ils ont alors accès à des sortes de MBA internes, des échanges internationaux ou du coaching individualisé.

Par Ingrid Falquy

Source : 

Accélérateur de carrière pour les cadres et les dirigeants, Cadremploi propose chaque jour des milliers d’offres d’emploi, des services et des conseils d’experts sur le marché du recrutement.

Et aussi dans les
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Quand les pros de l’intuition se mêlent au recrutement

Les entreprises cherchent toujours des moyens de conforter leur choix lorsqu’elles décident de recruter quelqu’un. Certaines multiplient les entretiens, jusqu’à plus de 10 ! D’autres soumettent leurs candidats à des batteries de tests. D’autres encore, plus rares, choisissent de se fier à l’intuition. Pas la leur. Celle de professionnels, qui ont appris à apprivoiser cette faculté de prendre la bonne décision sans faire appel à la raison. Il faut dire que l’intuition peut faire des miracles. Selon Alex Todorov, psychologue à l’université de Princeton cité dans la Havard Business Review, il suffirait seulement de 165 millisecondes au cerveau intuitif pour évaluer, avec une précision remarquable, la fiabilité, la sympathie et les compétences d’une personne en face de soi. D’où l’intérêt pour le recrutement.

Une tendance émergente

« C’est une nouvelle demande que j’ai depuis 3-4 ans, indique Kris Saint Ange, coach intuitif. Des chefs d’entreprise, surtout dans la restauration, me consultent pour émettre un avis sur des CV ou des candidats (moyennant 140 euros de l’heure, ndlr). Quand je reçois un CV avec photo, je vois tout de suite si la personne va s’intégrer ou pas. » Intuitive de naissance, Kris Saint Ange parle de don. Elle a accès à des informations qui échappent à notre conscience. « C’est la base de l’intuition, explique Alexis Champion, docteur en informatique et directeur d’Iris Intuition Consulting, cabinet et école de l’intuition implanté depuis 7 ans en France. Tout est ici et maintenant et on est capable de le percevoir, même si on ne sait pas comment l’expliquer. »

L’intuition utilisée par l’armée américaine

Alexis Champion, aide lui aussi des entreprises à recruter, par l’intuition. « On a peu de demandes de ce type : entre 5 et 10 par an », précise-t-il. Tous types d’entreprises, aussi bien des grandes, que des PME, s’intéressent à son flair, et à celui des trois autres membres du cabinet. Tous se sont formés à l’intuition avant de développer une offre de formation. Alexis Champion est passé par un apprentissage auprès des chercheurs Stephan Schwartz et Russell Targ ainsi que des intuitifs militaires américains Paul H. Smith et Lyn Buchanan. Ces deux derniers ont participé à l’expérimentation de l’intuition dans le cadre du projet Stargate mené dans les années 1970 et 1990 par le gouvernement américain pour étudier les applications militaires et civiles de la vision à distance. C’est-à-dire, la capacité à voir psychiquement les évènements de loin. Une aptitude que l’on peut utiliser grâce à la technique du « remote viewing ». C’est elle qu’Alexis Champion et les autres intuitifs utilisent pour aider les entreprises à recruter via l’intuition.

Le « remote viewing » appliqué au recrutement

Concrètement, comment ça marche ? « Lorsqu’une entreprise demande nos services, elle n’a même pas besoin de nous dire ce qu’elle fait, ni où elle est implantée, ni pour quel poste elle recrute », répond Alexis Champion. Elle a simplement à dire qu’elle cherche à recruter. « Moins on en sait, mieux l’intuition fonctionne », explique le spécialiste. Ensuite, les membres du cabinet exploitent la technique du remote viewing. « Il y a en a un qui pose des questions, sur le type d’entreprise qui recrute, le profil de la personne, le poste à pourvoir, etc. et un autre qui y répond en commençant par décrire visuellement ce qu’il voit puis en y ajoutant des informations plus précises. » À l’issue du processus, le cabinet fournit un rapport d’informations intuitives. Le client y trouve des réponses, pour certaines à des questions qu’il connaît déjà (le profil du poste, par exemple), ce qui lui permet d’évaluer la fiabilité des réponses données intuitivement. « Nous avons un taux d’informations valides de 78 % », affirme Alexis Champion.

Intuition = discrimination ?

« L’intuition peut être inestimable et fiable, mais uniquement si elle est utilisée par une personne qui a une parfaite connaissance de l’environnement dans lequel elle évolue, ainsi qu’une excellente maîtrise de ces compétences. C’est l’expérience sur le long terme qui lui permet de pouvoir se fier à son intuition », prévient le professeur anglais de psychologie Ken Manktelow cité sur Taliance.fr. Celui qui dispose d’un maximum d’informations peut donc se fier à son intuition pour prendre la bonne décision sans être perturbé par des sentiments. Un peu comme les algorithmes de recrutement, mais en mieux. Si les robots sont 25 % plus efficaces que les humains pour choisir les bons candidats en se référant à des informations objectives, l’intuition, a toujours raison. Il n’existe cependant pas de recherches légitimant l’utilisation de l’intuition humaine dans le processus de recrutement. Il faut dire qu’un élément pose problème : la dimension visuelle de la technique utilisée par Kris Saint Ange et Alexis Champion. Elle peut faire penser à de la discrimination, dans la mesure où elle incite à traiter de manière différente des candidats sur la base de critères non justifiés par rapport au poste.

