Prolongation des centrales nucléaires: « aucune décision n’est prise » (Moscovici)

« Aucune décision de cette nature n’est prise, il y aura des débats qui se dérouleront, qui doivent être fondés sur des données techniques », a répondu M. Moscovici, interrogé  sur France Inter.

« François Hollande pendant la campagne électorale avait dit que d’ici à 2025 nous allions réduire la part du nucléaire à 50% (contre 75% de l’électricité produite aujourd’hui). Les débats qui sont dans la presse ces derniers jours, je ne veux pas les confirmer », a ajouté Pierre Moscovici.

Le Journal du Dimanche a annoncé dimanche que la décision de prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires était prise et que l’annonce devait se faire bientôt.

Selon une source proche de l’administration citée par le JDD, la décision de prolonger à 50 ans, contre 40 ans, la durée de vie des centrales « est actée » et « le gouvernement cherche juste le bon timing politique ».

Dans un communiqué signé des porte-parole nationaux d’Europe Ecologie-les Verts Jean-Philippe Magnen et Élise Lowy et du député Denis Baupin écrit « qu’une telle décision constituerait une provocation politique, un mensonge économique et une aberration énergétique ».

Source : AFP

 

Y a-t-il accélération ou décélération du niveau des océans ?

Le problème vient d’une analyse superficielle et/ou politisée de la situation, et en outre de la confusion, souvent involontaire mais parfois volontaire, entre vitesse (variation de niveau marin par an) et accélération (dérivée de la vitesse).

En effet, s’il y a bien montée du niveau marin, une analyse plus fine montre qu’il y a une décélération de – 0.06 mm par an carré depuis 2 décennies (Dean et Houston 2013), plus précisément entre -0.04 et -0.08 mm/an2 si l’on se base sur les données des marégraphes ou sur celles des satellites.

Une analyse spectrale singulière de Monte-Carlo permet de plus d’identifier sur les 3 derniers siècles une oscillation très nette dont la période est de six décennies (Jevrejeva 2008), oscillation multi-décennale qui a été mise en relation par Scafetta 2013 avec différentes oscillations océaniques.

Il y a une accélération de 0.01 mm par an carré (Jevrejeva 2008) si l’on considère les trois derniers siècles, mais curieusement on ne trouve pas d’accélération globale à l’échelle du dernier siècle. Comme le souligne Nicolas Scafetta: « parmi 6 enregistrement de marégraphes,  (Sydney, Fremantle, New York, Honolulu, San Diego et Venise) deux  présentent une légère accélération (+ 0:01 mm/an2), alors que les quatre autres présentent une légère décélération (-0:01 mm/an2). »  Les XVIIIème et XIXème (accélération) « noient » le XXème siècle (pas d’accélération) quand on considère les 3 siècles conjointement.

Le 4ème rapport du GIEC (2007) le confirmait: « aucune accélération du niveau de la mer  à long terme n’a été identifiée en utilisant uniquement  les données du XXème siècle » (IPCC 2007). Et dans l’AR5 qui vient d’être publié on peut lire page 3-5: « Il est probable (likely dans le jargon du GIEC ndlr) que le niveau moyen marin global  ait augmenté entre 1920 et 1950 à un taux  identique à celui observé entre 1993 et 2010 »  (IPCC 2013). A l’évidence, le signal anthropique n’est, du moins à ce stade, pas perceptible.

Modestie dans les prophéties

Il est donc difficile d’affirmer de manière catégorique qu’il y a accélération de la montée du niveau marin. Et encore plus difficile, et même impossible à ce stade, d’affirmer péremptoirement que c’est lié à l’homme. Les 5 à 10 années qui viennent permettront sans doute d’y voir plus clair.

En attendant une approche prudente concernant les projections pour le futur semble être l’approche la plus sage, a fortiori quand on sait d’une part que le réchauffement climatique marque une pause (non prévue) depuis 15+ ans, et que d’autre part l’on connait l’importance des incertitudes qui pèsent sur l’origine des variations de volume des calottes polaires (Wouters 2013).  « Il n’existe aujourd’hui aucun consensus concernant les accélérations [au niveau des calottes polaires], à savoir si elles résultent d’une variabilité inhérente aux systèmes climatiques associés aux inlandsis, ou si elles  reflètent une tendance à long-terme permettant alors une extrapolation pour le futur. »

C’est précisément cette modestie qui est mise en avant en France par le thermo-physicien François Gervais, médaille d’or du CNRS, comme par exemple durant l’émission de France Culture du 27 septembre animée par Michel Alberganti et intitulée « Rapport du GIEC: Comment expliquer la stagnation actuelle du réchauffement climatique ? », ou durant l’émission C Dans l’air d’Yves Calvi, émission du 1er octobre intitulée « Le climat, le monde s’en fout !  »

Une étude (Thomas 2013) qui vient d’être publiée dans Geophysical Research Letters montre d’ailleurs que la variation de température au niveau de l’Antarctique Ouest n’excède pas la gamme de variabilité naturelle observée depuis 3 siècles. Et la grande étude internationale NEEM (North Greenland Eemian Ice Drilling) a permis de mettre en évidence la remarquable résistance de la calotte du Groenland durant une période chaude de l’histoire de la Terre, l’Eémien (la température était alors de plusieurs degrés Celcius supérieure à l’actuelle dans cette région du monde), résistance qui a surpris les scientifiques.

Selon les scientifiques du programme Ice2sea (2013), le niveau marin pourrait monter entre 16,5 et 69 centimètres d’ici 2100, soit moins qu’estimé auparavant. L’hypothèse haute repose sur une fonte rapide des calottes polaires, ce qui ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique.

S’il y a décélération du niveau marin, il est peu probable qu’il y ait accélération du contenu énergétique de l’océan

La thématique de la pause (ou hiatus pour faire snob) est, « émergente, intéressante et complexe  » selon Thomas Stocker qui a piloté la synthèse à ce sujet pour le rapport du GIEC.

Si la décélération du niveau marin de -0.06 mm/an2 observée depuis 20 ans se poursuit, voire s’amplifie dans les années à venir, cela enrichira le débat sur les variations de volumes des calottes polaires ainsi que le débat sur l’énergie contenue dans les océans, la fameuse  « chaleur manquante  » que Kevin Trenberth croit avoir retrouvée entre 700 et 2000 mètres sous les mers, ce qui est fortement controversé à ce stade car, il est vrai, très peu convaincant.

Comme le souligne Michel Alberganti dans un article intitulé « L’échec du climato-catastrophisme » et publié sur Slate.fr  quelques jours après le débat sus-mentionné, « au lieu de hurler à une catastrophe qui ne fait pas réagir les foules, au lieu de miser sur la peur pour rêver d’un changement de civilisation improbable, au lieu de l’incantation scientifique, n’est-il pas possible d’analyser ce qui est en train de se produire sur Terre avec moins de passion et plus d’efficacité? Une lueur d’espoir ne peut-elle s’allumer à l’ombre du spectre de la punition divine? »

N’en déplaise aux Tartuffes et autres dévots époumonés de la climato-apocalypse, les débats, d’une part sur le réchauffement du climat, c’est-à-dire par définition de l’atmosphère terrestre, et d’autre part sur le réchauffement de l’océan, sont plus que jamais libres et ouverts.

Par Olivier Daniélo

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Gaz de schiste : la décision du Conseil ne met pas fin au contentieux

Interrogé après l’annonce de la décision du Conseil, l’avocat a indiqué qu’elle devait être respectée, tout en soulignant qu’elle ne mettait pas fin à la procédure engagée par Schuepbach.

« Nous sommes dans un état de droit et nous allons continuer notre action en justice. Nous avons un litige pendant devant le tribunal administratif (de Cergy, NDLR) contre l’abrogation de deux permis et il va continuer, cette question prioritaire de constitutionnalité n’était qu’un élément de notre argumentation », a-t-il expliqué.

Concernant la décision en elle-même, « sur la fracturation hydraulique, le Conseil constitutionnel dit que ce n’est pas la même chose lorsqu’elle est utilisée en géothermie que pour extraire du gaz de schiste, c’est une appréciation technique avec laquelle nous ne sommes pas d’accord », a-t-il souligné.

« Et concernant le principe de précaution, le Conseil constitutionnel dit de manière assez lapidaire que ce n’est pas pertinent, il va falloir que j’analyse en détail ce que cela veut dire », a-t-il ajouté.

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, technique utilisée pour exploiter les gaz et pétroles de schiste.

La fracturation hydraulique, qui consiste à créer des fissures dans les roches riches en hydrocarbures en injectant à haute pression un mélange d’eau, de sable et d’adjuvants chimiques, est décriée en raison de son impact environnemental et ses risques de pollution et d’activité sismique.

La société texane Schuepbach, à l’origine de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soumise au Conseil constitutionnel, contestait la légalité de l’abrogation de ses deux permis de recherche d’hydrocarbures de Nant (Aveyron) et de Villeneuve-de-Berg (Ardèche), consécutive à l’adoption de cette loi.

L’avocat de la compagnie a par ailleurs refusé de commenter des informations récentes selon lesquelles Schuepbach compterait réclamer plus d’un milliard d’euros d’indemnisation à l’Etat français, dans le cadre de cette procédure.

Source : AFP

REACH : l’actualité d’octobre (1/2)

Redevance pour pollution diffuses : une nouvelle liste de substances

27/09/2013

La mise à jour annuelle de la la liste des substances soumises à la redevance pour pollutions diffuses (arrêté du 19 août 2013 établissant la liste des substances définies à l’article R. 213-48-13 du code de l’environnement relatif à la redevance pour pollutions diffuses), a été publiée au Journal Officiel le 27 septembre. La redevance pour pollution diffuse est un prélèvement sur les ventes de produits phytosanitaires dont les redevables sont les distributeurs agréés.

Substances dans les articles

01/10/2013

Le nouveau guide à destination des fournisseurs d’articles est désormais disponible en Français. Ce guide propose notamment plusieurs exemples permettant aux fournisseurs de s’acquitter de leurs obligations et se concentre également sur le calcul du seuil des 0,1% (position adoptée par la France et 6 autres Etats Membres). Ce guide a été élaboré conjointement par la France, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Suède et la Norvège.

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

04/10/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Trois consultations sont lancées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 18 novembre prochain.

Entrées harmonisées dans C & L Inventaire traduits maintenant

L’inventaire des Classifications & Etiquetage (C & L – Classification & Labelling) affiche désormais des noms traduits pour les entrées harmonisées dans l’annexe VI du règlement CLP. Quand un utilisateur clique sur le nom dans la colonne international d’identification des produits chimiques sur la page 2 de l’inventaire C & L, les traductions apparaissent dans une fenêtre pop-up.

De nouvelles restrictions de substances en consultation

04/10/2013

L’ECHA a lancé des consultations sur deux projets de restriction dans le cadre du règlement Reach. Les consultations sont ouvertes jusqu’au 18 mars 2014 mais l’ECHA souhaiterait recevoir le maximum d’observations avant le 29 novembre 2013, afin qu’elles soient prises en compte lors des premières discussions par les comités de l’Agence en décembre. Les substances concernées sont : 1-methyl-2-pyrrolidone (NMP), Nonylphenol, ramifié et linéaire et Nonylphenol, ramifié et linéaire, éthoxylé. 

Consultation publique pour une classification et étiquetage harmonisés

09/10/2013

L’ECHA a lancé une nouvelle consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé du Fluopyram / N-{2-[3-chloro-5-(trifluoromethyl)pyridin-2-yl]ethyl}-2-(trifluoromethyl)benzamide (N° CAS : 658066-35-4). Le fluopyram est un presticide. Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 25 novembre 2013.

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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Kem One : un quatrième projet de reprise déposé par un industriel français

Ancien de Rhône-Poulenc, M. de Krassny contrôle et dirige depuis 1997 le groupe chimique autrichien « Donau Chemie ». Il a déposé son offre pour Kem One à titre personnel, selon le quotidien Le Progrès.