Par Elodie Buzaud

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Accélérateur de carrière pour les cadres et les dirigeants, Cadremploi propose chaque jour des milliers d’offres d’emploi, des services et des conseils d’experts sur le marché du recrutement.

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Comment Quick embauche ses cadres grâce au recrutement prédictif

« Quels sont les candidats qui pourraient performer à ce poste ? » C’est la question à laquelle les entreprises veulent répondre quand elles pratiquent le recrutement prédictif, une méthode scientifique qui se base sur des données rationnelles et objectives (parcours, personnalité, capacités intellectuelles et performances) pour anticiper la réussite future des candidats. Pour cela, elles collectent et analysent leurs données internes pour trouver le profil type à recruter. Puis elles croisent les résultats avec les données des candidats.

C’est de cette manière que Quick recrute chaque année 100 à 150 cadres et managers depuis 2007. « À cette époque, le turn-over était trop élevé, surtout sur les postes de manager. Et on ne comprenait pas pourquoi les nouvelles recrues partaient si vite », se souvient Pascale Vincent, responsable des ressources humaines. L’équipe travaillait alors avec des questionnaires de personnalité sur papier, mais sans analyser les données scientifiquement. Ils ont donc décidé de tester le recrutement prédictif avec AssessFirst, société éditrice d’outils pour la gestion des talents et candidats, qui propose notamment un test de personnalité dont les résultats sont analysés par des data scientists.

Collecter toutes les données à disposition dans l’entreprise

Analyse de données bien ordonnée commence par soi-même. Quick a réuni certaines données internes, comme les performances des équipes ou le taux de turn-over, pour les faire analyser par les data scientists de AssessFirst. En plus, chacun des collaborateurs a répondu à un test de personnalité : une série de questions auxquelles il faut répondre instinctivement.

Analyser les données des collaborateurs en poste

Pendant un mois, les data scientists d’AssessFirst ont analysé les données pour « les rendre intelligentes », comme l’explique Simon Baron, psychologue du travail et chief scientist. En clair, ils ne se contentent pas de les réunir mais leur donnent du sens. Ils croisent les données individuelles avec les performances et établissent des graphiques qui permettent de comprendre ce qui fait qu’un collaborateur réussit bien dans un domaine.

Ici, le tableau montre la corrélation entre traits de personnalité et performance.

Déterminer le profil du futur collaborateur recherché

Ensuite, il faut décider quels critères sont à privilégier en fonction des besoins de l’entreprise : vendre plus ? Fidéliser la clientèle ? Améliorer la marque entreprise ? « Chez Quick, on utilise les outils d’AssessFirst pour éviter un turn-over important sur les postes de manager et de siège, explique Pascale Vincent. Au début, on a été surpris de voir que la positivité et l’envie d’aller de l’avant était des critères à prendre particulièrement en compte. On n’y avait pas pensé ».

Ici, le graphique montre la corrélation entre un profil type et le chiffre d’affaires : plus le nouveau collaborateur correspond au profil type, plus le CA est haut.

Évaluer les candidats en fonction du « job profiler »

Les candidats, présélectionnés par les recruteurs Quick, reçoivent un questionnaire en ligne, le même que celui rempli par les collaborateurs en poste. Leurs résultats sont croisés avec ceux du profil type. La synthèse est envoyée aux 9 personnes chargées du recrutement qui s’en servent comme outil d’aide à la décision. Elles ont été formées à l’interprétation des graphiques, avec des exemples de questions à poser. S’il ressort qu’un candidat s’intéresse beaucoup aux idées abstraites, le recruteur est incité à lui demander comment il a utilisé sa créativité pour s’en sortir face à une situation inédite. Histoire de comprendre s’il peut être pragmatique au travail.

Ici le graphique montre la correspondance entre les traits d’un personnalité d’un candidat et ceux du profil type « commercial sédentaire ».

Ensuite au cours de l’entretien, comme c’est le cas à chaque fois que les candidats passent des tests, un retour leur est fait sur leur profil. Et ils apprécient beaucoup cette analyse, selon Pascale Vincent. Même ceux qui ne sont pas retenus, car cela leur donne une idée de ce qu’ils pourraient améliorer.

Suivre les performances

Depuis l’adoption de cette technique de recrutement, Quick continue à suivre ses salariés, notamment à l’occasion des « talent reviews » annuels, pendant lesquelles les ressources humaines réévaluent le potentiel de chacun. Cela permet de savoir si un collaborateur est à la bonne place, et de lui proposer une formation adaptée ou un changement de service. Mais surtout, c’est un bon moyen pour vérifier l’efficacité du modèle. « On a pu constater que le turn-over avait baissé, et en ce moment, on travaille avec AssessFirst pour réajuster notre « job profiler » en fonction de nos nouveaux besoins », explique Pascale Vincent. Le recrutement prédictif ne s’arrête pas après l’embauche, parce qu’il tient en compte l’humain, toujours en évolution.

Par Ingrid Falquy

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Recherche d’emploi : pourquoi vous n’avez pas intérêt à snober les petites entreprises

Les cadres préfèrent les grandes entreprises : EDF, Total, Sncf, Google… Mais les postes à pourvoir dans les sociétés de plus de 500 salariés se font de plus en plus rares. Depuis 3 ans, le nombre de postes dits vacants – libres ou occupés sur le point de se libérer et pour lesquels l’employeur cherche à recruter à l’extérieur – diminue dans les entreprises de 10 salariés et plus… et progresse dans celles comptant 1 à 9 personnes. Par exemple, au 4e trimestre 2013, on comptait 63 200 postes à pourvoir dans les entreprises de plus de 10 salariés, sur les 138 900 emplois vacants à l’époque. Les 75 700 postes restants se trouvaient dans les entreprises de moins de 10 salariés.

1 poste vacant sur 2 se trouve dans une petite entreprise

Selon l’Acoss, les très petites entreprises (TPE) sont les seules à avoir embauché plus qu’elles n’ont détruit de postes entre le 2e trimestre 2014 et le 2e trimestre 2015. Les autres indicateurs de conjoncture incitent à penser que la tendance va durer, notamment l’augmentation des investissements chez les PME constaté par Bpifrance le 5 août dernier et le récent rebond des créations d’entreprises enregistré par l’Insee. Sans compter la nouvelle prime à l’embauche du premier salarié pour les TPE, annoncée par le Premier ministre le 9 juin dernier, qui devrait inciter les petites sociétés à recruter.

Quid de la qualité des postes à pourvoir ?

Sauf que les petites entreprises n’embauchent pas comme les  grandes. Elles recrutent pour répondre à un besoin urgent, et pas forcément pour remplacer un salarié parti ou prêt à quitter son poste. C’est pourquoi elles embauchent de plus en plus en contrats courts. La part des recrutements sous contrats de moins d’un mois est passée de 70 % en 2008 à 85 % en 2015. « Et, si le candidat idéal n’est pas trouvé rapidement, les petites entreprises se tournent vers d’autres solutions pour répondre aux besoins de leurs clients : sous-traitance, cotraitance, etc. », comme nous le disait Jean-Marie Pottier, vice-président national en charge de la formation, de l’éducation et de l’emploi à la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

S’il sera de plus en plus difficile de faire l’impasse sur les petites entreprises dans une recherche d’emploi, il ne faudra pas s’attendre à y trouver un CDI. À moins de bien choisir sa petite entreprise, en ciblant, par exemple, les « pépites » à fort potentiel.

Par Elodie Buzaud

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Carrière : tout se joue les 10 premières années

Pas de temps à perdre. Désormais, en matière de carrière, tout se joue avant 10 ans… d’expérience professionnelle. C’est l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui l’indique, dans son dernier rapport, Perspectives de l’emploi 2015, dévoilé le 9 juillet. Ceux qui ont des débuts de parcours difficiles risquent de passer à côté de leur carrière.

Des difficultés d’insertion qui n’annoncent rien de bon

Avec un taux de chômage très élevé (10,3 % de la population active au 1er trimestre 2015 et 24,7 % chez les jeunes), trouver un emploi n’est déjà pas facile pour les personnes avec de l’expérience. « Certains travailleurs expérimentés qui ont perdu leur emploi pendant la crise éprouvent toujours des difficultés à remettre leur carrière en marche, écrit Stefano Scarpetta, directeur du département emploi, travail et affaires sociales de l’OCDE, en introduction. Par exemple, certains de ceux qui ont perdu leur emploi dans les secteurs de l’industrie et de la construction ont besoin de faire un changement de carrière dans les services ou d’adapter leurs compétences s’ils ne veulent pas être exclus du marché de l’emploi. »

Alors trouver un emploi quand on est jeune, et inexpérimenté, est encore plus compliqué. C’est pourquoi, si en plus, on cumule avec une longue période sans activité (qui éloigne encore plus du marché de l’emploi), on réduit considérablement ses chances de grimper l’échelle sociale. D’autant plus, si l’on accepte des contrats précaires, sans rapport avec sa formation.

Des millions de jeunes concernés

Mais il faut bien vivre… L’OCDE en est consciente. C’est pourquoi elle livre aussi ses préconisations, pour éviter que des millions de jeunes soient exclus du marché de l’emploi. Parmi elles : renforcer le contrôle des chômeurs. Et vite. « Le temps presse pour empêcher que les séquelles de la crise ne deviennent permanentes et que des millions de travailleurs ne se retrouvent piégés au bas de l’échelle économique », ajoute Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, lors de la présentation du rapport à Paris.