« Cette offre porte sur l’ensemble du périmètre de Kem One, comme les autres offres et le calendrier reste inchangé », a précisé la direction de Kem One. Le tribunal de commerce de Lyon doit désigner un repreneur le 12 décembre. 

Outre celle de M. de Krassny, qui intervient après la date-butoir qui avait été fixée pour se porter candidat à la reprise, trois autres offres ont été déposées: deux émanant des fonds américains Sun European Partners et OpenGate Capital, la troisième du syndicat CGT. Selon Franck Zarbo, coordinateur du groupe Kem One pour le syndicat Force Ouvrière, une réunion se tiendra lundi au siège de Kem One avec l’administrateur judiciaire et une rencontre est prévue mercredi avec Alain de Krassny, au siège également.

Son projet, qui a été présenté à Paris au ministère du Redressement productif, s’appuie sur un investissement de 150 millions d’euros, dont il demande à l’Etat de garantir les emprunts pendant cinq ans, selon Le Progrès.

Kem One est né en 2012 de la vente par Arkema, pour un euro, de son pôle vinylique au financier américain Gary Klesch. Le groupe emploie 2.600 personnes dans le monde, dont 1.780 en France, et a réalisé un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros en 2012.

Seules ses activités amont (chlorochimie et production de PVC) ont été placées en redressement judiciaire le 27 mars. Mais Gary Klesch s’est engagé à céder l’aval (fabrication de tubes, de composés et de profilés en PVC, la partie la plus rentable) pour un euro en cas d’offre de reprise globale.

Source : AFP

Allemagne: les énergéticiens veulent fermer une trentaine de centrales

« A l’heure actuelle l’Agence des réseaux a reçu des demandes de fermeture pour 28 centrales » fonctionnant au charbon ou au gaz, déclaré au quotidien Rheinische Post Jochen Homann, président de cette autorité chargée des réseaux électriques allemands, et qui doit décider en dernière instance de l’arrêt des capacités de production.

M. Homann a laissé entendre que l’Agence n’accèderait toutefois pas à toutes les demandes, pour des raisons de sécurité de l’approvisionnement. « La plupart des centrales qui posent problème se situent au sud du Main », a dit M. Homann, « mais nous en avons besoin pour un approvisionnement sûr ». 

Le fleuve Main traverse l’Allemagne d’Est en Ouest au niveau de la ville de Francfort. Au Sud, la Bavière et le Bade-Wurtemberg sont parmi les régions les plus peuplées et les plus industrialisées, et gourmandes en énergie, et le régulateur est réticent à les priver du filet de sécurité que sont les centrales conventionnelles, pour les jours où le vent ne souffle pas et où le soleil ne brille pas.

Les autres jours, la production de source renouvelable, essentiellement éolien et solaire, couvre maintenant le gros des besoins de l’Allemagne. Les énergies renouvelables sont fortement subventionnées et sont prioritaires pour alimenter le réseau, ce qui fait que bon nombre de centrales au gaz et au charbon, utilisées seulement à la marge quand la production d’énergie propre ne suffit pas, opèrent à pertes. 

En août, RWE, numéro deux allemand du secteur, avait annoncé la fermeture de plusieurs centrales, son grand concurrent EON prévoyait de faire de même. 

La révision du système de subvention des renouvelables sera l’un des grands chantiers du nouveau gouvernement allemand, toujours en cours de constitution après les élections du 22 septembre. 

Source : AFP

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Les boissons énergisantes pointées du doigt par l’Anses

C’est quoi une boisson énergisante ? Il s’agit d’une boisson censée vous redonner la pêche. Elle se consomme en cas de coup de fatigue, en soirée, dans le but de regagner de l’énergie. Pour provoquer ce regain de  vitalité, les boissons énergisantes regorgent de diverses substances excitantes comme de la caféine, de la maltodextrine ou encore de la créatine. 

Attention cependant, si les boissons de ce type (Red Bull, Burn, Darkdog…) sont très à la mode, elles ne sont en aucun cas des boissons sportives, dites boissons énergétiques. Ces dernières ne contiennent que des sucres lents et rapides, des vitamines et des minéraux, mais en aucun cas des excitants. Si la qualification « énergisante » ressemble à « énergétique », ces boissons n’ont rien en commun avec celles permettant de gagner de l’énergie lors d’un effort sportif. Elles sont même fortement déconseillées car elles déshydratent l’organisme, ce qu’il faut évidemment éviter lors d’une activité physique.  

Elles peuvent aussi contenir de la taurine, qui avait été montrée du doigt lors du débarquement très médiatique de Red Bull en France. Rappelons que Red Bull a été interdite pendant des années à cause notamment de la présence de taurine. Cette substance ayant été jugée toxique par les autorités sanitaires françaises, la marque du taureau l’avait remplacé par de l’arginine. Début 2008, Red Bull avait donc pu lancer en France, à grand renfort de publicité et de jolies filles, sa boisson qui donne des aiiiiles. Finalement, Bercy a considéré que la dangerosité de la taurine n’était pas suffisamment prouvée, autorisant du même coup la déferlante Red Bull sur notre territoire, taurine comprise. C’est ce qui s’appelle le principe de précaution inversé ! Problème, certaines personnes sont mortes suite à la consommation de ces boissons. La question mérite donc d’être posée : les boissons énergisantes seraient-elles mortelles ?

Aujourd’hui, l’Agence nationale de sécurité sanitaire tire la sonnette d’alarme dans un avis ambigü. D’après leur enquête, 96% des boissons étudiées comportent de la caféine et plus de la moitié de la taurine. Ces deux substances co-existent dans 50% des cas et le cocktail caféine/taurine/glucuronolactone se rencontre dans un tiers des boissons. L’Anses s’est penché sur les cas d’accidents de santé pour lesquels un doute plane quand à l’implication des boissons énergisantes. Il s’agit principalement de problèmes cardio-vasculaires, d’effets psycho-comportementaux ou encore de réactions d’ordre neurologique. Sur les 212 cas traités, 25 ont été jugés comme étant vraisemblablement ou très vraisemblablement lié à l’ingestion de ces boissons excitantes, soit 12%.  De plus, 54 cas (25%) sont d’imputabilité possible.

Pourtant, l’Anses met des gants en déclarant que « En l’état actuel des connaissances, les effets indésirables […] pourraient être attribués à la caféine, sans spécificité démontrée de la caféine des BDE par rapport à la caféine contenue dans d’autres boissons comme le thé ou le café. Quelques éléments suggèrent néanmoins des effets additionnels possibles d’autres composés des BDE comme la taurine, qui nécessitent d’être mieux documentés. ». 

Finalement, une fois de plus l’Anses ménage la chèvre et le chou. L’Agence liste les populations à risque habituelles, femmes enceintes et allaitantes, enfants et adolescents. Elle préconise aux personnes sensibles à la caféine de ne pas consommer de boisson énergisante, de ne pas associer ces boissons à de l’alcool, et de ne pas faire du sport en en buvant. Soit. Mais de façon générale, les boissons énergisantes sont-elles dangereuses pour la santé ? L’Anses élude, invoquant le besoin de nouvelles études sur d’éventuels effets à long terme.

Red Bull, la boisson qui vous brûle les aiiiles…  !

Lire l’avis de l’Anses ici

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le premier parc éolien « citoyen » de France mis en service en avril 2014

Le chantier de quatre éoliennes à Béganne (Morbihan), qui a débuté cet été, devrait être terminé en avril, a indiqué à l’AFP Charlène Suire, une responsable de Bégawatts, la société qui pilote ce projet né il y a près de 10 ans.

La particularité de ce parc est que la majorité des fonds propres mobilisés pour le financement vient de particuliers.

« Sous cette forme là, où il y a majoritairement des citoyens qui financent, c’est le premier de France », a souligné Mme Suire.

Il existe des parcs éoliens en fonctionnement avec des participations citoyennes minoritaires (à Saint-Gouéno dans les Côtes d’Armor notamment) et d’autres projets similaires sont en cours. Mais celui-ci sera le premier à être terminé, a-t-elle expliqué. 

Réunis dans 53 différents « clubs d’investissement », environ un millier de particuliers (essentiellement de la région) fournissent une enveloppe globale de 1,4 millions d’euros, avec une rémunération de 4% pendant les 10 premières années, selon Mme Suire.

Les « membres fondateurs » du projet, notamment l’association Eoliennes en Pays de Vilaine, mettent eux 400.000 euros au pot commun. S’ajoutent une contribution du spécialiste du financement de projets citoyens dans les énergies renouvelables Energie Partagée (500.000 euros) et de la région Bretagne (300.000 euros).

Enfin, comme la plupart des projets éoliens, le parc de Béganne s’appuie aussi sur une large enveloppe d’emprunts bancaires (environ 9 millions d’euros), notamment auprès du belge Triodos et du Crédit coopératif.

C’est le constructeur allemand RePower, filiale de l’indien Suzlon, qui a été retenu avec une éolienne de 2 mégawatts, a-t-il annoncé mercredi dans un communiqué.

Le financement des énergies renouvelables par les particuliers reste balbutiant en France, à la différence de l’Allemagne ou du Danemark (minimum légal de 20% d’investissement « citoyen » dans l’éolien) notamment.

Outre Béganne, Energie Partagée a lui un autre projet éolien autorisé en Haute-Vienne et sept autres en projet, ainsi que six centrales solaires opérationnelles, selon son site internet.

Source : AFP

Levitt récompensé du Nobel pour le travail de ses 20 ans

« J’ai travaillé avant mon post doc quand j’avais 20 ans pour écrire un programme informatique. Je suppose que j’ai écrit un assez bon logiciel », a affirmé l’Américano-britannique, joint depuis Stockholm en Californie.

Il a estimé que c’était « essentiellement » ce logiciel, conçu il y a des décennies mais toujours utile, qui lui valait la consécration à 66 ans.

Il a dit avoir été surpris quand l’appel est venu de Suède vers 2h30. « Je croyais rêver. Mon téléphone portable ne sonne jamais. D’habitude je ne reçois que des SMS ou des mails. Au départ j’ai cru que c’était une erreur de numéro », a-t-il raconté.

Deux autres lauréats, l’Austro-américain Martin Karplus et l’Israélo-américain Arieh Warshel, ont été récompensés en même temps que lui pour leur rôle de pionniers dans la modélisation informatiques des réactions chimiques.

M. Levitt a affirmé vouloir se rendre à Stockholm pour la cérémonie des Nobel en décembre avec sa famille, y compris sa mère de 98 ans, que la nouvelle a laissée « sans voix », et un petit-fils de deux ans.

Source : AFP

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Du Round-UP a été retrouvé dans les urines de personnes n’en ayant jamais utilisé

Monsanto encore au cœur des attaques d’écologistes. Cette fois, c’est le désherbant le plus célèbre, Round-Up, qui est en cause. Plus précisément l’un de ses composants, le glyphosate. L’association Les Amis de la Terre a testé 10 Français volontaires censés n’avoir jamais utilisé de substances susceptibles de contenir du glyphosate. D’après les analyses, trois des échantillons contenaient du glyphosate. Cette enquête, bien qu’à très petite échelle, va dans le même sens que d’autres mesures réalisées dans d’autres pays par les versions étrangères de cette association, où du glyphosate a été découvert dans des urines de personnes n’ayant jamais utilisé de désherbant.

« Nous sommes exposés quotidiennement à ce produit, pourtant, on ne sait pas comment il pénètre dans nos corps et peu de choses sont connues sur sa dissémination dans l’environnement ou sur ces conséquences néfastes pour notre santé. Alors que c’est l’herbicide le plus utilisé en Europe, il est scandaleux que les pouvoirs publics ne contrôlent que rarement s’il y a du glyphosate dans nos aliments et dans l’eau potable. Pourtant, quand on fait ces recherches, comme les Amis de la Terre, il s’avère que la contamination humaine est répandue. » s’emporte Christian Berdot, des Amis de la Terre France.