Par Elodie Buzaud

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Les cadres, premières victimes de la fin des 35 heures ?

On s’imaginait les Français arrimés à leurs 35 heures comme l’Hermione à son port d’attache. Et les politiques de tous bords paralysés à la seule idée de les supprimer ; ces derniers redoutant la réaction des premiers. Pourtant, selon un sondage CSA réalisé pour Les Echos, Radio Classique et le très libéral Institut Montaigne, les salariés de l’Hexagone sont majoritairement favorables à un assouplissement du temps de travail hebdomadaire.

À condition que l’entorse se fasse avec leur accord. Au travers d’un accord d’entreprise, donc. Bien sûr, les réponses diffèrent selon que les sondés votent Républicains ou PS. À droite, ils sont favorables à cette évolution pour 83 % d’entre eux. Mais, plus étonnamment, 69 % des sympathisants de gauche le sont aussi. On peut comprendre cette majorité de salariés, loin d’être rassurés par l’état actuel de l’économie du pays et de ses entreprises. L’une et les autres n’étant pas vraiment tirées d’affaire et sorties d’une crise qui n’en finit pas de résister. Des salariés qui accepteraient donc volontiers de travailler un peu plus, pas pour gagner plus, mais pour sauver leur emploi.

En revanche, ce calcul logique ne s’applique pas aux cadres. Travailler plus ? Ils le font déjà. Au forfait jour, ils dépassent très allègrement les 35, voire 40 heures hebdomadaires. Pour eux, la seule compensation depuis l’instauration des lois Aubry en 2000 tient en 3 lettres : RTT, ces jours de congés  supplémentaires qui font passer la pilule des horaires à rallonge. Rien d’étonnant, donc, à retrouver nos cols blancs parmi les plus circonspects quant à la modification du texte. Pour autant, ils sont 58 % – une majorité, même si elle est moins massive que chez les ouvriers et les employés – à être favorables à cette évolution. Comme quoi, même si les cadres n’ont strictement rien à gagner dans cette opération, ils savent que l’intérêt de leur boîte va parfois à l’encontre de leur intérêt particulier.

Par Sylvia Di Pasquale

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Les emballages à base de champignons sonneront-ils la fin des emballages en polystyrène ?

Elle utilise le mycélium, la partie végétative des champignons, dont le rôle dans la nature n’est plus à faire. Lui qui enrichit le sol en se décomposant et aide certaines plantes à se nourrir grâce à ses sécrétions d’enzymes ou à ses relâchements de dioxyde de carbone.

Pour fabriquer ces emballages écologiques, l’entreprise new-yorkaise intègre le mycélium dans un mélange d’eau, de nutriments et de déchets issus de l’agriculture locale, tels que de la paille ou des graines de coton. Ce mélange qu’elle dispose dans un moule est ensuite placé quatre jours dans l’obscurité. Durant cette période, les milliers de fibres du mycélium se développent – et servent de liant à l’ensemble – jusqu’à prendre la forme du moule qui a préalablement été défini. On lui fait alors subir un traitement thermique pour stopper sa croissance. On obtient ainsi un produit naturel.

Il s’agit probablement, à ce jour, de l’alternative la plus séduisante pour remplacer les traditionnels matériaux synthétiques polluants qui encombrent nos décharges. Les avantages des matériaux à base de champignon conçus par Ecovative sont nombreux : leur impact environnemental est faible puisqu’ils s’avèrent biodégradables et compostables, ils nécessitent moins d’énergie lors de la production, ils sont économiquement compétitifs et il s’agit d’une ressource abondante dans la nature. Qui plus est, sa production peut être facilement maîtrisée par l’homme.

Ce type de produit est en demande croissante. En tant que citoyens, nous nous soucions bien plus de l’environnement qu’auparavant. Les consciences ont évolué – nous savons que nous avons tous un rôle à jouer – et aujourd’hui, de nombreuses sociétés partout dans le monde agissent pour préserver notre écosystème, comme c’est le cas pour Ecovative.

Quelques mots sur Ecovative

La société Ecovative Design, fondée par Eden Bayer et Gavin McIntyre, a basé son activité sur le développement des emballages écologiques. L’idée a germé en 2007, alors que les deux hommes étudiaient à l’institut polytechnique Rensselaer de New York. « Depuis 2008, l’entreprise est indépendante et s’agrandit d’année en année ». Elle compte aujourd’hui 65 membres (scientifiques, designers, développeurs…) et poursuit avec ses recherches son ambition de faire de notre monde, un meilleur lieu de vie.

Pour la suite, Ecovative entend développer d’autres produits à base de champignon : « emballage donc, isolation dans la construction, équipement automobile, structures biocomposites ». Elle escompterait même construire une maison à base de champignon. Voilà qui est dit.

Par Sébastien Tribot

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L’écran de smartphone fendu en mille points, bientôt un souvenir ?

Tout comme chez l’homme dont la peau se reconstitue après blessure, les chercheurs britanniques proposent de mettre au point un écran capable de se réparer lui-même. Pour ce faire, ils ont élaboré un alliage de différents carbones. Ce nouveau matériau, à l’origine pensé pour l’aéronautique et la reconstitution des ailes d’avion, libérerait après un choc des sphères microscopiques, qui, en devenant liquide rempliraient les creux avant de se solidifier. Cela aurait pour effet de remettre l’écran dans son état originel.

Le procédé est identique au phénomène de coagulation du sang chez l’être humain. Quand nous nous blessons, du sang s’écoule et pour stopper l’hémorragie une croûte se forme. Tout cela entre dans le processus de guérison.

L’écran cassé, c’est bateau, mais c’est aussi la panne la plus courante de nos mobiles, loin devant les problèmes de batterie (autonomie), de connecteurs ou de boutons défaillants. Selon l’association de consommateurs UFC Que Choisir, dans 7 cas sur 10, les pannes proviennent des écrans.

Il s’agit de la partie la plus exposée et fragile des portables et il arrive parfois qu’une petite chute entraîne de multiples rayures (plus ou moins importantes) voire un blocage de l’écran. Lorsqu’un accident de ce genre se produit, il ne reste plus qu’à trouver un réparateur, envoyer son smartphone et endurer les délais de réparation parfois longuet, avec un résultat pas toujours satisfaisant. La technologie que développent actuellement les chercheurs de l’université de Bristol tomberait donc à pic.

Des tests sont à effectuer pour vérifier la compatibilité de l’alliage sur smartphone. Mais s’il n’affecte pas les fonctionnalités de l’écran, il y a des chances pour que nous trouvions dans quelques années sur le marché des smartphones dont l’écran se réparera tout seul. D’autres secteurs seront certainement intéressés par cette technologie. On songe en premier lieu à l’aéronautique ainsi qu’à l’industrie automobile, mais il pourrait également s’appliquer à celui des cosmétiques ou aux objets connectés.

Par Sebastien Tribot

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Volkswagen en plein dieselgate

C’est en 2013 qu’une ONG, International Council for Clean Transportation (ICCT), décide de tester les émissions de véhicules diesel, avec comme ambition de prouver que les véhicules sur le sol américain sont plus propres que les voitures européennes du fait de normes américaines plus sévères.

Mais la surprise est mauvaise puisqu’au contraire, au bout d’une année de tests sur 2 voitures Volskwagen (Jetta et Passat) et 1 de BMW, ils mesurent un taux de pollution des VW très supérieur au seuil autorisé par le Clean air Act, cette loi fédérale sur la pollution de l’air. Plus précisément, la Jetta émet entre 15 à 35 fois plus d’oxydes d’azote quand la Passat en émet entre 5 à 20 fois plus. Tout va bien pour la BMW mais l’ONG décide de saisir les autorités américaines.

L’agence américaine de protection de l’environnement se saisi de l’affaire. L’enquête est lancée et met à jour l’existence d’un logiciel équipant les voitures diesel permettant de détecter les contrôles et de limiter les émissions polluantes à ces moments exacts. C’est sans précédent !

Car une fois le test « réussi », le niveau de pollution n’était plus limité et le véhicule redevenait un gros pollueur. Grâce à ce dispositif, le géant allemand s’est épargné des investissements dans des dispositifs de limitation de la pollution, bien plus couteux que le logiciel en question dont le distributeur reste inconnu à ce jour.

Hier, VW reconnaissait que 11 millions de véhicules de sa marque et de celle d’Audi sont concernés, la fraude ayant débutée en 2008. Si la malversation n’est pas en lien avec la sécurité ou la fiabilité des véhicules, sa révélation provoque un véritable séisme. Car les conséquences pourraient être fatales pour VW, menacé par les autorités américaines d’une amende de 18 milliards de dollars, à savoir 37500$ par véhicule qui ne serait pas aux normes conformément à la loi anti-pollution. Depuis lundi, son cours en bourse a dévissé, impliquant une perte de 35 milliards de dollars en à peine 48h ! Toute l’industrie automobile est touchée, les actions de Peugeot et de Renault perdent entre 7 et 8%. Chacun des acteurs, des donneurs d’ordre aux sous-traitants tentent de mettre une distance entre VW et eux, par peur d’être emporté dans la tourmente. « Ce n’est pas dans la culture française » tente de rassurer Louis Schweitzer, président d ‘honneur de Renault. Mais l’EPA a déjà annoncé de nouveaux contrôles visant d’autres constructeurs. Dans la nuit, les membres les plus influents de VW se réunissaient en conseil de surveillance. Le sort du patron de Volkswagen, Martin Winterkron, est plus qu’incertain.