Le glyphosate étant très utilisé, il n’est pas choquant d’en retrouver des traces. D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une molécule biodégradable. Elle reste présente dans le sol plus d’un mois minimum. La question est : dans quelle quantité ? L’effet toxique du glyphosate sur les animaux et sur l’homme reste discuté. Dans les études contradictoires existantes, les unes prouvent sa toxicité, les autres son innocuité. L’Union Européenne doit s’intéresser au glyphosate en 2015.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

La France se fait livrer en exclusivité l’avion de transport militaire A400M

Le premier A400M vient d’être livrée à la France. Un évènement pour Airbus mais aussi pour l’armée française, auquel ont participé la crème d’Airbus et un grand nombre de responsables politiques. Notre ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, assistait  à la cérémonie sur le site d’Airbus Military à Séville (Espagne), où il s’est félicité que la France soit la première à bénéficier de cet avion de transport militaire nouvelle génération. C’est peu dire. L’A400M est un avion polyvalent, capable de transporter des charges lourdes sur de longues distances, mais aussi  de faire du transport tactique grâce à ses 4 turbopropulseurs et d’atterrir sur des terrains non préparés, en milieu hostile comme sur le sable dans le désert.

Un avion tout en muscles avec des mensurations impressionnantes : 17.71 m de long, 4 m de large et 3.85m de haut. L’A400M peut donc transporter 37 tonnes de fret et parcourir près de 4500 km de vol avec 30 t de charge utile. Une performance qui peut monter à plus de 6 000 km si sa charge utile est limitée à 20t ! Autres atouts appréciés, l’A400M peut ravitailler en  vol n’importe quel aéronef,  il est habilité à voler dans l’espace aérien commercial, peut voler en très basse altitude comme monter à 11 000 m au dessus des turbulences, limiter sa vitesse à 200km/h ou accélérer jusqu’à Mach 0.72.

Après la cérémonie espagnole, Jean-Yves Le Drian et Denis Mercier, chef d’Etat Major de l’Armée de l’Air, ont eu la chance d’embarquer à son bord pour un vol de deux heures direction Orléans.

L’aventure de cet avion militaire aurait pu virer à la catastrophe tant le dérapage du budget a été colossal. 6.2 milliards d’euros de dépassement (plus de 30%)  et  3 ans de retard n’auront pourtant pas eu raison de ce bijou technologique. Il aura fallu un soutien et une entente solide des différents Etats clients (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Turquie) pour échapper de peu à l’échec… et se répartir la facture ! D’ailleurs, pour rentabiliser cet avion, il va falloir être performant à l’export. A ce jour, Airbus a enregistré 174 commandes, dont 50 pour la France, et table sur 400 de plus dans les trente ans à venir.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Gaz de schistes : l’interdiction de la fracturation hydraulique abrogée ?

La compagnie américaine Shuepbach, à l’origine de la saisine, espère invalider la loi et pouvoir reprendre l’exploration. Si la loi était validée, Shepbach serait tout aussi gagnant, puisque l’Etat n’échapperait pas à l’indemnisation de la société. Schuepbach réclamerait plus d’un milliard d’euros suite à l’abrogation de ses permis de Nant (Aveyron) et de Villeneuve-de-Berg (Ardèche), révèle le quotidien spécialisé Bulletin de l’industrie pétrolière (BIP). La somme inclut notamment le bénéfice attendu d’une production de gaz pendant 50 ans, bien qu’aucun forage n’ait encore été lancé sur les concessions en question.

Schuepbach fait savoir qu’après avoir épuisé les procédures françaises, il se tournera vers une cour européenne s’il n’obtient pas gain de cause. De son côté, le Gouvernement a fait savoir qu’un texte empêchant l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste en France, en raison de leur impact environnemental, était déjà prêt à être déposé.

Pendant ce temps, le gaz de schiste déçoit aux Etats-Unis

En 2010, ExxonMobil, Shell, Total et BHP Billiton, ont racheté les quelques groupes qui avaient lancé l’es gaz de schiste aux Etats-Unis. En investissant des sommes considérables pour développer l’exploitation, ces groupes ont fait chuter le prix du gaz de schiste à 3 $ par million de BTU (unité énergétique pour quantifier le gaz). À ce prix,

l’exploitation n’est pas rentable. « Selon la société d’analyse financière AlphaValue, 10 milliards de dollars ont été passés en dépréciation pour les seuls groupes européens sur leurs investissements dans les gaz de schiste. Et les dépréciations ont atteint 2,8 milliards de dollars pour BHP Billiton, 2,1 milliards pour BP et 800 millions pour Total », rapporte le webzine Atlantico. En réduisant leurs investissements, ces groupes espèrent faire remonter les prix. Le secteur ne serait rentable que pour des prix aux alentours de 6-7 $. En attendant, certains réfléchiraient même abandonner leurs opérations dans le gaz de schiste américain.

Parallèlement, certains champs ont franchi leur pic de production et la production décline. C’est notamment le cas des champs de Barnett et de Haynesville, dans le Sud des Etat-Unis. Cette baisse de production est pour le moment compensée par le champ de Marcellus dans les Appalaches, explique le blog de Matthieu Auzanneau.

Ce ralentissement de la production a des causes économiques et géologiques. D’une part, la technique de fracturation ne libère le gaz que dans un périmètre restreint autour de la zone fracturée. Par conséquent, la production d’un puits est généralement maximale lors de son ouverture, avant de décliner rapidement.Pour maintenir une production élevée, il est nécessaire de forer sans cesse de nouveaux puits. Mais comme les groupes veulent faire remonter les prix, ils ont plutôt tendance à diminuer leur nombre. C’est la raison économique.

D’autre part, les nouveaux puits sont forés dans des zones moins riches en hydrocarbures, puisque les puits les plus abondants sont forés en premiers. Les nouveaux puits sont donc moins productifs et, a fortiori, moins rentables. C’est la raison géologique. Alors, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle en France ?

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Nymi : le bracelet qui veut rendre les mots de passe obsolètes

Mots de passe, clés, cartes bleues ou identifications en tout genre : tout pourrait peut-être bientôt passer à la trappe, si l’on en croit les têtes pensantes de la jeune société Bionym, une start-up canadienne fondée en 2011 à Toronto. Leur trouvaille ? Imaginer un système de reconnaissance biométrique entrant tout droit dans la gamme du « wearable computing », prenant la forme d’un petit bracelet coloré, baptisé « Nymi ». « Le but n’est pas de gérer les mots de passe, mais bien de remplacer les mots de passe », confie Karl Martin, PDG et fondateur de Bionym.

Le fonctionnement de « Nymi » semble simple : l’identité du porteur du bracelet est authentifiée par la signature (à priori unique) des signaux électriques émis par le cœur de ce dernier, mesurés par un électrocardiographe intégré au bracelet. Se démarquant des autres méthodes d’identification biométrique, telles que le scan d’empreintes digitales, la reconnaissance de l’iris, la reconnaissance faciale ou même l’analyse comportementale, le système mis au point par Bionym ne demande pas à l’utilisateur de s’identifier à chaque fois qu’il veut pouvoir débloquer quelque chose. L’identification de l’utilisateur dure aussi longtemps qu’il porte le bracelet à son poignet.

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L’activité électrique du cœur, une signature personnelle et unique

Pour s’identifier via « Nymi », l’utilisateur doit mettre le bracelet, puis toucher d’une main un capteur situé sur le dessus du dispositif pour compléter une boucle électrique avec le capteur situé en dessous, en contact avec le poignet. L’activité électrique du cœur – liée aux variations de potentiel électrique des cellules spécialisées dans la contraction et des cellules spécialisées dans l’automatisme et la conduction des influx – sert alors de signature personnelle et unique permettant de vérifier l’identité du porteur du bracelet. Les données de l’électrocardiogramme, une fois digérées, sont alors transmises via Bluetooth aux applications préalablement installées sur nos smartphones (ou tout autre appareil) se situant à proximité et réclamant une quelconque authentification, afin d’attester de l’identité de l’utilisateur.

Bionym met en avant la sécurisation « à trois facteurs » de son joujou : le possesseur doit avoir le bracelet à son poignet, il doit s’être identifié via son activité cardiaque, et il doit configurer et choisir les appareils pouvant être déverrouillés par ce biais. Le bracelet est en principe constamment activé, tout du moins tant que celui-ci reste sur le poignet de l’utilisateur, permettant de s’identifier autant de fois qu’on le souhaite sans bouger le petit doigt. Il faut toutefois réactualiser l’authentification au minimum une fois par jour.

Un bracelet complet

En plus des capteurs servant à réaliser l’électrocardiogramme et de l’émetteur Bluetooth, le bracelet est également doté d’un gyroscope et d’un accéléromètre, pour permettre la mise au point d’une gestuelle particulière pour – par exemple – ouvrir la portière de votre voiture. Bien que d’ores et déjà intégrés à notre petit accessoire, une telle utilisation du bracelet n’est pour le moment envisagée que si d’autres développeurs mettent la main à la pâte (une interface de programmation sera pour cela publiée en open-source).

La proximité de « Nymi » avec un récepteur est également un paramètre qui a été pris en compte, comme pour certaines fonctionnalités de paiements visant à détrôner l’indéboulonnable carte bleue, faisant ainsi écho aux recherches effectuées sur la communication en champ proche – une extension de l’utilisation de la RFID permettant la communication sans fil à courte portée et haute fréquence entre une puce et un lecteur NFC (Near Field Communication). On pourrait donc approcher son bracelet du lecteur pour autoriser un paiement. Et ce n’est pas tout : « Nymi » peut aussi servir de capteur d’activité, un podomètre amélioré qui est assez en vogue ces derniers temps.

Reconnaître le propriétaire et sécuriser les informations

En ce qui concerne les questions de sécurité, ou la possibilité d’accéder ou d’utiliser des données sensibles à des fins frauduleuses (usurpation d’identité) ou mercantiles, les concepteurs se réfugient derrière l’encodage des informations, assuré par une puce cryptographique intégrée au bracelet.

On est aussi en droit de se demander si des facteurs extérieurs comme le stress ou l’exercice physique peuvent altérer la capacité du bracelet à reconnaître son propriétaire. Les Canadiens se veulent pourtant rassurants, des altérations mineures du rythme cardiaque n’ayant – à les entendre – que peu d’influence sur la finesse du nez de « Nymi, mais recommandent tout de même aux futurs possesseurs de s’identifier en début de journée, en étant détendu, pour ne plus s’en préoccuper tant que l’utilisateur garde le bracelet à son poignet.

« Nymi » est déjà en prévente ici pour 79 dollars, et une livraison prévue début 2014. L’application dédiée sera initialement disponible sur iOS, Android, Windows et Mac OSX.

Par Moonzur Rahman

Les téléphériques arrivent en ville !

Le transport par câble aérien intéresse particulièrement les collectivités pour franchir les obstacles naturels ou les infrastructures urbaines. C’est notamment le cas pour survoler les cours d’eau, les autoroutes, les voies ferrées ou d’importants dénivelés. Les retours d’expérience internationaux confirment les performances en ville de ces ouvrages qui offrent un niveau de service comparable au métro ou au tramway. Par ailleurs, ils séduisent grâce à une faible durée de chantier comparée à celui d’une ligne de métro ou de tramway.

Les collectivités intègrent désormais ce mode dans l’éventail des transports en commun en milieu urbain. Des territoires lancent des réflexions sur des implantations possibles. Dans le cadre de l’appel à projets 2013 « Transports collectifs et mobilité durable » (un engagement de l’Etat pour subventionner des projets en milieu urbain, hors Ile-de-France) plusieurs projets de transport aérien par câble ont été proposés. L’objectif est de promouvoir et de banaliser ce mode, l’adapter en fonction des topologies urbaines et l’intégrer dans la multi-modalité.