Par Audrey Loubens

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Trichez, ça déstresse

Après la « phobie administrative », voici une nouvelle excuse insolite pour justifier d’agissements immoraux : trop de testostérone ! Toutes les explications sont à découvrir dans l’étude parue dans Journal of Experimental Psychology portant sur l’influence du système endocrinien sur notre capacité à agir bien ou mal. Après avoir mesuré le taux de testostérone et de cortisol dans la salive de 117 cobayes avant et après des tests auto-corrigés, les scientifiques des Université de Harvard et du Texas ont découvert un lien entre les personnes qui avaient triché en s’arrogeant un plus grand nombre d’exercice résolu que la réalité et le système hormonal. Ce point commun est un grand taux de testostérone. D’après les auteurs de l’étude, un taux élevé aurait pour effet d’abaisser la peur des sanctions, d’où une certaine propension à la tricherie. Pour tenter les cobayes au maximum, il leur a été dit que ceux qui obtiendraient les meilleurs résultats recevraient un gain financier. Il n’en fallait pas plus pour attiser leur cupidité, d’autant qu’un taux élevé de testostérone renforce la sensibilité des individus à la notion de récompense.

Mais le plus étonnant réside dans l’impact d’un tel comportement sur le stress. Les tests salivaires ont montré un taux de cortisol plus élevé chez les adeptes de la triche, ce qui témoigne d’un plus grand stress. Le pire est à venir : tricher abaisse le niveau de cortisol ! Ainsi, le fait de tricher a une action bénéfique sur le tricheur puisque cela diminue son stress. « La testostérone fournit le courage de tricher tandis que la cortisol offre une bonne raison de tricher » résume le Pr Robert Josephs de l’Université du Texas.
Hwang Woo-suk et son faux clonage d’un embryon humain, Thomas Thévenoud et sa peur de la paperasse, Jérôme Cahuzac et ses amnésies fiscales, l’étudiant et ses anti-sèches… tous seraient en fait victimes de leurs hormones. Plus sérieusement, cette étude éclaire d’un jour nouveau la gestion de la triche et explique pourquoi une bonne leçon de morale ne sert à rien face au soulagement ressenti en abaissant son état de stress. De quoi faire réfléchir à de nouvelles approches pour ramener les brebis égarées dans le droit chemin.

Par Audrey Loubens

Les montres connectées vont-elles devenir un nouvel instrument piratique ?

Pour ce faire, ils ont conçu une application qui se sert du gyroscope et de l’accéléromètre de votre smartwatch, tous deux utilisés pour la localisation et l’orientation, pour évaluer vos mouvements et ainsi en déduire les lettres tapées. Par étude préalable, on sait que chaque frappe de lettre nécessite un mouvement particulier. On sait aussi que le laps de temps entre la frappe de deux touches est un indice; la proximité de certaines lettres fait qu’elles sont généralement tapées par la même main. Les mouvements du poignet portant la montre sont donc analysés et comparés en fonction de ces paramètres. Suite à quoi, il en ressort une série de possibilités de mots.

Il s’agit surtout d’un calcul de probabilités

Il ne faut pas s’emballer. La montre n’étant portée que sur un bras, elle ne transmet des informations que sur les actions de ce bras. Ce qui réduit de moitié le nombre de touches à analyser. Sans compter que ce système fonctionne selon des calculs qui peuvent se révéler plus ou moins exacts. L’application propose des possibilités. C’est à l’homme de choisir laquelle d’entre elles, a, selon toute vraisemblance, le plus de chance d’être correcte. Ce n’est pas une opération du saint esprit, bien sûr. Le contexte aide à deviner les mots qui se suivent. Les mots courts sont les plus difficiles à trouver. Ainsi, plus un mot comporte de lettre, plus son analyse gagne en précision. La tâche est en outre compliquée par le fait que la barre d’espace est usuellement pressée par la main droite, qui ne porte pas la montre. L’efficacité de cette application n’est donc pas exemplaire bien qu’elle démontre qu’il est faisable d’être espionné par ce biais. 

Il n’est pas nécessaire, à priori, de se méfier des smartwatch. Un pirate utilisera plus volontiers un logiciel espion appelé « keylogger ». L’enregistreur de frappe est de loin une méthode plus efficiente. 

Par Sébastien Tribot

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Volkswagen/Contrôles antipollution: il faut une enquête « au niveau européen » (Sapin)

Pour « rassurer » les citoyens, il paraît « nécessaire » de mener également des contrôles sur les autres constructeurs européens, a ajouté le ministre sur Europe 1.

Les autorités américaines ont révélé vendredi que 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, avaient été équipés d’un logiciel capable de détecter automatiquement les tests de mesure antipollution pour en fausser les résultats.

Interrogé sur la nécessité de mener une enquête pour tromperie en Europe ou en France après ces divulgations, Michel Sapin a déclaré: « Nous sommes sur un marché européen, avec des règles européennes, c’est celles qui doivent être respectées ».

« Ne serait-ce que pour rassurer les uns et les autres, il me paraît nécessaire de le faire aussi pour les constructeurs français », a-t-il ajouté en précisant n’avoir aucune « raison particulière de penser que les constructeurs français se seraient conduits comme Volkswagen ».