Des inconnues demeurent sur les coûts

Les coûts présentent encore certaines inconnues, puisqu’il n’y a pas encore de précédent en France et donc peu de données disponibles ou exploitables en zone urbaine. Ils sont différents de ceux observés en zone de montagne, puisque les conditions d’insertion des stations dans le tissu urbain sont très différentes : emprise foncière, conception spécifique pour les stations et les pylônes, nuisances sonores et visuelles, période d’ouverture du service élargie, organisation des équipes, de la maintenance, convention collective différente, prise en compte du risque incendie, etc. De plus, pour qu’un téléphérique soit compétitif et présente un intérêt, le nombre de stations doit être limité et donc « il faut avoir des paquets d’urbanisation à desservir au pied des stations », note Laurence Debrincat, responsable de la division études générales du STIF.

Des études restent encore à lancer : une comparaison raisonnée avec d’autres modes de franchissement : câble terrestre ou ouvrage d’art, l’absorption de débits entrants importants par les différents types de systèmes à câble, notamment lors de l’arrivée en masse de clients et les conditions d’exploitation en milieu urbain en France métropolitaine dans le contexte réglementaire actuel.

Des projets français prêts pour la concertation publique

À l’occasion du colloque « Transport par câble aérien en milieu urbain », organisé par Conseil général du Val de Marne le 1er octobre 2013, plusieurs projets français ont été présentés. Le projet brestois est le plus abouti et devrait être le premier téléphérique urbain avec une mise en route en 2015. Pour un montant d’environ 15 millions d’euros et une ligne de 460 mètres, il prévoit le franchissement de la base navale située en plein centre de Brest. Chaque cabine serait disposée sur deux câbles à la fois porteur et tracteur. La concertation publique a eu lieu fin 2012 et il y a eu très peu d’opposition au projet. Le projet entre en phase opérationnelle : 5 candidatures ont été reçues pour réaliser le projet d’une dizaine de cabines.

À Toulouse, le Projet AéroTram est un système à trois câbles comprenant un tracé de 2,6 km. Dans ce type de système, le soutien des cabines est assuré grâce à 2 câbles porteurs et c’est un troisième câble qui trace la structure. L’enjeu est de relier trois pôles d’activités majeurs : l’Oncopole, le CHU de Rangueil et l’Université Paul Sabatier, en franchissant les deux rives de la Garonne et un dénivelé de 100 m. Le budget est de 44 millions d’euros pour une mise en service prévue en 2017.

Le département du Val-de-Marne porte un projet reliant Créteil, Limeil-Brévannes, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges et permettant de désenclaver ces territoires pour un investissement estimé à 70 millions d’euros. Grâce à une ligne de 4,4 km de long, il permettra de survoler d’importantes coupures urbaines : voies ferrées, gare de triage, RN 406, entrepôts, lignes à haute tension, etc. Avec 60 cabines de 15 places chacune, il pourrait accueillir 13 000 visiteurs par jour. La consultation publique s’ouvre ce mois-ci, les travaux devraient commencer en 2016 pour une mise en service en 2018. Quand le Téléval aura montré son efficacité, il devrait faire des petits en Ile-de-France !

Enfin, deux projets sont à l’étude à Grenoble. Le premier, de 10 km de long, vise à relier la ville à la montagne grâce à une technologie télécabine monocâble. Son tracé part du terminus du tram A de Grenoble (La Poya), comprend une station dans la ville de St Nizier et finit à Lans-en-Vercors. Aujourd’hui, le projet est estimé à environ 60 millions d’euros. Le deuxième projet de la ville est plus urbain et est indispensable dans le cadre du développement nord-ouest de la ville. Il reliera les 3 lignes de tram. « Dans cette vallée, il y a deux rivières, une voie ferrée et deux autoroutes : il faut franchir toutes ces coupures », explique Michel Gilbert, Chef de projet transport par câble à la Direction de la mobilité et des transports du SMTC-Grenoble Alpes Métropole. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les peintures végétales ont de l’avenir

Basée à Grasse, la start-up créée en 2011 commercialise des additifs et des résines bio-végétales. Celles-ci remplacent les ingrédients issus de la pétrochimie, de façon à obtenir une peinture de performance égale, mais écolo.  Dans leur besace, Olivier Choulet et Pierre Chevalier disposent de deux gammes de  polymères bio-sourcés, de polyols, de glycérols et d’huiles. La marque Inokem comprend des résines alkydes à base d’eau tandis que celle baptisée Secoia s’appuie sur une fabrication à base d’oléagineux tels que le soja et le tournesol.

Pour doper sa croissance, Ecoat n’a d’autre choix que d’innover en permanence. Et elle l’a bien compris. S’appuyant sur un solide réseau de R&D, la Start-up collabore avec l’Université de Nice pour les matériaux, l’Université Lyon I pour les synthons végétaux, et l’école d’ingénieur Itech pour l’analyse de peintures végétales. Des associations fructueuses qui ont déjà abouti à un dépôt de brevet pour un procédé de réticulation qui permet notamment à la peinture de sécher en 12 minutes, sans catalyseur à base de sel de cobalt. Des innovations récompensées plus  récemment par le prix ChemStart’Up pour ses polymères biosourcés.

Les peintures végétales  semblent séduire le secteur de la peinture puisque Ecoat, avec un chiffre d’affaire de 550 000€ en 2011 et de plus d’une million en 2012, prévoit pas moins de 5 millions de levée de fond.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Le GIEC évoque un réchauffement « sans équivoque » et « sans précédent »

« Les données sont claires : pour nous, le réchauffement est sans équivoque et sans précédent depuis des décennies et des millénaires », a affirmé Jean Jouzel, climatologue expert du GIEC, à l’occasion d’une conférence à l’école Sciences Po le 2 octobre. Ce réchauffement climatique ne se limite pas à la hausse des températures qui pourrait atteindre 5,5°C dans le scénario le plus extrême en 2100 : « tous les indicateurs du réchauffement sont au rouge », précise-t-il. 

En effet : le cycle global de l’eau est modifié, les neiges et glaces fondent de plus en plus vite, le niveau moyen des océans augmente, l’acidification des océans augmente, certains phénomènes climatiques extrêmes se multiplient et les températures du pergélisol augmentent, entraînant une diminution de son épaisseur dans certaines régions. Selon le premier volume du cinquième rapport du GIEC, les trois dernières décennies ont été de plus en plus chaudes et la décennie 2001-2010 a été la plus chaude depuis 1850. Dans le scénario d’émissions le plus pessimiste, il n’est pas exclu que la banquise arctique disparaisse totalement en été à partir de 2050.

Selon le rapport, le taux d’élévation du niveau de la mer depuis le milieu du 19e siècle a été plus important que le taux moyen observé au cours des deux millénaires précédents. Entre 1901 et 2010, le niveau moyen de la mer a augmenté de 19 cm. D’ici 2100, il devrait encore augmenter entre 26 cm et 82 cm, avec des inégalités spatiales, en fonction des scénarios d’émissions. Dans le pire des cas, il pourrait même atteindre 98 cm. 

Le tableau peut paraître assez noir, mais la science ne ment pas. Les projections du changement climatique sont basées sur une nouvelle série de quatre scénarios de concentrations futures de gaz à effet de serre, d’aérosols, couvrant un large éventail de futurs possibles. Le Groupe de travail I a évalué le changement climatique à l’échelle mondiale et à l’échelle régionale pour le début, le milieu et la fin du 21e siècle.

Où en sont les émissions ?

Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et d’oxyde nitreux (N2O) ont toutes augmentées depuis 1750 en raison de l’activité humaine. Elles ont atteint des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans. La vitesse d’augmentation de ces concentrations atmosphériques au cours du siècle dernier n’a pas de précédent depuis 22 000 ans.

En 2011, les concentrations de ces gaz à effet de serre étaient respectivement de 391 ppm, 1803 ppb et 324 ppb, dépassant les niveaux préindustriels d’environ 40 %, 150 % et 20 %. L’océan a absorbé environ 30 % du dioxyde de carbone anthropogénique émis, provoquant l’acidification des océans à un niveau probablement au plus fort depuis des millions d’années…

En mai 2013, rappelons que le seuil symbolique des 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère était franchi pour la première fois à la station de mesure de Mauna Loa (Hawaï), qui représente une bonne approximation de la concentration moyenne en CO2 dans l’hémisphère Nord. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Techniques de l’ingénieur vous donne rendez-vous les 9 et 10 octobre à Lyon

Chaque visiteur porteur de projets d’innovation est qualifié et orienté vers les exposants susceptibles de leur apporter des réponses. En 2012, la dernière édition avait attiré plus de 2 600 participants et donné lieu à 9 000 rendez-vous d’affaires.

Techniques de l’Ingénieur est partenaire de cet événement. L’édition 2013 aura lieu les 9 et 10 octobre à Lyon (Double Mixte).

Nos chargés d’affaires vous y attendent et sont à votre disposition pour vous présenter les nouvelles ressources documentaires (Systèmes radars et application, Systèmes embarqués, Développement durable…), ainsi que nos programmes de formation ou encore nos prestations de conseil, missions d’audits et de recommandations techniques.

L’inscription est gratuite pour les visiteurs porteurs de projets d’innovation : http://www.rdv-carnot.com

Le Phonebloks, le mobile personnalisable évolutif

Un mobile personnalisable pour s’adapter aux besoins. Comme son nom l’indique, le Phonebloks permettrait d’assembler des composants – les fameux blocs – selon les besoins de son détenteur. Chaque module représentant une fonctionnalité, il ne tient qu’à l’utilisateur de monter son mobile en fonction de ses envies, comme avoir plus ou moins de mémoire, de meilleurs haut-parleurs, capteurs photo… Il n’en fallait pas davantage pour assimiler le principe du Phonebloks au jeu Lego. Le concept est sorti tout droit de l’esprit du designer néerlandais Dave Hakkens, âgé de 25 ans. Ce jeune homme talentueux préoccupé par l’écologie s’était déjà fait remarquer pour ses projets relativement fantaisistes tels que : la presse éolienne pour obtenir de l’huile de noix, le savon en dur et en languettes, la prise à partager et le plugbook destiné à ne plus se prendre les pieds dans les fils électriques.

Tout est remplaçable! Il s’agit d’un des points forts du mobile. En cas de panne d’un composant, que ce soit la batterie, l’écran ou autres, il n’est pas nécessaire d’acheter un nouveau mobile puisqu’il suffit de remplacer la pièce défectueuse par une autre fonctionnelle. Fini l’obsolescence programmée des mobiles, bienvenue vers l’ère évolutive.

L’engouement suscité par le Phonebloks est bien réel. Ce qui n’est encore qu’un projet pourrait bien se concrétiser dans un futur proche tant le concept du Phonebloks semble plaire. De nombreux sites n’ont pas tardé à relayer l’information, les gens n’ont pas hésité non plus à commenter et partager sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, plus de 850 000 personnes ont déjà affiché leur soutien via la plateforme Thunderclap. Dave Hakkens lui-même, qui avait pour but d’attirer l’attention, n’avait sans doute pas espéré un tel emballement.

Cependant, le Phonebloks est-il réalisable ? Certains doutent en effet de l’intérêt d’un tel projet. Car là où les smartphones tendent à regrouper le plus de fonctionnalités possible sur une puce, le phonebloks les éclate. Une politique qui va donc à contre-courant du développement des techniques actuelles. Et puis il y a d’autres sujets d’inquiétude… La multiplication des composants interchangeables ne va-t-elle pas faire grimper les prix ? Les modules une fois connectés les uns aux autres fonctionneront-ils correctement ? Les investisseurs, opérateurs et constructeurs vont-ils suivre cette idée au risque de casser le modèle établi dans le cas des smartphones classiques ? Toutes ces réserves laissent dubitatif malgré l’enthousiasme sincère que génère le Phonebloks. Alors patientons encore quelque temps afin de savoir si le Phonebloks dépassera le stade de projet séduisant.

 

Par Sébastien Tribot

 

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Rapidcool rafraîchit vos boissons en 45 secondes !

En Europe, la consommation globale des réfrigérateurs et congélateurs commerciaux est estimée à 85 térawattheures d’électricité par an. Cela équivaut tout de même à 17 % de la consommation électrique française annuelle !

Le projet Rapidcool vise à réduire cette consommation. La technologie, conçue par la société anglaise Enviro-Cool  Limited, permet d’abaisser la température des bouteilles et canettes de 25°C jusqu’à 4°C, en 45 secondes. En plus de rafraîchir les boissons, Rapidcool élimine la totalité des bactéries présentes sur les canettes  et bouteilles.

«Nous l’avons imaginé comme une solution de remplacement pour l’ensemble des meubles  frigorifiques déjà existants, que ce soit les réfrigérateurs  ouverts ou les distributeurs de boissons. Nous sommes  maintenant impatients de poursuivre le développement  de notre produit pour le marché domestique. L’Asie et l’Amérique du Nord ont déjà manifesté un grand intérêt et nous présentons actuellement Rapidcool aux  industriels et distributeurs européens », explique Kevin Hall, fondateur d’Enviro-Cool Limited.

Comment obtenir ce rafraîchissement rapide ?

La boisson, pour être rafraîchie le plus rapidement possible, est plongée dans un liquide glacé dans lequel elle effectue des rotations. Grâce à la technologie breveté V-Tex, les boissons peuvent être agitées sans  qu’elles n’explosent à l’ouverture sous l’effet de la pression. 

Le défi de base était de trouver une alternative aux meubles frigorifiques traditionnels qui fonctionnent de manière continue. Conçue pour fonctionner comme une unité indépendante, la chambre froide peut être intégrée dans les distributeurs de boissons existants. Un bras automatisé est intégré  dans l’unité pour que la prise de la canette et sa livraison soit entièrement automatique. Grâce  à cette innovation, la plupart, si ce n’est l’ensemble des meubles réfrigérant ouverts et les distributeurs de boissons utilisés dans le monde pourraient être remplacés. 

De 54 % à 80 % d’économies d’énergie

Pour la réfrigération de 200 canettes de 50 cL par jour, l’utilisation de Rapidcool permet une économie d’énergie  de 80 % par rapport aux traditionnels meubles frigorifiques ouverts et de 54 % par rapport aux meubles frigorifiques fermés. L’économie pour les commerçants utilisant des meubles frigorifiques ouverts serait de 832  euros par réfrigérateurs et par an et de 219 euros par  réfrigérateurs et par an pour les commerces utilisant des  meubles frigorifiques fermés.

Une commercialisation rapide

Les partenaires du projet ont conclu un accord avec deux compagnies internationales, leaders sur le marché de la distribution de boissons et de produits électroménagers. Par ailleurs, des tests auprès des consommateurs sont prévus dans un supermarché néerlandais à la fin du mois d’octobre. 

Une gamme de produits similaires destinés aux foyers, lieux de travail, bars,  restaurants et hôtels est en cours de création. Ces différents produits permettront de rafraîchir des canettes de 15 cL à 50 cL en moins de 1 minute et des bouteilles de vin de 33 cL à 75 cL pour une attente variant entre 5 et 15 minutes. Vous ne serez donc plus jamais en panne de boissons fraîches !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

REACH : l’actualité du mois de septembre (2/2)

Avis sur des propositions de classification et d’étiquetage harmonisés

17/09/2013

Le comité d’évaluation des risques ou RAC a adopté six avis sur des propositions pour l’harmonisation de la classification et de l’étiquetage le 17 septembre 2013. Le RAC a accepté de classer : pyridaben (N°CE 405-700-3), dodemorfe (N°CE 216-474-9), acétate de dodemorfe (N°CE 250-778-2), imidazole (N°CE 206-019-2), spirotetramat (N°CAS 203313-25-1), 1,2-époxybutane (N°CE 203-438-2). Plus d’information sur :

http://echa.europa.eu/view-article/-/journal_content/title/rac-concludes-on-six-scientific-opinions

Nouvelle consultation pour éviter les tests sur les animaux

20/09/2013

L’ECHA a lancé un appel visant à collecter des informations sur des substances pour éviter les tests inutiles sur les animaux. Six consultations sont lancées. Les informations relatives à ces substances sont à soumettre pour le 4 novembre prochain.

Plus d’information sur : http://echa.europa.eu/information-on-chemicals/testing-proposals/current

Mise à jour de l’outil Navigator pour aider les industriels à identifier leurs obligations au titre de REACH

25/09/2013

L’ECHA a publié une mise à jour de son outil Navigator (dans 23 langues officielles de l’UE). Le Navigator est un outil interactif qui aide les fabricants, importateurs, utilisateurs en aval et distributeurs de substances chimiques seules ou présentes dans des mélanges et des producteurs et fournisseurs d’articles afin de clarifier leur rôle dans la chaîne d’approvisionnement et d’identifier leurs obligations au titre de REACH.

Pour les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas encore examiné l’impact des règlements REACH et CLP sur leur entreprise, il est fortement conseillé d’utiliser le navigateur disponible dans toutes les langues de l’UE.

Rapport de recherche publié sur les coûts de substitution des produits chimiques dangereux

25/09/2013

L’ECHA publie un rapport sur les résultats d’une recherche dans l’estimation des coûts de substitution de six substances préoccupantes. L’objectif de ce travail était d’améliorer la capacité dans l’évaluation des coûts de substitution, de développer certains aspects théoriques et méthodologiques spécifiques aux produits chimiques dangereux.

Une estimation des coûts de réduction pour chacune des substances étudiées est développée dans les annexes dédiées à chaque substance.

Consultation publique pour une classification et étiquetage harmonisés

27/09/2013

L’ECHA a lancé une nouvelle consultation pour l’harmonisation et l’étiquetage harmonisé du glutaral / glutaraldehyde / 1,5-pentanedial. Les parties intéressées sont invitées à soumettre leur commentaire sur le site de l’ECHA, et ce avant le 11 novembre 2013.

Par Céline GABORIAUD NECTOUX, Ingénieur Environnement aux Ateliers d’Orval

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Pourquoi le marché de la gestion des appareils mobiles tel que nous le connaissons va mourir

Beaucoup d’entreprises associent une stratégie de mobilité sécurisée à une gestion MDM. La gestion des appareils mobiles est certainement importante, mais les entreprises qui s’y limiteront seront perdantes. Une approche centrée sur les appareils néglige le fait que la valeur réelle de la mobilité réside dans l’accès sécurisé au capital connaissances de l’entreprise : les données. Ce type d’approche ne permet pas non plus d’accroître le potentiel de développement de liens professionnels plus solides grâce à une collaboration sécurisée en temps réel avec les clients, collègues et partenaires, et où qu’ils soient.

Il n’est donc pas surprenant que le Gartner ait récemment confirmé nos prévisions concernant la mort du marché actuel de la gestion des appareils mobiles, et mis en avant l’intérêt grandissant de l’industrie pour la gestion des applications mobiles.

Les opportunités de création d’avantages concurrentiels véritables et de transformation d’entreprise grâce aux technologies mobiles ne dépendent plus uniquement de la gestion des appareils mobiles. Les entreprises subissent une pression exercée par leurs dirigeants et leurs employés en vue du développement et du déploiement d’applications mobiles pouvant satisfaire des modes de travail mobiles et accroître l’engagement client, tout en conservant leurs données en sécurité.

La nécessité pour les employés de travailler avec autant d’efficacité en déplacement qu’à leur poste a poussé les entreprises à comprendre la valeur des écosystèmes sécurisés d’applications mobiles. D’ici 2017, le Gartner prévoit que 25% des entreprises disposeront d’une place de marché d’applications professionnelles. En tant qu’éléments des stratégies de mobilité sécurisée en entreprise, les applications mobiles d’éditeurs de logiciels ou personnalisées permettent aux entreprises d’accélérer leurs processus métier, de profiter de nouvelles opportunités et de tisser des liens plus solides. Ce modèle permet ainsi de profiter de workflows améliorés quel que soit l’emplacement, et de mieux aligner la politique de sécurité avec les objectifs métier en matière de collaboration et d’innovation, en sécurisant l’écosystème au lieu des appareils utilisés pour y accéder.

Selon un rapport publié récemment par Strategy Analytics (Prévisions mondiales sur l’utilisation d’applications mobiles professionnelles entre 2011 et 2017), les revenus générés à l’aide d’applications mobiles d’entreprise devraient presque doubler entre 2012 et fin 2017 et passer de 25 à 50 milliards de dollars. 

Les entreprises choisissant d’investir profiteront d’un nouveau modèle d’interaction avec l’ensemble de leur réseau. Imaginons un commercial capable, en visite chez un client, d’accéder sans restriction à tout ce dont il aurait besoin (données, documents et conseils) et en toute simplicité sur son appareil mobile. En cas d’accord obtenu lors de ce déplacement, les deux parties pourront rédiger un contrat, et le faire signer et approuver à l’aide d’un écosystème sécurisé d’applications sur leur appareil mobile : sans avoir à attendre d’être de retour à leur bureau. Ce niveau de productivité et cet avantage concurrentiel ne sont possibles que si la stratégie de mobilité professionnelle sécurisée de l’entreprise va au-delà de la simple gestion des appareils mobiles. 

Par Florian Bienvenu, VP Europe Centrale et Europe du Sud de Good Technology

D’après Curiosity, il n’y aurait pas de vie sur Mars

En 2003, des scientifiques avaient en effet observé depuis la Terre des traces de nuages de méthane dans l’atmosphère martienne. Et pas qu’un peu, puisque le nuage stationné près de l’équateur faisait 19 000 tonnes.  Sur Terre, une grande quantité de méthane est produitr par des microbes. D’où l’hypothèse d’une forme de vie similaire sur Mars.

Mais malgré les recherches et nombreuses mesures au spectromètre laser de Curiosity, aucune trace de méthane. Celui-ci aurait-il pu disparaître ? « On ne connaît pas de processus naturel par lequel le méthane peut rapidement disparaître de l’atmosphère » s’étonne Sushil Atreya, co-auteur d’une étude parue dans Science sur cette observation. Alors peut-être que les mesures ne sont pas fiables ? Totalement inenvisageable pour Chris Webster, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, qui se dit confiant dans l’exactitude des mesures de Curiosity sur les différents prélèvements renouvelés du printemps à la fin de l’été.

C’est un véritable mystère. En effet, Curiosity aurait dû retrouver des traces du nuage de méthane observé, tout comme la sonde Mars express en avait détecté.  Pour l’instant, aucune explication n’a été formulée pour justifier une dissolution totale du méthane. « Le méthane est persistant. Il resterait pendant des années dans l’atmosphère martienne » insiste même Sushil Atreya.

Cependant, les scientifiques de la Nasa vont quand même tenter de reprogrammer l’instrument SAM pour la détection spécifique de gaz. Ils espèrent ainsi  concentrer le méthane potentiellement contenu dans les échantillons de façon à le rendre détectable.

Ce qui est sûre, c’est qu’en l’absence de méthane, l’espoir de mettre à jour des traces de vie sur Mars se réduit à peau de chagrin. « Cela réduit la probabilité de trouver des micro-organismes martiens produisant du méthane, mais ceci ne concerne qu’un seul type de métabolisme microbien. Comme nous le savons, il y a un grand nombre de types de microbes terrestres qui ne fabriquent pas du méthane. » espère Michael Meyer de la NASA.

Imperturbable, Curiosity continue sa route et ses mesures.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Avec Aireal, Disney vous fait toucher des objets virtuels !

La réalité virtuelle ne cesse de faire parler d’elle. Après les technologies immersives et les détecteurs de mouvements, c’est au tour du laboratoire de recherche de Disney de donner vie à des objets virtuels. Il fallait y penser : la technologie est un petit appareil  qui projette vers l’utilisateur des impulsions d’air comprimé, sous forme d’anneaux, comme des ronds de fumée. Contrairement aux jets d’air, qui sont difficiles à maintenir et à contrôler sur de longues distances, ces anneaux peuvent être transmis sur des distances relativement longues sans se dissiper et peuvent être ciblées avec précision. 