Il est important d’agir « dans ce domaine-là qui est très important puisque c’est la pollution de l’air », « pour éviter que les gens soient empoisonnés par la pollution », a souligné le ministre.

Les autorités américaines ont déjà, selon des médias, ouvert une enquête pénale contre le constructeur.

Le gouvernement allemand a de son côté ordonné la conduite immédiate de « tests approfondis sur les modèles diesel » de la marque.

jum/fka/gf

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Revue du Web #84 : les vidéos les plus étonnantes de septembre 2015

Cette semaine dans la revue du Web :

  • L’amortisseur harmonique géant du gratte-ciel Taipei 101, en action lors d’un typhon ;
  • Pierre-feuille-ciseaux : le robot qui gagne à tous les coups ;
  • Tirer une rafale d’AK 47 sur son patron, et ne pas se faire virer : bienvenue à la Texas Armoring Corporation ;
  • Le gadget (inutile?) de la semaine : cinquante-quatre drones pour le prix d’un ;
  • Et en bonus : un drone, une éolienne et un homme qui sait où prendre des bains de soleil.

L’amortisseur harmonique géant du gratte-ciel Taipei 101, en action lors d’un typhon

Le Sud-Est asiatique est l’une des régions du globe les plus exposées aux cyclones tropicaux. Avec des rafales de vent avoisinant parfois les 230 km/h, le typhon Soudelor fut sans conteste le plus violent depuis ce début d’année, balayant les côtes chinoises au mois d’août dernier. Également sur son passage, Taïwan n’a pu éviter la violence du typhon, dont les bourrasques ont mis à rude épreuve le gratte-ciel le plus emblématique de l’île, le fameux Taipei 101.

Taipei 101 / Copyright Peellden

Du haut de ses 509,2 mètres, l’éphémère plus grand gratte-ciel du monde au moment de son inauguration en 2004 (détrôné par la Burj Khalifa en 2010), a été conçu pour faire face aussi bien à la violence des vents d’un typhon qu’aux tremblements de terre, en alliant flexibilité du bâtiment et rigidité des matériaux. Pour l’épauler dans ce dur labeur, les architectes ont suspendu une gigantesque boule d’acier de 660 tonnes, 5,5 mètres de diamètre, du 91ème au 87ème étage, faisant office d’amortisseur harmonique.

Son fonctionnement est assez simple : le mouvement de la boule de stabilisation, couplé au mouvement de la structure de la tour, fait office d’amortisseur en récupérant un peu de l’énergie de l’ensemble grâce à ses oscillations en opposition de phase. Elle peut ainsi amortir jusqu’à 40 % des mouvements du gratte-ciel, lors de vents violents comme ceux du typhon Soudelor. L’amortisseur harmonique s’est alors écarté de plus d’un mètre par rapport à sa position centrale, un record.

Pierre-feuille-ciseaux : le robot qui gagne à tous les coups

La supériorité du robot sur l’homme peut prendre des détours surprenants. Alors qu’il est devenu difficile – voire impossible – pour un champion humain d’échec de rivaliser avec un programme, on pourrait s’attendre à ce qu’un jeu régit par le « hasard » (et tout de même une part non négligeable de stratégie et de psychologie) tel que le classique pierre-feuille-ciseaux puisse résister à la domination de la machine. Peine perdue, le nouveau robot conçu par le laboratoire Ishikawa Watanabe de l’université de Tokyo gagne à tous les coups… mais en trichant.

Aidé par une caméra haute vitesse qui capture le mouvement de la main du joueur humain, un petit logiciel vient reconnaître le mouvement de celle-ci et en identifier la forme (pierre, poing fermé ; feuille, main à plat ; ciseaux, figurés par deux doigts) en un millième de seconde. L’information est alors transmise à la main robotique qui n’a plus qu’à prendre très vite la seule position gagnante, comme si de rien n’était. A vaincre sans péril…

Tirer une rafale d’AK 47 sur son patron, et ne pas se faire virer : bienvenue à la Texas Armoring Corporation

Vous vous souvenez de Trent Kimball, le patron un peu raide mais sévèrement burné de la Texas Armoring Corporation ? N’hésitant pas à s’impliquer et à « mouiller la chemise » dans les vidéos de démonstration du produit phare de sa société (un pare-brise dont le verre blindé, à l’épreuve des balles, fait plus de cinq centimètres et demi d’épaisseur), Trent Kimball s’était positionné une première fois derrière l’un de ces pare-brises, avant de se faire tirer dessus par l’un de ses employés – apparemment ravi – à l’aide d’un AK47, une vidéo que nous vous présentions déjà ici.