Combinées à la technologie 3D et aux logiciels de reconnaissance de mouvements, ces impulsions donnent l’impression de réellement toucher les objets virtuels. L’appareil parvient même à transmettre des sensations différentes en fonction de la texture de l’objet ou à créer des sensations de retour de force pour les gestes, simplement en variant la fréquence des battements d’air.

Des applications multiples pour améliorer l’immersion

Cette invention a de nombreuses applications possibles, que cela soit dans les cinémas en 3D pour donner encore plus de réalisme à l’action ou dans les jeux-vidéos. Disney explique d’ailleurs comment, combinée à une caméra comme Kinect, elle permet, par exemple, de faire ressentir physiquement à l’utilisateur la sensation d’arrêter des ballons virtuels. La technologie permet également de ressentir les battements d’ailes d’un papillon lorsqu’il se pose sur votre bras…

Le prototype est associé à une caméra 3D qui, grâce aux capteurs autour de l’appareil, permet de suivre les mouvements de l’utilisateur en temps réel et de diriger précisément les flux d’air sur certaines parties de son corps. Pour ce faire, deux moteurs orientent l’AIREAL verticalement et horizontalement et l’envoi d’air se fait à l’aide d’une sorte de piston en caoutchouc. 

Pour le moment, le dispositif est performant jusqu’à une distance de 1,5 m, mais l’air peut être ressenti jusqu’à 3 m. Le dispositif pourra être adapté à n’importe quelle taille. « Vous pouvez rendre la technologie assez petite pour l’attacher à un appareil mobile, ou vous pouvez la faire assez grande pour émettre des sensations qui voyagent à travers différentes pièces », affirme Rajinder Sodhi, doctorant et chercheur principal du projet.

« Ce qui rend cela particulièrement excitant, c’est que nous pouvons créer ces effets littéralement dans de l’air libre, sans que les utilisateurs n’aient besoin de porter des gants spéciaux ou des vestes, de tenir des dispositifs haptiques ou de s’assoir dans des chaises équipées », explique Ivan Poupyrev, chercheur au centre de recherche de Disney à Pittsburgh. « La technologie qui crée ces effets est évolutive et relativement peu coûteuse, de sorte que nous pouvons envisager l’utilisation d’AIREAL pour créer des expériences magiques à la fois pour les grands groupes de personnes et pour un seul individu dans son salon », poursuit-il.

La prochaine technologie qui devrait voir le jour pour arriver à une expérience immersive complète sera certainement celle capable de reproduire les odeurs. Alors, selon vous, dans combien de temps doit-on se donner rendez-vous pour une immersion virtuelle intégrale ?

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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60% des allemands déclarent ne pas avoir peur du changement climatique

Ce changement radical de l’opinion publique en Allemagne, mais aussi ailleurs dans le monde y compris en France où un tiers des français se déclare à présent « climato-sceptique » selon une étude TNS Sofres,  inquiète une partie des climatologues, dont ceux du GIEC qui se réunissent actuellement à Stockholm pour discuter avec les délégués gouvernementaux de leur prochain rapport.

Dès 1989, le climatologue américain Stephen Schneider expliquait dans Discover Magazine la logique de l’approche des exagérateurs climatiques: « nous devons présenter des scénarios effrayants, proférer des affirmations simplistes et catastrophiques sans prêter attention aux doutes que nous pourrions avoir. Chacun d’entre nous doit choisir entre l’efficacité et l’honnêteté ». Dans cette logique Hermann Ott, du parti vert allemand, estime à présent dans Spiegel  que les politiques environnementales « ont besoin de l’élément de la peur. Car sinon aucun homme politique n’y prêtera attention ».

Mais pour une partie grandissante des climatologues, il est temps de dire toute la vérité à propos de la pause du réchauffement. Par honnêteté intellectuelle, qualité indispensable en sciences, et pour tenter de rester crédibles. Pour Jochem Marotzke, directeur du Max Planck Institute für meteorologie à Hambourg, « les climatologues ont une obligation, pas envers la politique environnementale, mais envers la vérité ». Ce scientifique explique dans Spiegel que pour des raisons d’éthique scientifique, le GIEC a l’obligation  d’engager des discussions à propos de cette pause.

Des propos salués par Judith Curry, titulaire de la chaire de la School of Earth and Atmospheric Sciences au Georgia Institute of Technology,  et qui anime un blog où l’esprit scientifique est mis en avant. « La vérité qui dérange le GIEC, c’est la pause qui dure depuis plus de 15 ans » souligne l’experte.

Pour Tamsin Edwards, modélisatrice du climat à l’Université de Bristol, « l’activisme des climatologues a endommagé la confiance dans la science ». Cette animatrice du blog intitulé « Tous les modèles sont faux…mais quelques-uns sont utiles » estime que « les scientifiques ont l’obligation morale d’être impartiaux. Ils ne doivent pas se faire les avocats de causes politiques. »

Une pause qui dérange

Fin 2009, Mojib Latif, climatologue du Leibniz Institute à Kiel,  a émis l’hypothèse que la pause du réchauffement observée depuis le début du XXIème siècle pourrait durer jusqu’à environ la moitié du siècle, du fait de l’influence des oscillations océaniques multidécennales (PDO, AMO). Jochem Marotzke  avait dans la foulée déclaré à propos de cette pause  qu’« on ne peut pas nier qu’il s’agit du sujet scientifique le plus brûlant du moment. On ne sait vraiment pas pourquoi cette stagnation arrive maintenant ». En France, le scientifique Claude Allègre, qui a obtenu le très prestigieux Prix Crawford pour ses travaux en sciences de la terre, notamment à propos de la génèse de l’atmosphère terrestre, avait osé faire écho des propos de ces deux scientifiques dans une tribune du journal Le Monde datée du 21 mai 2010 et intitulée « Le droit au doute ».

« Dans l’ambiance pratiquement hystérique de l’exagération climatique actuelle, l’annonce d’un réchauffement moins dramatique n’est pas bien reçue parce que tous les membres politiquement corrects préféreraient cacher ce fait au public en suivant la maxime populaire selon laquelle la fin justifie les moyens » estime Lennart Bengtsson, l’un des climatologues suédois les plus réputés, qui a participé à la création du GIEC aux côtés de Bert Bollin, également suédois et premier président de cet organisme onusien. « Même s’il n’y a aucun signal global évident, on avance des arguments adhoc à partir d’une liste sans fin d’événements météorologiques extrêmes. Le fait que des événements météorologiques extrêmes aient été observés pour le présent comme pour un climat normal, est passé sous silence.»  

Une pause qui conduit à relativiser la solidité des modèles informatiques

Depuis 2009, la pause du réchauffement s’est prolongée. Pire, comme mis en évidence dans un article publié en août 2013 dans la revue Nature (Overestimated global warming over the past 20 years), la courbe de la température commence à sortir de l’intervalle de confiance à 95% des prédictions des modèles informatiques retenus par le GIEC.

Si la pause du réchauffement dure encore 2 ou 3 ans, « nous allons devoir admettre que quelque chose est fondamentalement erroné dans les modèles climatiques » a estimé dans Spiegel le 20 juin 2013 le climatologue Hans Von Storch, directeur de recherches au sein du Helmholtz Research Centre.

Une conclusion partagée par de nombreux climatologues, et en France par Jacques Duran, ancien Directeur des Etudes  de l’ESPC de Paris auprès de Pierre-Gilles de Gennes, et ancien Vice-Président, Chargé de la Recherche, de l’Université Pierre et Marie Curie. Sur son site Pensée-Unique.fr, spécialisé en correction des propos des exagérateurs climatiques, le scientifique explique avec pédagogie qu’« en matière de science le scepticisme est un devoir » et rappelle que pour Denis Diderot « le scepticisme est le premier pas vers la vérité ».

Mais concernant le plateau de la température qui dure depuis une décennie et demi, pour le modélisateur Laurent Terray du Cerfacs, « s’il venait à se poursuivre pendant deux décennies supplémentaires, on pourrait commencer à se demander si les modèles ne sous-estiment pas la variabilité interne du climat ». Il faudrait donc pour lui que la pause dure plus d’un tiers de siècle, et que les températures observées dans le monde réel sortent complètement pendant 20 ans de l’intervalle de confiance des modèles pour commencer à se poser des questions. Pour Jochem Marotzke, l’attitude de ceux qui affirment qu’il faudra que la pause dure au moins 30 ans pour devenir significative sur le plan climatique « n’est pas scientifique.» 

Si le GIEC n’a pas été capable de prévoir correctement, loin s’en faut, l’évolution de la température ces 15 dernières années, la question se pose légitimement de savoir s’il est capable de prévoir son évolution  pour les 15 ou 30 ans à venir, c’est-à-dire à une échelle de temps pertinente pour les politiques publiques. De plus, insiste Judith Curry, « si se sont les oscillations océaniques (PDO, AMO) qui expliquent la pause qui dure depuis 15 ans, alors on peut émettre l’hypothèse qu’une partie du réchauffement observé entre les années 80 et 90 était aussi lié à cette variabilité naturelle multidécennale ». Se pose alors en toile de fond la question de savoir si l’estimation de fourchette de sensibilité climatique à un doublement de la concentration atmosphérique en CO2 est correcte. Selon de nombreuses études récentes, il faudrait revoir à la baisse cette sensibilité.

Des acteurs des énergies renouvelables inquiets  

« Depuis des années, j’ai diffusé les hypothèses du GIEC et je sens que j’ai été dupé » soupire Fritz Vahrenholt, grand promoteur des énergies renouvelables et ex-Ministre de l’Environnement régional. « Les énergies renouvelables me sont chères » ajoute l’ancien conseiller pour l’environnement durable auprès des chanceliers Schröder et Merkel. « Mon inquiétude est que si le public découvre que ceux qui nous avertissent d’un désastre climatique ne disent que la moitié de la vérité, il ne sera plus disposé à payer des notes plus élevées pour l’électricité provenant de l’énergie éolienne et solaire » analyse-t-il dans une interview pour Die Welt de février 2012.

Le risque de rupture de confiance est bien réel. Et encore davantage dans un contexte de crise économique. Mais il n’est pas trop tard pour les exagérateurs climatiques de s’interroger sur le bienfondé de leur approche en matière de communication. Pour Wendel Trio, directeur de l’ONG Climate Action Network Europe, le GIEC « se rendrait extrêmement vulnérable à de nouvelles critiques, sincères ou non » s’il ne parlait pas de la pause du réchauffement.

Choisir entre l’humilité et la logique clanique

James Lovelock, scientifique spécialiste de l’atmosphère, a été l’un des premiers en avril 2012 a effectuer un mea culpa sincère, et à reconnaître que l’approche de l’alarmisme reposait sur une base erronée. « Nous sommes très tribaux. Vous êtes soit un bon, soit un méchant » analyse le père de l’hypothèse Gaïa qui a enthousiasmé le mouvement écologiste, mais « le problème c’est que nous ne savons pas ce que fait le climat en ce moment. Nous pensions le savoir, il y a vingt ans. Ceci a poussé à l’écriture de quelques bouquins alarmistes – y compris le mien – parce que ça paraissait bien clair, mais cela ne s’est pas produit. Nous étions censés être, en ce moment, à mi-chemin d’un monde en train de griller. Mais le monde ne s’est pas beaucoup réchauffé depuis le début du millénaire ». 

Par Olivier Daniélo

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News informatique : Septembre 2013

Plusieurs grandes compagnies japonaises s’essayent au Crowdsourcing

Plusieurs grandes compagnies japonaises commencent à s’intéresser au Crowdsourcing comme nouveau moyen de sous-traitance à moindre coût.

Le Crowsourcing, ou « externalisation distribuée à grande échelle », consiste à mettre en contact des individus avec les entreprises cherchant à sous-traiter des projets. Le marché du Crowdsourcing au Japon est en très forte croissance. A titre d’exemple, la compagnie Panasonic va sous-traiter, dans le courant du mois d’août 2013, des designs d’étuis d’ordinateurs portables et d’appareils photos via le géant japonais du Crowdsourcing : Lancers. Panasonic prévoit de sélectionner plusieurs designs d’étuis, de 50 à 100 pour chaque type et de les commercialiser en Septembre 2013. La compagnie rémunérera les candidats dont les designs auront été utilisés à hauteur de 10,000 à 20,000 Yen (soit entre 80 et 160 euro) par design. La compagnie Lancers touchera de son côté 20% de commission pour effectuer l’intermédiaire entre l’entreprise et les participants. Panasonic espère collecter de nombreux designs et idées dans une courte période de temps (entre 500 et 600 propositions en une semaine) et ceci pour un tiers du coût normal de sous-traitance.

Au printemps 2013, la compagnie Sony avait sollicité la compagnie CrowdWorks dans le cadre d’un projet visant à améliorer la reconnaissance vocale des appareils photos numériques.Des dizaines de participants ont enrichi la base d’apprentissage de commandes grâce à des enregistrements vocaux (pour une rémunération de 8 euros).

Plusieurs compagnies, comme Rakuten, s’intéressent de plus en plus à la traduction par Crowdsourcing. L’entreprise Gengo, qui regroupe 9,000 traducteurs enregistrés sur son site web, a enregistré un nombre record pour l’année 2013 de demandes de traduction de manuels d’utilisation ou de contenus de réseaux sociaux.

L’utilisation du Crowdsourcing par les grandes compagnies augmente le nombre de projets rémunérés qui sont de plus en plus diversifiés, allant de la simple entrée de données au développement d’applications mobiles et de sites web et à la traduction. Ces initiatives de compagnies japonaises montrent l’implication du Japon dans le développement de l’Internet du futur.

1,6 million d’euros pour la recherche sur l’intelligence artificielle

Le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF) a débloqué 1,6 million d’euros sur trois ans pour un nouveau projet dans le domaine des systèmes cyber-physiques (systèmes électroniques intégrés à des appareils, qui peuvent être combinés et qui communiquent entre eux). Le projet, baptisé « SPECifIC », est mené par le Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle de Brême (DFKI).

L’étude s’intéresse aux appareils du quotidien recelant des composants électroniques à un niveau de plus en plus complexe : téléphones portables, transports, domotique. « Nous avons pour objectif d’augmenter les exigences de qualité et de sécurité de ces systèmes, par le développement de nouveaux flots de conception [1], de nouvelles méthodes et techniques », explique Rolf Drechsler, directeur de recherche au DFKI. Le projet permettra également d’accroître la sécurité des systèmes d’information.

Les chercheurs s’intéressent particulièrement à l’industrie des puces. Le nouveau flot de conception pourrait, notamment à l’aide d’outils logiciels, réduire le temps et le coût de développement des puces.

Le smartphone, par l’ensemble des fonctionnalités assurées par un même dispositif et sa complexité croissante, est l’exemple type de l’application potentielle du projet. Lorsque l’un des composants électroniques est défaillant lors de la conception, la recherche du problème est fastidieuse. De nombreuses corrections sont alors effectuées dans le processus global, sans cerner complètement l’origine du problème. Un nouveau flot de conception permettrait une correction à la racine et un test de la cohérence des circuits dans un système embarqué avant leurs mises en oeuvre.

Le changement du niveau de spécification n’est qu’une partie du projet. La seconde porte sur une gestion intégrée des modifications, ainsi qu’une correction automatique d’erreurs dans le processus de conception. Enfin, la dernière section du projet vise à inclure une spécification du système de langage naturel au début de la conception. Il s’agit de la traduction cohérente des exigences du système en langage informatique.

NTT Data et Oracle s’associent pour effectuer de l’analyse de Tweets

NTT Data et Oracle vont s’associer à partir d’octobre 2013 pour effectuer de l’analyse de données sur Twitter. Cette initiative fait suite à une augmentation attendue des demandes de services pour l’analyse des données de microblogging [1], incluant les données postées sur Twitter. En effet, les commerçants cherchent de plus en plus à augmenter leurs activités de marketing et les industriels essayent de mieux gérer la qualité de leurs produits.

NTT Data possède un contrat d’exclusivité avec Twitter pour l’utilisation et la revente de tous les tweets [2] postés en japonais depuis le Japon. Oracle est le leader mondial des logiciels de gestions de données pour les entreprises. Les deux compagnies vont conjointement développer un logiciel d’analyse de tweets et l’incorporer à leurs offres de gestion de données proposée aux entreprises. Les deux compagnies espèrent vendre ce service à une cinquantaine de clients en 3 ans, pour 20 million de yen chacun (soit un peu plus de 150 000 euros).

NTT Data devrait demander à Twitter une révision précoce de son contrat afin de pouvoir également traiter les tweets postés dans toutes les langues, ceci afin d’offrir ce service dans d’autres pays.

Reportage vidéo – Des avatars pour nous remplacer

Le robot Jazz se rend au chevet des patients pour les écouter et poser un diagnostic tandis que le robot Da Vinci les opère avec précision. Dans les coulisses, il y a un éminent chirurgien qui a acquis, via ces technologies, un véritable don d’ubiquité !

 

 

Vidéo réalisée par Universcience.tv

Réalisation : Elodie Fertil
Production : Gédéon Programmes, avec la participation d’Universcience

Le premier haut-parleur alimenté par des ions

Le transport d’électrons sera-t-il bientôt has been ? Possible, car la découverte des scientifiques  de Harvard prouve que l’on peut déplacer des charges électriques en utilisant des ions à la place des électrons. L’équipe a  réussi à fabriquer un prototype de haut-parleur très original. Une fine couche de caoutchouc est emprisonnée entre deux couches d’un gel à base d’eau salée. Dès qu’un courant électrique traverse le gel, le caoutchouc se contracte et vibre, reproduisant le fonctionnement d’un haut parleur classique. Les sons émis vont de 20 Hz à 20 000 Hz, soit le spectre auditif humain. Et ça marche, les ingénieurs ayant diffusé de la musique classique avec leur haut-parleur ionique.

Pari gagné, donc, pour l’équipe de Jeong-Yun Sun et ses confrères du SEAS (Harvard school of Engineering and applied sciences). Le bon fonctionnement de ce qui n’est encore qu’un prototype montre que la technologie de conduction ionique a de l’avenir. Bien que plus lourds et donc plus lents à conduire le courant, les ions se présentent comme une alternative prometteuse. Le conducteur ionique présenté dans la prestigieuse revue Science est transparent et étirable, sans que sa résistance électrique n’en soit altérée. Deux avantages précieux auxquels s’ajoute le fait d’être un matériau biocompatible.

Les applications sont nombreuses. On peut imaginer un tel haut-parleur collée sur la surface d’un téléviseur ou d’un Smartphone, le son serait alors émis directement par l’écran. Il serait aussi possible d’utiliser un tel système sur les vitres d’un logement pour annuler les sons extérieurs.

Mais les ingénieurs de Harvard visent surtout des applications médicales. « Construire des systèmes ioniques peut permettre de récréer de nombreuses fonctions corporelles : sensitivité, transport de signal, mouvement. Nous nous approchons réellement des machines souples qui existent en biologie » précise Christoph Keplinger, co-auteur de l’étude.

En effet, grâce à la biocompatibilité des gels, il devient possible d’imaginer des organismes vivants comme par exemple des muscles ou de la peau artificiels.

Pour découvrir le fonctionnement de ce haut-parleur utilisant la conductivité ionique et écouter le prélude Au matin de la suite orchestrale Peer Gynt du compositeur Edvard Grieg :

Par Audrey Loubens

Une opale polymère

Prenez une imprimante. Choisissez-en une avec l’option : modulation du voltage. Utilisez une encre à base de cristaux photoniques d’environ 200nm de diamètre. C’est bon, vous pouvez fabriquer un polymère capable de prendre n’importe quelle couleur. C’est en tout cas la technique utilisée par des scientifiques de l’université de Cambridge.

Aidés de leurs collègues allemands, ils ont réussi à aligner des particules en suspension dans un liquide grâce à un champ électrique, puis à polymériser ce liquide de façon à piéger les particules dans la géométrie voulue. Varier le champ faisant varier l’espacement entre les lignes, et donc la couleur visible du polymère.

Avec ce procédé, le polymère créé change de couleur suivant l’éclairage. Autrement dit, étirer le plastique change la façon dont la lumière est réfléchie, et donc sa couleur. Un comportement mimant celui des opales, ces pierres précieuses à la brillance multicolore. Ces dernières  présentent de multiples teintes du fait de la présence de sphères de silice dans la pierre. En laboratoire, l’équipe de Cambridge a utilisé des sphères avec un cœur de polystyrène recouvert d’une coque souple. D’où le surnom d’opale polymère.

Les chercheurs du NanoPhotonic center mettent en avant la simplicité de mise en œuvre et le faible coût de cette technique qui permet d’obtenir en une seule impression toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. De quoi supplanter l’utilisation d’encre et de pigments. Ce matériau pourrait servir  de témoin, changeant de couleur en signe d’alerte. Il est aussi possible de dessiner des motifs particuliers, qui s’illumineraient différemment de leur support.

Découvrez l’opale polymère :

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Par Audrey Loubens

Placer la chimie des matériaux au cœur du processus d’innovation

La section 15, dans ses recherches, est soucieuse de correspondre aux enjeux sociétaux. Pour cette raison, les problématiques d’importants domaines tels que celui de l’énergie, l’environnement, l’habitat, les technologies de l’information et de la communication, les matériaux de structure et la santé sont pris en compte. Voici un tour d’horizon non exhaustif des différentes fonctionnalités et objectifs des nouveaux matériaux.

La création de matériaux

« Créer de nouveaux matériaux, déterminer leur structure, étudier et optimiser leurs propriétés constituent le fondement de l’activité du chimiste. » La créativité est primordiale; c’est par elle que les chercheurs parviennent à faire émerger de nouvelles perspectives chimiques. En effet, qu’ils explorent la chimie du solide et de la métallurgie ou qu’ils se tournent vers la découverte de nouvelles voies de synthèse comme la chimie douce; les chimistes dégagent de nouvelles formules, de nouvelles textures, de nouvelles structures, qui elles-mêmes conduisent à des matériaux auparavant inimaginables. Ainsi donc, le chimiste s’appuie sur l’observation et la manipulation de la nature des relations chimiques créées lors de la synthèse et de la mise en forme des matériaux.

Un travail d’autant plus difficile que les paramètres à prendre en compte sont extrêmement abondants. Parmi ces paramètres, citons au moins la stabilité intrinsèque des liaisons chimiques ainsi que la compétition qui règne entre elles. Pour cela, les techniques de modélisation et de simulation s’avèrent efficaces car elles guident les chimistes qui peuvent s’en servir pour approfondir leurs intuitions. Les chimistes se doivent de considérer tout type de matériaux, quelle que soit leur morphologie ou leur propriété car ils jouent, chacun à leur manière, un rôle essentiel dans différents domaines.

L’un des aspects de la recherche consiste à définir la caractérisation structurale des matériaux. La tâche est complexe, mais heureusement des outils sont à disposition. L’association de techniques est courante dans ce genre d’opération. La diffraction des rayons x, ou la méthode de Rietveld, développée en 1969 se révèle être fréquemment employée. Elle peut être couplée à la microscopie électronique, la RMN du solide, l’absorption X, l’XPS, la spectroscopie Mössbauer et la spectroscopie Raman. Ces techniques amènent à une connaissance multi-échelles des matériaux. Mais les chimistes ont d’autres outils pour enrichir leur connaissance. En grande partie parce qu’ils bénéficient des avancées technologiques constantes. Sans elles, impossible d’étudier aussi précisément les structures et compositions des nouveaux matériaux et nanomatériaux. Les instruments servent les techniques de recherche, il est normal qu’ils évoluent. Ainsi les grands instruments, les instruments de mesure optique, les plateformes de haut niveau sont sans cesse perfectionnées.