Quatre ans plus tard, rebelote pour le patron kamikaze, toujours aussi raide, mais cette fois-ci confortablement installé à l’intérieur d’un SUV Mercedes-Benz équipé d’un pare-brise Texas Armoring Corporation. L’employé tortionnaire de la première vidéo ne s’est de toute évidence pas fait licencier puisqu’il est toujours présent, derrière son sempiternel AK47, prêt à faire feu sur le véhicule blindé. Les douze balles s’arrêtent net sur le pare-brise, laissant en apparence de marbre Trent Kimball, désormais rompu à l’exercice. La prise de vue de l’intérieur du véhicule est particulièrement impressionnante.

Le gadget (inutile?) de la semaine : cinquante-quatre drones pour le prix d’un

L’union fait la force ? Ce pourrait être le credo de ce Géo Trouvetou britannique qui nous offre sur un plateau notre gadget (inutile?) de la semaine, une machine volante faite maison qui n’a absolument rien de rassurant. Composée de cinquante-quatre hélices de drones – ce qui en fait techniquement un « pentacontakaitetra-coptère »… – cet aéronef bricolé parait ravir son pilote, tandis que celui qui filme ne semble pas vraiment rassuré.

Baptisé « The Swarm » (la nuée, l’essaim en anglais), cet objet volant à peu près identifié utilise un stabilisateur de Hobbyking six voies, permettant d’assurer la coordination de l’ensemble des hélices. Le design très « personnel » a de quoi laisser dubitatif : le pilote est assis sur ce qui semble être une chaise de jardin, solidaire d’une structure en métal rappelant un traîneau, le tout coiffé par la fabuleuse escouade de cinquante-quatre hélices et… d’une sorte de parapluie pour figurer le cockpit, masquant plus ou moins la vue du pilote, un sens finalement pas très utile lorsque l’on pilote une boite de conserves qui a complètement prise au vent.

Jugez plutôt :

Bonus : un drone, une éolienne et un homme qui sait où prendre des bains de soleil

En bonus de cette quatre-vingt-quatrième Revue du Web, voici une petite vidéo qui a tout pour intéresser la communauté scientifique internationale. Kevin Miller, pilote de drone émérite, comptait prendre des plans aériens dont la star aurait dû être une éolienne du Rhode Island, ce tout petit état du Nord-Est des États-Unis. Une surprise l’attend pourtant tout en haut de la turbine : un homme, pensant sûrement avoir trouvé le meilleur endroit du monde pour prendre le soleil sans être dérangé, tout en bénéficiant d’une vue imprenable sur les alentours. Difficile de savoir qui, du pilote de drone ou de l’opportuniste amoureux du soleil, est en droit d’être le plus surpris…

Par Rahman Moonzur

Poulet dinosaure et sultan aux 888 enfants parmi les études lauréates des Anti-Nobel

Pour la 25e année, le comité des « Ig Nobel Prizes » (prononcer Higuenobel) a distribué ses prix à des équipes de chercheurs « qui font rire les gens, puis réfléchir », selon la formule récurrente de l’événement, lors d’une cérémonie iconoclaste à l’université de Harvard, dans le nord-est des Etats-Unis.

Le prix de physique est revenu à trois scientifiques de l’université américaine Georgia Tech ayant établi que tous les mammifères mettaient environ 21 secondes pour uriner, plus ou moins 13 secondes.

L’équipe s’est vu remettre, comme chaque lauréat, un billet de dix mille milliards de dollars zimbabwéens, coupure dont la valeur est de quelques centimes d’euros dans un pays en proie à la plus forte inflation au monde.

Le représentant du groupe, affublé d’une lunette de toilette en guise de collier, a reçu sa récompense, comme les autres équipes, des mains d’un des cinq vrais prix Nobel présents, notamment le lauréat en économie en 2007, l’Américain Eric Maskin.

En mathématique, le comité a choisi deux Autrichiens de l’université de Vienne qui ont cherché à déterminer à l’aide de calculs statistiques s’il était possible que Moulay Ismaïl, sultan du Maroc, ait effectivement été le père de 888 enfants, nés entre 1697 et 1727, comme le soutient la légende.

Au terme de leurs travaux, appuyés également sur des éléments historiques fournis, les chercheurs ont conclu qu’il était possible humainement et statistiquement que le sultan ait bien engendré cette descendance record, lui qui s’était entouré de 4 épouses et d’un harem d’environ 500 concubines.

En biologie, c’est un groupe de cinq scientifiques chiliens et américains, pour l’essentiel travaillant à l’université de Santiago, qui a eu les honneurs de l’Anti-Nobel, après être parvenu à la conclusion qu’un poulet équipé d’une queue artificielle adoptait une démarche similaire à celle d’un dinosaure.

Outre des chercheurs, le comité a couronné un acteur institutionnel, la police de Bangkok (Thaïlande). Après son arrivée au pouvoir en mai 2014, à la faveur d’un coup d’Etat, la junte militaire a promis de s’attaquer au fléau de la corruption, particulièrement répandu dans la police.

A cette fin, a notamment été instaurée, fin 2014, une prime attribuée aux policiers refusant un pot-de-vin. La mesure a été récompensée par les organisateurs des Anti-Nobel.

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