L’élaboration des nouveaux matériaux doit se faire en concordance avec l’attrait qu’ils représentent ainsi que la demande sociétale. C’est-à-dire qu’ils doivent répondre aux attentes définies lors d’une production à grande échelle et être respectueux de l’environnement et du développement durable. La section 15, qui est au cœur de la recherche sur les nouveaux matériaux, poursuit ces objectifs. Par les talents qu’elle regroupe, les stratégies qu’elle développe et les relations qu’elle entretien avec d’autres sections, elle connaît plusieurs succès dans le domaine des nanomatériaux (NTC), des céramiques et de la métallurgie. Les nombreuses expérimentations, par méthodes combinatoires, simulation et modélisation, bien que coûteuse, vont dans ce sens. Son champ d’études comprend également les matériaux connus, auxquels les chimistes développent leurs procédés d’élaboration, de transformation et de mise en forme. 

Les matériaux et les enjeux sociétaux

L’environnement joue un rôle désormais majeur dans le développement des matériaux. Compte tenu des problématiques telles que la diminution des réserves en énergie fossiles ou le réchauffement climatique, de nouvelles techniques de production, de conversion et de stockage ont été mises en place afin de réduire les émissions de CO2 et de mieux maîtriser la consommation dans chaque secteur.

La section 15 dirige donc une partie de ses recherches vers la conversion de l’énergie des matériaux. Quelques matériaux sont d’ores et déjà à l’étude et ouvrent des voies nouvelles de recherche. Notamment les matériaux de type photovoltaïque car « la conversion de l’énergie lumineuse en énergie chimique représente une voie très prometteuse et riche. » À cet effet, diverses technologies sont développées comme les technologies du silicium et la voie « cellule de Grätzel ». Les piles à combustibles présentent elles aussi un bon rendement de conversion. Encore en développement, les PEMFCS fonctionnant à basse température (60-120°C), les SOFCs fonctionnant à haute température (700-1000°C), les piles céramiques à conduction protonique (PCFC) devraient ouvrir quelques portes de recherche. C’est également le cas pour les matériaux de type thermoélectrique, c’est-à-dire ayant la capacité de « transformer réversiblement l’énergie thermique en électricité ».

Les chimistes de la section 15 poursuivent la recherche de nouveaux matériaux plus performants ou tendent à améliorer ceux existant via la nanostructuration. « Parmi les nouveaux matériaux prometteurs, on peut citer les composés dérivés de Mg2Si et les travaux sur les systèmes composites. » Enfin, les scientifiques explorent l’effet magnétocalorique (EMC). Cette technique, employée pour la réfrigération, peut échauffer ou refroidir un solide lorsqu’il est soumis à un champ magnétique. Or la réfrigération se révèle très intéressante parce qu’elle « peut offrir une alternative moins énergivore et plus écologique aux systèmes thermiques classiques en raison d’une plus grande efficacité thermodynamique et de l’absence de polluant atmosphérique. »

Nous le savons, les ressources en énergies fossiles s’amenuisent. Les chercheurs se tournent par conséquent vers des matériaux de stockage. Dans le cas de la production d’électricité, les chercheurs se penchent principalement sur l’amélioration des batteries. Car le stockage du vecteur « électricité » présente quelques difficultés, dont celle d’être lissé sur une échelle de temps voulu. L’exemple le plus parlant est la production d’électricité par origine éolienne ou photovoltaïque. En effet, l’énergie ainsi produite fluctue selon les conditions météorologiques et est donc imprévisible. C’est pourquoi des systèmes à base de lithium, des systèmes au sodium, des systèmes lithium-air, des accumulateurs organiques éco-compatibles sont travaillés et optimisés afin d’offrir des performances accrues. Sans oublier le stockage d’hydrogène, dont les recherches pourraient se révéler particulièrement intéressantes. On constate une nouvelle fois que le développement des nouveaux matériaux – ici de matériaux d’électrode – joue un rôle majeur.

 

Et il y a le nucléaire. Face à la demande énergétique en constante augmentation, les chercheurs de la Section 15 se sont impliqués dans le nucléaire « durable ». Cela signifie que le développement des systèmes nucléaires ne peut se faire qu’en accord avec ces trois axes : économies de ressources naturelles, gestion optimisée des déchets et leur réduction ainsi que minimisation des risques de prolifération. La Section 15 contribue à la réussite de ces objectifs par les diverses recherches fondamentales qu’elle entreprend. Notamment celles portant sur la construction de matériaux de structure (cuves de réacteurs et circuits de refroidissement primaires et secondaires), la construction de matériaux de gainage du combustible, le confinement des déchets, les combustibles innovants, le retraitement et le recyclage du combustible usé…

« Les matériaux sont également incontournables pour l’amélioration de la qualité de vie dans l’habitat. » Les recherches sur les nouveaux matériaux destinés à l’habitat s’intensifient d’année en année tout en étant sensibilisées aux problématiques écologiques, environnementales et technologiques. Les grandes familles de matériaux fonctionnels se doivent d’ailleurs de répondre à deux exigences : la sobriété énergétique des bâtiments et la qualité de vie des occupants. Ainsi de nombreux matériaux sont à l’étude et permettent d’enrichir les connaissances des chercheurs. Citons entre autres les méso poreux, les matériaux à changement de phase, les matériaux catalytique, les matériaux actifs en photo catalyse et en électro catalyse… Les chimistes du solide travaillent sur la science des matériaux, la thermodynamique, l’ingénierie. 

En phase avec l’essor des technologies de l’information et de la communication (TIC), la section 15 n’a de cesse d’en faire innover et améliorer les matériaux. Dans ce domaine, le développement des technologies liées à l’optique et la photonique, comme les guides d’ondes, occasionne de nombreuses avancées. La raison tient au fait que le champ d’applications apparaît très vaste et plein de possibilités. 

Les matériaux multifonctionnels. Une dizaine de laboratoires de la section 15 oriente ses recherches vers les matériaux multiferroïques, c’est-à-dire les matériaux à la fois ferromagnétiques et ferroélectriques. À cela rien d’étonnant, car « le magnétisme et la ferroélectricité sont les deux piliers des technologies actuelles pour le stockage ». Le sujet a connu quelques découvertes grâce à l’utilisation des méthodes de synthèse et de caractérisation structurale.

L’étude des méta-matériaux et des cristaux photoniques laisse entrevoir de nouvelles perspectives pour les chimistes. L’élaboration de ces matériaux est certes complexe, car elle nécessite d’être pluridisciplinaire, toutefois elle peut aboutir à de nouvelles propriétés. « Les défis que se proposent de relever les chercheurs sont à la hauteur de la complexité des systèmes à construire : matériaux à indice de réfraction négatif pour super-lentilles, lasers sans seuil accordables, cavités photoniques bidimensionnelles formant des guides d’ondes planaires et bien d’autres applications en optique. »  Parmi les techniques permettant d’obtenir des structures méta-cristallines, on retrouve les techniques d’auto-assemblages naturels, orientés ou dirigés ainsi que la technique Langmuir-Blodgett.

Malgré le déclin progressif de la métallurgie en France, les chimistes, poussés à la fois par des institutions académiques et des industriels, s’ingénient encore à découvrir de nouveaux matériaux. Les acteurs du secteur métallurgique désirent tous plus ou moins la même chose : faire des économies d’énergie et préserver l’environnement. Pour ce faire, les matériaux sont allégés par divers procédés, les polluants remplacés. Encore une fois, la simulation sur ordinateur et la modélisation se sont révélés efficace.

Dans le domaine de la santé maintenant, les chimistes de la Section 15 s’emploient à créer de nouveaux matériaux et biomatériaux. « Ce domaine de recherche des «Matériaux pour la santé» concerne la conception, la synthèse et la caractérisation d’un champ très vaste de matériaux (isolant, semi- conducteur ou métallique ; cristallisé ou amorphe) de morphologie pouvant aller du massif au nano-objet. » Ainsi, cristaux scintillateurs, scintillateurs inorganiques, oxydes mixtes denses (LSO, LYSO) et céramiques transparentes font partie de ces matériaux particulièrement intéressants. Et la recherche s’articule aussi autour des films minces inorganiques, hybrides, méso structurés, nanostructurés ou à structures hiérarchisées car les applications dans le domaine de la santé sont nombreuses. Les nanomatériaux inorganiques s’avèrent particulièrement utile dans l’imagerie médicale. La thématique Biomatériaux, développée par les chimistes, offre de belles promesses. L’Homme vit plus longtemps mais ses tissus, ses organes, son corps dépérissent tout de même avec le temps. Voilà pourquoi le développement des matériaux synthétiques est si important. D’autant qu’ils présentent des avantages non négligeable tels que la diminution des risques d’infections, le faible coût, l’alternative à un prélèvement de greffon de soi… Enfin, l’un des derniers pans de la recherche s’appelle «Bio mimétisme et matériaux»; lorsque la nature est le modèle qui inspire les chercheurs. « Il s’agit de l’approche bio-inspirée du chimiste du solide. »

Par Sébastien Tribot, journaliste scientifique

L’auto-cicatrisation, avenir du polymère

Secteur de recherche en pleine expansion ces dernières années, les polymères capables d’auto-cicatriser guérissent en reformant les liens rompus, et ainsi le réseau macromoléculaire tridimensionnel, les structures réticulées. Cependant, ce processus nécessite généralement un stimulus extérieur, un élément permettant de catalyser la réparation : une tension d’entrée, de la chaleur, de la lumière, une pression extérieure, ou encore des conditions environnementales spécifiques telles qu’un niveau de pH particulier. Un polymère capable d’amener à son terme seul et de manière spontanée une guérison quantitative, sans la présence du moindre catalyseur, n’existait pas… jusqu’à présent.

Un groupe de chercheurs rattachés au Centre des technologies électrochimiques (CIDETEC), en Espagne, avait pourtant presque réussi à développer un élastomère en silicone auto-cicatrisant, s’appuyant sur des nanoparticules d’argent pour la réticulation. Malheureusement, il fallait tout de même appliquer une forte pression extérieure pour déclencher le processus d’auto-cicatrisation, et les très chères nanoparticules d’argent finirent d’enterrer tout espoir de commercialisation du polymère. Loin de déclarer forfait, le groupe de scientifiques espagnols, avec à sa tête le professeur Ibon Odriozola, est parvenu à ses fins : mettre au point un élastomère auto-cicatrisant à température ambiante, à partir de matériaux polymères communs en se basant sur une approche simple et peu onéreuse. Le chercheur espagnol insiste d’ailleurs sur l’importance d’utiliser des matériaux facilement disponibles dans le commerce pour le développement des futures applications industrielles.

« Le polymère se comporte comme s’il était vivant, entrant dans un processus de guérison constant », ajoute le professeur Ibon Odriozola, précisant que c’est pour cette raison qu’il a baptisé son poulain le polymère « Terminator », en hommage à la saga initiée par le réalisateur américain James Cameron, et plus précisément au deuxième opus de la série qui voit un méchant androïde T-1000 se liquéfier et se reformer rapidement.

Bien que coupé en deux par une lame de rasoir, le réseau élastomère du cylindre – un dérivé du polyuréthane – se ressoude à température ambiante, affichant un impressionnant taux de guérison de l’ordre de 97% au bout de deux heures, suffisant pour que le cylindre puisse résister aux assauts répétés de l’un des chercheurs, qui ne fait pourtant pas semblant de l’étirer.

Les applications de cette nouvelle classe de polymère sont très nombreuses : les rayures ou les cassures pourraient bien devenir de l’histoire ancienne pour les tablettes, les téléphones, les carrosseries de voiture ou encore bien d’autres objets du quotidien. Même la NASA étudie le dossier de près, afin de réduire drastiquement la dangerosité ainsi que les coûts de la maintenance de sa flottille de vaisseaux dans l’espace. Les Espagnols se penchent désormais sur un nouveau matériau aux propriétés équivalentes, mais moins gélatineux et plus dur que leur polymère Terminator.

 

 

Par Moonzur Rahman